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vendredi 14 décembre 2012

HEUREUX LES ARTISANS DE PAIX

Cite du Vatican, 14 décembre 2012 (VIS). "Heureux les artisans de paix", tel est le titre du message de Benoît XVI (8 décembre)pour la XLVI Journée mondiale de la paix (1 janvier 2013). En voici la version française:

"Chaque année nouvelle porte en elle l’attente d’un monde meilleur. Dans cette perspective, fondée sur la foi, je prie Dieu, Père de l’huma- nité, de nous donner la concorde et la paix afin que puissent se réaliser pour tous les aspirations à une vie heureuse et prospère. A cinquante ans de l’ouverture du Concile Vatican II qui a permis de renforcer la mission de l’Eglise dans le monde, il est encourageant de constater que les chrétiens, peuple de Dieu en communion avec lui et en chemin parmi les hommes, s’engagent dans l’histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses, en annonçant le salut du Christ et promouvant la paix pour tous. Notre temps en effet, marqué par la mondialisation, avec ses aspects positifs et négatifs, mais aussi par des conflits sanglants toujours en cours et par des menaces de guerre, demande un engagement renouvelé et collectif pour la recherche du bien commun, du développement de tous les hommes et de tout l’homme. Les foyers de tension et d’opposition causés par des inégalités croissantes entre riches et pauvres, par la prévalence d’une mentalité égoïste et individualiste qui s’exprime également au travers d’un capitalisme financier sans régulation, nous inquiètent. En plus des différentes formes de terrorisme et de criminalité internationales, les fondamentalismes et les fanatismes qui défigurent la vraie nature de la religion, appelée qu’elle est à favoriser la communion et la réconciliation entre les hommes sont autant de dangers pour la paix. Et pourtant les nombreuses œuvres de paix dont le monde est riche, témoignent de la vocation innée de l’humanité à la paix. En chaque personne, le désir de paix est une aspiration essentielle qui coïncide, d’une certaine façon, avec le désir d’une vie humaine pleine, heureuse et accomplie. En d’autres termes, le désir de paix correspond à un principe moral fondamental, c’est-à-dire au développement intégral, social, communautaire, entendu comme un droit et un devoir, et cela fait partie du dessein de Dieu sur l’homme. L’homme est fait pour la paix qui est don de Dieu. Tout ce qui précède m’a conduit à m’inspirer, pour ce message, des paroles de Jésus-Christ: Heureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu".

La béatitude évangélique. Les Béatitudes proclamées par Jésus sont autant de promesses. Dans la tradition biblique en effet, le genre littéraire correspondant à la béatitude porte toujours en lui-même une bonne nouvelle, c’est-à-dire un évangile, qui culmine en une promesse. Les Béatitudes ne sont donc pas seulement des recommandations morales dont l’observance prévoit, au temps prescrit, temps généralement situé dans l’autre vie, une récompense, c’est-à-dire une situation de bonheur à venir. La béatitude consiste plutôt en l’accomplissement d’une promesse adressée à tous ceux qui se laissent guider par les exigences de la vérité, de la justice et de l’amour. Ceux qui mettent leur foi en Dieu et en ses promesses apparaissent souvent aux yeux du monde naïfs et éloignés de la réalité. Et bien, Jésus leur déclare qu’ils découvriront être fils de Dieu non seulement dans l’autre vie mais déjà en celle-ci et que, depuis toujours et pour toujours, Dieu est pleinement solidaire d’eux. Ils comprendront qu’ils ne sont pas seuls parce qu’il est du côté de ceux qui s’engagent en faveur de la vérité, de la justice et de l’amour. Jésus, révélation de l’amour du Père, n’hésite pas à s’offrir lui-même en sacrifice. Quand on ac- cueille Jésus-Christ, Homme-Dieu, on vit la joyeuse expérience d’un don immense: le partage de la vie même de Dieu, ou encore la vie de la grâce, prémisse d’une existence pleinement heureuse. Jésus-Christ nous donne en particulier la paix véritable qui naît de la rencontre confiante de l’homme avec Dieu.
La béatitude de Jésus dit que la paix est à la fois don messianique et œuvre humaine. En effet, la paix présuppose un humanisme ouvert à la trans- cendance. Il est fruit du don réciproque, d’un enrichissement mutuel, grâce au don qui jaillit de Dieu et permet de vivre avec les autres et pour les autres. L’éthique de la paix est une éthique de la communion et du partage. Il est alors indispensable que les différentes cultures contemporaines dépassent les anthropologies et les éthiques fondées sur des présupposés théorico-pratiques surtout subjectifs et pragmatiques, au nom desquels les relations de cohabitation sont inspirés par des critères de pou- voir ou de profit, où les moyens deviennent des fins et vice versa, où la culture et l’éducation sont seule- ment centrées sur les instruments, sur la technique et sur l’efficience. Le démantèlement de la dictature du relativisme et de l’adoption d’une morale totalement autonome qui interdit la reconnaissance de l’incontournable loi morale naturelle inscrite par Dieu dans la conscience de chaque homme est une condition nécessaire de la paix. La paix est construction d’un vivre ensemble en termes rationnels et moraux, s’appuyant sur un fondement dont la mesure n’est pas créée par l’homme mais par Dieu même. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix, rappelle le Psaume 29.

La paix, don de Dieu et œuvre de l’homme. La paix concerne l’intégrité de la personne humaine et appelle l’implication de tout l’homme. C’est la paix avec Dieu, en vivant selon sa volonté. C’est la paix intérieure avec soi-même et la paix extérieure avec le prochain et avec toute la création. Elle comporte principalement, comme l’a écrit Jean XXIII dans l’encyclique Pacem in Terris dont nous commémorerons dans quelques mois le cinquantième anniversaire, la construction d’un vivre-ensemble fondé sur la vérité, sur la liberté, sur l’amour et sur la justice. La négation de ce qu’est la véritable nature de l’être humain, en ses dimensions essentielles, en sa capacité intrinsèque de connaître le vrai et le bien et, en définitive, Dieu lui-même, met en danger la construction de la paix. Sans la vérité sur l’homme, inscrite en son cœur par le Créateur, la liberté et l’amour s’avilissent, la justice perd le fondement de son exercice. Pour devenir d’authentiques artisans de paix, l’attention à la dimension transcendante est fondamentale comme l’est le dialogue constant avec Dieu, Père miséricordieux, dialogue dans lequel on implore la rédemption que nous a obtenue son Fils unique. Ainsi l’homme peut vaincre ce germe d’affaiblissement et de négation de la paix qu’est le péché en toutes ses formes: égoïsme et violence, avidité et volonté de puissance et de domination, intolérance, haine et structures injustes. La réalisation de la paix dépend avant tout de la reconnaissance d’être, en Dieu, une unique famille humaine. Celle-ci se structure, comme l’a enseigné l’encyclique Pacem in Terris, à travers des relations interpersonnelles et des institutions soutenues et animées par un nous communautaire, impliquant un ordre moral, interne et externe, où sont sincèrement reconnus, selon la vérité et la justice, les droits réciproques et les devoirs correspondants. La paix est un ordre vivifié et structuré par l’amour; ainsi chacun ressent comme siens les besoins et les exigences d’autrui, fait partager ses propres biens aux autres et rend la communion aux valeurs spirituelles toujours plus répandue dans le monde. Cet ordre se réalise dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à la dignité des personnes qui, par leur nature raisonnable elle-même, assument la responsabilité de leurs actes.

La paix n’est pas un rêve, ce n’est pas une utopie: elle est possible. Il faut regarder plus profondément, sous la surface des apparences et des phénomènes, pour distinguer une réalité positive qui existe dans les cœurs parce que tout homme est créé à l’image de Dieu, et appelé à grandir, contribuant à l’édification d’un monde nouveau. Dieu lui-même en effet, par l’incarnation de son Fils et la rédemption qu’il réalise, est entré dans l’histoire, suscitant une nouvelle création et une nouvelle alliance entre Dieu et l’homme, nous donnant la possibilité d’avoir un cœur nouveau et un esprit nouveau. C’est justement pourquoi l’Eglise est convaincue qu’existe la priorité d’une nouvelle annonce de Jésus-Christ, premier et principal facteur du développement intégral des peuples et aussi de la paix. En effet, Jésus est notre paix, notre justice, notre réconciliation. L’artisan de paix, selon la béatitude de Jésus, est celui qui recherche le bien de l’autre, le bien complet de l’âme et du corps, aujourd’hui et demain. De cet enseignement, on peut déduire que toute personne, toute communauté religieuse, civile, éducative et culturelle, est appelée à être artisan de paix. La paix est principalement réalisation du bien commun des différentes sociétés, qu’elles soient primaires ou intermédiaires, nationales, internationales ou mondiale. C’est justement pourquoi on peut dire que les voies de réalisation du bien commun sont aussi celles qu’il importe de parcourir pour obtenir la paix.
Les artisans de paix sont ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie dans son intégralité. Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, considérée dans la variété de ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu’à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions, personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie. Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître? Toute at- teinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement. Il n’est pas juste non plus de codifier de manière sournoise de faux droits ou des abus qui, fondés sur une vision réductrice et relativiste de l’être humain et sur l’utilisation habile d’expressions ambiguës destinées à favoriser un prétendu droit à l’avortement et à l’euthanasie, menacent le droit fondamental à la vie. La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable. Ces principes ne sont ni des vérités de foi ni seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Eglise en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. Cette action est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix. C’est pourquoi la reconnaissance par les ordonnancements juridiques et par l’administration de la justice du droit à l’usage du principe d’objection de conscience face à des lois et à des mesures gouvernementales portant atteintes à la dignité humaine, comme l’avortement et l’euthanasie, est aussi une importante contribution à la paix. Parmi les droits fondamentaux, concernant aussi la vie pacifique des peuples, il y a également celui des particuliers et des communautés à la liberté religieuse. En ce moment de l’histoire, il devient de plus en plus important qu’un tel droit soit promu non seulement du point de vue négatif, comme liberté face, par exemple à des obligations ou des restrictions de la liberté à choisir sa propre religion, mais aussi du point de vue positif, en ses différentes articulations, comme liberté de témoigner de sa propre religion, d’annoncer et de communiquer ses enseignements, d’accomplir des activités éducatives, de bienfaisance et d’assistance qui permettent d’appliquer les préceptes religieux; d’exister et d’agir en tant qu’organismes sociaux, structurés selon les principes doctrinaux et les fins institutionnelles qui leur sont propres. Malheureusement, même dans les pays de vieille tradition chrétienne, se multiplient les épisodes d’intolérance religieuse, en particulier contre le christianisme et contre ceux qui revêtent simplement les signes distinctifs de leur propre religion.

L’artisan de paix doit aussi avoir conscience que de plus en plus de secteurs de l’opinion publique sont touchés par les idéologies du libéralisme radical et de la technocratie qui leur instillent la conviction selon laquelle la croissance économique est à obtenir aussi au prix de l’érosion de la fonction sociale de l’Etat et des réseaux de solidarité de la société civile, ainsi que des droits et des devoirs sociaux. Or, il faut considérer que ces droits et devoirs sont fondamentaux pour la pleine réalisation des autres, à commencer par les droits et les devoirs civiques et politiques. Parmi les droits et les devoirs sociaux aujourd’hui les plus menacés, il y a le droit au travail. Cela est dû au fait que le travail et la juste reconnaissance du statut juridique des travailleurs sont de moins en moins correctement valorisés, parce que le développement économique dépendrait surtout de la pleine liberté des marchés. Le travail est appréhendé comme une variable dépendant des mécanismes économiques et financiers. A ce sujet, je répète ici que la dignité de l’homme, ainsi que la logique économique, sociale et politique, exigent que l’on continue à se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien, pour tous. La réalisation de cet objectif ambitieux a pour condition une appréhension renouvelée du travail, fondée sur des principes éthiques et des valeurs spirituelles de nature à renforcer sa conception en tant que bien fondamental pour la personne, la famille, la société. A ce bien correspondent un devoir et un droit qui exigent des politiques courageuses et novatrices en faveur du travail pour tous.

Construire le bien de la paix par un nouveau modèle de développement et d’économie. De plusieurs côtés, il est reconnu qu’aujourd’hui un nouveau modèle de développement comme aussi un nouveau regard sur l’économie s’avèrent nécessaires. Aussi bien le développement intégral, solidaire et durable, que le bien commun, exigent une échelle correcte de biens-valeurs, qu’il est possible de structurer en ayant Dieu comme référence ultime. Il ne suffit pas d’avoir à disposition de nombreux moyens et de nombreuses opportunités de choix, même appréciables. Autant les multiples biens efficaces pour le développement, que les opportunités de choix doivent être utilisés dans la perspective d’une vie bonne, d’une conduite droite qui reconnaisse le primat de la dimension spirituelle et l’appel à la réalisation du bien commun. Dans le cas contraire, ils perdent leur juste valeur, finissant par s’ériger en nouvelles idoles. Pour sortir de la crise financière et économique actuelle, qui a pour effet une croissance des inégalités, il faut des personnes, des groupes, des institutions qui promeuvent la vie en favorisant la créativité humaine pour tirer, même de la crise, l’occasion d’un discernement et d’un nouveau modèle économique. Le modèle prévalant des dernières décennies postulait la recherche de la maximalisation du profit et de la consommation, dans une optique individualiste et égoïste, tendant à évaluer les personnes seulement par leur capacité à répondre aux exigences de la compétitivité. Au contraire, dans une autre perspective, le succès véritable et durable s’obtient par le don de soi, de ses propres capacités intellectuelles, de son esprit d’initiative, parce que le développement économique vivable, c’est-à-dire authentiquement humain, a besoin du principe de gratuité comme expression de fraternité et de la logique du don. Concrètement, dans l’activité économique, l’artisan de paix se présente comme celui qui instaure avec ses collaborateurs et ses collègues, avec les commanditaires et les usagers, des relations de loyauté et de réciprocité. Il exerce l’activité économique pour le bien commun, vit son engagement comme quelque chose qui va au-delà de son intérêt propre, au bénéfice des générations présentes et futures. Et ainsi, il travaille non seulement pour lui, mais aussi pour donner aux autres un avenir et un travail décent.

Dans le domaine économique, il est demandé, spécialement de la part des états, des politiques de développement industriel et agricole qui aient le souci du progrès social et de l’universalisation d’un état de droit, démocratique. Ensuite, la structuration éthique des marchés monétaires, financiers et commerciaux est fondamentale et incontournable; ceux- ci seront stabilisés et le plus possible coordonnés et contrôlés, de façon à ne pas nuire aux plus pauvres. La sollicitude des nombreux artisans de paix doit en outre se mettre -avec plus de résolution par rapport à ce qui s’est fait jusqu’à aujourd’hui- à considérer la crise alimentaire, bien plus grave que la crise financière. Le thème de la sécurité des approvisionnements alimentaires en est venu à être central dans l’agenda politique international, à cause de crises connexes, entre autre, aux fluctuations soudaines des prix des matières premières agricoles, aux comportements ir- responsables de certains agents économiques et à un contrôle insuffisant de la part des gouvernements et de la communauté internationale. Pour faire face à cette crise, les artisans de paix sont appelés à œuvrer ensemble en esprit de solidarité, du niveau local au niveau international, avec pour objectif de mettre les agriculteurs, en particulier dans les petites réalités rurales, en condition de pouvoir exercer leur activité de façon digne et durable, d’un point de vue social, environnemental et économique.
Education pour une culture de paix : le rôle de la fa- mille et des institutions. Je désire rappeler avec force que les nombreux artisans de paix sont appelés à cultiver la passion pour le bien commun de la famille et pour la justice sociale, ainsi que l’engagement en faveur d’une éducation sociale valable. Personne ne peut ignorer ou sous-évaluer le rôle décisif de la famille, cellule de base de la société du point de vue démographique, éthique, pédagogique, économique et politique. Elle a une vocation naturelle à promouvoir la vie, elle accompagne les personnes dans leur croissance et les incite au développement mutuel par l’entraide réciproque. La fa- mille chrétienne, tout particulièrement, porte en elle le projet embryonnaire de l’éducation des personnes à la mesure de l’amour divin. La famille est un des sujets sociaux indispensables à la réalisation d’une culture de la paix. Il faut protéger le droit des parents et leur rôle premier dans l’éducation des enfants, tout d’abord dans le domaine moral et religieux. Dans la famille, naissent et grandissent les artisans de paix, les futurs promoteurs d’une culture de la vie et de l’amour. Dans cette immense tache de l’éducation à la paix, les communautés religieuses sont particulièrement impliquées. L’Eglise se sent partie-prenante d’une si grande responsabilité à travers la nouvelle évangélisation, qui a comme pivot la conversion à la vérité et à l’amour du Christ, et, par conséquent, la renaissance spirituelle et morale des personnes et des sociétés. La rencontre avec Jésus Christ façonne les artisans de paix en les engageant à la communion et au dépassement de l’injustice.

Une mission spéciale concernant la paix est remplie par les institutions culturelles scolaires et universitaires. Il leur est demandé une contribution importante non seulement à la formation de nouvelles générations de leader, mais aussi au renouvellement des institutions publiques, nationales et internationales. Elles peuvent aussi contribuer à une réflexion scientifique qui enracine les activités économiques et financières dans un solide fondement anthropologique et éthique. Le monde actuel, particulière- ment le monde politique, a besoin du support d’une nouvelle pensée, d’une nouvelle synthèse culturelle, pour dépasser les approches purement techniques et harmoniser les multiples tendances politiques en vue du bien commun. Celui-ci, considéré comme un ensemble de relations interpersonnelles et institutionnelles positives, au service de la croissance intégrale des individus et des groupes, est à la base de toute éducation véritable à la paix.

Une pédagogie de l’artisan de paix. En conclusion, ressort la nécessité de proposer et de promouvoir une pédagogie de la paix. Elle demande une vie intérieure riche, des références morales claires et valables, des attitudes et des manières de vivre appropriées. En effet, les œuvres de paix concourent à réaliser le bien commun et créent l’intérêt pour la paix, en éduquant à la paix. Pensées, paroles et gestes de paix créent une mentalité et une culture de la paix, une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité. Il faut alors enseigner aux hommes à s’aimer et à s’éduquer à la paix, et à vivre avec bienveillance, plus que par simple tolérance. L’encouragement fondamental est celui de dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner, de sorte que les erreurs et les offenses puissent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. Cela demande qu’une pédagogie du pardon se répande. Le mal, en effet, se vainc par le bien, et la justice est recherchée en imitant Dieu, le Père, qui aime tous ses enfants. C’est un travail de longue haleine, parce qu’il suppose une évolution spirituelle, une éducation aux valeurs les plus élevées, une vision neuve de l’histoire humaine. Il convient de renon- cer à la fausse paix que promettent les idoles de ce monde et aux dangers qui l’accompagnent, à cette fausse paix qui rend les consciences toujours plus insensibles, qui porte au repliement sur soi, à une existence atrophiée vécue dans l’indifférence. Au contraire la pédagogie de la paix implique action, compassion, solidarité, courage et persévérance. Jésus incarne l’ensemble de ces attitudes dans son existence, jusqu’au don total de lui-même, jusqu’à perdre sa vie. Il promet à ses disciples que, tôt ou tard, ils feront la découverte extraordinaire dont nous avons parlé au début, à savoir que dans le monde, il y a Dieu, le Dieu de Jésus, pleinement solidaire des hommes. Dans ce contexte, je voudrais rappeler la prière par laquelle nous demandons à Dieu de faire de nous des instruments de sa paix, pour porter son amour là où il y a la haine, son pardon là où il y a l’offense, la vraie foi là où il y a le doute. Pour notre part, avec le bienheureux Jean XXIII, demandons à Dieu qu’il éclaire les responsables des peuples, afin que, tout en se préoccupant du légitime bien-être de leurs compatriotes, ils garantissent et défendent le précieux don de la paix. Qu’il enflamme la volonté de tous pour renverser les barrières qui divisent, renforcer les liens de l’amour mutuel, user de compréhension à l’égard d’autrui et pardonner à ceux qui leur ont fait du tort, de sorte que, grâce à son action, tous les peuples de la terre fraternisent et que parmi eux ne cesse de fleurir et de régner la paix tant désirée. Par ce vœu, je souhaite que tous puissent être de véritables artisans et bâtisseurs de paix, de sorte que la cité de l’homme grandisse dans une concorde fraternelle, dans la prospérité et dans la paix".

BENOIT XVI REMERCIE LE MOLISE

Cite du Vatican, 14 décembre 2012 (VIS). Le Pape a reçu ce matin la délégation de la région italienne du Molise, ayant offert le sapin ornant la Place St.Pierre, qui sera allumé cet après-midi. D'autres plus petits ont été destinés au palais apostolique et à d'autres lieux du Vatican. Dieu s'est fait homme pour venir parmi nous, a-t-il dit à ses hôtes. Il est venu "dissiper les ténèbres de l'erreur et du péché en apportant la lumière divine à l'humanité, lumière dont l'arbre de Noël est le symbole. Elle n'a jamais faibli au long des siècles et continue de briller sur l'humanité, d'éclairer tout homme venant au monde, en particulier dans nos moments de faiblesse et d'incertitude. Jésus a dit de lui même qu'il était la lumière du monde et que celui qui le suit ne marche pas dans les ténèbres mais va vers la lumière de la vie. Chaque fois qu'on a tenté d'éteindre la lumière de Dieu au profit d'illusions mensongères, l'humanité a connu des périodes tragiques. Lorsqu'on efface le nom de Dieu des pages de l'histoire, on trace des lignes tordues où les plus belles et nobles paroles perdent leur sens".

AUDIENCES

Cité du Vatican, 14 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audience le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.

jeudi 13 décembre 2012

SIX NOUVEAUX AMBASSADEURS

Cite du Vatican, 13 décembre 2012 (VIS). Benoît XVI a reçu ce matin les lettres de créances de six nouveaux Ambassadeurs non résidents: M.Bizwayo Newton Nkunika (Zambie); M.Chalermpol Thanchitt (Thaïlande); M.Ravinatha Pandukabhaya Aryasinha (Srilanka); M.Wafic Rida Saïd (Saint Vincent et Grenadines); Mme.Aminatou Batouré Gaoh (Niger) et M.Ibrahima Sory Sow (Guinée). Le discours qu'il leur a adressé était principalement centré sur l’éducation, qui "se fait aujourd’hui dans des contextes où l’évolution des modes de vie et de connaissance crée des ruptures humaine, culturelle, sociale et spirituelle inédites dans l’histoire de l’humanité. Les réseaux sociaux, autre nouveauté, ont tendance à substituer les espaces naturels de société et de communication en devenant souvent l’unique référence de l’information et de la connaissance. La famille et l’école ne semblent plus être le terreau fertile premier et naturel où les jeunes générations puisent la sève nourricière de leur existence... L’école et l’université semblent être devenues incapables de projets créateurs portant en eux une téléologie transcendantale apte à séduire les jeunes dans leur être profond... Le monde actuel et les adultes responsables n’ont pas su leur donner les repères nécessaires".

"Le dysfonctionnement de certaines institutions et de certains services publics et privés ne pourrait-il pas être expliqué par une éducation mal assurée et mal assumée?". Et d'inviter les "gouvernements à contribuer avec courage à l’avancée de notre humanité en favorisant l’éducation des nouvelles générations grâce à la promotion d’une saine anthropologie, base indispensable pour toute éducation authentique, et conforme au patrimoine naturel commun. Cette tâche pourrait passer d’abord par une réflexion sérieuse sur les différentes problématiques existant dans vos pays respectifs où certaines options politiques ou économiques peuvent éroder sournoisement vos propres patrimoines anthropologiques et spirituels. Ceux-ci ont passé au tamis des siècles et se sont constitués patiemment sur des bases qui respectent l’essence de la personne humaine dans sa réalité plurielle tout en demeurant en parfaite syntonie avec l’ensemble du cosmos. J’invite encore vos gouvernants à avoir le courage de travailler à la consolidation d’une autorité morale comprise comme appel à une cohérence de vie, nécessaire pour une véritable et saine éducation des jeunes générations".

"Le droit à une éducation aux justes valeurs ne doit jamais être nié ou oublié. Le devoir d’éduquer à ces valeurs ne doit jamais être tronqué ou affaibli par un quelconque intérêt politique national ou supranational. C’est pourquoi, il est nécessaire d’éduquer dans la vérité et à la vérité... La vérité sur l’homme, la vérité sur la création, la vérité sur les institutions, etc. Avec l’éducation à la rectitude du cœur et de la pensée, les jeunes ont aussi besoin, aujourd’hui plus que jamais, d’être éduqués au sens de l’effort et de la persévérance dans les difficultés. Il faut leur apprendre que tout acte que pose la personne humaine doit être responsable et cohérent avec son désir d’infini, et que cet acte accompagne sa croissance en vue de la formation à une humanité toujours plus fraternelle et libérée des tentations individualistes et matérialistes". Le Saint-Père a conclu en saluant les communautés catholiques présentes dans les pays représenté: "L’Eglise accomplit sa mission dans la fidélité à son Seigneur et avec le désir ardent d’apporter sa contribution spécifique à la promotion intégrale de vos compatriotes, notamment par l’éducation des enfants et des jeunes. Elle participe quotidiennement aux efforts communs pour l’épanouissement spirituel et humain de tous, par ses structures éducatives, caritatives et sanitaires, ayant à cœur l’éveil des consciences au respect mutuel et à la responsabilité. Dans ce sens, j’encourage vos gouvernants à continuer à permettre à l’Eglise de s’occuper librement de ses champs d’activités traditionnels qui, comme vous le savez, contribuent au développement de vos pays et au bien commun".

PREMIERES REPONSES TWITT DE BENOIT XVI

Cite du Vatican, 13 décembre 2012 (VIS). Pour son premier jour le compte twitter de Benoît XVI (Pontifex@) a dépassé le million et demi de suiveurs. Le Pape a trois premières questions sélectionnées en provenance de trois continents:

1.Comment vivre au mieux chaque jour l'Année de la foi? Réponse: "Dialogue avec Jésus dans la prière, écoute Jésus qui te parle dans l’Evangile, rencontre Jésus présent en celui qui est dans le besoin".

2.Comment vivre la foi en Jésus Christ dans un monde sans espérance? Réponse: "Avec la certitude que le croyant n’est jamais seul. Dieu est le rocher solide sur lequel construire sa vie, et son amour est toujours fidèle".

3.Suggestions pour être plus assidus à la prière quand nous sommes très pris par les exigences du travail, de la famille et du monde? Réponse: "Offre ce que tu fais au Seigneur, demande son aide en toute circonstance de ta vie, et souviens-toi qu’il est toujours proche de toi".

AUDIENCES

Cité du Vatican, 13 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audiences séparées:

Mme.Anne Leahy, Ambassadeur du Canada, en visite de congé.

M.Carl A. Anderson, Chevalier suprême des Chevaliers de Colomb.

Mgr.Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

mercredi 12 décembre 2012

DANS L'ATTENTE DE LA VENUE DE JESUS

Cité du Vatican, 12 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a consacré sa catéchèse de l'audience générale au point culminant de la Révélation qu'est la venue de Jésus au monde. Dans le cadre de l'Année de la foi, il a renouvelé son encouragement à renforcer l'approche de la Bible et à prêter plus d'attention aux lectures de la messe, car ce sont des aliments fondamentaux de notre foi. "En lisant l'Ancien Testament, on suit les interventions de Dieu dans l'histoire du peuple qu'il avait choisi et avec lequel il avait fait alliance. Devenus mémoire, ces évèments forment l'histoire du salut qui se maintient dans la mémoire d'Israël" dans la célébration de la Pâque. "Dans le temps, rappeler ce que Dieu a fait est devenu un impératif pour le peuple d'Israël", qui en célébrant les évènements passés les a, "jour après jour rendus présents de façon permanente", Israël n'a cessé de voir dans "l'Exode l'évènement central de son histoire, lorsque Dieu a révélé sa toute puissance, libérant les hébreux de l'esclavage égyptien afin qu'ils puissent gagner la Terre Promise et l'adorer comme le seul et véritable Seigneur. Israël ne s'est pas mis en route pour être un peuple comme les autres mais pour servir Dieu...et témoigner de lui parmi les peuples du monde. La célébration de cet évènement le rend actuel afin que l'oeuvre de Dieu ne soit pas oubliée... Dieu se révèle lui même dans la création, mais également en entrant dans l'histoire, dans l'histoire d'un petit peuple sans véritables force et importance. Et cette révélation culmine en Jésus-Christ, le Logos, la Parole créatrice qui est à l'origine du monde. Incarné, Dieu a montré son visage à l'humanité".

Le Catéchisme de l'Eglise, a poursuivi Benoît XVI, "résume les étapes de la Révélation: Dès le début Dieu a invité l'homme à être en communion avec lui, même lorsqu'en désobéissant ce dernier a perdu son amitié. Malgré cela, Dieu ne l'a jamais abandonné à la domination de la mort, lui offrant chaque fois son alliance". Le Catéchisme évoque ensuite le Déluge et Noé, l'appel d'Abraham à sortir de son pays pour devenir le père d'une multitude de peuples. "C'est dans l'Exode que Dieu choisit Israël, avec l'alliance au Sinaï et les tables de la Loi remises à Moïse, afin d'être reconnu et servi comme le Dieu unique et vivant. Avec les prophètes il guida Israël dans l'espérance du salut...qui se réalisera dans le Christ, son Fils fait homme... A la fin, il ne s'agissait pas d'attendre un roi, un fils de David, mais le Fils de l'Homme, salut pour tous les peuples... Ainsi le projet de Dieu s'est élargi en s'ouvrant au mystère du Christ, le roi de l'univers. C'est en lui que se réalise finalement la plénitude du salut, ce dessein bienveillant de Dieu... Tous ces évènements sont les étapes du grand dessein d'amour dont témoignent l'Ancien et le Nouveau Testament, un dessein unique de salut qui s'adresse à l'humanité toute entière, révélé et mise en oeuvre progressivement... Le temps liturgique de l'Avent nous prépare à Noël. Le terme, qui signifie venue et présence, indiquait jadis l'arrivée du souverain dans une province. Pour les chrétiens il indique une réalité déconcertante, le fait que Dieu se soit penché sur l'homme, qu'il ait passé alliance avec lui en entrant dans l'histoire d'un peuple. Il est le roi descendu dans la pauvre province qu'est la terre. En revêtant notre chair il est devenu un de nous. L'Avent nous invite à reprendre le chemin de cette présence, à comprendre qu'il n'est pas absent du monde, qu'il ne nous a pas abandonné, mais qu'il vient vers nous de diverses manières que nous devons apprendre à discerner. Dans un monde souvent superficiel et distrait, nous devons faire briller dans nos vies la lumière de Bethléem, par notre foi comme par notre charité".

PREMIER TWITT DE BENOIT XVI

Cite du Vatican, 12 décembre 2012 (VIS). "Chers amis, c'est avec joie que je m'unis à vous par Twitter. Merci pour votre réponse généreuse. Je vous bénis de grand coeur". Tel est le Twitt lancé en huit langues par Benoît XVI à la fin de l'audience générale à l'aide d'un Tablet. Dans la journée, il répondra en twittant à trois questions choisies parmi les très nombreuses reçues ces jours derniers. A ce jour le compte Twitter du Saint-Père dépasse le million de suiveurs.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 12 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Sérgio Eduardo Castriani, CSSP, Archevêque métropolitain de Manaus (superficie 64.079, population 1.551.000, catholiques 1.331.000, prêtres 163, diacres 16, religieux 298), au Brésil. Jusqu'ici Evêque de la prélature territoriale de Tefé (Brésil), il succède à Mgr.Luiz Soares Vieira, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

mardi 11 décembre 2012

POSTES VATICANES

Cite du Vatican, 11 décembre 2012 (VIS). Comme chaque année à l'occasion de Noël, les Postes Vaticanes émettront une enveloppe souvenir avec un timbre à 60 centimes (émis le 6 novembre) et le tampon spécial. Portant le logo des Postes Vaticane, la date du 25 décembre 2012 et sigle d'identification, l'enveloppe présente une reproduction couleur d'un détail d'un tableau de l'école des Marches du milieu du XV siècle (conservé aux Musées du Vatican), représentant la Nativité et le voyage des mages. L'enveloppe coûte 3,50 euros et 5 euros dans un étuis.

MESSAGE OECUMENIQUE DE NOEL

Cite du Vatican, 11 décembre 2012 (VIS). Le Pasteur Olav Fykse Tveit, Secrétaire du Conseil oecuménique des Eglises, a adressé aux fidèles des 349 communautés membres constituantes son traditionnel message de Noël. Il s'ouvre par une citation Isaïe (Il ne brisera pas le roseau ployé, il n'éteindra pas la mèche qui s'étiole. A coup sûr, il fera paraître le jugement) et par un autre de Jean (Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui. En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes et des femmes, et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise):

"Ce que la Parole a fait naître, c'est la vie. Or la vie est la lumière de tous les êtres humains. Au cours de l'année à venir, le témoignage et le travail du Conseil œcuménique des portera essentiellement sur une prière simple, thème de notre X Assemblée, Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix" (Busan, Corée, 30 octobre - 8 novembre 2013). Ces assises aborderont cinq dimensions ecclésiales: Koinonia, foi et fraternité dans le Christ; Martyria, témoigner au monde; Diakonia, servir la justice et la paix; formation oecuménique et coopération inter-religieuse. "Durant l'Avent, à Noël et à l'Epiphanie, nous sommes particulièrement conscients du don de lumière que nous fait Dieu par la Parole éternelle devenue chair, et qui demeure parmi nous jusqu'à aujourd'hui. C'est cette lumière qui nous donne de l'espoir pour ce monde, malgré la désunion et les abus, la haine, la violence et la pauvreté, la cupidité et la corruption. La lumière du Christ est la lampe qui éclaire nos pas vers la justice et la paix. Même quand nos propres mèches éclairent faiblement, la Parole de Dieu résiste à l'obscurité, suscitant fidèlement la justice à mesure que nous cheminons ensemble vers la paix".

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 11 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Paul Richard Gallagher, Nonce apostolique en Australie, jusqu'ici Nonce au Guatemala.

Mlle Daniela Leggio, Chef de bureau près la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, jusqu'ici official du même dicastère.

lundi 10 décembre 2012

PROCLAMER JESUS EN AMERIQUE AUJOURD'HUI

Cité du Vatican, 10 décembre 2012 (VIS). Hier soir, en la Basilique St.Pierre, à l'autel de la Cathedra, a eu lieu la messe d'inauguration du Congrès international Ecclesia in America consacré l'Eglise sur le continent américain, organisé par la Commission pontificale pour l'Amérique latine et les Chevaliers de Colomb avec la collaboration de l'Instituto superior de estudios guadalupanos. Le congrès réfléchit sur l'assemblée synodale convoquée par le bienheureux Jean Paul II entre novembre et décembre 1987, sur le thème Rencontre avec Jésus-Christ vivant, chemin pour la conversion, la communion et la solidarité en Amérique.

Le Saint-Père est descendu à la basilique à 19 h et a salué les participants, rappelant en premier lieu que "le bienheureux Jean Paul II eut la clairvoyante intuition d'intensifier les relations de coopération entre les Eglises particulières de toute l'Amérique, du nord, du centre et du sud, et de susciter en même temps une plus grande solidarité entre ces pays. Aujourd'hui ces propositions méritent d'être reprises pour que le message rédempteur du Christ soit mis en pratique avec un plus grand acharnement et produise des fruits abondants de sainteté et de renouveau ecclésial. Le thème qui a guidé les réflexions de cette assemblée synodale peut aussi être une source d'inspiration pour les travaux de ces jours-ci... En effet, l'amour du Seigneur Jésus et la puissance de sa grâce irriguent chaque fois plus intensément le cœur des personnes, des familles et des communautés chrétiennes de vos pays, pour y progresser avec dynamisme sur les sentiers de la concorde et du juste progrès".

L'exhortation apostolique Ecclesia in America vise aussi "les défis et difficultés qui existent à l'heure actuelle avec leurs caractéristiques singulières et complexes. En effet, le sécularisme et différents groupes religieux se diffusent sous toutes les latitudes, créant de nombreuses problématiques. L'éducation et la promotion d'une culture pour la vie sont fondamentales face à la diffusion d'une mentalité qui porte atteinte à la dignité de la personnes et ne favorise pas la protection de l'institution matrimoniale et familiale. Comment ne pas être préoccupés par les douloureuses situations d'émigration, de déracinement ou de violence, causées notamment par la délinquance organisée, le trafic de stupéfiants, la corruption et le commerce des armes? Et que dire de ces inégalités destructrices et de ces poches de pauvreté provoquées par des moyens économiques, politiques et sociaux contestables?".

Le Pape a souligné que toutes ces importantes questions nécessitaient une étude soignée, mais qu'au-delà des évaluations techniques "l'Eglise catholique a la conviction que, pour trouver une solution adéquate, la lumière peut seulement provenir de la rencontre avec Jésus Christ vivant qui suscite des attitudes et des comportements cimentés dans l'amour et la vérité. C'est elle qui est la force décisive pour la transformation du continent américain... L'amour du Christ nous presse à nous consacrer sans réserve à proclamer son nom dans tous les recoins de l'Amérique, en l'apportant avec liberté et enthousiasme aux cœurs de tous ses habitants. C'est pourquoi il est nécessaire d'assumer ce rôle...en encourageant les prêtres, les diacres, les personnes consacrées et les agents de pastorale à purifier et revigorer toujours davantage leur vie intérieure dans un rapport sincère avec le Seigneur et une participation digne et assidue aux sacrements. Une catéchèse adéquate et une formation doctrinale correcte et continue y contribueront, avec une fidélité totale à la Parole de Dieu et au magistère de l'Eglise et en cherchant à donner des réponses aux questions et désirs qui se nichent dans le cœur de l'homme... Un renouvellement de l'esprit missionnaire et l'ardeur et la générosité de votre engagement constitueront un apport irremplaçable que l'Eglise universelle attend et dont a besoin l'Eglise en Amérique", a conclu le Saint-Père.

ANGELUS DU DEUXIEME DIMANCHE D'AVENT

Cité du Vatican, 9 décembre 2012 (VIS). A l'angélus dominical, citant la lecture du jour, Benoît XVI a évoqué Jean le Baptiste que tous les Evangiles présentent au début de la vie publique comme le précurseur de Jésus. Cependant, a précisé le Pape, Luc a déjà mis en relation leurs missions respectives dès le moment de leur conception et de leur naissance. "Fils de Zacharie et d'Elisabeth, tous deux de famille sacerdotale, Jean fut le dernier des prophètes. Il symbolise aussi le sacerdoce de l'Ancienne Alliance et prépare au culte spirituel de la Nouvelle, qu'inaugure Jésus... Jean s'est lui même désigné comme une voix qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, redressez ses sentiers. Habituellement la voix proclame la Parole, mais en ce cas la Parole avait précédé la voix en descendant sur Jean au désert... Il est la voix qui passe, et Jésus le Verbe éternel... Nous devons écouter cette voix pour faire place en nous à Jésus, Parole de salut". Ceci dit, la mission du Baptiste est capitale, mais toujours en fonction du Christ. En ce temps d'Avent, préparons nous à voir dans l'humble grotte de Bethléem avec les yeux de la foi le salut qui vient de Dieu. Dans notre société de consommation , où l'on est tenté de chercher la joie dans les choses matérielles, Jean-Baptiste nous apprend à vivre de manière essentielle, afin que Noël ne soit pas une fête superficielle mais la fête du Fils de Dieu venu porter aux hommes la paix, la vie et la joie réelle".

ACCUEILLIR LA GRACE DANS LE SILENCE

Cité du Vatican, 8 décembre 2012 (VIS). Comme de tradition à Rome, vers 16 h, Benoît XVI s'est rendu Place d'Espagne, pour vénérer l'Immaculée dont la statue se trouve en haut d'une colonne. Sur son trajet, il s'est recueilli un instant devant l'église de la Trinité où il a été salué par l'association des commerçants de la Via Condotti. Une fois sur la place, l'acte a commencé par une prière, suivie de la lecture d'un passage de l'Apocalypse puis par le dépôt d'une couronne de fleurs. Dans son discours, le Pape a donné à réfléchir sur l'Evangile de cette solennité, celui de l'Annonciation. Il a d'abord évoqué le fait que la rencontre entre l'ange et Marie, le moment décisif où Dieu s'est fait homme, "s'est déroulé dans un grand silence... Ce qui est réellement grand passe souvent inobservé et le silence se révèle plus fécond que l'agitation frénétique qui caractérise nos villes, mais qui existait déjà, dans de moindres proportions, dans des villes importantes comme Jérusalem à cette époque. Cette activisme nous rend incapables de nous arrêter, d'être tranquilles, d'écouter le silence dans lequel le Seigneur fait entendre sa voix discrète".

Le jour de l'Annonciation, Marie "était toute recueillie et en même temps ouverte à l'écoute de Dieu. Il n'y a pas d'obstacle en elle, pas d'écran, rien qui la sépare de Dieu. Voici pourquoi elle est sans péché originel: sa relation avec Dieu est exempte de toute faille si petite soit-elle. Il n'y a pas chez elle de séparation, pas l'ombre de l'égoïsme, mais une parfaite syntonie; son petit cœur humain est parfaitement centré dans le grand cœur de Dieu... Venir ici, auprès de ce monument à Marie, dans le centre de Rome, nous rappelle avant tout que la voix de Dieu ne se trouve pas dans le vacarme et l'agitation. Son dessein sur notre vie personnelle et sociale ne se perçoit pas si l'on reste en superficie, mais en descendant à un niveau plus profond, où les forces en action ne sont pas économiques et politiques, mais morales et spirituelles. C'est là que Marie nous invite à descendre et à nous mettre en syntonie avec l'action de Dieu". En second lieu, l'Immaculée nous dit "que le salut du monde n'est pas l’œuvre de l'homme, de la science, de la technique, de l'idéologie, mais vient de la grâce... La grâce c'est l'amour dans sa pureté et sa beauté, c'est Dieu lui-même tel qu'il s'est révélé dans l'histoire du salut racontée dans la Bible et accomplie en Jésus-Christ. Marie est appelée "pleine de grâce", et par cette identité elle nous rappelle le primat de Dieu dans notre vie et dans l'histoire du monde. Elle nous rappelle que la puissance de l'amour de Dieu est plus forte que le mal, qu'elle peut combler les fossés d'égoïsme dans l'histoire des personnes, des familles, des nations et du monde. Ces vides peuvent devenir des enfers, où la vie humaine est tirée vers le bas et vers le néant, où elle perd son sens et sa lumière. Les faux remèdes que le monde propose pour combler ces vides...élargissent en réalité ces fossés. Seul l'amour peut sauver de la chute, mais pas n'importe quel amour: un amour qui porte en soi la pureté de la grâce de Dieu qui transforme et renouvelle, et qui peut ainsi insuffler dans des poumons intoxiqués un nouvel oxygène, un air propre, une nouvelle énergie de vie. Marie nous dit qu'aussi bas que puisse tomber l'homme, ce n'est jamais trop bas pour Dieu, qui est descendu jusqu'aux enfers. Même si notre cœur s'en est détourné, Dieu est toujours plus grand que notre cœur. Le souffle doux de sa grâce peut disperser les nuages les plus noirs, peut rendre la vie belle et riche de sens même dans les situations les plus inhumaines". Enfin, l'Immaculée nous rappelle la joie, "cette joie véritable qui se diffuse dans le cœur libéré du péché. Le péché porte en lui une tristesse négative qui conduit à se refermer sur soi-même. La grâce mène à la vraie joie qui ne dépend pas de la possession des choses mais qui est enracinée dans l'intimité, au plus profond de la personne et que personne et rien ne peut enlever. Le christianisme est essentiellement un évangile, une bonne nouvelle, alors que certains pensent qu'il est un obstacle à la joie, parce qu'ils voient en lui un ensemble d'interdits et de règles. En réalité, le christianisme est l'annonce de la victoire de la grâce sur le péché, de la vie sur la mort. Et s'il comporte des renoncements et une discipline de l'esprit, du cœur et du comportement, c'est justement parce que dans l'homme se trouve la racine empoisonnée de l'égoïsme, qui fait mal à soi et aux autres. Il faut donc apprendre à dire non à la voix de l'égoïsme et à dire oui à celle de l'amour authentique. La joie de Marie est pleine, parce que dans son cœur, il n'y pas l'ombre d'un péché. Cette joie coïncide avec la présence de Jésus dans sa vie... En ce temps de l'Avent, que Marie Immaculée nous enseigne à écouter la voix de Dieu qui parle dans le silence, à accueillir sa grâce qui nous libère du péché et de tout égoïsme, pour goûter ainsi la vraie joie".

MARIE IMMACULEE

Cité du Vatican, 8 décembre 2012 (VIS). A l'angélus en la fête de l'Immaculée Conception, Benoît XVI a dit que Marie est l'Immaculée "par un don gratuit de la grâce de Dieu qui a trouvé en elle une disponibilité et une collaboration parfaites. C'est en ce sens qu'elle est bienheureuse, parce qu'elle a cru, parce qu'elle a eu une foi ferme en Dieu. Marie –a poursuivi le Saint-Père- représente ce qui reste d'Israël, cette racine sainte annoncée par les prophètes. C'est en elle, que sont accueillies les promesses de l'ancienne Alliance. En Marie, la Parole de Dieu trouve écoute, réception, réponse, trouve ce oui qui lui permet de s'incarner et de venir habiter au milieu de nous. En Marie, l'humanité et l'histoire s'ouvrent réellement à Dieu, accueillent sa grâce, sont disposées à faire sa volonté. Marie est l'expression naturelle de la grâce. Elle représente le nouvel Israël que l'Ancien Testament décrit comme le symbole de l'Epouse... Les Pères de l'Eglise ont développé cette image et c'est ainsi que la doctrine de l'Immaculée est née d'abord par référence à l'Eglise vierge-mère, et ensuite à Marie... La lumière qui émane de la figure de Marie nous aide aussi à comprendre le vrai sens du péché originel. En effet, en Marie, cette relation avec Dieu, qui est brisée par le péché, devient vivante et opérante. En elle, il n'y a aucune opposition entre Dieu et son existence, mai une communion et une entente pleines. Il y a un oui réciproque, de Dieu à elle et d'elle à Dieu. Marie est libérée du péché parce qu'elle est toute de Dieu... Elle est pleine de sa grâce, de son amour. En conclusion, la doctrine de l'Immaculée Conception de Marie exprime la certitude de foi que les promesses de Dieu se sont réalisées: que son alliance n'a pas failli mais a produit une racine sainte, de laquelle a germé le fruit béni de tout l'univers, Jésus, le Sauveur. L’Immaculée montre que la grâce est capable de susciter une réponse, que la fidélité de Dieu sait engendrer une foi vraie et bonne".

Après l'Angélus, le Pape a évoqué les populations des Philippines sur lesquelles s'est abattu un violent ouragan. Benoît XVI les a assuré de sa proximité: "je prie pour les victimes, pour leurs familles et pour les nombreux réfugiés. Que la foi et la charité fraternelles soient la force pour affronter cette épreuve si difficile". Enfin, le Saint-Père a salué les membres du Mouvement chrétien des travailleurs, en particulier le groupe de prière de l'Institut dermopathique de l'Immaculée de Rome. "Je souhaite -a-t-il dit- que les problèmes auxquels sont confrontés les diverses institutions sanitaires catholiques trouvent une solution".

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 10 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a:

Accepté la renonciation de Mgr.Sergio Pintor, présentée pour limite d'âge, à la charge pastorale du diocèse d'Ozieri (Italie).

Nommé Administrateur apostolique du diocèse d'Ozieri (Italie), Mgr.Sebastiano Sanguinetti, Evêque de Tempio-Ampurias (Italie).

Nommé Président de la Cour d'appel de l'Etat de la Cité du Vatican, Mgr.Pio Vito Pinto, Doyen du Tribunal de la Rote romaine.

vendredi 7 décembre 2012

LE MONOTHEISME N'EST PAS PORTEUR DE VIOLENCE

Cité du Vatican, 7 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin la Commission théologique internationale, qui s'apprête à tenir sa session plénière, remerciant tout d'abord ses membres de leur message pour l'Année de la foi. Il exprime bien, a dit Benoît XVI à ses hôtes, "la manière spécifique qu'ont les théologiens de participer à l'élan évangélique de l'Eglise en servant fidèlement la vérité de la foi". Il reprend les thèmes du document intitulé La théologie aujourd'hui, critères et perspectives. "Le code génétique de la théologie catholique, les principes qui en définissent l'identité, garantissent l'unité dans la diversité des approches. Ainsi le document clarifie-t-il les critères d'une théologie authentiquement catholique, capable par conséquent de contribuer à la mission de l'Eglise. "Dans un contexte culturel où nombreux sont ceux qui voudraient priver la théologie de statut académique à cause de son lien intrinsèque avec la foi, ou de lui retirer sa dimension confessionnelle, au risque d'en faire une simple science religieuse, ce document rappelle justement que la théologie est à la fois confessionnelle et rationnelle. Sa présence au sein de l'université garantit une vision ample et intégrale de la raison humaine. Parmi les critères énoncés, il y a l'attention que les théologiens doivent réserver au Sensus Fidelium... Tout en soulignant le rôle irremplaçable du Magistère, le Concile Vatican II a rappelé que tout le peuple de Dieu participe à la mission prophétique du Christ... Le don qu'est le Sensus Fidei constitue chez le croyant comme un instinct surnaturel qui est vital pour la foi même. C'est un critère pour discerner si une vérité appartient ou non à la tradition apostolique, mais aussi le signe de ce l'Esprit ne cesse de parler à l'Eglise et de la guider vers la vérité complète. Il faut toutefois préciser les critères permettant de distinguer le Sensus Fidei de ses contrefaçons car il ne s'agit pas d'une sorte d'opinion publique ecclésiale. Il serait impensable de l'évoquer pour contester le Magistère car il ne saurait se développer chez le croyant qu'en participant pleinement à la vie de l'Eglise, qui exige une adhésion responsable à son propre magistère".

"Ce sens surnaturel de la foi des croyants oblige à réagir contre le préjugé faisant des religions monothéistes des porteurs naturels de violence, du fait même qu'elles affirment l'existence d'une vérité universelle. Certains affirment que seul un polythéisme des valeurs garantirait la tolérance et la paix civile en conformité à l'esprit de la société démocratique et pluraliste... Il est d'abord essentiel de rappeler que la foi dans le Dieu unique...rencontre les exigences rationnelles de la réflexion métaphysique, qui renforcée et approfondie par la Révélation du Dieu unique et trine. Il faut ensuite souligner la forme que cette révélation définitive prend dans la vie et la mort de Jésus-Christ, qui va à la croix tel un agneau conduit à l'abattoir. Le Seigneur témoigne du refus radical de toute forme de haine et de violence en faveur de l'absolu primat de l'Agape. Les violences accomplies au long des siècles au nom de Dieu ne sont donc pas attribuables au monothéisme mais à des causes historiques, aux erreurs humaines principalement. C'est au contraire l'oubli de de Dieu qui plonge la société dans un relativisme générateur naturel de violence. Lorsqu'on refuse le droit d'en appeler à une vérité objective, le dialogue devient impossible tandis que la violence, déclarée comme cachée, devient la règle des rapports humains. Sans ouverture à la transcendance, qui permet de trouver réponses sur le sens de la vie et la manière de vive moralement, l'homme agit dans l'injustice sans s'engager en faveur de la paix. Si la rupture du lien entre l'homme et Dieu entraîne un profond déséquilibre entre les hommes, la réconciliation opérée avec Dieu sur la Croix...représente le fondement de l'unité et de la fraternité. C'est dans cette perspective" que se place également le document de la Commission, qui a pour troisième sujet de réflexion "la doctrine sociale de l'Eglise comprise dans la doctrine de la foi. Ceci confirme que la doctrine sociale n'est pas une sorte d'appendice, mais que ses principes sont puisés dans la foi, même si on ne doit pas sous-estimer l'apport d'une saine philosophie sociale. Cette doctrine tend à mettre en application, dans la variété des situations sociales, le nouveau commandement que le Seigneur nous a laissé: Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimé".

DECES DU PATRIARCHE IGNACE IV HAZIM

Cité du Vatican, 7 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir une lettre de condoléances à SE Spyridon, Métropolite de Héliopolis, à la suite du décès (le 5 décembre à 92 ans) de SB Ignace IV Hazim, Patriarche gréco-orthodoxe d'Antioche et de tout l'Orient. En voici le texte: "Eminence, je viens d'apprendre avec tristesse que le Seigneur a rappelé a lui Sa Béatitude. Je vous adresse ainsi qu'au Saint-Synode et a l'ensemble des membres de l'Eglise, mes plus sincères condoléances et vous assure de mon union dans la prière avec tous ceux qui pleurent leur père et pasteur. Au cours de sa longue vie au service de l'Evangile, le défunt Patriarche a offert un témoignage lumineux de foi et de charité en œuvrant avec dévouement pour l'élévation spirituelle du troupeau qui lui avait été confié et pour la grande cause de la réconciliation et de la paix entre les hommes. Je rends grâce au Seigneur pour la contribution positive et efficace que le Patriarche Ignace a apportée an processus de rapprochement entre nos deux Eglises. Que son souvenir nous invite également à poursuivre le chemin du dialogue et de la recherche de la pleine communion en Christ". Priant pour l'Eglise gréco-orthodoxe d'Antioche en deuil et pour la paix dans la région, Benoît XVI assure le Métropolite de toute sa sympathie.

LIBERTE RELIGIEUSE ET AIRE O.S.C.E.

Cite du Vatican, 7 décembre 2012 (VIS). Hier à Dublin (Irlande), le Secrétaire pour les relations avec les états a pris la parole à la XIX réunion du Conseil des ministres de l'OSCE, pour rappeler que la liberté religieuse est une priorité du Saint-Siège: Parmi les libertés fondamentales, a dit Mgr.Dominique Mamberti, "le droit à liberté de religion. L'OSCE a toujours souligné la contribution des communautés religieuses à la société, assurant par son action que le débat public soit ouvert à l'expression d'opinions inspirées par le religieux, le rite et le culte, l'éducation et l'information, la liberté de choisir et de professeur une religion... De fait, les droits associés à la religion ont d'autant plus besoin de protection qu'ils sont considérés en opposition avec l'idéologie sécularisée dominante ou avec des affirmations religieuses exclusives. La juste garantie de la liberté religieuse ne saurait être limitée au simple exercice du culte. Il faut lui reconnaître sa dimension publique, et par conséquent la possibilité pour les fidèles de prendre part à la construction de l'ordre social... avec l'augmentation de l'intolérance religieuse dans le monde, il est clair que les chrétiens sont les plus discriminés, y compris dans l'aire OSCE, Malgré les engagements pris par les états membres en matière de liberté religieuse, on continue de voir dans certains pays des lois, des décisions et des comportements intolérants ou même discriminatoires envers l'Eglise catholique et d'autres confessions chrétiennes, auxquelles on refuse ainsi cette liberté".

PREMIERE PREDICATION D'AVENT

Cite du Vatican, 7 décembre 2012 (VIS). Ce matin en la chapelle Redemptoris Mater, Benoît XVI a assisté à la première prédication d'Avent. Le P.Raniero Cantalamessa, OFM.Cap, Prédicateur de la Maison pontificale, a proposé une méditation sur Une année de grâce du Seigneur.

AUDIENCES

Cité du Vatican, 7 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audiences séparées:

M.Georgios Papadopoulos, Ambassadeur de Grèce, venu lui présenter ses lettres de créance.

M.César Castillo Ramírez, Ambassadeur du Pérou, en visite de congé.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 7 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Peter Ebere Okpaleke, Evêque d'Ahiara (superficie 425, population 536.509, catholiques 1.220.215, prêtres 1.016, diacres 107, religieux 1.826), au Nigeria. L'Evêque élu, né en 1963 à Amesi (Nigeria) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Juge du tribunal inter-diocésain de la province ecclésiastique d'Onitsha (Nigeria). Canoniste, il a occupé diverses fonctions judiciaires et administratives, notamment économe et chancelier diocésain. Il est en outre Curé de la paroisse Sts.Jean et Paul d'Umubele.

L'Abbé Adelio Dell'Oro, Administrateur apostolique d'Atyrau (superficie 727.600, population 2.181.000, catholiques 2.000, prêtres 17, religieux 14), au Kazakhstan. L'Evêque élu, né en 1948 à Milan (Italie) et ordonné prêtre en 1972, était jusqu'ici Assistant de la Fraternité Comunione e Liberazione pour le diocèse de Milan. Après avoir été vicaire paroissial et professeur de religion, il a été envoyé comme Fidei donum au Kazakhstan en 1997 où il a été Curé de la paroisse de Vishnovka-Arshaly, Professeur pès de grand séminaire de Karaganda et collaborateur de la nonciature apostolique d'Astana.

Le Cardinal Fernando Filoni, son Envoyé spécial au cinquantième anniversaire du sanctuaire marial de Vailankanni (Inde) et au vingt-cinquième anniversaire de la Conférence épiscopale indienne (9 - 11 février 2013).

Mgr.Zygmunt Zimowski, son Envoyé spécial à la XXI Journée mondiale du malade (sanctuaire marial d'Altötting, Allemagne, 11 février 2013).

Mgr.Georg Gänswein, Préfet de la Maison pontificale, l'élevant à la dignité archiépiscopale. L'Evêque élu, né en 1956 à Waldshut (Allemagne) et ordonné prêtre en 1984, était jusqu'ici secrétaire privé du Saint-Père. Docteur en droit canonique, il a été juge diocésain et secrétaire de l'Archevêque de Freiburg im Brisgau (Allemagne), puis official de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, et à partir de 1996 secrétaire du Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

jeudi 6 décembre 2012

VISITE DU PRESIDENT ALLEMAND

Cité du Vatican, 6 décembre 2012 (VIS). Benoît XVI a reçu ce matin M.Joachim Gauck, le Président de la République fédérale d'Allemagne, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Secrétaire d'Etat, assisté de Mgr.Ettore Balestrero, Sous Secrétaire pour les rapports avec les états. Ces entretiens ont d'abord permis de souligner la grande cordialité des relations entre l'Allemagne et le Saint-Siège. Il a ensuite "été question de la vision chrétienne de l'homme, ainsi que des défis que pose une société globalisée et sécularisée. Un tour d'horizon de la situation internationale, a été principalement centré sur les conséquences de la crise économique en Europe, et sur le rôle que l'Eglise peut jouer".

LES JARDINS DE CASTELGANDOLFO INSPIRENT UNE FABLE

Cite du Vatican, 6 décembre 2012 (VIS). Mardi prochain sera présenté par les Editions Libraire Vaticane un livre de Mme Natalia Tsarkova, peintre russe connue pour ses portraits des derniers Papes. "Le mystère d'un petit étang" est une fable illustrée née après une visite des jardins pontificaux de Castel Gandolfo, qui entend diffuser "un message d'amour, de foi et d'espérance aux enfants qui en sont les premiers destinataires". Pour la première fois Mme Tsarkova accompagne d'un texte ses oeuvres. Le livre sera présenté par Mgr.Georg Gänswein, secrétaire particulier du Saint-Père, par M.Antonio Paolucci, Directeur général des Musées du Vatican, par M.Saverio Petrillo, Directeur des Villas pontificales, et par le P.Giuseppe Costa, SDB, Directeur de la LEV.

AUDIENCES

Cité du Vatican, 6 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audiences séparées:

Le Cardinal Antonio María Rouco Varela, Archevêque de Madrid (Espagne).

Mgr.Diego Causero, Nonce apostolique en Suisse et au Liechtenstein.


AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 6 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Murray Chatlain, Archevêque de Keewatin-Le-Pas (superficie 430.000, population 123.000, catholiques 46.490, prêtres 14, religieux 18), au Canada. Il était jusqu'ici Evêque de Mackenzie-Fort Smith (Canada).

Mgr.Murray Chatlain, Administrateur apostolique du diocèse de Mackenzie-Fort Smith (Canada).

L'Abbé Rudolf Voderholzer, Evêque de Ratisbonne (superficie 14.665, population 1.684.000, catholiques 1.220.215, prêtres 1.016, diacres 107, religieux 1.826), en Allemagne. L'Evêque élu, né en 1959 à Munich (Allemagne) et ordonné prêtre en 1987, était jusqu'ici Professeur près la Faculté de théologie de Trèves et Directeur de l'Institut Pape Benoît XVI de Ratisbonne. Docteur en théologie, il a été Professeur et Premier Assistant au Département Foi, sciences religieuses et philosophie de l'Université de Fribourg (Suisse), tout en assurant un service pastoral en paroisse.

IN MEMORIAM

Cite du Vatican, 6 décembre 2012 (VIS). Voici les données relatives à deux prélats décédés le mois dernier:

Mgr.Pedro Bantigue y Natividad, Evêque émérite de San Pablo (Philippines), le 20 novembre à 92 ans.

Mgr.José Song Sui-Wan, SDB, Evêque émérite de Sao Gabriel da Cachoeira (Brésil), le 13 novembre à 71 ans.

mercredi 5 décembre 2012

LE PROJET DE DIEU POUR L'HUMANITE

Cité du Vatican, 5 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a ouvert sa catéchèse de l'audience générale en citant la prière de Paul contenue dans son épître aux éphésiens, qui révèle le projet de Dieu pour l'humanité. Elle nous encourage, a-t-il dit, à vivre l'avent dans le contexte de l'Année de la foi, avec bienveillance et joie. Saint Paul reconnaît "l'action de Dieu dans l'histoire du salut, dont le sommet est constitué par l'incarnation, la mort et la résurrection de Jésus. Il admire que Dieu nous ait choisi en son Fils dès avant la création du monde pour être ses enfants adoptifs... La bienveillance divine, le dessein d'amour de Dieu comme l'appelle Paul, constitue le mystère de la volonté divine caché puis manifesté par le Christ et son oeuvre. Cette initiative de Dieu, qui précède toute réponse humaine, est un don gratuit de l'amour dont il nous entoure et par lequel il nous transforme". Mais quel est la finalité d'un tel dessein, s'est demandé Benoît XVI ? "Dans le grand projet de la création et de l'histoire, le Christ se dresse au coeur du monde. Il en est l'axe et attire tout à lui pour...conduire le monde à la plénitude voulue par Dieu". Ce dessein divin "n'est pas resté dans le silence des cieux car il l'a révélé en entrant en relation avec l'homme, en se révélant lui même. Il n'a pas simplement communiqué un ensemble de vérités mais s'est totalement offert à nous en s'incarnant... Cette communion dans le Christ par l'action de l'Esprit, offerte par le Père à tous les hommes au moyen de la Révélation, ne se superpose pas à notre humanité mais est l'accomplissement de nos aspirations, de notre désir d'infini et de plénitude. Présente au plus profond de notre être, elle nous ouvre à un bonheur éternel et non fugace... La foi est ainsi la réponde de l'homme à la révélation divine, du Dieu qui révèle son dessein bienveillant envers une humanité...qui se laisse conquérir par la vérité qu'est Dieu, une vérité qui est l'amour... Ceci porte l'homme à un changement total de perception de la réalité, car il s'agit d'une...véritable conversion, d'un changement de de mentalité. En se révélant dans le Christ, Dieu nous a fait connaître un projet qui nous attire à lui, qui soutient le sens de notre existence. Il est le rocher qui offre la stabilité". L'avent, a conclu le Pape, "nous place devant le mystère lumineux de la venue dans le monde du Fils de Dieu, nous montre le dessein bienveillant par lequel Dieu veut nous attirer à lui afin de vivre ensemble en pleine communion, dans la joie et la paix... Il nous demande de devenir, nous aussi, des signes de son action dans le monde. Par notre foi, notre espérance et notre charité, Dieu veut sans cesse faire resplendir sa lumière dans la nuit".

POUR QUE CESSE LA VIOLENCE AU CONGO

Cite du Vatican, 5 décembre 2012 (VIS). A la fin de l'audience générale le Pape a lancé un appel à la communauté internationale afin que cessent les violences en République démocratique du Congo, victime d'une grave crise humanitaire: "Depuis des mois le pays est le théâtre de combats et de violences, et bonne part de la population manque des biens de première nécessité. Des milliers de personnes ont été contraintes de fuir pour trouver refuge loin de chez elles. Je renouvelle mon appel au dialogue et la réconciliation, ainsi qu'à répondre aux besoins de la population locale".

LA CRECHE DE LA PLACE ST.PIERRE

Cité du Vatican, 5 décembre 2012 (VIS). La crèche monumentale de la Place St.Pierre est offerte cette année par la Région italienne de la Basilicate. Les personnage en terre cuite sont l'oeuvre de Francesco Artese, artiste représentatif de l'école méridionale, qui replace l'évènement évangélique dans le contexte paysager des Sassi di Matera et la vie rurale traditionnelle d'une zone qui ressemble beaucoup à la Terre Sainte. La Lucanie a été marquée par un monachisme en grande partie troglodyte, qui a laissé depuis le haut Moyen Age dans le paysage 154 églises rupestres. Cette caractéristique explique le classement d'un vaste secteur au patrimoine mondial de l'UNESCO. Outre une iconographie traditionnelle, l'artiste reproduit des éléments architecturaux et paysagers typiques de sa région, comme l'église rupestre de San Nicola dei Greci ou le clocher de San Pietro de Bari. Les personnages sont vêtus de costumes de l'ancienne Lucanie rurale, tandis que les membres de la Sainte Famille présentent les vêtements de la crèche traditionnelle. La composition est à la charge des services techniques de l'Etat de la Cité du Vatican.

mardi 4 décembre 2012

MISE EN APPLICATION DE "ECCLESIA IN AMERICA"

Cité du Vatican, 4 décembre 2012 (VIS). Ce matin, près la Salle de Presse du Saint-Siège, a présenté le congrès international Ecclesia in America, organisé du 9 au 12 décembre par la Commission pontificale pour l'Amérique latine, les Chevaliers de Colomb et l'Institut d'études Notre Dame de la Guadalupe. Sont intervenus le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques et Président de la Commission, M.Guzmán Carriquiry, Secrétaire, et M.Carl Anderson, Chevalier suprême des Chevaliers de Colomb. Le Cardinal a d'abord rappelé le Synode de 1997 consacré au continent américain, à la conversion, à la communion et à la solidarité, qui constitue le sujet du présent congrès. Les participants se pencheront "sur l'intuition prophétique de Jean-Paul II et le contenu de l'exhortation Ecclesia in America...de manière à intensifier les relations et la coopération entre les Eglises du Canada, des Etats-Unis et d'Amérique latin en vue de répondre mieux aux enjeux communs dans la mission de l'Eglise" dans cette partie du monde. "Le patrimoine de la foi accumulé depuis les débuts du Nouveau Monde, qui anime la vie de ses peuples, est soumis à l'érosion que causent des ondes de sécularisation, l'impact global d'une culture de plus en plus hostile et éloignée du christianisme, et la prolifération des sectes. Face à cela, il faut revitaliser, reformuler et réactualiser la foi. D'où l'importance d'échanger les expériences entre les Eglises du grand continent américain, qui trouve par exemple un laboratoire dans la croissante présence des hispaniques aux Etats-Unis et au Canada... L'émigration représente un enjeu capital pour les Etats-Unis et pour le Mexique, les Caraïbes et l'Amérique centrale, avec le trafic de la drogue et sa consommation". Malgré les politiques de lutte, "partout on enregistre un accroissement de la violence urbaine qui intéresse de plus en plus la jeunesse. La culture de la vie et la famille sont partout l'objet d'agression... Jusqu'à la question de la liberté religieuse à être sujet d'inquiétude, sans oublier le scandale de la pauvreté et de l'indigence. Tout ceci doit être compris dans une nouvelle conception de la politique, de l'économie et de la culture entre les pays du nord et du sud du continent, e manière à accroître le dialogue, la compréhension, le respect, la solidarité et la justice dans toute l'Amérique... En cohésion avec sa mission, l'Eglise doit renforcer sa coopération avec les autres confessions...et ce congrès entend favoriser la constitution d'un réseau d'amitié continental, dans la fidélité à l'appartenance ecclésiale. Sans une unité authentique et active, il ne peut y avoir d'action missionnaire et sociale. C'est pourquoi, se déroulant au Vatican, ces assises inter-américaines souligneront que la moitié des catholiques, qui appartiennent au grand continent, agit dans la fidélité au Successeur de Pierre, premier témoin et garant de l'unité dans la communion".

Puis M.Carriquiry a indiqué que le congrès, qui rassemblera plus de 200 participants provenant des diverses parties du continent américain, clercs et laïcs, s'ouvrira et se conclura par une messe. Le 9 en la Basilique vaticane, le Pape viendra saluer les congressistes. La messe du 12 sera célébrée à Ste.Marie in Transpontina, pour la fête de Notre Dame de Guadalupe. La journée du 10 sera consacrée à étudier l'influence de la Guadalupe sur les débuts de l'évangélisation du Nouveau Monde, la mise en application de l'exhortation apostolique Ecclesia in America sous les auspices de Notre Dame de Guadalupe, "étoile de la nouvelle évangélisation et mère de la civilisation de l'amour", et les principes fondamentaux de la coopération entre les Eglises américaines. La journée s'achèvera par une conférence de Mgr.Luis Francisco Ladaria Ferrrer, SJ, Secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, sur la signification de l'Année de la foi. Le 11 décembre les participations réciteront le chapelet devant la statue de Notre Dame de Guadalupe des jardins du Vatican, avant la projection d'un documentaire sur la patronne de l'Amérique. Ils seront présents le lendemain à l'audience générale de Benoît XVI, après quoi le Cardinal Sean Patrick O'Malley, OFM, Archevêque de Boston, prononcera une conférence sur les perspectives et les propositions en vue d'une meilleure coopération entre les Eglises d'Amérique et une plus efficace solidarité entre les peuples. Les conclusions du congrès seront communiquées aux dicastères romains et aux conférences épiscopales du continent.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 4 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Alberto Germán Bochatey, OSA, Auxiliaire de l'Archevêque de La Plata (Argentine). L'Evêque élu, né en 1955 à Buenos Aires (Argentine), a émis ses voeux religieux en 1980 et a été ordonné prêtre en 1981. Jusqu'ici Recteur du Collège internationale Ste.Monique à Rome, il est licencié en théologie et en bioéthique. Outre des responsabilités pastorales dans son ordre, il a été curé de paroisse, professeur et Directeur de la revue Vida y Etica, Directeur de l'institut de bioéthique de l'Université catholique de Buenos Aires, Membre de l'Académie pontificale pour la vie et de l'Académie argentine d'éthique médicale.


lundi 3 décembre 2012

L'HOMME CONSIDERE COMME CAPITAL HUMAIN

Cite du Vatican, 3 décembre 2012 (VIS). Le Pape a reçu ce matin les participants à l'Assemblée plénière du Conseil pontifical Iustitia et Pax, devant lesquels il a rappelé que "l'homme d'aujourd'hui est généralement considéré au simple plan biologique, comme capital humain, comme ressource et élément d'un mécanisme productif et économique qui le domine. Si on continue à proclamer la dignité de la personne, des idéologies nouvelles, hédonistes et égoïstes, comme les droits sexuels reproductifs ou un capitalisme financier déréglé, conditionnant la politique et détruisant l'économie réelle, contribuent à considérer le travailleur et son travail comme des biens mineurs. Ceci mine les fondements naturels de la société, et la famille en particulier. Or l'être humain, qui transcende les autres êtres et biens terrestres, jouit du primat qui en fait le responsable de lui même et de la création. Pour le christianisme le travail est un bien indispensable à l'homme, pour sa constitution personnelle et sociale, la formation d'une famille, l'apport au bien commun et à la paix. C'est pourquoi l'accès à l'emploi est pour tous prioritaire, y compris en temps de récession".

"Un humanisme nouveau et une relance du projet culturel peuvent dériver d'une nouvelle évangélisation du domaine social, afin de détrôner les nouvelles idoles, l'individualisme, le consumérisme, la technocratie, au profit de la fraternité et de la gratuité, de l'amour solidaire. Jésus a résumé et accomplis les anciens préceptes en un commandement nouveau, celui de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimé. Là réside le secret d'une vie sociale accomplie et paisible, le renouveau de la vie politique et de toutes institutions. Jean XXIII a motivé l'engagement à bâtir la communauté mondiale dotée d'autorité sur le principe de l'amour pour le bien commun de la famille humaine... Si l'Eglise n'a pas fonction de suggérer juridiquement ou politiquement la configuration de tel ou tel ordonnancement international, elle offre aux responsables des principes de réflexion, des critères de jugement et des orientations pratiques pouvant aider à la cohésion anthropologique et éthique... Sans imaginer un super pouvoir dans les mains de quelques uns, dominant tous les peuples et exploitant les plus faibles, il est besoin d'une autorité comprise avant tout comme force morale, capable d'influencer selon la raison".

AUDIENCE AU COLLEGE ANGLAIS DE ROME

Cité du Vatican, 3 décembre 2012 (VIS). Ce matin, Benoît XVI a reçu les membres Collège anglais de Rome, séminaire catholique où sont formés les prêtres d'Angleterre et du Pays de Galles. Cette institution, qui fête cette année son 650 anniversaire, est né dans un ancien hospice où venaient loger les pèlerins britanniques venant à Rome. Le Saint-Père, après avoir salué le Cardinal Cormac Murphy O'Connor qui fut recteur du collège, a souligné la "longue tradition de foi et de fidélité de la communauté catholique" d'Angleterre et du Pays de Galles avec le siège apostolique. Il a aussi rappelé que ce fut son prédécesseur, saint Grégoire-le-Grand, qui envoya en Grande-Bretagne en 597 saint Augustin de Canterbury pour évangéliser ces terres. "Les fruits de cette action missionnaire -a-t-il dit- sont plus qu'évidents dans ces 650 années d'histoire de la foi et du martyre qui distinguent l'hospice anglais de saint Thomas Becket et le collège anglais qui en émane".

"Vous aussi -a-t-il dit aux séminaristes- soyez les hommes que Dieu a choisis pour diffuser aujourd'hui le message de l'Evangile en Angleterre et au Pays de Galles, au Canada et dans les pays scandinaves... Votre première tache est, avant tout, d'arriver à connaître le Christ et le temps que vous passez au séminaire vous offre une opportunité privilégiée pour cela. Apprenez à prier quotidiennement, surtout devant le saint sacrement, à écouter la parole de Dieu en permettant au cœur de parler au cœur, comme disait le bienheureux John Henry Newman...Laissez sa fascinante personne capturer votre imagination et réchauffer vos cœurs. Il vous a choisi pour être ses amis, non ses serviteurs, et il vous invite à participer à son œuvre sacerdotale pour apporter le salut dans le monde... Vous avez beaucoup entendu parler de la nouvelle évangélisation, de l'annonce du Christ dans ces parties du monde où l'Evangile a déjà été annoncé, mais où les braises de la foi se sont plus ou moins refroidies et ont besoin aujourd'hui d'être ravivées une fois de plus pour devenir flammes... Souvent, le feu dans l'Ecriture Sainte indique la présence divine... De même qu'un petit feu peut incendier une forêt, le témoignage fidèle de quelques uns peut libérer le pouvoir purificateur et transformateur de l'amour de Dieu pour qu'il incendie toute une communauté et nation". Benoît XVI a conclu en évoquant son voyage au Royaume-Uni en 2010. "J'ai vérifié en personne -a-t-il dit- qu'il y a une grande faim spirituelle chez les gens. Apportez-leur la vraie nourriture qui vient de la connaissance, de l'amour et du service du Christ. Proclamez la vérité de l'Evangile avec amour. Offrez leur l'eau vive de la foi chrétienne et dirigez-les vers le pain de vie, de façon à combler cette faim et cette soif. Cependant, et surtout, laissez la lumière du Christ briller à travers vous en menant des vies saintes, en suivant les traces des nombreux grands saints d'Angleterre et du Pays de galles, de saints hommes et de saintes femmes qui ont témoigné de l'amour de Dieu, parfois au prix de leur vie".

LE PAPE ARRIVE SUR TWITTER

Cité du Vatican, 3 décembre 2012 (VIS). Ce matin, près la Salle de Presse du Saint-Siège, a eu lieu une conférence pour expliquer la présence du Pape sur Twitter et faciliter l'information comme l'utilisation des nouveaux médias au Vatican.
Sont intervenus Mgr.Claudio Maria Celli, Président du Conseil pontifical pour les communications sociales, Mgr.Paul Tighe, Secrétaire du même dicastère, le P.Federico Lombardi, SJ, Directeur de la Salle de Presse, de Radio Vatican et du Centre télévisé vatican, M.Gian Maria Vian, Directeur de L'Osservatore Romano, et M.Greg Burke, Conseiller en communication près la Secrétairerie d'Etat. Mme Claire Diaz-Ortiz, Directrice de Social Innovation de Twitter était également présente.

Voici quelques extraits de la note d'information sur la présence du Pape sur Twitter:

"La présence du Pape sur Twitter est une expression concrète de sa conviction que l'Eglise doit être présente dans le monde numérique... Elle peut être vue comme la pointe de l'iceberg qui est la présence de l'Eglise dans le monde des nouveaux médias. L'Eglise est déjà abondamment présente dans ce domaine à travers une vaste gamme d'initiatives, de sites internet officiels de diverses institutions et communautés, de sites personnels, de blogs et micro-blogs de personnalité du monde ecclésial et de simples croyants. La présence du Pape sur Twitter vient en définitive en soutien des forces de ces pionniers pour assurer que la bonne nouvelle de Jésus Christ et l'enseignement de son Eglise peuvent pénétrer dans ce lieu public d'échange et de dialogue qui a été créé par les médias sociaux. La présence du Pape se veut un encouragement à toutes les institutions ecclésiales et aux croyants à porter leur attention sur le développement d'un profil approprié pour soi et pour leurs propres convictions dans le continent numérique. Les tweets du Pape seront disponibles aux croyants et non croyants pour partager, discuter et encourager le dialogue. Espérons que les brefs messages du Pape, et les messages plus complets qu'ils chercheront de porter en eux, soulèvent des questions pour les personnes de pays, langues et cultures différents".

"Une partie des enjeux pour l'Eglise dans le monde des nouveaux médias est de mettre en place une présence ramifiée, capillaire, qui puisse effectivement se mesurer avec les débats, les discussions et les dialogues véhiculés par les réseaux sociaux, qui exigent des réponses directes, personnelles et ponctuelles, d'un type qui n'est pas facile à atteindre pour les institutions centralisées. De plus, une telle présence ramifiée ou capillaire reflète la vérité de l'Eglise comme communauté de communautés, vivante sur un plan local autant qu'universel. La présence du Pape sur Twitter le représentera comme la voix de l'unité et guide pour l'Eglise, mais constituera aussi une invitation pour tous les croyants à exprimer leurs voix, à impliquer leurs propres followers et amis et à partager avec eux l'espérance d'un Evangile qui parle de l'amour inconditionnel de Dieu pour chaque homme et femme".

"En plus de l'engagement direct par les questions, les débats et les discussions entre les personnes qui sont facilités par les nouveaux médias, l'Eglise reconnaît l'importance de cet environnement qui permet d'enseigner la vérité que le Seigneur a transmise à son Eglise et, en même temps, d'écouter les autres, d'apprendre ce qu'ils ont à cœur et leurs préoccupations, de comprendre qui ils sont et ce qu'ils cherchent... C'est pour cette raison qu'il a été décidé de lancer le canal de Twitter du Pape sous forme de questions-réponses. Ce lancement est aussi une indication de l'importance que l'Eglise attribue à l'écoute et se veut une preuve de son attention constante aux conversations, aux commentaires et aux Trend qui expriment de façon quasi spontanée et insistante les préoccupations et les espérances des personnes".

Twitter du Pape: informations

Les premiers tweets sous la direction du Saint-Père commenceront le 12 décembre, en la fête de Notre-Dame de Guadalupe. Au début, les tweets seront publiés à l'occasion de l'audience générale du mercredi, mais par la suite ils pourraient l'être avec une plus grande fréquence. Les premiers tweets répondront aux questions adressées au Pape sur la vie de la foi. Les questions pourront être envoyées jusqu'au 12 décembre à #askpontifex, dans les langues indiquées ci-dessous. L'account officiel du Saint-Père est @pontifex

Les tweets seront publiés en anglais et dans les langues suivantes:
-français @pontifex_fr
-espagnol @pontifex_es
-italien @pontifex_it
-portugais @pontifex_pt
-allemand @pontifex_de
-polonais @pontifex_pl
-arabe @pontifex_ar
D'autres langues pourraient être ajoutées par la suite.
Pour plus d'informations: http://blog.twitter.com/

ANGELUS D'AVENT

Cite du Vatican, 2 décembre 2012 (VIS). A l'angélus, Benoît XVI a rappelé que avent signifie venue, présence. Dans le monde antique, a-t-il expliqué, "il annonçait la visite d'un roi ou de l'empereur dans une province, tandis que pour les chrétiens il a signifié la venue de Dieu, sa présence dans le monde, un mystère qui englobe le cosmos et l'histoire, avec les deux moments culminants que sont la première et l'ultime venue du Christ". Puis il a indiqué que l'Incarnation et le retour glorieux du Seigneur à la fin des temps, même si on en ignore la chronologie, "se recouvrent car par sa mort et sa résurrection Jésus a déjà réalisé la transformation de l'homme et du cosmos qui est la finalité de la création. Mais, avant la fin, il convient que l'Evangile soit apporté à toutes les nations, comme le précise Marc. La venue du Seigneur se poursuit dans le monde afin qu'il soit pénétré de sa présence... Elle réclame notre collaboration continuelle et...l'Eglise, en communion avec son Seigneur, collabore toute entière à cette venue dans laquelle est également en route le retour glorieux".

La parole de Dieu trace notre conduite dans l'attente de la venue du Christ. Dans l'Evangile de Luc, Jésus recommande aux disciples de ne pas se perdre dans les futilités de cette vie et "de veiller sans cesse en priant. Sobriété et prière, auxquelles Paul ajoute l'invitation à grandir dans la surabondance de l'amour partagé, y compris à l'adresse d'autrui. Ainsi nos coeurs seront-ils irrépréhensibles dans la sainteté. "Au milieu des bouleversements du monde, des déserts de l'indifférence et du matérialisme, les chrétiens accueillent le salut venant de Dieu et en témoignent dans leur manière de vivre... La communauté des chrétiens est le signe de l'amour de Dieu et de sa justice, déjà présent et actif dans l'histoire quoique non encore pleinement réalisé. Il faut donc, avec patience et courage, l'attendre et l'espérer".

Après la prière mariale récitée avec les fidèles rassemblés Place St.Pierre, il a rappelé qu'aujourd'hui à Kottar (Inde), a été béatifié un laïc martyrisé au XVIII siècle. S'associant à la joie de l'Eglise en Inde, le Pape a dit espérer que le bienheureux Devasahayam soutienne la foi des chrétiens de ce grand pays. C'est demain, a-t-il ajouté, "la Journée internationale des handicapés. "Y compris avec ses limites, physiques comme psychiques, toute personne a une valeur inestimable qui induit son respect. J'encourage les communautés ecclésiales à l'attention et à l'accueil de ces frères et soeurs. Législateurs et gouvernements doivent protéger les porteurs de handicap et favoriser leur pleine participation à la vie sociale".

PREMIERES VEPRES D'AVENT AVEC LES UNIVERSITAIRES ROMAINS

Cité du Vatican, 1 décembre 2012 (VIS). A 17 h 30' en la Basilique vaticane, Benoît XVI a présidé les premières vêpres de l'Avent avec les étudiants des universités pontificales de Rome, à l'occasion de l'ouverture de l'année académique. Dans son homélie, il a souligné que "tout le chemin de l'année de l'Eglise est orienté en vue de découvrir et de vivre la fidélité du Dieu de Jésus Christ qui, dans la grotte de Bethléem, se présentera à nous, une fois encore, sous le visage d'un enfant. Toute l'histoire du salut est un parcours d'amour, de miséricorde et de bienveillance: de la création à la libération du peuple d'Israel de l'esclavage d'Egypte, du don de la Loi sur le Sinaï au retour dans la patrie de l'esclavage babylonien... Dieu ne s'est pas enfermé dans son Ciel, mais s'est penché sur les évènements de l'homme: un grand mystère qui réussit à dépasser toute attente... Et il fait tout cela pour son amour fidèle envers l'humanité... Dieu est amour. Ce Dieu en Jésus de Nazareth prend sur lui l'humanité toute entière, toute l'histoire de l'humanité, et leur donne un nouveau virage, décisif, vers un nouvel être-humain, caractérisé par le fait d'être engendré par Dieu et de tendre vers lui... L'année liturgique que nous commençons par ces vêpres sera aussi pour vous le chemin sur lequel, une fois encore, vous revivrez le mystère de cette fidélité de Dieu sur laquelle vous êtes appelés à fonder votre vie, comme sur un roc. En célébrant et vivant avec toute l'Eglise cet itinéraire de foi, vous ferez l'expérience de ce que Jésus Christ est l'unique Seigneur du cosmos et de l'histoire, sans lequel toute construction humaine risque de disparaître dans le néant. La liturgie, vécue dans son véritable esprit, est toujours l'école fondamentale pour vivre la foi chrétienne, une foi théologale, qui vous implique par tout votre être, esprit, âme et corps, pour vous faire devenir des pierres vivantes dans la construction de l'Eglise et des collaborateurs de la nouvelle évangélisation".

"Nous vivons dans un contexte où nous faisons souvent face à de l'indifférence envers Dieu. Mais je pense qu'au plus profond de tous ceux...qui vivent éloignés de Dieu, il existe une nostalgie intérieure d'infini, de transcendance. Vous avez le devoir de témoigner dans les salles universitaires d'un Dieu proche qui se manifeste aussi dans la recherche de la vérité, âme de tout engagement intellectuel... La foi est la porte que Dieu ouvre dans nos vies pour nous conduire à la rencontre avec le Christ, dans lequel l'homme d'aujourd'hui rencontre le Dieu d'aujourd'hui. La foi chrétienne n'est pas une adhésion à un dieu générique ou indéfini, mais au Dieu vivant qui en Jésus Christ, Verbe fait chair, est entré dans notre histoire et s'est révélé comme le Rédempteur de l'homme. Croire signifie confier sa propre vie à Celui qui, seul, peut lui donner sa plénitude dans le temps et l'ouvrir à une espérance au-delà du temps... En cette année de la foi, j'invite toute la communauté académique de Rome à réfléchir sur la foi. Le dialogue permanent entre les universités d'état ou privées et les universités pontificales laisse espérer en une présence toujours plus significative de l'Eglise dans le domaine de la culture non seulement romaine, mais italienne et internationale". Le Pape a conclu en rappelant aux universitaires que la prochaine Journée mondiale de la jeunesse à Rio de Janeiro sera pour eux "une grande occasion pour manifester la fécondité historique de la fidélité à Dieu, en offrant votre témoignage et votre engagement pour le renouveau moral et social du monde". Après la cérémonie, la délégation de l'Université Rome 3 a remis une icône de Marie Sedes Sapientiæ à la délégation universitaire du Brésil, pays qui accueillera les prochaines Journées mondiales de la jeunesse.
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