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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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samedi 28 novembre 2015

Arrivée en Ouganda


Cité du Vatican, 28 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père est arrivé hier en Ouganda, accueilli à l'aéroport d'Entebbe par le chef de l'Etat ougandais, M.Yoweri Kaguta Museweni qui était déjà en charge lors de la visite de Jean-Paul II en 1993. Après quoi, au palais présidentiel, il s'est adressé aux autorités et au corps diplomatique.

"Je suis heureux d’être en Ouganda. Ma visite dans votre pays vise avant tout à commémorer le cinquantième anniversaire de la canonisation des Martyrs de l’Ouganda par mon par Paul VI. Mais j’espère que ma présence ici sera aussi vue comme un signe d’amitié, d’estime et d’encouragement à tous les citoyens de ce grand pays. Les martyrs, catholiques et anglicans, sont de véritables héros nationaux qui témoignent des principes de la devise nationale (Pour Dieu et pour mon Pays). Ils nous rappellent le rôle important que la foi, la rectitude morale et l’engagement pour le bien commun ont joué, et continuent de jouer dans la vie culturelle, économique et politique de ce pays. Ils nous rappellent aussi que, malgré nos différentes croyances et convictions, nous sommes tous appelés à rechercher la vérité, à travailler pour la justice et la réconciliation, comme à nous respecter, nous protéger et à nous aider mutuellement en tant que membres de la même famille humaine. Ces hauts idéaux sont particulièrement requis chez des hommes et des femmes comme vous, qui sont chargés d’assurer la bonne gestion, le développement humain intégral, une large participation à la vie nationale, ainsi qu’une distribution sage et juste des biens dont le Créateur a si généreusement doté cette terre. Ma visite vise aussi à attirer l’attention sur l’Afrique dans son ensemble, sur sa promesse, ses espérances, ses luttes et ses succès. Le monde regarde l’Afrique comme le continent de l’espérance. L’Ouganda a été comblé par Dieu d’abondantes ressources naturelles, que vous êtes appelés à administrer en tant que des gestionnaires responsables. Mais surtout, la nation a notamment été bénie de familles fortes, de jeunes et de personnes âgées, mémoire vivante de chaque peuple".


"En Afrique de l’Est, l’Ouganda a fait montre d’un extraordinaire souci de l’accueil des réfugiés, en les aidant à rebâtir leurs vies dans la sécurité et dans le sens de la dignité dérivant d’une vie gagnée par un travail honnête. Notre monde, en proie aux guerres, à la violence et à de diverses formes d’injustice, expérimente un mouvement sans précédent de peuples. La façon dont nous les traitons est un test de notre humanité, de notre respect de la dignité humaine et surtout de notre solidarité envers nos frères et sœurs dans le besoin. Même si ma visite est brève, j’espère encourager les nombreux efforts en cours pour prendre soin des pauvres, des malades et de ceux qui sont, de quelque manière, en difficulté. C’est par ces petits signes que nous voyons la vraie âme d’un peuple. De tant de manières, notre monde devient de plus en plus petit, cependant au même moment nous voyons avec préoccupation la globalisation d’une ‘‘culture de rejet’’ qui nous rend aveugles par rapport aux valeurs spirituelles, endurcit nos cœurs face aux besoins des pauvres, et prive nos jeunes d’espérance... Je prie pour tous les ougandais, dignes des valeurs qui ont forgé l’âme de ce pays en invoquant l’abondance des bénédictions du Seigneur".

Rencontre avec les catéchistes et les enseignants ougandais


Cité du Vatican, 28 novembre 2015 (VIS). Hier en fin d'après-midi, le Saint-Père a gagné par la route le sanctuaire des Martyrs de l'Ouganda à Munyonyo pour une rencontre avec les catéchistes et les enseignants du pays. Accueilli par les franciscains conventuels du sanctuaire, qui construisent la nouvelle église, l'Archevêque de Kampala et des représentants des autres confessions chrétiennes, il a planté un arbre dans l'atrium. Puis il a béni la statue de saint André Kaggywa, érigée sur le lieu de son martyre subi avec quatre autres catéchistes en mai 1886. Il est devenu le patron des catéchistes du pays.

Rappelant que Jésus, le Maître, est notre premier et plus grand maître, le Pape a d'abord remercié ses hôtes pour les sacrifices qu'ils accomplissent avec leurs familles: "Vous enseignez ce que Jésus a enseigné, vous instruisez les adultes et vous aidez les parents à faire grandir leurs enfants dans la foi et vous portez à tous la joie et l’espérance de la vie éternelle. Merci pour votre dévouement, pour l’exemple que vous donnez, pour la proximité au peuple de Dieu dans sa vie quotidienne et pour toutes les manières dont vous semez et cultivez la foi... Merci spécialement d’enseigner aux enfants et aux jeunes comment prier... Bien que gratifiant, votre travail n’est pas facile. Persévérez! Et je demande aux évêques et aux prêtres de vous aider par une formation doctrinale, spirituelle et pastorale, en mesure de rendre vos actions toujours plus efficaces... Même si c'est lourd, si les ressources sont insuffisantes et les obstacles apparaissent trop grands, souvenez vous que votre œuvre est sainte et l’Esprit présent".

"La communauté chrétienne d'Ouganda s’est accrue de façon remarquable grâce au témoignage des martyrs. Ils ont rendu témoignage à la vérité qui rend libre. Ils ont été disposés à verser leur sang pour demeurer fidèles à ce qu’ils savaient être bon, beau et vrai... A Munyonyo, le Roi Mwanga a fait éliminer en 1885 des disciples du Christ. Il n’a pas réussi dans cette tentative, comme le Roi Hérode n’a pas réussi à tuer Jésus. La lumière a brillé dans les ténèbres et les ténèbres n’ont pas prévalu... Après avoir vu le témoignage courageux de saint André Kaggwa et de ses compagnons, les chrétiens en Ouganda sont devenus encore plus convaincus des promesses du Christ. Puisse saint André, votre Patron, et puissent tous les catéchistes ougandais martyrs obtenir pour vous la grâce d’être de sages maîtres, des hommes et des femmes dont les paroles soient pleines de grâce, d’un témoignage convainquant de la splendeur de la vérité de Dieu et de la joie de l’Evangile! Allez sans peur dans chaque ville et village répandre la bonne semence de la Parole de Dieu, et ayez confiance dans sa promesse...d’une récolte abondante".


Rentré à Kampala, le Pape a reçu hier soir à la nonciature le Président du Sud Soudan, M.Salva Kiir Mayardit. Le P.Lombardi a déclaré que par ce geste il a voulu témoigner de son attention envers la difficile situation du plus jeune pays d'Afrique. Devenu indépendant en 2011, le Sud Soudan compte parmi ses fondateurs Mgr.Cesare Mazzolari, mort avant la déclaration d'indépendance. Malgré les idéaux ayant inspiré cette naissance, la paix n'est toujours pas conclue entre les deux ethnies du pays. 

Messe au sanctuaire de Namugongo


Cité du Vatican, 28 novembre 2015 (VIS). Après s'être recueilli dans la partie anglicane du sanctuaire de Namugongo, où il a dévoilé une plaque commémorative sur la chapelle restaurée et avoir prié sur le site du martyre, le Pape a gagné en voiture la partie catholique du mémorial, où l'attendaient une foule de fidèles et une quarantaine d'évêques (25 martyrs, dont 4 de confession anglicane, martyrisés entre 1884 et 1887). Le Saint-Père a d'abord prié dans l'église consacrée en 1969 par Paul VI venu canoniser les martyrs de l'Ouganda, avant de célébrer la messe devant le sanctuaire. Voici son homélie:

"Depuis l’âge apostolique jusqu’à nos jours, un grand nombre de témoins est sorti pour proclamer Jésus et manifester la puissance de l’Esprit Saint. Aujourd’hui, nous rappelons avec gratitude le sacrifice des martyrs ougandais, dont le témoignage d’amour pour le Christ et son Eglise a justement rejoint les extrémités de la terre. Nous rappelons aussi les martyrs anglicans, dont la mort pour le Christ rend témoignage à l’œcuménisme du sang. Tous ces témoins ont cultivé le don de l’Esprit Saint dans leur vie et ont librement donné le témoignage de leur foi en Jésus Christ, même au prix de leur vie, et beaucoup dans un si jeune âge. Nous aussi, nous avons reçu le don de l’Esprit, pour nous faire fils et filles de Dieu, mais aussi pour porter témoignage à Jésus et le faire connaître et aimer en tout lieu. Nous avons reçu l’Esprit lorsque nous sommes renés dans le Baptême, et lorsque nous avons été fortifiés par ses dons dans la Confirmation. Chaque jour, nous sommes appelés à approfondir la présence de l’Esprit Saint dans notre vie, à raviver le don de son amour divin de façon à être à notre tour source de sagesse et de force pour les autres. Le don de l’Esprit est donné pour être partagé. Il nous unit les uns aux autres comme fidèles et membres vivants du Corps mystique du Christ. Nous ne recevons pas le don de l’Esprit seulement pour nous-mêmes, mais pour nous édifier les uns les autres dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour. Je pense aux saints Joseph Mkasa et Charles Lwanga, qui, après avoir été instruits dans la foi par les autres, ont voulu transmettre le don qu’ils avaient reçu. Ils l’ont fait dans des temps dangereux. C’est non seulement leur vie qui a été menacée, mais aussi la vie des plus jeunes confiés à leurs soins. Puisqu’ils avaient cultivé leur foi et avaient fait grandir leur amour pour Dieu, ils n’ont pas eu peur de porter le Christ aux autres, même au prix de leur vie. Leur foi est devenue témoignage. Aujourd’hui, vénérés comme martyrs, leur exemple continue d’inspirer beaucoup de personnes de par le monde car ils continuent à proclamer Jésus-Christ et la puissance de la Croix".

"Si, comme les martyrs, nous ravivons chaque jour le don de l’Esprit qui habite en nos cœurs, nous deviendrons alors certainement ces disciples-missionnaires que le Christ nous appelle à être. Pour nos familles et nos amis sûrement, mais aussi pour ceux que nous ne connaissons pas, spécialement pour ceux qui pourraient être peu bienveillants et même hostiles à notre égard. Cette ouverture envers les autres commence dans la famille, dans nos maisons, où on apprend la charité et le pardon, et où dans l’amour de nos parents, on apprend à connaître la miséricorde et l’amour de Dieu. Elle s’exprime aussi dans le soin envers les personnes âgées et les pauvres, les veuves et les orphelins. Comme la mère et les sept fils du Second livre des Maccabées s’encouragèrent les uns les autres au moment de la grande épreuve...nous devons nous assister les uns les autres, nous protéger les uns les autres, et nous conduire les uns les autres à la plénitude de la vie. Je pense ici avec gratitude aux évêques, prêtres, hommes et femmes consacrées et catéchistes qui, de bien des façons, ont offert leur aide aux familles chrétiennes. Puisse l’Eglise de ce pays, spécialement au moyen des communautés paroissiales, continuer d’accompagner les jeunes couples dans leur préparation au mariage, encourager les époux à vivre le lien conjugal dans l’amour et dans la fidélité, et soutenir les parents dans leur tâche de premiers maîtres de la foi des enfants. Comme les apôtres et les martyrs de l’Ouganda avant nous, nous avons reçu le don de l’Esprit pour devenir des disciples-missionnaires appelés à sortir vers les autres et à porter l’Evangile à tous. Cela peut parfois nous conduire aussi aux confins du monde, comme missionnaires en terres lointaines. C’est essentiel pour l’expansion du Royaume, et je vous demande toujours une réponse généreuse à cette exigence. Toutefois, nous n’avons pas besoin de voyager pour être des disciples-missionnaires. En réalité, nous avons seulement besoin d’ouvrir les yeux aux nécessités que nous rencontrons dans nos maisons et dans nos communautés locales pour nous rendre compte de toutes les opportunités qui nous attendent. En cela aussi, les martyrs de l’Ouganda nous indiquent la voie. Leur foi a cherché le bien de tous, incluant même le Roi, qui les a condamnés pour leur credo chrétien. Leur réponse a entendu opposer à la haine l’amour, et de cette manière rayonner la splendeur de l’Evangile... Le témoignage des martyrs montre à tous ceux qui ont écouté leur histoire, à l’époque et aujourd’hui, que les plaisirs mondains et le pouvoir terrestre ne donnent pas une joie et une paix durables. C’est plutôt la fidélité à Dieu, l’honnêteté et l’intégrité de la vie et l’authentique préoccupation pour le bien des autres qui nous apportent cette paix que le monde ne peut offrir. Cela ne diminue pas notre souci de ce monde, comme si nous regardions seulement vers la vie future. Au contraire, cela offre un but à la vie en ce monde et nous aide à rejoindre ceux qui sont dans le besoin, à coopérer avec les autres pour le bien commun et à construire une société plus juste, qui promeut la dignité humaine, sans exclure personne, qui défend la vie, don de Dieu, et protège les merveilles de la nature, la création et notre terre. C’est là l’héritage reçu des martyrs ougandais: Des vies marquées par la puissance de l’Esprit, des vies qui témoignent encore aujourd’hui du pouvoir transformant de l’Evangile. On ne s’approprie pas cet héritage comme un souvenir de circonstance ou en le conservant dans un musée comme si c’était un joyau précieux. Nous l’honorons vraiment et nous honorons tous les Saints, lorsque plutôt nous portons le témoignage qu’ils ont rendu au Christ dans nos maisons et à nos voisins, dans nos lieux de travail et dans la société civile, soit que nous restions dans nos maisons ou que nous nous rendions jusqu’au coin le plus reculé du monde. Puissent les martyrs ougandais, avec Marie, Mère de l’Eglise, intercéder pour nous, et puisse l’Esprit Saint allumer en nous le feu de l’amour divin!".

Le Pape François encourage la jeunesse kenyane


Cité du Vatican, 28 novembre 2015 (VIS). Le dernier rendez-vous du Saint-Père au Kenya était une rencontre avec la jeunesse au stade Kasarani, où il a renoncé au discours préparé pour répondre plus spontanément aux questions des jeunes. En voici quelques passages:

"Il existe une question à la base de toutes les questions: Pourquoi existent les divisions, la guerre, la mort, le fanatisme? Pourquoi cette pulsion auto-destructrice? Dans les premières pages de la Bible, après toutes ces merveilles que Dieu a faites, un frère tue son frère. L'esprit du Mal mène à la destruction et à la désunion, conduit au tribalisme, à la corruption, à la drogue, au fanatisme destructeur... Comment un fanatisme idéologique conduit à nous priver d'un frère, d'un ami? Ma première réponse est que l'homme perd le meilleur de son humanité lorsqu'il oublie de prier, parce qu'il se sent tout-puissant et ne ressent pas le besoin de demander de l'aide du Seigneur face de tant de tragédies... La vie est pleine de difficultés, mais il y a deux façons d'envisager les problèmes, rester bloqué face à la difficulté, au mal...ou choisir l'opportunité de se battre, de transformer le mal... Quant au tribalisme, il détruit une nation... Or nous sommes tous une seule nation. C'est donc un travail de tous les jours, d'écouter des autres, d'ouvrir son cœur à l'autre, de serrer la main de l'autre... En famille, entre amis et personnes rencontrées... Une autre question est celle de la corruption. ... La corruption est comme le sucre, douce et facile, et puis tout fini mal. C'est le pays qui se retrouve diabétique. Chaque fois que nous acceptons un pot de vin, cela détruit notre coeur et notre personnalité et à la fin notre pays... La corruption est également dans le cœur de beaucoup d'hommes et de femmes blessés... La corruption est un mode de vie, un chemin de la mort". A propos ensuite des enfants soldats, "que peut-on faire pour prévenir le recrutement de nos proches, pour les récupérer? Pour répondre à cela, nous devons savoir pourquoi un jeune, pleine de rêves...se détourne de sa famille, ses amis, de sa tribu et de son pays, pour mépriser sa vie et apprendre à tuer. Et cela est une question que vous devez demander à toutes les autorités: Si un jeune homme ou une femme n'a pas de travail, ne peut pas étudier, que pouvez-vous faire? ... La première chose que nous devons faire pour empêcher un jeune d'être recruté est l'éducation et le travail. Si un jeune est au chômage, quel avenir l'attend? ... Etre recruté est un danger social qui va au-delà de nous, au-delà même du pays, car il dépend d'un système international qui est injuste, car le dieu argent est le centre de l'économie et non la personne... Et puis, comment pouvons-nous voir la main de Dieu dans les tragédies de la vie?... Comment puis-je voir la main de Dieu dans le tragédie de ma vie?... Il n'y a pas de réponse, il n'y a qu'un moyen, se tourner vers le Fils de Dieu. Dieu l'a livré pour nous sauver tous. Dieu lui-même est devenu une tragédie... Quand vous n'obtenez ce que vous attendez ou ne comprenez pas quelque chose, quand vous êtes désespéré, tout ressemble à la Croix. Cet échec apparent de Dieu, cette destruction de Dieu, est un défi pour notre foi, notre l'espérance... Et que dire aux jeunes qui ne connaissent pas l'amour de leurs familles? Est-il possible de sortir de cette expérience? Partout il y a des enfants abandonnés, à la naissance ou par défaut d'amour des parents. Voilà pourquoi la famille est si importante... Il n'y a qu'un seul remède pour sortir de cela, offrir ce qu'on ne reçoit pas. Si vous ne recevez pas de la compréhension, soyez compréhensifs avec les autres. Si vous ne recevez pas d'amour, aimez les autres. Si vous souffrez de la solitude, allez vers ceux qui sont seuls".


Message vidéo au V Festival de la doctrine sociale


Cité du Vatican, 28 novembre 2015 (VIS). Hier après-midi a été diffusé un Message vidéo que le Pape a adressé au V Festival de la doctrine sociale de l'Eglise (Le défi de la réalité): "Notre vie est faite de beaucoup de choses, de nombreux problèmes qui nous pousse à ne pas voir ou à ignorer les problèmes des gens autour de nous. L'indifférence semble être un médicament qui nous protège de la participation, il devient un moyen de se sentir plus confiant. Ceci est l'indifférence. Mais cet éloignement égoïste nous rend tristes... Or le défi de la réalité exige une capacité de dialogue, celle de construire des ponts plutôt que des murs, de prendre du temps pour le dialogue... Je vous invite donc à affronter ce défi, de transmettre une mystique du vivre ensemble et de la rencontre..., de bâtir une véritable expérience de fraternité... La réalité nous exhorte au changement car il faut réagir à la société de consommation, à l'idolâtrie de l'argent, au trop grand nombre d'inégalités et d'injustices, mais aussi à la pensée dominante qui sont autant de fardeaux dont nous voulons libérer notre dignité. Engageons nous plutôt à partager, sachant que la solution à des problèmes concrets n'est pas l'argent mais la fraternité, qui prend soin de l'autre.... Il y a également le défi écologique, qui demande à entendre le cri de la Terre Mère, de respecter les créatures et la création. C'est est un grand défi pour l'avenir de l'homme. L'homme et la création sont inextricablement liées... Le thème de la prise en charge de la terre, qui est notre maison commune, est capital. Certains pensent que nous pouvons avoir prise et générer des effets concrets... Mais le sujet concerne certainement les choix politiques, économiques, stratégiques sur le développement, même su rien ne peut remplacer notre engagement personnel: La sobriété, une consommation consciente, un mode de vie qui accueille la création comme un don et exclut les formes de possession d'éviction... Ayons courage! Les défis de la réalité sont nombreux, notre tâche et la joie de les transformer en opportunités. Je renouvelle mes salutations cordiales à tous les participants au Festival de la doctrine sociale et, en particulier, aux nombreux bénévoles qui se donnent généreusement".

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 28 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a accepté, pour limite d'âge, la renonciation de Mgr.Laurent Akran Mandjo à la charge pastorale du diocèse de Yopougon (Côte d'Ivoire), auquel succède son Coadjuteur, Mgr.Jean-Salomon Lezoutié.


Le Pape quitte le Kenya pour l'Ouganda


Cité du Vatican, 27 novembre 2015 (VIS). Ayant achevé son séjour kenyan par la visite au bidonville de Kangemi, le Saint-Père a gagné le stade de Karasani, à 22 km de Nairobi où l'attendaient la jeunesse du pays. Répondant à des questions, sur le tribalisme, les enfants soldats ou abandonnés, il a préféré improviser, encourageant les jeunes à ne pas céder devant les difficultés de la vie et à rechercher tout ce qui peut l'enrichir, à commencer par l'éducation et le travail. Nous publierons demain ce texte. Après quoi il s'est entretenu de manière informelle avec les évêques et a regagné la nonciature pour déjeuner. Accueilli à 15 h 30' locales sur l'aéroport par le Président Uhuru Kenyatta, le Pape a pris l'avion à destination de Kampala. Après l'accueil du chef de l'Etat ougandais, M.Yoweri Kaguta, il s'adressera au palais présidentiel aux autorités et au corps diplomatique. La journée s'achèvera par une rencontre avec les catéchistes et enseignants au sanctuaire de Munyonyo.


vendredi 27 novembre 2015

Rencontre avec le clergé, les séminaristes et les religieux


Cité du Vatican, 27 novembre 2015 (VIS). Hier après la messe, le Pape a regagné la nonciature de Nairobi pour déjeuner et se reposer. Après quoi il s'est rendu à la Saint Mary’s School pour s'adresser au clergé, aux séminaristes et religieux. Renonçant à lire le long discours préparé, il a improvisé en espagnol, ses paroles étant traduites au fur et à mesure en anglais. En voici la synthèse:


Merci beaucoup de votre présence. Le Seigneur vous a tous choisi. Il a dit à chacun, viens avec moi. Depuis notre baptême nous avons entrepris ce voyage... Dans le sacerdoce et dans la vie consacrée vous entrez par la porte qu'est le Christ... Certes il y a ceux qui veulent entrer par la fenêtre. Ce n'est pas juste. Ceci dit, si vous connaissez quelqu'un qui est passé par la fenêtre, embrassez le et expliquez lui qu'il est préférable d'aller et de servir Dieu d'une autre manière pour continuer le travail que Jésus a pas commencé, lui qui est la porte à franchir... Il y a ceux qui ne savent pas pourquoi Dieu les appelle, mais qui se sentent appelés. Qu'ils se tranquillisent, Dieu leur fera comprendre pourquoi ils sont appelés. Il y en a d'autres qui veulent suivre le Seigneur par l'intérêt... La tentation existe de le suivre par ambition, ambition de l'argent, ambition du pouvoir... Dans la vie consacrée à suivre Jésus, la propre ambition ne doit pas être en cause, ni la recherche des richesses de ce monde, ni d'y être une personne importante. Il faut suivre Jésus jusqu'à la dernière étape de sa vie terrestre, la Croix... Et cela je vous le dis sérieusement, parce que l'Eglise n'est pas une entreprise, pas une ONG. L'Eglise est un mystère. Le Suivez-moi, c'est le mystère du regard de Jésus sur chacun de nous qui nous parle. C'est donc clair, l'appelant est Jésus qui entre par la porte et non la fenêtre... Il est évident que lorsque Jésus nous choisit, il ne fait pas de nous des saints. Nous continuons à être les pécheurs... Y a-t-il ici un prêtre, un religieux ou une religieuse qui ne se sente pas pécheur?... Nous sommes tous pécheurs... Il faut savoir pleurer. Quand un prêtre, un religieux, une religieuse ne pleure pas, il y a quelque chose de mal. Pleurer pour l'infidélité, pleurer pour la souffrance du monde, pour les gens rejetés, les vieillards abandonnés, les enfants assassinés... Chaque fois, je me demande pourquoi tel enfant souffre. Et je n'ai pas la réponse, sinon de regarder Jésus sur la croix. Il y a des situations dans la vie qui nous portent à pleurer et à regarder le Crucifié. La Croix est la seule réponse à certaines injustices, à certaines douleurs, à certaines situations de la vie... Je voudrais vous dire une dernière chose: Tous ceux qui sont laissés choisir Jésus doivent servir le peuple de Dieu, en servant les plus pauvres, les plus marginalisés, les enfants et les personnes âgées... Non pour servir qui n'a aucune conscience, vit dans l'orgueil, vit du péché, vivent pour soi plutôt que de servir Jésus. Que choisir de laisser Jésus choisissent de servir et non pour être servi... S'il vous plaît, jamais se faire servir dans l'Eglise! Ne pas utiliser les autres, mais les servir... Je vous remercie beaucoup de m'avoir écouté, même ceux penseront que je vous ai donné des conseils sans même vous dire merci de tout ce que vous faîtes. Alors oui, comme la cerise sur le gâteau, je veux vraiment vous remercier! Merci d'avoir le courage de suivre Jésus, merci pour chaque fois que vous vous sentez pécheurs...et pour toutes les fois que vous aidez quelqu'un à mourir en paix. Merci de donner de l'espoir dans la vie. Merci de vous laisser aider, corriger et pardonner chaque jour. Je vous demande de ne pas oublier de prier pour moi, parce que je besoin".

Le Pape au siège de l'ONU de Nairobi


Cité du Vatican, 27 novembre 2015 (VIS). Hier à Nairobi, le Saint-Père s'est rendu à l’Office des Nations-Unies pour l'Afrique (UNON), institué en 1996 et qui abrite le Programme pour l’Environnement et le Programme pour l'Habitat, ainsi les agences régionales africaines et d'autres organismes internationaux. Il a prononcé le discours qui suit devant les 3.000 personnes de l'assemblée, reprenant les axes de sa récente encyclique sur l'environnement dans la perspective de la Conférence de Paris. Mais il ne s'est pas limité à évoquer ces questions et a repris les axes pour la lutte contre la pauvreté interdépendante de celle contre la surexploitation des richesses et le dérèglement climatique. C'est pourquoi il a replacé son propos également dans la perspective de la X Conférence ministérielle de l'OMC qui se tiendra à Nairobi et des accords sur la propriété intellectuelle, l'accès aux soins et aux médicaments, les trafics d'animaux ou de pierres précieuses:

En route vers cette salle, a dit le Pape François, "j’ai été invité à planter un arbre dans le parc du Centre des Nations-Unies. J’ai accepté d’accomplir ce geste symbolique et simple, chargé de sens dans beaucoup de cultures. Planter un arbre, c’est d’abord une invitation à continuer de lutter contre des phénomènes tels que la déforestation et la désertification. Cela nous rappelle l’importance de protéger et d’administrer de façon responsable ces poumons de la planète pleins de biodiversité comme nous pouvons bien l’apprécier dans ce continent avec le bassin du fleuve Congo, espace important pour toute la planète et pour l’avenir de l’humanité. C’est pourquoi, i faut toujours soutenir la tâche des organismes internationaux et des organisations de la société civile qui sensibilisent les populations et coopèrent en utilisant aussi des mécanismes de pression légitimes, pour que chaque gouvernement accomplisse son propre devoir de préserver l’environnement ainsi que les ressources naturelles de son pays, sans se vendre à des intérêts illégitimes locaux ou internationaux. En outre, planter un arbre nous invite à continuer d’avoir confiance, d’espérer et surtout de consentir à des efforts pour inverser toutes les situations d’injustice et de détérioration dont nous souffrons aujourd’hui. Dans quelques jours s'ouvre à Paris une importante rencontre sur le changement climatique, où la communauté internationale se confrontera de nouveau à cette problématique. Ce serait triste et j’ose le dire, catastrophique, que les intérêts particuliers l’emportent sur le bien commun et conduisent à manipuler l’information pour protéger leurs projets. Dans ce contexte international, devant une alternative que nous ne pouvons ignorer, améliorer ou détruire l’environnement, chaque initiative, petite ou grande, individuelle ou collective, prise pour sauvegarder la création indique le bon chemin de cette créativité généreuse et digne, qui révèle le meilleur de l’être humain".

"Le climat est un bien commun, de tous et pour tous. Le changement climatique est donc un problème global aux graves répercussions environnementales, sociales, économiques, distributives ainsi que politiques, et constitue l’un des principaux défis actuels pour l’humanité, dont la réponse doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés. Car l’exploitation abusive et la destruction de l’environnement sont en même temps accompagnées par un processus implacable d’exclusion. La Conférence de Paris doit être un pas important dans le processus de développement d’un nouveau système énergétique, qui dépende le moins possible des combustions fossiles, vise l’efficacité énergétique et se structure grâce à l’utilisation d’énergie au contenu en carbone réduit ou nul. Nous sommes face au grand engagement politique et économique qui consiste à reconsidérer et à corriger les dysfonctionnements et les distorsions du modèle de développement actuel. L’Accord de Paris peut envoyer un signal clair dans cette direction, à condition que, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à l’Assemblée Générale de l’ONU, nous évitions la tentation de tomber dans un nominalisme de déclarations à effet tranquillisant sur les consciences. Nous devons veiller à ce que nos institutions soient réellement efficaces. C’est pourquoi j’espère que la COP21 débouchera sur la conclusion d’un accord global et ‘transformateur’ fondé sur les principes de solidarité, de justice, d’équité et de participation, et qui oriente vers la réalisation de trois objectifs, à la fois complexes et interdépendants: L’allègement de l’impact du changement climatique, la lutte contre la pauvreté et le respect de la dignité humaine. Malgré de nombreuses difficultés, s’affirme la tendance à concevoir la planète comme une patrie, et l’humanité comme un peuple qui habite une maison commune. Aucun pays ne peut agir en marge d'une responsabilité commune. Si nous voulons réellement un changement positif, nous devons humblement assumer notre interdépendance. Le problème naît lorsque nous croyons qu’interdépendance est synonyme d’imposition ou de soumission de quelques-uns aux intérêts des autres. Du plus faible au plus fort. Un dialogue sincère et ouvert est nécessaire, avec la coopération responsable de tous, autorités politiques et communauté scientifique, entreprises et société civile. Les exemples positifs ne manquent pas qui nous démontrent comment une vraie collaboration entre la politique, la science et l’économie est capable d’obtenir d’importants résultats".

"Nous sommes conscients, cependant, que les êtres humains, capables de se dégrader à l’extrême, peuvent aussi se surmonter, opter de nouveau pour le bien et se régénérer. Cette profonde prise de conscience nous conduit à espérer que, si l’humanité de la période post-industrielle pourrait laisser le souvenir de l’une des plus irresponsables de l’histoire, l’humanité du début du XXI siècle pourra rester dans les mémoires pour avoir assumé avec générosité ses graves responsabilités. Pour cela, il est nécessaire de mettre au service des peuples l’économie et la politique où l'être humain, en harmonie avec la nature, structure tout le système de production et de distribution pour que les capacités et les nécessités de chacun trouvent une place appropriée dans l'être social. Il ne s’agit pas d’une utopie, au contraire, il s’agit d’une perspective réaliste qui place la personne humaine et sa dignité comme point de départ et vers laquelle tout doit confluer. Le changement de direction dont nous avons besoin, il n’est pas possible de le réaliser sans un engagement substantiel à travers l’éducation et la formation. Rien ne sera possible si les solutions politiques et techniques ne sont accompagnées d’un processus d’éducation qui promeuve de nouveaux styles de vie. Un nouveau type de culture. Cela exige une formation destinée à susciter chez les enfants, les femmes et les hommes, les jeunes et les adultes, l’assimilation d’une culture de protection, la protection de soi-même, la protection de l’autre, la protection de l’environnement, en lieu et place de la culture de détérioration et de rejet. Le rejet de soi, de l’autre, de l’environnement. La promotion de la conscience d’une origine commune, d’une appartenance mutuelle et d’un avenir partagé par tous permettrait le développement de nouvelles convictions, attitudes et formes de vie. C’est un grand défi culturel, spirituel et éducatif, qui supposera de longs processus de régénération, qu’il est encore temps de promouvoir. Ils sont nombreux les visages, les histoires, les conséquences évidentes chez des milliers de personnes que la culture de la détérioration et du rejet a conduit à sacrifier aux idoles du profit et de la consommation. Nous devons nous protéger d’un triste signe de la mondialisation de l’indifférence, qui nous fait lentement nous habituer à la souffrance de l’autre, comme si elle était normale, ou pire encore, qui nous conduit à la résignation face aux formes extrêmes et scandaleuses de rebut et d’exclusion sociale, comme sont les nouvelles formes d’esclavage, le trafic des personnes, le travail forcé, la prostitution, le trafic d’organes. L’augmentation du nombre de migrants fuyant la misère, accrue par la dégradation environnementale, est tragique. Ces migrants ne sont pas reconnus comme réfugiés par les conventions internationales et ils portent le poids de leurs vies à la dérive, sans aucune protection légale. Ce sont de nombreuses vies, de nombreuses histoires, de nombreux rêves qui se noient dans notre présent. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à cela. Nous n’en avons pas le droit".

"Parallèlement à la négligence de l’environnement, depuis un certain temps, nous sommes témoins d’un rapide processus d’urbanisation qui, malheureusement, conduit souvent à une croissance démesurée et désordonnée de beaucoup de villes qui sont devenues insalubres et inefficaces. Et ce sont aussi des endroits où se répandent des symptômes préoccupants d’une tragique rupture des liens d’intégration et de communion sociale, qui conduit à l’augmentation de la violence et à l’émergence de nouvelles formes d’agressivité sociale, au narcotrafic et à la consommation croissante de drogues chez les plus jeunes, à la perte d’identité, au déracinement et à l’anonymat social. Je voudrais exprimer mon encouragement à tous ceux qui, au niveau local et international, travaillent pour que le processus d’urbanisation devienne un instrument efficace en vue du développement et de l’intégration, afin de garantir pour tous, et surtout aux personnes qui vivent dans les quartiers marginaux, des conditions de vie dignes, garantissant les droits fondamentaux à une terre, à un toit et au travail. Il est nécessaire de promouvoir des initiatives de planification urbaine et de protection des espaces publics qui aillent dans ce sens et prévoient la participation des habitants, essayant de combattre les nombreuses inégalités et les poches de pauvreté urbaine, non seulement économiques, mais aussi et surtout sociales et environnementales. La prochaine Conférence Habitat-III, prévue à Quito en octobre 2016, pourrait être un moment important pour identifier les façons de répondre à ces problématiques. Dans quelques jours, cette ville accueillera la X Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce. En 1971, face à un monde toujours plus interdépendant, et anticipant de quelques années la présente réalité de la globalisation, Paul VI réfléchissait sur la manière dont les relations commerciales entre les états pourraient être un élément fondamental pour le développement des peuples ou, au contraire, cause de misère et d’exclusion. Même en reconnaissant tout l’effort réalisé dans ce domaine, il semble qu’on ne soit pas encore arrivé à un système commercial international équitable et totalement au service de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Les relations commerciales entre les états, une part indispensable des relations entre les peuples, peuvent tant servir à porter préjudice à l’environnement qu’à l’assainir et le rendre sûr pour les générations futures. Je forme le vœu que les délibérations de la prochaine Conférence de Nairobi ne soient pas un simple équilibre des intérêts en conflit, mais un vrai service à la sauvegarde de la maison commune et au développement intégral des personnes, surtout des plus défavorisées. En particulier, je veux m’unir aux préoccupations de nombreuses réalités engagées dans la coopération au développement et dans l’assistance sanitaire, dont les congrégations religieuses qui aident les plus pauvres et exclus, préoccupations qui concernent les accords sur la propriété intellectuelle et l’accès aux médicaments ainsi qu’aux soins essentiels de santé. Les Traités de libre commerce régionaux sur la protection de la propriété intellectuelle, en particulier dans le domaine pharmaceutique et biotechnologique, non seulement ne doivent pas limiter les facultés déjà accordées aux états par les accords multilatéraux, mais, au contraire, devraient être un instrument pour assurer un minimum d’assistance sanitaire et d’accès aux traitements de base pour tous. Les discussions multilatérales, à leur tour, doivent donner aux pays les plus pauvres le temps, la flexibilité et les exceptions nécessaires à une adaptation ordonnée, et non traumatisante, aux normes commerciales. L’interdépendance et l’intégration des économies ne doivent pas provoquer le moindre préjudice aux systèmes de santé et de protection sociale existants. Au contraire, elles doivent favoriser leur création et leur fonctionnement. Certaines questions de santé, telles que l’élimination du paludisme et de la tuberculose, le traitement des maladies dites orphelines et les domaines négligés de la médecine tropicale, réclament une attention politique prioritaire, avant tout autre intérêt commercial ou politique".


"L’Afrique offre au monde une beauté et une richesse naturelle qui nous conduisent à louer le Créateur. Ce patrimoine africain et de toute l’humanité est constamment menacé par un risque de destruction, en raison d’égoïsmes humains en tout genre et de l’abus de situations de pauvreté et d’exclusion. Dans le contexte des relations économiques entre les états et les peuples, on ne peut cesser de parler des trafics illégaux qui croissent dans un environnement de pauvreté, et qui, à leur tour, alimentent la pauvreté et l’exclusion. Le commerce illégal de diamants et de pierres précieuses, de métaux rares ou de valeur stratégique, du bois et de matériel biologique, ainsi que de produits d’origine animale, comme dans le cas du trafic d’ivoire et le massacre des éléphants qui lui est relatif, alimente l’instabilité politique, le crime organisé et le terrorisme. Cette situation est aussi un cri des hommes et de la terre qui doit être entendu par la communauté internationale. Lors de ma récente visite au siège de l’ONU à New York, j’ai pu exprimer le souhait et l’espérance que le travail des Nations-Unies et de tous les développements multilatéraux puissent être le gage d’un avenir sûr et heureux pour les générations à venir. Et il le sera si les représentants des états savent laisser de côté des intérêts sectoriels et idéologiques, et chercher sincèrement le service du bien commun. Je renouvelle le soutien de la communauté catholique, et le mien, consistant à continuer de prier et de collaborer pour que les résultats de la coopération régionale qui s’exprime aujourd’hui dans l’Union Africaine et par les nombreux accords africains de commerce, de coopération et de développement, soient mis en œuvre avec vigueur et en tenant toujours compte du bien commun des enfants de cette terre. La bénédiction du Très Haut soit avec tous et chacun d’entre vous ainsi qu’avec vos peuples".

Visite au bidonville de Kangemi



Cité du Vatican, 27 Novembre 2015 (VIS). Ce matin, le Saint-Père s’est rendu à l’église St.Joseph Ouvrier qui se trouve dans un des quartiers les plus pauvres de la ville de Kangemi: "Je me sens comme chez moi, en partageant ce moment avec des frères et des sœurs qui, je n’ai pas honte de le dire, ont une place de choix dans ma vie et dans mes options. Je suis ici pour vous assurer que vos joies et vos espérances, vos angoisses et vos tristesses, ne me sont pas indifférentes. Je connais les difficultés que vous traversez quotidiennement! Comment ne pas dénoncer les injustices que vous subissez?''. Il a évoqué la sagesse des quartiers populaires. ''Une sagesse –a-t-il dit- qui jaillit de la résistance obstinée de ce qui est authentique, des valeurs évangéliques que la société opulente, endormie par la consommation effrénée, semble avoir oubliées. Vous êtes capables de tisser des liens d’appartenance et de cohabitation, qui transforment l’entassement en expérience communautaire où les murs du moi sont rompus et les barrières de l’égoïsme dépassées... La culture des quartiers populaires imprégnée de cette sagesse particulière a des caractéristiques très positives, qui sont un apport pour le monde où il nous revient de vivre. Elle s’exprime par des valeurs telles que la solidarité, donner sa vie pour l’autre, préférer la naissance à la mort, donner une sépulture chrétienne aux morts, offrir une place au malade dans sa propre maison, partager le pain avec l’affamé : quand il y en a pour dix il y en a pour douze, la patience et le courage face aux adversités, etc. Valeurs qui se fondent sur la vérité que chaque être humain est plus important que le dieu argent. Merci de nous rappeler qu’il y a un autre type de culture possible''. Le Pape a demandé de revendiquer ces valeurs ''qui ne sont pas cotées en Bourse, des valeurs qui ne sont pas objet de spéculation, ni n’ont pas de prix sur le marché. Je vous félicite, je vous accompagne et je veux que vous sachiez que le Seigneur ne vous oublie jamais. Le chemin de Jésus commence dans les périphéries, il part des pauvres et avec les pauvres, et va vers tous''.

''Reconnaître ces manifestations de vie honnête qui grandissent chaque jour au milieu de vous", a-t-il poursuivi, n’implique, "en aucune manière, d’ignorer l’atroce injustice de la marginalisation urbaine. Ce sont des blessures provoquées par les minorités qui concentrent le pouvoir, la richesse et gaspillent de façon égoïste, tandis que des majorités toujours croissantes sont obligées de se réfugier dans des périphéries abandonnées, contaminées, marginalisées. Cela s’aggrave lorsque nous voyons l’injuste distribution de la terre, peut-être pas dans ce quartier, mais sûrement dans d’autres, qui conduit dans beaucoup de cas des familles entières à payer des loyers exorbitants pour des logements qui se trouvent dans des conditions inadéquates. Je connais aussi le grave problème de l’accaparement de terres par des promoteurs privés sans visage qui vont jusqu’à vouloir s’approprier la cour des écoles de vos enfants. Cela se passe parce qu’on oublie que Dieu a donné la terre à tout le genre humain pour qu'elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne''. Le Pape a ensuite souligné le grave problème du manque d’accès aux infrastructures et aux services de base: ''Je veux parler des toilettes, égouts, drainages, collecte des déchets, éclairage, routes mais aussi des écoles, hôpitaux, centres de loisir et de sport, des ateliers d’art. Je veux citer en particulier l’eau potable. L’accès à l’eau potable et sûre est un droit humain primordial, fondamental et universel, parce qu’il détermine la survie des personnes, et par conséquent il est une condition pour l’exercice des autres droits humains. Ce monde a une grave dette sociale envers les pauvres qui n’ont pas accès à l’eau potable, parce que c’est leur nier le droit à la vie, enraciné dans leur dignité inaliénable. Priver une famille d’eau, sous quelque prétexte bureaucratique, est une grande injustice, surtout lorsqu’on se fait du profit avec cette nécessité. Cette situation d’indifférence et d’hostilité que subissent les quartiers populaires s’aggrave lorsque la violence se généralise et que les organisations criminelles, au service d’intérêts économiques ou politiques, utilisent des enfants et des jeunes comme chair à canon pour leurs affaires entachées de sang. Je connais aussi les souffrances des femmes qui luttent héroïquement pour préserver leurs enfants de ces dangers. Je demande à Dieu que les autorités empruntent avec vous la voie de l’inclusion sociale, de l’éducation, du sport, de l’action communautaire et de la protection des familles parce que c’est l’unique garantie d’une paix juste, véritable et durable''.


''Ces réalités que j’ai énumérées ne sont pas une combinaison fortuite de problèmes isolés. Elles sont même une conséquence de nouvelles formes de colonialisme qui veut encore que les pays africains soient les pièces d'un mécanisme, les parties d'un engrenage gigantesque. De fait, les pressions ne manquent pas pour que soient adoptées des politiques de marginalisation, comme celle de la réduction de la natalité, qui veulent légitimer ainsi le modèle de distribution actuel où une minorité se croit le droit de consommer dans une proportion qu’il serait impossible de généraliser ''. Le Pape a ainsi proposer de revenir sur l’idée d’une intégration urbaine respectueuse. ''Ni éradication, ni paternalisme, ni indifférence, ni pur confinement. Nous avons besoin de villes intégrées et pour tous. Nous avons besoin de dépasser la pure déclaration de droits qui, en pratique, ne sont pas respectés, de réaliser des actions systématiques améliorant l’habitat populaire et de planifier de nouvelles urbanisations de qualité pour héberger les futures générations. La dette sociale, la dette environnementale envers les pauvres des villes se paie en rendant effectif le droit sacré aux trois T: terre, toit, et travail. Ce n’est pas de la philanthropie, c’est une obligation morale pour tous''. Il a aussi lancé un appel à tous les chrétiens, en particulier les pasteurs, ''à renouveler l’impulsion missionnaire, à prendre l’initiative face à tant d’injustices, à s’impliquer dans les problèmes des voisins, à les accompagner dans leurs luttes, à préserver les fruits de leur travail communautaire et à célébrer ensemble chaque victoire, petite ou grande. Je sais qu’ils font beaucoup, mais je leur demande de se souvenir qu’il ne s’agit pas d’une tâche de plus; c’est peut-être la plus importante, parce que les pauvres sont les destinataires privilégiés de l’Evangile''. Avant de conclure, il a demandé de prier, travailler et s’engager tous ensemble ''pour que toute famille ait un toit digne, ait accès à l’eau potable, ait des toilettes, ait de l’énergie sûre pour s’éclairer, cuisiner, puisse améliorer ses logements… afin que tout quartier ait des routes, des places, des écoles, des hôpitaux, des espaces de sport, de loisir et d’art ; afin que les services de base arrivent à chacun d’entre vous; afin qu’on écoute vos réclamations et votre demande d’opportunités; afin que tous puissent jouir de la paix et de la sécurité qu’ils méritent conformément à leur dignité humaine infinie''.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 27 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Emmanuel Nguyên Hông Son, Coadjuteur de l'Evêque de Bà Ria (Vietnam). L'Evêque élu, né en 1952 à Biên Hòa (Vietnam) et ordonné prêtre en 1980, était jusqu'ici Vicaire général de ce même diocèse. Licencié en théologie, il a été curé de paroisses et recteur de petit séminaire.

L'Abbé Héctor Vila, Evêque de Whitehorse (superficie 732.515, population 43.000, catholiques 9.600, prêtres 6, diacres 2, religieux 5), au Canada. L'Evêque élu, né en 1962 à Lima (Pérou) et ordonné prêtre en 1995, était jusqu'ici Recteur du séminaire de Toronto (Canada). Diplômé en philosophie et théologie, il a été vicaire et administrateur de paroisses.



Avis


Cité du Vatican, 27 novembre 2015 (VIS). En raison du voyage apostolique en Afrique, le bulletin VIS sera diffusé demain, samedi 28 et dimanche 29 novembre.



jeudi 26 novembre 2015

Arrivée du Pape François au Kenya


Cité du Vatican, 26 novembre 2015 (VIS). Arrivé au Kenya hier à 17 h locales (15 h heure de Rome) le Pape a prononcé à Nairobi son premier discours, s'adressant au chef de l'Etat, aux corps constitués, au corps diplomatique et au monde de l'économie et de la culture rassemblés dans les jardins du palais présidentiel:

Le Kenya, a-t-il dit, "est une nation jeune et vigoureuse, une société d’une riche diversité qui joue un rôle important dans la région. De plusieurs manières, votre expérience de forger une démocratie est partagée par beaucoup d’autres nations africaines. Comme le Kenya, elles travaillent aussi à bâtir, sur de solides fondations de respect mutuel, de dialogue et de coopération, une société multi-ethnique vraiment harmonieuse, juste et inclusive. Le Kenya est également une nation de jeunes". Or les jeunes sont les ressources les plus précieuses d'un pays. Les protéger, investir en eux et leur tendre une main secourable, sont la meilleure façon de lui assurer un avenir digne de la sagesse et des valeurs spirituelles chères à leurs aînés". Les Kenyans apprécient à leur juste valeur les trésors que Dieu leur a offert, notamment les richesses naturelles de leur pays, qui ont besoin d'une culture de la sauvegarde. "La grave crise environnementale qui menace notre monde demande une sensibilité toujours croissante à la relation entre les êtres humains et la nature. Nous avons la responsabilité de transmettre la beauté de la nature dans son intégralité aux futures générations, et l’obligation de bien administrer les dons reçus. Ces valeurs sont profondément enracinées dans l’âme africaine. Dans un monde qui continue d’exploiter plutôt que de protéger notre maison commune, elles doivent inspirer les efforts des dirigeants nationaux à promouvoir des modèles responsables de développement économique. Il existe un lien évident entre la protection de la nature et la construction d’un ordre social juste et équitable. Il ne peut y avoir aucun renouvellement de notre relation avec la nature sans un renouvellement de l’humanité elle-même".

"Dans la mesure où nos sociétés connaissent des divisions, qu’elles soient ethniques, religieuses ou économiques, tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté sont appelés à travailler pour la réconciliation et la paix, le pardon et l’ apaisement. Dans l’œuvre de construction d’un ordre démocratique solide, par le renforcement de la cohésion et de l’intégration, de la tolérance et du respect des autres, la poursuite du bien commun doit être le premier objectif. L’expérience montre que la violence, le conflit et le terrorisme se nourrissent de la peur, de la méfiance ainsi que du désespoir provenant de la pauvreté et de la frustration. Enfin, la lutte contre ces ennemis de la paix et de la prospérité doit être menée par des hommes et des femmes qui croient fermement et rendent un témoignage sincère aux grandes valeurs spirituelles et politiques qui ont inspiré la naissance de la nation. La promotion et la préservation de ces grandes valeurs sont confiées de manière spéciale à vous, les dirigeants de la vie politique, culturelle et économique. C’est une grande responsabilité, un vrai appel au service du peuple kenyan tout entier. L’Evangile nous dit qu’à ceux à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé. Dans cet esprit, je vous encourage à travailler avec intégrité et transparence pour le bien commun, et à promouvoir l’esprit de solidarité à chaque niveau de la société. Je vous demande en particulier de montrer un vrai souci des besoins des pauvres, des aspirations des jeunes ainsi que d’une juste distribution des ressources naturelles et humaines dont le Créateur a doté votre pays. Je vous assure des efforts inlassables de la communauté catholique, par ses œuvres éducatives et caritatives, pour offrir sa contribution spécifique dans ces domaines".



Rencontre inter-religieuse à Nairobi


Cité du Vatican, 26 novembre 2015 (VIS). Ce matin à Nairobi, le Saint-Père a présidé une rencontre œcuménique et inter-religieuse, à laquelle ont pris part des représentants des diverses confessions chrétiennes, des religions non-chrétiennes et des traditions religieuses du Kenya. Voici le discours qu'il a prononcé:

L'Eglise, a-t-il dit, a de l'estime pour les membres de toutes les religions. Elle désire "renforcer les liens d’amitié qui existent déjà entre nous...et qui nous placent devant des défis, devant des interrogations également. Le dialogue œcuménique et inter-religieux n’est pas un luxe. Ce n’est pas quelque chose de supplémentaire ou d’optionnel, mais une nécessité essentielle...dont notre monde, blessé par des conflits et des divisions, a de plus en plus besoin". Les religions et leur mise en pratique influencent "la compréhension du monde environnant. Elles sont pour nous source d’illumination, de sagesse et de solidarité, et de cette façon, elles enrichissent la société dans laquelle nous vivons. En prenant soin de la croissance spirituelle de nos communautés, en formant les esprits et les cœurs à la vérité et aux valeurs enseignées par nos traditions religieuses, nous devenons une bénédiction pour les communautés dans lesquelles vivent nos gens. Dans une société démocratique et pluraliste comme celle-ci, la coopération entre les leader religieux et leurs communautés devient un important service du bien commun". C'est pourquoi "dans un monde toujours plus interdépendant, nous voyons toujours plus clairement la nécessité de la compréhension inter-religieuse, de l’amitié et de la collaboration dans la défense de la dignité conférée par Dieu à chaque individu et aux peuples, et leur droit à vivre dans la liberté et le bonheur. En promouvant le respect de cette dignité et de ces droits, les religions jouent un rôle essentiel dans la formation des consciences, dans le fait d’insuffler aux jeunes les profondes valeurs spirituelles de nos traditions respectives et dans la préparation de bons citoyens, capables d’infuser dans la société civile l’honnêteté, l’intégrité et une vision du monde qui valorise la personne humaine par rapport au pouvoir et au profit". Notre conviction commune est que le Dieu "que nous cherchons à servir est un Dieu de paix. Il ne doit jamais être utilisé pour justifier la haine et la violence. Je sais qu’est vivant en vous le souvenir laissé par les attaques barbares à Westgate Mall, à Garissa University College et à Mandera. Trop souvent des jeunes deviennent des extrémistes au nom de la religion pour semer discorde et peur, et pour déchirer le tissu même de notre société. Il est important que nous soyons reconnus comme des prophètes de paix, des artisans de paix qui invitent les autres à vivre dans la paix, dans l’harmonie et le respect réciproque. Puisse le Tout-Puissant toucher les cœurs de ceux qui commettent cette violence et accorde sa paix à nos familles et à nos communautés".


Cette année marque le cinquantième anniversaire de la clôture du concile Vatican II, où l’Eglise catholique s’est engagée dans le dialogue œcuménique et inter-religieux au service de la compréhension et de l’amitié. J’entends réaffirmer cet engagement, qui naît de notre conviction de l’universalité de l’amour de Dieu et du salut qu’il offre à tous. Le monde justement s’attend à ce que les croyants travaillent ensemble avec les personnes de bonne volonté pour affronter les nombreux problèmes qui se répercutent sur la famille humaine. En regardant l’avenir, prions afin que tous les hommes et toutes les femmes se considèrent comme des frères et des sœurs, pacifiquement unis dans et à travers leurs différences. Prions pour la paix".

Première messe du Pape sur le sol africain



Cité du Vatican, 26 novembre 2015 (VIS). Conclue la rencontre inter-religieuse, le Saint-Père s'est rendu au campus universitaire de la capitale keyniane pour célébrer une messe, là messe où Jean-Paul II l'avait célébré en 1980, 1985 et 1995. Voici les passages saillants de son homélie:

Le Seigneur nous dit qu’il ferait jaillir de l’eau dans le désert, dans une terre assoiffée, qu'il ferait en sorte que les enfants de son peuple fleurissent comme de l’herbe, comme des saules luxuriants. Nous savons que cette prophétie s’est accomplie par l’effusion du Saint Esprit à la Pentecôte. Mais nous voyons aussi qu’elle s’accomplit partout où l’Evangile est prêché et où de nouveaux peuples deviennent membres de la famille de Dieu qu'est l’Eglise. Aujourd’hui nous nous réjouissons parce qu’elle s’est accomplie sur cette terre... La prophétie d’Isaïe nous invite...à nous rendre compte combien nos familles sont importantes dans le projet de Dieu. La société kenyane a longtemps été bénie par une solide vie familiale, par un profond respect de la sagesse des personnes âgées et par l’amour envers les enfants. La santé de toute société dépend de la santé des familles. Pour leur bien et celui de la communauté, la foi dans la parole de Dieu nous appelle à soutenir les familles dans leur mission à l’intérieur de la société, à accueillir les enfants comme une bénédiction pour notre monde, et à défendre la dignité de tout homme et de toute femme, puisque nous sommes tous frères et sœurs dans l’unique famille humaine. Par obéissance à la Parole, nous sommes aussi appelés à résister aux pratiques qui favorisent l’arrogance des hommes qui blessent ou méprisent les femmes, et qui menacent la vie des innocents non encore nés. Nous sommes appelés à nous respecter, à nous encourager mutuellement, et à nous tourner vers qui est dans le besoin. Les familles chrétiennes portent donc cette mission spéciale" face à l’avancée "des nouveaux déserts créés par une culture du matérialisme et de l’indifférence envers les autres".


Ici, où les nouvelles générations sont formées, je lance un appel aux jeunes kenyans: "Que les grandes valeurs de la tradition africaine, la sagesse et la vérité de la Parole de Dieu, ainsi que le généreux idéalisme de votre jeunesse, vous guident dans l’engagement à former une société qui soit toujours plus juste, inclusive et respectueuse de la dignité humaine. Que les besoins des pauvres vous soient toujours à cœur. Rejetez tout ce qui conduit au préjugé et à la discrimination, parce que ces choses ne sont pas de Dieu... Dieu est le rocher sur lequel nous sommes appelés à construire". Quand Jésus ressuscité affirme que tout pouvoir lui a été donné au ciel et sur la terre, "il nous dit qu'étant le Fils de Dieu, il est ce rocher. Il n’y en a pas d’autre que lui. Unique Sauveur de l’humanité, il veut attirer à lui les hommes et les femmes de toute époque et de tout lieu, afin de pouvoir les conduire au Père. Il veut que tous nous construisions notre vie sur le fondement solide de sa Parole... Telle est la tâche que le Seigneur attribue à chacun de nous. Il nous demande d’être des disciples missionnaires, des hommes et des femmes qui rayonnent la vérité, la beauté et la puissance de l’Evangile qui transforme la vie. Des hommes et des femmes qui soient des canaux de la grâce de Dieu, qui permettent à sa miséricorde, à sa bienveillance et à sa vérité de devenir les éléments constructifs d'une maison qui demeure solide.., qui soit un foyer où les frères et sœurs vivent enfin en harmonie et dans le respect réciproque, dans l’obéissance à la volonté du vrai Dieu... Que Jésus, le Bon Pasteur, le rocher sur lequel nous construisons nos vies, vous guide ainsi que vos familles sur la voie du bien et de la miséricorde... Qu’il bénisse de sa paix tous les habitants du Kenya. Soyez forts dans la foi! N’ayez pas peur puisque vous appartenez au Seigneur".

Protection du centre historique de Rome


Cité du Vatican, 26 novembre 2015 (VIS). Ce matin a été signé au Vatican un protocole d'accord entre le Ministère italien des biens culturels et le Governorat de la Cité du Vatican pour la protection et la mise en valeur du centre historique de Rome, défini par l'UNESCO comme site transfrontalier car incluant dans le tissu urbain des propriétés et zones extra-territoriales du Saint-Siège, inscrites au Patrimoine mondial des Nations-Unies. Un organisme permanent de coopération a été institué entre les deux parties.

mardi 24 novembre 2015

Communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège


Cité du Vatican, 24 novembre 2015 (VIS). Ce matin s'est déroulée près le Tribunal de l'Etat de la Cité du Vatican la première audience du procès pénal à charge de Mgr.Lucio Angel Vallejo Balda (Espagne), Mme.Francesca Inmacolata Chaouqui (Italie), M.Nicolas Maio (Italie), M.Emiliano Fittipaldi (Italie) et M.Gianluigi Nuzzi (Italie), accusés de divulgation d'informations et de documents réservés.

Les inculpés étaient tous présents, accompagnés d'avocats, commis d'office pour Mgr.Vallejo Balda, Mme.Chaouqui et M.Maio, d'office fait propre pour M.Fittipaldi et M.Nuzzi. Le représentant du Saint-Siège comme partie lésée était absent.

La Cour était composée de M.Giuseppe Dalla Torre, Président du Tribunal, de M.Piero Antonio Bonnet, Juge, de M.Paolo Papanti-Pelletier, Juge, de M.Venerando Marano, Juge suppléant. Le Ministère public était représenté par le Promoteur de Justice, M.Gian Pietro Milano, et son Adjoint, M.Roberto Zannotti.

Après la lecture des chefs d'inculpation, le Président a indiqué avoir transmis au Président de la Cour d'appel la requête de Mgr.Vallejo Balda et de M.Nuzzi, demandant à accréditer d'autres avocats propres.

Ont alors été soulevées deux exceptions préliminaires, celle de l'avocate de Mgr.Vallejo Balda sur le délai de présentation des preuves de la défense, puis de l'avocate de M.Fittipladi -après une déclaration spontanée de ce dernier- sur la non précision des faits contestés dans l'acte d'accusation. Le Promoteur de justice adjoint a répliqué à la seconde en disant que le procès n'avait pas pour but d'attaquer la liberté de la presse, l'accusé étant appelé à répondre des actes posés en vue d'obtenir les documents et informations divulgués, ce qui est indiqué dans l'acte d'accusation.

Après s'être réunie trois quart d'heure en chambre du conseil, la Cour a rejeté les deux exceptions et a fixé la prochaine audience à lundi 30 novembre à 9 h 30', lors de laquelle débuteront les interrogatoires des inculpés dans l'ordre de citation. On prévoit sur la semaine des audiences quotidiennes, et si besoin les après-midi.






Le Pape se rend au siège du IOR


Cité du Vatican, 24 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père s'est rendu ce matin au siège du IOR, où il s'est entretenu une vingtaine de minute avec les Membres du Conseil de Supervision. Il leur a notifié la nomination de M.Gian Franco Mammì comme nouveau Directeur Général, qui sera assisté par M.Giulio Mattietti dans l'attente de la désignation du nouveau Vice Directeur. 

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 24 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Steven Joseph Lopes, Evêque de l'Ordinariat personnel The Chair of Saint Peter (USA). L'Evêque élu, né en 1975 à Fremont (USA) et ordonné prêtre en 2001, était jusqu'ici Attaché de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Docteur en théologie, il succède à Mgr.Jeffrey N.Steenson, dont la renonciation a été acceptée en conformité au canon 401,2 du CIC.

Le Chanoine Paul McAleenan, Auxiliaire de l'Archevêque de Westminster (GB). L'Evêque élu, né en 1951 à Belfast (Ulster/GB) et ordonné prêtre en 1985, était jusqu'ici chanoine de la cathédrale. Il a été curé de paroisse et doyen de secteur pastoral.


Mgr.John Wilson, Auxiliaire de l'Archevêque de Westminster (GB). L'Evêque élu, né en 1968 à Sheffield (Angleterre/GB) et ordonné prêtre en 1995, était jusqu'ici Curé de la paroisse St.Martin de Porres de Wakefield.

lundi 23 novembre 2015

Visite du Gouverneur Général d'Antigua et Barbuda


Cité du Vatican, 23 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin Sir Rodney Williams, Gouverneur Général d'Antigua et Barbuda, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, accompagné par Mgr.Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les rapports avec les états: Après s'être félicitées de la qualité de leurs relations, récemment renforcées par la désignation d'un ambassadeur près le Saint-Siège, les parties ont convenu de l'importance du rôle joué par l'Eglise en faveur du respect de la personne, mais aussi dans les domaines de l'éducation et de l'assistance sociale, se promettant d'accentuer leur collaboration. On également été abordées des questions d'intérêt régional ou global, comme les flux migratoires ou les changements climatiques.



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