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lundi 17 octobre 2011

L'ANNEE DE LA FOI 2012 - 2013


CITE DU VATICAN, 17 OCT 2011 (VIS). Aujourd'hui, a été rendue publique la lettre apostolique Motu Proprio par laquelle Benoît XVI proclame une Année de la foi, qui débutera le 11 octobre 2012 pour le cinquantième anniversaire de l'ouverture du concile Vatican II, et se conclura en la solennité du Christ Roi, le 24 novembre 2013. Voici des extraits de Porta Fidei:

  "La porte de la foi qui introduit à la vie de communion avec Dieu et permet l'entrée dans son Eglise est toujours ouverte pour nous. Il est possible de franchir ce seuil quand la Parole de Dieu est annoncée et que le cœur se laisse modeler par la grâce qui transforme... Depuis le commencement de mon ministère comme Successeur de Pierre, j'ai rappelé l'exigence de redécouvrir le chemin de la foi pour mettre en lumière de façon toujours plus évidente la joie et l'enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ... Alors que dans le passé il était possible de reconnaître un tissu culturel unitaire, largement admis dans son renvoi aux contenus de la foi et aux valeurs inspirées par elle, aujourd'hui il ne semble plus en être ainsi dans de grands secteurs de la société, en raison d'une profonde crise de la foi qui a touché de nombreuses personnes... ".

  "J'ai précisément convoqué l'Assemblée générale du Synode des évêques, au mois d'octobre 2012, sur le thème de La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. Ce sera une occasion propice pour introduire la structure ecclésiale tout entière à un temps de réflexion particulière et de redécouverte de la foi. Ce n'est pas la première fois que l'Eglise est appelée à célébrer une Année de la foi. Mon vénéré Prédécesseur Paul VI en avait décidée une semblable en 1967... Elle s'est conclue par la Profession de foi du Peuple de Dieu, pour attester combien les contenus essentiels qui depuis des siècles constituent le patrimoine de tous les croyants ont besoin d'être confirmés, compris et approfondis de manière toujours nouvelle afin de donner un témoignage cohérent dans des conditions historiques différentes du passé.... J'ai considéré que faire commencer l'Année de la foi en coïncidence avec le cinquantième anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II peut être une occasion propice pour comprendre que les textes laissés en héritage par les Pères conciliaires... Moi aussi j'entends redire avec force tout ce que j'ai eu à dire à propos du Concile quelques mois après mon élection comme Successeur de Pierre: Si nous le lisons et le recevons guidés par une juste herméneutique, il peut être et devenir toujours davantage une grande force pour le renouveau, toujours nécessaire, de l'Eglise".

  "Le renouveau de l'Eglise passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants: par leur existence elle-même dans le monde les chrétiens sont en effet appelés à faire resplendir la Parole de vérité que le Seigneur Jésus nous a laissée. Justement le Concile, dans la Constitution dogmatique Lumen Gentium affirmait: ...l'Eglise, elle, qui enferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement. Dans cette perspective, l'Année de la foi est une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde. Dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, Dieu a révélé en plénitude l'amour qui sauve et qui appelle les hommes à convertir leur vie par la rémission des péchés... Pour l'apôtre Paul, cet Amour introduit l'homme à une vie nouvelle... Grâce à la foi, cette vie nouvelle modèle toute l'existence humaine sur la nouveauté radicale de la résurrection... La foi opérant par la charité devient un nouveau critère d'intelligence et d'action qui change toute la vie de l'homme... ".

  "Par son amour, Jésus-Christ attire à lui les hommes de toutes générations: en tous temps il convoque l'Eglise lui confiant l'annonce de l'evangile, avec un mandat qui est toujours nouveau. C'est pourquoi aujourd'hui aussi un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d'une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l'enthousiasme de communiquer la foi est nécessaire. L'engagement missionnaire des croyants, qui ne peut jamais manquer, puise force et vigueur dans la redécouverte quotidienne de son amour. En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d'un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie. "Donc, la foi grandit et se renforce seulement en croyant; il n'y a pas d'autre possibilité pour posséder une certitude sur sa propre vie sinon de s'abandonner, dans un crescendo continu, entre les mains d'un amour qui s'expérimente toujours plus grand parce qu'il a son origine en Dieu".

  "Nous voudrons célébrer cette Année de manière digne et féconde. La réflexion sur la foi devra s'intensifier pour aider tous ceux qui croient au Christ à rendre plus consciente et à revigorer leur adhésion à l'Évangile, surtout en un moment de profond changement comme celui que l'humanité est en train de vivre. Nous aurons l'opportunité de confesser la foi dans le Seigneur ressuscité dans nos cathédrales et dans les églises du monde entier ; dans nos maisons et auprès de nos familles, pour que chacun ressente avec force l'exigence de mieux connaître et de transmettre aux générations futures la foi de toujours. Les communautés religieuses comme celles des paroisses, et toutes les réalités ecclésiales anciennes et nouvelles, trouveront la façon, en cette Année, de rendre une profession publique du Credo... Nous désirons aussi que cette Année suscite en chaque croyant l'aspiration à confesser la foi en plénitude et avec une conviction renouvelée, avec confiance et espérance. Ce sera aussi une occasion propice pour intensifier la célébration de la foi dans la liturgie, et en particulier dans l'Eucharistie... En même temps, nous souhaitons que le témoignage de vie des croyants grandisse en crédibilité. Redécouvrir les contenus de la foi professée, célébrée, vécue et priée, et réfléchir sur l'acte lui-même par lequel on croit, est un engagement que chaque croyant doit faire sien, surtout en cette Année".

  "Le chrétien ne peut jamais penser que croire est un fait privé. La foi, c'est décider d'être avec le Seigneur pour vivre avec lui. Et ce être avec lui introduit à la compréhension des raisons pour lesquelles on croit. La foi, parce qu'elle est vraiment un acte de la liberté, exige aussi la responsabilité sociale de ce qui est cru... La profession de la foi elle-même est un acte personnel et en même temps communautaire. En effet, c'est l'Eglise le premier sujet de la foi. Dans la foi de la communauté chrétienne chacun reçoit le baptême, signe efficace de l'entrée dans le peuple des croyants pour obtenir le salut... Comme on peut l'observer, la connaissance des contenus de foi est essentielle pour donner son propre assentiment, c'est à dire pour adhérer pleinement avec l'intelligence et la volonté à tout ce qui est proposé par l'Eglise. La connaissance de la foi introduit à la totalité du mystère salvifique révélé par Dieu. L'assentiment qui est prêté implique donc que, quand on croit, on accepte librement tout le mystère de la foi, parce que Dieu lui-même qui se révèle et permet de connaître son mystère d'amour, est garant de sa vérité". 

  "D'autre part, nous ne pouvons pas oublier que dans notre contexte culturel de nombreuses personnes, bien que ne reconnaissant pas en soi le don de la foi, sont quand même dans une recherche sincère du sens ultime et de la vérité définitive sur leur existence et sur le monde. Cette recherche est un authentique préambule à la foi, parce qu'elle met en mouvement les personnes sur le chemin qui conduit au mystère de Dieu. La raison de l'homme elle-même, en effet, porte innée l'exigence de " ce qui a de la valeur et demeure toujours ". Cette exigence constitue une invitation permanente, inscrite de façon indélébile dans le cœur humain, à se mettre en chemin pour trouver Celui que nous ne chercherions pas s'il n'était pas déjà venu à notre rencontre. La foi nous invite justement à cette rencontre et nous y ouvre pleinement... Pour accéder à une connaissance systématique des contenus de la foi, tous peuvent trouver dans le Catéchisme de l'Eglise catholique une aide précieuse et indispensable. Il constitue un des fruits les plus importants du Concile Vatican II... C'est justement sur cet horizon que l'Année de la foi devra exprimer un engagement général pour la redécouverte et l'étude des contenus fondamentaux de la foi qui trouvent dans le Catéchisme de l'Eglise catholique leur synthèse systématique et organique... Le Catéchisme offre une mémoire permanente des nombreuses façons dans lesquelles l'Eglise a médité sur la foi et produit un progrès dans la doctrine pour donner certitude aux croyants dans leur vie de foi... En cette année, par conséquent, le Catéchisme de l'Eglise catholique, pourra être un véritable instrument pour soutenir la foi, surtout pour tous ceux qui ont à cœur la formation des chrétiens, si déterminante dans notre contexte culturel. Dans ce but, j'ai invité la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en accord avec les Dicastères compétents du Saint-Siège, à rédiger une Note, par laquelle offrir à l'Eglise et aux croyants quelques indications pour vivre cette Année de la foi de manière plus efficace et appropriée, au service du croire et de l'évangélisation".

  "En effet, la foi, se trouve être soumise plus que dans le passé à une série d'interrogations qui proviennent d'une mentalité changée qui, particulièrement aujourd'hui, réduit le domaine des certitudes rationnelles à celui des conquêtes scientifiques et technologiques. Toutefois, l'Église n'a jamais eu peur de montrer comment entre foi et science authentique il ne peut y avoir aucun conflit parce que les deux, même si c'est par des chemins différents, tendent à la vérité... Il sera décisif au cours de cette Année de parcourir de nouveau l'histoire de notre foi, laquelle voit le mystère insondable de l'entrelacement entre sainteté et péché. Alors que la première met en évidence le grand apport que les hommes et les femmes ont offert à la croissance et au développement de la communauté par le témoignage de leur vie, le second doit provoquer en chacun une sincère et permanente œuvre de conversion pour faire l'expérience de la miséricorde du Père qui va à la rencontre de tous".

  "L'Année de la foi sera aussi une occasion propice pour intensifier le témoignage de la charité... Foi et charité se réclament réciproquement, si bien que l'une permet à l'autre de réaliser son chemin. En effet de nombreux chrétiens consacrent leur vie avec amour à celui qui est seul, marginal ou exclus comme à celui qui est le premier vers qui aller et le plus important à soutenir, parce que justement en lui se reflète le visage même du Christ. Grâce à la foi nous pouvons reconnaître en tous ceux qui demandent notre amour, le visage du Seigneur ressuscité... Parvenu désormais au terme de sa vie, l'Apôtre Paul demande à son disciple Timothée de rechercher la foi avec la même constance que lorsqu'il était jeune. Entendons cette invitation adressée à chacun de nous, pour que personne ne devienne paresseux dans la foi. Elle est une compagne de vie qui permet de percevoir avec un regard toujours nouveau les merveilles que Dieu réalise pour nous. Engagée à saisir les signes des temps dans l'aujourd'hui de l'histoire, la foi incite chacun de nous à devenir signe vivant de la présence du Ressuscité dans le monde. Ce dont le monde aujourd'hui a particulièrement besoin c'est du témoignage crédible de tous ceux qui, éclairés dans l'esprit et dans le cœur par la Parole du Seigneur, sont capables d'ouvrir le cœur et l'esprit de beaucoup au désir de Dieu et de la vraie vie, celle qui n'a pas de fin".
LIT/                                              VIS 20111017 (1960)

jeudi 29 septembre 2011

MOTU PROPRIO "QUAERIT SEMPER"


CITE DU VATICAN, 29 SEP 2011 (VIS). Hier Benoît XVI a promulgué le Motu Proprio "Quaerit Semper" qui, modifiant la Constitution apostolique "Pastor Bonus", transfère certaines compétences de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements au Tribunal de la Rote Romaine, en matière de dispense d'un mariage célébré mais non consumé, ainsi que de nullité de l'ordination sacerdotale. En voici des extraits:

  Dans le but de rationaliser sa gestion en adaptant le gouvernement aux besoins pastoraux du moment, le Saint-Siège peut modifier l'organisation et les compétences de ses dicastères... Il est apparu particulièrement utile que la Congrégation concentre ses efforts sur la relance  liturgique en accord avec la volonté conciliaire (Sacrosanctum Concilium). Par conséquent, on a transféré à un service constitué près la Rote les compétences qui étaient siennes en matière de dispense d'un mariage célébré mais non consumé, ainsi que de nullité de l'ordination sacerdotale.

Art.1. Sont supprimés les articles 67 et 68 de la Pastor Bonus.
Art.2. Son article 126 est modifié comme suit: 1par. Ce tribunal, qui sert d'instance supérieur en appel près le siège apostolique pour la tutelle des droits au sein de l'Eglise, regroupe la jurisprudence et, par le biais de ses sentences, assiste les tribunaux inférieurs. 2par. Un bureau est constitué au sein de la Rote pour juger des cas de non consommation du mariage, ainsi que l'existence d'une juste cause pour accorder la dispense. Il reçoit les actes de la procédures avec l'avis de l'évêque et les observations du défenseur du lien. En suivant une procédure particulière, il évalue attentivement la demande de dispense, la soumettant si nécessaire au jugement du Saint-Père. 3par. Ce bureau est également compétent pour traiter des causes de nullité de l'ordination sacerdotale, selon les normes du droit universel et propre.
Art.3. Ce nouveau bureau est sous l'autorité du Doyen de la Rote, assisté par des commissaires désignés et des consulteurs.
Ces dispositions nouvelles entreront en vigueur le 1 octobre.
MP/                                                     VIS 20110929 (340) 

vendredi 13 mai 2011

INSTRUCTION "UNIVERSAE ECCLESIAE"

CITE DU VATICAN, 13 MAI 2011 (VIS). Voici le texte de l'Instruction relative à l'application du Motu Proprio de Benoît XVI Summorum Pontificium, publiée ce jour par la Commission pontificale Ecclesia Dei. Approuvé par le Saint-Père le 30 avril dernier, fête de saint Pie V, l'Instruction Universae Ecclesiae porte la signature du Cardinal William Joseph Levada, Président de la Commission, et de Mgr.Guido Pozzo, Secrétaire:

"Introduction.

1.La Lettre apostolique Summorum Pontificum, signée par le Souverain Pontife le 7 juillet 2007 et entrée en vigueur le 14 septembre 2007, a rendu plus accessible la richesse de la liturgie romaine à l'Eglise universelle.

2.Par ce Motu Proprio Benoît XVI a promulgué une loi universelle pour l'Eglise, avec l'intention de donner un nouveau cadre normatif à l'usage de la liturgie romaine en vigueur en 1962.

3.Après avoir rappelé la sollicitude des Papes pour la liturgie et la révision des livres liturgiques, le Saint-Père reprend le principe traditionnel, reconnu depuis des temps immémoriaux et à maintenir nécessairement à l'avenir, selon lequel chaque Eglise particulière doit être en accord avec l'Eglise universelle, non seulement sur la doctrine de la foi et sur les signes sacramentels, mais aussi sur les usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue. On doit les observer non seulement pour éviter les erreurs, mais pour transmettre l'intégrité de la foi, car la règle de la prière de l'Eglise correspond à sa règle de foi.

4.Le Saint-Père évoque en outre les pontifes romains qui se sont particulièrement donnés à cette tâche, notamment saint Grégoire le Grand et saint Pie V. Il rappelle également que, parmi les livres liturgiques, le Missale Romanum a joué un rôle particulier et qu'il a connu des mises à jour au cours de l'histoire jusqu'à Jean XXIII. Puis, après la réforme liturgique qui suivit le Concile Vatican II, le Paul VI approuva en 1970 pour l'Eglise de rite latin un nouveau missel, qui fut ensuite traduit en différentes langues. Jean Paul II en promulgua la troisième édition en 2000.

5.De nombreux fidèles, formés dans l'esprit des formes liturgiques antérieures à Vatican II, ont exprimé leur vif désir de conserver la tradition. C'est pourquoi, avec l'indult  Quattuor abhinc annos publié en 1984 par la Congrégation pour le culte divin, Jean Paul II concéda sous certaines conditions la faculté de reprendre l'usage du missel romain promulgué par le bienheureux Jean XXIII. En outre, avec le Motu Proprio Ecclesia Dei de 1988, Jean Paul II exhortait les évêques à concéder généreusement cette faculté à tous les fidèles qui le demandaient. C'est dans la même ligne que se situe Benoît XVI avec le Motu Proprio Summorum Pontificum, où sont indiqués, pour l'Usus Antiquior du rite romain, quelques critères essentiels qu'il est opportun de rappeler ici.

6.Les textes du missel romain de Paul VI et de la dernière édition de celui de Jean XXIII sont deux formes de la liturgie romaine, respectivement appelées ordinaire et extraordinaire. Il s'agit de mises en œuvre juxtaposées de l'unique rite romain. L'une et l'autre expriment la même Lex Orandi de l'Eglise. En raison de son usage antique et vénérable, la forme extraordinaire doit être conservée avec l'honneur qui lui est dû.

7.Le Motu Proprio Summorum Pontificum s'accompagne d'une lettre du Saint-Père aux évêques, publiée le même jour (7 juillet 2007) et offrant de plus amples éclaircissements sur l'opportunité et la nécessité de ce texte. Il s'agissait en effet de combler une lacune, en donnant un nouveau cadre normatif à l'usage de la liturgie romaine en vigueur en 1962. Ce cadre s'imposait particulièrement du fait qu'au moment de l'introduction du nouveau missel, il n'avait pas semblé nécessaire de publier des dispositions destinées à régler l'usage de la liturgie en vigueur en 1962. En raison de l'augmentation du nombre de ceux qui demandent à pouvoir utiliser la forme extraordinaire, il est devenu nécessaire de donner quelques normes à ce sujet.

  Benoît XVI affirme notamment qu'il n'y a aucune contradiction entre l'une et l'autre édition du Missale Romanum. L'histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était grand et sacré pour les générations précédentes le reste pour nous, et ne peut à l'improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste.

8.Le Motu Proprio Summorum Pontificum constitue une expression remarquable du magistère du Pontife romain et de son Munus propre, qui est de régler et d'ordonner la liturgie de l'Eglise. Et c'est lui qui, manifestant sa sollicitude de Vicaire du Christ et de Pasteur de l'Eglise universelle, se propose:
a) d'offrir à tous les fidèles la liturgie romaine dans l'Usus Antiquior, comme un trésor à conserver précieusement,
b) de garantir et d'assurer réellement l'usage de la forme extraordinaire à tous ceux qui le demandent, étant bien entendu que l'usage de la liturgie latine en vigueur en 1962 est une faculté donnée pour le bien des fidèles et donc à interpréter en un sens favorable aux fidèles qui en sont les principaux destinataires,
c) de favoriser la réconciliation au sein de l'Eglise.

II. Les missions de la Commission pontificale Ecclesia Dei.

9.Le Souverain Pontife a doté la Commission Ecclesia Dei d'un pouvoir ordinaire vicaire dans son domaine de compétence, en particulier pour veiller sur l'observance et l'application des dispositions du Motu Proprio Summorum Pontificum (cf. art. 12).

10.La Commission pontificale exerce ce pouvoir, non seulement grâce aux facultés précédemment concédées par Jean Paul II et confirmées par Benoît XVI (cf. Motu Proprio Summorum Pontificum, art. 11-12), mais aussi grâce au pouvoir d'exprimer une décision, en tant que supérieur hiérarchique, au sujet des recours qui lui sont légitimement présentés contre un acte administratif de l'ordinaire qui semblerait contraire au Motu Proprio.
  Les décrets par lesquels la Commission exprime sa décision au sujet des recours pourront être attaqués Ad Normam Iuris devant le Tribunal suprême de la Signature apostolique.

11.Après approbation de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, il revient à la Commission pontificale Ecclesia Dei de veiller à l'édition éventuelle des textes liturgiques relatifs à la forme extraordinaire du rite romain.

III. Normes spécifiques.

12.A la suite de l'enquête réalisée auprès des évêques du monde entier et en vue de garantir une interprétation correcte et une juste application du Motu Proprio Summorum Pontificum, la Commission Ecclesia Dei, en vertu de l'autorité qui lui a été attribuée et des facultés dont elle jouit, publie cette Instruction, conformément au canon 34 du Code de droit canonique:

La compétence des évêques diocésains.

13.D'après le Code de droit canonique, les évêques diocésains doivent veiller à garantir le bien commun en matière liturgique et à faire en sorte que tout se déroule dignement, pacifiquement et sereinement dans leur diocèse, toujours en accord avec la Mens du Pontife romain clairement exprimée par le Motu Proprio Summorum Pontificum. En cas de litige ou de doute fondé au sujet de la célébration dans la forme extraordinaire, la Commission pontificale jugera.

14.Il revient à l'évêque diocésain de prendre les mesures nécessaires pour garantir le respect de la forme extraordinaire du rite romain, conformément au Motu Proprio Summorum Pontifi¬cum.

Le Cœtus Fidelium.

15.Un Cœtus Fidelium pourra se dire stable, au sens où l'entend l'article 5,1 de Summorum Pontificum, s'il est constitué de personnes issues d'une paroisse donnée qui, même après la publication du Motu Proprio, se sont réunies à cause de leur vénération pour la liturgie célébrée dans l'Usus Antiquior et qui demandent sa célébration dans l'église paroissiale, un oratoire ou une chapelle. Ce Cœtus peut aussi se composer de personnes issues de paroisses ou de diocèses différents qui se retrouvent à cette fin dans une église paroissiale donnée, un oratoire ou une chapelle.

16.Si un prêtre se présente occasionnellement avec quelques personnes dans une église paroissiale ou un oratoire en souhaitant célébrer selon la forme extraordinaire, comme le prévoient les articles 2 et 4 du Motu Proprio Summorum Pontificum, le curé, le recteur ou le prêtre responsable de l'église acceptera cette célébration, tout en tenant compte des exigences liées aux horaires des célébrations liturgiques de l'église elle-même.

17.Dans chaque cas, le curé, le recteur ou le prêtre responsable de l'église prendra sa décision avec prudence, en se laissant guider par son zèle pastoral et par un esprit d'accueil généreux.
  Dans le cas de groupes numériquement moins importants, on s'adressera à l'ordinaire du lieu pour trouver une église où ces fidèles puissent venir assister à ces célébrations, de manière à faciliter leur participation et une célébration plus digne de la messe.

18.Dans les sanctuaires et les lieux de pèlerinage, on offrira également la possibilité de célébrer selon la forme extraordinaire aux groupes de pèlerins qui le demanderaient, s'il y a un prêtre idoine.

19.Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire, ou qui s'opposent au Pontife romain comme Pasteur suprême de l'Eglise universelle.

Le Sacerdos Idoneus.

20.Les conditions requises pour considérer un prêtre comme idoine à la célébration dans la forme extraordinaire s'énoncent comme suit :
a) tout prêtre qui n'est pas empêché par le droit canonique doit être considéré comme idoine à la célébration de la Sainte Messe dans la forme extraordinaire,
b) il doit avoir du latin une connaissance de base qui lui permette de prononcer correcte¬ment les mots et d'en comprendre le sens,
c) la connaissance du déroulement du rite est présumée chez les prêtres qui se présentent spontanément pour célébrer dans la forme extraordinaire et qui l'ont déjà célébrée.

21.On demande aux ordinaires d'offrir au clergé la possibilité d'acquérir une préparation adéquate aux célébrations dans la forme extraordinaire. Cela vaut également pour les séminaires, où l'on devra pourvoir à la formation convenable des futurs prêtres par l'étude du latin, et, si les exigences pastorales le suggèrent, offrir la possibilité d'apprendre la forme extraordinaire du rite.

22.Dans les diocèses sans prêtre idoine, les évêques diocésains peuvent demander la collaboration des prêtres des instituts érigés par la Commission pontificale Ecclesia Dei, soit pour célébrer, soit même pour enseigner à le faire.

23.La faculté de célébrer la messe Sine Populo (ou avec la participation du seul ministre) dans la forme extraordinaire du rite romain est donnée par le Motu Proprio à tout prêtre séculier ou religieux. Pour ces célébrations, les prêtres n'ont donc besoin, selon le Motu Proprio Summorum Pontificum, d'aucun permis spécial de leur ordinaire ou de leur supérieur.

La discipline liturgique et ecclésiastique.

24.Les livres liturgiques de la forme extraordinaire seront utilisés tels qu'ils sont. Tous ceux qui désirent célébrer selon la forme extraordinaire du rite romain doivent connaître les rubriques prévues et les suivre fidèlement dans les célébrations.

25.De nouveaux saints et certaines des nouvelles préfaces pourront et devront être insérés dans le missel de 1962, selon les normes qui seront indiquées plus tard.

26.Comme le prévoit le Motu Proprio Summorum Pontificum à l'article 6, les lectures de la messe du missel de 1962 peuvent être proclamées soit seulement en latin, soit en latin puis dans la langue du pays, soit même, dans le cas des messes lues, seulement dans la langue du pays.

27.En ce qui concerne les normes disciplinaires liées à la célébration, on appliquera la discipline ecclésiastique définie dans le Code de droit canonique de 1983.

28.De plus, en vertu de son caractère de loi spéciale, le Motu Proprio déroge, dans son domaine propre, aux mesures législatives sur les rites sacrés prises depuis 1962 et incompatibles avec les rubriques des livres liturgiques en vigueur en 1962.

La confirmation et l'ordre sacré.

29.La permission d'utiliser la formule ancienne pour le rite de la confirmation a été reprise par le Motu Proprio Summorum Pontificum. Dans la forme extraordinaire, il n'est donc pas nécessaire d'utiliser la formule rénovée du Rituel de la confirmation promulgué par Paul VI.

30.Pour la tonsure, les ordres mineurs et le sous-diaconat, le Motu Proprio n'introduit aucun changement dans la discipline du Code de droit canonique de 1983. Par conséquent, dans les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique qui dépendent de la Commission Ecclesia Dei, le profès de vœux perpétuels ou celui qui a été définitivement incorporé dans une société cléricale de vie apostolique est, par l'ordination diaconale, incardiné comme clerc dans l'institut ou dans la société, conformément au canon 266,2 du CIC.

31.Seuls les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique qui dépendent de la Commission pontificale ainsi que ceux dans lesquels se maintient l'usage des livres liturgiques de la forme extraordinaire peuvent utiliser le Pontifical romain en vigueur en 1962 pour conférer les ordres mineurs et majeurs.

Le Bréviaire romain.

32.Les clercs ont la faculté d'utiliser le Bréviaire romain en vigueur en 1962 dont il est question à l'article 9,3 du Motu Proprio Summorum Pontificum. Celui-ci doit être récité intégralement et en latin.

Le Triduum sacré.

33.S'il y a un prêtre idoine, le Cœtus Fidelium qui adhère à la tradition liturgique précédente peut aussi célébrer le Triduum sacré dans la forme extraordinaire. Au cas où il n'y aurait pas d'église ou d'oratoire exclusivement prévu pour ces célébrations, le curé ou l'ordinaire prendront les mesures les plus favorables au bien des âmes, en accord avec le prêtre, sans exclure la possibilité d'une répétition des célébrations du Triduum dans la même église.

Les rites des ordres religieux.

34.Il est permis d'utiliser les livres liturgiques propres aux ordres religieux et en vigueur en 1962.

Pontifical romain et Rituel romain.

35.Conformément à l'article 28 de cette instruction et restant sauf ce qui est prescrit par l'article 31, l'usage du Pontifical romain et du Rituel romain, ainsi que celui du Cérémonial des évêques en vigueur en 1962 sont permis".
COM-ED/                                               VIS 20110513 (2280)

NOTE SUR "UNIVERSAE ECCLESIAE"

CITE DU VATICAN, 13 MAI 2011 (VIS). Voici la note rédigée par le P.Federico Lombardi, SJ, Directeur de la Salle-de-Presse du Saint-Siège, à propos de la nouvelle Instruction Universae Ecclesiae, qui règle l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum:

  "’Instruction sur l’application du Motu proprio du 7 juillet 2007, entré en vigueur le 14 septembre suivant, a été approuvée par Benoît XVI le 8 avril dernier. Reprenant les premiers mots du texte latin, elle s'intitule Universae Ecclesiae et émane de la Commission pontificale Ecclesia Dei, à qui le Pape avait confié notamment la tâche de veiller sur le respect et l'application du Motu proprio. C'est pourquoi, elle porte la signature de son Président, le Cardinal William Joseph Levada, et de son Secrétaire, Mgr.Guido Pozzo.

  Le document a été envoyé à tous les évêques la semaine dernière. Nous rappelons que les instructions…clarifient les dispositions de la loi et développent et déterminent les processus de son application (CIC, canon 34). Comme il est dit à l'article 12, l’Instruction est promulguée en vue de garantir la correcte interprétation et la juste application du Motu proprio Summorum Pontificum. Il était naturel qu'après la loi contenue dans le Motu Proprio, suive l’Instruction sur son application. Le fait que cela advienne aujourd'hui, à plus de trois ans de distance, s'explique facilement si l'on se souvient que dans sa lettre accompagnant le Motu Proprio, le Pape disait explicitement aux évêques les inviter à écrire au Saint-Siège, trois ans après l'entrée en vigueur de ce Motu Proprio. Si de sérieuses difficultés apparaissent vraiment, des voies seraient recherchées pour trouver une solution. L’Instruction porte donc aussi en soi le fruit de la vérification triennale de l’application de la loi, qui avait été prévue depuis le début.

  Le document est présenté dans un langage simple et de lecture facile. Son introduction rappelle brièvement l'histoire du Missel Romain jusqu'à la dernière édition de Jean XXIII, en 1962, et au nouveau Missel approuvé par Paul VI en 1970, suite à la réforme liturgique du Concile Vatican II, et confirme le principe fondamental selon lequel il s'agit de deux formes de la liturgie romaine, définies respectivement extraordinaire et ordinaire. Il s'agit de deux usages du seul rite romain. L’une et l’autre forme sont l'expression de la même Lex Orandi de l'Eglise. Par son usage vénérable et ancien, la forme extraordinaire doit être conservée avec l'honneur qui lui est dû.

  La finalité du Motu proprio est exposé en trois points suivants:
a) offrir à tous les fidèles la liturgie romaine dans son usage le plus ancien, considérée comme un précieux trésor à conserver,
b) garantir et assurer réellement, à ceux qui le demandent, l’usage de la forme extraordinaire,
c) favoriser la réconciliation au sein de l'Eglise.

  Une section du document rappelle brièvement les devoirs et les pouvoirs de la Commission Ecclesia Dei, à qui le Pape a conféré le pouvoir ordinaire vicarial en la matière. Cela implique, entre autre, deux conséquences très importantes. D'abord, celle-ci peut décider des recours qui lui sont présentés contre d'éventuelles mesures d'évêques ou d'autres ordinaires, qui semblent contraires aux dispositions du Motu proprio (avec toujours la possibilité de faire ensuite un recours contre les décisions de la Commission près le Tribunal suprême de la Signature apostolique). En outre, il revient à la Commission, avec l’approbation de la Congrégation pour le culte divin, de s'occuper d'une éventuelle édition des textes liturgiques pour la forme extraordinaire du rite romain (dans la suite du document on espère, par exemple, l’insertion de nouveaux saints et de nouvelles préfaces).

  La partie proprement normative du document contient 23 points sur différents thèmes: 
a) la compétence des évêques diocésains pour la réalisation du Motu proprio est confirmée, rappelant qu'en cas de controverses sur la célébration dans la forme extraordinaire, c'est la Commission Ecclesia Dei qui tranchera.
b) clarification est apportée quant au concept de Coetus Fidelium (groupe de fidèles) stable, dont le désir de pouvoir assister à la célébration dans sa forme extraordinaire est accueilli avec disponibilité par les pasteurs. Laissant toutefois à la sage évaluation des pasteurs le nombre de personnes nécessaires pour le constituer, il est précisé que celui-ci ne doit pas être nécessairement constitué de personnes appartenant à une seule paroisse, mais peut être composé de personnes provenant de différentes paroisses voire de différents diocèses. Tenant toujours compte du respect des exigences pastorales plus larges, l'Instruction propose un esprit d'accueil généreux envers les groupes de fidèles qui demandent la forme extraordinaire ou des prêtres qui demandent de célébrer occasionnellement dans cette forme avec quelques fidèles.
c) une précision très importante est apportée à propos des fidèles qui demandent la célébration de la messe dans sa forme extraordinaire: Ils ne doivent en aucune façon soutenir ou appartenir à des groupes qui se disent contraires à la validité ou légitimité de la forme ordinaire et/ou à l’autorité du Pape comme Pasteur suprême de l'Eglise universelle. Cela irait, en effet, en contradiction manifeste avec la finalité de réconciliation du Motu proprio lui-même.
d) d'importantes indications sont aussi données sur le prêtre idoine à célébrer dans la forme extraordinaire. Naturellement celui-ci ne doit pas avoir d'empêchement d'un point de vue canonique, suffisamment bien connaître le latin et le rite à célébrer. C'est pourquoi les évêques sont encouragés à permettre, dans les séminaires, une formation adéquate à cette fin, et il est possible de recourir, en cas de manque de prêtres aptes, à la collaboration des prêtres des instituts érigés par la Commission Ecclesia Dei (qui utilisent normalement la forme extraordinaire).
e) l’Instruction confirme que tout prêtre séculier ou religieux a l'autorisation de célébrer la messe sans assemblée dans la forme extraordinaire. Ainsi, s'il ne s'agit pas de célébration avec assemblée, les religieux seuls n'ont pas besoin de l'autorisation de leurs supérieurs.

  Toujours en ce qui concerne la forme extraordinaire, suivent des normes relatives aux règles liturgiques et à l’usage des livres liturgiques (comme le Rituel, le Pontifical, le Cérémonial des évêques), à la possibilité d'utiliser la langue locale pour les lectures (en complément de la langue latine, ou aussi comme alternative dans les messes lues), à la possibilité pour les clercs d'utiliser le Bréviaire d'avant la réforme liturgique, à la possibilité de célébrer le Triduum sacré dans la semaine sainte pour les groupes de fidèles demandant l'ancien rite. En ce qui concerne les ordinations sacrées, l’usage des livres liturgiques plus anciens est permis seulement dans les instituts qui dépendent de la Commission Ecclesia Dei.

  Ce texte, une fois lu, donne l'impression d'un grand équilibre, qui entend favoriser selon l’intention du Pape l'usage serein de la liturgie précédant la réforme de la part de prêtres et de fidèles qui en ressentent le sincère désir pour leur bien spirituel; ou mieux, qui entend garantir la légitimité et l’effectivité d'un tel usage dans la mesure du possible. En même temps, le texte est animé par la confiance en la sagesse pastorale des évêques, et insiste fortement sur l'esprit de communion ecclésiale qui doit être présent chez tous, fidèles, prêtres et évêques, afin que la finalité de réconciliation, ainsi présente dans la décision du Saint-Père, ne soit pas empêchée ou freinée, mais favorisée et atteinte".
OP/                                                           VIS 20110513 (1190)

mardi 12 octobre 2010

NOUVELLE EVANGELISATION

CITE DU VATICAN, 12 OCT 2010 (VIS). Ce matin près la Salle-de-Presse du Saint-Siège, le Président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, a présenté le Motu Proprio Ubicumque et Semper par lequel Benoît XVI institue ce nouveau dicastère. La question de la nouvelle évangélisation, a rappelé d'emblée Mgr.Rino Fisichella, "a été ces dernières décennies objet d'une profonde réflexion de la part du Magistère...et l'objectif constitue un grand défi pour l'Eglise entière... Elle doit trouver les formes adéquates au renouvellement de son annonce auprès des nombreux baptisés qui ne perçoivent plus leur appartenance à la communauté chrétienne, sont victimes du subjectivisme ambiant ou d'un enfermement dans un individualisme privé de responsabilité... Ce Motu Proprio concerne principalement les Eglises d'ancienne tradition...ayant besoin d'un nouvel élan missionnaire pour parvenir à répondre aux interrogations de notre temps".

  Comme l'indique le document, a ajouté Mgr.Fisichella, "la nouvelle évangélisation n'est pas une formule passe partout ou même magique, mais bien plus. Il s'agit d'élaborer une pensée forte, capable de soutenir une action pastorale élevée, capable de vérifier précisément les différentes traditions et objectifs que ces Eglises possèdent de par leur histoire. Une pluralité qui ne met pas en péril l'unité...fournira une bonne efficacité auprès de nos contemporains". La nouvelle évangélisation, qui n'est pas une formule abstraite, "a des contenus théologiques et pastoraux, renforcés par un Magistère récent...ayant constamment porté son attention aux approches nouvelles". Elle tient également compte "des multiples initiatives par lesquelles évêques, conférences épiscopales et associations de fidèles ont abordé la question de la nouvelle évangélisation". Une des taches du nouveau dicastère est la promotion du nouveau Catéchisme, "un des fruits majeurs de la ligne conciliaire, car il rassemble harmonieusement tout le patrimoine dogmatique et constitue le meilleur instrument de diffusion de la foi de toujours face aux évolutions et aux nouvelles interrogations des croyants et du monde". C'est pourquoi, a conclu le Président du nouveau dicastère, il faudra "mettre toutes les formes que le progrès de la communication propose au service de la nouvelle évangélisation".
OP/                                                    VIS 20101012 (340)  

MOTU PROPRIO "UBICUMQUE ET SEMPER"

CITE DU VATICAN, 12 OCT 2010 (VIS). Voici des extraits du Motu Proprio par lequel Benoît XVI a institué le Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation:

  "L'Eglise a le devoir d'annoncer l'Evangile partout et toujours... Au long de son histoire, cela a revêtu des formes et des modalités différentes, selon les périodes, les contextes et les lieux. Aujourd'hui elle doit faire face au phénomène d'abandon de la foi qui grandit dans les sociétés et les cultures imprégnées depuis des siècles du message évangélique... Les récentes mutations de la société ont des causes complexes, enracinées dans le temps, qui ont profondément changé notre perception du monde... Si l'humanité a largement bénéficié de cette évolution, l'Eglise y a trouvé de nouvelles raisons d'espérance, même si elle doit enregistrer une préoccupante perte du sens du sacré allant jusqu'à remettre en question des principes fondamentaux qui semblaient acquis, tels la foi en un Dieu créateur et providentiel, la révélation de Jésus-Christ, sauveur unique," ou les points de la loi morale naturelle concernant la naissance, la mort et la vie familiale".

  "Parmi les grands sujets abordés, le Concile oecuménique Vatican II avait abordé le rapport entre l'Eglise et le monde contemporain. Dans le sillage de l'enseignement conciliaire", les Papes ont réfléchi à la "nécessité de trouver des formes nouvelles permettant à nos contemporains d'entendre encore la Parole vivante et éternelle du Seigneur". Ainsi Jean-Paul II fit-il de cet "engagement un des axes de son vaste magistère, en approfondissant et synthétisant dans le concept de la nouvelle évangélisation...la mission qui attend maintenant l'Eglise, principalement dans les régions anciennement christianisés... En reprenant les préoccupations de mes prédécesseurs, écrit encore le Saint-Père, "j'ai considéré opportun d'offrir une réponse adaptée à la question afin que l'Eglise toute entière, régénérée par l'Esprit, se présente au monde forte d'un élan missionnaire capable de propager cette nouvelle évangélisation".

  "Dans certaines régions, malgré la progression de la sécularisation, la pratique chrétienne fait encore montre d'une belle vitalité et d'un bon enracinement populaire... D'autres malheureusement se trouvent presque totalement déchristianisées, et la lumière de la foi ne brille plus que dans de petites communautés. Ces régions, qui ont besoin d'un re-évangélisation de base sont, sous bien des aspectes, particulièrement réfractaires au message chrétien... A la base de toute évangélisation, il n'y a pourtant aucun projet expansionniste, mais seulement le désir de partager le don inestimable que Dieu nous fait, celui de prendre part à sa vie même".
MP/                                                     VIS 20101012 (420)     

samedi 13 mars 2010

SUR LES "DELICTA GRAVIORA"

CITE DU VATICAN, 13 MAR 2010 (VIS). Voici l'interview accordée ce matin au journal italien L'Avvenire par Mgr.Charles J.Scicluna, Promoteur de justice de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il est le Ministère public du tribunal de la congrégation en charge d'enquêter sur les Delicta Graviora, les crimes que l'Eglise considère comme les plus graves, ceux commis contre l'Eucharistie ou le secret de la confession, ou bien des viols sur mineurs de la part du clergé:

  "Le Motu Proprio de 2001 (Sacramentorum Sanctitatis Tutela) en a réservé la compétence à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ainsi son promoteur de justice doit-il traiter la terrible question des prêtres accusés d'actes pédophiles, qui fait périodiquement la première page des journaux. Il s'agit d'une personne très scrupuleuse et qui a la réputation de ne pas se laisser influencer.

  Question: Monseigneur Scicluna, vous avez une réputation de dur, et pourtant l'Eglise est systématiquement accusée d'être accommodante envers les prêtres pédophiles.

  Dans le passé, par une mauvaise interprétation de la défense de la réputation de l'institution, des évêques peuvent avoir fait preuve indulgents face à ces tristes affaires. Il l'ont été dans la pratique car au niveau des principes la condamnation des ces crimes a toujours été ferme et sans équivoque. Pour ce qui est du siècle dernier, il suffit de citer l'instruction Crimen Sollicitationis de 1922...

  Question: Mais ne s'agissait-il pas de 1962?

  Si la première édition de ces mesures remonte à Pie XI, le St.Office en fit une nouvelle version sous Jean XXIII, destinée aux Pères conciliaires. Mais les 2.000 copies ne suffisaient pas et la distribution fut renvoyée sine die. Quoiqu'il en soit, il s'agissait de normes à suivre en cas de révélations faites en confession de crimes plus graves et de type sexuel, comme les viols sur mineurs...
   
  Question: Ces normes recommandaient le secret.

  Une mauvaise traduction anglaise du texte a fait penser que le Saint-Siège imposait le secret pour occulter les faits, mais il n'en était pas ainsi. Le secret de l'instruction servait à protéger la réputation des personnes impliquées, les victimes comme aussi les prêtres accusés, qui ont eux aussi droit à la présomption d'innocence. L'Eglise n'aime pas la justice spectacle. Les normes relatives aux abus sexuels n'ont jamais été entendues comme une interdiction de leur dénonciation à la justice civile.

  Question: Ceci dit, ce document est souvent cité pour accuser le Pape actuel d'avoir été, comme Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le responsable d'une politique d'occultement des faits de la part du Saint-Siège...

  Cette accusation est sans fondement, et même calomnieuse. Quelques faits. Entre 1975 et 1985 aucune signalisation de cas de pédophilie cléricale n'est parvenu à la congrégation. Après la promulgation du Code canonique de 1983, il y a eu une période d'incertitude sur les Delicta Graviora qui devaient être de notre compétence. C'est seulement avec le Motu Proprio de 2001 que le crime pédophile est redevenu de notre exclusive compétence, et à partir de là le Cardinal Ratzinger a géré avec fermeté ces affaires. Il a en outre fait preuve de courage dans le traitement de cas extrêmement délicats. Accuser le Pape actuel d'avoir occulté la question est pure calomnie.

  Question: Que se passe-t-il lorsqu'un prêtre est accusé d'un Delictum Gravius?

  Si l'accusation est vraisemblable, son évêque est contraint d'enquêter tant sur l'objet de la démarche que sur  sa validité. Si l'enquête préliminaire confirme l'accusation, il n'a plus le pouvoir d'agir et doit transmettre le dossier au Bureau disciplinaire de notre congrégation.

  Question: Qui compose ce bureau?

  Etant un des supérieurs de la congrégation, j'en fait partie, avec un chef de bureau (P.Pedro Miguel Funes Diaz), sept autres ecclésiastiques et un pénaliste laïque en charge de ces questions. D'autres officials de la congrégation collaborent selon les exigences, notamment en matière linguistique.

  Question: Ce bureau a été accusé de peu fonctionner, et lentement...

  L'affirmer est injuste. En 2003 et 2004, il a eu une avalanche de cas soumis à notre examen, largement en provenance des Etats-Unis. Depuis, le phénomène s'est heureusement réduit et nous tentons de traiter les dossiers en temps réel.

  Question: Combien en avez-vous traité jusqu'ici?

  De 2001 à 2010 il s'est agi d'environ 3.000 accusations regardant des prêtres diocésains ou religieux, pour des crimes commis ces 50 dernières années.

  Question: Il s'agit donc de 3.000 cas de prêtres pédophiles?

  On ne peut pas dire ceci car, grosso modo, dans 60 % des cas on a affaire à des actes d' "éphébophilie", c'est-à-dire d'attraction physique pour des adolescents de même sexe. Dans 30 autres % il s'agit d'attirance hétérosexuelle, et pour les 10 derniers de véritable attraction physique envers des garçons impubères. En neuf ans, les cas de prêtres accusés de pédophilie sont donc environ 300. Trop certes, mais il faut constater que le phénomène n'est pas étendu comme on veut le faire croire.

Question: Combien de procès et de condamnation sur trois mille accusés?

  Tout d'abord, dans 20 % des cas le procès, pénal ou administratif, s'est déroulé sous notre supervision dans le diocèse de compétence. Très rarement il y a un procès au Vatican, ce qui permet aussi d'accélérer l'iter. Dans les 60 autres % , principalement à cause de l'âge avancé des accusés, on n'engage pas de procès mais des mesures disciplinaires sont prises à leur encontre, comme l'interdiction de célébrer la messe en public et de confesser, ou l'obligation de conduire une vie retirée et de pénitence. S'il y a eu dans cette catégorie des cas particulièrement médiatisés, il ne s'est absolument pas agi d'absolution. S'il n'y a pas eu de condamnation formelle, la réduction au silence et à l'obligation de prière a tout son sens.

  Question: Et les 20 derniers % ?

  On dira que pour la moitié, celle des cas particulièrement graves, agrémentés de preuves indubitables, le Pape a pris la douloureuse responsabilité de la réduction à l'état laïque. Il s'agit d'une mesure extrême mais inévitable. Pour l'autre moitié, ce sont les prêtres qui ont demandé à être relevé de leurs devoirs sacerdotaux. On compte parmi eux les prêtres trouvés en possession de matériel pédo-pornographique, condamnés pour ce délit par la justice civile.

  Question: D'où proviennent les 3.000 cas évoqués?

  Principalement des Etats-Unis qui, en 2003-2004 ont fourni environ 80 % des cas. En 2009 leur proportion est tombée à 25 % des 223 nouveaux dossiers en provenance du monde entier. En 2007-2009, la moyenne annuelle des cas signalés à notre congrégation a été de 250. Nombre de pays ne signalent qu'un ou deux cas, bien que s'accroisse le nombre des pays intéressés par un phénomène somme toute assez réduit. Rappelons qu'il y a 400.000 prêtres diocésains et religieux dans le monde, un nombre sans mesure par rapport à la perception que provoquent les cas exposés dans la presse.

  Question: Et en Italie?

  Jusqu'ici le problème ne semble pas revêtir de dimension dramatique, même si je suis préoccupé par une certaine culture du silence, encore trop diffuse. Par ailleurs, la Conférence épiscopale italienne assure une excellent service technico-juridique aux diocèses devant traiter ces affaires. On doit saluer l'engagement croissant des évêques à éclairer les cas qu'on leur signale.

  Question: Vous dites que les procès en règle ne sont que 20 % des 3.000 cas examinés ces neuf dernières années. Se sont-ils tous terminés par la condamnation des accusés?

  Si nombre des procès se sont conclus par une condamnation, dans certains cas le prêtre a été innocenté ou bien les accusations n'ont pu être suffisamment démontrées. Ceci dit, dans chaque cas, on évalue la culpabilité de l'accusé mais aussi sa capacité à remplir son ministère.

  Question: On accuse régulièrement la hiérarchie ecclésiastique de ne pas transmettre à la justice civile des cas de pédophilie du clergé qui lui sont signalés.

  Dans les pays de culture juridique anglo-saxonne , mais aussi en France, les évêques prennent généralement connaissance des crimes commis par leurs prêtres hors confession, ce qui les oblige à recourir à l'autorité judiciaire. C'est une situation grave car ces évêques sont comme un parent contraint à dénoncer son fils. Dans ces cas, nous recommandons de respecter la loi civile.

  Question: Et si l'évêque n'a pas cette obligation?

  Dans ces situations la congrégation n'oblige pas les évêques à dénoncer leurs prêtres, mais elle les encourage à inviter les victimes à dénoncer leur bourreaux. Nous encourageons les évêques à fournir à ces victimes toute l'assistance nécessaire, et pas strictement spirituelle. Dans le cas récent d'un prêtre condamné par un tribunal civil italien, c'est la congrégation qui a suggéré aux dénonciateurs réclamant une procédure canonique d'alerter la justice civile. Ceci dans l'intérêt des victimes et pour éviter de nouveaux actes délictueux.

  Question: La prescription est-elle prévue pour les Delicta Graviora?

  Vous touchez un point délicat. Avant 1889, le principe de la prescription pénale était étranger au droit de l'Eglise. C'est seulement avec le Motu Proprio de 2001 qu'on a introduit pour les crimes graves une prescription de dix ans. Pour les délits sexuels, la décennie commence au dix-huitième anniversaire de la victime.

  Question: Est-ce suffisant?

  La pratique a monté que ce terme décennal n'est pas adapté à ce type d'affaires. Il serait bon de retourner au système précédent fixant l'imprescriptibilité de ces Delicta Gravioa. Ceci dit, le 7 novembre 2002 Jean-Paul II a concédé à la Congrégation pour la doctrine de la foi une faculté de dérogation au cas par cas, à la demande motivé de l'évêque intéressé. Elle est généralement accordée".
CDF/DELICTA GRAVIORA/SCICLUNA                                   VIS 20100313 (1580)

mardi 2 février 2010

SOUFFRANCE ET PASTORALE DE LA SANTE

CITE DU VATICAN, 2 FEV 2010 (VIS). "L'Eglise au service de qui souffre", tel est le mot d'ordre pour le XXV anniversaire du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé et la XVIII Journée mondiale du malade. Les 9 et 10 février se déroulera au Vatican un symposium international sur la lettre apostolique de Jean-Paul II Salvifici Doloris (sens chrétien de la souffrance, 11 février 1984) et son Motu Proprio Dolentium Hominum (instituant ce dicastère, 11 février 1985). Les travaux porteront sur la souffrance vue par l'hébraïsme, l'islam, l'hindouisme, le bouddhisme ou les cultures africaines et asiatiques. Le 11, fête de Notre Dame de Lourdes, Benoît XVI célébrera la messe à 10 h 30' en la Basilique vaticane. Les participants pourront prier devant une relique de sainte Bernadette et la statue de Notre Dame de Lourdes, puis se recueillir sur la tombe de Jean-Paul II. Sont prévus aussi un concert de l'Académie Ste.Cécile et une exposition de peinture sur Jean-Paul II et la souffrance.
.../CONSEIL SANTE/SYMPOSIUM                                 VIS 20100202 (180) 

mardi 29 décembre 2009

ACTIVITE DU PAPE ET DU SAINT-SIEGE SEPTEMBRE - DECEMBRE 2009

CITE DU VATICAN, 30 DEC 2009 (VIS). Voici la liste des principales activités du Pape et du Saint-Siège de septembre à décembre:

SEPTEMBRE

5: Message du Pape (29 juin) pour la LXXXIII Journée missionnaire mondiale (18 octobre).

6: Visite pastorale à Viterbo et Bagnoregio (Italie).

7: Audience à un groupe d'évêques brésiliens en visite Ad Limina.

11: Visite de M.Ricardo Alberto Martinello Berrocal, Président du Panama.

11: Message pour la fin du Ramadan.

15-20: Visite de l'Archevêque Hilarion, responsable des relations extérieures du Patriarcat de Moscou.

16: Visite de M.Emil Boc, Premier ministre roumain.

17: Audience à un groupe d'évêques brésiliens en visite Ad Limina.

19: Rencontre du Pape avec les représentants des Eglises orientales.

26-28: Voyage apostolique en République tchèque.

OCTOBRE

4: Ouverture de la II Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des Evêques.

25: Clôture du Synode pour l'Afrique.

NOVEMBRE

8: Visite pastorale à Brescia (Italie).

9: Audience aux participants au Congrès mondial de la pastorale des migrants (9-12 novembre).

9:Constitution apostolique Anglicanorum Coetibus et normes complémentaires pour les Anglicans entrant dans l'Eglise catholique.

12: Visite de M.Stejpan Mesic, Président croate.

12: Audience à l'Université catholique romaine Maria Santissima Assunta.

13: Visite de M.Gordon Bajnai, Premier ministre hongrois.

14: Visite de M.Boris Tadic, Président serbe.

14: Visite de M.Jan Fisher, Premier ministre tchèque.

17: Lettre du Cardinal Secrétaire d'Etat, aux prêtres de l'Eglise catholique en Chine.

18: Visite de M.Pierre Nkurunziza, Président burundais.

18: Visite de Mme Sheikh Hasina, Premier ministre bangladais.

21: Rencontre du Pape avec les artistes.

27: Message pour la XCVI Journée mondiale des migrants (17 janvier 2010).

28: Visite de Mme Cristina Fernández de Kirchner, Présidente argentine, et de Mme Michelle Bachelet Jeria, Présidente chilienne, pour les 20 ans du traité de paix.

30: Visite de M.Alan García Pérez, Président péruvien.

30: Visite de SAIR L'Archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine.

DECEMBRE

3: Message pour la XVIII Journée mondiale du malade (11 février 2010).

3: Visite de M.Dimitri Medvedev, Président russe. Rétablissement des relations diplomatiques entre la Fédération de Russie et le Saint-Siège.

4: Audience à SB Anastase, Archevêque de Tirana et Durazzo, chef de l'Eglise orthodoxe albanaise.

4: Audience à un groupe d'évêques brésiliens en visite Ad Limina.

5: Visite de M.Horst Köhler, Président allemand.

10: Visite de M.Ali Bongo Ondimba, Président gabonais.

11: Visite de M.Nguyen Minh Triet, Président vietnamien.

12: Visite de M.Sali Berisha, Premier ministre albanais.

14: Visite du Premier ministre du Montenegro, M. Milo Djukanovic.

15: Message pour la XLIII Journée mondiale de la paix (1 janvier 2010): "Si tu veux cultiver la paix, protège la création".

15: Motu proprio, "Omnium in mentem" (26 octobre 2009) apportant quelques modifications au Code de droit canonique (CIC).

17: Audience aux nouveaux ambassadeurs du Danemark, M.Hans Kingenberg; Ouganda, M.Francis K. Butagira; Soudan, M.Sulieman Mohamad Mustafa; Kenya, M.Elkanah Odembo; Kazakhstan, M.Mukhtar B. Tileuberdi; Bangladesh, M.Abdul Hannan; Finlande, M.Alpo Rusi; et Lettonie, M.Einars Semanis, à l'occasion de la présentation des Lettres de créance.

17: Audience à la Conférence des Evêques catholiques de Biélorussie au terme de leur visite Ad Limina.

19: Décrets concernant le martyre, les miracles et les vertus héroïques de 21 bienheureux et serviteurs de Dieu parmi lesquels le Pape Pie XII et le Pape Jean-Paul II.

21: Rencontre avec la Curie romaine. Le Pape rappelle que 2009 a été l'année de l'Afrique.
.../ACTIVITE SEPTEMBRE-DECEMBRE 2009/...                 VIS 20091230 (600)

mardi 15 décembre 2009

VARIATIONS DU CODE CANONIQUE


CITE DU VATICAN, 15 DEC 2009 (VIS). Aujourd'hui a été publié le Motu Proprio (26 octobre) Omnium in Mentem, apportant des variations au Code de droit canonique, après consultation des dicastères de la Curie et des Conférences épiscopales. En cinq articles il traite des canons modifiés 1008, 1009, 1086, 1117 et 1124. Selon Mgr.Francesco Coccopalmerio, Président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, les variations touchent deux questions: la fonction ministérielle des diacres et la cohésion des canons de référence au Catéchisme de l'Eglise, la suppression de trois canons relatifs au mariage qui ont été reconnus inutiles par la pratique.

  Avec sa variation, le 1008 se limite à affirmer que celui qui reçoit le sacrement de l'ordre est destiné à servir le Peuple de Dieu d'une manière nouvelle et spécifique. Au 1009 on ajoute un troisième paragraphe précisant que le ministre ordonné au sacerdoce ou à l'épiscopat reçoit mission et faculté d'agir "in persona Christi", tandis que les diacres servent la communauté dans la diaconie de la liturgie, de la Parole et de la charité. Le Motu Proprio élimine aussi aux 1086,1, au 117 et au 1124 la clause: "actus formalis defectionis ab Ecclesia Catholica". Reconnue inutile.

  De l'entrée en vigueur du nouveau Code en 1983 à ce Motu Proprio, précise encore Mgr.Coccopalmeiro. les "catholiques qui avaient accomplit un acte formel d'abandon de l'Eglise n'étaient pas tenus à la forme canonique de la célébration pour la validité du mariage (canon 117). Pour eux n'était pas valable l'empêchement d'épouser des non baptisés (disparité de culte, canon 1086,1), pas plus que ne les regardait l'interdiction d'épouser des chrétiens non catholiques (canon 1124). La clause supprimée constitue une exception de droit ecclésiastique qui en appelle à une norme générale supérieur selon laquelle tous les baptisés dans l'Eglise catholique ou qui y sont accueillis sont tenus d'observer les lois ecclésiastiques (Canon 11). Dès l'entrée en vigueur de ce Motu Proprio, le contenu du canon 11 du CIC reprend pleine force de loi dans l'application des trois canons modifiés, y compris dans les cas d'abandon formel de l'Eglise. Par conséquent, pour régulariser d'éventuels mariages sans observance de ces normes il faudra autant que faire se peut agir selon la procédure canonique ordinaire, c'est-à-dire par le biais d'une dispense d'empêchement et autres formules.
MP/OMNIUM IN MENTEM/COCCOPALMEIRO                 VIS 20091215 (390)  


mercredi 8 juillet 2009

MOTU PROPRIO "ECCLESIAE UNITATEM"


CITE DU VATICAN, 8 JUL 2009 (VIS). Voici une traduction du Motu Proprio de Benoît XVI (2 juillet) intitulé Ecclesiae Unitatem, réorganisant la Commission pontificale Ecclesia Dei:

 "Le Successeur de l'Apôtre Pierre a le devoir de veiller à l'unité de l'Eglise, en soutenant de manière opportune les vocations que la grâce a accordé aux uns et aux autres. Il est la référence visible permanente et le fondement de l'unité des pasteurs comme des fidèles. De tout temps la priorité de l'Eglise est de conduire vers Dieu les hommes, vers une rencontre qui doit être facilité par un témoignage de foi commun à tous les chrétiens. En fidélité à ce mandat, après l'ordination épiscopale conférée illicitement par Mgr.Marcel Lefebvre à quatre prêtres le 30 juin 1988, Jean-Paul II institua le 2 juillet suivant la Commission pontificale Ecclesia Dei. Cet organisme est depuis chargée de collaborer avec les évêques, la Curie Romaine et les milieux traditionalistes concernés afin de faciliter la pleine communion ecclésiale des prêtres et séminaristes, communautés religieuses ou religieux et religieuses individuels jusqu'alors liés à la Fraternité fondée par Mgr.Lefebvre et désireux de rester unis au Pape dans l'Eglise catholique tout en conservant leurs traditions spirituelles et liturgiques comme convenu dans l'accord signé le 5 mai 1988 par le Cardinal Ratzinger et Mgr.Lefebvre. C'est dans cette ligne et pour servir visiblement la communion universelle de l'Eglise, afin que tous ceux qui ont un vrai désir d'unité puissent la conserver ou la retrouver, que par le Motu Proprio Summorun Pontificium j'ai voulu actualiser, préciser et élargir l'usage du missel romain de 1962".

  "Dans le même esprit et avec le même engagement à favoriser le dépassement des fractures et des divisions au sein de l'Eglise, en l'occurrence de guérir une blessure infectée du tissu ecclésial, j'ai levé l'excommunication qui frappait les évêques ordonnés illicitement par Mgr.Lefebvre. J'ai ainsi voulu lever un obstacle à l'ouverture du dialogue et inviter les évêques de la Fraternité St.Pie X a reprendre le chemin de la pleine communion avec l'Eglise. Comme je l'ai expliqué dans ma lettre du 10 mars dernier à l'épiscopat catholique, la levée des excommunications constitue une mesure disciplinaire destinée à libérer les personnes du poids de cette grave sanction. Ceci étant, les questions doctrinales demeurent et, tant qu'elles ne seront pas résolues, la Fraternité St.Pie X ne jouira d'aucun statut canonique dans l'Eglise. Ses ministres exercent illégitimement leurs ministères".

  "Les questions devant désormais être traitées avec la Fraternité étant essentiellement doctrinales, j'ai décidé, 20 ans après le Motu Proprio Ecclesia Dei et comme je m'étais réservé de le faire, de refondre la Commission Ecclesia Dei en la reliant étroitement à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Elle se composera désormais d'un Président en la personne du Préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, assisté d'un Secrétaire et d'Officials. Secondé par le Secrétaire, le Président soumettra les cas et sujets éminemment doctrinaux à l'étude et au jugement des instances ordinaires de la Congrégation, avant d'en soumettre les résultats aux dispositions du Souverain Pontife".

   Par cette mesure, conclut le Saint-Père, "j'entends en particulier montrer ma paternelle sollicitude envers la Fraternité St.Pie X, dans la perspective de son retour à la pleine communion avec l'Eglise. J'invite vivement à tous les fidèles à prier le Seigneur, par l'intercession de Marie, afin que Ut Unum Sint".
BXVI-MP/.../ECCLESIAE UNITATEM                             VIS 20090708 (570)

lundi 15 septembre 2008

RENCONTRE AVEC L'EPISCOPAT FRANÇAIS


CITE DU VATICAN, 14 SEP 2008 (VIS). A 17 h 15', le Saint-Père s'est rendu à l'hémicycle Ste.Bernadette pour une rencontre avec l'épiscopat français, soulignant d'emblée devant ses hôtes que c'est la première fois qu'ils se rencontrent depuis le début de son pontificat. Exprimant sa grande estime pour leur courage face à l'ampleur de leur tâche, Benoît XVI a reconnu qu'ils accomplissent "avec fidélité et humilité la triple tâche qui est la leur, l'enseignement, le gouvernement et la sanctification".

   Vous êtes justement convaincus, a-t-il dit aux pasteurs français, que, "pour faire grandir en chaque baptisé le goût de Dieu et la compréhension du sens de la vie, la catéchèse est d'une importance fondamentale. Les deux instruments principaux dont vous disposez, le Catéchisme de l'Eglise catholique et le Catéchisme des Evêques de France, constituent de précieux atouts. Ces instruments donnent de la foi catholique une synthèse harmonieuse et permettent d'annoncer l'Evangile dans une fidélité réelle à sa richesse. La catéchèse n'est pas d'abord affaire de méthode, mais de contenu... Une soigneuse préparation des catéchistes permettra la transmission intégrale de la foi, à l'exemple de saint Paul, le plus grand catéchiste de tous les temps, vers lequel nous regardons avec une admiration particulière en ce bimillénaire de sa naissance... Pour réaliser efficacement cette tâche, vous avez besoin de collaborateurs et pour ce les vocations sacerdotales et religieuses méritent plus que jamais d'être encouragées... Je voudrais remercier chaleureusement et encourager toutes les familles, toutes les paroisses, toutes les communautés chrétiennes et tous les mouvements d'Eglise qui sont la bonne terre qui donne le bon fruit des vocations".

  On ne dira jamais assez, a ajouté Benoît XVI, "que le sacerdoce est indispensable à l'Eglise, dans l'intérêt même du laïcat. Les prêtres sont un don de Dieu pour l'Eglise. Les prêtres ne peuvent déléguer leurs fonctions aux fidèles en ce qui concerne leurs missions propres... Leur vie spirituelle est le fondement de leur vie apostolique. Vous les exhorterez avec douceur à la prière quotidienne et à la célébration digne des sacrements, surtout de l'Eucharistie et de la Réconciliation... Tout prêtre doit pouvoir se sentir heureux de servir l'Eglise", a déclaré le Saint-Père. "A l'école du curé d'Ars, fils de votre terre et patron de tous les curés du monde, ne cessez pas de redire qu'un homme ne peut rien faire de plus grand que de donner aux fidèles le corps et le sang du Christ, et de pardonner les péchés. Cherchez à être attentifs à leur formation humaine, intellectuelle et spirituelle et à leurs moyens d'existence".

  Puis il a abordé la place de la liturgie, "expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale, comme de l'enseignement catéchétique...: J'ai été amené à préciser, dans le Motu proprio Summorum Pontificum, les conditions d'exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d'utiliser aussi bien le missel de Jean XXIII (1962) que celui de Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j'espère que l'indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n'est de trop dans l'Eglise. Chacun, sans exception, doit pouvoir s'y sentir chez lui, et jamais rejeté".

  Parmi les autres domaines qui requièrent une grande attention pastorale, le Pape a cité la situation de la famille. Nous savons que le couple et la famille affrontent aujourd'hui de vraies bourrasques... Depuis plusieurs décennies, des lois ont relativisé en différents pays sa nature de cellule primordiale de la société. Souvent, elles cherchent plus à s'adapter aux mœurs et aux revendications de personnes ou de groupes particuliers, qu'à promouvoir le bien commun de la société. L'union stable d'un homme et d'une femme, ordonnée à la construction d'un bonheur terrestre grâce à la naissance d'enfants donnés par Dieu, n'est plus, dans l'esprit de certains, le modèle auquel l'engagement conjugal se réfère. Cependant l'expérience enseigne que la famille est le socle sur lequel repose toute la société. De plus, le chrétien sait que la famille est aussi la cellule vivante de l'Eglise. Plus la famille sera imprégnée de l'esprit et des valeurs de l'Evangile, plus l'Eglise elle-même en sera enrichie et répondra mieux à sa vocation". Une question particulièrement douloureuse, a-t-il ajouté, "est celle des divorcés remariés. L'Eglise, qui ne peut s'opposer à la volonté du Christ, maintient fermement le principe de l'indissolubilité du mariage, tout en entourant de la plus grande affection ceux et celles qui, pour de multiples raisons, ne parviennent pas à le respecter. On ne peut donc admettre les initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes".

  Passant ensuite à la jeunesse, Benoît XVI a rappelé que lors de son premier voyage en France, Jean-Paul II avait "fait entendre aux jeunes un discours qui n'a rien perdu de son actualité et qui avait alors reçu un accueil d'une ferveur inoubliable. La permissivité morale ne rend pas l'homme heureux, avait-il proclamé... Je prie l'Esprit Saint de parler au cœur de tous les fidèles et, plus généralement, de tous vos compatriotes, afin de leur donner ou de leur rendre  le goût d'une vie menée selon les critères d'un bonheur véritable".

  Puis il a abordé la question des racines chrétiennes de la France: Leur mise en évidence, "permettra à chacun des habitants de ce pays de mieux comprendre d'où il vient et où il va. Par conséquent, dans le cadre institutionnel existant et dans le plus grand respect des lois en vigueur, il faudrait trouver une voie nouvelle pour interpréter et vivre au quotidien les valeurs fondamentales sur lesquelles s'est construite l'identité de la nation. Votre Président en a évoqué la possibilité", hier à l'Elysée. L'Eglise, a souligné le Pape,  "ne revendique pas la place de l'Etat. Elle ne veut pas se substituer à lui. Elle est une société basée sur des convictions, qui se sait responsable du tout et ne peut se limiter à elle-même. Elle parle avec liberté, et dialogue avec autant de liberté dans le seul désir d'arriver à la construction de la liberté commune. Une saine collaboration entre la Communauté socio-politique et l'Eglise, réalisée dans la conscience et le respect de l'indépendance et l'autonomie de chacune dans son propre domaine, est un service rendu à l'homme, ordonné à son épanouissement personnel et social".

  Benoît XVI a alors abordé le dialogue oecuménique et le dialogue interreligieux destinés à avancer toujours mieux dans la découverte de la vérité: "La construction de ponts entre les grandes traditions ecclésiales chrétiennes et le dialogue avec les autres traditions religieuses, exigent un réel effort de connaissance réciproque, car l'ignorance détruit plus qu'elle ne construit... Certes, il faut suivre avec attention les différentes initiatives entreprises et discerner celles qui favorisent la connaissance et le respect réciproques, ainsi que la promotion du dialogue, et éviter celles qui conduisent à des impasses. La bonne volonté ne suffit pas. Je crois qu'il est bon de commencer par l'écoute, puis de passer à la discussion théologique pour arriver enfin au témoignage et à l'annonce de la foi elle-même". Aujourd'hui, a conclu le Saint-Père, "c'est surtout en vue d'une véritable libération spirituelle qu'il convient d'œuvrer. L'homme a toujours besoin d'être libéré de ses peurs et de ses péchés. L'homme doit sans cesse apprendre ou réapprendre que Dieu n'est pas son ennemi, mais son Créateur plein de bonté. L'homme a besoin de savoir que sa vie a un sens et qu'il est attendu, au terme de son séjour sur la terre, pour partager à jamais la gloire du Christ dans les cieux. Votre mission est d'amener la portion du Peuple de Dieu confiée à vos soins à la reconnaissance de ce terme glorieux".
PV-FRANCE/EVEQUES/LOURDES                                     VIS 20080914 (1310)


mardi 31 juillet 2007

ACTIVITE DU PAPE ET DU SAINT-SIEGE EN AVRIL-JUILLET 2007

CITE DU VATICAN, 31 JUL 2007 (VIS). Voici la liste des principales activités de Benoît XVI et du Saint-Siège, du début avril à la fin juillet 2007:

AVRIL

- 2: Clôture en la  basilique St.Jean de Latran de l'enquête canonique diocésaine relative au serviteur de Dieu Jean-Paul II.
 
- 13: Présentation au Vatican du livre de Joseph Ratzinger - Benoît XVI - Jésus de Nazaret, dont les versions allemande, italienne et polonaise paraîtront le 16.

- 14: Béatification au nom du Pape du serviteur de Dieu Luigi Boccardo (Turin, Italie).

- 15: Dimanche de la divine Miséricorde.  Benoît XVI préside Place-St.Pierre la messe de ses 80 ans  (16 avril).

- 15: Béatification au nom du Pape de la servante de Dieu Maria Magdalena de la Passion (Castellammare di Stabia, Italie).

- 16: Audience à M.Edmund Stoiber, Ministre Président du Land de  Bavière (Allemagne).

- 16: Audience à M.Peter Harry Carstensen, Ministre Président du Land  de Schleswig-Holstein (Allemagne).

- 18: Audience à M.Ban Ki-moon, nouveau Secrétaire général de l'Organisation des Nations-Unies, qui l'invite à se rendre au siège de l'ONU.
 
- 20: Visite de M.Mahinda Rajapaksa, Président du  Srilanka.

- 21 - 22: Visite pastorale des diocèses italiens de  Vigevano et Pavie pour le 750 anniversaire de la bulle Licet Ecclesiae Catholicae, par laquelle Alexandre IV unifia les diverses obédiences  augustiniennes.
.
- 24: Visite de M.Mahmoud Abbas (Abu Mazen), Président de l'Autorité nationale palestinienne.

- 27: Lineamenta de la XII Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques  (5 -26 octobre 2008).

- 28: Visite de M.Valdas Adamkus, Président de la Lihtuanie.

- 29: Béatification au nom du Pape de la servante de Dieu Maria Rosa Pellesi (Rimini, Italie).

MAI

- 4: Audience à M.Seyyed Mohammad Khatami, ex Président iranien.

- 6:  Béatification au nom du Pape de la servante de Dieu Carmen del Niño Jesús González Ramos García Prieto (Antequera, Espagne).

- 9-14: Voyage apostolique au Brésil à l'occasion de la  V Conférence générale de l'épiscopat latino-américain  et caraïbe.

- 11: A São Paulo, messe concélébrée par Benoît XVI pour la canonisation du bienheureux Antônio de Santa Ana Galvão, OFM, (dit Frei Galvão), le premier saint brésilien.

- 13: A Aparecida, Benoît XVI inaugure la V Conférence générale du CELAM (13-31 mai) : "Disciples et  missionnaires  de Jésus-Christ pour que nos peuples aient en lui la vie".

- 21: Lettres de créances de M.Justino Maria Aparício Guterres, premier  Ambassadeur de Timor oriental (relations diplomatiques le 20 mai 2002).

- 27: Béatification au nom du Pape du serviteur de Dieu Carlo Liviero (Città di Castello, Italie).

- 31: Relations diplomatiques avec les Emirats Arabes-Unis.

JUIN

- 1: Lettres de créances des nouveaux Ambassadeurs du Pakistan (M.Ayesha Riyaz), d'Islande (M.Lárus Stefánsson), d'Estonie (M.Jüri Seilenthal), du Burundi (Mme Domitille Barancira) et du Soudan (M.Ahmed Hamid Elfaki Hamid).

- 3: Canonisation par Benoît XVI des  bienheureux Giorgio Preca, Szymon z Lipnicy, Karel van Sint Andries Houben et Marie-Eugénie de Jésus Milleret.

- 4:  Visite de Mme Gloria Macapagal Arroyo, Présidente des Philippines.

- 4: Visite de M.Felipe de Jesús Calderón Hinojosa, Président du Mexique.

- 9: Visite de M.George W.Bush, Président des Etats-Unis d'Amérique.

- 16:  Visite de SB Chrysostomos, Archevêque de l'Eglise orthodoxe de Chypre, et signature d'une déclaration commune.

- 17: Visite pastorale de Benoît XVI à Assise (Italie) pour le VIII centenaire de la conversion de saint François.

- 21: Visite de SS le Catholicos Mar Dinkha IV, Patriarche de l'Eglise assyrienne.

- 23: Audience à M.Anthony Blair, Premier Ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne.

- 26: Motu Proprio rétablissant la norme traditionnelle sur la majorité requise pour l'élection du Souverain Pontife.

- 28: Annonce de la seconde Assemblée spéciale pourr l'Afrique du Synode des évêques (4 -25 octobre 2009).

- 28: Vigile de la solennité des  Apôtres  Pierre et Paul.  Le Pape préside en la  basilique St.Paul hors les murs les premières vêpres et annonce une Année Paulinienne, à l'occasion du second millénaire de la naissance de l'Apôtre des gentils.

- 30: Lettre papale à l'Eglise qui est en Chine, traitant de la situation des catholiques en République populaire, des aspects théologiques et des orientations pastorales. 

JUILLET

- 3: Annonce du voyage apostolique en Autriche (7-9 septembre), à l'occasion du 850 anniversaire de la fondation du sanctuaire de Mariazell.

- 6: Publication du budget du Saint-Siège pour l'exercice 2006 (bénéfice de 2,4 millons d'Euro).

- 7: Lettre apostolique sous forme de Motu Proprio, intitulée Summorum Pontificum, relative à l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970, accompagnée d'un texte explicatif  de Benoît XVI.

- 9 - 27: Vacances privées du Pape à Lorenzago di Cadore (Dolomites italiennes).

- 10: Document de la Congrégation pour  la doctrine de la foi en réponse à des questions relatives à la doctrine sur l'Eglise.

- 14: Fermeture de la Bibliothèque Apostolique du Vatican, pour trois années de travaux de restauration d'une aile de le l'édifice.

- 19: Le Governorat de l'Etat de la Cité du Vatican met en service un nouveau portail Internet (www.vaticanstate.va) pour répondre à la demande croissante d'informations auprès des divers services.

- 25: publication du message de Benoît XVI pour le préparation de la XXIII Journée Mondiale de la Jeunesse, qui aura lieu à Sydney (Australie) du 15 au 20 juillet 2008, sur le thème: "Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins" (Ac 1, 8).
.../ACTIVIE 2007/...                                                   VIS 20070731 (840)

samedi 7 juillet 2007

NOTE RELATIVE AU MOTU PROPRIO


CITE DU VATICAN, 7 JUL 2007 (VIS). La Salle-de-Presse du Saint-Siège a diffusé ce midi une Note explicative sur le Motu Proprio Summum Pontificum, dont voici les passages saillants:

  Ce document magistériel " fixe de nouvelles règles pour l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. Les motifs de ces dispositions sont clairement énoncés dans la Lettre d'accompagnement du document que le Saint-Père a adressé à tous les évêques (via les Présidents des Conférences épiscopales et les Nonces apostoliques).

  La mesure principale est que la liturgie romaine aura désormais deux modes :

a) Un mode ordinaire correspondant à la réforme de 1970 selon les livres promulgués par Paul VI,  dont l'édition officielle latine peut être utilisée partout et en toute circonstance dans les traductions vernaculaires établies par les Conférences épiscopales.

b) Un mode extraordinaire correspondant aux livres liturgiques édités par Jean XXIII en 1962.

   Le paragraphe 8 précise que tout ordinaire peut ériger dans son diocèse une paroisse personnelle s'il existe un nombre suffisant de fidèles réclamant la liturgie antérieure à la réforme. Il faudra que ce nombre soit consistant même s'il ne saurait être semblable à celui des autres paroisses.

    En conclusion, la Note rappelle les caractéristiques du Missel de 1962: il est en latin et contient toutes les lectures (qui sont dans le Lectionnaire séparé depuis 1970), il ne compte qu'une prière eucharistique, le Canon romain (I du nouveau Missel qui en prévoit plusieurs), plusieurs prières de la messe (y compris grand part du Canon) sont récitées à voix basse par le célébrant), on lit le prologue de l'Evangile de Jean à la conclusion de la messe, il ne prévoit pas la concélébration, ne dit rien de l'orientation de l'autel et du célébrant.

  La Lettre de Benoît XVI envisage la possibilité d'enrichissements ultérieurs du Missel de 1962, notamment l'introduction de nouveaux saints, de préfaces, etc.
OP/MOTU PROPRIO/SUMMORUM PONTIFICUM                     VIS 20070707 (320)


LETTRE DU PAPE AUX EVEQUES


CITE DU VATICAN, 7 JUL 2007 (VIS). Voici le texte de la Lettre que le Saint-Père a adressé à l'épiscopat mondial à propos du Motu Proprio publié ce jour et intitulé Summorum Pontificum :

" Chers frères dans l'Episcopat,

  C'est avec beaucoup de confiance et d'espérance que je remets entre vos mains de pasteurs le texte d'une nouvelle Lettre Apostolique Motu Proprio Data, sur l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. Ce document est le fruit de longues réflexions, de multiples consultations, et de la prière.

  Des nouvelles et des jugements formulés sans information suffisante, ont suscité beaucoup de confusion. On trouve des réactions très diverses les unes des autres, qui vont de l'acceptation joyeuse à une dure opposition, à propos d'un projet dont le contenu n'était, en réalité, pas connu.

  Deux craintes s'opposaient plus directement à ce document, et je voudrais les examiner d'un peu plus près dans cette lettre.

  En premier lieu il y a la crainte d'amenuiser ainsi l'autorité du Concile Vatican II, et de voir mettre en doute une de ses décisions essentielles, la réforme liturgique.

  Cette crainte n'est pas fondée. A ce propos, il faut dire avant tout que le Missel, publié par Paul VI et réédité ensuite à deux reprises par Jean-Paul II, est et demeure évidemment la Forme normale -la Forma Ordinaria- de la liturgie Eucharistique. La dernière version du Missale Romanum, antérieure au Concile, qui a été publiée sous l'autorité de Jean XXIII en 1962 et qui a été utilisée durant le Concile, pourra en revanche être utilisée comme Forma Extraordinaria de la Célébration liturgique. Il n'est pas convenable de parler de ces deux versions du Missel Romain comme s'il s'agissait de deux rites. Il s'agit plutôt d'un double usage de l'unique et même rite.

  Quant à l'usage du Missel de 1962, comme Forma Extraordinaria de la Liturgie de la Messe, je voudrais attirer l'attention sur le fait que ce Missel n'a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé. Lors de l'introduction du nouveau Missel, il n'a pas semblé nécessaire de publier des normes propres concernant la possibilité d'utiliser le Missel antérieur. On a probablement supposé que cela ne concernerait que quelques cas particuliers, que l'on résoudrait localement, au cas par cas. Mais, par la quelques cas particuliers, que l'on résoudrait localement, au cas par cas. Mais, par la suite, il s'est vite avéré que beaucoup de personnes restaient fortement attachées à cet usage du Rite romain, qui leur était devenu familier depuis l'enfance. Ceci s'est produit avant tout dans les pays où le mouvement liturgique avait donné à de nombreuses de personnes une remarquable formation liturgique, ainsi qu'une familiarité profonde et intime avec la Forme antérieure de la Célébration liturgique. Nous savons tous qu'au sein du mouvement conduit par Mgr.Lefebvre, la fidélité au Missel ancien est devenue un signe distinctif extérieur; mais les raisons de la fracture qui naissait sur ce point étaient à rechercher plus en profondeur. Beaucoup de personnes qui acceptaient clairement le caractère contraignant du Concile Vatican II, et qui étaient fidèles au Pape et aux Evêques, désiraient cependant retrouver également la forme de la sainte liturgie qui leur était chère; cela s'est produit avant tout parce qu'en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel; au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité; cette créativité a souvent porté à des déformations de la liturgie à la limite du supportable. Je parle d'expérience, parce que j'ai vécu moi aussi cette période, avec toutes ses attentes et ses confusions. Et j'ai constaté combien les déformations arbitraires de la liturgie ont profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l'Eglise.

  C'est pour ce motif que Jean-Paul II s'est vu dans l'obligation de donner, avec le Motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988, un cadre normatif pour l'usage du Missel de 1962; ce cadre ne contenait cependant pas de prescriptions détaillées, mais faisait appel de manière plus générale à la générosité des Evêques envers les justes aspirations des fidèles qui réclamaient cet usage du Rite romain. A cette époque, le Pape voulait ainsi aider surtout la Fraternité Saint Pie X à retrouver la pleine unité avec le Successeur de Pierre, en cherchant à guérir une blessure perçue de façon toujours plus douloureuse. Cette réconciliation n'a malheureusement pas encore réussi; cependant, une série de communautés a profité avec gratitude des possibilités offertes par ce Motu Proprio. Par contre, en dehors de ces groupes, pour lesquels manquaient des normes juridiques précises, la question de l'usage du Missel de 1962 est restée difficile, avant tout parce que les Evêques craignaient, dans ces situations, que l'on mette en doute l'autorité du Concile. Aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l'usage du Missel de 1962 aurait été limitée à la génération plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entre temps il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement. C'est ainsi qu'est né le besoin d'un règlement juridique plus clair, que l'on ne pouvait pas prévoir à l'époque du Motu Proprio de 1988; ces normes entendent également délivrer les Evêques de la nécessité de réévaluer sans cesse la façon de répondre aux diverses situations.

  En second lieu, au cours des discussions sur ce Motu Proprio attendu, a été exprimée la crainte qu'une plus large possibilité d'utiliser le Missel de 1962 puisse porter à des désordres, voire à des fractures dans les communautés paroissiales. Cette crainte ne me paraît pas non plus réellement fondée. L'usage de l'ancien Missel présuppose un minimum de formation liturgique et un accès à la langue latine; ni l'un ni l'autre ne sont tellement fréquents. De ces éléments préalables concrets découle clairement le fait que le nouveau Missel restera certainement la forme ordinaire du Rite romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles.

  Il est vrai que les exagérations ne manquent pas, ni parfois des aspects sociaux indûment liés à l'attitude de certains fidèles liés à l'ancienne tradition liturgique latine. Votre charité et votre prudence pastorale serviront de stimulant et de guide pour perfectionner les choses. D'ailleurs, les deux formes d'usage du Rite romain peuvent s'enrichir réciproquement: dans l'ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces. La Commission Ecclesia Dei, en lien avec les diverses entités dédiées à l'Usus Antiquior, étudiera quelles sont les possibilités pratiques. Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l'a été souvent fait jusqu'à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. La meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions; c'est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel.

  J'en arrive ainsi à la raison positive qui est le motif qui me fait actualiser par ce Motu Proprio celui de 1988. Il s'agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l'Eglise. En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l'impression qu'aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l'Eglise n'ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l'unité; on a l'impression que les omissions dans l'Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd'hui une obligation: faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l'unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. Il me vient à l'esprit une phrase de la seconde Epître aux Corinthiens, où Saint Paul écrit: Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens; notre coeur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous; c'est dans vos coeurs que vous êtes à l'étroit. Payez-nous donc de retour; … ouvrez tout grand votre coeur, vous aussi! Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place.

  Il n'y a aucune contradiction entre l'une et l'autre édition du Missale Romanum. L'histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l'improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l'Eglise, et de leur donner leur juste place. Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L'exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté.

  Pour conclure, chers frères, il me tient à cœur de souligner que ces nouvelles normes ne diminuent aucunement votre autorité et votre responsabilité, ni sur la liturgie, ni sur la pastorale de vos fidèles. Chaque évêque est en effet le modérateur de la liturgie dans son propre diocèse (cfr. Sacrosanctum Concilium, n. 22:  Sacrae liturgiae moderatio ab Ecclesiae auctoritate unice pendet : quae quidem est apud Apostolicam Sedem et, ad normam iuris, apud Episcopum).

  Rien n'est donc retiré à l'autorité de l'évêque dont le rôle demeurera de toute façon celui de veiller à ce que tout se passe dans la paix et la sérénité. Si quelque problème devait surgir et que le curé ne puisse pas le résoudre, l'ordinaire local pourra toujours intervenir, en pleine harmonie cependant avec ce qu'établissent les nouvelles normes du Motu Proprio.

  Je vous invite en outre, chers frères, à bien vouloir écrire au Saint-Siège un compte-rendu de vos expériences, trois ans après l'entrée en vigueur de ce Motu Proprio. Si de sérieuses difficultés étaient vraiment apparues, on pourrait alors chercher des voies pour y porter remède.

  Chers Frères, c'est en esprit de reconnaissance et de confiance que je confie à votre cœur de Pasteurs ces pages et les normes du Motu Proprio. Souvenons-nous toujours des paroles de l'Apôtre Paul, adressées aux prêtres d'Ephèse: Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l'Esprit-Saint vous a établis gardiens, pour paître l'Eglise de Dieu, qu'il s'est acquise par le sang de son propre Fils.

  Je confie à la puissante intercession de Marie, Mère de l'Eglise, ces nouvelles normes, et j'accorde de tout mon cœur ma bénédiction apostolique à vous, chers frères, aux curés de vos diocèses, et à tous les prêtres vos collaborateurs ainsi qu'à tous vos fidèles.

  Fait auprès de Saint-Pierre, le 7 juillet 2007 ".
BXVI-LETTRE/MOTU PROPRIO/SUMMUN                            VIS 20070707 (1890)


MOTU PROPRIO " SUMMORUM PONTIFICUM "


CITE DU VATICAN, 7 JUL 2007 (VIS). Voici la traduction française (non officielle) de la Lettre apostolique latine en forme de Motu Proprio " Summorum Pontificum " par laquelle Benoît XVI règle l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 :

    " LES SOUVERAINS PONTIFES ont toujours veillé jusqu'à nos jours à ce que l'Eglise du Christ offre à la divine Majesté un culte digne, à la louange et à la gloire de son nom et pour le bien de toute sa sainte Eglise.

      Depuis des temps immémoriaux et aussi à l'avenir, le principe à observer est que chaque Eglise particulière doit être en accord avec l'Eglise universelle, non seulement quant à la doctrine de la foi et aux signes sacramentels, mais aussi quant aux usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue, qui sont à observer non seulement pour éviter des erreurs, mais pour transmettre l'intégrité de la foi, parce que la Lex Orandi de l'Eglise correspond à sa Lex Credendi 1.

  Parmi les Pontifes qui ont eu ce soin se distingue le nom de saint Grégoire le Grand qui fut attentif à transmettre aux nouveaux peuples de l'Europe tant la foi catholique que les trésors du culte et de la culture accumulés par les Romains au cours des siècles précédents. Il ordonna de déterminer et de conserver la forme de la liturgie sacrée, aussi bien du sacrifice de la Messe que de l'office divin, telle qu'elle était célébrée à Rome. Il encouragea vivement les moines et les moniales qui, vivant sous la règle de saint Benoît, firent partout resplendir par leur vie, en même temps que l'annonce de l'Evangile, cette très salutaire manière de vivre de la règle, à ne rien mettre au-dessus de l'œuvre de Dieu. Ainsi, la liturgie selon les coutumes de Rome féconda non seulement la foi et la piété mais aussi la culture de nombreux peuples. C'est un fait en tout cas que la liturgie latine de l'Eglise sous ses diverses formes, au cours des siècles de l'ère chrétienne, a été un stimulant pour la vie spirituelle d'innombrables saints et qu'elle a affermi beaucoup de peuples par la religion et fécondé leur piété.

      Au cours des siècles, beaucoup d'autres Pontifes romains se sont particulièrement employés à ce que la liturgie accomplisse plus efficacement cette tâche ; parmi eux se distingue Pie V, qui, avec un grand zèle pastoral, suivant l'exhortation du Concile de Trente, renouvela tout le culte de l'Eglise, fit éditer des livres liturgiques corrigés et réformés selon la volonté des Pères, et les donna à l'Eglise latine pour son usage.

      Parmi les livres liturgiques du rite romain, la première place revient évidemment au Missel romain, qui se répandit dans la ville de Rome puis, les siècles suivants, prit peu à peu des formes qui ont des similitudes avec la forme en vigueur dans les générations récentes.

      C'est le même objectif qu'ont poursuivi les Pontifes romains au cours des siècles suivants en assurant la mise à jour des rites et des livres liturgiques ou en les précisant, et ensuite, depuis le début de ce siècle, en entreprenant une réforme plus générale 2. Ainsi firent mes prédécesseurs Clément VIII, Urbain VIII, Pie X 3, Benoît XV et Jean XXIII.

      Plus récemment, le Concile Vatican II exprima le désir que l'observance et le respect dus au culte divin soient de nouveau réformés et adaptés aux nécessités de notre temps. Poussé par ce désir, mon prédécesseur Paul VI approuva en 1970 des livres liturgiques restaurés et partiellement rénovés de l'Eglise latine; ceux-ci, traduits partout dans le monde en de nombreuses langues modernes, ont été accueillis avec plaisir par les évêques comme par les prêtres et les fidèles. Jean-Paul II reconnut la troisième édition type du Missel romain. Ainsi, les Pontifes romains se sont employés à ce que cet édifice liturgique, pour ainsi dire, apparaisse de nouveau dans la splendeur de sa dignité et de son harmonie 4.

      Dans certaines régions, toutefois, de nombreux fidèles se sont attachés et continuent à être attachés avec un tel amour et une telle passion aux formes liturgiques précédentes, qui avaient profondément imprégné leur culture et leur esprit, que Jean-Paul II, poussé par la sollicitude pastorale pour ces fidèles, accorda en 1984, par un indult spécial Quattuor Abhinc Annos de la Congrégation pour le Culte divin, la faculté d'utiliser le Missel romain publié en 1962 par Jean XXIII; puis de nouveau en 1988, par la Lettre apostolique Ecclesia Dei en forme de Motu Proprio, Jean-Paul II exhorta les Evêques à utiliser largement et généreusement cette faculté en faveur de tous les fidèles qui en feraient la demande.

   Les prières instantes de ces fidèles ayant déjà été longuement pesées par mon prédécesseur Jean-Paul II, ayant moi-même entendu les Cardinaux au consistoire qui s'est tenu le 23 mars 2006, tout bien considéré, après avoir invoqué l'Esprit Saint et l'aide de Dieu, par la présente Lettre apostolique je décide ce qui suit:

Art. 1. Le Missel romain promulgué par Paul VI est l'expression ordinaire de la Lex Orandi de l'Eglise catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par Pie V et réédité par Jean XXIII doit être considéré comme l'expression extraordinaire de la même Lex Orandi de l'Eglise et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la  Lex Orandi de l'Eglise n'induisent aucune division de la Lex Credendi de l'Eglise; ce sont en effet deux mises en œuvre de l'unique rite romain.

      Il est donc permis de célébrer le sacrifice de la Messe suivant l'édition type du Missel romain promulgué par Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé, en tant que forme extraordinaire de la liturgie de l'Eglise. Mais les conditions établies par les documents précédents Quattuor Abhinc Annos et Ecclesia Dei pour l'usage de ce Missel sont remplacées par ce qui suit:

Art. 2. Aux Messes célébrées sans peuple, tout prêtre catholique de rite latin, qu'il soit séculier ou religieux, peut utiliser le Missel romain publié en 1962 par Jean XXIII ou le Missel romain promulgué en 1970 par Paul VI, et cela quel que soit le jour, sauf le Triduum sacré. Pour célébrer ainsi selon l'un ou l'autre missel, le prêtre n'a besoin d'aucune autorisation, ni du Siège apostolique ni de son Ordinaire.

Art. 3. Si des communautés d'Instituts de vie consacrée et de Sociétés de vie apostolique de droit pontifical ou de droit diocésain désirent, pour la célébration conventuelle ou communautaire, célébrer dans leurs oratoires propres la Messe selon l'édition du Missel romain promulguée en 1962, cela leur est permis. Si une communauté particulière ou tout l'Institut ou Société veut avoir de telles célébrations souvent ou habituellement ou de façon permanente, cette façon de faire doit être déterminée par les Supérieurs majeurs selon les règles du droit et les lois et statuts particuliers.

Art. 4. Aux célébrations de la Messe dont il est question ci-dessus à l'art. 2 peuvent être admis, en observant les règles du droit, des fidèles qui le demandent spontanément.

Art. 5, § 1. Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. Il appréciera lui-même ce qui convient pour le bien de ces fidèles en harmonie avec la sollicitude pastorale de la paroisse, sous le gouvernement de l'Evêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l'unité de toute l'Eglise.
Art. 5, § 2. La célébration selon le Missel de Jean XXIII peut avoir lieu les jours ordinaires; mais les dimanches et les jours de fêtes, une Messe sous cette forme peut aussi être célébrée.

Art. 5, § 3. Le Curé peut aussi autoriser aux fidèles ou au prêtre qui le demandent, la célébration sous cette forme extraordinaire dans des cas particuliers comme des mariages, des funérailles ou  des célébrations occasionnelles, par exemple des pèlerinages.

Art. 5, § 4. Les prêtres utilisant le Missel de Jean XXIII doivent être idoines et non empêchés par le droit.

Art. 5, § 5. Dans les églises qui ne sont ni paroissiales ni conventuelles, il appartient au Recteur de l'église d'autoriser ce qui est indiqué ci-dessus.

Art. 6. Dans les Messes selon le Missel de Jean XXIII célébrées avec le peuple, les lectures peuvent aussi être proclamées en langue vernaculaire, utilisant des éditions reconnues par le Siège apostolique.

Art. 7. Si un groupe de fidèles laïcs dont il est question à l'article 5 § 1 n'obtient pas du curé ce qu'ils lui ont demandé, ils en informeront l'Evêque diocésain. L'Evêque est instamment prié d'exaucer leur désir. S'il ne peut pas pourvoir à cette forme de célébration, il en sera référé à la Commission pontificale Ecclesia Dei.

Art. 8. L'Evêque qui souhaite pourvoir à une telle demande de fidèles laïcs, mais qui, pour différentes raisons, en est empêché, peut en référer à la Commission pontificale Ecclesia Dei, qui lui fournira conseil et aide.

Art. 9, § 1. De même, le curé, tout bien considéré, peut concéder l'utilisation du rituel ancien pour l'administration des sacrements du baptême, du mariage, de la pénitence et de l'onction des Malades, s'il juge que le bien des âmes le réclame.

Art. 9, § 2. Aux Ordinaires est accordée la faculté de célébrer le sacrement de la confirmation en utilisant le Pontifical romain ancien, s'il juge que le bien des âmes le réclame.

Art. 9, § 3. Tout clerc dans les ordres sacrés a le droit d'utiliser aussi le Bréviaire romain promulgué par Jean XXIII en 1962.

Art. 10. S'il le juge opportun, l'Ordinaire du lieu a le droit d'ériger une paroisse personnelle au titre du canon 518, pour les célébrations selon la forme ancienne du rite romain, ou de nommer soit un recteur soit un chapelain, en observant les règles du droit.

Art. 11. La Commission pontificale Ecclesia Dei, érigée par le Pape Jean-Paul II en 1988 5, continue à exercer sa mission. Cette commission aura la forme, la charge et les normes que le Pontife romain lui-même voudra lui attribuer.

Art. 12. Cette commission, outre les facultés dont elle jouit déjà, exercera l'autorité du Saint-Siège, veillant à l'observance et à l'application de ces dispositions.

Tout ce que j'ai établi par la présente Lettre apostolique en forme de Motu Proprio, j'ordonne que cela ait une valeur pleine et stable, et soit observé à compter du 14 septembre de cette année, nonobstant toutes choses contraires.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 7 juillet de l'an du Seigneur 2007, en la troisième année de mon pontificat ".

Notes:

1 Ordonnancement général du Missel romain, 3 éd., 2002, n. 397.
2 Jean-Paul II, Lett. ap.: Vicesimus Quintus Annus, 4 décembre 1988, n. 3: AAS 81 (1989), 899.
3 Ibid.
4 Pie X, Lett. ap. sous forme de Motu Proprio: Abhinc Duos Annos, 23 octobre 1913: AAS 5 (1913), 449-450; cfr. Jean-Paul II, Lett. ap.: Vicesimus Quintus Annus, n. 3: AAS 81 (1989), 899.
5 Cfr Jean-Paul II, Lett.ap. sous forme de Motu Proprio: Ecclesia Dei, 2 juillet 1988, n. 6: AAS 80 (1988), 1498.
BXVI-MP/…/SUMMORUM PONTIFICUM                                VIS 20070707 (1790)


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