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samedi 15 septembre 2012

SYNTHESE DE "ECCLESIA IN MEDIO ORIENTE"

Cité du Vatican, 15 septembre 2012 (VIS). Voici la synthèse de l'exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Medio Oriente, rendue publique hier après-midi à Beyrouth (Liban). Il s'agit du document élaboré par Benoît XVI sur la base des 44 propositions finales du Synode spécial pour le Moyen Orient qui s’est déroulé au Vatican du 10 au 26 octobre 2010 (L’Eglise catholique au Moyen Orient. Communion et témoignage. La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme). Le texte est divisé en trois parties, plus une introduction et une conclusion.

"INTRODUCTION

L’exhortation invite l’Eglise catholique au Moyen Orient à revivifier la communion en son sein, en regardant aux “fidèles natifs” qui appartiennent aux Eglises orientales catholiques sui iuris et en s’ouvrant au dialogue avec les juifs et les musulmans. Il s’agit d’une communion, d’une unité à rejoindre dans la diversité des contextes géographiques, religieux, culturels et socio-politiques du Moyen Orient. En même temps, Benoît XVI renouvelle son appel à conserver le patrimoine religieux et les rites des Eglises orientales, trésors pour l’ensemble de l’Eglise du Christ.

PREMIERE PARTIE

Le Contexte. Avant tout, le Pape invite à ne pas oublier les chrétiens qui vivent au Moyen Orient et qui apportent une contribution noble et authentique à la construction du Corps mystique du Christ. Puis, en décrivant la situation de la région et des peuples qui y vivent, il évoque tant de drames, avec tant de morts, victimes de l’aveuglement humain, mais aussi la peur et les humiliations, comme s’il n’existait aucun frein au crime de Caïn. Sans entrer dans les détails, le texte rappelle que les positions du Saint-Siège concernant les différents conflits dans la région et le statut de Jérusalem et des Lieux Saints sont largement connues. Il lance enfin un appel à la conversion, à la paix, comprise non comme une simple absence de conflit mais comme une paix intérieure liée à la justice, au dépassement de toutes les distinctions de race, de sexe et de classe, afin que le pardon soit vécu dans le contexte privé et communautaire.

La vie chrétienne et l'œcuménisme. Ce chapitre est un appel en faveur de l’unité œcuménique, qui n’est pas l’uniformité des traditions et des célébrations. Dans un contexte politique difficile, instable et actuellement enclin à la violence comme celui du Moyen Orient, l’Eglise s’est développée de façon multiforme, avec des communautés de tradition antique et d'autres plus récentes. Il s’agit d’une mosaïque qui requiert un effort considérable afin de renforcer le témoignage chrétien. Dans le sillage du Concile Vatican II, le Pape invite à l’œcuménisme spirituel, à une communion comprise non comme une confusion, mais comme une reconnaissance et un respect de l’autre. En même temps, l’exhortation souligne l’importance du travail théologique, aussi bien des différentes commissions œcuméniques que des communautés ecclésiales, afin qu'en ligne avec la doctrine de l’Eglise elles parlent d’une seule voix au sujet des grandes questions morales (famille, sexualité, bioéthique, liberté, justice et paix). L’œcuménisme diaconal est également important, aussi bien au niveau caritatif qu’éducatif. Figurent ensuite quelques propositions pour une pastorale œcuménique d’ensemble. Parmi celles-ci, il y a l’application de l’ouverture conciliaire vers un certaine Communicatio in sacris (à savoir la possibilité pour les chrétiens d’accéder aux sacrements dans une Eglise différente de la leur) pour les sacrements de la pénitence, de l’eucharistie et de l’onction des infirmes. Le Pape se dit, en outre, certain de pouvoir trouver un accord sur une traduction commune du Pater dans les langues locales de la région.

Le dialogue interreligieux. En rappelant les liens historiques et spirituels que les chrétiens ont avec les juifs et les musulmans, l’exhortation rappelle que le dialogue interreligieux...n’est pas tant celui qui est dicté par des considérations pragmatiques d’ordre politique ou social, mais se base avant tout sur les fondements théologiques de la foi: juifs, chrétiens et musulmans croient en un Dieu unique et le souhait est donc qu’ils puissent reconnaître dans un autre croyant un frère à aimer et à respecter, en évitant une instrumentalisation de la religion pour des conflits injustifiables pour un croyant authentique. En ce qui concerne, en particulier, le dialogue judéo-chrétien, le Pape rappelle le patrimoine spirituel commun, fondé sur la Bible, qui ramène aux “racines judaïques du christianisme. Il invite les chrétiens à prendre conscience du mystère de l’Incarnation de Dieu et condamne les injustifiables persécutions du passé. Pour les musulmans, Benoît XVI emploie la Parole “estime” et ajoute “dans la fidélité à l’enseignement du Concile Vatican II”; il regrette, toutefois, le fait que les différences doctrinales aient servi de prétexte aux uns et aux autres pour justifier, au nom de la religion, des pratiques d’intolérance, de discrimination, de marginalisation et de persécution. L’exhortation met ensuite en évidence le fait que la présence des chrétiens au Moyen Orient n’est ni nouvelle ni fortuite, mais historique. Partie intégrante de la région, ils ont entamé une symbiose particulière avec la culture environnante et, avec les juifs et les musulmans, ils ont contribué à la formation d’une culture riche, propre à cette région du monde.

En ce qui concerne les catholiques de la région, le texte met en évidence que ces derniers, citoyens natifs du Moyen Orient, ont le droit et le devoir de participer pleinement à la vie civile et ne doivent pas être traités comme des citoyens de seconde classe. Le Pape affirme que la liberté religieuse, somme de toutes les libertés, sacrée et inaliénable, inclut la liberté de choisir la religion que l’on considère comme véritable et de manifester publiquement son propre credo et ses symboles, sans pour autant mettre en danger sa propre vie et sa propre liberté personnelle. Dans le domaine religieux, la force et les contraintes sont inadmissibles. D’où l’invitation à passer de la tolérance à la liberté religieuse, ce qui n’implique pas une porte ouverte au syncrétisme, mais une reconsidération du rapport anthropologique avec la religion et avec Dieu.

Deux nouvelles réalités: L’exhortation met l’accent sur la laïcité, avec ses formes parfois extrêmes, et sur le fondamentalisme violent qui revendique une origine religieuse. La laïcité dans sa forme extrême devient sécularisme, refuse au citoyen le droit à l’expression publique de sa propre religion et prétend que seul l’État peut réglementer cet aspect. Il s’agit d’anciennes théories, qui ne sont plus exclusivement occidentales, et ne sont pas non plus à confondre avec le christianisme. La laïcité saine implique au contraire une distinction et une collaboration entre la politique et la religion, dans un respect réciproque. Elle garantit à la politique de pouvoir œuvrer sans exploiter la religion, et à la religion de pouvoir vivre sans les lourdeurs des intérêts politiques. Le fondamentalisme religieux, qui grandit dans un climat d’incertitude socio-politique, grâce à des manipulations et à une insuffisante compréhension de la religion de la part de certains, veut prendre le pouvoir, parfois avec la violence, sur la conscience des personnes et sur la religion, pour des raisons politiques. C’est pour cela que le Pape lance un appel urgent à tous les responsables religieux du Moyen Orient, afin qu’ils tentent, par tous les moyens d'éradiquer une menace qui touche sans distinction les croyants de toutes les religions.

Les migrants: Le Pape affronte une question cruciale, à savoir celle de l’exode des chrétiens (une vraie hémorragie), qui se trouvent dans une position délicate, parfois sans espoir, et ressentent des conséquences négatives des conflits, se sentant parfois humiliés, malgré leur participation au cours des siècles à la construction des pays respectifs. Un Moyen Orient sans ou avec peu de chrétiens n’est plus le Moyen Orient. C’est pour cela que le Pape demande aux dirigeants politiques et aux responsables religieux d’éviter des politiques et des stratégies tendant à une région monochrome, qui ne reflète pas sa réalité humaine et historique. Benoît XVI invite ensuite les pasteurs des Eglises orientales catholiques à aider leurs prêtres et leurs fidèles dans la diaspora à rester en contact avec leurs familles et leurs Eglises, et exhorte les pasteurs des circonscriptions ecclésiastiques qui recueillent les catholiques orientaux à leur donner la possibilité de célébrer chacun selon leur propre tradition. Le chapitre affronte également la question des travailleurs immigrés, souvent des catholiques de rite latin, en provenance d’Afrique, d’Extrême Orient et du sous-continent indien, qui font trop souvent l’expérience de situations de discrimination et d’injustice. L’appel aux gouvernements des pays d’accueil afin qu’ils respectent et défendent les droits de ces migrants est donc tout à fait central.

DEUXIEME PARTIE

Cette partie s’adresse à certaines des principales catégories constitutives de l’Eglise catholique:

Les patriarches orientaux: Responsables des Eglises sui iuris, en union parfaite avec l’Evêque de Rome, ils rendent tangible l’universalité et l’unité de l’Eglise et, en signe de communion, ils sauront renforcer l’union et la solidarité dans le cadre du Conseil des Patriarches catholiques d’Orient et des Synodes patriarcaux, en privilégiant toujours la concertation en ce qui concerne les questions fondamentales pour l’Eglise.

Les évêques: signe visible de l’unité dans la diversité de l’Eglise comprise comme corps dont le Christ est le chef, ils sont les premiers à être envoyés dans toutes les nations afin de faire des disciples. Ils doivent annoncer avec courage et défendre avec fermeté l’intégrité et l’unité de la foi, dans ces situations difficiles qui ne font malheureusement jamais défaut au Moyen Orient. Les évêques sont aussi invités à une gestion saine, honnête et transparente des biens temporaires de l’Eglise et, à ce propos, le Pape rappelle que les pères synodaux ont demandé une sérieuse révision des finances et des biens, afin d’éviter toute confusion, entre les biens personnels et ceux de l’Eglise. Les évêques devront, en outre, veiller afin d’assurer aux prêtres un juste soutien, afin qu’ils ne se perdent pas en questions matérielles. L’aliénation des biens de l’Église doit strictement respecter les normes canoniques et les dispositions pontificales en vigueur. Il encourage enfin les évêques à soigner, dans le sens pastoral du terme, tous les fidèles chrétiens, indépendamment de leur nationalité ou de leur origine ecclésiale.

Les prêtres et séminaristes: Le document rappelle que les prêtres doivent éduquer le Peuple de Dieu à la construction d’une civilisation de l’amour évangélique et de l’unité, et cela exige une transmission approfondie de la Parole de Dieu, de la tradition et de la doctrine de l’Eglise, tout comme un renouveau intellectuel et spirituel de ces mêmes prêtres. Dans cette optique, le célibat, don inestimable de Dieu à l’Eglise, est aussi important que le ministère des prêtres mariés de la tradition orientale. En tant que serviteurs de la communion, les prêtres et les séminaristes doivent offrir un témoignage courageux et privé de toute ombre, ils doivent avoir une conduite irréprochable, et doivent s’ouvrir à la diversité culturelle de leurs Eglises (en apprenant, par exemple, leurs langues et leurs cultures), ainsi qu’à la diversité ecclésiale et au dialogue œcuménique et inter-religieux.

La vie consacrée: Le monachisme, dans ses différentes formes, qui est né au Moyen Orient et à la base de certaines Eglises sui iuris... Quel que soit le statut canonique de leurs congrégations religieuses, les consacrés devront, en outre, collaborer avec l’évêque dans l’activité pastorale et missionnaire. Ils sont ensuite invités à méditer et à observer les conseils évangéliques (chasteté, pauvreté et obéissance). Il ne peut y avoir de régénération spirituelle, des fidèles, des communautés et de l’Eglise toute entière, sans un clair et net retour à la recherche de Dieu.

Les laïcs: En tant que membres du Corps du Christ grâce au baptême, et donc pleinement associés à la mission de l’Église universelle, le Pape confie aux laïcs le devoir de promouvoir – dans le domaine temporel qui leur est propre – une saine gestion des biens publics, la liberté religieuse et le respect de la dignité de chacun. Ils sont également invités à faire preuve d’audace dans la cause du Christ. Afin que leur témoignage porte véritablement ses fruits, les laïcs devront toutefois surpasser les divisions et toutes les interprétations subjectives de la vie chrétienne.

La famille: Institution divine fondée sur le sacrement indissoluble du mariage entre un homme et une femme (l’amour conjugal est le projet patient de toute une vie), la famille est aujourd’hui exposée à de nombreux dangers... La famille chrétienne doit être soutenue dans ses problèmes et dans ses difficultés, et elle doit examiner son identité la plus profonde, afin qu’elle soit avant tout Eglise domestique qui éduque à la prière et à la foi, pépinière de vocations, école naturelle de vertus et de valeurs éthiques, cellule base de la société. L’exhortation donne amplement d’espace à la question de la femme au Moyen Orient et à la nécessité qu’il y ait une égalité avec l’homme, face aux discriminations qu’elle doit subir et qui offensent gravement non seulement la femme elle-même, mais aussi et surtout Dieu. Le Pape affirme que les femmes doivent s’efforcer de participer à la vie publique et ecclésiale. Concernant les différents d’ordre juridique dans les matières matrimoniales, la voix de la femme doit être écoutée sur un pied d’égalité avec celle de l’homme, sans injustices. Pour cela encourage-t-il une application plus saine et plus juste du droit, afin que les différences juridiques relatives aux matières matrimoniales ne conduisent pas à l’apostasie. Enfin, les chrétiens du Moyen Orient doivent pouvoir appliquer, aussi bien dans le mariage qu’ailleurs, leur propre droit, sans restriction aucune.

Les enfants et les adolescents: le Pape les exhorte à ne pas avoir peur ou honte d’être chrétiens, à respecter les autres croyants, juifs et musulmans, à cultiver toujours à travers la prière la véritable amitié avec Jésus, en aimant le Christ et l’Eglise. De cette façon, ils pourront discerner avec sagesse les valeurs de la modernité utiles à leur réalisation, sans se laisser séduire par le matérialisme ou par des social network dont l’usage incontrôlé peut mutiler la véritable nature des relations humaines. Pour les enfants, en particulier, le texte fait appel aux parents, aux éducateurs, aux formateurs et aux institutions publiques afin que tous reconnaissent les droits des mineurs, à partir de leur conception.
TROISIEME PARTIE

La Parole de Dieu, âme et source de communion et témoignage: Après avoir exprimé sa reconnaissance aux écoles exégétiques d’Alexandrie, d’Antioche qui ont contribué à la formulation dogmatique du mystère chrétien du IV et du V siècle, l’exhortation recommande une véritable pastorale biblique afin de dissiper des préjudices ou des idées erronés qui causent d’inutiles, voire d’humiliants conflits. D’où la suggestion de proclamer une Année biblique, selon les conditions pastorales de chaque pays de la région, qui serait suivie à l’occasion par une Semaine annuelle de la Bible. En retrouvant la sève des origines et dans la séquelle des disciples du Christ, la présence chrétienne dans les pays bibliques qui va bien au-delà d’une appartenance sociologique ou d’une simple réussite économique et culturelle, prendra un nouvel élan.

La liturgie et la vie sacramentelle: Pour les fidèles du Moyen Orient, la liturgie est un élément essentiel de l’unité spirituelle et de la communion. Lorsqu'il est nécessaire, le renouvellement des célébrations et des textes liturgiques doit être fondé sur la Parole de Dieu et réalisé en collaboration avec les Eglises co-dépositaires de ces mêmes traditions. L’invitation à examiner l’importance du baptême, qui permet à ceux qui le reçoivent de vivre en communion et de développer une véritable solidarité avec les autres membres de la famille humaine, sans discriminations fondées sur la race ou sur la religion, est centrale. Dans cette optique, le Pape espère un accord œcuménique sur la reconnaissance réciproque du baptême entre l’Eglise catholique et les Eglises avec lesquelles elle est en dialogue théologique, afin de restaurer ainsi la pleine communion dans la foi apostolique. Le document espère également une pratique plus fréquente du sacrement du pardon et de la réconciliation et exhorte les pasteurs et les fidèles à promouvoir des initiatives de paix, même au milieu des persécutions.

La prière et les pèlerinages: ... Le Moyen Orient est un espace privilégié de pèlerinage pour de nombreux chrétiens qui peuvent y consolider leur foi et vivre une expérience profondément spirituelle. Le Pape demande que les fidèles puissent avoir libre accès, sans restrictions, aux Lieux Saints. Il est également essentiel que le pèlerinage biblique d’aujourd’hui revienne à ses initiales motivations: un chemin pénitentiel, à la recherche de Dieu.

L'évangélisation et la charité: Ce sont des missions de l’Eglise, et l'exhortation souligne que la transmission de la foi est une mission essentielle de l’Eglise. D’où l’invitation du Pape à une nouvelle évangélisation qui, dans le contexte contemporain, marqué par des changements, rende le fidèle conscient de son témoignage de vie, Elle renforce son message lorsqu’elle parle de Dieu de façon courageuse et ouverte, pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut. En particulier, au Moyen Orient, l’approfondissement du sens théologique et pastoral de l’évangélisation devra examiner deux dimensions, celle œcuménique et celle inter-religieuse. Concernant les mouvements et les communautés ecclésiales, le Pape les encourage à agir en union avec leurs évêques et selon ses directives pastorales, en tenant compte de l’histoire, de la liturgie, de la spiritualité et de la culture locale, sans confusion ni prosélytisme. L’Eglise catholique du Moyen Orient est ainsi invitée à renouveler son esprit missionnaire, un défi plus urgent que jamais dans un contexte multi-culturel et pluri-religieux. Une forte impulsion, en ce sens, pourra dériver de l’Année de la foi. Concernant la charité, le texte rappelle que l’Eglise doit suivre l’exemple du Christ qui s’est fait proche des plus faibles: les orphelins, les pauvres, les handicapés, les malades Enfin, le Pape salue et encourage toutes les personnes qui œuvrent, de façon impressionnante, au sein des centres éducatifs, dans les écoles, les instituts supérieurs et les universités catholiques du Moyen Orient. De tels instruments de culture, qui doivent être soutenus par les responsables politiques, démontrent qu’il existe là la possibilité de vivre dans le respect et dans la collaboration, à travers l’éducation à la tolérance.

La catéchèse et la formation chrétienne: Le document pontifical encourage la lecture et l’enseignement du catéchisme de l’Eglise catholique, ainsi qu’une initiation concrète à la doctrine sociale de l’Eglise. En même temps, le Pape invite les synodes et les autres organismes épiscopaux à faciliter les fidèles dans l’approche à la richesse spirituelle des pères de l’Eglise et dans l’actualisation de l’enseignement patristique, complément de la formation biblique.

CONCLUSION

De façon solennelle, Benoît XVI demande, au nom de Dieu, aux responsables politiques et religieux non seulement de soulager les souffrances de tous ceux qui vivent au Moyen Orient, mais aussi d’en éliminer les causes, en faisant tout le possible pour arriver à la paix. En même temps, les fidèles catholiques sont exhortés à consolider et à vivre la communion entre eux, en faisant naître un dynamisme pastoral. La tiédeur déplaît à Dieu. Or les chrétiens du Moyen Orient, catholiques et autres, doivent donc témoigner du Christ, unis et avec courage. Il s’agit d’un témoignage qui n’est pas facile, mais qui est exaltant".

POUR UNE NOUVELLE FRATERNITE

Cité du Vatican, 15 septembre 2012 (VIS). Benoît XVI a commencé sa seconde journée libanaise en se rendant au palais présidentiel de Baabda, où il a rencontré le Président de la République M.Michel Sleiman, mais aussi le chef du gouvernement et les corps constitués, les représentants des communautés chiite, sunnite, druze et alaouite, les représentants du monde culturel, auxquels il a remis un exemplaire de l'exhortation post-synodale. Après un entretien privé avec le chef de l'Etat, le Pape a été invité à planter dans le jardin de la présidence un cèdre du Liban. Puis il a gagné la Salle du 25 mai pour prononcer un discours, dont voici de larges extraits:

En plantant cet arbrisseau, "j’ai demandé à Dieu de vous bénir, de bénir le Liban et de bénir tous les habitants de cette Région qui a vu naître de grandes religions et de nobles cultures. Pourquoi Dieu a-t-il choisi cette Région ? Pourquoi vit-elle dans la tourmente ? Dieu l’a choisie, me semble-t-il, afin qu’elle soit exemplaire, afin qu’elle témoigne à la face du monde la possibilité qu’a l’homme de vivre concrètement son désir de paix et de réconciliation!... Afin d’assurer le dynamisme nécessaire pour construire et consolider la paix, il faut inlassablement revenir aux fondements de l’être humain. La dignité de l’homme est inséparable du caractère sacré de la vie donnée par le Créateur... Chaque personne est unique et irremplaçable. Elle vient au monde dans une famille, qui est son premier lieu d’humanisation, et surtout la première éducatrice à la paix. Pour construire la paix, notre attention doit donc se porter vers la famille afin de faciliter sa tâche, pour ainsi la soutenir et donc promouvoir partout une culture de la vie. L’efficacité de l’engagement pour la paix dépend de la conception que le monde peut avoir de la vie humaine. Si nous voulons la paix, défendons la vie! Cette logique disqualifie non seulement la guerre et les actes terroristes, mais aussi toute atteinte à la vie de l’être humain, créature voulue par Dieu. L’indifférence ou la négation de ce qui constitue la véritable nature de l’homme empêchent le respect de cette grammaire qu’est la loi naturelle inscrite dans le cœur humain... Nous devons donc unir nos efforts pour développer une saine anthropologie qui intègre l’unité de la personne. Sans elle, il n’est pas possible de construire la paix véritable".

"Evidentes dans les pays qui connaissent des conflits armés, des guerres remplies de vanité et d’horreur, les atteintes à l’intégrité et à la vie des personnes existent aussi dans d’autres pays. Le chômage, la pauvreté, la corruption, les diverses addictions, l’exploitation, les trafics de toutes sortes et le terrorisme entraînent, avec la souffrance inacceptable de ceux qui en sont victimes, un affaiblissement du potentiel humain. La logique économique et financière veut sans cesse nous imposer son joug et faire primer l’avoir sur l’être! Mais la perte de chaque vie humaine est une perte pour l’humanité entière... Certaines idéologies, en remettant en cause de façon directe ou indirecte, ou même légale, la valeur inaliénable de toute personne et le fondement naturel de la famille, sapent les bases de la société... Nous devons être conscients de ces menaces pour l’édification et à l’harmonie du vivre ensemble. Seule une solidarité effective constitue l’antidote à tout cela. Solidarité pour rejeter ce qui fait obstacle au respect de tout être humain, solidarité pour soutenir les politiques et les initiatives qui œuvrent en vue d’unir les peuples de façon honnête et juste. Il est beau de voir les actions de collaboration et de vrai dialogue qui construisent une nouvelle manière de vivre ensemble. Une meilleure qualité de vie et de développement intégral n’est possible que dans le partage des richesses et des compétences, en respectant l’identité de chacun. Mais un tel mode de vie convivial, serein et dynamique ne peut exister sans la confiance en l’autre, quel qu’il soit. Aujourd’hui, les différences culturelles, sociales, religieuses, doivent aboutir à vivre un nouveau type de fraternité, où justement ce qui unit est le sens commun de la grandeur de toute personne, et le don qu’elle est à elle-même, aux autres et à l’humanité. Là se trouve la voie de la paix, là est l’engagement qui nous est demandé! Là est l’orientation qui doit présider aux choix politiques et économiques, à chaque niveau et à l’échelle planétaire!

Pour ouvrir aux nouvelles générations un avenir de paix, la première tâche est donc celle d’éduquer à la paix pour construire une culture de paix. L’éducation, dans la famille ou à l’école, doit être avant tout l’éducation aux valeurs spirituelles qui donnent à la transmission du savoir et des traditions d’une culture, leur sens et leur force. L’esprit humain a le goût inné du beau, du bien et du vrai. C’est le sceau du divin, la marque de Dieu en lui! De cette aspiration universelle découle une conception morale ferme et juste, qui place toujours la personne au centre. Mais c’est seulement librement que l’homme peut se tourner vers le bien, car la dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, personnellement, c’est-à-dire mû et déterminé de l’intérieur, et non sous l’effet de poussées intérieures aveugles ou d’une contrainte purement extérieure. La tâche de l’éducation est d’accompagner la maturation de la capacité à faire des choix libres et justes, qui peuvent aller à contre-courant des opinions répandues, des modes, des idéologies politiques et religieuses. L’établissement d’une culture de paix est à ce prix. Il faut évidemment bannir la violence verbale ou physique. Elle est toujours une atteinte à la dignité humaine, celle de l’auteur comme celle de la victime. Par ailleurs, en valorisant les œuvres pacifiques et leur rayonnement pour le bien commun, on crée aussi l’intérêt pour la paix. Comme en témoigne l’histoire, de tels gestes de paix ont un rôle considérable dans la vie sociale, nationale et internationale. L’éducation à la paix formera ainsi des hommes et des femmes généreux et droits, attentifs à tous, et particulièrement aux personnes les plus faibles. Pensées de paix, paroles de paix et gestes de paix créent une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité, où les fautes et les offenses peuvent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. Que les hommes d’Etat et les responsables religieux y réfléchissent.

Nous devons être bien conscients que le mal n’est pas une force anonyme qui agit dans le monde de façon impersonnelle ou déterministe. Le mal, le démon, passe par la liberté humaine, par l’usage de notre liberté. Il cherche un allié, l’homme, et il a besoin de lui pour se déployer. C’est ainsi qu’ayant offensé le 1er commandement, l’amour de Dieu, il en vient à pervertir le second, l’amour du prochain. Avec lui, l’amour du prochain disparaît au profit du mensonge et de l’envie, de la haine et de la mort. Mais il est possible de ne pas se laisser vaincre par le mal et d’être vainqueur du mal par le bien... La transformation en profondeur de l’esprit et du cœur  est nécessaire pour retrouver une certaine clairvoyance et une certaine impartialité, le sens profond de la justice et celui du bien commun. Un regard nouveau et plus libre rendra capable d’analyser et de remettre en cause des systèmes humains qui conduisent à des impasses, afin d’avancer en tenant compte du passé pour ne plus le répéter avec ses effets dévastateurs. Cette conversion demandée est exaltante...mais aussi particulièrement exigeante. Il s’agit de dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner. Car seul le pardon donné et reçu pose les fondements durables de la réconciliation et de la paix pour tous. Alors seulement peut croître la bonne entente entre les cultures et les religions, la considération sans condescendance des unes pour les autres et le respect des droits de chacune.

Au Liban, christianisme et islam occupent un espace commun depuis des siècles. Il n'est pas rare que ces religions cohabitent dans une même famille. Si cela est possible en famille pourquoi ne le serait-ce pas dans une société? La spécificité du Moyen Orient réside dans une multiplicité croisée de comportements. Il est vrai, et c'est malheureux, que ces religions se soient affrontées. Or une société plurale et respectueuse doit être animée par le désir de connaître l'autre. Un tel dialogue n’est possible que dans la conscience qu’il existe des valeurs communes à toutes les grandes cultures, parce qu’elles sont enracinées dans la nature de la personne humaine... Ces valeurs appartiennent aux droits de tout être humain. Dans l’affirmation de leur existence, les différentes religions apportent une contribution décisive. N’oublions pas que la liberté religieuse est le droit fondamental dont dépendent beaucoup d’autres. Professer et vivre librement sa religion sans mettre en danger sa vie et sa liberté doit être possible à quiconque. La perte ou l’affaiblissement de cette liberté prive la personne du droit sacré à une vie intègre sur le plan spirituel... La liberté religieuse a une dimension sociale et politique indispensable à la paix! Elle promeut une coexistence et une vie harmonieuses par l’engagement commun au service de nobles causes et par la recherche de la vérité qui ne s’impose pas par la violence mais par la force de la vérité elle-même, cette vérité qui est en Dieu. Car la foi vécue...ne saurait conduire à la mort. L’artisan de paix est humble et juste. Les croyants ont donc aujourd’hui un rôle essentiel, celui de témoigner de la paix qui vient de Dieu et qui est un don fait à tous dans la vie personnelle, familiale, sociale, politique et économique. L’inaction des hommes de bien ne doit pas permettre au mal de triompher. Il est pire encore de ne rien faire.

Ces quelques réflexions sur la paix, la société, la dignité de la personne, sur les valeurs de la famille et de la vie, sur le dialogue et la solidarité ne peuvent demeurer de simples idéaux énoncés. Ils peuvent et doivent être vécus. Nous sommes au Liban et c’est ici qu’ils doivent être vécus. Le Liban est appelé, maintenant plus que jamais, à être un exemple. Politiques, diplomates, religieux, hommes et femmes du monde de la culture, je vous invite donc à témoigner avec courage, à temps et à contretemps autour de vous, que Dieu veut la paix, que Dieu nous confie la paix".

Après cette rencontre, le Saint-Père a gagné le patriarcat arménien catholique, où l'a reçu le Patriarche de Cilicie, SB Nersés Bedros XIX Tamouni. Il a béni une statue du moine Hagop, qui a composé le premier livre imprimé en arménien à Venise en 1512. Puis il a déjeuné avec tout l'épiscopat libanais.

LE MESSAGE DE LA RELIGION EST CONTRAIRE A LA VIOLENCE

Cité du Vatican, 15 septembre 2012. Dans l’avion le conduisant au Liban, le Pape a répondu hier aux questions des journalistes l’accompagnant à bord, portant sur la situation au Liban et au Moyen Orient:

Question : Ces jours-ci coïncident avec des anniversaires terribles, comme celui du 11 septembre ou du massacre de Sabra et Chatila. Aux frontières du Liban, une sanglante guerre civile fait rage, et nous voyons aussi dans d’autres pays que le risque de tomber dans la violence est toujours présent... Avez-vous été tenté de renoncer à ce voyage pour des motifs d’insécurité, ou quelqu’un vous a-t-il suggéré d’y renoncer?

Benoît XVI: Personne ne m’a conseillé de renoncer à ce voyage et, pour ma part, je n’ai jamais pensé à cette hypothèse, parce que je sais que si la situation devient plus compliquée, un signe de fraternité, d’encouragement, de solidarité est encore plus nécessaire. Le sens de mon voyage est d'inviter au dialogue, d'inviter à la paix, à cheminer ensemble pour trouver des solutions aux problèmes…

Question: Un grand nombre de catholiques manifeste son inquiétude face à l’accroissement des fondamentalismes dans différentes régions du monde et face aux agressions dont sont victimes de nombreux chrétiens. Dans ce contexte difficile et souvent sanglant, comment l’Eglise peut-elle répondre à l’impératif de dialogue avec l’islam, sur lequel vous avez plusieurs fois insisté?

Benoît XVI: Le fondamentalisme est toujours une falsification de la religion. Il va à l’encontre de l’essence de la religion qui est de réconcilier et de créer la paix de Dieu dans le monde.... Le message essentiel de la religion doit être contre la violence qui en est une falsification, comme l'est le fondamentalisme, et doit porter sur l’éducation, l’éclairage et la purification des consciences pour conduire au dialogue, à la réconciliation et à la paix.

Question: Suite à la vague de désir de démocratie qui s’est mise en mouvement dans beaucoup de pays du Moyen Orient avec ce que l’on a appelé le printemps arabe, et au vu de la réalité sociale de la plupart de ces pays où les chrétiens sont minoritaires, ne court-on pas le risque d’une tension inévitable entre la domination de la majorité et la survie du christianisme?

Benoît XVI: En lui-même, le printemps arabe est une chose positive. Il exprime un désir de plus de démocratie, de plus de liberté, de plus de coopération, d’une rénovation de l’identité arabe. Et ce cri de liberté qui vient d’une jeunesse plus formée sur le plan culturel et professionnel, et désireuse de participer davantage à la vie politique et sociale, est un progrès, une chose très positive et saluée aussi par nous les chrétiens. Dans l’histoire des révolutions, nous savons bien que le cri de la liberté…court toujours le risque d’oublier…une dimension fondamentale de cette liberté, qui est la tolérance envers l’autre, le fait que la liberté humaine est toujours une liberté partagée, qui ne peut se développer que dans le partage, la solidarité et le vivre ensemble, avec des règles précises... Nous devons faire tout notre possible pour que ce concept de liberté, ce désir de liberté prenne une bonne direction, sans oublier la tolérance, le vivre ensemble, la réconciliation, comme faisant fondamentalement partie de cette liberté. La rénovation de l’identité arabe implique aussi, je pense, un renouvellement du vivre ensemble séculaire et millénaire des chrétiens et des arabes qui, dans la tolérance entre la majorité et la minorité, ont construit ces terres et ne peuvent pas ne pas y vivre ensemble. Je pense qu’il est donc important de voir l’élément positif de ces mouvements et d’y prendre part afin que la liberté soit comprise d’une manière juste et réponde à plus de dialogue et non à la domination des uns sur les autres.

Question: En Syrie, comme en Irak il y a quelques années, de nombreux chrétiens se voient contraints de quitter leur pays, à contre cœur. Qu’est-ce que l’Église catholique entend faire ou dire pour les aider dans cette situation et pour empêcher la disparition des chrétiens en Syrie et dans d’autres pays du Moyen-Orient ?

Benoît XVI : Les chrétiens fuient mais aussi les musulmans. Naturellement, le danger que les chrétiens s’éloignent et ne soient plus présents sur ces terres est grand, et nous devons faire notre possible pour les aider à y rester. L’aide essentielle serait la cessation de la guerre, de la violence qui crée la fuite. Donc, la première chose est de faire tout ce qui est possible pour mettre fin à la violence et permettre de rester ensemble aussi dans l’avenir. Que pouvons-nous faire contre la guerre? Naturellement il faut répandre le message de la paix, faire comprendre que la violence ne résout jamais un problème et consolider les forces de paix... Ensuite, je dirais qu'il est besoin de gestes du peuple chrétien, de journées de prière pour le Moyen Orient, pour les chrétiens et pour les musulmans, et montrer la possibilité de dialogue et de solutions. L’importation des armes doit également cesser, parce que sans elle, la guerre ne pourrait continuer. Au lieu d’importer des armes, qui est un péché grave, nous devrions importer des idées de paix, de créativité, trouver des solutions pour accepter chacun dans son altérité. Nous devons donc rendre visible dans le monde le respect des religions, les unes pour les autres, le respect de l’homme comme créature de Dieu, l’amour du prochain comme fondamental pour toutes les religions. Ainsi, avec tous les gestes possibles, avec une aide matérielle aussi, on peut contribuer à ce que cessent la guerre, la violence, et que tous puissent reconstruire le pays.

Question: En plus de la prière et des sentiments de solidarité, voyez-vous des gestes concrets que les Eglises et les catholiques de l’Occident, surtout en Europe et en Amérique, puissent faire pour soutenir leurs frères du Moyen Orient?

Benoît XVI: Nous devons influer sur l’opinion politique et sur les hommes politiques pour qu’ils s’engagent réellement, avec toutes les forces, toutes les possibilités, et avec une vraie créativité, pour la paix, contre la violence. Personne ne devrait attendre de la violence des avantages, tous doivent contribuer... En outre, nos organisations caritatives doivent aussi apporter une aide matérielle et faire tout ce qui est possible. Nous disposons d’organisations comme les Chevaliers du St.Sépulcre, pour la Terre Sainte, mais des organisations similaires pourraient aussi aider sur le plan matériel, politique et humain dans ces pays également. Une fois encore, je dirais que des gestes visibles de solidarité, des journées de prière publique et d’autres initiatives, peuvent attirer l’attention de l’opinion publique, être de réels facteurs.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 15 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a:

Accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Bogdan Wojtus à l'office d'Auxiliaire de l'Archevêque de Gniezno (Pologne).

Nommé Membres de la Congrégation pour les causes des saints le Cardinal Ennio Antonelli, Président émérite du Conseil pontifical pour la famille, et Mgr.Gianfranco Girotti, Régent émérite de la Pénitencerie apostolique.

vendredi 14 septembre 2012

ARRIVEE DE BENOIT XVI AU LIBAN

Cité du Vatican, 14 septembre 2012 (VIS). L'avion papal est parvenu peu avant 14 h locales (13 h de Rome) à l'aéroport Rafiq Hariri de Beyrouth, qui porte le nom du chef du gouvernement libanais assassiné en 2005. Benoît XVI a été accueilli par le Président de la République M.Michel Sleiman, par le Patriarche maronite Béchara Boutros Raï, par le Président du Parlement M.Nabib Berri, et par le Président du Conseil des ministres M.Nagib Miqati. Dans son premier discours sur le sol libanais, le Pape a d'abord évoqué la visite effectuée au Vatican en février 2011, au cours de laquelle fut mise en place une statue de saint Maron au chevet de la basilique St.Pierre. Elle "manifeste un héritage spirituel séculaire en confirmant la vénération des libanais pour le premier des apôtres et pour ses successeurs". Soulignant ensuite l'excellence des relations entre le Saint-Siège et le Liban, il a rappelé le motif principal de sa visite, la signature et la publication de l’exhortation apostolique post-synodale de l’Assemblée spéciale pour le Moyen Orient du Synode des évêques, Ecclesia in Medio Oriente.

Saluant et remerciant de leur présence les Patriarches catholiques, et tout particulièrement le Patriarche émérite maronite, le Cardinal Nasrallah Boutros Sfeir, et son successeur, le Patriarche Béchara Boutros Raï, tous les évêques du Liban et tous les chrétiens du Moyen Orient. "Destinée à l’ensemble du monde, l’exhortation se propose d’être une feuille de route pour les années à venir. Je me réjouis également de pouvoir rencontrer durant mon séjour de nombreuses délégations des communautés catholiques de ce pays, de pouvoir célébrer et prier ensemble. Leur présence, leur engagement et leur témoignage sont une contribution reconnue et hautement appréciée dans la vie quotidienne de la société toute entière". Il a enfin salué les Patriarches et tous les évêques orthodoxes venus l'accueillir, ainsi que les représentants des autres communautés religieuses: "Votre présence, chers amis, démontre l’estime et la collaboration que vous souhaitez alimenter dans un respect partagé. Je vous remercie pour vos efforts et je suis certain que vous continuerez à rechercher des voies d’unité et de concorde. Je n’oublie pas les événements tristes et douloureux qui ont affligés votre beau pays durant de longues années. L’heureuse convivialité toute libanaise, doit démontrer à l’ensemble du Moyen Orient et au reste du monde qu’à l’intérieur d’une nation, peuvent exister la collaboration entre les différentes Eglises, toutes membres de l’unique Eglise catholique, dans un esprit fraternel de communion avec les autres chrétiens, et dans le même temps, la convivialité et le dialogue respectueux entre les chrétiens et leurs frères d’autres religions. Vous savez comme moi que cet équilibre qui est présenté partout comme un exemple, est extrêmement délicat. Il menace parfois de se rompre lorsqu’il est tendu comme un arc, ou soumis à des pressions qui sont trop souvent partisanes, voire intéressées, contraires et étrangères à l’harmonie et à la douceur libanaises. C’est là qu’il faut faire preuve de réelle modération et de grande sagesse. Et la raison doit prévaloir sur la passion unilatérale pour favoriser le bien commun de tous".

Je viens aussi, a poursuivi le Saint-Père, "pour dire combien est importante la présence de Dieu dans la vie de chacun et combien la façon de vivre ensemble, cette convivialité dont désire témoigner votre pays, ne sera profonde que si elle est fondée sur un regard accueillant et bienveillant envers l’autre, que si elle est enracinée en Dieu qui désire que tous les hommes soient frères. Le fameux équilibre libanais qui veut continuer à être une réalité, peut se prolonger grâce à la bonne volonté et à l’engagement de tous les libanais. Alors seulement, il servira de modèle aux habitants de toute la région, et au monde entier. Il ne s’agit pas là uniquement d’une œuvre humaine, mais d’un don de Dieu qu’il faut demander avec insistance, préserver à tout prix, et consolider avec détermination".
"Les liens entre le Liban et le Successeur de Pierre sont anciens et profonds... C'est pourquoi je viens au Liban en un pèlerin de paix, comme un ami de Dieu, et comme un ami des hommes. Je vous donne ma paix, a dit le Christ. Et au-delà de votre pays, je viens aussi aujourd’hui symboliquement dans tous les pays du Moyen Orient, comme un pèlerin de paix, comme un ami de Dieu, et comme un ami de tous les habitants de tous les pays de la région quelles que soient leur appartenance confessionnelle et leur foi... Vos joies et vos peines sont continuellement présentes dans la prière du Pape, qui demande à Dieu de vous assister et de vous soulager. Je puis vous assurer que je prie particulièrement pour tous ceux qui souffrent dans cette région, et ils sont nombreux. La statue de saint Maron me rappelle ce que vous vivez et endurez". Après la cérémonie d'accueil, le Pape et sa suite ont gagné la nonciature de Harissa.


AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 14 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.James D.Conley, Evêque de Lincoln (superficie 61.732, population 580.826, catholiques 95.584, prêtres 147, diacres 3, religieux 224), aux Etats-Unis d'Amérique. Jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de Denver (USA), il succède à Mgr.Fabian W.Bruskewitz, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

Mgr.Rosolino Bianchetto Boffelli, Evêque de Quiché (superficie 8.378, population 732.000, catholiques 515.000, prêtres 33, religieux 97), au Guatemala. Il était jusqu'ici Evêque de Zacapa y Santo Cristo de Esquipulas (Guatemala).


AVIS

Cité du Vatican, 14 septembre 2012 (VIS). En raison du voyage apostolique au Liban, le bulletin VIS sera diffusé demain samedi et dimanche 16 septembre.

jeudi 13 septembre 2012

A PROPOS DE L'ATTAQUE DU CONSULAT AMERICAIN DE BENGHAZI

Cité du Vatican, 13 septembre 2012 (VIS). Voici la déclaration publiée ce matin par le P.Federico Lombardi, SJ, Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, à propos de l'attaque subie mardi soir par le consulat des Etats-Unis à Benghazi (Libye): "L'attentat contre une représentation diplomatique américaine en Libye, ayant entraîné la mort de l'ambassadeur et de trois autres fonctionnaires, est fermement condamné par le Saint-Siège. Comme déjà affirmé, rien ne saurait justifier la violence homicide d'organisations terroristes. Participant au deuil et priant pour les victimes", le siège apostolique redit son "espoir que, malgré ce tragique épisode, la communauté internationale parvienne aux meilleures solutions pour la poursuite de son engagement en faveur de la paix en Libye comme dans tout le Proche Orient".


BEYROUTH, VILLE ET CIRCONSCRIPTIONS ECCLESIASTIQUES

Cité du Vatican, 13 septembre 2012 (VIS). Demain, Benoît XVI entame son vingt-quatrième voyage apostolique et se rend au Liban, où il signera dimanche à Beyrouth l'exhortation post-synodale de l'Assemblée spéciale pour le Moyen Orient du Synode des évêques (2010). Le nom de la capitale libanaise dérive du mot cananéen désignant des puits. Cette ville est citée par les archives égyptiennes dès le second millénaire avant notre ère, fameuse pour son commerce maritime. De cité phénicienne elle devint colonie romaine en 14 de notre ère et fut détruite par des séismes et un raz de marée en 551. Elle ne fut relevée qu'après l'arrivée des arabes en 635. Devenue ville franque, elle passa sous le contrôle des mamelouks après l'expulsion définitive des croisés en 1229. Beyrouth sera longtemps un port de référence pour le commerce de Venise et de Gênes. Sous l'occupation ottomane sa population s'accrut notablement grâce à l'exode de chrétiens échappés aux massacres accomplis en 1860 dans les montagnes libanaises. Après la pacification imposée par les puissances occidentales, arrivèrent des missionnaires protestants de Grande Bretagne, des Etats-Unis et d'Allemagne, et catholiques principalement de France. Les évangélistes américains ont fondé l'American University of Beirut en 1866 et les jésuites l'Université St.Joseph en 1881. Grâce notamment au développement de la typographie arabe, française et anglaise, Beyrouth devint le foyer d'excellence du journalisme, de l'édition et de la culture des pays arabes. Après la chute de l'empire ottoman à la fin de la première guerre mondiale, le Liban passa sous mandat français puis, avec l'indépendance en 1943, devint "la Suisse du Proche Orient", une place commerciale, financière et touristique d'importance régionale. En 1970 l'expulsion de Jordanie des exilés palestiniens entraîna la phase contemporaine avec l'installation au Liban de leur base politico-militaire anti-israélienne, ce qui radicalisa les tensions inter-communautaires internes entre chrétiens, druzes et musulmans. La guerre civile qui en suivit de 1975 à 1991 a ravagé la capitale et ses infrastructures, mais aussi l'économie de tout le pays.

Beyrouth compte cinq diocèses. Le diocèse maronite (1577) est une archi-éparchie comptant 232.000 fidèles, dont Mgr.Paul Youssef Matar est le titulaire. Le diocèse melchite (Jbeil IV siècle), qui a été érigé au rang métropolitain en 1881, compte 200.000 fidèles avec à leur tête Mgr.Cyril Salim Bustros. Le diocèse arménien (1928), éparchie dépendante de l'Eglise patriarcale de Cilice, compte 12.000 fidèles sous la conduite de SB Nerser Bedros XIX Taamouni. Le diocèse chaldéen (1957) compte 19.000 fidèles dont l'évêque est Mgr.Michel Kassarji. Celui des syro-catholiques est une éparchie érigée en 1817 et dépendante de l'Eglise patriarcale d'Antioche, avec 14.500 fidèles sous la conduite de SB Ignace Youssif III Younan. Enfin, les 10.000 latins dispose d'un vicariat apostolique, confié à la cure de Mgr.Paul Dahdah, OCD.

AUDIENCES

Cité du Vatican, 13 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audiences séparés:

Le Cardinal Marc Ouellet, PS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.

Le Cardinal Joachim Meisner, Archevêque de Cologne (Allemagne).

mercredi 12 septembre 2012

DECLARATION DU DIRECTEUR DE LA SALLE DE PRESSE

Cité du Vatican, 12 septembre 2012 (VIS). Ce midi, le P.Federico Lombardi, SJ, Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, a réagi aux graves épisodes de violence qui se sont produits hier soir à Benghazi (Libye): "Le respect des religions, de leurs représentants et symboles constitue la base de la coexistence pacifique des peuples. Une fois encore, de graves et injustifiables offenses à la sensibilité des musulmans ont pour résultat un évènement tragique, qui vient accroître tension et haine, accroissant une violence inacceptable. Le message de dialogue et de respect pour tous les croyants que le Pape s'apprête à porter au Liban montre la voie que tous devraient prendre pour bâtir ensemble la coexistence des religions et des peuples dans la paix".

AUCUNE PRIERE N'EST PERDUE

Cité du Vatican, 12 septembre 2012 (VIS). Ce matin Salle Paul VI, le Pape a consacré la catéchèse de l'audience générale à la prière dans la seconde partie de l'Apocalypse, "une prière qui s'étend au monde entier, l'Eglise cheminant dans l'histoire". Dans cette partie, a poursuivi Benoît XVI, "l'assemblée doit savoir lire en profondeur ce qu'elle vit, en discernant par la foi les événements de manière à agir pour le Royaume. Cette lecture de discernement et d'action est intimement liée à la prière... Elle est appelée à monter au ciel pour voir les choses avec les yeux de Dieu". Le premier des trois symboles décrits par saint Jean est un trône, le trône du Tout Puissant "qui n'est pas resté clos dans son ciel mais s'est rapproché de l'homme pour s'allier à lui". Le livre ensuite symbolise "le plan divin sur les choses et les hommes, scellé de sept sceaux et que personne ne peut lire. Mais face à l'égarement de l'humanité face au mystère de l'histoire, quelqu'un viendra l'ouvrir et éclairer" le monde. Le troisième symbole enfin est l'agneau, "le Christ immolé par le sacrifice de la croix, debout en signe de sa résurrection. C'est l'Agneau, le Christ mort et ressuscité, qui lève progressivement les sceaux et révèle le plan de Dieu, le sens profond de l'histoire".

Ces symboles disent la "voie à suivre pour savoir lire les événements et nos vies mêmes. En tournant nos regards vers le ciel, en invoquant le Christ "dans la prière personnelle ou communautaire, on apprend à voir les choses sous un autre jour et à en apprécier le sens profond... Avant tout, le Christ invite la communauté à envisager avec réalisme le présent". Ayant brisé les quatre premiers sceaux, l'Agneau fit voir "à l'Eglise le monde dans lequel elle est immergée et dans lequel existent des aspects négatifs, les méfaits accomplis par l'homme telles la violence...et l'injustice", mais aussi "les maux qu'il doit subir, comme la faim, la maladie ou la mort... Face à ces drames, la communauté ecclésiale est invitée à ne pas se désespérer et à croire fermement que la force apparente du Malin sera écrasée par la toute puissante divine". C'est alors que Jean décrit un cheval blanc symbolisant "l'entrée de la force de Dieu dans l'histoire des hommes, seule en mesure de combattre le mal et de le vaincre... Dieu s'est approché de l'humanité au point de descendre dans les ténèbres de la mort pour les éclairer de la splendeur de la vie divine. Il s'est chargé des maux de ce monde pour le purifier du feu de son amour... L'Apocalypse nous dit que la prière alimente en chacun de nous et dans nos communautés la lumière de l'espérance ultime... L'Eglise ne se referme pas sur elle même mais entreprend courageusement sa marche parmi souffrances et obstacles, affirmant que le mal ne vaincra pas le bien, que l'obscurité n'offusquera pas la splendeur de Dieu... Les chrétiens ne sauraient être pessimistes!... La prière les forme à discerner les signes de Dieu, sa présence et son action, de manière à diffuser sa lumière et l'annonce de sa victoire". La vision de Jean s'achève par l'apparition d'un ange thuriféraire qui ne cesse d'alimenter son encensoir d'or. Ces grains d'encens", a précisé le Saint-Père, symbolisent nos prières. "Nous devons nous convaincre qu'il n'existe pas de prière inutile ou superflues" car Dieu n'est jamais insensible aux suppliques des hommes. "Souvent, face au mal, on croit ne rien pouvoir faire, alors que la prière est la réponse la plus efficace pour renforcer notre engagement quotidien en faveur du bien. La puissance divine rend notre faiblesse féconde",

VERS LE LIBAN

Cité du Vatican, 12 septembre 2012 (VIS). Après la catéchèse de l'audience générale, le Saint-Père s'est adressé aux libanais pour dire sa joie d'être parmi eux dans 48 h: "Je me réjouis d'un voyage apostolique qui me permettra de rencontrer de nombreuses composantes de la société libanaise, responsables civils et ecclésiaux, fidèles catholiques de divers rites, d'autres chrétiens, des musulmans et des druzes. Je rends grâce au Seigneur pour cette richesse qui ne pourra continuer que si elle vit dans la paix et la réconciliation permanente. C’est pourquoi j’exhorte tous les chrétiens du Moyen Orient, qu’ils soient de souche ou nouveaux arrivés, à être des bâtisseurs de paix et des agents de réconciliation. Demandons à Dieu de fortifier la foi des chrétiens du Liban et du Moyen Orient, et de les remplir d’espérance. Je le remercie pour leur présence et j’encourage l’Eglise toute entière à la solidarité afin qu’ils puissent continuer à témoigner du Christ sur ces terres bénies en recherchant la communion dans l’unité. Je rends grâce aussi pour toutes les personnes et toutes les institutions qui, de multiples manières, les aident dans ce sens. L’histoire de la région dit le rôle important et souvent primordial joué par les différentes communautés chrétiennes dans le dialogue inter-religieux et inter-culturel. Demandons à Dieu de donner à cette région du monde la paix si désirée, dans le respect des légitimes différences. Que Dieu bénisse le Liban et le Moyen Orient!".

LA MISSION EVANGELISATRICE EN AFRIQUE

Cité du Vatican, 12 septembre 2012 (VIS). Hier, au nom du Saint-Père, le Cardinal Secrétaire d'Etat a envoyé une lettre au Cardinal Polycarp Pengo, Archevêque de Dar-es-Salaam (Tanzanie), à l'occasion de l'ouverture des travaux de la première Rencontre de pastorale de la route et de la rue en Afrique et à Madagascar: "Comme les pères synodaux l'ont reconnu prophétiquement lors des deux assemblées spéciales pour l'Afrique du Synode des évêques, l'intérêt de l'Eglise pour le développement de toute personne, en particulier les plus pauvres et marginalisés, est au coeur de sa mission évangélisatrice africaine". Benoît XVI espère que ce rendez-vous "favorisera la coopération et la coordination des efforts entre les Eglises locales dans la défense de la vie en danger le long des rues et et des routes de ce continent. Il sollicite une attention toute particulière aux besoins des femmes et des enfants qui y vivent, que ce soit à cause de facteurs socio-économiques ou politiques, ou qu'il s'agisse de victimes de trafiquants locaux et internationaux. A ces attentions, il ajoute les questions touchant aux usagers des routes et des rues, comme l'insécurité des transports qui menace des millions d'africains. Le Pape prie pour que la rencontre confirme l'Eglise qui est en Afrique et à Madagascar dans son témoignage évangélique" et sa contribution à l'édification d'une nouvelle société continentale.

AUDIENCES

Cité du Vatican, 12 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce midi SS Karekin II, Patriarche suprême et Catholicos des arméniens.

mardi 11 septembre 2012

POURSUITE DU PROCESSUS ANTI - RECYCLAGE

Cité du Vatican, 11 septembre 2012 (VIS). Après le Rapport du Moneyval, le Saint-Siège poursuit son engagement à répondre à ses recommandations, dans la voie de la transparence et de la fiabilité financière. Selon ce que le P.Federico Lombardi, SJ, a confié ce jour à Radio Vatican, preuve de ceci est l'engagement par le Saint-Siège d'un expert international en lutte contre le recyclage et le financement du terrorisme. Suisse, M.René Bruelhart a été durant huit ans Directeur de la Financial Intelligence Unit du Liechtenstein et, depuis 2010, Vice Président du groupe Egmont - FIU. Il a initié ce mois-ci son rôle de conseiller du Saint-Siège pour tout ce qui touche à l'anti-recyclage, chargé du renforcement des mesures de lutte contre les crimes financiers. Cette nomination confirme la ferme volonté du Saint-Siège de lutter efficacement en la matière.

FEMMES ET ENFANTS DANS LA PASTORALE DE LA ROUTE - RUE

Cité du Vatican, 11 septembre 2012 (VIS). Aujourd'hui s'est ouverte à Dar-es-Salaam (Tanzanie), la première Rencontre intégrée de pastorale de la route et de la rue en Afrique et à Madagascar: "Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux". Ces assises, organisées par le Conseil pontifical pour la pastorale de la migration et la Commission épiscopale tanzanienne pour la migration, entendent aborder notamment la question des femmes qui volontairement ou contraintes sont victimes de nouvelles formes d'esclavage. "Malheureusement, l'insuffisant respect de sa dignité et de ses droits fait que la femme a moins de perspectives de formation et d'emploi". Il sera également question des enfants des rues, engendrés par des conflits familiaux et des problèmes socio-culturels. Ces femmes et ces enfants sont victimes de la pauvreté, de violences familiales, de conflits civils ou tribaux, de la superstition, de la criminalité et de ses exploitations. La réflexion des congressistes portera aussi sur les usagers des routes, les transporteurs et les responsables de la circulation. Il s'agit souvent de personnes à bas revenu, sans emploi ni assistance sanitaire garantis, soumis à l'éloignement de la famille, à la fatigue et à de longues attentes aux frontières. Ces questions seront examinées à la lumière des Orientations spécifiques publiées en 2007 par le Conseil pontifical et des Exhortations apostoliques Ecclesia in Africa et Africae Munus de 1995 et 2011. Les 85 participants proviennent d'une trentaine de pays africains et de Madagascar, évêques, prêtres, religieux et laïcs représentant les commissions épiscopales compétentes, la Caritas Internationalis et les diverses congrégations engagées dans l'assistance de ces personnes sur le continent africain. Cet après-midi, au cours de la session inaugurale de la Rencontre, sera lue la lettre que le Cardinal Secrétaire d'Etat a rédigé au nom du Saint-Père. Demain, la première conférence sera prononcée par Mgr.Joseph Kalathiparambil, Secrétaire du Conseil pontifical, qui présentera les Orientations de 2007, le document de base du point de vue des usagers de la rue et de la route comme de celui des personnes contraintes à y vivre. Il rappellera la responsabilité pastorale de l'Eglise à dénoncer les injustices, à défendre la dignité des personnes exploitées ou maltraitées, à les soutenir et à les aider en toute circonstance.

lundi 10 septembre 2012

VISITE DE LA CONFERENCE EPISCOPALE DE COLOMBIE

Cité du Vatican, 10 septembre 2012 (VIS). "L'histoire de la Colombie est irrémédiablement marquée par la profonde foi catholique de son peuple, par son amour pour l'Eucharistie, sa dévotion à la Vierge, ainsi que par le témoignage de charité de ses pasteurs et de ses fidèles laïcs. L'annonce de l'Evangile a fructifié parmi vous", a dit le Saint-Père au deuxième groupe d'évêques de la Conférence épiscopale de Colombie, au terme de leur visite Ad Limina. Mais ces prélats ont notamment constaté "les effets dévastateurs de la sécularisation croissante qui agit avec force sur les modes de vie et renverse l'échelle des valeurs des personnes, en sapant les fondements de la foi catholique, du mariage, de la famille et de la morale chrétienne". A ce sujet, a-t-il observé, "l'incessante défense et la promotion de l'institution familiale doit rester une priorité pastorale pour vous. C'est pourquoi, malgré les difficultés, je vous invite à ne pas diminuer vos efforts et à continuer de proclamer toute la vérité sur la famille, fondée sur le mariage, comme Eglise domestique et sanctuaire de vie". Benoît XVI a ensuite rappelé que le plan global (2012 - 2020) de la Conférence épiscopale colombienne avait pour objectif général "d'encourager les processus de nouvelle évangélisation pour former des disciples missionnaires, animer la communion ecclésiale et agir dans la société à partir des valeurs de l'Evangile... J'accompagne cette intention de ma prière en demandant à Dieu que, pour la mener à terme, les ministres de l'Eglise ne cessent de s'identifier aux sentiments du Christ, le Bon Pasteur, en allant à la rencontre de tous...pour leur offrir la lumière de sa Parole. Ainsi, la dynamique de renouveau intérieur conduira vos compatriotes à régénérer leur amour dans le Seigneur, source d'où pourront jaillir des chemins inspirant une ferme espérance pour vivre sa foi de façon responsable et joyeuse et la diffuser". Puis il a invité les évêques à consacrer "la plus grande part de votre ministère aux prêtres, diacres et religieux dont vous avez la charge...en les aidant à discerner la vérité de l'appel de Dieu, afin qu'ils y répondent avec générosité et rectitude d'intention. A ce sujet, et selon les orientations du magistère, il serait propice de réviser les contenus et méthodes de formation, afin que celle-ci réponde aux défis de l'époque actuelle et aux besoins et priorités du peuple de Dieu". Malgré quelques signes encourageants, "la violence continue de sévir provoquant souffrance, solitude, mort et injustice pour beaucoup de nos frères en Colombie", a souligné le Pape qui a par ailleurs remercié "la mission pastorale qui, souvent dans des endroits difficiles et dangereux, se dépense en faveur de nombreuses personnes qui souffrent injustement dans leur pays". Enfin, il a encouragé les membres de l'épiscopat à continuer d'agir en faveur de la vie humaine et de la paix, en s'inspirant pour cela de l'exemple de notre Sauveur et en demandant humblement sa grâce. Ils sèment l'Evangile et moissonneront la réconciliation, car ils savent que là où arrive le Christ, la concorde s'ouvre un chemin, la haine cède le pas au pardon et la rivalité se transforme en fraternité.

RENCONTRE INTERNATIONALE POUR LA PAIX


Cité du Vatican, 10 septembre 2012 (VIS). Benoît XVI a chargé le Cardinal Secrétaire d'Etat de fare parvenir un message au Cardinal Vinko Puljic, Archevêque de Sarajevo Vrhbosna (Bosnie-Herzégovine), dans lequel il salue, outre les habitants de sa ville, les représentants des Eglises, communautés ecclésiales et religions non chrétiennes participant à la XXVI Rencontre internationale pour la paix de la communauté de Sant' Eglidio: "Il est réconfortant de voir que le pèlerinage de paix entrepris à Assise en 1986 par Jean-Paul II continue de porter des fruits". C'est à Assise également que son successeur "a relancé l'alliance entre croyants et personnes n'appartenant à aucune tradition religieuse, mais sincèrement en recherche de la vérité et convaincus qu'elle peut venir d'un dialogue profond, soit d'une purification de la religion soit de l'ouverture aux grandes questions comme au mystère qui entoure le monde. Cet avancer ensemble vers la vérité peut se fondre dans un pèlerinage commun vers la paix". Le Saint-Père, écrit pour conclure le Cardinal Bertone, "s'unit spirituellement à l'assemblée...et bénit ses efforts..., certain que le Seigneur, Père de tout homme, continuera de les guider sur le chemin de la paix et de la rencontre pacifique entre les peuples".

JESUS EST VENU OUVRIR LE COEUR DES HOMMES

Cité du Vatican, 9 septembre 2012 (VIS). A l'angélus dominical, récité dans la cour du palais de Castelgandolfo, Benoît XVI a illustré la parole Ephphatha, Ouvre-toi, qui résume l'oeuvre et le message du Christ. Marc rapporte que Jésus traversait la Décapole, une région non juive située entre la côte et la Galilée, lorsqu'on lui demanda de guérir un sourd muet. "Lui ayant touché les oreilles et la langue, il tourna son regard aux cieux et, dans un profond soupir, dit Ephphatha, Ouvre-toi. Aussitôt l'homme entendit et commença à parler couramment. Grâce à l'intervention de Jésus, ce sourd muet s'ouvrit. Jusqu'alors fermé, isolé, il lui était très difficile de communiquer. Sa guérison fut une ouverture au monde qui, partant des sens, embrassa tout son être et sa vie. Enfin put-il communiquer d'une nouvelle manière. Nous savons que la fermeture de l'homme sur soi, son isolement, ne dépendent uniquement du non fonctionnement des organes. C'est une fermeture intérieure, au plus profond de son être que la Bible appelle coeur, ce coeur que Jésus est venu ouvrir et libérer afin que nous vivions pleinement notre rapport à Dieu et aux autres. C'est la raison pour laquelle il disait Ephphatha, cette courte parole qui résume la mission christique. Dieu s'est fait homme afin que l'homme, rendu sourd et muet par le péché, puisse l'entendre, écouter la voix de l'amour parlant à son coeur, et apprenne à parler ce langage en communiquant avec Dieu et avec les autres".

POUR LA RECONCILIATION AU LIBAN

Cité du Vatican, 9 septembre 2012 (VIS). Après l'angélus, le Pape s'est exprimé en français et en arabe sur son imminent voyage au Liban, pays où il signera l'Exhortation apostolique post-synodale de l'Assemblée spéciale pour le Moyen Orient du Synode des évêques de 2010: "J’aurai l’heureuse occasion de rencontrer le peuple libanais et ses autorités, ainsi que les chrétiens de ce cher pays, et ceux venus des pays voisins. Je n’ignore pas la situation souvent dramatique vécue par les populations de cette région meurtrie depuis trop de temps par d’incessants conflits. Je comprends l’angoisse de nombreux moyen-orientaux plongés quotidiennement dans des souffrances de tout ordre qui affectent, parfois mortellement, leur vie personnelle et familiale. J’ai une pensée préoccupée pour ceux qui, cherchant un espace de paix, fuient leur vie familiale et professionnelle et expérimentent la précarité de l’exil. Même s’il semble difficile de trouver des solutions aux différents problèmes qui affligent la région, on ne saurait se résigner à la violence et à l’exaspération des tensions. L’engagement pour un dialogue et pour la réconciliation doit être prioritaire pour toutes les parties impliquées, et il doit être soutenu par la communauté internationale, toujours plus consciente de l’importance pour le monde entier d’une paix stable et durable de la région toute entière. Ce voyage apostolique au Liban, et par extension à l’ensemble du Moyen Orient, placé sous le signe de la paix, reprend la parole du Christ: Je vous donne ma paix. Que Dieu bénisse le Liban et le Moyen Orient!".

DIX PLACES POUR DIX COMMANDEMENTS

Cité du Vatican, 9 septembre 2012 (VIS). Dix places pour dix commandements, tel est le titre de l'initiative organisée par la communauté du Renouveau dans l'Esprit, inaugurée hier soir Place du Peuple à Rome. Il s'agit d'une série de rencontres d'évangélisation qui auront lieu tout au long de l'année dans différentes villes italiennes. A cette occasion, le Pape a adressé aux participants à cette initiative un message vidéo diffusé par écrans géants: "Quel sens ont les dix commandements pour nous dans un contexte culturel où la sécularisation et le relativisme risquent de devenir les critères de tout choix, dans notre société qui semble vivre comme si Dieu n'existait pas? Nous, nous répondons que Dieu nous a donné ses commandements pour nous éduquer à la vrai liberté et à l'amour authentique de façon à ce que nous puissions être vraiment heureux. Ils sont un signe de l'amour du Père, de son désir de nous enseigner le discernement du bien et du mal, du vrai du faux, du juste et de l'injuste. Ils sont compréhensibles par tous et c'est justement parce qu'ils fixent les valeurs fondamentales par des normes et des règles concrètes que l'homme, s'il les met en pratique, peut parcourir le chemin de la vraie liberté...qui conduit à la vie et au bonheur. Au contraire, lorsque l'homme ignore les commandements, non seulement il se prive de Dieu et abandonne son alliance avec lui, mais il s'éloigne aussi de la vie et du bonheur durable. L'homme laissé à lui-même, indifférent à Dieu, fier d'une autonomie absolue, finit par suivre les idoles de l'égoïsme, du pouvoir, de la domination, empoisonnant ses relations avec lui-même et avec les autres, et parcourant des sentiers non pas de vie mais de mort. Les tristes expériences de l'histoire, surtout au siècle dernier, restent un avertissement pour toute l'humanité... Jésus conduit à sa plénitude la voie des commandements par sa croix et sa résurrection. Il pousse au dépassement radical de l'égoïsme, du péché et de la mort, en se donnant lui-même par amour. Seul l'accueil de l'amour infini de Dieu, la confiance en lui, le fait de suivre la route qu'il nous a tracé, donne un sens profond à la vie et ouvre un avenir d'espérance", a conclu le Saint-Père.

LA MARIOLOGIE A PARTIR DU CONCILE VATICAN II

Cité du Vatican, 8 septembre 2012 (VIS). Les participants au XXIII Congrès mariologique international, "La mariologie à partir du concile Vatican II. Réception, bilan et perspectives", ont été reçus à Castelgandolfo ce matin par Benoît XVI qui a souligné le caractère opportun de ce thème puisque le 11 octobre prochain on fêtera le cinquantième anniversaire de ces assises conciliaires.

Le Pape qui a participé au concile comme jeune théologien a rappelé que le chapitre VIII de la Constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen Gentium, intitulé La Bienheureuse Vierge Marie Mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l'Eglise, enrichit ce document dans lequel la figure de Marie, "relue et reproposée à partir de la Parole de Dieu, à partir des textes de la tradition patristique et liturgique, et au-delà de la large réflexion théologique et spirituelle, apparaît dans toute sa beauté et sa singularité et s'insère étroitement dans les mystères fondamentaux de la foi chrétienne. Marie, dont on souligne avant tout la foi, fait partie du mystère d'amour et de communion de la Trinité, sa coopération au plan divin du salut et à l'unique médiation du Christ est clairement affirmée dans toute son importance, faisant ainsi d'elle un modèle et une référence pour l'Eglise qui reconnaît en elle sa vocation et sa mission. La piété populaire, depuis toujours tournée vers Marie, est donc nourrie de références bibliques et patristiques... Si ce texte conciliaire n'a pas épuisé toutes les problématiques relatives à la figure de la Mère de Dieu, il est herméneutiquement essentiel pour une réflexion à venir, tant à théologique que plus précisément spirituel et pastoral. Il représente, en outre, un précieux point d'équilibre, toujours nécessaire, entre la rationalité théologique et l'affectivité croyante... La figure singulière de la Mère de Dieu doit être abordée et approfondie à partir de perspectives différentes et complémentaires. Bien que la Via Veritatis reste toujours valide et nécessaire, on doit aussi parcourir la Via Pulchritudinis et la Via Amoris pour découvrir et contempler plus profondément encore la foi cristalline et solide de Marie, son amour pour Dieu et son espérance inébranlable", a conclu Benoît XVI.

PASTORALE DE LA ROUTE ET DE LA RUE EN AFRIQUE

Cité du Vatican, 10 septembre 2012 (VIS). A Dar-es-Salaam (Tanzanie), le Conseil pontifical pour la pastorale de la migration et la Commission épiscopale tanzanienne pour l'émigration organisent du 11 au 15 septembre la première Rencontre intégrée de pastorale de la route et de la rue: "Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux". Son but est de sélectionner des initiatives et d'élaborer des programmes pastoraux locaux en faveur des personnes vivant dans la rue ou sur les routes, femmes et enfants abandonnés, personnes sans domiciles, mais aussi transporteurs et responsables de la circulation. Les travaux seront ouverts par le Cardinal Polycarp Pengo, Archevêque de cette ville, et par Mgr.Francisco M.Padilla, Nonce en Tanzanie.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 8 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Luigi Travaglino, Nonce apostolique à Monaco, déjà Observateur permanent près les organisations et organismes des Nations-Unis FAO, IFAD, PAM.

Mgr.Piero Amenta, Prélat Auditeur du Tribunal de la Rote Romaine.

Mgr.Rolando J.Tria Tirona, OCD, Archevêque métropolitain de Caceres (superficie 3.207, population 1.314.000, catholiques 1.272.000, prêtres 224, religieux 376), aux Philippines. Jusqu'ici Prélat d'Infanta (Philippines), il succède à Mgr.Leonardo Z.Legaspi, OP, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge.

L'Abbé Jojo Anand, Evêque d'Hazaribag (superficie 21.213; population 5.347.000, catholiques 35.875, prêtres 108, religieux 515), en Inde. L'Evêque élu, né en 1959 à Minjiutgarha-Kutungia (Inde) et ordonné prêtre en 1992, succède à Mgr.Charles Soreng, SJ, dont la renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée pour limite d'âge. Il été vicaire de paroisse et enseignant, Directeur de l'Archdiocesan Faith Formation Team puis de l'Evangelization and Faith Formation, Vicaire Général et Chargé des séminaires du diocèse de Simdega.

AUDIENCES

Cité du Vatican, 10 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audiences séparées:

Le Cardinal Angelo Scola, Archevêque de Milan (Italie).

M.Vladeta Jankovic, Amassadeur de Serbie, en visite de congé.

Samedi dernier, 8 septembre, il avait successivement reçu:
M.Andrea Riccardi, M.Marco Impagliazzo et Mgr.Vincenzo Paglia, Fondateur, Président et Assistant ecclésiastique de la communauté de Sant' Egidio.

Sept prélats de la Conférence épiscopale colombienne en visite Ad Limina:

Mgr.Julio Hernando García Peláez, Evêque d'Istima-Tadó et Administrateur apostolique du diocèse de Quibdó.

Mgr.Jorge Alberto Ossa Soto, Evêque de Santa Rosa de Osos.

Mgr.Guillermo Orozco Montoya, Evêque de Girardota.

Mgr.José Roberto López Londoño, Evêque de Jerico.

Mgr.Fidel León Cadavid Marín, Evêque de Sonson-Rionegro.

Mgr.Héctor Cubillos Peña, Evêque de Zipaquirá.

Mgr.Orlando Roa Barbosa, Auxiliaire de Ibagué.

vendredi 7 septembre 2012

DES EGLISES JEUNES POUR UNE EGLISE UNIVERSELLE FORTE

Cité du Vatican, 7 septembre 2012 (VIS). Benoît XVI s'est adressé ce matin aux évêques de mission récemment consacrés, participant au cours de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples. Soulignant la grande variété des situations de l'Afrique à l'Asie et de l'Amérique à l'Océanie, il a insisté sur leur engagement commun dans l'évangélisation et la consolidation de la foi dans des diocèses "qui sont presque tous de récente fondation. Ces communautés présentent les avantages et les défauts d'une histoire courte, une foi vivante et vécue, entre enthousiasme et zèle apostolique et moments d'instabilité et d'incohérence. Malgré cela, ces Eglises grandissent grâce à l'action pastorale et à la communion des saints, ce qui crée une osmose de la grâce avec les Eglises anciennes mais aussi entre l'Eglise qui chemine et celle du ciel". Depuis peu, le nombre des missionnaires y diminue, compensé par l'augmentation des vocations autochtones, "qui constitue une nouvelle forme de coopération missionnaire. Certains de ces jeunes diocèses ont commencé d'envoyer des prêtres à des diocèses nationaux ou continentaux qui en manquent. Ce type de communion doit toujours caractériser l'évangélisation. Les jeunes Eglises doivent donc être des signes d'espérance pour l'avenir de l'Eglise universelle".

Une juste inculturation, a poursuivi le Saint-Père, "aide à l'incarnation de l'Evangile dans la culture des peuples et favorise" l'enracinement de ses principes. "C'est un processus long et difficile qui ne doit aucunement compromettre la spécificité et l'intégrité de la foi chrétienne... Portez sur le monde le regard de la foi afin de le comprendre vraiment. Ayez à son endroit un coeur généreux, prompts à entrer en communion avec les femmes et les hommes de ce temps... Le monde a besoin de personnes parlant à Dieu afin de parler de lui. C'est seulement ainsi que la Parole salvatrice portera des fruits. Vos Eglises connaissent l'instabilité sociale qui pèse dangereusement sur la vie des gens. Les carences alimentaires, sanitaires et éducatives touchent les communautés ecclésiales et les impliquent pratiquement... A cela s'ajoutent des discriminations culturelles et religieuses...fruit de fondamentalismes ayant une vision anthropologique erronée qui porte à sous-évaluer ou à ignorer le droit à la liberté religieuse, au respect des faibles, enfants, femmes, handicapés. Il y a également le retour de conflits entre ethnies ou castes avec leurs injustifiables violences. Ayez confiance dans l'Evangile et dans sa force rénovatrice, dans sa capacité à réveiller les consciences en provoquant de l'intérieur le rachat des personnes et une solidarité nouvelle. La diffusion de la parole du Seigneur favorisera la réconciliation comme l'unité des peuples... La foi est absolument un don à accueillir dans nos coeurs et dans nos vies, pour lequel il faut sans cesse remercier le Seigneur. La foi est faite pour être partagée comme un talent reçu est fait pour être fructifié, non une lumière qui serait concédée et resterait cachée". En conclusion, Benoît XVI a encouragé ces jeunes évêques à répondre à la priorité absolue que représente l'évangélisation.

AUDIENCES

Cité du Vatican, 7 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin en audience sept prélats de la Conférence épiscopale colombienne en visite Ad Limina:

Mgr.Iván Antonio Marín López, Archevêque de Popayán et Administrateur apostolique du vicariat apostolique de Guapi.

Mgr.Arturo de Jésus Correa Toro, Evêque d'Ipiales.

Mgr.Luis Alberto Parra Mora, Evêque de Mocoa-Sibundoy.

Mgr.Julio Enrique Parado Bolaños, Evêque de Pasto.

Mgr.Gustavo Girón Huguita,OCD, Evêque de Tumaco.

Mgr.Orlando Antonio Corrales García, Archevêque de Santa Fe de Antioquia.

Mgr.Luis Adriano Piedrahita Sandoval, Evêque d'Apartadó.

jeudi 6 septembre 2012

L'HOMME GARDIEN DE LA CREATION


Cité du Vatican, 6 septembre 2012 (VIS). Benoît XVI a fait parvenir un message au XX Congrès oecuménique international de spiritualité orthodoxe, qui se tient au monastère de Bose (Italie) du 5 au 8 septembre: "L'homme gardien de la création": Pour la tradition chrétienne d'orient comme d'occident, habiter la terre est une mission confiée à l'homme, hôte et gardien de la terre. Tel est le thème dont débattent notamment le Prieur de Bosé Enzo Bianchi, Ioannis Zizoulas, Métropolite de Pergame et représentant du Patriarche oecuménique, auxquels le Pape a souhaité que la rencontre favorise la fraternité, la connaissance réciproque et le partage de la foi, afin a raviver l'engagement commun à sauvegarder le don divin qu'est la création. Le congrès rassemble des prélats orthodoxes, anglicans, réformés, et catholiques, dont le Cardinal Roger Etchégaray, Vice Doyen du Sacré Collège, Mgr.Antonio Mennini, Nonce en Grande Bretagne, Mgr.Mansueto Bianchi, Evêque de Pistoia et Président de la Commission épiscopale italienne pour le dialogue inter-religieux, des représentants aussi du Conseil oecuménique des Eglises et du Conseil pontifical pour l'unité. Pendant ces quatre jours de débat, ouverts au public, les participants approfondissent la dimension spirituelle et théologique du rapport entre l'homme et son environnement, s'interrogent sur les valeurs devant inspirer des décisions responsables face à la crise écologique causée par l'homme, et dont les conséquences sont parfois irréversibles pour la vie de la planète. Les positions orthodoxes sur cette problématique seront exposées par l'Evêque Amvrosij, Recteur de l'Académie de théologie de St.Petersbourg. La bonté de la création selon le récit biblique, le rapport entre la nature blessée et la nature guérie au long de l'histoire, la perception du lien homme nature dans la perception des pères de l'Eglise, d'Irénée de Lyon à Maxime Le Confesseur ou les pères syriaques, seront abordés par des chercheurs comme John Behr (USA), Nestor Kavvadas (Tübingen) ou Assade Elias Kattan (Münster).
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