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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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vendredi 21 décembre 2012

VOEUX DE BENOIT XVI A LA CURIE ROMAINE

Cité du Vatican, 21 décembre 2012 (VIS). Benoît XVI a reçu ce matin pour le traditionnel échange des voeux le Sacré Collège, la Curie Romaine et les Autorités de l'Etat de la Cité du Vatican. Le Cardinal Doyen Angelo Sodano s'est adressé au Saint-Père. Voici de larges passages de l'allocution papale:

"Nous voici à la fin d’une année qui, de nouveau, dans l’Eglise et dans le monde, a été caractérisée par de multiples situations tourmentées, par de grandes questions et des défis, mais aussi par des signes d’espérance. Je mentionne seulement quelques moments saillants dans le domaine de la vie de l’Eglise et de mon ministère pétrinien. Il y a eu avant tout les voyages au Mexique et à Cuba, des rencontres inoubliables avec la force de la foi, profondément enracinée dans les cœurs des hommes, et avec la joie pour la vie qui naît de la foi". Au Mexique, je me rappelle...d’interminables foules" et je me souviens "comment la grande liturgie auprès de la statue du Christ Roi est devenue un acte rendant présente la royauté du Christ, sa paix, sa justice, sa vérité. Tout cela s’est déroulé avec en arrière-plan les problèmes d’un pays qui souffre de multiples formes de violence et des difficultés d’une dépendance économique. Ce sont des problèmes qui, certes, ne peuvent pas être résolus simplement par la religiosité, mais encore moins sans cette purification intérieure des cœurs qui vient de la force de la foi, de la rencontre avec Jésus-Christ. Et il y eut ensuite l’expérience de Cuba. Ici aussi au cours des grandes liturgies, à travers les chants, les prières et les silences, la présence de celui à qui, pendant longtemps, on avait voulu refuser une place dans le pays se rendait perceptible. La recherche, dans ce pays, d’une nouvelle organisation du rapport entre contraintes et liberté ne peut assurément pas réussir sans une référence à ces critères fondamentaux qui se sont manifestés à l’humanité dans la rencontre avec le Dieu de Jésus-Christ.

Comme étapes ultérieures de l’année qui touche à sa fin, je voudrais mentionner la grande Fête de la famille à Milan, ainsi que ma visite au Liban avec la remise de l’exhortation apostolique post-synodale, qui maintenant devra constituer, dans la vie des Eglises et de la société au Moyen-Orient, une orientation sur les difficiles chemins de l’unité et de la paix. Le dernier événement important de cette année qui s’achève a été le Synode sur la nouvelle évangélisation qui a été en même temps un commencement communautaire de l’Année de la foi, par laquelle nous commémorons l’ouverture du Concile Vatican II, il y a cinquante ans, pour le comprendre et l’assimiler de nouveau dans une situation changeante.

La grande joie avec laquelle des familles provenant du monde entier se sont rencontrées à Milan a montré que, malgré toutes les impressions inverses, la famille est forte et vivante encore aujourd’hui. Cependant la crise qui, particulièrement dans le monde occidental, la menace jusque dans ses fondements est aussi incontestable... Dans ce contexte, les défis sont complexes. Il y a avant tout la question de la capacité de l’homme de se lier ou de son manque de liens. L’être humain peut-il se lier pour toute une vie? Cela correspond-il à sa nature? N’est-ce pas en opposition avec sa liberté et avec la dimension de son auto-réalisation?.. Le refus du lien humain, qui se répand toujours plus à cause d’une compréhension erronée de la liberté et de l’auto-réalisation, comme aussi en raison de la fuite devant le support patient de la souffrance, signifie que l’homme demeure fermé sur lui-même et, en dernière analyse, conserve son propre moi pour lui-même, et ne le dépasse pas vraiment... Avec le refus de ce lien disparaissent aussi les figures fondamentales de l’existence humaine: Le père, la mère, l’enfant, qui des dimensions essentielles de l’expérience du fait d’être une personne humaine tombent.

Le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim, dans un traité soigneusement documenté et profondément touchant, a montré que l’atteinte à l’authentique forme de la famille, constituée d’un père, d’une mère et d’un enfant, une atteinte à laquelle nous nous trouvons exposés aujourd’hui, est encore plus profonde. Si jusqu’ici nous avons vu comme cause de la crise de la famille un malentendu sur l’essence de la liberté humaine, il devient clair maintenant qu’ici est en jeu la vision de l’être même, de ce que signifie en réalité le fait d’être une personne humaine. Il cite l’affirmation devenue célèbre, de Simone de Beauvoir: On ne naît pas femme, on le devient. Dans ces paroles se trouve le fondement de ce qui aujourd’hui, sous le mot Gender, est présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité. Le sexe, selon cette philosophie, n’est plus un donné d’origine de la nature, un donné que l’être humain doit accepter et remplir personnellement de sens, mais c’est un rôle social dont on décide de manière autonome, alors que jusqu’ici c’était à la société d’en décider... L’être humain conteste d’avoir une nature préparée à l’avance de sa corporéité, qui caractérise son être de personne... Selon le récit biblique de la création, il appartient à l’essence de la créature humaine d’avoir été créée par Dieu comme homme et comme femme. Cette dualité est essentielle pour le fait d’être une personne humaine, telle que Dieu l’a donnée. Justement, cette dualité comme donné de départ est contestée... Homme et femme n’existent plus comme réalité de la création, comme nature de l’être humain. Celui-ci conteste sa propre nature. Il est désormais seulement esprit et volonté. La manipulation de la nature, qu’aujourd’hui nous déplorons pour ce qui concerne l’environnement, devient ici le choix fondamental de l’homme à l’égard de lui-même. L’être humain désormais existe seulement dans l’abstrait, qui ensuite, de façon autonome, choisit pour soi quelque chose comme sa nature. L’homme et la femme sont contestés dans leur exigence qui provient de la création, étant des formes complémentaires de la personne humaine. Cependant, si la dualité d’homme et de femme n’existe pas comme donné de la création, alors la famille n’existe pas non plus comme réalité établie à l’avance par la création. Mais en ce cas aussi l’enfant a perdu la place qui lui revenait jusqu’à maintenant et la dignité particulière qui lui est propre. Bernheim montre comment, de sujet juridique indépendant en soi, il devient maintenant nécessairement un objet, auquel on a droit et que, comme objet d’un droit, on peut se procurer. Là où la liberté du faire devient la liberté de se faire soi-même, on parvient nécessairement à nier le Créateur... Et l’homme même, comme créature de Dieu, comme image de Dieu, est dégradé dans l’essence de son être.

Je voudrais maintenant aborder un deuxième grand thème...la question du dialogue et de l’annonce. Parlons d’abord du dialogue. Pour l’Rglise de notre temps, je vois surtout trois domaines de dialogue dans lesquels elle doit être présente, dans la lutte pour la personne humaine et pour ce que signifie être une personne humaine: Le dialogue avec les états, le dialogue avec la société, qui inclut le dialogue avec les cultures et la science et, enfin, le dialogue avec les religions. Dans tous ces dialogues, l’Eglise parle à partir de la lumière que lui offre la foi. Toutefois, elle incarne en même temps la mémoire de l’humanité qui, depuis les origines et à travers les temps, est la mémoire des expériences et des souffrances de l’humanité... La culture de l’humain, dont elle se fait la garante, est née et s’est développée à partir de la rencontre entre la révélation de Dieu et l’existence humaine. L’Eglise représente la mémoire de l’humain face à une civilisation de l’oubli, qui désormais connaît seulement elle-même et son propre critère de mesure. Mais, de même qu’une personne sans mémoire a perdu sa propre identité, de même une humanité sans mémoire perdrait sa propre identité... Dans le dialogue avec l’état et avec la société, l’Eglise n’a certainement pas de solutions toute faites à chaque question. Avec les autres forces sociales, elle luttera en faveur des réponses qui correspondent le plus à la juste mesure de l’être humain. Elle doit défendre avec la plus grande clarté ce qu’elle a identifié comme valeurs fondamentales, constitutives et non négociables, de l’existence humaine. Elle doit faire tout son possible pour créer une conviction qui ensuite puisse se traduire en action politique.

Dans la situation actuelle de l’humanité, le dialogue des religions est une condition nécessaire pour la paix dans le monde, et il est par conséquent un devoir pour les chrétiens comme aussi pour les autres communautés religieuses. Ce dialogue des religions a différentes dimensions. Avant tout, il sera simplement un dialogue de la vie, un dialogue du partage pratique. On n’y parlera pas des grands thèmes de la foi, par exemple de savoir si Dieu est trinitaire ou comment il faut comprendre l’inspiration de l'Ecriture. Il s’agit des problèmes concrets de la cohabitation et de la responsabilité commune pour la société, pour l’état, pour l’humanité. En cela, on doit apprendre à accepter l’autre dans sa diversité d’être et de pensée. Dans ce but, il est nécessaire de faire de la responsabilité commune pour la justice et pour la paix le critère fondamental de l’entretien. Un dialogue où il s’agit de paix et de justice, au-delà de ce qui est simplement pragmatique, devient une lutte éthique pour la vérité et pour l'être humain... Ainsi, ces efforts peuvent aussi avoir le sens de pas communs vers l’unique vérité, sans que les choix fondamentaux soient changés. Si les deux parties partent d’une herméneutique de justice et de paix, la différence de fond ne disparaîtra pas, mais, entre elles grandira plutôt une proximité plus profonde. Pour l’essence du dialogue inter-religieux, deux règles sont aujourd’hui généralement considérées comme fondamentales: D'abord le dialogue ne vise pas la conversion, mais bien la compréhension. En cela, il se distingue de l’évangélisation, de la mission. Ensuite, conformément à cela, dans ce dialogue, les deux parties restent consciemment dans leur identité, qu’elles ne mettent pas en question dans le dialogue ni pour elles-mêmes ni pour les autres. Ces règles sont justes" quoique "formulées trop superficiellement. Oui, le dialogue ne vise pas la conversion, mais une meilleure compréhension réciproque. Cependant, la recherche de connaissance et de compréhension veut toujours être aussi un rapprochement de la vérité. Ainsi, les deux parties, en s’approchant pas à pas de la vérité, avancent et sont en marche vers un plus grand partage, fondé sur l’unité de la vérité... A ce sujet, je dirais que le chrétien a la grande confiance fondamentale, ou mieux, la grande certitude fondamentale de pouvoir tranquillement prendre le large dans la vaste mer de la vérité, sans avoir à craindre pour son identité de chrétien. Certes, ce n’est pas nous qui possédons la vérité, mais c’est elle qui nous possède: le Christ qui est la Vérité nous a pris par la main, et sur le chemin de notre recherche passionnée de connaissance, nous savons que sa main nous tient fermement.

Enfin, il est juste qu’il y ait aussi une brève annotation sur l’annonce, sur l’évangélisation... La parole de l’annonce devient efficace là où existe dans l’homme la disponibilité docile pour s’approcher de Dieu; là où l’homme est intérieurement en recherche et ainsi en marche vers le Seigneur. Alors, l’attention de Jésus pour lui touche son cœur et l’impact de l’annonce suscite ensuite la sainte curiosité de connaître Jésus de plus près. Ce fait d’aller avec lui conduit au lieu où Jésus habite, dans la communauté de l’Eglise, qui est son corps. Cela signifie entrer dans la communion itinérante des catéchumènes, qui est une communion d’approfondissement et, en même temps, de vie, dans laquelle, le fait de marcher avec Jésus, nous fait devenir des personnes qui voient. Venez et vous verrez! Ces paroles que Jésus adressa aux deux disciples en recherche, il les adresse aussi aux personnes d’aujourd’hui qui sont en recherche. Au terme de cette année, nous voulons prier le Seigneur, afin que l’Eglise, malgré ses pauvretés, devienne toujours plus identifiable comme sa demeure. Nous le prions pour que, dans la marche vers sa maison, il nous rende aussi toujours plus voyants, afin que nous puissions dire toujours mieux et de manière toujours plus convaincante: Nous avons trouvé celui que le monde entier attend, Jésus Christ, vrai Fils de Dieu et vrai homme. Dans cet esprit, je vous souhaite de tout cœur à tous un saint Noël et une heureuse nouvelle année".

AUDIENCES

Cité du Vatican, 21 décembre 2012 (VIS). En fin d'après-midi, le Saint-Père devrait recevoir en audience le Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 21 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Devprasad John Ganawa, SVD, Evêque d'Udaipur (superficie 47.000, population 8.224.000, catholiques 24.265, prêtres 71, religieux 217), en Inde. Jusqu'ici Evêque de Jhabua, dont il devient l'Administrateur apostolique, il succède à Mgr.Joseph Pathalil, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

jeudi 20 décembre 2012

AUDIENCE A L'ACTION CATHOLIQUE DES JEUNES

Cite du Vatican, 20 décembre 2012 (VIS). Comme à l'accoutumé à l'approche de Noël, le Pape a reçu ce matin l'Action catholique des jeunes (Italie). "Vous m'avez dit être en recherche d'auteur", a répondu Benoît XVI. Or "nous savons tous que cet auteur est Dieu, qui nous a révélé son visage. Il nous a créés à son image et nous a offert son fils Jésus, un enfant qui comme vous a grandi et à emprunté les chemins du monde pour annoncer l'amour de Dieu qui donne son sens et rend heureuse une vie faite de bonté et de générosité. Vous cherchez donc l'auteur de votre joie... Si nombreux sont ceux qui vous rendent heureux, il existe un ami supérieur, Jésus, qui est l'auteur de la joie dominant toutes les autres de l'existence... Plus vous apprendrez à le connaître et à le fréquenter, plus votre coeur se sentira capable de vaincre les tristesses de votre âme. Vous êtes également en recherche de l'auteur de l'amour... Nous avons tous besoin d'aimer et d'être aimés. C'est nécessaire à la vie et il est important d'être capable d'aimer l'autre, vos semblables en difficulté. Par sa vie Jésus nous a montré que Dieu aime chacun sans distinction et veut le bonheur de tous... Vous cherchez certainement aussi l'auteur de la paix, dont le monde a tant besoin. Les hommes pensent souvent pouvoir construire seuls la paix, alors qu'on devrait comprendre que seul Dieu peut accorder une paix véritable et solde. Si nous savons l'écouter et lui faire une place dans nos vies, Dieu peut effacer l'égoïsme qui empoisonne souvent les rapports entre personnes et pays. Il fait naître l'envie de réconciliation, de pardon et de paix dans les coeurs les plus durs... En vous aidant les uns les autres à la recherche du grand auteur de la vie, de la joie, de l'amour et de la paix, vous découvrirez qu'il est tout près de vous. C'est le Dieu qui s'est fait enfant en Jésus".

ARTICLE DE BENOIT XVI SUR LE FINANCIAL TIMES

Cite du Vatican, 20 décembre 2012 (VIS). Le Financial Times publie ce jour un article que Benoît XVI consacre à l'engagement des chrétiens dans le monde. Une note de la Salle de Presse du Saint-Siège indique que l'idée est venue à la suite de la présentation du dernier livre du Saint-Père. Ainsi la rédaction du prestigieux journal lui a demandé un commentaire à l'occasion de Noël, et malgré le caractère insolite de la requête, il a accepté. Par le passé il avait également accepté une intervention à la BBC pour Noël à la suite de son voyage en Grande Bretagne, et une autre à la RAI à l'occasion du Vendredi Saint. Chaque fois c'est pour lui l'occasion de parler de Jésus et de son message à un vaste public, à des moments majeurs de l'année liturgique. Voici une traduction de l'article signé par Benoît XVI:

"Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Telle fut la réponse de Jésus, à qui on avait demandé ce qu'il pensait du paiement des impôts. Il s'agissait d'une question piège car on voulait le forcer à prendre parti dans le débat politique sur la domination romaine qui agitait Israël. Mais, au-delà de ceci, ce qui était en jeu était de savoir si Jésus était vraiment le Messie attendu, qui se serait opposé aux romains. La question avait été calculée pour l'impliquer ou bien le dénoncer comme une menace pour le régime, ou comme un imposteur. La réponse de Jésus plaça habilement la question à un autre niveau, mettant en garde à la fois contre une politisation de la religion et la divinisation du pouvoir temporel, ainsi que le la recherche inlassable de la richesse. Ses auditeurs devaient comprendre que le Messie n'était pas César, et que César n'était pas Dieu. Le royaume de Dieu que Jésus était venu établir était d'une toute autre dimension. Comme il répondit à Ponce Pilate, son royaume n'était pas de ce monde.

Le récit de Noël fourni par le Nouveau Testament a pour but de transmettre un message similaire. Jésus est né au cours d'un recensement général, ordonné par Auguste, l'empereur connu pour avoir garanti la Pax Romana aux pays soumis à la Rome. Pourtant, né dans un lieu inconnu et lointain de l'empire, allait offrir au monde une paix beaucoup plus grande, vraiment universelle par ses objectifs et dépassant les limites de l'espace et du temps. Jésus est présenté comme l'héritier du roi David, mais la libération qu'il a apporté à son peuple n'était pas de tenir à distance les armées ennemies, mais de vaincre à jamais le péché et la mort. La naissance du Christ nous invite à repenser nos priorités, nos valeurs, notre mode de vie. Si Noël est certainement un moment de grande joie, c'est aussi l'occasion d'une réflexion profonde, ou plutôt d'un examen de conscience. A la fin d'une année de difficultés économiques pour beaucoup, que pouvons-nous apprendre de l'humilité, de la pauvreté, de la simplicité de la crèche? Noël peut être une occasion d'apprend à lire l'Evangile, de connaître Jésus non seulement comme l'enfant de la crèche, mais comme celui dans lequel nous reconnaissons Dieu fait homme. C'est dans l'Evangile que les chrétiens puisent pour leur vie quotidienne et pour leur implication dans les affaires du monde, que ce soit au parlement ou bien dans un marché boursier. Les chrétiens ne doivent pas fuir le monde mais s'y engager, et leur implication en politique et dans l'économie devrait transcender toutes les formes de l'idéologie.

Les chrétiens luttent contre la pauvreté parce qu'ils reconnaissent la dignité suprême de tout être humain, créé à l'image de Dieu et destiné la vie éternelle. Ils oeuvrent pour un partage équitable des ressources car, gardiens de la création de Dieu, ils ont le devoir de prendre soin des plus faibles et des plus vulnérables. Les chrétiens sont opposés à la cupidité et à l'exploitation de la croyance selon laquelle la générosité et l'amour désintéressé, enseigné et vécu par Jésus de Nazareth, serait le chemin qui mène à la plénitude de vie. La foi chrétienne en la destinée transcendante de chaque être humain implique l'urgence de la tâche de promouvoir la paix et la justice pour tous. Pour que ces objectifs soient largement partagés, une fructueuse collaboration est nécessaire entre les chrétiens et les non chrétiens. Même s'ils rendent à César que ce qui lui est à dû, et rien de ce qui appartient à Dieu, les chrétiens ont parfois été incapables d'accéder aux demandes de César. Du culte de l'empereur de la Rome antique aux régimes totalitaires du XX siècle, César a essayé de prendre la place de Dieu. Et lorsque les chrétiens refusent de se prosterner devant les idoles de notre époque, ce n'est pas parce qu'ils ont des vues dépassées du monde, mais parce qu'ils sont libres de toute idéologie. Animés par une vision noble de la destinée humaine, ils ne peuvent transiger avec tout ce qui pourrait y porter atteinte. En Italie, de nombreuses crèches sont ornées de de ruines romaines qui rappellent que la naissance de l'Enfant Jésus marque la fin de l'ordre ancien, le monde païen, dans lequel les revendications de César semblaient impossible à contester. Maintenant, il y a un nouveau roi, qui ne met pas sa confiance dans la force des armes, mais dans la puissance de l'amour. Il apporte l'espérance à tous ceux qui vivent en marge de la société. Il apporte de l'espoir à ceux qui sont victimes d'un monde précaire. De la crèche, le Christ nous appelle à vivre comme des citoyens de son royaume céleste, un royaume que toutes les personnes de bonne volonté peuvent aider à construire ici sur terre".

DECRETS DE LA CONGREGATION POUR LES CAUSES DES SAINTS

Cité du Vatican, 20 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audience le Cardinal Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints, au cours de laquelle il a autorisé la promulgation des décrets suivants:

MIRACLES attribués

au bienheureux Antonio Primaldo et ses compagnons, martyrs tués le 13 août 1480 à Otranto (Italie).

à la bienheureuse Laura de Ste Catherine de Sienne (María Laura de Jesús Montoya y Upegui 1874 - 1949 Colombie).

à la bienheureuse María Guadalupe (Anastasia Guadalupe García Zavala 1878 - 1963, Mexique).

au vénérable Antonio Franco, évêque italien (1585 - 1626).

au vénérable Giuseppe Gabriel del Rosario Brochero, prêtre argentin (1840 - 1914).

au vénérable Cristobal de Santa Catalina (Cristobal Fernández Valladolid), prêtre espagno (1638 - 1690).

à la vénérable Sofia Czeska-Maciejowska, religieuse polonaise (1584 - 1650).
à la vénérable Margarit Lucia Szewczyk, religieuse polonaise (1828 - 1905).

Reconnaissance du MARTYR de

Miroslav Bulešic, prêtre croate (1920 - 1947), tué en haine de la foi.

José Javier Gorosterratzu et ses cinq compagnons rédemptorises espagnols, tués entre 1936 et 1938 en haine de la foi.

Ricardo Gil Barcelón, prêtre espagnol, et Antonio Arrué Peiró, postulant religieux espagnol tués en 1936 en haine de la foi.

Manuel de la Ste Famille (Manuel Sanz Domínguez), moine espagnol tué en 1936 en haine de la foi.

María de Montserrat (Josefa Pilar García y Solanas) et ses huit compagnes, religieuses espagnoles, et Lucrecia García y Solanas, veuve, tuées en 1936 en haine de la foi.

Melchiora de l'Adoration Cortés Bueno et ses quatorze compagnes, religieuses espagnoles, tuées entre 1936 et 1937 en haine de la foi.

Reconnaissance des VERTUS héroïques de

du Pape Paul VI (Giovanni Battista Montini 1897 - 1978).

de Francesco Saverio Petagna, évêque italien (1812 - 1878).

de Juan José Santiago Bonal Cortada, prêtre espagnol (1769 - 1829).

de Louis-Marie Baudouin, prêtre français (1765 - 1835).

de Giovannina Franchi, religieuse italienne (1807 - 1872).
de Marcelina de San José (Luisa Aveledo), religieuse vénézuélienne (1874 - 1959).

de Claudia Russo, religieuse italienne (1889 - 1964).

de María Francisca des Sept Plaies (Rosa Elena Cornejo), religieuse équatorienne (1874 - 1964).

de Clara Ludmilla Szczesna, religieuse polonaise (1863 - 1916).

Consuelo (Juaquina María Mercedes Barceló y Pagés), religieuse espagnole (1857 - 1940).

AUDIENCES

Cité du Vatican, 20 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audience Mgr.Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical pour la famille.

mercredi 19 décembre 2012

LA FOI DE MARIE A L'ANNONCIATION

Cité du Vatican, 19 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a consacré la catéchèse de la dernière audience générale de l'année à la foi de Marie, manifestée lors de l'Annonciation. L'annonce angélique fut, a dit Benoît XVI, comme une invitation à la joie, l'annonce "de la fin d'une tristesse courante dans ce monde face aux limites de la vie et à la souffrance...face au mal qui semble obscurcir la bonté divine. Elle fut le salut marquant le début de l'Evangile, de la Bonne Nouvelle". Marie est vraiment la "fille de Sion en qui s'accomplit l'attente de la venue définitive de Dieu, qui devient la demeure du Dieu vivant". La joie manifestée par Marie vient de sa communion avec Dieu. "Elle est la créature qui a ouvert d'une façon particulière avec sa porte au Créateur, en s'en remettant à sa volonté sans réserve...seulement attentive à répondre aux signes que Dieu a lancé sur le chemin de son peuple. Elle a pris place dans une histoire de foi et d'espérance dans les promesses divines, qui sont l'essence de sa vie". Luc raconte l'Annonciation en faisant un parallèle avec l'histoire d'Abraham. Marie a accepté de faire la volonté de Dieu: A l'Annonciation, avec la même joie confiante, mais aussi dans les ténèbres de la Croix puis dans la lumière de la Résurrection. Il en va de même pour notre propre cheminement de foi, entre moments lumineux et passages dans lesquels Dieu semble absent, où son silence pèse... Comme Abraham et comme Marie...efforçons nous de vivre chaque moment dans la paix et avec la certitude de l'amour et de la fidélité de Dieu. Ceci veut cependant dire sortir de soi et de nos projets, car la Parole doit guider nos pensées et nos actions".

"Marie ravive la foi profonde qui lui a fait prononcer le oui de l'Annonciation... Elle sait devoir laisser libre son fils de suivre sa mission. Son oui à la volonté de Dieu, en obédience à la foi, sera constant jusqu'à sa mort, et surtout lors du moment le plus difficile que fut la Crucifixion... A chaque épreuve de sa vie, Marie" n'a cessé de méditer les choses cachées au plus profond de son coeur. "Elle retenait tout fait, toute parole, toute chose de ce qu'elle vivait. Les observant, elle comprenait que tout venait de la volonté divine. Elle ne s'est pas arrêtée à une compréhension superficielle mais a su voir en profondeur" la signification que seule la foi peut offrir. "C'est l'humilité profonde de sa foi qui a permis à Marie d'accueillir en elle même ce qu'elle de comprenait pas, laissant à Dieu le soin d'ouvrir son esprit et son coeur... La solennité de la Nativité nous invite à vivre cet évènement avec l'humilité de Marie, en obéissance à la foi. La gloire de Dieu ne se manifeste pas dans le triomphe des rois ou le pouvoir des puissants...car il a choisi le sein d'une vierge pour se montrer dans la pauvreté d'un nouveau-né. La toute puissance de Dieu agit en nous aussi avec la force silencieuse de la vérité et de l'amour. La foi nous dit que le fracas des puissants sera éteint par la puissance sans défense de l'Enfant".

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 19 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé l'Abbé Peter Loy Chong, Archevêque de Suva (superficie 18.333, population 1.297.683, catholiques 101.050, prêtres 81, religieux 162), aux Fidji. L'Evêque élu, né en 1961 à Natovi (Fidji) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici doctorant près la Santa Clara University (USA). Fort d'une expérience paroissiale de dix ans, il succède à Mgr.Petero Mataca, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

Accepté la renonciation de SB le Cardinal Emmanuel III Dely, à la charge de Patriarche chaldéen de Babylone (Irak).

Nommé jusqu'à l'élection du successeur (le 28 janvier prochain), Administrateur de ce patriarcat, Mgr.Jacques Ishaq, Evêque de la Curie patriarcale de Babylone des chaldéens et Secrétaire du Synode des évêques chaldéens.

mardi 18 décembre 2012

RELIGIEUX ET LIEUX PUBLICS

Cite du Vatican, 18 décembre 2012 (VIS). Le Département des sciences de l'éducation de l'Université Rome 3 a organisé un séminaire international (17 et 18 décembre) sur religieux et lieux publics. La réflexion a porté sur une redéfinition du rapport entre espace public et nouvelle expression du religieux, sur le débat relatif à l'exposition publique de signes religieux, sur le rapport des courants religieux avec la politique et la culture, sur la conception du pluralisme religieux dans les pays où le catholicisme jouissait d'un large monopole, sur le marché du religieux et les relations entre pouvoir politique et autorité religieuse. Le Coordinateur de l'Observatoire pour la liberté religieuse du ministère italien des affaires étrangères, M.Massimo Introvigne, a ouvert les travaux par un rapport intitulé: "Rapports états religions sur la liberté religieuse, des modèles opposés?". Les interventions suivantes furent: "Eglise et Etat en Italie et au Brésil", "Liberté religieuse, lieux publics et lois", "La laïcité dans une Italie plurielle", "La laïcité comme une idéologie", "Entre sécularisation et dé-sécularisation". La première journée s'est conclue par une table ronde sur religion et politique en Italie. Il a été question ce matin du cas brésilien, du renouveau charismatique catholique face au phénomène évangéliste, aspect politique et aspect moral des droits de l'homme dans l'Eglise catholique, les symboles religieux catholiques dans les lieux publics. Et cette après-midi sera consacrée aux sanctuaires mariaux comme espaces publics, à catholicisme et nation en Argentine, à la complicité du silence en Argentine, à la pastorale révolutionnaire et aux prêtres guerrilleros d'Amérique Latine, aux relations Eglise Etat dans l'Argentine du régime militaire, à Eglise de la libération et nouveaux gouvernements populaires. La table ronde conclusive, suivie d'un débat, aura pour titre: Achille et la tortue, le catholicisme italien face à une diversité religieuse inédite.

lundi 17 décembre 2012

VISITE DU PRESIDENT DE L'AUTORITE PALESTINIENNE

Cité du Vatican, 17 décembre 2012 (VIS). Benoît XVI a reçu ce matin M.Mahmoud Abbas, le Président de l'Autorité Palestinienne, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Secrétaire d'Etat, accompagné du Secrétaire pour les rapports avec les états. Il a été question au cours de ces entretiens de la récente reconnaissance par l'Assemblée générale de l'ONU de la Palestine comme Etat Observateur non membre. Puisse cette initiative encourager la communauté internationale à favoriser une solution juste et stable du conflit israélo-palestinien, qui ne viendra que d'une reprise sincère de la négociation dans le respect des différentes parties. On a également abordé la situation générale dans une région du monde lacérée par plusieurs conflits, dans l'espoir que le courage de la réconciliation et de la paix prévale. On n'a pas non plus manqué d'évoquer l'apport des communautés chrétiennes au bien de la société, tant dans les territoires palestiniens que dans tout le proche et moyen Orient".

AUDIENCE AU COMITE OLYMPIQUE ITALIEN

Cite du Vatican, 17 décembre 2012 (VIS). Le Pape a reçu ce matin le Comité olympique italien avec les athlètes ayant représenté leur pays aux récents Jeux de Londres (28 médailles dont 8 d'or). Tout activité sportive, a dit Benoît XVI a ses hôtes, "qu'elle soit professionnelle ou amateur, requiert de la loyauté dans la compétition, le respect du corps, de la solidarité et de l'altruisme, mais aussi de la joie et le sens de la fête. Tout ceci présuppose une véritable maturité, faite de renoncement, de ténacité et de patience, mais surtout d'une humilité qui si elle n'est pas saluée est le secret de la réussite".

"L'Eglise s'intéresse au sport car il s'agit de l'homme dans son entier. L'éducation au sport relève de l'éducation, de la formation au relationnel et à la vie spirituelle... L'athlète qui vit à plein son expérience sportive se fait attentif au projet de Dieu sur la vie. Il apprend à en reconnaître la voix au long des entraînements, à voir son visage dans le compagnon comme dans l'adversaire... Vous êtes des témoins, qui ont une mission spécifique. Soyez donc pour ceux qui vous admirent des modèles à suivre..., les maîtres d'un sport toujours limpide et loyal... Et ne soyez jamais tentés de prendre de mauvais chemins comme celui du dopage. L'esprit d'équipe, qui saura vous éviter de telles erreurs, servira aussi à soutenir qui reconnaîtra s'être trompé, à l'écouter et à l'aider". Cette Année de la foi est favorable pour éduquer "à une sorte de sport spirituel, c'est à dire à faire triompher quotidiennement le bien sur le mal, la vérité sur le mensonge, l'amour sur la haine, en soi tout d'abord. Dans le cadre de la nouvelle évangélisation, le monde du sport est comme un parvis des gentils, un espace de rencontre pour tous, où croyants et non croyants peuvent échanger et connaître des gens de multiples cultures, langues et expressions religieuses... Un jeune qui unit, comme le bienheureux Pier Giorgio Frassati, passion de la montagne et passion de Dieu...montre qu'être chrétien signifie aimer la vie et la nature, et avant tout son prochain et toute personne en difficulté. Je souhaite à chacun de vous", a conclu le Saint-Père, de connaître "la plus grande des joies, qui est de s'améliorer jour après jour en aimant de plus en plus".

ACCORD SAINT-SIEGE – REPUBLIQUE DE CHINE

Cité du Vatican, 17 décembre 2012 (VIS). Lundi, a eu lieu au Vatican et à Taipei, un échange d'intruments par lesquels la Secrétairerie d'Etat et le Ministère des affaires étrangères ont communiqué respectivement que le Saint-Siège et la République de Chine ont conclu la procédure d'entrée en vigueur de l'accord entre la Congrégation pour l'éducation catholique et le ministère chinois de l'éducation, sur la collaboration dans le domaine des études supérieures et la reconnaissance des études, titres, diplômes et degrés.

L'accord a été signé à Taipei le 2 décembre 2011 par le Cardinal Zenon Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique et par M.Wu Ching-ji, Ministre chinois de l'éducation, après avoir été approuvé à l'unanimité, le 20 novembre dernier, par l'Assemblée parlementaire chinoise.

Il s'agit d'un accord "à caractère culturel et administratif", stipulé dans le cadre de la Convention régionale de l'UNESCO sur la reconnaissance des études, diplômes et titres dans l'enseignement supérieur en Asie et la zone Pacifique, signé à Tokyo le 26 novembre 2011 avec la participation, entre autres, de la Chine et du Saint-Siège. Deux secteurs sont concernés: la reconnaissance réciproque académico-administrative des études, qualifications, diplômes et titres, et la collaboration dans l'enseignement supérieur, qui prévoit une présence de l'Eglise catholique dans le domaine universitaire pour la zone en langue chinoise.

Par cet accord, le ministère chinois de l'éducation accorde au Saint-Siège la reconnaissance des titres d'études et des degrés ecclésiastiques accordés partout dans le monde, le respect de la norme canonique sur la structure et la gestion des universités catholiques et des facultés ecclésiastiques de théologie à Taïwan, ainsi que la possibilité de proposer les valeurs chrétiennes dans le milieu académique et dans les différentes facultés autres que de théologie. Ces deux dernières garanties sont contenues fondamentalement dans l'art. 2 qui prévoit la reconnaissance du caractère unique du système éducatif des universités et facultés ecclésiastiques. Cette reconnaissance implique le respect de la législation académique canonique, la sauvegarde du profil catholique des institutions académiques, la compétence exclusive du Saint-Siège pour les contenus, les programmes et la nomination des responsables et des spécialistes, ainsi que l'engagement écrit individuel (des spécialistes et du personnel administratif) d'une conduite morale compatible avec la doctrine et la morale catholique. Le reste de l'accord traite des aspects technico-bureaucratiques de la reconnaissance des études, des qualifications, des titres et des degrés: tout ceci en référence aux Conventions régionales de l'UNESCO souvent citées dans la lettre. Cet accord bénéficiera également aux ecclésiastiques (prêtres, séminaristes et religieux) qui viendront de la Chine continentale pour étudier près l'Université catholique Fu Jen de Taipei.

ANGELUS DOMINICAL

Cite du Vatican, 16 décembre 2012 (VIS). A l'angélus, Benoît XVI a de nouveau évoqué la figure du Baptiste que l'Evangile du jour montre parlant à ceux venus au Jourdain pour recevoir son baptême. Il les exhorte à se préparer à la venue du Messie. Les réponses qu'il fait à la foule demeurent d'actualité. Lorsqu'il demande à qui possède deux vêtements d'en donner un à qui en est démuni, "on doit comprendre -a dit le Pape- un principe de justice animé par la charité. La justice réclame de surmonter le déséquilibre entre qui a le superflu et qui manque du nécessaire. La charité nous pousse à être attentif à l'autre et à répondre à ses besoins, plutôt qu'à trouver des justifications à nos intérêts. La justice et la charité ne s'opposent pas et se complètent". Jadis les publicains étaient méprisés "car ils profitaient de leur position pour voler. A ceux-ci, Jean ne dit pas de changer de métier mais de ne rien exiger de plus que ce qui a été fixé. Au nom de Dieu, il ne réclame pas des gestes exceptionnels mais l'accomplissement honnête du devoir. Le premier pas vers la vie éternelle reste l'observance des commandements, en la circonstance ne pas voler". Puis le Baptiste répond à une question relative aux soldats, "autre catégorie dotée de pouvoir, et donc tentée d'en abuser. Il dit aux soldats de ne maltraiter personne et de ne rien extorquer, en se contentant de leurs traitement... Ces dialogues frappent par le caractère extrêmement concret de Jean. Dieu nous jugera à nos oeuvres et c'est là qu'il convient de suivre sa volonté. Les indications du Baptiste sont donc très actuelles. Dans notre monde complexe les choses iraient bien mieux si chacun observait ces quelques règles de conduite".

Après la prière mariale, le Pape a rappelé que du 28 décembre au 2 janvier se déroule à Rome la Rencontre européenne des jeunes de Taizé, félicitant les familles romaines de leur accueil et renouvelant son invitation à vivre l'évènement en paroisses. Puis il a salué l'Oeuvre polonaise de Noël, qui apporte aide et réconfort à l'enfance. Enfin, Benoît XVI s'est adressé aux enfants de Rome venus faire bénir les statuettes de l'Enfant Jésus pour leurs crèches.

LA JOIE DU TEMPS DE L'AVENT

Cité du Vatican, 16 décembre 2012 (VIS). Benoît XVI a effectué ce matin la visite pastorale de la paroisse romaine St.Patrick érigée en 2007 à l'est de la capitale italienne. Il a été reçu par la communauté paroissiale qui comptait les enfants baptisés cette année accompagnés de leurs parents, puis il a présidé la messe à 10h . En ce troisième dimanche de l'Avent, dit de Gaudete parce qu'il invite à la joie, le Saint-Père a rappelé que l'Avent est effectivement, non seulement un temps de conversion, mais aussi de joie parce qu'"il réveille, dans le cœur des croyants, l'attente du Sauveur, et l'attente de la venue d'une personne aimée est toujours un motif de joie". Puis il a commenté la première lecture dans laquelle le prophète Sophonie utilise l'expression "Réjouis-toi, fille de Sion!", en expliquant que le prophète veut nous dire "qu'il n'y a plus aucune raison d'avoir peur... d'être triste, quelle que soit la situation à laquelle on doit faire face, parce que nous sommes certains de la présence du Seigneur qui, à elle seule, suffit à nous rassurer et à réjouir nos cœurs. Le prophète nous fait aussi comprendre que cette joie est réciproque: nous somme invités à nous réjouir, mais le Seigneur se réjouit aussi de sa relation avec nous".

"Dans quelques jours, nous fêterons Noël, la fête de la venue de Dieu qui s'est fait petit enfant et notre frère pour être avec nous et partager notre condition humaine. Nous devons nous réjouir de sa proximité, de sa présence et chercher à mieux comprendre qu'il nous est réellement proche, pour être ainsi pénétrés de la réalité de la bonté de Dieu, de la joie que le Christ est avec nous. Saint Paul dit avec force dans une autre lettre que rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu qui s'est manifesté dans le Christ. Seul le péché nous éloigne de lui, mais il s'agit d'un facteur de séparation que nous introduisons dans notre rapport avec le Seigneur. Mais, même lorsque nous nous éloignons, il ne cesse de nous aimer et continue de nous être proches avec sa miséricorde, avec sa disponibilité à pardonner et à nous accueillir de nouveau dans son amour. C'est pourquoi nous ne devons jamais nous angoisser, nous pouvons toujours exposer au Seigneur nos requêtes, nos besoins, nos préoccupations par des prières et des suppliques. Et c'est un grand motif de joie de savoir qu'il est toujours possible de prier le Seigneur et de savoir qu'il nous écoute, que Dieu n'est pas loin mais écoute réellement, nous connaît, et de savoir qu'il ne repousse jamais nos prières, même s'il n'y répond pas toujours comme nous le voudrions, mais qu'il répond... La joie que le Seigneur nous communique doit trouver en nous un amour reconnaissant. En effet, la joie est pleine lorsque nous reconnaissons sa miséricorde, lorsque nous devenons attentifs aux signes de sa bonté... Celui qui accueille les dons de Dieu de façon égoïste ne trouve pas la vraie joie; mais qui les utilise pour l'aimer avec une sincère gratitude et pour communiquer aux autres son amour, a, lui, le cœur vraiment rempli de joie", a conclu le Saint-Père. Après la messe, il a salué les personnes âgées et les malades de la paroisse, puis est rentré au Vatican pour l'angélus.

MASSACRE D'ENFANTS AUX ETATS-UNIS

Cite du Vatican, 15 décembre 2012 (VIS). Le Cardinal Secrétaire d'Etat, a fait parvenir au nom du Saint-Père, un télégramme à Mgr.Jeral A. Doyle, Administrateur diocésain de Bridgeport (USA), suite à l'assassinat de 26 personnes dont 20 enfants à l'arme à feu, dans l'école primaire de Sandy Hook à Newton (Connecticut). Benoît XVI y fait part de sa peine et de ses prières pour les victimes ainsi que de sa proximité envers les familles et tous ceux qui ont été touchés par cet événement traumatisant. "Après cette tragédie insensée -dit le texte- je prie Dieu, notre Père, de consoler tous ceux qui pleurent et de soutenir toute la communauté par sa force spirituelle qui triomphe sur la violence par le pouvoir du pardon, de l'espérance et de l'amour qui réconcilie".


MESSAGE POUR LA JOURNEE DES VOCATIONS

Cite du Vatican, 15 décembre 2012 (VIS). Aujourd'hui a été publié le message de Benoît XVI pour la cinquantième Journée de prière pour les vocations (21 avril 2013). Il propose une réflexion autour du thème "Les vocations, signe de l’espérance fondée sur la foi". Voici de larges extraits de ce document:

"Chers frères et sœurs, en quoi consiste la fidélité de Dieu à laquelle nous devons nous confier avec une ferme espérance? En son amour. Lui, qui est Père, répand son amour dans notre être le plus profond, par l’Esprit. Et cet amour précisément, manifesté pleinement en Jésus-Christ, interpelle notre existence, requiert une réponse sur ce que chacun veut faire de sa propre vie, sur ce qu’il est disposé à mettre en jeu pour la réaliser pleinement. L’amour de Dieu suit parfois des chemins impensables, mais rejoint toujours ceux qui se laissent trouver. L’espérance se nourrit donc de cette certitude: Et nous, nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Et cet amour exigeant, profond, qui dépasse la superficialité, nous donne courage, nous fait espérer dans le chemin de la vie et dans l’avenir, nous fait avoir confiance en nous-mêmes, dans l’histoire et dans les autres. Je voudrais m’adresser tout particulièrement à vous les jeunes et vous redire: Que serait votre vie sans cet amour? Dieu prend soin de l’homme de la création jusqu’à la fin des temps, lorsqu’il mènera à bien son projet de salut. Dans le Seigneur ressuscité nous avons la certitude de notre espérance!

Comme il advint dans le cours de son existence terrestre, aujourd’hui encore Jésus, le Ressuscité, marche au long des routes de notre vie, et nous voit plongés dans nos activités, avec nos désirs et nos besoins. C’est justement dans le quotidien qu’il continue de nous adresser sa parole, qu'il nous appelle à réaliser notre vie avec lui, le seul qui soit capable d’étancher notre soif d’espérance. Aujourd’hui encore, vivant dans la communauté des disciples qu'est l’Eglise, il appelle à le suivre. Et cet appel peut nous rejoindre à n’importe quel moment. Aujourd’hui encore Jésus répète: Viens! Suis-moi! Pour accueillir cette invitation, il faut ne plus choisir soi-même son propre chemin. Le suivre signifie immerger sa propre volonté dans la volonté de Jésus, lui donner vraiment la priorité, le mettre à la première place par rapport à tout ce qui fait partie de notre vie: la famille, le travail, les intérêts personnels, soi même. Cela signifie Lui remettre notre propre vie, vivre avec Lui dans une intimité profonde, entrer à travers Lui en communion avec le Père dans l’Esprit et, en conséquence, avec les frères et sœurs. Cette communion de vie avec Jésus est l'espace privilégié où l’on fait l’expérience de l’espérance et où se réalisera une vie libre et remplie!

AUDIENCES

Cité du Vatican, 17 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audience les Cardinaux Julían Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 15 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Nicolas Henry Marie Denis Thévenin, Nonce apostolique, l'élevant au rang archiépiscopal. L'Evêque élu, né en 1959 à Saint-Dizier (France) et ordonné prêtre en 1989. était jusqu'ici Conseiller de nonciature en service près le Saint-Siège. Docteur en droit canonique, il est entré dans le service diplomatique en 1994.

Conseillers de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr.Angelo Vincenzo Zani, Secrétaire de la Congrégation pour l'éducation catholique; et l'Abbé Achim Buckenmaier (Allemagne), Professeur près l'Université pontificale du Latran.

vendredi 14 décembre 2012

MESSAGE POUR LA JOURNEE MONDIALE DE LA PAIX

Cite du Vatican, 14 décembre 2012 (VIS). Ce matin a été présentée en Salle de Presse le message de Benoît XVI pour la XLVI Journée mondiale de la paix (1 janvier 2013), intitulé: "Heureux les artisans de paix". Le Cardinal Peter K.A.Turkson, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax, a d'abord souligné le caractère concret du document, même si la référence évangélique semble annoncer un message strictement spirituel, théorique. "L'argumentation du Pape adhère à la réalité en constatant l'existence au milieu des conflits, des tensions et violences, de nombreux artisans de paix. Les Béatitudes nous indique que cette promesse est une certitude du fait qu'elle vient de Dieu, qu'elle n'est pas à venir mais qu'elle se réalise déjà ici bas. Benoît XVI montre ce que doivent faire ces agents de la paix en promouvant la plénitude de la vie, c'est à dire les diverses dimensions de la personne, l'attention aux priorités et aux questions sociales en particulier, une vision correcte du mariage, de la famille et de l'éducation, l'objection de conscience et la liberté religieuse, la crise alimentaire et économique. L'aspect positif du message papal ouvre à l'espérance, reflète l'amour de la vie de plénitude. A côté de la défense de la vie, le Saint-Père éclaire les questions liées à la justice parce qu'elles sont nécessaires pour une vie digne dans laquelle tous peuvent voir reconnues leurs mérites. La troisième caractéristique du message 2013 est son volet éducatif et pédagogique, si cher à l'Eglise qui a la mission de former les consciences. Ainsi le rappel des responsabilités des structures enseignantes est-il fort, car elles ont en charge la formation des futurs responsables de l'économie. C'est particulièrement important afin de surmonter la grave crise du monde globalisée, qui correspond à une crise spirituelle et morale qui menace elle aussi la paix à l'instar des conflits en tout genre".

Puis le Secrétaire du dicastère, Mgr.Mario Toso, a souligné que le message de Benoît XVI invitait chacun à être artisan de paix en défendant et diffusant l'ensemble des droits et des devoirs de la personne et de la société. Face à "la récession économique, provoquée avant tout par la crise financière, le Pape conteste le libéralisme radical et technocratique pour lequel le développement serait possible sans progrès social et démocratique. Il invite les gouvernants à ne pas réduire les droits sociaux et le droit au travail avant tout autres, qui est fondamental et non marginal. Sans défense et promotion des droits sociaux...il n'y a pas ni droits civils et politiques réels ni démocratie réelle. Il s'agit en résumé d'un document au service de la croissance d'une famille humaine non divisée entre peuples et groupes, mais unie dans la diffusion de la paix, et en particulier dans la défense de la vie de la naissance à la mort. Paix et bien commun vont ensemble et doivent être recherchés conjointement, pour le bien de chaque personne et de tous les peuples".

HEUREUX LES ARTISANS DE PAIX

Cite du Vatican, 14 décembre 2012 (VIS). "Heureux les artisans de paix", tel est le titre du message de Benoît XVI (8 décembre)pour la XLVI Journée mondiale de la paix (1 janvier 2013). En voici la version française:

"Chaque année nouvelle porte en elle l’attente d’un monde meilleur. Dans cette perspective, fondée sur la foi, je prie Dieu, Père de l’huma- nité, de nous donner la concorde et la paix afin que puissent se réaliser pour tous les aspirations à une vie heureuse et prospère. A cinquante ans de l’ouverture du Concile Vatican II qui a permis de renforcer la mission de l’Eglise dans le monde, il est encourageant de constater que les chrétiens, peuple de Dieu en communion avec lui et en chemin parmi les hommes, s’engagent dans l’histoire en partageant ses joies et ses espoirs, ses tristesses et ses angoisses, en annonçant le salut du Christ et promouvant la paix pour tous. Notre temps en effet, marqué par la mondialisation, avec ses aspects positifs et négatifs, mais aussi par des conflits sanglants toujours en cours et par des menaces de guerre, demande un engagement renouvelé et collectif pour la recherche du bien commun, du développement de tous les hommes et de tout l’homme. Les foyers de tension et d’opposition causés par des inégalités croissantes entre riches et pauvres, par la prévalence d’une mentalité égoïste et individualiste qui s’exprime également au travers d’un capitalisme financier sans régulation, nous inquiètent. En plus des différentes formes de terrorisme et de criminalité internationales, les fondamentalismes et les fanatismes qui défigurent la vraie nature de la religion, appelée qu’elle est à favoriser la communion et la réconciliation entre les hommes sont autant de dangers pour la paix. Et pourtant les nombreuses œuvres de paix dont le monde est riche, témoignent de la vocation innée de l’humanité à la paix. En chaque personne, le désir de paix est une aspiration essentielle qui coïncide, d’une certaine façon, avec le désir d’une vie humaine pleine, heureuse et accomplie. En d’autres termes, le désir de paix correspond à un principe moral fondamental, c’est-à-dire au développement intégral, social, communautaire, entendu comme un droit et un devoir, et cela fait partie du dessein de Dieu sur l’homme. L’homme est fait pour la paix qui est don de Dieu. Tout ce qui précède m’a conduit à m’inspirer, pour ce message, des paroles de Jésus-Christ: Heureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu".

La béatitude évangélique. Les Béatitudes proclamées par Jésus sont autant de promesses. Dans la tradition biblique en effet, le genre littéraire correspondant à la béatitude porte toujours en lui-même une bonne nouvelle, c’est-à-dire un évangile, qui culmine en une promesse. Les Béatitudes ne sont donc pas seulement des recommandations morales dont l’observance prévoit, au temps prescrit, temps généralement situé dans l’autre vie, une récompense, c’est-à-dire une situation de bonheur à venir. La béatitude consiste plutôt en l’accomplissement d’une promesse adressée à tous ceux qui se laissent guider par les exigences de la vérité, de la justice et de l’amour. Ceux qui mettent leur foi en Dieu et en ses promesses apparaissent souvent aux yeux du monde naïfs et éloignés de la réalité. Et bien, Jésus leur déclare qu’ils découvriront être fils de Dieu non seulement dans l’autre vie mais déjà en celle-ci et que, depuis toujours et pour toujours, Dieu est pleinement solidaire d’eux. Ils comprendront qu’ils ne sont pas seuls parce qu’il est du côté de ceux qui s’engagent en faveur de la vérité, de la justice et de l’amour. Jésus, révélation de l’amour du Père, n’hésite pas à s’offrir lui-même en sacrifice. Quand on ac- cueille Jésus-Christ, Homme-Dieu, on vit la joyeuse expérience d’un don immense: le partage de la vie même de Dieu, ou encore la vie de la grâce, prémisse d’une existence pleinement heureuse. Jésus-Christ nous donne en particulier la paix véritable qui naît de la rencontre confiante de l’homme avec Dieu.
La béatitude de Jésus dit que la paix est à la fois don messianique et œuvre humaine. En effet, la paix présuppose un humanisme ouvert à la trans- cendance. Il est fruit du don réciproque, d’un enrichissement mutuel, grâce au don qui jaillit de Dieu et permet de vivre avec les autres et pour les autres. L’éthique de la paix est une éthique de la communion et du partage. Il est alors indispensable que les différentes cultures contemporaines dépassent les anthropologies et les éthiques fondées sur des présupposés théorico-pratiques surtout subjectifs et pragmatiques, au nom desquels les relations de cohabitation sont inspirés par des critères de pou- voir ou de profit, où les moyens deviennent des fins et vice versa, où la culture et l’éducation sont seule- ment centrées sur les instruments, sur la technique et sur l’efficience. Le démantèlement de la dictature du relativisme et de l’adoption d’une morale totalement autonome qui interdit la reconnaissance de l’incontournable loi morale naturelle inscrite par Dieu dans la conscience de chaque homme est une condition nécessaire de la paix. La paix est construction d’un vivre ensemble en termes rationnels et moraux, s’appuyant sur un fondement dont la mesure n’est pas créée par l’homme mais par Dieu même. Le Seigneur donne la puissance à son peuple, le Seigneur bénit son peuple dans la paix, rappelle le Psaume 29.

La paix, don de Dieu et œuvre de l’homme. La paix concerne l’intégrité de la personne humaine et appelle l’implication de tout l’homme. C’est la paix avec Dieu, en vivant selon sa volonté. C’est la paix intérieure avec soi-même et la paix extérieure avec le prochain et avec toute la création. Elle comporte principalement, comme l’a écrit Jean XXIII dans l’encyclique Pacem in Terris dont nous commémorerons dans quelques mois le cinquantième anniversaire, la construction d’un vivre-ensemble fondé sur la vérité, sur la liberté, sur l’amour et sur la justice. La négation de ce qu’est la véritable nature de l’être humain, en ses dimensions essentielles, en sa capacité intrinsèque de connaître le vrai et le bien et, en définitive, Dieu lui-même, met en danger la construction de la paix. Sans la vérité sur l’homme, inscrite en son cœur par le Créateur, la liberté et l’amour s’avilissent, la justice perd le fondement de son exercice. Pour devenir d’authentiques artisans de paix, l’attention à la dimension transcendante est fondamentale comme l’est le dialogue constant avec Dieu, Père miséricordieux, dialogue dans lequel on implore la rédemption que nous a obtenue son Fils unique. Ainsi l’homme peut vaincre ce germe d’affaiblissement et de négation de la paix qu’est le péché en toutes ses formes: égoïsme et violence, avidité et volonté de puissance et de domination, intolérance, haine et structures injustes. La réalisation de la paix dépend avant tout de la reconnaissance d’être, en Dieu, une unique famille humaine. Celle-ci se structure, comme l’a enseigné l’encyclique Pacem in Terris, à travers des relations interpersonnelles et des institutions soutenues et animées par un nous communautaire, impliquant un ordre moral, interne et externe, où sont sincèrement reconnus, selon la vérité et la justice, les droits réciproques et les devoirs correspondants. La paix est un ordre vivifié et structuré par l’amour; ainsi chacun ressent comme siens les besoins et les exigences d’autrui, fait partager ses propres biens aux autres et rend la communion aux valeurs spirituelles toujours plus répandue dans le monde. Cet ordre se réalise dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à la dignité des personnes qui, par leur nature raisonnable elle-même, assument la responsabilité de leurs actes.

La paix n’est pas un rêve, ce n’est pas une utopie: elle est possible. Il faut regarder plus profondément, sous la surface des apparences et des phénomènes, pour distinguer une réalité positive qui existe dans les cœurs parce que tout homme est créé à l’image de Dieu, et appelé à grandir, contribuant à l’édification d’un monde nouveau. Dieu lui-même en effet, par l’incarnation de son Fils et la rédemption qu’il réalise, est entré dans l’histoire, suscitant une nouvelle création et une nouvelle alliance entre Dieu et l’homme, nous donnant la possibilité d’avoir un cœur nouveau et un esprit nouveau. C’est justement pourquoi l’Eglise est convaincue qu’existe la priorité d’une nouvelle annonce de Jésus-Christ, premier et principal facteur du développement intégral des peuples et aussi de la paix. En effet, Jésus est notre paix, notre justice, notre réconciliation. L’artisan de paix, selon la béatitude de Jésus, est celui qui recherche le bien de l’autre, le bien complet de l’âme et du corps, aujourd’hui et demain. De cet enseignement, on peut déduire que toute personne, toute communauté religieuse, civile, éducative et culturelle, est appelée à être artisan de paix. La paix est principalement réalisation du bien commun des différentes sociétés, qu’elles soient primaires ou intermédiaires, nationales, internationales ou mondiale. C’est justement pourquoi on peut dire que les voies de réalisation du bien commun sont aussi celles qu’il importe de parcourir pour obtenir la paix.
Les artisans de paix sont ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie dans son intégralité. Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, considérée dans la variété de ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu’à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions, personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie. Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix. Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître? Toute at- teinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement. Il n’est pas juste non plus de codifier de manière sournoise de faux droits ou des abus qui, fondés sur une vision réductrice et relativiste de l’être humain et sur l’utilisation habile d’expressions ambiguës destinées à favoriser un prétendu droit à l’avortement et à l’euthanasie, menacent le droit fondamental à la vie. La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable. Ces principes ne sont ni des vérités de foi ni seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Eglise en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. Cette action est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix. C’est pourquoi la reconnaissance par les ordonnancements juridiques et par l’administration de la justice du droit à l’usage du principe d’objection de conscience face à des lois et à des mesures gouvernementales portant atteintes à la dignité humaine, comme l’avortement et l’euthanasie, est aussi une importante contribution à la paix. Parmi les droits fondamentaux, concernant aussi la vie pacifique des peuples, il y a également celui des particuliers et des communautés à la liberté religieuse. En ce moment de l’histoire, il devient de plus en plus important qu’un tel droit soit promu non seulement du point de vue négatif, comme liberté face, par exemple à des obligations ou des restrictions de la liberté à choisir sa propre religion, mais aussi du point de vue positif, en ses différentes articulations, comme liberté de témoigner de sa propre religion, d’annoncer et de communiquer ses enseignements, d’accomplir des activités éducatives, de bienfaisance et d’assistance qui permettent d’appliquer les préceptes religieux; d’exister et d’agir en tant qu’organismes sociaux, structurés selon les principes doctrinaux et les fins institutionnelles qui leur sont propres. Malheureusement, même dans les pays de vieille tradition chrétienne, se multiplient les épisodes d’intolérance religieuse, en particulier contre le christianisme et contre ceux qui revêtent simplement les signes distinctifs de leur propre religion.

L’artisan de paix doit aussi avoir conscience que de plus en plus de secteurs de l’opinion publique sont touchés par les idéologies du libéralisme radical et de la technocratie qui leur instillent la conviction selon laquelle la croissance économique est à obtenir aussi au prix de l’érosion de la fonction sociale de l’Etat et des réseaux de solidarité de la société civile, ainsi que des droits et des devoirs sociaux. Or, il faut considérer que ces droits et devoirs sont fondamentaux pour la pleine réalisation des autres, à commencer par les droits et les devoirs civiques et politiques. Parmi les droits et les devoirs sociaux aujourd’hui les plus menacés, il y a le droit au travail. Cela est dû au fait que le travail et la juste reconnaissance du statut juridique des travailleurs sont de moins en moins correctement valorisés, parce que le développement économique dépendrait surtout de la pleine liberté des marchés. Le travail est appréhendé comme une variable dépendant des mécanismes économiques et financiers. A ce sujet, je répète ici que la dignité de l’homme, ainsi que la logique économique, sociale et politique, exigent que l’on continue à se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien, pour tous. La réalisation de cet objectif ambitieux a pour condition une appréhension renouvelée du travail, fondée sur des principes éthiques et des valeurs spirituelles de nature à renforcer sa conception en tant que bien fondamental pour la personne, la famille, la société. A ce bien correspondent un devoir et un droit qui exigent des politiques courageuses et novatrices en faveur du travail pour tous.

Construire le bien de la paix par un nouveau modèle de développement et d’économie. De plusieurs côtés, il est reconnu qu’aujourd’hui un nouveau modèle de développement comme aussi un nouveau regard sur l’économie s’avèrent nécessaires. Aussi bien le développement intégral, solidaire et durable, que le bien commun, exigent une échelle correcte de biens-valeurs, qu’il est possible de structurer en ayant Dieu comme référence ultime. Il ne suffit pas d’avoir à disposition de nombreux moyens et de nombreuses opportunités de choix, même appréciables. Autant les multiples biens efficaces pour le développement, que les opportunités de choix doivent être utilisés dans la perspective d’une vie bonne, d’une conduite droite qui reconnaisse le primat de la dimension spirituelle et l’appel à la réalisation du bien commun. Dans le cas contraire, ils perdent leur juste valeur, finissant par s’ériger en nouvelles idoles. Pour sortir de la crise financière et économique actuelle, qui a pour effet une croissance des inégalités, il faut des personnes, des groupes, des institutions qui promeuvent la vie en favorisant la créativité humaine pour tirer, même de la crise, l’occasion d’un discernement et d’un nouveau modèle économique. Le modèle prévalant des dernières décennies postulait la recherche de la maximalisation du profit et de la consommation, dans une optique individualiste et égoïste, tendant à évaluer les personnes seulement par leur capacité à répondre aux exigences de la compétitivité. Au contraire, dans une autre perspective, le succès véritable et durable s’obtient par le don de soi, de ses propres capacités intellectuelles, de son esprit d’initiative, parce que le développement économique vivable, c’est-à-dire authentiquement humain, a besoin du principe de gratuité comme expression de fraternité et de la logique du don. Concrètement, dans l’activité économique, l’artisan de paix se présente comme celui qui instaure avec ses collaborateurs et ses collègues, avec les commanditaires et les usagers, des relations de loyauté et de réciprocité. Il exerce l’activité économique pour le bien commun, vit son engagement comme quelque chose qui va au-delà de son intérêt propre, au bénéfice des générations présentes et futures. Et ainsi, il travaille non seulement pour lui, mais aussi pour donner aux autres un avenir et un travail décent.

Dans le domaine économique, il est demandé, spécialement de la part des états, des politiques de développement industriel et agricole qui aient le souci du progrès social et de l’universalisation d’un état de droit, démocratique. Ensuite, la structuration éthique des marchés monétaires, financiers et commerciaux est fondamentale et incontournable; ceux- ci seront stabilisés et le plus possible coordonnés et contrôlés, de façon à ne pas nuire aux plus pauvres. La sollicitude des nombreux artisans de paix doit en outre se mettre -avec plus de résolution par rapport à ce qui s’est fait jusqu’à aujourd’hui- à considérer la crise alimentaire, bien plus grave que la crise financière. Le thème de la sécurité des approvisionnements alimentaires en est venu à être central dans l’agenda politique international, à cause de crises connexes, entre autre, aux fluctuations soudaines des prix des matières premières agricoles, aux comportements ir- responsables de certains agents économiques et à un contrôle insuffisant de la part des gouvernements et de la communauté internationale. Pour faire face à cette crise, les artisans de paix sont appelés à œuvrer ensemble en esprit de solidarité, du niveau local au niveau international, avec pour objectif de mettre les agriculteurs, en particulier dans les petites réalités rurales, en condition de pouvoir exercer leur activité de façon digne et durable, d’un point de vue social, environnemental et économique.
Education pour une culture de paix : le rôle de la fa- mille et des institutions. Je désire rappeler avec force que les nombreux artisans de paix sont appelés à cultiver la passion pour le bien commun de la famille et pour la justice sociale, ainsi que l’engagement en faveur d’une éducation sociale valable. Personne ne peut ignorer ou sous-évaluer le rôle décisif de la famille, cellule de base de la société du point de vue démographique, éthique, pédagogique, économique et politique. Elle a une vocation naturelle à promouvoir la vie, elle accompagne les personnes dans leur croissance et les incite au développement mutuel par l’entraide réciproque. La fa- mille chrétienne, tout particulièrement, porte en elle le projet embryonnaire de l’éducation des personnes à la mesure de l’amour divin. La famille est un des sujets sociaux indispensables à la réalisation d’une culture de la paix. Il faut protéger le droit des parents et leur rôle premier dans l’éducation des enfants, tout d’abord dans le domaine moral et religieux. Dans la famille, naissent et grandissent les artisans de paix, les futurs promoteurs d’une culture de la vie et de l’amour. Dans cette immense tache de l’éducation à la paix, les communautés religieuses sont particulièrement impliquées. L’Eglise se sent partie-prenante d’une si grande responsabilité à travers la nouvelle évangélisation, qui a comme pivot la conversion à la vérité et à l’amour du Christ, et, par conséquent, la renaissance spirituelle et morale des personnes et des sociétés. La rencontre avec Jésus Christ façonne les artisans de paix en les engageant à la communion et au dépassement de l’injustice.

Une mission spéciale concernant la paix est remplie par les institutions culturelles scolaires et universitaires. Il leur est demandé une contribution importante non seulement à la formation de nouvelles générations de leader, mais aussi au renouvellement des institutions publiques, nationales et internationales. Elles peuvent aussi contribuer à une réflexion scientifique qui enracine les activités économiques et financières dans un solide fondement anthropologique et éthique. Le monde actuel, particulière- ment le monde politique, a besoin du support d’une nouvelle pensée, d’une nouvelle synthèse culturelle, pour dépasser les approches purement techniques et harmoniser les multiples tendances politiques en vue du bien commun. Celui-ci, considéré comme un ensemble de relations interpersonnelles et institutionnelles positives, au service de la croissance intégrale des individus et des groupes, est à la base de toute éducation véritable à la paix.

Une pédagogie de l’artisan de paix. En conclusion, ressort la nécessité de proposer et de promouvoir une pédagogie de la paix. Elle demande une vie intérieure riche, des références morales claires et valables, des attitudes et des manières de vivre appropriées. En effet, les œuvres de paix concourent à réaliser le bien commun et créent l’intérêt pour la paix, en éduquant à la paix. Pensées, paroles et gestes de paix créent une mentalité et une culture de la paix, une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité. Il faut alors enseigner aux hommes à s’aimer et à s’éduquer à la paix, et à vivre avec bienveillance, plus que par simple tolérance. L’encouragement fondamental est celui de dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner, de sorte que les erreurs et les offenses puissent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. Cela demande qu’une pédagogie du pardon se répande. Le mal, en effet, se vainc par le bien, et la justice est recherchée en imitant Dieu, le Père, qui aime tous ses enfants. C’est un travail de longue haleine, parce qu’il suppose une évolution spirituelle, une éducation aux valeurs les plus élevées, une vision neuve de l’histoire humaine. Il convient de renon- cer à la fausse paix que promettent les idoles de ce monde et aux dangers qui l’accompagnent, à cette fausse paix qui rend les consciences toujours plus insensibles, qui porte au repliement sur soi, à une existence atrophiée vécue dans l’indifférence. Au contraire la pédagogie de la paix implique action, compassion, solidarité, courage et persévérance. Jésus incarne l’ensemble de ces attitudes dans son existence, jusqu’au don total de lui-même, jusqu’à perdre sa vie. Il promet à ses disciples que, tôt ou tard, ils feront la découverte extraordinaire dont nous avons parlé au début, à savoir que dans le monde, il y a Dieu, le Dieu de Jésus, pleinement solidaire des hommes. Dans ce contexte, je voudrais rappeler la prière par laquelle nous demandons à Dieu de faire de nous des instruments de sa paix, pour porter son amour là où il y a la haine, son pardon là où il y a l’offense, la vraie foi là où il y a le doute. Pour notre part, avec le bienheureux Jean XXIII, demandons à Dieu qu’il éclaire les responsables des peuples, afin que, tout en se préoccupant du légitime bien-être de leurs compatriotes, ils garantissent et défendent le précieux don de la paix. Qu’il enflamme la volonté de tous pour renverser les barrières qui divisent, renforcer les liens de l’amour mutuel, user de compréhension à l’égard d’autrui et pardonner à ceux qui leur ont fait du tort, de sorte que, grâce à son action, tous les peuples de la terre fraternisent et que parmi eux ne cesse de fleurir et de régner la paix tant désirée. Par ce vœu, je souhaite que tous puissent être de véritables artisans et bâtisseurs de paix, de sorte que la cité de l’homme grandisse dans une concorde fraternelle, dans la prospérité et dans la paix".

BENOIT XVI REMERCIE LE MOLISE

Cite du Vatican, 14 décembre 2012 (VIS). Le Pape a reçu ce matin la délégation de la région italienne du Molise, ayant offert le sapin ornant la Place St.Pierre, qui sera allumé cet après-midi. D'autres plus petits ont été destinés au palais apostolique et à d'autres lieux du Vatican. Dieu s'est fait homme pour venir parmi nous, a-t-il dit à ses hôtes. Il est venu "dissiper les ténèbres de l'erreur et du péché en apportant la lumière divine à l'humanité, lumière dont l'arbre de Noël est le symbole. Elle n'a jamais faibli au long des siècles et continue de briller sur l'humanité, d'éclairer tout homme venant au monde, en particulier dans nos moments de faiblesse et d'incertitude. Jésus a dit de lui même qu'il était la lumière du monde et que celui qui le suit ne marche pas dans les ténèbres mais va vers la lumière de la vie. Chaque fois qu'on a tenté d'éteindre la lumière de Dieu au profit d'illusions mensongères, l'humanité a connu des périodes tragiques. Lorsqu'on efface le nom de Dieu des pages de l'histoire, on trace des lignes tordues où les plus belles et nobles paroles perdent leur sens".

AUDIENCES

Cité du Vatican, 14 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audience le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.

jeudi 13 décembre 2012

SIX NOUVEAUX AMBASSADEURS

Cite du Vatican, 13 décembre 2012 (VIS). Benoît XVI a reçu ce matin les lettres de créances de six nouveaux Ambassadeurs non résidents: M.Bizwayo Newton Nkunika (Zambie); M.Chalermpol Thanchitt (Thaïlande); M.Ravinatha Pandukabhaya Aryasinha (Srilanka); M.Wafic Rida Saïd (Saint Vincent et Grenadines); Mme.Aminatou Batouré Gaoh (Niger) et M.Ibrahima Sory Sow (Guinée). Le discours qu'il leur a adressé était principalement centré sur l’éducation, qui "se fait aujourd’hui dans des contextes où l’évolution des modes de vie et de connaissance crée des ruptures humaine, culturelle, sociale et spirituelle inédites dans l’histoire de l’humanité. Les réseaux sociaux, autre nouveauté, ont tendance à substituer les espaces naturels de société et de communication en devenant souvent l’unique référence de l’information et de la connaissance. La famille et l’école ne semblent plus être le terreau fertile premier et naturel où les jeunes générations puisent la sève nourricière de leur existence... L’école et l’université semblent être devenues incapables de projets créateurs portant en eux une téléologie transcendantale apte à séduire les jeunes dans leur être profond... Le monde actuel et les adultes responsables n’ont pas su leur donner les repères nécessaires".

"Le dysfonctionnement de certaines institutions et de certains services publics et privés ne pourrait-il pas être expliqué par une éducation mal assurée et mal assumée?". Et d'inviter les "gouvernements à contribuer avec courage à l’avancée de notre humanité en favorisant l’éducation des nouvelles générations grâce à la promotion d’une saine anthropologie, base indispensable pour toute éducation authentique, et conforme au patrimoine naturel commun. Cette tâche pourrait passer d’abord par une réflexion sérieuse sur les différentes problématiques existant dans vos pays respectifs où certaines options politiques ou économiques peuvent éroder sournoisement vos propres patrimoines anthropologiques et spirituels. Ceux-ci ont passé au tamis des siècles et se sont constitués patiemment sur des bases qui respectent l’essence de la personne humaine dans sa réalité plurielle tout en demeurant en parfaite syntonie avec l’ensemble du cosmos. J’invite encore vos gouvernants à avoir le courage de travailler à la consolidation d’une autorité morale comprise comme appel à une cohérence de vie, nécessaire pour une véritable et saine éducation des jeunes générations".

"Le droit à une éducation aux justes valeurs ne doit jamais être nié ou oublié. Le devoir d’éduquer à ces valeurs ne doit jamais être tronqué ou affaibli par un quelconque intérêt politique national ou supranational. C’est pourquoi, il est nécessaire d’éduquer dans la vérité et à la vérité... La vérité sur l’homme, la vérité sur la création, la vérité sur les institutions, etc. Avec l’éducation à la rectitude du cœur et de la pensée, les jeunes ont aussi besoin, aujourd’hui plus que jamais, d’être éduqués au sens de l’effort et de la persévérance dans les difficultés. Il faut leur apprendre que tout acte que pose la personne humaine doit être responsable et cohérent avec son désir d’infini, et que cet acte accompagne sa croissance en vue de la formation à une humanité toujours plus fraternelle et libérée des tentations individualistes et matérialistes". Le Saint-Père a conclu en saluant les communautés catholiques présentes dans les pays représenté: "L’Eglise accomplit sa mission dans la fidélité à son Seigneur et avec le désir ardent d’apporter sa contribution spécifique à la promotion intégrale de vos compatriotes, notamment par l’éducation des enfants et des jeunes. Elle participe quotidiennement aux efforts communs pour l’épanouissement spirituel et humain de tous, par ses structures éducatives, caritatives et sanitaires, ayant à cœur l’éveil des consciences au respect mutuel et à la responsabilité. Dans ce sens, j’encourage vos gouvernants à continuer à permettre à l’Eglise de s’occuper librement de ses champs d’activités traditionnels qui, comme vous le savez, contribuent au développement de vos pays et au bien commun".

PREMIERES REPONSES TWITT DE BENOIT XVI

Cite du Vatican, 13 décembre 2012 (VIS). Pour son premier jour le compte twitter de Benoît XVI (Pontifex@) a dépassé le million et demi de suiveurs. Le Pape a trois premières questions sélectionnées en provenance de trois continents:

1.Comment vivre au mieux chaque jour l'Année de la foi? Réponse: "Dialogue avec Jésus dans la prière, écoute Jésus qui te parle dans l’Evangile, rencontre Jésus présent en celui qui est dans le besoin".

2.Comment vivre la foi en Jésus Christ dans un monde sans espérance? Réponse: "Avec la certitude que le croyant n’est jamais seul. Dieu est le rocher solide sur lequel construire sa vie, et son amour est toujours fidèle".

3.Suggestions pour être plus assidus à la prière quand nous sommes très pris par les exigences du travail, de la famille et du monde? Réponse: "Offre ce que tu fais au Seigneur, demande son aide en toute circonstance de ta vie, et souviens-toi qu’il est toujours proche de toi".

AUDIENCES

Cité du Vatican, 13 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audiences séparées:

Mme.Anne Leahy, Ambassadeur du Canada, en visite de congé.

M.Carl A. Anderson, Chevalier suprême des Chevaliers de Colomb.

Mgr.Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

mercredi 12 décembre 2012

DANS L'ATTENTE DE LA VENUE DE JESUS

Cité du Vatican, 12 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a consacré sa catéchèse de l'audience générale au point culminant de la Révélation qu'est la venue de Jésus au monde. Dans le cadre de l'Année de la foi, il a renouvelé son encouragement à renforcer l'approche de la Bible et à prêter plus d'attention aux lectures de la messe, car ce sont des aliments fondamentaux de notre foi. "En lisant l'Ancien Testament, on suit les interventions de Dieu dans l'histoire du peuple qu'il avait choisi et avec lequel il avait fait alliance. Devenus mémoire, ces évèments forment l'histoire du salut qui se maintient dans la mémoire d'Israël" dans la célébration de la Pâque. "Dans le temps, rappeler ce que Dieu a fait est devenu un impératif pour le peuple d'Israël", qui en célébrant les évènements passés les a, "jour après jour rendus présents de façon permanente", Israël n'a cessé de voir dans "l'Exode l'évènement central de son histoire, lorsque Dieu a révélé sa toute puissance, libérant les hébreux de l'esclavage égyptien afin qu'ils puissent gagner la Terre Promise et l'adorer comme le seul et véritable Seigneur. Israël ne s'est pas mis en route pour être un peuple comme les autres mais pour servir Dieu...et témoigner de lui parmi les peuples du monde. La célébration de cet évènement le rend actuel afin que l'oeuvre de Dieu ne soit pas oubliée... Dieu se révèle lui même dans la création, mais également en entrant dans l'histoire, dans l'histoire d'un petit peuple sans véritables force et importance. Et cette révélation culmine en Jésus-Christ, le Logos, la Parole créatrice qui est à l'origine du monde. Incarné, Dieu a montré son visage à l'humanité".

Le Catéchisme de l'Eglise, a poursuivi Benoît XVI, "résume les étapes de la Révélation: Dès le début Dieu a invité l'homme à être en communion avec lui, même lorsqu'en désobéissant ce dernier a perdu son amitié. Malgré cela, Dieu ne l'a jamais abandonné à la domination de la mort, lui offrant chaque fois son alliance". Le Catéchisme évoque ensuite le Déluge et Noé, l'appel d'Abraham à sortir de son pays pour devenir le père d'une multitude de peuples. "C'est dans l'Exode que Dieu choisit Israël, avec l'alliance au Sinaï et les tables de la Loi remises à Moïse, afin d'être reconnu et servi comme le Dieu unique et vivant. Avec les prophètes il guida Israël dans l'espérance du salut...qui se réalisera dans le Christ, son Fils fait homme... A la fin, il ne s'agissait pas d'attendre un roi, un fils de David, mais le Fils de l'Homme, salut pour tous les peuples... Ainsi le projet de Dieu s'est élargi en s'ouvrant au mystère du Christ, le roi de l'univers. C'est en lui que se réalise finalement la plénitude du salut, ce dessein bienveillant de Dieu... Tous ces évènements sont les étapes du grand dessein d'amour dont témoignent l'Ancien et le Nouveau Testament, un dessein unique de salut qui s'adresse à l'humanité toute entière, révélé et mise en oeuvre progressivement... Le temps liturgique de l'Avent nous prépare à Noël. Le terme, qui signifie venue et présence, indiquait jadis l'arrivée du souverain dans une province. Pour les chrétiens il indique une réalité déconcertante, le fait que Dieu se soit penché sur l'homme, qu'il ait passé alliance avec lui en entrant dans l'histoire d'un peuple. Il est le roi descendu dans la pauvre province qu'est la terre. En revêtant notre chair il est devenu un de nous. L'Avent nous invite à reprendre le chemin de cette présence, à comprendre qu'il n'est pas absent du monde, qu'il ne nous a pas abandonné, mais qu'il vient vers nous de diverses manières que nous devons apprendre à discerner. Dans un monde souvent superficiel et distrait, nous devons faire briller dans nos vies la lumière de Bethléem, par notre foi comme par notre charité".

PREMIER TWITT DE BENOIT XVI

Cite du Vatican, 12 décembre 2012 (VIS). "Chers amis, c'est avec joie que je m'unis à vous par Twitter. Merci pour votre réponse généreuse. Je vous bénis de grand coeur". Tel est le Twitt lancé en huit langues par Benoît XVI à la fin de l'audience générale à l'aide d'un Tablet. Dans la journée, il répondra en twittant à trois questions choisies parmi les très nombreuses reçues ces jours derniers. A ce jour le compte Twitter du Saint-Père dépasse le million de suiveurs.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 12 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Sérgio Eduardo Castriani, CSSP, Archevêque métropolitain de Manaus (superficie 64.079, population 1.551.000, catholiques 1.331.000, prêtres 163, diacres 16, religieux 298), au Brésil. Jusqu'ici Evêque de la prélature territoriale de Tefé (Brésil), il succède à Mgr.Luiz Soares Vieira, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

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