Cité
du Vatican, 15 décembre 2013
(VIS). En ce troisième dimanche de l'Avent, de
Gaudete ou dimanche de la joie, le Saint-Père a récité l'angélus
avec les personnes réunies sur une Place St.Pierre pluvieuse. Il a
rappelé que l'Evangile est "une annonce de joie pour tout le
peuple" et que "l'Eglise n'est pas un refuge pour personnes
tristes. L'Eglise est la maison de la joie. Et que ceux qui sont
tristes trouvent en elle...la vraie joie!". Il ne s'agit pas
cependant, a-t-il ajouté, d'une joie quelconque parce qu'"elle
trouve sa raison dans le fait de se savoir écoutés et aimés de
Dieu... Dieu est celui qui vient nous sauver et porte secours en
particulier aux pauvres de cœur. Sa venue au milieu de nous nous
fortifie, nous rend solides, nous donne courage, fait...fleurir le
désert et la steppe, c'est à dire notre vie quand elle devient
aride. Et quand notre vie devient-elle aride? Quand elle manque de
l'eau de la Parole de Dieu et de son esprit d'amour. Malgré nos
limites et nos égarements, il ne nous est pas permis d'être
fatigués et vacillants face aux difficultés et à nos faiblesses.
Au contraire, nous sommes invités à revigorer nos mains, à
fortifier nos genoux, à avoir du courage et ne pas craindre parce
que notre Dieu nous montre toujours la grandeur de sa miséricorde.
Il nous donne la force d'aller de l'avant". Puis il a
ajouté que grâce à l'aide de Dieu, on pouvait toujours repartir,
bien que certains pensent que cela est impossible. "Tu te
trompes! S'est-il exclamé-. Tu peux recommencer! Parce qu'il
t'attend, il est miséricordieux" et tous "nous pouvons de
nouveau ouvrir les yeux, dépasser tristesse et pleurs et d'entonner
un chant nouveau. Et cette vraie joie reste encore dans l'épreuve,
dans la souffrance aussi, parce que ce n'est pas une joie
superficielle mais qui descend au plus profond de la personne qui se
confie à Dieu". La joie chrétienne comme l'espérance, "a
son fondement dans la fidélité à Dieu, dans la certitude qu'il
maintient toujours ses promesses... Ceux qui ont rencontré Jésus le
long du chemin, connaissent dans leur cœur une sérénité et une
joie dont rien ni personne ne pourra les séparer. Notre joie c'est
Jésus Christ, son amour fidèle inépuisable! C'est pourquoi, quand
un chrétien devient triste, cela signifie qu'il s'est éloigné de
Jésus. Mais alors, il ne faut pas le laisser seul! Nous devons prier
pour lui, et lui faire sentir la chaleur de la communauté. Que la
Vierge Marie nous aide à accélérer le pas vers Bethléem, pour
rencontrer l'Enfant qui est né pour nous, pour le salut et la joie
de tous...et nous obtienne de vivre la joie de l'Evangile en famille,
au travail, en paroisse et partout. Une joie intime, faite de
merveille et de tendresse". Après l'angélus, le Pape a salué
les enfants de Rome ayant apporté sur la Place leur santon de
l'Enfant-Jésus pour qu'il les bénisse
comme de coutume lors du troisième dimanche de l'Avent. Un peu plus
tard, le Pape s'est rendu à la Salle des bénédictions où
l'attendait après la messe la communauté
de Villa Nazareth, centre fondé par le Cardinal
Domenico Tardini permettant à des jeunes de familles pauvres de
poursuivre leurs études universitaires. Il a salué les personnes
présentes et les a remercié, en particulier
le président de la fondation, le Cardinal Achille Silvestrini qui a
fêté ses 90 ans le 23 octobre: "Merci...au Cardinal qui a fait
tant de bien par sa pensée forte et féconde pour la dignité de
l'être humain... pour que chacun découvre les talents que le
Seigneur lui a donné et puisse les utiliser
dans la vie. Et merci aussi à tous pour ce travail... Et je vous
demande de prier pour moi parce que j'en ai besoin!".
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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
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dernières 5 nouvelles
lundi 16 décembre 2013
UNE ASSISTANCE CONCRETE DU PAPE
Cité
du Vatican, 15 décembre 2013 (VIS). A l'occasion de Noël,
l'Aumônier Mgr.Konrad Krajewski remettra de la part du Pape aux
religieuses de Mère Teresa 2.000 enveloppes à distribuer à leurs
assistés. Timbrée (les imbres sont offerts par la Poste vaticane),
chaque enveloppe (offertes par la Typographie vaticane) contient le
billet de voeux du Saint-Père, des billets de bus et métro (4.000
offerts par la Société municipale des transports publics de Rome),
ainsi qu'une carte téléphonique.
VISITE AU DISPENSAIRE SAINTE-MARTHE
Cité
du Vatican, 14 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a visité ce
matin le Dispensaire pédiatrique Ste.Marthe qui, depuis 90 ans,
assure un service notamment médical aux enfants et familles de le
besoin, quelque soit leur origine ou leur religion. Inaugurée en
1922 par Pie XI, cette institution se trouve depuis le Jubilé 2000
dans le palais St.Charles, voisin de la résidence papale. Puis il a
rencontré dans la Salle Paul VI 800 personnes, personnel, patients
et familles. Un groupe d'enfants lui a offert son portrait composé à
partir de cubes, à l'occasion de son anniversaire (il aura 77 ans
mercredi prochain), un autre arborait une banderole de voeux. Le Pape
s'est réjouit de ces manifestations d'affections et a félicité
tous ses jeunes hôtes pour leur joie. Le dispensaire assiste
actuellement 270 familles avec 25 assistants volontaires et 22
médecins volontaires, qui en 2013 auront apporté leurs soins à
plus de 3.500 personnes. Il bénéficie de l'appui principal de
l'hôpital Bambin Gesù, de la pharmacie du Vatican, du Fonds
d'assistance sanitaire vatican, de l'Association Sts.Pierre et Paul,
de la Société romaine Pro Infantia et de la Banque alimentaire. Il
est depuis 2008 une fondation pontificale qui exprime la charité du
Pape et la sollicitude du Saint-Siège. Gérée par les Filles de la
Charité, elle est présidée par l'Aumônier de Sa Sainteté.
DROITS DE L'HOMME ET CHRISTIANISME
Cité
du Vatican, 14 décembre 2013
(VIS). Mgr.Dominique Mamberti, Secrétaire pour
les relations avec les états, est intervenu le 13 décembre à
l'université Urbanienne de Rome lors d'une conférence sur les liens
entre la liberté religieuse et le christianisme, organisée par la
Georgetown University de Washington ("Christianisme et liberté
- Perspectives historiques et contemporaines"). Affirmant que
"le concept de droits de l'homme" est né dans un contexte
chrétien, il a cité en exemple saint Thomas More qui montra, le
payant de sa vie, que ce sont les chrétiens qui ont rejeté, au nom
de la liberté de conscience tous types d'abus: "Le lien entre
le christianisme et la liberté est donc originel et profond et
plonge ses racines dans l'enseignement du Christ, trouvant ensuite
chez saint Paul un de ses promoteurs les plus vaillants et géniaux.
La liberté est inhérente au christianisme puisque, comme le dit
saint Paul, le Christ nous a libéré pour que nous restions libres,
l'apôtre se référant d'abord à la liberté intérieure...qui se
répercute naturellement au niveau social... Nous fêtons
cette année le mille sept centième anniversaire de l'Edit de Milan
qui marque le couronnement de l'expansion sociale de la liberté
intérieure affirmée par saint Paul. En
même temps, d'un point de vue historique et culturel, l'Edit marque
le début d'un chemin qui a caractérisé l'histoire européenne et
du monde entier et qui a conduit, au fil des siècles, à définir
les droits de l'homme et à affirmer la liberté religieuse comme le
premier des droits de l'homme". Si Constantin devina que le
développement de l'Empire dépendait de la possibilité pour chacun
de professer librement sa foi, "l'histoire humaine montre qu'il
existe un cercle vertueux entre l'ouverture au transcendant
caractéristique de l'âme humaine et le développement social. Il
suffit de regarder le patrimoine artistique mondial, et pas seulement
celui d'origine chrétienne, pour comprendre la bonté d'un tel
lien... A ce point, il faut toutefois dissiper un malentendu dans
lequel il est facile de tomber parce que le mot liberté peut être
interprété de différentes façons. Celle-ci ne peut pas être
réduite à un simple libre arbitre, ni comprise négativement comme
une absence de lien" et "l'exercice
correct de la liberté religieuse ne peut être détaché de
l'interaction entre la raison et la foi... Cela constitue, en même
temps une barrière contre le relativisme, et contre toutes formes de
fondamentalisme religieux qui voient, comme le relativisme, la
liberté religieuse comme une menace pour leur affirmation
idéologique". Le prélat a conclu en rappelant que lorsque le
concile Vatican II a affirmé le principe de la liberté religieuse,
"il n'a pas proposé de doctrine nouvelle. Au contraire, il a
rappelé une expérience humaine commune, à savoir que "tous...,
comme personnes dotées de raison et de libre
volonté et donc capables d'assumer leur responsabilité, sont de la
même nature..., tenus de chercher la vérité... C'est dans la
vérité, vue non pas comme un absolu que nous possédons déjà,
mais plutôt comme un objet de connaissance rationnelle et
relationnelle, que nous pouvons trouver un exercice sain de la
liberté. C'est justement dans ce lien que nous trouvons la dignité
authentique de la personne humaine".
LE CARDINAL KOCH EN RUSSIE
Cité
du Vatican, 14 décembre 2013 (VIS). Le Cardinal Kurt Koch, Président
du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, se rend en Russie
aujourd'hui et jusqu'au 19. A Moscou il sera reçu par le Patriarche
Cyrille et le Métropolitain Hilarion, qui préside de Département
pour les relations extérieures du Patriarcat orthodoxe russe, reçu
par le Pape François le 12 novembre dernier. A l'Académie de
théologie, le Cardinal donnera une conférence sur les progrès du
dialogue entre catholiques et orthodoxes, puis visitera le monastère
Alexandre Nevski, qui fête son troisième centenaire. Hôte de
Mgr.Paolo Pezzi, Ordinaire de l'archidiocèse catholique de la Mère
de Dieu à Moscou, il célébrera ensuite le jubilé de la basilique
Ste.Catherine de Sienne à St.Petersbourg. Le Cardinal Koch
rencontrera le clergé catholique dans le cadre de réunions
pastorales consacrées à Vatican II et au dialogue oecuménique.
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 16 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
M.Francis
Kyung-surk Kim, Ambassadeur de Corée, venu présenter ses lettres de
créance.
Le
Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour
l'évangélisation des peuples.
Le
Cardinal Antonio Maria Vegliò, Président du Conseil pontifical pour
la pastorale des migrants.
Mgr.Jan
Romeo Pawlowski, Nonce apostolique au Congo et au Gabon.
Samedi
dernier, 14 décembre, il avait reçu:
Le
Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les
évêques.
Mme.Christiane
Féral-Schulh, Présidente du Barreau de Paris (France).
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 16 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a:
Confirmé
le Cardinal Marc Ouellet, PSS, dans ses fonctions de Préfet de la
Congrégation pour les évêques.
Nommé
Membres de la Congrégation pour les évêques, les Cardinaux
Archevêques Francisco Robles Ortega (Mexique), Donald William Wuerl
(USA), Rubén Salazar Gómez (Colombie), les Cardinaux de Curie Kurt
Koch et Joao Braz de Aviz, le Secrétaire d'Etat Mgr.Pietro Parolin,
les Prélats chefs de dicastères, Mgr.Beniamino Stella et
Mgr.Lorenzo Baldisseri, les Archevêques et Evêques résidentiels
Mgr.Vincent Gerard Nichols (GB), Mgr.Paolo Rabitti (émérite
Italie), Mgr.Gualtieri Bassetti (Italie) et Mgr.Felix Genn
(Allemagne).
Confirmé
comme Membres de la Congrégation pour les évêques, les Cardinaux
Bertone, Grocholewski, Pell, Vallini, Cañizares Llovera,
Vingt-Trois, Tauran, Levada, Sandri, Lajolo, Rylko, Monterisi, Abril
y Castelló, Bertello et Versaldi, ainsi que Mgr.Celli, Mgr.Ruiz
Arenas et Mgr.Zimowski.
Confirmé
tous les Consulteurs de la Congrégation pour les évêques.
Hier,
15 décembre, il avait accepté la renonciation de Mgr.Armand Toasy à
la charge pastorale du diocèse de Port-Berger (Madagascar), présenté
en conformité au canon 401,2 du CIC, auquel succède son Coadjuteur,
Mgr.Georges Varkey Puthiyakulangara, MEP.
Avant-hier,
14 décembre, il avait nommé:
Mgr.René
Osvaldo Rebolledo Salinas, Archevêque de La Serena (superficie
30.447, population 565.000, catholiques 464.000, prêtres 67, diacres
66, religieux 161), au Chili. Jusqu'ici Evêque d'Osorno (Chili), il
succède à Mgr.Manuel Gerardo Donoso Donoso, SSCC, dont la
renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
Mgr.Stanislaw
Salaterski, Auxiliaire de l'Evêque de Tarnów (Pologne). L'Evêque
élu, né en 1954 à Lipnica Murowana (Pologne) et ordonné prêtre
en 1981, était jusqu'ici Curé de la cathédrale. Docteur en
histoire de l'Eglise, il a été professeur d'université, directeur
diocésain de la pastorale des jeunes.
Mgr.Jan
Piotrowski, Auxiliaire de l'Evêque de Tarnów (Pologne). L'Evêque
élu, né en 1953 à Szczurowa (Pologne) et ordonné prêtre en 1980,
était jusqu'ici Curé de la paroisse Ste.Marguerite de Nowy Sacz.
Docteur en missionologie, il a été missionnaire au Pérou puis
Directeur des oeuvres missionnaires diocésaines.
Dom
Michele Petruzzelli, OSB, Abbé Ordinaire de l’abbaye territoriale
de Cava de’ Tirreni (superficie 10, population et catholiques
8.000, moinres 22 dont 9 prêtres, diacres 1), en Italie. L'Evêque
élu, né en 1961 à Bari (Italie), a émis ses voeux définitifs en
1990 et a été ordonné prêtre en 1998. Il a occupé diverses
fonctions au sein du monastère dont il était jusqu'ici le Prieur.
vendredi 13 décembre 2013
LE SECRETAIRE D'ETAT S'ADRESSE AU CORPS DIPLOMATIQUE
Cité
du Vatican, 13 décembre 2013 (VIS). Ce
matin, le nouveau Secrétaire d'Etat a reçu le corps diplomatique
accrédité près le Saint-Siège, et salué les nouveaux
ambassadeurs. Après avoir remercié le Doyen de ses voeux,
Mgr.Pietro Parolin a prononcé le discours dont voici le texte
original:
"C’est
un plaisir pour moi de revoir parmi vous des visages d’ambassadeurs
que j’ai connus durant mon service comme Sous Secrétaire pour les
relations avec les états, et de rencontrer les ambassadeurs qui ont
commencé leur mission auprès du Saint-Siège ces quatre dernières
années, qui correspondent à la période où j’étais Nonce
apostolique au Venezuela. Avec vous tous, déjà connus ou que je
viens de connaître, je me sens ami et compagnon de voyage, à cause
de cette humanité qui nous est commune et de cette fraternité qui
nous lie au-delà de toute barrière. C’est justement à cette
fraternité que le Pape François a consacré le message pour la
Journée mondiale de la Paix 2014, qui, avec sa première exhortation
Apostolique Evangelii Gaudium, constitue un texte particulièrement
riche aussi bien pour notre réflexion personnelle que pour nos
activités professionnelles. A travers vous, mes salutations
respectueuses vont aussi aux Autorités des pays que vous représentez
auprès du Saint-Siège, ainsi qu’aux populations de vos nations, à
vos collaborateurs et à chacune de vos familles. Cette rencontre me
permet de vous réitérer ma profonde gratitude pour vos messages de
félicitations et de vœux que vous m’avez envoyés à l’occasion
de ma nomination de Secrétaire d’Etat de Sa Sainteté. A
l’approche de la fête de Noël et de la nouvelle année, c’est
aussi pour moi l’occasion de vous adresser mes vœux cordiaux de
bonheur. Je demande à Dieu d’accorder à chacun de vous et à tous
vos pays la paix et la prospérité!
Dans
une période où plusieurs régions du monde sont confrontées à de
multiples formes de violence et à la persistance des disparités
sociales, je voudrais vous renouveler l’assurance de ma
disponibilité pour collaborer à la recherche de la paix et au
respect de la dignité de chaque être humain. Je voudrais me laisser
guider par la boussole des paroles que le Saint-Père François a
prononcées dans cette salle, le 22 mars 2013, durant sa première
audience accordée au corps diplomatique accrédité près le
Saint-Siège: C’est cela qui tient à cœur au Saint-Siège, le
bien de tout homme sur cette terre. Nous ne pouvons pas rester
insensibles à la souffrance qui touche dramatiquement des êtres
humains. Nous devons montrer que la paix est possible, qu’elle
n’est pas une utopie que l’on peut viser, mais un bien concret
qui vient de Dieu, et que nous pouvons contribuer à construire grâce
à notre engagement personnel et solidaire. Rappelons-nous les
paroles de l’Evangile: Heureux les artisans de paix, car ils seront
appelés fils de Dieu. Pour cela il est nécessaire de travailler
ensemble à l’établissement d’une véritable culture de la paix,
en répondant courageusement aux défis qui mettent en péril une
authentique coexistence entre les personnes et les peuples. Par là,
nous répondons à l’une des aspirations les plus profondes de
l’homme, l’aspiration au bonheur. La mission des diplomates
n’est-elle pas de travailler à rendre le monde plus heureux, par
l’établissement ou le renforcement de relations toujours plus
fraternelles? Comme l’a exprimé bien des fois le Pape François,
l’être humain, tout homme et toute femme qui vit dans notre monde,
est créé pour la joie et est à la recherche de la joie, de la
vraie joie. Certes, dans de nombreuses circonstances de la vie, cette
joie est souvent obscurcie. Elle n’est pas toujours évidente.
Pourtant, elle est présente dans le bien qui se fait chaque jour,
dans la beauté de la nature, des personnes, des événements….
Elle se trouve aussi dans les avancées vers la paix et vers
l’entente entre les peuples, aussi fragiles et limitées
soient-elles. Car elle est la joie de la rencontre et du partage, du
dialogue et de la réconciliation. Voilà l’humanité que nous
cherchons à construire ensemble. Une humanité qui soit une
véritable famille, une humanité où le dialogue prend le pas sur la
guerre pour régler les dissensions, une humanité où la force du
puissant supplée la faiblesse du petit, une humanité où la force
du faible remédie à la faiblesse du puissant. Nous savons combien
les hommes et les femmes d’aujourd’hui ont besoin de trouver sur
leur route des personnes profondément humaines et fraternelles qui
leur donnent une espérance pour l’avenir! Le Pape veut que les
chrétiens soient ces personnes ; il veut que l’Eglise
annonce, témoigne et porte la joie. Il l’a répété avec
insistance dans l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, qui
peut être idéalement liée à la lettre que lui-même, alors
archevêque de Buenos Aires, adressa à ses fidèles à l’occasion
de l’ouverture de l’année de la Foi. Dès les premières lignes,
il parlait d’une Église dont les portes sont ouvertes, symbole de
lumière, d’amitié, de joie, de liberté et de confiance. En
concluant l’année de la foi et en écrivant à l’Église
universelle, le Pape François a répété sa conviction de vouloir
une Église moins préoccupée de renforcer ses frontières, mais qui
crée la rencontre et communique la joie de l’Evangile. Pour les
chrétiens, cette joie a son fondement dans la personne de Jésus,
dont nous célèbrerons la naissance dans quelques jours. Que la joie
et la paix aident vos peuples à grandir et à progresser vers un
avenir meilleur".
LE SAPIN DE NOEL REFLETE LA LUMIERE DIVINE
Cité
du Vatican, 13 décembre 2013 (VIS). Le Pape a reçu ce matin la
Communauté de Waldmünchen (Allemagne), venue pour l'inauguration du
sapin de Noël qui orne cette année la Place St.Pierre. Ce grand
arbre sera allumé en fin d'après-midi. Il l'a qualifié d'arbre
international car il a grandi sur la frontière entre l'Allemagne
(Bavière) et la République Tchèque (Bohème). D'autres sapins plus
petits ont été distribués dans divers lieux du Vatican. Remerciant
ses hôtes, il a évoqué les liens spirituels et affectifs entre le
Saint-Siège et l'Allemagne, avec la Bavière tout particulièrement,
et salué "la tradition chrétienne qui a fécondé la culture,
la littérature et l'art de ce pays comme de toute l'Europe... A Noël
partout résonne l'annonce joyeuse de l'ange aux bergers...qui furent
enveloppés par une grande lumière. De nos jours encore, Jésus
continue de dissiper les ténèbres de l'erreur et du péché et à
diffuser dans l'humanité la beauté de la lumière divine. Le sapin
de Noël est le reflet de cette lumière. Alors laissons nous
envelopper par la lumière de sa vérité, afin que la joie de
l'Evangile remplisse le coeur et la vie de tous ceux qui vont à la
rencontre de Jésus". Etendant sa bénédiction à tous,
familles et compatriotes, le Pape François a demandé à la
délégation de prier pour lui.
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 13 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Mgr.Gerhard
Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la
foi.
M.Ekmeleddin
Ihsanoglu, Secrétaire Général de l'Organisation pour la
coopération islamique.
Mgr.David
Douglas Crosby, Evêque de Hamilton et Vice Président de la
Conférence épiscopale canadienne, Mgr.Lionel Gendron, Evêque de
St.Jean - Longueil et Vice Président, et de Mgr.Patrick Powers,
Secrétaire Général.
M.Ettore
Bernabei.
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 13 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a:
Accepté
pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Murphy Nicholas Xavier
Pakiam à la charge pastorale du diocèse de Kuala Lumpur (Malaisie).
Nommé
Mgr.José Francisco González González, Evêque de Campeche
(superficie 55.858, population 802.000, catholiques 647.000, prêtres
108, diacres 3, religieux 217), au Mexique. Il était jusqu'ici
Auxiliaire de l'Archevêque de Guadalajara (Mexique).
Mgr.Augustine
Kasujja, Nonce apostolique au Nigeria, Observateur Permanent près la
Communauté économique des états de l'Afrique occidentale.
jeudi 12 décembre 2013
AUDIENCE A 17 NOUVEAUX REPRESENTANTS DIPLOMATIQUES
Cité
du Vatican, 12 décembre 2013 (VIS).
Aujourd'hui, le Pape François a reçu un groupe
de seize ambassadeurs et un représentant diplomatique non résidents.
Il s'agit d'ambassadeurs: pour l'Algérie M.Boudjemaa Delmi,
pour l'Islande M.Delmi Eyjolfsson, pour le Danemark M.Lars Vissing,
pour le Lesotho Mme.Lineo Lydia Khechane Ntoane, pour la Sierra Leone
M.Ibrahim Sorie, pour le Cap Vert M.Emanuel Antero García
da Veiga, pour le Burundi M.Edouard Bizimana, pour Malte M.George
Gregory Buttigieg, pour la Suède M.Lars-Hjalmar Wide, pour le
Pakistan M.Aman Rashid, pour la Zambie M.Paul William Lumbi, pour la
Norvège M.Thomas Hauff, pour le Koweït M.Bader Saleh Al-Tunaib,
pour le Burkina Faso M.Yemdaogo Eric Tiare, pour l'Ouganda M.Marcel
R.Tibaleka et pour la Jordanie M.Makram Mustafa Al Queisi. Plus le
Représentant pour la Palestine M.Isa Jamil Kassissieh.
Dans
son discours commun, le Saint-Père a parlé de la nouvelle forme
d'esclavage que constitue la traite d'êtres humains, une plaie qui
touche aussi les pays développés. Après avoir salué les
multiples initiatives de la communauté internationale en faveur de
la paix et du dialogue, que ce soit au niveau politique, économique
ou culturel, ainsi que les aides apportées aux populations affectées
en quelque manière, il a rappelé que les personnes les plus
vulnérables sont les femmes et les enfants, les handicapés et les
plus pauvres. En eux, a-t-il dit, "les chrétiens reconnaissent
le Christ qui s'est identifié à eux. Qui ne se reconnaît pas dans
une religion, partage cette compassion en vertu d'un humanisme
partagé et s'engage à les soulager. Ensemble en effet nous pouvons
et devons faire en sorte que ces personnes soient libérées et que
soit mis un terme à cet horrible trafic... Ceci ne peut continuer à
exister car il s'agit d'une violation grave des droits de l'homme et
d'une offense à la dignité personnelle, mais aussi d'un échec pour
la communauté humaine. Les personnes de bonne volonté, quelque soit
leur foi ou leur absence de credo, ne sauraient accepter que ces
personnes soient traitées comme de la marchandise, maltraitées,
parfois vendues et revendues, voire tuées ou abandonnées après
avoir été détruites au physique comme au mental. C'est une honte,
un crime contre l'humanité... Une responsabilité commune est
nécessaire autant qu'une volonté politique accrue pour vaincre
cette plaie, une responsabilité envers ces victimes, individus et
familles, dont il faut assurer les droits. Parallèlement il faut
arrêter les coupables de ce crime et les remettre à la justice...
Ceci implique une intervention législative adéquate dans les pays
de provenance des victimes comme dans ceux de transit et de
destination, de manière à régulariser les phénomènes migratoires
et à réduire le problème. Les gouvernements comme la communauté
internationale doivent avant tout prévenir, puis enrayer la traite
des êtres humains...qui est souvent liée au trafic de drogue et des
armes, et se double d'un trafic du transport et de l'intervention des
mafias. On ne peut nier que, parfois, y ont pris part certains
opérateurs humanitaires et certains membres de forces militaires en
mission de paix... Un profond examen de conscience est nécessaire
car trop souvent nous tolérons que des personnes soient traitées
comme des objets, exposées et vendues comme de la marchandise pour
satisfaire des désirs immoraux. L'être humain ne peut en aucun cas
être assimilé à une marchandise. Ceux qui l'exploitent, y compris
indirectement, sont complices de ce crime... J'ai voulu partager avec
vous", a conclu le Saint-Père, "ces réflexions sur un
fléau social de notre temps car je crois dans la force d'un
engagement collectif pour le combattre. J'encourage donc la
communauté internationale à renforcer sa stratégie contre le
trafic des êtres humains. Partout dans le monde, aucun homme, aucune
femme ne devrait plus être utilisé comme moyen, mais respecté
dans leur inviolable dignité".
PRESENTATION DU MESSAGE POUR LA JOURNEE DE LA PAIX
Cité
du Vatican, 12 décembre 2013 (VIS). Ce matin près la Salle de
Presse, Mgr.Mario Toso, Secrétaire du Conseil pontifical Iustitia et
Pax, et M.Vittorio Alberti, Official du dicastère, a présenté le
message du Pape François pour la prochaine Journée mondiale de la
paix (1 janvier 2014). En absence du Président, le P. Lombardi a lu
le texte préparé par le Cardinal Kodwo Appiah Turkson (qui se
trouve à Johannesburg où il représente le Pape aux obsèques du
Président Mandela): La fraternité, a-t-il d'abord affirmé "est
une qualité humaine essentielle car les hommes sont des êtres
relationnels, ce qui ne la rend pas automatique. Aujourd'hui, comme
l'avait rappelé Benoît XVI, la globalisation nous rapproche sans
faire de nous des frères. Dans l'histoire, la fraternité a tant de
fois été ignorée ou bafouée, notre époque ne faisant pas
exception... Dans la Bible, le premier meurtre est un fratricide.
Toute suppression d'une vie innocente, avortement, assassinat ou
euthanasie, par la justice, la faim ou la guerre, constitue un
fratricide. Comment pouvons nous ne pas reconnaître que nous sommes
tous frères, vu que nous avons tous le même père! Comment pouvons
nous reconnaître que le Fils de Dieu est notre frère? Par sa mort
et sa résurrection il a racheté une humanité détruite et continue
de nous offrir sa promesse de salut... Dans ce message, le Pape se
demande pourquoi notre monde est si peu fraternel. L'égoïsme nous
aurait-il aveuglé face à une fraternité pourtant indispensable?
Peur et esprit de compétition ont-elles empoisonné notre dignité
d'enfants de Dieu, de frères et de soeurs?". Puis le Cardinal
souligne que le Pape cite fréquemment ses prédécesseurs pour
affirmer que la fraternité est à la base de la paix: Paul VI
insistait sur le développement intégral, Jean-Paul II définissait
la paix comme un bien commun indivisible, pour tous ou pour personne,
et Benoît XVI disait que le manque de fraternité entre les
personnes comme entre les peuples constitue une des sources de la
pauvreté, de la pauvreté de relations qui entraîne une pauvreté
de ressources vitales... Trois jours après son élection, le
Saint-Père a expliqué pourquoi il avait choisi le nom de
François...de l'homme de la paix et de la paix, qui aimait et avait
soin de la nature". Ensuite, le message offre une réflexion sur
les pauvres, la paix et la création, regroupés sous le titre
évocateur de Fraternité. Les chapitres successifs sont consacrés à
l'économie comme remède à la pauvreté. La coopération doit se
substituer aux rivalités dans la recherche du bien commun... La
fraternité doit imprégner les politiques sociales...qui doivent à
leur tour favoriser un mode de vie plus sobre non strictement basé
sur le consumérisme... Globalement, il faut repenser les modèles de
développement économique. Les chapitres 7 et 8 se penchent sur les
moyens d'éliminer la conflictualité, les guerres, mais aussi la
corruption et le crime organisé. La fraternité doit l'emporter sur
l'indifférence qui nous fait envisager nombre de guerre à
distance... Elle doit oeuvrer pour le désarmement la
non-prolifération des différents types d'armes... Dans les conflits
sociaux, la fraternité permet de résister à la corruption et au
crime, au trafic de drogue, à l'esclavage et au trafic d'êtres
humains, à la prostitution et aux tensions économiques et
financières qui détruisent la vie des familles". Puis le
document envisage la nécessité de sauvegarder l'environnement,
source de nos biens communs, pour nous et pour les générations à
venir. Il faut apprendre à traiter la nature comme un don du
Créateur qui doit être utilisé dans un esprit fraternel,
gratuitement et de manière équitable". A ce point le Pape
évoque Nelson Mandela, qui a dépassé la tentation de la violence
et de la vengeance pour prôner la réconciliation car "c'est
seulement en se fondant sur la vérité et la réconciliation qu'un
peuple peut aspirer à une vie meilleure. Son exemple a facilité la
conversion des coeurs et éloigné le risque du fratricide". La
fraternité a donc grand besoin d'être connue et pratiquée avec
amour. Seul l'amour de Dieu nous rend capables d'accepter notre
fraternité et de l'exprimer au mieux. Alors que nous nous apprêtons
à fêter Noël en offrant des cadeaux, soyons attentifs à ce que
dit Jésus, de se souvenir avant de faire des présents à l'autel du
frère contre lequel on a mal parlé, d'abandonner les présents pour
aller se réconcilier avec lui. Aujourd'hui, les pauvres et les
marginaux...ont quelque chose à nous reprocher, notre manque de
respect", notre absence de fraternité.
MESSAGE POUR LA JOURNEE MONDIALE DE LA PAIX 2014
Cité
du Vatican, 12 décembre 2013 (VIS). "La
fraternité, fondement et route pour la paix" est le titre
choisi par le Pape François pour son premier message pour la Journée
mondiale de la paix (qui sera célébrée le 1 janvier prochain). En
voici la version française intégrale:
"Dans
mon premier message pour la Journée mondiale de la Paix je désire
adresser à tous, personnes et peuples, le vœu d’une existence
pleine de joie et d’espérance. Dans le cœur de chaque homme et de
chaque femme habite en effet le désir d’une vie pleine, à
laquelle appartient une soif irrépressible de fraternité, qui
pousse vers la communion avec les autres, en qui nous ne trouvons pas
des ennemis ou des concurrents, mais des frères à accueillir et à
embrasser. En effet, la fraternité est une dimension essentielle de
l’homme, qui est un être relationnel. La vive conscience d’être
en relation nous amène à voir et à traiter chaque personne comme
une vraie sœur et un vrai frère; sans cela, la construction d’une
société juste, d’une paix solide et durable devient impossible.
Et il faut immédiatement rappeler que la fraternité commence
habituellement à s’apprendre au sein de la famille, surtout grâce
aux rôles responsables et complémentaires de tous ses membres, en
particulier du père et de la mère. La famille est la source de
toute fraternité, et par conséquent elle est aussi le fondement et
la première route de la paix, puisque par vocation, elle devrait
gagner le monde par son amour. Le nombre toujours croissant
d’interconnexions et de communications qui enveloppent notre
planète rend plus palpable la conscience de l’unité et du partage
d’un destin commun entre les nations de la terre. Dans les
dynamismes de l’histoire, de même que dans la diversité des
ethnies, des sociétés et des cultures, nous voyons ainsi semée la
vocation à former une communauté composée de frères qui
s’accueillent réciproquement, en prenant soin les uns des autres.
Mais une telle vocation est encore aujourd’hui souvent contrariée
et démentie par les faits, dans un monde caractérisé par cette
mondialisation de l’indifférence, qui nous fait lentement nous
habituer à la souffrance de l’autre, en nous fermant sur
nous-mêmes. Dans de nombreuses parties du monde, la grave atteinte
aux droits humains fondamentaux, surtout au droit à la vie et à la
liberté religieuse ne semble pas connaître de pause. Le tragique
phénomène du trafic des êtres humains, sur la vie et le désespoir
desquels spéculent des personnes sans scrupules, en représente un
exemple inquiétant. Aux guerres faites d’affrontements armés,
s’ajoutent des guerres moins visibles, mais non moins cruelles, qui
se livrent dans le domaine économique et financier avec des moyens
aussi destructeurs de vies, de familles, d’entreprises. Comme l’a
affirmé Benoît XVI, la mondialisation nous rend proches, mais ne
nous rend pas frères. En outre, les nombreuses situations
d’inégalités, de pauvreté et d’injustice, signalent non
seulement une carence profonde de fraternité, mais aussi l’absence
d’une culture de la solidarité. Les idéologies nouvelles,
caractérisées par un individualisme diffus, un égocentrisme et un
consumérisme matérialiste affaiblissent les liens sociaux, en
alimentant cette mentalité du déchet, qui pousse au mépris et à
l’abandon des plus faibles, de ceux qui sont considérés comme
inutiles. Ainsi le vivre ensemble humain devient toujours plus
semblable à un simple ‘do ut des’ pragmatique et égoïste. En
même temps, il apparaît clairement que les éthiques contemporaines
deviennent aussi incapables de produire des liens authentiques de
fraternité, puisqu’une fraternité privée de la référence à un
Père commun, comme son fondement ultime, ne réussit pas à
subsister. Une fraternité véritable entre les hommes suppose et
exige une paternité transcendante. À partir de la reconnaissance de
cette paternité, se consolide la fraternité entre les hommes,
c’est-à-dire l’attitude de se faire le prochain qui prend soin
de l’autre.
Où
est ton frère?: Pour mieux comprendre cette vocation de l’homme à
la fraternité, pour reconnaître de façon plus adéquate les
obstacles qui s’opposent à sa réalisation et découvrir les
chemins de leur dépassement, il est fondamental de se laisser guider
par la connaissance du dessein de Dieu, tel qu’il est présenté de
manière éminente dans l'Ecriture. Selon le récit des origines,
tous les hommes proviennent de parents communs, d’Adam et Eve,
couple créé par Dieu à son image et à sa ressemblance, de qui
naissent Caïn et Abel. Dans l’événement de la famille primitive,
nous lisons la genèse de la société, l’évolution des relations
entre les personnes et les peuples. Abel est berger, Caïn est
paysan. Leur identité profonde et à la fois leur vocation, est
celle d’être frères, aussi dans la diversité de leur activité
et de leur culture, de leur manière de se rapporter à Dieu et au
créé. Mais le meurtre d'Abel par Caïn atteste tragiquement le
rejet radical de la vocation à être frères. Leur histoire met en
évidence la tâche difficile à laquelle tous les hommes sont
appelés, de vivre unis, en prenant soin l’un de l’autre. Caïn,
n’acceptant pas la prédilection de Dieu pour Abel qui lui offrait
le meilleur de son troupeau –le Seigneur agréa Abel et son
offrande, mais il n’agréa pas Caïn et son offrande– tue Abel
par jalousie. De cette façon, il refuse de se reconnaître frère,
d’avoir une relation positive avec lui, de vivre devant Dieu, en
assumant ses responsabilités de soin et de protection de l’autre.
A la question: Où es ton frère? , avec laquelle Dieu interpelle
Caïn, lui demandant compte de son œuvre, il répond: Je ne sais
pas. Suis-je le gardien de mon frère? Puis nous dit la Genèse, Caïn
se retira de la présence du Seigneur. Il faut s’interroger sur les
motifs profonds qui ont entrainé Caïn à méconnaître le lien de
fraternité et, aussi le lien de réciprocité et de communion qui le
liait à son frère Abel. Dieu lui-même dénonce et reproche à Caïn
une proximité avec le mal: Le péché n’est-il pas à ta porte?
Caïn, toutefois, refuse de s’opposer au mal et décide de se jeter
sur son frère Abel, méprisant le projet de Dieu. Il lèse ainsi sa
vocation originaire à être fils de Dieu et à vivre la fraternité.
Le récit de Caïn et d’Abel enseigne que l’humanité porte
inscrite en elle une vocation à la fraternité, mais aussi la
possibilité dramatique de sa trahison. En témoigne l’égoïsme
quotidien qui est à la base de nombreuses guerres et de nombreuses
injustices : beaucoup d’hommes et de femmes meurent en effet par la
main de frères et de sœurs qui ne savent pas se reconnaître tels,
c’est-à-dire comme des êtres faits pour la réciprocité, pour la
communion et pour le don.
Vous
êtes tous des frères: La question surgit spontanément. Les hommes
et les femmes de ce monde ne pourront-ils jamais correspondre
pleinement à la soif de fraternité, inscrite en eux par le Père?
Réussiront-ils avec leurs seules forces à vaincre l’indifférence,
l’égoïsme et la haine, à accepter les différences légitimes
qui caractérisent les frères et les sœurs? En paraphrasant ses
paroles, nous pourrions synthétiser ainsi la réponse que nous donne
le Seigneur Jésus: Puisqu’il y a un seul Père qui est Dieu, tous
êtes tous des frères. La racine de la fraternité est contenue dans
la paternité de Dieu. Il ne s’agit pas d’une paternité
générique, indistincte et inefficace historiquement, mais bien de
l’amour personnel, précis et extraordinairement concret de Dieu
pour chaque homme. Il s’agit donc d’une paternité efficacement
génératrice de fraternité, parce que l’amour de Dieu, quand il
est accueilli, devient le plus formidable agent de transformation de
l’existence et des relations avec l’autre, ouvrant les hommes à
la solidarité et au partage agissant. En particulier, la fraternité
humaine est régénérée en et par Jésus Christ dans sa mort et
résurrection. La croix est le lieu définitif de fondation de la
fraternité, que les hommes ne sont pas en mesure de générer tout
seuls. Jésus Christ, qui a assumé la nature humaine pour la
racheter, en aimant le Père jusqu’à la mort, et à la mort de la
croix, nous constitue par sa résurrection comme humanité nouvelle,
en pleine communion avec la volonté de Dieu, avec son projet, qui
comprend la pleine réalisation de la vocation à la fraternité.
Jésus reprend depuis le commencement le projet du Père, en lui
reconnaissant le primat sur toutes choses. Mais le Christ, dans son
abandon à la mort par amour du Père, devient principe nouveau et
définitif de nous tous, appelés à nous reconnaître en Lui comme
frères parce qu’enfants du même Père. Il est l’Alliance même,
l’espace personnel de la réconciliation de l’homme avec Dieu et
des frères entre eux. Dans la mort en croix de Jésus, il y a aussi
le dépassement de la séparation entre peuples, entre le peuple de
l’Alliance et le peuple des Gentils, privé d’espérance parce
que resté étranger jusqu’à ce moment aux engagements de la
Promesse. Comme on lit dans la lettre aux Éphésiens, Jésus Christ
est celui qui réconcilie en lui tous les hommes. Il est la paix
puisque des deux peuples il en a fait un seul, abattant le mur de
séparation qui les divisait, c’est-à-dire l’inimitié. Il a
créé en lui-même un seul peuple, un seul homme nouveau, une seule
humanité nouvelle. Celui qui accepte la vie du Christ et vit en Lui,
reconnaît Dieu comme Père et se donne lui-même totalement à lui,
en l’aimant au-dessus de toute chose. L’homme réconcilié voit
en Dieu le Père de tous et, par conséquent, il est incité à vivre
une fraternité ouverte à tous. Dans le Christ, l’autre est
accueilli et aimé en tant que fils ou fille de Dieu, comme frère ou
sœur, non comme un étranger, encore moins comme un antagoniste ou
même un ennemi. Dans la famille de Dieu, où tous sont enfants d’un
même Père, et parce que greffés dans le Christ, fils dans le Fils,
il n’y a pas de vies de déchet. Tous jouissent d’une dignité
égale et intangible. Tous sont aimés de Dieu, tous ont été
rachetés par le sang du Christ, mort et ressuscité pour chacun.
C’est la raison pour laquelle on ne peut rester indifférent au
sort des frères.
La
fraternité, fondement et route pour la paix: Cela posé, il est
facile de comprendre que la fraternité est fondement et route pour
la paix. Les Encycliques sociales de mes prédécesseurs offrent une
aide précieuse dans ce sens. Il serait suffisant de se référer aux
définitions de la paix de Populorum Progressio de Paul VI ou de
Sollicitudo Rei Socialis de Jean-Paul II. De la première nous
retirons que le développement intégral des peuples est le nouveau
nom de la paix. De la seconde, que la paix est Opus Solidaritatis.
Paul VI affirmait que non seulement les personnes mais aussi les
Nations doivent se rencontrer dans un esprit de fraternité. Et il
explique: Dans cette compréhension et cette amitié mutuelles, dans
cette communion sacrée, nous devons…œuvrer ensemble pour édifier
l’avenir commun de l’humanité. Ce devoir concerne en premier
lieu les plus favorisés. Leurs obligations sont enracinées dans la
fraternité humaine et surnaturelle et se présentent sous un triple
aspect: Le devoir de solidarité, qui exige que les nations riches
aident celles qui sont moins avancées; le devoir de justice sociale
qui demande la recomposition en termes plus corrects des relations
défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; le devoir de
charité universelle, qui implique la promotion d’un monde plus
humain pour tous, un monde dans lequel tous aient quelque chose à
donner et à recevoir, sans que le progrès des uns constitue un
obstacle au développement des autres. Ainsi, si on considère la
paix comme Opus Solidaritatis, de la même manière, on ne peut
penser en même temps, que la fraternité n’en soit pas le
fondement principal. La paix, affirme Jean-Paul II, est un bien
indivisible. Ou c’est le bien de tous ou il ne l’est de personne.
Elle peut être réellement acquise et goûtée, en tant que
meilleure qualité de la vie et comme développement plus humain et
durable, seulement si elle crée de la part de tous, une
détermination ferme et persévérante à s’engager pour le bien
commun. Cela implique de ne pas se laisser guider par l’appétit du
profit et par la soif du pouvoir. Il faut avoir la disponibilité de
se perdre en faveur de l’autre au lieu de l’exploiter, et de le
servir au lieu de l’opprimer pour son propre avantage… L’autre,
personne, peuple ou nation, n’est pas vu] comme un instrument
quelconque dont on exploite à peu de frais la capacité de travail
et la résistance physique pour l’abandonner quand il ne sert plus,
mais comme notre semblable, une aide. La solidarité chrétienne
suppose que le prochain soit aimé non seulement comme un être
humain avec ses droits et son égalité fondamentale à l’égard de
tous, mais comme l’image vivante de Dieu le Père, rachetée par le
sang du Christ et objet de l’action constante de l’Esprit Saint,
comme un autre frère. Alors, rappelle Jean-Paul II, la conscience de
la paternité commune de Dieu, de la fraternité de tous les hommes
dans le Christ, fils dans le Fils, de la présence et de l’action
vivifiante de l’Esprit Saint, donnera à notre regard sur le monde
comme un nouveau critère d’interprétation, pour le transformer.
Fraternité,
prémisse pour vaincre la pauvreté: Dans Caritas in Veritate, mon
prédécesseur rappelait au monde combien le manque de fraternité
entre les peuples et les hommes est une cause importante de la
pauvreté. Dans de nombreuses sociétés, nous expérimentons une
profonde pauvreté relationnelle due à la carence de solides
relations familiales et communautaires. Nous assistons avec
préoccupation à la croissance de différents types de malaise, de
marginalisation, de solitude et de formes variées de dépendance
pathologique. Une semblable pauvreté peut être dépassée seulement
par la redécouverte et la valorisation de rapports fraternels au
sein des familles et des communautés, à travers le partage des
joies et des souffrances, des difficultés et des succès qui
accompagnent la vie des personnes. En outre, si d’un côté on
rencontre une réduction de la pauvreté absolue, d’un autre, on ne
peut pas ne pas reconnaître une grave croissance de la pauvreté
relative, c’est-à-dire des inégalités entre personnes et groupes
qui vivent dans une même région, ou dans un même contexte
historico-culturel. En ce sens, sont aussi utiles des politiques
efficaces qui promeuvent le principe de la fraternité, assurant aux
personnes –égales dans leur dignité et dans leurs droits
fondamentaux– d’accéder aux capitaux, aux services, aux
ressources éducatives, sanitaires, technologiques afin que chacun
ait l’opportunité d’exprimer et de réaliser son projet de vie,
et puisse se développer pleinement comme personne. On reconnaît
aussi la nécessité de politiques qui servent à atténuer une
répartition inéquitable excessive du revenu. Nous ne devons pas
oublier l’enseignement de l’Eglise sur ce qu’on appelle
l’hypothèque sociale, sur la base de laquelle, comme le dit saint
Thomas d’Aquin, il est permis et même nécessaire "que
l’homme ait la propriété des biens, quant à l’usage, il ne
doit jamais tenir les choses qu’il possède comme n’appartenant
qu’à lui, mais les regarder aussi comme communes, en ce sens
qu’elles puissent profiter non seulement à lui mais aussi aux
autres. Enfin, il y a une dernière manière de promouvoir la
fraternité –et ainsi de vaincre la pauvreté– qui doit être à
la base de toutes les autres. C’est le détachement de celui qui
choisit d’adopter des styles de vie sobres et basés sur
l’essentiel, de celui qui, partageant ses propres richesses,
réussit ainsi à faire l’expérience de la communion fraternelle
avec les autres. Cela est fondamental pour suivre Jésus Christ et
être vraiment des chrétiens. C’est le cas non seulement des
personnes consacrées qui font vœux de pauvreté, mais aussi de
nombreuses familles et de nombreux citoyens responsables, qui croient
fermement que c’est la relation fraternelle avec le prochain qui
constitue le bien le plus précieux.
La
redécouverte de la fraternité dans l’économie: Les graves crises
financières et économiques contemporaines qui trouvent leur
origine, d’un côté dans l’éloignement progressif de l’homme
vis-à-vis de Dieu et du prochain, ainsi que dans la recherche avide
des bien matériels, et, de l’autre, dans l’appauvrissement des
relations interpersonnelles et communautaires– ont poussé de
nombreuses personnes à rechercher la satisfaction, le bonheur et la
sécurité dans la consommation et dans le gain, au-delà de toute
logique d’une saine économie. Déjà en 1979 Jean Paul II
dénonçait l’existence d’un danger réel et perceptible: Tandis
que progresse énormément la domination de l’homme sur le monde
des choses, l’homme risque de perdre les fils conducteurs de cette
domination, de voir son humanité soumise de diverses manières à ce
monde, et de devenir ainsi lui-même l’objet de manipulations
multiformes– pas toujours directement perceptibles– à travers
toute l’organisation de la vie communautaire, à travers le système
de production, par la pression des moyens de communication sociale.
La succession des crises économiques doit conduire à d’opportunes
nouvelles réflexions sur les modèles de développement économique,
et à un changement dans les modes de vie. La crise d’aujourd’hui,
avec son lourd héritage pour la vie des personnes, peut être aussi
une occasion propice pour retrouver les vertus de prudence, de
tempérance, de justice et de force. Elles peuvent aider à dépasser
les moments difficiles et à redécouvrir les liens fraternels qui
nous lient les uns aux autres, avec la confiance profonde dont
l’homme a besoin et est capable de quelque chose de plus que la
maximalisation de ses propres intérêts individuels. Surtout ces
vertus sont nécessaires pour construire et maintenir une société à
la mesure de la dignité humaine.
La
fraternité éteint la guerre: Dans l’année qui vient de
s’écouler, beaucoup de nos frères et sœurs ont continué à
vivre l’expérience déchirante de la guerre, qui constitue une
grave et profonde blessure portée à la fraternité. Nombreux sont
les conflits qui se poursuivent dans l’indifférence générale. A
tous ceux qui vivent sur des terres où les armes imposent terreur et
destructions, j’assure ma proximité personnelle et celle de toute
l’Eglise. Cette dernière a pour mission de porter la charité du
Christ également aux victimes sans défense des guerres oubliées, à
travers la prière pour la paix, le service aux blessés, aux
affamés, aux réfugiés, aux personnes déplacées et à tous ceux
qui vivent dans la peur. L’Eglise élève aussi la voix pour faire
parvenir aux responsables le cri de douleur de cette humanité
souffrante, et pour faire cesser, avec les hostilités, tout abus et
toute violation des droits fondamentaux de l’homme . Pour cette
raison je désire adresser un appel fort à tous ceux qui, par les
armes, sèment la violence et la mort: Redécouvrez votre frère en
celui qu’aujourd’hui vous considérez seulement comme un ennemi à
abattre, et arrêtez votre main ! Renoncez à la voie des armes et
allez à la rencontre de l’autre par le dialogue, le pardon, et la
réconciliation, pour reconstruire la justice, la confiance et
l’espérance autour de vous! Dans cette optique, il apparaît clair
que, dans la vie des peuples, les conflits armés constituent
toujours la négation délibérée de toute entente internationale
possible, en créant des divisions profondes et des blessures
déchirantes qui ont besoin de nombreuses années pour se refermer.
Les guerres constituent le refus concret de s’engager pour
atteindre les grands objectifs économiques et sociaux que la
communauté internationale s’est donnée. Cependant, tant qu’il y
aura une si grande quantité d’armement en circulation, comme
actuellement, on pourra toujours trouver de nouveaux prétextes pour
engager les hostilités. Pour cette raison, je fais mien l’appel de
mes prédécesseurs en faveur de la non prolifération des armes et
du désarmement de la part de tous, en commençant par le désarmement
nucléaire et chimique. Mais nous ne pouvons pas ne pas constater que
les accords internationaux et les lois nationales, bien que
nécessaires et hautement souhaitables, ne sont pas suffisants à eux
seuls pour mettre l’humanité à l’abri du risque de conflits
armés. Une conversion des cœurs est nécessaire, qui permette à
chacun de reconnaître dans l’autre un frère dont il faut prendre
soin, avec lequel travailler pour construire une vie en plénitude
pour tous. Voilà l’esprit qui anime beaucoup d’initiatives de la
société civile, y compris les organisations religieuses, en faveur
de la paix. Je souhaite que l’engagement quotidien de tous continue
à porter du fruit et que l’on puisse parvenir à l’application
effective, dans le droit international, du droit à la paix, comme
droit humain fondamental, condition préalable nécessaire à
l’exercice de tous les autres droits.
La
corruption et le crime organisé contrecarrent la fraternité:
L’horizon de la fraternité renvoie à la croissance en plénitude
de tout homme et de toute femme. Les justes ambitions d’une
personne, surtout si elle est jeune, ne doivent pas être frustrées
ni blessées, l’espérance de pouvoir les réaliser ne doit pas
être volée. Cependant, l’ambition ne doit pas être confondue
avec la prévarication. Au contraire, il convient de rivaliser dans
l’estime réciproque. De même, dans les querelles, qui sont un
aspect inévitable de la vie, il faut toujours se rappeler d’être
frères, et, en conséquence, éduquer et s’éduquer à ne pas
considérer le prochain comme un ennemi ou comme un adversaire à
éliminer. La fraternité génère la paix sociale, parce qu’elle
crée un équilibre entre liberté et justice, entre responsabilité
personnelle et solidarité, entre bien des individus et bien commun.
Une communauté politique doit, alors, agir de manière transparente
et responsable pour favoriser tout cela. Les citoyens doivent se
sentir représentés par les pouvoirs publics dans le respect de leur
liberté. Inversement, souvent, entre citoyen et institutions, se
glissent des intérêts de parti qui déforment cette relation,
favorisant la création d’un climat de perpétuel conflit. Un
authentique esprit de fraternité est vainqueur de l’égoïsme
individuel qui empêche la possibilité des personnes de vivre entre
eux librement et harmonieusement. Cet égoïsme se développe
socialement, soit dans les multiples formes de corruption,
aujourd’hui partout répandues, soit dans la formation des
organisations criminelles –des petits groupes jusqu’aux groupes
organisés à l’échelle globale– qui, minant en profondeur la
légalité et la justice, frappent au cœur la dignité de la
personne. Ces organisations offensent gravement Dieu, nuisent aux
frères et lèsent la création, et encore plus lorsqu’elles ont
une connotation religieuse. Je pense au drame déchirant de la drogue
sur laquelle on s’enrichit dans le mépris des lois morales et
civiles; à la dévastation des ressources naturelles et à pollution
en cours; à la tragédie de l’exploitation dans le travail; je
pense aux trafics illicites d’argent comme à la spéculation
financière, qui souvent prend un caractère prédateur et nocif pour
des systèmes économiques et sociaux entiers, exposant des millions
d’hommes et de femmes à la pauvreté; je pense à la prostitution
qui chaque jour fauche des victimes innocentes, surtout parmi les
plus jeunes, leur volant leur avenir; je pense à l’abomination du
trafic des êtres humains, aux délits et aux abus contre les
mineurs, à l’esclavage qui répand encore son horreur en tant de
parties du monde, à la tragédie souvent pas entendue des migrants
sur lesquels on spécule indignement dans l’illégalité. Jean
XXIII a écrit à ce sujet: Une société fondée uniquement sur des
rapports de force n’aurait rien d’humain : elle comprimerait
nécessairement la liberté des hommes, au lieu d’aider et
d’encourager celle-ci à se développer et à se perfectionner.
Mais l’homme peut se convertir et il ne faut jamais désespérer de
la possibilité de changer de vie. Je voudrais que ce message soit un
message de confiance pour tous, aussi pour ceux qui ont commis des
crimes atroces, parce que Dieu ne veut pas la mort du pêcheur, mais
qu’il se convertisse et qu’il vive. Dans le vaste contexte de la
société humaine, en ce qui concerne le délit et la peine, on pense
aussi aux conditions inhumaines de tant de prisons, où le détenu
est souvent réduit à un état sous-humain, sa dignité d’homme se
trouvant violée, étouffé aussi dans son expression et sa volonté
de rachat. L’Eglise fait beaucoup dans tous ces domaines, et le
plus souvent en silence. J’exhorte et j’encourage à faire
toujours plus, dans l’espérance que de telles actions mises en
œuvre par tant d’hommes et de femmes courageux puissent être
toujours plus loyalement et honnêtement soutenues aussi par les
pouvoirs civils.
La
fraternité aide à garder et à cultiver la nature: La famille
humaine a reçu en commun un don du Créateur, la nature. La vision
chrétienne de la création comporte un jugement positif sur la
licéité des interventions sur la nature pour en tirer bénéfice, à
condition d’agir de manière responsable, c'est-à-dire en en
reconnaissant la grammaire qui est inscrite en elle, et en utilisant
sagement les ressources au bénéfice de tous, respectant la beauté,
la finalité et l’utilité de chaque être vivant et de sa fonction
dans l’écosystème. Bref, la nature est à notre disposition, et
nous sommes appelés à l’administrer de manière responsable. Par
contre, nous sommes souvent guidés par l’avidité, par l’orgueil
de dominer, de posséder, de manipuler, de tirer profit; nous ne
gardons pas la nature, nous ne la respectons pas, nous ne la
considérons pas comme un don gratuit dont nous devons prendre soin
et mettre au service des frères, y compris les générations
futures. En particulier, le secteur agricole est le secteur productif
premier qui a la vocation vitale de cultiver et de garder les
ressources naturelles pour nourrir l’humanité. A cet égard, la
persistance honteuse de la faim dans le monde m’incite à partager
avec vous cette demande: De quelle manière usons-nous des ressources
de la terre? Les sociétés doivent aujourd’hui réfléchir sur la
hiérarchie des priorités auxquelles on destine la production. En
effet, c’est un devoir contraignant d’utiliser les ressources de
la terre de manière à ce que tous soient délivrés de la faim. Les
initiatives et les solutions possibles sont nombreuses et ne se
limitent pas à l’augmentation de la production. Il est bien connu
que celle-ci est actuellement suffisante; et pourtant il y a des
millions de personnes qui souffrent et meurent de faim, et ceci est
un vrai scandale. Il est donc nécessaire de trouver les moyens pour
que tous puissent bénéficier des fruits de la terre, non seulement
pour éviter que s’élargisse l’écart entre celui qui a plus et
celui qui doit se contenter des miettes, mais aussi et surtout en
raison d’une exigence de justice, d’équité et de respect envers
tout être humain. En ce sens, je voudrais rappeler à tous cette
nécessaire destination universelle des biens qui est un des
principes cardinaux de la doctrine sociale de l’Eglise. Respecter
ce principe est la condition essentielle pour permettre un efficace
et équitable accès à ces biens essentiels et premiers dont tout
homme a besoin et a droit.
Conclusion:
La fraternité a besoin d’être découverte, aimée, expérimentée,
annoncée, et témoignée. Mais c’est seulement l’amour donné
par Dieu qui nous permet d’accueillir et de vivre pleinement la
fraternité. Le nécessaire réalisme de la politique et de
l’économie ne peut se réduire à une technique privée d’idéal,
qui ignore la dimension transcendante de l’homme. Quand manque
cette ouverture à Dieu, toute activité humaine devient plus pauvre
et les personnes sont réduites à un objet dont on tire profit.
C’est seulement si l’on accepte de se déplacer dans le vaste
espace assuré par cette ouverture à Celui qui aime chaque homme et
chaque femme, que la politique et l’économie réussiront à se
structurer sur la base d’un authentique esprit de charité
fraternelle et qu’elles pourront être un instrument efficace de
développement humain intégral et de paix. Nous les chrétiens nous
croyons que dans l’Eglise nous sommes tous membres les uns des
autres, tous réciproquement nécessaires, parce qu’à chacun de
nous a été donnée une grâce à la mesure du don du Christ, pour
l’utilité commune. Le Christ est venu dans le monde pour nous
apporter la grâce divine, c'est-à-dire la possibilité de
participer à sa vie. Ceci implique de tisser une relation
fraternelle, empreinte de réciprocité, de pardon, de don total de
soi, selon la grandeur et la profondeur de l’amour de Dieu offert à
l’humanité par celui qui, crucifié et ressuscité, attire tout à
lui: Je vous donne un commandement nouveau, de vous aimer les uns les
autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les
autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes
disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres.
C’est cette bonne nouvelle qui réclame de chacun un pas de plus,
un exercice persistant d’empathie, d’écoute de la souffrance et
de l’espérance de l’autre, y compris de celui qui est plus loin
de moi, en s’engageant sur le chemin exigeant de l’amour qui sait
se donner et se dépenser gratuitement pour le bien de tout frère et
de toute sœur. Le Christ embrasse tout l’homme et veut qu’aucun
ne se perde. Dieu a envoyé son fils dans le monde, non pas pour
juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Il le
fait sans opprimer, sans contraindre personne à lui ouvrir les
portes de son cœur et de son esprit. Le plus grand d’entre vous
doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place
de celui qui sert, dit Jésus-Christ, moi je suis au milieu de vous
comme celui qui sert. Toute activité doit être, alors, contresignée
d’une attitude de service des personnes, spécialement celles qui
sont les plus lointaines et les plus inconnues. Le service est l’âme
de cette fraternité qui construit la paix. Que Marie, Mère de
Jésus, nous aide à comprendre et à vivre tous les jours la
fraternité qui surgit du cœur de son Fils, pour porter la paix à
tout homme sur notre terre bien-aimée".
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 12 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Le
Cardinal Robert Sarah, Président du Conseil pontifical Cor Unum.
Le
Cardinal Franc Rodé, CM.
Mgr.Felipe
Arizmendi Esquivel, Evêque de San Cristobal de Las Casas (Mexique).
Mme.Cristina
Alvarez Rodríguez, Ministre du gouvernement de la Province de Buenos
Aires (Argentine).
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 12 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
L'Abbé
Joseph R.Kopacz, Evêque de Jackson (superficie 97.495, population
2.203.000, catholiques 52.500, prêtres 80, diacres 4, religieux
197), aux Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1950 à
Dunmore (USA) et ordonné prêtre en 1977, était jusqu'ici Curé de
la paroisse de la Trinité de Mount Pocono. Docteur en sciences
sociales, diplômé en histoire et en latin, il a été curé de
paroisses, professeur de séminaire, vicaire et Vicaire Général du
diocèse de Scranton (USA). Il succède à Mgr.Joseph N.Latino, dont
la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
Mgr.Michael
J.Sis, Evêque de San Angelo (superficie 96.951, population 619.000,
catholiques 85.500, prêtres 57, diacres 81, religieux 39), aux
Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1960 à Mount Holly
(USA) et ordonné prêtre en 1986, était jusqu'ici Vicaire Général
de ce même diocèse. Licencié en théologie, il a été aumônier
universitaire, directeur des vocations et curé de paroisse. Il
succède à Mgr.Michael D.Pfeifer, OMI, dont la renonciation a été
acceptée pour limite d'âge.
Mgr.Francis
Bestion, Evêque de Tulle (superficie 5.896, population 244.300,
catholiques 221.400, prêtres 62, diacres 10, religieux 59), en
France. L'Evêque élu, né en 1957 à Fontans (France) et ordonné
prêtre en 1990, était jusqu'ici Vicaire Général du diocèse de
Mende (France). Licencié en théologie, il a été professeur puis
Directeur du lycée de Marvejols (France), professeur de séminaire
et curé de paroisse. Il succède à Mgr.Bernard Charrier, dont la
renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
mercredi 11 décembre 2013
NOUS NE SERONS PAS SEUL AU JUGEMENT DERNIER
Cité
du Vatican, 11 décembre 2013 (VIS). Le Pape François a consacré la
catéchèse de l'audience générale, tenue ce matin Place St.Pierre
devant 27.000 fidèles, au dernier article du Credo relatif à la vie
éternelle et au jugement dernier: "Lorsque nous pensons au
retour du Christ pour le jugement dernier, qui sanctionnera
définitivement les bonnes actions et les omissions de nos vies, nous
savons être en présence d'un mystère suprême que nous ne pouvons
pas même imaginer. Instinctivement, ce mystère nous fait peur, nous
angoisse, alors que si on y réfléchit il ne peut que réjouir le
coeur du chrétien et susciter un sentiment de consolation et de
confiance". Puis il a expliqué que le témoignage des premières
communautés chrétiennes est intéressant car elles accompagnaient
leurs prières de l'acclamation Maranatha, une sorte de supplique
signifiant Viens Seigneur!". C'était une certitude alimentée
par la foi: Oui le Seigneur vient, il est proche. Dans cette formule
est condensée la Révélation. Au final de son Apocalypse, Jean
montre l'Eglise épouse qui s'adresse à son époux Jésus, qu'elle
ne voit pas "alors qu'elle va être enveloppée de sa plénitude
de vie et d'amour. Si nous envisageons le jugement dernier dans cette
perspective, toute peur, tout doute s'efface pour faire place à une
joie profonde. Car c'est alors que nous serons jugés et pourrons
être revêtus de la gloire du Christ". La confiance du chrétien
vient aussi de la certitude de ne pas être seul et abandonné au
moment du jugement. Le Christ sera notre avocat auprès du Père et
nous pourrons compter sur la bienveillance de tant de nos
prédécesseurs dans la foi...qui continuent de nous aimer d'une
façon indicible. Les saints vivent auprès de Dieu et, dans la
splendeur de sa gloire, prient pour nous qui sommes encore sur
terre". L'Evangile de Jean rappelle que le Christ a été envoyé
par le Père non pour condamner le monde mais pour qu'il soit sauvé
à travers son sacrifice. "Cela signifie que le jugement est
commencé, ici bas. Le jugement est prononcé à chaque instant de
notre vie, à l'épreuve de la manière dont nous percevons la foi
dans le salut qu'opère le Christ, ou de notre incrédulité
découlant de notre repli en nous mêmes. Le salut c'est s'ouvrir à
Jésus. Tous nous sommes pécheurs et il nous pardonne. Il faut donc
s'ouvrir à l'amour du Seigneur qui dépasse toute chose. S'ouvrir
signifie se repentir du bien que nous n'avons pas fait... Le Seigneur
s'est offert et continue de s'offrir et de nous combler de la grâce
et de la miséricorde du Père. D'une certaine manière nous sommes
nous mêmes nos juges. Nous nous condamnons à l'exclusion de la
communion avec Dieu et nos frères... Ne cessons donc pas de veiller
sur nos pensées et nos actes afin de goûter dès maintenant la
splendeur de Dieu que nous contemplerons pleinement dans la vie
éternelle".
APPEL CONTRE LA FAIM
Cité
du Vatican, 11 décembre 2013 (VIS). Après
sa catéchèse, le Saint-Père a lancé un appel contre le scandale
de la faim dans le monde, rappelant que la Caritas Internationalis
lance une campagne mondiale de lutte contre la faim et le gaspillage
de nourriture. Elle s'intitule: Une seule famille humaine et de la
nourriture pour tous les hommes. Ce scandale, a dit le Pape, "ne
doit pas nous paralyser mais nous pousser à agir, individus,
familles, communautés, institutions et gouvernements, afin de mettre
fin à l'injustice de la faim. L'Evangile nous indique la voie, qui
est d'avoir confiance dans la Providence et partager le pain
quotidien sans le gaspiller. J'encourage donc la Caritas dans ce
vaste projet et vous invite tous à cette vague de solidarité".
NOTRE DAME DE GUADALUPE
Cité
du Vatican, 11 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a rappelé que
c'est demain la fête de Notre Dame de Guadalupe, la patronne de
l'Amérique: Lorsque la Vierge est apparue à saint Juan Diego,
a-t-il dit en espagnol, "son visage était celui d'une métisse
et ses vêtements couverts de motifs indigènes. Comme Jésus, Marie
se fait proche de ses enfants, qu'elle accompagne en mère sur le
chemin de la vie. Ainsi partage-t-elle les joies et attentes, les
souffrances et angoisses du peuple de Dieu, appelé à rassembler
tous les peuples". Cette apparition mariale fut un signe
d'affection de Marie pour les habitants de toutes les Amériques,
d'alors et à venir. Sa présence caractérise un continent où "tant
de peuples peuvent vivre ensemble dans le respect de la vie à tous
ses stades, du sein maternel à la vieillesse, un continent généreux,
ouvert aux émigrés, aux pauvres et aux marginaux de toute époque.
Tel est le message de la Vierge de Guadalupe, que je fais mien, le
message de l'Eglise. Puissent tous les américains tendre les bras
comme elle. A nos frères et soeurs d'Amérique je demande aussi de
prier pour moi. Puisse la joie évangélique demeurer en vos coeurs".
DECLARATION DU PERE LOMBARDI
Cité
du Vatican, 11 décembre 2013 (VIS). Le Directeur de la Salle de
Presse a réagi à la décision de Time Magazine (USA) de proclamer
le Pape François son homme de l'année: Ce n'est pas une surprise, a
déclaré le P.Federico Lombardi, vu l'écho et l'attention créés
par son élection et le début de son pontificat. Il est positif
qu'un des plus prestigieux organes de presse internationale fasse le
choix de saluer qui parle au monde de valeurs spirituelles,
religieuses et morales, et se bat en faveur de la paix et d'une plus
grande justice. Sans rechercher ni réputation ni succès, le Pape
annonce l'Evangile de l'amour de Dieu envers tous. Il est heureux si
cela attire et donne espoir aux gens. Décerner au Pape François
cette reconnaissance journalistique signifie que beaucoup ont
compris, même implicitement, son message. Et ceci est une raison de
se réjouir.
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