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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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lundi 11 février 2013

BENOIT XVI RENONCE AU PONTIFICAT SUPREME

Cite du Vatican, 11 février 2013 (VIS). Peu après 11 h 30' heure de Rome, à la conclusion du consistoire pour les nouvelles causes de canonisation, Benoît XVI a repris la parole. S'adressant aux Cardinaux présents, il a annoncer sa décision de renoncer au pontificat suprême. Voici la traduction officielle du texte, daté d'hier dimanche, lu en latin par le Saint-Père: "Frères très chers, je vous ai également convoqués à ce consistoire...pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise".

"Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, dans la souffrance et la prière. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi au point que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié".

"C’est pourquoi, parfaitement conscient de la gravité de lacte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de l'apôtre Pierre, qui m’a été confié par le biais des Cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de Saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire".

"Du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Eglise de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Eglise de Dieu par une vie consacrée à la prière".

LA SOLIDARITE DU SACRE COLLEGE

Cite du Vatican, 11 février 2013 (VIS). Au nom des Cardinaux présents, le Cardinal Doyen a tenu à réagir à l'annonce du Pape: "c'est avec stupeur et incrédulité que nous venons de l'écouter. Vos paroles étaient remplies de tout l'attachement que vous avez toujours porté à l'Eglise, à la sainte Eglise de Dieu que vous aimez tant. Permettez moi de dire pour ce cénacle apostolique comme au nom de tous vos collaborateurs que nous vous sommes plus que jamais proches, comme nous l'avons été au long de ces huit années d'un pontificat lumineux".

"Je me souviens du 19 avril 2005, lorsque je vous ai demandé à l'issue du conclave su vous acceptiez votre élection canonique au pontificat suprême, et de acceptation à la grâce du Seigneur et sous les auspices de Marie, la mère de l'Eglise. Ce jour ci, comme elle, vous avez dit oui et ouvert ce beau pontificat dans la continuité de l'histoire de l'Eglise dont vous avez tant parlé, et dans le sillage de vos 265 prédécesseurs...de l'apôtre Pierre, le simple pêcheur de Galilée, jusqu'aux grands Papes du siècle passé, de saint Pie X au bienheureux Jean-Paul II".

"Très Saint-Père, avant le 28 février, jour que vous avez fixé pour terme d'un ministère pétrinien fait de tant d'amour et accompli avec tant d'humilité, nous aurons l'occasion de mieux vous exprimer notre attachement, à l'instar de tant de pasteurs et de fidèles, de tant de personnes de bonne volonté et de responsables de par le monde. Et puis nous aurons encore la joie d'entendre votre voix de père et de pasteur ce mercredi des Cendres, le lendemain lors de la rencontre avec le clergé romain, aux prochains angélus dominicaux".

"Ceci dit, votre mission se poursuivra puisque vous nous avez assurés de votre proximité et de votre témoignage dans la prière. Comme les étoiles du ciel, celle de votre pontificat continuera donc à briller parmi nous. Nous restons près de vous et attendons votre bénédiction".

PRESENTATION A LA PRESSE DE LA RENONCIATION PAPALE

Cite du Vatican, 11 février 2013 (VIS). En débit d'après-midi près la Salle de Presse du Saint Siège, le P.Federico Lombardi, SJ, a fait un exposé de la situation avant de répondre aux journalistes. Voici les moments principaux de l'intervention du Directeur: "Dans sa déclaration, le Pape précise avoir pris en compte un contexte particulièrement frénétique et rapide, où la quantité des événements et des problèmes nécessitent une plus grande vigueur que par le passé, une vigueur qu'il a vu diminuer ces derniers mois. La phrase où il se dit parfaitement conscient de sa décision est importante. Il déclare formellement renoncer au ministère d'Evêque de Rome et de Successeur de Pierre, dans le respect du droit. Le canon 332,2 du CIC dit qu'en cas de renonciation, l'acte est valide si elle est consentie librement et manifestée selon les formes. Il n'est pas besoin que qui que ce soit l'accepte. Les deux conditions sont donc la liberté et la manifestation publique, en l'occurrence un consistoire public. Benoît XVI conserve la plénitude de ses fonctions jusqu'au 28 février à 20 h, heure à laquelle s'ouvre la vacance du siège apostolique, selon les normes de la constitution apostolique Universi Domini Gregis de Jean-Paul II".

"La déclaration du Saint-Père est cohérente avec ce qu'il avait dit dans le livre interview intitulé La lumière du monde. Le journaliste Peter Seewald lui avait posé deux questions sur une perspective de renonciation à la papauté à cause d'une situation délicate du pontificat. Benoît XVI avait répondu ne pas l'envisager parce que, avait-il dit, on ne peut fuir devant le danger. Ce n'était pas selon lui le moment de s'en aller devant la crise des abus sexuels du clergé. Dans une telle situation il convenait de résister pour surmonter la difficulté. Telle était sa pensée. Un Pape ne pourrait se retirer que dans un climat serein, ou s'il ne réussit plus à accomplir ses fonctions correctement, non face au danger dans l'espoir que d'autres s'en chargent... La seconde question était: Peut on imaginer un cas dans lequel vous pourriez estimer opportun de que le Pape se retire. Benoît XVI avait répondu: Oui, s'il parvient à la claire conclusion de ne plus être en mesure d'accomplir le devoir qui lui a été confié, physiquement, intellectuellement et spirituellement. Il aurait alors le droit et probablement aussi le devoir de renoncer à ses fonctions".

"Avec le début de la Sede Vacante, le Pape gagnera d'abord Castelgandolfo. Puis, lorsque seront achevés les travaux d'aménagement en cours, il s'installera dans l'ancien couvent des soeurs de clôture des jardins vaticans. Tout le monde a accueilli l'annonce papale avec admiration. C'est la preuve d'un grand courage, de sa liberté d'esprit, d'une grande conscience de ses responsabilités. Par son pontificat, Benoît XVI a montré sa sollicitude pour les problèmes qui se posent à l'Eglise et au monde".

En principe, le 1 mars débutera l'iter portant à l'élection du nouveau Pape. La date de convocation du conclave n'est pas encore connue, mais comme il n'y aura pas les Novendiales (offices pour le Pontife défunt et ses funérailles), ce qui permet de penser que le successeur de Benoît XVI sera élu pour Pâques. Benoît XVI n'aura aucun rôle dans le conclave de mars 2013, ni dans la gestion de l'Eglise durant la vacance du siège apostolique. La Constitution apostolique ne prévoit d'ailleurs aucune rôle pour le Pape qui s'est retiré.

RETOUR AU 19 AVRIL 2005

Cite du Vatican, 11 février 2013 (VIS). Il y aura bientôt huit ans, le 19 avril 2005, Cardinal Joseph Ratzinger, Doyen du Sacré Collège, fut élu Souverain Pontifie. Le 264 Successeur de l'Apôtre Pierre prit le nom de Benoît XVI.

A 18 h 43', après l'apparition de la fumée blanche, le Cardinal Protodiacre Jorge Arturo Medina Estévez annonça depuis la loggia centrale de la Basilique vaticane:

Annuntio vobis gaudium magnum;
habemus Papam:
Eminentissimum ac Reverendissimum Dominum,
Dominum Josephum
Sancatae Romanae Ecclesiae Cardinalem Ratzinger
qui sibi nomen imposuit Benedictum XVI

C'est avec une grande joie que je vous annonce que
nous avons un Pape,
Le très éminent et très révérend Seigneur Joseph,
Cardinal, de la Sainte Eglise de Rome, Ratzinger
Qui s'est imposé le nom de Benoît XVI.

Le Conclave ayant conduit à l'élection de Benoît XVI s'était ouvert la veille, lundi, en la Chapelle Sixtine après l'Extra Omnes intimé à 17 h 25' par le Maître des Cérémonies et le serment des 115 Cardinaux électeurs. Une première fumée noire était apparue dès 20 h 04'.

Le matin du mardi 19, la seconde fumée noire est sortie à 11 h 52'. Puis la fumée blanche est apparue sur le toit de la Sixtine à 17 h 50'. A 18 h 48', précédé de la croix processionnelle, le Pape Benoît XVI est apparu à la loggia centrale. Avant de prononcer la bénédiction Urbi et Orbi, il a salué la foule rassemblée Place-St.Pierre et dans la Via della Conciliazione: "Chers frères et soeurs, après le grand Pape Jean-Paul II, les Cardinaux m'ont élu moi, un humble et simple ouvrier de la Vigne du Seigneur. Je suis consolé de savoir que le Seigneur sait oeuvrer et agit aussi avec des instruments insuffisants. Et avant tout, je m'en remets à vos prières. Dans la joie du Seigneur ressuscité, confiants dans son aide permanente, nous devons aller de l'avant. Le Seigneur nous aidera et Marie sa Mère sera avec nous. Merci".


COMPOSITION DU CONCLAVE

Cite du Vatican, 11 février 2013 (VIS). Le conclave qui élira le successeur de Benoît XVI sera régi par l'Ordo Rituum Conclavis de la Constitution apostolique Universi Dominici Gregis, en son paragraphe 27. Le Cardinal Camerlingue, qui préside aux sorts de l'Eglise durant la vacance du siège apostolique est le Cardinal Tarcisio Bertone, nommé par Benoît XVI le 4 avril 2007. Les Cardinaux électeurs européens sont 61, latino-américains 19, nord-américains 14, africains 11, asiatiques 11, pour 1 seul provenant de l'Océanie. Ces chiffres peuvent encore varier en fonction de la date d'entrée en conclave, car le Cardinal Walter Kasper atteindra ses 80 ans le 5 mars. Le plus grand groupe est celui des Cardinaux italiens (21). Benoît XVI a créé 67 Cardinaux, les 50 restants étant de son prédécesseur. Le 28 février prochain, les 117 Cardinaux votants logeront reclus dans la Domus S.Marthae du Vatican, par décision de Jean-Paul II, d'où ils gagneront la Chapelle Sixtine pour les votes. Durant tout le conclave ils sont absolument coupés du monde extérieur. Quant au poêle de la chapelle, il fonctionnera selon le système ancestral pour annoncer l'issue des votes.

vendredi 8 février 2013

CONFERENCE SUR LE TRAITE DE L'ELYSEE

Cite du Vatican, 8 février 2013 (VIS). Au nom du Pape, le Cardinal Secrétaire d'Etat a fait parvenir hier un message à la conférence qui se tient près l’Université pontificale grégorienne à l’occasion du cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée, organisée par les ambassades de France et d’Allemagne près le Saint-Siège ("Cinquante années d’amitié franco-allemande au service de l’Europe. L’Union Européenne, un modèle pour d’autres réconciliations?"). Le Cardinal Tarcisio Bertone y écrit notamment que la commémoration d’une étape importante de réconciliation et de compréhension entre français et allemands, rappelle aussi "l’engagement personnel des pères du traité, Charles De Gaulle et Konrad Adenauer. Déjà avant la signature du traité, les deux grands protagonistes de l’Europe d’après guerre, avec leur participation à une messe de réconciliation en la cathédrale de Reims, soulignèrent que la politique se fonde sur des principes qu’elle ne peut pas se donner à elle-même. La loi morale naturelle, inscrite par le Créateur dans le cœur de l’homme, les valeurs et les droits humains modelés par l’Evangile constituent le fondement d’une politique qui se met vraiment au service de la justice et de la paix, ainsi que du progrès de la famille humaine tout entière. C’est sur ce fondement qu’à l’avenir l’action politique devra aussi se construire, afin que tout ce qui a été atteint ensemble ne soit pas sapé par de nouveaux défis et par des intérêts particuliers aveugles, ou ne soit pas non plus abandonné. La paix est une tâche qui dure et qui doit toujours être accomplie à nouveau". C'est dans ces sentiments que le Saint-Père invoque sur les participants, ainsi que sur la France et l’Allemagne, la protection divine pour un avenir de paix et de liberté de toute l’Europe. Parmi les participants, Mme.Annegret Kramp-Karrenbauer, Ministre Président du Land de Sarre et Chargée des relations franco-allemandes, M.Michel Barnier, Commissaire européen pour le marché intérieur et les services financiers, M.Jacques Santer, ancien Président de la Commission européenne.

DECES DU CARDINAL CHELI

Cite du Vatican, 8 février 2013 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir un télégramme de condoléances à l'Evêque d'Asti (Italie), à la suite du décès, à 94 ans, du Cardinal Giovanni Cheli, Président émérite du Conseil pontifical pour la pastorale des migrations. Il y rappelle sa carrière de Curie, son service en Secrétairerie d'Etat, puis ses fonctions d'Observateur près les Nations-Unies, et enfin sa présidence du Conseil pour la pastorale des migrations. Il laisse également le souvenir d'une existence entièrement vécue à l'enseigne de sa vocation sacerdotale, attentive aux besoins des fidèles et en particulier à la formation chrétienne de la jeunesse. La messe de funérailles du Cardinal Cheli sera présidée par le Cardinal Doyen, demain à 17 h à l'autel de la Cathedra de la Basilique vaticane.

AUDIENCES

Cité du Vatican, 8 février 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audiences séparées:

Le Cardinal Willem Jacobus Eijk, Archevêque d'Utrecht (Pays-Bas).

Dix prélats de la Conférence épiscopale du Latium (Italie), en visite Ad Limina:

Mgr.Vincenzo Pelvi, Ordinaire militaire.

Mgr.Vincenzo Apicella, Evêque de Velletri-Segni.

Mgr.Marcello Semeraro, Evêque d'Albano.

Mgr.Gino Reali, Evêque de Porto-Santa Rufina.

Mgr.Ernesto Mandara, Evêque de Sabina-Poggio Mirteto.

Mgr.Domenico Sigalini, Evêque de Palestrina.

Mgr.Mauro Parmeggiani, Evêque de Tivoli.

Mgr.Raffaello Martinelli, Evêque de Frascati.

Dom Mauro Meacci, OSB, Abbé de l'abbaye territoriale de Subiaco.

Le P.Emiliano Fabbricatore, OSBI, Archimandrite et Exarque de l'abbaye territoriale de Grottaferrata.

Le Cardinal Angelo Sodano, Doyen du Sacré Collège.


AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 8 février 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Michele Pennisi, Archevêque de Monreale (superficie 1.509, population 233.010, catholiques 229.892, prêtres 134, diacres 7, religieux 190), en Italie. Jusqu'ici Evêque de Piazza Armerina (Italie), il succède à Mgr.Salvatore Di Cristina, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

jeudi 7 février 2013

CULTURE ET PASTORALE DE LA JEUNESSE

Cite du Vatican, 7 février 2013 (VIS). A l'occasion de leur assemblée plénière, consacrée aux cultures émergentes parmi les jeunes, le Pape a reçu le Conseil pontifical pour la culture, qu'il a salué pour son apport "à l'action de l'Eglise auprès de la jeunesse. La jeunesse est une réalité complexe qu'on ne saurait limiter à un univers culturel homogène". Il s'agit plutôt d'un horizon "caractérisé par une pluralité de visions, de perspectives de de stratégies". Or on enregistre dans la société un climat d'instabilité diffuse. "L'incertitude et la fragilité de nombre de jeunes les pousse souvent à la marginalité, les rendant presque invisibles et absents dans les mécanismes socio-culturels... La sphère affective et émotionnelle est fortement marquée par ce climat, qui s'exprime notamment par des phénomènes apparemment contradictoires comme la mise en spectacle de la vie privée ou un repli individualiste voire narcissique... La dimension religieuse, la foi et l'appartenance à l'Eglise sont souvent vécues comme une affaire privée. Certes les manifestations positives ne manquent pas, comme le volontariat ou des expériences de foi profonde et sincère. Un peu partout dans le monde, on "enregistre des efforts pour bâtir une société respectueuse de la liberté et de la dignité de tous, des petits et des faibles avant tout. Réconfortants, ils aident à dresser un tableau précis et objectif des cultures émergentes dans la jeunesse. On ne saurait se contenter de lire les comportements culturels des jeunes à l'aide de critères préfixés devenus des lieux communs, ou de les analyser à l'aide de méthodes dépassés qui partent de catégories culturelles obsolètes. Nous sommes en présence d'une réalité complexe mais fascinante qui doit être comprise en profondeur et abordée avec empathie. Il faut savoir en identifier axes et développements". Avec leurs expressions culturelles et leurs attentes, beaucoup de jeunes dans le Tiers Monde sont "un défi lancé à la société globale de la consommation, à la culture des privilèges acquis par un petit nombre d'occidentaux. Ces cultures émergentes sont d'autant plus importantes qu'elles révèlent un appel à l'aide ou une provocation que l'Eglise comme la société ne sauraient ni ignorer ni négliger".

Puis Benoît XVI a rappelé avoir plusieurs fois parlé d'alarme éducative, qui intéresse "plusieurs dimensions de la personne et de ses relations fondamentales...comme les difficultés d'emploi, de fidélité face aux responsabilités. Il s'agit pour l'avenir du monde et de l'humanité d'un appauvrissement qui n'est pas seulement socio-économique mais avant tout spirituel. Sans espérance, les jeunes n'avanceraient pas et n'entreraient pas dans les dynamiques de l'histoire, avec leur vitalité et leur capacité d'anticipation. On se retrouverait dans un monde replié sur lui même, sans confiance en soi ni regard positif sur le lendemain. Conscients de tant de problèmes, qui touchent aussi à la foi et à l'appartenance à l'Eglise, nous devons renouveler notre confiance dans la jeunesse et réaffirmer l'intérêt que l'Eglise porte à sa condition et à ses modes culturels. L'Eglise doit en faire des points incontournables de son action pastorale... Confiante dans les jeunes et dans leur énergie, l'Eglise place en eux ses espoirs. Elle a besoin de leur vitalité pour continuer avec un nouvel élan la mission que le Christ lui a confiée. J'espère donc vivement que l'Année de la foi soit également pour les jeunes une occasion de redécouvrir et renforcer leur amitié avec le Christ, de qui vient la joie et l'enthousiasme nécessaires à la transformation des cultures et des sociétés".

AUDIENCE A LA FRATERNITE ST.CHARLES BORROMEE

Cite du Vatican, 7 février 2013 (VIS). Hier, le Saint-Père a brièvement reçu les membres de la Fraternité sacerdotale St.Charles Borromée, une société de vie apostolique née du mouvement Communion et Libération et fondé avant d'être prêtre Mgr.Massimo Camisasca, aujourd'hui Evêque de Reggio Emilia-Guastalla (Italie). Etaient présents l'Abbé Paolo Sottopietra, supérieur de la Fraternité, et l'Abbé Julián Carrón, Président de CL. Evoquant le défunt fondateur, Benoît XVI a rappelé "sa foi, sa joie, sa force et la richesse de ses idées, sa créativité dans la foi. Une amitié est née entre nous et grâce à lui j'ai mieux connu la communauté... J'ai également connu Massimo Camisasca, avec qui nous avons discuté de tant de choses. J'ai connu sa créativité artistique, sa capacité à voir et interpréter les signes des temps, sa grande compétence de prêtre éducateur... C'est donc bien de voir grandir une fraternité sacerdotale dans l'esprit de saint Charles Borromée qui demeure un modèle de grand pasteur, stimulé par l'amour du Christ et attentif aux petits qu'il aime en faisant croître la foi et grandir l'Eglise. Votre société est désormais solide et elle suscite des vocations. Mais il y a besoin d'ouverture afin de trouver, d'accompagner, d'aider et guider ces vocations vers la maturité. De ce grand effort de formation je remercie Mgr.Camisasca. L'éducation est plus que jamais fondamentale pour la croissance de la vérité, pour la croissance de notre conscience d'être fils de Dieu et frères du Christ".

AUDIENCES

Cité du Vatican, 7 février 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audiences séparées:

Mme.Annegret Kramp-Karrenbauer, Ministre Président du Land de Sarre (Allemagne).

Le Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

mercredi 6 février 2013

UNE CLEF POUR COMPRENDRE LE MONDE

Cité du Vatican, 6 février 2013 (VIS). Le Saint-Père a consacré la catéchèse de la l'audience générale au symbole de la foi, en commentant le titre de Créateur du ciel et de la terre fourni par la Genèse: Dieu, qui est l'origine de toute chose, a-t-il rappelé, "déploie sa toute puissance de père aimant dans la beauté de la création...et prend soin de ses créature avec une fidélité qui ne se dément jamais. La création permet de connaître et reconnaître la toute puissance et la bonté du Seigneur. Elle est un appel à la foi des croyants pour qu'ils annoncent que Dieu est créateur... C'est dans l'Ecriture qu'à la lumière de la foi l'intelligence humaine peut trouver la clef de compréhension du monde". Le premier livre de la Genèse est consacré à la création du monde. "Tout ce que Dieu a créé est beau et bon, rempli de sagesse et d'amour. Son oeuvre créative apporte ordre, harmonie et beauté, et la Genèse montre que Dieu créé par la parole. Dix fois trouve-t-on la phrase: Et Dieu dit... La vie naît et le monde existe parce que tout obéit à la parole divine. Parler de création a-t-il encore un sens aujourd'hui, face à la science?... La Bible, qui n'est pas un manuel de sciences naturelles, sert à comprendre la vérité des choses...c'est à dire que le monde n'est pas un simple ensemble de forces contraposées mais qu'il trouve origine et stabilité dans le Logos, dans la raison éternelle de Dieu qui soutient l'univers. Il existe un dessein sur le monde qui naît de cette raison et de l'esprit créateur".

"Au sommet de la création, il y a l'homme, le seul être capable de connaître et aimer son créateur". Le troisième livre de la Genèse permet "de savoir quel est le projet de Dieu envers l'homme, façonné à partir de la boue. Ce qui signifie que nous ne sommes pas Dieu, que nous ne nous sommes pas faits par nous mêmes, que nous venons de la bonne terre oeuvre du créateur... Au-delà des catégories de l'histoire et de la culture, au-delà de toute différence sociale, nous constituons une seule humanité réalisée à partir de la seule argile de Dieu...qui a insufflé son esprit sur un corps modelé d'argile". Chacun de nous est porteur de ce souffle vital divin. Etant placés sous la protection spéciale de Dieu, "la dignité humaine est inviolable . Elle échappe ainsi à toute tentative de juger la personne selon des critères de pouvoir. Toujours dans la Genèse, "on trouve deux images importantes: le jardin contenant l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et le serpent. Le premier indique que le lieu où Dieu a placé l'homme n'est pas une forêt sauvage mais un lieu ordonné et protecteur. Ainsi l'homme doit-il reconnaître que le monde n'est pas une propriété qu'il peut saccager ou exploiter mais un cadeau du créateur...devant être cultivé dans le respect et l'harmonie, selon la logique et le dessein de Dieu... Le serpent fait soupçonner que l'alliance avec Dieu soit une soumission privant l'homme de la liberté comme des plus belles choses de la vie. Or il existe la tentation de bâtir seuls ce monde sans accepter le fait d'être des créatures, Dieu étant vu comme un poids dont il faudrait se libérer. Si la rapport avec Dieu est faussé, si sa place n'est pas respectée, tout est altéré. L'autre devient un rival et une menace. Après avoir cédé à la tentation, Adam accusa Eve de tout".

"Le péché génère le péché et tous les péchés de l'histoire sont liés. C'est un point qui oblige à parler du péché originel. Quelle est sa réalité? Est-ce difficile à comprendre?... Il faut avant tout se souvenir qu'aucun homme n'est clos en lui même... Tous nous recevons la vie de l'autre, chaque jour et pas seulement dans la naissance. L'être humain implique" la relation à autrui. Le rapport d'amour avec Dieu se reflète dans celui aux autres. "Le péché est la privation ou la destruction de la relation avec Dieu en se mettant soi-même à sa place, ce qui détruit ou compromet ce rapport fondamental. Le péché détruit tout cela. "Si la structure relationnelle de l'humanité est faussée à la base, l'individu entre dans un monde instable, troublé par le péché qui le marque lui même. Le péché originel blesse et réduit la nature humaine. Or l'homme ne peut se sauver ni se racheter par lui même car seul le Créateur est en mesure de rétablir de justes relations... Ceci advient en Jésus-Christ, qui accomplit le parcours inverse de celui d'Adam... Alors qu'Adam ne reconnaît pas son statut d'être créé et entend prendre la place de Dieu, Jésus, le Fils de Dieu, est en parfaite harmonie filiale avec le Père. En s'abaissant il est devenu le serviteur et a parcouru la voie de l'amour en s'humiliant jusqu'à la mort sur la croix. Ainsi a-t-il pu rétablir l'ordre et le juste rapport de l'homme avec Dieu. La Croix est devenue le nouvel arbre de la vie... Vivre de la foi signifie reconnaître la grandeur de Dieu et admettre notre petitesse, notre condition de créatures, en laissant Dieu nous envelopper de son amour. Avec son poids de malheur et de souffrance, le mal est un mystère qui doit être à la lumière de la foi, qui seule nous assure pouvoir en être libérés".

INTENTIONS DE PRIERE POUR FEVRIER

Cité du Vatican, 6 février 2013 (VIS). L'intention de prière générale de Benoît XVI pour février est: "Pour que les familles de migrants, les mères en particulier, soient soutenues et accompagnées dans leurs difficultés".

Son intention missionnaire est: "Pour que ceux qui souffrent de guerres et de conflits soient les protagonistes d’un futur de paix".

AUDIENCES

Cité du Vatican, 6 février 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audience les participants à l'assemblée générale de la Fraternité sacerdotale St.Charles Borromée.


AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 6 février 2013 (VIS). Le Saint-Père a:

Erigé en diocèse, avec les mêmes caractéristiques, la prélature territoriale de Cametá (Brésil).

Nommé Mgr.Jesús María Cizaurre Berdonces, OAR, premier Evêque de Cametá (Brésil), jusqu'ici Prélat de cette même circonscription.

Nommé l'Abbé Valdir Mamede, Auxiliaire de l'Archevêque de Brasília (Brésil). L'Evêque élu, né en 1961 à Silvianópolis (Brésil) et ordonné prêtre en 1988, était jusqu'ici Vicaire judiciaire de ce même diocèse. Docteur en droit canonique, il a été depuis 1992 curé de paroisses dans le même diocèse.

mardi 5 février 2013

SAINT PIERRE DANS L'ART

Cite du Vatican, 5 février 2013 (VIS). Ce matin près la Salle de Presse du Saint-Siège, Mgr.Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, a présenté l'exposition intitulée Le chemin de Pierre, qui sera inaugurée demain au Château St.Ange par le Cardinal Secrétaire d'Etat. Il était assisté de l'Abbé Alessio Geretti, Commissaire de l'exposition, et de Mme.Daniela Porro, Coordinateur des Musées de Rome. Cette manifestation qui s'insère, dans l'Année de la foi, propose des oeuvres d'art allant du V au XX siècle prêtées par neuf pays. Pourquoi une telle exposition, s'est d'abord demandé Mgr.Fisichella: "La foi n'implique pas que les croyants car elle exprime l'exigence de l'introspection qui permet de cueillir le désir de Dieu résident dans le coeur de tout être humain. Au plan culturel, notre époque se caractérise" par de fortes contradictions. "D'une part on y enregistre la lassitude et l'indifférence qui touchent la foi, comme cela ne regardait plus qu'une minorité de gens âgés, sans aucun attrait pour la jeunesse. De l'autre on constate un enthousiasme excessif pour les progrès scientifiques et de nouveaux modes de vie envisagés comme solutions aux graves problèmes de notre temps. C'est ainsi qu'on en arrive souvent à soutenir qu'il est bon de limiter l'espace de la foi à la sphère privée, de lui retirer toute influence socio-culturelle. Il est pourtant facile de voir combien s'accroît le désir des beautés de la nature et de l'art!".

"Heureusement l'homme cherche aujourd'hui encore quelque chose de supérieur, de plus élevé et profond, l'âme étant animée par le désir de connaître et d'admirer...d'aller à la recherche d'une contemplation non éphémère. Au long des siècles la beauté a produit art et culture, des oeuvres qui suscitent toujours l'admiration du génie d'artistes animés par la foi et la créativité. C'est pour répondre à cette attente et à la nostalgie de Dieu qui habite tant de personnes que cette exposition a été conçue comme un parcours temporel qui permet de saisir un des personnages ayant le plus interpellé les artistes à cause du mystère dont il est porteur". Ce chemin de Pierre dans l'art le présente comme "une icône de l'humanité qui cherche et trouve". Si Pierre eut des faiblesses et trahit, il sût demander pardon. Animé par l'amour et une expérience extraordinaire, il quitta tout pour annoncer au monde le mystère de la Résurrection. Sa vie fut un chemin de foi...que les artistes ont retenu et su exprimer grâce à leur génie. Nombreuses sont les oeuvres dont la beauté en atteste. Cette exposition, qui se veut aussi un parcours de foi, est un encouragement à percevoir l'exigence de croire face au besoin de sens que l'existence pose. Devant une oeuvre d'art le non croyant et le croyant ne réagissent pas de la même manière, même si la beauté qu'elle exprime les appelle tous à l'écoute d'un message qui doit s'entendre dans le silence de la contemplation... C'est un des motifs pour lesquels l'exposition n'a pas été envisagée dans un espace religieux mais dans un lieu ouvert, accessible à tous sans contrainte et conditionnement, la seule motivation étant l'intérêt pour la culture. L'art authentique sait comment impliquer qui le regarde, et c'est une bonne chose que de ne pas trop forcer les choses par un discours qui risquerait d'affaiblir le message".

UNE ESTIME PARTAGEE

Cite du Vatican, 5 février 2013 (VIS). Hier après le concert Salle Paul VI, le Saint-Père s'est entretenu en privé une vingtaine de minutes avec le Président de la République Italienne, qui s'apprête à quitter ses fonctions. Un communiqué de la Salle de Presse du Saint-Siège a rappelé la grande estime que se portent M.Giorgio Napoletano et Benoît XVI. "Au cours de la conversation, le Saint-Père a manifesté son attention et son intérêt pour les importants rendez-vous du peuple italien. Les questions internationales n'ont pas manquées d'être évoquées, avec une préoccupation pour la paix menacée dans les régions les plus agitées, au Proche et Moyen Orient comme en Afrique".

CONCERT EN L'HONNEUR DU PAPE

Cite du Vatican, 5 février 2013 (VIS). Hier après-midi Salle Paul VI, le Saint-Père a assisté en compagnie du Président Napolitano au concert offert par l'ambassade d'Italie pour le 84 anniversaire des Pactes du Latran. Sous la direction de Zubin Metha, l'orchestre du Mai Florentin a exécuté la suite symphonique de La Forza del Destino de Verdi et la symphonie héroïque de Beethoven. Pour Benoît XVI a souligné que le choix de la première oeuvre se voulait un hommage au grand compositeur italien, dont on fête le second centenaire de la naissance. Ses oeuvres se caractérisent par une extrême capacité à transcrire musicalement les situations de la vie et les drames de l'âme humaine, d'une manière incisive et essentielle rare dans le panorama musical. Les personnages verdiens sont soumis à un destin tragique... En traitant le thème du destin, Verdi a abordé sa dimension religieuse, le rapport à Dieu, à la foi, à l'Eglise". Dans la Forza del Destino se profile "le drame d'une vie marquée par un destin tragique et la nostalgie de Dieu, sa miséricorde et son amour qui offrent lumière et espérance jusque dans les ténèbres. Cette perspective de la foi n'est pas une illusion, mais bien réelle... Là est la force du chrétien, puisée dans la mort et la résurrection du Christ, dans l'acte suprême d'un Dieu qui est entré dans l'histoire de l'homme jusqu'à s'incarner". Puis le Pape a parlé de la troisième symphonie de Beethoven, initialement dédiée à Napoléon. "Mais le grand compositeur allemand changea d'idée après la proclamation impériale et rebaptisa l'oeuvre En souvenir d'un grand homme. Il y exprime l'idéal du héros apportant liberté et égalité mais confronté au choix entre la résignation et la lutte, entre la mort et la vie, la capitulation et la victoire... Sans entrer dans l'analyse des quatre parties, je veux évoquer de la seconde sa marche funèbre, qui est une belle méditation sur la mort... Elle invite à refléter sur l'Au Delà et l'infini... En 1802 Beethoven écrivait dans son testament: O Dieu, qui voit au plus profond de moi, me connais et sais que mon coeur est rempli d'amour pour l'humanité comme du désir de faire le bien". La recherche de sens "ouvrant à une solide espérance dans l'avenir", a conclu Benoît XVI, "fait partie du cheminement de l'humanité".

lundi 4 février 2013

LA FAMILLE EST UNE BONNE NOUVELLE

Cité du Vatican, 4 février 2013 (VIS). Ce matin, près la Salle de Presse du Saint-Siège, Mgr.Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical pour la famille, a présenté une conférence intitulée: De Milan à Philadelphie, les perspectives du Conseil pontifical, analysant les résultats de la rencontre mondiale des familles de mai 2012 à Milan (Italie). Un couple est également intervenu, M et Mme Colzani, responsables du service familles du diocèse de Milan. Mgr.Paglia a d'abord rappelé que cette rencontre "a montré la force vitale que représentent les familles dans l'Eglise et dans la société... Bien sûr, les problèmes ne manquent pas concernant le mariage et la famille, mais nous ne devons pas oublier...que la famille reste encore aujourd'hui la ressource fondamentale de nos sociétés... Les statistiques sont unanimes sur le fait que la famille tient la première place comme lieu de sécurité, de refuge, de soutien pour la vie, et reste en tête des désirs de la grande majorité des jeunes. En Italie par exemple, près de 80% des jeunes déclarent préférer le mariage (civil ou religieux) contre 20% qui optent pour le concubinage... Et en France, les sondages révèlent que 77% des jeunes désirent construire leur vie de famille en restant avec la même personne toute leur vie... Du reste, ce besoin de famille est inscrit dans le cœur de l'homme depuis que Dieu a dit: Il n'est pas bon que l'homme reste seul. Cette vérité profonde qui marque aussi radicalement la vie humaine est malmenée par une culture qui lui est opposée... Il existe une course à l'individualisme qui fissure la famille tout comme les diverses formes de société. C'est pourquoi l'éclatement de la famille est le premier problème de la société contemporaine...Il est vrai qu'une grande partie de l'histoire contemporaine a été conçue comme une libération de tout lien: les liens avec les autres, donc la famille, la responsabilité envers l'autre. Et il est tout aussi vrai que les liens, parfois, ont opprimé la subjectivité. Mais aujourd'hui, le vertige de la solitude avec ce culte du moi, détaché de tout lien...et la perte de repères provoquée par la mondialisation, accentue encore plus ce repli sur soi et la tentation de se refermer sur soi-même".

"Aujourd'hui -a-t-il poursuivi- l'Eglise se préoccupe de la crise traversée par le mariage et la famille, parce qu'elle est aussi consciente que tous deux sont un Evangile, une bonne nouvelle pour les femmes et les hommes d'aujourd'hui également, souvent seuls et privés d'amour, de paternité, de soutien... L'Eglise, experte en humanité, connaît bien par ailleurs le grand devoir qui revient aux familles. Et elle connaît le prix des fragilités familiales qui est surtout payé par les enfants (nés ou non), par les personnes âgées, par les malades... Des transformations, importantes même, de l'institution familiale ont eu lieu à différentes époques de l'histoire, mais jamais on n'a abandonné son 'génome', sa dimension profonde, c'est-à-dire une institution formée par un homme, une femme et des enfants. C'est pourquoi, une véritable réflexion culturelle et une défense plus vigoureuse de la famille s'imposent pour la mettre, le plus rapidement possible, au centre de la politique, de l'économie, de la culture, dans les différents pays comme dans les institutions internationales, en impliquant aussi les chrétiens des autres traditions religieuses et les hommes de bonne volonté. C'est une frontière qui concerne les fondements mêmes de la société humaine. D'où l'intérêt extraordinaire de l'Eglise surtout en ce moment historique".

Le Conseil pontifical pour la famille "ressent le besoin d'aider, dans et hors des frontières de l'Eglise, à la redécouverte de la valeur de la famille... Il y a ensuite un grand travail à faire sur le plan culturel: il s'agit de redonner de la valeur à une culture de la famille pour qu'elle redevienne attirante et importante pour la vie de chacun et pour la société... S'occuper de la famille ne signifie pas se restreindre à un segment de la vie ou de la société; cela signifie aujourd'hui élargir son horizon et décider de participer à la construction d'une société qui soit elle-même familiale, pour contenir la famille des peuples et des nations". Mgr.Paglia a conclu en évoquant les initiatives que, tout au long de cette année et jusqu'à la prochaine rencontre des familles à Philadelphie, le Conseil pontifical mettra en route, et notamment la présentation de la Charte des droits de la famille, -élaborée il y a trente ans par ce dicastère- au siège des Nations-Unies à New York, à Genève et au Parlement européen. En avril, commencera une série de séminaires intitulés 'Dialogues pour la famille' où des experts de différentes disciplines aborderont des questions relatives aux grands défis de la famille et du mariage. Fin juin, à Rome, un congrès international d'avocats catholique aura lieu, sur les droits de la famille et, enfin, en octobre, l'assemblée plénière du Conseil pontifical se concentrera sur la Charte des droits de la famille. Les 26 et 27 octobre, à l'occasion de l'année de la foi, un pèlerinage des familles aura lieu sur la tombe de saint Pierre.
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