Home - VIS Vatican - Réception du VIS - Contactez-nous - Calendrier VIS

Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

dernières 5 nouvelles

VISnews  Twitter Go to YouTube

vendredi 16 janvier 2015

Entretien avec les journalistes dans le vol pour Manille


Cité du Vatican, 15 janvier (VIS). Au terme de la première partie du voyage apostolique, au cours du vol le conduisant de Colombo à Manille, le Pape François s’est entretenu une quarantaine de minutes avec les journalistes qui l’accompagnent. Il a répondu à quelques questions relatives à son voyage au Sri Lanka et aux Philippines, mais aussi sur les attentats commis à Paris, sur la liberté religieuse et la liberté d’expression, sur la sécurité dans ses déplacements et sur sa prochaine encyclique. Il a dit de cette dernière qu’elle serait probablement terminée fin mars et vraisemblablement publiée en juin ou juillet.

Voici une synthèse de quelques unes des réponses faites par le Pape.

Sur les attentats suicides qui ponctuent l’actualité: ''Derrière chaque attentat suicide, il y a un déséquilibre humain, mental peut-être, mais humain. Quelque chose ne fonctionne pas chez cette personne. Elle n’a pas cet équilibre sur le sens de sa vie et celle des autres. Ces personnes offrent leur vie mais ne l’offrent pas bien. Beaucoup de gens travaillent, comme par exemple les missionnaires qui donnent la vie, mais pour construire. Là on donne la vie en s’autodétruisant, pour détruire".

Sur la sécurité dans les voyages pontificaux et les menaces terroristes: ''La meilleure manière de répondre est d’être aimable. Etre aimable et humble... Ce sont les fidèles qui me préoccupent et j’ai parlé de cela avec les services de sécurité au Vatican. Si j’ai peur? J’ai un défaut, une grande dose d’inconscience... mais je sais que des mesures de sécurité sont prises, prudentes et sûres''.


Sur la liberté religieuse et la liberté d’expression: ''Il s’agit de deux droits fondamentaux... Allons à Paris, parlons clairement. Chacun a le droit de pratiquer sa religion, sans offenser, librement... on ne peut offenser, faire une guerre, tuer au nom de sa religion, au nom de Dieu. Ce qui se passe actuellement nous touche. Mais nous pensons toujours à notre histoire, combien de guerres de religion nous avons fait... nous aussi nous sommes pécheurs pour cela. Mais on ne peut pas tuer au nom de Dieu, c’est une aberration... Chacun a non seulement la liberté, le droit mais aussi l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider le bien commun... mais sans offenser. Il est vrai que l’on ne peut réagir violemment, mais si un de mes amis insulte ma mère, je lui mets un coup de poing! C’est normal, on ne peut pas provoquer, on ne peut insulter la foi des autres... Il y a une limite, et dans la liberté d’expression il y a aussi des limites".

Le Pape salue le courage des philippins face aux calamités naturelles


Cité du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). Ce matin à Manille (heure locale), le Pape s'est rendu au palais présidentiel où, après une brève cérémonie protocolaire, il s'est entretenu quarante cinq minutes en privé avec le chef de l'Etat et sa famille. Après quoi, il a gagné le salon d'honneur pour s'adresser aux corps constitués réunis. Voici le discours du Saint-Père:

"Ma visite est avant tout pastorale. Elle a lieu alors que l’Eglise de ce pays se prépare à célébrer le cinquième centenaire de la première proclamation de l’Evangile... Le message chrétien a eu une immense influence sur la culture philippine. Mon espérance est que cet important anniversaire mette en relief sa fécondité constante et sa capacité à inspirer une société digne de la bonté, de la dignité et des aspirations du peuple philippin. Cette visite veut, en particulier, exprimer ma proximité à nos frères et sœurs qui ont connu la souffrance, la perte et la dévastation causées par le typhon Yolanda". Nous avons tous "admiré la force héroïque, la foi et la résistance dont ont fait preuve beaucoup de Philippins face à ce désastre. Ces vertus, enracinées principalement dans l’espérance et la solidarité inculquées par la foi chrétienne, ont été à l’origine d’une profusion de bonté et de générosité, surtout de la part de beaucoup de jeunes. En ce moment de crise nationale, d’innombrables personnes sont venues en aide à leurs voisins dans le besoin. Avec grand sacrifice, ils ont offert leur temps et leurs ressources, en créant un réseau de secours mutuels et d’engagements pour le bien commun. Cet exemple de solidarité dans le travail de reconstruction nous enseigne une leçon importante. Toute société, telle une famille, puise dans ses ressources les plus profondes pour affronter de nouveaux défis.

Comme beaucoup d’autres pays d’Asie, les Philippines se trouvent devant la nécessité de construire une société moderne solidement fondée, une société respectueuse des valeurs humaines, qui garde notre dignité ainsi que les droits humains, fondés sur Dieu, et qui soit prête à affronter de nouvelles et complexes questions éthiques et politiques. Comme l’ont signalé de nombreuses voix, il est maintenant plus que jamais nécessaire que les dirigeant politiques se distinguent par leur honnêteté, leur intégrité et leur responsabilité envers le bien commun. Ils pourront ainsi préserver les riches ressources humaines et naturelles avec lesquelles Dieu a béni ce pays. Ils seront ainsi capables de gérer les ressources morales nécessaires pour affronter les requêtes du présent, et transmettre aux générations futures une société vraiment juste, solidaire et pacifique. L’exigence morale d’assurer la justice sociale et le respect de la dignité humaine est essentielle à la réalisation de ces objectifs nationaux. La grande tradition biblique prescrit à tous les peuples le devoir d’entendre la voix des pauvres et de briser les chaînes de l’injustice et de l’oppression qui donnent lieu à de...scandaleuses inégalités sociales. La réforme des structures sociales qui entretiennent la pauvreté et l’exclusion des pauvres, requiert avant tout une conversion de l’esprit et du cœur. Les évêques des Philippines ont demandé que cette année soit proclamée Année des pauvres. J’espère que cette requête prophétique provoquera en chacun, à tous les niveaux de la société, le refus ferme de toute forme de corruption qui détourne les ressources destinées aux pauvres. Puisse-t-elle inspirer des efforts concertés pour inclure tout homme, toute femme et tout enfant dans la vie de la communauté.

Un rôle fondamental pour le renouvellement de la société est joué, naturellement, par la famille et spécialement par les jeunes. Un aspect particulier de ma visite sera ma rencontre avec les familles et avec les jeunes ici à Manille. Les familles ont une mission indispensable dans la société. C’est dans la famille que les enfants grandissent dans des valeurs saines, des idéaux élevés, et dans une authentique préoccupation pour les autres. Mais, comme tous les dons de Dieu, la famille peut aussi être défigurée et détruite. Elle a besoin de notre appui. Nous savons combien il est difficile aujourd’hui pour nos démocraties de préserver et de défendre ces valeurs humaines de base, comme le respect de l’inviolable dignité de toute personne humaine, le respect des droits à la liberté de conscience et de religion, le respect de l’inaliénable droit à la vie, depuis celle des enfants qui ne sont pas encore nés, jusqu’à celle des personnes âgées et des malades. Pour cette raison, les familles et les communautés doivent être encouragées et assistées dans leurs efforts pour transmettre aux jeunes les valeurs et la vision qui peut aider à créer une culture de l’intégrité... Il faut faire honneur à la bonté, à la sincérité, à la fidélité et à la solidarité qui sont les fondements solides et le ciment moral qui maintiennent unie la société". Par ailleurs, "je ne peux pas manquer de mentionner le rôle important des Philippines dans la promotion de la compréhension et de la coopération entre les pays d’Asie, ainsi que la contribution, souvent négligée mais non moins réelle, des philippins de la diaspora à la vie et au bien être des sociétés dans lesquelles ils vivent. C’est précisément à la lumière du riche héritage culturel et religieux dont votre nation est fière, que je vous lance un défi et un encouragement. Puissent les plus profondes valeurs spirituelles du peuple philippin continuer à trouver leur expression dans l’effort pour procurer à vos concitoyens un développement humain intégral. De cette manière, toute personne sera capable de réaliser ses propres potentialités et ainsi contribuer sagement et bien à l’avenir du pays. J’ai confiance que les efforts..de promotion du dialogue et de la coopération entre les différentes religions porteront du fruit dans la poursuite de ce noble objectif. De façon particulière, j’exprime ma confiance que les progrès accomplis pour apporter la paix dans le sud du pays produiront des solutions justes en accord avec les principes fondateurs de la nation et dans le respect des droits inaliénables de tous, y compris ceux des populations indigènes et des minorités religieuses". 

Messe dans la cathédrale de Manille


Cité du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). Après sa visite au palais présidentiel, le Saint-Père s'est rendu en voiture à la cathédrale de Manille, la mère de toutes les églises du pays, érigée en basilique mineure par Jean-Paul II. L'édifice actuel, qui remonte aux années 1950, occupe l'emplacement de la première église de 1581, détruite par un typhon et plusieurs fois reconstruite après incendies, séismes et bombardements de la seconde guerre mondiale. Elle vient de connaître une ultime restauration et n'a été réouverte au culte qu'en avril 2014. Le Saint-Père a concélébré la messe avec les évêques philippins, en présence du clergé, de séminaristes et religieux. Voici son homélie:

Le Seigneur a demandé à Pierre: M’aimes-tu? Puis lui a dit: Pais mes agneaux. "Ces paroles de l’Evangile du jour sont les premières paroles que je vous adresse... Elles nous rappellent quelque chose d’essentiel, que tout ministère pastoral est né de l’amour. Tout ministère pastoral est né de l’amour. Toute vie consacrée est un signe de l’amour réconciliateur du Christ. Comme sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, dans la variété de nos vocations, chacun de nous est appelé, en quelque sorte, à être l’amour dans le cœur de l’Eglise. Je vous salue avec affection, et vous demande de la porter à vos frères et sœurs âgés et malades et à tous ceux qui nous pas pu s’unir à nous. Alors que l’Eglise aux Philippines se prépare au cinquième centenaire de son évangélisation, nous éprouvons de la gratitude pour l’héritage laissé par tant d’évêques, de prêtres et de religieux du passé. Ils se sont efforcés, non seulement de prêcher l’Evangile et de construire l’Eglise dans ce pays, mais aussi de forger une société inspirée du message évangélique de la charité, du pardon et de la solidarité au service du bien commun. Aujourd’hui vous continuez ce travail d’amour. Comme eux, vous êtes appelés à construire des ponts, à paître le troupeau du Christ, et à préparer de nouvelles voies à l’Evangile en Asie à l’aube d’une ère nouvelle. L’amour du Christ nous saisit: Dans la première lecture, Paul nous dit que l’amour que nous sommes appelés à proclamer est un amour réconciliateur, qui coule du cœur du Sauveur crucifié. Nous sommes appelés à être ambassadeurs au nom du Christ. Notre ministère est un ministère de réconciliation. Nous proclamons la Bonne Nouvelle de l’amour, de la miséricorde et de la compassion infinis de Dieu. Nous proclamons la joie de l’Evangile, qui est la promesse de la grâce de Dieu, qui seule peut apporter plénitude et guérison à notre monde abimé. L’Evangile peut inspirer la construction d’un ordre social vraiment juste et racheté. Etre ambassadeur du Christ signifie avant tout inviter chacun à une rencontre personnelle renouvelée avec le Seigneur. Notre rencontre personnelle avec lui. Cette invitation doit être au centre de votre commémoration de l’évangélisation des Philippines. Mais l’Évangile est aussi une exhortation à la conversion, à un examen de conscience, comme individu et comme peuple.

Comme l’ont justement enseigné les évêques des Philippines, votre Eglise est appelée à reconnaître et combattre les causes de l’inégalité et de l’injustice, profondément enracinées, qui salissent le visage de la société, en s’opposant clairement aux enseignements du Christ. L’Evangile appelle les chrétiens à avoir des vies honnêtes, intègres, et soucieuses du bien commun. Mais il appelle aussi les communautés chrétiennes à créer des cercles d’intégrité, des réseaux de solidarité qui peuvent pousser à embrasser et à transformer la société par leur témoignage prophétique. Les pauvres...sont au cœur de l’Evangile. Si nous les enlevons de l’Evangile, nous ne pouvons pas comprendre la totalité du message de Jésus-Christ. Comme ambassadeurs du Christ, nous, évêques, prêtres et religieux, devrions être les premiers à accueillir sa grâce réconciliatrice dans nos cœurs. Saint Paul explique ce que cela signifie. Cela signifie rejeter les perspectives mondaines, en regardant de nouveau toute chose à la lumière du Christ. Cela implique que nous soyons les premiers à examiner notre conscience, à reconnaître nos échecs et nos chutes, et à emprunter la voie de la conversion continuelle, chaque jour la conversion. Comment pouvons-nous proclamer aux autres la nouveauté et le pouvoir libérateur de la Croix, si nous-mêmes ne permettons pas à la parole de Dieu de secouer notre complaisance, notre peur de changer, nos compromissions mesquines avec les manières de ce monde, notre mondanité spirituelle. Pour nous, prêtres et personnes consacrées, la conversion à la nouveauté de l’Evangile implique une rencontre quotidienne avec le Seigneur dans la prière. Les saints nous enseignent que c’est la source de tout zèle apostolique. Pour nous vivre la nouveauté de l’Evangile signifie aussi retrouver toujours, dans la vie de la communauté et les apostolats de la communauté, l’incitation à une union toujours plus étroite avec le Seigneur dans la charité parfaite. Pour nous tous, cela signifie vivre de manière à refléter la pauvreté du Christ, dont la vie entière était centrée sur l’accomplissement de la volonté du Père et le service les autres. La grande menace à cela, naturellement, est de tomber dans un certain matérialisme qui peut s’insinuer dans nos vies et compromettre le témoignage que nous donnons. C’est seulement en devenant nous-mêmes pauvres, en devenant nous-mêmes pauvres, en renonçant à notre auto-accomplissement, que nous pourrons nous identifier aux derniers de nos frères et sœurs. Nous verrons les choses sous une lumière nouvelle et nous pourrons ainsi répondre avec honnêteté et avec intégrité au défi d’annoncer la radicalité de l’Evangile dans une société habituée à l’exclusion, à la polarisation et à la scandaleuse inégalité.
Je voudrais maintenant m'adresser aux jeunes prêtres, religieux et séminaristes présents. Je vous demande de partager la joie et l’enthousiasme de votre amour pour le Christ et pour l’Eglise avec tous, mais surtout avec ceux de votre âge. Soyez présents au milieu des jeunes qui peuvent être désorientés et découragés, et qui cependant continuent de voir l’Eglise comme leur amie sur le chemin et une source d’espérance. Soyez proches de ceux qui, en vivant au milieu d’une société alourdie par la pauvreté et par la corruption, sont découragés en esprit, tentés de tout laisser tomber, d’arrêter l’école et de vivre dans les rues. Proclamez la beauté et la vérité du message chrétien à une société qui est tentée par des présentations confuses de la sexualité, du mariage et de la famille", réalités de plus en plus attaquées par des forces puissantes qui menacent de défigurer le plan de Dieu sur la création et de trahir les vraies valeurs qui ont inspiré et donné forme à tout ce qu’il y a de beau dans votre culture. La culture philippine, en effet, a été pétrie par la créativité de la foi. Les Philippins sont connus pour leur amour de Dieu, pour leur piété fervente et pour leur chaleureuse dévotion à Notre Dame et au Rosaire leur amour de Dieu... Ce grand héritage contient un fort potentiel missionnaire. C’est la manière dont votre peuple a inculturé l’Evangile et continue à accueillir son message. Dans votre effort de préparation au cinquième centenaire, construisez sur ces bases solides. Le Christ est mort pour tous de sorte que, en étant morts en lui, nous puissions vivre non plus pour nous-mêmes mais pour lui... J’implore de Marie, Mère de l’Eglise, de faire surgir pour vous tous une telle abondance de zèle, que vous puissiez vous dépenser avec abnégation au service de nos frères et sœurs. De cette manière, puisse l’amour réconciliateur du Christ pénétrer encore plus pleinement dans le tissu de la société philippine et, à travers vous, jusqu’aux recoins les plus lointains du monde".


Après la messe, le Pape François s'est rendu dans un foyer proche, appartenant à la fondation Tulay ng Kabataan, abritant des enfants des rues, avec trois cent desquels il a conversé pendant une vingtaine de minutes, entouré de leurs manifestations d'affection. Puis il a regagné la nonciature pour dîner et passer sa seconde nuit aux Philippines.

Les familles, disciples et missionnaires


Cité du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). A 17 h (heure locale) le Pape s'est rendu en voiture découverte au palais des sports Mall of Asia Arena pour la dernière phase de son séjour à Manille, pour y rencontrer 20.000 fidèles représentants les familles catholiques des Philippines. Après chants et danses, il s'est adressé à l'assemblée

"Chères familles, chers amis dans le Christ, merci de votre présence...et pour votre témoignage d'amour envers Jésus et son Eglise... Je remercie tout particulièrement ceux qui ont présenté leurs témoignages et ont partagé leur vie de foi avec nous. L'Ecriture parle rarement de saint Joseph, mais quand elle le fait, nous le trouvons souvent en train de se reposer, en présence d'un ange qui lui révèle la volonté de Dieu... Ce soir, je voudrais me reposer dans le Seigneur avec vous tous, et réfléchir avec vous sur le don de la famille. Le sommeil de Joseph lui a révélé la volonté de Dieu. En ce moment de repos dans le Seigneur, en faisant une pause dans nos nombreux devoirs et activités, Dieu nous parle, à nous aussi. Il nous parle dans la lecture que nous avons écoutée, dans nos prières et dans les témoignages, ainsi que dans le silence de notre cœur. Réfléchissons sur ce que le Seigneur nous dit, spécialement dans l’Evangile à peine lu. Il y a trois aspects de ce passage que je vous demande de prendre en considération: Se reposer dans le Seigneur, se lever avec Jésus et Marie, et être une voix prophétique.
Se reposer dans le Seigneur: Le repos est bien nécessaire à la santé de nos esprits et de nos corps, et pourtant souvent il est difficile d’y parvenir, à cause des nombreuses exigences qui pèsent sur nous. Le repos est aussi essentiel pour notre santé spirituelle. Ainsi nous pouvons écouter la voix de Dieu et comprendre ce qu’il nous demande. Joseph a été choisi par Dieu pour être le père adoptif de Jésus et l’époux de Marie. En tant que chrétiens, nous sommes nous aussi appelés, comme Joseph, à offrir une maison à Jésus. Vous préparez une maison pour lui dans vos cœurs, dans vos familles, dans vos paroisses et dans vos communautés. Pour écouter et accepter l’appel de Dieu, pour construire une maison à Jésus, vous devez être en mesure de vous reposer dans le Seigneur. Vous devez trouver le temps, chaque jour, pour prier. Mais vous pourriez me dire vouloir prier mais avoir top de travail à accomplir. Je dois prendre soin de mes enfants, j’ai les travaux domestiques, je suis trop fatigué même pour dormir. Cela pourrait être vrai, mais si nous ne prions pas, nous ne connaîtrons jamais la chose la plus importante de toutes, le dessein de Dieu pour nous. En outre, dans toute notre activité, dans la multiplicité de nos occupations, sans la prière, nous obtiendrons vraiment peu. Se reposer dans la prière est particulièrement important pour les familles. Avant tout, c’est en famille que nous apprenons à prier. Là, nous arrivons à connaître Dieu, à grandir comme hommes et femmes de foi, à nous voir comme membres de la plus grande famille de Dieu, l’Eglise. En famille, nous apprenons à aimer, à pardonner, à être généreux et ouverts et non fermés et égoïstes. Nous apprenons à aller au-delà de nos besoins, à rencontrer les autres et à partager nos vies avec eux. Voilà pourquoi il est si important de prier en tant que famille. Voilà pourquoi les familles sont si importantes dans le plan de Dieu pour l’Eglise... Ces précieux moments de repos, de pause de prière avec le Seigneur, sont des moments que nous voudrions peut-être pouvoir prolonger. Mais comme Joseph, une fois écoutée la voix de Dieu, nous devons nous réveiller de notre sommeil. Nous devons nous lever et agir. La foi ne nous retire pas du monde, mais elle nous y insère davantage. Chacun de nous, en effet, joue un rôle spécial dans la préparation de la venue du Royaume dans notre monde. Tout comme le don de la Sainte Famille a été confié à saint Joseph, ainsi le don de la famille et sa place dans le plan de Dieu nous sont confiés. L’Ange du Seigneur a révélé à Joseph les dangers qui menaçaient Jésus et Marie, les obligeant à fuir en Egypte et puis à s’établir à Nazareth. De la même manière, en notre temps, Dieu nous appelle à reconnaître les dangers qui menacent nos propres familles et à les protéger du mal.
Les pressions sur la vie de la famille sont aujourd’hui nombreuses. Aux Philippines, d’innombrables familles souffrent encore des conséquences des catastrophes naturelles. La situation économique a provoqué la désintégration des familles avec l’émigration et la recherche d’un emploi. En outre, des problèmes financiers étreignent beaucoup de foyers. Tandis que trop de personnes vivent dans la pauvreté extrême, d’autres sont saisies par le matérialisme et par des styles de vie qui détruisent la vie familiale et les exigences les plus fondamentales de la morale chrétienne. La famille est aussi menacée par les efforts croissants de certains pour redéfinir l’institution même du mariage à travers le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque d’ouverture à la vie. Notre monde a besoin de bonnes et fortes familles pour vaincre ces menaces. Votre pays a besoin de familles saintes et pleines d’amour pour protéger la beauté et la vérité de la famille dans le plan de Dieu, et constituer un soutien ainsi qu’un exemple pour les autres familles. Chaque menace à la famille est une menace à la société elle-même. Comme Jean-Paul II l’a souvent dit, l’avenir de l’humanité,passe par la famille. Protégez donc vos familles! Voyez en elles le plus grand trésor de votre nation et nourrissez-les toujours de la prière et de la grâce des sacrements. Les familles auront toujours leurs épreuves, elles n’ont pas besoin qu’on leur en rajoute d’autres. Au contraire, soyez des exemples d’amour, de pardon et d’attention. Soyez des sanctuaires de respect pour la vie, en proclamant la sacralité de chaque vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. Quel grand don ce serait pour la société, si chaque famille chrétienne vivait pleinement sa noble vocation. Alors, levez-vous avec Jésus et Marie, et préparez-vous à parcourir la route que le Seigneur trace pour chacun de vous.


Enfin, l’Evangile que nous avons écouté nous rappelle que notre devoir de chrétiens est d’être des voix prophétiques au sein de nos communautés. Joseph a écouté la voix de l’Ange du Seigneur et a répondu à l’appel de Dieu de prendre soin de Jésus et de Marie. Ainsi, il a joué son rôle dans le plan de Dieu et il est devenu une bénédiction non seulement pour la Sainte Famille, mais une bénédiction pour toute l’humanité. Avec Marie, Joseph a servi de modèle pour l’Enfant Jésus pendant qu’il grandissait en sagesse, en âge et en grâce. Quand les familles donnent naissance aux enfants dans notre monde, les éduquent à la foi ainsi qu’aux valeurs saines, et leur enseignent à offrir leur contribution à la société, elles deviennent une bénédiction pour notre monde. L’amour de Dieu devient présent et actif à la manière dont nous nous aimons et par les bonnes œuvres que nous réalisions. Nous faisons croître le royaume du Christ en ce monde. En faisant cela, nous nous montrons fidèles à la mission prophétique que nous avons reçue dans le baptême. Durant cette année, que vos évêques ont choisie comme Année des pauvres, je recommande aux familles d’être particulièrement attentives à notre appel à être disciples missionnaires de Jésus. Cela signifie être prêt à aller au-delà des limites de vos maisons et prendre soin des frères et sœurs plus nécessiteux. Je vous demande de vous intéresser spécialement à ceux qui n’ont pas leur propre famille, en particulier à ceux qui sont âgés et aux enfants privées de leurs parents. Ne les laissez jamais se sentir isolés, seuls et abandonnés, mais aidez-les à se rendre compte que Dieu ne les a pas oubliés. Vous pourriez être vous aussi pauvres dans le sens matériel, mais vous avez une abondance de dons à offrir quand vous offrez le Christ et la communauté de son Eglise. Ne cachez pas votre foi, ne cachez pas Jésus, mais portez-le au monde et offrez le témoignage de votre vie de famille... Je prie pour que le Seigneur continue d’approfondir votre amour pour lui et que cet amour puisse se manifester à travers votre amour réciproque et votre amour pour l’Eglise. Priez souvent et portez les fruits de votre prière dans le monde, que tous puissent connaître Jésus-Christ et son amour miséricordieux. S’il vous plaît, priez aussi pour moi, j’ai vraiment besoin de vos prières et je compte toujours sur elles".

Fin de la réunion des Commissions doctrinales européennes


Cité du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). A Esztergom (Hongrie) s'est conclue hier la réunion des Présidents des Commissions doctrinales des Conférences épiscopales européennes, à laquelle ont également pris part le Cardinal Préfet et le Secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi. En ouverture des travaux le 13 janvier, le Cardinal Gerhard Ludwig Müller a lu une lettre du Pape soulignant l'importance d'encourager les divers épiscopats et leurs commissions doctrinales dans leur responsabilité en matière d'unité et d'intégrité de la foi, mais aussi de sa transmission aux jeunes générations. Faisant ensuite référence à l'exhortation Evangelii Gaudium, il a dit espérer que la réunion pourrait contribuer à envisager collégialement certaines questions doctrinales et pastorales délicates, de manière à susciter chez les fidèles un sursaut missionnaire, une plus grande ouverture au caractère transcendant de la vie sans laquelle l'Europe risque de perdre l'humanisme qu'elle se plaît à défendre. Le rapport présenté par le Cardinal Müller a abordé la nature théologique des commissions doctrinale et le rôle des évêques comme maîtres de foi. Ensuite, les débats ont porté sur l'unicité et l'universalité salvifique du Christ et sur l'annonce évangélique comme première mission de l'Eglise. Le second jour, il a été question de la théorie du genre, de l'anthropologie chrétienne et de la liberté religieuse. Le lendemain, de la nouvelle évangélisation, du sacrement de la pénitence et du fonctionnement de la commission doctrinale épiscopale. Cette réunion a permis de renforcer la collaboration entre ces organes des épiscopats européens et la Congrégation pour la doctrine de la foi, en vue de mieux envisager les enjeux doctrinaux qui se posent à l'Europe.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé José María Baliña, Auxiliaire de l'Archevêque de Buenos Aires (Argentine). L'Evêque élu, né en 1959 à Buenos Aires (Argentine) et ordonné prêtre en 1989, était jusqu'ici Curé Doyen de la paroisse St.Isidro Labrador à Buenos Aires. Ingénieur agronome, il a été curé de paroisses, Membre du Presbyterium, Vice Président de l'association ecclésiale St.Pierre.

Mgr.Nicholas James Samra, Evêque melkite de Newton (USA), Administrateur apostolique de l'éparchie melkite de Notre Dame del Paraíso en México (Mexique).


jeudi 15 janvier 2015

Le Pape François est arrivé aux Philippines


Cité du Vatican, 15 janvier 2015 (VIS). Tôt ce matin (heure locale), le Saint-Père a quitté la nonciature de Colombo pour l'aéroport, faisant halte à l'Institut culturel Benoît XVI de Bolawalana. Il a prié un instant en la chapelle Notre Dame de Lanka, où l'attendaient la communauté jésuite voisine, un choeur et des pêcheurs locaux. Le Recteur lui a présenté les 250 ouvriers ayant pris part à la construction du centre. La chapelle de Lanka, qui remonte à 1911 et qui était l'objet d'un pèlerinage marial, était initialement dédié à la Vierge de Lourdes. A l'orée de la seconde guerre mondiale, l'Archevêque de Colombo le Cardinal Masson fit le voeu de construire un sanctuaire si la Vierge épargnait le pays. La nouvelle église fut consacrée en 1974 et Paul VI lui concéda le titre de basilique mineure. Quant à l'Institut culturel Benoît XVI, il fut lancé par le Cardinal Malcolm Ranjith en 2011, dans le but de favoriser la réconciliation nationale après une guerre civile de trente ans.


A 9 h locales, après avoir pris congé du chef de l'Etat et des autorités srilankaises, le Pape a embarqué à destination des Philippines, deuxième étape de son voyage en Asie. Après un peu plus de six heures de voyage, l'avion papal a atterri à Manille, où l'attendaient le Président Benigno Aquino III et les corps constitués. Après une cérémonie de bienvenue brève mais colorée, au soleil couchant, il a gagné en voiture le coeur de la capitale philippine, salué par une foule compacte sur les neuf km du trajet. A la nonciature apostolique, avant de passer sa première nuit aux Philippines, le Saint-Père a dîné avec ses collaborateurs. 

Accord Serbie Saint-Siège sur l'enseignement supérieur


Cité du Vatican, 15 janvier 2015 (VIS). Par consensus, la Serbie et le Saint-Siège ont fait entrer en vigueur le 12 janvier l'Accord du 27 juin 2014 qui règle leur collaboration en matière d'enseignement supérieur et en fixe les principes et les dispositions.   

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 15 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a:

Confirmé l'élection de l'Abbé Basel Yaldo comme Auxiliaire du Patriarche chaldéen. L'Evêque élu, né en 1970 à Telkaif (Irak) et ordonné prêtre en 2002, était jusqu'ici Curé de paroisse aux Etats-Unis d'Amérique. Docteur en théologie, il a été professeur et Vice Recteur du grand séminaire chaldéen de Badgad (Irak), secrétaire particulier du défunt Patriarche, le Cardinal Emmanuel III Delly.

Nommé Mgr.Amel Shamon Nona, Evêque de l'éparchie chaldénne de St.Thomas Apôtre à Sydney (Australie). Jusqu'ici Archevêque chaldéen de Mossoul (Irak), il conserve le rang archiépiscopal et succède à Mgr.Djibraïl Kassab, dont la renonciation a été acceptée. Docteur en théologie, il a exercé son ministère sacerdotal près l'éparchie chaldénne de de St.Thomas Apôtre à Detroit (USA).


Nommé le Chorévêque Emmanuel Challita, Evêque de l'éparchie chaldénne de Mar Addai à Toronto (Canada). L'Evêque élu, né en 1956 à Fishkabour - Zakho (Irak) et ordonné prêtre en 1984, était jusqu'ici curé de paroisse aux Etats-Unis d'Amérique. Docteur en théologie, il a exercé son ministère sacerdotal près l'éparchie chaldénne de de St.Thomas Apôtre à Detroit (USA).

mercredi 14 janvier 2015

Le premier saint srilankais

Le premier saint srilankais
Cité du Vatican, 14 janvier 2015 (VIS). Ce matin à Colombo (8 h 30' locales) le Pape s'est rendu au parc Galle Face Green où, il y a quinze ans, Jean-Paul II avait béatifié Joseph Vaz. Devant près d'un demi million de fidèles, il a célébré la messe de canonisation du premier saint local, né à Goa en en 1651 dans une famille locale chrétienne de la classe brahmanique (colonie portugaise). D'abord prêtre de l'Oratoire, il gagna en 1687 la partie de Ceylan (actuel Sri Lanka) qui, sous domination hollandaise, ne comptait aucun prêtre catholique. Il exerça son ministère clandestinement. Arrêté et incarcéré, il fut relâché et put retourner dans le royaume bouddhiste de Kandy (centre de l'île), où il fut autorisé en 1696 à prêcher. Devenu Vicaire pour l'île, il mourut d'épuisement en 1711. Voici l'homélie prononcée par le Saint-Père:

"Comme de très nombreux autres missionnaires dans l’histoire de l’Eglise, il a répondu au commandement du Ressuscité de faire de toutes les nations des disciples. Par ses paroles, mais, plus important, par l’exemple de sa vie, il a conduit le peuple de cette nation à la foi qui nous donne l’héritage parmi tous les sanctifiés. Nous voyons chez saint Joseph Vaz un signe éloquent de la bonté et de l’amour de Dieu pour le peuple du Sri Lanka. Mais nous voyons aussi en lui une incitation à persévérer sur la voie de l’Evangile, à grandir nous-mêmes en sainteté, et à témoigner du message évangélique de réconciliation auquel il a consacré sa vie. Pour de nombreuses raisons, il continue d’être un exemple et un maître.

Avant tout, il fut un prêtre exemplaire. Il y a ici avec nous aujourd’hui beaucoup de prêtres, de religieux et religieuses qui, comme Joseph Vaz, sont consacrés au service de l’Evangile de Dieu et du prochain. J’encourage chacun de vous à regarder Saint Joseph Vaz comme un guide sûr. Il nous apprend à sortir vers les périphéries, pour que Jésus-Christ soit connu et aimé partout. Il est aussi un exemple de souffrance patiente pour la cause de l’Evangile, d’obéissance aux supérieurs, de soin affectueux pour l’Eglise de Dieu. Comme nous, il a vécu à un moment de rapide et profonde transformation. Les catholiques étaient une minorité, souvent divisée de l’intérieur. Au dehors il y avait une hostilité occasionnelle, et même de la persécution. Malgré cela, parce qu’il fut constamment uni par la prière au Seigneur crucifié, il a été capable de devenir pour tous une icône vivante de l’amour miséricordieux et réconciliateur de Dieu. En second lieu, saint Joseph nous a montré l’importance de dépasser les divisions religieuses pour le service de la paix. Son amour indivis de Dieu l’a ouvert à l’amour du prochain. Il a exercé son ministère pour les personnes qui étaient dans le besoin, quelles qu’elles soient, et où qu’elles soient. Son exemple continue à inspirer l’Eglise au Sri Lanka aujourd’hui. Bien volontiers et généreusement, elle sert tous les membres de la société. Elle ne fait pas de distinctions de race, de credo, d’appartenance tribale, de condition sociale ni de religion dans le service qu’elle rend à travers ses écoles, ses hôpitaux, cliniques et de nombreuses autres œuvres de charité. Elle ne demande rien d’autre que la liberté d’accomplir sa mission. La liberté religieuse est un droit humain fondamental. Tout individu doit être libre, seul ou associé avec d’autres, de chercher la vérité, d’exprimer ouvertement ses convictions religieuses, libre des intimidations et des contraintes extérieures. Comme la vie de Joseph Vaz nous l’enseigne, l’authentique adoration de Dieu conduit non pas à la discrimination, à la haine et à la violence, mais au respect de la sacralité de la vie, au respect de la dignité et de la liberté des autres, et à l’engagement affectueux pour le bien-être de tous. Enfin, saint Joseph nous donne un exemple de zèle missionnaire. Bien qu’il soit venu à Ceylan pour être prêtre au service de la communauté catholique, dans sa charité évangélique il est allé vers tous. Laissant derrière lui sa maison, sa famille, le confort de ses lieux familiers, il a répondu à l’appel d’aller au-delà, de parler du Christ partout où il serait conduit. Saint Joseph savait comment offrir la vérité et la beauté de l’Evangile dans un contexte multi-religieux, avec respect, dévouement, persévérance et humilité. C’est encore la voie pour les disciples de Jésus aujourd’hui. Nous sommes appelés à aller plus loin avec le même zèle, avec le même courage que saint Joseph, mais aussi avec sa sensibilité, avec son respect des autres, avec son désir de partager avec eux cette parole de grâce qui a le pouvoir de les édifier. Nous sommes appelés à être disciples-missionnaires.

Chers frères et sœurs, je prie pour que, en suivant l’exemple de saint Joseph Vaz, les chrétiens de ce pays puissent être confirmés dans la foi et donner une contribution toujours plus grande à la paix, à la justice et à la réconciliation de la société srilankaise. C’est ce que le Christ vous demande. C’est ce que Saint Joseph vous enseigne. C’est ce dont l’Eglise a besoin de votre part. Je vous confie tous aux prières de notre nouveau saint pour que, en union avec l’Eglise répandue dans le monde, vous puissiez chanter un chant nouveau au Seigneur et proclamer sa gloire jusqu’au bout de la terre. Parce que le Seigneur est grand et digne de toute louange".

A la fin de la messe, le Pape a remis au Cardinal Albert Malcolm Ranjith Patabendige Don, Archevêque de Colombo, une reproduction du décret gravé sur cuivre par lequel le roi de Kandy Keerthi Sri Rajasinghe autorisa dès 1694 les oratoriens à prêcher, à convertir ses sujets et à bâtir des églises. L'original avait été offert à Léon XIII par un prédécesseur du Cardinal Archevêque de Colombo. Les catholiques srilankais ont fait don au Saint-Père de 70.000 US$ à usage caritatif.

Reconstruire l'unité entre tamouls et singalais


Cité du Vatican, 14 janvier 2015 (VIS). Après la messe de Colombo, le Saint-Père a gagné par hélicoptère le sanctuaire de Notre Dame de Madhu, à 250 km au nord de la capitale, dans une région à majorité tamoule. En 1544, des chrétiens survivants d'un massacre ordonné par le roi de Jaffna trouvèrent refuge en ce lieu, où ils construisirent un oratoire. En 1583 fut construite une première chapelle. Après la fin des persécutions hollandaises, débarqués à Ceylan en 1656, d'autres réfugiés chrétiens y placèrent une icône de la Vierge. Avec le concours de coreligionnaires portugais, cette communauté construisit la première église. Le succès du sanctuaire marial se développa avec Joseph Vaz, qui en fait un centre missionnaire. L'édifice actuel, qui remonte à 1872, a été consacré en 1944. En 1924 fut couronnée la Vierge de Madhu. A la demande des évêques, le sanctuaire fut respecté durant toute la guerre civile. Zone démilitarisée, Madhu abrita des réfugiés au point qu'à partir de 1990 le domaine devint un véritable camp. Restitué au diocèse de Mannar, le culte y est rétabli depuis décembre 2010. Ici aussi, un demi million de fidèle est venu prier avec le Pape pour la paix qui a été établie en 2009. Voici son intervention:

"Nous nous trouvons dans la demeure de notre Mère. Ici, elle nous souhaite la bienvenue dans sa maison. Dans ce sanctuaire de Notre-Dame de Madhu, chaque pèlerin peut se sentir chez lui, puisqu’ici Marie nous introduit en la présence de son Fils Jésus. Ici, des Sri Lankais, Tamouls et Singalais viennent tous comme membres d’une authentique famille. A Marie, ils confient leurs joies et leurs souffrances, leurs espérances et leurs nécessités. Ici, dans sa maison, ils se sentent en sécurité. Ils savent que Dieu est très proche. Ils ressentent son amour et connaissent sa tendre miséricorde. Il y a ici aujourd’hui des familles qui ont souffert immensément durant le long conflit qui a lacéré le cœur du Sri Lanka. Beaucoup de personnes, du nord et du sud de la même manière, ont été tuées dans la terrible violence et dans l’effusion de sang de ces années. Aucun Sri Lankais ne peut oublier les tragiques évènements associés à ce lieu même, comme le triste jour où la vénérable statue de Marie, datant de l’arrivée des premiers chrétiens au Sri Lanka, a été enlevée de son sanctuaire. Mais Notre-Dame est restée toujours avec vous. Elle est la Mère de toute demeure, de toute famille blessée, de tous ceux qui cherchent à retourner à une existence pacifique. Aujourd’hui, nous la remercions d’avoir protégé le peuple du Sri Lanka de tant de dangers, passés et présents. Marie n’oublie jamais ses enfants de cette splendide île. Comme elle n’a jamais abandonné son Fils sur la Croix, ainsi elle n’a jamais abandonné ses enfants Sri Lankais souffrants.
Aujourd’hui, nous voulons remercier Notre-Dame pour cette présence. Après tant de haine, tant de violence et tant de destruction, nous voulons la remercier pour continuer à nous apporter Jésus, qui seul a le pouvoir de guérir les blessures ouvertes et de restaurer la paix dans les cœurs meurtris. Mais nous voulons aussi lui demander d’implorer pour nous la grâce de la miséricorde de Dieu. Nous demandons aussi la grâce de réparer nos péchés et tout le mal que cette terre a connu. Il n’est pas facile de faire cela. Cependant, c’est seulement quand nous arrivons à comprendre, à la lumière de la Croix, le mal dont nous sommes capables, et auquel peut-être nous avons pris part, que nous pouvons faire l’expérience d’un vrai remords et d’un vrai repentir. C’est seulement alors que nous pouvons recevoir la grâce de nous approcher l’un de l’autre avec une vraie contrition, en offrant et en cherchant le vrai pardon. Dans ce difficile effort de pardonner et de trouver la paix, Marie est toujours ici pour nous encourager, nous guider, nous faire faire un autre pas. Exactement comme elle a pardonné aux assassins de son Fils au pied de sa Croix, en tenant alors entre les mains son corps sans vie, ainsi maintenant elle veut guider les Sri Lankais vers une réconciliation plus grande, en sorte que le baume du pardon de Dieu et de sa miséricorde puisse produire une vraie guérison pour tous. Enfin, nous voulons demander à Marie notre Mère d’accompagner de ses prières les efforts des Sri Lankais des deux communautés tamoule et singalaise pour reconstruire l’unité qui a été perdue. Comme sa statue est revenue à son sanctuaire de Madhu après la guerre, ainsi nous prions pour que tous ses fils et filles Sri Lankais puissent retourner à la maison de Dieu dans un esprit renouvelé de réconciliation et de fraternité.


Je suis heureux d’être avec vous dans la demeure de Marie. Prions les uns pour les autres. Surtout, demandons que ce sanctuaire puisse toujours être une maison de prière et un refuge de paix. Par l’intercession de Notre-Dame de Madhu, que tous puissent trouver ici inspiration et force afin de construire un avenir de réconciliation, de justice et de paix pour tous les enfants de cette terre bien-aimée".

Le Pape salue le Président italien démissionnaire


Cité du Vatican, 14 janvier 2015 (VIS). Depuis Colombo (Sri Lanka), le Pape a fait parvenir un télégramme au Président Giorgio Napolitano, qui venait d'annoncer démissionner de sa charge de chef de l'Etat italien. Il lui exprime toute son estime et souligne le service exemplaire rendu à l'Italie, pays au sein duquel il a renforcé les idéaux de solidarité, d'unité et de concorde dans un contexte national et européen difficile.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 14 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Joseph Gerard Hanefeldt, Evêque de Grand Island (superficie 108.800, population 316.000, catholiques 55.800, prêtres 61, diacres 7, religieux 56), aux Etat-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1958 à Creighton (USA) et ordonné prêtre en 1984, était jusqu'ici Curé de la paroisse du Christ-Roi d'Ohama (USA). Diplômé en théologie, il a été responsable diocésain des activités Pro Vita, aumônier du conseil des femmes catholiques, responsable de la formation près le Collège pontifical de l'Amérique du nord à Rome, membre du Presbyterium, curé de paroisses. Il succède à Mgr.William J.Dendinger, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.


mardi 13 janvier 2015

Début de la visite du Pape François au Sri Lanka


Cité du Vatican, 13 janvier 2015 (VIS). Après un vol de près de dix heures (parti de Rome hier vers 19 h, heure de Rome), le Saint-Père a été accueilli à 9 h 30' locales à Colombo, la capitale du Sri Lanka, premier des deux pays asiatiques de son septième voyage apostolique. Comme Jean-Paul II, il visite ensemble ces pays, qui ont la plus forte proportion de catholiques. Au Sri Lanka, en deux jours, il prendra part à une rencontre inter-religieuse, procédera à une canonisation et priera au sanctuaire marial de Notre Dame de Madhu. Aux Philippines les trois jours suivants, il rencontrera notamment les victimes du typhon Yolanda et se rendra au sanctuaire de l'Efant Jésus de Cebu. A son arrivée, il a été accueilli par le nouveau chef de l'état M.Maithripala Sirisena, les corps constitués et un choeur de 2.000 enfants. Après le discours de du Président, le Pape a prononcé le discours suivant:

"Ma visite au Sri Lanka est, en premier lieu, pastorale. En tant que pasteur universel de l’Eglise catholique, je suis venu pour rencontrer et encourager les catholiques de cette île, et aussi pour prier avec eux. Un point central de cette visite sera la canonisation du bienheureux Joseph Vaz, dont l’exemple de charité chrétienne et de respect pour toute personne, sans distinction d’ethnie ou de religion, continue, aujourd’hui encore, de nous inspirer et de nous enseigner. Mais ma visite veut aussi exprimer l’amour et la sollicitude de l’Eglise pour tous les Sri-lankais, et confirmer le désir de la communauté catholique de participer activement à la vie de cette société. C’est une continuelle tragédie de notre monde que beaucoup de communautés soient en guerre entre elles. L’incapacité à réconcilier les diversités et les désaccords, qu’ils soient anciens ou nouveaux, à fait apparaître des tensions ethniques et religieuses, souvent accompagnées d’accès de violence. Pendant de nombreuses années, le Sri Lanka a connu les horreurs de la guerre civile, et à présent il cherche à consolider la paix et à soigner les blessures de ces années. Dépasser l’héritage amer d’injustices, d’hostilités et de défiance laissé par le conflit n’est pas une tâche facile. Cela ne peut être réalisé qu’en faisant vaincre le mal par le bien et en cultivant les vertus qui promeuvent la réconciliation, la solidarité et la paix. De plus, le processus de guérison demande d’inclure la recherche de la vérité, non pas dans le but d’ouvrir de vieilles blessures, mais plutôt comme moyen nécessaire pour promouvoir la justice, la guérison et l’unité.

Je suis convaincu que les personnes qui appartiennent à des traditions religieuses différentes ont un rôle essentiel à jouer dans le processus délicat de réconciliation et de reconstruction qui est en cours dans ce pays. Pour que ce processus ait lieu, il faut que tous les membres de la société travaillent ensemble et que chacun ait droit à la parole. Tous doivent être libres d’exprimer leurs propres préoccupations, leurs besoins, leurs aspirations et leurs peurs. Mais, surtout, ils doivent être prêts à s’accepter mutuellement, à respecter les diversités légitimes et apprendre à vivre comme une unique famille. Chaque fois que les personnes s’écoutent humblement et de manière ouverte, les valeurs et les aspirations communes apparaîtront toujours plus visiblement. La diversité ne sera plus vue comme une menace, mais comme une source d’enrichissement. La route vers la justice, la réconciliation et l’harmonie sociale sera vue encore plus clairement. En ce sens, la grande œuvre de reconstruction doit inclure l’amélioration des infrastructures et pourvoir aux besoins matériels, mais aussi, et c’est encore plus important, elle doit promouvoir la dignité humaine, le respect des droits de l’homme et la pleine inclusion de tous les membres de la société. Je forme le vœu que les responsables politiques, religieux et culturels du Sri Lanka, prenant la mesure du bien et de la guérison qui résulteront de chacune de leurs paroles et de leurs actions, apportent une contribution durable au progrès matériel et spirituel du peuple du Sri Lanka.
Merci encore de votre accueil. Puissent ces jours que nous passerons ensemble être des jours d’amitié, de dialogue, et de solidarité. J’invoque les abondantes bénédictions de Dieu sur le Sri Lanka, la Perle de l’Océan Indien, et je prie pour que sa beauté resplendisse pleinement en faveur de la prospérité et de la paix de tous ses habitants".


Après quoi le cortège papal a pris la direction de la capitale. La foule était telle sur le parcours que le ralentissement a contraint le Saint-Père à renoncer à sa rencontre avec l'épiscopat local, qu'il a récemment reçu à Rome. Le Cardinal Secrétaire d'Etat a été envoyé pour le substituer. Arrivé à la nonciature, il a déjeuné en privé avant de gagner par la route la présidence de la République, où il s'est entretenu avec le Président Maithripala Sirisena. Ensuite il a été présenté aux autorités gouvernementales et a assisté au lancement de l'émission philatélique commémorative du voyage papal.

Rencontre inter-religieuse et oecuménique au Sri Lanka


Cité du Vatican, 13 janvier 2015 (VIS). Au centre de conférences Bandaranaike Memorial de Colombo, le Pape a rencontré les représentants des différentes religions du Sri Lanka, et des autres confessions chrétiennes. Le pays compte 70% de bouddhistes, 12,6 % d’hindouistes, 9,7 de musulmans et 7,16 % de catholiques. Avant l'implantation du bouddhisme sur l'île au III siècle av.JC, l'hindouisme était dominant (il est principalement pratiqué au nord par les tamouls. Vers 200 av.JC, une cinquantaine d'année après son arrivée, le bouddhisme Theravada a été proclamé religion officielle. Sa relance remonte au milieu du XIX siècle. L'islam a commencé sa pénétration au XV siècle par le biais des marchants naviguant, parallèlement au christianisme, diffusé dès le siècle précédent, mais surtout à compter du XVI siècle, grâce aux missionnaires franciscains. En présence d'un millier de participants, l'assemblée s'est ouverte par une prière ou une bénédiction de chacune des religions représentée. Puis, à la suite des paroles d'accueil du moine bouddhiste Eigithasiri Niyangoda Thero, le Saint-Père a pris la parole:
"Je suis venu au Sri Lanka sur les traces de mes prédécesseurs, Paul VI et Jean-Paul II, pour montrer le grand amour et la sollicitude de l’Eglise envers le Sri Lanka. C’est pour moi une grâce particulière de visiter la communauté catholique de ce lieu, de la confirmer dans la foi au Christ, de prier avec elle et d’en partager la joie et les souffrances. Et c’est aussi une grâce d’être avec vous tous, hommes et femmes de ces grandes traditions religieuses, qui partagez avec nous un désir de sagesse, de vérité et de sainteté. Lors du concile Vatican II l’Eglise catholique a déclaré son respect profond et durable envers les autres religions. Elle a déclaré qu’elle ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines. Pour ma part, je souhaite réaffirmer le respect sincère de l’Eglise pour vous, pour vos traditions et vos croyances. C’est dans cet esprit de respect que l’Eglise catholique souhaite coopérer avec vous tous, et avec toutes les personnes de bonne volonté, dans la recherche de la prospérité de tous les Sri-lankais. J’espère que ma visite aidera à encourager et à approfondir les diverses formes de coopération inter-religieuse et œcuménique, qui ont été entreprises ces dernières années. Ces initiatives louables ont offert des occasions de dialogue, essentiel si nous voulons nous comprendre et nous respecter mutuellement. Mais, comme l’enseigne l’expérience, pour qu’un tel dialogue et une telle rencontre soient efficaces, ils doivent se fonder sur une présentation complète et sincère de nos convictions respectives. Certainement, un tel dialogue fera ressortir combien nos croyances, traditions et pratiques sont différentes. Et cependant, si nous sommes honnêtes dans la présentation de nos convictions, nous serons capables de voir plus clairement tout ce que nous avons en commun. De nouvelles routes s’ouvriront pour une estime mutuelle, une coopération et, certainement, une amitié.
De tels développements positifs dans les relations inter-religieuses et œcuméniques ont une signification particulière et urgente au Sri Lanka. Pendant trop longtemps les hommes et les femmes de ce pays ont été victimes de lutte civile et de violence. Ce qui est nécessaire aujourd’hui c’est la guérison et l’unité, et non de nouveaux conflits et de nouvelles divisions. La promotion de la guérison et de l’unité est, certainement, un engagement noble, qui incombe à tous ceux qui ont au cœur le bien de la nation et, en vérité, de toute la famille humaine. J’espère que la collaboration inter-religieuse et œcuménique montrera que les hommes et les femmes ne doivent pas oublier leur propre identité, ethnique ou religieuse, pour vivre en harmonie avec leurs frères et sœurs.

Combien nombreuses sont les façons d’accomplir ce service, pour les disciples des diverses religions! Combien il y a de nécessités dont il faut prendre soin, avec le baume thérapeutique de la solidarité fraternelle! Je pense en particulier aux nécessités matérielles et spirituelles des pauvres, des personnes dans le besoin, de tous ceux qui attendent avec anxiété une parole de consolation et d’espérance. Je pense ici aussi aux nombreuses familles qui continuent de pleurer la perte de leurs êtres chers. Surtout, en ce moment de l’histoire de votre nation, combien de personnes de bonne volonté cherchent à reconstruire les fondements moraux de toute la société. Puisse l’esprit croissant de coopération entre les responsables des différentes communautés religieuses trouver une expression dans l’engagement à mettre la réconciliation entre tous les Sri-Lankais au cœur de chaque effort pour renouveler la société et ses institutions. Pour le bien de la paix, on ne doit pas permettre que les croyances religieuses soient utilisées abusivement pour la cause de la violence et de la guerre. Nous devons être clairs et sans équivoques lorsque nous mettons nos communautés au défi de vivre pleinement les commandements de la paix et de la coexistence, qui se trouvent en chacune des religions, et lorsque nous dénonçons les actes de violence qui sont commis. Chers amis, je vous remercie encore pour l’accueil généreux et pour votre attention. Que cette rencontre fraternelle confirme tous nos efforts pour vivre en harmonie et pour répandre les bénédictions de la paix".




Aux commissions doctrinales des Conférences épiscopales d'Europe


Cité du Vatican, 13 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir un message aux Présidents des commissions doctrinales des Conférences épiscopales d'Europe, réunis à Esztergom (Hongrie). Il a été lu ce matin à l'ouverture des travaux (13 - 15 janvier). Remerciant d'abord le Cardinal Müller d'une initiative destinée à renforcer dans les épiscopats la responsabilité doctrinale, l'intégrité de la foi et sa juste transmission aux jeunes, il rappelle que les conférences épiscopales peuvent apporter une contribution féconde à la matière et renforcer une application réelle de la collégialité. Le Pape espère que la réunion permettra de résoudre certaines difficultés doctrinales comme pastorales de manière à susciter chez les fidèles un élan missionnaire mieux ouverts à la transcendance de la vie, sans laquelle l'Europe risque de perdre l'humanisme qu'elle aime et défend.

lundi 12 janvier 2015

Audience annuelle au Corps Diplomatique


Cité du Vatican, 12 janvier 2015 (VIS). Comme à l'accoutumée en début d'année, le Pape s'est adressé ce matin au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège (180 états plus l'Union européenne, l'Ordre de Malte et l'OLP. Le Saint-Siège est observateur permanent près l'ONU et ses agences). Après les voeux exprimés par le Doyen, l'Ambassadeur de Monaco, le Saint-Père a prononcé le discours suivant:

"Aujourd’hui je désire faire résonner avec force un mot qui nous est cher, la paix! ... Mais, à côté de la paix, la crèche dit aussi une autre réalité dramatique, celle du refus. Dans certaines représentations iconographiques, tant de l’Occident que de l’Orient. Je pense à la splendide icône de la Nativité d’Andreï Rublev, où l’Enfant ne semble pas être étendu dans un berceau, mais déposé dans un tombeau. L’image, qui veut relier les principales fêtes chrétiennes de Noël et de Pâques montre qu’à côté de l’accueil joyeux d’une nouvelle naissance, il y a tout le drame dont Jésus est l’objet, méprisé et rejeté jusqu’à la mort sur la Croix. Les récits de la Nativité nous montrent le cœur endurci de l’humanité, qui a du mal à accueillir l’Enfant. Dès le début il est, lui aussi rejeté, laissé dehors au froid, contraint à naître dans une étable parce qu’il n’y avait pas de place dans la salle commune. Et si le Fils de Dieu a été traité ainsi, combien plus encore le sont tant de nos frères et sœurs! Il y a un caractère du refus qui nous rapproche, qui nous conduit à ne pas regarder le prochain comme un frère à accueillir, mais à le laisser hors de notre horizon personnel de vie, à le transformer plutôt en un concurrent, en un sujet à dominer. Il s’agit d’une mentalité qui engendre cette culture du déchet et n’épargne rien ni personne, des créatures en passant par les êtres humains et jusqu’à Dieu lui-même. Il en naît une humanité blessée et continuellement déchirée par des tensions et des conflits de toute sorte. Dans les récits évangéliques de l’Enfance, le roi Hérode en est l’emblème qui, en sentant son autorité menacée par l’Enfant Jésus, fait tuer tous les enfants de Bethléem. Ma pensée va tout de suite au Pakistan, où il y a un mois, plus de cent enfants ont été tués avec une férocité inouïe. Je souhaite renouveler à leurs familles mes condoléances personnelles et l’assurance de ma prière pour tant d’innocents qui ont perdu la vie.

A une dimension personnelle du refus s’associe ainsi inévitablement une dimension sociale, une culture qui rejette l’autre, brise les liens les plus intimes et les plus vrais, finissant par défaire et désagréger toute la société, et par engendrer la violence et la mort. Nous en avons un triste écho dans les nombreux faits de la chronique quotidienne, le moindre n’est pas le tragique massacre survenu à Paris, il y a quelques jours. Les autres ne sont plus perçus comme des êtres d’égale dignité, comme des frères et sœurs en humanité, mais sont vus comme des objets. Et l’être humain, de libre devient esclave, que ce soit des modes, du pouvoir, de l’argent, parfois même de formes déviantes de religion. Ce sont les dangers que j’ai voulu rappeler dans le Message pour la récente Journée mondiale de la paix, consacré au problème des multiples esclavages modernes. Ils naissent d’un cœur corrompu, incapable de voir et de faire le bien, de poursuivre la paix. Nous constatons avec douleur les conséquences dramatiques de cette mentalité du rejet et de la culture de l’asservissement dans le déferlement continuel des conflits. Comme une vraie guerre mondiale qui se déroule par morceaux, ils touchent, même si c’est sous des formes et avec des intensités variées, différentes zones de la planète, en commençant par la proche Ukraine devenue un théâtre dramatique d’affrontement, et pour laquelle je souhaite que, par le dialogue, se renforcent les efforts en cours pour faire cesser les hostilités, et pour que les parties en présence entreprennent dès que possible, dans un esprit renouvelé de respect de la légalité internationale, un chemin sincère de confiance réciproque et de réconciliation fraternelle qui permette de dépasser la crise actuelle.

Ma pensée va surtout au Moyen Orient, en commençant par la terre bien-aimée de Jésus, que j’ai eu la joie de visiter en mai dernier et pour laquelle nous ne nous lasserons jamais d’invoquer la paix. Nous l’avons fait, avec une intensité extraordinaire, avec le Président israélien d’alors, M.Shimon Peres, et le Président palestinien, M.Mahmud Abbas, animés de l’espérance confiante que les négociations entre les deux parties puissent reprendre, dans le but de faire cesser les violences et d’arriver à une solution qui permette, tant au peuple palestinien qu’au peuple israélien, de vivre enfin en paix, dans des frontières clairement établies et reconnues internationalement, de sorte que la solution de deux états devienne effective. Malheureusement, la région est également traversée par d’autres conflits, qui se prolongent depuis trop longtemps et dont les aspects sont effrayants, aussi par le déferlement du terrorisme d’origine fondamentaliste en Syrie et en Irak. Ce phénomène est une conséquence de la culture du déchet appliquée à Dieu. Le fondamentalisme religieux, en effet, plus encore que rejeter les êtres humains en perpétrant des massacres horribles, refuse Dieu lui-même, le reléguant au rang de pur prétexte idéologique. Face à cette injuste agression, qui touche aussi les chrétiens et d’autres groupes ethniques et religieux, par exemple les Yazidis, une réponse unanime est nécessaire qui, dans le cadre du droit international, arrête le déferlement des violences, rétablisse la concorde et soigne les blessures profondes que la succession des conflits a provoquées. En ce lieu je fais donc appel à toute la communauté internationale, comme aussi à chacun des gouvernements concernés, pour qu’ils prennent des initiatives concrètes pour la paix, et pour la défense de tous ceux qui souffrent des conséquences de la guerre et de la persécution, et qui sont contraints de laisser leurs maisons et leur patrie. Dans une lettre envoyée un peu avant Noël, j’ai personnellement voulu manifester ma proximité et assurer de ma prière toutes les communautés chrétiennes du Moyen Orient qui donnent un témoignage précieux de foi et de courage, en jouant un rôle fondamental d’artisans de paix, de réconciliation et de développement dans leurs sociétés civiles respectives. Un Moyen Orient sans chrétiens serait un Moyen Orient défiguré et mutilé. En demandant à la communauté internationale de ne pas être indifférente devant une telle situation, je souhaite que les responsables religieux, politiques, et intellectuels, en particulier musulmans, condamnent toute interprétation fondamentaliste et extrémiste de la religion visant à justifier de tels actes de violence.

Des formes semblables de brutalité, qui fauchent souvent des victimes parmi les plus petits et ceux qui sont sans défense, ne manquent pas non plus, malheureusement, dans d’autres parties du monde. Je pense en particulier au Nigeria, où les violences qui frappent sans discernement la population ne cessent pas, et où le phénomène tragique des séquestrations de personnes est en croissance continue, souvent des jeunes filles enlevées pour faire l’objet d’un trafic. C’est un commerce exécrable qui ne peut pas continuer. Un fléau qu’il faut éradiquer car elle nous concerne tous, depuis chaque famille jusqu’à la communauté mondiale tout entière. Je regarde ensuite avec appréhension les nombreux conflits de caractère civil qui concernent d’autres parties de l’Afrique, en commençant par la Lybie, déchirée par une longue guerre interne qui cause d’indicibles souffrances dans la population et qui a de graves répercutions sur les équilibres de la région. Je pense à la dramatique situation de la République Centrafricaine, au sujet de laquelle il est douloureux de constater comment la bonne volonté qui a animé les efforts de ceux veulent construire un avenir de paix, de sécurité et de prospérité, rencontre des formes de résistance et les intérêts égoïstes de partis, qui risquent de rendre vaines les attentes d’un peuple très éprouvé qui aspire à construire librement son avenir. Éveille une préoccupation particulière la situation au Sud Soudan et dans plusieurs régions du Soudan, de la Corne de l’Afrique et de la République Démocratique du Congo, où ne cesse de grandir le nombre de victimes dans la population civile, et où des milliers de personnes, parmi lesquelles beaucoup de femmes et d’enfants, sont contraintes de fuir et de vivre dans des conditions d’extrême dénuement. Par conséquent, je souhaite un engagement commun de tous les gouvernements et de la communauté internationale, pour que l’on mette fin à toute sorte de lutte, de haine et de violence, et pour que l’on s’engage en faveur de la réconciliation, de la paix et de la défense de la dignité transcendante de la personne. Ensuite, il ne faut pas oublier que les guerres apportent avec elles un autre horrible crime, qui est le viol. Celui-ci est une offense très grave à la dignité de la femme, qui non seulement est violée dans l’intimité de son corps, mais aussi dans son âme, avec un traumatisme qui pourra être difficilement effacé et dont les conséquences sont aussi de caractère social. Malheureusement, on vérifie que, même là où il n’y a pas de guerre, trop de femmes souffrent encore aujourd’hui de violence à leur encontre. Tous les conflits belliqueux révèlent le visage le plus emblématique de la culture du déchet par les vies qui sont délibérément piétinées par celui qui détient la force. Mais il y a des formes plus subtiles et sournoises de rejet, qui alimentent aussi cette culture. Je pense avant tout à la façon dont sont souvent traités les malades, isolés et marginalisées comme les lépreux dont parle l’Evangile. Parmi les lépreux de notre temps il y a les victimes de cette nouvelle et terrible épidémie d’Ebola, qui, surtout au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée, à déjà fauché plus de six mille vies. Je désire aujourd’hui féliciter publiquement et remercier ces opérateurs sanitaires qui, avec les religieux, religieuses, et les volontaires, apportent tous les soins possibles aux malades et à leurs proches, surtout aux enfants restés orphelins. En même temps, je renouvelle mon appel à toute la communauté internationale pour que soit assurée une assistance humanitaire adéquate aux patients, et pour qu’il y ait un engagement commun pour vaincre la maladie.

A côté des vies rejetées à cause des guerres ou des maladies, il y a celles des nombreuses personnes déplacées et réfugiées. Encore une fois on en comprend les aspects à partir de l’enfance de Jésus, qui témoigne d’une autre forme de la culture du déchet qui porte atteinte aux relations et défait la société. En effet, face à la brutalité d’Hérode, la Sainte Famille est contrainte à fuir en Egypte, d’où elle pourra revenir seulement quelques années plus tard. La conséquence des situations de conflit que nous venons de décrire est souvent la fuite de milliers de personnes de leur terre d’origine. Parfois on ne part pas tant pour chercher un avenir meilleur, mais tout simplement pour avoir un avenir, puisque rester dans son pays peut signifier une mort certaine. Combien de personnes perdent la vie dans des voyages inhumains, soumises aux brimades de véritables bourreaux avides d’argent? J’en ai fait mention au cours de ma récente visite au Parlement Européen, en rappelant qu’on ne peut tolérer que la Méditerranée devienne un grand cimetière. Un autre fait alarmant est que beaucoup de migrants, surtout dans les Amériques, sont des enfants seuls, proies plus faciles des dangers, et qui demandent davantage de soin, d’attention et de protection. Souvent arrivés sans papiers d’identité dans des contrées inconnues dont ils ne parlent pas la langue, il est difficile pour les migrants d’être accueillis et de trouver du travail. Au-delà des incertitudes de la fuite, ils sont contraints d’affronter aussi le drame du refus. Un changement d’attitude à leur égard est donc nécessaire, pour passer du désintérêt et de la peur à une acceptation sincère de l’autre. Cela requiert naturellement de mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens et garantir l’accueil des migrants. En remerciant tous ceux qui, même au prix de leur vie, s’emploient à porter secours aux réfugiés et aux migrants, j’exhorte aussi bien les états que les organisations internationales à s’engager activement pour résoudre ces graves situations humanitaires et à fournir aux pays d’origine des migrants des aides pour en favoriser le développement socio-politique et le dépassement des conflits internes, qui sont la principale cause de ce phénomène. Il est nécessaire d’agir sur les causes et non seulement sur les effets. Du reste, cela permettra aux migrants de retourner un jour dans leur patrie et de contribuer à sa croissance et à son développement.

Mais à côté des migrants, des déplacés et des réfugiés, il y a beaucoup d’autres exilés cachés, qui vivent à l’intérieur de nos maisons et de nos familles. Je pense surtout aux personnes âgées et aux personnes handicapées, comme aussi aux jeunes. Les premières sont objet de rebut quand elles sont considérées comme un poids et comme des présences encombrantes, tandis que les derniers sont mis à l’écart en niant leurs perspectives concrètes de travail pour construire leur avenir. D’autre part, il n’existe pas pire pauvreté que celle qui prive du travail et de la dignité du travail, et qui fait du travail une forme d’esclavage. C’est ce que j’ai voulu rappeler au cours d’une rencontre récente avec les mouvements populaires, qui s’emploient avec dévouement à rechercher des solutions adéquates à certains problèmes de notre temps, comme la plaie toujours plus étendue du chômage des jeunes et du travail au noir, et le drame de beaucoup de travailleurs, spécialement des enfants, exploités avec avidité. Tout cela est contraire à la dignité humaine et dérive d’une mentalité qui place au centre l’argent, les bénéfices et les profits économiques au détriment de l’homme lui-même. Ensuite, il n’est pas rare que la famille elle-même soit objet de rejet, à cause d’une culture individualiste et égoïste toujours plus répandue, qui abîme les liens et tend à favoriser le phénomène dramatique de la dénatalité, ainsi que de législations qui privilégient différentes formes de cohabitation plutôt que de soutenir convenablement la famille pour le bien de toute la société. Parmi les causes de ces phénomènes, il y a une mondialisation uniformisante qui rejette les cultures elles-mêmes, brisant ainsi les éléments propres de l’identité de chaque peuple qui constituent l’héritage incontournable à la base d’un sain développement social. Dans un monde uniformisé et privé d’identité, il est facile de saisir le drame et le découragement de nombreuses personnes, qui ont littéralement perdu le sens de leur vie. Ce drame est aggravé par la crise économique qui perdure, qui engendre de la méfiance et favorise un climat social conflictuel. J’ai pu en voir les revers ici aussi à Rome, en rencontrant beaucoup de personnes qui vivent des situations de détresse, comme aussi au cours des différents voyages que j’ai effectués en Italie. A la chère nation italienne, je désire justement adresser une pensée pleine d’espérance afin que, dans le climat persistant d’incertitude sociale, politique et économique, le peuple italien ne cède pas au désengagement et à la tentation du rejet, mais redécouvre ces valeurs d’attention réciproque et de solidarité qui sont à la base de sa culture et du vivre-ensemble civil, et sont sources de confiance aussi bien dans l’immédiat que dans l’avenir, spécialement pour les jeunes.

Pensant à la jeunesse, je désire mentionner mon voyage en Corée, où en août dernier, j’ai pu rencontrer des milliers de jeunes réunis pour la VI Journée de la jeunesse asiatique et où j’ai rappelé qu’il faut valoriser les jeunes en cherchant à leur transmettre l’héritage du passé et à les confronter aux défis présents. Il est donc nécessaire de réfléchir pour savoir si nous transmettons bien nos valeurs à la génération suivante, ainsi que sur le genre de société que nous nous préparons à lui léguer. Ce soir-même, j’aurai la joie de repartir pour l’Asie, afin de visiter le Sri Lanka et les Philippines et ainsi témoigner de l’attention et de la sollicitude pastorale avec laquelle je suis les vicissitudes des peuples de ce vaste continent. À eux et à leurs Gouvernements, je désire manifester une fois encore le désir du Saint-Siège d’offrir sa contribution au service du bien commun, de l’harmonie et de la concorde sociale. Je souhaite en particulier une reprise du dialogue entre les deux Corée, qui sont des pays frères qui parlent la même langue. Au début d’une nouvelle année nous ne voulons pas que notre regard soit dominé par le pessimisme, par les défauts et par les carences de notre temps. Nous voulons aussi remercier Dieu pour ce qu’il nous a donné, pour les bienfaits qu’il nous a accordés, pour les dialogues et les rencontres qu’il nous a permis et pour certains fruits de paix qu’il nous a donné la joie de goûter. Un témoignage éloquent que la culture de la rencontre est possible, je l’ai expérimenté au cours de ma visite en Albanie, un pays jeune, qui sont l’espérance pour l’avenir. Malgré les blessures endurées récemment, il est caractérisé par la cohabitation pacifique et la collaboration entre ceux qui appartiennent à différentes religions, dans un climat de respect et de confiance réciproque entre catholiques, orthodoxes et musulmans. C’est un signe important qu’une foi sincère en Dieu ouvre à l’autre, engendre dialogue et action pour le bien, alors que la violence naît toujours d’une mystification de la religion elle-même, adoptée en prétextant des projets idéologiques qui ont comme unique but la domination de l’homme sur l’homme. Également, au cours de mon récent voyage en Turquie, pont historique entre Orient et Occident, j’ai pu constater les fruits du dialogue œcuménique et inter-religieux, ainsi que l’engagement envers les réfugiés provenant des autres pays du Moyen Orient. J’ai retrouvé cet esprit d’accueil aussi en Jordanie, que j’ai visitée au début de mon pèlerinage en Terre Sainte, comme aussi dans le témoignage venu du Liban, à qui je souhaite de surmonter les difficultés politiques actuelles.

Un exemple qui m’est très cher de la manière dont le dialogue peut vraiment édifier et construire des ponts, vient de la récente décision des Etats Unis d’Amérique et de Cuba de mettre fin à un silence réciproque qui a duré plus d’un demi-siècle et de se rapprocher pour le bien de leurs citoyens. Dans cette perspective, j’adresse aussi une pensée au peuple du Burkina Faso, engagé dans une période de transformations politiques et institutionnelles importantes, afin qu’un esprit renouvelé de collaboration puisse contribuer au développement d’une société plus juste et plus fraternelle. Je relève, en outre, avec satisfaction la signature en mars dernier de l’accord qui met fin à de longues années de tensions aux Philippines. J’encourage également l’engagement en faveur d’une paix stable en Colombie, comme aussi les initiatives destinées à établir à nouveau la concorde dans la vie politique et sociale au Venezuela. Je souhaite aussi qu’on puisse bientôt parvenir à une entente définitive entre l’Iran et ce qui est appelé le Groupe des 5+1 sur l’utilisation de l’énergie nucléaire à des buts pacifiques, en appréciant les efforts accomplis jusqu’à maintenant. J’accueille, ensuite, avec satisfaction la volonté des Etats-Unis de fermer définitivement la prison de Guantánamo, soulignant la généreuse disponibilité de certains pays à accueillir les détenus. Et je remercie de tout cœur ces pays. Enfin, je désire exprimer mon appréciation et mon encouragement pour ces pays qui se sont activement engagés pour favoriser le développement humain, la stabilité politique et la cohabitation civile entre leurs citoyens.

Le 6 août 1945, l’humanité assistait à une des plus terribles catastrophes de son histoire. Pour la première fois, d’une façon nouvelle et sans précédents, le monde expérimentait jusqu’où peut aller le pouvoir destructeur de l’homme. Des cendres de cette effroyable tragédie qu’a été la seconde guerre mondiale a surgi entre les Nations une volonté nouvelle de dialogue et de rencontre qui a donné naissance à l’Organisation des Nations-Unies, dont nous célébrerons cette année le 70 anniversaire. Au cours de la visite qu’il a accomplie au siège de l'ONU, il y a cinquante ans, mon Bienheureux prédécesseur, le Pape Paul VI, a rappelé que le sang de millions d’hommes, que des souffrances inouïes et innombrables, que d’inutiles massacres et d’épouvantables ruines sanctionnent le pacte qui vous unit, en un serment qui doit changer l’histoire future du monde, jamais plus la guerre, jamais plus la guerre! C’est la paix, la paix qui doit guider le destin des peuples et de toute l’humanité! C’est aussi mon invocation confiante pour cette nouvelle année, qui verra par ailleurs la poursuite de deux importants processus : la rédaction de l’Agenda du développement post-2015, avec l’adoption des Objectifs du développement durable, et l’élaboration d’un nouvel Accord sur le climat. Et cela est urgent. Leur présupposé indispensable est la paix, qui jaillit de la conversion du cœur plus encore que de la fin de chaque guerre. C'est avec ces sentiments que je renouvelle à chacun de vous, à vos familles et à vos peuples, le souhait d’une année 2015 d’espérance et de paix".




Le Pape baptise trente-trois nouveaux-nés dans la Chapelle Sixtine


Cité du Vatican, 11 janvier 2015 (VIS). Ce matin, dans la Chapelle Sixtine, le Saint-Père a célébré la messe au cours de laquelle il a baptisé trente-trois nouveaux-nés, enfants d'employés du Vatican. Dans son homélie, citant la première lecture, le Pape a rappelé que le Seigneur se préoccupe de ses enfants comme un père, en leur donnant une nourriture substantielle: "Comme un bon père ou une bonne mère, Dieu veut donner de bonnes choses à ses enfants. Et l'aliment nourrissant qu'il donne est sa Parole". La Parole "nous fait grandir, nous fait porter de bons fruits dans la vie, comme la pluie et la neige font du bien à la terre et la rendent féconde. Ainsi vous, parents, et aussi vous, parrains et marraines, grands-parents, oncles et tantes, vous aiderez ces enfants à bien grandir si vous leur donnez la Parole de Dieu, l'Evangile de Jésus. Et donnez leur aussi par l'exemple! Tous les jours, prenez l'habitude de lire un passage de l'Evangile, petit, et emportez toujours avec vous un petit Evangile de poche, dans votre sac, pour le lire. Ce sera un exemple pour vos enfants, de voir leur papa, leur maman, leurs parrain et marraine, leurs grands-parents, leurs oncles et tantes, lire la Parole de Dieu... Vous, les mamans, donnez du lait à vos enfants, même maintenant, s'ils pleurent parce qu'ils ont faim, allaitez-les tranquillement. Remercions le Seigneur pour le don du lait, et prions pour les mamans, elles sont nombreuses malheureusement, qui ne sont pas en mesure de donner à manger à leurs enfants. Prions et cherchons à aider ces mamans. Donc, ce que fait le lait pour le corps, la Parole de Dieu le fait pour l'Esprit. La Parole de Dieu fait grandir la foi. Et grâce à la foi nous sommes engendrés par Dieu. C'est ce qui se passe dans le baptême. Nous avons écouté l'apôtre Jean: Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu. C'est dans cette foi que vos enfants sont baptisés. Aujourd'hui c'est votre foi, chers parents, parrains et marraines. C'est la foi de l'Eglise dans laquelle ces petits reçoivent le baptême. Mais demain, avec la grâce de Dieu, ce sera leur foi, leur oui personnel à Jésus Christ qui nous donne l'amour du Père".

"Le baptême nous insère dans le corps de l'Eglise, dans le peuple saint de Dieu. Dans ce corps, dans ce peuple en chemin, la foi est transmise de génération en génération: c'est la foi de l'Eglise. C'est la foi de Marie, notre Mère, la foi de saint Joseph, de saint Pierre, de saint André, de saint Jean, la foi des apôtres et des martyrs, qui est arrivée jusqu'à nous, à travers le baptême, une chaîne de transmission de la foi... Il s'agit de se passer de main en main la lumière de la foi", a expliqué le Pape qui a évoqué la bougie que l'on allume au cierge pascal au cours du rite du baptême et qui représente le Christ ressuscité et vivant parmi nous. "Vous, les familles, vous prenez de Lui la lumière de la foi à transmettre à vos enfants. Cette lumière, vous la prenez dans l'Eglise, dans le corps du Christ, dans le peuple de Dieu qui marche en tous temps et en tous lieux. Enseignez à vos enfants que l'on ne peut être chrétiens en dehors de l'Eglise, que l'on ne peut suivre Jésus Christ sans l'Eglise, parce que l'Eglise est mère et nous fait grandir dans l'amour de Jésus Christ". Puis le Pape François a évoqué un autre aspect des lectures bibliques du jour: dans le baptême, nous sommes consacrés par l'Esprit Saint. "C'est ce que signifie le mot chrétien, consacré comme Jésus, dans le même Esprit dans lequel a été immergé Jésus dans toute son existence terrestre. Lui est le Christ, l'oint, le consacré, nous les baptisés nous sommes chrétiens, c'est-à-dire consacrés, oints. Alors chers parents, chers parrains et marraines, si vous voulez que vos enfants deviennent de vrais chrétiens, aidez-les à grandir immergés dans l'Esprit Saint, c'est-à-dire dans la chaleur de l'amour de Dieu, dans la lumière de sa Parole. C'est pourquoi, n'oubliez pas d'invoquer souvent l'Esprit, tous les jours... Souvent nous prions Jésus. Quand nous prions le Notre Père, nous prions le Père. Mais l'Esprit Saint nous ne le prions pas beaucoup. Il est si important de prier l'Esprit Saint, parce qu'il nous enseigne à faire avancer la famille, les enfants, pour que ces enfants grandissent dans l'atmosphère de la Trinité. C'est l'Esprit qui les fait avancer. C'est pourquoi n'oubliez pas d'invoquer souvent l'Esprit Saint, tous les jours".


La surdité à l'Esprit Saint conduit à un mutisme évangélique


Cité du Vatican, 11 janvier 2015 (VIS). La fête du baptême du Seigneur conclut le temps de Noël et le Pape, lors de l'angélus dominical, citant le passage de l'évangile de Marc, quand les cieux s'ouvrent au moment où Jean baptise Jésus dans le Jourdain, a dit que cet événement mettait fin "au temps des cieux fermés qui indiquaient la séparation entre Dieu et l'homme, conséquence du péché. Le péché nous éloigne de Dieu et brise le lien entre la terre et le ciel, déterminant ainsi notre misère et l'échec de notre vie. Les cieux ouverts indiquent que Dieu a donné sa grâce pour que la terre donne son fruit. Ainsi la terre est devenue la demeure de Dieu parmi les hommes, et chacun de nous a la possibilité de rencontrer le Fils de Dieu, en faisant l'expérience de tout son amour et son infinie miséricorde. Nous pouvons réellement le rencontrer dans le visage de nos frères, en particulier chez les pauvres, les malades, les prisonniers, les réfugiés qui sont la chair vivante du Christ souffrant et l'image visible du Dieu invisible". Avec le baptême de Jésus, ce ne sont pas seulement les cieux qui s'ouvrent, mais Dieu qui "parle de nouveau en faisant résonner sa voix: Tu es mon Fils bien aimé, tu as toute ma faveur. Et la descente de l'Esprit sous forme de colombe permet au Christ, le consacré du Seigneur, d'inaugurer sa mission qui est notre salut. L'Esprit Saint, le grand oublié de nos prières! Nous avons besoin de demander son aide, sa force, son inspiration. L'Esprit Saint qui a animé entièrement la vie et le ministère de Jésus, est le même Esprit qui aujourd'hui guide l'existence chrétienne, l'existence de tout homme et toute femme qui se dit et veut être chrétien. Mettre sous l'action de l'Esprit notre vie de chrétiens et la mission que nous avons tous reçu en vertu du baptême, signifie retrouver le courage apostolique nécessaire pour dépasser les arrangements mondains faciles... Un chrétien et une communauté sourds à la voix de l'Esprit, qui pousse à porter l'Evangile aux extrémités de la terre et de la société, deviennent aussi un chrétien et une communauté muets qui ne parlent ni n'évangélisent. Rappelez vous cela: priez souvent l'Esprit Saint pour qu'il nous aide, qu'il nous donne la force, l'inspiration, et qu'il nous fasse aller de l'avant", a conclu le Pape François qui, après l'angélus a demandé aux fidèles réunis Place St.Pierre, en particulier ceux provenant du Sri Lanka et des Philippines, de prier pour lui au cours du voyage apostolique qu'il entreprendra le lendemain dans ces pays.
Copyright © VIS - Vatican Information Service