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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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samedi 19 novembre 2011

LES CLEFS DE "AFRICAE MUNUS"


CITE DU VATICAN, 19 NOV 2011 (VIS). Voici les passages de la présentation par Mgr.Nikola Eterovic, Secrétaire général du Synode des évêques, fournissant les clefs de lecture de l'exhortation apostolique post-synodale Africae Munus:

  L’exhortation Africae Munus se compose de deux parties. "Dans la première partie, on distingue les structures portantes de la mission ecclésiale du continent qui aspire à la réconciliation, la justice et la paix et qui a, comme source, la personne de Jésus-Christ. En l’écoutant, les chrétiens sont invités à se laisser réconcilier avec Dieu, à devenir justes pour construire un ordre social juste, dans la logique des Béatitudes, en s’engageant dans le service fraternel pour l’amour de la vérité, source de paix. C’est pourquoi, les chantiers pour la réconciliation, la justice et la paix, sont aussi indiqués, dans une authentique conversion, la célébration du sacrement de réconciliation, une spiritualité de communion, l’inculturation de l’Evangile, la protection de la vie, les migrants, les réfugiés, la bonne gouvernance des états, le dialogue œcuménique et interreligieux, surtout avec les religions traditionnelles et l’Islam. Dans la seconde partie, tous les membres de l’Eglise sont invités à contribuer à la communion et à al paix dans l’Eglise et dans la société. Sont aussi indiqués les champs de l’apostolat: L’Eglise comme présence active et efficace de Jésus-Christ, le monde de l’éducation, de la santé et des moyens de communication sociale. L’exhortation ouvre un horizon d’espérance à l’Afrique qui, en accueillant Jésus-Christ, doit s’émanciper des forces qui la paralysent. 

  Africae Munus est bien dans la continuité d’Ecclesia in Africa, fruit de la première assemblée spéciale pour l’Afrique qui a donné une grande impulsion au développement de l’Eglise en Afrique, en développant, entre autre, l’idée d’Eglise famille de Dieu, au bénéfice de l’Eglise universelle. Africae Munus entend renforcer ce dynamisme ecclésial, indiquer le programme de l’activité pastorale, dans les prochaines décennies, de l’évangélisation du grand continent africain, soulignant le besoin urgent de réconciliation, de justice et de paix.
  
  L’Eglise, sacrement d’union avec Dieu et avec les hommes, doit être un lieu de réconciliation, don de Dieu, pour être un instrument efficace de la justice et de la paix dans la société tout entière. La réconciliation vient du mystère de Jésus-Christ ressuscité, présent dans son Eglise à travers la Parole de Dieu et les sacrements, surtout ceux de la réconciliation et de l’Eucharistie. Dans la grâce de l’Esprit, l’Eucharistie institue une nouvelle fraternité qui dépasse les langues, les cultures, les ethnies, les divisions, le tribalisme, le racisme et l’ethnocentrisme. Dans son œuvre d’évangélisation et d’éducation à la foi chrétienne, l’Eglise doit mettre l’accent sur une catéchèse vécue qui conduise à une conversion profonde et à un engagement effectif à vivre l’Evangile au niveau personnel, familial et social. La doctrine sociale de l’Eglise vient en soutien à la promotion humaine. 

  Africae Munus offre à l’Eglise en Afrique un guide pratique pour l’activité pastorale des prochaines décennies. L’évangélisation ad gentes en Afrique reste une priorité avec l’annonce de l’Evangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus-Christ. Cette priorité pastorale doit engager tous les chrétiens d’Afrique. Il faut, en outre, mieux animer l’évangélisation ordinaire dans les diverses Eglises locales, en s’engageant à promouvoir la réconciliation, la justice et la paix. Il est urgent, ensuite, de s’engager dans la nouvelle évangélisation en Afrique, en particulier, en faveur de ceux qui se sont éloignés de l’Eglise ou qui n’ont pas de pratique chrétienne. Les chrétiens d’Afrique, en particulier le clergé et les membres de vie consacrée, sont appelés à soutenir la nouvelle évangélisation même dans les pays sécularisés. Il s’agit d’un échange de dons, vu que des missionnaires africains œuvrent déjà dans les pays d’où, autrefois, provenaient les missionnaires venant annoncer la Bonne Nouvelle en Afrique. 

  Parmi les différentes mises en œuvre proposées par l’exhortation apostolique, signalons:
-Les saints, personnes réconciliées avec Dieu et avec le prochain, sont des partisans exemplaires de la justice et des apôtres de la paix. L’Eglise, dont tous les membres sont appelés à la sainteté, doit retrouver un nouvel élan, venant des nombreux saints et martyrs, confesseurs et vierges du continent africain, dont le culte doit être ravivé et encouragé.
-Afin d’obtenir d’autres exemples actuels et de nouveaux intercesseurs au ciel, les pasteurs des Eglises locales sont encouragés à reconnaître parmi les serviteurs africains de l’Evangile, ceux qui pourraient être canonisés, selon les normes de l’Eglise.
-Il faut aussi renforcer les liens de communion entre le Saint-Père et les évêques d’Afrique, ainsi qu’entre les évêques du continent au niveau national, régional et continental.
-On souhaite que les évêques s’engagent davantage à promouvoir à soutenir effectivement et affectivement, le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar comme structure continentale de solidarité et de communion ecclésiale.
-Pour approfondir le mystère de l’Eucharistie et pour accroître la dévotion eucharistique, la proposition des Pères synodaux de célébrer un congrès eucharistique continental est retenue.
-Est également soutenue, la célébration annuelle dans les divers pays d’Afrique, d’un jour ou d’une semaine de réconciliation, particulièrement pendant l’avent ou le carême.
-En accord avec le Saint-Siège, le SCEAM pourra contribuer à la réalisation d’une année de réconciliation au niveau continental pour demander à Dieu un pardon spécial pour tous les maux et blessures que les êtres humains se sont infligés les uns aux autres en Afrique, et pour que se réconcilient les personnes et les groupes qui ont été blessés dans l’Eglise et dans l’ensemble de la société.
  Remerciant pour le don de la foi en Dieu Un et Trine, Père, Fils et Esprit, l’Eglise en Afrique s’engage, avec un élan renouvelé, dans l’évangélisation et dans la promotion humaine, afin que tout le continent devienne un vaste champ de réconciliation, de justice et de paix. De cette façon, l’Eglise contribue à forger la nouvelle Afrique appelée à devenir toujours plus le poumon spirituel de l’humanité".
PV-BENIN/                                        VIS 20111119 (980)

mardi 28 juillet 2009

CARITAS IN VERITATE


CITE DU VATICAN, 28 JUL 2009 (VIS). Le Secrétaire d'Etat a prononcé ce midi une conférence sur l'Encyclique Caritas in Veritate au Sénat italien, où l'avait invité le Président de la haute assemblée, M.Renato Schifani. Le Cardinal Bertone a ainsi souligné certains aspects anthropologiques et théologiques du document papal, rappelant qu'en 2004 le Cardinal Ratzinger avait tenu au Sénat une leçon magistrale sur les racines spirituelles de l'Europe. Le futur Pape avait alors évoqué certains des thèmes qui figurent aujourd'hui dans sa troisième encyclique, soulignant les raisons profondes de la dignité de l'homme et de ses droits, la valeur du mariage et de la famille comme éléments fondants de l'identité européenne. Le Cardinal a notamment affirmé que, "au-delà des différences de formation ou de conviction", le peuple italien et ses représentants "peuvent trouver dans les propos du Pape une inspiration à leur mission, des réponses aux questions éthiques, culturelles et sociales qui tenailles la société".
SS/CARITAS IN VERITATE/BERTONE                             VIS 20090728 (170)

mercredi 22 juillet 2009

CARITAS IN VERITATE


CITE DU VATICAN, 22 JUL 2009 (VIS). "Au-delà de la crise: le développement, l'éthique et le marché dans l'Encyclique Caritas in Veritate", tel était le thème du congrès organisé hier à Rome par la fondation Magna Charta. Y ont notamment pris part Mgr.Giampaolo Crepaldi, nouvel Evêque de Trieste (Italie), et M.Maurizio Sacconi, Ministre italien du travail. Un débat intitulé "Caritas in Veritate, une Encyclique pour l'avenir" se déroulera à 18 h à l'auditorium St.Pie X. Organisé par la congrégation des Fils de l'Immaculée, il verra en particulier les interventions de Mgr.Rino Fisichella, Recteur de l'Université pontificale du Latran, et de M.Giulio Tremonti, Ministre italien de l'économie.
.../CARITAS IN VERITATE/CREPALDI:FISICHELLA                     VIS 20090722 (120)

lundi 13 juillet 2009

ANGELUS DOMINICAL


CITE DU VATICAN, 12 JUL 2009(VIS). A l'angélus, Benoît XVI a évoqué le sommet du G 8 de L'Aquila puis son encyclique Caritas in Veritate. Rappelant que certains thèmes de la réunion internationale tenue dans une ville éprouvée par un séisme étaient particulièrement dramatiques, le Pape a souligné combien "les inégalités sociales et les injustices structurelles sont intolérables de par le monde. C'est pourquoi in faut trouver rapidement des solutions durables au moyen de stratégies coordonnées... Au cours du sommet, les chefs d'état et de gouvernement ont convenu de la nécessité d'accords généraux en vue d'assurer à l'humanité un avenir meilleur. L'Eglise n'a pas de solutions techniques mais est experte en humanité, offrant les enseignements de l'Ecriture sur la vérité de l'homme et annonçant l'Evangile de l'amour et de la justice".

  Ensuite le Pape a placé l'encyclique dans la perspective du G 8, rappelant qu'elle traite de la nécessité d'un "nouveau projet économique qui repense globalement le développement sur la base de l'éthique de la responsabilité devant Dieu et devant sa créature... Paul VI avait déjà indiqué dans Populorum Progressio cette perspective mondiale de la question sociale...devenue radicalement anthropologique", puisqu'elle "touche à la manière de concevoir l'homme toujours plus dépendant de l'homme par le biais de la bio-technologie... Or, la solution des problèmes de l'humanité ne peut pas être simplement technique, car on doit tenir comptes des exigences de la personne, dotée d'un corps et d'une âme, et compte aussi du Créateur. La dictature technologique, qui trouve son expression extrême dans les pratiques contraires à la vie, risque d'ouvrir un horizon sombre pour l'humanité. Les actes ne respectant pas la dignité humaine, même lorsqu'ils se présentent comme dictés par l'amour, sont le fruit d'une conception matérielle de la vie qui réduit un amour sans vérité à une coquille vide arbitrairement rempli... Malgré la complexité du monde, l'Eglise regarde en avant avec espérance, rappelant aux chrétiens que l'annonce du Christ est le facteur premier du développement humain".
ANG/G 8:CARITAS IN VERITATE/...                             VIS 20090713 (340)

mercredi 8 juillet 2009

"CARITAS IN VERITATE"


CITE DU VATICAN, 8 JUL 2009 (VIS). A l'audience générale tenue Salle-Paul VI, le Saint-Père est revenu sur son Encyclique qui, a-t-il dit aux fidèles, souligne combien la "charité dans la vérité est la force qui favorise le vrai développement de la personne et de l'humanité... Eclairée par la foi et la raison, elle seule permet d'atteindre un développement doté de valeurs humaines". Caritas in Veritate "Approfondit la réflexion ecclésiale sur une question sociale capitale pour l'humanité, en particulier si on en réfère à ce qu'écrivait Paul VI en 1967 dans l'Encyclique Populorum Progressio". Le nouveau texte ne prétend pas "apporter de solutions pratiques aux grands problèmes sociaux de notre monde...mais veut rappeler les principes fondamentaux d'un véritable développement humain. C'est pourquoi il porte son attention sur la vie de l'homme, élément de tout véritable progrès, sur le respect de la liberté religieuse...et une vision prométhéenne de l'homme, considéré comme simple artifice de son propre destin".

  Pour cela, a ajouté Benoît XVI, il faut des "hommes justes en politique comme en économie, avant tout attentifs au bien commun". Et à propos des fléaux mondiaux, il a dit "l'urgence qu'il y a à sensibiliser l'opinion publique au drame de la faim et à la sécurité alimentaire... Il faut traiter la question avec décision en éliminant les causes structurelles de cette situation et en favorisant le développement agricole des pays pauvres". En outre, l'économie "a besoin de l'éthique pour fonctionner correctement, mais aussi du principe de gratuité et de la logique du don dans une économie de marché où le seul profit ne peut être la règle. Ceci n'est possible que par un effort commun, des économistes et responsables politiques, des producteurs et des consommateurs, et une formation des consciences pour recourir à des critères moraux dans tout projet politique ou économique... Il faut également un mode de vie nouveau pour l'humanité entière, avec des devoirs correspondant à des droits qui respectent l'environnement et la personne dans sa relation aux autres".

  Face aux graves problèmes du moment, une "autorité politique mondiale est nécessaire, qui respectera les principes de subsidiarité et de solidarité, en mesure d'orienter positivement le bien général dans le respect des grandes traditions morales et religieuses de l'humanité". En concluant, le Saint-Père a demandé aux fidèles de prier pour que Caritas in Veritate "aide l'humanité à se considérer comme une famille engagée à construire un monde de justice et de paix", les invitant aussi à prier pour les chefs d'état et de gouvernement du G 8 qui s'ouvre à L'Aquila. "Ce sommet mondial doit prendre des décisions et des orientations utiles au progrès des peuples, des plus pauvres en particulier".
AG/CARITAS IN VERITATE/...                                 VIS 20090708 (450)

mardi 7 juillet 2009

RESUME DE L'ENCYCLIQUE


CITE DU VATICAN, 7 JUL 2009 (VIS). Voici les passages saillants de Caritas in Veritate consacrée au développement humain intégral (introduction, six chapitres et conclusion). Dans l'introduction, Benoît XVI rappelle que la charité est la voie royale de la doctrine sociale de l'Eglise, même si elle risque d'être mal comprise et non incluse dans le bagage éthique. Or, "un christianisme de charité sans vérité risque de n'être qu'un catalogue de bons sentiments, utiles pour la vie sociale mais marginaux... Le développement a besoin de la vérité" et le Pape retient deux critères d'action morale provenant du concept de charité dans la vérité. La justice et le bien commun. Tout chrétien est appelé à la charité y compris dans son rôle social".

  Le premier chapitre reprend le message de l'Encyclique Populorum Progressio et réaffirme l'importance fondamentale de l'Evangile pour une société de liberté et de justice. "La foi traite du développement sans s'appuyer sur des privilèges ou un pouvoir...mais sur le Christ seulement... Les causes du sous-développement ne sont pas que matérielles". Elle découlent aussi d'un manque de fraternité entre les personnes et les peuples. Le développement est le thème développé par le second chapitre. "La recherche du seul profit comme but épuise la richesse et crée la pauvreté". Ainsi une finance largement spéculative est-elle une des causes du mauvais développement. Les flux migratoires, "souvent provoqués puis mal gérés, ainsi que l'exploités sans règle des ressources de la terre aggravent le phénomène. Face à ces problèmes entremêlés, le Pape propose une nouvelle vision humaniste et l'élaboration d'un plan de développement nouveau, car la croissance de la richesse mondiale en termes purement absolus ne fait qu'accroître les inégalités, que créer de nouvelles pauvretés".

  Au plan culturel, des interactions ouvrent de nouvelles perspectives de dialogue, mais non sans risques, un éclectisme culturel dans lequel les cultures seraient d'égale valeur, un abaissement de la culture à n'importe quel style de vie. Quant au scandale de la faim, il appelle une juste réforme agraire dans les pays en voie de développement. Puis le Saint-Père souligne que le respect de la vie ne saurait d'aucune façon être séparé de la question du développement. "Lorsqu'une société tend à mettre en doute la sacralité de la vie et à envisager sa suppression pour ne pas avoir à assumer le service de l'homme", elle trahit le développement dans la vérité. Cette tendance peut aller jusqu'à la négation du droit à la liberté religieuse, une violence qui culmine également dans le terrorisme d'inspiration fondamentaliste.

  Le troisième chapitre est réservé au thème fraternité, développement économique et société civile. Il s'ouvre par l'éloge du don, souvent mal perçu "à cause d'une vision de la vie comme spécifiquement productive et utilitaire. Le développement selon Benoît XVI, qui "doit être vraiment humain, doit donner sa place au principe de gratuité". En matière de marché, la logique mercantile doit être "soumise à la perspective du bien commun, ce qui est de la responsabilité première de la classe politique". L'Encyclique Centesimus Annus affirme la nécessité d'un système fondé sur le marché, l'état et la société, et tendant à une civilisation de l'économie. On manque encore des principes d'une économie solidaire alors que le marché et la politique ont besoin d'acteurs formés à la solidarité. La globalisation ensuite ne doit pas être comprise comme un simple processus socio-économique, d'autant qu'elle a besoin "d'une orientation culturelle personnelle comme communautaire, ouverte à la transcendance et capable de se corriger".

  Le développement des peuples, les droits et les devoirs face à l'environnement constituent les arguments du quatrième chapitre. Les gouvernements et les instances internationales ne peuvent négliger l'objectivité et l'intangibilité des droits, d'autant plus importantes qu'elles sont liées à la croissance démographique. Et puis la sexualité se devant pas se "réduire à l'hédonisme et à la distraction", les états sont "appelés à appliquer des politiques mettant la famille au centre" de l'attention sociale. Plus généralement, l'économie a besoin d'éthique pour bien fonctionner, "mais d'une éthique respectant la personne...dont la centralité doit être la référence de toute action de développement, notamment en matière de coopération internationale... Les organismes internationaux ont le devoir de s'interroger sur l'efficacité de structures spécialisées, souvent trop coûteuses". Puis le Pape évoque la question énergétique. L'accaparement des richesses naturelles par certains états ou groupes de pouvoir constituent "une grave entrave au développement des pays pauvres... Les sociétés avancées peuvent et doivent diminuer leurs besoins en énergies...et accroître la recherche des énergies renouvelables".

  Au chapitre suivant, Benoît XVI aborde la question de la collaboration. "Le développement des peuples dépend avant tout de la conscience d'être une seule famille humaine", d'où le rôle que le christianisme est en mesure de jouer en insistant sur un développement qui n'est "possible que si Dieu a sa place dans la sphère publique". Puis il évoque le principe de subsidiarité qui aide la personne "dans l'autonomie des corps intermédiaires", puisqu'il est "la meilleure antidote contre l'assistancialisme...et le meilleur agent d'humanisation de la globalisation". Le Pape encourage les pays riches à destiner une plus grande partie de leur PIB au développement, dans le respect des engagements. Mais il faut aussi un plus large accès à l'éducation, au développement des personnes, car céder au relativisme est un appauvrissement assuré, qui s'exprime jusque dans la perversité du tourisme sexuel. "Il est désolant de constater que ceci se développe souvent avec l'aval des pouvoirs publics locaux". Enfin, il cite les phénomènes migratoires pour rappeler que chaque personne migrante dispose de tous les droits humains, lesquels doivent être strictement respectés, et place cet argument dans le contexte plus large de la nécessaire réforme de l'ONU comme "de l'architecture économique et financière mondiale".

  L'ultime chapitre de l'Encyclique traite du développement des peuples face à la technologie, et met en garde contre la tentation prométhéenne pour laquelle "il serait possible de refonder l'humanité grâce aux prodigues technologiques", alors que la technologie ne dispose pas de la liberté absolue... Le combat culturel entre absolutisme technologique et responsabilité morale de l'homme a pour champ d'action premier la bioéthique. La raison sans la foi est condamnée à se réduire à l'illusion de la toute puissance". La question sociale anthropologique alors que la recherche au moyen d'embryons, ou la clonation, sont développées par une culture qui pense avoir dévoilé tout mystère". Benoît XVI craint une "planification eugéniste des naissances, affirmant en conclusion que le développement humain "a besoin de chrétiens tournés vers Dieu, priants, remplis d'amour et de pardon, de renoncement et d'accueil de l'autre, de justice et de paix".
ENC/CARITAS IN VERITATE/...                                       VIS 20090707 (1090)  

CARITAS IN VERITATE


CITE DU VATICAN, 7 JUL 2009 (VIS). Ce matin, l'Encyclique de Benoît XVI, Caritas in Veritate a été présentée près la Salle-de-Presse du Saint-Siège par le Cardinal Renato Raffaele Martino, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax, et par le Cardinal Paul Josef Cordes, Président du Conseil pontifical Cor Unum, assistés de Mgr.Giampaolo Crepaldi, Secrétaire de Iustitia et Pax, et de M.Stefano Zamagni, Professeur d'économie politique à l'Université de Bologne (Italie).

  Dans son intervention, le Cardinal Martino a dit la nécessité d'une nouvelle Encyclique sociale vingt ans après Centesimus Annus de Jean-Paul II, faisant état des changements qui ont eu lieu ces deux dernières décennies. "Les idéologies politiques qui ont caractérisé l'époque avant 1989 ont perdu de leur virulence -a-t-il dit- et ont été remplacées par la nouvelle idéologie de la technique... L'accentuation des phénomènes de globalisation déterminée, d'une part, par la fin de l'affrontement des blocs et, d'autre part, par le réseau informatique et mondial... Les religions sont revenues sur la scène publique mondiale... L'émergence de certains pays en voie développement est en train de changer les équilibres géopolitiques mondiaux... Le problème du gouvernement international... Ces grandes nouveautés suffiraient à motiver la rédaction d'une autre encyclique sociale -a ajouté le prélat- mais il y a une autre raison qu'il ne faut pas oublier. Caritas in Veritate a été conçue par le Saint-Père pour commémorer les quarante ans de Populorum Progressio de Paul VI", bien que le thème de la nouvelle encyclique "ne concerne pas le développement des peuples mais celui de l'être humain dans son intégralité... On pourrait dire qu'il s'agit d'un élargissement de la perspective de Populorum Progressio... Caritas in Veritate montre avec clarté que le pontificat de Paul VI n'a pas constitué pas une marche arrière de la Doctrine sociale de l'Eglise... mais que ce Pape a contribué de façon significative à imposer la vision de la Doctrine sociale de l'Eglise dans le sillon de Gaudium et Spes de tradition antérieure, et qu'il a posé les bases sur lesquelles s'est fondé Jean-Paul II".

  Ensuite, Mgr.Crepaldi a évoqué des nouvelles questions abordées dans cette Encyclique: "Les deux droits fondamentaux à la vie et à la liberté religieuse trouvent pour la première fois une place explicite et dense dans une encyclique sociale" et "sont liés de façon organique au thème du développement... Dans Caritatis in Veritate la fameuse "question anthropologique" devient alors pleinement une question sociale". Les autres nouvelles thématiques sont celle de l'environnement, où la nature est envisagée non "comme un magasin de ressources matérielles" mais comme "la parole créée", confiée à l'être humain "pour le bien de tous", et celle de la technique. "C'est la première fois qu'une encyclique pose cette question sous l'angle organique". "La référence continue à la Vérité et à l'Amour donne à Caritas in Veritate une grande liberté de pensée dégageant le champ de toutes les idéologies qui, malheureusement aujourd'hui, pèsent sur le développement".

  Le Cardinal Cordes a ajouté que "si la première Encyclique Deus Caritas Est, consacrée à la théologie de la charité, contient des indications sur la doctrine sociale, nous sommes ici en face d'un texte totalement consacré à cette matière". Après avoir souligné que "la doctrine sociale de l'Eglise est un élément d'évangélisation", il a relevé qu'on "ne peut lire la doctrine sociale hors du contexte de l'Evangile et de son annonce", puisque "elle naît et s'interprète à la lumière de la révélation". Le Président du Conseil Pontifical Cor Unum a encore dit que "le centre de la doctrine sociale est l'être humain". Il s'est alors demandé si "la question anthropologique n'impliquait pas de devoir répondre à une question centrale: quel sorte d'homme voulons nous promouvoir?... Une civilisation peut-elle survivre sans référence fondamentale, sans un regard sur l'éternité, en refusant à l'être humain une réponse à ses interrogations les plus profondes? Un vrai développement peut-il se concevoir sans Dieu?". Evoquant, enfin, le concept de progrès, le Cardinal a souligné que l'Encyclique "en plus d'unifier les deux dimensions de la promotion humaine et de l'annonce de la foi, introduit un autre élément au concept de progrès: l'espérance", à laquelle le Pape a dédié sa deuxième encyclique, Spe Salvi".
  Le Professeur Zamagni a ajouté que l'Encyclique est favorable "à la conception d'un marché, au sens économique, selon lequel l'expérience de la socialisation pourrait être vécue dans le contexte d'une vie économique normale et non en dehors ou en marge de celle-ci... Il existe trois principaux facteurs structurels de la crise -a-t-il expliqué-. Le premier concerne le changement radical dans la relation entre les finances et la production de biens et services qui s'est consolidée tout au long des trente dernières années... Le deuxième facteur est la diffusion, au niveau de la culture populaire, de l'Ethos de l'efficacité comme dernier critère de jugement et de justification de la réalité économique... La troisième cause est en rapport avec la matrice culturelle qui s'est consolidée ces dernières décennies, en raison du processus de globalisation et de l'arrivée de la troisième révolution industrielle, celle des technologies télématiques".
OP/PRESENTATION CARITAS IN VERITATE/…                VIS 20090707 (840)

mercredi 1 juillet 2009

PRESENTATION DE L'ENCYCLIQUE


CITE DU VATICAN, 1 JUL 2009 (VIS). Mardi 7 juillet, à 11 h 30' près la Salle-de-Presse du Saint-Siège, sera présentée l'Encyclique Caritas in Veritate. La conférence sera présidée par le Cardinal Renato Raffaele Martino, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax, assisté de Mgr.Giampaolo Crepaldi, Secrétaire de ce dicastère, et par le Cardinal Paul Josef Cordes, Président du Conseil pontifical Cor Unum, assisté de M.Stefano Samagni, Professeur d'économie politique à l'Université de Bologne.
OP/ENCYCLIQUE/...                                          VIS 20090701 (80)

mardi 30 juin 2009

NOUVELLE ENCYCLIQUE


CITE DU VATICAN, 29 JUI 2009 (VIS). En la solennité des saints Pierre et Paul, le Saint-Père a récité l'angélus avec les fidèles rassemblés Place-St.Pierre, saluant en particulier la communauté diocésaine de Rome: "Je prie constamment afin que cette ville conserve vive sa vocation chrétienne, non seulement en conservant son immense patrimoine spirituel et culturel mais en exprimant par la vie des chrétiens la beauté de la foi, dans leur mode de penser et d'agir et dans l'atmosphère d'humanisme évangélique offerte aux visiteurs... Cette fête a aussi un caractère universel car elle exprime la catholicité de l'Eglise. C'est pourquoi, comme chaque année le 29 juin, les nouveaux Archevêques métropolitains viennent-ils recevoir le Pallium, symbole de la communion avec le Successeur de Pierre". La vénération de Pierre et Paul accroît et renforce la communion entre tous les chrétiens.

  Après la prière mariale, Benoît XVI a annoncé l'imminente publication de sa troisième Encyclique. Signée ce jour, Caritas in Veritate, qui reprendra les sujets sociaux de la Populorum Progressio (Paul VI 1967), entend développer certains aspects du développement durable dans le respect de la dignité de l'homme.
ANG/ANGELUS:ENCYCLIQUE/...                                 VIS 20090630 (190)

jeudi 16 octobre 2008

ACTUALITE DE "FIDES ET RATIO"


CITE DU VATICAN, 16 OCT 2008 (VIS). Pour le dixième anniversaire de l'Encyclique Fides et Ratio, l'Université pontificale du Latran, l'Académie pontificale des sciences et la Conférence mondiale des institutions universitaires catholiques ont organisé un congrès. Devant les participants reçus ce matin, Benoît XVI a parlé de l'extrême actualité de ce texte de grande ouverture sur un thème dont on théorise l'extinction. "Jean-Paul II a su au contraire souligner l'importance à conjuguer la raison avec la foi, dans le respect de leurs spécificités". Par cette encyclique, "l'Eglise a interprété une exigence nouvelle du contexte culturel. Il a défendu la force de la raison et sa capacité à atteindre la vérité, reproposant la foi comme forme particulière d'une connaissance qui s'ouvre à la vérité révélée. On lit dans Fides et Ratio qu'il faut avoir confiance dans les capacités de la raison humaine et ne pas la limiter à des buts trop modestes".

  "Qui niera l'apport que les grands systèmes philosophiques ont fourni au développement d'une conscience de soi comme au progrès des cultures, qui s'enrichissent en s'ouvrant à la vérité et permettent à ses disciples d'atteindre des objectifs humanisant la vie sociale... Cependant, on ne saurait nier un glissement d'une pensée largement spéculative vers une pensée plus expérimentale. Cette recherche s'est principalement tournée vers l'observation de la nature en vue d'en dévoiler les secrets. Le désir de connaître la nature s'est transformé en volonté de la reproduire... Le progrès scientifique et technologique, auquel la foi doit de plus en plus être confrontée, a modifié la définition traditionnelle de raison, écartant en quelque sorte la raison qui recherchait la vérité des choses pour faire place à une raison tendue à découvrir la vérité contingente des lois de la nature".

   La recherche scientifique est un bien, a déclaré le Pape, "lorsque les sciences appliquées sont le fruit de la raison et quand elles expriment l'intelligence avec laquelle l'homme pénètre la création. La foi, quant à elle, ne craint ni le progrès scientifique ni ses applications pratiques lorsque celles-ci s'appliquent au bien de l'homme et au progrès de l'humanité". Benoît XVI a alors dit que "la science seule n'est pas en mesure de donner des principes éthiques, alors que philosophie et théologie sont indispensables pour éviter que la science s'engage dans des voies tortueuses et dangereuses. Il ne s'agit pas de limiter la recherche scientifique...mais maintenir le sens de la responsabilité de la foi et de la raison dans la science, comme garantie du service à l'homme". Et puis, "la raison sait et démontre qu'au delà de ses acquis il y a une vérité qu'on ne saura découvrir qu'en la considérant comme un don supérieur. La vérité de la révélation n'est pas au dessus de la vérité dévoilée par la raison. Par contre elle purifie la raison et l'élève en permettant l'élargissement des horizons de la recherche du mystère".

  Benoît XVI a conclu en disant que "la passion de la vérité nous pousse à rentrer en nous pour découvrir l'homme intérieur et le sens profond de notre vie. Une philosophie authentique doit accompagner tout un chacun dans la connaissance de la vérité de la Révélation".
AC/FIDES:RATIO/...                                         VIS 20081016 (530)


lundi 12 mai 2008

RETOUR SUR "HUMANAE VITAE"


CITE DU VATICAN, 10 MAI 2008 (VIS). Ce midi, le Pape a reçu le congrès international organisé par l'Université pontificale du Latran à l'occasion du quarantième anniversaire de l'Encyclique Humanae Vitae (25 juillet 1968). Cet important document de Paul VI, a dit Benoît XVI, "est aussitôt devenu un sujet de contestation...alors qu'il était un geste de grand courage confirmant la doctrine et la tradition de l'Eglise". La vérité exprimée par cette encyclique, a-t-il ajouté, "est confirmée par les récentes découvertes scientifiques. Son enseignement est des plus actuels et elle suscite une réflexion sur la valeur fondamentale qu'elle contient".

  Puis le Saint-Père a rappelé que, "dans une culture soumise à la domination de l'avoir sur l'être, la vie humaine risque de perdre sa valeur même. Si l'exercice de la sexualité devient une drogue qui veut placer le désir personnel au même niveau que l'intérêt sans respecter la volonté de la personne aimée, il ne s'agit plus seulement de défendre le concept d'amour mais de défendre la dignité même de la personne. Les croyants ne pourront jamais admettre que la technologie se substitue à la qualité de l'amour et à la sacralité de la vie".

La loi naturelle, a-t-il poursuivi, "mérite d'être reconnue comme la source sur laquelle doit aussi s'inspirer le rapport entre les époux dans leur responsabilité de générer de nouveaux enfants. La transmission de la vie est inscrite dans la nature et ses lois restent la norme non écrite dont tous doivent se rappeler".

  Le Pape a ajouté que la vie naissante "est le fruit de l'amour qui sait penser et choisir en toute liberté, sans se laisser conditionner outre mesure par l'éventuel sacrifice demandé. De là, jaillit le miracle de la vie que les parents expérimentent en eux-mêmes, en comprenant quelle chose extraordinaire s'accomplit en eux et entre eux. Aucune technique mécanique ne peut substituer l'acte d'amour que deux époux s'échangent comme signe d'un mystère plus grand qui en fait les protagonistes et les coparticipants de la création". Puis il a rappelé les tristes histoires dans lesquelles sont impliqués des adolescents "dont les réactions manifestent une connaissance incorrecte du mystère de la vie et des implications risquées de leurs gestes", et a exprimé le souhait que les jeunes "puissent apprendre le vrai sentiment de l'amour et s'y préparent avec une adéquate éducation à la sexualité, sans se laisser déformer par des messages éphémères qui les empêchent de rejoindre l'essence de la vérité qui est en jeu".

  "La liberté doit être conjuguée avec la vérité et la responsabilité, avec la force de se donner à l'autre aussi par le sacrifice; sans ces composants, la communauté des hommes ne grandit pas et le risque de s'enfermer dans un cercle d'égoïsme asphyxiant reste toujours un danger".
AC/ANNIVERSAIRE HUMANAE VITAE/...                    VIS 20080512 (470)


vendredi 30 novembre 2007

DE L'ESPERANCE CHRETIENNE


CITE DU VATICAN, 30 NOV 2007 (VIS). Aujourd'hui est publiée la seconde Encyclique de Benoît XVI, Spe Salvi, qui comprend une introduction suivie de huit chapitres, et qui s'ouvre passage de l'Epître aux romains où Paul dit que nous avons été sauvés dans l'espérance.

  Les chapitres s'intitulent: La foi et l'espérance, Le concept d'espérance fondé sur la foi dans le Nouveau Testament et dans l'Eglise primitive, La vie éternelle, qu'est-ce que c'est?, L'espérance chrétienne est-elle individualiste?, La transformation de la foi-espérance à l'époque moderne, La vraie physionomie de l'espérance chrétienne, Lieux d'apprentissage et d'exercice de l'espérance, La prière, école de l'espérance, Agir et souffrir, apprentissage et exercice de l'espérance, Le jugement comme apprentissage et exercice de l'espérance, Marie, étoile de l'espérance.

  La rédemption, le salut selon la foi chrétienne, explique le Pape dans son introduction, n'est pas une simple donnée. La rédemption nous est offerte car nous avons reçu l'espérance solide, grâce à laquelle nous pouvons faire face à notre présent qui, même s'il est difficile, peut être accepté et vécu parce qu'il nous vers un but assuré. Ce but est si grand qu'il mérite la fatigue du parcours.

  Parmi tout ce qui distingue les chrétiens, il y a le fait qu'ils ont une perspective. Ils savent que la vie ne finira pas dans le vide. L'Evangile n'est pas qu'une communication de connaissances mais la communication qui produit des faits changeant la vie. La porte obscure du temps et de l'avenir est ouverte toute grande et qui possède l'espérance vit diversement car une vie nouvelle lui a été assurée".

  L'espérance véritable, c'est parvenir à connaître Dieu, le Dieu véritable, ce que les premiers chrétiens tels les Ephésiens comprenaient parfaitement. Avant de rencontrer le Christ ils avaient de nombreux dieux mais vivaient sans espérance et sans la présence de Dieu. Pour les premiers chrétiens l'Evangile constituait une rencontre réelle avec Dieu, selon un schéma qui n'est pratiquement plus perceptible de nos jours.

  Puis le Pape souligne que le message de Jésus n'a rien de socio-révolutionnaire comme pouvait l'être la révolte de Spartacus. Et il ne combattit pas pour une libération politique comme le fit Barrabas ou Bar Kobeká. Ce que Jésus a apporté est totalement différent, c'est une rencontre avec Dieu vivant, avec une espérance plus forte que les épreuves ou l'esclavage, qui transforme du dedans la vie et le monde, même si les structures demeurent apparemment identiques.

  Le Christ nous a véritablement libérés, affirme-t-il encore. Quoique esclaves de ce monde, des lois du hasard et de la matière, nous sommes libres parce que le Ciel n'est pas vide, parce que le Seigneur de l'univers est Dieu, parce qu'il s'est révélé comme Amour en Jésus-Christ.

  Le Christ est le philosophe parfait qui nous enseigne la réalité de l'homme et ce qu'il faut faire pour l'être vraiment. Il nous montre la voie de la vie par delà la mort, démontrant ainsi qu'il est le Maître de la vie. Lui nous offre l'espérance qui est attente et présence à la fois. L'existence de l'avenir change déjà le présent.

  Benoît XVI observe alors que nombre de personnes rejettent aujourd'hui la foi simplement parce que cette perspective ne leur semble pas souhaitable. La crise de la foi est avant tout celle de l'espérance chrétienne. Elles n'attendent plus le rétablissement du Paradis Perdu de la foi mais du progrès qui, à leur avis, permettra l'établissement du règne de l'homme. Leur espérance est une foi dans le progrès fondée sur la raison et la liberté, qui semble garantir par leur seule valeur intrinsèque une nouvelle société parfaite.

  Pour le Saint-Père, on trouve deux grandes étapes dans la concrétisation politique de cet espérance, la Révolution française et la Révolution marxiste. Face aux effets de la première, l'Europe des Lumières a du  penser une nouvelle raison et une nouvelle liberté. Quant à la seconde, la  prolétaire, elle a n'a laissé derrière elle que désastres. L'erreur majeure du marxisme est d'avoir oublié l'homme et sa liberté, croyant que la refonte du système économique aurait tout résolu. La véritable erreur marxiste est son matérialisme. Puis le Pape conclut à l'évidence que l'homme a besoin de Dieu, car sinon il se prive d'espérance. Sa rédemption ne peut simplement découler d'une structure extérieure".

  Benoît XVI indique ensuite les quatre espaces pour apprendre et pratiquer l'espérance, le premier étant la prière: Lorsque plus personne ne m'écoute, Dieu m'écoute, si plus personne n'est en mesure de m'aider, lui le peut encore. Et le Pape d'évoquer l'expérience du Cardinal Vietnamien Van Thuan qui fut incarcéré 13 ans dont 9 d'isolement: Dans une situation d'apparente désespérance absolue, à l'écoute de Dieu, et en lui parlant, il forgea son espérance.

  La souffrance permet également d'approcher l'espérance. Il faut bien sûr faire tout ce qui est possible pour la diminuer mais ce n'est pas fuir la souffrance qui guérit l'homme, mais sa capacité à accepter l'épreuve. En l'élevant on trouve son sens comme union au Christ qui souffrit pour un amour infini. Il est donc fondamental de savoir aussi souffrir pour autrui car une société qui n'accepte pas ceux qui souffrent n'est que cruelle et inhumaine.

  Le Jugement de Dieu est une autre espace d'apprentissage. La foi dans le Jugement final est avant tout espérance: il y a la résurrection, il y a la justice, l'abolition de la souffrance passée, le rachat qui rétablit le droit. Ici le Pape se dit convaincu que la question de la justice est essentielle, qu'elle est l'argument le plus fort en faveur de la foi en la vie éternelle. Il n'est effectivement pas possible que l'injustice de l'histoire ait le dernier mot. La grâce n'exclut pas la justice et les mauvais ne siègeront pas avec leurs victimes, comme s'il ne s'était rien passé.
ENC/SPE SALVI/...                                         VIS 20071130 (960)


SECONDE ENCYCLIQUE DE BENOIT XVI


CITE DU VATICAN, 30 NOV 2007 (VIS). Le Cardinal Georges Cottier, OP, Pro-théologien de la Maison pontificale, et le Cardinal Albert Vanhoye, SJ, Professeur émérite près l'Institut biblique pontifical, ont présenté ce matin à la presse l'Encyclique Spe Salvi sur l'espérance chrétienne. Le Cardinal Cottier a d'abord rappelé que le concept "d'espérance chrétienne a été l'objet d'une critique de plus en plus dure. Il ne s'agirait que d'individualisme, d'abandon du monde à la misère, du refuge du chrétien dans un salut éternel privée".

  "Il demeure toutefois une question qui ne saurait être éludée: comment est née l'idée selon laquelle le christianisme aurait dans l'espérance une recherche égoïste se détournant du service des autres?... Cette nouvelle problématique a une incidence déterminante sur l'actuelle crise de la foi et de l'espérance chrétiennes. Il émerge une nouvelle forme de l'espérance qui s'appelle foi dans le progrès et tend à un monde nouveau, celui du règne de l'homme".

  Puis le Cardinal a rappelé que "la foi dans le progrès s'est affirmée comme la conviction dominante de la modernité. La raison et la liberté sont toujours placées au coeur de l'idée de progrès". Il a alors souligné combien la "raison est considérée comme pouvoir du bien et pour le bien, alors qu'il est aussi dépassement de toutes les influences. Il tend vers la liberté parfaite, vers une liberté qui se présente comme promesse de plénitude dans la réalisation de l'homme".

  Rappelant la crise de l'espérance chrétienne dans la culture contemporaine et sa substitution par la foi dans le progrès, le Cardinal Cottier a dit combien une question se propose à nouveau: Que peut-on espérer? Les numéros 22 et 23 de l'Encyclique revêtent une grande importance car ils expriment le sens pastoral et culturel du document".

  A son tour, le Cardinal Vanhoye a affirmé que l'introduction du texte papal fixe le caractère décisif de l'espérance, qui a besoin d'être solide pour faire face à tous les problèmes et à toutes les difficultés de l'existence. A propos de la vie éternelle (10-12), le Cardinal souligne combien le Saint-Père expose "avec vigueur et réalisme une mentalité diffuse. Pour de nombreuses personnes la vie éternelle n'est pas un objet d'espérance. Seule la vie terrestre les intéresse et les implique. Elles espèrent repousser le plus loin possible la mort!".

  Puis il a souligné que la seconde partie de cette Encyclique décrit les espaces de connaissance et d'expérimentation de l'espérance que sont la prière, l'action et la souffrance, le Jugement dernier, qui est présenté comme un espace d'approche différent des autres car il ne s'agit pas d'une réalité présente. Or le Jugement suscite évidemment l'espérance car il abolira le mal. Cette seconde Encyclique de Benoît XVI offre donc une profonde réflexion sur la grave question du mal et de la justice.
OP/ENCYCLIQUE SPE SALVI/COTTIER:VANHOYE                     VIS 20071130 (470)


vendredi 23 novembre 2007

NOUVELLE ENCYCLIQUE DE BENOIT XVI

CITE DU VATICAN, 23 NOV 2007 (VIS). La nouvelle Encyclique de Benoît XVI, intitulée Spe Salvi, sera présenté vendredi 30 novembre, à 11 30' près la Salle-de-Presse du Saint-Siège, par le Cardinal Georges Cottier, OP, Pro-théologien de la Maison pontificale, et par le Cardinal Albert Vanhoye, SJ, Professeur émérite de l'Institut pontifical biblique.
OP/ENCYCLIQUE:SPE SALVI/COTTIER:VANHOYE                       VIS 20071123 (60)

vendredi 16 novembre 2007

DEVELOPPEMENT HUMAIN


CITE DU VATICAN, 16 NOV 2007 (VIS). "Problèmes et perspectives du développement humain quarante ans après l'encyclique Populorum Progressio", tel est le thème des travaux de l'Assemblée plénière du Conseil pontifical Iustitia et Pax (20-21 novembre), qui sera suivie du second Congrès mondial des organisations catholiques engagées dans cette action (Rome 22-24 novembre).

  Les participants à l'Assemblée sont appelés à réfléchir sur l'actualité de ce document papal historique, sous l'angle plus particulier de la morale et du développement, sur les nouvelles pauvretés et la globalisation, les conflits et le désarmement, la protection et la promotion des droits humains". Le Cardinal Renato Martino, Président de ce dicastère, et Mgr.Giampaolo Crepaldi, Secrétaire, interviendront après les débats, ainsi que le Cardinal Oscar Rodríguez Maradiaga, Archevêque de Tegucigalpa (Honduras), et que Mgr.Laurent Monsengwo Pasinya, Archevêque de Kisangani (République démocratique du Congo) et Président de Pax Christi.

  Les 300 représentants de 80 pays prendront part au Congrès des organisations oeuvrant pour la justice et la paix intitulé: "Quarantième anniversaire de Populorum Progressio, développement de l'homme tout entier et de tous les hommes". Ils se pencheront sur le scénario mondial après l'encyclique, sur les enjeux actuels du développement, à la lumière de la doctrine sociale de l'Eglise, sur l'écologie humaine, le pluralisme et le dialogue interculturel dans le cadre nouveau de la globalisation. Ils étudieront aussi l'engagement pastoral de l'Eglise dans le développement intégral et solidaire de par le monde".
CON-IP/DEVELOPPEMENT HUMAIN/MARTINO                         VIS 20071116 (240)


lundi 29 octobre 2007

CONSTITUTION ET LIBERTE RELIGIEUSE


CITE DU VATICAN, 27 OCT 2007 (VIS). Ce matin, Benoît XVI a reçu les lettres de créances de M.Fausto Cordovez Chiriboga, le nouvel Ambassadeur de l'Equateur, devant lequel il a évoqué l'héritage séculaire de ce pays, qui s'exprime dans l'art et la piété populaire, dans les principes moraux et civiques.

  Ayant rappelé que le cheminement de la liberté et de l'espérance était parfois encore entravé par le poids de structures sociales archaïques, le Saint-Père a affirmé l'urgence d'oeuvrer à un ordre intérieur et international de paix, de coopération, de respect des droits de l'homme, et avant tout de reconnaissance de la place centrale de la personne et de sa dignité.

  Puis, évoquant les "nombreux équatoriens émigrés à la recherche d'un avenir meilleur pour leurs familles", le Pape a estimé qu'il ne fallait pas oublier que "l'amour Caritas demeure nécessaire même dans les sociétés les plus justes de ce monde. Il ne peut y avoir d'ordre social qui puisse se passer du service de la charité...qui est un don de soi à autrui...dont les bienfaits continuent de se manifester dans l'éducation, l'assistance sociale ou l'aide au développement qui honorent l'Eglise".

  "Par le biais de sa pastorale, l'Eglise catholique", a ajouté Benoît XVI, "apporte beaucoup au bien du pays tout entier, d'où la nécessité de soutenir la liberté que la constitution reconnaît à l'Eglise en Equateur. Ainsi doit-on espérer que sa révision offre de plus amples garanties de liberté religieuse aux citoyens, afin que le pays puisse être plus légaliste et en accord avec les engagements internationaux".

  Ensuite, le Pape a rappelé que "la liberté d'action de l'Eglise est plus qu'un droit. Elle est la condition primordiale de sa mission dans le peuple, y compris dans des conditions difficiles". Citant son encyclique Deus Caritas Est, il a alors affirmé qu'il n'est pas besoin d'un état dominant et tout puissant mais d'un état qui reconnaisse et soutienne la subsidiarité comme les initiatives sociales".

  "On doit aspirer à un gouvernement démocratique, qui s'engage à diffuser une culture du respect et de l'égalité devant la loi, et à exercer l'autorité de manière exemplaire, pour le bien général. Pour ce -a ajouté le Pape- le gouvernement équatorien a exprimé sa ferme volonté de traiter en priorité les problèmes des plus pauvres, en s'inspirant des principes de la doctrine sociale de l'Eglise".

  Le Saint-Père a conclu par le voeu de voir les équatoriens jouir de tous leurs droits et d'obtenir de "meilleures conditions de vie et meilleur accès à l'emploi, à l'éducation et à la santé, dans le plein respect de la vie de sa conception à son terme naturel".
CD/LETTRES CREANCES EQUATEUR/CORDOVEZ                    VIS 20071029 (440) 


jeudi 18 octobre 2007

POLITIQUE ET IDEAUX


CITE DU VATICAN, 18 OCT 2007 (VIS). Aujourd'hui a été publié le discours prononcé hier aux Nations-Unies à New York par Mgr.Diarmuid Martin, Archevêque de Dublin et Primat d'Irlande, à l'occasion du XL anniversaire de l'encyclique Populorum Progressio.

  Il a tout d'abord insisté sur le fait que Paul VI avait rédigé la première encyclique sociale d'après le Concile Vatican II, dont le but était de fixer une nouvelle approche des attentes des pays les plus pauvres. "Le concept de véritable développement -a ajouté Mgr.Martin- est la clef de ce texte" qui "touche à la nature même de la personne et aux réponses qu'il convient de donner à ses questions".

  Puis Mgr.Martin a dit que si Paul VI était parmi nous (il fit un discours en ce lieu le 4 octobre 1965), il aurait certainement remercié tout le monde pour le travail accompli en faveur de l'humanité par l'ONU. "Certes, il aurait commenté la lenteur des progrès et de la réforme de l'organisation. L'important est que les Nations-Unies fonctionnent correctement, d'autant que les moyens d'échange actuels entre les peuples permettent de nouveaux types de coopération, y compris au sein de l'ONU".

  A propos ensuite de la responsabilité du développement et de la coopération internationale, il rappelé que le texte de Paul VI soulignait nettement quelles sont les responsabilités des pouvoirs publics et abordait déjà la question du bon gouvernement, de l'importance de l'action politique".

  "La politique -a conclu l'Archevêque de Dublin- est une dimension essentielle de la construction sociale. Elle doit se rapprocher de la société, avec une nouveau génération d'hommes politiques guidés par des idéaux, et capables de les convertir en réalités, grâce notamment à un meilleur usage des talents mis au service du bien général".
.../POPULORUM PROGRESSIO/ONU:MARTIN                         VIS 20071018 (300)

jeudi 6 septembre 2007

IDENTITE CATHOLIQUE ET RESPECT DES AUTRES TRADITIONS


CITE DU VATICAN, 6 SEP 2007 (VIS). Ce matin à Castelgandolfo, le Saint-Père a reçu les prélats de la Conférence épiscopale du Laos et du Cambodge, en conclusion de leur visite Ad Limina, auquel il a notamment rappelé qu'ils exercent leur "ministère au service de l'Eglise dans des conditions souvent difficiles et dans une grande diversité de situations". Il les a également assuré de son fraternel soutien et de celui de l'Eglise universelle dans leur service du peuple de Dieu.

  "L'aide que vous recevez d'Eglises d'évangélisation plus ancienne -a ajouté le Pape-, notamment en ce qui concerne le personnel apostolique ou la formation, est aussi un signe éloquent de la solidarité que les disciples du Christ doivent avoir les uns à l'égard des autres".

  Puis il a évoqué au premier plan des préoccupations de ces évêques "l'annonce de la foi chrétienne dans une culture particulière", rappelant aussi que "la célébration récente du quatre cent cinquantième anniversaire de la présence de l'Eglise au Cambodge a été l'occasion donnée aux fidèles de prendre une conscience toujours plus vive de la longue histoire des chrétiens dans cette région" de l'Asie.

   "La foi chrétienne n'est pas une réalité étrangère à vos peuples", a poursuivi le Saint-Père."Jésus est la Bonne Nouvelle pour tous les hommes et les femmes de tout temps et de tout lieu qui cherchent le sens de l'existence et la vérité de leur humanité. En l'annonçant à tous les peuples, l'Eglise ne cherche pas à s'imposer, elle témoigne de son estime pour l'homme et pour la société dans laquelle elle vit".

  "Dans le contexte social et religieux de votre région, il est particulièrement important que les catholiques manifestent leur identité propre, tout en respectant les autres traditions religieuses et les cultures des peuples. Cette identité doit notamment s'exprimer à travers une expérience spirituelle authentique, qui trouve ses fondements dans l'accueil de la Parole de Dieu et dans les sacrements de l'Eglise".

  Puis le Pape a défini comme une priorité de l'épiscopat laotien et cambodgien "la formation des fidèles, particulièrement des religieuses et des catéchistes..., pour la vitalité des communautés chrétiennes..., en ayant une foi chrétienne assurée, ils peuvent s'engager dans un dialogue authentique avec les membres des autres religions, pour travailler ensemble à la construction de vos pays et promouvoir le bien commun".

  L'éducation des jeunes a ensuite été abordée par Benoît XVI: "Une préparation appropriée au mariage chrétien est particulièrement indispensable... Qu'ils apprennent à garder les valeurs familiales comme le respect filial, l'amour et le souci des personnes âgées et malades, l'amour à l'égard des enfants et l'harmonie qui sont tenues en grande estime dans toutes les cultures et les traditions religieuses de l'Asie".

  Enfin, il a souligné la nécessité d'un "engagement courageux de la communauté chrétienne auprès des personnes les plus démunies est aussi un signe spécifique de l'authenticité de sa foi. Les œuvres sociales de l'Eglise -a ajouté le Saint-Père à l'attention de ses hôtes-, qui peuvent se développer en particulier grâce à la solidarité ecclésiale et au soutien des représentations du Saint-Siège dans vos pays, sont appréciées de la population comme des autorités", car "elles manifestent de façon éloquente l'amour que Dieu porte à tous les hommes sans distinction".

  Toutefois, a rappelé Benoît XVI en reprenant l'encyclique Deus Caritas Est, "il est très important que l'activité caritative de l'Eglise maintienne toute sa splendeur et ne se dissolve pas dans une organisation commune d'assistance en en devenant une simple variante".
AL/LAOS:CAMBODGE/...                                    VIS 20070906 (580)


mardi 10 juillet 2007

DE CERTAINS ASPECTS DE LA DOCTRINE SUR L'EGLISE


CITE DU VATICAN, 10 JUL 2007 (VIS). Aujourd'hui a été rendu public le Document de la Congrégation pour la doctrine de la foi intitulé: Réponses à des questions concernant certains aspects de la doctrine de l'Eglise. Daté de la solennité des Apôtres Pierre et Paul, il porte la signature du Préfet, le Cardinal William Joseph Levada, et du Secrétaire de la Congrégation, Mgr.Angelo Amato, SDB. Voici le texte intégral.

" Introduction.

  Avec la Constitution dogmatique Lumen Gentium et les Décrets sur l'œcuménisme (Unitatis Redintegratio) et les Eglises orientales catholiques (Orientalium Ecclesiarum), le Concile Vatican II a contribué de manière décisive au renouveau de l'ecclésiologie catholique. Les Souverains Pontifes ont eux aussi voulu offrir sur ce point des approfondissements et surtout des orientations pratiques: Paul VI avec l'Encyclique Ecclesiam Suam (1964) et Jean-Paul II avec l'Encyclique Ut Unum Sint (1995).

  Les recherches ultérieures des théologiens, pour toujours mieux élucider les divers aspects de l'ecclésiologie, ont permis l'essor d'une ample littérature sur ce sujet. Il s'agit là de thèmes certainement féconds, mais qui ont aussi exigé des précisions et des explications, notamment dans la Déclaration Mysterium Ecclesiae (1973), la Lettre aux évêques de l'Eglise catholique Communionis Notio (1992) et la Déclaration Dominus Iesus (2000), toutes publiées par la Congrégation pour la doctrine de la foi.

  La richesse de la thématique et la nouveauté de nombreuses thèses ne cessent de provoquer la réflexion théologique; elles donnent lieu à des études parfois non exemptes d'erreurs et d'ambiguïtés qui ont été attentivement examinées par la Congrégation. A la lumière de l'ensemble de la doctrine catholique sur l'Eglise, la Congrégation se propose de préciser ici la signification authentique de certaines expressions ecclésiologiques du Magistère, pour que le débat théologique ne soit pas faussé par des confusions ou des malentendus.

Questions.

Première question: Le Concile oecuménique Vatican II a-t-il changé la doctrine antérieure sur l'Eglise?

Réponse: Le Concile n'a pas voulu changer et n'a de fait pas changé la doctrine en question, mais a bien plutôt entendu la développer, la formuler de manière plus adéquate et en approfondir l'intelligence. Jean XXIII l'avait très clairement affirmé au début du Concile. Paul VI le confirma ensuite; il s'exprimait ainsi en promulguant la Constitution Lumen Gentium: Le meilleur commentaire que l'on puisse en faire, semble-t-il, est de dire que vraiment cette promulgation ne change en rien la doctrine traditionnelle. Ce que veut le Christ, nous le voulons aussi. Ce qui était, demeure. Ce que l'Eglise a enseigné pendant des siècles, nous l'enseignons également. Ce qui était jusqu'ici simplement vécu se trouve maintenant exprimé; ce qui était incertain est éclairci; ce qui était médité, discuté et en partie controversé, parvient aujourd'hui à une formulation sereine. A plusieurs reprises, les évêques ont manifesté et adopté le même point de vue.

Seconde question: Comment doit être comprise l'affirmation selon laquelle l'Eglise du Christ subsiste dans l'Eglise catholique?

Réponse: Le Christ a établi sur la terre une Eglise unique et l'institua comme assemblée visible et communauté spirituelle: depuis son origine, elle n'a cessé d'exister au cours de l'histoire et toujours elle existera, et c'est en elle seule que demeurent à jamais tous les éléments institués par le Christ lui-même. C'est là l'unique Eglise du Christ, que nous confessons dans le symbole une, sainte, catholique et apostolique. Cette Eglise, constituée et organisée en ce monde comme une société, subsiste dans l'Eglise catholique gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui . Dans le numéro 8 de la Constitution dogmatique Lumen Gentium, subsister signifie la perpétuelle continuité historique et la permanence de tous les éléments institués par le Christ dans l'Eglise catholique, dans laquelle on trouve concrètement l'Eglise du Christ sur cette terre. Selon la doctrine catholique, s'il est correct d'affirmer que l'Eglise du Christ est présente et agissante dans les Eglises et les Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l'Eglise catholique, grâce aux éléments de sanctification et de vérité qu'on y trouve, le verbe subsister ne peut être exclusivement attribué qu'à la seule Eglise catholique, étant donné qu'il se réfère à la note d'unité professée dans les symboles de la foi (Je crois en l'Eglise, une); et cette Eglise une subsiste dans l'Eglise catholique.

Troisième question: Pourquoi utilise-t-on l'expression subsiste dans, et non pas tout simplement le verbe est?

Réponse : L'usage de cette expression, qui indique la pleine identité de l'Eglise du Christ avec l'Eglise catholique, ne change en rien la doctrine sur l'Eglise, mais a pour raison d'être de signifier plus clairement qu'en dehors de ses structures, on trouve de nombreux éléments de sanctification et de vérité, qui, appartenant proprement par don de Dieu à l'Eglise du Christ, appellent par eux-mêmes l'unité catholique. En conséquence, ces Eglises et Communautés séparées, bien que nous les croyions victimes de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme de moyens de salut dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Eglise catholique.

Quatrième question: Pourquoi le Concile oecuménique Vatican II attribue-t-il le nom d'Eglise aux Eglises orientales séparées de la pleine communion avec l'Eglise catholique?

Réponse: Le Concile a voulu assumer l'usage traditionnel de ce nom. Puisque ces Eglises, bien que séparées, ont de vrais sacrements, surtout en vertu de la succession apostolique: le Sacerdoce et l'Eucharistie, qui les unissent intimement à nous, elles méritent le titre d'Eglises particulières et locales, et sont appelées Eglises sœurs des Eglises particulières catholiques. Ainsi donc, par la célébration de l'Eucharistie du Seigneur en chaque Eglise particulière, l'Eglise de Dieu s'édifie et grandit. Cependant, étant donné que la communion avec l'Eglise catholique, dont le Chef visible est l'Evêque de Rome et Successeur de Pierre, n'est pas un complément extérieur à l'Eglise particulière, mais un de ses principes constitutifs internes, la condition d'Eglise particulière dont jouissent ces vénérables Communautés chrétiennes souffre d'une déficience. Par ailleurs, la plénitude de la catholicité propre à l'Eglise, gouvernée par le Successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui, est entravée dans sa pleine réalisation historique par la division des chrétiens.

Cinquième question: Pourquoi les textes du Concile et du Magistère postérieur n'attribuent-ils pas le titre d'Eglise aux Communautés chrétiennes nées de la Réforme du XVI siècle?

Réponse : Parce que, selon la doctrine catholique, ces Communautés n'ont pas la succession apostolique dans le sacrement de l'ordre. Il leur manque dès lors un élément essentiel constitutif de l'Eglise. Ces Communautés ecclésiales, qui n'ont pas conservé l'authentique et intégrale réalité du Mystère eucharistique, surtout par la suite de l'absence de sacerdoce ministériel, ne peuvent être appelées Eglises au sens propre selon la doctrine catholique.

  Au cours d'une audience accordée au soussigné Cardinal Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI a ratifié et confirmé ces Réponses adoptées par la session ordinaire de cette Congrégation, et en a ordonné la publication ".

  Ces réponses sont accompagnées d'un Commentaire, qui précise que les différentes questions auxquelles la Congrégation entend répondre " portent sur la vision générale de l'Eglise qui émerge des documents à caractère dogmatique et œcuménique du Concile Vatican II ", dont Paul VI disait qu'il fut un concile " de l'Eglise sur l'Eglise ".

  " Reprenant en substance l'enseignement conciliaire ainsi que le Magistère post-conciliaire, le nouveau document…constitue un rappel explicite de la doctrine catholique sur l'Eglise. En plus de dissiper des visions inacceptables, encore répandues même dans le monde catholique, ce texte offre également de précieuses indications pour la poursuite du dialogue œcuménique. Ce dialogue demeure toujours une des priorités de l'Eglise catholique…Toutefois, pour que le dialogue puisse vraiment être constructif, en plus de l'ouverture aux interlocuteurs, demeure nécessaire la fidélité à l'identité de la foi catholique ".

  " A première vue, l'œcuménisme catholique peut se présenter de manière paradoxale. Avec l'expression 'subsistit in', le Concile Vatican II a voulu harmoniser deux affirmations doctrinales : d'une part, que l'Eglise du Christ, malgré les divisions des chrétiens, continue d'exister de manière intégrale seulement dans l'Eglise catholique; d'autre part, l'existence de nombreux éléments de sanctification et de vérité en dehors de son ensemble, à savoir dans les Eglises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l'Eglise catholique ".

  " Bien que l'Eglise catholique ait la plénitude des moyens de salut, 'les divisions entre Chrétiens l'empêchent cependant de réaliser la plénitude de la catholicité qui lui est propre en ceux de ses fils qui, certes, lui appartiennent par le baptême, mais se trouvent séparés de sa pleine communion'. Il s'agit donc de la plénitude de l'Eglise catholique, qui est déjà actuelle et qui doit croître dans les frères qui ne sont pas en pleine communion avec elle, mais aussi dans ses fils qui sont pécheurs ".
CDF/DOCTRINE EGLISE/LEVADA:AMATO                                  VIS 20070710 (1490)


lundi 12 mars 2007

HUMANISME, DIALOGUE ENTRE FOI ET RAISON


CITE DU VATICAN, 10 MAR 2007 (VIS). La veillée de prière à l'occasion de la V Journée européenne des étudiants a eu lieu  à 16 h Salle-Paul VI. Organisée par le Conseil des Conférences épiscopales d'Europe et le Bureau pour la pastorale universitaire du Vicariat de Rome, elle avait pour thème: "La charité intellectuelle, chemin pour une nouvelle coopération entre Europe et Asie".

  Il y a eu, au cours de la rencontre, différente liaisons satellites avec les étudiants de Turin, Bologne, Manchester, Coimbra, Cracovie, Prague, Tirana, Hong Kong, Calcutta, Manille et Islamabad.

  Le Saint-Père est arrivé à 17 h pour réciter le chapelet, après quoi il a salué l'assemblée en différentes langues.

  "La charité intellectuelle -a affirmé Benoît XVI dans son bref discours- peut unir le chemin existentiel de jeunes qui, vivant loin les uns des autres, réussissent à se sentir unis au plan de la recherche intérieure et du témoignage". Abandonnant momentanément son texte, le Pape a déclaré: "Peut-être devrais-je écrire un nouveau chapitre de mon encyclique Deus Caritas Est sur la charité intellectuelle".

  Le Pape a ensuite demandé aux étudiants de participer de façon "originale et créative à la construction d'un nouvel humanisme fondé sur le dialogue fécond entre foi et raison".

  Il a ensuite rappelé que "le mystère de la Croix n'est pas dissocié du thème de la charité intellectuelle, mais qu'au contraire, il l'éclaire. La sagesse chrétienne est la sagesse de la Croix: les étudiants, et plus encore les professeurs chrétiens, interprètent toute réalité  à la lumière du mystère de l'amour de Dieu, qui se révèle pleinement dans le mystère de la Croix".

  "Une fois encore, chers jeunes -s'est-il exclamé- je vous confie la Croix du Christ. Accueillez-la, embrassez-la et suivez-la. C'est l'arbre de la vie! A son pied vous y trouverez toujours Marie, la Mère de Jésus. Avec elle, Siège de la Sagesse, tournez votre regard vers Celui qui a été crucifié pour nous, contemplez l'intarissable source d'amour et de vérité et vous pourrez, vous aussi être des disciples et des témoins comblés de joie. Voici ce que je souhaite pour chacun de vous".
AC/JOURNEE EUROPEENNE UNIVERSITAIRES/...                                VIS 20070312 (370)


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