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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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vendredi 10 octobre 2014

Huitième Congrégation générale du Synode


Ci du Vatican, 10 octobre 2014 (VIS). Cette session a prolongé hier après-midi de débat général autour des sujets suivants: L'Eglise et la famille face au défi éducatif, le défi éducatif en général et l'éducation chrétienne dans les situations familiales difficiles. Après avoir souligné que la vocation à la vie est l'élément fondant de la famille, les pères sont tombés d'accord pour recommander aux fidèles d'approfondir l'encyclique Humanae Vitae de Paul VI, notamment le recours au méthodes naturelles de régulation de la fertilité et le rejet de la contraception. La procréation ne saurait être distincte de l'acte conjugal, et toute manipulation génétique, y compris la cryo-conservation des embryons, est absolument condamnée. On a critiqué les pays occidentaux et les organisations internationales qui, en Afrique notamment, présentent l'avortement et l'union homosexuelle comme des droits, et conditionnent avec insistance leur aide à leur acceptation. D'autant que le droit à la santé sexuelle et reproductive n'a même pas de définition précise en droit international. On mêle ainsi des principes contradictoires comme la condamnation de l'avortement forcé et la recommandation de l'avortement sécurisé, ou comme la protection de la maternité et celle de la contraception. Même sans force de loi, ces soi disant droits constituent un risque dans la mesure où ils déforment l'interprétation d'autres principes comme la lutte contre la discrimination féminine. Il a de nouveau été question d'un préparation au mariage renforcée qui combatte la seule vision sociale et juridique des noces au profit de leur dimension religieuse et spirituelle. La préparation est trop souvent perçu comme un bref parcours à effectuer sans véritable conviction. Etant une vocation à la vie, le mariage doit être plus soigneusement préparé, à l'instar de la vocation religieuse. Les futurs époux n'ont souvent pas conscience du caractère sacramental du mariage, au point de le réduire à sa célébration.

Confirmant la nécessité d'alléger les procédures en nullité, à laquelle va travailler la commission spécifique nommée en septembre dernier, on a exprimé le voeu que la simplification canonique soit la même pour toute l'Eglise. Et à propos de l'obligation de l'appel conforme à la première sentence, on a avancé l'hypothèse de laisser à l'évêque diocésain juge du recours. Les laïcs et notamment des femmes doivent être plus nombreux au sein des tribunaux ecclésiastiques. Comme eux, les prêtres doivent être mieux formés et bien préparés à la pastorale matrimoniale, en particulier par le biais de l'homélie. Le prêtre doit aussi être informé, car sa santé spirituelle et sa sincérité de rapport sont très appréciés par les fidèles. Il a ensuite été question de la famille migrante à laquelle il faut assurer son droit fondamental à l'unité, au moyen de politiques migratoires internationales qui ne prennent pas seulement la défense du simple individu. Pour les migrants, la famille constitue un élément essentiel d'intégration dans les pays d'accueil.


Le débat libre est revenu la question des divorcés remariés et en particulier sur la nécessité d'élaborer un parcours pénitentiel comprenant une réflexion sur les anciens conjoints abandonnés, souvent socialement isolés et souffrant en silence. Mais aussi sur la nécessité de prendre en charge les enfants de ces couples, sujets à des retombées psychologiques découlant de la séparation de leurs parents. Une pastorale spécifique permettrait parfois de rapprocher les parents de l'Eglise. Ceci dit l'éducation des enfants comprend le droit de la famille à choisir le projet éducatif qu'ils souhaitent.   

Neuvième Congrégation générale du Synode


Ci du Vatican, 10 octobre 2014 (VIS). Cette session a été réservée aux interventions de six couples et neuf autres Auditeurs individuels, presque tous laïcs engagés dans la pastorale familiale, la bioéthique ou l'écologie humaine. Représentant les divers continents, ils ont fournit des témoignages d'un apostolat familial du quotidien. Il a été question des difficultés dans lesquelles vivent nombre de familles du proche et moyen Orient, en particulier en Irak, où les conflits ont de graves répercussions sur l'institution familiale, notamment par la perte de membres, tués ou émigrés à la recherche l'un pays d'accueil. Elles sont privées d'avenir avec des jeunes soustraits à la scolarisation et des anciens abandonnés. La famille chrétienne de la région est profondément ébranlée, et cette fragilisation a des effets négatifs sur la cohésion sociale et nationale. Face à cette situation, l'Eglise se présente comme un port sûr, la famille des familles, qui réconforte et offre de l'espérance. Il faut donc préparer les couples à être des propagateurs de paix et de réconciliation. Les Auditeurs ont également insisté sur la nécessité de mieux écouter les laïcs dans la recherche de solution aux problèmes de la famille, en particulier pour ce qui est de l'intimité des couples. Il doit donc y avoir synergie entre mondes académique et pastoral afin de disposer d'agents connaissant la famille et sachant traiter de sa problématique selon une solide vision anthropologique catholique. Ils ont ensuite insisté sur la nécessité d'accroître le dialogue Eglise Etat, y compris par le biais d'une implication des fidèles qui, loin de toute ambition personnelle, sachent défendre efficacement les droits de la famille et la vie, et par là favoriser un état à visage humain. Il a ensuite été question de mieux former le clergé aux thématiques familiales, de manière à ce qu'ils puissent traiter correctement de l'amour conjugal. Si la planification naturelle de la famille est bien expliquée, la vie du couple en est renforcée. Les homélies doivent aussi être bien préparées afin de renforcer la participation des fidèles à la messe.


On a ensuite évoqué l'importance du témoignage, rappelant que les jeunes n'ont pas tant besoin de théories que de bien comprendre le caractère central de la famille démontré par des familles crédibles et évangélisatrices. Les couples doivent donc être accompagnés par une pastorale du suivi matrimonial. Les Auditeurs ont également parlé des souffrances de qui perd un membre de sa famille, les veufs et veuves, les orphelins et les parents ayant perdu un enfant. L'accompagnement de l'Eglise est fondamental, au moyen de groupes d'écoute et de partage, afin qu'ils résistent face au désert des sentiments et demeurent solidement attachés à la foi. D'où l'importance d'une écologie humaine en mesure de combattre les effets négatifs d'une globalisation porteuse de modèles contraires à la doctrine catholique. Toutes les formes de violence domestique ont été dénoncés, principalement commises sur les femmes, souvent de la part de jeunes. Il faut donc communiquer au sein de la famille. Le dialogue entre époux, leur souci commun de l'éducation et la prière en famille rendent fortes les familles.   

Message des pères synodaux


Cité du Vatican, 10 octobre 2014 (VIS). Ce matin, les pères synodaux ont diffusé le message suivant: Rassemblés autour du Successeur de Pierre...nous entendons partager la sollicitude du Saint-Père et manifester notre profonde solidarité envers les familles qui souffrent de tant de conflits. En particulier, nous élevons au Seigneur notre supplique pour les familles irakiennes et syriennes qui, en raison de leur foi chrétienne ou de leur appartenance à telle ou telle communauté ethnique ou religieuse, sont contraintes à fuir et perdent toute perspective d'un avenir certain. Avec le Pape François nous affirmons que personne ne peut se prévaloir de Dieu pour commettre des violences. Tuer au nom de Dieu, est le pire des sacrilèges. Remerciant les organisations internationales et tous les pays qui organisent les secours, nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à assister les victimes de la barbarie. Nous demandons aussi à la communauté internationale de tout faire pour rétablir la paix civile en Irak, en Syrie et dans toute la région. Nos pensées vont également aux familles qui souffrent ailleurs de par le monde, victime de violences continuelles. Nous prions afin que le Seigneur miséricordieux convertisse les coeurs, accordant paix et stabilité aux personnes éprouvées. Puisse la Sainte Famille, qui a connu la souffrance de l'exil, fasse de chaque famille une communauté d'amour et de réconciliation, une source d'espérance pour toute l'humanité.



"L'inutile massacre" de la première guerre mondiale


Cité du Vatican, 10 octobre 2014 (VIS). Ce matin près la Salle de Presse a été présenté le congrès international sur les catholiques et le Saint-Siège dans la première guerre mondiale, organisé par le Comité pontifical pour les sciences historiques, en collaboration avec l'Académie de Hongrie à Rome et la Commission internationale d'histoire et d'études du christianisme. Le P.Bernard Ardura, O.Prae, Président de ce conseil, et le Prof.Roberto Morozzo della Rocca, de l'Université Rome III, ont expliqué l'intention de relire le conflit sous l'angle des chrétiens, catholiques, protestants et orthodoxes, et d'envisager le rôle du Saint-Siège, qui se trouvait inclus dans une Italie en guerre et tentait de sauvegarder sa spécificité. Ce congrès offre l'occasion de renouveler l'historiographie relative au rôle des catholiques et aux efforts diplomatiques du Saint-Siège. Une place importante sera réservée aux historiens du sujet provenant de pays à majorité protestante ou orthodoxe. Le Comité prévoit d'organiser en 2018 un congrès complémentaire pour, à cent ans de la fin de la première guerre mondiale, on fasse le point sur les conséquences du traité de Versailles, qui se manifestent encore en ce début de XXI siècle.  

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 10 octobre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé l'Abbé José Joaodos Santos Marcos, Coadjuteur de l'Evêque de Beja (Portugal). L'Evêque élu, né en 1949 à Monte Perobolso (Portugal) et ordonné prêtre en 1974, était jusqu'ici Directeur spirituel des grands séminaires diocésains de Lisbonne (Portugal). Il a été curé de paroisses et Membre du Conseil pastoral du patriarcat de Lisbonne.


jeudi 9 octobre 2014

Sixième Congrégation générale du Synode


Ci du Vatican, 8 octobre 2014 (VIS). Cette session a prolongé le débat général autours des situations pastorales difficiles, notamment familiales, et les unions entre personnes de même sexe. On a rappelé d'abord que, n'étant pas une sorte de douane mais une maison de famille, l'Eglise devait offrir un accompagnement à tous, y compris aux personnes en situation pastorale délicate. Rassemblant familles en bonne santé et familles en crise, l'Eglise ne peut être indifférente dans son chemin de sanctification aux faiblesses de certains. Elle doit aider le plus faible. La procédure relative aux nullités matrimoniales a besoin d'être allégée, et il faut plus de laïcs dans les tribunaux ecclésiastiques. Ceci dit, il faut éviter la superficialité et garantir le respect de la vérité et des droits des parties. Si le procès canonique n'est pas contraire à la charité pastorale, la pastorale judiciaire doit éviter toute culpabilisation et traiter chaque cas avec équilibre. Toujours à propos des procédures en nullité, on a réfléchi à l'hypothèse d'un recours administratif qui ne se substituerait pas au recours judiciaire mais en serait un complément en fonction d'une décision épiscopale. Les divorcés remariés doivent être traités avec respect parce qu'ils se trouvent souvent dans des situations précaires et douloureuses, et cherchent à retisser une vie ecclésiale. Ils ont besoin d'une pastorale de miséricorde et non de répression. Si la polygamie est en recul, à cause de la décroissance du monde rural et à l'accroissement de l'urbanisation, on doit tenir compte des polygames convertis au catholicisme, et qui désirent recevoir les sacrement. Pour cette catégorie des mesures pastorales s'imposent. Par ailleurs, il convient de mieux préparer les candidats au mariage, en insistant en particulier sur l'aspect sacramental du lien conjugal et une mission éducative qui ne se limite pas à un discours moraliste portant à un analphabétisme religieux. Le parcours matrimonial doit tendre au développement de la personne.

L'heure de débat libre a servi à la présentation d'expériences personnelles mais aussi de modèles appliqués à la pastorale des divorcés remariés, passant par des groupes d'écoute. Il convient ici d'éviter les formules du type "état permanent de péché", et s'expliquer que la non admission à la communion n'élimine pas automatiquement la grâce du Christ. Cette non admission découle de la permanence du lien sacramental antérieur et indissoluble. On a avancé à ce propos l'hypothèse de la communion spirituelle, qui montre en tout cas les limites comme la difficulté de nouvelles solutions. Dans la pastorale des homosexuels aussi, l'écoute doit être fondamentale, notamment au moyen de groupes. Il a enfin été question de fidèles qui passent à une autre confession chrétienne, et vice-versa, avec toutes les difficultés découlant des mariages inter-confessionnels, la question de leur validité, notamment parce que le divorce est prévu dans les Eglises orthodoxes. Certains intervenants ont fait noté la grande évolution de la problématique de la famille chrétienne depuis le Synode ordinaire qui lui fut consacré en 1980, y compris en matière de culture juridique. L'Eglise doit tenir compte de cette évolution internationale, qui doit être sujet de débats dans universités et autres institutions culturelles.



Septième Congrégation générale du Synode


Ci du Vatican, 9 octobre 2014 (VIS). Cette session s'est déroulée en deux parties, d'abord la poursuite du débat général d'hier après-midi (sur les situations pastorales difficiles, en l'occurrence familiales, et les unions entre personnes de même sexe), puis le débat consacré aux défis pastoraux concernant l'ouverture à la vie. Il a de nouveau été question de l'accès à la communion pour les divorcés remariés. L'indissolubilité du mariage a nettement été réaffirmée car le lien sacramental est une réalité objective, l'oeuvre du Christ dans l'Eglise. Ce point doit être défendu et traité au moyen d'une catéchèse pré-matrimoniale adaptée, de manière à ce que les futurs époux soit pleinement conscients du caractère sacramental de leur union et de sa nature vocationnelle. Un accompagnement pastoral devra accompagner les couples après leur mariage. Mais il convient d'envisager les cas concrets un à un, en distinguant par exemple qui a été abandonné de qui a abandonné. Ne pouvant négliger cela, l'Eglise ne doit pas appliquer une pastorale du tout ou rien, mais être miséricordieuse. Le mystère de l'Eglise est un mystère de consolation. Ne pas être autorisés à communier ne signifie pas pour les remariés ne plus être membres de la communauté. On doit prendre en considération les responsabilités qu'ils pourraient y exercer. Il faut en tout cas simplifier et accélérer les procédures de nullité. Dans certaines régions du monde, le concubinat est souvent causé par des motifs socio-économiques, non par un rejet des enseignements de l'Eglise. D'autres types d'union de fait n'abandonnent pas l'objectif d'une vie chrétienne. Là encore, une pastorale spécifique est nécessaire. Etant dans l'impossibilité de reconnaître le mariage entre personnes du même sexe, l'Eglise peut toutefois développer une approche respectueuse et non discriminatoire. A propos encore des mariages mixtes, il faut regarder au-delà des difficultés pour percevoir leur pouvoir de témoignage harmonieux au niveau du dialogue inter-religieux. On a redit la nécessité d'un nouveau langage qui permette à l'Eglise d'impliquer ensemble croyants et non croyants en vue d'identifier des modèles familiaux permettant le développement des individus et le bien-être de la société. Il faut parler avec une simplicité qui porte au coeur des gens.


La seconde partie de la session a traité de la paternité responsable et réaffirmé que le don de la vie comme la chasteté sont des valeurs fondant le mariage chrétien, qui se dressent face au crime de l'avortement. Envisageant la situation, principalement asiatique, dans laquelle nombre de familles sont confrontées à l'infanticide, au viol des femmes et au trafic des êtres humains, on a rappelé la nécessité de mettre en exergue la justice comme vertu fondamentale du foyer. Puis le débat a touché à la responsabilité d'éducateurs que détiennent les parents. Il faut être particulièrement attentifs au volet éducation des enfants à la foi, d'autant que la pastorale de l'enfance peut créer un lien avec des familles en crise. La contraception a bel et bien un impact négatif sur la société, à commencer par son effet sur l'effondrement de la natalité. Face au phénomène, les catholiques ne sauraient être passifs. Ils doivent diffuser un message d'espérance en expliquant que les enfants sont une bénédiction pour leurs parents, dont ils renforcent la foi et la pratique religieuse. En dernier lieu, on a redit combien le rôle des laïcs, et notamment des mouvements, est indispensable dans l'apostolat de la famille, l'accompagnement des couples et l'évangélisation de la société. 

Possession cardinalice


Cité du Vatican, 9 octobre 2014 (VIS). Samedi 11 octobre à 18 h 30', le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, prendra possession du titre des Sts.Simon et Jude à Torre Angela.


mercredi 8 octobre 2014

Les divisions entre chrétiens blessent le Christ


Cité du Vatican, 8 octobre 2014 (VIS). Durant l'audience générale tenue place St.Pierre, le Pape a abordé le scandale des divisions entre chrétiens, même si aujourd'hui les relations de l'Eglise catholique avec les autres confessions se caractérisent par le respect et la cordialité. Mais, a-t-il demandé: Chacun de nous, membre de l'Eglise, que devons et pouvons faire?... Il faut prier pour l'unité des chrétiens, d'autant que Jésus nous demande de nous ouvrir au dialogue et à la rencontre de l'autre, de recueillir tout ce qu'il y a de bon chez qui pense différemment... Il nous demande de ne pas nous arrêter sur ce qui nous sépare mais de pointer sur ce qui nous unit... Il est douloureux que les chrétiens soient divisés...alors que nous avons en commun le credo. Nous croyons tous en Jésus-Christ, dans le Père et dans l'Esprit... Aidons-nous donc les uns les autres... En cheminant ensemble nous communions. C'est cela l'oecuménisme spirituel, aancer dans la vie avec notre foi commune dans le Seigneur Jésus... Cela veut dire entrer en communion avec l'autre, avec nos frères en Eglise comme avec ceux des autres confessions chrétiennes. Remercions Dieu pour le baptême et demandons lui que notre communion finisse par être parfaite". Puis le Saint-Père a révélé que c'était aujourd'hui le soixante-dizième anniversaire de sa première communion: "Recevoir la communion signifie entrer en communion avec les autres, avec nos frères en Eglise". Nous ne devons donc pas être démoralisés car Dieu consolateur ne saurait boucher les oreilles de son fils pour qu'il n'entende pas notre prière. Notre prière est que tous les chrétiens ne fassent qu'un".        

Quatrième Congrégation générale du Synode


Ci du Vatican, 7 octobre 2014 (VIS). Cette session a prolongé de débat général autours des diverses propositions relatives à la pastorale de la famille. Ayant établi le lien entre crise de la foi et crise de la famille, la première générant l'autre, les pères ont noté que la foi est perçue comme un ensemble de données doctrinales, alors qu'elle est avant tout un acte libre envers Dieu. On a donc suggéré un vade-mecum de la catéchèse familiale qui puisse en renforcer la mission évangélisatrice. Le fait que nombre de baptisés aient une foi vague les conduit souvent au mariage sans une conscience précise de leur acte. La famille doit aussi faire face à la dictature de la pensée unique qui insère dans la société des contre-valeurs et déforme le concept d'union entre un homme et une femme. La crise des valeurs, le sécularisme athée et l'hédonisme, l'ambition du pouvoir détruisent et dénaturent la famille, fragilisent les personnes et donc la société toute entière. Les fidèles doivent donc redécouvrir le sens de leur appartenance à l'Eglise, car ce sont les familles de l'Eglise qui attirent les autres. Experte en humanité, l'Eglise doit réaffirmer la nécessité de la famille et son caractère irremplaçable, réveiller en l'homme le sens d'appartenance à un noyau familial. Reflet de l'amour de Dieu, c'est la famille qui éduque aux rapports sociaux.

Il a ensuite été question de l'importance du rapport entre les familles et les prêtres, qui les accompagnent dans les grandes étapes de leur vie. En retour, les familles aident les prêtres à vivre leur célibat comme affectivité équilibrée et non comme renonciation. Berceau des vocations, la famille suscite souvent dans la prière commune la naissance de l'appel au sacerdoce. A propos du lien entre baptême et mariage car la signification du sacrement conjugal est diminuée lorsque l'initiation chrétienne n'a pas été solide. Le mariage chrétien ne peut donc se réduire à un coutume ou à une exigence sociale. Il est une vocation qui a besoin d'une préparation soigneuse. Les répercussions du travail sur la vie familiale, avec notamment la flexibilité des horaires ou des contingences géographiques, le travail à la maison aussi, engendrent des difficultés dans le dialogue familial. Il a été question de la famille en Afrique, qui fait face à la polygamie et au lévirat, à l'influence des sectes, à la guerre et à la pauvreté, aux flux migratoires et au contrôle des naissances imposé par les instances internationales. Tout cela mine la stabilité de la famille et il faut y répondre par une évangélisation plus profonde, qui diffusent la paix, la justice et l'amour, le respect et la place de la femme dans la société, l'éducation et la défense de l'enfance et de toutes les victimes de violences.


Puis les pères ont à nouveau évoqué la nécessité d'un nouveau langage pour l'annonce évangélique, notamment face aux nouvelles technologies. Quant à l'indissolubilité du mariage, on a souligné combien la législation semble s'opposer au bien de la personne. La vérité du lien et de la stabilité conjugale étant inscrites dans la personne, il faut éviter de lui opposer la loi et percevoir comment aider la personne à ne pas trahir sa propre vérité. On a suggéré de réfléchir aux couples qui n'ont pas pu avoir d'enfant, et aux familles des pays frappés par l'Ebola. Enfin l'image de l'Eglise comme lumière a été rappelée pour dire qu'elle ne doit pas se limiter à fonctionner comme un phare mais se présenter sous la forme d'innombrables flammèches amies des gens. Le Conseil pontifical pour la famille a distribué à l'assemblée sont Enchiridion sur la famille.  

Cinquième Congrégation générale du Synode


Ci du Vatican, 8 octobre 2014 (VIS). Cette session a prolongé de débat général autours des défis pastoraux de la famille, de la crise de la foi dans le contexte familial, et des situations critiques internes à la famille. Il a d'abord été question de l'Eglise au proche et moyen Orient ainsi qu'en Afrique du nord, qui vit dans un contexte politique, économique et religieux critique, avec de graves effets sur la famille. Les lois y interdisent les réunifications familiales, la pauvreté pousse les gens à l'émigration, le fondamentalisme religieux nie aux chrétiens la parité avec les musulmans, ce qui pose des problèmes très graves dans les unions mixtes. Les mariage inter-religieux sont en augmentation et l'Eglise doit comprendre quelle catéchèse offrir aux enfants nés de ces mariages, et s'ils veulent continuer à pratiquer leur religion. L'Eglise, qui ne doit pas abandonner ces fidèles, ni les chrétiens qui se convertissent à l'islam pour se marier, doit réfléchir à des solutions. Le problème n'est pas strictement inter-religieux, mais parfois oecuménique comme dans les cas où un catholique n'ayant pas obtenu la nullité de son mariage passe à une autre confession pour se remarier religieusement. Même si l'Eglise choisie permet cette solution, et malgré le patrimoine commun de foi, il faut suivre un chemin de miséricorde dans les cas les plus délicats. On a par ailleurs mis en évidence que le synode devra prendre en compte, avec toute la prudence requise, les divorcés remariés, en conjuguant vérité et miséricorde envers qui souffre. Ces époux qui se trouvent dans cette situation n'en sont souvent pas la cause.


Pour sa part, le Saint-Siège ne cesse de défendre la famille à tout niveau, d'en souligner la dignité, d'en rappeler les droits et devoir y compris devant les instances internationales. Comme le disait Benoît XVI, les non de l'Eglise sont des oui à la vie. Sans hésitation, elle doit donc continuer de combattre le silence éducatif et religieux touchant la famille, au moyen d'un témoignage plus incisif de l'Evangile, c'est à dire qui tienne compte de la créativité pastorale. La place fondamentale des laïcs dans l'évangélisation a été réaffirmée, celle des jeunes avant tout, des mouvements et nouvelles communautés, qui accomplissent un service vital, missionnaire et prophétique, à contre-courant de la pensée courante. Mieux écouter les fidèles et plus investir sur eux constituent des priorités car c'est avec eux que l'Eglise peut trouver des solutions aux problèmes de leurs familles. Il a alors été question de la crise de l'emploi, du précariat et du chômage, des conséquences pour la familles d'une absence de sécurité qui peut glisser vers la pauvreté économique et la perte du foyer. Le manque d'argent en fait paradoxalement une divinité. Ainsi sacrifie-t-on des familles sur l'autel du profit alors que l'argent devrait servir à vivre. On a enfin rappelée la nécessité de mieux préparer les époux au mariage, notamment au niveau sexuel et affectif, en prônant une mystique familiale de la sexualité. Le rôle des grand parents dans la transmission de la foi au sein de la famille a également été souligné, ainsi que la nécessité d'inclure les anciens dans le noyau familial. La même attention et solidarité doit être réservée aux malades, eux aussi menacés par la culture du rebut dénoncée par le Pape.  

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 8 octobre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Fausto Tardelli, Evêque de Pistoia (superficie 821, population 228.600, catholiques 219.300, prêtres 129, diacres 22, religieux 178), en Italie. Il était jusqu'ici Evêque de San Miniato (Italie).

Mgr.Celso Morga Iruzubieta, Coadjuteur de l'Archevêque de Mérida - Badajoz (superficie 17.405, population 597.300, catholiques 588.100, prêtres 311, religieux 637), en Espagne. Il était jusqu'ici Secrétaire de la Congrégation pour le clergé.

L'Abbé Levi Bonatto, Opus Dei, Auxiliaire de l'Evêque de Goiania (Brésil). L'Evêque élu, né en 1957 à Sao José dos Pinhais (Brésil) et ordonné prêtre en 1996, était jusqu'ici Aumônier du centre culturel Marumbi. Licencié en économie et en droit canonique, il a directeur de conscience et professeur près le Studium général d l'Opus Dei à Sao Paulo.


mardi 7 octobre 2014

Troisième Congrégation générale du Synode


Ci du Vatican, 7 octobre 2014 (VIS). Cette session a prolongé de débat général autours de: l'Evangile de la famille et la loi naturelle; et de La famille et la vocation de la personne dans le Christ. En ouverture a été annoncé que le consistoire ordinaire du 20 octobre serait consacré à la situation du proche et moyen Orient, dans le sillage de la réunion tenue en début de semaine avec les nonces en poste dans la région. Les patriarches orientaux ainsi que le patriarche latin de Jérusalem y prendront part, et le Cardinal Secrétaire d'Etat en fera la présentation. Les d´rbats de ce matin on mis en exergue la nécessité d'une meilleure préparation pré-matrimoniale, solide et efficace. Il ne suffit pas d'envisager des remèdes aux échecs conjugaux mais élaborer les conditions de succès des mariages. Pour cela il est nécessaire d'offrir une vision du mariage qui ne se limite pas à sa réussite mais qui le présente comme un passage vers un but supérieur, au moyen d'une ascèse personnelle des couples qui soit force et énergie. Le mariage, qui est une vocation à part entière, implique la fidélité et la cohérence afin d'être un espace de progrès de l'humain. Les époux doivent donc être accompagnés par le biais d'une pastorale spécifique vigoureuse. Personnalisée, la préparation sacramentale doit être longue et rigoureuse, même si cela risque de diminuer le nombre des noces à l'Eglise. On ne doit pas encombrer de causes matrimoniales les tribunaux ecclésiastiques. Il a ensuite été question des media, dont la présence est parfois envahissante dans leur présentation d'idées opposées à la doctrine de l'Eglise en matière de mariage. Les fidèles doivent êtres mis en garde mais aussi mieux armés. L'enseignement de l'Eglise doit être plus incisif et ne pas se limiter à des interdits. Comme Jésus, elle doit se faire proche des personnes. En agissant ainsi il sera possible de réduire la fracture entre doctrine et pratique, entre enseignement ecclésial et vie familiale. Il n'est pas question de choisir entre doctrine et miséricorde mais de développer une pastorale éclairée, encourageant des familles en crise qui souvent ne ne sentent plus appartenir à l'Eglise. Face aux couples en difficulté et aux divorcés remariés, l'Eglise soit présenter la vérité et non point un jugement. Avec compréhension, elle doit convaincre les intéressés à suivre la vérité, à suivre l'Eglise qui dit la vérité. C'est la miséricorde qui soigne et accompagne, d'autant que les familles en crise n'attendent pas des solutions pastorales rapides. Elles ne veulent pas être de simples statistiques mais se sentir comprises et aimées. Il faut accorder plus d'espace à la logique sacramentale qu'à la logique juridique. Pour ce qui est de l'Eucharistie aux divorcés remariés, il a été réaffirmé qu'il ne s'agit pas du sacrement des parfaits mais de qui chemine. Le débat est revenu sur la nécessité de changer de langage, sur le principe d'un dialogue plus large et assidu. Il convient d'écouter plus souvent l'expérience des époux car leurs problèmes, loin d'être ignorés, doivent devenir le fondement d'une théologie réelle. Il a été décidé de préciser le sens de concepts comme l'inspiration biblique, l'ordre de la création, la loi naturelle. Il ne suffit pas de changer le vocabulaire pour établir un pont et engager un dialogue efficace avec les fidèles. C'est bien d'une conversion pastorale dont il est besoin pour rendre l'annonce évangélique plus efficace.


On a alors présenté les dimensions spécifiques de la famille que sont la vocation à la vie, à la mission et à l'accueil. Témoigner du Christ au travers de l'unité familiale fait d'elle la première école d'altérité, un espace qui contraste avec l'agitation du monde ambiant. L'éducation à la sainteté de la la famille, comme icône de la Trinité, a été soulignée, avec la prière qui transmet la foi des parents aux enfants. Là encore, les prêtres et les catéchistes doivent également recevoir une formation plus adaptée".   

Visite du Pape à Strasbourg


Ci du Vatican, 7 octobre 2014 (VIS). Comme annoncé, le Pape se rendra le 25 novembre à Strasbourg. Accueilli de manière privée à l'aéroport, ii se rendra à 10 h 30' au Parlement européen pour y prononcer un discours. A midi, il s'exprimera devant le Conseil de l'Europe, puis regagnera Rome vers 16 h.

Voyage apostolique en France


Cité du Vatican, 7 octobre 2014 (VIS). En réponse aux sollicitations de journalistes, le Directeur de la Salle de Presse, a annoncé qu'après sa visite du 25 novembre à Strasbourg, consacrée au Parlement européen et au Conseil de l'Europe, le Saint-Père effectuera une visite apostolique en France courant 2015.



Seconde Congrégation générale du Synode


Ci du Vatican, 6 octobre 2014 (VIS). Cette session a ouvert le débat général autour des questions suivantes: Dessein de Dieu sur le mariage et la famille, Connaissance et réception de l'Ecriture et des documents de l'Eglise sur mariage et famille. La famille étant la cellule de la société, espace de l'amour gratuit, parler de famille et de mariage inclut de parler d'éducation et de fidélité. L'institution familiale doit donc être protégée car il en va de l'avenir de l'humanité. Nombreux sont les pères qui ont soutenu la nécessité d'adapter le langage de l'Eglise afin que sa doctrine sur la famille, la vie et la sexualité soit mieux compris.

A l'exemple du Concile, il faut dialoguer avec le monde, avec une ouverture critique mais sincère. Si l'Eglise n'écoute pas le monde, celui-ci ne l'écoutera pas. Mais ce dialogue doit envisager des sujets d'importance comme l'égalité de dignité homme femme ou le rejet de la violence. C'est pourquoi l'Evangile doit être montré plus qu'expliqué, c'est pourquoi il faut impliquer les fidèles dans l'annonce en reconnaissant leur charisme missionnaire. Evangéliser ne devant pas être une théorie dépersonnalisée, les familles doivent témoigner concrètement des valeurs évangéliques. L'enjeu consiste à passer de la défensive à la proposition, c'est à dire de reproposer la foi au moyen d'un langage nouveau et de témoignages convaincants rétablissant un pont avec la société. On a ainsi suggéré l'usage d'une catéchèse plus biblique que théologique car, malgré les apparences, les fidèles sont avides d'idéaux. Le chrétien sachant que le bonheur auquel l'homme tend est le Christ, il faut employer un langage adapté pour le dire au monde. L'Eglise doit oeuvrer par attraction, avec amitié envers le monde. Face aux couples en crise, à l'instar de Dieu, elle doit être compréhensive et miséricordieuse, et envisager la question sous le profil d'une justice respectueuse du dessein divin. Certes, le mariage demeure un sacrement indissoluble. La vérité étant le Christ et non un ensemble le règles, il convient de maintenir les principes tout en adaptant les formes. La nouveauté dans la continuité, ainsi que le disait Benoît XVI. Si le Synode ne met pas en discussion la doctrine, il réfléchit sur la pastorale, sur le discernement spirituel nécessaire à l'application de la doctrine face aux problèmes de la famille. La miséricorde n'élimine pas les commandements, elle en est la clef herméneutique.

On a convenu de la nécessité d'aborder avec respect certains cas, telles les unions libres marquées du sceau de l'amour et de la fidélité, qui présentent des éléments de sanctification et de vérité. Pour que le Synode diffuse encouragement et espoir, y compris aux personnes qui se trouvent dans des situations incorrectes, il faut avant tout envisager les aspects positifs. Et plus encore, il faut aimer sincèrement les familles en crise. Dans une société individualiste qui tend à la dissolution du modèle familial, on enregistre une perte de sens de l'union de l'être humain avec Dieu. Annoncer la beauté et la bonté de la famille ne peut se limiter à l'esthétisme, à la proposition d'un idéal à imiter, mais être une mise en valeur de l'alliance définitive des époux envers Dieu.

Un autre point essentiel s'étant dégagé des débats: le rejet du cléricalisme. Souvent l'Eglise semble plus préoccupée de son pouvoir que de son service, au point de désintéresser les gens. Retournons à imiter le Christ et retournons à l'humilité. La réforme de l'Eglise doit commencer par celle du clergé. Les fidèles doivent trouver les pasteurs dans le sillage du Seigneur, alors capables de les ramener vers lune Eglise enfin pleinement évangélisatrice. Il a alors été question de la sexualité au sein du mariage, et de sa valeur essentielle. Le sujet est tellement débattu et critiqué lorsqu'il est vécu hors mariage, que l'amour conjugal semble presque être une concession à la faiblesse humaine. En cela il est apparu nécessaire de disposer de prêtres mieux formés, mais aussi de politiques familiales capables de raviver la foi au sein des familles chrétiennes.


Au cours de la table ronde conduite entre 18 et 19 h, deux suggestions se sont manifestées: Que le Synode lance un message de soutien aux familles irakiennes, menacées d'extermination, contraintes à fuir leurs foyers pour ne pas avoir à renier leur foi. La proposition sera soumise à un vote. Et puis que le Synode se penche sur le clergé marié des Eglises orientales, qui connaît parfois une crise du couple pouvant conduire à la dissolution.          

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 7 octobre 2014 (VIS). Le Saint-Père a accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Jan Zajac à l'office d'Auxiliaire de l'Archevêque de Cracovie (Pologne).


lundi 6 octobre 2014

Parler sans crainte, écouter avec humilité et accueillir avec un cœur ouvert


Ci du Vatican, 6 octobre 2014 (VIS). Ce matin, en présence du Saint-Père, s'est tenue la première Congrégation générale du Synode des évêques, consacré aux défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation. Le Pape a salué les pères synodaux et tous les collaborateurs du Synode, les rapporteurs, les consultants, les traducteurs et toutes les personnes qui "ont travaillé avec dévouement, patience et compétence, pendant de longs mois, lisant, évaluant et élaborant les sujets, les textes et les travaux de cette Assemblée générale extraordinaire. "Je vous remercie également- a dit le Saint-Père- chers cardinaux, patriarches, évêques, prêtres, religieux et religieuses, laïcs et laïques, pour votre présence et votre participation qui enrichit les travaux et l'esprit de collégialité et de synodalité pour le bien de l'Eglise et des familles!... Vous apportez la voix des Eglises particulières, réunies au niveau d'Eglises locales à travers les Conférences épiscopales. L'Eglise universelle et les Eglises particulières sont d'institution divine; les Eglises locales ainsi entendues sont d'institution humaine. Cette voix, vous la porterez en synodalité. C'est une grande responsabilité: porter les réalités et les problématiques des Eglises, pour les aider à cheminer sur cette voie qu'est l'Evangile de la famille... Une condition générale de base est de parler clairement. Que personne ne dise: Cela je ne peux pas le dire, on penserait ceci ou cela de moi. Il faut tout dire de ce que l'on sent avec Parresia. Après le dernier consistoire (février 2014) où l'on a parlé de la famille, un cardinal m'a écrit en disant: dommage que certains cardinaux n'aient pas eu le courage de dire certaines choses par respect pour le Pape, pensant peut-être que le Pape pensait diversement. Cela ne va pas, ce n'est pas la synodalité, parce qu'il faut dire tout ce que dans le Seigneur on se sent le devoir de dire, sans respect humain, sans crainte. En même temps, on doit écouter avec humilité et accueillir avec un cœur ouvert ceux que disent nos frères. C'est par ces deux attitudes que l'on exerce la synodalité. C'est pourquoi, je vous demande, s'il vous plaît, d'avoir ces attitudes de frères dans le Seigneur, de parler avec parresia et d'écouter avec humilité. Faites-le en toute tranquillité et paix, parce que le Synode se déroule toujours cum Petro et sub Petro, et la présence du Pape est garantie pour tous et garde de la foi. Chers frères, collaborons tous pour que s'affirme avec clarté la dynamique de la synodalité".


Après le bref discours du Saint-Père et le discours du président de séance, le Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris (France), le Cardinal Lorenzo Baldisseri, Secrétaire général du Synode, a pris la parole pour décrire les différentes étapes de préparation de cette assemblée extraordinaire, le nombre de participants, les nouveautés et le travail du Secrétariat du Synode, depuis la dernière Assemblée générale ordinaire d'octobre 2012, sous le pontificat de Benoît XVI, et a conclu avec le souhait que l'assemblée actuelle soit "un lieu privilégié de collégialité synodale qui annonce l'Evangile en cheminant et qui soit imprégnée d'une nouvelle ouverture à l'Esprit, d'une méthode et d'un style de vie et de témoignage, qui garantisse l'unité dans la diversité, l'apostolicité dans la catholicité". Le Cardinal Peter Erdö, Archevêque de Esztergom-Budapest (Hongrie) et Rapporteur général du Synode, a ensuite pris la parole pour lire la Relatio ante Disceptationem dont suit un résumé dans l'article suivant.

Résumé de la Relatio ante Disceptationem


Cité du Vatican, 6 octobre 2014 (VIS). Le rapport préliminaire aux débats synodaux a été lu ce matin par le Cardinal Peter Erdö. Rapporteur général de l'assemblée, il a évoqué les points principaux sur lesquels la discussion devra se développer. Il a d'abord souligné l'élément nouveau, le fait que le rapport inclut déjà les interventions écrites des pères synodaux, préalablement envoyées au Secrétariat général du Synode. Dans le but de mieux répondre au sens collégial de ces assises, le Rapport du Cardinal Erdö invite à envisager la famille avec espérance et miséricorde, en annonçant sa valeur et sa beauté car malgré les nombreuses difficultés, celle-ci n'est pas un modèle dépassée. Nous vivons dans un monde fait de seules émotions -a dit le Cardinal- dans lequel la vie n'est pas un projet mais une série de moments, et l'engagement stable semble redouté pour l'homme fragilisé par l'individualisme. Mais c'est justement ici, face à ces signes des temps, que l'Evangile de la famille se présente comme un remède, un véritable médicament, proposé en se plaçant du point de vue de ceux qui ont plus de difficultés à la reconnaître et à la vivre. Donc, non au catastrophisme ou à l'abdication à l'intérieur de l'Eglise car il existe un patrimoine de foi large et partagé. Par exemple, des formes idéologiques comme la théorie du gender ou la mise à égalité des unions homosexuelles et du mariage entre homme et femme, n'ont pas l'approbation de la grande majorité des catholiques, alors que le mariage et la famille sont encore largement entendus comme un patrimoine de l'humanité, à conserver, promouvoir et défendre. Certes, entre les fidèles, la doctrine est souvent peu connue ou peu pratiquée, mais cela ne signifie pas qu'elle soit mise en discussion. Cela vaut en particulier pour l'indissolubilité du mariage et sa sacramentalité entre baptisés. La doctrine de l'indissolubilité du mariage en tant que telle n'est pas remise en question, celle-ci reste au contraire incontestée et dans la majeure partie observée aussi dans la praxis pastorale de l'Eglise, avec les personnes qui ont échoué dans leur mariage et qui cherche un nouveau départ. Ainsi, ce ne sont pas les questions doctrinales, mais les questions pratiques, inséparables d'autre part de la vérité de la foi, qui sont en discussion dans ce Synode, de nature exclusivement pastorales. D'où la nécessité d'une plus grande formation, surtout pour les fiancés, afin qu'ils soient clairement conscients tant de la dignité sacramentelle du mariage basé sur l'unicité, la fidélité et la fécondité, qu'il s'agit d'une institution de la société. Egalement menacée par des facteurs désagrégeants comme le divorce, l'avortement, les violences, la pauvreté, les abus, le cauchemar de la précarité, le déséquilibre causé par les migrations, la famille reste toujours une école d'humanité. La famille est presque la dernière réalité humaine accueillante dans un monde déterminé presque exclusivement par la finance et la technologie. Une nouvelle culture de la famille peut être le point de départ d'une civilisation humaine renouvelée. C'est pourquoi soutient concrètement la famille, même si une telle aide ne peut faire abstraction d'un engagement effectif des états dans la protection et la promotion du bien commun, à travers des politiques adéquates".

En tenant compte, ensuite, de ceux qui vivent dans des situations matrimoniales difficiles, le Cardinal Erdö souligne que "l'Eglise est une maison paternelle où une action de pastorale familiale renouvelée et adéquate est nécessaire à leur égard, surtout pour qu'ils sentent qu'ils sont aimés de Dieu et de la communauté ecclésiale, dans une optique de miséricorde qui n'efface pas, cependant, la vérité et la justice. La miséricorde n'enlève donc pas non plus les engagements qui naissent des exigences du lien matrimonial. Ceux-ci continuent de subsister même lorsque l'amour humain s'est affaibli ou a cessé. Cela signifie que dans le cas d'un mariage sacramentel (consommé), après un divorce, alors que le premier conjoint est encore en vie, un deuxième mariage reconnu par l'Eglise n'est pas possible". En outre, vu la diversité des situations, divorces, mariages civils, cohabitation, le Cardinal Erdö souligne "la nécessité de lignes directrices claires, afin que les pasteurs des communautés locales puissent concrètement aider les couples en difficultés, en évitant les improvisations d'une pastorale-bricolage. Quant aux divorcés remariés civilement, il serait trompeur de se concentrer seulement sur la question de la réception des sacrement. Il convient, en revanche, de prêter attention à un contexte plus large de préparation au mariage et de soutien aux époux, non bureaucratique, mais pastoral, pour les aider à comprendre les raisons de l'échec de leur première union et de déterminer d'éventuels éléments de nullité. Il faut tenir compte de la différence entre ceux qui ont par leur faute rompu un mariage et ceux qui ont été abandonnés. La pastorale de l'Eglise devrait prendre soin d'eux de façon particulière. Les divorcés remariés civilement appartiennent à l'Eglise. Ils ont besoin et ont le droit d'être accompagnés par leurs pasteurs, mais pas seulement. Vu le peu de conscience que l'on a aujourd'hui du sacrement de mariage et la mentalité de divorce diffuse, déclarer non valides des mariages célébrés dans l'Eglise ne relève pas du hasard. D'où la suggestion, contenue dans le Rapport, de revoir l'obligation de la double sentence conforme pour la nullité du lien, afin d'éviter de tomber dans l'automatisme, l'impression de concéder le divorce ou dans des solutions injustes et scandaleuses. Dans ce contexte. il semble nécessaire d'étudier la praxis des quelques Eglises orthodoxes qui prévoient la possibilité de deuxièmes et troisièmes noces, à caractère pénitentiel".

Dans la dernière partie, le document du Cardinal Erdö revient sur l'Evangile de la vie: "L'existence va de la conception à la mort naturelle, et l'ouverture à la vie constitue une partie essentielle, une exigence intrinsèque de l'amour conjugal, alors qu'aujourd'hui, surtout en occident, qui choisit de ne pas avoir d'enfants ou qui en veut à tout prix, se voit écrasé par sa propre détermination. L'accueil de la vie, la prise de responsabilité en ce qui concerne la procréation et le soin de la vie, ne sont possibles que si la famille ne se conçoit pas comme un fragment isolé, mais se sent insérée dans un réseau de relations... Il devient de plus en plus important de ne pas laisser la famille, les familles seules, mais de les accompagner et de les soutenir dans leur chemin... Derrière les tragédies familiales, se cache souvent une solitude désespérée, un cri de souffrance que personne n'a su percevoir. Il est donc important de retrouver le sens d'une solidarité diffuse et concrète, de dépasser cette privatisation des affects qui vide de sens la famille et la confie au choix d'un seul. Il faut créer, au niveau institutionnel, des conditions qui facilitent l'accueil d'un enfant et l'assistance des personnes âgées, comme un bien social à protéger et favoriser. De son côté, l'Eglise doit consacrer un soin particulier à l'éducation de l'affectivité et de la sexualité, en expliquant leur valeur et en évitant les banalisations et superficialités". En conclusion, affirme le Cardinal, "le défi du Synode est de réussir à proposer de nouveau au monde, au-delà du cercle des catholiques pratiquants et au vu de la situation complexe de la société, la beauté du message chrétien sur le mariage et la famille, en donnant des réponses vraies et pleines de charité, parce que le monde a besoin du Christ".
Pour le texte complet:
http://press.vatican.va/content/salastampa/fr/bollettino/pubblico/2014/10/06/0712/03003.html


Seconder le projet de Dieu en suivant l'Esprit


Cité du Vatican, 5 octobre 2014 (VIS). Le Saint-Père a présidé ce matin dans la Basilique vaticane la messe solennelle d'ouverture de l'assemblée synodale sur la famille. Voici son homélie: Dans la lecture d'Isaïe et de l’Evangile du jour on trouve l’image de la vigne du Seigneur. "La vigne du Seigneur est le projet qu’il cultive avec tout son amour, comme un paysan prend soin de son vignoble. La vigne est une plante qui demande beaucoup de soin! Le projet de Dieu c’est son peuple. Il l’a planté et le cultive avec un amour patient et fidèle, pour qu’il devienne un peuple saint, un peuple qui porte beaucoup de fruits de justice. Mais, aussi bien dans la prophétie ancienne que dans la parabole de Jésus, le rêve de Dieu est déçu. Isaïe dit que la vigne, aimée et si bien soignée, a produit de mauvais raisins. Alors que Dieu attendait le droit, voici le crime. Il attendait la justice, et voici les cris. Dans l’Evangile, au contraire, ce sont les paysans qui ruinent le projet du Seigneur: Ils ne font pas leur travail, mais ils pensent à leurs intérêts. Dans sa parabole, Jésus s’adresse aux chefs des prêtres et aux anciens du peuple, c’est à dire aux sages, à la classe dirigeante. Dieu leur a confié de façon particulière son peuple, pour qu’ils le cultivent, en prennent soin, le protègent des animaux sauvages. Voilà la tâche des chefs du peuple, cultiver la vigne avec liberté, créativité et ardeur". Mais la tentation de la cupidité est toujours présente. Nous la trouvons aussi, a dit le Pape, "dans la prophétie d’Ezéchiel sur les pasteurs, commentée par saint Augustin dans son célèbre discours" repris par la liturgie des heures. Pour assouvir leur cupidité d’argent et de pouvoir...les mauvais pasteurs chargent sur les épaules des gens des fardeaux insupportables qu’eux-mêmes ne déplacent pas même avec un doigt. Nous aussi, au Synode, nous sommes appelés à travailler pour la vigne du Seigneur. Les assemblées synodales ne servent pas à discuter d’idées belles et originales, ou à voir qui est le plus intelligent. Elles servent à cultiver et à mieux garder la vigne du Seigneur, pour coopérer à son projet d’amour sur son peuple".


"C'est pourquoi le Seigneur nous demande de prendre soin de la famille, qui depuis les origines est partie intégrante de son dessein d’amour pour l’humanité. Nous sommes tous pécheurs et à nous aussi, peut arriver la tentation de nous emparer de la vigne, à cause de la cupidité qui ne nous manque jamais à nous, êtres humains. Le rêve de Dieu se heurte toujours à l’hypocrisie de quelques-uns de ses serviteurs. Nous pouvons décevoir le rêve de Dieu si nous ne nous laissons pas guider par l’Esprit. Puisse-t-il nous donner la sagesse qui va au-delà de la science, pour travailler généreusement avec vraie liberté et humble créativité. Pour cultiver et bien garder la vigne, il faut que nos cœurs et nos esprits soient gardés en Jésus-Christ dans la paix qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir. Ainsi nos pensées et nos projets seront conformes au rêve de Dieu, qui est de former un peuple saint qui lui appartienne et qui produise les fruits du Royaume".
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