CITE DU VATICAN, 21 MAR 2009 (VIS). Le Saint-Père a:
-Nommé le P.Giovanni Migliorati, MCCI, Vicaire apostolique d'Awasa (superficie: 75.000, population: 6.067.000, catholiques: 173.000, prêtres: 47, religieuses: 69), en Ethiopie. L'Evêque élu, né en 1942 à Pavone Mella (Italie), a émis ses voeux religieux en 1968 et a été ordonné prêtre en 1969. Jusqu'ici Secrétaire général de cette même circonscription ecclésiastique, il succède à Mgr.Lorenzo Ceresoli, MCCI, dont la renonciation à la charge pastorale a été acceptée pour limite d'âge.
-Erigé le diocèse de Namibe (Angola), avec territoire démembré de celui de Lubango, le rendant suffragant de cette même Eglise métropolitaine.
-Nommé l'Abbé Mateus Feliciano Tomás, premier Evêque de Namibe (superficie: 57.097, population: 1.195.779, catholiques: 270.294, prêtres: 12, religieuses: 27), en Angola. L'Evêque élu, né en 1958 à Chinguar (Angola) et ordonné prêtre en 1983, était jusqu'ici Chancelier du diocèse de Huambo (Angola).
NER:RE:ECE/.../MIGLIORATI:CERESOLI:TOMAS VIS 20090321 (150)
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samedi 21 mars 2009
AVEC LES EVEQUES ANGOLAIS
CITE DU VATICAN, 20 MAR 2009 (VIS). A 19 h, Benoît XVI a rencontré les évêques angolais, auxquels s'étaient joints ceux de Sao Tomé, les remerciant tous de l'action apostolique qu'ils mènent dans des conditions difficiles, hier à cause de la guerre, aujourd'hui face à nombre d'entraves. Tous reconnaissent à l'Eglise d'Angola et de Sao Tomé un grand dynamisme: "Face à un relativisme diffus pour qui rien n'est acquis et qui tend à faire loi des caprices personnels, nous proposons une autre référence, le fils de Dieu homme véritable. Il est la référence du véritable humanisme. Le chrétien adulte ne suit pas la mode et l'appel de la dernière nouveauté. Il vit enraciné dans l'amitié du Christ, qui ouvre à tout ce qui est bon et permet de discerner entre erreur et vérité".
"La culture et les comportements sont souvent conditionnés par des modèles que véhiculent les média". C'est pourquoi sont louables les efforts de l'épiscopat africain, qui tendent à maintenir aussi dans le domaine de l'information "une interprétation chrétienne des faits, des problèmes et des réalités humaines". Rappelant les menaces qui pèsent sur elle, le Pape a dit que "la famille a besoin d'être sérieusement évangélisée et soutenue, car à la fragilité ou à l'instabilité de nombreux mariages s'ajoute une tendance socio-culturelle à contester le caractère unique et la mission spécifique de la famille fondée sur le mariage. Pasteurs face à chacun -a dit le Pape à ses hôtes- continuez à défendre la sacralité de la vie et la valeur du mariage. Soutenez le rôle de la famille dans l'Eglise et dans la société, en réclamant des lois qui la favorisent et favorisent l'éducation des enfants".
Puis Benoît XVI s'est réjoui de l'existence de "nombreuses communautés vives, riches d'un laïcat engagé dans l'apostolat, des nombreuses vocations au sacerdoce et à la vie religieuse, contemplative tout particulièrement. Ce sont des signes d'espérance". Notant un clergé de plus en plus autochtone, il a salué aussi le grand travail des missionnaires, qui annoncent le Christ et l'Evangile pour que naissent de nouvelles communautés chrétiennes. Le Pape a alors invité les évêques à être attentifs à la formation permanente des prêtres, théologique et spirituelle, "à leur conditions de vie et d'exercice de leur mission, afin qu'ils soient de bons témoins de la Parole qu'ils proclament et des sacrements qu'ils administrent. Dans le don d'eux-mêmes au Christ et au peuple dont ils sont les pasteurs, puissent-ils rester fidèles aux exigences de leur état, vivre leur ministère comme chemin de sainteté, devenir des saints pour en susciter d'autres".
Après ce discours, le Saint-Père a déjeuné avec les évêques et sa suite.
PV-ANGOLA/EPISCOPAT/LUANDA VIS 20090321 (440)
UNIS DANS LE BAPTEME
CITE DU VATICAN, 21 MAR 2009 (VIS). Le Pape a célébré la messe ce matin en l'église St.Paul, entouré des évêques locaux, de prêtres, religieux, religieuses, catéchistes et membres de mouvements ecclésiaux d'Angola et Sao Tomé. A l'homélie, Benoît XVI a évoqué Paul, patron de Luanda, qui nous "parle de son expérience d'un Dieu riche en miséricorde... Je suis heureux d'être avec vous dans cette vigne du Seigneur que vous soignez jour après jour en préparant le vin de la miséricorde divine pour le verser sur les blessures d'un peuple souffrant". La rencontre de l'Apôtre des peuples avec le Seigneur fit fondamentale dans sa vie. "Le Ressuscité lui apparut sur le chemin de Damas comme une lumière éblouissante, lui parla et le convertit. Il vit en Jésus l'homme parfait, la dimension finale de l'humanité en Jésus, ce qui impliqua son changement total de perception des choses".
"Nous aussi, appliquons-nous à connaître le Ressuscité! Homme parfait, Jésus est aussi le vrai Dieu car en lui Dieu s'est rendu visible aux hommes pour qu'ils participent à la vie divine. Ainsi en lui s'est manifestée une nouvelle dimension de l'homme et de la vie...de la matière dont surgit un monde nouveau". Cette dimension nouvelle "nous est accordée dans la foi et le baptême, un sacrement de mort et de résurrection, passage à une vie nouvelle... Je vis mais je ne suis déjà plus moi. Ce moi m'est d'une certaine façon ôté pour être intégré dans un moi plus grand. Je suis toujours moi mais transformé et ouvert à l'autre par ma fusion avec lui. Dans le Christ on acquiert une nouvelle dimension de vie... Par cette christification grâce à l'action de l'Esprit, s'accomplit peu à peu dans l'histoire la gestation du Corps du Christ".
Puis le Saint-Père a évoqué le premier royaume chrétien d'Afrique noire, fondé en 1506 par Alphonse I Mbemba-a-Nzinga, officiellement catholique au XVIII siècle. Dans ce contexte, l'union de bantous et de portugais a trouvé dans le christianisme un terrain d'entente. Deux peuples si différents s'engagèrent à ne pas se diviser malgré bien des divergences, parfois profondes. "Le baptême fait que tous les croyants demeurent unis dans le Christ". C'est à vous maintenant, a poursuivi Benoît XVI "d'offrir le Christ à vos concitoyens qui vivent dans la crainte des esprits et des maléfices dont ils se croient menacés. Désorientés, ils en arrivent à condamner à morts comme sorciers des enfants divagants ou des personnes âgées. Il faut aller leur dire que le Christ a vaincu la mort et toute forme de pouvoir obscur. On nous dira, mais pourquoi ne pas les laisser tranquilles. Ils ont leur vérité, différente de la notre. En respectant chacun pour ce qu'il est, cherchons avec douceur à leur faire prendre conscience au mieux de leur authenticité".
"Si nous sommes sûrs, si nous avons compris que sans le Christ la vie est incomplète, que la réalité fondamentale fait défaut, alors nous faisons aucune injustice si nous proposons à autrui le Christ, si nous lui offrons la possibilité de trouver sa vérité profonde, la joie d'avoir trouvé la vie. C'est notre devoir de le faire et d'offrir ainsi à nos frères la possibilité d'atteindre la vie éternelle... Aidons ceux qui sont dans la misère à rencontrer la miséricorde de Dieu... Le Seigneur, qui a fait de nous ses amis, nous donne son Corps dans l'Eucharistie et nous confie son Eglise... Faisons sa volonté à l'instar de saint Paul et prêchons l'Evangile. Gare à nous si nous ne l'annoncions pas!".
PV-ANGOLA/MESSE/LUANDA VIS 20090321 (590)
ESPERANCE ET DEVELOPPEMENT
CITE DU VATICAN, 20 MAR 2009 (VIS). Le Saint-Père est arrivé à 17 h au Palais présidentiel de Luanda où il a été reçu par le Président angolais M.José Eduardo dos Santos. Après une rencontre privée avec ce dernier, le Pape s'est adressé aux corps constitués et au corps diplomatique. "Vous êtes les artisans et les témoins d'un Angola qui se relève -leur a-t-il dit-. Après vingt-sept années de guerre civile qui ont dévasté ce pays, la paix a commencé à prendre racine, portant avec elle les fruits de la stabilité et de la liberté. Les efforts tangibles du Gouvernement pour mettre en place les infrastructures et rénover les institutions indispensables au développement et au bien-être de la société ont fait refleurir l'espérance parmi les citoyens. Pour soutenir cette espérance, différentes actions ont été mises en place, conduites par des agences internationales décidées à dépasser les intérêts particuliers pour œuvrer dans la perspective du bien commun. Dans diverses régions du pays, les exemples ne manquent pas parmi les enseignants, le personnel de la santé et les fonctionnaires qui, avec de faibles revenus, servent avec intégrité et dévouement la communauté humaine à laquelle ils appartiennent. De même, de plus en plus de personnes s'engagent dans des activités de volontariat au service des plus nécessiteux. Que Dieu bénisse et qu'il multiplie toutes ces bonnes volontés et leurs initiatives au service du bien!".
"L'Angola sait qu'il est temps pour l'Afrique d'être le continent de l'espérance. Chaque juste comportement humain est espérance en action. Nos actions ne sont jamais indifférentes devant Dieu et elles ne le sont pas non plus pour le développement de l'histoire. Chers amis, avec un cœur intègre, magnanime et plein de compassion, vous pouvez transformer ce continent, libérant votre peuple du fléau de l'avidité, de la violence et du désordre en le conduisant sur le chemin indiqué par les principes indispensables à toute démocratie civile moderne: le respect et la promotion des droits de l'homme, un gouvernement transparent, une magistrature indépendante, des moyens de communication sociale libres, une administration publique honnête, un réseau d'écoles et d'hôpitaux fonctionnant de façon adéquate, et la ferme détermination, basée sur la conversion des cœurs, d'éradiquer une fois pour toutes la corruption... Dans le message de cette année pour la Journée mondiale de la paix, j'ai voulu attirer l'attention de tous sur la nécessité d'une approche éthique du développement. En effet, les habitants de ce continent demandent plus que de simples programmes et protocoles et, à juste titre, une conversion profonde, authentique et durable des cœurs à la fraternité. Leur exigence vis-à-vis de ceux qui œuvrent dans la politique, dans l'administration publique, dans les agences internationales et dans les compagnies multinationales est avant tout celle-ci: soyez à nos côtés de façon vraiment humaine, accompagnez-nous, ainsi que nos familles et nos communautés!".
"Le développement économique et social en Afrique requiert la coordination des actions gouvernementales nationales avec les initiatives régionales et avec les décisions internationales. Une telle coordination suppose que les nations africaines ne soient pas seulement considérées comme les destinataires des plans et des solutions élaborées par d'autres. Les Africains eux-mêmes, œuvrant ensemble pour le bien de leurs communautés, doivent être les premiers acteurs de leur développement. A ce propos, un nombre croissant d'initiatives méritent d'être encouragées. Parmi elles, la New partnership for Africa's development (NEPAD), le pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des grands lacs, le Kimberley process, la Publish what you pay coalition et l'Extractive industries transparency initiative dont l'objectif commun est de promouvoir la transparence, la pratique honnête du commerce et la bonne gouvernance... Quant à la communauté internationale dans son ensemble, la coordination des efforts pour affronter la question du changement climatique est prioritaire, tout comme l'entière et juste réalisation des engagements pour le développement indiqués par le Doha round, ainsi que la concrétisation de la promesse des pays développés, faite à plusieurs reprises, de consacrer 0,7% de leur PIB (Produit intérieur brut) à l'aide officielle au développement. Cette assistance est encore plus nécessaire aujourd'hui avec la tempête financière mondiale qui sévit. Mon souhait est que cette assistance ne soit pas une autre de ses victimes".
Le Saint-Père a ensuite dit que cette visite suscitait en lui "cette joie humaine profonde qu'on éprouve lorsqu'on se retrouve en famille" et a ajouté qu'une "telle expérience est le don commun que l'Afrique peut offrir à tous ceux qui sont originaires d'autres continents et qui arrivent ici, où la famille est le fondement sur lequel l'édifice social est construit. Cependant, comme nous le savons tous, ici aussi les familles subissent de nombreuses pressions: angoisse et humiliation causées par la pauvreté, le chômage, la maladie, l'exil... Le joug opprimant des discriminations pèsent de façon bouleversante sur les femmes et sur les jeunes filles, sans parler de l'innommable pratique de la violence et de l'exploitation sexuelle qui leur cause tant d'humiliations et de traumatismes. Les politiques de ceux qui, dans l'illusion de faire progresser l'édifice social, en menacent les fondements mêmes sont aussi extrêmement préoccupantes. Quelle amère ironie que de promouvoir l'avortement au rang des soins de la santé des mamans! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive! Vous trouverez toujours l'Eglise, par la volonté de son divin fondateur, aux côtés des plus pauvres de ce continent. Je peux vous assurer qu'à travers ses activités...elle continuera de faire tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir les familles, y compris celles qui sont frappées par les effets tragiques du sida, et pour promouvoir une égale dignité des hommes et des femmes sur la base d'une harmonieuse complémentarité. Le chemin spirituel du chrétien est celui de la conversion quotidienne. L'Eglise invite tous les responsables de l'humanité à l'emprunter, afin que cette dernière puisse suivre les chemins de la vérité, de l'intégrité, du respect et de la solidarité".
A la fin de son discours, le Pape s'est rendu à la nonciature pour y rencontrer les évêques d'Angola et de Sao Tomé.
PV-ANGOLA/CORPS CONSTITUES/LUANDA VIS 20090321 (1010)
vendredi 20 mars 2009
POURSUIVRE LA RECONCILIATION ET LA RECONSTRUCTION
CITE DU VATICAN, 20 MAR 2009 (VIS). Après deux heures de vol, l'avion de Benoît XVI a atterri à Luanda, capitale de l'Angola. Le Pape a été accueilli par M.José Eduardo Dos Santos, Président de l'Angola, puis par Mgr.António Franklin, Archevêque de Luanda et Président de la Conférence épiscopale angolaise. Après avoir salué les autorités, il a prononcé son premier discours, précisant que si son voyage africain se limitait à deux capitales, son coeur et sa prière englobaient toute l'Afrique, et en l'occurrence tous les angolais. Il a d'abord encouragé l'Angola à poursuivre dans la voie de la pacification, de la reconstruction du pays et de ses institutions".
Après avoir évoqué la visite de Jean-Paul II en juin 1992, le Saint-Père a indiqué combien, dans son pays natal, "la paix et la fraternité sont une valeur générale, surtout lorsqu'un pays a connu la guerre, la division de ses citoyens à cause d'idéologies dévastatrices et inhumaines, qui ont opprimé les gens au nom d'illusions. C'est pourquoi les angolais doivent être attentifs au dialogue comme moyen d'éviter conflits et tensions, comme moyen pour chaque peuple d'avoir un pays en paix". L'Angola a des richesses et son peuple est solide, a-t-il ajouté en recommandant d'utiliser ces chances "en faveur de la paix et de l'entente entre les peuples. La loyauté et l'égalité offriront à l'Afrique l'avenir pacifique et solidaire auquel tous ont droit et tous aspirent. Je vous ne supplie donc, ne succombez pas à la loi du plus fort! Dieu a permis à l'homme de dépasser ses instincts au moyen de la raison et de la foi. Avec de telles ailes il vous sera aisé de voir en l'autre un frère, né avec les mêmes droits que vous".
Puis il a regretté qu'il y ait encore en Angola beaucoup de pauvres, qui "réclament le respect de leurs droits. Tant d'angolais vivent sous le seuil de la grande pauvreté et il ne faut pas décevoir leurs attentes. Un travail immense est nécessaire, qui doit engager un société plus solide et plus articulée dans ses composantes et en phase avec le gouvernement. Pour que naisse une société du bien commun, il faut des valeurs partagées par tous". Benoît XVI a conclu en disant qu'en visitant l'Angola il vient à la rencontre d'une des plus anciennes communautés catholiques de l'Afrique sub-équatoriale. Je viens la "confirmer dans la foi dans le Christ ressuscité -a-t-il dit- et m'unir aux prières de ses fils et filles pour que la paix, la justice et la fraternité ne quittent jamais plus l'Angola. Ainsi pourront-ils accomplir la mission que Dieu leur a confié en faveur de ce pays". Après la cérémonie d'accueil, le Pape a gagné la nonciature.
PV-ANGOLA/ARRIVEE/LUANDA VIS 20090320 (460)
AVIS
CITE DU VATICAN, 20 MAR 2009 (VIS). Exceptionnellement, en raison du voyage papal, un bulletin VIS sera diffusé demain samedi.
.../.../... VIS 20090320 (20)
.../.../... VIS 20090320 (20)
DEPART DU CAMEROUN
CITE DU VATICAN, 20 MAR 2009 (VIS). Après avoir salué le personnel de la nonciature, Benoît XVI a gagné à 9 h l'aéroport de Yaoundé, où l'attendaient le chef de l'état et les autorités du pays. Il a prononcé une brève allocution, remerciant les camerounais pour la chaleur de leur hospitalité, et les autorités civiles qui ont assuré le bon déroulement de la visite.
Il a ensuite demandé aux fidèles de continuer à prier pour que la II Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des évêques soit un temps de grâce pour l'Eglise dans toute l'Afrique, "un temps de renouvellement et de nouvelle consécration à la mission de porter le message bienfaisant de l'Evangile à un monde blessé". Puis il a évoqué certains temps forts de son séjour camerounais, comme la visite au Centre Cardinal Léger: Ce fut "très émouvant de constater l'attention dont font l'objet les malades et les handicapés, qui sont parmi les membres les plus vulnérables de notre société. Cette compassion, qui est celle du Christ, est un signe assuré d'espérance pour l'avenir de l'Eglise et de l'Afrique".
Evoquant sa rencontre avec les membres de la communauté musulmane du Cameroun, il a dit son espoir que chrétiens et musulmans poursuivent la route vers une plus grande compréhension mutuelle. Je prie, a-t-il ajouté, "pour que se fortifie notre détermination à travailler ensemble pour proclamer la dignité que Dieu a donnée à la personne humaine, message que notre monde toujours plus sécularisé a besoin d'entendre".
Enfin, le Pape a parlé de la promulgation de l'Instrumentum laboris synodal, qui sera "un moment de grande espérance pour l'Afrique et pour le monde entier". Puis il a encouragé tous les habitants du Cameroun à répondre à l'appel que Dieu lance à la réconciliation, à la guérison et la paix à des communautés et de la société toute entière. "Travaillez à éliminer l'injustice, la pauvreté et la faim partout où vous les rencontrez!".
L'avion papal a décollé à 10 h 30' à destination de l'Angola, seconde étape de ce premier voyage africain de Benoît XVI.
PV-CAMEROUN/DEPART/YAOUNDE VIS 20090320 (350)
UNE AFRIQUE PLUS JUSTE ET PLUS PACIFIQUE
CITE DU VATICAN, 19 MAR 2009 (VIS). A la nonciature de Yaoundé, le Pape a rencontré cet après-midi les douze membres du Conseil spécial pour l'Afrique du Synode des évêques, provenant d'Algérie, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Egypte, Madagascar, Mozambique, Nigéria et Zambie. Dans son discours il a rappelé qu'au début de la vie de Jésus, Dieu a choisi ce continent pour devenir la demeure de son fils. A travers Jésus, Dieu est venu au-devant de tous les hommes, certes, mais aussi d'une façon particulière au-devant de l'homme africain. Evoquant ensuite quelques moments significatifs de l'histoire chrétienne de l'Afrique, il a rappelé que l'évangéliste saint Marc a témoigné en Afrique de la mort sur la croix du Fils de Dieu. Puis "la Bonne Nouvelle de la venue du Règne de Dieu s'est répandue rapidement dans le nord du continent, où elle a eu d'illustres martyrs et saints, et d'où elle a engendré d'insignes théologiens... Ensuite, aux XV et XVI siècles, les populations sub-sahariennes ont rencontré le Christ... Au XIX et au XX siècle, sont arrivés des missionnaires, hommes et femmes provenant de tout l'Occident, d'Amérique latine et même d'Asie".
Le Saint-Père a ensuite tenu à parler des catéchistes et des martyrs africains, "compagnons inséparables des missionnaires dans l'évangélisation... En évoquant leur souvenir glorieux, je salue et j'encourage leurs dignes successeurs qui œuvrent aujourd'hui avec la même abnégation, le même courage apostolique et la même foi que leurs devanciers. Que Dieu les bénisse généreusement! Durant cette période, la terre africaine a aussi été bénie par de nombreux saints. Je me contente de nommer les martyrs de l'Ouganda, les grands missionnaires Anne-Marie Javouhey et Daniele Comboni, ainsi que Sœur Anuarite Nengapeta et le catéchiste Isidore Bakanja, sans oublier l'humble Joséphine Bakhita".
Puis il a suggéré quelques réflexions sur le thème de la II Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des évêques, relatif à la réconciliation, à la justice et à la paix: "Pour bien remplir sa mission, l'Eglise doit être une communauté de personnes réconciliées avec Dieu et entre elles. De cette manière, elle peut annoncer la Bonne Nouvelle de la réconciliation à la société actuelle, qui connaît malheureusement en de nombreux lieux des conflits, des violences, des guerres, et de la haine... Les guerres locales ou régionales, les massacres et les génocides qui se déroulent sur le continent doivent nous interpeller de manière toute particulière. S'il est vrai qu'en Jésus Christ, nous appartenons à la même famille et partageons la même vie, puisque dans nos veines circule le même sang du Christ, qui fait de nous les fils de Dieu, membres de la famille de Dieu, il ne devrait donc plus y avoir de haines, d'injustices et de guerres entre frères".
"L'Eglise famille de Dieu qui est en Afrique, a réalisé une option préférentielle pour les pauvres, depuis la I Assemblée spéciale du Synode. Elle manifeste ainsi que la situation de déshumanisation et d'oppression qui afflige les peuples africains n'est pas irréversible. Au contraire, elle met chacun face à un défi, celui de la conversion, de la sainteté et de l'intégrité. Le Fils, à travers lequel Dieu nous parle, est lui-même Parole devenue chair... Il est urgent que les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage des lieux d'écoute profonde de la Parole de Dieu, et de lecture méditative de l'Ecriture... Quant à l'Eucharistie, elle met clairement en évidence que la vie est une relation de communion avec Dieu, avec nos frères et nos sœurs, et avec la création tout entière. L'Eucharistie est source d'unité réconciliée dans la paix". Jésus, a poursuivi Benoît XVI, dans sa chair, a réconcilié tous les peuples. "Avec la force de l'Esprit Saint, j'adresse à tous cet appel: Laissez-vous réconcilier! Aucune différence ethnique ou culturelle, de race, de sexe ou de religion ne doit devenir entre vous un motif d'affrontement. Vous êtes tous fils de l'unique Dieu, notre Père, qui est aux cieux. Avec cette conviction, il sera alors possible de construire une Afrique plus juste et pacifique, à la hauteur des attentes légitimes de tous ses fils".
Après cette rencontre, le Saint-Père a dîné avec ses hôtes africains et les prélats de sa suite.
PV-CAMEROUN/CONSEIL SYNODE/YAOUNDE VIS 20090320 (700)
JEUDI, 20 MARS 2009 VISITE AU CENTRE "CARDINAL LEGER"
CITE DU VATICAN, 19 MAR 2009 (VIS). A 16 h, le Saint-Père s'est rendu au Centre national de rééducation des personnes handicapées Cardinal Paul-Emile Léger, spécialisé dans la rééducation des jeunes handicapés, mutilés ou traumatisés. Le Centre fut fondé en 1972 par le Cardinal Léger, Archevêque émérite de Montréal (Canada), qui se retira en Afrique pour se dévouer aux activités humanitaires. Benoît XVI y a été accueilli par le Ministre des Affaires sociales du Cameroun, le Directeur de l'institution et par l'Evêque en charge de la pastorale de la santé. En plus des pensionnaires du Centre, 200 malades provenant de divers hôpitaux du pays participaient à la rencontre avec le Pape. "Dans cette douleur, vous n'êtes pas seuls, car le Christ lui-même est solidaire de tous ceux qui souffrent. Il révèle aux malades et aux infirmes la place qu'ils ont dans le cœur de Dieu et dans la société", a dit le Pape, rappelant qu'à de nombreuses reprises dans les évangiles, le Christ "nous montre ainsi, par des gestes concrets, sa tendresse et sa bienveillance fraternelles pour tous ceux qui ont le cœur brisé et le corps blessé".
"Depuis ce Centre qui porte le nom du Cardinal Paul-Emile Léger...qui était venu chez vous pour soulager les corps et les âmes, je n'oublie pas ceux qui, chez eux, dans les hôpitaux...sont porteurs d'un handicap, qu'il soit moteur ou mental, ni ceux qui portent dans leur chair la trace de violences et de guerres. Je pense aussi à tous les malades et, spécialement ici, en Afrique, à ceux qui sont victimes de maladies comme le SIDA, le paludisme et la tuberculose. Je sais combien chez vous l'Eglise catholique est fortement engagée dans une lutte efficace contre ces terribles fléaux, je l'encourage à poursuivre avec détermination cette œuvre prioritaire. Face aux tourments, nous nous sentons démunis et nous ne trouvons pas les mots justes. Devant un frère ou une sœur plongé dans le mystère de la Croix, le silence respectueux et compatissant, notre présence habitée par la prière, un geste de tendresse et de réconfort, un regard, un sourire, en font plus parfois que bien des discours. Cette expérience a été vécue par un petit groupe d'hommes et de femmes, dont la Vierge Marie et l'apôtre Jean, qui ont suivi Jésus au cœur de sa souffrance lors de sa passion et de sa mort sur la Croix".
Benoît XVI a ensuite rappelé que parmi ces groupes, se trouvait un africain, Simon de Cyrène, chargé d'aider Jésus à porter sa croix et qui "participa, au prix de sa propre souffrance, à la peine infinie de celui qui rachetait tous les hommes, y compris ses bourreaux... Il est difficile d'accepter de porter la croix d'un autre -a ajouté le Pape-. Ce n'est qu'après la résurrection qu'il a pu comprendre ce qu'il avait fait. Ainsi en va-t-il de chacun de nous, frères et sœurs: au cœur de la détresse, de la révolte, le Christ nous propose sa présence aimante même si nous avons du mal à comprendre qu'il est à nos côtés. Seule la victoire finale du Seigneur nous dévoilera le sens définitif de nos épreuves... Ne peut-on pas dire que tout Africain est en quelque sorte membre de la famille de Simon de Cyrène?", s'est interrogé le Saint-Père. "Tout africain et tout homme qui souffre, aide le Christ à porter sa croix et monte avec lui au Golgotha pour ressusciter un jour avec lui... Depuis la résurrection et jusqu'à nos jours, nombreux sont les témoins qui se sont tournés, avec foi et espérance, vers le Sauveur des hommes, en reconnaissant sa présence au cœur de leur épreuve. Le Père de toutes les miséricordes accueille toujours avec bienveillance la prière de celui qui se tourne vers lui. Il répond à notre appel et à notre prière, comme il le veut et quand il veut, pour notre bien et non pas suivant nos désirs". Le Pape a ensuite invité les malades à se confier avec foi et courage à Jésus, "car de lui nous viennent la vie, le réconfort, les guérisons", les encourageant à se confier à saint Joseph, "intercesseur pour la santé du corps...de l'âme, un maître d'oraison, de prière".
"A vous, chercheurs et médecins -a-t-il conclu-, il revient de mettre en œuvre tout ce qui est légitime pour soulager la douleur ; il vous appartient en premier lieu de protéger la vie humaine, en étant les défenseurs de la vie, depuis sa conception jusqu'à son terme naturel. Pour tout homme, le respect de la vie est un droit et en même temps un devoir, car toute vie est un don de Dieu. Je veux, avec vous, rendre grâce au Seigneur pour tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, œuvrent au service des personnes qui souffrent. J'encourage les prêtres et les visiteurs de malades à s'engager par leur présence active et amicale au sein d'une aumônerie dans les hôpitaux ou à assurer une présence ecclésiale à domicile, pour le réconfort et le soutien spirituel des malades". Après avoir béni les malades et les membres du Centre Cardinal Léger, le Pape est rentré à la nonciature pour rencontrer les membres du Conseil spécial pour l'Afrique du Synode des évêques.
PV-CAMEROUN/MALADES/YAOUNDE VIS 20090320 (870)
jeudi 19 mars 2009
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
CITE DU VATICAN, 19 MAR 2009 (VIS). Le Saint-Père a:
-Accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Stanislaw Padewski, OFM.Cap., à la charge pastorale du diocèse de Kharkiv-Zaporizhia (Ukraine). Lui succède son Coadjuteur, Mgr.Marian Buczek.
-Nommé Mgr.José Mazuelos Pérez, Evêque de Jerez de la Frontera (superficie: 3.928, population: 516.861, catholiques: 452,532, prêtres: 159, diacres: 16, religieux: 617), en Espagne. L'Evêque élu, né en 1960 à Osuna (Espagne) et ordonné prêtre en 1990, était jusqu'ici Délégué à la pastorale universitaire du diocèse de Séville (Espagne).
RE:NER/.../PADEWSKI:BUCZEK:MAZUELOS VIS 20090319 (90)
-Accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Stanislaw Padewski, OFM.Cap., à la charge pastorale du diocèse de Kharkiv-Zaporizhia (Ukraine). Lui succède son Coadjuteur, Mgr.Marian Buczek.
-Nommé Mgr.José Mazuelos Pérez, Evêque de Jerez de la Frontera (superficie: 3.928, population: 516.861, catholiques: 452,532, prêtres: 159, diacres: 16, religieux: 617), en Espagne. L'Evêque élu, né en 1960 à Osuna (Espagne) et ordonné prêtre en 1990, était jusqu'ici Délégué à la pastorale universitaire du diocèse de Séville (Espagne).
RE:NER/.../PADEWSKI:BUCZEK:MAZUELOS VIS 20090319 (90)
AFRIQUE, CONTINENT DE L'ESPERANCE
CITE DU VATICAN, 19 MAR 2009 (VIS). A 9 h 30', le Saint-Père est arrivé au stade de Yaoundé qui porte le nom d'Amadou Ahidjo, le premier Président du Cameroun. Après un tour de piste en papamobile, il a revêtu les vêtements liturgiques pour une messe marquant la publication de l'Instrumentum Laboris du prochain Synode sur l'Afrique. Il a commencé son homélie en souhaitant "une très bonne fête à tous ceux qui, comme moi, ont reçu la grâce de porter le beau nom" de Joseph. Il "est, dans l'histoire, l'homme qui a donné à Dieu la plus grande preuve de confiance".
"Chers pères et chères mères de famille qui m'écoutez, avez-vous confiance en Dieu qui fait de vous les pères et les mères de ses enfants d'adoption ? Acceptez-vous qu'il compte sur vous pour transmettre à vos enfants les valeurs humaines et spirituelles que vous avez reçues?... Aujourd'hui où tant de personnes sans scrupule cherchent à imposer le règne de l'argent au mépris des plus démunis, il vous faut être très attentifs. L'Afrique en général, et le Cameroun, en particulier, sont en danger s'ils ne reconnaissent pas le Véritable Auteur de la Vie!... Ne vous laissez pas fasciner par de fausses gloires et de faux idéaux... Continuez à croire que...le Christ est l'unique chemin de Vie... Comme sur d'autres continents, aujourd'hui, la famille" traverse ici "une période difficile que sa fidélité à Dieu l'aidera à traverser. Certaines valeurs de la vie traditionnelle ont été bouleversées. Les rapports entre générations ont évolué de telle manière qu'ils ne favorisent plus comme avant la transmission des connaissances antiques et de la sagesse héritée des aïeux. Trop souvent, on assiste à un exode rural comparable à celui que de très nombreuses périodes humaines ont connues elles aussi. La qualité des liens familiaux s'en trouve profondément affectée. Déracinés et fragilisés, les jeunes sont souvent sans véritable travail. Ils cherchent des remèdes à leur mal de vivre dans des paradis éphémères et artificiels importés... Parfois aussi l'homme africain est contraint à fuir hors de lui-même et à abandonner tout ce qui faisait sa richesse intérieure. Confronté au phénomène d'une urbanisation galopante, il quitte sa terre, physiquement et moralement, non pas comme Abraham pour répondre à l'appel du Seigneur, mais pour une sorte d'exil intérieur qui l'écarte de son être même, de ses frères et sœurs de sang et de Dieu lui-même".
"Y a-t-il là une fatalité, une évolution inévitable? Certes non! Plus que jamais, nous devons espérer contre toute espérance... La première priorité consistera à redonner sens à l'accueil de la vie comme don de Dieu. Pour l'Ecriture comme pour la meilleure sagesse de votre continent, l'arrivée d'un enfant est une grâce, une bénédiction de Dieu. L'humanité est aujourd'hui conviée à modifier son regard: en effet, tout être humain, tout petit d'homme, aussi pauvre soit-il, est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu... Fils et filles d'Afrique, n'ayez pas peur de croire, d'espérer et d'aimer, n'ayez pas peur de dire que Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie, et que par Lui seulement nous pouvons être sauvés... Espérant contre toute espérance, n'est-ce pas une magnifique définition du chrétien? L'Afrique est appelée à l'espérance à travers vous et en vous! Avec le Christ Jésus, qui a foulé le sol africain, l'Afrique peut devenir le continent de l'espérance! Nous sommes tous membres des peuples que Dieu a donnés comme descendance à Abraham. Chacun et chacune d'entre nous est pensé, voulu et aimé par Dieu. Chacun et chacune d'entre nous a son rôle à jouer dans le plan de Dieu, Père, Fils et Esprit Saint. Si le découragement vous envahit, pensez à la foi de Joseph. Si l'inquiétude vous prend, pensez à l'espérance de Joseph, descendant d'Abraham qui espérait contre toute espérance. Si le dégoût ou la haine vous saisit, pensez à l'amour de Joseph, qui fut le premier homme à découvrir le visage humain de Dieu, en la personne de l'Enfant conçu par l'Esprit Saint dans le sein de la Vierge Marie... Comme Joseph, ne craignez pas de prendre Marie chez vous, c'est-à-dire ne craignez pas d'aimer l'Eglise. Marie, Mère de l'Eglise, vous apprendra à suivre ses pasteurs, à aimer vos évêques...et à suivre ce qu'ils vous enseignent... Vous qui êtes mariés, regardez l'amour de Joseph pour Marie et pour Jésus. Vous qui vous préparez au mariage, respectez votre futur conjoint ou conjointe comme le fit Joseph. Vous qui vous êtes donnés à Dieu dans le célibat, repensez à l'enseignement de l'Eglise: La virginité et le célibat pour le Royaume de Dieu ne diminuent en rien la dignité du mariage. Au contraire ils la présupposent et la confirment. Le mariage et la virginité sont les deux manières d'exprimer et de vivre l'unique mystère de l'Alliance de Dieu avec son peuple". Puis le Pape a encouragé les pères de famille dont saint Joseph est le modèle: "C'est lui qui peut leur enseigner le secret de leur propre paternité, lui qui a veillé sur le Fils de l'Homme. De même, chaque père reçoit de Dieu ses enfants créés à sa ressemblance et à son image. Joseph a été l'époux de Marie". Comme lui, "chers pères de famille, respectez et aimez votre épouse, et conduisez vos enfants, avec amour et par votre présence avisée, vers Dieu où ils doivent être". Aux jeunes enfin, il a adressé ses encouragements: "Devant les difficultés de la vie, gardez courage! Votre existence a un prix infini aux yeux de Dieu". Et "aux enfants qui n'ont plus de père ou qui vivent abandonnés dans la misère de la rue, à ceux qui sont séparés violemment de leurs parents, maltraités et abusés, ou incorporés de force dans des groupes paramilitaires sévissant dans certains pays", Benoît XVI a dit: "Dieu vous aime, Il ne vous oublie pas et saint Joseph vous protège".
Après la messe, le Pape a remis l'Instrumentum Laboris aux Présidents des Conférences épiscopales africaines en disant son espoir que les prochains travaux synodaux fassent grandir l'espérance des peuples d'Afrique "et imprime à chaque Eglise locale un nouvel élan évangélique et missionnaire, au service de la réconciliation, de la justice et de la paix".
PV-CAMEROUN/MESSE:INSTRUMENTUM/YAOUNDE VIS 20090319 (1030)
INSTRUMENTUM LABORIS DU SYNODE AFRICAIN
CITE DU VATICAN, 19 MAR 2009 (VIS). A la fin de la messe célébrée au stade Amadou Ahidjo de Yaoundé, Mgr.Nikola Eterovic, Secrétaire général du Synode des évêques a fait une brève présentation de l'Instrumentum Laboris ou document de travail du Synode africain que le Pape a remis aux présidents des Conférences épiscopales nationales et régionales du continent. Le document de la II Assemblée spéciale pour l'Afrique du Synode des évêques qui se tiendra au Vatican du 4 au 25 octobre, compte quatre chapitres précédés d'une préface qui offre une clef christologique et pneumatologique de la lecture du texte.
Le premier chapitre décrit la situation actuelle de l'Eglise en Afrique et examine l'application de l'exhortation apostolique Ecclesia in Africa (1995), et son actualité dans le nouveau contexte social. Plusieurs points critiques dans le milieu culturel, économique et politique y sont soulignés, et quelques réflexions théologiques sur la réconciliation, la justice et la paix comme concepts de base du prochain Synode y sont exposées.
Le deuxième chapitre présente la priorité de la réconciliation, de la justice et de la paix en Afrique. La notion africaine de réconciliation est intimement liée au concept de justice et de paix avec l'intention de restaurer l'harmonie entre la personne offensée et celui qui offense et avec la société en général.
Le troisième chapitre souligne la mission de l'Eglise, famille de Dieu, qui se convertit par sa conduite en signe et instrument de réconciliation. Pour promouvoir la justice et la paix, elle s'engage dans l'évangélisation et dans la promotion humaine au service de tous à travers ses institutions éducatives, sanitaires et les programmes de développement. L'Eglise catholique est ouverte au dialogue avec les autres Eglises et communautés ecclésiales, ainsi qu'avec les religions traditionnelles africaines et avec l'islam.
Le quatrième chapitre propose une réflexion sur le témoignage de vie de tous les membres du peuple de Dieu: évêques, prêtres, consacrés, laïcs en incluant aussi toutes les structures et institutions ecclésiales. L'accent est mis sur la mission particulière des chrétiens engagés dans la société: en politique, dans les forces armées, dans l'économie, dans l'éducation, dans la santé, dans la culture, dans les moyens de communication sociale, dans les organismes internationaux.
L'Instrumentum Laboris se termine par une prière à Notre-Dame d'Afrique, pour la bonne préparation et l'issue des travaux synodaux. C'est la première fois que le Saint-Père compose une prière à cette fin.
SE/INSTRUMENTUM LABORIS AFRIQUE/ETEROVIC VIS 20090319 (410)
PRECISIONS DU P.LOMBARDI
CITE DU VATICAN, 19 MAR 2009 (VIS). La Salle-de-Presse du Saint-Siège a diffusé hier soir le communiqué suivant relatif aux réactions suscitées par ce qu'a dit le Pape à propos du SIDA: "Le P.Federico Lombardi précise qu'il a simplement rappelé la position de l'Eglise et ses principes de lutte contre ce fléau: d'abord par l'éducation à la responsabilité sexuelle des personnes, et la réaffirmation du rôle essentiel du mariage et de la famille; ensuite par la recherche médicale et l'application de traitements efficaces qui soient à disposition du plus grand nombre possible de malades, par le biais de vastes initiatives et d'institutions médicales appropriées; enfin par une assistance pratique et morale des victimes du SIDA, qui comme toutes les personnes qui souffrent sont chers à l'Eglise. Ce sont les lignes sur lesquelles l'Eglise concentre ses efforts, qui ne considère pas qu'une plus ample diffusion du préservatif soit une solution meilleure, c'est-à-dire prévoyante et efficace pour enrayer la maladie et protéger la vie humaine".
OP/DECLARATION PAPE/LOMBARDI VIS 20090319 (170)
SAINT JOSEPH ET LE SACERDOCE
CITE DU VATICAN, 18 MAR 2009 (VIS). Benoît XVI s'est rendu dans l'après-midi en la basilique mineure Marie Reine des Apôtres pour présider les premières vêpres de la solennité de saint Joseph. Aux côtés des évêques camerounais, de prêtres, séminaristes, diacres, religieux et membres de mouvements ecclésiaux, on notait la présence de membres d'autres confessions chrétiennes.
"A la foule et à ses disciples, Jésus déclare: Vous n'avez qu'un seul Père. Il n'est en effet de paternité que celle de Dieu le Père, l'unique Créateur du monde visible et invisible. Il a cependant été donné à l'homme, créé à l'image de Dieu, de participer à l'unique paternité de Dieu. Saint Joseph illustre cela d'une façon saisissante, lui qui est père sans avoir exercé une paternité charnelle. Il n'est pas le père biologique de Jésus dont Dieu seul est le Père, et pourtant il va exercer une paternité pleine et entière. Etre père, c'est avant tout être serviteur de la vie et de la croissance. Saint Joseph a fait preuve, en ce sens, d'un grand dévouement. Pour le Christ, il a connu la persécution, l'exil et la pauvreté qui en découle... Chers frères prêtres, cette paternité, vous avez à la vivre dans le quotidien de votre ministère. En effet, comme le souligne la Constitution conciliaire Lumen Gentium, les prêtres doivent avoir, dans le Christ, un souci paternel envers ceux qu'ils ont spirituellement généré par le baptême et l'enseignement".
Le sacerdoce ministériel, a poursuivi Benoît XVI, "comporte un lien profond avec le Christ qui nous est donné dans l'Eucharistie. Que la célébration de l'Eucharistie soit vraiment le centre de votre vie sacerdotale, alors elle sera aussi le centre de votre mission ecclésiale... En célébrant ce sacrement au nom et en la personne du Seigneur, ce n'est donc pas la personne du prêtre qui doit être mise au premier plan ; celui-ci est un serviteur, un humble instrument qui renvoie au Christ lui-même s'offrant en sacrifice pour le salut du monde... Le ministère pastoral demande beaucoup de renoncements, mais il est aussi source de joie. Dans une relation confiante avec les évêques, fraternellement unis à l'ensemble du presbytérium, et soutenus par la portion du Peuple de Dieu" qui leur est confiée, les prêtres sauront "répondre avec fidélité à l'appel que le Seigneur vous a fait un jour, comme il a appelé Joseph à veiller sur Marie et sur l'Enfant-Jésus... Lorsque Marie reçoit la visite de l'ange lors de l'Annonciation, elle est déjà promise en mariage à Joseph. En s'adressant personnellement à Marie, le Seigneur associe donc déjà intimement Joseph au mystère de l'Incarnation. Celui-ci a consenti à se lier à cette histoire que Dieu avait commencé d'écrire dans le sein de son épouse. Il a alors pris chez lui Marie. Il a accueilli le mystère qui était en elle et le mystère qu'elle était elle-même. Il l'aima avec ce grand respect qui est le sceau des amours authentiques. Saint Joseph nous apprend que l'on peut aimer sans posséder". En suivant l'exemple de Joseph, chacun "peut être conduit à la guérison de ses blessures affectives à condition d'entrer dans le projet que Dieu a déjà commencé à réaliser dans les êtres qui sont auprès de lui".
Le Pape a ensuite invité les mouvements ecclésiaux à "être attentifs à ceux qui nous entourent et manifester le visage aimant de Dieu pour les plus humbles, notamment à travers l'exercice des œuvres de miséricorde, l'éducation humaine et chrétienne des jeunes, le service de la promotion de la femme et de tant d'autres manières... Par votre fidélité sans réserve à vos engagements vous êtes dans l'Eglise -a-t-il dit aux consacrés- un germe de vie qui grandit pour l'avènement du Royaume de Dieu. A tout moment, mais d'une façon particulière lorsque la fidélité est éprouvée, saint Joseph rappelle à chacun le sens et la valeur de ses engagements". Il nous invite "à prendre la mesure de toute la richesse de sa vocation et du modèle qu'il demeure pour tous ceux et toutes celles qui ont voulu vouer leur existence au Christ, dans le sacerdoce comme dans la vie consacrée ou dans divers engagements du laïcat. Joseph a en effet vécu dans le rayonnement du mystère de l'Incarnation. Non seulement dans une proximité physique, mais aussi dans l'attention du cœur. Joseph nous livre le secret d'une humanité qui vit en présence du mystère, ouverte à lui à travers les détails les plus concrets de l'existence. Chez lui, il n'y a pas de séparation entre la foi et l'action. Sa foi oriente de façon décisive ses actions. Paradoxalement, c'est en agissant, en prenant donc ses responsabilités, qu'il s'efface le mieux pour laisser à Dieu la liberté de réaliser son œuvre, sans y faire obstacle. Joseph est un homme juste... La vie de saint Joseph, vécue dans l'obéissance à la Parole, est un signe éloquent pour tous les disciples de Jésus qui aspirent à l'unité de l'Eglise. Son exemple nous incite à comprendre que c'est en se livrant pleinement à la volonté de Dieu que l'homme devient un ouvrier efficace du dessein de Dieu qui désire réunir les hommes en une seule famille, une seule assemblée, une seule Ecclesia".
Benoît XVI a conclu en s'adressant aux membres des autres confessions chrétiennes: La recherche de l'unité des disciples du Christ, leur a-t-il dit, "est pour nous un défi majeur. Elle nous conduit d'abord à nous convertir à la personne du Christ, à nous laisser toujours plus attirer par lui. C'est en lui que nous sommes appelés à nous reconnaître frères, enfants d'un même Père".
PV-CAMEROUN/VEPRES/YAOUNDE VIS 20090319 (930)
RELIGION ET RAISON
CITE DU VATICAN, 19 MAR 2009 (VIS). Ce matin à Yaoundé, en la fête de saint Joseph, patron du Saint-Père, Benoît XVI a rencontré à la nonciature apostolique les représentants de la communauté musulmane auxquels il a dit que "le Cameroun abrite des milliers de chrétiens et de musulmans qui, souvent, vivent, travaillent et accomplissent leurs pratiques religieuses dans un même voisinage. Je pense qu'un des rôles les plus importants de la religion aujourd'hui est de mettre en évidence le grand potentiel de la raison humaine qui est un don de Dieu et qui est élevé par la révélation et la foi. Croire en Dieu ne limite pas notre capacité de nous comprendre nous mêmes et de comprendre le monde mais au contraire l'élargit".
Il a ajouté que, "bien que notre esprit limité ne puisse pas atteindre directement la gloire de Dieu infinie dans cette vie, nous pouvons en avoir un aperçu dans la beauté qui nous entoure. Quand les hommes et les femmes permettent à l'ordre magnifique du monde et à la splendeur de la dignité humaine d'éclairer leurs esprits, ils découvrent alors que ce qui est raisonnable dépasse les calculs mathématiques, les déductions logiques et les démonstrations des expériences scientifiques. Le raisonnable inclut aussi la bonté et l'attraction innée d'une vie honnête et faite de principes éthiques qui se manifestent à nous à travers le langage de la création. Cette vision nous incite à chercher tout ce qui est droit et juste, à sortir de l'environnement limité de notre intérêt égoïste et à agir pour le bien des autres. Une authentique religion étend ainsi le champ de la compréhension humaine et est à la base de toute véritable culture humaine. Elle rejette toutes les formes de violence et de totalitarisme, non seulement sur les principes de la foi, mais aussi sur la base d'une juste raison. En réalité, religion et raison se renforcent l'une et l'autre dès que la religion est purifiée et structurée par la raison, et que la pleine puissance de la raison est libérée par la révélation de la foi. Benoît XVI a enfin encouragé les représentants musulmans "à faire pénétrer dans la société les valeurs qui ressortent de cette perspective et qui élèvent la culture humaine, et aussi à inviter d'autres personnes à participer à la construction d'une civilisation de l'amour. Puisse la coopération enthousiaste des musulmans, des catholiques et des autres chrétiens, au Cameroun, -a-t-il conclu- être pour les autres nations africaines un indicateur lumineux de l'énorme potentiel de l'engagement interreligieux pour la paix, la justice et le bien commun!".
PV-CAMEROUN/RENCONTRE MUSULMANS/YAOUNDE VIS 20090319 (440)
mercredi 18 mars 2009
CAMEROUN, TERRE D'ESPERANCE
CITE DU VATICAN, 17 MAR 2009 (VIS). L'avion papal a atterri vers 16 h à Yaoundé, la capitale du Cameroun, première étape du premier voyage de Benoît XVI en Afrique. Le Saint-Père a été accueilli par M.Paul Biya, Président de la République, par Mgr.Simon-Victor Tonyé Bakot, archevêque de Yaoundé et Président de la Conférence épiscopale, et le Cardinal Christian Wiyghan Tumi, Archevêque émérite de Douala. Après avoir été présenté aux autorités locales et aux diplomates en poste au Cameroun, le Pape a répondu au salut du chef de l'état:
"Je viens parmi vous comme un Pasteur...pour confirmer mes frères et sœurs dans la foi. C'est la mission que le Christ a confiée à Pierre à la dernière Cène, et c'est la mission des Successeurs de Pierre. Quand Pierre prêchait aux foules venues à Jérusalem pour la Pentecôte, il y avait, présents parmi eux, des pèlerins provenant d'Afrique. Et, aux premiers siècles du christianisme, le témoignage de nombreux grands saints de ce continent...montre la place remarquable de l'Afrique dans les Annales de l'histoire de l'Eglise. Depuis lors et jusqu'à nos jours, d'innombrables missionnaires et de nombreux martyrs ont continué de rendre témoignage au Christ dans toute l'Afrique, et aujourd'hui l'Eglise est bénie par la présence d'environ 150 millions de membres".
Puis il a dit être venu en Afrique pour célébrer avec ses peuples "la foi au Christ, qui donne la vie, qui soutient et nourrit de si nombreux fils et filles de ce grand continent!". Evoquant le prochain Synode des évêques consacré à l'Afrique, il a dit que ce moment de grâce devait constituer pour tous les catholiques africains l'occasion de relancer la mission de l'Eglise et "d'apporter l'espérance au coeur du continent, de ses peuples et des peuples du monde... Même au milieu des pires souffrances le message chrétien est porteur d'espérance... Face à la violence, à la pauvreté, à la faim, à la corruption, à l'abus de pouvoir, le chrétien ne doit pas renoncer... En Afrique aussi tant d'hommes et de femmes...tant de personnes sans toit, de veuves et d'orphelins, ...attendent encore de recevoir cette parole d'espérance et de réconfort".
"Sur un continent où jadis tant d'habitants furent déportés et réduits en esclavage, le trafic d'êtres humains, femmes et enfants en particulier, est devenu une nouvelle forme d'exploitation. En un moment difficile pour l'économie et l'alimentation, de dérèglement des systèmes et du climat, l'Afrique souffre encore plus que les autres. Un nombre croissant de ses habitants sont réduits à la famine, assaillis par la pauvreté et la maladie. Ils réclament la justice et la paix que l'Eglise leur offre... Non une nouvelle oppression politique ou économique mais la liberté des fils de Dieu. Non l'imposition de modèles sociaux ignorant le droit à la vie des non nés mais l'eau pure de l'Evangile de la vie. Non de sanglantes rivalités ethniques ou religieuses mais la paix et la joie du Royaume".
Le Saint-Père a ensuite salué la sollicitude pastorale de l'Eglise locale envers les malades et a insisté sur le fait que les malades du sida puissent recevoir au Cameroun un traitement gratuit. "L'éducation est un autre aspect essentiel du ministère de l'Eglise" a ajouté Benoît XVI, en saluant notamment l'œuvre accomplie par l'Université catholique d'Afrique centrale, qui constitue un signe de grande espérance pour l'avenir de cette région africaine.
"Le Cameroun est bien une terre d'espérance pour beaucoup... Des milliers de réfugiés, fuyant des pays dévastés par la guerre, ont été accueillis ici. C'est une terre de la vie où le gouvernement parle clairement pour la défense des droits des enfants à naître. C'est une terre de paix : à travers le dialogue qu'ils ont mené, le Cameroun et le Nigeria ont résolu leur différend concernant la péninsule de Bakassi et montré au monde ce qu'une diplomatie patiente peut produire de bon. C'est un pays...béni parce que la population y est jeune, pleine de vitalité et décidée à construire un monde plus juste et plus paisible. A juste titre, le Cameroun est décrit comme une Afrique en miniature qui abrite en son sein plus de deux cents groupes ethniques différents capables de vivre en harmonie les uns avec les autres".
Venant parmi vous aujourd'hui, a conclu Benoît XVI, "je prie pour que l'Eglise, ici et dans toute l'Afrique, puisse continuer à croître en sainteté, dans le service de la réconciliation, de la justice et de la paix". Après ce premier discours, le Pape a gagné la nonciature de Yaoundé, où il passera sa première nuit africaine.
CAMEROUN/ARRIVEE/YAOUNDE VIS 20090318 (760)
AVEC LES EVEQUES CAMEROUNAIS
CITE DU VATICAN, 18 MAR 2009 (VIS). Après la messe privée, le Pape a quitté ce matin la nonciature pour rencontrer le Président Biya. Puis il a quitté le palais de l'Unité pour l'église du Christ-Roi, où il a rencontré les 31 évêques du Cameroun. En cette année consacrée à saint Paul, leur a-t-il dit, il est opportun de rappeler l'urgence qu'il y a d'annoncer à tous l'Evangile. Et pour assumer cette mission d'évangélisation et répondre aux multiples défis du monde, il faut "une coopération effective entre les diocèses, notamment pour une meilleure répartition des prêtres dans votre pays, ne peut que favoriser les relations de solidarité fraternelle avec les Eglises diocésaines plus pauvres afin que l'annonce de l'Evangile ne souffre pas du manque de ministres". Puis il a souligné l'importance pour les évêques d'être solidement unis à leur clergé. "L'exemple et l'enseignement de l'évêque sont précieux pour que la vie spirituelle et sacramentelle occupe une place centrale dans le ministère sacerdotal. Cela aide le prêtre à vivre plus profondément sa mission de pasteur et d'homme de prière. Cette vie est une immense richesse reçue pour nous mais aussi ceux qui nous ont été confiés".
Le Pape a alors dit sa joie pour les nombreux jeunes candidats au sacerdoce, et rappelé combien il est essentiel que la vocation se fasse avec sérieux et discernement, en donnant la priorité à la sélection et à la formation des directeurs spirituels. Puis il a parlé de la vie religieuse en rappelant que depuis le début de la christianisation du pays, religieux et religieuse ont fourni une contribution fondamentale à la construction et à la vie de l'Eglise, rendant grâce à Dieu pour le développement de la vie consacrée parmi les camerounais et saluant également le travail des catéchistes qui développent l'inculturation de la foi en donnant une formation doctrinale de base. Benoît XVI a alors cité un des grands défis, celui de la famille et de ses difficultés. Il faut, a-t-il affirmé, préserver les valeurs fondamentales de la famille africaine et en favoriser l'évangélisation, favoriser la perception de la nature, de la dignité et de la mission du mariage, union indissoluble et stable.
Rappelant que "la liturgie doit occuper une place centrale dans l'expression de la foi", le Saint-Père a dit qu'il est essentiel que ses divers modes d'expression ne soient pas un obstacle à la communion avec Dieu. Et face au danger des sectes et autres mouvements ésotériques, de l'influence croissante des superstitions et du relativisme, on doit relancer la formation des jeunes et des adultes, dans le monde universitaire et intellectuel notamment. Il s'est ensuite réjoui des nombreuses associations de laïcs qui fleurissent dans les diocèses, et a encouragé la participation des associations féminines dans les différents secteurs de la mission de l'Eglise": Cela montre "une prise de conscience réelle de la dignité de la femme et de sa vocation particulière dans la communauté ecclésiale et dans la société". Quant à la mission épiscopale, elle conduit l'évêque "à être le défenseur des droits des pauvres, à susciter et à encourager l'exercice de la charité, manifestation de l'amour du Seigneur pour les petits". L'Eglise étant une véritable famille de Dieu, cela "exclut tout ethnocentrisme et tout particularisme excessif et contribue à la réconciliation et à la collaboration entre les ethnies pour le bien de tous... Aussi est-il du devoir des chrétiens, particulièrement des laïcs qui ont des responsabilités sociales, économiques, politiques, de se laisser guider par la doctrine sociale de l'Eglise, afin de contribuer à l'édification d'un monde plus juste où chacun pourra vivre dans la dignité".
PV-CAMEROUN/RENCONTRE EVEQUES/YAOUNDE VIS 20090318 (610)
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
CITE DU VATICAN, 18 MAR 2009 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Jan Romeo Pawlowski, Nonce apostolique au Congo et au Gabon, l'élevant à la dignité archiépiscopale. L'Evêque élu, né en 1960 à Biskupiec (Pologne) et ordonné prêtre en 1985, était jusqu'ici Conseiller de nonciature en service près la Secrétairerie d'Etat.
NN/.../PAWLOWSKI VIS 20090318 (60)
NN/.../PAWLOWSKI VIS 20090318 (60)
DIALOGUE AVEC LES JOURNALISTES
CITE DU VATICAN, 17 MAR 2009 (VIS). Pendant le voyage de Rome à Yaoundé Benoît XVI s'est entretenu avec la presse qui l'accompagne, et répondu à quelques questions de journalistes:
Après surtout votre lettre explicative aux évêques, nombre de journaux ont parlé de la solitude du Pape. Vous sentez-vous seul?: "A dire vrai, j'ai envie de rire quand on fait état de ce mythe. Je ne me sens pas du tout seul. Je reçois chaque jour la visite de mes collaborateurs les plus proches, à commencer par le Secrétaire d'Etat... Il s'agit d'un entourage d'amis et d'une belle collaboration entre évêques et autres collaborateurs, ce dont je me réjouis".
A propos de l'impact de la crise mondiale sur l'économie des pays pauvres, et de la perspective d'une prochaine encyclique sur le sujet, le Saint-Père a répondu: "Un élément fondamental de la crise est le manque d'éthique des structures économiques. L'éthique ne doit pas être étrangère à l'économie mais en son sein car elle ne peut fonctionner si elle ne prend pas compte de la dimension éthique". Revenant sur une encyclique consacrée ai social, il a dit: "J'étais sur le point de la publier lorsqu'a éclaté la crise et on a retenu nécessaire de revoir le document pour mieux l'adapter dans le contexte des compétences de l'Eglise, de la doctrine sociale... J'espère qu'ainsi l'encyclique pourra être un outil meilleur pour aider à surmonter la crise".
Puis le Saint-Père a répondu à une question relative à la spécificité du message catholique en Afrique face à la pression des sectes: "Nous n'annonçons pas un Evangile du succès mais le réalisme chrétien, non des miracles comme le font certains mais la sobriété de la vie chrétienne. Nous sommes convaincus que c'est cette sobriété et ce réalisme qu'a annoncé Dieu fait homme, un Dieu profondément humain qui souffre avec l'homme et donne un sens à ses souffrances, qui dévoile un horizon plus vaste et à venir. Nous savons que les sectes ne sont pas stables et que si, dans un premier temps, elles promettent la prospérité ou cures miraculeuses, la vie demeure ce qu'elle est, difficile. Seul un Dieu humain qui partage les souffrances des hommes est convainquant. Plus vrai il est d'une grande aide dans la vie".
A propos ensuite du SIDA, et de la position de l'Eglise qui est considérée peu réaliste et peu efficace par certains, le Pape a dit que "dans la lutte contre le SIDA l'Eglise catholique et ses mouvements sont précisément les plus présentes... On ne saurait le vaincre par de simples slogans. Si on veut aider les africains, ce ne sera pas par une distribution de préservatifs qui, au contraire, risque d'accroître le problème. Il n'y a de solution que dans un double engagement, l'humanisation de la sexualité qui implique un renouveau spirituel et moral portant à un nouveau comportement, et ensuite une solide amitié envers surtout ceux qui souffrent. Cette disponibilité implique sacrifices et renonciations personnelles".
PV-CAMEROUN/PRESSE AVION/... VIS 20090318 (500)
mardi 17 mars 2009
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
CITE DU VATICAN, 17 MAR 2009 (VIS). Le Saint-Père a confirmé la nomination de Mgr.Wasyl Ihor Medwit, OSBM, comme Auxiliaire de l'exarchat archiépiscopal de Donetsk-Kharkiv (Ukraine). Il était jusqu'ici Evêque de la curie achiépiscopale majeure de Kiev.
NA/.../MEDWIT VIS 20090317 (50)
NA/.../MEDWIT VIS 20090317 (50)
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