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mercredi 2 janvier 2013

BENOIT XVI: D’OU VIENT JESUS?

Cité du Vatican, 2 janvier 2012 (VIS). Au cours de la catéchèse de la première audience générale de l’année 2013 qui s’est déroulée dans la Salle Paul VI en présence de quelque 7.000 personnes, le Saint-Père a évoqué la Nativité, "une nouveauté radicale capable de changer le cours de l’histoire", et l’origine de Jésus. La naissance du Seigneur, a dit Benoît XVI, "éclaire une fois encore de sa lumière les ténèbres qui enveloppent souvent notre monde et nos coeurs, et apporte l’espérance et la joie. D'où vient cette lumière? De la grotte de Bethléem, où les bergers trouvèrent Marie et Joseph, et l'enfant étendu dans la mangeoire. Devant la Sainte Famille, une autre question plus profonde se pose: comment cet enfant petit et faible, peut avoir apporté une nouveauté radicale dans le monde au point de changer le cours de l'histoire? N'y-a-t’il pas peut-être quelque chose de mystérieux dans son origine qui va au-delà de cette grotte?".

"Dans les quatre Evangiles la réponse à la question d'où vient Jésus émerge avec clarté: sa véritable origine est le Père, Dieu. Il vient totalement de Lui, mais d'une manière différente de celle de n'importe quel prophète ou envoyé de Dieu qui l'ont précédé. Cette origine du mystère de Dieu, que personne ne connaît, est déjà contenue dans les récits d'enfance des Evangiles de Matthieu et de Luc, que nous lisons dans ce temps de Noël. L'ange Gabriel annonce: L'Esprit descendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. Celui qui naîtra sera saint et sera appelé Fils de Dieu".

"Nous répétons ces mots chaque fois que nous récitons le Credo, la profession de foi: ‘et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine’, et par l’œuvre de l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie. A cette phrase, nous nous agenouillons parce que le voile qui cachait Dieu est, pour ainsi dire, levé et son mystère insondable et inaccessible nous touche: Dieu devient l'Emmanuel, Dieu avec nous. Quand nous écoutons les messes composées par les grands maîtres de musique sacrée, je pense par exemple à la Messe du couronnement de Mozart, nous notons tout de suite l’arrêt marqué en particulier sur cette phrase, cherchant presque à exprimer par le langage universel de la musique ce que les mots ne peuvent manifester: le grand mystère de Dieu qui s'incarne, qui se fait homme".

"Cette affirmation du Credo ne fait pas référence à l'existence éternelle de Dieu, mais nous parle plutôt d'une action à laquelle prennent part les trois personnes divines et qui se réalise ‘ex Maria Virgine’. Sans elle, l'arrivée de Dieu dans l'histoire de l'humanité n’aurait pas trouvé son terme et ce qui est central dans notre profession de foi n'aurait pas eu lieu: Dieu est Dieu avec nous. Marie appartient ainsi de manière irrévocable à notre foi en Dieu qui agit, qui entre dans l'histoire. Elle se rend entièrement disponible et accepte de devenir l'habitation de Dieu".

"Parfois aussi, dans le chemin et dans la vie de foi, nous pouvons sentir notre pauvreté, notre incapacité face au témoignage que nous devons offrir au monde. Mais Dieu a justement choisi une femme vraiment humble, dans un village inconnu, dans l’une des provinces les plus reculées du grand empire romain. Même au milieu des difficultés les plus ardues que nous avons à affronter, nous devons toujours avoir confiance en Dieu, en renouvelant notre foi en sa présence et l’action dans notre histoire, comme dans celle de Marie. Rien n’est impossible à Dieu! Avec Lui notre existence marche toujours sur un terrain sûr et s’ouvre à un avenir d'espérance certaine".

"Ce qui arrive en Marie, à travers l'action de l’Esprit Saint, est une nouvelle création: Dieu, qui a appelé l'être du néant, par l'incarnation, donne vie à un nouveau début de l'humanité. Les Pères de l'Eglise parlent souvent du Christ comme du nouvel Adam, pour souligner le début de la nouvelle création avec la naissance du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie. Cela doit nous faire réfléchir sur la question de savoir comment la foi apporte aussi en nous une nouveauté forte au point de provoquer une seconde naissance. En effet, au début de la vie chrétienne, il y a le baptême qui nous fait renaître comme fils de Dieu, qui nous fait participer à la relation filiale que Jésus a avec le Père. Et je voudrais faire remarquer que le baptême se reçoit, nous sommes baptisés -c'est un passif- parce que personne n'est capable de devenir fils de Dieu par lui-même; c'est un cadeau qui est conféré gratuitement… C’est seulement si nous nous ouvrons à l'action de Dieu, comme Marie, seulement si nous confions notre vie au Seigneur comme à un ami en qui nous avons totalement confiance, que tout change, que notre vie prend un nouveau sens et un nouveau visage: celui de fils d'un Père qui nous aime et qui ne nous abandonne jamais".

"Nous avons parlé de deux éléments: l'élément premier l'Esprit sur les eaux, l'Esprit Créateur; il y a un autre élément dans les mots de l'Annonciation. L'ange dit à Marie: La puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est un rappel du nuage saint qui, pendant le chemin de l'exode, s'arrêtait sur la tente de la réunion, sur l'arche de l'alliance que le peuple d’Israël portait avec lui, et qui indiquait la présence de Dieu. Marie est donc la nouvelle tente sainte, la nouvelle arche de l'alliance: par son oui aux paroles de l'archange, Dieu reçoit un domicile dans ce monde. Celui que l'univers ne peut contenir, prend place dans le sein d'une vierge".

"Revenons à la question par laquelle nous avons commencé, celle de l'origine de Jésus, résumée par la question de Pilate: D’où es-tu? De nos réflexions, depuis le début des Evangiles, il semble clair de savoir quelle est la vraie origine de Jésus: Il est le Fils unique du Père, il vient de Dieu. Nous sommes devant ce mystère grand et bouleversant que nous célébrons en ce temps de Noël: le Fils de Dieu, l'Esprit Saint, s'est incarné dans le sein de la Vierge Marie. Et cette annonce résonne toujours nouvelle et porte en elle l’espérance et la joie dans nos coeurs, parce qu'elle nous donne chaque fois la certitude que, même si nous nous sentons souvent faibles, pauvres, incapables de faire face aux difficultés et au mal du monde, la puissance de Dieu agit toujours et c’est justement dans la fragilité qu’il accomplit des merveilles. Sa grâce est notre force", a conclu le Pape en remerciant.

LA PAIX, MANIFESTATION DE LA PATERNITE DE DIEU

Cité du Vatican, 1 janvier 2013 (VIS). Mardi, en la solennité de Marie, Mère de Dieu, huit jours après Noël, le Saint-Père a présidé la messe en la basilique St. Pierre. Ont concélébré: les cardinaux Tarcisio Bertone et Peter Kodwo Appiah Turkson, respectivement Secrétaire d’Etat et Président du Conseil pontifical Justice et Paix; Mgr.Giovanni Angelo Becciu -Substitut de la Secrétairerie d’Etat-, et Mgr.Dominique Mamberti -Secrétaire pour les relations avec les Etats-, ainsi que Mgr. Mario Toso, S.D.B, Secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix et Mgr.Beniamino Stella, Président de l’Académie ecclésiastique pontificale. On célèbre également aujourd’hui la XLVI Journée mondiale de la paix, dont le thème est "Bienheureux les artisans de paix".

Voici quelques extraits de l’homélie prononcée par le Pape Benoît XVI:

"Bien que le monde soit malheureusement encore marqué par des foyers de tension et d’opposition causés par des inégalités croissantes entre riches et pauvres, par la prévalence d’une mentalité égoïste et individualiste qui s’exprime également au travers d’un capitalisme financier sans régulation, en plus des différentes formes de terrorisme et de criminalité, je suis persuadé que les nombreuses œuvres de paix dont le monde est riche, témoignent de la vocation innée de l’humanité à la paix. En chaque personne, le désir de paix est une aspiration essentielle qui coïncide, d’une certaine façon, avec le désir d’une vie humaine pleine, heureuse et accomplie… L’homme est fait pour la paix qui est don de Dieu. Tout ce qui précède m’a conduit à m’inspirer, pour ce message, des paroles de Jésus-Christ: Heureux les artisans de paix, parce qu’ils seront appelés fils de Dieu. Cette béatitude dit que la paix est à la fois don messianique et œuvre humaine… C’est la paix avec Dieu, en vivant selon sa volonté. C’est la paix intérieure avec soi-même et la paix extérieure avec le prochain et avec toute la création. Oui, la paix est le bien par excellence à invoquer comme don de Dieu et, en même temps, à construire avec effort".

"Nous pouvons nous demander: quel est le fondement, l’origine, la racine de cette paix? Comment pouvons-nous sentir en nous la paix, malgré les problèmes, les obscurités, les angoisses? La réponse nous est donnée par les lectures de la liturgie d’aujourd’hui. Les textes bibliques, surtout celui tiré de l’Evangile de Luc, qui vient d’être proclamé, nous proposent de contempler la paix intérieure de Marie, la Mère de Jésus. Pour elle s’accomplissent durant les jours où elle mit au monde son fils premier-né, tant d’événements imprévus: non seulement la naissance de son Fils, mais auparavant le voyage fatigant de Nazareth à Bethléem, le fait de ne pas trouver de place à l’auberge, la recherche d’un refuge de fortune dans la nuit; et puis le chant des anges, la visite inattendue des bergers. En tout cela, cependant, Marie ne se trouble pas, elle ne s’agite pas, elle n’est pas bouleversée par des faits qui la dépassent; elle considère simplement, en silence, ce qui arrive, le garde dans sa mémoire et dans son cœur, y réfléchissant avec calme et sérénité. C’est cela la paix intérieure que nous voudrions avoir au milieu des événements parfois tumultueux et confus de l’histoire, événements dont souvent nous ne saisissons pas le sens et qui nous déconcertent".

"Voici, chers frères et sœurs, le fondement de notre paix: la certitude de contempler en Jésus Christ la splendeur du visage de Dieu Père, d’être fils dans le Fils, et d’avoir ainsi, sur le chemin de la vie, la même sécurité que l’enfant éprouve dans les bras d’un père bon et tout puissant. La splendeur du visage du Seigneur sur nous, qui nous donne la paix est la manifestation de sa paternité; le Seigneur tourne vers nous son visage, se montre Père et nous donne la paix. C’est là le principe de cette paix profonde –la paix avec Dieu– qui est liée indissolublement à la foi et à la grâce, comme écrit saint Paul aux chrétiens de Rome. Rien ne peut ôter aux croyants cette paix, pas même les difficultés et les souffrances de la vie. En effet, les souffrances, les épreuves et les obscurités n’érodent pas mais accroissent notre espérance, une espérance qui ne déçoit pas parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné".

"Que la Vierge Marie, que nous vénérons aujourd’hui avec le titre de Mère de Dieu, nous aide à contempler le visage de Jésus, Prince de la paix. Qu’elle nous soutienne et nous accompagne en cette nouvelle année; qu’elle obtienne pour nous et pour le monde entier le don de la paix. Amen!".

LA LUMIERE DE DIEU, BENEDICTION POUR L’HUMANITE

Cité du Vatican, 1 janvier 2013 (VIS). Après la célébration de la messe en la solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, le Pape Benoît XVI a récité l’Angélus avec les fidèles réunis place St.Pierre. Avant la prière mariale, il leur a adressé quelques mots: "Bonne année à tous! En ce premier jour de 2013, j’aimerais faire parvenir à chaque homme et chaque femme du monde la bénédiction de Dieu. Je le fais avec l’ancienne formule contenue dans les Saintes Ecritures: "Que le Seigneur te bénisse et te garde. Qu’il fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce. Que le Seigneur te découvre sa face et t’apporte la paix".

"Comme la lumière et la chaleur du soleil sont une bénédiction pour la terre, ainsi est la lumière de Dieu pour l'humanité, quand il fait briller sur elle son visage. Et c’est ce qu’il s’est passé avec la naissance de Jésus Christ! Dieu a fait resplendir pour nous son visage: au début de manière très humble, cachée -à Bethléem, seuls Marie, Joseph et quelques bergers furent les témoins de cette révélation-, mais peu à peu, comme le soleil qui de l’aube amène à midi, la lumière du Christ a grandi et s'est répandue partout. Déjà dans le bref temps de sa vie terrestre, Jésus de Nazareth a fait resplendir le visage de Dieu sur la Terre Sainte; et puis, par l'Eglise animée par son Esprit, il a étendu à tous les gens l'Evangile de la paix: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté". Voici le chant des anges à Noël, et c'est le chant des chrétiens sous tous les ciels; un chant qui des cœurs et des lèvres devient des gestes concrets, des actions de l'amour qui construisent le dialogue, la compréhension et la réconciliation.

"Pour cela, huit jours après Noël, lorsque l'Église comme la Vierge Mère Marie montre au monde le nouveau-né Jésus, Prince de la paix, on célébre la Journée mondiale de la paix. Oui, cet enfant, qui est le Verbe de Dieu fait chair, est venu apporter aux hommes une paix que le monde ne peut pas donner. Sa mission est d’abattre le mur de l'inimitié. Et quand, sur les bords du lac de Galilée, il proclame ses béatitudes, on y trouve: bienheureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu. Qui sont les ouvriers de paix? Ce sont tous ceux qui, jour après jour, tentent de vaincre le mal par le bien, avec la force de la vérité, avec les armes de la prière et du pardon, avec un travail honnête et bien fait, avec la recherche scientifique au service de la vie, avec les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle. Les ouvriers de paix sont nombreux, mais ne font pas de bruit. Comme le levain dans la pâte, ils font grandir l'humanité selon le dessein de Dieu".

"Avec ce premier Angélus du nouvel an, demandons à la Vierge Marie, Mère de Dieu, de nous bénir, comme une maman bénit ses enfants qui doivent partir en voyage. Une nouvelle année, c’est comme un voyage: avec la lumière et la grâce de Dieu, qu’elle soit un chemin vers la paix pour toutes les personnes et toutes les familles, pour tous les pays et pour le monde entier".

TE DEUM: LE CHRETIEN, HOMME D’ESPERANCE

Cité du Vatican, 31 décembre 2012 (VIS). Lundi à 17h, en la Basilique vaticane, le Saint-Père a présidé les premières vêpres de la solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, suivies de l’exposition du Saint Sacrement, du chant traditionnel du Te Deum, en action de grâce pour la conclusion de l’année civile, et de la bénédiction eucharistique.

"Nous ne pouvons pas seulement nous en tenir aux informations, si nous voulons comprendre le monde et la vie; nous devons être capables de rester dans le silence, la méditation, la réflexion calme et prolongée; nous devons savoir nous arrêter pour penser. De cette manière notre âme peut trouver la guérison des blessures inévitables du quotidien, et peut descendre en profondeur dans les évènements de notre vie et du monde, et atteindre ce savoir qui lui permet d'évaluer les choses avec des yeux nouveaux. C’est surtout dans le recueillement de la conscience, où Dieu nous parle, que nous apprenons à regarder en vérité nos propres actions, y compris le mal présent en nous et autour de nous, pour commencer un chemin de conversion qui nous rende plus sages et meilleurs, davantage capables d'engendrer la solidarité et la communion, de vaincre le mal par le bien. Le chrétien est un homme d'espérance, aussi et surtout devant l'obscurité qui se trouve souvent dans le monde et qui ne dépend pas du projet de Dieu mais des choix incorrects de l'homme, parce qu'il sait que la force de la foi peut déplacer les montagnes, le Seigneur peut aussi éclairer l’obscurité la plus profonde".

L'Année de la foi que l’Eglise est en train de vivre, a poursuivi le Saint-Père, "veut susciter dans le cœur de chaque croyant une conscience plus grande que la rencontre avec le Christ est la source de la vraie vie et d'une espérance solide. La foi en Jésus permet un renouvellement constant dans le bien et nous rend capables de sortir des sables mouvants du péché et de recommencer. Dans le Verbe fait chair, il est toujours possible, de nouveau, de trouver la véritable identité de l'homme qui se découvre destinataire de l’amour infini de Dieu et qui est appelé à une communion personnelle avec Lui. Cette vérité, que Jésus Christ est venu révéler, est la certitude qui nous pousse à regarder avec confiance l’année qui commence".

"L'Eglise qui a reçu de son Seigneur la mission d'évangéliser sait bien que l'Evangile est destiné à toutes les personnes, en particulier aux nouvelles générations, pour rassasier cette soif de vérité que chacun porte dans le cœur et qui est souvent voilée par beaucoup de choses qui occupent la vie. Cet engagement apostolique est plus que nécessaire quand la foi court le danger de s'assombrir dans des contextes culturels qui en contrarient l’enracinement personnel et la présence sociale. Rome aussi est une ville où la foi chrétienne doit être toujours annoncée de nouveau et témoignée de manière crédible. D'une part, le nombre croissant de croyants d'autres religions, la difficulté des communautés paroissiales à approcher les jeunes, la diffusion de styles de vie marqués par l'individualisme et le relativisme moral et, d'autre part, la recherche chez de nombreuses personnes d'un sens pour leur existence et d'une espérance qui ne déçoive pas, ne peuvent pas nous laisser indifférents. Comme l'apôtre Paul, chaque fidèle de cette ville doit se sentir débiteur de l'Evangile devant les autres habitants!".

Le Pape a conclu son homélie en encourageant à ce qu’après le baptême de leurs enfants, "les parents soient accompagnés pour qu’ils maintiennent vivante la flamme de la foi", et que se construise "une relation de cordiale amitié avec ces fidèles qui, après avoir baptisés leurs enfants, détournés par les évènements de la vie quotidienne, ne montrent pas grand intérêt à vivre cette expérience: ils pourront expérimenter ainsi l’affection de l’Eglise qui, telle une mère empressée, se met à leurs côtés pour en favoriser la vie spirituelle". Après la cérémonie, Benoît XVI s’est rendu à la crèche installée près de l'obélisque situé au centre de la place St.Pierre.

LA FOI, DON PRECIEUX POUR LES ENFANTS

Cité du Vatican, 30 décembre 2012 (VIS). Dimanche midi, en la fête de la Sainte Famille, le Saint-Père a récité l’Angélus avec les fidèles réunis place St.Pierre. La préoccupation de Marie et Joseph pour Jésus, a dit Benoît XVI, "est celle de tout parent qui éduque un enfant; il l’introduit dans la vie et la compréhension de la réalité. Cependant aujourd’hui, je souhaite adresser une prière spéciale au Seigneur pour toute les familles du monde. En imitant la Sainte Famille de Nazareth, les parents doivent se préoccuper sérieusement de la croissance et de l’éducation de leurs enfants afin qu’ils grandissent en hommes responsables et en honnêtes citoyens sans jamais oublier que la foi est un don précieux qui doit être nourri chez les enfants, également par l’exemple personnel. Nous prions aussi pour que chaque enfant soit accueilli comme un don de Dieu, qu’il soit soutenu par l’amour de son père et de sa mère, pour pouvoir grandir comme le Seigneur Jésus en sagesse, âge et grâce devant Dieu et les hommes. Que l’amour, la fidélité et le dévouement de Marie et de Joseph, soient un exemple pour tous les époux chrétiens qui ne sont pas les amis ou les maîtres de la vie de leurs enfants, mais les gardiens de ce don incomparable de Dieu. Le silence de Joseph, homme juste, et l’exemple de Marie, qui gardait toute chose en son cœur, nous fait entrer dans le mystère de foi et d’humanité de la Sainte Famille. Je souhaite à toutes les familles chrétiennes de vivre la présence de Dieu avec le même amour et avec la même joie que la famille de Jésus, Marie et Joseph".

Le Saint-Père a salué les pèlerins espagnols et s’est adressé aussi "aux nombreux participants à l’Eucharistie célébrée à Madrid en la fête de la Sainte Famille. Que Jésus, Marie et Joseph soient un exemple de la foi qui fait briller l’amour et fortifie la vie des foyers. Par son intercession, demandons que la famille continue d’être un don précieux pour chacun de ses membres et une espérance ferme pour toute l’humanité. Et que l'allégresse de partager la vie sous la protection de Dieu, que nous avons appris enfants des lèvres de nos parents, nous pousse à faire du monde un vrai foyer, un espace de concorde, de solidarité et de respect mutuel. Ainsi, nous nous présentons à Marie, notre Mère du ciel, pour qu’elle accompagne les familles dans leur vocation d'être une forme intime d'église domestique et la cellule originaire de la société."

PRIERE AVEC LES JEUNES DE TAIZE

Cité du Vatican, 29 décembre 2012 (VIS). Ce soir, place St.Pierre, devant plus de 30.000 personnes, Benoît XVI a prié avec les participants à la 35 rencontre européenne des jeunes de Taizé qui a lieu dans la capitale italienne. De nombreuses familles ont accueilli ces jeunes venus à Rome à cette occasion. La prière s’est déroulée selon les modalités propres à la communauté de Taizé. Après les salutations du frère Aloïs, prieur de Taizé, le Saint-Père a salué les jeunes en différentes langues. “Vous êtes venus très nombreux, de toute l'Europe et aussi des autres continents, pour prier près des tombeaux des saints apôtres Pierre et Paul -a dit Benoît XVI-… La foi qui animait ces deux grands apôtres de Jésus est aussi celle qui vous a mis en route. Pendant l'année qui vient, vous voulez chercher à dégager les sources de la confiance en Dieu pour en vivre au quotidien. Je me réjouis que vous rencontriez par-là l'intention de l'année de la foi qui a commencé au mois d'octobre”.

Le Pape a rappelé qu’il y a un peu plus de soixante-dix ans, frère Roger avait fondé la Communauté de Taizé qui attire des milliers de jeunes du monde entier pour “trouver un sens à leurs vies”. C’est précisément pour les aider dans leur “marche vers le Christ”, que frère Roger a eu l’idée de commencer un “pèlerinage de confiance à travers la terre”. “Témoin infatigable de l’Evangile de paix et de réconciliation, animé par le feu d'un œcuménisme de la sainteté, frère Roger –a souligné le Saint-Père- a encouragé tous ceux qui passent par Taizé à devenir des chercheurs de communion. Je l’ai dit dès le lendemain de sa mort: nous devrions écouter de l'intérieur son œcuménisme vécu spirituellement et nous laisser conduire par son témoignage vers un œcuménisme vraiment intériorisé et spiritualisé. A sa suite, soyez tous des porteurs de ce message d'unité. Je vous assure de l'engagement irrévocable de l'Eglise catholique à poursuivre la recherche de chemins de réconciliation pour parvenir à l'unité visible des chrétiens. Et ce soir je voudrais saluer avec une affection toute particulière ceux d'entre vous qui sont orthodoxes ou protestants”.

Aujourd'hui, le Christ vous pose la question qu'il a adressée à ses disciples: Qui suis-je pour vous?... et souhaite recevoir de chacun de vous aussi une réponse qui vienne, non de la contrainte ni de la peur, mais de votre liberté profonde. C'est en répondant à cette question que votre vie trouvera son sens le plus fort… La Parole, dit la seconde lettre de Pierre, est comme une lampe brillant dans un lieu obscur, que vous faites bien de regarder jusqu'à ce que luise le jour et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs. Vous l'avez compris: si l'étoile du matin doit se lever dans vos cœurs c'est qu'elle n'y est pas toujours. Parfois le mal et la souffrance des innocents créent en vous le doute et le trouble. Et le oui au Christ peut devenir difficile. Mais ce doute ne fait pas de vous des incroyants! Jésus n'a pas rejeté l'homme de l’Evangile qui s'est écrié: Je crois! Viens au secours de mon manque de foi”, a conclu le Pape.

TELEGRAMME AU CARDINAL GIOVANNI BATTISTA RE

Cité du Vatican, 29 décembre 2012 (VIS). Benoît XVI a envoyé un télégramme de condoléances au Cardinal Giovanni Battista Re, Préfet émérite de la Congrégation pour les évêques, suite au décès de son père, M.Matteo Re, à l’âge de 104 ans.

Dans le texte, le Pape manifeste sa proximité envers la famille du Cardinal et invoque sur tous la lumière de la foi et l’espérance dans le Christ.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 2 janvier 2013 (VIS). Le samedi, 29 décembre, le Saint-Père:

-a nommé le révérend William Goh Archevêque coadjuteur de Singapour (superficie 699; population 5.000.000; catholiques 190.000; prêtres 131; religieux 152) à Singapour. L’Archevêque élu est né en 1957 à Singapour et a été ordonné prêtre en 1985. Il est licencié en théologie à l’Université grégorienne de Rome et a été vicaire paroissial, curé, professeur, formateur et recteur du Séminaire majeur de Singapour, charge qu’il remplissait actuellement.

-a érigé les diocèses de Gboko et Katsina-Ala (Nigéria) avec un territoire démembré du diocèse de Makurdi, le rendant suffragant de l’archidiocèse d’Abuja.
-a nommé Mgr.William Avenya, jusqu’ici Evêque auxiliaire de Makurdi (Nigéria) premier Evêque de Gboko (superficie 10.692; population 1.690.000; catholiques 896.860; prêtres 80; religieux 29) au Nigéria.

-a nommé le révérend Peter Iornzuul Adoboh, premier Evêque de Katsina-Ala (superficie 6.465; population 676.000; catholiques 338.497; prêtres 32; religieuses 8) au Nigéria. L’Evêque élu est né en 1958 à Tse-Kucha (Nigéria) et a été ordonné prêtre en 1984. Il a étudié la philosophie et la théologie au Séminaire majeur Saint-Augustin à Jos (Nigéria), la spiritualité à l’institut Saint-Anselme en Angleterre et à l’Ecole de théologie de Toronto au Canada. Depuis son ordination, il a été vicaire paroissial, professeur et directeur spirituel au Séminaire majeur Saint-Thomas d’Aquin à Makurdi (Nigéria), curé et doyen du doyenné d’ Adikpo (Nigéria), charge qu’il remplissait actuellement.

Le lundi, 31 décembre, le Saint-Père:

-a accepté la renonciation de Mgr.Oswaldo Brenes Álvarez à la charge pastorale du diocèse de Ciudad Quesada (Costa Rica) en conformité au can. 401 § 2 du Code de droit canonique,
-a nommé le père Egidio Turnaturi et M.Riccardo Turrini Vita, juges de la Cour d’appel de l’Etat de la Cité du Vatican.

vendredi 28 décembre 2012

ACTIVITES DU SAINT-PERE SEPTEMBRE-DECEMBRE

Cité du Vatican, 28 décembre 2012 (VIS). Voici un compte-rendu des principaux événements relatifs à l’activité du Saint-Père et du Saint-Siège, de septembre à décembre 2012.

SEPTEMBRE

4: Message du Pape pour les funérailles du Cardinal Carlo Maria Martini, SJ, Archevêque émérite de Milan (Italie), décédé le 31 août, à 85 ans.

10: Visite Ad Limina de la Conférence épiscopale de Colombie (deuxième groupe).

14-16: Voyage apostolique au Liban.

14: Publication de l'Exhortation apostolique post-synodale "Ecclesia in Medio Oriente", à Beyrouth (Liban).

18: Nomination des pères synodaux de la XIII Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques, (7-28 octobre 2012), sur la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne.

20: Décès du Cardinal Fortunato Baldelli, Grand Pénitencier émérite, à l’âge de 77 ans.

21: Visite Ad Limina de la Conférence des évêques de France (premier groupe).

25: Rencontre organisée à Assise par le Conseil pontifical de la culture et l’association Oicos Riflessioni, pour le dialogue entre croyants et non-croyants.


OCTOBRE

4: Visite pastorale à Lorette (Italie), à l’occasion du 50 anniversaire du voyage du bienheureux Jean XXIII.

5: Décret de la Pénitencerie apostolique concédant aux fidèles l'indulgence plénière durant l'Année de la Foi (11 octobre 2012 - 24 novembre 2013).

7-28: XIII Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques sur la nouvelle évangélisation.

8: Proclamation des Docteurs de l’Église saint Jean d’Avila et sainte Hildegarde de Bingen au cours de la messe d’ouverture de la XIII Assemblée générale du Synode des Évêques.

8: Prise de possession par SB le Cardinal Lucian Muresan, Archevêque Majeur de Fagaras si Alba Iulia des Roumains, du titre de Saint Athanase.

10: Introduction de l'arabe parmi les langues résumant la catéchèse des audiences générales.

11: Ouverture de l'Année de la foi.

14: Prise de possession par le Cardinal Timothy Michael Dolan, Archevêque de New York (USA), du titre de Notre-Dame de Guadalupe.

14: Prise de possession par le Cardinal George Alencherry, Archevêque Majeur de Ernakulam Angamaly des Syro-Malabares, du titre de Saint-Bernard aux Thermes.

18: Lettres de créance de M.Carl-Henri Guiteau, nouvel Ambassadeur de Haïti, à Mgr.Dominique Mamberti, Secrétaire pour les rapports avec les états.

20: Prise de possession par le Cardinal Julien Ries, de la diaconie Saint-Antoine de Padoue.

20: Remise du prix Ratzinger 2012 au philosophe Rémi Brague et au patrologue Brian E. Daley.

21: Messe et canonisation de sept nouveaux saints: Jacques Berthieu, Pedro Calungsod, Giovanni Battista Piamarta, María Carmen Sallés y Barangueras, Marianne Cope, Kateri Tekakwitha et Anna Schäffer.

23: Prise de possession par le Cardinal Thomas Christopher Collins, Archevêque de Toronto (Canada), du titre de Saint-Patrick.

25: Prise de possession par le Cardinal Edwin Frederick O'Brien, Grand Maître de l'Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, de la diaconie de Saint-Sébastien, à Rome.

29: Message pour la Journée mondiale des migrants et des réfugiés (13 janvier) sur les migrations comme pèlerinage de foi et d'espérance, daté du 12 octobre 2012.

31: Vêpres présidées par Benoît XVI dans la Chapelle Sixtine, à l'occasion des 500 ans de l'inauguration de la voûte peinte par Michel-Ange entre1508 et 1512.


NOVEMBRE

10: Institution de l'Académie pontificale de latinité, dépendant du Conseil pontifical pour la culture (Motu Proprio "Latina Lingua").

12: Visite à la maison d'accueil de la Communauté de Sant'Egidio, à l'occasion de l'Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité entre les générations.

16: Message pour la XXVIII Journée mondiale de la Jeunesse 2013 (Rio de Janeiro, Brésil, juillet 2013).

17: Visite Ad Limina de la Conférence des Évêques de France (deuxième groupe).

20: Présentation à la presse internationale du livre "L'enfance de Jésus", troisième volume de la trilogie "Jésus de Nazareth".

24: Consistoire ordinaire public pour la création de six nouveaux cardinaux.

30: Visite Ad Limina de la Conférence des Évêques de France (troisième groupe).

DECEMBRE

1: Publication du Motu Proprio sur “Le service de la charité”, daté du 11 novembre 2012.

9: Inauguration du Congrès international Ecclesia in America concernant l’Église sur le continent américain.

12: Entrée du Pape sur Twitter avec une bénédiction.

13: Lettres de créance d'Ambassadeurs non résidents: M.Bizwayo Newton Nkunika (Zambie); M.Chalermpol Thanchitt (Thaïlande); M.Ravinatha Pandukabhaya Aryasinha (Sri Lanka); M.Wafic Rida Said (Saint Vincent et Grenadines); Mme.Aminatou Batouré Gaoh (Niger) et M.Ibrahima Sory Sow (Guinée).

16: Visite pastorale à la paroisse romaine Saint-Patrick.

17: Le Saint Père a reçu en audience Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité de la Palestine.

17: Le Saint-Siège et la République de Chine ont achevé les procédures nécessaires pour l’entrée en vigueur de l’Accord entre la Congrégation de l’Education Catholique et le Ministère de l’Éducation de la République de Chine sur la collaboration dans le domaine des études supérieures et la reconnaissance des études, diplômes et maitrises.

22: Benoît XVI concède la grâce à Paolo Gabriele.


INTENTIONS DE PRIERE POUR JANVIER 2013

Cité du Vatican, 28 décembre 2012 (VIS). L'intention de prière générale de Benoît XVI pour janvier 2013 est: "Pour qu’en cette “année de la foi”, les chrétiens puissent approfondir la connaissance du mystère du Christ et témoigner avec joie de leur foi”.

Son intention missionnaire est: “Pour que les communautés chrétiennes du Moyen‐Orient reçoivent du Saint‐Esprit la force de la fidélité et de la persévérance, particulièrement lorsqu’elles sont discriminées”.


SAINT ETIENNE, MODELE DE NOUVEL EVANGELISATION

Cité du Vatican, 26 décembre 2012 (VIS). Aujourd’hui fête de Saint Étienne, diacre et premier martyr, Benoît XVI s’est présenté à la fenêtre de son bureau pour prier l’Angélus avec les fidèles réunis Place Saint Pierre.

Le Pape a expliqué que les livre des Actes des Apôtres présente Étienne comme "un homme plein de grâce et d’Esprit Saint. En lui s’est accompli la promesse de Jésus…que les croyants appelés à témoigner dans des circonstances difficiles et dangereuses ne seront pas abandonnés ni sans défense: l’Esprit de Dieu s’exprimera en eux. En effet le diacre Étienne a agit, parlé et est mort animé de l’Esprit Saint, témoignant de l’amour du Christ jusqu’à l’extrême sacrifice… Rempli de l’Esprit Saint, alors que ses yeux vont se fermer, il fixe son regard sur "Jésus qui se trouve à la droite de Dieu ", Seigneur de tout et qui attire tous à Lui… Se laisser attirer par le Christ, comme saint Étienne, veut dire ouvrir sa propre vie à la lumière qui de nouveau l’appelle, l’oriente et lui permet de parcourir le chemin du bien, le chemin d’une humanité selon le dessein de l’amour de Dieu".

Saint Étienne est également "un modèle pour tous ceux qui veulent se mettre au service de la nouvelle évangélisation. Il démontre que la nouvelle de l’annonce ne consiste pas seulement dans l’usage de méthodes ou techniques originales, qui ont également leur utilité, mais dans l’être rempli de l’Esprit Saint et de se laisser conduire par Lui. La nouveauté de l’annonce est dans la profondeur de l’immersion dans le mystère du Christ, dans l’assimilation de sa parole et dans sa présence dans l’Eucharistie, pour que Lui-même, Jésus vivant, puisse parler et agir dans son envoyé. En substance, l’évangélisation devient capable de porter le Christ aux autres de manière efficace quand le Christ vit, quand la nouvelle de l’Évangile fait partie de notre propre vie. Prions la Vierge Marie afin qu’en cette année de la Foi se multiplie le nombre de femmes et d’hommes capables d’offrir un témoignage convainquant et courageux du Seigneur Jésus".

MESSAGE DE NOEL: QUE LA PAIX GERME DE LA TERRE!

Cité du Vatican, 25 décembre 2012 (VIS). Aujourd’hui à midi, jour de Noël, le Pape a prononcé du balcon de la basilique vaticane le traditionnel message de Noel et a donné la bénédiction Urbi et Orbi.

"En cette Année de la foi, j’exprime mon souhait de Noël avec ces paroles, tirées d’un psaume: " La vérité a germé de la terre "-a dit le Pape dans son Message-… Aujourd’hui, cette parole prophétique s’est accomplie ! En Jésus, né à Bethléem de la Vierge Marie, l’amour et la vérité se rencontrent réellement, la justice et la paix se sont embrassées ; la vérité a germé de la terre et la justice s’est penchée du ciel. Saint Augustin explique avec une heureuse concision :… La Vérité que le ciel ne suffit pas à contenir a surgi de la terre pour être couchée dans une mangeoire. À l’avantage de qui un Dieu si sublime s’est-il fait si humble ? Certainement avec aucun avantage pour lui, mais avec un grand avantage pour nous, si nous croyons".

"Si nous croyons". Voilà la puissance de la foi ! Dieu a tout fait, il a fait l’impossible : il s’est fait chair. Sa toute-puissance d’amour a réalisé ce qui va au-delà de la compréhension humaine… Pourtant, ce même Dieu ne peut entrer dans mon cœur si je ne lui ouvre pas la porte".

"La porte de la foi ! Nous pourrions demeurer effrayés devant notre toute puissance à l’envers. Ce pouvoir de l’homme de se fermer à Dieu peut nous faire peur. Mais voilà la réalité qui chasse cette pensée ténébreuse, l’espérance qui vainc la peur : la vérité a germé ! Dieu est né !... Il y a dans le monde, une terre que Dieu a préparée pour venir habiter au milieu de nous… Cette terre existe, et aujourd’hui aussi, en 2012, de cette terre a germé la vérité ! Par conséquent, il y a de l’espérance dans le monde, une espérance fiable, même dans les moments et dans les situations plus difficiles. La vérité a germé, portant amour, justice et paix".

"Oui, que la paix germe pour la population syrienne, profondément blessée et divisée par un conflit qui n’épargne pas même les personnes sans défense et fauche des victimes innocentes. Encore une fois je fais appel pour que cesse l’effusion de sang, que soient facilités les secours aux personnes déplacées et aux réfugiés et que, par le dialogue, soit recherchée une solution politique au conflit".

"Que la paix germe sur la terre où est né le Rédempteur et qu’il donne aux Israéliens et aux Palestiniens le courage de mettre fin à trop d’années de lutte et de divisions, et d’entreprendre avec décision le chemin de la négociation".

"Dans les pays du Nord de l’Afrique qui traversent une profonde transition à la recherche d’un nouvel avenir – en particulier en Égypte, terre aimée et bénie par l’enfance de Jésus –, que les citoyens construisent ensemble une société fondée sur la justice, le respect de la liberté et de la dignité de chaque personne".

"Que la paix germe dans le vaste continent asiatique. Que l’Enfant Jésus regarde avec bienveillance les nombreux peuples qui habitent ces terres et, de manière spéciale, ceux qui croient en lui. En outre, que le Roi de la Paix porte son regard sur les nouveaux Dirigeants de la République populaire de Chine pour la haute charge qui les attend. Je souhaite que celle-ci mette en valeur l’apport des religions, dans le respect de chacune, de sorte qu’elles puissent contribuer à la construction d’une société solidaire, au bénéfice de ce noble Peuple et du monde entier".

"Que la Nativité du Christ favorise le retour de la paix au Mali et de la concorde au Nigéria, où d’atroces attentats terroristes continuent à faucher des victimes, en particulier parmi les chrétiens. Que le Rédempteur apporte aide et réconfort aux réfugiés de l’est de la République démocratique du Congo et donne la paix au Kenya, où de sanglants attentats ont touché la population civile et les lieux de culte".

"Que l’Enfant Jésus bénisse les très nombreux fidèles qui le célèbrent en Amérique Latine. Qu’il augmente leurs vertus humaines et chrétiennes, qu’il soutienne tous ceux qui sont contraints à émigrer de leurs familles et de leur terre, qu’il affermisse les Gouvernants dans leur engagement pour le développement et dans la lutte contre la criminalité".

"Chers frères et sœurs ! Amour et vérité, justice et paix se sont rencontrées, se sont incarnées dans l’homme né de Marie à Bethléem. Cet homme est le Fils de Dieu, il est Dieu apparu dans l’histoire. Sa naissance est un germe de vie nouvelle pour toute l’humanité. Puisse chaque terre devenir une bonne terre, qui accueille et fait germer l’amour, la vérité, la justice et la paix. Bon Noël à tous !"

A la fin du Message, le Pape a souhaité un Joyeux Noël en 65 langues et a donné la bénédiction Urbi et Orbi (a Rome et au monde).

VEILLEE DE NOEL: DIEU NOUS DONNE LA CURIOSITE POUR LE CONNAITRE

Cité du Vatican, 24 décembre 2012 (VIS), Benoît XVI a présidé la Messe de Noël, cette nuit à 22h en la Basilique Saint Pierre, solennité de la Nativité du Seigneur.

Après la lecture de l’Évangile, le Pape a prononcé l’homélie dont nous vous proposons des extraits:

"La beauté de cet évangile touche à nouveau notre cœur… Le fait que Dieu se fasse petit enfant, afin que nous puissions l’aimer…et que, comme un petit enfant, il se mette avec confiance entre nos mains. Il dit presque : je sais que ma splendeur t’effraie, que devant ma grandeur tu cherches à t’affirmer toi-même. Eh bien, je viens donc à toi comme un petit enfant, pour que tu puisses m’accueillir et m’aimer."

"La parole de l’évangéliste, dite presqu’en passant, affirmant que pour eux il n’y avait pas de place dans la salle commune, me touche aussi toujours de nouveau. Inévitablement surgit la question de savoir comment se passeraient les choses, si Marie et Joseph frappaient à ma porte ? Y-aurait-il de la place pour eux ? Et ensuite, nous vient à l’esprit que cette nouvelle, apparemment fortuite, du manque de place dans la salle commune qui pousse la Sainte Famille dans l’étable, l’évangéliste Jean l’a approfondie et l’a ramenée à l’essentiel quand il écrit : " Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu ". Ainsi, la grande question morale de savoir comment se passent les choses chez nous à propos des personnes déplacées, des réfugiés et des immigrés… avons-nous vraiment de la place pour Dieu?... Dieu a-t-il vraiment une place dans notre pensée ? Les méthodes de notre pensée sont organisées de manière qu’au fond, il ne doit pas exister. Même s’il semble frapper à la porte de notre pensée, il doit être éloigné par quelque raisonnement. La pensée, pour être considérée comme sérieuse, doit être construite de façon à rendre superflue l’"hypothèse Dieu"…. Nous sommes totalement " remplis " de nous-mêmes, si bien qu’il ne reste aucun espace pour Dieu.

Et c’est pourquoi, il n’y a pas d’espace non plus pour les autres, pour les enfants, pour les pauvres, pour les étrangers. En partant de la simple parole sur le manque de place dans la salle commune, nous pouvons nous rendre compte combien nous est nécessaire l’exhortation de Saint Paul : " Transformez-vous en renouvelant votre façon de penser ". Paul parle…de la façon dont nous voyons le monde et nous-mêmes. La conversion dont nous avons besoin doit atteindre vraiment jusqu’aux profondeurs de notre rapport avec la réalité. Prions le Seigneur afin que… nous entendions quand il frappe… à la porte de notre être et de notre vouloir. Prions-le afin qu’il se crée au fond de nous-mêmes un espace pour lui et afin qu’ainsi nous puissions aussi le reconnaître en ceux par qui il s’adresse à nous : dans les enfants, dans les personnes qui souffrent et dans celles qui sont abandonnées, dans les personnes marginalisées et dans les pauvres de ce monde ".

"Il y a encore une deuxième parole dans le récit de Noël…l’hymne de louange que les anges entonnent après le message concernant le Sauveur nouveau-né : " Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes objets de sa bienveillance ". Dieu est glorieux… splendeur de la vérité et de l’amour… Il est…le bien par excellence. Les anges qui l’entourent transmettent simplement d’abord la joie pour la perception de la gloire de Dieu… Là aucune question sur l’objectif n’est sous-entendue, il y a simplement le fait d’être comblés du bonheur venant de la perception de la pure splendeur de la vérité et de l’amour de Dieu. Nous voulons nous laisser toucher par cette joie : la vérité existe. La pure bonté existe. La pure lumière existe. Dieu est bon et il est la puissance suprême, au-dessus de toutes les puissances. De cela nous devrions nous réjouir simplement en cette nuit, avec les anges et les bergers".

"La paix sur la terre entre les hommes est en relation avec la gloire de Dieu au plus haut des cieux. Là où on ne rend pas gloire à Dieu, là où Dieu est oublié ou même renié, il n’y pas non plus de paix. Aujourd’hui, pourtant, des courants de pensée répandus soutiennent le contraire : les religions, en particulier le monothéisme, seraient la cause de la violence et des guerres dans le monde ; il conviendrait avant tout de libérer l’humanité des religions, afin qu’il se crée ensuite la paix ; le monothéisme, la foi dans le Dieu unique, serait tyrannie, cause d’intolérance, car, en fonction de sa nature, il voudrait s’imposer à tous avec la prétention de l’unique vérité".

"Il est vrai que, dans l’histoire, le monothéisme a servi de prétexte à l’intolérance et à la violence. Il est vrai qu’une religion peut devenir malade et arriver ainsi à s’opposer à sa nature la plus profonde, quand l’homme pense devoir prendre lui-même en main la cause de Dieu, faisant ainsi de Dieu sa propriété privée. Nous devons être vigilants face à ces travestissements du sacré. Si dans l’histoire un certain usage inapproprié de la religion est incontestable, il n’est pourtant pas vrai que le " non " à Dieu rétablirait la paix. Si la lumière de Dieu s’éteint, la dignité divine de l’homme s’éteint aussi. Alors, il n’est plus l’image de Dieu, que nous devons honorer en chacun, dans le faible, dans l’étranger, dans le pauvre. Alors, nous ne sommes plus tous frères et sœurs, enfants de l’unique Père qui, à partir du Père, sont en relation mutuelle. Quels types de violence arrogante apparaissent alors et comment l’homme déprécie et écrase l’homme, nous l’avons vu dans sa toute cruauté au cours du siècle dernier. Seulement si la lumière de Dieu brille sur l’homme et dans l’homme, seulement si chaque être humain est voulu, connu et aimé par Dieu, seulement alors, quelle que soit sa situation de misère, sa dignité est inviolable…Et au cours de tous ces siècles, vraiment, il n’y a pas eu seulement des cas d’usage inapproprié de la religion, mais des forces de réconciliation et de bonté sont toujours venues de nouveau de la foi en ce Dieu qui s’est fait homme. Dans l’obscurité du péché et de la violence, cette foi a introduit un rayon lumineux de paix et de bonté qui continue à briller".

"Ainsi, le Christ est notre paix…Comment ne devrions-nous pas le prier en cette heure : Oui, Seigneur, annonce-nous aussi aujourd’hui la paix, à ceux qui sont loin et à ceux qui sont proches. Fais qu’aujourd’hui encore les épées soient transformées en socs, qu’à la place des armements pour la guerre succède de l’aide pour ceux qui souffrent. Éclaire les personnes qui croient devoir exercer la violence en ton nom, afin qu’elles apprennent à comprendre l’absurdité de la violence et à reconnaître ton vrai visage. Aide-nous à devenir des hommes " objets de ta bienveillance " – des hommes à ton image et ainsi des hommes de paix".

"Allons là-bas, à Bethléem, nous dit aujourd’hui la liturgie de l’Église. Trans-eamus traduit la Bible latine : "traverser", aller là-bas, oser le pas qui va au-delà, la "traversée", par laquelle nous sortons de nos habitudes de pensée et de vie et dépassons le monde purement matériel pour arriver à l’essentiel, au-delà, vers ce Dieu qui, pour sa part, est venu ici, vers nous".

"Allons là-bas, à Bethléem : avec ces paroles que, en union avec les bergers, nous nous disons les uns aux autres, nous ne devons pas penser seulement à la grande traversée vers le Dieu vivant, mais aussi à la ville concrète de Bethléem, à tous les lieux où le Seigneur a vécu, agi et souffert. Prions en ce moment pour les personnes qui aujourd’hui y vivent et y souffrent. Prions pour qu’il y ait la paix. Prions afin qu’Israéliens et Palestiniens puissent mener leur vie dans la paix du Dieu unique et dans la liberté. Prions aussi pour les pays environnants, pour le Liban, pour la Syrie, pour l’Irak et ainsi de suite : afin que la paix s’y renforce. Que les chrétiens dans ces pays où notre foi a trouvé son origine, puissent maintenir leur demeure; que les chrétiens et les musulmans construisent ensemble leurs pays dans la paix de Dieu".

"Les bergers sont partis en hâte. Une sainte curiosité et une sainte joie les poussaient. Parmi nous, il arrive peut-être très rarement que nous nous hâtions pour les choses de Dieu. Aujourd’hui, Dieu ne fait pas partie des réalités urgentes. Les choses de Dieu, ainsi pensons-nous et disons-nous, peuvent attendre. Pourtant, il est la réalité la plus importante, l’Unique qui, en dernière analyse, est vraiment important. Pourquoi ne devrions-nous pas être pris, nous aussi, par la curiosité de voir de plus près et de connaître ce que Dieu nous a dit ? Prions-le afin que la sainte curiosité et la sainte joie des bergers nous touchent nous aussi en ce moment, et allons donc avec joie là-bas, à Bethléem – vers le Seigneur qui, aujourd’hui aussi, vient de nouveau vers nous".

ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 24 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr. Thomas Vu Dinh Hiéu évêque coadjuteur de Bui Chu (superficie 1.350, population 1.859.000, catholiques 394.453, prêtres 163, religieux 174) au Vietnam. Le nouvel élu était jusqu’à présent évêque auxiliaire de Xuan Loc.

LA VISITATION ET LA BEAUTE DE L’ACCUEIL

Cité du Vatican, 23 décembre 2012 (VIS). En ce IV dimanche d’Avent qui précède de peu la Nativité, l’Évangile raconte la visite de Marie à sa cousine Élisabeth "Cette visite –a dit le Pape aux fidèles réunis Place Saint Pierre pour l’Angélus- n’est pas un simple acte de politesse, mais elle représente avec grande simplicité la rencontre entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Les deux femmes, toutes deux enceintes, représentent l’attente et l’Attendu. Élisabeth, la plus âgée, symbolise Israël qui attend le Messie, alors que la jeune Marie porte en elle l’accomplissement d’une telle attente pour le bien de toute l’humanité".

"Élisabeth, en accueillant Marie, reconnaît que la promesse de Dieu à l’humanité est en train de se réaliser et elle exclame: "Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est bénit!... Tout comme le sursaut de joie de Jean rappelle la danse du Roi David en accompagnant l’entrée de l’Arche de l’Alliance à Jérusalem… Jean, qui va bientôt naître, exulte de joie devant Marie, Arche de la nouvelle Alliance, qui porte Jésus, Fils de Dieu fait homme".

La scène de la Visitation exprime aussi la beauté de l’accueil: là où il y a accueil réciproque, écoute et espace pour l’autre, il y a Dieu et la joie qui en découle. Faisons comme Marie en ce temps de Noël, en rendant visite à ceux qui sont dans le besoin et plus particulièrement aux malades, aux prisonniers, aux personnes âgées et aux enfants. Et faisons comme Élisabeth qui accueille l’hôte comme Dieu même: sans le désirer nous ne connaîtrons jamais le Seigneur, sans l’attendre nous ne le rencontrerons jamais, sans le chercher nous le trouverons jamais. Avec la même joie qu’a Marie en se rendant chez Élisabeth, nous aussi, allons à l’encontre du Seigneur qui vient” a conclut le Pape.

AVIS

Cité du Vatican, 28 décembre 2012 (VIS).- Le Vatican Information Service souhaite à tous ses lecteurs une Bonne Année 2013 et les informe que le service reprendra le mercredi 2 janvier 2013.

samedi 22 décembre 2012

LE PAPE PARDONNE PAOLO GABRIELE

Cité du Vatican, 22 décembre 2012 (VIS).-Nous publions le communiqué relaché ce matin par la Secrétairerie d'Etat.

Ce matin le Saint-Père a rendu visite a Paolo Gabriele en prison pour lui confirmer qu'il le pardonne et qu'il a accepté sa demande de grâce annulant la peine infligée. Il s'agit d'un geste paternel envers une personne avec qui le Pape a partagé un rapport quotidien pendant plusieurs années”.

Successivement M. Gabriele est sorti de prison et a rejoint son domicile. Même s'il ne pourra pas ravoir son travail précédent il continuera à résider au Vatican. Le Saint Siège est sur de la sincérité du repentissement manifesté et souhaite lui offrir la possibilité de retrouver une vie sereine avec sa famille”.

AUDIENCES

Cité du Vatican, 22 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audience le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.

ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 22 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

-Membres de la Congrégation pour les Causes des Saints les cardinaux Francesco Coccopalmerio et James Michael Harvey; Mgr. Félix del Blanco Prieto; Mgr. Fabio Bernardo d'Onorio, Archevêque de Gaeta (Italie) et Mgr. Renato Boccardo, Archevêque de Spoleto-Norcia (Italie); Mgr. Paolino Schiavon, Évêque auxiliaire de Rome (Italie).

-Mgr. Alfonso Cortés Contreras, Archevêque de León (superficie 8.110, population 2.866.000, catholiques 2.543.000, prêtres 355, religieux 882, diacres permanents 12) au Mexique. Le nouvel élu était jusqu'à maintenant évêque de Cuernavaca (Mexique), il succède à Mgr. José Guadalupe Martín Rábago, dont la renonciation à la charge pastorale a été accepté pour limite d’age.

-Père Estanislau Marques Chindekasse S.V.D, Évêque de Dundo (superficie 10.130; population 827.000; catholiques 269.000; prêtres 10; religieux 17) en Angola. Le nouvel élu est né en 1958 à Huambo (Angola). Il est diplôme en Théologie à l’Université Catholique Portugaise de Lisbonne et est docteur en Philosophie à l’Université Grégorienne de Rome ; il a prononcé ses vœux perpétuels en 1986 et a été ordonné prêtre en 1987. Après son ordination il a été missionnaire en République Démocratique du Congo, il a enseigné au séminaire de son ordre à Viana (Angola) et professeur au Grand Séminaire de Luanda. Il était jusqu’à maintenant Conseiller Général de la Congrégation de Verbe Divin.

-Père Robert W. Oliver, Promoteur de justice pour la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il est assistant pour les questions canoniques du diocèse de Boston (USA).

vendredi 21 décembre 2012

VOEUX DE BENOIT XVI A LA CURIE ROMAINE

Cité du Vatican, 21 décembre 2012 (VIS). Benoît XVI a reçu ce matin pour le traditionnel échange des voeux le Sacré Collège, la Curie Romaine et les Autorités de l'Etat de la Cité du Vatican. Le Cardinal Doyen Angelo Sodano s'est adressé au Saint-Père. Voici de larges passages de l'allocution papale:

"Nous voici à la fin d’une année qui, de nouveau, dans l’Eglise et dans le monde, a été caractérisée par de multiples situations tourmentées, par de grandes questions et des défis, mais aussi par des signes d’espérance. Je mentionne seulement quelques moments saillants dans le domaine de la vie de l’Eglise et de mon ministère pétrinien. Il y a eu avant tout les voyages au Mexique et à Cuba, des rencontres inoubliables avec la force de la foi, profondément enracinée dans les cœurs des hommes, et avec la joie pour la vie qui naît de la foi". Au Mexique, je me rappelle...d’interminables foules" et je me souviens "comment la grande liturgie auprès de la statue du Christ Roi est devenue un acte rendant présente la royauté du Christ, sa paix, sa justice, sa vérité. Tout cela s’est déroulé avec en arrière-plan les problèmes d’un pays qui souffre de multiples formes de violence et des difficultés d’une dépendance économique. Ce sont des problèmes qui, certes, ne peuvent pas être résolus simplement par la religiosité, mais encore moins sans cette purification intérieure des cœurs qui vient de la force de la foi, de la rencontre avec Jésus-Christ. Et il y eut ensuite l’expérience de Cuba. Ici aussi au cours des grandes liturgies, à travers les chants, les prières et les silences, la présence de celui à qui, pendant longtemps, on avait voulu refuser une place dans le pays se rendait perceptible. La recherche, dans ce pays, d’une nouvelle organisation du rapport entre contraintes et liberté ne peut assurément pas réussir sans une référence à ces critères fondamentaux qui se sont manifestés à l’humanité dans la rencontre avec le Dieu de Jésus-Christ.

Comme étapes ultérieures de l’année qui touche à sa fin, je voudrais mentionner la grande Fête de la famille à Milan, ainsi que ma visite au Liban avec la remise de l’exhortation apostolique post-synodale, qui maintenant devra constituer, dans la vie des Eglises et de la société au Moyen-Orient, une orientation sur les difficiles chemins de l’unité et de la paix. Le dernier événement important de cette année qui s’achève a été le Synode sur la nouvelle évangélisation qui a été en même temps un commencement communautaire de l’Année de la foi, par laquelle nous commémorons l’ouverture du Concile Vatican II, il y a cinquante ans, pour le comprendre et l’assimiler de nouveau dans une situation changeante.

La grande joie avec laquelle des familles provenant du monde entier se sont rencontrées à Milan a montré que, malgré toutes les impressions inverses, la famille est forte et vivante encore aujourd’hui. Cependant la crise qui, particulièrement dans le monde occidental, la menace jusque dans ses fondements est aussi incontestable... Dans ce contexte, les défis sont complexes. Il y a avant tout la question de la capacité de l’homme de se lier ou de son manque de liens. L’être humain peut-il se lier pour toute une vie? Cela correspond-il à sa nature? N’est-ce pas en opposition avec sa liberté et avec la dimension de son auto-réalisation?.. Le refus du lien humain, qui se répand toujours plus à cause d’une compréhension erronée de la liberté et de l’auto-réalisation, comme aussi en raison de la fuite devant le support patient de la souffrance, signifie que l’homme demeure fermé sur lui-même et, en dernière analyse, conserve son propre moi pour lui-même, et ne le dépasse pas vraiment... Avec le refus de ce lien disparaissent aussi les figures fondamentales de l’existence humaine: Le père, la mère, l’enfant, qui des dimensions essentielles de l’expérience du fait d’être une personne humaine tombent.

Le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim, dans un traité soigneusement documenté et profondément touchant, a montré que l’atteinte à l’authentique forme de la famille, constituée d’un père, d’une mère et d’un enfant, une atteinte à laquelle nous nous trouvons exposés aujourd’hui, est encore plus profonde. Si jusqu’ici nous avons vu comme cause de la crise de la famille un malentendu sur l’essence de la liberté humaine, il devient clair maintenant qu’ici est en jeu la vision de l’être même, de ce que signifie en réalité le fait d’être une personne humaine. Il cite l’affirmation devenue célèbre, de Simone de Beauvoir: On ne naît pas femme, on le devient. Dans ces paroles se trouve le fondement de ce qui aujourd’hui, sous le mot Gender, est présenté comme une nouvelle philosophie de la sexualité. Le sexe, selon cette philosophie, n’est plus un donné d’origine de la nature, un donné que l’être humain doit accepter et remplir personnellement de sens, mais c’est un rôle social dont on décide de manière autonome, alors que jusqu’ici c’était à la société d’en décider... L’être humain conteste d’avoir une nature préparée à l’avance de sa corporéité, qui caractérise son être de personne... Selon le récit biblique de la création, il appartient à l’essence de la créature humaine d’avoir été créée par Dieu comme homme et comme femme. Cette dualité est essentielle pour le fait d’être une personne humaine, telle que Dieu l’a donnée. Justement, cette dualité comme donné de départ est contestée... Homme et femme n’existent plus comme réalité de la création, comme nature de l’être humain. Celui-ci conteste sa propre nature. Il est désormais seulement esprit et volonté. La manipulation de la nature, qu’aujourd’hui nous déplorons pour ce qui concerne l’environnement, devient ici le choix fondamental de l’homme à l’égard de lui-même. L’être humain désormais existe seulement dans l’abstrait, qui ensuite, de façon autonome, choisit pour soi quelque chose comme sa nature. L’homme et la femme sont contestés dans leur exigence qui provient de la création, étant des formes complémentaires de la personne humaine. Cependant, si la dualité d’homme et de femme n’existe pas comme donné de la création, alors la famille n’existe pas non plus comme réalité établie à l’avance par la création. Mais en ce cas aussi l’enfant a perdu la place qui lui revenait jusqu’à maintenant et la dignité particulière qui lui est propre. Bernheim montre comment, de sujet juridique indépendant en soi, il devient maintenant nécessairement un objet, auquel on a droit et que, comme objet d’un droit, on peut se procurer. Là où la liberté du faire devient la liberté de se faire soi-même, on parvient nécessairement à nier le Créateur... Et l’homme même, comme créature de Dieu, comme image de Dieu, est dégradé dans l’essence de son être.

Je voudrais maintenant aborder un deuxième grand thème...la question du dialogue et de l’annonce. Parlons d’abord du dialogue. Pour l’Rglise de notre temps, je vois surtout trois domaines de dialogue dans lesquels elle doit être présente, dans la lutte pour la personne humaine et pour ce que signifie être une personne humaine: Le dialogue avec les états, le dialogue avec la société, qui inclut le dialogue avec les cultures et la science et, enfin, le dialogue avec les religions. Dans tous ces dialogues, l’Eglise parle à partir de la lumière que lui offre la foi. Toutefois, elle incarne en même temps la mémoire de l’humanité qui, depuis les origines et à travers les temps, est la mémoire des expériences et des souffrances de l’humanité... La culture de l’humain, dont elle se fait la garante, est née et s’est développée à partir de la rencontre entre la révélation de Dieu et l’existence humaine. L’Eglise représente la mémoire de l’humain face à une civilisation de l’oubli, qui désormais connaît seulement elle-même et son propre critère de mesure. Mais, de même qu’une personne sans mémoire a perdu sa propre identité, de même une humanité sans mémoire perdrait sa propre identité... Dans le dialogue avec l’état et avec la société, l’Eglise n’a certainement pas de solutions toute faites à chaque question. Avec les autres forces sociales, elle luttera en faveur des réponses qui correspondent le plus à la juste mesure de l’être humain. Elle doit défendre avec la plus grande clarté ce qu’elle a identifié comme valeurs fondamentales, constitutives et non négociables, de l’existence humaine. Elle doit faire tout son possible pour créer une conviction qui ensuite puisse se traduire en action politique.

Dans la situation actuelle de l’humanité, le dialogue des religions est une condition nécessaire pour la paix dans le monde, et il est par conséquent un devoir pour les chrétiens comme aussi pour les autres communautés religieuses. Ce dialogue des religions a différentes dimensions. Avant tout, il sera simplement un dialogue de la vie, un dialogue du partage pratique. On n’y parlera pas des grands thèmes de la foi, par exemple de savoir si Dieu est trinitaire ou comment il faut comprendre l’inspiration de l'Ecriture. Il s’agit des problèmes concrets de la cohabitation et de la responsabilité commune pour la société, pour l’état, pour l’humanité. En cela, on doit apprendre à accepter l’autre dans sa diversité d’être et de pensée. Dans ce but, il est nécessaire de faire de la responsabilité commune pour la justice et pour la paix le critère fondamental de l’entretien. Un dialogue où il s’agit de paix et de justice, au-delà de ce qui est simplement pragmatique, devient une lutte éthique pour la vérité et pour l'être humain... Ainsi, ces efforts peuvent aussi avoir le sens de pas communs vers l’unique vérité, sans que les choix fondamentaux soient changés. Si les deux parties partent d’une herméneutique de justice et de paix, la différence de fond ne disparaîtra pas, mais, entre elles grandira plutôt une proximité plus profonde. Pour l’essence du dialogue inter-religieux, deux règles sont aujourd’hui généralement considérées comme fondamentales: D'abord le dialogue ne vise pas la conversion, mais bien la compréhension. En cela, il se distingue de l’évangélisation, de la mission. Ensuite, conformément à cela, dans ce dialogue, les deux parties restent consciemment dans leur identité, qu’elles ne mettent pas en question dans le dialogue ni pour elles-mêmes ni pour les autres. Ces règles sont justes" quoique "formulées trop superficiellement. Oui, le dialogue ne vise pas la conversion, mais une meilleure compréhension réciproque. Cependant, la recherche de connaissance et de compréhension veut toujours être aussi un rapprochement de la vérité. Ainsi, les deux parties, en s’approchant pas à pas de la vérité, avancent et sont en marche vers un plus grand partage, fondé sur l’unité de la vérité... A ce sujet, je dirais que le chrétien a la grande confiance fondamentale, ou mieux, la grande certitude fondamentale de pouvoir tranquillement prendre le large dans la vaste mer de la vérité, sans avoir à craindre pour son identité de chrétien. Certes, ce n’est pas nous qui possédons la vérité, mais c’est elle qui nous possède: le Christ qui est la Vérité nous a pris par la main, et sur le chemin de notre recherche passionnée de connaissance, nous savons que sa main nous tient fermement.

Enfin, il est juste qu’il y ait aussi une brève annotation sur l’annonce, sur l’évangélisation... La parole de l’annonce devient efficace là où existe dans l’homme la disponibilité docile pour s’approcher de Dieu; là où l’homme est intérieurement en recherche et ainsi en marche vers le Seigneur. Alors, l’attention de Jésus pour lui touche son cœur et l’impact de l’annonce suscite ensuite la sainte curiosité de connaître Jésus de plus près. Ce fait d’aller avec lui conduit au lieu où Jésus habite, dans la communauté de l’Eglise, qui est son corps. Cela signifie entrer dans la communion itinérante des catéchumènes, qui est une communion d’approfondissement et, en même temps, de vie, dans laquelle, le fait de marcher avec Jésus, nous fait devenir des personnes qui voient. Venez et vous verrez! Ces paroles que Jésus adressa aux deux disciples en recherche, il les adresse aussi aux personnes d’aujourd’hui qui sont en recherche. Au terme de cette année, nous voulons prier le Seigneur, afin que l’Eglise, malgré ses pauvretés, devienne toujours plus identifiable comme sa demeure. Nous le prions pour que, dans la marche vers sa maison, il nous rende aussi toujours plus voyants, afin que nous puissions dire toujours mieux et de manière toujours plus convaincante: Nous avons trouvé celui que le monde entier attend, Jésus Christ, vrai Fils de Dieu et vrai homme. Dans cet esprit, je vous souhaite de tout cœur à tous un saint Noël et une heureuse nouvelle année".

AUDIENCES

Cité du Vatican, 21 décembre 2012 (VIS). En fin d'après-midi, le Saint-Père devrait recevoir en audience le Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 21 décembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Devprasad John Ganawa, SVD, Evêque d'Udaipur (superficie 47.000, population 8.224.000, catholiques 24.265, prêtres 71, religieux 217), en Inde. Jusqu'ici Evêque de Jhabua, dont il devient l'Administrateur apostolique, il succède à Mgr.Joseph Pathalil, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

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