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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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lundi 27 février 2012

POUR UN AUTHENTIQUE PROGRES SCIENTIFIQUE


Cité du Vatican, 25 février 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin l'Académie pontificale pour la vie, qui tient sa dix-huitième assemblée générale pour débattre du diagnostic et de la thérapie de d'infertilité, un sujet de grande importance scientifique permettant un véritable dialogue entre dimension éthique et recherche biomédicale. Puis Benoît XVI a dit à ses hôtes que l'affinage « du diagnostic et la recherche de thérapies représentent l'approche scientifique la plus correcte au problème de l'infertilité, la plus respectueuse de la dignité des personnes impliquées. L'union d'une homme et d'une femme dans la communauté d'amour et de vie qui découle du mariage est le seul espace digne pour la venue au monde, comme don de Dieu, d'un nouvel être humain ».
Puis le Saint-Père a dit que « sa dignité humaine et chrétienne ne fait pas un produit de la procréation, mais l'expression de l'amour conjugal, d'une union qui est également spirituelle... Ainsi l'aspiration d'un couple infertile doit elle trouver dans la science une assistance et une réponse qui respectent sa dignité, individuelle et sponsale ». Or, ce domaine semble aujourd'hui dominé par le scientisme et la logique du profit, qui finissent par limiter aussi d'autres champs de recherche. Très attentive à la souffrance des couples infertiles, l'Eglise encourage la recherche médicale, même si la science n'est pas toujours en mesure de répondre à l'attente de tous. Qu'ils sachent que l'infertilité ne constitue pas un offense à leur vocation matrimoniale car, en vertu de leur vocation baptismale et sponsale, ils sont toujours appelés par Dieu à collaborer à la création d'une humanité nouvelle. De fait, la vocation à l'amour appelle au don de soi qu'aucune condition organique ne saurait empêcher. Là où la science n'offre pas de réponse, celle ci vient du Christ ».
Enfin, Benoît XVI a invité les scientifiques présents à poursuivre leur engagement en faveur « d'une science intellectuellement honnête et totalement orientée vers le bien de la personne... La matrice culturelle imprimée par le christianisme, et enracinée dans l'affirmation de l'existence de la vérité et de l'intelligibilité du réel à la lumière de la Vérité suprême, a permis dans l'Europe médiévale le développement de la science moderne, jusqu'alors demeurée à l'état embryonnaire dans les cultures précédentes... L'indifférence de la conscience face au vrai et au beau constitue une grave menace pour l'authentique progrès scientifique ».

jeudi 2 février 2012

CONNAISSANCE DE L'UNIVERS


CITE DU VATICAN, 2 FEV 2012 (VIS). Ce matin a été présentée près la Salle-de-Presse du Saint-Siège l'exposition intitulée "Histoires de l'autre monde" (Pise, Italie, du 10 mars au 1 juillet), organisée par la fondation Palazzo Blu, l'Observatoire astronomique vatican et l'Institut italien de physique nucléaire. Le P.José Gabriel Funes, SJ, Directeur de l'Observatoire a d'abord justifié le choix de Pise par sa place dans l'histoire de l'astronomie, ville natale de Galilée et du Cardinal Pietro Maffi que Pie X chargea en 1904 de réorganiser l'Observatoire astronomique vatican. Puis il a insisté sur la volonté de s'adresser en priorité aux jeunes, de manière à leur rendre accessible un savoir complexe et difficile à exposer sans superficialité, et a salué le travail fondamental des curateurs de l'exposition. Ensuite, M.Cosimo Bracci Torsi, Président de la fondation qui accueille la manifestation, a salué l'heureuse collaboration de scientifiques laïques et religieux, appartenant à des institutions scientifiques de renom mais très différentes. Agrémentée d'images spectaculaires et de pièces extraordinaires, tels des minéraux lunaires et martiens, cette exposition propose un parcours allant du système solaire et de la matière aux étoiles de notre galaxie et aux confins espace-temps aujourd'hui connus de notre univers. Quant à M.Antonio Masiero, son Vice Président, il a précisé que l'Institut italien de physique nucléaire avait participé à la manifestation en y apportant les résultats de sa recherche sur les origines et la structure de l'univers.
OP/                 VIS 20120202 (240)

lundi 14 novembre 2011

SAUVER UNE VIE SANS EN DETRUIRE UNE AUTRE


CITE DU VATICAN, 12 NOV 2011 (VIS). Le Saint-Père a reçu les 250 participants au congrès international "Adult Stem Cells, Science and the future of Man and Culture", organisé par le Conseil pontifical pour la culture en collaboration avec la fondation nord-américaine Stem for life. Pendant trois jours, des experts ont discuté de l'utilisation de cellules souches adultes en médecine tant d'un point de vue scientifique, qu'au niveau des implications culturelles, éthiques et anthropologiques de cette technique. Voici quelques extraits du discours de Benoît XVI:

  "Les êtres humains sont dotés d'une âme immortelle et sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu. C'est pourquoi, il existe des dimensions de l'existence humaine qui vont au-delà des limites des compétences des sciences naturelles. Si l'on dépasse ces limites, il existe un risque sérieux que la dignité et l'inviolabilité de la vie humaine deviennent subordonnées à des considérations purement utilitaristes. Au contraire, si l'on respecte ces limites, la science peut apporter une réelle contribution à la promotion et la sauvegarde de la dignité de l'homme. C'est pourquoi, les potentialités bénéfiques de la recherche sur les cellules souches adultes sont considérables puisqu'elle ouvre des possibilités de guérison de maladies dégénératives chroniques par la réparation des tissus atteints... L'amélioration promise par ces thérapies constitue un important pas en avant pour la science médicale, et un nouvel espoir pour les malades et leurs familles en souffrance. Pour cette raison, l'Eglise encourage naturellement ceux qui développent ou soutiennent ce type de recherche, à condition bien sûr qu'elle soit menée avec la considération due au bien intégral de la personne humaine et au bien commun de la société. Cette considération est de la plus grande importance. La mentalité pragmatique qui influence souvent la prise de décision aujourd'hui est trop incline à prendre tous les moyens disponibles pour obtenir la fin souhaitée, malgré l'évidence des conséquences désastreuses de cette façon de penser. Quand la fin est tellement désirée, comme la découverte d'un traitement pour les maladies dégénératives, il est tentant pour les hommes politiques et les médecins de laisser de côté les objections éthiques et de continuer d'aller de l'avant avec n'importe quelle recherche paraissant offrir quelques possibilités de progresser. Ceux qui défendent la recherche sur les cellules souches embryonnaires avec l'espoir d'obtenir ce résultat, commettent la grave erreur de nier le droit inaliénable à la vie de tout être humain du moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle. La destruction d'une seule vie humaine ne peut jamais se justifier en terme de bénéfice qu'elle pourrait apporter à une autre".

  "Cependant, en général, ces problèmes éthiques ne se posent pas lorsque les cellules souches sont extraites de tissus d'un organisme adulte ou du sang du cordon ombilical au moment de la naissance... Le dialogue entre science et éthique est de la plus haute importance pour s'assurer que les progrès de la médecine ne se fassent jamais à un coût humain inacceptable. L'Eglise contribue à ce dialogue en participant à la formation des consciences en accord avec la juste raison et à la lumière de la vérité révélée. Il ne s'agit pas d'empêcher le progrès scientifique mais, au contraire, de l'orienter dans une direction vraiment fructifère et bénéficiaire pour l'humanité...spécialement pour les plus faibles et vulnérables. Lorsque l'Eglise réclame de l'attention envers les besoins des sans-défense, elle ne pense pas seulement à ceux qui ne sont pas nés mais aussi à ceux qui ne peuvent pas facilement accéder à des traitements médicaux couteux... La justice exige que tous les efforts possibles soient faits pour permettre à ceux qui en ont besoin de bénéficier des fruits de la recherche scientifique indépendamment de leurs moyens économiques... L'Eglise peut offrir une assistance concrète à travers son apostolat étendu en faveur de la santé, actif dans de nombreux pays du monde et s'adressant avec une sollicitude spéciale aux besoins des plus pauvres dans le monde". Je prie, a conclu le Pape, "pour que votre travail d'investigation sur les cellules souches adultes reçoivent de grandes bénédictions pour l'avenir de l'humanité".
AC/                                                VIS 20111114 (680)

dimanche 25 septembre 2011

VERS UNE NOUVELLE EVANGELISATION


CITE DU VATICAN, 24 SEP 2011 (VIS). A 18 h 15', dans l'amphithéâtre du séminaire de Fribourg (Freiburg im Breisgau), le Pape a rencontré le Conseil du Comité Central des catholiques allemands, organisme créé en 1952 pour favoriser l'apostolat de l'Eglise, qu'il a d'abord remercié pour son service et son témoignage. En hérauts puissants de la foi, a dit Benoît XVI à ses hôtes, "vous défendez partout la cause de la foi et de l'Eglise, chose qui n'est pas toujours facile de nos jours". Evoquant ensuite les programmes d'aide au développement,  il a imaginé qu'un de ces Exposure ait lieu en Allemagne: "Des experts provenant d'un pays lointain viendraient vivre pour une semaine auprès d'une famille allemande moyenne. Ici, ils admireraient beaucoup de choses, par exemple le bien-être, l'ordre et l'efficacité. Mais...ils constateraient aussi beaucoup de pauvreté en matière de relations humaines, comme dans le domaine religieux... Notre époque est largement caractérisée par un relativisme subliminal qui pénètre tous les domaines de la vie. Parfois, ce relativisme devient batailleur, se dirigeant contre des personnes qui affirment savoir où se trouve la vérité ou le sens de la vie. Et nous remarquons combien il exerce de plus en plus d'influence sur les relations humaines et sur la société... Certains semblent incapables de renoncer à quelque chose ou à faire un sacrifice pour autrui. Même l'engagement altruiste pour le bien commun, dans les domaines sociaux et culturels, ou pour les personnes dans le besoin, diminue. D'autres ne sont plus en mesure de se lier de façon inconditionnelle à une autre personne".

  "Riche, notre monde occidental est en carence. Beaucoup de personnes manquent de l'expérience de la bonté de Dieu. Elles ne trouvent aucun point de contact avec les Églises institutionnelles et leurs structures traditionnelles. Mais pourquoi? Je pense que c'est une question sur laquelle nous devons réfléchir très sérieusement. S'occuper de cette question est la mission principale du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation. Mais évidemment elle nous concerne tous... En Allemagne, l'Eglise est organisée de manière excellente. Mais, derrière les structures, y a-t-il une force spirituelle, la force de la foi en un Dieu vivant?... Il y a un excédent de structures par rapport à l'Esprit. La vraie crise de l'Eglise dans le monde occidental est une crise de la foi. Si nous n'arrivons pas à un véritable renouvellement de la foi, toute la réforme structurelle demeurera inefficace... Nous sommes appelés à chercher de nouvelles formes d'évangélisation. Une de ces voies pourrait être de petites communautés, où l'on vit en amitié et dans la fréquente adoration communautaire. Il y a déjà des personnes qui racontent leurs expériences de foi au travail comme en famille, par lesquelles elle témoignent d'une nouvelle proximité de l'Eglise avec la société". Après cette rencontre, Benoît XVI a gagné le site de la Foire de Fribourg pour la veillée de prière avec les jeunes.
PV-ALLEMAGNE/                                             VIS 20110925 (490)   

vendredi 23 septembre 2011

DEVANT LE PARLEMENT FEDERAL

CITE DU VATICAN, 23 SEP 2011 (VIS). A 16 h15' hier, Benoît XVI a quitté la nonciature pour le Parlement fédéral, où l'a accueilli le Président M.Norbert Lammert. Après un bref entretien avec les autres titulaires des charges fédérales, le Président de la République, la Chancelière, les Présidents des deux chambres et le Président de la Cour constitutionnelle, il a salué les Présidents des groupes parlementaires. Après le discours d'accueil du Président du Bundestag, le Saint-Père a pris la parole pour proposer quelques considérations sur les fondements de l'état de droit libéral:

  "La politique doit être un engagement pour la justice et créer ainsi les conditions de fond pour la paix... Mais le succès de tout homme politique est subordonné au critère de la justice, à la volonté de mettre en œuvre le droit et à l'intelligence du droit. Le succès peut aussi être une séduction, et ainsi il peut ouvrir la route à la contrefaçon du droit, à la destruction de la justice... Nous, allemands, savons par expérience que ces paroles ne sont pas une formule vide. Nous avons fait l'expérience de séparer le pouvoir du droit, de mettre le pouvoir contre le droit, de fouler aux pieds le droit, de sorte que l'état était devenu une bande de brigands très organisée, qui pouvait menacer le monde en le poussant au précipice. Servir le droit et combattre la domination de l'injustice est et demeure la tâche fondamentale des responsables politiques", aujourd'hui comme hier. "Il est évident que dans les questions fondamentales du droit, où est en jeu la dignité de l'homme et de l'humanité, le principe majoritaire ne suffit pas... Sur la base de cette conviction, résistants ont combattu le régime nazi et d'autres régimes totalitaires, rendant ainsi un service au droit et à l'humanité tout entière. Pour eux, ...le droit en vigueur était injuste".
   
  "Pour le développement du droit et pour le développement de l'humanité, la prise de position des théologiens chrétiens contre les obligations de droit envers les divinités, a été cruciale. En se rangeant du côté de la philosophie, ils ont reconnu que la corrélation raison nature était une source juridique valable pour tous... Si jusqu'à l'époque des Lumières puis de la Déclaration des Droits de l'Homme...la question des fondements de la loi semblait claire, un dramatique changement de la situation est arrivé au cours du dernier demi siècle. L'idée du droit naturel est aujourd'hui considérée comme une doctrine catholique plutôt singulière, sur laquelle il ne vaudrait pas la peine de discuter en dehors du milieu catholique, de sorte qu'on a presque honte d'en mentionner même seulement le terme. Je voudrais brièvement indiquer comment cette situation s'est créée... Une conception positiviste de la nature, qui entend la nature de façon purement fonctionnelle...ne peut créer aucun pont entre l'Ethos et le droit.. La même chose vaut aussi pour la raison dans une vision positiviste qui, chez beaucoup, est considérée comme l'unique vision scientifique. Dans cette vision, ce qui n'est pas vérifiable ou falsifiable ne rentre pas dans le domaine de la raison stricte... C'est là une situation dramatique, qui nous intéresse tous et sur laquelle une discussion publique est nécessaire. Le but essentiel de ce discours est d'inviter à ce débat".     

  Le concept positiviste de nature et de raison, a-t-il poursuivi, comme "la vision positiviste du monde, est une partie importante de la connaissance et de la capacité humaine, à laquelle nous ne devons absolument pas renoncer... Là ou la raison positiviste s'estime comme la seule culture suffisante, reléguant toutes les autres réalités culturelles à l'état de sous-culture, elle réduit l'homme, et menace même son humanité. Je le dis justement à l'Europe, où de larges milieux cherchent à reconnaître seulement le positivisme comme culture commune et comme fondement commun pour la formation du droit, alors que toutes les autres convictions et les autres valeurs de notre culture sont reléguées au rang de sous-culture. Ainsi l'Europe se place-t-elle, face aux autres cultures, dans une condition de déficit culturel, tandis que des courants extrémistes et radicaux sont favorisés". D'où l'urgence de rendre leur place à la nature et à la raison... Nous devons écouter le langage de la nature et y répondre avec cohérence... L'homme aussi possède une nature, qu'il doit respecter et qu'il ne peut manipuler à volonté... L'homme ne se crée pas lui-même, car il est esprit et volonté, mais aussi nature. Sa volonté est juste lorsqu'il écoute la nature et la respecte, quand il s'accepte lui-même pour ce qu'il est, et qu'il accepte qu'il ne s'est pas auto-créé. C'est alors seulement que se réalise la véritable liberté humaine".  

 C'est là que le patrimoine culturel de l'Europe peut "nous venir en aide. Sur la base de la conviction de l'existence d'un Dieu créateur se sont développées l'idée des droits de l'homme, l'idée d'égalité de tous les hommes devant la loi, la connaissance de l'inviolabilité de la dignité humaine en chaque personne et la conscience de la responsabilité des hommes pour leur agir. Ces connaissances...constituent notre mémoire culturelle. Ignorer ou considérer celle-ci comme simple passé serait une amputation... La culture de l'Europe est née de la rencontre entre Jérusalem, Athènes et Rome, de la rencontre entre la foi dans le Dieu d'Israël, la raison philosophique de la Grèce et la pensée juridique de Rome. Cette triple rencontre forme l'identité profonde de l'Europe. Dans la conscience de la responsabilité de l'homme devant Dieu et dans la reconnaissance de la dignité inviolable de l'homme, de tout homme, cette rencontre a fixé des critères du droit, et les défendre est notre tâche en ce moment historique".
PV-ALLEMAGNE/                                           VIS 20110922 (1020)

jeudi 30 juin 2011

PRIX RATZINGER

CITE DU VATICAN, 30 JUI 2011 (VIS). Ce matin pour la première fois, le Pape a conféré les prix portant son nom, institués par la Fondation vaticane Joseph Ratzinger - Benoît XVI. Les bénéficiaires sont le Professeur Manlio Simonetti, laïc italien, expert de littérature chrétienne antique et de patrologie; le Professeur Olegario González de Cardedal, prêtre espagnol et professeur de théologie systématique; et le Professeur Maximilian Heim, abbé cistercien allemand et professeur de théologie fondamentale et dogmatique. Après le discours introductif du Président de la fondation, Mgr.Giuseppe Antonio Scotti, Benoît XVI s'est adressé à l'assemblée: "La théologie est la science de la foi, ainsi que le dit la tradition...mais si la foi qui en est le fondement n'est pas objet de la pensée, et si la recherche ne se réfère qu'à elle même et ne vit que sur les acquis des sciences humaines, elle devient vide et sans but... C'est la questio nde la vérité qui est en jeu dans la théologie... Une phrase de Tertullien peut nous éclairer: Le Christ n'a pas dit je suis l'habitude mais je suis la vérité!". Dans les religions païennes "on trouve des traditions et des formes culturelles qu'on s'attachait à maintenir dans un juste rapport avec le mystère du divin. L'aspect révolutionnaire du christianisme fut sa rupture avec l'habitude au nom de l'amour de la vérité... L'évangéliste Jean qui offre l'autre interprétation fondamentale de la foi chrétienne, désigne le Christ comme Logos. S'il est Logos, la vérité, l'homme doit lui répondre par son propre Logos qu'est la raison".

  "Dans le christianisme, le lien est donc clair entre la vérité et la foi, une forme concrète de lien qui ne cesse de suggérer de nouvelles questions". Saint Bonaventure "parle d'un usage double de la raison, inconciliable avec la nature de la foi et d'un usage qui appartient à la nature même de la foi... Il s'agit du despotisme de la raison, juge suprême de tout. Cet usage de la raison est absolument incompatible avec la foi" car ce serait soumettre Dieu à la preuve expérimentale. "Cette raison expérimentale est aujourd'hui largement vue comme la seule forme de rationalité, déclarée scientifique... Elle a permis de réaliser de grandes choses, et si elle est juste et nécessaire pour la connaissance de la nature et de ses lois, elle ne saurait être sérieusement mise en doute. Ceci dit, il existe une limite à cette raison car Dieu n'est pas un objet de l'expérience humaine. Il est sujet et ne se manifeste que dans le rapport de personne à personne. Dans cette perspective, Bonaventure évoque un second usage de la raison, valable dans le rapport personnel et applicable aux grandes questions que l'homme se pose. L'amour veut mieux connaître le sujet aimé. Le véritable amour ne nous aveugle pas mais nous fait voir, d'où notre soif d'une connaissance véritable de l'autre. C'est pourquoi les Pères de l'Eglise" ont trouvé des précurseurs en dehors du monde de la révélation d'Israël, y compris chez des homme en recherche de Dieu dans les religions de l'habitude, et notamment parmi les philosophes. "Les philosophes étaient assoiffés de vérité et donc sur la voie vers Dieu. Sans cet usage de la raison, les grandes questions de l'humanité échappent au domaine de la raison pour laisser place à l'irrationnel. C'est pourquoi une authentique théologie est capitale. La juste foi oriente la raison et l'ouvre au divin afin que, guidés par l'amour de la vérité, nous puissions connaître Dieu de plus près".
AP/                                                  VIS 20110630 (590) 

jeudi 16 juin 2011

RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET ETHIQUE

CITE DU VATICAN, 16 JUI 2011 (VIS). Ce midi, près la Salle-de-Presse du Saint-Siège, a été présentée par le Cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil pontifical pour la culture, la conférence internationale "Cellules mères adultes. Science et avenir de l'homme et de la culture", qui se tiendra en novembre prochain. Il a été assisté par l'Abbé Tomasz Trafny, Directeur du département Science et Foi du dicastère, et par Mme Robin L.Smith, Administrateur de la NeoStem. L'Abbé Trafny a d'abord expliqué que la participation à cette initiative relevait de la collaboration du dicastère à la société pharmaceutique américaine NeoStem, qui travaille sur la question. "Depuis quelques temps, le Conseil tend à promouvoir un dialogue sérieux entre les sciences et la philosophie et la théologie, notamment dans le cadre du projet intitulé Science, théologie et recherche ontologique... Son but se limite à l'étude de l'impact culturel des travaux sur les cellules mères adultes et la médecine régénérative à moyen et long terme". La collaboration avec la NeoStem se fonde sur une identité d'évaluation éthique et "la protection de la vie humaine à tous ses stades. Il est intéressant d'évaluer l'impact culturel des progrès scientifiques sur ce type de cellules et leur application régénérative". L'Abbé Trafny a enfin évoqué le projet "d'aider des étudiants des universités pontificales et autres institutions catholiques à conduire des recherches interdisciplinaires sur le rapport entre sciences" et théologie. La conférence de novembre, qui ne sera pas réservée aux experts des sciences de la vie ou de médecine, verra aussi la participation du Conseil pontifical pour la pastorale sanitaire et de l'Académie pontificale pour la vie.

  Puis Mme Smith a expliqué que sa société est pionnier dans la recherche sur les cellules staminales adultes, et que le but de ces travaux est la cure de certaines maladies par l'isolation de leurs capacités curatives, sans risquer de détruire des vies humaines en puissance: "On ne détruit aucun embryon pour extraire ces cellules, dont l'étude permet de faire avancer la connaissance scientifique de matière éthique". Appelées VSEL's, les cellules utilisées par les laboratoires NeoStem "sont très proches des staminales embryonnaires...dont les possèdent toutes les qualités. Leur usage ne présente aucun problème éthique puisqu'elles proviennent d'adultes et non d'embryons". Après avoir exposé des exemples d'application médicale, Mme Smith a indiqué les quatre points caractérisant la collaboration avec le Saint-Siège: "Favoriser le progrès scientifique, l'élimination de la souffrance, l'information des divers générations, la coopération pour atteindre ces buts.
OP/                                                             VIS 20110616 (420)

lundi 16 mai 2011

HUMANISME OUVERT A LA TRANSCENDANCE

CITE DU VATICAN, 16 MAI 2011 (VIS). Benoît XVI a reçu ce matin les participants au Congrès mondial organisé par le Conseil pontifical Iustitia et Pax à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'encyclique Mater et Magistra de Jean XXIII. Dans son discours, il a souligné que "la vérité, l'amour, la justice, indiqués par l'encyclique Mater et magistra, avec le principe de la destination universelle des biens, comme critères fondamentaux pour dépasser les équilibres sociaux et culturels, restent des piliers pour interpréter et trouver aussi des solutions aux déséquilibres internes de la mondialisation actuelle. Face à ces déséquilibres, il faut récupérer une raison intégrale qui fasse renaître la pensée et l'éthique... Il faut développer des synthèses culturelles humanistes ouvertes à la transcendance à travers une nouvelle évangélisation... Parmi les divers déséquilibres globaux qui caractérisent notre époque, la disparité, les différences de richesse, l'inégalité s'accroissent créant des problèmes de justice et de distribution équitable des ressources et des opportunités, spécialement à l'égard des plus pauvres".

  Le Saint-Père a ensuite rappelé que "les phénomènes liés à la finance qui, après la phase la plus aiguë de la crise, est revenue à une pratique frénétique des contrats de crédit qui souvent consentent une spéculation illimitée, n'en sont pas moins préoccupants... De la même façon, l'augmentation des prix des ressources énergétiques de base...finissent par avoir des conséquences négatives sur l'environnement et sur l'homme lui-même. La question sociale actuelle est sans doute une question de justice sociale mondiale,...de distribution équitable des ressources matérielles et immatérielles, de mondialisation de la démocratie substantielle, sociale et participative". Quant à la justice, a-t-il poursuivi, "il n'est pas possible de la réaliser en s'appuyant sur le seul consensus social, sans reconnaître que, pour être durable, il doit être enraciné dans le bien humain universel".

  Puis Benoît XVI a évoqué les moyens de diffusion de la Doctrine sociale de l'Eglise et ajouté que l'Eglise "compte aussi sur l'activité de ses institutions culturelles, sur ses programmes d'instruction religieuse et de catéchèse sociale des paroisses, sur les mass media et sur le travail d'annonce et de témoignage des laïcs. Ceux-ci doivent être préparés spirituellement, professionnellement et sur le plan éthique". Il a conclu en rappelant qu'il existe "d'importantes institutions au service de la nouvelle évangélisation de la société, en plus des associations de volontariat et des organisations non gouvernementales chrétiennes ou d'inspiration chrétienne, les commissions Justice et Paix, les Bureaux pour les problèmes sociaux et le travail, les centres et les instituts de doctrine sociale".
AC/                                              VIS 20110516 (420)

vendredi 3 décembre 2010

THEOLOGIE ET LOGOS DIVIN

CITE DU VATICAN, 3 DEC 2010 (VIS). Benoît XVI a reçu ce midi les membres de la Commission théologique internationale au terme de leur assemblée plénière. Rappelant les sujets évoqués, le Pape a dit que "la réflexion sur la vision chrétienne de Dieu peut être une précieuse contribution tant pour la vie des fidèles que pour notre dialogue avec les croyants d'autres religions, mais aussi avec les non-croyants". Après avoir souligné que par la "théo-logie", "nous essayons de communiquer par le logos ce que nous avons vu et entendu... nous pouvons aussi penser à Dieu et communiquer nos pensées, car il nous a doté d'une raison en harmonie avec sa nature... En fait, connaître Dieu dans sa vraie nature est aussi le moyen le plus sûr pour avoir la paix. Un Dieu qui n'est pas perçu comme une source de pardon ne pourrait être lumière sur le chemin de la paix".

  "Aucun système théologique -a-t-il poursuivi- ne peut subsister s'il n'est pas perméable à l'amour de son divin "Objet", s'il ne se nourrit pas constamment du dialogue, c'est-à-dire de l'accueil par l'esprit et le coeur du théologien, avec le Logos divin, créateur et rédempteur". Puis il a souligné que la théologie "doit être fidèle à la nature de la foi de l'Eglise: centrée sur Dieu, enracinée dans la prière, en communion avec les autres disciples du Seigneur garantie par la communion avec le successeur de Pierre et de tout le collège épiscopal... Le théologien ne part jamais de zéro mais considère comme maîtres les pères et théologiens de toute la tradition chrétienne. Enracinée dans l'Ecriture Sainte, lue avec les Pères et Docteurs, la théologie peut être une école de sainteté comme l'a témoigné le bienheureux John Henry Newman. Faire découvrir la valeur constante de la richesse transmise par le passé n'est pas une moindre contribution de la théologie au concert des sciences... L'engagement social des chrétiens provient nécessairement de la manifestation de l'amour divin", a encore dit le Saint-Père. "La contemplation de Dieu révélé et l'amour du prochain ne peuvent être séparés même s'ils sont vécus selon des chemins différents. Dans un monde qui apprécie souvent les nombreux dons du christianisme -comme par exemple, l'idée de l'égalité démocratique, fille du monothéisme évangélique- sans comprendre la racine de ses propres idéaux, il est particulièrement important de montrer que les fruits meurent si l'on coupe les racines de l'arbre. En fait, il n'y a pas de justice sans vérité, et la justice ne peut se développer pleinement si elle se limite au monde matériel. Pour nous chrétiens, la solidarité sociale a toujours une perspective d'éternité".

  Benoît XVI a conclu en soulignant qu'"on ne peut être théologien dans la solitude: les théologiens ont besoin du ministère des pasteurs de l'Eglise, comme le Magistère a besoin de théologiens qui s'investissent pleinement dans leur travail, avec toute l'ascèse que cela implique".
AC/                                                    VIS 20101203 (490)

dimanche 7 novembre 2010

MISSION DE L'EUROPE

CITE DU VATICAN, 6 NOV 2010 (VIS). A 16 h 30', Benoît XVI a célébré sur la place de l'Obradoiro la messe de clôture de l'Année sainte compostellane. A l'homélie, il a d'abord redit être venu "en pèlerin parmi les pèlerins, pour accompagner tous ceux qui viennent ici assoiffés de la foi dans le Christ ressuscité, de la foi annoncée et transmise par les apôtres, comme saint Jacques le Majeur, qui est vénéré à Compostelle depuis des temps immémoriaux". Une phrase de la première lecture, a-t-il dit affirme que "les apôtres rendaient avec force témoignage à la résurrection du Seigneur Jésus. En effet, au point de départ de tout ce que le christianisme a été et continue d'être ne se trouve pas une initiative ou un projet humain, mais Dieu, qui déclare Jésus juste et saint devant la sentence du tribunal humain qui le condamne comme blasphémateur et subversif. C'est Dieu, qui a arraché le Christ à la mort, qui fera justice à tous ceux qui sont injustement les humiliés de l'histoire(...)

jeudi 28 octobre 2010

PROGRES SCIENTIFIQUE ET BIEN DE L'HOMME

CITE DU VATICAN, 28 OCT 2010 (VIS). Benoît XVI a reçu les participants à la session plénière de l'Académie pontificale des sciences, réunie pour réfléchir aux acquis scientifiques du XX siècle, devant lesquels il a rappelé que "certains voient dans la science la panacée, en vertu des immenses progrès accumulés au siècle dernier. Ceux-ci pourraient effectivement faire croire que toutes les questions liées à la vie humaine, y compris ses plus hautes aspirations, y trouvent leur réponse. D'autres craignent une évolution dangereuse de la science, comme la construction et l'usage d'armes nucléaires. Mais la science ne se définit pas en fonction de ces extrêmes. Sa mission demeure la recherche patiente de la vérité sur le cosmos, la nature et l'homme. La recherche a ses résultats positifs, ses échecs, ses triomphes et ses revers".

  Puis le Pape a souligné combien tout résultat partiel est une contribution au rapport entre intelligence et réalité, utile à la poursuite du progrès. Cette rencontre, a-t-il précisé, montre "l'estime qu'a l'Eglise pour la recherche, et sa gratitude pour tous les progrès scientifiques en découlant. Aujourd'hui, les scientifiques apprécient de plus en plus l'ouverture à la philosophie, qui tend à découvrir le fondement logique et épistémologique de la méthode et de ses conclusions. L'Eglise est convaincue que l'action scientifique tire profit de la reconnaissance de la dimension spirituelle de l'homme et de ses questionnements et de la recherche des réponses ultimes permettant de voir qu'il existe un autre monde... Un monde qu'on ne peut percevoir complètement que dans la mesure où nous comprenons sa logique propre... Le scientifique ne crée pas le monde mais apprend à le percevoir et à comprendre ses lois et une intelligence que la nature ne révèle pas. Son expérience d'être humain est de percevoir une loi, un Logos incréé, mais qu'on peut observer. Elle conduit à admettre l'existence d'une raison toute puissante, distincte de celle de l'homme, qui régit le monde. Il s'agit du point de rencontre des sciences naturelles et de la religion. Ainsi, la science devient elle un espace de dialogue entre homme et nature, entre l'homme et son créateur". Benoît XVI a conclu en proposant deux idées "pour une réflexion approfondie. L'accroissement des connaissances accroît notre émerveillement face à la complexité de la création et induit une inter-discipline avec la recherche philosophique en vue d'une synthèse. Les nouveaux progrès scientifiques devront être guidés par les principes de fraternité et de paix afin de résoudre les grands problèmes de l'humanité. Tous les efforts devront être dirigés vers le bien réel de l'homme, et le développement intégral des peuples. Les grandes avancées de la science au XXI siècle dépendront largement de la capacité des hommes de science à rechercher la vérité et à en appliquer les acquis en harmonie avec ce qui est juste et bon" pour l'humanité.
AC/                                                     VIS 20101028 (480)

mercredi 23 juin 2010

THOMAS ET LA SUMMA THEOLOGIAE

CITE DU VATICAN, 23 JUI 2010 (VIS). L'Audience générale, tenue Salle Paul VI, a constitué en une troisième catéchèse sur saint Thomas d'Aquin, consacrée à la Summa Theologiae, l'apogée de son oeuvre en 512 questions et 2.669 articles. Le Docteur Angélique y expose avec précision et pertinence les vérités de la foi découlant de l'Ecriture et des Pères, principalement de saint Augustin. "Comme la vie entière, rappelle Thomas, l'esprit humain doit être sans cesse éclairé par la prière et par la lumière qui vient du Ciel". Dans la Somme, a dit Benoît XVI, saint Thomas décrit les trois modes d'existence de Dieu: Dieu existe en lui même, il est principe et fin de toute chose, tout vient de lui et en dépend. Ensuite, Dieu se manifeste par la grâce dans la vie et l'action du chrétien et des saints. Enfin il est tout particulièrement présent en la personne du Christ et dans les sacrements découlant de sa mission rédemptrice".

  Puis le Pape a rappelé que saint Thomas s'est tout spécialement intéressé au mystère eucharistique, pour lequel il avait une grande dévotion... A la suite des saints, attachons-nous à ce sacrement. Participons avec ferveur à la messe afin d'en retirer des fruits spirituels. Nourrissons nous du corps et du sang du Seigneur afin de recevoir continuellement la grâce divine. Arrêtons nous souvent devant le Saint Sacrement! Ce que Thomas d'Aquin a exposé avec rigueur dans son oeuvre, et en particulier dans la Somme, il l'a également transmis dans sa prédication. Son contenu...correspond pratiquement entièrement à la structure du Catéchisme de l'Eglise Catholique... Dans une époque marquée par un fort souci de reévangélisation, ces thèmes fondamentaux ne doivent pas manquer car ils sont ce en quoi nous croyons, le symbole de la foi, ce que nous récitons comme le Pater et l'Ave Maria, ce que nous vivons en vertu de la révélation biblique, ainsi que la loi d l'amour...de -Dieu et du prochain".

  Dans son "opuscule sur le Symbole des Apôtres", Thomas explique la valeur de la foi. Grâce à elle les âmes s'unissent à Dieu..., la vie trouve sa juste voie et nous le moyen d'éviter les tentations. A qui pense que la foi est obtuse car on ne peut la prouver par nos sens, il offre une réponse complète. Ce doute est sans consistance car l'intelligence est limité et ne saurait tout connaître. Seulement si nous pouvions tout connaître du visible comme de l'invisible, ce serait une véritable faute d'accepter des vérités sur la simple base de la foi. Il est d'ailleurs impossible de vivre sans l'expérience de l'autre, là où la connaissance personnelle n'arrive pas. Il est donc raisonnable de croire en un Dieu qui se révèle, et dans le témoignage des apôtres".

  Revenons sur l'article de la Somme consacré à l'incarnation du Verbe de Dieu, le Saint-Père a rappelé que pour saint Thomas la foi chrétienne doit être renforcée par le mystère de l'incarnation. L'espérance s'accroît et se renforce en pensant que le Fils de Dieu est venu parmi nous, comme un de noud, pour communiquer sa divinité aux hommes. La charité est renforcée car il n'y a pas de signe plus évident de l'amour que nous porte Dieu, ni de voir le Créateur se faire créature". Saint Thomas d'Aquin, a conclu Benoît XVI, "fut comme tous les saints un grand dévot de Marie, qu'il a magnifiquement baptisée trône de la Trinité, lieu où elle trouve son repos. Par l'incarnation, dans aucune créature autre qu'elle les trois personnes divines ne séjournent en plénitude de grâce et n'accordent d'aide par l'intercession de la prière".
AG/                 VIS 20100623 (610)

mercredi 16 juin 2010

THOMAS D'AQUIN, LIEN ENTRE PHILOSOPHIE ET THEOLOGIE

CITE DU VATICAN, 16 JUI 2010 (VIS). La catéchèse de Benoît XVI pour l'audience générale Place St.Pierre a continué de présenter saint Thomas d'Aquin, "un théologien d'une valeur telle que l'étude de sa pensée a été vivement recommandée par le Concile Vatican II", après que Léon XIII l'ait déclaré en 1880 patron des universités catholiques. Thomas d'Aquin, a-t-il dit, est le point de rencontre entre philosophie et théologie. De son temps, selon la philosophie aristotélicienne et platonicienne d'une part, et selon la réflexion des Pères de l'Eglise de l'autre, la question fondamentale était de savoir si la philosophie rationnelle élaborée sans le Christ était compatible avec celle élaborée selon le Christ et la foi. Ou si elles s'excluaient... Thomas était convaincu de leur compatibilité. Pour lui, la philosophie élaborée sans la connaissance du Christ annonçait la lumière de Jésus qui la complétait. Thomas innova en montrant à la fois l'indépendance des deux pensées mais aussi la relation entre la philosophie et la théologie".

  Pour le Docteur angélique, a affirmé le Saint-Père, "la foi consolide, intègre et éclaire la part de vérité acquise par la pensée humaine. La confiance qu'il accorda aux deux instruments de connaissance que sont la foi et la raison, démontre qu'elles découlent d'une même source de vérité absolue, le Logos divin qui opère dans la création comme dans la rédemption". Une foi fixé ce double principe, saint Thomas a établi les principes de deux démarches cognitives. "La raison admet une vérité en vertu de son évidence intrinsèque, tandis que la foi accepte une vérité sur la base de la seule Parole révélée. La distinction garantie l'autonomie des sciences humaines comme des sciences théologiques. Mais il ne s'agit pas d'une séparation mais d'une coopération. De fait, la foi protège la raison de toute tentation de douter de sa capacité. Elle la stimule pour s'ouvrir à de plus vastes horizons... D'autre part, la raison et ses méthodes d'approche peut rendre un triple service à la foi, que Thomas résume ainsi: Démontrer les fondements de la foi, expliquer par comparaisons les vérités de la foi, repousser les objections contre la foi. Toute l'histoire de la théologie réside dans l'exercice de cette démarche de l'intelligence, qui montre l'intelligibilité de la foi, son articulation et son harmonie interne, sa rationalité et sa capacité de développer le bien de l'homme. La justesse des raisonnements théologiques et leur signification réelle se fondent sur le langage théologique qui pour Thomas est avant tout analogique. L'analogie reconnaît des perfections communes en Dieu et dans le monde créé". Saint Thomas d'Aquin a fondé sa doctrine de l'analogie "sur une argumentation strictement philosophique, et sur le fait que Dieu a parlé lui même dans la Révélation, qu'il nous a parlé et nous a autorisé à parler de lui", Elle nous aide à dépasser certaines des objections de l'athéisme contemporain pour qui le langage religieux est dénué d'objectivité, et qui soutient qu'il n'a qu'une valeur subjective, voire simplement émotive. Avec l'enseignement de saint Thomas, la théologie affirme que le langage religieux, si limité soit-il, a un sens qui, à l'instar d'une flèche, tend vers la réalité signifiante".

  La théologie morale est elle aussi de grande actualité, a affirmé Benoît XVI: "Les vertus de l'homme, théologales et morales, sont enracinées dans la nature humaine. La grâce accompagne, soutient et pousse l'engagement éthique, mais saint Thomas estime que tous les hommes, croyants et non croyants, sont appelés à reconnaître les exigences de la nature humaine, exprimées par la loi naturelle. Il sont appelés à s'en inspirer dans la formulation des lois émanant des autorités civiles pour régler la vie sociale. Lorsque la loi naturelle et la responsabilité qui en découle sont niées, la voie est ouverte au relativisme éthique individuel comme au totalitarisme politique. La défense des droits de l'homme est l'affirmation de la valeur absolue de la personnes impliquent un fondement qui est la loi naturelle, dotée de valeurs non négociables". Thomas, a conclu le Pape, "nous propose une conception de la raison humaine large et confiante. Large car non limitée à la dite raison empirique et scientifique, et ouverte à l'être tout entier comme aux questions de fond de la vie humaine. Confiante car la raison humaine, éclairée par la foi chrétienne, est promotrice d'une civilisation qui reconnaît la dignité personnelle, l'intangibilité des droits et des devoirs de la personne".
AG/                                                     VIS 20100616 (730) 

mercredi 2 juin 2010

THOMAS D'AQUIN, HARMONIE ENTRE RAISON ET FOI CHRETIENNE

CITE DU VATICAN, 2 JUI 2010 (VIS). A l'audience générale Place St.Pierre, Benoît XVI a repris son cycle catéchistique consacré aux grands théologiens médiévaux, traçant un portrait de saint Thomas d'Aquin, le Doctor Angelicus. Ce surnom lui fut donné en vertu de "la sublimité de sa pensée et de la pureté de sa vie". Thomas naquit dans une noble famille, vers 1225 près du Mont Cassin. Il fit de longues études à Naples où il découvrit Aristote et reçut l'appel à la vie religieuse. En 1245 il partit étudier la théologie à Paris, où son maître Albert Le Grand lui demanda de l'accompagner fonder un studium théologique à Cologne. "A l'école d'Albert, Thomas élabora une oeuvre capitale pour l'histoire de la philosophie et de la théologie, de l'histoire et de la culture. Il étudia à fond la pensée aristotélicienne en distinguant ce qui était valable de ce qui ne l'était plus, dégageant également la consonance existant avec la révélation chrétienne. Il utilisa largement l'oeuvre et la méthode d'Aristote dans ses écrits théologiques. Thomas d'Aquin réussit à montrer une harmonie naturelle entre la raison et la foi chrétienne".

Sa réputation, a poursuivi le Pape, ramena Thomas à Paris pour y enseigner la théologie. Parallèlement, il entreprit son abondante production littéraire, commentaires de l'Ecriture et de l'oeuvre, puis la fameuse Summa Theologiae... Il fut secondé par des secrétaires, dont Reginald de Piperno...auquel une fraternelle amitié le lia, fait de grande confiance et confidence. Les saints cultivent l'amitié qui est une des manifestations les plus nobles du coeur humain, et qui a quelque chose de divin". En 1259, il prit part à Valenciennes au chapitre général des Dominicains comme membre de la commission chargée de rédiger un plan d'études de l'ordre. De retour en Italie, Urbain IV lui confia la composition des textes liturgiques de la fête du Corpus Domini. "Son âme profondément eucharistique lui a dicté les beaux hymnes liturgiques célébrant la présence réelle. Ils sont le fruit de sa foi et de sa sagesse théologique". A Paris, où il était rentré n 1269, un foule d'étudiants suivait les cours du Docteur Angélique qui prêchait à un peuple attentif. "Les théologiens ont le grand don de savoir parler aux fidèles avec simplicité et ferveur, et ce ministère de la prédication encourage au réalisme pastoral les experts en théologie comme il stimule leurs recherches". En 1274, saint Thomas mourut à l'abbaye de Fossanova, au sud de Rome, alors qu'il se rendait au concile de Lyon. L'année précédente, il avait confié à Reginald de Piperno avoir eu une révélation en célébrant la messe. Son oeuvre n'était qu'un tas de paille, d'où sa décision de ne plus rien écrire. "Cet épisode mystérieux permet de saisir l'humilité de saint Thomas. Mais aussi doit-il nous aider à comprendre que tout nous réussissons à penser et à dire sur la foi, si élevé soit il, est infiniment dépassé par la grandeur et la beauté de Dieu, qui nous seront pleinement révélées au paradis".
AG/ VIS 20100602 (510)

lundi 15 février 2010

BIOETHIQUE ET LOI MORALE NATURELLE


CITE DU VATICAN, 13 FEV 2010 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a reçu en audience les membres de l'Académie pontificale pour la vie, présidée par Mgr.Rino Fisichella, à l'occasion de leur assemblée plénière. Les problématiques de la bioéthique, a dit le Pape, "mettent la question anthropologique au premier plan" et touchent "la vie humaine de façon décisive dans son éternelle tension entre immanence et transcendance, de grande importance pour la culture des générations à venir. Il est donc nécessaire d'engager un projet pédagogique intégral qui permette d'affronter de façon positive, équilibrée et constructive, de telles thématiques, surtout dans le rapport entre la foi et la raison".

   "Les questions de bioéthique -a ajouté Benoît XVI- rappellent souvent, au premier plan, la dignité de la personne, principe fondamental que la foi en Jésus-Christ...a toujours défendu, surtout lorsqu'elle est écartée pour des sujets plus simples et sans défense... La bioéthique elle-aussi, comme toute discipline, a besoin d'un recadrage capable de garantir une lecture cohérente des questions éthiques qui émergent inévitablement face à la possibilité de conflits interprétatifs. C'est dans cet espace que s'ouvre le rappel normatif à la loi morale naturelle. La reconnaissance de la dignité humaine en tant que droit inaliénable trouve son premier fondement dans cette loi non écrite de main d'homme mais écrite par Dieu créateur dans le cœur de l'homme, que tout ordonnancement juridique est appelé à reconnaître comme inviolable et toute personne à respecter et promouvoir. Sans le principe fondateur de la dignité humaine, il serait ardu de trouver une source pour les droits de la personne et impossible d'arriver à un jugement éthique face aux conquêtes de la science qui interviennent directement dans la vie humaine... Lorsque nous évoquons le respect de la dignité de la personne -a-t-il ajouté-, il est fondamental de parler d'un respect plein, total et sans autre lien que celui de reconnaître que l'on se trouve toujours face à une vie humaine. Certes, la vie humaine connaît un vrai développement et la voie des recherches scientifiques et bioéthiques reste ouverte, mais je voudrais rappeler que lorsqu'il s'agit de questions relatives à l'être humain, les scientifiques ne peuvent pas imaginer avoir seulement, entre les mains, de la matière inanimée et manipulable. En fait, dès le premier instant, la vie de l'homme est caractérisée par l'existence d'une vie humaine et est pour cela toujours détentrice, partout et par-dessus tout, d'une dignité propre... Conjuguer bioéthique et loi morale naturelle permet de vérifier au mieux ce rappel nécessaire et inaliénable à la dignité que la vie humaine possède intrinsèquement dès son premier instant et jusqu'à sa fin naturelle".

  Puis le Pape a souligné la nécessité "d'un engagement dans les différents milieux de la société et de la culture pour que la vie humaine soit toujours considérée comme un sujet inaliénable de droit et jamais comme un objet soumis à l'arbitraire du plus fort. L'histoire a montré combien un Etat qui légifère sur des questions qui touchent la personne et la société prétendant être lui-même la source et le fondement de l'éthique peut se révéler dangereux et délétère. La loi morale naturelle...offre au législateur la garantie d'un authentique respect de la personne et de toute la création. Elle est la source qui catalyse l'engagement entre les personnes de culture et religion différentes et qui permet de surpasser les différences, parce qu'elle affirme l'existence d'un ordre voulu par le Créateur dans la nature et reconnu comme l'instance d'un vrai jugement éthique rationnel en vue du bien et pour éviter le mal".
AC/BIOETHIQUE:LOI MORALE NATURELLE/ACAD-V            VIS 20100215 (590)



vendredi 5 février 2010

AUDIENCE AUX EVEQUES ECOSSAIS


CITE DU VATICAN, 5 FEV 20101 (VIS). Benoît XVI a reçu ce matin les membres de la Conférence épiscopale d'Ecosse en conclusion de leur visite Ad Limina. Devant ses hôtes il a souligné la coïncidence de l'Année sacerdotale avec le 400 anniversaire de l'ordination sacerdotale du martyr John Ogilvie, dont le courage doit être un exemple pour tout le clergé d'Ecosse. Saluant ensuite l'initiative Priests of Scotland, attaché à la formation sacerdotale, le Pape a dit que les efforts de l'organisme dans la promotion des vocations "doivent être accompagnés par une catéchèse spécifique sur le sacerdoce. "Le prêtre a un rôle indispensable dans la vie des communautés, ne serait ce que dans l'administration de la communion qui nourrit l'Eglise et lui donne la vie". A côté d'une juste perception de la vocation des laïcs, soulignée par le concile Vatican II: "Partout où ils vivent leur vocation baptismale, en famille comme au travail, ils participent à la mission sanctificatrice du monde par l'Eglise... En recentrant dans l'apostolat laïc, l'évangélisation de la société trouvera une impulsion nouvelle".  

  Pour ce, a poursuivi le Saint-Père, "il convient de bien affronter les enjeux croissants du sécularisme qui frappe" l'Ecosse. "L'appui à l'euthanasie heurte au plus profond la conception chrétienne de la vie et de la dignité humaine. Les derniers développements de l'éthique médicale et certaines pratiques embryologiques sont très préoccupants. Si l'enseignement de l'Eglise en la matière est contesté voir minimisé, il sera difficile dans sa plénitude la doctrine catholique. Les pasteurs doivent donc rappeler constamment aux fidèles la totale obéissance au magistère, tout en appuyant et défendant le droit de l'Eglise à vivre librement dans la société selon son credo... L'Eglise propose au monde un vision positive et élevée de la vie, de la beauté du mariage, de la joie de la paternité et de la maternité... Faites en sorte que ce message soit toujours présenté comme rempli d'espérance. Trop souvent la doctrine de l'Eglise est vue comme une série de prohibitions et d'attitudes rétrogrades, alors qu'elle est créative, porteuse de vie, favorable à l'épanouissement d'un grand capital pour le bien et le bonheur que Dieu place en chacun de nous".

  Puis Benoît XVI a évoqué la tragédie de la division et la grande rupture que l'Ecosse a vécu il y a 450 ans avec son passé catholique, rendant cependant grâce "des progrès acquis au moment de guérir un héritage aux effets souvent sectaire, jusqu'à nos jours parfois. Il a ainsi salué la participation des évêques catholique à l'Action of Churches Toegether in Scotland qui tend à la reconstitution de l'unité des fidèles du Christ. "Vous pouvez être fiers -a-t-il dit à ses hôtes- de l'apport des écoles catholiques d'Ecosse dans la lutte contre le sectarisme et les bonnes relations avec les autres communautés". Il a invité les évêques à encourager les enseignants à insister sur la qualité de leur action ainsi que sur l'approfondissement de l'instruction religieuse, de manière à préparer un laïcat catholique bien formé et préparé à sa mission... Une forte présence catholique dans les media, dans la politique, dans les professions publiques et les universités, ne peut qu'enrichir la nation écossaise toute entière". Pour finir, Benoît XVI a exprimé le voeu de revoir ses hôtes à l'occasion de son prochain voyage apostolique en Grande Bretagne. 
AL/.../ECOSSE                                               VIS 20100205 (560)


jeudi 4 février 2010

SALUT ET JUSTICE HUMAINE


CITE DU VATICAN, 4 FEV 2010 (VIS). Ce matin près la Salle-de-Prese du Saint-Siège a été présenté le Message quarésimal 2010. Le Cardinal Paul Josef Cordes, Président du Conseil pontifical Cor Unum, était accompagné de Mgr.Giampietro Dal Toso, Sous-secrétaire du dicastère, et de M.Hans-Gert Pöttering, ex Président du Parlement Européen et Président de la Fondation Konrad Adenauer. Commentant le document, M.Pöttering a dit que le Pape y dénonce une forme radicale et sécularisée de la justice distributive, séparée de la foi et idéologique. On sait où mène ce type de conception. "La solidarité, la charité, impliquent de défendre et de protéger la dignité de tout homme de par le monde et en toute circonstance. Si l'on veut préserver la liberté et accroître la justice, il faut placer la fraternité au coeur de la pensée politique". Après avoir rappelé que "le développement est le nom nouveau de la paix" (Paul VI), il a affirmé la nécessité d'aller de l'avant en disant que la solidarité est aussi le nouveau nom de la paix. "Il faut placer la liberté et l'égalité dans un juste équilibre avec la solidarité... Le Pape indique deux conclusions essentielles sur le sens chrétien de la justice: abandonner l'autosatisfaction et agir avec humilité. C'est une boussole pour toute politique responsable et ce qui vaut pour le Carême 2010 doit l'être pour ce nouveau siècle, qui a le devoir gigantesque de forger la globalisation".

  Puis le Cardinal Cordes a rappelé que la faim de justice se manifeste, non sans raisons, partout dans le monde. Partout les peuples réclament une équilibre entre les diverses composantes sociales, une justice dans les rapports entre groupes et personnes. Cette justice "est bafouée par la violence, l'oppression de la liberté ou le non respect de la dignité humaine, par de mauvaises lois et la violation des droits, l'exploitation et le sous paiement... Certains facteurs sociaux doivent être corrigés et en cela l'Eglise a ses mérites". A l'exemple de Jésus, déjà les premiers chrétiens se sont préoccupés des faibles et, plus tard l'Eglise a institué la trêve de Dieu, qui mettait à l'abri les biens des petites gens et favorisait un fort désir de paix. "A l'époque moderne, lorsque les états européens colonisèrent, on soumit souvent les gens à une dure exploitation. Des missionnaires portèrent alors la foi aux habitants de ces colonies, auxquels ils enseignèrent aussi de nouveaux modes de vie... Qui observe de près la contribution de l'Eglise à la coexistence pacifique constate vite que cela ne peut se réduire à des mesures matérielles... Comme le dit le Pape, nous devons dépasser nos habitudes anthropologiques pour parvenir à une vision totale de l'homme, afin que le principe de justice révèle toute sa force".

  Le mal vient du coeur de l'homme, comme le dit l'Evangile et comme ont su l'exprimer Shakespaeare ou Bernanos... Staline en Ukraine ou Hitler à Auschwitz n'eurent aucun scrupule au déchaînement du mal. Cette expérience historique du mal montre qu'il est ingénu de s'en remettre seulement à la justice humaine pour qu'elle agisse sur les structures et les comportements mauvais. C'est le coeur de l'homme qui a besoin d'être soigné". Le Cardinal a ensuite rappelé que, comme chaque année, le message quarésimal veut encourager l'humanité à faire le bien. Le Pape s'adresse à la conscience de chacun, lance un appel à la confiance en Dieu, à croire en lui. "Dans la dernière partie du texte, il souligne combien le salut dans le Christ est le fondement de la justice humaine... Le mode de vie ambiant ne conduit par à Dieu et son absence caractérise souvent le quotidien. L'Evangile n'étant pas en accord avec le conformisme bourgeois, il convient plus que jamais de le proclamer... Face à l'injustice de la croix, l'homme peut se révolter. Mais elle met en évidence le fait que l'homme n'est pas indépendant. Il a besoin d'autrui pour être pleinement lui même. C'est cela en fait se convertir au Christ et à l'Evangile".
OP/MESSAGE CAREME/CORDES                                 VIS 20100204 (670)


mercredi 3 février 2010

PORTRAIT DE SAINT DOMINIQUE


CITE DU VATICAN, 3 FEV 2010 (VIS). Au cours de l'audience générale tenue Salle Paul VI, le Pape est revenu sur la figure de saint Dominique, le fondateur de l'ordre des Frères prêcheurs, né près de Burgos (Espagne) vers 1170. Jeune, il se distingua par son intérêt pour l'étude de l'Ecriture et son amour envers les pauvres. Devenu prêtre, il fut nommé chanoine de la cathédrale d'Osma, une "position qu'il n'interpréta pas comme un privilège ni comme le début d'une carrière ecclésiastique mais comme un service à accomplir avec attention et humilité. Faire carrière, le pouvoir, est une tentation qui menace aussi ceux qui occupent une place d'autorité au sein de l'Eglise". L'évêque d'Osma, a poursuivi Benoît XVI, ayant rapidement constaté les qualités spirituelle de Dominique, le prit comme collaborateur dans ses missions diplomatique en Europe du nord pour le compte du roi de Castille. Voyageant, Dominique "prit conscience des graves questions qui se posaient à l'Eglise de son temps, comme l'existence de peuples restant à évangéliser...ou la crise religieuse qui frappait le sud de la France, où les progrès de l'hérésie cathare favorisait l'éloignement de la vérité de la foi".

   Après avoir rencontré Honorius III, Dominique fut chargé de consacrer ses efforts à la prédication contre la doctrine des albigeois. "Il accepta avec enthousiasme cette mission, qu'il conduisit en donnant l'exemple d'une vie de pauvreté et d'austérité tandis qu'il prêchait et prenait part à des débats publics". Le zèle missionnaire de Dominique, a alors souligné le Saint-Père, était de ramener le Christ au coeur de l'Eglise. "En effet, le Christ est l'être le plus précieux que les hommes de tout temps et lieu ont le droit de connaître et aimer. Il est réconfortant de constater combien, aujourd'hui encore, tant de pasteurs et de laïcs, de religieux d'ordres anciens comme de nouveaux mouvements, se dépensent dans l'Eglise pour l'idéal suprême qu'est l'annonce et le témoignage évangélique!". Puis le Pape a raconté comment Dominique et ses premiers compagnons fondèrent l'ordre dominicain à Toulouse (France) sous la règle de saint Augustin, qu'ils "adaptèrent aux nécessités d'une vie apostolique les conduisant à prêcher ici et là tout en regagnant leurs couvent pour la prière, l'étude et la vie communautaire".

  Saint Dominique voulut que ses frères "aient une solide formation théologique, n'hésitant pas à les envoyer dans les universités...pour des études fondées sur l'Ecriture et le savoir théologique, dans le respect des interrogations de la raison". Benoît XVI a encouragé pasteurs et fidèles d'aujourd'hui à suivre l'exemple dominicain "en cultivant la dimension culturelle de la foi, afin que la beauté de la vérité chrétienne soit mieux perçue, et que la foi puisse être nourrie, renforcée, mais aussi défendue. En cette Année sacerdotale, j'invite les séminaristes et les prêtres à réévaluer l'aspect spirituel des études. La qualité du ministère sacerdotal dépend aussi de la générosité avec laquelle on s'applique à l'étude de la vérité révélée". Saint Dominique mourut en 1221 à Bologne (Italie) et canonisé dès 1234. "Sa sainteté indique les deux moyens indispensables à une incisive action apostolique, la dévotion mariale" et en particulier le chapelet, dont les dominicains ont diffusé l'usage, "soulignant la valeur de la prière d'intercession pour le succès de l'apostolat".
AG/DOMINIQUE/...                                         VIS 20100203 (540)


lundi 11 janvier 2010

PAS DE VIOLENCE AU NOM DE DIEU


CITE DU VATICAN, 11 JAN 2010 (VIS). Après les baptêmes d'enfants, le Saint-Père a regagné ses appartements pour réciter l'angélus, depuis la fenêtre de son bureau, avec les fidèles rassemblés Place St.Pierre. "Le baptême -a-t-il dit- suggère très bien le sens global des fêtes de Noël dont l'idée de conversion en fils de Dieu, grâce à la venue de son Fils unique dans notre humanité, constitue un élément dominant. Il s'est fait homme pour que nous puissions devenir enfants de Dieu. Dieu est né pour que nous puissions renaître... Par le sacrement du baptême, a expliqué le Saint-Père, "l'homme devient réellement un fils, fils de Dieu. Dès lors, la fin de son existence consiste à rejoindre de façon libre et consciente ce qui, depuis le commencement, est la destination de l'homme. 'Deviens ce que tu es', représente le principe éducatif de base de l'être humain racheté par la grâce... Généré par le baptême à une vie nouvelle, le chrétien commence son chemin de croissance dans la foi qui l'amènera à invoquer consciemment Dieu comme Abbà, Père... Du baptême -a poursuivi Benoît XVI- dérive aussi un modèle de société: celui de frères. La fraternité ne peut être établie par idéologie ni même par décret d'un quelconque pouvoir en place. On se reconnaît frères par la conscience humble mais profonde d'être les enfants d'un unique Père céleste. En tant que chrétien, grâce à l'Esprit-Saint reçu du baptême, nous recevons le don et l'engagement de vivre en enfants de Dieu et en frères, pour être le levain d'une nouvelle humanité, solide et riche de paix et d'espérance".

  Après la récitation de l'angélus, le Saint-Père est revenu sur deux évènements récents: "la condition des immigrés qui cherchent une vie meilleure dans des pays qui ont besoin, pour diverses raisons, de leur présence, et les situations conflictuelles, dans différentes parties du monde, dans lesquelles les chrétiens sont victimes d'attaques parfois violentes... Il faut repartir du cœur du problème ! Il faut repartir du sens de la personne!", s'est exclamé Benoît XVI. "Un émigré est un être humain, différent par sa provenance, sa culture et sa tradition, mais il est une personne que l'on doit respecter, qui a des droits et des devoirs, en particulier dans le milieu du travail où la tentation d'exploitation est plus facile, mais aussi dans ses conditions de vie au quotidien. La violence ne doit jamais être, pour personne, une solution de résolution des difficultés. Le problème est d'abord humain ! Je vous invite à regarder le visage de l'autre et a découvrir qu'il a une âme, une histoire et une vie: il est une personne et Dieu l'aime autant que moi... Je voudrais faire les mêmes considérations en ce qui concerne l'homme dans sa diversité religieuse. La violence envers les chrétiens dans certains pays a suscité une grande indignation, aussi parce qu'elle s'est déroulée au cours des jours les plus sacrés de la tradition chrétienne. Les institutions politiques et religieuses ne doivent pas renoncer, je le rappelle, à leurs responsabilités. Il ne peut y avoir de violence au nom de Dieu, et on ne peut pas davantage prétendre l'honorer en offensant la dignité et la liberté de ses semblables".
ANG/BAPTEMES:IMMIGRATION:LIBERTE/...                    VIS 20100111 (540)


COLLEGE DE L'AMERIQUE DU NORD


CITE DU VATICAN, 9 JAN 2010 (VIS). Ce midi, Benoît XVI a reçu le Collège pontifical de l'Amérique du Nord, à l'occasion du 150 anniversaire de sa fondation par Pie IX, rappelant que l'évènement est une occasion de réaffirmer un attachement filial à l'Eglise de Rome et d'évoquer l'action apostolique de tant de séminaristes, "mais aussi de renouveler une aspiration à la sainteté, à la fidélité et à un engagement pastoral pris lors de l'ordination sacerdotale".

  Evoquant sa visite pastorale aux Etats-Unis d'avril 2008, le Pape s'est dit convaincu que "l'Eglise est appelée en Amérique à cultiver une culture intellectuelle vraiment catholique, c'est-à-dire dans l'harmonie entre foi et raison, disposée à proposer une riche vision de foi face aux grandes questions que pose l'avenir de la société". Comme l'avait prévu Pie IX, ce séminaire "est parfaitement préparé à affronter ce constant enjeu. Depuis sa fondation il offre aux étudiants l'extraordinaire expérience de l'universalité de l'Eglise, l'ampleur de sa tradition spirituelle et intellectuelle, la conscience de devoir porter à l'humanité en tout lieu et temps la vérité salvatrice du Christ". Saluant ensuite la qualité de la formation donnée à Rome, le Saint-Père a dit son voeu de voir le Collège nord-américain donner les pasteurs sages et généreux, "capables de transmettre dans son intégrité la foi catholique, de communiquer aux personnes désorientées l'infinie miséricorde du Christ, d'aider les catholiques américains à être levain évangélique dans la vie sociale, politique et culturelle du pays".

  Pour conclure, il a rappelé que la chapelle du séminaire, consacrée à l'Immaculée, propose aussi quatre patrons aux vies sacerdotales exceptionnelles, saint Grégoire le Grand, saint Pie X, saint Jean-Marie Vianney et saint Vincent de Paul. "Dans le cadre de l'Année sacerdotale, ces grands saints protègent les séminaristes qui les invoquent quotidiennement. Puissent-ils guider et soutenir votre ministère et intercéder en faveur de tous les prêtres des Etats-Unis d'Amérique".
AC/ANNIVERSAIRE/COLLEGE AMERIQUE NORD                     VIS 20100111 (320) 


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