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lundi 8 juin 2015

Rencontre avec le clergé à Sarajevo


Cité du Vatican, 6 juin 2015 (VIS). Cet après-midi, le Saint-Père a gagné la cathédrale de Sarajevo, à l'entrée de laquelle se dresse une statue de Jean-Paul II qui la visita en 1997. Après le salut du Cardinal Vinko Puljic, une halte devant le Saint Sacrement et la tombe du premier archevêque, le serviteur de Dieu Josip Stadler, il s'est adressé aux prêtres, séminaristes et religieux du pays: "J’avais préparé un discours, mais après avoir entendu les témoignages de ce prêtre, de ce religieux, de cette religieuse, je sens le besoin de vous parler de manière improvisée. Ils nous ont raconté leurs vies, des expériences, beaucoup de choses laides et belles.... C'est cela la mémoire de votre peuple. Un peuple qui oublie sa mémoire n’a pas d’avenir. C’est la mémoire de vos pères et de vos mères dans la foi... Derrière ces trois personnes il y en a tant et tant qui ont souffert les mêmes choses. Vous n’avez pas le droit d’oublier votre histoire. Non pas pour vous venger, mais pour faire la paix. Non pas pour regarder ces témoignages comme une chose étrange, mais pour aimer comme ils ont aimé. Dans votre sang, dans votre vocation, il y a la vocation, il y a le sang de ces trois martyrs. Et il y a le sang et il y a la vocation de nombreuses religieuses, de nombreux prêtres, de nombreux séminaristes". Paul recommande de ne pas oublier ceux qui nous ont transmis la foi et de ne pas oublier non plus Jésus-Christ, le premier martyr. "Reprendre la mémoire pour faire la paix. Certaines paroles m'ont impressionné, comme celle répétée, pardon. Un homme ou une femme qui se consacre au service du Seigneur et ne sait pas pardonner, ne sert à rien. Pardonner à un ami qui t’a dit un gros mot, avec lequel tu avais une dispute, ou une sœur qui est jalouse de toi, ce n’est pas très difficile. Mais pardonner celui qui te frappe, qui te torture, qui te piétine, qui te menace avec un fusil pour te tuer, cela est difficile. Et eux l’ont fait... Un autre fait m’a frappé, ces 120 jours du camp de concentration. Que de fois l’esprit du monde nous fait oublier nos ancêtres, leurs souffrances. La détention qu'ils ont vécue était comptée, non par jour, mais par minutes, parce que chaque minute, chaque heure est une torture. Vivre entassés, sales, sans nourriture, sans eau, avec la chaleur ou avec le froid, et cela pour tant de temps! Et nous, qui nous plaignons quand nous avons une dent qui nous fait mal, ou que nous voulons avoir la télévision dans notre chambre avec tant de commodités, et qui médisons de la supérieure ou du supérieur quand le repas n’est pas très bon… Pensez à ce que ces personnes ont souffert, pensez à ces six litres de sang qu’a reçu le religieux qui a témoigné pour survivre. Menez une vie digne de la Croix de Jésus-Christ".

"Des sœurs, des prêtres, des évêques, des séminaristes mondains, sont une caricature, ils ne servent pas. Ils n’ont pas la mémoire des martyrs. Ils ont perdu la mémoire de Jésus Christ crucifié, notre unique gloire. D'autres choses me viennent à l’esprit comme ce milicien qui a donné la poire à la sœur ou cette musulmane qui maintenant vit en Amérique, qui a porté à manger… Nous sommes tous frères. Même cet homme cruel a pensé… je ne sais pas ce qu’il a pensé, mais il a senti l’Esprit saint dans son cœur et peut-être qu’il a pensé à sa maman et a dit: Prends cette poire et ne dis rien. Allant au-delà des différences religieuses, cette musulmane aimait, croyait en Dieu et faisait du bien. Cherchez donc le bien de tous. Tous ont la possibilité, la semence du bien. Tous nous sommes enfants de Dieu. Bienheureux êtes vous d'être si proches de tels témoignages. Ne les oubliez pas, s’il vous plaît. Que votre vie grandisse avec ce souvenir. Je pense aussi à ce prêtre, dont le père est mort quand il était enfant, puis la maman est morte, puis la sœur est morte, et il est resté seul… Mais il était le fruit d’un amour, d’un amour matrimonial. Pensez à cette sœur martyre...pensez aussi au franciscain, avec deux sœurs franciscaines... Priez pour les familles, pour qu’elles fleurissent en de nombreux enfants et qu'il ait aussi de nombreuses vocations. Et finalement, je voudrais vous dire que cela a été une histoire de cruauté. Aujourd’hui aussi, dans cette guerre mondiale, nous voyons beaucoup, beaucoup, beaucoup de cruauté. Faites toujours le contraire de la cruauté. Soyez des témoins, humbles, attentifs, fraternels et miséricordieux. Portez la Croix de Jésus-Christ".

Voici le texte préparé, remis au Cardinal Archevêque: "Je suis venu comme pèlerin de paix et de dialogue, pour confirmer et encourager les frères dans la foi, et en particulier vous qui êtes appelés à travailler à plein temps dans la vigne du Seigneur... Je pense aux souffrances et aux épreuves passées et présentes de vos communautés. Même en vivant dans ce contexte, vous n’avez pas cédé, vous avez résisté, vous efforçant d’affronter les difficultés personnelles, sociales et pastorales avec un infatigable esprit de service. Que le Seigneur vous récompense. J’imagine que la situation minoritaire de l’Eglise catholique et les insuccès du ministère font que parfois vous vous sentez comme les disciples qui, même en s’étant fatigués toute la nuit, n’avaient rien pris au filet. Mais c’est vraiment en ces moments, si nous nous confions au Seigneur, que nous faisons l’expérience de la puissance de sa Parole, de la force de son Esprit qui renouvelle en nous la confiance et l’espérance. La fécondité de notre service dépend surtout de la foi, de la foi dans l’amour du Christ, dont rien ne pourra jamais nous séparer... La fraternité aussi nous soutient et nous anime,...la fraternité entre nous tous que le Seigneur a appelés à tout laisser pour le suivre... Elle rend plus efficace notre travail... Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau. Cette exhortation de saint Paul nous rappelle que si nous voulons aider les autres à devenir saints nous ne devons pas nous négliger nous-mêmes, c’est à dire notre sanctification. Et vice versa, le dévouement envers le peuple de Dieu, l’immersion dans sa vie et surtout la proximité avec les pauvres et les petits, nous fait grandir dans la conformation au Christ. Le soin de son chemin personnel et la charité pastorale envers les gens vont toujours de pair et s’enrichissent mutuellement. Ils ne sont jamais séparés".

"Que signifie aujourd’hui pour un prêtre et pour une personne consacrée, de servir le troupeau de Dieu ici en Bosnie - Herzégovine? Je pense que cela signifie mettre en œuvre la pastorale de l’espérance, en gardant les brebis qui sont au bercail, mais aussi en allant, en sortant à la recherche de tous ceux qui attendent la Bonne Nouvelle et ne savent pas trouver ou retrouver tout seuls le chemin qui conduit à Jésus. Rencontrer les gens là où ils vivent, et aussi cette partie du troupeau qui reste hors de l’enceinte, loin, parfois sans connaître encore Jésus-Christ. Prendre soin de la formation des catholiques dans la foi et dans la vie chrétienne. Encourager les fidèles laïcs à être des protagonistes de la mission évangélisatrice de l’Eglise. Je vous exhorte donc à faire grandir des communautés catholiques ouvertes et en sortie, capables d’accueil et de rencontre, et courageuses dans le témoignage évangélique".

"Le prêtre, le consacré est appelé à vivre les angoisses et les espérances des fidèles, à œuvrer dans les contextes concrets, souvent caractérisé par des tensions, des discordes, des méfiances, la précarité et la pauvreté. Devant ces situations plus douloureuses, demandons à Dieu un cœur qui sache s’émouvoir, une capacité d’empathie. Il n’y a pas de meilleur témoignage que celui de se tenir proches des nécessités matérielles et spirituelles des gens. C’est notre tâche à nous évêques, prêtres et religieux de faire sentir aux personnes la proximité de Dieu, sa main qui réconforte et guérit, de s’approcher des blessures et des larmes de notre peuple, de ne pas se lasser d’ouvrir le cœur et de tendre la main à tous ceux qui demandent de l’aide et à tous ceux qui, peut-être par pudeur, ne nous le demandent pas, mais en ont un grand besoin... Chers prêtres, religieux et religieuses, je vous encourage à poursuivre avec joie votre service pastoral, dont la fécondité est donnée par la foi et par la grâce, mais aussi par le témoignage d’une vie humble et détachée des intérêts du monde. Ne tombez pas, s’il vous plaît, dans la tentation de devenir une espèce d’élite fermée sur elle-même. Le témoignage sacerdotal et religieux généreux et limpide est un exemple et un encouragement pour les séminaristes et pour tous ceux que le Seigneur appelle à le servir. En vivant au contact des jeunes, les invitant à partager certaines expériences de service et de prière, vous les aidez à découvrir l’amour du Christ et à s’ouvrir à l’appel du Seigneur. Que les fidèles laïcs puissent voir en vous cet amour fidèle et généreux que le Christ a laissé comme testament à ses disciples... Chers séminaristes, parmi les nombreux beaux témoignages, souvenons-nous du serviteur de Dieu Petar Barbarić. Il unit l’Herzégovine, où il naquit, et la Bosnie, où il fit profession, comme aussi tout le clergé, qu’il soit diocésain ou religieux. Que ce jeune candidat au sacerdoce, comme sa vie remplie de vertu, soit pour tous un grand exemple". Avec l'aide de Marie, "nous pouvons servir le Seigneur avec joie et être partout des semeurs d’espérance. Je vous assure de mon souvenir dans la prière et je vous bénis de tout cœur, vous tous et vos communautés. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi".


Le dialogue ne peut se limiter aux responsables des communautés religieuses


Cité du Vatican, 6 juin 2015 (VIS). "La rencontre d’aujourd’hui est le signe d’un désir commun de fraternité et de paix; elle donne le témoignage d’une amitié que vous construisez au fil des ans et que vous vivez déjà dans la cohabitation quotidienne et la collaboration. Etre ici est déjà un message de ce dialogue que nous cherchons tous et auquel nous travaillons", a dit le Pape François aux participants à la rencontre œcuménique et inter-religieuse qui s'est déroulée au centre international étudiant franciscain de Sarajevo. Les chefs des communautés musulmanes, orthodoxes, catholiques et juives de Bosnie - Herzégovine ont salué le Saint-Père qui leur a ensuite rappelé dans son discours l'institution, en 1997, comme fruit du désir de rencontre et de réconciliation, du Conseil local pour le dialogue inter-religieux, qui réunit musulmans, chrétiens et juifs. Il s'est réjouit de leur travail pour la promotion de diverses activités de dialogue, pour la coordination d’initiatives communes, et pour la rencontre avec les autorités de l’Etat. "Votre travail est très précieux -leur a-t-il dit- dans cette région et à Sarajevo en particulier, carrefour de peuples et de cultures, où, si la diversité constitue d’un côté une grande ressource qui a permis le développement social, culturel et spirituel de cette région, elle a, de l’autre, été la cause de douloureuses déchirures et de guerres sanglantes. Ce n’est pas un hasard si la naissance du Conseil pour le dialogue inter-religieux et les autres initiatives appréciables dans le domaine inter-religieux et œcuménique ont eu lieu à la fin de la guerre, comme une réponse à l’exigence de réconciliation et face à la nécessité de reconstruire une société déchirée par le conflit. En effet, le dialogue inter-religieux, ici comme en beaucoup d’endroits du monde, est une condition indispensable à la paix, et par conséquent, il est un devoir pour tous les croyants".

Le Pape a souligné que "le dialogue inter-religieux avant même d’être une discussion sur les grands thèmes de la foi, est une conversation sur la vie humaine. On y partage l’existence dans sa quotidienneté, dans ce qu’elle a de concret, avec les joies et les douleurs, les peines et les espérances; on assume les responsabilités communes; on projette un avenir meilleur pour tous. On apprend à vivre ensemble, à se connaître et à s’accepter dans les diversités respectives, librement, pour ce qu’on est. Dans le dialogue on reconnaît et on développe une communauté spirituelle, qui unifie et aide à promouvoir les valeurs morales, les grandes valeurs morales, la justice, la liberté et la paix. Le dialogue est une école d’humanité et un facteur d’unité, qui aide à construire une société fondée sur la tolérance et le respect mutuel". C'est pourquoi, le dialogue inter-religieux "ne peut pas se limiter seulement à quelques uns, aux seuls responsables des communautés religieuses, mais il devrait s’étendre autant que possible à tous les croyants, impliquant les diverses sphères de la société civile. Et, en ce sens, les jeunes, appelés à construire l’avenir de ce pays, méritent une attention particulière. Cependant, il est toujours bon de rappeler que le dialogue, pour être authentique et efficace, suppose une identité formée: sans une identité formée, le dialogue est inutile ou nuisible. Je dis cela en pensant aux jeunes, mais cela vaut pour tous... J’apprécie sincèrement tout ce que vous avez fait jusqu’à maintenant et je vous encourage dans votre engagement pour la cause de la paix, dont vous êtes, en tant que leader religieux, les premiers gardiens, ici en Bosnie - Herzegovine. Je vous assure -a souligné le Pape- que l’Eglise catholique continuera à donner son plein appui et à assumer son entière responsabilité. Nous sommes tous conscients qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Mais ne nous laissons pas décourager par les difficultés et continuons avec persévérance sur le chemin du pardon et de la réconciliation. Alors que nous faisons justement mémoire du passé, aussi pour apprendre les leçons de l’histoire, évitons les regrets et les récriminations, mais laissons-nous purifier par Dieu qui nous donne le présent et l’avenir. C’est lui notre avenir, la source ultime de la paix. Cette ville qui, dans un passé récent, est tristement devenue symbole de la guerre et de ses destructions, cette Jérusalem d’Europe, aujourd’hui, avec sa variété de peuples, de cultures et de religions, peut devenir à nouveau signe d’unité, lieu où la diversité ne représente pas une menace mais une richesse et une opportunité pour grandir ensemble. Dans un monde encore malheureusement déchiré par les conflits, cette terre peut devenir un message: attester qu’il est possible de vivre l’un à côté de l’autre, dans la diversité mais dans l’humanité commune, en construisant ensemble un avenir de paix et de fraternité. On peut vivre en faisant la paix!".

Au terme de son discours et après avoir demandé à tous de prier pour lui et avoir assuré qu'il priait pour tous, le Pape a invité les personnes présentes à réciter cette prière "à l’Eternel, à l’Unique et Vrai Dieu Vivant, au Miséricordieux:
Dieu tout-puissant et éternel,
Père bon et miséricordieux;
Créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles,
Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob,
Roi et Seigneur du passé, du présent et de l’avenir,
seul juge de tous les hommes,
qui récompense tes fidèles par la joie éternelle!
Nous, descendants d’Abraham selon la foi en toi, Dieu unique,
juifs, chrétiens et musulmans,
nous sommes humblement devant toi
et nous te prions avec confiance
pour ce pays, la Bosnie - Herzegovine,
afin que puissent y habiter en paix et dans l’harmonie
les hommes et les femmes croyants de diverses religions, nations et cultures.
Nous te prions, ô Père, pour que cela advienne
dans tous les pays du monde!
Renforce en chacun de nous la foi et l’espérance,
le respect réciproque et l’amour sincère
pour tous nos frères et sœurs.
Fais qu’avec courage, nous nous engagions
à construire la justice sociale,
à être des hommes de bonne volonté,
remplis de compréhension réciproque et de pardon,
artisans patients de dialogue et de paix.
Que toutes nos pensées, nos paroles et nos œuvres,
soient en harmonie avec ta sainte volonté.
Que tout soit en ton honneur et à ta gloire, et pour notre salut.
Louange et gloire éternelle à toi, notre Dieu!

Amen".

Rencontre avec les jeunes: dignité, joie, paix et fraternité


Cité du Vatican, 6 juin 2015 (VIS). La dernière étape du voyage apostolique du Pape François à Sarajevo a été sa rencontre avec les jeunes au centre diocésain de la jeunesse Saint Jean-Paul II en périphérie de la ville. Le centre, en fonction depuis 2006, est ouvert aux jeunes de diverses ethnies et religions et abritent des activités sportives, sociales, de bénévolat, en plus de la formation pastorale et religieuse pour les catholiques. Le Saint-Père a été reçu par le directeur et quelques enfants qui l'ont accompagné au gymnase où l'attendaient quelque 800 personnes pour découvrir la plaque consacrant l'institution à Jean-Paul II. Après le salut de l'évêque auxiliaire de Banka Luka, Mgr.Marko Semren, le Saint-Père a entamé une conversation avec les personnes présentes laissant de côté le texte préparé qui a été remis à la fin de la rencontre.

Un des jeunes lui a demandé pourquoi il ne regardait plus la télévision depuis longtemps et le Pape lui a répondu: "Oui, depuis la moitié des années 90, j’ai senti une nuit que cela ne me faisait pas du bien, que cela m’aliénait, m’amenait… et j’ai décidé de ne pas la regarder. Quand je voulais regarder un beau film, j’allais au centre de télévision de l’archevêché et je le regardais là. Mais seulement ce film.... La télévision au contraire m’aliénait et m’amenait hors de moi, elle ne m’aidait pas. Certainement, je suis de l’âge de la pierre, je suis ancien! Et nous maintenant je comprends que les temps sont changés. Nous vivons au temps de l’image. Et cela est très important. Et au temps de l’image on doit faire ce qu’on faisait au temps des livres, choisir les choses qui me font du bien! De là découlent deux choses. Premièrement, la responsabilité des centres de télévision de faire des programmes qui font du bien, qui font du bien aux valeurs, qui construisent la société, qui nous portent en avant, et non qui nous rabaissent. Et ensuite faire des programmes qui nous aident afin que les valeurs, les vraies valeurs, deviennent plus fortes et nous préparent pour la vie. C’est la responsabilité des centres de télévision. Deuxièmement, savoir choisir les programmes, et cela c’est notre responsabilité. Si je vois qu’un programme ne me fait pas de bien, renverse mes valeurs, me fait devenir vulgaire, même dans les saletés, je dois changer de canal. Comme on faisait dans mon âge de la pierre: quand un livre était bon, tu le lisais, quand un livre te faisait du mal, tu le jetais. Et puis il y a un troisième point, le point de la mauvaise fantaisie, de cette fantaisie qui tue l’âme. Si toi qui es jeunes tu vis attaché à l’ordinateur et tu deviens esclave de l’ordinateur, tu perds ta liberté! Et si dans l’ordinateur tu cherches les programmes sales, tu perds ta dignité! Regarder la télévision, utiliser l’ordinateur, mais pour les belles choses, les grandes choses, les choses qui nous font grandir. Cela est bon!".

La deuxième question a demandé au Pape s'il sentait la joie et l'amour des jeunes de Bosnie-Herzégovine envers lui. "Pour te dire la vérité, quand je trouve les jeunes je ressens la joie et l’amour qu’ils ont. Pas seulement pour moi, mais pour les idéaux, pour la vie. Ils veulent grandir! Mais vous avez une particularité, vous êtes, je crois, la première génération après la guerre. Vous êtes des fleurs d’un printemps, comme l’a dit Mgr.Semren, les fleurs d’un printemps qui veulent avancer et non revenir à la destruction, aux choses qui nous font ennemis les uns des autres. Je trouve en vous cette volonté et cet enthousiasme. Et cela est nouveau pour moi. Je vois que vous ne voulez pas de destruction, vous ne voulez pas être ennemi l’un de l’autre. Vous voulez marcher ensemble, comme l’a dit Nadezda. Et cela est grand! Je vois dans cette génération, aussi en vous, en vous tous. J’en suis sûr! Regardez en vous…. Je vois que vous avez la même expérience que Darko. Nous ne sommes pas eux et nous, nous sommes nous. Nous voulons être nous, pour ne pas détruire la patrie, pour ne pas détruire le pays. Tu es musulman, tu es juif, tu es orthodoxe, tu es catholique… mais nous sommes nous. Cela c’est faire la paix! Et cela est propre à votre génération, et c’est votre joie! Vous avez une grande vocation. Une grande vocation, ne jamais construire des murs, seulement des ponts. Et c’est cela la joie que je trouve en vous. Merci!".

La troisième et dernière question était de savoir quel était son message pour la paix pour tous les jeunes. Dans cette réponse, a dit le Pape, "je répète un peu les choses que j’ai déjà dites. Tous parlent de la paix. Certains puissants de la terre parlent et ils disent de belles choses sur la paix, mais par en-dessous ils vendent des armes! De vous j’attends honnêteté, honnêteté dans ce que vous pensez, ce que vous sentez et ce que vous faites, les trois choses ensemble. Le contraire s’appelle hypocrisie! Il y a quelques années j’ai vu un film sur cette ville, je ne me souviens plus du nom, mais la version allemande – celle que j’ai vue – était Die Brücke (Le pont). Je ne sais pas comment il s’appelle dans votre langue... Et j’ai vu là comment le pont unit toujours. Quand le pont n’est pas utilisé pour aller l’un vers l’autre, mais il est un pont interdit, il devient la ruine d’une ville, la ruine d’une existence. C’est pourquoi de vous, de cette première génération d’après-guerre, j’attends honnêteté et non hypocrisie. Union, faire des ponts, mais faire en sorte qu’on puisse aller d’un bout à l’autre. Cela c’est la fraternité".

Au moment de quitter les jeunes et alors que s'envolaient les deux colombes libérèes en signe de paix, le Pape s'est exclamé: "Mir Vama! C’est la tâche que je vous laisse. Faire la paix, tous ensemble! Ces colombes sont un signe de paix, la paix qui nous portera la joie. Et la paix se fait entre tous, entre tous, musulmans, juifs, orthodoxes, catholiques et autres religions. Nous sommes tous frères! Nous adorons tous un Dieu Unique! Jamais, jamais de séparation entre nous! Fraternité et union. Maintenant je m’en vais et je vous demande, s’il vous plaît, de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse!". Le Pape s'est ensuite rendu en voiture à l'aéroport de Sarajevo où il a été accueilli par le membre croate de la présidence tripartite, M.Dragan Covic, et à 20 h, il a décollé pour Rome où il est arrivé une heure et demie plus tard.

Voici le discours préparé par le Saint-Père:

J’ai beaucoup désiré cette rencontre avec vous, jeunes de Bosnie-Herzégovine, ainsi que des pays voisins. J’adresse à chacun un salut chaleureux. Me trouvant ici dans ce centre dédié à saint Jean-Paul II, nous ne pouvons pas oublier tout ce qu’il a fait pour les jeunes, en les rencontrant et en les encourageant dans toutes les parties du monde. Je confie chacun de vous à son intercession, de même que toutes les initiatives que l’Eglise catholique a entreprises dans votre terre pour témoigner sa proximité et sa confiance dans les jeunes. Nous marchons tous ensemble!

Je connais les doutes et les espérances que vous portez dans votre cœur. Mgr.Marko Semren et vos représentants, Darko et Nadežda, nous les ont rappelés. Je partage en particulier le souhait que de réelles perspectives en vue d’un avenir digne dans le pays soient assurées aux nouvelles générations, évitant ainsi le triste phénomène de l’exode. A cet égard, les institutions sont appelées à mettre en œuvre des stratégies opportunes et courageuses pour permettre aux jeunes de réaliser leurs légitimes aspirations. De cette façon, ils seront en mesure de contribuer efficacement à l’édification et à la croissance du pays. L’Eglise, pour sa part, peut apporter sa contribution avec des projets pastoraux adéquats, axés sur la formation de la conscience civique et morale de la jeunesse, l’aidant ainsi à être protagoniste de la vie sociale. Cet engagement de l’Eglise est déjà en cours, spécialement à travers la précieuse œuvre des écoles catholiques, ouvertes à juste titre non seulement aux étudiants catholiques, mais aussi à ceux des autres confessions chrétiennes et des autres religions. Toutefois, l’Eglise doit se sentir appelée à oser toujours plus, en partant de l’Evangile et poussée par l’Esprit Saint qui transforme les personnes, la société et l’Eglise elle-même".

"A vous aussi, jeunes, revient une tâche décisive, celle d’affronter les défis de notre temps. Ce sont certainement des défis matériels, mais, bien avant, ils concernent la vision de l’homme. En effet, avec les problèmes économiques, avec la difficulté de trouver du travail et l’incertitude qui en découle pour l’avenir, on perçoit la crise des valeurs morales et la perte du sens de la vie. Face à cette situation critique, on pourrait céder à la tentation de la fuite, de l’évasion, en se fermant dans une attitude d’isolement égoïste, en se réfugiant dans l’alcool, dans la drogue, dans les idéologies qui prêchent la haine et la violence. Ce sont des réalités que je connais bien parce que malheureusement elles sont présentes aussi dans la ville de Buenos Aires, dont je viens. C’est pourquoi je vous encourage à ne pas vous laisser abattre par les difficultés, mais à faire émerger sans peur la force qui vient de votre être de personnes et de chrétiens, de votre être de semences d’une société plus juste, fraternelle, accueillante et pacifique. Vous, jeunes, avec le Christ, vous êtes la force de l’Eglise et de la société. Si vous vous laissez modeler par lui, si vous vous ouvrez au dialogue avec lui dans la prière, par la lecture et la méditation de l’Evangile, vous deviendrez prophètes et témoins d’espérance. Vous êtes appelés à cette mission: sauver l’espérance à laquelle vous pousse votre réalité même de personnes ouvertes à la vie, l’espérance que vous avez de dépasser la situation actuelle, de préparer pour l’avenir un climat social et humain plus digne que l’actuel, l’espérance de vivre dans un monde plus fraternel, plus juste et plus pacifique, plus sincère, plus à la mesure de l’homme. Je vous souhaite de prendre toujours plus conscience que vous êtes enfants de cette terre, qui vous a engendrés et qui demande d’être aimée et aidée à se rebâtir, à croître spirituellement et socialement, grâce aussi à l’indispensable contribution de vos idées et de votre œuvre. Pour vaincre toute trace de pessimisme il faut le courage de se dépenser avec joie et dévouement dans la construction d’une société accueillante, respectueuse de toutes les diversités, orientée vers la civilisation de l’amour. De ce style de vie vous avez un grand témoin très proche, le bienheureux Ivan Merz. Saint Jean-Paul II l’a proclamé bienheureux à Banja Luka. Qu’il soit toujours votre protecteur et votre exemple!".

"La foi chrétienne nous enseigne que nous sommes appelés à un destin éternel, à être enfants de Dieu et frères dans le Christ, à être créateurs de fraternité par amour du Christ. Je me réjouis pour l’engagement dans le dialogue œcuménique et inter-religieux entrepris par vous, jeunes catholiques et orthodoxes, avec l’implication aussi de jeunes musulmans. Dans cette importante activité, ce Centre de jeunesse Saint-Jean-Paul II joue un rôle significatif, avec des initiatives de connaissance réciproque et de solidarité, pour favoriser la cohabitation pacifique entre les diverses appartenances ethniques et religieuses. Je vous encourage à poursuivre avec confiance cette œuvre, en vous engageant dans les projets communs, avec des gestes concrets de proximité et d’aide aux plus pauvres et aux personnes dans le besoin".


"Chers jeunes, votre présence festive, votre soif de vérité et de hauts idéaux sont des signes d’espérance! La jeunesse n’est pas passivité, mais effort tenace pour atteindre des buts importants, même si cela coûte. Ce n’est pas fermer les yeux devant les difficultés, mais refuser les compromis et la médiocrité. Elle n’est ni évasion ni fuite, mais l’engagement d’une solidarité avec tous, particulièrement avec les plus faibles. L’Eglise compte et veut compter sur vous, qui êtes généreux et capables des meilleurs élans et des plus nobles sacrifices. C’est pourquoi vos Pasteurs, et moi avec eux, nous vous demandons de ne pas vous isoler, mais d’être toujours unis entre vous, pour bénéficier de la beauté de la fraternité et être plus efficace dans votre action. Par votre façon de vous aimer et de vous engager, tous pourront voir que vous êtes chrétiens, les jeunes chrétiens de la Bosnie-Herzégovine! Sans peur, sans fuir la réalité, ouverts au Christ et à vos frères. Vous êtes une part vivante du grand Peuple qu’est l’Eglise, le Peuple universel, dans lequel toutes les nations et toutes les cultures peuvent recevoir la bénédiction de Dieu et trouver le chemin de la paix. Dans ce Peuple, chacun de vous est appelé à suivre le Christ et à donner sa vie pour Dieu et pour ses frères, sur le chemin que le Seigneur vous indiquera, ou plutôt, qu’il vous indique! Déjà aujourd’hui, maintenant, le Seigneur vous appelle . Voulez-vous lui répondre? N’ayez pas peur. Nous ne sommes pas seuls! Nous sommes toujours avec le Père céleste, avec Jésus notre Frère et Seigneur, avec l’Esprit Saint, et nous avons l’Eglise et Marie pour Mère. Que la Vierge Marie vous protège et vous donne toujours la joie et le courage de témoigner de l’Evangile".

Entretien avec les journalistes


Cité du Vatican, 8 juin 2015 (VIS). Dans l'avion le ramenant de Sarajevo à Rome, le Saint-Père s'est comme de coutume entretenu avec les journalistes ayant suivi sa visite pastorale en Bosnie - Herzégovine. A propos de la question Medjugorje, il a rappelé que son prédécesseur avait constitué une commission d'experts présidée par le Cardinal Ruini. Si elle a donné de bons résultats, une réunion de la Congrégation pour la doctrine de la foi doit encore être consacrée à l'étude du rapport. Après quoi des décisions seront prises. A la question de savoir s'il envisageait un voyage en Croatie, il a rappelé qu'avec sa visite en Albanie il avait indiqué vouloir visiter l'Europe en partant des petits pays, et d'avoir choisi de commencer par des pays martyrs des Balkans. Revenant sur le thème central de son voyage pastoral, le Pape a dit que parler de paix ne suffit pas. Il faut la faire. Il y a ceux qui parlent de paix et vendent des armes. Ce sont des hypocrites. Il est pourtant simple de comprendre comment on entretient un climat de guerre. Enfin, à propos des dangers de la communication virtuelle, il a reconnu que la technologie est un progrès. Si on ne peut nier cette réalité, il faut en faire un usage raisonnable. Car sinon il annule la vie en commun, la vie familiale, la vie sociale. Qui demeure collé à son ordinateur se coupe aussi du sport ou de l'art, pour tomber malade psychologiquement.    

Pèlerinage et vie


Cité du Vatican, 8 juin 2015 (VIS). Comme chaque année, le Pape a adressé un message aux participants au XXVII pèlerinage nocturne Macerata - Loreto (Italie), réunis ce soir pour une messe célébrée par le Cardinal Pell. A cause du voyage papal à Sarajevo, le message avait été pré-enregistré: "Le pèlerinage est un symbole de la vie. La vie c'est marcher, avancer. Qui ne marche pas reste en arrière. Il ne sert à rien, ne fait rien. Lorsque l'eau stagne elle est putride. Quelqu'un qui ne fait pas le bien...ni rien pour les autres, n'est pas à la recherche de Dieu. C'est l'Esprit qui nous anime et sans lui on ne peut que tomber dans la médiocrité et la misère spirituelle. Alors allez et avancez dans la vie!".

Possessions cardinalices


Cité du Vatican, 8 juin 2015 (VIS). Vendredi 12 juin à 19 h, lw Cardinal Edoardo Menichelli, Archevêque d'Ancona - Osimo (Italie), prendra possession du titre des Sacrés Coeurs de Jésus et Marie à Tor Fiorenza. Dimanche 14 juin à 17 h, le Cardinal Manuel José Macário do Nascimento, Patriarche de Lisbonne (Portugal), prendra possession du titre de St.Antoine au Campo Marzio.


Audiences


Cité du Vatican, 8 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin les prélats de la Conférence épiscopale de Porto Rico en visite Ad Limina:

Le Cardinal Roberto Octavio González Nieves, OFM, Archevêque de San Juan de Puerto Rico, accompagné de son ancien Auxiliaire, Mgr.Héctor Manuel Rivera Pérez.

Mgr.Daniel Fernández, Evêque d'Arecibo.

Mgr.Rubén Antonio González Medina, CMF, Evêque de Caguas.

Mgr.Eusebio Ramos Morales, Evêque de Fajardo - Humacao.
Mgr.Alvaro Corrada del Río, SJ, Evêque de Mayagüez.

Mgr.Félix Lázaro Martínez, Sch.P, Evêque de Ponce.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 8 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Heiner Koch, Archevêque métropolitain de Berlin (superficie 31.200, population 5.680.705, catholiques 407.060, prêtres 421, diacres 35, religieux 668), en Allemagne. Il était jusqu'ici Evêque de Dresden - Meissen (Allemagne).

Mgr.Benito Adán Mendez Bracamonte, Ordinaire militaire pour le Venezuela. L'Evêque élu, né en 1962 à Menegrande (Venezuela) et ordonné prêtre en 1990, était jusqu'ici Administrateur de ce même office. Diplômé en bioéthique, il a été aumônier de congrégation, vice recteur de séminaire diocésain, curé de paroisse et aumônier militaire.


samedi 6 juin 2015

Guérir les blessures du passé pour bâtir l'avenir


Cité du Vatican, 6 juin 2015 (VIS). Vers 9 h le Saint-Père a atterri à Sarajevo, capitale de la Bosnie - Herzégovine, but de son huitième voyage pastoral hors d'Italie. Il a été accueilli par le Président croate de l'Etat M.Dragan Crovic (triple présidence tournante) et le Cardinal Vinko Puljic et les autres évêques du pays. Après la cérémonie d'accueil, il a pris la route pour le centre ville, où il a été accueilli à la présidence par les deux autres Présidents, le Président en charge le serbe Mladen Ivanic, et le bosniaque Bakir Izetbegovic, qui l'ont présenté aux corps constitués. Voici le premier discours du Pape François, expliquant le sens de cette visite:

"C’est pour moi un motif de joie de me trouver dans cette ville qui a tant souffert des conflits sanglants du siècle dernier et qui est redevenue un lieu de dialogue et de cohabitation pacifique. Elle est passée d'une culture de l'affrontement, la guerre, à une culture du dialogue. Sarajevo et la Bosnie - Herzégovine revêtent une signification spéciale pour l’Europe et pour le monde entier. Depuis des siècles, sur ces territoires sont présentes des communautés qui professent des religions diverses et appartiennent à diverses ethnies et cultures, dont chacune est riche de ses caractéristiques distinctives et jalouse de ses traditions spécifiques, sans que cela ait empêché pendant longtemps l’instauration de relations réciproques amicales et cordiales. Même la structure architecturale de Sarajevo en porte des traces visibles et consistantes, puisque dans son tissu urbain émergent, à peu de distance les unes des autres, des synagogues, des églises et des mosquées, à tel point que la ville a reçu l’appellation de Jérusalem de l’Europe. En effet, elle représente un carrefour de cultures, de peuples et de religions. Un tel rôle demande de construire toujours de nouveaux ponts, de soigner et de réparer ceux qui existent, pour que soit assurée une communication facile, sûre et civilisée. Nous avons besoin de communiquer, de découvrir les richesses de chacun, de valoriser ce qui nous unit et de regarder les différences comme des possibilités de croissance dans le respect de tous. Un dialogue patient et confiant est nécessaire, en sorte que les personnes, les familles et les communautés puissent transmettre les valeurs de leur propre culture et accueillir le bien provenant de l’expérience des autres. Ainsi, les graves blessures du passé récent peuvent aussi se cicatriser et l’on peut regarder le futur avec espérance, en faisant face, avec l’esprit libéré des peurs et des rancœurs, aux problèmes quotidiens que chaque communauté civile est appelée à affronter".

"Je suis venu comme pèlerin de paix et de dialogue, dix-hui ans après la visite historique de Jean-Paul II, qui a eu lieu à moins de deux ans de la signature des Accords de paix de Dayton. Je suis heureux de voir les progrès accomplis, pour lesquels il faut remercier le Seigneur et de nombreuses personnes de bonne volonté. Mais il est important de ne pas se contenter de ce qui a été réalisé jusqu’à présent, mais de chercher à faire d’autres pas afin de renforcer la confiance et de créer des occasions en vue d’accroître la connaissance et l’estime mutuelles. Pour favoriser ce parcours, la proximité et la collaboration de la communauté internationale sont fondamentales, en particulier celles de l’Union Européenne et de tous les pays ainsi que des organisations présentes et opérant sur le territoire de la Bosnie - Herzégovine...qui est part intégrante de l’Europe. Ses succès et ses drames s’insèrent de plein droit dans l’histoire des succès et des drames européens, et ils constituent en même temps un sérieux avertissement à réaliser des efforts pour que les processus de paix engagés deviennent toujours plus solides et irréversibles. Dans ce pays, la paix et la concorde entre croates, serbes et bosniaques, les initiatives destinées à les accroître davantage, les relations cordiales et fraternelles entre musulmans, juifs, chrétiens et autres minorités religieuses, revêtent une importance qui va bien au-delà de ses frontières. Elles témoignent au monde entier que la collaboration entre diverses ethnies et religions en vue du bien commun est possible, qu’un pluralisme de cultures et de traditions peut subsister et donner vie à des solutions originales et efficaces des problèmes, que même les blessures les plus profondes peuvent se guérir, grâce à un parcours qui purifie la mémoire et donne espérance pour l’avenir. Dans tous les enfants qui m'ont accueillis à l'aéroport, représentant les diverses religions et composantes ethniques, j'ai vu l'espérance de l'avenir pour ce pays".

"Pour nous opposer avec succès à la barbarie qui voudrait faire de toute différence l’occasion et le prétexte de violences toujours plus féroces, nous avons tous besoin de reconnaître les valeurs fondamentales de la commune humanité, valeurs au nom desquelles on peut et on doit collaborer, construire et dialoguer, pardonner et grandir, en permettant à l’ensemble des diverses voix de former un chant noble et harmonieux, au lieu de hurlements fanatiques de haine. Les responsables politiques sont appelés à la noble tâche d’être les premiers serviteurs de leurs communautés à travers une action qui sauvegarde d’abord et avant tout les droits fondamentaux de la personne humaine, parmi lesquels se distingue celui de la liberté religieuse. Ainsi, il sera possible de construire, grâce à un engagement concret, une société plus pacifique et plus juste, en cherchant des solutions, avec l’aide de chaque composante, aux multiples problèmes de la vie quotidienne du peuple. Pour que cela se réalise, l’égalité effective de tous les citoyens devant la loi et dans son application est indispensable, quelle que soit leur appartenance ethnique, religieuse et géographique: Ainsi, tous sans distinction se sentiront pleinement participants de la vie publique et, en jouissant des mêmes droits, ils pourront activement apporter leur contribution spécifique au bien commun".

"Mue par l’enseignement et l’exemple de son divin Maître, l'Eglise participe, par la prière et l’action de ses fidèles comme de ses institutions, à l’œuvre de reconstruction matérielle et morale de la Bosnie - Herzégovine, en partageant ses joies et ses préoccupations, avec le désir de témoigner activement de sa proximité particulière envers les pauvres et les nécessiteux. Le Saint-Siège se félicite du chemin parcouru ces dernières années et assure de sa sollicitude dans la promotion de la collaboration, du dialogue et de la solidarité, en sachant que la paix et l’écoute réciproque dans une cohabitation civilisée et ordonnée sont les conditions indispensables d’un développement authentique et durable. Il souhaite vivement que la Bosnie-Herzégovine, grâce à l’apport de tous, après que les nuages noirs de la tempête se sont finalement éloignés, puisse poursuive la route entreprise, en sorte que, après l’hiver glacial, fleurisse le printemps. Et ici, le printemps, on le voit fleurir!".


Construire la paix de manière artisanale


Cité du Vatican, 6 juin 2015 (VIS). Après son discours à la présidence, le Saint-Père a gagné le stade Kosevo où 60.000 personnes l'attendaient pour assister à la messe solennelle. A l'homélie, lue en italien et traduite par partie après partie en croate, il a à nouveau dénoncé tous ceux qui appellent de leurs vues le choc des cultures et des civilisations:

Dans les lectures à peine écoutées "a résonné plusieurs fois la parole paix, la parole prophétique par excellence. La paix est le rêve de Dieu, c’est le projet de Dieu pour l’humanité, pour l’histoire, avec toute la création. Et c’est un projet qui rencontre toujours des oppositions de la part de l’homme et de la part du malin. En notre temps aussi, l’aspiration à la paix et l’engagement pour la construire s’affrontent par le fait qu’il y a dans le monde de nombreux conflits armés. C’est une sorte de troisième guerre mondiale livrée par morceaux et, dans le contexte de la communication globale, on perçoit un climat de guerre. Ce climat, certains veulent le créer et l’attiser délibérément, en particulier ceux qui cherchent l’affrontement entre différentes cultures et civilisations, et aussi ceux qui spéculent sur les guerres pour vendre des armes et s'enrichir. Or la guerre signifie des enfants, des femmes et des personnes âgées dans les camps de réfugiés, mais aussi...des maisons, des rues, des usines détruites, et surtout beaucoup de vies brisées. Vous le savez bien, pour l‘avoir expérimenté ici. Que de souffrance, que de destructions, que de douleur. Aujourd’hui, que de cette ville se lève encore une fois le cri du peuple de Dieu et de tous les hommes et les femmes de bonne volonté: Jamais plus la guerre! Dans de ce climat de guerre, comme un rayon de soleil qui traverse les nuages, résonne la parole de Jésus: Heureux les artisans de paix. C’est un appel toujours actuel, qui vaut pour chaque génération. Il ne dit pas: Heureux les prédicateurs de paix. Car nous sommes tous sont capables de la proclamer, même de manière hypocrite ou mensongère. Non. Il dit: Heureux les artisans de paix, c’est-à-dire ceux qui la font. Faire la paix est un travail artisanal qui demande passion, patience, expérience, ténacité. Heureux sont ceux qui sèment la paix par leurs actions quotidiennes, par des attitudes et des gestes de service, de fraternité, de dialogue, de miséricorde. Ceux-ci, oui, seront appelés fils de Dieu, parce que Dieu sème la paix, toujours, partout. A la plénitude des temps, il a semé son Fils dans le monde pour que nous ayons la paix! Faire la paix est un travail à mener chaque jour, pas après pas, sans jamais se fatiguer".

"Comment faire, comment se construit la paix? Le prophète Isaïe nous l’a rappelé, de façon essentielle que l’œuvre de la justice sera la paix. L'Opus Iustitiae Pax...devenu le célèbre mot d’ordre, adopté aussi prophétiquement par Pie XII. La paix est œuvre de la justice, non une justice déclamée, théorisée, planifiée… mais la justice pratiquée et vécue. Le Nouveau Testament nous enseigne que le plein accomplissement de la justice est d’aimer son prochain comme soi-même. Lorsque, avec la grâce de Dieu, nous suivons ce commandement, comme les choses changent. Parce que nous changeons, nous! Cette personne, ce peuple, que nous voyons comme ennemi, a en réalité mon visage même, il a mon cœur même, mon âme même. Nous avons le même Père dans les cieux. Alors la véritable justice est de faire à cette personne, à ce peuple, ce que je voudrais qu’il me soit fait à moi, à mon peuple".

Paul nous indique ce qui est nécessaire pour faire la paix: "Revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. Le Seigneur vous a pardonnés, faites de même. Voilà les attitudes pour être artisans de paix au quotidien, là où nous vivons. Ne nous imaginons pas cependant que cela dépend seulement de nous. Nous tomberions dans un moralisme illusoire. La paix est don de Dieu, non au sens magique, mais parce que Lui, avec son Esprit, peut imprimer ces attitudes dans nos cœurs et dans notre chair, et faire de nous de véritables instruments de sa paix. Et, en allant plus profond, l’Apôtre dit que la paix est don de Dieu parce qu’elle est fruit de sa réconciliation avec nous. L’homme peut devenir artisan de paix, seulement s’il se laisse réconcilier avec Dieu. Demandons tous ensemble au Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, la grâce d’avoir un cœur simple, la grâce de la patience, la grâce de lutter et de travailler pour la justice, d’être miséricordieux, de faire œuvre de paix, de semer la paix et non la guerre et la discorde. C’est le chemin qui rend heureux, qui rend bienheureux".


Promulgation de décrets


Cité du Vatican, 6 juin 2015 (VIS). A la suite de l'audience accordée hier après-midi au Cardinal Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le Pape a ordonné la promulgation des décrets relatifs:

au MIRACLE attribué

au Serviteur de Dieu Francisco de Paola Victor (1827 - 1905), prêtre séculier brésilien.

à la Servante de Dieu Clara (Ludovica Szczęsna, 1863 - 1916), religieuse polonaise co-fondatrice des Servantes de Sacré Coeur.

au MARTYRE

du Serviteur de Dieu Frederico da Berga (Martí Tarrés Paigpelat), capucin espagnol, et de ses 25 compagnons prêtres et laïcs du tiers ordre, tués en haine de la foi en 1936.

du Serviteur de Dieu Joseph Thao Tiên, prêtre séculier laotien, et de ses 10 compagnons, prêtres des Missions étrangères de Paris et des Oblats missionnaires de l'Immaculée, et le leurs 4 compagnons laïcs, tués en haine de la foi au Laos entre 1954 et 1970.

aux VERTUS HEROIQUES attribuées

au Serviteur de Dieu Antonio Celona (1873 - 1952), prêtre séculier italien, fondateur des Réparatrices du Sacré Coeur.

au Serviteur de Dieu Ottorino Zanon (1915 - 1972), prêtre italien fondateur des de la Société de St.Gaétan.

au Serviteur de Dieu Marcello Labor (1890 - 1954), prêtre séculier italien.

à la Servante de Dieu Maria Antonia del Sacro Cuore di Gesù (Rachele Lalia, 1839 - 1914), religieuse italienne fondatrice des Dominicaines missionnaires de St.Sixte.



Audiences


Cité du Vatican, 6 juin 2015 (VIS). Hier après-midi le Saint-Père a reçu:

Le Cardibal Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints.

Mgr.Jorge Eduardo Lozano, Evêque de Gualeguaychú (Argentine).

Mgr.Vicente Bokalic Iglic, Evêque de Santiago del Estero (Argentine).


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 6 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé l'Abbé José Alberto González Juárez, Evêque de Tuxtepec (superficie 6.000, population 781.000, catholiques 738.000, prêtres 50, diacres 10, religieux 34), au Mexique. L'Evêque élu, né en 1967 à El Parral (Mexique) et ordonné prêtre en 1995, était jusqu'ici Vicaire épiscopal de ce même diocèse. Licencié en philosophie, il a été et est curé de paroisse, enseignant et Recteur du séminaire diocésain.


vendredi 5 juin 2015

Visite de la Présidente chilienne


Cité du Vatican, 5 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin la Présidente chilienne Mme.Michelle Bachelet Jeria, qui s'est ensuite entretenue avec le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, assisté de Mgr.Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les rapports avec les états: Ayant convenu d'un prochain renforcement de leurs bonnes relations dans le cadre du droit international, les parties ont abordé des questions d'intérêt commun comme la sauvegarde de la vie, l'éducation ou la paix sociale. En l'occurrence, a été saluée la contribution des institutions catholiques au bien de la personne, à la formation socio-éducative et à l'assistance des plus besogneux. Ces entretiens cordiaux ont également porté sur la situation de l'Amérique latine et sur certains des enjeux globaux l'intéressant.


Encouragement aux pères Dehoniens


Cité du Vatican, 5 juin 2015 (VIS). Le Pape a reçu ce matin le chapitre général des père Déhoniens (Prêtres du Sacré Coeur), réunis pour réfléchir sur comment être miséricordieux en communauté comme envers les pauvres: "La vie religieuse est pleinement évangélique dans la mesure où elle réalise le Béatitudes. Les religieux sont donc appelés à pratiquer la miséricorde, en vivant avec intensité la communion avec Dieu, sans la prière, la méditation de l'Ecriture, la célébration de l'Eucharistie". Conscients de l'amour gratuit de Dieu, nous faisons "grandir en nous la compréhension et la bonté envers autrui... C'est dans l'expérience de la miséricorde de Dieu que l'on trouve un point d'harmonie pour la vie en communauté. Cela comporte de reconnaître la miséricorde dont nos frères font preuves envers nous" pour la leur restituer. "La miséricorde est une synthèse de l'Evangile qui permet de dire que le Christ" est présent dans toutes les personnes que nous rencontrons. "Laissez vous donc interpeller sans cesse par les situations de fragilité et de pauvreté que vous rencontrez. Cherchez d'offrir de manière adéquate le témoignage de la charité que l'Esprit offre à votre coeur. La miséricorde exprimée permet de s'ouvrir aux besoins présents de l'évangélisation, en privilégiant si nécessaire des sacrifices, une ouverture sur les manifestations des maux de notre société".


Oeuvres pontificales missionnaires


Cité du Vatican, 5 juin 2015 (VIS). Comme chaque année à l'occasion de leur assemblée générale, le Pape a reçu les Oeuvres pontificales missionnaires, rappelant à ses hôtes que l'annonce évangélique est la première principale mission de l'Eglise, mais aussi la source de son renouvellement... Sans le principe évangélisateur on ne saurait développer une pastorale efficace et crédible, unissant annonce et promotion de la personne. La mission est donc la paradigme de toute l'oeuvre de l'Eglise". Evoquant le travail des OPM, qui s'étend aux frontières sociales comme géographiques, le Saint-Père a évoqué "les merveilles accomplies par l'Esprit dans toutes ces Eglises souvent démunies de ressources...malgré difficultés et persécutions subies à cause de leur fidélité à la Parole dans la défense de la personne. L'Eglise est appelée à sortir pour aller vers ces périphéries humaines pour rencontrer ces frères qui vivent sans la force, sans la lumière ni la consolation de Jésus-Christ, sans une communauté de foi pour les accueillir, sans sens à donner à la vie... Par charisme les OPM sont sensibles aux besoins des territoires et mission et aux groupes humains les plus démunis. Elles sont des instruments de communion entre Eglises qui favorisent et favorisent le partage des ressources, soutenant séminaristes, prêtes et religieuses des Eglises jeunes...présents dans les collèges pontificaux... Soyez toutefois attentifs à ne pas tomber dans la tentation de devenir une ONG... Si l'argent est utile il peut aussi ruiner la mission. Le fonctionnalisme risque de devenir la chose la plus importante et porter à la ruine... Il ne faut pas retrancher le Christ de l'action des Oeuvres missionnaires. Elles sont son oeuvre! Une Eglise qui se limiterait à l'efficacité de ses structures serait morte, même si ses programmes...devaient durer encore des siècle! L'évangélisation authentique n'est possible qu'avec l'énergie sanctificatrice de l'Esprit car lui seul peut renouveler, raviver et relancer le courage de l'Eglise à sortir d'elle même pour" aller vers les autres.

Catastrophe au Ghana


Cité du Vatican, 5 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir un télégramme de condoléances au Président de la Conférence épiscopale ghanéenne à la suite d'un grave accident survenu à Accra, où l'explosion d'un distributeur de carburant a d'ores et déjà causé la mort de plus de 170 personnes. Il prie pour les victimes, pour les nombreux blessés et les familles en peine. Recommandant les défunts à Dieu Tout Puissant, il invoque sur tous ceux qu'affectent ce drame force et réconfort.

Messe et procession du Corpus Domini


Cité du Vatican, 4 juin 2015 (VIS). En fin d'après-midi, le Saint-Père a célébré la traditionnelle messe de la solennité du Corpus Domini devant la Basilique du Latran. A la conclusion de la procession eucharistique jusqu'à la Basilique Ste.Marie Majeure, présidée cette année par le Cardinal Vicaire de Rome, il a donné la bénédiction eucharistique solennelle. A l'homélie de la messe il a dit que les paroles de la liturgie met en garde contre un danger, une menace: Manger le corps du Christ et boire son sang afin de ne pas être désagrégés et avilis signifie être dociles à la parole du Seigneur. "Nous nous désagrégeons lorsque nous ne sommes pas fraternels ou lorsque nous jouons des coudes pour être au premier rang, lorsque nous n'osons témoigner de la charité ni offrir d'espérance. Or l'Eucharistie permet d'empêcher cela car elle est lien de communion et accomplissement de l'Alliance" et de l'unité des hommes. "Présent parmi nous sous les espèces, le Christ exige que la force de l'amour dépasse tout obstacle et devienne aussi communion avec le plus pauvre, soutien du faible, attention envers qui a le mal de vivre ou est en passe de perdre la foi... Mais que veut dire aujourd'hui être avilis? Diluer notre dignité signifie se laisser gagner par les idolâtries du temps, l'apparence, la consommation, le moi au centre de tout, la compétition, l'arrogance comme victoire, la non acceptation de l'erreur commise. Tout ceci nous avilit, fait de nous des chrétiens médiocres, insipides, païens. Jésus a versé son sang afin que nous soyons purifiés de tous nos péchés... Nous nous abreuvons à sa source afin d'être préservés de la corruption... Son sang nous libère du péché et nous rend notre dignité...pour être ses yeux à la recherche de Zachée ou de la Madeleine, sa main qui va au secours des malades de corps et d'esprit, son coeur pour qui a besoin de réconciliation, de compréhension et de miséricorde... Non l'Eucharistie n'est pas une récompense pour les bons, mais une force pour les faibles et les pécheurs. Elle est pardon et viatique pour aider à aller" vers toutes les périphéries. La fête de Corpus Domini, qui célèbre un mystère, doit nous engager "à le louer et le chanter le long de nos rues. La procession que nous allons faire "exprimera notre reconnaissance pour le chemin que Dieu nous a permis de faire dans le désert de nos pauvretés, pour sortir de notre conditions serviles. En processionnant, "nous serons en communion avec tous nos frères qui ne sont pas libres d'exprimer publiquement leur foi... Portons avec nous nos frères et nos soeurs à qui a été demandé de sacrifier leur vie en fidélité au Christ. Que leur sang uni à celui du Seigneur soit ferment de paix et de réconciliation pour le monde".  

Publication de l'Encyclique


Cité du Vatican, 4 juin 2015 (VIS). La nouvelle encyclique du Pape François sera publiée jeudi 18 juin et la Salle de Presse précisera d'ici peu les modalité de sa présentation. 

Audiences


Cité du Vatican, 5 juin 2015 (VIS). Ce matin le Saint-Père a reçu:

Mgr.Léon Kalenga Badikebele, Nonce apostolique au Salvador et à Belize.


M.Claudio Descalzi, Administrateur délégué de l'ENI (Italie).

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 5 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé l'Abbé Oscar Augusto Múnera Ochoa, Vicaire apostolique de Tierradentro (superficie 2.087, population 68.000, catholiques 64.000, prêtres 15, religieuses 17), en Colombie. L'Evêque élu, né en 1962 à San Pedro de los Milagros (Colombie) et ordonné prêtre en 1988, était jusqu'ici Curé de San Pedro de los Milagros. Licencié en philosophie, sciences religieuses et missionologie, il a été curé de paroisses, délégué diocésain à la pastorale des jeunes et des vocations, vicaire épiscopal. Il succède à Mgr.Edgar Hernando Tirado Mazo, MXY, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Accepté la renonciation de Mgr.Manfred Melzer à l'office d'Auxiliaire de l'Archevêque de Cologne (Allemagne), présentée en conformité au canon 401,2.

Nommé M.Liberio Milone (Italie), Réviseur Général pour le Saint-Siège et l'Etat de la Cité du Vatican.

Hier, il avait nommé Mgr.Joseph Dinh Dúc Dao, Coadjuteur de l'Evêque de Xuân Lôc (Vietnam), jusqu'ici Auxiliaire de ce même diocèse.


Avis


Cité du Vatican, 5 juin 2015 (VIS). En raison du voyage papal en Bosnie - Herzégovine, un bulletin V.I.S. sera diffusé demain samedi 6 juin.

mercredi 3 juin 2015

Lutter contre l’appauvrissement des familles


Cité du Vatican, 3 juin 2015 (VIS). Ce matin, au cours de l'audience générale tenue Place St.Pierre en présence de 17.000 personnes, le Saint-Père a poursuivi sa catéchèse sur la famille, abordant cette fois la question de l'appauvrissement des familles. La pauvreté, a-t-il dit, peut frapper partout la famille, en milieu urbain, suburbain ou rural. Le phénomène est toujours "aggravé par la guerre, qui pénalise les populations civiles. En réalité, la guerre est la mère de toute pauvreté, prédatrice de vies, d'âmes et d'affections... Malgré elle, beaucoup de familles vivent avec dignité leur pauvreté et cherchent à vivre avec la bénédiction de Dieu. Loin de pouvoir justifier notre indifférence, cela doit accroître notre honte. Même dans la pauvreté tant de familles réussissent à se constituer ou à conserver l'humanité de ses liens. Ceci irrite les planificateurs du bien-être qui considèrent les affections, la procréation et les liens familiaux comme choses secondaires à la qualité de la vie. Alors qu'on devrait s'agenouiller devant ces familles qui sont une école d'humanité face aux sociétés barbares. Que reste-t-il si on cède à ces politiques?... Le travail qu'accomplissent les familles ne saurait être calculé et inscrit au bilan". Mais il ne s'agit pas que de pauvreté alimentaire. Il s'agit "de travail, d'éducation et de santé... Il nous faut être toujours plus à l'écoute des familles pauvres et éprouvées parce que la misère sociale peut parvenir à détruire la famille. Le non emploi comme le chômage ou la précarité pèsent sur la vie familiale et la qualité de ses relations intérieures. De même que les conditions de vie dans les quartiers défavorisés où manquent le logement, les transports publics et les services de socio-éducatifs et sanitaires. A tout cela s'ajoutent les dégâts causés par certains modèles diffusés par la télévision, fondés sur la consommation et l'apparence, qui influencent les couches sociales les plus populaires et désagrègent les liens familiaux. Mère, l'Eglise ne peut ignorer le drame de ses enfants. Si elle doit être pauvre pour être féconde, elle doit répondre à cette misère. Une Eglise pauvre est une Eglise qui pratique naturellement la simplicité, dans son fonctionnement et dans ses institutions, dans le mode de vie de ses membres. Il faut abattre tout ce qui nous sépare des pauvres, et cela nécessite prière et action. Prions donc le Seigneur afin que nos familles deviennent actrices de cette révolution... Plus que jamais nécessaire, cette proximité familiale caractérise depuis le début l'Eglise. Sans oublier que le jugement du petit, du pauvre, peut anticiper celui de Dieu". 

Saluts particuliers


Cité du Vatican, 3 juin (VIS). Après la catéchèse, le Pape a rappelé que le mois de juin est consacré au Sacré Coeur et que c'est demain la solennité du Corpus Domini, qui doit nous inspirer à être plus disposé envers l'autre, et spécialement envers les familles les plus pauvres. Puis il s'est adressé aux jeunes polonais qui participent au XIX Rassemblement de Lednica, les assurant de partager leur joie, leur enthousiasme et leur attente de l'Esprit. Comme la vie des disciples, votre vie ne peut être vide et banale. C'est pourquoi vous l'ouvrez à l'Esprit afin qu'il vous comble de ses dons. Chaque jour je vous accompagne dans le travail et les études, dans la prière et les décisions, dans votre effort pour vous surpasser et faire le bien. Soyez forts de la force de l'Esprit car avec lui vous transformerez le monde. "Puisse-t-il renforcer votre foi et votre espérance, vous conduire à un amour achevé et responsable...et vous aider à engager un grand dialogue avec Dieu, l'homme et le monde où nous faisons étape". Après quoi le Saint-Père a dit sa proximité du peuple chinois, à la suite du naufrage survenu sur le Yangtze, qui a causé plusieurs centaines de victimes. Il a enfin encouragé les ouvriers italien d'un groupe industriel menacés de perdre emploi et outil de travail, appelant de ses voeux une solution rapide et équitable dans le respect des personnes et des familles.

Le Cardinal Parolin s'adresse à l'UNESCO


Cité du Vatican, 3 juin 2015 (VIS). Ce matin à Paris (France), le Cardinal Secrétaire d'Etat est intervenu devant le forum Eduquer aujourd'hui et demain, organisé par la Mission permanente du Saint-Siège dans le cadre du 70 anniversaire de la fondation de l’UNESCO, du 50 anniversaire de la Déclaration conciliaire Gravissimum Educationis et du 25 anniversaire de la Constitution apostolique Ex Corde Ecclesiae, le document de référence pour les universités catholiques. Dans son discours, le Cardinal Pietro Parolin a d'abord tracé l’histoire du service éducatif de l’Eglise catholique, et mis ainsi en exergue quelques défis et perspectives qui se présentent à l'attention générale, dans le but de raviver une commune passion pour l’éducation. Puis il a rappelé que "la culture et l’éducation n’ont jamais été considérées par l’Eglise catholique comme de simples instruments pour l’évangélisation mais comme des dimensions humaines dotées d’une haute valeur intrinsèque. L’investissement dans l’instruction des jeunes générations est une condition pour le développement des peuples, tout particulièrement de ceux qui s’efforcent d’échapper à la faim, à la misère, aux maladies endémiques ou à l’ignorance, et qui cherchent une participation plus large aux fruits de la civilisation, une mise en valeur plus active de leurs qualités humaines. Comme déclarait Paul VI dans l’encyclique Populorum Progressio, l’Eglise partage les efforts pour un plus grand accès à l’alphabétisation, à l’éducation pour tous et à la formation permanente. Ces piliers sont rendus encore plus solides par l’engagement fondamental en faveur des minorités ethniques et religieuses et en soutien au génie féminin, si important pour une croissance harmonieuse de la société. L’Eglise catholique, experte en humanité, a placé l’éducation au centre de sa mission et continue même de nos jours à la considérer comme sa priorité, spécialement dans un contexte de priorité globale pour l’éducation provoquée aussi bien par des processus de changement que par une approche réductionniste qui tend à limiter la portée universelle de l’éducation à l’aspect purement économique. En effet, en y regardant de près, la récente crise financière globale est de genre entropique. Elle a donné naissance à une perte de sens et en conséquence à une apathie sociale. Dans ce refus, on perd toute orientation vers le bien commun et on s’éloigne de la valeur propulsive de la relationnalité au nom de l’anthropologie minimaliste de l’Homo Oeconomicus, qui étouffe les relations interpersonnelles et prend les potentialités rationnelles au piège".


Evoquant alors les fondements de la pédagogie et de la tradition éducative de l’Église, puis les changements introduits par le Concile Vatican II, qui "sut analyser objectivement et à la lumière de l’Evangile les attentes des communautés" chrétiennes, le Cardinal Parolin a tracé les profils de quelques défis et perspectives éducatives de notre temps, manifestement fragmenté et multi-identitaire, passant du paradigme de la terminologie technique à la centralité de l’humain, et soulignant en particulier que "la proposition de l’Eglise catholique es d'aller au-delà des bas-fonds de l’individualisme et de franchir le gué d’une construction épistémologique trop fermée sur elle-même". Militant pour le développement d'une éducation élargie et de valeur, il a dit l'urgence "d'une saine autocritique, en réponse aux plaintes qui viennent du monde scolaire comme de l'université face une excessive présence d’instruments et de techniques, face à une désertification progressive des disciplines humanistes dans la formation". Après avoir tracé le cadre d'une éducation qui soit sensible à la beauté, plus mature en matière de respect de l’environnement, mais aussi dans l’attention au prochain et dans la participation aux idéaux" partagés. Parlant enfin de l’éducation au dialogue et la construction de la fraternité et d'un appel "à rechercher les conditions nécessaires pour un nouvel humanisme qui sache reconstruire un esprit de fraternité entre les personnes et entre les peuples", le Secrétaire d'Etat a conclu en encourageant et louant les initiatives de l’UNESCO qui célèbre l'anniversaire de sa fondation alors que "beaucoup entrevoient les signes d’une transition d’époque. Comme cela est déjà arrivé dans l’histoire de l’humanité, de telles périodes sont denses d’instabilité et cause de désorientation. Face à l’intensification de sentiments d’opposition et de haine, il paraît donc nécessaire de repartir du partage du beau et de la louange de la création, en valorisant l’apport que chacun peut offrir et en proposant un rapprochement humble et patient entre les individus, les communautés et les peuples. A la base de cette responsabilité commune il y a, comme l’avait affirmé ici même Jean-Paul II, une dimension fondamentale, capable de bouleverser jusque dans leurs fondements les systèmes qui structurent l’ensemble de l’humanité et de libérer l’existence humaine, individuelle et collective, des menaces qui pèsent sur elle. Cette dimension fondamentale, c’est l’homme, l’homme dans son intégralité, l’homme qui vit en même temps dans la sphère des valeurs matérielles et dans celle des valeurs spirituelles. Le respect des droits inaliénables de la personne humaine est à la base de tout".

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 3 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Christian Noel Emmanuel, Evêque de Trincomalee (superficie 2.727, population 378.182, catholiques 19.606, prêtres 36, religieux 52), au Sri Lanka. L'Evêque élu, né en 1960 à Trincomalee (Sri Lanka) et ordonné prêtre en 1986, était jusqu'ici Vicaire et économe de ce même diocèse. Il succède à Mgr.Joseph Kingsley Swampillai, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Il a été curé de paroisse, responsable diocésain de la catéchèse et de la liturgie, professeur de séminaire.

L'Abbé Erio Castellucci, Archevêque métropolitain et Abbé de Modena - Nonantola (superficie 2.089, population 510.579, catholiques 465.500, prêtres 227, diacres 73, religieux 360), en Italie. L'Evêque élu, né en 1960 à Forlì (Italie) et ordonné prêtre en 1984, était jusqu'ici Vicaire épiscopal et curé de paroisse du diocèse de Forlì. Docteur en théologie, il a été curé de paroisse, responsable diocésain de la pastorale des jeunes, membre du Presbyterium, vice-recteur et professeur de petit séminaire, Recteur de la Faculté de théologie d'Emilie - Romagne.


Avis


Cité du Vatican, 3 juin 2015 (VIS). Demain, solennité du Corpus Domini, étant férié au Vatican, le prochain bulletin du V.I.S. Sera diffusé vendredi 5 juin.

mardi 2 juin 2015

Message vidéo à la veille du voyage à Sarajevo


Cité du Vatican, 2 juin 2015 (VIS). Hier le Saint-Père s'est adressé par message vidéo aux habitants de Sarajevo et de toute la Bosnie - Herzégovine, en prélude à la visite pastorale qu'il effectuera samedi: Se réjouissant de visiter Sarajevo, il y déclare venir confirmer dans la foi les catholiques, soutenir le dialogue œcuménique et inter-religieux, "et surtout encourager la coexistence pacifique dans le pays: Je vous invite à vous unir à mes prières afin que ce voyage apostolique porte les fruits attendus par la communauté chrétienne et la société toute entière. La paix soit avec vous, tel est le thème choisi pour ma visite, les paroles mêmes que le Ressuscité adressa aux disciples lorsqu'il leur apparut au Cénacle au soir de Pâques. Lui, le Seigneur, est notre force et notre espérance. Il nous apporte sa paix, et veut que nous la recevions avec joie et la diffusions avec amour. Je me prépare à venir parmi vous comme un frère, en messager de paix, à vous exprimer toute mon estime et mon amitié. A chacun, à chaque famille et communauté, je voudrais dire la miséricorde et l'amour de Dieu. Chers frères et soeurs de Bosnie - Herzégovine, soyez assurés de mes sentiments et de ma proximité spirituelle. Je veux encourager les catholiques, témoins de la foi et de l'amour de Dieu, à être solidaires de leurs concitoyens, à oeuvrer en faveur d'une société se construisant dans la paix, le partage et la coopération. Dans l'attente de notre rencontre, j'invoque sur Sarajevo et tout le pays la bénédiction de Dieu et la protection de la Vierge Marie".

Audiences


Cité du Vatican, 2 juin 2015 (VIS). Ce matin le Saint-Père a reçu:

Le Cardinal Agostino Vallini, Vicaire pour le diocèse de Rome.

Mgr.Ivo Scapolo, Nonce apostolique au Chili.

Mgr.Antonio Sozzo, Nonce apostolique au Maroc.


M.Héctor Michel Roy, Secrétaire général de la Caritas Internationalis.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 2 juin 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé Membres de la Commission pontificale d'archéologie chrétienne, Mgr.Carlos Alberto de Pinho Moreira Azevedo, Délégué du Conseil pontifical pour la culture, ainsi que M.Marcello Rotili (Université de Naples, Italie) et M.Paolo Liverani (Université de Florence, Italie).





In memoriam


Cité du Vatican, 2 juin 2015 (VIS). Voici les données rleatives aux prélats décédés ces dernières semaines:

Mgr.Thomas Joseph Connolly, Evêque émérite de Baker (USA), le 24 avril à 92 ans.

Mgr.Raymond Roussin, SM, Archevêque émérite de Vancouver (Canada), le 24 avril à 75 ans.
Le Cardinal Giovanni Canestri, Archevêque émérite de Gênes (Italie), le 29 avril à 96 ans.

Mgr.Symphorian Thomas Keeprath, OFM.Cap, Evêque émérite de Jullundur (Inde), le 3 mai à 84 ans.
Mgr.Vicente Joaquim Zico, CM, Archevêque émérite de Belém do Pará (Brésil), le 4 mai à 88 ans.

Mgr.Nicolas Huynh Van Nghi, Evêque émérite de Phan Thiêt (Vietnam), le 6 mai à 88 ans.
Mgr.Józef Pazdur, Auxiliaire émérite de Wrocław (Pologne), le 7 mai à 90 ans.

Mgr.Geraldo Majela de Castro, O.Praem, Archevêque émérite de Montes Claros (Brésil), le 14 mai à 84 ans.

Mgr.André Lacrampe, Ist.Prado, Archevêque émérite de Besançon (France), le 15 mai à 73 ans.
Mgr.Dominik Tóth, Auxiliaire émérite de Bratislava (Slovaquie), le 16 mai à 89 ans.

Mgr.Manfred Müller, Evêque émérite de Regensburg (Allemagne), le 20 mai à 88 ans.

Mgr.Guido Plante, PME, Evêque émérite de Choluteca (Honduras), le 24 mai à 78 ans.

Mgr.Robert Lebel, Evêque émérite de Valleyfiled (Canada), le 25 mai à 90 ans.


Mgr.Peter Cleestine Elampassery, OFM.Cap, Evêque émérite de Jammu - Srinagar (Inde), le 27 mai à 76 ans. 
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