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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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jeudi 11 juillet 2013

MESSAGE POUR LA JOURNEE MONDIALE DU TOURISME

Cité du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). Voici le message que le Conseil pontifical pour la pastorale des migrations diffuse à l’occasion de la Journée mondiale du tourisme 2013 (27 septembre), et intitulé: "Le tourisme et l’eau, protéger l'avenir de tous" en fonction du thème choisi par l’Organisation mondiale du tourisme: Le Saint-Siège désire s’unir à cette manifestation, en apportant sa contribution particulière, conscient qu'il est de l’importance que revêt le tourisme à l’heure actuelle et des défis et possibilités qu’il offre à l'action évangélisatrice. Le tourisme est l’un des secteurs économiques mondiaux qui connaît la croissance la plus vaste et rapide. Nous ne devons pas oublier que durant l’année dernière le cap du milliard de touristes a été franchi, auquel il faut ajouter les chiffres encore plus élevés du tourisme local.

Pour le secteur touristique, l’eau est d’une importance cruciale, un actif et une ressource. C’est un actif dans la mesure où les gens se sentent naturellement attirés par elle et des millions de touristes cherchent à profiter de cet élément durant leurs jours de repos, en choisissant comme destinations certains écosystèmes où l’eau est le trait le plus caractéristique (zones humides, plages, fleuves, lacs, cascades, îles, glaciers...) ou en cherchant à bénéficier de ses nombreux avantages (particulièrement dans des centres balnéaires ou thermaux). En même temps, l’eau est aussi une ressource pour le secteur touristique, notamment pour les hôtels, les restaurants et les activités de loisirs. A l'avenir, le tourisme sera un véritable avantage dans la mesure où il parviendra à gérer les ressources selon les critères de l’économie verte, c’est à dire une économie dont l’impact environnemental demeure dans des limites acceptables. Nous sommes donc appelés à promouvoir un tourisme écologique, respectueux et durable, qui peut certainement favoriser la création d’emplois, soutenir l’économie locale et réduire la pauvreté. Il ne fait aucun doute que le tourisme joue un rôle fondamental dans la protection de l’environnement, pouvant être un grand allié, mais aussi un féroce ennemi. Si, par exemple, en vue d’un bénéfice économique facile et rapide, on permet à l’industrie touristique de polluer un lieu, celui-ci cessera d’être une destination attirant les touristes.

Nous savons que l’eau, clef du développement durable, est un élément essentiel pour la vie. Sans eau, il n’y a pas de vie. Malheureusement, les pressions qui s’exercent sur elle augmentent d’année en année. Une personne sur trois vit déjà dans un pays connaissant un stress hydrique modéré ou grave, et d’ici à 2030 près de la moitié de la population du globe pourrait souffrir de pénuries d’eau. On estime alors que la demande sera de 40 % supérieure à l’offre. Selon les données fournies par les Nations-Unies, environ un milliard de personnes n’a pas accès à l’eau potable. Et les défis liés à ce problème augmenteront de façon significative au cours des prochaines années, surtout parce qu’elle est mal distribuée, polluée, gaspillée ou parce que l’on donne la priorité à certains usages d’une manière erronée ou injuste. Sans compter les conséquences du changement climatique qui viendront s’y ajouter. Le tourisme rivalise souvent aussi avec d’autres secteurs pour son utilisation et, quelquefois, on constate que l’eau est abondante et gaspillée dans les structures touristiques, tandis qu’elle vient à manquer pour les populations environnantes. La gestion durable de cette ressource naturelle est un enjeu d’ordre social, économique et environnemental, mais surtout de nature éthique, à partir du principe de la destination universelle des biens de la terre, qui est un droit naturel, originel, auquel doit se soumettre tout l’ordre juridique concernant ces biens. La doctrine sociale de l’Eglise insiste sur la validité et l’application de ce principe, avec des références explicites à l’eau. Bien sûr, notre engagement en faveur du respect de la création naît de sa reconnaissance comme don de Dieu fait à toute la famille humaine et de l’écoute de l’indication du Créateur, qui nous invite à la garder, conscients d’être les administrateurs et non les maîtres du don qu’il nous fait.

Cette attention à l’environnement est important pour le Pape François qui y a fait de nombreuses allusions. Déjà, lors de la célébration eucharistique du début de son ministère pétrinien, il nous invitait à être des gardiens de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement. Ne permettons pas, disait-il, que des signes de destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde, rappelant que tout est confié à la garde de l’homme, et c’est une responsabilité qui nous concerne tous. Approfondissant cette invitation, le Saint-Père affirmait récemment que cultiver et protéger la création est une indication de Dieu donnée non seulement au début de l’histoire, mais à chacun de nous. Cela fait partie de son projet et cela signifie faire croître le monde avec responsabilité, en le transformant afin qu’il soit un jardin, un lieu vivable pour tous. Au contraire, nous sommes souvent guidés par l’orgueil de dominer, de posséder, de manipuler, d’exploiter... Nous sommes en train de perdre l’attitude de l’émerveillement, de la contemplation, de l’écoute de la création. En cultivant cette attitude, nous pourrons découvrir que l’eau nous parle aussi de son Créateur et nous rappelle son histoire d’amour pour l’humanité. La prière de bénédiction de l’eau, utilisée dans la liturgie romaine lors de la veillée pascale et pour le rituel du baptême, est éloquente car elle rappelle que le Seigneur s’en est servi comme signe et mémoire de sa bonté: la Création, le déluge qui met fin au péché, le passage de la Mer Rouge qui libère de l’esclavage, le baptême de Jésus dans le Jourdain, le lavement des pieds qui se transforme en précepte d’amour, l’eau qui coule du côté du Crucifié, le mandat du Ressuscité de faire des disciples et de les baptiser … ce sont des pierres milliaires de l’histoire du Salut, dans lesquelles l’eau revêt une haute valeur symbolique.
L’eau nous parle de vie, de purification, de régénération et de transcendance. Dans la liturgie, l’eau manifeste la vie de Dieu qui nous est communiquée dans le Christ. Jésus lui-même se présente comme celui qui apaise la soif, de son sein jaillissent des fleuves d’eau vive. Et dans son dialogue avec la Samaritaine, il affirme que celui qui boit de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. La soif évoque les désirs les plus profonds du cœur humain, ses échecs et sa recherche d’un bonheur authentique au-delà de soi-même. Or, le Christ est celui qui offre l’eau qui étanche la soif intérieure, il est la source de la renaissance, il est le bain qui purifie. Il est la source d’eau vive.

Voilà pourquoi il est important de réaffirmer que tous ceux qui oeuvrent dans le tourisme ont une forte responsabilité dans la gestion de l’eau, de sorte que ce secteur soit effectivement une source de richesse au niveau social, écologique, culturel et économique. Tandis qu’il faut travailler pour réparer les dommages causés, il faut aussi favoriser son usage rationnel et réduire au minimum l’impact, en promouvant des politiques adéquates et en fournissant des équipements efficaces qui aident à protéger notre futur commun. Notre attitude envers la nature et la mauvaise gestion que nous pouvons faire des ressources ne doivent peser ni sur les autres, ni même et encore moins sur les générations à venir. Une plus grande détermination est nécessaire de la part des personnes engagées en politique et des entrepreneurs. Car, même si tous sont conscients des défis que nous pose le problème de l’eau, nous savons aussi que cela doit encore se concrétiser par des engagements précis, contraignants et vérifiables. Cette situation requiert surtout un changement de mentalité qui conduise à adopter un style de vie différent, caractérisé par la sobriété et par l’autodiscipline. Il faut faire en sorte que le touriste soit conscient et réfléchisse sur ses responsabilités et sur l’impact de son voyage. Il doit pouvoir arriver à la conviction que tout n’est pas permis, même si personnellement il pourrait en assumer le coût financier. Nous devons éduquer et encourager les petits gestes qui nous permettent de ne pas gaspiller ou contaminer l’eau et qui nous aident, en même temps, à apprécier davantage son importance. Faisons nôtre le désir du Saint-Père de prendre le ferme engagement de respecter et de garder la création, d’être attentifs à chaque personne, de combattre la culture du gaspillage et du rebut, pour promouvoir une culture de la solidarité et de la rencontre.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 11 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Miguel Angel Cabello Almada, Evêque de Concepción (superficie 30.984, population 406.000, catholiques 399.000, prêtres 34, religieux 66), au Paraguay. L'Evêque élu, né en 1965 à Piribebuy (Paraguay) et ordonné prêtre en 1991, était jusqu'ici directeur spirituel au séminaire national de Caacupé (Paraguay). Il succède à Mgr.Zacarías Ortiz Rolón, SDB, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Docteur en théologie, il a été curé de paroisse, vicaire diocésain et professeur de séminaire.

Mgr.Ján Orosch, Archevêque de Trnava (superficie 4.833, population 637.400, catholiques 462.046, prêtres 221, religieux 242), en Slovaquie. Auxiliaire de ce même diocèse, il en était d'Administrateur apostolique depuis 2012.

Mgr.Leo Boccardi, Nonce apostolique en Iran, jusqu'ici Nonce au Soudan et en Erythrée.

mercredi 10 juillet 2013

UNE EXPOSITION POUR LA J.M.J.

Cité du Vatican, 10 juillet 2013 (VIS). "Dans le sillage du Seigneur", tel est le titre de l'exposition organisée à l'occasion de la XXVIII Journée mondiale de la jeunesse de Rio de Janeiro par le Conseil pontifical pour les laïcs (Fondation Jean-Paul II pour la jeunesse). Du 9 juillet au 12 octobre près le musée national des beaux arts de Rio, elle propose des oeuvres et des documents regroupés en sections intitulées: Le Christ, chemin de salut, Vocation et mission des apôtres, Marie conduit au Christ, Les saints, modèles à suivre. La première présente des expressions de la vie de Jésus: La passion et la résurrection, l'incrédulité de Thomas, la parabole de l'adultère, le bon samaritain, l'iconographie du Christ. Au premier plan, le Mandylion d'Edesse et une reproduction photographique du Suaire de Turin, des portraits de Fra Angelico, Melozzo Da Forli, Mantegna, Léonard de Vinci, Correggio, Bernin, Le Guercin, Lorenzo Lotto (le Christ et la femme adultère, récemment restauré par les Musées du Vatican). Les autres sections proposent notamment le célèbre diptyque vatican du IIIº - IVº siècle des apôtres Pierre et Paul, ainsi que des tableaux de Pomarancio ou de Ribera, et des représentations de Marie allant des icônes byzantines à Pinturicchio, Michel-Ange et Sassoferrato.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 10 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Pedro Alberto Bustamante López, Prélat de la prélature territoriale de Sicuaní (superficie 15.800, population 301.000, catholiques 259.000, prêtres 16, religieux 23), au Pérou. L'Evêque élu, né en 1965 à Cotaparaco (Pérou) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse d'Arequipa (Pérou). Il succède à Mgr.Miguel La Fay Bardi, O.Carm, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Licencié en théologie, il a été curé de plusieurs paroisses, vicaire diocésain et professeur près l'Université catholique d'Arequipa.

Le P.Abdallah Elias Zaidan, ML, Evêque de l'éparchie maronite de Los Angeles (catholiques 51.900, prêtres 44, diacres 18, religieux 21), aux Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1963 à Kosaybé (Liban), a émis ses voeux religieux en 1984 et a été ordonné prêtre en 1986. Il a été curé de paroisse maronite aux USA, recteur de la cathédrale maronite de Los Angeles, coordinateur de tribunal ecclésiastique. Il succède à Mgr.Robert Joseph Shaheen, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

L'Abbé Andrew Nkea Fuanya, Coadjuteur de l'Evêque de Mamfe (Cameroun). L'Evêque élu, né en 1965 à Widikum (Cameroun) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Secrétaire général de l'Université catholique du Cameroun. Il a été curé de paroisse, chancelier de diocèse, membre de la commission doctrinale de la Conférence épiscopale.

mardi 9 juillet 2013

AUDIENCES


Cité du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax.

Le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.

INDULGENCES POUR LA J.M.J.

Cité du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père concède des indulgences particulières à l'occasion de la XXVIII Journée mondiale de la jeunesse (Rio de Janeiro, Brésil, 22 - 29 juillet). Le décret de la Pénitencerie apostolique en précise les conditions: Les jeunes et les autres fidèles préparés obtiendront l'indulgence quotidienne aux conditions habituelles (confession, communion, prières aux intentions du Pape), applicables aux âmes défuntes, lors des cérémonies et exercices qui se dérouleront à Rio. Les fidèles justement empêchés, pourront aux mêmes conditions l'obtenir en filiale soumission au Souverain Pontife et en union spirituelle aux cérémonies retransmises par les media. L'indulgence partielle est concédée à tout fidèle où qu'il soit s'unissant avec contrition et en prière à la JMJ (récitation finale de la prière spéciale et invocation à Marie, Reine du Brésil, ou à d'autres patrons intercesseurs), dans le but d'encourager la jeunesse à s'affermir dans la foi et la sainteté de vie. Afin que les fidèles bénéficient plus facilement de ces indulgences, les prêtres proposeront à leurs pénitents de prier pour que la JMJ porte des fruits.

POUR UNE MISSION PLEINE DE JOIE


Cité du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Samedi dernier, le Saint-Père a rejoint Salle Paul VI 6.000 séminaristes, novices et consacrés rassemblés à Rome dans le cadre de l'Année de la foi. Devant l'enthousiasme de l'assemblée, il s'est écrié: "Voila, maintenant vous applaudissez, vous êtes joyeux, parce que c'est pour vous un temps de noce. Mais qu'adviendra-t-il lorsque cette lune de miel sera finie? J'ai entendu un brave séminariste dire qu'il voulait servir le Christ, pour une dizaine d'années, après quoi il passerait à une autre vie. C'est une vision dangereuse. Nous tous, y compris les plus âgés, nous subissons la pression de cette culture du provisoire, de ce danger. On ne veut plus s'engager une fois à jamais. Certains disent: Je reste marié tant que dure l'amour. Une religieuse entend le rester qu'un certain temps, un séminariste veut devenir prêtre mais ignore si ça durera. Tout cela ne tient pas debout face au Christ... Notre choix est définitif même si c'est extrêmement difficile. Lorsque j'étais jeune c'était bien plus facile parce que la culture favorisait les choix définitifs, dans la vie matrimoniale comme dans la vie sacerdotale ou religieuse. Aujourd'hui...nous sommes victimes de l'idée de provisoire... Alors, comment pouvons nous être libres, libérés de cette culture? Nous devons apprendre à nous enfermer...car si on laisse en permanence la clef dehors rien ne va plus. Fermons la porte de l'intérieur. Et si on ne se sent pas prêt, il convient de prendre son temps. Lorsque le moment est venu, Jésus se manifestera. Sans lui en effet il n'y a rien d'assuré. C'est seulement lorsqu'on est sûr qu'il faut fermer la porte!".

Puis le Pape a souligné le climat de joie de cette assemblée. D'où vient la joie, s'est-il écrié. Pour certains de ce qu'on possède, du dernier modèle de smartphone, du deux roues le plus rapide, de la voiture dernier cri. "Ceci me fait mal", a confié le Pape François, "lorsque je vois un prêtre avec une voiture de luxe. Prend donc le vélo!". Et si nous devons nous déplacer, au moins utilisons un voiture utilitaire, "et pensons à tous ces enfants qui meurent de faim". La joie ne vient pas non plus d'expériences de l'extrême, des sensations fortes, "Certes il plaît à la jeunesse de marcher sur le fil... Non, la joie véritable ne vient ni des biens matériels ni d'autres choses mais de la rencontre et du rapport avec autrui, de se sentir acceptés, compris et aimés, et non simplement pour un intérêt passager... La joie naît de la gratuité de la rencontre, de s'entendre dire tu as de l'importance pour moi, et pas seulement en parole. C'est ceci que Dieu nous fait comprendre... Cette joie est contagieuse et entraînante. Lorsqu'on rencontre un séminariste ou un novice trop sérieux, il lui manque la joie du Seigneur... Il n'y a pas de sainteté dans la tristesse. Sainte Thérèse d'Avila disait qu'un saint triste est un triste saint... Donc, pas de religieux, pas de consacré, pas de prêtre confis!... Cette tristesse sans le ministère pastoral trahit une absence de paternité ou de maternité, un mal vivre une vie consacrée qui doit être féconde. Un prêtre, une soeur, qui ne seraient pas féconds ne seraient pas catholique".

"Pour être des témoins joyeux de l'Evangile il faut aussi être vrais et cohérents. L'authenticité est elle aussi très importante. Jésus dénonçait les hypocrites et les doubles faces". Etre sincère relève de l'éducation. C'est aux parents, aux adultes et aux formateurs "de donner un exemple de cohérence aux jeunes... Pour avoir des jeunes cohérents nous devons l'être, sinon le Seigneur dira de nous ce qu'il disait des pharisiens, faites ce qu'ils disent non ce qu'ils font". C'est pourquoi il est important de toujours dire la vérité à son confesseur. "La transparence fait du bien car elle rend humble... Il faut dire la vérité sans réserves car c'est au Christ qu'on parle par le biais du confesseur. Jésus connaît la vérité et pardonne toujours... La vocation doit reposer sur les quatre piliers que sont la vie spirituelle, la vie intellectuelle, la vie apostolique et la vie communautaire". La fraternité implique la sincérité envers l'autre, non de le dénigrer dans son dos. "Derrière les ragots il y a l'envie, la jalousie et l'ambition... La voie de la sainteté ne peut passer par la calomnie... Et puis l'amitié est une fraternité qui aide à ne pas s'isoler dans le désespoir... Le prêtre comme le religieux ne saurait être une île, mais au contraire une personne toujours prête à rencontrer autrui". En conclusion le Pape François a redit son voeu d'une Eglise plus missionnaire et moins tranquille, recommandant aux jeunes rassemblés d'éviter la manie qu'ont les vieux de se lamenter, "le culte de la déesse lamentation... Soyez toujours positifs et soignez votre vie spirituelle tout en allant vers les autres, rencontrez les plus démunis. Ne craignez donc pas de sortir et de nager à contre courant, en restant missionnaires et contemplatifs. Restez proches de Marie et récitez le chapelet. Ne l'abandonnez pas! Comme Jean, accueillez chez vous la Vierge qui vous accompagnera et vous protégera. Priez aussi pour moi. J'ai tant besoin de prières car je ne suis qu'un pauvre pécheur".

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé Mgr.Marcelo Daniel Colombo, Evêque de La Rioja (superficie 92.000, population 350.000, catholiques 320.000, prêtres 43, diacres 1, religieux 55), en Argentine. Jusqu'ici Evêque d'Orán (Argentine), il succède à Mgr.Roberto Rodríguez, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Nommé le P.Juan José Chaparro Stivanello, CMF, Evêque de San Carlos de Bariloche (superficie 77.076, population 174.300, catholiques 123.100, prêtres 26, diacres 2, religieux 53), en Argentine. L'Evêque élu, né en 1953 à Colonia Freitas (Argentine), a prononcé ses voeux religieux en 1975 et a été ordonné prêtre en 1980. Il était jusqu'ici supérieur de la communauté des clarétiens de Lambaré (Paraguay). Licencié en théologie, il a occupé diverses fonctions au sein de son ordre en Argentine et en Uruguay.

Confirmé l'élection de l'Archimandrite Eduard Daher, BC, comme Archevêque melkite de Tripoli (catholiques 10.000, prêtres 7, religieuses 17), au Liban. L'Evêque élu, né en 1973 à Quaa (Liban), a prononcé ses voeux religieux en 1994 et a été ordonné prêtre en 1999. Il a été curé de paroisse en France et au Liban, et est actuellement juge du tribunal ecclésiastique de l'Eglise melkite.


lundi 8 juillet 2013

LE PAPE A LAMPEDUSA

Ci du Vatican, 8 juillet 2013 (VIS). Ce matin, le Pape François s'est rendu sur l'ile italienne de Lampedusa, point de chute depuis de nombreuses années de multitudes de migrants et dans les eaux de laquelle des dizaines d'entre eux ont trouvé la mort. Il a quitté l'aéroport romain de Ciampino et est arrivé sur l'île à 9 h 15' où il a été reçu par l'Archevêque d'Agrigente, Mgr.Francesco Montenegro, et par le Maire, Mme Giuseppina Nicolini. Il s'est rendu en voiture à Cala Pisana pour embarquer et se rendre au port de Lampedusa, accompagné par les barques des pêcheurs de l'ile. Au cours du trajet, il a jeté à la mer une couronne de fleurs en souvenir des migrants morts en Méditerranée. Une cinquantaine d'immigrés l'attendait sur le quai, à Punta Favarolo, dont beaucoup de musulmans, se trouvant dans les centres d'accueil de Lampedusa. Le Pape a salué personnellement chacun d'eux avant de se rendre au centre sportif Arena où il a célébré la messe à 10 h 30'. La formule liturgique choisie était celle de la rémission des péchés prévue par le Missel Romain. Les textes de la liturgie de la Parole (le récit de Caïn et Abel, le massacre des innocents, le psaume Miserere) soulignaient l'aspect pénitentiel de la Liturgie. Le Saint-Père a utilisé un bâton pastoral de la paroisse de Lampedusa réalisé avec des morceaux de bois des embarcations des migrants arrivés sur l'ile et un calice en bois provenant également de ces barques, tous deux œuvres d'un artisan de Lampedusa ayant participé à l'aide aux immigrés. Voici un large résumé de l'homélie du Pape:

"Immigrés morts en mer, dans ces bateaux qui au lieu d'être un chemin d'espérance ont été un chemin de mort. Il y a quelques semaines, quand j'ai appris cette nouvelle, qui malheureusement s'est répétée tant de fois, ma pensée y est revenue continuellement comme une épine dans le cœur qui apporte de la souffrance. J'ai alors senti que je devais venir ici aujourd'hui pour prier, pour poser un geste de proximité, mais aussi pour réveiller nos consciences pour que ce qui est arrivé ne se répète pas. S'il vous plaît, que cela ne se répète pas!". Le Pape a ensuite remercié les habitants et les autorités de Lampedusa de leur solidarité avec les immigrés et, parmi eux, il a salué les musulmans qui aujourd'hui commencent le jeûne du ramadan, en disant: "L'Eglise vous est proche dans la recherche d'une vie plus digne pour vous et vos familles... Ce matin, à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons écoutée, je voudrais proposer des paroles qui surtout provoquent la conscience de tous, poussent à réfléchir et à changer concrètement certaines attitudes. "Adam, où es-tu?" c'est la première question que Dieu pose à l'homme après le péché. Adam est un homme désorienté qui a perdu sa place dans la création parce qu'il croit devenir puissant, pouvoir tout dominer, être Dieu. Et l'harmonie se rompt, l'homme se trompe et cela se répète aussi dans la relation avec l'autre qui n'est plus le frère à aimer, mais simplement l'autre qui dérange ma vie, mon bien-être. Et Dieu pose la deuxième question: "Caïn, où est ton frère?". Le rêve d'être puissant...ou même d'être Dieu, génère une chaine d'erreurs qui est l'engrenage de la mort, et conduit à verser le sang de son frère! Ces deux questions de Dieu résonnent encore aujourd'hui avec toute leur force! Tant de nous, et moi aussi, sont désorientés. Nous ne sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons... Nous ne prenons pas soin de ce que Dieu a créé pour tous et nous ne sommes plus capables non plus de prendre soin les uns des autres. Et quand cette désorientation prend les dimensions du monde, on en arrive à des tragédies comme celle à laquelle nous avons assisté".

"Où est ton frère?" la voix de son sang crie vers moi, dit Dieu. Il ne s'agit pas d'une question adressée aux autres, mais d'une question adressée à moi, à toi, à chacun de nous. Ces frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité et de paix. Ils cherchaient un endroit meilleur pour eux et leurs familles, mais ils ont trouvé la mort. Combien de fois ceux qui cherchent cela ne trouvent pas compréhension, ne trouvent pas accueil, ne trouvent pas solidarité! Et leurs voix montent jusqu'à Dieu! J'ai rencontré quelques unes de ces personnes qui sont passées par les mains des trafiquants. La pauvreté des autres représente une source de bénéfices... Quelle souffrance et certains n'ont pu arriver à destination!

"Où est ton frère?" Qui est responsable de ce sang? Dans la littérature espagnole, il existe une comédie de Lope de Vega qui raconte comment les habitants de la ville de Fuente Ovejuna tuent le gouverneur parce que c'est un tyran, et le font de façon à ce que l'on ne se sache pas qui a procédé à l'exécution. Et quand le juge du roi demande qui a tué le gouverneur, tous répondent: Fuente Ovejuna, monsieur! Tous et personne. Aujourd'hui aussi cette question émerge avec force: Qui est le responsable du sang de ces frères et sœurs? Personne! Nous répondons tous ainsi: ce n'est pas moi...les autres, mais pas moi. Mais Dieu demande à chacun de nous: Où est le sang de ton frère qui crie jusqu'à moi? Aujourd'hui, personne dans le monde ne se sent responsable de cela. Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle. Nous sommes tombés dans l'attitude hypocrite du prêtre et du serviteur de l'autel dont parle Jésus dans la parabole du bon Samaritain. Nous regardons notre frère à moitié mort sur le bord de la route, peut-être pensons-nous "le pauvre" et nous continuons notre route, ce n'est pas notre affaire, et avec cela nous nous mettons l'âme en paix. La culture du bien être qui nous amène à penser à nous-mêmes, nous rend insensibles aux cris des autres, nous fait vivre dans des bulles de savon qui sont belles mais ne sont rien, qui ne sont que l'illusion du futile, du provisoire, qui conduit à l'indifférence envers les autres, et qui conduit même à une mondialisation de l'indifférence. Nous sommes habitués à la souffrance des autres, cela ne nous concerne pas, ne nous intéresse pas, n'est pas notre affaire!... La mondialisation de l'indifférence nous rend tous "innommés", des responsables sans nom et sans visage".

"Adam où es-tu?", "Où est ton frère?" sont les deux questions que Dieu pose au début de l'histoire de l'humanité et qu'il adresse aussi à tous les hommes de notre temps, à nous aussi. Mais je voudrais que nous nous posions une troisième question: Qui de nous a pleuré pour ce fait et pour d'autres comme celui-ci?, pour la mort de ces frères et sœurs? Qui a pleuré pour ces personnes qui étaient sur le bateau? Pour les jeunes mamans qui portaient leurs enfants? Pour ces hommes qui désiraient quelque chose pour soutenir leurs familles? Nous sommes dans une société qui a oublié l'expérience des pleurs, ce qu'est souffrir avec. La mondialisation de l'indifférence nous a ôté notre capacité de pleurer! Dans l'Evangile nous avons écouté le cri, les pleurs, la longue plainte: Rachel pleure ses enfants...parce qu'ils ne sont plus. Hérode a semé la mort pour défendre son bien-être, sa bulle de savon. Et cela continue de se répéter. Demandons au Seigneur d'effacer ce qui reste d'Hérode dans nos cœurs. Demandons au Seigneur la grâce de pleurer sur notre indifférence, sur la cruauté qu'il y a dans le monde, en nous, même chez ceux qui dans l'anonymat prennent des décisions socio-économiques qui ouvrent la voie à des drames comme celui-ci... Seigneur, dans cette liturgie qui est une liturgie de pénitence, nous demandons pardon pour notre indifférence envers nos frères et sœurs. Nous te demandons pardon pour ceux qui se sont habitués, se sont fermés dans leur bien-être qui entraine l'anesthésie du cœur. Nous te demandons pardon pour ceux qui par leurs décisions au niveau mondial ont créé des situations qui conduisent à ces drames".

MESSE POUR LA MISSION


Cité du Vatican, 7 juillet 2013 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a célébré la messe en la Basilique vaticane pour les séminaristes, novices et consacrés rassemblés à Rome dans le cadre de l'Année de la foi, centrant l'homélie sur sens de la mission de l'Eglise qui leur revient: Vous êtes tous en cheminement vocationnel, et provenez de toutes les parties du monde: vous représentez la jeunesse de l’Eglise! Si l’Eglise est l’Epouse du Christ, en un certain sens vous représentez le moment des fiançailles, le printemps de la vocation, la saison de la découverte, de la vérification, de la formation. Et c’est une très belle saison dans laquelle sont jetées les bases pour l’avenir... Aujourd’hui la Parole de Dieu nous parle de la mission... Quels sont les points de repère de la mission chrétienne? Les lectures que nous avons écoutées nous en suggèrent trois, la joie de la consolation, la Croix et la prière. Le premier élément est la joie de la consolation. Le prophète Isaïe s’adresse à un peuple qui a traversé la période sombre de l’exil pour qui, après une épreuve très dure, est venu le temps de la consolation, de la tristesse et de la joie... Quel est la raison de cette invitation à la joie? Le Seigneur, qui répand sur la Cité sainte et ses habitants un torrent de consolations...un torrent de tendresse maternelle". Ainsi agit le Seigneur envers nous". Tout chrétien, et nous plus que les autres, sommes appelés à porter ce message d’espérance qui donne sérénité et joie, la consolation de Dieu, sa tendresse envers tous. Mais nous ne pouvons pas en être porteur si nous n’expérimentons pas nous-mêmes en premier la joie d’être consolés par lui, d’être aimés de lui. Il est important, pour que notre mission soit féconde, de vivre la consolation de Dieu et la transmettre! J’ai rencontré quelquefois des personnes consacrées qui ont peur de la consolation de Dieu, et des pauvres qui se tourmentent, parce qu’ils ont peur de cette tendresse de Dieu. Mais vous, n’ayez pas peur!... Trouvez le Seigneur qui nous console et allez consoler le Peuple de Dieu. Cela est la mission. Les gens aujourd’hui ont besoin, certainement, de paroles, mais ils ont besoin surtout que nous témoignions la miséricorde, la tendresse du Seigneur qui réchauffe le cœur, qui réveille l’espérance, qui attire vers le bien et la joie de porter la consolation de Dieu".

"Le second point de repère de la mission est la Croix. Saint Paul, écrivant aux galates, affirme que pour lui la croix du Seigneur demeure sa seule gloire... Dans son ministère, Paul a expérimenté la souffrance, la faiblesse et l’échec, mais aussi la joie et la consolation. C’est le mystère pascal de Jésus, le mystère de mort et de résurrection... A l’heure de l’obscurité, à l’heure et de l’épreuve est déjà présente et agissante l’aube de la lumière et du salut. Le mystère pascal est le cœur palpitant de la mission de l’Eglise. Et si nous demeurons dans ce mystère, nous sommes à l’abri, aussi bien d’une vision mondaine et triomphaliste de la mission, que du découragement qui peut naître devant les épreuves et les échecs. La fécondité pastorale, la fécondité de l’annonce de l’Evangile n’est donnée ni par le succès, ni par l’insuccès évalués selon des critères humains, mais par la conformité avec la logique de la Croix de Jésus, qui est la logique du sortir de soi-même pour se donner, la logique de l’amour. C’est la Croix, toujours la Croix avec le Christ, parce que parfois on nous la propose sans le Christ. C'est impossible. C’est la Croix, toujours la Croix avec le Christ qui assure la fécondité de notre mission. Et c’est de la Croix, acte suprême de miséricorde et d’amour, que l’on renaît comme créature nouvelle".

"Enfin, le troisième élément c'est la prière. Dans l’Evangile nous avons entendu qu'il fallait prier le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers. Les ouvriers pour la moisson ne sont pas choisis par campagne publicitaire ou appel au service de la générosité. Ils sont choisis et envoyés par Dieu, qui seul choisit...et ordonne la mission. Pour cette raison, la prière est importante. L’Eglise, nous a répété Benoît XVI, n’est pas nôtre. Elle est de Dieu. Si souvent, nous, les consacrés, nous pensons qu’elle est nôtre. Nous faisons d’elle quelque chose qui nous vient à l’esprit", or le champ à cultiver est celui de Dieu. Par conséquent la mission est essentiellement grâce. La mission est grâce. Et si l’apôtre est le fruit de la prière, il trouvera en elle la lumière et la force de son action... L’un de vous, un de vos formateurs, me disait l’autre jour qu'évangéliser s'accomplit à genoux... Soyez donc toujours des hommes et des femmes de prière. Sans un rapport constant avec Dieu la mission devient un métier... Non. Ce n’est pas un métier, c’est autre chose. Le risque de l’activisme, d’une trop grande confiance dans les structures, est toujours un piège. Si nous regardons Jésus, nous voyons qu’à la veille de chaque décision ou évènement important, il se recueillait dans une prière intense et prolongée. Cultivons la dimension contemplative, y compris dans le tourbillon des engagements les plus urgents et pesants. Et plus la mission vous appelle à aller vers les périphéries existentielles, plus votre cœur doit être uni à celui du Christ, plein de miséricorde et d’amour. Là se trouve le secret de la fécondité pastorale, de la fécondité d’un disciple du Seigneur! Jésus envoie les siens sans argent, ni sac, ni sandales. La diffusion de l’Evangile n’est assurée ni par le nombre de personnes, ni par le prestige de l’institution, ni par la quantité des ressources disponibles. Ce qui compte, c’est d’être imprégné de l’amour du Christ, se laisser conduire par l'Esprit et greffer sa propre vie sur l’arbre de vie, qui est la Croix du Seigneur... Je vous confie tous à l’intercession de Marie, la mère qui nous aide à prendre librement et sans crainte les décisions définitives. Puisse-t-elle vous aider à témoigner de la joie de la consolation de Dieu, sans avoir peur de la joie. Puisse-t-elle vous aider à vous conformer à la logique de l’amour de la Croix, à croître dans l’union toujours plus intime avec le Seigneur dans la prière. Ainsi votre vie sera riche et féconde".

JESUS N'EST PAS UN MISSIONNAIRE ISOLE

Ci du Vatican, 7 juillet 2013 (VIS). Après avoir célébré la messe pour la Journée des séminaristes, des novices et de ceux qui cherchent leur vocation, dans le cadre de l'Année de la foi, le Pape François a récité l'angélus avec les fidèles réunis Place St.Pierre. Il a demandé à tous de prier en cette journée "pour que leur amour pour le Christ grandisse toujours plus dans leur vie et pour qu'ils deviennent de vrais missionnaires du Royaume de Dieu. Le Pape a ensuite commenté l'Evangile du jour en le reliant à l'appel vocationnel. "Jésus n'est pas un missionnaire isolé. Il ne veut pas accomplir seul sa mission, mais il implique ses disciples. Aujourd'hui, nous voyons qu'en plus des douze apôtres, il en appelle soixante-douze autres, et les envoie dans les villages deux par deux, pour annoncer que le Royaume de Dieu est proche. Ceci est très beau! Jésus ne veut pas agir seul. Il est venu apporter dans le monde l'amour de Dieu et veut le diffuser de cette façon, par la communion, la fraternité. C'est pourquoi il forme tout de suite une communauté de disciples qui est une communauté missionnaire. Il les entraîne tout de suite à la mission, à avancer".

"Mais attention! Le but n'est pas de socialiser, de passer le temps ensemble, non, le but est d'annoncer le Royaume de Dieu, et cela est une priorité! Et aujourd'hui aussi cela reste une priorité! Il n'y a pas de temps à perdre à discuter, à attendre le consentement de tous, il faut y aller et annoncer. La paix du Christ s'apporte à tous, et s'ils ne l'accueillent pas, on continue quand même. On apporte la guérison aux malades parce que Dieu veut guérir l'homme de tout mal. Combien de missionnaires font cela! Ils sèment la vie, la santé, le réconfort aux périphéries du monde. Comme cela est beau! Ne pas vivre pour soi-même mais vivre pour aller faire le bien! Il y a tant de jeunes aujourd'hui sur cette place. Pensez à cela, demandez-vous: Jésus m'appelle-t-il à y aller, à sortir de moi pour faire le bien?". Alors aujourd'hui, si les apôtres sont douze, "et représentent donc aussi les évêques, leurs successeurs", les soixante-douze autres "peuvent représenter les autres ministres ordonnés, les prêtres et les diacres, mais dans un sens plus large nous pouvons aussi penser aux autres ministres de l'Eglise, aux catéchistes, aux fidèles laïcs qui s'engagent dans les missions paroissiales, à ceux qui travaillent auprès des malades, avec les diverses formes de besoin et de marginalisation, mais toujours comme des missionnaires de l'Evangile, avec cette proximité du Royaume. Chacun doit être missionnaire, chacun peut sentir cet appel de Jésus et aller de l'avant et annoncer le Royaume!... L'Evangile dit que ces soixante-douze hommes revinrent de leur mission pleins de joie, parce qu'ils avaient fait l'expérience de la puissance du nom du Christ contre le mal... Nous ne devons pas nous en vanter comme si nous en étions les protagonistes; il n'y a qu'un protagoniste, c'est le Seigneur! La grâce du Seigneur est le protagoniste!...et notre joie, c'est seulement cela, être ses disciples, ses amis...N'ayez pas peur d'être joyeux... cette joie que nous donne le Seigneur...laissons-le entrer dans notre vie et nous inviter à sortir de nous-mêmes aux périphéries de la vie et annoncer l'Evangile... Joie et courage!

Après l'angélus, le Pape a rappelé qu'il y a deux jours, il a publié sa première encyclique Lumen Fidei (La lumière de la foi), commencé par le Pape Benoît XVI pour l'Année de la foi et consacrée à la charité et à l'espérance. "J'ai recueilli ce beau travail et je l'ai terminé. Je l'offre avec joie à tout le Peuple de Dieu. En effet, tous, en particulier aujourd'hui, nous avons besoin d'aller à l'essentiel de la foi chrétienne, de l'approfondir et de la confronter aux problématiques actuelles. Mais je pense que cette encyclique, au moins dans certaines parties, peut être utile aussi à ceux qui sont à la recherche de Dieu et du sens de la vie. Je la mets dans les mains de Marie, icône parfaite de la foi, afin qu'elle puisse porter ces fruits que le Seigneur veut". Le Pape a ensuite salué les jeunes du diocèse de Rome qui se préparent à aller à Rio de Janeiro pour participer à la Journée mondiale de la Jeunesse. "Chers jeunes, moi aussi je m'y prépare! Marchons ensemble vers cette grande fête de la foi. Que la Vierge Marie nous accompagne, et nous nous retrouverons là-bas". Il a enfin salué les religieuses rosminianes et les franciscaines angélines, réunies pour leurs chapitres généraux, ainsi que les responsables de la communauté de San Egidio venus de différents pays pour une formation.

VISITE DU PRESIDENT DE TRINIDAD AND TOBAGO

Cité du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin M.Anthony Thomas Aquinas Carmona, Président de Trinidad and Tobago, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Secrétaire d'Etat et le Secrétaire pour les rapports avec les états. Ces entretiens ont porté sur le service que l'Eglise catholique offre à la population, notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'assistance aux plus défavorisés, et insisté sur la nécessité de mieux collaborer au soutien de la jeunesse et contre criminalité et violence. Les parties ont également abordé des sujets d'intérêt plus large comme la formation de la personne et la protection de la famille.

LE CARDINAL NGUYEN VAN THUAN, TEMOIN DE L'ESPERANCE

Cité du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). "Témoin de l'espérance" ont été les mots du Pape François pour qualifier le Cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuan, qui fut Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax, et dont la phase diocésaine du procès en béatification vient de se terminer. Ce matin, le Saint-Père a salué les participants à la session de clôture de cette phase ainsi que le postulateur de la cause, M.Waldery Hilgeman, soulignant que "nombreuses sont les personnes qui peuvent témoigner d'avoir été édifiées par leur rencontre avec le serviteur de Dieu François-Xavier Nguyên Van Thuan, à différents moments de leur vie... L'expérience montre que sa réputation de sainteté s'est diffusée à travers le témoignage de nombreuses personnes qui l'ont rencontré et qui conservent dans leur cœur son humble sourire et sa grandeur d'âme. Beaucoup l'ont aussi connu par ses écrits, simples et profonds, qui montrent son âme sacerdotale, profondément unie à Celui qui l'avait appelé à être ministre de sa miséricorde et de son amour. De nombreuses personnes ont fait part des grâces et signes reçus et attribués à l'intercession du...Cardinal Van Thuan. Remercions le Seigneur pour ce vénéré frère, fils de l'Asie, qui a terminé son chemin sur terre au service du Successeur de Pierre. Confions à l'intercession de la Vierge Marie la poursuite de cette cause, ainsi que de toutes celles qui sont actuellement en cours. Que la Vierge nous aide à vivre toujours davantage dans notre vie la beauté et la joie de la communion avec le Christ", a conclu le Saint-Père.

AUDIENCES


Cité du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Cardinal Achille Silvestrini.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.George Kocherry, Nonce apostolique au Bangladesh, jusqu'ici Nonce au Zimbabwe.

vendredi 5 juillet 2013

RESUME DE L'ENCYCLIQUE LUMEN FIDEI

Cité du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Voici un résumé de la première encyclique du Pape François intitulée Lumen Fidei (la lumière de la foi), publiée ce matin:

Ce texte, qui s'articule en une introduction, quatre chapitres et une conclusion, est en réalité l'encyclique presque achevée de Benoît XVI sur la foi, à laquelle le Pape François a apporté sa propre contribution.

L'introduction expose les buts et, tout particulièrement, la nécessité de redécouvrir le caractère lumineux de la foi, qui éclaire l'existence, aide l'homme à distinguer le bien du mal alors que la foi est souvent perçue comme une illusion, un saut dans l'inconnu qui entrave la liberté de la personne. En cette Année de la foi et en ce cinquantième anniversaire de Vatican II, "un concile sur la foi", il convenait de raviver une large perception de la foi, confessée dans son unité et son intégrité. Il ne s'agit pas d'un préjugé acquis mais d'un don de Dieu qu'il faut nourrir et renforcer. Qui croit, voit! Car la lumière de la foi, qui vient de Dieu, éclaire toute l'existence humaine. Elle vient du souvenir de la vie de Jésus et ouvre un vaste horizon.

Le premier chapitre ("Nous avons cru en l'amour"), en évoquant Abraham, explique comment l'écoute de la Parole est appelée à sortir de notre ego pour s'ouvrir à la vie nouvelle promise, rendant ainsi possible dans l'espérance la poursuite de notre cheminement. Mais la foi est liée à la paternité, parce que le Dieu qui nous appelle n'est pas un étranger mais un père, source de bonté, origine de toute chose et soutien de chacun. Dans l'histoire d'Israël, la foi est opposée à l'idolâtrie, qui détourne l'homme, le retient prisonnier de ses pulsions et le prive de l'attente de la promesse. La foi est quant à elle la confiance en l'amour miséricordieux de Dieu, qui accueille et pardonne toujours, qui redresse les faux pas de nos vies. Elle est la disponibilité à se laisser transformer au simple appel de Dieu, un don gratuit qu'il nous fait et qui demande le courage et l'humilité de se confier pour découvrir le chemin lumineux de rencontre entre Dieu et les hommes qu'est l'histoire du salut. Le paradoxe de la foi est l'adresse perpétuelle à Dieu qui stabilise l'homme et l'éloigne des idoles. Puis le texte s'attarde sur la figure de Jésus médiateur, qui nous ouvre à une vérité plus grande, à la manifestation de l'amour de Dieu comme fondement de la foi. La foi se renforce de la méditation sur la mort de Jésus, qui révèle son inébranlable amour de l'homme. Ressuscité, il devient un témoin digne de foi par lequel Dieu oeuvre dans l'histoire et en détermine le destin final. L'aspect décisif de la foi en Jésus est de participer à sa manière de voir. La foi regarde Jésus mais aussi son point de vue. De même dans la vie où nous faisons confiance à qui en sait plus que nous, pour la foi c'est Jésus qui nous explique Dieu. Nous croyons Jésus lorsque nous acceptons sa parole, nous croyons en lui lorsque nous l'intégrons à notre vie et nous confions à lui. Son incarnation fait que la foi ne nous détache pas de la réalité, qu'elle nous en fait percevoir toute la signification. L'homme se sauve grâce à la foi, car il s'ouvre à un amour qui le précède et le transforme intérieurement. Par cette action de l'Esprit le chrétien porte son regard sur Jésus, ses sentiments et sa disposition filiale. Sans cette présence on ne saurait confesser le Seigneur. La foi devient existence ecclésiale car elle se confesse en communion, entre croyants au sein de l'Eglise. Sans perdre leur identité, les chrétiens sont un au service d'autrui et chacun y gagne son être propre. La foi n'est pas un fait privé, un concept individuel ou une opinion, mais une écoute commune qui devient annonce.

Le second chapitre ("Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas") expose le lien étroit existant entre foi et vérité. Sans la vérité, la foi ne sauve pas! Elle demeure une fable projetant notre désir de bonheur. Nous vivons une crise de la vérité qui rend nécessaire le rappel de ce lien, d'autant que la culture dominante ne tend qu'à croire en la réalité technologique, en ce que l'homme parvient à construire et mesurer par la science. Ce qui fonctionne serait vérité, valable pour un tel et non au service du bien général. La vérité qui explique toute vie est vue avec suspicion. La grande vérité n'est pas celle qui fut à la base des totalitarismes du siècle dernier, le grand oubli du monde contemporain qui, à l'avantage du relativisme et du fanatisme écarte la question que posent la vérité, la vie et Dieu. Ensuite le texte souligne le lien entre foi et amour, non l'amour vagabond mais celui de Dieu qui transforme et permet de voir le réel sous un autre jour. Si la foi leur est liée, la vérité et l'amour ne sauraient être séparés. L'amour véritable surmonte le temps et devient connaissance. L'amour fidèle de Dieu qui révèle la foi constitue une vérité dont le coeur est la rencontre du Christ incarné, venu à nous pour offrir sa grâce et nous convertir. Puis il est question du dialogue entre foi et raison, particulièrement important lorsque la vérité du monde est souvent réduite à un réel subjectif. Faisant peur, la simple vérité est perçue comme une imposition intransigeante, alors qu'elle est l'amour de Dieu qui lui ne s'impose pas par la violence et n'écrase personne comme le fait le totalitarisme. La foi n'est pas intransigeante et le croyant ne peut être arrogant mais porteur humble d'une conviction qui respecte l'autre. Ainsi la foi porte-t-elle au dialogue en tout, dans la science où elle réveille le sens critique et attise la raison face à la splendeur de la création, mais aussi dans la culture, dans le dialogue inter-religieux et avec les incroyants ou qui s'efforcent d'agir comme si Dieu existait... Eux aussi sont en recherche de cette lumière et pratiquent le bien. Connaître Dieu sans la foi est impossible. La théologie enseigne que Dieu n'est pas un objet mais un sujet qui se fait connaître. La théologie, qui participe à cette connaissance, doit être mise au service de la foi des chrétiens. Quant au magistère ecclésial, il ne doit pas dicter de limite à la liberté théologique mais en être un élément constitutif assurant le lien avec la Parole.

Le troisième chapitre ("Je vous transmets ce que j'ai reçu") traite de l'importance de l'évangélisation. Qui s'est ouvert à l'amour de Dieu ne peut le garder pour lui. La lumière de Jésus brille pour les chrétiens qui doivent la transmettre comme un flambeau qui en allume d'autres de génération en génération, tout au long d'une chaîne de témoins de la foi. Ceci implique un lien étroit entre foi et mémoire car la foi n'est pas une option personnelle. Dieu nous unit tous dans le temps en nous rendant contemporains de Jésus. On ne peut croire seul d'autant que la foi s'ouvre à chacun au sein de la communauté qu'est l'Eglise. Qui croit n'est par conséquent jamais seul. Notre ego s'élargit pour générer de nouveaux liens de vie. Le moyen particulier de transmission de la foi restent les sacrements, qui communiquent une mémoire incarnée. Le baptême, des enfants comme des adultes, et le catéchuménat ne peuvent être accomplis seuls. La foi n'est pas un acte individuel et isolé mais une démarche accomplie dans la communion ecclésiale. Personne ne saurait se baptiser, ni confesser la foi par soi même. L'enfant a besoin du soutien de la famille qui lui transmet la foi et des parrains dont le geste montre la synergie existant entre l'Eglise et la cellule familiale. Et puis l'Eucharistie est la nourriture indispensable de la foi, un acte de mémoire actualisant le mystère conduisant du monde visible au monde invisible. Le Credo implique le croyant dans la vérité qu'il confesse, tandis que le Pater permet au chrétien de commencer à voir avec les yeux du Christ, et que le Décalogue permet en réalité d'entrer pratiquement en dialogue avec Dieu. Loin d'être une série de préceptes négatifs il permet d'embrasser la divine miséricorde et d'engager un chemin de gratitude vers la pleine communion avec Dieu. La foi est une car Dieu est un, Elle s'adresse à un Seigneur unique et offre une unité de vision que l'Eglise partage comme seul corps et seul esprit. Mais la foi doit aussi être confessée dans sa pureté et dans son intégrité. Il en va de l'unité de l'Eglise car enlever quoi que ce soit à la foi serait le retrancher de la vérité de communion. Et puis l'unité de la foi étant celle d'un organisme vivant, elle démontre sa catholicité, une universalité éclairante capable d'exprimer au mieux le cosmos et l'histoire. En outre cette unité est garantie par la succession apostolique.

Le quatrième chapitre ("Dieu prépare pour eux une cité") explique le lien qu'il y a entre foi et bien général, qui tend à la constitution d'un meilleur espace de vie de l'homme et des autres espèces. La foi renforce la solidarité entre les êtres humains et les met au service de la justice, du droit et de la paix. Elle n'éloigne pas du monde et des nécessités de l'homme, d'autant que sans l'amour fidèle de Dieu l'unité de l'humanité ne se fonderait que sur l'utilité, l'intérêt ou la peur. A l'inverse la foi, qui tend à l'harmonie des rapports humains et à leur finalité en Dieu, nous met tous au service du bien général. Elle est un bien de tous pour tous, qui ne sert pas seulement à préparer l'Au-delà mais à édifier la société terrestre en marche vers l'espérance. Au premier plan des structures qu'éclaire la foi il y a la famille fondée sur le mariage, union stable d'un homme et d'une femme, née de la valeur de la différence sexuelle et vivant de l'amour qui vient de Dieu. En reconnaissant un amour éternel, la famille reconnaît celui du Créateur qui porte à enfanter. A propos ensuite des jeunes, le document parle des JMJ qui leur permettent d'exprimer la joie de la foi et l'engagement à la vivre généreusement. Les jeunes veulent une vie de qualité et leur rencontre du Christ leur offre une espérance qui ne les décevra pas. La foi n'est pas le refuge de personnes timorées mais une dilatation de la vie. Ainsi dans les rapports sociaux la foi permet-elle aux enfants de Dieu de donner une signification nouvelle à une fraternité universelle qui n'est pas une simple égalité mais l'expérience de la paternité de Dieu et la perception de la dignité de toute personne. La foi enfin aide à trouver des moyens de respecter la nature, de trouver des modèles de développement respectueux, échappant à l'utilitarisme et au profit. Oeuvre de Dieu, la nature doit être perçue comme un don à utiliser pour le bien de tous. Il faut donc trouver une bonne gestion au service de l'humanité entière et capable de dépasser tout esprit conflictuel. Lorsque la foi fait défaut les fondements mêmes de la vie communautaires sont à risque. Si la foi en Dieu est écartée de la société nous perdrons notre confiance en nous, et si l'on est pas unis dans la confiance on le sera dans la peur. D'où l'impérative nécessité de confesser publiquement Dieu pour éclairer la vie de la famille humaine. Quant à la question de la souffrance et de la mort, le chrétien sait qu'elles ne peuvent être éliminées. Mais il sait aussi qu'elles ont un sens lorsqu'on s'en remet à la volonté de Dieu, en en faisant des étapes de croissance dans la foi. Dieu ne fournit pas une explication complète à qui souffre, mais sa présence et son accompagnement qui ouvre un passage des ténèbres vers la lumière. En cela la foi rejoint l'espérance. Et de revenir sur la recommandation du Pape à ne jamais se laisser voler l'espérance en permettant des solutions immédiates sans issue.

La conclusion de l'encyclique ("Bienheureuse celle qui a cru") est une invitation à suivre Marie, l'icône parfaite de la foi. Mère de Jésus elle a conçu la foi et la joie. Prions la afin de ne jamais oublier que le croyant n'est jamais seul, et pour qu'elle nous enseigne à voir avec les yeux de Jésus.

PRESENTATION DE L'ENCYCLIQUE DU PAPE FRANCOIS

Cité du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). La première encyclique du Pape François intitulée Lumen Fidei a été présentée ce matin par Mgr.Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques, et Mgr.Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.

Mgr.Müller, a suivi dans sa présentation les quatre parties de l'encyclique, qui sont comme les quatre tableaux d’un unique retable. Dans la première partie, de la foi d’Abraham, l’homme qui, dans la voix de Dieu, reconnaît un appel profond, inscrit depuis toujours au cœur de son être, on passe à la foi du peuple d’Israël...qui est un passage constant de la tentation à l’incrédulité et de l’adoration des idoles, œuvre des mains de l’homme, à la confession des bienfaits de Dieu et à l’accomplissement progressif de ses promesses. Et ce jusqu’à l’histoire de Jésus, compendium du salut, dans lequel toutes les lignes de l’histoire d’Israël se rassemblent et se concentrent. Avec Jésus, nous pouvons dire définitivement que nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru, parce qu’il est la pleine manifestation de la fiabilité de Dieu".

Dans sa seconde partie, "l’encyclique pose avec force la question de la vérité comme se situant au cœur de la foi. La foi concerne donc également la connaissance de la réalité, elle est un événement cognitif. La foi, sans la vérité, ne sauve pas, elle reste un beau conte, ou bien elle se réduit à un beau sentiment... La foi, en nous ouvrant à l’amour qui vient de Dieu, transforme notre manière de voir les choses, dans la mesure où l’amour même porte une lumière... L’amour est authentique quand il nous relie à la vérité et la vérité elle-même nous attire à elle avec la force de l’amour. Cette découverte de l’amour comme source de connaissance, qui appartient à l’expérience originelle de tout homme, nous est témoignée précisément dans la conception biblique de la foi, et est un des points d’insistance les plus beaux et les plus importants de cette encyclique... La foi nous aide donc à pénétrer en profondeur aux fondements du réel. En ce sens, on peut comprendre à quel niveau la lumière de la raison est en mesure d’éclairer les questions de notre temps sur la vérité, c’est à dire les grandes questions qui montent du cœur humain en face de la réalité entière, aussi bien devant ses beautés que devant ses drames... N'entendant pas résumer la troisième et la quatrième partie de l’encyclique, je voudrais seulement attirer l'attention sur certains points qui, à mon avis, sont particulièrement importants. Avant tout en ce qui concerne le lieu génétique de la foi, laquelle, si elle est un événement touchant intimement la personne, n’enferme pas le je dans un face à face isolé et isolant avec Dieu. En effet, elle naît d’une rencontre qui se produit dans l’histoire et se transmet… par contact, de personne à personne, comme une flamme s’allume à une autre flamme... Il me tient également à cœur de rappeler une citation tirée des Sermons de saint Léon le Grand: Si la foi n’est pas une, elle n’est pas la foi. Nous vivons en effet dans un monde qui, nonobstant toutes ses connexions et globalisations, est fragmenté et sectionné en beaucoup de mondes qui, bien qu’étant en communication, sont souvent et volontiers autonomes, en conflit l’un par rapport à l’autre. L’unité de la foi est pour cette raison le bien précieux que le Saint-Père et ses confrères évêques sont invités à témoigner, à alimenter et à garantir, comme les prémices d’une unité qui veut s’offrir comme don au monde entier... Enfin une dernière suggestion, reprise littéralement du texte, en sa quatrième partie. S’il est vrai que la foi authentique remplit de joie et est un épanouissement de la vie, voilà un rappel qui rapproche concrètement le Pape François et Benoît XVI. La lumière de la foi ne nous fait pas oublier les souffrances du monde, mais nous ouvre à une présence qui accompagne, à une histoire de bien qui s’unit à chaque histoire de souffrance pour ouvrir en elle une trouée de lumière... Bref, Lumen Fidei veut réaffirmer de manière nouvelle que la foi en Jésus-Christ est un bien pour l’homme, elle est un bien pour tous, elle est un bien commun. Sa lumière n’éclaire pas seulement l’intérieur de l’Eglise et ne sert pas seulement à construire une cité éternelle dans l’au-delà. Elle nous aide aussi à édifier nos sociétés, afin que nous marchions vers un avenir rempli d’espérance".

Puis le Cardinal Ouellet a d'abord souligné que Lumen Fidei "raconte la foi comme une expérience de communion, de dilatation du moi et de solidarité dans la marche de l’Eglise avec le Christ pour le salut de l’humanité... Objectivement, la lumière de la foi oriente le sens de la vie, elle réconforte et console les cœurs inquiets et meurtris, mais elle engage aussi les croyants à servir le bien commun de l’humanité par l’annonce et le partage authentique de la grâce reçue de Dieu... Subjectivement, la foi est une ouverture à l’amour du Christ, un accueil, l’entrée dans une relation qui élargit le je aux dimensions d’un nous qui n’est pas seulement humain, dans l’Eglise, mais qui est proprement divin, c'est à dire une participation authentique au nous du Père et du Fils dans l'Esprit... De ce nous trinitaire qui se prolonge dans le nous ecclésial, l’encyclique enchaîne tout naturellement avec le nous de la famille qui est le lieu par excellence de la transmission de la foi... D’autre part, il existe de profondes affinités entre la foi et l’amour définitif que se promettent l’homme et la femme qui se marient... L’encyclique ajoute un développement remarquable sur la pertinence de la foi pour la vie en société, pour l’édification de la cité dans la justice et la paix, grâce au respect de chaque personne et de sa liberté, grâce aux ressources de compassion et de réconciliation qu’elle offre pour le soulagement des souffrances et la résolution des conflits... La tendance à confiner la foi au domaine de la vie privée se trouve ici réfutée pacifiquement, mais d’une façon décisive. Beaucoup d’aspects développés dans les encycliques de Benoît XVI sur la charité et l’espérance trouvent leur complément dans cette mise en lumière de la foi comme communion et service du bien commun... En conclusion, cette encyclique contemple Marie, la figure par excellence de la foi, celle qui a écouté la Parole et l’a gardée dans son cœur, celle qui a suivi Jésus et qui s’est laissée transformer".

Quant à Mgr.Fisichella, il a insisté sur l'expression "Qui croit voit", pouvant "résumer tout l'enseignement du Pape François contenu dans une encyclique qui repose sur le binôme lumière amour. Il s'agit d'un cheminement que le Pape propose à l'Eglise afin de retrouver sa fonction missionnaire... En exposant la foi, le texte se concentre sur l'essentiel de l'Eglise et du croyant, c'est à dire sur l'Incarnation, la mort et la résurrection du Fils de Dieu, et sur sa révélation de l'amour absolu... La foi naît de l'amour, ce qui établit un rapport indivisible entre la connaissance de foi et la connaissance d'amour même si l'amour détient un primat indiscutable. La lumière de la foi est contenue dans celle de l'amour... L'encyclique porte symboliquement la date du 29 juin, fête des apôtres premiers témoins de la foi à Rome, dans cette ville où le Successeur de Pierre a le devoir de confirmer ses frères dans l'unité de la foi... Il avait plusieurs fois été demandé à Benoît XVI de rédiger une encyclique sur la foi pour compléter un triptyque avec Deus Caritas Est et Spe Salvi... Surmontant sa réticence dans la perspective de la clôture de l'Année de la foi, il entreprit une rédaction inachevée et aujourd'hui proposée par le Pape François sous la forme d'un programme... Lumen Fidei reprend donc plusieurs thèmes du magistère de Benoît XVI tout en étant pleinement un texte du Pape François, dont on retrouve le style fait d'image et de formules directes... En résumé on y retrouve trois verbes employés par le Saint-Père dans son discours aux Cardinaux ayant suivi son élection: Cheminer, bâtir, confesser. Ils en sont les clefs de lecture d'une encyclique qui se place parfaitement dans le contexte de l'Année de la foi, du cinquantenaire de Vatican II et du vingtième anniversaire du Catéchisme de l'Eglise catholique. Vatican II, écrit le Pape, fut un concile sur la foi...destiné à replacer de manière compréhensible et croyable le primat de Dieu au centre de la vie ecclésiale dans une société et une culture changées. Quant au Catéchisme, il constitue un outil efficace pour que l'Eglise accomplisse sa mission... Et à son propos le Pape François souligne la valeur fondamentale du Credo...qui permet de voir la foi comme une réalité majeure de la vie des croyants, trop souvent analphabètes des contenus de la foi chrétienne... En somme, qui croit est appelé à vivre avec responsabilité face au monde, à la nature et à la société... L'encyclique revêt aussi une forte connotation pastorale...car le Saint-Père sait traduire les délicats points théologiques au moyen de formules qui aident la réflexion des fidèles et la catéchèse... Personne ne devrait donc craindre d'envisager de grands idéaux et de tendre à leur réalisation. La foi et l'amour, qui sont leurs premiers devoirs en un temps de faiblesse culturelle, sonnent comme un défi et une provocation qui nous interpellent".

STATUE DE L'ARCHANGE MICHEL

Cité du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Ce matin dans la cour du palais du Governorat, le Saint-Père a procédé, en présence de Benoît XVI, à la bénédiction d'un statue de l'archange Michel (oeuvre de Giuseppe Antonio Lomuscio) et à la consécration de l'Etat de la Cité du Vatican à saint Joseph et à saint Michel. Après les interventions du Cardinal Giuseppe Bertello, Président du Governorat et de son prédécesseur le Cardinal Lajolo, le Pape François a rappelé que les jardins vaticans abritent nombre d'oeuvres d'art, auxquelles s'ajoute désormais une statue qui brillera par l'emplacement qu'elle occupera et par ce qu'elle représente. Il ne s'agit pas en effet d'un monument commémoratif mais d'une invitation à la prière, qui prend parfaitement place dans l'Année de la foi. Michel signifie semblable à Dieu, son champion, le porteur de sa transcendance et de sa puissance, le défenseur du peuple de Dieu contre ses ennemis et le Diable au premier chef. Il est vainqueur car en lui c'est Dieu qui agit. Cette sculpture doit nous rappeler que le mal sera vaincu... Dans les épreuves de la vie nous ne sommes pas abandonnés mais soutenus par les anges de Dieu, qui nous aident à surmonter tant de périls et à dominer une réalité qui pourrait nous rabattre vers le bas. En lui consacrant l'Etat de la Cité du Vatican, nous demandons à l'archange Michel de le défendre du Malin, de l'en faire sortir". Après quoi, il a récité la prière de consécration à Joseph et à Michel, béni la statue et l'assistance.

PROMULGATION DE DECRETS

Cité du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a reçu le Cardinal Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints, autorisant la promulgation des décrets relatifs aux:

MIRACLES attribués à l'intercession

du bienheureux Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyla), évêque polonais et Souverain Pontife (1920 - 2005).

du serviteur de Dieu Alvaro del Portillo y Diez de Sollano, évêque espagnol, Prélat de l'Opus Dei (1914 - 1994).

de la servante de Dieu Esperanza de Jesús (María Josefa Alhama Valera), religieuse espagnole fondatrice des Servantes de l'Amour miséricordieux et des Fils de l'Amour miséricordieux (1893 - 1983).

MARTYRE

du serviteur de Dieu José Guardiet y Pujol, prêtre espagnol tué en haine de la foi le 3 août 1936.

du serviteur de Dieu Mauricio Íñiguez de Heredia, religieux espagnol, et ses 23 compagnons hospitaliers de St.Jean de Dieu, tués en haine de la foi en 1936 ou 1937.

du serviteur de Dieu Fortunato Velasco Tobar, prêtre espagnol, et ses 13 compagnons de la Congrégation de la Mission, tués en haine de la foi entre 1934 et 1936.

de la servante de Dieu María Asunción (Juliana González Trujillano), religieuse espagnole, et ses 2 consoeurs Franciscaines missionnaires de la Mère du divin Pasteur, tuées en haine de la foi en 1936.

VERTUS HEROIQUES

du serviteur de Dieu Nicola D'Onofrio, prêtre italien de l'ordre des Camilliens (1943 - 1964).

du serviteur de Dieu Bernard Philippe, religieux français (Jean Fromental Cayroche), Frère des Ecoles chrétiennes et fondateur des Guadalupanes de La Salle (1895 - 1978).

de la servante de Dieu Maria Isabel da Santíssima Trinidade, veuve et religieuse portugaise (Maria Isabel Picão Caldeira), fondatrice des Conceptionistes (1889 - 1962).

AUDIENCES


Cité du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Ennio Antonelli.

Le Cardinal Fiorenzo Angelini.

RESUME DE L'ENCYCLIQUE LUMEN FIDE

I
Cité du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Voici un résumé de la première encyclique du Pape François intitulée Lumen Fidei (la lumière de la foi), publiée ce matin:

Ce texte, qui s'articule en une introduction, quatre chapitres et une conclusion, est en réalité l'encyclique presque achevée de Benoît XVI sur la foi, à laquelle le Pape François a apporté sa propre contribution.

L'introduction expose les buts et, tout particulièrement, la nécessité de redécouvrir le caractère lumineux de la foi, qui éclaire l'existence, aide l'homme à distinguer le bien du mal alors que la foi est souvent perçue comme une illusion, un saut dans l'inconnu qui entrave la liberté de la personne. En cette Année de la foi et en ce cinquantième anniversaire de Vatican II, "un concile sur la foi", il convenait de raviver une large perception de la foi, confessée dans son unité et son intégrité. Il ne s'agit pas d'un préjugé acquis mais d'un don de Dieu qu'il faut nourrir et renforcer. Qui croit, voit! Car la lumière de la foi, qui vient de Dieu, éclaire toute l'existence humaine. Elle vient du souvenir de la vie de Jésus et ouvre un vaste horizon.

Le premier chapitre ("Nous avons cru en l'amour"), en évoquant Abraham, explique comment l'écoute de la Parole est appelée à sortir de notre ego pour s'ouvrir à la vie nouvelle promise, rendant ainsi possible dans l'espérance la poursuite de notre cheminement. Mais la foi est liée à la paternité, parce que le Dieu qui nous appelle n'est pas un étranger mais un père, source de bonté, origine de toute chose et soutien de chacun. Dans l'histoire d'Israël, la foi est opposée à l'idolâtrie, qui détourne l'homme, le retient prisonnier de ses pulsions et le prive de l'attente de la promesse. La foi est quant à elle la confiance en l'amour miséricordieux de Dieu, qui accueille et pardonne toujours, qui redresse les faux pas de nos vies. Elle est la disponibilité à se laisser transformer au simple appel de Dieu, un don gratuit qu'il nous fait et qui demande le courage et l'humilité de se confier pour découvrir le chemin lumineux de rencontre entre Dieu et les hommes qu'est l'histoire du salut. Le paradoxe de la foi est l'adresse perpétuelle à Dieu qui stabilise l'homme et l'éloigne des idoles. Puis le texte s'attarde sur la figure de Jésus médiateur, qui nous ouvre à une vérité plus grande, à la manifestation de l'amour de Dieu comme fondement de la foi. La foi se renforce de la méditation sur la mort de Jésus, qui révèle son inébranlable amour de l'homme. Ressuscité, il devient un témoin digne de foi par lequel Dieu oeuvre dans l'histoire et en détermine le destin final. L'aspect décisif de la foi en Jésus est de participer à sa manière de voir. La foi regarde Jésus mais aussi son point de vue. De même dans la vie où nous faisons confiance à qui en sait plus que nous, pour la foi c'est Jésus qui nous explique Dieu. Nous croyons Jésus lorsque nous acceptons sa parole, nous croyons en lui lorsque nous l'intégrons à notre vie et nous confions à lui. Son incarnation fait que la foi ne nous détache pas de la réalité, qu'elle nous en fait percevoir toute la signification. L'homme se sauve grâce à la foi, car il s'ouvre à un amour qui le précède et le transforme intérieurement. Par cette action de l'Esprit le chrétien porte son regard sur Jésus, ses sentiments et sa disposition filiale. Sans cette présence on ne saurait confesser le Seigneur. La foi devient existence ecclésiale car elle se confesse en communion, entre croyants au sein de l'Eglise. Sans perdre leur identité, les chrétiens sont un au service d'autrui et chacun y gagne son être propre. La foi n'est pas un fait privé, un concept individuel ou une opinion, mais une écoute commune qui devient annonce.

Le second chapitre ("Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas") expose le lien étroit existant entre foi et vérité. Sans la vérité, la foi ne sauve pas! Elle demeure une fable projetant notre désir de bonheur. Nous vivons une crise de la vérité qui rend nécessaire le rappel de ce lien, d'autant que la culture dominante ne tend qu'à croire en la réalité technologique, en ce que l'homme parvient à construire et mesurer par la science. Ce qui fonctionne serait vérité, valable pour un tel et non au service du bien général. La vérité qui explique toute vie est vue avec suspicion. La grande vérité n'est pas celle qui fut à la base des totalitarismes du siècle dernier, le grand oubli du monde contemporain qui, à l'avantage du relativisme et du fanatisme écarte la question que posent la vérité, la vie et Dieu. Ensuite le texte souligne le lien entre foi et amour, non l'amour vagabond mais celui de Dieu qui transforme et permet de voir le réel sous un autre jour. Si la foi leur est liée, la vérité et l'amour ne sauraient être séparés. L'amour véritable surmonte le temps et devient connaissance. L'amour fidèle de Dieu qui révèle la foi constitue une vérité dont le coeur est la rencontre du Christ incarné, venu à nous pour offrir sa grâce et nous convertir. Puis il est question du dialogue entre foi et raison, particulièrement important lorsque la vérité du monde est souvent réduite à un réel subjectif. Faisant peur, la simple vérité est perçue comme une imposition intransigeante, alors qu'elle est l'amour de Dieu qui lui ne s'impose pas par la violence et n'écrase personne comme le fait le totalitarisme. La foi n'est pas intransigeante et le croyant ne peut être arrogant mais porteur humble d'une conviction qui respecte l'autre. Ainsi la foi porte-t-elle au dialogue en tout, dans la science où elle réveille le sens critique et attise la raison face à la splendeur de la création, mais aussi dans la culture, dans le dialogue inter-religieux et avec les incroyants ou qui s'efforcent d'agir comme si Dieu existait... Eux aussi sont en recherche de cette lumière et pratiquent le bien. Connaître Dieu sans la foi est impossible. La théologie enseigne que Dieu n'est pas un objet mais un sujet qui se fait connaître. La théologie, qui participe à cette connaissance, doit être mise au service de la foi des chrétiens. Quant au magistère ecclésial, il ne doit pas dicter de limite à la liberté théologique mais en être un élément constitutif assurant le lien avec la Parole.

Le troisième chapitre ("Je vous transmets ce que j'ai reçu") traite de l'importance de l'évangélisation. Qui s'est ouvert à l'amour de Dieu ne peut le garder pour lui. La lumière de Jésus brille pour les chrétiens qui doivent la transmettre comme un flambeau qui en allume d'autres de génération en génération, tout au long d'une chaîne de témoins de la foi. Ceci implique un lien étroit entre foi et mémoire car la foi n'est pas une option personnelle. Dieu nous unit tous dans le temps en nous rendant contemporains de Jésus. On ne peut croire seul d'autant que la foi s'ouvre à chacun au sein de la communauté qu'est l'Eglise. Qui croit n'est par conséquent jamais seul. Notre ego s'élargit pour générer de nouveaux liens de vie. Le moyen particulier de transmission de la foi restent les sacrements, qui communiquent une mémoire incarnée. Le baptême, des enfants comme des adultes, et le catéchuménat ne peuvent être accomplis seuls. La foi n'est pas un acte individuel et isolé mais une démarche accomplie dans la communion ecclésiale. Personne ne saurait se baptiser, ni confesser la foi par soi même. L'enfant a besoin du soutien de la famille qui lui transmet la foi et des parrains dont le geste montre la synergie existant entre l'Eglise et la cellule familiale. Et puis l'Eucharistie est la nourriture indispensable de la foi, un acte de mémoire actualisant le mystère conduisant du monde visible au monde invisible. Le Credo implique le croyant dans la vérité qu'il confesse, tandis que le Pater permet au chrétien de commencer à voir avec les yeux du Christ, et que le Décalogue permet en réalité d'entrer pratiquement en dialogue avec Dieu. Loin d'être une série de préceptes négatifs il permet d'embrasser la divine miséricorde et d'engager un chemin de gratitude vers la pleine communion avec Dieu. La foi est une car Dieu est un, Elle s'adresse à un Seigneur unique et offre une unité de vision que l'Eglise partage comme seul corps et seul esprit. Mais la foi doit aussi être confessée dans sa pureté et dans son intégrité. Il en va de l'unité de l'Eglise car enlever quoi que ce soit à la foi serait le retrancher de la vérité de communion. Et puis l'unité de la foi étant celle d'un organisme vivant, elle démontre sa catholicité, une universalité éclairante capable d'exprimer au mieux le cosmos et l'histoire. En outre cette unité est garantie par la succession apostolique.

Le quatrième chapitre ("Dieu prépare pour eux une cité") explique le lien qu'il y a entre foi et bien général, qui tend à la constitution d'un meilleur espace de vie de l'homme et des autres espèces. La foi renforce la solidarité entre les êtres humains et les met au service de la justice, du droit et de la paix. Elle n'éloigne pas du monde et des nécessités de l'homme, d'autant que sans l'amour fidèle de Dieu l'unité de l'humanité ne se fonderait que sur l'utilité, l'intérêt ou la peur. A l'inverse la foi, qui tend à l'harmonie des rapports humains et à leur finalité en Dieu, nous met tous au service du bien général. Elle est un bien de tous pour tous, qui ne sert pas seulement à préparer l'Au-delà mais à édifier la société terrestre en marche vers l'espérance. Au premier plan des structures qu'éclaire la foi il y a la famille fondée sur le mariage, union stable d'un homme et d'une femme, née de la valeur de la différence sexuelle et vivant de l'amour qui vient de Dieu. En reconnaissant un amour éternel, la famille reconnaît celui du Créateur qui porte à enfanter. A propos ensuite des jeunes, le document parle des JMJ qui leur permettent d'exprimer la joie de la foi et l'engagement à la vivre généreusement. Les jeunes veulent une vie de qualité et leur rencontre du Christ leur offre une espérance qui ne les décevra pas. La foi n'est pas le refuge de personnes timorées mais une dilatation de la vie. Ainsi dans les rapports sociaux la foi permet-elle aux enfants de Dieu de donner une signification nouvelle à une fraternité universelle qui n'est pas une simple égalité mais l'expérience de la paternité de Dieu et la perception de la dignité de toute personne. La foi enfin aide à trouver des moyens de respecter la nature, de trouver des modèles de développement respectueux, échappant à l'utilitarisme et au profit. Oeuvre de Dieu, la nature doit être perçue comme un don à utiliser pour le bien de tous. Il faut donc trouver une bonne gestion au service de l'humanité entière et capable de dépasser tout esprit conflictuel. Lorsque la foi fait défaut les fondements mêmes de la vie communautaires sont à risque. Si la foi en Dieu est écartée de la société nous perdrons notre confiance en nous, et si l'on est pas unis dans la confiance on le sera dans la peur. D'où l'impérative nécessité de confesser publiquement Dieu pour éclairer la vie de la famille humaine. Quant à la question de la souffrance et de la mort, le chrétien sait qu'elles ne peuvent être éliminées. Mais il sait aussi qu'elles ont un sens lorsqu'on s'en remet à la volonté de Dieu, en en faisant des étapes de croissance dans la foi. Dieu ne fournit pas une explication complète à qui souffre, mais sa présence et son accompagnement qui ouvre un passage des ténèbres vers la lumière. En cela la foi rejoint l'espérance. Et de revenir sur la recommandation du Pape à ne jamais se laisser voler l'espérance en permettant des solutions immédiates sans issue.

La conclusion de l'encyclique ("Bienheureuse celle qui a cru") est une invitation à suivre Marie, l'icône parfaite de la foi. Mère de Jésus elle a conçu la foi et la joie. Prions la afin de ne jamais oublier que le croyant n'est jamais seul, et pour qu'elle nous enseigne à voir avec les yeux de Jésus.

jeudi 4 juillet 2013

VISITE DU PRESIDENT DU CONSEIL ITALIEN

Cité du Vatican, 4 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Président du Conseil italien M.Enrico Letta, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Secrétaire d'Etat et le Secrétaire pour les rapports avec les états. Les entretiens ont porté sur la situation sociale et les principales difficultés rencontrées par les citoyens et les institutions du pays comme de l’Union européenne, et en particulier sur les mesures destinées à créer et protéger les emplois, spécialement pour les jeunes. La contribution active des familles italiennes et des institutions de l’Eglise ont été reconnues en ce qu’elles continuent de fournir au pays sa stabilité. Quelques aspects de politique internationale ont aussi été abordés avec une attention particulière à l’évolution du contexte civil et institutionnel des pays du bassin méditerranéen et du Proche Orient. Enfin, les parties se sont dites convaincues de la nécessité de continuer leur collaboration pour le progrès de la nation italienne et pour le bien de la communauté internationale.

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