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lundi 3 mars 2014

JEUNESSE ET BONNE GESTION DE L'UTOPIE

Ci du Vatican, 1 mars 2014 (VIS). Au cours de l'audience aux participants à l'assemblée plénière de la Commission pontificale pour l'Amérique latine qui a eu lieu hier, 28 février, le Pape François, en plus de son discours rédigé a improvisé. Voici un résumé de ce qu'il a dit à ses hôtes: "Transmission de la foi, priorité éducative... S'il y a une priorité éducative pour la transmission de la foi, c'est de savoir comment traiter le sujet de la catéchèse à la jeunesse à partir d'une perspective, disons, de théologie fondamentale. C'est-à-dire quels sont les fondements anthropologiques qui existent aujourd'hui dans la transmission de la foi, qui font que pour la jeunesse d'Amérique latine, cela soit une priorité éducative... Le premier critère de l'éducation est qu'éduquer c'est...transmettre des contenus, des habitudes et le sens des valeurs, ces trois choses ensemble. Pour transmettre la foi, il faut créer l'habitude d'une conduite... Si nous cherchons à transmettre la foi avec seulement des contenus, cela restera superficiel ou idéologique, sans racines... C'est important... Transmettre à la jeunesse...la bonne gestion de l'utopie. En Amérique latine, nous avons eu l'expérience d'une gestion pas du tout équilibrée de l'utopie et qui en quelque endroit, dans quelques endroits, pas partout, à un certain moment nous a emporté. Dans le cas de l'Argentine au moins nous savons combien de jeunes de l'Action catholique, à cause d'une mauvaise éducation de l'utopie, ont fini dans la guérilla des années 70... Savoir conduire et aider à faire grandir l'utopie d'un jeune est une richesse. Un jeune sans utopie est un vieux précoce qui a vieilli avant l'heure. Comment puis-je faire pour que ce désir qu'a un jeune homme, cette utopie, l'amène à une rencontre avec Jésus-Christ? C'est tout un parcours qu'il faut faire".

"Une utopie chez un jeune grandit bien si elle est accompagnée de mémoire et de discernement. L'utopie regarde l'avenir, la mémoire regarde le passé et le présent se discerne. Le jeune doit recevoir la mémoire et planter, enraciner cette utopie dans cette mémoire... D'où mon insistance...sur la rencontre des personnes âgées et des jeunes... Des évêques de pays en crise où le chômage des jeunes est élevé, me disaient qu'une partie de la solution pour les jeunes tenait au fait que ce sont les grands-parents qui les entretiennent. Ils se retrouvent avec leurs grands-parents. Les grands parents ont leur retraite, alors ils quittent leur maison de repos, reviennent en famille et en plus apportent leur mémoire, cette rencontre... Ce phénomène de la rencontre des jeunes avec leurs grands-parents a conservé la foi dans les pays de l'est au cours de toute l'époque communiste parce que les parents ne pouvaient pas aller à l'Eglise... Cette rencontre des enfants et des jeunes avec les grands-parents est décisive pour recevoir la mémoire d'un peuple et le discernement sur le présent... Etre des maîtres du discernement, des conseillers spirituels. C'est ici qu'est important, par rapport à la transmission de la foi des jeunes, l'apostolat corps à corps. Le discernement sur le présent ne peut se faire sans un bon confesseur, un bon directeur spirituel qui ait la patience de rester des heures et des heures à écouter les jeunes".

"Comme urgence éducative, dans cette transmission de la foi et aussi de la culture, on trouve le problème de la culture du rebut. Aujourd'hui, autours de l'économie implantée dans le monde, avec en son centre le dieu argent et non la personne humaine, tout le reste s'ordonne et ce qui ne rentre pas dans cet ordre est éliminé. On élimine les enfants qui sont de trop, qui dérangent ou dont l'arrivée ne convient pas. Les évêques espagnols me parlaient récemment de la quantité d'avortements, leur nombre, je suis resté sans voix... Dans certains pays d'Amérique latine existe l'euthanasie cachée...parce que les aides sociales paient jusqu'à un certain point, pas plus, et les pauvres petits vieux s'arrangent".

"Aujourd'hui, le système mondial fait face à quantité de jeunes à qui il faut trouver du travail... le pourcentage du chômage des jeunes est très haut. Nous avons une génération de jeunes qui n'a pas l'expérience de la dignité. Non pas qu'ils ne mangent pas, parce que leurs grands-parents leur donnent à manger, ou la paroisse... Le pain, il le mange, mais sans la dignité de le gagner et de le ramener à la maison... Dans cette culture du rebut, nous voyons des jeunes qui ont plus que jamais besoin de nous...parce que le jeune qui est sans travail voit son utopie anesthésiée ou est sur le point de la perdre, non seulement pour cela mais aussi pour l'urgence de transmettre la foi à une jeunesse qui aujourd'hui est matériel de rebut elle aussi. Et dans cet ordre d'idée... il y a l'avancée de la drogue sur ces jeunes. Ce n'est pas seulement un problème de vice... Comme dans tous les changements d'époque, il y a des phénomènes étranges comme la prolifération des dépendances, la ludopathie a atteint des niveaux extrêmement hauts, mais la drogue est l'instrument de mort des jeunes... Nous sommes en train d'éliminer nos jeunes! Quel est l'avenir? Un devoir: la Traditio Fidei est aussi Traditio Spei, et nous devons la transmettre! La question finale que je voudrais vous laisser est: quand l'utopie tombe dans le désenchantement, qu'apportons nous? L'utopie d'un jeune enthousiaste aujourd'hui est en train de glisser jusqu'au désenchantement. Des jeunes désenchantés auxquels il faut donner foi et espérance".

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