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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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jeudi 4 décembre 2014

Visite du Président mozambicain


Cité du Vatican, 4 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Président mozambicain, M.Armando Emílio Gebuza, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, accompagné de Mgr.Antoine Camilleri, Sous Secrétaire pour les rapports avec les états: Après s'être félicitées de la qualité de leurs relations, les parties ont salué l'importante contribution de l'Eglise locale au développement du pays, par le biais principalement de ses institutions éducatives et sanitaires. Ayant également reconnu le rôle que l'Eglise catholique joue en faveur de la paix et de la réconciliation nationale, les parties ont abordé plusieurs questions d'intérêt régional, comme le désarmement, la lutte contre la pauvreté et l'injustice sociale.


Se pencher sur nos frères en difficulté


Cité du Vatican, 4 décembre 2014 (VIS). Ce matin, le Pape François a reçu les 2.000 membres de la Fédération internationale d'organismes chrétiens de volontariat, qu'il a qualifié d'image d'une Eglise qui sait se pencher sur nos frères en difficulté. Ses membres, a-t-il ajouté, unissent l'expérience professionnelle à la dimension du service gratuit des pauvres, en parfaite adhésion aux valeurs évangéliques. Vos actions envers les personnes en difficulté, a affirmé le Saint-Père, "sont une annonce vivante de la tendresse du Christ qui ne cesse d'accompagner la marche de l'humanité... On a tellement besoin de témoigner de la gratuité. Aujourd'hui la pauvreté a bien des aspects, et les pauvres des aspirations très variées. Certains qui veulent agir s'organisent, pratiquant à leur tour une solidarité interne... La solidarité envers les pauvres signifie penser et agir en communauté, en terme de priorité de la personne sur toute autre chose, de lutter contre l'accaparement des biens par quelques uns et contre les causes structurelles de la pauvreté, de l'injustice, du chômage, de la négation des droits sociaux comme le droit au logement. La solidarité envers les pauvres s'écarte de l'altruisme qui réduit l'autre à un rôle passif".


Face à un système économique qui saccage la nature et provoque des désastres et détruit la biodiversité, "nous devons rappeler que la création n'est pas notre propriété, qu'elle ne peut être exploitée par peu et sans mesure. La nature est un don de Dieu qu'il nous faut soigner et utiliser avec respect et au profit de tous". Et dans les pays en guerre, le Pape a rappelé que les volontaires FOCSIV, agissent pour désarmer les esprits en rapprochant les personnes, en bâtissant des ponts culturels et religieux. La foi aide à agir dans les pays les plus difficiles, où la violence a pris la place de la raison". Puis il a salué la qualité du travail que ses hôtes accomplit dans les camps de réfugiés... Devant à tant de misère, le disciple du Christ ne recule pas, ne détourne pas les yeux. Il cherche à prendre en charge les souffrances des gens selon les principes évangéliques... Les réfugiés entendent fuir dangers et conditions de vie insupportables... Les phénomènes migratoires réclament des conditions spécifiques d'accueil qui les sauvent des dangers de la mer et de trafiquants sans scrupules. Ceci doit aller de pair avec la collaboration entre états en vue de réguler efficacement les flux... D'authentiques témoins de la charité, de véritables agents de la paix, de la justice et de la solidarité" ne sauraient réussir sans...une rencontre avec Dieu dans la prière... Dans les moments difficiles, de découragement, de solitude et d'incompréhension, la force de votre mouvement sera la prière".

Noël s'approche Place St.Pierre


Cité du Vatican, 4 novembre 2014 (VIS). Ce matin est arrivé Place St.Pierre un sapin de Noël de 25 m (à double tronc) de haut offert par la Région Calabre. Après avoir été décoré, il sera illuminé le 19 décembre en fin d'aprés-midi, en même temps que la crèche, dont le thème est cette année l'opéra. Offert par la fondation Arena di Verona, ses 25 personnages sont inspirés du monde lyrique. 

Audiences


Cité du Vatican, 4 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Severino Poletto, Archevêque de Turin (Italie).

Mgr.Michael W.Banach, Nonce apostolique en Papouasie - Nouvelle Guinée et aux Salomon.

Mgr.Giovanni d'Aniello, Nonce apostolique au Brésil.

M.Juan Pablo Cafiero, Ambassadeur d'Argentine, en visite de congé.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 4 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé l'Abbé Patrick Michael O'Reagan, Evêque de Sale (superficie 44.441, population 405.000, catholiques 120.340, prêtres 39, diacres 5, religieux 34), en Australie. L'Evêque élu, né en 1958 à Bathurst (Australie) et ordonné prêtre en 1983, était jusqu'ici Vicaire général de ce même diocèse. Licencié en théologie et en liturgie, doyen de la cathédrale, il a été curé de paroisse, membre du National Liturgical Council, enseignant, responsable du diaconat permanent et de de la formation continue du clergé.


mercredi 3 décembre 2014

Le Pape évoque son voyage en Turquie


Cité du Vatican, 3 décembre 2014 (VIS). Durant l'audience générale tenue place St.Pierre malgré la pluie, le Pape a évoqué son récent voyage en Turquie, un pays cher aux chrétiens pour avoir donné le jour à saint Paul, où se sont tenus les sept premiers conciles et où se trouve la maison de Marie. Il a tout d'abord recommandé aux fidèles de prier pour que ce pèlerinage porte des fruits, notamment dans le dialogue avec les orthodoxes et les musulmans, et dans l'avancement de la paix parmi les peuples. Dans un pays à très grande majorité musulman où la constitution fixe la laïcité de l'Etat, il a déclaré que c'est l'oubli de Dieu et non sa glorification qui engendre la violence. C'est pourquoi, a-t-il dit, "j'ai insisté sur l'importance d'un engagement solidaire des chrétiens et des musulmans en faveur de la paix et de la justice...ressentant profondément le besoin d'invoquer le Seigneur...père miséricordieux de l'humanité toute entière". Avec les représentants différentes confessions chrétiennes, le Patriarche oecuménique, le Vicaire du Patriarche arménien apostolique, le Métropolite syro-orthodoxe et des leaders protestants, ainsi que les représentants des différents rites de l'Eglise catholique présents dans le pays, j'ai "invoqué l'Esprit qui fait l'unité de l'Eglise dans la foi, la charité et l'unité...mais aussi dans la richesse de ses traditions... La prière est indispensable au dialogue oecuménique qui doit se dérouler sous la conduite de l'Esprit" ainsi qu'à la croissance d'un peuple de Dieu qui doit être ouvert et obéissant à Dieu. La solennité de l'Apôtre André, célébrée en commun le 30 novembre, a consolidé les relations fraternelles entre le Patriarche de Constantinople et l'Evêque de Rome. Ensemble nous avons réaffirmé notre engagement à rétablir la pleine communion entre catholiques et orthodoxes. Notre déclaration commune marque une nouvelle étape dans cette voie". Puis le Saint-Père a dit son émotion d'avoir pu conclure la divine liturgie par une bénédiction commune. La dernière rencontre rapportée fut sa visite à de jeunes réfugiés du proche et moyen Orient accueillis par les salésiens d'Istanbul. "Il était important pour moi de pouvoir exprimer à ces personnes la solidarité de l'Eglise, de leur dire combien l'accueil est important pour elle comme pour le peuple turc. Prions donc pour tous les réfugiés du monde, et afin que les causes de leur exil soient éliminées, et avec elle un sort aussi douloureux... Que le Tout Puissant protège le peuple turc et ses dirigeants. Puissent ainsi les diverses religions bâtir ensemble un avenir de paix et que la Turquie soit un espace de coexistence entre religions et cultures. Que Marie intercède auprès de l'Esprit afin de relancer la ferveur missionnaire de l'Eglise auprès de tous les peuple dans le respect et le dialogue".


Avant de se rendre sur la place, le Pape avait salué les participants à la rencontre inter-religieuse, organisée par le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux présidé par le Cardinal Tauran: "Merci à tous d'être venus. Votre visite renforce notre fraternité. Merci pour votre travail et tout ce que vous faîtes pour la paix et pour mieux nous comprendre. Le dialogue est le chemin de la paix".

Déclaration du Directeur de la Salle de Presse


Cité du Vatican, 3 décembre 2014 (VIS). Hier en début de soirée, sollicité par des journalistes, le Directeur de la Salle de Presse a fait la déclaration suivante: Ce matin, le Promoteur de Justice du Tribunal de l'Etat de la Cité du Vatican, M.Gian Piero Milano, a reçu à sa demande le Procureur Général de la République Dominicaine, M.Francisco Domíngez Brito, dans le cadre de ses contacts en Pologne et au Vatican. La rencontre, qui entre dans le cadre de la coopération entre juridictions à propos de l'enquête relative à l'ex Nonce Wesolowski, a été utile vu la complexité de l'enquête et l'éventualité d'une commission rogatoire internationale du tribunal vatican destinée à obtenir de nouveaux éléments. Par ailleurs, la magistrature vaticane a procédé à un premier interrogatoire de l'accusé. Le terme de sa détention préventive étant dépassé, et en raison de sa santé, Mgr.Wesolowski a été autorisé à une certaine liberté de mouvement à l'intérieur de la Cité du Vatican. Ses communications avec l'extérieur sont par ailleurs contrôlées.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 3 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Le P.Ivan Pereira, OFM.Cap, Evêque de Jammu - Srinagar (superficie 222.236, population 13.849.892, catholiques 18.161, prêtres 61, religieux 214), en Inde. L'Evêque élu, né en 1964 près de Vasai (Inde) et ordonné prêtre en 1993, était jusqu'ici Directeur diocésain de l'enseignement catholique. Diplômé en sciences de l'éducation, il a été curé de paroisse, recteur de petit séminaire, président de l'association des prêtres du Nord de l'Inde. Il succède à Mgr.Peter Celestine Elampassery, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Mgr.Odelir José Magri, MCCJ, Evêque de Chapecó (superficie 15.663, population 772.000, catholiques 635.000, prêtres 85, religieux 223), au Brésil, jusqu'ici Evêque de Sobral (Brésil).

Mgr.Zanoni Demettino Castro, Auxiliaire de l'Archevêque de Feira de Santana (Brésil), jusqu'ici Evêque de Sao Mateus (Brésil).

Mgr.Waldemar Passini Delbello, Coadjuteur de l'Evêque de Feira de Luziâna (Brésil), jusqu'ici Auxiliaire de l'Evêque de Goiânia (Brésil).


mardi 2 décembre 2014

Pour l'éradication de l'esclavage moderne


Cité du Vatican, 2 décembre 2014 (VIS). En cette Journée pour l'éradication de l'esclavage moderne, le siège de l'Académie pontificale des sciences a accueilli la cérémonie au cours de laquelle le Pape et des leaders d'autres grandes religions ont signé la déclaration commune, rédigée le 17 mars au Vatican lors de la constitution du Global Freedom Network, dont l'objectif est l'éradication de ce fléau d'ici 2020. Voici l'intervention du Saint-Père: Pour la première fois au monde, "en vertu de nos religions, nous sommes réunis pour une initiative historique concrète, pour nous engager à oeuvrer ensemble à l'éradication de toutes les formes de l'esclavage moderne, physique, économique, sexuelle ou psychologique qui plongent des dizaines de millions de personnes de tout âge dans l'humiliation et la déshumanisation. Tout être humain et image de Dieu, qui est amour et liberté... C'est pourquoi toute personne est libre et appelée à vivre dans l'égalité et la fraternité. Les hommes étant tous égaux, on doit leur reconnaître une liberté et une dignité unique. Toute discrimination constitue un délit, et parfois même un crime aberrant. C'est pourquoi, au nom de tous et de chacun de nous et chacun en vertu de sa foi, nous déclarons que la traite des êtres humains, le travail forcé notamment des mineurs, la prostitution, la mutilation et le vol d'organes constituent des crimes contre l'humanité... Ainsi encourageons nous nos communautés à rejeter toute privation de la liberté individuelle aux fins d'exploitation d'autrui. Malgré les grands efforts déployés, l'esclavage moderne constitue un fléau ignoble à grand échelle, y compris sous sa forme touristique... Il se réalise souvent derrière des portes fermées, mais aussi dans les rues, dans des usines, aux champs , etc. Dans les pays riches comme dans les pauvres la situation empire. Nous appelons tous les croyants, les gouvernements, le monde de l'entreprise, toutes les personnes de bonne volonté de par le monde à s'unir pour lutter contre ce fléau d'aujourd'hui. Soutenus par nos idéaux religieux et les valeurs humaines que nous partageons, nous devons et pouvons tous ensemble...mettre en commun nos énergies. Puisse le Seigneur nous accorder la grâce de convertir notre prochain mais aussi nous mêmes, et d'aller au secours de tous ceux qui, sans exception, croisent notre route: Du vieillard abandonné au travailleur déprécié, du réfugié tombé dans les griffes de la criminalité au mineurs traînant dans les rues comme esclave sexuel, ou à l'enfant mutilé et privés d'un organe. Toutes ces personnes en appellent à notre conscience, comme en écho à la voix de Dieu. Jésus nous a dit que chaque fois que nous ferions le bien d'un de nos frères c'est à lui que nous le ferions. Merci chers amis d'être là pour cet engagement transversal, qui nous engage chacun selon le reflet que nous avons de Dieu, convaincus de ce que l'être humain image du Dieu vivant ne peut être soumis à l'esclavage".     

Déclaration commune pour l'éradication de l'esclavage moderne


Cité du Vatican, 2 décembre 2014 (VIS). Voici le déclaration inter-religieuse pour l'éradication de l'esclavage moderne, signée ce matin au Vatican, suivie des noms de ses signataires:

"Nous, soussignés, sommes réunis ici aujourd’hui dans le cadre d’une initiative historique visant à susciter une action spirituelle et concrète de la part de toutes les confessions et personnes de bonne volonté partout dans le monde, afin d’éradiquer de manière définitive l’esclavage moderne dans le monde d’ici 2020. Aux yeux de Dieu (et de nos différentes religions), chaque être humain est une personne libre, qu’il soit garçon ou fille, femme ou homme, destinée à exister pour le bien de tous en toute égalité et fraternité. L’esclavage moderne, sous ses formes de la traite des êtres humains, du travail forcé ou de la prostitution, du trafic d’organes, comme de toute attitude allant à l’encontre de la conviction selon laquelle tous les êtres humains sont égaux et bénéficient du même droit à la liberté et la dignité, est un crime contre l’humanité.

Nous nous engageons aujourd’hui à faire tout ce qui est en notre pouvoir, au sein de nos communautés religieuses et au-delà, pour travailler ensemble pour la liberté de tous ceux qui sont réduits en esclavage et victimes de traite, afin de leur redonner un avenir. Aujourd’hui, nous avons la possibilité, la conscience, la sagesse, l’innovation et la technologie pour atteindre cet impératif humain et moral".

Souscriptions:

de SS le Pape François, chef de l'Eglise catholique romaine.
de SS Mme.Mata Amritanandamayi, représentante de l’hindouisme (Inde).
de la Vénérable Sr.Chân Không, représentant du Grand Maître du bouddhisme Zen Bhikkhuni Thich Nhat Hanh (Thaïlande).
du Vénérable Datuk K Sri Dhammaratana, Grand Prêtre bouddhiste de Malaisie.
de M.le Rabbin Abraham Skorka, Recteur du séminaire rabbinique latino-américain (Argentine).
de M.le Rabbin David Rosen, Président de l'International Council of Christians and Jews (Israël).
du Dr.Abbas Abdalla Abbas Soliman, représentant le Grand Imam Mohamed Ahmed El-Tayeb de l'Université Al-Azhar (Egypte).
du Grand Ayatollah Mohammad Taqi al-Modarresi (Irak).
du Scheik Naziyah Razzaq Jaafar, représentant du Grand Ayatollah Sheikh Basheer Hussain al Najafi (Pakistan).
du Scheik Omar Abboud (Argentine).
de SG Justin Welby, Archevêque de Canterbury et primat de l'Eglise anglicane.

de SE le Métropolitain de France Emmanuel, représentant SS le Patriarche oecuménique.

lundi 1 décembre 2014

Sauvegardez la longue tradition chrétienne de votre pays


Cité du Vatican, 1 décembre 2014 (VIS). Ce matin, le Pape François a reçu les membres de la Conférence épiscopale suisse au terme de leur visite Ad Limina et leur a remis son discours. Il y évoque la longue tradition chrétienne de la Suisse et leur responsabilité de maintenir la foi vive. "Sans une foi vivante au Christ ressuscité, les belles églises et les monastères y deviendraient peu à peu des musées, toutes les œuvres louables et les institutions perdraient leur âme en laissant seulement des environnements vides et des gens abandonnés a écrit le Pape. La mission qui vous est confiée est de paître le troupeau, en marchant selon les circonstances devant, au milieu et derrière -a écrit le Pape. Le peuple de Dieu ne peut subsister sans ses pasteurs, évêques et prêtres. Le Seigneur a fait à l'Eglise le don de la succession apostolique, au service de l'unité de la foi et de sa transmission complète". Le Pape encourage ensuite ses hôtes à poursuivre leurs efforts pour la formation des séminaristes, qui est "un enjeu pour l'avenir de l'Eglise. Je vous invite aussi à veiller sur vos prêtres et à leur consacrer du temps, surtout s'ils se sont éloignés et ont oublié le sens de la paternité épiscopale ou pensent ne pas en avoir besoin. Un dialogue humble, vrai et fraternel permet souvent un nouveau départ". Il leur demande ensuite de soutenir l'engagement des laïcs en distinguant bien le travail de sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce de service, et les a encouragés à poursuivre la formation de foi, baptême, liturgie, paroisse, famille et vie et à choisir avec soin les personnes pour permettre aux laïcs une réelle intégration dans l'Eglise. "L'Eglise provient de la Pentecôte. A la Pentecôte, les apôtres sortirent du Cénacle et se mirent à parler dans toutes les langues pouvant ainsi manifester à tous les hommes par la force de l'Esprit Saint leur foi vivante au Christ ressuscité. Le Rédempteur nous invite toujours de nouveau à prêcher l'Evangile à tous. Il faut annoncer la bonne Nouvelle, non se plier aux fantaisies des hommes". Accordant sa bénédiction apostolique, le Saint-Père leur a souhaité "de cultiver avec zèle et patience le champ de Dieu, en gardant la passion de la vérité", et les a encouragés à "aller de l'avant tous ensemble, confiant l'avenir de l'évangélisation du pays à la Vierge Marie et à l'intercession de saint Nicolas de Flüe, de saint Maurice et de ses compagnons".

Entretien avec les journalistes sur le vol du retour


Cité du Vatican, 1 décembre 2014 (VIS). Comme de coutume, au cours du vol de retour de son voyage en Turquie, le Pape François a répondu aux questions des journalistes qui l'accompagnaient. Celles-ci ont essentiellement concerné les relations entre islam et christianisme et l'œcuménisme. Le Saint-Père a dit que le Coran est un livre de paix et que l'on ne peut assimiler l'islam au terrorisme mais que les leaders musulmans politiques, religieux ou académiques devaient condamner ensemble les attentats terroristes pour que le peuple l'entende de leur bouche. Il a aussi révélé que dans la mosquée bleue il avait surtout prié pour la paix. Evoquant également la christianophobie, en comparaison à l'islamophobie, il a évoqué les nombreux martyrs chrétiens d'aujourd'hui au Moyen Orient et les populations contraintes d'abandonner leur maison. C'est de ce martyre qui touche les différentes confessions chrétiennes que naît l'œcuménisme du sang.

Evoquant le proche et moyen Orient et la situation en Syrie, il a condamné le trafic et la vente d'armes, rappelant que derrière les guerres se cachent toujours des problèmes politiques, économiques et des intérêts commerciaux qui mettent au centre le dieu argent et non la personne humaine. Il a ajouté qu'il lui semblait vivre une troisième guerre mondiale par fragments disséminés en divers endroits et a rappelé son souhait d'aller en Irak même si ce n'était pas possible actuellement parce que cela constituait un problème pour les autorités au niveau de la sécurité. Il a souligné que l'ouverture de la frontière turco-arménienne était une question très importante, mais qu'il était conscient des problèmes géopolitiques que cela impliquait, et a invité à prier et contribuer pour que cette ouverture devienne réalité.

Puis le Saint-Père a abordé en profondeur la question de l'œcuménisme soulignant qu'il s'agissait d'un chemin qu'il fallait poursuivre ensemble, en favorisant l'œcuménisme spirituel c'est à dire prier, travailler et faire des œuvres de charité ensemble. Il a ajouté que le chemin se poursuivait bien avec l'orthodoxie grâce aux sacrements et à la succession apostolique et qu'il était fondamental de répondre à la question posée par Jean-Paul II demandant aux orthodoxes de les aider à trouver un point d'accord sur la primauté acceptable aussi pour ces Eglises. Il a formulé le souhait de se rendre à Moscou pour rencontrer le patriarche Cyrille mais pas dans l'immédiat à cause des difficultés en Ukraine. Il a encore rappelé que lorsque l'Eglise se regarde au lieu de regarder le Christ, lorsqu'elle croit être la lumière et non celle qui porte la lumière, cela crée des divisions. Enfin, il a souhaité que les chrétiens puissent célébrer Pâques à la même date.


Une des dernières questions a évoqué le récent Synode sur la famille et le Pape a souhaité rappeler que le Synode est un parcours, un chemin et que l'on ne peut considérer de façon isolée l'opinion d'une personne ou le brouillon d'un document. Le Synode n'est pas un parlement mais un espace protégé pour que l'Esprit puisse parler.

Le Pape dénonce les conditions de vie des réfugiés


Cité du Vatican, 30 novembre 2014 (VIS). Hier, dans la cathédrale catholique d'Istanbul, le Pape François a rencontré une centaine de jeunes, réfugiés chrétiens et musulmans, provenant principalement de Turquie, de Syrie et d’Irak, actuellement hôtes de l’oratoire salésien local: J'ai voulu, leur a-t-il dit, "vous manifester ma participation à votre souffrance. Et j’espère que ma visite, avec la grâce du Seigneur, pourra vous donner un peu de consolation dans une situation...qui est la triste conséquence de conflits exacerbés. La guerre, qui est toujours un mal et jamais la solution des problèmes, en crée d’autres. Les réfugiés, comme vous, se trouvent souvent privés, parfois pour longtemps, des biens fondamentaux : une habitation digne, l’assistance sanitaire, l’éducation, le travail. Ils ont dû abandonner non seulement des réalités matérielles, mais surtout la liberté, la proximité des membres de la famille, leur milieu vital et les traditions culturelles. Les conditions dégradantes dans lesquelles de nombreux réfugiés doivent vivre sont intolérables! Pour cela, il faut tout mettre en œuvre pour éliminer les causes de cette réalité. Je lance un appel à une plus grande convergence internationale destinée à résoudre les conflits qui ensanglantent vos terres d’origine, à contrecarrer les autres causes qui poussent les personnes à laisser leur patrie et à promouvoir les conditions pour qu’elles puissent y rester ou y retourner. J’encourage tous ceux qui œuvrent généreusement et honnêtement pour la justice et la paix à ne pas perdre courage. Je m’adresse aux dirigeants politiques, afin qu’ils tiennent compte du fait que la grande majorité de leurs populations aspire à la paix, même si parfois elle n’a plus la force ni la voix pour la demander.

De nombreuses organisations font beaucoup pour les réfugiés, et je suis heureux en particulier de l'action de beaucoup d’institutions catholiques... Aux Autorités turques, je désire exprimer une vive reconnaissance pour le grand effort accompli dans l’assistance aux réfugiés, spécialement aux réfugiés syriens et irakiens, et pour l’engagement concret en vue de chercher à satisfaire leurs exigences. Je souhaite que le soutien nécessaire de la communauté internationale ne fasse pas non plus défaut. Chers jeunes, ne vous découragez pas. Avec l’aide de Dieu, continuez à espérer dans un avenir meilleur, malgré les difficultés et les obstacles que vous affrontez maintenant. L’Eglise catholique, à travers le travail des Salésiens aussi, vous est proche, et en plus d’autres aides, elle vous offre la possibilité de prendre soin de votre instruction et de votre formation... Dieu n’oublie jamais aucun de ses enfants. Les plus petits et les plus souffrants sont plus proches de son cœur de père. Pour ma part, avec toute l’Eglise, je continuerai à m’adresser avec confiance au Seigneur, en lui demandant d’inspirer ceux qui occupent des postes de responsabilité, afin qu’ils promeuvent la justice, la sécurité et la paix sans hésitation et de manière vraiment concrète. À travers ses organisations sociales et caritatives, l’Eglise restera à vos côtés et continuera à soutenir votre cause à la face du monde".


Avant de gagner l'aéroport d'Istanbul, le Saint-Père a fait halte à l'hôpital où le Patriarche arménien apostolique Mesrob II se trouve dans le coma. L'avion papal est arrivé à Rome à 18 h 40' heure locale, et avant de rentrer au Vatican, le Pape s'est arrêté quelques instants pour prier à Ste.Marie Majeure. 

Intentions de prière pour décembre


Cité du Vatican, 1 décembre 2014 (VIS). L'intention de prière générale du Saint-Père pour décembre est: "Pour que la naissance du Rédempteur apporte paix et espérance à tous les hommes de bonne volonté".

Son intention missionnaire est: "Pour que les parents soient de véritables évangélisateurs qui transmettent à leurs enfants le don précieux de la foi".


Audiences


Cité du Vatican, 1 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Mgr.Jude Thaddeus Okolo, Nonce apostolique en République Dominicaine et Délégué apostolique à Porto Rico.

Mgr.Jean-Marie Speich, Nonce apostolique au Ghana.

M.Marco Vinicio Vargas Pereira, Ambassadeur du Costa Rica, pour la présentation de ses lettres de créance.

Le Cardinal Tarcisio Bertone, SDB, Camerlingue.

Mgr.Stephan Burger, Archevêque de Freiburg im Breisgau (Allemagne).

Les prélats de la Conférence épiscopale suisse en visite Ad Limina:

Mgr.Felix Gmür, Archevêque de Bâle, accompagné de ses Auxiliaires, Mgr.Martin Gächter et Mgr.Denis Theurillat.

Mgr.Vitus Huonder, Evêque de Coire, accompagné de son Auxiliaire, Mgr.Marian Eleganti.

Mgr.Charles Morerod, OP, Evêque de Lausanne, Genève et Fribourg, accompagné de ses Auxiliaires, Mgr.Pierre Farine et Mgr.Alain de Raemy.

Mgr.Valerio Lazzeri, Evêque de Lugano.

Mgr.Markus Büchel, Evêque de St.Gall.

Mgr.Jean-Marie Lovey, CRB, Evêque de Sion.

Dom Urban Federer, OSB, Abbé territorial de Einsiedeln.

Mgr.Joseph Roduit, Abbé territorial de St.Maurice.
Cité du Vatican, 1 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Mgr.Jude Thaddeus Okolo, Nonce apostolique en République Dominicaine et Délégué apostolique à Porto Rico.

Mgr.Jean-Marie Speich, Nonce apostolique au Ghana.

M.Marco Vinicio Vargas Pereira, Ambassadeur du Costa Rica, pour la présentation de ses lettres de créance.

Le Cardinal Tarcisio Bertone, SDB, Camerlingue.

Mgr.Stephan Burger, Archevêque de Freiburg im Breisgau (Allemagne).

Les prélats de la Conférence épiscopale suisse en visite Ad Limina:

Mgr.Felix Gmür, Archevêque de Bâle, accompagné de ses Auxiliaires, Mgr.Martin Gächter et Mgr.Denis Theurillat.

Mgr.Vitus Huonder, Evêque de Coire, accompagné de son Auxiliaire, Mgr.Marian Eleganti.

Mgr.Charles Morerod, OP, Evêque de Lausanne, Genève et Fribourg, accompagné de ses Auxiliaires, Mgr.Pierre Farine et Mgr.Alain de Raemy.

Mgr.Valerio Lazzeri, Evêque de Lugano.

Mgr.Markus Büchel, Evêque de St.Gall.

Mgr.Jean-Marie Lovey, CRB, Evêque de Sion.

Dom Urban Federer, OSB, Abbé territorial de Einsiedeln.


Mgr.Joseph Roduit, Abbé territorial de St.Maurice.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 1 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a accepté la renonciation de Mgr.Luis Alberto Parra Mora à la charge pastorale du diocèse de Sibundoy (Colombie), en conformité au canon 401,2 du CIC. 

dimanche 30 novembre 2014

Messe à Istanbul pour les communautés catholiques


Cité du Vatican, 30 novembre 2014 (VIS). En début d'après-midi hier, le Saint-Père s'est rendu en la cathédrale catholique d'Istanbul (depuis 1846), qui conserve dans l'atrium une statue de Benoît XV offerte en 1919 par les turcs pour remercier le Pape d'avoir tenté de bloquer la première guerre mondiale: "Au bienfaiteur des peuple sans distinction de nationalité ou de religion, l'Orient reconnaissant". L'intervention papale n'empêcha malheureusement les "jeunes turc" de perpétrer des massacres de minorités ethniques et religieuses, au premier plan desquelles la population arménienne de Turquie. Le Pape François a présidé une messe catholique inter-rites, au cours de laquelle ont également été utilisées plusieurs langues. Outre les dignitaires des Eglises orientales catholiques présentes en Turquie, y ont assisté avec le Patriarche oecuménique de Constantinople les prélats des autres Eglises orthodoxes d'Orient, et les représentants des autres communautés chrétiennes d'Istanbul. Voici l'homélie du Saint-Père:

"A l'homme assoiffé de salut, Jésus se présente comme la source où puiser, le rocher d’où le Père fait jaillir des fleuves d’eau vive pour tous ceux qui croient en lui. Avec cette prophétie, proclamée publiquement à Jérusalem, Jésus annonce à l’avance le don de l’Esprit que recevront ses disciples après sa glorification, après sa mort et sa résurrection. Ame de l’Eglise, l'Esprit donne la vie, suscite les différents charismes qui enrichissent le peuple de Dieu et surtout, crée l’unité entre les croyants. D'une multitude il fait un seul corps, le corps du Christ. Toute la vie et la mission de l’Eglise dépendent de l’Esprit qui réalise toute chose. La profession de foi...n'est possible que parce qu’elle est suggérée par l’Esprit: Personne n’est capable de dire que Jésus est Seigneur sinon dans l’Esprit Saint. Quand nous prions, c’est parce que l’Esprit suscite en nous la prière, dans notre cœur. Quand nous brisons le cercle de notre égoïsme, que nous sortons de nous-mêmes et nous approchons des autres pour les rencontrer, les écouter, les aider, c’est l’Esprit de Dieu qui nous a poussés. Quand nous découvrons en nous une capacité inconnue de pardonner, d’aimer celui qui ne nous aime pas, c’est l’Esprit qui nous a saisis. Quand nous passons outre les paroles de convenance et que nous nous adressons aux frères avec cette tendresse qui réchauffe le cœur, nous avons été certainement touchés par l’Esprit qui suscite les différents charismes dans l’Eglise... Cela constitue une immense richesse parce qu'il est l’Esprit d’une unité qui ne signifie pas uniformité. Seul l’Esprit peut susciter la diversité, la multiplicité et, en même temps, opérer l’unité. Quand nous voulons faire la diversité, et que nous nous arrêtons sur nos particularismes et sur nos exclusivismes, nous apportons la division. Lorsque nous voulons faire l’unité selon nos desseins humains, nous finissons par apporter l’uniformité et l’homologation. Si au contraire, nous nous laissons guider par l’Esprit, la richesse, la variété, la diversité ne deviennent jamais conflit, parce que Lui nous pousse à vivre la variété dans la communion de l’Eglise.
La multitude des membres et des charismes trouve son principe harmonisant dans l’Esprit du Christ, que le Père a envoyé et qu’il continue d’envoyer, pour accomplir l’unité entre les croyants. L’Esprit fait l’unité de l’Eglise, son unité dans la foi, son unité dans la charité, son unité dans la cohésion intérieure. L’Eglise et les Eglises sont appelées à se laisser guider par l’Esprit, en se plaçant dans une attitude d’ouverture, de docilité et d’obéissance... C'est là une perspective d’espérance, mais en même temps laborieuse, puisqu’il y a toujours en nous la tentation de résister à l’Esprit Saint, parce qu’il bouleverse, parce qu’il secoue, il fait marcher, il pousse l’Eglise à avancer. Et il est toujours plus facile et plus commode de se caler dans ses propres positions statiques et inchangées. En réalité, l’Eglise se montre fidèle à l’Esprit dans la mesure où elle n’a pas la prétention de le régler ni de le domestiquer. Et l’Eglise se montre aussi fidèle à l’Esprit quand elle laisse de côté la tentation de se regarder elle-même. Et nous, chrétiens, nous devenons d’authentiques disciples-missionnaires, capables d’interpeller les consciences, si nous abandonnons un style défensif pour nous laisser conduire par l’Esprit. Il est fraîcheur, imagination, nouveauté.

Nos défenses peuvent se manifester par le retranchement excessif sur nos idées, sur nos forces, mais au risque de glisser vers le pélagianisme, dans une attitude d’ambition et de vanité. Ces mécanismes défensifs nous empêchent de comprendre vraiment les autres et de nous ouvrir à un dialogue sincère avec eux. Mais l’Eglise, née de la Pentecôte, reçoit le feu de l’Esprit, qui ne remplit pas tant la tête d’idées mais incendie le cœur. Elle est alors investie du vent de l’Esprit qui ne transmet pas un pouvoir, mais habilite à un service d’amour, à un langage que chacun est en mesure de comprendre. Sur notre chemin de foi et de vie fraternelle, plus nous nous laisserons guider avec humilité par l’Esprit du Seigneur, plus nous dépasserons les incompréhensions, les divisions et les controverses et plus nous serons signes crédibles d’unité et de paix. Signes crédibles que Notre Seigneur est ressuscité, est vivant. C'est avec cette joyeuse certitude que je vous salue tous avec affection, chers frères et sœurs, ainsi que le Patriarche syro-catholique, le Président de la Conférences épiscopale de Turquie, le Vicaire apostolique Mgr.Pelâtre, les autres évêques et exarques, les prêtres et les diacres, les personnes consacrées et les fidèles laïcs, appartenant aux différentes communautés et aux différents rites de l’Église catholique. Je désire saluer avec une fraternelle affection le Patriarche de Constantinople, SS Barthélémy I, le Métropolite syro-orthodoxe, le Vicaire Patriarcal arménien apostolique et les représentants des Communautés protestantes, qui ont voulu prier avec nous durant cette célébration. Je leur exprime ma reconnaissance pour ce geste fraternel. J’envoie une pensée affectueuse au Patriarche arménien apostolique Mesrob II, en l’assurant de ma prière. Frères et sœurs, tournons notre pensée vers la Vierge Marie, la Sainte Mère de Dieu. Avec elle qui a prié dans le cénacle avec les Apôtres dans l’attente de la Pentecôte, prions le Seigneur pour qu’il envoie l'Esprit dans nos cœurs et nous rende témoins de son Evangile dans le monde entier". 

Priere en commun au Phanar


Cité du Vatican, 30 novembre 2014 (VIS). Hier, après la messe en la cathédrale catholique d'Istanbul, le Saint-Père a gagné le Phanar, le siège du Patriarcat oecuménique de Constantinople, point de convergence de 300 millions d'orthodoxes regroupés en diverses Eglises orthodoxes autonomes. Incarnant l'unité et le primat de l'orthodoxie, le Patriarche oecuménique est le premier inter pares. Il a directe juridiction sur Istanbul et quatre autres diocèses de Turquie, le Mont Athos, la Crète, Patmos et le Dodécanèse. Depuis le milieu du XV siècle, le patriarcat n'est plus contigu à la basilique Ste.Sophie. En 1601, il a été autorité par le Sultan à s'installer au quartier du Phanar. Le Pape François y a été accueilli par SS Barthélémy I en l'église St.Georges, où ils ont prié pour l'unité. Après l'allocution du Patriarche oecuménique, le Pape a prononcé le discours suivant:

"La tombée du soir porte toujours avec lui un sentiment mêlé de gratitude pour la journée vécue, et d’anxieuse confiance devant la nuit qui arrive. Ce soir mon âme est remplie de gratitude envers Dieu qui m’accorde de me trouver ici pour prier avec votre Sainteté et avec cette Eglise sœur, au terme d’une intense journée de visite apostolique. Et en même temps, mon âme est en attente du jour que nous avons liturgiquement commencé, la fête de l'Apôtre André, le fondateur et le patron de cette Eglise. A travers les paroles du prophète Zacharie, le Seigneur nous offre une fois encore le fondement de notre tension entre un aujourd’hui et un demain, le rocher solide sur lequel nous pouvons ensemble porter nos pas avec joie et avec espérance, Ce fondement sur le roc est la promesse du Seigneur: Voici que je sauve mon peuple, de l’Orient et de l’Occident dans la loyauté et la justice.
Oui, cher Frère vénéré Barthélémy, alors que je vous exprime un merci sincère pour votre accueil fraternel, je sens que notre joie est plus grande parce que la source est au-delà. Elle n’est pas en nous, elle n’est pas dans notre engagement ni dans nos efforts, même s’il y en a, comme il se doit, mais elle est dans la confiance commune en la fidélité de Dieu, qui pose le fondement de la reconstruction de son temple qu'est l’église. Voilà une semence de paix, voilà une semence de joie. Cette paix et cette joie que le monde ne peut donner, mais que le Seigneur Jésus a promises à ses disciples, et qu’il leur a données, une fois ressuscité, dans la puissance de l'Esprit.


André et Pierre ont écouté cette promesse et reçu ce don. Ils étaient frères de sang, mais la rencontre avec le Christ les a transformés en frères dans la foi et dans la charité. Et en cette joyeuse soirée, en cette prière des vigiles, je voudrais dire surtout: Nous sommes frères dans l’espérance, et l’espérance ne déçoit pas! Quelle grâce, Sainteté, de pouvoir être frères dans l’espérance du Seigneur ressuscité! Quelle grâce et quelle responsabilité de pouvoir marcher ensemble dans cette espérance, avec le soutien des saints frères André et Pierre! Quelle grâce de savoir que cette commune espérance ne déçoit pas, parce qu’elle est fondée, non pas sur nous ni sur nos pauvres forces, mais sur la fidélité de Dieu. C'est dans cette joyeuse espérance, remplie de gratitude et d’attente impatiente, que j’adresse à Votre Sainteté, à toutes les personnes présentes, et à l’Eglise de Constantinople, mes vœux cordiaux et fraternels pour la fête du Saint Patron. Et je vous demande une faveur, celle de me bénir ainsi que l’Eglise de Rome". Après cette allocution, le Pape François et son hôte le Patriarche Barthélémy ont récité le Pater ensemble, en grec et en latin. S'étant retirés au second étage du Phanar, il ont eu un nouvel entretien. 

Divine liturgie de la solennité de St.André en présence du Pape François


Cité du Vatican, 30 novembre 2014 (VIS). La dernière journée du voyage du Saint-Père en Turquie a débuté tôt par sa rencontre près la représentation pontificale d'Istanbul avec le Grand Rabbin de Turquie Isaak Halerva, à la tête d'une communauté de 25.000 fidèles. Lors de l'Inquisition espagnole de la fin du XV siècle et jusqu'au début du XIX un très grand nombre de juifs trouvèrent refuge dans l'empire ottoman. Mais cette communauté s'est drastiquement réduite au profit de l'émigration vers les Amériques et vers Israël au XIX et XX siècle. Benoît XVI avait rencontré le Grand Rabbin en 2006.

Après quoi, le Pape est retourné au Phanar pour participer à la divine liturgie célébrée par le Patriarche en la solennité de saint André apôtre. A l'issue de la cérémonie, il a prononcé le discours suivant: "Souvent, comme Archevêque de Buenos Aires, j’ai participé à la divine liturgie des communautés orthodoxes locales. Mais, me trouver aujourd’hui en cette église patriarcale St.Georges...est vraiment une grâce particulière que le Seigneur me donne. Nous rencontrer, échanger l’accolade de paix, prier l’un pour l’autre sont des dimensions essentielles de ce chemin vers le rétablissement de la pleine communion à laquelle nous tendons. Tout ceci précède et accompagne constamment cette autre dimension essentielle de ce chemin qu’est le dialogue théologique. Un authentique dialogue est toujours une rencontre entre des personnes avec un nom, un visage, une histoire, et pas seulement une confrontation d’idées. Cela vaut surtout pour nous chrétiens, parce que, pour nous, la vérité est la personne de Jésus-Christ. L’exemple de saint André, qui a accueilli l’invitation du Maître à venir et voir, nous montre avec clarté que la vie chrétienne est une expérience personnelle, une rencontre transformante avec celui qui nous aime et veut nous sauver. De même, l’annonce chrétienne se répand grâce à des personnes qui, amoureuses du Christ, ne peuvent pas ne pas transmettre la joie d’être aimées et sauvées. Encore une fois, l’exemple de l’apôtre André est éclairant. Après avoir suivi Jésus là où il habitait et s’être entretenu avec lui, il trouva d’abord Simon son frère et lui dit: Nous avons trouvé le Messie! Et il l’amena à Jésus. Il est clair, par conséquent, que même le dialogue entre chrétiens ne peut se soustraire à cette logique de la rencontre personnelle.

Ce n’est donc pas un hasard si le chemin de réconciliation et de paix entre catholiques et orthodoxes a été, en quelque sorte, inauguré par une rencontre, par une accolade entre nos vénérés prédécesseurs, le Patriarche Athénagoras et le Pape Paul VI, il y a cinquante ans, à Jérusalem, événement que votre Sainteté et moi-même avons voulu récemment commémorer en nous rencontrant dans la ville où le Seigneur est mort et ressuscité. Par une heureuse coïncidence, ma visite a lieu quelques jours après la célébration du cinquantième anniversaire de la promulgation du décret du Concile Vatican II sur la recherche de l’unité entre tous les chrétiens, Unitatis Redintegratio. Il s’agit d’un document fondamental par lequel a été ouverte une voie nouvelle pour la rencontre entre les catholiques et les frères d’autres Eglises et Communautés ecclésiales. Par ce décret, l’Eglise catholique reconnaît que les Eglises orthodoxes ont de vrais sacrements, principalement, en vertu de la succession apostolique: Ce sont le Sacerdoce et l’Eucharistie... En conséquence, on affirme que, pour garder fidèlement la plénitude de la tradition chrétienne et pour conduire à terme la réconciliation des chrétiens d’Orient et d’Occident, il est de la plus grande importance de conserver et de soutenir le très riche patrimoine des Eglises d’Orient, non seulement en ce qui concerne les traditions liturgiques et spirituelles, mais aussi les disciplines canoniques, entérinées par les saints pères et par les conciles, qui règlent la vie de ces Eglises. J’estime important de rappeler le respect de ce principe comme condition essentielle et réciproque au rétablissement de la pleine communion, qui ne signifie ni soumission l’un à l’autre, ni absorption, mais plutôt accueil de tous les dons que Dieu a donnés à chacun pour manifester au monde entier le grand mystère du salut réalisé par le Christ, par l’Esprit. Je veux assurer à chacun de vous que, pour arriver au but désiré de la pleine unité, l’Eglise catholique n’entend pas imposer une quelconque exigence, sinon celle de la profession de foi commune, et que nous sommes prêts à chercher ensemble, à la lumière de l’enseignement de l’Ecriture et de l’expérience du premier millénaire, les modalités par lesquelles garantir la nécessaire unité de l’Eglise dans les circonstances actuelles. L’unique chose que désire l’église catholique, et que je recherche comme Evêque de Rome, de l’Eglise qui préside dans la charité, c’est la communion avec les Eglises orthodoxes. Cette communion sera toujours le fruit de l’amour qui a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit qui nous a été donné, amour fraternel qui donne expression au lien spirituel et transcendant qui nous unit comme disciples du Seigneur.

Dans le monde d’aujourd’hui se lèvent avec force des voix que nous ne pouvons pas ne pas entendre, et qui demandent à nos Eglises de vivre jusqu’au bout le fait d’être disciples du Seigneur Jésus-Christ. La première de ces voix est celle des pauvres. Dans le monde, il y a trop de femmes et trop d’hommes qui souffrent de grave malnutrition, du chômage croissant, du fort pourcentage de jeunes sans travail et de l’augmentation de l’exclusion sociale, qui peut conduire à des activités criminelles et même au recrutement des terroristes. Nous ne pouvons pas rester indifférents devant les voix de ces frères et sœurs. Ils nous demandent, non seulement de leur donner une aide matérielle, nécessaire en de nombreuses circonstances, mais surtout que nous les aidions à défendre leur dignité de personne humaine, de sorte qu’ils puissent retrouver les énergies spirituelles pour se relever et être de nouveau protagonistes de leur histoire. Il nous demandent aussi de lutter, à la lumière de l’Evangile, contre les causes structurelles de la pauvreté, l’inégalité, le manque d’un travail digne, d’une terre et d’une maison, la négation des droits sociaux et des droits du travail. Comme chrétiens nous sommes appelés à vaincre ensemble cette mondialisation de l’indifférence qui aujourd’hui semble avoir la suprématie, et à construire une nouvelle civilisation de l’amour et de la solidarité.

Une seconde voix qui crie fort est celle des victimes des conflits en tant de parties du monde. Cette voix nous l’entendons très bien résonner d’ici, parce que des nations voisines sont marquées par une guerre atroce et inhumaine. Je pense avec une grande douleur à toutes les victimes de l'attentat insensé qui vient de frapper à mort des musulmans nigérians priant en la mosquée de Kano. Troubler la paix d’un peuple, commettre ou consentir toute espèce de violence, spécialement sur les personnes faibles et sans défense, est un péché très grave contre Dieu, parce que c’est ne pas respecter l’image de Dieu qui est dans l’homme. La voix des victimes des conflits nous pousse à avancer rapidement sur le chemin de la réconciliation et de la communion entre catholiques et orthodoxes. D’ailleurs, comment pouvons-nous annoncer de manière crédible le message de paix qui vient du Christ, si, entre nous, continuent d’exister des rivalités et des querelles?

Une troisième voix qui nous interpelle est celle des jeunes. Aujourd’hui, malheureusement, beaucoup de jeunes vivent sans espérance, vaincus par le découragement et la résignation. Beaucoup de jeunes, de plus, influencés par la culture dominante, cherchent la joie uniquement dans la possession de biens matériels et dans la satisfaction des émotions du moment. Les nouvelles générations ne pourront jamais acquérir la vraie sagesse ni maintenir vivante leur espérance si nous ne sommes pas capables de valoriser et de transmettre l’authentique humanisme, qui surgit de l’Evangile et de l’expérience millénaire de l’Eglise. Ce sont justement les jeunes orthodoxes, catholiques et protestants qui se rencontrent dans les rassemblements internationaux organisés par la communauté de Taizé, qui aujourd’hui nous demandent de faire des pas en avant vers la pleine communion. Et cela non parce qu’ils ignorent la signification des différences qui nous séparent encore, mais parce qu’ils savent voir au-delà, ils sont capables de recueillir l’essentiel qui déjà nous unit en vue de la sainteté. Cher frère Barthélémy, nous sommes en chemin vers la pleine communion et déjà nous pouvons vivre des signes éloquents d’une unité réelle, bien qu’encore partielle. Cela nous conforte et nous soutient dans la poursuite de ce chemin. Nous sommes sûrs que le long de cette route nous sommes soutenus par l’intercession d’André et de son frère Pierre, considérés par la tradition comme les fondateurs des Eglises de Constantinople et de Rome. Invoquons de Dieu le grand don de la pleine unité et la capacité de l’accueillir dans nos vies. Et n’oublions jamais de prier les uns pour les autres".






Déclaration commune du Patriarche oecuménique et du Pape


Cité du Vatican, 30 novembre 2014 (VIS). Après avoir salué et béni l'assistance depuis le balcon du Phanar, Barthélémy I et le Pape François ont lu puis signé une importante Déclaration commune, dont voici le texte:

"Nous, le Pape François et le Patriarche œcuménique Barthélémy I, exprimons notre profonde gratitude à Dieu pour le don de cette nouvelle rencontre qu’il nous accorde, en présence des membres du Saint Synode, du clergé et des fidèles du Patriarcat œcuménique, de célébrer ensemble la fête de saint André, le premier appelé et le frère de l’Apôtre Pierre. Faire mémoire des apôtres, qui proclamèrent la bonne nouvelle de l’Evangile au monde, renforce en nous le désir de continuer à cheminer ensemble dans le but de dépasser, avec amour et confiance, les obstacles qui nous divisent. Lors de notre rencontre à Jérusalem de mai dernier, au cours de laquelle nous avons rappelé l’accolade historique entre nos vénérables prédécesseurs Paul VI et Athenagoras, nous avons signé une déclaration conjointe. Aujourd’hui, en l’heureuse occasion d’une nouvelle rencontre fraternelle, nous voulons réaffirmer ensemble nos intentions et nos préoccupations communes:

Nous exprimons notre sincère et ferme intention, dans l’obéissance à la volonté de Notre Seigneur Jésus-Christ, d’intensifier nos efforts pour la promotion de la pleine unité entre tous les chrétiens et surtout entre catholiques et orthodoxes. Nous voulons de plus, soutenir le dialogue théologique promu par la Commission mixte internationale, qui, instituée il y a exactement 35 ans par le Patriarche œcuménique Dimitrios et par le Pape Jean-Paul II, ici, au Phanar, traite actuellement les questions plus difficiles qui ont marqué l’histoire de nos divisions et qui demandent une étude attentive et approfondie. Dans ce but, nous assurons de notre prière fervente comme Pasteurs de l’Eglise, demandant aux fidèles de s’unir à nous dans l’invocation commune que tous soient un afin que le monde croie.

Nous exprimons notre préoccupation commune pour la situation en Irak, en Syrie et dans tout le proche et moyen Orient. Nous sommes unis dans le désir de paix et de stabilité et dans la volonté de promouvoir la résolution des conflits par le dialogue et la réconciliation. Reconnaissant les efforts déjà faits pour offrir une assistance à la région, nous en appelons en même temps à tous ceux qui ont la responsabilité du destin des peuples afin qu’ils intensifient leur engagement pour les communautés qui souffrent et leur permettent, y compris aux communautés chrétiennes, de rester sur leur terre natale. Nous ne pouvons pas nous résigner à Orient sans les chrétiens qui y ont professé le nom de Jésus pendant deux mille ans. Beaucoup de nos frères et de nos sœurs sont persécutés et ont été contraints par la violence à laisser leur maisons. Il semble vraiment que la valeur de la vie humaine se soit perdue et que la personne humaine n’aie plus d’importance et puisse être sacrifiée à d’autres intérêts. Et tout cela, tragiquement, rencontre l’indifférence de beaucoup. Comme nous le rappelle Paul: Un membre souffre-t-il que tous les membres souffrent avec lui. Un membre est-il à l’honneur que tous les membre se réjouissent avec lui. C’est la loi de la vie chrétienne et en ce sens nous pouvons dire qu’il y a aussi un œcuménisme de la souffrance. Comme le sang des martyrs a été semence de force et de fécondité pour l’Eglise, ainsi le partage des souffrances quotidiennes peut être aussi un instrument efficace d’unité. La terrible situation des chrétiens et de tous ceux qui souffrent au proche et moyen Orient demande non seulement une prière constante, mais aussi une réponse appropriée de la part de la communauté internationale.

Les grands défis que le monde a devant lui dans la situation actuelle demandent la solidarité de toutes les personnes de bonne volonté. Nous reconnaissons donc aussi l’importance de la promotion d’un dialogue constructif avec l’Islam, basé sur le respect mutuel et sur l’amitié. Inspirés par des valeurs communes et affermis par un authentique sentiment fraternel, musulmans et chrétiens sont appelés à travailler ensemble par amour de la justice, de la paix et du respect de la dignité et des droits de chaque personne, spécialement dans les régions où eux-mêmes, un temps, vécurent pendant des siècles dans une coexistence pacifique et maintenant souffrent ensemble tragiquement des horreurs de la guerre. De plus, comme leaders chrétiens, nous exhortons tous les leaders religieux à poursuivre et à renforcer le dialogue inter-religieux et à accomplir tout effort pour construire une culture de paix et de solidarité entre les personnes et entre les peuples. Nous nous souvenons aussi de tous les peuples qui souffrent à cause de la guerre. En particulier, nous prions pour la paix en Ukraine, un pays d’antique tradition chrétienne, et nous lançons un appel aux parties engagées dans le conflit à rechercher le chemin du dialogue et du respect du droit international pour mettre fin au conflit et permettre à tous les Ukrainiens de vivre en harmonie. Nos pensées sont également tournées vers tous les fidèles de nos Eglises de par le monde, que nous saluons, les confiant au Christ notre Sauveur, afin qu’ils puissent être des témoins infatigables de l’amour de Dieu. Nous faisons monter notre prière fervente vers Dieu pour qu’il accorde le don de la paix, dans l’amour et dans l’unité, à toute la famille humaine. Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix en tout temps et de toute manière. Que le Seigneur soit avec vous tous". Après cet acte solennel ils ont rejoint leurs suites pour le déjeuner.


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