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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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mercredi 1 avril 2015

Le Triduum pascal, point culminant de l'année liturgique et de la vie chrétienne

Cité du Vatican, 1 avril 2015 (VIS). Lors de sa catéchèse de l'audience générale du mercredi, le Pape François a évoqué le Triduum pascal, point culminant de toute l'année liturgique, "et de notre vie de chrétien", qui commence demain, Jeudi saint, par la célébration de la dernière Cène où Jésus a offert le pain et le vin, son Corps et son Sang au Père, et nous a demandé de perpétuer ce geste en mémoire de lui. "L'Evangile de cette célébration, rappelant le lavement des pieds, a la même signification que l'eucharistie sous une autre perspective. Jésus, comme un serviteur, lave les pieds de Simon Pierre et des onze autres disciples. Par ce geste prophétique, il exprime le sens de sa vie et de sa passion, ce service à Dieu et aux frères... Cela s'est aussi passé lors de notre baptême, quand la grâce de Dieu nous a lavé du péché et que nous nous sommes revêtus du Christ. Cela se passe chaque fois que nous répétons le mémorial du Seigneur dans l'eucharistie. Nous sommes en communion avec le Christ serviteur pour obéir à son commandement, celui de nous aimer comme lui nous a aimé. Si nous nous approchons de la communion sans être sincèrement disposés à nous laver les pieds les uns des autres, nous ne reconnaissons pas le corps du Seigneur".

Dans la liturgie de Vendredi saint, nous méditons le mystère de la mort du Christ et rappelons ses paroles sur la croix: Tout est accompli, ce qui signifie que "l'œuvre du salut est accomplie, que toute l'Ecriture trouve son plein accomplissement dans l'amour du Christ, Agneau immolé. Jésus, par son sacrifice, a transformé la plus grande iniquité en plus grand amour". Le Pape a évoqué tous ces hommes et femmes qui, au fil des siècles, par leur existence ont témoigné un peu "de cet amour parfait, plein, incontaminé", et a cité un témoin héroïque de notre époque, le prêtre italien Andrea Santoro, missionnaire en Turquie, qui, peu avant d'être assassiné en l'église de Trebisonda, le 5 février 2006, écrivait: Je suis ici pour habiter au milieu de ces gens et permettre à Jésus de le faire en lui prêtant ma chair...C'est seulement en offrant sa chair que l'on devient capables de salut. Le mal du monde est porté et la douleur partagée, en l'absorbant dans sa propre chair jusqu'au bout, comme l'a fait Jésus. "Que cet exemple et tant d'autres -s'est exclamé le Pape- nous soutiennent pour offrir notre vie comme don d'amour à nos frères, à l'imitation de Jésus!".


Le Samedi saint, "l'Eglise contemple le repos du Christ dans son tombeau après son combat victorieux de la croix. Ce jour-là, l'Eglise s'identifie à Marie encore une fois. Toute sa foi est rassemblée en elle, la première et parfaite disciple, la première et parfaite croyante. Dans l'obscurité qui recouvre la création, elle reste seule à garder allumée la flamme de la foi, espérant contre toute espérance en la résurrection de Jésus". Lors de la grande Vigile pascale, "nous célébrons le Christ ressuscité centre et fin du cosmos et de l'histoire. Nous veillons plein d'espérance en attente de son retour, quand la Pâque se manifestera pleinement. Parfois l'obscurité de la nuit semble pénétrer dans l'âme. Parfois nous pensons: désormais, il n'y a plus rien à faire, et le cœur ne trouve plus la force d'aimer... Mais c'est dans cette obscurité que le Christ allume le feu de l'amour de Dieu. Une lueur brise l'obscurité et annonce un début. La pierre de la douleur est renversée laissant la place à l'espérance. Voilà le grand mystère de la Pâque! En cette sainte nuit l'Eglise nous remet la lumière du Ressuscité, pour que nous n'ayons plus le regret de dire: Désormais..., mais l'espérance de qui s'ouvre à un présent plein d'avenir. Le Christ a vaincu la mort, et nous avec lui. Notre vie ne s'arrête pas à la pierre d'un tombeau!... En ces jours de Triduum pascal, ne nous limitons pas à commémorer la passion du Seigneur, mais entrons dans le mystère, faisons nôtres ses sentiments, ses attitudes, comme l'apôtre Paul nous invite à le faire: Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus. Alors nous fêterons une bonne Pâque".

Le Pape évoque le 10 anniversaire de la mort de saint Jean-Paul II

Cité du Vatican, 1 avril 2015 (VIS). Au terme de sa catéchèse, le Pape a rappelé que demain on commémorera le 10 anniversaire de la mort de saint Jean-Paul II. "Nous nous en souvenons comme d'un grand témoin du Christ souffrant, mort et ressuscité, et lui demandons d'intercéder pour nous, pour les familles, pour l'Eglise, afin que la lumière de la résurrection resplendisse sur toutes les ombres de notre vie et nous remplisse de joie et de paix".

Signature d'une convention en matière fiscale entre le Saint-Siège et la République italienne

Cité du Vatican, 1 avril 2015 (VIS). Ce matin, à la Secrétairerie d'Etat, une convention a été signée entre le Saint-Siège et la République italienne en matière fiscale. Ont signé, pour le Saint-Siège, Mgr.Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les relations avec les états, et pour la République italienne, M.Pier Carlo Padoan, Ministre de l'économie et des finances, muni des pleins pouvoirs.


Les réformes introduites à partir de 2010 et la création près le Saint-Siège d'institutions à compétences spécifiques en matière économique et financière, permettent aujourd'hui une pleine coopération administrative à des fins fiscales. Dans le cadre des rapports bilatéraux, l'Italie est le premier pays avec lequel le Saint-Siège souscrit un accord qui réglemente l'échange d'informations. Dans la droite ligne de la transparence en matière financière, la convention intègre les normes internationales les plus récentes en matière d'échange d'informations pour organiser la coopération entre les autorités compétentes des deux parties. L'échange d'informations concernera les périodes fiscales à compter du 1 janvier 2009. La convention, à partir de la date d'entrée en vigueur, permettra le plein accomplissement, avec des modalités simplifiées, des obligations fiscales de quelques personnes physiques et juridiques résidentes fiscalement en Italie, relatives aux activités financières effectuées auprès d'organismes qui exercent une activité financière au Saint-Siège. Ceux-ci pourront procéder à une régularisation des activités avec les mêmes effets établis par la loi n. 186/2014. La convention inclut, en outre, ce qui est prévu dans les Accords du Latran quant à l'exemption d'imposition pour les immeubles du Saint-Siège indiqués par les Accords. Enfin, l'échange de notes de juillet 2007 entre le Ministère des Affaires étrangères et la Secrétairerie d'Etat, qui prévoit la notification par voie diplomatique des actes fiscaux aux organismes du Saint-Siège, est intégré à la convention .

Avis

Cité du Vatican, 1 avril 2015 (VIS). En raison des festivités de la Semaine sainte, du jeudi 2 au mardi 7 avril, la publication du bulletin du VIS sera suspendue. Les lecteurs pourront trouver les textes du Triduum pascal et du Dimanche de Pâques dans le Bulletin de la Salle de Presse du Saint-Siège. La publication reprendra mercredi 8 avril.

mardi 31 mars 2015

Publication de la Bulle d'indiction du Jubilé de la Miséricorde, samedi 11 avril 2015

Cité du Vatican, 31 mars 2015 (VIS). Suite à l'annonce faite par le Pape François, le 13 mars dernier, de la prochaine Année sainte extraordinaire, le Saint-Père procédera à l'indiction officielle du Jubilé de la Miséricorde avec la publication de la Bulle d'Indiction samedi 11 avril à 17h30 en la Basilique Saint-Pierre. Le rite de la publication prévoit la lecture de quelques extraits de la Bulle devant la Porte Sainte de la Basilique vaticane. Le Pape François présidera ensuite la célébration des Premières Vêpres du Dimanche de la Divine Miséricorde, soulignant ainsi de façon particulière ce que sera le thème fondamental de l'Année sainte extraordinaire: la Miséricorde de Dieu.

Le terme bulle (du latin bulla ou, plus communément, objet rond) indiquait à l'origine la capsule métallique utilisée pour protéger le sceau de cire lié par une cordelette à un document d'importance particulière, pour en attester l'authenticité et donc l'autorité. Avec le temps, le terme a servi pour indiquer d'abord le sceau, donc le document lui-même, et celui-ci est aujourd'hui utilisé pour tous les documents pontificaux d'importance particulière qui portent, ou au moins par tradition devraient porter, le sceau du Pontife.

La Bulle d’indiction d'un jubilé, spécialement dans le cas d'une Année sainte extraordinaire, en plus d'en indiquer l'époque, avec les dates d'ouverture et de fermeture, et les modalités principales de déroulement, constitue le document fondamental pour reconnaître l'esprit avec lequel elle est induite, les intentions et les fruits espérés par le Pontife pour l'Eglise. Pour les deux dernières Années saintes extraordinaires de 1933 et 1983, la Bulle d'indiction fut publiée à l'occasion de la solennité de l'Epiphanie du Seigneur. Pour l'Année sainte extraordinaire à venir, le choix du moment où aura lieu la publication de la Bulle manifeste aussi clairement l'attention particulière du Saint-Père au thème de la Miséricorde.


Intentions de prière pour avril

Cité du Vatican, 31 mars 2015 (VIS). L'intention de prière générale du Saint-Père pour avril est: "Pour que les êtres humains apprennent à respecter la création et à en prendre soin comme don de Dieu".
Son intention missionnaire est: "Pour que les chrétiens persécutés sentent la présence réconfortante du Seigneur ressuscité et la solidarité de toute l'Eglise".


Déclaration du Vice-directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège

Cité du Vatican, 31 mars 2015 (VIS). Le Vice-directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège a fait, ce matin, la déclaration suivante:


"Avant la récente nomination de Mgr.Juan de la Cruz Barros Madrid comme Evêque de Osorno (Chili), la Congrégation pour les évêques a soigneusement étudié la candidature du prélat et n'a pas trouvé de raisons objectives susceptibles d'empêcher sa nomination".

Intervention du Saint-Siège sur les objectifs de développement durable

Cité du Vatican, 31 mars 2015 (VIS). Mgr.Bernardito Auza, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies à New York, est intervenu le 24 mars à la session consacrée aux négociations intergouvernementales sur le programme de développement post-2015. Le prélat a remercié avec sa délégation la Commission pour le caractère ambitieux et convaincant des objectifs de développement durable et pour sa conviction de l'importance d'un programme de transformation orienté vers l'action. "Toutefois -a-t-il affirmé- les objectifs de développement durable doivent intégrer de façon équilibrée les trois piliers du développement durable, développement économique, social et environnemental, avec une attention globale sur l'éradication de la pauvreté et l'accomplissement d'une vie digne pour tous. Il est impératif que ces objectifs soient davantage centrés sur les besoins des pays plus vulnérables, en particulier les pays moins développés, ceux qui sont en développement sans littoral et les petits états insulaires, avec une attention particulière aux secteurs de la population où la pauvreté est plus généralisée, à ces régions où les conflits armés se poursuivent bloquant aussi la réalisation des objectifs de développement et de fait causant un recul dans le développement, et aux zones les plus affectées par les catastrophes naturelles".

La délégation du Saint-Siège est pleinement consciente que les objectifs de développement durable doivent être soigneusement élaborés pour répondre aux souhaits des parties intéressées. C'est pourquoi, a ajouté le prélat, elle ne soutient pas "le cloisonnement technique des buts et des objectifs qui peuvent conduire à la réouverture et renégociation de ce qui constitue déjà un accord politiquement équilibré et acceptable pour la grande majorité des intéressés". De plus, les résultats et avancées significatives dus à la mise en œuvre des objectifs de développement durable "devraient être évalués et vérifiés par rapport aux indicateurs approuvés par les intéressés eux-mêmes. C'est pourquoi, ma délégation prend note du travail de la Commission des statistiques des Nations Unies qui a présenté une liste préliminaire d'indicateurs et objectifs pour les objectifs de développement durable. Nous voulons également souligner que les indicateurs basés sur la preuve doivent être présentés de façon ouverte et transparente par les états membres. Ces indicateurs ne devraient pas altérer l'équilibre politique des objectifs, ni être utilisés pour imposer des idées ou idéologies qui ne font pas consensus en vertu du résultat des groupes de travail".


Mgr.Auza a conclu en ajoutant que certains buts et objectifs "se comprennent de façon différente en fonction des contextes culturels et religieux et se traduiront différemment dans les politiques et législations nationales. C'est pourquoi, les indicateurs doivent tenir compte de ces différences et être rédigés sous une forme qui permette aux pays d'évaluer leurs résultats, qui reflète et respecte leurs valeurs nationales, et qui soit cohérente avec leur politique et législation nationale... Ma délégation est fermement convaincue que les indicateurs doivent être généraux, et prendre en compte les particularités nationales et régionales, notamment les différentes aptitudes. Les indicateurs ne doivent pas être seulement des chiffres peu réalistes qui ne peuvent être acceptés, ou non, que par les pays développés".

Autres actes pontificaux

Cité du Vatican, 31 mars 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

-le P.Christophe Amade, M.Afr., Evêque du diocèse de Kalemie-Kirungu (superficie 71.577, population 5.950.013, catholiques 3.663.230, prêtres 100, religieux 125), en République démocratique du Congo. L'Evêque élu, né en 1961 à Mune (RDC), a été ordonné prêtre en 1990. Docteur en philosophie, il était jusqu'ici Supérieur provincial des Pères Blancs pour l'Afrique centrale. Depuis 2010, le diocèse de Kalemie-Kirungu était vacant suite à la renonciation à la charge pastorale de Mgr.Dominique Kimpinde pour limite d'âge. Il était gouverné par l'Evêque de Kongolo, Mgr.Oscar Ngoy, Administrateur apostolique.

-deux Evêques auxiliaires pour l'archidiocèse de Kinshasa (République démocratique du Congo): le P.Donatien Bafuidinsoni, SJ, jusqu'ici Vicaire judiciaire du même diocèse, à qui a été assigné le siège titulaire de Gemelle di Bizacena; et Mgr.Jean-Pierre Kwambamba Masi, du clergé de Kenge, Officiel de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, à qui a été assigné le siège titulaire de Naratcata.

-le P.Giorgio Demetrio Gallaro, Evêque de l'Eparchie de Piana degli Albanesi de Sicile. L'Evêque élu, né en 1948 à Pozzallo en Sicile, a été ordonné prêtre en 1972. Docteur en droit canonique oriental et licencié en théologie œcuménique, il a exercé son ministère pastoral dans différentes éparchies. Depuis 2001, il était Vice-président de la Société de droit oriental et, depuis 2013, Consultant de la Congrégation pour les Eglises orientales. Appartenant au clergé de l'éparchie de Newton des Grecs-Melkites (USA), il était jusqu'ici Secrétaire pour les affaires canoniques et Vicaire judiciaire dans l'archiéparchie de Pittsburgh, professeur de droit canonique et de théologie œcuménique au Séminaire byzantin catholique des Sts.Cyrille et Méthode de Pittsburgh et Juge d'appel pour l'archiéparchie de Philadelphie des Ukrainiens.

-le Cardinal Giuseppe Versaldi, Préfet de la Congrégation pour l'Education catholique. Il était jusqu'ici Président de la Préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège.


-le Cardinal Rainer Maria Woelki, membre de l'Administration du Patrimoine du Siège apostolique.

lundi 30 mars 2015

Dimanche des Rameaux: Dieu s'abaisse pour marcher avec son peuple

Cité du Vatican, 30 mars 2015 (VIS). Aujourd'hui, dimanche des Rameaux, fête d'ouverture de la Semaine sainte, le Pape a présidé la messe Place St.Pierre, où en présence de milliers de personnes, il a béni les palmes et rameaux d'olivier avant de célébrer la Passion du Seigneur dans l'atrium de la basilique. De nombreux jeunes du diocèse de Rome et d'autres diocèses ont participé à la célébration, ce dimanche étant aussi la XXX Journée mondiale de la jeunesse dont le thème est: Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu. Après la lecture de l'Evangile, le Saint-Père a prononcé une homélie dans laquelle il a souligné la vertu de l'humilité et le dépouillement de Jésus qui assume la condition de serviteur en s'abaissant. Ajoutant que le chemin contraire à l'humiliation est la mondanité qui conduit à l'orgueil, il n'a pas manqué d'évoquer les nombreux chrétiens humiliés aujourd'hui à cause de leur foi, les définissant "martyrs de la foi". Voici le texte intégral de l'homélie.

"Au centre de cette célébration, qui apparaît si festive, il y a la parole que nous avons entendue dans l’hymne de la Lettre aux Philippiens: Il s’est abaissé. L’abaissement de Jésus. Cette parole nous révèle le style de Dieu et, en conséquence, ce que doit être celui du chrétien: l’humilité. Un style qui ne finira jamais de nous surprendre et de nous déranger: on ne s’habitue jamais à un Dieu humble! S’abaisser est avant tout le style de Dieu: Dieu s’abaisse pour marcher avec son peuple, pour supporter ses infidélités. On le voit bien en lisant l’histoire de l’Exode: quel abaissement pour le Seigneur que d’écouter tous ces murmures, ces lamentations! Ils étaient dirigés contre Moïse, mais au fond, ils allaient contre Lui, leur Père, qui les avait fait sortir de la condition d’esclavage et les guidait sur le chemin à travers le désert jusqu’à la terre de la liberté".

"En cette Semaine, la Semaine Sainte, qui nous conduit à Pâques, nous irons sur ce chemin de l’abaissement de Jésus. Et seulement ainsi, elle sera “sainte” aussi pour nous! Nous entendrons le mépris des chefs de son peuple et leurs tromperies pour le faire tomber. Nous assisterons à la trahison de Judas, un des Douze, qui le vendra pour trente deniers. Nous verrons le Seigneur arrêté et emmené comme un malfaiteur, abandonné des disciples, traîné devant le sanhédrin, condamné à mort, battu et outragé. Nous entendrons que Pierre, le “roc” des disciples, le reniera par trois fois. Nous entendrons les cris de la foule, incitée par les chefs, qui demande que Barabbas soit libre, et que lui soit crucifié. Nous le verrons raillé par les soldats, couvert d’un manteau de pourpre, couronné d’épines. Et puis, le long de la Via dolorosa et sous la croix, nous entendrons les insultes des gens et des chefs, qui se moquent de son être de Roi et de Fils de Dieu. C’est le chemin de Dieu, le chemin de l’humilité. C’est la route de Jésus, il n’y en a pas d’autre. Et il n’existe pas d’humilité sans humiliation. En parcourant jusqu’au bout cette route, le Fils de Dieu a assumé la condition de serviteur. En effet, humilité veut dire aussi service, veut dire laisser de la place à Dieu se dépouillant de soi-même, se vidant, comme dit l’Ecriture. Cela, se vider, est l’humiliation la plus grande".
"Il y a un autre chemin, contraire au chemin du Christ: la mondanité. La mondanité nous offre le chemin de la vanité, de l’orgueil, du succès… C’est l’autre chemin. Le malin l’a proposé aussi à Jésus, durant les quarante jours dans le désert. Mais Jésus l’a repoussé sans hésitations. Et avec lui, seulement avec sa grâce, avec son aide, nous aussi nous pouvons vaincre cette tentation de la vanité, de la mondanité, non seulement dans les grandes occasions, mais dans les circonstances ordinaires de la vie. Ce qui nous aide et nous réconforte en cela, c’est l’exemple de beaucoup d’hommes et de femmes qui, dans le silence et de façon cachée, chaque jour renoncent à eux-mêmes pour servir les autres, un parent malade, une personne âgée seule, une personne avec un handicap, un sans-abri… Pensons aussi à l’abaissement de tous ceux qui, en raison de leur comportement fidèle à l’Evangile, sont discriminés et paient de leur personne. Et pensons à nos frères et sœurs persécutés parce que chrétiens, les martyrs d’aujourd’hui, il y en a beaucoup. Ils ne renient pas Jésus et supportent avec dignité des insultes et des outrages. Ils le suivent sur son chemin. Nous pouvons parler en vérité d’une nuée de témoins: les martyrs d’aujourd’hui. Durant cette Semaine, nous aussi, mettons-nous résolument avec eux sur cette route de l’humilité, avec beaucoup d’amour pour Lui, notre Seigneur et Sauveur. Ce sera l’amour qui nous guidera et nous donnera la force. Et là où il est, Lui, nous serons nous aussi". 

A l'angélus, le Pape confie à la Vierge les victimes de l'accident d'avion en France

Cité du Vatican, 30 mars 2015 (VIS). Au terme de la messe, le Saint-Père a récité l'angélus et salué les personnes présentes, en particulier les jeunes qu'il a encouragé à poursuivre leur chemin dans leurs diocèses, comme dans leur pèlerinage à travers les continents, qui les conduira l'année prochaine à Cracovie (Pologne), patrie de saint Jean-Paul II, l'initiateur des Journées mondiales de la jeunesse. "Le thème de cette rencontre: Bienheureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde, est en accord avec l'Année sainte de la miséricorde. Laissez-vous remplir de la tendresse du Père pour la diffuser autour de vous! -leur a-t-il dit-. Tournons maintenant notre prière vers Marie notre Mère, pour qu'elle nous aide à vivre avec foi la Semaine sainte. Elle aussi était présente quand Jésus est entré à Jérusalem acclamé par la foule. Mais son cœur, comme celui de son fils, était prêt au sacrifice. Apprenons d'elle, Vierge fidèle, à suivre le Seigneur même quand son chemin conduit à la croix. Confions à son intercession les victimes de l'accident d'avion de mardi dernier parmi lesquelles se trouvait un groupe d'élèves allemands".

Lettre du Pape à l'occasion des 500 ans de la naissance de sainte Thérèse d'Avila

Cité du Vatican, 28 mars 2015 (VIS). Le Pape François a écrit une lettre au Père Saverio Cannistrá, Préposé général de l'Ordre des Frères déchaux de la bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, à l'occasion des 500 ans de la naissance de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, dans laquelle il s'unit à eux pour rendre grâce du charisme de cette "femme exceptionnelle". "Je considère comme une grâce providentielle -dit le texte- que cet anniversaire coïncide avec l'année dédiée à la vie consacrée dans laquelle sainte Thérèse resplendit comme un guide sûr et un modèle attirant de consécration totale à Dieu... Combien continue-t-elle de nous rendre à tous le témoignage de sa consécration, né directement de sa rencontre avec le Christ, de son expérience de prière, ainsi que de son dialogue continu avec Dieu, et son expérience communautaire enracinée dans la maternité de l'Eglise!".

"Sainte Thérèse est surtout une maîtresse de la prière. Dans sa vie, la découverte de l'humanité du Christ fut centrale. Mue par le désir de partager son expérience personnelle avec les autres, elle écrit sur elle de façon vivante et simple, à la portée de tous, qu'il s'agit simplement "d'amitié avec celui dont nous savons qu'il nous aime". La prière de Thérèse n'était pas simplement une prière réservée à un endroit ou un moment de la journée, mais surgissait spontanément dans les occasions les plus variées...Elle était convaincue de la valeur de la prière continue même imparfaite... Pour renouveler aujourd'hui la vie consacrée, Thérèse nous a laissé un grand trésor, plein de propositions concrètes, de chemins et de méthodes pour prier qui, loin de nous enfermer sur nous-mêmes ou de chercher un simple équilibre intérieur, nous fait revenir toujours à Jésus et constituent une authentique école de croissance dans l'amour de Dieu et du prochain. Depuis sa rencontre avec le Christ, sainte Thérèse vivait une "autre vie". Elle s'est convertie en communicatrice infatigable de l'Evangile. Désireuse de servir l'Eglise, et vu les graves problèmes de son époque, elle ne se limita pas à être une spectatrice de la réalité qui l'entourait... C'est pourquoi a eu lieu la réforme thérésienne dans laquelle elle demandait à ses sœurs de ne pas perdre leur temps à traiter "avec Dieu d'affaires de peu d'importance" quand le "monde était brûlant". C'est cette dimension missionnaire et ecclésiale qui distingue encore le Carmel déchaussé. Comme à l'époque, aujourd'hui encore la sainte nous ouvre de nouveaux horizons, nous convoque à une grande entreprise, à voir le monde avec les yeux du Christ, pour chercher ce qu'il cherche et aimer ce qu'il aime".


"Sainte Thérèse savait que ni la prière ni la mission ne pouvaient avoir lieu sans une authentique vie communautaire. C'est pourquoi, ce qui cimenta ses monastères fut la fraternité... Elle ne manquait pas d'informer ses religieuses sur le danger de l'auto-référence dans la vie fraternelle...et de leur rappeler qu'elles étaient au service des autres. Pour éviter cet écueil, la sainte d'Avila insistait auprès de ses sœurs surtout sur la vertu de l'humilité qui n'est pas de la pusillanimité extérieure ni un étouffement intérieur de l'âme, sachant ce dont on est capable et ce que Dieu peut en nous. Le contraire est ce qu'elle appelle la "negra honra" (l'excès d'amour propre), source de schismes, de jalousies et de critiques qui endommagent sérieusement la relation avec les autres... Avec ces nobles racines, les communautés thérésiennes sont appelées à devenir des maisons de communion qui témoignent de l'amour fraternel et de la maternité de l'Eglise, présentant au Seigneur les besoins de notre monde déchiré par les divisions et les guerres".

Télégramme du Pape à l'occasion du décès du Catholicos Patriarche de l'Eglise assyrienne d'Orient

Cité du Vatican, 28 mars 2015 (VIS). Le Saint-Père a envoyé un télégramme de condoléances à S.B. Mar Aprem Locum Tenens de l'Eglise assyrienne d'Orient à l'occasion du décès de S.S. Mar Dinkha IV, Catholicos Patriarche de l'Eglise assyrienne d'Orient. Il l'a assuré de sa proximité ainsi que tous les catholiques et fidèles assyriens et leur a dit que le monde chrétien avait perdu "un important leader spirituel, un pasteur courageux et sage, qui a servi fidèlement sa communauté à une époque chargée de défis".


"Sa Sainteté Mar Dinkha -a-t-il poursuivi- souffrait beaucoup de la tragique situation au Moyen Orient, en particulier en Irak et en Syrie, et appelait à prêter attention à la situation désespérée de nos frères et sœurs chrétiens et des autres minorités religieuses souffrant quotidiennement de persécutions. Je me souviens que nous en avions parlé en détail au cours de la récente visite de Sa Sainteté à Rome. Je rends grâce à Dieu Tout-Puissant pour son engagement permanent en vue d'améliorer les relations entre les chrétiens et, en particulier, entre l'Eglise catholique et l'Eglise assyrienne d'Orient. Que le Seigneur le reçoive dans son Royaume et lui accorde le repos éternel, et que le souvenir de son long et dévoué service à la vie de l'Eglise soit un défi et une inspiration pour nous tous".

Proximité du Pape aux victimes des inondations au Chili et au Pérou

Cité du Vatican, 30 mars 2015 (VIS). Le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, a envoyé un télégramme au nom du Saint-Père, à Mgr.Ivo Scapolo, Nonce apostolique au Chili, à l'occasion des inondations et glissements de terrains causés par d'intenses précipitations, et qui ont fait six morts, six disparus et des milliers de sinistrés au nord du Chili, et qui, au sud du Pérou, ont provoqué la mort de six autres personnes. Au moins quatre mille personnes ont été atteintes par ces intempéries. "Face aux graves inondations qui ont eu lieu au Chili et au Pérou, provoquant des victimes et d'importants dégâts matériels -dit le télégramme- le Saint-Père offre ses prières pour le repos éternel des personnes décédées et demande au Seigneur d'apporter son réconfort et sa force aux personnes touchées. Le Pape exhorte aussi les institutions et tous les hommes de bonne volonté, mus par un sentiment de solidarité fraternelle et de charité chrétienne, à apporter leur aide pour surmonter ces moments difficiles, et les bénit de tout cœur".

Audiences

Cité du Vatican, 30 mars 2015 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a reçu en audience séparée:

-Mgr. José Rodríguez Carballo, Secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique,

-Le Cardinal Stanisław Ryłko, Président du Conseil pontifical pour les laïcs,

-Le Cardinal Angelo Bagnasco, Président de la Conférence épiscopale italienne,

-Mgr.Jean-Louis Bruguès, archiviste et bibliothécaire de la Sainte Eglise romaine,

-Le Cardinal Angelo Comastri, Vicaire général de Sa Sainteté pour la Cité du Vatican, Président de la Fabrique de Saint-Pierre,


- Mgr.Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical pour la famille.

Autres actes pontificaux

Cité du Vatican, 30 mars 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé le P.Alberto Vera Aréjula, O.de M. Evêque auxiliaire de Xai-Xai (superficie 75.709, population 1.664.000, catholiques 298.000, prêtres 27, religieux 81) au Mozambique. L'Evêque élu, né en 1957 à Aguilar del Río Alhama (Espagne), a prononcé ses vœux solennels et a été ordonné prêtre en 1981. Il a étudié la théologie et la psychologie et dans son ministère pastoral a été, entre autres, vicaire paroissial, conseiller provincial et responsable de la pastorale des jeunes et des vocations, formateur de communauté, supérieur de la communauté de Matola-Mozambique, recteur de séminaire, curé, directeur d'école, conseiller diocésain. Il était jusqu'ici Délégué provincial des Pères mercédaires au Mozambique et curé de Xai-Xai.

Dimanche 29 mars, il a nommé Mgr.Michael Gorō Matsuura, Evêque de Nagota (superficie 25.306, population 12.379.569, catholiques 26.666, prêtres 115, religieux 268, diacres permanents 3), au Japon. Il était jusqu'ici Evêque auxiliaire de Osaka (Japon). Il succède à Mgr.Augustinus Jun-ichi Nomura, dont la renonciation à la charge pastorale a été acceptée pour limite d'âge.


Samedi 28 mars, il a accepté la renonciation à la charge pastorale de Mgr.Athanasius Atule Usuh au gouvernement pastoral du diocèse de Makurdi au Nigeria, conformément au canon 401 § 2 CDC. Lui succède Mgr.Wilfred Chikpa Anagbe, CMF, jusqu'ici Evêque coadjuteur du même diocèse.

vendredi 27 mars 2015

Solidarité du pape avec les familles d'Irak et du Nigeria

Cité du Vatican, 27 mars 2015 (VIS). La sollicitude du Pape est constante pour la situation des familles chrétiennes et des autres groupes victimes de l'expulsion de leurs maisons et de leurs villages, en particulier dans la ville de Mossoul et la plaine de Ninive, dont nombre desquels s'étaient réfugiés dans la région autonome du Kurdistan irakien. Le Pape prie pour eux et souhaite qu'ils puissent revenir et reprendre leur vie sur les terres et dans les lieux où, pendant des centaines d'années, ils ont vécu et tissé des relations de bonne coexistence avec tous. Au cours de la Semaine sainte désormais proche, ces familles partageront avec le Christ la violence injuste dont elles sont victimes, et participeront à la douleur du Christ lui-même. Souhaitant être proche de ces familles, le Cardinal Fernando Filoni retourne en Irak en signe de proximité, d'affection, et d'union de prière avec eux. Les familles du diocèse de Rome, unies à leur évêque par les sentiments de proximité et de solidarité avec ces familles, grâce à une collecte spéciale dans les paroisses, leur envoient un dessert italien pascal (la colombe) pour partager la joie de Pâques et leurs vœux sur la foi en la Résurrection du Christ. Le Saint-Père participe aussi concrètement avec un signe tangible de solidarité. Pour ne pas oublier la souffrance des familles du nord du Nigeria, le Souverain Pontife leur a aussi envoyé, via la Conférence épiscopale, un signe de solidarité.  

Le Pape recevra le Président de la République italienne et se rendra à Prato et Florence

Cité du Vatican, 27 mars 2015 (VIS). Le 18 avril, le Pape recevra, pour la première fois, le Président de la République italienne, M.Sergio Mattarella, élu le 3 février dernier. C'est ce que confirme la Salle de Presse du Saint-Siège, de même que la visite pastorale que le Pape effectuera dans les villes italiennes de Prato et Florence, le 10 novembre, à l'occasion du V congrès ecclésial de la Conférence épiscopale italienne qui aura lieu à Florence du 9 au 13 novembre sur le thème: En Jésus Christ le nouvel humanisme.

Le Pape à la rencontre des sans-abri en visite à la Chapelle Sixtine

Cité du Vatican, 27 mars 2015 (VIS). Hier, peu après 17h, le Pape François s'est rendu à la Chapelle Sixtine pour saluer les 150 sans-abri qui la visitait, à l'initiative de l'Aumônerie apostolique du Vatican. Après avoir serré quelques mains, il s'est adressé à tous leur disant: "Bienvenus. Cette maison est celle de tous, c'est votre maison. Ses portes sont toujours ouvertes pour tous". Il a ensuite remercié Mgr.Konrad Krajewski, Aumônier apostolique, d'avoir organisé cette visite qu'il a définie comme une "petite œuvre de charité" pour les sans-abri. Il a ajouté: "Priez pour moi. J'ai besoin de la prière de personnes comme vous. Que le Seigneur vous protège, vous accompagne sur le chemin de la vie et vous fasse sentir son tendre amour de Père". Il a ensuite salué une à une les personnes présentes et a discuté avec elles une vingtaine de minutes. Comme il a déjà été communiqué hier, après leur visite aux Musées du Vatican et à la Chapelle Sixtine, les sans-abri ont déjeuné au restaurant des Musées du Vatican et ont quitté le Vatican par la Porte du Petriano. Selon le souhait du Pape, aucune photo ou vidéo de cette rencontre n'a été faite. 

Pour le respect des enfants réfugiés souvent apatrides

Cité du Vatican, 27 mars 2015 (VIS). Le respect des enfants, victimes de la guerre, était au cœur de l'intervention de Mgr.Silvano Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève, au cours de la 28 session du Conseil des droits de l'homme qui s'est tenue le 17 mars. "La Commission internationale indépendante d'enquête sur la République arabe de Syrie -a dit le prélat- a fait savoir que, depuis la crise, plus de 10 millions de Syriens ont fui leurs maisons. Cela représente presque la moitié de la population du pays, désormais privée de ses droits élémentaires... Différentes sources ont mis en évidence combien les enfants souffrent des conséquences brutales d'un état de guerre persistant dans leur pays. Les enfants sont recrutés pour combattre, parfois même utilisés comme bouclier humain dans des attaques militaires. Le groupe dénommé Etat islamique (Isis) a aggravé la situation en se servant d'enfants pour des attaques suicides à la bombe, en tuant ce qui appartiennent à des communautés religieuses ou ethniques différentes, en vendant les enfants comme des esclaves sur les marchés, en les exécutant en masse, et en commettant sur eux d'autres atrocités... Les enfants représentent environ la moitié de la population de réfugiés dans les camps au Moyen Orient et sont le groupe démographique le plus vulnérable en temps de conflits et de migration. Au-delà des situations spécifiques que doivent affronter les enfants déplacés à l'intérieur du pays et ceux qui vivent dans des camps de réfugiés de la région, il est important de penser à leur avenir, en portant notre attention sur trois questions".

En premier lieu -a-t-il affirmé- le monde doit affronter la situation des enfants apatrides qui, comme tels, selon la loi, ne sont jamais nés. Les Nations Unies estiment qu'au seul Liban il y aurait environ 30.000 enfants dans cette situation. En outre, à cause des conflits au Moyen Orient et du déracinement en masse des familles, plusieurs milliers d'enfants non enregistrés sont dispersés dans les camps de réfugiés et dans les pays d'asile... Les enfants apatrides passent les frontières internationales seuls et se retrouvent totalement abandonnés... Pendant que tous doivent affronter de grandes difficultés, ceux qui fuient la Syrie doivent affronter des défis encore plus dramatiques: un enfant de moins de onze ans et dépourvu de papiers n'a pas accès aux services les plus élémentaires. Évidemment ces enfants ne peuvent pas aller à l'école et risquent d'être adoptés illégalement, recrutés dans un groupe armé, abusés, exploités ou contraints à la prostitution. Chaque enfant a le droit d'être enregistré à la naissance et, ainsi, d'être reconnu comme personne devant la loi. L'application de ce droit ouvre le chemin qui permet d'accéder à la jouissance d'autres droits et bénéfices qui concernent l'avenir de ces enfants. Simplifier les mécanismes et les conditions d'enregistrement, renoncer aux taxes, s'engager pour une législation sur l'enregistrement qui inclut les réfugiés constituent quelques pas pour résoudre le fléau des enfants apatrides".

En deuxième lieu, "un autre élément important qui affecte l'avenir de ces enfants déracinés est l'éducation. Tant en Syrie que dans les campements de réfugiés dans la région, donner une éducation est devenu extrêmement problématique. Quelque 5.000 écoles ont été détruites en Syrie où plus d'un million et demi d'élèves ne reçoit plus d'enseignement et où les attaques contre les bâtiments scolaires se poursuivent... La communauté internationale paraît avoir mal évalué la durée de la crise syrienne. Beaucoup croyaient que le flux de réfugiés syriens ne serait que temporaire et que ces réfugiés quitteraient leur pays d'asile au bout de quelques mois. Désormais, après plus de quatre années de conflit, il semble que ces réfugiés s'installeront et que la population locale devra apprendre à vivre avec eux à leurs côtés... Dans les camps, il y a seulement 40 professeurs pour plus de mille élèves, d'âge compris entre 6 et 17 ans. Pour différentes raisons, que ce soit dans leur pays d'origine ou dans les camps de réfugiés, les enfants se retrouvent face à un système éducatif inadéquat qui met en jeu leur avenir. Il est urgent d'avoir un système éducatif pour s'occuper de ces enfants et remettre un peu de normalité dans leur vie".


La troisième grave conséquence de la violence persistante qui mine le Moyen Orient est la "séparation des membres de la famille, qui oblige de nombreux enfants à se débrouiller par eux-mêmes... Afin d'éviter une plus grande exploitation des enfants et pour les protéger correctement, il faut faire un effort supplémentaire pour faciliter la réunification des enfants avec leurs familles. Le droit à une identité légale, à une éducation adéquate et à la famille -a conclu Mgr.Tomasi- sont les éléments clefs et les exigences particulières d'un système intégral de protection pour les enfants. Ces moyens exigent une étroite coopération entre toutes les parties intéressées. L'accès à une bonne éducation et une attention psycho-sociale, ainsi que d'autres services de base, est extrêmement important. Cependant les enfants ne peuvent bénéficier de ces services s'ils ne sont pas enregistrés à leur naissance et si l'on n'aide pas leurs familles et communautés à mieux les protéger. Si la violence ne cesse pas et que l'on ne revient pas à une situation normale d'éducation et de développement, ces enfants courent le risque de devenir une génération perdue".
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