Cité
du Vatican, 12 février 2015 (VIS). Le Saint-Père a ouvert ce matin
le Consistoire extraordinaire, auquel prennent également par les
prélats qui seront créés cardinaux samedi. Il s'articule en deux
sessions quotidiennes aujourd'hui et demain. Après la récitation de
Tierce et le salut introductif du Cardinal Doyen Sodano, le Pape a
salué une communion dans laquelle s'exprime la collégialité. Puis
il a remercié le Cardinal Rodríguez Maradiaga et Mgr.Semeraro pour
leur présentation des travaux accomplis par le Conseil des neuf en
vue de la réforme de la Curie Romaine: "Leur synthèse est le
fruit de très nombreuses suggestions, tant des chefs de dicastères
que d'experts, le but à atteindre restant un meilleur
fonctionnement, une collaboration plus efficace et une complète
transparence qui promeuvent véritablement la synodalité et la
collégialité. Une réforme constitue le moyen d'un plus fort
témoignage chrétien, d'un esprit oecuménique plus fécond, d'un
dialogue constructif avec tous. Vivement espérée par la majorité
des Cardinaux lors des débats ayant précédé le dernier conclave,
cette réforme devra améliorer l'identité de la Curie, qui assiste
le Successeur de Pierre dans l'exercice de son service pastoral
suprême, pour le bien et le service de l'Eglise universelle et des
Eglises particulières. C'est dans cet exercice que se renforcent la
foi et la communion du peuple de Dieu, que s'élaborer la mission
spécifique de l'Eglise dans le monde. Certes, il n'est pas facile
d'atteindre à ce but. Il faut du temps et de la détermination, mais
surtout une large collaboration. Nous avons avant tout besoin de nous
en remettre à l'Esprit, véritable guide de l'Eglise, et de prier
afin de recevoir le don du juste discernement. Notre rencontre, qui
s'ouvre donc sous ces auspices, sera féconde grâce à la
contribution de chacun, qui saura s'exprimer dans la fidélité au
Magistère et dans la conscience de ce que tout concours à la loi
suprême qu'est le salut des âmes".
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dernières 5 nouvelles
jeudi 12 février 2015
Consistoire extraordinaire et réforme de la Curie
Cité
du Vatican, 12 février 2015 (VIS). Ce matin, 165 Cardinaux ont pris
part à la première session du Consistoire extraordinaire présidé
par le Pape (25 ont été excusés pour diverses raisons). Le
P.Lombardi a résumé à l'attention de la presse le déroulement de
la manifestation: Si le Cardinal Rodríguez Maradiaga a tout d'abord
exposé aux Cardinaux où en était le projet de réforme de la Curie
Romaine, il a également été question du règlement du Synode, des
travaux de la Commission pour la protection des mineurs et du rapport
sur l'activité des organismes économiques du Saint-Siège. Ensuite
Mgr.Semeraro, Secrétaire du Conseil des Cardinaux, a tracé les
lignes de réformes qui se dégagent depuis la réunion de novembre
dernier: La Curie et ses relations avec les Conférences épiscopales,
critères de simplification et rationalisation, fonctions de la
Secrétairerie d'Etat et coordination des dicastères, rapports entre
ecclésiastiques et laïcs et procédures à suivre dans la
composition de la nouvelle constitution apostolique. Il a en
particulier été question de la création de deux congrégations,
l'une regroupant les services compétant pour les laïcs, la famille
et la vie, l'autre la charité, la justice et la paix. Les deux
pouvant bénéficier de la collaboration des académies pontificales
spécialisées. Douze Cardinaux ont pris la parole, qui ont notamment
souligné le fait que la réforme revêt un double aspect,
théologique et juridique, étant donné que nombre d'aspects
relèvent du droit canonique, de la juridiction ecclésiastique et
les épiscopats. La Curie est au service du Pape mais aussi du
Collège cardinalice et du Synode des évêques. Il a aussi été
question de synodalité et de collégialité, avec une préférence
pour cette dernière, ainsi que de la formation permanente du
personnel curial et des rotations de postes. Accords et désaccords
ont été exprimés sur ces hypothèses.
Les enfants, un cadeau de Dieu qui ouvre l’avenir
Cité
du Vatican, 11 février 2015 (VIS). Au cours de l’audience générale
Place St.Pierre, le Pape a consacré sa catéchèse à la famille,
évoquant cette fois les enfants comme don de Dieu pour les parents
et la société: "Il y a un lien étroit entre l’espérance
d’un peuple et l’harmonie entre les générations... La joie des
enfants fait palpiter le cœur des parents et ouvre à l’avenir.
Les enfants sont la joie de la famille et de la société. Ils ne
sont pas un problème de biologie de la reproduction, ni l’un des
nombreux moyens de se réaliser. Ils sont encore moins une possession
des parents. Les enfants sont un don, ils sont un cadeau... Chacun
est unique et en même temps incomparablement lié à ses racines.
Etre fils et fille, en effet, selon le dessein de Dieu, signifie
porter en soi la mémoire et l’espérance d’un amour qui s’est
réalisé lui-même en donnant la vie à un autre être humain,
original et nouveau. Pour les parents, chaque enfant est lui-même,
différent, unique". Puis le Pape François a souligné la
dimension la plus gratuite de l’amour, la beauté pour les enfants
d’être aimés avant de naître, et a pris comme exemple les
nombreuses mamans qui lui demandent chaque jour de bénir leur
ventre: "C’est cela la gratuité et l’amour; ils sont aimés
avant de naître, comme l’amour de Dieu qui nous aime toujours
d’abord. Ils sont aimés avant d’avoir fait quelque chose pour le
mériter, avant de savoir parler ou penser, avant même de venir au
monde! Etre enfant est la condition fondamentale pour connaître
l’amour de Dieu qui est la source ultime de cet authentique
miracle. Dans l’âme de chaque enfant, tout vulnérable qu’il
soit, Dieu met le sceau de cet amour qui est à la base de sa dignité
personnelle, une dignité que rien ni personne ne pourra détruire".
Le
Pape a alors encouragé les fidèles à apprendre la bonne relation
entre les générations de notre Père céleste qui "ne recule
pas dans son amour pour nous, jamais. Il va toujours en avant et s’il
ne peut aller de l’avant, il nous attend, mais il ne recule jamais.
Il veut que ses enfants soient courageux et fassent leurs pas en
avant. Les enfants, quant à eux, ne doivent pas avoir peur de
s’engager à construire un monde nouveau: il est juste pour eux de
souhaiter qu’il soit meilleur que celui qu’ils ont reçu! Mais
cela doit être fait sans arrogance, sans présomption”.
Il
a ensuite évoqué le quatrième commandement qui demande aux enfants
d’honorer leurs parents et a expliqué qu'une "société
d’enfants qui n’honorent pas leurs parents est une société sans
honneur. C’est une société destinée à se remplir de jeunes secs
et avides. Mais une société avare de génération, qui n’aime pas
s’entourer d’enfants, qui les considère surtout comme une
préoccupation, un poids, un risque, est une société déprimée”.
Il a aussi ajouté que la conception des enfants doit être
responsable, que le fait d’avoir de nombreux enfants ne peut être
vu automatiquement comme un choix irresponsable et que ne pas avoir
d’enfant est un choix égoïste. "Dans la multiplication des
générations il y a un mystère d’enrichissement de la vie de
tous, qui vient de Dieu lui-même. Nous devons le redécouvrir en
défiant les préjugés, et le vivre dans la foi, dans une joie
parfaite". Avant de conclure, il s’est adressé aux pères et
aux mères: "Qu’il est beau de passer au milieu de vous et de
vous voir élever vos enfants pour qu’ils soient bénis! C’est un
geste presque divin. Merci de le faire".
Un nouveau drame en mer
Cité
du Vatican, 11 février 2015 (VIS). Après la catéchèse, le Pape a
évoqué le dernier drame survenu dans le canal de Sicile (Italie),
ayant causé la mort d'un grand nombre d'émigrés (peut-être entre
200 et 300 victimes) car plusieurs embarcations de fortune ont coulé
avant que soit porté secours à celle ramenée à Lampedusa. Il a
redit sa préoccupation face au phénomène, prié pour ces nouvelles
victimes de la mer, morts noyés ou de froid, appelé à la
solidarité et au secours. Après quoi, il a demandé à l'assemblée
de prier également pour que l'Esprit assiste les travaux du Collège
cardinalice et éclaire les nouveaux Cardinaux.
Huitième session du Conseil des Cardinaux
Cité
du Vatican, 12 février 2015 (VIS). Hier, le Directeur de la Salle de
Presse a fait le point sur la huitième session du Conseil des
Cardinaux (9 - 11 février): Outre ce matin, le Pape a pris part à
toutes les réunions. Après les explications du Secrétaire
Mgr.Semeraro sur les travaux du Conseil, la réunion d'ouverture de
lundi matin a servi à la préparation du rapport sur la réforme de
la Curie, qui sera présenté jeudi au Consistoire. L'après-midi,
les Membres et le Cardinal Ravasi ont abordé la question du Conseil
pour la culture dans le cadre de la réforme curiale. Mardi matin,
Mgr.Tighe a exposé le rapport provisoire sur la réorganisation des
Media vaticans. Exprimant sa satisfaction pour le travail accompli
par la commission ad hoc, le Conseil en a confirmé les principales
orientations. La réunion suivante a été consacrée au Secrétariat
et au Conseil pour l'économie, et à leurs statuts. Hier matin, il a
d'abord été question de la préparation du rapport devant le
Consistoire et de l'intervention du Cardinal Rodríguez Maradiaga,
Coordinateur du Conseil. Il a ensuite été de nouveau question de
l'organisation et des compétences du Secrétariat pour l'économie.
L'ultime réunion devait résumer ces travaux à l'attention du
Saint-Père, et permettre une intervention du Cardinal O'Malley sur
la réunion plénière de la Commission pour la protection des
mineurs.
Audiences
Cité
du Vatican, 12 février 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin
Mme.Shahindokht Molaverdi, Vice Présidente iranienne.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 12 février 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Le
P.Luc Crépy, CJM, Evêque du Puy-en-Velay (superficie 5.001,
population 231.877, catholiques 181.700, prêtres 147, diacres 10,
religieux 459), en France. L'Evêque élu, né en 1958 à Lille
(France), a émis ses voeux religieux en 1988 et a été ordonné
prêtre en 1989, était jusqu'ici Procurateur Général de son ordre.
Docteur en biologie et licencié en théologie, il a occupé diverses
fonctions au sein de la congrégation des Eudistes, a été Recteur
du séminaire inter-diocésain d'Orléans, Président de la
Conférence des supérieurs majeurs de France, Commissaire pontifical
pour la province de France et Suisse des Filles du Coeur de Marie.
Le
P.François Gnonhossou, SMA, Evêque de Dassa - Zoumé (superficie
13.931, population 717.772, catholiques 217.401, prêtres 85,
religieuses 65), au Bénin. L'Evêque élu, né en 1961 à Dassa -
Zoumé (Bénin), a émis ses voeux religieux en 1996 et a été
ordonné prêtre en 1997. Licencié en théologie, il a été curé
de paroisse, aumônier d'institution, Supérieur du Département
formation Afrique et Conseiller Général de son ordre.
Mgr.Fernando
Chica Arellano (Espagne), Observateur permanent près la FAO, l'IFAD
et le PAM.
Hier,
mercredi 11 février, il avait nommé:
Mgr.Juan
Nsue Edjang Mayé, Archevêque de Malabo (superficie 2.034,
population 312.000, catholiques 283.000, prêtres 37, religieux 106),
en Guinée équatoriale. Jusqu'ici Evêque d'Ebebiyin (Guinée
équatoriale), il succède à Mgr.Ildefonso Obama Obono, dont la
renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
Le
P.Ernesto Ngboko Ngombe, CICM, Evêque de Lisala (superficie 67.674,
population 1.683.000, catholiques 897.000, prêtres 66, religieux
124), en République démocratique du Congo. L'Evêque élu, né en
1964 à Kanya Mbonda (RDC), a émis ses voeux religieux en 1987 et a
été ordonné prêtre en 1996. Licencié en théologie, il a été
curé de paroisse, recteur de séminaire et a occupé diverses
fonctions au sein de son ordre dont celle de Vicaire Général.
mardi 10 février 2015
Publication du Directoire homélitique
Cité
du Vatican, le 10 Février 2015 (VIS). La Congrégation pour le culte
divin et la discipline des sacrements publie aujourd'hui le
Directoire homélitique, qui s'ouvre par un décret de son ancien
Préfet, le Cardinal Antonio Cañizares Llovera, en date du 29 juin
dernier: Il est significatif, écrit-il, "que le Pape François
ait consacré une place considérable à l'homélie dans son
exhortation apostolique Evangelii Gaudium. Le Synode des évêques
avait mis en lumière les défauts en la matière sujet, à la suite
d'ailleurs des exhortations post-synodales Verbum Domini et
Sacramentum Caritatis de Benoît XVI. Le présent directoire a
également pris en compte les indications de la Constitution
concilaire Sacrosanctum Concilium, tout comme du Magistère successif
ou des Praenotanda de l'Ordo Missae Lectionum et de l'Institutio
Generalis Missalis Romani. Le présent Directoire homilétique est
articulé en deux parties.
La
première partie, intitulée L'homélie et le contexte liturgique,
décrit la nature, le rôle, le contexte et certains de ses aspects:
Le Ministre ordonné seul compétent, la référence à la Parole de
Dieu, sa préparation et ses destinataires.
Dans
la deuxième partie, Ars Praedicandi, fournit la méthodologie et la
substance de ce que le prédicateur doit connaître et prendre en
considération lors de la préparation de son homélie et de
prononciation. Des clefs de lecture sont proposés, de manière
indicative et non exhaustive, pour les messes du cycle dominical et
festif selon l'année liturgique (Triduum et temps pascal, Carême,
Avent, temps de Noël et temps ordinaire), avec des indications pour
la messe quotidienne, la messe de mariage et la messe de funérailles.
Sont explicités les exemples et critères mis en évidence dans la
première partie, à savoir la typologie entre l'Ancien et le Nouveau
Testament, l'importance de l'Evangile, l'ordre des lectures, les
liens entre liturgie de la Parole et liturgie eucharistie, le message
biblique, le rapport entre la célébration et la vie, entre l'écoute
de Dieu et l'assemblée.
Le
document est suivi de deux annexes. Dans la première, afin de
montrer la relation entre l'homélie et la doctrine, on fournit des
références prises dans le Catéchisme à propos des sujets des
lectures du dimanche selon des trois cycles annuels. La deuxième
annexe propose des références aux textes de documents du magistère
relatifs à l'homélie.
Soumis
à l'approbation des Membres de la Congrégation pour le culte divin
et la discipline des sacrements, après avoir été examiné et
approuvé lors des réunions ordinaires des 7 février et 20 mai
2014, le document a été présenté au Saint-Père, qui a approuvé
sa publication. La Congrégation ose espérer que grâce au
Directoire homélitique l'homélie soit toujours plus une expérience
intense et heureuse de l'Esprit, une rencontre réconfortante avec la
Parole, une source constante de renouveau et de croissance, ainsi que
l'a recommandé Evangelii Gaudium. Chaque homélie, dans le sillage
de l'Apôtre Paul, doit exprimer une conviction: Dans la mesure où
Dieu nous a jugé aptes à recevoir en garde l'Evangile, nous ne
devons pas plaire aux hommes, mais à Dieu, qui juge notre
intentions.
A
charge des Conférences épiscopales, les traductions dans les
principales langues seront supervisés par le dicastère, et rendues
définitives quelles que soient les objections contraires".
Présentation du Directoire homélitique
Cité
du Vatican, 10 février 2015 (VIS). Ce matin près la Salle de
Presse, le Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le
culte divin et la discipline des sacrement, a présenté le
Directoire homélitique composé par son dicastère sous son
prédécesseur le Cardinal Cañizares Llovera. Il était accompagné
du Secrétaire Mgr.Arthur Roche et du Sous Secrétaire le P.Corrado
Maggione, SMM. Pour beaucoup de fidèles, a dit le Cardinal, la
qualité l'homélie décide du jugement de toute la célébration.
"Certes, la messe ne se réduit pas à l'homélie, mais revêt
une grande importance dans la participation à l'Eucharistie,
l'écoute de la Parole et la communion. Ce directoire n'est pas né
par hasard. Il est destiné à améliorer la prédication des
prêtres.... L'homélie doit d'abord être directement liée à
l'Ecriture, et tout particulièrement à l'Evangile qui doivent
l'éclairer... C'est pourquoi Benoît XVI encourageait à répondre à
une attente dans son exhortation Sacramentum Caritatis". Puis
dans Verbum Domini, il parlait "d'un art devant être cultivé"
et appelait de ses voeux l'élaboration d'un directoire "destiné
à aider les prédicateurs à préparer cet exercice de leur
ministère... L'homélie est un service liturgique réservé aux
ministres ordonnés, appelés à servir la Parole selon la foi de
l'Eglise et non selon leur propre fantaisie. L'homélie n'est pas un
banal discours mais un message inspiré par la Parole adressé aux
croyants dans le cadre d'une action liturgique. Son but est
d'encourager à pratiquer l'Evangile". Et de recommander, comme
dans le Directoire, l'usage du lectionnaire qui contient les lectures
bibliques du calendrier liturgique. "Dans la liturgie, l'acteur
principal est Dieu par l'entremise du Christ et la puissance de
l'Esprit. Il est clair que la préparation du prêtre doit se nourrir
d'étude et de prière, d'expérience de Dieu et de connaissance de
la communauté, d'amour de l'Eucharistie, du Christ et de l'Eglise".
Décès du Cardinal Becker
Cité
du Vatican, 10 février 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir au
Préposé Général de la Compagnie de Jésus un télégramme de
condoléances à la suite du décès ce matin à Rome du Cardinal
Karl Joseph Becker, SJ (Allemagne), à 86 ans. Saluant tout
particulièrement le service exemplaire rendu à l'enseignement et à
la formation des prêtres, il évoque son intense travail de
recherche théologique et le service que le défunt a offert au
Saint-Siège.
A propos de la crise ukrainienne
Cité
du Vatican, 10 février 2015 (VIS). Ce midi, le Directeur de la Salle
de Presse a rappelé que le Saint-Siège suit tout particulièrement
la crise regardant la région orientale de l'Ukraine: "Face à
une escalade du conflit qui multiplie les victimes innocentes, le
Pape a plusieurs fois lancé un appel à la paix, invitant les
fidèles à prier pour le repos des défunts et la guérison des
blessés, et soulignant l'urgence d'une reprise de la négociation
comme seule possibilité d'échapper à la logique des accusations
réciproques. A propos de certaines interprétations des paroles du
Saint-Père, notamment de celles du mercredi 4 février, je dois
préciser qu'il s'est toujours adressé à toutes les parties en
présence, confiant dans la sincérité des efforts de chacun à
appliquer les accords conclus. Chaque fois, il en a également appelé
aux principes de la légalité internationale, comme l'a
régulièrement fait le Saint-Siège depuis le début de la crise.
Comme le disait Jean-Paul II, l'humanité doit avoir le courage de
substituer la force du droit au droit de la force. La prochaine
visite Ad Limina des évêques d'Ukraine (16 - 22 février) sera pour
le Pape l'occasion d'être directement informé de la situation du
pays, de réconforter l'Eglise et tous ceux qui souffrent de cette
crise et d'étudier ensemble des actions en faveur de la
réconciliation nationale et de la paix".
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 10 février 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Józef
Górzynski, Coadjuteur de l'Archevêque de Warmia (Pologne). Il était
jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de Varsovie (Pologne).
Avis
Cité
du Vatican, 10 février 2015 (VIS). Comme annoncé, en raison de
l'anniversaire demain de la création de l'Etat de la Cité du
Vatican, le prochain bulletin VIS sera diffusé jeudi 12 février.
lundi 9 février 2015
Conseil des Cardinaux
Cité
du Vatican, 9 février 2015 (VIS). Aujourd'hui s'est ouverte la
huitième réunion du Conseil des Cardinaux, en présence du
Saint-Père. Elle se prolongera mardi et mercredi, et sera suivie les
12 et 13 février d'un consistoire cardinalice.
Mise en route de la Commission de protection des mineurs
Cité
du Vatican, 7 février 2015 (VIS). Ce midi près la Salle de Presse,
le Cardinal Sean Patrick O'Malley, OFM.Cap, Archevêque de Boston
(USA) et Président de la Commission pontificale pour
la protection des mineurs, a commenté la lettre que vient d'adresser
le Pape aux conférences épiscopales et aux supérieurs religieux.
Il était accompagné de deux Membres de la Commission, Soeur Kayula
Gertrude Lesa, RSC, qui se consacre en Zambie aux réfugiés et aux
victimes de la traite, et M.Peter Saunders (GB), fondateur de
l'Association nationale de défense des victimes d'abus sexuels. Le
Cardinal a d'abord signalé que la date du 2 (fête de la
Présentation), choisie pour la signature de la circulaire papale,
est symbolique dans la mesure où elle tend à ce que "le Temple
devienne un lieu sûr pour les mineurs". Il a lui même écrit
aux mêmes autorités afin qu'elles désignent une personne pour
faire le lien avec la Commission: Une de ses tâches, a-t-il
souligné, est d'élaborer des programmes d'éducation pour les
mineurs qui incluent la surveillance, et le contrôle de son
application.
Hier
la Commission s'est réunie au complet pour la première fois, avec
de nouveaux représentants d'Afrique, Asie, Amérique du sud et
Océanie, dont l'expérience vient enrichir les compétences de
l'organisme: "Nous travaillons à la réalisation de séminaires
destinés à aider les responsables ecclésiastiques dans la
protection de l'enfance. Soumis à la Curie Romaine, ils seront remis
aux nouveaux évêques lors de leur venue sous couvert de la
Congrégation pour les évêques et de celle pour l'évangélisation
des peuples. Nous travaillons aussi à organiser une Journée de
prière pour les victimes d'abus sexuels, qui permettra de
sensibiliser à la cure spirituelle de ces personnes mais aussi
d'impliquer la communauté catholique toute entière dans la lutte
contre" cette plaie. La Commission se propose également de
contacter les organismes catholiques de bienfaisance afin qu'ils
incluent dans leurs programmes des mesures de protection du même
type. Et ce pour faire face efficacement aux protections qui font
gravement défaut dans les pays les plus sujets au phénomène, et
former les personnels. Des groupes de travail ont été constitués
autour des compétences des membres de la Commission, dont un chargé
de rester en contact avec les victimes pouvant contribuer à
l'élaboration de lignes guides".
Par
ailleurs, un communiqué de la Commission a confirmé la présence de
ses 17 Membres pour une première assemblée plénière qui s'est
achevée hier. Il a complété les explications du Cardinal Président
et précisé que ce nouvel outil est "conscient de l'importance
des responsabilités qu'il assume". Les Membres sont tombés
d'accord pour préparer un projet initial à soumettre au Pape, qui
insistera sur la responsabilisation de tous les secteurs de l'Eglise.
Il est capital et urgent de mettre en place des mesures de
sécurisation des enfants, adolescents et autres personnes
vulnérables. C'est pourquoi, dans le sillage de la lettre papale du
2 février, qui affirme que "les familles doivent savoir que
l'Eglise fait le nécessaire pour protéger leurs enfants", la
Commission pointe sur la collaboration locale et la mise à
disposition partout de l'expérience accumulée en la matière. Elle
attend aussi le soutien et la prière de tous les fidèles.
Le malade est la chair du Christ
Cité
du Vatican, 8 février 2015
(VIS). Le 11 février, mémoire liturgique de la Vierge de Lourdes,
on célèbre la Journée mondiale du malade et le Pape a encouragé
les initiatives préparées pour l'occasion (en particulier la vigile
qui aura lieu à Rome le 10). Consacrant sa méditation de l'angélus
dominical au sens et à la valeur de la maladie, il a rappelé que
les activités principales de Jésus dans sa vie publique furent de
prêcher et de soigner. "Par la prédication, il annonce le
Royaume de Dieu et par les guérisons, il montre que celui-ci est
proche, que le Royaume de Dieu est au milieu de nous", a dit le
Pape aux fidèles réunis Place St.Pierre, commentant l'évangile de
saint Marc qui raconte la guérison de la belle-mère de Pierre et,
puisque c'était samedi, après le coucher du soleil, lorsque les
gens purent sortir et lui amener les malades, il guérit une
multitude de personnes affectées de maux en tous genres, physiques,
psychiques, spirituels. "Venu sur la terre pour annoncer et
réaliser le salut de tout l'homme et de tous les hommes, Jésus fait
preuve d'une prédilection pour ceux qui sont blessés dans leur
corps et dans leur esprit: les pauvres, les pécheurs, les possédés,
les malades, les marginaux. Il se révèle ainsi le médecin des âmes
et du corps, bon samaritain de l'homme...La guérison des malades par
le Christ nous invite à réfléchir sur le sens et la valeur de la
maladie". Mais l'œuvre salvifique du Christ "ne se réalise
pas avec sa personne et dans la durée de sa vie terrestre; celle-ci
continue à travers l'Eglise, sacrement de l'amour et de la tendresse
de Dieu pour les hommes. En envoyant en mission ses disciples, Jésus
leur confère un double mandat: annoncer l'Evangile du salut et
guérir les malades. Fidèles à cet enseignement, l'Eglise a
toujours considéré l’assistance aux infirmes comme partie
intégrante de sa mission".
Puis
le Pape a cité à ce sujet l'évangile de Marc, lorsque Jésus
s'exclame: Des pauvres et des malades, vous en aurez toujours avec
vous! Et ajoute que "l'Eglise les trouve continuellement sur sa
route, considérant les personnes malades comme une voie privilégiée
pour rencontrer le Christ, pour l'accueillir et le servir. Soigner un
malade, l'accueillir, le servir, c'est servir le Christ. Le malade
est la chair du Christ". Aujourd'hui encore et malgré les
multiples progrès de la science, "la souffrance intérieure et
physique des personnes suscite de grandes interrogations sur le sens
de la maladie et de la douleur et sur le pourquoi de la mort. Il
s'agit de questions existentielles, auxquelles l'action pastorale de
l'Eglise doit répondre à la lumière de la foi, en ayant le
crucifix devant les yeux, en lequel apparaît tout le mystère
salvifique de Dieu le Père, qui par amour pour les hommes n'a pas
épargné son propre fils. C'est pourquoi, chacun de nous est appelé
à porter la lumière de la Parole de Dieu et la force de la grâce à
ceux qui souffrent et à ceux qui les assistent, proches, médecins,
infirmiers, pour que le service au malade soit accompli avec toujours
plus d'humanité, avec un dévouement généreux, avec un amour
évangélique, avec tendresse. L'Eglise mère, par nos mains, caresse
nos souffrances et soigne nos blessures, et le fait avec une
tendresse de mère".
La traite des êtres humains est une honte
Cité
du Vatican, 8 février 2015 (VIS). Après la prière mariale, le
Saint-Père a rappelé que c'est la fête de sainte Joséphine
Bakhita, qui a connu l'esclavage au Soudan, retenue désormais pour
la Journée annuelle de prière et de réflexion sur la traite des
êtres humains: Je tiens, a-t-il dit, "à encourager tous ceux
qui sont engagés à aider les personnes, souvent femmes et enfants,
exploitées, abusées et réduites en esclavage, utilisées comme
force travail ou outil de plaisir, souvent torturées ou mutilées.
Puissent les gouvernants prendre des décisions en mesure d'éliminer
les causes de cette honte, de ce fléau indigne de la société.
Chacun doit se sentir responsable de nos frères maltraités et
humiliés. Prions la Vierge Marie pour ces victimes et leurs
familles".
Avoir un contact quotidien avec l'Evangile
Cité
du Vatican, 9 février 2015
(VIS). Dimanche à 16 h, le Pape s'est rendu à la paroisse romaine
de St.Michel Archange dans le quartier de Pietralata, au nord de la
ville. Avant d'arriver, il a changé son itinéraire pour visiter à
l'improviste un camp de réfugiés venant d'Afrique, d'Amérique
latine, d'Ukraine et de Russie. Avant de les quitter il a récité
avec eux le Pater. Il est ensuite allé dans les locaux de la
paroisse où il a rencontré la communauté, les malades, les
familles avec des enfants baptisés au cours de l'année, les enfants
du catéchisme, les scouts et quelques sans-abris pris en charge par
la communauté de Sant'Egidio. Il a confié aux familles des enfants
récemment baptisés qu'il aimait écouter le pleur des enfants
"parce qu'ils sont une promesse de vie" et qu'il ne fallait
pas les emmener en dehors de l'Eglise quand ils pleuraient. Il les a
encouragés à enseigner à leurs enfants à faire le signe de la
croix. Il a aussi dit aux malades que le Seigneur les accompagne
toujours, "un père ne laisse jamais seuls ses enfants" et
que pour cela ils doivent "avoir confiance même dans les
moments de grande obscurité". Il a remercié les sans-abris de
ne pas avoir perdu l'espérance et de témoigner de la croix par leur
solitude. "Sous toutes ces cendres de souffrance, de solitude,
sachez qu'il y a le feu de l'Esprit, dessous, il y a l'amour de Dieu.
Pourquoi le Seigneur permet cette croix? Il l'a d'abord permise à
son fils en premier. Jésus vous comprend bien". Aux enfants du
catéchisme, il a parlé de la guerre et de la paix, et les a invités
à prier tous les jours surtout la Vierge "notre mère qui nous
prend par la main pour nous conduire à Jésus, et à trouver la paix
et ne pas tomber dans la guerre". Il a enfin répondu à une
question posée par les enfants qui lui demandait comment il savait
qu'il avait été choisi pour être prêtre. Le Pape a comparé
l'assurance de son élection avec celle que ressentent un homme et
une femme quand ils décident de se marier, et a expliqué que malgré
les renoncements que cela impose et les problèmes qui peuvent
apparaître, l'amour est plus fort que tout. "Cette assurance,
c'est Jésus qui te la donne". Ensuite, le Pape a confessé
quelques fidèles avant de célébrer la messe. Dans son homélie, il
a encouragé l'assistance à écouter Jésus et à le laisser nous
prêcher: Jésus "nous parle dans l'Evangile, mais nous n'avons
malheureusement pas encore habitude d'aller chercher la Parole de
Jésus dans l'Evangile. Porter toujours avec nous un évangile,
petit, et l'avoir à portée de main. Le lire même cinq minutes car
c'est ici que Jésus nous parle. Avoir un contact quotidien avec
l'Evangile". Il a aussi invité chacun à se laisser guérir par
le Seigneur, à ouvrir son cœur "pour l'y laisser entrer et
nous guérir".
La racine de tous les maux est l'iniquité
Cité
du Vatican, 8 février 2015 (VIS). Hier après-midi, le Pape François
a envoyé un message-vidéo aux 500 représentants nationaux et
internationaux réunis à Milan (Italie), siège de l'Expo 2015, pour
évoquer le thème de la manifestation (Vers la charte de Milan): Il
y rappelle d'abord son intervention du mois de novembre 2014 à la
Conférence sur la nutrition organisée par la FAO à Rome, où il
affirme que "l'intérêt pour la production, la disponibilité
de nourriture et leur accès, le changement climatique, le commerce
agricole, doivent indubitablement inspirer les règles et les mesures
techniques, mais la première préoccupation doit être la personne
elle-même, ceux qui manquent de nourriture quotidienne et qui ont
cessé de penser à la vie, aux relations familiales et sociales et
qui luttent uniquement pour survivre. Aujourd'hui, en effet, malgré
la multiplication des organisations et les différentes interventions
de la communauté internationale sur la nutrition, nous vivons ce que
Jean-Paul II appelait le paradoxe de l'abondance. En effet, il y a de
la nourriture pour tous, mais tous ne peuvent pas manger, alors que
le gaspillage, la consommation excessive et l'utilisation d'aliments
à d'autres fins sont sous nos yeux. Le voilà le paradoxe!
Malheureusement, ce paradoxe continue d'être. Peu de thèmes font
autant ressortir de sophismes que celui de la faim et peu de sujets
sont aussi susceptibles d'être manipulés par les données, les
statistiques, les exigences de sécurité nationale, la corruption ou
le rappel douloureux à la crise économique. Pour dépenser la
tentation des sophismes, "ce nominalisme de la pensée qui va
au-delà, loin, loin, mais qui ne touche jamais la réalité",
le Saint-Père a proposé trois attitudes: Passer des urgences aux
priorités, être des témoins de la charité et être des
protecteurs et non des maîtres de la terre".
"Ayez
un regard et un cœur orientés non vers un pragmatisme d'urgence qui
se révèle comme une proposition qui reste provisoire, mais vers une
orientation décidée pour la résolution des causes structurelles de
la pauvreté. Rappelons-nous que la racine de tous les maux est
l'iniquité", a dit le Pape, citant de nouveau son exhortation
apostolique Evangelii Gaudium: Non à une économie de l'exclusion et
de l'iniquité. Une telle économie tue. Il n'est pas possible que le
fait qu'une personne âgée réduite à vivre dans la rue meure de
froid, ne soit pas une nouvelle tandis que la baisse de deux points
en bourse en soit une... Attention! Nous ne sommes pas seulement ici
face à la logique de l'exploitation, mais à celle du déchet. En
effet, les exclus ne sont pas seulement exclus ou exploités, mais
des déchets, des restes... Si nous voulons vraiment résoudre les
problèmes et ne pas nous perdre dans des sophismes, il faut
éradiquer les maux à leur racine qui est l’iniquité. Il faut
pour cela faire quelques choix en priorité: renoncer à l'autonomie
absolue des marchés et de la spéculation financière et agir
surtout sur les causes structurelles de l'iniquité... Si dénigrée,
la politique a une très haute vocation, une des formes les plus
précieuses de la charité parce qu'elle cherche le bien commun...
D'où doit donc partir une politique économique saine?... Quels sont
les piliers de qui est appelé à administrer la chose publique? La
réponse est précise, la dignité de la personne humaine et le bien
commun. Malheureusement, ces deux piliers qui devraient structurer la
politique économique, semblent souvent des appendices ajoutés pour
compléter un discours politique sans perspective ni programme de
vrai développement intégral. S'il vous plaît, soyez courageux et
n'ayez pas peur de vous interroger dans les projets politiques et
économiques sur un sens plus large de la vie parce que cela vous
aide à servir vraiment le bien commun et vous donnera la force pour
multiplier et rendre plus accessibles à tous les biens de ce monde".
Sur
le troisième point, le Pape a cité une phrase entendue d'un vieux
paysan, il y a de nombreuses années: Dieu pardonne toujours, les
hommes pardonnent parfois, la terre ne pardonne jamais. Il a
encouragé à protéger "la terre mère, afin qu'elle ne réponde
pas par la destruction... Face aux biens de la terre nous sommes
appelés à ne pas perdre de vue ni l'origine, ni la finalité de
tels biens, de façon à réaliser un monde équitable et solidaire,
dit la doctrine sociale de l'Eglise. La terre nous a été confiée
pour qu'elle puisse être pour nous une mère capable de donner ce
qui est nécessaire à chacun pour vivre... La terre n'est pas un
héritage que nous avons reçu de nos parents, mais un prêt que nos
enfants nous font pour que nous la protégions et la fassions
fructifier et la leur remettre... Cette attitude protectrice n'est
pas un engagement exclusif des chrétiens, elle concerne tout le
monde. Je vous confie ce que j'ai dit au cours de la messe de début
de mon ministère comme évêque de Rome: Je voudrais demander, s'il
vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité
dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes
et à toutes les femmes de bonne volonté d'être des gardiens de la
création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de
l'autre, de l'environnement. Ne permettons pas que des signes de
destruction et de mort accompagnent la marche de notre monde! Mais
pour garder nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes... Nous ne
devons pas avoir peur de la bonté, et même de la tendresse.
Protégeons la terre non seulement avec bonté mais aussi avec
tendresse".
La participation de la femme à la vie sociale et ecclésiale, un défi inéluctable
Cité
du Vatican, 7 février 2015
(VIS). Les cultures féminines: égalité et différence, étaient au
cœur de l'Assemblée plénière du Conseil pontifical pour la
culture, un thème cher au Pape François, comme il l'a affirmé ce
matin lors de son audience aux participants à cet événement,
ajoutant qu'il s'agissait "d'étudier les nouveaux critères et
modalités afin que les femmes se sentent non invitées mais
pleinement participantes dans les différents milieux de la vie
sociale et ecclésiale. L'Eglise est femme, c'est 'la' Eglise et non
'le' Eglise. Ce défi est inéluctable. Je le dis aux pasteurs des
communautés chrétiennes, qui représentent ici l'Eglise
universelle, mais aussi aux laïques et laïcs engagés de
différentes façons dans la culture, l'éducation, l'économie, la
politique, le monde du travail, les familles et les institutions
religieuses". Permettez-moi, a-t-il poursuivi, "de vous
proposer un itinéraire pour développer cet engagement en tous
lieux, dans le cœur de toutes les cultures, dans le dialogue avec
les différentes appartenances religieuses". Evoquant le premier
thème de l'assemblée: Entre égalité et différence: à la
recherche d'un équilibre, le Pape a souligné que cet équilibre
devait être harmonieux et non seulement équilibré. "Cet
aspect ne doit pas être traité idéologiquement parce que la
lentille de l'idéologie empêche de bien voir la réalité.
L'égalité et la différence des femmes, comme du reste des hommes,
se perçoivent mieux dans la perspective du 'avec' de la relation,
que dans celle du 'contre'. Depuis longtemps, nous traînons derrière
nous, au moins dans les sociétés occidentales, le modèle de la
subordination sociale de la femme à l'homme, un modèle séculaire
qui n'a pourtant pas encore fini de produire ses effets négatifs.
Nous avons aussi dépassé un deuxième modèle, celui de la pure et
simple parité, appliquée mécaniquement et de l'égalité absolue.
Un nouveau paradigme s'est ainsi constitué, celui de la réciprocité
dans l'équivalence et dans la différence. La relation homme-femme
devrait donc reconnaître que tous deux sont nécessaires en ce
qu'ils possèdent une nature identique mais avec des modalités
propres. L'une est nécessairement à l'autre et vice-versa, pour que
s'accomplisse vraiment la plénitude de la personne".
Le
deuxième thème: La "générativité" comme code
symbolique, "élargit l'horizon de la maternité biologique à
celui de la transmission et de la protection de la vie. On pourrait
le résumer en quatre verbes: désirer, mettre au monde, prendre soin
et laisser aller. Le Pape a reconnu dans ces domaines la contribution
de nombreuses femmes qui travaillent dans la famille, dans le champ
de l'éducation dans la foi, dans l'action pastorale et aussi dans la
vie sociale, culturelle et économique: "Vous les femmes, vous
savez incarner le tendre visage de Dieu, sa miséricorde qui se
traduit en disponibilité à donner du temps plus qu'à prendre de la
place, à accueillir au lieu d'exclure. C'est pourquoi j'aime décrire
la dimension féminine de l'Eglise comme un lieu accueillant qui
régénère à la vie". Le corps de la femme entre culture et
biologie, troisième sujet de réflexion, "nous rappelle la
beauté et l'harmonie du corps que Dieu a donné à la femme, mais
aussi les blessures douloureuses qui leur sont infligées, parfois
avec une violence atroce, parce qu'elles sont femmes. Symbole de vie,
le corps féminin est malheureusement souvent agressé et abîmé
même par ceux qui devraient en être les gardiens et compagnons de
vie. Les nombreuses formes d'esclavage, de marchandisation, de
mutilation du corps des femmes nous engagent donc à travailler pour
vaincre cette forme de dégradation qui la réduit à un simple objet
bon à vendre sur les différents marchés. A ce sujet, je désire
attirer l'attention sur la douloureuse situation de tant de femmes
pauvres, contraintes de vivre dans des conditions de danger,
d'exploitation, reléguées aux marges de la société et rendues
victimes de la culture du déchet".
La
quatrième thématique: Les femmes et la religion: fuite ou recherche
de participation à la vie de l'Eglise?, interpelle tous les
croyants, et le Pape a redit sa conviction de l'urgence d'"offrir
des espaces aux femmes dans la vie de l'Eglise et de les accueillir,
tenant compte des sensibilités culturelles et sociales spécifiques.
Une présence féminine plus capillaire et incisive dans les
communautés est donc souhaitable, afin que nous puissions voir de
nombreuses femmes impliquées dans les responsabilités pastorales,
dans l'accompagnement des personnes, des familles et des groupes,
ainsi que dans la réflexion théologique". Le Saint-Père a
enfin évoqué le rôle irremplaçable de la femme dans la famille,
avant d'ajouter qu'il fallait "encourager et promouvoir la
présence efficace des femmes dans de nombreux domaines de la sphère
publique, dans le monde du travail et dans les endroits où sont
prises les décisions les plus importantes, et, en même temps
maintenir leur présence et attention préférentielle et toute
particulière dans et pour la famille. Il ne s'agit pas de laisser
les femmes seules à porter ce poids et à prendre des décisions,
mais toutes les institutions, y compris la communauté ecclésiale,
sont appelées à garantir la liberté de choix pour les femmes, afin
qu'elles aient la possibilité d'assumer des responsabilités
sociales et ecclésiales, de manière harmonieuse avec leur vie
familiale".
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