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jeudi 12 décembre 2013

MESSAGE POUR LA JOURNEE MONDIALE DE LA PAIX 2014

Ci du Vatican, 12 décembre 2013 (VIS). "La fraternité, fondement et route pour la paix" est le titre choisi par le Pape François pour son premier message pour la Journée mondiale de la paix (qui sera célébrée le 1 janvier prochain). En voici la version française intégrale:

"Dans mon premier message pour la Journée mondiale de la Paix je désire adresser à tous, personnes et peuples, le vœu d’une existence pleine de joie et d’espérance. Dans le cœur de chaque homme et de chaque femme habite en effet le désir d’une vie pleine, à laquelle appartient une soif irrépressible de fraternité, qui pousse vers la communion avec les autres, en qui nous ne trouvons pas des ennemis ou des concurrents, mais des frères à accueillir et à embrasser. En effet, la fraternité est une dimension essentielle de l’homme, qui est un être relationnel. La vive conscience d’être en relation nous amène à voir et à traiter chaque personne comme une vraie sœur et un vrai frère; sans cela, la construction d’une société juste, d’une paix solide et durable devient impossible. Et il faut immédiatement rappeler que la fraternité commence habituellement à s’apprendre au sein de la famille, surtout grâce aux rôles responsables et complémentaires de tous ses membres, en particulier du père et de la mère. La famille est la source de toute fraternité, et par conséquent elle est aussi le fondement et la première route de la paix, puisque par vocation, elle devrait gagner le monde par son amour. Le nombre toujours croissant d’interconnexions et de communications qui enveloppent notre planète rend plus palpable la conscience de l’unité et du partage d’un destin commun entre les nations de la terre. Dans les dynamismes de l’histoire, de même que dans la diversité des ethnies, des sociétés et des cultures, nous voyons ainsi semée la vocation à former une communauté composée de frères qui s’accueillent réciproquement, en prenant soin les uns des autres. Mais une telle vocation est encore aujourd’hui souvent contrariée et démentie par les faits, dans un monde caractérisé par cette mondialisation de l’indifférence, qui nous fait lentement nous habituer à la souffrance de l’autre, en nous fermant sur nous-mêmes. Dans de nombreuses parties du monde, la grave atteinte aux droits humains fondamentaux, surtout au droit à la vie et à la liberté religieuse ne semble pas connaître de pause. Le tragique phénomène du trafic des êtres humains, sur la vie et le désespoir desquels spéculent des personnes sans scrupules, en représente un exemple inquiétant. Aux guerres faites d’affrontements armés, s’ajoutent des guerres moins visibles, mais non moins cruelles, qui se livrent dans le domaine économique et financier avec des moyens aussi destructeurs de vies, de familles, d’entreprises. Comme l’a affirmé Benoît XVI, la mondialisation nous rend proches, mais ne nous rend pas frères. En outre, les nombreuses situations d’inégalités, de pauvreté et d’injustice, signalent non seulement une carence profonde de fraternité, mais aussi l’absence d’une culture de la solidarité. Les idéologies nouvelles, caractérisées par un individualisme diffus, un égocentrisme et un consumérisme matérialiste affaiblissent les liens sociaux, en alimentant cette mentalité du déchet, qui pousse au mépris et à l’abandon des plus faibles, de ceux qui sont considérés comme inutiles. Ainsi le vivre ensemble humain devient toujours plus semblable à un simple ‘do ut des’ pragmatique et égoïste. En même temps, il apparaît clairement que les éthiques contemporaines deviennent aussi incapables de produire des liens authentiques de fraternité, puisqu’une fraternité privée de la référence à un Père commun, comme son fondement ultime, ne réussit pas à subsister. Une fraternité véritable entre les hommes suppose et exige une paternité transcendante. À partir de la reconnaissance de cette paternité, se consolide la fraternité entre les hommes, c’est-à-dire l’attitude de se faire le prochain qui prend soin de l’autre.

Où est ton frère?: Pour mieux comprendre cette vocation de l’homme à la fraternité, pour reconnaître de façon plus adéquate les obstacles qui s’opposent à sa réalisation et découvrir les chemins de leur dépassement, il est fondamental de se laisser guider par la connaissance du dessein de Dieu, tel qu’il est présenté de manière éminente dans l'Ecriture. Selon le récit des origines, tous les hommes proviennent de parents communs, d’Adam et Eve, couple créé par Dieu à son image et à sa ressemblance, de qui naissent Caïn et Abel. Dans l’événement de la famille primitive, nous lisons la genèse de la société, l’évolution des relations entre les personnes et les peuples. Abel est berger, Caïn est paysan. Leur identité profonde et à la fois leur vocation, est celle d’être frères, aussi dans la diversité de leur activité et de leur culture, de leur manière de se rapporter à Dieu et au créé. Mais le meurtre d'Abel par Caïn atteste tragiquement le rejet radical de la vocation à être frères. Leur histoire met en évidence la tâche difficile à laquelle tous les hommes sont appelés, de vivre unis, en prenant soin l’un de l’autre. Caïn, n’acceptant pas la prédilection de Dieu pour Abel qui lui offrait le meilleur de son troupeau –le Seigneur agréa Abel et son offrande, mais il n’agréa pas Caïn et son offrande– tue Abel par jalousie. De cette façon, il refuse de se reconnaître frère, d’avoir une relation positive avec lui, de vivre devant Dieu, en assumant ses responsabilités de soin et de protection de l’autre. A la question: Où es ton frère? , avec laquelle Dieu interpelle Caïn, lui demandant compte de son œuvre, il répond: Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère? Puis nous dit la Genèse, Caïn se retira de la présence du Seigneur. Il faut s’interroger sur les motifs profonds qui ont entrainé Caïn à méconnaître le lien de fraternité et, aussi le lien de réciprocité et de communion qui le liait à son frère Abel. Dieu lui-même dénonce et reproche à Caïn une proximité avec le mal: Le péché n’est-il pas à ta porte? Caïn, toutefois, refuse de s’opposer au mal et décide de se jeter sur son frère Abel, méprisant le projet de Dieu. Il lèse ainsi sa vocation originaire à être fils de Dieu et à vivre la fraternité. Le récit de Caïn et d’Abel enseigne que l’humanité porte inscrite en elle une vocation à la fraternité, mais aussi la possibilité dramatique de sa trahison. En témoigne l’égoïsme quotidien qui est à la base de nombreuses guerres et de nombreuses injustices : beaucoup d’hommes et de femmes meurent en effet par la main de frères et de sœurs qui ne savent pas se reconnaître tels, c’est-à-dire comme des êtres faits pour la réciprocité, pour la communion et pour le don.

Vous êtes tous des frères: La question surgit spontanément. Les hommes et les femmes de ce monde ne pourront-ils jamais correspondre pleinement à la soif de fraternité, inscrite en eux par le Père? Réussiront-ils avec leurs seules forces à vaincre l’indifférence, l’égoïsme et la haine, à accepter les différences légitimes qui caractérisent les frères et les sœurs? En paraphrasant ses paroles, nous pourrions synthétiser ainsi la réponse que nous donne le Seigneur Jésus: Puisqu’il y a un seul Père qui est Dieu, tous êtes tous des frères. La racine de la fraternité est contenue dans la paternité de Dieu. Il ne s’agit pas d’une paternité générique, indistincte et inefficace historiquement, mais bien de l’amour personnel, précis et extraordinairement concret de Dieu pour chaque homme. Il s’agit donc d’une paternité efficacement génératrice de fraternité, parce que l’amour de Dieu, quand il est accueilli, devient le plus formidable agent de transformation de l’existence et des relations avec l’autre, ouvrant les hommes à la solidarité et au partage agissant. En particulier, la fraternité humaine est régénérée en et par Jésus Christ dans sa mort et résurrection. La croix est le lieu définitif de fondation de la fraternité, que les hommes ne sont pas en mesure de générer tout seuls. Jésus Christ, qui a assumé la nature humaine pour la racheter, en aimant le Père jusqu’à la mort, et à la mort de la croix, nous constitue par sa résurrection comme humanité nouvelle, en pleine communion avec la volonté de Dieu, avec son projet, qui comprend la pleine réalisation de la vocation à la fraternité. Jésus reprend depuis le commencement le projet du Père, en lui reconnaissant le primat sur toutes choses. Mais le Christ, dans son abandon à la mort par amour du Père, devient principe nouveau et définitif de nous tous, appelés à nous reconnaître en Lui comme frères parce qu’enfants du même Père. Il est l’Alliance même, l’espace personnel de la réconciliation de l’homme avec Dieu et des frères entre eux. Dans la mort en croix de Jésus, il y a aussi le dépassement de la séparation entre peuples, entre le peuple de l’Alliance et le peuple des Gentils, privé d’espérance parce que resté étranger jusqu’à ce moment aux engagements de la Promesse. Comme on lit dans la lettre aux Éphésiens, Jésus Christ est celui qui réconcilie en lui tous les hommes. Il est la paix puisque des deux peuples il en a fait un seul, abattant le mur de séparation qui les divisait, c’est-à-dire l’inimitié. Il a créé en lui-même un seul peuple, un seul homme nouveau, une seule humanité nouvelle. Celui qui accepte la vie du Christ et vit en Lui, reconnaît Dieu comme Père et se donne lui-même totalement à lui, en l’aimant au-dessus de toute chose. L’homme réconcilié voit en Dieu le Père de tous et, par conséquent, il est incité à vivre une fraternité ouverte à tous. Dans le Christ, l’autre est accueilli et aimé en tant que fils ou fille de Dieu, comme frère ou sœur, non comme un étranger, encore moins comme un antagoniste ou même un ennemi. Dans la famille de Dieu, où tous sont enfants d’un même Père, et parce que greffés dans le Christ, fils dans le Fils, il n’y a pas de vies de déchet. Tous jouissent d’une dignité égale et intangible. Tous sont aimés de Dieu, tous ont été rachetés par le sang du Christ, mort et ressuscité pour chacun. C’est la raison pour laquelle on ne peut rester indifférent au sort des frères.

La fraternité, fondement et route pour la paix: Cela posé, il est facile de comprendre que la fraternité est fondement et route pour la paix. Les Encycliques sociales de mes prédécesseurs offrent une aide précieuse dans ce sens. Il serait suffisant de se référer aux définitions de la paix de Populorum Progressio de Paul VI ou de Sollicitudo Rei Socialis de Jean-Paul II. De la première nous retirons que le développement intégral des peuples est le nouveau nom de la paix. De la seconde, que la paix est Opus Solidaritatis. Paul VI affirmait que non seulement les personnes mais aussi les Nations doivent se rencontrer dans un esprit de fraternité. Et il explique: Dans cette compréhension et cette amitié mutuelles, dans cette communion sacrée, nous devons…œuvrer ensemble pour édifier l’avenir commun de l’humanité. Ce devoir concerne en premier lieu les plus favorisés. Leurs obligations sont enracinées dans la fraternité humaine et surnaturelle et se présentent sous un triple aspect: Le devoir de solidarité, qui exige que les nations riches aident celles qui sont moins avancées; le devoir de justice sociale qui demande la recomposition en termes plus corrects des relations défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; le devoir de charité universelle, qui implique la promotion d’un monde plus humain pour tous, un monde dans lequel tous aient quelque chose à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns constitue un obstacle au développement des autres. Ainsi, si on considère la paix comme Opus Solidaritatis, de la même manière, on ne peut penser en même temps, que la fraternité n’en soit pas le fondement principal. La paix, affirme Jean-Paul II, est un bien indivisible. Ou c’est le bien de tous ou il ne l’est de personne. Elle peut être réellement acquise et goûtée, en tant que meilleure qualité de la vie et comme développement plus humain et durable, seulement si elle crée de la part de tous, une détermination ferme et persévérante à s’engager pour le bien commun. Cela implique de ne pas se laisser guider par l’appétit du profit et par la soif du pouvoir. Il faut avoir la disponibilité de se perdre en faveur de l’autre au lieu de l’exploiter, et de le servir au lieu de l’opprimer pour son propre avantage… L’autre, personne, peuple ou nation, n’est pas vu] comme un instrument quelconque dont on exploite à peu de frais la capacité de travail et la résistance physique pour l’abandonner quand il ne sert plus, mais comme notre semblable, une aide. La solidarité chrétienne suppose que le prochain soit aimé non seulement comme un être humain avec ses droits et son égalité fondamentale à l’égard de tous, mais comme l’image vivante de Dieu le Père, rachetée par le sang du Christ et objet de l’action constante de l’Esprit Saint, comme un autre frère. Alors, rappelle Jean-Paul II, la conscience de la paternité commune de Dieu, de la fraternité de tous les hommes dans le Christ, fils dans le Fils, de la présence et de l’action vivifiante de l’Esprit Saint, donnera à notre regard sur le monde comme un nouveau critère d’interprétation, pour le transformer.

Fraternité, prémisse pour vaincre la pauvreté: Dans Caritas in Veritate, mon prédécesseur rappelait au monde combien le manque de fraternité entre les peuples et les hommes est une cause importante de la pauvreté. Dans de nombreuses sociétés, nous expérimentons une profonde pauvreté relationnelle due à la carence de solides relations familiales et communautaires. Nous assistons avec préoccupation à la croissance de différents types de malaise, de marginalisation, de solitude et de formes variées de dépendance pathologique. Une semblable pauvreté peut être dépassée seulement par la redécouverte et la valorisation de rapports fraternels au sein des familles et des communautés, à travers le partage des joies et des souffrances, des difficultés et des succès qui accompagnent la vie des personnes. En outre, si d’un côté on rencontre une réduction de la pauvreté absolue, d’un autre, on ne peut pas ne pas reconnaître une grave croissance de la pauvreté relative, c’est-à-dire des inégalités entre personnes et groupes qui vivent dans une même région, ou dans un même contexte historico-culturel. En ce sens, sont aussi utiles des politiques efficaces qui promeuvent le principe de la fraternité, assurant aux personnes –égales dans leur dignité et dans leurs droits fondamentaux– d’accéder aux capitaux, aux services, aux ressources éducatives, sanitaires, technologiques afin que chacun ait l’opportunité d’exprimer et de réaliser son projet de vie, et puisse se développer pleinement comme personne. On reconnaît aussi la nécessité de politiques qui servent à atténuer une répartition inéquitable excessive du revenu. Nous ne devons pas oublier l’enseignement de l’Eglise sur ce qu’on appelle l’hypothèque sociale, sur la base de laquelle, comme le dit saint Thomas d’Aquin, il est permis et même nécessaire "que l’homme ait la propriété des biens, quant à l’usage, il ne doit jamais tenir les choses qu’il possède comme n’appartenant qu’à lui, mais les regarder aussi comme communes, en ce sens qu’elles puissent profiter non seulement à lui mais aussi aux autres. Enfin, il y a une dernière manière de promouvoir la fraternité –et ainsi de vaincre la pauvreté– qui doit être à la base de toutes les autres. C’est le détachement de celui qui choisit d’adopter des styles de vie sobres et basés sur l’essentiel, de celui qui, partageant ses propres richesses, réussit ainsi à faire l’expérience de la communion fraternelle avec les autres. Cela est fondamental pour suivre Jésus Christ et être vraiment des chrétiens. C’est le cas non seulement des personnes consacrées qui font vœux de pauvreté, mais aussi de nombreuses familles et de nombreux citoyens responsables, qui croient fermement que c’est la relation fraternelle avec le prochain qui constitue le bien le plus précieux.

La redécouverte de la fraternité dans l’économie: Les graves crises financières et économiques contemporaines qui trouvent leur origine, d’un côté dans l’éloignement progressif de l’homme vis-à-vis de Dieu et du prochain, ainsi que dans la recherche avide des bien matériels, et, de l’autre, dans l’appauvrissement des relations interpersonnelles et communautaires– ont poussé de nombreuses personnes à rechercher la satisfaction, le bonheur et la sécurité dans la consommation et dans le gain, au-delà de toute logique d’une saine économie. Déjà en 1979 Jean Paul II dénonçait l’existence d’un danger réel et perceptible: Tandis que progresse énormément la domination de l’homme sur le monde des choses, l’homme risque de perdre les fils conducteurs de cette domination, de voir son humanité soumise de diverses manières à ce monde, et de devenir ainsi lui-même l’objet de manipulations multiformes– pas toujours directement perceptibles– à travers toute l’organisation de la vie communautaire, à travers le système de production, par la pression des moyens de communication sociale. La succession des crises économiques doit conduire à d’opportunes nouvelles réflexions sur les modèles de développement économique, et à un changement dans les modes de vie. La crise d’aujourd’hui, avec son lourd héritage pour la vie des personnes, peut être aussi une occasion propice pour retrouver les vertus de prudence, de tempérance, de justice et de force. Elles peuvent aider à dépasser les moments difficiles et à redécouvrir les liens fraternels qui nous lient les uns aux autres, avec la confiance profonde dont l’homme a besoin et est capable de quelque chose de plus que la maximalisation de ses propres intérêts individuels. Surtout ces vertus sont nécessaires pour construire et maintenir une société à la mesure de la dignité humaine.

La fraternité éteint la guerre: Dans l’année qui vient de s’écouler, beaucoup de nos frères et sœurs ont continué à vivre l’expérience déchirante de la guerre, qui constitue une grave et profonde blessure portée à la fraternité. Nombreux sont les conflits qui se poursuivent dans l’indifférence générale. A tous ceux qui vivent sur des terres où les armes imposent terreur et destructions, j’assure ma proximité personnelle et celle de toute l’Eglise. Cette dernière a pour mission de porter la charité du Christ également aux victimes sans défense des guerres oubliées, à travers la prière pour la paix, le service aux blessés, aux affamés, aux réfugiés, aux personnes déplacées et à tous ceux qui vivent dans la peur. L’Eglise élève aussi la voix pour faire parvenir aux responsables le cri de douleur de cette humanité souffrante, et pour faire cesser, avec les hostilités, tout abus et toute violation des droits fondamentaux de l’homme . Pour cette raison je désire adresser un appel fort à tous ceux qui, par les armes, sèment la violence et la mort: Redécouvrez votre frère en celui qu’aujourd’hui vous considérez seulement comme un ennemi à abattre, et arrêtez votre main ! Renoncez à la voie des armes et allez à la rencontre de l’autre par le dialogue, le pardon, et la réconciliation, pour reconstruire la justice, la confiance et l’espérance autour de vous! Dans cette optique, il apparaît clair que, dans la vie des peuples, les conflits armés constituent toujours la négation délibérée de toute entente internationale possible, en créant des divisions profondes et des blessures déchirantes qui ont besoin de nombreuses années pour se refermer. Les guerres constituent le refus concret de s’engager pour atteindre les grands objectifs économiques et sociaux que la communauté internationale s’est donnée. Cependant, tant qu’il y aura une si grande quantité d’armement en circulation, comme actuellement, on pourra toujours trouver de nouveaux prétextes pour engager les hostilités. Pour cette raison, je fais mien l’appel de mes prédécesseurs en faveur de la non prolifération des armes et du désarmement de la part de tous, en commençant par le désarmement nucléaire et chimique. Mais nous ne pouvons pas ne pas constater que les accords internationaux et les lois nationales, bien que nécessaires et hautement souhaitables, ne sont pas suffisants à eux seuls pour mettre l’humanité à l’abri du risque de conflits armés. Une conversion des cœurs est nécessaire, qui permette à chacun de reconnaître dans l’autre un frère dont il faut prendre soin, avec lequel travailler pour construire une vie en plénitude pour tous. Voilà l’esprit qui anime beaucoup d’initiatives de la société civile, y compris les organisations religieuses, en faveur de la paix. Je souhaite que l’engagement quotidien de tous continue à porter du fruit et que l’on puisse parvenir à l’application effective, dans le droit international, du droit à la paix, comme droit humain fondamental, condition préalable nécessaire à l’exercice de tous les autres droits.

La corruption et le crime organisé contrecarrent la fraternité: L’horizon de la fraternité renvoie à la croissance en plénitude de tout homme et de toute femme. Les justes ambitions d’une personne, surtout si elle est jeune, ne doivent pas être frustrées ni blessées, l’espérance de pouvoir les réaliser ne doit pas être volée. Cependant, l’ambition ne doit pas être confondue avec la prévarication. Au contraire, il convient de rivaliser dans l’estime réciproque. De même, dans les querelles, qui sont un aspect inévitable de la vie, il faut toujours se rappeler d’être frères, et, en conséquence, éduquer et s’éduquer à ne pas considérer le prochain comme un ennemi ou comme un adversaire à éliminer. La fraternité génère la paix sociale, parce qu’elle crée un équilibre entre liberté et justice, entre responsabilité personnelle et solidarité, entre bien des individus et bien commun. Une communauté politique doit, alors, agir de manière transparente et responsable pour favoriser tout cela. Les citoyens doivent se sentir représentés par les pouvoirs publics dans le respect de leur liberté. Inversement, souvent, entre citoyen et institutions, se glissent des intérêts de parti qui déforment cette relation, favorisant la création d’un climat de perpétuel conflit. Un authentique esprit de fraternité est vainqueur de l’égoïsme individuel qui empêche la possibilité des personnes de vivre entre eux librement et harmonieusement. Cet égoïsme se développe socialement, soit dans les multiples formes de corruption, aujourd’hui partout répandues, soit dans la formation des organisations criminelles –des petits groupes jusqu’aux groupes organisés à l’échelle globale– qui, minant en profondeur la légalité et la justice, frappent au cœur la dignité de la personne. Ces organisations offensent gravement Dieu, nuisent aux frères et lèsent la création, et encore plus lorsqu’elles ont une connotation religieuse. Je pense au drame déchirant de la drogue sur laquelle on s’enrichit dans le mépris des lois morales et civiles; à la dévastation des ressources naturelles et à pollution en cours; à la tragédie de l’exploitation dans le travail; je pense aux trafics illicites d’argent comme à la spéculation financière, qui souvent prend un caractère prédateur et nocif pour des systèmes économiques et sociaux entiers, exposant des millions d’hommes et de femmes à la pauvreté; je pense à la prostitution qui chaque jour fauche des victimes innocentes, surtout parmi les plus jeunes, leur volant leur avenir; je pense à l’abomination du trafic des êtres humains, aux délits et aux abus contre les mineurs, à l’esclavage qui répand encore son horreur en tant de parties du monde, à la tragédie souvent pas entendue des migrants sur lesquels on spécule indignement dans l’illégalité. Jean XXIII a écrit à ce sujet: Une société fondée uniquement sur des rapports de force n’aurait rien d’humain : elle comprimerait nécessairement la liberté des hommes, au lieu d’aider et d’encourager celle-ci à se développer et à se perfectionner. Mais l’homme peut se convertir et il ne faut jamais désespérer de la possibilité de changer de vie. Je voudrais que ce message soit un message de confiance pour tous, aussi pour ceux qui ont commis des crimes atroces, parce que Dieu ne veut pas la mort du pêcheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Dans le vaste contexte de la société humaine, en ce qui concerne le délit et la peine, on pense aussi aux conditions inhumaines de tant de prisons, où le détenu est souvent réduit à un état sous-humain, sa dignité d’homme se trouvant violée, étouffé aussi dans son expression et sa volonté de rachat. L’Eglise fait beaucoup dans tous ces domaines, et le plus souvent en silence. J’exhorte et j’encourage à faire toujours plus, dans l’espérance que de telles actions mises en œuvre par tant d’hommes et de femmes courageux puissent être toujours plus loyalement et honnêtement soutenues aussi par les pouvoirs civils.

La fraternité aide à garder et à cultiver la nature: La famille humaine a reçu en commun un don du Créateur, la nature. La vision chrétienne de la création comporte un jugement positif sur la licéité des interventions sur la nature pour en tirer bénéfice, à condition d’agir de manière responsable, c'est-à-dire en en reconnaissant la grammaire qui est inscrite en elle, et en utilisant sagement les ressources au bénéfice de tous, respectant la beauté, la finalité et l’utilité de chaque être vivant et de sa fonction dans l’écosystème. Bref, la nature est à notre disposition, et nous sommes appelés à l’administrer de manière responsable. Par contre, nous sommes souvent guidés par l’avidité, par l’orgueil de dominer, de posséder, de manipuler, de tirer profit; nous ne gardons pas la nature, nous ne la respectons pas, nous ne la considérons pas comme un don gratuit dont nous devons prendre soin et mettre au service des frères, y compris les générations futures. En particulier, le secteur agricole est le secteur productif premier qui a la vocation vitale de cultiver et de garder les ressources naturelles pour nourrir l’humanité. A cet égard, la persistance honteuse de la faim dans le monde m’incite à partager avec vous cette demande: De quelle manière usons-nous des ressources de la terre? Les sociétés doivent aujourd’hui réfléchir sur la hiérarchie des priorités auxquelles on destine la production. En effet, c’est un devoir contraignant d’utiliser les ressources de la terre de manière à ce que tous soient délivrés de la faim. Les initiatives et les solutions possibles sont nombreuses et ne se limitent pas à l’augmentation de la production. Il est bien connu que celle-ci est actuellement suffisante; et pourtant il y a des millions de personnes qui souffrent et meurent de faim, et ceci est un vrai scandale. Il est donc nécessaire de trouver les moyens pour que tous puissent bénéficier des fruits de la terre, non seulement pour éviter que s’élargisse l’écart entre celui qui a plus et celui qui doit se contenter des miettes, mais aussi et surtout en raison d’une exigence de justice, d’équité et de respect envers tout être humain. En ce sens, je voudrais rappeler à tous cette nécessaire destination universelle des biens qui est un des principes cardinaux de la doctrine sociale de l’Eglise. Respecter ce principe est la condition essentielle pour permettre un efficace et équitable accès à ces biens essentiels et premiers dont tout homme a besoin et a droit.

Conclusion: La fraternité a besoin d’être découverte, aimée, expérimentée, annoncée, et témoignée. Mais c’est seulement l’amour donné par Dieu qui nous permet d’accueillir et de vivre pleinement la fraternité. Le nécessaire réalisme de la politique et de l’économie ne peut se réduire à une technique privée d’idéal, qui ignore la dimension transcendante de l’homme. Quand manque cette ouverture à Dieu, toute activité humaine devient plus pauvre et les personnes sont réduites à un objet dont on tire profit. C’est seulement si l’on accepte de se déplacer dans le vaste espace assuré par cette ouverture à Celui qui aime chaque homme et chaque femme, que la politique et l’économie réussiront à se structurer sur la base d’un authentique esprit de charité fraternelle et qu’elles pourront être un instrument efficace de développement humain intégral et de paix. Nous les chrétiens nous croyons que dans l’Eglise nous sommes tous membres les uns des autres, tous réciproquement nécessaires, parce qu’à chacun de nous a été donnée une grâce à la mesure du don du Christ, pour l’utilité commune. Le Christ est venu dans le monde pour nous apporter la grâce divine, c'est-à-dire la possibilité de participer à sa vie. Ceci implique de tisser une relation fraternelle, empreinte de réciprocité, de pardon, de don total de soi, selon la grandeur et la profondeur de l’amour de Dieu offert à l’humanité par celui qui, crucifié et ressuscité, attire tout à lui: Je vous donne un commandement nouveau, de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. C’est cette bonne nouvelle qui réclame de chacun un pas de plus, un exercice persistant d’empathie, d’écoute de la souffrance et de l’espérance de l’autre, y compris de celui qui est plus loin de moi, en s’engageant sur le chemin exigeant de l’amour qui sait se donner et se dépenser gratuitement pour le bien de tout frère et de toute sœur. Le Christ embrasse tout l’homme et veut qu’aucun ne se perde. Dieu a envoyé son fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Il le fait sans opprimer, sans contraindre personne à lui ouvrir les portes de son cœur et de son esprit. Le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert, dit Jésus-Christ, moi je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Toute activité doit être, alors, contresignée d’une attitude de service des personnes, spécialement celles qui sont les plus lointaines et les plus inconnues. Le service est l’âme de cette fraternité qui construit la paix. Que Marie, Mère de Jésus, nous aide à comprendre et à vivre tous les jours la fraternité qui surgit du cœur de son Fils, pour porter la paix à tout homme sur notre terre bien-aimée".

AUDIENCES


Cité du Vatican, 12 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Robert Sarah, Président du Conseil pontifical Cor Unum.

Le Cardinal Franc Rodé, CM.

Mgr.Felipe Arizmendi Esquivel, Evêque de San Cristobal de Las Casas (Mexique).

Mme.Cristina Alvarez Rodríguez, Ministre du gouvernement de la Province de Buenos Aires (Argentine).

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 12 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Joseph R.Kopacz, Evêque de Jackson (superficie 97.495, population 2.203.000, catholiques 52.500, prêtres 80, diacres 4, religieux 197), aux Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1950 à Dunmore (USA) et ordonné prêtre en 1977, était jusqu'ici Curé de la paroisse de la Trinité de Mount Pocono. Docteur en sciences sociales, diplômé en histoire et en latin, il a été curé de paroisses, professeur de séminaire, vicaire et Vicaire Général du diocèse de Scranton (USA). Il succède à Mgr.Joseph N.Latino, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Mgr.Michael J.Sis, Evêque de San Angelo (superficie 96.951, population 619.000, catholiques 85.500, prêtres 57, diacres 81, religieux 39), aux Etats-Unis d'Amérique. L'Evêque élu, né en 1960 à Mount Holly (USA) et ordonné prêtre en 1986, était jusqu'ici Vicaire Général de ce même diocèse. Licencié en théologie, il a été aumônier universitaire, directeur des vocations et curé de paroisse. Il succède à Mgr.Michael D.Pfeifer, OMI, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Mgr.Francis Bestion, Evêque de Tulle (superficie 5.896, population 244.300, catholiques 221.400, prêtres 62, diacres 10, religieux 59), en France. L'Evêque élu, né en 1957 à Fontans (France) et ordonné prêtre en 1990, était jusqu'ici Vicaire Général du diocèse de Mende (France). Licencié en théologie, il a été professeur puis Directeur du lycée de Marvejols (France), professeur de séminaire et curé de paroisse. Il succède à Mgr.Bernard Charrier, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

mercredi 11 décembre 2013

NOUS NE SERONS PAS SEUL AU JUGEMENT DERNIER

Cité du Vatican, 11 décembre 2013 (VIS). Le Pape François a consacré la catéchèse de l'audience générale, tenue ce matin Place St.Pierre devant 27.000 fidèles, au dernier article du Credo relatif à la vie éternelle et au jugement dernier: "Lorsque nous pensons au retour du Christ pour le jugement dernier, qui sanctionnera définitivement les bonnes actions et les omissions de nos vies, nous savons être en présence d'un mystère suprême que nous ne pouvons pas même imaginer. Instinctivement, ce mystère nous fait peur, nous angoisse, alors que si on y réfléchit il ne peut que réjouir le coeur du chrétien et susciter un sentiment de consolation et de confiance". Puis il a expliqué que le témoignage des premières communautés chrétiennes est intéressant car elles accompagnaient leurs prières de l'acclamation Maranatha, une sorte de supplique signifiant Viens Seigneur!". C'était une certitude alimentée par la foi: Oui le Seigneur vient, il est proche. Dans cette formule est condensée la Révélation. Au final de son Apocalypse, Jean montre l'Eglise épouse qui s'adresse à son époux Jésus, qu'elle ne voit pas "alors qu'elle va être enveloppée de sa plénitude de vie et d'amour. Si nous envisageons le jugement dernier dans cette perspective, toute peur, tout doute s'efface pour faire place à une joie profonde. Car c'est alors que nous serons jugés et pourrons être revêtus de la gloire du Christ". La confiance du chrétien vient aussi de la certitude de ne pas être seul et abandonné au moment du jugement. Le Christ sera notre avocat auprès du Père et nous pourrons compter sur la bienveillance de tant de nos prédécesseurs dans la foi...qui continuent de nous aimer d'une façon indicible. Les saints vivent auprès de Dieu et, dans la splendeur de sa gloire, prient pour nous qui sommes encore sur terre". L'Evangile de Jean rappelle que le Christ a été envoyé par le Père non pour condamner le monde mais pour qu'il soit sauvé à travers son sacrifice. "Cela signifie que le jugement est commencé, ici bas. Le jugement est prononcé à chaque instant de notre vie, à l'épreuve de la manière dont nous percevons la foi dans le salut qu'opère le Christ, ou de notre incrédulité découlant de notre repli en nous mêmes. Le salut c'est s'ouvrir à Jésus. Tous nous sommes pécheurs et il nous pardonne. Il faut donc s'ouvrir à l'amour du Seigneur qui dépasse toute chose. S'ouvrir signifie se repentir du bien que nous n'avons pas fait... Le Seigneur s'est offert et continue de s'offrir et de nous combler de la grâce et de la miséricorde du Père. D'une certaine manière nous sommes nous mêmes nos juges. Nous nous condamnons à l'exclusion de la communion avec Dieu et nos frères... Ne cessons donc pas de veiller sur nos pensées et nos actes afin de goûter dès maintenant la splendeur de Dieu que nous contemplerons pleinement dans la vie éternelle".

APPEL CONTRE LA FAIM

Ci du Vatican, 11 décembre 2013 (VIS). Après sa catéchèse, le Saint-Père a lancé un appel contre le scandale de la faim dans le monde, rappelant que la Caritas Internationalis lance une campagne mondiale de lutte contre la faim et le gaspillage de nourriture. Elle s'intitule: Une seule famille humaine et de la nourriture pour tous les hommes. Ce scandale, a dit le Pape, "ne doit pas nous paralyser mais nous pousser à agir, individus, familles, communautés, institutions et gouvernements, afin de mettre fin à l'injustice de la faim. L'Evangile nous indique la voie, qui est d'avoir confiance dans la Providence et partager le pain quotidien sans le gaspiller. J'encourage donc la Caritas dans ce vaste projet et vous invite tous à cette vague de solidarité".

NOTRE DAME DE GUADALUPE

Cité du Vatican, 11 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a rappelé que c'est demain la fête de Notre Dame de Guadalupe, la patronne de l'Amérique: Lorsque la Vierge est apparue à saint Juan Diego, a-t-il dit en espagnol, "son visage était celui d'une métisse et ses vêtements couverts de motifs indigènes. Comme Jésus, Marie se fait proche de ses enfants, qu'elle accompagne en mère sur le chemin de la vie. Ainsi partage-t-elle les joies et attentes, les souffrances et angoisses du peuple de Dieu, appelé à rassembler tous les peuples". Cette apparition mariale fut un signe d'affection de Marie pour les habitants de toutes les Amériques, d'alors et à venir. Sa présence caractérise un continent où "tant de peuples peuvent vivre ensemble dans le respect de la vie à tous ses stades, du sein maternel à la vieillesse, un continent généreux, ouvert aux émigrés, aux pauvres et aux marginaux de toute époque. Tel est le message de la Vierge de Guadalupe, que je fais mien, le message de l'Eglise. Puissent tous les américains tendre les bras comme elle. A nos frères et soeurs d'Amérique je demande aussi de prier pour moi. Puisse la joie évangélique demeurer en vos coeurs".

DECLARATION DU PERE LOMBARDI

Cité du Vatican, 11 décembre 2013 (VIS). Le Directeur de la Salle de Presse a réagi à la décision de Time Magazine (USA) de proclamer le Pape François son homme de l'année: Ce n'est pas une surprise, a déclaré le P.Federico Lombardi, vu l'écho et l'attention créés par son élection et le début de son pontificat. Il est positif qu'un des plus prestigieux organes de presse internationale fasse le choix de saluer qui parle au monde de valeurs spirituelles, religieuses et morales, et se bat en faveur de la paix et d'une plus grande justice. Sans rechercher ni réputation ni succès, le Pape annonce l'Evangile de l'amour de Dieu envers tous. Il est heureux si cela attire et donne espoir aux gens. Décerner au Pape François cette reconnaissance journalistique signifie que beaucoup ont compris, même implicitement, son message. Et ceci est une raison de se réjouir.

OUVERTURE AU PUBLIC DE LA NECROPOLE DE VIA TRIUMPHALIS

Cité du Vatican, 11 décembre 2013 (VIS). A partir du début 2014, la nécropole antique (I siècle avant JC - 4 siècle après JC) de la Via Triumphalis (secteur nord oriental de la Cité du Vatican), dont une portion a été mise au jour lors de la construction du garage Ste.Rose, et dont une autre portion avait déjà été dégagée sous Pie XII, sera accessible au public. Les deux sections, qui sont désormais reliées par un passage, ont fait l'objet d'une campagne de restauration par le Département des Antiquités des Musées du Vatican, qui avait effectué les fouilles. L'opération a été financée par la branche canadienne des Patrons of the Arts, organisation qui soutient les activités muséales au Vatican. Le long d'un chemin serpentant entre les sépultures de tout type, a notamment été dégagé un crématoire avec le dispositif d'allumage, et les effets de la dernière personne incinérées découverts par côté. Parmi les tombeaux, appartenant principalement à des hommes libres comme Tiberius Claudius Optatus, comptable impérial, ou à des esclaves tel Alcimius, esclave de Néron et metteur en scène du théâtre de Pompé. Cette nécropole était multi-ethnique car on y trouve par exemple des défunts d'origine asiatique ou palestinienne. Le parcours muséographique situé au-dessus des vestiges est agrémenté d'une installation multimédiale permettant de détailler les monuments funéraires les plus petits, les sarcophages et les autres décors. Le Directeur des Musées envisage de faire de ce site un laboratoire de fouille ouvert au public.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 11 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Stephen Robson, Evêque de Dunkeld (superficie 8.495, population 408.300, catholiques 43.800, prêtres 42, diacres 9, religieux 42), en Grande-Bretagne (Ecosse). Il était jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de Saint Andrews and Edinburgh.

mardi 10 décembre 2013

LE SCANDALE DE LA FAIM

Cité du Vatican, 10 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a enregistré un message vidéo pour la Campagne contre la faim dans le monde, lancée ce jour par Caritas Internationalis. Elle doit débuter partout dans le monde par une prière, un moment de méditation sur la faim. En voici la version française du texte lu par le Pape, qui rappelle d'emblée que la Caritas Internationalis est une confédération de 164 organisations, est active dans 200 pays: L'action des Caritas "est au cœur de la mission de l’Eglise et de son attention envers tous ceux qui souffrent à cause du scandale de la faim, et avec lesquels le Seigneur s’est identifié lorsqu’il disait J’avais faim et vous m’avez donné à manger. Quand les apôtres dirent à Jésus que les personnes qui étaient venues écouter ses paroles avaient faim, Il les incita à aller chercher de la nourriture. Vu qu’ils étaient eux-mêmes pauvres, ils ne trouvèrent que cinq pains et deux poissons, mais par la grâce de Dieu ils parvinrent à rassasier une multitude de personnes, recueillant même les restes et réussissant ainsi à éviter tout gaspillage. Nous nous trouvons face au scandale mondial d’environ un milliard de personnes qui souffrent encore de la faim. Nous ne pouvons pas tourner le dos et faire semblant que ce problème n’existe pas. La nourriture disponible dans le monde suffirait à nourrir tout un chacun. La parabole de la multiplication des pains et des poissons nous enseigne justement cela: Si la volonté est là, ce que nous avons ne s’épuise pas, mais plutôt il en reste et rien n’est perdu. Ainsi, chers frères, chères sœurs, je vous invite à ouvrir votre cœur à cette urgence, en respectant un droit donné à chacun par Dieu, le droit d’avoir accès à une alimentation adéquate. Partageons ce que nous avons dans la charité chrétienne avec ceux qui sont contraints d’affronter de nombreux obstacles pour satisfaire un besoin aussi primaire et en même temps, rendons-nous promoteurs d’une authentique coopération avec les pauvres, pour qu’au travers de leur et de notre travail ils puissent vivre une vie digne. J’invite toutes les institutions du monde, toute l’Eglise et chacun de nous, comme une seule famille humaine, à nous faire l’écho des personnes qui silencieusement souffrent de la faim, afin que cet écho devienne un rugissement capable de secouer le monde. Cette campagne se veut aussi une invitation pour nous tous à devenir plus conscients de nos choix alimentaires, qui souvent comprennent le gaspillage d’aliments et une mauvaise utilisation des ressources que nous avons à disposition. C’est aussi une exhortation à arrêter de penser que nos actions quotidiennes n’ont pas d’impact sur les vies de ceux pour qui, proches ou lointains qu’ils soient. La faim est une expérience directe. Je vous demande de soutenir nos Caritas dans cette noble campagne, pour agir comme une seule famille qui s’implique pour assurer l’alimentation à tout un chacun. Prions pour que Dieu nous donne la grâce de voir un monde dans lequel personne ne doive plus jamais mourir de faim".

MONEYVAL ENREGISTRE LES PROGRES DU VATICAN

Cité du Vatican, 10 décembre 2013 (VIS). Hier à Strasbourg, la réunion plénière de MONEYVAL (Comité d'experts sur l'évaluation des mesures de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme du Conseil de l'Europe) a approuvé le rapport relatif aux progrès du Saint-Siège et de l'Etat de la Cité Vatican. Ce rapport fait suite à l'adoption du Rapport d'évaluation mutuelle du 4 Juillet 2012 et prend place dans la procédure normale de MONEYVAL. Dans un communiqué, la Salle de presse du Saint-Siège confirme que des progrès importants ont été enregistrés à la suite de l'examen au cours de la réunion du rapport déposé. Suite à la demande du Saint-Siège et de l'Etat de la Cité du Vatican, le Secrétariat de MONEYVAL avait accepté de procéder à un examen complet de leur rapport, qui contient une analyse de l'évolution su la base des recommandations du GAFI (Groupe d'action financière) ainsi qu'en ce qui concerne les normes internationales de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Le Chef de la délégation vaticane à la réunion de MONEYVAL a déclaré que l'adoption du rapport enregistrant ces progrès confirmait les efforts importants accomplis par le Saint-Siège et l'Etat de la Cité du Vatican pour renforcer le cadre de leurs instruments juridiques et institutionnels. Le Saint-Siège, a confirmé Mgr.Antoine Camilleri, "est pleinement engagé à améliorer encore la mise en œuvre de toutes les mesures nécessaires pour créer un système cohérent et performant en vue de prévenir et lutter contre les crimes financiers". Conformément aux règles et procédures de MONEYVAL, le rapport d'étape sera publié dans son intégralité le 12 décembre par le Secrétariat de MONEYVAL (sur son site internet).

Au niveau législatif et parmi les principaux résultats acquis depuis le rapport du 4 Juillet 2012, il faut mentionner le renforcement de l'Autorité d'information financière (AIF) grâce aux modifications des règles contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme de la loi du 14 décembre 2012. Ce à quoi s'ajoute le Motu Proprio du Pape François en matière pénale du 11 Juillet 2013, qui couvre tous les types d'infractions terroristes énoncées dans les annexes à la Convention sur le financement du terrorisme, et contient une nouvelle approche de la responsabilité administrative des personnes morales en matière d'infractions pénales: En particulier une approche moderne de la confiscation, du gel et de la saisie des biens. La grande compétence du Motu Proprio qui étend les compétences du Tribunal de l'Etat de la Cité du Vatican aux actes criminels comme le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent commis par des fonctionnaires du Saint-Siège dans l'exercice de leur fonction, y compris hors du territoire de l'Etat Vatican. Une autre avancée est représentée par le Motu Proprio et le Décret du 8 août dernier fixant les dispositions sur la transparence, le suivi et l'information financière, confirmée par la loi du 8 octobre 2013. Cette nouvelle législation du Saint-Siège et de l'Etat de la Cité du Vatican dans le domaine de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme est largement conforme aux règles internationales. Elle représente une nouvelle étape dans le renforcement du système de lutte contre le risque d'activités financières illicites au sein de la Cité du Vatican. Cela traite les questions posées par la transparence, le suivi et les besoins d'information financière, en consolidant les compétences et responsabilités de l'AIF. Ce cadre législatif est complété par le Motu Proprio du 18 novembre, qui assure à l'AIF une nouvelle structure organisationnelle, Au niveau de la coopération internationale l'AIF a été admise au Groupe Egmont et ces derniers mois a signé des protocoles d'entente avec la Belgique, l'Espagne, les Etats-Unis, l'Italie, la Slovénie, les Pays-Bas et, plus récemment, l'Allemagne. Pour ce qui est des procédures d'examen des établissements placés sous la supervision de l'AIF, MONEYVAL salue le contrôle préliminaire des données relatives aux clients de l'Institut pour les oeuvres de religion (IOR), achevé fin 2012 et début 2013. Sur la base de ces résultats acquis sous la supervision de l'AIF, l'IOR a lancé un audit en profondeur, y compris quant à la documentation et à l'analyse des transactions. Il est en cours. On a également pris acte que l'IOR a redéfini les catégories de clients pouvant accéder à leurs services. En termes de fonctionnement du système d'information pour la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, depuis le rapport d'évaluation mutuel, on a enregistré une augmentation constante de déclaration d'activités suspectes par les différentes entités déclarantes. La croissance a été plus significative en 2013 avec l'ouverture d'enquêtes sur des transactions suspectes. Des instructions ont été données pour geler certaines opérations. Après examen et des procédures correctives pour améliorer le contrôle des opérations, l'AIF a reçu une augmentation significative de déclarations concernant des transactions suspectes.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 10 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Jesús Fernández González, Auxiliaire de l’Archevêque de Santiago de Compostela (Espagne).L'Evêque élu, né en 1955 à Selga de Ordán (Espagne) et ordonné prêtre en 1980, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse de León (Espagne). Licencié en psychologie, il a été curé de paroisses, professeur et Recteur du petit séminaire diocésain, vicaire épiscopal et consulteur de la commission pastorale de la Conférence épiscopale espagnole.
Dom Urban Federer, OSB, Abbé de l’abbaye territoriale de Maria Einsiedeln (superficie 1, moines 150 dont 48 prêtres, convers et employés paroissiens 70), en Suisse. L'Abbé évêque élu, né en 1968 à Zurich (Suisse) nel 1968, a émis sa profession solennelle en 1992 et a été ordonné prêtre en 1994. Licencié en littérature, il a occupé plusieurs fonctions au sein du monastère et de son lycée, notamment celle de Vicaire général.

lundi 9 décembre 2013

VISITE DU PRESIDENT CONGOLAIS

Cité du Vatican, 9 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Président du Congo M.Denis Sassou-Nguesso Président du Congo, qui s'est ensuite entretenu avec le Secrétaire d'Etat. Ces entretiens cordiaux ont permis d'évoquer l'importante contribution que l'Eglise catholique offre à la société congolaise, tout particulièrement en matière d'assistance et d'éducation, mais aussi de se féliciter des bonnes relations entre le Congo et le Saint-Siège. Abordant des sujets d'intérêt commun, les parties ont exprimé leur volonté d'un renforcement de leur collaboration. Il a ensuite été question de la situation en Afrique centrale, de ses aspects humanitaires, du problème des réfugiés et de l'aide à leur apporter, de la sécurité régionale, notamment là où s'aggravent des tensions à caractère fondamentaliste.

APPEL A LA PAIX AVEC LE PATRIARCHE D'ALEXANDRIE

Ci du Vatican, 9 décembre 2013 (VIS). "Prions pour qu'en Terre Sainte et dans tout le Moyen Orient, la paix puisse encore repartir après s'être interrompue trop souvent et parfois de façon dramatique, et que cessent, au contraire, pour toujours, inimitiés et divisions". Voici l'appel lancé par le Pape François au cours de sa messe matinale à la maison Sainte-Marthe, concélébrée par le Patriarche d'Alexandrie des Coptes catholiques, SB Ibrahim Isaac Sidrak, à l'occasion de la manifestation publique de la communion ecclésiastique demandée par le Patriarche et accordée alors par le Pape Benoît XVI. Le Pape François a repris les paroles du prophète Isaïe qui évoquent un réveil des cœurs dans l'attente du retour en gloire du Seigneur. "Nous sentons que l'encouragement aux pauvres de cœurs s'adresse à ceux qui sur votre terre égyptienne bien aimée vivent dans l'insécurité et la violence, parfois à cause de leur foi chrétienne. Courage, ne craignez pas! sont les paroles réconfortantes qui trouvent confirmation dans la solidarité fraternelle. Je remercie Dieu de cette rencontre qui me permet de renforcer votre et notre espérance, parce que c'est la même. L'Evangile nous présente le Christ qui vainc les paralysies de l'humanité... Les paralysies des consciences sont contagieuses. Avec la complicité de la pauvreté de l'histoire et de notre péché, elles peuvent se répandre et pénétrer les structures sociales et communautaires jusqu'à bloquer complètement les peuples. Mais le commandement du Christ, Lève-toi et marche, peut renverser la situation". Prions avec confiance, a ajouté le Pape, pour que "reprennent les accords de paix souvent paralysés par des intérêts contraires et obscurs. Que de réelles garanties de liberté religieuse soient finalement données à tous, ainsi que le droit pour les chrétiens de vivre sereinement là où ils sont nés, dans la patrie qu'ils aiment comme citoyens depuis deux mille ans, pour contribuer comme toujours au bien de tous. Que le Seigneur Jésus, qui a connu avec la Sainte Famille la fuite et a été hébergé sur votre terre généreuse, veille sur les Egyptiens qui cherchent dignité et sécurité sur les routes du monde. Continuons d'avancer à la recherche du Seigneur, en cherchant de nouvelles routes, de nouvelles voies pour nous approcher du Seigneur. Et s'il faut faire un trou sur le toit pour s'approcher tous du Seigneur, que notre imagination de la charité nous amène à...trouver et faire des routes de rencontre, de fraternité et de paix".

Pour sa part, le Patriarche Sidrak a souligné que dans ce moment historique délicat, l'Eglise en Egypte a besoin d'être soutenue par une accolade paternelle du Pape. Dans ce temps de préparation à la célébration de l'incarnation du Verbe, a-t-il dit, je ne peux taire le lien historique de ma terre avec ce mystère, depuis ce moment où l'Egypte a été le premier lieu d'accueil pour la Sainte Famille fuyant les persécutions d'Hérode. Ce coin de terre entre le désert et le Nil a connu et connaît encore, le drame de tant de personnes désireuses d'être entendues et accueillies. Notre Eglise est là, prête à accueillir quiconque frappe à sa porte, à offrir l'hospitalité à qui demande de l'aide, à secourir les nécessiteux, les personnes abandonnées, et à témoigner de l'Evangile... Que la lumière de Noël soit l'étoile qui révèle la route de l'amour, de l'unité, de la réconciliation et de la paix, dons dont ma terre a grand besoin. Je vous demande, Très Saint-Père, votre bénédiction. Nous vous attendons en Egypte".

HOMMAGE A LA COLONNE DE L'IMMACULEE

Cité du Vatican, 8 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a accompli cet après-midi sa première sortie au centre le Rome pour la fête de l'Immaculée, gagnant d'abord la colonne de l'Immaculée dressée Place d'Espagne au pied de laquelle il a fait déposer une gerbe de fleurs. L'attendaient le Cardinal Vicaire de Rome et le nouveau Maire de la capitale italienne. Après un moment de recueillement parmi la foule des fidèles, et avant de gagner la Basilique Ste.Marie Majeure pour y vénérer l'antique icône mariale Salus Populi Romani, le Pape François a lu la prière qu'il a lui même composée pour l'occasion:

Vierge Sainte et Immaculée,
à toi, qui es l’honneur de notre peuple
et la gardienne prévenante de notre ville,
nous nous adressons avec confiance et amour.
Tu es la Toute Belle, ô Marie! Le péché n’est pas en toi.
Suscite en nous tous un désir renouvelé de sainteté.
Que la splendeur de la vérité brille en nos paroles,
que le chant de la charité résonne en nos œuvres,
que pureté et chasteté habitent notre corps et notre cœur,
que toute la beauté de l’Evangile soit présente en notre vie.
Tu es la toute Belle, ô Marie! La Parole de Dieu s’est faite chair en toi.
Aide-nous à demeurer à l’écoute attentive de la voix du Seigneur.
Que le cri des pauvres ne nous laisse jamais indifférents,
que la souffrance des malades et des nécessiteux ne nous trouve pas distraits,
que la solitude des personnes âgées et la fragilité des enfants nous touchent,
que chaque vie humaine soit toujours aimée et vénérée par nous tous.
Tu es la Toute Belle, ô Marie! En toi se trouve la joie parfaite de la vie bienheureuse avec Dieu.
Fais que nous ne perdions pas le sens de notre chemin sur la terre.
Que la douce lumière de la foi éclaire nos journées,
que la force consolante de l’espérance oriente nos pas,
que la chaleur contagieuse de l’amour anime notre cœur,
que nos yeux à tous restent bien fixés là, en Dieu, où se trouve la vraie joie.
Tu es la Toute Belle, ô Marie! Ecoute notre prière, exauce notre supplication.
Que la beauté de l’amour miséricordieux de Dieu en Jésus soit en nous,
que cette beauté divine nous sauve, sauve notre ville, sauve le monde entier.

ANGELUS DE L'IMMACULEE

Ci du Vatican, 8 décembre 2013 (VIS). En la fête de l'Immaculée Conception, le Pape a récité l'angélus avec les milliers de personnes réunies Place St.Pierre et a demandé à tous d'invoquer avec lui Marie en répétant pleine de grâce, comme Dieu l'a regardée dans son dessein d'amour 'belle et pleine de grâce". "Elle est belle notre Mère! Marie nous soutient dans notre chemin vers Noël puisque qu'elle nous enseigne comment vivre ce temps de l'Avent dans l'attente du Seigneur...qui viendra tous nous voir à la fête, mais aussi chacun, dans notre cœur". Le Pape François a ensuite évoqué l'évangile de saint Luc qui présente Marie comme une jeune fille de Nazareth, en Galilée, à la périphérie de l'empire romain et d'Israël. Cependant, sur cette jeune femme "de ce lointain village...s'est posé le regard du Seigneur qui l'a choisie pour être la mère de son Fils. En vue de cette maternité, Marie a été préservée du péché originel, c'est-à-dire de cette fracture de la communion avec Dieu, avec les autres et avec la création, qui blesse en profondeur tout être humain. Mais cette fracture a été réparée par anticipation dans la Mère de Celui qui est venu nous libérer de l'esclavage du péché. L'Immaculée est inscrite dans le dessein de Dieu; c'est le fruit de l'amour de Dieu qui sauve le monde... La Vierge ne s'est jamais éloignée de cet amour. Toute sa vie, tout son être est un oui à cet amour, c'est un oui à Dieu. Mais cela n'a certainement pas été facile pour elle! Quand l'ange l'appelle pleine de grâce, elle reste troublée, parce que dans son humilité, elle se sent rien devant Dieu", mais "elle écoute, obéit intérieurement et répond: Je suis la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ta Parole. Le mystère de cette jeune femme de Nazareth, qui est dans le cœur de Dieu, ne nous est pas étranger. Elle n'est pas là et nous ici. Non, nous sommes en lien. En effet, Dieu pose son regard d'amour sur tout homme et toute femme, avec son nom et son prénom. Son regard d'amour est sur chacun de nous. L'apôtre Paul affirme que Dieu nous a choisi avant la création du monde pour être saints et immaculés. Nous aussi, depuis toujours, nous avons été choisis par Dieu pour vivre une vie sainte, libérée du péché, En cette fête, contemplant notre Mère immaculée, belle, reconnaissons aussi notre destin le plus vrai, notre vocation la plus profonde: être aimés, être transformés par l'amour, être transformés par la beauté de Dieu".

Après l'angélus, le Pape a salué l'Eglise d'Amérique du nord qui commémore aujourd'hui la fondation de sa première paroisse, il y a 350 ans: Notre-Dame de Québec. "rendons grâce à Dieu pour le chemin parcouru depuis, spécialement pour les saints et les martyrs qui ont fécondé cette terre. Je bénis de tout cœur les fidèles qui célèbrent ce jubilé".

XXII JOURNEE MONDIALE DU MALADE

Cité du Vatican, 9 décembre 2013 (VIS). Aujourd'hui a été rendu public le message du Saint-Père (6 décembre) pour la XXII Journée mondiale du malade (11 février 2014: "Foi et charité. Donnons nous aussi la vie pour les frères"). Il y rappelle que l'Eglise voit dans chaque malade la présence particulière du Christ souffrant". Le sacrifice du Christ n'a pas éteint la souffrance humaine et la maladie, qui sont cependant "redimensionnées car elles n'ont plus le dernier mot. Le dernier mot est la vie nouvelle, la vie de plénitude, la vie transformée parce qu'en union au Christ le négatif devient positif. Il est la vie et nous devons suivre l'Esprit. Comme le Père a donné le Fils par amour, le Fils s'est donné afin que nous puissions aimer l'autre comme Dieu nous aime, en donnant la vie pour les frères". Puis le Pape écrit que par le baptême et la confirmation, "nous sommes appelés à nous conformer au Christ, le Bon Samaritain de tout souffrance... Lorsqu'on s'approche avec tendresse de qui a besoin de soins, nous lui apportons l'espérance et le sourire de Dieu malgré les contrastes de ce monde... Pour grandir dans cette charité respectueuse, il faut un modèle", et ce modèle est Marie. "Elle qui sait comment suivre ce chemin est la mère de tout malade, qui peuvent en s'adresser à elle avec confiance et fidèle dévotion, certains d'être secourus. Elle nous assistera toujours et ne nous abandonnera jamais. Mère du Ressuscité, elle est au pied de nos croix et nous accompagne vers la résurrection et la plénitude de la vie".

ANNONCER LE CHRIST A L'ERE NUMERIQUE

Ci du Vatican, 7 décembre 2013 (VIS). "Annoncer le Christ à l'ère numérique relève d'un domaine privilégié pour l'action des jeunes pour lesquels internet leur est, pour ainsi dire, naturel. Internet est une réalité diffuse, complexe et en constante évolution, et son développement repose la question toujours actuelle du rapport entre la foi et la culture". C'est ainsi que le Pape François a commenté le sujet choisi par le Conseil pontifical pour les laïcs pour leur assemblée plénière: Annoncer le Christ à l'ère numérique est une question de grande actualité qui peut toutefois rappeler une époque passée lorsqu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne "l'Eglise voulait se mesurer avec l'héritage extraordinaire de la culture grecque". Face à des philosophies de grande profondeur et une méthode éducative de valeur exceptionnelle, mêlées toutefois à des éléments païens, les Pères ne refusèrent pas la confrontation et ne cédèrent pas non plus au compromis sur quelques idées contraires à la foi. Ils surent, au contraire, reconnaître et assimiler des concepts plus élevés, en les transformant de l'intérieur à la lumière de la Parole de Dieu. Ils mirent en pratique ce que demande saint Paul: Vérifiez tout, ce qui est bon et retenez-le. Parmi les opportunités et les dangers d'internet, il faut vérifier toute chose, bien conscients que nous trouverons certainement des choses fausses, de dangereuses illusions et des pièges à éviter. Mais guidés par l'Esprit, nous découvrirons aussi de précieuses occasions de conduire les hommes au visage lumineux du Seigneur". Parmi les possibilités de la communication numérique, la plus importante "concerne l'annonce de l'Evangile. Il n'est certes pas suffisant d'acquérir des compétences technologiques bien que ce soit important. Il s'agit surtout de rencontrer des femmes et des hommes réels, souvent blessés ou égarés, pour leur offrir de vraies raisons d'espérer. L'annonce requiert d'avoir des relations humaines authentiques et directes pour aboutir à une rencontre personnelle avec le Seigneur. C'est pourquoi internet ne suffit pas, la technologie ne suffit pas. Cela ne signifie pas que la présence de l'Eglise sur internet soit inutile. Au contraire, il est indispensable d'être présents, toujours avec un style évangélique, sur ce que pour beaucoup et notamment les jeunes, est devenu une sorte d'environnement de vie, pour réveiller les questions inaliénables du cœur sur le sens de l'existence, et indiquer la route qui conduit à Celui qui est la réponse, la Miséricorde divine faite chair, le Seigneur Jésus". Le Pape François a conclu en rappelant que l'Eglise est toujours en chemin "à la recherche de nouvelles voies pour annoncer l'Evangile. L'apport et le témoignage des fidèles laïcs sont indispensables chaque jour un peu plus".

PROTEGER LA DIGNITE HUMAINE

Ci du Vatican, 7 décembre 2013 (VIS). Ce matin, le Pape a reçu une délégation de l'institut Dignitatis Humanae présidé par le Cardinal Renato Raffaele Martino, visant à "promouvoir la dignité humaine sur la base de la vérité fondamentale que l'homme a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu". Il s'agit donc, a dit le Saint-Père, "d'une dignité originaire de tout homme et femme, inaliénable...par quelque pouvoir ou idéologie. Malheureusement à notre époque, si riche de tant de conquêtes et d'espoirs, de nombreux pouvoirs et forces finissent par produire une culture du rejet qui tend à devenir la mentalité commune. Les victimes d'une telle culture sont justement les êtres humains les plus faibles et fragiles, les enfants à naître, les plus pauvres, les personnes âgées malades, les personnes handicapées..., qui risquent d'être repoussés, expulsés d'un engrenage qui doit être efficace à tout prix. Ce faux modèle d'homme et de société met en place un athéisme pratique en niant de fait la Parole de Dieu. Au contraire, si nous nous laissons interroger par cette Parole, si nous la laissons interpeller notre conscience personnelle et sociale, mettre en discussion nos façons de penser et d'agir..., alors les choses peuvent changer. La force de cette Parole pose des limites à qui veut dominer au détriment des droits et de la dignité des autres. En même temps, elle apporte espérance et consolation à qui n'est pas en mesure de se défendre, à qui n'a pas les moyens intellectuels et pratiques pour affirmer la valeur de sa souffrance, de ses droits, de sa vie. La doctrine sociale de l'Eglise, avec sa vision intégrale de l'homme, en tant qu'être personnel et social, est votre boussole. C'est là que se trouve un fruit particulièrement important du long cheminement du peuple de Dieu dans l'histoire moderne et contemporaine: La défense de la liberté religieuse, de la vie à toutes ses périodes, du droit au travail et à un travail décent, de la famille, de l'éducation... Toutes les initiatives comme la vôtre qui entendent aider les personnes, les communautés et les institutions à redécouvrir la portée éthique et sociale du principe de la dignité humaine, racine de liberté et de justice, sont donc les bienvenues. A cet effet, une œuvre de sensibilisation et de formation est nécessaire afin que les fidèles laïcs, de toutes conditions, et notamment ceux qui sont engagés dans le domaine politique, sachent penser selon l'Evangile et la doctrine sociale de l'Eglise, et agir avec cohérence en dialoguant et collaborant avec ceux qui, avec sincérité et honnêteté intellectuelle, partagent, sinon la foi, au moins la même vision de l'homme et de la société et ses conséquences étiques. Nombreux sont les non chrétiens et les non croyants à être convaincus que l'être humain doit toujours être une fin et non un moyen", a conclu le Pape François.

PROMULGATION DE DECRETS

Cité du Vatican, 9 décembre 2013 (VIS). A la suite de l'audience accordée au Cardinal Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le Pape a ordonné la promulgation des décrets relatifs:

Au miracle attribué à la servante de Dieu Giovannina Franchi (1807 - 1872), fondatrice italienne des Soeurs infirmières de l'Addolorata.

Au martyre des serviteurs de Dieu Mario Vergara, prêtre missionnaire italien, et Isidore Ngei Ko Lat, catéchiste birman, tués en haine de la foi en 1950.

Aux vertus héroïques:

du serviteur de Dieu Maurice Garrigou (1766 - 1852), prêtre français fondateur de l'Institut Notre Dame de Compassion.

du serviteur de Dieu Klemens (Vincenz Fühl 1874 - 1935), prêtre agostinien allemand, missionnaire au Pérou.

du serviteur de Dieu Marcel du Mont Carmel (Boldizsár Marton 1887 - 1966), carme déchau hongrois.

Du serviteur de Dieu Romano Bottegal (1921 - 1978), prêtre trappiste italien.

de la servante de Dieu Rosalie Cadron-Jetté (1794 - 1864), religieuse canadienne fondatrice des Soeurs de la Miséricorde.

de la servante de Dieu María Rosa Teresa Gay Tibau (1813 - 1884), fondatrice espagnole des Religieuses de St.Joseph de Girona.

de la servante de Dieu Maria Oliva Bonaldoa (1893 - 1976), religieuse italienne fondatrice de la Congrégation des Filles de l'Eglise.

de la servante de Dieu Orsola Maria Mezzini (1853 - 1919), religieuse italienne supérieure des Soeurs de la petite Mission (sourds et muets).

de la servante de Dieu Maria Scolastica - Orsola Maria Rivata (1897 - 1987), religieuse italienne et première supérieure des Disciples du divin Maître.

du serviteur de Dieu Rafael Cordero Molina, (1790 -1868), laïc espagnol de Puerto Rico.

AUDIENCES


Cité du Vatican, 9 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Angelo Amato SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints.

Le Cardinal Elio Sgreccia.

Mgr.Giambattista Diquattro, Nonce apostolique en Bolivie.

Samedi dernier, 7 décembre, il avait reçu le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

Cité du Vatican, 7 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé le P.Simon Kaipuram, CM, Evêque de Balasore (superficie 25.118, population 8.974.200, catholiques 23.643, prêtres 53, religieux 174), en Inde. L'Evêque élu, né en 1954 à Thanneermukkom (Inde), a prononcé ses voeux religieux en 1972 et a été ordonné prêtre en 1980. Jusqu'ici Recteur du Aquinas College de Gopalpur, il a été été professeur et a occupé plusieurs fonctions au sein de son ordre.

Accepté la renonciation pour limite d'âge de Mgr.Józef Zawitkowski, à l'office d'Auxiliaire de Lowicz (Pologne).

Accepté la renonciation pour limite d'âge de Mgr.Petr Esterka, à l'office d'Auxiliaire de Brno (Rép.Tchèque).

Hier, le Pape a nommé le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président de Cor Unum, son Envoyé spécial à la cérémonie commémorative du Prix Nobel et de paix et ancien Président sud-africain Nelson Mandela (Johannesburg 10 décembre)-

Samedi dernier, 7 décembre, il avait nommé:

Mgr.Rudolf Pierskala, Auxiliaire de l'Evêque d'Opole (Pologne). L'Evêque élu, né en 1959 à Kedzierzyn - Kozle (Pologne) et ordonné prêtre en 1985, était jusqu'ici Chancelier de ce même diocèse. Docteur en théologie, il a été professeur à l'Université catholique de Lublin puis à celle d'Opole, directeur d'une maison de retraite pour prêtres âgés, membre du Prebyterium et vicaire épiscopal.

L'Abbé Georges Bizimana, Coadjuteur de l'Evêque de Bubanza (Burundi). L'Evêque élu, né en 1965 à Buraniro (Burundi) et ordonné prêtre en 1994, était jusqu'ici Recteur du grand séminaire de Gitega. Docteur en théologie, il a été curé de paroisse et professeur de séminaire.

M.Osvaldo Gianoli (Italie), Directeur des villas pontificales de Castelgandolfo.

vendredi 6 décembre 2013

THEOLOGIE ET DIALOGUE AVEC LES CULTURES

Ci du Vatican, 6 décembre 2013 (VIS). Le Pape a reçu ce matin la Commission théologique internationale, qui venait de conclure son assemblée plénière, rappelant d'emblée que selon la constitution Gaudium et Spes, le théologien a la mission "d'écouter attentivement, de discerner et d'interpréter les divers langages du moment, de les évaluer à la lumière de la Parole afin que la vérité révélée soit mieux comprise et présentée de manière plus adaptée. Les théologiens sont donc des pionniers dans le dialogue de l'Eglise avec les cultures, d'un dialogue qui doit être critique et bienveillant à la fois, faciliter la perception de la parole divine par les hommes de tous horizons et cultures". Le rapport entre monothéisme et violence, sujet de réflexion de la commission, a poursuivi le Saint-Père, "confirme que la Révélation est vraiment une Bonne Nouvelle pour l'humanité entière. Dieu n'est pas une menace pour l'homme. La foi dans le Dieu unique et trine ne peut en aucun cas générer violence et intolérance, d'autant que son caractère hautement rationnel lui confère une dimension universelle qui est en mesure d'unir les personnes de bonne volonté. Et puis la Révélation définitive en Jésus-Christ rend désormais impossible tout recours à la violence au nom de Dieu, car c'est justement son refus de la violence qui a vaincu le mal par le bien. Par son sang sur la croix, Jésus a réconcilié les hommes entre eux et avec Dieu". L'autre thème traité en assemblée était la doctrine sociale de l'Eglise, qui "traduit dans la vie sociale l'amour de Dieu pour l'homme manifesté en Jésus-Christ... L'Eglise est tenue de vivre avant tout le message social qu'elle porte au monde. Les rapports fraternels entre les croyants, l'autorité comme service, le partage avec les pauvres, tels sont les caractéristiques de la vie ecclésiale depuis l'origine. Ils doivent être un modèle pour les diverses agrégations, de la famille à la société civile. C'est un témoignage qui appartient au peuple de Dieu dans son ensemble, car il est un peuple de prophètes. Par le don de l'Esprit, les membres de l'Eglise détiennent le Sensus Fidei, une sorte d'instinct spirituel qui permet de Sentire cum Ecclesia et de discerner ce qui est conforme à la foi apostolique et à l'esprit évangélique. Certes on ne saurait confondre le Sensus Fidelium avec une réalité sociologique ou une opinion majoritaire. A cela les théologiens doivent être particulièrement attentifs et Benoît XVI a souvent rappelé que le théologien doit rester à l'écoute de la foi vécue des humbles et des petits auxquels il a plu au Père de révéler et non aux sages et savants. La mission des théologiens est donc fascinante mais dangereuse parce que la recherche et l'enseignement théologique peut être une voie de sainteté...mais aussi conduire à la tentation de l'aridité du coeur, de l'orgueil et de l'ambition". Saint Antoine de Padoue, a conclu le Pape François, disait qu'enseigner aux frères la théologie lui plaisait, mais à condition de ne pas éteindre dans le bureau la prière et la dévotion. Puisse la Vierge accorder à tous les théologiens "de grandir dans cet esprit et d'être ainsi, avec un profond sens de l'humilité, de véritables serviteurs de l'Eglise".

DECES DE NELSON MANDELA

Cité du Vatican, 6 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir au Président sud-africain un télégramme de condoléances à la suite du décès hier à 95 ans du Prix Nobel pour la paix Nelson Mandela, adressé à la famille, aux autorités et au peuple tout entier. Il y évoque le profond engagement du défunt dans la défense de la dignité de tout citoyen, dans la constitution d'une nouvelle Afrique du Sud fondée sur la non violence, la réconciliation et la vérité. Il prie afin qu'à son exemple, les nouvelles générations sachent reconnaître la place prioritaire de la justice et du bien commun, et invoque pour toutes les composantes du peuple sud-africain le don divin de la paix et de la prospérité.

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