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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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lundi 13 avril 2015

Contempler la divine miséricorde dans les plaies du Ressuscité


Cité du Vatican, 13 avril 2015 (VIS). Ce midi le Saint-Père a récité le second Regina Coeli du temps pascal, revenant sur l'Evangile du jour qui rapporte les deux apparitions de Jésus au Cénacle. En l'absence de Thomas, il montre d'abord ses plaies aux apôtres, puis revient huit jour plus tard pour l'inviter à toucher son côté: Le Christ répond ainsi à l'incrédulité de saint Thomas, "afin que par le biais des signes de la Passion il puisse atteindre la plénitude de la foi pascale, la foi en sa résurrection. Thomas est de ceux qui ne se contentent pas de paroles et qui tentent de vérifier par eux mêmes, au moyen d'une expérience personnelle. Après doutes et hésitations, il en vient lui aussi à croire... Jésus l'a attendu et s'est offert à l'embarras et à l'incertitude du dernier arrivé". Ainsi a-t-il "pu toucher le mystère pascal qui manifeste pleinement l'amour salvifique de Dieu, riche en miséricorde. Nous aussi...sommes invités à contempler la divine miséricorde dans les plaies du Ressuscité, qui dépasse toute limite humaine pour resplendir dans l'obscurité du mal et du péché. Le jubilé...constituera une période favorable pour recevoir les immenses richesses de l'amour miséricordieux". C'est pour cela que la bulle d'indiction porte le titre de Misericordiae Vultus, le visage de la miséricorde, celui "de Jésus-Christ. Portons donc notre regard sur lui qui ne cesse de nous chercher, de nous attendre et de nous pardonner... Puisse la Vierge Marie nous aider à être miséricordieux avec nos frères comme Jésus l'est avec nous".


Après la prière mariale, le Saint-Père a salué différents groupes présents sur la place, notamment les fidèles ayant assisté en l'église voisine Santo Spirito in Sassia, lieu de dévotion pour Rome à la divine miséricorde, et les équipes néo-catéchuménales locales qui vont entreprendre une mission sur les places de la ville. Remerciant tous ceux qui lui ont envoyé des voeux de Pâques, le Pape François a salué les fidèles des Eglises orthodoxes et orientales qui fêtent Pâques ce dimanche.  

Jubilé extraordinaire, un chemin de pardon et miséricorde


Cité du Vatican, 12 avril 2015 (VIS). Hier à 17 h 30, en la basilique vaticane, le Saint-Père a présidé les premières vêpres du dimanche de la divine miséricorde à l'occasion de la lecture de la bulle d'indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde (qui débutera le 8 décembre pour se conclure le 16 novembre 2016). Accompagné des Cardinaux, il a gagné le portique, où face à la Porte Sainte, il a remis la bulle aux archiprêtres des quatre basiliques papales de Rome (St.Pierre au Vatican, St.Jean-de-Latran, St.Paul-hors-les-murs et Ste.Marie-Majeure). Souhaitant que ce jubilé soit également célébré de par le monde, le Pape a remis le document aux préfets des Congrégations pour les évêques, pour l'évangélisation des peuples et pour les Eglises orientales, afin qu'elles parviennent symboliquement aux évêques du monde entier. Pour l'orient, Mgr.Savio Hon Tai-Fai, et pour le continent africain Mgr.Bartolomé Adoukonou ont aussi reçu une copie. Mgr.Khaled Ayad Bishay, Evêque de l'Eglise patriarcale copte d'Alexandrie a reçu la copie destinée aux Eglises orientales. Puis, le Régent de la Maison Pontificale a lu quelques extraits de la bulle, avant que le Pape a ne préside les premières vêpres, au cours desquelles il a prononcé l'homélie suivante: "Le salut de Jésus ressuscité à ses disciples, le soir de Pâques, résonne encore en nous tous: Paix à vous! La paix, surtout durant ces semaines, demeure comme le désir de nombreuses populations qui subissent la violence inouïe de la discrimination et de la mort, seulement parce qu’elles portent le nom de chrétiens. Notre prière se fait encore plus intense et devient un appel à l’aide au Père riche en miséricorde, afin qu’il soutienne la foi de tant de frères et sœurs qui sont dans la douleur, alors que nous demandons de convertir nos cœurs pour passer de l’indifférence à la compassion. Saint Paul nous a rappelé que nous avons été sauvés dans le mystère de la mort et de la résurrection du Seigneur Jésus. Il est le Réconciliateur, qui est vivant au milieu de nous pour offrir le chemin de la réconciliation avec Dieu et entre les frères. L’Apôtre rappelle que, malgré les difficultés et les souffrances de la vie, grandit pourtant l’espérance dans le salut que l’amour du Christ a semé dans nos cœurs. La miséricorde de Dieu s’est répandue en nous, nous rendant justes, nous donnant la paix.


Une question est présente dans le cœur de beaucoup: pourquoi, aujourd’hui, un Jubilé de la Miséricorde? Simplement parce que l’Eglise, en ce moment de grands changements d’époque, est appelée à offrir plus fortement les signes de la présence et de la proximité de Dieu. Ce n’est pas le temps pour la distraction, mais au contraire pour rester vigilants et réveiller en nous la capacité de regarder l’essentiel. C’est le temps pour l’Eglise de retrouver le sens de la mission que le Seigneur lui a confiée le jour de Pâques: être signe et instrument de la miséricorde du Père. C’est pour cela que l’Année Sainte devra maintenir vivant le désir de savoir accueillir les nombreux signes de la tendresse que Dieu offre au monde entier et surtout à tous ceux qui sont dans la souffrance, qui sont seuls et abandonnés, et aussi sans espérance d’être pardonnés et de se sentir aimés du Père. Une Année Sainte pour éprouver fortement en nous la joie d’avoir été retrouvés par Jésus, qui comme Bon Pasteur est venu nous chercher parce que nous nous étions perdus. Un jubilé pour percevoir la chaleur de son amour quand il nous charge sur ses épaules pour nous ramener à la maison du Père. Une Année pour être touchés par le Seigneur Jésus et transformés par sa miséricorde, pour devenir nous aussi témoins de miséricorde. Voilà le motif du Jubilé: parce que c’est le temps de la miséricorde. C’est le temps favorable pour soigner les blessures, pour ne pas nous lasser de rencontrer tous ceux qui attendent de voir et de toucher de la main les signes de la proximité de Dieu, pour offrir à tous, à tous, le chemin du pardon et de la réconciliation. Que la Mère de la Divine Miséricorde ouvre nos yeux, afin que nous comprenions l’engagement auquel nous sommes appelés; et qu’elle nous obtienne la grâce de vivre ce Jubilé de la Miséricorde par un témoignage fidèle et fécond".

Synthèse de la bulle jubilaire Misericordiae Vultus


Cité du Vatican, 12 avril 2015 (VIS). Voici une synthèse de la bulle d'indiction du Jubilé extraordinaire de la divine miséricorde, Misericordiae Vultus: Au long de ses vingt-cinq chapitres, le Pape parcourt les traits saillants de la miséricorde divine à commencer par le visage lumineux du Christ. Miséricorde n'est pas un concept abstrait mais une réalité à découvrir, admirer et servir. Le texte se développe selon une forme trinitaire pour décrire l'Eglise comme signe crédible de la miséricorde. La vie de l'Eglise ne repose-t-elle pas sur la miséricorde! Ensuite, le Saint-Père décrit les étapes du jubilé, dont l'ouverture (8 décembre) coïncide avec le cinquantième anniversaire de la clôture du concile Vatican II: L'Eglise ressent la nécessité de garder vivant un événement qui a marqué une nouvelle étape de son histoire. Les pères conciliaires avaient fortement ressenti le souffle de l'Esprit, l'exigence de parler de Dieu à leurs contemporains d'une manière plus compréhensible. Abattus les murs qui depuis trop de temps avaient fait de l'Eglise une forteresse close, il convenait d'annoncer l'Evangile d'une façon nouvelle. La conclusion de l'année sainte extraordinaire est fixée au 20 novembre 2016, solennité du Christ Roi. La fermeture de la Porte Sainte sera l'occasion de rendre grâce à la Trinité pour cette période de grâce, de confier l'Eglise, l'humanité et l'univers à la souveraineté du Christ, afin qu'il distribue sa miséricorde comme la rosée du matin en vue d'une histoire féconde bâtie ensemble.



Une des particularités de ce jubilé est qu'il peut être célébré dans tous les diocèses. A Rome, la Porte Sainte de la basilique vaticane sera ouverte par le Pape le 8 décembre, et le dimanche suivant dans toutes les églises du monde désignées à cet effet, cathédrales ou sanctuaires fréquentés par les pèlerins. Reprenant l'enseignement de Jean XXIII, qui parlait de la médecine de la miséricorde, et celui de Paul VI, qui identifiait la spiritualité de Vatican II à celle du Samaritain, la bulle du Pape François précise les points saillants de ce jubilé extraordinaire: Le sens de la formule Miséricordieux comme le Père est miséricordieux, celui du pèlerinage et avant tout l'exigence du pardon qui est particulièrement chère au Pape. Quant aux oeuvres de miséricorde, matérielles comme spirituelles, devront réveiller une conscience personnelle souvent assoupie face au drame de la pauvreté, nous faire mieux entrer au coeur de l'Evangile où les pauvres sont les préférés de la divine miséricorde. Le carême sera l'occasion d'envoyer en mission des agents de la miséricorde, une initiative originale par laquelle le Saint-Père entend souligner l'attention pastorale de l'Eglise. Ensuite le Pape François traite du rapport entre justice et miséricorde qui, sans vouloir s'en tenir à une vision légaliste, tende à la manifestation d'un amour miséricordieux. Puis il lance un appel contre la violence organisée, mais aussi contre les auteurs de la corruption et leurs complices. Ainsi dénonce-t-il cette plaie infectée en insistant pour que l'année sainte de la miséricorde soit un parcours de conversion, une occasion de changer de vie, un temps de compassion cordiale. Face au mal, à des crimes graves, il faut écouter la plainte des innocents, privés de leurs biens, de leur dignité, de leurs affections, et parfois de leur vie. Le mal ne produit qu'illusion et tristesse, alors que la vie véritable est toute autre chose. Dieu ne cesse de nous tendre la main, dit le Pape: Il est toujours disposé à l'écoute, comme je le suis avec mes frères évêques et prêtres. Prenons acte de l'appel à la conversion et à rechercher la justice, car c'est la miséricorde que l'Eglise offre. Enfin le rappel à l'indulgence comme caractère fondamental de tout jubilé permet au Pape de souligner que la divine miséricorde est commune aux chrétiens, aux musulmans et aux juifs: Puisse cette année sainte, vécue selon la miséricorde, favoriser le dialogue avec ces religions et les autres traditions spirituelles. Puisse-t-elle nous rendre plus aptes à l'ouverture et à la compréhension, éliminer en nous toute forme de préjugé ou de mépris, évacuer toute violence ou discrimination. Le Saint-Père espère que ce jubilé, vécu en symbiose avec la divine miséricorde, sera une occasion de vivre au quotidien cette grâce que le Père nous a toujours accordée. Laissons nous surprendre par Dieu au cours de cette année sainte extraordinaire car il ne cesse de nous ouvrir son coeur, de nous dire son amour et sa volonté de nous faire partager sa vie. Faisons donc écho à la parole de Dieu qui résonne pour nous pardonner, nous aider et nous aimer. Il est patient dans le réconfort et le pardon. L'Eglise, conclut le Pape François, doit être l'interprète de chaque femme et de chaque homme pour répéter sans cesse: Souviens-toi Seigneur de ta miséricorde et de ton amour éternel.

Message pour le VII sommet des Amériques


Cité du Vatican, 11 avril 2015 (VIS). Le Pape François a adressé un message à M.Juan Carlos Varela Rodríguez, Président du Panama, pays accueillant le VII sommet des Amériques consacré cette fois à la prospérité dans l'équité (le défi de la coopération). Le Saint-Père y écrit se sentir en syntonie avec le thème choisi, affirme être convaincu que "l'iniquité, l'injuste distribution des richesses et des ressources, est une source de conflits et de violence entre les peuples, parce qu'elle suppose que le progrès des uns se construit sur le sacrifice nécessaire des autres et que, pour vivre dignement, il faut lutter contre les autres. Le bien-être ainsi atteint est injuste par ses racines et porte atteinte à la dignité des personnes. Il y a des biens de première nécessité comme la terre, le travail et la maison, et d'autres de service public comme la santé, l'éducation, la sécurité, l'environnement, dont aucun être humain ne devrait être exclu. Ce désir que nous partageons tous, est malheureusement encore loin de la réalité... Le grand défi de notre monde est la globalisation de la solidarité et de la fraternité au lieu de la globalisation de la discrimination et de l'indifférence et tant que l'on ne parviendra pas à une distribution équitable de la richesse, on ne résoudra pas les maux de notre société". Le Saint-Père ajoute que s'il est vrai que beaucoup de pays ont connu un fort développement économique ces dernières années, "il est aussi vrai que d'autres restent prostrés dans la pauvreté. De plus, dans les économies émergentes, une grande partie de la population n'a pas bénéficié du progrès économique général, au point que fréquemment s'est creusé un large fossé entre les riches et les pauvres. La théorie du goutte à goutte et de la rechute favorable s'est révélée erronée; il n'est pas suffisant d'espérer que les pauvres recueillent les miettes qui tombent de la table des riches. Des actions directes en faveur des plus désavantagés sont nécessaires, l'attention pour ceux, comme pour les plus petits à l'intérieur d'une famille, qui devraient être prioritaires pour les gouvernants".


Il attire l'attention des participants au sommet sur le problème de l'immigration. "L'immense disparité des opportunités entre certains pays et d'autres fait que de nombreuses personnes se voient contraintes d'abandonner leur terre, leur famille, devenant la proie facile du trafic des personnes et de l'esclavagisme, sans droit, ni accès à la justice... Dans certains cas, le manque de coopération entre les états laisse de nombreuses personnes hors la loi et sans possibilité de faire valoir ses propres droits, les obligeant à se ranger au côté de ceux qui profitent des autres ou à être victimes d'abus. Dans ces situations, il ne suffit pas de sauvegarder la loi pour défendre les droits fondamentaux de la personne, parmi lesquels, la norme, sans pitié ni miséricorde, ne répond pas à la justice. Parfois, à l'intérieur d'un pays se créent des différences scandaleuses et offensantes, en particulier entre les populations indigènes, dans les zones rurales ou dans les périphéries des grandes villes. Sans une véritable défense de ces personnes contre le racisme, la xénophobie et l'intolérance, l'état de droit perdrait sa propre légitimité. Les efforts pour construire des ponts, des canaux de communication, tisser des relations, chercher l'entente ne sont jamais vains. La situation géographique de Panama, au centre du continent américain, qui en fait un point de rencontre entre le nord et le sud, entre les océans pacifique et atlantique, est sûrement un appel, au profit de tous, pour générer un nouvel ordre de paix et de justice et pour promouvoir la solidarité et la collaboration en respectant la juste autonomie de chaque nation", a souligné le Pape qui conclut en souhaitant que l'Eglise "soit aussi un instrument de paix et de réconciliation entre les peuples". 

Plus que des maîtres soyez des témoins


Cité du Vatican, 11 avril 2015 (VIS). Vivre dans le Christ selon la forme de vie de l'Evangile, était le thème du congrès international pour les formateurs à la vie consacrée qui a lieu à Rome du 7 au 11 avril. Les quelque 1.400 participants ont été reçus en audience par le Pape François qui en les voyant s'est exclamé: "A vous voir si nombreux, on ne dirait pas qu'il y a une crise des vocations" et a ensuite souligné la beauté et l'importance de la vie consacrée pour le monde et pour l'Eglise. Toutefois, le Pape a dit que la diminution quantitative du nombre des vocations est indubitable et rend urgente la mission de formation, avant d'ajouter qu'"il n'y a pas de crise de vocations là où les consacrés sont capables de transmettre, à travers leur propre témoignage, la beauté de la consécration. Et le témoignage est fécond. S'il n'y a pas de témoignage, s'il n'y a pas de cohérence, il n'y aura pas de vocations... Vous n'êtes pas seulement des maîtres, vous êtes surtout des témoins à la suite du Christ dans votre charisme parce que la mission et la tâche des formateurs est de "façonner réellement dans le cœur des jeunes le cœur de Jésus pour qu'ils aient les mêmes sentiments... En ces jours de la Résurrection, le mot qui dans la prière me revenait souvent était la Galilée, là où tout a commencé, dit Pierre dans son premier discours. Ce qui s'est passé à Jérusalem a commencé en Galilée. Notre vie même a commencé dans une Galilée. Chacun de nous a eu cette expérience...de la rencontre avec le Seigneur, cette rencontre qui ne s'oublie pas, mais qui finit tant de fois recouverte par des choses, par le travail, par des inquiétudes et aussi par des péchés et mondanités. Pour rendre témoignage, il est nécessaire de revenir souvent en pèlerinage dans sa Galilée, retrouver la mémoire de cette rencontre, cet étonnement, et repartir de là. Mais si l'on ne suit pas cette route de la mémoire, nous courons le danger de rester là où nous nous trouvons et, aussi le danger de ne pas savoir pourquoi l'on y est!".

"La vie consacrée est belle, c'est un des trésors les plus précieux de l'Eglise, enraciné dans la vocation du baptême. Il est donc beau d'en être formateurs, parce que c'est un privilège de participer à l'œuvre du Père qui forme le cœur du Fils chez ceux que l'Esprit a appelé. On peut parfois sentir ce service comme une charge, comme si l'on nous soustrayait à quelque chose de plus important. Mais c'est un piège, une tentation. La mission est importante, mais il est tout aussi important de former à la mission, former à la passion de l'annonce, former à cette passion d'aller n'importe où, dans toutes les périphéries, pour dire à tous l'amour de Jésus Christ, spécialement à ceux qui sont loin, le faire connaître aux petits et aux pauvres, et se laisser aussi évangéliser par eux. Tout cela exige de solides bases, une structure chrétienne de la personnalité que les familles savent rarement donner aujourd'hui. Et cela augmente votre responsabilité... Ce n'est pas que les jeunes d'aujourd'hui soient médiocres ou peu généreux, mais ils ont besoin de faire l'expérience qu'il est plus beau de donner que de recevoir, qu'il y a une grande liberté dans une vie d'obéissance, une grande fécondité dans un cœur vierge, une grande richesse à ne rien posséder. D'où la nécessité d'être affectueusement attentifs au chemin de chacun et évangéliquement exigeant à toutes les phases du chemin de formation, à commencer par le discernement vocationnel, pour que l'éventuelle crise de quantité ne laisse pas la place à une bien plus crise de qualité. C'est là qu'est le danger. Le discernement vocationnel est important. Tous ceux qui connaissent la personnalité humaine, psychologues, pères spirituels, mères spirituelles, nous disent que les jeunes qui sentent qu'ils ne sont pas équilibrés...ou se sentent déviés, cherchent inconsciemment des structures fortes pour les protéger, pour se protéger d'eux-mêmes. Le discernement est là, savoir dire non. Mais ne pas chasser pour autant. Moi je t'accompagne, vas-y. Et comme l'on accompagne l'entrée, accompagner aussi la sortie, afin qu'il ou elle trouve la route dans sa vie, avec toute l'aide nécessaire".


"La formation initiale, ce discernement, est seulement le premier pas d'un processus destiné à durer toute la vie, et le jeune est formé à la liberté humble et intelligente de se laisser éduquer par Dieu le Père chaque jour de sa vie, à tout âge, dans la mission comme dans la fraternité, dans l'action comme dans la contemplation... Dans cette mission, ne sont épargnés ni le temps, ni l'énergie. Ne vous découragez pas quand les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Il est douloureux, quand un jeune garçon ou une jeune fille vient, d'entendre: Non, je n'ai pas la force, j'ai trouvé un autre amour qui n'est pas contre Dieu mais, je ne peux pas, je m'en vais. Cela est dur. Mais c'est aussi votre martyre, et ces échecs, du point de vue du formateur, peuvent favoriser le chemin de formation continue du formateur. Si parfois, vous avez la sensation que votre travail n'est pas suffisamment apprécié, sachez que Jésus vous suit avec amour et que toute l'Eglise vous remercie".

Audiences


Cité du Vatican, 13 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin Mgr.Carlos José Náñez, Archevêque de Córdoba (Argentine).

Samedi dernier, 11 avril, il avait reçu:

Le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.

M.Daniele Mancini, nouvel Ambassadeur d'Italie près le Saint-Siège, pour la présentation de ses lettres de créance.


Mgr.Antonio Guido Filipazzi, Nonce apostolique en Indonésie.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 13 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé le Cardinal Dominique Mamberti, Préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, Membre de la Section pour les relations avec les états de la Secrétairerie d'Etat, Membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et Membre de la Congrégation pour les causes des saints.

Nommé le Cardinal Ricardo Blázquez Pérez, Archevêque de Valladolid (Espagne), Membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi et Membre du Conseil pontifical pour la culture.

Nommé le Cardinal Berhaneyesus Demerew Souraphiel, Archevêque d'Addis Abeba (Ethiopie), Membre de la Congrégation pour les Eglises orientales et Membre du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants.

Nommé le Cardinal Edoardo Menichelli, Archevêque d'Ancona Osimo (Italie), Membre de la Congrégation pour les Eglises orientales et Membre du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé.

Nommé le Cardinal John Atcherly Dew, Archevêque de Wellington (Nouvelle Zélande), Membre de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples et Membre du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens.

Nommé le Cardinal Pierre Nguyên Văn Nhon, Archevêque de Hanoï (Vietnam), Membre de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples et Membre du Conseil pontifical Iustitia et Pax.

Nommé le Cardinal Francis Xavier Kriengsak Kovithavanij, Archevêque de Bangkok (Thaïlande), Membre de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples et Membre du Conseil pontifical pour les communications sociales.

Nommé le Cardinal Arlindo Gomes Furtado, Evêque de Santiago de Cabo Verde (Cap Vert), Membre de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples et Membre du Conseil pontifical Cor Unum.

Nommé le Cardinal Soane Patita Paini Mafi, Evêque de Tonga (Tonga), Membre de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples et Membre du Conseil pontifical Cor Unum.

Nommé le Cardinal Manuel José Macário do Nascimento Clemente, Patriarche de Lisbonne (Portugal), Membre de la Congrégation pour le clergé et Membre du Conseil pontifical pour les communications sociales.

Nommé le Cardinal Alberto Suárez Inda, Archevêque de Morelia (Mexique), Membre de la Congrégation pour le clergé et Membre du Conseil pontifical Iustitia et Pax.

Nommé le Cardinal Charles Maung Bo, Archevêque de Yangon (Myanmar), Membre de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique et Membre du Conseil pontifical pour la culture.

Nommé le Cardinal Daniel Fernando Sturla Berhouet, Archevêque de Montevideo (Uruguay), Membre de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique et Membre du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.
Nommé le Cardinal José Luis Lacunza Maestrojuán, Evêque de David (Panama), Membre de la Congrégation pour l'éducation catholique et Membre du Conseil pontifical pour la culture.

Nommé le Cardinal Francesco Montenegro, Archevêque d'Agrigente (Italie), Membre du Conseil pontifical Cor Unum et Membre du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants.

Nommé Mgr.François Eid, Procureur du Patriarche maronite près le Saint-Siège, Visiteur apostolique des maronites de Bulgarie, Grèce et Roumanie.
Nommé Mgr.Paolo Rocco Gualtieri, Nonce apostolique à Madagascar. L'Evêque élu, élevé à la dignité archiépiscopale, né en 1961 à Supersano (Italie) et ordonné prêtre en 1988, était jusqu'ici Conseiller de nonciature.

Hier dimanche, il avait accepté la renonciation de Mgr.Matthias U Shwe à la charge pastorale du diocèse de Taunggyi (Myanmar) en conformité au canon 401,2 du CIC.

Samedi dernier, 11 avril, il avait nommé:

Mgr.Jean de Dieu Raoelison, Evêque d'Ambatondrazaka (superficie 21.000, population 1.536.000, catholiques 277.000, prêtres 33, religieux 208), à Madagascar. Jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque d'Antananarivo (Madagascar), il succède à Mgr.Antoine Scopelliti, OSST, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.


L'Abbé Dante Gustavo Draida, Auxiliaire de l'Archevêque de Mendoza (Argentine). L'Evêque élu, né en 1968 à Reconquista (Argentine) et ordonné prêtre en 1996, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse de Reconquista. Curé de paroisse, il a été missionnaire Ad Gentes à Cuba, assesseur diocésain pour les vocations, enseignant de séminaire et membre du Presbyterium de son diocèse.

vendredi 10 avril 2015

Visite du Président géorgien


Cité du Vatican, 10 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Président géorgien M.Giorgi Margvelashvili, qui s'est ensuite entretenu avec Mgr.Antoine Camilleri, Sous Secrétaire pour les rapports avec les états: Ces entretiens ont permis aux parties d'apprécier l'évolution de leurs relations et d'approfondir certains points d'intérêt commun, notamment la contribution que la communauté catholique apporte au pays dans les domaines éducatif et caritatif. Ils ont également été l'occasion de se pencher sur les tensions intéressant la région caucasienne en réaffirmant l'importance du respect complet de la légalité internationale. La Géorgie et le Saint-Siège ont ainsi exprimé leur espoir de solutions découlant de la négociation des parties en cause. Il a enfin été question de la place de la Géorgie en Europe et des avancements récemment accomplis par ce pays.


Demain annonce solennelle du Jubile de la divine miséricorde


Cité du Vatican, 10 avril 2015 (VIS). Demain 11 avril, vigile du dimanche de la Miséricorde, le Saint-Père annoncera solennellement le Jubilé extraordinaire de la divine miséricorde. Outre les dates, la bulle d'indiction Misericordiae Vultus fournit toutes les modalités du déroulement de l'année sainte, l'esprit, les intentions et les attentes ayant animé le Pape. Demain, ce dernier se rendra à 17 h 30' dans le portique de la basilique vaticane pour remettre aux quatre Cardinaux archiprêtres des basiliques papales de Rome (St.Pierre, Latran, Ste.Marie Majeure et St.Paul hors les Murs). Pour signifier que ce jubilé peut être célébré dans tous les diocèses, une copie du document sera adressée à tous les Evêques ainsi qu'aux Préfets des congrégations pour les évêques, pour l'évangélisation des peuples et pour les Eglises orientales. Une copie sera également consignée à Mgr.Savio Hon Tai-fai, originaire de Hong Kong et Secrétaire de la congrégation pour l'évangélisation, à Mgr.Barthélemy Adoukonou, originaire du Bénin et Secrétaire du Conseil pontifical pour la culture, et à Mgr.Khaled Ayad Bishay, Evêque de l'Eglise patriarcale copte. Le Régent de la Maison pontificale lira les principaux passages de la bulle avant que le Saint-Père ne préside dans la basilique les premières vêpres du dimanche de la divine Miséricorde.


Audiences


Cité du Vatican, 10 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Mgr.Luis Francisco Ladaria Ferrer, SJ, Secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

M.Andrea Riccardi, Fondateur de la Communauté Sant'Egidio (Italie).

Mme.María Cristina Perceval, Ambassadeur d'Argentine près les Nations-Unies.

Mgr.Mouradian Kissag, Primat de l'Eglise apostolique arménienne en Argentine.


Mgr.Robert Bezak, Archevêque émérite de Trnava (Slovaquie).

jeudi 9 avril 2015

Visite du Président slovaque


Cité du Vatican, 9 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Président slovaque M.Andrej Kiska, qui s'est ensuite entretenu avec Mgr.Antoine Camilleri, Sous Secrétaire pour les rapports avec les états: A vingt-cinq ans de la reprise des relations diplomatiques (alors Tchécoslovaquie, 19 avril 1990), à la suite du voyage apostolique de Jean-Paul II, la Slovaquie et le Saint-Siège ont pu se féliciter de la qualité de leurs rapports. Confirmés par les accords bilatéraux en vigueur et renforcés par le dialogue, ils sont tant au bénéfice de l'Eglise que de l'Etat. Les conversations ont également permis d'envisager la situation internationale, en particulier les enjeux intéressant certaines régions du monde comme le proche et moyen Orient, mais aussi la défense de la dignité de la personne.


Audience au Synode patriarcal de l'Eglise arménienne


Cité du Vatican, 9 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu les vingt évêques du Synode patriarcal de l'Eglise arménienne qui prendront part dimanche à la messe qu'il célébrera en la Basilique vaticane à l'occasion de la fête de saint Grégoire de Narek. Rappelant d'emblée qu'il s'agira d'une prière de suffrage pour tous les fidèles arméniens assassinés il y a cent ans: Ensemble "nous invoquerons la divine miséricorde afin qu'elle nous aide tous à guérir cette blessure dans l'amour de la vérité et de la justice, et à trouver au plus tôt le chemin de la réconciliation et de paix entre des peuples qui ne sont pas encore parvenus à un consensus raisonnable sur la lecture de ce drame". Saluant le clergé, les religieux, les séminaristes et les fidèles de cette Eglise orientale catholique, il a signalé qu'outre ceux provenant de l'Arménie, seront présents dimanche des arméniens catholiques de la diaspora, des Etats-Unis et d'Amérique latine, d'Europe, de Russie et d'Ukraine: "C'est avec tristesse que je pense à ces régions comme celle d'Alep qui furent il y a un siècle des lieux d'accueil des survivants et sont aujourd'hui en péril les chrétiens" eux mêmes. Evoquant la conversion de l'Arménie dès 301, le Pape François a rappelé "l'admirable patrimoine spirituel et culturel du peuple arménien...et sa capacité millénaire de surmonter épreuves et persécutions. Toujours reconnaissants envers le Seigneur, continuez de lui être fidèles", en lui demandant la sagesse du coeur car commémorer les victimes de 1915 "nous place devant les ténèbres du Mysterium Iniquitatis. L'Evangile nous dit que les forces les plus obscures peuvent naître dans le coeur de l'homme et en arriver à programmer l'anéantissement systématique d'êtres humains, considérés non comme frères mais comme ennemis et adversaires, comme des individus sans dignité. Pour les croyants, la question du mal reconduit au mystère de la Passion rédemptrice. Nombre des arméniens assassinés ou contraints à un exode interminable ont su prononcer le nom du Christ. Les pages dramatiques de l'histoire arménienne, qui prolongent d'une certaine manière la Passion du Christ, contiennent le germe d'une résurrection, et il est du devoir des pasteurs d'éduquer les fidèles à la nécessité de relire le passé avec des yeux neufs, de manière à comprendre que leur peuple n'est pas que celui des souffrances du Christ mais aussi de la résurrection. S'il est important d'avoir la mémoire du passé, il faut savoir en tirer de quoi alimenter le présent avec l'annonce évangélique et le témoignage de la charité. Soutenez donc un parcours de formation permanente du clergé et des personnes consacrées, vos premiers collaborateurs. Leur communion avec vous sera renforcé par une fraternité exemplaire pleinement exprimée au sein du Synode et avec votre Patriarche". Pensons aussi à tous ceux qui oeuvrèrent en faveur de vos ancêtres, tel Benoît XV qui s'adressa au Sultan Méhmet VI en vue de faire cesser les pogroms d'arméniens. "Grand ami de l'Orient chrétien, il déclara en 1920 saint Efrem docteur de l'Eglise universelle. Et je suis heureux que notre rencontre advienne à la veille de la même démarche que je ferai dimanche à l'attention de saint Grégoire de Narek, auquel je confie le dialogue entre votre Eglise et l'Eglise apostolique d'Arménie". L'oecuménisme du sang vous lie à elle.   

Pavillon du Saint-Siège à la biennale de Venise


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Ce matin près la Salle de Presse, le Président du Conseil pontifical pour la culture a présenté la pavillon du Saint-Siège pour la LVI biennale de Venise (9 mai - 22 novembre), dont il est le commissaire. Le Cardinal Gianfranco Ravasi était accompagné du Président de la Manifestation M.Paolo Baratta et du Responsable de l'art contemporain des Musées du Vatican M.Micol Forti. Après l'expérience positive de 2013 et le désir de rétablir un dialogue entre l'art et la foi, a indiqué le Cardinal, le pavillon proposera le thème du début et de l'Incarnation développé de l'Ancien au Nouveau Testament, dans son dialogue permanent entre Logos et chair de la Genèse au Prologue de Jean: Dans ce texte évangélique, a-t-il rappelé, "on trouve deux pôles: Le terme Au début révèle la nature dialogique et communicative du Dieu de Jésus-Christ, tandis que l'Incarnation, se faire chair indique la présence divine dans l'essence de l'humanité, là où surtout elle est blessée et souffrante... La dimension verticale et transcendantale du Logos et celle horizontale immanente de la chair sont les axes de la réflexion proposée. Leur croisement permet de mieux comprendre les oeuvres d'art et leur dialogue dans le cadre de l'exposition". Ensuite M.Forti a présenté les oeuvres contemporaines qui seront présentées, ainsi que les trois jeunes artistes, soulignant le dynamisme dialectique qu'ils produisent en s'inspirant de l'Evangile de Jean. Il s'agit des peintres Monika Bravo, colombienne de formation américaine, et de la macédonienne Elpida Hadzi-Vasileva, et du photographe mozambicain Mário Macilau. Les neuf photographies noir et blanc proposées montrent des enfants des rues de Maputo luttant pour leur survie.    

Audiences


Cité du Vatican, 9 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal George Pell, Préfet du Secrétariat pour l'économie.

Le Cardinal Gualtiero Bassetti, Archevêque de Perugia - Cittè della Pieve (Italie).

Mgr.Adolfo Tito Yllana, Nonce apostolique en Australie.

Mgr.Giovanni Pietro Dal Toso, Secrétaire du Conseil pontifical Cor Unum.


mercredi 8 avril 2015

On ne plaisante pas quand il s'agit d'enfants


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Ce matin, au cours de l'audience générale, le Saint-Père a poursuivi sa catéchèse consacrée à la famille, complétant sa réflexion sur les enfants, "le fruit le plus beau de la bénédiction que le Créateur a donné à l'homme et la femme". Evoquant les "situations de passion malheureusement vécues par nombre d'entre eux, il a rappelé que beaucoup d'enfants "sont dès le début refusés, abandonnés, dépouillés de leur enfance et de leur avenir. Certains osent dire, presque pour se justifier, que c'était une erreur de les faire venir au monde. Cela est honteux! Ne chargeons pas les enfants de nos fautes, s'il vous plaît! Les enfants ne sont jamais une erreur!... Ceux à qui incombe la tâche de gouverner, d'éduquer, tous les adultes, je dirais, sont responsables des enfants et de faire chacun ce qu'il peut pour changer cette situation. Je pense à la passion des enfants. Tout enfant marginalisé, abandonné, qui vit dans la rue de mendicité et de n'importe quel moyen, sans aller à l'école, sans soin, est un cri qui monte vers Dieu et qui accuse le système que nous avons construit... Mais aucun de ces enfants n'est oublié par le Père qui est aux cieux! Aucune de leurs larmes n'est perdue! De même que notre responsabilité, la responsabilité sociale des personnes et des états". Puis le Pape a rappelé que Jésus avait demandé à ses disciples de laisser les enfants s'approcher de lui, et a souligné que "grâce à Dieu, les enfants ayant de graves difficultés trouvent très souvent des parents extraordinaires, prêts à tout sacrifice et à toute générosité. Mais ces parents ne devraient pas être laissés seuls! Nous devrions accompagner leur fatigue, mais aussi leur offrir des moments de joie partagée et de joie insouciante, pour qu'ils ne soient pas seulement pris dans la routine thérapeutique". Le Saint-Père a aussi évoqué les enfants qui souffrent des effets de vie exténuante à cause du travail précaire et mal payé, d'horaires insoutenables, d'union immatures et de séparations irresponsables. "Souvent, ils subissent des violences qu'ils ne sont pas capables de surmonter et sous les yeux des adultes se voient obligés de s'habituer à la dégradation... On ne plaisante pas avec les enfants!", a ajouté le Pape après avoir rappelé qu'"aujourd'hui comme par le passé, l'Eglise met sa maternité au service des enfants et de leurs familles"... "Il serait bon d'avoir une société qui décide une fois pour toute que lorsqu'il s'agit d'enfants qui viennent au monde, aucun sacrifice des adultes n’est trop grand pour qu’aucun d’eux ne puisse penser être une erreur, ne rien valoir et qu'il soit abandonné aux blessures de la vie... Le Seigneur juge notre vie en écoutant ce que lui rapportent les anges des enfants, ces anges qui voient toujours le visage du Père qui est dans les cieux. Demandons-nous toujours ce que diront de nous à Dieu ces anges des enfants?".

Décès du Cardinal Turcotte


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir à l'Archevêque de Montréal (Canada) un télégramme de condoléances à la suite du décès à l'âge de 78 ans de son prédécesseur le Cardinal Jean-Claude Turcotte. Rappelant qu'il a servi l'Eglise avec dévouement comme pasteur diocésain, Président de la Conférence épiscopale canadienne et membre de plusieurs Congrégations romaines, il souligne son attention aux défis de l'Eglise contemporaine et sa participation active au Synode de 1994 sur la vie consacrée et sa mission et à celui de 1997 sur l'Amérique, dont il fut un des principaux acteurs. Adressant ses condoléances à la famille du défunt et à ses anciens diocésains, le Pape bénit tous ceux qui prendront part aux funérailles du Cardinal Turcotte.


Messe chrismale: La fatigue des prêtres comme l'encens qui monte vers le ciel


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). A 9 h 30' en la Basilique vaticane, le Pape a présidé la messe chrismale, liturgie célébrée le jeudi saint dans toutes les églises cathédrales. Les cardinaux, les évêques et les prêtres diocésains et religieux présents à Rome ont concélébré avec le Saint-Père. Au cours de la célébration eucharistique, les prêtres ont renouvelé les promesses faites lors de leur ordination puis l'huile pour les malades, les catéchumènes et le saint chrême ont été béni. Voici l'homélie prononcée par le Saint-Père: "Ma main sera pour toujours avec lui, mon bras fortifiera son courage. C’est ainsi que pense le Seigneur quand il dit en lui-même: J’ai trouvé David mon serviteur, je l’ai sacré avec mon huile sainte. C’est ainsi que pense notre Père chaque fois qu’il trouve un prêtre. Et il ajoute encore: Mon amour et ma fidélité sont avec lui, il me dira: Tu es mon Père mon Dieu, mon roc et mon salut. Il est très beau d’entrer, avec le psalmiste, dans ce monologue de notre Dieu. Il parle de nous, ses prêtres, ses curés, mais en réalité ce n’est pas un monologue, il ne parle pas seul. C’est le Père qui dit à Jésus: Tes amis, ceux qui t’aiment, pourront me dire de manière spéciale: tu es mon Père. Et si le Seigneur pense et se préoccupe tant de la manière dont il pourra nous aider, c’est parce qu’il sait que la charge d’oindre le peuple fidèle n’est pas facile, elle est dure. Elle nous conduit à la fatigue et à la lassitude. Nous en faisons l’expérience de multiples manières, de la fatigue habituelle du travail apostolique quotidien, à celle de la maladie et de la mort, y compris dans le fait de se consumer dans le martyre. La fatigue des prêtres! Savez-vous combien de fois je pense à cela, à la fatigue de vous tous? J’y pense beaucoup et je prie souvent, surtout quand moi aussi je suis fatigué. Je prie pour vous qui travaillez au milieu du peuple fidèle de Dieu qui vous a été confié, et, pour beaucoup, en des lieux très abandonnés et dangereux. Notre fatigue, chers prêtres, est comme l’encens qui monte silencieusement vers le ciel. Notre fatigue va droit au cœur du Père. Soyez sûrs que la Vierge Marie se rend compte de cette fatigue, et la fait remarquer tout de suite au Seigneur. Comme Mère, elle sait comprendre quand ses fils sont fatigués et elle ne pense à rien d’autre. Elle nous dira toujours, lorsque nous venons à elle: Bienvenue! repose-toi, fils. Après nous parlerons… Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère? Et elle dira à son Fils, comme à Cana: Ils n’ont plus de vin".

Il arrive aussi, a poursuivi le Pape, "que lorsque nous ressentons le poids du travail pastoral, nous ayons la tentation de nous reposer de n’importe quelle manière, comme si le repos n’était pas une chose de Dieu. Ne tombons pas dans cette tentation. Notre fatigue est précieuse aux yeux de Jésus, qui nous accueille et nous fait relever: Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, moi je vous procurerai le repos. Quand quelqu’un sait que, mort de fatigue, il peut se prosterner en adoration et dire: Ça suffit pour aujourd’hui, Seigneur, et se rendre devant le Père, il sait aussi qu’il ne s’effondre pas, mais qu’il se renouvelle, parce que celui qui a oint le peuple fidèle de Dieu de l’huile d’allégresse, le Seigneur l’oint également: Il met le diadème sur sa tête au lieu de la cendre, l’huile d’allégresse au lieu des larmes, le chant au lieu d’un esprit abattu. Ayons bien présent à l’esprit qu’une clé de la fécondité sacerdotale se trouve dans la manière dont nous nous reposons, dont nous sentons que le Seigneur s’occupe de notre fatigue. Comme il est difficile d’apprendre à se reposer! Là se joue notre confiance, et aussi le souvenir que nous aussi nous sommes des brebis et nous avons besoin du pasteur, qui nous aide. Quelques questions à ce sujet peuvent nous aider. Est-ce que je sais me reposer en recevant l’amour, la gratuité et toute l’affection que me donne le peuple fidèle de Dieu? Ou bien, après le travail pastoral est-ce que je cherche des repos plus raffinés, non pas ceux des pauvres, mais ceux qu’offrent la société de consommation? L’Esprit Saint est-il vraiment pour moi repos dans la fatigue, ou seulement celui qui me fait travailler? Est-ce que je sais demander l’aide de quelque prêtre sage? Est-ce que je sais me reposer de moi-même, de mon auto-exigence, de mon autosatisfaction, de mon autoréférence? Est-ce que je sais converser avec Jésus, avec le Père, avec la Vierge et Saint Joseph, avec mes saints amis protecteurs pour me reposer dans leurs exigences qui sont douces et légères, dans la satisfaction d’être avec eux, eux, ils aiment rester en ma compagnie, et dans leurs intérêts et leurs références, seule les intéresse la plus grande gloire de Dieu? Est-ce que je sais me reposer de mes ennemis sous la protection du Seigneur? Est-ce que j’argumente et conspire en moi-même, ressassant plusieurs fois ma défense, ou est-ce que je me confie à l’Esprit Saint qui m’enseigne ce que je dois dire en toute occasion? Est-ce que je me préoccupe et me tourmente excessivement ou, comme Paul, est-ce que je trouve le repos en disant: Je sais en qui j’ai mis ma foi?".

"Revoyons un moment, brièvement, les engagements des prêtres, qu’aujourd’hui la liturgie nous proclame: porter aux pauvres la Bonne Nouvelle, annoncer la libération aux prisonniers et la guérison aux aveugles, donner la liberté aux opprimés et proclamer l’année de grâce du Seigneur. Isaïe dit aussi soigner ceux qui ont le cœur brisé et consoler les affligés. Ce ne sont pas des tâches faciles, ce ne sont pas des tâches extérieures, comme le sont par exemple les activités manuelles, construire une nouvelle salle paroissiale, ou tracer les lignes d’un terrain de football pour les jeunes du patronage… Les tâches mentionnées par Jésus engagent notre capacité de compassion, ce sont des tâches dans lesquelles le cœur est mû et ému. Nous nous réjouissons avec les fiancés qui se marient, nous rions avec l’enfant qu’ils font baptiser, nous accompagnons les jeunes qui se préparent au mariage et à la famille, nous nous affligeons avec celui qui reçoit l’onction sur un lit d’hôpital, nous pleurons avec ceux qui enterrent une personne chère… Tant d’émotions… Si nous avons le cœur ouvert, cette émotion et tant d’affection fatiguent le cœur du pasteur. Pour nous, prêtres, les histoires de nos gens ne sont pas un bulletin d’information: nous connaissons nos gens, nous pouvons deviner ce qui se passe dans leur cœur, et le nôtre, en souffrant avec eux, s’effiloche, se défait en mille morceaux, il est bouleversé et semble même mangé par les gens: prenez et mangez. C’est la parole que le prêtre de Jésus chuchote constamment quand il prend soin de son peuple fidèle: prenez et mangez, prenez et buvez… Et ainsi notre vie sacerdotale se donne dans le service, dans la proximité du peuple de Dieu… qui toujours, toujours fatigue".

"Je voudrais maintenant partager avec vous quelques autres fatigues sur lesquelles j’ai médité. Il y a celle que nous pouvons appeler la fatigue des gens, la fatigue des foules: pour le Seigneur, comme pour nous, elle était épuisante, l’Évangile le dit, mais c’est une bonne fatigue, une fatigue pleine de fruits et de joie. Les gens qui le suivaient, les familles qui lui portaient leurs enfants pour qu’il les bénisse, ceux qui avaient été guéris, qui venaient avec leurs amis, les jeunes qui s’enthousiasmaient pour le Rabbi…, ne lui laissaient même pas le temps de manger. Mais le Seigneur ne se fatiguait pas de rester avec les gens. Au contraire, il semble que cela le remontait. Cette fatigue au milieu de notre activité est, en général, une grâce qui est à portée de main de nous tous, prêtres. C’est vraiment une belle chose, les gens aiment, désirent et ont besoin de leurs pasteurs! Le peuple fidèle ne nous laisse pas sans occupation directe, sauf si on se cache dans un bureau ou si on part en ville avec des verres teintés. Et cette fatigue est bonne, c’est une fatigue saine. C’est la fatigue du prêtre avec l’odeur de ses brebis…, mais avec le sourire de papa qui contemple ses enfants et ses petits enfants. Rien à voir avec ceux qui sentent des parfums chers et qui te regardent de loin et de haut. Nous sommes les amis de l’Epoux, c’est là notre joie. Si Jésus fait paître le troupeau au milieu de nous, nous ne pouvons pas être des pasteurs au visage acide, qui se lamentent, ni, ce qui est pire, des pasteurs qui s’ennuient. Odeur des brebis et sourire de pères… Oui, très fatigués, mais avec la joie de celui qui écoute son Seigneur qui dit: Venez les bénis de mon Père".

"Il y a aussi la fatigue que nous pouvons appeler la fatigue des ennemis. Le démon et ses adeptes ne dorment pas, et comme leurs oreilles ne supportent pas la Parole de Dieu, ils travaillent inlassablement pour la faire taire ou la troubler. Ici la fatigue de les affronter est plus dure. Non seulement il s’agit de faire le bien, avec toute la peine que cela comporte, mais il faut aussi défendre le troupeau et se défendre soi-même du mal. Le malin est plus astucieux que nous, et il est capable de démolir en un moment ce que nous avons construit avec patience durant beaucoup de temps. Il est nécessaire ici de demander la grâce d’apprendre à neutraliser, c’est une habitude importante, apprendre à neutraliser: neutraliser le mal, ne pas arracher l’ivraie, ne pas prétendre défendre comme des surhommes ce que seul le Seigneur doit défendre. Tout cela aide à ne pas baisser les bras devant l’épaisseur de l’iniquité, devant la dérision des méchants. La parole du Seigneur pour ces situations de fatigue est: Ayez courage, j’ai vaincu le monde! Et cette parole nous donnera de la force".

"Et en dernier lieu...il y a la fatigue de soi-même. C’est peut-être la plus dangereuse. Parce que les deux autres proviennent du fait d’être exposé, de sortir de nous même pour oindre et nous donner quelque chose à faire (nous sommes ceux qui prenons soin). En revanche, cette fatigue est plus autoréférentielle, c’est la déception de soi-même, mais pas regardée en face, avec la sérénité joyeuse de celui qui se découvre pécheur et qui a besoin de pardon, d’aide; celui-là demande de l’aide et va de l’avant. Il s’agit de la fatigue qui porte à vouloir et ne pas vouloir, le fait de tout risquer et ensuite de regretter l’ail et les oignons d’Egypte, de jouer avec l’illusion d’être autre chose. J’aime appeler cette fatigue minauder avec la mondanité spirituelle. Et quand on reste seul, on s’aperçoit que beaucoup de secteurs de la vie ont été imprégnés de cette mondanité, et on a même l’impression qu’aucun bain ne peut la nettoyer. Il peut y avoir là pour nous une mauvaise fatigue. La parole de l’Apocalypse nous indique la cause de cette fatigue: Tu ne manques pas de persévérance, et tu as tant supporté pour mon nom, sans ménager ta peine. Mais j’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné. Seul l’amour donne du repos. Celui qui ne s’aime pas se fatigue mal, et à la longue, se fatigue plus mal".


"L’image la plus profonde et mystérieuse de la manière dont le Seigneur s’occupe de notre fatigue pastorale est celle de celui qui ayant aimé les siens…, les aima jusqu’à la fin: La scène du lavement des pieds. J’aime la contempler comme lavement de la mission, que le Seigneur purifie aussi: Il s’implique avec nous, il se charge le premier de nettoyer toute tache, ce smog mondain et onctueux qui s’est collé durant le chemin que nous avons fait en son Nom. Nous savons que l’on peut voir dans les pieds comment va tout notre corps. Dans la manière de suivre le Seigneur se manifeste comment va notre cœur. Les plaies des pieds, les déboitements et la fatigue sont des signes de la manière dont nous l’avons suivi, de ces routes que nous avons faites pour chercher ses brebis perdues, en essayant de conduire le troupeau vers les verts pâturages et les eaux tranquilles. Le Seigneur nous lave et nous purifie de tout ce qui s’est accumulé sous nos pieds pour le suivre. Et c’est sacré. Il ne permet pas qu’ils restent sales. Il les embrasse comme des blessures de guerre, de sorte que la saleté du travail, c’est lui qui la nettoie. La sequela de Jésus est lavée par le Seigneur lui-même pour que nous nous sentions en droit d’être joyeux, remplis, sans peur ni faute et pour que nous ayons ainsi le courage de sortir et d’aller jusqu’aux extrémités du monde, vers toutes les périphéries, porter cette bonne nouvelle aux plus abandonnés, sachant qu’il est avec nous, tous les jours jusqu’à la fin du monde. Et s’il vous plaît, demandons la grâce d’apprendre à être fatigués, mais bien fatigués!".

Le Pape lave les pieds de douze détenus de la prison romaine de Rebibbia


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Jeudi après-midi, le Pape François a célébré la messe in Coena Domini à la prison romaine de Rebibbia où il est arrivé. Dans la cour intérieure de la prison, il a salué les autorités, le personnel et un groupe de détenus. Peu avant 18 h, il a présidé la messe dans l'église Notre-Père du nouveau complexe de Rebibbia, marquant ainsi le début du Triduum pascal. Au cours de la cérémonie, il a lavé les pieds de douze détenus, six hommes et six femmes du centre de détention féminin. Dans son homélie improvisée, le Pape a rappelé que c'est un jeudi comme celui-ci que Jésus était à table avec ses disciples pour célébrer la fête de la Pâque: "Le passage de l'Evangile que nous avons entendu, contient une phrase qui est vraiment le centre de ce que Jésus a fait pour nous tous: Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout. Jésus nous a aimé. Jésus nous aime. Sans limite, toujours, jusqu'à la fin...Chacun de nous peut dire: Il a donné sa vie pour moi...pour chacun, avec son nom et son prénom. Son amour est ainsi, personnel. L'amour de Jésus ne déçoit jamais, parce qu'il ne se lasse jamais de nous aimer, comme de nous pardonner ou de nous embrasser. Voilà la première chose que je voulais vous dire: Jésus nous a aimé, chacun de nous, jusqu'à la fin. Puis, il fait quelque chose que les disciples ne comprennent pas: laver les pieds. A l'époque, c'était d'usage, c'était une habitude, parce que les gens qui arrivaient dans une maison avaient les pieds sales de la poussière de la route... Mais ce n'est pas le maître de maison qui le faisait...c’était un travail d'esclaves. Et Jésus lave comme un esclave nos pieds, les pieds des disciples, et c'est pourquoi il dit à Pierre: ce que je fais, tu ne peux le comprendre maintenant, tu le comprendras plus tard. L'amour de Jésus est tellement grand, qu'il s'est fait esclave pour nous servir, nous guérir, nous laver". A son imitation,"l'Eglise veut que le prêtre lave les pieds de douze personnes, en mémoire des apôtres. Mais dans notre cœur, nous devons avoir la certitude, nous devons être sûrs que le Seigneur, quand il nous lave les pieds, nous lave tout entier, nous purifie, nous fait ressentir une fois encore son amour. Dans la Bible, il y a une phrase très belle du prophète Isaïe qui dit: Une mère peut-elle oublier son nourrisson? Même si elle l'oubliait, moi je ne t'oublierai jamais. Voici comment est l'amour de Dieu pour nous. Et je laverai aujourd'hui les pieds à douze d'entre vous, mais à travers ces frères et sœurs, vous êtes tous présents. Tous ceux qui habitent ici. Vous les représentez. Mais moi aussi j'ai besoin d'être lavé par le seigneur et c'est pourquoi je vous demande de prier pour cela au cours de cette messe, afin que le Seigneur lave aussi mes péchés, pour que je devienne plus esclave que vous, plus esclave au service des gens, comme l'a été Jésus".

Le Christ abandonné, icône des laissés pour compte


Cité du Vatican, 8 avril 215 (VIS). Vendredi Saint (3 avril), à 21 h 15', le Pape François a présidé le chemin de croix au Colisée. La croix, portée par le Cardinal Agostino Vallini, Vicaire pour le diocèse de Rome, puis par une famille nombreuse, une famille avec enfants adoptés, deux malades, des fidèles venus d'Irak, Syrie, Egypte, Nigeria et Chine, des religieuses, des consacrées et deux franciscains de la Custodie de Terre Sainte. A la conclusion de la Via Crucis, dont les méditations étaient consacrées à l'amour et à l'attention qu'il faut porter à la vie, aux faibles et à l'environnement, le Pape a ajouté quelques mots: "O toi crucifié et victorieux, ton chemin de croix constitue la synthèse de ta vie et de ton obédience au Père, la réalisation de ton amour infini pour les pécheurs, la preuve de l'accomplissement de la Révélation et de l'histoire du salut. Face à tout cela nous prenons conscience de notre rébellion et de notre désobéissance. En toi, trahi par les tiens, nous voyons nos trahisons quotidiennes et nos infidélités constantes. Agneau immaculé, en ton innocence nous voyons nos fautes. Dans la cruauté de la Passion on reconnaît la cruauté de nos sentiments et de nos actes, dans ton abandon celui de tous les rejetés de la société, dans ton corps torturé nos frères abandonnés, oubliés et défigurés par notre négligence et notre indifférence... En toi, amour divin, nous reconnaissons aussi nos frères persécutés, torturés, décapités ou crucifiés à cause de leur foi, sous nos yeux et souvent dans un silence complice".

"Seigneur, imprime en nous la foi, l'espérance et la charité, mais aussi le repentir des péchés qui te crucifient. Transforme en faits notre conversion verbale, afin que nous puissions face au souvenir vivant de ton visage défiguré prendre conscience du prix immense à payer pour notre libération. O toi le Crucifié, renforce notre foi et empêche nous de céder aux tentations. Ravive en nous l'espérance et éloigne les séductions de ce monde. Fais que nous ne soyons pas trompés par la corruption et la mondanité. Enseigne nous que ta Croix est le chemin vers la Résurrection. Enseigne nous que le Vendredi Saint est le passage vers Pâque et sa lumière, et que Dieu n'oublie aucun de ses enfants, qu'il ne cesse de pardonner, de nous accueillir dans son infinie miséricorde. Enseigne nous aussi à ne cesser de demander pardon et à croire dans la miséricorde sans limite du Père".




Apprendre des disciples de Jésus à entrer dans le Mystère


Cité du Vatican, 8 avril 2015(VIS). Le 4 avril, la Vigile pascale a commencé à 20 h 30' en la Basilique vaticane. Le Pape a présidé les rites initiaux avec la bénédiction du feu, l'entrée dans la basilique et la préparation du cierge pascal, suivis de la procession jusqu'à l'autel majeur, avec le cierge allumé, le chant de l'Exultet et la liturgie de la Parole. Au cours de la cérémonie, le Saint-Père a administré les sacrements de l'initiation chrétienne (baptême, confirmation et première communion) à dix fidèles provenant d'Italie, du Portugal, d'Albanie, du Kenya et du Cambodge. Après la proclamation de l'Evangile, le Pape a prononcé une homélie dans laquelle il a rappelé que les femmes, les premières, sont entrées dans le tombeau vide, et a invité tous à apprendre de ces disciples de Jésus à ne perdre ni la foi, ni l'espérance. "Cette nuit est une nuit de veille -a-t-il dit-. Le Seigneur ne dort pas, il veille le gardien de son peuple, pour le faire sortir de l’esclavage et lui ouvrir le chemin de la liberté. Le Seigneur veille et avec la puissance de son amour il fait passer le peuple à travers la Mer Rouge, et il fait passer Jésus à travers l’abîme de la mort et des enfers.


Nuit de veille que fut cette nuit pour les disciples de Jésus. Nuit de douleur et de peur. Les hommes sont restés enfermés dans le Cénacle. Les femmes, au contraire, à l’aube du jour qui suit le sabbat, sont allées au tombeau pour oindre le corps de Jésus. Leur cœur était rempli d’émotion et elles se demandaient: Comment ferons-nous pour entrer? Qui nous roulera la pierre du tombeau? Mais voici le premier signe de l’événement: La grosse pierre avait déjà été roulée et la tombe était ouverte! En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc… Les femmes furent les premières à voir ce grand signe: le tombeau vide, et elles furent les premières à y entrer… Elles entrèrent dans le tombeau. Cela nous fait du bien, en cette nuit de veille, de nous arrêter à réfléchir sur l’expérience des disciples de Jésus, qui nous interpelle nous aussi. C’est pour cela en effet, que nous sommes ici, pour entrer, entrer dans le Mystère que Dieu a accompli avec sa veille d’amour. On ne peut vivre la Pâque sans entrer dans le mystère. Ce n’est pas un fait intellectuel, ce n’est pas seulement connaître, lire… C’est plus, c’est beaucoup plus! Entrer dans le mystère, signifie capacité d’étonnement, de contemplation, capacité d’écouter le silence et d’entendre le murmure d’un fin silence sonore dans lequel Dieu nous parle. Entrer dans le mystère nous demande de ne pas avoir peur de la réalité, de ne pas se fermer sur soi-même, de ne pas fuir devant ce que nous ne comprenons pas, de ne pas fermer les yeux devant les problèmes, de ne pas les nier, de ne pas éliminer les points d’interrogation… Entrer dans le mystère signifie aller au-delà de ses propres sécurités confortables, au-delà de la paresse et de l’indifférence qui nous freinent, et se mettre à la recherche de la vérité, de la beauté et de l’amour, chercher un sens imprévisible, une réponse pas banale aux questions qui mettent en crise notre foi, notre fidélité et notre raison. Pour entrer dans le mystère, il faut de l’humilité, l’humilité de s’abaisser, de descendre du piédestal de notre moi si orgueilleux, de notre présomption; l’humilité de se redimensionner, en reconnaissant ce que nous sommes effectivement, c'est à dire des créatures, avec des qualités et des défauts, des pécheurs qui ont besoin de pardon. Pour entrer dans le mystère, il faut cet abaissement qui est impuissance, dépossession de ses propres idolâtries… adoration. Sans adorer, on ne peut entrer dans le mystère. Les femmes disciples de Jésus nous enseignent tout cela. Elles ont veillé, cette nuit, avec la Mère. Et elle, la Vierge Mère, les a aidés à ne pas perdre la foi et l’espérance. Ainsi elles ne sont pas restées prisonnières de la peur et de la douleur, mais aux premières lueurs de l’aube, elles sont sorties, portant dans les mains leurs parfums et avec le cœur oint d’amour. Elles sont sorties et elles ont trouvé le tombeau ouvert. Et elles sont entrées. Elles ont veillé, elles sont sorties et elles sont entrées dans le Mystère. Apprenons d’elles à veiller avec Dieu et avec Marie, notre Mère, pour entrer dans le Mystère qui nous fait passer de la mort à la vie". 

Pâques: Qu'arrive à tous la voix du Seigneur qui console et guérit


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Dimanche de Pâques 5 avril, à 10 h15' place St.Pierre, le Saint-Père a célébré la messe de la Résurrection, Le parvis était décorée de 40.000 plantes et fleurs, essentiellement aux couleurs du Vatican, jaune et blanc, offertes par les fleuristes hollandais. A la messe de Pâques, ouverte par le traditionnel Resurrexit et le dévoilement de l'icône du Ressuscité, ont participé malgré la pluie et le froid quelque 50.000 fidèles que le Pape a remercié de leur présence. Le Pape n'a pas prononcé d'homélie puisque, après la messe, à midi, il a lu son message pascal et imparti la bénédiction Urbi et Orbi, depuis la loggia centrale de la Basilique vaticane. Le Saint-Père s'est adressé aux fidèles réunis sur la place et à tous ceux qui le suivaient grâce aux media, et a prononcé son message demandant que le monde ne se soumette pas aux trafiquants d'armes et a rappelé les tragédies au Yémen, en Libye, en Syrie et en Irak, la persécution des chrétiens dans ces pays et d'autres, les conflits en Terre Sainte et la guerre en Ukraine. Il a aussi imploré la paix au Nigeria, au Sud-Soudan et en République du Congo, sans oublier les pauvres, les prisonniers et les émigrants, souvent méprisés et rejetés. Le Pape a ensuite donné la bénédiction solennelle Urbi et Orbi:

"Chers frères et sœurs, Joyeuses Pâques! Jésus Christ est ressuscité! L’amour a vaincu la haine, la vie a vaincu la mort, la lumière a chassé les ténèbres! Jésus Christ, par amour pour nous, s’est dépouillé de sa gloire divine; il s’est vidé de lui-même, il a assumé la forme de serviteur et s’est humilié jusqu’à la mort, et la mort de la croix. Pour cela Dieu l’a exalté et l’a fait Seigneur de l’univers. Jésus est Seigneur! Par sa mort et sa résurrection Jésus, indique à tous le chemin de la vie et du bonheur: ce chemin est l’humilité, qui comporte l’humiliation. C’est la route qui conduit à la gloire. Seul celui qui s’humilie peut aller vers les choses d’en-haut, vers Dieu. L’orgueilleux regarde de haut en bas, l’humble regarde de bas en haut. Au matin de Pâques, avertis par les femmes, Pierre et Jean coururent au tombeau et le trouvèrent ouvert et vide. Alors, ils s’approchèrent et s’inclinèrent pour entrer dans le tombeau. Pour entrer dans le mystère, il faut s’incliner, s’abaisser. Seul celui qui s’abaisse comprend la glorification de Jésus et peut le suivre sur sa route. Le monde propose de s’imposer à n’importe quel coût, d’entrer en compétition, de se faire valoir… Mais les chrétiens, par la grâce du Christ mort et ressuscité, sont les germes d’une autre humanité, dans laquelle nous cherchons à vivre au service les uns des autres, à ne pas être arrogants mais disponibles et respectueux. Cela n’est pas faiblesse, mais force véritable! Celui qui porte en soi la force de Dieu, son amour et sa justice, n’a pas besoin d’user de violence, mais il parle et agit avec la force de la vérité, de la beauté et de l’amour. Implorons aujourd’hui du Seigneur ressuscité, la grâce de ne pas céder à l’orgueil qui alimente la violence et les guerres, mais d’avoir l’humble courage du pardon et de la paix. A Jésus victorieux demandons d’alléger les souffrances de tant de nos frères persécutés à cause de son nom, comme aussi de tous ceux qui pâtissent injustement des conséquences des conflits et des violences actuelles. Il y en a tant".


"Demandons la paix, surtout pour la Syrie et l’Irak, pour que cesse le fracas des armes et que se rétablisse la bonne cohabitation entre les différents groupes qui composent ces pays bien-aimés. Que la communauté internationale ne reste pas inerte face à l’immense tragédie humanitaire dans ces pays, et au drame des nombreux réfugiés. Implorons la paix pour tous les habitants de la Terre Sainte. Que puisse croître entre Israéliens et Palestiniens la culture de la rencontre, et reprendre le processus de paix pour mettre ainsi fin à des années de souffrances et de divisions. Demandons la paix pour la Libye, afin que s’arrête l’absurde effusion de sang en cours, et toute violence barbare, et que tous ceux qui ont à cœur le destin du pays, mettent tout en œuvre pour favoriser la réconciliation et pour édifier une société fraternelle qui respecte la dignité de la personne. Au Yemen également, nous espérons que prévale une volonté commune de pacification, pour le bien de toute la population. En même temps, avec espérance, confions au Seigneur qui est si miséricordieux l’entente obtenue à Lausanne ces jours derniers, afin qu’elle soit un pas définitif vers un monde plus sûr et fraternel. Implorons du Seigneur ressuscité le don de la paix pour le Nigeria, pour le Sud-Soudan et pour différentes régions du Soudan et de la République démocratique du Congo. Qu’une prière incessante monte de tous les hommes de bonne volonté pour ceux qui ont perdu la vie -je pense en particulier aux jeunes qui ont été tués jeudi dernier à l’université de Garissa, au Kenya- pour tous ceux qui ont été enlevés, pour qui a dû abandonner sa maison et ses affections proches. Que la Résurrection du Seigneur apporte aussi de la lumière à l’Ukraine, surtout à tous ceux qui ont subi les violences du conflit des derniers mois. Que le pays puisse retrouver paix et espérance grâce à l’engagement de toutes les parties intéressées. Demandons la paix pour tant d’hommes et de femmes qui sont soumis à de nouvelles et anciennes formes d’esclavage de la part de personnes et d’organisations criminelles. Paix et liberté pour les victimes des trafiquants de drogue, souvent liés aux pouvoirs qui devraient défendre la paix et l’harmonie dans la famille humaine. Et demandons la paix pour ce monde soumis aux trafiquants d’armes, qui gagnent avec le sang des hommes et des femmes. Aux personnes marginalisées, aux prisonniers, aux pauvres et aux migrants qui sont si souvent rejetés, maltraités et mis au rebut; aux malade et aux personnes qui souffrent; aux enfants, spécialement à ceux qui subissent violence; à tous ceux qui aujourd’hui sont dans le deuil; qu’arrive à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté la voix du Seigneur Jésus qui console et qui guérit: Paix à vous! Ne craignez pas, je suis ressuscité et je serai toujours avec vous!".

Le Christ est ressuscité! Répétons-le par le témoignage de notre vie.


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Lundi 6 avril à midi, le Saint-Père a récité le Regina Coeli, qui remplace l'angélus pendant le temps pascal, avec les milliers de fidèles réunis Place St.Pierre. Avant la prière mariale, il a évoqué l'évangile du jour et comment l'ange annonce aux femmes du sépulcre que Jésus est ressuscité est leur demande d'annoncer la nouvelle aux disciples pour qu'ils se rendent en Galilée où ils rencontreront le Messie: "Lui aussi est avec nous ici sur la place". Le Pape a aussi rappelé que c'est l'annonce que l'Eglise répète depuis ses premiers jours: Le Christ est ressuscité... Voici la bonne nouvelle que nous sommes appelés à apporter aux autres et dans tout milieu, animés par l'Esprit Saint. La foi en la résurrection de Jésus et l'espérance qu'il nous a apportée est le don le plus beau que le chrétien peut et doit offrir à ses frères...Le Christ est ressuscité! Répétons-le par nos paroles, mais surtout avec le témoignage de notre vie. Nous annonçons la résurrection du Christ quand sa lumière éclaire les moments sombres de notre existence et que nous pouvons la partager avec les autres, quand nous savons sourire avec qui sourit et pleurer avec qui pleure, quand nous marchons au côté de qui est triste et risque de perdre l'espérance, quand nous racontons notre expérience de foi à qui est à la recherche de sens et de bonheur. Par notre comportement, notre témoignage, notre vie, nous disons: Jésus est ressuscité! Nous le disons avec toute notre âme... La Pâque est l'événement qui a porté la nouveauté radicale pour tout être humain, pour l'histoire et pour le monde. C'est le triomphe de la vie sur la mort, c'est la fête du réveil et de la régénération. Laissons notre existence être conquise et transformée par la Résurrection!", a conclu le Pape qui a demandé aux fidèles présents de demander à la Vierge Marie de faire grandir en nous la joie pascale.


Après le Regina Coeli, le Saint-Père a salué les fidèles en leur souhaitant de bonnes Pâques et en les encourageant à lire tous les jours un passage d'évangile. Il a consacré quelques mots à la délégation du Mouvement Shalom qui arrivait à la dernière étape de son relais de solidarité pour sensibiliser l'opinion publique sur les persécutions des chrétiens dans le monde: "Votre itinéraire sur les routes est terminé, mais tous doivent continuer le chemin spirituel d'intense prière, de participation concrète et d'aide tangible en défense et protection de nos frères et sœurs persécutés, exilés, tués, décapités, pour le seul fait d'être chrétiens. Ils sont nos martyrs d'aujourd'hui, et il y en a beaucoup, nous pouvons dire qu'ils sont plus nombreux qu'aux premiers siècles". Enfin, le Pape a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle ne "reste pas muette et inerte face à un tel crime inacceptable qui constitue une dérive préoccupante des droits de l'homme les plus élémentaires. Je souhaite vraiment que la communauté internationale ne détourne pas son regard". 

Télégramme à la suite du massacre de Garissa


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir un télégramme de condoléances un Président de la Conférence épiscopale du Kenya, à la suite du massacre d'étudiants survenu sur le campus de Garissa. Condamnant fermement cet acte de brutalité insensée, il prie pour le repos des 147 victimes et la guérison des nombreux blessés. Assurant le peuple kényan tout entier de sa solidarité, il encourage les pouvoirs publics à redoubler d'efforts pour mettre fin à la violence et entamer une nouvelle ère de fraternité, de justice et de paix.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Octavio Villegas Aguilar à l'office d'Auxiliaire de l'Archevêque de Morelia (Mexique).

Hier, mardi 7 avril, il avait nommé:

L'Abbé Vincent Aind, Evêque de Bagdogra (superficie 1.200, population 1.015.000, catholiques 54.301, prêtres 58, religieux 185), en Inde. L'Evêque élu, né en 1955 à Kalchini (Inde) et ordonné prêtre en 1984, était jusqu'ici Doyen de la faculté de philosophie du séminaire régional, où il a été enseignant et directeur spirituel. Consulteur diocésain et membre de plusieurs institutions du diocèse de Jalpaiguri (Inde), Secrétaire régional pour le clergé, les religieux et les séminaires de la Conférence épiscopale régionale du West Bengale (Inde), il est Docteur en philosophie.

Le P.Ernesto José Romero Rivas, OFM.Cap, Vicaire apostolique de Tucupita (superficie 40.200, population 167.676, catholiques 120.000, prêtres 8, religieux 20), au Venezuela. L'Evêque élu, né en 1960 à Machiques (Venezuela), a prononcé ses voeux religieux et a été ordonné prêtre en 1990. Jusqu'ici Pro Vicaire de cette même circonscription ecclésiastique, il a occupé diverses fonctions au sein de son ordre et a été curé de paroisse.


mercredi 1 avril 2015

Le Triduum pascal, point culminant de l'année liturgique et de la vie chrétienne

Cité du Vatican, 1 avril 2015 (VIS). Lors de sa catéchèse de l'audience générale du mercredi, le Pape François a évoqué le Triduum pascal, point culminant de toute l'année liturgique, "et de notre vie de chrétien", qui commence demain, Jeudi saint, par la célébration de la dernière Cène où Jésus a offert le pain et le vin, son Corps et son Sang au Père, et nous a demandé de perpétuer ce geste en mémoire de lui. "L'Evangile de cette célébration, rappelant le lavement des pieds, a la même signification que l'eucharistie sous une autre perspective. Jésus, comme un serviteur, lave les pieds de Simon Pierre et des onze autres disciples. Par ce geste prophétique, il exprime le sens de sa vie et de sa passion, ce service à Dieu et aux frères... Cela s'est aussi passé lors de notre baptême, quand la grâce de Dieu nous a lavé du péché et que nous nous sommes revêtus du Christ. Cela se passe chaque fois que nous répétons le mémorial du Seigneur dans l'eucharistie. Nous sommes en communion avec le Christ serviteur pour obéir à son commandement, celui de nous aimer comme lui nous a aimé. Si nous nous approchons de la communion sans être sincèrement disposés à nous laver les pieds les uns des autres, nous ne reconnaissons pas le corps du Seigneur".

Dans la liturgie de Vendredi saint, nous méditons le mystère de la mort du Christ et rappelons ses paroles sur la croix: Tout est accompli, ce qui signifie que "l'œuvre du salut est accomplie, que toute l'Ecriture trouve son plein accomplissement dans l'amour du Christ, Agneau immolé. Jésus, par son sacrifice, a transformé la plus grande iniquité en plus grand amour". Le Pape a évoqué tous ces hommes et femmes qui, au fil des siècles, par leur existence ont témoigné un peu "de cet amour parfait, plein, incontaminé", et a cité un témoin héroïque de notre époque, le prêtre italien Andrea Santoro, missionnaire en Turquie, qui, peu avant d'être assassiné en l'église de Trebisonda, le 5 février 2006, écrivait: Je suis ici pour habiter au milieu de ces gens et permettre à Jésus de le faire en lui prêtant ma chair...C'est seulement en offrant sa chair que l'on devient capables de salut. Le mal du monde est porté et la douleur partagée, en l'absorbant dans sa propre chair jusqu'au bout, comme l'a fait Jésus. "Que cet exemple et tant d'autres -s'est exclamé le Pape- nous soutiennent pour offrir notre vie comme don d'amour à nos frères, à l'imitation de Jésus!".


Le Samedi saint, "l'Eglise contemple le repos du Christ dans son tombeau après son combat victorieux de la croix. Ce jour-là, l'Eglise s'identifie à Marie encore une fois. Toute sa foi est rassemblée en elle, la première et parfaite disciple, la première et parfaite croyante. Dans l'obscurité qui recouvre la création, elle reste seule à garder allumée la flamme de la foi, espérant contre toute espérance en la résurrection de Jésus". Lors de la grande Vigile pascale, "nous célébrons le Christ ressuscité centre et fin du cosmos et de l'histoire. Nous veillons plein d'espérance en attente de son retour, quand la Pâque se manifestera pleinement. Parfois l'obscurité de la nuit semble pénétrer dans l'âme. Parfois nous pensons: désormais, il n'y a plus rien à faire, et le cœur ne trouve plus la force d'aimer... Mais c'est dans cette obscurité que le Christ allume le feu de l'amour de Dieu. Une lueur brise l'obscurité et annonce un début. La pierre de la douleur est renversée laissant la place à l'espérance. Voilà le grand mystère de la Pâque! En cette sainte nuit l'Eglise nous remet la lumière du Ressuscité, pour que nous n'ayons plus le regret de dire: Désormais..., mais l'espérance de qui s'ouvre à un présent plein d'avenir. Le Christ a vaincu la mort, et nous avec lui. Notre vie ne s'arrête pas à la pierre d'un tombeau!... En ces jours de Triduum pascal, ne nous limitons pas à commémorer la passion du Seigneur, mais entrons dans le mystère, faisons nôtres ses sentiments, ses attitudes, comme l'apôtre Paul nous invite à le faire: Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus. Alors nous fêterons une bonne Pâque".
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