Cité
du Vatican, 10 juillet 2013 (VIS). "Dans le sillage du
Seigneur", tel est le titre de l'exposition organisée à
l'occasion de la XXVIII Journée mondiale de la jeunesse de Rio de
Janeiro par le Conseil pontifical pour les laïcs (Fondation
Jean-Paul II pour la jeunesse). Du 9 juillet au 12 octobre près le
musée national des beaux arts de Rio, elle propose des oeuvres et
des documents regroupés en sections intitulées: Le Christ, chemin
de salut, Vocation et mission des apôtres, Marie conduit au Christ,
Les saints, modèles à suivre. La première présente des
expressions de la vie de Jésus: La passion et la résurrection,
l'incrédulité de Thomas, la parabole de l'adultère, le bon
samaritain, l'iconographie du Christ. Au premier plan, le Mandylion
d'Edesse et une reproduction photographique du Suaire de Turin, des
portraits de Fra Angelico, Melozzo Da Forli, Mantegna, Léonard de
Vinci, Correggio, Bernin, Le Guercin, Lorenzo Lotto (le Christ et la
femme adultère, récemment restauré par les Musées du Vatican).
Les autres sections proposent notamment le célèbre diptyque vatican
du IIIº - IVº siècle des apôtres Pierre et Paul, ainsi que des
tableaux de Pomarancio ou de Ribera, et des représentations de Marie
allant des icônes byzantines à Pinturicchio, Michel-Ange et
Sassoferrato.
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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
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dernières 5 nouvelles
mercredi 10 juillet 2013
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 10 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
L'Abbé
Pedro Alberto Bustamante López, Prélat de la prélature
territoriale de Sicuaní (superficie 15.800, population 301.000,
catholiques 259.000, prêtres 16, religieux 23), au Pérou. L'Evêque
élu, né en 1965 à Cotaparaco (Pérou) et ordonné prêtre en 1992,
était jusqu'ici Vicaire général du diocèse d'Arequipa (Pérou).
Il succède à Mgr.Miguel La Fay Bardi, O.Carm, dont la renonciation
a été acceptée pour limite d'âge. Licencié en théologie, il a
été curé de plusieurs paroisses, vicaire diocésain et professeur
près l'Université catholique d'Arequipa.
Le
P.Abdallah Elias Zaidan, ML, Evêque de l'éparchie maronite de Los
Angeles (catholiques 51.900, prêtres 44, diacres 18, religieux 21),
aux Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1963 à Kosaybé
(Liban), a émis ses voeux religieux en 1984 et a été ordonné
prêtre en 1986. Il a été curé de paroisse maronite aux USA,
recteur de la cathédrale maronite de Los Angeles, coordinateur de
tribunal ecclésiastique. Il succède à Mgr.Robert Joseph Shaheen,
dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
L'Abbé
Andrew Nkea Fuanya, Coadjuteur de l'Evêque de Mamfe (Cameroun).
L'Evêque élu, né en 1965 à Widikum (Cameroun) et ordonné prêtre
en 1992, était jusqu'ici Secrétaire général de l'Université
catholique du Cameroun. Il a été curé de paroisse, chancelier de
diocèse, membre de la commission doctrinale de la Conférence
épiscopale.
mardi 9 juillet 2013
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Le
Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical
Iustitia et Pax.
Le
Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les
évêques.
INDULGENCES POUR LA J.M.J.
Cité
du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père concède des
indulgences particulières à l'occasion de la XXVIII Journée
mondiale de la jeunesse (Rio de Janeiro, Brésil, 22 - 29 juillet).
Le décret de la Pénitencerie apostolique en précise les
conditions: Les jeunes et les autres fidèles préparés obtiendront
l'indulgence quotidienne aux conditions habituelles (confession,
communion, prières aux intentions du Pape), applicables aux âmes
défuntes, lors des cérémonies et exercices qui se dérouleront à
Rio. Les fidèles justement empêchés, pourront aux mêmes
conditions l'obtenir en filiale soumission au Souverain Pontife et en
union spirituelle aux cérémonies retransmises par les media.
L'indulgence partielle est concédée à tout fidèle où qu'il soit
s'unissant avec contrition et en prière à la JMJ (récitation
finale de la prière spéciale et invocation à Marie, Reine du
Brésil, ou à d'autres patrons intercesseurs), dans le but
d'encourager la jeunesse à s'affermir dans la foi et la sainteté de
vie. Afin que les fidèles bénéficient plus facilement de ces
indulgences, les prêtres proposeront à leurs pénitents de prier
pour que la JMJ porte des fruits.
POUR UNE MISSION PLEINE DE JOIE
Cité
du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Samedi dernier, le Saint-Père a
rejoint Salle Paul VI 6.000 séminaristes, novices et consacrés
rassemblés à Rome dans le cadre de l'Année de la foi. Devant
l'enthousiasme de l'assemblée, il s'est écrié: "Voila,
maintenant vous applaudissez, vous êtes joyeux, parce que c'est pour
vous un temps de noce. Mais qu'adviendra-t-il lorsque cette lune de
miel sera finie? J'ai entendu un brave séminariste dire qu'il
voulait servir le Christ, pour une dizaine d'années, après quoi il
passerait à une autre vie. C'est une vision dangereuse. Nous tous, y
compris les plus âgés, nous subissons la pression de cette culture
du provisoire, de ce danger. On ne veut plus s'engager une fois à
jamais. Certains disent: Je reste marié tant que dure l'amour. Une
religieuse entend le rester qu'un certain temps, un séminariste
veut devenir prêtre mais ignore si ça durera. Tout cela ne tient
pas debout face au Christ... Notre choix est définitif même si
c'est extrêmement difficile. Lorsque j'étais jeune c'était bien
plus facile parce que la culture favorisait les choix définitifs,
dans la vie matrimoniale comme dans la vie sacerdotale ou religieuse.
Aujourd'hui...nous sommes victimes de l'idée de provisoire... Alors,
comment pouvons nous être libres, libérés de cette culture? Nous
devons apprendre à nous enfermer...car si on laisse en permanence la
clef dehors rien ne va plus. Fermons la porte de l'intérieur. Et si
on ne se sent pas prêt, il convient de prendre son temps. Lorsque le
moment est venu, Jésus se manifestera. Sans lui en effet il n'y a
rien d'assuré. C'est seulement lorsqu'on est sûr qu'il faut fermer
la porte!".
Puis
le Pape a souligné le climat de joie de cette assemblée. D'où
vient la joie, s'est-il écrié. Pour certains de ce qu'on possède,
du dernier modèle de smartphone, du deux roues le plus rapide, de la
voiture dernier cri. "Ceci me fait mal", a confié le Pape
François, "lorsque je vois un prêtre avec une voiture de luxe.
Prend donc le vélo!". Et si nous devons nous déplacer, au
moins utilisons un voiture utilitaire, "et pensons à tous ces
enfants qui meurent de faim". La joie ne vient pas non plus
d'expériences de l'extrême, des sensations fortes, "Certes il
plaît à la jeunesse de marcher sur le fil... Non, la joie véritable
ne vient ni des biens matériels ni d'autres choses mais de la
rencontre et du rapport avec autrui, de se sentir acceptés, compris
et aimés, et non simplement pour un intérêt passager... La joie
naît de la gratuité de la rencontre, de s'entendre dire tu as de
l'importance pour moi, et pas seulement en parole. C'est ceci que
Dieu nous fait comprendre... Cette joie est contagieuse et
entraînante. Lorsqu'on rencontre un séminariste ou un novice trop
sérieux, il lui manque la joie du Seigneur... Il n'y a pas de
sainteté dans la tristesse. Sainte Thérèse d'Avila disait qu'un
saint triste est un triste saint... Donc, pas de religieux, pas de
consacré, pas de prêtre confis!... Cette tristesse sans le
ministère pastoral trahit une absence de paternité ou de maternité,
un mal vivre une vie consacrée qui doit être féconde. Un prêtre,
une soeur, qui ne seraient pas féconds ne seraient pas catholique".
"Pour
être des témoins joyeux de l'Evangile il faut aussi être vrais et
cohérents. L'authenticité est elle aussi très importante. Jésus
dénonçait les hypocrites et les doubles faces". Etre sincère
relève de l'éducation. C'est aux parents, aux adultes et aux
formateurs "de donner un exemple de cohérence aux jeunes...
Pour avoir des jeunes cohérents nous devons l'être, sinon le
Seigneur dira de nous ce qu'il disait des pharisiens, faites ce
qu'ils disent non ce qu'ils font". C'est pourquoi il est
important de toujours dire la vérité à son confesseur. "La
transparence fait du bien car elle rend humble... Il faut dire la
vérité sans réserves car c'est au Christ qu'on parle par le biais
du confesseur. Jésus connaît la vérité et pardonne toujours... La
vocation doit reposer sur les quatre piliers que sont la vie
spirituelle, la vie intellectuelle, la vie apostolique et la vie
communautaire". La fraternité implique la sincérité envers
l'autre, non de le dénigrer dans son dos. "Derrière les ragots
il y a l'envie, la jalousie et l'ambition... La voie de la sainteté
ne peut passer par la calomnie... Et puis l'amitié est une
fraternité qui aide à ne pas s'isoler dans le désespoir... Le
prêtre comme le religieux ne saurait être une île, mais au
contraire une personne toujours prête à rencontrer autrui". En
conclusion le Pape François a redit son voeu d'une Eglise plus
missionnaire et moins tranquille, recommandant aux jeunes rassemblés
d'éviter la manie qu'ont les vieux de se lamenter, "le culte de
la déesse lamentation... Soyez toujours positifs et soignez votre
vie spirituelle tout en allant vers les autres, rencontrez les plus
démunis. Ne craignez donc pas de sortir et de nager à contre
courant, en restant missionnaires et contemplatifs. Restez proches de
Marie et récitez le chapelet. Ne l'abandonnez pas! Comme Jean,
accueillez chez vous la Vierge qui vous accompagnera et vous
protégera. Priez aussi pour moi. J'ai tant besoin de prières car je
ne suis qu'un pauvre pécheur".
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 9 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a:
Nommé
Mgr.Marcelo Daniel Colombo, Evêque de La Rioja (superficie 92.000,
population 350.000, catholiques 320.000, prêtres 43, diacres 1,
religieux 55), en Argentine. Jusqu'ici Evêque d'Orán (Argentine),
il succède à Mgr.Roberto Rodríguez, dont la renonciation a été
acceptée pour limite d'âge.
Nommé
le P.Juan José Chaparro Stivanello, CMF, Evêque de San Carlos de
Bariloche (superficie 77.076, population 174.300, catholiques
123.100, prêtres 26, diacres 2, religieux 53), en Argentine.
L'Evêque élu, né en 1953 à Colonia Freitas (Argentine), a
prononcé ses voeux religieux en 1975 et a été ordonné prêtre en
1980. Il était jusqu'ici supérieur de la communauté des clarétiens
de Lambaré (Paraguay). Licencié en théologie, il a occupé
diverses fonctions au sein de son ordre en Argentine et en Uruguay.
Confirmé
l'élection de l'Archimandrite Eduard Daher, BC, comme Archevêque
melkite de Tripoli (catholiques 10.000, prêtres 7, religieuses 17),
au Liban. L'Evêque élu, né en 1973 à Quaa (Liban), a prononcé
ses voeux religieux en 1994 et a été ordonné prêtre en 1999. Il a
été curé de paroisse en France et au Liban, et est actuellement
juge du tribunal ecclésiastique de l'Eglise melkite.
lundi 8 juillet 2013
LE PAPE A LAMPEDUSA
Cité
du Vatican, 8 juillet 2013
(VIS). Ce matin, le Pape François s'est rendu sur
l'ile italienne de Lampedusa, point de chute depuis de nombreuses
années de multitudes de migrants et dans les eaux de laquelle des
dizaines d'entre eux ont trouvé la mort. Il a quitté l'aéroport
romain de Ciampino et est arrivé sur l'île
à 9 h 15' où il a été reçu par l'Archevêque d'Agrigente,
Mgr.Francesco Montenegro, et par le Maire, Mme Giuseppina Nicolini.
Il s'est rendu en voiture à Cala Pisana pour embarquer et se rendre
au port de Lampedusa, accompagné par les barques des pêcheurs de
l'ile. Au cours du trajet, il a jeté à la mer une couronne de
fleurs en souvenir des migrants morts en Méditerranée. Une
cinquantaine d'immigrés l'attendait sur le quai, à Punta Favarolo,
dont beaucoup de musulmans, se trouvant dans les centres d'accueil de
Lampedusa. Le Pape a salué personnellement chacun d'eux avant de se
rendre au centre sportif Arena où il a célébré la messe à 10 h
30'. La formule liturgique choisie était
celle de la rémission des péchés prévue
par le Missel Romain. Les textes de la liturgie de la Parole (le
récit de Caïn et Abel, le massacre des innocents, le psaume
Miserere) soulignaient l'aspect pénitentiel de la Liturgie. Le
Saint-Père a utilisé un bâton pastoral de la paroisse de Lampedusa
réalisé avec des morceaux de bois des embarcations des migrants
arrivés sur l'ile et un calice en bois provenant également de ces
barques, tous deux œuvres
d'un artisan de Lampedusa ayant
participé à l'aide aux
immigrés. Voici un large résumé de l'homélie du Pape:
"Immigrés
morts en mer, dans ces bateaux
qui au lieu d'être un chemin d'espérance
ont été un chemin de mort. Il
y a quelques semaines, quand j'ai appris
cette nouvelle, qui malheureusement s'est répétée tant de fois, ma
pensée y est revenue continuellement comme
une épine dans le cœur qui apporte de la
souffrance. J'ai alors senti que je devais venir ici aujourd'hui pour
prier, pour poser un geste de proximité,
mais aussi pour réveiller nos consciences pour que ce qui est
arrivé ne se répète pas. S'il
vous plaît, que cela ne se répète pas!".
Le Pape a ensuite remercié les habitants et les autorités de
Lampedusa de leur solidarité avec les immigrés et, parmi eux, il a
salué les musulmans qui aujourd'hui commencent le jeûne du ramadan,
en disant: "L'Eglise vous est proche
dans la recherche d'une vie plus digne pour vous et vos familles...
Ce matin, à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons
écoutée, je voudrais
proposer des paroles qui surtout
provoquent la conscience de tous, poussent à
réfléchir et à changer concrètement
certaines attitudes. "Adam, où es-tu?" c'est
la première question que Dieu pose à
l'homme après le péché. Adam est un homme désorienté qui a perdu
sa place dans la création parce qu'il croit devenir
puissant, pouvoir tout dominer, être Dieu.
Et l'harmonie se rompt, l'homme se trompe
et cela se répète aussi dans la relation avec
l'autre qui n'est plus le frère à aimer, mais simplement l'autre
qui dérange ma vie, mon bien-être. Et Dieu pose la deuxième
question: "Caïn, où est ton frère?". Le rêve d'être
puissant...ou même d'être Dieu, génère
une chaine
d'erreurs qui est l'engrenage de la mort, et conduit à verser le
sang de son frère! Ces deux questions de Dieu résonnent encore
aujourd'hui avec toute leur force! Tant de
nous, et moi aussi, sont désorientés. Nous ne sommes plus attentifs
au monde dans lequel nous vivons... Nous ne prenons pas soin de ce
que Dieu a créé pour tous et nous ne sommes plus capables non plus
de prendre soin les uns des autres. Et quand cette désorientation
prend les dimensions du monde, on en arrive à des tragédies comme
celle à laquelle nous avons assisté".
"Où
est ton frère?" la voix de son sang crie vers moi, dit Dieu. Il
ne s'agit pas d'une question adressée aux
autres, mais d'une question adressée à
moi, à toi, à chacun de nous. Ces frères et sœurs cherchaient
à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité
et de paix. Ils cherchaient un endroit
meilleur pour eux et leurs familles, mais ils ont
trouvé la mort. Combien de fois
ceux qui cherchent cela ne trouvent pas compréhension, ne
trouvent pas accueil, ne trouvent pas
solidarité! Et leurs voix montent jusqu'à
Dieu! J'ai rencontré quelques unes de ces personnes qui sont passées
par les mains des trafiquants. La pauvreté
des autres représente une source de bénéfices... Quelle
souffrance et certains n'ont pu
arriver à destination!
"Où
est ton frère?" Qui est responsable de ce sang? Dans la
littérature espagnole, il existe une comédie de Lope de Vega qui
raconte comment les habitants de la ville de Fuente Ovejuna tuent le
gouverneur parce que c'est un tyran, et le font de façon à ce que
l'on ne se sache pas qui a procédé à l'exécution. Et quand le
juge du roi demande qui a tué le gouverneur, tous répondent: Fuente
Ovejuna, monsieur! Tous et personne. Aujourd'hui aussi cette question
émerge avec force: Qui est le responsable du sang de ces frères et
sœurs? Personne! Nous répondons tous ainsi: ce n'est pas moi...les
autres, mais pas moi. Mais Dieu demande à chacun de nous: Où est le
sang de ton frère qui crie jusqu'à moi? Aujourd'hui, personne dans
le monde ne se sent responsable de cela. Nous avons perdu le
sens de la responsabilité fraternelle. Nous sommes tombés dans
l'attitude hypocrite du prêtre et du serviteur
de l'autel dont parle Jésus dans la
parabole du bon Samaritain. Nous regardons notre frère à moitié
mort sur le bord de la route, peut-être
pensons-nous "le pauvre"
et nous continuons notre route, ce n'est pas notre affaire,
et avec cela nous nous mettons
l'âme en paix. La culture du bien être qui nous amène
à penser à nous-mêmes, nous rend insensibles
aux cris des autres, nous fait vivre dans des
bulles de savon qui sont belles mais ne
sont rien, qui ne sont que l'illusion du futile, du provisoire, qui
conduit à l'indifférence envers les autres, et qui conduit même à
une mondialisation de l'indifférence. Nous sommes habitués à la
souffrance des autres, cela ne nous concerne pas, ne nous intéresse
pas, n'est pas notre affaire!... La mondialisation de l'indifférence
nous rend tous "innommés", des
responsables sans nom et sans visage".
"Adam
où es-tu?", "Où est ton frère?" sont les deux
questions que Dieu pose au début de l'histoire de l'humanité et
qu'il adresse aussi à tous les hommes de notre
temps, à nous aussi. Mais je voudrais que
nous nous posions une troisième question: Qui de
nous a pleuré pour ce fait et pour
d'autres comme celui-ci?, pour la mort de ces frères et sœurs? Qui
a pleuré pour ces personnes qui étaient sur le
bateau? Pour les jeunes mamans qui portaient leurs enfants?
Pour ces hommes qui désiraient quelque chose pour soutenir
leurs familles? Nous sommes dans une société qui a oublié
l'expérience des pleurs, ce qu'est
souffrir avec. La mondialisation de l'indifférence nous a ôté
notre capacité de pleurer! Dans l'Evangile nous avons écouté le
cri, les pleurs,
la longue plainte:
Rachel pleure ses enfants...parce qu'ils ne
sont plus. Hérode a semé la mort pour défendre son bien-être, sa
bulle de savon. Et cela continue de se répéter. Demandons au
Seigneur d'effacer ce qui reste d'Hérode
dans nos cœurs. Demandons au Seigneur la grâce de pleurer sur notre
indifférence, sur la cruauté qu'il y a dans le monde, en nous, même
chez ceux qui dans l'anonymat prennent des décisions
socio-économiques qui ouvrent la voie
à des drames comme celui-ci... Seigneur, dans cette liturgie qui est
une liturgie de pénitence, nous demandons pardon pour notre
indifférence envers nos frères et sœurs. Nous te demandons pardon
pour ceux qui se sont habitués, se sont fermés dans leur bien-être
qui entraine l'anesthésie du cœur. Nous te demandons pardon pour
ceux qui par leurs décisions au niveau mondial ont créé des
situations qui conduisent à ces drames".
MESSE POUR LA MISSION
Cité
du Vatican, 7 juillet 2013 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a célébré
la messe en la Basilique vaticane pour les séminaristes, novices et
consacrés rassemblés à Rome dans le cadre de l'Année de la foi,
centrant l'homélie sur sens de la mission de l'Eglise qui leur
revient: Vous êtes tous en cheminement vocationnel, et provenez de
toutes les parties du monde: vous représentez la jeunesse de
l’Eglise! Si l’Eglise est l’Epouse du Christ, en un certain
sens vous représentez le moment des fiançailles, le printemps de la
vocation, la saison de la découverte, de la vérification, de la
formation. Et c’est une très belle saison dans laquelle sont
jetées les bases pour l’avenir... Aujourd’hui la Parole de Dieu
nous parle de la mission... Quels sont les points de repère de la
mission chrétienne? Les lectures que nous avons écoutées nous en
suggèrent trois, la joie de la consolation, la Croix et la prière.
Le premier élément est la joie de la consolation. Le prophète
Isaïe s’adresse à un peuple qui a traversé la période sombre de
l’exil pour qui, après une épreuve très dure, est venu le temps
de la consolation, de la tristesse et de la joie... Quel est la
raison de cette invitation à la joie? Le Seigneur, qui répand sur
la Cité sainte et ses habitants un torrent de consolations...un
torrent de tendresse maternelle". Ainsi agit le Seigneur envers
nous". Tout chrétien, et nous plus que les autres, sommes
appelés à porter ce message d’espérance qui donne sérénité et
joie, la consolation de Dieu, sa tendresse envers tous. Mais nous ne
pouvons pas en être porteur si nous n’expérimentons pas
nous-mêmes en premier la joie d’être consolés par lui, d’être
aimés de lui. Il est important, pour que notre mission soit féconde,
de vivre la consolation de Dieu et la transmettre! J’ai rencontré
quelquefois des personnes consacrées qui ont peur de la consolation
de Dieu, et des pauvres qui se tourmentent, parce qu’ils ont peur
de cette tendresse de Dieu. Mais vous, n’ayez pas peur!... Trouvez
le Seigneur qui nous console et allez consoler le Peuple de Dieu.
Cela est la mission. Les gens aujourd’hui ont besoin, certainement,
de paroles, mais ils ont besoin surtout que nous témoignions la
miséricorde, la tendresse du Seigneur qui réchauffe le cœur, qui
réveille l’espérance, qui attire vers le bien et la joie de
porter la consolation de Dieu".
"Le
second point de repère de la mission est la Croix. Saint Paul,
écrivant aux galates, affirme que pour lui la croix du Seigneur
demeure sa seule gloire... Dans son ministère, Paul a expérimenté
la souffrance, la faiblesse et l’échec, mais aussi la joie et la
consolation. C’est le mystère pascal de Jésus, le mystère de
mort et de résurrection... A l’heure de l’obscurité, à l’heure
et de l’épreuve est déjà présente et agissante l’aube de la
lumière et du salut. Le mystère pascal est le cœur palpitant de la
mission de l’Eglise. Et si nous demeurons dans ce mystère, nous
sommes à l’abri, aussi bien d’une vision mondaine et
triomphaliste de la mission, que du découragement qui peut naître
devant les épreuves et les échecs. La fécondité pastorale, la
fécondité de l’annonce de l’Evangile n’est donnée ni par le
succès, ni par l’insuccès évalués selon des critères humains,
mais par la conformité avec la logique de la Croix de Jésus, qui
est la logique du sortir de soi-même pour se donner, la logique de
l’amour. C’est la Croix, toujours la Croix avec le Christ, parce
que parfois on nous la propose sans le Christ. C'est impossible.
C’est la Croix, toujours la Croix avec le Christ qui assure la
fécondité de notre mission. Et c’est de la Croix, acte suprême
de miséricorde et d’amour, que l’on renaît comme créature
nouvelle".
"Enfin,
le troisième élément c'est la prière. Dans l’Evangile nous
avons entendu qu'il fallait prier le maître de la moisson d’envoyer
des ouvriers. Les ouvriers pour la moisson ne sont pas choisis par
campagne publicitaire ou appel au service de la générosité. Ils
sont choisis et envoyés par Dieu, qui seul choisit...et ordonne la
mission. Pour cette raison, la prière est importante. L’Eglise,
nous a répété Benoît XVI, n’est pas nôtre. Elle est de Dieu.
Si souvent, nous, les consacrés, nous pensons qu’elle est nôtre.
Nous faisons d’elle quelque chose qui nous vient à l’esprit",
or le champ à cultiver est celui de Dieu. Par conséquent la mission
est essentiellement grâce. La mission est grâce. Et si l’apôtre
est le fruit de la prière, il trouvera en elle la lumière et la
force de son action... L’un de vous, un de vos formateurs, me
disait l’autre jour qu'évangéliser s'accomplit à genoux... Soyez
donc toujours des hommes et des femmes de prière. Sans un rapport
constant avec Dieu la mission devient un métier... Non. Ce n’est
pas un métier, c’est autre chose. Le risque de l’activisme,
d’une trop grande confiance dans les structures, est toujours un
piège. Si nous regardons Jésus, nous voyons qu’à la veille de
chaque décision ou évènement important, il se recueillait dans une
prière intense et prolongée. Cultivons la dimension contemplative,
y compris dans le tourbillon des engagements les plus urgents et
pesants. Et plus la mission vous appelle à aller vers les
périphéries existentielles, plus votre cœur doit être uni à
celui du Christ, plein de miséricorde et d’amour. Là se trouve le
secret de la fécondité pastorale, de la fécondité d’un disciple
du Seigneur! Jésus envoie les siens sans argent, ni sac, ni
sandales. La diffusion de l’Evangile n’est assurée ni par le
nombre de personnes, ni par le prestige de l’institution, ni par la
quantité des ressources disponibles. Ce qui compte, c’est d’être
imprégné de l’amour du Christ, se laisser conduire par l'Esprit
et greffer sa propre vie sur l’arbre de vie, qui est la Croix du
Seigneur... Je vous confie tous à l’intercession de Marie, la mère
qui nous aide à prendre librement et sans crainte les décisions
définitives. Puisse-t-elle vous aider à témoigner de la joie de la
consolation de Dieu, sans avoir peur de la joie. Puisse-t-elle vous
aider à vous conformer à la logique de l’amour de la Croix, à
croître dans l’union toujours plus intime avec le Seigneur dans la
prière. Ainsi votre vie sera riche et féconde".
JESUS N'EST PAS UN MISSIONNAIRE ISOLE
Cité
du Vatican, 7 juillet 2013
(VIS). Après avoir célébré la messe pour la
Journée des séminaristes, des novices et de ceux qui cherchent
leur vocation, dans le cadre de l'Année de
la foi, le Pape François a récité l'angélus avec les fidèles
réunis Place St.Pierre. Il a demandé à tous de prier en cette
journée "pour que leur amour pour le Christ grandisse toujours
plus dans leur vie et pour qu'ils deviennent de vrais missionnaires
du Royaume de Dieu. Le Pape a ensuite commenté l'Evangile du jour en
le reliant à l'appel vocationnel. "Jésus n'est pas un
missionnaire isolé. Il ne veut pas accomplir seul sa mission, mais
il implique ses disciples. Aujourd'hui, nous voyons qu'en plus des
douze apôtres, il en appelle soixante-douze autres, et les envoie
dans les villages deux par deux, pour annoncer que le Royaume de Dieu
est proche. Ceci est très beau! Jésus ne veut pas agir seul. Il est
venu apporter dans le monde l'amour de Dieu et veut le diffuser de
cette façon, par
la communion, la fraternité. C'est pourquoi il forme tout de suite
une communauté de disciples qui est une communauté missionnaire. Il
les entraîne tout de suite à la mission, à avancer".
"Mais
attention! Le but n'est pas de socialiser, de passer le temps
ensemble, non, le but est d'annoncer le Royaume de Dieu, et cela est
une priorité! Et aujourd'hui aussi cela
reste une priorité! Il
n'y a pas de temps à perdre à discuter, à attendre le consentement
de tous, il faut y aller et annoncer. La paix du Christ s'apporte
à tous, et s'ils ne l'accueillent pas, on continue quand même. On
apporte la guérison aux malades parce que Dieu veut guérir l'homme
de tout mal. Combien de missionnaires font cela! Ils sèment la vie,
la santé, le réconfort aux périphéries du monde. Comme cela est
beau! Ne pas vivre pour soi-même mais vivre pour aller faire le
bien! Il y a tant de jeunes aujourd'hui sur cette place. Pensez à
cela, demandez-vous: Jésus m'appelle-t-il à y aller, à sortir de
moi pour faire le bien?". Alors aujourd'hui, si les
apôtres sont douze, "et représentent donc aussi les évêques,
leurs successeurs", les soixante-douze autres "peuvent
représenter les autres ministres ordonnés, les prêtres et les
diacres, mais dans un sens plus large nous pouvons aussi penser aux
autres ministres de l'Eglise, aux catéchistes, aux fidèles laïcs
qui s'engagent dans les missions paroissiales, à ceux qui
travaillent auprès des malades, avec les diverses formes de besoin
et de marginalisation, mais toujours comme des missionnaires de
l'Evangile, avec cette proximité du Royaume. Chacun doit être
missionnaire, chacun peut sentir cet appel de Jésus et aller de
l'avant et annoncer le Royaume!... L'Evangile dit que ces
soixante-douze hommes revinrent de leur mission pleins de joie, parce
qu'ils avaient fait l'expérience de la puissance du nom du Christ
contre le mal... Nous ne devons pas nous en vanter comme si nous en
étions les protagonistes; il n'y a qu'un protagoniste, c'est le
Seigneur! La grâce du Seigneur est le protagoniste!...et notre joie,
c'est seulement cela, être ses disciples, ses amis...N'ayez pas peur
d'être joyeux... cette joie que nous donne le Seigneur...laissons-le
entrer dans notre vie et nous inviter à sortir de nous-mêmes aux
périphéries de la vie et annoncer l'Evangile... Joie et courage!
Après
l'angélus, le Pape a rappelé qu'il y a deux jours, il a publié sa
première encyclique Lumen Fidei (La lumière de la foi), commencé
par le Pape Benoît XVI pour l'Année de la foi et consacrée à la
charité et à l'espérance. "J'ai recueilli ce beau travail et
je l'ai terminé. Je l'offre avec joie à tout le Peuple de Dieu. En
effet, tous, en particulier aujourd'hui, nous avons besoin d'aller à
l'essentiel de la foi chrétienne, de l'approfondir et de la
confronter aux problématiques actuelles. Mais je pense que cette
encyclique, au moins dans certaines parties, peut être utile aussi à
ceux qui sont à la recherche de Dieu et du sens de la vie. Je la
mets dans les mains de Marie, icône parfaite de la foi, afin qu'elle
puisse porter ces fruits que le Seigneur veut". Le Pape a
ensuite salué les jeunes du diocèse de Rome qui se préparent à
aller à Rio de Janeiro pour participer à la Journée mondiale de la
Jeunesse. "Chers jeunes, moi aussi je m'y prépare! Marchons
ensemble vers cette grande fête de la foi. Que la Vierge Marie nous
accompagne, et nous nous retrouverons là-bas". Il a
enfin salué les
religieuses rosminianes et les
franciscaines angélines, réunies pour leurs
chapitres généraux, ainsi que les
responsables de la communauté de San Egidio venus de différents
pays pour une formation.
VISITE DU PRESIDENT DE TRINIDAD AND TOBAGO
Cité
du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin
M.Anthony Thomas Aquinas Carmona, Président de Trinidad and Tobago,
qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Secrétaire d'Etat et le
Secrétaire pour les rapports avec les états. Ces entretiens ont
porté sur le service que l'Eglise catholique offre à la population,
notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé et de
l'assistance aux plus défavorisés, et insisté sur la nécessité
de mieux collaborer au soutien de la jeunesse et contre criminalité
et violence. Les parties ont également abordé des sujets d'intérêt
plus large comme la formation de la personne et la protection de la
famille.
LE CARDINAL NGUYEN VAN THUAN, TEMOIN DE L'ESPERANCE
Cité
du Vatican, 6 juillet 2013
(VIS). "Témoin de l'espérance" ont été
les mots du Pape François pour qualifier le Cardinal François-Xavier
Nguyên Van Thuan, qui fut Président du Conseil pontifical Iustitia
et Pax, et dont la phase diocésaine du procès en béatification
vient de se terminer. Ce matin, le Saint-Père a salué les
participants à la session de clôture de cette phase ainsi que le
postulateur de la cause, M.Waldery Hilgeman, soulignant que
"nombreuses sont les personnes qui peuvent témoigner d'avoir
été édifiées par leur rencontre avec le serviteur de Dieu
François-Xavier Nguyên Van Thuan, à différents moments de leur
vie... L'expérience montre
que sa réputation de sainteté s'est diffusée à travers le
témoignage de nombreuses personnes qui l'ont rencontré et qui
conservent dans leur cœur son humble sourire et sa grandeur d'âme.
Beaucoup l'ont aussi connu par ses écrits, simples et profonds, qui
montrent son âme sacerdotale, profondément unie à Celui qui
l'avait appelé à être ministre de sa miséricorde et de son amour.
De nombreuses personnes ont fait part des
grâces et signes reçus et attribués à
l'intercession du...Cardinal Van Thuan. Remercions le Seigneur pour
ce vénéré frère, fils de l'Asie, qui a
terminé son chemin sur terre au service du Successeur de Pierre.
Confions à l'intercession de la Vierge Marie la poursuite de cette
cause, ainsi que de toutes celles qui sont actuellement en cours. Que
la Vierge nous aide à vivre toujours davantage dans notre vie la
beauté et la joie de la communion avec le Christ", a conclu le
Saint-Père.
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le
Cardinal Achille Silvestrini.
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 6 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.George
Kocherry, Nonce apostolique au Bangladesh, jusqu'ici Nonce au
Zimbabwe.
vendredi 5 juillet 2013
RESUME DE L'ENCYCLIQUE LUMEN FIDEI
Cité
du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Voici un résumé de la première
encyclique du Pape François intitulée Lumen Fidei (la lumière de
la foi), publiée ce matin:
Ce
texte, qui s'articule en une introduction, quatre chapitres et une
conclusion, est en réalité l'encyclique presque achevée de Benoît
XVI sur la foi, à laquelle le Pape François a apporté sa propre
contribution.
L'introduction
expose les buts et, tout particulièrement, la nécessité de
redécouvrir le caractère lumineux de la foi, qui éclaire
l'existence, aide l'homme à distinguer le bien du mal alors que la
foi est souvent perçue comme une illusion, un saut dans l'inconnu
qui entrave la liberté de la personne. En cette Année de la foi et
en ce cinquantième anniversaire de Vatican II, "un concile sur
la foi", il convenait de raviver une large perception de la foi,
confessée dans son unité et son intégrité. Il ne s'agit pas d'un
préjugé acquis mais d'un don de Dieu qu'il faut nourrir et
renforcer. Qui croit, voit! Car la lumière de la foi, qui vient de
Dieu, éclaire toute l'existence humaine. Elle vient du souvenir de
la vie de Jésus et ouvre un vaste horizon.
Le
premier chapitre ("Nous avons cru en l'amour"), en évoquant
Abraham, explique comment l'écoute de la Parole est appelée à
sortir de notre ego pour s'ouvrir à la vie nouvelle promise, rendant
ainsi possible dans l'espérance la poursuite de notre cheminement.
Mais la foi est liée à la paternité, parce que le Dieu qui nous
appelle n'est pas un étranger mais un père, source de bonté,
origine de toute chose et soutien de chacun. Dans l'histoire
d'Israël, la foi est opposée à l'idolâtrie, qui détourne
l'homme, le retient prisonnier de ses pulsions et le prive de
l'attente de la promesse. La foi est quant à elle la confiance en
l'amour miséricordieux de Dieu, qui accueille et pardonne toujours,
qui redresse les faux pas de nos vies. Elle est la disponibilité à
se laisser transformer au simple appel de Dieu, un don gratuit qu'il
nous fait et qui demande le courage et l'humilité de se confier pour
découvrir le chemin lumineux de rencontre entre Dieu et les hommes
qu'est l'histoire du salut. Le paradoxe de la foi est l'adresse
perpétuelle à Dieu qui stabilise l'homme et l'éloigne des idoles.
Puis le texte s'attarde sur la figure de Jésus médiateur, qui nous
ouvre à une vérité plus grande, à la manifestation de l'amour de
Dieu comme fondement de la foi. La foi se renforce de la méditation
sur la mort de Jésus, qui révèle son inébranlable amour de
l'homme. Ressuscité, il devient un témoin digne de foi par lequel
Dieu oeuvre dans l'histoire et en détermine le destin final.
L'aspect décisif de la foi en Jésus est de participer à sa manière
de voir. La foi regarde Jésus mais aussi son point de vue. De même
dans la vie où nous faisons confiance à qui en sait plus que nous,
pour la foi c'est Jésus qui nous explique Dieu. Nous croyons Jésus
lorsque nous acceptons sa parole, nous croyons en lui lorsque nous
l'intégrons à notre vie et nous confions à lui. Son incarnation
fait que la foi ne nous détache pas de la réalité, qu'elle nous en
fait percevoir toute la signification. L'homme se sauve grâce à la
foi, car il s'ouvre à un amour qui le précède et le transforme
intérieurement. Par cette action de l'Esprit le chrétien porte son
regard sur Jésus, ses sentiments et sa disposition filiale. Sans
cette présence on ne saurait confesser le Seigneur. La foi devient
existence ecclésiale car elle se confesse en communion, entre
croyants au sein de l'Eglise. Sans perdre leur identité, les
chrétiens sont un au service d'autrui et chacun y gagne son être
propre. La foi n'est pas un fait privé, un concept individuel ou une
opinion, mais une écoute commune qui devient annonce.
Le
second chapitre ("Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez
pas") expose le lien étroit existant entre foi et vérité.
Sans la vérité, la foi ne sauve pas! Elle demeure une fable
projetant notre désir de bonheur. Nous vivons une crise de la vérité
qui rend nécessaire le rappel de ce lien, d'autant que la culture
dominante ne tend qu'à croire en la réalité technologique, en ce
que l'homme parvient à construire et mesurer par la science. Ce qui
fonctionne serait vérité, valable pour un tel et non au service du
bien général. La vérité qui explique toute vie est vue avec
suspicion. La grande vérité n'est pas celle qui fut à la base des
totalitarismes du siècle dernier, le grand oubli du monde
contemporain qui, à l'avantage du relativisme et du fanatisme écarte
la question que posent la vérité, la vie et Dieu. Ensuite le texte
souligne le lien entre foi et amour, non l'amour vagabond mais celui
de Dieu qui transforme et permet de voir le réel sous un autre jour.
Si la foi leur est liée, la vérité et l'amour ne sauraient être
séparés. L'amour véritable surmonte le temps et devient
connaissance. L'amour fidèle de Dieu qui révèle la foi constitue
une vérité dont le coeur est la rencontre du Christ incarné, venu
à nous pour offrir sa grâce et nous convertir. Puis il est question
du dialogue entre foi et raison, particulièrement important lorsque
la vérité du monde est souvent réduite à un réel subjectif.
Faisant peur, la simple vérité est perçue comme une imposition
intransigeante, alors qu'elle est l'amour de Dieu qui lui ne s'impose
pas par la violence et n'écrase personne comme le fait le
totalitarisme. La foi n'est pas intransigeante et le croyant ne peut
être arrogant mais porteur humble d'une conviction qui respecte
l'autre. Ainsi la foi porte-t-elle au dialogue en tout, dans la
science où elle réveille le sens critique et attise la raison face
à la splendeur de la création, mais aussi dans la culture, dans le
dialogue inter-religieux et avec les incroyants ou qui s'efforcent
d'agir comme si Dieu existait... Eux aussi sont en recherche de cette
lumière et pratiquent le bien. Connaître Dieu sans la foi est
impossible. La théologie enseigne que Dieu n'est pas un objet mais
un sujet qui se fait connaître. La théologie, qui participe à
cette connaissance, doit être mise au service de la foi des
chrétiens. Quant au magistère ecclésial, il ne doit pas dicter de
limite à la liberté théologique mais en être un élément
constitutif assurant le lien avec la Parole.
Le
troisième chapitre ("Je vous transmets ce que j'ai reçu")
traite de l'importance de l'évangélisation. Qui s'est ouvert à
l'amour de Dieu ne peut le garder pour lui. La lumière de Jésus
brille pour les chrétiens qui doivent la transmettre comme un
flambeau qui en allume d'autres de génération en génération, tout
au long d'une chaîne de témoins de la foi. Ceci implique un lien
étroit entre foi et mémoire car la foi n'est pas une option
personnelle. Dieu nous unit tous dans le temps en nous rendant
contemporains de Jésus. On ne peut croire seul d'autant que la foi
s'ouvre à chacun au sein de la communauté qu'est l'Eglise. Qui
croit n'est par conséquent jamais seul. Notre ego s'élargit pour
générer de nouveaux liens de vie. Le moyen particulier de
transmission de la foi restent les sacrements, qui communiquent une
mémoire incarnée. Le baptême, des enfants comme des adultes, et le
catéchuménat ne peuvent être accomplis seuls. La foi n'est pas un
acte individuel et isolé mais une démarche accomplie dans la
communion ecclésiale. Personne ne saurait se baptiser, ni confesser
la foi par soi même. L'enfant a besoin du soutien de la famille qui
lui transmet la foi et des parrains dont le geste montre la synergie
existant entre l'Eglise et la cellule familiale. Et puis
l'Eucharistie est la nourriture indispensable de la foi, un acte de
mémoire actualisant le mystère conduisant du monde visible au monde
invisible. Le Credo implique le croyant dans la vérité qu'il
confesse, tandis que le Pater permet au chrétien de commencer à
voir avec les yeux du Christ, et que le Décalogue permet en réalité
d'entrer pratiquement en dialogue avec Dieu. Loin d'être une série
de préceptes négatifs il permet d'embrasser la divine miséricorde
et d'engager un chemin de gratitude vers la pleine communion avec
Dieu. La foi est une car Dieu est un, Elle s'adresse à un Seigneur
unique et offre une unité de vision que l'Eglise partage comme seul
corps et seul esprit. Mais la foi doit aussi être confessée dans
sa pureté et dans son intégrité. Il en va de l'unité de l'Eglise
car enlever quoi que ce soit à la foi serait le retrancher de la
vérité de communion. Et puis l'unité de la foi étant celle d'un
organisme vivant, elle démontre sa catholicité, une universalité
éclairante capable d'exprimer au mieux le cosmos et l'histoire. En
outre cette unité est garantie par la succession apostolique.
Le
quatrième chapitre ("Dieu prépare pour eux une cité")
explique le lien qu'il y a entre foi et bien général, qui tend à
la constitution d'un meilleur espace de vie de l'homme et des autres
espèces. La foi renforce la solidarité entre les êtres humains et
les met au service de la justice, du droit et de la paix. Elle
n'éloigne pas du monde et des nécessités de l'homme, d'autant que
sans l'amour fidèle de Dieu l'unité de l'humanité ne se fonderait
que sur l'utilité, l'intérêt ou la peur. A l'inverse la foi, qui
tend à l'harmonie des rapports humains et à leur finalité en Dieu,
nous met tous au service du bien général. Elle est un bien de tous
pour tous, qui ne sert pas seulement à préparer l'Au-delà mais à
édifier la société terrestre en marche vers l'espérance. Au
premier plan des structures qu'éclaire la foi il y a la famille
fondée sur le mariage, union stable d'un homme et d'une femme, née
de la valeur de la différence sexuelle et vivant de l'amour qui
vient de Dieu. En reconnaissant un amour éternel, la famille
reconnaît celui du Créateur qui porte à enfanter. A propos ensuite
des jeunes, le document parle des JMJ qui leur permettent d'exprimer
la joie de la foi et l'engagement à la vivre généreusement. Les
jeunes veulent une vie de qualité et leur rencontre du Christ leur
offre une espérance qui ne les décevra pas. La foi n'est pas le
refuge de personnes timorées mais une dilatation de la vie. Ainsi
dans les rapports sociaux la foi permet-elle aux enfants de Dieu de
donner une signification nouvelle à une fraternité universelle qui
n'est pas une simple égalité mais l'expérience de la paternité de
Dieu et la perception de la dignité de toute personne. La foi enfin
aide à trouver des moyens de respecter la nature, de trouver des
modèles de développement respectueux, échappant à l'utilitarisme
et au profit. Oeuvre de Dieu, la nature doit être perçue comme un
don à utiliser pour le bien de tous. Il faut donc trouver une bonne
gestion au service de l'humanité entière et capable de dépasser
tout esprit conflictuel. Lorsque la foi fait défaut les fondements
mêmes de la vie communautaires sont à risque. Si la foi en Dieu est
écartée de la société nous perdrons notre confiance en nous, et
si l'on est pas unis dans la confiance on le sera dans la peur. D'où
l'impérative nécessité de confesser publiquement Dieu pour
éclairer la vie de la famille humaine. Quant à la question de la
souffrance et de la mort, le chrétien sait qu'elles ne peuvent être
éliminées. Mais il sait aussi qu'elles ont un sens lorsqu'on s'en
remet à la volonté de Dieu, en en faisant des étapes de croissance
dans la foi. Dieu ne fournit pas une explication complète à qui
souffre, mais sa présence et son accompagnement qui ouvre un passage
des ténèbres vers la lumière. En cela la foi rejoint l'espérance.
Et de revenir sur la recommandation du Pape à ne jamais se laisser
voler l'espérance en permettant des solutions immédiates sans
issue.
La
conclusion de l'encyclique ("Bienheureuse celle qui a cru")
est une invitation à suivre Marie, l'icône parfaite de la foi. Mère
de Jésus elle a conçu la foi et la joie. Prions la afin de ne
jamais oublier que le croyant n'est jamais seul, et pour qu'elle nous
enseigne à voir avec les yeux de Jésus.
PRESENTATION DE L'ENCYCLIQUE DU PAPE FRANCOIS
Cité
du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). La première encyclique du Pape
François intitulée Lumen Fidei a été présentée ce matin par
Mgr.Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la
doctrine de la foi, le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la
Congrégation pour les évêques, et Mgr.Rino Fisichella, Président
du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.
Mgr.Müller,
a suivi dans sa présentation les quatre parties de l'encyclique, qui
sont comme les quatre tableaux d’un unique retable. Dans la
première partie, de la foi d’Abraham, l’homme qui, dans la voix
de Dieu, reconnaît un appel profond, inscrit depuis toujours au cœur
de son être, on passe à la foi du peuple d’Israël...qui est un
passage constant de la tentation à l’incrédulité et de
l’adoration des idoles, œuvre des mains de l’homme, à la
confession des bienfaits de Dieu et à l’accomplissement progressif
de ses promesses. Et ce jusqu’à l’histoire de Jésus, compendium
du salut, dans lequel toutes les lignes de l’histoire d’Israël
se rassemblent et se concentrent. Avec Jésus,
nous pouvons dire définitivement que nous avons reconnu l’amour
que Dieu a pour nous, et nous y avons cru, parce qu’il est la
pleine manifestation de la fiabilité de Dieu".
Dans
sa seconde partie, "l’encyclique pose avec force la question
de la vérité comme se situant au cœur de la foi. La foi concerne
donc également la connaissance de la réalité, elle est un
événement cognitif. La foi, sans la vérité, ne sauve pas, elle
reste un beau conte, ou bien elle se réduit à un beau sentiment...
La foi, en nous ouvrant à l’amour qui vient de Dieu, transforme
notre manière de voir les choses, dans la mesure où l’amour même
porte une lumière... L’amour est authentique quand il nous relie à
la vérité et la vérité elle-même nous attire à elle avec la
force de l’amour. Cette découverte de l’amour comme source de
connaissance, qui appartient à l’expérience originelle de tout
homme, nous est témoignée précisément dans la conception biblique
de la foi, et est un des points d’insistance les plus beaux et les
plus importants de cette encyclique... La foi nous
aide donc à pénétrer en profondeur aux fondements du réel. En ce
sens, on peut comprendre à quel niveau la lumière de la raison est
en mesure d’éclairer les questions de notre temps sur la vérité,
c’est à dire les grandes questions qui montent du cœur humain en
face de la réalité entière, aussi bien devant ses beautés que
devant ses drames... N'entendant pas résumer la troisième et
la quatrième partie de l’encyclique, je voudrais seulement attirer
l'attention sur certains points qui, à mon avis, sont
particulièrement importants. Avant tout en ce qui concerne le lieu
génétique de la foi, laquelle, si elle est un événement touchant
intimement la personne, n’enferme pas le je dans un face à face
isolé et isolant avec Dieu. En effet, elle naît d’une rencontre
qui se produit dans l’histoire et se transmet… par contact, de
personne à personne, comme une flamme s’allume à une autre
flamme... Il me tient également à cœur de
rappeler une citation tirée des Sermons de saint Léon le Grand: Si
la foi n’est pas une, elle n’est pas la foi. Nous vivons en effet
dans un monde qui, nonobstant toutes ses connexions et
globalisations, est fragmenté et sectionné en beaucoup de mondes
qui, bien qu’étant en communication, sont souvent et volontiers
autonomes, en conflit l’un par rapport à l’autre. L’unité de
la foi est pour cette raison le bien précieux que le Saint-Père et
ses confrères évêques sont invités à témoigner, à alimenter et
à garantir, comme les prémices d’une unité qui veut s’offrir
comme don au monde entier... Enfin une dernière suggestion,
reprise littéralement du texte, en sa quatrième partie. S’il est
vrai que la foi authentique remplit de joie et est un épanouissement
de la vie, voilà un rappel qui rapproche concrètement le Pape
François et Benoît XVI. La lumière de la foi ne nous fait pas
oublier les souffrances du monde, mais nous ouvre à une présence
qui accompagne, à une histoire de bien qui s’unit à chaque
histoire de souffrance pour ouvrir en elle une trouée de lumière...
Bref, Lumen Fidei veut réaffirmer de manière nouvelle que la foi en
Jésus-Christ est un bien pour l’homme, elle est un bien pour tous,
elle est un bien commun. Sa lumière n’éclaire pas seulement
l’intérieur de l’Eglise et ne sert pas seulement à construire
une cité éternelle dans l’au-delà. Elle nous aide aussi à
édifier nos sociétés, afin que nous marchions vers un avenir
rempli d’espérance".
Puis
le Cardinal Ouellet a d'abord souligné que Lumen Fidei "raconte
la foi comme une expérience de communion, de dilatation du moi et de
solidarité dans la marche de l’Eglise avec le Christ pour le salut
de l’humanité... Objectivement, la lumière de la foi oriente le
sens de la vie, elle réconforte et console les cœurs inquiets et
meurtris, mais elle engage aussi les croyants à servir le bien
commun de l’humanité par l’annonce et le partage authentique de
la grâce reçue de Dieu... Subjectivement, la foi est une ouverture
à l’amour du Christ, un accueil, l’entrée dans une relation qui
élargit le je aux dimensions d’un nous qui n’est pas seulement
humain, dans l’Eglise, mais qui est proprement divin, c'est à dire
une participation authentique au nous du Père et du Fils dans
l'Esprit... De ce nous trinitaire qui se prolonge dans le nous
ecclésial, l’encyclique enchaîne tout naturellement avec le nous
de la famille qui est le lieu par excellence de la transmission de la
foi... D’autre part, il existe de profondes affinités entre la foi
et l’amour définitif que se promettent l’homme et la femme qui
se marient... L’encyclique ajoute un développement remarquable sur
la pertinence de la foi pour la vie en société, pour l’édification
de la cité dans la justice et la paix, grâce au respect de chaque
personne et de sa liberté, grâce aux ressources de compassion et de
réconciliation qu’elle offre pour le soulagement des souffrances
et la résolution des conflits... La tendance à confiner la foi au
domaine de la vie privée se trouve ici réfutée pacifiquement, mais
d’une façon décisive. Beaucoup d’aspects développés dans les
encycliques de Benoît XVI sur la charité et l’espérance trouvent
leur complément dans cette mise en lumière de la foi comme
communion et service du bien commun... En conclusion, cette
encyclique contemple Marie, la figure par excellence de la foi, celle
qui a écouté la Parole et l’a gardée dans son cœur, celle qui a
suivi Jésus et qui s’est laissée transformer".
Quant
à Mgr.Fisichella, il a insisté sur l'expression "Qui croit
voit", pouvant "résumer tout l'enseignement du Pape
François contenu dans une encyclique qui repose sur le binôme
lumière amour. Il s'agit d'un cheminement que le Pape propose à
l'Eglise afin de retrouver sa fonction missionnaire... En exposant la
foi, le texte se concentre sur l'essentiel de l'Eglise et du croyant,
c'est à dire sur l'Incarnation, la mort et la résurrection du Fils
de Dieu, et sur sa révélation de l'amour absolu... La foi naît de
l'amour, ce qui établit un rapport indivisible entre la connaissance
de foi et la connaissance d'amour même si l'amour détient un primat
indiscutable. La lumière de la foi est contenue dans celle de
l'amour... L'encyclique porte symboliquement la date du 29 juin, fête
des apôtres premiers témoins de la foi à Rome, dans cette ville où
le Successeur de Pierre a le devoir de confirmer ses frères dans
l'unité de la foi... Il avait plusieurs fois été demandé à
Benoît XVI de rédiger une encyclique sur la foi pour compléter un
triptyque avec Deus Caritas Est et Spe Salvi... Surmontant sa
réticence dans la perspective de la clôture de l'Année de la foi,
il entreprit une rédaction inachevée et aujourd'hui proposée par
le Pape François sous la forme d'un programme... Lumen Fidei reprend
donc plusieurs thèmes du magistère de Benoît XVI tout en étant
pleinement un texte du Pape François, dont on retrouve le style fait
d'image et de formules directes... En résumé on y retrouve trois
verbes employés par le Saint-Père dans son discours aux Cardinaux
ayant suivi son élection: Cheminer, bâtir, confesser. Ils en sont
les clefs de lecture d'une encyclique qui se place parfaitement dans
le contexte de l'Année de la foi, du cinquantenaire de Vatican II et
du vingtième anniversaire du Catéchisme de l'Eglise catholique.
Vatican II, écrit le Pape, fut un concile sur la foi...destiné à
replacer de manière compréhensible et croyable le primat de Dieu au
centre de la vie ecclésiale dans une société et une culture
changées. Quant au Catéchisme, il constitue un outil efficace pour
que l'Eglise accomplisse sa mission... Et à son propos le Pape
François souligne la valeur fondamentale du Credo...qui permet de
voir la foi comme une réalité majeure de la vie des croyants, trop
souvent analphabètes des contenus de la foi chrétienne... En somme,
qui croit est appelé à vivre avec responsabilité face au monde, à
la nature et à la société... L'encyclique revêt aussi une forte
connotation pastorale...car le Saint-Père sait traduire les délicats
points théologiques au moyen de formules qui aident la réflexion
des fidèles et la catéchèse... Personne ne devrait donc craindre
d'envisager de grands idéaux et de tendre à leur réalisation. La
foi et l'amour, qui sont leurs premiers devoirs en un temps de
faiblesse culturelle, sonnent comme un défi et une provocation qui
nous interpellent".
STATUE DE L'ARCHANGE MICHEL
Cité
du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Ce matin dans la cour du palais du
Governorat, le Saint-Père a procédé, en présence de Benoît XVI,
à la bénédiction d'un statue de l'archange Michel (oeuvre de
Giuseppe Antonio Lomuscio) et à la consécration de l'Etat de la
Cité du Vatican à saint Joseph et à saint Michel. Après les
interventions du Cardinal Giuseppe Bertello, Président du Governorat
et de son prédécesseur le Cardinal Lajolo, le Pape François a
rappelé que les jardins vaticans abritent nombre d'oeuvres d'art,
auxquelles s'ajoute désormais une statue qui brillera par
l'emplacement qu'elle occupera et par ce qu'elle représente. Il ne
s'agit pas en effet d'un monument commémoratif mais d'une invitation
à la prière, qui prend parfaitement place dans l'Année de la foi.
Michel signifie semblable à Dieu, son champion, le porteur de sa
transcendance et de sa puissance, le défenseur du peuple de Dieu
contre ses ennemis et le Diable au premier chef. Il est vainqueur car
en lui c'est Dieu qui agit. Cette sculpture doit nous rappeler que le
mal sera vaincu... Dans les épreuves de la vie nous ne sommes pas
abandonnés mais soutenus par les anges de Dieu, qui nous aident à
surmonter tant de périls et à dominer une réalité qui pourrait
nous rabattre vers le bas. En lui consacrant l'Etat de la Cité du
Vatican, nous demandons à l'archange Michel de le défendre du
Malin, de l'en faire sortir". Après quoi, il a récité la
prière de consécration à Joseph et à Michel, béni la statue et
l'assistance.
PROMULGATION DE DECRETS
Cité
du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a reçu le
Cardinal Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les
causes des saints, autorisant la promulgation des décrets relatifs
aux:
MIRACLES
attribués à l'intercession
du
bienheureux Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyla), évêque polonais et
Souverain Pontife (1920 - 2005).
du
serviteur de Dieu Alvaro del Portillo y Diez de Sollano, évêque
espagnol, Prélat de l'Opus Dei (1914 - 1994).
de
la servante de Dieu Esperanza de Jesús (María Josefa Alhama
Valera), religieuse espagnole fondatrice des Servantes de l'Amour
miséricordieux et des Fils de l'Amour miséricordieux (1893 -
1983).
MARTYRE
du
serviteur de Dieu José Guardiet y Pujol, prêtre espagnol tué en
haine de la foi le 3 août 1936.
du
serviteur de Dieu Mauricio Íñiguez de Heredia, religieux espagnol,
et ses 23 compagnons hospitaliers de St.Jean de Dieu, tués en haine
de la foi en 1936 ou 1937.
du
serviteur de Dieu Fortunato Velasco Tobar, prêtre espagnol, et ses
13 compagnons de la Congrégation de la Mission, tués en haine de la
foi entre 1934 et 1936.
de
la servante de Dieu María Asunción (Juliana González Trujillano),
religieuse espagnole, et ses 2 consoeurs Franciscaines missionnaires
de la Mère du divin Pasteur, tuées en haine de la foi en 1936.
VERTUS
HEROIQUES
du
serviteur de Dieu Nicola D'Onofrio, prêtre italien de l'ordre des
Camilliens (1943 - 1964).
du
serviteur de Dieu Bernard Philippe, religieux français (Jean
Fromental Cayroche), Frère des Ecoles chrétiennes et fondateur des
Guadalupanes de La Salle (1895 - 1978).
de
la servante de Dieu Maria Isabel da Santíssima Trinidade, veuve et
religieuse portugaise (Maria Isabel Picão Caldeira), fondatrice des
Conceptionistes (1889 - 1962).
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Le
Cardinal Ennio Antonelli.
Le
Cardinal Fiorenzo Angelini.
RESUME DE L'ENCYCLIQUE LUMEN FIDE
I
Cité
du Vatican, 5 juillet 2013 (VIS). Voici un résumé de la première
encyclique du Pape François intitulée Lumen Fidei (la lumière de
la foi), publiée ce matin:
Ce
texte, qui s'articule en une introduction, quatre chapitres et une
conclusion, est en réalité l'encyclique presque achevée de Benoît
XVI sur la foi, à laquelle le Pape François a apporté sa propre
contribution.
L'introduction
expose les buts et, tout particulièrement, la nécessité de
redécouvrir le caractère lumineux de la foi, qui éclaire
l'existence, aide l'homme à distinguer le bien du mal alors que la
foi est souvent perçue comme une illusion, un saut dans l'inconnu
qui entrave la liberté de la personne. En cette Année de la foi et
en ce cinquantième anniversaire de Vatican II, "un concile sur
la foi", il convenait de raviver une large perception de la foi,
confessée dans son unité et son intégrité. Il ne s'agit pas d'un
préjugé acquis mais d'un don de Dieu qu'il faut nourrir et
renforcer. Qui croit, voit! Car la lumière de la foi, qui vient de
Dieu, éclaire toute l'existence humaine. Elle vient du souvenir de
la vie de Jésus et ouvre un vaste horizon.
Le
premier chapitre ("Nous avons cru en l'amour"), en évoquant
Abraham, explique comment l'écoute de la Parole est appelée à
sortir de notre ego pour s'ouvrir à la vie nouvelle promise, rendant
ainsi possible dans l'espérance la poursuite de notre cheminement.
Mais la foi est liée à la paternité, parce que le Dieu qui nous
appelle n'est pas un étranger mais un père, source de bonté,
origine de toute chose et soutien de chacun. Dans l'histoire
d'Israël, la foi est opposée à l'idolâtrie, qui détourne
l'homme, le retient prisonnier de ses pulsions et le prive de
l'attente de la promesse. La foi est quant à elle la confiance en
l'amour miséricordieux de Dieu, qui accueille et pardonne toujours,
qui redresse les faux pas de nos vies. Elle est la disponibilité à
se laisser transformer au simple appel de Dieu, un don gratuit qu'il
nous fait et qui demande le courage et l'humilité de se confier pour
découvrir le chemin lumineux de rencontre entre Dieu et les hommes
qu'est l'histoire du salut. Le paradoxe de la foi est l'adresse
perpétuelle à Dieu qui stabilise l'homme et l'éloigne des idoles.
Puis le texte s'attarde sur la figure de Jésus médiateur, qui nous
ouvre à une vérité plus grande, à la manifestation de l'amour de
Dieu comme fondement de la foi. La foi se renforce de la méditation
sur la mort de Jésus, qui révèle son inébranlable amour de
l'homme. Ressuscité, il devient un témoin digne de foi par lequel
Dieu oeuvre dans l'histoire et en détermine le destin final.
L'aspect décisif de la foi en Jésus est de participer à sa manière
de voir. La foi regarde Jésus mais aussi son point de vue. De même
dans la vie où nous faisons confiance à qui en sait plus que nous,
pour la foi c'est Jésus qui nous explique Dieu. Nous croyons Jésus
lorsque nous acceptons sa parole, nous croyons en lui lorsque nous
l'intégrons à notre vie et nous confions à lui. Son incarnation
fait que la foi ne nous détache pas de la réalité, qu'elle nous en
fait percevoir toute la signification. L'homme se sauve grâce à la
foi, car il s'ouvre à un amour qui le précède et le transforme
intérieurement. Par cette action de l'Esprit le chrétien porte son
regard sur Jésus, ses sentiments et sa disposition filiale. Sans
cette présence on ne saurait confesser le Seigneur. La foi devient
existence ecclésiale car elle se confesse en communion, entre
croyants au sein de l'Eglise. Sans perdre leur identité, les
chrétiens sont un au service d'autrui et chacun y gagne son être
propre. La foi n'est pas un fait privé, un concept individuel ou une
opinion, mais une écoute commune qui devient annonce.
Le
second chapitre ("Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez
pas") expose le lien étroit existant entre foi et vérité.
Sans la vérité, la foi ne sauve pas! Elle demeure une fable
projetant notre désir de bonheur. Nous vivons une crise de la vérité
qui rend nécessaire le rappel de ce lien, d'autant que la culture
dominante ne tend qu'à croire en la réalité technologique, en ce
que l'homme parvient à construire et mesurer par la science. Ce qui
fonctionne serait vérité, valable pour un tel et non au service du
bien général. La vérité qui explique toute vie est vue avec
suspicion. La grande vérité n'est pas celle qui fut à la base des
totalitarismes du siècle dernier, le grand oubli du monde
contemporain qui, à l'avantage du relativisme et du fanatisme écarte
la question que posent la vérité, la vie et Dieu. Ensuite le texte
souligne le lien entre foi et amour, non l'amour vagabond mais celui
de Dieu qui transforme et permet de voir le réel sous un autre jour.
Si la foi leur est liée, la vérité et l'amour ne sauraient être
séparés. L'amour véritable surmonte le temps et devient
connaissance. L'amour fidèle de Dieu qui révèle la foi constitue
une vérité dont le coeur est la rencontre du Christ incarné, venu
à nous pour offrir sa grâce et nous convertir. Puis il est question
du dialogue entre foi et raison, particulièrement important lorsque
la vérité du monde est souvent réduite à un réel subjectif.
Faisant peur, la simple vérité est perçue comme une imposition
intransigeante, alors qu'elle est l'amour de Dieu qui lui ne s'impose
pas par la violence et n'écrase personne comme le fait le
totalitarisme. La foi n'est pas intransigeante et le croyant ne peut
être arrogant mais porteur humble d'une conviction qui respecte
l'autre. Ainsi la foi porte-t-elle au dialogue en tout, dans la
science où elle réveille le sens critique et attise la raison face
à la splendeur de la création, mais aussi dans la culture, dans le
dialogue inter-religieux et avec les incroyants ou qui s'efforcent
d'agir comme si Dieu existait... Eux aussi sont en recherche de cette
lumière et pratiquent le bien. Connaître Dieu sans la foi est
impossible. La théologie enseigne que Dieu n'est pas un objet mais
un sujet qui se fait connaître. La théologie, qui participe à
cette connaissance, doit être mise au service de la foi des
chrétiens. Quant au magistère ecclésial, il ne doit pas dicter de
limite à la liberté théologique mais en être un élément
constitutif assurant le lien avec la Parole.
Le
troisième chapitre ("Je vous transmets ce que j'ai reçu")
traite de l'importance de l'évangélisation. Qui s'est ouvert à
l'amour de Dieu ne peut le garder pour lui. La lumière de Jésus
brille pour les chrétiens qui doivent la transmettre comme un
flambeau qui en allume d'autres de génération en génération, tout
au long d'une chaîne de témoins de la foi. Ceci implique un lien
étroit entre foi et mémoire car la foi n'est pas une option
personnelle. Dieu nous unit tous dans le temps en nous rendant
contemporains de Jésus. On ne peut croire seul d'autant que la foi
s'ouvre à chacun au sein de la communauté qu'est l'Eglise. Qui
croit n'est par conséquent jamais seul. Notre ego s'élargit pour
générer de nouveaux liens de vie. Le moyen particulier de
transmission de la foi restent les sacrements, qui communiquent une
mémoire incarnée. Le baptême, des enfants comme des adultes, et le
catéchuménat ne peuvent être accomplis seuls. La foi n'est pas un
acte individuel et isolé mais une démarche accomplie dans la
communion ecclésiale. Personne ne saurait se baptiser, ni confesser
la foi par soi même. L'enfant a besoin du soutien de la famille qui
lui transmet la foi et des parrains dont le geste montre la synergie
existant entre l'Eglise et la cellule familiale. Et puis
l'Eucharistie est la nourriture indispensable de la foi, un acte de
mémoire actualisant le mystère conduisant du monde visible au monde
invisible. Le Credo implique le croyant dans la vérité qu'il
confesse, tandis que le Pater permet au chrétien de commencer à
voir avec les yeux du Christ, et que le Décalogue permet en réalité
d'entrer pratiquement en dialogue avec Dieu. Loin d'être une série
de préceptes négatifs il permet d'embrasser la divine miséricorde
et d'engager un chemin de gratitude vers la pleine communion avec
Dieu. La foi est une car Dieu est un, Elle s'adresse à un Seigneur
unique et offre une unité de vision que l'Eglise partage comme seul
corps et seul esprit. Mais la foi doit aussi être confessée dans
sa pureté et dans son intégrité. Il en va de l'unité de l'Eglise
car enlever quoi que ce soit à la foi serait le retrancher de la
vérité de communion. Et puis l'unité de la foi étant celle d'un
organisme vivant, elle démontre sa catholicité, une universalité
éclairante capable d'exprimer au mieux le cosmos et l'histoire. En
outre cette unité est garantie par la succession apostolique.
Le
quatrième chapitre ("Dieu prépare pour eux une cité")
explique le lien qu'il y a entre foi et bien général, qui tend à
la constitution d'un meilleur espace de vie de l'homme et des autres
espèces. La foi renforce la solidarité entre les êtres humains et
les met au service de la justice, du droit et de la paix. Elle
n'éloigne pas du monde et des nécessités de l'homme, d'autant que
sans l'amour fidèle de Dieu l'unité de l'humanité ne se fonderait
que sur l'utilité, l'intérêt ou la peur. A l'inverse la foi, qui
tend à l'harmonie des rapports humains et à leur finalité en Dieu,
nous met tous au service du bien général. Elle est un bien de tous
pour tous, qui ne sert pas seulement à préparer l'Au-delà mais à
édifier la société terrestre en marche vers l'espérance. Au
premier plan des structures qu'éclaire la foi il y a la famille
fondée sur le mariage, union stable d'un homme et d'une femme, née
de la valeur de la différence sexuelle et vivant de l'amour qui
vient de Dieu. En reconnaissant un amour éternel, la famille
reconnaît celui du Créateur qui porte à enfanter. A propos ensuite
des jeunes, le document parle des JMJ qui leur permettent d'exprimer
la joie de la foi et l'engagement à la vivre généreusement. Les
jeunes veulent une vie de qualité et leur rencontre du Christ leur
offre une espérance qui ne les décevra pas. La foi n'est pas le
refuge de personnes timorées mais une dilatation de la vie. Ainsi
dans les rapports sociaux la foi permet-elle aux enfants de Dieu de
donner une signification nouvelle à une fraternité universelle qui
n'est pas une simple égalité mais l'expérience de la paternité de
Dieu et la perception de la dignité de toute personne. La foi enfin
aide à trouver des moyens de respecter la nature, de trouver des
modèles de développement respectueux, échappant à l'utilitarisme
et au profit. Oeuvre de Dieu, la nature doit être perçue comme un
don à utiliser pour le bien de tous. Il faut donc trouver une bonne
gestion au service de l'humanité entière et capable de dépasser
tout esprit conflictuel. Lorsque la foi fait défaut les fondements
mêmes de la vie communautaires sont à risque. Si la foi en Dieu est
écartée de la société nous perdrons notre confiance en nous, et
si l'on est pas unis dans la confiance on le sera dans la peur. D'où
l'impérative nécessité de confesser publiquement Dieu pour
éclairer la vie de la famille humaine. Quant à la question de la
souffrance et de la mort, le chrétien sait qu'elles ne peuvent être
éliminées. Mais il sait aussi qu'elles ont un sens lorsqu'on s'en
remet à la volonté de Dieu, en en faisant des étapes de croissance
dans la foi. Dieu ne fournit pas une explication complète à qui
souffre, mais sa présence et son accompagnement qui ouvre un passage
des ténèbres vers la lumière. En cela la foi rejoint l'espérance.
Et de revenir sur la recommandation du Pape à ne jamais se laisser
voler l'espérance en permettant des solutions immédiates sans
issue.
La
conclusion de l'encyclique ("Bienheureuse celle qui a cru")
est une invitation à suivre Marie, l'icône parfaite de la foi. Mère
de Jésus elle a conçu la foi et la joie. Prions la afin de ne
jamais oublier que le croyant n'est jamais seul, et pour qu'elle nous
enseigne à voir avec les yeux de Jésus.
jeudi 4 juillet 2013
VISITE DU PRESIDENT DU CONSEIL ITALIEN
Cité
du Vatican, 4 juillet 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le
Président du Conseil italien M.Enrico Letta, qui s'est ensuite
entretenu avec le Cardinal Secrétaire d'Etat et le Secrétaire pour
les rapports avec les états. Les entretiens ont porté sur la
situation sociale et les principales difficultés rencontrées par
les citoyens et les institutions du pays comme de l’Union
européenne, et en particulier sur les mesures destinées à créer
et protéger les emplois, spécialement pour les jeunes. La
contribution active des familles italiennes et des institutions de
l’Eglise ont été reconnues en ce qu’elles continuent de fournir
au pays sa stabilité. Quelques aspects de politique internationale
ont aussi été abordés avec une attention particulière à
l’évolution du contexte civil et institutionnel des pays du bassin
méditerranéen et du Proche Orient. Enfin, les parties se sont dites
convaincues de la nécessité de continuer leur collaboration pour le
progrès de la nation italienne et pour le bien de la communauté
internationale.
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