Cité
du Vatican, 20 juin (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin 450
membres de la Fédération italienne de l'Orde du mérite et du
travail, qui honore entrepreneurs contribuant à l'emploi et à la
promotion des produits nationaux: Votre action, a-t-il dit à ses
hôtes, "est plus que jamais importante alors qu'à la suite de
la crise économico-financière on connaît une forte stagnation
voire une récession, dans un contexte social déjà marqué par les
inégalités et le chômage. Le chômage des jeunes en particulier
est une plaie qui les prive de leur place dans le monde économique,
lui même privé de nouvelles forces vives. Le marché du travail
devrait être prêt à intégrer les jeunes formés et désireux de
travailler. Or au contraire le message est aujourd'hui qu'on a pas
besoin d'eux. C'est le révélateur d'une grave dysfonction qu'on ne
peut simplement attribuer au contexte économique. Or le bien de tous
qui est la base de la vie sociale ne saurait être atteint par une
croissance des bénéfices et de la production... L'enseignement
social de l'Eglise fait référence constamment à la position
centrale de la personne dans le développement. Tant que des hommes
et des femmes seront inactifs ou marginalisés, le bien commun ne
sera pas véritablement établi... Le travail, qui a une valeur
sociale, est en mesure d'impliquer les personnes, de les
responsabiliser afin qu'elles entreprennent". Si les nouvelles
générations sont impliquées, "la société repart et offre
des perspectives et des opportunités, et plus largement la confiance
dans l'avenir". Le travail a une dimension sociale et éthique.
"C'est seulement si elle est fondée sur la justice et le
respect des lois que l'économie concourt au progrès. Elle ne doit
écarter personne et surtout s'écarter totalement de la corruption
et des trafics, respecter aussi l'environnement. Comme l'enseigne la
Bible, pratiquer la justice n'est pas simplement s'abstenir de
l'injustice ou respecter les lois. Est vraiment juste celui
qui...agit en conscience pour le bien de tous, y compris des pauvres
et des faibles... Cela implique être prêts à trouver de nouvelles
solutions" de justice sociale et économique pour toutes les
composantes de la société.
Home - VIS Vatican - Réception du VIS - Contactez-nous - Calendrier VIS
Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
dernières 5 nouvelles
lundi 22 juin 2015
Méditation devant le Saint Suaire
Cité
du Vatican, 21 juin (VIS). Après avoir rencontré le monde du
travail, le Pape s'est rendu à la cathédrale de Turin, dans
laquelle est conservé le Saint Suaire qui, comme l'a dit le
Président de la Commission diocésaine, "est un tissu, mais
plus encore une image qui nous parle de Jésus" quelles que
soient les réponses de la science. Paul VI avait souligné que le
"visage du Christ qui y figure semble tellement vrai, tellement
humain et divin à la fois, ce qu'aucune autre représentation"
connue ne rend. A son tour en 1988 Jean-Paul II a affirmé que c'est
"une image de la souffrance humaine, de cette expérience qui
d'une manière ou d'une autre traverse la vie de chacun de nous".
Après avoir médité devant le reliquaire, le Saint-Père est allé
se recueillir sur la tombe du bienheureux Giorgio Frassati (1901 -
1925), avant de gagner Piazza Vittorio où il a célébré une
grand-messe. A l'homélie, il a évoqué l'amour du Seigneur, qui ne
déçoit jamais, qui ne fait jamais défaut: "Il ne se lasse pas
de vouloir notre bien, de nous supporter, de nous pardonner, de nous
accompagner tout le long de notre vie selon la promesse faite aux
apôtres d'être avec eux chaque jour jusqu'à la fin du monde. Il
s'est fait homme par amour, il est mort et est ressuscité par amour,
par amour il est sans cesse à notre côté... Il a offert sa vie
pour chacun de nous et la fidélité de Jésus ne cesse pas non plus
devant notre infidélité. Lui, il nous reste fidèle même lorsque
nous fautons, et reste là pour nous pardonner. Il est le reflet du
Père miséricordieux... Et puis l'amour de Dieu recrée toute
chose... Reconnaître nos limites et nos faiblesses c'est ouvrir la
porte au pardon de Jésus, ouvrir la porte à un amour qui nous
renouvelle au plus profond... La salut s'ouvre à nous lorsque nous
nous ouvrons à la vérité en reconnaissant nos erreurs, nos
péchés... Mais l'amour de Dieu est aussi stable et sûr...comme en
témoigne Jésus...lorsqu'il fait cesser la tempête... Les disciples
sont pris de peur car ils craignent pour leur vie. Alors, commandant
au vent et aux ondes, il les appelle au courage de la foi... En
présence de l'homme qui perd confiance, le Seigneur offre le roc de
son amour. Chacun peut s'y raccrocher pour trouver refuge et ne pas
tomber... Alors demandons nous si nous sommes ou non montés sur ce
rocher, comment nous vivons l'amour fidèle de Dieu à notre endroit.
Nous risquons toujours d'oublier cet amour, de nous laisser paralyser
par la peur de l'avenir, de chercher la sécurité dans des valeurs
passagères, dans un style de vie replié et excluant l'autre...
Puisse l'Esprit nous aider à prendre conscience de cet amour solide,
qui nous fortifie dans les plus petites choses...et nous rend
capables de ne pas nous renfermer face à la première difficulté...
Comme sur le lac de Galilée...Jésus est aujourd'hui celui qui vainc
le mal et disperse le désespoir. Cette paix...il l'offre aussi à
nos frères et soeurs fuyant la guerre et les persécutions à la
recherche de la liberté".
Le Pape s'adresse aux Salésiens
Cité
du Vatican, 21 juin 2015
(VIS). L'après-midi du Saint-Père a commencé par une halte à
l'église Ste.Thérèse où, en 1907, se sont mariés ses
grands-parents paternels et où fut baptisé son père l'année
suivante. A la veille du Synode consacré à la famille, il a tenu
ainsi à souligner la valeur de cette institution. Il a d'ailleurs
prié pour les familles et pour l'a prochaine assemblée synodale.
Ensuite, comme prévu, il s'est rendu pour une visite privée au
sanctuaire de la Consolata, la basilique la plus populaire de Turin,
consacrée à la Vierge Consolatrice, protectrice de la ville,
invoquée notamment lors du siège de 1706 et de la peste en 1835. Le
Pape a prié devant l'autel de la Vierge à l'Enfant avant de gagner
la basilique de Marie Auxiliatrice pour célébrer avec les Salésiens
et les Filles de Marie Auxiliatrice le bicentenaire de la naissance
de l'apôtre des jeunes, saint Jean Bosco. Sur l'esplanade en face de
la basilique, des milliers de jeunes appartenant aux oratoires
salésiens du monde entier attendaient le Pape. A son arrivée, le
Saint-Père, accompagné de l'Archevêque de Turin, Mgr.Cesare
Nosiglia, a laissé un bouquet de fleurs à l'autel majeur de la
basilique, inauguré en 1868 sur volonté de saint Jean Bosco, et a
remis au Recteur majeur des Salésiens, le P.Angel Fernandez Artime,
le discours qu'il avait préparé et dont nous reproduisons de larges
extraits, improvisant quelques mots pour les personnes présentes.
"Je
remercie le Seigneur d'avoir donné à son Eglise ce saint qui, avec
tant d'autres saints et saintes de cette région, sont un honneur et
une bénédiction pour l'Eglise et la société de Turin et du
Piémont, de l'Italie et du monde entier, en particulier en raison du
soin porté aux jeunes pauvres et marginaux... On peut dire beaucoup
de Don Bosco. Mais aujourd'hui, je voudrais souligner seulement trois
caractéristiques: la confiance en la divine providence, la vocation
à être prêtre des jeunes notamment les plus pauvres, le service
loyal et actif à l'Eglise notamment à la personne du Successeur de
Pierre... Don Bosco a accompli sa mission sacerdotale jusqu'au
dernier souffle, soutenu par une indestructible foi en Dieu et en son
amour, pour laquelle il a fait de grandes choses. Ce rapport de
confiance avec le Seigneur est aussi la substance de la vie
consacrée, afin que le service à l'Evangile et aux frères ne soit
pas un emprisonnement de nos vues, des réalités de ce monde qui
passent, mais un dépassement continu de nous-mêmes, en nous ancrant
aux réalités terrestres et en nous laissant sombrer dans le
Seigneur, notre force et notre espérance. Ce sera aussi notre
fécondité. L'autre aspect important de la vie de Don Bosco est le
service aux jeunes. Il l'accomplit avec fermeté et constance, entre
obstacles et fatigues, avec la sensibilité d'un cœur généreux...
Le charisme de Don Bosco nous conduit à être des éducateurs des
jeunes mettant en action cette pédagogie de la foi qui se résume
ainsi: évangéliser en éduquant et éduquer en évangélisant.
Evangéliser les jeunes, éduquer à temps plein les jeunes, en
commençant par les plus fragiles et abandonnés, proposant un style
éducatif fait de raison, de religion et d'affection, universellement
apprécié comme système préventif... Je vous encourage à
poursuivre avec générosité et confiance les multiples activités
en faveur des nouvelles générations: oratoires, centres de jeunes,
instituts professionnels, écoles et collèges. Mais sans oublier
ceux que Don Bosco appelait les jeunes de la rue, ceux qui ont tant
besoin d'espérance, d'être formés à la joie de la vie
chrétienne".
"Don
Bosco a toujours été docile et fidèle à l'Eglise et au Pape, en
suivant les suggestions et les indications pastorales. Aujourd'hui
l'Eglise s'adresse à vous, fils et filles spirituels de ce grand
saint, et de façon concrète vous invite à sortir, à aller
toujours et encore trouver les jeunes là où ils vivent, dans les
périphéries des métropoles, dans les zones de danger physique et
moral, dans les milieux sociaux où manquent tant de choses
matérielles, mais surtout où manquent l'amour, la compréhension,
la tendresse, l'espérance. Aller vers eux avec la paternité
débordante de Don Bosco. L'oratoire de Don Bosco est né de la
rencontre avec les jeunes de la rue et pendant un certain temps, il a
été itinérant parmi les quartiers de Turin. Puissiez-vous annoncer
à tous la miséricorde de Jésus, vous faisant oratoire en tous
lieux, notamment les plus inaccessibles, en mettant au cœur le style
oratorien de Don Bosco et visant des objectifs apostoliques toujours
plus larges. De la solide racine qu'il a planté il y a deux cent ans
dans la terre de l'Eglise et de la société, tant de rameaux ont
poussé. Ainsi trente institutions religieuses vivent le charisme
pour partager la mission de porter l'Evangile jusqu'aux périphéries.
Le Seigneur a aussi béni ce service suscitant parmi vous, au long de
ces deux siècles, un grand nombre de personnes que l'Eglise a
proclamées saints et bienheureux. Je vous encourage à poursuivre
sur cette route, imitant la foi de ceux qui vous ont précédés".
Vivre concrètement l'amour évangélique
Cité
du Vatican, 21 juin 2015 (VIS). "Je ne pouvais venir à Turin
sans m'arrêter dans cette maison: la petite maison de la Divine
providence, fondée il y a presque deux siècles par saint Joseph
Benoît Cottolengo. Inspiré par l'amour miséricordieux de Dieu le
Père et entièrement confiant en sa providence, il a accueilli des
personnes pauvres, abandonnées et malades qui ne pouvaient pas être
accueillies dans les hôpitaux de l’époque". C'est ainsi que
s'est adressé le Saint-Père aux malades et handicapés qui
l'attendaient à l'église du Cottolengo où il s'est rendu après sa
rencontre avec les Salésiens. Après avoir béni et salué
personnellement chacune des personnes présentes, le Pape a prononcé
un bref discours dans lequel il a rappelé que "l'exclusion des
pauvres et la difficulté pour les indigents de recevoir l'assistance
et les soins nécessaires, est une situation qui malheureusement
existe encore. De grands progrès ont été faits dans la médecine
et dans l'assistance sociale, mais une culture du déchet s'est aussi
répandue comme conséquence d'une crise anthropologique qui ne met
plus l'homme au centre, mais la consommation et les intérêts
économiques... Parmi les victimes de cette culture du déchet, je
voudrais rappeler ici en particulier les personnes âgées...qui sont
la mémoire et la sagesse des peuples. Leur longévité n'est pas
toujours vue comme un don de Dieu, mais parfois comme un poids
difficile à supporter, surtout quand la santé est fortement
compromise. Cette mentalité ne fait pas de bien à la société, et
il est de notre devoir de développer des anticorps contre cette
façon de considérer les personnes âgées ou les personnes
handicapées, comme s'il n'y avait plus de vie digne d'être vécue.
Cela est un péché, c'est un péché social grave. Avec quelle
tendresse en revanche le Cottolengo a aimé ces personnes! Ici nous
pouvons apprendre à avoir un autre regard sur la vie et sur la
personne humaine!...Nous pouvons apprendre à vivre concrètement
l'amour évangélique, pour que de nombreux pauvres et malades
puissent trouver une maison, vivre comme dans une famille, se sentir
membre de la communauté et non exclus ou supportés".
"Chers
frères et sœurs malades, vous êtes des membres précieux de
l'Eglise, vous êtes la chair du Christ crucifié que nous avons
l'honneur de toucher et de servir avec amour. Avec la grâce de
Jésus, vous pouvez être témoins et apôtres de la divine
miséricorde qui sauve le monde. En regardant le Christ crucifié,
plein d'amour pour nous, et aussi avec l'aide de ceux qui prennent
soin de vous, puissiez vous trouver la force et la consolation de
porter chaque jour votre croix. La raison d'être de cette petite
maison n'est pas l'assistantialisme ou la philanthropie, mais
l'Evangile...l'amour de prédilection de Jésus pour les plus
fragiles et les plus faibles... C'est pourquoi une œuvre comme
celle-là ne peut perdurer sans la prière...comme le démontrent les
six monastères de sœurs de vie contemplative qui sont liés à
cette œuvre", a conclu le Pape remerciant les prêtres, les
religieux et religieuses de Turin et autres lieux du Cottolengo dans
le monde entier. "Avec les nombreux travailleurs laïcs, les
bénévoles et les Amis du Cottolengo, vous êtes appelés à
poursuivre, avec une fidélité créative, la mission de ce grand
saint de la charité".
A contre-courant s'il le faut
Cité
du Vatican, 21 juin (VIS). La première journée du Pape à Turin
s'est conclue par une rencontre avec les jeunes Piazza Vittorio.
Répondant aux questions de trois d'entre eux sur la signification de
l'amour, de la confiance dans la vie et de l'importance du partage
des idéaux, il a écarté le discours qu'il avait préparé. Voici
un résumé de ses réponses:
''L'amour,
la vie, les amis...ces trois mots sont importants pour la vie et tous
les trois ont pour racine commune la volonté de vivre. L'amour a
deux niveaux: Tout d'abord, l'amour est plus dans les actes que dans
les paroles... Rappelez-vous que Dieu a commencé à parler de
l'amour quand il s'est engagé envers son peuple, quand il a fait une
alliance avec lui, quand il l'a sauvé. Ce sont des gestes faits
d'amour, des actes d'amour". Ensuite "l'amour est toujours
quelque chose d'offert, de communiquer. Il faut savoir écouter et
répondre à l'amour, qui est dialogue et communion... L'amour n'est
ni sourd ni muet. Il communique" mais est "très
respectueux de la personne, n'utilise pas l'autre, car il est chaste
et respecte le caractère sacré de l'autre. Pardonnez-moi si je vous
dis quelque chose que vous n'attendiez pas: Faites l'effort de vivre
un amour chaste. Ceci est la conséquence de ce que...l'amour se
sacrifie pour l'autre. L'amour est un service. Lorsque Jésus a lavé
les pieds de ses apôtre, leur a enseigné qu'ils étaient destinés
à se servir mutuellement''. On constate souvent, a poursuivi le
Saint-Père, un sentiment de méfiance face à la vie, "parce
que certaines situations nous semblent peu dignes d'être vécues.
Alors nous pensons vivre une sorte de troisième guerre mondiale par
petits bouts, en Europe, en Afrique, au Moyen Orient et ailleurs
encore... Alors pouvons nous avoir confiance dans les dirigeants du
monde?... Si on ne place sa confiance que dans les hommes, on est
perdu... Je pense aux personnes, aux dirigeants et aux entrepreneurs
qui se disent chrétiens et vendent des armes... Dire une chose et en
faire une autre, c'est de l'hypocrisie... Voyez ce qui s'est produit
au siècle dernier, en 1914 et en 1915, à la grande tragédie de
l'Arménie, où...plus d'un million de personnes sont mortes. Qu'ont
fait les grandes puissances?... Elles n'étaient intéressées que
par la guerre. Ceux qui sont morts alors étaient des humains de
seconde classe! Puis, dans les années 1930 - 1940, la tragédie de
la Shoah! Les grandes puissances connaissaient les voies ferrées
transportant des trains vers les camps" d'extermination...
Pourquoi ne pas pas avoir bombardé? Par intérêt. Et un peu plus
tard, il y eut des camps en Russie. Sous Staline ... beaucoup de
chrétiens y ont souffert ou y sont morts! Quant à l''Europe, elle a
été divisée par les vainqueurs comme une tarte. Il a fallu de
nombreuses années avant d'atteindre une certaine liberté. Il est
hypocrite de parler de paix en poursuivant la fabrication d'armes et
même en vendre à qui est en guerre".
''Je
vous comprends lorsque vous dites de ne pas avoir confiance dans la
vie. Nous vivons aujourd'hui la culture du déchet. Ce qui est
inutile économiquement est jeté... Avec cette culture de rejet peut
on encore compter sur la vie?... Un jeune qui ne peut travailler ou
étudier a honte de ne pouvoir fonder un foyer... Combien de jeunes
se suicident? Combien vont combattre au côté de terroristes, pour
au moins faire quelque chose, avoir un idéal?... Voilà pourquoi
Jésus a dit de ne pas placer dans les richesses et dans le pouvoir
notre sécurité. Comment puis-je vivre une vie qui ne détruit pas,
une vie qui ne rejette pas les gens? Comment puis-je vivre une vie
qui me déçoit tant?... Nous devons aller de l'avant avec nos
projets et construire une vie ne déçoive pas. Etre impliqué dans
un projet pour construire quelque chose aide à vivre... Abandonnez
le sentiment de méfiance envers la vie...et allez s'il le faut à
contre-courant... Vous les jeunes qui vivez" le marasme
économique, rejetez les "valeurs consuméristes et hédonistes
qui sont des bulles de savon. Elles ne conduisent pas au progrès.
Faîtes des choses constructives, même modestes, pour" répondre
à vos idéaux. Ce sera le meilleur antidote à cette méfiance de la
vie, la meilleure réponse à une culture qui ne propose que le
plaisir... Le secret est de bien comprendre où l'on vit, sur cette
terre... A la fin du XIX siècle, les conditions de la jeunesse
étaient terribles. La franc-maçonnerie dominait et l'Eglise ne
pouvait pas faire grand chose. Il y avait l'anti-cléricalisme et
même le satanisme... Ce fut l'un des pires moments et des pires
endroits de l'histoire de l'Italie... Or c'est à cette époque que
se sont manifestés beaucoup de saints" en Piémont. Pourquoi?
"Parce qu'ils ont réalisé qu'ils devaient aller à l'encontre
de cette culture et de ce mode de vie. Il faut vivre la réalité. Et
si cette réalité est de verre et non de diamant, je la regarde pour
ce qu'elle est et la fait mienne, au service des autres''.
Dieu ne se résigne pas face au péché des hommes
Cité
du Vatican, 21 juin 2015
(VIS). Ce matin à 9 h, le Saint-Père a visité le Temple vaudois où
il a été reçu par le Pasteur Eugenio Bernardini, Modérateur de la
Table Vaudoise, le Président du Consistoire de l'Eglise évangélique
vaudoise de Turin, M.Sergio Velluto, et le Pasteur Paolo Ribet,
titulaire de l'Eglise évangélique vaudoise de cette localité.
Etaient également présents le Modérateur de l'Eglise vaudoise
d'Uruguay, le Pasteur Oscar Oudri. L'accueil reçu par le Pape lui a
rappelé "les réunions avec les amis de l'Eglise évangélique
vaudoise de Rio de la Plata, où il a pu apprécier la spiritualité
et la foi, et apprendre beaucoup de bonnes choses".
Un
des principaux fruits que le mouvement œcuménique a permis de
cueillir ces dernières années, a dit le Pape, "est la
redécouverte de la fraternité qui unit tous ceux qui croient en
Jésus Christ et ont été baptisés en son nom. Ce lien n'est pas
basé sur des critères simplement humains, mais sur le partage
radical de l'expérience qui fonde la vie chrétienne: la rencontre
avec l'amour de Dieu qui se révèle à nous en Jésus Christ et
l'action transformante de l'Esprit saint qui nous assiste sur le
chemin de la vie. La redécouverte de cette fraternité nous permet
de comprendre le lien profond qui nous unit déjà, malgré nos
différences... L'unité qui est fruit de l'Esprit Saint ne signifie
pas uniformité. En effet, les frères partagent une même origine
mais ne sont pas identiques entre eux. Cela est très clair dans le
Nouveau testament où, bien qu'étant appelés frères tous ceux qui
partagent la même foi en Jésus-Christ, on devine que les
communautés chrétiennes dont ils faisaient partie, n'avaient pas
toutes le même style, ni la même organisation interne... et jusque
dans l'annonce de l'Evangile des différences existaient.
Malheureusement, il s'est passé et continue de se passer que les
frères n'ont pas accepté leurs différences et ont fini par se
faire la guerre les uns aux autres. En réfléchissant sur l'histoire
de nos relations, nous ne pouvons que nous attrister face aux litiges
et violences commis au nom de la foi, et je demande au Seigneur de
nous donner la grâce de nous reconnaître tous pécheurs et de
savoir nous pardonner les uns les autres. C'est par l'initiative de
Dieu qui ne se résigne jamais face au péché de l'homme, que
s'ouvrent de nouvelles routes pour vivre notre fraternité et nous ne
pouvons nous soustraire à cela. De la part de l'Eglise catholique,
je vous demande pardon...pour les attitudes et comportements non
chrétiens, voire inhumains que, dans l'histoire, nous avons eu
contre vous. Au nom du Seigneur Jésus Christ, pardonnez-nous!".
Le
Pape a ensuite fait part de sa joie constatant que les relations
entre catholiques et vaudois se basent aujourd'hui davantage sur le
respect mutuel et la charité fraternelle et que n'ont pas manqué
les occasions qui ont contribué à rendre ces rapports plus forts,
par exemple, "la collaboration pour la publication en italien
d'une traduction interconfessionnelle de la Bible, les accords
pastoraux pour la célébration du mariage, et plus récemment la
rédaction d'un appel conjoint contre la violence faite aux femmes".
De plus, cette année pour Pâques l'Eglise vaudoise de Pinerolo
(Italie) a offert à l'Eglise catholique le vin pour la célébration
du Samedi saint et l'Eglise catholique a offert, à son tour, aux
vaudois le pain pour la sainte Cène du dimanche de Pâques. "C'est
un geste entre les deux Eglises qui va bien au-delà de la simple
courtoisie et qui anticipe en quelque sorte l'unité de la messe
eucharistique que nous désirons tous". Encouragés par ces
gestes, nous sommes appelés à continuer à cheminer ensemble.
L'évangélisation est un des domaines dans lequel s'ouvrent de
larges possibilités de collaboration entre vaudois et catholiques.
Conscients que le Seigneur nous a précédés et nous précède
toujours dans l'amour, allons ensemble vers les hommes et les femmes
d'aujourd'hui qui parfois semblent si distraits et indifférents,
pour leur transmettre le cœur de l'Evangile c'est-à-dire la beauté
de l'amour salvifique de Dieu manifesté en Jésus Christ mort et
ressuscité. Un autre domaine dans lequel nous pouvons travailler
ensemble est celui du service à l'humanité qui souffre, aux
pauvres, aux malades, aux migrants... Que les différences sur
d'importantes questions anthropologiques et éthique qui continuent
d'exister entre catholiques et vaudois, ne nous empêchent pas de
trouver des formes de collaboration dans ces domaines et dans
d'autres. Si nous marchons ensemble, le Seigneur nous aide à vivre
cette communion qui devance toute opposition".
Economie, développement et justice
Cité
du Vatican, 20 juin (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin 450
membres de la Fédération italienne de l'Orde du mérite et du
travail, qui honore entrepreneurs contribuant à l'emploi et à la
promotion des produits nationaux: Votre action, a-t-il dit à ses
hôtes, "est plus que jamais importante alors qu'à la suite de
la crise économico-financière on connaît une forte stagnation
voire une récession, dans un contexte social déjà marqué par les
inégalités et le chômage. Le chômage des jeunes en particulier
est une plaie qui les prive de leur place dans le monde économique,
lui même privé de nouvelles forces vives. Le marché du travail
devrait être prêt à intégrer les jeunes formés et désireux de
travailler. Or au contraire le message est aujourd'hui qu'on a pas
besoin d'eux. C'est le révélateur d'une grave dysfonction qu'on ne
peut simplement attribuer au contexte économique. Or le bien de tous
qui est la base de la vie sociale ne saurait être atteint par une
croissance des bénéfices et de la production... L'enseignement
social de l'Eglise fait référence constamment à la position
centrale de la personne dans le développement. Tant que des hommes
et des femmes seront inactifs ou marginalisés, le bien commun ne
sera pas véritablement établi... Le travail, qui a une valeur
sociale, est en mesure d'impliquer les personnes, de les
responsabiliser afin qu'elles entreprennent". Si les nouvelles
générations sont impliquées, "la société repart et offre
des perspectives et des opportunités, et plus largement la confiance
dans l'avenir". Le travail a une dimension sociale et éthique.
"C'est seulement si elle est fondée sur la justice et le
respect des lois que l'économie concourt au progrès. Elle ne doit
écarter personne et surtout s'écarter totalement de la corruption
et des trafics, respecter aussi l'environnement. Comme l'enseigne la
Bible, pratiquer la justice n'est pas simplement s'abstenir de
l'injustice ou respecter les lois. Est vraiment juste celui
qui...agit en conscience pour le bien de tous, y compris des pauvres
et des faibles... Cela implique être prêts à trouver de nouvelles
solutions" de justice sociale et économique pour toutes les
composantes de la société.
Rencontre avec la Fédération biblique catholique
Cité
du Vatican, 20 juin 2015
(VIS). Les membres de la Fédération biblique catholique ont été
reçus hier par le Saint-Père à l'occasion de leur dixième
assemblée plénière au cours de laquelle ils ont réfléchi à
l'Ecriture comme source d'évangélisation, dans le cadre du
cinquantième anniversaire de la promulgation de la Constitution
dogmatique sur la divine révélation Dei Verbum. Le Pape, outre le
discours qu'il leur a remis et que le VIS a publié, a ajouté un
bref discours improvisé dont voici un résumé:
"Les
surprises de Dieu nous aident à nous rendre compte que tous nos
plans, toutes nos pensées et tant de choses, face à la Parole
vivante de Dieu...tombent, s'écroulent. Quand une Eglise se referme
sur elle-même et oublie qu'elle a été envoyée pour annoncer
l'Evangile, c'est-à-dire la Bonne Nouvelle, pour remuer les cœurs
avec le kérygme, elle vieillit...devient malade et meurt. J'ai
entendu dire, si souvent, quand on parlait des diocèses qui étaient
au nord de l'Afrique au temps de saint Augustin: ce sont des églises
mortes. Non, il y a deux façons...de mourir: mourir enfermés sur
soi-même ou mourir en donnant la vie en témoignage. Une Eglise qui
a le courage, la Parrêsia, de porter en avant la Parole de Dieu et
qui n'a pas honte est sur la route du martyre... Dans la première
lecture de la messe nous avons entendu Paul qui racontait les choses
dont il avait souffert, dans cette perspective de vantardise: Ils se
vantaient; moi aussi je peux me vanter de ce que j'ai fait. Voilà le
décor. Mais si saint Paul était resté là, dans une de ces
églises, comme celle de Corinthe, et seulement dans celle-là, il
n'aurait pas souffert tout ce qu'il dit. Pourquoi? Parce que c'était
un homme en sortie. Quand il voyait que les choses allaient bien, il
imposait les mains à un autre et s'en allait. C'est un modèle. A la
fin, il a cette belle phrase, après cette vantardise, après m'être
vanté de cela, de tous ces voyages, de toutes ces flagellations, une
fois lapidé, tout cela: Mais si je dois me vanter en vérité...je
me vanterais seulement de ma faiblesse. Dans un autre récit que vous
connaissez, vous biblistes, il dit: je me vanterai de mes péchés".
La troisième fierté de Paul n'est pas la vanité: Ma gloire est la
croix de Jésus. C'est sa force. C'est cela une Eglise en sortie, une
Eglise de martyre. C'est une Eglise qui chemine. Et il arrive ce qui
peut arriver à toute personne qui sort, un accident. Mais je préfère
une Eglise accidentée qu'une Eglise malade, fermée sur elle-même.
Avec cette parrêsia et cette hypomone, cette patience de supporter
toutes les situations, mais aussi la tendresse de porter sur les
épaules les fidèles blessés qui lui ont été confié. Une Eglise
pastorale. Seulement la Parole de Dieu et à côté de la Parole,
l'Eucharistie. Les frères qui se réunissent pour louer le Seigneur
avec la faiblesse du pain et du vin, du Corps du Seigneur, du Sang du
Seigneur".
"La
Parole de Dieu n'est pas faite pour nous rendre la vie plus facile.
Non. Elle nous met toujours en difficulté. Si quelqu'un la porte
sincèrement, celle-ci le met en difficulté, le met dans l'embarras
tant de fois. Mais il faut dire la vérité, avec tendresse, en
supportant les situations, les personnes. Cela peut se comprendre
comme un respect fraternel qui sait caresser... Une des choses qui me
préoccupent le plus est l'annonce fonctionnelle de la Parole de Dieu
dans les homélies. S'il vous plaît, faîtes au mieux pour aider vos
frères, diacres, prêtres et évêques à dire la Parole de Dieu
dans les homélies, qu'elle arrive au cœur. Une pensée, une image,
un sentiment arrive aussi, mais que parvienne la Parole de Dieu.
Beaucoup sont capables mais se trompent et font une
belle...dissertation théologique... La Parole de Dieu est un
sacramentel! Pour Luther c'est un sacrement qui agit presque Ex Opere
Operato. Ensuite le courant est un peu tridentin, celui de l'Ex Opere
Operantis (qui reçoit son efficacité de l'action médiatrice). Puis
les théologiens ont trouvé que la parole de Dieu est au milieu: une
partie Ex Opere Operato et une autre Ex Opere Operantis. C'est un
sacramentel. Les discours ne sont pas sacramentels, ce sont des
discours qui font du bien. Que, dans les homélies, on trouve la
Parole de Dieu, parce qu'elle touche le cœur".
Audiences
Cité
du Vatican, 20 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a
reçu ce matin:
Le
Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les
évêques.
M.Joaquín
Mbana Nchama, Abassadeur de Guinée Equatoriale, pour la présentation
de ses lettres de créance.
Mgr.Jorge
Pedro Carrión Pavlich, Evêque de Puno (Pérou).
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 22 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Luis
Mariano Montemayor, Nonce apostolique en République démocratique du
Congo. Il était jusqu'ici Nonce au Sénégal, Guinée Bissau et au
Cap Vert, Délégué apostolique pour la Mauritanie.
Samedi
dernier, 20 juin, il avait:
Nommé
Mgr.Salvador Rangel Mendoza, OFM, Evêque de Chilpancingo - Chilapa
(superficie 19.860, population 989.000, catholiques 904.000, prêtres
147, religieux 179), au Mexique. Jusqu'ici Evêque de Huejutla
(Mexique), il succède à Mgr.Alejo Zavala Castro, dont la
renonciation a été acceptée en conformité au canon 401,2.
Confirmé
la nomination du Rév.Hanna Rahmé, OLM, comme Evêque de l'éparchie
maronite de Baalbek - Deir El-Ahmar (catholiques 66.050, prêtres 19,
diacres 1, religieux 39), au Liban. L'Evêque élu, né en 1960 à
Aynata (Liban), a prononcé ses voeux religieux en 1989 et a été
ordonné prêtre en 1990, était jusqu'ici Vicaire de ce même
diocèse. Docteur en histoire des religions, il a occupé diverses
fonctions au sein de son ordre, a été Supérieur du couvent
St.Charbel, Membre du Secrétariat général des écoles catholiques
du Liban, professeur d'université, et a été élevé au rang
abbatial en 2012.
vendredi 19 juin 2015
Le Pape accueille le Patriache syro-orthodoxe d'Antioche
Cité
du Vatican,19 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a accueilli ce matin SS
Ignatius Aphremm III, Patriarche syro-orthodoxe d'Antioche, pour une
rencontre traditionnelle inaugurée en 1971 par Ignatius Jacob III et
Paul VI en vue d'un "saint pèlerinage" commun vers la
pleine communion des deux Eglises. Evoquant la déclaration conjointe
sur la profession de foi et l'incarnation de 1971, le Pape François
a affirmé qu'il a servi de base à Ignatius Zakka Iwas et Jean-Paul
II pour poursuivre le processus d'unité, à Rome puis à Damas:
"Combien les choses ont changé depuis les premières
rencontres", s'est exclamé le Pape. Aujourd'hui, "votre
Eglise est toujours une Eglise de martyrs. Comme à ses débuts, elle
subit avec les autres minorités les terribles affres de la guerre et
de la persécution. Devant tant de victimes innocentes les puissants
du monde semblent incapables de trouver des solutions. Prions
ensemble pour tous ceux qui, à travers le monde, sont tués par la
violence et la guerre. Pensons aux Métropolites Gregorios Ibrahin et
Paul Ibrahim, enlevés il y a plus de deux ans, ainsi que tant de
prêtes et groupes de fidèles retenus prisonniers. Demandons au
Seigneur la grâce de savoir pardonner pour être toujours des
opérateurs de paix et de réconciliation... Le sang des martyrs est
une semence d'unité pour l'Eglise, un instrument pour l'édification
du Royaume de Dieu, fait de paix et de justice. En ce moment
d'épreuve et de peine renforçons notre amitié et notre fraternité,
les liens entre l'Eglise syro-orthodoxe et l'Eglise catholique.
Accélérons le pas vers le jour où nous pourrons célébrer
ensemble notre appartenance à l'unique Eglise du Christ...
Enrichissons nous de nos dons spirituels, car ce qui nous est commun
est bien supérieur à ce qui nous sépare". Après
l'entretien et la présentation au Pape de la délégation
accompagnant le Patriarche, les deux parties se sont rendues en la
chapelle Redemptoris Mater pour prier.
Audience à la Fédération biblique catholique
Cité
du Vatican, 19 juin (VIS). Le Pape a reçu la Fédération biblique
catholique, dont le nouveau Président est le Cardinal Tagle,
Archevêque de Manille, à l'occasion de sa dixième assemblée
plénière consacrée à l'Ecriture comme source d'évangélisation
en ce cinquantenaire de la constitution conciliaire Dei Verbum: Pour
annoncer la Vérité, écrit-il à ses hôtes dans le texte qu'il
leur a remis, "nous devons avoir nous mêmes fait l'expérience
de la Parole, l'avoir écoutée et étudiée, pratiquement touchée
de nos mains. Les chrétiens sont le peuple que Dieu s'est acquis
afin qu'il proclame ses merveilles". Comme le suggère la Dei
Verbum consacrée à la Révélation, les chrétiens doivent vénérer,
écouter, lire et prêcher la Parole. La proclamant chaque jour,
l'Eglise s'en nourrit et s'en inspire... C'est l'Esprit qui agit"
en nous comme chez "ceux qui nous écoutent, en nous
prédisposant à recevoir son message de vie. Revenant sur
l'anniversaire de Dei Verbum, le Saint-Père a repris Jean-Paul II
qui encourageait en 1986 à la relire attentivement pour en appliquer
les principes et les recommandations: Aujourd'hui encore il convient
de réfléchit sur l'application de ce document "et une
meilleure mise en valeur de ce trésor conciliaire comme du magistère
successif. Nous devons communiquer la joie de l'Evangile jusqu'aux
confins de la terre en obéissance au mandat missionnaire. L'Eglise
ne peut évangéliser si elle ne se laisse pas continuellement
évangéliser... Il existe des régions où la Parole n'a pas encore
été diffusée ou s'il elle l'a été elle est aujourd'hui vidée de
contenu. Le manque de soutien porte à l'affaiblissement des
communautés chrétiennes de vieille tradition. Cela freine aussi la
croissance spirituelle et la ferveur missionnaire des jeunes Eglises.
Or nous sommes tous responsables d'une fraîcheur et d'un parfum que
l'Evangile ne doit pas perdre. Un engagement pastoral qui mette la
Parole au centre doit s'affirmer en favorisant l'aspect biblique de
la pastorale. Cela doit être une priorité pour toutes les
communautés, les paroisses, associations et mouvements, de manière
à ce qu'elles aient à coeur la rencontre du Christ". Tant il
est vrai que l'ignorance de l'Ecriture est l'ignorance du Christ. La
mission de tous les serviteurs de la Parole...est de favoriser cette
rencontre, qui suscite la foi et transforme la vie".
Personne ne doit se sentir exclu dans le sport
Cité
du Vatican, 19 juin (VIS)."Le monde du sport perçoit
habituellement l'Eglise avec attention et confiance car il sait
qu'ensemble on peut rendre à la pratique sportive son vrai sens,
d'éducation et de compétition ludique, ainsi qu'une dignité
socio-culturelle". Vous le savez bien, vous qui avez choisi le
sport malgré vos limites, a dit le Pape à 150 athlètes italiens
handicapés qui s'apprêtent à participer aux Jeux de Los Angeles.
La Special Olympics est une association internationale fondée en
1968 aux Etats-Unis pour soutenir les personnes handicapées mentales
à prendre confiance en elles par le sport. "Il est important
que des adolescents et de jeunes adultes trouvent dans la pratique
sportive et la compétition, y compris internationale, un
encouragement à vivre pleinement. C'est un défis que vous avez
relevé...et je vous encourage à persévérer. Entraidez vous pour
découvrir vos capacités, aimer et apprécier la vie... Le sport est
particulièrement adapté à cette démarche. Il permet de sortir de
soi, de s'ouvrir et de se mettre en jeu. Participer, se dépasser,
concourir...aide à devenir des membres actifs de la société et de
l'Eglise. Cela aide aussi la société et l'Eglise à éviter toute
forme de discrimination ou d'exclusion. Restez donc fidèles aux
idéaux du sport sans vous laisser contaminer par la fausse culture
sportive du succès et de l'argent, de la victoire à tout prix et de
l'ego... Vivez la compétition sportive dans la loyauté et la
solidarité" sans oublier que "personne ne doit se sentir
exclu dans le sport".
Message pour l'entrée en Ramadan
Cité
du Vatican, 19 juin (VIS). "Chrétiens et musulmans ensemble
pour s’opposer à la violence perpétrée au nom de la religion",
tel est le titre du message adressé le 12 juin aux musulmans qui
sont entrés hier en Ramadan par le Conseil pontifical pour le
dialogue inter-religieux:
"Chers
frères et sœurs musulmans, les catholiques du monde entier se
joignent à moi pour vous adresser nos meilleurs vœux pour toute la
durée du Ramadan, pendant lequel vous observez de nombreuses
pratiques religieuses et sociales, comme le jeûne, la prière,
l’aumône, l’assistance aux pauvres et la visite aux membres de
la famille et aux amis. Que les fruits de ces bonnes actions
enrichissent votre vie! Pour certains d’entre vous comme pour
d’autres appartenant à d’autres communautés religieuses, la
joie de cette fête est obscurcie par le souvenir de leurs proches,
qui ont perdu la vie ou leurs biens ou ont souffert physiquement,
mentalement ou même spirituellement à cause de la violence.
Beaucoup de communautés ethniques et religieuses à travers le monde
ont subi d’énormes souffrances et injustices, l’assassinat de
quelques-uns de leurs membres, la destruction de leur patrimoine
religieux et culturel, l’émigration forcée, les mauvais
traitements et les viols de femmes, l’asservissement de
quelques-uns de leurs membres, le trafic de personnes, le commerce
d’organes et même la vente de cadavres! Nous sommes tous
conscients de la gravité de ces crimes en eux-mêmes. Toutefois, ce
qui les rend encore plus odieux est la tentative de les justifier au
nom d’une religion. Il s’agit d’une manifestation évidente de
la manipulation de la religion pour obtenir pouvoir et richesse. Il
serait superflu de dire que ceux qui sont chargés de l’ordre et de
la sécurité publiques ont aussi le devoir de protéger les
personnes et leurs biens de la violence aveugle des terroristes.
Il
y a d'autre part la responsabilité de ceux qui ont la charge de
l’éducation, familles, écoles, textes scolaires, chefs religieux,
discours religieux, médias. La violence et le terrorisme sont
d’abord conçus dans les esprits de ces personnes égarées, puis
perpétrés sur le terrain. Tous ceux qui sont engagés dans
l’éducation de la jeunesse et dans les divers espaces éducatifs
devraient enseigner le caractère sacré de la vie et la dignité qui
en dérive pour chaque être humain, indépendamment de l’origine
ethnique, de sa religion, de sa culture, de sa position sociale ou de
ses choix politiques. Il n’y a pas une vie qui soit plus précieuse
qu’une autre à cause de son appartenance à une race ou à une
religion spécifiques. Il en résulte que personne ne peut tuer.
Personne ne peut tuer au nom de Dieu. Ceci serait un double crime,
contre Dieu et contre la personne elle-même. L’éducation ne
tolère aucune ambiguïté. L’avenir d’une personne, d’une
communauté et de l’humanité tout entière ne peut pas être
construite sur l’ambiguïté ou sur une vérité apparente.
Chrétiens et musulmans, d’après leur tradition religieuse
respective, reconnaissent Dieu comme Vérité et se rapportent à lui
comme étant la Vérité. Notre vie et notre conduite devraient
refléter une telle conviction. D’après Jean-Paul II, chrétiens
et musulmans ont le privilège de la prière. Notre prière est
importante pour la justice, pour la paix et la sécurité dans le
monde, pour ceux qui se sont égarés du chemin de la vie et
commettent la violence au nom de la religion, afin qu’ils puissent
revenir à Dieu et changer de vie, pour les pauvres et les malades.
Nos fêtes religieuses, entre autres, nourrissent en nous l’espérance
envers le présent et l’avenir. C’est avec espérance que nous
regardons vers le futur de l’humanité, en particulier quand nous
faisons de notre mieux pour que nos aspirations légitimes deviennent
réalité. Avec le Pape François, nous souhaitons à vous tous que
les fruits du Ramadan et la joie de ‘Id al-Fitr apportent paix et
prospérité, favorisant ainsi votre croissance humaine et
spirituelle. Bonne fête à vous tous".
Audiences
Cité
du Vatican, 19 juin 2015 (VIS). Ce matin le
Saint-Père a reçu Mgr.Mario Zenari, Nonce apostolique en Syrie.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican,19 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé le Cardinal
Joachim Meisner, son Envoyé spécial à l'inauguration du nouveau
couvent du sanctuaire de Maria-Radna de Timisoara (Roumanie, 2 août).
jeudi 18 juin 2015
Conférence de présentation de Laudato Si'
Cité
du Vatican, 18 juin 2015 (VIS). Ce matin près la Salle du Synode le
Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical
Iustitia et Pax a illustré la nouvelle encyclique Laudato Si' que le
Pape François consacre à la protection de la création et
l'écologie intégrale. Il était accompagné des présentateurs du
document, le Métropolite Ioannis de Pergame (du Patriarcat
œcuménique), qui a parlé de la théologie et de la spiritualité
de l'encyclique, M.Hans Joachim Schellnhuber (Institut de Potsdam
pour la recherche sur l'impact climatique), qui a traité de la place
des sciences naturelles dans l'encyclique, de Mme.Carolyn Y.Woo
(Catholic Relief Services), qui a abordé les volets de l'économie,
de la finance et du commerce face à la question écologique, et
Mme.Valeria Martano (chercheur et enseignant), témoin depuis 20 ans
de la dégradation sociale et environnementale de la périphérie
romaine.
D'emblée
l'encyclique entend établir un dialogue avec tous, que ce soit avec
des personnes avec des organisations et institutions qui partagent la
même préoccupation que le Pape, abordée sous différents points de
vue. ''Ce type de dialogue", a indiqué le Cardinal Turkson,
"fait partie de la méthode de la rédaction utilisée par le
Saint-Père pour rédiger l'encyclique. Il s'est appuyé sur un large
éventail de contributions: La plupart des conférences épiscopales
des divers continents...ainsi que d'autres contributions qui ne sont
pas citées dans le document qu'elles ont aidé à composer".
L'encyclique tire son nom de l'invocation de saint François dans le
Cantique des Créatures: Loué soit mon Seigneur, une prière
contemplative qui nous invite à nous inspirer du Poverello pour
promouvoir une écologie intégrale, vécue avec joie et
authenticité... Dans sa relation avec l'environnement, l'humanité
fait face à des défis majeurs qui requièrent également des
politiques appropriées, déjà au programme des instances
internationales. Certainement 'Laudato Si' peut et doit avoir un
impact sur ces processus. Un examen rapide de son contenu montre
qu'il est avant tout de nature pastorale et spirituelle, la portée,
l'ampleur et la profondeur de la question ne pouvant être réduites
à la sphère de la politique environnementale''.
Pour
sa part, le Métropolite Ioannis Zizioulas a rappelé qu'en 1989 le
Patriarche œcuménique Démétrios avait publié une encyclique pour
alerter les les chrétiens et les personnes de bonne volonté sur la
gravité de la question écologique, mais aussi montrer ses
implications théologiques et spirituelles, invitant à consacrer
chaque 1 septembre à prier pour l'environnement. Cette date, qui est
selon le calendrier orthodoxe le premier jour de l'année
ecclésiastique pourrait devenir un temps de prière pour tous les
chrétiens et marquer ainsi une nouvelle étape dans le rapprochement
entre tous les baptisés: ''Je pense que le sens de l'encyclique
Laudato Si' ne se limite pas à la question de l'écologie en tant
que tel. Elle revêt une dimension œcuménique importante qui
encourage tous les chrétiens divisés à accomplir une tâche
commune. Nous vivons une époque de problèmes existentiels profonds
qui dépassent nos divisions traditionnelles... Il suffit de voir ce
qui se passe au Moyen-Orient: Ceux qui persécutent les chrétiens ne
leur demandent pas à la confession ils appartiennent! Ici l'unité
des chrétiens se construit par la persécution et le sang. C'est un
œcuménisme du martyre... D'une manière similaire, la menace de la
crise écologique doit aider à dépasser nos clivages traditionnels.
Le danger qui guette notre maison commune, la planète sur laquelle
nous vivons, est décrite dans l'encyclique d'une manière qui ne
laisse aucun doute sur le danger existentiel auquel nous sommes tous
confrontés. Ce danger commun est indépendamment de notre Eglise ou
de nos identités religieuses. Il implique un effort commun pour
éviter les conséquences catastrophiques de la situation actuelle.
L'encyclique du Pape François est un appel à l'unité, à l'unité
dans la prière pour l'environnement, dans la diffusion de l'Evangile
de la création, dans la conversion de nos cœurs et la correction de
nos modes de vie, nécessaires pour respecter et aimer tout le monde
et tout ce que Dieu nous a donné.''
Puis
le Professeur Schellnhuber, a souligné que sous l'angle de la
technologie et de l'énergie propre il est possible d'atteindre un
résultat positif pour tous car, en fait, elles sont disponibles en
abondance. Tout ce que nous avons à faire est de développer les
moyens de produire l'énergie correctement et de gérer de façon
responsable notre consommation. Depuis des décennies on travaille au
le développement d'un réacteur de fusion incroyablement coûteux
alors que nous avons la chance d'en avoir un qui fonctionne
parfaitement et qui est gratuit, le soleil! Le photovoltaïque,
l'énergie éolienne et la biomasse dépendent également de la
lumière solaire. Ces nouvelles technologies pourraient ouvrir un
potentiel dans les pays pauvres où il n'y a pas de réseaux pour
distribuer l'électricité provenant de centrales éloignées pour
constituer un système viable. Tout comme il a augmenté
l'utilisation des téléphones mobiles sans l'établissement
préalable de lignes fixes, les pays en développement pourraient se
passer des combustibles fossiles et entrer dans l'ère de la
production décentralisée et directe d'énergie renouvelable... La
gestion de notre planète ne peut devenir une tragédie collective.
Au contraire, elle doit devenir l'histoire d'une grande
transformation, qui permettra de faire levier pour surmonter les
profondes inégalités du monde actuel. Certaines inégalités
découlent du hasard géologique, de la répartition régionale des
combustibles fossiles contrôlés par quelques-uns. Aujourd'hui la
voie est enfin libre pour un avenir universel juste.''
Enfin
Mme.Woo a expliqué que l'investissement dans la durabilité
constitue une autre chance de progrès. "De nombreuses études
fournissent des estimations de coûts astronomiques associés aux
catastrophes naturelles, présentes comme à venir, telles que la
hausse du niveau des océans, la sécheresse, les inondations et les
tempêtes qui ravagent la production agricole ou provoquent la perte
de productivité, favorisent aussi l'augmentation des épidémies et
des maladies dues à la chaleur et à la pollution... Par ailleurs
les entreprises peuvent jouer un rôle important en aidant les
clients à devenir des consommateurs responsables. Conception et
production des biens consommables devront faire en sorte de limiter
les déchets et d'utiliser les énergies renouvelables, le recyclage,
la récupération et la réutilisation afin de fournir de nouvelles
opportunités pour les entreprises et les clients responsables...
L'encyclique affirme le rôle important que doit jouer le commerce,
mais le Pape avertit..le besoin de partenariat entre les secteurs
public et privé, un dialogue politique et économique qui soit
favorable à l'épanouissement humain. Puisque le public et le privé
ont le même objectif, et qu'ils sont intégrés dans le même réseau
interconnecté de la vie, ils doivent travailler ensemble en
harmonie. Cela signifie pour les entreprises être plus respectueuses
des normes et de la réglementation, en particulier dans le secteur
financier. Cela signifie également que les entreprises doivent
s'aligner avec les nouveaux objectifs de développement durable et la
nécessité d'agir pour lutter contre le changement climatique. Après
tout, le commerce est une entreprise humaine et devrait viser à un
authentique développement et au bien commun de l'homme.''
Enfin,
Mme.Martano a évoqué l'écologie urbaine, menacée par la pollution,
la carence de services ou par l'individualisme général. Elle est un
défi pour les chrétiens car dans les banlieues où on vit mal
grandissent la colère et le sentiment d'exclusion. Beaucoup se
voient privés du droit au logement et on assiste souvent à la
destruction de bidonvilles sans que soit proposée une alternative.
Les personnes âgées sont expulsés du cadre sociale vers des
établissements périphériques.... La violence grandit dans certains
quartiers alors qu'on peut aider mieux à vivre si les gens renoncent
à l'individualisme et à la démission. A Rome pendant des années,
avec la Communauté de Sant'Egidio, nous avons travaillé à la
suppression d'espaces pollués... Nous nous sommes basés sur les
plus faibles, enfants, personnes âgées, handicapés, afin de
reconstruire un tissu humain. Autour de ces personnes on peut rénover
l'image de la banlieue, trouver une énergie renouvelée et faire de
l'écologie humaine. L'encyclique nous invite à pratiquer le bien
commun en faveur de la ville et de l'environnement qui sont notre
maison commune. Nous vivons souvent des parcours humains fragmentés
et contradictoires parce que chacun essaie de se débrouiller tout
seul. Chacun poursuit son propre intérêt, alors qu'il y existe un
salut communautaire fondé sur l'inclusion des gens et l'écologie
intégrale.''
Vue d'ensemble de l'encyclique Laudato Si’
Cité
du Vatican, 17 juin (VIS). Instrument pour une première lecture de
l’encyclique, le texte qui suit aide à en comprendre la dynamique
d’ensemble et à en extraire les lignes de force. Les trois
premières pages présentent l'encyclique dans son ensemble, avant de
décrire les chapitres en reprenant des passages-clef. Les deux
dernières pages présentent le sommaire dans son intégralité.
Un
regard d’ensemble:
"Quel
genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux
enfants qui grandissent? Cette interrogation est au cœur de Laudato
Si’, l’encyclique attendue du Pape François sur le soin de notre
maison commune. Le Pape poursuit: Cette question ne concerne pas
seulement l’environnement de manière isolée, parce qu’on ne
peut pas poser la question de manière fragmentaire, et ceci conduit
à s’interroger sur le sens de l’existence et de ses valeurs à
la base de la vie sociale: Pour quoi passons-nous en ce monde, pour
quoi venons-nous à cette vie, pour quoi travaillons-nous et
luttons-nous, pour quoi cette terre a-t-elle besoin de nous? Si cette
question de fond n'est pas prise en compte, dit le Souverain Pontife,
je ne crois pas que nos préoccupations écologiques puissent obtenir
des effets significatifs. L’encyclique prend le nom de l’invocation
de saint François Loué sois-tu mon Seigneur du Cantique des
Créatures, qui rappelle que la terre, notre maison commune, est «
comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et
comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts.
Nous-mêmes sommes terre. Notre corps est lui-même constitué des
éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau
nous vivifie comme elle nous restaure. Aujourd’hui, cette terre,
maltraitée et saccagée, pleure, et ses gémissements rejoignent
ceux de tous les laissés-pour-compte dans le monde. Le Pape François
invite à les écouter, en sollicitant chacun de nous, individus,
familles, collectivités locales, nations et communauté
internationale à une conversion écologique, selon l’expression de
Jean-Paul II, c’est-à-dire changer de cap, en assumant la beauté
et la responsabilité d’un engagement pour le soin de notre maison
commune. Dans le même temps, le Pape François reconnaît une
sensibilité croissante concernant aussi bien l’environnement que
la protection de la nature, et une sincère et douloureuse
préoccupation qui grandit pour ce qui arrive à notre planète,
légitimant ainsi un regard d’espérance qui ponctue toute
l’encyclique, et envoie à tous un message clair et plein
d’espérance: L’humanité possède encore la capacité de
collaborer pour construire notre maison commune- L'être humain est
encore capable d'intervenir positivement, tout n’est pas perdu,
parce que les êtres humains, capables de se dégrader à l'extrême,
peuvent aussi se surmonter, opter de nouveau pour le bien et se
régénérer.
Le
Pape François s’adresse bien sûr aux fidèles catholiques, en
reprenant les paroles de Jean-Paul II: Les chrétiens, notamment,
savent que leurs devoirs à l’intérieur de la création et leurs
devoirs à l’égard de la nature et du Créateur font partie
intégrante de leur foi, mais propose spécialement d’entrer en
dialogue avec tous au sujet notre maison commune. Le dialogue
parcourt tout le texte, et dans le chapitre 5, devient un instrument
pour affronter et résoudre les problèmes. Depuis toujours, le Pape
François rappelle que d’autres Eglises et communautés
chrétiennes, comme aussi d’autres religions, ont nourri une grande
préoccupation et une précieuse réflexion sur le thème de
l’écologie. Il en assume même explicitement la contribution, en
citant amplement le cher Patriarche oecuménique Barthélémy. A
plusieurs reprises, le souverain pontife remercie les protagonistes
de cet engagement que ce soient des individus, des associations ou
des institutions, en reconnaissant que la réflexion d’innombrables
scientifiques, philosophes, théologiens et organisations sociales
qui ont enrichi la pensée de l’Eglise sur ces questions, et invite
chacun à reconnaître la richesse que les religions peuvent offrir
pour une écologie intégrale et pour et pour un développement
plénier de l’humanité.
L’itinéraire
de l’encyclique est tracé au paragraphe 15, et s’articule en six
chapitres. On passe d’une écoute de la situation à partir des
meilleurs données scientifiques disponibles (chapitre 1), à la
confrontation avec la Bible et la tradition judéo-chrétienne
(chapitre 2), en identifiant les racines des problèmes (chapitre 3)
posés par la technocratie et un repli auto-référentiel excessif de
l’être humain. La proposition de l’encyclique (chapitre 4) est
celle d’une écologie intégrale, qui a clairement des dimensions
humaines et sociales, inséparablement liée à la question
environnementale. Dans cette perspective, le Pape François propose
(chapitre 5) d’avoir, à chaque niveau de la vie sociale,
économique et politique, un dialogue honnête qui structure des
processus de décision transparents, et rappelle (chapitre 6)
qu’aucun projet ne peut être efficace s’il n’est pas animé
d’une conscience formée et responsable, en donnant des pistes
éducatives, spirituelles, ecclésiales, politiques et théologiques
pour croître dans cette direction. Le texte s’achève par deux
prières, l’une s’adressant à ceux qui croient en un Dieu
Créateur et Tout Puissant, et l’autre proposée à ceux qui
professent la foi en Jésus-Christ, rythmée par la ritournelle du
Laudato Si’ qui ouvre et ferme l’encyclique. L’encyclique est
traversée par plusieurs axes thématiques, traités selon diverses
perspectives, qui lui donnent une forte unité: L’intime relation
entre les pauvres et la fragilité de la planète, la conviction que
tout est lié dans le monde, la critique du nouveau paradigme et des
formes de pouvoir qui dérivent de la technologie, l’invitation à
chercher d’autres façons de comprendre l’économie et le
progrès, la valeur propre de chaque créature, le sens humain de
l’écologie, la nécessité de débats sincères et honnêtes, la
grave responsabilité de la politique internationale et locale, la
culture du déchet et la proposition d’un nouveau style de vie.
Chapitre
1 Ce qui se passe dans notre maison
(i.
pollution et changement climatique, pollution, ordure et culture du
déchet, le climat comme bien commun, ii. La question de l'eau,
iii. la perte de biodiversité, iv. détérioration de la qualité de
la vie humaine et dégradation sociale, v. inégalité planétaire,
vi. la faiblesse des réactions, vii. diversité d’opinions)
Le
chapitre reprend les meilleurs données scientifiques en matière
d’environnement, comme outil pour écouter le cri de la création,
transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde,
et ainsi reconnaître la contribution que chacun peut apporter.
Différents aspects de la crise écologique actuelle sont ainsi
confrontés.
Les
mutations climatiques: Le changement climatique est un problème
global aux graves répercussions environnementales, sociales,
économiques, distributives ainsi que politiques, et constitue l’un
des principaux défis actuels pour l’humanité. Si le climat est un
bien commun, de tous et pour tous, l’impact le plus fort de son
altération retombe sur les plus pauvres, mais beaucoup de ceux qui
détiennent plus de ressources et de pouvoir économique ou politique
semblent surtout s’évertuer à masquer les problèmes ou à
occulter les symptômes: Le manque de réactions face à ces drames
de nos frères et sœurs est un signe de la perte de ce sens de
responsabilité à l’égard de nos semblables, sur lequel se fonde
toute société civile.
La
question de l’eau: Le Souverain Pontife affirme de façon claire
que l’accès à l’eau potable et sûre est un droit humain
primordial, fondamental et universel, parce qu’il détermine la
survie des personnes, et par conséquent il est une condition pour
l’exercice des autres droits humains. Priver les pauvres de l’accès
à l’eau c’est leur nier le droit à la vie, enraciné dans leur
dignité inaliénable. La perte de la biodiversité: Chaque année,
disparaissent des milliers d’espèces végétales et animales que
nous ne pourrons plus connaître, que nos enfants ne pourront pas
voir, perdues pour toujours. Ce ne sont pas seulement des ressources
exploitables, mais elles ont une valeur pour elles-mêmes. Dans cette
perspective, les efforts des scientifiques et des techniciens, qui
essaient d’apporter des solutions aux problèmes créés par l’être
humain, sont louables et parfois admirables, mais l’intervention
humaine, fréquemment au service des finances et du consumérisme,
fait que la terre où nous vivons devient en réalité moins riche et
moins belle, toujours plus limitée et plus grise.
La
dette écologique : dans le cadre d’une éthique des relations
internationales, l’encyclique indique qu’il existe une vraie
dette écologique, surtout du Nord envers le Sud. Face aux mutations
climatiques, les responsabilités sont diverses, et celles des pays
développées sont les plus importantes.
En
ayant conscience des profondes divergences en ce qui concerne ces
problèmes, le Pape François se montre profondément touché par la
faiblesse des réactions face aux drames de tant de personnes et de
populations. Malgré des exemples positifs, il signale un certain
assoupissement et une joyeuse irresponsabilité. Il manque une
culture adéquate qui permette de transformer nos styles de vie, de
production et de consommation, tandis qu’il devient indispensable
de créer un système normatif qui implique des limites
infranchissables et assure la protection des écosystèmes.
Chapitre
2- L’Evangile de la Création (i. la lumière qu’offre la foi,
ii. la sagesse des récits bibliques, iii. le mystère de l’univers,
iv. le message de chaque créature dans l’harmonie de toute la
création, v. une communion universelle, vi. la destination commune
des biens, vii. le regard de Jésus)
Pour
illustrer les problématiques illustrées dans le chapitre précédant,
le pape François relit les récits de la Bible, offre une vision
globale qui vient de la tradition judéo-chrétienne et évoque la
terrible responsabilité de l’être humain dans son rapport avec la
Création, le lien intime entre toutes les créatures et le fait que
« L’environnement est un bien collectif, patrimoine de toute
l’humanité, sous la responsabilité de tous. Dans la Bible, le
Dieu qui libère et sauve est le même qui a créé l’univers, en
lui affection et vigueur se conjuguent. Le récit de la création est
central pour réfléchir sur le rapport entre l’homme et les autres
créatures, et sur comment le péché rompt l’équilibre de toute
la création dans son ensemble: Ces récits suggèrent que
l’existence humaine repose sur trois relations fondamentales
intimement liées, la relation avec Dieu, avec le prochain, et avec
la terre. Selon la Bible, les trois relations vitales ont été
rompues, non seulement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur
de nous. Cette rupture est le péché.
Pour
cela, s’il est vrai que, parfois, nous les chrétiens avons mal
interprété les Écritures, nous devons rejeter aujourd’hui avec
force que, du fait d’avoir été créés à l’image de Dieu et de
la mission de dominer la terre, découle pour nous une domination
absolue sur les autres créatures explique le Pape. A l’homme
incombe la responsabilité de cultiver et protéger le jardin du
monde, en sachant que la fin ultime des autres créatures, ce n’est
pas nous. Mais elles avancent toutes, avec nous et par nous, jusqu’au
terme commun qui est Dieu. Que l’homme ne soit pas le patron de
l’univers, ne signifie pas que tous les êtres vivants sont égaux
ni ne retire à l’être humain sa valeur particulière, qui le
caractérise, cela ne suppose pas non plus une divinisation de la
terre qui nous priverait de l’appel à collaborer avec elle et à
protéger sa fragilité. Dans cette perspective, toute cruauté sur
une quelconque créature est contraire à la dignité humaine, mais
un sentiment d’union intime avec les autres êtres de la nature ne
peut pas être réel si en même temps il n’y a pas dans le cœur
de la tendresse, de la compassion et de la préoccupation pour les
autres êtres humains. Il faut développer la conscience d’une
communion universelle: Créés par le même Père, nous et tous les
êtres de l’univers, sommes unis par des liens invisibles, et
formons une sorte de famille universelle, qui nous pousse à un
respect sacré, tendre et humble. Le chapitre se conclut sur le cœur
de la révélation chrétienne, Jésus terrestre dans sa relation si
concrète et aimable avec le monde est ressuscité et glorieux,
présent dans toute la création par sa seigneurie universelle.
Chapitre
3- La racine humaine de la crise écologique (i. la technologie:
créativité et pouvoir, ii.la globalisation du paradigme
technocratique, iii.crise et conséquences de l’anthropocentrisme
moderne, le relativisme pratique,
la
nécessité de préserver le travail, l’innovation biologique à
partir de la recherche)
Ce
chapitre présente une analyse de la situation actuelle, pour que
nous ne considérions pas seulement les symptômes, mais aussi les
causes les plus profondes, dans un dialogue avec la philosophie et
les sciences humaines. Un des premiers points d’appui du chapitre
sont les réflexions sur la technologie: l’amélioration des
conditions de vie au cours de l’histoire est salué, mais toutes
ces capacités et avancées donnent à ceux qui ont la connaissance,
et surtout le pouvoir économique d’en faire usage, une emprise
impressionnante sur l’ensemble de l’humanité et sur le monde
entier. Ce sont précisément les logiques de domination
technocratiques qui mènent à la destruction de la nature et à
l’exploitation des personnes et des populations les plus faibles.
Le paradigme technocratique tend aussi à exercer son emprise sur
l’économie et la politique, et empêche de reconnaître que le
marché ne garantit pas en soi le développement humain intégral ni
l’inclusion sociale. L’époque moderne se caractérise par une
grande démesure anthropocentrique. L’être humain ne reconnaît
plus sa juste position par rapport au monde et prend une position
auto-référentielle, exclusivement centrée sur elle-même et son
propre pouvoir. En dérive ainsi une logique du jetable, qui justifie
tout type de déchet, qu’il soit environnemental ou humain, qui
traite l’autre et la nature comme un simple objet et conduit à une
myriade de formes de domination. La culture du relativisme est la
même pathologie qui pousse une personne à exploiter son prochain et
à le traiter comme un pur objet, l’obligeant aux travaux forcés,
ou en faisant de lui un esclave à cause d’une dette. C’est la
même logique qui pousse à l’exploitation sexuelle des enfants ou
à l’abandon des personnes âgées qui ne servent pas des intérêts
personnels. C’est aussi la logique intérieure de celui qui dit:
Laissons les forces invisibles du marché réguler l’économie,
parce que ses impacts sur la société et sur la nature sont des
dommages inévitables. S’il n’existe pas de vérités objectives
ni de principes solides hors de la réalisation de projets personnels
et de la satisfaction de nécessités immédiates, quelles limites
peuvent alors avoir la traite des êtres humains, la criminalité
organisée, le narcotrafic, le commerce de diamants ensanglantés et
de peaux d’animaux en voie d’extinction ? N’est-ce pas la même
logique relativiste qui justifie l’achat d’organes des pauvres
dans le but de les vendre ou de les utiliser pour l’expérimentation,
ou le rejet d’enfants parce qu’ils ne répondent pas au désir de
leurs parents? Sous cette lumière, l’encyclique affronte deux
problèmes cruciaux pour le monde d’aujourd’hui. Avant tout en ce
qui concerne le travail: Dans n’importe quelle approche d’une
écologie intégrale qui n’exclue pas l’être humain, il est
indispensable d’incorporer la valeur du travail, tout comme cesser
d’investir dans les personnes pour obtenir plus de profit immédiat
est une très mauvaise affaire pour la société. Le second point
concerne les limites du progrès scientifique, avec une référence
claire aux OGM, une question d’environnement complexe. Même si,
dans certaines régions, leur utilisation est à l’origine d’une
croissance économique qui a aidé à résoudre des problèmes, il y
a des difficultés importantes qui ne doivent pas être relativisées,
comme une concentration des terres productives entre les mains d’un
petit nombre. Le Pape François pense en particulier aux petits
producteurs et travailleurs ruraux, à la biodiversité, au réseau
des écosystèmes. Pour cela, il est nécessaire de garantir une
discussion scientifique et sociale qui soit responsable et large,
capable de prendre en compte toute l’information disponible et
d’appeler les choses par leur nom, à partir de diverses lignes de
recherche, autonomes et interdisciplinaires.
Chapitre
4- Une écologie intégrale (i. l’écologie environnementale,
économique et sociale, ii.l’écologie culturelle, iii.l’écologie
de la vie quotidienne, iv. le principe du bien commun, v. la justice
entre générations.
Le
cœur de la proposition de l’encyclique est l’écologie intégrale
comme nouveau paradigme de justice, une écologie qui incorpore la
place spécifique de l’être humain dans ce monde et ses relations
avec la réalité qui l’entoure. En effet, nous ne pouvons
concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre
de notre vie. Ceci est valable pour divers champs, de l’économie à
la politique, dans les différentes cultures, et de façon plus
particulière dans celles qui sont les plus menacées, mais aussi
dans chaque moment de notre vie quotidienne.
La
perspective de l’écologie intégrale met également en jeu une
écologie des institutions: Si tout est lié, l’état des
institutions d'une société a aussi des conséquences sur
l’environnement et sur la qualité de vie humaine. Toute atteinte à
la solidarité et à l’amitié civique provoque des dommages à
l’environnement. Avec de nombreux exemples concrets, le Pape
François ne fait que répéter sa propre pensée: Il y a un lien
entre les questions environnementales et les questions sociales et
humaines qui ne peut pas être rompu. Ainsi l'analyse des problèmes
environnementaux est inséparable de l'analyse des contextes humains,
familiaux, de travail, urbains, et de la relation de chaque personne
avec elle-même, ou il n'y a pas deux crises séparées, l'une
environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe
crise socio-environnementale. Cette écologie intégrale est
inséparable de la notion de bien commun, mais est à comprendre de
manière concrète, dans le contexte contemporain où il y a tant
d'inégalités et où sont toujours plus nombreuses les personnes
marginalisées, privées des droits humains fondamentaux. S’engager
pour le bien commun signifie faire des choix qui privilégie une
option préférentielle pour les plus pauvres. C’est aussi le
meilleur moyen pour laisser un monde durable aux générations
futures, à travers un engagement à prendre soin des pauvres
d’aujourd’hui, comme le soulignait déjà Benoît XVI: Au-delà
d’une loyale solidarité intergénérationnelle, l’urgente
nécessité morale d’une solidarité intra-générationnelle
renouvelée doit être réaffirmée. L’écologie intégrale
investit aussi la vie quotidienne, à laquelle l’encyclique
consacre une attention spécifique, en particulier dans un
environnement urbain. L’être humain a une grande capacité
d’adaptation et « la créativité et la générosité sont
admirables de la part de personnes comme de groupes qui sont capables
de transcender les limites de l'environnement en apprenant à
orienter leur vie au milieu du désordre et de la précarité. Un
développement authentique présuppose une amélioration intégrale
de la qualité de la vie humaine, espaces publics, logements,
transports, etc. Dans ce sens, il faut reconnaître que notre propre
corps nous met en relation directe avec l’environnement et avec les
autres êtres vivants. L'acceptation de son propre corps comme don de
Dieu est nécessaire pour accueillir et pour accepter le monde tout
entier comme don du Père et maison commune, tandis qu'une logique de
domination sur son propre corps devient une logique, parfois subtile,
de domination sur la création.
Chapitre
5- Quelques lignes d’orientation et d’action (i.le dialogue sur
l’environnement dans la politique internationale, ii.le dialogue en
vue de nouvelles politiques nationales et locales, iii. dialogue et
transparence dans les processus de prise de décisions, iv.politique
et économie en dialogue pour la plénitude humaine, v.les religions
dans le dialogue avec les sciences)
Ce
chapitre pose la question de ce que nous pouvons et devons faire. Les
analyses ne peuvent suffire, il faut des propositions de dialogue et
d’action qui concernent aussi bien chacun de nous que la politique
internationale et qui nous aident à sortir de la spirale
d’autodestruction dans laquelle nous nous enfonçons. Pour le Pape
François, il est essentiel que la construction de chemins concrets
ne soit pas abordée de manière idéologique, superficiel ou
réductionniste. Pour cela, le dialogue est indispensable, un terme
présent dans le titre de chaque section de ce chapitre. Dans
certaines discussions sur des questions liées à l’environnement,
il est difficile de parvenir à un consensus. L’Eglise n’a pas la
prétention de juger des questions scientifiques ni de se substituer
à la politique, mais j’invite à un débat honnête et
transparent, pour que les besoins particuliers ou les idéologies
n’affectent pas le bien commun. Sur cette base, le Pape François
ne craint pas de formuler un jugement sévère sur les récentes
dynamiques internationales: Les sommets mondiaux de ces dernières
années sur l’environnement n’ont pas répondu aux attentes parce
que, par manque de décision politique, ils ne sont pas parvenus à
des accords généraux, vraiment significatifs et efficaces, sur
l’environnement. Et de se demander pourquoi veut-on préserver
aujourd'hui un pouvoir qui laissera dans l’histoire le souvenir de
son incapacité à intervenir quand il était urgent et nécessaire
de le faire? Comme l’a rappelé plusieurs fois le Souverain
Pontife, à partir de l’encyclique Pacem in Terris, il faut des
formes et des instruments efficaces de gouvernance globale. En
définitive, il faut un accord sur les régimes de gestion, pour
toute la gamme de ce qu’on appelle les biens communs globaux, vu
que « la protection de l’environnement ne peut pas être assurée
uniquement en fonction du calcul financier des coûts et des
bénéfices. L’environnement fait partie de ces biens que les
mécanismes du marché ne sont pas en mesure de défendre ou de
promouvoir de façon adéquate, qui reprend le Compendium de la
doctrine sociale de l’Eglise. Toujours dans ce chapitre, le Pape
François insiste sur le développement de processus de décision
honnêtes et transparents, pour pouvoir discerner quelles politiques
et initiatives entrepreneuriales pourront mener vers un développement
intégral. En particulier, l’étude de l’impact environnemental
d’un nouveau projet requiert des processus politiques transparents
et soumis au dialogue, alors que la corruption, qui cache le
véritable impact environnemental d’un projet en échange de
faveurs, conduit habituellement à des accords fallacieux au sujet
desquels on évite information et large débat. L’appel adressé à
tout responsable politique est particulièrement incisif, afin qu’il
ne cède pas à la logique d’efficacité et d’immédiateté qui
domine aujourd’hui. S’il ose le faire, cela le conduira à
reconnaître la dignité que Dieu lui a donnée comme homme, et il
laissera après son passage dans l’histoire un témoignage de
généreuse responsabilité.
Chapitre
6- Education et spiritualité écologiques
Le
chapitre final va au cœur de la conversion écologique à laquelle
invite l’encyclique. Les racines de la crise culturelle agissent en
profondeur et il n’est pas facile de redessiner les habitudes et
les comportements. L’éducation et la formation restent des défis
majeurs. Tout changement a besoin de motivations et d’un chemin
éducatif. Sont ainsi mentionnés tous les milieux éducatifs, en
premier lieu l'école, la famille, les moyens de communication, la
catéchèse. La première section, le point de départ est miser sur
autre style de vie, qui ouvre aussi la possibilité d’« exercer
une pression saine sur ceux qui détiennent le pouvoir politique,
économique et social. C’est ce qui arrive quand les choix des
consommateurs réussissent à modifier le comportement des
entreprises, en les forçant à considérer l'impact environnemental
et les modèles de production. On ne peut sous-évaluer l’importance
des parcours d’éducation environnementale capables d’incidences
sur les gestes de la vie quotidienne, de la réduction de la
consommation d’eau, au tri sélectif des déchets, éteindre les
lumières inutiles. Une écologie intégrale est aussi faite de
simples gestes quotidiens par lesquels nous rompons la logique de la
violence, de l’exploitation, de l'égoïsme. Tout cela sera plus
simple à partir d’un regard contemplatif qui vient de la foi: Pour
le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur mais de
l'intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels le Père nous a
unis à tous les êtres. En outre, en faisant croître les capacités
spécifiques que Dieu lui a données, la conversion écologique
conduit le croyant à développer sa créativité et son
enthousiasme. Revient ainsi la proposition d’Evangelii Gaudium: La
sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente,
est libératrice, et le bonheur requiert de savoir limiter certains
besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux
multiples possibilités qu’offre la vie, de manière à ce qu’il
soit possible de reprendre conscience que nous avons besoin les uns
des autres, que nous avons une responsabilité vis-à-vis des autres
et du monde, que cela vaut la peine d’être bons et honnêtes. Les
Saints nous accompagnent sur ce chemin. Saint François, plusieurs
fois cité, est l’exemple par excellence de la protection de ce qui
est faible et d’une écologie intégrale, vécue avec joie et
authenticité, un modèle dans lequel on voit combien sont
inséparables la préoccupation pour la nature, la justice envers les
pauvres, l’engagement pour la société et la paix intérieure.
Mais l’encyclique rappelle aussi les figures de saint Benoît,
sainte Thérèse de Lisieux et le bienheureux Charles de Foucauld.
Après Laudato Si’, l’examen de conscience, l’instrument que
l’Eglise a toujours recommandé pour orienter sa propre vie à la
lumière de la relation avec le Seigneur, devra inclure une nouvelle
dimension, en considérant non seulement comment est vécue la
communion avec Dieu, avec les autres et avec nous-même, mais aussi
avec toutes les créatures et la nature.
Pour
lire le texte intégral officiel français:
Audiences
Cité
du Vatican, 18 juin 2015 (VIS). Ce matin le
Saint-Père s'est rendu en visite auprès de certains dicastères et
administrations de la Curie Romaine (Via della Conciliazione).
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican,18 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Franco
Piva (Italie), Protonotaire apostolique.
Inscription à :
Articles (Atom)
Copyright © VIS - Vatican Information Service
En conformité avec les normes internationales relatives à la Propriété Intellectuelle et aux Droits d'Auteur, les nouvelles contenues dans les envois du Vatican Information Service peuvent être reproduites intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source (VIS - Vatican Information Service).
En conformité avec les normes internationales relatives à la Propriété Intellectuelle et aux Droits d'Auteur, les nouvelles contenues dans les envois du Vatican Information Service peuvent être reproduites intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source (VIS - Vatican Information Service).