Cité
du Vatican, 23 octobre 2015 (VIS). Hier après-midi, à l'ouverture
de congrégation générale du Synode, le Saint-Père a annoncé sa
décision d'instituer un dicastère regroupant les compétences sur
les laïcs, la famille et la vie et substituant donc le Conseil
pontifical pour les laïcs, le Conseil pontifical pour la famille et
l'Académie pontificale pour la vie. A cette fin, il a constitué une
commission chargée de rédiger un document définissant
canoniquement les compétences du nouveau dicastère, qui sera soumis
en décembre au Conseil des Cardinaux en charge de réfléchir à la
réforme de la Curie Romaine.
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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
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dernières 5 nouvelles
vendredi 23 octobre 2015
Méditation sur la miséricorde proposée par Mgr.Vokal
Cité
du Vatican, 23 octobre 2015 (VIS). Ce matin, en ouverture de la
congrégation générale du Synode, Mgr.Jan Vokal (République
tchèque) a proposé une brève méditation sur la miséricorde.
Reprenant une citation du prophète Amos, il a souligné la nécessité
de nous arrêter de temps en temps, de lever les yeux au ciel, de
nous rappeler que nous ne sommes les maîtres ni du monde ni de la
vie. Il faut admirer le ciel, les montagnes, la mer, sentir le vent,
le ruissellement de l'eau...comme aimait le faire Jean-Paul II...
Nous devons nous sentir petits, ce que nous sommes, dans le grand
univers que Dieu a créé et continue de créer et de raviver à
chaque instant... Vivre au milieu de choses, que nous créons, de
plus en plus artificielles, modifie lentement notre perception de la
réalité et de notre propre nature. Sans nous en rendre compte, nous
oublions où nous sommes et qui nous sommes, nous perdons le sens de
notre vraie dimension. Parfois nous nous sentons omnipotents, alors
que nous ne sommes pas. Parfois nous nous sentons impuissants, alors
que nous ne sommes pas. Comme le prophète Amos nous le rappelle, si
nous ne sommes que des brins d'herbe, notre cœur est capable
d'infini. Si nous sommes presque rien, demandons nous pourquoi? Et
sentons en nous le lien mystérieux, parfois douloureux, avec qui a
créé ce monde, le soleil, la lune, les étoiles... De toutes les
créatures qui, à leur manière, sont plus humbles et obéissantes
au Créateur que nous, les êtres humains sont les seuls
capables...de percevoir la toute-puissance de Dieu, son
incompréhensible grandeur. Lui qui est amour, l'amour
miséricordieux, qui est compatissant comme une mère envers ses
enfants... Nous sommes bien les seuls à nous rendre compte que toute
la création gémit et souffre les douleurs de l'enfantement...
Jean-Paul II nous laissé la prophétie. Nous sommes parvenus au
temps de la miséricorde. Il a consacré à la Miséricorde Divine le
deuxième dimanche de Pâques, et il est mort à la veille de cette
fête. Puisse-t-il continuer à intercéder pour nous afin que nous
ayons tous toujours plus de compassion, à l'image du Père céleste,
le miséricordieux".
jeudi 22 octobre 2015
Message au congrès consacré à Matteo Ricci
Cité
du Vatican, 22 octobre 2015 (VIS). Le Saint-Père
a fait parvenir un message aux participants au congrès sur le
jésuite Matteo Ricci (1552 - 1610), en cours à Macerata (Italie).
L'événement a été organisé par l'Université locale et
l'Institut Confucius, organe pour la diffusion de la langue et de la
culture chinoises. L'idée en était venue en 2013 au Vice Ministre
chinois de l'éducation lors de sa visite de l'institut de Macerata.
Le Pape François s'y félicite du nouvel intérêt porté sur la vie
et l'oeuvre du célèbre jésuite italien, ami de la Chine, né dans
cette ville des Marches. "Puisse l'évocation de cet homme
d'Eglise plein de zèle missionnaire, attentif aux changements de la
société, promoteur des relations entre l'Europe et l'Asie,
renforcer le dialogue fructueux et respectueux tant culturel que
religieux". Ce congrès survient cinq ans après la célébration
du quatrième centenaire de la mort du P.Ricci. La recherche à son
sujet a progressé grâce à l'exploitation de nouveaux fonds
d'archives chinois. Le congrès de Macerata entend également
renouveler l'approche de ses travaux, notamment les plus difficiles à
interpréter. Ainsi ont été présentées des études sur le
dictionnaire sino-portugais de Matteo Ricci et Michele Ruggieri, sur
la linguistique, la sémiologie et la rhétorique employées. Sans
oublier l'approche cartographique regardant l'aventure des jésuites
en Chine, en Corée et au Japon. Quelle influence eut sur l'Europe la
culture et la philosophie chinoises apportées par Matteo Ricci, sur
l'illuminisme et la pensée occidentale. Et enfin les rapports entre
les citations et traduction des Dialogues de Confucius par Matteo
Ricci, à la lumière des trois premières éditions traduites par
les jésuites.
mercredi 21 octobre 2015
La fidélité aux promesses est un vrai chef-d'œuvre d'humanité
Cité
du Vatican, 21 octobre 2015
(VIS). Ce matin, au cours de l'audience générale Place St.Pierre,
le Saint-Père est revenu sur la famille, centrant sa réflexion sur
la fidélité à la promesse d'amour entre l'homme et la femme, sur
laquelle est fondée la famille, et qui porte en elle l'engagement
d'accueillir et d'éduquer les enfants, de prendre soin des parents
âgés et des membres les plus faibles de la famille, s'aidant
mutuellement à développer ses qualités et accepter ses limites:
''Une famille qui se ferme sur elle-même est comme une
contradiction, une mortification de la promesse qui l'a faite naître
et la fait vivre. N'oubliez jamais que l'identité de la famille est
toujours une promesse qui s'élargit...à toute la famille et aussi à
toute l'humanité... L'amour comme l'amitié tirent justement leur
force et leur beauté du fait qu'ils créent un lien sans enlever la
liberté. Sans liberté il n'y a pas d'amitié, sans liberté il n'y
a pas d'amour, sans liberté il n'y a pas de mariage. Donc, liberté
et fidélité ne s'opposent pas l'une à l'autre, au contraire, elles
se soutiennent l'une l'autre, tant dans les rapports interpersonnels
que dans les relations sociales. En effet, pensons aux dommages
causés, dans la civilisation de la communication globale,
l'inflation de promesses non tenues, dans différents domaines, et
l'indulgence pour l'infidélité à la parole donnée et aux
engagements pris!... La fidélité aux promesses matrimoniales est un
vrai chef-d'œuvre d'humanité!.. Aucune relation d'amour, aucune
amitié, aucune forme de bonté, aucun bonheur pour le bien commun,
n'atteint la hauteur de notre désir et de notre espérance, s'il
n'arrive à habiter ce miracle de l'âme...qu'est la force et la
persuasion de la fidélité...qui ne finissent pas de nous enchanter
et de nous étonner... Aucune autre école ne peut enseigner la
vérité de l'amour, si la famille ne le fait pas. Aucune loi ne peut
imposer la beauté et l'héritage de ce trésor de la dignité
humaine, si le lien personnel entre amour et génération ne
l'inscrit pas dans notre chair... Notre fidélité à la promesse est
aussi toujours confiée à la grâce et à la miséricorde de Dieu.
L'amour pour la famille humaine, dans le bonheur et le malheur, est
un point d'honneur pour l'Eglise! Que Dieu nous accorde d'être à la
hauteur de nos promesses".
Fin de l'examen de l'Instrumentum Laboris par les groupes de travail
Cité
du Vatican, 21 octobre (VIS). Hier et lundi, les pères synodaux ont
discutés au sein des groupes de travail linguistiques la partie de
l'Instrumentum Laboris traitant notamment de la situation des
familles en situation irrégulière, de l'admission à la communion
des divorcés remariés, l'accompagnement des homosexuels et la
paternité responsable.
Les
Circuli Minores ont analysé les besoins particuliers des familles en
situation irrégulière ou délicate, reconnaissant selon le groupe
anglophone présidé par Mgr.Mark Benedict Coleridge (Australie) que
les personnes qui cohabitent sont dans une situation différente des
divorcés remariés civilement. Tout en affirmant que la pratique du
vivre ensemble, si répandue dans de nombreuses cultures
contemporaines ne peut être considérée comme un bien en soi, on
doit reconnaître qu'il peut y avoir le bien parmi ceux qui vivent en
couple hors mariage.
Nous
savons, a établi le groupe francophone présidé par Mgr.Laurent
Ulrich (France), "qu'il existe tant d'autres familles qui
s'estiment souvent elles-mêmes éloignées de cet idéal, et
d'autres qui ne pensent même pas qu'il soit peu ou prou fait pour
elles. Familles divisées, familles recomposées, familles
monoparentales, familles sans mariage même civil. Ces familles
réelles nous ne pouvons pas les tenir à l'écart, nous ne voulons
pas penser que leur chemin ne les rapproche pas du Dieu, qui aime et
attire à lui tous les hommes. Nous croyons qu'en elles vit l'Esprit
du Seigneur qui inspire bien des comportements de leur vie. Cela ne
retire rien aux familles chrétiennes que nous soutenons et
encourageons".
"En
ce qui concerne les divorcés remariés civilement, il est
généralement convenu que nous devons fournir pastorale plus
efficace à ces couples. Avec leurs enfants, il ont des droits".
Les groupes anglophone et italianophone sont par contre perplexes sur
ce que l'Instrumentum Laboris appelle "chemin pénitentiel"
pour les divorcés remariés. ''Sur la question de l'accompagnement,
nous sommes tous d'accord, mais que faire lorsqu'il s'agit de l'accès
aux sacrements?". Le groupe hispanophone B présidé par
Mgr.Balthazar Enrique Porras Cardozo (Venezuela) se dit certain de la
nécessité d'éliminer de nombreux obstacles opposés aux divorcés
remariés, afin qu'ils puissent participer plus largement à la vie
de l'Eglise. Actuellement ils ne peut pas être parrains ou
catéchistes... Nous devons montrer que nous avons entendu l'appel de
tant de personnes qui souffrent d'être exclus de la vie de
l'Eglise''.
''Quant
à la discipline relative aux divorcés remariés, il est encore
impossible d'établir des critères valables pour tous les cas,
parfois très différents les uns des autres". Le groupe
italianophone présidé par le Cardinal Mauro Piacenza (Saint-Siège)
estime aussi qu'il existe "des divorcés remariés s'appliquant
à vivre selon l'Evangile. Ils offrent des exemples de la charité...
Certes on ne peut nier que, dans certaines circonstances, les
facteurs limitant la capacité d'agir sont envisagés de différentes
manières. En conséquence, le jugement d'une situation objective ne
saurait devenir un jugement subjectif sur la responsabilité. Les
limites et les contraintes sont alors un appel au discernement,
respectueux de la complexité de ces situations, tout
particulièrement pour l'évêque''.
Mais
le groupe anglophone A (Mgr.Kurtz) estime que la pratique pastorale
relative à la réception du sacrement de l'Eucharistie par les
divorcés remariés ne devrait pas être laissée aux conférences
épiscopales. Cela nuirait à l'unité de l'Eglise catholique, à la
compréhension du sacrement et au témoignage de la vie des
fidèles''.
En
attendant, le groupe anglophone B dont le Rapporteur est Mgr Diarmuid
Martin (Irlande), "compte tenu de la richesse du matériel
produit au cours des travaux synodaux", demande au Pape
d'envisager ''la mise en place au cours de l'Année jubilaire de la
Miséricorde d'une commission spéciale chargé d'étudier à fond
les mesures disciplinaires de l'Eglise en matière d'indissolubilité
du mariage, afin de les rendre applicables à la situation des
personnes en unions irrégulières, y compris aux situations
résultant de la pratique de la polygamie.'' Sur la problématique,
de nombreuses références ont été faites à l'encyclique de
Jean-Paul II Familiaris Consortio.
La
condition des homosexuels du point de vue familial a été abordée
par le groupe anglais C (Mgr.Coleridge), qui a insisté pour que les
pasteurs cherchent à comprendre la réalité de la vie des
personnes, sans traiter de questions abstraites. Ses membres ont
également demandé que le document final du Synode puisse inclure
une déclaration nette quant à l'enseignement de l'Eglise sur le
fait que les unions homosexuelles ne sont nullement équivalentes au
mariage. Sur le même sujet le groupe A a rappelé que, ''comme
épouse du Christ, l'Eglise suit les traces de son Seigneur, dont
l'amour universel est offert à tous sans exception. Les parents et
les frères et sœurs des membres de la famille ayant des tendances
homosexuelles sont appelés à être compris, aimés et acceptés.
Certains pères synodaux ont toutefois suggéré que l'argument soit
éliminé de la discussion du Synode sur la famille, car son
importance mériterait un synode spécifique.
La
question de la paternité responsable et la responsabilité
générative a fait l'objet d'échanges fructueux. Elle est considéré
à l'heure actuelle d'une grande importance pour le respect de la
dignité humaine et de la vie. Les groupes ont également abordé les
mariages mixtes et la disparité de culte dans le couple, estimant
qu'il faudrait rechercher des approches pastorales défendant les
femmes et les enfants dans des conditions de fragilité.
Sur
la méthodologie du Synode, le groupe de langue française dont le
rapporteur est Mgr.Paul-André Durocher (Canada) a déclaré: ''Comme
des agronomes qui discutent de diverses méthodes d’approvisionnement
en eau, nous avons discuté de la méthode de ce synode. Est-elle
bien ajustée à sa finalité? Nous déployons une somme énorme
d’énergie, à tous les points de vue. Des gens sont épuisés à
force de travailler. Le résultat en vaudra-t-il la chandelle?
Peut-être aurions-nous pu identifier quelques questions spécifiques
à étudier entre les deux synodes, et nous donner plus de temps pour
les étudier? Faudra-t-il confier à des commissions pontificales le
travail que nous espérions faire?.... Il n’en reste pas moins que
nous avons beaucoup apprécié le temps accru qui nous a été
accordé en petits groupes. De nos échanges se dégage très
fortement le ministère de communion qui est le nôtre à titre
d’évêques".
Le
groupe italianophone B a pour sa part conclu que la miséricorde
s'est manifesté durant le Synode, en interpellant le ministère
pastoral des pères, conscients de ce que le mystère de
l'Incarnation exprime pleinement la volonté salvifique de Dieu.
"Cette détermination divine a également été confiée à
notre mission et à l'administration des sacrements, lesquelles
trouvent leur juste herméneutique dans un appel à la conversion,
aiguillon pour notre salut''.
Déclaration du Directeur de la Salle de Presse
Cité
du Vatican, 21 octobre (VIS). En écho à un article de la presse
italienne, le P.Lombardi a déclaré la nuit dernière: "Il
s'agit d'une information relative à la santé du Saint-Père,
totalement infondée, irresponsable, qui ne mérite aucune attention.
Il est facile de constater combien le Pape poursuit, normalement et
sans interruption, ses intenses activités".
Ce
midi, ouvrant le briefing quotidien sur les travaux synodaux, le
Directeur de la Salle de Presse est revenu sur son démenti nocturne.
Le P.Lombardi a confirmé que l'article traitant de la santé du
Saint-Père était sans fondement: "Je le fais après m'être
informé auprès des autorités compétentes, le Saint-Père compris.
Aucun médecin japonais n'est venu au Vatican pour l'examiner, et
aucun des examens indiqués dans l'article n'a été effectué. On
m'a également assuré qu'aucun appareil extérieur n'a utilisé
l'héliport vatican, pas même en janvier. Ceci dit, je confirme que
le Saint-Père est en bonne santé. De même, je dois répéter que
l'article en question constitue un acte grave et inqualifiable. Tout
comme est irresponsable et injustifiable la diffusion continuelle de
fausses nouvelles. Puisse cette histoire cesser sur le champ".
Audiences
Cité
du Vatican, 21 octobre 2015 (VIS). Le Saint-Père
a reçu ce matin le Métropolite Hilarion, Président du Département
pour les relations extérieures du Patriarcat de Moscou.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 21 octobre (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Le
P.Henrique Aparecido de Lima, CSSR, Evêque de Dourados (superficie
38.125, population 535.000, catholiques 375.000, prêtres 59, diacres
11, religieux 154), au Brésil. L'Evêque élu, né en 1964 à Toledo
(Brésil), a prononcé ses voeux religieux en 1995 et a été ordonné
prêtre en 1999. Jusqu'ici Supérieur de la provincial rédemptoriste
de Campo Grande, il succède à Mgr.Redovino Rizzardo, CS, dont la
renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Il a occupé
diverses fonctions au sein de son ordre et a été curé de paroisse.
L'Abbé
José Reginaldo Andrietta, Evêque de Jales (superficie 12.788,
population 400.000, catholiques 323.000, prêtres 36, religieux 15),
au Brésil. L'Evêque élu, né en 1957 à Pirassununga (Brésil) et
ordonné prêtre en 1983, il était jusqu'ici Curé de la paroisse
Sts.Jude et Thaddée d'America. Licencié en théologie et catéchèse,
il a occupé diverses fonctions au sein de la Jeunesse ouvrière
chrétienne (nationale et internationale) et a été curé de
paroisses, professeur et membre du Presbyterium. Il succède à
Mgr.Luiz Demétrio Valentini, dont la renonciation a été acceptée
pour limite d'âge.
L'Abbé
Paulo Bosi Dal'Bó, Evêque de Sao Mateus (superficie 15.496,
population 469.000, catholiques 335.000, prêtres 46, religieux 49),
au Brésil. L'Evêque élu, né en 1962 à Colatina (Brésil) et
ordonné prêtre en 2000, était jusqu'ici Vicaire général du
diocèse de Colatina (Brésil). Diplômé en comptabilité,
communication et éducation, il a été curé de paroisse, recteur de
séminaire et Président du réseau brésilien de l'enseignement
catholique.
mardi 20 octobre 2015
Témoignages au Synode sur le rôle des femmes
Cité
du Vatican, 20 octobre (VIS). Au cours de la seizième congrégation
les pères synodaux ont entendu le témoignage de plusieurs Auditeurs
femmes. Le rôle des femmes dans la famille, la société et
l'Eglise, les différences culturelles, les préoccupations en
matière d'éthique et médecine, la situation des familles
chrétiennes, ainsi que la catéchèse familiale ont été abordés
dans ces interventions:
Mme.Agnes
Offiong Eroguyane, responsable de l'Organisation des femmes
catholiques au Nigeria a rappelé que les femmes africaines sont
connues pour leur soin des familles, avec ou sans la contribution de
leurs conjoints. Un rôle qui est encore plus fort depuis la menace
du groupe terroriste Boko Haram. "Les femmes redoublent leurs
efforts pour la survie de leurs familles... Sur la base de mon
expérience avec les femmes, en cette période difficile, je peux
dire avec fierté que si l'homme est le soutien de famille, la femme
en est le cœur. Quand le cœur cesse de battre la famille meurt,
parce que la fondation est ébranlée et la stabilité détruite. Au
Nigeria, les femmes catholiques ne sont pas seulement des
constructeurs de foyers, mais une force avec laquelle il faut compter
quand il s'agit de spiritualité, d'économie et de progrès de
l'Eglise."
Citant
l'Instrumentum Laboris où il est écrit que l'Eglise doit inculquer
aux familles un sentiment d'appartenance ecclésiale, qui n'exclue
aucun membre, Soeur Maureen Kelleher (USA) estime nécessaire
d'encourager toutes les capacités à réaliser un projet de vie au
service du Royaume de Dieu. Un appel est lancé à l'Eglise,
''relever le défi de diffuser dans la famille de l'Eglise un
sentiment du nous... Il faut encourager chaque personne, homme ou
femme, à développer ses compétences au service du Royaume. Je
demande aux dirigeants de l'Eglise de reconnaître que les femmes qui
se sentent appelés au service du Royaume ne trouvent pas leur place
dans notre Eglise. Malgré leurs grandes capacités elles ne peuvent
pas les mettre au service des décision et de la planification
pastorale... En 1974, lors du Synode sur l'évangélisation, une de
nos sœurs, Sœur Marguerite-Marie, était l'une des deux religieuses
désignés par l'Union des Supérieurs généraux. Aujourd'hui,
quartante ans plus tard, nous ne sommes que trois.''
L'Eglise
a grand besoin d'écouter les femmes, a déclaré Mme.Lucia
Scaraffia, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de
Rome. "C'est dans l'écoute mutuelle que réside le véritable
discernement... Les femmes sont de grandes expertes des relations
familiales. Si nous quittons les théories abstraites, nous devons
apprendre d'elles comment jeter les bases d'une nouvelle famille, qui
soit ouverte au niveau des relations entre tous ses membres. Et non
plus sur la base de la disponibilité des femmes au sacrifice ou de
de leur capacité à assurer l'affection ou alimentation du foyer.
Comme si les mères, filles, grand-mères, épouses, qui sont au cœur
de la famille, ne faisaient pas partie de l'Eglise, de l'Eglise qui
embrasse le monde, pense et décide. Comme si il pouvait continuer,
même à l'égard de la famille prétendre qu'il n'y ait pas de
femmes. Comme si l'on pouvait continuer à ignorer leur existence
malgré la place révolutionnaire que Jésus a accordé aux femmes...
Si les familles sont très variées de par le monde, dans toutes les
femmes jouent le rôle plus important et le plus décisif pour
assurer la solidité et la durée de la famille. Quand nous parlons
de famille il ne faudrait pas uniquement prendre en compte le
mariage. Il y a un nombre croissant de familles avec une mère
célibataire et ses enfants. Ces femmes sont parfois malades ou
handicapés, ou ont subi une violence. Ces femmes, ces mères ont
rarement suivi des cours de théologie. Souvent elles ne sont même
pas mariés, mais donnent un merveilleux exemple de comportement
chrétien. Si vous, pères synodaux, ne leur prêtez pas attention
vous courrez le risque de les faire se sentir encore plus misérables,
parce que leur famille est très différente du modèle dont vous
débattez. Vous parlez peut-être trop d'une famille abstraite, d'une
famille parfaite qui n'existe pas, d'une famille qui n'a rien à voir
avec les familles réelles, celles que Jésus rencontrez. Si parfaite
cette famille semble ne pas avoir besoin de miséricorde, ni même
d'être soumise à examen."
La
question des mariages mixtes a été évoquée par le P.Garas Boulos
Garay Bishay, Curé de Notre Dame de la Paix à Sharm El Sheikh
(Egypte), qui a exprimé la préoccupation posée par un phénomène
socio-culturel répandu dans les zones touristiques. Ces mariages
mixtes se font entre femmes chrétiennes d'Europe ou de Russie avec
des hommes musulmans. Or la Sharia n'autorise que les hommes à
épouser des non musulmanes. "Ce phénomène, avec des
mouvements de population de masse et le nombre croissant de réfugiés
et les migrants a tendance à s'installer en Europe... Il aura
inévitablement une incidence sur l'Occident et mérite donc d'être
sérieusement considéré et traité. Ce sont des familles de double
appartenance culturelle et religieuse... Il ne faut pas oublier que
la loi islamique autorise la polygamie et le Coran oblige les parents
à l'éducation islamique des enfants... Il s'agit d'une
anthropologie culturelle et religieuse profondément différente qui
peut créer de graves crises au sein du couple, et rendre les
fractures irréparables notamment au dam des enfants.''
Mme.Maria
Harries, qui a oeuvré pendant quarante ans dans les services
sociaux catholiques australiens, a évoqué la condition des
aborigènes, souvent victimes d'abus sexuels de la part du clergé.
Ils sont largement marginalisés et divisés en de nombreux groupes
linguistiques et de traditions familiales diverses. "La plupart
d'entre eux est étrangère à l'idée de la famille, selon
l'enseignement de l'Eglise. Pour certains, le système matrilinéaire
signifie qu'ils ont beaucoup de mères. L'enfant grandit dans un
groupe de parenté, et non pas avec une mère et un père. Les femmes
jouent un rôle dynamique dans le monde des parents et attendent
qu'ils soient visibles... Tous les abus sexuels sont liés à l'abus
de pouvoir... La maltraitance des enfants dans les familles et les
institutions prouvent notre incapacité à répondre de manière
adéquate. L'attitude de l'Eglise en Australie et ailleurs a causé
une douleur très profonde... Avec le Pape François nous prions de
recevoir la grâce de la honte, afin de trouver des solutions
locales et des formules collectives pour répondre aux victimes et à
leurs familles. Nous devons écouter l'autre avec grande attention
profondément. Sur la base de nos échecs et de la souffrance qui les
accompagne il y a possibilité d'apprendre collectivement et
peut-être même doctrinalement, de se reconnecter et d'accompagner
des milliers de familles qui ont perdu confiance.''
Mme.Brenda
Kim Nayoug a parlé de ce que la Corée a appelé Génération Sampo,
les jeunes qui ignorent les fiançailles et le mariage et ne veulent
pas procréer. ''Beaucoup de jeunes ont abandonné ces trois choses à
cause des pressions sociales et des problèmes économiques. En
raison du chômage beaucoup renvoient leur mariage, oubliant que le
mariage est un appel de Dieu'' La vie est un long chemin au long
duquel peuvent surgir bien des obstacles... L'Eglise devrait s'ouvrir
et accompagner véritablement ces jeunes aux différents stades de
leur vie conjugale...en leur montrant la beauté de la famille
chrétienne".
Un
autre thème récurrent dans les interventions a été celui de la
sexualité et de l'éthique conjugale et médicale. Le pédiatre
péruvien Edgar Humberto Tejada Zeballos a dit: "Il y a des
couples qui croient qu'avoir un enfant est un droit, sans considérer
que les enfants sont un don de Dieu... Ainsi leurs choix, plus que
d'être une violation de la morale, risquent de coûter des vies
innocentes. Pensons à la fécondation in vitro, dont le processus
tue, détruit, congèle ou vend de nombreux embryons... On assiste
également à la maternité de substitution... Cette absence de
morale a pour conséquence qu'un grand nombre d'embryons est sacrifié
ou utilisé en laboratoire... Dans l'Instrumentum Laboris il faudrait
mentionner clairement ces menaces à la vie et la famille... Mais
aussi porter ces connaissances à de nombreux chrétiens qui
peut-être par ignorance commettent ces actes immoraux".
Patrizia
et Massimo Pasloni, un couple romain du Chemin néocatéchuménal,
avec douze enfants, actuellement en mission aux Pays-Bas, ont défini
ce pays une périphérie existentielle de l'Europe. Ayant exprimé
leur gratitude à l'encyclique de Paul VI Humanae Vitae, qui leur a
fait comprendre que ''la paternité responsable n'est pas de décider
du nombre d'enfants mais plutôt de prendre conscience de la grandeur
qu'il y a à collaborer avec Dieu dans la création... Tous les jours
nous voyons de grandes souffrances, des séparations, des
avortements, des personnes isolées et désespérées. Le monde
attend le témoignage de la famille chrétienne et nous sommes
convaincus que le salut de l'humanité passe par la famille
chrétienne... Nous faisons l'expérience de la communauté
chrétienne qui sauve la famille et de la famille qui sauve
l'Eglise.''
Soeur
Berta Maria Porras Fallas (Costa Rica) a insisté sur la nécessité
d'une formation comme réalisation de la vocation. Elle a proposé
trois priorités dans la pastorale des jeunes: D'abord, aimer avec
discernement, envisager la formation avec discernement et discerner
la mission, ensuite aborder l'amour du couple, homme et femme...
Troisièmement l'amour comme offrande sexuelle.''
Enfin,
le couple Marqus Odeesho, au nom des familles chrétiennes d'Irak, a
raconté comment les chrétiens de Ninive ont été contraints de
nuit à quitter leurs foyers, leurs emplois, leurs biens et leurs
écoles. ''Ce fut une expérience difficile, et seules nous ont
consolé les paroles de Jésus, Heureux ceux qui sont persécutés
pour la justice, pour le leur est le royaume des Cieux. Puis nous
avons commencé à entendre le témoignage d'autres familles
déplacées... Malgré leurs souffrances et la dureté de leur sort,
la proximité de l'Eglise les a aidés à éprouver leur foi...
Aujourd'hui des défis restent à relever face aux enlèvements et
aux attentats, aux pillages et à la terreur. Malgré ce il y a
encore de nombreuses familles engagées dans le pays et dans
l'Eglise, qui offrent un témoignage de foi et estiment que cette
persécution portera des fruits pour l'Eglise du Christ, comme ce fut
la cas dans l'Eglise primitive.''
Audiences
Cité
du Vatican, 20 octobre 2015 (VIS). Le Saint-Père
a reçu ce matin:
SB
le Cardinal Baselios Cleemis Thottunkal, Archevêque Majeur des
Syro-malankars.
SB
Ibrahim Isaac Sedra, Patriarche copte d'Alexandrie d'Egypte.
lundi 19 octobre 2015
Messe de canonisations
Cité
du Vatican, 18 octobre 2015 (VIS). Place St.Pierre ce matin, le Pape
a présidé la messe solennelle au cours de laquelle il a procédé à
la canonisation du bienheureux Vincenzo Grossi, prêtre diocésain
italien fondateur des Filles de l'Oratoire, de la bienheureuse Marie
de l'Immaculée (María Isabel Salvat Romer), religieuse espagnole
supérieure des Soeurs de la Croix, et des époux Louis et Zélie
Martin, les parents de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. En voici
l'homélie:"
Les
lectures bibliques nous présentent aujourd’hui le thème du
service et nous appellent à suivre Jésus sur le chemin de
l’humilité et de la Croix. Le prophète Isaïe décrit la figure
du Serviteur du Seigneur et sa mission de salut. Il s’agit d’un
personnage qui ne se vante pas de généalogies illustres, il est
méprisé, évité par tous, expert en souffrance. Quelqu’un à qui
on n’attribue pas d’entreprises grandioses, ni de discours
célèbres, mais qui mène à son accomplissement le plan de Dieu à
travers une présence humble et silencieuse et à travers sa propre
souffrance. Sa mission, en effet, se réalise au moyen de la
souffrance, qui lui permet de comprendre ceux qui souffrent, de
porter le fardeau des fautes d’autrui et de les expier. L’exclusion
et la souffrance du Serviteur du Seigneur, prolongées jusqu’à la
mort, se révèlent féconde au point de racheter et de sauver les
multitudes. Jésus est le Serviteur du Seigneur. Sa vie et sa mort,
entièrement dans la forme du service, ont été cause de notre salut
et de la réconciliation de l’humanité avec Dieu. Le Kérygme,
cœur de l’Evangile, atteste que dans sa mort et sa résurrection
se sont accomplies les prophéties du Serviteur du Seigneur. Le récit
de Marc décrit la scène de Jésus aux prises avec les disciples
Jacques et Jean, qui, soutenus par leur mère, voulaient s’asseoir
à sa droite et à sa gauche dans le Royaume, revendiquant des places
d’honneur, selon leur vision hiérarchique du royaume même. La
perspective dans laquelle ils se placent se révèle encore polluée
par des rêves de réalisation terrestre. Jésus alors donne une
première secousse à ces convictions des disciples rappelant son
chemin sur cette terre: La coupe que je vais boire, vous la boire.
Quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi
de l’accorder. Il y a ceux pour qui cela a été préparé. Avec
l’image de la coupe, il assure aux deux la possibilité d’être
associés jusqu’au bout à son destin de souffrance, sans toutefois
garantir les places d’honneur ambitionnées. Sa réponse est une
invitation à le suivre sur le chemin de l’amour et du service,
repoussant la tentation mondaine de vouloir exceller et commander aux
autres".
"Devant
des gens qui intriguent pour obtenir le pouvoir et le succès, pour
se faire voir, devant des gens qui veulent que leurs mérites
personnels, leurs œuvres personnelles soient reconnus, les disciples
sont appelés à faire le contraire. Il les avertit donc: Vous le
savez, ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent
en maîtres, les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il
ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur. Avec ces paroles, il indique le service comme
style de l’autorité dans la communauté chrétienne. Celui qui
sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable
autorité dans l’Eglise. Jésus nous invite à changer de mentalité
et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître
et de servir, à extirper l’instinct de domination sur les autres
et à exercer la vertu de l’humilité. Et après avoir présenté
un modèle à ne pas imiter, il s’offre lui-même comme idéal
auquel se référer. Dans l’attitude du Maître, la communauté
trouvera la motivation de la nouvelle perspective de vie: Car le Fils
de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et
donner sa vie en rançon pour la multitude. Dans la tradition
biblique, le Fils de l’Homme est celui qui reçoit de Dieu
domination, gloire et royauté. Jésus remplit d’un nouveau sens
cette image et précise qu’il a le pouvoir en tant que serviteur,
la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale
en tant que disponibilité au don total de sa vie. C’est en effet,
par sa passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place,
atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son
Eglise".
"Il
y a incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon
des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser
l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus.
Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ,
incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes
terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire
compatibilité entre Jésus expert en souffrance et notre souffrance.
La Lettre aux Hébreux, qui présente le Christ comme le souverain
prêtre qui partage en tout notre condition humaine, excepté le
péché, nous le rappelle: Nous n’avons pas un grand prêtre
incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre
éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
Jésus exerce essentiellement un sacerdoce de miséricorde et de
compassion. Il a fait l’expérience directe de nos difficultés, il
connaît de l’intérieur notre condition humaine. Ne pas avoir fait
l’expérience du péché ne l’empêche pas de comprendre les
pécheurs. Sa gloire n’est pas celle de l’ambition ou de la soif
du pouvoir, mais c’est la gloire d’aimer les hommes, d’assumer
et de partager leur faiblesse et de leur offrir la grâce qui guérit,
de les accompagner avec une infinie tendresse, de les accompagner sur
leur chemin de souffrance. Chacun de nous, en tant que baptisé,
participe pour la part qui lui est propre au sacerdoce du Christ, les
fidèles laïcs au sacerdoce commun, les prêtres au sacerdoce
ministériel. Tous nous pouvons donc recevoir la charité qui émane
de son Cœur ouvert aussi bien pour nous-mêmes que pour les autres.
En devenant des canaux de son amour, de sa compassion, spécialement
envers tous ceux qui sont dans la douleur, dans l’angoisse, dans le
découragement et dans la solitude".
"Ceux
qui aujourd’hui ont été proclamés saints ont constamment servi
leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires,
imitant ainsi le divin Maître. Saint Vincenzo Grossi a été un curé
plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens,
spécialement aux fragilités des jeunes. Pour tous, il rompait avec
ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour
les plus nécessiteux. Sainte Marie de l’Immaculée, en puisant
aux sources de la prière et de la contemplation, a vécu en personne
dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention
particulière aux enfants des pauvres et aux malades. Les saints
époux Louis et Zélie Martin ont vécu le service chrétien dans la
famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi
et d’amour, et dans ce climat ont germé les vocations de leurs
filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Puisse le témoignage lumineux de ces nouveaux saints nous pousser à
persévérer sur la route du service joyeux des frères, confiant
dans l’aide de Dieu et dans la protection maternelle de Marie. Du
ciel qu’ils veillent maintenant sur nous et nous soutiennent de
leur puissante intercession!".
Appel à une décentralisation de l'Eglise et à une conversion de la papauté
Cité
du Vatican, 17 octobre 2015
(VIS). A l'occasion du 50 anniversaire de l'institution du Synode des
évêques, le Saint-Père a prononcé un discours Salle Paul VI -à
qui l'on doit cette initiative- devant les pères synodaux.
L'introduction a été faite par le Cardinal Lorenzo Baldisseri,
Secrétaire général du Synode, tandis que le rapport commémoratif
a été présenté par le Cardinal Schönborn, Archevêque de Vienne
et président de la Conférence épiscopale d'Autriche. Voici de
larges extraits du discours du Saint-Père qui a rappelé que ce que
le Seigneur nous demande se trouve déjà dans le mot synode, marcher
ensemble:
"Depuis
le Concile Vatican II à l'actuelle assemblée synodale sur la
famille, nous avons expérimenté toujours plus intensément la
nécessité et la beauté de marcher ensemble... Nous devons
poursuivre sur cette route. Le monde dans lequel nous vivons et que
nous sommes appelés à aimer et servir même dans ses
contradictions, exige de l'Eglise le développement de ses synergies
dans tous les milieux de sa mission... Dans l'exhortation apostolique
Evangelii Gaudium, j'ai souligné...que chaque baptisé, quels que
soient sa fonction dans l'Eglise et le degré d'instruction de sa
foi, est un sujet actif d'évangélisation, et il serait inadéquat
de penser à un schéma d'évangélisation utilisé pour des acteurs
qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné
à bénéficier de leurs actions... Cette conviction m'a déjà guidé
quand j'ai souhaité que le Peuple de Dieu soit consulté dans la
préparation du double rendez-vous synodal sur la famille... Comment
serait-il possible de parler de la famille sans interpeller les
familles, sans écouter leurs joies et leurs espérances, leurs
douleurs et leurs angoisses? Une Eglise synodale est une Eglise de
l'écoute, bien conscients qu'écouter est plus qu'entendre. C'est
une écoute réciproque où chacun a quelque chose à apprendre.
Peuple fidèle, collège épiscopal, Evêque de Rome: l'un à
l'écoute des autres, et tous à l'écoute de l'Esprit Saint,
l'Esprit de la vérité... La synodalité, comme dimension
constitutive de l'Eglise, nous offre le cadre interprétatif le plus
adéquat pour comprendre le ministère hiérarchique...en soi,
personne ne peut être élevé au-dessus des autres. Au contraire,
dans l'Eglise, il faut que chacun s'abaisse pour se mettre au service
des frères sur le chemin. Jésus a constitué l'Eglise en mettant à
son sommet le Collège apostolique, dans lequel l'apôtre Pierre est
la roche, celui qui doit confirmer ses frères dans la foi. Mais,
dans cette Eglise, comme dans une pyramide retournée, le sommet se
trouve être la base. C'est pourquoi ceux qui exercent l'autorité
s'appellent ministres, parce que selon la signification originaire du
mot, ce sont les plus petits entre tous. Dans une Eglise synodale, le
Synode des évêques est seulement la manifestation la plus évidente
d'un dynamisme de communion qui inspire toutes les décisions
ecclésiales. Le premier niveau d'exercice de la synodalité se
réalise dans les Eglises particulières... Le Code de droit
canonique consacre une grande place à ceux que l'on a coutume
d'appeler les organismes de communion de l'Eglise particulière...
Ces instruments, qui avancent parfois avec difficulté, doivent être
valorisés comme occasion d'écoute et de partage. Le deuxième
niveau est celui des provinces et des régions ecclésiastiques, des
conciles particuliers et de façon spéciale des Conférences
épiscopales... Dans une Eglise synodale, comme je l'ai déjà dit,
il n'est pas opportun que le Pape remplace les épiscopats locaux
dans le discernement de toutes les problématiques qui se posent sur
leurs territoires. En ce sens, je pense qu'il devient nécessaire de
procéder à une salutaire décentralisation. Le dernier niveau est
celui de l'Eglise universelle. Ici, le Synode des évêques,
représentant l'épiscopat catholique, devient l'expression de la
collégialité épiscopale à l'intérieur d'une Eglise toute
synodale".
"Je
suis convaincu que dans une Eglise synodale, l'exercice du primat
pétrinien recevra aussi un meilleur éclairage. Le Pape n'est pas
seul, au-dessus de l'Eglise, mais au-dedans d'elle comme baptisé
entre les baptisés et dans le Collège épiscopal comme évêque
parmi les évêques, appelé en même temps, comme Successeur de
l'apostolat de Pierre, à guider l'Eglise de Rome qui préside dans
l'amour toutes les Eglises. Alors que je rappelle la nécessité et
l'urgence de penser à une conversion de la papauté...je suis
convaincu à ce sujet d'avoir une responsabilité particulière,
constatant l'aspiration œcuménique de la majeure partie des
communautés chrétiennes et écoutant la question qui m'est posée
de trouver une forme d'exercice de la primauté qui, bien que ne
renonçant en aucune façon à l'essentiel de sa mission, s'ouvre à
une situation nouvelle... Notre regard doit s'élargir à l'humanité.
Une Eglise synodale est comme un étendard levé pour les nations,
dans un monde qui, bien qu'invoquant la participation, la solidarité
et la transparence dans l'administration de la chose publique, remet
souvent le destin de populations entières dans les mains avides de
quelques groupes de pouvoir. Comme Eglise qui marche ensemble avec
les hommes et participe aux tourments de l'histoire, nous cultivons
le rêve que la redécouverte de la dignité inviolable des peuples
et de la fonction de service de l'autorité pourront aussi aider la
société civile à se construire dans la justice et la fraternité,
générant un monde plus beau et plus digne de l'homme pour les
générations qui viendront après nous".
Voyage papal en Afrique
Cité
du Vatican, 17 octobre (VIS). Ce matin a été rendu public le
programme du voyage pastoral que le Saint-Père effectuera le mois
prochain en Afrique (25 - 30 novembre):
Mercredi
15 novembre, arrivée à 17 h locales à Nairobi (Kenya). Après une
rencontre privée avec le chef de l'Etat, le Saint-Père s'adressera
aux corps constitués et au corps diplomatique.
Le
lendemain matin il présidera à la nonciature une rencontre
inter-religieuse (discours), suivie d'une messe à l'Université de
Nairobi (homélie). L'après-midi le Saint-Père s'adressera d'abord
au clergé et religieux puis aux séminaristes, avant de visiter le
siège de l'ONU de Nairobi (discours).
Vendredi
27, il effectuera une visite au quartier pauvre de Kangemi (discours)
puis rencontrera la jeunesse au stade Kasarani (discours). Après une
rencontre avec l'épiscopat kenyan, il gagnera l'aéroport d'où il
s'envolera vers 15 h 30' pour l'Ouganda. Après l'arrivée à Entebbe
et un entretien avec le chef de l'Etat. Toujours au palais
présidentiel il s'adressera aux corps constitués et au corps
diplomatique, avant de conclure la journée par une visite aux
catéchistes et enseignants catholiques de Munyonyo (discours).
Le
lendemain, le Pape se rendra tout d'abord aux sanctuaires anglican et
catholique des Martyrs de Namugongo. Après la messe (homélie), il
regagnera Kampala pour une rencontre avec la jeunesse ougandaise
(discours). Après une visite au foyer de charité de Nalukolongo, il
rencontrera l'épiscopat puis le clergé et les religieux (discours).
Dimanche
29 le Pape quittera l'Ouganda pour la Centrafrique, où il est
attendu vers 10 h locales. Après un entretien privé avec le chef de
l'Etat transitoire, il s'adressera aux dirigeants centrafricains et
aux diplomates en poste à Bangui. Puis il se rendra dans un camp de
réfugiés et rencontrera en début d'après-midi les évêques.
Suivra une rencontre avec les communautés évangéliques du pays
(discours) et une messe en la cathédrale de Bangui pour le clergé,
les catéchistes et les jeunes (homélie). Après avoir confessé
quelques jeunes, le Pape présidera une veillée de prière
(discours).
Le
lendemain matin, le Saint-Père rencontrera la communauté musulmane
dans la mosquée centrale de la capitale (discours), puis gagnera le
stade où il célébrera une grand messe (homélie). Après quoi, il
reprendra l'avion vers 12 h 30' locales à destination de Rome.
Possession cardinalice
Cité
du Vatican, 19 octobre 2015 (VIS). Mercredi 21 octobre à 18 h 30',
le Cardinal Charles Maung Bo, SDB, Achevêque de Yangon, prendra
possession du titre de St.Irénée à Centocelle.
Audiences
Cité
du Vatican, 19 octobre 2015 (VIS). Le Saint-Père
a reçu ce matin Mgr.Paolo Pezzi, Archevêque de la Mère de
Dieu à Moscou (Russie).
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 17 octobre (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Mgr.Francesco
Manenti, Evêque de Senigallia (superficie 580, population 130.012,
catholiques 121.260, prêtres 86, diacres 411, religieux 110), en
Italie. L'Evêque élu, né en 1951 à Sergnano (Italie) et ordonné
prêtre en 1975, était jusqu'ici Vicaire général de ce même
diocèse. Il succède à Mgr.Giuseppe Orlandoni, dont la renonciation
a été acceptée pour limite d'âge. Licencié en théologie, il a
été professeur de séminaire, curé de paroisse et aumônier de
communauté, responsable du centre diocésain de spiritualité puis
du département famille.
Mgr.José
Melitón Chávez, Evêque d'Añatuya (superficie 68.000, population
155.800, catholiques 75.800, prêtres 43, religieux 110), en
Argentine. L'Evêque élu, né en 1957 à Romero Pozo (Argentine) et
ordonné prêtre en 1985, était jusqu'ici curé de paroisse. Il a
été Recteur du grand séminaire de Tucumán, vicaire épiscopal et
vicaire général.
L'Abbé
José Luis Henaco Cadavid, Evêque de Líbano - Honda (superficie
3.477, population 257.049, catholiques 238.710, prêtres 48,
religieux 83), en Colombie. L'Evêque élu, né en 1954 à Andes
(Colombie) et ordonné prêtre en 1979, était jusqu'ici Curé de la
paroisse Notre Dame de la Merci à Andes. Licencié en droit
canonique, il a été curé de paroisse, recteur de petit séminaire,
avocat ecclésiastique, délégué diocésain à la pastorale de
laïcs.
Le
Cardinal Nicolás de Jesús López Rodríguez, Archevêque de Santo
Domingo, son Envoyé spécial au V centenaire de l'évangélisation
de l'Amérique du sud (Cumuná, Venezuela, 27 novembre).
vendredi 16 octobre 2015
Accentuer la lutte contre la faim et la malnutrition
Cité
du Vatican, 16 octobre (VIS). A l'occasion du soixante-dixième
anniversaire de la FAO, le Saint-Père a adressé un message à son
Directeur général Mr José Graziano da Silva. Mettant d'emblée
l'accent sur le trop grand nombre de personnes souffrant de la faim
et de la malnutrition, il dénonce en particulier une distribution
inégale des ressources et le mauvais développement de
l'agriculture: Dans une époque de recherche effrénée du profit, de
concentration des intérêts particuliers et de politiques
inappropriées, il reste beaucoup à faire en matière de sécurité
alimentaire. Pour beaucoup cela semble encore un objectif lointain...
La Journée mondiale 2015 de l'alimentation aborde la protection
sociale et l'agriculture pour briser le cycle de la pauvreté
rurale", une question qui intéresse "les deux-tiers de la
population mondiale démunis de toute protection sociale. Le fait est
encore plus alarmante car la plupart de ces personnes vivent dans les
zones les plus défavorisées... L'absence de protection sociale pèse
principalement sur les petits agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et
la forestiers contraints de vivre dans la précarité" et à
travailler dans "des conditions environnementales qui sont
souvent hors de leur contrôle...avec un manque de moyens...
Paradoxalement, même si la production est abondante, ils rencontrent
de graves difficultés dans le transport, la commercialisation, le
stockage des fruits de leur travail". Face à la réalité des
situations "on ne peut se contenter d'un appel général à la
coopération et à la solidarité. La question serait-elle autre,
serait-il encore possible de concevoir une société dans laquelle
les ressources sont dans les mains de quelques-uns, tandis que les
plus démunis sont obligés à recueillir des miettes?". Il en
va de la paix sociale, de la stabilité et de la sécurité de
l'ordre social, qui ne peut être atteint sans une attention
particulière à la justice distributive, dont la violation engendre
toujours la violence".
L'effet
est plus grave chez les plus démunis qui, "privés de
protection sociale minimum, subissent les conséquences négatives
d'une crise où corruption et mauvaise gouvernance économique
persistent. Ce à quoi s'ajoutent les changements climatiques qui
affectent la sécurité alimentaire de ces personnes défavorisées"
qui attendent "notre soutien pour pouvoir regarder l'avenir avec
un minimum d'espoir... Mais la protection sociale ne peut se limiter
à une augmentation des ressources ou des investissements pour
améliorer la productivité agricole et un développement économique
équitable. Ceci devrait se concrétiser dans l'amour social,
véritable clef d'un développement authentique". La protection
sociale aidera les populations les plus défavorisées à affronter
et surmonter les difficultés. "Je pense en particulier au rôle
que la protection sociale peut jouer dans le soutien de la famille,
au sein de laquelle ses membres apprennent ce que cela signifie
partager, s'entraider, se protéger les uns les autres. La vie de
famille sécurisée signifie promouvoir la croissance économique de
la femme, consolidant ainsi son rôle dans la société. Tout comme
faciliter la prise en charge des personnes âgées et permettre aux
jeunes de poursuivre leurs études et formations... L'Eglise a une
mission pour faire face à ces problèmes directement, à partir du
point de vue technique. Cependant, les aspects humains de ces
situations ne laissent pas indifférent... Chacun, autant qu'il le
peut, doit donner le meilleur de soi dans un esprit de véritable
service aux autres. Dans cet effort, l'action de la FAO reste
essentielle, car elle dispose des moyens nécessaires pour assurer la
protection sociale dans le cadre du développement durable et la
promotion de ceux qui vivent de l'agriculture, de l'élevage, de la
pêche et le la forêt".
Le Pape se rend au "Dono di Misericordia"
Cité
du Vatican, 16 octobre (VIS). Hier vers 19 h, le Saint-Père est
sorti du Vatican pour visiter le nouveau centre d'accueil nocturne
"Dono di Misericordia", aménagé dans des locaux de la
maison générale des jésuites et géré depuis le 7 octobre par les
soeurs de la Charité sous la responsabilité de l'Aumônerie
apostolique. Accueilli par l'Aumônier et le Préposé général de
la compagnie, par les trois religieuses chargées de la structure et
quelques volontaires, il a longuement salué la trentaine de sans
abris et visité dortoir, sanitaires et cuisines.
Interventions des représentants des autres confessions chrétiennes
Cité
du Vatican, 16 octobre (VIS). Ce matin, au cours de la douzième
congrégation les pères synodaux ont suivi les interventions des
représentants des autres confessions chrétiennes, dont voici des
extraits:
-Mgr.Yostinos
Boulos Safar, Archevêque syro-orthodoxe de Zahlé et de la Bekaa
(Liban) a fait trois observations dont la principale est que "pour
l'orthodoxie...la question de la communion eucharistique me conduit à
partager avec vous une certaine expérience. Dans l'Eglise orthodoxe
orientale on croit au principe de l'économie...un principe qui
trouve dans le sacrement de l'Eucharistie un médicament pour les
âmes blessées, ainsi que d'une aide pour les personnes qui veulent
récupérer leur rapport au Seigneur. Ce sacrement salvifique ne
devrait pas faire partie des normes de punition, sauf dans certains
cas exceptionnels. L'Eucharistie est pas une récompense mais le
moyen par lequel le Seigneur Jésus guérit nos faiblesses, et nous
attire à lui. Comme l'a dit François...l'Eucharistie est pas un
prix pour les bons élèves, mais la force des pécheurs". Puis
il a évoqué les conséquences religieuses de l'émigration due à
la guerre en Syrie et en Irak. "Cela a créé de nouveaux défis
pour les familles chrétiennes, qui ont fui dans les deux pays
voisins ainsi que vers l'Europe. Le danger est qu'on affecte
l'identité culturelle, sociale et spirituelle de ces familles".
-Mgr.Stephanos,
Evêque orthodoxe de Tallinn et d’Estonie, représentant de SS
Bartholomeos, Patriarche oecuménique de Constantinople: "Il
semblerait qu'aujourd'hui le mariage et la filiation aient changé de
signification. Dans bien des pays, le législateur met peu à peu en
place de nouvelles normes en la matière. Ces mutations de la famille
nous interpellent directement et créent à juste titre des
inquiétudes face à ces évolutions et à ces diversifications des
structures familiales qui se font au nom de l'égalité et du refus
d'établir des discriminations. On peut répondre que le juridique
confirme sans doute une réalité sociale nouvelle mais pour
l'Eglise, le sacrement de mariage, s'il est lucidement souhaité, ne
relève pas d'elle comme simple institution mais avant tout comme
mystère de vie. Le mariage n'a de sens que dans la foi au Christ, à
l'Evangile, dans la certitude que les actions du Christ continuent
dans l'Evangile, puisque tels sont justement les sacrements. Notre
première tâche est donc bien l'évangélisation... Peut-être
pourra-t-on aider, jeunes ou moins jeunes, souvent incertains,
parfois psychologiquement immatures...à se percevoir autrement, à
se libérer d'un lien trop fusionnel, pour devenir vraiment
responsables l'un de l'autre... C'est pour cette raison qu'on ne peut
en aucun cas remplacer la famille naturelle par des substituts. Pour
conclure je dirai que le message chrétien en matière de mariage
n'est pas une loi à imposer mais un exemple à proposer. L'Eglise
n'a pas à dicter les lois de l'Etat ou à les bloquer...car elle
doit seulement inspirer et sanctifier, non contraindre".
-Le
Métropolite Iosif (Patriarcat orthodoxe de Roumanie), a insisté sur
un point tout particulièrement: "La famille étant conjugale
comme l'est la communauté monastique, elle doit suivre les mêmes
principes de chasteté (consécration de la sexualité), d'obéissance
(au Christ et les uns aux autres dans une hiérarchie de service), et
de pauvreté (mise en commun des biens possédés). La famille est
appelée à réaliser la ressemblance de l'image trinitaire de
Dieu...par une ascèse continue... La famille est
la cellule première de l’Eglise. Aussi
les époux participent ils régulièrement à l’Eucharistie en tant
que membres du sacerdoce royal... Toutes les caractéristiques de la
famille dérivent de sa structure eucharistique, en se fondant
essentiellement sur le pardon alimenté par l’humilité qui font
grandir l’amour réciproque et transfigure à court et à longue
terme la personne et la vie chrétienne. La grandeur divine du
mariage réside en ce que dans le mariage se trouve une
représentation vivante de l’union du Logos avec la nature
humaine".
-Le
Rev.Walter Altmann (Conseil mondial des Eglises): "En
ce qui concerne l'engagement de l'Eglise qui marche ensemble pour
lire la réalité avec les yeux de la foi et avec le cœur de Dieu,
le Conseil œcuménique des Eglises a parlé depuis son assemblée de
2013 en Corée d'un pèlerinage de justice et la paix, soulignant que
nous sommes ensemble sur la route de la foi et profondément engagés
dans la justice et la paix, comme les signes du règne de Dieu qui
vient. Cet engagement d'exprimer les valeurs du règne de Dieu comme
la justice et la paix est très significatif pour ceux qui vivent
ensemble dans les différents types de vie familiale. C'est le
premier cercle et le plus secret de notre vie ensemble où nous
cherchons à apporter la justice et la réconciliation. De mon propre
continent qu’est l'Amérique latine, et de mon expérience comme
Modérateur du Conseil œcuménique, je sais combien de femmes et
d’hommes, et non moins les enfants, ont besoin que l'Eglise soit
une association d'inclusion et de guérison, reconnaissant nos
différences dans le lien d'amour. L’ouverture nécessaire au
changement, et pour un nouvel engagement à l'appel de Dieu
aujourd'hui, devrait être la marque de notre pèlerinage comme un
voyage commun des Eglises".
-Le
Métropolite Bishoy de Damiette (Eglise copte d'Egypte): "La
première mission de l’Eglise envers les personnes à tendances
homosexuelles est d'expliquer de la façon la plus tolérante et
convaincante que l'homosexualité est un grand péché interdit par
Dieu selon les saintes Ecritures. Par conséquent, la mission
pastorale principale de l'Eglise est d'encourager ces personnes au
repentir en les incitant à mener une vie pure. Si un des conjoints
mariés est homosexuel, contraignant l'autre à des rapports contre
nature, l'Eglise ne devrait pas forcer le conjoint innocent à
poursuivre cette relation matrimoniale sexuelle avec l’autre, parce
que cela blesse le conjoint innocent physiquement, physiologiquement
et socialement. Notre Eglise permet le divorce dans les cas
d'adultère et dans les cas de ce que nous appelons l'adultère
légal, qui est tout ce qui est considéré comme un adultère,
l’homosexualité, les rapports contre nature, les pressions ou
contraintes sur un conjoint innocent".
-Le
Rev.A.Roy Medley (Alliance baptiste mondiale): "Il
n'y a aucune famille parfaite et aucun mariage parfait. Dans notre
monde brisé, les familles sont non seulement une source de grande
bénédiction, mais peuvent aussi être une source de grand mal comme
quand un père moleste ses filles, ou des frères et sœurs se
battent pour un héritage. La réalité pastorale est que les
familles ont leurs bienfaits et leurs dysfonctionnements. Parmi de
telles expériences les gens demande miséricorde. C’est pourquoi,
dans l’hymnologie baptiste, Jésus comme ami, est un thème
important. Les hymnes comme "Quel ami avons-nous en Jésus,"
et "Il n'y a pas d'ami comme l’humble Jésus", expriment
pour nous la présence de Dieu au milieu de nos imperfections et
luttes. Ils nous rappellent celui qui dans sa vocation de serviteur
souffrant entre dans notre souffrance. Il est celui qui invite les
pécheurs à sa table, celui qui est doux et humble de cœur, en qui
nous trouvons le repos pour nos âmes, celui que nous prions en toute
confiance: Seigneur, prends pitié".
-M.Robert
K.Welsh (Disciples du Christ): "Comment
comprenons-nous le mariage et la vie familiale aujourd'hui? Que
pouvons-nous faire pour répondre au nombre croissant de divorces et
l'impact sur les enfants dans ces familles ? Ce sont des questions
urgentes devant tous les chrétiens et toutes les sociétés, qui
représentent des défis théologiques, pratiques et pastoraux
majeurs. J'ai noté que partout dans ces paragraphes, les mariages
mixtes ne sont évoqués dans ce contexte que pour les problèmes
qu’ils représentent; par exemple, au niveau pastoral de
l'éducation religieuse des enfants et dans leur relation à la vie
liturgique. Mon espoir est que ce Synode puisse aussi identifier les
mariages mixtes dans un contexte plus positif et plein d'espoir comme
de grandes occasions de témoigner du cadeau de Dieu d'unité dans le
Christ et de l'amour de Dieu pour toutes les personnes,
particulièrement pour ces mariages entre des personnes baptisées
comme chrétiens. Mon regret est toujours présent, quand j'assiste à
la messe avec mon petit-fils, lorsqu’on ne me permet pas de
recevoir l'Eucharistie".
-M.Tim
Macquiban (Communauté méthodiste de Rome): "Parfois
dans ce Synode il semble que nous nous soyons concentrés sur une
seule forme de famille, de parents et d’enfants, telle que définie
par le mariage sacramentel et sa vocation. Pour certains cela ne
tient pas compte des différentes façons de vivre de beaucoup dans
des formes différentes de famille, dans nos divers contextes et
cultures. Alors que nous célébrons à juste titre la joie d’une
nouvelle vie et la centralité du mariage et de la vie familiale
(dans leur définition traditionnelle), ceux qui sont seuls, avec ou
sans enfants, ou dans des unions civiles ou des relations de
cohabitation et même ceux mariés à l'Eglise et sans enfant,
peuvent facilement se sentir exclus. L'Eglise doit comprendre que
cela puisse ajouter à ces difficultés une angoisse sur l'Evangile
de la famille".
-Rev.Ndanganeni
Petrus Phaswana (Evêque de l'Eglise luthérienne évangélique
d'Afrique du sud): "Fréquemment, la
politique, la religion et la culture sont instrumentalisées et
utilisées pour diviser les gens et les nations ce qui a conduit à
l'aliénation croissante et la désunion. Au milieu de cet isolement,
il nous revient comme Eglises de proclamer et d’être témoin de ce
que Dieu ne nous appelle pas à l'isolement, mais plutôt à la vie
dans la communion avec le Christ et entre nous. Nous sommes appelés
à surmonter cette fragmentation et à nous développer en étant des
communautés où les relations peuvent être rétablies et
renforcées. Nous devrions donc rester sensibles à ce que nos
discussions théologiques soutiennent chaque chrétien dans les défis
et les tristesses auxquels il fait face dans sa vie quotidienne".
-Le
Rev.Timorthy Thornton (Communion anglicane): "La
première partie de l'Instrumentum Laboris est aussi concentrée sur
les aspects négatifs de la vie familiale. Il y a beaucoup de joie
dans des familles et la vie familiale et beaucoup à célébrer.
Toutes les familles changent. Le changement est une partie de la clé
de la foi du chrétien. Tous les jours, nous sommes appelés à nous
tourner vers le Christ, à nous détourner du péché et à nous
tourner vers Dieu. Chaque jour nous nous ouvrons à la possibilité
d’une transformation. C'est pourquoi tous les chrétiens sont plein
de joie et d’espérance chaque jour".
jeudi 15 octobre 2015
Les Circuli Minores débattent de la seconde partie de l'Instrumentum Laboris
Cité
du Vatican, 15 octobre 2015 (VIS). Hier, au cours de la VII
Congrégation générale de ce matin, les pères synodaux ont fait
part du résultat de leur réflexion en Circuli Minores sur la
deuxième partie de l'Instrumentum Laboris. Presque tous les groupes
sont d'accord sur la nécessité pour le document final du Synode
d'utiliser le langage de la théologie biblique. Le groupe
francophone B estime que cela évitera les malentendus et ambiguïtés
pouvant nuire à la compréhension de la vocation et de la mission de
la famille dans l'Eglise et dans le monde. Il faudra prendre en
compte la fragilité et la souffrance de la famille, mais sans
exagérer des situations qui ont toujours existé. L'accent mis sur
cette dimension conduit à souligner que l'Eglise accompagne tous ses
fils et doit annoncer l'Evangile et l'appel à la conversion.
Insistant sur l'argument, le groupe anglophone B estime que la
réflexion finale devra illustrer comment la pédagogie divine du
mariage et de la famille a accompagné toute l'histoire du salut
jusqu'à nos jours. Mgr.Diarmiud Martin (Irlande) préconise de
commencer par la Genèse, qui prévoit déjà la définition du
mariage comme une union entre un seul homme et une seule femme, ayant
quitté pères et pères pour s'unir. Ce rapport présente trois
aspects fondamentaux du mariage, tel qu'il était au commencement, la
monogamie et l'égalité des sexes, la stabilité. Mais la pédagogie
divine atteint son paroxysme lorsque le Fils de Dieu entre dans
l'histoire. La rencontre de Jésus avec la femme adultère (Va et ne
pèche plus) dénonce ceux qui réclamaient la lapidation. C'est
seulement à travers la pédagogie divine que s'explique le ministère
de l'Eglise qui reflète la patience et la miséricorde de Dieu. Le
projet divin se poursuit aujourd'hui et la pédagogie divine donne un
contenu et le ton de l'enseignement de l'Eglise. Dans les situations
difficiles il faut toujours se rappeler que Dieu ne renonce jamais à
sa miséricorde. Elle révèle le vrai visage de Dieu et sa
miséricorde sur tout le monde, sur toutes les souffrances, sur
toutes faiblesses.
A
la lumière du récit évangélique qui expose les nombreuses
rencontres entre Jésus et des familles, la pédagogie divine doit
continuer à être présente dans le langage de l'Eglise lorsqu'elle
s'adresse aux familles dans leurs joies comme dans leurs peines. Une
autre observation de ce groupe francophone est qu'elle devrait
trouver une ample résonance dans la Relatio en ne parlant pas
seulement de l'indissolubilité du mariage comme si elle était la
seule préoccupation de l'Eglise. Il faut plutôt parler de la
fidélité et de l'indissolubilité comme de dons et non simplement
en des termes juridiques comme le devoir. Il convient de parler du
mariage comme un appel à l'amour et à la communion. Le groupe
hispanique estime qu'il faut mettre l'accent sur la graduation de
mise en place des procédures. Le Cardinal José Luis Lacunza
Maestrojuán (Panama) souligne que le caractère progressif à
l'image de la grâce divine qui veut tenir compte de chaque personne.
On la trouve dans la tradition où figurent des formules faisant
croire que le mariage et la famille sont par eux mêmes absolus,
alors que Jésus les rapporte au Royaume de Dieu. Il est questions
des rencontres de Jésus avec différentes personnes dans différents
domaines, notamment dans des contextes familiaux, Lazare et sa
famille, Pierre et sa famille, etc. Jésus ouvre toujours des portes.
La fidélité de Dieu est accomplie dans le sacrement du mariage,
mais d'une manière humaine. La fidélité indissolubilité est un
mystère qui inclue la fragilité. La théologie du mariage et de la
famille est trop liée à la morale. Le Magistère devrait présenter
l'Evangile de la famille de manière organique et intégrée. Au fond
il y a beaucoup de valeurs positives dans d'autres types de familles.
Les
différents groupes ont accordé beaucoup d'importance à la
préparation des jeunes au mariage et à la nécessité de les
accompagner sur ce chemin. Si le groupe francophone B, évoque la
grande diminution des mariages dans les capitales européennes, le
Cardinal Lacunza Maestrojuán nuance que “lorsqu'on parle des
jeunes et du mariage, cela se fait dans la perspective de la peur, ce
qui n'est pas suffisant, c'est une question anthropologique: Ils
vivent au jour le jour, ne s'adapte pas à la manière de penser pour
toujours. Peut-être pourrions-nous penser qu'il s'agit d'un manque
de sérieux: Un papier ne fait pas le mariage et peut-être
l'avons-nous entouré de tant de formalités que cela ne convient pas
à l'esprit des jeunes qui, souvent, identifient celles-ci comme de
l'hypocrisie. De plus, dire qu'ils ont peur ou qu'ils n'osent pas,
contredit l'expérience de tant de jeunes qui acceptent le risque du
volontariat ou qui se lancent en politique ou dans d'autres causes''.
Le
groupe francophone B a aussi fait savoir qu'il avait voté à
l'unanimité la proposition selon laquelle l'annonce de l'Evangile de
la famille exige aujourd'hui une intervention magistérielle qui
rendrait plus cohérente et simplifierait l'actuelle doctrine
théologique canonique sur le mariage, et qu'il faut travailler la
définition de la famille comme sujet d'action pastorale. A ce sujet,
Mgr.Durocher (Canada), souligne que les expériences pastorales
partagées nous amènent à voir que dans l'Eglise, parler d'une
famille, c'est parler d'une réalité humaine qui s'engage dans le
temps et l'espace... Chaque famille a ses généalogies qui la
rattachent à une histoire et une culture... Cette complexité est le
lieu et l'occasion d'une manifestation du mystère de la miséricorde
de Dieu. Nous formulons le souhait que le Synode ouvre une période
de recherche patiente commune de théologiens et pasteurs, qui
permette d'établir les bons repères d'une pastorale familiale, qui
traduisent l'horizon de la famille en un horizon de communion. Nous
avons besoin de moins d'adaptation de discipline universelle qu'une
base solide pour la réflexion et l'engagement pastoral''. Le concept
de la famille comme mission a aussi été évoqué. Par exemple, le
groupe italianophone C parle de la valeur évangélisatrice du
mariage et de la famille et demande un nouveau style de proximité de
l'Eglise aux familles, une proximité contagieuse, une tendresse
forte et exigeante. Les membres ont beaucoup insisté pour que la
communauté chrétienne soit une famille de familles, mesurant son
action pastorale avec le style de la famille et transmettant avec
celle-ci une force humanisatrice à la vie du monde, en dépassant la
dérive individualiste".
Les
pères ont trouvé très utiles de se servir de la catéchèse du
Pape François sur l'exigence d'harmoniser la valorisation de la
sacramentalité du mariage et l'attention à sa dimension créaturale,
écrivent les membres du groupe italianophone A, qui demandent aussi
de compléter le texte de l'Instrumentum Laboris sur la présentation
de la doctrine en insérant la dimension spirituelle, accueillant la
sensibilité de la tradition orientale. Proposition traduite de
manière concrète qui rend plus explicite le primat de la grâce, la
reconnaissance du péché et la nécessité de trouver des chemins de
conversion. La grâce n'agit pas seulement au moment de la
célébration du sacrement, mais tout au long de la vie, parce que
c'est un sacrement permanent en analogie avec l'Eucharistie. Pour sa
part le Cardinal Mark Coleridge (Australie), du cercle anglophone C,
n'oublie pas la nécessité d'explorer plus à fond la possibilité
pour les couples qui sont civilement mariés ou qui cohabitent, de
commencer un chemin vers le mariage sacramentel et d'être encouragés
et accompagnés dans ce chemin, et dans le cercle anglais D, quelques
évêques ont souligné que le document devrait parler plus du rôle
de la femme et rappeler que beaucoup subissent des abus de la part de
leur mari. Nous avons besoin d'être plus réalistes sur les
problèmes du mariage, au lieu de dire simplement aux personnes
qu'ils doivent se marier, affirme le texte. Dans le même cercle, un
autre prélat a remarqué que parfois pour les familles exemplaires,
il semble délicat de se proposer à celles qui traversent des
situations difficiles parce qu'elles peuvent se sentir intimidées
par celles-ci. Quelques évêques ont suggéré que le texte devrait
présenter les raisons canoniques pour la séparation des époux ou
l'annulation.
Un
autre concept commun est celui de vocation à la vie familiale et de
spiritualité familiale, pour lequel le groupe anglophone A suggère
une série de bonnes pratiques qui aideraient à mieux vivre l'une et
l'autre: la réception de la Parole de Dieu dans la famille, la
catéchèse familiale et l'impulsion explicite, qui devrait être
établies dans le document final du Synode, des prières
para-liturgiques et rituelles au sein de la famille.Le Cardinal
Coleridge a aussi demandé à ce que le document final présente une
série d'initiatives claires ou de stratégies pour aider les
familles et soutenir celles qui sont en difficulté. Ce serait
quelque chose de concret et ce serait en sintonie avec le caractère
essentiellement pratique de ce deuxième Synode. Par le passé, le
Saint-Père utilisait souvent les textes définitifs approuvés,
comme base pour une exhortation apostolique et nous avons dit que cet
objectif était fructifère. Nous reconnaissons, cependant, les
limites d'un document qui serait approuvé à la fin de ce Synode.
Bien que tous les efforts possibles doivent être faits pour que le
langage soit souple et attractif, la préoccupation principale est la
clarté des explications fondées sur l'enseignement de l'Eglise sur
le mariage et la famille. Visant toujours le document final, le
groupe hispanophone B, s'est interrogé sur le sens du travail
synodal. La doctrine est connue, écrivent ses membres, mais les
exigences de la réalité et les nouveaux accents de la réflexion
théologique doivent être pris en compte pour qu'il y ait réellement
un apport significatif. Nous proposons une référence plus explicite
à partir des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament (l'amour
nuptial de Dieu avec son peuple) et du riche magistère
post-conciliaire sur la famille Le groupe italianophone sollicite en
revanche un document magistériel, puisque l'institution du Synode
pourrait difficilement répondre à l'exigence d'ordonner dans un
document exhaustif la doctrine diversifiée et complexe sur le
mariage et la famille, affirme-t-il. Il apparaît donc nécessaire,
d'une part de solliciter un document magistériel qui réponde à
cette exigence, et de l'autre, l'engagement de vérifier les
conséquences pastorales relatives à cette thématique. A ce propos,
les pères ont exprimé la nécessité de considérer la mission
propre de la médiation pastorale dans la transmission de la
doctrine.
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