Cité
du Vatican, 19 janvier 2015
(VIS). Ce matin, le Pape a célébré une messe en privé à la
nonciature apostolique de Manille. Il s'est ensuite rendu en
papamobile jusqu'à la Villamor Air Base, saluant les fidèles sortis
dans les rues pour son départ. A son arrivée à l'aéroport, il a
été reçu au pavillon présidentiel par M.Benigno Aquino III,
président des Philippines. Ils se sont dirigés ensemble au pied de
l'avion où s'est déroulée la cérémonie de congé en présence
des autorités civiles et quelques milliers de fidèles. L'avion
papal a décollé à 10 h, heure locale, pour l'Italie.
L'atterrissage est prévu à l'aéroport Ciampino de Rome pour 17 h
40'. Le Pape rentrera directement au Vatican, mettant fin à son
septième voyage apostolique international.
Home - VIS Vatican - Réception du VIS - Contactez-nous - Calendrier VIS
Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
dernières 5 nouvelles
lundi 19 janvier 2015
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 19 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a:
Nommé
Mgr.Mario Toso, SDB, Evêque de Faenza - Modigliano (superficie
108.800, population 316.000, catholiques 55.800, prêtres 61, diacres
7, religieux 56), en Italie. Jusqu'ici Secrétaire du Conseil
pontifical Iustitia et Pax, il succède à Mgr.Claudio Stagni, dont
la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
Erigé
l'Eglise métropolitaine d'Erythrée, détachée de l'Archi-éparchie
métropolitaine d'Addis Abeba (Ethiopie). Elle a pour siège Asmara,
circonscription élevée au rang d'Archi-éparchie métropolitaine.
Correspondant au territoire de l'Erythrée, elle regroupe, outre
celle d'Asmara, les éparchies de Barentu, de Keren et de Seghenity.
Nommé
Mgr.Menghesteab Tesfamariam, MCCJ, premier Métropolitain d'Erythrée.
Il était jusqu'ici Evêque de l'Eparchie d'Asmara.
Erigé
l'Eparchie de Bahir Dar - Dessie (Ethiopie), avec territoire démembré
de celui de l'Archi-éparchie métropolitaine d'Addis Abeba, la
rendant suffragante de cette Eglise.
Nommé
Mgr.Lisane-Christos Matheos Sernahun, premier Evêque de l'Eparchie
de Bahir Dar - Dessie (Ethiopie). Il était jusqu'ici Auxiliaire
d'Addis Abeba.
dimanche 18 janvier 2015
Le Pape encourage la jeunesse à être exemplaires
Cité
du Vatican, 18 janvier 2015 (VIS). Ce matin, le Saint-Père s'est
rendu à l'Université pontificale St.Thomas de Manille, la plus
ancienne institution d'enseignement catholique du pays, fondée par
les Dominicains. Il y a d'abord rencontré les représentants des
diverses confessions chrétiennes et religions des Philippines puis,
après une rapide visite du campus a rencontré le monde
universitaire. Au cours d'une liturgie de la Parole au centre
sportif, il s'est adressé à au moins 30.000 étudiants, improvisant
en espagnol à partir du texte préparé en anglais. Avant
d'intervenir, à peine averti de la triste nouvelle, il a demandé de
prier pour une volontaire de 27 ans, morte lors de la messe à
Teoclan, et pour sa famille. Voici le discours du Pape François,
composé pour répondre aux questions qui lui avaient été fournies:
"Chers
jeunes amis, c’est une joie pour moi d’être aujourd’hui avec
vous. Je salue cordialement chacun de vous et je remercie tous ceux
qui ont rendu possible cette rencontre. Au cours de ma visite aux
Philippines, j’ai particulièrement voulu rencontrer les jeunes,
pouvoir les écouter, parler avec eux. Je désire exprimer l’amour
et l’espérance que l’Eglise place dans la jeunesse. Et je veux
vous encourager, comme citoyens chrétiens de ce pays, à vous offrir
avec enthousiasme et avec honnêteté au grand travail de
renouvellement de votre société et de contribution à construire un
monde meilleur. Je remercie les jeunes qui m’ont adressé...en
votre nom vos préoccupations et vos inquiétudes, votre foi et vos
espérances. Ils ont parlé des difficultés et des attentes des
jeunes. Bien que je ne puisse pas répondre à chacun de ces
questionnements de façon exhaustive, je sais que, avec vos pasteurs
et entre vous, vous les considérerez attentivement à l’aide de la
prière et que vous ferez des propositions concrètes d’action".
"Je
voudrais suggérer trois domaines importants où vous avez une
contribution significative à offrir à la vie de votre pays. Le
premier est le défi de l’intégrité. Le terme défi peut être
entendu de deux manières. D’abord, il peut être compris de façon
négative, comme une tentative d’agir contre vos convictions
morales, contre tout ce que vous savez être vrai, bon et juste.
Notre intégrité peut être défiée par des intérêts égoïstes,
par l’avidité, par la malhonnêteté, ou par l’intention
d’instrumentaliser les autres. Mais le terme défi (enjeu) peut
aussi être compris dans un sens positif. Elle peut être vue comme
une invitation à être courageux, à donner un témoignage
prophétique de sa foi et de tout ce qui est tenu pour sacré. En ce
sens, le défi de l’intégrité est quelque chose à quoi, en ce
moment et dans vos vies, il est nécessaire de se confronter. Il ne
s’agit pas de quelque chose que vous pouvez renvoyer au temps où
vous serez plus âgés, où vous aurez des responsabilités. Dès
maintenant aussi, vous avez à relever le défi d’agir avec
honnêteté et correction dans vos relations avec les autres, qu’ils
soient jeunes ou âgés. Ne fuyez pas ce défi. Un des plus grands
défis que les jeunes ont devant eux est celui d’apprendre à
aimer. Aimer signifie prendre un risque, le risque du refus, le
risque d’être utilisé, ou pire d’utiliser l’autre. N’ayez
pas peur d’aimer. Mais, aussi en aimant, préservez votre
intégrité! En cela aussi, soyez honnêtes et loyaux".
Puis,
citant la lecture du jour, il a dit aux jeunes qu'ils sont "appelés
à donner un bon exemple, un exemple d’intégrité. Naturellement,
en le faisant, vous devrez affronter des oppositions et des
critiques, le découragement et même le ridicule. Mais vous avez
reçu un don qui vous permet de dépasser ces difficultés. C’est
le don de l’Esprit. Si vous nourrissez ce don par la prière
quotidienne et puisez la force dans la participation à
l’Eucharistie, vous serez en mesure d’atteindre cette grandeur
morale à laquelle Jésus vous appelle. Vous deviendrez aussi une
boussole pour vos amis qui sont en recherche. Je pense spécialement
à ces jeunes qui ont la tentation de perdre l’espérance,
d’abandonner leur idéaux élevés, de quitter l’école ou de
vivre au jour le jour dans les rues. Il est
donc essentiel de ne pas perdre votre intégrité et de ne pas
compromettre vos idéaux. Ne cédez pas aux tentations contre la
bonté, la sainteté, le courage et la pureté. Relevez donc ce défi!
Avec le Christ, vous serez encore plus des artisans d’une culture
philippine renouvelée et plus juste".
"Un
autre domaine où vous êtes appelés à contribuer est
l’environnement et sa protection. Ce n’est pas seulement parce
que votre pays, plus que d’autres, risque d’être sérieusement
touché par le changement climatique. Vous êtes appelés à prendre
soin de la création, non seulement comme des citoyens responsables,
mais aussi comme disciples du Christ. Le respect de l’environnement
signifie davantage que de simplement utiliser des produits propres ou
de recycler ce que nous utilisons. Ce sont des aspects importants,
mais non suffisants. Nous avons besoin de voir, avec les yeux de la
foi, la beauté du plan de salut de Dieu, le lien entre
l’environnement naturel et la dignité de la personne humaine.
L’homme et la femme sont créés à l’image et à la ressemblance
de Dieu et la maîtrise de la création leur a été confiée. Comme
administrateurs de la création de Dieu, nous sommes appelés à
faire de la terre un beau jardin pour la famille humaine. Lorsque
nous détruisons nos forêts, lorsque nous dévastons le sol et
polluons les mers, nous trahissons ce noble appel. Il y a
trois mois, vos évêques ont affronté ces thèmes
dans une lettre pastorale. Ils ont demandé à chacun de réfléchir
sur la dimension morale de nos activités et de nos styles de vie, de
notre consommation et de l’usage que nous faisons des ressources
naturelles. Aujourd’hui, je vous demande de le faire, dans le
contexte de vos vies et de votre engagement pour la construction du
Royaume. Chers jeunes, l’usage juste et la gestion correcte des
ressources naturelles est une tâche urgente et vous avez une
contribution importante à offrir. Vous êtes l’avenir des
Philippines. Soyez vivement intéressés à tout ce qui arrive à
votre si belle terre".
Un
dernier domaine dans lequel vous pouvez offrir une contribution utile
est le soin des pauvres. Nous sommes chrétiens, membres de la
famille de Dieu. Chacun de nous, et peu importe si individuellement
nous avons beaucoup ou peu, est appelé à tendre la main
personnellement et à servir nos frères et nos sœurs dans le
besoin. Il y a toujours quelqu’un proche de nous qui a des besoins
matériels, psychologiques, spirituels. Le plus grand don que nous
puissions leur faire est notre amitié, notre préoccupation, notre
tendresse, notre amour pour Jésus. Le recevoir signifie tout avoir.
Le donner signifie offrir le don le plus grand de tous. Beaucoup
d’entre vous savent ce que signifie être pauvres. Mais beaucoup
d’entre vous ont aussi fait l’expérience de quelque chose du
bonheur que Jésus à promis aux pauvres en esprit. Je voudrais
encourager et remercier ceux d’entre vous qui ont choisi de suivre
notre Seigneur dans sa pauvreté, par la vocation au sacerdoce et à
la vie religieuse; en puisant à cette pauvreté, vous vous
enrichirez beaucoup. Mais à vous tous, spécialement à ceux qui
peuvent faire et donner davantage, je demande instamment de faire
davantage. S’il vous plaît, donnez plus! Lorsque vous donnez de
votre temps, de vos talents et de vos ressources à beaucoup de
personnes nécessiteuses qui vivent aux marges, vous faites une
différence. C’est une différence qui est si désespérément
nécessaire, et pour laquelle vous serez largement récompensés par
le Seigneur. Parce que, comme il a dit: Tu auras un trésor au ciel.
Ici même il y a vingt ans, Jean-Paul II a
affirmé que le monde a besoin d’un nouveau type de jeunes engagés
dans les plus hauts idéaux, et désireux de bâtir la civilisation
de l’amour. Soyez ces jeunes! Ne perdez pas vos idéaux et soyez
des témoins joyeux de l’amour de Dieu et du magnifique dessein
qu’il a pour nous, pour ce pays et pour le monde dans lequel nous
vivons".
Précisions du P.Lombardi
Cité
du Vatican, 18 janvier 2015 (VIS). Le Directeur de la Salle de Presse
a précisé hier soir qu'avant de regagner la nonciature, le Pape
s'était entretenu avec le père de Cristal, la jeune volontaire
décédée durant la messe à Tacloban à cause de l'effondrement
d'une structure métallique. N'ayant pu parler à sa mère
actuellement à Hong Kong, il est resté une vingtaine de minutes
avec le père, le Cardinal Tagle servant d'interprète.
Grand messe à Manille
Cité
du Vatican, 18 janvier 2015 (VIS). Terminée sa rencontre avec le
monde étudiant, le Saint-Père a regagné la nonciature pour
déjeuner. Après quoi, vers 14 h 30' locales, il s'est rendu en
voiture découverte au Quirino Grandstand Rizal Park, un stade
construit en 1946 à l'occasion de l'indépendance des Philippines.
Il y a célébré une grand messe dominicale en présence d'une foule
immense, de un a trois millions de personnes selon les estimations.
En 1995, Jean-Paul II y avait célébré la messe conclusive de la X
Journée mondiale de la jeunesse. Voici le texte de l'homélie
préparée, que le Pape a préféré résumer ici encore en espagnol:
"C’est
une grande joie pour moi de célébrer le dimanche du Santo Niño
avec vous. L’image de l'Enfant Jésus a accompagné la diffusion de
l’Evangile dans ce pays depuis l’origine. Vêtu comme un roi,
couronné, et tenant en main le sceptre, le globe et la croix, il
continue à nous rappeler le lien entre le Royaume de Dieu et le
mystère de l’enfance spirituelle. Il nous le dit dans l’Evangile
de ce jour: Quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un
petit enfant n’y entrera pas. Le Santo Niño continue à nous
proclamer que la lumière de la grâce de Dieu a brillé sur un monde
de ténèbres, apportant la Bonne Nouvelle de notre libération de
l’esclavage, et en nous guidant sur les sentiers de la paix, du
droit et de la justice. Il nous rappelle aussi que nous avons été
appelés à répandre le Royaume partout dans le monde. Tout au long
de ma visite, j'ai entendu chanter: Nous sommes tous enfants de Dieu.
C’est justement ce que le Santo Niño nous dit. Il nous rappelle
notre identité la plus profonde. Nous sommes tous enfants de Dieu,
membres de la famille de Dieu. Aujourd’hui saint Paul nous a dit
que, dans le Christ, nous sommes devenus enfants adoptifs de Dieu,
frères et sœurs dans le Christ. Voilà qui nous sommes. C’est
notre identité. Nous en avons vu une belle expression quand les
Philippins se sont mobilisés autour de nos frères et sœurs touchés
par le typhon.
L’Apôtre
nous dit que, parce que Dieu nous a choisis, nous avons été
abondamment bénis, par toutes sortes de bénédictions spirituelles,
aux cieux, dans le Christ. Ces paroles ont un écho particulier aux
Philippines, parce que c’est le principal pays catholique de
l'Asie. Ce don de Dieu particulier, cette bénédiction, est aussi
une vocation. Les Philippins sont appelés à être de vaillants
missionnaires de la foi en Asie. Dieu nous a choisis et bénis dans
le but d'être saints et irréprochables à ses yeux. Il nous a
choisis, chacun de nous, pour être témoins de sa vérité et de sa
justice dans ce monde. Il a créé le monde comme un beau jardin et
nous a demandé d’en prendre soin. Mais, par le péché, l’homme
a défiguré la beauté de la nature. Par le péché, l’homme a
aussi détruit l’unité et la beauté de notre famille humaine, en
créant des structures sociales qui entretiennent la pauvreté,
l’ignorance, et la corruption. Parfois, quand nous voyons les
troubles, les difficultés, et les injustices tout autour de nous,
nous sommes tentés d’abandonner. Il semble que les promesses de
l’Evangile ne s’appliquent pas, qu'elles sont irréelles. Mais la
Bible nous dit que la grande menace...a toujours été, le mensonge.
Le Démon est le père du mensonge. Il cache souvent ses pièges
derrière les apparences de la sophistication, l’attrait d’être
moderne ou comme tout le monde. Il nous distrait par l’illusion des
plaisirs éphémères, des passe-temps superficiels. Et alors nous
gaspillons les dons de Dieu en employant des gadgets. Nous gaspillons
notre argent dans le jeu et la boisson auxquels nous nous abandons.
Nous oublions de rester fixés sur les choses qui comptent vraiment.
Nous oublions de rester, intérieurement, enfants de Dieu. Comme le
Seigneur nous le dit, pour ces enfants la sagesse n’est pas la
sagesse du monde. Voilà pourquoi le message du Santo Niño est si
important. Il parle profondément à chacun d’entre nous. Il nous
rappelle notre identité la plus profonde, ce à quoi nous sommes
appelés à être, en tant que la famille de Dieu. Le Santo Niño
nous rappelle aussi que cette identité doit être protégée. Le
Christ Enfant est le protecteur de ce grand pays. Quand il est venu
dans le monde, sa vie a été menacée par un roi corrompu. Jésus
lui-même a eu besoin d’être protégé. Il a eu un protecteur
terrestre, saint Joseph. Il a eu une famille terrestre, la Sainte
Famille de Nazareth. Alors il nous rappelle l’importance de
protéger nos familles, et ces plus grandes familles que sont
l’Eglise, la famille de Dieu, et le monde, notre famille humaine.
Malheureusement, de nos jours, la famille a grand besoin d’être
protégée contre les attaques insidieuses et les programmes
contraires à tout ce que nous tenons pour vrai et sacré, tout ce
qu’il y a de plus beau et de plus noble dans notre culture".
"Dans
l’Evangile, Jésus accueille les enfants, il les embrasse et les
bénis. Nous devons, nous aussi, protéger, guider et encourager
notre jeunesse, en l’aidant à construire une société digne de
son grand héritage spirituel et culturel. En particulier, nous
devons regarder chaque enfant comme un don devant être accueilli,
chéri et protégé. Et nous devons prendre soin de notre jeunesse,
en ne permettant pas que lui soit volée l’espérance, et qu’elle
soit condamnée à vivre dans la rue. Celui qui a apporté la bonté
de Dieu, la miséricorde et la justice dans le monde, était un
enfant fragile, qui avait besoin de protection. Il a affronté la
malhonnêteté et la corruption qui sont l’héritage du péché, et
il en a triomphé par la puissance de sa croix. Maintenant, à la fin
de ma visite aux Philippines, je vous recommande à lui, à Jésus
qui est venu parmi nous comme un enfant. Puisse-t-il permettre à
tous les philippins de travailler ensemble, en se protégeant les uns
les autres, en commençant par les familles et les communautés, en
construisant un monde de justice, d’intégrité et de paix. Puisse
le Santo Niño continuer à bénir les Philippines et à soutenir les
chrétiens de ce grand pays dans leur vocation à être témoins et
missionnaires de la joie de l’Evangile, en Asie et partout dans le
monde".
Conclue
la cérémonie, le dernier rendez-vous public aux Philippines, le
Cardinal Archevêque de Manille a remercié le Pape François de sa
visite. Après avoir salué la foule en voiture panoramique, ce
dernier est retourné à la nonciature.
samedi 17 janvier 2015
Malgré le mauvais temps, le Pape se rend sur l'île de Leyte
Cité
du Vatican, 17 janvier 2015 (VIS). Pour son second jour aux
Philippines le Pape François s'est rendu par avion sur l'île de
Leyte, à Tacloban, où l'avion papal a atterri avec trois quart
d'heure d'avance sur le programme, en raison de l'arrivée d'une
tempête tropicale. Il s'agit de la région côtière durement
frappée il y a quatorze mois par le typhon Yolanda, qui a causé la
mort de 10.000 personnes et causés de très graves destructions.
Ecourtant la cérémonie d'accueil, il s'est immédiatement rendu sur
l'esplanade préparée pour la messe avec la population survivante. A
cause de la pluie battante, il a improvisé en espagnol en proposant
un résumé de l'homélie préparée, dont voici le texte:
"Quelles
paroles de consolation nous venons d’entendre! Encore une fois, il
nous a été dit que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, notre
Sauveur, notre grand prêtre qui nous offre miséricorde, grâce et
soutien en tout ce dont nous avons besoin. Il guérit nos blessures,
pardonne nos péchés et nous appelle à être ses disciples, comme
il l’a fait avec Matthieu. Louons-le pour son amour, sa miséricorde
et sa compassion. Je rends grâce au Seigneur Jésus parce que ce
matin, nous pouvons être ensemble. Je suis venu pour être avec
vous, en cette ville qui a été dévastée par le typhon Yolanda il
y a quatorze mois. Je vous apporte l’amour d’un père, les
prières de toute l’Eglise, la promesse que vous n’êtes pas
oubliés tandis que vous continuez la reconstruction. Ici, la tempête
la plus forte jamais enregistrée sur la planète a été vaincue par
la force la plus puissante de l’univers, l’amour de Dieu. Nous
sommes ici ce matin pour témoigner de cet amour, de sa capacité à
transformer mort et destruction en vie et communauté. La
résurrection du Christ, que nous célébrons en cette messe, est
notre espérance et une réalité dont nous faisons l’expérience,
même présentement. Et nous savons que la résurrection survient
seulement après la croix, cette croix que vous avez portée avec
foi, dignité et la force donnée par Dieu. Nous sommes réunis avant
tout afin de prier pour les personnes qui sont mortes, pour toutes
celles qui sont encore dispersées et pour celles qui ont été
blessées. Nous recommandons à Dieu les âmes des défunts, nos
mères, nos pères, nos fils et nos filles, notre famille, nos amis
et voisins. Nous avons confiance qu’en arrivant en la présence de
Dieu, ils ont trouvé miséricorde et paix. Toutefois, beaucoup de
tristesse persiste ici à cause de leur absence. Pour vous qui les
avez connus et aimés, qui les aimez encore, la douleur de les avoir
perdus est réelle. Mais nous regardons vers l’avenir avec les yeux
de la foi. Notre douleur est une semence qui un jour débouchera sur
la joie que le Seigneur a promise à ceux qui ont cru en ses paroles:
‘Heureux vous qui pleurez, parce que vous serez consolés’.
Nous
sommes rassemblés ici, en outre, afin de rendre grâce à Dieu pour
son aide au temps du besoin. Il a été votre force en ces mois
vraiment difficiles. Tant de vies ont été perdues, il y a eu tant
de souffrance et de destruction. Cependant, nous sommes encore en
mesure de nous réunir et de le remercier. Nous savons qu’il prend
soin de nous. Nous savons qu’en Jésus son Fils, nous avons un
grand prêtre capable de compatir et de souffrir avec nous. La
compassion de Dieu, sa souffrance avec nous, donne une signification
et une valeur éternelles à nos efforts. Votre désir de le
remercier pour toute grâce et bénédiction, même quand vous avez
tant perdu, n’est pas seulement un triomphe de la capacité de
résilience et de la force du peuple philippin. C’est aussi un
signe de la bonté de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse, de son
pouvoir salvifique. Nous rendons grâce...également pour tout ce qui
a été fait pour aider, reconstruire, assister en ces mois de besoin
sans précédents. Je pense en premier lieu à ceux qui ont accueilli
et donné refuge au grand nombre de familles déplacées, aux
personnes âgées, à la jeunesse. Comme il est dur d’abandonner sa
propre maison et ses propres moyens de subsistance. Nous remercions
ceux qui ont pris soin des sans-logis, des orphelins et des personnes
abandonnées. Prêtres, religieux et religieuses qui ont donné tout
ce qu’ils pouvaient. Je remercie tous ceux d’entre vous qui ont
logé et nourri les personnes à la recherche de sécurité dans les
églises, les couvents, les bureaux et qui continuent d’assister
ceux qui sont encore en difficulté. Vous êtes un honneur pour
l’Eglise, vous êtes l’orgueil de votre nation. Je remercie
personnellement chacun de vous, puisque tout ce que vous avez fait au
plus petit des frères et sœurs du Christ, c’est à lui que vous
l’avez fait. Au cours de cette messe, nous voulons aussi remercier
Dieu pour les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont rendu
service comme agents de sauvetage et de secours. Nous le remercions
pour toutes les personnes qui, dans le monde entier, ont offert
généreusement leur propre temps, argent et biens. Les états, les
organisations et les personnes individuelles partout dans le monde
ont mis en première ligne ceux qui sont dans le besoin. Il s’agit
d’un exemple qui devrait être suivi. Je demande aux gouvernants,
aux agences internationales, aux bienfaiteurs et aux personnes de
bonne volonté de ne pas se lasser. Il y a encore beaucoup à faire.
Même si les gros titres des journaux ont changé, les besoins
subsistent.
La
première lecture du jour, nous incite à rester fermes dans notre
confession, à persévérer dans la foi, à nous approcher avec
confiance du trône de la grâce de Dieu. Ces paroles ont une
résonance spéciale en ce lieu, au milieu de grandes souffrances,
vous n’avez jamais cessé de confesser la victoire de la Croix, le
triomphe de l’amour de Dieu. Vous avez vu la puissance de cet amour
révélée dans la générosité de très nombreuses personnes à
travers les nombreux petits miracles de la bonté. Mais vous avez
constaté aussi, même dans le pillage, dans les déprédations et
dans le manque de réponse à ce grand drame humain, bien des signes
tragiques du mal dont le Christ est venu nous sauver. Prions afin que
cela nous conduise à une confiance plus grande dans la puissance de
la grâce de Dieu pour vaincre le péché et l’égoïsme. Prions
particulièrement afin qu’il rende chacun toujours plus sensible au
cri de nos frères et de nos sœurs dans le besoin. Prions afin qu’il
nous aide à repousser toute forme d’injustice et de corruption,
qui, en volant les pauvres, empoisonne les racines mêmes de la
société. Chers frères et sœurs, en cette grande épreuve, vous
avez senti de manière spéciale la grâce de Dieu à travers la
présence et l’attention affectueuse de la Vierge Marie, Notre Dame
du Perpétuel Secours. Elle est notre mère. Qu’elle vous aide à
persévérer dans la foi et dans l’espérance et à rejoindre tous
ceux qui sont dans le besoin. Avec les saints Laurent Ruiz et Pierre
Calungsod et avec tous les saints, qu’elle continue à implorer la
miséricorde de Dieu et sa compassion bienveillante pour ce pays et
pour tous les bien-aimés Philippins".
Après
la messe, l'avion papal a du rapidement regagner Manille, où il est
parvenu à 15 h locale, avec plus de trois heure sur le programme
établi. Le Pape a cependant pu visiter une maison de pêcheurs
dévastée en 2013, bénir une maison de retraite et un asile pour
enfants reconstruits grâce à Cor Unum, puis se rendre à
l'archevêché. Après avoir déjeuné sur le pouce, il a salué
brièvement une trentaine de familles rescapées de Yolanda,
rencontré quelques séminaristes, et visiter au pas de course le
Centre Pape François pour les pauvres. Dernière étape avant de
s'envoler pour la capitale, la cathédrale de Palo où était prévue
une rencontre avec les évêques, les prêtres, séminaristes et
religieux. Il s'est excusé de ne pouvoir tenir ses engagements et à
remis à ses hôtes le texte qu'il comptait lire. A Manille, de
l'aéroport au centre ville, il a salué les fidèles restés pour
attendre son retour.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 17 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Le
Cardinal Orlando B.Quevedo, OMI, Archevêque de Cotabato
(Philippines), son Envoyé spe´cial au 150 anniversaire de la
découverte des "chrétiens cachés du Japon" (Nagasaki,
Japon, 14 - 17 mars).
Mgr.Piotr
Turzynski, Auxiliaire de l'Evêque de Radom (Pologne). L'Evêque élu,
né en 1964 à Radom (Pologne) et ordonné prêtre en 1992, était
jusqu'ici Vice Recteur du grand séminaire de Sandomierz (Pologne).
Docteur en théologie et licencié en sciences patristiques, il a été
directeur spirituel de séminaire, professeur à l'Université
catholique de Lublín, conseiller diocésain pour le clergé puis
pour la vie consacrée.
Avis
Cité
du Vatican, 17 janvier 2015 (VIS). En raison du voyage apostolique,
non seulement le VIS diffuse un bulletin ce samedi, mais aussi demain
dimanche 18 janvier.
vendredi 16 janvier 2015
Entretien avec les journalistes dans le vol pour Manille
Cité
du Vatican, 15 janvier (VIS). Au terme de la première partie du
voyage apostolique, au cours du vol le conduisant de Colombo à
Manille, le Pape François s’est entretenu une quarantaine de
minutes avec les journalistes qui l’accompagnent. Il a répondu à
quelques questions relatives à son voyage au Sri Lanka et aux
Philippines, mais aussi sur les attentats commis à Paris, sur la
liberté religieuse et la liberté d’expression, sur la sécurité
dans ses déplacements et sur sa prochaine encyclique. Il a dit de
cette dernière qu’elle serait probablement terminée fin mars et
vraisemblablement publiée en juin ou juillet.
Voici
une synthèse de quelques unes des réponses faites par le Pape.
Sur
les attentats suicides qui ponctuent l’actualité: ''Derrière
chaque attentat suicide, il y a un déséquilibre humain, mental
peut-être, mais humain. Quelque chose ne fonctionne pas chez cette
personne. Elle n’a pas cet équilibre sur le sens de sa vie et
celle des autres. Ces personnes offrent leur vie mais ne l’offrent
pas bien. Beaucoup de gens travaillent, comme par exemple les
missionnaires qui donnent la vie, mais pour construire. Là on donne
la vie en s’autodétruisant, pour détruire".
Sur
la sécurité dans les voyages pontificaux et les menaces
terroristes: ''La meilleure manière de répondre est d’être
aimable. Etre aimable et humble... Ce sont les fidèles qui me
préoccupent et j’ai parlé de cela avec les services de sécurité
au Vatican. Si j’ai peur? J’ai un défaut, une grande dose
d’inconscience... mais je sais que des mesures de sécurité sont
prises, prudentes et sûres''.
Sur
la liberté religieuse et la liberté d’expression: ''Il s’agit
de deux droits fondamentaux... Allons à Paris, parlons clairement.
Chacun a le droit de pratiquer sa religion, sans offenser,
librement... on ne peut offenser, faire une guerre, tuer au nom de sa
religion, au nom de Dieu. Ce qui se passe actuellement nous touche.
Mais nous pensons toujours à notre histoire, combien de guerres de
religion nous avons fait... nous aussi nous sommes pécheurs pour
cela. Mais on ne peut pas tuer au nom de Dieu, c’est une
aberration... Chacun a non seulement la liberté, le droit mais aussi
l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider le bien commun...
mais sans offenser. Il est vrai que l’on ne peut réagir
violemment, mais si un de mes amis insulte ma mère, je lui mets un
coup de poing! C’est normal, on ne peut pas provoquer, on ne peut
insulter la foi des autres... Il y a une limite, et dans la liberté
d’expression il y a aussi des limites".
Le Pape salue le courage des philippins face aux calamités naturelles
Cité
du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). Ce matin à Manille (heure
locale), le Pape s'est rendu au palais présidentiel où, après une
brève cérémonie protocolaire, il s'est entretenu quarante cinq
minutes en privé avec le chef de l'Etat et sa famille. Après quoi,
il a gagné le salon d'honneur pour s'adresser aux corps constitués
réunis. Voici le discours du Saint-Père:
"Ma
visite est avant tout pastorale. Elle a lieu alors que l’Eglise de
ce pays se prépare à célébrer le cinquième centenaire de la
première proclamation de l’Evangile... Le message chrétien a eu
une immense influence sur la culture philippine. Mon espérance est
que cet important anniversaire mette en relief sa fécondité
constante et sa capacité à inspirer une société digne de la
bonté, de la dignité et des aspirations du peuple philippin. Cette
visite veut, en particulier, exprimer ma proximité à nos frères et
sœurs qui ont connu la souffrance, la perte et la dévastation
causées par le typhon Yolanda". Nous avons tous "admiré
la force héroïque, la foi et la résistance dont ont fait preuve
beaucoup de Philippins face à ce désastre. Ces vertus, enracinées
principalement dans l’espérance et la solidarité inculquées par
la foi chrétienne, ont été à l’origine d’une profusion de
bonté et de générosité, surtout de la part de beaucoup de jeunes.
En ce moment de crise nationale, d’innombrables personnes sont
venues en aide à leurs voisins dans le besoin. Avec grand sacrifice,
ils ont offert leur temps et leurs ressources, en créant un réseau
de secours mutuels et d’engagements pour le bien commun. Cet
exemple de solidarité dans le travail de reconstruction nous
enseigne une leçon importante. Toute société, telle une famille,
puise dans ses ressources les plus profondes pour affronter de
nouveaux défis.
Comme
beaucoup d’autres pays d’Asie, les Philippines se trouvent devant
la nécessité de construire une société moderne solidement fondée,
une société respectueuse des valeurs humaines, qui garde notre
dignité ainsi que les droits humains, fondés sur Dieu, et qui soit
prête à affronter de nouvelles et complexes questions éthiques et
politiques. Comme l’ont signalé de nombreuses voix, il est
maintenant plus que jamais nécessaire que les dirigeant politiques
se distinguent par leur honnêteté, leur intégrité et leur
responsabilité envers le bien commun. Ils pourront ainsi préserver
les riches ressources humaines et naturelles avec lesquelles Dieu a
béni ce pays. Ils seront ainsi capables de gérer les ressources
morales nécessaires pour affronter les requêtes du présent, et
transmettre aux générations futures une société vraiment juste,
solidaire et pacifique. L’exigence morale d’assurer la justice
sociale et le respect de la dignité humaine est essentielle à la
réalisation de ces objectifs nationaux. La grande tradition
biblique prescrit à tous les peuples le devoir d’entendre la voix
des pauvres et de briser les chaînes de l’injustice et de
l’oppression qui donnent lieu à de...scandaleuses inégalités
sociales. La réforme des structures sociales qui entretiennent la
pauvreté et l’exclusion des pauvres, requiert avant tout une
conversion de l’esprit et du cœur. Les évêques des Philippines
ont demandé que cette année soit proclamée Année des pauvres.
J’espère que cette requête prophétique provoquera en chacun, à
tous les niveaux de la société, le refus ferme de toute forme de
corruption qui détourne les ressources destinées aux pauvres.
Puisse-t-elle inspirer des efforts concertés pour inclure tout
homme, toute femme et tout enfant dans la vie de la communauté.
Un
rôle fondamental pour le renouvellement de la société est joué,
naturellement, par la famille et spécialement par les jeunes. Un
aspect particulier de ma visite sera ma rencontre avec les familles
et avec les jeunes ici à Manille. Les familles ont une mission
indispensable dans la société. C’est dans la famille que les
enfants grandissent dans des valeurs saines, des idéaux élevés, et
dans une authentique préoccupation pour les autres. Mais, comme tous
les dons de Dieu, la famille peut aussi être défigurée et
détruite. Elle a besoin de notre appui. Nous savons combien il est
difficile aujourd’hui pour nos démocraties de préserver et de
défendre ces valeurs humaines de base, comme le respect de
l’inviolable dignité de toute personne humaine, le respect des
droits à la liberté de conscience et de religion, le respect de
l’inaliénable droit à la vie, depuis celle des enfants qui ne
sont pas encore nés, jusqu’à celle des personnes âgées et des
malades. Pour cette raison, les familles et les communautés doivent
être encouragées et assistées dans leurs efforts pour transmettre
aux jeunes les valeurs et la vision qui peut aider à créer une
culture de l’intégrité... Il faut faire honneur à la bonté, à
la sincérité, à la fidélité et à la solidarité qui sont les
fondements solides et le ciment moral qui maintiennent unie la
société". Par ailleurs, "je ne peux pas manquer de
mentionner le rôle important des Philippines dans la promotion de la
compréhension et de la coopération entre les pays d’Asie, ainsi
que la contribution, souvent négligée mais non moins réelle, des
philippins de la diaspora à la vie et au bien être des sociétés
dans lesquelles ils vivent. C’est précisément à la lumière du
riche héritage culturel et religieux dont votre nation est fière,
que je vous lance un défi et un encouragement. Puissent les plus
profondes valeurs spirituelles du peuple philippin continuer à
trouver leur expression dans l’effort pour procurer à vos
concitoyens un développement humain intégral. De cette manière,
toute personne sera capable de réaliser ses propres potentialités
et ainsi contribuer sagement et bien à l’avenir du pays. J’ai
confiance que les efforts..de promotion du dialogue et de la
coopération entre les différentes religions porteront du fruit dans
la poursuite de ce noble objectif. De façon particulière, j’exprime
ma confiance que les progrès accomplis pour apporter la paix dans le
sud du pays produiront des solutions justes en accord avec les
principes fondateurs de la nation et dans le respect des droits
inaliénables de tous, y compris ceux des populations indigènes et
des minorités religieuses".
Messe dans la cathédrale de Manille
Cité
du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). Après sa visite au palais
présidentiel, le Saint-Père s'est rendu en voiture à la cathédrale
de Manille, la mère de toutes les églises du pays, érigée en
basilique mineure par Jean-Paul II. L'édifice actuel, qui remonte
aux années 1950, occupe l'emplacement de la première église de
1581, détruite par un typhon et plusieurs fois reconstruite après
incendies, séismes et bombardements de la seconde guerre mondiale.
Elle vient de connaître une ultime restauration et n'a été
réouverte au culte qu'en avril 2014. Le Saint-Père a concélébré
la messe avec les évêques philippins, en présence du clergé, de
séminaristes et religieux. Voici son homélie:
Le
Seigneur a demandé à Pierre: M’aimes-tu? Puis lui a dit: Pais mes
agneaux. "Ces paroles de l’Evangile du jour sont les premières
paroles que je vous adresse... Elles nous rappellent quelque chose
d’essentiel, que tout ministère pastoral est né de l’amour.
Tout ministère pastoral est né de l’amour. Toute vie consacrée
est un signe de l’amour réconciliateur du Christ. Comme sainte
Thérèse de l’Enfant Jésus, dans la variété de nos vocations,
chacun de nous est appelé, en quelque sorte, à être l’amour dans
le cœur de l’Eglise. Je vous salue avec affection, et vous demande
de la porter à vos frères et sœurs âgés et malades et à tous
ceux qui nous pas pu s’unir à nous. Alors que l’Eglise aux
Philippines se prépare au cinquième centenaire de son
évangélisation, nous éprouvons de la gratitude pour l’héritage
laissé par tant d’évêques, de prêtres et de religieux du passé.
Ils se sont efforcés, non seulement de prêcher l’Evangile et de
construire l’Eglise dans ce pays, mais aussi de forger une société
inspirée du message évangélique de la charité, du pardon et de la
solidarité au service du bien commun. Aujourd’hui vous continuez
ce travail d’amour. Comme eux, vous êtes appelés à construire
des ponts, à paître le troupeau du Christ, et à préparer de
nouvelles voies à l’Evangile en Asie à l’aube d’une ère
nouvelle. L’amour du Christ nous saisit: Dans la première lecture,
Paul nous dit que l’amour que nous sommes appelés à proclamer est
un amour réconciliateur, qui coule du cœur du Sauveur crucifié.
Nous sommes appelés à être ambassadeurs au nom du Christ. Notre
ministère est un ministère de réconciliation. Nous proclamons la
Bonne Nouvelle de l’amour, de la miséricorde et de la compassion
infinis de Dieu. Nous proclamons la joie de l’Evangile, qui est la
promesse de la grâce de Dieu, qui seule peut apporter plénitude et
guérison à notre monde abimé. L’Evangile peut inspirer la
construction d’un ordre social vraiment juste et racheté. Etre
ambassadeur du Christ signifie avant tout inviter chacun à une
rencontre personnelle renouvelée avec le Seigneur. Notre rencontre
personnelle avec lui. Cette invitation doit être au centre de votre
commémoration de l’évangélisation des Philippines. Mais
l’Évangile est aussi une exhortation à la conversion, à un
examen de conscience, comme individu et comme peuple.
Comme
l’ont justement enseigné les évêques des Philippines, votre
Eglise est appelée à reconnaître et combattre les causes de
l’inégalité et de l’injustice, profondément enracinées, qui
salissent le visage de la société, en s’opposant clairement aux
enseignements du Christ. L’Evangile appelle les chrétiens à avoir
des vies honnêtes, intègres, et soucieuses du bien commun. Mais il
appelle aussi les communautés chrétiennes à créer des cercles
d’intégrité, des réseaux de solidarité qui peuvent pousser à
embrasser et à transformer la société par leur témoignage
prophétique. Les pauvres...sont au cœur de l’Evangile. Si nous
les enlevons de l’Evangile, nous ne pouvons pas comprendre la
totalité du message de Jésus-Christ. Comme ambassadeurs du Christ,
nous, évêques, prêtres et religieux, devrions être les premiers à
accueillir sa grâce réconciliatrice dans nos cœurs. Saint Paul
explique ce que cela signifie. Cela signifie rejeter les perspectives
mondaines, en regardant de nouveau toute chose à la lumière du
Christ. Cela implique que nous soyons les premiers à examiner notre
conscience, à reconnaître nos échecs et nos chutes, et à
emprunter la voie de la conversion continuelle, chaque jour la
conversion. Comment pouvons-nous proclamer aux autres la nouveauté
et le pouvoir libérateur de la Croix, si nous-mêmes ne permettons
pas à la parole de Dieu de secouer notre complaisance, notre peur de
changer, nos compromissions mesquines avec les manières de ce monde,
notre mondanité spirituelle. Pour nous, prêtres et personnes
consacrées, la conversion à la nouveauté de l’Evangile implique
une rencontre quotidienne avec le Seigneur dans la prière. Les
saints nous enseignent que c’est la source de tout zèle
apostolique. Pour nous vivre la nouveauté de l’Evangile signifie
aussi retrouver toujours, dans la vie de la communauté et les
apostolats de la communauté, l’incitation à une union toujours
plus étroite avec le Seigneur dans la charité parfaite. Pour nous
tous, cela signifie vivre de manière à refléter la pauvreté du
Christ, dont la vie entière était centrée sur l’accomplissement
de la volonté du Père et le service les autres. La grande menace à
cela, naturellement, est de tomber dans un certain matérialisme qui
peut s’insinuer dans nos vies et compromettre le témoignage que
nous donnons. C’est seulement en devenant nous-mêmes pauvres, en
devenant nous-mêmes pauvres, en renonçant à notre
auto-accomplissement, que nous pourrons nous identifier aux derniers
de nos frères et sœurs. Nous verrons les choses sous une lumière
nouvelle et nous pourrons ainsi répondre avec honnêteté et avec
intégrité au défi d’annoncer la radicalité de l’Evangile dans
une société habituée à l’exclusion, à la polarisation et à la
scandaleuse inégalité.
Je
voudrais maintenant m'adresser aux jeunes prêtres, religieux et
séminaristes présents. Je vous demande de partager la joie et
l’enthousiasme de votre amour pour le Christ et pour l’Eglise
avec tous, mais surtout avec ceux de votre âge. Soyez présents au
milieu des jeunes qui peuvent être désorientés et découragés, et
qui cependant continuent de voir l’Eglise comme leur amie sur le
chemin et une source d’espérance. Soyez proches de ceux qui, en
vivant au milieu d’une société alourdie par la pauvreté et par
la corruption, sont découragés en esprit, tentés de tout laisser
tomber, d’arrêter l’école et de vivre dans les rues. Proclamez
la beauté et la vérité du message chrétien à une société qui
est tentée par des présentations confuses de la sexualité, du
mariage et de la famille", réalités de plus en plus attaquées
par des forces puissantes qui menacent de défigurer le plan de Dieu
sur la création et de trahir les vraies valeurs qui ont inspiré et
donné forme à tout ce qu’il y a de beau dans votre culture. La
culture philippine, en effet, a été pétrie par la créativité de
la foi. Les Philippins sont connus pour leur amour de Dieu, pour leur
piété fervente et pour leur chaleureuse dévotion à Notre Dame et
au Rosaire leur amour de Dieu... Ce grand héritage contient un fort
potentiel missionnaire. C’est la manière dont votre peuple a
inculturé l’Evangile et continue à accueillir son message. Dans
votre effort de préparation au cinquième centenaire, construisez
sur ces bases solides. Le Christ est mort pour tous de sorte que, en
étant morts en lui, nous puissions vivre non plus pour nous-mêmes
mais pour lui... J’implore de Marie, Mère de l’Eglise, de faire
surgir pour vous tous une telle abondance de zèle, que vous puissiez
vous dépenser avec abnégation au service de nos frères et sœurs.
De cette manière, puisse l’amour réconciliateur du Christ
pénétrer encore plus pleinement dans le tissu de la société
philippine et, à travers vous, jusqu’aux recoins les plus
lointains du monde".
Après
la messe, le Pape François s'est rendu dans un foyer proche,
appartenant à la fondation Tulay ng Kabataan, abritant des enfants
des rues, avec trois cent desquels il a conversé pendant une
vingtaine de minutes, entouré de leurs manifestations d'affection.
Puis il a regagné la nonciature pour dîner et passer sa seconde
nuit aux Philippines.
Les familles, disciples et missionnaires
Cité
du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). A 17 h (heure locale) le Pape
s'est rendu en voiture découverte au palais des sports Mall of Asia
Arena pour la dernière phase de son séjour à Manille, pour y
rencontrer 20.000 fidèles représentants les familles catholiques
des Philippines. Après chants et danses, il s'est adressé à
l'assemblée
"Chères
familles, chers amis dans le Christ, merci de
votre présence...et pour votre témoignage d'amour envers Jésus et
son Eglise... Je remercie tout particulièrement ceux qui ont
présenté leurs témoignages et ont partagé leur vie de foi avec
nous. L'Ecriture parle rarement de saint Joseph, mais quand elle le
fait, nous le trouvons souvent en train de se reposer, en présence
d'un ange qui lui révèle la volonté de Dieu... Ce soir, je
voudrais me reposer dans le Seigneur avec vous tous, et réfléchir
avec vous sur le don de la famille. Le sommeil de Joseph lui a révélé
la volonté de Dieu. En ce moment de repos dans le Seigneur, en
faisant une pause dans nos nombreux devoirs et activités, Dieu nous
parle, à nous aussi. Il nous parle dans la lecture que nous avons
écoutée, dans nos prières et dans les témoignages, ainsi que dans
le silence de notre cœur. Réfléchissons sur ce que le Seigneur
nous dit, spécialement dans l’Evangile à peine lu. Il y a trois
aspects de ce passage que je vous demande de prendre en
considération: Se reposer dans le Seigneur, se lever avec Jésus et
Marie, et être une voix prophétique.
Se
reposer dans le Seigneur: Le repos est bien nécessaire à la santé
de nos esprits et de nos corps, et pourtant souvent il est difficile
d’y parvenir, à cause des nombreuses exigences qui pèsent sur
nous. Le repos est aussi essentiel pour notre santé spirituelle.
Ainsi nous pouvons écouter la voix de Dieu et comprendre ce qu’il
nous demande. Joseph a été choisi par Dieu pour être le père
adoptif de Jésus et l’époux de Marie. En tant que chrétiens,
nous sommes nous aussi appelés, comme Joseph, à offrir une maison à
Jésus. Vous préparez une maison pour lui dans vos cœurs, dans vos
familles, dans vos paroisses et dans vos communautés. Pour écouter
et accepter l’appel de Dieu, pour construire une maison à Jésus,
vous devez être en mesure de vous reposer dans le Seigneur. Vous
devez trouver le temps, chaque jour, pour prier. Mais vous pourriez
me dire vouloir prier mais avoir top de travail à accomplir. Je dois
prendre soin de mes enfants, j’ai les travaux domestiques, je suis
trop fatigué même pour dormir. Cela pourrait être vrai, mais si
nous ne prions pas, nous ne connaîtrons jamais la chose la plus
importante de toutes, le dessein de Dieu pour nous. En outre, dans
toute notre activité, dans la multiplicité de nos occupations, sans
la prière, nous obtiendrons vraiment peu. Se reposer dans la prière
est particulièrement important pour les familles. Avant tout, c’est
en famille que nous apprenons à prier. Là, nous arrivons à
connaître Dieu, à grandir comme hommes et femmes de foi, à nous
voir comme membres de la plus grande famille de Dieu, l’Eglise. En
famille, nous apprenons à aimer, à pardonner, à être généreux
et ouverts et non fermés et égoïstes. Nous apprenons à aller
au-delà de nos besoins, à rencontrer les autres et à partager nos
vies avec eux. Voilà pourquoi il est si important de prier en tant
que famille. Voilà pourquoi les familles sont si importantes dans
le plan de Dieu pour l’Eglise... Ces précieux moments de repos, de
pause de prière avec le Seigneur, sont des moments que nous
voudrions peut-être pouvoir prolonger. Mais comme Joseph, une fois
écoutée la voix de Dieu, nous devons nous réveiller de notre
sommeil. Nous devons nous lever et agir. La foi ne nous retire pas du
monde, mais elle nous y insère davantage. Chacun de nous, en effet,
joue un rôle spécial dans la préparation de la venue du Royaume
dans notre monde. Tout comme le don de la Sainte Famille a été
confié à saint Joseph, ainsi le don de la famille et sa place dans
le plan de Dieu nous sont confiés. L’Ange du Seigneur a révélé
à Joseph les dangers qui menaçaient Jésus et Marie, les obligeant
à fuir en Egypte et puis à s’établir à Nazareth. De la même
manière, en notre temps, Dieu nous appelle à reconnaître les
dangers qui menacent nos propres familles et à les protéger du mal.
Les
pressions sur la vie de la famille sont aujourd’hui nombreuses. Aux
Philippines, d’innombrables familles souffrent encore des
conséquences des catastrophes naturelles. La situation économique a
provoqué la désintégration des familles avec l’émigration et la
recherche d’un emploi. En outre, des problèmes financiers
étreignent beaucoup de foyers. Tandis que trop de personnes vivent
dans la pauvreté extrême, d’autres sont saisies par le
matérialisme et par des styles de vie qui détruisent la vie
familiale et les exigences les plus fondamentales de la morale
chrétienne. La famille est aussi menacée par les efforts croissants
de certains pour redéfinir l’institution même du mariage à
travers le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque
d’ouverture à la vie. Notre monde a besoin de bonnes et fortes
familles pour vaincre ces menaces. Votre pays a besoin de familles
saintes et pleines d’amour pour protéger la beauté et la vérité
de la famille dans le plan de Dieu, et constituer un soutien ainsi
qu’un exemple pour les autres familles. Chaque menace à la famille
est une menace à la société elle-même. Comme Jean-Paul II l’a
souvent dit, l’avenir de l’humanité,passe par la famille.
Protégez donc vos familles! Voyez en elles le plus grand trésor de
votre nation et nourrissez-les toujours de la prière et de la grâce
des sacrements. Les familles auront toujours leurs épreuves, elles
n’ont pas besoin qu’on leur en rajoute d’autres. Au contraire,
soyez des exemples d’amour, de pardon et d’attention. Soyez des
sanctuaires de respect pour la vie, en proclamant la sacralité de
chaque vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.
Quel grand don ce serait pour la société, si chaque famille
chrétienne vivait pleinement sa noble vocation. Alors, levez-vous
avec Jésus et Marie, et préparez-vous à parcourir la route que le
Seigneur trace pour chacun de vous.
Enfin,
l’Evangile que nous avons écouté nous rappelle que notre devoir
de chrétiens est d’être des voix prophétiques au sein de nos
communautés. Joseph a écouté la voix de l’Ange du Seigneur et a
répondu à l’appel de Dieu de prendre soin de Jésus et de Marie.
Ainsi, il a joué son rôle dans le plan de Dieu et il est devenu une
bénédiction non seulement pour la Sainte Famille, mais une
bénédiction pour toute l’humanité. Avec Marie, Joseph a servi de
modèle pour l’Enfant Jésus pendant qu’il grandissait en
sagesse, en âge et en grâce. Quand les familles donnent naissance
aux enfants dans notre monde, les éduquent à la foi ainsi qu’aux
valeurs saines, et leur enseignent à offrir leur contribution à la
société, elles deviennent une bénédiction pour notre monde.
L’amour de Dieu devient présent et actif à la manière dont nous
nous aimons et par les bonnes œuvres que nous réalisions. Nous
faisons croître le royaume du Christ en ce monde. En faisant cela,
nous nous montrons fidèles à la mission prophétique que nous avons
reçue dans le baptême. Durant cette année, que vos évêques ont
choisie comme Année des pauvres, je recommande aux familles d’être
particulièrement attentives à notre appel à être disciples
missionnaires de Jésus. Cela signifie être prêt à aller au-delà
des limites de vos maisons et prendre soin des frères et sœurs plus
nécessiteux. Je vous demande de vous intéresser spécialement à
ceux qui n’ont pas leur propre famille, en particulier à ceux qui
sont âgés et aux enfants privées de leurs parents. Ne les laissez
jamais se sentir isolés, seuls et abandonnés, mais aidez-les à se
rendre compte que Dieu ne les a pas oubliés. Vous pourriez être
vous aussi pauvres dans le sens matériel, mais vous avez une
abondance de dons à offrir quand vous offrez le Christ et la
communauté de son Eglise. Ne cachez pas votre foi, ne cachez pas
Jésus, mais portez-le au monde et offrez le témoignage de votre vie
de famille... Je prie pour que le Seigneur continue d’approfondir
votre amour pour lui et que cet amour puisse se manifester à travers
votre amour réciproque et votre amour pour l’Eglise. Priez souvent
et portez les fruits de votre prière dans le monde, que tous
puissent connaître Jésus-Christ et son amour miséricordieux. S’il
vous plaît, priez aussi pour moi, j’ai vraiment besoin de vos
prières et je compte toujours sur elles".
Fin de la réunion des Commissions doctrinales européennes
Cité
du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). A Esztergom (Hongrie) s'est
conclue hier la réunion des Présidents des Commissions doctrinales
des Conférences épiscopales européennes, à laquelle ont également
pris part le Cardinal Préfet et le Secrétaire de la Congrégation
pour la doctrine de la foi. En ouverture des travaux le 13 janvier,
le Cardinal Gerhard Ludwig Müller a lu une lettre du Pape soulignant
l'importance d'encourager les divers épiscopats et leurs commissions
doctrinales dans leur responsabilité en matière d'unité et
d'intégrité de la foi, mais aussi de sa transmission aux jeunes
générations. Faisant ensuite référence à l'exhortation Evangelii
Gaudium, il a dit espérer que la réunion pourrait contribuer à
envisager collégialement certaines questions doctrinales et
pastorales délicates, de manière à susciter chez les fidèles un
sursaut missionnaire, une plus grande ouverture au caractère
transcendant de la vie sans laquelle l'Europe risque de perdre
l'humanisme qu'elle se plaît à défendre. Le rapport présenté par
le Cardinal Müller a abordé la nature théologique des commissions
doctrinale et le rôle des évêques comme maîtres de foi. Ensuite,
les débats ont porté sur l'unicité et l'universalité salvifique
du Christ et sur l'annonce évangélique comme première mission de
l'Eglise. Le second jour, il a été question de la théorie du
genre, de l'anthropologie chrétienne et de la liberté religieuse.
Le lendemain, de la nouvelle évangélisation, du sacrement de la
pénitence et du fonctionnement de la commission doctrinale
épiscopale. Cette réunion a permis de renforcer la collaboration
entre ces organes des épiscopats européens et la Congrégation pour
la doctrine de la foi, en vue de mieux envisager les enjeux
doctrinaux qui se posent à l'Europe.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
L'Abbé
José María Baliña, Auxiliaire de l'Archevêque de Buenos Aires
(Argentine). L'Evêque élu, né en 1959 à Buenos Aires (Argentine)
et ordonné prêtre en 1989, était jusqu'ici Curé Doyen de la
paroisse St.Isidro Labrador à Buenos Aires. Ingénieur agronome, il
a été curé de paroisses, Membre du Presbyterium, Vice Président
de l'association ecclésiale St.Pierre.
Mgr.Nicholas
James Samra, Evêque melkite de Newton (USA), Administrateur
apostolique de l'éparchie melkite de Notre Dame del Paraíso en
México (Mexique).
jeudi 15 janvier 2015
Le Pape François est arrivé aux Philippines
Cité
du Vatican, 15 janvier 2015 (VIS). Tôt ce matin (heure locale), le
Saint-Père a quitté la nonciature de Colombo pour l'aéroport,
faisant halte à l'Institut culturel Benoît XVI de Bolawalana. Il a
prié un instant en la chapelle Notre Dame de Lanka, où
l'attendaient la communauté jésuite voisine, un choeur et des
pêcheurs locaux. Le Recteur lui a présenté les 250 ouvriers ayant
pris part à la construction du centre. La chapelle de Lanka, qui
remonte à 1911 et qui était l'objet d'un pèlerinage marial, était
initialement dédié à la Vierge de Lourdes. A l'orée de la seconde
guerre mondiale, l'Archevêque de Colombo le Cardinal Masson fit le
voeu de construire un sanctuaire si la Vierge épargnait le pays. La
nouvelle église fut consacrée en 1974 et Paul VI lui concéda le
titre de basilique mineure. Quant à l'Institut culturel Benoît XVI,
il fut lancé par le Cardinal Malcolm Ranjith en 2011, dans le but de
favoriser la réconciliation nationale après une guerre civile de
trente ans.
A
9 h locales, après avoir pris congé du chef de l'Etat et des
autorités srilankaises, le Pape a embarqué à destination des
Philippines, deuxième étape de son voyage en Asie. Après un peu
plus de six heures de voyage, l'avion papal a atterri à Manille, où
l'attendaient le Président Benigno Aquino III et les corps
constitués. Après une cérémonie de bienvenue brève mais colorée,
au soleil couchant, il a gagné en voiture le coeur de la capitale
philippine, salué par une foule compacte sur les neuf km du trajet.
A la nonciature apostolique, avant de passer sa première nuit aux
Philippines, le Saint-Père a dîné avec ses collaborateurs.
Accord Serbie Saint-Siège sur l'enseignement supérieur
Cité
du Vatican, 15 janvier 2015 (VIS). Par consensus, la Serbie et le
Saint-Siège ont fait entrer en vigueur le 12 janvier l'Accord du 27
juin 2014 qui règle leur collaboration en matière d'enseignement
supérieur et en fixe les principes et les dispositions.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 15 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a:
Confirmé
l'élection de l'Abbé Basel Yaldo comme Auxiliaire du Patriarche
chaldéen. L'Evêque élu, né en 1970 à Telkaif (Irak) et ordonné
prêtre en 2002, était jusqu'ici Curé de paroisse aux Etats-Unis
d'Amérique. Docteur en théologie, il a été professeur et Vice
Recteur du grand séminaire chaldéen de Badgad (Irak), secrétaire
particulier du défunt Patriarche, le Cardinal Emmanuel III Delly.
Nommé
Mgr.Amel Shamon Nona, Evêque de l'éparchie chaldénne de St.Thomas
Apôtre à Sydney (Australie). Jusqu'ici Archevêque chaldéen de
Mossoul (Irak), il conserve le rang archiépiscopal et succède à
Mgr.Djibraïl Kassab, dont la renonciation a été acceptée. Docteur
en théologie, il a exercé son ministère sacerdotal près
l'éparchie chaldénne de de St.Thomas Apôtre à Detroit (USA).
Nommé
le Chorévêque Emmanuel Challita, Evêque de l'éparchie chaldénne
de Mar Addai à Toronto (Canada). L'Evêque élu, né en 1956 à
Fishkabour - Zakho (Irak) et ordonné prêtre en 1984, était
jusqu'ici curé de paroisse aux Etats-Unis d'Amérique. Docteur en
théologie, il a exercé son ministère sacerdotal près l'éparchie
chaldénne de de St.Thomas Apôtre à Detroit (USA).
mercredi 14 janvier 2015
Le premier saint srilankais
Le premier saint srilankais
Cité
du Vatican, 14 janvier 2015 (VIS). Ce matin à Colombo (8 h 30'
locales) le Pape s'est rendu au parc Galle Face Green où, il y a
quinze ans, Jean-Paul II avait béatifié Joseph Vaz. Devant près
d'un demi million de fidèles, il a célébré la messe de
canonisation du premier saint local, né à Goa en en 1651 dans une
famille locale chrétienne de la classe brahmanique (colonie
portugaise). D'abord prêtre de l'Oratoire, il gagna en 1687 la
partie de Ceylan (actuel Sri Lanka) qui, sous domination hollandaise,
ne comptait aucun prêtre catholique. Il exerça son ministère
clandestinement. Arrêté et incarcéré, il fut relâché et put
retourner dans le royaume bouddhiste de Kandy (centre de l'île), où
il fut autorisé en 1696 à prêcher. Devenu Vicaire pour l'île, il
mourut d'épuisement en 1711. Voici l'homélie prononcée par le
Saint-Père:
"Comme
de très nombreux autres missionnaires dans l’histoire de l’Eglise,
il a répondu au commandement du Ressuscité de faire de toutes les
nations des disciples. Par ses paroles, mais, plus important, par
l’exemple de sa vie, il a conduit le peuple de cette nation à la
foi qui nous donne l’héritage parmi tous les sanctifiés. Nous
voyons chez saint Joseph Vaz un signe éloquent de la bonté et de
l’amour de Dieu pour le peuple du Sri Lanka. Mais nous voyons aussi
en lui une incitation à persévérer sur la voie de l’Evangile, à
grandir nous-mêmes en sainteté, et à témoigner du message
évangélique de réconciliation auquel il a consacré sa vie. Pour
de nombreuses raisons, il continue d’être un exemple et un maître.
Avant
tout, il fut un prêtre exemplaire. Il y a ici avec nous aujourd’hui
beaucoup de prêtres, de religieux et religieuses qui, comme Joseph
Vaz, sont consacrés au service de l’Evangile de Dieu et du
prochain. J’encourage chacun de vous à regarder Saint Joseph Vaz
comme un guide sûr. Il nous apprend à sortir vers les périphéries,
pour que Jésus-Christ soit connu et aimé partout. Il est aussi un
exemple de souffrance patiente pour la cause de l’Evangile,
d’obéissance aux supérieurs, de soin affectueux pour l’Eglise
de Dieu. Comme nous, il a vécu à un moment de rapide et profonde
transformation. Les catholiques étaient une minorité, souvent
divisée de l’intérieur. Au dehors il y avait une hostilité
occasionnelle, et même de la persécution. Malgré cela, parce qu’il
fut constamment uni par la prière au Seigneur crucifié, il a été
capable de devenir pour tous une icône vivante de l’amour
miséricordieux et réconciliateur de Dieu. En second lieu, saint
Joseph nous a montré l’importance de dépasser les divisions
religieuses pour le service de la paix. Son amour indivis de Dieu l’a
ouvert à l’amour du prochain. Il a exercé son ministère pour les
personnes qui étaient dans le besoin, quelles qu’elles soient, et
où qu’elles soient. Son exemple continue à inspirer l’Eglise au
Sri Lanka aujourd’hui. Bien volontiers et généreusement, elle
sert tous les membres de la société. Elle ne fait pas de
distinctions de race, de credo, d’appartenance tribale, de
condition sociale ni de religion dans le service qu’elle rend à
travers ses écoles, ses hôpitaux, cliniques et de nombreuses autres
œuvres de charité. Elle ne demande rien d’autre que la liberté
d’accomplir sa mission. La liberté religieuse est un droit humain
fondamental. Tout individu doit être libre, seul ou associé avec
d’autres, de chercher la vérité, d’exprimer ouvertement ses
convictions religieuses, libre des intimidations et des contraintes
extérieures. Comme la vie de Joseph Vaz nous l’enseigne,
l’authentique adoration de Dieu conduit non pas à la
discrimination, à la haine et à la violence, mais au respect de la
sacralité de la vie, au respect de la dignité et de la liberté des
autres, et à l’engagement affectueux pour le bien-être de tous.
Enfin, saint Joseph nous donne un exemple de zèle missionnaire. Bien
qu’il soit venu à Ceylan pour être prêtre au service de la
communauté catholique, dans sa charité évangélique il est allé
vers tous. Laissant derrière lui sa maison, sa famille, le confort
de ses lieux familiers, il a répondu à l’appel d’aller au-delà,
de parler du Christ partout où il serait conduit. Saint Joseph
savait comment offrir la vérité et la beauté de l’Evangile dans
un contexte multi-religieux, avec respect, dévouement, persévérance
et humilité. C’est encore la voie pour les disciples de Jésus
aujourd’hui. Nous sommes appelés à aller plus loin avec le même
zèle, avec le même courage que saint Joseph, mais aussi avec sa
sensibilité, avec son respect des autres, avec son désir de
partager avec eux cette parole de grâce qui a le pouvoir de les
édifier. Nous sommes appelés à être disciples-missionnaires.
Chers
frères et sœurs, je prie pour que, en suivant l’exemple de saint
Joseph Vaz, les chrétiens de ce pays puissent être confirmés dans
la foi et donner une contribution toujours plus grande à la paix, à
la justice et à la réconciliation de la société srilankaise.
C’est ce que le Christ vous demande. C’est ce que Saint Joseph
vous enseigne. C’est ce dont l’Eglise a besoin de votre part. Je
vous confie tous aux prières de notre nouveau saint pour que, en
union avec l’Eglise répandue dans le monde, vous puissiez chanter
un chant nouveau au Seigneur et proclamer sa gloire jusqu’au bout
de la terre. Parce que le Seigneur est grand et digne de toute
louange".
A
la fin de la messe, le Pape a remis au Cardinal Albert Malcolm
Ranjith Patabendige Don, Archevêque de Colombo, une reproduction du
décret gravé sur cuivre par lequel le roi de Kandy Keerthi Sri
Rajasinghe autorisa dès 1694 les oratoriens à prêcher, à
convertir ses sujets et à bâtir des églises. L'original avait été
offert à Léon XIII par un prédécesseur du Cardinal Archevêque de
Colombo. Les catholiques srilankais ont fait don au Saint-Père de
70.000 US$ à usage caritatif.
Reconstruire l'unité entre tamouls et singalais
Cité
du Vatican, 14 janvier 2015 (VIS). Après la messe de Colombo, le
Saint-Père a gagné par hélicoptère le sanctuaire de Notre Dame
de Madhu, à 250 km au nord de la capitale, dans une région à
majorité tamoule. En 1544, des chrétiens survivants d'un massacre
ordonné par le roi de Jaffna trouvèrent refuge en ce lieu, où ils
construisirent un oratoire. En 1583 fut construite une première
chapelle. Après la fin des persécutions hollandaises, débarqués à
Ceylan en 1656, d'autres réfugiés chrétiens y placèrent une icône
de la Vierge. Avec le concours de coreligionnaires portugais, cette
communauté construisit la première église. Le succès du
sanctuaire marial se développa avec Joseph Vaz, qui en fait un
centre missionnaire. L'édifice actuel, qui remonte à 1872, a été
consacré en 1944. En 1924 fut couronnée la Vierge de Madhu. A la
demande des évêques, le sanctuaire fut respecté durant toute la
guerre civile. Zone démilitarisée, Madhu abrita des réfugiés au
point qu'à partir de 1990 le domaine devint un véritable camp.
Restitué au diocèse de Mannar, le culte y est rétabli depuis
décembre 2010. Ici aussi, un demi million de fidèle est venu prier
avec le Pape pour la paix qui a été établie en 2009. Voici son
intervention:
"Nous
nous trouvons dans la demeure de notre Mère. Ici, elle nous souhaite
la bienvenue dans sa maison. Dans ce sanctuaire de Notre-Dame de
Madhu, chaque pèlerin peut se sentir chez lui, puisqu’ici Marie
nous introduit en la présence de son Fils Jésus. Ici, des Sri
Lankais, Tamouls et Singalais viennent tous comme membres d’une
authentique famille. A Marie, ils confient leurs joies et leurs
souffrances, leurs espérances et leurs nécessités. Ici, dans sa
maison, ils se sentent en sécurité. Ils savent que Dieu est très
proche. Ils ressentent son amour et connaissent sa tendre
miséricorde. Il y a ici aujourd’hui des familles qui ont souffert
immensément durant le long conflit qui a lacéré le cœur du Sri
Lanka. Beaucoup de personnes, du nord et du sud de la même manière,
ont été tuées dans la terrible violence et dans l’effusion de
sang de ces années. Aucun Sri Lankais ne peut oublier les tragiques
évènements associés à ce lieu même, comme le triste jour où la
vénérable statue de Marie, datant de l’arrivée des premiers
chrétiens au Sri Lanka, a été enlevée de son sanctuaire. Mais
Notre-Dame est restée toujours avec vous. Elle est la Mère de toute
demeure, de toute famille blessée, de tous ceux qui cherchent à
retourner à une existence pacifique. Aujourd’hui, nous la
remercions d’avoir protégé le peuple du Sri Lanka de tant de
dangers, passés et présents. Marie n’oublie jamais ses enfants de
cette splendide île. Comme elle n’a jamais abandonné son Fils sur
la Croix, ainsi elle n’a jamais abandonné ses enfants Sri Lankais
souffrants.
Aujourd’hui,
nous voulons remercier Notre-Dame pour cette présence. Après tant
de haine, tant de violence et tant de destruction, nous voulons la
remercier pour continuer à nous apporter Jésus, qui seul a le
pouvoir de guérir les blessures ouvertes et de restaurer la paix
dans les cœurs meurtris. Mais nous voulons aussi lui demander
d’implorer pour nous la grâce de la miséricorde de Dieu. Nous
demandons aussi la grâce de réparer nos péchés et tout le mal que
cette terre a connu. Il n’est pas facile de faire cela. Cependant,
c’est seulement quand nous arrivons à comprendre, à la lumière
de la Croix, le mal dont nous sommes capables, et auquel peut-être
nous avons pris part, que nous pouvons faire l’expérience d’un
vrai remords et d’un vrai repentir. C’est seulement alors que
nous pouvons recevoir la grâce de nous approcher l’un de l’autre
avec une vraie contrition, en offrant et en cherchant le vrai pardon.
Dans ce difficile effort de pardonner et de trouver la paix, Marie
est toujours ici pour nous encourager, nous guider, nous faire faire
un autre pas. Exactement comme elle a pardonné aux assassins de son
Fils au pied de sa Croix, en tenant alors entre les mains son corps
sans vie, ainsi maintenant elle veut guider les Sri Lankais vers une
réconciliation plus grande, en sorte que le baume du pardon de Dieu
et de sa miséricorde puisse produire une vraie guérison pour tous.
Enfin, nous voulons demander à Marie notre Mère d’accompagner de
ses prières les efforts des Sri Lankais des deux communautés
tamoule et singalaise pour reconstruire l’unité qui a été
perdue. Comme sa statue est revenue à son sanctuaire de Madhu après
la guerre, ainsi nous prions pour que tous ses fils et filles Sri
Lankais puissent retourner à la maison de Dieu dans un esprit
renouvelé de réconciliation et de fraternité.
Je
suis heureux d’être avec vous dans la demeure de Marie. Prions les
uns pour les autres. Surtout, demandons que ce sanctuaire puisse
toujours être une maison de prière et un refuge de paix. Par
l’intercession de Notre-Dame de Madhu, que tous puissent trouver
ici inspiration et force afin de construire un avenir de
réconciliation, de justice et de paix pour tous les enfants de cette
terre bien-aimée".
Le Pape salue le Président italien démissionnaire
Cité
du Vatican, 14 janvier 2015 (VIS). Depuis Colombo
(Sri Lanka), le Pape a fait parvenir un télégramme au Président
Giorgio Napolitano, qui venait d'annoncer démissionner de sa charge
de chef de l'Etat italien. Il lui exprime toute son estime et
souligne le service exemplaire rendu à l'Italie, pays au sein duquel
il a renforcé les idéaux de solidarité, d'unité et de concorde
dans un contexte national et européen difficile.
Inscription à :
Articles (Atom)
Copyright © VIS - Vatican Information Service
En conformité avec les normes internationales relatives à la Propriété Intellectuelle et aux Droits d'Auteur, les nouvelles contenues dans les envois du Vatican Information Service peuvent être reproduites intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source (VIS - Vatican Information Service).
En conformité avec les normes internationales relatives à la Propriété Intellectuelle et aux Droits d'Auteur, les nouvelles contenues dans les envois du Vatican Information Service peuvent être reproduites intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source (VIS - Vatican Information Service).