Home - VIS Vatican - Réception du VIS - Contactez-nous - Calendrier VIS

Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

dernières 5 nouvelles

VISnews  Twitter Go to YouTube

mardi 12 mai 2009

VISITE AU GRAND RABBINAT D'ISRAEL


CITE DU VATICAN, 12 MAI 2009 (VIS). Après sa visite à l'Esplanade des Mosquées, Benoît XVI s'est rendu au pied du Mur occidental du Temple ou Mur des Lamentations. Haut de 15 mètres, il constitue un fragment de la muraille sur laquelle s'appuyait le côté ouest du Temple. Le chef des rabbins attaché à ce lieu de prière hébraïque a lu un psaume en hébreu et le Saint-Père un autre en latin. Après s'être recueilli en silence, Benoît XVI a laissé dans une fissure un papier contenant une prière, comme l'avait fait Jean-Paul II en 2000. Puis il a gagné le Centre Hechal Shlomo (résidence Salomon), appelée ainsi en souvenir du Temple de Salomon. Il constitue le siège du Grand Rabbinat d'Israël composé des Grands Rabbins séfarade et ashkénaze d'Israël, et abrite le Tribunal suprême religieux.

Le Pape a remercié les Rabbins Shlomo Amar et Yona Metzger de leur désir de "continuer à renforcer les liens d'amitié que l'Eglise catholique et le Grand Rabbinat se sont efforcés avec assiduité de forger au cours des dernières décennies" et leur a assuré, pour sa part, de son désir "d'approfondir la compréhension mutuelle et la coopération entre le Saint-Siège, le Grand Rabbinat d'Israël et le peuple juif à travers le monde. C'est une source de grande satisfaction pour moi -leur a-t-il dit- depuis le début de mon pontificat, de voir les fruits produits par le dialogue en cours entre la délégation de la Commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec les juifs et le Grand Rabbinat de la délégation d'Israël pour les relations avec l'Eglise catholique". Il a aussi souligné que cette bonne volonté réciproque "a déjà ouvert la voie à une collaboration plus effective dans la vie publique" et que "juifs et chrétiens sont concernés de la même manière pour assurer le respect de la nature sacrée de la vie humaine, le caractère central de la famille, une éducation solide des jeunes, et la liberté de religion et de conscience dans une société saine. Ces thèmes de dialogue ne sont toutefois que les phases initiales de ce qui, nous le croyons, sera un cheminement continu et progressif vers une compréhension mutuelle plus grande... En abordant les questions éthiques les plus importantes, nos deux communautés sont confrontées au défi d'engager les hommes de bonne volonté à se placer au niveau de la raison, tandis que simultanément, elles doivent mettre en évidence les fondements religieux qui soutiennent le mieux les valeurs morales ultimes".

Benoît XVI a profité de l'occasion pour "répéter que l'Eglise catholique est engagée de façon irrévocable sur le chemin choisi par le Concile Vatican II en faveur d'une réconciliation authentique et durable entre les chrétiens et les juifs... L'Eglise continue de valoriser le patrimoine commun aux chrétiens et aux juifs et désire une compréhension mutuelle et un respect toujours plus profonds à travers les études bibliques et théologiques comme à travers les dialogues fraternels. Je suis sûr que notre amitié continuera d'être un exemple de confiance dans le dialogue entre juifs et chrétiens à travers le monde. En regardant les réalisations accomplies jusqu'à présent, et en tirant notre inspiration de l'Ecriture, nous pouvons regarder l'avenir avec confiance concernant la coopération toujours plus ardente entre nos communautés ainsi qu'avec toutes les personnes de bonne volonté, afin de dénoncer la haine et les persécutions à travers le monde". Ensuite, le Saint-Père s'est rendu au Cénacle.
PV-ISRAEL/VISITE RABBINS/JERUSALEM VIS 090512 (580)

IMPORTANCE DES COMMUNAUTES CATHOLIQUES


CITE DU VATICAN, 12 MAI 2009 (VIS). Vers midi, le Saint-Père a gagné en voiture le Cénacle afin d'y rencontrer les évêques catholiques de Terre Sainte. Cet édifice médiéval se dresse sur le lieu retenu depuis la fin du III siècle comme site de la dernière Cène. Le rez de chaussée, consacré à la mémoire de David, est un lieu de pèlerinage juif tandis que l'étage est une chapelle. Bien que propriété de l'Etat d'Israël, cette partie du monument est confiée à la Custodie de Terre Sainte, gérée par les franciscains depuis le XIV siècle. La Province de Terre Sainte était considérée la plus importante de toutes pour l'ordre franciscain, car le pays où Jésus était né en faisait partie, le pays où il avait vécu, prêché la Bonne Nouvelle, où il était mort et ressuscité. Dans le cadre de l'ordre, saint François lui-même se rendit en Terre Sainte de 1219 à 1220. En 1333, par le biais du frère Ruggero Garini, Robert d'Anjou, roi de Naples, et son épouse la reine Sancie, négocièrent avec le sultan d'Egypte l'achat du Cénacle et l'obtention du droit de célébrer certains rites au St.Sépulcre. Avec l'appui financier de la Reine, Frère Guarini construisit un couvent près du Cénacle. Les souverains napolitains obtinrent aussi des autorités musulmanes la propriété d'autres sanctuaires destinés à la garde des franciscains. Par deux bulles, Clément VI approuva en 1342 les fondations de Robert et Sancie, instituant le principe de confier la province ecclésiastique de Terre Sainte à la Custodie franciscaine. Les premiers statuts franciscains pour la Terre Sainte remontent à 1377. On y établit qu'un maximum de 20 religieux sera en charge des Lieux Saints, c'est-à-dire du Cénacle, du St.Sépulcre et de Béthléem. En 1517, la Custodie reçut du Saint-Siège la pleine autonomie, avec confirmation du statut de province dotée de privilèges et de droits particuliers. Depuis 1558, la Custodie de Terre Sainte a pour siège le couvent du St.Sauveur à Jérusalem. Alors que le terme Custodie de Terre Sainte se réfère à la province ecclésiastique, le Custode est le Provincial des religieux vivant dans tout le moyen-orient. Il a juridiction sur le territoire d'Israël, de la Palestine, de la Jordanie, du Liban, partiellement d'Egypte, de Chypre et de Rhodes. Vue l'importance de sa mission, le Custode est choisi par le Saint-Siège, après la consultation des religieux de la Custodie. L'actuel titulaire est le P.Pierbattista Pizzaballa.

Benoît XVI s'est adressé aux évêques en disant qu'ils représentent "les communautés catholiques de Terre Sainte, lesquelles, par leur foi et leur ferveur, sont comme des chandelles allumées qui illuminent les lieux saints chrétiens sanctifiés par la présence de Jésus, notre Seigneur, le Vivant... Dans cette Chambre Haute, le mystère de la grâce et du salut, dont nous sommes les bénéficiaires en même temps que les hérauts et les ministres, ne peut s'exprimer que par l'amour. C'est parce que, le premier, il nous a aimés et qu'il continue à le faire, que nous pouvons répondre avec amour... Cet amour transformant, qui est grâce et vérité, pousse individus et communautés à dépasser la tentation de nous retourner sur nous-mêmes dans l'égoïsme ou la paresse, dans l'isolement, les préjugés ou la crainte, et à nous donner généreusement au Seigneur et aux autres. Il nous engage, comme communautés chrétiennes, à être fidèles à notre mission, avec assurance et courage... L'appel à la communion d'esprit et de cœur...est particulièrement ressenti en Terre Sainte. Les différentes Eglises que l'on trouve ici représentent un patrimoine spirituel riche et diversifié, et elles sont le signe qu'existent de multiples formes d'interaction entre l'Evangile et les différentes cultures. Elles nous rappellent aussi que la mission de l'Eglise est de prêcher l'amour universel de Dieu et de rassembler tous ceux qui, au loin ou plus près de nous, sont appelés par lui afin que, avec leurs traditions et leurs talents, ils arrivent à former l'unique famille de Dieu".

Puis le Saint-Père a dit: "C'est dans la mesure où le don de l'amour est accepté et qu'il grandit dans l'Eglise, que la présence chrétienne en Terre Sainte et dans les régions voisines peut être une présence ardente. Et elle est d'une importance capitale pour le bien de la société toute entière. Les paroles sans équivoque de Jésus sur le lien intime entre l'amour de Dieu et l'amour du prochain, sur la miséricorde et la compassion, sur la douceur, la paix et le pardon, sont un ferment capable de transformer les cœurs et de modeler nos actions. Les chrétiens au moyen orient, avec toutes les personnes de bonne volonté, apportent leur contribution, en tant que citoyens responsables et loyaux, à la promotion et au renforcement d'un climat de paix dans la diversité". Vous pouvez compter sur mon soutien, a-t-il ajouté, "ainsi que sur mes encouragements tandis que vous faites tout votre possible pour permettre à vos frères et sœurs chrétiens de rester ici sur la terre de leurs ancêtres et à être des messagers et des promoteurs de la paix... Quant à moi, je renouvelle mon appel à nos frères et sœurs du monde entier afin qu'ils apportent leur soutien aux communautés chrétiennes de Terre Sainte et de tout le proche et moyen orient, se souvenant d'elles dans leurs prières".

Après le Regina Coeli, le Pape s'est rendu à la co-cathédrale latine où l'attendaient 300 personnes, dont des religieuses contemplatives. Après le salut au Saint Sacrement et l'intervention du Patriarche Twal, il a remercié l'assistance de prier pour son ministère universel, recommandant de prier aussi pour la paix à Jérusalem, pour la fin d'un conflit qui a causé trop de souffrance à deux peuples. Après quoi, Benoît XVI a déjeuné avec les évêques et les abbés de Terre Sainte.
PV-ISRAEL/CENACLE:CO-CATHEDRALE/JERUSALEM VIS 090512 (960)

ANNEE SACERDOTALE


CITE DU VATICAN, 12 MAI 2009 (VIS). Benoît XVI accordera aux prêtres et fidèles l'indulgence plénière à l'occasion de l'Année sacerdotale (19 juin 2009 - 19 juin 2010) décrétée en l'honneur de saint Jean-Marie Vianney, selon un décret publié aujourd'hui et signé du Cardinal James Francis Stafford et de Mgr Gianfranco Girotti, OFM Conv., respectivement Grand Pénitencier et Régent de la Pénitencerie apostolique. Cette année s'ouvrira à la solennité du Sacré Cœur par un Journée de sanctification sacerdotale. Le Pape présidera les vêpres devant les reliques du saint apportées à Rome par l'Evêque de Belley-Ars. L'année jubilaire se conclura Place-St.Pierre en présence de prêtres du monde entier qui "renouvelleront leur fidélité au Christ et leur lien de fraternité". Voici les modalités d'obtention des indulgences:

A) Aux prêtres, repentis de tout cœur, qui prient un jour aux laudes ou vêpres devant le Saint Sacrement exposé à l'adoration publique ou dans le tabernacle et qui se proposent...à la célébration des sacrements surtout de la confession, sera accordée l'indulgence plénière applicable à leurs frères dans le sacerdoce défunts comme suffrage, si, en conformité avec les dispositions en vigueur, ils se confessent, communient et prient aux intentions du Saint-Père. Une indulgence partielle sera aussi accordée aux frères dans le sacerdoce défunts, chaque fois qu'ils réciteront les prières appropriées qui mènent à une vie sainte et qu'ils accomplissent les offices qui leur ont été confiés.

B) Aux fidèles repentis de tout cœur et qui, dans un église ou un oratoire assistent à la messe et prient pour les prêtres de l'Eglise Jésus-Christ, prêtre souverain et éternel, et qui accompliront ce même jour une bonne œuvre, sera accordée l'indulgence plénière, toujours s'ils se sont confessés et qu'ils prient aux intentions du Saint-Père les jours d'ouverture et de clôture de cette année sacerdotale, le jour du 150 anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, les premiers jeudis du mois ou de quelque autre jour établi par les Ordinaires des lieux pour l'utilité des fidèles".

Les personnes âgées, les malades et tous ceux qui, pour des motifs légitimes, ne peuvent sortir de chez eux, pourront obtenir l'indulgence plénière s'ils gardent une âme éloignée du péché et s'ils accomplissement les trois conditions nécessaires dès qu'il leur sera possible, et si aux jours indiqués, ils prient pour la sanctification des prêtres et offrent à Dieu par l'intercession de Marie, Reine des Apôtres, leurs infirmités et leurs souffrances". De même, l'indulgence partielle sera accordée à tous les fidèles chaque fois qu'ils réciteront cinq Notre Père, Je vous salue Marie et Gloria, et d'autres prières approuvées "en l'honneur du Sacré Cœur, pour que les prêtres restent purs et saints de vie".
PENT/DECRET INDULGENCE/ANNEE SACERDOTALE VIS 090512 (450)

MISE AU POINT DU PORTE-PAROLE


CITE DU VATICAN, 11 MAI 2009 (VIS). Après la rencontre avec les organisations du dialogue inter-religieux, le P.Federico Lombardi, SJ, a fait la précision suivante: "L'intervention du Scheik Tayssir Attamini était imprévue. Dans une manifestation consacrée au dialogue, elle en constitue une négation. On doit espérer que cet incident ne compromette pas la mission du Pape, venu favoriser la paix et le dialogue entre les religions, ainsi qu'il l'a plusieurs fois souligné au cours de son pèlerinage. Il ne doit pas non plus peser sur le dialogue inter-religieux en Terres Sainte".
OP/DIALOGUE/LOMBARDI VIS 090512 (100)

RENCONTRE AVEC LE GRAND MUFTI DE JERUSALEM


CITE DU VATICAN, 12 MAI 2009 (VIS). A 8 h 45' locales, Benoît XVI est arrivé sur l'Esplanade des Mosquées, qui correspond à la plateforme du Temple de Jérusalem, reconstruit au I siècle av.JC par Hérode et détruit par les romains au I siècle ap.JC. Le Mont du Temple, en arabe Al-Haram Ash-Sharif (enceinte sainte et noble), contient deux mosquées, la Coupole du Rocher et la Mosquée Al-Aqsa. L'aire du Mont du Temple est chère aux trois religions monothéistes. Pour les juifs, c'est là qu'Abraham présenta Isaac en sacrifice et le site du Temple. Les musulmans la considèrent comme leur troisième lieu de pèlerinage, après La Mecque et Médine. Le Prophète Mahomet y serait monté au Ciel. Pour les chrétiens, c'est le lieu où Jésus prédit la destruction du Temple.

La Coupole du Rocher a un toit doré, tandis que le sanctuaire est octogonal. C'est le plus ancien monument musulman encore intact en Terre Sainte. La première mosquée, construite en 640, a été remplacée par l'actuelle en 687. Au XII siècle, les Croisés en firent une église sous le nom de Templum Domini, d'où vint le nom de l'Ordre du Temple. Le culte musulman fut rétabli par Saladin en 1187. Au centre de la rotonde somptueusement décorée se trouve le rocher sur lequel Mahomet pria avant d'être enlevé au Ciel. La Mosquée Al-Aqsa, ce qui signifie en arabe la plus ancienne, est traditionnellement le lieu le plus éloigné de La Mecque où Mahomet fut transporté miraculeusement une nuit. Sa construction remonte au VIII siècle. Détruite par plusieurs séismes, elle fut reconstruite comme église par les templiers. A l'instar du Dôme voisin, Saladin la restitua à l'Islam. Durant les travaux de 1938, le Roi Farouk d'Egypte restaura le plafond, et Benito Mussolini offrit des colonnes en marbre de Carrare.

Le Saint-Père est arrivé à 9 h au Dôme du Rocher où l'attendait le Grand Mufti Muhammad Ahmad Husayn, autorité juridico-religieuse suprême de Jérusalem et du peuple arabe musulman en Palestine, ainsi que le Président du Conseil du Waqf (Biens religieux islamiques). Après une brève visite, il a été accompagné jusqu'au monument de Al-Kubbah Al-Nahawiyya, où l'attendaient les représentants de la communauté islamique: Le Dôme du Rocher, a dit le Pape, "invite nos cœurs et nos esprits à réfléchir sur le mystère de la création et sur la foi d'Abraham. Ici, les chemins des trois grandes religions monothéistes du monde se rencontrent, nous rappelant ce qu'elles ont en commun. Chacune croit en un Dieu unique, créateur et régissant toute chose. Chacune reconnaît en Abraham un ancêtre... Chacune a rassemblé de nombreux disciples tout au long des siècles et a inspiré un riche patrimoine spirituel, intellectuel et culturel... Dans un monde tristement déchiré par les divisions, ce lieu sacré sert de stimulant et met aussi les hommes et les femmes de bonne volonté au défi de travailler afin que soient dépassés les malentendus et les conflits du passé et que soit ouvert le chemin d'un dialogue sincère destiné à construire un monde de justice et de paix pour les futures générations".

"Puisque les enseignements des traditions religieuses concernent, en fin de compte, la réalité de Dieu, le sens de la vie et la destinée commune de l'humanité c'est-à-dire, tout ce qu'il y a de plus sacré et de plus précieux pour nous, on peut être tenté ici de s'engager dans un tel dialogue avec crainte et doute quant aux possibilités de succès. Néanmoins, nous pouvons commencer par nous appuyer sur la foi au Dieu unique, source infinie de justice et de miséricorde, puisqu'en lui ces deux qualités existent dans un parfaite unité. Ceux qui croient en son nom ont le devoir de s'efforcer inlassablement d'être justes en imitant son pardon, car les deux qualités sont orientées intrinsèquement vers la coexistence pacifique et harmonieuse de la famille humaine... La fidélité au Dieu Unique, au Créateur, au Très Haut conduit à reconnaître que les êtres humains sont fondamentalement en relation les uns avec les autres, puisque tous doivent leur existence véritable à une seule source et tous marchent vers une fin commune. Marqués du sceau indélébile du divin, ils sont appelés à jouer un rôle actif en réparant les divisions et en promouvant la solidarité humaine. Cela fait peser sur nous une grande responsabilité. Ceux qui honorent le Dieu unique croient qu'il tiendra les êtres humains responsables de leurs actions. Les Chrétiens affirment que le don divin de la raison et de la liberté est à la base de ce devoir de répondre de ses actes. La raison ouvre l'esprit à la compréhension de la nature et de la destinée communes de la famille humaine, tandis que la liberté pousse les cœurs à accepter l'autre et à le servir dans la charité".

"Je suis venu à Jérusalem -a ajouté le Saint-Père- pour un pèlerinage de foi...comme Evêque de Rome et Successeur de l'Apôtre Pierre, mais aussi comme fils d'Abraham, en qui seront bénies toutes les familles de la terre. Je vous assure que l'Eglise désire ardemment coopérer au bien-être de la famille humaine. Elle croit fermement que la réalisation de la promesse faite à Abraham est universelle dans son ampleur, embrassant tout homme et toute femme, sans considération pour sa provenance ou pour son statut social... Tandis que musulmans et chrétiens poursuivent le dialogue respectueux qu'ils ont entamé, je prie pour qu'ils cherchent comment l'Unicité de Dieu est liée de façon inextricable à l'unité de la famille humaine... et maintiennent leurs regards fixés sur la bonté absolue de Dieu, sans jamais perdre de vue la manière dont elle se reflète sur le visage des autres!". Après son discours, le Saint-Père a gagné le Mur occidental du Temple, dit Mur des Lamentations.
PV-ISRAEL/ESPLANADE MOSQUEES/JERUSALEM VIS 090512 (960)

AU MEMORIAL DE YAD VASHEM


CITE DU VATICAN, 11 MAI 2009 (VIS). Benoît XVI est arrivé à 17 h 30' locale au Mémorial de Yad Vashem (littéralement: une mémoire et un nom), monument érigé en 1953 par l'Etat d'Israël en commémoration des six millions de juifs victimes de l'Holocauste. Ce complexe public est composé de deux musées, de salles d'expositions, de monuments extérieurs et de centres de documentations et d'informations. Le nom du centre trouve son origine dans le livre d'Isaïe où Dieu affirme: Je leur donnerai dans ma maison et dans mes remparts un monument et un nom… je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé. Font également partie du complexe, le Pavillon des enfants, en souvenir du million et demi d'enfants qui périrent au cours de la Shoah, la Vallée des communautés détruites commémorant les quelques 5.000 communautés juives qui furent anéanties, et l'Allée et le Jardin des Justes qui honorent les non juifs qui sauvèrent des juifs. Le Pape a été accueilli par le Président et le Directeur du centre, puis a gagné à pied au Mémorial jusqu'à l'entrée d'honneur de la Chambre de la Mémoire où l'attendaient le Président Peres et le Rabbin Président du conseil de Yad Vashem. La Chambre de la Mémoire est une structure en forme de tente sur le sol duquel on peut lire les noms des six camps d'extermination et les différents noms des camps de concentration. Un autre monument avec une flamme commémorative abrite la crypte du souvenir qui contient des cendres de victimes.

Après avoir ravivé la flamme du souvenir, déposé une couronne de fleurs et s'être entretenu avec six survivants de l'Holocauste, Benoît XVI a prononcé un discours: Je suis venu, a-t-il dit, "pour rester en silence devant ce monument, érigé pour honorer la mémoire de millions de personnes tuées dans l'horrible tragédie de la Shoah. Elles ont perdu leurs vies mais elles ne perdront jamais leurs noms, car ils sont profondément gravés dans le cœur de ceux qui les aiment, de leurs compagnons de détention qui ont survécus et de tous ceux qui sont déterminés à ne plus jamais permettre qu'une telle atrocité déshonore à nouveau l'humanité. Plus que tout, leurs noms est à jamais inscrits dans la mémoire du Dieu Tout-puissant. Il est possible de dérober à un voisin ce qu'il possède, son avenir ou sa liberté. Il est possible de tisser un réseau insidieux de mensonges pour convaincre les autres que certains groupes ne méritent pas d'être respectés. Néanmoins, quoique vous fassiez, il est impossible d'enlever son nom à un être humain".

"Les noms inscrits dans ce sanctuaire auront toujours une place sacrée parmi les descendants innombrables d'Abraham. Comme lui, leur foi a été éprouvée. Comme Jacob, ils ont été plongés dans le combat pour discerner les desseins du Très Haut. Que les noms de ces victimes ne périssent jamais! Que leur souffrance ne soit jamais niée, discréditée ou oubliée! Et que toutes les personnes de bonne volonté demeurent attentives à déraciner du cœur de l'homme tout ce qui peut conduire à de telles tragédies!... L'Eglise catholique, professant les enseignements de Jésus et attentive à imiter son amour pour tous les hommes, a une profonde compassion pour les victimes dont il est fait mémoire ici. De même, elle se fait proche de tous ceux qui, aujourd'hui, sont objet de persécution à cause de leur race, de leur couleur, de leur condition de vie ou de leur religion - leurs souffrances sont les siennes, et sienne est leur espérance de justice. En tant qu'Evêque de Rome et Successeur de l'Apôtre Pierre, je réaffirme l'engagement de l'Eglise à prier et à travailler sans cesse pour faire en sorte que cette haine ne règne plus jamais dans le cœur des hommes. Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob est le Dieu de la paix... En regardant les visages qui se reflètent à la surface de la nappe d'eau immobile à l'intérieur de ce mémorial, on ne peut pas ne pas se rappeler que chacun d'eux porte un nom. Je peux seulement imaginer la joyeuse attente de leurs parents alors qu'ils se préparaient avec impatience à accueillir la naissance de leurs enfants. Quel nom donnerons-nous à cet enfant? Qu'adviendra-t-il de lui ou d'elle? Qui pouvait imaginer qu'ils auraient été condamnés à un sort aussi déplorable! Tandis que nous sommes ici, en silence, leur cri résonne encore dans nos cœurs. C'est un cri élevé contre tout acte d'injustice et de violence. C'est le reproche continuel du sang innocent versé. C'est le cri d'Abel montant de la terre vers le Très Haut". Pour faire monter ce cri, le Pape a lu les versets du Livre des Lamentations qui commencent par la phrase: Les faveurs du Seigneur ne sont pas finies, ni ses compassions épuisées. Après la lecture, Benoît XVI a ajouté: "Je suis profondément reconnaissant envers Dieu et envers vous de cette occasion qui m'a été donnée de m'arrêter ici, en silence : silence pour se souvenir, silence pour prier, silence pour espérer".

Ensuite, le Saint-Père a signé le Livre d'or de Yad Vashem où il a écrit la phrase du Livre des Lamentations: Ses compassions ne sont pas épuisées. Salué à son départ par un chœur et par les autorités qui l'avaient accueilli, Benoît XVI s'est ensuite rendu en automobile à l'Institut pontifical Notre-Dame de Jérusalem.
PV-ISRAEL/YAD VASHEM/JERUSALEM VIS 090511 (900)

FAVORISER CE QUI NOUS UNIT


CITE DU VATICAN, 11 MAI 2009 (VIS). A 18 h 45', le Pape a rencontré les représentants des organisations pour le dialogue interreligieux au Centre Notre-Dame de Jérusalem, érigée en Institut pontifical par Jean-Paul II en 1978. Quelque 500 personnes ont assisté à la rencontre dans l'auditorium. A notre époque, a dit le Saint-Père au début de son discours, "on est parvenu à créer en bien des cas une certaine impression de proximité et d'unité au sein de l'ensemble de la famille humaine", en ajoutant toutefois que "la série illimitée de portails qui sont mis à la disposition des gens pour leur donner accès facilement à toutes sortes de sources d'information peut facilement devenir un instrument de fragmentation sociale croissante". Benoît XVI a alors invité à se demander "quelle est la contribution que la religion apporte aux cultures du monde devant les effets d'une mondialisation rapide... Il nous revient, en tant que croyants, de relever le défi de présenter clairement ce que nous partageons ensemble... Des vies faites de fidélité religieuse font écho à la présence envahissante de Dieu et forment de cette manière une culture qui n'est pas définie par des limites de temps ou d'espace mais qui se modèle fondamentalement sur des principes et des actions qui résultent de la foi".

Après avoir souligné que "la croyance religieuse présuppose la vérité" et que "quelqu'un qui croit est quelqu'un qui cherche la vérité et en vit", le Pape a ajouté qu'ensemble, "nous pouvons proclamer que Dieu existe et qu'on peut le connaître, que la terre est sa création, que nous sommes ses créatures, et qu'il appelle tout homme et toute femme à vivre de manière à respecter son dessein sur le monde... Si nous croyons que nous avons un critère de jugement et de discernement qui est d'origine divine et qui est valable pour toute l'humanité, alors nous ne devons pas nous lasser de faire en sorte que cette connaissance puisse avoir une influence sur la vie civile. La vérité devrait être proposée à tous; elle est au service de tous les membres de la société... Loin d'être une menace pour la tolérance vis-à-vis des différences culturelles ou du pluralisme culturel, la vérité rend possible un consensus et permet au débat public de rester rationnel, honnête et solide, elle ouvre enfin le chemin de la paix. Encourager la volonté d'obéir à la vérité, permet en fait d'élargir notre conception de la raison et son champ d'application et rend possible le dialogue authentique entre cultures et religions qu'il est si urgent de développer aujourd'hui".

"En cet âge d'accès immédiat à l'information et marqué par des tendances sociales qui engendrent une forme de monoculture", a ajouté le Saint-Père, "une réflexion approfondie sur la présence permanente de Dieu pourra enhardir la raison, stimuler le génie créatif, faciliter une évaluation critique des pratiques culturelles et renforcer la valeur universelle de la croyance religieuse". Certains, a-t-il encore dit, "voudraient nous faire croire que nos différences sont nécessairement une cause de division et donc, ne doivent être au plus que tolérées... ou même que nous devrions être réduits au silence. Mais, nous savons que nos différences ne doivent jamais être dénaturées au point d'être considérées comme une cause inévitable de friction ou de tension soit entre nous, soit avec la société dans son ensemble. Au contraire, elles fournissent une merveilleuse opportunité pour les personnes des différentes religions de vivre ensemble dans un profond respect, dans l'estime et la considération, s'encourageant les unes les autres sur les chemins de Dieu... Avec l'aide du Tout-Puissant et éclairés par sa vérité, puissiez-vous continuer d'avancer avec courage, en respectant tout ce qui nous rend différents et en promouvant tout ce qui nous unit comme créatures bénies par le désir d'apporter l'espérance à nos communautés et au monde!", a conclu le Pape.

A la fin de la rencontre, le Saint-Père a béni la première pierre du nouvel Institut Notre-Dame de Magdala qui accueillera les pèlerins en visite en Terre Sainte et qui sera un centre spirituel avec la future basilique Sainte-Marie-Madeleine.
PV/ISRAEL/RENCONTRE INTERRELIGIEUSE/JERUSALEM VIS 090512 (680)

VISITE AU PRESIDENT PERES


CITE DU VATICAN, 11 MAI 2009 (VIS). A 16 h 15' Benoît XVI s'est rendu à la résidence du Président de l'Etat d'Israël, et après l'intervention de M.Shimon Peres s'est adressé à l'assistance: Je prie chaque jour, a-t-il dit, "pour que la paix, née de la justice, revienne en Terre Sainte et dans toute la région, apportant la sécurité et une espérance renouvelée pour tous. La paix est avant tout un don divin. Promesse du Tout Puissant à l'humanité, elle est porteuse d'unité". Puis à l'adresse des responsables religieux, le Pape a dit "que la contribution spécifique des religions à la recherche de la paix se trouve essentiellement dans une recherche de Dieu authentique, ardente et unifiée". Il faut donc "être attentifs au fait que toute division ou tension, toute tendance au repliement sur soi ou à la suspicion parmi les croyants ou entre des communautés, peut facilement conduire à une contradiction qui masque l'unité de Dieu, trahit notre propre unité et s'oppose à l'Unique qui se révèle lui-même comme celui qui est riche en grâce et en fidélité".

"La sécurité, le droit, la justice et la paix!", s'est alors exclamé Benoît XVI. "Dans le dessein de Dieu sur le monde, tout cela est inséparable... Il n'y a qu'une manière de protéger et de promouvoir ces valeurs, les mettre en pratique, les vivre! Aucune personne, famille, communauté ou nation n'est exemptée du devoir de vivre selon la justice et d'oeuvrer à la paix... Les valeurs authentiques et les buts d'une société, qui protègent toujours la dignité humaine, sont indivisibles, universels et interdépendants. Ils ne peuvent plus être respectés quand ils deviennent la proie d'intérêts particuliers ou de politiques sectorisées. Le véritable intérêt d'une nation est toujours servi par la recherche de la justice pour tous". Après quoi il s'est adressé aux familles de Jérusalem et d'Israël: "Quels sont les parents qui pourraient vouloir la violence, l'insécurité ou la désunion pour leur fils ou leur fille? Quel but politique humain peut-il être jamais servi par le conflit et la violence? J'entends le cri de ceux qui vivent dans ce pays et qui réclament la justice, la paix, le respect de leur dignité, la sécurité durable, une vie quotidienne sans crainte des menaces venant de l'extérieur ou d'une violence aveugle. Et je sais qu'un nombre important d'hommes et de femmes, de jeunes aussi, travaillent en faveur de la paix et de la solidarité à travers des programmes culturels et des initiatives qui manifestent concrètement compassion et souci de l'autre. Ils sont assez humbles pour savoir pardonner, ils ont le courage de saisir le rêve auquel ils ont droit".
PV-ISRAEL/PERES/JERUSALEM VIS 090512 (440)

lundi 11 mai 2009

AUTRES ACTES PONTIFICAUX


CITE DU VATICAN,11 MAI 2009 (VIS). Le Saint-Père a nommé le P.Devprasad John Ganawa, SVD, Evêque de Jhabua (superficie: 21.366, population: 4.237.905, catholiques: 35.576, prêtres: 25, religieuses: 210), en Inde. L'Evêque élu, né en 1951 à Panchkui (Inde), a prononcé ses voeux religieux en 1981 et a été ordonné prêtre en 1982. Il était jusqu'ici Recteur du centre verbite d'Udaipur (Inde).
NER/.../GANAWA VIS 20090511 (70)

AU BORD DU JOURDAIN


CITE DU VATICAN, 10 MAI 2009 (VIS). A 16 h 30' Benoît XVI s'est rendu par la route à Béthanie, à 50 km d'Amman, où en présence des souverains jordaniens le Prince Ghazi Bin Talal a conduit la visite du parc consacré au site traditionnel du baptême de Jésus. Le site historique, peut-être proche, n'est pas encore connu, comme l'a expliqué au Pape le Directeur du Centre Al Maghtas. A suivi la cérémonie de bénédiction des premières pierres de deux églises catholiques qui seront construites près du Jourdain. Ce lieu, a dit le Pape, est "marqué par de nombreux événements mémorables dans l'histoire biblique. Le prophète Elie provenait d'ici... C'est ici également que l'Esprit du Seigneur appela Jean, le fils de Zacharie, à prêcher la conversion des cœurs. Jean l'Evangéliste situe aussi en ce lieu la rencontre entre le Baptiste et Jésus, qui, à son baptême, fut oint par l'Esprit".

"La première pierre d'une église est un symbole du Christ", a alors rappelé le Saint-Père. "L'Eglise repose sur le Christ. Elle est soutenue par lui et elle ne peut pas être séparée de lui. Il est l'unique fondement de toute communauté chrétienne, la pierre vivante... Avec lui, nous aussi sommes des pierres vivantes composant une maison spirituelle... Dans le Christ l'Eglise est une communauté de vie nouvelle, une réalité dynamique de grâce qui découle de lui". Puis il a rappelé qu'on entre dans l'Eglise par le baptême. La mémoire du propre Baptême du Christ se présente de façon vivante à nous en ce lieu. Jésus s'est mis dans la file avec les pécheurs et il a accepté le baptême de pénitence de Jean comme un signe prophétique de sa propre passion, mort et résurrection pour le pardon des péchés... Que le Jourdain vous rappelle sans cesse que vous avez été lavés dans les eaux du baptême et que vous êtes devenus membres de la famille de Jésus. Vos vies, en conformité avec sa Parole, ont été transformées à son image et à sa ressemblance.... Puisse la contemplation méditative de ces mystères vous enrichir d'une joie spirituelle et d'une force morale. Avec l'Apôtre Paul, je vous encourage à grandir dans toute l'étendue des nobles attitudes contenues sous le nom bénie d'agape, l'amour chrétien. Favorisez le dialogue et la compréhension dans la société, spécialement lorsque vous revendiquez vos droits légitimes. Au moyen-orient, marqué par des souffrances tragiques, par des années de violence et de tensions non résolues, les chrétiens sont appelés à offrir leur contribution, inspirée par l'exemple de Jésus, à la réconciliation et à la paix à travers le pardon et la générosité. Continuez à être reconnaissants envers ceux qui vous conduisent et vous servent fidèlement comme ministres du Christ. Vous faîtes bien d'accepter leur accompagnement dans la foi, sachant qu'en recevant l'enseignement des Apôtres qu'ils transmettent, vous accueillez le Christ et vous accueillez celui qui l'envoie".

Après le rite de bénédiction des pierres de fondation de l'église qui servira aux latins et de celle pour les melkites, le Pape a regagné Amman pour la nuit.
PV-JORDANIE/EGLISES/BETHANIE VIS 20090511 (520)

DEPART DE JORDANIE


CITE DU VATICAN, 11 MAI 2009 (VIS). Après sa messe privée, le Pape a quitté la nonciature d'Amman pour gagner à 9 h 30' l'aéroport de la capitale jordanienne. Dans son discours d'adieux, il a remercié le Roi Abdallah II de son hospitalité, et tous ceux qui ont rendu possible la première étape de son pèlerinage en Terre Sainte. "Je voudrais encourager les Jordaniens, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, à bâtir sur les fondements fermes de la tolérance religieuse qui permettent aux membres des différentes communautés de vivre ensemble dans la paix et le respect mutuel". Benoît XVI a ensuite souligné combien le souverain hachémite a été actif en favorisant le dialogue interreligieux, saluant son engagement personnel. "Je note aussi avec gratitude -a-t-il ajouté- la considération particulière qu'il porte à la communauté chrétienne en Jordanie. Cet esprit d'ouverture aide non seulement, à court terme, les membres des différentes communautés ethniques à vivre ensemble dans ce pays en paix et en harmonie, mais il a favorisé aussi, à long terme, les initiatives politiques de la Jordanie en vue de réaliser la paix dans tout le moyen-orient". L'avion papal s'est ensuite envolé pour Tel Aviv (Israël).
PV-JORDANIE/DEPART/AMMAN VIS 20090511 (200)

ARRIVEE EN ISRAEL


CITE DU VATICAN, 11 MAI 2009 (VIS). A 11 h locale, après une demie heure de vol, Benoît XVI est arrivé à l'aéroport Ben Gurion de Tel Aviv accueilli par le Président de l'Etat d'Israël, M.Shimon Peres, et le Premier Ministre M.Benjamin Netanyahu. Parmi les autorités civiles, on notait les évêques de Terre Sainte. Le Pape les a remercié de l'accueillir en Israël, terre, a-t-il dit, "qui est sainte pour des millions de croyants à travers le monde...une terre consacrée par les pas des patriarches et des prophètes, une terre que les chrétiens ont en particulière vénération puisque c'est là que se déroulèrent la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ... Je viens, comme tant d'autres avant moi, pour prier sur ces lieux saints, pour prier spécialement pour la paix, la paix ici en Terre Sainte, et la paix dans le monde". Le Saint-Siège et l'Etat d'Israël, a ajouté le Pape, "partagent de nombreuses valeurs, en particulier la préoccupation de donner à la religion sa juste place dans la société. Le juste ordonnancement des relations sociales présuppose et requiert le respect de la liberté et de la dignité de chaque être humain, que les chrétiens, les musulmans et les juifs croient être créés par un Dieu aimant, à son image et à sa ressemblance. Quand la dimension religieuse de la personne est niée ou marginalisée, le fondement même de la juste compréhension des droits humains inaliénables est mis en péril... Le peuple juif a tragiquement fait l'expérience des terribles conséquences d'idéologies qui nient la dignité fondamentale de toute personne humaine. Il est juste et opportun que, pendant mon séjour en Israël, je puisse avoir la possibilité d'honorer la mémoire des six millions de juifs victimes de la Shoah, et de prier pour que l'humanité ne soit plus jamais témoin d'un crime d'une telle ampleur. Malheureusement, l'antisémitisme continue de relever la tête en beaucoup d'endroits de notre monde. Ceci est totalement inacceptable. Tous les efforts doivent être faits pour combattre l'antisémitisme où qu'il se manifeste, et pour promouvoir le respect et l'estime pour les personnes de toute race, peuple, langue et nation dans le monde entier".

"Durant mon séjour à Jérusalem -a poursuivi Benoît XVI- j'aurai le plaisir de rencontrer de nombreux responsables religieux éminents de ce pays. Les trois grandes religions monothéistes ont, entre autres, en commun une vénération particulière pour cette cité sainte. C'est mon espérance la plus chère que tous les pèlerins qui se rendent sur les lieux saints puissent y avoir accès librement et sans restriction, qu'ils puissent prendre part aux célébrations religieuses et qu'ils puissent soutenir le digne entretien des lieux de culte qui se trouvent sur les sites sacrés". Puis il a ajouté que "bien que le nom même de Jérusalem signifie ville de la paix, il est trop évident que, depuis des décennies, la paix a tragiquement fait défaut aux habitants de cette région. Les yeux du monde sont tournés vers les peuples de cette région alors qu'ils s'efforcent de trouver une solution juste et durable aux conflits qui ont causé tant de souffrances. Les espoirs d'innombrables hommes, femmes et enfants de connaître un avenir plus stable et plus sûr dépend de l'issue des négociations pour la paix entre israéliens et palestiniens. Avec les hommes de bonne volonté, où qu'ils soient, je plaide pour qu'avec tous les responsables soient explorées toutes les possibilités afin d'aboutir à une solution juste aux difficultés persistantes, de telle sorte que les deux peuples puissent vivre en paix dans leur propre pays, à l'intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues. A cet égard, j'espère et je prie pour qu'un climat de plus grande confiance puisse bientôt être créé qui permettra aux parties d'accomplir de réels progrès sur la route de la paix et de la stabilité".

A la fin de son discours, le Saint-Père s'est adressé aux catholiques et leur a rappelé qu'il sera présent à Nazareth pour les célébrations conclusives de l'Année de la Famille. "La famille -a-t-il rappelé- est la première et irremplaçable éducatrice de la paix. Elle a donc un rôle vital à jouer dans la guérison des divisions qui blessent la société humaine à tous les niveaux. Aux communautés chrétiennes de Terre Sainte, je dis: par votre témoignage de foi en celui qui a prêché la réconciliation et le pardon, par votre engagement pour défendre le caractère sacré de toute vie humaine, vous pouvez apporter une contribution significative à la cessation des hostilités qui ont trop longtemps affligé cette terre. Je prie pour que votre présence continue en Israël et sur les territoires palestiniens porte beaucoup de fruits pour que grandisse la paix et le respect mutuel entre les peuples qui vivent sur les terres de la Bible". Après la cérémonie, le Pape s'est rendu en hélicoptère au Mont Scopus à Jérusalem où il a été reçu par le maire Nir Barkat et s'est ensuite rendu en automobile à la délégation apostolique de Jérusalem où il a déjeuné. Cet après-midi, le Saint-Père rendra visite au Président Peres, avant de visiter le Mémorial Yad Vashem. Après qui il rencontrera les membres d'organisations pour le dialogue interreligieux au Centre Notre-Dame de Jérusalem.
PV-ISRAEL/BIENVENUE/TEL AVIV VIS 20090511 (860)

TEMOIGNER DE LA FOI CHRETIENNE EN TERRE SAINTE


CITE DU VATICAN, 10 MAI 2009 (VIS). A 10 h, le Pape a célébré la messe au Stade de Amman en présence de 25.000 personnes. Au cours de son homélie, il a dit que la communauté catholique de ce pays était "profondément touchée par les difficultés et les incertitudes qui affectent tous les peuples du moyen-orient", encourageant les fidèles à "ne jamais oublier la grande dignité de leur héritage chrétien, ni la solidarité affectueuse de leurs frères et sœurs de l'Eglise de par le monde". Après avoir rappelé que c'est aujourd'hui en Jordanie la Journée mondiale de prière pour les vocations, Benoît XVI a invité les nombreux jeunes présents à "considérer comment le Seigneur les appelle à le suivre et à construire son Eglise que ce soit dans le ministère sacerdotal, dans la vie consacrée ou dans le sacrement de mariage". Rappelant que 2009 est en Terre Sainte l'année de la Famille, il a ainsi manifesté son souhait que chaque famille chrétienne "grandisse dans la fidélité à sa haute vocation pour être une véritable école de prière, où les enfants apprennent l'amour sincère de Dieu, où ils mûrissent par la maîtrise de soi et le souci du bien des autres, et où, modelés par la sagesse née de la foi, ils contribuent à construire une société toujours plus juste et fraternelle... Puissent les familles d'aujourd'hui...ne jamais manquer de l'assistance matérielle et morale dont elles ont besoin pour remplir leur rôle irremplaçable dans le service de la société!".

Soulignant aussi "la dignité particulière, la vocation et la mission des femmes dans le dessein de Dieu", thème de réflexion de l'Année de la Famille, le Saint-Père a ajouté que l'Eglise "doit au patient, aimant et fidèle témoignage d'innombrables mères chrétiennes, religieuses, enseignantes, médecins ou infirmières..., doit à toutes ces femmes qui, de différentes et parfois de très courageuses manières, ont consacré leurs vies à construire la paix et à promouvoir l'amour". Puis le Saint-Père a rappelé que "cette dignité reçue de Dieu et ce rôle des femmes n'ont pas toujours été suffisamment compris et estimés... Par son témoignage public de respect vis-à-vis de la femme, et sa défense de la dignité innée de toute personne humaine, l'Eglise en Terre Sainte peut apporter une importante contribution au progrès d'une vraie culture humaniste et à la construction de la civilisation de l'amour".

Commentant l'Evangile du jour dans lequel le Seigneur dit être le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, le Pape a ajouté: "Puisse le courage du Christ notre berger vous inspirer et vous soutenir chaque jour dans vos efforts pour rendre témoignage de la foi chrétienne et pour maintenir la présence de l'Eglise dans l'évolution du tissu social de ces terres si anciennes... La fidélité à vos racines chrétiennes, la fidélité à la mission de l'Eglise en Terre Sainte réclament à chacun de vous -a-t-il encore dit- un courage singulier: le courage de la conviction, née d'une foi personnelle, qui ne soit pas seulement une convention sociale ou une tradition familiale; le courage de dialoguer et de travailler aux côtés des autres chrétiens au service de l'Evangile et de la solidarité avec les pauvres, les personnes déplacées et les victimes des grandes tragédies humaines; le courage de construire de nouveaux ponts pour rendre possible la rencontre fructueuse des personnes de religions et de cultures différentes, et donc d'enrichir le tissu de la société. Cela signifie également rendre témoignage à l'amour qui nous porte à donner nos vies au service des autres, et ainsi à contrecarrer des manières de penser qui justifient qu'on puisse prendre des vies innocentes".

A la fin de la messe et avant le Regina Coeli, le Pape s'est adressé à Marie, demandant "à la Mère de l'Eglise de porter un regarder de miséricorde sur tous les chrétiens de cette région afin que, soutenus par son intercession, ils puissent être authentiquement unis dans la foi qu'ils professent et dans le témoignage qu'ils rendent".
PV-JORDANIE/MESSE/AMMAN VIS 20090511 (670)

EGLISES ORIENTALES ET TRADITION


CITE DU VATICAN, 9 MAI 2009 (VIS). La cathédrale melkite St.Georges a accueilli ce soir le Saint-Père qui a célébré les vêpres avec les représentants, prêtres, religieux et fidèles des Eglises catholiques locales, maronite, syriaque, arménienne, chaldéenne et latine. Etait présent l'Archevêque orthodoxe Benediktos Tsikoras. Après le mot d'accueil du Patriarche melkite SB Grégoire III Laham et de son Vicaire jordanien Mgr.Yasser Ayyach, Benoît XVI s'est adressé à l'assemblée: "L'Eglise est un peuple de pèlerins. Elle a été ainsi marquée, à travers les siècles, par des événements historiques déterminants et par des époques culturelles d'importance. Malheureusement, certaines ont parfois été accompagnées par des épisodes d'oppositions théologiques ou d'oppression. En revanche, d'autres ont été des moments de réconciliation renforçant merveilleusement la communion de l'Eglise et des temps de florissants renouveaux culturels auxquels les chrétiens de l'orient ont largement contribué... Tous les chrétiens sont appelés à répondre au commandement du Seigneur...de conduire les autres à le connaître et à l'aimer. Dans les faits, les vicissitudes de l'histoire ont fortifié les membres des Eglises particulières pour remplir ce devoir avec vigueur et se confronter résolument aux réalités pastorales de ce temps".

Rappelant ensuite les liens antiques de ces Eglises avec le Patriarcat d'Antioche et son enracinement au proche-orient, Benoît XVI a dit à ses interlocuteurs: "Aujourd'hui, en tant que minorités disséminées en communautés sur ces territoires, vous êtes reconnus comme les disciples du Seigneur. La dimension publique de votre foi chrétienne ne se restreint pas à la sollicitude spirituelle...à votre peuple, aussi essentiel que cela soit. Mais au contraire, vos nombreuses entreprises inspirées par la charité universelle s'étendent à tous les jordaniens, musulmans comme d'autres religions, ainsi qu'au grand nombre de réfugiés que ce royaume accueille si généreusement... Vos rites liturgiques, votre discipline ecclésiastique et votre héritage spirituel sont un témoignage vivant de votre tradition ininterrompue", a ajouté le Saint-Père rappelant aussi qu'en "imitant le Christ, ainsi que les patriarches et les prophètes de l'Ancien Testament, nous nous disposons à conduire le peuple du désert vers le lieu de la vie, vers le Seigneur qui nous donne la vie en abondance... Ceci marque l'ensemble de vos œuvres apostoliques, dont la variété et la dimension sont grandement appréciées... Votre présence dans cette société est un merveilleux signe de l'espérance qui nous définit comme chrétiens. Cette espérance déborde le cadre de nos communautés chrétiennes. Souvent, vous constatez que les familles appartenant à d'autres religions, avec lesquelles vous travaillez et auxquelles vous offrez un service de charité, partagent des préoccupations et des soucis qui dépassent les frontières culturelles ou religieuses". Ces préoccupations concernent surtout les espoirs et aspirations des parents pour leurs enfants et le Pape s'est ainsi demandé: "Qui, en tant que parent ou personne de bonne volonté, pourrait ne pas être troublé par les influences néfastes si présentes dans notre monde globalisé, notamment les facteurs destructeurs présents dans l'industrie du divertissement qui exploite sans cœur l'innocence et la sensibilité des jeunes et des personnes vulnérables ?".

Enfin, le Saint-Père a encouragé les candidats au sacerdoce et à la vie religieuse et tous les jeunes chrétiens jordaniens: "N'ayez pas peur d'offrir une contribution sage, pondérée et respectueuse à la vie publique de ce pays. La voix authentique de la foi apporte toujours intégrité, justice, compassion et paix !".
PV-JORDANIE/VEPRES/... VIS 20090511 (560)

samedi 9 mai 2009

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

CITE DU VATICAN, 9 MAI 2009 (VIS). Le Saint-Père a:

-Acceptée la renonciation à la charge pastorale du diocèse de Cochin (Inde) présentée par Mgr.John Thattumkal, SSC, en conformité au canon 401,2 du CIC. Son successeur a été nommé hier.

-Nommé l'Abbé Paul Kariuki, Evêque d'Embu (superficie: 2.741, population: 628.403, catholiques: 316.481, prêtres: 59, religieuses: 82), au Kenya. L'Evêque élu, né en 1963 à Kathunguri (Kenya) et ordonné prêtre en 1993, était jusqu'ici Professeur au grand séminaire de Nyeri (Kenya).

-Nommé le Cardinal Angelo Sodano, Doyen du Sacré Collège, Légat pontifical au millénaire de la Lituanie (Vilnius, 6 juillet).

-Nommé Membres de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, les Cardinaux Peter Kodwo Appiah Turkson, Cláudio Hummes et Jean-Claude Turcotte, Mgr.Erwin Joseph Ender, Mgr.Félix del Blanco Prieto et Mgr.Nikola Eterovic, Mgr.Oscar Zoungrana et le P.Adolfo Nicolás Pachón, SJ.

-Nommé Membres du Conseil cardinalice pour les questions fonctionnelles et économiques du Saint-Siège, les Cardinaux Agostino Vallini, Jorge Liberato Urosa Savino et Odilo Pedro Scherer.
RE:NER:NA/.../... VIS 20090509 (170)

RELIGION ET SOCIETE


CITE DU VATICAN, 9 MAI 2009 (VIS). A 11 h 30', après avoir visité le Musée hachémite, le Pape est entré dans la Mosquée voisine Al-Hussein Ben Talal, construite à la mémoire du père du Roi et inaugurée en 2006. Cette visite a été suivie d'une rencontre avec les chefs religieux musulmans, le corps diplomatique et les recteurs des universités qui font face à la mosquée. Le Cardinal Secrétaire d'Etat a brièvement répondu au salut du Prince Ghazi Bin Talal, signataire du message du 13 octobre 2007 adressé par 138 sages musulmans au Pape et aux responsables des autres Eglises et confessions chrétiennes. Puis Benoît XVI a pris la parole, faisant d'emblée part de sa préoccupation face à ceux pour qui la religion "est nécessairement une cause de division dans notre monde". Il s'est demandé s'il ne fallait pas aussi reconnaître "que c'est souvent la manipulation idéologique de la religion, parfois à des fins politiques, qui est le véritable catalyseur des tensions et des divisions et, parfois même, des violences dans la société". Musulmans et chrétiens doivent donc être "cohérents dans le témoignage qu'ils rendent à tout ce qui est vrai et bon, et toujours conscients de l'origine commune et de la dignité de toute personne humaine, qui se trouve au sommet du dessein créateur de Dieu à l'égard du monde et de l'histoire".

Le Saint-Père a ensuite salué la détermination des éducateurs et des responsables civils et religieux jordaniens "à s'assurer que le versant public de la religion reflète sa véritable nature", soulignant combien la coopération entre chrétiens et musulmans en Jordanie "est un exemple encourageant pour la région, et même pour le monde", affirmant "la contribution positive et créatrice que la religion peut et doit apporter à la société civile". Il a aussi souligné la nécessité pour chrétiens et musulmans d'assumer "le défi de développer en vue du bien, en référence à la foi et à la vérité, le vaste potentiel de la raison humaine... En tant que croyants au Dieu unique, nous savons que la raison humaine est elle-même un don de Dieu et qu'elle s'élève sur les cimes les plus hautes quand elle est éclairée par la lumière de la vérité divine. En fait, quand la raison humaine accepte humblement d'être purifiée par la foi, elle est loin d'en être affaiblie; mais elle en est plutôt renforcée pour résister à la présomption et pour dépasser ses propres limitations. De cette façon, la raison humaine est stimulée à poursuivre le noble but de servir le genre humain... Pour autant, loin de rendre étroits les esprits, l'adhésion authentique à la religion élargit l'horizon de la compréhension humaine. Elle protège la société civile des excès de l'égo débridé qui tend à absolutiser le fini et à éclipser l'infini, elle assure que la liberté s'exerce main dans la main avec la vérité, et elle enrichit la culture avec des vues relatives à tout ce qui est vrai, bon et beau".

Benoît XVI a ensuite rappelé que "c'est notre commune dignité humaine qui donne naissance aux droits humains universels. Ceux-ci valent également pour tout homme et toute femme, quelle que soit sa religion et quel que soit le groupe ethnique ou social auquel il appartienne. A cet égard, nous devons noter que le droit à la liberté religieuse dépasse la seule question du culte et inclut le droit - spécialement pour les minorités - d'avoir accès au marché de l'emploi et aux autres sphères de la vie publique". Avant de conclure, il a ajouté que la présence à cette rencontre du Patriarche de Bagdad, SB Emmanuel III Delly, le conduisait à évoquer "un peuple voisin, dont de nombreux citoyens ont trouvé refuge ici en Jordanie. Les efforts de la communauté internationale pour promouvoir la paix et la réconciliation, conjugués à ceux des responsables locaux, doivent continuer afin de porter des fruits dans la vie des Irakiens... Une fois encore, j'invite avec insistance les diplomates et la communauté internationale qu'ils représentent, ainsi que les responsables politiques et religieux locaux, à faire tout ce qui est possible pour assurer à l'antique communauté chrétienne de cette noble terre ses droits fondamentaux à une coexistence pacifique avec l'ensemble des autres citoyens".
PV-JORDANIE/CORPS DIPLOMATIQUE/AMMAN VIS 20090509 (710)

ENVOYE SPECIAL AU PORTUGAL


CITE DU VATICAN, 9 MAI 2009 (VIS). Aujourd'hui a été publiée la lettre latine (2 avril) par laquelle le Pape nomme le Cardinal José Saraiva Martins, CMF, son Envoyé spécial au 50 anniversaire du sanctuaire du Christ Roi d'Almada (Portugal, 17 mai). Le Cardinal sera accompagné de Mgr.José Joao Aires Lobato, Vicaire général du diocèse de Setúbal, et de l'Abbé Mário Rui Leal Pedras, Curé de la paroisse St.Nicolas de Lisbonne.
OP/ENVOYE SPECIAL/SARAIVA MARTINS VIS 20090509 (80)

INTERVIEW DANS L'AVION


CITE DU VATICAN, 8 MAI 2009 (VIS). Durant le vol de Rome à Amman, Benoît XVI a répondu à des questions de journalistes. En voici la transcription:

Question: "Ce voyage survient à un moment très délicat pour le Moyen Orient. Les tensions sont fortes à la suite de la crise de Gaza, où on pensait que vous seriez peut-être allé. Quelques jours après votre voyage, les responsables politiques d'Israël et de l'Autorité palestinienne rencontreront le président des Etats-Unis. Vous pensez apporter une contribution à un processus de paix qui semble enlisé?".

Benoît XVI: "Je voudrais avant tout vous remercier pour le travail" des journalistes. "Pour ce qui est de la question, je cherche à contribuer à la paix non en tant qu'individu, mais au nom de l'Eglise catholique, du Saint-Siège. Nous ne sommes pas un pouvoir politique, mais une force spirituelle et cette force spirituelle est une réalité qui peut soutenir l'avancée du processus de paix. Je vois trois niveaux. En tant que croyants, nous sommes convaincus que la prière est une vraie force, qui ouvre le monde à Dieu. Nous sommes convaincus que Dieu écoute et peut agir dans l'histoire. Je pense que si des millions de croyants, prient, cela influe sur le progrès de la la paix. Ensuite, nous cherchons à aider à la formation des consciences. La conscience est cette capacité de l'homme à percevoir la vérité, mais cette capacité est souvent contrecarrée par des intérêts particulier. La libérer en ouvrant davantage à la vérité, aux vraies valeurs, est la grande tâche de l'Eglise, celle d'aider à connaître les vraies valeurs et à se libérer d'intérêts particuliers. Troisième point, nous parlons aussi à la raison. C'est justement parce que l'Eglise n'est pas une puissance politique qu'elle peut plus facilement, à la lumière de la foi, percevoir les vrais critères, aider à comprendre ce qui contribue à la paix et parler à la raison, soutenir des positions raisonnables".

Question: "En tant que théologien, vous avez réfléchi sur l'unique racine qui rapproche les chrétiens et les juifs. Comment donc, en dépit des efforts de dialogue, y a-t-il souvent des malentendus? Comment voyez-vous l'avenir du dialogue entre les deux communautés?".

Benoît XVI: "C'est important que nous ayons la même racine, les mêmes Livres de l'Ancien Testament qui sont - pour les juifs comme pour nous - livre de la Révélation. Mais, naturellement, après deux mille ans d'histoire distincte et séparée, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des malentendus. Des traditions d'interprétation, de langage, de pensée, très différentes, se sont formées. Cette sorte de cosmos sémantique distinct fait que les mots mêmes signifient des choses différentes d'un côté et de l'autre. Et en utilisant des mots qui, au cours de l'histoire, ont formé des définitions différentes, naissent évidemment des malentendus. Nous devons tout faire pour apprendre chacun le langage de l'autre, et il me semble que nous faisons de grands progrès. Nous avons aujourd'hui la possibilité que des jeunes, futurs professeurs de théologie, étudient à Jérusalem, à l'Université hébraïque, tandis que les juifs ont des contacts académiques avec nous. Ainsi, y a-t-il une rencontre entre ces deux cosmos sémantiques. En apprenant les uns et les autres, nous avançons dans la voie du dialogue, nous apprenons l'un de l'autre, et je suis sûr et convaincu que nous faisons des progrès. Et ceci aidera aussi la paix, et même l'amour réciproque".

Question: "Ce voyage a deux dimensions essentielles pour le dialogue avec l'islam et avec le judaïsme. Y aura-t-il aussi un message commun concernant les trois religions qui se réclament d'Abraham?".

Benoît XVI: "Certainement, il existe un message commun et ce sera l'occasion de le rappeler et en dépit de la diversité des origines, nous avons des racines communes parce que le christianisme naît de l'Ancien Testament. Le Nouveau Testament n'aurait pas existé sans l'Ancien, parce qu'il se réfère en permanence à l'Ecriture, c'est-à-dire à l'Ancien Testament. Mais l'islam aussi est né dans un milieu où étaient présents le judaïsme comme certains courants du christianisme, judéo-christianisme, christianisme antiochien byzantin. Toutes ces circonstances se reflètent dans la tradition coranique si bien que nous avons beaucoup de choses en commun à commencer par la foi dans le Dieu unique. C'est pour cela qu'il est important d'avoir un dialogue bilatéral avec le judaïsme et avec l'islam, mais aussi et un dialogue trilatéral. J'ai été le co-fondateur d'une fondation pour le dialogue entre les trois religions dans laquelle il y avait ensemble des personnalités comme le Métropolite Damaskinos et le Grand Rabbin de France, René Samuel Sirat. Cette fondation a aussi fait une édition des livres des trois religions, le Coran, le Nouveau testament et l'Ancien Testament. Le dialogue trilatéral doit donc se poursuivre et il est aussi très important pour la paix et, disons, pour bien vivre sa propre religion".

Question: "Vous avez souvent évoqué la question de la diminution du nombre des chrétiens au proche et moyen orient, en particulier en Terre Sainte. C'est un phénomène qui a différentes causes de caractère politique, économique et social. Que peut-on faire pour aider la présence chrétienne dans la région? Quelle contribution espérez-vous apporter par votre voyage? Y a-t-il un avenir pour ces chrétiens? Avez-vous un message particulier pour les chrétiens de Gaza, qui viendront vous rencontrer à Bethléem?".

Benoît XVI: "Bien sûr qu'il y a une espérance! Le moment actuel est difficile mais c'est aussi un moment d'espérance dans un nouveau départ, un nouvel élan sur le chemin de la paix. Nous voulons encourager les chrétiens de Terre Sainte et de tout le moyen orient à y rester, à apporter leur contribution à leurs pays d'origine car ils sont une composante importante de la vie de ces régions. A côté des encouragements et de la prière, l'Eglise dispose sur place d'écoles et d'hôpitaux, qui constituent une présence très concrète. Nos écoles forment une génération qui aura la possibilité de compter dans la vie publique. Nous sommes en train de créer une université catholique en Jordanie, et il me semble que c'est une grande perspective de rencontre entre jeunes musulmans et chrétiens, qui apprendront ensemble. Elle favorisera en particulier le développement d'une élite chrétienne bien préparée à travailler pour la paix. Nos écoles et nos hôpitaux sont fondamentaux pour donner un avenir aux chrétiens. De nombreuses associations catholiques aident les chrétiens et les encouragent à rester dans leurs pays. J'espère que les chrétiens resteront et trouveront le courage, l'humilité et d'offrir leur contribution à l'avenir de ces pays".
PV-JORDANIE/INTERVIEW AVION/... VIS 20090509 (1080)

PREMIERE PIERRE DE L'UNIVERSITE DE MADABA


CITE DU VATICAN, 9 MAI 2009 (VIS). A 9 h 45' locale Benoît XVI s'est rendu à Madaba, à 19 km du Mont Nébo, ville rendue célèbre par la découverte de la "Carte de Madaba", mosaïque d'une église byzantine du VI siècle représentant la Terre Sainte avec les itinéraires pour arriver à Jérusalem et une description de la ville. Le Pape a rejoint en papamobile le quartier chrétien jusqu'au site où sera construite l'Université du Patriarcat latin, selon le souhait du Patriarche Fouad Twal, natif de Madaba. Le Saint-Père y a béni la première pierre de la future institution et s'est ensuite adressé aux personnes présentes.

"Je rends hommage -a-t-il dit- aux promoteurs de cette nouvelle institution -a-t-il dit- pour leur courageuse confiance qu'une bonne éducation est un point d'appui essentiel pour l'épanouissement personnel et pour la paix et le développement de la région...Tout en assimilant leur propre héritage, les jeunes jordaniens et les étudiants des pays voisins seront conduits à une connaissance plus profonde des réussites de l'humanité, seront enrichis par d'autres points de vue et formés à la compréhension, à la tolérance et à la paix... Cette éducation plus large, c'est ce que l'on attend des institutions d'enseignement supérieur et de leur environnement culturel, qu'il soit séculier ou religieux. En fait, croire en Dieu ne dispense pas de la recherche de la vérité; tout au contraire, cela l'encourage... Bien sûr, la religion, comme la science et la technologie, comme la philosophie et toutes les expressions de notre quête de la vérité, peut être corrompue. La religion est défigurée quand elle est mise au service de l'ignorance et du préjugé, du mépris, de la violence et des abus. Dans ce cas, nous ne constatons pas seulement une perversion de la religion mais aussi une corruption de la liberté humaine, une étroitesse et un aveuglement de l'esprit... Mais toute personne est aussi appelée à la sagesse et à l'intégrité, au choix décisif et fondamental du bien sur le mal, de la vérité sur la malhonnêteté, et elle peut être aidée dans cette tâche. L'appel à l'intégrité morale est perçu par la personne vraiment religieuse parce que le Dieu de la vérité, de l'amour et de la beauté, ne peut pas être servi d'une autre façon. Croire en Dieu de façon mûre est grandement utile à l'acquisition et à l'application même de la connaissance. Science et technologie offrent d'extraordinaires bienfaits à la société et ont grandement amélioré la qualité de vie des êtres humains... En même temps, la science a ses limites. Elle ne peut pas répondre à toutes les interrogations sur l'être humain et son existence... L'usage des connaissances scientifiques requiert la lumière de la sagesse éthique. Telle est la sagesse qui a inspiré le Serment d'Hippocrate, ou la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, ou la Convention de Genève et d'autres importants traités internationaux".

Benoît XVI s'est enfin adressé aux jeunes étudiants chrétiens. "Vous êtes appelés -leur a-t-il rappelé- à être les bâtisseurs d'une société juste et pacifique composée de personnes de religions différentes et d'origines ethniques diverses. Ces réalités, je désire le souligner une fois de plus, doivent conduire, non à des oppositions, mais à un enrichissement mutuel".
PV-JORDANIE/UNIVERSITE/MADABA VIS 20090509 (540)

vendredi 8 mai 2009

AVIS

CITE DU VATICAN, 8 MAI 2009 (VIS). En raison du voyage de Benoît XVI, le bulletin VIS sera diffusé demain samedi 9 mai.
.../.../... VIS 20090508 (20)
Copyright © VIS - Vatican Information Service