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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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vendredi 30 mars 2012

AUTISME ET SOLIDARITE

Cité du Vatican, 30 mars 2012 (VIS). Le Président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, a rédigé un message pour la V Journée mondiale de l'autisme (2 avril), en appelant à la solidarité envers les autistes et leurs familles. L'autisme, rappelle Mgr.Zygmunt Zimowski, « constitue une grave altération du comportement, de la communication, verbale notamment, et de l'intégration sociale, qui affecte profondément le développement de l'individu... L'Eglise considère comme incontournable d'assister ces personnes, enfants et jeunes en particulier, ainsi que leurs familles. Sinon pour rompre la barrière du silence, tout au moins pour accompagner dans la solidarité et la prière leur parcours de souffrance ». Contre le risque de la frustration ou de la résignation face aux maigres résultats thérapeutiques, il faut aider les familles « qui entourent avec amour leurs enfants autistes, car cela se répercute sur la qualité de leur existence et tend parfois à les refermer dans un isolement douloureux et marginalisant ». L'Eglise doit s'engager à offrir « des accompagnateurs aux personnes plongées dans un silence qui interpelle notre sensibilité à la souffrance des autres ».
Puis Mgr.Zimowski évoque l'action des agents de la santé, des éducateurs et des volontaires, réclamant un renfort de la recherche médicale et des politiques d'amélioration des diagnostics, des thérapies et de la réhabilitation. « Il faut encourager et soutenir les initiatives solidaires du monde de l'éducation, du volontariat et des associations tendant à sauvegarder la dignité des handicapés qui, si grave soit leur handicap, loin d'être annulée demeure sujet d'espérance ». Le message s'achève par la recommandation de confier les autistes et leurs familles à la miséricorde divine. « Même enveloppés dans le mystère du silence », les autistes « ne sont jamais seuls car aimés de Dieu et d'une communauté que la foi oblige à être signe vivace de la présence dans ce monde du Ressuscité ».

mardi 21 février 2012

UNIVERSITE PONTIFICALE DU PEROU

Cité du Vatican, 21 février 2012 (VIS). « Ce matin, le Cardinal Secrétaire d'Etat s'est entretenu avec le Recteur de l'Université catholique du Pérou. Après avoir salué la qualité des enseignements offerts et l'étendue des disciplines proposées par la PUCP, le Cardinal Tarcisio Bertone a communiqué à M.Marcial Rubio Correa les conclusions du Saint-Siège à la suite des nombreux contacts qu'ont entretenu depuis des années le Grand Chancelier et ses prédécesseurs avec l'Université, puis de la visite apostolique conduite du 5 au 11 décembre dernier par le Cardinal Peter Erdö, Archevêque d'Esztergom-Budapest. Ces conclusions découlent principalement des résultats de la visite apostolique et de l'examen des propositions finales du Recteur. Le Cardinal Secrétaire d'Etat a indiqué à son hôte le vœu du Saint-Siège d'une révision rapide des statuts universitaires en accord avec la Constitution apostolique Ex Corde Ecclesiae, pour le bien de la PUCP et de l'Eglise péruvienne. Etant donné l'importance qu'il y a à sauvegarder l'identité catholique de l'Université, le Cardinal Bertone a fixé au 8 avril le délai concédé aux autorités académiques pour soumettre à approbation les nouveaux statuts, selon les amendements indiqués le 16 juillet dernier. Il a émis le vœu que la communauté universitaire accepte cette modification statutaire afin de continuer à accomplir sa mission, qui est d'offrir aux jeunes générations une formation solide, enracinée dans la fidélité au magistère de l'Eglise, garantie du grand service que la PUCP est appelé à donner au pays ».

vendredi 16 décembre 2011

VEPRES UNIVERSITAIRES


CITE DU VATICAN, 16 DEC 2011 (VIS). Hier après-midi en la Basilique vaticane, Benoît XVI a présidé les vêpres de préparation à Noël des étudiants de Rome, qui fêtent le vingtième anniversaire de l'institution par Jean-Paul II du Service de pastorale universitaire. Le Pape a commenté à l'homélie la recommandation de Jacques d'être constant jusqu'à la venue du Seigneur. En voici quelques passages:

 "Cette invitation de l'apôtre peut sembler anachronique à vous, qui vivez dans un contexte socio-culturel imprégné de nouvelles technologies et témoins d'une évolution aux aspects parfois déstabilisants... Cette exhortation à la constance de la patience pourrait nous laisser perplexe aujourd'hui. Mais pour approfondir la question de Dieu, de sa place et de son sens dans la vie et dans l'histoire, la patience signifie fidélité dans sa recherche et ouverture à sa manifestation". L'invitation de saint Jacques à la constance, nous rappelle que "nous ne sommes ni isolés ni seuls à bâtir l'histoire. Dieu est proche de l'homme vers qui il s'est tourné en s'incarnant... La patience est la vertu de qui se confie à cette présence sans s'abandonner aux espoirs immédiats et aux perspectives horizontales, aux projets techniquement parfait mais loin du réel profond qui donne sa pleine dignité à l'homme, sa dimension transcendantale d'être créé à l'image et ressemblance de Dieu".

  Dans l'incarnation du Verbe, Dieu "a expérimenté le temps humain, celui de sa croissance et de son positionnement dans l'histoire. L'Enfant est le signe de la patience de Dieu, constant et fidèle dans son amour envers l'humanité... Combien de fois l'homme a tenté de bâtir seul le monde, sans ou contre Dieu! Chaque fois ce fut marqué du signe dramatique de l'idéologie, et à la fin par la négation de la dignité humaine... Etre constants et patients signifie apprendre à bâtir l'histoire avec Dieu, car ainsi seulement elle sera solidement fondée... Ce soir, nous rallumons donc l'espérance de nos cœurs, afin que a Parole nous rappelle que...le Seigneur est avec nous, et qu'il est possible de bâtir avec lui... Nous pouvons projeter l'histoire de l'humanité hors de l'utopie, dans la certitude que Dieu est présent et qu'il nous est proche".

  "A chacun de nous, le Seigneur demande de participer à la construction de la cité de l'homme, en conjuguant sérieusement foi et culture. C'est pourquoi je vous invite à chercher avec constance et patience le véritable visage de Dieu... Diffusez l'annonce qu'il se manifeste dans l'enfant de Bethléem, si proche de chacun de nous que personne ne peut se sentir exclu, ni douter de la possibilité de le rencontrer. Il est le Dieu patient et fidèle qui sait attendre et respecter notre liberté". A la fin de la cérémonie, l'icône mariale de la Sedes Sapientiae, offerte par Jean-Paul II aux étudiants du monde, a été transmise par la délégation espagnole à l'italienne de l'Université La Sapienza de Rome. Ainsi pourra commencer la Peregrinatio Mariae parmi les aumôneries des universités romaines, jusqu'au symposium international de juin prochain des professeurs.
HML/                 VIS 20111216 (500)    

EDUQUER A LA JUSTICE ET A LA PAIX


CITE DU VATICAN, 16 DEC 2011 (VIS). Ce midi près la Salle-de-Presse du Saint-Siège, a été présenté le Message de Benoît XVI pour la 45 Journée mondiale de la paix (1 janvier 2012), "Eduquer les jeunes à la justice et à la paix". Voici des passages de ce texte, qui a été exposé aux journalistes par le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax, et par Mgr.Mario Toso, SDB, Secrétaire du dicastère: 

  "Le début d'une nouvelle année...m'incite à adresser à tous, avec confiance et affection, un message spécial de voeux pour ce temps qui est devant nous, afin qu'il soit marqué concrètement par la justice et par la paix... Il est vrai qu'au cours de l'année qui s'achève, le sentiment de frustration suscité par la crise qui frappe la société, le monde du travail et l'économie a augmenté; une crise dont les racines sont avant tout culturelles et anthropologiques... Je voudrais donc présenter ce Message dans une perspective éducative: Eduquer les jeunes à la justice et à la paix, convaincu qu'ils peuvent par leur enthousiasme et leur ardeur en vue d'un idéal, offrir une nouvelle espérance au monde. Mon Message s'adresse également aux parents, aux familles, à toutes les composantes éducatives, formatives, comme aussi aux responsables dans les différents milieux de la vie religieuse, sociale, politique, économique, culturelle et de la communication". Eduquer "demande la responsabilité du disciple qui doit être ouvert pour se laisser guider vers la connaissance de la réalité, et celle de l'éducateur qui doit être disposé à se donner lui-même. Plus que jamais sont nécessaires pour cela d'authentiques témoins et non pas de simples dispensateurs de règles et d'informations ; des témoins qui sachent voir plus loin que les autres, parce que leur vie embrasse des espaces plus vastes. Le témoin est celui qui vit en premier le chemin qu'il propose. Quels sont les lieux où mûrit la vraie éducation à la paix et à la justice? Il y a d'abord la famille, puisque les parents sont les premiers éducateurs... C'est dans la famille que les enfants apprennent les valeurs humaines et chrétiennes qui permettent une coexistence constructive et pacifique. C'est dans la famille qu'on apprend la solidarité entre les générations, le respect des règles, le pardon et l'accueil de l'autre. Elle est la première école où on est éduqué à la justice et à la paix". 

  "Nous vivons dans un monde où la famille, et aussi la vie elle-même, sont constamment menacées et assez fréquemment brisées. Des conditions de travail souvent peu compatibles avec les responsabilités familiales, des préoccupations pour l'avenir, des rythmes de vie frénétiques, des migrations en recherche de moyens de subsistance voire de survivance, finissent par rendre difficile la possibilité d'assurer aux enfants un des biens les plus précieux: la présence des parents... Et aux parents, je désire dire de ne pas perdre courage! Par l'exemple de leur vie, qu'ils exhortent leurs enfants à placer leur espérance avant tout en Dieu, de là seulement surgissent justice et paix authentiques. Je voudrais m'adresser aussi aux responsables des institutions qui ont un devoir éducatif: qu'avec un grand sens des responsabilités, ils veillent à ce que la dignité de chaque personne soit respectée et valorisée en toutes circonstances. Qu'ils aient soin que chaque jeune puisse découvrir sa propre vocation, en l'accompagnant pour faire fructifier les dons que le Seigneur lui a accordés... Que chaque structure éducative puisse être un lieu d'ouverture au transcendant et aux autres; un lieu de dialogue, de cohésion et d'écoute, où le jeune se sente valorisé dans ses propres potentialités et ses richesses intérieures, et apprenne à estimer vraiment ses frères. ... Je me tourne ensuite vers les responsables politiques, en leur demandant d'aider concrètement les familles et les institutions éducatives à exercer leur droit et leur devoir d'éduquer. Un soutien adapté à la maternité et à la paternité ne doit jamais manquer. Qu'ils fassent en sorte que l'accès à l'instruction ne soit jamais nié à personne, et que les familles puissent choisir librement les structures éducatives qu'elles retiennent être plus conformes au bien de leurs enfants... Qu'ils offrent aux jeunes une image limpide de la politique, comme un service véritable pour le bien de tous... Dans la société d'aujourd'hui, les moyens de communication de masse ont un rôle particulier: non seulement ils informent, mais ils façonnent aussi l'esprit de leurs destinataires et ils peuvent donc contribuer de façon notable à l'éducation des jeunes". 

  "L'éducation concerne la formation intégrale de la personne, y compris la dimension morale et spirituelle de l'être, en vue de sa fi n ultime et du bien de la société dont elle est membre. Dès lors, pour éduquer à la vérité, il convient avant tout de savoir qui est la personne humaine et d'en connaître la nature... L'homme est un être qui porte dans son coeur une soif d'infini, une soif de vérité car il a été créé à l'image et selon la ressemblance de Dieu... C'est pourquoi, la première éducation consiste dans le fait d'apprendre à reconnaître dans l'homme l'image du Créateur et, par conséquent, à avoir un respect profond pour tout être humain... C'est seulement par sa relation avec Dieu que l'homme comprend aussi le sens de sa propre liberté. Et c'est la tâche de l'éducation de former à la liberté authentique... La liberté est une valeur précieuse, mais fragile; elle peut être mal comprise et mal utilisée... Pour exercer sa liberté, l'homme doit alors dépasser l'horizon relativiste et connaître la vérité sur lui-même, et la vérité sur le bien et le mal. Au fond de sa conscience, l'homme découvre une loi qu'il ne se donne pas lui-même, mais à laquelle il doit obéir au contraire et dont la voix l'appelle à aimer, à faire le bien et à fuir le mal, à assumer la responsabilité du bien accompli et du mal commis. Pour cela, l'exercice de la liberté est profondément lié à la loi morale naturelle, qui est de caractère universel. Elle exprime la dignité de chaque personne, pose les bases de ses droits et devoirs fondamentaux, et par conséquent et en dernière analyse, du vivre-ensemble juste et pacifique entre les personnes. Le juste usage de la liberté est donc central pour la promotion de la justice et de la paix, qui requièrent le respect pour soi-même et pour l'autre".

  "Il est important de ne pas couper le concept de justice de ses racines transcendantes. La justice, en effet, n'est pas une simple convention humaine, car ce qui est juste n'est pas déterminé originairement par la loi positive, mais par l'identité profonde de l'être humain. C'est la vision intégrale de l'homme qui permet de ne pas tomber dans une conception contractuelle de la justice et d'ouvrir aussi, grâce à elle, l'horizon de la solidarité et de l'amour... La cité de l'homme n'est pas uniquement constituée par des rapports de droits et de devoirs, mais plus encore, et d'abord, par des relations de gratuité, de miséricorde et de communion... La paix n'est pas seulement absence de guerre et elle ne se borne pas à assurer l'équilibre des forces adverses. La paix ne peut s'obtenir sur terre sans la sauvegarde des biens des personnes, la libre communication entre les êtres humains, le respect de la dignité des personnes et des peuples, la pratique assidue de la fraternité. La paix est un fruit de la justice et un effet de la charité. La paix est avant tout un don de Dieu... Toutefois, la paix n'est pas seulement un don à recevoir, mais bien également une oeuvre à construire. Pour être vraiment des artisans de paix, nous devons nous éduquer à la compassion, à la solidarité, à la collaboration, à la fraternité... La paix pour tous naît de la justice de chacun. Personne ne peut éluder cette tâche essentielle de promouvoir la justice, selon ses propres compétences et ses responsabilités. J'invite particulièrement les jeunes, qui maintiennent toujours vive la tension vers des idéaux, à avoir de la patience et de la ténacité dans la recherche de la justice et de la paix, dans l'éducation du goût pour ce qui est juste et vrai, même si cela peut comporter des sacrifices et aller à contre-courant". 

  "Chers jeunes, vous êtes un don précieux pour la société. Face aux difficultés, ne vous laissez pas prendre par le découragement et ne vous complaisez pas dans de fausses solutions, qui, souvent, se présentent comme la voie la plus facile pour résoudre les problèmes. N'ayez pas peur de vous engager, d'affronter l'effort et le sacrifice, de choisir des chemins qui exigent la fi délité et la constance, l'humilité et le dévouement... Prenez conscience d'être vous-mêmes des exemples stimulants pour les adultes. Plus vous vous efforcez de vaincre les injustices et la corruption, plus vous désirerez un avenir meilleur et vous vous engagerez à le construire, alors vous le serez vraiment. Ayez conscience de vos potentialités et ne vous repliez jamais sur vous-mêmes, mais sachez travailler pour un avenir plus lumineux pour tous. Vous n'êtes jamais seuls. L'Eglise a confiance en vous, elle vous suit, elle vous encourage et désire vous offrir ce qu'elle a de plus précieux: la possibilité de lever les yeux vers Dieu, de rencontrer Jésus Christ, Celui qui est la justice et la paix".
MESS/               VIS 20111216 (1550)

mardi 4 octobre 2011

DIMENSION RELIGIEUSE DE L'EDUCATION


CITE DU VATICAN, 4 OCT 2011 (VIS). Dimanche à Ivrée (Italie), le Cardinal Secrétaire d'Etat a procédé au nom du Pape à la béatification de Mère Antonia Maria Verna (1773 - 1838), rappelant à l'homélie l'actualité de sa proposition éducative. Elle nous rappelle, a dit le Cardinal Bertone, "l'importance d'une école dans laquelle le religieux puisse manifester tout son potentiel de développement de la personne. Ceci est capital car...on a trop souvent l'impression qu'on a peur de donner sa place à la dimension religieuse de la vie qui figure dans le coeur de l'homme, qu'on voudrait la cacher ou la reléguer dans le domaine privé. C'est là une attitude d'appauvrissement de l'action éducative".

  Le message de Mère Verna, a-t-il poursuivi, nous "invite à ne pas craindre d'enseigner les choix impératifs que le Seigneur ne cesse de proposer, au sein de l'Eglise et dans ses diverses vocations". La nouvelle bienheureuse s'est attachée "à une véritable promotion de la femme dans la société de son temps... En collaboration avec les pouvoirs publics, elle oeuvra pour une éducation et une école pour le plus grand nombre d'enfants, capable d'aider les jeunes filles à développer harmonieusement leur personnalité". Ceci nous interpelle plus encore aujourd'hui "sur le rôle d'une école libre agrée au sein de l'éducation nationale". Mère Verna et le travail de la congrégation des Soeurs de la charité de l'Immaculée ont permis de former "des générations de bonnes enseignantes, qui ont largement contribué au développement socio-culturel des pays d'implantation, même si cela est difficile à percevoir ou carrément oublié". Demain, une délégation diocésaine, conduite par l'Evêque d'Ivrée, sera présente à l'audience générale pour remercier le Saint-Père.
SS/                                                     VIS 20111004 (280)  

mardi 7 juin 2011

IMPORTANCE DE LA CULTURE

CITE DU VATICAN, 4 JUIN 2011 (VIS). Après avoir salué le comité organisateur de la visite apostolique, Benoît XVI a quitté la nonciature de Zagreb pour gagner le théâtre national où, à 17 h 45', il a rencontré les représentants de la société civile, du monde politique, académique, culturel et de l'entreprise, ainsi que le corps diplomatique et les responsables religieux. Il a été accueilli par un petit groupe musical, puis salué par Mgr.Zelimir Puljic, Archevêque de Zadar et Président de la Commission culturel de la Conférence épiscopale croate, et par M.Niko Zurak, professeur d'éthique à la faculté de médecine de Zagreb et membre de l'Académie pontificale pour la vie.  Le Pape a ouvert son discours en parlant de "la dimension de l'universalité, caractéristique de l'art et de la culture" qui "est particulièrement conforme au christianisme et à l'Eglise catholique. Le Christ est pleinement homme et tout ce qui est humain trouve en lui et en sa Parole une plénitude de vie et de signification... Ce splendide théâtre est un lieu symbolique, qui exprime votre identité nationale et culturelle. Pouvoir vous rencontrer ici, tous réunis, est un motif supplémentaire de joie de l'esprit, parce que l'Eglise est un mystère de communion et elle se réjouit toujours de la communion, dans la richesse des diversités. La participation des représentants des autres Eglises et communautés chrétiennes, comme ceux des religions juive et musulmane, contribue à rappeler que la religion n'est pas une réalité à part de la société: au contraire elle en est une composante naturelle, qui rappelle constamment la dimension verticale, l'écoute de Dieu comme condition pour la recherche du bien commun, de la justice et de la réconciliation dans la vérité. La religions met l'homme en relation avec Dieu, Créateur et Père de tous, et pour cela elle est une force de paix. Les religions doivent toujours se purifier selon leur essence véritable pour correspondre à leur vraie mission".

  Puis le Saint-Père a introduit le sujet central de sa réflexion: celui de la conscience qui "est fondamental pour une société libre et juste, aussi bien au niveau national que supranational. Je pense naturellement à l'Europe, dont la Croatie fait partie depuis toujours au point de vue historique et culturel, tandis qu'elle est sur le point d'y entrer au plan politique et institutionnel. Eh bien, les grandes conquêtes de l'époque moderne, c'est-à-dire la reconnaissance et la garantie de la liberté de conscience, des droits humains, de la liberté de la science et donc d'une société libre, sont à confirmer et à développer en maintenant cependant la rationalité et la liberté ouvertes à leur fondement transcendant, pour éviter que ces conquêtes s'auto-annulent, comme nous devons malheureusement le constater en de nombreux cas. La qualité de la vie sociale et civile, la qualité de la démocratie dépendent en bonne partie de ce point critique qu'est la conscience, de la façon dont on l'entend et de tout ce qui est investi pour sa formation. Si la conscience, selon la pensée moderne prédominante, est réduite au domaine du subjectif, où sont reléguées la religion et la morale, la crise de l'Occident n'a pas de remède et l'Europe est destinée à la régression. Si au contraire la conscience est redécouverte comme lieu de l'écoute de la vérité et du bien, lieu de la responsabilité devant Dieu et devant les frères en humanité, qui est la force contre toute dictature, alors il y a de l'espérance pour l'avenir".

  Benoît XVI a alors souligné la nécessité de rappeler les racines chrétiennes de nombreuses institutions croates "par fidélité pour la vérité historique", et l'importance de savoir les lire en profondeur "pour qu'elles puissent aussi animer l'aujourd'hui. C'est-à-dire qu'il est décisif de saisir le dynamisme qu'il y a par exemple dans l'événement de la naissance d'une université, ou d'un mouvement artistique, ou d'un hôpital. Il faut comprendre le pourquoi et le comment cela est arrivé, pour valoriser dans l'aujourd'hui ce dynamisme, qui est une réalité spirituelle qui devient culturelle et donc sociale". Il cité le P.Ruder Josip Boskovic, jésuite né à Dubronnik il y a trois cents ans qui "personnifie très bien l'heureuse union entre la foi et la science, qui se stimulent mutuellement pour une recherche à la fois ouverte, diversifiée et capable de synthèse... Chez Boskovic, il y a l'analyse, il y a l'étude des multiples branches du savoir, mais il y a aussi la passion pour l'unité. Et cela est typique de la culture catholique. Pour cette raison la fondation d'une université catholique en Croatie est un signe d'espérance. Je souhaite qu'elle contribue à faire l'unité entre les divers domaines de la culture contemporaine, les valeurs et l'identité de votre peuple, donnant une continuité au fécond apport ecclésial à l'histoire de la noble nation croate".

  En conclusion, Benoît XVI a évoqué la conscience "comme la clé de voute pour l'élaboration culturelle et pour la construction du bien commun", ajoutant que "dans la formation des consciences, l'Eglise offre à la société sa contribution la plus personnelle et la plus précieuse. Une contribution qui commence dans la famille et qui trouve un important renforcement dans la paroisse, où les enfants et les adolescents, et ensuite les jeunes apprennent à approfondir l'Ecriture, qui sont le grand code de la culture européenne. Et en même temps ils apprennent le sens de la communauté fondée sur le don, non sur l'intérêt économique ou sur l'idéologie, mais sur l'amour, qui est la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l'humanité tout entière. Cette logique de la gratuité, apprise dans l'enfance et dans l'adolescence, se vit ensuite dans tous les domaines... Une fois assimilée, elle peut se décliner dans les domaines plus complexes de la politique et de l'économie, participant à la construction d'une cité qui soit accueillante et hospitalière, et en même temps qui ne soit pas vide, ni faussement neutre, mais riche de contenus humains, à la forte consistance éthique. C'est ici que les fidèles laïcs sont appelés à user généreusement de leur formation, guidés par les principes de la doctrine sociale de l'Eglise, pour une authentique laïcité, pour la justice sociale, pour la défense de la vie et de la famille, pour la liberté religieuse et la liberté d'éducation", a conclu le Saint-Père.

  Après sa rencontre avec les représentants de la société civile, Benoît XVI s'est rendu en papamobile sur la place Josip Jelaciv où il a rencontré les jeunes à 19 h 30'.
PV-CROATIE/                                       VIS 20110606 (1080)

lundi 23 mai 2011

UNIVERSITE CATHOLIQUE DU SACRE-COEUR

CITE DU VATICAN, 21 MAI 2011 (VIS). Ce midi, e Saint-Père a reçu en audience les dirigeants, professeurs et étudiants de l'Université catholique du Sacré-Cœur (Italie) à l'occasion du 90 anniversaire de sa fondation. Benoît XVI a évoqué les "grandes et rapides transformations" qui touchent l'université: "la culture humaniste se détériore progressivement... la tendance est de réduire l'aspect humain au niveau du mesurable et d'éliminer du savoir systématique et critique la question fondamentale du sens". Il a ainsi souligné que "dans la mesure où les sciences empiriques monopolisent les territoires de la raison, il semble ne plus y avoir d'espace pour les raisons de croire, en sorte que la dimension religieuse est reléguée dans la sphère du discutable et du privé. Les motivations et les caractéristiques-mêmes de l'institution universitaire sont radicalement remises en question... La perspective chrétienne ne s'oppose pas au savoir scientifique et aux conquêtes  du génie humain mais, au contraire, considère la foi comme un horizon de sens, une voie vers la pleine vérité, un guide de véritable développement. Sans orientation vers la vérité, sans une attitude de recherche humble et audacieuse, toute culture s'effrite, tombe dans le relativisme et se perd dans l'éphémère".

  Puis le Saint-Père a ajouté que "foi et culture sont des grandeurs indissolublement unies, la manifestation de ce Desiderium Naturale Vivendi Deum présent en tout homme. Quand ce lien se brise, l'humanité tend à se replier et à se renfermer sur ses capacités créatrices. La question de la vérité et de l'absolu, la question de Dieu, ...est la question fondamentale dont dépend radicalement la découverte du sens du monde et de la vie... La connaissance de la foi illumine donc la recherche de l'homme, l'interprète en l'humanisant, l'intègre dans des projets de bien, en la soutirant à la tentation de la pensée calculatrice qui instrumentalise le savoir et fait des découvertes scientifiques des moyens de pouvoir et d'asservissement de l'homme". C'est "la passion authentique pour l'homme" qui doit animer le travail universitaire. "Servir l'homme c'est faire la vérité dans la charité, c'est aimer la vie, c'est la respecter toujours, à commencer dans les situations où elle est plus fragile et sans défense. Notre devoir est là, spécialement en période de crise. L'histoire de la culture montre comment la dignité de l'homme a vraiment été reconnue dans son intégralité à la lumière de la foi chrétienne. Une attitude de fermeture ou de détachement face à la proposition de la foi, serait oublier qu'elle a été tout au long de l'histoire, et aujourd'hui encore, ferment de culture et lumière pour l'intelligence, et stimulant pour en développer toutes les potentialités positives pour le bien authentique de l'homme".

  Soulignant ensuite que "le témoignage de la foi et de la charité sont indissociables", Benoît XVI a ajouté qu'"en Jésus, nous découvrons que Dieu est amour et que c'est seulement dans l'amour que nous pouvons le connaître... Le sommet de la connaissance de Dieu s'atteint dans l'amour... L'homme a besoin d'amour, l'homme a besoin de vérité, pour ne pas perdre  le fragile trésor de la liberté et être exposé à la violence des passions et a des conditionnements apparents ou occultes". Puis, il s'est adressé aux professeurs en particulier leur rappelant leur "rôle décisif: montrer comment la foi chrétienne est ferment de la culture et lumière pour l'intelligence". Pour conclure, il a souligné que "la chapelle est le cœur battant et la nourriture constante de la vie universitaire, avec le centre pastoral où les assistants spirituels des divers sièges sont appelés à exercer leur précieuse mission sacerdotale qui est essentielle pour l'identité de l'Université catholique".
AC/                                        VIS 20110523 (600)

mardi 22 mars 2011

REFORME DES ETUDES ECCLESIASTIQUES

VITE DU VATICAN, 22 MAR 2011 (VIS). A 11h 30' près la Salle-de-Presse du Saint-Siège, le Cardinal Zenon Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique, assisté de Mgr.Jean-Louis Bruguès, OP, Secrétaire du dicastère, et du P.Charles Morerod, OP, Recteur de l'Université pontificale St.Thomas d'Aquin, a présenté le décret de réforme des études ecclésiastiques de philosophie. Le Cardinal a expliqué que cette réforme découlait de la constitution apostolique Sapientia Christiana et des nouvelles normes adoptées cette même année 1979 par la Congrégation. Il était donc nécessaire d'adapter au contexte culturel les exigences de la vie ecclésiale.

  Cette réforme des études répond à deux raisons que le Cardinal Grocholewski a illustré: "Il y avait d'abord le déficit de formation philosophique de nombreuses institutions ecclésiastiques, une absence de références précises en la matière et une inadaptation du corps enseignant... Et puis il y avait la conviction exprimée par Jean-Paul II en 1988 dans l'encyclique Fides et Ratio, l'importance de la philosophie sous son aspect métaphysique...mais également la conscience de ce que la philosophie est indispensable pour la formation théologique". Voici pourquoi "le décret entend revaloriser  la philosophie, en particulier à la lumière de cette encyclique...en retrouvant la vocation première de la philosophie qu'est la recherche du vrai et de sa dimension" spirituelle. L'élaboration du document remonte à 2004 avec la constitution par la Congrégation d'une commission d'experts en philosophie, revêtant à la fois une compétence intellectuelle et institutionnelle, représentant les diverses aires linguistiques et géographiques, en mesure de faire des propositions. Le texte amendé a été reçu par la Congrégation en 2010, puis approuvé par le Pape en janvier dernier pour ce qui regarde principalement les normes d'application de la Constitution Sapientia Christiana.

  Ensuite Mgr.Bruguès a exposé l'application de la réforme aux facultés de théologie, notamment quant au nombre d'années d'étude. Il s'agira désormais de trois années consacrées à la philosophie de la connaissance, de la nature, de l'homme, de l'être, et enfin à la philosophie morale, auxquelles s'ajoute la logique. Cet enseignement complet du premier cycle de l'enseignement ecclésiastique (facultés, instituts affiliés et séminaires), devra bénéficier d'un corps enseignant fixe, bien qualifié et en nombre suffisant. "Les disciplines strictement philosophiques devront constituer au moins 60 % des cours de première et deuxième année". Après quoi, le Père Morerod a précisé que "l'étude de la philosophie aide le théologien à être conscient de ses préjugés philosophiques, à les évaluer en évitant d'imposer à sa théologie ou à sa prédication un cadre conceptuel incompatible avec la foi. Pour être juste, la réflexion critique sur les systèmes philosophiques doit rechercher la vérité au delà des apparences. Un philosophe non chrétien peut être utile à la théologie, tandis qu'un philosophe chrétien voulant démontrer l'existence de Dieu risquerait d'avoir un impact inverse".
OP/                                                                     VIS 20110322 (470)    

lundi 7 février 2011

UNIVERSITES CATHOLIQUES

CITE DU VATICAN, 7 FEV 2011 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce midi les participants à l'assemblée plénière de la Congrégation pour l'éducation catholique, auxquels il a dit que "les thématiques abordées ces jours-ci ont comme dénominateur commun l'éducation et la formation, qui constituent aujourd'hui un des défis les plus importants que l'Eglise et ses institutions sont appelés à relever. Le devoir éducatif semble devenir toujours plus ardu car, dans une culture qui fait trop souvent du relativisme son credo, la lumière de la vérité vient à manquer et l'on considère même qu'il est dangereux de parler de la vérité, instillant ainsi le doute sur les valeurs de base de l'existence personnelle et communautaire". Puis il a rappelé que le dicastère a été fondé en 1915 par Benoît XV, et que depuis cent ans, il a réalisé "un précieux travail au service des différentes institutions catholiques de formation", comme le séminaire, "qui est une des plus importantes pour la vie de l'Eglise et exige ainsi un projet de formation qui tienne compte du contexte mentionné précédemment".

  Benoît XVI a ensuite souligné qu'au cours de cette assemblée plénière, ils étudieront l'ébauche d'un document sur Internet et la formation dans les séminaires : "Avec le discernement nécessaire pour un usage intelligent et prudent, c'est un instrument qui peut servir non seulement pour les études mais aussi pour l'action pastorale des futurs prêtres dans les divers champs ecclésiaux tels que l'évangélisation, l'action missionnaire, la catéchèse, les projets éducatifs et la gestion des institutions. Dans ce domaine aussi, il est d'une extrême importance de pouvoir compter sur des formateurs adéquatement préparés à être des guides fidèles et toujours à jour, afin d'accompagner les candidats au sacerdoce au bon usage des moyens informatiques... On commémore cette année le LXX anniversaire de l'Œuvre pontificale pour les vocations sacerdotales, instituée par Pie XII pour favoriser la collaboration entre le Saint-Siège et les Eglises locales dans l'œuvre précieuse de promotion des vocations au ministère ordonné. Cet anniversaire pourra être l'occasion de connaître et valoriser les initiatives vocationnelles les plus significatives encouragées dans les Eglises locales. Il est important...d'insister plus clairement sur le profil du sacerdoce ministériel caractérisé par sa configuration spécifique au Christ qui le distingue essentiellement des autres fidèles et qui se met à leur service".

  Le Pape a ajouté qu'ils avaient aussi commencé une révision de la Constitution apostolique Sapientia Christiana sur les études ecclésiastiques et a souligné que "la théologie est un secteur qui fera l'objet d'une réflexion particulière. Il est donc indispensable de garder étroitement unies la théologie avec la prière personnelle et communautaire, spécialement liturgique... Les universités catholiques avec leur identité bien spécifique et leur ouverture à la totalité de l'être humain, peuvent accomplir une œuvre précieuse pour promouvoir l'unité du savoir en orientant les étudiants et les enseignants à la Lumière du monde". Il a conclu en soulignant "le rôle éducatif de l'enseignement de la religion catholique comme discipline scolaire dans le dialogue interdisciplinaire avec les autres. En fait, il contribue largement non seulement au développement intégral de l'étudiant mais aussi à la connaissance de l'autre, à la compréhension et au respect réciproque. Pour atteindre de tels objectifs une attention particulière devra être portée au soin à la formation des dirigeants et des formateurs, non seulement d'un point de vue professionnel, mais aussi religieux et spirituel pour qu'avec la cohérence de sa vie et son engagement personnel, la présence de l'éducateur chrétien devienne expression d'amour et témoignage de vérité".
AC/                                               VIS 20110207 (580)

lundi 31 janvier 2011

UNIVERSITE PONTIFICALE DE MANILLE

CITE DU VATICAN, 29 JAN 2011 (VIS). Aujourd'hui a été diffusé le vidéo-message de Benoît XVI pour le quatrième centenaire de l'Université pontificale St.Thomas de Manille (Philippines). Le Pape y salue les nombreux prêtres, religieux et laïcs qui, par l'enseignement, y ont transmis la foi à des générations de philippins. Puis il a évoqué leur évêque fondateur, Mgr.Miguel de Benavides, et l'engagement des dominicains qui, malgré tant d'épreuves, ont réussi à gérer la plus ancienne université de l'extrême Orient, dont le rôle est capital pour l'Eglise dans cette région du monde. Enfin, il dit sa confiance dans le maintien d'une approche complète de l'enseignement qui unisse foi et raison, qui fait de cette université un acteur d'enrichissement intellectuel, spirituel et culturel pour les Philippines et la région toute entière.
MESS/                                                     VIS 20110131 (140) 

lundi 10 janvier 2011

COMMUNAUTE CHRETIENNE ET FAMILLE

CITE DU VATICAN, 9 JAN 2011 (VIS). Aujourd'hui, fête du baptême du Seigneur, Benoît XVI a présidé la messe en la chapelle Sixtine au cours de laquelle il a baptisé 21 enfants dont les parents travaillent au Vatican. A l'homélie, il a expliqué que le baptême, pour ceux qui le sollicitaient, s'insérait dans un "échange d'amour réciproque qui existe entre Dieu et le Père, le Fils et le Saint Esprit. Par ce geste que je vais accomplir, l'amour de Dieu se déverse sur eux, les inondant de ses dons. Par ce lavage dans l'eau, vos enfants font partie de la vie-même de Jésus, mort sur la croix pour nous libérer du péché et qui, en ressuscitant, a vaincu la mort... En nous donnant la foi le Seigneur nous a donné ce qu'il y a de plus précieux dans la vie et, en réalité, la raison la plus vraie et la plus belle de vivre... La foi est un grand don par lequel il nous donne aussi la vie éternelle, la vraie vie... En recevant le baptême, ces enfants reçoivent en don un sceau spirituel indélébile, le "caractère" qui marque intérieurement pour toujours leur appartenance au Seigneur et qui les rend membres vivants de son corps mystique, l'Eglise. Alors qu'ils deviennent eux-aussi partie du peuple de Dieu, commence pour ces enfants un chemin qui devrait être un chemin de sainteté et d'identification à Jésus, mis en eux comme la graine d'un arbre splendide qui doit grandir".

  Bien sûr, a ajouté le Saint-Père "une adhésion libre et consciente à cette vie de foi et d'amour sera ensuite certainement nécessaire, et c'est pourquoi il faut, qu'après le baptême, ils soient élevés dans la foi, instruits des Saintes Ecritures et des enseignements de l'Eglise de façon à ce que grandisse en eux ce germe de foi qu'ils reçoivent aujourd'hui en vue d'atteindre une pleine maturité chrétienne... L'Eglise qui les accueille parmi ses enfants a la charge, avec les parents et les parrains et marraines, de les accompagner sur ce chemin de croissance. La collaboration entre communauté chrétienne et famille est plus que nécessaire dans le contexte social actuel où l'institution familiale est menacée de toutes parts et se trouve face à un certain nombre de difficultés dans sa mission d'éduquer à la foi. La diminution de références culturelles stables et la rapide transformation à laquelle est continuellement soumise la société rendent vraiment difficile la tâche éducative. Il est donc nécessaire que les paroisses s'engagent encore plus à soutenir les familles, petites églises domestiques, dans leur devoir de transmission de la foi".
HML/                                                 VIS 20110110 (440)

vendredi 17 décembre 2010

VEPRES AVEC LES ETUDIANTS

CITE DU VATICAN, 17 DEC 2010 (VIS). Comme chaque année avant Noël, le Pape a convié hier après-midi les étudiants de Rome à des vêpres en la Basilique vaticane. Le Dieu d'Abraham, leur a-t-il dit à l'homélie, "s'est révélé en s'incarnant en Jésus, le fils de Marie, vrai Dieu et vrai homme, que nous rencontrons une fois encore dans la crèche de Béthléem. Retourner en ce lieu si humble n'est pas qu'un parcours idéal. C'est le chemin que nous sommes appelés à faire en expérimentant la présence et l'action de Dieu rénovatrice dans nos vies. Ce chemin vers Béthléem constitue une progressive libération intérieure, une expérience de liberté profonde, car elle nous oblige à nous élever et à nous dépasser pour tendre à Dieu qui s'est fait proche... Dieu nous donne courage, notamment dans les moment de faiblesse et de lassitude, où il est besoin de retrouver la sérénité du marcheur et la joie du pèlerin en route vers l'éternité... L'enfant que nous allons trouver entre Jésus et Marie est le Logos Amour, la Parole qui peut donner consistance à nos existences... A Béthléem se croisent l'aujourd'hui de l'homme et l'éternité de Dieu pour entreprendre ensemble un dialogue et une intense communion".

   A vous qui vous formez et vous construisez, a poursuivi Benoît XVI, "le Verbe incarné demande de partager sa patience de bâtisseur. Construire sa vie et construire la société ne peut être réalisé par des esprits et des coeurs distraits et superficiels... On sent aujourd'hui le besoin d'une nouvelle génération d'intellectuels, capables d'interpréter les dynamiques sociales et culturelles en offrant des solutions concrètes et réalistes. L'Université est appelée à ce rôle fondamental, dont l'Eglise est l'actif soutien". La communauté universitaire romaine "est appelée à accomplir une tâche capitale, dépasser préjugés et incompréhensions bloquant souvent le développement d'une véritable culture. En oeuvrant en synergie, avec notamment les facultés de théologie, les universités de Rome peuvent démontrer qu'un nouveau dialogue et qu'une nouvelle collaboration sont possibles entre foi chrétienne et savoirs, sans confusion ni séparation, dans l'aspiration commune à servir pleinement l'homme".

  Après les vêpres, la délégation universitaire d'Afrique a remis à la délégation espagnole l'icône de la Sedes Sapientiae qui sera portée en pèlerinages dans les universités d'Espagne, en préparation à la Journée mondiale de la jeunesse qui se déroulera en août prochain à Madrid.
HML/                                                     VIS 20101217 (400)  

vendredi 26 novembre 2010

FONDATION "JOSEPH RATZINGER - BENOIT XVI"

CITE DU VATICAN, 26 NOV 2010 (VIS). Ce midi, près la Salle-de-Presse du Saint-Siège, a été présentée la Fondation vaticane Joseph Ratzinger - Benoît XVI. Le Président du comité scientifique de la nouvelle institution, le Cardinal Camillo Ruini, était assisté de Mgr.Giuseppe Antonio Scotti, Président de la fondation, et du P.Stephan Otto Horn, SDS, Président du Ratzinger Schülerkreis et de la Fondation  Joseph Ratzinger - Benoît XVI de Munich. Le Saint-Père a décidé en mars de la création de la fondation, a d'abord dit Mgr.Scotti, "pour répondre à une requête souvent manifestée ces dernières années par le monde de la recherche...Elle sera financée par une contribution du Pape, qui met à disposition bonne part de ses droits d'auteurs". Le Cardinal Runi ensuite a indiqué que le Comité comprend également les Cardinaux Bertone et Amato, ainsi que les Secrétaires des Congrégations pour l'Education catholique et pour la doctrine de la foi. Il aura trois compétences: "Déterminer les objectifs annuels et pluri-annuels, ainsi que les critères de fonctionnement, ensuite fixer les règles d'excellence pour les prix à attribuer aux étudiants sélectionnés pour leurs travaux, organiser enfin des initiatives culturelles et scientifiques.

  "La théologie de Joseph Ratzinger -a-t-il poursuivi- tend au présent et à l'avenir, sur la base d'une extraordinaire connaissance des origines et de l'histoire de la foi chrétienne. Avec une capacité et un goût de coordonner ces deux aspects...qui le place au niveau des grands maîtres. Ce n'est pas un hasard si cette fondation lui est consacrée et si elle portera une grande attention aux études bibliques et patristiques, ainsi qu'à la théologie fondamentale, dont le but est d'éclairer la vérité, la signification et la beauté du christianisme face à la culture et à la société". Puis le P.Horn a expliqué qu'avant son élection, les élèves du Cardinal Ratzinger voulaient créer une fondation: "Il ne s'agit pas seulement de gratitude envers un maître, mais avant tout de la conviction qu'il représentait une théologie utile à l'Eglise... Lors de la réunion du Schülerkreis en août 2007 il nous a confirmé son accord". La nouvelle fondation "a un objectif clair et de grands projets pour diffuser et étudier la théologie, la spiritualité et la pensée du Pape, dans l'Eglise et dans la société. En outre, elle conservera cette mémoire". Parmi les projets, la création près l'Université de Ratisbonne d'une chaire pour professeur invité à la Faculté de théologie pour le second semestre. A Salzbourg en septembre dernier, a été instituée une Académie Benoît XVI pour de jeunes chercheurs. Et à Rome, avec l'appui de la Maison Balthasar, chargé d'identifier les vocations, sera établi un centre d'études de théologie et spiritualité. Dans ce but -a conclu le P.Horn- nous avons déjà rassemblé les souvenirs d'une quarantaine d'anciens élèves de Joseph Ratzinger".
OP/                                                            VIS 20101126 (470)

lundi 15 novembre 2010

COMMUNIQUER L'EVANGILE

CITE DU VATICAN, 13 NOV 2010 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce midi les participants à l'Assemblée plénière du Conseil pontifical pour la culture ("Culture de la communication et nouveaux langages"), déclarant avoir apprécié l'idée d'inaugurer leurs travaux à la mairie de Rome par une table ronde intitulée: "Dans la ville, à l'écoute des langages de l'âme". "Le dicastère a ainsi voulu exprimer un de ses devoirs essentiels, qui est de se mettre à l'écoute des hommes et des femmes d'aujourd'hui pour promouvoir de nouvelles occasions d'annoncer l'Evangile". Puis il a évoqué les problèmes que rencontrent les pasteurs et les fidèles pour "communiquer le message de l'Evangile et transmettre la foi au sein de la communauté ecclésiale" surtout "lorsque l'Eglise s'adresse à des hommes et des femmes éloignés ou indifférents à une expérience de foi et que le message évangélique atteint de façon peu efficace et attractive. Dans un monde qui fait de la communication une stratégie gagnante, l'Eglise...n'y reste pas indifférente et étrangère. Elle cherche, au contraire, à agir par un engagement créatif renouvelé, mais doté aussi du sens critique et d'un discernement attentif des nouveaux langages et des nouvelles façons de communiquer".

  "L'incapacité du langage de communiquer le sens profond et la beauté de l'expérience de foi peut contribuer à l'indifférence de beaucoup, surtout des jeunes. Elle peut devenir un motif d'éloignement... L'Eglise veut dialoguer avec tous dans la recherche de la vérité, mais pour que le dialogue et la communication soient efficaces et féconds, il est nécessaire de se mettre sur la même longueur d'onde dans le cadre de rencontres amicales et sincères, dans cette idéale "Cour des Gentils" que j'ai proposée il y a un an...et que le dicastère est en train de réaliser dans divers lieux emblématiques de la culture européenne".  Benoît XVI a ajouté qu' "aujourd'hui, un certain nombre de jeunes, étourdi par les possibilités infinies offertes par le réseau informatique ou par d'autres technologies, établissent des formes de communication qui ne contribuent pas à croître en humanité, mais qui risquent au contraire d'augmenter le sentiment de solitude et d'aliénation. Face à ces phénomènes, j'ai évoqué à maintes reprises les priorités éducatives, défi auquel on peut et doit répondre avec une intelligence créative, en s'engageant à promouvoir une communication empreinte d'humanité, stimulant le sens critique et la capacité d'évaluation et de discernement".

  Faisant ensuite référence "au symbolisme riche et dense de la liturgie qui doit briller de toute sa force comme élément de communication", le Pape a souligné qu'il l'avait expérimenté le dimanche précédent à Barcelone dans la basilique de la Sagrada Familia, œuvre d'Antonio Gaudí, "qui a conjugué de façon géniale le sens du sacré et de la liturgie dans des formes artistiques modernes et en syntonie avec les meilleures traditions architectoniques. Toutefois, plus que l'art et l'image de la communication du message évangélique, la beauté de la vie chrétienne est plus incisive encore". Le Saint-Père a conclu en soulignant que "nous avons besoin d'hommes et de femmes qui parlent avec leur vie, qui sachent communiquer l'Evangile avec clarté et courage, par la transparence de leurs actions et avec la passion joyeuse de la charité".
AC/                                                 VIS 20101115 (530)

SPORT ET VALEURS

CITE DU VATICAN, 15 NOV 2010 (VIS). Ce midi, Benoît XVI a reçu un groupe de moniteurs de ski italiens, accompagné par M.Franco Frattini, le Ministre italien des affaires étrangères, qu'il a félicité d'avoir favorisé l'hospitalisation de catholiques irakiens victimes d'un récent attentat. Le Pape a dit à ses hôtes que, "pratiqué avec passion et sens moral, le sport est aussi une école d'approfondissement des valeurs sociales et chrétiennes... Par le sport, l'individu comprend mieux que son corps ne peut être considéré comme un simple objet, et que la corporéité exprime l'être en relation avec autrui. L'équilibre entre dimensions physique et spirituelle conduit à ne pas idolâtrer le corps mais à le respecter, à ne pas en faire un instrument à surdimensionner, notamment  au moyen de substances illégales". Puis il a dit que skier en montagne permet de contempler la création et la grandeur de Dieu, "source de tout être comme de l'univers. On ne saurait oublier que le rapport avec la nature est un élément important du développement de l'identité, et que le péché n'a pas réussi à éliminer la mission de l'homme d'être le gardien du monde. L'activité sportive peut elle aussi être envisagée comme participant de cette responsabilité. Certes, les progrès scientifiques et technologiques offrent-ils à l'homme la possibilité d'intervenir et de manipuler la nature, mais le risque demeure de croire remplacer le créateur en réduisant la création à un simple produit de consommation".

   Quelle est l'attitude juste à adopter, s'est alors demandé le Saint-Père. "Au delà de la gratitude et de la reconnaissance, on doit faire preuve de responsabilité dans la conservation et la culture de l'oeuvre de Dieu. Le sport aide de tels objectifs en influant sur un mode de vie fait d'équilibre, de discipline de soi et de respect. Le contact avec la nature, dans le cas des skieurs, favorise un amour profond de la Création. Votre rôle- a-t-il conclu- est important autant pour l'éducation que pour le respect de la nature. C'est un rôle qui ne doit être conçu de manière isolée mais en accord avec les familles des élèves comme en collaboration avec l'école. Votre témoignage de croyants dans le monde sportif saura donner une juste centralité aux moments de la vie spirituelle, en particulier au jour du Seigneur".
AC/                                                     VIS 20101115 (390)

mardi 9 novembre 2010

FAMILLE ET EDUCATION

CITE DU VATICAN, 9 NOV 2010 (VIS). Aujourd'hui a été publié la lettre de Benoît XVI au Cardinal Angelo Bagnasco, Archevêque de Gênes et Président de la Conférence épiscopale italienne, à l'occasion de la LXII Assemblée plénière des évêques qui se tient à Assise. "La vie évangélique de saint François et sa vocation à suivre les pas du Crucifié -écrit le Pape- découlent de son assistance à la messe et de sa pratique eucharistique... La sacralité de l'Eucharistie exige que ce mystère soit célébré avec la conscience de sa grandeur, de son importance et de son efficacité pour la vie de qui se veut témoin vivant de l'unique sacrifice d'amour du Christ". Puis il aborde le sujet de la réunion, la traduction italienne de la troisième édition typique du missel romain. "Tout vrai réformateur agit en obéissant à la foi. Il n'agit pas de manière arbitraire et ne s'arroge aucune liberté à propos du rite. Il n'est pas le propriétaire mais le gardien du trésor institué par le Seigneur, qui nous l'a confié. L'Eglise entière est présente dans la liturgie, et adhérer à sa forme est une condition d'authenticité de ce qu'on célèbre".

  Les progrès de la science et de la technologie, poursuit le Saint-Père, "adviennent souvent au détriment des fondements du christianisme, dans lesquels s'enracine l'histoire féconde de l'Europe. La dimension morale a été confinée dans une vision subjective de Dieu lorsqu'elle n'est pas niée et exclue de la conscience publique". Puis il rappelle que pour "changer de direction, un simple rappel aux valeurs n'est pas suffisant, ni une proposition éducative qui se contente d'interventions fonctionnelles ou fragmentaires. Il faut un rapport personnel de fidélité entre des sujets actifs et capables de prendre des positions claires comme de mettre en jeu leur liberté. C'est pourquoi le choix d'en appeler encore aux responsabilités éducatives de qui a à coeur le bien de la société est plus que jamais opportun. Une telle alliance est indispensable ne peut partir que d'une nouvelle proximité à la famille, à qui on doit reconnaître et soutenir le primat éducatif. C'est dans la famille que se façonne la nature d'un peuple". Benoît XVI conclut en encourageant les évêques italiens "à valoriser la liturgie, source pérenne de l'éducation à la vie évangélique, qui introduit à la rencontre avec le Christ, qui construit constamment l'Eglise et la forme à l'écoute de la Parole, à la fraternité et à la mission".
MESS/                                                     VIS 20101109 (410)

mercredi 3 novembre 2010

ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE

CITE DU VATICAN, 30 OCT 2010 (VIS). Ce matin, Place St.Pierre, Benoît XVI a rencontré le rassemblement de 80.000 enfants et jeunes de l'Action catholique italienne, répondant à trois questions posées respectivement par un enfant, un jeune et un éducateur.

  A la première question: Que signifie être grands? Que devons-nous faire pour grandir à la suite de Jésus?, le Saint-Père a répondu en rappelant que lorsqu'il était jeune, il voulait "faire quelque chose de grand, de plus dans ma vie... Etre grands signifie aimer beaucoup Jésus, l'écouter et lui parler dans la prière, le rencontrer dans les sacrements, à la messe, à la confession, c'est-à-dire le connaître toujours plus et le faire connaître aux autres, être avec ses amis, même les plus pauvres, ceux qui sont malades, pour grandir ensemble".

  A la deuxième question: Que signifie aimer jusqu'au bout? Comment pouvons-nous apprendre à aimer en vérité?, le Pape a répondu: "C'est une grande question. Il est très important, même fondamental, d'apprendre à aimer, à aimer pour de vrai, apprendre l'art de l'amour vrai... Vous devenez grands quand vous êtes capables de faire de votre vie un don aux autres, lorsque vous n'êtes pas repliés sur vous-mêmes mais que vous vous donnez aux autres... Vous ne pouvez et ne devez pas vous adapter à un amour réduit à une marchandise d'échange consommable sans respect pour soi et pour les autres, incapable de chasteté et de pureté. Cela n'est pas la liberté. Beaucoup "d'amour" proposé par les média et sur internet, n'est pas l'amour mais seulement égoïsme et enfermement... Il vous retient comme une chaîne étouffant les pensées et les sentiments les plus beaux, les vrais élans du cœur, cette force inaliénable qui est l'amour et qui trouve dans Jésus sa plus grande expression et dans l'Esprit-Saint, la force et le feu qui embrasent vos vies, vos pensées et vos sentiments. Certes, c'est aussi un sacrifice de vivre vraiment l'amour -on n'arrive pas à cette route sans renoncements- mais je suis certain que vous ne craignez pas la fatigue d'un amour vrai et qui s'engage. C'est le seul qui, en fin de compte, donne la vraie joie!".

  La troisième question était: Que signifie aujourd'hui être éducateur? Comment affronter les difficultés que nous trouvons sur notre route? Et, que devons-nous faire pour que tous prennent soin du présent et de l'avenir des nouvelles générations? Benoît XVI a répondu en soulignant qu'"être éducateurs signifie avoir la joie au cœur et la communiquer à tous pour rendre la vie belle et bonne. Cela signifie offrir des raisons et des objectifs pour le chemin de vie, offrir la beauté de la personne de Jésus, et le faire aimer, son style de vie, sa liberté... Cela signifie surtout placer toujours haut le but de chaque existence qui nous vient de Dieu. Cela exige une connaissance personnelle de Jésus, un contact personnel, quotidien, l'aimant dans la prière, dans la méditation sur la Parole de Dieu, dans la fidélité à ses sacrements, à l'Eucharistie, à la confession. Cela exige de communiquer la joie d'être dans l'Eglise, d'avoir des amis avec qui partager non seulement les difficultés mais aussi les beautés et les surprises de la vie de foi... Vous êtes de bons éducateurs si vous savez impliquer tout le monde pour le bien des plus jeunes. Vous ne pouvez pas vous satisfaire de vous mêmes, mais vous devez faire comprendre la priorité de l'éducation des jeunes générations à tous les niveaux. Sans la présence de la famille, par exemple, vous courez le risque de construire sur du sable. Sans une collaboration avec l'école, on ne peut former une intelligence profonde de la foi. Sans un engagement des différentes personnes œuvrant aux moments de temps libre et de communication, votre œuvre patiente risque de ne pas être efficace, de ne pas avoir d'effet sur la vie quotidienne. Je suis sûr que l'Action catholique est bien enracinée sur le territoire et a le courage d'être sel et lumière. Votre présence ici, ce matin, me témoigne, ainsi qu'à tous, qu'il est possible d'éduquer, qu'il est fatigant mais beau de faire partager l'enthousiasme aux jeunes et aux enfants. Ayez le courage et  même l'audace de ne laisser aucun domaine qui ne connaisse Jésus et sa tendresse que vous faites expérimenter à tous, même aux plus nécessiteux et à ceux qui sont abandonnés, grâce à votre mission d'éducateurs". Le Pape a conclu en invitant l'assemblée à suivre fidèlement "l'identité et la finalité de l'Action catholique".
AC/                                                              VIS 20101103 (750)

lundi 18 octobre 2010

LETTRE AUX SEMINARISTES

CITE DU VATICAN, 18 OCT 2010 (VIS). Voici de larges extraits de la lettre que le Saint-Père adresse aujourd'hui aux séminaristes:

  "En décembre 1944, lorsque je fus appelé au service militaire, le commandant de la compagnie demanda à chacun de nous quelle profession il envisageait pour son avenir. Je répondis que je voulais devenir prêtre catholique. Le sous-lieutenant me répondit : Alors vous devrez chercher quelque chose d'autre. Dans la nouvelle Allemagne, il n'y a plus besoin de prêtres. Je savais que cette nouvelle Allemagne était déjà sur le déclin, et qu'après les énormes dévastations apportées par cette folie dans le pays, il y aurait plus que jamais besoin de prêtres. Aujourd'hui, la situation est complètement différente. Mais, de diverses façons, beaucoup aujourd'hui aussi pensent que le sacerdoce catholique n'est pas une profession d'avenir, mais qu'elle appartient plutôt au passé. Vous, chers amis, vous vous êtes décidés à entrer au séminaire, et vous vous êtes donc mis en chemin vers le ministère sacerdotal dans l'Eglise catholique, à l'encontre de telles objections et opinions. Vous avez bien fait d'agir ainsi. Car les hommes auront toujours besoin de Dieu, même à l'époque de la domination technique du monde et de la mondialisation, de ce Dieu qui s'est rendu visible en Jésus-Christ et qui nous rassemble dans l'Eglise universelle pour apprendre avec lui et par lui la vraie vie et pour tenir présents et rendre efficaces les critères de l'humanité véritable. Là où l'homme ne perçoit plus Dieu, la vie devient vide. Tout devient insuffisant".

vendredi 17 septembre 2010

DIMENSION SPIRITUELLE DE L'ENSEIGNEMENT

CITE DU VATICAN, 17 SEP 2010 (VIS). Ce matin, Benoît XVI a quitté la nonciature pour le Collège universitaire St. Mary de Twickenham, situé à une dizaine de km du centre de la capitale britannique. Fondé en 1850 pour les enfants catholiques de familles modestes, passé en 1899 des Frères des Ecoles chrétiennes aux Vincentins, il compte 4.000 étudiants et dispense ses propres diplômes depuis 1989. Accompagné du Recteur, du Ministre britannique de l'éducation et l'Evêque auxiliaire de Londres, le Pape s'est adressé dans la chapelle aux 300 professeurs et religieux assurant l'enseignement.

  Vous formez, a dit Benoît XVI, "les générations nouvelles non seulement à la connaissance de la foi, mais aussi dans tous les aspects d'une vie citoyenne mûre et responsable dans le monde d'aujourd'hui... L'éducation n'est pas et ne doit jamais être considérée selon une optique purement utilitaire. Il s'agit de former la personne humaine, en lui donnant le bagage nécessaire pour vivre pleinement sa vie. En bref, il s'agit de transmettre la sagesse. Et la vraie sagesse est inséparable de la connaissance du Créateur... Cette dimension transcendante des études et de l'enseignement a été clairement saisie par les moines qui contribuèrent beaucoup à l'évangélisation de ces îles... Puisque la recherche de Dieu, qui est au cœur de la vocation monastique, requiert un engagement actif selon les moyens par lesquels il se fait connaître lui-même : sa création et sa parole révélée, il était tout naturel que le monastère ait une bibliothèque et une école. En se consacrant à l'étude comme chemin pour rencontrer le Verbe incarné de Dieu, les moines ont contribué à poser les fondements de notre culture et de notre civilisation occidentale".

  Le Saint-Père a alors rendu grâce à Dieu pour "les ordres éducatifs qui ont porté, en des terres lointaines, la lumière de l'Evangile, participant à la grande œuvre missionnaire de l'Eglise... Souvent ils ont posé les bases d'un système éducatif avant même que l'Etat n'assume sa responsabilité dans ce service vital des individus et de la société. Comme les rôles respectifs de l'Eglise et de l'Etat dans le domaine de l'éducation continuent d'évoluer, n'oubliez jamais que les religieux ont une contribution unique à donner à cet apostolat, par-dessus tout à cause de leurs vies consacrées à Dieu et du témoignage de fidélité et d'amour qu'ils rendent au Christ, le Maître suprême. La présence de religieux dans les écoles catholiques est vraiment un puissant rappel de l'esprit catholique, souvent remis en cause, qui doit imprégner tous les aspects de la vie scolaire. Cela s'étend bien au-delà d'un enseignement dont le contenu devrait toujours être conforme à la doctrine de l'Eglise, exigence qui va de soi". Benoît XVI a conclu son intervention en manifestant sa gratitude "à tous ceux dont la tâche consiste à assurer dans nos écoles un environnement sécurisant aux enfants et aux jeunes. Notre responsabilité envers ceux qui nous sont confiés pour leur formation chrétienne n'exige rien de moins. En effet, la vie de foi ne peut être éduquée avec efficacité que dans un climat de confiance respectueuse et affectueuse. Je prie pour que cela reste la marque des écoles catholiques dans ce pays".
PV-ROYAUME-UNI                                                     VIS 20100917 (540)

APPEL A LA SAINTETE

CITE DU VATICAN, 17 SEP 2010 (VIS). Après la rencontre de la chapelle, Benoît XVI a traversé en papamobile le campus de St. Mary pour gagner le centre sportif du collège, où l'attendaient 4.000 étudiants qui venaient de suivre son discours sur écrans géants. Cette rencontre avec le monde enseignant avait été diffusé en direct sur Internet dans toutes les écoles catholiques du Royaume-Uni. Après le salut de Mgr.Malcolm P.McMahon, Evêque de Notthingham et Président de la commission épiscopale pour l'éducation, le Pape a inauguré le Centre sportif Jean-Paul II, qui rappelle aussi que son prédécesseur a consacré 120 discours à la thématique sportive. Il s'est alors adressé à l'assistance:

  "Ce n'est pas souvent qu'un Pape...ait la possibilité de parler à des étudiants de toutes les écoles catholiques d'Angleterre, du Pays de Galles et d'Ecosse à la fois. Et puisque j'ai cette chance en ce moment, j'aimerais beaucoup vous dire une chose. J'espère que parmi ceux d'entre vous qui m'écoutent aujourd'hui, se trouvent des futurs saints du XXI siècle... Il se peut que certains d'entre vous n'aient jamais pensé à cela auparavant. Il se peut que certains d'entre vous pensent qu'être un saint ce n'est pas pour eux. Permettez-moi vous expliquer ce que je veux dire". Lorsque j'invite les jeunes "à devenir des saints, je leur demande de ne pas se contenter de la seconde place. Je vous demande de ne pas poursuivre un but limité en ignorant tous les autres... Le bonheur est quelque chose que nous voulons tous, mais un des grands drames de ce monde est que tant de personnes ne le trouvent jamais, parce qu'elles le cherchent là où il n'est pas. La clef du bonheur est très simple - le vrai bonheur se trouve en Dieu. Nous devons avoir le courage de mettre nos espérances les plus profondes en Dieu seul, non pas dans l'argent, dans la carrière, dans les succès de ce monde, ou dans nos relations avec d'autres personnes, mais en Dieu. Lui seul peut satisfaire les exigences profondes de nos cœurs".
   
  "Non seulement Dieu nous aime avec une profondeur et une intensité que nous pouvons à peine essayer de commencer à comprendre, mais il nous invite à répondre à cet amour... Et dès que vous devenez l'ami de Dieu, tout commence à changer dans votre vie... Vous êtes attirés par la pratique des vertus. Vous commencez à considérer l'avidité et l'égoïsme et tous les autres péchés tels qu'ils sont réellement, des tendances destructrices et dangereuses qui provoquent de profondes souffrances et causent un grand préjudice... Vous commencez à éprouver de la compassion pour les personnes en difficultés et vous désirez vivement faire quelque chose pour elles... Et si tout cela est important pour vous, alors vous êtes bien sur le chemin qui mène à la sainteté... Il y a toujours un cadre plus grand qui dépasse les matières que vous étudiez, les différentes compétences que vous apprenez. Tout le travail que vous faites se situe dans le contexte de la croissance de cette amitié avec Dieu et de tout ce qui découle de cette amitié... Ne vous enfermez jamais dans des limites étroites. Le monde a besoin de bons chercheurs, mais une perspective scientifique devient dangereusement étroite si elle ignore la dimension religieuse et éthique de la vie, tout comme la religion devient étriquée si elle rejette la légitime contribution de la science pour notre compréhension du monde. Nous avons besoin de bons historiens, philosophes, économistes, mais si la compréhension de la vie humaine à travers leur domaine particulier est trop étroitement polarisé, ils peuvent nous amener à nous égarer gravement".

  Puis le Saint-Père s'est adressé au "nombreux étudiants non catholiques des écoles catholiques de Grande-Bretagne... Je prie pour que vous aussi vous vous sentiez encouragés à pratiquer les vertus et à grandir dans la connaissance et l'amitié avec Dieu aux côtés de vos camarades de classe catholiques. Vous leur rappelez par votre présence le plus grand dessein qui existe au-delà de l'école, et, de fait, il est absolument juste que le respect et l'amitié à l'égard des membres d'autres traditions religieuses doivent être parmi les vertus apprises à l'école catholique. J'espère également que vous voudrez partager avec tous ceux que vous rencontrez les valeurs et les intuitions que vous avez accueillies à travers l'éducation chrétienne que vous avez reçue". Après qui, Benoît XVI s'est rendu dans la Waldegrave Drawing Room de l'institut universitaire pour une rencontre avec les représentants religieux.
PV-ROYAUME-UNI                                           VIS 20100917 (750)
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