Cité
du Vatican, 3 décembre 2015 (VIS). Ce matin a été présenté au
Pape l'évangéliaire de la Miséricorde, commandé par la Conférence
épiscopale italienne dans son édition typique italienne et les
illustrations du mosaïste slovène Marko Ivan Rupnik, qui est
l'auteur du décor de la chapelle Redemptoris Mater du Vatican. Conçu
pour le Jubilé extraordinaire, l'ouvrage liturgique est préfacé
par Mgr.Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la nouvelle
évangélisation.
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dernières 5 nouvelles
jeudi 3 décembre 2015
Audiences
Cité
du Vatican, 3 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père
a reçu ce matin:
Le
Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la
doctrine de la foi.
Mgr.David
Douglas Crosby, OMI, Evêque de Hamilton et Président de la
Conférence épiscopale canadienne, accompagné de Mgr.Lionel
Gendron, PSS, Evêque de Saint-Jean-Longueuil, Vice Président, et de
Mgr.Frank Leo, CSS, Secrétaire Général.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 3 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a:
Erigé
le diocèse de Guasdualito (Venezuela), par démembrement de celui de
San Fernando de Apure e Batinas, le rendant suffragant de l'Eglise
métropolitaine de Mérida.
Nommé
le P.Pablo Modesto González Pérez, SDB, premier Evêque de
Guasdualito (superficie 35.184, population 200.000, catholiques .000,
prêtres 13, religieuses 5), au Venezuela. L'Evêque élu, né en
1959 à San Antonio de los Altos (Venezuela), a prononcé ses voeux
religieux en 1983 et a été ordonné prêtre en 1986. Il était
jusqu'ici directeur d'une école agricole salésienne. Licencié en
théologie, il a occupé diverses fonctions au sein de son ordre et a
été curé de paroisse.
Accepté,
pour limite d'âge, la renonciation de Mgr.Anthony J.Farquhar, à
l'office d'Auxiliaire de l'Evêque de Down and Connor (Irlande).
mercredi 2 décembre 2015
Le Pape revient sur son voyage africain
Cité
du Vatican, 2 décembre 2015 (VIS). Ce matin, au cours de l'audience
générale Place St.Pierre, le Pape a évoqué son tout récent
voyage africain: Le Kenya tout d'abord, qui ''est un pays
représentant bien le défi mondial de notre temps, la protection de
la création par la réforme du modèle de développement. Pour être
équitable, il doit être inclusif et durable... Tout cela se reflète
dans Nairobi, la plus grande ville d'Afrique orientale, où richesse
et pauvreté coexistent. Mais ce scandale n'est malheureusement pas
limité à l'Afrique. Il est partout. La coexistence de la richesse
et de la pauvreté est un scandale, une honte pour l'humanité".
Rappelant qu'il a tenu à encourager les kenyans à avoir soin des
richesses de leur pays, de la richesse naturelle comme spirituelle,
composée des ressources de la terre comme des nouvelles générations,
mais aussi des valeurs qui constituent la sagesse du peuple. Dans un
contexte aussi dramatique, j'ai eu la joie d'apporter les mots
d'espérance de Jésus. Soyez forts dans la foi et n'ayez pas pas
peur, tel était le thème de la visite. Une expérience de tous les
jours, si simple et si humble, si noble et si digne..., si
tragiquement et héroïquement témoignée par les jeunes tués à
l'Université de Garissa le 2 avril, parce qu'ils étaient chrétiens.
Que leur sang soit semence de paix et de fraternité au Kenya, pour
l'Afrique et pour le monde". En Ouganda, la visite du Pape était
placée sous le signe des Martyrs à cinquante ans de leur
canonisation par Paul VI. Pour cette raison, le thème choisi était
Vous serez mes témoins. ''Toute la visite en Ouganda s'est déroulée
dans la ferveur d'un témoignage animée par l'Esprit. Témoignage
explicite des catéchistes,...témoignage des familles et de leur
charité...qui luttent pour...servir les pauvres, les handicapés,
les malades. Témoignage des jeunes qui, malgré les difficultés,
conservent l'espérance et essayent de vivre l'Evangile en allant
vers les autres. Autres témoins rencontrés, les prêtres, les
religieux, les hommes et femmes consacrés courageux qui renouvellent
quotidiennement leur oui au Christ et se consacrent avec joie au
service du peuple de Dieu... Un témoignage multiforme, animé par
l'Esprit, qui est le levain de la société toute entière, comme en
témoigne le travail efficace accompli contre le Sida et dans
l'accueil des réfugiés''. La troisième étape du voyage était la
République Centrafricaine, le cœur géographique et spirituel du
continent. Ma visite, a expliqué, le Pape, "était en fait mon
premier objectif, parce que ce pays tente de sortir d'une période
très difficile faite de conflits violents et de beaucoup de
souffrances parmi la population. Donc, je voulais y ouvrir à Bangui,
avec une semaine d'avance, la première Porte Sainte du Jubilé de la
miséricorde, comme signe de la foi et de l'espoir des centrafricains
et au-delà pour toutes les populations africaines qui ont le plus
besoin de secours et de réconfort... L'invitation de Jésus à ses
disciples, Passons de l'autre côté, en était le thème.... Cet
Allez de l'autre côté signifie tourner le dos à la guerre, à la
division, à la pauvreté, et choisir la paix, la réconciliation et
le développement. Mais cela suppose un passage qui doit prendre
forme dans les esprits, les attitudes et les intentions des
personnes". C'est pourquoi, a précisé le Saint-Père, est
cruciale la contribution de toutes les communautés religieuses,
l'alliance entre chrétiens de toutes les confessions. Ce partage de
la prière et de l'engagement pour la paix implique aussi la
communauté musulmane. "Lors de la dernière messe, au stade de
Bangui, j'ai voulu...renouveler notre engagement à suivre Jésus,
notre espérance, notre paix...qui a le visage de la miséricorde. Ce
dernière messe fut merveilleuse, pleine de jeunes! Plus de la moitié
de la population de la République Centrafricaine a moins de dix-huit
ans. C'est une promesse pour que le pays aille de l'avant!". Le
Pape est ensuite revenu sur les missionnaires qui ont quitté leurs
pays quand ils étaient jeunes. Il a raconté avoir rencontré à
Bangui une religieuse italienne de 81 ans, ici depuis ses 24 ans".
Les enfants l'appellent grand-mère! Une autre, qui était
sage-femme a fait naître 3.280 enfants. ''Une vie entière pour la
vie, pour la vie des autres... Et cette religieuse n'est pas seule,
il y en a beaucoup. Beaucoup de sœurs, tant de prêtres, tant de
moines qui ont offert leur vie pour annoncer Jésus-Christ''.
''Je
voudrais dire un mot aux jeunes: Pensez à ce que vous faites de
votre vie. Pensez à cette religieuse et beaucoup comme elle qui ont
donné leur vie et à ces milliers qui ont trouvé la mort. Le
missionnaire ne fait pas du prosélytisme: La religieuse m'a dit que
les femmes musulmanes s'adressaient à elle parce qu'elles savaient
que, bonnes infirmières, elles les traitaient bien" sans
prétendre les convertir. "Le témoignage missionnaire est la
grande valeur héroïque de l'Eglise. Proclamer Jésus-Christ dans et
par nos vies! Je lance cet appel aux jeunes: Pensez à ce que vous
voulez faire dans votre vie... Demandez au Seigneur de vous faire
sentir sa volonté. Mais s'il vous plaît, n'excluez pas la
possibilité d'être des missionnaires, pour apporter l'amour,
l'humanité, la foi dans d'autres pays. Pas de prosélytisme,
jamais!... La foi est prêchée avant tout par l'exemple, ensuite en
paroles".
Motivations et attentes du Jubilé de la miséricorde
Cité
du Vatican, 2 décembre 2015 (VIS). La revue catholique italienne
Credere publie ce jour une interview du Saint-Père, dans laquelle il
explique les motivations et les attentes du Jubilé de la
miséricorde, ainsi que son expérience personnelle de la miséricorde
divine. En voici de larges extraits:
''Le
thème de la miséricorde a fortement été accentué dans l'Eglise à
partir de Paul VI. Jean-Paul II y est revenu dans l'encyclique Dives
in Misericordia, instituant avec la canonisation de sainte Faustine
Kowalska la fête de la Divine Miséricorde, fixée à l'octave de
Pâques. Dans ce sillage, j'ai ressenti comme un désir du Seigneur
de montrer sa miséricorde hommes. Il s'est donc agi pour moi de
suivre une tradition relativement récente pour une attention qui a
toujours existé... Il est évident que le monde a besoin de la
miséricorde, besoin de compassion, c'est à dire souffrir avec avec.
Nous sommes habitués aux mauvaises nouvelles, à la cruauté et aux
pires atrocités qui offensent le nom et la vie de Dieu. Le monde a
besoin de découvrir que Dieu est Père, qu'il y a la miséricorde,
que la cruauté n'est pas plus une solution que la condamnation. Si
l'Eglise suit parfois une ligne dure ou tenté de la suivre en
soulignant les normes morales, beaucoup de gens sont laissés de
côté. ... Je vois l'Eglise comme un hôpital de campagne après la
bataille: Combien de personnes souffrent, sont blessées ou tuées!...
Nous devons soigner, guérir, soutenir... Nous sommes tous pécheurs,
et tous portons nos croix. J'ai senti que Jésus veut ouvrir la porte
de son cœur, que le Père veut montrer sa tendre miséricorde, nous
envoyant l'Esprit... C'est l'année du pardon, de la réconciliation.
D'un côté, nous voyons la production et le commerce des armes qui
tuent les personnes innocentes d'une manière la plus cruelle
possible, de l'autre l'exploitation des personnes, des enfants. Un
sacrilège est en cours contre l'humanité. L'homme est sacré, car
image du Dieu vivant. Et le Père dit de nous arrêter pour aller
vers lui".
Plusieurs
fois le Pape François a dit se sentir pécheur. Comment vit-il la
miséricorde de Dieu? : ''Je suis un pécheur, j'en suis sûr, un
pécheur que le Seigneur a regardé avec pitié. Comme je l'ai dit
aux prisonniers en Bolivie, je suis un homme pardonné. Dieu me
regarda avec compassion et m'a pardonné. Même maintenant, je fais
des erreurs et commets des péchés. Je me confesse tous les quinze
ou vingt jours, parce que je ressens toujours le besoin de la
miséricorde de Dieu... J'ai eu ce sentiment à dix-sept ans, d'une
manière spéciale le 21 septembre 1953, quand j'ai ressenti le
besoin d'entrer dans une église me confesser... C'est devenu
évident. J'ai décidé de devenir prêtre...et c'est un prêtre
malade leucémie qui m'a accompagné pendant un an. Il est mort
l'année suivante. Après l'enterrement, je pleurais à chaudes
larmes, je me sentais complètement perdu, comme si Dieu m'avait
abandonnée. C'est là que j'ai suis rencontré la miséricorde de
Dieu, qui est désormais étroitement liée à ma devise
épiscopale... La traduction littérale serait en étant
miséricordieux et en choisissant".
Le
Jubilé de la miséricorde peut-il être l'occasion de redécouvrir
la maternité de Dieu? Y a-t-il un aspect féminin de l'Eglise qui
doive être reévalué?
''Oui,
dans le livre d'Isaïe, Dieu affirme que si une mère en arrivait à
oublier son enfant, lui ne nous oubliera pas. Voici la dimension
maternelle de Dieu. Tout le monde ne comprend pas l'expression
Maternité de Dieu, qui n'appartient pas au langue populaire... C'est
pourquoi je préfère utiliser le mot tendresse, typique d'une mère,
la tendresse de Dieu. Dieu est père et mère.''
La
miséricorde dans la Bible nous fait découvrir un Dieu plus
miséricordieux qu'on ne pourrait le croire. Cette tendresse envers
l'homme peut-elle favoriser un changement d'attitude envers l'autre?
"Certes,
cela conduira à être un plus tolérant, plus patient, plus
attentif... Durant le Synode de 1994, j'avais dit qu'il fallait
mettre en route une révolution de tendresse... Aujourd'hui cette
tendresse nous devons la faire grandir comme résultante de l'Année
de miséricorde: La tendresse de Dieu est pour chacun de nous. Chacun
de nous a le droit de dire: Je suis malheureux, mais Dieu m'a aime,
alors je dois aussi aimer les autres de la même manière."
Evoquant
le célèbre Discours de la lune, lorsque Jean XXIII recommanda aux
fidèles de rentrer chez eux avec une caresse aux enfants. C'est
devenu une icône de l'Eglise de la tendresse, qui aide les
communautés chrétiennes à se développer et à se renouveler:
"Quand je vois les malades, les personnes âgées, je reçois
une caresse spontanée, car c'est le premier geste que font les
parents sur leur nouveau-né. C'est un Je t'aime, je veux tu ailles
bien."
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 2 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a:
Nommé
Mgr.Rodolfo Luís Weber, Archevêque métropolitain de Passo Fundo
(superficie 12.000, population 550.000, catholiques 436.000, prêtres
142, religieux 543), au Brésil. Il était jusqu'ici Prélat de
Cristalândia (Brésil).
Accepté,
pour limite d'âge, la renonciation de Mgr.Fernando Antônio
Figueiredo, OFM, à la charge pastorale du diocèse de Santo Amaro
(Brésil), auquel succède son Coadjuteur, Mgr.Giuseppe Negri, PIME.
mardi 1 décembre 2015
Congrès historique sur Vatican II
Cité
du Vatican, 1 décembre 2015 (VIS). Ce matin en Salle de Presse du
Saint a eu lieu la présentation du Congrès international d'études
intitulé Vatican II et ses protagonistes à la lumière des archives
"(9 - 11 décembre), organisée par le Comité pontifical des
sciences historiques.Ont pris la parole le P.Bernard Ardura, O.Praem,
Président de ce dicastère, et M.Philippe Chenaux, Membre. Le
P.Ardura a d'abord expliqué que le congrès, qui fait suite à celui
de 2012, a été préparé en collaboration avec le Centre de
recherche et d'études sur le Concile. Il s'était alors agi de
rassembler archivistes et universitaires pour faire le point de la
situation sur l'état de conservation, le catalogage et la
disponibilité des témoignages de pères conciliaires. Cette fois,
l'événement s'intéresse aux protagonistes du Concile "en
évoquant également les différents réseaux d'opinion ont joué un
rôle dans la formation des convictions de nombreux pères
conciliaires, tant au niveau des conférences épiscopales que de la
pensée plus générale. Par exemple, des notes personnelles des
pères peuvent-ils permettre de suivre l'évolution de leur opinion
face aux lignes directrices mises en œuvre dans les seize documents
élaborés par le Concile. Le congrès entend tenir compte non
seulement de la diversité mais aussi des divergences exprimées lors
du Concile. L'unanimité fortement souhaitée par Paul VI pour
l'approbation des documents conciliaires a largement laissé dans
l'ombre les positions exprimées par une minorité bien organisé.
C'est pourquoi certains des ses acteurs seront présentés lors de
ces journées.
Puis
M.Cheneaux a souligné que la difficulté pour l'historien consiste
dans l'interprétation de l'évolution de la majorité entre le début
et la fin du Concile. Pour l'expliquer sans tomber dans l'hypothèse
du complot, il est essentiel de recourir à la catégorie de
l'expérience conciliaire. Comme l'a dit à plusieurs reprises
Jean-Paul II, Vatican II revêtait une signification unique et
irremplaçable pour tous les participants. Pour beaucoup d'évêques,
il était non seulement une expérience extraordinaire de la
communion sous la guide du Saint Esprit, mais aussi une école de
mise à jour théologique. Comment les pères conciliaires ont vécu
ces assises? Quelle a été leur expérience personnelle de
l'événement? Dans quelle mesure cette expérience a-t-elle
conditionnée leur compréhension de l'Eglise, et leur façon d'être
évêque? Devrait-on parler d'une simple évolution ou bien d'une
véritable conversion? Ce sont là quelques-unes des questions que ce
second congrès tentera d'éclairer. La résolution de la grande
''énigme interprétative'' de Vatican II passe par une
reconstruction précise et méticuleuse du travail de ses acteurs. La
première session sera consacrée le 10 décembre aux protagonistes
révélés par les archives. La deuxième session sera consacrée aux
réseaux de contacts et d'opinions. Le 11, la troisième session, qui
traitera de l'évolution au cours du Concile, approfondira la pensée
des participants. Lors de la séance d'ouverture, le 9 décembre,
après l'introduction du P.Ardura, interviendront le Cardinal Laurent
Monsegwo Pasinya, Archevêque de Kinshasa, qui évoquera le Cardinal
Malula et sa vision africaine du Concile, l'Evêque orthodoxe Filaret
de Lviv et Galice, qui parlera de Vatican II et l'Eglise orthodoxe
russe. Suivront les interventions des professeurs John O'Malley
(USA), Michael Quisinsky (Université de Fribourg) et celle de
M.Cheneaux. La séance conclusive du 11 décembre commémorera le
cinquantième anniversaire de la conclusion du Concile. La table
ronde présidée par le P.Ardura rassemblera le Cardinal Georges
Cottier, OP, Théologien émérite de la Maison pontificale, et les
représentants d'autres Eglises: L'Evêque Filaret, Alexeï Dikarev,
Directeur adjoint du Département des relations ecclésiastiques
extérieures du Patriarcat de Moscou, SG l'Archevêque David Moxon,
Représentant de l'Archevêque de Canterbury près du Saint-Siège,
et le Professeur Philippe Cheneaux. Sera lu un message du Grand
Rabbin de Rome, M.Riccardo Di Segni.
Le Cardinal Parolin à la Conférence de Paris
Cité
du Vatican, 1 décembre 2015 (VIS). Le Secrétaire d’Etat,
représente le Saint-Siège à la XXI Conférence des Etats parties à
la Convention des Nations-Unies sur le climat, qui se déroule à
Paris du 30 novembre au 11 décembre. Le Cardinal Pietro Parolin a
pris la parole hier, transmettant tout d'abord aux
participants le salut et les encouragements du Saint-Père: Jeudi
dernier à Nairobi, dans son discours au Centre de l’ONU
pour l'Afrique, "le Pape François s’est abondamment référé
à la COP-21, en souhaitant qu’elle conduise à l’adoption d’un
accord global et décisif, fondé sur les principes de solidarité,
de justice, d’équité et de participation, avec les trois
objectifs complexes et interdépendants de réduire les impacts du
changement climatique, combattre la pauvreté et promouvoir la
dignité de la personne humaine. Il serait tragique, a-t-il ajouté,
que les intérêts particuliers l’emportent sur le bien commun et
conduisent notamment à manipuler l’information. Un
tel accord devrait s'appuyer sur trois piliers. Le premier consiste
en l’adoption d’une orientation éthique claire qui inspire les
motivations et finalités de l’Accord à mettre en œuvre. Nous le
savons bien, les personnes les plus vulnérables aux impacts du
changement climatique sont les plus pauvres, mais aussi les
générations futures qui en subiront les conséquences les plus
graves, souvent sans en être responsables. De plus, ce phénomène
ne connaît ni frontières, ni barrières politiques ou sociales qui
permettraient de s’en isoler. Cela doit renforcer la conscience que
nous avons d’être une seule famille humaine et la certitude qu’il
n’y a pas d’espace pour ce qu’on a appelé la globalisation de
l’indifférence. Face à l’urgence d’une situation qui exige la
plus large collaboration possible pour l’établissement d’un plan
commun, il est important que cet Accord soit axé sur la
reconnaissance, autant de l’impératif éthique d’agir dans le
cadre d’une solidarité globale que de la responsabilité, commune
mais différenciée, de chacun selon ses capacités et sa condition".
"Le
second pilier concerne le fait que l’Accord devrait non seulement
spécifier les modalités de sa mise en œuvre, mais aussi et surtout
transmettre des signaux clairs pour orienter les comportements de
tous les acteurs concernés, à commencer par les gouvernements, mais
aussi les autorités locales, le monde des entrepreneurs, la
communauté scientifique et la société civile, et ce, afin
d’atteindre les trois objectifs indiqués par le Saint-Père. Cela
requiert de s’engager avec conviction dans la voie d’une économie
à basse émission de carbone et dans celle d’un développement
humain intégral. La dynamique de ce parcours dépendra de la façon
dont tous les acteurs s’engageront et collaboreront dans ce domaine
qui offre lui-même de nombreuses possibilités de déployer le génie
humain capable de promouvoir la dignité humaine. En ce sens, les
pays mieux dotés de ressources et capacités devraient donner le bon
exemple en apportant des ressources aux pays ayant plus de besoins,
afin de promouvoir des politiques et des programmes de développement
durable. Je pense, par exemple, à la promotion des énergies
renouvelables et de la dématérialisation, ainsi qu’au
développement de l’efficacité énergétique; ou bien à une
gestion adéquate des forêts, du transport et des déchets; au
développement d’un modèle circulaire de l’économie; à la mise
en œuvre de programmes appropriés, durables et diversifiés de
sécurité alimentaire et de lutte contre le gaspillage de
nourriture; à des stratégies de lutte contre les spéculations et
contre les subsides inefficaces et parfois injustes; au développement
et au transfert de technologies appropriées. Il s’agit là de
différents aspects dont la mise en œuvre efficace devrait être
inspirée par le nouvel Accord".
"Le
troisième pilier concerne la vision de l’avenir. La COP-21 ne
représente ni un aboutissement, ni un point de départ, mais une
étape cruciale d’un parcours qui ne se termine certainement pas en
2015. Un Accord d’une ample perspective temporelle comme celle que
nous évoquons devrait prévoir des processus de révision des
engagements et de suivi transparents, efficaces et dynamiques, en
mesure de rehausser progressivement le niveau d’ambition et de
garantir un contrôle adéquat. En outre, il est nécessaire de
prendre sérieusement en considération la mise en œuvre de modèles
de production et de consommation durables, et l’adoption de
comportements et styles de vie nouveaux. On touche ici aux domaines
fondamentaux de l’éducation et de la formation, qui
malheureusement sont parfois relégués à la marge des négociations
relatives aux accords internationaux. Les solutions techniques sont
nécessaires mais resteront insuffisantes si nous n’abordons pas au
fond l’éducation aux styles de vie durables et à une conscience
responsable. Le style de vie actuel, avec sa culture de
marginalisation, est insoutenable et ne doit pas avoir droit de cité
dans nos modèles d’éducation et de développement. Il s’agit
d’un grand défi culturel, spirituel et éducatif, qui supposera de
longs processus de régénération. Le Saint-Père nous encourage
tous afin que la COP-21 puisse se conclure par l’adoption d’un
Accord global et transformateur qui ait une orientation éthique
claire, qui transmette des signaux forts à tous les acteurs
impliqués et qui adopte une vision à long terme intégrant les
trois objectifs que nous avons évoqués: Alléger les impacts du
changement climatique, combattre la pauvreté, promouvoir la dignité
de l’être humain".
Le fondamentalisme est commun à toutes les religions
Cité
du Vatican, 1 décembre 2015 (VIS). Comme à son habitude, durant le
vol de retour vers Rome hier, le pape a parlé avec les journalistes
dans l'avion. Suit une sélection de questions et réponses:
Qu'avez-vous
éprouvé face à tant de témoignages d'exclusion et de corruption
racontés par les familles pauvres du bidonville de Kangemi et les
jeunes au Kenya?
''Les
80% de la richesse du monde seraient entre les mains de 17% de la
population. Je ne sais pas si c'est vrai, mais...il est certain que
le coeur du système économique mondial est le dieu argent. si les
choses continuent comme ça, le monde n'avancera pas... J'ai ressenti
de grandes souffrances, par exemple à l'hôpital pédiatrique de
Bangui... Et soins intensifs ils n'ont même pas le matériel pour
l'oxygène. Le médecin m'a dit que la plupart de ces enfants
allaient mourir parce qu'ils sont mal nourris et souffrent du
paludisme... Qu'en pensent ceux qui détiennent 80% de la richesse
du monde?''.
Quel
fut le moment le plus fort de cette visite en Afrique?
''J'ai
été surpris par l'Afrique. Dieu nous surprend, mais l'Afrique aussi
m'a plusieurs fois surpris... Les africains ont un grand sens de
l'hospitalité...même si chaque pays a sa propre identité. Le Kenya
est plus moderne, plus développé. L'Ouganda a l'identité des
martyrs...qui ont le courage de donner leur vie pour un idéal. Et la
Centrafricaine démontre un grand désir de paix, de réconciliation
et de pardon''.
A
propos de Vatileaks, le Saint-Père a dit que "la presse
professionnelle, laïque ou religieuse, doit avant tout être
professionnelle. Pour moi il est important qu'il s'agisse de vrais
professionnels, parce que la dénonciation des injustices et de la
corruption est un travail utile... Ils disent là il y a de la
corruption, les responsables doivent faire quelque chose, juger,
constituer un tribunal. Mais la presse spécialisée doit éviter les
trois péchés les plus communs que sont la désinformation ou ne
dire les choses qu'à moitié, la calomnie et...la diffamation, qui
nuit à la réputation d'une personne...qui a éventuellement mal
fait dans le passé... Voici les trois défauts qui compromettent le
professionnalisme de la presse. Or, nous avons besoin de
professionnalisme''.
Et
à propos de la plate-forme constituée par l'Archevêque de Bangui
et d'autres dignitaires religieux, ne pensez-vous pas que c'est un
risque d'intervenir en politique?: ''Cela ne signifie pas faire de la
politique. Agir pour un prêtre, un pasteur, un imam, un rabbin, fait
partie de sa vocation. C'est faire de la politique que de prêcher
les valeurs réelles? L'une des plus grandes valeurs est la
fraternité entre nous... Le fondamentalisme est une maladie que l'on
trouve dans toutes les religions. Nous, catholiques, avons nos
fondamentalistes. Ils sont nombreux et croient qu'ils ont la vérité
absolue, salissant les autres au moyen de la diffamation et de la
calomnie, faisant ainsi beaucoup de mal... Le fondamentalisme
religieux est pas religieux. Pourquoi? Parce que Dieu y est absent.
Le fondamentalisme est idolâtrie comme l'argent. Alors agir comme
ces dignitaires religieux en Centrafirque c'est faire de la politique
dans le sens de convaincre les fondamentalistes religieux''.
Un
journaliste italien a demandé pourquoi avaient été nommés deux
des accusés de Vatileaks, Mgr.Vallejo Balda et Mme.Francesca
Inmacolata Chaouqui: ''Je pense quune erreur a été commise. Mgr
Vallejo Balda était déjà le Secrétaire de la Préfecture pour les
affaires économiques. Je ne suis pas sûr de savoir comment il est
arrivé à ce poste, mais je ne crois pas me tromper si je dis - mais
je ne suis pas sûr- qui a présenté Mme.Chaouqui comme une personne
qui connaissait le monde des relations commerciales... ils ont
travaillé ensemble dans la COSEA. Après la fin des travaux de la
commission il resté en poste au Vatican tandis que Mme.Chaouqui
s'est retirée... On dit qu'elle était en colère parce qu'elle
n'était pas resté... Le tribunal nous dira la vérité sur leurs
intentions. Pour moi ce qui a été publié n'a pas été une
surprise. Ça ne m'a pas empêché de dormir, parce qu'on savait le
travail entrepris par la Commission des Cardinaux pour identifier la
corruption et tout ce qui ne fonctionne pas. Et là, je veux dire
quelque chose à propos de la corruption. Treize jours avant la mort
de Jean-Paul II, le Cardinal Ratzinger avait parlé de la saleté
dans l'Eglise... Il fut le premier à la dénoncer...et lors de la
messe Pro Eligendo Pontife, en tant que Doyen, a repris cette
question. Nous l'avons choisi pour sa liberté de dire ces choses.
Dès lors on savait que la corruption était dans l'air.... En ce qui
concerne la corruption au Vatican, j'ai fourni aux juges des
accusations concrètes, car ce qui importe pour la défense c'est la
formulation des chefs d'inculpation. Je n'ai pas lu les charges
techniques, et j'aurais aimé que tout soit réglé avant le 8
décembre... Mais je crois que cela ne sera pas possible...parce que
les avocats de la défense doivent avoir le temps de se préparer".
Le
Sida continue de ravager l'Afrique. La prévention étant la clef, il
a été demandé au Pape s'il n'était pas temps de changer la
position de l'Eglise sur l'utilisation des préservatifs.
"La
question semble trop limitée et même partielle. Oui, c'est une des
méthodes. Mais je crois qu'au plan moral l'Eglise se trouve devant
une perplexité: Le le cinquième ou le sixième commandement?
Défendre la vie ou que le rapport sexuel soit ouvert à la vie? Mais
ce n'est pas la question. Le problème est plus grande. Cette
question me fait penser à celle faite à Jésus Dis-moi, Maître,
est-il permis de guérir le jour du Sabbat?... Mais sont obligatoires
la malnutrition, l'exploitation des personnes, le travail forcé, le
manque d'eau potable? Ce sont les vrais problèmes. Nous ne demandons
pas si vous pouvez utiliser un bandage ou un autre pour une petite
blessure. La grande plaie est l'injustice sociale, l'injustice
environnementale, l'injustice, l'exploitation et la malnutrition...
Quand donc tout le monde sera guéri, quand aucune de ces maladies
tragiques causées par l'homme, par l'injustice sociale ou l'avidité
de l'argent? Voila la question qui m'intéresse devant tous ces gens
qui meurent de faim, de manque d'eau, d'un toit... Est-il permis de
guérir le jour du Sabbat? Pourquoi continuer à fabriquer des armes
et en faire commerce?... Je ne veux pas réfléchir s'il est bon ou
non de guérir le jour du sabbat. Je dis à l'humanité de faire
justice, et quand tout le monde sera guéri, quand il y aura pas
d'injustice dans ce monde, nous pouvons parler du Sabbat.
Le
Pape a-t-il prévu d'aller en avril prochain en Arménie?: "L'an
dernier, j'ai promis aux trois patriarches arméniens...mais je ne
sais si ce sera possible le faire...à cause de conflits.... Les
guerres en cours sont des guerres d'ambition, je parle des guerres
qui ne sont pas celles faites pour se défendre d'un agresseur. Je
parle des guerres qui sont une industrie... La guerre est une affaire
pour les ventes d'armes. Les terroristes ont leurs armes... Qui les
leur fournit pour faire la guerre? Il y a tout un réseau d'intérêts
derrière, fait d'argent ou de pouvoir. Le pouvoir impérialiste ou
le pouvoir économique... Les guerres ne sont pas le fait de Dieu,
qui est le Dieu de la paix''.
La
Conférence de Paris sur les changements climatiques sera-t-elle le
début d'une solution au problème de l'environnement: ''Je ne suis
pas sûr, mais je peux vous dire c'est maintenant ou jamais. Chaque
année, les problèmes sont plus sérieux... Nous sommes suicidaires,
et ce n'est pas un mot trop fort. Et je suis sûr que presque tout
les participants à la Cop21 ont cette conscience et veulent faire
quelque chose. Je fais confiance à ces gens vont faire quelque
chose... Ils ont cette volonté et je prie pour cette conférence".
Un
journaliste américain a demandé ce qu'avaient à dire au monde
l'islam et les enseignements de Mahomet?: "On peut parler avec
eux car ils ont des valeurs. Beaucoup de valeurs constructives. La
prière et le jeûne, par exemple... Vous ne pouvez pas supprimer une
religion, car certains groupes...sont fondamentalistes. Il est vrai
que dans l'histoire il y a toujours eu des guerres de religion...
Nous aussi devons présenter des excuses...pour la guerre de Trente
Ans, la St.Barthélemy... Il faudrait présenter des excuses pour
l'extrémisme fondamentaliste de nos Guerres de religion''.
La
visite au Mexique et à d'autres pays d'Amérique latine a alors été
évoquée: ''Je vais aller au Mexique. Visiter d'abord la Vierge,
Mère de l'Amérique... Si il n'y avait pas la Vierge de Guadalupe,
je ne serais pas allé à Mexico...mais visiter trois ou quatre
villes qui ont jamais été visitées par mes prédécesseurs. Mais
je vais au Mexique, pour la Vierge. Ensuite, je vais aller au
Chiapas, dans le sud, à la frontière avec le Guatemala...puis à
Morella; et presque certainement à Ciudad Juarez. On m'a invité à
aller en 2017 à Aparecida, patronne de l'Amérique lusophone et à
partir de là dans un autre pays voisin du Brésil... Mais je ne sais
pas, il n'y pas encore de plans''.
Que
diriez-vous à ceux qui pensent que l'Afrique est seulement déchirée
par les guerres et en pleine de destruction?
''L'Afrique
est une victime. L'Afrique a toujours été exploitée par d'autres
puissances. Des africains ont été amenés en Amérique et vendus
comme esclaves. Il y a des puissances qui veulent seulement s'emparer
des grandes richesses de l'Afrique... Peut-être est-elle le
continent le plus riche... Mais ils ne pensent pas contribuer à sa
croissance. Plutôt que de donner à tout le monde a un emploi , ils
poursuivent son exploitation! L'Afrique est un martyr, martyr de
l'exploitation de l'histoire. Ceux qui disent que de l'Afrique
viennent toutes les catastrophes et toutes les guerres ne peuvent pas
comprendre les dégâts que causent à l'humanité certaines formes
de développement. Par conséquent, j'aime l'Afrique parce qu'elle
est et a été la victime de certaines puissances".
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 1 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a:
Accepté,
pour limite d'âge, la renonciation de Mgr.Martín de Elizalde, OSB,
à la charge pastorale du diocèse de Nueve de Julio (Argentine),
auquel succède son Coadjuteur, Mgr.Ariel Edgardo Torrado Mosconi.
Nommé
l'Abbé Víctor Alejandro Aguilar Ledesma, Auxiliaire de
l'Archevêque de Morelia (Mexique). L'Evêque élu, né en 1965 à
San Guillermo (Mexique) et ordonné prêtre en 1989, était jusqu'ici
Curé de la paroisse de Curumbatío. Licencié en pastorale
familiale, il a été aumônier de communauté, responsable diocésain
de l'évangélisation et de la catéchèse, coordinateur diocésain
de la pastorale familiale.
Nommé
l'Abbé Herculano Medina Garfias, Auxiliaire de l'Archevêque de
Morelia (Mexique). L'Evêque élu, né en 1967 à Rincón de Cedeños
(Mexique) et ordonné prêtre en 1996, était jusqu'ici Econome du
séminaire diocésain. Licencié en doctrine sociale, il a été
professeur, aumônier de communautés et responsable de la Caritas
diocésaine.
lundi 30 novembre 2015
Le chemin de la résistance passe par le pardon
Cité
du Vatican, 30 novembre 2015
(VIS). Après avoir célébré la messe, le Pape a quitté la
cathédrale de Bangui pour saluer les jeunes qui l'attendaient dehors
et participer à veillée de prière. Il a improvisé quelques mots
en italien, laissant de côté le discours qu'il avait préparé pour
cette occasion et que nous reproduisons en deuxième partie. Devant
un des jeunes, il a rappelé que leur symbole était la banane, parce
qu'elle était résistante et qu'il avait évoqué aussi les
nombreuses difficultés qu'ils rencontraient en cette période de
guerre et de divisions.
La
banane, a dit le Pape "est un symbole de vie car elle grandit
toujours, se reproduit toujours, donne toujours des fruits très
énergétiques. La banane est aussi résistante. Je crois que tout
cela exprime clairement le chemin qui se présente à vous en cette
période difficile de guerre, de haine, de division: le chemin de la
résistance. Votre ami disait que certains d'entre vous veulent s'en
aller. Fuir les défis de la vie n'est jamais une solution! Il faut
résister, garder la valeur de la résistance, de la lutte pour le
bien! Ceux qui fuient n'ont pas le courage de donner leur vie. La
banane donne la vie et se reproduit, et donne plus de vie parce
qu'elle résiste, parce qu'elle reste, parce qu'elle est là.
Certains me demanderont: Mais Père, que pouvons-nous faire? Comment
résister? Je vous dirai deux ou trois choses qui pourront vous être
utiles pour que vous puissiez résister. D'abord, la prière. La
prière est puissante! La prière vainc le mal! La prière nous
rapproche de Dieu qui est Tout-Puissant. En deuxième lieu, œuvrer
pour la paix. La paix n'est pas un document qui se signe et reste là.
La paix se fait tous les jours. La paix est un travail artisanal, qui
se fait avec les mains, qui se fait avec sa vie. On me dira: Père,
comment peut-on être un artisan de paix? Avant tout, en ne détestant
personne. Et si quelqu'un vous fait du mal, essayer de lui pardonner.
Pas de haine! Beaucoup de pardon! Disons-le ensemble: Pas de haine,
beaucoup de pardon. Si vous n'avez pas de haine dans vos cœurs, si
vous pardonnez, vous serez vainqueurs. Parce que vous vaincrez la
bataille la plus difficile de la vie, vainqueurs dans l'amour. Et par
l'amour vient la paix".
Voulez-vous
être des perdants ou des gagnants dans la vie? leur a demandé le
Pape. "On ne gagne qu'en suivant le chemin de l'amour. Peut-on
aimer son ennemi? Oui. Peut-on pardonner à qui nous fait du mal?
Oui. Par l'amour et le pardon tu vaincras. Avec l'amour vous serez
des gagnants de la vie et vous donnerez toujours la vie. L'amour ne
nous rend jamais perdants. Chers jeunes centrafricains, je suis très
heureux de vous connaître. Aujourd'hui, nous avons ouvert cette
porte. Cela signifie la Porte de la miséricorde de Dieu. Ayez
confiance en Dieu! Parce qu'il est miséricordieux, il est amour, il
est capable de nous donner la paix. C'est pourquoi je vous ai dit, au
début, de prier; il faut prier pour résister, pour aimer, pour ne
pas détester, pour être des artisans de la paix". Après sa
brève allocution, le Pape a donné le sacrement de la réconciliation
à plusieurs jeunes dans l'atrium de la cathédrale et a ensuite béni
les personnes présentes.
Voici
le discours préparé par le Pape: "Chers jeunes, chers amis,
bonsoir! J’ai la grande joie de vous retrouver ce soir, alors que
nous commençons une nouvelle année liturgique avec le temps de
l’Avent. N’est-ce pas pour chacun de nous l’occasion d’un
nouveau départ, l’occasion de passer sur l’autre rive... Au
cours de notre rencontre, je pourrai donner le sacrement de la
réconciliation à quelques-uns d’entre vous. Aussi, je voudrais
vous inviter à réfléchir sur la grandeur de ce sacrement dans
lequel Dieu vient à notre rencontre d’une façon personnelle.
Chaque fois que nous le lui demandons, il vient avec nous pour nous
faire passer sur l’autre rive, sur cette rive de notre vie où Dieu
nous pardonne, déverse en nous son amour qui guérit, apaise et
relève! Le Jubilé de la Miséricorde, que je viens d’avoir la
joie d’ouvrir particulièrement pour vous, chers amis
Centrafricains et Africains, nous rappelle justement que Dieu nous
attend, les bras ouverts, comme nous le rappelle la belle image du
Père accueillant le fils prodigue. En effet, le pardon reçu nous
console et il nous permet de repartir le cœur confiant et en paix,
capables de vivre davantage en harmonie avec nous-mêmes, avec Dieu
et avec les autres. Ce pardon reçu nous permet aussi de pardonner à
notre tour. Nous en avons toujours besoin, et particulièrement dans
des situations de conflits, de violences comme celles que vous
connaissez encore trop souvent. Je redis ma proximité à tous ceux
parmi vous qui sont touchés par le deuil, la séparation, les
blessures infligées par la haine et la guerre. Dans ce contexte,
pardonner à celui qui nous a fait du mal est humainement bien
difficile. Mais Dieu nous offre force et courage pour devenir ces
artisans de réconciliation et de paix, dont votre pays a tant
besoin. Le chrétien, disciple du Christ, marche sur les pas de son
maître, qui sur la croix a demandé à son Père de pardonner à
ceux qui le crucifiaient. Comme cette attitude est éloignée des
sentiments qui habitent trop souvent notre cœur… Méditer cette
attitude et cette parole de Jésus: Père, pardonne-leur, peut nous
aider à convertir notre regard et notre cœur. Pour beaucoup, c’est
un scandale que Dieu soit venu se faire l’un de nous. C’est un
scandale qu’il soit mort sur une croix. Oui, c’est un scandale:
le scandale de la croix. La croix continue à faire scandale. Mais
c’est l’unique chemin sûr: celui de la Croix, celui de Jésus
venu partager notre vie pour nous sauver du péché. Chers amis,
cette croix nous parle de la proximité de Dieu: il est avec nous, il
est avec chacun de vous dans vos joies comme dans vos épreuves".
"Chers
jeunes, le bien le plus précieux que nous pouvons avoir dans la vie
est notre relation avec Dieu. En êtes-vous convaincus? Etes-vous
conscients de la valeur inestimable que vous avez aux yeux de Dieu?
Savez-vous que vous êtes aimés et accueillis par lui,
inconditionnellement, comme vous êtes? En consacrant du temps à la
prière, à la lecture de l’Ecriture, particulièrement de
l’Evangile, vous le connaîtrez mieux et vous vous connaîtrez
aussi vous-mêmes. En effet, les conseils de Jésus peuvent éclairer
aussi aujourd’hui vos sentiments et vos choix. Vous êtes
enthousiastes et généreux, en quête d’un grand idéal,
chercheurs de vérité et de beauté. Je vous encourage à garder
l’esprit vigilant et critique face à toute compromission contraire
au message de l’Evangile. Merci pour votre dynamisme créatif dont
l’Eglise a besoin ! Cultivez-le! Soyez des témoins de la joie que
donne la rencontre avec Jésus. Qu’elle vous transforme, qu’elle
rende votre foi plus forte, plus solide pour surmonter les peurs,
afin d’entrer toujours plus dans le projet d’amour de Dieu sur
vous. Dieu veut le bonheur de tous ses enfants. Ceux qui se laissent
regarder par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide
intérieur, de l’isolement. Et, en retour, regarder l’autre comme
un frère, accepter qu’il soit différent et découvrir qu’il est
un don pour moi. C’est ainsi que la paix se construit chaque jour.
Cela demande de prendre le chemin du service et de l’humilité,
d’être attentif aux besoins de l’autre. Pour entrer dans cette
logique, il faut avoir un cœur qui sait s’abaisser et partager sa
vie avec ceux qui sont le plus dans le besoin. Là est la vraie
charité. Et ainsi grandit la solidarité en commençant par de
petites choses, et les germes de division disparaissent. Ainsi le
dialogue entre les croyants porte du fruit, la fraternité se vit
jour après jour, et elle élargit le cœur en ouvrant un avenir. De
cette manière, vous pouvez faire beaucoup de bien pour votre pays et
je vous y encourage.... Le Seigneur est vivant, et il marche à vos
côtés. Quand les difficultés semblent s’accumuler, quand la
douleur, la tristesse dominent autour de vous, il ne vous abandonne
pas. Il nous a laissé le mémorial de son amour, l’Eucharistie et
les sacrements pour avancer sur le chemin en y trouvant la force
d’aller de l’avant chaque jour. Et cela doit être la source de
votre espérance et de votre courage pour passer sur l’autre rive,
avec Jésus, en ouvrant des chemins nouveaux pour vous et votre
génération, pour vos familles, pour votre pays. Je prie pour que
vous ayez cette espérance. Soyez ancrés en elle et vous la donnerez
aux autres, à notre monde abîmé par les guerres, les conflits, le
mal, le péché. N’oubliez pas, le Seigneur est avec vous. Il a
confiance en vous. Il souhaite que vous soyez ses
disciples-missionnaires, soutenus par la prière de la Vierge Marie
et par celle de toute l’Eglise dans les moments difficiles et les
épreuves. Chers jeunes de Centrafrique, allez, je vous envoie!".
Rencontre avec les communautés évangéliques
Cité
du Vatican, 30 novembre 2015
(VIS). Hier après-midi, le Pape a rencontré les communautés
évangéliques centrafricaines à la Faculté de théologie
évangélique de Bangui, fondée en 1974 par l'Association des
évangéliques en Afrique, pour répondre aux exigences des Eglises
évangéliques du continent, et par laquelle sont passés quelque 650
leaders, accomplissant leur service dans les églises et institutions
évangéliques de 21 pays africains. Le Pape a été reçu par le
Doyen de la Faculté et trois membres de la Plate-forme
inter-religieuse qui a soutenu le processus de pacification
nationale, par l'Archevêque de Bangui, le Président de l'Alliance
des Eglises évangéliques centrafricaines et l'Imam de Bangui:
"Nous
sommes tous ici pour servir le même Seigneur ressuscité qui nous
rassemble aujourd'hui. Et grâce au même baptême reçu, nous sommes
invités à annoncer la joie de l'Evangile aux hommes et femmes de ce
cher pays de Centrafrique", a dit le Saint-Père au début de
son discours, après avoir reçu les salutations du doyen de la FATEB
et du président de l'AEC. "Depuis trop longtemps -a-t-il
ajouté- votre peuple est marqué par les épreuves et la violence
qui causent beaucoup de souffrance. L'annonce de l'Evangile n'en est
donc que plus nécessaire et urgente, parce que c'est le Christ dans
sa chair qui souffre dans ses membres bien-aimés: les pauvres de son
peuple, les malades, les personnes âgées, et les
laissés-pour-compte, les enfants orphelins ou abandonnés à leur
sort, sans guide ni éducation. C'est aussi tous ceux dont l'âme et
le corps ont été meurtris par la violence et la haine, ceux à qui
la guerre a tout pris, le travail, la maison, les êtres chers...
Dieu ne fait pas de distinction parmi ceux qui souffrent. J'ai
souvent appelé cela l'œcuménisme du sang. Toutes nos communautés
sans distinction souffrent d'injustice et de haine aveugle que le
démon déchaîne. Dans ces circonstances, je voudrais vous faire
part de ma proximité et de ma sollicitude pour le Pasteur Nicolas,
dont la maison a récemment été pillée et incendiée, tout comme
le siège de sa communauté. Dans ce contexte difficile, le Seigneur
ne cesse de nous manifester sa tendresse, sa compassion et sa
miséricorde. Cette souffrance commune et cette mission commune sont
une occasion providentielle de progresser ensemble sur le chemin de
l'unité, et sont aussi un moyen spirituel indispensable. Comment le
Père pourrait-il repousser la grâce de l'unité, bien
qu'imparfaite, de ses enfants qui souffrent ensemble et qui, en
diverses occasions, s'unissent pour servir leurs frères?".
Le
Pape a ensuite rappelé que la division des chrétiens est un
scandale, parce qu'elle est avant tout "contraire à la volonté
du Seigneur. C'est aussi un scandale face à la haine et à la
violence qui déchirent l'humanité, face aux nombreuses oppositions
qui s'élèvent contre l'Evangile du Christ. C'est pourquoi, tout en
appréciant l'esprit de respect mutuel et de collaboration qui existe
entre les chrétiens dans votre pays, je vous encourage à poursuivre
sur ce chemin, en servant ensemble dans la charité. C'est un
témoignage du Christ, qui construit l'unité". Enfin, il a
souhaité que dans la perspective d'une pleine communion que nous
désirons, il faudra ajouter à la persévérance et la charité, "le
service de la prière et de la réflexion en commun, en vue d'une
meilleure connaissance réciproque, d'une plus grande confiance et
amitié. Je vous assure que je vous accompagnerai de mes prières sur
ce chemin fraternel de service, de réconciliation et de miséricorde,
un long chemin mais rempli de joie et d'espérance. Je demande au
Seigneur Jésus -a-t-il conclu- de vous bénir tous, vos communautés
et aussi notre Eglise. Et je vous demande tous de prier pour moi.
Merci".
Ouverture de la Porte Sainte à Bangui, capitale spirituelle du monde
Cité
du Vatican, 30 novembre 2015
(VIS). "Aujourd'hui, Bangui devient la capitale spirituelle du
monde. L'Année sainte de la Miséricorde commence en avance sur
cette terre. Une terre qui souffre depuis plusieurs années de la
guerre et de la haine, de l'incompréhension, du manque de paix. Mais
sur cette terre de souffrance se trouvent aussi tous les pays qui
portent en ce moment la croix de la guerre". Ce sont les paroles
que le Pape François a prononcées hier après-midi à la cathédrale
Notre-Dame de l'Immaculée Conception de Bangui, avant d'ouvrir la
Porte Sainte et le Jubilé de la Miséricorde. Bangui devient ainsi,
a ajouté le Pape, la capitale spirituelle de la prière pour la
miséricorde du Père. "Nous voulons tous la paix, la
miséricorde, la réconciliation, le pardon, l'amour. Pour Bangui,
pour toute la République centrafricaine, pour le monde entier, pour
les pays qui souffrent de la guerre, demandons la paix!", s'est
exclamé le Saint-Père, invitant à répéter à voix haute: "Tous
ensemble demandons l'amour et la paix". Le Pape a aussi élevé
la voix en langue sango de la
République centrafricaine, pour demander "Doyé Siriri"
(amour et paix). C'est par cette prière qu'a commencé l'Année
sainte, après le rite d'ouverture de la Porte de la Miséricorde.
"Ouvrez les portes de justice; c'est la porte du Seigneur; je
rentre dans ta maison Seigneur", a dit le Pape, avant d'entrer
seul et en premier dans la cathédrale où l'attendaient les prêtres,
les religieux, les religieuses et les séminaristes du pays pour
participer à la messe et entendre son homélie dans laquelle il a
rappelé que tous, sans exception, attendaient "la grâce, la
charité de la paix" et a lancé un nouvel appel à ceux qui
prennent injustement les armes de ce monde: "Déposez ces
instruments de mort; armez-vous plutôt de justice, d'amour et de
miséricorde, garanties d'une paix authentique".
Voici
le texte intégral de l'homélie prononcée par le Saint-Père:
"En
ce premier dimanche de l’Avent, temps liturgique de l’attente du
Sauveur et symbole de l’espérance chrétienne, Dieu a conduit mes
pas, jusqu’à vous, sur cette terre, alors que l’Eglise
universelle s’apprête à inaugurer l’Année jubilaire de la
Miséricorde. Et je suis particulièrement heureux que ma visite
pastorale coïncide avec l’ouverture dans votre pays de cette Année
jubilaire. Depuis cette cathédrale, par le cœur et la pensée, je
voudrais rejoindre avec affection tous les prêtres, les personnes
consacrées, les agents pastoraux de ce pays, spirituellement unis à
nous en ce moment. A travers vous, j’aimerais saluer aussi tous les
Centrafricains, les malades, les personnes âgées, les blessés de
la vie. Certains d’entre eux sont peut-être désespérés et n’ont
même plus la force d’agir, attendant simplement une aumône,
l’aumône du pain, l’aumône de la justice, l’aumône d’un
geste d’attention et de bonté. Mais comme les apôtres Pierre et
Jean montant au Temple, qui n’avaient ni or ni argent à donner au
paralytique dans le besoin, je viens leur offrir la force et la
puissance de Dieu qui guérissent l’homme, le remettent debout et
le rendent capable de commencer une nouvelle vie, en passant sur
l’autre rive. Jésus ne nous envoie pas tout seuls sur l’autre
rive, mais il nous invite plutôt à effectuer la traversée avec
lui, en répondant, chacun, à une vocation spécifique. Il nous faut
donc être conscients que ce passage sur l’autre rive ne peut se
faire qu’avec lui, en nous libérant des conceptions de la famille
et du sang qui divisent, pour construire une Eglise-Famille de Dieu,
ouverte à tous, soucieuse de ceux qui sont le plus dans le besoin.
Cela suppose la proximité avec nos frères et sœurs, cela implique
un esprit de communion. Ce n’est pas d’abord une question de
moyens financiers; il suffit juste de partager la vie du peuple de
Dieu, en rendant compte de l’espérance qui est en nous, en étant
témoins de l’infinie miséricorde de Dieu qui, comme le souligne
le psaume responsorial de ce dimanche, est bon et montre aux pécheurs
le chemin. Jésus nous enseigne que le Père céleste fait lever son
soleil sur les méchants et sur les bons. Après avoir fait
nous-mêmes l’expérience du pardon, nous devons pardonner. Voici
notre vocation fondamentale: Vous donc, vous serez parfaits comme
votre Père céleste est parfait! L’une des exigences fondamentales
de cette vocation à la perfection, c’est l’amour des ennemis,
qui prémunit contre la tentation de la vengeance et contre la
spirale des représailles sans fin. Jésus a tenu à insister sur cet
aspect particulier du témoignage chrétien. Les agents
d’évangélisation doivent donc être d’abord et avant tout des
artisans du pardon, des spécialistes de la réconciliation, des
experts de la miséricorde. C’est ainsi que nous pouvons aider nos
frères et sœurs à passer sur l’autre rive, en leur révélant le
secret de notre force, de notre espérance, de notre joie, qui ont
leur source en Dieu, parce qu’elles sont fondées sur la certitude
qu’il est dans la barque avec nous. Comme il l’a fait avec les
apôtres lors de la multiplication des pains, c’est donc à nous
que le Seigneur confie ses dons afin que nous allions les distribuer
partout, en proclamant sa parole qui rassure: Voici venir des jours
où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la
maison d’Israël et à la maison de Juda".
"Dans
les textes liturgiques de ce dimanche, nous pouvons découvrir
certaines caractéristiques de ce salut de Dieu annoncé, qui se
présentent comme autant de points de repères pour nous guider dans
notre mission. D’abord, le bonheur promis par Dieu est annoncé en
terme de justice. L’Avent, c’est le temps pour préparer nos
cœurs afin de pouvoir accueillir le Sauveur, c’est-à-dire le seul
Juste et le seul Juge capable de réserver à chacun le sort qu’il
mérite. Ici comme ailleurs, tant d’hommes et de femmes ont soif de
respect, de justice, d’équité, sans trouver à l’horizon des
signes positifs. A ceux-là, il vient faire don de sa justice. Il
vient féconder nos histoires personnelles et collectives, nos
espoirs déçus et nos souhaits stériles. Et il nous envoie annoncer
surtout à ceux qui sont opprimés par les forts de ce monde comme à
ceux qui ploient sous le poids de leurs propres péchés : Juda sera
délivré, Jérusalem habitera en sécurité, et voici le nom qu’on
lui donnera: Le Seigneur-est-notre-Justice. Oui, Dieu est Justice!
Voilà pourquoi, nous, chrétiens, nous sommes appelés à être dans
le monde les artisans d’une paix fondée sur la justice. Le salut
de Dieu attendu a également le goût de l’amour. En effet, en nous
préparant pour célébrer le mystère de Noël, nous nous
réapproprions le cheminement du peuple de Dieu pour accueillir le
Fils venu nous révéler que Dieu n’est pas seulement justice mais
qu’il est aussi et par-dessus tout Amour. Partout, même et surtout
là où règnent la violence, la haine, l’injustice et la
persécution, les chrétiens sont appelés à témoigner de ce Dieu
qui est Amour. En encourageant les prêtres, les personnes consacrées
et les laïcs qui, dans ce pays, vivent parfois jusqu’à l’héroïsme
les vertus chrétiennes, je reconnais que la distance qui nous sépare
de l’idéal si exigeant du témoignage chrétien, est parfois
grande. Voilà pourquoi je fais miennes sous forme de prière ces
paroles de saint Paul: Frères, que le Seigneur vous donne, entre
vous, et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus
intense et débordant. A cet égard, le témoignage des païens sur
les chrétiens de l’Eglise primitive doit rester présent à notre
horizon comme un phare: Voyez comme ils s’aiment, ils s’aiment
vraiment".
"Enfin,
le salut de Dieu annoncé revêt le caractère d’une puissance
invincible qui l’emportera sur tout. En effet, après avoir annoncé
à ses disciples les signes terribles qui précéderont sa venue,
Jésus conclut: Quand ces événements commenceront, redressez-vous
et relevez la tête, car votre rédemption approche. Et si Paul parle
d’un amour de plus en plus intense et débordant, c’est que le
témoignage chrétien doit refléter cette force irrésistible dont
il est question dans l’Evangile. C’est donc aussi au sein de
bouleversements inouïs que Jésus veut montrer sa grande puissance,
son inégalable gloire et la puissance de l’amour qui ne recule
devant rien, ni devant les cieux ébranlés, ni devant la terre en
feu, ni devant la mer en furie. Dieu est plus fort que tout. Cette
conviction donne au croyant sérénité, courage et la force de
persévérer dans le bien face aux pires adversités. Même lorsque
les forces du mal se déchaînent, les chrétiens doivent répondre
présents, la tête relevée, prêts à recevoir des coups dans cette
bataille où Dieu aura le dernier mot. Et ce mot sera d’amour! A
tous ceux qui utilisent injustement les armes de ce monde, je lance
un appel: déposez ces instruments de mort; armez-vous plutôt de la
justice, de l’amour et de la miséricorde, vrais gages de paix.
Disciples du Christ, prêtres, religieux, religieuses ou laïcs
engagés en ce pays au nom si suggestif, situé au cœur de l’Afrique
et qui est appelé à découvrir le Seigneur comme le véritable
centre de tout ce qui est bon, votre vocation est d’incarner le
cœur de Dieu parmi vos concitoyens. Daigne le Seigneur nous établir
tous fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre
Père, pour le jour où notre Seigneur viendra avec tous les saints.
Ainsi soit-il!".
Convergence avec la communauté musulmane
Cité
du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Ce matin à Bangui, le Saint-Père
s'est rendu à la mosquée centrale de Koudoukou par rencontrer les
autorités et la communauté musulmane de la Centrafrique:
Chrétiens et musulmans, nous sommes frères, a-t-il affirmé
d'emblée. "Nous devons donc nous considérer comme tels, nous
comporter comme tels. Nous savons bien que les derniers événements
et les violences qui ont secoué votre pays n’étaient pas fondés
sur des motifs proprement religieux. Celui qui dit croire en Dieu
doit être aussi un homme, une femme, de paix. Chrétiens, musulmans
et membres des religions traditionnelles ont vécu pacifiquement
ensemble pendant de nombreuses années. Nous devons donc demeurer
unis pour que cesse toute action qui, de part et d’autre, défigure
le Visage de Dieu et a finalement pour but de défendre par tous les
moyens des intérêts particuliers, au détriment du bien commun.
Ensemble, disons non à la haine, à la vengeance, à la violence, en
particulier à celle qui est perpétrée au nom d’une religion ou
de Dieu. Dieu est paix, Salam. En ces temps dramatiques, les
responsables religieux chrétiens et musulmans ont voulu se hisser à
la hauteur des défis du moment. Ils ont joué un rôle important
pour rétablir l’harmonie et la fraternité entre tous. Je voudrais
les assurer de ma gratitude et de mon estime. Et nous pouvons aussi
nous rappeler les nombreux gestes de solidarité que chrétiens et
musulmans ont eu à l’égard de leurs compatriotes d’une autre
confession religieuse, en les accueillant et en les défendant au
cours de cette dernière crise, dans votre pays, mais aussi en
d’autres parties du monde".
En
Centrafrique, "on ne peut que souhaiter que les prochaines
consultations donnent au pays des responsables nationaux qui sachent
unir les citoyens, se comportant en symboles de l’unité de la
nation plutôt qu'en représentants d’une faction. Je vous
encourage vivement à faire de votre pays une maison accueillante
pour tous ses enfants, sans distinction d’ethnie, d’appartenance
politique ou de confession religieuse. La République Centrafricaine,
située au cœur de l’Afrique, grâce au concours de tous ses
enfants, pourra alors donner une impulsion en ce sens à tout le
continent. Elle pourra l’influencer positivement et aider à
éteindre les foyers de tension qui y sont présents et qui empêchent
les Africains de bénéficier de ce développement qu’ils méritent
et auquel ils ont droit. Je vous invite à prier et à travailler
pour la réconciliation, la fraternité et la solidarité, sans
oublier les personnes qui ont le plus souffert de ces événements.
Que Dieu vous bénisse et vous protège tous!".
Les chrétiens doivent oeuvrer Centrafrique
Cité
du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Ce matin à Bangui, le Pape a
célébré une grand messe au stade Barthélémy Boganda, des écrans
géants ayant été installés à l'extérieur pour la foule qui
n'avait pu entrer. Il a engagé son homélie en reprenant la phrase
de Paul, Comme il est beau de voir courir les messagers de la Bonne
Nouvelle: "C’est pour nous un appel à rendre grâce pour le
don de la foi que nous avons reçu de ces messagers qui nous l’ont
transmis. C’est aussi un appel à nous émerveiller devant l’œuvre
missionnaire qui a porté...la joie de l’Evangile sur cette terre
bien aimée. Il est bon, surtout lorsque les temps sont difficiles,
lorsque les épreuves et les souffrances ne manquent pas, lorsque
l’avenir est incertain et que l’on se sent fatigué, craignant de
ne plus y arriver, il est bon de se réunir autour du Seigneur, ainsi
que nous le faisons aujourd’hui, pour se réjouir de sa présence,
de la vie nouvelle et du salut qu’il nous propose, comme une autre
rive vers laquelle nous devons tendre. Cette autre rive c’est, bien
sûr, la vie éternelle, le ciel où nous sommes attendus. Ce regard
porté vers le monde à venir a toujours soutenu le courage des
chrétiens, des plus pauvres, des plus petits, dans leur pèlerinage
terrestre. Cette vie éternelle n’est pas une illusion, elle n’est
pas une fuite du monde. Elle est une puissante réalité qui nous
appelle et qui nous engage à la persévérance dans la foi et dans
l’amour. Mais l’autre rive, plus immédiate, que nous cherchons à
rejoindre, c'est le salut que procure la foi... Rendons grâce au
Seigneur pour sa présence et pour la force qu’il nous donne dans
le quotidien de nos vies lorsque nous sommes confrontés à la
souffrance physique ou morale...ou pour les actes de solidarité et
de générosité dont il nous rend capables, pour la joie et l’amour
qu’il fait briller dans nos familles, dans nos communautés,
malgré, parfois, le dénuement, la violence qui nous entoure ou la
crainte du lendemain, pour l’audace de créer des liens d’amitié,
de dialoguer avec celui qui ne nous ressemble pas, de pardonner à
celui qui nous a fait du mal, de nous engager dans la construction
d’une société plus juste et plus fraternelle où personne n’est
abandonné. En tout cela, le Christ ressuscité nous prend par la
main, et nous entraîne à sa suite. Et je veux rendre grâce avec
vous au Seigneur de miséricorde pour tout ce qu’il vous a donné
d’accomplir de beau, de généreux, de courageux, dans vos familles
et dans vos communautés, lors des événements que connaît votre
pays depuis plusieurs années".
Mais
"nous sommes comme au milieu du fleuve, et il nous faut décider
courageusement, dans un engagement missionnaire renouvelé, de passer
sur l’autre rive. Tout baptisé doit sans cesse rompre avec ce
qu’il y a encore en lui de l’homme ancien, de l’homme pécheur,
toujours prêt à se réveiller à la suggestion du démon et combien
il est agissant en notre monde et en ces temps de conflits, de haine
et de guerre, pour l’entraîner à l’égoïsme, au repli sur soi
et à la méfiance, à la violence et à l’instinct de destruction,
à la vengeance, à l’abandon et à l’exploitation des plus
faibles… Nous savons aussi combien nos communautés, appelées à
la sainteté, ont encore de chemin à parcourir. Certainement nous
avons tous à demander pardon au Seigneur pour trop de résistances
et de lenteur à rendre témoignage de l’Evangile. Puisse l’Année
jubilaire qui vient de commencer dans votre pays, en soit l’occasion.
Quant à vous, vous devez surtout regarder vers l’avenir, et, forts
du chemin déjà parcouru, décider résolument de franchir une
nouvelle étape dans l’histoire chrétienne de votre pays, vous
élancer vers de nouveaux horizons, avancer plus au large, en eau
profonde... Alors, chacun dans son cœur peut se poser la question si
importante de son lien personnel avec Jésus, examiner ce qu’il a
déjà accepté, ou encore refusé, pour répondre à son appel afin
de le suivre de plus près. Le cri des messagers retentit plus que
jamais à nos oreilles, alors même que les temps sont difficiles. Il
retentit par toute la terre, et jusqu’au bout du monde...et ici,
aujourd’hui, en cette terre de Centrafrique. Il retentit dans nos
cœurs, dans nos familles, dans nos paroisses, partout où nous
vivons, et il nous invite à la persévérance dans l’enthousiasme
de la mission, une mission qui a besoin de nouveaux messagers, encore
plus nombreux, encore plus donnés, encore plus joyeux, encore plus
saints. Et nous sommes tous appelés à être, chacun, ce messager
que notre frère, quelle que soit son ethnie, sa religion, sa
culture, attend, souvent sans le savoir. Comment, en effet, ce frère
croira-t-il au Christ, se demande Paul, si la Parole n’est ni
entendue ni proclamée? Nous aussi, à l’exemple de l’Apôtre,
nous devons être remplis d’espérance et d’enthousiasme pour
l’avenir. L’autre rive est à portée de main, et Jésus traverse
le fleuve avec nous. Il est ressuscité des morts. Dès lors les
épreuves et les souffrances que nous vivons sont toujours des
occasions qui ouvrent à un avenir nouveau si nous acceptons de nous
attacher à sa personne. Chrétiens de Centrafrique, chacun de vous
est appelé à être, par la persévérance de sa foi et par son
engagement missionnaire, artisan du renouveau humain et spirituel de
votre pays. Que la Vierge Marie, qui après avoir partagé les
souffrances de la passion partage maintenant la joie parfaite avec
son Fils, vous protège et vous encourage sur ce chemin".
Message du Pape au Patriarche œcuménique Barthélémy I
Cité
du Vatican, 30 novembre 2015
(VIS). Comme de coutume, à l'occasion de la fête de saint André,
patron du Patriarcat œcuménique de Constantinople, une délégation
du Saint-Siège, présidée par le Cardinal Kurt Koch, Président du
Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, s'est rendue à
Istanbul pour se joindre aujourd'hui à la commémoration liturgique
en la cathédrale patriarcale du Phanar. Le Patriarcat envoie de même
chaque année une délégation à Rome, le 29 juin, en la fête des
Apôtres Pierre et Paul. La délégation du Saint-Siège s'est
entretenue avec SS Barthélémy I et la commission synodale chargée
des relations avec l'Eglise catholique. Elle a aussi remis au
Patriarche un message du Saint-Père qui a été lu à la fin de la
divine liturgie.
Dans
ce texte, le Pape François évoque notamment le cinquantième
anniversaire de la Déclaration commune catholique-orthodoxe (7
décembre 1965) décidant d'éliminer les excommunications
réciproques de 1054. "La mémoire des phrases réciproques
d'excommunication, jointe aux paroles offensives, à des reproches
infondés et des gestes condamnables des deux parties, qui
accompagnèrent les tristes événements de cette période, furent,
pendant de nombreux siècles, un obstacle au rapprochement dans la
charité des catholiques et des orthodoxes -écrit le Pape-. Soucieux
de la volonté de Notre Seigneur Jésus-Christ qui pria le Père, la
veille de sa Passion, pour que les disciples soient un, le Pape Paul
VI et le Patriarche Athénagoras I, jetèrent ces souvenirs
douloureux dans l'oubli. Dès lors, la logique de l'antagonisme, de
la méfiance et de l'hostilité, symbolisée par les excommunications
réciproques, fut remplacée par la logique de l'amour et de la
fraternité, représentée par notre étreinte fraternelle. En vue
d'avancer sur le chemin vers la pleine communion que nous désirons,
nous avons besoin de nous inspirer continuellement de ce geste de
réconciliation et de paix de nos vénérés prédécesseurs Paul VI
et Athénagoras I. A tous les niveaux et dans tous les contextes de
la vie de l'Eglise, les relations entre catholiques et orthodoxes
doivent refléter davantage la logique de l'amour qui ne laisse pas
de place à l'esprit de rivalité".
"L'humanité
doit redécouvrir le mystère de la miséricorde, le pont qui relie
Dieu et les hommes, en ouvrant nos cœurs à l'espérance d'être
aimés pour toujours malgré nos péchés", poursuit le Pape.
"C'est pourquoi, j'ai convoqué un Jubilé extraordinaire de la
Miséricorde, un temps propice pour contempler la miséricorde du
Père révélé pleinement par son Fils, Jésus Christ, et à être
nous-mêmes un signe efficace de l'amour de Dieu à travers le pardon
réciproque et les œuvres de miséricorde. Il est providentiel que
l'anniversaire de cette Déclaration conjointe historique entre
catholiques et orthodoxes, relative à la suppression des
excommunications de 1054, soit commémoré à la veille de l'Année
de la Miséricorde. Après le Pape Paul VI et le Patriarche
Athénagoras I, aujourd'hui les catholiques et les orthodoxes doivent
demander pardon à Dieu et entre eux pour les divisions que les
chrétiens ont provoquées dans le Corps du Christ. Je vous demande,
de même qu'à tous les fidèles du Patriarcat œcuménique, de prier
pour que ce Jubilé extraordinaire porte les fruits spirituels que
nous souhaitons. Je vous assure de mes prières pour les événements
qui auront lieu dans votre Eglise l’année prochaine, surtout pour
le Grand Synode pan-orthodoxe. Que cette occasion importante pour
toutes les Eglises orthodoxes soit source d'abondantes bénédictions
pour la vie de l'Eglise!", conclut le Saint-Père.
Intentions de prière pour décembre
Cité
du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). L'intention de prière générale
du Saint-Père pour décembre est: "Pour que nous puissions tous
faire l'expérience de la miséricorde de Dieu, qui ne se lasse
jamais de pardonner".
Son
intention missionnaire est: "Pour que les familles, en
particulier celles qui souffrent, trouvent dans la naissance de Jésus
un signe de profonde espérance".
Possessions cardinalices
Cité
du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Samedi 5 décembre à 18 h 30',
le Cardinal Soane Patita Paini Mafi, Evêque de Tonga, prendra
possession du titre de Ste.Paule Romaine. Et dimanche 6, à 11 h, le
Cardinal Pierre Nguyên Van Nhon, Archevêque de Hanoï, prendra
possession du titre de St.Thomas Apôtre.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Mgr.Jure
Bogadan, Ordinaire militaire pour la Croatie, succédant à Mgr.Juraj
Jezerinac, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
L'Evêque élu, né en 1955 à Donji Dolac (Croatie) et ordonné
prêtre en 1980, était jusqu'ici Recteur du Collège pontifical
croate de Rome. Il est docteur en théologie.
L'Abbé
Vincent Kirabo, Evêque de Hoima (superficie 17.200, population
2.084.214, catholiques 1.075.812, prêtres 131, diacres 1, religieux
130), en Ouganda. L'Evêque élu, né en 1955 à Kyanaisoke (Ouganda)
et ordonné prêtre en 1979, était jusqu'ici professeur au grand
séminaire de Kampala. Licencié en théologie, il a été recteur de
petit séminaire, curé de paroisses, professeur et responsable
diocésain des vocations.
Mgr.Luis
Albeiro Cortés Rendón, Auxiliaire de l'Evêque de Pereira
(Colombie). Il était jusqu'ici Evêque de Vélez (Colombie).
dimanche 29 novembre 2015
A la jeunesse ougandaise
Cité
du Vatican, 29 novembre 2015 (VIS). Hier après-midi à Kampala, le
Saint-Père s'est adressé à des délégations diocésaines de la
jeunesse ougandaise rassemblée sur l'ancien aérodrome de Kololo,
reliées par écran aux jeunes ayant pris part à la messe célébrée
au sanctuaire de Namugongo. Déclarant le discours préparé comme
lu, il a improvisé en espagnol:
"En
écoutant le témoignage de Winnie et Emmanuel, je me suis demandé
si une expérience négative pouvait servir à quelque chose? Tous
deux ont souffert d'expériences négatives. Winnie pensait qu’il
n’y avait pas d’avenir pour elle, et qu'il est toujours possible
d’ouvrir un horizon, de l’ouvrir avec la force de Jésus. Et tous
ensemble nous pouvons imaginer la souffrance d’Emmanuel, quand il
voyait que ses compagnons étaient torturés et assassinés. Il a été
courageux et s’est confié à Jésus. Et il s’est échappé...
Alors vous tous, êtes-vous prêts à transformer toutes les choses
négatives en choses positives? Etes-vous prêts à transformer la
haine en amour..., la guerre en paix?.. Ayez conscience que vous êtes
un peuple de martyrs. Dans vos veines coule le sang des martyrs!..
L’un de vous pourrait me demander s'il y a une baguette magique? Si
tu veux que Jésus change ta vie, demande lui de l’aide. Cela
s’appelle prier... Est-ce que vous priez?... La prière est l’arme
la plus forte que possède un jeune. Jésus nous aime... Il aime tout
le monde et il veut tous nous aider... Alors laissez entrer Jésus
dans vos vies. Quand Jésus entre dans nos vies, il nous aide à
lutter, à lutter contre tous les problèmes...à lutter avec la
prière... Nous sommes tous dans l’Eglise, nous
lui appartenons. Elle est une mère qui a pour mère Marie... Je
vous remercie de vous engager à changer le négatif en positif, à
vouloir combattre le mal, avec Jésus à vos côtés. Et surtout, je
vous remercie de vouloir ne jamais cesser de prier".
Voici
maintenant le texte préparé pour l'occasion: "L’espérance
chrétienne n’est pas simplement de l’optimisme. C’est beaucoup
plus car elle enfonce ses racines dans la vie nouvelle que nous avons
reçue en Jésus-Christ. Paul dit que l’espérance ne nous déçoit
pas, parce que dans le baptême l’amour de Dieu a été répandu
dans nos cœurs par l’Esprit. L’espérance nous rend capables de
compter sur les promesses du Christ, sur la force de son pardon, de
son amitié, de son amour, qui ouvre les portes à une vie nouvelle.
Vraiment quand vous vous heurtez à un problème, à un échec, quand
vous avez un temps d’arrêt, ancrez votre cœur dans cet amour
parce qu’il a le pouvoir de changer la mort en vie et de repousser
tout mal... Je voudrais vous inviter, avant tout, à prier pour que
ce don grandisse en vous et que vous puissiez recevoir la grâce de
devenir des messagers d’espérance. Il y a beaucoup de personnes
autour de nous qui éprouvent une profonde inquiétude et même du
désespoir. Jésus dissipe ces nuages, si nous le lui permettons.
J’aimerais aussi partager avec vous quelques pensées au sujet de
certains obstacles que vous pourriez rencontrer sur la route de
l’espérance. Vous tous, vous désirez un avenir meilleur, un
travail, la santé et le bien-être, et c’est une bonne chose. Pour
le bien du peuple et de l’Eglise, vous désirez partager avec les
autres vos dons, les aspirations et l’enthousiasme, et c’est une
chose très bonne. Mais parfois, quand vous voyez la pauvreté, quand
vous rencontrez l’absence d’opportunité, quand vous faites
l’expérience des échecs de la vie, un sentiment de désespoir
peut surgir et grandir. Vous pouvez être tentés de perdre
l’espérance... Nous tous, Pape compris, devrions ressembler à
"l'enfant qui tend la main pour qu'on l'aide, C’est en effet
"seulement lorsque nous sommes petits et humbles que nous
n’avons pas peur d’appeler à l’aide le Père... Nous avons
besoin d’apprendre à replacer notre espérance en Dieu, conscients
qu’il est toujours là présent, pour nous. Il nous infuse
confiance et courage. Mais ce serait une erreur de ne pas partager
cette belle expérience avec les autres. Nous nous tromperions si
nous ne devenions pas des messagers d’espérance pour les autres".
Les jeunes souhaitent grandir dans l’amitié du Christ, et "c’est
la peur d’échouer dans l’engagement pris à aimer, surtout dans
ce grand et sublime idéal qu’est le mariage chrétien. On peut
avoir peur de ne pas réussir à être une bonne épouse et une bonne
mère, un bon époux et un bon père". Si on continue à reculer
devant le premier obstacle, on ne fait que refléter nos propres
faiblesses et nos peurs. Alors, ne cédez pas face à elles! "Parfois
ces peurs proviennent du Diable, qui ne veut pas que vous soyez
heureux... Appelez Dieu à l’aide, ouvrez-lui votre cœur et il
vous soulèvera, il vous prendra entre ses bras, et il vous montrera
comment aimer. Je demande en particulier aux jeunes couples de
cultiver la confiance que Dieu veut bénir votre amour et vos vies
par sa grâce, dans le sacrement du Mariage. Au cœur du mariage
chrétien, il y a le don de l’amour de Dieu, non l’organisation
de fêtes somptueuses qui obscurcissent souvent la profonde
signification spirituelle d’une joyeuse célébration avec les
proches et les amis". Enfin, nous ne devons pas craindre d’être
différents, "d’aller à contre-courant dans une société qui
nous pousse constamment à embrasser des modèles de satisfaction et
de consommation étrangers aux valeurs profondes de la culture
africaine. Que diraient les Martyrs de l’Ouganda au sujet de la
mauvaise utilisation des moyens modernes de communication, où les
jeunes sont exposés à des images et à des visions déformées de
la sexualité, qui dégradent la dignité humaine, conduisant à la
tristesse et au vide intérieur? Quelles seraient les réactions des
Martyrs ougandais devant la croissance de l’avidité et de la
corruption dans la société? Certainement, ils vous demanderaient
d’être des modèles de vie chrétienne, confiants que l’amour du
Christ, la fidélité à l’Evangile et la sage utilisation des dons
que Dieu vous a donnés ne puissent qu’enrichir, purifier et élever
la vie de ce pays. Ils continuent à vous montrer la route. N’ayez
pas peur de faire en sorte que la lumière de la foi resplendisse
dans vos familles, dans les écoles et dans les lieux de travail.
N’ayez pas peur d’entrer humblement en dialogue avec les autres,
qui peuvent voir les choses de façons différentes". A vous
voir je suis rempli d’espérance, pour vous, pour votre pays et
pour l’Eglise. "Je vous demande de prier pour que l’espérance
que vous avez reçue de l’Esprit Saint continue d’inspirer vos
efforts pour grandir en sagesse, en générosité et en bonté.
N’oubliez pas d’être des messagers de cette espérance! Et
n’oubliez pas que Dieu vous aidera à surmonter chaque
obstacle...que vous rencontrerez au long de la vie. Mettez votre
espérance dans le Christ qui vous rendra capables de trouver le
véritable bonheur. Et s’il vous est difficile de prier et
d’espérer, n’ayez pas peur de vous tourner vers Marie, parce
qu’elle est notre Mère, la Mère de l’espérance. Enfin, s’il
vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Que Dieu vous
bénisse!".
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