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vendredi 27 novembre 2015

Le Pape au siège de l'ONU de Nairobi


Cité du Vatican, 27 novembre 2015 (VIS). Hier à Nairobi, le Saint-Père s'est rendu à l’Office des Nations-Unies pour l'Afrique (UNON), institué en 1996 et qui abrite le Programme pour l’Environnement et le Programme pour l'Habitat, ainsi les agences régionales africaines et d'autres organismes internationaux. Il a prononcé le discours qui suit devant les 3.000 personnes de l'assemblée, reprenant les axes de sa récente encyclique sur l'environnement dans la perspective de la Conférence de Paris. Mais il ne s'est pas limité à évoquer ces questions et a repris les axes pour la lutte contre la pauvreté interdépendante de celle contre la surexploitation des richesses et le dérèglement climatique. C'est pourquoi il a replacé son propos également dans la perspective de la X Conférence ministérielle de l'OMC qui se tiendra à Nairobi et des accords sur la propriété intellectuelle, l'accès aux soins et aux médicaments, les trafics d'animaux ou de pierres précieuses:

En route vers cette salle, a dit le Pape François, "j’ai été invité à planter un arbre dans le parc du Centre des Nations-Unies. J’ai accepté d’accomplir ce geste symbolique et simple, chargé de sens dans beaucoup de cultures. Planter un arbre, c’est d’abord une invitation à continuer de lutter contre des phénomènes tels que la déforestation et la désertification. Cela nous rappelle l’importance de protéger et d’administrer de façon responsable ces poumons de la planète pleins de biodiversité comme nous pouvons bien l’apprécier dans ce continent avec le bassin du fleuve Congo, espace important pour toute la planète et pour l’avenir de l’humanité. C’est pourquoi, i faut toujours soutenir la tâche des organismes internationaux et des organisations de la société civile qui sensibilisent les populations et coopèrent en utilisant aussi des mécanismes de pression légitimes, pour que chaque gouvernement accomplisse son propre devoir de préserver l’environnement ainsi que les ressources naturelles de son pays, sans se vendre à des intérêts illégitimes locaux ou internationaux. En outre, planter un arbre nous invite à continuer d’avoir confiance, d’espérer et surtout de consentir à des efforts pour inverser toutes les situations d’injustice et de détérioration dont nous souffrons aujourd’hui. Dans quelques jours s'ouvre à Paris une importante rencontre sur le changement climatique, où la communauté internationale se confrontera de nouveau à cette problématique. Ce serait triste et j’ose le dire, catastrophique, que les intérêts particuliers l’emportent sur le bien commun et conduisent à manipuler l’information pour protéger leurs projets. Dans ce contexte international, devant une alternative que nous ne pouvons ignorer, améliorer ou détruire l’environnement, chaque initiative, petite ou grande, individuelle ou collective, prise pour sauvegarder la création indique le bon chemin de cette créativité généreuse et digne, qui révèle le meilleur de l’être humain".

"Le climat est un bien commun, de tous et pour tous. Le changement climatique est donc un problème global aux graves répercussions environnementales, sociales, économiques, distributives ainsi que politiques, et constitue l’un des principaux défis actuels pour l’humanité, dont la réponse doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés. Car l’exploitation abusive et la destruction de l’environnement sont en même temps accompagnées par un processus implacable d’exclusion. La Conférence de Paris doit être un pas important dans le processus de développement d’un nouveau système énergétique, qui dépende le moins possible des combustions fossiles, vise l’efficacité énergétique et se structure grâce à l’utilisation d’énergie au contenu en carbone réduit ou nul. Nous sommes face au grand engagement politique et économique qui consiste à reconsidérer et à corriger les dysfonctionnements et les distorsions du modèle de développement actuel. L’Accord de Paris peut envoyer un signal clair dans cette direction, à condition que, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à l’Assemblée Générale de l’ONU, nous évitions la tentation de tomber dans un nominalisme de déclarations à effet tranquillisant sur les consciences. Nous devons veiller à ce que nos institutions soient réellement efficaces. C’est pourquoi j’espère que la COP21 débouchera sur la conclusion d’un accord global et ‘transformateur’ fondé sur les principes de solidarité, de justice, d’équité et de participation, et qui oriente vers la réalisation de trois objectifs, à la fois complexes et interdépendants: L’allègement de l’impact du changement climatique, la lutte contre la pauvreté et le respect de la dignité humaine. Malgré de nombreuses difficultés, s’affirme la tendance à concevoir la planète comme une patrie, et l’humanité comme un peuple qui habite une maison commune. Aucun pays ne peut agir en marge d'une responsabilité commune. Si nous voulons réellement un changement positif, nous devons humblement assumer notre interdépendance. Le problème naît lorsque nous croyons qu’interdépendance est synonyme d’imposition ou de soumission de quelques-uns aux intérêts des autres. Du plus faible au plus fort. Un dialogue sincère et ouvert est nécessaire, avec la coopération responsable de tous, autorités politiques et communauté scientifique, entreprises et société civile. Les exemples positifs ne manquent pas qui nous démontrent comment une vraie collaboration entre la politique, la science et l’économie est capable d’obtenir d’importants résultats".

"Nous sommes conscients, cependant, que les êtres humains, capables de se dégrader à l’extrême, peuvent aussi se surmonter, opter de nouveau pour le bien et se régénérer. Cette profonde prise de conscience nous conduit à espérer que, si l’humanité de la période post-industrielle pourrait laisser le souvenir de l’une des plus irresponsables de l’histoire, l’humanité du début du XXI siècle pourra rester dans les mémoires pour avoir assumé avec générosité ses graves responsabilités. Pour cela, il est nécessaire de mettre au service des peuples l’économie et la politique où l'être humain, en harmonie avec la nature, structure tout le système de production et de distribution pour que les capacités et les nécessités de chacun trouvent une place appropriée dans l'être social. Il ne s’agit pas d’une utopie, au contraire, il s’agit d’une perspective réaliste qui place la personne humaine et sa dignité comme point de départ et vers laquelle tout doit confluer. Le changement de direction dont nous avons besoin, il n’est pas possible de le réaliser sans un engagement substantiel à travers l’éducation et la formation. Rien ne sera possible si les solutions politiques et techniques ne sont accompagnées d’un processus d’éducation qui promeuve de nouveaux styles de vie. Un nouveau type de culture. Cela exige une formation destinée à susciter chez les enfants, les femmes et les hommes, les jeunes et les adultes, l’assimilation d’une culture de protection, la protection de soi-même, la protection de l’autre, la protection de l’environnement, en lieu et place de la culture de détérioration et de rejet. Le rejet de soi, de l’autre, de l’environnement. La promotion de la conscience d’une origine commune, d’une appartenance mutuelle et d’un avenir partagé par tous permettrait le développement de nouvelles convictions, attitudes et formes de vie. C’est un grand défi culturel, spirituel et éducatif, qui supposera de longs processus de régénération, qu’il est encore temps de promouvoir. Ils sont nombreux les visages, les histoires, les conséquences évidentes chez des milliers de personnes que la culture de la détérioration et du rejet a conduit à sacrifier aux idoles du profit et de la consommation. Nous devons nous protéger d’un triste signe de la mondialisation de l’indifférence, qui nous fait lentement nous habituer à la souffrance de l’autre, comme si elle était normale, ou pire encore, qui nous conduit à la résignation face aux formes extrêmes et scandaleuses de rebut et d’exclusion sociale, comme sont les nouvelles formes d’esclavage, le trafic des personnes, le travail forcé, la prostitution, le trafic d’organes. L’augmentation du nombre de migrants fuyant la misère, accrue par la dégradation environnementale, est tragique. Ces migrants ne sont pas reconnus comme réfugiés par les conventions internationales et ils portent le poids de leurs vies à la dérive, sans aucune protection légale. Ce sont de nombreuses vies, de nombreuses histoires, de nombreux rêves qui se noient dans notre présent. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à cela. Nous n’en avons pas le droit".

"Parallèlement à la négligence de l’environnement, depuis un certain temps, nous sommes témoins d’un rapide processus d’urbanisation qui, malheureusement, conduit souvent à une croissance démesurée et désordonnée de beaucoup de villes qui sont devenues insalubres et inefficaces. Et ce sont aussi des endroits où se répandent des symptômes préoccupants d’une tragique rupture des liens d’intégration et de communion sociale, qui conduit à l’augmentation de la violence et à l’émergence de nouvelles formes d’agressivité sociale, au narcotrafic et à la consommation croissante de drogues chez les plus jeunes, à la perte d’identité, au déracinement et à l’anonymat social. Je voudrais exprimer mon encouragement à tous ceux qui, au niveau local et international, travaillent pour que le processus d’urbanisation devienne un instrument efficace en vue du développement et de l’intégration, afin de garantir pour tous, et surtout aux personnes qui vivent dans les quartiers marginaux, des conditions de vie dignes, garantissant les droits fondamentaux à une terre, à un toit et au travail. Il est nécessaire de promouvoir des initiatives de planification urbaine et de protection des espaces publics qui aillent dans ce sens et prévoient la participation des habitants, essayant de combattre les nombreuses inégalités et les poches de pauvreté urbaine, non seulement économiques, mais aussi et surtout sociales et environnementales. La prochaine Conférence Habitat-III, prévue à Quito en octobre 2016, pourrait être un moment important pour identifier les façons de répondre à ces problématiques. Dans quelques jours, cette ville accueillera la X Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce. En 1971, face à un monde toujours plus interdépendant, et anticipant de quelques années la présente réalité de la globalisation, Paul VI réfléchissait sur la manière dont les relations commerciales entre les états pourraient être un élément fondamental pour le développement des peuples ou, au contraire, cause de misère et d’exclusion. Même en reconnaissant tout l’effort réalisé dans ce domaine, il semble qu’on ne soit pas encore arrivé à un système commercial international équitable et totalement au service de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Les relations commerciales entre les états, une part indispensable des relations entre les peuples, peuvent tant servir à porter préjudice à l’environnement qu’à l’assainir et le rendre sûr pour les générations futures. Je forme le vœu que les délibérations de la prochaine Conférence de Nairobi ne soient pas un simple équilibre des intérêts en conflit, mais un vrai service à la sauvegarde de la maison commune et au développement intégral des personnes, surtout des plus défavorisées. En particulier, je veux m’unir aux préoccupations de nombreuses réalités engagées dans la coopération au développement et dans l’assistance sanitaire, dont les congrégations religieuses qui aident les plus pauvres et exclus, préoccupations qui concernent les accords sur la propriété intellectuelle et l’accès aux médicaments ainsi qu’aux soins essentiels de santé. Les Traités de libre commerce régionaux sur la protection de la propriété intellectuelle, en particulier dans le domaine pharmaceutique et biotechnologique, non seulement ne doivent pas limiter les facultés déjà accordées aux états par les accords multilatéraux, mais, au contraire, devraient être un instrument pour assurer un minimum d’assistance sanitaire et d’accès aux traitements de base pour tous. Les discussions multilatérales, à leur tour, doivent donner aux pays les plus pauvres le temps, la flexibilité et les exceptions nécessaires à une adaptation ordonnée, et non traumatisante, aux normes commerciales. L’interdépendance et l’intégration des économies ne doivent pas provoquer le moindre préjudice aux systèmes de santé et de protection sociale existants. Au contraire, elles doivent favoriser leur création et leur fonctionnement. Certaines questions de santé, telles que l’élimination du paludisme et de la tuberculose, le traitement des maladies dites orphelines et les domaines négligés de la médecine tropicale, réclament une attention politique prioritaire, avant tout autre intérêt commercial ou politique".


"L’Afrique offre au monde une beauté et une richesse naturelle qui nous conduisent à louer le Créateur. Ce patrimoine africain et de toute l’humanité est constamment menacé par un risque de destruction, en raison d’égoïsmes humains en tout genre et de l’abus de situations de pauvreté et d’exclusion. Dans le contexte des relations économiques entre les états et les peuples, on ne peut cesser de parler des trafics illégaux qui croissent dans un environnement de pauvreté, et qui, à leur tour, alimentent la pauvreté et l’exclusion. Le commerce illégal de diamants et de pierres précieuses, de métaux rares ou de valeur stratégique, du bois et de matériel biologique, ainsi que de produits d’origine animale, comme dans le cas du trafic d’ivoire et le massacre des éléphants qui lui est relatif, alimente l’instabilité politique, le crime organisé et le terrorisme. Cette situation est aussi un cri des hommes et de la terre qui doit être entendu par la communauté internationale. Lors de ma récente visite au siège de l’ONU à New York, j’ai pu exprimer le souhait et l’espérance que le travail des Nations-Unies et de tous les développements multilatéraux puissent être le gage d’un avenir sûr et heureux pour les générations à venir. Et il le sera si les représentants des états savent laisser de côté des intérêts sectoriels et idéologiques, et chercher sincèrement le service du bien commun. Je renouvelle le soutien de la communauté catholique, et le mien, consistant à continuer de prier et de collaborer pour que les résultats de la coopération régionale qui s’exprime aujourd’hui dans l’Union Africaine et par les nombreux accords africains de commerce, de coopération et de développement, soient mis en œuvre avec vigueur et en tenant toujours compte du bien commun des enfants de cette terre. La bénédiction du Très Haut soit avec tous et chacun d’entre vous ainsi qu’avec vos peuples".

Visite au bidonville de Kangemi



Cité du Vatican, 27 Novembre 2015 (VIS). Ce matin, le Saint-Père s’est rendu à l’église St.Joseph Ouvrier qui se trouve dans un des quartiers les plus pauvres de la ville de Kangemi: "Je me sens comme chez moi, en partageant ce moment avec des frères et des sœurs qui, je n’ai pas honte de le dire, ont une place de choix dans ma vie et dans mes options. Je suis ici pour vous assurer que vos joies et vos espérances, vos angoisses et vos tristesses, ne me sont pas indifférentes. Je connais les difficultés que vous traversez quotidiennement! Comment ne pas dénoncer les injustices que vous subissez?''. Il a évoqué la sagesse des quartiers populaires. ''Une sagesse –a-t-il dit- qui jaillit de la résistance obstinée de ce qui est authentique, des valeurs évangéliques que la société opulente, endormie par la consommation effrénée, semble avoir oubliées. Vous êtes capables de tisser des liens d’appartenance et de cohabitation, qui transforment l’entassement en expérience communautaire où les murs du moi sont rompus et les barrières de l’égoïsme dépassées... La culture des quartiers populaires imprégnée de cette sagesse particulière a des caractéristiques très positives, qui sont un apport pour le monde où il nous revient de vivre. Elle s’exprime par des valeurs telles que la solidarité, donner sa vie pour l’autre, préférer la naissance à la mort, donner une sépulture chrétienne aux morts, offrir une place au malade dans sa propre maison, partager le pain avec l’affamé : quand il y en a pour dix il y en a pour douze, la patience et le courage face aux adversités, etc. Valeurs qui se fondent sur la vérité que chaque être humain est plus important que le dieu argent. Merci de nous rappeler qu’il y a un autre type de culture possible''. Le Pape a demandé de revendiquer ces valeurs ''qui ne sont pas cotées en Bourse, des valeurs qui ne sont pas objet de spéculation, ni n’ont pas de prix sur le marché. Je vous félicite, je vous accompagne et je veux que vous sachiez que le Seigneur ne vous oublie jamais. Le chemin de Jésus commence dans les périphéries, il part des pauvres et avec les pauvres, et va vers tous''.

''Reconnaître ces manifestations de vie honnête qui grandissent chaque jour au milieu de vous", a-t-il poursuivi, n’implique, "en aucune manière, d’ignorer l’atroce injustice de la marginalisation urbaine. Ce sont des blessures provoquées par les minorités qui concentrent le pouvoir, la richesse et gaspillent de façon égoïste, tandis que des majorités toujours croissantes sont obligées de se réfugier dans des périphéries abandonnées, contaminées, marginalisées. Cela s’aggrave lorsque nous voyons l’injuste distribution de la terre, peut-être pas dans ce quartier, mais sûrement dans d’autres, qui conduit dans beaucoup de cas des familles entières à payer des loyers exorbitants pour des logements qui se trouvent dans des conditions inadéquates. Je connais aussi le grave problème de l’accaparement de terres par des promoteurs privés sans visage qui vont jusqu’à vouloir s’approprier la cour des écoles de vos enfants. Cela se passe parce qu’on oublie que Dieu a donné la terre à tout le genre humain pour qu'elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne''. Le Pape a ensuite souligné le grave problème du manque d’accès aux infrastructures et aux services de base: ''Je veux parler des toilettes, égouts, drainages, collecte des déchets, éclairage, routes mais aussi des écoles, hôpitaux, centres de loisir et de sport, des ateliers d’art. Je veux citer en particulier l’eau potable. L’accès à l’eau potable et sûre est un droit humain primordial, fondamental et universel, parce qu’il détermine la survie des personnes, et par conséquent il est une condition pour l’exercice des autres droits humains. Ce monde a une grave dette sociale envers les pauvres qui n’ont pas accès à l’eau potable, parce que c’est leur nier le droit à la vie, enraciné dans leur dignité inaliénable. Priver une famille d’eau, sous quelque prétexte bureaucratique, est une grande injustice, surtout lorsqu’on se fait du profit avec cette nécessité. Cette situation d’indifférence et d’hostilité que subissent les quartiers populaires s’aggrave lorsque la violence se généralise et que les organisations criminelles, au service d’intérêts économiques ou politiques, utilisent des enfants et des jeunes comme chair à canon pour leurs affaires entachées de sang. Je connais aussi les souffrances des femmes qui luttent héroïquement pour préserver leurs enfants de ces dangers. Je demande à Dieu que les autorités empruntent avec vous la voie de l’inclusion sociale, de l’éducation, du sport, de l’action communautaire et de la protection des familles parce que c’est l’unique garantie d’une paix juste, véritable et durable''.


''Ces réalités que j’ai énumérées ne sont pas une combinaison fortuite de problèmes isolés. Elles sont même une conséquence de nouvelles formes de colonialisme qui veut encore que les pays africains soient les pièces d'un mécanisme, les parties d'un engrenage gigantesque. De fait, les pressions ne manquent pas pour que soient adoptées des politiques de marginalisation, comme celle de la réduction de la natalité, qui veulent légitimer ainsi le modèle de distribution actuel où une minorité se croit le droit de consommer dans une proportion qu’il serait impossible de généraliser ''. Le Pape a ainsi proposer de revenir sur l’idée d’une intégration urbaine respectueuse. ''Ni éradication, ni paternalisme, ni indifférence, ni pur confinement. Nous avons besoin de villes intégrées et pour tous. Nous avons besoin de dépasser la pure déclaration de droits qui, en pratique, ne sont pas respectés, de réaliser des actions systématiques améliorant l’habitat populaire et de planifier de nouvelles urbanisations de qualité pour héberger les futures générations. La dette sociale, la dette environnementale envers les pauvres des villes se paie en rendant effectif le droit sacré aux trois T: terre, toit, et travail. Ce n’est pas de la philanthropie, c’est une obligation morale pour tous''. Il a aussi lancé un appel à tous les chrétiens, en particulier les pasteurs, ''à renouveler l’impulsion missionnaire, à prendre l’initiative face à tant d’injustices, à s’impliquer dans les problèmes des voisins, à les accompagner dans leurs luttes, à préserver les fruits de leur travail communautaire et à célébrer ensemble chaque victoire, petite ou grande. Je sais qu’ils font beaucoup, mais je leur demande de se souvenir qu’il ne s’agit pas d’une tâche de plus; c’est peut-être la plus importante, parce que les pauvres sont les destinataires privilégiés de l’Evangile''. Avant de conclure, il a demandé de prier, travailler et s’engager tous ensemble ''pour que toute famille ait un toit digne, ait accès à l’eau potable, ait des toilettes, ait de l’énergie sûre pour s’éclairer, cuisiner, puisse améliorer ses logements… afin que tout quartier ait des routes, des places, des écoles, des hôpitaux, des espaces de sport, de loisir et d’art ; afin que les services de base arrivent à chacun d’entre vous; afin qu’on écoute vos réclamations et votre demande d’opportunités; afin que tous puissent jouir de la paix et de la sécurité qu’ils méritent conformément à leur dignité humaine infinie''.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 27 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Emmanuel Nguyên Hông Son, Coadjuteur de l'Evêque de Bà Ria (Vietnam). L'Evêque élu, né en 1952 à Biên Hòa (Vietnam) et ordonné prêtre en 1980, était jusqu'ici Vicaire général de ce même diocèse. Licencié en théologie, il a été curé de paroisses et recteur de petit séminaire.

L'Abbé Héctor Vila, Evêque de Whitehorse (superficie 732.515, population 43.000, catholiques 9.600, prêtres 6, diacres 2, religieux 5), au Canada. L'Evêque élu, né en 1962 à Lima (Pérou) et ordonné prêtre en 1995, était jusqu'ici Recteur du séminaire de Toronto (Canada). Diplômé en philosophie et théologie, il a été vicaire et administrateur de paroisses.



Avis


Cité du Vatican, 27 novembre 2015 (VIS). En raison du voyage apostolique en Afrique, le bulletin VIS sera diffusé demain, samedi 28 et dimanche 29 novembre.



jeudi 26 novembre 2015

Arrivée du Pape François au Kenya


Cité du Vatican, 26 novembre 2015 (VIS). Arrivé au Kenya hier à 17 h locales (15 h heure de Rome) le Pape a prononcé à Nairobi son premier discours, s'adressant au chef de l'Etat, aux corps constitués, au corps diplomatique et au monde de l'économie et de la culture rassemblés dans les jardins du palais présidentiel:

Le Kenya, a-t-il dit, "est une nation jeune et vigoureuse, une société d’une riche diversité qui joue un rôle important dans la région. De plusieurs manières, votre expérience de forger une démocratie est partagée par beaucoup d’autres nations africaines. Comme le Kenya, elles travaillent aussi à bâtir, sur de solides fondations de respect mutuel, de dialogue et de coopération, une société multi-ethnique vraiment harmonieuse, juste et inclusive. Le Kenya est également une nation de jeunes". Or les jeunes sont les ressources les plus précieuses d'un pays. Les protéger, investir en eux et leur tendre une main secourable, sont la meilleure façon de lui assurer un avenir digne de la sagesse et des valeurs spirituelles chères à leurs aînés". Les Kenyans apprécient à leur juste valeur les trésors que Dieu leur a offert, notamment les richesses naturelles de leur pays, qui ont besoin d'une culture de la sauvegarde. "La grave crise environnementale qui menace notre monde demande une sensibilité toujours croissante à la relation entre les êtres humains et la nature. Nous avons la responsabilité de transmettre la beauté de la nature dans son intégralité aux futures générations, et l’obligation de bien administrer les dons reçus. Ces valeurs sont profondément enracinées dans l’âme africaine. Dans un monde qui continue d’exploiter plutôt que de protéger notre maison commune, elles doivent inspirer les efforts des dirigeants nationaux à promouvoir des modèles responsables de développement économique. Il existe un lien évident entre la protection de la nature et la construction d’un ordre social juste et équitable. Il ne peut y avoir aucun renouvellement de notre relation avec la nature sans un renouvellement de l’humanité elle-même".

"Dans la mesure où nos sociétés connaissent des divisions, qu’elles soient ethniques, religieuses ou économiques, tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté sont appelés à travailler pour la réconciliation et la paix, le pardon et l’ apaisement. Dans l’œuvre de construction d’un ordre démocratique solide, par le renforcement de la cohésion et de l’intégration, de la tolérance et du respect des autres, la poursuite du bien commun doit être le premier objectif. L’expérience montre que la violence, le conflit et le terrorisme se nourrissent de la peur, de la méfiance ainsi que du désespoir provenant de la pauvreté et de la frustration. Enfin, la lutte contre ces ennemis de la paix et de la prospérité doit être menée par des hommes et des femmes qui croient fermement et rendent un témoignage sincère aux grandes valeurs spirituelles et politiques qui ont inspiré la naissance de la nation. La promotion et la préservation de ces grandes valeurs sont confiées de manière spéciale à vous, les dirigeants de la vie politique, culturelle et économique. C’est une grande responsabilité, un vrai appel au service du peuple kenyan tout entier. L’Evangile nous dit qu’à ceux à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé. Dans cet esprit, je vous encourage à travailler avec intégrité et transparence pour le bien commun, et à promouvoir l’esprit de solidarité à chaque niveau de la société. Je vous demande en particulier de montrer un vrai souci des besoins des pauvres, des aspirations des jeunes ainsi que d’une juste distribution des ressources naturelles et humaines dont le Créateur a doté votre pays. Je vous assure des efforts inlassables de la communauté catholique, par ses œuvres éducatives et caritatives, pour offrir sa contribution spécifique dans ces domaines".



Rencontre inter-religieuse à Nairobi


Cité du Vatican, 26 novembre 2015 (VIS). Ce matin à Nairobi, le Saint-Père a présidé une rencontre œcuménique et inter-religieuse, à laquelle ont pris part des représentants des diverses confessions chrétiennes, des religions non-chrétiennes et des traditions religieuses du Kenya. Voici le discours qu'il a prononcé:

L'Eglise, a-t-il dit, a de l'estime pour les membres de toutes les religions. Elle désire "renforcer les liens d’amitié qui existent déjà entre nous...et qui nous placent devant des défis, devant des interrogations également. Le dialogue œcuménique et inter-religieux n’est pas un luxe. Ce n’est pas quelque chose de supplémentaire ou d’optionnel, mais une nécessité essentielle...dont notre monde, blessé par des conflits et des divisions, a de plus en plus besoin". Les religions et leur mise en pratique influencent "la compréhension du monde environnant. Elles sont pour nous source d’illumination, de sagesse et de solidarité, et de cette façon, elles enrichissent la société dans laquelle nous vivons. En prenant soin de la croissance spirituelle de nos communautés, en formant les esprits et les cœurs à la vérité et aux valeurs enseignées par nos traditions religieuses, nous devenons une bénédiction pour les communautés dans lesquelles vivent nos gens. Dans une société démocratique et pluraliste comme celle-ci, la coopération entre les leader religieux et leurs communautés devient un important service du bien commun". C'est pourquoi "dans un monde toujours plus interdépendant, nous voyons toujours plus clairement la nécessité de la compréhension inter-religieuse, de l’amitié et de la collaboration dans la défense de la dignité conférée par Dieu à chaque individu et aux peuples, et leur droit à vivre dans la liberté et le bonheur. En promouvant le respect de cette dignité et de ces droits, les religions jouent un rôle essentiel dans la formation des consciences, dans le fait d’insuffler aux jeunes les profondes valeurs spirituelles de nos traditions respectives et dans la préparation de bons citoyens, capables d’infuser dans la société civile l’honnêteté, l’intégrité et une vision du monde qui valorise la personne humaine par rapport au pouvoir et au profit". Notre conviction commune est que le Dieu "que nous cherchons à servir est un Dieu de paix. Il ne doit jamais être utilisé pour justifier la haine et la violence. Je sais qu’est vivant en vous le souvenir laissé par les attaques barbares à Westgate Mall, à Garissa University College et à Mandera. Trop souvent des jeunes deviennent des extrémistes au nom de la religion pour semer discorde et peur, et pour déchirer le tissu même de notre société. Il est important que nous soyons reconnus comme des prophètes de paix, des artisans de paix qui invitent les autres à vivre dans la paix, dans l’harmonie et le respect réciproque. Puisse le Tout-Puissant toucher les cœurs de ceux qui commettent cette violence et accorde sa paix à nos familles et à nos communautés".


Cette année marque le cinquantième anniversaire de la clôture du concile Vatican II, où l’Eglise catholique s’est engagée dans le dialogue œcuménique et inter-religieux au service de la compréhension et de l’amitié. J’entends réaffirmer cet engagement, qui naît de notre conviction de l’universalité de l’amour de Dieu et du salut qu’il offre à tous. Le monde justement s’attend à ce que les croyants travaillent ensemble avec les personnes de bonne volonté pour affronter les nombreux problèmes qui se répercutent sur la famille humaine. En regardant l’avenir, prions afin que tous les hommes et toutes les femmes se considèrent comme des frères et des sœurs, pacifiquement unis dans et à travers leurs différences. Prions pour la paix".

Première messe du Pape sur le sol africain



Cité du Vatican, 26 novembre 2015 (VIS). Conclue la rencontre inter-religieuse, le Saint-Père s'est rendu au campus universitaire de la capitale keyniane pour célébrer une messe, là messe où Jean-Paul II l'avait célébré en 1980, 1985 et 1995. Voici les passages saillants de son homélie:

Le Seigneur nous dit qu’il ferait jaillir de l’eau dans le désert, dans une terre assoiffée, qu'il ferait en sorte que les enfants de son peuple fleurissent comme de l’herbe, comme des saules luxuriants. Nous savons que cette prophétie s’est accomplie par l’effusion du Saint Esprit à la Pentecôte. Mais nous voyons aussi qu’elle s’accomplit partout où l’Evangile est prêché et où de nouveaux peuples deviennent membres de la famille de Dieu qu'est l’Eglise. Aujourd’hui nous nous réjouissons parce qu’elle s’est accomplie sur cette terre... La prophétie d’Isaïe nous invite...à nous rendre compte combien nos familles sont importantes dans le projet de Dieu. La société kenyane a longtemps été bénie par une solide vie familiale, par un profond respect de la sagesse des personnes âgées et par l’amour envers les enfants. La santé de toute société dépend de la santé des familles. Pour leur bien et celui de la communauté, la foi dans la parole de Dieu nous appelle à soutenir les familles dans leur mission à l’intérieur de la société, à accueillir les enfants comme une bénédiction pour notre monde, et à défendre la dignité de tout homme et de toute femme, puisque nous sommes tous frères et sœurs dans l’unique famille humaine. Par obéissance à la Parole, nous sommes aussi appelés à résister aux pratiques qui favorisent l’arrogance des hommes qui blessent ou méprisent les femmes, et qui menacent la vie des innocents non encore nés. Nous sommes appelés à nous respecter, à nous encourager mutuellement, et à nous tourner vers qui est dans le besoin. Les familles chrétiennes portent donc cette mission spéciale" face à l’avancée "des nouveaux déserts créés par une culture du matérialisme et de l’indifférence envers les autres".


Ici, où les nouvelles générations sont formées, je lance un appel aux jeunes kenyans: "Que les grandes valeurs de la tradition africaine, la sagesse et la vérité de la Parole de Dieu, ainsi que le généreux idéalisme de votre jeunesse, vous guident dans l’engagement à former une société qui soit toujours plus juste, inclusive et respectueuse de la dignité humaine. Que les besoins des pauvres vous soient toujours à cœur. Rejetez tout ce qui conduit au préjugé et à la discrimination, parce que ces choses ne sont pas de Dieu... Dieu est le rocher sur lequel nous sommes appelés à construire". Quand Jésus ressuscité affirme que tout pouvoir lui a été donné au ciel et sur la terre, "il nous dit qu'étant le Fils de Dieu, il est ce rocher. Il n’y en a pas d’autre que lui. Unique Sauveur de l’humanité, il veut attirer à lui les hommes et les femmes de toute époque et de tout lieu, afin de pouvoir les conduire au Père. Il veut que tous nous construisions notre vie sur le fondement solide de sa Parole... Telle est la tâche que le Seigneur attribue à chacun de nous. Il nous demande d’être des disciples missionnaires, des hommes et des femmes qui rayonnent la vérité, la beauté et la puissance de l’Evangile qui transforme la vie. Des hommes et des femmes qui soient des canaux de la grâce de Dieu, qui permettent à sa miséricorde, à sa bienveillance et à sa vérité de devenir les éléments constructifs d'une maison qui demeure solide.., qui soit un foyer où les frères et sœurs vivent enfin en harmonie et dans le respect réciproque, dans l’obéissance à la volonté du vrai Dieu... Que Jésus, le Bon Pasteur, le rocher sur lequel nous construisons nos vies, vous guide ainsi que vos familles sur la voie du bien et de la miséricorde... Qu’il bénisse de sa paix tous les habitants du Kenya. Soyez forts dans la foi! N’ayez pas peur puisque vous appartenez au Seigneur".

Protection du centre historique de Rome


Cité du Vatican, 26 novembre 2015 (VIS). Ce matin a été signé au Vatican un protocole d'accord entre le Ministère italien des biens culturels et le Governorat de la Cité du Vatican pour la protection et la mise en valeur du centre historique de Rome, défini par l'UNESCO comme site transfrontalier car incluant dans le tissu urbain des propriétés et zones extra-territoriales du Saint-Siège, inscrites au Patrimoine mondial des Nations-Unies. Un organisme permanent de coopération a été institué entre les deux parties.

mardi 24 novembre 2015

Communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège


Cité du Vatican, 24 novembre 2015 (VIS). Ce matin s'est déroulée près le Tribunal de l'Etat de la Cité du Vatican la première audience du procès pénal à charge de Mgr.Lucio Angel Vallejo Balda (Espagne), Mme.Francesca Inmacolata Chaouqui (Italie), M.Nicolas Maio (Italie), M.Emiliano Fittipaldi (Italie) et M.Gianluigi Nuzzi (Italie), accusés de divulgation d'informations et de documents réservés.

Les inculpés étaient tous présents, accompagnés d'avocats, commis d'office pour Mgr.Vallejo Balda, Mme.Chaouqui et M.Maio, d'office fait propre pour M.Fittipaldi et M.Nuzzi. Le représentant du Saint-Siège comme partie lésée était absent.

La Cour était composée de M.Giuseppe Dalla Torre, Président du Tribunal, de M.Piero Antonio Bonnet, Juge, de M.Paolo Papanti-Pelletier, Juge, de M.Venerando Marano, Juge suppléant. Le Ministère public était représenté par le Promoteur de Justice, M.Gian Pietro Milano, et son Adjoint, M.Roberto Zannotti.

Après la lecture des chefs d'inculpation, le Président a indiqué avoir transmis au Président de la Cour d'appel la requête de Mgr.Vallejo Balda et de M.Nuzzi, demandant à accréditer d'autres avocats propres.

Ont alors été soulevées deux exceptions préliminaires, celle de l'avocate de Mgr.Vallejo Balda sur le délai de présentation des preuves de la défense, puis de l'avocate de M.Fittipladi -après une déclaration spontanée de ce dernier- sur la non précision des faits contestés dans l'acte d'accusation. Le Promoteur de justice adjoint a répliqué à la seconde en disant que le procès n'avait pas pour but d'attaquer la liberté de la presse, l'accusé étant appelé à répondre des actes posés en vue d'obtenir les documents et informations divulgués, ce qui est indiqué dans l'acte d'accusation.

Après s'être réunie trois quart d'heure en chambre du conseil, la Cour a rejeté les deux exceptions et a fixé la prochaine audience à lundi 30 novembre à 9 h 30', lors de laquelle débuteront les interrogatoires des inculpés dans l'ordre de citation. On prévoit sur la semaine des audiences quotidiennes, et si besoin les après-midi.






Le Pape se rend au siège du IOR


Cité du Vatican, 24 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père s'est rendu ce matin au siège du IOR, où il s'est entretenu une vingtaine de minute avec les Membres du Conseil de Supervision. Il leur a notifié la nomination de M.Gian Franco Mammì comme nouveau Directeur Général, qui sera assisté par M.Giulio Mattietti dans l'attente de la désignation du nouveau Vice Directeur. 

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 24 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Steven Joseph Lopes, Evêque de l'Ordinariat personnel The Chair of Saint Peter (USA). L'Evêque élu, né en 1975 à Fremont (USA) et ordonné prêtre en 2001, était jusqu'ici Attaché de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Docteur en théologie, il succède à Mgr.Jeffrey N.Steenson, dont la renonciation a été acceptée en conformité au canon 401,2 du CIC.

Le Chanoine Paul McAleenan, Auxiliaire de l'Archevêque de Westminster (GB). L'Evêque élu, né en 1951 à Belfast (Ulster/GB) et ordonné prêtre en 1985, était jusqu'ici chanoine de la cathédrale. Il a été curé de paroisse et doyen de secteur pastoral.


Mgr.John Wilson, Auxiliaire de l'Archevêque de Westminster (GB). L'Evêque élu, né en 1968 à Sheffield (Angleterre/GB) et ordonné prêtre en 1995, était jusqu'ici Curé de la paroisse St.Martin de Porres de Wakefield.

lundi 23 novembre 2015

Visite du Gouverneur Général d'Antigua et Barbuda


Cité du Vatican, 23 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin Sir Rodney Williams, Gouverneur Général d'Antigua et Barbuda, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, accompagné par Mgr.Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les rapports avec les états: Après s'être félicitées de la qualité de leurs relations, récemment renforcées par la désignation d'un ambassadeur près le Saint-Siège, les parties ont convenu de l'importance du rôle joué par l'Eglise en faveur du respect de la personne, mais aussi dans les domaines de l'éducation et de l'assistance sociale, se promettant d'accentuer leur collaboration. On également été abordées des questions d'intérêt régional ou global, comme les flux migratoires ou les changements climatiques.



Message-vidéo du Pape destiné au Kenya, à l'Ouganda et à la Centrafrique


Cité du Vatican, 23 novembre 2015 (VIS). Ce matin, ont été diffusés au Kenya, en Ouganda et en République centrafricaine, les messages-vidéo du Pape François, enregistrés en vue de la visite qu'il effectuera du 25 au 30 novembre dans ces trois pays africains. Dans le message destiné au Kenya et à l'Ouganda, le Pape François dit, après avoir salué les familles de ces deux pays: "Je viens en Ministre de l'Evangile, pour proclamer l'amour de Jésus-Christ et son message de réconciliation, de pardon et de paix. Ma visite a l'intention de confirmer la communauté catholique dans son adoration de Dieu et dans son témoignage de l'Evangile, qui enseigne la dignité de chaque homme et femme, et nous envoie ouvrir nos cœurs aux autres, spécialement aux pauvres et aux nécessiteux".

"En même temps, poursuit-il, je souhaite rencontrer tout le peuple du Kenya et d'Ouganda, et offrir à tous une parole de soutien. Nous vivons à une époque où les croyants, religieux et les personnes de bonne volonté du monde entier, sont appelés à encourager la compréhension mutuelle et le respect, et à s'appuyer les uns aux autres comme des membres de notre unique famille humaine. C'est pourquoi, nous sommes tous des enfants de Dieu. Un des points culminants de ma visite sera ma rencontre avec les jeunes, qui sont la ressource la plus importante, et notre espérance la plus prometteuse pour un avenir de solidarité, de paix et de progrès".

Dans son message pour la République centrafricaine, le Saint-Père a salué tous les Centrafricains avec affection et joie, indépendamment de leur ethnie ou religion. "C'est la première fois de ma vie que je viendrai sur le continent africain, si beau et si riche de sa nature, de ses populations et de ses cultures; et je m'attends à de belles découvertes et à d'enrichissantes rencontres", dit-il, ajoutant: "Votre cher pays connaît depuis trop longtemps une situation de violence et d'insécurité dont beaucoup d'entre vous sont les victimes innocentes. Le but de ma visite est d'abord de vous apporter, au nom de Jésus, le réconfort de la consolation et de l'espérance. Je souhaite de tout cœur que ma visite puisse contribuer, d'une manière ou d'une autre, à panser vos blessures et à ouvrir un avenir plus serein pour la Centrafrique et tous ses habitants".


"Le thème de ce voyage sera: passons sur l'autre rive. C'est un thème qui invite vos communautés chrétiennes à regarder résolument en avant, et encourage chacun à renouveler sa relation avec Dieu et avec ses frères pour édifier un monde plus juste et fraternel. J'aurai notamment la joie d'ouvrir pour vous, un peu en avance, l'Année jubilaire de la Miséricorde, qui sera pour chacun, je l'espère, l'occasion providentielle d'un authentique pardon, à recevoir et à donner, et d'un renouveau dans l'amour. C'est en messager de paix que je me rends chez vous. J'aurai à cœur de soutenir le dialogue interreligieux pour encourager la cohabitation pacifique dans votre pays; je sais que cela est possible, car nous sommes tous frères".

Angélus: La puissance et la force du chrétien sont dans la croix


Cité du Vatican, 22 novembre 2015 (VIS). En la solennité du Christ-Roi, célébrée le dernier dimanche de l'année liturgique, le Pape a consacré la réflexion qui précède l'angélus à la différence entre la royauté de Jésus et celle du monde, évoquant le passage évangélique qui raconte sa comparution devant Pilate, où il affirme qu'il est roi d'un royaume qui n'est pas de ce monde. "Cela ne signifie pas -a dit le Pape- que le Christ soit le roi d'un autre monde, mais qu'il est le roi dans un autre monde, et pourtant il est roi dans ce monde. Deux logiques s'opposent ici: la logique mondaine, qui s'appuie sur l'ambition, la compétition, qui combat avec les armes de la peur, du rachat et de la manipulation des consciences, et la logique de l'Evangile, c'est-à-dire la logique de Jésus, qui s'exprime, au contraire, dans l'humilité et la gratuité, s'affirme silencieusement mais efficacement avec la force de la vérité. Les royaumes de ce monde gouvernent parfois de façon autoritaire, avec des rivalités, des oppressions. Le royaume du Christ est un royaume de justice, d'amour et de paix."

Jésus se révèle roi dans la crucifixion, révélant la gratuité de son amour, bien que pour certains la croix semble un échec. Mais c'est justement "dans l'échec du péché, car le péché est un échec, dans l'échec des ambitions humaines, que la croix triomphe, que se trouve la gratuité de l'amour... Pour le chrétien, parler de puissance et de force signifie faire référence à la puissance de la croix et à la force de l'amour de Jésus: un amour qui reste ferme et intègre, même face au refus, et qui apparaît comme l'accomplissement d'une vie dépensée dans un don total de soi en faveur de l'humanité".

Paradoxalement, la vérité de Jésus est l'ironie de ceux qui au Calvaire disaient: Il ne peut se sauver lui-même; parce que si Jésus était descendu de la croix, il aurait cédé à la tentation du prince de ce monde. Il ne peut se sauver lui-même justement pour pouvoir sauver les autres, justement parce qu'il a donné sa vie pour nous, pour chacun de nous. Et celui qui a compri cela, c'est le bon larron quand il demande au Crucifié de se souvenir de lui au paradis. Ce malfaiteur, condamné à mort, a vu l'amour dans l'attitude et dans l'humilité de Jésus. "La force du royaume du Christ, c'est l'amour -a ajouté le Saint-Père-. C'est pourquoi la royauté de Jésus ne nous opprime pas, mais nous libère de nos faiblesses et de nos misères, en nous encourageant à parcourir les routes du bien, de la réconciliation et du pardon...Face à toutes ces déchirures du monde et aux trop nombreuses blessures dans la chair des hommes, demandons à la Vierge Marie de nous soutenir dans notre engagement à imiter Jésus, notre roi, nous présentant son royaume par des gestes de tendresse, de compréhension et de miséricorde".


Après l’angélus, le Pape a rappelé qu'hier à Barcelone (Espagne) ont été proclamés bienheureux "Federico de Berga et 25 compagnons martyrs, assassinés en Espagne au cours de la féroce persécution contre l'Eglise au siècle dernier. Ils étaient prêtres -a-t-il expliqué-, jeunes profès en attente d'être ordonnés et frères laïques appartenant à l'ordre des Frères Mineurs capucins. Confions à leur intercession tous nos frères et sœurs qui malheureusement aujourd'hui encore sont persécutés à cause de leur foi dans le Christ". Enfin, le Pape a évoqué son voyage en Afrique qui commencera mercredi 25 et au cours duquel il se rendra au Kenya, en Ouganda et en République centrafricaine, et a demandé à tous de prier pour ce voyage, afin qu'il soit pour tous "un signe de proximité et d'amour". Demandons ensemble à la Vierge -a-t-il conclu- de bénir ces terres bien aimées pour qu'y règne la paix et la prospérité".

Télégramme à la suite de l'attentat de Bamako


Cité du Vatican, 22 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir à l'Archevêque de Bamako un télégramme de condoléances à la suite de l'attentat sanglant commis dans un hôtel de la capitale malienne: Il "s’associe par la prière à la peine des familles endeuillées et à la tristesse des maliens. Il confie toutes les victimes à la miséricorde de Dieu, le priant de les accueillir dans sa lumière. Il exprime sa profonde sympathie aux personnes blessées et à leurs familles, demandant au Seigneur de leur apporter réconfort et consolation dans leur épreuve. Consterné par cette violence aveugle qu’il condamne fermement, il implore de Dieu la conversion des cœurs et le don de la paix, et il invoque l’abondance des bénédictions divines sur toutes les personnes touchées par ce drame".


La priorité d'éduquer


Cité du Vatican, 21 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin les participants au congrès mondial (Eduquer, une passion sans cesse renouvelée) organisé par la Congrégation pour l'éducation catholique pour marquer le cinquantième anniversaire de la déclaration conciliaire Gravissimum Educationis (éducation catholique) et le vingt-cinquième de la constitution apostolique Ex Corde Ecclesiae (université catholique). Répondant à une première question, il a rappelé qu'on ne saurait parler d'éducation catholique sans parler d'humanisme, l'identité catholique étant Dieu fait homme. Et puis, éduquer chrétiennement ne se limite pas au catéchisme...car il s'agit d'insuffler chez les enfants et adolescents les valeurs intellectuelles dans toute leur réalité, y compris transcendantale... Du point de vu chrétien, la plus grave crise de l'éducation et le rejet de la transcendance". Il faut donc préparer la jeunesse à y accéder, dans sa globalité. A une seconde, faisant référence à la rupture actuelle entre école, famille et société, le Pape a reconnue l'utilité de disposer "d'une éducation d'urgence qui prenne en compte un enseignement informel, l'enseignement formel ayant été affaibli par le positivisme... Il faut donc s'ouvrir à de nouveaux horizons, créer de nouveaux modèles" à l'aune des expériences vécues, porter l'éducation à l'usage de l'esprit, du langage du coeur ou de la main tendue. C'est ainsi qu'elle deviendra inclusive. Chacun y aura sa place. Il convient pour cela de prendre des risque: "Un éducateur qui ne risquerait pas ne servirait pas l'éducation. Cela vaut pour les parents aussi et cela signifie aller de l'avant, prendre des risques raisonnablement.  

Communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège


Cité du Vatican, 21 novembre 2015 (VIS). Hier, le Tribunal de l'Etat de la Cité du Vatican a notifié aux accusés et à leurs avocats leur mise en accusation, présentée après clôture de l'enquête relative à la divulgation illicite d'informations et de documents confidentiels. Voici la requête du Promoteur de Justice, M.Gian Pietro Milano, et de son Adjoint, M.Roberto Zannotti:

Le Promoteur de Justice, vu les articles 353, 355 et 359 du code de procédure pénale, demande au Président du Tribunal d'émettre un acte d'accusation à l'encontre de Mgr.Lucio Angel Vallejo Balda (Espagne), Mme.Francesca Inmacolata Chaouqui (Italie), M.Nicolas Maio (Italie), M.Emiliano Fittipaldi (Italie) et M.Gianluigi Nuzzi (Italie).

Mgr.Vallejo Balda, Mme.Chaouqui et M.Maio pour répondre du délit puni par l'article 248 du code de procédure pénale (substitué par l'art.25 de la Loi IX du 11 juillet 2013), soit: "avoir formé au sein de la Préfecture pour les affaires économiques et de la COSEA une association criminelle organisée, dotée d'une composition propre et d'une structure autonome, dont les promoteurs peuvent être identifiés comme Angel Lucio Vallejo Balda et Francesca Inmacolata Chaouqui. Et ce dans le but de commettre les délits de divulgation d'informations et de documents concernant les intérêts fondamentaux du Saint-Siège et de l'Etat de la Cité du Vatican.

Aux accusés susnommés est reproché le délit prévu aux articles 63 et 11, 6-bis du code pénal (introduit par la Loi IX), puisque, de concours entre eux, Mgr.Vallejo Balda, en qualité de Secrétaire général de la Préfecture pour les affaires économiques, Mme.Chaouqui, en qualité de Membre de la COSEA, M.Fittipaldi et M.Nuzzi, comme journalistes, se sont illégalement procurés et ont ensuite révélé des informations et des documents concernant les intérêts fondamentaux du Saint-Siège et de l'Etat de la Cité du Vatican. Mgr.Vallejo Balda, Mme.Chaouqui et M.Maio, se procurant ces informations et documents dans le cadre de leurs fonctions respectives à la Préfecture pour les affaires économiques et à la COSEA, tandis que M.Fittipaldi et M.Nuzzi sollicitaient ces personnes et exerçaient sur elles des pressions, principalement sur Mgr.Vallejo Balda, pour obtenir des documents et informations confidentielles, qui ont ensuite été en partie utilisées pour la rédaction de deux livres publiés en Italie en novembre. Les délits ont été commis dans la Cité du Vatican entre mars 2013 et novembre 2015.


Suite à la mise en accusation, le Président du Tribunal de l'Etat de la Cité du Vatican, M.Giuseppe Della Torre a publié le décret fixant au 24 novembre, à 10 h 30', la première audience du procès à charge des accusés Angel Lucio Vallejo Balda, Francesca Inmacolata Chaouqui, Nicola Maio, Emiliano Fittipaldi et Gianluigi Nuzzi, précisant que s'ils ne comparaissaient pas, ils seraient jugés par contumace. La cour sera composée de M.Giuseppe Dalla Torre, Président du Tribunal, de M.Piero Antonio Bonnet, Juge, de M.Paolo Papanti-Pelletier, Juge, de M.Venerando Marano, Juge suppléant. Le décret fixe au 28 novembre à 12 h 30', le terme de dépôt par la défense de sa documentation, et se réserve la citation par la suite des témoins.

Possession cardinalice


Cité du Vatican, 23 novembre 2015 (VIS). Dimanche 29 novembre à 10 h 30', le Cardinal John Atcherley Dew, Archevêque de Wellington, prendra possession du titre de St.Hippolyte. 

Audiences


Cité du Vatican, 21 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

M.Hatem Seif El Nasr, Ambassadeur d'Egypte, pour la présentation de ses lettres de créance.

Mgr.Henryk Józef Nowacki, Nonce apostolique en Suède, Islande, Danemark, Finlande et Norvège.


Mgr.Francesco Follo, Observateur permanent près l'UNESCO.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 23 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Tadeusz Litynski, Evêque de Zielona Góra - Gorzow (superficie 14.814, population 1.160.000, catholiques 989.000, prêtres 641, religieux 283), en Pologne. Jusqu'ici Auxiliaire de ce même diocèse, il succède à Mgr.Stefan Regmunt, dont la renonciation a été acceptée en conformité au canon 401,2 du CIC.

Mgr.Rafael Sandoval Sandoval, MNM, Evêque d'Autlán (superficie 14.744, population 357.000, catholiques 341.000, prêtres 120, religieuses 192), au Mexique. Il était jusqu'ici Evêque de Tarahumana (Mexique).

Samedi dernier, 21 novembre, il avait nommé:

L'Abbé Nuno Manuel dos Santos Almeida, Auxiliaire de l'Archevêque de Braga (Portugal). L'Evêque élu, né en 1962 à Pedrosinhas (Portugal) et ordonné prêtre en 1986, était jusqu'ici curé de paroisse, membre du Presbyterium et Président de la Fraternité sacerdotale de Viseu. Il est licencié en théologie.

Mgr.Francisco Mendoza De Leon, Coadjuteur de l'Evêque d'Antipolo (Philippines), dont il était jusqu'ici Auxiliaire.


Mgr.David William V.Antonio, Administrateur apostolique du diocèse de San Jose in Mindoro (Philippines), actuellement Auxiliaire de l'Archevêque de Nueva Segovia (Philippines). 
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