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mardi 25 novembre 2014

Le Pape s'adresse au Parlement européen


Cité du Vatican 25 novembre 2014 (VIS). L'avenir de l'Europe dépendra de sa capacité à redécouvrir le lien vital existant entre dignité et transcendance, au risque de perdre son âme. Tel a été le point d'orgue du long discours prononcé par le Pape, ce matin à Strasbourg (France), devant le Parlement européen. Organe législatif de l'Union européenne (28 état et 508 millions d'habitants), il est la seule institution communautaire élue au suffrage universel direct (751 députés). L'avion papal a atterri vers 10 h et le Saint-Père a été accueilli au nom du gouvernement français par la Ministre de l'écologie, les autorités locales et deux Vice Présidents du Parlement européen. Il s'est aussitôt rendu en ville au siège de cette institution, où l'attendait le Président Martin Schultz, entouré des délégués du Bureau de l'assemblée et des présidents des huit Groupes parlementaires. Il a écrit sur le livre d'or: "Puisse le Parlement européen demeurer un lieu où chacun concourt à ce que, consciente de son passé, l'Europe envisage avec confiance son avenir et vive le présent remplie d'espérance".

Après le discours du Président, le Pape François s'est adressé à l'assemblée réunie en session solennelle. Voici les passages saillants de son intervention: "Ma visite a lieu plus d’un quart de siècle après celle accomplie par Jean- Paul II. Beaucoup de choses ont changé depuis lors, en Europe et dans le reste du monde. Les blocs opposés qui divisaient alors le continent n’existent plus, et le désir que l’Europe, se donnant souverainement des institutions libres, puisse un jour se déployer aux dimensions que lui ont données la géographie et plus encore l’histoire, se réalise lentement. A côté d’une Union européenne plus grande, il y a aussi un monde plus complexe, et en fort mouvement. Un monde toujours plus interconnecté et globalisé, et donc de moins en moins eurocentrique. A une Union plus étendue, plus influente, semble cependant s’adjoindre l’image d’une Europe un peu vieillie et comprimée, qui tend à se sentir moins protagoniste dans un contexte qui la regarde souvent avec distance, méfiance, et parfois avec suspicion. En m’adressant à vous comme pasteur, je désire adresser à tous les citoyens européens un message d’espérance et d’encouragement, fondé sur la conviction de ce que les difficultés peuvent devenir de puissantes promotrices d’unité. Elles peuvent servir à vaincre toutes les peurs que l’Europe et le monde traversent. Quant à l’espérance dans le Seigneur, elle transforme le mal en bien, et la mort en vie. C'est là un encouragement à revenir aux solides convictions des pères fondateurs de l’Union européenne, qui ont souhaité un avenir fondé sur la capacité de travailler ensemble afin de dépasser les divisions, et favoriser la paix et la communion entre tous les peuples du continent. Au centre de cet ambitieux projet politique il y avait la confiance en l’homme, non pas tant comme citoyen, ni comme sujet économique, mais en l’homme comme personne dotée d’une dignité transcendante. Je tiens avant tout à souligner le lien étroit qui existe entre les mots dignité et transcendante.

La dignité est le mot-clé qui a caractérisé la reconstruction après la seconde guerre. Notre histoire récente se caractérise par l’indubitable caractère central de la dignité humaine contre les violences multiples et les discriminations qui, même en Europe, n’ont pas manqué dans le cours des siècles. La perception de l’importance des droits humains naît justement comme aboutissement d’un long chemin, fait de multiples souffrances et sacrifices, qui a contribué à former la conscience du caractère précieux, de l’unicité qu’on ne peut répéter de toute personne humaine individuelle. Cette conscience culturelle trouve son fondement, non seulement dans les événements de l’histoire, mais surtout dans la pensée européenne, caractérisée par une riche convergence de sources lointaines, de la Grèce à Rome, des fonds celtes, germaniques et slaves au christianisme qui l’a profondément pétrie, donnant lieu justement au concept de personne. Aujourd’hui, la promotion des droits de l'homme joue un rôle central dans l’engagement de l’Union européenne, en vue de favoriser la dignité de la personne, en son sein comme dans ses rapports avec les autres pays. Il s’agit d’un engagement important et admirable, puisque trop de situations subsistent encore dans lesquelles les êtres humains sont traités comme des objets dont on peut programmer la conception, la configuration et l’utilité, et qui ensuite peuvent être jetés quand ils ne servent plus, parce qu’ils deviennent faibles, malades ou vieux... Promouvoir la dignité de la personne signifie reconnaître qu’elle possède des droits inaliénables dont elle ne peut être privée au gré de certains, et encore moins au bénéfice d’intérêts économiques. Mais il convient de faire attention à ne pas tomber dans des équivoques qui peuvent naître d’un malentendu sur le concept de droits humains et de leur abus paradoxal. Il y a en effet aujourd’hui la tendance à une revendication toujours plus grande des droits individuels, je dirais même privatifs. C'est une tendance qui cache une conception de la personne détachée de tout contexte social et anthropologique...toujours plus insensible aux réalités du contexte. Le concept de devoir, pourtant essentiel et complémentaire, semble dissocié de celui de droit, de sorte qu’on finit par affirmer les droits individuels sans tenir compte que tout être humain est lié à un contexte social dans lequel droits et devoirs des uns et des autres sont connexes... C'est pourquoi je considère qu’il est plus que jamais vital d’approfondir aujourd’hui une culture des droits humains qui puisse sagement relier la dimension individuelle, ou mieux, personnelle, à celle de bien commun, de ce nous-tous formé d’individus, de familles et de groupes intermédiaires qui s’unissent en communauté sociale. En effet, si le droit de chacun n’est pas harmonieusement ordonné au bien plus grand, il finit par se concevoir comme sans limites et, par conséquent, devenir source de conflits et de violences. Parler de la dignité transcendante de l’homme signifie donc faire appel à sa nature, à sa capacité innée de distinguer le bien du mal, à cette boussole inscrite dans nos cœurs et que Dieu a imprimée dans l’univers créé. Cela signifie surtout regarder l’homme non pas comme un absolu, mais comme un être relationnel. Une des maladies que je vois la plus répandue aujourd’hui en Europe est la solitude, précisément de celui qui est privé de liens. On la voit particulièrement chez les personnes âgées, souvent abandonnées à leur destin, comme aussi chez les jeunes privés de points de référence et d’opportunités pour l’avenir. On la voit chez les nombreux pauvres qui peuplent nos villes. On la voit dans le regard perdu des migrants qui sont venus ici en recherche d’un avenir meilleur. Cette solitude a été ensuite accentuée par la crise économique, dont les effets perdurent encore, avec des conséquences dramatiques du point de vue social. On peut constater qu’au cours des dernières années, à côté du processus d’élargissement de l’Union européenne, s’est accrue la méfiance des citoyens vis-à-vis des institutions considérées comme distantes, occupées à établir des règles perçues comme éloignées de la sensibilité des peuples, sinon complètement nuisibles. D’un peu partout on a une impression générale de fatigue et de vieillissement, d’une Europe grand-mère et non plus féconde et vivante. Par conséquent, les grands idéaux qui ont inspiré l’Europe semblent avoir perdu leur force attractive, en faveur de la technique bureaucratique de ses institutions.
A cela s’ajoutent des styles de vie un peu égoïstes, caractérisés par une opulence désormais insoutenable et souvent indifférente au monde environnant, surtout aux plus pauvres. On constate avec regret une prévalence des questions techniques et économiques au centre du débat politique, au détriment d’une authentique orientation anthropologique. L’être humain risque d’être réduit à un simple engrenage qui le traite à la manière d’un bien de consommation à utiliser, de sorte que lorsque la vie n’est pas utile au fonctionnement de ce mécanisme elle est éliminée sans trop de scrupule, comme dans le cas des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin, ou des enfants tués avant de naître.

Quelle grande méprise lorsque l’absolutisme de la technique prévaut et finit par produire une confusion entre la fin et les moyens. Résultat inévitable de la culture du déchet et le consumérisme exagéré... Prendre soin de la fragilité veut dire force et tendresse, lutte et fécondité, au milieu d’un modèle fonctionnel et privatisé qui conduit inexorablement à cette culture du déchet. Prendre soin de la fragilité de la personne et des peuples signifie garder la mémoire et l’espérance, prendre en charge la personne présente dans sa situation la plus marginale et angoissante et être capable de l’oindre de dignité... Pour répondre à cette question, permettez-moi de recourir à une image. Au Vatican une des fresques de Raphaël représente l'Ecole d’Athènes. Au centre se trouvent Platon et Aristote. Le premier a le doigt qui pointe vers le haut, vers le monde des idées, nous pourrions dire vers le ciel. Le second tend la main vers celui qui regarde, vers la terre, la réalité concrète. Cela me parait être une image qui décrit bien l’Europe et son histoire, faite de la rencontre continuelle entre le ciel et la terre, où le ciel indique l’ouverture à la transcendance, à Dieu, qui a depuis toujours caractérisé l’homme européen, et la terre qui représente sa capacité pratique et concrète à affronter les situations et les problèmes. L’avenir de l’Europe dépend de la redécouverte du lien vital et inséparable entre ces deux éléments. Une Europe qui n’a plus la capacité de s’ouvrir à la dimension transcendante de la vie est une Europe qui lentement risque de perdre son âme, ainsi que cet esprit humaniste qu’elle aime et défend cependant.

En ce sens j’estime fondamental, non seulement le patrimoine que le christianisme a laissé dans le passé pour la formation socioculturelle du continent, mais surtout la contribution qu’il veut donner, aujourd’hui et dans l’avenir, à sa croissance. Cette contribution n’est pas un danger pour la laïcité des états ni pour l’indépendance des institutions de l’Union, mais au contraire un enrichissement. Les idéaux qui l’ont formée dès l’origine le montrent bien: La paix, la subsidiarité et la solidarité réciproque, un humanisme centré sur le respect de la dignité de la personne. Je désire donc renouveler la disponibilité du Saint Siège et de l’Eglise catholique, par le biais de la Commission des conférences épiscopales européennes, pour entretenir un dialogue profitable, ouvert et transparent avec les institutions de l’Union européenne. De même, je suis convaincu qu’une Europe capable de mettre à profit ses propres racines religieuses, sachant en recueillir la richesse et les potentialités, peut être plus facilement immunisée contre les nombreux extrémismes qui déferlent dans le monde d’aujourd’hui, et aussi contre le grand vide d’idées auquel nous assistons en Occident, parce que c’est l’oubli de Dieu, et non pas sa glorification, qui engendre la violence. Nous ne pouvons pas ne pas rappeler les nombreuses injustices et persécutions qui frappent quotidiennement les minorités religieuses, en particulier chrétiennes, en divers endroits du monde. Des communautés et des personnes sont l’objet de violences barbares, chassées de leurs maisons et de leurs patries, vendues comme esclaves, décapitées, crucifiées et brûlées vives, dans le silence honteux et complice de beaucoup.

La devise de l’Union européenne est Unité dans la diversité, mais l’unité ne signifie pas uniformité politique, économique, culturelle ou de pensée... J’estime que l’Europe est une famille des peuples, lesquels pourront sentir les institutions de l’Union proches dans la mesure où elles sauront sagement conjuguer l’idéal de l’unité à laquelle on aspire, à la diversité propre de chacun, valorisant les traditions particulières, prenant conscience de son histoire et de ses racines, se libérant de nombreuses manipulations et phobies... D’autre part, les particularités de chacun constituent une richesse authentique dans la mesure où elles sont mises au service de tous. Il faut toujours se souvenir de l’architecture propre de l’Union européenne, basée sur les principes de solidarité et de subsidiarité, de sorte que l’aide mutuelle prévale, et que l’on puisse marcher dans la confiance réciproque. Dans cette dynamique d’unité-particularité, se pose à vous eurodéputés, l’exigence de maintenir vivante la démocratie des peuples d’Europe. Une conception uniformisante de la mondialisation touche la vitalité du système démocratique, affaiblissant le débat riche, fécond et constructif des organisations et des partis politiques entre eux. On court ainsi le risque de vivre dans le règne de l’idée, de la seule parole, de l’image, du sophisme… et de finir par confondre la réalité de la démocratie avec un nouveau nominalisme politique. Maintenir vivante la démocratie en Europe demande d’éviter les manières globalisantes de diluer la réalité, les purismes angéliques, les totalitarismes du relativisme, les fondamentalismes anti-historiques, les éthiques sans bonté, les intellectualismes sans sagesse. Maintenir vivante la réalité des démocraties est un défi actuel, en évitant que leur force réelle soit écartée face à la pression d’intérêts multinationaux non universels, qui les fragilisent et les transforment en systèmes uniformisés de pouvoir financier au service d’empires inconnus. C’est un défi qu’aujourd’hui l’histoire vous lance.

Donner espérance à l’Europe ne signifie pas seulement reconnaître le caractère central de la personne humaine. Cela implique aussi d’en favoriser les capacités. Il s’agit donc d’y investir ainsi que dans les domaines où ses talents se forment et portent du fruit. Le premier domaine est sûrement celui de l’éducation, à partir de la famille, cellule fondamentale et élément précieux de toute société. La famille unie, féconde et indissoluble porte avec elle les éléments fondamentaux pour donner espérance à l’avenir. Sans cette solidité, on finit par construire sur le sable, avec de graves conséquences sociales. D’autre part, souligner l’importance de la famille non seulement aide à donner des perspectives et l’espérance aux nouvelles générations, mais aussi aux nombreuses personnes âgées, souvent contraintes à vivre dans des conditions de solitude et d’abandon parce qu’il n’y a plus la chaleur d’un foyer familial en mesure de les accompagner et de les soutenir. A côté de la famille, il y a les institutions éducatives, les écoles et les universités... Les jeunes d’aujourd’hui demandent à pouvoir recevoir une formation adéquate et complète pour regarder l’avenir avec espérance, plutôt qu’avec désillusion.

L’Europe a toujours été en première ligne en faveur de l’écologie. Notre terre a en effet besoin de soins continus et d’attentions. Chacun a une responsabilité personnelle dans la protection de la création, don précieux que Dieu a mis entre les mains des hommes. Cela signifie, d’une part, que la nature est à notre disposition, que nous pouvons en jouir et en faire un bon usage. Mais, d’autre part, cela signifie que nous n’en sommes pas les propriétaires. Gardiens, mais non propriétaires. Par conséquent, nous devons l’aimer et la respecter, tandis qu’au contraire, nous sommes souvent guidés par l’orgueil de dominer, de posséder, de manipuler, d’exploiter; nous ne la gardons pas, nous ne la respectons pas, nous ne la considérons pas comme un don gratuit dont il faut prendre soin. Respecter l’environnement signifie cependant non seulement se limiter à éviter de le défigurer, mais aussi l’utiliser pour le bien. Je pense surtout au secteur agricole, appelé à donner soutien et nourriture à l’homme. On ne peut tolérer que des millions de personnes dans le monde meurent de faim, tandis que des tonnes de denrées alimentaires sont jetées chaque jour de nos tables. En outre, respecter la nature, nous rappelle que l’homme lui-même en est une partie fondamentale. A côté d’une écologie environnementale, il faut donc une écologie humaine, faite du respect de la personne, que j’ai voulu rappeler aujourd’hui en m’adressant à vous. Le deuxième domaine dans lequel fleurissent les talents de la personne humaine, c’est le travail. Il est temps de favoriser les politiques de l’emploi, mais il est surtout nécessaire de redonner la dignité au travail, en garantissant aussi d’adéquates conditions pour sa réalisation. Cela implique, d’une part, de repérer de nouvelles manières de conjuguer la flexibilité du marché avec les nécessités de stabilité et de certitude des perspectives d’emploi, indispensables pour le développement humain des travailleurs. D’autre part, cela signifie favoriser un contexte social adéquat, qui ne vise pas l’exploitation des personnes, mais à garantir, à travers le travail, la possibilité de construire une famille et d’éduquer les enfants.

De même, est-il nécessaire d’affronter ensemble la question migratoire. On ne peut tolérer que la Mer Méditerranéenne devienne un grand cimetière... L’absence d’un soutien réciproque au sein de l’Union européenne risque d’encourager des solutions particularistes aux problèmes, qui ne tiennent pas compte de la dignité humaine des immigrés, favorisant le travail d’esclave et des tensions sociales continuelles. L’Europe sera en mesure de faire face aux problématiques liées à l’immigration si elle sait proposer avec clarté sa propre identité culturelle et mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens européens et garantir l’accueil des migrants. Elle doit adopter des politiques justes, courageuses et concrètes qui aident leurs pays d’origine dans le développement socio-politique et dans la résolution des conflits internes causes principales du phénomène, au lieu des politiques d’intérêt qui accroissent et alimentent ces conflits.

La conscience de sa propre identité est nécessaire à l'Europe pour dialoguer de manière prospective avec les états qui ont demandé d’entrer pour faire partie de l’Union européenne à l’avenir. Je pense surtout à ceux de l’aire balkanique pour lesquels l’entrée dans l’Union européenne pourra répondre à l’idéal de paix dans une région qui a grandement souffert des conflits dans le passé. Enfin, la conscience de sa propre identité est indispensable dans les rapports avec les autres pays voisins, particulièrement avec ceux qui bordent la Méditerranée, dont beaucoup souffrent à cause de conflits internes et de la pression du fondamentalisme religieux ainsi que du terrorisme international. C'est à vous les législateurs que revient le devoir de protéger et de faire grandir l’identité européenne, afin que les citoyens retrouvent confiance dans les institutions de l’Union et dans le projet de paix et d’amitié qui en est le fondement. Sachant que plus grandit le pouvoir de l’homme plus s’élargit le champ de ses responsabilités, personnelles et communautaires. Je vous exhorte donc à travailler pour que l’Europe redécouvre sa bonne âme.


Un auteur anonyme du II siècle a écrit que les chrétiens représentent dans le monde ce qu’est l’âme dans le corps. Le rôle de l’âme est de soutenir le corps, d’en être la conscience et la mémoire historique. Et une histoire bimillénaire lie l’Europe et le christianisme. Une histoire non exempte de conflits et d’erreurs, mais toujours animée par le désir de construire pour le bien. Nous le voyons dans la beauté de nos villes, et plus encore dans celle des multiples œuvres de charité et d’édification commune qui parsèment le continent. Cette histoire, en grande partie, est encore à écrire. Elle est notre présent et aussi notre avenir. Elle est notre identité. Et l’Europe a fortement besoin de redécouvrir son visage pour grandir, selon l’esprit de ses pères fondateurs, dans la paix et dans la concorde, puisqu’elle-même n’est pas encore à l’abri de conflits. L’heure est venue de construire ensemble l’Europe qui tourne, non pas autour de l’économie, mais autour de la sacralité de la personne humaine, des valeurs inaliénables. L’Europe doit assumer avec courage son passé et regarder avec confiance son avenir pour vivre pleinement et avec espérance son présent. Le moment est venu d’abandonner l’idée d’une Europe effrayée et repliée sur elle-même, pour susciter et promouvoir l’Europe protagoniste, porteuse de science, d’art, de musique, de valeurs humaines et aussi de foi. L’Europe qui contemple le ciel et poursuit des idéaux, l’Europe qui regarde, défend et protège l’homme, l’Europe qui chemine sur une terre sûre et solide, sera une précieuse référence pour toute l’humanité!".

Visite du Pape au Conseil de l'Europe


Cité du Vatican 25 novembre 2014 (VIS). Après sa visite au Parlement européen, le Saint-Père a gagné vers midi en voiture le siège du Conseil de l'Europe, institution distincte de l'Union européenne regroupant 47 états. Après l'accueil du Secrétaire Général M.Thorbjorn Jagland, de Mme.Anne Brasseur, Présidente de l’assemblée, et des membres du Comité ministériel, il a gagné l´hémicycle pour s'adresser à l'ensemble des composantes du Conseil, son Assemblée Parlementaire, les Représentants des pays membres, les Juges de la Cour européenne des droits de l’homme. Voici l'intégralité de son discours:

"Presque toute l’Europe est présente en cette enceinte, avec ses peuples, ses langues, ses expressions culturelles et religieuses, qui constituent la richesse de ce continent... Je vous remercie tous de tout cœur pour l’engagement que vous prodiguez et pour la contribution que vous offrez à la paix en Europe, par la promotion de la démocratie, des droits humains et de l’état de droit. Dans l’intention de ses fondateurs, le Conseil de l’Europe, qui célèbre cette année son 65 anniversaire, répondait à une tension vers un idéal d’unité qui, à plusieurs reprises, a animé la vie du continent depuis l’Antiquité. Cependant, au cours des siècles, des poussées particularistes ont souvent prévalu, caractérisées par la succession de diverses volontés hégémoniques. Qu’il suffise de penser que dix ans avant ce 5 mai 1949, où a été signé à Londres le traité qui a institué le Conseil de l’Europe, commençait le plus cruel et le plus déchirant conflit dont ces terres se souviennent et dont les divisions se sont poursuivies pendant de longues années, alors que ce qu’on a appelé le rideau de fer coupait en deux le continent de la Baltique au Golfe de Trieste. Le projet des Pères fondateurs était de reconstruire l’Europe dans un esprit de service mutuel, qui aujourd’hui encore, dans un monde plus enclin à revendiquer qu’à servir, doit constituer la clef de voûte de la mission du Conseil de l’Europe, en faveur de la paix, de la liberté et de la dignité humaine.

D’autre part, la voie privilégiée vers la paix...est de reconnaître dans l’autre non un ennemi à combattre, mais un frère à accueillir. Il s’agit d’un processus continu, qu’on ne peut jamais considérer pleinement achevé. C’est justement l’intuition qu’ont eue les fondateurs, qui ont compris que la paix était un bien à conquérir continuellement, et qu’elle exigeait une vigilance absolue. Ils étaient conscients que les guerres s’alimentent dans le but de prendre possession des espaces, de figer les processus et de chercher à les arrêter. Par contre, ils recherchaient la paix qui peut s’obtenir seulement par l’attitude constante d’initier des processus et de les poursuivre. De cette manière, ils affirmaient la volonté de cheminer en murissant dans le temps, parce que c’est justement le temps qui gouverne les espaces, les éclaire et les transforme en une chaîne continue de croissance, sans voies de retour. C’est pourquoi, construire la paix demande de privilégier les actions qui génèrent de nouveaux dynamismes dans la société et impliquent d’autres personnes et d’autres groupes qui les développeront, jusqu’à ce qu’ils portent du fruit dans des événements historiques importants. Pour cela, ils ont créé cet organisme stable.

Quelques années après, Paul VI eut à rappeler que les institutions mêmes qui, sur le plan juridique et dans le concert des nations, ont pour rôle et pour mérite de proclamer et de conserver la paix, n'atteignent le but prévu que si elles sont continuellement à l'œuvre, si elles savent à chaque instant engendrer la paix, faire la paix. Un chemin constant d’humanisation est nécessaire, de sorte qu’il ne suffit pas de contenir les guerres, de suspendre les luttes, une paix imposée ne suffit pas, non plus qu'une paix utilitaire et provisoire. Il faut tendre vers une paix aimée, libre, fraternelle, et donc fondée sur la réconciliation des esprits. C’est-à-dire poursuivre les processus sans anxiété mais certainement avec des convictions claires et avec ténacité. Pour conquérir le bien qu'est la paix, il faut avant tout y éduquer, en éloignant une culture du conflit qui vise à la peur de l’autre, à la marginalisation de celui qui pense ou vit de manière différente. Il est vrai que le conflit ne peut être ignoré ou dissimulé, il doit être assumé. Mais si nous y restons bloqués, nous perdons la perspective, les horizons se limitent et la réalité elle-même demeure fragmentée. Quand nous nous arrêtons à la situation conflictuelle, nous perdons le sens de l’unité profonde de la réalité, nous arrêtons l’histoire et nous tombons dans les usures internes des contradictions stériles.

Malheureusement, la paix est encore trop souvent blessée. Elle l’est dans de nombreuses parties du monde, où font rage des conflits de diverses sortes. Elle l’est aussi ici en Europe, où des tensions ne cessent pas. Que de douleur et combien de morts encore sur ce continent, qui aspire à la paix, mais pourtant retombe facilement dans les tentations d’autrefois! Pour cela, l’œuvre du Conseil de l’Europe dans la recherche d’une solution politique aux crises en cours est importante et encourageante. Mais la paix est aussi mise à l’épreuve par d’autres formes de conflit, tels que le terrorisme religieux et international, qui nourrit un profond mépris pour la vie humaine et fauche sans discernement des victimes innocentes. Ce phénomène est malheureusement très souvent alimenté par un trafic d’armes en toute tranquillité. L’Eglise considère que la course aux armements est une plaie extrêmement grave de l’humanité et lèse les pauvres d’une manière intolérable. La paix est violée aussi par le trafic des êtres humains, qui est le nouvel esclavage de notre temps et qui transforme les personnes en marchandises d’échange, privant les victimes de toute dignité. Assez souvent, nous notons combien ces phénomènes sont liés entre eux. Le Conseil de l’Europe, à travers ses commissions et ses groupes d’experts, exerce un rôle important et significatif dans le combat contre ces formes d’inhumanité. Cependant, la paix n’est pas la simple absence de guerres, de conflits et de tensions. Dans la vision chrétienne, elle est, en même temps, don de Dieu et fruit de l’action libre et raisonnable de l’homme qui entend poursuivre le bien commun dans la vérité et dans l’amour. Cet ordre rationnel et moral s'appuie précisément sur la décision de la conscience des êtres humains à la recherche de l'harmonie dans leurs rapports réciproques, dans le respect de la justice pour tous.Comment donc poursuivre l’objectif ambitieux de la paix?

La voie choisie par le Conseil de l’Europe est avant tout celui de la promotion des droits humains, auxquels est lié le développement de la démocratie et de l’état de droit. C’est un travail particulièrement précieux, avec d’importantes implications éthiques et sociales, puisque d’une juste conception de ces termes et d’une réflexion constante sur eux dépendent le développement de nos sociétés, leur cohabitation pacifique et leur avenir. Cette recherche est l’une des plus grandes contributions que l’Europe a offerte et offre encore au monde entier. C’est pourquoi je ressens ici le devoir de rappeler l’importance de l’apport et de la responsabilité de l’Europe dans le développement culturel de l’humanité. Je voudrais le faire en partant d’une image que j’emprunte à un poète italien du XX siècle, Clemente Rebora, qui décrit un peuplier, avec ses branches élevées vers le ciel et agitées par le vent, son tronc solide et ferme, ainsi que ses racines profondes qui s’enfoncent dans la terre. En un certain sens, nous pouvons penser à l’Europe à la lumière de cette image.

Au cours de son histoire, l'Europe a toujours tendu vers le haut, vers des objectifs nouveaux et ambitieux, animée par un désir insatiable de connaissance, de développement, de progrès, de paix et d’unité. Mais l’élévation de la pensée, de la culture, des découvertes scientifiques est possible seulement à cause de la solidité du tronc et de la profondeur des racines qui l’alimentent. Si les racines se perdent, lentement le tronc se vide et meurt et les branches, autrefois vigoureuses et droite, se plient vers la terre et tombent. Ici, se trouve peut-être l’un des paradoxes les plus incompréhensibles pour une mentalité scientifique qui s’isole. Pour marcher vers l’avenir, il faut le passé, de profondes racines sont nécessaires et il faut aussi le courage de ne pas se cacher face au présent et à ses défis. Il faut de la mémoire, du courage, une utopie saine et humaine. D’autre part, fait observer Rebora, le tronc s’enfonce là où il y a davantage de vrai. Les racines s’aliment de la vérité, qui constitue la nourriture, la sève vitale de n’importe quelle société qui désire être vraiment libre, humaine et solidaire. En outre, la vérité fait appel à la conscience, qui est irréductible aux conditionnements, et pour cela est capable de connaître sa propre dignité et de s’ouvrir à l’absolu, en devenant source des choix fondamentaux guidés par la recherche du bien pour les autres et pour soi et lieu d’une liberté responsable... Sans cette recherche de la vérité, chacun devient la mesure de soi-même et de son propre agir, ouvrant la voie à l’affirmation subjective des droits, de sorte qu’à la conception de droit humain, qui a en soi une portée universelle, se substitue l’idée de droit individualiste. Cela conduit à être foncièrement insouciant des autres et à favoriser la globalisation de l’indifférence qui naît de l’égoïsme, fruit d’une conception de l’homme incapable d’accueillir la vérité et de vivre une authentique dimension sociale. Un tel individualisme rend humainement pauvre et culturellement stérile, puisqu’il rompt de fait les racines fécondes sur lesquelles se greffe l’arbre. De l’individualisme indifférent naît le culte de l’opulence, auquel correspond la culture de déchet dans laquelle nous sommes immergés. Nous avons, de fait, trop de choses, qui souvent ne servent pas, mais nous ne sommes plus en mesure de construire d’authentiques relations humaines, empreintes de vérité et de respect mutuel. Ainsi, aujourd’hui nous avons devant les yeux l’image d’une Europe blessée, à cause des nombreuses épreuves du passé, mais aussi à cause des crises actuelles, qu’elle ne semble plus capable d’affronter avec la vitalité et l’énergie d’autrefois. Une Europe un peu fatiguée et pessimiste, qui se sent assiégée par les nouveautés provenant des autres continents. Europe, où est ta vigueur? Où est cette tension vers un idéal qui a animé ton histoire et l’a rendue grande? Où est ton esprit d’entreprise et de curiosité? Où est ta soif de vérité, que jusqu’à présent tu as communiquée au monde avec passion? De la réponse à ces questions, dépendra l’avenir du continent. D’autre part, un tronc sans racines peut continuer d’avoir une apparence de vie, mais à l’intérieur il se vide et meurt. L’Europe doit réfléchir pour savoir si son immense patrimoine humain, artistique, technique, social, politique, économique et religieux est un simple héritage de musée du passé, ou bien si elle est encore capable d’inspirer la culture et d’ouvrir ses trésors à l’humanité entière. Dans la réponse à cette interrogation, le Conseil de l’Europe avec ses institutions a un rôle de première importance. Je pense particulièrement au rôle de la Cour européenne des Droits de l’Homme, qui constitue en quelque sorte la conscience de l’Europe pour le respect des droits humains. Je souhaite que cette conscience murisse toujours plus, non par un simple consensus entre les parties, mais comme fruit de la tension vers ces racines profondes, qui constituent les fondements sur lesquels les fondateurs de l’Europe contemporaine ont choisi de construire.

A côté des racines qu’il faut...maintenir vivantes par l’exercice quotidien de la mémoire, puisqu’elles constituent le patrimoine génétique de l’Europe, il y a les défis actuels du continent qui nous obligent à une créativité continue. Pour être fécondes ces racines doivent se projettent vers les utopies de l’avenir. Je me permets d’en mentionner seulement deux, le défi de la multi-polarité et le défi de la transversalité. L’histoire de l’Europe peut nous amener à concevoir celle-ci naïvement comme une bipolarité, ou tout au plus comme une tri-polarité (pensons à l’antique conception Rome – Byzance – Moscou), et à nous mouvoir à l’intérieur de ce schéma, fruit de réductionnismes géopolitiques hégémoniques, dans l’interprétation du présent et dans la projection vers l’utopie de l’avenir. Aujourd’hui, les choses ne se présentent pas ainsi et nous pouvons légitimement parler d’une Europe multipolaire. Les tensions, aussi bien celles qui construisent que celles qui détruisent, se produisent entre de multiples pôles culturels, religieux et politiques. L’Europe aujourd’hui affronte le défi de globaliser de manière originale cette multi-polarité. Les cultures ne s’identifient pas nécessairement avec les pays qui ont diverses cultures, dont certaines s’expriment dans des pays différents. Il en est de même des expressions politiques, religieuses et associatives. Globaliser de manière originale la multi-polarité comporte le défi d’une harmonie constructive, libérée d’hégémonies qui, bien qu’elles semblent pragmatiquement faciliter le chemin, finissent par détruire l’originalité culturelle et religieuse des peuples. Parler de la multipolarité européenne signifie parler de peuples qui naissent, croissent et se projettent vers l’avenir. La tâche de globaliser la multi-polarité de l’Europe, nous ne pouvons pas l’imaginer avec l’image de la sphère, dans laquelle tout est égal et ordonné, mais qui en définitive est réductrice puisque chaque point est équidistant du centre. L'image du polyèdre est meilleure car l’unité harmonique du tout conserve la particularité de chacune des parties. Aujourd’hui, l’Europe est multipolaire dans ses relations et ses tensions ; on ne peut ni penser ni construire l’Europe sans assumer à fond cette réalité multipolaire.

L’autre défi que je voudrais mentionner est la transversalité. Je pars d’une expérience personnelle: Dans mes rencontres...j’ai pu remarquer que les hommes politiques jeunes affrontent la réalité avec une perspective différente par rapport à leurs collègues européens plus âgés. Ils disent peut-être des choses apparemment similaires, mais l’approche est différente... Cette donnée empirique indique une réalité de l’Europe contemporaine que l’on ne peut ignorer sur le chemin de la consolidation continentale et de sa projection. Il faut tenir compte de cette transversalité qui se retrouve dans tous les domaines. Cela ne peut se faire sans recourir au dialogue, même inter-générationnel. Si nous voulions définir aujourd’hui le continent, nous devrions parler d’une Europe en dialogue, qui fait en sorte que la transversalité d’opinions et de réflexions soit au service des peuples unis dans l’harmonie. Emprunter ce chemin de communication transversale comporte non seulement une empathie générationnelle mais aussi une méthodologie historique de croissance. Dans le monde politique actuel de l’Europe, le dialogue uniquement interne aux organismes politiques, religieux, culturels, de sa propre appartenance se révèle stérile. L’histoire aujourd’hui demande pour la rencontre, la capacité de sortir des structures qui contiennent sa propre identité afin de la rendre plus forte et plus féconde dans la confrontation fraternelle de la transversalité. Une Europe qui dialogue seulement entre ses groupes d’appartenance fermés reste à mi-chemin. On a donc besoin de l’esprit de jeunesse qui accepte le défi de la transversalité.

Dans cette perspective, j’accueille positivement la volonté du Conseil de l’Europe d’investir dans le dialogue inter-culturel, y compris dans sa dimension religieuse, par les Rencontres sur la dimension religieuse du dialogue interculturel. Il s’agit d’une occasion propice pour un échange ouvert, respectueux et enrichissant entre personnes et groupes de diverses origine, tradition ethnique, linguistique et religieuse, dans un esprit de compréhension et de respect mutuel. Ces rencontres semblent particulièrement importantes dans le contexte actuel multiculturel, multipolaire, à la recherche de son propre visage pour conjuguer avec sagesse l’identité européenne formée à travers les siècles avec les instances provenant des autres peuples qui se manifestent à présent sur le continent. C’est dans cette logique qu’il faut comprendre l’apport que le christianisme peut fournir aujourd’hui au développement culturel et social européen dans le cadre d’une relation correcte entre religion et société. Dans la vision chrétienne, raison et foi, religion et société sont appelées à s’éclairer réciproquement, en se soutenant mutuellement et, si nécessaire, en se purifiant les unes les autres des extrémismes idéologiques dans lesquelles elles peuvent tomber. La société européenne tout entière ne peut que tirer profit d’un lien renouvelé entre les deux domaines, soit pour faire face à un fondamentalisme religieux qui est surtout ennemi de Dieu, soit pour remédier à une raison réduite, qui ne fait pas honneur à l’homme. Les thèmes d’actualité, dans lesquels je suis convaincu qu’il peut y avoir un enrichissement mutuel, où l’Eglise catholique, via notamment le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe peut collaborer avec le Conseil de l’Europe et offrir une contribution fondamentale, sont très nombreux. Avant tout, à la lumière de tout ce que je viens de dire, il y a le domaine d’une réflexion éthique sur les droits humains, sur lesquels votre Organisation est souvent appelée à se pencher. Je pense particulièrement aux thèmes liés à la protection de la vie humaine, questions délicates qui ont besoin d’être soumises à un examen attentif, qui tienne compte de la vérité de tout l’être humain, sans se limiter à des domaines spécifiques médicaux, scientifiques ou juridiques.

De même, et ils sont nombreux, les défis du monde contemporains qui requièrent une étude et un engagement commun, à commencer par l’accueil des migrants, qui ont besoin d’abord et avant tout de l’essentiel pour vivre, mais principalement que leur dignité de personnes soit reconnue. Il y a ensuite le grave problème du travail, surtout en ce qui concerne les niveaux élevés de chômage des jeunes dans beaucoup de pays. C'est une vraie hypothèque pour l’avenir mais aussi pour la question de la dignité du travail. Je souhaite vivement que s’instaure une nouvelle collaboration sociale et économique, affranchie de conditionnements idéologiques, qui sache faire face au monde globalisé, en maintenant vivant ce sens de solidarité et de charité réciproques qui a tant caractérisé le visage de l’Europe grâce à l’action généreuse de centaines d’hommes et de femmes, dont certains sont considérés saints par l’Eglise catholique, qui se sont dépensés pour développer le continent, tant à travers l’activité d’entreprise qu’à travers des œuvres éducatives, d’assistance et de promotion humaine. Surtout ces dernières représentent un point de référence important pour les nombreux pauvres qui vivent en Europe. Combien il y en a dans nos rues! Ils demandent non seulement le pain pour survivre, ce qui est le plus élémentaire des droits, mais ils demandent aussi à redécouvrir la valeur de leur propre vie, que la pauvreté tend à faire oublier, et à retrouver la dignité conférée par le travail.


Enfin, parmi les thèmes qui sollicitent notre réflexion et notre collaboration, il y a la protection de l’environnement, de notre bien-aimée terre qui est la grande ressource que Dieu nous a donnée et qui est à notre disposition non pour être défigurée, exploitée et avilie, mais pour que nous puissions y vivre avec dignité, en jouissant de son immense beauté. Paul VI a défini l’Eglise comme experte en humanité. Dans le monde, à l’imitation du Christ, malgré les péchés de ses enfants, elle ne cherche rien d’autre que de servir et de rendre témoignage à la vérité. Rien d’autre que cet esprit ne nous guide dans le soutien du chemin de l’humanité. Dans cette disposition d’esprit, le Saint-Siège entend continuer sa propre collaboration avec le Conseil de l’Europe, qui revêt aujourd’hui un rôle fondamental pour forger la mentalité des futures générations européennes. Il s’agit de développer ensemble une réflexion dans tous les domaines, afin que s’instaure une sorte de nouvelle agora, dans laquelle chaque instance civile et religieuse puisse librement se confronter avec les autres, même dans la séparation des domaines et dans la diversité des positions, animée exclusivement par le désir de vérité et par celui d’édifier le bien commun. La culture, en effet, naît toujours de la rencontre réciproque, destinée à stimuler la richesse intellectuelle et la créativité de ceux qui y prennent part. Outre le fait que c’est la réalisation du bien, cela est beau. Je souhaite que l’Europe, en redécouvrant son patrimoine historique et la profondeur de ses racines, en assumant sa vivante multi-polarité et le phénomène de la transversalité en dialogue, retrouve cette jeunesse d’esprit qui l’a rendue féconde et grande".

Visite du Président égyptien


Cité du Vatican, 25 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu hier après-midi le Président égyptien M.Abdel Fattah Al-Sisi, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat. Ces entretiens cordiaux ont permis de parler de la situation du pays, et de saluer la présence solidaire de l'Eglise au sein de la société égyptienne dans cette phase de transition politique. Les parties ont dit leur espoir de ce que, dans le cadre des droits constitutionnels garantis, y compris en matière religieuse, la coexistence pacifique s'affirme entre les différentes composantes de la population, et que le dialogue inter-religieux se poursuive. L'échange de points-de-vue a ensuite porté sur des questions d'intérêt commun comme le rôle que joue l'Egypte dans la recherche de la paix et de la stabilité au proche Orient comme en Afrique du nord. Les parties sont tombées d'accord pour réaffirmer que le dialogue et la négociation constituent l'unique voie praticable en vue de mettre un terme au conflit qui menace les peuples et aux violences qui causent la perte de vies humaines.


Vers une conférence sur Haïti


Cité du Vatican, 25 novembre 2014 (VIS). Le Cardinal Robert Sarah, Président du Conseil pontifical Cor Unum, se rend aujourd'hui en Haïti, pays dévasté il y a cinq ans par un séisme ayant causé la mort de 230.000 morts. Jusqu'au 29, il entend exprimer à la population la sollicitude spirituelle de l'Eglise en cette phase de reconstruction. Ainsi, à Leogane, inaugurera-t-il l'école Notre-Dame des Anges, construite grâce à l'aide du Saint-Père et confiée à la Compagnie de Jésus. Le Saint-Père a décidé d'organiser le 10 janvier prochain au Vatican une conférence pour réaffirmer l'engagement de l'Eglise au service de ce pays et relancer l'intérêt international sur sa reconstruction. Elle sera organisée par Cor Unum et le Commission pontificale pour l'Amérique latine, en collaboration avec l'Episcopat haïtien. Demain, le Cardinal Sarah rencontrera la Caritas locale, ses dirigeants et son personnel engagés dans des opérations de terrain, ainsi que les autres institutions humanitaires catholiques active en Haïti. Le lendemain, après l'inauguration de Notre-Dame des Anges, il rencontrera les autorités du pays et en particulier le Président Martelly. Enfin, vendredi, le Cardinal rencontrera les évêques haïtiens, le clergé et les religieux qui prennent part à l'effort de reconstruction matérielle mais aussi mentale et spirituelle.

Audiences


Cité du Vatican, 25 novembre 2014 (VIS). Hier après-midi, le Saint-Père a reçu M.Abdulaziz Othman Altwaijri, Directeur de l'Islamic Educational Cultural and Scientific Organization.

lundi 24 novembre 2014

A l'exemple de saint Kuriakose Elias et de sainte Euphrasia


Cité du Vatican 24 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a rencontré ce matin les fidèles indiens de l'Eglise syro-malabare venus pour la canonisation de saint Kuriakose Elias Chavara de la Ste.Famille et de sainte Euphrasia Eluvathingal su Sacré Cœur, remerciant les fidèles du Kérala de sa force apostolique: "Continuez à témoigner ainsi de votre foi. Le Kérala est un creuset fertile de vocations, sacerdotales et religieuses... Puissent ces moments de fête et d'intense spiritualité vous aider à admirer les merveilles accomplies par le Seigneur dans la vie et l’œuvre des nouveaux saints...qui nous rappellent que l'amour de Dieu est la source et la finalité de toute sainteté, tandis que l'amour du prochain est la plus lumineuse manifestation de l'amour envers le Seigneur. Le P.Kuriakose Elias fut un religieux actif et contemplatif à la fois, qui dépensa sa vie au service de son Eglise en se sanctifiant dans la sanctification de l'autre". Quant à Sœur Euphrasie, "elle vécut en profonde union à Dieu. La vie de sainteté de celle qu'on surnommait Mère priante, demeure un exemple et un encouragement pour tous... Puissent-ils vous aider à faire fructifier leur trésor et leur leçon de vie évangélique. Suivez leurs traces, et de manière particulière leur amour de Jésus Eucharistie et de l'Eglise, afin d'avancer dans la voie de la sainteté".

Royaume de Dieu, proximité et tendresse


Cité du Vatican, 23 novembre 2014 (VIS). Au cours de la messe célébrée ce matin Place St.Pierre en la solennité du Christ Roi, le Saint-Père a canonisé les bienheureux Giovanni Antonio Fraina (1803 - 1888), Kuriakose Elias Chavara de la Ste.Famille (1805 - 1871), Ludovico da Casoria (1814 - 1885), Nicola da Longobardi (1650 - 1709), Euphrasia Eluvathingal du Sacré Cœur (1877 - 1952) et Amato Ronconi (env.1226-env.1292). Dans son homélie, il a rappelé que le royaume de Jésus est un "règne de vérité et de vie, un règne de sainteté et de grâce, un règne de justice, d'amour et de paix", et a évoqué les lectures du jour qui montrent comment le Seigneur a régné, comment il règne au fil de l'histoire et ce qu'il nous demande. Jésus a régné "avec proximité et tendresse envers nous", comme le dit le prophète Ezéchiel dans la première lecture lorsqu'il décrit l'attitude du berger avec son troupeau en utilisant les verbes chercher, passer en revue, réunir, conduire au pré, faire reposer, chercher la brebis égarée, ramener la brebis perdue, panser les blessures, soigner la brebis malade, prendre soin, paître. "Nous qui dans l'Eglise sommes appelés à être pasteurs, nous ne pouvons pas nous détacher de ce modèle, si nous ne voulons pas devenir des mercenaires. A ce propos, le peuple de Dieu possède un flair infaillible pour reconnaître les bons pasteurs et les distinguer des mercenaires". Après sa victoire, c'est-à-dire après sa résurrection, Jésus dirige son royaume mais non pas comme un roi au sens du monde. "Pour lui, régner n'est pas commander, mais obéir au Père, s'en remettre à lui, pour que s'accomplisse son dessein d'amour et de salut". L'Evangile nous dit aussi ce que le règne de Jésus attend de nous: "il nous rappelle que la proximité et la tendresse sont une règle de vie pour nous aussi, et nous serons jugés sur cela... Le salut ne commence pas par la confession de la royauté du Christ, mais par l'imitation des œuvres de miséricorde grâce auxquelles il a réalisé son règne. Qui les accomplit montre qu'il a accueilli la royauté de Jésus, parce qu'il a laissé la place dans son cœur à la charité de Dieu. Au soir de notre vie nous serons jugés sur l'amour, sur la proximité et sur la tendresse envers nos frères...Jésus, par sa victoire, nous a ouvert son royaume, mais il revient à chacun de nous d'y entrer, déjà à partir de cette vie, le Royaume commence maintenant, en étant concrètement proches de nos frères qui ont besoin de pain, de vêtements, d'accueil, de solidarité, de catéchèses".


"Aujourd'hui, l'Eglise nous offre comme modèles de nouveaux saints qui, grâce à leur dévouement généreux envers Dieu et leurs frères, ont servi, chacun dans son milieu, le royaume de Dieu et en sont devenus héritiers. Chacun d'eux a répondu avec une créativité extraordinaire au commandement de l'amour de Dieu et du prochain. Ils se sont dépensés sans compter au service des derniers, aidant les indigents, les malades, les personnes âgées, les pèlerins. Leur prédilection pour les petits et les pauvres était le reflet et la mesure de leur amour inconditionné pour Dieu. En effet, ils ont cherché et découvert la charité dans la relation forte et personnelle avec Dieu, de laquelle provient le véritable amour pour le prochain...Avec le rite de canonisation, nous avons confessé une fois encore le mystère du règne de Dieu et honoré le Christ Roi, Pasteur plein d'amour pour son troupeau. Que les nouveaux saints, par leur exemple et leur intercession, fassent grandir en nous la joie de cheminer sur la voie de l'Evangile, la décision de l'assumer comme la boussole de notre vie". 

A l'exemple des nouveaux saints


Ci du Vatican, 23 novembre 2014 (VIS). Après avoir conclu la messe de canonisation, le Saint-Père a récité l'angélus avec l'assemblée et salué les différentes délégations. A la délégation italienne, il a dit que les quatre nouveaux saints nés dans les provinces de Vicenza, Naples, Cosenza et Rimini, devraient aider le peuple italien à raviver son esprit de concorde et d'unité. Malgré un moment difficile, les italiens doivent envisager l'avenir avec confiance, certains que Dieu ne les abandonne pas. Aux indiens, dont deux nouveaux saints proviennent du Kérala, "une terre de foi et de vocations sacerdotales et religieuses", il a dit son espoir d'une relance missionnaire. Inspirés par leur exemple de concorde et de réconciliation, les chrétiens de l'Inde doivent poursuivre leur chemin de solidarité et de coexistence fraternelle.

Chaque chrétien est appelé à être missionnaire


Cité du Vatican, 22 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin les participants au quatrième congrès missionnaire national organisé par la Conférence épiscopale italienne. Devant quelque 800 personnes, le Pape a rappelé que chaque génération est appelée à être missionnaire...dès le début...comme quand André et Jean ont rencontré le Seigneur et...sont ensuite repartis enthousiastes. La première chose qu'ils ont fait a été de devenir missionnaires. Ils se sont rendus chez leurs frères et amis pour leur dire: Nous avons rencontré le Seigneur, nous avons trouvé le Messie!". Après ces paroles improvisées, le Pape François a cité son exhortation apostolique Evangelii Gaudium dans laquelle il évoque une Eglise en sortie et rappelle qu'une Eglise missionnaire ne peut être qu'en sortie, ne doit pas avoir peur d'aller à la rencontre des autres, de découvrir des nouveautés, de parler de la joie de l'Evangile...non pour faire du prosélytisme, mais pour dire ce que nous avons et voulons partager sans forcer personne, avec tous, sans distinction... Les Eglises locales en Italie ont beaucoup fait... Je répète ce que m'a dit un cardinal brésilien: Quand je vais en Amazonie -parce que sa mission est de visiter les diocèses amazoniens- je vais au cimetière et je vois les tombes des missionnaires. Il y en a beaucoup. Et je pense: Ceux-ci pourraient être canonisés immédiatement. C'est cela l'Eglise; ce sont les Eglises d'Italie".


"Je vous remercie de ce que vous faites à divers titres...et vous demande de vous engager avec passion pour maintenir vivant cet esprit. Je vois ensemble des évêques, des prêtres et tant de laïcs. La mission est le devoir de tout chrétien, non de quelques-uns... L'Eglise italienne -a répété le Pape- a donné de nombreux prêtres et laïcs Fidei Donum, qui choisissent de dépenser leur vie pour construire l'Eglise dans les périphéries du monde, parmi les pauvres et les marginaux... Je vous encourage à ne pas vous laisser voler l'espérance et le rêve de changer le monde avec...le levain de l'Evangile, en commençant par les périphéries humaines et existentielles. Sortir signifie dépasser la tentation de parler entre nous en oubliant tous ceux qui attendent de nous une parole de miséricorde, de consolation, d'espérance. L'Evangile de Jésus se réalise dans l'histoire. Jésus lui-même a été un homme de la périphérie, de cette Galilée éloignée des centres de pouvoir de l'Empire romain et de Jérusalem... Pourtant, sa parole a été le début d'un tournant dans l'histoire, le début d'une révolution spirituelle et humaine, la bonne nouvelle du Seigneur mort et ressuscité pour nous". Le Pape a alors encouragé les présents à accroître l'esprit missionnaire et l'enthousiasme de la mission, sans se décourager devant les difficultés et surtout "en commençant par les enfants. Dans leur catéchèse, les enfants doivent recevoir une catéchèse missionnaire. Parfois, même dans l'Eglise, nous sommes gagnés par le pessimisme, qui risque de priver de l'annonce de l'Evangile tant d'hommes et de femmes. Allons de l'avant avec l'espérance! Les nombreux missionnaires martyrs de la foi et de la charité nous indiquent que la victoire est seulement dans l'amour et dans une vie dépensée pour le Seigneur et pour le prochain, à commencer par les pauvres. Les pauvres sont les compagnons de voyage d'une Eglise en sortie, parce que ce sont les premiers que celle-ci rencontre. Les pauvres sont aussi vos évangélisateurs, parce qu'ils vous indiquent quelles sont les périphéries où l'Evangile doit encore être proclamé et vécu. Sortir, c'est ne pas rester indifférents à la misère, à la guerre, à la violence de nos villes, à l'abandon des personnes âgées, à l'anonymat de tant de gens nécessiteux et à la distance avec les plus faibles. Sortir et ne pas tolérer que dans nos villes chrétiennes il y ait tant d'enfants qui ne sachent pas faire le signe de la croix. Cela est sortir. Sortir c'est être des artisans de paix, cette paix que le Seigneur nous donne chaque jour et dont le monde a tant besoin. Les missionnaires ne renoncent jamais au rêve de la paix même au milieu des difficultés et des persécutions, qui reviennent aujourd'hui en force".

Rompre l'isolement des autistes et de leurs familles


Cité du Vatican 22 novembre 2014 (VIS). Le Pape François a reçu les participants à la conférence sur l'autisme organisée par le Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, en présence de malades et familiers. Remerciant les organisateurs, il a rappelé que ce syndrome, qui préoccupe les responsables politiques, interpelle aussi l'Eglise et ses communautés... Un effort conjugué de solidarité est nécessaire pour développer la prise en charge et le suivi" des autistes et de leurs familles, "et rompre l'isolement dans lequel ils sont souvent plongés... Mais il ne doit pas s'agir d'un accompagnement impersonnel. Mais ce service "entend avant tout se mettre à l'écoute des profondes exigences d'un syndrome qu'il est souvent difficile d'identifier au sein de la famille... Il convient de créer des réseaux territoriaux de services complets, facilement accessibles et prenant en compte les parents, la famille et les amis, le personnel soignant, les enseignants et les agents pastoraux qui aident l'entourage à ne pas tomber dans le sentiment de l'impuissance et la frustration... Il faut aussi encourager le travail des chercheurs en vue de trouver des thérapies capables de soutenir les autistes, d'atténuer les effets et de les prévenir. Tout ceci devant être conduit dans le respect des personnes et de leur dignité, en fonction de leurs besoins et capacités".

Nouvelles communautés, charisme, communion et respect de la liberté


Ci du Vatican, 22 novembre 2014 (VIS). Garder la fraîcheur de votre charisme, respecter la liberté des personnes et chercher toujours la communion, sont les trois indications données par le Pape François aux participants au troisième congrès mondial des mouvements ecclésiaux et des nouvelles communautés, organisé par le Conseil pontifical pour les laïcs sur le thème: La joie de l'Evangile, une joie missionnaire. "Les mouvements et nouvelles communautés que vous représentez -leur a dit le Pape- sont désormais parvenus à la phase de la maturité ecclésiale qui requiert une attitude vigilante de conversion permanente afin de rendre encore plus vivant et fécond l'élan évangélisateur... Conversion et mission sont étroitement unis. En effet, sans une véritable conversion du cœur et de l'esprit on n'annonce pas l'Evangile, mais si nous ne nous ouvrons pas à la mission...la foi devient stérile".

Sur la première indication, la fraîcheur du charisme, le Saint-Père a rappelé qu'avec le temps "grandit la tentation de s'en contenter, de s'enfermer dans des schémas rassurants mais stériles. Cependant, la réalité est plus importante que l'idée. Si une certaine institutionnalisation du charisme est nécessaire pour sa survie, il ne faut pas croire que les structures externes puissent garantir l'action de l'Esprit Saint. La nouveauté de vos expériences ne consiste pas en des méthodes et des formes qui sont importantes aussi, mais dans votre disposition à répondre avec un enthousiasme renouvelé à l'appel du Seigneur".

Une autre question est soulevée quant à la façon d'accueillir et d'accompagner les hommes d'aujourd'hui, notamment les jeunes. "L'homme d'aujourd'hui vit de sérieux problèmes d'identité et a des difficultés à faire des choix. C'est pourquoi il a une propension à se laisser conditionner, à déléguer aux autres les décisions importantes de la vie. Il faut résister à la tentation de se substituer à la liberté des personnes, à les diriger sans attendre qu'elles mûrissent vraiment. Un progrès moral ou spirituel obtenu en se servant de l'immaturité des gens est un succès apparent destiné à échouer. L'éducation chrétienne exige au contraire un accompagnement patient qui sache respecter le rythme de chacun, comme le fait le Seigneur avec chacun de nous. La patience est la seule voie pour aimer vraiment et amener les personnes à une relation sincère avec le Seigneur".


Enfin, les mouvements ne doivent jamais oublier que le bien le plus précieux, le sceau de l'Esprit Saint, est la communion. "Pour que le monde croie que Jésus est le Seigneur, il faut qu'il voit la communion entre les chrétiens, mais si l'on ne voit que divisions, rivalités et médisances, quelle qu'en soit la cause, comment peut-on évangéliser? Rappelez-vous de cet autre principe: l'unité prévaut sur le conflit, parce que notre frère vaut beaucoup plus que nos positions personnelles; pour lui, le Christ a versé son sang. Ensuite, la vraie communion ne peut exister dans un mouvement ou une nouvelle communauté si elle ne s'intègre pas dans la communion plus grande qui est notre Sainte Mère Eglise hiérarchique. Le tout est supérieur à la partie, et la partie n'a de sens que si elle est liée au tout. La communion consiste aussi à affronter ensemble et unis les questions les plus importantes, comme la vie, la famille, la paix, la lutte contre la pauvreté sous toutes ses formes, la liberté religieuse et d'éducation".

Décès du Cardinal Angelini


Cité du Vatican 22 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir un télégramme de condoléances à la famille du Cardinal Fiorenzo Angelini, décédé la nuit précédente à 98 ans. Evoquant la longue carrière du défunt, il souligne le rôle qu'il a joué au sein de l'Action catholique dans le diocèse de Rome, mais aussi sa grande oeuvre au service des hôpitaux, puis comme premier Président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé. Saluant notamment les soeurs Réparatrice de la Ste.Face, il invoque sur le défunt cardinal la protection de Marie, Salus Populi Romani.  

Visite privée du Président italien


Cité du Vatican 22 novembre 2014 (VIS). Hier soir, le Directeur de la Salle de Presse a confirmé que le Président italien M.Giorgio Napolitano venait de se rendre auprès du Saint-Père, en visite strictement privée.


Audiences


Cité du Vatican, 24 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin les chefs de dicastères de la Curie Romaine.

Il recevra en début d'après-midi, le Président égyptien M.Abdel Fattah Al Sisi.

Samedi dernier, 22 novembre, il avait reçu le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 24 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Le Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, jusqu'ici Président du Conseil pontifical Cor Unum.

Mgr.Donald J.Hying, Evêque de Gary (superficie 4.680, population 809.000, catholiques 189.000, prêtres 129, diacres 64, religieux 123), aux Etats-Unis d'Amérique. Jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de Milwaukee (USA), il succède à Mgr.Dale J.Melczek, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

L'Abbé Victor Hlolo Phalana, Evêque de Klerksdorp (superficie 34.800, population 1.500.000, catholiques 27.000, prêtres 24, diacres 4, religieux 11), en Afrique du Sud. L'Evêque élu, né en 1961 à Erasmus (Afrique du Sud) et ordonné prêtre en 1988, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse de Pretoria (Afrique du Sud). Licencié en spiritualité et en théologie, il a été professeur de séminaire et directeur spirituel, curé de paroisse et administrateur de la cathédrale de Pretoria.

Samedi dernier, 22 novembre, il avait:

Nommé Mgr.Kieran O'Reilly, SMA, Archevêque métropolitain de Cashel and Emly (superficie 3.082, population 83.710, catholiques 82.118, prêtres 139, religieux 196), en Irlande. Jusqu'ici Evêque de Killaloe (Irlande), il succède à Mgr.Dermot Clifford, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Nommé Mgr.Jean-Pierre Batut, Evêque de Blois (superficie 6.422, population 340.729, catholiques 185.100, prêtres 98, diacres 9, religieux 121), en France. Jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de Lyon (France), il succède à Mgr.Maurice Le Bègue de Germiny, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Nommé l'Abbé William Nolan, Evêque de Galloway (superficie 9.332, population 520.000, catholiques 47.700, prêtres 39, diacres 3, religieux 41), en Ecosse (GB). L'Evêque élu, né en 1954 à Motherwell (Ecosse / GB) et ordonné prêtre en 1977, était jusqu'ici Vicaire général de ce même diocèse. Docteur en théologie, il a été Vice Recteur du Collège pontifical écossais de Rome, curé de paroisse, juge ecclésiastique, chargé de la formation permanente du clergé diocésain et Président du Presbyterium. Il succède à Mgr.John Cunningham, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Nommé l'Abbé Stephen Marmion Lowe, Evêque de Hamilton in New Zealand (superficie 49.700, population 678.000, catholiques 96.500, prêtres 49, religieux 73), en Nouvelle Zélande. L'Evêque élu, né en 1962 à Hokitika (Nouvelle Zélande) et ordonné prêtre en 1996, était jusqu'ici curé de paroisse et directeur d'études au séminaire national Holy Cross. Il succède à Mgr.Denis George Brown, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Nommé l'Abbé John Yaw Afoakwa, Evêque d'Obuasi (superficie 6.350, population 1394.910, catholiques 106.260, prêtres 84, religieux 31), au Ghana. L'Evêque élu, né en 1955 à Akrokerry (Ghana) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici recteur de collège et aumônier de clinique. Diplômé en sociologie religieuse, il a été professeur et aumônier de collège, directeur diocésain pour la catéchèse et pour les communications sociales, membre du Presbyterium et consulteur du diocèse.
Nommé Mgr.Henryk Wejman, Auxiliaire de l'Archevêque de Czczecin - Kamien (Pologne). L'Evêque élu, né en 1959 à Recz (Pologne) et ordonné prêtre en 1984, était jusqu'ici Doyen de la Faculté de théologie de Czczecin. Docteur en théologie, il a été professeur de séminaire puis d'université, curé de paroisse et membre du Presbyterium.

Accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Louis Kébreau, SDB, à la charge pastorale du diocèse de Cap-Haïtien (Haïti), auquel succède comme Archevêque son Coadjuteur Mgr.Max Leroy Mésidor.

Nommé le Cardinal Christoph Schönborn, Archevêque de Vienne (Autriche) son Envoyé spécial au XXV anniversaire du retour à la liberté de l'Eglise gréco-catholique d'Ukraine (Kiev 10 décembre).


vendredi 21 novembre 2014

L’émigration, une aspiration à l’espérance


Cité du Vatican, 21 novembre 2014 (VIS). ''L’émigration reste une aspiration à l’espérance malgré les évènements dramatique enregistrés ces dernières années". Recevant les participants au VII Congrès mondial de la pastorale des migrants, le Pape a évoqué les raisons qui poussent de nombreux habitants des zones sous développées de la planète à chercher ailleurs un avenir meilleur pour leurs familles, au risque de désillusions et d’échecs provoqués en grande partie par la crise économique qui touche, à des degrés divers, tous les pays du monde. Pendant trois jours, le congrès a étudié les dynamiques de la coopération et du développement dans la pastorale des migrations, en particulier, les inégalités, la pauvreté, l’accroissement démographique, le manque croissant d’emploi dans certains secteurs du marché du travail, les catastrophes liées aux changements climatiques, les guerres et les persécutions, le désir des jeunes générations de se déplacer à la recherche de nouvelles opportunités. Le congrès a aussi examiné comment la connexion entre coopération et développement met en avant les différents intérêts des états et des migrants, d’une part, et les opportunités dont ils pourraient bénéficier, d’autre part. En fait, a-t-il poursuivi, "les pays d’accueil tirent des avantages à employer des immigrés pour les besoins de la production et du bien-être national, remédiant aussi souvent au vide créé par la crise démographique. Les pays desquels partent les migrants, quant à eux, enregistrent une certaine atténuation du problème de la pénurie d’emploi, et tirent surtout des bénéfices des versements d’argent faits au profit des familles restées dans la patrie". Mais ces bénéfices s’accompagnent de problèmes comme l’appauvrissement des pays d’origine dû à la fuite des cerveaux, la fragilité des enfants qui grandissent sans l’un ou l’autre de leurs parents, et le risque de rupture des mariages à cause des absences prolongées. En revanche, dans les pays d’accueil, les émigrés ont des difficultés d’insertion dans les tissus urbains déjà problématiques, et des difficultés d’intégration et de respect des conventions culturelles et sociales. "C’est pourquoi les agents pastoraux jouent un rôle précieux d’invitation au dialogue, à l’accueil et à la légalité, de médiation avec les personnes du pays d’accueil. Dans les pays d’origine, en revanche, la proximité avec les familles et les jeunes ayant des parents qui ont migré peut atténuer les retombées négatives liées à leur absence". Mais les implications de la sollicitude pastorale de l’Eglise en matière de coopération, de développement et de migrations, comme l’a réaffirmé le congrès, vont au-delà.

C’est là que l’Eglise a son mot à dire pour que "la communauté chrétienne s’efforce d’accueillir continuellement les immigrés et partager avec eux les dons de Dieu, en particulier le don de la foi. Celle-ci soutient des projets d’évangélisation et d’accompagnement des migrants au long de leur voyage, du pays d’origine à travers les pays de transit, jusqu’au pays d’accueil, avec une attention particulière pour répondre à leurs exigences spirituelles par la catéchèse, la liturgie et la célébration des sacrements. Malheureusement les migrants vivent souvent des situations de désillusion, de découragement et de solitude, parfois même de marginalisation...partagés entre déracinement et intégration. C’est ici aussi que l’Eglise cherche à être un espace d’espérance. Elle élabore des programmes de formation et de sensibilisation, hausse la voix pour défendre les droits des migrants, offre son assistance même matérielle, sans exclusion, afin que chacun soit traité comme enfant de Dieu. Dans la rencontre avec les migrants, il est important d’adopter une perspective intégrale, de manière à mettre en valeur leurs capacités au lieu d’y voir seulement un problème à résoudre... Cela requiert à tous les niveaux un minimum de participation à la vie de la communauté humaine. Cela est d’autant plus nécessaire dans la communauté chrétienne où personne n’est étranger, et où chacun mérite d’être accueilli et soutenu. L’Eglise, en plus d’être une communauté de fidèles qui reconnaît Jésus Christ dans le prochain, est une mère sans limite et sans frontière. Elle est mère de tous et s’efforce de nourrir la culture de l’accueil et de la solidarité, où personne n’est inutile, pas à sa place ou à rejeter... C’est pourquoi, les migrants, avec leur humanité avant même leurs valeurs culturelles, élargissent le sens de la fraternité humaine. En même temps, leur présence est un rappel aux besoins d’éradiquer les inégalités, les injustices et les oppressions. Ainsi, les migrants peuvent devenir des partenaires dans la construction d’une identité plus riche pour les communautés qui les accueillent, ainsi que pour les personnes qui les accueillent, en participant au développement de sociétés inclusives, créatives et respectueuses de la dignité de tous". Le Saint-Père a conclu son intervention en invoquant sur les participants au congrès la protection de Marie et de Joseph, "qui ont fait l’expérience de la difficulté de l’exil d'Egypte".


Message vidéo au IV Festival de la doctrine sociale


Cité du Vatican, 21 novembre 2014 (VIS). Le Pape s'est adressé par vidéo au participants au IV Festival de la doctrine sociale de l'Eglise en cours à Vérone (Italie). Il y offre quelques réflexions: "La crise socio-économique inquiète et désoriente, au point que certains pense qu'on ne peut rien y faire. Il y a une grande tentation de replis du soi qui risque d'être un prétexte pour ne pas entendre le cri des pauvres ni voir la souffrance de qui a perdu sa dignité en perdant son emploi. Les personnes qui ne pensent qu'à soigner leurs propres blessures finissent par se travestir. Là est le piège, le risque d'une indifférence qui rend aveugle, sourd et muet, auto-référentiel au point de ne voir que ce qui se reflète dans notre miroir de Narcisse. Or nous sommes appelés à nous dépasser et à répondre aux problèmes réels...en prenant des initiatives... Dans le domaine économique il est urgent d'agir pour éviter que l'argent domine tout. C'est alors une globalisation dangereuse qui contrôle tout, dans laquelle l'argent devient patron. En l'occurrence, prendre l'initiative signifie avoir le courage de ne sa se laisser prendre au jeu de l'argent. Le profit à tout prix rend esclave. On a besoin d'un nouveau mode de voir les choses... Le problème réel n'est pas tant l'argent que les hommes. On ne peut réclamer à l'argent ce que seules les personnes peuvent faire. En lui même il ne créé pas le progrès. Ce sont les hommes qui doivent agir", relancer l'entreprise, innover technologiquement mais aussi par le biais de la participation et de la responsabilisation, par le dépassement de la passivité et de l'assistanat. "Prendre l'initiative signifie également considérer l'amour comme une réelle force de changement... Libérer les talents, c'est le début du changement, qui permet de dépasser les jalousies et les rivalités, les incompréhensions et les préjugés". Et puis, pour aller de l'avant il faut investir sans hésiter sur les jeunes, en ayant toute confiance en eux. Aller de l'avant ne peut se contenter d'initiatives individuelles et éparpillées. "Il y a besoin d'un projet partagé, qui ait une finalité, un parcours vers un but à atteindre. Il faut agir en peuple, avancer tous ensemble et trouver en cela un sens de plénitude".  

Les chrétiens veulent avancer ensemble


Cité du Vatican 21 novembre 2014 (VIS). Le Pape a reçu hier après-midi le Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, en clôture de son assemblée plénière consacrée aux perspectives oecuméniques à cinquante ans des documents conciliaires Unitatis Redintegratio, Orientalium Ecclesiarum et Lumen Gentium. Ces textes, "bien reçus ont permis, sur la base de donnés tirées de l'Ecriture comme de la Tradition, de modifier le comportement des catholiques envers les autres Eglises et communautés ecclésiales. L'hostilité et l'indifférence qui avaient creusé des fossés apparemment infranchissables et provoqué de profondes blessures appartiennent au passé. Nous sommes dans un processus de guérison qui permet d'accueillir nos frères et soeurs dans l'unité profonde qui vient de notre baptême... Cet anniversaire nous invite également à rendre grâce pour les fruits récoltés durant ce demi-siècle, et notamment comment apprécier le bon et le vrai dans la vie des autres chrétiens...ou approfondir les contacts entre communautés en développant de nouvelles formes de collaboration. Les traductions oecuméniques de l'Ecriture, les actions communes en défense de la vie et de la dignité de la personne, la protection de la nature ou la lutte contre les injustices" en sont le résultat. Ceci dit, "on ne saurait céder au doute ou à la résignation. Continuons d'avoir confiance en Dieu...dans notre approche des enjeux oecuméniques. Cultivons un oecuménisme spirituel...pour avancer ensemble dans la voie de l'Evangile. L'oecuménisme spirituel qui trouve son point d'orgue dans la Semaine de prière pour l'unité, vit et se développe à travers de multiples canaux: Un réseau mondial de prière et de méditation partagées qui, de la paroisse à la rencontre mondiale oxygène le corps ecclésial, mais aussi de gestes communs de charité, et de textes échangés fait croire la connaissance, le respect et l'estime réciproques... Unitatis Redintegratio invite à...témoigner du Christ jusqu'au sacrifice de la vie. Ces témoignages de sang n'ont jamais manqué durant ces cinquante années, jusqu'à nos jours... Les persécuteurs du Christ et de ses disciples ne font pas de différence confessionnelle car il les persécutent tous parce qu'ils sont chrétiens". Puis le Pape a souligné l'existence" d'un fort désir d'aller de l'avant ensemble, de prier et...de rendre service aux plus faibles. L'Esprit nous conduit dans ce cheminement commun qui nous apprend à se connaître afin que nous vivions pleinement dans la communion... La recherche de la pleine unité des chrétiens reste une priorité pour l'Eglise catholique et une préoccupation quotidienne du Pape. Cette unité est avant tout un don de Dieu, un action de l'Esprit à laquelle nous sommes tous appelés à collaborer".   

Session publique des Académies pontificales


Cité du Vatican 21 novembre 2014 (VIS). Hier, le Saint-Père a fait parvenir un télégramme au Cardinal Ravasi, Président du Conseil de coordination des Académies pontificales à l'occasion de leur IX Session publique. Le thème de la manifestation, préparé par l'Académie internationale mariale est: Marie, icône de la beauté infinie de Dieu. L'exhortation apostolique Marialis Cultus et le magistère marial de Paul VI. Evoquant le grand amour de son prédécesseur pour la Vierge Marie, Mater Ecclesiae, le Saint-Père y rappelle ses encycliques Mense Maio et Christi Matri, et ses exhortations Signum Magnum, Recurens Mensis October et Marialis Cultus, publiée il y a quarante ans: A la veille du cinquantième anniversaire de la clôture de Vatican II, volontairement fixée au 8 décembre par Paul VI, les Académies ont désiré voir et entendre l'homélie historique de 1965 dans laquelle ce Pape a voulu indiquer Marie comme Mère de Dieu et Mère spirituelle de l'Eglise toute entière. "Dans les moments délicats et déterminants pour l'Eglise et l'humanité, Paul VI s'est toujours tourné vers Marie, encourageant le peuple de Dieu à solliciter son intercession et sa protection, à lui demander la paix... Dans on exhortation Evangelii Gaudium, j'ai moi aussi confié le cheminement de l'Eglise à la maternelle protection de Marie, rappelant à tous qu'il y a une manière mariale de conduire l'évangélisation. Chaque fois que nous admirons Marie, nous retrouvons la force révolutionnaire de la tendresse. En elle on comprend que, comme l'humilité, il ne s'agit pas de faiblesse car en réalité ce sont les vertus des forts. Ceux-ci n'ont pas besoin de malmener les autres pour se sentir importants... Donc, nous ne devons cesser d'apprendre de Marie, d'admirer sa beauté et de nous laisser conduire à la source...de la beauté de Dieu, révélée à l'humanité par le Christ, fils du Père et fils de Marie". Le Pape a conclu son message en formant des voeux de succès pour le travail des académies pontificales, remettant leur prix 2014 à l'association mariale interdisciplinaire italienne qui publie la revue Theotokos. "Puisse-t-il être un encouragement pour une oeuvre pastorale". La médaille du pontificat a été attribuée au Centre marial de diffusion culturel des Serviteurs de Marie au Mexique.   

Audiences


Cité du Vatican, 21 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Mgr.Enrico Dal Covolo, Recteur de l'Université pontificale du Latran.


Mgr.Anthony Sablan Apuron, Evêque d'Agaña (USA - Guam).

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 21 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé l'Abbé Ariel Lascarro Tapia, Evêque de Magangué (superficie 20.165, population 838.000, catholiques 677.000, prêtres 70, religieux 30), en Colombie. L'Evêque élu, né en 1967 à Carmen de Bolivar (Colombie) et ordonné prêtre en 1994, était jusqu'ici Curé de la paroisse du Bon Secours de Bocagrande (Colombie). Licencié en théologie, il a été curé de paroisses, responsable diocésain des vocations, délégué à l'Enfance missionnaire et à l'animation biblique, Vicaire diocésain pour la pastorale.

Nommé l'Abbé Moisés Carlos Atisha Contreras, Scolope, Evêque de San Marcos de Arica (superficie 16.512, population 198.400, catholiques 140.000, prêtres 37, diacres 29, religieux 30), au Chili. L'Evêque élu, né en 1969 à Santiago de Cile (Chili), a émis ses voeux religieux et a été ordonné prêtre en 1994. Jusqu'ici Curé de l'Ascension à Santiago de Cile. Il a été directeur spirituel dans un collège et Secrétaire de la Commission pour la pastorale des jeunes de la Conférence épiscopale chilienne.
Nommé l'Abbé Jorge Martín Torres Carbonell, Auxiliaire de l'Evêque de Lomas de Zamora (Argentine). L'Evêque élu, né en 1954 à Buenos Aires (Argentine) et ordonné prêtre en 1983, était jusqu'ici Curé du sanctuaire de San Cayetan de Buenos Aires. Il a été responsable diocésain de la pastorale des jeunes, Doyen du Presbyterium et Vicaire épiscopal.

Accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Luis Carlos Gleisner Wobbe à l'office d'Auxiliaire de l'Archevêque de La Serena (Chili).

Nommé les Cardinaux André Vingt-Trois (France), Luis Antonio G.Tagle (Philippines), Raymundo Damasceno Assis (Brésil) et Wilfrid Fox Napier, OFM (Afrique du Sud), Présidents Délégués de la XIV Assemblée générale du Synode des évêques.

Nommé le Cardinal Péter Erdö (Hongrie), Rapporteur général de la XIV Assemblée générale du Synode des évêques.


Nommé Mgr.Bruno Forte (Italie), Secrétaire spécial de la XIV Assemblée générale du Synode des évêques.

Nouveau Vice Directeur de L'Osservatore Romano


Cité du Vatican 21 novembre 2014 (VIS). Le Cardinal Secrétaire d'Etat a nommé M.Giuseppe Fiorentino (Italie), Vice Directeur de L'Osservatore Romano, dont il était jusqu'ici un des Rédacteurs.

jeudi 20 novembre 2014

Les affamés de la terre réclament dignité, non l'aumône


Cité du Vatican, 20 novembre 2014 (VIS). Le Pape s'est rendu ce matin au siège de la FAO, où se tient depuis hier la seconde Conférence internationale sur l'alimentation. Il a été accueilli par le Directeur général et son Adjoint, M.José Graziano da Silva et M.Oleg Chestnov, ainsi que par l'Observateur permanent du Saint-Siège près cette organisation, Mgr.Luigi Travaglino. Après avoir également salué Mme.Margaret Chan, Directrice générale de l'OMS, il a prononcé le discours suivant devant l'assemblée:

"Je me félicite de ce que des représentants d'états et d'organisations internationales, de la société civile, du monde agricole et de l'entreprise se rencontrent pour réfléchir aux moyens d'assurer à tous l'alimentation nécessaire, mais aussi aux changements à apporter aux politiques alimentaires. Une unité de principes et d'actions, envisagée dans un esprit de fraternité, devrait être décisive pour trouver de justes solutions. Pour sa part, l'Eglise est toujours attentive à tout ce qui touche au bien-être spirituel et matériel des personnes, en particulier des marginaux et exclus, dont on doit garantir sécurité et dignité.

A l'instar d'une famille, l'avenir de chaque peuple est plus que jamais lié à celui des autres. Or les relations entre pays sont trop souvent marquées par des préjugés réciproques, qui dégénèrent parfois en une agression économique qui mine les rapports amicaux et marginalise qui est déjà marginalisé dans sa recherche du pain quotidien ou d'un travail décent. C'est cela le quart-monde dans lequel on atteint les limites de mesures basées sur une souveraineté nationale considérée comme absolue, où les intérêts nationaux sont fréquemment conditionnés par quelque groupe de pouvoir. La lecture du document de travail destiné à mettre au point des normes plus efficaces dans l'alimentation du monde en témoigne. J'espère donc que, dans la formulation des propositions négociées, les états prennent en compte que le seul droit à l'alimentation ne peut la garantir si on ne tient pas compte du sujet réel, de la personne souffrant de la faim ou de malnutrition. On parle beaucoup de droits tout en oubliant par trop les devoirs, sans se préoccuper vraiment de qui souffre de ces carences. Malheureusement, la lutte contre la faim et la malnutrition est souvent bloquée par la priorité du marché et la dictature du profit, qui réduisent les aliments à une marchandise sujette à la spéculation. Tandis qu'on parle de nouveaux droits, l'affamé est au coin de la rue à demander d'être inclus dans la société et d'avoir le pain quotidien. C'est la dignité qu'il demande, non l'aumône.

Ces principes ne peuvent rester théoriques. Les individus et les peuples attendent la mise en oeuvre d'une justice de partage et de distribution, d'une justice qui ne se limite pas à la loi. L'activité et les projets de développement des organisations internationales devraient tenir compte des attentes quotidiennes des gens, qui veulent le respect en toute circonstance des droits fondamentaux de la personne, et en l'occurrence de qui souffre de la faim. Cela permettrait aux interventions humanitaires d'urgence ou aux plans de développement -intégral et réel- de donner de bien meilleurs résultats.

Si l'attention à la production alimentaire, à la disponibilité des aliments et à leur accès, comme l'attention aux changements climatiques et au commerce agricole doivent certes répondre à des méthodes techniques, l'homme doit être prioritaire. La première préoccupation doit regarder les personnes qui manquent du pain quotidien, qui en sont réduits à lutter pour survivre au point de ne plus se préoccuper de vie sociale ni de rapports familiaux. Inaugurant ici-même en 1992 la première Conférence sur l'alimentation, Jean-Paul II avait mis en garde la communauté internationale contre le "paradoxe de l'abondance": Il y a de quoi nourrir tout le monde mais tous ne parviennent pas à manger, alors même que le surplus et le rebut, la surconsommation et l'usage détourné d'aliments sont monnaie courante. Malheureusement, ce paradoxe est plus que jamais actuel. Il y a peu de sujets comme la faim auxquels on applique tant de sophismes, dont on manipule les données et les statistique en fonction de la sécurité nationale, par corruption ou référence feinte à la crise. Tel est le premier obstacle à franchir. Le second consiste à résoudre le manque de solidarité, un mot devenu presque suspect, qu'inconsciemment certains semblent vouloir gommer du dictionnaire. Nos sociétés souffrent d'un individualisme croissant mais aussi de division, ce qui conduit les plus faibles à perdre leur dignité de vie mais aussi à la manifestation de révoltes contre les institutions. Lorsque la solidarité fait défaut au sein d'une société, le monde entier s'en ressent. La solidarité rend les individus capables de rencontrer l'autre et de tisser des liens fraternels dépassant toutes les différences, et par conséquent de rechercher ensemble le bien commun. Dans la mesure où ils sont conscients de leur responsabilité envers le dessein de la création, les hommes sont capables du respect des autres, plutôt que de se combattre au dam de la planète. Conçus comme communautés de personnes et de peuples, les états doivent être prêts à s'entraider sur la base des principes et des lois internationales. Gravée dans le coeur de l'homme, la loi naturelle constitue une source infinie d'inspiration. Son langage est universel car elle parle d'amour, de justice et de paix, toutes choses inséparables. A l'instar des personnes, les états et les institutions internationales sont appelés à adopter et à diffuser l'amour, la justice et la paix. Et ce dans un esprit d'écoute et de dialogue, qui est également indispensable à la perspective de nourrir la famille humaine toute entière.

Toute femme et tout homme, tout enfant comme toute personne âgée doivent partout disposer d'une alimentation correcte. Il est du devoir de tout état attentif au bien-être des citoyens de souscrire sans réserve aux principes que nous avons évoqués, et de s'engager à leur application pratique avec persévérance. L'Eglise catholique s'engage à offrir sa contribution par une attention constante envers les pauvres où qu'ils soient. C'est dans ce but que le Saint-Siège agit auprès des organisations internationales, et qu'il s'implique par le biais de documents et de déclarations. Il entend ainsi aider à retenir et adopter des critères en mesure de développer un système mondial juste. Au plan éthique, ces critères doivent être fondés sur la vérité, la liberté, la justice et la solidarité. Et au plan juridique, ils doivent lier entre eux droit à l'alimentation et droit à la vie, droit à une existence digne, droit à une protection légale qui n'est pas toujours adaptée aux personnes souffrant de la faim, mais aussi l'obligation morale du partage des richesses. Si on croit dans le principe de l'unité de la famille humaine, fondée sur la paternité du Créateur, et dans la fraternité des êtres humains, on ne saurait admettre le moindre conditionnement politique ou économique en matière de disponibilité alimentaire. Et à propos de ce type de pressions, je pense à notre mère la terre: Si nous sommes libres de conditionnements politiques et économiques, nous éviterons sa destruction. Attention donc aux conférences qui se tiendront au Pérou et en France pour envisager une bonne gestion de la planète. Je me souviens d'un vieil homme que disait que Dieu pardonne toujours. Certes, il pardonne offenses et mauvaises actions, l'homme aussi pardonne parfois, mais la terre ne pardonne jamais. Nous devons choyer la terre afin d'éviter qu'elle anéantisse l'humanité. Plus encore, aucun système discriminatoire, de fait comme de droit, quant à l'accès au marché des aliments, ne devrait être pris comme modèle de modification des normes internationales destinées à l'élimination de la faim dans le monde. Voulant partager avec vous ces réflexions, je demande au Tout Puissant, riche en miséricorde, de bénir, quelques soient les responsabilités, tous ceux qui se mettent au service de qui souffre de faim et de malnutrition, et qui savent leur manifester concrètement leur attention. Puisse aussi la communauté internationale entendre l'appel de cette conférence et y voir l'expression de la conscience commune de l'humanité. Il faut donner à manger aux affamés afin de sauver la vie sur cette planète".


Après cette intervention, le Pape François est allé saluer le personnel de la FAO, qu'il a félicité pour son esprit solidaire et une efficacité qui, a-t-il dit, "va bien au-delà des documents, et voit les visages réels ainsi que les situations dramatiques dans lesquelles se trouvent les personnes souffrant de la faim, mais aussi de la soif. L'eau n'est pas gratuite, comme on le pense généralement. L'accès à l'eau constitue un énorme problème, qui pourrait déboucher sur une guerre!". Il a redit que les affamés de la terre réclament dignité, non l'aumône.

Activité du Conseil ordinaire du Synode des évêques


Cité du Vatican, 20 novembre 2014 (VIS). Le Conseil ordinaire du Synode des évêques s'est réuni les 18 et 19 novembre pour évaluer les résultats de la récente assemblée extraordinaire et préparer l'assemblée ordinaire d'octobre prochain. Afin de souligner que le Synode exprime la collégialité de l'Eglise, mais aussi l'importance du thème de la famille, le Pape a présidé la réunion d'ouverture. Outre le Cardinal Lorenzo Baldisseri et Mgr.Fabio Fabene, Secrétaire général et Sous Secrétaire du dicastère, y ont pris part les Cardinaux Schönborn, Napier, Turkson, Pell, Wuerl et Tagle, ainsi que Mgr.Bruno Forte et Mgr.Salvatore Fisichella, et à titre d'invité Mgr.Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical pour la famille. Le Cardinal Baldisseri a d'emblée souligné le climat de liberté, de sincérité et de communion fraternelle ayant caractérisé les travaux de la récente assemblée, ce qui a favorisé la réflexion générale. Puis il a dit que les nuances qui caractérisent le document final reflètent bien les résultats du débat synodal. Le présent conseil a ensuite envisagé le travail à effectuer d'une assemblée à l'autre. C'est d'autant plus important que ce cas de figure ne s'est jamais présenté. Les conférences épiscopales, qui en quelque sorte prennent le relais, vont approfondir les questions posées et solliciter les diverses instances ecclésiales locales à réfléchir. Seront aussi suggérées des améliorations de la communication afin de faciliter la perception de la thématique. Les Lineamenta vont être aussi mis au point et adressés début décembre aux conférences épiscopales, de manière a avoir le temps nécessaire à l'élaboration de l'Instrumentum Laboris avant l'été 2015.        

Nouvelle évangélisation et joie missionnaire


Cité du Vatican 20 novembre 2014 (VIS). Aujourd'hui s'est ouvert à Rome le troisième Congrès mondial des mouvements ecclésiaux et des nouvelles communautés, organisé par le Conseil pontifical pour les laïcs (après ceux de1998 et 2006). Faisant écho à l'appel du Pape à la conversion missionnaire (Evangelii Gaudium), il rassemble 300 membres d'associations en provenance d'une quarantaine de pays qui vont réfléchir à la joie de l'Evangile au service de la mission. Les travaux ont été ouverts par le Cardinal Stanislaw Rylko, Président du Conseil pontifical, qui a évoqué le magistère des trois derniers Papes consacré à ce que Jean-Paul II appelait la nouvelle saison de l'agrégation des laïcs, avant de revenir sur une floraison ecclésiale en laquelle le magistère a reconnu une réponse au défi de la nouvelle évangélisation. Jean-Paul II a suivi de près le rapide développement des mouvements ecclésiaux et des nouvelles communautés, et les a guidés d'une parole claire et lumineuse. Il a indiqué une nouvelle étape, celle de la maturité ecclésiale. Le caractère multiforme et l'unité des charismes et ministères sont inséparables de la vie de l'Eglise car l'Esprit veut la variété des courants laïcs au service du corps unique qu'est l'Eglise. Les charismes nouveaux qu'ils expriment ne sont pas un patrimoine replié sur lui au profit d'un groupe. Don de l'Esprit, ils doivent être intégrés dans le corps ecclésial comme attirés par le Christ qui représente le centre d'où part l'élan évangélisateur.       

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 20 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Peter Andrew Comensoli, Evêque de Broken Bay (superficie 2.763, population 930.000, catholiques 395.000, prêtres 109, diacres 6, religieux 155), en Australie. Il était jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de Sydney (Australie).
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