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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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jeudi 15 octobre 2009

QUINZIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 13 OCT 2009 (VIS). Ce matin s'est déroulée, sous la présidence du Cardinal Wilfrid Fox Napier, en présence du Pape et de 224 Pères, la quinzième Congrégation générale du Synode africain, au cours de laquelle ont été présentés les rapports des Circuli Minores. Voici des extraits de certains d'entre eux:

GROUPE PORTUGAIS. Mgr.Gabriel MBILINGI, SSSP, Coadjuteur de l'Archevêque de Lubango (Angola) et Président du Comité inter-régional des évêques d'Afrique méridionale: "Parmi les suggestions: Une référence explicite à la Doctrine sociale de l'Eglise comme devant faire partie du contenu de notre doctrine évangélisatrice et catéchétique; que la catéchèse suive le modèle catéchuménal qui porte la personne à faire son option personnelle pour le Christ; évoquer la fonction fondamentale de la vie consacrée dans la vie et la mission de l'Eglise...; valoriser le domaine de la politique comme service à la société, en aidant les hommes politiques chrétiens à assumer leurs engagements sur la base de leur propre foi...; insister à propos du clergé sur le vécu du ministère sacerdotal comme service au peuple de Dieu et non comme autorité...; dénoncer les graves situations des droits de l'homme, et le faire avec vigueur, avec clarté et avec précision; avoir le courage de suivre également un chemin de réconciliation et de purification de la mémoire à l'intérieur de l'Eglise". 

GROUPE FRANCOPHONE E. Le P.Edouard TSIMBA, CICM, Supérieur général des Missionnaires de Scheut: "La recherche de la vérité est une condition indispensable pour la réconciliation... Parler de réconciliation veut dire parler de la miséricorde de Dieu. Seule une personne réconciliée avec Dieu, vivant dans la paix est capable d'apporter la paix. Il est donc nécessaire de rappeler la grande valeur du sacrement de réconciliation et donc le sérieux et le temps que les agents (dont les prêtres) doivent prendre à ce sujet en y consacrant le temps et toute la préparation qu'il faut, tant pour la confession personnelle que pour les célébrations communautaires... La vie et le témoignage des nombreux chrétiens, parfois jusqu'au martyre, méritent une mémoire et est source pour renforcer la foi. La vie et l'exemple des agents de l'Eglise sans distinction, est de grande importance dans ce domaine de réconciliation... Il faut susciter la collaboration aussi bien des hommes que de femmes, dans la prise en compte de leurs atouts, dans l'Eglise et dans la société. Que tous les chrétiens, chacun selon son ministère, soient fiers de l'être et de le montrer dans leur vie... La sainteté est un appel à tous et à toutes et mérite une place importante dans le texte".

GROUPE FRANCOPHONE B. Le P.Gérard CHABANON, M.Afr., Supérieur général des Pères blancs: Je retient deux grands thèmes: "1. La famille: Elle est la cellule de base de la société et des communautés chrétiennes. Elle est menacée par la pauvreté, la mauvaise gouvernance, la difficulté de scolariser les enfants, la violence et l'irresponsabilité de pères de famille qui abandonnent leurs épouses et leurs enfants. 2. L'Islam... Les situations sont plurielles en Afrique et en particulier entre le nord et le sud du Sahara. Arabité et africanité n'ont pas toujours les mêmes valeurs. Un dialogue de vie et un dialogue social peuvent se développer entre chrétiens et musulmans. Il a été fortement souligné que l'on doit viser partout à la liberté de conscience et à la réciprocité des cultes".

GROUPE ANGLAIS-FRANCAIS. Mgr.Jean MBARGA, Evêque d'Ebolowa (Cameroun): "En général, la Relatio Post Disceptationem, a été positivement appréciée... Mais une vision multi ministérielle de l' Eglise aurait mieux donné l'importance de la place et de la mission de toutes les catégories du peuple de Dieu dans l'Eglise, notamment les laïcs. La question du tribalisme dans l'Eglise reste un défi majeur. Un équilibre aurait pu être fait entre les développements théologiques et l'ampleur des drames humains de l'Afrique auxquels les Pères synodaux doivent répondre; l'action prophétique des commissions Justice et Paix méritait aussi une meilleure prise en compte... La communion ecclésiale est aussi une force qui doit permettre aux Africains d'affronter les défis qui sont les leurs dans l'espérance et la résurrection ainsi que dans la pleine solidarité universelle".

  Cet après-midi et demain, les Pères synodaux continueront leurs travaux en Circuli Minores, pour préparer les propositions à présenter au Pape via le Secrétariat général du Synode des évêques.
SE/QUINZIEME CONGREGATION/...                               VIS 20091015 (720)


ETAT DE L'OECUMENISME


CITE DU VATICAN, 15 OCT 2009 (VIS). Ce matin près la Salle-de-Presse du Saint-Siège, le Cardinal Walter Kasper, Président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, a présenté son livre intitulé Harvesting the Fruits. Basic aspects of Christian Faith in Ecumenical Dialogue. Ecumenical Consensus, Covergences and Differences (Londres, Continuum): "C'est le résultat de deux années d'une intense travail mené avec mes collaborateurs, en dialogue avec nos consulteurs et interlocuteurs oecuméniques". L'ouvrage étudie "les principales communautés protestantes qui, après Vatican II, furent les premières à engager un dialogue" avec l'Eglise catholique, et trace un bilan de ce dialogue jusqu'à nos jours. Au cours de sa conférence de presse, le Cardinal a annoncé la tenue en février prochain d'un symposium qui débattra de l'avenir de l'oecuménisme occidental sur la bas du présent livre.
OP/LIVRE OECUMENISME/KASPER                             VIS 20091015 (140) 


AUTRES ACTES PONTIFICAUX


CITE DU VATICAN, 15 OCT 2009 (VIS). Le Saint-Père a:

-Accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Paul Vollmar, SM, Auxiliaire de l'Evêque de Chur (Suisse).

-Nommé l'Abbé Fernando Isern, Evêque de Pueblo (superficie: 124.754, population: 626.000, catholiques: 121.100, prêtres: 90, diacres: 33, religieux: 94), aux Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1958 à La Havane (Cuba) et ordonné prêtre en 1993, était jusqu'ici Curé de la paroisse Notre Dame de Lourdes de Miami (USA). Il succède à Mgr.Arthur N.Tafoya, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

-Nommé Mgr.Paul D.Sirba, Evêque de Duluth (superficie: 57.875, population: 439.478, catholiques: 60.532, prêtres: 82, diacres:41, religieux: 142), aux Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1960 à Saint Paul (USA) et ordonné prêtre en 1986, était jusqu'ici Vicaire général de ce même diocèse.

-Nommé Mgr.Jorge Carlos Patrón Wong, Coadjuteur de l'Evêque de Papantla (Mexique). L'Evêque élu, né en 1958 à Mérida (Mexique) et ordonné prêtre en 1988, était jusqu'ici Recteur du grand séminaire du Yucatán (Mexique).

-Nommé Mgr.Robert C.Evans, Auxiliaire de l'Evêque de Providence (USA). L'Evêque élu, né en 1947 à Moultri (USA) et ordonné prêtre en 1973, était jusqu'ici Curé de la paroisse St.Philippe de Greenville (USA).
RE:NER:NEC:NEA/.../...                                              VIS 20091015 (210)


mercredi 14 octobre 2009

QUATORZIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 13 OCT 2009 (VIS). A 16 h 30', sous la présidence du Cardinal Francis Arinze, en présence du Pape et de 223 Pères, a débuté la quatorzième Congrégation générale du Synode africain, consacrée au Rapport final des congrégations. Voici de larges extraits de la Relation Post Disceptationem, lue par le Rapporteur général le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson:

MALHEURS OU DEFIS POUR L'AFRIQUE?

De nombreux changements positifs ont été relevés aussi bien dans l'Eglise que dans la société dans son ensemble en Afrique depuis la première Assemblée pour l'Afrique... Toutefois, il y a encore de nombreuses ombres au sein de l'Eglise et de la société, quinze ans après la conclusion de la première Assemblée... Les Pères synodaux ont cité de nombreux lieux et réflexions sur les ombres:

Les Eglises locales. Les Pères synodaux ont reconnu...l'insuffisante appréciation du rôle des femmes et des jeunes dans leurs communautés locales, et la pauvreté de la formation à la foi. Les politiciens et d'autres fonctionnaires publics n'ont pas toujours bénéficié de l'accompagnement et de la formation qui leur auraient permis de témoigner convenablement de leur foi dans leur vie et dans leur travail. L'utilisation des médias doit être développée au-delà des radios locales. Le témoignage de l'Eglise est parfois compromis par la difficulté de certains agents pastoraux à être fidèles à leurs vœux, à leur vocation et à leur état de vie.

La sphère socio culturelle: Nombre de Pères synodaux déplorèrent le sort de la famille en Afrique, la destruction du mariage authentique et de la notion d'une famille saine. Et ils estimèrent que l'institution est sérieusement menacée d'instabilité et de dissolution par la pauvreté, les conflits, les croyances et pratiques (sorcellerie) traditionnelles, et les maladies, principalement, le paludisme et le Sida... Mais les Pères décrivirent aussi diverses attaques féroces, lancées de l'extérieur de l'Afrique, contre la famille et contre l'institution fondamentale qui lui est liée, le mariage; et ils l'attribuèrent à différentes causes... Les femmes, qualifiées à la première Assemblée pour l'Afrique de bêtes de somme, ont commencé à émerger dans certains pays à de hautes positions, à des rôles de leadership en droit, en politique, en économie et dans le génie civil. Mais elles sont aussi des ressources sous-développées dans certains pays, souffrant d'être exclues de rôles sociaux, de l'héritage, de l'éducation et des espaces de décision... La question de la migration fut spécialement mentionnée à cause de législations qui apparaissent dans les pays occidentaux, dont la visée semble être d'écarter les Africains.

La sphère socio politique: Hormis la seule mention de stabilité politique au Sénégal, de gouvernance démocratique en Afrique du Sud et du succès croissant du Ghana en matière de gouvernance démocratique, la plupart des références à la politique et à la gouvernance sur le continent étaient très critiques pour diverses raisons, et il fut proposé que les Eglises locales érigent des aumôneries et qu'elles accompagnent les politiciens avec une formation à la doctrine sociale de l'Eglise.

La sphère socio-économique: Pauvres et pauvreté était l'expression récurrente que les Pères synodaux ont généralement utilisées à propos de leurs pays, leurs gouvernements, leur peuple et leurs Eglises. Dans plusieurs interventions, la pauvreté du peuple a justifié, des projets de développement entrepris par l'Eglise... Au niveau national et gouvernemental, l'Assemblée a critiqué l'incidence de la corruption et de la subornation, et la négociation des contrats avec des investisseurs, particulièrement visant des industries minières, qui n'apportent aucun profit au peuple et sont même à l'origine des conflits et de la dégradation de l'environnement. L'industrialisation est peu développée dans la plupart des pays africains; et leurs économies sont de type agricole et produisent des matières premières... Les économies productrices gagnent peu et ont besoin de l'aide étrangère, de la part des gouvernements étrangers, de la Banque mondiale et du Fond monétaire international pour financer leurs budgets et lancer leurs projets de développement... En conséquence, l'Eglise doit considérer la situation actuelle et les ombres persistantes en Afrique comme des défis et des opportunités pour approfondir sa relation intime avec le Seigneur. Les défis indiqués ci-dessus et tant d'autres mentionnés par l'Assemblée (l'environnement, le trafic des armes, etc.) nous invitent à une vraie conversion des cœurs.

FORTIFIER LA FOI DANS LE CHRIST

Il a été rappelé qu'un Synode des évêques ne peut pas être compris comme une session spéciale pour l'Afrique des Nations-Unies avec ses déclarations publiques. Ceci a été un rappel important à l'Assemblée synodale qui est un rassemblement d'Eglise et une assemblée de foi. Celle-ci, dans la puissance du Saint-Esprit, professe sa foi en Dieu et dans le Christ, son Fils, et s'est rassemblée pour discerner la volonté de Dieu et l'orientation à donner à sa famille en Afrique... Les Pères synodaux ont ainsi affirmé de différentes manières dans leurs interventions la centralité du Christ dans le thème du Synode... Ainsi toutes les formes d'expérience et de pratique du thème synodal ont besoin d'être évangélisées.

LE CHRIST NOTRE RECONCILIATION

C'est notre rapport dans le Christ avec Dieu et les uns avec les autres qui exige la réconciliation; et son but est de rétablir et restaurer la communion que l'alliance de Dieu et notre filiation dans le Christ établit, mais que le péché menace et brise... Les Pères synodaux ont écouté des témoignages à propos de l'urgence sus-mentionnée de réconcilier les ennemis, et ont noté qu'il s'agit là d'un exercice de la vérité et de l'amour miséricordieux. La liturgie et le sacrement de réconciliation offrent des moments privilégiés pour leur célébration. Les Pères synodaux ont aussi énuméré nombre de méthodes traditionnelles de réconciliation, et se sont demandés si des éléments de ces célébrations traditionnelles ne pourraient pas enrichir les formes de célébration des sacrements dans l'Eglise. Ce faisant, il n'y aurait pas de confusion à propos de l'efficacité de la célébration; comme il a été dit dans l'Assemblée, c'est la Bonne Nouvelle du Sang du Christ, versé pour la rachat du monde entier qui transforme la coupe de souffrance des nombreuses victimes de l'effusion du sang sur le continent. Ceci requiert une spiritualité, et non une stratégie!

LE CHRIST NOTRE JUSTICE

La réconciliation...est la restauration de la justice et des justes requêtes des interventions... La justice de Dieu et de son Royaume est la révélation de Dieu, qui est destinée à devenir la droiture des êtres humains... C'est la révélation du Christ qui, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous pour nous montrer l'amour de Dieu pour nous. C'est donc la révélation du Christ comme notre justice et droiture.

La justice de la Diakonia chrétienne et la justice de notre vie chrétienne dans l'Eglise en Afrique constituent la justice du Royaume; et sa caractéristique principale est qu'il s'agit d'une justice exercée dans l'amour et la miséricorde... La compensation n'est pas leur principal objectif. Elles veulent guérir à travers la reconnaissance de la culpabilité et le pardon.

LE CHRIST NOTRE PAIX

La paix est un des termes dont la définition populaire (comme l'éducation, le développement ou la justice) fut citée par les Pères synodaux... La paix qu'est le Christ n'a pas qu'un sens séculier, c'est-à-dire une absence de conflit, la présence de l'harmonie à la maison et en famille, la sécurité et la prospérité individuelle et communautaire nationale. La paix n'existe pas seulement quand les êtres humains et leurs sociétés remplissent leurs devoirs respectifs et reconnaissent les droits d'autres personnes et sociétés, elle n'est pas qu'un des résultats du travail de la justice. La paix transcende essentiellement le monde et les efforts humains. C'est la justice toute entière, déterminée par Dieu, et accordée à l'homme et à la femme. C'est un don de Dieu pour le juste, ceux sur lesquels repose sa faveur.

SERVITEURS DE LA RECONCILIATION, DE LA JUSTICE ET DE LA PAIX
 
Pour assurer sa mission de réconciliation, de justice et de paix, l'Eglise-Famille de Dieu en Afrique doit prendre conscience de son identité, penser son mode d'être et d'agir dans le souci de vérité et de fidélité à sa mission. Ses membres eux-mêmes doivent se réconcilier en son sein et devenir un modèle du Christ-Serviteur. La communion entre les Pasteurs, leur témoignage de vie, leurs relations avec leurs collaborateurs et le traitement des employés sont autant de domaines à explorer.

LA FAMILLE

La grande estime de l'institution familiale est remarquable dans toutes cultures africaines est connue... Les Pères synodaux ont dénoncé clairement les idéologies et les programmes internationaux qui sont imposés à nos pays sous de fallacieuses raisons ou conditionnant l'aide au développement. Elles sont nocives pour la famille... Il y a urgence à redéfinir la famille comme Eglise domestique et premier lieu d'éducation à l'amour, à la réconciliation, la justice et la paix.

DIGNITÉ ET ROLE DE LA FEMME

La femme est au service de la vie et de l'humanisation des autres membres de la famille. Mais elle reste frustrée dans son épanouissement par la culture traditionnelle (mutilations génitales) et bafouée dans sa dignité par la modernité (pornographie, prostitution, viols et toutes sortes d'humiliations dans la société). Les Pères synodaux ont entendu le cri des femmes parfois répercuté par certains d'entre eux... L'Eglise-famille de Dieu est interpellée sur les graves injustices qui leur sont faites. Elles ont besoin d'être reconnues dans la société comme dans l'Eglise en tant que membres actifs engagés dans la vie de l'Église. Leur contribution au développement et à la sauvegarde de la famille humaine, même en temps de conflits, doit être reconnue et appréciée à sa juste valeur. Comme mères, elles assurent la première éducation à l'enfant: amour et sociabilité. Comme épouses, elles sont les confidentes des maris... Les Pères synodaux sont appelés à prendre en considération et à penser aux femmes tout en soulignant leurs potentialités déjà démontrées dans la gestion de la vie familiale elles sont sans aucun doute capables d'offrir plus à l'Eglise. En conséquence, une évangélisation en profondeur de la culture traditionnelle aidera à les libérer de certaines conduites et coutumes contraires à l'Evangile et toujours en pratique dans bien des sociétés.

LE SECTEUR SOCIO-RELIGIEUX

La peur et les incertitudes caractérisent la vie de foi dans de beaucoup de populations africaines (méfiance, soupçon, auto-défense, agression, charlatanisme, divination, occultisme, syncrétisme... D'autre part, les sectes exercent un grand attrait sur les fidèles catholiques aux prises avec les problèmes sociaux et désireux de solutions rapides à leurs problèmes physiques ou psychiques... Dans le domaine des injustices graves subies (conflits armés, violences...) les Pères synodaux ont écouté des témoignages émouvants de personnes qui ont fait l'expérience du pardon. Il en résulte que justice, pardon et vérité sont inséparables. Ce qui a été brisé ne peut se reconstruire que si le mal est reconnu et avoué. Le pardon demandé et accordé après aveu libère la victime et le bourreau et établit une nouvelle relation plus forte... Il est urgent de convaincre les fidèles du Christ que les liens fraternels établis par le Christ par l'eau du baptême et par son sang sont plus forts que les liens du sang... Par conséquence, il faut reconnaître et respecter la dignité et le caractère sacré de chaque personne, sans considération de son identité et de sa situation. Cela requiert la solidarité, le partage, le respect d'autrui, l'hospitalité, et de se rassembler et de se réconcilier pour une justice restauratrice... La double dimension personnelle et communautaire de la célébration du sacrement de la réconciliation doit être fortement soulignée. La célébration communautaire de la réconciliation est dans certains cas bien indiquée pour panser et guérir de blessures des sociétés et des familles déchirées par des situations de violences, de conflits et de guerres. Le péché a une dimension sociale, la réconciliation doit engager aussi toute la communauté.

LA MISSION PROPHETIQUE DE L'EGLISE-FAMILLE DE DIEU

L'Eglise-famille de Dieu, par sa nature, sa doctrine sociale cohérente, sa répartition géographique et son souci de l'unique bien de l'homme est mieux placée que toute autre organisation pour faire face aux défis de réconciliation, de justice et de paix en Afrique...
Pour parler de réconciliation, de justice et de paix, et garantir un engagement plus sensible et plus coordonné, il est nécessaire que les évêques parlent d'une même voix au sein de leur Conférence épiscopale (nationale, régionale ou continentale) Il faut créer une synergie entre toutes les institutions ecclésiales...pour cerner ensemble tous les différents aspects de la vie et des engagements de l'Eglise au service de la réconciliation, de la justice et de la paix... La tragédie de la pandémie du Sida n'a pas été perdu de vue par les Pères synodaux... La mission de l'Eglise-famille de Dieu en Afrique de faire vivre les fidèles de l'Evangile du Christ l'engage dans la lutte pour réduire la stigmatisation sociale des personnes infectées par le Sida, tout comme pour remplacer la violence par l'établissement de ponts de réconciliation, de justice et de paix, pour interpeller les pouvoirs publics, pour parler au nom des sans-voix. Un appel a été adressé pour une plus grande synergie et solidarité afin que les malades en Afrique reçoivent les mêmes traitements que ceux d'Europe.

LES LAICS

Les conflits en Afrique ne sont pas sans nous renvoyer à l'Histoire récente (danger de l'exacerbation des nationalismes et concept de race qui sont anti-chrétiens). Les chrétiens sont nombreux dans l'administration publique, dans la vie politique et dans des instances de décisions (parlement). Mais malgré cela des lois contraires à la morale chrétienne sont votées notamment dans la sphère familiale... Les Pères synodaux ont reconnu qu'il ne suffit pas de former des fidèles laïcs au leadership politique dans nos pays mais il faut aussi les accompagner dans leurs engagements....pour en faire des agents de changement dans la société (bonne gestion des familles et des responsabilités sociales et sociétés politique).

LES MEDIAS

La couverture des conflits africains et leur instrumentalisation par les médias constituent un défi pour l'Eglise-Famille de Dieu en Afrique... La puissance des média peut servir aussi à la diffusion de la Bonne Nouvelle dans un continent qui reste encore largement de tradition et de culture orale... Une bonne formation technique et religieuse des communicateurs catholiques (doctrine sociale de l'Eglise en particulier) est prioritaire... Une attention particulière est à porter aux jeunes. Ils sont les premières victimes des effets dévastateurs de la mondialisation sur les mœurs et le système des valeurs. D'où le nécessité d'une éducation intégrante et intégrale et à tous les niveaux (enfance, jeunes et adultes) à la pratique des valeurs sociales indispensables pour une convivialité harmonieuse

LE CLERGE

Il est nécessaire de rédiger une ratio Nationalis Institutionis Sacerdotalis pour favoriser le discernement, la formation spirituelle et affective adaptée aux circonstances et aux personnes. Le discernement rigoureux et une formation spirituelle et affective adaptée aux situations qui feront d'eux des personnes solidement ancrés dans leurs cultures et fidèles à l'enseignement de l'Eglise.

LA VIE CONSACREE

Les Pères synodaux sont appelés à aider la vie consacrée pour se maintenir dans sa mission prophétique en l'appuyant dans la réalisation de sa mission Ad Gentes et à l'encourager par un témoignage de communion. Ils ont été informés des pratiques des jeunes filles africaines envoyées en Europe pour se former à la vie religieuse... parfois cela se termine mal et certaines refusent de rentrer.

UNE SEULE EGLISE-FAMILLE DE DIEU A PLUSIEURS VISAGES

L'Eglise-famille de Dieu au nord ou sud du Sahara a la même mission de service. Elle n'est pas encore tout à fait intégrée dans l'Eglise famille de Dieu en Afrique. C'est une Eglise carrefour mais qui a la vocation de devenir une Eglise de la Pentecôte car elle devient  multiculturelle de la part de la présence importante des étudiants sud sahariens... Malgré son statut de minorité chrétienne en milieu musulman, elle entretient un rapport de dialogue avec l'Islam et est engagée dans différents services de la société: social, culturel et éducatif. Les évêques Pères synodaux issus de ces Eglises ont appelé leurs pairs à aller à la rencontre et au dialogue des autres religions, sans complexe, à dépasser les peurs et le poids du passé (rapport entre monde arabe et Afrique noire) et à établir des relations de partenariat avec les musulmans de bonne volonté et ainsi réduire les tensions.

CONCLUSION

Le devoir du fidèle laïc est d'être sel de la terre et lumière du monde, spécialement dans les endroits où le laïc seul est en mesure de rendre l'Eglise présente... Ce Synode s'est penché sous des formes variées sur l'Eglise famille de Dieu en Afrique, qui doit être transformée de l'intérieur. Et elle doit transformer le continent et ses îles à la manière du sel et de la lumière. Elle envisage une mission apostolique, que ses pasteurs et les autres agents pastoraux ont articulée de manières variées au cours de cette assemblée en libérant les populations du continente de toutes ses peurs, en assurant une conversion qui soit profonde, permanente et une formation solide de toutes sortes (foi, catéchèse, morale, media, culture, civilisation de l'amour, paix, justice, réconciliation, bonne gouvernance, compte rendu de gestion, dialogue à tous les niveaux, y compris au niveau de l'environnement); plaidoiries pour toutes les questions de société et pour diverses nécessités, spécialement en ce qui concerne l'éducation des enfants et des jeunes; migration et formes variées de déplacements de population qui requièrent notre soin pastoral; défi apostolique de changer les attitudes et les mentalités, de libérer des séquelles du colonialisme, de l'exploitation; aide à apporter au continent et à ses populations pour résister à l'assaut de la globalisation et les défis qui accompagnent l'éthique mondiale, les conditions injustes du commerce, l'ethnocentrisme, les fondamentalismes, etc. Le symbole polyvalent du sel et de la lumière, exprime les très nombreuses formes d'une existence pascale que doit vivre l'Eglise famille de Dieu en Afrique, comme servante de la réconciliation, de la justice et de la paix(et maintenant aussi de la vérité qui dans cette Assemblée leur a été intimement liée); et de la lumière de l'Evangile nous guide vers l'avenir.
SE/QUATORZIEME CONGREGATION/...                                                   VIS 20091014 (2970)


SESSION DES CIRCULI MINORES

CITE DU VATICAN, 14 OCT 2009 (VIS). Ce matin, parallèlement à l'audience générale, les Pères synodaux se sont réunis pour la seconde session des Circuli Minores (groupes linguistiques de travail), afin de débattre du Rapport final des congrégations générales. La troisième session aura lieu de 16 h 30' à 19 h.
SE/CIRCULI MINORES/...                                       VIS 20091014 (60)

PIERRE LE VENERABLE


CITE DU VATICAN, 14 OCT 2009 (VIS). Au cours de l'audience générale tenue Place St.Pierre, le Pape a évoqué la figure de Pierre le Vénérable, "exemple admirable d'ascèse avec lui-même et compréhensif avec les autres". Né en 1094, Pierre le Vénérable fut élu en 1122, "Abbé de la célèbre abbaye bénédictine de Cluny", et mourut en 1156. "Il cultivait l'amitié, spécialement avec ses moines qui se confiaient habituellement à lui, sûrs d'être écoutés et compris", a dit le Saint-Père.

  "Ce saint abbé -a poursuivi Benoît XVI- est aussi un exemple pour les moines et les chrétiens d'aujourd'hui, marqués par un rythme de vie frénétique où les épisodes d'intolérances, de non-communication, de divisions et de conflits ne sont pas rares. Son témoignage nous invite à savoir lier l'amour de Dieu à l'amour du prochain, et à ne pas cesser de renouer des relations de fraternité et de réconciliation". Il a ensuite souligné que Pierre le Vénérable "affirmait avec un vif sentiment ecclésial, que les vicissitudes du peuple chrétien doivent être senties dans l'intimité du cœur par ceux qui sont des membres du Corps du Christ. Et il ajoutait: Celui qui ne sent pas les blessures du Christ où qu'elles se manifestent, n'est pas nourri de l'esprit du Christ. Il manifestait aussi son attention et sa sollicitude pour ceux, aussi, qui se trouvaient en dehors de l'Eglise, en particulier les juifs et les musulmans. Pour mieux les connaître, il fit traduire le Coran". Le Pape a également souligné "l'amour de l'Eucharistie et la dévotion à la Vierge Marie" de Pierre le Vénérable, ainsi que "sa prédilection pour l'activité littéraire pour laquelle il avait quelque talent... Même s'il ne fut pas un théologien systématique, il fut un grand chercheur du mystère de Dieu. Sa théologie trouvait sa racine dans la prière, spécialement dans la liturgie, et, parmi les mystères du Christ, son préféré était celui de la Transfiguration préfigurant la Résurrection. Il introduisit à Cluny cette fête, de "la contemplation du visage glorieux du Christ". Pour Pierre le Vénérable, "l'idéal du moine consistait à adhérer au Christ avec ténacité" par la "contemplation silencieuse et la louange constante à Dieu... Si ce style de vie, uni au travail quotidien constituait, pour saint Benoît, l'idéal du moine -a conclu le Pape-, il peut aussi l'être, dans une large mesure, pour tout chrétien désirant devenir un authentique disciple du Christ, et cela se traduit par une adhésion tenace au Christ, l'humilité, le labeur et la capacité de pardon et de paix".
AG/PIERRE LE VENERABLE/...                            VIS 20091014 (420)


mardi 13 octobre 2009

DOUZIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 12 OCT 2009 (VIS). A 16 h 30', sous la présidence du Cardinal Théodore-Adrien Sarr, en présence du Pape et de 210 Pères, a débuté la douzième Congrégation générale du Synode africain, consacrée à la poursuite des interventions. En voici des extraits:

Mgr.Tesfaselassie MEDHIN, Evêque d'Adigrat (Ethiopie): "Selon moi, on n'a pas accordé une attention suffisante à la formation des prêtres, alors que c'est un sujet fondamental pour l'Eglise en Afrique... Nous devons donc assurer que la formation que nous donnons à nos futurs prêtres et agents d'évangélisation les aide à être conscients des défis et à être des ministres mûrs, confiants en eux-mêmes et équilibrés, capables d'affronter et de passer aux travers des sérieuses turbulences de ce temps... On doit être attentifs aux programmes de formation des grands séminaires et des maisons de formation religieuse, afin de déterminer leur qualité et leur efficacité à former des membres de l'Eglise qui peuvent devenir de véritables témoins de réconciliation, de justice et de paix. Il faut utiliser nos instituts d'études supérieures pour fonder une université qui développe et intègre dans ses modules les meilleures pratiques de la culture africaine et ses mécanismes de réconciliation les plus efficaces, afin de permettre la formation de ressources humaines au service de la réconciliation, de la justice et de la paix".

Mgr.Laurent MONSENGWO PASINYA, Archevêque de Kinshasa (RDC): "La paix va de pair avec la justice, et la justice avec le droit, le droit avec la vérité... Il faut donc à tout prix promouvoir des états de droit, où règne le primat de la loi, notamment la loi constitutionnelle; états de droit où l'arbitraire et la subjectivité ne créent pas la loi de la jungle; des états de droit où la souveraineté nationale est reconnue et respectée; des états de droit où est rendu équitablement à chacun ce qui lui est dû... Dans la recherche des solutions de paix, toutes les démarches notamment diplomatiques et politiques viseront à rétablir la vérité, la justice et le droit... C'est en supprimant toutes les barrières, l'exclusion, les lois discriminatoires dans le culte et la société, et surtout en tuant la haine qu'on réconcilie les hommes et qu'on fait la paix".

Mgr.Krikor-Okosdinos COUSSA, Evêque d'Alexandrie des Arméniens (Egypte): En 1915, les Ottomans "ont massacré le peuple arménien présent en grande Arménie et en petite Arménie (Turquie). Un million et demi de personnes ont péri dans ce génocide. Les arméniens sont partis et se sont dispersés, d'abord au Moyen Orient et ensuite dans le monde entier. Partout où elle s'est implantée, l'Eglise arménienne a été accueillie et a emporté avec elle sa langue, sa liturgie, sa foi, ses traditions et sa culture... Aujourd'hui, 94 ans après ce massacre, suivant l'appel du Christ à pardonner à ses ennemis, les dirigeants de l'Etat arménien ainsi que les chefs des Eglises arméniennes (catholique, orthodoxe et évangélique) accomplissent un acte de pardon public envers les turcs. Nous le faisons en demandant aux turcs de reconnaître le génocide, de rendre hommage aux martyrs et d'octroyer aux arméniens leurs droits civils, politiques et religieux. Le chemin de la réconciliation a déjà été entamé entre les deux états. Pour cela, j'en appelle aux dirigeants politiques afin qu'ils soutiennent notre cheminement auprès des turcs, avec l'Église universelle et l'Eglise africaine en détresse".

Mme Barbara PANDOLFI, Président générale de l'Institut séculier des Missionnaires de la Royauté du Christ (Italie): "La présence de membres des instituts séculiers est une présence cachée qui accepte la précarité de la vie quotidienne côte à côte avec les autres, sans protection ni privilège, à la recherche de chemins et de solutions parfois seulement probables, vécue avec le désir d'une fraternité universelle. C'est pourquoi la vocation des instituts séculiers met en évidence le besoin d'une promotion d'un laïcat mûr, qui puisse contribuer à l'édification d'une société civile basée sur les valeurs humaines du christianisme... La majorité des instituts séculiers présents en Afrique étant féminins, il faut  favoriser et promouvoir avec urgence une valorisation de la femme, non seulement en tant qu'épouse et mère, mais en tant que personne capable de responsabilité et d'autonomie dans les différents milieux de la vie sociale et il faut aussi permettre avec urgence sa présence particulière et non seulement subordonnée dans l'Eglise. Si la première fracture du genre humain, causée par le péché, a été celle entre l'homme et la femme, l'un des signes de paix et de réconciliation peut peut-être être justement donné par la promotion d'une réelle co-responsabilité et d'une reconnaissance effective de la dignité égale des hommes et des femmes, en dehors de toute domination et de toute discrimination".

M.Jacques DIOUF, Directeur général de la FAO, Invité spécial: "L'Afrique, ce sont d'abord des valeurs communes de civilisation basées sur une conscience historique d'appartenance à un même peuple... L'Afrique, martyrisée, exploitée, spoliée par l'esclavage et la colonisation mais maintenant politiquement souveraine, ne doit pas se replier dans le refus et la négation, même si elle a le devoir de mémoire. Elle doit avoir la grandeur du pardon et continuer de développer une conscience culturelle basée sur une identité propre qui refuse l'assimilation aliénatrice. Elle doit approfondir les concepts opératoires de négritude et d'africanité, incluant la diaspora, qui soient fondés sur l'enracinement, mais aussi sur l'ouverture... L'Afrique a toujours été présentée sous l'angle des difficultés qu'elle rencontre. Mais c'est une terre d'avenir qui dans les prochaines quarante années connaîtra une forte croissance démographique... Avec des ressources mondiales de 80% pour le platine, 80% pour le manganèse, 57% pour le diamant, 34% pour l'or, 23% pour la bauxite, 18% pour l'uranium, 9% pour le pétrole, 8% pour le gaz, l'Afrique est incontournable dans le développement économique de la planète... Ce qui hante les esprits, c'est le visage de cet homme, de cette femme, de cet enfant qui nous regardent fixement, le ventre vide attendant leur pain quotidien et dont la tristesse et la désespérance hantent nos sommeils agités. C'est le principe de la centralité de la personne humaine que vous avez rappelé fort opportunément dans la dernière Encyclique... La perspective d'un monde libéré de la faim est possible, s'il existe une volonté politique au plus haut niveau. En effet, plusieurs pays en Afrique ont réussi à réduire la faim. Il s'agit notamment du Cameroun, du Congo, de l'Ethiopie, du Ghana, du Nigeria, du Malawi, du Mozambique et de l'Ouganda... Les grandes forces spirituelles et morales sont pour notre action un soutien inestimable. Car la tâche est en effet colossale et nos capacités d'action ne sont pas toujours à la mesure de la volonté qui nous anime. Nous n'aurons jamais trop de moyens pour satisfaire le droit à l'alimentation pour tous... Je veux aussi rendre hommage à l'action de l'Eglise sur le terrain à côté des plus pauvres. Les missionnaires, les religieuses et de nombreuses communautés font souvent un travail difficile, parfois ingrat, mais toujours utile aux côtés des organisations intergouvernementales, des ONG et de la société civile. Je veux saluer ces hommes et ces femmes que j'ai vu agir dans de nombreux pays avec discrétion et efficacité... Je voudrais surtout souligner la convergence des enseignements religieux, notamment ceux de l'Eglise catholique et de l'Islam, vers la nécessité de veiller à la gestion rationnelle des ressources sur la base d'une stratégie d'action respectueuse des personnes et des biens de ce monde, loin des excès et du gaspillage. Tous ces enseignements soulignent le rôle fondamental de la responsabilité sociale, recommandant la sollicitude envers les plus démunis. La doctrine sociale de l'Eglise est de ce point de vue un apport essentiel".
SE/DOUZIEME CONGREGATION/...                                   VIS 20091013 (1260)


TREIZIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 13 OCT 2009 (VIS). La treizième Congrégation générale du Synode africain s'est ouverte, ce matin, en présence du Saint-Père et de 220 Pères synodaux, sous la présidence du Cardinal Francis Arinze. Voici quelques extraits des interventions:

Mgr.Ernesto MAGUENGUE, Evêque de Pemba (Mozambique): "La principale richesse du continent est constituée par sa population, surtout par les jeunes, les adolescents et les enfants. L'Afrique est le continent qui possède la plus jeune population du monde... Beaucoup de jeunes se sont endurcis en pratiquant la violence, la prostitution, le trafic et la consommation de drogues, le crime organisé, les conflits entre partis, ethnies et tribus; en raison,  entre autres, du fondamentalisme religieux et des sectes sataniques. A la lumière de tout ceci, j'aimerais vous présenter les suggestions suivantes: un message synodal empli de confiance et d'encouragement envers les jeunes, les adolescents et les enfants...pour dénoncer comme l'une des injustices les plus criantes la marginalisation, la manipulation, l'instrumentalisation et la violation des droits des plus petits. Nous devons affirmer aussi la nécessité d'une étude sérieuse sur la question de la jeunesse africaine, en s'aidant des sciences humaines, afin d'identifier quels sont les problèmes les plus actuels et de déterminer les solutions les plus efficaces à ce propos... Il faut revoir les contextes et les méthodes de catéchèse, ainsi que les catéchismes respectifs, surtout celui du catéchuménat, de façon à y inclure la doctrine sociale de l'Eglise, une formation à la conscience critique, l'amour pour la vie, le respect et la protection de la nature".

Mgr.Servilien NZAKAMWIA, Evêque de Byumba (Rwanda): "L'Eglise au Rwanda, dans sa pastorale de la réconciliation, de la justice et de la paix après les événements malheureux du génocide des Tutsi et autres victimes de la guerre, suite aux défis qu'elle a rencontrés et qu'elle a en partie surmontés, elle est convaincue que l'œuvre de la réconciliation est l'initiative de Dieu... La Commission Justice et Paix en collaboration avec d'autres commissions et d'autres secteurs de la pastorale, ont poursuivi ce processus de la réconciliation à travers les programmes variés de l'éducation aux valeurs et de la formation des agents de la réconciliation par des techniques appropriées. Dans cette pastorale de la réconciliation l'Eglise catholique...collabore étroitement avec d'autres confessions religieuses et avec les institutions publiques et privées travaillant sur la thématique de la réconciliation post-génocide".

Mgr.Edward Tamba CHARLES, Archevêque de Freetown and Bo (Sierra Leone): "Les multinationales minières causent tant d'injustices en Afrique que l'Eglise ne peut plus rester en silence à leur propos. Dans leur désir d'exploiter les riches ressources minérales et naturelles du continent, ces sociétés peuvent faire n'importe quoi, y compris fomenter des conflits inter-ethniques, vendre des armes et des munitions et renverser des gouvernements légitimes. Les pays du Delta au Nigeria, riches en pétrole, et les régions est et sud de la République démocratique du Congo en sont de clairs exemples. Confrontées à de telles forces hostiles, de nombreuses Eglises locales ne peuvent pas faire grand chose pour garantir que les sociétés acceptent leur responsabilité coopérative. Par conséquent, j'en appelle aux Eglises locales et aux Conférences épiscopales des régions concernées afin qu'elles interviennent pour assurer que des politiques minières justes soient instituées de manière à permettre aux Etats africains et à leurs populations de bénéficier de leurs ressources naturelles et minérales. J'en appelle aussi aux Eglises locales des pays dont sont originaires ces multinationales afin qu'elles interviennent au nom de l'Afrique et de son peuple. Ces sociétés peuvent s'adjuger du pétrole et des bois durs tropicaux à prix réduit, mais elles causent des souffrances indicibles à nos peuples en Afrique. Au nom de Dieu et de notre communion ecclésiale, nous vous demandons de nous aider à faire cesser leurs injustices envers notre peuple".

Le P.Jan GEERITS, SDS, Administrateur apostolique des Comores: "C'est vrai qu'il y a des barrières et limites dans l'œuvre d'évangélisation aux Comores... Vu que nous y sommes minoritaires, le danger est réel que nos petites communautés catholiques s'enferment et se découragent. Néanmoins, la petitesse de nos communautés catholiques nous suscite précisément à s'investir intégralement dans la mission d'être le sel de la terre et la lumière du monde. Contraint de ne pas pouvoir évangéliser avec la bouche et la parole, rien ne nous empêche de parler avec nos mains, c'est-à-dire de servir la population en toute humilité par des œuvres de charité. Chaque homme est unique et il a la faculté de choisir librement d'être, ou de ne pas être, l'image de son Créateur. Dieu nous invite et nous propose constamment de dire oui mais avec une patience qui nous dépasse, sans jamais contraindre ou forcer sa créature... Ainsi c'est une injustice d'obliger son égal à être musulman et d'exclure du salut a priori tous ceux qui ne suivent pas l'islam. Cette injustice ne peut jamais conduire à une réconciliation et paix profonde avec les musulmans et elle doit être reconnue un jour comme une erreur intellectuelle et confessionnelle par leurs leaders tant que par leurs simples fidèles, pour que ce mur de séparation s'écroule finalement comme d'autres se sont déjà écroulés dans le passé".

Mgr.Liborius NDUMBUKUTI NASHENDA, OMI, Archevêque de Windhoek et Président de la Conférence épiscopale namibienne: "Mon pays jouit de la stabilité économique et économique mais l'Eglise doit être très attentive à la question de la réconciliation, de la justice et de la paix également... Nous avons mis au point des projets que nous aimerions partager: on demande au clergé, aux religieux et aux laïcs, aux personnes de bonne volonté, d'exercer leur droit de vote et de favoriser l'élection de bons représentants...qui luttent en particulier contre la corruption. Nous avons rencontré tous les partis politiques pour leur demander de souligner dans leurs campagnes les principes démocratiques, la tolérance et le respect qui garantissent une paix durement conquise... Ils s'engagent à ce que tous, vainqueurs et perdants, acceptent simplement le résultat des votes. En Afrique, les dirigeants politiques doivent apprendre à quitter leurs poste sans problème. Nous avons aussi mi au point une pastorale pour les prostituées avec des prêtres spécialement préparés. 80% des prostituées sont infectées par le Sida et c'est la pauvreté qui les pousse à ce type de vie où elles sont exploitées par les riches.

Le P.Zeferino ZECA MARTINS, SVD, Provincial pour l'Angola des Verbites: "Je voudrais parler des travailleurs chinois que l'on trouve partout en Afrique, envoyés par leur pays pour accroître son hégémonie économique. Pour nos pays il s'agit seulement des agents d'une rapide reconstruction des infrastructures détruites par les guerres... Je propose que les Conférences épiscopales et les diocèses disposant d'une pastorale des migrants élaborent un programme de proposition de l'Evangile à ces personnes en Afrique". 
SE/TREIZIEME CONGREGATION/...                              VIS 20091013 (1120)


BENOIT XVI A LA F.A.O. ET A LA SYNAGOGUE


CITE DU VATICAN, 13 OCT 2009 (VIS). La Salle-de-Presse du Saint-Siège annonce que le Saint-Père se rendra le 16 novembre au siège de la FAO pour l'ouverture du Sommet mondial sur la sécurité alimentaire (XXXVI Conférence générale, Rome du 18 au 23 novembre). Le 17 janvier prochain, Benoît XVI se rendra à la synagogue pour rencontrer la communauté israélite de Rome, à l'occasion de la XXI Journée d'approfondissement du dialogue entre juifs et catholiques. Ce jour est la fête du Mo' èd de plomb, qui commémore un évènement remontant à 1793 lorsque les habitants du Ghetto échappèrent à un pogrom grâce à une tempête, qui éteignit l'incendie des portes.
OP/FAO:SYNAGOGUE/...                                     VIS 20091013 (120)


lundi 12 octobre 2009

DIXIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 10 OCTOBRE 2009 (VIS). La dixième Congrégation générale du Synode africain s'est déroulée ce matin sous la présidence du Cardinal Wilfrid Fox Napier, OFM, et en présence de 211 Pères synodaux.

Voici quelques extraits des interventions synodales:

Mgr.Almachius Vincent RWEYONGEZA, Evêque de Kayanga (Tanzanie): "Les mariages mixtes ont été une source de vives incompréhensions entre les prêtres catholiques et les pasteurs des différentes communautés chrétiennes. Outre le problème persistant du manque de connaissance des obligations du partenaire catholique, des débats à propos du lieu où le sacrement doit être célébré, créent des ébauches de division à l'égard de la pratique de la foi de l'autre. Dans la plupart de ces mariages, les parents demeurent divisés sur la foi dans laquelle les enfants doivent être baptisés et élevés. Mais il existe une tendance croissante selon laquelle les parents, dans la plupart des mariages mixtes, manquent d=une tradition commune pour transmettre les valeurs chrétiennes... Il est grand temps que la position de l'Eglise sur la célébration des mariages mixtes soit revue et que la catéchèse sur les mariages mixtes soit recentrée. A moins que des pas audacieux ne soient entrepris pour sauvegarder la famille, les efforts pour promouvoir la réconciliation, la justice et la paix demeureront insuffisants".

Mgr.Telesphore George MPUNDU, Archevêque de Lusaka (Zambie): Dans mon pays, "les femmes sont trop souvent victimes d'abus, de violences domestiques conduisant parfois à la mort, de discriminations culturelles ou de pratiques coutumières et de lois qui manquent clairement d'objectivité à leur encontre. Nous, évêques, devons parler plus clairement et avec insistance en défense de la dignité des femmes à la lumière de l'Ecriture et de la Doctrine sociale de l'Eglise... Pour promouvoir le respect des femmes et leur intégration dans les structures ecclésiales de responsabilité, de prise de décision et de planification, nous invitons le Synode à recommander à tous les diocèses d'établir ou de consolider un apostolat de la famille et des bureaux pour les affaires féminines, les rendant pleinement opérationnels et pleinement efficaces".

Mgr.Gabriel Leke ABEGUNRIN, Evêque d'Osogbo (Nigeria): "Un des plus grands défis qui devrait concerner ce synode est le sort d'un nombre considérable d'immigrants africains présents dans tous les pays occidentaux. Depuis le début de la crise économique, beaucoup de ces pays ont mis en place des lois et des structures de défense afin de renforcer leurs économies. Malheureusement parmi ces méthodes, des lois ont été faites qui en arrivent presque jusqu'à nier même les droits de l'homme des immigrants, spécialement ceux de l'Afrique. En Italie, tout particulièrement, une immigration non réglementée a été rendue illégale et l'assistance aux immigrants de la part d'organisations caritatives de bénévoles a été restreinte... En Afrique, du nord au sud, de l'est à l'ouest, nos jeunes constituent notre force majeure et sont en même temps les premières victimes de la violence ethnique, du génocide, des bandes armées, de la criminalité, du trafic de personnes, de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Face à tout ceci, la voix prophétique de l'Eglise doit se faire entendre sans ambiguïté". 

Mgr.Joseph Effiong EKUWEM, Evêque d'Uyo (Nigeria): "L'Apôtre Paul nous rappelle le devoir que nous avons de lutter contre les forces du mal et de résister à leurs tentations... Reconnaissant cela, l'Eglise...ne prévoyait pas que le rite d'exorcisme. Elle donnait leur place aux exorcistes. Cela semble être tombé en désuétude au cours des ces dernières décennies. Je suggère donc qu'une authentique catéchèse profondément biblique et théologique soit fournie et si possible offerte comme cours dans nos facultés de théologie. Une version plus simple devrait également être enseignée aux fidèles. Je suggère qu'un nouveau rituel fondé sur l'ancien rite d'exorcisme soit mis en place à l'usage des prêtres, et
qu'on puisse nommer, en accord avec le code, un exorciste pour chaque Eglise particulière. Nous devons à notre peuple, sur la base de notre enseignement, de lui enseigner et de le sauver des griffes des fausses croyances et des terribles pratiques occultes telles que la sorcellerie".

Mgr.Denis KIWANUKA LOTE, Archevêque de Tororo (Ouganda): Dans certaines régions "du monde, le changement climatique serait causé par le surpâturage ou la non élimination de déchets et par les déchets industriels. Le résultat de tout cela est la désertification, le tarissement des sources, la contamination des eaux et les maladies... La nature a des lois qui doivent être respectée... La protection de l'environnement est devenu un problème global méritant l'attention de tous. Tout comme la pandémie du Sida n'infecte pas seulement certaines personnes, mais chacun de nous, de même le réchauffement global infecte et affecte tout le monde. Pour cette raison, l'Eglise en Afrique devrait, par le biais de ce Synode, affronter sérieusement le thème du changement climatique comme une obligation morale pour tous. Ce Synode devrait trouver des moyens de réconciliation entre la terre-victime et l'homme-coupable".

Soeur Jacqueline MANYI ATABONG, Assistante de la Supérieure générale des Soeurs de Ste. Thérèse de l'Enfant-Jésus (Cameroun) et Coordinatrice pour l'Afrique de la Commission internationale catholique pour la pastoral carcérale: "Nous savons que nombre de nos prisons sont des cachots, surpeuplés par des pauvres et des personnes défavorisées. Nos prisons sont structurellement inadaptées et mettent en œuvre des pratiques déshumanisantes, violentes, répressives qui peuvent parfois causer la mort. Les droits des prisonniers ne sont pas respectés et la réinsertion des ex-prisonniers relève du défi. Nous savons que, dans de nombreux diocèses, l'apostolat des prisons est presque inexistant, mal organisé et dispose de peu ou prou de personnel formé, qui reçoit lui-même peu ou prou de soutien des autorités ecclésiastiques ou de l'Etat. L'Eglise, pour mieux exercer son ministère de réconciliation, a besoin d'être plus que jamais une  communauté réconciliée, un lieu où la réconciliation n'est pas seulement proclamée mais vraiment vécue. Elle a besoin de saisir toutes les opportunités pour faire que l'apostolat de ceux qui sont affectés par le crime n'est pas négligé. Le Christ condamne toute loi ou toute pratique qui ne sauve pas la vie. Nombre de nos institutions
carcérales ne promeuvent pas la vie. Si nous, en tant qu'Eglise, pouvons faire quelque chose à ce propos mais que nous échouons, nous devrons en rendre compte à notre Seigneur".
SE/SDIXIEME CONGREGATION/...                                      VIS 20091012 (00)


ONZIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 12 OCT 2009 (VIS). La onzième Congrégation générale du Synode africain s'est ouverte, ce matin, en présence du Saint-Père et de 221 Pères synodaux, sous la présidence du Cardinal Théodore-Adrien Sarr. Voici quelques extraits des interventions:

Mgr.Louis NZALA KIANZA, Evêque de Popokabaka (RDC): "Les graves problèmes de la pauvreté, de la misère, de la tragédie de la faim, du manque d'accès aux soins médicaux et à d'autres besoins primordiaux que connaissent la plupart des pays africains, exigent de nos Eglises aujourd'hui un nouvel esprit de solidarité, de communion et de charité inventive. Les Eglises d'Afrique doivent être plus audacieuses, inventives et agir pour le développement de structures susceptibles d'inscrire dans leur Praxis ecclésiale cette solidarité organique... Il est urgent d'actualiser la constitution d'un fonds de solidarité au niveau diocésain, national, régional et continental. Un tel fonds de solidarité pourrait nous aider, au niveau africain, à intervenir dans la mesure de nos moyens sans attendre tout de l'Occident. Les Caritas diocésaines, nationales, régionales et continentales peuvent être les instruments appropriés pour la constitution de ce fonds".

Mgr.Antonio Maria VEGLIO, Président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants: "La crise économique et les conflits qui frappent de nombreux pays du continent africain ont donné lieu à des sentiments préoccupants de xénophobie envers les immigrés, transformés en boucs émissaires  pour les problèmes politiques et économiques internes. C'est pourquoi, souvent, les politiques migratoires des Etats se sont endurcies pour rendre la permanence et le développement d'activités difficiles pour les immigrés. Dans un tel contexte, le respect des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'état de droit, la bonne gouvernance, l'approfondissement du dialogue politique et le renforcement de la coopération internationale, représentent les lignes directives sur lesquelles se jouent le présent et l'avenir de l'Afrique. La dimension pastorale, dans ce processus, n'est pas de seconde importance. Seul un authentique rapport de justice produira, en effet, la paix et, de là, l'Eglise en Afrique pourra puiser sa force au service de la réconciliation et de l'annonce de l'Evangile".

Le Cardinal John NJUE, Archevêque de Nairobi, Président de la Conférence épiscopale kenyane: " L'Afrique continue d'avoir soif de bonne gouvernance. De nombreux pays d'Afrique sont en proie à un mauvais gouvernement... L'Eglise, au Kenya et ailleurs en Afrique, a continué à lutter pour réaliser des systèmes intégrés de gouvernement qui affrontent la justice à travers le service au bien commun. Les lettres pastorales ont, sans cesse, abordé le thème du mauvais gouvernement, qui peut être défini comme le cancer de l'Afrique... Ce qui est évident au Kenya et en Afrique en général, c'est qu'un certain nombre de leaders préféreraient maintenir des constitutions qui leur donnent un pouvoir incontrôlé conduisant à l'anarchie et à la dictature... L'Eglise au Kenya continue d'insister sur l'urgence de réaliser ces réformes au moyen de bons systèmes de justice... Il est urgent d'avoir un programme de formation pour les personnes au gouvernement, de former des hommes politiques bons et valables en tant qu'agents d'une bonne gouvernance, de créer des aumôneries pour les hommes politiques, de renforcer les médias catholiques pour favoriser la formation morale de tous, de promouvoir le rôle prophétique de l'Eglise, de pourvoir d'une manière décisive à la formation permanente de tous les agents d'évangélisation y compris les hommes politiques, basée sur un  Catéchisme puissant et sur la Doctrine sociale de l'Eglise".

Mgr.Augustine Obiora AKUBEZE, Evêque d'Uromi (Nigeria): "Jadis, nos ancêtres croyaient dans les sorcières et dans le danger qu'elles représentaient pour les individus et pour la société... Pour eux il s'agissait d'êtres non humains disposant de pouvoirs maléfiques menaçant familles et communautés... De nos jours les femmes suspectées de sorcellerie sont abandonnées, écartées, discriminées, victimes de l'ostracisme social. Parfois on les emmène en forêt, on les maudit publiquement avant de les exécuter... D'autres sont aspergées d'acide et laissées agoniser, ou enterrées vives. Certaines Eglises ne s'opposent pas à ces actes et on connaît les cas de Pentecôtistes qui ont enchaîné et torturé des femmes pour leur faire avouer qu'elles étaient sorcières. Malheureusement, tant dans les familles qu'à l'école, dans certaines églises ou mosquées, dans les médias et au cinéma, on fait croire aux Africains que les sorcières existent et leurs pouvoirs existent... Il est stupéfiant qu'au XXI siècle tant d'Africains croient encore à ses superstitions d'un autre âge. Nous croyons donc que ce Synode doit prendre en compte cette question, en vue de prendre des décisions pratiques pour éclairer les fidèles".

Mgr.Jaime Pedro GONCALVES, Archevêque de Beira (Mozambique): Chez nous, "l'Eglise a servi d'intermédiaire dans les dialogues de réconciliation pour mettre fin à une guerre civile qui durait depuis 16 ans. Un bon accord de paix fut signé et le pays retrouva sa tranquillité. Il faut approfondir et encourager, en Afrique, des initiatives comme celles-là... L'Eglise doit former des réconciliateurs et des pacificateurs pour la résolution des conflits...pour que reculent, dans le monde politique africain, les recrudescences de la violence, le rétablissement des dictatures et les persécutions politiques. Je souhaite un jubilé de la réconciliation pour tout le continent africain, comme fruit de l'engagement de tous en faveur de la réconciliation".

Mgr.Théophile Kaboy RUBONEKA, Evêque-coadjuteur de Goma (RDC): "Les conflits et les guerres ont conduit, particulièrement à la victimisation et à la chosification de la femme. Sur des milliers de femmes ont été perpétrées, par tous les groupes armés, des violences sexuelles massives, comme arme de guerre, en violation flagrante des dispositions juridiques internationales. Partant de notre expérience en cours en RD Congo, pour soulager tant soit peu les conséquences et les traumatismes subis par les femmes et les enfants, nous proposons: 1. Lutter contre les violences sexuelles en remontant à leur dernière cause, à savoir la crise de la gouvernance... 2. La création des maisons de la femme et de la jeune fille comme centres d'écoute et d'accompagnement des femmes violées et traumatisées. 3. L'implication directe des femmes dans les Commissions "Justice et Paix": pour que les femmes promeuvent la paix et luttent contre des idées avilissantes sur elles... 4. La formation par la catéchèse et l'alphabétisation des femmes pour permettre à la femme de jouer adéquatement son rôle. Elle s'articule autour de trois modules, tels que: dignité et vocation de la femme, la femme comme artisan de la paix et la femme en tant qu'actrice du changement social. 5. La mise en place de structures de promotion de la femme".
SE/ONZIEME CONGREGATION/...                              VIS 20091012 (1070)


VISITE DU ROI ALBERT II ET DU PREMIER MINISTRE FRANÇAIS


CITE DU VATICAN, 10 OCT 2009 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin SM Albert II, Roi des Belges, accompagné de la Reine Paola, qui se sont ensuite entretenus avec le Cardinal Secrétaire d'Etat et le Secrétaire pour les relations avec les états. Ces entretiens, a indiqué la Salle-de-Presse du Saint-Siège, "ont notamment touché à la situation africaine et au contexte international, à la question du respect des droits humains et du développement des peuples. Evoquant l'histoire de l'Eglise en Belgique, les parties ont souligné tout ce que représente la canonisation de Damiaan Jozef de Veuster, un missionnaire dont la vie constitue un exemple pour le pays comme pour le reste du monde".

  Benoît XVI a ensuite reçu le Premier Ministre français, M.François Fillon, qui a également rencontré ensuite le Cardinal Bertone et Mgr.Mamberti. Les parties, qui ont "évoqué le voyage papal de 2008 à Paris et à Lourdes et convenu de l'importance de la canonisation de Jeanne Jugan, ont fait un tour d'horizon des questions bilatérales, décidés à poursuivre la féconde collaboration entre France et Saint-Siège. Dans le cadre des problèmes internationaux, il a été question de la situation proche et moyenne orientale, et de certains pays africains dans la perspective du présent Synode. Le dialogue inter-religieux et la question du changement climatique ont également été abordés, tout comme les effets positifs de l'Encyclique Caritas in Veritate dans le contexte de la crise économique mondiale. Les parties ont souligné la nécessité de trouver de nouvelles règles globales, qui soient en particulier favorables aux pays les plus pauvres".
OP/VISITES/BELGIQUE:FRANCE/...                             VIS 20091012 (270)  


ENVOYE SPECIAL AU MONTENEGRO


CITE DU VATICAN, 10 OCT 2009 (VIS). Aujourd'hui a été rendue publique la lettre latine (17 octobre) par laquelle le Saint-Père nomme le Cardinal Franc Rodé, CM, Préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, son Envoyé spécial au XII centenaire de la translation des reliques de saint Tryphon martyr (Kotor, Montenegro, 17 octobre). Le Cardinal sera accompagné par Mgr.Anton Belan, Vicaire général du diocèse de Kotor, et par Mgr.Srecko Makic, Abbé de Perast.
BXVI-LETTRE/ENVOYE SPECIAL/RODE                               VIS 20091012 (90)


VEILLEE MARIALE POUR L'AFRIQUE


CITE DU VATICAN, 10 OCT 2009 (VIS). Ce soir, dans la Salle Paul VI, a eu lieu une veillée mariale "Avec l'Afrique et pour l'Afrique", promue par le Secrétariat général du Synode des Evêques et l'Office de pastorale universitaire du Vicariat de Rome. Se sont joints aux Pères synodaux, les universitaires des athénées romains, connectés par satellite avec les étudiants de huit capitales africaines: Le Caire (Egypte), Nairobi (Kenya), Khartoum (Soudan), Johannesburg (Afrique du Sud), Onitsha (Nigeria), Kinshasa (RDC), Maputo (Mozambique) et Ouagadougou (Burkina Faso).

  Le Saint-Père a récité le chapelet avec les personnes présentes et leur a ensuite adressé un bref discours: "Comme déjà, dans d'autres circonstances, nous profitons, ce soir, des techniques modernes de télécommunication pour lancer un réseau, un réseau de prière, en unissant Rome à l'Afrique". Le Pape a ensuite rappelé la conférence récemment organisée à Rome par la Direction générale pour la coopération dans le développement, du Ministère des Affaires étrangères italien, et le Vicariat de Rome, intitulée "Pour une nouvelle culture du développement en Afrique: le rôle de la coopération internationale". Il a approuvé ces initiatives pour "la formation des jeunes intellectuels et la collaboration scientifique et culturelle entre les athénées", liées au "développement humain intégral en Afrique et sur les autres continents. Je vous confie -a-t-il poursuivi- chers jeunes, l'Encyclique Caritas in Veritate, dans laquelle je lance un appel en vue d'élaborer une nouvelle synthèse humanistique qui renoue les liens entre l'anthropologie et la théologie".

  "Chers universitaires de Rome et d'Afrique -s'est exclamé le Pape- je vous demande d'être, dans l'Eglise et la société, des ouvriers de la charité intellectuelle nécessaire pour affronter les grands défis de l'histoire contemporaine. Soyez, dans votre université, des chercheurs sincères et passionnés de la vérité, en constituant des communautés académiques de haut niveau intellectuel, où il est possible d'exercer et de jouir de cette rationalité ouverte et large qui ouvre la route à la rencontre avec Dieu. Sachez créer des ponts de collaboration scientifique et culturelle entre les divers athénées, surtout avec ceux de l'Afrique. Chers étudiants africains, je vous adresse une invitation particulière à vivre ce temps d'études comme une préparation à accomplir un service d'animation culturelle dans vos pays. La nouvelle évangélisation en Afrique compte aussi sur votre généreux engagement". Après son discours, le Pape a remis à quelques étudiants romains et africains le texte de Caritas in Veritate. La veillée terminée, une procession s'est acheminée vers l'Université catholique de sainte Marie de l'Assomption.
BXVI-CHAPELET/AFRIQUE/...                            VIS 20091012 (420)


AUTRES ACTES PONTIFICAUX

CITE DU VATICAN, 10 OCT 2009 (VIS). Le Saint-Père a nommé Membres oridnaires de l'Académie pontificale des sciences, le Prof.Francis S.Collins (USA) et le Prof.Edward M.De Robertis (USA):
NA/.../COLLINS:DE ROBETIS                                  VIS 20091010 (40)

REPONDRE A L'AMOUR DU CHRIST


CITE DU VATICAN, 11 OCT 2009 (VIS). A 10 h, le Saint-Père a présidé la messe concélébrée dans la Basilique vaticane pour la canonisation de cinq bienheureux: Zygmunt Szczesny Felinski, évêque, fondateur de la Congrégation des sœurs franciscaines de la Famille de Marie, Francisco Coll y Guitart, prêtre Dominicain, fondateur de la Congrégation des sœurs dominicaines de l'Annonciation de la bienheureuse Vierge Marie, Jozef Damiaan de Veuster, prêtre de la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie et de l'Adoration perpétuelle, Rafael Arnáis Barón, Cistercien de la stricte observance, Marie de la Croix (Jeanne) Jugan, fondatrice de la Congrégation des Petites Sœurs des pauvres. Parmi les concélébrants se trouvaient les cinq évêques des causes: le Cardinal Godfried Danneels, Archevêque de Malines-Bruxelles (Belgique), Mgr.Kazimierz Nycz, Archevêque de Varsovie (Pologne), Mgr.Pierre d'Ornellas, Archevêque de Rennes (France), Mgr.Román Casanova Casanova, Evêque de Vic (Espagne), et Mgr.Ignacio José Munilla Aguirre, Evêque de Palencia (Espagne).

  Dans son homélie, le Saint-Père a évoqué à grands traits la personnalité et les motifs de la sainteté des cinq bienheureux: "Viens et suis-moi. Voilà la vocation chrétienne qui jaillit d'une proposition d'amour du Seigneur et qui ne peut se réaliser que grâce à notre réponse d'amour... Les saints accueillent cette invitation exigeante... Leur perfection, dans la logique de la foi parfois humainement incompréhensible, consiste à ne plus se mettre au centre, mais à choisir d'aller à contre-courant en vivant selon l'Evangile. C'est ce qu'ont fait les cinq saints qui sont proposés aujourd'hui, avec grande joie, à la vénération de l'Eglise universelle: Zygmunt Szsczesny Felinski, Francisco Coll y Guitart, Jozef Damiaan de Veuster, Rafael Arnáiz Barón, et Marie de la Croix (Jeanne) Jugan".

  Zygmunt Szsczesny Felinski, Archevêque de Varsovie, a expliqué le Saint-Père "a été un grand témoin de la foi et de la charité pastorale à une époque très difficile pour la nation et pour l'Eglise en Pologne... Avant l'insurrection de 1863 contre l'annexion russe, il mit en garde le peuple contre une inutile effusion de sang. Quand pourtant l'émeute éclata et que les persécutions s'ensuivirent, il défendit courageusement les opprimés. Sur ordre du tsar russe, il passa vingt ans en exil à Jaroslaw sur la Volga, sans jamais pouvoir rentrer dans son diocèse. Il conserva en toute situation sa foi inébranlable dans la Providence divine".

  La passion de saint Francisco Coll était " d'aller prêcher, en grande partie de manière itinérante et suivant la forme des missions populaires pour annoncer et raviver la Parole de Dieu dans les villages et les villes de la Catalogne, aidant ainsi les personnes à une rencontre profonde avec lui... Son activité d'évangélisation comprenait un grand dévouement au Sacrement de la Réconciliation, une emphase remarquable sur l'Eucharistie et une insistance constante sur la prière".

  L'activité missionnaire du Père Damiaan, "atteint son sommet dans la charité. Non sans peur et sans répugnance, il fit le choix d'aller sur l'île de Molokai au service des lépreux qui s'y trouvaient, abandonnés de tous; c'est ainsi qu'il s'exposa à la maladie dont ils souffraient... Le serviteur de la Parole devint ainsi un serviteur souffrant, lépreux parmi les lépreux, au cours des quatre dernières années de sa vie... Saint Damien nous entraîne à choisir les bons combats, non pas ceux qui portent la division, mais ceux qui rassemblent. Il nous invite à ouvrir les yeux sur les lèpres qui défigurent l'humanité de nos frères et appellent encore aujourd'hui, plus que notre générosité, la charité de notre présence servante".

  Rafael Arnáiz "répondit oui à la proposition de suivre Jésus, de manière immédiate et décidée, sans limites ni conditions... Frère Rafael, encore proche de nous, continue à nous offrir par son exemple et son œuvre un parcours attractif, en particulier  pour les jeunes qui ne se contentent pas facilement, mais aspirent à la plénitude de la vérité".

  "Par son œuvre admirable au service des personnes âgées les plus démunies, sainte Marie de la Croix est aussi comme un phare pour guider nos sociétés qui ont toujours à redécouvrir la place et l'apport unique de cette période de la vie... Son charisme est toujours d'actualité, alors que tant de personnes âgées souffrent de multiples pauvretés et de solitude, étant parfois même abandonnées de leurs familles... Que sainte Jeanne Jugan soit pour les personnes âgées une source vive d'espérance et pour les personnes qui se mettent généreusement à leur service un puissant stimulant afin de poursuivre et de développer son œuvre!".

  Benoît XVI a conclu son homélie en invitant "à se laisser attirer par les lumineux exemples de ces saints, à se laisser guider par leurs enseignements pour que toute notre existence devienne un cantique de louange à l'amour de Dieu".
HML/CANONISATIONS/...                                VIS 20091012 (780)


MARIE INDIQUE LA VOIE DE LA SAINTETE


CITE DU VATICAN, 11 OCT 2009 (VIS). Après la messe de canonisation, le Saint-Père s'est rendu sur le parvis de la basilique pour réciter l'angélus et s'adresser aux fidèles rassemblés sur la Place-St.Pierre. Benoît XVI a invité les pèlerins français à suivre l'exemple de Jeanne Jugan pour "avoir le souci des plus pauvres et des plus petits, des blessés de la vie et des laissés pour compte de nos sociétés, surtout à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère". Evoquant, ensuite, le père Damien, il a invité les pèlerins belges et francophones "à soutenir par la prière et par les œuvres, les personnes engagées avec générosité dans la lutte contre la lèpre et contre les autres formes de lèpre dues au manque d'amour par ignorance et lâcheté". Il a ensuite demandé que l'intercession du nouveau saint et de Marie "libère le monde de la lèpre". Saluant un groupe de survivants aux explosions nucléaires d'Hiroshima et de Nagasaki, le Pape a demandé que "le monde ne redevienne pas le témoin d'une telle destruction massive de vies humaines". Puis il a ajouté que les nouveaux saint espagnols, Francesco Coll y Guitart et Rafael Arnáiz Barón "font honneur à la grande tradition religieuse et aux racines chrétiennes profondes de leur peuple". Pour finir il a invité les pèlerins polonais à se réjouir pour leur nouveau saint, l'archevêque de Varsovie Zygmunt Szczesny Felinski, en confiant "à sa protection l'Eglise de Pologne et toute la nation... La Vierge Marie est l'étoile qui montre le chemin de la sainteté. Son Fiat est le modèle de l'adhésion parfaite à la volonté divine et son Magnificat exprime le chant d'exaltation de l'Eglise qui se réjouit, sur cette terre, pour les grandes œuvres de Dieu et, dans les cieux, loue éternellement sa gloire".
ANG/SAINTS/...                                     VIS 20091012 (310)


samedi 10 octobre 2009

NEUVIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 9 OCT 2009 (VIS). Cet après-midi, s'est déroulée en présence du Pape la neuvième Congrégation générale du Synode africain, sous la présidence du Cardinal Théodore-Adrien Sarr (215 Pères présents). Voici des passages de quelques unes des interventions: 

Mgr.Henryk HOSER, SAC, Archevêque de Warszawa-Praga (Pologne): "L'éducation aux valeurs familiales est d'une urgente nécessité dans le monde et particulièrement en Afrique, à l'heure où des pressions extérieures croissantes renvoient l'exercice de la paternité et de la maternité responsables au domaine purement sanitaire et hospitalier, niant en cela la double nature, spirituelle et sensible, de l'amour conjugal. La pastorale familiale et plus particulièrement la transmission de la vie ont été quasi abandonnées au monde médical et technicien. Or des programmes existent déjà: 26 pays africains bénéficient des programmes d'éducation à la vie familiale et de planification naturelle (EVF et PFN) au stade embryonnaire ou structuré. Mais on est trop faible pour se permettre d' avancer en ordre dispersé. La Fédération africaine d'action familiale créée à Cotonou en 2001 offre, à la demande des évêques, des sessions de formation pour les éducateurs et pour les couples".
 
Le Cardinal Bernard AGRE, Archevêque émérite d'Abidjan (Côte d'Ivoire): "Comme tout pays organisé, les jeunes nations d'Afrique ou d'Amérique du sud ont du faire appel à des banques internationales et autres organismes financiers pour réaliser les nombreux projets en vue de leur développement. Très souvent on ne se méfie pas assez des dirigeants mal habiles. Ils sont tombés dans les pièges de ceux et celles que les initiés appellent les assassins financiers, les chacals commandités par des organismes rompus dans les marchés de dupes destinés à enrichir les organisations financières internationales soutenues habilement par leurs états, ou d'autres instances noyées dans le complot du silence et du mensonge... La dette devient même un paravent politique pour ne pas satisfaire les revendications légitimes, avec leur cortège de frustrations, de troubles sociaux... Ainsi le Synode actuel devrait-il pouvoir prendre en compte ce problème de l'annulation des dettes qui pèsent trop lourdement sur certains peuples... Ma proposition serait qu'une commission internationale composée de spécialistes de la haute finance, de pasteurs avisés, hommes et femmes du nord et du sud, se saisissent du dossier. On confierait à cette commission la triple mission d'étudier la faisabilité de l'opération car il est évident que tout n'est pas uniforme partout, de prendre toutes sortes de dispositions pour éviter de retomber dans les mêmes situations, de veiller concrètement à l'utilisation transparente des sommes ainsi économisées pour qu'elles servent effectivement les éléments de toute la pyramide sociale".

Mgr.Peter J.KAIRO, Archevêque de Nyeri (Kenya): "Les nomades vivent et sont actifs depuis des siècles dans 52 diocèses des pays de l'AMECEA; ils sont aussi présents à l'ouest et au nord de l'Afrique. Parfois, ils provoquent et déclenchent un conflit armé du fait du manque d'eau et de pâturages en particulier durant la sécheresse... Pour sa part, l'Eglise doit promouvoir le dialogue entre ces différentes tribus dans lesquelles le rôle des anciens est très important parce que les guerriers ne peuvent combattre sans la bénédiction des anciens. Le gouvernement devrait également s'impliquer dans la construction de puits et de barrages dans les zones arides. Des institutions sanitaires et éducatives devraient également être créées et promues parmi les pasteurs. La Commission Justice et Paix devrait enseigner les droits de l'homme aux populations nomades. Les parents devraient être encouragés à éduquer leurs filles. Au sein de ces paroisses, il devient extrêmement difficile pour un prêtre de fournir aux personnes une attention pastorale adaptée. Dès lors, les nomades qui se déplacent relativement souvent demeurent exclus de l'activité ordinaire et traditionnelle de la paroisse. Il faut que l'Eglise mette en place de nouvelles formes d'évangélisation et montre une attention pastorale à la population nomade. Cela devrait comprendre la nomination de prêtres nomades, de coordinateurs pastoraux nomades, de catéchistes nomades, d'écoles mobiles, de cliniques vétérinaires et de centres ecclésiaux mobiles".

Mgr.Boniface LELE, Archevêque de Mombasa (Kenya): "La marque infamante associée au Sida est trop lourde à porter seuls pour personnes ou communautés. J'ai vu la peur et le désespoir dans les yeux de nos gens. Ils doivent trouver le courage et l'espérance en nous. Ils entendent les responsables religieux et leurs familles dire que, d'une manière ou d'une autre, ils sont responsables de leur maladie. Nous devons aider nos peuples à prendre conscience que le Sida est une maladie et qu'il est faux de penser qu'ils en sont responsables... J'ai vu des familles qui avaient renvoyé leur belle-fille ou leur enfant parce qu'ils les soupçonnaient de la maladie. Le rejet des enfants par leur famille est une abomination. Il s'agit d'un grave péché aux yeux de Dieu. C'est une distorsion du message de Jésus qui est amour, pardon, réconciliation, retour à la famille de Dieu... Le Sida est un révélateur qui nous défie à révéler combien profonds sont nos péchés. J'ai connu un homme qui mourait du Sida et j'ai été honoré d'être à ses côtés durant ses derniers jours. Je l'ai vu se battre avec des décisions vitales et contre la honte de sa maladie, avec les stigmates qu'il a reçus de la société. J'ai commencé à comprendre ma propre humanité et mes propres péchés quand il tendit les mains pour toucher la Croix que je portais. J'ai senti qu'il s'acceptait lui-même alors qu'il recevait le pardon et la guérison de Dieu. C'est à ce moment qu'il m'a demandé de prendre soin de ses enfants, ce qu'il ne pouvait plus faire. J'ai senti sa confiance en moi, comme frère et comme pasteur. Dieu me défiais à m'accepter moi-même pour être réconcilié avec moi-même".

M.Laurien NTZIMANA, Auditeur du Rwanda: "Je raconterai ici brièvement mon aventure de théologien laïc en quête d'une spiritualité qui fasse justice à l'Indoles Saecularis, qui fait du laïc un enfant de l'Eglise... Entre 1990 et 1994, j'ai utilisé le principe de bonne puissance au sein du Service d'animation théologique confié à ma responsabilité par l'évêque de Butare, pour former les responsables des communautés chrétiennes à la dimension publique de la foi... Le principe de bonne puissance m'a permis de résister au génocide et d'aider au maximum de mes forces mes frères et sœurs tutsi". Ensuite "j'ai usé du principe bonne puissance pour former des animatrices et des animateurs qui ont su porter la bonne nouvelle sur les collines de Butare dans le terrible contexte de l'immédiat après-génocide; le prix de la paix de Pax Christi international de 1998 est venu reconnaître la valeur de ce travail...et m'a permis de fonder l'association Modeste et Innocent qui, depuis février 2000, malgré la prison et d'autres tribulations, travaille avec succès à la réconciliation des Rwandais".

Mme Elena GIACCHI, Présidente de la Coordination italienne de la Méthode Billings, invitée spéciale du Saint-Père: "La diffusion et l'enseignement de cette méthode de l'Ovulation de par le monde, ont toujours été joints à la proposition d'un mode de vie qui favorise l'amour conjuga1, l'unité de la famille, le respect de la femme, et une ouverture généreuse à l'acceptation d'une vie nouvelle. Parce qu'elle est simple et efficace la MOB peut être utilisée par tous les couples dans des contextes différents, sans distinction de culture, de religion ou de statut social, la méthode est bien acceptée non seulement par les catholiques, mais aussi par les musu1mans, les hindous, et des personnes d'autres croyances. Le couple peut maîtriser sa fécondité de manière naturelle, que son désir soit de favoriser ou de différer une grossesse, dans toutes les situations de la vie fertile de la femme y compris si les cycles sont irrégu1iers, pendant l'allaitement au sein, à l'approche de la ménopause. Partout où la MOB est enseignée, elle contribue à promouvoir la famille et la procréation responsable au regard de la vie, de l'amour conjugal et de la fidélité, à promouvoir la dignité de la femme, à éviter l'avortement, à éviter d'avoir recours aux technologies de procréation assistée, donnant la possibilité aux couples sub-fertiles de réaliser une grossesse de manière naturelle, en accord avec leurs valeurs éthiques, à éviter la diffusion des maladies sexuellement transmissibles par une éducation à une sexualité responsable auprès des jeunes et des adolescents qui intègre les dimensions spirituelles, physiques et psychologiques. L'enseignement de la MOB contribue à promouvoir et à diffuser les valeurs humaines et chrétiennes en vue de l'évangélisation et du développement pastoral".

M.Rudolf ADALA, ex Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, Président de la Commission UA sur le Darfour, invité du Saint-Père: "Le Soudan est le plus grand pays d'Afrique. Il est à la charnière de deux mondes, l'Afrique et le Monde arabe et a des frontières avec 9 autres pays africains. Depuis son indépendance en 1956 i1 n'a connu qu'une paix sporadique. L'Accord global de paix, qui a mis fin à plus de 20 ans de guerre civile entre le nord et le sud a suscité tous les espoirs. Pour la première fois, un Soudan démocratique était entrevu. Au moment où la violence semble diminuer au Darfour, il est inquiétant de noter que c'est maintenant dans le Sud que les tueries reprennent, la Paix serait-elle le rocher de Sisyphe qui, pour le plus grand malheur des Soudanais, retombe dès qu'on croit atteindre le sommet de la montagne? Le Soudan est un. Il faut que la communauté internationale pense Soudan et non plus Darfour et sud . Dans cette vision holistique, l'Eglise a un rôle majeur à jouer dans un Soudan pluriel, entre le sud chrétien et animiste et le nord musulman, dont le Darfour. C'était le rêve d'un grand soudanais, John Garang, le rêve d'un nouveau Soudan, en paix, dans une Afrique en paix".
SE/NEUVIEME CONGREGATION/...                         VIS 20091010 (1600)


vendredi 9 octobre 2009

SEPTIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 8 OCTOBRE 2009 (VIS). La septième Congrégation générale du Synode africain s'est ouverte à 16 h 30', sous la présidence du Cardinal Francis Arinze et en présence de 212 Pères synodaux. La session a pris fin à 17 h 30', pour permettre à ceux qui le souhaitaient d'assister au concert "Les jeunes contre la guerre" à l'auditorium de la Via della Conciliazione, en présence du Saint-Père.

  Voici quelques extraits des interventions synodales:

Le Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris, Président de la Conférence épiscopale française: "Nos Eglises européennes ont pu se réjouir de voir les Eglises africaines subsahariennes atteindre leur maturité avec leur hiérarchie propre, leur clergé, leurs communautés religieuses, leurs laïcs si fortement impliqués dans la vie des paroisses et dans l'annonce de l'Evangile sur la terre d'Afrique. Depuis quelques années, nos relations se développent dans un véritable échange de dons. Sans doute beaucoup de diocèses ou de paroisses de France sont engagés dans une aide concrète à diverses Eglises d'Afrique. Mais aujourd'hui beaucoup de nos diocèses reçoivent une aide importante des diocèses africains... Il faut que les relations entre les deux évêques (l'évêque d'Afrique et l'évêque de France) soient les plus claires possibles. Chaque fois que l'on néglige ces conditions préalables, c'est au détriment de la mission et au détriment du prêtre. Les difficultés que nous rencontrons ne doivent pas nous masquer la richesse des relations entre nos Eglises et nous empêcher de rendre grâce pour l'échange des dons que nous vivons".

Le Cardinal Anthony OLUBUNMI OKOGIE, Archevêque de Lagos (Nigeria): "Les Africains sont généralement connus comme étant très religieux. L'idée de Dieu et de déité est innée en nous. C'est pourquoi il n'est pas surprenant que deux des religions les plus répandues au monde, le christianisme et l'islam, aient trouvé un accueil chaleureux sur le continent. Il est cependant regrettable de constater que souvent ces religions ont été mal utilisées et ont été à la source de conflits mortels en Afrique. Malgré cela, la plupart des parents peuvent difficilement exercer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs familles sans une vie de prière au sein de la famille qui soit organisée, consciente, cohérente et sérieuse, ou qui soit simplement vécue dans la joie et dans le chagrin, sans devoir s'adresser à Dieu dans les difficultés. Ils savent et croient fermement que seul Dieu peut changer, bénir et renforcer la famille... Quelle que soit la gravité apparente de la situation, quelles que soient les solutions que nous pourrions proposer, si elles ne sont pas bénies par Dieu, quel succès durable pourront-elles avoir?".

Mgr.Matthew KWASI GYAMFI, Evêque de Sunyani (Ghana): "Dans certaines parties de l'Afrique, en raison de la culture et de la tradition de la population existant avant l'introduction de l'Eglise, un grand nombre de femmes africaines se retrouvent unies dans des mariages polygames, sans faute de leur part. Pour cette raison, il est refusé à beaucoup de femmes qui fréquentent l'Eglise, les sacrements du baptême, de réconciliation et du mariage... Un grand nombre de femmes, qui fréquentent régulièrement l'Eglise et participent activement à toutes ses activités, se voient refuser les sacrement de baptême, de réconciliation et du mariage, sans parler des nombreux refus d'un enterrement chrétien parce que n'ayant pas reçu le baptême. L'Eglise sent le besoin d'aborder cette situation douloureuse et pénible en Afrique en donnant  des privilèges spéciaux aux femmes, celles qui, ayant été la première femme avec enfants de la famille et n'ayant commis aucune faute, se retrouvent victimes de mariages polygames, pour recevoir le sacrement du baptême et les autres sacrements. La réception des sacrements par ces femmes éprouvées leur permettra de participer dans la paix et la réconciliation offertes par la compassion et la paix de Notre Seigneur Jésus-Christ qui est venu pour appeler à lui les pécheurs et non pas les vertueux".

Mgr.John Anthony RAWSTHORNE, Evêque de Hallam, Président de la Conférence épiscopale d'Angleterre et du Pays de Galles: "Avec le soutien des agences internationales catholiques, l'Eglise en Afrique affronte le Sida depuis bien avant le premier Synode sur l'Afrique. Aujourd'hui, la préoccupation semble diminuer même si le problème demeure aigu pour de nombreux Africains. La solidarité catholique  devrait continuer à soutenir l'engagement à long terme de l'Eglise en Afrique afin de faire croître la conscience, d'accompagner le séropositif et le malade, de former la jeunesse et de faire face à cet important défi".

Mgr.Edward Gabriel RISI, Evêque de Keimoes-Upington (Afrique de Sud): "La proclamation de l'Evangile et la quête de l'approfondissement de sa signification et de sa pratique en Afrique font face aux mêmes défis que la culture. L'Eglise se trouve par conséquent dans une position privilégiée parce que, dans sa quête visant à promouvoir les valeurs de l'Evangile, elle partage la lutte des peuples africains en vue de la préservation et de la promotion des valeurs bien-aimées de leur héritage culturel. Créer des opportunités de dialogue offre à l'Eglise des occasions pour comprendre ceux qui font l'expérience de l'aliénation dans une Afrique toujours plus sécularisée et globalisée, marquée par la mémoire brutale de la colonisation et de l'oppression. Un engagement en faveur d'un dialogue ouvert et honnête est vital pour accélérer l'influence de l'Evangile, comme celle de la culture, et faire en sorte qu'il ne soit pas perdu au milieu des voix émergentes en Afrique. En particulier, un engagement renouvelé au sein de l'organisation des Conférences épiscopales peut constituer un instrument important pour le dialogue sur notre continent".
SE/SEPTIEME CONGREGATION/...                                      VIS 20091009 (900)


HUITIEME CONGREGATION


CITE DU VATICAN, 9 OCT 2009 (VIS). Ce matin, a eu lieu la huitième Congrégation générale de l'Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des Evêques, sous la présidence du Cardinal Théodore-Adrien Sarr et de 219 pères synodaux. Voici des extraits de quelques interventions:

Mgr.Jan OZGA, Evêque de Doumé-Abong'Mbang (Cameroun): "Cette deuxième Assemblée synodale africaine, pour produire les fruits escomptés, me semble-t-il, extrêmement important de passer par la famille africaine. Car, la formation d'une nouvelle culture de la réconciliation, de la justice et de la paix est d'abord une œuvre familiale, avant d'être sociale. Si ces trois valeurs prennent racine et trouvent un fondement et un sens dans la famille, leur culture peut s'étendre au niveau de toute la société africaine... La justice est la juste appréciation, la reconnaissance, le respect des droits et du mérite de chacun. La famille est appelée à éduquer à la justice véritable qui, seule conduit au respect de la dignité personnelle de chacun".

Mgr.Albert VANBUEL, Evêque de Kaga-Bandoro (République centrafricaine): "Nous avons déploré ces derniers mois des tensions entre prêtres, entre prêtres et Evêques, entre prêtres et laïcs. Sans doute cela n'est pas l'Evangile que nous avons à annoncer. Nous sommes envoyés pour construire l'Eglise unie par l'Esprit de Dieu qui nous dirige. Nous ne pouvons pas en même temps déchirer le Corps du Christ. L'Année sacerdotale que le Saint-Père nous a donnée, peut nous inspirer et nous diriger: fidélité du Christ, fidélité du prêtre, et fidélité de chaque baptisé. Il y a une aspiration générale pour un temps de paix, de justice et de réconciliation. Les événements que nous avons vécu et que nous continuons à vivre en ces temps-ci donnent la preuve qu'il y a toujours des raisons d'espoir et que dans la nuit où nous nous trouvons, l'aurore et le jour s'annoncent. Chacun de nous est faible, est pécheur; mais ensemble nous aurons à écouter la Parole de Dieu, à la vivre, pour construire en communion notre Eglise-Famille. Que Dieu nous bénisse et nous donne la force de la persévérance et d'un vrai témoignage".

Mgr.Joseph KUMUONDALA MBIMBA, Archevêque de Mbandaka-Bikoro (RDC): "Depuis l'implantation de l'Eglise en Afrique et plus spécialement en RDC, l'éducation scolaire a toujours bénéficié d'une singulière attention de l'Eglise. Pour celle-ci, les écoles de tous les niveaux ainsi que les instituts supérieurs et les universités constituent des lieux d'apostolat... La crise multiforme liée à des guerres à répétition a entraîné des conséquences déplorables dans le secteur de l'éducation... une éducation mal assurée compromet l'avenir de générations de jeunes et sacrifie des potentialités qui auraient servi à toute la nation. Ce qui est injuste et ne garantit pas la paix. Car les jeunes frustrés sont à la merci des pêcheurs en eau trouble. Dans un climat de complaisance engendré par des pratiques malhonnêtes, la qualité de l'enseignement n'est pas garantie. Les organisateurs, les gestionnaires et les parents sont conscients que les diplômes délivrés ne représentent pas un niveau intellectuel et moral approprié aux exigences du monde scientifique et de travail".

Mgr.Franklyn NUBUASAH, Vicaire apostolique de Francistown (Bostwana): "Le Botswana est un petit pays stable et démocratique... Nous sommes un pays moyennement riche qui attire des personnes provenant d'autres régions d'Afrique... Nous accueillons un bon nombre de réfugiés demandant l'asile. Nous avons la paix parce qu'au sein de notre mécanisme traditionnel appelé Kgotla, c'est-à-dire cour de la règle, le dialogue est respecté. Pour nous, la plus grande guerre est faite de mots. L'Eglise a introduit cette pratique culturelle dans les paroisses afin d'aider à faire et à promouvoir la paix et la compréhension. Aujourd'hui, il y a une pression concernant nos ressources, notre marché du travail et nos installations sanitaires, due à l'afflux de personnes en raison de la situation politique et sociale dans la région. Nous sommes préoccupés par la xénophobie qui est la conséquence de la dure crise économique actuelle. L'Eglise a promu la paix et la fraternité envers les personnes. Les minorités n'ont pas besoin d'utiliser la violence pour faire connaître leurs problèmes. Le Sida est un défi pour les pays du sud de l'Afrique. Le Botswana travaille dur par le biais de l'éducation afin de prévenir de nouvelles infections. Le traitement est disponible pour les citoyens, mais malheureusement il ne l'est pas pour les réfugiés ni pour les étrangers qui vivent dans le pays. Le Sida a ravagé les fondations de la société du Botswana. Il peut être potentiellement employé comme arme de guerre et de conflit. Comment pardonner quelqu'un qui vous a infecté volontairement avec le virus mortel?".

Mgr.Evaristus THATHO BITSOANE, Evêque de Qachas's Nek, Président de la Conférence épiscopale du Lesotho: "L'Eglise au Lesotho, comme de nombreuses autres Eglises en Afrique, est engagée dans le domaine de la santé, de l'éducation et du service envers les pauvres. Le Lesotho est pour moitié catholique, et l'Eglise possède la majorité des écoles du pays. En fonction de ce nombre, on pourrait espérer que les principes catholiques puissent prévaloir  dans le fonctionnement du pays. Au contraire, les personnes adhèrent à tout ce qui leur permettra d'avoir du pain sur la table, même si cela doit être en opposition avec l'enseignement de l'Eglise. Un grand nombre de pays d'Afrique ont signé le protocole de Maputo, et le Lesotho n'en a pas fait exception. Bien que les services de nos hôpitaux catholiques soient appréciés par beaucoup, nous craignions qu'un grand nombre d'avortements sera pratiqué dans des hôpitaux privés. Ce dont l'Eglise du Lesotho a besoin d'une manière urgente, afin de poursuivre son service envers les pauvres, c'est que les Eglises sœurs du monde développé influencent leur gouvernement afin de ne pas imposer des idéologies qui soient étrangères à l'Afrique. Durant cette période de transition jusqu'à son autonomie financière, l'Afrique a encore besoin du soutien de ses Eglises sœurs du monde développé".

Mgr.Jorge Enrique JIMENEZ CARVAJAL, Archevêque de Cartagena en Colombia (Colombie): "Des milliers et milliers d'êtres humaines de race noire arrivèrent en Amérique pour y être vendus aux enchères et être ainsi condamnés à travailler jusqu'à leur mort... Pedro Claver attendait les navires négriers dans une optique différente de celle de ceux qui traitaient avec eux... Pour l'apôtre, ils étaient des fils de Dieu qui demandaient à connaître toute la vérité de l'Evangile... L'Afrique est la Grande Patrie de toutes nos négritudes, du Canada jusqu'à la Terre de Feu, y compris la merveilleuse présence de cette race aux Antilles et aux Caraïbes. Combien de choses qui ont fait de l'Amérique un grand continent, ont été possibles seulement grâce à la contribution des noirs, héritiers de tant de richesses encore inconnues aujourd'hui, héritiers d'une grande abondance de symboles qui, avec le temps, auraient enrichi le message chrétien, héritiers de la même joie avec laquelle leurs ancêtres embrassèrent la foi, même si la vie était dure avec eux. L'histoire de l'Afrique en Amérique n'est pas une histoire d'hier, c'est un aujourd'hui vivant! C'est pourquoi, je crois que ce Synode doit proférer une parole en faveur des négritudes américaines (j'espère que vous aurez remarqué que j'utilise le mot américain en me référant à toute l'Amérique, celle du nord, celle du centre, celle des Antilles, celle des Caraïbes et celle du sud). Une grande partie de leur cœur est encore vivante et continuera à vivre en Afrique et dès lors ils percevront et vivront comme leur ce qui a lieu sur ce continent".
SE/HUITIEME CONGREGATION/...                               VIS 20091009 (1230)


CONTRE LA TENTATION DE LA GUERRE


CITE DU VATICAN, 9 OCT 2009 (VIS). Hier soir, Benoît XVI a assisté à l'auditorium de la Via delle Conciliazione, au concert "Les jeunes contre la guerre", donné par la InterRegionales Jugendsinfonie Orchester, dirigé par Jochem Hochstenbach. Le répertoire incluait des compositions de Malher et Mendelssohn et des textes de Goethe, Heine, Celan et Brecht, qui ont été lus ainsi que deux poésies d'enfants prisonniers du camp de Theresienstadt, lues par Michelle Breedt et Klaus Maria Brandauer.

  Le concert était organisé par le Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, l'ambassade d'Allemagne près le Saint-Siège et le Europäisches KulturForum Mainau, à l'occasion du 70 anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale. A la fin du concert, le Saint-Père a prononcé une brève allocution, manifestant sa joie d'assister à une initiative qui, "en utilisant le langage universel de la musique, veut encourager les jeunes à construire ensemble l'avenir du monde, en s'inspirant des valeurs de paix et de fraternité entre les hommes": "Ce soir, nous nous remémorons la tragédie de la Seconde Guerre mondiale, page douloureuse de l'histoire, empreinte de violence et de déshumanité, qui a causé de la mort de millions de personnes, laissant les vainqueurs divisés et l'Europe à reconstruire. La guerre, voulue par le national-socialisme, a touché de nombreuses populations innocentes d'Europe et des autres continents, et, par la tragédie de la Shoah, elle a surtout blessé le peuple juif, objet d'une extermination programmée. Et pourtant, les nombreux appels à la raison et à la paix lancés de toute part ne manquèrent pas. Ici, à Rome, résonne encore la voix de mon vénéré prédécesseur Pie XII. Dans son message-radio du 24 août 1939, juste avant que n'éclate la guerre, il a proclamé fermement: 'On ne perd rien avec la paix mais tout peut l'être avec la guerre'. Que le rappel de ces tristes évènements soit un avertissement, pour les nouvelles générations, à ne plus jamais céder à la tentation de la guerre".

  Le Pape a ensuite évoqué le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, "symbole éloquent de la fin des régimes totalitaires communistes de cette Europe", et s'est exclamé: "L'Europe et le monde entier ont soif de liberté et de paix! Construisons ensemble la vraie civilisation, non pas fondée sur la force, mais fruit de la victoire sur nous-mêmes, sur la puissance de l'injustice, de l'égoïsme et de la haine, qui peut atteindre l'homme jusqu'à le défigurer. Le mouvement œcuménique...peut contribuer à la construire -a conclu le Saint-Père- en travaillant de concert avec les juifs et avec tous les croyants. Que Dieu nous bénisse et accorde à l'humanité son don de paix!".
BXVI-CONCERT/GUERRE MONDIALE/...                    VIS 20091009 (460)


AUTRES ACTES PONTIFICAUX

CITE DU VATICAN, 9 OCT 2009 (VIS). Le Saint-Père a accepté la renonciation à la charge pastorale du diocèse de Gurué (Mozambique), présentée par Mgr.Manuel Chuanguira Machado en conformité au canon 401,2 du CIC.
RE/.../CHUANGYUA MACHADO                                  VIS 20091009 (40)

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