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dimanche 14 février 2016

Messe au sanctuaire marial de la Guadalupe


Cité du Vatican, 14 février 2016 (VIS). La journée du Pape s'est conclue hier par la célébration d'une messe en la Basilique de Notre-Dame de Guadalupe, le sanctuaire marial principal du Mexique, et le plus grand au monde, où viennent chaque année plus de vingt millions de pèlerins. Selon la tradition il se dresse sur le lieu des cinq apparitions (entre le 9 et le 12 décembre 1531) de la Vierge à l'indien Juan Diego, qui, avec son oncle Juan Bernardino, était un des premiers
convertis indigènes. le nom Guadalupe vient de la déformation du mot indien Coatlaxopeuh (vainqueur du serpent). La Vierge de Guadalupe a été déclarée Patronne du Mexique en 1737, Patronne et Impératrice des Amériques en 1910 et des Philippines en 1935. L'image miraculeuse de la Vierge conservée dans le sanctuaire est imprimée sur la tunique de Juan Diego. La nouvelle basilique, ayant remplacé l'ancienne en 1976, peut contenir 12.000 personnes, tandis que l'esplanade extérieure peut en accueillir 30.000. L'église du XVII siècle, qui s'était effondrée, est en restauration.

Le Saint-Père a parcouru en papamobile les seize kilomètres entre la capitale mexicaine et la colline de Tepeyac, où se dresse le sanctuaire. Arrivé à 16 h 45' locales (23 h 45' heure de Rome) à l'ancienne église du Christ-Roi, d'où il a gagné en procession à la nouvelle basilique. Il y a présidé une messe concélébrée en présence de plus de 35.000 fidèles. En voici l'importante homélie:

Evoquant la lecture du jour et la visite de Marie à Elisabeth, le Pape souligne combien malgré l'annonce de l'ange, elle se précipite au chevet de sa cousine. "C ette rencontre a ravivé et suscité une attitude pour laquelle Marie est et sera reconnue comme la femme du oui, un oui du don d’elle-même à Dieu, et en en même temps, un oui du don à ses frères. C’est le oui qui l’a poussée à donner le meilleur en se mettant en route vers les autres. Ecouter ce passage évangélique dans cette maison mariale a une saveur spéciale. Marie, la femme du oui, a voulu également visiter les habitants de cette terre d’Amérique à travers la personne de l’indien saint Juan Diego. Tout comme elle a parcouru les routes de Judée et de Galilée, de la même manière, elle a sillonné le Tepeyac, revêtant ses costumes, utilisant sa langue, pour servir cette grand peuple. Et tout comme elle a offert sa compagnie durant la grossesse d’Elisabeth, de même elle a accompagné et accompagne la gestation de cette terre mexicaine bénie. Tout comme elle s’est fait présente à Juan, de la même manière, elle continue d’être présente à nous tous, surtout à ceux qui, comme lui, sentent qu’ils ne valaient rien. Ce choix particulier, disons préférentiel, n’a été contre personne mais en faveur de tous... Ce matin de décembre 1531, se produisait le premier miracle qui sera ensuite la mémoire vivante de tout ce que sanctuaire protège. Ce matin-là, lors de cette rencontre, Dieu a éveillé l’espérance de Juan, l’espérance d’un peuple. Ce matin, Dieu a réveillé et réveille l’espérance des petits, des souffrants, des déplacés et des marginalisés, de tous ceux qui sentent qu’ils n’ont pas une place digne sur cette terre. Ce matin, Dieu s’est approché et s’approche du cœur souffrant mais endurant de tant de mères, pères, grands-parents, qui ont vu leurs enfants partir, se perdre, voire être arrachés de manière criminelle. Ce matin-là, Juan expérimente dans sa propre vie ce qu’est l’espérance, ce qu’est la miséricorde de Dieu. Il est choisi pour superviser, soigner, protéger et encourager la construction de ce Sanctuaire. A plusieurs occasions, il a dit à la Vierge qu’il n’était pas la personne indiquée, qu’au contraire, si elle voulait mener à bien cette œuvre, elle devrait choisir d’autres personnes, puisqu’il n’était pas cultivé, instruit ou qu’il ne faisait pas partie de ceux qui pouvaient le faire. Marie, obstinée de cette obstination qui naît du cœur miséricordieux du Père, lui dit non, qu’il sera, lui, son ambassadeur. Ainsi, elle réussit à éveiller une chose qu’il ne savait pas exprimer, un vrai étendard d’amour et de justice dans la construction de cet autre sanctuaire, celui de la vie, celui de nos communautés, de nos sociétés et de nos cultures, personne ne peut être marginalisé. Nous sommes tous nécessaires, surtout ceux qui normalement ne comptent pas parce qu’ils ne sont pas à la hauteur des circonstances ou parce qu’ils n’apportent pas le capital nécessaire aux travaux. Le sanctuaire de Dieu est la vie de ses enfants, de tous et dans toutes leurs conditions, surtout celle des jeunes sans avenir, exposés à d’interminables situations douloureuses, risquées, et celle des personnes âgées non reconnues, oubliées à tant d’endroits. Le sanctuaire de Dieu, ce sont nos familles qui ont besoin du minimum nécessaire pour pouvoir se construire et grandir. Le sanctuaire de Dieu, c’est le visage de tant de personnes qui croisent nos chemins". Ici, "il peut nous arriver la même chose qu’à Juan Diego. Regarder la Mère avec nos douleurs, nos peurs, nos désespoirs, nos tristesses et lui dire: Que puis-je apporter, moi, si je ne suis pas instruit?".

"Je crois qu’aujourd’hui un peu de silence nous fera du bien, tout comme regarder la Guadalupe, la regarder longuement et calmement, et lui dire comme l’a fait l’autre enfant qui l’aimait beaucoup:

Te regarder simplement, Mère,
laisser ouvert uniquement le regard.
Te regarder entièrement sans rien te dire,
tout te dire, sans paroles et avec respect.
Ne pas perturber le vent de ton visage,
uniquement bercer ma solitude violée,
dans tes yeux de Mère amoureuse
et dans ton nid de terre transparente.
Les heures s’évanouissent.
Secoués, les hommes insensés mordent les déchets
de la vie et de la mort, bruyamment.
Te regarder, Mère,
rien que te contempler,
le cœur muet dans ta tendresse,
dans ton silence chaste de lys.


La Guadalupe "nous dit qu’elle a l’honneur d’être notre mère. Cela nous donne la certitude que les larmes de ceux qui souffrent ne sont pas stériles. Elles sont une prière silencieuse qui monte vers le ciel et qui trouve toujours chez Marie une place sous son manteau. En elle et avec elle, Dieu se fait frère et compagnon de route, partage avec nous la croix pour que ne soyons pas écrasés par nos douleurs... Aujourd’hui, elle nous redit: sois mon ambassadeur, sois mon envoyé pour construire de nombreux et nouveaux sanctuaires, pour accompagner de nombreuses vies, pour essuyer de nombreuses larmes. Va simplement par les chemins du voisinage, de ta communauté, de ta paroisse comme mon ambassadeur, mon ambassadrice. Bâtis des sanctuaires en partageant la joie de savoir que nous ne sommes pas seuls, qu’elle chemine avec nous. Sois mon ambassadeur, nous dit-elle, en donnant à manger à l’affamé, à boire à celui qui a soif, accueille celui qui est dans le besoin, habille celui qui est nu et visite le malade. Va au secours du prisonnier, ne le laisse pas seul, pardonne à celui qui t’a offensé, console celui qui est triste, sois patient avec les autres et surtout supplie et prie notre Dieu. Et en silence, nous lui disons ce qui surgit dans notre cœur. Ne suis-je pas ta mère? Ne suis-je pas là? C'est ce que nous redit Marie. Va construire mon sanctuaire, aide-moi à bâtir la vie de mes enfants, qui sont tes frères".

Ceindre l’entière nation mexicaine de la fécondité de Dieu


Cité du Vatican, 14 février 2016 (VIS). Hier, le Saint-Père a quitté le Palais National pour gagner non loin la célèbre place centrale de la Constitution, sur laquelle se dresse la cathédrale métropolitaine bâtie au XVI siècle sur les ruines du centre cultuel de la capitale aztèque. Dans le grandiose édifice actuel, des XVII et XVIII siècles, les Evêques du Mexique attendaient le Pape qui s'est immédiatement déclaré heureux de les rencontrer. Evoquant les visites de Jean-Paul II, il a demandé si "le Successeur de Pierre, appelé du lointain sud latino-américain, pouvait-il se priver de l’opportunité de poser son regard sur la Morenita?".

"Sachant qu’ici se trouve le cœur secret de chaque mexicain, j’entre sur la pointe des pieds comme il convient d’entrer dans la maison ainsi que dans l’âme de ce peuple. Je vous suis profondément reconnaissant de m’ouvrir cette porte. Je sais qu’en contemplant le visage de la Vierge, j’atteins celui de votre peuple qui, en elle, a appris à se manifester. Je sais qu’aucune autre voix ne peut exprimer avec autant de profondeur le cœur mexicain comme la Vierge peut m’en parler. Elle protège ses plus hautes aspirations et ses espérances les plus cachées, elle recueille ses joies et ses larmes, comprend ses nombreuses langues et répond avec tendresse maternelle à ses enfants... Comme je voudrais que ce soit elle en personne qui vous exprime...tout ce que contient le cœur du Pape. Comme le fit saint Juan Diego et comme le firent les générations successives des enfants de la Guadalupana, le Pape désirait depuis longtemps pouvoir la regarder. Mieux, je voulais, moi-même, être sous son regard maternel. J’ai beaucoup réfléchi sur le mystère de ce regard et je vous prie d’accueillir ce qui jaillit de mon cœur de pasteur: Avant tout la Morenita nous enseigne que l’unique force capable de conquérir le cœur des hommes est la tendresse de Dieu. Ce qui enchante et attire, ce qui fait fléchir et vainc, ce qui ouvre et déchaîne, ce n’est pas la force des instruments ou la dureté de la loi, mais la faiblesse toute-puissante de l’amour divin, qui est la force irrésistible de sa douceur et la promesse irréversible de sa miséricorde". l'écrivain Octavio Paz "a dit qu’à la Vierge de Guadalupe, on ne demande plus l’abondance des récoltes ou la fertilité de la terre, mais qu’on cherche...un abri, un foyer. Des siècles après l’évènement fondateur de ce pays et de l’évangélisation du continent, le besoin de" cette protection maternelle "s’est-il estompé, est-il oublié?". Commentant ensuite le discours prononcé par Jean-Paul II le 22 janvier 1999, qui avait tracé les péripéties historiques du Mexique, le Saint-Père a affirmé que le christianisme est enraciné dans l'âme des Mexicains, dont l'histoire "ne s’est jamais révélée stérile, et dont les fractures menaçantes se sont toujours résorbées. C’est pourquoi je vous invite à repartir de ce besoin de protection maternelle qui émane de l’âme de votre peuple. La foi chrétienne est capable de réconcilier le passé souvent marqué de solitude, d’isolement et de marginalisation, avec l’avenir continuellement relégué à un lendemain qui s’esquive... Inclinez-vous donc, délicatement et avec respect, sur l’âme profonde de votre peuple...toujours attentifs à en déchiffrer sle mystérieux visage... La familiarité avec la douleur et la mort ne sont-elles pas des formes de courage et des chemins vers l’espérance? Percevoir que le monde doit être toujours et seulement sauvé n’est-ce pas un antidote contre l’autosuffisance arrogante de ceux qui croient pouvoir se passer de Dieu?".
"Soyez donc des évêques au regard limpide, à l’âme transparente, au visage lumineux. N’ayez pas peur de la transparence. L’Eglise n’a pas besoin d’obscurité pour travailler. Veillez à ce que vos regards ne soient pas obscurcis par les pénombres du brouillard de la mondanité. Ne vous laissez pas corrompre par le matérialisme trivial ni par les illusions séductrices des accords conclus en dessous de table. Ne mettez pas votre confiance dans les" promesses des puissants présents. "Le monde dans lequel le Seigneur nous appelle à accomplir notre mission est devenu très complexe... Les frontières si fortement invoquées et soutenues sont devenues perméables à la nouveauté d’un monde dans lequel la force de certains ne peut plus se maintenir sans la vulnérabilité des autres. L’irréversible caractère hybride de la technologie rend proche ce qui était lointain, mais malheureusement, il éloigne ce qui devrait être proche. Or c’est dans ce monde que Dieu vous demande d’avoir un regard capable de saisir l’interrogation fusant de votre peuple, l’unique qui a dans son calendrier une fête du cri. A ce cri, il faut répondre que Dieu existe et est proche à travers Jésus. Que seul Dieu est la réalité sur laquelle on peut construire... Dans vos regards, le peuple mexicain a le droit de trouver les traits de ceux qui ont vu le Seigneur, de ceux qui ont été avec Dieu... Ne perdez donc pas temps et énergies dans les choses secondaires, dans les commérages et les intrigues, dans les vains projets de carrière, dans les plans vides d’hégémonies, dans les clubs stériles d’intérêts ou de coteries. Ne vous laissez pas entraîner par les rumeurs et les médisances. Introduisez vos prêtres dans cette compréhension du ministère sacré. Nous autres, ministres de Dieu, la grâce de boire le calice du Seigneur, le don de protéger la part de son héritage qui nous est confiée, nous suffit, même si nous sommes des administrateurs inexpérimentés. Laissons le Père nous assigner la place qui nous a été préparée. Pouvons-nous vraiment nous occuper d’affaires autres que celles du Père? En dehors des affaires du Père, nous perdons notre identité et, de manière coupable, nous rendons vaine sa grâce. Si notre regard ne témoigne pas d’avoir vu Jésus, alors ses paroles dont nous faisons mémoire ne représenteraient que des figures rhétoriques vides".

Il est tout aussi important de porter attention aux jeunes: "Que vos regards soient capables de croiser leurs regards, de les aimer et de saisir ce qu’ils cherchent avec ce courage avec lequel beaucoup, comme eux, ont quitté barques et filets sur l’autre rive de la mer, ont abandonné des bancs d’extorsions en vue de suivre le Seigneur de la vraie richesse. Je suis particulièrement préoccupé par ceux d’entre eux qui, séduits par la puissance du monde, exaltent les chimères et se revêtent de leurs macabres symboles pour commercialiser la mort en échange de trésor qu’en fin de compte les mites et la rouille dévorent, et qui incite les voleurs à percer les murs. Je vous demande de ne pas sous-évaluer le défi moral et anti-civique que représente le narcotrafic pour la société mexicaine, y compris l’Eglise. La proportion du phénomène, la complexité de ses causes, l’immensité de son extension comme une métastase qui dévore, la gravité de la violence qui désagrège, tout comme ses connexions néfastes, ne nous permettent pas à nous, pasteurs de l’Eglise, de nous réfugier derrière des condamnations génériques. Mais tout cela exige un courage prophétique ainsi qu’un projet pastoral sérieux et de qualité, pour contribuer, progressivement, à resserrer ce délicat réseau humain, sans lequel tous, nous serions dès le départ vaincus par cette insidieuse menace. En commençant d’abord par les familles, en nous approchant et en embrassant la périphérie humaine et existentielle des territoires dévastés de nos villes, en impliquant les communautés paroissiales, les écoles, les institutions communautaires, les communautés politiques, les structures de sécurité. C’est seulement ainsi qu’on pourra se libérer totalement des eaux dans lesquelles malheureusement se noient tant de vies, que ce soit celle de celui qui meurt comme victime, que ce soit celle de celui qui devant Dieu aura toujours du sang sur les mains, même s’il a les poches pleines d’argent sale et la conscience anesthésiée". Les desseins de Dieu "sont déterminés par l’irréversibilité de son amour qui veut avec persistance s’imprimer en nous. Soyez, par conséquent, des évêques capables d’imiter cette liberté de Dieu en choisissant ce qui est humble pour rendre visible la majesté de son visage et de faire vôtre cette patience divine en tissant, avec le fil fin de l’humanité que vous trouvez, cet homme nouveau que votre pays espère. Ne vous laissez pas guider par le vain désir de changer de peuple comme si l’amour de Dieu n’avait pas assez de force pour le changer. Redécouvrez la constance sage et humble avec laquelle les pères de la foi de ce pays ont su introduire les générations successives dans la sémantique du mystère divin. D’abord, en apprenant, et ensuite, en enseignant la grammaire nécessaire pour dialoguer avec ce Dieu, caché durant les siècles de leur recherche et fait proche dans la personne de son Fils Jésus, qu’aujourd’hui tant de personnes reconnaissent dans la figure ensanglantée et humiliée, comme symbole de leur propre destin. Imitez sa condescendance et sa capacité de s’abaisser. Nous ne comprendrons jamais assez le fait qu’avec les fils métis de notre peuple Dieu a tissé le visage par lequel il se fait connaître! Jamais, nous ne serons assez reconnaissants. Je vous demande un regard d’une délicatesse singulière pour les peuples indigènes et pour leurs fascinantes cultures souvent occultées. Le Mexique a besoin de leurs racines amérindiennes pour ne pas être réduit à une énigme irrésolue. Les indigènes du Mexique attendent encore qu’on reconnaisse effectivement la richesse de leur contribution et la fécondité de leur présence pour assumer cette identité qui fait de vous une nation unique et non seulement une parmi d’autres".

Certains pensent que "l’Eglise au Mexique serait condamnée à choisir entre subir l’infériorité à laquelle elle a été reléguée à certaines périodes de son histoire, comme lorsque sa voix a été étouffée et qu’on a cherché à limiter sa présence, ou à s’aventurer dans les fondamentalismes pour réacquérir des certitudes provisoires en oubliant d’enraciner dans son cœur la soif de l’absolu et le fait qu’elle est appelée dans le Christ à réunir tous et non seulement une partie. Donc ne vous lassez pas de rappeler à votre peuple combien sont puissantes les racines anciennes qui ont permis la vivante synthèse chrétienne de communion humaine, culturelle et spirituelle qui a été forgée ici". Fidèles au Christ, "soyez capables de contribuer à l’unité de votre peuple, de favoriser la réconciliation de ses différences et l’intégration de ses diversités, de promouvoir la solution de ses problèmes endogènes... Je vous prie de ne pas tomber dans la paralysie de donner de vieilles réponses aux questions nouvelles... Malheur à vous, si vous vous endormez sur vos lauriers... Vous êtes assis sur les épaules de géants, des évêques, prêtres, religieux, religieuses et des laïcs, fidèles jusqu’au bout, qui ont offert leur vie pour que l’Eglise puisse accomplir sa mission... Je vous invite à vous fatiguer sans peur dans la mission d’évangéliser et d’approfondir la foi à travers une catéchèse mystagogique qui sache faire trésor de la religiosité populaire de vos gens. Notre temps demande une attention pastorale aux personnes et aux groupes, qui espèrent pouvoir aller à la rencontre du Christ vivant. Seule une courageuse conversion pastorale de nos communautés peut retrouver, générer et nourrir les disciples actuels de Jésus. Par conséquent, les pasteurs doivent surmonter la tentation de la distance et du cléricalisme, de la froideur et de l’indifférence, du triomphalisme et de l’auto-référentialité. La Guadalupe nous enseigne que Dieu a un visage familier, que la proximité et la bienveillance peuvent plus que la force... Seule une Eglise qui sait garder le visage des hommes qui vont frapper à sa porte est capable de leur parler de Dieu. Si nous ne déchiffrons pas leurs souffrances, si nous ne nous rendons pas compte de leurs besoins, nous ne pourrons rien leur offrir. La richesse que nous avons ne coule que lorsque nous rencontrons la petitesse de ceux qui mendient".

"Je vous supplie de protéger...vos prêtres. Ne les laissez pas exposés à la solitude et à l’abandon, en proie à la mondanité qui dévore le cœur. Soyez attentifs et apprenez à lire dans leurs regards pour vous réjouir avec eux lorsqu’ils sentent la joie de raconter ce qu’ils ont fait et enseigné, et également pour ne pas reculer lorsqu’ils se sentent un peu abattus et ne peuvent que pleurer parce qu’ils ont renié le Seigneur, et aussi pour les soutenir, en communion avec le Christ, quand l’un ou l’autre, sortira avec Judas dans la nuit. Que jamais, dans ces situations, ne manque votre paternité à vos prêtres" et "intégrez-les dans de grandes causes, car le cœur de l’apôtre n’a pas été fait pour des choses petites... L’Eglise, lorsqu’elle se réunit dans une majestueuse cathédrale, ne pourra s’empêcher de se comprendre comme un petite maison dans laquelle ses enfants peuvent se sentir à l’aise. On se maintient devant Dieu seulement si on est petit, si on se sent orphelin, si on est mendiant".


"Rien qu’en regardant la Morenita, on saisit entièrement le Mexique. Par conséquent, je vous invite à comprendre que la mission que l’Eglise vous confie demande ce regard qui embrasse la totalité. Et cela ne peut se réaliser de manière isolée, mais seulement en communion. La Gudalupana est ceinte d’une cordon qui annonce sa fécondité. C’est la Vierge qui a déjà dans son sein le Fils attendu par les hommes. C’est la Mère qui a déjà conçu l’humanité du nouveau monde naissant. C’est l’Epouse qui préfigure la maternité féconde de l’Eglise du Christ. Vous avez la mission de ceindre l’entière nation mexicaine de la fécondité de Dieu. Aucune partie de ce cordon ne peut être méprisée. L’épiscopat mexicain a accompli de remarquables progrès en ces années conciliaires" et les travaux pastoraux partagés "ont été fructueux dans les domaines essentiels de la mission ecclésiale tels que la famille, les vocations, la présence sociale". Ceci dit, "je vous demande de ne pas vous laisser décourager par les difficultés et de ne ménager aucun effort possible pour promouvoir, entre vous et dans vos diocèse, le zèle missionnaire, surtout en direction des régions qui ont le plus besoin de l’unique corps de l’Eglise mexicaine. Redécouvrir que l’Eglise est mission est fondamental pour son avenir, car seul l’enthousiasme, l’émerveillement convaincu des évangélisateurs a la force pour entraîner. Je vous demande, par conséquent, de prendre spécialement soin de la formation et de la préparation des laïcs, en surmontant toute forme de cléricalisme et en les impliquant activement dans la mission de l’Eglise, surtout dans la tâche de rendre présent, par le témoignage de leur propre vie, l’évangile du Christ dans le monde. Un témoignage unificateur de la synthèse chrétienne et une vision partagée de l’identité ainsi que du destin de vos gens aideraient beaucoup le peuple mexicain. Dans ce sens, il serait très important que l’Université pontificale du Mexique soit toujours davantage au cœur des efforts de l’Eglise pour assurer ce regard d’universalité sans laquelle la raison, réduite à des unités partielles, renonce à sa plus haute aspiration de recherche de la vérité... Dans le Christ glorifié, que les mexicains aiment honorer comme roi, allumez ensemble la lumière, soyez comblés de sa présence qui ne s’épuise pas... Il vous revient de semer le Christ dans cette terre, de maintenir allumée son humble lumière qui éclaire sans aveugler, d’assurer que la soif du peuple soit étanchée par ses eaux, d’étendre les voiles pour que le souffle de l’Esprit les déploie et que la barque de l’Eglise au Mexique ne fasse pas naufrage... Permettez-moi un dernier mot pour exprimer l’appréciation du Pape pour tout ce que vous faites afin d’affronter le défi de notre époque représentée par les migrations. Ce sont des millions d’enfants de l’Eglise qui vivent aujourd’hui dans la diaspora ou en transit, se déplaçant vers le Nord à la recherche de nouvelles opportunités. Beaucoup d’entre eux laissent derrière eux leurs propres racines pour aller à l’aventure, même dans la clandestinité qui implique tout genre de risques, en quête du feu vert qu’ils considèrent comme leur espérance... Puissent vos cœurs être capables de suivre ces personnes et de les rejoindre au-delà des frontières. Renforcez la communion avec vos frères de l’épiscopat des Etats-Unis d’Amérique pour que la présence maternelle de l’Eglise maintienne vivantes les racines de leur foi, les raisons de leurs espérances et la force de leur charité... L’empressement de vos diocèse à passer un peu de baume sur les pieds meurtris de ceux qui traversent vos territoires et à dépenser pour eux l’argent difficilement recueilli ne sera pas vain... Et puis le Pape est sûr que le Mexique et son Eglise arriveront à temps au rendez-vous avec eux-mêmes, avec l’histoire, avec Dieu. Peut-être une pierre en chemin retardera-t-elle la marche, et la fatigue du voyage exigera-t-elle un arrêt, mais ce ne sera jamais suffisant pour faire manquer le but. Car, peut-il arriver tard celui qui a une mère qui l’attend? Celui qui peut sentir sans cesse résonner dans son propre cœur ne suis-je pas ici, moi qui suis ta Mère?".

Le Pape s'adresse aux institutions et forces vives du Mexique


Cité du Vatican, 14 février 2016 (VIS). "Je viens comme missionnaire de miséricorde et de paix, comme un fils qui veut rendre hommage à sa mère, la Vierge de Guadalupe...mais aussi à ce peuple et à ce pays si riche de cultures, d’histoire et de diversité". Ainsi le Pape François a-t-il introduit hier au Palais National de Mexico son discours devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique: "Le Mexique est un grand pays, doté d’abondantes ressources naturelles et d’une énorme biodiversité qui s’étend sur un territoire. Sa position géographique en fait un point de référence pour l’Amérique. Ses cultures indigènes, métisses et créoles lui confèrent une identité propre et une richesse culturelle qu’il n’est pas toujours facile de valoriser. La sagesse ancestrale liée à sa multi-culturalité est, de loin, l’une de ses meilleures ressources identitaires. Cette identité, qu’elle a appris progressivement à gérer dans la diversité, constitue sans doute un riche patrimoine à mettre en valeur, à promouvoir et à préserver... Cela offre espérance et perspective. Un peuple jeune est un peuple capable de se rénover, de se transformer... Cette réalité nous conduit inévitablement à réfléchir sur notre propre responsabilité dans la construction du Mexique que nous appelons de tous nos vœux, le Mexique que nous voulons léguer aux futures générations. Cela nous conduit à nous rendre compte également qu’un avenir d’espérance se forge dans la vie présente d’hommes et de femmes justes, honnêtes, capables de s’engager pour le bien commun, ce bien commun peu prisé en ce XXI siècle. L’expérience nous montre que chaque fois que nous cherchons la voie du privilège ou du bénéfice de quelques-uns au détriment du bien général, tôt ou tard, la vie en société devient un terrain fertile pour la corruption, le narcotrafic, l’exclusion des cultures différentes, la violence, y compris pour le trafic de personnes, la séquestration et la mort, causant la souffrance et freinant le développement".

"Le peuple mexicain met son espérance dans l’identité qui s’est forgée dans de durs et difficiles moments de son histoire par de remarquables témoignages de citoyens qui ont compris que, pour pouvoir surmonter les situations nées de la fermeture de l’individualisme, était nécessaire l’accord des institutions politiques, sociales et économiques, ainsi que celui de tous les hommes et femmes engagés dans la recherche du bien commun et dans la promotion de la dignité de la personne. Une culture ancestrale et un capital humain prometteur, comme les vôtres, doivent être la source d’inspiration pour que nous trouvions de nouvelles formes de dialogue, de négociation, de ponts capables de nous guider sur la voie de l’engagement solidaire. Un engagement dans lequel tous, en commençant par nous qui nous appelons chrétiens, nous devons nous consacrer à la construction d'une politique vraiment humaine et d’une société dans laquelle personne ne doit se sentir victime de la culture de rejet. Il revient, de façon spéciale, aux élites sociale, culturelle et politique, de travailler pour offrir à tous les citoyens l’opportunité d’être de dignes acteurs de leur propre destin, dans leur famille et dans tous les domaines où se développe la société humaine, en leur facilitant un accès réel aux biens matériels et spirituels indispensables: Logement décent, travail digne, nourriture, justice réelle, sécurité effective, un environnement sain et de paix. Il ne s’agit pas seulement d’une affaire de lois qui exigent des mises à jour et des améliorations toujours nécessaires, mais d’une formation prioritaire à la responsabilité personnelle dans le plein respect de l’autre en tant que co-responsable de la promotion du développement national. C’est une tâche qui implique tout le peuple mexicain dans les diverses instances aussi bien publiques que privées, autant collectives qu’individuelles... Le Gouvernement mexicain peut compter sur la collaboration de l’Eglise catholique, qui a accompagné la vie de cette Nation et qui renouvelle son engagement ainsi que sa volonté de servir la grande cause de l’homme qu'est l’édification de la civilisation de l’amour. Je me prépare à parcourir ce beau et grand pays en missionnaire et pèlerin qui veut revivre avec vous l’expérience de la miséricorde comme un nouvel horizon de possibilité qui est inévitablement porteur de justice et de paix. J'en appelle à la Vierge de Guadalupe afin que, par son intercession, le Père miséricordieux fasse que ces journées soient une opportunité de rencontre, de communion et de paix pour l'avenir du Mexique".


samedi 13 février 2016

Arrivée du Saint-Père à Mexico


Cité du Vatican, 13 février 2016 (VIS). Après la signature à La Havane de la déclaration commune avec le Patriarche Cyrille de Moscou, le Pape a repris l'avion à destination du Mexique. Pendant le vol il s'est brièvement entretenu avec les journalistes exprimant surtout sa joie de la rencontre avec le Patriarche et la disponibilité du Président Castro. Le Pape a révélé qu'il avait parlé du projet avec le président cubain lors de sa visite de septembre dernier, puis il a évoqué sa rencontre avec le Patriarche Cyrille: "Franchement, je me suis senti en présence d'un frère. Deux évêques qui ont principalement parlé de la situation de leurs Eglises et de l'état du monde... Non seulement la guerre se présente maintenant en morceaux, mais elle implique le monde en entier... Au plan religieux, nous avons envisagé un programme d'activités conjointes, qui montreront que l'unité est la marche. Je l'ai déjà dit, si l'unité est faite d'études de théologie et autres, nous devons marcher vers le Seigneur... L'unité se construit en marchant... La Déclaration peut avoir plusieurs interprétations...mais elle n'est pas politique, ni sociologique. C'est une déclaration pastorale, qui se penche sur des questions de société comme la manipulation génétique".

Après trois heures de vol, l'avion papal est arrivé à 19 h 30' heure locale (2 h 30' ce matin à Rome) à l'aéroport de Mexico, où il a été accueilli par le Président Enrique Peña Nieto et des représentants du Conseil permanent des évêques mexicains. Après cet accueil officiel mais informel, et un bref entretien avec le chef de l'Etat, le Saint-Père a parcouru en papamobile les dix-neuf kilomètres qui le séparaient de la nonciature apostolique de Mexico, où il séjournera. Plus tard, il est sorti pour saluer et bénir les centaines de personnes qui l'attendaient.


Rencontre du Patriarche Cyrille et du Pape François à Cuba


Cité du Vatican, 13 février 2016 (VIS). Comme prévu, après douze heures de vol et avant d'entamer hier son voyage apostolique au Mexique, le Pape a fait halte à Cuba pour rencontrer à l'aéroport de La Havane le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie. Peu après 14 h heure locale (20 h heure de Rome), il a été accueilli par le Président Raul Castro, notamment accompagné par le Cardinal Jaime Ortega y Alamino, Archevêque de San Cristobal de la Havane.

Accompagné du Cardinal Kurt Koch, Président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, le Saint-Père agagné un salon de l'aéroport où l'attendait SS Cyrille, assisté par le Métropolite Hilarion, Président du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou. Avant d'accéder au Patriarcat 2009, Cyrille a notamment consacré en 2006 la première église orthodoxe russe à Rome, et en 2008 consacré la cathédrale orthodoxe russe de La Havane. Lors de son intronisation, le Saint-Siège avait été représenté par le Cardinal Walter Kasper, le prédécesseur du Cardinal Koch. Après deux heures d'intenses discussions, le Patriarche et le Pape se sont rendu dans le salon d'honneur pour signer une longue déclaration commune, qui reconnaît d'abord que catholiques et orthodoxes partagent la tradition spirituelle du premier millénaire chrétien, puis qui exprime l'espoir que, en dépit de leurs différences, cette rencontre historique contribue à la réalisation de l'unité voulue par le Christ. Le texte rappelle aussi que les chrétiens subissent des persécutions dans plusieurs régions du monde, et lance un appel à la communauté internationale afin de mettre fin à l'exode des chrétiens au proche et moyen Orient. Les signataires y expriment leur joie de la renaissance de la foi en Russie et dans les pays d'Europe de l'est se préoccupent du sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent aux portes des pays riches, mais aussi de la crise de la famille dans certains pays. Ils lancent un appel pour défendre le droit inaliénable à la vie et à la mission qui unit orthodoxes et catholiques, celle de prêcher l'Evangile partout dans le monde et de surmonter la division entre les croyants en Ukraine.

Après la signature, le Pape a prononcé un bref discours improvisé: ''Nous parlons en frères, nous avons le même baptême, nous sommes évêques. Nous parlons de nos Eglises, et convenons que l'unité se fait en marchant, en parlant clairement, sans demi-paroles. Durant notre entretien j'ai ressenti le réconfort de l'Esprit et apprécié l'humilité fraternelle de Sa Sainteté... Nous avons convenu d'une série d'initiatives qui, je le pense, sont viables. Je tiens donc à remercier, une fois de plus...Son Eminence le Métropolite Hilarion et Son Eminence le Cardinal Koch, ainsi que leurs collaborateurs... Un grand merci à Cuba, au peuple cubain et à son Président pour leur active disponibilité. Si cela continue, Cuba sera la capitale de l'unité!" Ensuite, le Patriarche Cyrille a déclaré qu'au-delà des difficultés qui demeurent entre catholiques et orthodoxes, la rencontre avec le Pape a été très importante et riche de contenu. Elle lui a donné l'occasion de mieux comprendre les positions catholiques et de mieux exprimer les siennes. Les deux Eglises peuvent coopérer pour défendre les chrétiens de par le monde, travailler ensemble de sorte qu'il n'y ait pas de guerre, pour que la vie humaine soit respectée et la morale renforcée à tous les niveaux de la société. La réunion s'est terminée par un échange de cadeaux. Le Pape a donné une relique de saint Cyrille et un calice au Patriarche de Moscou, lequel lui a donné offert une copie de l'Icône de Notre-Dame de Kazan.

Voici maintenant le texte de la Déclaration commune du Pape François et du Patriarche Cyrille: "La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous.

1.Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l’Esprit Saint Consolateur, nous, Pape François et Kirill, Patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd’hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l’histoire. Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se parler de vive voix, de cœur à cœur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.
2.Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. De cette île, symbole des espoirs du Nouveau Monde et des événements dramatiques de l’histoire du XX siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d’Amérique latine et des autres continents. Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l’Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l’expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d’un grand avenir pour cette région.
3.Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l’Ancien Monde, nous sentons avec une force particulière la nécessité d’un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l’espérance qui est en nous.
4.Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d’innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus semence de chrétiens.
5.Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d’un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l’explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes, Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur: Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous.
6.Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples. Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté.
7.Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l’Evangile du Christ et du patrimoine commun de l’Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d’époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.
8.Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du proche Orient et d’Afrique du nord, nos frères et sœurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d’autres pays du proche Orient, nous observons avec douleur l’exode massif des chrétiens de la terre d’où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d’autres communautés religieuses.
9.Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du proche Orient. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.
10.En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins. Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.
11.Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est le fruit de la justice, pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s’y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l’âme des innocents tués. Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu’elles fassent preuve de bonne volonté et s’asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l’aide d’actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu’ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l’Evangile de Notre Seigneur Jésus-Christ.
12.Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Evangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre: Très chers, dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse.
13.En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue inter-religieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d’actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix.
14.Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.
15.Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.
16.Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.
17.Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d’extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l’humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l’on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué.
18.Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que c'est qu’il y a de faible dans le monde que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort. Il a choisi ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est. Ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu.
19.La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.
20.La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.
21.Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu. Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général. Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.
22.Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre, mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.
23.Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez la lumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste. Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N’oubliez pas que vous avez été rachetés à un cher prix, au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus-Christ.
24.Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme. Nous ne sommes pas concurrents, mais frères. Et de cette conception doivent découler toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l’amour et à avoir les uns pour les autres la même aspiration. Il ne peut donc être question d’utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d’une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l’apôtre Paul: Je me suis fait un honneur d’annoncer l’Evangile là où le Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui.
25.Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’uniatisme du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.
26.Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d’innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.
27.Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d’Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.
28.Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, pour que le monde croie. Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité.
29.Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l’Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible: Sois sans crainte, petit troupeau, à vous le Père a trouvé bon de donner le Royaume. Le Christ est la source de la joie et de l’espérance. La foi en lui transfigure la vie de l’homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s’appliquer les paroles de l’apôtre Pierre: Vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le peuple de Dieu, qui n’obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde.

30.Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l’invoquant par les paroles de l’antique prière: Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu. Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu’ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité".

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 13 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Le P.Jacek Kicinski, CMF, Auxiliaire de l'Archevêque de Wroclaw (Pologne). L'Evêque élu, né en 1968 à Turek (Pologne), a prononcé ses voeux religieux en 1993 et a été ordonné prêtre en 1995. Docteur en théologie, il était jusqu'ici Vicaire épiscopal pour les religieux de ce même diocèse et professeur d'université. Il a occupé diverses fonctions au sein de son ordre.

Mgr.Ivan Jurkovic, Observateur permanent près les Instituions de l'ONU à Genève et près l'OMC. Il était jusqu'ici Nonce en Russie et Ouzbékistan.


Mgr.Peter Bryan Wells, Nonce apostolique au Lesotho et en Namibie, récemment nommé Nonce en Afrique du Sud et au Botswana.

vendredi 12 février 2016

Le Pape en route pour le Mexique


Cité du Vatican, 12 février 2016 (VIS). Peu avant 8 h heure de Rome, l'avion papal a décollé à destination de La Havane, escale avant que le Saint-Père n’entame sa XII visite pastorale internationale au Mexique. L'arrivée de l'avion à Cuba est prévu vers 20 h (14 heures locales). Trois heures seront alors réservées à la rencontre historique du Pape François et du Patriarche Cyrille de Moscou. En raison du voyage, le bulletin VIS sera diffusé demain 13 et dimanche 14 février.

Collecte pascale pour la Terre Sainte


Cité du Vatican, 12 février 2016 (VIS). Le Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales a adressé sa lettre annuelle (10 février) à l'épiscopat mondial en vue de la traditionnelle collecte du Vendredi Saint en faveur de la Terre Sainte. Le Vendredi Saint, écrit le Cardinal Leonardo Sandri, est le jour où le mal semble vaincu par l’Innocent" mort et ressuscité. Malheureusement la Terre-Sainte "continue à vivre un temps infini de violence. Si notre regard s’élargissait au monde entier, il ne réussirait pas à donner des ailes à l’espérance d’un futur serein. Le cœur de l’homme, inquiet et tourmenté, réclame lumière, vie, espérance. Il veut marcher avec les autres, il cherche la fraternité et veut se remettre en chemin, il a besoin de voir au-delà de ce qui l’entoure, une réalité plus grande et plus vraie: Le renouvellement éternel d’un salut déjà donné. La collecte du Vendredi Saint rallume en nous cette espérance" et fait que nous nous tournions vers la "Terre Sainte, Orient de notre rédemption. Là, sont nos racines, là, est notre cœur. Nous sommes débiteurs envers qui en est parti annoncer la foi au monde, débiteurs aussi envers qui y est demeuré, malgré les conflits qui tourmentent" cette région du monde. "Cette Terre appelle notre charité, depuis toujours et aujourd’hui avec plus d'insistance. Chaque personne qui y vit et travaille a besoin de nos prières et de notre aide matérielle... En cette année jubilaire, nous sommes plus que jamais encouragés à manifester notre miséricorde et notre proximité à nos frères du proche et moyen Orient. Les réfugiés, les personnes âgées, les enfants et les malades ont besoin de nous. Dans cette terre d’Orient, on est tué, on meurt, on est enlevé, on vit dans l’angoisse pour les êtres chers, on souffre quand la famille est dispersée par l’émigration et par les exodes. On expérimente la peur de l’abandon, de la solitude et de l’incompréhension: temps d’épreuves et de défis, temps du martyr. Et tout cela se répercute sur le devoir d’aider, de faire face aux urgences, de reconstruire, de trouver des espaces, de nouveaux modes et des lieux d’agrégation ainsi que d’assistance".


Outre Jérusalem, l'aire intéressée par les actions caritatives englobe tout Israël, les territoires palestiniens, Chypre, la Jordanie, la Syrie, le Liban, l'Egypte, la Turquie, l'Iran, l'Irak, l'Ethiopie et l'Erythrée. Est joint à la lettre du Cardinal Sandri aux évêques un document qui expose les réalisations opérées en 2015 par la Custodie de Terre Sainte grâce à la collecte précédente: bourses d'études, aides à l'artisanat, gestions de foyers, de centres de consultation familiale, de logements pour pauvres et jeunes, de dispensaires, remise en état et entretien d'églises et restauration de monuments religieux, aides aux paroisses, aux écoles et aux familles en difficulté, soutien aux activités culturelles et universitaires, et aux services sociaux et médicaux. L'année passée a été tout particulièrement attentive aux chrétiens de Syrie et du Liban en grande difficulté, qui ont été assistés financièrement, notamment pour des constructions ou reconstructions d'infrastructures communautaires.

Mercredi des Cendres


Cité du Vatican, 12 février 2016 (VIS). Hier après-midi, Mercredi des Cendres, le Pape François a célébrée en la Basilique vaticane la messe et présidé le rite de l'imposition des cendres, procédant également à l'envoi des Missionnaires de la Miséricorde pour le Jubilé, qui ont reçu le mandat d'absoudre les péchés réservés au siège apostolique. A l'homélie, il a tout d'abord rappelé que durant l'itinéraire quadragésimal, la Parole de Dieu nous porte à se réconcilier avec Dieu... Parce que le Christ connaît nos faiblesses...il sait combien nous avons besoin de pardon, de nous sentir aimés et de faire le bien. Or seuls nous ne pouvons pas. Ainsi l'apôtre nous demande non de faire quelque chose mais de nous laisser réconcilier avec Dieu", de lui permettre de nous pardonner, en reconnaissant notre besoin de sa miséricorde. "C'est là la première étape du cheminement chrétien, entrer par la porte ouverte qu'est le Christ...le Sauveur qui nous offre une vie nouvelle et heureuse''. Puis le Pape a mis en garde contre "la tentation de blinder nos portes, de nous enfermer avec nos péchés... pensant que nous ne sommes pas pire que les autres. Ainsi enfermés nous restons les prisonniers du mal''. Un autre danger réside dans ''la réticence à ouvrir la porte secrète de notre cœur'', alors que la honte est ''un bon signe, qui indique que nous voulons nous séparer du mal. Il ne faut jamais avoir peur''. Le troisième obstacle est de nous éloigner de la porte. ''C'est ce qui se passe quand nous nous cachons nos misères, lorsque nous broyons constamment du noir au point de sombrer... Alors nous tremblons et sommes plus faibles contre les tentations. Si nous restons seuls avec nous-mêmes, en verrouillant tout afin d'éviter la lumière, nous obscurcissons la grâce de Dieu qui seule libère''.


La deuxième invitation de Dieu, a ensuite rappelé le Saint-Père, vient du prophète Joël: Revenez à moi de tout votre cœur. Nous nous sommes éloignés à cause du péché. Nous nous sommes détournés de Dieu, des autres et de nous-mêmes... Et nous savons combien il nous est difficile de faire vraiment confiance à Dieu, de lui faire confiance comme Père... Combien il est difficile d'aimer les autres, et facile de penser du mal d'eux!... Séduits par tant de choses matérielles, nous finissons par devenir pauvres. Face au mystère du péché, Jésus a mis en route l'histoire du salut. L'Evangile qui ouvre le Carême nous invite à être des promoteurs" des trois remèdes au péché. Le premier est ''la prière, expression de l'ouverture et la confiance dans le Seigneur... Pour prier il faut reconnaître ne pas être auto-suffisants". J'ai besoin de toi Seigneur, qui êtes ma vie et mon salut. Le deuxième médicament est la "charité qui permet surmonter le sentiment d'étrangeté quand nous rencontrons l'autre. Le véritable amour n'est pas un acte externe, une condescendance: Donner quelque chose pour nous soulager la conscience, plutôt que d'accepter ceux qui ont besoin de notre temps, de notre amitié et de notre aide". Enfin, il y a ''le jeûne, la pénitence qui nous libère...de l'éphémère et...nous invite à la simplicité et au partage: Prenons une partie de ce qu'il y a sur notre table pour redécouvrir le vrai bien de la liberté, Revenez à moi, dit l'Eternel... Ne le faisons pas seulement par un acte extérieur, mais réalisons le au plus profond de nous-mêmes. Jésus nous appelle à vivre la prière, la charité et la pénitence avec cohérence et authenticité. Ainsi surmonterons nous l'hypocrisie. Le Carême est un temps de bénéfique pour lutter contre le mensonge, la mondanité, l'indifférence... Avoir un cœur pur et une vie purifiée signifie redécouvrir l'identité chrétienne, qui est l'amour qui sert, et non l'égoïsme qui se sert''.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 12 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Antonio Giuseppe Caiazzo, Archevêque de Matera - Irsina (superficie 2.095, population 142.748, catholiques 140.000, prêtres 92, religieux 90), en Italie. L'Evêque élu, né en 1956 à Isola Capo Rizzuto (Italie) et ordonné prêtre en 1981, était jusqu'ici vicaire épiscopal et curé de paroisse dans le diocèse de Crotone. Docteur en liturgie, il a été enseignant et membre de la commission liturgique de la Conférence épiscopale italienne, directeur du centre diocésain de liturgie puis des vocations, recteur d'un petit séminaire, membre du Presbyterium.

Mgr.Tomás Holub, Evêque de Plzen (superficie 9.236, population 853.700, catholiques 119.100, prêtres 92, diacres 6, religieux 67), en République tchèque. L'Evêque élu, né en 1967 à Jaromer (République tchèque) et ordonné prêtre en 1993, était jusqu'ici Secrétaire Général de la Conférence épiscopale tchèque et curé de paroisse. Il succède à Mgr.Frantisek Radkovsky, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Docteur en théologie, il a été aumônier militaire et vicaire général de diocèse.


mercredi 10 février 2016

Réunion de la Commission pour la protection des mineurs


Cité du Vatican, 6 février 2016 (VIS). Aujourd'hui s'est réunie la Commission pontificale pour la protection des mineurs pour débattre de ses actions et projets. Il a également été décidé que M.Peter Saunders, Membre de cette commission, prendrait un congé afin d'envisager comment mieux soutenir son travail.  

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 10 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé Mgr.Lauro Tisi, Archevêque métropolitain de Trente (superficie 6.212, population 530.308, catholiques 486.000, prêtres 587, diacres 28, religieux 726), en Italie. L'Evêque élu, né en 1962 à Giustino (Italie) et ordonné prêtre en 1987, était jusqu'ici Vicaire Général de ce même diocèse. Il succède à Mgr.Luigi Bressan, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Il a été Vice Recteur du séminaire diocésain, responsable diocésain des jeunes prêtres et père spirituel.

Nommé le P.Roberto Carboni, OFM.Conv, Evêque de Ales - Terralba (superficie 1.494, population 97.830, catholiques 97.580, prêtres 66, diacres 5, religieux 89), en Italie. L'Evêque élu, né en 1958 à Scano Montiferro (Italie), a émis ses voeux religieux en 1982 et a été ordonné prêtre en 1984. Il était jusqu'ici Secrétaire Général en charge de la formation des Frères Mineurs Conventuels. Licencié en psychologie, il a occupé diverses fonctions au sein de son ordre et a été missionnaire à Cuba. Il succède à Mgr.Giovanni Dettori, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Nommé Mgr.Renato Marangoni, Evêque de Belluno - Feltre (superficie 3.263, population 188.500, catholiques 188.300, prêtres 206, diacres 6, religieux 181), en Italie. L'Evêque élu, né en 1958 à Crespano del Grappa (Italie) et ordonné prêtre en 1983, était jusqu'ici Vicaire épiscopal pour ce même diocèse. Il succède à Mgr.Giuseppe Andrich, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Docteur en théologie, il a été aumônier universitaire, Vice Directeur du Collège Gregorianum de Parme, responsable diocésain de la formation permanente du clergé, Président de la commission pour la famille, Délégué à la pastorale, vicaire épiscopal et Membre du Presbyterium.


Accepté, pour limite d'âge, la renonciation de Mgr.Guido Fiandino, à l'office d'Auxiliaire de l'Archevêque de Turin (Italie).

Visite du Premier Ministre irakien


Cité du Vatican, 10 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Premier Ministre irakien Maydar Jawwad al-Abadi, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, accompagné de Mgr.Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les rapports avec les états: Après avoir évoqué leurs bonnes relations, les parties se sont penchées sur la vie de l'Eglise et la situation des chrétiens comme des autres minorités de l'Irak, en soulignant l'importance de leur présence et la nécessité d'en protéger les droits. Il a ensuite été question de la place du dialogue inter-religieux au sein de la société et de la responsabilité qu'ont les communautés religieuses dans la diffusion de la tolérance et de la paix civile. Les parties ont enfin souligné l'importance du processus de réconciliation en cours dans le pays entre ses diverses composantes, puis envisagé la question humanitaire qui intéresse l'Irak et toute la région.


Si le jubilé n'atteint pas nos poches, ce n'est pas un vrai jubilé.


Cité du Vatican, 10 février 2016 (VIS). Ce matin, au cours de l'audience générale, Place St.Pierre, le Saint-Père a consacré sa catéchèse au sens biblique du Jubilé. Il a expliqué que tous les cinquante ans, au jour de l'expiation, avait lieu un grand évènement de libération. Cela consistait en une sorte de rémission générale qui effaçait les dettes et permettait aux propriétaires débiteurs de récupérer leurs terres. L'idée centrale est que la terre appartient à Dieu et a été confiée aux hommes qui sont ses administrateurs. Le jubilé biblique était un vrai jubilé de la miséricorde qui avait pour fonction d'aider le peuple à vivre une fraternité concrète en cherchant, par une aide réciproque, le bien du frère nécessiteux. Il a ajouté que d'autres institutions, comme le versement de la dîme et les prémices, ou l'interdiction de prêter avec des intérêts disproportionnés, étaient aussi destinées à aider les pauvres, les orphelins et les veuves. Le message du jubilé biblique nous invite à construire une terre et une société basée sur la solidarité, le partage et la juste répartition des ressources. Le Saint-Père a souligné que si le Jubilé n'arrive pas à nos poches, ce n'est pas un vrai jubilé, et cela “est dans la Bible, ce n'est pas le Pape qui l'invente”, a-t-il poursuivi. “Nous sommes tous des hôtes du Seigneur, en attente de la patrie céleste, appelés à rendre habitable et humain le monde qui nous accueille. Et combien de prémices, le plus fortuné pourrait-il donner à celui qui est en difficulté! Les prémices, ne sont pas seulement des fruits des champs, mais de tout autre produit du travail, des salaires, des économies, de tant de choses que l'on possède et que l'on gaspille souvent. Cela arrive aussi aujourd'hui. En pensant à cela, l'Ecriture Sainte exhorte avec insistance à répondre généreusement aux demandes de prêts, sans faire de calculs mesquins et sans prétendre à des intérêts impossibles... Cet enseignement est toujours actuel. A combien de situations d'usure sommes-nous contraints d'assister -s'est exclamé le Pape- et combien de souffrance et d'angoisse apportent-elles aux familles! Et souvent, par désespoir, combien d'hommes finissent par se suicider parce qu'ils n'en peuvent plus, il n'ont plus d'espérance, ils n'ont pas de main ferme qui les aide, seulement la main qui leur demande de payer les intérêts! L'usure est un péché grave qui crie devant Dieu. Cependant le Seigneur a promis sa bénédiction à celui qui ouvre sa main pour donner largement. Il te donnera le double, peut-être pas en argent, mais en autre chose, mais le Seigneur te donnera toujours le double”. Avant de conclure, le Pape a rappelé que “si nous voulons la miséricorde, commençons par faire, nous, la miséricorde entre citoyens, dans les familles, les peuples et les continents. Contribuer à réaliser une terre sans pauvres, signifie construire une société sans discrimination, basée sur la solidarité qui conduit à partager ce que l'on possède, dans une distribution des ressources fondée sur la fraternité et la justice”.


Notre Dame de Lourdes et la Journée du malade


Cité du Vatican, 27 janvier 2016 (VIS). Au terme de sa catéchèse hebdomadaire, le Pape a rappelé que demain, mémoire liturgique de Notre Dame de Lourdes, est aussi la XXIV Journée mondiale du malade. Ayant consacré son message 2016 à la tendresse de Dieu et à l'immense bonté de Jésus miséricordieux qui se réfléchissent dans la sollicitude de Marie à Canna, il a invité à prier pour les malades et à les entourer d'amour, à être attentifs à leurs besoins les plus imperceptibles.

Message à la Prélature de Pompei


Cité du Vatican, 10 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir un message audio aux participants à l’initiative KeepLent (anagramme de: observe le Carême) du Service pastoral Jeunesse de la Prélature de Pompei (Italie), destinée à diffuser l'Evangile quarésimal sur les réseaux sociaux: Jésus dit à ses disciples de ne pas pratiquer leur justice hors de la vue des gens. Lorsque tu fais l'aumône, disait-il, ne sonne pas de la trompette car le Père qui voit dans le secret te récompensera. "La parole de Dieu donne une bonne orientation pour bien vivre le Carême. Quand nous faisons quelque chose de bien, nous sommes parfois tentés d'être félicités et de recevoir quelque récompense, voire la gloire humaine. Mais ce n'est alors qu'une fausse récompense... Jésus nous demande de faire le bien parce qu'il est bon. Il nous demande de se sentir toujours placés sous le regard du Père céleste et de vivre en union avec lui, et non par rapport au jugement des autres. Vivre à la présence du Père est une joie beaucoup plus profonde de la gloire mondaine. Notre attitude dans ce carême doit donc être de vivre dans le secret où le Père nous voit, nous aime, qui nous attend. Bien sûr, les choses extérieures sont importantes, mais il faut toujours faire un choix pour vivre en la présence de Dieu. Faisons donc devant Dieu tout notre possible par la prière, la mortification et la charité fraternelle. Ainsi, nous serons dignes de la récompense du Père. Bon Carême, que Notre-Dame de Pompéi vous accompagne, et s'il vous plaît priez pour moi".

Manifester la maternité de l'Eglise


Cité du Vatican, 10 février 2016 (VIS). Manifester la maternité de l'Eglise, être conscients du désir de pardon et de la honte dont on va se confesser et ne pas se servir du bâton du jugement, mais du manteau de la miséricorde, ont été les conseils donnés par le Pape hier après-midi, lors d'une audience aux missionnaires de la miséricorde, venus de tous les continents, et à qui il a conféré aujourd'hui, au cours de la messe du mercredi des Cendres, le mandat de missionnaires de la miséricorde dans le cadre du Jubilé. ''Je vous retrouve avec un grand plaisir, avant de vous donner le mandat d'être missionnaires de la miséricorde -leur a dit le Pape-. C'est un signe d'importance particulière parce qu'il caractérise le Jubilé, et permet à toutes les Eglises locales de vivre le mystère insondable de la miséricorde du Père. Etre missionnaire de la miséricorde est une responsabilité qui vous est confiée, parce qu'elle vous demande d'être, les premiers, les témoins de la proximité de Dieu et de sa façon d'aimer. Non pas notre façon, toujours limitée et parfois contradictoire, mais sa façon d'aimer et sa façon de pardonner, qui est justement la miséricorde''. Le Pape a ensuite rappelé aux missionnaires que dans leur ministère, ils étaient appelés à manifester la maternité de l'Eglise. ''L'Eglise est mère -a-t-il dit- parce qu'elle engendre toujours de nouveaux enfants dans la foi; l'Eglise est mère parce qu'elle nourrit la foi; et l'Eglise est aussi mère parce qu'elle offre le pardon de Dieu, régénéré à une vie nouvelle, fruit de la conversion. Nous ne pouvons pas courir le risque qu'un pénitent ne perçoive pas la présence maternelle de l'Eglise qui l'accueille et l'aime. Si cette perception diminue à cause de notre rigidité, ce serait un grave dommage, d'abord pour la foi, parce que cela empêcheraît le pénitent de se voir insérer dans le corps du Christ. En outre, cela limiterait beaucoup son sentiment d'appartenir à une communauté. Nous sommes, au contraire, appelés à être une expression vivante de l'Eglise qui, telle une mère, accueille qui s'approche d'elle, sachant que par elle, on est inséré dans le Christ. Quand on entre dans le confessionnal, rappelons-nous toujours que c'est le Christ qui nous accueille, que c'est le Christ qui nous écoute, que c'est le Christ qui nous pardonne, que c'est le Christ qui nous donne la paix. Nous sommes ses ministres, et nous avons, les premiers, besoin d'être pardonnés par lui. C'est pourquoi, quel que soit le péché qui nous est confessé, ou que la personne n'ose dire, mais qu'elle fait comprendre, et c'est suffisant, chaque missionnaire est appelé à se souvenir de sa propre existence de pécheur et à se faire humblement canal de la miséricorde de Dieu''.

Un autre aspect important est de savoir ''regarder le désir de pardon présent dans le cœur du pénitent. C'est un désir, fruit de la grâce et de son action dans la vie des personnes, qui permet de sentir la nostalgie de Dieu, de son amour et de sa maison. N'oublions pas qu'il y a justement ce désir au début de la conversion. Le cœur se tourne vers Dieu, reconnaissant le mal accompli, mais avec l'espérance d'obtenir le pardon. Et ce désir se renforce quand on décide dans son cœur de changer sa vie et de ne plus vouloir pécher. C'est le moment où l'on s'en remet à la miséricorde de Dieu et que l'on a pleinement confiance d'être compris par lui, pardonné et soutenu. Faisons de la place à ce désir de Dieu et de son pardon; faisons-le émerger comme véritable expression de la grâce de l'Esprit qui provoque la conversion du cœur''. Enfin, le Saint-Père a évoqué une composante dont on ne parle pas beaucoup, mais qui est toutefois déterminante: la honte. ''Il n'est pas facile de se présenter devant un autre homme, même sachant qu'il représente Dieu, et de confesser son péché. On éprouve de la honte pour ce que l'on a fait, et aussi de devoir le confesser à un autre'', a dit le Pape, soulignant que la Bible, dès ses premières pages, parle de la façon dont Adam et Eve, après avoir péché ont ressenti de la honte et se sont cachés de Dieu. Noé, également, considéré comme un homme juste, n'est pas sans péché. Son ébriété est un signe de sa faiblesse, au point de perdre sa dignité en se dénudant devant ses enfants, Sem et Jafet, qui cherchent aussitôt à le couvrir. ''Ce récit -a poursuivi le Pape- me fait comprendre combien notre rôle est important dans la confession. Face à nous, il y a une personne nue, et aussi une personne qui ne sait pas parler ni que dire, avec sa faiblesse et ses limites, avec la honte d'être un pécheur, et souvent de ne pas réussir à le dire. N'oublions pas: face à nous, ne se trouve pas le péché, mais le pécheur repenti... Une personne qui ressent le désir d'être acceptée et pardonnée... Nous ne sommes donc pas appelés à juger, dans une attitude de supériorité, comme si nous étions exempts du péché. Nous sommes, au contraire, appelés à agir comme Sem et Jafet..qui prirent un manteau pour protéger leur père de la honte. Etre confesseur selon le cœur du Christ équivaut à couvrir le pécheur du manteau de la miséricorde pour qu'il n'éprouve plus de honte, qu'il retrouve la joie de sa dignité filiale et qu'il puisse aussi savoir où elle se retrouve.''


C'est pourquoi, ''ce n'est pas avec le bâton de justice que nous réussirons à ramener la brebis égarée du troupeau, mais par la sainteté de vie qui est le principe de renouvellement et de réforme dans l'Eglise. La sainteté se nourrit d'amour et sait porter sur elle le poids de qui est plus faible. Un missionnaire de la miséricorde porte sur ses épaules le pécheur, et le console avec la force de la compassion... On peut faire beaucoup de mal, très mal à une âme, si on ne l'accueille pas avec un cœur de père, avec le cœur de la Mère Eglise. Il y a quelques mois -a ajouté le Pape- je parlais avec un sage cardinal de la Curie romaine des questions que certains prêtres faisaient dans la confession et il m'a dit: Quand une personne commence et que je vois qu'elle veut dire quelque chose, que je m'en aperçois et comprends, je lui dis: J'ai compris, sois tranquille. Ça c'est un père! Je vous accompagne dans cette aventure missionnaire -a conclu le Pape- en vous laissant comme exemple deux saints ministres du pardon de Dieu, saint Léopold et saint Pio... avec tous les autres prêtres qui dans leur vie ont témoigné de la miséricorde de Dieu. Ils vous aideront. Quand vous sentirez le poids des péchés que l'on vous a confessés et les limites de votre personne et de vos paroles, remettez-vous à la force de la miséricorde qui va à la rencontre de tous comme amour et qui ne connaît pas de limites. Et dites comme tant de saints confesseurs: Seigneur, moi je pardonne, met-le sur mon compte! Et continuez''.

Avis


Cité du Vatican, 10 février 2016 (VIS). Comme annoncé, en raison de l'anniversaire demain de la création de l'Etat de la Cité du Vatican en la fête de Notre Dame de Lourdes, le prochain bulletin VIS sera diffusé vendredi 12 février.
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