Cité
du Vatican, 23 février 2016 (VIS). Ce midi, accompagné de
Mme.Mehriban Alyieva, Présidente de la fondation azerbaïdjanaise
HAF qui en a couvert les frais, le Cardinal Gianfranco Ravasi,
Président du Conseil pontifical pour la culture, a présenté la
restauration de la catacombe romaine des saints Marcellin et Pierre.
Ces travaux, qui ont duré trois ans sur la base du contrat de
collaboration signé en 2012, ont permis de nettoyer et remettre en
état au moyen des meilleures technologies les fresques du Cubiculum
de Suzanne et du Fossor, celles du Cubiculum de la Vierge et des
Mages, du Cubiculum de l'Orante, de la niche de Daniel, de
l'Arcolosium de Sabine et de celui d'Orphée. Il s'agit d'un célèbre
cycle iconographique paléochrétien (III siècle - IV siècle). Le
Conseil pontifical et la Fondation ont annoncé leur décision de
poursuivre leur collaboration pour la mise en valeur du complexe de
St.Sébastien. Le contrat signé ce matin concerne le musée
épigraphique, le musée lapidaire, la collection de sarcophages en
place et les mausolées, toujours sous l'autorité de la Commission
pontificale d'art sacré.
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mardi 23 février 2016
A dix ans de l'encyclique Deus Caritas Est
Cité
du Vatican, 23 février 2016 (VIS). ''La charité ne cessera jamais.
Dix ans après l'encyclique Deus Caritas Est'', tel est le titre de
la conférence internationale qui se tiendra les 25 et 26 février au
Vatican. Organisée par le Conseil pontifical Cor Unum, elle est au
programme des événements du Jubilé de la Miséricorde. Le but de
ces assises est d'examiner et d'approfondir les perspectives
théologiques et pastorales de l'encyclique de Benoît XVI pour le
monde d'aujourd'hui, en particulier pour qui travaille dans les
organismes caritatifs de l'Eglise. Y prendront part notamment des
représentants de conférences épiscopales et des organisations
caritatives catholiques internationales.
La
conférence sera inaugurée par une brève introduction de
Mgr.Giampietro Dal Toso, Secrétaire de Cor Unum, suivies des
interventions du Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la
Congrégation pour la doctrine de la foi (''L'encyclique Deus Caritas
Est, une lecture théologique''), de M.Michel Thio, Président de la
Confédération internationale Saint Vincent de Paul), de Mme.Marina
Almeida Costa, Directrice de la Caritas du Cap Vert, et de M.Roy
Moussalli, Directeur exécutif de la Société syrienne pour le
développement social. Le débat de l'après-midi sera consacré à
la signification de l'amour dans les trois religions monothéistes,
avec le Rabbin Shlomo David Rosen, Directeur du Département des
affaires religieuses du Jewish Committee de Jérusalem, M.Saeed Ahmed
Khan, Professeur à la Wayne State University de Detroit (USA), et
M.Fabrice Hadjadj, Directeur de l'Institut Philanthropos de Fribourg
(Suisse). La deuxième journée débutera par une conférence du
Cardinal Luis Antonio G.Tagle, Archevêque de Manille (Philippines)
et Président de la Caritas Internationalis, intitulée:
"L'importance de l'encyclique pour le service de la charité
dans l'Eglise d'aujourd'hui'', suivie par les interventions de
M.Alejandro Marius (Venezuela) et de M.Eduardo M.Almeida (Paraguay),
experts de questions socio-économiques et sociétales. A midi, le
Pape recevra les participants en audience. La session de l'après-midi
débutera par les exposés de l'Abbé Paolo Asolan, Professeur à
l'Université pontificale du Latran (Rome), et de M.Rainer Gehrig,
Professeur à l'Université catholique de Murcia (Espagne). Chaque
jour à 18 h une messe sera célébrée en l'église du Collège
teutonique. Le 25 elle sera présidé par le Cardinal Paul Josef
Cordes, Président émérite de Cor Unum, le 26 par le Cardinal
Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la
discipline des sacrements. La conférence sera entièrement diffusée
en direct puis accessible sur le site www.corunumjubilaeum.va
In memoriam
Cité
du Vatican, 23 février 2016 (VIS). Voici les données relatives aux
prélats décédés ces dernières semaines:
Mgr.Ian
Murray, Evêque émérite d'Argyll and The Isles (GB/Ecosse), le 22
janvier à 83 ans.
Mgr.Emile
Destombes, MEP, Vicaire apostolique émérite de Phnom Penh
(Cambodge), le 28 janvier à 80 ans.
Mgr.John
Baptist Kakubi, Evêque émérite de Mbarara (Ouganda), le 11 février
à 86 ans.
Mgr.Barry
Philip Jones, Evêque de Christchurch (Nouvelle Zélande), le 13
février à 74 ans.
Mgr.Carlos
Quintero Arce; Archevêque émérite de Hermosillo (Mexique). Le 15
février à 96 ans.
Mgr.Gregorio
Garavito Jiménez, SMM, Evêque émérite de Villavicencio
(Colombie), le 16 février à 96 ans.
lundi 22 février 2016
Messe pour le Jubilé de la Curie Romaine
Cité
du Vatican, 22 février 2016 (VIS). Ce matin, en la solennité de la
Chaire de Pierre, le Pape a présidé une messe à la Basilique
vaticane pour le Jubilé de la Curie Romaine, du Gouvernorat et des
institutions dépendantes du Saint-Siège. Tous les participants à
la messe, y compris le Pape, ont processionné de la salle Paul VI à
la Basilique, en passant par la Porte Sainte. "En ce moment, le
Seigneur Jésus répète à chacun de nous sa question: Et vous, qui
dites-vous que je suis?", a dit le Pape à l'homélie. "Une
question claire et directe, face à laquelle il n'est pas possible de
fuir ou de rester neutre, ni d'en remettre la réponse ou la déléguer
à quelqu'un d'autre. Mais, elle ne se veut nullement inquisitoire,
au contraire, elle est pleine d'amour! L'amour de notre unique Maître
qui nous appelle aujourd'hui à renouveler notre foi en lui, en le
reconnaissant comme Fils de Dieu et Seigneur de notre vie. Le premier
appelé à renouveler sa profession de foi est le successeur de
Pierre qui porte avec lui la responsabilité de confirmer ses
frères... Laissons la grâce modeler de nouveau notre cœur pour
croire, et ouvrir notre bouche pour accomplir notre profession de foi
et obtenir le salut. Faisons donc nôtres les paroles de Pierre: tu
es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Notre pensée et notre regard
sont fixés sur Jésus Christ, début et fin de toute action de
l'Eglise. Il est la pierre de fondation et personne ne peut en poser
d'autre. Il est la pierre sur laquelle nous devons construire. Saint
Augustin le rappelait de façon expressive quand il écrivait que
l'Eglise, bien qu'agitée et secouée par les vicissitudes de
l'histoire, ne s'écroule pas parce qu'elle est fondée sur la
pierre, d'où Pierre tire son nom. Ce n'est pas la pierre qui tire
son nom de Pierre mais c'est Pierre qui le tire de la pierre. De même
que ce n'est pas le nom de Christ qui dérive du nom chrétien, mais
le nom chrétien qui dérive de Christ. La pierre est le Christ sur
le fondement de laquelle Pierre aussi a été édifié".
Puis
le Saint-Père a souligné que, "par cette profession de foi,
dérive pour chacun de nous le devoir de correspondre à l'appel de
Dieu. Il est demandé aux pasteurs surtout d'avoir comme modèle Dieu
lui-même qui prend soin de son troupeau... Cela nous fait du bien à
nous aussi, appelés à être pasteurs dans l'Eglise, de laisser le
visage de Dieu Bon Pasteur nous illuminer, nous purifier, nous
transformer et nous restituer pleinement renouvelés pour notre
mission. Que dans nos milieux de travail également, nous puissions
sentir, cultiver et pratiquer un fort sens pastoral, surtout envers
les personnes que nous rencontrons tous les jours. Que personne ne se
sente négligé ou maltraité, mais que chacun puisse expérimenter
avant tout ici l'attention tendre du Bon Pasteur... Nous sommes
appelés à être les collaborateurs de Dieu dans un projet aussi
important et unique que celui de témoigner par notre existence la
force de la grâce qui transforme et le pouvoir de l'Esprit qui
renouvelle. Laissons le Seigneur nous libérer de toute tentation qui
éloigne de l'essentiel de notre mission, et redécouvrons la beauté
de professer la foi dans le Seigneur Jésus. La fidélité au
ministère se conjugue bien avec la miséricorde dont nous voulons
faire l'expérience. D'ailleurs, dans l'Ecriture Sainte, fidélité
et miséricorde sont un binôme inséparable. Où se trouve l'une, se
trouve aussi l'autre, et c'est justement dans leur réciprocité et
complémentarité que l'on peut voir la présence même du Bon
Pasteur. La fidélité qui nous est demandée est d'agir selon le
cœur du Christ. Comme nous l'avons entendu des paroles de l'apôtre
Pierre, nous devons paître le troupeau avec une âme généreuse et
devenir un modèle pour tous. De cette façon, quand se manifestera
le Chef des pasteurs, nous pourrons recevoir la couronne de gloire
qui ne se flétrit pas".
Echo du voyage pastoral
Cité
du Vatican, 21 février 2016 (VIS). A l'angélus, commentant
l'épisode évangélique de la Transfiguration, le Saint-Père est
revenu sur son voyage pastoral au Mexique, qu'il a qualifié
d'expérience de transfiguration: "Le Seigneur nous a montré la
lumière de sa gloire...dans le peuple saint vivant sur cette terre.
C'est un peuple qui a souvent été blessé, opprimé, méprisé,
violé dans sa dignité. Mais mes diverses rencontres mexicaines ont
été remplies de lumière, de la lumière de la foi qui transfigure
les visages et éclaire le chemin... Le coeur spirituel de ce
pèlerinage fut le sanctuaire de la Vierge de Guadalupe, où je
voulais avant tout prier en silence. Je remercie Dieu de me l'avoir
concédé... Je me suis laissé conquérir par celle qui porte dans
ses yeux les regards de ses fils. Elle souffre des violences, les
enlèvements, les meurtres de tant de pauvres gens et de tant de
femmes. Celui de Mexico est le sanctuaire marial le plus fréquenté
du monde et l'on vient de toute l'Amérique prier la Morenita qui se
manifesta à l'amérindien saint Juan Diego et marqua le débit de
l'évangélisation du continent comme à une civilisation fruit de la
rencontre des cultures. Tel est l'héritage que le Seigneur a donné
au Mexique, conserver la richesse de la diversité en manifestant
l'harmonie de la foi commune, d'une foi simple, robuste et vitale.
Comme mes prédécesseurs, je suis venu confirmer le peuple mexicain
dans la foi, mais aussi y être confirmé...au bénéfice de l'Eglise
universelle... Les familles mexicaines m'ont accueilli en messager du
Christ, pasteur de l'Eglise, témoignant de manière limpide et forte
de leur foi vécue...au profit de toutes les familles chrétiennes.
Même chose des jeunes, des prêtres, religieux et consacrés, pour
les travailleurs et les détenus".
"Elevons
aussi nos louanges à la Trinité, qui a voulu que je rencontre à
Cuba le Patriarche Cyrille de Moscou, une rencontre tellement désirée
y compris par mes prédécesseurs... Elle aussi constitue une lumière
prophétique de la Résurrection, dont le monde a plus que jamais
besoin. Puisse la Mère de Dieu continuer à nous guider sur le
chemin de l'unité. Prions la Vierge de Kazan, dont le Patriarche m'a
offert une copie de l'icône".
Aucune exécution capitale pendant l'Année de la miséricorde
Cité
du Vatican, 21 février 2016 (VIS). Après l'angélus, le Pape
François a évoqué le congrès international intitulé "Pour
un monde sans peine de mort", qui s'ouvre demain à Rome,
organisé par la communauté Sant'Egidio, en vue de donner un nouvel
élan pour l'abolition de la peine de mort. Le Pape a souligné le
signe d'espérance en ce sens lié au développement dans l'opinion
publique d'un sentiment plus répandu d'une certaine hostilité à la
peine de mort même comme instrument de légitime défense sociale.
"En effet, les sociétés modernes ont la possibilité de
réprimer efficacement le crime sans enlever définitivement à celui
qui l'a commis la possibilité de se racheter. Le problème doit être
encadré dans l'optique d'une justice pénale qui soit davantage
conforme à la dignité de l'homme et au dessein de Dieu sur l'homme
et sur la société, mais également à une justice pénale ouverte à
l'espérance de réinsertion dans la société. Le commandement de ne
pas tuer a une valeur absolu et concerne autant l'innocent que le
coupable".
"Le
Jubilé extraordinaire de la miséricorde est une bonne occasion de
promouvoir dans le monde des formes toujours plus mûres de respect
de la vie et de la dignité de chaque personne. Même le criminel
conserve l'inviolable droit à la vie, don de Dieu. Je fais appel à
la conscience des gouvernants afin qu'ils se rejoignent dans un
consensus international pour l'abolition de la peine de mort. Et je
propose à ceux qui, parmi eux, sont catholiques, d'accomplir un
geste courageux et exemplaire: qu'aucune condamnation ne soit
exécutée au cours de cette Année sainte de la miséricorde. Tous
les chrétiens et les hommes de bonne volonté sont appelés
aujourd'hui à œuvrer non seulement pour l'abolition de la peine de
mort, mais aussi en vue d'améliorer les conditions carcérales, dans
le respect de la dignité humaine des personnes privées de la
liberté". Le Pape a ensuite évoqué le chemin de croix qui,
organisé par la communauté Pape Jean XXIII fondée par le P.Oreste
Benzi, aura lieu, jeudi prochain, dans les rues de Rome en solidarité
avec les femmes victimes de la traite des personnes et pour prier
pour elles. Avant de conclure, il a rappelé que le carême était un
temps propice pour entreprendre un chemin de conversion dont le
centre est la miséricorde. "C'est pourquoi -a-t-il dit-, j'ai
voulu vous offrir, à vous qui êtes sur la Place, un médicament
spirituel appelé Misericordina. Nous l'avons déjà fait une fois
mais celui-ci est de meilleure qualité, c'est la Misericordina plus.
Une petite boîte qui contient un chapelet et l'image de Jésus
miséricordieux. Nous la distribuons maintenant aux bénévoles,
parmi lesquels se trouvent des pauvres, des sdf, des réfugiés et
aussi des religieux. Accueillez ce don comme une aide spirituelle
pour diffuser, spécialement en cette Année de la miséricorde,
l'amour, le pardon et la fraternité".
Offrir aux autres le signe concret de la proximité de Dieu
Cité
du Vatican, 20 février 2016 (VIS). 50.000 personnes ont assisté ce
matin place St.Pierre à l'audience jubilaire du Saint-Père, rentré
avant-hier de son voyage apostolique au Mexique. Sa catéchèse était
consacrée à l'engagement que les chrétiens doivent prendre pour
offrir à ceux qu'ils rencontrent un signe concret de la proximité
de Dieu. "Le Jubilé de la miséricorde -a dit le Pape- est une
véritable opportunité pour entrer en profondeur à l'intérieur du
mystère de la bonté et de l'amour de Dieu. En ce temps de carême,
l'Eglise nous invite à connaître davantage le Seigneur Jésus, et à
vivre la foi de manière cohérente par un style de vie qui exprime
la miséricorde du Père". Il est donc nécessaire de
"s'engager" c'est à dire d'accepter une responsabilité
envers quelqu'un et l'accomplir avec fidélité, dévotion et
intérêt. "Chaque jour, il nous est demandé de nous investir
dans les choses que nous faisons, dans la prière, le travail ou les
études, mais aussi dans le sport... S'engager, en somme, signifie
mettre de la bonne volonté et nos forces pour améliorer la vie".
"Dieu
aussi s'est engagé pour nous. Son premier engagement a été de
créer le monde et malgré nos actions destructrices, il s'engage à
le maintenir vivant. Mais son engagement le plus grand a été de
nous donner Jésus... Saint Paul le rappelle quand il écrit que Dieu
n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous.
Fort de cela, avec Jésus, le Père nous donnera ce dont nous avons
besoin". Dans l'évangile, il est facile de voir comment se
manifeste l'engagement de Dieu pour nous. "En Jésus, Dieu s'est
engagé complètement pour redonner l'espérance aux pauvres, à
ceux qui étaient privés de dignité, aux étrangers, aux malades,
aux prisonniers, et aux pécheurs qu'il accueillait avec bonté. En
tout cela, Jésus était l'expression vivante de la miséricorde du
Père". Le Pape a souligné le fait que Jésus accueillait avec
bonté les pécheurs qui, si nous y pensons de façon humaine,
étaient ses ennemis. Au contraire, le Christ "s'approchait
d'eux avec bonté, il les aimait et ainsi leur cœur changeait. Nous
sommes tous pécheurs, tous, nous avons tous devant Dieu quelque
faute, mais nous ne devons pas perdre confiance parce qu'il
s'approche pour nous apporter consolation, pardon et miséricorde.
Voilà l'engagement de Dieu, et c'est pourquoi il nous a envoyé
Jésus, pour s'approcher de nous tous et ouvrir la porte de son cœur,
de son amour, de sa miséricorde".
A
partir de cet amour miséricordieux avec lequel Jésus a exprimé
l'engagement de Dieu, nous aussi "nous pouvons et devons
correspondre à son amour avec notre engagement. Surtout dans les
situations de grande nécessité où il y a davantage de soif
d'espérance. Je pense à notre engagement avec les personnes
abandonnées, celles porteuses d'un handicap lourd, les plus grands
malades, les mourants, ceux qui ne sont pas en mesure d'exprimer leur
reconnaissance... Dans toutes ces réalités, nous apportons la
miséricorde de Dieu par un engagement de vie, qui est témoignage de
notre foi dans le Christ. Nous devons toujours apporter cette caresse
de Dieu, parce que c'est ainsi que Dieu nous a caressé avec sa
miséricorde, à ceux qui en ont besoin, à ceux qui souffrent ou
sont tristes: cette caresse qui est la même que celle que Dieu nous
a faite". Le Pape a conclu sa catéchèse souhaitant que le
Jubilé contribue à ce que nos esprits et nos cœurs sentent au plus
profond l'engagement de Dieu pour chacun de nous, et que grâce à
cela nous transformions notre vie dans un engagement de miséricorde
pour tous.
Communiqué du Secrétariat pour la communication
Cité
du Vatican, 22 février 2016 (VIS). Le Secrétariat pour la
communication a publié aujourd'hui le communiqué suivant:
"A
l'occasion du départ imminent de Radio Vatican du Directeur général,
le P.Federico Lombardi, SJ, et du Directeur administratif, M.Alberto
Gasbarri, le Préfet du Secrétariat pour la communication, Mgr.Dario
Edoardo Viganò, après approbation de la Secrétairerie d'Etat, a
nommé ad interim, à partir du 1 mars prochain, comme représentant
légal et responsable de la Direction administrative de Radio
Vatican, M.Giacomo Ghisani, en vue de gérer les affaires
administratives courantes de la Radio dans le contexte de la
restructuration des médias en cours au Vatican".
Une
note rappelle que par le Motu Proprio du 27 juin 2015, le Pape
François a institué le Secrétariat pour la communication afin que
tous les organismes, qui jusqu'à présent s'occupaient de la
communication, soient intégrés dans un nouveau dicastère de la
Curie romaine. Les médias concernés sont le Conseil pontifical pour
les communications sociales, la Salle de Presse du Saint-Siège, le
Service internet du Vatican, Radio Vatican, le Centre de télévision
du Vatican, L'Osservatore Romano, la Typographie vaticane, le Service
photographique et la Librairie éditrice du Vatican.
Outre
le projet de faisabilité, a été présenté au Conseil des
Cardinaux le 9 juin 2015, un calendrier indiquant les étapes du
procès d'unification des réalités existantes pour lesquelles il a
été aussi précisé, qu'à compter de la publication du Motu
Proprio, elles devraient s'en tenir à leur activité dans l'attente
des indications données par le Secrétariat pour la communication.
Le processus a commencé et, depuis le 1 janvier 2016, le Conseil
pontifical pour les communications sociales et la Salle de presse ont
déjà été incorporés d'un point de vue administratif et de
gestion. La compétence de la Secrétairerie d'Etat n'a pas été
modifiée en ce qui concerne la communication institutionnelle.
Cette
année, selon le calendrier présenté et approuvé, prévoit
l'incorporation de Radio Vatican et du Centre de télévision du
Vatican, unifiée déjà en pratique par certains services et pour
une meilleure gestion des ressources humaines. Ce contexte explique
qu'au terme, fin février, des mandats, quinquennal pour le Directeur
de la Salle de Presse et pour cause de départ en retraite pour le
Directeur administratif, il ne soit pas encore procédé à leur
remplacement mais à la nomination d'un unique Représentant légal
et Responsable du service administratif, en la personne de M.Giacomo
Ghisani, actuellement Directeur adjoint de la direction générale du
Secrétariat pour la communication, disposant d'une très bonne
connaissance de Radio Vatican où il a travaillé de nombreuses
années comme responsable du service juridique et des relations
internationales. Le processus de restructuration s'accompagne de la
formulation des nouveaux statuts du dicastère mais aussi de
l'institution qui garantira la représentation légale dans les
sièges institutionnels, européens et internationaux. Un nouvel
organigramme est également prévu.
Le
travail qui nous attend est l'occasion de mettre en valeur dans
toutes les institutions, les domaines d'excellence et le patrimoine
constitué par le multilinguisme et le multiculturalisme. Dans cette
phase, le Centre de télévision du Vatican garde comme référent
M.Stefano D'Agostini pour l'administration courante. Le personnel de
Radio Vatican aura pour référent, outre M.Ghisani pour les
questions administratives, le Père Andrzej Majewski, en ce qui
concerne l'activité rédactionnelle et la situation des différentes
rédactions linguistiques, et M.Sandro Piervenanzi, pour les aspects
technologiques, y compris les achats et le développement des
projets. Le Secrétariat pour la communication suivra avec une grande
attention ce processus pour surmonter toute éventuelle difficulté
et garantir le succès du projet.
Audiences
Cité
du Vatican, 22 février 2016 (VIS). Le Saint-Père
a reçu ce matin:
M.Egas
da Costa Freitas, Ambassadeur du Timor Oriental, pour la présentation
de ses lettres de créance.
M.Rogelio
Francisco Emilio Pfirter, Ambassadeur d'Argentine, pour
la présentation de ses lettres de créance.
Vendredi
dernier, 19 février, il avait reçu le Cardinal Jean-Louis Tauran,
Président du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux,
accompagné par le Secrétaire Mgr.Miguel Angel Ayuso Guixot, MMCCJ.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 22 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a nommé l'Abbé
Angel Antonio Recinos Lemus, Evêque de Zacapa y Santo Cristo de
Esquípulas (superficie 5.066, population 613.000, catholiques
528.000, prêtres 32, diacres 1, religieux 68), au Guatemala.
L'Evêque élu, né en 1963 à Azulco (Guatemala) et ordonné prêtre
en 1994, était jusqu'ici curé de paroisse dans ce même diocèse.
Licencié en théologie, il a été professeur de séminaire,
Directeur de l'Institut de théologie du séminaire national, en
charge de la pastorale des indigènes, Représentant du Guatemala
près le réseau informatique de l'Eglise en Amérique latine,
coordinateur de la Commission pastorale de défense de la nature et
curé de paroisses.
Samedi
dernier, 20 février, il avait nommé Mgr.Ricardo Lingan Baccay,
Evêque d'Alaminos (superficie 24.492, population 684.000,
catholiques 565.000, prêtres 52, religieux 111), aux Philippines. Il
était jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de Tuguegarao
(Philippines).
vendredi 19 février 2016
Dans l'avion du retour
Cité
du Vatican, 19 février 2016 (VIS). Hier dans l'avion le ramenant à
Rome, et comme à son habitude, le Saint-Père a conversé avec les
journalistes qui l'ont accompagné tout au long de son périple
mexicain. Voici les principales questions auxquelles il a répondu:
Q.
Pourquoi ne pas avoir rencontré les familles des 43 disparus d'
Ayotzinapa, ou envoyé un message aux familles de milliers de
disparus?
R.
J'ai continuellement évoqué les meurtres, les vies volées pour
tous ces gangs de la drogue et du trafic d'êtres humains. J'ai parlé
d'une des plaies qui afflige le Mexique. Il était pratiquement
impossible de recevoir tous les groupes. La société mexicaine est
une victime de tout cela, de ces crimes, des enlèvements, de ce
rejet des gens.
Q.
Le drame de la pédophilie a au Mexique des racines dangereuses et
douloureuses. Le cas Maciel a laissé une blessure profonde et
durable, y compris chez les victimes. On a encore l'impression que le
déplacement du prêtre suspect et son changement paroisse sont
l'option choisie.
R.
Un évêque qui déplace un curé quand sa pédophile est découverte
est un inconscient. La meilleure chose à faire pour lui serait de
démissionner. Quant au cas Maciel, je voudrais rendre hommage à
celui qui a combattu alors qui n'était pas en mesure de s'imposer:
Le Cardinal Ratzinger. Préfet de la Congrégation pour la doctrine
de la foi, il avait tout en main. Il mené des enquêtes mais sans
pouvoir aller plus loin. Dix jours avant la mort de Jean-Paul II, il
avait dit l'urgence de nettoyer l'Eglsie de sa saleté. Lors de la
messe d'entrée en conclave, alors qu'il se savait éligible, il ne
s'est pas soucié pas de corriger sa position et redit la même
chose. Il est l'homme courageux qui a tant aidé pour ouvrir cette
porte. Nous poursuivons ce travail, et il a notamment été décidé
de nommer un troisième sous-secrétaire pour la Doctrine de la foi,
pour prendre en charge spécifiquement la question. Il y a désormais
aussi la Commission pour la protection des mineurs, qui renforce son
action. Quant à la congrégation fondée par le P.Maciel, le
Supérieur général est maintenant élu par le Conseil et le
Chapitre général, mais le Vicaire est choisi par le Pape. Deux
Conseillers généraux sont élus par le Chapitre Général et deux
nommés par le Pape.
Q.
Vous avez parlé avec éloquence aujourd'hui des problèmes de
l'immigration. Mais de l'autre côté de la frontière, c'est un
thème très débattu dans la campagne électorale. L'un des
candidats à la Maison Blanche, le républicain Donald Trump, a
récemment dit que vous seriez un politique, un pion du gouvernement
mexicain et de sa politique de l'immigration. S'il est élu, il veut
construire un mur de 2500 km le long de la frontière et expulser
onze millions d'immigrants illégaux. Que pensez-vous de cette
accusation, et si un catholique américaine peut voter pour un
candidat de ce genre.
R.
Aristote a dit que l'homme est un animal politique. Etant homme je
dois être politique! Un pion? Peut-être, je ne sais pas. A chacun
de juger. Quant à une personne qui pense à dresser des murs plutôt
que des ponts, elle n'est pas chrétienne. Recommander à l'électeur
de voter ou de ne pas voter, je ne veux pas m'en mêler. Ceci dit,
s'il a vraiment dit ces choses, cet homme n'est pas chrétien.
Q.
La rencontre avec le Patriarche Cyrille a été saluée comme une
étape historique. Mais les greco-catholiques d'Ukraine se sentent
trahis. Ils parlent de la déclaration commune comme d'un document
politique d'appui de la Russie. Pensez-vous aller à Moscou, le
Patriarche vous a-t-il invité, peut-être au concile pan-orthodoxe
de Crète?
R.
J'y serai spirituellement par un message mais aussi dans la prière.
Ils entendent inviter des observateurs et il y aura des catholiques.
J'aurais aimé m'y rendre mais je dois respecter nos frères
orthodoxes. Nous prierons tous pour que l'orthodoxie aille de
l'avant. Avec le Patriarche nous avons parlé pendant deux heures et
rien n'a filtré. J'ai été surpris et même préoccupé de la
réaction de Mgr.Sviatoslav Shevchuk. Je le connais bien, depuis
Buenos Aires, et nous avons travaillé quatre ans ensemble. Après
son élection, il est revenu chercher ses affaires, et m'a laissé
une petite icône. Je l'aie sur mon bureau à Rome. L'Ukraine est en
guerre et il faut d'autant plus prier pour eux. Personnellement j'ai
salué et encouragé les accords de Minsk. Quant à l'Eglise de Rome
et au Pape, ils ont toujours encouragé à rechercher la paix.
Q.
Le parlement italien débat des unions civiles. Le débat est violent
au sein de la classe politique, de la société, mais aussi parmi les
catholiques.
R.Tout
d'abord, je ne sais pas ce qui se passe au parlement italien. Le Pape
ne doit pas interférer dans la politique italienne. Le Pape étant
pour tout le monde, il ne peut entrer dans les débats de politique
intérieure. Mon opinion est celle de l'Eglise. Je pense ce que
l'Eglise a toujours dit.
Q.
En Amérique latine, mais aussi en Europe, la préoccupation grandit
face au danger du virus Zika, qui fait courir un grave risque aux
femmes enceintes. Certaines autorités ont proposé l'avortement ou
éviter une grossesse. Dans ce cas, l'Eglise ne peut prendre en
compte en concept de je de «mineur masculin»?
R.
L'avortement n'est jamais un moindre mal, mais un crime, le mal
absolu. Ce moindre mal de l'avortement comme de la contraception pour
prévenir la grossesse touche au cinquième et sixième commandement.
Paul VI, le grand, dans une situation difficile en Afrique, accorda
une permission pour les religieuses en cas de violence. Evitons de
confondre le mal qu'est éviter la grossesse avec l'avortement.
Q.
Vous allez recevoir le Prix Charlemagne, l'une des récompenses les
plus prestigieuses de la Communauté européenne.
R.
J'avais pour habitude de n'accepter aucune distinction ni doctorats
honoris causa. Mais Dans ce cas, on ne m'a pas forcé mais le
Cardinal Kasper m'a persuadé d'accepter le prix. A Strasbourg
j'avais plaidé en faveur d'une maman Europe contre la perspective
d'une grand-mère Europe. J'ai récemment lu à propos de la crise
une formule qui m'a plu: Une refondation de l'Union européenne.
L'Europe est pas vraiment une unité, mais une force, une culture,
une histoire dont on ne peut pas se priver. L'Union européenne doit
avoir la force et l'Inspiration d'aller de l'avant.
Q.
Pendant le voyage, vous avez parlé à beaucoup de familles et de
l'Année de la Miséricorde. Comment une Eglise que se dit
miséricordieuse peut-elle pardonner plus facilement un assassin que
des divorcés remariés?
R.
Deux Synodes et le Pape chaque mercredi en ont parlé toute l'année.
Il faut une nouvelle pastorale de préparation au mariage. Par
exemple, il existe encore trop souvent le recours au mariage à la
hâte parce qu'un bébé est en route et qu'il faut sauvegarder
socialement l'honneur de la famille. Souvent cela donne des mariages
vides. Les évêques doivent aussi penser au bien premier de
l'enfant. L'éducation des enfants est un sujet crucial également.
Nous devons aller à la rencontre des familles. Lors de la rencontre
de Tuxtla, j'ai parlé à un couple de divorcés remariés pour
montrer que leur situation doit être intégrée dans la pastorale de
l'Eglise. Intégrer a été le mot-clé utilisé au Synode.
Q.
Pourront-ils communier?
R.
Intégration dans Eglise ne signifie pas communier. Ses portes sont
ouvertes, mais on ne peut pas dire qu'à partir de maintenant ces
fidèles peuvent prendre la communion. Ce serait une blessure
également pour eux.
Q.
Les media ont évoqué l'intense correspondance amicale entre
Jean-Paul II et la philosophe américaine Anna Tymieniecka. Selon
vous, un Pape peut-il avoir un rapport aussi amical avec une femme?
R.
Je connaissais cette amitié. Les livres de cette personne sont
connus. Pour moi un homme qui ne sait pas avoir de bons amis femme
est un homme auquel il manque quelque chose. Une amitié féminine
n'est pas un péché. L'homme, même Pape, a besoin de la pensée des
femmes. Pensons à François et Claire! A Thérèse d'Avila et Jean
de la Croix!
Q.
Après Moscou, Le Caire? Un autre dégel s'annonce-t-il avec
Al-Azhar?
R.
Le Secrétaire Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux,
présidé par le Cardinal Tauran, est allé au Caire pour dire que je
voudrais rencontrer l'Imam, pour chercher ensemble comment reprendre
notre chemin.
Q.
Revenant sur la loi qui va être votée par le parlement italien:
Quel doit être le comportement des parlementaires catholiques. Le
document de 2003 de la Congrégation pour la doctrine de la foi
est-il encore valable?
R.
Je ne me souviens pas bien du document de 2003. En tout cas un
parlementaire catholique doit voter selon sa conscience, selon une
conscience bien formée, non selon celle qui me convient.
Q.
Pensez-vous déjà à de prochains voyages pastoraux? Quand
viendrez-vous en Argentine? Retournerez-vous en Amérique latine,
irez-vous en Chine?
R.
J'aimerais tant aller en Chine! D'abord je voudrais dire que le
peuple mexicain est surprenant, un peuple d'une grande richesse de
cultures et de foi. Il a conservé la foi malgré la persécution
religieuse. Il a souffert et a ses martyrs. Il ne peut se résumer,
pour l'expliquer, au mot peuple. Le mot peuple n'est pas une
catégorie logique mais mystique. Au-delà de son héritage
millénaire, la vitalité du peuple mexicain s'explique par la
Guadalupe. Je vous invite tous à sérieusement étudier la question
Guadalupe. La Vierge est là!
jeudi 18 février 2016
Le Pape s'adresse à des détenus en rééducation sociale
Cité
du Vatican, 18 février 2016 (VIS). Hier à 10 h locales, le Pape est
arrivé à Ciudad Juárez, la dernière étape de son périple
mexicain. Située sur la frontière des Etats-Unis, cette ville fait
face à El Paso (Texas), formant avec elle une mégalopole de deux
millions d'habitants. Grand centre industriel et majeur point de
passage frontalier, Ciudad Juárez est la ville la plus violente au
monde à cause de la présence de la criminalité dominant la
fabrication et le trafic de drogue destinée aux Etats-Unis. Les
bandes armées sont largement composées de mexicains expulsés et
depuis quatre ans Ciudad Juárez est le terrain d'une guerre
sanglante, qui a poussé près de 20% de la population à quitter la
ville. A peine arrivé, le Saint-Père s'est rendu au grand centre de
rééducation de 3.000 détenus, où opèrent notamment des prêtres
spécialisés en pastorale carcérale. Il s'est d'abord rendu dans la
chapelle pour parler aux personnels et leur remettre un crucifix
artistique en verre, improvisant un petit discours pour la fragilité
humaine du Christ sur la croix. Passé dans la grande cour du
pénitencier, en présence de 700 détenus et de leurs familles, il a
prononcé le discours suivant:
"Je
suis sur le point de conclure ma visite au Mexique et je ne voulais
pas m’en aller sans venir vous saluer, sans célébrer le Jubilé
de la miséricorde avec vous...qui m'avez manifesté beaucoup
d’espérance et d’aspirations, mais aussi beaucoup de souffrance,
de crainte et d’interrogations. Lors de mon voyage en Afrique, j’ai
pu ouvrir à Bangui la première porte de la miséricorde pour le
monde entier. Aujourd’hui, uni à vous et avec vous, je veux
réaffirmer une fois de plus la confiance à laquelle Jésus nous
invite: La miséricorde qui embrasse tout le monde, et jusqu’aux
confins de la terre. Il n’y a pas d’endroit où sa miséricorde
ne puisse arriver, il n’y a pas de milieu ni de gens qu’elle ne
puisse toucher. Célébrer le Jubilé de la miséricorde avec vous,
c’est rappeler le chemin que nous devons emprunter pour rompre les
cercles de la violence et de la délinquance. Nous avons déjà perdu
plusieurs décennies, pensant et croyant que tout se résout en
isolant, en écartant, en emprisonnant, en nous débarrassant des
problèmes, en croyant que ces mesures solutionnent vraiment les
problèmes. Nous avons oublié de nous concentrer sur ce qui doit
être réellement notre préoccupation, la vie des personnes, celle
de leurs familles et de qui souffre... La miséricorde divine nous
rappelle que les prisons sont un symptôme du genre de société que
nous formons, elles sont un symptôme, dans de nombreux cas, des
silences et des omissions qui ont provoqué une culture du rejet.
Elles sont un symptôme d’une culture qui a cessé de miser sur la
vie, d’une société qui a abandonné progressivement ses enfants.
La miséricorde nous rappelle que la réinsertion ne commence pas ici
dans cette enceinte, mais qu’elle commence avant, elle commence
dehors, dans les rues de la ville. La réinsertion ou la
réhabilitation commence par la création d’un système que nous
pourrions qualifier de santé sociale, c'est à dire, d’une société
qui cherche non pas à rendre malade en polluant les relations dans
le quartier, dans les écoles..., dans les maisons, dans l’ensemble
de la société ; mais un système de santé sociale qui permet de
générer une culture efficace et qui cherche à prévenir ces
situations, ces chemins qui finissent par abîmer et détériorer le
tissu social. Il semblerait parfois que les prisons se proposent de
mettre les personnes dans l’incapacité de continuer à commettre
des délits, plus que de promouvoir les processus de réhabilitation
qui permettent de répondre aux problèmes sociaux, psychologiques et
familiaux ayant conduit une personne à une attitude déterminée. Le
problème de la sécurité ne se résout pas par le seul
emprisonnement, mais il est un appel à intervenir pour faire face
aux causes structurelles et culturelles de l’insécurité qui
touchent tout le tissu social".
"Le
soucis qu'a Jésus de répondre aux affamés et aux assoiffés, à
ceux qui n’ont pas de toit et aux prisonniers était pour exprimer
la miséricorde du Père. Cela devient un impératif moral pour toute
société qui désire avoir les conditions nécessaires pour une
meilleure cohabitation. Dans la capacité à construire une société
qui inclut ses pauvres, ses malades ou ses prisonniers, réside la
possibilité que ceux-ci puissent guérir de leurs blessures et être
les artisans d’une bonne cohabitation. La réinsertion sociale
commence par l’insertion de tous nos enfants dans les écoles et
par un travail digne à leurs familles, par la création d’espaces
publiques de loisirs et de divertissement, par l’habilitation des
instances de participation citoyenne, des services sanitaires, par
l’accès aux services de base, pour n’énumérer que quelques
mesures. Célébrer le Jubilé de la miséricorde avec vous c’est
apprendre à ne pas rester prisonnier du passé, d’hier. C’est
apprendre à ouvrir la porte de l’avenir, c’est croire que les
choses peuvent être différentes. Célébrer le Jubilé de la
miséricorde avec vous, c’est vous inviter à relever la tête et à
travailler pour gagner cet espace de liberté désiré. On ne peut
revenir en arrière. Nous savons que ce qui a été fait. C’est
pourquoi j’ai voulu célébrer avec vous le Jubilé de la
miséricorde, puisque cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de
possibilité d’écrire une nouvelle histoire en avançant. Vous
expérimentez la douleur de la chute, vous sentez le remords à cause
de vos actes et je sais que, dans beaucoup de cas, au sein des
grandes limitations, que vous cherchez à refaire votre vie dans la
solitude. Vous avez connu la force de la douleur et du péché,
n’oubliez pas que vous avez à votre portée la force de la
résurrection, la force de la miséricorde divine qui renouvelle
toute chose. Maintenant, vous pouvez affronter la partie plus dure,
la plus difficile, mais qui, peut être, sera celle qui portera plus
de fruit: Luttez ici, à l’intérieur, pour inverser les situations
qui causent le plus d’exclusion. Parlez avec les vôtres, tirez
profit de vos expériences, aidez à briser le cercle de la violence
et de l’exclusion. Celui qui a affronté la douleur jusqu’au plus
haut point et dont nous pourrions dire il a vécu l’enfer peut
devenir prophète dans la société. Travaillez pour que cette
société qui utilise et jette ne continue pas à faire des
victimes". Félicitant à nouveau le personnel du Centre et
saluant "l’effort des aumôniers, les personnes consacrées et
les laïcs qui se dévouent pour maintenir vivante l’espérance de
l’Evangile de la miséricorde dans la prison", le Pape a
demander de prier en silence: "Que chacun demande à Dieu, dans
l’intimité du cœur, de nous aider à croire en sa miséricorde.
Et je vous demande de ne pas oublier de prier pour moi".
Dieu rejettera les nouveaux esclavagistes
Cité
du Vatican, 18 février 2016 (VIS). Après le centre de détention,
le Saint-Père s'est rendu vers midi au Collège des bacheliers de
l'Etat de Chihuhua pour s'adresser au monde du travail. Voici son
intervention:
"J’ai
voulu vous rencontrer ici, sur cette terre de Juárez, à cause de la
relation spéciale de cette ville avec le monde du travail. Non
seulement, je vous remercie pour la salutation de bienvenue et pour
vos témoignages, qui ont révélé les soucis, les joies et les
espérances que vous expérimentez dans vos vies, mais je voudrais
aussi vous remercier pour cette opportunité d’échanges et de
réflexion. Tout ce que nous pourrons faire pour dialoguer, pour nous
rencontrer, pour chercher de meilleures alternatives et opportunités
est déjà un acquis à valoriser et à souligner. Evidemment, cela
ne suffit pas, mais aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous permettre
le luxe de supprimer les instances de rencontre, de débat, de
confrontation, de recherche. C’est pour nous l’unique manière de
pouvoir continuer de construire l’avenir, de tisser des relations
durables capables d’ériger l’échafaudage nécessaire qui, peu à
peu, reconstruira les liens sociaux si abîmés par manque de
communication, si abîmés par manque de respect du minimum
nécessaire pour une saine cohabitation. Merci et que cette instance
serve à construire l’avenir, qu’elle soit une bonne opportunité
pour forger le Mexique que votre peuple et vos enfants méritent. Je
voudrais m’arrêter sur ce dernier aspect. Aujourd’hui, se
trouvent ici diverses organisations de travailleurs ainsi que des
représentants de chambres et de corporations d’entreprises. A
première vue, vous pouvez paraître antagonistes, mais une même
responsabilité vous unit: Chercher à créer des milieux de travail
digne et vraiment utile pour la société et surtout pour les jeunes
de ce pays. L’un des plus grands fléaux auxquels sont exposés les
jeunes est le manque d’opportunités de formation ainsi que de
travail durable et rémunéré qui leur permette de faire des projets
; cela crée dans beaucoup de cas des situations de pauvreté. Et
donc, cette pauvreté est le meilleur terreau du cercle vicieux du
narcotrafic et de la violence. C’est un luxe que personne ne peut
se permettre. On ne peut laisser seuls et abandonnés le présent et
l’avenir du Mexique".
"Malheureusement,
le temps que nous vivons a imposé le paradigme de l’utilité
économique comme principe des relations personnelles. La mentalité
régnante prône le plus de profits possible, à n’importe quel
prix et immédiatement. Non seulement elle provoque la perte de la
dimension éthique des entreprises mais on oublie aussi que le
meilleur investissement qu’on puisse faire est d’investir dans
les gens, dans les personnes, dans leurs familles. Le meilleur
investissement est de créer des opportunités. La mentalité
régnante met le flux des personnes au service du flux des capitaux,
provoquant dans beaucoup de cas l’exploitation des employés comme
s’ils étaient des objets à utiliser et à jeter. Dieu demandera
compte aux ‘‘esclavagistes’’ d’aujourd’hui, et nous, nous
devons faire tout le possible pour que ces situations ne se
reproduisent plus. Le flux du capital ne peut déterminer le flux et
la vie des personnes. Bien souvent, par rapport à certaines prises
de position, on remet en question la doctrine sociale de l’Eglise,
en disant Ils veulent que nous soyons des organisations de
bienfaisance ou que nous transformions nos entreprises en
institutions de philanthropie. L’unique prétention de la doctrine
sociale de l’Eglise est de veiller à l’intégrité des personnes
et des structures sociales. Chaque fois que, pour diverses raisons,
cette intégrité est menacée ou réduite à un bien de
consommation, la doctrine sociale de l’Eglise sera la voix
prophétique qui nous aidera tous à ne pas nous perdre dans la mer
séductrice de l’ambition. Chaque fois que l’intégrité d’une
personne est violée, c’est toute la société qui, d’une
certaine manière, commence à se détériorer. Et cela n’est
contre personne, mais en faveur de tous. Chaque secteur a
l’obligation de veiller au bien de l’ensemble ; nous sommes
tous dans la même barque. Nous devons tous lutter pour que le
travail soit un lieu d’humanisation et d’avenir, pour qu’il
soit un espace pour construire la société et la citoyenneté. Cette
attitude non seulement crée une amélioration immédiate, mais aussi
à la longue se transforme peu à peu en une culture capable de
promouvoir des espaces dignes pour tous. Cette culture, née souvent
de tensions, donne progressivement naissance à un nouveau type de
relations, un nouveau type de nation".
"Quel
monde voulons-nous laisser à nos enfants? Je crois qu’en grande
majorité, nous pouvons tomber d’accord. C’est précisément cela
notre horizon, voilà notre but, et pour eux, aujourd’hui nous
devons nous unir et travailler. Il est toujours bon de penser à ce
que je voudrais laisser à mes enfants, et c’est également une
bonne façon de penser aux enfants des autres. Qu’est-ce que le
Mexique voudrait léguer à ses enfants? Veut-il léguer une mémoire
d’exploitation, de salaires insuffisants, de harcèlement au
travail? Ou bien voudrait-il léguer une culture de la mémoire d’un
travail digne, d’un logement décent et d’une terre à
travailler? Dans quelle culture voudrions-nous voir naître ceux qui
nous suivront? Quelle atmosphère vont-ils respirer? Un air vicié
par la corruption, la violence, l’insécurité et la méfiance ou,
au contraire, un air capable de créer des alternatives, de générer
du renouvellement et du changement? Je sais que ce qui a été abordé
n’est pas facile, mais je sais aussi qu’il est pire de laisser
l’avenir dans les mains de la corruption, de la sauvagerie, de
l’injustice. Je sais également qu’il n’est pas souvent facile
de mettre d’accord toutes les parties dans une négociation, mais
je sais aussi que le manque de négociation ainsi que le manque de
valorisation sont pires et finissent par nous causer plus de
dommages. Je sais qu’il n’est pas facile de s’entendre dans un
monde toujours plus compétitif, mais il est pire de permettre au
monde compétitif de finir par déterminer le destin des peuples. Le
profit et le capital ne sont pas un bien au-dessus de l’homme, ils
sont au service du bien commun. Et lorsque le bien commun est
contraint à être au service du profit et du capital, jugés
l’unique gain possible, cela s’appelle l’exclusion".
"Je
commençais en vous remerciant pour l’opportunité de nous
rencontrer, je voudrais vous inviter à rêver le Mexique, à
construire le Mexique que vos enfants méritent: Le Mexique où il
n’y aura pas des personnes de première, de deuxième ou de
quatrième catégorie, mais le Mexique qui sait reconnaître dans
l’autre la dignité de l’enfant de Dieu. Que la Guadalupana, qui
s’est manifestée à Juan Diego, et a révélé comment ceux qui
étaient apparemment laissés pour compte étaient ses amis
privilégiés, vous aide et vous accompagne dans cette construction".
Messe devant la frontière du Texas
Cité
du Vatican, 17 février 2016 (VIS). Le Saint-Père s'est rendu au
parc des expositions de Ciudad Juárez, situé le long de la
frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, pour y célébrer sa
dernière messe en terre mexicaine. A l'homélie, situant son propos
dans le cadre de l'Année Sainte, il a évoqué un "temps
de conversion, le temps du salut, le temps de la miséricorde. Tous
ensemble, face à tant de souffrance disons: Pitié pour moi,
Seigneur, dans ton amour, selon ta grande miséricorde. Purifie-nous
de nos péchés et crée en nous un cœur pur, un esprit nouveau".
Puis il a affirmé, à la suite de saint Irénée, que "la
gloire de Dieu est la vie de l’homme. La gloire du Père est la vie
de ses enfants. Il n’y a pas de plus grande gloire pour un père
que de voir la réussite de ses proches. Il n’y a pas pour lui de
plus grande satisfaction que de les voir progresser, de les voir
grandir et s’épanouir". Alors que Ninive allait disparaître
en s’auto-détruisant par sa violence et son injustice, voilà
qu’apparut "le Seigneur, secouant le cœur de Jonas, voilà
qu’apparut le Père envoyant son messager. Jonas est convoqué pour
recevoir une mission", car dans quarante jours Ninive sera
détruite: "Va, aide-les à comprendre qu’avec cette manière
de se traiter, de se réguler, de s’organiser, ils ne font que
provoquer la mort et la destruction, la souffrance et l’oppression.
Montre-leur qu’il n’y a de vie pour personne, ni pour le roi ni
pour ses sujets, ni pour les champs ni pour le bétail. Va et annonce
qu’ils se sont tellement habitués à la dégradation qu’ils ont
perdu la sensibilité face à la douleur. Va et dis-leur que
l’injustice s’est installée dans leur regard. C’est pour cela
que Jonas part. Dieu l’envoie pour mettre en évidence ce qui se
passe, il l’envoie pour réveiller un peuple ivre de lui-même.
Dans ce texte nous nous trouvons face au mystère de la miséricorde
divine. La miséricorde rejette toujours le mal, en prenant au
sérieux l’être humain. Elle s’adresse toujours à la bonté
endormie, anesthésiée de chaque personne. Loin d’anéantir comme
bien souvent nous souhaitons ou voulons le faire, la miséricorde
s’approche de toute situation pour la transformer de l’intérieur.
C’est précisément le mystère de la miséricorde divine. Elle
s’approche et invite à la conversion, elle invite au repentir.
Elle invite à voir le dommage qu’on crée à tous les niveaux. La
miséricorde pénètre toujours le mal pour le transformer... La
miséricorde de Dieu révèle ce qui est notre certitude et notre
espérance: Il y a toujours une possibilité de changement, il est
temps de réagir et de transformer, de modifier et de changer, de
convertir ce qui nous détruit comme peuple, ce qui nous dégrade
comme humanité. La miséricorde nous encourage à regarder le
présent et à faire confiance à ce qui bat de sain et de bon dans
chaque cœur. La miséricorde de Dieu est notre bouclier et notre
force". Comme pour Jonas il faut être capables de pleurer, "de
pleurer pour l’injustice, de pleurer pour la dégradation, de
pleurer pour l’oppression. Ce sont des larmes qui peuvent ouvrir la
voie à la transformation, ce sont les larmes...qui peuvent purifier
le regard et aider à voir le cercle du péché dans lequel souvent
on est enfermé. Ce sont les larmes qui réussissent à rendre
sensible le regard ainsi que l’attitude rigide et surtout
d’indifférence face à la souffrance d’autrui. Ce sont les
larmes qui peuvent provoquer une rupture capable de nous ouvrir à la
conversion. Cette parole résonne avec force aujourd’hui au milieu
de nous, cette parole est la voix qui crie dans le désert et nous
invite à la conversion. En cette année de la miséricorde, je
voudrais avec vous, implorer ici la miséricorde divine, je voudrais
demander avec vous le don des larmes, le don de la conversion".
"Ici,
à Juárez, comme dans d’autres régions frontalières, se sont
concentrés des milliers de migrants centre-américains et mexicains
qui cherchent à passer de l’autre côté. C'est un parcours
parsemé de terribles dangers, avec des personnes réduites en
esclavage, séquestrées, victimes d’extorsion et objets du trafic
des êtres humains. On ne peut nier la crise humanitaire qui,
ces dernières années, a provoqué la migration de milliers de
personnes. Par le rail ou la route, souvent à pied. Elles ont
parcouru des centaines de kilomètres, franchi montagnes et déserts,
des zones inhospitalières. La tragédie humaine que représente la
migration forcée constitue désormais un phénomène global. Si
cette crise se mesure en chiffres, nous voulons la mesurer par des
noms, des histoires, des familles. Ce sont nos frères et sœurs
expulsés par la pauvreté et la violence, par le trafic de drogue et
la criminalité organisée. A cause des immenses lacunes du droit,
toute une série de pièges s'est mise en place, dont sont toujours
victimes les plus pauvres. Non seulement ces personnes souffrent de
la pauvreté, mais ils doivent subir ces formes de violence.
L'injustice radicalise une jeunesse devenue simple chair à canon.
Ainsi les jeunes sont-ils persécutés et menacés lorsqu'ils tentent
d'échapper à la spirale de la violence et à l'enfer de la drogue.
Et de dire tant de femmes auxquelles la vie a été arrachée!".
"Comme
les Ninivites, demandons à Dieu le don de la conversion, le don des
larmes, demandons-lui d’avoir le cœur ouvert à son appel à
travers le visage souffrant de tant d’hommes et de femmes. Plus de
mort ni d’exploitation! Il est toujours temps de changer, il y a
toujours une issue et une opportunité, il est toujours temps
d’implorer la miséricorde du Père. Comme du temps de Jonas, nous
comptons sur la conversion. Des signes deviennent lumière sur le
chemin et annoncent le salut. Je connais le travail de nombreuses
d’organisations de la société civile en faveur des droits des
migrants. Je connais également le travail engagé de tant de
religieuses, de religieux et prêtres, de laïcs qui se dévouent
dans l’accompagnement et la défense de la vie. Ils sont en
première ligne, risquant souvent leur propre vie. Par leurs vies,
ils sont des prophètes de la miséricorde, ils sont le cœur
compréhensif et les pieds solidaires de l’Eglise qui ouvre ses
bras et soutient. Le temps de la conversion, le temps du salut, le
temps de la miséricorde est donc arrivé".
Avant
de prononcer l'homélie, le Pape François s'est adressé aux fidèles
suivant la messe de l'autre côté de la frontière, sur de grands
écrans dressés au stade universitaire de El Paso, rappelant
qu'aucune frontière ne pourra nous empêcher de partager notre vie
de communauté chrétienne, de frères et soeurs.
Le Pape quitte le Mexique rempli d'espoir
Cité
du Vatican, 18 février 2016 (VIS). Hier à 19 h locales (3 heures de
ce jour à Rome), le Saint-Père s gagné l'aéroport de Ciudad
Juárez pour prendre l'avion qui le ramènera à Rome vers 15 h 15'.
Saluant les autorités venues prendre congé, il a
rendu grâce au Seigneur pour avoir permis cette visite pastorale au
Mexique: "Je ne voudrais pas m’en aller sans remercier de
leurs efforts ceux qui ont rendu possible ce pèlerinage. Je remercie
les autorités fédérales et locales, pour l’intérêt et l’aide
prévenante avec lesquels elles ont contribué au bon déroulement du
séjour... Merci aussi à tant de serviteurs anonymes qui, dans le
silence, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour que ces jours
soient une fête de famille. Je me suis senti accueilli, reçu par
l’affection, par la fête, par l’espérance de cette grande
famille mexicaine. Merci de m’avoir ouvert les portes de vos vies,
de votre pays". Et de citer un poème du grand écrivain
mexicain Octavio Paz: "Je suis un homme. Je dure peu et la nuit
est immense. Mais je regarde vers le haut, où les étoiles écrivent.
Sans saisir, je comprends car je suis également écriture à
l’instant même quelqu’un m’épelle". La présence
mystérieuse mais réelle de Dieu s'épelle concrètement dans
"toutes les personnes, surtout dans les plus pauvres et les plus
nécessiteux du Mexique. La nuit peut nous sembler immense et très
obscure, mais ces jours-ci j’ai pu constater qu’il y a dans ce
peuple beaucoup de lumières qui annoncent l’espérance. J’ai pu
voir à travers beaucoup de témoignages, à travers beaucoup de
visages, la présence de Dieu qui continue de marcher sur cette terre
en vous guidant et en soutenant l’espérance, l'espérance de
nombreux hommes et femmes qui, par leur effort quotidien, permettent
à la société mexicaine de ne pas rester dans le noir. Ce sont les
prophètes de l’avenir, les signes d’une aube nouvelle. Que
Marie, la Mère de Guadalupe, continue de vous visiter, qu’elle
continue de parcourir ce pays, en vous aidant à être des
missionnaires ainsi que des témoins de miséricorde et de
réconciliation".
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 18 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a nommé l'Abbé
Felice Accrocca, Archevêque métropolitain de Benevento (superficie
1.691, population 273.700, catholiques 271.700, prêtres 207, diacres
53, religieux 315), en Italie. L'Evêque élu, né en 1959 à Cori
(Italie) et ordonné prêtre en 1986, était jusqu'ici Vicaire
épiscopal et curé de paroisse dans le diocèse de Latina -
Terracina - Sezze - Priverno (Italie). Il succède à Mgr.Andrea
Mugione, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
Docteur en histoire ecclésiastique, il a été aumônier de l'Action
Catholique, secrétaire du Synode diocésain, chancelier, curé de
paroisses, rédacteur en chef de la revue diocésaine, directeur de
l'école diocésaine de théologie, responsable des séminaristes du
diocèse.
mercredi 17 février 2016
Le clergé ne doit pas céder à la tentation de la résignation
Cité
du Vatican, 17 février 2016 (VIS). Hier
mardi, peu après 8 h 45' h locale, le Pape est arrivé à Morelia,
centre géographique du Mexique, capitale de l'état de Michoacán,
et depuis 1991 déclarée par l'Unesco patrimoine de l'humanité pour
son centre historique. Elle est aussi le siège d'une importante
université fondée en 1551 et comptant actuellement plus de 45.000
étudiants. Depuis l'aéroport, le Pape a parcouru en papamobile les
9 kilomètres qui le séparaient du stade Venustiano Carranza, d'une
capacité de 20.000 personnes, où l'attendaient les prêtres,
religieux et religieuses, consacrés et séminaristes du diocèse. Au
cours de la messe, la langue purhépecha
a été utilisée pour la prière des fidèles. Le Pape a commencé
son homélie sur un ton familier: "Dis-moi
comment tu pries et je te dirai comment tu vis, dis-moi comment tu
vis et je te dirai comment tu pries. En me montrant comment tu pries,
je pourrai découvrir le Dieu que tu vis et en me montrant comment tu
vis, je pourrai croire au Dieu que tu pries... En priant, on apprend
à prier, comme nous apprenons à marcher, à parler, à écouter.
L’école de la prière est l’école de la vie et c’est à
l’école de la vie que nous fréquentons l’école de la prière".
Puis il a ajouté que Paul disait à son disciple préféré
Timothée, quand il lui enseignait ou l'exhortait à vivre la foi, de
se souvenir de sa mère et de sa grand-mère. Ainsi a-t-il rappelé
que les séminaristes qui entraient au séminaire, lui demandaient
souvent: Je voudrais faire une prière plus profonde et plus mentale,
et le Pape leur répondait: Ecoute, continue à prier comme on te l’a
enseigné à la maison. Et ensuite, peu à peu, ta prière grandira,
de même que ta vie a grandi. On apprend à prier comme dans la vie.
"Jésus a voulu introduire les siens dans le mystère de la Vie,
dans le mystère de sa vie. Il leur a montré ce que signifie être
Fils de Dieu, en mangeant, en dormant, en soignant, en prêchant, en
priant. Il les a invités à partager sa vie, son intimité et en
étant avec lui; il leur a fait toucher dans sa chair la vie du Père.
Il leur a fait expérimenter dans son regard, dans sa démarche, la
force, la nouveauté de dire: Notre Père. En Jésus, cette
expression, Notre Père, n’a pas l’arrière-goût de la routine
ou de la répétition; au contraire, elle a le goût de la vie, de
l’expérience, de l’authenticité. Il a su vivre en priant et
prier en vivant, disant: Notre Père. Et il nous a invités à faire
de même. Nous sommes d’abord appelés à faire l’expérience de
cet amour miséricordieux du Père dans notre vie, dans notre
histoire. Il nous appelle d’abord pour nous introduire dans cette
nouvelle dynamique d’amour, de filiation. Nous sommes d’abord
appelés à apprendre à dire Notre Père, comme Paul insiste: Abba.
Malheur à moi, si je n’évangélise pas, dit Paul, malheur à moi!
Car, évangéliser, poursuit-il, n’est pas un motif de gloire mais
une nécessité".
"Il
nous a invités à participer à sa vie, à sa vie divine, malheur à
nous, consacrés, séminaristes, prêtres, évêques, malheur à nous
si nous ne la partageons pas, malheur à nous si nous ne sommes pas
des témoins de ce que nous avons vu et entendu, malheur à nous!
Nous ne voulons pas être des fonctionnaires du divin, nous ne sommes
pas, ni ne voulons jamais être des employés de l’entreprise de
Dieu, car nous sommes invités à participer à sa vie, nous sommes
invités à nous introduire dans son cœur, un cœur qui prie et qui
vit en disant: Notre Père. Et qu’est-ce que c’est la mission,
sinon dire avec notre vie...Notre Père? C’est ce Père que nous
prions avec insistance tous les jours. Et que lui disons-nous, entre
autres invocations? Ne nous laisse pas tomber en tentation. Jésus
lui-même l’a fait. Il a prié pour que ses disciples,
d’aujourd’hui comme d'hier, ne tombent pas en tentation. Quelle
peut être l’une des tentations qui peuvent nous assiéger? Quelle
peut être l’une des tentations qui provient non seulement de la
contemplation de la réalité mais aussi du fait de la vivre? Quelle
tentation peut venir de milieux souvent dominés par la violence, la
corruption, le trafic de drogue, le mépris de la dignité de la
personne, l’indifférence face à la souffrance et à la précarité?
Quelle tentation pouvons-nous avoir sans cesse, nous qui sommes
appelés à la vie consacrée, au sacerdoce, à l’épiscopat.
Quelle tentation pouvons-nous avoir face à tout cela, face à cette
réalité qui semble devenir un système inamovible?".
"Je
crois que nous pourrions la résumer en un seul mot: résignation. Et
face à cette réalité, l’une des armes préférées du démon, la
résignation, peut nous tenter. Et que pouvons-nous y faire? La vie
est ainsi. Une résignation qui nous paralyse et nous empêche non
seulement de marcher, mais aussi de faire du chemin; une résignation
qui non seulement nous effraie, mais qui nous fait aussi nous
retrancher dans nos sacristies et dans nos sécurités apparentes;
une résignation qui non seulement nous empêche d’annoncer, mais
qui nous empêche aussi de louer, nous retire l’allégresse, la
joie de louer. Une résignation qui non seulement nous empêche de
prévoir, mais qui nous empêche aussi de prendre des risques et de
transformer. Par conséquent, Notre Père, ne nous laisse succomber à
la tentation. Qu’il nous fait du bien de recourir, dans les moments
de tentation, à notre mémoire! Comme cela nous aide de regarder
l’étoffe dont nous sommes faits. Tout n’a pas commencé avec
nous, tout ne finira pas non plus avec nous, c’est pourquoi cela
nous fait du bien de récupérer l’histoire qui nous a conduits
jusqu’ici! Et dans ce souvenir, nous ne pouvons pas passer sous
silence une personne qui tant aimé cet endroit, qui s’est fait
fils de cette terre. Une personne qui a su dire d’elle-même: Ils
m’ont arraché à la magistrature et ils m’ont placé au timon du
sacerdoce à cause de mes péchés. Moi, inutile et entièrement
inapte pour l’exécution d’une si grande entreprise; moi, qui ne
savais pas manier la pagaie, ils m’ont fait premier évêque de
Michoacán".
"Avec
vous, je voudrais faire mémoire de cet évangélisateur, connu
également comme Tata Vasco, comme l’espagnol qui s’est fait
indien. La réalité que vivaient les indiens Purhépecha décrits
par lui comme vendus, harcelés et errants dans les marchés,
recueillant les miettes jetées au sol, loin de le conduire à la
tentation et à la paresse de la résignation, a stimulé sa foi, a
stimulé sa vie, a stimulé sa compassion et l’a incité à
réaliser divers projets qui ont donné du souffle face à cette
réalité si paralysante et injuste. La douleur de la souffrance de
ses frères s’est faite prière et la prière s’est faite
réponse. Et cela lui a fait donner le nom parmi tous les indiens de
Tata Vasco qui, en langue purhépecha, signifie papa. Père, papa,
tata, abba…. Voilà la prière, voilà l’expression à laquelle
Jésus nous a invités -a conclu le Pape-. Père, papa, abba, ne nous
laisse pas tomber dans la tentation de la résignation, ne nous
laisse pas tomber dans la tentation de l’acédie, ne nous laisse
pas tomber dans la tentation de la perte de la mémoire, ne nous
laisse pas tomber dans la tentation d’oublier nos anciens qui nous
ont appris par leur vie à dire Notre Père".
Après
la messe, le Pape a rejoint l'archevêché où il a déjeuné avant
d'aller visiter la cathédrale de la Transfiguration. Dans la
sacristie, où à côté de peintures du XVI siècle se trouve un
Christ réalisé avec un mélange de mais et de miel selon les
techniques pré-hispaniques, 14 recteurs d'université mexicains et 6
représentants d'autres confessions chrétiennes, attendaient le Pape
qui s'est entretenu avec eux. Celui-ci a également salué un
centaine d'enfants, élèves du catéchisme, réunis dans la
cathédrale et les a remercié de leur visite. "Je voudrais vous
dire que Jésus vous voit grandir avec beaucoup d'amour. Avec
beaucoup d'amour pour être vraiment des chrétiens , pour accomplir
le commandement que Jésus nous a donné: aimer Dieu par-dessus tout
et notre prochain comme Jésus les a aimé, comme nous-mêmes ou
plus, comme lui nous a aimé. Demandons aussi à la Vierge de nous
protéger, de nous bénir. Que chacun de vous surtout pense dans son
cœur à la famille qu'il a et à ses amis, et si vous vous êtes
disputé avec quelqu'un, pensez aussi à lui, et demandez à la
Vierge de la protéger lui aussi: c'est une façon de nous faire des
amis et pas trop d'ennemis, parce que la vie n'est pas heureuse avec
des ennemis, et celui qui fait les vrais amis c'est Dieu dans notre
cœur". Le Pape a enfin remercié le chœur qui lui avait chanté
une chanson, ajoutant que "l'art, le sport élargissent l'âme
et font bien grandir, avec de l'air frais et n'aplatissent pas la
vie. Continuez d'être créatifs, continuez ainsi, en cherchant la
beauté, les belles choses, les choses qui durent toujours, et ne
vous laissez jamais piétiner par personne".
La jeunesse est la première richesse du Mexique
Cité
du Vatican, 17 février 2016 (VIS). Hier à 16 h locales, le Pape est
arrivé au stade de Morelia, où il s'est adressé à 50.000 jeunes
après avoir entendu plusieurs de leurs témoignages quant à leur
vie et leurs perspectives. Après avoir de nouveau salué la
vitalité, la joie et l’esprit festif du peuple mexicain, il a
déclaré qu’un des plus grands trésors de cette terre a un visage
jeune. La jeunesse est la première richesse du Mexique:
"On
ne peut pas vivre l’espérance, sentir l’avenir si on ne parvient
pas d’abord à se valoriser, si on ne parvient pas à sentir que sa
vie, ses mains, son histoire en valent la peine. L’espérance naît
lorsque l’on peut expérimenter que tout n’est pas perdu. Et pour
cela, il faut faire l’effort de commencer par chez-soi, de
commencer par soi-même. Tout n’est pas perdu. Je ne suis pas
perdu, je vaux, et je vaux beaucoup. La principale menace contre
l’espérance, ce sont les discours qui te dévalorisent, qui te
font sentir être de seconde catégorie. La principale menace contre
l’espérance, c’est quand tu sens que tu ne comptes pour personne
ou que tu es laissé de côté. La principale menace contre
l’espérance, c’est quand tu sens que cela revient au même que
tu sois là ou non. Cela tue, cela nous anéantit, et constitue la
porte d’entrée à tant de souffrance. La principale menace contre
l’espérance, c’est de se faire croire que l'on commence à avoir
de la valeur quand on revêt des habits de marque, dernier cri, ou
bien quand on devient célèbre, important parce qu'on a de l’argent.
Mais au fond, le cœur ne croit pas que tu es digne d’affection,
digne d’amour. La principale menace, c’est quand quelqu’un sent
qu’il doit avoir de l’argent pour tout acheter, même l’affection
des autres. La principale menace, c’est de croire qu’avoir une
grosse voiture te rend heureux".
Vous
les jeunes "êtes la richesse du Mexique, vous êtes la richesse
de l’Eglise. Je comprends que, souvent, il devient difficile de
sentir qu’on est une richesse quand nous voyons des amis ou des
proches continuellement exposés à se perdre à cause du
narcotrafic, des drogues, des organisations criminelles qui sèment
la terreur. Il est difficile de sentir qu’on est la richesse d’une
nation quand on n’a pas d’opportunités de travail digne, de
possibilités d’études et de formation, quand on ne sent pas que
vous sont reconnus les droits qui finissent par vous pousser dans des
situations limites. Il est difficile de sentir qu’on est la
richesse d’un milieu quand, parce que vous êtes jeunes, on vous
utilise à des fins mesquines, en vous séduisant par des promesses
qui en fin de compte ne sont pas vraies. Ne croyez pas que je le dise
pour vous faire plaisir... Je vous le dis, et j’en suis convaincu,
savez-vous pourquoi? Parce que, comme vous, je crois en Jésus-Christ.
Et c’est lui qui renouvelle continuellement en moi l’espérance,
qui renouvelle continuellement mon regard et m’invite à convertir
mon cœur. Oui, je vous le dis parce que, en Jésus, j’ai trouvé
Celui qui est capable d’éveiller le meilleur de moi-même. Et
c’est grâce à lui que nous pouvons faire du chemin, c’est grâce
à lui que sans cesse nous pouvons recommencer, c’est grâce à lui
que nous pouvons nous encourager à dire: Ce n’est pas vrai que la
seule manière de vivre, de pouvoir être jeune, c’est de remettre
sa vie entre les mains du narcotrafic ou de tous ceux qui ne font que
semer la destruction et la mort. C’est grâce à lui que nous
pouvons dire qu’il n’est pas vrai que la seule manière dont
doivent vivre les jeunes ici, c’est dans la pauvreté et dans la
marginalisation, dans la marginalisation quant aux opportunités,
dans la marginalisation quant aux espaces, dans la marginalisation
quant à la formation et à l’éducation, dans la marginalisation
quant à l’espérance. Jésus-Christ est celui qui dément toutes
les tentatives de vous rendre inutiles, ou simples mercenaires des
ambitions d’autrui".
"Vous
m’avez demandé une parole d’espérance, celle que je peux vous
donner s’appelle Jésus-Christ. Quand tout paraîtra difficile,
quand il semblera que le monde s’effondre, embrassez sa croix,
embrassez-le et, s’il vous plaît, ne lâchez jamais sa main, s’il
vous plaît, ne vous détournez jamais de lui. Car, grâce à lui, il
est possible de vivre à fond, grâce à lui il est possible de
croire qu’il vaut la peine de donner le meilleur de soi-même,
d’être ferment, sel et lumière au milieu de ses amis, de son
quartier, de sa communauté. C’est pourquoi, chers amis, je vous
demande de ne pas permettre qu’on vous arrache de la main de Jésus,
de ne pas vous laisser dévaloriser, de ne pas vous laisser traiter
comme de la marchandise. Certes, il est possible que vous n’ayez
pas la dernière voiture à la porte, que vous n’ayez pas les
poches pleines d’argent, mais vous aurez une chose que personne ne
pourra jamais vous arracher: L’expérience de vous sentir aimés,
embrassés et accompagnés. C’est l’expérience de se sentir une
famille, de se sentir une communauté. Aujourd’hui le Seigneur
continue à vous appeler, il continue à vous convoquer, comme il le
fit avec Juan Diego. Il vous invite à construire un sanctuaire. Un
sanctuaire qui n’est pas un lieu matériel, mais une communauté,
un sanctuaire appelé paroisse, un sanctuaire appelé nation. La
communauté, la famille, le fait de se sentir citoyen est l’un des
principaux antidotes contre tout ce qui nous menace, parce que cela
nous permet de nous sentir membre de cette grande famille de Dieu.
Non pas pour nous isoler, non pas pour nous enfermer, au contraire,
pour sortir inviter les autres, pour sortir annoncer aux autres
qu’être jeune au Mexique est la plus grande richesse et que, par
conséquent, celle-ci ne peut pas être sacrifiée. Jésus ne nous
invite pas à être des mercenaires, mais il nous appelle disciples.
Il ne nous enverrait jamais à l’abattoir. Tout en lui est une
invitation à la vie. Une vie en famille, une vie en communauté, une
famille et une communauté en faveur de la société. Vous êtes la
richesse de ce pays, et quand vous en doutez, regardez Jésus-Christ,
lui qui vous protège des tentatives de vous rendre inutiles, ou de
vous transformer en simples mercenaires des ambitions d’autrui".
Ayant
regagné l'aéroport de la ville, le Saint-Père est rentré Mexico
où il est arrivé à peu après 19 h 30' locales. Il était 2 h
30' à Rome aujourd'hui.
Condoléances pour la mort de Boutros Boutros-Ghali
Cité
du Vatican, 17 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir au
Secrétaire Général de l'ONU un télégramme de condoléances, à
la suite du décès hier au Caire de son prédécesseur (1992 - 1996)
M.Boutros Boutros-Ghali (93 ans). Il assure prier pour le repos
éternel de cet homme de paix, égyptien copte, juriste, politologue,
diplomate et homme d'Etat. Ministre des affaires étrangères de son
pays, il fut en 1979 un des principaux acteurs de l'accord de paix
israélo-égyptien.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 17 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a:
Nommé
Mgr.John D. Deshotel, Evêque de Lafayette (superficie 14.962,
population 634.000, catholiques 332.000, prêtres 213, diacres 94,
religieux 217), aux Etats-Unis d'Amérique. Jusqu'ici Auxiliaire de
Dallas (USA), il succède à Mgr.Charles M.Jarrell, dont la
renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
Nommé
l'Abbé Ricardo Hoepers, Evêque de Rio Grande (superficie 12.270,
population 300.000, catholiques 211.000, prêtres 29, diacres 11,
religieux 72), au Brésil. L'Evêque élu, né en 1970 à Curitiba
(Brésil) et ordonné prêtre en 1999, était jusqu'ici Curé de la
paroisse St.Augustin de Curitiba. Il succède à Mgr.José Mário
Stroeher, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
Docteur en théologie, il a été Doyen de la Faculté de philosophie
et Vice Recteur du séminaire Bom Pastor, professeur, curé de
paroisses, coordinateur diocésain du clergé, membre du Presbyterium
et membre du Comité d'éthique de l’Université fédérale du
Paraná et de la Société brésilienne de théologie morale.
Nommé
le P.Richard Kuuia Baawobr, M.Afr, Evêque de Wa (superficie 18.476,
population 700.000, catholiques 341.000, prêtres 104, religieux
186), au Ghana. L'Evêque élu, né en 1959 à Tom-Zendagangn
(Ghana), a prononcé ses voeux religieux en 1981 et a été ordonné
prêtre en 1987. Jusqu'ici Supérieur général de son ordre, il
succède à Mgr.Paul Bemile, dont la renonciation a été acceptée
pour limite d'âge. Il a occupé diverses fonctions au sein de
son ordre, Vice Grand Chancelier de l'Institut pontifical d'études
arabo-islamiques), membre du Synode sur la famille.
Nommé
le P.Carlos Alberto Breis Pereira, OFM, Coadjuteur de l'Evêque de
Juazeiro (Brésil). L'Evêque élu, né en 1965 à
São Francisco do Sul (Brésil), a prononcé ses voeux religieux en
1987 et a été ordonné prêtre en 1994. Il était jusqu'ici
Ministre provincial de son ordre à Recife (Brésil). Licencié en
théologie, il a été curé de paroisses et a occupé diverses
fonctions au sein de son ordre.
Accepté
pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Dieter Bernd Scholz, SJ à
la charge pastorale du diocèse de Chinhoyi (Zimbabwe).
Nommé
Mgr.Robert Cristopher Ndlovu, Archevêque de Harare (Zimbabwe),
Administrateur apostolique sede vacantedu diocèse de Chinhoyi
(Zimbabwe).
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