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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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lundi 21 juin 2010

SERVITEUR DE DIEU ET DES HOMMES

CITE DU VATICAN, 20 JUI 2010 (VIS). Ce matin, Benoît XVI a célébré en la Basilique vaticane une messe au cours de laquelle il a ordonné quatorze prêtres pour le diocèse de Rome, auxquels il a dit à l'homélie que "le prêtre est appelé à redécouvrir dans la prière le visage toujours nouveau du Seigneur et le contenu le plus authentique de sa mission. C’est seulement dans une relation intime avec le Seigneur que l’on est saisi par lui, que l’on peut apporter aux autres et que l’on peut être envoyés. "Rester avec lui" doit toujours accompagner l’exercice du ministère sacerdotal, doit en être la partie centrale, même et surtout dans les moments difficiles, lorsqu’il semble que ce que nous avons à faire doit avoir priorité. Ou que nous soyons, quoi que nous fassions, nous devons toujours rester avec lui". Puis le Saint-Père a souligné que "le sacerdoce ne peut jamais être une façon d’obtenir la sécurité dans la vie ou de conquérir une position sociale. Celui qui aspire au sacerdoce pour faire croître son prestige personnel et son pouvoir a mal interprété, à la base, le sens de ce ministère. Celui qui veut surtout réaliser une ambition personnelle, obtenir son propre succès, sera toujours esclave de lui-même et de l’opinion publique. Pour être considéré, il devra aduler, il devra dire ce qui plaît aux gens, il devra s’adapter au changement des modes et des opinions et se privera ainsi du rapport vital avec la vérité, se réduisant à condamner demain ce qu’il aura loué aujourd’hui".

"Un homme qui décide ainsi de sa vie, un prêtre qui voit son ministère en ces termes n’aime pas vraiment Dieu et les autres mais seulement lui-même et, paradoxalement, il finit par se perdre lui-même. Le prêtre se fonde toujours sur le courage de dire oui à une autre volonté, consciemment, à faire grandir chaque jour, et c’est justement en se soumettant vraiment à la volonté de Dieu, immergés dans cette volonté, que notre originalité ne sera pas anéantie mais, au contraire, que nous entrerons davantage dans la vérité de notre être et de notre ministère". Il a ensuite rappelé qu’au cours de la célébration eucharistique, "nous tenons dans nos mains le pain du Ciel, le pain de Dieu qui est le Christ, grain fractionné pour se multiplier et devenir la vraie nourriture de la vie pour le monde. C’est quelque chose qui ne peut pas ne pas vous emplir de stupeur, de grande joie et d’une immense gratitude: désormais l’amour et le don du Christ crucifié et glorieux passent dans vos mains, votre voix, votre cœur! C’est une expérience toujours nouvelle de stupeur de voir que dans mes mains, dans ma voix, le Seigneur réalise ce mystère de sa présence!". Le Pape a alors demandé à Dieu d’accorder aux nouveaux prêtres "la grâce d’expérimenter pleinement toute la beauté et la force de ce service presbytéral et, en même temps, la grâce de pouvoir vivre chaque jour ce ministère avec cohérence et générosité. La grâce du presbytérat –a-t-il poursuivi-... vous unira au plus profond de votre cœur aux sentiments de Jésus qui aime jusqu’au bout, jusqu’au don total de soi, jusqu’à devenir pain multiplié pour le saint banquet de l’unité et de la communion". Benoît XVI a conclu en soulignant l’importance "du soin apporté à la célébration eucharistique" auquel doit toujours s’ajouter "l’engagement à une vie eucharistique, c’est-à-dire vécue dans l’obéissance à une unique grande loi, celle de l’amour qui se donne en totalité et sert avec humilité, une vie que la grâce de l’Esprit Saint rend davantage semblable à celle de Jésus-Christ, Prêtre suprême et éternel, serviteur de Dieu et des hommes".
HML/ VIS 20100621 (620)

vendredi 11 juin 2010

ACCOMPAGNER LES FIDELES

CITE DU VATICAN, 11 JUI 2010 (VIS). En la solennité du Sacré Coeur, Benoît XVI a présidé Place St.Pierre la messe de clôture de l'Année sacerdotale, avec les prélats de la curie et 15.000 prêtres venus de tout horizon. Le Pape a utilisé le calice du Curé d'Ars, patron de cette année particulière destinée à "saisir à nouveau la grandeur et la beauté du ministère sacerdotal. Le prêtre n’est pas simplement le détenteur d’une charge... Il fait en revanche quelque chose qu’aucun être humain ne peut faire de lui-même en prononçant au nom du Christ l’absolution des péchés. Ainsi transforme-t-il nos vies selon Dieu. Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d’action de grâce du Christ...qui ouvrent le monde à Dieu et l’unissent à lui. Le sacerdoce n’est donc pas seulement une charge, mais un sacrement ".

"L'audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à sa place, est la grande réalité qui se cache dans le mot sacerdoce... C’est ce que, en cette année, nous voulions considérer et comprendre à nouveau. Nous voulions réveiller la joie que Dieu nous soit si proche..., montrer à nouveau aux jeunes que cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu, existe... On pouvait s’attendre à ce que cette nouvelle mise en lumière du sacerdoce déplaise l’ennemi, qui aurait préféré le voir disparaître, pour qu’en fin de compte Dieu soit repoussé hors du monde. Et il est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres, en particulier l’abus à l’égard des petits... Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l’admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l’authenticité de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin".

"Si l’Année sacerdotale avait du être une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces événements. Mais il s’agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache dans des vases d’argile et qui toujours de nouveau, à travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde. Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l’avenir et qui, d’autant plus, nous fait reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don devient l’engagement de répondre au courage et à l’humilité de Dieu par notre courage et notre humilité".

Poursuivant l'homélie en reprenant le Psaume 23 (Le Seigneur est mon berger. Je ne manque de rien), le Saint-Père a assuré que Dieu prend personnellement soin de chaque prêtre: "Je ne suis pas laissé seul, perdu dans l’univers et dans une société devant laquelle on demeure toujours plus désorientés... Les religions du monde, d’après ce que l’on peut voir, ont toujours su que, en dernière analyse, il y a un seul Dieu. Mais un tel Dieu demeurait lointain... On comprenait aussi que le monde supposait un Créateur. Cependant, ce Dieu avait construit le monde et s’en était ensuite évidemment retiré. À présent, le monde avait un ensemble de lois suivant lesquelles il se développait et sur lequel Dieu n’intervenait pas, ni ne pouvait intervenir... Mais là où la tendresse et l’amour de Dieu sont perçus comme une gêne, là l’être humain est faussé... Dieu veut que nous, en tant que prêtres, en un petit point de l’histoire, nous partagions ses préoccupations pour les hommes... Nous devrions chercher à connaître les hommes de la part de Dieu et en vue de Dieu. Nous devrions chercher à cheminer avec eux sur la voie de l’amitié avec Dieu".

"Le pasteur indique le juste chemin à ceux qui lui sont confiés. Il les précède et il les guide. Disons-le autrement : le Seigneur nous dévoile comment l’être humain s’accomplit de façon juste. Il nous enseigne l’art d’être une personne. Que dois-je faire pour ne pas précipiter, pour ne pas gaspiller ma vie dans l’absence de sens? C’est précisément la question que tout homme doit se poser et qui vaut pour tout âge de la vie. Et quelle obscurité existe autour de cette question en notre temps ! Toujours de nouveau, nous vient à l’esprit la parole de Jésus, lequel avait compassion des hommes, parce qu’ils étaient comme des brebis sans pasteur... Le peuple d’Israël était et est reconnaissant à Dieu, parce qu’à travers les Commandements il a indiqué la route de la vie... Dieu nous a montré quel est le chemin, comment nous pouvons cheminer de façon juste. Ce que les Commandements disent a été synthétisé dans la vie de Jésus et est devenu un modèle vivant. Nous comprenons ainsi que ces directives de Dieu ne sont pas des chaînes, mais sont la voie qu’il nous indique.. Dans notre cheminement avec le Christ, nous faisons l’expérience de la joie de la Révélation, et comme prêtres nous devons communiquer aux gens la joie liée au fait que nous a été indiquée la voie juste". Evoquant ensuite le ravin obscur de la mort, dans lequel personne ne peut nous accompagner, Benoît XVI a assuré que le Christ sera présent". Avec le Psaume 139, nous pouvons dire: Oui, dans le ravin de la mort, "je ne crains aucun mal. En parlant du ravin obscur nous pouvons, cependant, penser aussi aux vallées obscures de la tentation, du découragement, de l’épreuve, que tout être humain doit traverser. Dans ces vallées ténébreuses de la vie, il est là aussi... Seigneur...aide-nous, prêtres, afin que nous puissions être auprès des personnes qui nous sont confiés et qui sont dans ces nuits obscures. Afin que nous puissions leur montrer ta lumière".

"Le pasteur a besoin du bâton contre les bêtes sauvages qui veulent faire irruption dans le troupeau, contre les brigands qui cherchent leur butin", a poursuivi le Pape . A côté du bâton, il y a la houlette qui offre un appui et une aide pour traverser les passes difficiles... L’Eglise aussi doit utiliser le bâton du pasteur, le bâton avec lequel elle protège la foi contre les falsificateurs, contre les orientations qui sont, en réalité, des désorientations. L’usage même du bâton peut être un service d’amour. Nous voyons aujourd’hui qu’il ne s’agit pas d’amour, quand on tolère des comportements indignes de la vie sacerdotale. De même il ne s’agit pas non plus d’amour quand on laisse proliférer l’hérésie, la déformation et la décomposition de la foi, comme si nous inventions la foi de façon autonome. Comme si elle n’était plus le don de Dieu, la perle précieuse que nous ne nous laissons pas dérober. Toutefois, en même temps, le bâton doit toujours redevenir la houlette du pasteur, la houlette qui aide les hommes à pouvoir marcher sur les sentiers difficiles et à suivre le Seigneur. A la fin de ce psaume, on évoque le banquet préparé...et la possibilité d’habiter avec le Seigneur... Nous voyons dans ces paroles une anticipation prophétique du mystère de l’Eucharistie dans lequel Dieu en personne nous accueille en s’offrant lui-même à nous comme nourriture, comme ce pain et ce vin excellents qui, seuls, peuvent constituer la réponse ultime à la faim et à la soif spirituelle de l’homme. Comment ne pas être heureux de pouvoir chaque jour être les hôtes de la table même de Dieu?... Heureux parce qu’Il nous a donné de préparer la table de Dieu pour les hommes, de leur donner son Corps et son Sang, de leur offrir le don précieux de sa présence même".

En conclusion, le Saint-Père a cité les deux chants de communion de la liturgie du jour qui, a-t-il dit, nous "renvoient aux deux sacrements fondamentaux dont l’Eglise vit: le Baptême et l’Eucharistie... Jésus lui-même est le nouveau temple, et son cœur ouvert est la source d’où sort un fleuve de vie nouvelle, qui se communique à nous dans le Baptême et l’Eucharistie... Chaque chrétien et chaque prêtre devrait, à partir du Christ, devenir une source qui communique la vie aux autres. Nous devrions donner l’eau de la vie à un monde assoiffé. Seigneur..., fais que nous soyons des personnes vivantes, vivantes de ta source, et donne-nous de pouvoir être nous aussi des sources, en mesure de donner à notre temps l’eau de la vie. Nous te remercions pour la grâce du ministère sacerdotal. Seigneur bénis-nous et bénis tous les hommes de ce temps qui sont assoiffés et en recherche".
HML/ VIS 20100611 (1520)

mercredi 5 mai 2010

PRIER ET SOUTENIR LES PRETRES

CITE DU VATICAN, 5 MAI 2010 (VIS). Au cours de l'audience générale Place St.Pierre, le Pape a évoqué la mission du prêtre, celle de sanctifier les hommes. Après avoir souligné que "sanctifier une personne signifie la mettre en contact avec Dieu", le Saint-Père a ajouté qu'une "partie essentielle de la grâce du sacerdoce est le don et la mission de créer ce contact qui se réalise dans l'annonce de la Parole de Dieu et...d'une façon particulièrement forte, dans les sacrements... Au cours de ces dernières décennies -a-t-il dit- on a eu tendance à faire prévaloir, dans l'identité et  la mission du prêtre, la dimension de l'annonce en la séparant de celle de la sanctification. On a souvent affirmé qu'il est nécessaire de dépasser une pastorale purement sacramentelle". Puis il a souligné que "le ministre ordonné représente le Christ, l'envoyé du Père. Il en est la présence, il en continue la mission à travers la parole et le sacrement qui sont les deux piliers fondamentaux du service sacerdotal". Ainsi, "on peut se demander si, dans de tels cas, avoir sous-évalué l'exercice fidèle du Munus Sanctificandi n'aurait pas, peut-être, entrainé un affaiblissement de la foi dans l'efficacité salvifique des sacrements et, en définitive, dans l'œuvre actuelle du Christ et de son Esprit, à travers l'Eglise, dans le monde".

   Il est donc important, a poursuivi Benoît XVI, "de développer une catéchèse adéquate pour aider les fidèles à comprendre la valeur des sacrements, mais il est aussi nécessaire, à l'exemple du saint Curé d'Ars, d'être disponibles, généreux et attentifs lorsque l'on donne aux frères les trésors de la grâce que Dieu a mis dans nos mains et dont nous ne sommes pas les maîtres mais les gardiens et administrateurs. Et surtout à notre époque où il semble que d'un côté, la foi s'affaiblisse et que de l'autre, émerge un profond besoin et une grande recherche de spiritualité, chaque prêtre doit se rappeler que, dans sa mission, l'annonce missionnaire et le culte ne sont jamais séparés. Il doit donc encourager une saine pastorale sacramentelle pour former le peuple de Dieu et l'aider à vivre en plénitude la liturgie, le culte de l'Eglise et les sacrements, comme des dons gratuits de Dieu, des actes libres et efficaces de son action de salut... Tout prêtre sait qu'il est un instrument nécessaire pour l'action salvifique de Dieu, mais qu'il n'en est toujours qu'un instrument. Une telle conscience doit rendre humbles et généreux dans l'administration des sacrements, dans le respect des normes canoniques mais aussi dans la conviction profonde que leur mission est de faire en sorte que tous les hommes, unis au Christ, puissent s'offrir à Dieu comme une hostie vivante et sainte".

  Le Saint-Père s'est ensuite adressé à tous les prêtres pour les encourager à "vivre avec joie et avec amour la liturgie et le culte" et leur a renouvelé sa récente invitation "à revenir au confessionnal comme lieu de célébration du sacrement de la réconciliation, mais aussi comme lieu à "habiter" plus souvent, afin que le fidèle puisse trouver miséricorde, conseil et réconfort, se sentir aimé et compris de Dieu et expérimenter la présence de la miséricorde divine, en plus de la présence réelle dans l'eucharistie... Je voudrais aussi inviter chaque prêtre à célébrer et à vivre avec intensité l'eucharistie". Le prêtre "est appelé à être ministre de ce grand mystère dans le sacrement et dans la vie". De même, a-t-il ajouté, "il est indispensable que le prêtre tende à la perfection morale qui doit habiter tout cœur vraiment sacerdotal: le Peuple de Dieu attend aussi de ses pasteurs un exemple de foi et de témoignage de sainteté". Il a conclu en demandant aux fidèles d'être "conscients du grand don que les prêtres sont pour l'Eglise et pour le monde. A travers leur ministère, le Seigneur continue de sauver les hommes, de se rendre présent et de sanctifier. Sachez remercier Dieu et ,surtout, soyez proches de vos prêtres par la prière et le soutien, particulièrement de ceux qui sont dans la difficulté, afin qu'ils soient toujours plus des pasteurs selon le cœur de Dieu".
AG/                                                 VIS 20100505 (690)

mercredi 28 avril 2010

COHERENCE DU SACERDOCE

CITE DU VATICAN, 28 AVR 2010 (VIS). La catéchèse de Benoît XVI à l'occasion de l'audience générale tenue Place St.Pierre a été consacrée à deux prêtres italiens, saint Leonardo Murialdo (1828 - 1900) et saint Giuseppe Benedetto Cottolengo (1786 - 1842). Exemplaires dans leur témoignage chrétien, ils vécurent la charité en Eglise et pour elle, au service des plus défavorisés. Après une grave crise spirituelle, Leonardo Murialdo se fit prêtre à Turin où, aux côté de Don Bosco, il prit conscience de la situation des classes pauvres, "développant une profonde sensibilité sociale, éducative et apostolique, et de multiples initiatives pour la jeunesse... Il fonda en 1873 la Congrégation de St.Joseph dont le but fut dès le début la formation des jeunes, spécialement des plus pauvres et abandonnés... Au coeur de sa spiritualité, il y avait la certitude de l'amour de Dieu, Père toujours bon, patient et généreux, qui révèle dans le pardon la grandeur et l'immensité de sa miséricorde". Saint Leonardo, a poursuivi le Pape, "en insistant sur la mission du prêtre, qui est de poursuivre l'oeuvre de la Rédemption...rappelait sans cesse à lui même comme à ses confrères que la vie du prêtre devait être cohérente avec le sacrement reçu".

  Ce même esprit de charité marqua la vie et l'oeuvre de Giuseppe Benedetto Cottolengo, fondateur de l'Oeuvre de la Providence, appelée Cottolengo. Dès sa jeunesse, "il fit preuve d'une grande sensibilité envers les pauvres". Après des années de fructueux ministère il fit la connaissance et assista jusqu'à la mort une jeune infirme, mère de cinq enfants, qui changea sa vie. "Le Seigneur place toujours des signes sur notre chemin afin de nous guider vers le bien selon sa volonté". Dès lors il "utilisa toutes ses compétences...pour animer des projets au service des plus besogneux, regroupant de nombreux volontaires" pour faire face à mille difficultés. "Chacun avait un rôle précis dans la Petite Maison, dans la prière, le service, l'enseignement et la gestion. Personnes en bonne santé et malades partageaient les responsabilité, et la vie religieuse s'adapta selon les exigences du moment... Don Cottolengo fut pour les pauvres et les besogneux le simple ouvrier de la Providence", ainsi que l'a souligné Benoît XVI.

  "Ils furent deux saints prêtres qui vécurent totalement leur sacerdoce dans le don total de leur vie aux plus pauvres, aux derniers, trouvant toujours dans le rapport avec Dieu la raison et la source permanente de leur mission, et dans son amour la conviction qu'on ne peut exercer la charité sans vivre dans le Christ et dans l'Eglise. Puissent leur intercession et leur exemple continuer d'éclairer le ministère des prêtres qui oeuvrent généreusement pour Dieu et leur troupeau. Que ces deux saints les aident tous à s'offrir totalement à Dieu et au prochain".
AG/                                                             VIS 20100428 (470)  

jeudi 15 avril 2010

EUCHARISTIE, COEUR DE LA VIE CHRETIENNE

CITE DU VATICAN, 15 AVR 2010 (VIS). Le Pape a reçu ce matin un groupe d'évêques brésiliens en visite Ad Limina, centrant son discours sur l'Eucharistie, "coeur et source permanente du ministère pétrinien, de la vie chrétienne et de la mission évangélisatrice de l'Eglise. Vous comprendrez -a dit Benoît XVI à ses hôtes- la préoccupation du Successeur de Pierre face à tout ce qui peut offusquer le sommet de la foi catholique, le fait que le Christ vive réellement et continuellement dans l'hostie et dans le vin consacrés... Sous-estimer le culte du Saint Sacrement est signe et cause de l'affaiblissement du sens du mystère, tout comme lorsque Jésus n'est pas au centre de la messe, lorsque la communauté s'occupe de beaucoup de choses au lieu d'être tournée vers le seul Seigneur". Puis le Saint-Père a dit que si, dans la liturgie, la figure du Christ n'est pas prépondérante, celle-ci n'est pas chrétienne. Au nom de l'inculturation on s'éloigne souvent de cette priorité, "tendant au syncrétisme, à introduire dans la messe des rites tirés d'autres religions ou particularismes culturels". Comme l'écrivait Jean-Paul II, "le mystère eucharistique est un don immense qui n'admet ni ambiguïté ni réduction. Lorsqu'il est privé de sa valeur sacrificielle, on le vit comme un simple évènement convivial et fraternel".  

  Ensuite, il a rappelé que "derrière bien des prétextes, il y a une mentalité incapable d'accepter la réalité d'une intervention divine en ce monde en aide à l'homme... Croire en l'action rédemptrice de Dieu pour anéantir l'aliénation du péché est considéré par certains comme une vision déiste et intégriste, accusation qu'ils appliquent aussi au signe sacramental du sacrifice eucharistique. Ils estiment plus acceptable la célébration d'un signe exprimant un vague sentiment communautaire... Or, le culte divin ne peut naître de l'imagination personnelle, comme un cri dans le noir ou une banale auto affirmation... La vérité liturgique suppose que Dieu nous réponde et nous montre comment l'adorer... L'Eglise vit de cette présence et sa raison d'être est d'en diffuser la présence dans le monde". Le Pape a conclu en rappelant que dans un mois s'ouvre au Brésil le XVI congrès eucharistique national. Puisse Jésus Eucharistie "être vraiment au coeur du Brésil, afin que tous les brésiliens se reconnaissent et s'entraident comme membres du Christ. Qui veut vivre sait comment vivre et a de quoi vivre. Qu'il s'approche, croie et devienne partie du corps du Christ pour être vivifié".
AL/                                                             VIS 20100415 (410)

lundi 22 mars 2010

APPROFONDIR LA VIE SACERDOTALE


CITE DU VATICAN, 20 MAR 2010 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce midi la Conférence épiscopale du Burkina Faso et du Niger au terme de la visite Ad Limina de ses membres. Evoquant les fruits de l'évangélisation dans leurs pays, il a exhorté ses hôtes à "un nouvel élan missionnaire dans les communautés, afin que le message évangélique soit pleinement accueilli et fidèlement vécu. La foi a toujours besoin de consolider ses racines pour ne pas revenir à des pratiques anciennes ou incompatibles pour suivre le Christ et pour résister aux appels d'un monde parfois hostile à l'idéal évangélique". Il a ainsi salué "les efforts entrepris depuis de nombreuses années pour une saine inculturation de la foi". Puis Benoît XVI a dit sa joie pour les efforts de l'Eglise dans les diocèses du Burkina Faso et du Niger, dans sa "lutte contre les maux qui empêchent les populations de parvenir à un authentique développement. Ainsi, les graves inondations de septembre dernier ont-elles été l'occasion de promouvoir la solidarité envers tous... Cette solidarité enracinée dans l'amour de Dieu doit être un engagement permanent de la communauté ecclésiale: vos fidèles l'ont encore généreusement exprimée à l'égard des victimes du récent séisme en Haïti".

  Evoquant ensuite l'année sacerdotale, le Pape a affirmé qu'elle "contribue à mettre en valeur la grandeur du sacerdoce et à promouvoir un renouveau intérieur dans la vie des prêtres, afin que leur ministère soit toujours plus intense et fécond". Il a aussi ajouté qu'il "est nécessaire de lui assurer une solide formation, non seulement au temps de la préparation à l'ordination, mais tout au long de son ministère. Il est en effet indispensable que le prêtre puisse prendre le temps d'approfondir sa vie sacerdotale afin d'éviter de tomber dans l'activisme. Que l'exemple de saint Jean-Marie Vianney suscite dans le cœur de vos prêtres...une conscience renouvelée de leur donation totale au Christ et à l'Eglise...et de nombreuses vocations sacerdotales!".

  Soulignant qu'ils "sont les collaborateurs indispensables des prêtres dans l'annonce de l'Evangile", Benoît XVI a encouragés les catéchistes dans leur tâche évangélisatrice et a souligné que les laïcs doivent être formés pour qu'ils puissent "prendre des responsabilités dans l'Eglise et dans la société, pour y être d'authentiques témoins de l'Evangile". Il a aussi invité les évêques à "porter une attention particulière aux élites politiques et intellectuelles de vos pays, souvent confrontées à des idéologies opposées à une conception chrétienne de l'homme et de la société... Donnez aussi aux jeunes, souvent pleins de générosité, le goût d'aller à la rencontre du Christ! Le renforcement des aumôneries scolaires et universitaires les aidera à trouver en lui la lumière capable de les guider tout au long de leur vie et de leur donner le vrai sens de l'amour humain". Le Saint-Père a conclu en soulignant "le bon climat qui existe habituellement dans les relations interreligieuses", et a exprimé le désir que "les liens qui unissent notamment chrétiens et musulmans continuer à se renforcer afin de faire progresser la paix et la justice et de promouvoir le bien commun en rejetant toute tentation de violence ou d'intolérance".
AL/.../BURKINA FASO:NIGER                            VIS 20100322 (520)

jeudi 11 mars 2010

PENITENCE ET DIALOGUE

CITE DU VATICAN, 11 MAR (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin les participants au cours annuel de la Pénitencerie apostolique consacré au for interne, insistant devant eux sur "la forte exigence qu'il y a à approfondir un sujet essentiel du ministère comme de la vie du prêtre. Rappelant l'héroïcité en la matière du Curé d'Ars, référence de l'Année sacerdotale, il a estimé nécessaire de suivre son infinie confiance dans le sacrement de la pénitence, de le placer au coeur des préoccupations pastorales comme méthode de dialogue pour le salut. "La conscience des limites personnelles et la nécessité de recourir à la divine miséricorde pour sa conversion, pour être soutenus dans son cheminement vers la sainteté, sont fondamentales dans la vie de tout prêtre. Qui a connu la grandeur peut seul annoncer et administrer la miséricorde de Dieu".

  Puis Benoît XVI a dit qu'un contexte culturel "marqué par l'hédonisme et le relativisme, et qui tend à gommer Dieu de la vie, ne peut favoriser une claire vision des références permettant de discerner le bien et la mal, de percevoir le sens réel du péché. Il n'est pas très différent de celui dans lequel vivait Jean-Marie Vianney. Il existait de son temps une hostilité à la foi qui allait jusqu'à interdire l'exercice du culte... Lui fit de l'église sa maison pour mener les hommes vers Dieu...et apparaissait à ses contemporains comme un signe évident de la présence de Dieu, au point de pousser nombre de pécheurs vers le confessionnal". Aujourd'hui comme hier, les prêtres "doivent hautement vivre leur vocation car seul qui est jour après jour présence vive du Seigneur peut susciter le sens du péché, encourager les fidèles à se faire pardonner par Dieu".

  "La crise des confessions dont on parle tant, interpelle avant tout les prêtres chargés de l'éducation des fidèles aux exigences de l'Evangile. Ils doivent donc se consacrer sans réserve à l'écoute des confessions sacramentales, et à orienter avec courage les fidèles, afin qu'ils ne cèdent pas à la mentalité du monde et que leurs choix soient sans compromis, et à contre courant si nécessaire". Enfin le Pape a invité le clergé à conduire avec leurs pénitents le dialogue de salut préconisé par le Curé d'Ars, qui naît de la certitude d'être aimés de Dieu. Une certitude qui permet à l'homme de reconnaître ses fautes et d'avancer progressivement dans une dynamique de conversion du coeur, laquelle débouche sur la renonciation radicale au mal et à la vie que Dieu veut".
AC/CONFESSION/PENITENCERIE                                  VIS 20100311 (420) 

lundi 11 janvier 2010

BAPTEME DON DE LA FOI


CITE DU VATICAN, 10 JAN 2010 (VIS). Comme de coutume pour la fête du Baptême du Seigneur, le Pape a célébré, ce matin en la Chapelle Sixtine, une messe au cours de laquelle il a baptisé quatorze nouveau-nés, sept garçons et sept filles. Dans son homélie, il a dit que "aujourd'hui, Jésus se révèle, sur les rives du Jourdain, à Jean et au peuple d'Israël. C'est la première fois qu'en tant qu'adulte, il entre dans la vie publique". Le baptême du Précurseur est "un baptême de pénitence, un signe invitant à la conversion, à changer de vie parce qu'il s'approche, celui qui baptisera dans l'Esprit-Saint et dans le feu. De fait, on ne peut aspirer à un monde nouveau en restant ancrés dans l'égoïsme et dans les mauvaises habitudes... Le Fils de Dieu -a-t-il poursuivi- sans péché, vient au milieu des pécheurs et montre la proximité de Dieu dans le chemin de conversion de l'homme. Jésus prend sur ses épaules le poids de la faute de toute l'humanité, et commence sa mission en se mettant à notre place, à la place des pécheurs dans la perspective de la Croix".

  Evoquant ensuite les petits enfants sur le point d'être baptisés, Benoît XVI a ajouté qu'"ils recevront en don la grâce du baptême, et l'Esprit-Saint habitera en eux comme dans un temple, en transformant profondément leur cœur... Ils sont baptisés aujourd'hui dan la foi de l'Eglise professée par leurs parents, parrains et marraines et par les chrétiens présents, qui les emmèneront ensuite à la suite du Christ". Le Pape a aussi souligné qu'"aujourd'hui est un grand jour pour ces enfants. Devenus participants à la mort et à la résurrection du Christ par le baptême, ils commencent avec lui l'aventure joyeuse et exaltante du disciple... Le baptême illumine avec la lumière du Christ, ouvre les yeux à sa splendeur et introduit au mystère de Dieu à travers la lumière divine de la foi. Les enfants qui vont être baptisés devront marcher dans cette lumière toute leur vie, aidés par les paroles et l'exemple de leurs parents, parrains et marraines. Ceux-ci devront s'engager à nourrir par leurs paroles et le témoignage de leur vie les petites lumières de foi des enfants, afin qu'elle puisse resplendir dans notre monde qui marche souvent à tâtons dans les ténèbres du doute, et porter la lumière de l'Evangile qui est la vie et l'espérance". Puis il a ajouté que "aujourd'hui encore la foi est un don à redécouvrir, cultiver et témoigner. Par cette célébration du baptême, le Seigneur accorde à chacun de nous de vivre la beauté et la joie d'être chrétien, afin que nous puissions introduire les enfants baptisés dans la plénitude de l'adhésion au Christ. Je confie ces petits à l'intercession maternelle de la Vierge Marie. Demandons-lui que, revêtus de ces vêtements blancs, signe de leur nouvelle dignité de fils de Dieu, ils soient pour toute leur vie des disciples du Christ et des témoins courageux de l'Evangile".
HML/BAPTEMES/CHAPELLE SIXTINE                         VIS 20100111 (500)


PAS DE VIOLENCE AU NOM DE DIEU


CITE DU VATICAN, 11 JAN 2010 (VIS). Après les baptêmes d'enfants, le Saint-Père a regagné ses appartements pour réciter l'angélus, depuis la fenêtre de son bureau, avec les fidèles rassemblés Place St.Pierre. "Le baptême -a-t-il dit- suggère très bien le sens global des fêtes de Noël dont l'idée de conversion en fils de Dieu, grâce à la venue de son Fils unique dans notre humanité, constitue un élément dominant. Il s'est fait homme pour que nous puissions devenir enfants de Dieu. Dieu est né pour que nous puissions renaître... Par le sacrement du baptême, a expliqué le Saint-Père, "l'homme devient réellement un fils, fils de Dieu. Dès lors, la fin de son existence consiste à rejoindre de façon libre et consciente ce qui, depuis le commencement, est la destination de l'homme. 'Deviens ce que tu es', représente le principe éducatif de base de l'être humain racheté par la grâce... Généré par le baptême à une vie nouvelle, le chrétien commence son chemin de croissance dans la foi qui l'amènera à invoquer consciemment Dieu comme Abbà, Père... Du baptême -a poursuivi Benoît XVI- dérive aussi un modèle de société: celui de frères. La fraternité ne peut être établie par idéologie ni même par décret d'un quelconque pouvoir en place. On se reconnaît frères par la conscience humble mais profonde d'être les enfants d'un unique Père céleste. En tant que chrétien, grâce à l'Esprit-Saint reçu du baptême, nous recevons le don et l'engagement de vivre en enfants de Dieu et en frères, pour être le levain d'une nouvelle humanité, solide et riche de paix et d'espérance".

  Après la récitation de l'angélus, le Saint-Père est revenu sur deux évènements récents: "la condition des immigrés qui cherchent une vie meilleure dans des pays qui ont besoin, pour diverses raisons, de leur présence, et les situations conflictuelles, dans différentes parties du monde, dans lesquelles les chrétiens sont victimes d'attaques parfois violentes... Il faut repartir du cœur du problème ! Il faut repartir du sens de la personne!", s'est exclamé Benoît XVI. "Un émigré est un être humain, différent par sa provenance, sa culture et sa tradition, mais il est une personne que l'on doit respecter, qui a des droits et des devoirs, en particulier dans le milieu du travail où la tentation d'exploitation est plus facile, mais aussi dans ses conditions de vie au quotidien. La violence ne doit jamais être, pour personne, une solution de résolution des difficultés. Le problème est d'abord humain ! Je vous invite à regarder le visage de l'autre et a découvrir qu'il a une âme, une histoire et une vie: il est une personne et Dieu l'aime autant que moi... Je voudrais faire les mêmes considérations en ce qui concerne l'homme dans sa diversité religieuse. La violence envers les chrétiens dans certains pays a suscité une grande indignation, aussi parce qu'elle s'est déroulée au cours des jours les plus sacrés de la tradition chrétienne. Les institutions politiques et religieuses ne doivent pas renoncer, je le rappelle, à leurs responsabilités. Il ne peut y avoir de violence au nom de Dieu, et on ne peut pas davantage prétendre l'honorer en offensant la dignité et la liberté de ses semblables".
ANG/BAPTEMES:IMMIGRATION:LIBERTE/...                    VIS 20100111 (540)


mercredi 2 décembre 2009

RECONCILIATION ET PENITENCE


CITE DU VATICAN, 2 DEC 2009 (VIS). Après la catéchèse, Benoît XVI a évoqué le 25 anniversaire de l'exhortation apostolique Reconciliatio et Paenitentia, qui souligne l'importance de la confession dans la vie de l'Eglise : " Pour la circonstance, je désire rappeler de grands apôtres de la confession, d'infatigables dispensateurs de la miséricorde divine, comme le Curé d'Ars, saint Joseph Cafasso, saint Léopold Mandic ou le Padre Pio ". S'adressant plus particulièrement aux jeunes, le Pape a dit que leurs témoignages de foi et de charité " doit inciter à fuir le péché et à concevoir l'avenir comme un service envers Dieu et le prochain ". Leur exemple doit aussi " aider les malades a trouver dans la souffrance la miséricorde du Crucifié, les jeunes époux à garantir un climat de foi et d'harmonie dans leurs familles. En cette Année sacerdotale, puisse l'exemple de ces saints ministres du pardon divin encourager les prêtres et tous les fidèles à placer leur confiance dans la bonté de Dieu, en recourant fidèlement à ce sacrement ".
AG/CONFESSION/...                                         VIS 20091202 (180) 


lundi 9 novembre 2009

UNIS DANS LE BAPTEME


CITE DU VATICAN, 8 NOV 2009 (VIS). Le Pape s'est rendu à l'église paroissiale de Concesio, où fut baptisé le futur Paul VI. Rappelant l'importance du sacrement pour le chrétien, il a repris une phrase prononcée en 1956 par l'archevêque de Milan: "Dans ce monde, souvent des nuages nous empêchent de voir le ciel de Dieu. On a la tentation de croire que la foi est une entrave dont il faut se libérer, quelque chose de vieux et de dépassé, d'inutile, l'homme pensant que la vie socio-économique suffise à répondre aux aspirations humaines".

  Puis il a évoqué le passage des Confessions où saint Augustin écrit que notre coeur ne trouvera la paix qu'en reposant en Dieu. C'est seulement si l'on trouve la lumière qui lui donne sa signification que l'être humain peut être véritablement heureux. Cette lumière est la foi dans le Christ reçue au baptême et qui doit être sans cesse redécouverte afin de pouvoir la transmettre". Il ne faut pas oublier la grandeur du don reçu par le baptême, lorsque "le Christ est pour toujours uni à chacun de nous. Or, lui sommes-nous unis par des décisions en accord avec l'Evangile? Il n'est pas facile d'être chrétien. Il faut du courage et de la ténacité pour ne pas céder à l'esprit du monde, pour ne pas se laisser séduire par les attraits de l'hédonisme ou du consumisme , pour faire face aux incompréhensions qui peuvent porter jusqu'aux persécutions. Vivre le baptême signifie rester uni à l'Eglise, même lorsque son visage montre quelque ombre, quelque tache. C'est elle qui nous régénère à la vie divine et nous accompagne durant ce parcours terrestre. Aimons-la comme notre vraie mère. Servons-la fidèlement et, sans céder à l'individualisme ou au préjugé, aux rivalités et divisions, manifestons concrètement cet attachement au sein de nos communautés. Ainsi seulement nous serons de véritables disciples du Christ". Après cette visite, Benoît XVI a regagné l'aérodrome militaire pour regagner Rome, où il est arrivé à 20 h 15'.
PV-ITALIE/PAROISSE/CONCESIO                         VIS 20091109 (340) 


lundi 14 septembre 2009

ORDINATIONS EPISCOPALES PAR LE PAPE


CITE DU VATICAN, 12 SEP 2009 (VIS). Ce matin en la Basilique vaticane, Benoît XVI a ordonné à l'épiscopat cinq prélats jusqu'ici en poste près la Curie et l'Etat de la Cité du Vatican: Mgr.Gabriele Giordano Caccia, nouveau Nonce au Liban, Mgr.Pietro Parolin, nouveau Nonce au Venezuela, Mgr.Raffaello Martinelli, nouvel Evêque de Frascati (Italie), et Mgr.Giorgio Corbellini, nouveau Président du Bureau du travail.

  A l'homélie, le Saint-Père a souligné que le coeur de la mission du Christ et l'essence même de son sacerdoce est de servir en se donnant: Les derniers jours de sa vie terrestre, "il a révélé les trois caractéristiques du bon service, qui se retrouvent dans le ministère sacerdotal... La première vertu demandée par le Seigneur à son serviteur est la fidélité" car l'Eglise, n'est pas nôtre mais sienne, l'Eglise de Dieu... Ne cherchons donc pas le pouvoir, le prestige, la satisfaction de soi mais guidons les gens vers Jésus-Christ et vers le Dieu vivant. Conduisons-les dans la vérité mais aussi dans la liberté, qui découle de la vérité". Puis il a rappelé que l'Eglise comme la société "souffre trop souvent de ce que ses responsables usent leur charges à leur profit et non au service de la communauté... Or la fidélité du serviteur du Christ ne peut assimiler les devoirs de la foi aux modes de la société... La foi doit être transmise, non pour nous ni même pour le salut de notre âme, mais pour autrui, pour ce monde, pour ce temps".

  La deuxième caractéristique du bon serviteur -a précisé le Pape- est la prudence, qui est "très différente de l'astuce". La première des vertus cardinales "indique le primat de la vérité qui, par la prudence, devient notre critère d'action. La prudence exige une raison humble, disciplinée et vigilante qui ne se laisse pas tromper par des préjudices. Elle ne juge pas selon les désirs et les passions mais cherche la vérité, même une vérité qui dérange... Dieu, par Jésus-Christ, nous a ouvert la fenêtre de la vérité... Il nous montre la vérité essentielle de l'homme dans les Saintes Ecritures et dans la foi de l'Eglise, qui nous met sur la bonne voie quand nous agissons. Ainsi, la première vertu cardinale du prêtre, ministre de Jésus, consiste à se laisser façonner par la vérité que le Christ nous montre. C'est de cette façon que nous devenons des hommes vraiment raisonnables qui jugent en se basant sur l'ensemble et non à partir de petits détails".

  La troisième caractéristique est la bonté. "Seul Dieu est bon dans son sens complet. Il est le bien, le bon par excellence, la bonté en personne... Ainsi, l'être humain se base nécessairement sur une profonde orientation intérieure vers Dieu... La bonté présuppose surtout une communion vivante avec Dieu, une union intérieure grandissante avec lui".

  Enfin, Benoît XVI a rappelé que l'Eglise commémorait aujourd'hui le nom de Marie et que, dans la tradition occidentale, Marie se traduit Etoile de la mer... : lorsque, parfois, ce que nous vivons nous apparaît comme une mer sombre qui devient menaçante pour la petite embarcation de notre vie... nous voyons alors de très près une lumière qui s'allume, lorsque Marie dit: Je suis la servante du Seigneur. Nous voyons la claire lumière de la bonté qui émane d'elle. Dans cette bonté avec laquelle elle a accueilli et vient toujours à la rencontre des grandes et petites aspirations de nombreux hommes, nous reconnaissons, de façon très humaine, la bonté de Dieu, lui-même. Par sa bonté, elle porte de nouveau Jésus-Christ, et donc, la grande lumière de Dieu dans le monde... Prions -a-t-il conclu- pour que vous deveniez de fidèles serviteurs, prudents et bons, pour pouvoir entendre un jour: Serviteur bon et fidèle, prends part à la joie de ton maître".
HML/ORDINATIONS EPISCOPALES/...                         VIS 20090914 (640)


jeudi 18 juin 2009

LETTRE AUX PRETRES

CITE DU VATICAN, 18 JUI 2009 (VIS). Aujourd'hui a été rendue publique la lettre que Benoît XVI adresse à tous les prêtres, à la veille de l'ouverture de l'Année sacerdotale à l'occasion du 150 anniversaire de la mort du Curé d'Ars. Demain après-midi, solennité du Sacré Cœur, il l'ouvrira officiellement par les secondes vêpres célébrée en la Basilique vaticane. Voici ce texte papal:

  "L'Année sacerdotale...veut contribuer à promouvoir un engagement de renouveau intérieur de tous les prêtres afin de rendre plus incisif et plus vigoureux leur témoignage évangélique dans le monde d'aujourd'hui. Le Sacerdoce, c'est l'amour du cœur de Jésus, avait coutume de dire le Saint Curé d'Ars. Cette expression touchante nous permet avant tout d'évoquer avec tendresse et reconnaissance l'immense don que sont les prêtres non seulement pour l'Eglise, mais aussi pour l'humanité elle-même. Je pense à tous ces prêtres qui présentent aux fidèles chrétiens et au monde entier l'offrande humble et quotidienne des paroles et des gestes du Christ, s'efforçant de lui donner leur adhésion par leurs pensées, leur volonté, leurs sentiments et le style de toute leur existence. Comment ne pas mettre en évidence leurs labeurs apostoliques, leur service inlassable et caché, leur charité ouverte à l'universel ? Et que dire de la courageuse fidélité de tant de prêtres qui, bien que confrontés à des difficultés et à des incompréhensions, restent fidèles à leur vocation, celle d'amis du Christ, qui ont reçu de lui un appel particulier, ont été choisis et envoyés?".
   
  "Je porte moi-même encore vivant dans mon cœur le souvenir du premier curé auprès de qui j'ai exercé mon ministère de jeune prêtre. Il m'a laissé l'exemple d'un dévouement sans faille à son service pastoral, au point de trouver la mort alors qu'il allait porter le viatique à un malade grave. Me viennent encore à la mémoire les innombrables confrères que j'ai rencontrés et que je continue à rencontrer, même au cours de mes voyages pastoraux en divers pays, tous généreusement engagés dans l'exercice quotidien de leur ministère sacerdotal. Mais l'expression utilisée" par saint Jean-Marie Vianney "évoque aussi le Cœur transpercé du Christ et la couronne d'épines qui l'entoure. Et notre pensée se tourne alors vers les innombrables situations de souffrance dans lesquelles sont plongés bien des prêtres, soit parce qu'ils participent à l'expérience humaine de la douleur dans ses multiples manifestations, soit parce qu'ils sont incompris par ceux qui bénéficient de leur ministère : comment ne pas nous souvenir de tant de prêtres bafoués dans leur dignité, empêchés d'accomplir leur mission, parfois même persécutés jusqu'au témoignage suprême du sang?".

  "Il existe aussi malheureusement des situations, jamais assez déplorées, où l'Eglise elle-même souffre de l'infidélité de certains de ses ministres. Et c'est pour le monde un motif de scandale et de refus. Ce qui, dans de tels cas peut être surtout profitable pour l'Église, ce n'est pas tant la pointilleuse révélation des faiblesses de ses ministres, mais plutôt une conscience renouvelée et joyeuse de la grandeur du don de Dieu, concrétisé dans les figures splendides de pasteurs généreux, de religieux brûlant d'amour pour Dieu et pour les âmes, de directeurs spirituels éclairés et patients. A cet égard, les enseignements et les exemples de saint Jean-Marie Vianney peuvent offrir à tous un référence forte: le Curé d'Ars était très humble, mais il avait conscience, comme prêtre, d'être un don immense pour son peuple. Un bon pasteur -disait-il-, un pasteur selon le cœur de Dieu, c'est là le plus grand trésor que le bon Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des plus précieux dons de la miséricorde divine. Il parlait du sacerdoce comme s'il ne réussissait pas à se convaincre de la grandeur du don et de la tâche confiés à une créature humaine: Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand! S'il se comprenait, il mourrait... Dieu lui obéit: Il dit deux mots et Notre Seigneur descend du ciel à sa voix et se renferme dans une petite hostie! Et, pour expliquer à ses fidèles l'importance des sacrements, il disait: Si nous n'avions pas le sacrement de l'ordre, nous n'aurions pas Notre Seigneur. Qui est-ce qui l'a mis là, dans le tabernacle? Le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme à son entrée dans la vie? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant cette âme pour la dernière fois dans le sang de Jésus-Christ? Le prêtre, toujours le prêtre. Et si cette âme vient à mourir à cause du péché, qui la ressuscitera, qui lui rendra le calme et la paix? Encore le prêtre. Après Dieu, le prêtre c'est tout. Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel. Ces affirmations, jaillies du cœur sacerdotal du saint curé, peuvent nous sembler excessives. Elles manifestent toutefois en quelle haute considération il tenait le sacrement du sacerdoce. Il semblait submergé par le sentiment d'une responsabilité sans bornes: Si l'on comprenait bien le prêtre sur la terre, on mourrait non de frayeur, mais d'amour. Sans le prêtre, la mort et la passion de Notre Seigneur ne serviraient de rien. C'est le prêtre qui continue l'œuvre de rédemption, sur la terre. A quoi servirait une maison remplie d'or, si vous n'aviez personne pour ouvrir la porte? Le prêtre a la clef des trésors célestes. C'est lui qui ouvre la porte, il est l'économe du Bon Dieu, l'administrateur de ses biens. Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre: on y adorera les bêtes. Le prêtre n'est pas prêtre pour lui, il est pour vous".

  "Il était arrivé au petit village d'Ars, prévenu par son évêque qu'il y aurait trouvé une situation religieuse précaire: Il n'y a pas beaucoup d'amour de Dieu dans cette paroisse, vous l'y mettrez. Il était donc pleinement conscient qu'il devait y aller pour y incarner la présence du Christ, témoignant de sa tendresse salvifique: Mon Dieu, accordez-moi la conversion de ma paroisse. Je consens à souffrir ce que vous voulez tout le temps de ma vie! C'est par cette prière qu'il commença sa mission. Le Saint Curé se consacra à la conversion de sa paroisse de toutes ses forces, donnant la première place dans ses préoccupations à la formation chrétienne du peuple qui lui était confié. Chers frères dans le sacerdoce, demandons au Seigneur Jésus la grâce de pouvoir apprendre nous aussi la méthode pastorale de saint Jean-Marie Vianney! Ce que nous devons apprendre en tout premier lieu c'est sa totale identification à son ministère. En Jésus, Personne et Mission tendent à coïncider car toute son action salvifique était et est expression d'un Moi filial qui, de toute éternité, se tient devant le Père dans une attitude de soumission pleine d'amour à sa volonté. Dans une humble mais réelle analogie, le prêtre lui aussi doit tendre à cette identification. Il ne s'agit pas évidemment d'oublier que l'efficacité substantielle du ministère demeure indépendante de la sainteté du ministre. Mais on ne peut pas non plus ignorer l'extraordinaire fécondité produite par la rencontre entre la sainteté objective du ministère et celle, subjective, du ministre. Le Curé d'Ars se livra immédiatement à cet humble et patient travail d'harmonisation entre sa vie de ministre et la sainteté du ministère qui lui était confié, allant jusqu'à décider d'habiter matériellement dans son église paroissiale: A peine arrivé, il choisit l'église pour être sa demeure. Il entrait dans l'église avant l'aube et il n'en sortait qu'après l'angélus du soir. C'est là qu'il fallait le chercher si l'on avait besoin de lui, peut-on lire dans sa première biographie. La pieuse exagération du dévoué hagiographe ne doit pas nous induire à négliger le fait que le Saint Curé sut aussi habiter activement tout le territoire de sa paroisse. Il rendait visite de manière systématique à tous les malades et aux familles, organisait des missions populaires et des fêtes patronales, recueillait et administrait des dons en argent pour ses œuvres charitables et missionnaires, embellissait son église en la dotant d'objets sacrés, s'occupait des Orphelines de la Providence (un Institut qu'il avait fondé) et de leurs éducatrices, s'intéressait à l'éducation des enfants, créait des confréries et invitait les laïcs à collaborer avec lui".
   
  "Son exemple me pousse à évoquer les espaces de collaboration que l'on doit ouvrir toujours davantage aux fidèles laïcs, avec lesquels les prêtres forment l'unique peuple sacerdotal et au milieu desquels, en raison du sacerdoce ministériel, ils se trouvent " pour les conduire tous à l'unité dans l'amour s'aimant les uns les autres d'un amour fraternel, rivalisant d'égards entre eux. Il convient de se souvenir, dans ce contexte, comment le Concile Vatican II encourageait chaleureusement les prêtres à reconnaître sincèrement et à promouvoir la dignité des laïcs et la part propre qu'ils prennent dans la mission de l'Eglise. Ils doivent écouter de bon cœur les laïcs, en prenant fraternellement en considération leurs désirs, et en reconnaissant leur expérience et leur compétence dans les divers domaines de l'activité humaine, afin de pouvoir discerner avec eux les signes des temps. Le Saint Curé enseignait surtout ses paroissiens par le témoignage de sa vie. A son exemple, les fidèles apprenaient à prier, s'arrêtant volontiers devant le tabernacle pour faire une visite à Jésus Eucharistie. On n'a pas besoin de tant parler pour bien prier, leur expliquait le Curé. On sait que le bon Dieu est là, dans le saint Tabernacle. On lui ouvre son cœur, on se complaît en sa présence. C'est la meilleure prière, celle-là. Il les exhortait: Venez à la communion, venez à Jésus, venez vivre de lui, afin de vivre pour lui. C'est vrai, vous n'en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin! Cette éducation des fidèles à la présence eucharistique et à la communion revêtait une efficacité toute particulière, quand les fidèles le voyaient célébrer le saint sacrifice de la messe. Ceux qui y assistaient disaient " qu'il n'était pas possible de voir un visage qui exprime à ce point l'adoration. Il contemplait l'hostie avec tant d'amour. Toutes les bonnes œuvres réunies -disait-il- n'équivalent pas au sacrifice de la messe, parce qu'elles sont les œuvres des hommes, et la sainte messe est l'œuvre de Dieu. Il était convaincu que toute la ferveur de la vie d'un prêtre dépendait de la messe: La cause du relâchement du prêtre, c'est qu'on ne fait pas attention à la messe! Hélas! Mon Dieu! qu'un prêtre est à plaindre quand il fait cela comme une chose ordinaire! Et il avait pris l'habitude, quand il célébrait, d'offrir toujours le sacrifice de sa propre vie: Oh! qu'un prêtre fait bien de s'offrir à Dieu en sacrifice tous les matins. Cette identification personnelle au sacrifice de la Croix le conduisait d'un seul mouvement de l'autel au confessionnal. Les prêtres ne devraient jamais se résigner à voir les confessionnaux désertés ni se contenter de constater la désaffection des fidèles pour ce sacrement. Au temps du Curé d'Ars, en France, la confession n'était pas plus facile ni plus fréquente que de nos jours, compte tenu du fait que la tourmente de la Révolution avait étouffé pendant longtemps la pratique religieuse. Mais il s'est efforcé, de toutes les manières, par la prédication, en cherchant à persuader par ses conseils, à faire redécouvrir à ses paroissiens le sens et la beauté de la pénitence sacramentelle, en montrant comment elle est une exigence intime de la présence eucharistique. Il sut ainsi donner vie à un cercle vertueux. Par ses longues permanences à l'église, devant le tabernacle, il fit en sorte que les fidèles commencent à l'imiter, s'y rendant pour rendre visite à Jésus, et qu'ils soient en même temps sûrs d'y trouver leur curé, disponible pour l'écoute et le pardon. Par la suite, la foule croissante des pénitents qui venaient de la France entière, le retint au confessionnal jusqu'à 16 heures par jour. On disait alors qu'Ars était devenu le grand hôpital des âmes. La grâce qu'il obtenait pour la conversion des pécheurs était si puissante qu'elle allait à leur recherche sans leur laisser un moment de répit, dit le premier biographe. C'est bien ce que pensait le Saint Curé quand il disait: Ce n'est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon mais c'est Dieu lui-même qui court après le pécheur et qui le fait revenir à lui. Ce bon sauveur est si rempli d'amour pour nous qu'il nous cherche partout!".
   
  "Nous tous, prêtres, nous devrions réaliser que les paroles qu'il mettait dans la bouche du Christ nous concernent personnellement: Je chargerai mes ministres de leur annoncer que je suis toujours prêt à les recevoir, que ma miséricorde est infinie. Du saint Curé d'Ars, nous pouvons apprendre, nous prêtres, non seulement une inépuisable confiance dans le sacrement de la pénitence au point de nous inciter à le remettre au centre de nos préoccupations pastorales, mais aussi une méthode pour le dialogue de salut qui doit s'établir en lui. Le Curé d'Ars avait une manière différente de se comporter avec les divers pénitents. Celui qui s'approchait de son confessionnal attiré par un besoin intime et humble du pardon de Dieu, trouvait en lui l'encouragement à se plonger dans le torrent de la divine miséricorde qui emporte tout dans son élan. Et si quelqu'un s'affligeait de sa faiblesse et de son inconstance, craignant les rechutes à venir, le Curé lui révélait le secret de Dieu par une expression d'une touchante beauté: "Le Bon Dieu sait toutes choses. D'avance, il sait qu'après vous être confessé, vous pécherez de nouveau et cependant il vous pardonne. Quel amour que celui de notre Dieu qui va jusqu'à oublier volontairement l'avenir pour nous pardonner! A celui qui, à l'inverse, s'accusait avec tiédeur et de manière presque indifférente, il offrait, par ses larmes, la preuve de la souffrance et de la gravité que causait cette attitude abominable. Je pleure de ce que vous ne pleurez pas, disait-il. Encore, si le bon Dieu n'était si bon, mais il est si bon. Faut-il que l'homme soit barbare pour un si bon Père. Il faisait naître le repentir dans le cœur des tièdes, en les obligeant à voir, de leurs propres yeux et presque incarnée sur le visage du prêtre qui les confessait, la souffrance de Dieu devant les péchés. Par contre, si quelqu'un se présentait avec un désir déjà éveillé d'une vie spirituelle plus profonde et qu'il en était capable, il l'introduisait dans les profondeurs de l'amour, exposant l'indicible beauté que représente le fait de pouvoir vivre unis à Dieu et en sa présence: Tout sous les yeux de Dieu, tout avec Dieu, tout pour plaire à Dieu. Oh! que c'est beau! A ceux-là, il enseignait à prier: "Mon Dieu, faites-moi la grâce de vous aimer autant qu'il est possible que je vous aime. Le Curé d'Ars, en son temps, a su transformer le cœur et la vie de tant de personnes, parce qu'il a réussi à leur faire percevoir l'amour miséricordieux du Seigneur. Notre temps aussi a un besoin urgent d'une telle annonce et d'un tel témoignage de la vérité de l'Amour: Deus Caritas Est. Par la Parole et les Sacrements de son Jésus, Jean-Marie Vianney savait édifier son peuple, même si, souvent, il tremblait devant son incapacité personnelle, au point de désirer plus d'une fois être délivré des responsabilités du ministère paroissial dont il se sentait indigne. Toutefois, avec une obéissance exemplaire, il demeura toujours à son poste, parce qu'il était dévoré de la passion apostolique pour le salut des âmes. Il s'efforçait d'adhérer totalement à sa vocation et à sa mission en pratiquant une ascèse sévère: Ce qui est un grand malheur, pour nous autres curés -déplorait le saint prêtre-, c'est que l'âme s'engourdit. Et il faisait ainsi allusion au danger que court le pasteur de s'habituer à l'état de péché ou d'indifférence dans lequel se trouvent tant de ses brebis. Il maîtrisait son corps par des veilles et des jeûnes, afin d'éviter qu'il n'oppose résistance à son âme sacerdotale. Et il n'hésitait pas à s'infliger des mortifications pour le bien des âmes qui lui étaient confiées et pour contribuer à l'expiation de tant de péchés entendus en confession. A un confrère prêtre, il expliquait: Je vais vous dire ma recette. Je leur donne une petite pénitence et je fais le reste à leur place. Par-delà ces pénitences concrètes auxquelles le Curé d'Ars se livrait, le noyau central de son enseignement demeure toujours valable pour tous. Jésus verse son sang pour les âmes et le prêtre ne peut se consacrer à leur salut s'il refuse de participer personnellement à ce prix élevé de la rédemption".
   
  "Dans le monde d'aujourd'hui, comme dans les temps difficiles du Curé d'Ars, il faut que les prêtres, dans leur vie et leur action, se distinguent par la force de leur témoignage évangélique. Paul VI faisait remarquer avec justesse que l'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou, s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins. Pour éviter que ne surgisse en nous un vide existentiel et que ne soit compromise l'efficacité de notre ministère, il faut que nous nous interrogions toujours de nouveau: Sommes-nous vraiment imprégnés de la Parole de Dieu? Est-elle vraiment la nourriture qui nous fait vivre, plus encore que le pain et les choses de ce monde? La connaissons-nous vraiment? L'aimons-nous? Intérieurement, nous préoccupons-nous de cette parole au point qu'elle façonne réellement notre vie et informe notre pensée? Tout comme Jésus appela les Douze pour qu'ils demeurent avec lui et que, après seulement, il les envoya prêcher, de même, de nos jours, les prêtres sont appelés à assimiler ce nouveau style de vie qui a été inauguré par le Seigneur Jésus et qui est devenu précisément celui des Apôtres. C'est cette même adhésion sans réserve aunouveau style de vie qui fut la marque de l'engagement du Curé d'Ars dans tout son ministère. Jean XXIII, dans l'Encyclique Sacerdotii Nostri Primordia, publiée en1959 à l'occasion du premier centenaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, présentait sa physionomie ascétique sous le signe des trois conseils évangéliques qu'il jugeait nécessaires aussi pour les prêtres: Si pour atteindre à cette sainteté de vie, la pratique des conseils évangéliques n'est pas imposée au prêtre en vertu de son état clérical, elle s'offre néanmoins à lui, comme à tous les disciples du Seigneur, comme la voie royale de la sanctification chrétienne. Le Curé d'Ars sut vivre les conseils évangéliques selon des modalités adaptées à sa condition de prêtre. Sa pauvreté, en effet, ne fut pas celle d'un religieux ou d'un moine, mais celle qui est demandée à un prêtre: tout en gérant de grosses sommes d'argent (puisque les pèlerins les plus riches ne manquaient pas de s'intéresser à ses œuvres de charité), il savait que tout était donné pour son église, pour les pauvres, pour ses orphelins et pour les enfants de sa Providence, et pour les familles les plus nécessiteuses. Donc, il était riche pour donner aux autres, et bien pauvre pour lui-même. Il expliquait: Mon secret est bien simple, c'est de tout donner et de ne rien garder. Quand il lui arrivait d'avoir les mains vides, content, il disait aux pauvres qui s'adressaient à lui: Je suis pauvre comme vous ; je suis aujourd'hui l'un des vôtres. Ainsi, à la fin de sa vie, il put affirmer dans une totale sérénité: Je n'ai plus rien, le bon Dieu peut m'appeler quand il voudra. Sa chasteté était aussi celle qui était demandée à un prêtre pour son ministère. On peut dire qu'il s'agissait de la chasteté nécessaire à celui qui doit habituellement toucher l'Eucharistie et qui habituellement la contemple avec toute l'ardeur du cœur et qui, avec la même ferveur, la donne à ses fidèles. On disait de lui que la chasteté brillait dans son regard, et les fidèles s'en rendaient compte quand il se tournait vers le tabernacle avec le regard d'un amoureux. De même, l'obéissance de saint Jean-Marie Vianney fut entièrement incarnée dans son adhésion à toutes les souffrances liées aux exigences quotidiennes du ministère. On sait combien il était tourmenté par la pensée de son incapacité pour le ministère paroissial et par son désir de fuir pour pleurer dans la solitude sur sa pauvre vie. L'obéissance seule, et sa passion pour les âmes, réussissaient à le convaincre de rester à son poste. Il montrait à ses fidèles, comme à lui-même qu'il n'y a pas deux bonnes manières de servir Notre Seigneur, il n'y en a qu'une, c'est de le servir comme il veut être servi. Il lui semblait que la règle d'or pour une vie d'obéissance fut celle-ci: Ne faire que ce que l'on peut offrir au bon Dieu".
   
  "Dans ce contexte d'une spiritualité nourrie par la pratique des conseils évangéliques, je tiens à adresser aux prêtres, en cette Année qui leur est consacrée, une invitation cordiale, celle de savoir accueillir le nouveau printemps que l'Esprit suscite de nos jours dans l'Eglise, en particulier grâce aux mouvements ecclésiaux et aux nouvelles communautés. L'Esprit dans ses dons prend de multiples formes. Il souffle où il veut. Il le fait de manière inattendue, dans des lieux inattendus et sous des formes qu'on ne peut imaginer à l'avance. Il nous démontre également qu'il œuvre en vue de l'unique corps et dans l'unité de l'unique corps. Ce que dit à cet égard le Décret Presbyterorum Ordinis est d'actualité: Eprouvant les esprits pour savoir s'ils sont de Dieu, les prêtres chercheront à déceler, avec le sens de la foi, les charismes multiformes des laïcs, qu'ils soient humbles ou éminents, les reconnaîtront avec joie et les développeront avec un zèle empressé. Ces mêmes dons, qui poussent bien des personnes vers une vie spirituelle plus élevée, sont profitables non seulement pour les fidèles laïcs mais pour les ministres eux-mêmes. C'est de la communion entre ministres ordonnés et charismes que peut naître un élan précieux pour un engagement renouvelé de l'Eglise au service de l'annonce et du témoignage de l'Evangile de l'espérance et de la charité partout à travers le monde. Je voudrais encore ajouter, dans la ligne de l'Exhortation apostolique Pastores Dabo Vobis de Jean-Paul II, que le ministère ordonné a une forme communautaire radicale et qu'il ne peut être accompli que dans la communion des prêtres avec leur évêque. Il faut que cette communion des prêtres entre eux et avec leur évêque, enracinée dans le sacrement de l'ordre et manifestée par la concélébration eucharistique, se traduise dans les diverses formes concrètes d'une fraternité effective et affective. Ainsi seulement, les prêtres pourront-ils vivre en plénitude le don du célibat et seront-ils capables de faire épanouir des communautés chrétiennes au sein desquelles se renouvellent les prodiges de la première prédication de l'Evangile. L'Année paulinienne qui arrive à sa fin nous invite à considérer encore la figure de l'Apôtre des Gentils dans laquelle brille à nos yeux un modèle splendide de prêtre complètement donné à son ministère. L'amour du Christ nous presse -écrivait-il- à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts. Et il ajoutait: Il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux . Quel meilleur programme pourrait être proposé à un prêtre qui s'efforce de progresser sur le chemin de la perfection chrétienne? Chers prêtres, la célébration du 150 anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney (1859) vient immédiatement après les célébrations achevées il y a peu du 150 anniversaire des apparitions de Lourdes (1858). Déjà en 1959, le bienheureux Jean XXIII l'avait remarqué: Peu avant que le Curé d'Ars n'achevât sa longue carrière pleine de mérites, la Vierge Immaculée était apparue dans une autre région de France à une enfant humble et pure pour lui communiquer un message de prière et de pénitence, dont on sait l'immense retentissement spirituel depuis un siècle. En vérité, l'existence du saint prêtre dont nous célébrons la mémoire, était à l'avance une vivante illustration des grandes vérités surnaturelles enseignées à la voyante de Massabielle. Il avait lui-même pour l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge une très vive dévotion, lui qui, en 1836, avait consacré sa paroisse à Marie conçue sans péché et devait accueillir avec tant de foi et de joie la définition dogmatique de 1854. Le Saint Curé rappelait toujours à ses fidèles que Jésus-Christ, après nous avoir donné tout ce qu'il pouvait nous donner, veut encore nous faire héritiers de ce qu'il y a de plus précieux, c'est-à-dire sa Sainte Mère. Je confie cette Année sacerdotale à la Vierge, lui demandant de susciter dans l'âme de chaque prêtre un renouveau généreux de ces idéaux de donation totale au Christ et à l'Eglise qui ont inspiré la pensée et l'action du Curé d'Ars. La fervente vie de prière et l'amour passionné de Jésus crucifié ont nourri le don quotidien et sans réserve de Jean-Marie Vianney à Dieu et à l'Eglise. Puisse son exemple susciter parmi les prêtres ce témoignage d'unité avec l'évêque, entre eux et avec les laïcs, qui est si nécessaire aujourd'hui, comme en tout temps. Malgré le mal qui se trouve dans le monde, la parole du Christ à ses Apôtres au Cénacle résonne toujours avec la même force d'actualité: Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais gardez courage! J'ai vaincu le monde. La foi dans le divin Maître nous donne la force de regarder l'avenir avec confiance. Chers prêtres, le Christ compte sur vous. A l'exemple du Saint Curé d'Ars, laissez-vous conquérir par lui et vous serez vous aussi, dans le monde d'aujourd'hui, des messagers d'espérance, de réconciliation et de paix!".
BXVI-LETTRE/ANNEE SACERDOTALE/...                               VIS 20090618 (4250)


mercredi 17 juin 2009

FRATERNITE SAINT PIE X

CITE DU VATICAN, 17 JUI 2009 (VIS). La Salle-de-Presse du Saint-Siège communique: "En réponse aux nombreuses questions relatives aux prochaines ordinations sacerdotales de la Fraternité St.Pie X, on se reportera à la lettre de Benoît XVI aux évêques de l'Eglise catholique du 10 mars. Le Saint-Père écrit: 'Tant que la Fraternité ne dispose pas d'un statut canonique, aucun de ses ministres n'exercent de ministère légitime au sein de l'Eglise. Tant que les questions doctrinales n'auront pax été réglées, la Fraternité n'a pas de statut canonique et ses ministres ne sont pas légitimes'. Par conséquent, les ordinations en question seront illégitimes. Le Pape annonçait par ailleurs son intention de donner un nouveau statut à la Commission Ecclesia Dei dans le cadre de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Cette mesure serait proche et ce statut constituera le préalable à l'engagement d'un dialogue avec les responsables de la Fraternité St.Pie X, dans la perspective de clarification des questions doctrinales, et par conséquent disciplinaires, jusqu'ici non réglées".
OP/ORDINSTIONS/SAINT PIE X                                 VIS 20090617 (180) 


vendredi 12 juin 2009

CORPUS DOMINI ET PRESENCE EUCHARISTIQUE


CITE DU VATICAN, 11 JUI 2009 (VIS). A 19 h en la solennité du Corpus Domini, Benoît XVI a célébré la messe sur le parvis de St.Jean de Latran, avant de présider la traditionnelle procession eucharistique jusqu'à Ste.Marie majeure. A l'homélie il a commenté la formule consécratoire, Ceci est mon corps, ceci est mon sang. S'adressant plus particulièrement aux prêtres, le Pape a dit: "Devenir Eucharistie, c'est le voeu et l'engagement constant du prêtre, afin que l'offrande du corps et du sang du Christ faite à l'autel soit le sacrifice de notre existence. Chaque jour nous tirons des saintes espèces un amour libre et pur qui fait de nous des ministres dignes et des témoins lumineux du Seigneur. C'est ce que les fidèles attendent du prêtre, un véritable exemple de dévotion envers l'Eucharistie. Ils aime le voir en prière et en adoration silencieuse devant le Christ, à la suite du Curé d'Ars qui sera tout particulièrement évoqué au long de l'année sacerdotale... Conscients de notre indignité et malgré nos péchés nous devons nous alimenter de l'amour que le Seigneur nous offre dans le sacrement eucharistique. Ce soir, nous renouvelons notre foi dans la présence réelle car elle n'est pas facilement acquise".

Il existe de nos jours, a poursuivi le Saint-Père, "un réveil de sécularisation qui pénètre même au sein de l'Eglise et qui peut se traduire par un culte eucharistique formel et vide, par des cérémonies sans l'implication du coeur qui s'exprime dans la vénération ainsi que dans le respect liturgique... Il existe une forte tentation de réduire la prière à des moments fugitifs et superficiels, en se laissant conditionner par les actions et les préoccupations de la vie". Puis le Pape a rappelé qu'avec l'Eucharistie "le ciel descend sur terre, le demain de Dieu se fait présent et le temps est englobé dans l'éternité de Dieu". Au cours de la procession, a-t-il ajouté, "nous dirons au Seigneur, au nom de Rome, demeure parmi nous Seigneur, donne-nous le pain de la vie éternelle, libère de monde du mal, de la violence et de la haine qui contaminent les consciences, purifie par la puissance de ton amour miséricordieux". Pendant la procession par la Via Merulana jusqu'à la Basilique de Ste.Marie majeure, des milliers de romains ont chanté et prié en accompagnant le Saint-Sacrement, placé devant le Pape agenouillé sur la plateforme d'un véhicule.
HML/EUCHARISTIE/... VIS 20090612 (400)

mardi 12 mai 2009

ANNEE SACERDOTALE


CITE DU VATICAN, 12 MAI 2009 (VIS). Benoît XVI accordera aux prêtres et fidèles l'indulgence plénière à l'occasion de l'Année sacerdotale (19 juin 2009 - 19 juin 2010) décrétée en l'honneur de saint Jean-Marie Vianney, selon un décret publié aujourd'hui et signé du Cardinal James Francis Stafford et de Mgr Gianfranco Girotti, OFM Conv., respectivement Grand Pénitencier et Régent de la Pénitencerie apostolique. Cette année s'ouvrira à la solennité du Sacré Cœur par un Journée de sanctification sacerdotale. Le Pape présidera les vêpres devant les reliques du saint apportées à Rome par l'Evêque de Belley-Ars. L'année jubilaire se conclura Place-St.Pierre en présence de prêtres du monde entier qui "renouvelleront leur fidélité au Christ et leur lien de fraternité". Voici les modalités d'obtention des indulgences:

A) Aux prêtres, repentis de tout cœur, qui prient un jour aux laudes ou vêpres devant le Saint Sacrement exposé à l'adoration publique ou dans le tabernacle et qui se proposent...à la célébration des sacrements surtout de la confession, sera accordée l'indulgence plénière applicable à leurs frères dans le sacerdoce défunts comme suffrage, si, en conformité avec les dispositions en vigueur, ils se confessent, communient et prient aux intentions du Saint-Père. Une indulgence partielle sera aussi accordée aux frères dans le sacerdoce défunts, chaque fois qu'ils réciteront les prières appropriées qui mènent à une vie sainte et qu'ils accomplissent les offices qui leur ont été confiés.

B) Aux fidèles repentis de tout cœur et qui, dans un église ou un oratoire assistent à la messe et prient pour les prêtres de l'Eglise Jésus-Christ, prêtre souverain et éternel, et qui accompliront ce même jour une bonne œuvre, sera accordée l'indulgence plénière, toujours s'ils se sont confessés et qu'ils prient aux intentions du Saint-Père les jours d'ouverture et de clôture de cette année sacerdotale, le jour du 150 anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, les premiers jeudis du mois ou de quelque autre jour établi par les Ordinaires des lieux pour l'utilité des fidèles".

Les personnes âgées, les malades et tous ceux qui, pour des motifs légitimes, ne peuvent sortir de chez eux, pourront obtenir l'indulgence plénière s'ils gardent une âme éloignée du péché et s'ils accomplissement les trois conditions nécessaires dès qu'il leur sera possible, et si aux jours indiqués, ils prient pour la sanctification des prêtres et offrent à Dieu par l'intercession de Marie, Reine des Apôtres, leurs infirmités et leurs souffrances". De même, l'indulgence partielle sera accordée à tous les fidèles chaque fois qu'ils réciteront cinq Notre Père, Je vous salue Marie et Gloria, et d'autres prières approuvées "en l'honneur du Sacré Cœur, pour que les prêtres restent purs et saints de vie".
PENT/DECRET INDULGENCE/ANNEE SACERDOTALE VIS 090512 (450)

lundi 27 avril 2009

CINQ NOUVEAUX SAINTS


CITE DU VATICAN, 26 AVR 2009 (VIS). Le Pape a célébré la messe à 10 h Place-St.Pierre, au cours de laquelle il a canonisé les bienheureux italiens Arcangelo Tadini (1846-1912), Bernardo Tolomei (1272-1348), Gertrude Comensoli (1847-1903) et Caterina Volpicelli (1839-1894) ainsi que le bienheureux portugais Nuno de Santa Maria Alvares Pereira (1360-1431). Au début de l'homélie, il a commenté l'Evangile du jour dans lequel Luc rapporte le récit des disciples d'Emmaüs racontant aux onze autres disciples avoir reconnu le Ressuscité à sa façon de rompre le pain. Après avoir souligné que "chaque communauté revit cette même expérience dans la célébration eucharistique, spécialement le dimanche, Benoît XVI a ajouté qu'en "célébrant l'Eucharistie, nous communiquons avec le Christ, victime d'expiation et, par lui, nous atteignons le pardon et la vie. Comment serait notre vie de chrétien sans l'Eucharistie?".

Il a ensuite rappelé les principaux traits de la vie des cinq nouveaux saints en commençant par les "initiatives concrètes et courageuses" de saint Arcangelo Tadini, comme la Société ouvrière catholique de secours mutuel, la construction d'une filature et d'un pensionnat pour les ouvrières ainsi que la fondation, en 1900, de la Congrégation des sœurs ouvrières de la Maison de Nazareth, dans le but d'évangéliser le monde du travail en partageant la fatigue, sur l'exemple de la sainte famille de Nazareth. "Combien fut prophétique l'intuition charismatique de Don Tadini et comme son exemple reste d'actualité, aujourd'hui encore, dans une époque de grave crise économique!". Benoît XVI a ensuite évoqué saint Bernardo Tolomei, abbé et fondateur de la Congrégation de Sainte-Marie du Mont des Oliviers de l'ordre bénédictin, "authentique martyr de la charité", qui mourut de la peste en 1348 en prêtant secours aux moines touchés par ce mal. "L'exemple de ce saint -a-t-il dit- est pour nous une invitation à traduire notre foi dans une vie dédiée à Dieu dans la prière et au service du prochain, dans l'élan d'une charité prête au sacrifice suprême".

Saint Nuno de Santa Maria (au siècle Alvares Pereira), a-t-il poursuivi, fut "un grand militaire et un grand chef qui n'a jamais permis que son action personnelle se superpose à l'action suprême de Dieu... A la fin de sa vie, il se retira dans un couvent du Carmel qu'il avait fait construire... Cette figure exemplaire, marquée par une vie de foi et de prière dans des situations qui lui étaient apparemment peu favorables, prouve qu'en quelque situation -même à caractère militaire ou belliqueux- il est possible d'agir et de réaliser les valeurs et les principes de la vie chrétienne, surtout si l'on se met au service du bien commun et de la gloire de Dieu".

Evoquant ensuite sainte Gertrude Comensoli, fondatrice de l'Institut des sœurs du Saint Sacrement, Benoît XVI expliqua que le but de cet institut était de "traduire la charité contemplée dans le Christ eucharistique, en charité vécue en se dédiant au prochain nécessiteux. Dans une société désorientée et souvent blessée comme la nôtre, sainte Gertrude indique Dieu comme point solide de référence qui, dans l'eucharistie s'est fait notre compagnon de voyage, à une jeunesse comme celle d'aujourd'hui, en recherche de valeurs et de sens à donner à leur existence". Sainte Caterina Volpicelli, fondatrice de la Congrégation des servantes du Sacré Cœur "s'est efforcée d'être du Christ pour porter au Christ à ceux qu'elle rencontra à Naples à la fin du XIX siècle, dans un temps de crise spirituelle et sociale". Cette sainte, a-t-il conclu, "montre à ses filles spirituelles et à nous tous, le chemin exigeant d'une conversion qui déracine le cœur et se traduit par des actions en cohérence avec l'Evangile. Il devient ainsi possible de poser des bases pour construire une société ouverte à la justice et à la solidarité en dépassant ce déséquilibre économique et culturel qui subsiste sur une grande partie de la planète".
HML/CANONISATIONS/... VIS 20090427 (640)

mercredi 8 avril 2009

VIVRE EN PROFONDEUR LA REDEMPTION


CITE DU VATICAN, 8 AVR 2009 (VIS). Au cours de l'audience générale de ce mercredi, Place St.Pierre, le Pape a évoqué la semaine sainte "qui pour nous chrétiens -a-t-il dit- est la semaine la plus importante de l'année, nous offrant l'opportunité de vivre en profondeur les évènements centraux de la rédemption, de revivre le mystère pascal, le grand mystère de la foi".

Le Saint-Père a expliqué que Jésus "ne voulut pas se servir de sa nature divine, de sa dignité glorieuse et de sa puissance, comme instrument de triomphe et signe de sa distance avec nous... Par amour, il a voulu se libérer de lui-même et devenir notre frère. Par amour, il a partagé notre condition, celle de chaque homme et femme".

Benoît XVI a ajouté que la messe chrismale est "comme un prélude au triduum pascal qui commence demain", et au cours de laquelle "les promesses sacerdotales prononcées le jour de l'ordination seront renouvelées". Cette célébration prend "cette année un sens particulier car elle est presque une préparation à l'année sacerdotale décrétée à l'occasion du 150 anniversaire de la mort du saint curé d'Ars et qui débutera le 19 juin prochain. Au cours de la messe chrismale, l'huile pour les malades et les catéchumènes sera bénie, et le saint chrême consacré". Le Pape a ensuite rappelé qu'au cours de cette messe, dite In Coena Domini, "l'Eglise commémore l'institution de l'Eucharistie, le sacerdoce ministériel et le commandement nouveau de la charité laissé par Jésus à ses disciples". C'est pourquoi ce jour "constitue une invitation renouvelée à rendre grâce à Dieu pour le don suprême de l'Eucharistie à accueillir avec dévotion et à adorer d'une foi vivante".

Le Pape a ensuite évoqué le vendredi saint, "jour de la passion et de la crucifixion du Seigneur... La mort du Christ rappelle l'accumulation de douleurs et de maux qui pèse sur l'humanité à toute époque: le poids écrasant de la mort, la haine et la violence qui aujourd'hui encore ensanglante la terre. La passion du Seigneur se poursuit dans la souffrance des hommes... Le vendredi saint est un jour plein de tristesse, et donc en même temps, un jour tout à fait propice pour raviver notre foi, consolider notre espérance et donner le courage à chacun de porter sa croix avec humilité, confiance et abandon à Dieu, sûr de son soutien et de sa victoire".

Benoît XVI a aussi souligné que "cette espérance se nourrit dans le grand silence du samedi saint, dans l'attente de la résurrection de Jésus". Ce jour-là, "l'Eglise veille en prière comme Marie et avec Marie en partageant les mêmes sentiments de douleur et de confiance en Dieu. Il est ainsi conseillé de maintenir toute la journée un esprit de prière favorable à la méditation et à la réconciliation. On encourage les fidèles à s'approcher du sacrement de pénitence pour pouvoir participer, renouvelés, aux fêtes pascales".

Au cours de la solennité de la Veillée pascale, "mère de toutes les veillés", Benoît XVI a rappelé que sera "proclamée la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la vie sur la mort et que l'Eglise se réjouira de sa rencontre avec le Seigneur. Nous entrerons ainsi dans l'esprit de la Pâque de Résurrection". Le Saint-Père a conclu en invitant les fidèles à "entrer avec la Vierge marie dans le Cénacle, à rester au pied de la Croix, à veiller à côté du Christ mort, en attendant avec espérance l'aube du jour radieux de la résurrection".
AG/TRIDUUM PASCAL/... VIS 20090408 (580)

samedi 21 mars 2009

UNIS DANS LE BAPTEME


CITE DU VATICAN, 21 MAR 2009 (VIS). Le Pape a célébré la messe ce matin en l'église St.Paul, entouré des évêques locaux, de prêtres, religieux, religieuses, catéchistes et membres de mouvements ecclésiaux d'Angola et Sao Tomé. A l'homélie, Benoît XVI a évoqué Paul, patron de Luanda, qui nous "parle de son expérience d'un Dieu riche en miséricorde... Je suis heureux d'être avec vous dans cette vigne du Seigneur que vous soignez jour après jour en préparant le vin de la miséricorde divine pour le verser sur les blessures d'un peuple souffrant". La rencontre de l'Apôtre des peuples avec le Seigneur fit fondamentale dans sa vie. "Le Ressuscité lui apparut sur le chemin de Damas comme une lumière éblouissante, lui parla et le convertit. Il vit en Jésus l'homme parfait, la dimension finale de l'humanité en Jésus, ce qui impliqua son changement total de perception des choses".

"Nous aussi, appliquons-nous à connaître le Ressuscité! Homme parfait, Jésus est aussi le vrai Dieu car en lui Dieu s'est rendu visible aux hommes pour qu'ils participent à la vie divine. Ainsi en lui s'est manifestée une nouvelle dimension de l'homme et de la vie...de la matière dont surgit un monde nouveau". Cette dimension nouvelle "nous est accordée dans la foi et le baptême, un sacrement de mort et de résurrection, passage à une vie nouvelle... Je vis mais je ne suis déjà plus moi. Ce moi m'est d'une certaine façon ôté pour être intégré dans un moi plus grand. Je suis toujours moi mais transformé et ouvert à l'autre par ma fusion avec lui. Dans le Christ on acquiert une nouvelle dimension de vie... Par cette christification grâce à l'action de l'Esprit, s'accomplit peu à peu dans l'histoire la gestation du Corps du Christ".

Puis le Saint-Père a évoqué le premier royaume chrétien d'Afrique noire, fondé en 1506 par Alphonse I Mbemba-a-Nzinga, officiellement catholique au XVIII siècle. Dans ce contexte, l'union de bantous et de portugais a trouvé dans le christianisme un terrain d'entente. Deux peuples si différents s'engagèrent à ne pas se diviser malgré bien des divergences, parfois profondes. "Le baptême fait que tous les croyants demeurent unis dans le Christ". C'est à vous maintenant, a poursuivi Benoît XVI "d'offrir le Christ à vos concitoyens qui vivent dans la crainte des esprits et des maléfices dont ils se croient menacés. Désorientés, ils en arrivent à condamner à morts comme sorciers des enfants divagants ou des personnes âgées. Il faut aller leur dire que le Christ a vaincu la mort et toute forme de pouvoir obscur. On nous dira, mais pourquoi ne pas les laisser tranquilles. Ils ont leur vérité, différente de la notre. En respectant chacun pour ce qu'il est, cherchons avec douceur à leur faire prendre conscience au mieux de leur authenticité".

"Si nous sommes sûrs, si nous avons compris que sans le Christ la vie est incomplète, que la réalité fondamentale fait défaut, alors nous faisons aucune injustice si nous proposons à autrui le Christ, si nous lui offrons la possibilité de trouver sa vérité profonde, la joie d'avoir trouvé la vie. C'est notre devoir de le faire et d'offrir ainsi à nos frères la possibilité d'atteindre la vie éternelle... Aidons ceux qui sont dans la misère à rencontrer la miséricorde de Dieu... Le Seigneur, qui a fait de nous ses amis, nous donne son Corps dans l'Eucharistie et nous confie son Eglise... Faisons sa volonté à l'instar de saint Paul et prêchons l'Evangile. Gare à nous si nous ne l'annoncions pas!".
PV-ANGOLA/MESSE/LUANDA VIS 20090321 (590)

jeudi 19 mars 2009

SAINT JOSEPH ET LE SACERDOCE


CITE DU VATICAN, 18 MAR 2009 (VIS). Benoît XVI s'est rendu dans l'après-midi en la basilique mineure Marie Reine des Apôtres pour présider les premières vêpres de la solennité de saint Joseph. Aux côtés des évêques camerounais, de prêtres, séminaristes, diacres, religieux et membres de mouvements ecclésiaux, on notait la présence de membres d'autres confessions chrétiennes.

"A la foule et à ses disciples, Jésus déclare: Vous n'avez qu'un seul Père. Il n'est en effet de paternité que celle de Dieu le Père, l'unique Créateur du monde visible et invisible. Il a cependant été donné à l'homme, créé à l'image de Dieu, de participer à l'unique paternité de Dieu. Saint Joseph illustre cela d'une façon saisissante, lui qui est père sans avoir exercé une paternité charnelle. Il n'est pas le père biologique de Jésus dont Dieu seul est le Père, et pourtant il va exercer une paternité pleine et entière. Etre père, c'est avant tout être serviteur de la vie et de la croissance. Saint Joseph a fait preuve, en ce sens, d'un grand dévouement. Pour le Christ, il a connu la persécution, l'exil et la pauvreté qui en découle... Chers frères prêtres, cette paternité, vous avez à la vivre dans le quotidien de votre ministère. En effet, comme le souligne la Constitution conciliaire Lumen Gentium, les prêtres doivent avoir, dans le Christ, un souci paternel envers ceux qu'ils ont spirituellement généré par le baptême et l'enseignement".

Le sacerdoce ministériel, a poursuivi Benoît XVI, "comporte un lien profond avec le Christ qui nous est donné dans l'Eucharistie. Que la célébration de l'Eucharistie soit vraiment le centre de votre vie sacerdotale, alors elle sera aussi le centre de votre mission ecclésiale... En célébrant ce sacrement au nom et en la personne du Seigneur, ce n'est donc pas la personne du prêtre qui doit être mise au premier plan ; celui-ci est un serviteur, un humble instrument qui renvoie au Christ lui-même s'offrant en sacrifice pour le salut du monde... Le ministère pastoral demande beaucoup de renoncements, mais il est aussi source de joie. Dans une relation confiante avec les évêques, fraternellement unis à l'ensemble du presbytérium, et soutenus par la portion du Peuple de Dieu" qui leur est confiée, les prêtres sauront "répondre avec fidélité à l'appel que le Seigneur vous a fait un jour, comme il a appelé Joseph à veiller sur Marie et sur l'Enfant-Jésus... Lorsque Marie reçoit la visite de l'ange lors de l'Annonciation, elle est déjà promise en mariage à Joseph. En s'adressant personnellement à Marie, le Seigneur associe donc déjà intimement Joseph au mystère de l'Incarnation. Celui-ci a consenti à se lier à cette histoire que Dieu avait commencé d'écrire dans le sein de son épouse. Il a alors pris chez lui Marie. Il a accueilli le mystère qui était en elle et le mystère qu'elle était elle-même. Il l'aima avec ce grand respect qui est le sceau des amours authentiques. Saint Joseph nous apprend que l'on peut aimer sans posséder". En suivant l'exemple de Joseph, chacun "peut être conduit à la guérison de ses blessures affectives à condition d'entrer dans le projet que Dieu a déjà commencé à réaliser dans les êtres qui sont auprès de lui".

Le Pape a ensuite invité les mouvements ecclésiaux à "être attentifs à ceux qui nous entourent et manifester le visage aimant de Dieu pour les plus humbles, notamment à travers l'exercice des œuvres de miséricorde, l'éducation humaine et chrétienne des jeunes, le service de la promotion de la femme et de tant d'autres manières... Par votre fidélité sans réserve à vos engagements vous êtes dans l'Eglise -a-t-il dit aux consacrés- un germe de vie qui grandit pour l'avènement du Royaume de Dieu. A tout moment, mais d'une façon particulière lorsque la fidélité est éprouvée, saint Joseph rappelle à chacun le sens et la valeur de ses engagements". Il nous invite "à prendre la mesure de toute la richesse de sa vocation et du modèle qu'il demeure pour tous ceux et toutes celles qui ont voulu vouer leur existence au Christ, dans le sacerdoce comme dans la vie consacrée ou dans divers engagements du laïcat. Joseph a en effet vécu dans le rayonnement du mystère de l'Incarnation. Non seulement dans une proximité physique, mais aussi dans l'attention du cœur. Joseph nous livre le secret d'une humanité qui vit en présence du mystère, ouverte à lui à travers les détails les plus concrets de l'existence. Chez lui, il n'y a pas de séparation entre la foi et l'action. Sa foi oriente de façon décisive ses actions. Paradoxalement, c'est en agissant, en prenant donc ses responsabilités, qu'il s'efface le mieux pour laisser à Dieu la liberté de réaliser son œuvre, sans y faire obstacle. Joseph est un homme juste... La vie de saint Joseph, vécue dans l'obéissance à la Parole, est un signe éloquent pour tous les disciples de Jésus qui aspirent à l'unité de l'Eglise. Son exemple nous incite à comprendre que c'est en se livrant pleinement à la volonté de Dieu que l'homme devient un ouvrier efficace du dessein de Dieu qui désire réunir les hommes en une seule famille, une seule assemblée, une seule Ecclesia".

Benoît XVI a conclu en s'adressant aux membres des autres confessions chrétiennes: La recherche de l'unité des disciples du Christ, leur a-t-il dit, "est pour nous un défi majeur. Elle nous conduit d'abord à nous convertir à la personne du Christ, à nous laisser toujours plus attirer par lui. C'est en lui que nous sommes appelés à nous reconnaître frères, enfants d'un même Père".
PV-CAMEROUN/VEPRES/YAOUNDE VIS 20090319 (930)
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