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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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lundi 18 mars 2013

POINT DE PRESSE SUR LA MESSE DE DEMAIN

Cité du Vatican, 18 mars 2013 (VIS). A 13 h le Directeur de la Salle de Presse a expliqué le déroulement de la messe d'inauguration du pontificat du Pape François, demain matin Place St.Pierre. L'accès du public sera libre. Sur le parvis, de part et d'autre de l'autel, prendront place, à gauche, quelque 250 Archevêques et Evêques, ainsi que des ecclésiastiques et des délégations d'autres Eglises et confessions chrétiennes, et, à droite, les délégations politiques. Au pied du parvis, se trouveront, d'une part, les représentants juifs, musulmans et d'autres religions, ainsi que près de 1200 prêtres et séminaristes, et, d'autre part, le corps diplomatique et les autres autorités.

Le Pape quittera la Domus Sanctae Marthae peu avant 9 h pour se rendre sur la Place qu'il parcourra à bord d'un véhicule pour saluer la foule, avant de rejoindre la sacristie en la chapelle de la Pietà. La cérémonie d'inauguration du pontificat de l'Evêque de Rome commencera par une procession qui conduira le Pape devant l'autel papal, d'où il descendre à la Confession accompagné par le Tu Es Petrus exécuté par les trombes d'argent. Il y vénérera la tombe de Pierre, accompagné d'une dizaine de Patriarches et des Archevêques majeurs des Eglises orientales catholiques, parmi lesquels quatre Cardinaux. Les diacres prendront le Pallium, l'Anneau du Pécheur et l'Evangéliaire se trouvant dans la Confession. Le Pape remontera dans la Basilique et la procession se déroulera au chant des Laudes Regiae, de quelques invocations extraites de la constitution conciliaire Lumen Gentium, puis de la litanie des saints , parmi lesquels les apôtres, de nombreux papes saints le plus récent étant Pie X. Il y aura près de 180 concélébrants: tous les Cardinaux présents à Rome, les 6 Patriarches et Archevêques majeurs présents, le Secrétaire du Collège cardinalice, le Général des Franciscains mineurs et le Général des Jésuites, ces deux derniers respectivement Président et Vice-Président de l'Union des Supérieurs généraux. La procession sortira alors sur le parvis et les concélébrants se disposeront à gauche avec les ecclésiastiques. Le siège du Saint-Père sera placée derrière l'autel, sur lequel se trouvera une statue de la Vierge, devant la grille centrale tendue de velours rouge et sommée d'un crucifix monumental.

Avant le début de la messe proprement dite, prévu à 9 h 30', auront lieu les rites d'inauguration du pontificat: d'abord, le Cardinal Protodiacre Tauran procédera à l'imposition du Pallium (qui est celui de Benoît XVI), suivie d'une prière récitée par le Cardinal Daneels, premier de l'ordre des prêtres. Ensuite le Cardinal Re, premier de l'ordre des évêques, remettra l'Anneau du Pécheur, en argent doré, représentant l'apôtre Pierre avec les clefs. Enfin six Cardinaux, deux par ordre, parmi les premiers présents, prêteront l'obédience, bien que tous les Cardinaux l'aient déjà fait dans la Chapelle Sixtine à la fin du conclave. L'anneau choisi, ayant appartenu à Paul VI, est une oeuvre de Enrico Manfrini. Par ailleurs, c'est durant la prise de possession du Latran, siège épiscopal du diocèse de Rome, que prêteront l'obédience les représentants des diverses composantes du peuple de Dieu.

La messe sera celle de la solennité de saint Joseph avec les lectures correspondantes. L'Evangile sera proclamé en grec, comme il est de coutume pour les plus grandes solennités, pour manifester l'universalité de l'Eglise, composée des grandes traditions d'orient et d'occident, le latin étant déjà abondamment présent dans les autres prières et parties de la messe.

Le Pape lira en italien l'homélie qu'il a écrite (texte non définitif) et qui sera diffusé à la presse sous embargo ainsi que des traductions provisoires. Afin de ne pas rallonger la cérémonie, il n'y aura pas de procession à l'offertoire, les espèces étant déposées à l'autel par les clercs assistants. Le Pape ne donnera pas la communion, qui sera administrée par des diacres sur le parvis et par des prêtres dans les divers secteurs de la place. A l'offertoire, sera exécuté le motet de Pierluigi da Palestrina composé pour la messe d'intronisation du Pape Marcel. Le Te Deum final alternera grégorien et mélodies de Tomás Luis de Victoria. Après la messe, qui ne devrait pas dépasser deux heures, le Pape regagnera la basilique où il saluera les délégations officielles. Suivra le déjeuner à Ste.Marthe. Il n'y aura pas d'angélus, le 19 mars n'étant pas un dimanche.

Le Cardinal Secrétaire d'Etat et le Secrétaire pour les relations avec les états sont susceptibles de s'entretenir avec certaines délégations, comme celle du Brésil, pays où se déroulera en août la prochaine JMJ. Le P.Lombardi a précisé qu'aucune délégation n'est invitée par la Secrétairerie d'Etat laquelle est simplement chargée d'enregistrer les voeux de présence et de les classer selon l'ordre protocolaire. A ce jour on compte 33 délégations chrétiennes (14 Eglises orientales, 10 Eglises occidentales, 9 d'autres confessions), avec notamment SS Barthélémy I, le Patriarche oecuménique de Constantinople, SS Karékin II, Catholicos arménien, le Métropolite Hilarion du Patriarcat orthodoxe de Moscou, le Rév.John Tucker Mugabi Sentamu, Archevêque anglican de York, M.Fryske Tveit, Secrétaire du Conseil oecuménique des Eglises, etc. La délégation hébraïque sera composée de 16 personnes (Communauté de Rome, Grand Rabbinat d'Israël, World Jewish Congress, etc). Sont attendues des délégations musulmane, bouddhiste, sikh, jaïniste. Les états et organisations internationales seront 132, représentées par 6 souverains, 2 princes héritiers, 30 chefs d'état, 11 chefs de gouvernement, le président de la Commission européenne. Les autres délégations seront guidées par des représentants particuliers, comme présidents de parlement, ministres et ambassadeurs.

Le Saint-Père a adopté des armes pontificales qui reprennent ses armes épiscopales. L'écu, sommé d'une tiare archaïque et posé sur les traditionnelles clefs croisées. Fond azur, il présente en coeur un soleil rayonnant portant le monogramme du Christ , symbole des Jésuites, avec au-dessous une étoile d'or symbolisant Marie et une fleur de nard symbolisant Joseph. Ces armes symbolisent l'amour du nouveau Pape pour Jésus, Marie et Joseph. Il a également conservé sa devise épiscopale: Miserando atque Eligendo, rempli amour il le choisit, en référence au publicain que Jésus appela à le suivre. Ce passage d'une homélie de Béde Le Vénérable avait été choisi par Jorge Mario Bergoglio lorsqu'en 1953 à 17 ans il décida de suivre saint Ignace et de se faire prêtre.

Le P.Lombardi a notamment confirmé la rencontre du Pape avec la Présidente argentine, qu'il a invité à déjeuner. Bien qu'il n'y aura pas de communiqué officiel, l'entretien peut être considéré comme absolument cordial.

AUDIENCES


Cité du Vatican, 18 mars 2013 (VIS). Hier après-midi, le Pape François a reçu à la Domus Sanctae Marthae Mgr.Marcello Semeraro, Evêque d'Albano (Italie).

Ce matin, il a reçu en audience le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat.

Il devrait recevoir cet après-midi le P.Adolfo Nicolás Pachón, Préposé Général de la Compagnie de Jésus.

PREMIER TWEET DU PAPE FRANCOIS

Cité du Vatican, 18 mars 2013 (VIS). “Chers amis, je vous remercie de grand cœur et je vous demande de continuer à prier pour moi. Pape François”. Voici la teneur du premier tweet envoyé par le Pape à la fin de l'angélus dominical. Le compte @pontifex fonctionne de nouveau, en neuf langues, et a déjà 3.400.000 followers.

dimanche 17 mars 2013

LE MESSAGE DU CHRIST EST LA MISERICORDE

Cité du Vatican, 17 mars 2013 (VIS). Le Pape François s'est rendu ce matin en l'église paroissiale St.Anne du Vatican pour y célébrer la messe du cinquième dimanche de Carême, une foule compacte se pressait à l'entrée de la Cité située devant cette église. Il a été accueilli par le Curé et le Cardinal Vicaire de la Cité.

A l'homélie, il a commenté l'épisode de la femme adultère, rappelant qu'auparavant Jésus s'était retiré sur une montagne en solitude pour prier, puis s'était rendu au Temple. Alors que les pharisiens voulaient la lapider parce qu'elle était de ces êtres méprisables, il s'écarta pour parler à cette femme: "La solitude de Jésus est féconde. C'est la solitude de la prière avec le Père, la prière si belle que constitue le message évangélique de cet épisode de miséricorde envers l'adultère. La miséricorde doit être le message quotidien de l'Eglise... Il y avait une division au sein du peuple. D'un côté ceux qui venaient l'écouter et au milieu desquels il s'asseyait, des gens désireux d'entendre sa parole, ouverts à la Parole de Dieu. De l'autre, on avait des personnes sourdes, qui ne voulaient rien entendre, qui voulaient seulement condamner à mort cette femme. Nous aussi, nous sommes ce peuple divisé, entre qui veut entendre Jésus et qui veut user du bâton, condamner l'autre. Or Jésus n'est pas venu pour les justes qui se justifient d'eux mêmes, mais pour les pécheurs. Son message est celui de la miséricorde".

"En pensant aux ragots qui suivirent la vocation du publicain Mathieu, qui osait s'afficher avec les pécheurs, reconnaissons que nous sommes pécheurs. Si face à l'autel nous sommes comme ce pharisien, si nous remercions le Seigneur de ne pas être comme le publicain, nous ignorons le coeur du Seigneur. Et ainsi nous n'aurons jamais la joie de connaître sa miséricorde. Certes il n'est pas aisé de s'en remettre à la miséricorde de Dieu. C'est un abysse impossible à comprendre. Mais nous devons le faire! Mon père, si vous saviez! Qu'as-tu fait? Des choses très graves. Parfait, c'est mieux! Va à Jésus qui t'écoutera avec grande attention. Raconte-lui tout. Il sait tout oublier, tout effacer. Il t'embrassera en te disant qu'il ne te condamne pas. Va, te dira-t-il, et ne pèche plus. Un simple conseil. Et si un mois plus tard tu es au même pont, reviens vers lui et recommence. Le Seigneur ne se lasse jamais de pardonner. Demandons la grâce de ne jamais nous lasser de demander pardon. Lui ne se lasse jamais d'accorder sa miséricorde!".

Après l'homélie, le Pape François a dit savoir que parmi l'assemblée il n'y avait pas que des paroissiens: "Parmi les prêtres argentins que je vois, il y a mon auxiliaire de Buenos Aires. Aujourd'hui ils seront donc mes paroissiens. Mais je veux vous présenter un prêtre qui vient de loin, qui oeuvre depuis longtemps auprès des enfants des rues et des drogués, pour qui il a ouvert une école. Il a tant fait pour leur faire connaître Jésus. Il leur a enseigné un travail, leur a permis de travailler, de croire et d'aimer le Seigneur... Priez pour lui. Il vit en Uruguay où il a fondé une école Jean-Paul II. Je me demande comment il est arrivé ici. Je vais m'informer! Merci de prier pour lui". Après la cérémonie, le Saint-Père a salué un à un sur les marches de l'Eglise les paroissiens de Ste.Anne, puis s'est avancé vers l'entrée de la Cité pour répondre à l'enthousiasme d'une foule immense ayant envahi le quartier entourant le Vatican.

SANS LE PARDON LE MONDE N'EXISTERAIT PLUS

Cité du Vatican, 17 mars 2013 (VIS). A midi, le Pape François est apparu pour la première fois à la fenêtre des appartements pontificaux pour le traditionnel angélus dominical. Avant la prière mariale en latin, il s'est adressé à plus de 200.000 personnes uniquement en italien, ouvrant son allocution par un Bonjour frères et soeurs! Malgré sa taille, car elle débordait largement la place et les espaces adjacents, a foule a écouté en silence: "Après notre premier contact de mercredi dernier je peux à nouveau vous saluer tous en ce jour du Seigneur. Le dimanche est important pour les chrétiens, c'est le jour de la rencontre. On se salue, on se parle sur cette place qui, grâce aux media prend aujourd'hui les dimensions du monde. L'Evangile de ce cinquième dimanche de Carême propose l'histoire de la femme adultère sauvée de la mort par Jésus. L'attitude du Seigneur est surprenante car il n'a pas un mot de mépris pour elle, pas une parole de condamnation. Seulement des mots d'amour et de miséricorde qui appellent à la conversion. Moi non plus je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus. Alors, frères et soeurs! Le visage de Dieu est celui d'un père plein de miséricorde, rempli de patience envers nous. Il nous comprend et nous attend et ne se lasse pas de nous pardonner si nous venons à lui le coeur contrit. Avez-vous pensé à la patience de Dieu, envers chacun de nous? Telle est sa miséricorde. Grande est sa miséricorde dit le psalmiste".

"Ces derniers jours j'ai lu un livre sur la miséricorde, écrit par un bon théologien, le Cardinal Kasper. Il m'a fait un grand bien. N'allez pas croire que je fasse de la publicité aux publications de mes cardinaux! Ce n'est pas cela. Mais ce livre m'a fait un bien immense. Le Cardinal Kasper dit que tout change à entendre le mot miséricorde. C'est ce que nous pouvons entendre de meilleur car elle change le monde. Un peu de miséricorde rend le monde moins froid, plus juste. Comprenons bien ce qu'est la miséricorde divine... Souvenons nous d'Isaïe qui affirme que nos péchés pourraient être écarlates, l'amour de Dieu les rendrait blanc comme neige. Je me souviens d'une messe en 1992 pour les malades. La statue de la Vierge de Fatima était arrivée à Caracas et je suis allé confesser. Partant avant la fin car je devais aller administrer des confirmations. Une vieille dame est venue à moi, très humblement, qui voulait être confessée. Je lui ai dit qu'elle ne devait pas avoir péché. Alors elle m'a lancé que nous péchons tous et que le Seigneur nous pardonne toujours. Est-tu certaine de cela, qu'il pardonne tous et toujours? Certaine. Je lui ai demandé comment elle savait cela et sa réponse fut: Sans cela le monde ne pourrait exister! J'avais envie de lui demander si elle avait étudié à l'Université Grégorienne. Telle est la sagesse qu'offre l'Esprit. N'oublions jamais qu'effectivement Dieu ne se lasse jamais de nous pardonner. Jamais. Le problème est que nous, nous nous lassons. En père aimant et pardonnant, il offre sa miséricorde à chacun de nous. Alors apprenons à être miséricordieux les uns les autres. Invoquons l'intercession de Marie, qui a porté dans ses bras la miséricorde divine, c'est à dire Dieu fait homme".

Après la prière mariale, le Saint-Père s'est à nouveau adressé à la foule, la remerciant de son accueil et de sa prière: "Je renouvelle mon salut aux fidèles de Rome en l'étendant à tous, au présents venus de toute l'Italie et du monde entier, à tous ceux qui sont unis à nous grâce aux media. J'ai choisi le nom du patron de l'Italie, ce qui renforce mon lien spirituel avec ce pays. Comme vous le savez mes origines familiales sont ici. Or le Seigneur m'a appelé à faire partie d'une autre famille, son Eglise, la famille de Dieu qui marche sur le chemin de l'Evangile. Le Seigneur vous bénisse, Marie vous protège. Et n'oubliez jamais que le Seigneur ne se lasse jamais de pardonner. Nous, nous nous lassons de lui demander pardon. Bon dimanche et bon appétit!".

samedi 16 mars 2013

UNE EGLISE PAUVRE POUR LES PAUVRES

Cité du Vatican, 16 mars 2013 (VIS). Ce matin Salle Paul VI, le Saint-Père s'est adressé aux milliers de journalistes et opérateurs des media venus à Rome, a-t-il dit, pour couvrir l'actualité du Saint-Siège, "depuis la surprenante annonce de mon vénéré prédécesseur Benoît XVI. Et je tiens à saluer chacun de vous. La place des media s'est considérablement accrue ces derniers temps au point de devenir indispensable pour rapporter les événements de l'histoire contemporaine. Merci de la qualité de votre service durant ces jours où les yeux du monde catholique, et pas seulement catholique, étaient rivés sur la Ville Eternelle, et tout spécialement sur ce petit territoire dont le barycentre est la tombe de Pierre. Combien vous avez travaillé! Vous avez dû parler du Saint-Siège, de l'Eglise, de ses rites et traditions, de sa foi, du rôle du Pape et de son ministère. Je remercie en particulier ceux qui ont su observer et présenter ces événements dans la perspective la plus juste. Les événements historiques demandent une lecture approfondie, qui touchent parois à la dimension de la foi. Mais les événements strictement ecclésiaux sont plus complexes que les politiques ou économiques, car ils répondent pas à une logique mondaine. C'est pourquoi il est difficile de les exposer à un vaste public. Si l'Eglise est une institution humaine et historique, avec tout ce que cela comporte, elle est avant tout une réalité spirituelle, le peuple de Dieu, ce saint peuple qui marche à la rencontre de Jésus-Christ. C'est seulement dans cette perspective que l'on peut comprendre l'action de l'Eglise".

"Le Christ est le pasteur de l'Eglise, et sa présence se manifeste au travers de la liberté des hommes dont un est choisi pour être son vicaire en tant que successeur de l'apôtre Pierre. Mais le coeur de l'Eglise c'est lui, le Christ. Sans lui l'Eglise n'existerait pas, n'aurait pas de raison d'être. Comme l'a souvent dit Benoît XVI, le Christ est présent et il guide l'Eglise. Dans tout ce qui s'est produit c'est l'Esprit qui a agi, qui a inspiré la décision que Benoît XVI a prise pour le bien de l'Eglise. Et c'est lui qui a orienté dans la prière le choix des cardinaux. Il faut tenir compte de cette perspective, de cette herméneutique, pour percer le sens des récents événements... C'est pourquoi je vous invite à approfondir votre analyse...des motivations spirituelles les plus authentiques la guidant pour comprendre l'Eglise. L'Eglise porte une grande attention à la presse et aux media car ils savent saisir et exprimer les attentes et les exigences du monde, et offrir des éléments de lecture des faits. Votre mission a besoin de sensibilité et d'expérience comme tant d'autres professions, et d'une attention toute particulière pour la vérité, la bonté et la beauté. C'est là que nous sommes proches car l'Eglise existe pour communiquer la vérité, la bonté et la beauté en la personne du Christ. De fait nous ne devons pas communiquer nous mêmes mais ces trois valeurs divines".

"Nombreux sont ceux qui, ignorant pourquoi je me suis appelé François, ont pensé à François-Xavier, à François de Sales et à François d'Assise. Voici les faits: dans la Sixtine j'avais à côté de moi le Cardinal Caludio Hummes, l'ancien Archevêque de Sao Paulo et ancien Préfet de la Congrégation pour le clergé, un grand ami, vraiment un grand ami! Lorsque les choses sont devenues dangereuses pour moi, il m'a rassuré et encouragé. Et lorsqu'on est arrivé aux deux tiers des votes, et que les cardinaux ont applaudi le Pape élu, cet ami m'a dit en m'embrassant: N'oublie jamais les pauvres! Ceci s'est imprimé dans mon esprit et j'ai immédiatement pensé au Poverello. J'ai pensé aux guerres, alors que le scrutin reprenait jusqu'à un vote unanime, j'ai pensé à François, l'homme de la paix, l'homme qui aimait et protégeait la nature. Alors que l'humanité a un rapport tellement médiocre avec la création! Il est l'homme diffusant l'esprit de la paix, l'homme pauvre. Combien je désire une Eglise pauvre pour les pauvres!". Un cardinal m'a dit: "Tu devrais t'appeler Adrien parce que Adrien VI fut un réformateur. Et nous avons besoin de réformer" l'Eglise. "Un autre de choisir celui de Clément. Mais pourquoi? Parce qu'en devenant Clément XV tu vengerais l'affront de Clément XIV qui avait supprimé la Compagnie de Jésus". Et "j'ai choisi François, le nom de mon coeur".

Pour finir le Saint-Père a de nouveau chaleureusement remercié les représentants des media: "Je pense à tout le travail que vous avez accompli, je pense à votre profession et vous souhaite d'oeuvrer avec sérénité et prospérité, de connaître de mieux en mieux l'Evangile du Christ et la réalité de l'Eglise. Je le confie à la protection de la Vierge, Etoile de l'évangélisation, et forme des voeux de bonheur à vos familles. De tout coeur je vous bénis". Mais avant cette bénédiction, le Pape a du saluer un certain nombre de représentants de la profession. Reprenant son allocution, il a dit: "Je vous ai dit que je vous aurais donné de tout coeur ma bénédiction. Mais nombre d'entre vous ne sont pas catholiques, ou ne sont pas croyants. Alors, en silence j'offre cette bénédiction à chacun de vous, dans le respect de sa conscience, car je sais que vous êtes tous fils de Dieu. Dieu vous bénisse!".


LE SAINT-PERE CONFIRME PROVISOIREMENT LES CHEFS ET LES MEMBRES DES DICASTERES DE LA CURIE ROMAINE


Cité du Vatican, 16 mars 2013 (VIS). Voici un communiqué de la Salle de Presse du Saint-Siège publié aujourd’hui en fin de matinée:

"Le Pape François a fait savoir qu’il souhaitait que les chefs et membres des dicastères de la Curie romaine, tout comme les Secrétaires, et le Président de la Commission pontificale de l’Etat du Vatican, continuent d’exercer, provisoirement, leurs charges respectives 'donec aliter provideatur'".

"Le Saint-Père souhaite, en effet, se laisser un certain temps pour la réflexion, la prière et le dialogue, avant toute nomination ou confirmation définitive".


AU CHEVET D'UN CONFRERE


Cité du Vatican, 16 mars 2013 (VIS). Hier après-midi, le Pape François a de nouveau quitté le Vatican pour se rendre au chevet du Cardinal argentin Jorge Mejia (90 ans) hospitalisé pour un infarctus. Grande a été la surprise du personnel et des malades de se trouver en présence du nouveau Pape, qu'ils ont salué avec enthousiasme. Le matin, devant les Cardinaux rassemblés, il avait annoncé que le Cardinal Archiviste Bibliothécaire émérite était soigné à la clinique Pie XI.

PROGRAMME PAPAL DU 17 AU 24 MARS


Cité du Vatican, 16 mars 2013 (VIS). Voici le programme des activités du Pape François d'ici à la Semaine Sainte:

Dimanche 17 mars: A 10 h messe privée à la paroisse Ste.Anne du Vatican, suivie à midi du traditionnel angélus depuis la fenêtre de son bureau.

Lundi 18 mars: Rencontre avec la Présidente argentine à la Domus Sanctae Marthae.

Mardi 19 mars: A 9 h 30' Place St.Pierre, messe solennelle d'ouverture du pontificat (accès public libre à partir de 6 h 30'), suivie du salut aux délégations officielles en la Basilique vaticane. Déjeuner avec les Cardinaux à Ste.Marthe.

Mercredi 20 mars: A 11 h Salle Clémentine, audience aux délégués des autres confessions.

Vendredi 22 mars: Audience au corps diplomatique en la Salle Royale.

Samedi 23 mars: Déplacement en hélicoptère à Castelgandolfo pour rencontrer et déjeuner avec Benoît XVI.

Dimanche 24 mars: A 9 h 30' Place St.Pierre, messe des Rameaux et angélus.

vendredi 15 mars 2013

VIEILLESSE, SAGESSE ET JEUNESSE


Cité du Vatican,15 mars 2013 (VIS). "Courage mes frères!", a lancé le Pape recevant ce matin le Sacré Collège au complet. "Probablement la moitié d'entre nous est du troisième âge. On dit, et j'ai le plaisir de le dire, que la vieillesse est pour la vie siège de la sagesse. Comme les vieux Siméon et Anne, les personnes âgées ont la sagesse d'avoir vécu. Et c'est cette sagesse qui leur a permis de reconnaître Jésus. A nous d'offrir cette sagesse aux jeunes. Comme le vin qui se bonifie avec les ans, offrons à la jeunesse notre sagesse. Un poète allemand disait de la vieillesse qu'elle était un temps de paix et de prière, un temps pour transmettre aux jeunes la sagesse des personnes âgées". Après le salut du Cardinal Doyen, le Pape a tenu à signaler que le Cardinal Jorge Mejia était hospitalisé pour un infarctus, formant des voeux de rétablissement rapide et assurant que le prélat les saluait tous. Rendons grâce au Seigneur, a dit le Cardinal Sodano. "Telle est l'invitation liturgique que les Cardinaux s'échangent entre jeunes et moins jeunes pour remercier le Seigneur du don d'avoir donné à l'Eglise son nouveau pasteur... Sachez, Saint-Père, que tous vos cardinaux sommes à votre entière disposition, cherchant à constituer autour de vous comme le cénacle apostolique de Pentecôte. Nous chercherons d'avoir l'esprit ouvert et le coeur croyant, ainsi que vous l'avez écrit dans un livre de méditation".

Dans son allocution, le Saint-Père a dit que cette rencontre voulait être "un prolongement de l'intense communion ecclésiale expérimentée durant ces dernières semaines. Animés par un sens profond de responsabilité...et de connaissance réciproque" nous avons accru notre ouverture les uns aux autres. "Quelqu'un me disait: les cardinaux sont les prêtres du Saint-Père! Nous sommes en fait une communauté d'amis, dans une proximité qui nous fera du bien à tous. C'est cette ouverture qui a facilité l'action de l'Esprit, qui est le seul acteur de toute manifestation de la foi. C'est curieux, mais je pense que le Paraclet est celui qui fait toutes les différences dans l'Eglise, tel une sorte d'apôtre de Babel. Mais il est surtout celui qui fait l'unité de toutes nos différences, non dans l'égalité mais dans l'harmonie. Un père de l'Eglise disait que l'Esprit donne à chacun un charisme particulier et nous unit dans la communauté qu'est l'Eglise, dans l'adoration du Père, du fils et de l'Esprit".

Cette période de conclave "a été chargée de signification pour les membres du Collège cardinalice mais aussi pour l'ensemble des fidèles. Nous avons ressenti très fortement l'affection et la solidarité de l'Eglise universelle, ainsi que l'attention de tant de personnes qui ne partagent pas notre foi et qui ont regardé avec respect l'Eglise et le siège apostolique". Puis il a remercié les cardinaux de leur collaboration dans la gestion de l'Eglise durant la vacance, et tout particulièrement le Doyen et le Camerlingue, et le Cardinal Re "qui a été comme notre chef durant ce conclave... Mes pensées, combles d'affection et de gratitude, vont à mon vénérable prédécesseur qui durant ses années de pontificat a enrichi et alimenté l'Eglise de son magistère. Sa bonté et sa foi, son humilité et sa prudence demeureront patrimoine spirituel de tous". Le Pape François a évoqué plusieurs fois les enseignements de Benoît XVI, qui n'a cessé de dire que c'est "le Christ qui guide l'Eglise par voie de l'Esprit. Il est l'âme de l'Eglise, doté d'une force vivifiante et unificatrice car il constitue à partir de la diversité le corps mystique du Christ. Ne cédons pas au pessimisme et à l'amertume que le Diable nous offre chaque jour, ni au découragement. Ayons la ferme certitude de ce que l'Esprit offre à l'Eglise. Avec son souffle puissant il offre le courage nécessaire à persévérer et de nouvelles méthodes d'évangélisation à porter jusqu'aux extrémités de la terre. La vérité chrétienne est attrayante et convaincante si elle répond aux besoins profonds de la vie humaine et annonce clairement le Christ comme unique Sauveur de l'homme, de tous les hommes. C'est une annonce valable aujourd'hui comme à l'aube du christianisme, lorsque se produisit la première grande expansion missionnaire de l'Evangile... Maintenant, vous allez retrouver vos diocèses et poursuivre votre ministère, enrichis d'une nouvelle expérience de foi et de communion ecclésiale, unique et incomparable. Elle nous a permis de constater la profondeur et la beauté de la réalité ecclésiale, reflet de la fulgurante lumière du Christ ressuscité dont nous verrons un jour le beau visage".

Après qui, le Saint-Père a salué un a un tous les Cardinaux rassemblés Salle Clémentine.

A PROPOS D'ACCUSATIONS CONTRE LE NOUVEAU PAPE

Cité du Vatican, 15 mars 2013 (VIS). A la fin du point de presse de ce jour, le P.Federico Lombardi a lu une note relative aux accusations qui ont refait surface ses derniers jours contre le nouveau Pape: "La campagne conduite par une revue contre Jorge Mario Bergoglio, qui remonte à des années, est bien connue. Le caractère anticlérical de ces attaques, allant jusqu'à la calomnie et la diffamation des personnes, est bien connu. Les accusations concernant l'actuel Pape remontent à l'époque où il n'était pas encore évêque, mais simplement supérieur des jésuites en Argentine. Elles font référence à deux prêtres enlevés pendant la dictature, et qu'il n'aurait pas protégé. Or aucune accusation formelle et documentée n'a jamais été déposée contre lui. La justice l'a entendu une fois et à simple titre de témoin et le P.Bergoglio n'a jamais été suspecté ou accusé, ayant d'ailleurs fournit les preuves de son extranéité à l'affaire. Il existe d'autre part nombre de dépositions démontrant combien le P.Bergoglio a agi pour sauver des personnes en danger à l'époque. Il est tout autant connu qu'après être devenu évêque, dans l'élaboration de la démande de pardon, Mgr.Bergoglio a déploré les défaillances de l'Eglise argentine face à la dictature. Les accusations en question découlent d'une lecture historique de cette période promue depuis des années par des milieux anticléricaux. Elles n'ont pas lieu d'être".

MESSAGE AU GRAND RABBIN DE ROME

Cité du Vatican, 15 mars 2013 (VIS). Le Pape François a fait parvenir un message à M.Riccardo Di Segni, Grand Rabbin de Rome, dont la communauté est la plus ancienne de la diaspora: "En ce jour de mon élection comme Evêque de Rome et Pasteur universel de l'Eglise catholique, je tiens à vous saluer et à vous inviter à assister à l'inauguration solennelle de mon pontificat (19 mars). Confiant dans la protection du Très Haut, j'espère fortement pouvoir contribuer au renforcement des relations que juifs et catholiques développent depuis le concile Vatican II, et ce dans un esprit ravivé de collaboration en faveur d'un monde toujours plus en harmonie avec la volonté du Créateur".


jeudi 14 mars 2013

CHEMINER, EDIFIER ET CONFESSER SOUS LA CROIX


Cité du Vatican, 14 mars 2013 (VIS). Les 114 Cardinaux électeurs, ainsi que les conclavistes, se sont rassemblés à 17 h dans la Chapelle Sixtine où sous la présidence du Pape François a été concélébrée par messe Pro Ecclesia. A la fin des temps, la maison de Yahvé se dressera au sommet des montagnes. Et arbitre de nombreuses nations, Yahvé jugera tous les peuples. Ceux-ci briseront leurs épées pour en faire des socs de charrue, et de leurs lances des serpes. Plus aucune nation ne lèvera les armes contre une autre, et nul n'apprendra plus l'art de la guerre. Telle fut la première lecture tirée d'Isaïe. La seconde retenue était un passage de l'épître de Pierre consacrée au sacerdoce commun des fidèles: Approchez-vous de la pierre vivante, rejetée par les hommes mais choisie par Dieu car précieuse à ses yeux. Et vous mêmes, comme pierres vivantes, oeuvrez à l'édification d'un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint... Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis destiné à chanter les louanges de celui qui vous a tiré des ténèbres jusqu'à sa lumière admirable. Ensuite l'Evangile était le récit par Mathieu de la confession de Pierre: Et vous autres, que dites-vous que je suis?, lança Jésus à ses compagnons. Ce à quoi Pierre répondit: Toi tu es le Christ, le fils du Dieu vivant. Formule à laquelle le Seigneur répliqua par ces mots: Et moi je te dis que tu es Pierre et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes de l'Enfer n'auront pas prise sur elle. C'est donc sur ces trois textes, étroitement liés entre eux, que le Saint-Père a appuyé son homélie, brève et donnée sans texte écrit:

"Ces trois lectures ont en commun le mouvement. Dans la première il est le chemin, dans la deuxième l'édification de l'Eglise, et dans la troisième la confession: Cheminer, édifier, confesser. La première chose que Dieu dit à Abraham: Marche en ma présence et sois parfait. Donc la vie est un voyage et lorsqu'on s'arrête, plus rien ne va. Il ne faut pas cesser d'avancer en la présence du Seigneur, dans la lumière du Seigneur, en essayant de vivre avec la qualité irréprochable que Dieu demanda à Abraham. Edifier! Pour construire l'Eglise, il est question de pierres, mais de pierres qui ont une consistance, de pierres vivantes, bénies par l'Esprit en vue de bâtir l'Eglise, l'Epouse du Christ, dont la pierre angulaire est le Seigneur en personne. Le troisième point est confesser. Nous pouvons marcher tant que nous le voulons, construire un tas de choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, rien ne va. Nous deviendrions une philanthropique ONG mais non l'Eglise, l'Epouse du Seigneur. Si on ne bâtit pas sur la roche il arrive ce qu'il arrive aux enfants sur la plage avec leurs châteaux de sable. Sans consistance, ils s'effondrent". Puis le Pape François a cité une phrase de Léon Bloy à propos de qui ne confesse pas Jésus Christ: Celui qui ne prie pas Dieu, prie pour le Diable, car qui ne confesse pas le Christ confesse la mondanité du Diable... Marcher, construire et confesser aujourd'hui n'est pas si facile, parce qu'il y a des secousses, des mouvements de terrains et des tractions arrière.

Le passage de l'Evangile proposé dans la liturgie se poursuit avec une situation particulière. Le même Pierre qui a confessé en Jésus le Christ, réplique: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Je te suivrai, mais pas sans parler de croix. Que cela voudrait-il dire sans la croix? Quand nous marchons sans la croix, quand on construit sans la croix et quand nous confessons le Christ sans croix, nous ne sommes pas les disciples du Seigneur mais des serviteurs de ce monde. Nous sommes des évêques et des prêtres, des cardinaux et des papes, mais pas les disciples du Seigneur! Je voudrais qu'après ces jours de grâce nous ayons tous le courage, simplement le courage, de marcher en présence du Seigneur, avec la croix du Seigneur, d'édifier l'Eglise sur le sang du Seigneur, qui est a été versé sur la croix, et de confesser la gloire du Christ crucifié. Ainsi seulement l'Eglise ira de l'avant. J'espère pour chacun d'entre nous que l'action de l'Esprit, la prière de Marie, notre Mère, nous accorde cette grâce de marche, de construire et de confesser Jésus, le Christ crucifié".

Ensuite, la prière des fidèles a invité à prier pour le nouveau Pape comme pour le Pape émérite, "afin qu'il serve l'Eglise dans le retrait d'une vie de recueillement et de méditation. Elle a également appelé à prier pour tous les responsables de ce monde afin qu'ils n'agissent ni par la force ni par intérêt, qu'ils respectent les gens car tout pouvoir vient de Dieu. Et enfin pour toutes les personnes qui souffrent, sont dans le doute. Puisse le Pasteur suprême les secourir et les consoler en leur accordant la couronne de gloire.

Après la cérémonie, le Saint-Père a été accompagné par le Préfet de la Maison pontificale jusqu'aux appartements pontificaux.

PREMIER JOUR DE PONTIFICAT DU PAPE FRANÇOIS

Cité du Vatican, 14 mars 2013 (VIS). Comme il l'avait annoncé, le Pape François s'est rendu tôt ce matin et en forme privée à la Basilique Ste.Marie Majeure, à bord d'une simple voiture de service et accompagné du Préfet de la Maison pontificale. Accueilli par le Cardinal Archiprêtre Santos Abril y Castelló et par le Cardinal Vicaire de Rome Agostino Vallini, le Saint-Père s'est longuement recueilli devant la Salus Populi Romani, antique icône mariale protectrice de Rome, puis devant l'autel majeur sous lequel sont conservées les reliques de la crêche. Le Pape François a alors gagné l'autel sur lequel saint Ignace de Loyala célébra sa première messe romaine la nuit de Noël 1538, et enfin le tombeau voisin du grand Pape réformateur saint Pie V. Il a salué le chapitre de la basilique papale, les pénitenciers et tout du personnel. En sortant, il a parlé avec les fidèles et les journalistes qui l'attendaient. Avant de rentrer au Vatican, il s'est fait arrêter à la Pension internationale du Clergé, proche de la Place Navone, où il habitait lors de ses séjours romains y compris ces derniers jours. Le Pape a retiré ses bagages de sa chambre et a tenu à régler la note.

Lors de sa nouvelle rencontre avec la presse, le P.Lombardi est revenu sur la première apparition publique du Pape François, hier soir à la loggia de St.Pierre, sur la simplicité avec laquelle il s'est présenté à la foule, demandant notamment aux fidèles de prier pour lui avant même de recevoir sa bénédiction solennelle. Il ne portait ni la mozette, ni l'étole ni la croix pectorale papales. Le choix même de s'appeler François, du nom du Poverello d'Assise, découle d'une volonté d'adhésion à la spiritualité et à la pauvreté évangéliques. Il sera simplement le Pape François, premier de ce nom, laissant à un éventuel second Pape de de ce nom le soin naturel de s'appeler François II. Autre signe de simplicité: Hier dans la Sixtine, il a reçu l'obédience des Cardinaux en restant debout devant le trône, après quoi il a tenu à regagner la résidence Ste.Marthe dans le bus de ses confrères. Au dîner, il a parlé brièvement, lançant aux Cardinaux un: Que Dieu vous pardonne pour ce que vous avez fait!".

Répondant ensuite aux journalistes, le Directeur de la Salle de Presse a indiqué que les charges curiales sont traditionnellement reconduites pro tempore, le nouveau Pape se réservant de choisir en toute liberté ses futurs collaborateurs. C'est sa stricte prérogative pontificale. Le style assez informel que semble avoir choisi le Pape François implique en matière de sécurité que les services compétents s'y adaptent. Ce fut le cas avec Jean-Paul II qui, par exemple, décida de saluer directement les gens, obligeant la sécurité vaticane à modifier sa pratique. Puis il a confirmé qu'il y a plus de quarante ans Jorge Mario Bergoglio avait subi l'ablation partielle d'un poumon, ce qui n'a jamais influé sur son mode de vie et son activité pastorale. Qui a suivi son ministère à la tête d'un grand diocèse comme celui de Buenos Aires peut témoigner de sa bonne santé.

PROGRAMME DU PAPE FRANÇOIS

Cité du Vatican, 14 mars 2013 (VIS). Lors du point de presse de 13 h, le Directeur de la Salle de Presse a confirmé la messe concélébrée cet après-midi à 17 h en la Chapelle Sixtine. Elle sera dite en latin, avec lectures en italien (disponibles sur www.vatican.va). L'homélie papale devrait être en italien. Après la cérémonie, le nouveau Pape regagnera la Domus Sanctae Marthae, où il résidera jusqu'à ce que l'appartement pontifical soit préparé. Demain à 11 h Salle Clémentine, le Saint-Père recevra l'ensemble des Cardinaux présents à Rome, qu'il entend saluer un à un. Samedi à 11 h Salle Paul VI, tous les journalistes et opérateurs de l'information seront reçus par le Pape. Son premier angélus dominical aura lieu le lendemain midi depuis la fenêtre de son bureau. Mardi prochain, 19 mars et fête de saint Joseph patron de l'Eglise, la messe solennelle d'inauguration du pontificat se déroulera à 9 h 30' Place St.Pierre. L'accès sera totalement libre. Enfin, le lendemain mercredi, il n'y aura pas d'audience générale, car il recevra les délégations des autres confessions chrétiennes.

mercredi 13 mars 2013

LE CARDINAL BERGOGLIO ELU PAPE SOUS LE NOM DE FRANÇOIS


Cité du Vatican, 13 mars 2013 (VIS). A 19 h 06', une épaisse fumée blanche s'est échappée de la cheminée de la Chapelle Sixtine, indiquant que les Cardinaux avaient procédé à l'élection du nouveau Pape. Au cinquième scrutin le Cardinal Jorge Mario Bergoglio, de l'ordre des prêtres et du titre de St.Robert Bellarmin, a été élu Souverain Pontifie, 265 Successeur de Pierre, prenant le nom de François. A 20 h 12', le Cardinal Protodiacre Jean-Louis Tauran l'a annoncé au monde depuis la loggia centrale de la Basilique vaticane, appelé également le balcon des bénédictions, par ces mots:

Annuntio vobis gaudium magnum:
Habemus Papam,
Eminentissimum ac Reverendissimum Dominum,
Dominum Georgium Marium
Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinalem Bergoglio
qui sibi nomen imposuit Franciscum

C'est avec une grande joie que je vous annonce que
nous avons un Pape,
Le très éminent et très révérend Seigneur Jorge Mario Bergoglio,
Cardinal de la Sainte Eglise de Rome,
Qui s'est imposé le nom de François.

Le Conclave ayant conduit à l'élection de François I, premier Pape jésuite et premier Pape argentin de l'histoire, s'est ouvert hier 12 mars 2013 en la Chapelle Sixtine après l'Extra Omnes intimé à 17 h 33' par le Maître des Cérémonies et le serment des 115 Cardinaux électeurs.

Dès avant l'annonce du Cardinal Protodiacre, un détachement d'honneur de la Garde Suisse Pontificale, portant le drapeau pontifical, a pris position sous la loggia, accompagné par la fanfare vaticane, puis rejoint par les représentations des trois armes de l'Armée Italienne qui, depuis la réconciliation entre l'Italie et le Saint-Siège en1929 vient rendre les honneurs au Pape dans les grandes occasions.

A 20 h 24', précédé de la croix processionnelle, le Pape François est apparu à la loggia centrale de la Basilique, illuminée. Avant de prononcer la bénédiction Urbi et Orbi, il a salué la foule immense rassemblée depuis des heures dans le froid et sous la pluie Place-St.Pierre et dans la Via della Conciliazione: "Chers frères et soeurs, bonsoir. Vous savez que le conclave est chargé de donner un évêque à Rome, et cette fois mes frères Cardinaux sont allés le chercher au loin, presqu'au bout du monde. Et nous voila ici! Merci de l'accueil de la communauté diocésaine à son nouvel évêque. Avant tout, je désire prier pour notre évêque émérite Benoît XVI afin que le Seigneur le bénisse et que la Vierge le protège". Après la récitation, tout à fait inhabituelle, du Pater, de l'Ave et du Gloria, le nouveau Pape a repris la parole: "Maintenant mettons nous en route, évêque et peuple ensemble, peuple et évêque ensemble, avec cette Eglise de Rome qui préside à la charité de toutes les Eglises. Avançons dans l'amitié et dans la confiance et prions tous pour tous, pour moi, pour vous et pour le monde, pour qu'il connaisse une grande fraternité. J'espère que ce parcours d'Eglise qui part de cette chère ville" de Rome, "et dans lequel m'aidera le Cardinal Vicaire, ici présent, sera fructueux pour" la reévangélisation. "Et maintenant, avant de vous donner la bénédiction apostolique, je veux vous demande une faveur, de demander au Seigneur de me bénir: La prière du peuple pour son évêque, pour que Dieu le bénisse. Soyons unis en silence pour prier les uns pour les autres". Le Pape s'est alors incliné et a attendu quelques instants en silence. "Maintenant je vous donne à tous la bénédiction, qui s'étend au monde entier, aux femmes et hommes de bonne volonté". Après la bénédiction solennelle Urbi et Orbi, le nouveau Pape a dit désirer pouvoir aller prier demain la Vierge, souhaitant bonne nuit et bon repos à la foule.

Né à Buenos Aires (Argentine) le 17 décembre 1936, Jorge Mario Bergoglio s'est d'abord diplômé en chimie avant de choisir la prêtrise et d'entrer dans la Compagnie de Jésus en 1958. Il a poursuivi ses études au Chili avant de rentrer en Argentine et d'obtenir la licence en philosophie près le Collège St.Joseph de San Miguel. En 1964 - 1965 il a été professeur de littérature et de psychologie près le Collège de l'Immaculée à Santa Fe, puis en 1966 au Collège St.Sauveur de Buenos Aires. De 1967 à 1970 il a poursuivi le cursus universitaire et obtenu le doctorat. Le 13 décembre 1969 il a été ordonné prêtre puis a gagné l'Espagne pour suivre la troisième probation à Alcalá de Hernares et prononcer ses voeux perpétuels le 22 avril 1973. Il fut ensuite maître des novices à Villa Barilari (San Miguel 1972 - 1973), professeur près la Faculté de théologie, consulteur de la Province et recteur du grand séminaire des jésuites. Le 31 juillet 1973, il est élu provincial d'Argentine, charge qu'il a exercée pendant six ans. Entre 1980 et 1986, il a été recteur du grand séminaire des jésuites et des Facultés de philosophie et théologie de la même maison, et curé de la paroisse St.Joseph, dans le même diocèse. En mars 1986, il est allé en Allemagne pour terminer sa thèse de doctorat. Après la direction du collège du Sauveur, il a été affecté à l'église de la Compagnie à Cordoba comme directeur spirituel et confesseur.

Le 20 mai 1992, Jean-Paul II l'a nommé Auxiliaire de l'Archevêque Buenos Aires. Le 27 juin de la même année, en la cathédrale de Buenos Aires, il a reçu l'ordination épiscopale des mains du Cardinal Antonio Quarracino, du Nonce apostolique Mgr.Ubaldo Calabresi et de l'évêque de Mercedes-Lujan, Mgr.Emilio Ognenovich. Le 3 juin 1997, il fut nommé Coadjuteur de Buenos Aires puis le 28 février 1998, Archevêque de Buenos Aires à la mort du Cardinal Quarracino. Il est auteur des livres Meditaciones para religiosos (1982), Reflexiones sobre la vida apostólica (1986) et Reflexiones de esperanza (1992). Il était également jusqu'ici ordinaire pour les fidèles de rite oriental résidant en Argentine démunis d'un ordinaire de leur rite, Grand Chancelier de l'Université catholique d'Argentine. Il a été Rapporteur général adjoint à la 10 Assemblée générale ordinaire du Synode des Evêques (octobre 2001), et de novembre 2005 à novembre 2011, Président de la Conférence épiscopale argentine. Il a été créé Cardinal de l'ordre des prêtres par Jean-Paul II lors du consistoire du 21 février 2001, avec le titre de St.Robert Bellarmin. Et était aussi membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, de la Congrégation pour le clergé, de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, du Conseil pontifical pour la Famille et de la Commission pontificale pour l'Amérique latine.

JOIE POUR L'ELECTION D'UN PAPE LATINO-AMERICAIN

Cité du Vatican, 13 mars 2013 (VIS). "Je suis très content qu'ait été élu un latino-américain. Nous connaissons les espérances qui existent sur ce continent où vit la majeure partie des catholiques". Tels ont été les premiers mots du Directeur de la Salle de Presse, le P.Federico Lombardi SJ, en commentant face aux journalistes l'élection du nouveau Pape. "Le choix du nom François est très significatif -a-t-il dit. C'est un nom que personne n'avait encore choisi et il évoque la simplicité et le témoignage évangélique. Ces deux caractéristiques ont été confirmées par sa première apparition simple en public. C'est un signe de grande spiritualité que de demander la bénédiction du peuple pour lui avant de donner la sienne, une spiritualité rappelant celle de son prédécesseur. Il faut noter de plus son sens pastoral de relation avec le diocèse de Rome qui est le diocèse du Pape et son choix de réciter les prières les plus simples de l'Eglise en un moment comme celui-ci avec le Peuple de Dieu”.

Le Cardinal Bergoglio, a-t-il ajouté, "est jésuite et les jésuites se caractérisent par le service à l'Eglise en reprenant tous les charismes que le Seigneur nous donne, là où ils sont nécessaires, tout en essayant d'éviter les prises de pouvoir. Pour moi cette élection prend le sens d'un appel au service, un appel fort et non une recherche de pouvoir ou d'autorité. Je suis absolument convaincu que nous avons un Pape qui souhaite servir. Son élection a été l'élection d'un rejet du pouvoir... Le nouveau Pape a déjà parlé au téléphone avec Benoît XVI", a conclu le P. Lombardi qui a ensuite communiqué les premières activités du nouveau Pape: la messe avec les Cardinaux dans la Chapelle Sixtine aura lieu demain jeudi 14 mars à 17 h. Vendredi 15, à 11 h en la Chapelle Sixtine, il rencontrera le Collège cardinalice, électeurs et non électeurs. Samedi, toujours à 11h, dans la Salle Paul VI, le Pape accordera une audience aux journalistes et aux communicateurs sociaux. Dimanche à midi, aura lieu le premier Angélus du pontificat, Place St.Pierre. La messe d'inauguration du pontificat aura lieu le 19 mars à 9 h 30'. La visite de demain se fera dans une église mariale de Rome, sous forme privée.

SECONDE FUMEE NOIRE

Cité du Vatican, 13 mars 2013 (VIS). A 7 h 45' les 115 Cardinaux électeurs ont quitté la Domus Sanctae Marthae pour concélébrer la messe en la Chapelle Pauline et, à 9 h 30' se sont rendus à la Chapelle Sixtine pour procéder à deux scrutins. A 11 h 40', la fumée noire a averti la foule de l'échec du second et troisième vote. En début d'après-midi, le Directeur de la Salle de Presse s'est rendu au Media Center pour rencontrer l'ensemble des journalistes et opérateurs accrédités pour le conclave. Le P.Lombardi a évoqué le caractère unique du mois déjà passé depuis l'annonce de la renonciation de Benoît XVI au pontificat, soulignant l'intensité du climat qui règne à Rome, parfaitement illustré par la quantité de personnes qui dès hier après-midi s'est rassemblée Place St.Pierre, et qui afflue à pied vers le Vatican malgré le trafic automobile et la carence des services publics. Malgré ces inconvénients, la population, les fidèles et les visiteurs attendent avec attention l'élection du nouveau Pape. Commentant l'échec des premiers scrutins, il a rappelé que pratiquement personne n'attendait une fumée blanche hier soir. Pour ne parler que des conclaves du siècle dernier, seul Pie XII fut élu au premier tour. On était il est vrai à la veille de la seconde guerre mondiale. Ensuite il a précisé qu'on ne comptait aucun Cardinal n'était malade, ce qui n'a pas retardé le déroulement des scrutins. Beaucoup ont été surpris par l'abondance de la fumée rejetée hier soir, due à un procédé chimique expliqué hier par le VIS. Le Directeur de la Salle de Presse a exclu que cette fumée ait été polluante ou dangereuse pour les fresques de la Sixtine, qu'elle ait pu indisposer les hôtes de la chapelle. Le Préfet de la Maison pontificale Mgr.Gänswein, qui est présent depuis hier au Vatican, a confié que Benoît XVI suit attentivement les événements grâce aux media. Il a pris part à la messe Pro Eligendo et demeurera au Vatican jusqu'à la fin du conclave. Il a été précisé que, par respect, le Pape émérite n'assistera pas à la messe d'intronisation de son successeur. De manière à donner aux journalistes une idée de l'ambiance interne à la Chapelle Sixtine, le P.Lombardi a cité l'interview du Cardinal Lehman qui a participé au précédent conclave, insistant sur la solennité et la spiritualité de l'événement, mais aussi sur le caractère familier et simple des rapports. Quant au temps que passent les Cardinaux électeurs à la résidence Ste.Marthe, il est librement occupé entre prière, repos, repas et rencontres.

PROCEDURES DE L'ELECTION PAPALE

Cité du Vatican, 13 mars 2013 (VIS). La constitution apostolique Universi Dominici Gregis (modifiée par le Motu Proprio de Benoît XVI du 22 février) décrit toutes les procédures de l'élection papale, y compris les cas de figure les moins probables. Pour une connaissance de la matière, voici la version actuelle valide de ses articles 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70 et 71:

64.La procédure du scrutin se déroule en trois phases dont la première, qui peut s'appeler pré-scrutin, comprend: 1.La préparation et la distribution des bulletins de vote par les cérémoniaires, rappelés dans la chapelle avec le Secrétaire et le Maître des cérémonies, qui doivent en donner au moins deux ou trois à chaque Cardinal électeur; 2.Le tirage au sort, parmi tous les Cardinaux électeurs, de trois scrutateurs, de trois délégués pour recueillir les votes des malades, nommés Infirmarii, et de trois réviseurs. Ce tirage au sort est fait publiquement par le dernier des Cardinaux diacres, qui tire dans l'ordre les noms des neuf qui exerceront ces fonctions; 3. Si, dans le tirage au sort des scrutateurs, des Infirmarii et des réviseurs, sortent les noms de Cardinaux électeurs qui, pour raison de santé ou pour tout autre motif, sont empêchés de remplir ces fonctions, on tire au sort à leur place des noms d'autres Cardinaux non empêchés. Les trois premiers tirés au sort feront fonction de scrutateurs, les trois suivants d'Infirmarii, les trois derniers de réviseurs.

65.Pour cette phase du scrutin, il convient d'observer les dispositions suivantes: 1. le bulletin doit être de forme rectangulaire et, sur la moitié supérieure porter imprimés si possible ces mots :Eligo in Summum Pontificem; la moitié inférieure comportera un espace libre pour y écrire le nom de l'élu ; le bulletin sera donc prévu de sorte qu'il puisse être plié en deux; 2. la rédaction du bulletin doit être faite de manière secrète par chaque Cardinal électeur, qui inscrira clairement d'une écriture autant que possible non reconnaissable, le nom de celui qu'il élit, évitant d'écrire plusieurs noms, parce que, dans ce cas, le vote serait nul, et pliant et repliant ensuite le bulletin; 3. durant les votes, les Cardinaux électeurs devront seuls rester dans la Chapelle Sixtine, et donc, aussitôt après la distribution des bulletins et avant que les électeurs commencent à écrire, le Secrétaire du Collège des Cardinaux, le Maître des Cérémonies liturgiques et les cérémoniaires devront sortir de la chapelle. Après leur sortie, le dernier des Cardinaux diacres fermera la porte, l'ouvrant et la fermant toutes les fois que ce sera nécessaire, comme par exemple lorsque les Infirmarii sortiront pour recueillir les votes des malades et lorsqu'ils reviendront dans la chapelle.

66.La seconde phase, qui est le scrutin proprement dit, comprend: 1. le dépôt des bulletins dans l'urne; 2. le mélange des bulletins suivi de leur décompte; 3. le dépouillement des suffrages. Chaque Cardinal électeur, selon l'ordre de préséance, après avoir écrit et plié son bulletin, le tenant levé de telle sorte qu'il puisse être vu, le porte à l'autel, près duquel se tiennent les scrutateurs et sur lequel il y a une urne couverte du plateau servant à déposer les bulletins. Arrivé là, le Cardinal électeur prononce, à haute voix, le serment selon la formule suivante: Je prends à témoin le Christ Seigneur, qui me jugera, que je donne ma voix à celui que, selon Dieu, je juge devoir être élu. Ensuite il dépose son bulletin sur le plateau et, au moyen de celui-ci, il le met dans l'urne; ayant fait cela, il s'incline vers l'autel et regagne sa place.
Si l'un des Cardinaux électeurs, parmi ceux qui sont présents dans la chapelle, ne peut se rendre à l'autel à cause de sa santé, le dernier des scrutateurs s'approchera de lui. Après avoir prêté le serment susdit, le dit électeur remettra son bulletin plié à ce scrutateur qui le porte ostensiblement à l'autel et, sans prononcer le serment, le dépose sur le plateau et, par son moyen, le met dans l'urne.

67.S'il y a des Cardinaux électeurs malades, demeurés dans leurs chambres, selon ce qu'il est dit aux articles 41 et suivants de la présente constitution, les trois infirmarii se rendent auprès d'eux avec une boîte portant à sa partie supérieure une fente par où un bulletin de vote plié puisse être introduit. Avant de remettre cette boîte aux Infirmarii, les scrutateurs l'ouvriront publiquement, en sorte que les autres électeurs puissent constater qu'elle est vide, puis ils la refermeront et en déposeront la clé sur l'autel. Ensuite, les Infirmarii, avec la boîte fermée et un petit plateau contenant un nombre suffisant de bulletins, se rendront dûment accompagnés à la Domus Sanctæ Marthæ auprès de chaque malade qui, ayant pris un bulletin, vote secrètement, plie le bulletin et, après avoir prêté le serment déjà mentionné, l'introduit par la fente dans la boîte. Si un malade ne peut pas écrire, un des trois Infirmarii ou un autre Cardinal électeur, désigné par le malade, après avoir, entre les mains des Infirmarii eux-mêmes, prêté serment de garder le secret, fait ce qui est indiqué ci-dessus. Ceci achevé, les Infirmarii reporteront dans la chapelle la boîte, qui sera ouverte par les scrutateurs, après que les Cardinaux présents auront déposé leur bulletin, en comptant les bulletins qui s'y trouvent ; après avoir constaté qu'il y a autant de bulletins que le nombre de malades, ils les poseront un à un sur le plateau et, par son moyen, ils les mettront tous ensemble dans l'urne. Pour ne pas trop prolonger le scrutin, les Infirmarii pourront remplir leurs propres bulletins et les déposer dans l'urne aussitôt après le premier des Cardinaux, et se rendre alors auprès des malades pour recueillir leurs votes, de la manière indiquée ci-dessus, tandis que les autres électeurs déposent leur bulletin.

68.Lorsque tous les Cardinaux électeurs auront déposé leur bulletin dans l'urne, le premier scrutateur agitera cette dernière plusieurs fois pour mélanger les bulletins. Aussitôt après, le dernier des scrutateurs en fait le compte, prenant ostensiblement, un à un, chaque bulletin dans l'urne et le déposant dans un vase vide, préparé à cet effet. Si le nombre des bulletins ne correspond pas au nombre des électeurs, il faut les brûler tous et procéder aussitôt à un deuxième vote. Au contraire, s'il correspond au nombre des électeurs, on procède alors au dépouillement de la manière suivante.
69.Les scrutateurs sont assis à une table placée devant l'autel. Le premier d'entre eux prend un bulletin, le déplie, regarde le nom de l'élu, et le donne au deuxième scrutateur qui, lisant à son tour le nom de l'élu, le passe au troisième, lequel le lit à haute et intelligible voix, pour que tous les électeurs présents puissent noter le suffrage sur une feuille préparée à cet effet. Il note lui-même le nom lu sur le bulletin. Au cas où, au cours du dépouillement du scrutin, les scrutateurs trouveraient deux bulletins pliés de telle sorte qu'ils apparaissent remplis par un seul électeur, ces bulletins seront tenus pour un seul suffrage s'ils portent l'un et l'autre le même nom. Si, au contraire, ils portent deux noms différents, aucun des deux suffrages ne sera valide. Cependant, dans aucun des deux cas le scrutin ne sera annulé.
Le dépouillement du scrutin étant achevé, les scrutateurs font la somme des voix obtenues par les divers noms et les notent sur une feuille séparée. Le dernier des scrutateurs, au fur et à mesure qu'il lit les bulletins, les perfore avec une aiguille munie d'un fil à l'endroit où se trouve le mot Eligo, et il enfile ainsi tous les bulletins afin de les conserver plus sûrement. À la fin de la lecture des noms, les extrémités du fil sont liées par un nœud et tous les bulletins ainsi réunis sont placés dans un vase ou sur le coin de la table.

70.Vient alors la troisième et dernière phase, appelée aussi post-scrutin, qui comprend: 1. le décompte des voix; 2. leur vérification; 3. la combustion des bulletins.
Les scrutateurs feront le total des votes obtenus par chacun et, si personne n'a atteint un minimum des deux tiers des suffrages à ce scrutin, le Pape n'a pas été élu. Au contraire, si quelqu'un a recueilli au moins les deux tiers des voix, il y a élection canoniquement valide du Pontife Romain.
Dans les deux cas, que l'élection ait été obtenue ou non, les réviseurs doivent contrôler aussi bien les bulletins de vote que les relevés des suffrages établis par les scrutateurs, afin de s'assurer que ces derniers ont accompli leur charge avec exactitude et fidélité.
Aussitôt après la vérification, avant que les Cardinaux électeurs ne quittent la Chapelle Sixtine, tous les bulletins de vote doivent être brûlés par les scrutateurs, avec l'aide du Secrétaire du Collège et des cérémoniaires, rappelés entre-temps par le dernier Cardinal diacre. Si toutefois on devait procéder immédiatement à un deuxième scrutin, les bulletins du premier scrutin seront brûlés seulement à la fin, en même temps que ceux du deuxième scrutin.

71. J'ordonne à tous et à chacun des Cardinaux électeurs, afin de sauvegarder plus sûrement le secret, de remettre au Cardinal Camerlingue ou à un autre des trois Cardinaux assistants, les notes de quelque genre que ce soit qu'ils auraient avec eux en relation avec le résultat de chaque scrutin, afin qu'elles soient brûlées avec les bulletins.
Je décide en outre que, à la fin de l'élection, le Cardinal Camerlingue de la Sainte Eglise Romaine rédigera un compte rendu, qui devra être approuvé par les trois Cardinaux assistants, indiquant le résultat des votes intervenus au cours de chaque session. Ce compte rendu sera remis au Pape et sera ensuite conservé dans le dépôt d'archives approprié, dans une enveloppe scellée qui ne pourra être ouverte par personne, à moins que le Souverain Pontife ne le permette expressément.

70.2.Les scrutateurs feront le total des votes obtenus par chacun et, si personne n'a atteint un minimum des deux tiers des suffrages à ce scrutin, le Pape n'a pas été élu. Au contraire, si quelqu'un a recueilli au moins les deux tiers des voix, il y a élection canoniquement valide du Pontife Romain.

mardi 12 mars 2013

PREMIERE FUMEE NOIRE A 19 H 42 '


Cité du Vatican, 12 mars 2013 (VIS). A 19 h 42 ', une fumée noire est sortie du toit de la Chapelle Sixtine, indiquant que les Cardinaux ont procédé à un premier scrutin, dont le résultat a été négatif. Ils reprendront la procédure de vote demain matin.
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