Home - VIS Vatican - Réception du VIS - Contactez-nous - Calendrier VIS

Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

dernières 5 nouvelles

VISnews  Twitter Go to YouTube

lundi 7 janvier 2013

VOEUX DE BENOIT XVI AU CORPS DIPLOMATIQUE

Cité du Vatican, 7 janvier 2013 (VIS). Benoît XVI a reçu ce matin pour le traditionnel échange des voeux le corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège (représenté auprès de 179 états, plus l'ONU et ses agences, l'Union Européenne, l'Ordre de Malte, l'OLP, 8 organisations internationales et 5 régionales). Après le salut exprimé au nom de toutes les délégations par le Doyen des ambassadeurs M.Alejandro Valladares Lanza (Honduras), et par le Vice-Doyen M.Jean-Claude Michel (Monaco), le Saint-Père a prononcé le discours dont voici de larges extraits:

"C’est avant tout aux autorités civiles et politiques qu’incombe la grave responsabilité d’œuvrer pour la paix. Elles sont les premières à être appelées à résoudre les nombreux conflits qui continuent d’ensanglanter l’humanité, à commencer par cette région privilégiée dans le dessein de Dieu qu’est le Moyen Orient. Je pense d’abord à la Syrie, déchirée par des massacres incessants et théâtre d’effroyables souffrances pour la population civile. Je renouvelle mon appel afin que les armes soient déposées et que prévale le plus tôt possible un dialogue constructif pour mettre fin à un conflit qui ne connaîtra pas de vainqueurs, mais seulement des vaincus, s’il perdure, ne laissant derrière lui qu’un champ de ruines. Permettez-moi de vous demander de continuer à sensibiliser vos gouvernements, afin que soient fournies de façon urgente les aides indispensables pour affronter la grave situation humanitaire. Je regarde ensuite avec une vive attention vers la Terre Sainte. Suite à la reconnaissance de la Palestine comme état Observateur non Membre des Nations-Unies, je renouvelle le souhait que, avec le soutien de la communauté internationale, israéliens et palestiniens s’engagent pour une cohabitation pacifique dans le cadre de deux états souverains, où le respect de la justice et des aspirations légitimes des deux peuples sera préservé et garanti. Jérusalem, deviens ce que ton nom signifie. Cité de la paix et non de la division, prophétie du Royaume de Dieu et non message d’instabilité et d’opposition!".

"Tournant ensuite ma pensée vers la chère population irakienne, je souhaite qu’elle parcoure le chemin de la réconciliation, pour arriver à la stabilité désirée. Au Liban, où...j’ai rencontré ses diverses réalités constitutives, que la pluralité des traditions religieuses soit cultivée par tous comme une vraie richesse pour le pays, comme aussi pour toute la région, et que les chrétiens offrent un témoignage efficace pour la construction d’un avenir de paix avec tous les hommes de bonne volonté. En Afrique du Nord aussi, la collaboration de toutes les composantes de la société est prioritaire et, à chacune d’elles doit être garantie la pleine citoyenneté, la liberté de professer publiquement sa religion et la possibilité de contribuer au bien commun. J’assure tous les égyptiens de ma proximité et de ma prière, en cette période où se mettent en place de nouvelles institutions". Ensuite, en "Afrique subsaharienne, j’encourage les efforts pour construire la paix, surtout là où demeurent ouvertes les plaies des guerres et là où pèsent de graves conséquences humanitaires. Je pense particulièrement à la Corne de l’Afrique, comme aussi à l’est de la République démocratique du Congo, où les violences se sont ravivées, obligeant de nombreuses personnes à abandonner leurs maisons, leurs familles et leur cadre de vie. En même temps, je ne peux passer sous silence d’autres menaces qui se profilent à l’horizon. A intervalles réguliers, le Nigeria est le théâtre d’attentats terroristes qui font des victimes, surtout parmi les fidèles chrétiens réunis en prière, comme si la haine voulait transformer des temples de prière et de paix en autant de centres de peur et de division. J’ai ressenti une grande tristesse en apprenant que, même dans les jours où nous célébrions Noël, des chrétiens ont été tués d’une façon barbare. Le Mali est aussi déchiré par la violence et il est marqué par une profonde crise institutionnelle et sociale, qui doit susciter une attention efficace de la part de la communauté internationale. En République Centrafricaine, je souhaite que les pourparlers annoncés pour les jours qui viennent ramènent la stabilité et épargnent à la population de revivre les affres de la guerre civile".

"La construction de la paix passe toujours de nouveau par la protection de l’homme et de ses droits fondamentaux. Cette tâche, même si elle est menée avec des modalités et une intensité diverses, interpelle tous les pays et doit constamment être inspirée par la dignité transcendante de la personne humaine et par les principes inscrits dans sa nature. Parmi ceux-ci figure au premier plan le respect de la vie humaine, dans toutes ses phases. A cet égard, je me suis réjoui qu’une Résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, en janvier de l’année dernière, ait demandé la prohibition de l’euthanasie, comprise comme un meurtre volontaire, par acte ou par omission, d’un être humain en état de dépendance. En même temps, je constate avec tristesse que, en divers pays, même de tradition chrétienne, on a œuvré pour introduire ou pour amplifier des législations qui dépénalisent ou libéralisent l’avortement. L’avortement direct, c’est à dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est gravement contraire à la loi morale. Par cette affirmation, l’Église catholique ne manque pas de compréhension et de bienveillance, y compris envers la mère. Il s’agit, plutôt, de veiller afin que la loi n’en arrive pas à altérer injustement l’équilibre entre le droit à la vie de la mère et celui de l’enfant à naître, qui appartient à l’un et à l’autre de façon égale. Dans ce domaine, est également source de préoccupation le récent arrêt de la Cour inter-américaine des droits de l’homme, relatif à la fécondation in vitro, qui redéfinit arbitrairement le moment de la conception et fragilise la défense de la vie prénatale".

"L’Union Européenne a aussi besoin de représentants clairvoyants et qualifiés, pour faire les choix difficiles qui sont nécessaires pour redresser son économie et poser des bases solides pour son développement. Seuls, certains pays iront peut-être plus vite, mais, ensemble, tous iront certainement plus loin! Si l’indice différentiel entre les taux financiers constitue une préoccupation, les différences croissantes entre un petit nombre, toujours plus riche, et un grand nombre, irrémédiablement plus pauvre, devraient provoquer le désarroi. Il s’agit, en un mot, de ne pas se résigner à la dépréciation du bien-être social, alors qu’on combat celui de la finance. Investir dans l’éducation dans les pays en voie de développement de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique Latine, signifie les aider à vaincre la pauvreté et les maladies, comme aussi à réaliser des systèmes de droit équitables et respectueux de la dignité humaine. Il est certain que, pour mettre en oeuvre la justice, les bons modèles économiques ne suffisent pas, même s’ils sont nécessaires. La justice se réalise seulement s’il y a des personnes justes. Construire la paix signifie par conséquent éduquer les individus à combattre la corruption, la criminalité, la production et le trafic de la drogue, ainsi qu’à se garder des divisions et des tensions, qui risquent d’épuiser la société, en en entravant le développement et la cohabitation pacifique".

"En poursuivant notre entretien d’aujourd’hui, je voudrais ajouter que la paix sociale est aussi mise en péril par certaines atteintes à la liberté religieuse. ll s’agit parfois de marginalisation de la religion dans la vie sociale. Dans d’autres cas, d’intolérance ou même de violence envers des personnes, des symboles identitaires et des institutions religieuses. Il arrive aussi que des croyants et particulièrement des chrétiens soient empêchés de contribuer au bien commun par leurs institutions éducatives et d’assistance. Pour sauvegarder effectivement l’exercice de la liberté religieuse, il est ensuite essentiel de respecter le droit à l’objection de conscience. Cette frontière de la liberté touche à des principes de grande importance, de caractère éthique et religieux, enracinés dans la dignité même de la personne humaine. Ils sont comme les murs porteurs de toute société qui se veut vraiment libre et démocratique. Par conséquent, interdire l’objection de conscience individuelle et institutionnelle, au nom de la liberté et du pluralisme, ouvrirait paradoxalement au contraire les portes à l’intolérance et au nivellement forcé. En outre, dans un monde aux limites toujours plus ouvertes, construire la paix par le dialogue n’est pas un choix, mais une nécessité. Dans cette perspective, la déclaration conjointe entre le Président de la Conférence épiscopale polonaise et le Patriarche de Moscou, signée au mois d’août dernier, est un signe fort donné par les croyants pour favoriser les relations entre le Peuple russe et le Peuple polonais. Je désire également mentionner l’accord de paix conclu récemment aux Philippines et souligner le rôle du dialogue entre les religions pour une cohabitation pacifique dans la région de Mindanao".

Evoquant pour conclure l’encyclique Pacem in Terris de Jean XXIII, le Saint-Père a rappelé que la paix reste un mot vide de sens si elle n’est pas vivifiée et intégrée par la charité. "Celle-ci est au cœur de l’action diplomatique du Saint-Siège et, avant tout, de la sollicitude du Successeur de Pierre et de toute l’Eglise catholique. La charité ne se substitue pas à la justice niée, mais d’autre part, la justice ne supplée pas la charité refusée. L’Eglise pratique quotidiennement la charité dans ses œuvres d’assistance, dont les hôpitaux et les dispensaires, et ses œuvres éducatives, dont les orphelinats, les écoles, les collèges, les universités, ainsi qu’à travers l’assistance fournie aux populations en difficulté, particulièrement durant et après les conflits. Au nom de la charité, l’Eglise veut aussi être proche de tous ceux qui souffrent à cause des catastrophes naturelles. Je pense aux victimes des inondations dans le sud-est de l’Asie et de l’ouragan qui s’est abattu sur la côte orientale des Etats-Unis d’Amérique. Je pense aussi à ceux qui ont subi le fort tremblement de terre, qui a dévasté certaines régions de l’Italie septentrionale. Comme vous le savez, j’ai voulu me rendre sur ces lieux, où j’ai pu constater l’ardent désir avec lequel on veut reconstruire ce qui a été démoli. Je souhaite que, en ce moment de son histoire, cet esprit de ténacité et d’engagement partagé anime toute la bien-aimée nation italienne. En concluant notre rencontre, je voudrais rappeler qu’au terme du Concile Vatican II...Paul VI, adressa quelques messages qui sont toujours d’actualité, dont l’un était destiné à tous les gouvernants. Il les exhorta en ces termes: C’est à vous qu’il revient d’être sur terre les promoteurs de l’ordre et de la paix entre les hommes. Mais, ne l’oubliez pas, c’est Dieu qui est le grand artisan de l’ordre et de la paix sur la terre".

HOMMAGE A L’EGLISE MARTYRE DU CAMBODGE

Cité du Vatican, 7 janvier 2013 (VIS). A l’occasion du Congrès national de l’Eglise au Cambodge, le Saint-Père a adressé un message vidéo dans lequel il évoque "la foi, le courage et la persévérance" des pasteurs et des chrétiens sous le régime des kmers rouges. Beaucoup d'entre eux furent assassinés. Ce congrès s'est déroulé à Phnom Penh du 5 au 7 janvier, sur le thème du Concile Vatican II et l’Eglise. Voici le texte complet du message de Benoît XVI:

"C’est une grande joie pour moi de vous rejoindre par la prière et par le cœur, et de pouvoir vous adresser mon salut chaleureux alors que vous êtes rassemblés autour de vos pasteurs pour célébrer le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II et le vingtième anniversaire du Catéchisme de l’Eglise catholique. Je souhaite que la traduction en langue cambodgienne des documents conciliaires et de ce Catéchisme, que vous recevez en cette occasion, vous permette de mieux connaître l’enseignement de l’Eglise et de grandir dans la foi.

En cette Année de la foi, je vous invite à fixer votre regard sur la personne de Jésus-Christ, qui est à l’origine et au terme de notre foi, et à réaffirmer qu’il est Bonne Nouvelle pour le monde d’aujourd’hui. C’est en lui que les exemples de foi qui ont marqué notre histoire, trouvent leur pleine lumière. Aussi, me souvenant de la période de troubles qui a précipité votre pays dans les ténèbres, je voudrais souligner combien la foi, le courage et la persévérance de vos pasteurs et de tant de vos frères et sœurs chrétiens, dont beaucoup ont trouvé la mort, est un noble témoignage rendu à la vérité de l’Evangile. Et ce témoignage est devenu une force spirituelle inestimable pour reconstruire la communauté ecclésiale dans votre pays. Aujourd’hui, les nombreux catéchumènes et les baptêmes d’adultes manifestent votre dynamisme et sont un signe heureux de la présence agissante de Dieu en vous.

Chers frères et sœurs, à la suite de l’apôtre Paul, je vous exhorte à garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Soyez sûrs de la prière de vos frères et sœurs dont le sang a coulé dans les rizières! Soyez un ferment dans la pâte de votre société, en témoignant de la charité du Christ envers tous, en construisant des liens de fraternité avec les membres des autres traditions religieuses, et en marchant sur les chemins de la justice et de la miséricorde. Chers jeunes, mes amis, qui avez été baptisés ces dernières années, n’oubliez pas que l’Eglise est votre famille. Elle compte sur vous pour témoigner de la Vie et de l’Amour que vous avez découverts en Jésus. Je prie pour vous et je vous invite à être des disciples généreux du Christ.

Et vous séminaristes et prêtres cambodgiens, vous êtes le signe des germes de l’Eglise qui se construit. Votre vie offerte et votre prière sont source d’espérance, qu’elles soient aussi une invitation pour d’autres jeunes à donner leur vie comme prêtres selon le cœur de Dieu. Missionnaires, religieux, religieuses, laïcs consacrés venus des cinq continents, soyez le beau signe de la communion ecclésiale autour de vos pasteurs afin que votre fraternité, dans la diversité de vos charismes, conduise nombre de ceux que vous servez et aimez avec zèle à rencontrer Jésus Christ.

Et vous tous qui cherchez Dieu, persévérez et soyez sûrs que le Christ vous aime et vous offre sa paix! Frères et sœurs bien-aimés, pasteurs et fidèles du Cambodge, que la Vierge Marie, Notre-Dame du Mékong, dans son humilité et sa fidélité à la volonté du Seigneur, vous illumine tout au long de cette Année de la foi. Soyez sûr que je vous porte dans ma prière, et de grand cœur je vous adresse à tous une affectueuse bénédiction apostolique!".

LES ROIS MAGES, DES CHERCHEURS DE DIEU

Cité du Vatican, 6 janvier 2013 (VIS). Pour l’Epiphanie, Benoît XVI a célébré la messe en la Basilique vaticane et a consacré quatre nouveaux évêques: Mgr.Angelo Vincenzo Zani, nommé Secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, Mgr.Fortunato Nwachukwu, nommé Nonce apostolique au Nicaragua, Mgr.Georg Gänswein, nommé Préfet de la Maison Pontificale, et Mgr.Nicolas Henry Marie Denis Thevenin, nommé Nonce apostolique au Guatemala. Ceux-ci ont concélébré avec Benoît XVI ainsi que le Cardinal Tarcisio Bertone, SDB, et le Cardinal Zenon Grocholewski. L’ordination a eu lieu après la proclamation de l’Evangile et l’annonce du jour de Pâques qui sera célébré cette année le 31 mars. Dans son homélie, le Saint-Père a évoqué les rois mages disant qu’ils étaient des "chercheurs de Dieu", pour qui "la quête de la vérité était plus importante que la dérision du monde". De même, a dit le Pape, l’évêque "doit être valeureux", et "tenir tête aux critères des opinions dominantes". Voici l’homélie dans son intégralité:

"Pour l’Eglise croyante et priante, les mages d’Orient qui, sous la conduite de l’étoile, ont trouvé la route vers la crèche de Bethléem sont seulement le début d’une grande procession qui s’avance dans l’histoire. Ainsi, la liturgie lit l’évangile qui parle du cheminement des mages avec les splendides visions prophétiques...qui illustrent par des images audacieuses le pèlerinage des peuples vers Jérusalem. Comme les bergers qui, en tant que premiers hôtes auprès de l’Enfant nouveau-né couché dans la mangeoire, personnifient les pauvres d’Israël et, en général, les âmes humbles qui vivent intérieurement en étant très proches de Jésus, ainsi les hommes provenant de l’Orient personnifient le monde des peuples, l’Eglise des gentils, les hommes qui à travers tous les siècles se mettent en marche vers l’Enfant de Bethléem, honorent en lui le Fils de Dieu et se prosternent devant lui. L’Eglise appelle cette fête Epiphanie, la manifestation du divin. Si nous regardons le fait que, dès le début, les hommes de toute provenance, de tous les continents, de toutes les diverses cultures et de tous les divers modes de pensée et de vie ont été et sont en marche vers le Christ, nous pouvons vraiment dire que ce pèlerinage et cette rencontre avec Dieu dans la figure de l’Enfant est une Epiphanie de la bonté de Dieu et de son amour pour les hommes."

Selon une tradition commencée par Jean-Paul II, "nous célébrons aussi la fête de l’Epiphanie comme le jour de l’ordination épiscopale pour quatre prêtres qui, en des fonctions diverses, collaboreront désormais au ministère du Pape pour l’unité de l’unique Eglise de Jésus Christ dans la pluralité des Eglises particulières. Le lien entre cette ordination épiscopale et le thème du pèlerinage des peuples vers Jésus Christ est évident. En ce pèlerinage, l’évêque a la mission non seulement de marcher avec les autres, mais de précéder et d’indiquer la route. Dans cette liturgie, je voudrais toutefois réfléchir encore avec vous sur une question plus concrète. A partir de l’histoire racontée par Matthieu, nous pouvons certainement nous faire une certaine idée du type d’hommes qu’ont dû être ceux qui, en suivant le signe de l’étoile, se sont mis en route pour aller trouver ce Roi qui aurait fondé un nouveau type de royauté, non seulement pour Israël, mais aussi pour l’humanité entière. Quel genre d’hommes ceux-ci étaient-ils donc? Et, à partir d’eux, demandons-nous aussi si, malgré la différence d’époque et de missions, on peut percevoir quelque chose de ce qu’est l’évêque et sur la façon dont il doit accomplir sa mission."

"Les hommes qui partirent alors vers l’inconnu étaient, en tout cas, des hommes au cœur inquiet. Des hommes poussés par la recherche inquiète de Dieu et du salut du monde. Des hommes en attente qui ne se contentaient pas de leur revenu assuré et de leur position sociale peut-être reconnue. Ils étaient à la recherche de la réalité la plus grande. Ils étaient peut-être des hommes instruits qui avaient une grande connaissance des astres et qui probablement disposaient aussi d’une formation philosophique. Mais, ils ne voulaient pas seulement savoir beaucoup de choses. Ils voulaient savoir surtout l’essentiel. Ils voulaient savoir comment on peut réussir à être une personne humaine. Et c’est pourquoi, ils voulaient savoir si Dieu existe, où et comment il est, s’il prenait soin de nous et comment nous pouvons le rencontrer. Ils voulaient non seulement savoir, ils voulaient reconnaître la vérité sur nous, sur Dieu et sur le monde. Leur pèlerinage extérieur était une expression de leur cheminement intérieur, du pèlerinage intérieur de leur cœur. Ils étaient des hommes qui cherchaient Dieu et, en définitive, ils étaient en marche vers lui. Ils étaient des chercheurs de Dieu."

"Mais avec cela, nous arrivons à la question: comment doit être un homme à qui on impose les mains pour l’ordination épiscopale dans l’Eglise de Jésus Christ? Nous pouvons dire: il doit être avant tout un homme dont l’intérêt est tourné vers Dieu, car c’est seulement alors qu’il s’intéresse vraiment aussi aux hommes. Nous pourrions aussi le dire en sens inverse: un évêque doit être un homme à qui les hommes tiennent à cœur, un homme qui est touché par les situations des hommes. Il doit être un homme pour les autres. Toutefois, il peut l’être vraiment seulement s’il est un homme conquis par Dieu. Si pour lui, l’inquiétude pour Dieu est devenu une inquiétude pour sa créature, l’homme. Comme les mages d’Orient, un évêque ne doit pas aussi être quelqu’un qui exerce seulement son métier et ne veut rien d’autre. Non, il doit être pris par l’inquiétude de Dieu pour les hommes. Il doit, pour ainsi dire, penser et sentir avec Dieu. Il n’est pas seulement l’homme qui porte en lui l’inquiétude innée pour Dieu, mais cette inquiétude est une participation à l’inquiétude de Dieu pour nous. Puisque Dieu est inquiet de nous, il nous suit jusque dans la mangeoire, jusqu’à la Croix. ‘En me cherchant, tu as peiné; tu m’as sauvé par ta passion: qu’un tel effort ne soit pas vain’, prie l’Eglise dans le Dies irae. L’inquiétude de l’homme pour Dieu et, à partir d’elle, l’inquiétude de Dieu pour l’homme ne doivent pas donner de repos à l’évêque. C’est cela que nous comprenons quand nous disons que l’évêque doit être d’abord un homme de foi. Car la foi n’est pas autre chose que le fait d’être intérieurement touché par Dieu, une condition qui nous conduit sur le chemin de la vie. La foi nous introduit dans un état où nous sommes pris par l’inquiétude de Dieu et fait de nous des pèlerins qui sont intérieurement en marche vers le vrai Roi du monde et vers sa promesse de justice, de vérité et d’amour. Dans ce pèlerinage, l’évêque doit précéder, il doit être celui qui indique aux hommes le chemin vers la foi, l’espérance et l’amour."

"Le pèlerinage intérieur de la foi vers Dieu s’effectue surtout dans la prière. Saint Augustin a dit un jour que la prière, en dernière analyse, ne serait autre chose que l’actualisation et la radicalisation de notre désir de Dieu. A la place de la parole ‘désir’, nous pourrions mettre aussi la parole ‘inquiétude’ et dire que la prière veut nous arracher à notre fausse commodité, à notre enfermement dans les réalités matérielles, visibles et nous transmettre l’inquiétude pour Dieu, nous rendant ainsi ouverts et inquiets aussi les uns des autres. Comme pèlerin de Dieu, l’évêque doit être d’abord un homme qui prie. Il doit vivre être en dans un contact intérieur permanent avec Dieu; son âme doit être largement ouverte vers Dieu. Il doit porter à Dieu ses difficultés et celles des autres, comme aussi ses joies et celles des autres, et établir ainsi, à sa manière, le contact entre Dieu et le monde dans la communion avec le Christ, afin que la lumière du Christ resplendisse dans le monde."

Revenons aux mages d’Orient. Ceux-ci étaient aussi et surtout des hommes qui avaient du courage, le courage et l’humilité de la foi. Il fallait du courage pour accueillir le signe de l’étoile comme un ordre de partir, pour sortir, vers l’inconnu, l’incertain, sur des chemins où il y avait de multiples dangers en embuscade. Nous pouvons imaginer que la décision de ces hommes a suscité la dérision: la plaisanterie des réalistes qui pouvaient seulement se moquer des rêveries de ces hommes. Celui qui partait sur des promesses aussi incertaines, risquant tout, ne pouvait apparaître que ridicule. Mais pour ces hommes touchés intérieurement par Dieu, le chemin selon les indications divines était plus important que l’opinion des gens. La recherche de la vérité était pour eux plus importante que la dérision du monde, apparemment intelligent."

"Comment ne pas penser, dans une telle situation, à la mission d’un évêque à notre époque? L’humilité de la foi, du fait de croire ensemble avec la foi de l’Eglise de tous les temps, se trouvera à maintes reprises en conflit avec l’intelligence dominante de ceux qui s’en tiennent à ce qui apparemment est sûr. Celui qui vit et annonce la foi de l’Eglise, sur de nombreux points n’est pas conforme aux opinions dominantes justement aussi à notre époque. L’agnosticisme aujourd’hui largement dominant a ses dogmes et est extrêmement intolérant à l’égard de tout ce qui le met en question et met en question ses critères. Par conséquent, le courage de contredire les orientations dominantes est aujourd’hui particulièrement urgent pour un évêque. Il doit être valeureux. Et cette vaillance ou ce courage ne consiste pas à frapper avec violence, à être agressif, mais à se laisser frapper et à tenir tête aux critères des opinions dominantes. Le courage de demeurer fermement dans la vérité est inévitablement demandé à ceux que le Seigneur envoie comme des agneaux au milieu des loups. ‘Celui qui craint le Seigneur n’a peur de rien’ dit le Siracide. La crainte de Dieu libère de la crainte des hommes. Elle rend libres!"

"Dans ce contexte, un épisode des débuts du christianisme que saint Luc rapporte dans les Actes des apôtres me vient à l’esprit. Après le discours de Gamaliel, qui déconseillait la violence envers la communauté naissante des croyants en Jésus, le sanhédrin convoqua les apôtres et les fit flageller. Ensuite il leur interdit de parler au nom de Jésus et il les remit en liberté. Saint Luc continue: ‘Mais eux, en sortant du sanhédrin, repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. Et chaque jour…ils ne cessaient d’enseigner et d’annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Jésus’. Les successeurs des apôtres doivent aussi s’attendre à être à maintes reprises frappés, de manière moderne, s’ils ne cessent pas d’annoncer de façon audible et compréhensible l’Evangile de Jésus Christ. Et alors ils peuvent être heureux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour lui. Naturellement, nous voulons, comme les apôtres, convaincre les gens et, en ce sens, obtenir leur approbation. Naturellement, nous ne provoquons pas, mais bien au contraire nous invitons chacun à entrer dans la joie de la vérité qui indique la route. L’approbation des opinions dominantes, toutefois, n’est pas le critère auquel nous nous soumettons. Le critère c’est Lui seul: le Seigneur. Si nous défendons sa cause, grâce à Dieu, nous gagnerons toujours de nouveau des personnes pour le chemin de l’Evangile. Mais inévitablement nous serons aussi frappés par ceux qui, par leur vie, sont en opposition avec l’Evangile, et alors nous pouvons être reconnaissants d’être jugés dignes de participer à la Passion du Christ."

"Les mages ont suivi l’étoile, et ainsi ils sont parvenus jusqu’à Jésus, jusqu’à la grande lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Comme pèlerins de la foi, les mages sont devenus eux-mêmes des étoiles qui brillent dans le ciel de l’histoire et nous indiquent la route. Les saints sont les vraies constellations de Dieu, qui éclairent les nuits de ce monde et nous guident. Saint Paul, dans la Lettre aux Philippiens, a dit à ses fidèles qu’ils doivent resplendir comme des astres dans le monde."

"Chers amis, ceci nous concerne aussi. Ceci vous concerne surtout vous qui, maintenant, allez être ordonnés évêques de l’Eglise de Jésus Christ. Si vous vivez avec le Christ, liés à nouveau à lui dans le sacrement, alors vous aussi vous deviendrez des sages. Alors vous deviendrez des astres qui précèdent les hommes et leur indiquent le juste chemin de la vie. En ce moment nous tous ici nous prions pour vous, afin que le Seigneur vous remplisse de la lumière de la foi et de l’amour. Afin que cette inquiétude de Dieu pour l’homme vous touche, pour que tous fassent l’expérience de sa proximité et reçoivent le don de sa joie. Nous prions pour vous, afin que le Seigneur vous donne toujours le courage et l’humilité de la foi. Nous prions Marie qui a montré aux mages le nouveau roi du monde, afin qu’en mère affectueuse, elle vous montre aussi Jésus Christ et vous aide à être des hommes qui indiquent la route qui conduit à lui. Amen".

ANGELUS DE L'EPIPHANIE

Cite du Vatican, 6 janvier 2013 (VIS). A l'angélus, légèrement retardé par la messe qu'il a célébré en la Basilique vaticane, et au cours de laquelle il a notamment consacré évêque Mgr.Georg Gänswein, Benoît XVI a évoqué la solennité de l'Epiphanie, la manifestation du Seigneur aux gentils. A cause du calendrier julien, les Eglises orientales fêtent aujourd'hui Noël, et "cette superposition de dates souligne qye l'enfant né dans la grotte de Bethléem est la lumière du monde qui guide la marche des peuples... A Noël, devant Jésus, nous voyons la foi de Marie, de Joseph et des bergers, et à l'Epiphanie celle des mages venu d'orient pour adorer le Roi des Juifs. Marie et son époux représentent Israël, la tige d'où selon les prophètes devait surgir le Messie. Et les mages représentent les peuples, les cultures et les religions qui sont comme en chemin vers Dieu, à la recherche de son royaume de paix, de justice, de vérité et de liberté. Le premier cercle est avant tout représenté par Marie, la fille de Sion, le noyau d'Israël, le peuple qui connaît la foi dans le Dieu qui s'est révélé dans son histoire par le biais des patriarches. Cette foi s'accomplit en Marie dans la plénitude des temps car elle est celle qui a cru, en qui le Verbe s'est fait chair, par qui Dieu est apparu au monde. Cette foi de Marie est devenu le germe et le modèle de la foi de l'Eglise, le peuple de la Nouvelle Alliance, d'un peuple qui est depuis le début universel. Ce caractère universel est exprimé par les mages qui gagnèrent Bethléem en suivant une étoile et les prescriptions de l'Ecriture". Enfin, demandant de prier pour eux, le Saint-Père a parlé des évêques qu'il venait de consacrer, en précisant que deux d'entre eux resteraient au service du Saint-Siège, tandis que les deux autres partiront le représenter comme nonces à l'étranger: "Prions pour leur ministère et afin que la lumière du Christ resplendisse sur le monde entier".

AUDIENCES

Cité du Vatican, 7 janvier 2013 (VIS). En fin d'après-midi, le Saint-Père devrait recevoir:

Mgr.Angelo Vincenzo Zani, Secrétaire de la Congrégation pour l'éducation catholique, et sa famille.

Mgr.Georg Gänswein, Préfet de la Maison pontificale, et sa famille.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 5 janvier 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Jean-Paul Gobel, Nonce apostolique en Egypte et Délégué près l’Organisation de la Ligue arabe, jusqu’ici Nonce en Iran.

Mgr.Nicolas Henry Marie Denis Thevenin, Nonce apostolique au Guatemala.

M.Antonio Chiminello, Directeur du service de comptabilité de l’Etat de la Cité du Vatican.

vendredi 4 janvier 2013

FREQUENTATION DU VATICAN EN 2012

Cité du Vatican, 4 janvier 2013 (VIS). La Préfecture de la Maison pontificale a publié les chiffres de la fréquentation du Vatican en 2012: 2.351.200 personnes ont pris part aux différentes manifestations présidées par Benoît XVI, soit 447.000 pour les audiences générales, 146.800 pour des audiences particulières, 501.400 pour les messes, et 1.256.000 pour les angélus et Regina Coeli. Ces chiffres, qui regardent les évènements du Vatican et de Castelgandolfo, ne tiennent pas compte des milliers de fidèles rassemblés lors des visites pastorales et voyages apostoliques (le Mexique et Cuba, le Liban et, en Italie, Arezzo-San Sepolcro, l’Emilie Romagne, Lorette et Milan). Ils sont établis sur la base des requêtes parvenues à la Préfecture et des estimations de présence Place St.Pierre lors des cérémonies, des messes ou des angélus. Au total, selon ces calculs, depuis le début du pontificat de Benoît XVI en 2005, 20.544.970 personnes ont participé aux rencontres avec Benoît XVI.

jeudi 3 janvier 2013

LE CARDINAL POUPARD, ENVOYE SPECIAL DU PAPE A LYON

Cité du Vatican, 3 janvier 2013 (VIS). Hier, a été publiée une lettre du Saint-Père au Cardinal Paul Poupard, Président émérite du Conseil pontifical de la culture, à propos de la célébration qui conclura l’année jubilaire consacrée à la vénérable servante de Dieu Pauline Jaricot, à l’occasion du 150 anniversaire de sa mort et du 50 anniversaire du décret de l’héroïcité de ses vertus, programmée à Lyon (France), le 9 janvier.

Les membres de la mission qui accompagnera le Cardinal sont Mgr.François Duthel, Postulateur de la cause de béatification de la Servante de Dieu Pauline Jaricot, et le Père Daniel Carnot, ancien Supérieur général de la Société des missions africaines.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 3 janvier 2013 (VIS). Le Saint-Père:

-a nommé Mgr.Stephen Jensen, Evêque de Prince George (superficie 345.600; population 249.000; catholiques 54.600; prêtres 18; religieux 23), au Canada. L’évêque élu est né en 1954 à North Vancouver (Canada) et a reçu l’ordination sacerdotale en 1980. Il est Docteur en sciences de l’éducation. Il a été assistant paroissial, chapelain, curé, membre du Collège des consulteurs, Vice-Chancelier de l’archidiocèse, vicaire épiscopal pour l’éducation. Il était jusqu’à présent Vicaire général de l’archidiocèse de Vancouver. Il succède à Mgr.Gerald Wiesner dont la renonciation à la charge pastorale a été acceptée par le Saint-Père pour limite d’âge.

- a nommé Mgr.David P. Talley, Evêque auxiliaire d’Atlanta (superficie 55.521, population 6.998.599; catholiques 857.000; prêtres 228; religieux 125), aux Etats-Unis. L’évêque élu est né en 1950 à Columbus (Etats-Unis) et a reçu l’ordination sacerdotale en 1989. Il est Docteur en droit canonique. Il a été vicaire paroissial, directeur des vocations sacerdotales, chancelier, administrateur, vicaire judiciaire. Il était jusqu’à présent curé de la paroisse Sainte-Brigitte à Johns Creek (Etats-Unis).

mercredi 2 janvier 2013

BENOIT XVI: D’OU VIENT JESUS?

Cité du Vatican, 2 janvier 2012 (VIS). Au cours de la catéchèse de la première audience générale de l’année 2013 qui s’est déroulée dans la Salle Paul VI en présence de quelque 7.000 personnes, le Saint-Père a évoqué la Nativité, "une nouveauté radicale capable de changer le cours de l’histoire", et l’origine de Jésus. La naissance du Seigneur, a dit Benoît XVI, "éclaire une fois encore de sa lumière les ténèbres qui enveloppent souvent notre monde et nos coeurs, et apporte l’espérance et la joie. D'où vient cette lumière? De la grotte de Bethléem, où les bergers trouvèrent Marie et Joseph, et l'enfant étendu dans la mangeoire. Devant la Sainte Famille, une autre question plus profonde se pose: comment cet enfant petit et faible, peut avoir apporté une nouveauté radicale dans le monde au point de changer le cours de l'histoire? N'y-a-t’il pas peut-être quelque chose de mystérieux dans son origine qui va au-delà de cette grotte?".

"Dans les quatre Evangiles la réponse à la question d'où vient Jésus émerge avec clarté: sa véritable origine est le Père, Dieu. Il vient totalement de Lui, mais d'une manière différente de celle de n'importe quel prophète ou envoyé de Dieu qui l'ont précédé. Cette origine du mystère de Dieu, que personne ne connaît, est déjà contenue dans les récits d'enfance des Evangiles de Matthieu et de Luc, que nous lisons dans ce temps de Noël. L'ange Gabriel annonce: L'Esprit descendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. Celui qui naîtra sera saint et sera appelé Fils de Dieu".

"Nous répétons ces mots chaque fois que nous récitons le Credo, la profession de foi: ‘et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine’, et par l’œuvre de l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie. A cette phrase, nous nous agenouillons parce que le voile qui cachait Dieu est, pour ainsi dire, levé et son mystère insondable et inaccessible nous touche: Dieu devient l'Emmanuel, Dieu avec nous. Quand nous écoutons les messes composées par les grands maîtres de musique sacrée, je pense par exemple à la Messe du couronnement de Mozart, nous notons tout de suite l’arrêt marqué en particulier sur cette phrase, cherchant presque à exprimer par le langage universel de la musique ce que les mots ne peuvent manifester: le grand mystère de Dieu qui s'incarne, qui se fait homme".

"Cette affirmation du Credo ne fait pas référence à l'existence éternelle de Dieu, mais nous parle plutôt d'une action à laquelle prennent part les trois personnes divines et qui se réalise ‘ex Maria Virgine’. Sans elle, l'arrivée de Dieu dans l'histoire de l'humanité n’aurait pas trouvé son terme et ce qui est central dans notre profession de foi n'aurait pas eu lieu: Dieu est Dieu avec nous. Marie appartient ainsi de manière irrévocable à notre foi en Dieu qui agit, qui entre dans l'histoire. Elle se rend entièrement disponible et accepte de devenir l'habitation de Dieu".

"Parfois aussi, dans le chemin et dans la vie de foi, nous pouvons sentir notre pauvreté, notre incapacité face au témoignage que nous devons offrir au monde. Mais Dieu a justement choisi une femme vraiment humble, dans un village inconnu, dans l’une des provinces les plus reculées du grand empire romain. Même au milieu des difficultés les plus ardues que nous avons à affronter, nous devons toujours avoir confiance en Dieu, en renouvelant notre foi en sa présence et l’action dans notre histoire, comme dans celle de Marie. Rien n’est impossible à Dieu! Avec Lui notre existence marche toujours sur un terrain sûr et s’ouvre à un avenir d'espérance certaine".

"Ce qui arrive en Marie, à travers l'action de l’Esprit Saint, est une nouvelle création: Dieu, qui a appelé l'être du néant, par l'incarnation, donne vie à un nouveau début de l'humanité. Les Pères de l'Eglise parlent souvent du Christ comme du nouvel Adam, pour souligner le début de la nouvelle création avec la naissance du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie. Cela doit nous faire réfléchir sur la question de savoir comment la foi apporte aussi en nous une nouveauté forte au point de provoquer une seconde naissance. En effet, au début de la vie chrétienne, il y a le baptême qui nous fait renaître comme fils de Dieu, qui nous fait participer à la relation filiale que Jésus a avec le Père. Et je voudrais faire remarquer que le baptême se reçoit, nous sommes baptisés -c'est un passif- parce que personne n'est capable de devenir fils de Dieu par lui-même; c'est un cadeau qui est conféré gratuitement… C’est seulement si nous nous ouvrons à l'action de Dieu, comme Marie, seulement si nous confions notre vie au Seigneur comme à un ami en qui nous avons totalement confiance, que tout change, que notre vie prend un nouveau sens et un nouveau visage: celui de fils d'un Père qui nous aime et qui ne nous abandonne jamais".

"Nous avons parlé de deux éléments: l'élément premier l'Esprit sur les eaux, l'Esprit Créateur; il y a un autre élément dans les mots de l'Annonciation. L'ange dit à Marie: La puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est un rappel du nuage saint qui, pendant le chemin de l'exode, s'arrêtait sur la tente de la réunion, sur l'arche de l'alliance que le peuple d’Israël portait avec lui, et qui indiquait la présence de Dieu. Marie est donc la nouvelle tente sainte, la nouvelle arche de l'alliance: par son oui aux paroles de l'archange, Dieu reçoit un domicile dans ce monde. Celui que l'univers ne peut contenir, prend place dans le sein d'une vierge".

"Revenons à la question par laquelle nous avons commencé, celle de l'origine de Jésus, résumée par la question de Pilate: D’où es-tu? De nos réflexions, depuis le début des Evangiles, il semble clair de savoir quelle est la vraie origine de Jésus: Il est le Fils unique du Père, il vient de Dieu. Nous sommes devant ce mystère grand et bouleversant que nous célébrons en ce temps de Noël: le Fils de Dieu, l'Esprit Saint, s'est incarné dans le sein de la Vierge Marie. Et cette annonce résonne toujours nouvelle et porte en elle l’espérance et la joie dans nos coeurs, parce qu'elle nous donne chaque fois la certitude que, même si nous nous sentons souvent faibles, pauvres, incapables de faire face aux difficultés et au mal du monde, la puissance de Dieu agit toujours et c’est justement dans la fragilité qu’il accomplit des merveilles. Sa grâce est notre force", a conclu le Pape en remerciant.

LA PAIX, MANIFESTATION DE LA PATERNITE DE DIEU

Cité du Vatican, 1 janvier 2013 (VIS). Mardi, en la solennité de Marie, Mère de Dieu, huit jours après Noël, le Saint-Père a présidé la messe en la basilique St. Pierre. Ont concélébré: les cardinaux Tarcisio Bertone et Peter Kodwo Appiah Turkson, respectivement Secrétaire d’Etat et Président du Conseil pontifical Justice et Paix; Mgr.Giovanni Angelo Becciu -Substitut de la Secrétairerie d’Etat-, et Mgr.Dominique Mamberti -Secrétaire pour les relations avec les Etats-, ainsi que Mgr. Mario Toso, S.D.B, Secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix et Mgr.Beniamino Stella, Président de l’Académie ecclésiastique pontificale. On célèbre également aujourd’hui la XLVI Journée mondiale de la paix, dont le thème est "Bienheureux les artisans de paix".

Voici quelques extraits de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI:

"Bien que le monde soit malheureusement encore marqué par des foyers de tension et d’opposition causés par des inégalités croissantes entre riches et pauvres, par la prévalence d’une mentalité égoïste et individualiste qui s’exprime également au travers d’un capitalisme financier sans régulation, en plus des différentes formes de terrorisme et de criminalité, je suis persuadé que les nombreuses œuvres de paix dont le monde est riche, témoignent de la vocation innée de l’humanité à la paix. En chaque personne, le désir de paix est une aspiration essentielle qui coïncide, d’une certaine façon, avec le désir d’une vie humaine pleine, heureuse et accomplie… L’homme est fait pour la paix qui est don de Dieu. Tout ce qui précède m’a conduit à m’inspirer, pour ce message, des paroles de Jésus-Christ: Heureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu. Cette béatitude dit que la paix est à la fois don messianique et œuvre humaine… C’est la paix avec Dieu, en vivant selon sa volonté. C’est la paix intérieure avec soi-même et la paix extérieure avec le prochain et avec toute la création. Oui, la paix est le bien par excellence à invoquer comme don de Dieu et, en même temps, à construire avec effort".

"Nous pouvons nous demander: quel est le fondement, l’origine, la racine de cette paix? Comment pouvons-nous sentir en nous la paix, malgré les problèmes, les obscurités, les angoisses? La réponse nous est donnée par les lectures de la liturgie d’aujourd’hui. Les textes bibliques, surtout celui tiré de l’Evangile de Luc, qui vient d’être proclamé, nous proposent de contempler la paix intérieure de Marie, la Mère de Jésus. Pour elle s’accomplissent durant les jours où elle mit au monde son fils premier-né, tant d’événements imprévus: non seulement la naissance de son Fils, mais auparavant le voyage fatigant de Nazareth à Bethléem, le fait de ne pas trouver de place à l’auberge, la recherche d’un refuge de fortune dans la nuit; et puis le chant des anges, la visite inattendue des bergers. En tout cela, cependant, Marie ne se trouble pas, elle ne s’agite pas, elle n’est pas bouleversée par des faits qui la dépassent; elle considère simplement, en silence, ce qui arrive, le garde dans sa mémoire et dans son cœur, y réfléchissant avec calme et sérénité. C’est cela la paix intérieure que nous voudrions avoir au milieu des événements parfois tumultueux et confus de l’histoire, événements dont souvent nous ne saisissons pas le sens et qui nous déconcertent".

"Voici, chers frères et sœurs, le fondement de notre paix: la certitude de contempler en Jésus Christ la splendeur du visage de Dieu Père, d’être fils dans le Fils, et d’avoir ainsi, sur le chemin de la vie, la même sécurité que l’enfant éprouve dans les bras d’un père bon et tout puissant. La splendeur du visage du Seigneur sur nous, qui nous donne la paix est la manifestation de sa paternité; le Seigneur tourne vers nous son visage, se montre Père et nous donne la paix. C’est là le principe de cette paix profonde –la paix avec Dieu– qui est liée indissolublement à la foi et à la grâce, comme écrit saint Paul aux chrétiens de Rome. Rien ne peut ôter aux croyants cette paix, pas même les difficultés et les souffrances de la vie. En effet, les souffrances, les épreuves et les obscurités n’érodent pas mais accroissent notre espérance, une espérance qui ne déçoit pas parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné".

"Que la Vierge Marie, que nous vénérons aujourd’hui avec le titre de Mère de Dieu, nous aide à contempler le visage de Jésus, Prince de la paix. Qu’elle nous soutienne et nous accompagne en cette nouvelle année; qu’elle obtienne pour nous et pour le monde entier le don de la paix. Amen!".

LA LUMIERE DE DIEU, BENEDICTION POUR L’HUMANITE

Cité du Vatican, 1 janvier 2013 (VIS). Après la célébration de la messe en la solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, le Pape Benoît XVI a récité l’Angélus avec les fidèles réunis place St.Pierre. Avant la prière mariale, il leur a adressé quelques mots: "Bonne année à tous! En ce premier jour de 2013, j’aimerais faire parvenir à chaque homme et chaque femme du monde la bénédiction de Dieu. Je le fais avec l’ancienne formule contenue dans les Saintes Ecritures: "Que le Seigneur te bénisse et te garde. Qu’il fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce. Que le Seigneur te découvre sa face et t’apporte la paix".

"Comme la lumière et la chaleur du soleil sont une bénédiction pour la terre, ainsi est la lumière de Dieu pour l'humanité, quand il fait briller sur elle son visage. Et c’est ce qu’il s’est passé avec la naissance de Jésus Christ! Dieu a fait resplendir pour nous son visage: au début de manière très humble, cachée -à Bethléem, seuls Marie, Joseph et quelques bergers furent les témoins de cette révélation-, mais peu à peu, comme le soleil qui de l’aube amène à midi, la lumière du Christ a grandi et s'est répandue partout. Déjà dans le bref temps de sa vie terrestre, Jésus de Nazareth a fait resplendir le visage de Dieu sur la Terre Sainte; et puis, par l'Eglise animée par son Esprit, il a étendu à tous les gens l'Evangile de la paix: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté". Voici le chant des anges à Noël, et c'est le chant des chrétiens sous tous les ciels; un chant qui des cœurs et des lèvres devient des gestes concrets, des actions de l'amour qui construisent le dialogue, la compréhension et la réconciliation.

"Pour cela, huit jours après Noël, lorsque l'Église comme la Vierge Mère Marie montre au monde le nouveau-né Jésus, Prince de la paix, on célébre la Journée mondiale de la paix. Oui, cet enfant, qui est le Verbe de Dieu fait chair, est venu apporter aux hommes une paix que le monde ne peut pas donner. Sa mission est d’abattre le mur de l'inimitié. Et quand, sur les bords du lac de Galilée, il proclame ses béatitudes, on y trouve: bienheureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu. Qui sont les ouvriers de paix? Ce sont tous ceux qui, jour après jour, tentent de vaincre le mal par le bien, avec la force de la vérité, avec les armes de la prière et du pardon, avec un travail honnête et bien fait, avec la recherche scientifique au service de la vie, avec les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle. Les ouvriers de paix sont nombreux, mais ne font pas de bruit. Comme le levain dans la pâte, ils font grandir l'humanité selon le dessein de Dieu".

"Avec ce premier Angélus du nouvel an, demandons à la Vierge Marie, Mère de Dieu, de nous bénir, comme une maman bénit ses enfants qui doivent partir en voyage. Une nouvelle année, c’est comme un voyage: avec la lumière et la grâce de Dieu, qu’elle soit un chemin vers la paix pour toutes les personnes et toutes les familles, pour tous les pays et pour le monde entier".

TE DEUM: LE CHRETIEN, HOMME D’ESPERANCE

Cité du Vatican, 31 décembre 2012 (VIS). Lundi à 17h, en la Basilique vaticane, le Saint-Père a présidé les premières vêpres de la solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, suivies de l’exposition du Saint Sacrement, du chant traditionnel du Te Deum, en action de grâce pour la conclusion de l’année civile, et de la bénédiction eucharistique.

"Nous ne pouvons pas seulement nous en tenir aux informations, si nous voulons comprendre le monde et la vie; nous devons être capables de rester dans le silence, la méditation, la réflexion calme et prolongée; nous devons savoir nous arrêter pour penser. De cette manière notre âme peut trouver la guérison des blessures inévitables du quotidien, et peut descendre en profondeur dans les évènements de notre vie et du monde, et atteindre ce savoir qui lui permet d'évaluer les choses avec des yeux nouveaux. C’est surtout dans le recueillement de la conscience, où Dieu nous parle, que nous apprenons à regarder en vérité nos propres actions, y compris le mal présent en nous et autour de nous, pour commencer un chemin de conversion qui nous rende plus sages et meilleurs, davantage capables d'engendrer la solidarité et la communion, de vaincre le mal par le bien. Le chrétien est un homme d'espérance, aussi et surtout devant l'obscurité qui se trouve souvent dans le monde et qui ne dépend pas du projet de Dieu mais des choix incorrects de l'homme, parce qu'il sait que la force de la foi peut déplacer les montagnes, le Seigneur peut aussi éclairer l’obscurité la plus profonde".

L'Année de la foi que l’Eglise est en train de vivre, a poursuivi le Saint-Père, "veut susciter dans le cœur de chaque croyant une conscience plus grande que la rencontre avec le Christ est la source de la vraie vie et d'une espérance solide. La foi en Jésus permet un renouvellement constant dans le bien et nous rend capables de sortir des sables mouvants du péché et de recommencer. Dans le Verbe fait chair, il est toujours possible, de nouveau, de trouver la véritable identité de l'homme qui se découvre destinataire de l’amour infini de Dieu et qui est appelé à une communion personnelle avec Lui. Cette vérité, que Jésus Christ est venu révéler, est la certitude qui nous pousse à regarder avec confiance l’année qui commence".

"L'Eglise qui a reçu de son Seigneur la mission d'évangéliser sait bien que l'Evangile est destiné à toutes les personnes, en particulier aux nouvelles générations, pour rassasier cette soif de vérité que chacun porte dans le cœur et qui est souvent voilée par beaucoup de choses qui occupent la vie. Cet engagement apostolique est plus que nécessaire quand la foi court le danger de s'assombrir dans des contextes culturels qui en contrarient l’enracinement personnel et la présence sociale. Rome aussi est une ville où la foi chrétienne doit être toujours annoncée de nouveau et témoignée de manière crédible. D'une part, le nombre croissant de croyants d'autres religions, la difficulté des communautés paroissiales à approcher les jeunes, la diffusion de styles de vie marqués par l'individualisme et le relativisme moral et, d'autre part, la recherche chez de nombreuses personnes d'un sens pour leur existence et d'une espérance qui ne déçoive pas, ne peuvent pas nous laisser indifférents. Comme l'apôtre Paul, chaque fidèle de cette ville doit se sentir débiteur de l'Evangile devant les autres habitants!".

Le Pape a conclu son homélie en encourageant à ce qu’après le baptême de leurs enfants, "les parents soient accompagnés pour qu’ils maintiennent vivante la flamme de la foi", et que se construise "une relation de cordiale amitié avec ces fidèles qui, après avoir baptisés leurs enfants, détournés par les évènements de la vie quotidienne, ne montrent pas grand intérêt à vivre cette expérience: ils pourront expérimenter ainsi l’affection de l’Eglise qui, telle une mère empressée, se met à leurs côtés pour en favoriser la vie spirituelle". Après la cérémonie, Benoît XVI s’est rendu à la crèche installée près de l'obélisque situé au centre de la place St.Pierre.

LA FOI, DON PRECIEUX POUR LES ENFANTS

Cité du Vatican, 30 décembre 2012 (VIS). Dimanche midi, en la fête de la Sainte Famille, le Saint-Père a récité l’Angélus avec les fidèles réunis place St.Pierre. La préoccupation de Marie et Joseph pour Jésus, a dit Benoît XVI, "est celle de tout parent qui éduque un enfant; il l’introduit dans la vie et la compréhension de la réalité. Cependant aujourd’hui, je souhaite adresser une prière spéciale au Seigneur pour toute les familles du monde. En imitant la Sainte Famille de Nazareth, les parents doivent se préoccuper sérieusement de la croissance et de l’éducation de leurs enfants afin qu’ils grandissent en hommes responsables et en honnêtes citoyens sans jamais oublier que la foi est un don précieux qui doit être nourri chez les enfants, également par l’exemple personnel. Nous prions aussi pour que chaque enfant soit accueilli comme un don de Dieu, qu’il soit soutenu par l’amour de son père et de sa mère, pour pouvoir grandir comme le Seigneur Jésus en sagesse, âge et grâce devant Dieu et les hommes. Que l’amour, la fidélité et le dévouement de Marie et de Joseph, soient un exemple pour tous les époux chrétiens qui ne sont pas les amis ou les maîtres de la vie de leurs enfants, mais les gardiens de ce don incomparable de Dieu. Le silence de Joseph, homme juste, et l’exemple de Marie, qui gardait toute chose en son cœur, nous fait entrer dans le mystère de foi et d’humanité de la Sainte Famille. Je souhaite à toutes les familles chrétiennes de vivre la présence de Dieu avec le même amour et avec la même joie que la famille de Jésus, Marie et Joseph".

Le Saint-Père a salué les pèlerins espagnols et s’est adressé aussi "aux nombreux participants à l’Eucharistie célébrée à Madrid en la fête de la Sainte Famille. Que Jésus, Marie et Joseph soient un exemple de la foi qui fait briller l’amour et fortifie la vie des foyers. Par son intercession, demandons que la famille continue d’être un don précieux pour chacun de ses membres et une espérance ferme pour toute l’humanité. Et que l'allégresse de partager la vie sous la protection de Dieu, que nous avons appris enfants des lèvres de nos parents, nous pousse à faire du monde un vrai foyer, un espace de concorde, de solidarité et de respect mutuel. Ainsi, nous nous présentons à Marie, notre Mère du ciel, pour qu’elle accompagne les familles dans leur vocation d'être une forme intime d'église domestique et la cellule originaire de la société."

PRIERE AVEC LES JEUNES DE TAIZE

Cité du Vatican, 29 décembre 2012 (VIS). Ce soir, place St.Pierre, devant plus de 30.000 personnes, Benoît XVI a prié avec les participants à la 35 rencontre européenne des jeunes de Taizé qui a lieu dans la capitale italienne. De nombreuses familles ont accueilli ces jeunes venus à Rome à cette occasion. La prière s’est déroulée selon les modalités propres à la communauté de Taizé. Après les salutations du frère Aloïs, prieur de Taizé, le Saint-Père a salué les jeunes en différentes langues. “Vous êtes venus très nombreux, de toute l'Europe et aussi des autres continents, pour prier près des tombeaux des saints apôtres Pierre et Paul -a dit Benoît XVI-… La foi qui animait ces deux grands apôtres de Jésus est aussi celle qui vous a mis en route. Pendant l'année qui vient, vous voulez chercher à dégager les sources de la confiance en Dieu pour en vivre au quotidien. Je me réjouis que vous rencontriez par-là l'intention de l'année de la foi qui a commencé au mois d'octobre”.

Le Pape a rappelé qu’il y a un peu plus de soixante-dix ans, frère Roger avait fondé la Communauté de Taizé qui attire des milliers de jeunes du monde entier pour “trouver un sens à leurs vies”. C’est précisément pour les aider dans leur “marche vers le Christ”, que frère Roger a eu l’idée de commencer un “pèlerinage de confiance à travers la terre”. “Témoin infatigable de l’Evangile de paix et de réconciliation, animé par le feu d'un œcuménisme de la sainteté, frère Roger –a souligné le Saint-Père- a encouragé tous ceux qui passent par Taizé à devenir des chercheurs de communion. Je l’ai dit dès le lendemain de sa mort: nous devrions écouter de l'intérieur son œcuménisme vécu spirituellement et nous laisser conduire par son témoignage vers un œcuménisme vraiment intériorisé et spiritualisé. A sa suite, soyez tous des porteurs de ce message d'unité. Je vous assure de l'engagement irrévocable de l'Eglise catholique à poursuivre la recherche de chemins de réconciliation pour parvenir à l'unité visible des chrétiens. Et ce soir je voudrais saluer avec une affection toute particulière ceux d'entre vous qui sont orthodoxes ou protestants”.

Aujourd'hui, le Christ vous pose la question qu'il a adressée à ses disciples: Qui suis-je pour vous?... et souhaite recevoir de chacun de vous aussi une réponse qui vienne, non de la contrainte ni de la peur, mais de votre liberté profonde. C'est en répondant à cette question que votre vie trouvera son sens le plus fort… La Parole, dit la seconde lettre de Pierre, est comme une lampe brillant dans un lieu obscur, que vous faites bien de regarder jusqu'à ce que luise le jour et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs. Vous l'avez compris: si l'étoile du matin doit se lever dans vos cœurs c'est qu'elle n'y est pas toujours. Parfois le mal et la souffrance des innocents créent en vous le doute et le trouble. Et le oui au Christ peut devenir difficile. Mais ce doute ne fait pas de vous des incroyants! Jésus n'a pas rejeté l'homme de l’Evangile qui s'est écrié: Je crois! Viens au secours de mon manque de foi”, a conclu le Pape.

TELEGRAMME AU CARDINAL GIOVANNI BATTISTA RE

Cité du Vatican, 29 décembre 2012 (VIS). Benoît XVI a envoyé un télégramme de condoléances au Cardinal Giovanni Battista Re, Préfet émérite de la Congrégation pour les évêques, suite au décès de son père, M.Matteo Re, à l’âge de 104 ans.

Dans le texte, le Pape manifeste sa proximité envers la famille du Cardinal et invoque sur tous la lumière de la foi et l’espérance dans le Christ.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 2 janvier 2013 (VIS). Le samedi, 29 décembre, le Saint-Père:

-a nommé le révérend William Goh Archevêque coadjuteur de Singapour (superficie 699; population 5.000.000; catholiques 190.000; prêtres 131; religieux 152) à Singapour. L’Archevêque élu est né en 1957 à Singapour et a été ordonné prêtre en 1985. Il est licencié en théologie à l’Université grégorienne de Rome et a été vicaire paroissial, curé, professeur, formateur et recteur du Séminaire majeur de Singapour, charge qu’il remplissait actuellement.

-a érigé les diocèses de Gboko et Katsina-Ala (Nigéria) avec un territoire démembré du diocèse de Makurdi, le rendant suffragant de l’archidiocèse d’Abuja.
-a nommé Mgr.William Avenya, jusqu’ici Evêque auxiliaire de Makurdi (Nigéria) premier Evêque de Gboko (superficie 10.692; population 1.690.000; catholiques 896.860; prêtres 80; religieux 29) au Nigéria.

-a nommé le révérend Peter Iornzuul Adoboh, premier Evêque de Katsina-Ala (superficie 6.465; population 676.000; catholiques 338.497; prêtres 32; religieuses 8) au Nigéria. L’Evêque élu est né en 1958 à Tse-Kucha (Nigéria) et a été ordonné prêtre en 1984. Il a étudié la philosophie et la théologie au Séminaire majeur Saint-Augustin à Jos (Nigéria), la spiritualité à l’institut Saint-Anselme en Angleterre et à l’Ecole de théologie de Toronto au Canada. Depuis son ordination, il a été vicaire paroissial, professeur et directeur spirituel au Séminaire majeur Saint-Thomas d’Aquin à Makurdi (Nigéria), curé et doyen du doyenné d’ Adikpo (Nigéria), charge qu’il remplissait actuellement.

Le lundi, 31 décembre, le Saint-Père:

-a accepté la renonciation de Mgr.Oswaldo Brenes Álvarez à la charge pastorale du diocèse de Ciudad Quesada (Costa Rica) en conformité au can. 401 § 2 du Code de droit canonique,
-a nommé le père Egidio Turnaturi et M.Riccardo Turrini Vita, juges de la Cour d’appel de l’Etat de la Cité du Vatican.

vendredi 28 décembre 2012

ACTIVITES DU SAINT-PERE SEPTEMBRE-DECEMBRE

Cité du Vatican, 28 décembre 2012 (VIS). Voici un compte-rendu des principaux événements relatifs à l’activité du Saint-Père et du Saint-Siège, de septembre à décembre 2012.

SEPTEMBRE

4: Message du Pape pour les funérailles du Cardinal Carlo Maria Martini, SJ, Archevêque émérite de Milan (Italie), décédé le 31 août, à 85 ans.

10: Visite Ad Limina de la Conférence épiscopale de Colombie (deuxième groupe).

14-16: Voyage apostolique au Liban.

14: Publication de l'Exhortation apostolique post-synodale "Ecclesia in Medio Oriente", à Beyrouth (Liban).

18: Nomination des pères synodaux de la XIII Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques, (7-28 octobre 2012), sur la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne.

20: Décès du Cardinal Fortunato Baldelli, Grand Pénitencier émérite, à l’âge de 77 ans.

21: Visite Ad Limina de la Conférence des évêques de France (premier groupe).

25: Rencontre organisée à Assise par le Conseil pontifical de la culture et l’association Oicos Riflessioni, pour le dialogue entre croyants et non-croyants.


OCTOBRE

4: Visite pastorale à Lorette (Italie), à l’occasion du 50 anniversaire du voyage du bienheureux Jean XXIII.

5: Décret de la Pénitencerie apostolique concédant aux fidèles l'indulgence plénière durant l'Année de la Foi (11 octobre 2012 - 24 novembre 2013).

7-28: XIII Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques sur la nouvelle évangélisation.

8: Proclamation des Docteurs de l’Église saint Jean d’Avila et sainte Hildegarde de Bingen au cours de la messe d’ouverture de la XIII Assemblée générale du Synode des Évêques.

8: Prise de possession par SB le Cardinal Lucian Muresan, Archevêque Majeur de Fagaras si Alba Iulia des Roumains, du titre de Saint Athanase.

10: Introduction de l'arabe parmi les langues résumant la catéchèse des audiences générales.

11: Ouverture de l'Année de la foi.

14: Prise de possession par le Cardinal Timothy Michael Dolan, Archevêque de New York (USA), du titre de Notre-Dame de Guadalupe.

14: Prise de possession par le Cardinal George Alencherry, Archevêque Majeur de Ernakulam Angamaly des Syro-Malabares, du titre de Saint-Bernard aux Thermes.

18: Lettres de créance de M.Carl-Henri Guiteau, nouvel Ambassadeur de Haïti, à Mgr.Dominique Mamberti, Secrétaire pour les rapports avec les états.

20: Prise de possession par le Cardinal Julien Ries, de la diaconie Saint-Antoine de Padoue.

20: Remise du prix Ratzinger 2012 au philosophe Rémi Brague et au patrologue Brian E. Daley.

21: Messe et canonisation de sept nouveaux saints: Jacques Berthieu, Pedro Calungsod, Giovanni Battista Piamarta, María Carmen Sallés y Barangueras, Marianne Cope, Kateri Tekakwitha et Anna Schäffer.

23: Prise de possession par le Cardinal Thomas Christopher Collins, Archevêque de Toronto (Canada), du titre de Saint-Patrick.

25: Prise de possession par le Cardinal Edwin Frederick O'Brien, Grand Maître de l'Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, de la diaconie de Saint-Sébastien, à Rome.

29: Message pour la Journée mondiale des migrants et des réfugiés (13 janvier) sur les migrations comme pèlerinage de foi et d'espérance, daté du 12 octobre 2012.

31: Vêpres présidées par Benoît XVI dans la Chapelle Sixtine, à l'occasion des 500 ans de l'inauguration de la voûte peinte par Michel-Ange entre1508 et 1512.


NOVEMBRE

10: Institution de l'Académie pontificale de latinité, dépendant du Conseil pontifical pour la culture (Motu Proprio "Latina Lingua").

12: Visite à la maison d'accueil de la Communauté de Sant'Egidio, à l'occasion de l'Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité entre les générations.

16: Message pour la XXVIII Journée mondiale de la Jeunesse 2013 (Rio de Janeiro, Brésil, juillet 2013).

17: Visite Ad Limina de la Conférence des Évêques de France (deuxième groupe).

20: Présentation à la presse internationale du livre "L'enfance de Jésus", troisième volume de la trilogie "Jésus de Nazareth".

24: Consistoire ordinaire public pour la création de six nouveaux cardinaux.

30: Visite Ad Limina de la Conférence des Évêques de France (troisième groupe).

DECEMBRE

1: Publication du Motu Proprio sur “Le service de la charité”, daté du 11 novembre 2012.

9: Inauguration du Congrès international Ecclesia in America concernant l’Église sur le continent américain.

12: Entrée du Pape sur Twitter avec une bénédiction.

13: Lettres de créance d'Ambassadeurs non résidents: M.Bizwayo Newton Nkunika (Zambie); M.Chalermpol Thanchitt (Thaïlande); M.Ravinatha Pandukabhaya Aryasinha (Sri Lanka); M.Wafic Rida Said (Saint Vincent et Grenadines); Mme.Aminatou Batouré Gaoh (Niger) et M.Ibrahima Sory Sow (Guinée).

16: Visite pastorale à la paroisse romaine Saint-Patrick.

17: Le Saint Père a reçu en audience Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité de la Palestine.

17: Le Saint-Siège et la République de Chine ont achevé les procédures nécessaires pour l’entrée en vigueur de l’Accord entre la Congrégation de l’Education Catholique et le Ministère de l’Éducation de la République de Chine sur la collaboration dans le domaine des études supérieures et la reconnaissance des études, diplômes et maitrises.

22: Benoît XVI concède la grâce à Paolo Gabriele.


INTENTIONS DE PRIERE POUR JANVIER 2013

Cité du Vatican, 28 décembre 2012 (VIS). L'intention de prière générale de Benoît XVI pour janvier 2013 est: "Pour qu’en cette “année de la foi”, les chrétiens puissent approfondir la connaissance du mystère du Christ et témoigner avec joie de leur foi”.

Son intention missionnaire est: “Pour que les communautés chrétiennes du Moyen‐Orient reçoivent du Saint‐Esprit la force de la fidélité et de la persévérance, particulièrement lorsqu’elles sont discriminées”.


Copyright © VIS - Vatican Information Service