Cité
du Vatican, 16 septembre 2012 (VIS). Hier, avant le déjeuner avec
l'ensemble de l'épiscopat libanais et les membres du Conseil spécial
du Synode pour le Moyen Orient, Benoît XVI a tenu à s'adresser au
Patriarche arménien SB Nersés Bédros XIX Tamouni pour son
invitation: "La divine Providence a permis notre rencontre dans
ce couvent de Bzommar, si emblématique pour l’Eglise arménienne
catholique. Son fondateur, le moine Hagop, surnommé Méghabarde, le
pécheur, est pour nous un exemple de prière, de détachement des
biens matériels et de fidélité au Rédempteur. Il y a cinq
siècles, il a réalisé l’impression du Livre du Vendredi
établissant ainsi un pont entre l’orient et l’occident
chrétiens. A son école, nous pouvons apprendre le sens de la
mission, le courage de la vérité et la valeur de la fraternité
dans l’unité. Alors que nous nous apprêtons à refaire nos forces
par ce repas préparé avec amour et généreusement offert, le moine
Hagop nous rappelle aussi que la soif du spirituel et la quête de
l’au-delà doivent toujours habiter nos cœurs. Car ce n’est pas
de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la
bouche de Dieu... Par l’intercession des apôtres Barthélemy et
Thaddée, de saint Grégoire l’Illuminateur, demandons au Seigneur
de bénir la communauté arménienne durement éprouvée à travers
les âges et d’envoyer à sa moisson des ouvriers nombreux et
saints qui, à cause du Christ, soient capables de changer la face de
nos sociétés, de guérir les cœurs meurtris et de redonner
courage, force et espérance aux désespérés".
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dimanche 16 septembre 2012
ISLAM ET CHRISTIANISME COTE A COTE
Cité
du Vatican, 16 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père s'est rendu hier
dans l'après-midi non loin de Harissa, au palais patriarcal de
Bkerké, siège hivernal du Patriarche maronite. Après avoir été
accueilli par SB Béchara Boutros Raï, il s'est adressé à une
foule de jeunes venus du Liban et de toute la région: "Vous
vivez dans cette partie du monde qui a vu la naissance de Jésus et
le développement du christianisme. C’est un grand honneur! Et
c’est un appel à la fidélité, à l’amour de votre région et
surtout à être des témoins et des messagers de la joie du
Christ... Parmi les apôtres et les saints, beaucoup ont vécu à des
périodes troublées et leur foi a été la source de leur courage et
de leur témoignage. Puisez dans leur exemple et dans leur
intercession, l’inspiration et le soutien dont vous avez besoin...
Je connais les difficultés qui sont les vôtres dans la vie
quotidienne, à cause du manque de stabilité et de sécurité, de la
difficulté à trouver un travail ou encore du sentiment de solitude
et de marginalisation. Dans un monde en continuelle mutation, vous
êtes confrontés à de nombreux et graves défis. Même le chômage
et la précarité ne doivent pas vous inciter à goûter le miel amer
de l’émigration, avec le déracinement et la séparation pour un
avenir incertain. Il s’agit pour vous d’être des acteurs de
l’avenir de votre pays, et de remplir votre rôle dans la société
et dans l’Église".
Chers
jeunes, "vous avez une place privilégiée dans mon cœur et
dans l’Eglise tout entière car l’Eglise, qui est toujours jeune,
vous fait confiance... Elle a besoin de votre enthousiasme et de
votre créativité. La jeunesse est le moment où l’on aspire à de
grands idéaux, et la période où l’on étudie pour préparer un
métier et un avenir... Recherchez ce qui est beau, et ayez le goût
de faire ce qui est bien!... Ouvrez les portes de vos esprits et de
vos cœurs au Christ...qui vous dit: Je vous donne ma paix. Là est
la véritable révolution apportée par le Christ, celle de l’amour.
Les frustrations présentes ne doivent pas conduire à vous réfugier
dans des mondes parallèles comme ceux, entre autres, des drogues de
toutes sortes, ou celui de la tristesse de la pornographie. Quant aux
réseaux sociaux, ils sont intéressants mais peuvent, avec grande
facilité, vous entraîner à une dépendance et à la confusion
entre le réel et le virtuel. Recherchez et vivez des relations
riches d’amitié vraie et noble. Ayez des initiatives qui donnent
du sens et des racines à votre existence en luttant contre la
superficialité et la consommation facile... Recherchez de bons
maîtres, des maîtres spirituels, qui sachent vous indiquer le
chemin de la maturité en laissant l’illusoire, le clinquant et le
mensonge".
"Méditez
la Parole de Dieu en découvrant l’intérêt et l’actualité de
l’Evangile. Priez! La prière, les sacrements sont les moyens sûrs
et efficaces pour être chrétien et vivre « enracinés et fondés
dans le Christ...en qui tous les hommes sont nos frères. La
fraternité universelle qu’il a inaugurée sur la Croix revêt
d’une lumière éclatante et exigeante la révolution de l’amour.
Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Tel est le
testament de Jésus et le signe du chrétien... Si le Christ vous
invite à faire comme lui, à accueillir sans réserve l’autre,
même s’il est d’appartenance culturelle, religieuse, nationale
différente. Lui faire une place, le respecter, être bon envers lui,
rend toujours plus riche d’humanité et fort de la paix du
Seigneur... Vivre ensemble des moments d’amitié et de joie permet
de résister aux germes de division, toujours à combattre... Soyez
les messagers de l’Evangile de la vie et des valeurs de la vie.
Résistez courageusement à tout ce qui la nie : l’avortement, la
violence, le refus et le mépris de l’autre, l’injustice, la
guerre. Vous répandrez ainsi la paix autour de vous. Est-ce que ce
ne sont pas les agents de la paix que nous admirons finalement le
plus?... N’est-ce pas un monde de paix qu’au plus profond nous
voulons pour nous et pour les autres?... Découvrir en vérité le
pardon et la miséricorde de Dieu, permet toujours de repartir pour
une nouvelle vie. Il n’est pas facile de pardonner. Mais le pardon
de Dieu donne la force de la conversion, et la joie de pardonner à
son tour. Le pardon et la réconciliation sont des chemins de paix,
et ouvrent un avenir... Jeunes libanais, vous êtes l’espérance et
l’avenir de votre pays. Vous êtes le Liban, terre d’accueil, de
convivialité, avec cette faculté inouïe d’adaptation. Et en ce
moment, nous ne pouvons pas oublier ces millions de personnes qui
composent la diaspora libanaise et qui maintiennent des liens solides
avec leur pays d’origine". Jeunes du Liban, a conclu le
Saint-Père, "soyez accueillants et ouverts, comme le Christ
vous le demande et comme votre pays vous l’enseigne".
"Je
voudrais saluer maintenant les jeunes musulmans qui sont avec nous ce
soir. Je vous remercie pour votre présence qui est si importante.
Vous êtes avec les jeunes chrétiens l’avenir de ce merveilleux
pays et de l’ensemble du Moyen Orient. Cherchez à le construire
ensemble. Et lorsque vous serez adultes, continuez de vivre la
concorde dans l’unité avec les chrétiens. Car la beauté du Liban
se trouve dans cette belle symbiose. Il faut que l’ensemble du
Moyen Orient, en vous regardant, comprenne que les musulmans et les
chrétiens, l’Islam et la Chrétienté, peuvent vivre ensemble sans
haine dans le respect des croyances de chacun pour bâtir ensemble
une société libre et humaine. Je sais également qu’il y a parmi
nous des jeunes venus de Syrie, auxquels je tiens à dire combien
j’admire leur courage. Dites chez vous, à vos familles et à vos
amis, que le Pape ne vous oublie pas. Dites autours de vous que le
Pape est triste à cause de vos souffrances et de vos deuils. Il
n’oublie pas la Syrie dans ses prières et ses préoccupations. Il
n’oublie pas les moyen-orientaux qui souffrent. Il est temps que
musulmans et chrétiens s’unissent pour mettre fin à la violence
et aux guerres". Après ce discours, Benoît XVI a pénétré
dans le palais patriarcal pour saluer dans la chapelle les
patriarches catholiques du pays.
L'EXIGENCE DE SERVIR LA JUSTICE ET LA PAIX
Cité
du Vatican, 16 septembre 2012 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a
célébré une messe solennelle au Center
Waterfront du port touristique de Beyrouth
(Liban), bâti sur le remblai des ruines accumulées en ville par
vingt cinq ans de guerre civile. A son arrivée, le Maire lui a
offert symboliquement les clefs de la capitale. La messe, célébrée
en français, arabe et latin, s'est déroulée devant des milliers de
fidèles, en présence des autorités nationales et de 300 évêques
de tout le Proche Orient. Avant la remise de l’exhortation
apostolique post-synodale Ecclesia in Medio Oriente, Benoît XVI a
prononcé une homélie, dont la trame était l'Evangile du jour, dans
lequel Marc montre Jésus en route pour Césarée de Philippe,
demandant à ses disciples ce qu'ils pensent qu'il est:
"Le
moment choisi pour leur poser cette question n’est pas sans
signification. Jésus se trouve à un tournant déterminant de son
existence. Il monte vers Jérusalem, vers le lieu où va s’accomplir,
par la croix et la résurrection, l’événement central de notre
salut. C’est aussi à Jérusalem, qu’à l’issue de tous ces
événements, l'Eglise va naître". A la réponse donnée par
Pierre: Tu es le Messie, Jésus craint qu'on puisse se servir de
cette réponse pour susciter de faux espoirs temporels sur lui. Il ne
veut pas se laisser enfermer dans le personnage du libérateur humain
que beaucoup attendent. "En annonçant à ses disciples qu’il
devra souffrir, être mis à mort avant de ressusciter, Jésus veut
leur faire comprendre qui il est en réalité un Messie souffrant, un
Messie serviteur , et non un libérateur politique tout-puissant. Il
est le Serviteur obéissant à la volonté de son Père jusqu’à
l'offrande de sa vie. C’est ce qu’annonçait déjà le prophète
Isaïe dans la première lecture. Jésus va ainsi à l’encontre de
ce que beaucoup attendaient de lui. Son affirmation choque et
dérange. Et on entend la contestation de Pierre, qui lui fait des
reproches, refusant pour son maître la souffrance et la mort. Jésus
est sévère à son égard, et il fait comprendre que celui qui veut
être son disciple, doit accepter d’être serviteur, comme lui
s’est fait serviteur".
Suivre
Jésus, "c’est prendre sa croix pour l’accompagner sur un
chemin incommode qui n’est pas celui du pouvoir ou de la gloire
terrestre, mais celui qui conduit nécessairement à se renoncer
soi-même, à perdre sa vie pour le Christ et l’Evangile, afin de
la sauver. Car nous sommes assurés que ce chemin conduit à la
résurrection, à la vie véritable et définitive avec Dieu".
Accompagner le Christ exige une intimité toujours plus grande avec
lui, en se mettant à l’écoute attentive de s parole: "En
promulguant l’Année de la foi, qui doit commencer le 11 octobre
prochain, j’ai voulu -a précisé le Pape- que chaque fidèle
puisse s’engager avec décision sur le chemin de la conversion du
cœur. Tout au long de cette année, je vous encourage donc vivement
à approfondir votre réflexion sur la foi pour la rendre plus
consciente et pour fortifier votre adhésion au Christ Jésus et à
son Evangile". C'est là "un chemin d’espérance pour
tous. La gloire de Jésus se révèle au moment où, dans son
humanité, il se montre le plus faible, particulièrement lors de
l’Incarnation et sur la croix. C’est ainsi que Dieu manifeste son
amour, en se faisant serviteur, en se donnant à nous... C’est un
impératif pour l’Eglise de servir et pour les chrétiens d’être
de vrais serviteurs à l’image de Jésus. Le service est un élément
fondateur de l’identité des disciples du Christ... Ainsi, servir
la justice et la paix, dans un monde où la violence ne cesse
d’étendre son cortège de mort et de destruction, est une urgence
afin de s’engager pour une société fraternelle, pour bâtir la
communion! Je prie tout particulièrement le Seigneur de donner à
cette région du monde des serviteurs de la paix et de la
réconciliation pour que tous puissent vivre paisiblement et dans la
dignité. C’est un témoignage essentiel que les chrétiens doivent
rendre ici, en collaboration avec toutes les personnes de bonne
volonté. Je vous appelle tous à œuvrer pour la paix. Chacun à son
niveau et là où il se trouve. Le service doit encore être au cœur
de la vie de la communauté chrétienne elle-même. Tout ministère,
toute charge dans l’Eglise, sont d’abord un service de Dieu et
des frères. C’est cet esprit qui doit animer tous les baptisés,
les uns à l’égard des autres, notamment par un engagement
effectif auprès des plus pauvres, des marginalisés, de ceux qui
souffrent, pour que soit préservée la dignité inaliénable de
toute personne. Chers frères et sœurs qui souffrez dans votre corps
ou dans votre cœur, votre souffrance n’est pas vaine. Le Christ
serviteur se fait proche de tous ceux qui souffrent. Il est présent
auprès de vous. Puissiez-vous trouver sur votre route des frères et
des sœurs qui manifestent concrètement sa présence aimante qui ne
saurait vous abandonner. Soyez remplis d’espérance à cause du
Christ... Cherchez à devenir toujours plus conformes au Seigneur
Jésus, lui qui s’est fait le serviteur de tous pour la vie du
monde. Que Dieu bénisse le Liban, qu’il bénisse tous les peuples
de cette région bien-aimée du Moyen-Orient et leur fasse le don de
sa paix".
.
L'EVANGILE CONTINUE DE RESONNER AU PAYS DE JESUS
Cité
du Vatican, 16 septembre 2012 (VIS). La messe conclue, le Secrétaire
général du Synode des évêques, Mgr.Nikola Eterović, a invité le
Saint-Père à consigner l’exhortation apostolique post-synodale
Ecclesia in Medio Oriente aux représentants des Eglises
particulières du Proche et du Moyen Orient, ainsi qu'aux Présidents
des Conférences épiscopales de Turquie et d'Iran. Benoît XVI a dit
son voeu de voir ce document considéré comme "un guide pour
avancer sur les chemins multiformes et complexes où le Christ nous
précède. Puisse la communion dans la foi, l’espérance et la
charité être renforcées dans vos pays et dans chaque communauté
pour crédibiliser votre témoignage rendu au seul saint, le Dieu un
et trine, qui s’est fait proche de chaque personne. Chère Eglise
qui est au Moyen Orient, puise à la sève originelle du salut qui
s’est réalisé sur cette terre unique et aimée entre toutes.
Avance à la suite de tes pères dans la foi, eux qui ont ouvert, par
leur constance et leur fidélité, la voie de la réponse de
l’humanité à la Révélation. Trouve dans la splendide diversité
des saints qui ont fleuri chez toi les exemples et les intercesseurs
qui inspireront ta réponse à l’appel du Seigneur à marcher vers
la Jérusalem céleste, où Dieu essuiera toute larme de nos yeux.
Que la communion fraternelle soit un soutien dans la vie quotidienne
et le signe de la fraternité universelle que Jésus, premier-né
d’une multitude, est venu instaurer. Qu’ainsi, dans cette région
qui a vu ses gestes et recueilli ses paroles, l’Evangile continue
de résonner comme il y a 2000 ans et qu’il soit vécu aujourd’hui
et à jamais!".
.
POURQUOI TANT D'HORREURS?
Cité
du Vatican, 16 septembre 2012 (VIS). Après la remise de
l'exhortation apostolique, et avant la prière mariale conclusive,
Benoît XVI a invoqué Notre-Dame du Liban, autour de laquelle se
retrouvent chrétiens et musulmans: "Demandons à Marie
d’intercéder auprès de son divin Fils...tout particulièrement
pour les habitants de la Syrie et des pays voisins... Vous connaissez
bien la tragédie des conflits et de la violence qui génèrent tant
de souffrances. Malheureusement, le fracas des armes continue de se
faire entendre, ainsi que le cri des veuves et des orphelins! La
violence et la haine envahissent les vies, et les femmes et les
enfants en sont les premières victimes. Pourquoi tant d’horreurs?
Pourquoi tant de morts? J’en appelle à la communauté
internationale. J’en appelle aux pays arabes afin qu’en frères,
ils proposent des solutions viables qui respectent la dignité de
chaque personne, ses droits et sa religion! Qui veut construire la
paix doit cesser de voir dans l’autre un mal à éliminer. Il n’est
pas facile de voir dans l’autre une personne à respecter et à
aimer, et pourtant il le faut, si on désire construire la paix, si
on veut la fraternité. Puisse Dieu concéder à votre pays, à la
Syrie et au Moyen Orient tout entier le don de la paix des cœurs, le
silence des armes et l’arrêt de toute violence. Puissent les
hommes comprendre qu’ils sont tous frères. Marie, qui est notre
Mère, comprend notre souci et nos espoirs. Avec les patriarches et
les évêques ici présents, je place le Moyen Orient tout entier
sous sa maternelle protection. Puissions-nous, avec l’aide de Dieu,
nous convertir pour travailler avec ardeur à l’établissement de
la paix nécessaire pour une vie harmonieuse entre frères, quelles
que soient les origines et les convictions religieuses".
.
samedi 15 septembre 2012
LA FOI ADMIRABLE DES CHRETIENS DU MOYEN ORIENT
Cité
du Vatican, 15 septembre 2012 (VIS). Hier après-midi, le Pape s'est
rendu en la basilique melkite de St-Paul de Harissa, pour y signer
l'exhortation apostolique post-synodale Ecclesia
in Medio Oriente. Cette église est flanquée d'un grand séminaire,
d'un collège supérieur arabe d'étude de l'Ecriture et des textes
du magistère et, depuis 1909 de la société rénovée des
Missionnaires de saint Paul. Après l'accueil de SB le Patriarche
Gregorios III Laham, le chant byzantin d'entrée et la vénération
des icônes, une présentation du Secrétaire général du Synode des
évêques Mgr.Nikola Eterović, un chant maronite et les lectures du
jour, Benoît XVI a salué les divers patriarches et les évêques
orientaux comme latins, ainsi que les délégations orthodoxe,
musulmane et druze, celles du monde de la culture et de la société
civile. Il a salué affectueusement la communauté melkite dont la
"présence solennise la signature de l’exhortation
apostolique, et témoigne que ce document, destiné à l’Eglise
universelle, revêt une importance particulière pour l’ensemble du
Moyen Orient... La juste coexistence entre islam et christianisme,
deux religions qui ont développé de grandes cultures, est une
originalité du Liban. On ne peut que se réjouir d'une réalité
socio-politique et religieuse qu'il faut raviver. C'est le voeu que
je confie à tous les responsables de ce pays".
Il
est providentiel, a poursuivi le Pape, "que cet acte ait lieu le
jour même de la fête de la Croix glorieuse, dont la célébration
est née en Orient en 335, au lendemain de la dédicace de la
Basilique de la Résurrection construite sur le Golgotha et le Saint
Sépulcre, par l’empereur Constantin-le-Grand, que vous vénérez
comme un saint. Dans un mois sera fêté le 1.700 anniversaire de
l’apparition qui lui fit voir dans la nuit symbolique de son
incroyance, le chrisme flamboyant, tandis qu’une voix lui disait:
Par ce signe, tu vaincras!... Il me semble que l’exhortation
post-synodale peut être lue et interprétée à la lumière de la
fête de la Ste.Croix, et plus particulièrement à la lumière du
chrisme, le X et le P, des deux premières lettres du mot Χριστός.
Une telle lecture conduit à une véritable redécouverte de
l’identité du baptisé et de l’Eglise, et elle constitue en même
temps comme un appel au témoignage dans et par la communion. La
communion et le témoignage chrétiens ne sont-ils pas fondés sur le
mystère pascal, sur la crucifixion, la mort et la résurrection du
Christ? N’y trouvent-ils pas leur accomplissement plénier? Il
existe un lien inséparable entre la Croix et la Résurrection qui ne
peut pas être oublié par le chrétien. Sans ce lien, exalter la
Croix signifierait justifier la souffrance et la mort pour ne voir en
eux qu’une fin fatale. Pour un chrétien, exalter la Croix veut
dire communier à la totalité de l’amour inconditionnel de Dieu
pour l’homme. C’est poser un acte de foi. Exalter la croix, dans
la perspective de la Résurrection, c’est désirer vivre et
manifester la totalité de cet amour. C’est poser un acte d’amour !
Exalter la Croix conduit à s’engager à être des hérauts de la
communion fraternelle et ecclésiale, source du véritable témoignage
chrétien. C’est poser un acte d’espérance! En se penchant sur
la situation des Eglises du Moyen Orient, les Pères synodaux ont pu
réfléchir sur les joies et les peines,
les craintes et les espoirs des disciples du Christ vivant en ces
lieux. Toute l’Eglise a pu ainsi entendre le cri anxieux et
percevoir le regard désespéré de tant d’hommes et de femmes qui
se trouvent dans des situations humaines et matérielles délicates.
Ces personnes, qui vivent de fortes tensions dans la peur et
l’inquiétude, veulent suivre le Christ qui donne sens à leur
existence. Mais ils s’en trouvent souvent empêchés...
Chers chrétiens du Moyen Orient, comment ne pas
louer Dieu pour votre courage dans la foi? Comment ne pas le
remercier pour la flamme de son amour infini que vous continuez à
maintenir vive et ardente en ces lieux qui ont été les premiers à
accueillir son Fils incarné? Comment ne pas lui chanter notre
reconnaissance pour les élans de communion ecclésiale et
fraternelle, pour la solidarité humaine sans cesse manifestée
envers tous les enfants de Dieu?".
Ecclesia
in Medio Oriente, a ajouté Benoît XVI, "permet
de repenser le présent pour envisager l’avenir avec le regard même
du Christ. Par ses orientations bibliques et pastorales, par son
invitation à un approfondissement spirituel et ecclésiologique, par
le renouveau liturgique et catéchétique préconisés, par ses
appels au dialogue, elle veut tracer un
chemin pour retrouver l’essentiel. Suivre le Christ dans un
contexte difficile et quelquefois douloureux pourrait faire naître
la tentation d’ignorer ou d’oublier la Croix glorieuse. C’est
justement maintenant qu’il faut célébrer la victoire de l’amour
sur la haine, celle du pardon sur la vengeance, celle du service sur
la domination, celle de l’humilité sur l’orgueil, celle de
l’unité sur la division. A la lumière de la fête d’aujourd’hui
et en vue d’une application fructueuse de l’exhortation, je vous
invite tous à ne pas avoir peur, à demeurer dans la vérité et à
cultiver la pureté de la foi. Tel est le langage de la Croix
glorieuse, telle est la folie de la Croix, qui est de convertir nos
souffrances en cri d’amour envers Dieu mais aussi de miséricorde
envers le prochain, de savoir aussi transformer des êtres attaqués
et blessés dans leur foi et leur identité, en vases d’argile
prêts à être comblés par l’abondance des dons divins plus
précieux que l’or. Il ne s’agit pas là d’un langage purement
allégorique, mais d’un appel pressant à poser des actes concrets
qui configurent toujours davantage au Christ, des actes qui aident
les différentes Eglises à refléter la beauté de la première
communauté des croyants... Ecclesia in Medio Oriente offre des
éléments qui peuvent aider à un examen de conscience personnel et
communautaire, à une évaluation objective de l’engagement et du
désir de sainteté de chaque disciple du Christ. L’exhortation
ouvre au véritable dialogue inter-religieux basé sur la foi au Dieu
Un et Créateur. Elle veut aussi contribuer à un œcuménisme plein
de ferveur humaine, spirituelle et caritative, dans la vérité et
l’amour évangéliques... Dans toutes ses composantes,
l’exhortation voudrait aider chaque disciple du Seigneur à vivre
pleinement et à transmettre réellement ce qu’il est devenu par le
baptême...à devenir un être illuminé par Dieu, une lampe nouvelle
dans l’obscurité troublante du monde...afin que dans des ténèbres
resplendissent la lumière. Ce document veut contribuer à dépouiller
la foi de ce qui l’enlaidit, de tout ce qui peut obscurcir la
splendeur de la lumière du Christ. La communion est alors une
adhésion véritable au Christ, et le témoignage est un rayonnement
du mystère pascal qui donne un sens plénier à la Croix
glorieuse... Sois sans crainte, petit troupeau et souviens-toi
de la promesse faite à Constantin: Par ce signe, tu vaincras!
Eglises au Moyen Orient, soyez sans crainte, car le Seigneur est
vraiment avec vous jusqu’à la fin du monde. Soyez sans crainte,
car l’Eglise universelle vous accompagne par sa proximité humaine
et spirituelle. C’est dans ces sentiments d’espérance et
d’encouragement à être des protagonistes actifs de la foi par la
communion et le témoignage, que dimanche je confierai l’exhortation
post-synodale Ecclesia in Medio Oriente à mes vénérés frères les
patriarches, les archevêques et évêques, à tous les prêtres, aux
diacres, aux religieux et aux religieuses, aux séminaristes et aux
fidèles laïcs. Gardez courage! Par l’intercession de la Vierge
Marie, la Theotókos, j’invoque avec grande affection l’abondance
des dons divins sur vous tous. Puisse Dieu accorder à tous les
peuples du Moyen Orient de vivre dans la paix, la fraternité et la
liberté religieuse!".
SYNTHESE DE "ECCLESIA IN MEDIO ORIENTE"
Cité
du Vatican, 15 septembre 2012 (VIS). Voici la synthèse de
l'exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Medio Oriente,
rendue publique hier après-midi à Beyrouth (Liban). Il s'agit du
document élaboré par Benoît XVI sur la base des 44 propositions
finales du Synode spécial pour le Moyen Orient qui s’est déroulé
au Vatican du 10 au 26 octobre 2010 (L’Eglise catholique au Moyen
Orient. Communion et témoignage. La multitude de ceux qui étaient
devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme). Le texte est
divisé en trois parties, plus une introduction et une conclusion.
"INTRODUCTION
L’exhortation
invite l’Eglise catholique au Moyen Orient à revivifier la
communion en son sein, en regardant aux “fidèles natifs” qui
appartiennent aux Eglises orientales catholiques sui iuris et en
s’ouvrant au dialogue avec les juifs et les musulmans. Il s’agit
d’une communion, d’une unité à rejoindre dans la diversité des
contextes géographiques, religieux, culturels et socio-politiques du
Moyen Orient. En même temps, Benoît XVI renouvelle son appel à
conserver le patrimoine religieux et les rites des Eglises
orientales, trésors pour l’ensemble de l’Eglise du Christ.
PREMIERE
PARTIE
Le
Contexte. Avant tout, le Pape invite à ne pas oublier les chrétiens
qui vivent au Moyen Orient et qui apportent une contribution noble et
authentique à la construction du Corps mystique du Christ. Puis, en
décrivant la situation de la région et des peuples qui y vivent, il
évoque tant de drames, avec tant de morts, victimes de l’aveuglement
humain, mais aussi la peur et les humiliations, comme s’il
n’existait aucun frein au crime de Caïn. Sans entrer dans les
détails, le texte rappelle que les positions du Saint-Siège
concernant les différents conflits dans la région et le statut de
Jérusalem et des Lieux Saints sont largement connues. Il lance
enfin un appel à la conversion, à la paix, comprise non comme une
simple absence de conflit mais comme une paix intérieure liée à la
justice, au dépassement de toutes les distinctions de race, de sexe
et de classe, afin que le pardon soit vécu dans le contexte privé
et communautaire.
La
vie chrétienne et l'œcuménisme. Ce chapitre est un appel en faveur
de l’unité œcuménique, qui n’est pas l’uniformité des
traditions et des célébrations. Dans un contexte politique
difficile, instable et actuellement enclin à la violence comme celui
du Moyen Orient, l’Eglise s’est développée de façon
multiforme, avec des communautés de tradition antique et d'autres
plus récentes. Il s’agit d’une mosaïque qui requiert un effort
considérable afin de renforcer le témoignage chrétien. Dans le
sillage du Concile Vatican II, le Pape invite à l’œcuménisme
spirituel, à une communion comprise non comme une confusion, mais
comme une reconnaissance et un respect de l’autre. En même temps,
l’exhortation souligne l’importance du travail théologique,
aussi bien des différentes commissions œcuméniques que des
communautés ecclésiales, afin qu'en ligne avec la doctrine de
l’Eglise elles parlent d’une seule voix au sujet des grandes
questions morales (famille, sexualité, bioéthique, liberté,
justice et paix). L’œcuménisme diaconal est également important,
aussi bien au niveau caritatif qu’éducatif. Figurent ensuite
quelques propositions pour une pastorale œcuménique d’ensemble.
Parmi celles-ci, il y a l’application de l’ouverture conciliaire
vers un certaine Communicatio in sacris (à savoir la possibilité
pour les chrétiens d’accéder aux sacrements dans une Eglise
différente de la leur) pour les sacrements de la pénitence, de
l’eucharistie et de l’onction des infirmes. Le Pape se dit, en
outre, certain de pouvoir trouver un accord sur une traduction
commune du Pater dans les langues locales de la région.
Le
dialogue interreligieux. En rappelant les liens historiques et
spirituels que les chrétiens ont avec les juifs et les musulmans,
l’exhortation rappelle que le dialogue interreligieux...n’est pas
tant celui qui est dicté par des considérations pragmatiques
d’ordre politique ou social, mais se base avant tout sur les
fondements théologiques de la foi: juifs, chrétiens et musulmans
croient en un Dieu unique et le souhait est donc qu’ils puissent
reconnaître dans un autre croyant un frère à aimer et à
respecter, en évitant une instrumentalisation de la religion pour
des conflits injustifiables pour un croyant authentique. En ce qui
concerne, en particulier, le dialogue judéo-chrétien, le Pape
rappelle le patrimoine spirituel commun, fondé sur la Bible, qui
ramène aux “racines judaïques du christianisme. Il invite les
chrétiens à prendre conscience du mystère de l’Incarnation de
Dieu et condamne les injustifiables persécutions du passé. Pour les
musulmans, Benoît XVI emploie la Parole “estime” et ajoute “dans
la fidélité à l’enseignement du Concile Vatican II”; il
regrette, toutefois, le fait que les différences doctrinales aient
servi de prétexte aux uns et aux autres pour justifier, au nom de la
religion, des pratiques d’intolérance, de discrimination, de
marginalisation et de persécution. L’exhortation met ensuite en
évidence le fait que la présence des chrétiens au Moyen Orient
n’est ni nouvelle ni fortuite, mais historique. Partie intégrante
de la région, ils ont entamé une symbiose particulière avec la
culture environnante et, avec les juifs et les musulmans, ils ont
contribué à la formation d’une culture riche, propre à cette
région du monde.
En
ce qui concerne les catholiques de la région, le texte met en
évidence que ces derniers, citoyens natifs du Moyen Orient, ont le
droit et le devoir de participer pleinement à la vie civile et ne
doivent pas être traités comme des citoyens de seconde classe. Le
Pape affirme que la liberté religieuse, somme de toutes les
libertés, sacrée et inaliénable, inclut la liberté de choisir la
religion que l’on considère comme véritable et de manifester
publiquement son propre credo et ses symboles, sans pour autant
mettre en danger sa propre vie et sa propre liberté personnelle.
Dans le domaine religieux, la force et les contraintes sont
inadmissibles. D’où l’invitation à passer de la tolérance à
la liberté religieuse, ce qui n’implique pas une porte ouverte au
syncrétisme, mais une reconsidération du rapport anthropologique
avec la religion et avec Dieu.
Deux
nouvelles réalités: L’exhortation met l’accent sur la laïcité,
avec ses formes parfois extrêmes, et sur le fondamentalisme violent
qui revendique une origine religieuse. La laïcité dans sa forme
extrême devient sécularisme, refuse au citoyen le droit à
l’expression publique de sa propre religion et prétend que seul
l’État peut réglementer cet aspect. Il s’agit d’anciennes
théories, qui ne sont plus exclusivement occidentales, et ne sont
pas non plus à confondre avec le christianisme. La laïcité saine
implique au contraire une distinction et une collaboration entre la
politique et la religion, dans un respect réciproque. Elle garantit
à la politique de pouvoir œuvrer sans exploiter la religion, et à
la religion de pouvoir vivre sans les lourdeurs des intérêts
politiques. Le fondamentalisme religieux, qui grandit dans un climat
d’incertitude socio-politique, grâce à des manipulations et à
une insuffisante compréhension de la religion de la part de
certains, veut prendre le pouvoir, parfois avec la violence, sur la
conscience des personnes et sur la religion, pour des raisons
politiques. C’est pour cela que le Pape lance un appel urgent à
tous les responsables religieux du Moyen Orient, afin qu’ils
tentent, par tous les moyens d'éradiquer une menace qui touche sans
distinction les croyants de toutes les religions.
Les
migrants: Le Pape affronte une question cruciale, à savoir celle de
l’exode des chrétiens (une vraie hémorragie), qui se trouvent
dans une position délicate, parfois sans espoir, et ressentent des
conséquences négatives des conflits, se sentant parfois humiliés,
malgré leur participation au cours des siècles à la construction
des pays respectifs. Un Moyen Orient sans ou avec peu de chrétiens
n’est plus le Moyen Orient. C’est pour cela que le Pape demande
aux dirigeants politiques et aux responsables religieux d’éviter
des politiques et des stratégies tendant à une région monochrome,
qui ne reflète pas sa réalité humaine et historique. Benoît XVI
invite ensuite les pasteurs des Eglises orientales catholiques à
aider leurs prêtres et leurs fidèles dans la diaspora à rester en
contact avec leurs familles et leurs Eglises, et exhorte les pasteurs
des circonscriptions ecclésiastiques qui recueillent les catholiques
orientaux à leur donner la possibilité de célébrer chacun selon
leur propre tradition. Le chapitre affronte également la question
des travailleurs immigrés, souvent des catholiques de rite latin, en
provenance d’Afrique, d’Extrême Orient et du sous-continent
indien, qui font trop souvent l’expérience de situations de
discrimination et d’injustice. L’appel aux gouvernements des pays
d’accueil afin qu’ils respectent et défendent les droits de ces
migrants est donc tout à fait central.
DEUXIEME
PARTIE
Cette
partie s’adresse à certaines des principales catégories
constitutives de l’Eglise catholique:
Les
patriarches orientaux: Responsables des Eglises sui iuris, en union
parfaite avec l’Evêque de Rome, ils rendent tangible
l’universalité et l’unité de l’Eglise et, en signe de
communion, ils sauront renforcer l’union et la solidarité dans le
cadre du Conseil des Patriarches catholiques d’Orient et des
Synodes patriarcaux, en privilégiant toujours la concertation en ce
qui concerne les questions fondamentales pour l’Eglise.
Les
évêques: signe visible de l’unité dans la diversité de l’Eglise
comprise comme corps dont le Christ est le chef, ils sont les
premiers à être envoyés dans toutes les nations afin de faire des
disciples. Ils doivent annoncer avec courage et défendre avec
fermeté l’intégrité et l’unité de la foi, dans ces situations
difficiles qui ne font malheureusement jamais défaut au Moyen
Orient. Les évêques sont aussi invités à une gestion saine,
honnête et transparente des biens temporaires de l’Eglise et, à
ce propos, le Pape rappelle que les pères synodaux ont demandé une
sérieuse révision des finances et des biens, afin d’éviter toute
confusion, entre les biens personnels et ceux de l’Eglise. Les
évêques devront, en outre, veiller afin d’assurer aux prêtres un
juste soutien, afin qu’ils ne se perdent pas en questions
matérielles. L’aliénation des biens de l’Église doit
strictement respecter les normes canoniques et les dispositions
pontificales en vigueur. Il encourage enfin les évêques à soigner,
dans le sens pastoral du terme, tous les fidèles chrétiens,
indépendamment de leur nationalité ou de leur origine ecclésiale.
Les
prêtres et séminaristes: Le document rappelle que les prêtres
doivent éduquer le Peuple de Dieu à la construction d’une
civilisation de l’amour évangélique et de l’unité, et cela
exige une transmission approfondie de la Parole de Dieu, de la
tradition et de la doctrine de l’Eglise, tout comme un renouveau
intellectuel et spirituel de ces mêmes prêtres. Dans cette optique,
le célibat, don inestimable de Dieu à l’Eglise, est aussi
important que le ministère des prêtres mariés de la tradition
orientale. En tant que serviteurs de la communion, les prêtres et
les séminaristes doivent offrir un témoignage courageux et privé
de toute ombre, ils doivent avoir une conduite irréprochable, et
doivent s’ouvrir à la diversité culturelle de leurs Eglises (en
apprenant, par exemple, leurs langues et leurs cultures), ainsi qu’à
la diversité ecclésiale et au dialogue œcuménique et
inter-religieux.
La
vie consacrée: Le monachisme, dans ses différentes formes, qui est
né au Moyen Orient et à la base de certaines Eglises sui iuris...
Quel que soit le statut canonique de leurs congrégations
religieuses, les consacrés devront, en outre, collaborer avec
l’évêque dans l’activité pastorale et missionnaire. Ils sont
ensuite invités à méditer et à observer les conseils évangéliques
(chasteté, pauvreté et obéissance). Il ne peut y avoir de
régénération spirituelle, des fidèles, des communautés et de
l’Eglise toute entière, sans un clair et net retour à la
recherche de Dieu.
Les
laïcs: En tant que membres du Corps du Christ grâce au baptême, et
donc pleinement associés à la mission de l’Église universelle,
le Pape confie aux laïcs le devoir de promouvoir – dans le domaine
temporel qui leur est propre – une saine gestion des biens publics,
la liberté religieuse et le respect de la dignité de chacun. Ils
sont également invités à faire preuve d’audace dans la cause du
Christ. Afin que leur témoignage porte véritablement ses fruits,
les laïcs devront toutefois surpasser les divisions et toutes les
interprétations subjectives de la vie chrétienne.
La
famille: Institution divine fondée sur le sacrement indissoluble du
mariage entre un homme et une femme (l’amour conjugal est le projet
patient de toute une vie), la famille est aujourd’hui exposée à
de nombreux dangers... La famille chrétienne doit être soutenue
dans ses problèmes et dans ses difficultés, et elle doit examiner
son identité la plus profonde, afin qu’elle soit avant tout Eglise
domestique qui éduque à la prière et à la foi, pépinière de
vocations, école naturelle de vertus et de valeurs éthiques,
cellule base de la société. L’exhortation donne amplement
d’espace à la question de la femme au Moyen Orient et à la
nécessité qu’il y ait une égalité avec l’homme, face aux
discriminations qu’elle doit subir et qui offensent gravement non
seulement la femme elle-même, mais aussi et surtout Dieu. Le Pape
affirme que les femmes doivent s’efforcer de participer à la vie
publique et ecclésiale. Concernant les différents d’ordre
juridique dans les matières matrimoniales, la voix de la femme doit
être écoutée sur un pied d’égalité avec celle de l’homme,
sans injustices. Pour cela encourage-t-il une application plus saine
et plus juste du droit, afin que les différences juridiques
relatives aux matières matrimoniales ne conduisent pas à
l’apostasie. Enfin, les chrétiens du Moyen Orient doivent pouvoir
appliquer, aussi bien dans le mariage qu’ailleurs, leur propre
droit, sans restriction aucune.
Les
enfants et les adolescents: le Pape les exhorte à ne pas avoir peur
ou honte d’être chrétiens, à respecter les autres croyants,
juifs et musulmans, à cultiver toujours à travers la prière la
véritable amitié avec Jésus, en aimant le Christ et l’Eglise. De
cette façon, ils pourront discerner avec sagesse les valeurs de la
modernité utiles à leur réalisation, sans se laisser séduire par
le matérialisme ou par des social network dont l’usage incontrôlé
peut mutiler la véritable nature des relations humaines. Pour les
enfants, en particulier, le texte fait appel aux parents, aux
éducateurs, aux formateurs et aux institutions publiques afin que
tous reconnaissent les droits des mineurs, à partir de leur
conception.
TROISIEME
PARTIE
La
Parole de Dieu, âme et source de communion et témoignage: Après
avoir exprimé sa reconnaissance aux écoles exégétiques
d’Alexandrie, d’Antioche qui ont contribué à la formulation
dogmatique du mystère chrétien du IV et du V siècle, l’exhortation
recommande une véritable pastorale biblique afin de dissiper des
préjudices ou des idées erronés qui causent d’inutiles, voire
d’humiliants conflits. D’où la suggestion de proclamer une Année
biblique, selon les conditions pastorales de chaque pays de la
région, qui serait suivie à l’occasion par une Semaine annuelle
de la Bible. En retrouvant la sève des origines et dans la séquelle
des disciples du Christ, la présence chrétienne dans les pays
bibliques qui va bien au-delà d’une appartenance sociologique ou
d’une simple réussite économique et culturelle, prendra un nouvel
élan.
La
liturgie et la vie sacramentelle: Pour les fidèles du Moyen Orient,
la liturgie est un élément essentiel de l’unité spirituelle et
de la communion. Lorsqu'il est nécessaire, le renouvellement des
célébrations et des textes liturgiques doit être fondé sur la
Parole de Dieu et réalisé en collaboration avec les Eglises
co-dépositaires de ces mêmes traditions. L’invitation à examiner
l’importance du baptême, qui permet à ceux qui le reçoivent de
vivre en communion et de développer une véritable solidarité avec
les autres membres de la famille humaine, sans discriminations
fondées sur la race ou sur la religion, est centrale. Dans cette
optique, le Pape espère un accord œcuménique sur la reconnaissance
réciproque du baptême entre l’Eglise catholique et les Eglises
avec lesquelles elle est en dialogue théologique, afin de restaurer
ainsi la pleine communion dans la foi apostolique. Le document espère
également une pratique plus fréquente du sacrement du pardon et de
la réconciliation et exhorte les pasteurs et les fidèles à
promouvoir des initiatives de paix, même au milieu des persécutions.
La
prière et les pèlerinages: ... Le Moyen Orient est un espace
privilégié de pèlerinage pour de nombreux chrétiens qui peuvent y
consolider leur foi et vivre une expérience profondément
spirituelle. Le Pape demande que les fidèles puissent avoir libre
accès, sans restrictions, aux Lieux Saints. Il est également
essentiel que le pèlerinage biblique d’aujourd’hui revienne à
ses initiales motivations: un chemin pénitentiel, à la recherche de
Dieu.
L'évangélisation
et la charité: Ce sont des missions de l’Eglise, et l'exhortation
souligne que la transmission de la foi est une mission essentielle de
l’Eglise. D’où l’invitation du Pape à une nouvelle
évangélisation qui, dans le contexte contemporain, marqué par des
changements, rende le fidèle conscient de son témoignage de vie,
Elle renforce son message lorsqu’elle parle de Dieu de façon
courageuse et ouverte, pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut. En
particulier, au Moyen Orient, l’approfondissement du sens
théologique et pastoral de l’évangélisation devra examiner deux
dimensions, celle œcuménique et celle inter-religieuse. Concernant
les mouvements et les communautés ecclésiales, le Pape les
encourage à agir en union avec leurs évêques et selon ses
directives pastorales, en tenant compte de l’histoire, de la
liturgie, de la spiritualité et de la culture locale, sans confusion
ni prosélytisme. L’Eglise catholique du Moyen Orient est ainsi
invitée à renouveler son esprit missionnaire, un défi plus urgent
que jamais dans un contexte multi-culturel et pluri-religieux. Une
forte impulsion, en ce sens, pourra dériver de l’Année de la foi.
Concernant la charité, le texte rappelle que l’Eglise doit suivre
l’exemple du Christ qui s’est fait proche des plus faibles: les
orphelins, les pauvres, les handicapés, les malades Enfin, le
Pape salue et encourage toutes les personnes qui œuvrent, de façon
impressionnante, au sein des centres éducatifs, dans les écoles,
les instituts supérieurs et les universités catholiques du Moyen
Orient. De tels instruments de culture, qui doivent être soutenus
par les responsables politiques, démontrent qu’il existe là la
possibilité de vivre dans le respect et dans la collaboration, à
travers l’éducation à la tolérance.
La
catéchèse et la formation chrétienne: Le document pontifical
encourage la lecture et l’enseignement du catéchisme de l’Eglise
catholique, ainsi qu’une initiation concrète à la doctrine
sociale de l’Eglise. En même temps, le Pape invite les synodes et
les autres organismes épiscopaux à faciliter les fidèles dans
l’approche à la richesse spirituelle des pères de l’Eglise et
dans l’actualisation de l’enseignement patristique, complément
de la formation biblique.
CONCLUSION
De
façon solennelle, Benoît XVI demande, au nom de Dieu, aux
responsables politiques et religieux non seulement de soulager les
souffrances de tous ceux qui vivent au Moyen Orient, mais aussi d’en
éliminer les causes, en faisant tout le possible pour arriver à la
paix. En même temps, les fidèles catholiques sont exhortés à
consolider et à vivre la communion entre eux, en faisant naître un
dynamisme pastoral. La tiédeur déplaît à Dieu. Or les chrétiens
du Moyen Orient, catholiques et autres, doivent donc témoigner du
Christ, unis et avec courage. Il s’agit d’un témoignage qui
n’est pas facile, mais qui est exaltant".
POUR UNE NOUVELLE FRATERNITE
Cité
du Vatican, 15 septembre 2012 (VIS). Benoît XVI a commencé sa
seconde journée libanaise en se rendant au palais présidentiel de
Baabda, où il a rencontré le Président de la
République M.Michel Sleiman, mais aussi le chef du gouvernement et
les corps constitués, les représentants des communautés chiite,
sunnite, druze et alaouite, les représentants du monde culturel,
auxquels il a remis un exemplaire de l'exhortation post-synodale.
Après un entretien privé avec le chef de l'Etat, le Pape a été
invité à planter dans le jardin de la présidence un cèdre du
Liban. Puis il a gagné la Salle du 25 mai pour prononcer un
discours, dont voici de larges extraits:
En
plantant cet arbrisseau, "j’ai demandé à Dieu de vous bénir,
de bénir le Liban et de bénir tous les habitants de cette Région
qui a vu naître de grandes religions et de nobles cultures. Pourquoi
Dieu a-t-il choisi cette Région ? Pourquoi vit-elle dans la
tourmente ? Dieu l’a choisie, me semble-t-il, afin qu’elle
soit exemplaire, afin qu’elle témoigne à la face du monde la
possibilité qu’a l’homme de vivre concrètement son désir de
paix et de réconciliation!... Afin d’assurer le dynamisme
nécessaire pour construire et consolider la paix, il faut
inlassablement revenir aux fondements de l’être humain. La dignité
de l’homme est inséparable du caractère sacré de la vie donnée
par le Créateur... Chaque personne est unique et irremplaçable.
Elle vient au monde dans une famille, qui est son premier lieu
d’humanisation, et surtout la première éducatrice à la paix.
Pour construire la paix, notre attention doit donc se porter vers la
famille afin de faciliter sa tâche, pour ainsi la soutenir et donc
promouvoir partout une culture de la vie. L’efficacité de
l’engagement pour la paix dépend de la conception que le monde
peut avoir de la vie humaine. Si nous voulons la paix, défendons la
vie! Cette logique disqualifie non seulement la guerre et les actes
terroristes, mais aussi toute atteinte à la vie de l’être humain,
créature voulue par Dieu. L’indifférence ou la négation de ce
qui constitue la véritable nature de l’homme empêchent le respect
de cette grammaire qu’est la loi naturelle inscrite dans le cœur
humain... Nous devons donc unir nos efforts pour développer une
saine anthropologie qui intègre l’unité de la personne. Sans
elle, il n’est pas possible de construire la paix véritable".
"Evidentes
dans les pays qui connaissent des conflits armés, des guerres
remplies de vanité et d’horreur, les atteintes à l’intégrité
et à la vie des personnes existent aussi dans d’autres pays. Le
chômage, la pauvreté, la corruption, les diverses addictions,
l’exploitation, les trafics de toutes sortes et le terrorisme
entraînent, avec la souffrance inacceptable de ceux qui en sont
victimes, un affaiblissement du potentiel humain. La logique
économique et financière veut sans cesse nous imposer son joug et
faire primer l’avoir sur l’être! Mais la perte de chaque vie
humaine est une perte pour l’humanité entière... Certaines
idéologies, en remettant en cause de façon directe ou indirecte, ou
même légale, la valeur inaliénable de toute personne et le
fondement naturel de la famille, sapent les bases de la société...
Nous devons être conscients de ces menaces pour l’édification et
à l’harmonie du vivre ensemble. Seule une solidarité effective
constitue l’antidote à tout cela. Solidarité pour rejeter ce qui
fait obstacle au respect de tout être humain, solidarité pour
soutenir les politiques et les initiatives qui œuvrent en vue d’unir
les peuples de façon honnête et juste. Il est beau de voir les
actions de collaboration et de vrai dialogue qui construisent une
nouvelle manière de vivre ensemble. Une meilleure qualité de vie et
de développement intégral n’est possible que dans le partage des
richesses et des compétences, en respectant l’identité de chacun.
Mais un tel mode de vie convivial, serein et dynamique ne peut
exister sans la confiance en l’autre, quel qu’il soit.
Aujourd’hui, les différences culturelles, sociales, religieuses,
doivent aboutir à vivre un nouveau type de fraternité, où
justement ce qui unit est le sens commun de la grandeur de toute
personne, et le don qu’elle est à elle-même, aux autres et à
l’humanité. Là se trouve la voie de la paix, là est l’engagement
qui nous est demandé! Là est l’orientation qui doit présider aux
choix politiques et économiques, à chaque niveau et à l’échelle
planétaire!
Pour
ouvrir aux nouvelles générations un avenir de paix, la première
tâche est donc celle d’éduquer à la paix pour construire une
culture de paix. L’éducation, dans la famille ou à l’école,
doit être avant tout l’éducation aux valeurs spirituelles qui
donnent à la transmission du savoir et des traditions d’une
culture, leur sens et leur force. L’esprit humain a le goût inné
du beau, du bien et du vrai. C’est le sceau du divin, la marque de
Dieu en lui! De cette aspiration universelle découle une conception
morale ferme et juste, qui place toujours la personne au centre. Mais
c’est seulement librement que l’homme peut se tourner vers le
bien, car la dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon
un choix conscient et libre, personnellement, c’est-à-dire mû et
déterminé de l’intérieur, et non sous l’effet de poussées
intérieures aveugles ou d’une contrainte purement extérieure. La
tâche de l’éducation est d’accompagner la maturation de la
capacité à faire des choix libres et justes, qui peuvent aller à
contre-courant des opinions répandues, des modes, des idéologies
politiques et religieuses. L’établissement d’une culture de paix
est à ce prix. Il faut évidemment bannir la violence verbale ou
physique. Elle est toujours une atteinte à la dignité humaine,
celle de l’auteur comme celle de la victime. Par ailleurs, en
valorisant les œuvres pacifiques et leur rayonnement pour le bien
commun, on crée aussi l’intérêt pour la paix. Comme en témoigne
l’histoire, de tels gestes de paix ont un rôle considérable dans
la vie sociale, nationale et internationale. L’éducation à la
paix formera ainsi des hommes et des femmes généreux et droits,
attentifs à tous, et particulièrement aux personnes les plus
faibles. Pensées de paix, paroles de paix et gestes de paix créent
une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité, où
les fautes et les offenses peuvent être reconnues en vérité pour
avancer ensemble vers la réconciliation. Que les hommes d’Etat et
les responsables religieux y réfléchissent.
Nous
devons être bien conscients que le mal n’est pas une force anonyme
qui agit dans le monde de façon impersonnelle ou déterministe. Le
mal, le démon, passe par la liberté humaine, par l’usage de notre
liberté. Il cherche un allié, l’homme, et il a besoin de lui pour
se déployer. C’est ainsi qu’ayant offensé le 1er commandement,
l’amour de Dieu, il en vient à pervertir le second, l’amour du
prochain. Avec lui, l’amour du prochain disparaît au profit du
mensonge et de l’envie, de la haine et de la mort. Mais il est
possible de ne pas se laisser vaincre par le mal et d’être
vainqueur du mal par le bien... La transformation en profondeur de
l’esprit et du cœur est nécessaire pour retrouver une
certaine clairvoyance et une certaine impartialité, le sens profond
de la justice et celui du bien commun. Un regard nouveau et plus
libre rendra capable d’analyser et de remettre en cause des
systèmes humains qui conduisent à des impasses, afin d’avancer en
tenant compte du passé pour ne plus le répéter avec ses effets
dévastateurs. Cette conversion demandée est exaltante...mais aussi
particulièrement exigeante. Il s’agit de dire non à la vengeance,
de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les
rechercher, et enfin de pardonner. Car seul le pardon donné et reçu
pose les fondements durables de la réconciliation et de la paix pour
tous. Alors seulement peut croître la bonne entente entre les
cultures et les religions, la considération sans condescendance des
unes pour les autres et le respect des droits de chacune.
Au
Liban, christianisme et islam occupent un espace commun depuis des
siècles. Il n'est pas rare que ces religions cohabitent dans une
même famille. Si cela est possible en famille pourquoi ne le
serait-ce pas dans une société? La spécificité du Moyen Orient
réside dans une multiplicité croisée de comportements. Il est
vrai, et c'est malheureux, que ces religions se soient affrontées.
Or une société plurale et respectueuse doit être animée par le
désir de connaître l'autre. Un tel dialogue n’est possible que
dans la conscience qu’il existe des valeurs communes à toutes les
grandes cultures, parce qu’elles sont enracinées dans la nature de
la personne humaine... Ces valeurs appartiennent aux droits de tout
être humain. Dans l’affirmation de leur existence, les différentes
religions apportent une contribution décisive. N’oublions pas que
la liberté religieuse est le droit fondamental dont dépendent
beaucoup d’autres. Professer et vivre librement sa religion sans
mettre en danger sa vie et sa liberté doit être possible à
quiconque. La perte ou l’affaiblissement de cette liberté prive la
personne du droit sacré à une vie intègre sur le plan spirituel...
La liberté religieuse a une dimension sociale et politique
indispensable à la paix! Elle promeut une coexistence et une vie
harmonieuses par l’engagement commun au service de nobles causes et
par la recherche de la vérité qui ne s’impose pas par la violence
mais par la force de la vérité elle-même, cette vérité qui est
en Dieu. Car la foi vécue...ne saurait conduire à la mort.
L’artisan de paix est humble et juste. Les croyants ont donc
aujourd’hui un rôle essentiel, celui de témoigner de la paix qui
vient de Dieu et qui est un don fait à tous dans la vie personnelle,
familiale, sociale, politique et économique. L’inaction des hommes
de bien ne doit pas permettre au mal de triompher. Il est pire encore
de ne rien faire.
Ces
quelques réflexions sur la paix, la société, la dignité de la
personne, sur les valeurs de la famille et de la vie, sur le dialogue
et la solidarité ne peuvent demeurer de simples idéaux énoncés.
Ils peuvent et doivent être vécus. Nous sommes au Liban et c’est
ici qu’ils doivent être vécus. Le Liban est appelé, maintenant
plus que jamais, à être un exemple. Politiques, diplomates,
religieux, hommes et femmes du monde de la culture, je vous invite
donc à témoigner avec courage, à temps et à contretemps autour de
vous, que Dieu veut la paix, que Dieu nous confie la paix".
Après
cette rencontre, le Saint-Père a gagné le patriarcat arménien
catholique, où l'a reçu le Patriarche de Cilicie, SB Nersés Bedros
XIX Tamouni. Il a béni une statue du moine Hagop, qui a composé le
premier livre imprimé en arménien à Venise en 1512. Puis il a
déjeuné avec tout l'épiscopat libanais.
LE MESSAGE DE LA RELIGION EST CONTRAIRE A LA VIOLENCE
Cité
du Vatican, 15 septembre 2012. Dans l’avion le conduisant au Liban,
le Pape a répondu hier aux questions des journalistes l’accompagnant
à bord, portant sur la situation au Liban et au Moyen Orient:
Question
: Ces jours-ci coïncident avec des anniversaires terribles, comme
celui du 11 septembre ou du massacre de Sabra et Chatila. Aux
frontières du Liban, une sanglante guerre civile fait rage, et nous
voyons aussi dans d’autres pays que le risque de tomber dans la
violence est toujours présent... Avez-vous été tenté de renoncer
à ce voyage pour des motifs d’insécurité, ou quelqu’un vous
a-t-il suggéré d’y renoncer?
Benoît
XVI: Personne ne m’a conseillé de renoncer à ce voyage et, pour
ma part, je n’ai jamais pensé à cette hypothèse, parce que je
sais que si la situation devient plus compliquée, un signe de
fraternité, d’encouragement, de solidarité est encore plus
nécessaire. Le sens de mon voyage est d'inviter au dialogue,
d'inviter à la paix, à cheminer ensemble pour trouver des solutions
aux problèmes…
Question:
Un grand nombre de catholiques manifeste son inquiétude face à
l’accroissement des fondamentalismes dans différentes régions du
monde et face aux agressions dont sont victimes de nombreux
chrétiens. Dans ce contexte difficile et souvent sanglant, comment
l’Eglise peut-elle répondre à l’impératif de dialogue avec
l’islam, sur lequel vous avez plusieurs fois insisté?
Benoît
XVI: Le fondamentalisme est toujours une falsification de la
religion. Il va à l’encontre de l’essence de la religion qui est
de réconcilier et de créer la paix de Dieu dans le monde.... Le
message essentiel de la religion doit être contre la violence qui en
est une falsification, comme l'est le fondamentalisme, et doit porter
sur l’éducation, l’éclairage et la purification des consciences
pour conduire au dialogue, à la réconciliation et à la paix.
Question:
Suite à la vague de désir de démocratie qui s’est mise en
mouvement dans beaucoup de pays du Moyen Orient avec ce que l’on a
appelé le printemps arabe, et au vu de la réalité sociale de la
plupart de ces pays où les chrétiens sont minoritaires, ne court-on
pas le risque d’une tension inévitable entre la domination de la
majorité et la survie du christianisme?
Benoît
XVI: En lui-même, le printemps arabe est une chose positive. Il
exprime un désir de plus de démocratie, de plus de liberté, de
plus de coopération, d’une rénovation de l’identité arabe. Et
ce cri de liberté qui vient d’une jeunesse plus formée sur le
plan culturel et professionnel, et désireuse de participer davantage
à la vie politique et sociale, est un progrès, une chose très
positive et saluée aussi par nous les chrétiens. Dans l’histoire
des révolutions, nous savons bien que le cri de la liberté…court
toujours le risque d’oublier…une dimension fondamentale de cette
liberté, qui est la tolérance envers l’autre, le fait que la
liberté humaine est toujours une liberté partagée, qui ne peut se
développer que dans le partage, la solidarité et le vivre ensemble,
avec des règles précises... Nous devons faire tout notre possible
pour que ce concept de liberté, ce désir de liberté prenne une
bonne direction, sans oublier la tolérance, le vivre ensemble, la
réconciliation, comme faisant fondamentalement partie de cette
liberté. La rénovation de l’identité arabe implique aussi, je
pense, un renouvellement du vivre ensemble séculaire et millénaire
des chrétiens et des arabes qui, dans la tolérance entre la
majorité et la minorité, ont construit ces terres et ne peuvent pas
ne pas y vivre ensemble. Je pense qu’il est donc important de voir
l’élément positif de ces mouvements et d’y prendre part afin
que la liberté soit comprise d’une manière juste et réponde à
plus de dialogue et non à la domination des uns sur les autres.
Question:
En Syrie, comme en Irak il y a quelques années, de nombreux
chrétiens se voient contraints de quitter leur pays, à contre cœur.
Qu’est-ce que l’Église catholique entend faire ou dire pour les
aider dans cette situation et pour empêcher la disparition des
chrétiens en Syrie et dans d’autres pays du Moyen-Orient ?
Benoît
XVI : Les chrétiens fuient mais aussi les musulmans. Naturellement,
le danger que les chrétiens s’éloignent et ne soient plus
présents sur ces terres est grand, et nous devons faire notre
possible pour les aider à y rester. L’aide essentielle serait la
cessation de la guerre, de la violence qui crée la fuite. Donc,
la première chose est de faire tout ce qui est possible pour mettre
fin à la violence et permettre de rester ensemble aussi dans
l’avenir. Que pouvons-nous faire contre la guerre? Naturellement il
faut répandre le message de la paix, faire comprendre que la
violence ne résout jamais un problème et consolider les forces de
paix... Ensuite, je dirais qu'il est besoin de gestes du peuple
chrétien, de journées de prière pour le Moyen Orient, pour les
chrétiens et pour les musulmans, et montrer la possibilité de
dialogue et de solutions. L’importation des armes doit également
cesser, parce que sans elle, la guerre ne pourrait continuer. Au lieu
d’importer des armes, qui est un péché grave, nous devrions
importer des idées de paix, de créativité, trouver des solutions
pour accepter chacun dans son altérité. Nous devons donc rendre
visible dans le monde le respect des religions, les unes pour les
autres, le respect de l’homme comme créature de Dieu, l’amour du
prochain comme fondamental pour toutes les religions. Ainsi, avec
tous les gestes possibles, avec une aide matérielle aussi, on peut
contribuer à ce que cessent la guerre, la violence, et que tous
puissent reconstruire le pays.
Question:
En plus de la prière et des sentiments de solidarité, voyez-vous
des gestes concrets que les Eglises et les catholiques de l’Occident,
surtout en Europe et en Amérique, puissent faire pour soutenir leurs
frères du Moyen Orient?
Benoît
XVI: Nous devons influer sur l’opinion politique et sur les hommes
politiques pour qu’ils s’engagent réellement, avec toutes les
forces, toutes les possibilités, et avec une vraie créativité,
pour la paix, contre la violence. Personne ne devrait attendre de la
violence des avantages, tous doivent contribuer... En outre, nos
organisations caritatives doivent aussi apporter une aide matérielle
et faire tout ce qui est possible. Nous disposons d’organisations
comme les Chevaliers du St.Sépulcre, pour la Terre Sainte, mais des
organisations similaires pourraient aussi aider sur le plan matériel,
politique et humain dans ces pays également. Une fois encore, je
dirais que des gestes visibles de solidarité, des journées de
prière publique et d’autres initiatives, peuvent attirer
l’attention de l’opinion publique, être de réels facteurs.
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 15 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a:
Accepté
pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Bogdan Wojtus à l'office
d'Auxiliaire de l'Archevêque de Gniezno (Pologne).
Nommé
Membres de la Congrégation pour les causes des saints le Cardinal
Ennio Antonelli, Président émérite du Conseil pontifical pour la
famille, et Mgr.Gianfranco Girotti, Régent émérite de la
Pénitencerie apostolique.
vendredi 14 septembre 2012
ARRIVEE DE BENOIT XVI AU LIBAN
Cité
du Vatican, 14 septembre 2012 (VIS). L'avion papal est parvenu peu
avant 14 h locales (13 h de Rome) à l'aéroport Rafiq Hariri de
Beyrouth, qui porte le nom du chef du gouvernement libanais assassiné
en 2005. Benoît XVI a été accueilli par le Président de la
République M.Michel Sleiman, par le Patriarche maronite Béchara
Boutros Raï, par le Président du Parlement M.Nabib Berri, et par le
Président du Conseil des ministres M.Nagib Miqati. Dans son premier
discours sur le sol libanais, le Pape a d'abord évoqué la visite
effectuée au Vatican en février 2011, au cours
de laquelle fut mise en place une statue de saint Maron au chevet de
la basilique St.Pierre. Elle "manifeste un héritage spirituel
séculaire en confirmant la vénération des libanais pour le premier
des apôtres et pour ses successeurs". Soulignant ensuite
l'excellence des relations entre le Saint-Siège et le Liban, il a
rappelé le motif principal de sa visite, la signature et la
publication de l’exhortation apostolique post-synodale de
l’Assemblée spéciale pour le Moyen Orient du Synode des évêques,
Ecclesia in Medio Oriente.
Saluant
et remerciant de leur présence les Patriarches catholiques, et tout
particulièrement le Patriarche émérite maronite, le Cardinal
Nasrallah Boutros Sfeir, et son successeur, le Patriarche Béchara
Boutros Raï, tous les évêques du Liban et tous
les chrétiens du Moyen Orient. "Destinée à l’ensemble du
monde, l’exhortation se propose d’être une feuille de route pour
les années à venir. Je me réjouis également de pouvoir rencontrer
durant mon séjour de nombreuses délégations des communautés
catholiques de ce pays, de pouvoir célébrer et prier ensemble. Leur
présence, leur engagement et leur témoignage sont une contribution
reconnue et hautement appréciée dans la vie quotidienne de la
société toute entière". Il a enfin salué les Patriarches et
tous les évêques orthodoxes venus l'accueillir, ainsi que les
représentants des autres communautés religieuses: "Votre
présence, chers amis, démontre l’estime et la collaboration que
vous souhaitez alimenter dans un respect partagé. Je vous remercie
pour vos efforts et je suis certain que vous continuerez à
rechercher des voies d’unité et de concorde. Je n’oublie pas les
événements tristes et douloureux qui ont affligés votre beau pays
durant de longues années. L’heureuse convivialité toute
libanaise, doit démontrer à l’ensemble du Moyen Orient et au
reste du monde qu’à l’intérieur d’une nation, peuvent exister
la collaboration entre les différentes Eglises, toutes membres de
l’unique Eglise catholique, dans un esprit fraternel de communion
avec les autres chrétiens, et dans le même temps, la convivialité
et le dialogue respectueux entre les chrétiens et leurs frères
d’autres religions. Vous savez comme moi que cet équilibre qui est
présenté partout comme un exemple, est extrêmement délicat. Il
menace parfois de se rompre lorsqu’il est tendu comme un arc, ou
soumis à des pressions qui sont trop souvent partisanes, voire
intéressées, contraires et étrangères à l’harmonie et à la
douceur libanaises. C’est là qu’il faut faire preuve de réelle
modération et de grande sagesse. Et la raison doit prévaloir sur la
passion unilatérale pour favoriser le bien commun de tous".
Je
viens aussi, a poursuivi le Saint-Père, "pour dire combien est
importante la présence de Dieu dans la vie de chacun et combien la
façon de vivre ensemble, cette convivialité dont désire témoigner
votre pays, ne sera profonde que si elle est fondée sur un regard
accueillant et bienveillant envers l’autre, que si elle est
enracinée en Dieu qui désire que tous les hommes soient frères. Le
fameux équilibre libanais qui veut continuer à être une réalité,
peut se prolonger grâce à la bonne volonté et à l’engagement de
tous les libanais. Alors seulement, il servira de modèle aux
habitants de toute la région, et au monde entier. Il ne s’agit pas
là uniquement d’une œuvre humaine, mais d’un don de Dieu qu’il
faut demander avec insistance, préserver à tout prix, et consolider
avec détermination".
"Les
liens entre le Liban et le Successeur de Pierre sont anciens et
profonds... C'est pourquoi je viens au Liban en un pèlerin de paix,
comme un ami de Dieu, et comme un ami des hommes. Je vous donne ma
paix, a dit le Christ. Et au-delà de votre pays, je viens aussi
aujourd’hui symboliquement dans tous les pays du Moyen Orient,
comme un pèlerin de paix, comme un ami de Dieu, et comme un ami de
tous les habitants de tous les pays de la région quelles que soient
leur appartenance confessionnelle et leur foi... Vos joies et vos
peines sont continuellement présentes dans la prière du Pape, qui
demande à Dieu de vous assister et de vous soulager. Je puis vous
assurer que je prie particulièrement pour tous ceux qui souffrent
dans cette région, et ils sont nombreux. La statue de saint Maron me
rappelle ce que vous vivez et endurez". Après la cérémonie
d'accueil, le Pape et sa suite ont gagné la nonciature de Harissa.
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 14 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Mgr.James
D.Conley, Evêque de Lincoln (superficie 61.732, population 580.826,
catholiques 95.584, prêtres 147, diacres 3, religieux 224), aux
Etats-Unis d'Amérique. Jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de
Denver (USA), il succède à Mgr.Fabian W.Bruskewitz, dont la
renonciation à la charge pastorale du diocèse a été acceptée
pour limite d'âge.
Mgr.Rosolino
Bianchetto Boffelli, Evêque de Quiché (superficie 8.378, population
732.000, catholiques 515.000, prêtres 33, religieux 97), au
Guatemala. Il était jusqu'ici Evêque de Zacapa y Santo Cristo de
Esquipulas (Guatemala).
AVIS
Cité
du Vatican, 14 septembre 2012 (VIS). En raison du voyage apostolique
au Liban, le bulletin VIS sera diffusé demain samedi et dimanche 16
septembre.
jeudi 13 septembre 2012
A PROPOS DE L'ATTAQUE DU CONSULAT AMERICAIN DE BENGHAZI
Cité
du Vatican, 13 septembre 2012 (VIS). Voici la déclaration publiée
ce matin par le P.Federico Lombardi, SJ, Directeur de la Salle de
Presse du Saint-Siège, à propos de l'attaque subie mardi soir par
le consulat des Etats-Unis à Benghazi (Libye): "L'attentat
contre une représentation diplomatique américaine en Libye, ayant
entraîné la mort de l'ambassadeur et de trois autres
fonctionnaires, est fermement condamné par le Saint-Siège. Comme
déjà affirmé, rien ne saurait justifier la violence homicide
d'organisations terroristes. Participant au deuil et priant pour les
victimes", le siège apostolique redit son "espoir que,
malgré ce tragique épisode, la communauté internationale parvienne
aux meilleures solutions pour la poursuite de son engagement en
faveur de la paix en Libye comme dans tout le Proche Orient".
BEYROUTH, VILLE ET CIRCONSCRIPTIONS ECCLESIASTIQUES
Cité
du Vatican, 13 septembre 2012 (VIS). Demain, Benoît XVI entame son
vingt-quatrième voyage apostolique et se rend au Liban, où il
signera dimanche à Beyrouth l'exhortation post-synodale de
l'Assemblée spéciale pour le Moyen Orient du Synode des évêques
(2010). Le nom de la capitale libanaise dérive du mot cananéen
désignant des puits. Cette ville est citée par les archives
égyptiennes dès le second millénaire avant notre ère, fameuse
pour son commerce maritime. De cité phénicienne elle devint colonie
romaine en 14 de notre ère et fut détruite par des séismes et un
raz de marée en 551. Elle ne fut relevée qu'après l'arrivée des
arabes en 635. Devenue ville franque, elle passa sous le contrôle
des mamelouks après l'expulsion définitive des croisés en 1229.
Beyrouth sera longtemps un port de référence pour le commerce de
Venise et de Gênes. Sous l'occupation ottomane sa population
s'accrut notablement grâce à l'exode de chrétiens échappés aux
massacres accomplis en 1860 dans les montagnes libanaises. Après la
pacification imposée par les puissances occidentales, arrivèrent
des missionnaires protestants de Grande Bretagne, des Etats-Unis et
d'Allemagne, et catholiques principalement de France. Les
évangélistes américains ont fondé l'American University of Beirut
en 1866 et les jésuites l'Université St.Joseph en 1881. Grâce
notamment au développement de la typographie arabe, française et
anglaise, Beyrouth devint le foyer d'excellence du journalisme, de
l'édition et de la culture des pays arabes. Après la chute de
l'empire ottoman à la fin de la première guerre mondiale, le Liban
passa sous mandat français puis, avec l'indépendance en 1943,
devint "la Suisse du Proche Orient", une place commerciale,
financière et touristique d'importance régionale. En 1970
l'expulsion de Jordanie des exilés palestiniens entraîna la phase
contemporaine avec l'installation au Liban de leur base
politico-militaire anti-israélienne, ce qui radicalisa les tensions
inter-communautaires internes entre chrétiens, druzes et musulmans.
La guerre civile qui en suivit de 1975 à 1991 a ravagé la capitale
et ses infrastructures, mais aussi l'économie de tout le pays.
Beyrouth
compte cinq diocèses. Le diocèse maronite (1577) est une
archi-éparchie comptant 232.000 fidèles, dont Mgr.Paul Youssef
Matar est le titulaire. Le diocèse melchite (Jbeil IV siècle), qui
a été érigé au rang métropolitain en 1881, compte 200.000
fidèles avec à leur tête Mgr.Cyril Salim Bustros. Le diocèse
arménien (1928), éparchie dépendante de l'Eglise patriarcale de
Cilice, compte 12.000 fidèles sous la conduite de SB Nerser Bedros
XIX Taamouni. Le diocèse chaldéen (1957) compte 19.000 fidèles
dont l'évêque est Mgr.Michel Kassarji. Celui des syro-catholiques
est une éparchie érigée en 1817 et dépendante de l'Eglise
patriarcale d'Antioche, avec 14.500 fidèles sous la conduite de SB
Ignace Youssif III Younan. Enfin, les 10.000 latins dispose d'un
vicariat apostolique, confié à la cure de Mgr.Paul Dahdah, OCD.
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 13 septembre 2012 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin
en audiences séparés:
Le
Cardinal Marc Ouellet, PS, Préfet de la Congrégation pour les
évêques.
Le
Cardinal Joachim Meisner, Archevêque de Cologne (Allemagne).
mercredi 12 septembre 2012
DECLARATION DU DIRECTEUR DE LA SALLE DE PRESSE
Cité
du Vatican, 12 septembre 2012 (VIS). Ce midi, le P.Federico Lombardi,
SJ, Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, a réagi aux
graves épisodes de violence qui se sont produits hier soir à
Benghazi (Libye): "Le respect des religions, de leurs
représentants et symboles constitue la base de la coexistence
pacifique des peuples. Une fois encore, de graves et injustifiables
offenses à la sensibilité des musulmans ont pour résultat un
évènement tragique, qui vient accroître tension et haine,
accroissant une violence inacceptable. Le message de dialogue et de
respect pour tous les croyants que le Pape s'apprête à porter au
Liban montre la voie que tous devraient prendre pour bâtir ensemble
la coexistence des religions et des peuples dans la paix".
AUCUNE PRIERE N'EST PERDUE
Cité
du Vatican, 12 septembre 2012 (VIS). Ce matin Salle Paul VI, le Pape
a consacré la catéchèse de l'audience générale à la prière
dans la seconde partie de l'Apocalypse, "une prière qui s'étend
au monde entier, l'Eglise cheminant dans l'histoire". Dans cette
partie, a poursuivi Benoît XVI, "l'assemblée doit savoir lire
en profondeur ce qu'elle vit, en discernant par la foi les événements
de manière à agir pour le Royaume. Cette lecture de discernement
et d'action est intimement liée à la prière... Elle est appelée à
monter au ciel pour voir les choses avec les yeux de Dieu". Le
premier des trois symboles décrits par saint Jean est un trône, le
trône du Tout Puissant "qui n'est pas resté clos dans son ciel
mais s'est rapproché de l'homme pour s'allier à lui". Le livre
ensuite symbolise "le plan divin sur les choses et les hommes,
scellé de sept sceaux et que personne ne peut lire. Mais face à
l'égarement de l'humanité face au mystère de l'histoire, quelqu'un
viendra l'ouvrir et éclairer" le monde. Le troisième symbole
enfin est l'agneau, "le Christ immolé par le sacrifice de la
croix, debout en signe de sa résurrection. C'est l'Agneau, le Christ
mort et ressuscité, qui lève progressivement les sceaux et révèle
le plan de Dieu, le sens profond de l'histoire".
Ces
symboles disent la "voie à suivre pour savoir lire les
événements et nos vies mêmes. En tournant nos regards vers le
ciel, en invoquant le Christ "dans la prière personnelle ou
communautaire, on apprend à voir les choses sous un autre jour et à
en apprécier le sens profond... Avant tout, le Christ invite la
communauté à envisager avec réalisme le présent". Ayant
brisé les quatre premiers sceaux, l'Agneau fit voir "à
l'Eglise le monde dans lequel elle est immergée et dans lequel
existent des aspects négatifs, les méfaits accomplis par l'homme
telles la violence...et l'injustice", mais aussi "les maux
qu'il doit subir, comme la faim, la maladie ou la mort... Face à ces
drames, la communauté ecclésiale est invitée à ne pas se
désespérer et à croire fermement que la force apparente du Malin
sera écrasée par la toute puissante divine". C'est alors que
Jean décrit un cheval blanc symbolisant "l'entrée de la force
de Dieu dans l'histoire des hommes, seule en mesure de combattre le
mal et de le vaincre... Dieu s'est approché de l'humanité au point
de descendre dans les ténèbres de la mort pour les éclairer de la
splendeur de la vie divine. Il s'est chargé des maux de ce monde
pour le purifier du feu de son amour... L'Apocalypse nous dit que la
prière alimente en chacun de nous et dans nos communautés la
lumière de l'espérance ultime... L'Eglise ne se referme pas sur
elle même mais entreprend courageusement sa marche parmi souffrances
et obstacles, affirmant que le mal ne vaincra pas le bien, que
l'obscurité n'offusquera pas la splendeur de Dieu... Les chrétiens
ne sauraient être pessimistes!... La prière les forme à discerner
les signes de Dieu, sa présence et son action, de manière à
diffuser sa lumière et l'annonce de sa victoire". La vision de
Jean s'achève par l'apparition d'un ange thuriféraire qui ne cesse
d'alimenter son encensoir d'or. Ces grains d'encens", a précisé
le Saint-Père, symbolisent nos prières. "Nous devons nous
convaincre qu'il n'existe pas de prière inutile ou superflues"
car Dieu n'est jamais insensible aux suppliques des hommes. "Souvent,
face au mal, on croit ne rien pouvoir faire, alors que la prière est
la réponse la plus efficace pour renforcer notre engagement
quotidien en faveur du bien. La puissance divine rend notre faiblesse
féconde",
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