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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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mardi 12 janvier 2016

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 12 janvier 2016 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé l'Abbé Euzébius Chinekezy Ogbonna Managwu, Evêque de Port-Gentil (superficie 22.850, population 128.000, catholiques 71.770, prêtres 11, religieuses 11), au Gabon. L'Evêque élu, né en 1959 à N'Djamena (Tchad) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Vicaire épiscopal du diocèse de Libreville (Gabon). Licencié en théologie, il a été curé de paroisses et Recteur du petit séminaire de Libreville.

Confirmé l'élection de l'Abbé Jose Pulickal comme Auxiliaire de l'éparchie syro-malabare de Kanjirapally (superficie 2.017, population 1.365.900, catholiques 225.950, prêtres 344, religieux 2.087), en Inde. L'Evêque élu, né en 1964 à Inchiyani (Inde) et ordonné prêtre en 1991, était jusqu'ici Vicaire en charge du clergé. Docteur en théologie, il a occupé diverses fonctions diocésaines.



Correction aux Audiences


Cité du Vatican, 12 janvier 2016 (VIS). Le 9 janvier, lors de l'audience accordée au Cardinal Ricardo Ezzati Andrello, ce dernier n'était pas accompagné comme indiqué du Vice Président de la Conférence épiscopale chilienne Mgr.Alejandro Goic Karmelic.


lundi 11 janvier 2016

Audience annuelle au Corps Diplomatique


Ci du Vatican, 11 janvier 2016 (VIS). Comme à l'accoutumée en début d'année, le Pape s'est adressé ce matin au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège (180 états plus l'Union européenne, l'Ordre de Malte et l'OLP. Le Saint-Siège est observateur permanent près l'ONU et ses agences, et observateur permanent près la Communauté caraïbe depuis le 4 jun dernier).

Après les voeux exprimés par le nouveau Doyen, l'Ambassadeur d'Angola, M.Armindo Fernandes do Espírito Santo Vieira, le Saint-Père a prononcé le discours suivant: "Ce rendez-vous annuel m’offre l’opportunité de vous présenter mes vœux pour la nouvelle année, me permettant de réfléchir avec vous sur la situation de notre monde, béni et aimé de Dieu, pourtant tourmenté et affligé par nombre de maux... L’occasion m’est offerte aussi d’adresser une pensée particulière à tous ceux qui participent pour la première fois à cette rencontre, relevant avec satisfaction que, au cours de l’année passée, le nombre d’ambassadeurs résidant à Rome s’est accru (86, s'étant ajoutées en 2015 les représentations du Belize, du Burkina Faso et de la Guinée Equatoriale). Il s’agit d’une indication significative de l’attention avec laquelle la communauté internationale suit l’activité diplomatique du Saint-Siège. Les accords internationaux souscrits ou ratifiés au cours de l’année qui vient de s’achever en sont une preuve supplémentaire. Je désire, en particulier, citer ici les ententes spécifiques en matière fiscale signées avec l’Italie et les Etats-Unis d’Amérique, qui témoignent de l’engagement accru du Saint-Siège en faveur d’une plus grande transparence dans les questions économiques. Non moins importants sont les accords de caractère général, en vue de réguler des aspects essentiels de la vie et de l’activité de l’Eglise dans les différents pays, comme l’entente signée à Díli avec le Timor-Oriental. Je désire également rappeler l’échange des instruments de ratification de l’Accord avec le Tchad sur l’état juridique de l’Eglise catholique, comme celui signé et ratifié avec la Palestine. Il s’agit de deux accords qui, avec le Memorandum d’entente entre la Secrétairerie d’Etat et le Ministère des Affaires étrangères du Koweit, montrent, entre autre, comment le vivre-ensemble pacifique entre des personnes appartenant à des religions différentes est possible, là où la liberté religieuse est reconnue et où la possibilité effective de collaborer à l’édification du bien commun, dans le respect réciproque de l’identité culturelle de chacun, est garantie".

"D’autre part, chaque expérience religieuse authentiquement vécue ne peut que promouvoir la paix. Noël, que nous venons de célébrer et où nous avons contemplé la naissance d’un enfant sans défense, appelé conseiller merveilleux, Dieu-fort, Père à jamais, Prince de la Paix, nous le rappelle. Le mystère de l’Incarnation nous montre le vrai visage de Dieu, pour qui puissance ne signifie pas force et destruction, mais bien amour ; justice ne signifie pas vengeance, mais bien miséricorde. C’est dans cette perspective que j’ai voulu proclamer le Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, inauguré exceptionnellement à Bangui au cours de mon voyage apostolique au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique. Dans un pays longuement éprouvé par la faim, la pauvreté et les conflits, où la violence fratricide des dernières années a laissé des blessures profondes dans les âmes, déchirant la communauté nationale et engendrant misère matérielle et morale, l’ouverture de la Porte Sainte de la cathédrale de Bangui a voulu être un signe d’encouragement à élever le regard, à reprendre la route et à retrouver les raisons du dialogue. Là où l’on a abusé du nom de Dieu pour commettre l’injustice, j’ai voulu rappeler, avec la communauté musulmane centrafricaine, que celui qui dit croire en Dieu doit être aussi un homme, une femme de paix, et donc de miséricorde, puisqu’on ne peut jamais tuer au nom de Dieu. Seule une forme idéologique et déviée de la religion peut penser rendre justice au nom du Tout Puissant, en massacrant délibérément des personnes sans défense, comme cela est arrivé dans les attentats terroristes sanglants des mois derniers en Afrique, en Europe et au Moyen Orient".

"La miséricorde a été comme le fil conducteur de mes voyages apostoliques de l’année passée. Je me réfère surtout à la visite à Sarajevo, ville profondément blessée par la guerre dans les Balkans et capitale d’un pays, la Bosnie-Herzégovine, qui revêt une signification spéciale pour l’Europe et pour le monde entier. Un tel carrefour de cultures, nations et religions s’efforce, avec des résultats positifs, de construire toujours de nouveaux ponts, de valoriser ce qui unit et de regarder les différences comme des opportunités de croissance dans le respect de tous. Cela est possible grâce au dialogue patient et confiant, qui sait faire siennes les valeurs de la culture de chacun et accueillir le bien provenant des expériences d’autrui. Ma pensée va ensuite au voyage en Bolivie, Equateur et Paraguay, où j’ai rencontré des peuples qui ne se rendent pas face aux difficultés et affrontent avec courage, détermination et esprit de fraternité les nombreux défis qui les tourmentent, à commencer par la pauvreté diffuse et les inégalités sociales. Au cours du voyage à Cuba et aux Etats-Unis d’Amérique, j’ai pu embrasser deux pays qui ont été longuement divisés et qui ont décidé d’écrire une nouvelle page de l’histoire, en entreprenant un chemin de rapprochement et de réconciliation. A Philadelphie, à l’occasion de la Rencontre mondiale des familles, comme aussi au cours du voyage au Sri Lanka et aux Philippines et avec le récent Synode des Évêques, j’ai rappelé l’importance de la famille, qui est la première et la plus importante école de miséricorde, où l’on apprend à découvrir le visage affectueux de Dieu et où notre humanité grandit et se développe. Malheureusement, nous connaissons les nombreux défis que la famille doit affronter en ce temps, où elle est menacée par les efforts croissants de certains pour redéfinir l’institution même du mariage à travers le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque d’ouverture à la vie. Il y a aujourd’hui une peur diffuse face au caractère définitif que la famille exige et en font les frais surtout les plus jeunes, souvent fragiles et désorientés, et les personnes âgées qui finissent par être oubliées et abandonnées. Au contraire, de la fraternité vécue en famille, naît la solidarité dans la société, qui nous porte à être responsable les uns des autres. Cela est possible seulement si dans nos maisons, de même que dans nos sociétés, nous ne laissons pas se sédimenter les peines et les ressentiments, mais donnons place au dialogue, qui est le meilleur antidote à l’individualisme si largement répandu dans la culture de notre temps. Un esprit individualiste est un terrain fertile pour la maturation de cette attitude d’indifférence envers le prochain, qui porte à le traiter comme simple objet d’achat et de vente, qui pousse à se désintéresser de l’humanité des autres et finit par rendre les personnes craintives et cyniques. Ces sentiments ne sont-ils pas ceux que nous éprouvons souvent devant les pauvres, les marginaux, les derniers de la société? Et combien de derniers avons-nous dans nos sociétés! Parmi ceux-ci, je pense surtout aux migrants, avec leur poids de difficultés et de souffrances qu’ils affrontent chaque jour dans la recherche, parfois désespérée, d’un lieu où vivre en paix et avec dignité".

"Je voudrais donc aujourd’hui réfléchir avec vous à la grave urgence migratoire que nous sommes en train d’affronter, pour en discerner les causes, proposer des solutions, vaincre l’inévitable peur qui accompagne un phénomène aussi massif et imposant qui, au cours de 2015, a surtout concerné l’Europe, mais aussi différentes régions de l’Asie et le nord et le centre de l’Amérique. Ne crains pas, ne t’effraie pas, car le Seigneur ton Dieu sera avec toi où tu iras. C’est la promesse que Dieu fait à Josué et qui montre combien le Seigneur accompagne chaque personne, surtout celle qui est dans une situation de fragilité comme celle qui cherche refuge dans un pays étranger. En vérité, toute la Bible nous raconte l’histoire d’une humanité en marche, parce que le fait d’être en mouvement est connaturel à l’homme. Son histoire est faite de nombreuses migrations, parfois muries comme conscience du droit à une liberté choisie, souvent dictées par des circonstances extérieures. De l’exil du paradis terrestre jusqu’à Abraham en marche vers la terre promise, du récit de l’Exode à l'exil de Babylone, l'Ecriture raconte peines et souffrances, désirs et espérances, qui sont communs à ceux des centaines de milliers de personnes en marche de nos jours, avec la même détermination que Moïse pour atteindre une terre dans laquelle coule le lait et le miel, où pouvoir vivre libres et en paix. Aujourd’hui comme alors, nous entendons le cri de Rachel qui pleure ses enfants qui ne sont plus. C’est la voix des milliers de personnes qui pleurent en fuyant des guerres horribles, des persécutions et des violations des droits humains, ou l’instabilité politique ou sociale, qui rendent souvent impossible la vie dans sa patrie. C’est le cri de tous ceux qui sont contraints de fuir pour éviter les barbaries indicibles pratiquées envers des personnes sans défense, comme les enfants et les personnes handicapées, ou le martyre pour la seule appartenance religieuse. Comme alors, nous entendons la voix de Jacob qui dit à ses fils: Descendez là-bas et achetez-y du blé pour nous. Ainsi nous ne mourrons pas, nous vivrons. C’est la voix de tous ceux qui fuient la misère extrême, à cause de l’impossibilité de nourrir la famille ou d’accéder à des soins médicaux et à l’instruction, de la dégradation sans perspective de quelque progrès, ou aussi à cause des changements climatiques et des conditions climatiques extrêmes. Malheureusement, on sait que la faim est encore une des plaies les plus graves de notre monde, avec des millions d’enfants qui meurent chaque année à cause d’elle. C’est douloureux de constater pourtant que souvent ces migrants ne rentrent pas dans les systèmes internationaux de protection sur la base des accords internationaux".

"Comment ne pas voir dans tout cela le fruit de la culture du rejet qui met en péril la personne humaine, sacrifiant des hommes et des femmes aux idoles du profit et de la consommation? Il est grave de s’habituer à ces situations de pauvreté et de besoin, aux drames de nombreuses personnes et de les faire devenir normalité. Les personnes ne sont plus perçues comme une valeur fondamentale à respecter et à protéger, surtout celles qui sont pauvres ou avec un handicap, si elles ne servent pas encore comme les enfants à naître, ou ne servent plus comme les personnes âgées. Nous sommes devenus insensibles à toute forme de gaspillage, à commencer par le gaspillage alimentaire, qui est parmi les plus déplorables, quand il y a de nombreuses personnes et familles qui souffrent de la faim et de la malnutrition. Le Saint-Siège souhaite que le premier Sommet humanitaire mondial convoqué en mai prochain par les Nations-Unies puisse réussir, dans le triste tableau actuel de conflits et de catastrophes, dans son intention de mettre la personne humaine et sa dignité au cœur de chaque réponse humanitaire. Il faut un engagement commun qui renverse résolument la culture du déchet et de l’offense à la vie humaine afin que personne ne se sente dédaigné ou oublié et que d’autres vies ne soient pas sacrifiées à cause du manque de ressources et, par-dessus tout, de volonté politique. Malheureusement, aujourd’hui comme alors, nous entendons la voix de Juda qui suggère de vendre son propre frère. C’est l’arrogance des puissants qui instrumentalisent les faibles, les réduisant à des objets pour des fins égoïstes ou pour des calculs stratégiques et politiques. Là où une migration régulière est impossible, les migrants sont souvent contraints de choisir de se tourner vers qui pratique la traite ou la contrebande d’êtres humains, même étant en grande partie conscients du danger de perdre durant le voyage les biens, la dignité et jusqu’à la vie. Dans cette perspective, je renouvelle encore l’appel à arrêter le trafic des personnes, qui exploite les êtres humains, spécialement les plus faibles et sans défense. Et les images des enfants morts en mer, victimes de l’absence de scrupules des hommes et de l’inclémence de la nature, resteront toujours imprimées de façon indélébile dans nos esprits et dans nos cœurs. Celui qui peut survivre et aborder un pays qui l’accueille porte de manière indélébile les cicatrices profondes de ces expériences, outre celles liées aux horreurs qui accompagnent toujours guerres et violences. Comme alors, aujourd’hui aussi on entend l’ange répéter Lève-toi. Prends l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse. C’est la voix qu’entendent les nombreux migrants qui ne laisseraient jamais leur propre pays s’ils n’y étaient pas contraints. Parmi eux, il y a de nombreux chrétiens qui d’une façon toujours plus massive ont abandonné au cours des dernières années leurs terres, qu’ils ont pourtant habitées depuis les origines du christianisme. Le psalmiste nous répète qu'au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion. C’est la plainte de tous ceux qui retourneraient volontiers dans leurs propres pays, s’ils y trouvaient des conditions idoines de sécurité et de subsistance. Là aussi, ma pensée va aux chrétiens du Moyen Orient, désireux de contribuer, comme citoyens à part entière, au bien-être spirituel et matériel de leurs nations respectives.
On aurait pu affronter une grande partie des causes des migrations depuis longtemps déjà. On aurait pu ainsi éviter beaucoup de malheurs ou, du moins, en adoucir les conséquences les plus cruelles. Encore aujourd’hui, et avant qu’il ne soit trop tard, on pourrait faire beaucoup pour arrêter les tragédies et construire la paix. Mais cela signifierait remettre en cause des habitudes et des pratiques établies, en commençant par les questions liées au commerce des armes, au problème de l’approvisionnement de matières premières et d’énergie, aux investissements, aux politiques financières et de soutien au développement, jusqu’à la grave plaie de la corruption. Nous sommes conscients ensuite que, sur le thème de la migration, il convient d’établir des projets à moyen et à long terme qui aillent plus loin que la réponse d’urgence. Ceux-ci devraient d’un côté aider effectivement l’intégration des migrants dans les pays d’accueil, et en même temps favoriser le développement des pays de provenance par des politiques solidaires, mais qui ne soumettent pas les aides à des stratégies et à des pratiques idéologiquement étrangères ou contraires aux cultures des peuples auxquels elles s’adressent. Sans oublier d’autres situations dramatiques, parmi lesquelles je pense en particulier à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, que j’aborderai en me rendant à Ciudad Juarez le mois prochain, je voudrais dédier une pensée spéciale à l’Europe. En effet, au cours de l’année passée, elle a été concernée par un flux important de réfugiés, dont beaucoup ont trouvé la mort en essayant de l’atteindre, qui n’a pas de précédent dans son histoire récente, pas même à la fin de la seconde guerre mondiale. Beaucoup de migrants venant de l’Asie et de l’Afrique, voient dans l’Europe un point de référence pour des principes comme l’égalité devant le droit et les valeurs inscrites dans la nature même de tout homme, dont l’inviolabilité de la dignité et de l’égalité de chaque personne, l’amour du prochain sans distinction d’origine ni d’appartenance, la liberté de conscience et la solidarité envers ses semblables. Mais les débarquements massifs sur les côtes du vieux continent semblent faire vaciller le système d’accueil construit avec peine sur les cendres du second conflit mondial, qui constitue encore un phare d’humanité auquel se référer. Devant l’importance des flux et les inévitables problèmes connexes, de nombreuses questions sont sorties sur les possibilités réelles de réception et d’adaptation des personnes, sur la modification de la structure culturelle et sociale des pays d’accueil, comme aussi sur le remodelage de certains équilibres géopolitiques régionaux. De même, les craintes concernant la sécurité sont importantes, considérablement augmentées par la menace déferlante du terrorisme international. La vague migratoire actuelle semble miner les bases de cet esprit humaniste que l’Europe aime et défend depuis toujours. Cependant, on ne peut pas se permettre de perdre les valeurs et les principes d’humanité, de respect pour la dignité de toute personne, de subsidiarité et de solidarité réciproque, bien qu’ils puissent, à certains moments de l’histoire, constituer un fardeau difficile à porter. Je souhaite donc rappeler ma conviction que l’Europe, aidée par son grand patrimoine culturel et religieux, a les instruments pour défendre le caractère central de la personne humaine et pour trouver le juste équilibre entre le double devoir moral de protéger les droits de ses propres citoyens, et celui de garantir l’assistance et l’accueil des migrants".

"Je ressens aussi le d’exprimer ma gratitude pour toutes les initiatives prises pour favoriser un accueil digne des personnes, dont, parmi d’autres, le Fonds Migrants et Réfugiés de la Banque de Développement du Conseil de l’Europe, et aussi pour l’engagement des pays qui ont eu une attitude généreuse de partage. Je fais référence avant tout aux pays proches de la Syrie, qui ont donné des réponses immédiates d’assistance et d’accueil: Surtout le Liban, où les réfugiés constituent un quart de la population globale, et la Jordanie, qui n’a pas fermé ses frontières bien qu’elle héberge déjà des centaines de milliers de réfugiés. De même, il ne faut pas oublier les efforts d’autres pays engagés en première ligne, parmi lesquels spécialement la Turquie et la Grèce. Je souhaite exprimer une reconnaissance particulière à l’Italie, dont l’engagement décisif a sauvé beaucoup de vies en Méditerranée et qui prend encore en charge sur son territoire un nombre très important de réfugiés. Je souhaite que le traditionnel sens de l’hospitalité et de la solidarité qui distingue le peuple italien ne s’affaiblisse pas par les inévitables difficultés du moment, mais, à la lumière de sa tradition multi-millénaire qu’il soit capable d’accueillir et d’intégrer l’apport social, économique et culturel que les migrants peuvent offrir. Il est important que les pays qui sont en première ligne ne soient pas laissés seuls, et il est de même indispensable d’engager un dialogue franc et respectueux entre tous les pays impliqués dans la question provenance, transit et accueil pour que, avec une plus grande audace créative, on recherche des solutions nouvelles et durables. Dans la conjoncture actuelle, on ne peut pas penser, en effet, des solutions poursuivies de façon individualiste par chaque État, car les conséquences des choix de chacun retombent inévitablement sur la Communauté internationale tout entière. Il est connu, en effet, que les migrations constitueront un élément fondamental de l’avenir du monde, plus qu’elles ne l’ont fait jusqu’à présent, et que les réponses pourront être seulement le fruit d’un travail commun, qui soit respectueux de la dignité humaine et des droits des personnes. L’Agenda de Développement adopté en septembre dernier par les Nations-Unies pour les quinze prochaines années, qui affronte beaucoup des problèmes qui poussent à la migration, comme aussi d’autres documents de la Communauté internationale pour gérer la question migratoire, pourront trouver une application cohérente aux attentes s’ils savent remettre la personne au centre des décisions politiques à tous les niveaux, voyant l’humanité comme une seule famille et les hommes comme des frères, dans le respect des différences réciproques et des convictions de conscience. Dans le traitement de la question migratoire, on ne pourra pas négliger, en effet, les aspects culturels connexes, en commençant par ceux qui sont liés à l’appartenance religieuse. L’extrémisme et le fondamentalisme trouvent un terrain fertile, non seulement dans une instrumentalisation de la religion à des fins de pouvoir, mais aussi dans le vide d’idéaux et dans la perte d’identité – aussi religieuse – que connaît dramatiquement l’Occident. D’un tel vide nait la peur qui pousse à voir l’autre comme un danger et un ennemi, à se refermer sur soi-même en se retranchant sur des positions préconçues. Le phénomène migratoire pose donc un sérieux problème culturel, auquel on ne peut se dispenser de répondre. L’accueil peut donc être une occasion propice pour une nouvelle compréhension et ouverture d’horizon, tant pour celui qui est accueilli, lequel a le devoir de respecter les valeurs, les traditions et les lois de la communauté qui l’héberge, que pour cette dernière, appelée à valoriser tout ce que chaque immigré peut offrir à l’avantage de toute la communauté. Dans ce cadre, le Saint-Siège renouvelle son engagement dans le domaine œcuménique et inter-religieux pour instaurer un dialogue sincère et loyal qui, valorisant la particularité et l’identité propre à chacun, favorise une cohabitation harmonieuse entre toutes les composantes sociales".

"L'année 2015 a vu la conclusion d’importantes ententes internationales, qui font beaucoup espérer pour l’avenir. Je pense avant tout à l’Accord sur le nucléaire iranien qui, je l’espère, contribue à favoriser un climat de détente dans la région, comme aussi la conclusion de l’accord attendu sur le climat, au cours de la Conférence de Paris. Il s’agit d’une entente significative qui représente un résultat important pour la Communauté internationale tout entière et qui met en lumière une forte prise de conscience collective à propos de la grave responsabilité que chacun, individus et nations, a de préserver la création, en promouvant une culture de protection qui imprègne toute la société. Il est maintenant fondamental que les engagements pris ne soit pas seulement une bonne intention, mais constituent pour tous les états une obligation effective à réaliser les actions nécessaires pour sauvegarder notre terre bien-aimée, au profit de l’humanité tout entière, surtout des générations à venir. L’année qui vient de commencer s’annonce pleine de défis et beaucoup de tensions se sont déjà manifestées. Je pense surtout aux graves divergences survenues dans la région du Golfe persique, comme aussi à la préoccupante expérience militaire menée dans la péninsule coréenne. Je souhaite que les oppositions laissent place à la voix de la paix et à la bonne volonté de chercher des ententes. Dans cette perspective, je relève avec satisfaction que des gestes significatifs et particulièrement encourageants ne manquent pas. Je fais référence en particulier au climat de cohabitation pacifique dans lequel se sont déroulées les récentes élections en Centrafrique et qui constitue un signe positif de la volonté de poursuivre le chemin entrepris vers une pleine réconciliation nationale. Je pense, en outre, aux nouvelles initiatives engagées à Chypre pour assainir une division de longue date, et aux efforts entrepris par le peuple colombien pour dépasser les conflits du passé et obtenir la paix ardemment désirée depuis longtemps. Ensuite, nous regardons tous avec espérance les pas importants entrepris par la communauté internationale pour atteindre une solution politique et diplomatique de la crise en Syrie, qui mette fin aux souffrances de la population, qui durent depuis trop longtemps. De même, les signes provenant de la Libye sont encourageants, ils font espérer un engagement renouvelé pour faire cesser les violences et retrouver l’unité du pays. D’autre part, il apparaît de plus en plus évident que seule une action politique commune et coordonnée pourra contribuer à endiguer le déferlement de l’extrémisme et du fondamentalisme, avec leurs aspects d’origine terroriste, qui font d’innombrables victimes, tant en Syrie, en Libye, que dans d’autres pays tels que l’Irak et le Yémen".


"Que cette Année Sainte de la Miséricorde soit aussi une occasion de dialogue et de réconciliation orienté vers l’édification du bien commun au Burundi, en République Démocratique du Congo et au Sud Soudan. Qu’elle soit surtout un temps propice pour mettre définitivement un terme au conflit dans les régions orientales de l’Ukraine. Le soutien que la Communauté internationale, chaque État et les organismes humanitaires, pourront offrir au pays à de multiples points de vue afin qu’il résolve la crise actuelle, est d’une importance fondamentale. Mais le défi qui, plus que tout autre, nous attend est celui de vaincre l’indifférence pour construire ensemble la paix, qui demeure un bien à poursuivre sans cesse. Malheureusement, parmi les nombreux lieux du monde qui la désirent ardemment, il y a la terre que Dieu a aimée et choisie pour montrer à tous le visage de sa miséricorde. Mon souhait est que cette nouvelle année puisse guérir les blessures profondes qui séparent Israéliens et Palestiniens et permettre la cohabitation pacifique de deux peuples qui, j’en suis sûr, du fond du cœur, ne demandent rien d’autre que la paix! Au niveau diplomatique, le Saint-Siège ne cessera jamais de travailler pour que la voix de la paix puisse être entendue jusqu’aux extrémités de la terre. Je renouvelle donc l’entière disponibilité de la Secrétairerie d’Etat à collaborer avec vous pour favoriser un dialogue constant entre le siège apostolique et les pays que vous représentez au profit de toute la communauté internationale, avec la profonde certitude que cette année jubilaire pourra être l’occasion propice pour que la froide indifférence de nombreux cœurs soit vaincue par la chaleur de la miséricorde, don précieux de Dieu, qui transforme la crainte en amour et nous rend artisans de paix. Avec ces sentiments je renouvelle à chacun de vous, à vos familles, à vos pays, mes vœux les plus fervents d’une année pleine de bénédictions". 

Baptêmes dans la Chapelle Sixtine


Cité du Vatican, 10 janvier 2016 (VIS). "Laissez-leur la foi en héritage", voici ce qu'a dit, ce matin, le Pape François aux parents, parrains et marraines des 26 nouveaux-nés (13 garçons et 13 filles) qu'il a baptisés dans la Chapelle Sixtine au cours de la messe célébrée en la solennité du baptême du Seigneur. Dans sa brève homélie, le Saint-Père a expliqué à l'assemblée que Marie et Joseph ont amené Jésus au Temple quarante jours après sa naissance pour le présenter à Dieu, comme aujourd'hui les parents ont amené leur enfant à recevoir le baptême, à recevoir la foi, qui a été demandée à la première question posée au début du rite. "Ainsi -a-t-il dit- la foi se transmet d'une génération à l'autre, comme une chaîne au fil du temps. Ces enfants, les années passant, prendront votre place avec un autre enfant, vos petits-enfants, et demanderont, de même, la foi, la foi que le baptême nous donne, la foi que l'Esprit Saint porte aujourd'hui dans le cœur, dans l'âme, dans la vie de vos enfants. Vous avez demandé la foi. Quand le cierge allumé vous sera remis, l'Eglise vous dira de protéger la foi de ces enfants. Et, à la fin, n'oubliez pas que le plus grand héritage que vous pourrez donner à vos enfants est la foi. Veillez à ce qu'elle ne soit pas perdue, à la faire grandir et à la laisser en héritage. C'est ce que je vous souhaite aujourd'hui, en ce jour joyeux pour vous. Je vous souhaite d'être capables de faire grandir ces enfants dans la foi, et que le plus grand héritage qu'ils recevront de vous soit vraiment la foi". Le Pape a conclu en disant aux mères présentes dans la chapelle de ne pas hésiter à donner à manger à leur enfant s'il pleure de faim, en toute liberté".

L'importance de fêter le jour de notre baptême


Cité du Vatican, 10 janvier 2016 (VIS). Après la messe célébrée en la Chapelle Sixtine, le Saint-Père a récité l'angélus avec les fidèles réunis Place St.Pierre. Avant la prière mariale, il a demandé à toutes les personnes présentes de prier pour les 26 nouveaux-nés qu'il venait de baptiser, et ensuite évoqué l'Evangile du jour qui "nous présente Jésus, dans les eaux du Jourdain, au centre d'une merveilleuse révélation divine". Puis il a cité les paroles de Luc: Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel: Toi, tu es mon Fils bien-aimé. En toi, je trouve ma joie. Dans cet événement, attesté par les quatre Evangiles, nous passons du baptême de Jean-Baptiste, basé sur le symbole de l'eau, au baptême de Jésus, dans l'Esprit et le feu. En effet, l'Esprit Saint, dans le baptême chrétien, est l'auteur principal, celui qui brûle et détruit le péché originel, en restituant au baptisé la beauté de la grâce divine. Il est celui qui nous libère de la domination des ténèbres, c'est à dire du péché, et nous transfère dans le royaume de la lumière, c'est à dire de l'amour, de la vérité et de la paix: c'est cela le royaume de la lumière... L'Esprit, reçu pour la première fois le jour de notre baptême, nous ouvre le cœur à la vérité, à toute la vérité. L'Esprit pousse notre vie sur le sentier laborieux mais joyeux de la charité et de la solidarité envers nos frères. L'Esprit nous donne la tendresse du pardon divin et nous remplit de la force invincible de la miséricorde du Père. N'oublions pas que l'Esprit Saint est une présence vivante et vivifiante pour qui l'accueille, prie avec nous et nous remplit de joie spirituelle". Enfin, le Pape a invité l'assistance à remercier pour ce don reçu et à chercher la date de notre baptême parce qu'il est très important de la connaître pour la fêter. "C'est la date de notre renaissance comme fils de Dieu. C'est pourquoi, voici le devoir à faire à la maison pour cette semaine: chercher la date de mon baptême. Fêter ce jour significatif et réaffirmer notre adhésion à Jésus, avec l'engagement de vivre en chrétiens, membres de l'Eglise et d'une humanité nouvelle, où nous sommes tous frères". Il a conclu par une bénédiction spéciale à tous les enfants qui ont été récemment baptisés, mais aussi aux jeunes et aux adultes qui ont reçu, il y a peu, les sacrements de l'initiation chrétienne ou qui s'y préparent. Que la grâce de Dieu les accompagne toujours!".

Programme du Pape en janvier et février 2016


Cité du Vatican, 11 janvier 2016 (VIS). Voici les cérémonies que présidera le Pape François en janvier et février 2016:

JANVIER

Lundi 25: Solennité de la conversion de saint Paul, vêpres en la Basilique St.Paul Hors les Murs à 17 h 30'.

FEVRIER

Mardi 2: Fête de la Présentation et XX Journée mondiale de la vie consacrée, Basilique vaticane à 17 h 30', messe de clôture de l'Année de la vie consacrée.

Mercredi 10: Basilique vaticane à 17 h, messe du Mercredi des cendres. Envoi des missionnaires de la miséricorde.

Vendredi 12 - jeudi 18: Voyage apostolique au Mexique.


Lundi 22: Basilique vaticane à 10 h, messe du Jubilé de la Curie Romaine.

Audiences


Cité du Vatican, 9 janvier 2016 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.

Le Cardinal Ricardo Ezzati Andrello, Archevêque de Santiago de Chile et Président de la Conférence épiscopale chilienne, accompagné de Mgr.Alejandro Goic Karmelic, Evêque de Rancagua et Vice Président, et de Mgr.Cristián Contreras Villarroel, Evêque de Melipilla et Secrétaire Général.

Le P.Adolfo Nicolás Pachón, Préposé Général de la Compagnie de Jésus, et le P.Mauro Jöhri, Ministre Général des Capucins et Président de l'Union des supérieurs généraux.

M.Nicola Zingaretti, Président de la Région Latium (Italie).


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 9 janvier 2016 (VIS). Le Saint-Père a nommé l'Abbé António Augusto de Oliveira Azevedo, Auxiliaire de l'Evêque de Porto (Portugal). L'Evêque élu, né en 1962 à Sao Pedro de Avioso (Portugal) et ordonné prêtre en 1986, était jusqu'ici Recteur du grand séminaire de ce même diocèse. Il a été aumônier militaire et universitaire, curé de paroisse, responsable diocésain de la pastorale ouvrière, professeur, juge ecclésiastique et secrétaire du Presbyterium.


vendredi 8 janvier 2016

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 8 janvier 2016 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Le Chanoine Juan Carlos Elizalde Espinal, Evêque de Vitoria (superficie 350, population 329.900, catholiques 298.000, prêtres 291, diacres 5, religieux 738), en Espagne. L'Evêque élu, né en 1960 à Mezkiritz (Espagne) et ordonné prêtre en 1987, était jusqu'ici Prieur de la collégiale de Roncevaux. Licencié en philosophie et en théologie, il a été aumônier universitaire, directeur de résidence universitaire diocésaine, professeur, curé de paroisse, vicaire épiscopal, coordinateur d'un centre spirituel diocésain.


Membre de l'Administration du patrimoine apostolique, le Cardinal Ricardo Blásquez Pérez, Archevêque de Valladolid (Espagne).

jeudi 7 janvier 2016

Messe de la solennité de l'Epiphanie


Cité du Vatican, 7 janvier 2015 (VIS). Hier matin en la Basilique vaticane, le Saint-Père a célébré la messe de la solennité de l'Epiphanie, qui conclue le cycle liturgique de Noël. Voici l'homélie du Pape François: "Les paroles que le prophète Isaïe adressait à la ville sainte de Jérusalem nous appellent à nous lever, à sortir, sortir de nos fermetures, sortir de nous-mêmes, et à reconnaître la splendeur de la lumière qui illumine nos existences. Debout, Jérusalem, resplendis! Elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Cette lumière, c’est la gloire du Seigneur. L’Eglise ne doit pas croire qu’elle brille de sa propre lumière. Saint Ambroise le rappelle dans une belle expression, en utilisant la lune comme métaphore de l’Eglise: L’Eglise est véritablement comme la lune, elle brille non pas de sa propre lumière, mais de celle du Christ. Elle tire sa splendeur du Soleil de justice, de sorte que l’on peut dire: Ce n’est plus moi qui vit mais le Christ qui vit en moi. Le Christ est la vraie lumière qui éclaire, et dans la mesure où l’Eglise demeure ancrée en lui, dans la mesure où l’Eglise se laisse éclairer par lui, elle parvient à éclairer la vie des personnes et des peuples. C’est pourquoi les Pères reconnaissaient dans l’Eglise le Mysterium Lunae. Nous avons besoin de cette lumière qui vient d’en haut pour correspondre de manière cohérente à la vocation que nous avons reçue. Annoncer l’Evangile n’est pas un choix que nous pourrions faire parmi tant d’autres, ce n’est pas non plus une profession. Pour l’Eglise, être missionnaire ne signifie pas faire du prosélytisme. Pour l’Église, être missionnaire revient à exprimer sa nature même: Etre illuminée par Dieu et réfléchir sa lumière. C’est cela son service. Il n’y a pas d’autre voie. La mission est sa vocation de faire resplendir la lumière du Christ est son service. Combien de personnes attendent de nous cet engagement missionnaire, parce qu’elles ont besoin du Christ, elles ont besoin de connaître le visage du Père".


"Les Mages, dont parle l’Evangile de Matthieu, sont un témoignage vivant du fait que les semences de vérité sont présentes partout, parce qu’elles sont un don du créateur qui appelle chacun à le reconnaître comme Père bon et fidèle. Les Mages représentent les hommes de partout dans le monde, qui sont accueillis dans la maison de Dieu. Devant Jésus il n’existe plus aucune division de race, de langue ni de culture. Dans cet Enfant, toute l’humanité trouve son unité. Et l’Eglise a la tâche de reconnaître et de faire apparaître de manière plus claire le désir de Dieu que chacun porte en soi. C’est le service de l’Eglise, avec la lumière qu’elle réfléchit, faire apparaître le désire de Dieu que chacun porte en soi. Comme les Mages beaucoup de personnes, aussi de nos jours, vivent avec le cœur inquiet qui continue à interroger sans trouver de réponses certaines. C’est l’inquiétude de l’Esprit Saint qui se meut dans les cœurs. Elles sont encore à la recherche de l’étoile qui indique la route vers Bethléem. Combien d’étoiles y a-t-il dans le ciel! Et pourtant, les Mages en ont suivi une autre, nouvelle, qui brillait pour eux beaucoup plus. Ils avaient scruté longtemps le grand livre du ciel pour trouver une réponse à leurs interrogations ils avaient le cœur inquiet, et finalement la lumière était apparue. Cette étoile les a changés. Elle leur a fait oublier leurs intérêts quotidiens, et ils se sont mis tout de suite en chemin. Ils ont écouté une voix qui, de l’intérieur, les poussait à suivre cette lumière la voix de l’Esprit qui opère chez toutes les personnes, et elle les a guidés jusqu’à ce qu’ils trouvent le roi des juifs dans une pauvre maison de Bethléem. Tout cela est un enseignement pour nous. Aujourd’hui, répéter la question des Mages nous fera du bien: Où est le roi des juifs qui vient de naître? Nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. Nous sommes sollicités, surtout à une époque comme la nôtre, à nous mettre à la recherche des signes que Dieu offre, sachant qu’ils demandent notre engagement pour les déchiffrer, et comprendre ainsi sa volonté. Nous sommes interpellés à aller à Bethléem pour trouver l’Enfant et sa Mère. Suivons la lumière que Dieu nous offre. Le bréviaire nous dit de manière poétique que les Mages virent une petite lumière, la lumière qui émane du visage du Christ, plein de miséricorde et de fidélité. Et, une fois arrivés devant lui, adorons-le de tout notre cœur, et présentons-lui nos dons, notre liberté, notre intelligence, notre amour. La vraie sagesse se cache dans le visage de cet Enfant. C’est là, dans la simplicité de Bethléem, que se trouve résumée la vie de l’Eglise. C’est là la source de cette lumière, qui attire à elle toute personne dans le monde, et oriente le chemin des peuples sur la voie de la paix".

Angélus de l'Epiphanie


Cité du Vatican, 7 janvier 2016 (VIS). Hier, solennité de l'Epiphanie, le Pape a récité l'angélus et s'est adressé aux fidèles rassemblés Place St.Pierre: Dans l'Evangile d'aujourd'hui, leur a-t-il dit, "l'histoire des Mages, venus d'Orient à Bethléem pour adorer le Messie, donne à l'Epiphanie une dimension d'universalité. Tel est la respiration de l'Eglise, qui veut que tous les peuples de la terre puissent rencontrer Jésus, et faire ainsi l'expérience de son amour miséricordieux. Son espoir est qu'ils trouvent la miséricorde divine et l'amour de Jésus. Le Christ est à peine né. Et s'il ne peut pas encore parler, toutes les nations représentées par les Mages peuvent déjà le voir, le reconnaître et l'adorer... Ces mages, qui étaient des hommes prestigieux, venus des régions lointaines et de cultures variées, avaient marché vers la terre d'Israël pour adorer le roi qui était né. L'Eglise a toujours vu en eux l'image de l'humanité, et" la fête de l'Epiphanie tend à indiquer "à chaque homme et chaque femme que cet enfant est né pour le salut de tous. Dans la nuit de Noël Jésus s'est d'abord manifesté aux bergers, des hommes humbles et méprisés" qui furent "les premiers à apporter un peu de chaleur dans la froide grotte de Bethléem... Très différents les uns des autres, bergers et mages sont unis par le ciel... Les bergers et les mages nous enseignent que pour rencontrer Jésus il faut savoir regarder vers le ciel, ne pas être clos sur soi-même, dans notre égoïsme. Il faut avoir le cœur et l'esprit ouvert à l'horizon de Dieu, qui nous surprend toujours, savoir comment accueillir ses messages et y répondre rapidement et généreusement... L'expérience des Mages nous encourage à ne pas nous contenter de la médiocrité...mais de rechercher le sens des choses en observant avec passion le grand mystère de la vie. Il nous enseigne à ne passe scandaliser de la petitesse et de la pauvreté, à reconnaître la majesté qui se cache dans l'humilité et à nous mettre à genoux devant elle. Puisse la Vierge Marie, qui a accueilli les Mages à Bethléem, nous aider à regarder au-delà de nous-mêmes, à suivre l'étoile de l'Evangile à la rencontre de Jésus".

Spirituellement solidaires de nos frères chrétiens d'Orient


Cité du Vatican, 7 janvier 2016 (VIS). Après la prière mariale, le Pape a demandé à l'assistance d'exprimer notre solidarité spirituelle envers nos frères et soeurs les chrétiens d'Orient, orthodoxes comme catholiques, qui célèbrent Noël demain. Tous nos voeux de paix et de bien. L'Epiphanie, a-t-il ajouté, est aussi "la Journée mondiale de l'enfance missionnaire...des enfants qui, par leurs prières et leurs sacrifices, aident les plus démunis de leur pairs en étant missionnaires et témoins de la fraternité et du partage". Puis il a en particulier salué les familles, les groupes et les associations venues d'Italie et d'autres pays, notamment des fidèles des diocèses d'Acerra, de Modène et de Terlizzi, l'Ecole d'art sacré de Florence et les jeunes du camp international Lions Club. Et enfin les participants au traditionnel défilé historique et folklorique de l'Epiphanie. "Permettez-moi de mentionner aussi la procession des Rois Mages qui a lieu dans de nombreuses villes de Pologne avec une large participation de familles et d'associations, ainsi que la crèche vivante organisée au Capitole de Rome par l'UNITALSI et les Frères Mineurs, qui implique des handicapés".


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 7 janvier 2016 (VIS). Le Saint-Père a:

Erigé l'éxarchat syriaque du Canada (avec siège à Montréal), dont le territoire a été démembré de l'éparchie Our Lady of Deliverance of Newark (USA et Canada).

Nommé l'Abbé Antoine Nassif, premier Exarque apostolique de l'éxarchat syriaque du Canada. L'Evêque élu, né en 1969 à Beyrouth (Liban) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Recteur du séminaire patriarcal de Charfet (Liban).

Hier, mercredi 6 janvier, il avait nommé:

Mgr.Luiz Gonzaga Fechio, Evêque d'Amparo (superficie 2.084, population 381.500, catholiques 314.000, prêtres 53, diacres 1, religieux 123), au Brésil. Il était jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de Belo Horizonte (Brésil).


Mgr.Juarez Sousa da Silva, Coadjuteur de l'Evêque de Parnaíba (Brésil). Il était jusqu'ici Evêque d'Oeiras (Brésil).

mardi 5 janvier 2016

Confirmation de la visite du Pape à Greccio


Cité du Vatican, 5 janvier 2016 (VIS). Hier soir, le Vice Directeur de la Salle de Presse a confirmé que le Pape François venait d'effectuer une visite privée à Greccio (Italie centrale): En début de soirée, a précisé le P.Ciro Benedettini, le Saint-Père s'est rendu en voiture à Rieti où il a été accueilli par l'évêque local. Peu après 14 h, accompagné de Mgr.Domenico Pompili, il a gagné Greccio, où il a d'abord salué les participants à la rencontre diocésaine annuelle des jeunes. Puis il s'est déplacé au sanctuaire franciscain pour prier devant la représentation de la première crèche vivante instituée par saint François. Après s'être entretenu avec la communauté, il a regagné Rome en milieu d'après-midi. 

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 5 janvier 2016 (VIS). Le 3 janvier dernier, le Saint-Père a nommé l'Abbé Célestin-Marie Gaoua, Evêque de Sokodé (superficie 12.610, population 1.300.000, catholiques 153.000, prêtres 65, religieuses 87), au Togo. L'Evêque élu, né en 1957 à Wahala (Togo) et ordonné prêtre en 1986, était jusqu'ici Recteur du grand séminaire national de Tchitchao (Togo). Prête Fidei Donum, il a été curé de paroisses et recteur de petit séminaire. Il succède à Mgr.Ambroise Kotamba Djoliba, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.


Avis


Cité du Vatican, 5 janvier 2015 (VIS). En raison de la solennité de l'Epiphanie, le bulletin VIS ne sera pas diffusé demain et reprendra jeudi 7 janvier.


lundi 4 janvier 2016

Te Deum: Le bien l'emporte toujours


Cité du Vatican, 31 décembre 2015 (VIS). Jeudi à 17 h, en la Basilique vaticane, le Saint-Père a présidé les premières vêpres de la solennité de sainte Marie Mère de Dieu. Après quoi ont eu lieu le salut au Saint Sacrement, le Te Deum d'action de grâces pour la conclusion de l'année civile, et la bénédiction eucharistique. Le Pape François s'est ensuite rendu à pied à la crèche de la Place St.Pierre, pour la bénir: Reparcourir les jours de l'année écoulée, a-t-il dit, "peut être perçu comme un souvenir de faits et d'événements qui conduisent à des moments de joie et de douleur, ou bien en cherchant à comprendre si nous avons perçu la présence de Dieu qui renouvelle et soutient tout avec son aide. Nous sommes appelés à vérifier si les événements du monde se sont réalisés selon la volonté de Dieu, ou bien si nous avons suivi en priorité les projets des hommes souvent remplis d'intérêts privés, d'une soif insatiable de pouvoir et de violence gratuite. Cependant, aujourd'hui, notre regard a besoin de se tourner de façon particulière sur les signes que Dieu nous a laissés, pour toucher du doigt la force de son amour miséricordieux. Nous ne pouvons pas oublier que de nombreuses journées ont été marquées par la violence, la mort, par des souffrances indicibles de tant d'innocents, de réfugiés contraints de laisser leur patrie, d'hommes de femmes et d'enfants sans maison, nourriture, ni subsistance. Cependant, combien de grands gestes de bonté, d'amour et de solidarité ont rempli les journées de cette année, même si elles n'ont pas fait la une des journaux télévisés. Les belles choses ne font pas de bruit. Ces signes d'amour ne peuvent pas et ne doivent pas être éclipsés par l'arrogance du mal. Le bien l'emporte toujours, même si parfois il peut sembler faible et caché. Notre ville de Rome n'est pas étrangère à cette condition du monde entier. Je voudrais faire parvenir à tous ses habitants l'invitation sincère d'aller au-delà des difficultés du moment présent. L'engagement de récupérer les valeurs fondamentales du service, de l'honnêteté et de la solidarité permet de dépasser les graves incertitudes qui ont dominé la scène cette année, et qui sont des symptômes d'un sens médiocre de dévouement au bien commun. Que ne manque jamais l'apport positif du témoignage chrétien pour consentir à Rome, selon son histoire, et avec l'intercession maternelle de Marie, Salus Populi Romani, d'être une interprète privilégiée de foi, d'accueil, de fraternité et de paix".

Aux Pueri Cantores: N'oublions pas les saints cachés


Cité du Vatican, 31 décembre 2015 (VIS). Ce matin Salle Paul VI, le Saint-Père a rencontré les participants au 40 congrès international organisé par la Fédération internationale des Pueri Cantores, qui a lieu à Rome du 28 décembre 2015 au 1 janvier 2016. Au cours de cette rencontre, les jeunes choristes ont eu l'opportunité de poser quelques questions au Pape qui leur a dit son amour pour le chant, expliquant toutefois avec amusement qu'il ne savait pas chanter. Il a partagé des anectodes de son enfance avec les jeunes et a souligné combien le chant éduque l'âme et fait du bien à l'âme. "La vie chrétienne est un chemin -a-t-il dit-, non un chemin triste, mais un chemin de joie. C'est pour cela qu'elle chante. Elle chante et marche...et ainsi ton âme se réjouira encore plus de la joie de l'Evangile".

Une autre question lui a été posée pour savoir s'il ne se mettait jamais en colère, et quelles étaient ses bonnes intentions pour la nouvelle année. Le Saint-Père a répondu par une parabole. "Un jour, un jeune garçon s'est approché de Jésus et lui a dit: Jésus bon maître. Jésus l'a regardé et lui a dit: Non, seul Dieu est bon. Et nous, sommes-nous méchants? Non, à moitié, nous sommes un peu tout...Nous avons toujours cette blessure du péché originel qui fait que nous ne sommes pas toujours très bons... Mais rappelez-vous que seul Dieu est bon, et que si tu veux trouver la bonté, regarde le Seigneur, lui est toute bonté, tout amour, toute miséricorde". Il a alors évoqué les nombreux saints cachés de la vie quotidienne, des personnes bonnes qui sont proches du Seigneur, mais il a aussi évoqué toutes ces autres personnes qui passent leur vie à se fâcher. "Se mettre en colère -a-t-il ajouté- est une chose qui fait mal, non seulement à l'autre personne, mais elle fait mal à toi-même, elle t'empoisonne. Il y a des gens, vous en connaissez sûrement, qui ont une âme amère, toujours plein d'amertume, qui vivent fâchés. On a l'impression qu'ils se lavent les dents tous les matins avec du vinaigre... c'est une maladie". Il a ajouté à ses bonnes intentions de prier davantage pour "conduire le peuple de Dieu d'abord avec la prière qui est le premier service" et a demandé aux personnes présentes de prier aussi davantage "parce que l'Eglise avance avec la prière des saints. Priez pour l'Eglise!".


Il a également été demandé au Pape si le monde allait continuer à être toujours ainsi, plein d'histoires tristes et dramatiques. "Le monde peut s'améliorer -a-t-il répondu-. Mais il y a une chose dont on n'aime pas parler, mais qu'il faut dire: dans le monde, il y a une lutte entre le bien et le mal, disent les philosophes, la lutte entre le diable et Dieu... la Bible dit que cela continuera jusqu'à la fin... et nous avons tous en nous un champ de bataille, une lutte entre le bien et le mal". Il a aussi ajouté que dans le monde, il existe beaucoup de choses bonnes mais que l'on n'en fait pas de publicité, que l'on ne montre pas à la télévision par exemple. Il existe, a-t-il conclu, une attraction pour le mal: Il semble qu'il soit plus plaisant de regarder les mauvaises choses plutôt que les belles et grandes choses. Le diable est à l'œuvre, c'est vrai, mais Dieu aussi: il y a tant de personnes saintes!...Ne nous laissons pas tromper! Dans le monde, il y a des choses mauvaises, mauvaises, mauvaises qui sont le travail du diable contre Dieu. Mais il y a aussi des choses saintes, des choses grandes qui sont l'œuvre de Dieu. Il y a tant de saints cachés. N'oublions pas les saints cachés, ceux que nous ne voyons pas".

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 28 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé l'Abbé Brian McGee, Evêque d'Argyll and The Isles (superficie 31.080, population 77.400, catholiques 10.179, prêtres 25, diacres 1, religieux 32), en Grande-Bretagne (Ecosse). L'Evêque élu, né en 1965 à Greenock (GB/Ecosse) et ordonné prêtre en 1989, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse de Paisley (GB/Ecosse). Il a été curé de paroisses, directeur spirituel et vicaire épiscopal.


Le 24 décembre, il avait nommé l'Abbé Wojciech Tomasz Osial, Auxiliaire de l'Evêque de Lowicz (Pologne). L'Evêque élu, né en 1970 à Lowicz (Pologne) et ordonné prêtre en 1995, était jusqu'ici responsable diocésain pour la catéchèse et notaire de la curie épiscopale de ce même diocèse. Docteur en catéchétique, il a été professeur de séminaire et d'université, visiteur diocésain et membre du Presbyterium.

Le Pape évoque les migrants cubains en difficulté


Cité du Vatican, 27 décembre 2015 (VIS). Après la prière mariale, le Saint-Père a consacré quelques mots aux "nombreux migrants cubains qui se trouvent en difficulté en Amérique centrale, et dont beaucoup sont victimes du trafic des êtres humains. J'invite les pays de la région -a-t-il dit- à renouveler avec générosité tous les efforts nécessaires pour trouver une solution rapide à ce drame humanitaire''. Il a ensuite salué les familles présentes, qu'il a remercié de leur témoignage, ainsi que les pèlerins venus des différentes parties du monde. Il les a tous remercié de leurs vœux et de leurs prières.

Eglise domestique, école authentique de l'Evangile


Cité du Vatican, 27 décembre 2015 (VIS). Au terme de la messe de la Sainte Famille, le Pape François a récité l'angélus avec les fidèles réunis Place St.Pierre. Avant la prière mariale, il a évoqué la rencontre des familles à Philadelphie en septembre dernier, toutes les familles qu'il a rencontré au cours de ses voyages apostoliques et celles du monde entier: ''Je voudrais toutes les saluer avec affection et reconnaissance, spécialement en cette période où la famille est soumise à des incompréhensions et des difficultés de tous types qui l'affaiblissent. L'Evangile d'aujourd'hui invite les familles à percevoir la lumière d'espérance qui émane de la maison de Nazareth, dans laquelle s'est développée dans la joie, l'enfance de Jésus… Le noyau familial de Jésus, Marie et Joseph, est pour tout croyant, et en particulier pour les familles, une authentique école de l'Evangile. Nous admirons ici l'accomplissement du dessein divin de faire de la famille une communauté particulière de vie et d'amour. Nous apprenons ici que tout noyau familial chrétien est appelé à être une Eglise domestique, pour faire resplendir les vertus évangéliques et devenir ferment de bien dans la société. Les caractéristiques de la Sainte Famille sont le recueillement et la prière, la compréhension mutuelle et le respect, l'esprit de sacrifice, le travail et la solidarité''.

''A partir de l'exemple et du témoignage de la Sainte Famille, chaque famille peut tirer de précieuses indications pour son style et ses choix de vie, et peut trouver force et sagesse pour le chemin de chaque jour. La Vierge et saint Joseph enseignent à accueillir les enfants comme un don de Dieu, à les engendrer et les éduquer, coopérant de façon merveilleuse avec l'œuvre du Créateur et donnant au monde, en chaque enfant, un nouveau sourire. C'est dans une famille unie que les enfants porteront à maturité leur existence, en vivant l'expérience efficace de l'amour gratuit, de la tendresse, du respect réciproque, de la compréhension mutuelle, du pardon et de la joie'. La joie véritable dont on fait l'expérience en famille -a-t-il conclu- n'est pas le fruit du hasard ou fortuit. Cette joie est le fruit de l'harmonie profonde entre les personnes, qui fait goûter la beauté d'être ensemble, de nous soutenir les uns les autres dans le chemin de la vie. Mais à la base de la joie se trouve toujours la présence de Dieu, son amour accueillant, miséricordieux et patient envers tous. Si l'on n'ouvre pas la porte de la famille à la présence de Dieu et à son amour, la famille perd son harmonie, les individualismes prennent le dessus et la joie s'éteint. Au contraire, la famille qui vit la joie..., la communique spontanément, est sel de la terre et lumière du monde, levain pour toute la société''.



La vie de famille et la joie du pardon


Cité du Vatican, 27 décembre 2015 (VIS). En la fête de la Sainte Famille, le Saint-Père a présidé à 10 h la messe en la Basilique vaticane, réservée aux familles romaines et aux pèlerins venus à l'occasion du Jubilé des familles. Il a prononcé l'homélie suivante:

''Les lectures bibliques que nous avons écoutées nous ont présenté l’image de deux familles qui accomplissent leur pèlerinage vers la maison de Dieu. Elkana et Anne portent leur fils Samuel au temple de Silo et le consacrent au Seigneur. De la même manière, Joseph et Marie, pour la Pâque, se font pèlerins à Jérusalem avec Jésus. Nous avons souvent sous les yeux les pèlerins qui se rendent aux sanctuaires et aux lieux chers à la piété populaire. En ces jours, beaucoup se sont mis en chemin pour rejoindre la Porte Sainte ouverte dans toutes les cathédrales du monde et aussi dans de nombreux sanctuaires. Mais la chose la plus belle mise en relief aujourd’hui par la Parole de Dieu est que toute la famille accomplit le pèlerinage. Papa, maman et les enfants, ensemble, se rendent à la maison du Seigneur pour sanctifier la fête par la prière. C’est un enseignement important qui est offert aussi à nos familles. Nous pouvons même dire que la vie de la famille est un ensemble de petits et de grands pèlerinages. Par exemple, comme cela nous fait du bien de penser que Marie et Joseph ont enseigné à Jésus à réciter les prières! Et cela est un pèlerinage, le pèlerinage de l’éducation à la prière. Et cela nous fait aussi du bien de savoir que durant la journée ils priaient ensemble, et qu’ensuite le samedi, ils allaient ensemble à la synagogue pour écouter l'Ecriture, la Loi et les Prophètes et louer le Seigneur avec tout le peuple. Et certainement durant le pèlerinage vers Jérusalem, ils ont prié en chantant avec les paroles du Psaume: Quelle joie quand on m’a dit: Nous irons à la maison du Seigneur! Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem!".

"Comme il est important pour nos familles de marcher ensemble et d’avoir un même but à atteindre! Nous savons que nous avons un parcours commun à accomplir; une route où nous rencontrons des difficultés mais aussi des moments de joie et de consolation. Dans ce pèlerinage de la vie, nous partageons aussi le moment de la prière. Qu’y-a-t-il de plus beau pour un papa et une maman que de bénir leurs enfants au début de la journée et à sa conclusion? Tracer sur leur front le signe de la croix comme le jour du baptême. N’est-ce pas peut-être la prière la plus simple des parents pour leurs enfants? Les bénir, c’est à dire les confier au Seigneur, comme l’ont fait Elkana et Anne, Joseph et Marie, pour qu’il soit leur protection et leur soutien dans les différents moments de la journée. Comme il est important pour la famille de se retrouver aussi pour un bref moment de prière avant de prendre ensemble les repas, pour remercier le Seigneur de ces dons, et pour apprendre à partager ce qui est reçu avec celui qui est davantage dans le besoin. Ce sont de tout-petits gestes qui expriment cependant le rôle de formation que possède la famille dans le pèlerinage de tous les jours. Au terme de ce pèlerinage, Jésus retourne à Nazareth et il était soumis à ses parents. Cette image contient aussi un bel enseignement pour nos familles. Le pèlerinage, en effet, ne finit pas quand on arrive au but du sanctuaire, mais quand on revient à la maison et qu’on reprend la vie de tous les jours, mettant en acte les fruits spirituels de l’expérience vécue. Nous savons ce que Jésus avait fait cette fois. Au lieu de revenir à la maison avec les siens, il s’était arrêté à Jérusalem dans le Temple, causant une grande peine à Marie et à Joseph qui ne le trouvaient plus. Pour cette escapade, Jésus a dû aussi probablement faire des excuses à ses parents. L’Evangile ne le dit pas, mais je crois que nous pouvons le supposer. La question de Marie, d’ailleurs, manifeste une certaine réprobation, rendant évidente sa préoccupation et son angoisse ainsi que celle de Joseph. Revenant à la maison, Jésus s’est certainement soumis à eux pour montrer toute son affection et son obéissance. Ces moments qui, avec le Seigneur, se transforment en opportunité de croissance, en occasion de demander pardon et de le recevoir, de montrer l’amour et de l’obéissance, font aussi partie du pèlerinage de la famille".


"Au cours de l’Année de la Miséricorde, que chaque famille chrétienne puisse devenir un lieu privilégié de ce pèlerinage où s’expérimente la joie du pardon. Le pardon est l’essence de l’amour qui sait comprendre l’erreur et y porter remède. Pauvres de nous si Dieu ne nous pardonnait pas! C’est à l’intérieur de la famille qu’on s’éduque au pardon, parce qu’on a la certitude d’être compris et soutenus malgré les erreurs qui peuvent se commettre. Ne perdons pas confiance dans la famille! C’est beau de s’ouvrir toujours le cœur les uns aux autres, sans rien cacher. Là où il y a l’amour, là aussi il y a compréhension et pardon. Je confie à vous toutes, chères familles, ce pèlerinage domestique de tous les jours, cette mission si importante, dont le monde et l’Eglise ont plus que jamais besoin''.

Condoléances pour l'accident au Nigeria


Cité du Vatican, 28 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir un télégramme de condoléances au Nonce apostolique au Nigeria, à la suite de l'explosion meurtrière d'un camion survenue dans une centrale de gaz de Nnewi. Il assure les familles et de sa solidarité et prie pour les nombreuses personnes tuées, les blessées et la nation tout entière.


Télégramme à la suite d'attentats aux Philippines


Cité du Vatican, 27 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir un télégramme de condoléances au Nonce apostolique aux Philippines, à la suite des attentats commis sur l'île de Mindanao, dans le sud du pays: "Profondément attristé par l'assassinat de personnes innocentes", il exprime sa solidarité aux familles des victimes, assure de "ses prières pour la sécurité et la protection de tous les peuples de la région et pour que le dialogue, la tolérance et la paix permettent à chacun de pouvoir vivre libre de toute peur. Le Pape demande aussi à tous les croyants de repousser la violence au nom de Dieu qui est amour, et invoque d'abondants dons divins de consolation, miséricorde et force sur toutes les personnes touchées par cette tragédie''.



Message aux jeunes de la rencontre européenne de Taizé


Cité du Vatican, 27 décembre 2015 (VIS). Le Pape François a adressé un message aux participants de la 38 rencontre européenne organisée par la Communauté de Taizé, qui se déroulera à à Valence (Espagne) du lundi 28 décembre 2015 au vendredi 1 janvier 2016. Le Saint-Père y encourage les quelque 30.000 participants prévus à "avoir le courage de la miséricorde qui est" profitable à toute existence personnelle, "mais permet aussi de s'approcher des personnes en détresse. Vous le savez, l’Eglise est présente pour toute l'humanité, et là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde... Cela s'applique particulièrement aux nombreux migrants qui ont tant besoin de votre accueil... Puissiez-vous au cours de ces belles journées...découvrir encore mieux le Christ, visage de la miséricorde du Père".




Ne jamais se lasser de solliciter le pardon divin


Cité du Vatican, 26 décembre 2015 (VIS). ''Nous célébrons aujourd'hui la fête de saint Etienne. Le souvenir du premier martyr suit immédiatement la solennité de Noel", a dit le Pape ce midi à l'angélus: ''Hier, nous avons contemplé l'amour miséricordieux de Dieu qui a pris chair pour nous, et aujourd'hui, nous voyons la réponse cohérente du disciple de Jésus, qui donne sa vie. Hier est né sur terre le Sauveur, et aujourd'hui, naît au ciel, son fidèle témoin. Hier, comme aujourd'hui, apparaissent les ténèbres du refus de la vie, mais la lumière de l'amour qui vainc la haine et inaugure un monde nouveau, brille encore plus fort. Il y a un aspect particulier, dans le récit du jour des Actes des apôtres, qui rapproche saint Etienne du Seigneur. C'est son pardon avant de mourir lapidé. Cloué sur la croix, Jésus avait dit: Père pardonne-leur car il ne savent pas ce qu'ils font. De même, Etienne s'est agenouillé et a crié à voix haute: Seigneur ne leur compte pas ce péché. Etienne est donc martyr, ce qui signifie témoin, parce qu'il fait comme Jésus. En effet, le vrai témoin est celui qui se comporte comme lui, celui qui prie, qui aime, qui donne, mais surtout qui pardonne, parce que le pardon, comme le dit le mot lui-même, est l'expression la plus haute du don". Mais "à quoi sert-il de pardonner? Est-ce seulement une bonne action ou cela donne-t-il des résultats? Nous trouvons justement une réponse dans le martyr d'Etienne. Parmi ceux pour qui il a imploré le pardon, se trouvait un jeune homme du nom de Saül qui persécutait l'Eglise et cherchait à la détruire. Peu après, Saül devint Paul, le grand saint, l'apôtre des gentils. Il avait reçu le pardon d'Etienne. Nous pouvons dire que Paul naît de la grâce de Dieu et du pardon d'Etienne. Nous aussi nous naissons du pardon de Dieu. Non seulement dans le baptême, mais chaque fois que nous sommes pardonnés, notre cœur renaît, est régénéré. Chaque pas en avant dans la vie de foi porte au début l'empreinte du signe de la miséricorde divine. C'est seulement quand nous sommes aimés que nous pouvons aimer à notre tour. Souvenons-nous en, cela nous fera du bien. Si nous voulons avancer dans la foi, il faut, avant tout, recevoir le pardon de Dieu, rencontrer le Père qui est prêt à tout pardonner, toujours, et qui en pardonnant guérit le cœur et ravive l'amour. Nous ne devons jamais nous lasser de demander le pardon divin, parce que c'est seulement quand nous nous savons pardonnés que nous apprenons à pardonner''.


Enfin le Pape a admis qu'il n'était pas chose facile de pardonner et que cela était même "très difficile". Il a expliqué que pour imiter Jésus et excuser les petits ou grands torts que nous subissons chaque jour, il fallait commencer par la prière, comme le faisait Etienne. "Par la prière, nous pouvons affronter le ressentiment que nous éprouvons, en confiant qui nous a fait du mal à la miséricorde de Dieu... Ensuite, on découvre que cette lutte intérieure pour pardonner purifie du mal, et que la prière et l'amour nous libèrent des chaînes intérieures de la rancœur... A travers le pardon, nous vainquons le mal par le bien, nous transformons la haine en amour et rendons ainsi le monde plus propre". Il a conclu en confiant à la Vierge Marie tous ceux qui "comme saint Etienne subissent des persécutions au nom de la foi, nos martyrs d'aujourd'hui", et pour qu'elle oriente notre prière à recevoir et donner le pardon".

Message Urbi et Orbi: Seule la miséricorde de Dieu peut libérer du mal l'humanité


Cité du Vatican, 25 décembre 2015 (VIS). Aujourd'hui à midi, en la solennité de la Nativité du Seigneur, le Pape a prononcé, depuis le balcon central de la Basilique vaticane, son traditionnel message de Noël avant de donner sa bénédiction Urbi et Orbi:

''Chers frères et sœurs, joyeux Noël! Christ est né pour nous, exultons en ce jour de notre salut! Ouvrons nos cœurs pour recevoir la grâce de ce jour, qu’il est lui-même: Jésus est le jour lumineux qui est apparu à l’horizon de l’humanité. Jour de miséricorde, dans lequel Dieu le Père a révélé à l’humanité son immense tendresse. Jour de lumière qui dissipe les ténèbres de la peur et de l’angoisse. Jour de paix, où il devient possible de se rencontrer, de dialoguer, et surtout de se réconcilier. Jour de joie: une grande joie pour les petits et les humbles, et pour tout le peuple. En ce jour, de la Vierge Marie, est né Jésus, le Sauveur. La crèche nous fait voir le signe que Dieu nous a donné: un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. Comme les bergers de Bethléem, nous aussi allons voir ce signe, cet événement qui se renouvelle dans l’Eglise chaque année. Noël est un événement qui se renouvelle dans chaque famille, dans chaque paroisse, dans chaque communauté qui accueille l’amour de Dieu incarné en Jésus Christ. Comme Marie, l’Eglise montre à tous le signe de Dieu: L’Enfant qu’elle a porté dans son sein et a enfanté, mais qui est le Fils du Très-Haut, parce qu'il vient de l’Esprit Saint. C’est pourquoi il est le Sauveur, parce qu’il est l’Agneau de Dieu qui prend sur lui le péché du monde. Avec les bergers, prosternons-nous devant l’Agneau, adorons la Bonté de Dieu faite chair, et laissons des larmes de repentir remplir nos yeux et laver notre cœur. Nous en avons tous besoin. Lui seul, Lui seul peut nous sauver. Seule la Miséricorde de Dieu peut libérer l’humanité de nombreuses de formes de mal, aux visages monstrueux, que l’égoïsme engendre en elle. La grâce de Dieu peut convertir les cœurs et ouvrir des voies de sortie de situations humainement insolubles".

"Là où naît Dieu, naît l’espérance. Lui apporte l’espérance. Là où naît Dieu, naît la paix. Et là où naît la paix, il n’y a plus de place pour la haine et pour la guerre. Pourtant même là où est venu au monde le Fils de Dieu fait chair, des tensions et des violences continuent et la paix reste à don à invoquer et à construire. Qu’Israéliens et Palestiniens puissent reprendre un dialogue direct et arriver à une entente qui permette aux deux peuples de vivre en harmonie, dépassant un conflit qui les a longuement opposés, avec de graves répercussions sur toute la région. Au Seigneur, nous demandons que l’entente intervenue au sein des Nations-Unies parvienne le plus tôt possible à faire taire le vacarme des armes en Syrie et à remédier à la très grave situation humanitaire de la population épuisée. Il est aussi urgent que l’accord sur la Libye obtienne le soutien de tous, afin que soient dépassées les graves divisions et les violences qui affligent le pays. Que l’attention de la communauté internationale soit unanimement dirigée à faire cesser les atrocités qui, aussi bien dans ces pays qu’en Irak, au Yémen et dans l’Afrique subsaharienne, fauchent encore de nombreuses victimes, causent d’effroyables souffrances et n’épargnent pas non plus le patrimoine historique et culturel de peuples entiers. Ma pensée va aussi à tous ceux qui ont été touchés par d’atroces actions terroristes, particulièrement par les récents attentats survenus sous les cieux d’Egypte, à Beyrouth, Paris, Bamako et Tunis. A nos frères, persécutés dans de nombreuses parties du monde à cause de la foi, que l’Enfant-Jésus donne consolation et force. Ce sont nos martyrs d’aujourd’hui. Nous demandons paix et concorde pour les chères populations de la République démocratique du Congo, du Burundi et du Sud Soudan afin que, par le dialogue, se renforce l’engagement commun pour l’édification de sociétés civiles animées d’un esprit sincère de réconciliation et de compréhension réciproque. Que Noël apporte aussi une paix véritable à l’Ukraine, offre soulagement à ceux qui subissent les conséquences du conflit et inspire la volonté de porter à leur achèvement les accords pris, pour rétablir la concorde dans le pays tout entier. Que la joie de ce jour illumine les efforts du peuple colombien pour que, animé par l’espérance, il continue avec ardeur à poursuivre la paix désirée".


"Là où naît Dieu, naît l’espérance, et là où naît l’espérance, les personnes retrouvent la dignité. Pourtant, encore aujourd’hui de nombreux hommes et femmes sont privés de leur dignité humaine et, comme l’Enfant Jésus, souffrent du froid, de la pauvreté et du refus des hommes. Que notre proximité rejoigne aujourd’hui ceux qui sont le plus sans défense, surtout les enfants-soldats, les femmes qui subissent des violences, les victimes de la traite des personnes et du narcotrafic. Que notre réconfort ne manque pas à tous ceux qui fuient la misère ou la guerre, voyageant dans des conditions trop souvent inhumaines et risquant souvent leur vie. Que soient récompensés avec d’abondantes bénédictions tous ceux qui, simples personnes et états, s’emploient avec générosité à secourir et à accueillir les nombreux migrants et réfugiés, les aidant à construire un avenir digne pour eux et pour leurs proches et à s’intégrer à l’intérieur des sociétés qui les reçoivent. En ce jour de fête, que le Seigneur redonne espérance à tous ceux, si nombreux, qui n’ont pas de travail. Qu'il soutienne l’engagement de tous ceux qui ont des responsabilités publiques dans le domaine politique et économique pour qu’ils mettent tout en œuvre afin de poursuivre le bien commun et protéger la dignité de toute vie humaine. Là où naît Dieu, fleurit la miséricorde. Elle est le don le plus précieux que Dieu nous fait, particulièrement en cette année jubilaire, durant laquelle nous sommes appelés à découvrir la tendresse que Notre Père céleste a envers chacun de nous. Que le Seigneur donne particulièrement aux détenus d’expérimenter son amour miséricordieux qui soigne les blessures et vainc le mal. Et ainsi aujourd’hui ensemble, exultons dans le jour de notre salut. En contemplant la crèche, fixons notre regard sur les bras ouverts de Jésus qui nous montrent l’étreinte miséricordieuse de Dieu, tandis que nous écoutons les vagissements de l’Enfant qui nous susurre: A cause de mes frères et de mes proches, je dirai Paix sur toi!''.

Messe de la nuit de Noël: Faire connaître le Prince de la paix


Cité du Vatican, 24 décembre 2015 (VIS). En la solennité de la Nativité, à 21 h 30' en la Basilique vaticane, le Pape François a présidé la messe de la nuit au cours de laquelle il a prononcé l'homélie suivante:

''En cette nuit, resplendit une grande lumière. Sur nous tous brille la lumière de la naissance de Jésus. Comme les paroles du prophète Isaïe que nous avons écoutées sont vraies et actuelles: Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse! Notre cœur était déjà rempli de joie par l’attente de ce moment, mais maintenant, ce sentiment est multiplié et surabonde, parce que la promesse s’est accomplie, finalement elle s’est réalisée. Joie et allégresse nous assurent que le message contenu dans le mystère de cette nuit vient vraiment de Dieu. Il n’y a pas de place pour le doute; laissons-le aux sceptiques qui, pour interroger seulement la raison, ne trouvent jamais la vérité. Il n’y a pas de place pour l’indifférence qui domine dans le cœur de celui qui ne réussit pas à aimer parce qu’il a peur de perdre quelque chose. Toute tristesse est bannie, parce que l’Enfant Jésus est le véritable consolateur du cœur. Aujourd’hui, le Fils de Dieu est né: tout change. Le Sauveur du monde vient pour se faire participant de notre nature humaine; nous ne sommes plus seuls ni abandonnés. La Vierge nous offre son Fils comme principe d’une vie nouvelle. La lumière vient éclairer notre existence, souvent enfermée dans l’ombre du péché. Découvrons aujourd'hui d’une façon nouvelle qui nous sommes! En cette nuit, nous est rendu manifeste le chemin à parcourir pour rejoindre le but. Maintenant, toute peur et toute frayeur doivent cesser, parce que la lumière nous indique la route vers Bethléem. Nous ne pouvons demeurer inertes. Il ne nous est pas permis de rester arrêtés. Nous devons aller voir notre Sauveur déposé dans une mangeoire. Le motif de notre joie et allégresse est que cet enfant est né pour nous. Il nous est donné à nous, comme l’annonce Isaïe. A un peuple qui depuis deux mille ans parcourt toutes les routes du monde pour rendre chaque homme participant de cette joie, est confiée la mission de faire connaître le Prince de la paix et devenir son instrument efficace au milieu des nations. Quand nous entendons parler de la naissance du Christ, restons en silence et laissons parler cet Enfant; imprimons dans notre cœur ses paroles sans détourner notre regard de son visage. Si nous le prenons dans nos bras et si nous nous laissons embrasser par lui, il nous apportera la paix du cœur qui n’aura jamais de fin. Cet enfant nous enseigne quelle est la chose vraiment essentielle dans notre vie. Il naît dans la pauvreté du monde, parce qu’il n’y a pas de place à l’hôtellerie pour lui et sa famille. Il trouve abri et soutien dans une étable, et il est déposé dans une mangeoire pour animaux. Pourtant, de ce rien, émerge la lumière de la gloire de Dieu. A partir de là, pour les hommes au cœur simple, commence le chemin de la libération véritable et du rachat éternel".


"De cet enfant, qui porte imprimés sur son visage les traits de la bonté, de la miséricorde et de l’amour de Dieu le Père, jaillit pour nous tous, ses disciples, comme l’enseigne l’apôtre Paul, l’engagement à renoncer à l’impiété et à la richesse du monde, pour vivre de manière raisonnable, avec justice et piété. Dans une société souvent éprise de consommation et de plaisir, d’abondance et de luxe, d’apparence et de narcissisme, lui nous appelle à un comportement sobre, c’est à dire simple, équilibré, cohérent, capable de saisir et de vivre l’essentiel. Dans un monde qui est trop souvent dur avec le pécheur et mou avec le péché, il faut cultiver un fort sens de la justice, de la recherche et de la mise en pratique de la volonté de Dieu. Dans une culture de l’indifférence qui finit souvent par être impitoyable, que notre style de vie soit au contraire plein de piété, d’empathie, de compassion, de miséricorde, puisées chaque jour au puits de la prière. Comme pour les bergers de Bethléem, que nos yeux puissent aussi être pleins d’étonnement et d’émerveillement, contemplant dans l’Enfant-Jésus le Fils de Dieu. Et, devant lui, que jaillisse de nos cœurs l’invocation: Montre-nous, Seigneur, ta miséricorde, et donne-nous ton salut".
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