Cité
du Vatican, 23 septembre 2014 (VIS). Ce matin a été présenté en
Salle de Presse le message papal pour la Journée mondiale du migrant
et du réfugié (18 janvier 2015: Une Eglise sans frontière, mère
de tous), portant la date du 3 septembre. Le Cardinal Antonio Maria
Vegliò, Président du Conseil pontifical pour la pastorale des
migrations, était assisté du Secrétaire Mgr.Joseph Kalathiparamil.
Le Cardinal a d'abord expliqué que le Saint-Père a tenu à dater le
document le jour du centenaire de l'élection de Benoît XV, qui le
premier attira l'attention de l'opinion sur la question des
migrations et appela à une journée annuelle de sensibilisation. Au
long de son histoire, l'Eglise a fait face à de multiples situations
du genre. Aujourd'hui toutefois, le phénomène migratoire "pose
de nouveaux défis à cause de sa dimension mais aussi de ses effets
socio-économiques, politiques culturels et religieux. Le
commandement biblique de l'accueil de l'étranger, "de lui
ouvrir les portes comme s'il s'agissait de Dieu, se heurte à des
réactions, surtout lorsque certains sujets commentent des
irrégularités voire des délits... Ainsi se sont ouverts des débats
sur la justification et les modalités de réponse au phénomène, à
tous les niveaux mais surtout dans les communautés supportant un
flux croissant d'arrivées". Le rejet et le repli font parfois
place à la générosité, ce qui interpelle l'Eglise. Comment
peut-elle répondre? Le Pape conseille d'abord de renoncer à
soi-même, d'écarter nos peurs et de dépasser nos réflexes de
défense. "Etre accueillants signifie simplement donner de notre
temps, partager avec des personnes moins fortunées les ressources
reçues de Dieu". Ensuite il faut solliciter la responsabilité
des institutions, locales, nationales et internationales en vue d'une
plus large collaboration, et enfin "humaniser la condition de
vie des migrants en intensifiant" la lutte contre "les
raisons qui poussent des populations entières à quitter leur pays".
Puis Mgr.Kalathiparamil a évoqué le nombre croissant des demandeurs
d'asile, qui implique pour les pays d'accueil une réalité de plus
en plus multi-ethnique et multi-culturelle. Ceci rend nécessaire une
nouvelle approche face à la migration forcée. "La fuite vers
le salut...incluant un voyage dangereux voire mortel...reste souvent
la seule solution pour gagner un pays où l'on recherche la sécurité
et les conditions d'une vie digne". Ceux qui sont privés de
documents sont malheureusement dans l'impossibilité de répondre aux
sévères critères requis. Vulnérables et sans défense, ils
deviennent la proie facile de trafiquants d'êtres humains. "Les
états sont appelés à collaborer dans un esprit international de
solidarité, afin de répondre au besoin de protection" des
migrants, auxquels il faut garantir la dignité. Le respect du
caractère central de la personne doit aller de pair avec le
dialogue entre les peuples. "Aujourd'hui l'enjeu est de ne pas
s'habituer aux drames que vivent les personnes contraintes à l'exil,
de ne pas laisser l'indifférence prévaloir au profit de la
faiblesse de la nature humaine. Les chrétiens ne doivent pas être
tentés de maintenir une prudente distance des plaies du Seigneur"
que portent de nos jours les migrants et les réfugiés.
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mardi 23 septembre 2014
Message pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié 2015
Cité
du Vatican, 23 septembre 2014 (VIS). Voici le message du Pape pour la
Journée mondiale du migrant et du réfugié (18 janvier 2015),
intitulée L'Eglise sans frontières, mère de tous:
"Jésus
est l’évangélisateur par excellence, l’Evangile en personne. Sa
sollicitude, particulièrement envers les plus vulnérables et
marginalisés, nous invite tous à prendre soin des personnes plus
fragiles et à reconnaître son visage souffrant, surtout dans les
victimes des nouvelles formes de pauvreté et d’esclavage. Le
Seigneur dit: J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai
eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et
vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous
m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. La mission
de l’Eglise, pèlerine sur la terre et mère de tous, est donc
d’aimer Jésus-Christ, de l’adorer et de l’aimer,
particulièrement dans les plus pauvres et abandonnés. Au nombre de
ceux-ci figurent certainement les migrants et les réfugiés, qui
cherchent à tourner le dos aux dures conditions de vie et aux
dangers de toute sorte... L’Eglise ouvre ses bras pour accueillir
tous les peuples, sans distinctions et sans frontières et pour
annoncer à tous que Dieu est amour. Après sa mort et sa
résurrection, Jésus a confié aux disciples la mission d’être
ses témoins et de proclamer l’Evangile de la joie et de la
miséricorde. Le jour de la Pentecôte, avec courage et enthousiasme,
ils sont sortis du Cénacle. La force du Saint-Esprit a prévalu sur
les doutes et les incertitudes et a fait que chacun comprenait leur
annonce dans sa propre langue. Ainsi, dès ses débuts, l’Eglise
est une mère au cœur ouvert sur le monde entier, sans frontières.
Ce mandat couvre désormais deux mille ans d’histoire, mais depuis
les premiers siècles, l’annonce missionnaire a mis en lumière la
maternité universelle de l’Eglise, développée ensuite dans les
écrits des pères de l’Eglise et reprise par le concile Vatican
II. Les pères conciliaires ont parlé d’Ecclesia Mater pour en
expliquer la nature. Elle génère, en effet, des fils et des filles
qu’elle incorpore et qu’elle enveloppe déjà de son amour en
prenant soin d’eux".
"L’Eglise
sans frontières, mère de tous, diffuse dans le monde la culture de
l’accueil et de la solidarité, selon laquelle personne ne doit
être considéré inutile, encombrant ou être écarté. En vivant
effectivement sa maternité, la communauté chrétienne nourrit,
oriente et indique le chemin, accompagne avec patience et se fait
proche dans la prière et dans les œuvres de miséricorde.
Aujourd’hui, tout cela prend une signification particulière. En
effet, à une époque de si vastes migrations, un grand nombre de
personnes laissent leur lieu d’origine et entreprennent le voyage
risqué de l’espérance avec un bagage plein de désirs et de
peurs, à la recherche de conditions de vie plus humaines. Souvent,
cependant, ces mouvements migratoires suscitent méfiances et
hostilités, même dans les communautés ecclésiales, avant même
qu’on ne connaisse les parcours de vie, de persécution ou de
misère des personnes impliquées. Dans ce cas, suspicions et
préjugés entrent en conflit avec le commandement biblique
d’accueillir avec respect et solidarité l’étranger dans le
besoin. D’une part, résonne dans le sanctuaire de la conscience
l’appel à toucher la misère humaine et à mettre en pratique le
commandement de l’amour que Jésus nous a laissé quand il s’est
identifié avec l’étranger, avec celui qui souffre, avec toutes
les victimes innocentes de la violence et de l’exploitation.
D’autre part, à cause de la faiblesse de notre nature, nous sommes
tentés d’être des chrétiens qui se maintiennent à une prudente
distance des plaies du Seigneur. Le courage de la foi, de l’espérance
et de la charité permet de réduire les distances qui séparent des
drames humains. Jésus-Christ est toujours en attente d’être
reconnu dans les migrants et dans les réfugiés, dans les personnes
déplacées et les exilés, et aussi de cette manière il nous
appelle à partager nos ressources, parfois à renoncer à quelque
chose de notre bien-être acquis. Paul VI le rappelait, en disant que
les plus favorisés doivent renoncer à certains de leurs droits,
pour mettre avec plus de libéralité leurs biens au service des
autres D’ailleurs, le caractère multiculturel des sociétés
contemporaines encourage l’Eglise à assumer de nouveaux
engagements de solidarité, de communion et d’évangélisation. Les
mouvements migratoires, en effet, demandent qu’on approfondisse et
qu’on renforce les valeurs nécessaires pour garantir la
cohabitation harmonieuse entre les personnes et entre les cultures. A
cet effet, ne peut suffire la simple tolérance, qui ouvre la voie au
respect des diversités et qui met en route des parcours de partage
entre des personnes d’origines et de cultures différentes. Ici, se
greffe la vocation de l’Eglise à dépasser les frontières et à
favoriser le passage d’une attitude de défense et de peur, de
désintérêt ou de marginalisation à une attitude qui ait comme
base la culture de la rencontre, seule capable de construire un monde
plus juste et fraternel".
"Les
mouvements migratoires ont cependant pris de telles dimensions que
seule une collaboration systématique et effective, impliquant les
états et les organisations internationales, peut être en mesure de
les réguler efficacement et de les gérer. En effet, les migrations
interpellent chacun, non seulement à cause de l’ampleur du
phénomène, mais encore des problématiques sociale, économique,
politique, culturelle et religieuse qu’il soulève, et à cause des
défis dramatiques qu’il lance aux communautés nationales et à la
communauté internationale. Dans l’agenda international, trouvent
place de fréquents débats sur l’opportunité, sur les méthodes
et sur les réglementations pour affronter le phénomène des
migrations. Il y a des organismes et des institutions, aux niveaux
international, national et local, qui mettent leur travail et leur
énergie au service de ceux qui cherchent par l’émigration une vie
meilleure. Malgré leurs généreux et louables efforts, une action
plus incisive et efficace est nécessaire, qui s’appuie sur un
réseau universel de collaboration, fondé sur la défense de la
dignité et de la centralité de chaque personne humaine. De cette
manière, la lutte contre le honteux et criminel trafic d’êtres
humains, contre la violation des droits fondamentaux, contre toutes
les formes de violence, d’oppression et d’esclavage sera plus
incisive. Travailler ensemble, cependant, exige réciprocité et
synergie, avec disponibilité et confiance, étant entendu qu’aucun
pays ne peut affronter seul les difficultés liées à ce phénomène,
qui est si vaste qu’il concerne désormais tous les continents dans
le double mouvement d’immigration et d’émigration. A la
mondialisation du phénomène migratoire, il faut répondre par la
mondialisation de la charité et de la coopération, de manière à
humaniser les conditions des migrants. En même temps, il faut
intensifier les efforts pour créer les conditions aptes à garantir
une diminution progressive des causes qui poussent des peuples
entiers à laisser leur terre natale, en raison de guerres et de
famines, l’une provoquant souvent l’autre".
"A
la solidarité envers les migrants et les réfugiés, il faut joindre
le courage et la créativité nécessaires pour développer au
niveau mondial un ordre économico-financier plus juste et équitable
uni à un engagement croissant en faveur de la paix, condition
indispensable de tout progrès authentique. Les migrants et les
réfugiés ont une place spéciale dans le cœur de l’Eglise,
qu'ils aident à...manifester sa maternité envers la famille humaine
tout entière. Ne perdez pas votre confiance ni votre espérance!",
recommande le Pape: "Pensons à la sainte Famille exilée en
Egypte. Dans le cœur maternel de Marie et dans le cœur prévenant
de Joseph s’est maintenue la certitude de ce que Dieu. N’abandonnez
donc jamais cette même confiance dans le Seigneur".
Visite du Supérieur de la Fraternité d'Ecône
Cité
du Vatican, 23 septembre 2014 (VIS). Ce matin, le Préfet de la
Congrégation pour la doctrine de la foi s'est entretenu pendant deux
heures avec Mgr.Bernard Fellay, Supérieur de la Fraternité
sacerdotale St.Pie X, accompagné par ses Assistants l'Abbé Nikolaus
Pfluger et l'Abbé Alain-Marc Nély. Le Cardinal Gerhard Ludwig
Müller était accompagné du Secrétaire et du Secrétaire adjoint
du dicastère Mgr.Luis Ladaria Ferrer, SJ, et Mgr.Joseph Augustine
Di Noia, OP, ainsi que de Mgr.Guido Pozzo, Secrétaire de la
Commission pontificale Ecclesia Dei. Les parties, qui ont examiné
certaines questions d'ordre doctrinal et canonique, ont convenu de
procéder par paliers mais dans un délai raisonnable vers le
dépassement des difficultés. Et ce dans la perspective désirée
d'une pleine réconciliation.
Commission théologique internationale
Cité
du Vatican, 23 septembre 2014 (VIS). Par la nomination de nouveaux
Membres et la confirmation d'autres, se clôt le huitième
quinquennat (2009 - 2014) de la Commission théologique
internationale. Instituée par Paul VI en 1969, cette commission aide
le Saint-Siège et en premier lieu la Congrégation pour la doctrine
de la foi dans l'examen des principales questions doctrinales. Elle
se compose d'une trentaine de théologiens de diverses écoles et
nationalités, reconnus pour leur science et leur fidélité au
Magistère. Ils sont nommés par le Pape pour un quinquennat sur
proposition du Préfet de la Congrégation et après consultation des
Conférences épiscopales. Depuis son institution, la Commission a
publié vingt-sept documents, approuvés par son président. Cette
année s'achève donc la session ouverte le 19 juin 2009 de ses
actuels membres. Avant tout, le Saint-Siège tient à exprimer sa
gratitude aux membres de la Commission qui s'apprêtent à conclure
leur quinquennat pour la qualité de leur service. Les documents
rédigés entre 2009 et 2014 sont: "La théologie aujourd'hui.
Perspectives, principes et critères" (2012), "Dieu trine,
unité des hommes. Le monothéisme chrétien contre la violence"
(2014), "Le Sensus Fidei dans la vie de l'Eglise (2014).
Le
26 juillet dernier, avec la nomination (rendue publique ce 23
septembre) par le Saint-Père de trente nouveaux Membres, la
Commission théologique internationale a entamé un nouveau
quinquennat (2014 - 2019) dont la fin correspondra, le 11 avril 2019,
a la célébration de son cinquantenaire. Après la consultation des
Conférences épiscopales et des Synodes orientaux le Cardinal
Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a
présenté au Pape un éventail de noms. C'est sur la base des
propositions qui lui ont été présentées qu'il a choisi les
théologiens et théologiennes appelé à siéger dans la Commission.
Parallèlement a été renouvelé le mandat du P.Serge-Thomas Bonino,
OP, comme Secrétaire général. Le nouvel organigramme montre un
accroissement des composantes extra-européennes: 14 Membres
européens (contre 18 précédemment), 5 sud-américans (contre 3), 4
asiatiques (inchangé), 3 africains (contre 2), 4 nord-américains
(contre 2) et 1 australien (inchangé). Dans les deux derniers
quinquennats on comptait deux présences féminines: Soeur Sara
Butler, MSBT (USA), et Mme.Barbara Hallensleben (Allemagne - Suisse).
Pour le nouveau quinquennat ont été nommées cinq théologiennes:
Soeur Prudence Allen, RSM (USA), Soeur Alenka Arko, Com.Loyola
(Slovénie - Russie), Mme.Moira Mary McQuenn (GB - Canada),
Mme.Tracey Rowland (Australie), Mme.Marianne Schlosser (Allemagne -
Autriche). Les femmes constituent désormais 16% de la Commission, ce
qui est un signe d'un engagement féminin croissant dans la recherche
théologique. En 2014 il a également été décidé de mieux
diversifier les provenances ecclésiales des Membres, en fonction de
leur statut religieux et des charismes particuliers qu'ils
représentent. Leur première réunion, qui se tiendra du 1 au 5
décembre prochain en session plénière, devra décider des trois
thèmes à traiter ces prochaines années.
La
Commission théologique internationale a rénové et enrichi sa page
du site web vatican (www.vatican.va),
qui propose dans le cadre des activités liées à la Congrégation
pour la doctrine de la foi tous ses documents (en diverses langues).
Pour faciliter la consultation, elle ouvre un nouvel accès
(www.cti.va), qui propose des
rubriques linguistiques identiques (anglais, espagnol, français,
italien, portugais...). L'avantage réside également dans la
possibilité d'entrée selon une langue sans retourner au site
vatican. Cette nouvelle page veut encourager et stimuler le dialogue
grâce à une diffusion commode du patrimoine théologique de
l'Eglise catholique toute entière.
Dire non à la prolifération des armes nucléaires
Cité
du Vatican, 23 septembre 2014 (VIS). Lundi dernier à Vienne
(Autriche), le Sous Secrétaire pour les relations
avec les états a pris part à la 58 Conférence générale de
l'OIEA. Dans son intervention, Mgr.Antoine Camilleri a d'abord
souligné que le Saint-Siège soutient pleinement les actions de
l'institution, comme celles de l'OMS ou de la FAO. Elles contribuent,
a-t-il estimé, au véritable développement de l'homme et favorisent
la paix et la prospérité mondiale. Il considère en outre qu'une
meilleure utilisation des nouveaux media et qu'une majeure
collaboration entre les autorités politiques accroissent la
conscience publique et la connaissance des actions de l'OIEA.
Celles-ci recoupent l'appel du Pape à la fraternité, contenu dans
son dernier message pour la Journée mondiale de la paix. Le
représentant du Saint-Siège a ensuite rappelé que "la
prévention de la prolifération des armes nucléaires est capitale
pour l'humanité... Il faut que le désarmement nucléaire devienne
l'objectif de tous les pays, des détenteurs au premier chef mais
aussi des états qui sont en passe de l'acquérir. Il ne s'agit pas
d'un objectif irréaliste. La paix exige un changement de route au
moyen de décisions claires et précises dans la recherche du
désarmement". Le Saint-Siège a donc renouvelé son appel aux
gouvernants et aux experts de la défense à oeuvrer à l'objectif du
désarmement nucléaire en ce premier centenaire de la grande guerre
qui, avec la suivante, fait encore sentir ses graves conséquences.
En conclusion, Mgr.Camilleri a souligné l'impact mondial de la
catastrophe de Fukushima, qui a poussé à accroître la sécurité
nucléaire. "Il faut tout faire pour éviter de tels accidents
ou en minimiser les effets nocifs. Sa délégation soutient également
les innovations tendant à la gestion ou à l'élimination des
déchets nucléaires.
Audiences
Cité
du Vatican, 23 septembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin
vingt-un prélats de la Conférence épiscopale ghanéenne en visite
Ad Limina:
Mgr.Gabriel
Charles Palmer-Buckle, Archevêque d'Accra.
Mgr.Francis
Anani Kofi Lodonu, Evêque de Ho.
Mgr.Gabriel
Akwasi Ababio Mante, Evêque de Jasikan.
Mgr.Anthony
Kwami Adanuty, Evêque de Keta - Akatsi.
Mgr.Joseph
Kwaku Afrifah-Agyekum, Evêque de Koforidua.
Mgr.Matthias
Kobena Nketsiah, Archevêque de Cape Coast.
Mgr.John
Bonaventure Kwofie, CSSP, Evêque de Sekondi - Takoradi.
Mgr.Joseph
Francis Kweku Essien, Evêque de Wiawso.
Mgr.Gabriel
Justice Yaw Anokye, Archevêque de Kumasi et Administrateur
apostolique d'Obuasi, accompagné de ses prédécesseurs Mgr.Peter
Kwasi Sarpong et Mgr.Thomas Kwaku Mensah.
Mgr.Peter
Kwaku Atuahene, Evêque de Goaso.
Mgr.Joseph
Osei-Bonsu, Evêque de Konongo - Mampong.
Mgr.Matthew
Kwasi Gyamfi, Evêque de Sunyani.
Mgr.Dominic
Yeboah Nyarko, Evêque de Techiman.
Mgr.Philip
Naameh, Archevêque de Tamale.
Mgr.Peter
Paul Angkyier, Evêque de Damongo.
Mgr.Alfred
Agyenta, Evêque de Navrongo - Bolgatanga.
Mgr.Paul
Bemile, Evêque de Wa.
Mgr.Vincent
Sowah Boi-Nai, SVD, Evêque de Yendi.
Mgr.Gabriel
Edoe Kumordji, SVD, Vicaire apostolique de Donkorkrom.
Hier
après-midi, 22 septembre, il avait reçu:
Le
Cardinal George Pell, Préfet du Secrétariat pour l'économie.
Le
Cardinal Antonio Cañizares Llovera, Archevêque de Valence
(Espagne).
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican 23 septembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé ou
renouvelé pour un quinquennat les Membres de la Commission
théologique internationale:
Le
P.Serge-Thomas Bonino, OP (France), Secrétaire général.
L'Abbé
Terwase Henry Akaabiam (Nigeria).
Soeur
Prudence Allen, RSM (USA).
Soeur
Alenka Arko, Com.Loyola (Slovénie - Russie).
Mgr.Antonio
Luiz Catelan Ferreira (Brésil).
Mgr.Piero
Coda (Italie).
L'Abbé
Lajos Dolhai (Hongrie).
Le
P.Peter Dubovsky, SJ (Slovaquie).
L'Abbé
Mario Angel Flores Ramos (Mexique).
L'Abbé
Carlos María Galli (Argentine).
L'Abbé
Krzysztof Gózdz (Pologne).
L'Abbé
Gaby Alfred Hachem (Liban).
Le
P.Thomas Kollamparampil, CMI (Inde).
L'Abbé
Oswaldo Martínez Mendoza (Colombie).
Mme.Moira
Mary McQuenn (GB - Canada).
L'Abbé
Karl-Heinz Menke (Allemagne).
L'Abbé
John Junyang Park (Corée).
Le
P.Bernard Pottier, SJ (Belgique).
L'Abbé
Javier Prades López (Espagne).
Mme.Tracey
Rowland (Australie).
M.Héctor
Gustavo Sánchez Rojas, SCV (Pérou).
Mme.Marianne
Schlosser (Allemagne - Autriche).
L'Abbé
Nicholaus Segeja M'Hela (Tanzanie).
L'Abbé
Pierangelo Sequeri (Italie).
L'Abbé
Zeljko Tanjic (Croatie).
Le
P.Francisco P.Timoner III, OP (Philippines).
Le
P.Gabino Uribarri Bilbao, SJ (Espagne).
L'Abbé
Philippe Vallin (France).
Le
P.Thomas G.Weinandy, OFM.Cap (USA).
lundi 22 septembre 2014
Le Pape remercie la Vierge de son voyage en Albanie
Cité
du Vatican, 22 septembre 2014
(VIS). Vers midi, le Saint-Père s'est rendu à
Ste.Marie Majeure
pour remercier la Vierge au terme de son voyage en Albanie. Il a prié
en silence dans la chapelle de la Salus Populi Romani et a déposé
un bouquet de fleurs reçu hier lors de sa visite au centre Béthanie.
Après le Salve Regina, le Pape est regagné le Vatican.
Aucune violence ne peut être commise au nom de Dieu
Cité
du Vatican, 22 septembre 2014
(VIS). Hier à 16 h, après avoir déjeuné à la
nonciature avec les évêques albanais, le Pape s'est rendu à
l'Université catholique Notre-Dame du Bon Conseil, instituée en
2004 et administrée par une fondation des Fils de l'Immaculée de
Tirana, pour rencontrer les chefs des autres confessions et religions
du pays: judaïsme, protestantisme, islman
et soufisme. Le Pape s'est dit heureux de les rencontrer parce que
leur présence constitue "un signe de dialogue et de
collaboration pour le bien de toute la société". Il a
d'abord rappelé que l'Albanie avait été le
"témoin des violences et des drames
que peuvent provoquer
l’exclusion forcée de Dieu de la vie personnelle et communautaire:
"Quand, au nom d’une idéologie, on veut expulser Dieu de la
société, on finit par adorer des idoles, et bien vite aussi l’homme
s’égare lui-même, sa dignité est piétinée, ses droits violés.
Vous savez bien à quelles brutalités peut conduire la privation de
la liberté de conscience et de la liberté religieuse, et comment à
partir de ces blessures se forme une humanité radicalement
appauvrie, parce que privée d’espérance et de référence à des
idéaux. Les
changements survenus à la fin du siècle dernier ont eu pour effet
positif aussi de créer les conditions pour une réelle liberté de
religion. Cela a donné à chaque communauté la possibilité de
raviver des traditions qui ne s’étaient jamais éteintes, malgré
les persécutions féroces, et a permis à tous d’offrir, à partir
de sa propre conviction religieuse, une contribution positive à la
reconstruction morale, avant la reconstruction économique du pays".
Cependant, a ajouté le Pape citant
Jean-Paul II, "la vraie liberté
religieuse a horreur des tentations de l’intolérance et du
sectarisme et promeut des attitudes de dialogue respectueux et
constructif. Nous ne pouvons pas ne pas reconnaître combien
l’intolérance envers celui qui a des convictions religieuses
différentes des siennes propres est un ennemi particulièrement
insidieux, qui malheureusement se manifeste aujourd’hui en
différentes régions du monde. En tant que croyants, nous devons
être particulièrement vigilants pour que la religiosité et
l’éthique que nous vivons avec conviction et dont nous témoignons
avec passion s’exprime toujours par des attitudes dignes du mystère
que l’on entend honorer, en refusant avec résolution comme non
vraies, parce que non dignes de Dieu ni de l’homme, toutes ces
formes qui représentent un usage déformé de la religion. La
religion authentique est source de paix et non de violence! Personne
ne peut utiliser le nom de Dieu pour commettre de la violence! Tuer
au nom de Dieu est un grand sacrilège! Discriminer au nom de Dieu
est inhumain".
De
ce point de vue, a souligné le Saint-Père,
"la liberté religieuse n’est pas un droit qui puisse être
garanti uniquement par le système législatif en vigueur, qui est
aussi nécessaire: c’est un espace commun, une atmosphère de
respect et de collaboration qui est construit avec la participation
de tous, même de ceux qui n’ont aucune conviction religieuse".
Le Pape a ainsi indiqué deux attitudes qui
pourraient être particulièrement utiles pour promouvoir cette
liberté religieuse: "La première,
c’est celle de voir en tout homme et en toute femme, même en ceux
qui n’appartiennent pas à sa propre tradition religieuse, non des
rivaux, encore moins des ennemis, mais bien des frères et des sœurs.
Celui qui est assuré de ses convictions propres n’a pas besoin de
s’imposer, d’exercer des pressions sur l’autre, il sait que la
vérité a sa force de rayonnement propre... Chaque tradition
religieuse, à l’intérieur d’elle-même, doit réussir à rendre
compte de l’existence de l’autre. La
seconde "est l’engagement en faveur
du bien commun. Chaque fois que l’adhésion à sa propre tradition
religieuse fait germer un service plus convaincu, plus généreux,
plus désintéressé pour la société tout entière, il y a un
exercice authentique et un développement de la liberté religieuse.
Celle-ci apparaît alors non seulement comme un espace d’autonomie
légitimement revendiquée, mais comme une potentialité qui enrichit
la famille humaine par son exercice progressif.
Regardons autour de nous : combien
sont nombreux les besoins des pauvres, combien nos sociétés doivent
encore trouver des chemins vers une justice sociale plus répandue,
vers un développement économique inclusif! Combien l’âme humaine
a besoin de ne pas perdre de vue le sens profond des expériences de
la vie et de récupérer l’espérance! Dans ces domaines d’action,
les hommes et des femmes inspirés par les valeurs de leur propre
tradition religieuse peuvent offrir une contribution importante, même
irremplaçable. C’est là aussi un terrain particulièrement fécond
pour le dialogue interreligieux".
"Je
voudrais dire quelque chose quelque chose d'un fantôme, le
relativisme. Face au phénomène, nous devons adopter un principe
clair: On ne peut dialoguer si l'on ne part pas de son identité
propre. Sans identité le dialogue ne peut exister. Ce serait un
dialogue fantôme, un dialogue en l'air, sans intérêt. Chacun de
nous a sa propre identité religieuse et est fidèle à celle-ci.
Mais le Seigneur sait comment faire avancer l'histoire. Nous partons
chacun de notre identité, en ne faisant pas semblant d'en avoir une
autre, parce que cela ne sert à rien...c'est du relativisme. Ce qui
nous unit est notre chemin de vie, c'est la bonne volonté de partir
de son identité pour faire le bien à nos frères et sœurs...
Chacun de nous offre le témoignage de son identité à l'autre et
dialogue avec l'autre. Ensuite le dialogue peut aller plus avant sur
des questions théologiques, mais le plus important, le plus beau,
c'est de marcher ensemble sans trahir notre identité, sans la
cacher, sans hypocrisie". Le
Pape a conclu en encourageant les chefs religieux
"à maintenir et développer la tradition de bonnes relations
entre les communautés religieuses existantes en Albanie, et à vous
sentir unis dans le service de votre chère patrie. Avec un trait
d'humour, on pourrait dire que cela ressemble à une équipe de foot:
les catholiques contre tous les autres, mais tous ensemble pour le
bien de la patrie et de l'humanité! Continuez d'être le signe pour
votre pays et pour les autres que les relations cordiales et la
féconde collaboration entre hommes de religions différentes sont
possibles".
Mise en garde contre les nouvelles formes de dictature
Cité
du Vatican, 22 septembre 2014 (VIS). Hier après-midi à Tirana, le
Pape François s'est rendu à la cathédrale pour célébrer les
vêpres et s'adresser au clergé, séminaristes, religieux et
mouvements de laïcs. Consacré en 2002, l'édifice qui peut
accueillir 700 personnes, est orné d'une verrière représentant
Jean-Paul II et Mère Teresa. Après les témoignages bouleversants
d'un prêtre de 83 ans et d'une religieuse de 85 ayant subi la
persécution du régime athée, le Pape a fondu en larmes. Après
avoir embrassé ces deux témoins vivants, il a renoncé au discours
écrit et a improvisé: "Nous avons entendu
dans la lecture: Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur
Jésus-Christ, le Père plein de tendresse, le Dieu de qui vient tout
réconfort... Durant les deux derniers mois, je me suis préparé à
cette visite en lisant l’histoire de la persécution en Albanie.
Cela a été une surprise, car je ne savais pas que votre peuple
avait tant souffert. Aujourd’hui, sur mon trajet depuis l’aéroport,
j'ai vu tant de portraits de ces martyrs qui montrent que le peuple
n'a pas oublié ceux qui ont tant souffert. Un peuple de martyrs! Et
je viens d'en serrer deux dans mes bras. Je ne peux vous dire que ce
qu'ils ont dit, par leur vie, par leurs paroles simples. Ils
racontent ces faits douloureux avec simplicité. Comment ont-ils fait
pour survivre à tant de tribulations? Ils nous disent ce que nous
avons entendu dans le passage de la seconde épître aux Corinthiens:
Dieu est le Père miséricordieux et le Dieu de toute consolation.
C’est lui qui nous a consolés... Ils ont souffert physiquement et
psychiquement, dans l'angoisse de l’incertitude d'être ou non
fusillés. Ils vivaient avec cette angoisse et le Seigneur les
consolait. Je pense à Pierre enchaîné pendant que l’église
priait pour lui. Le Seigneur a consolé Pierre, comme il a consolé
nos deux martyrs survivants". La communauté chrétienne priait
pour eux. "C'est cela le mystère de l’Eglise, que le Seigneur
console humblement, secrètement aussi. Il console dans l’intimité
du cœur et il console avec sa force. Eux, j’en suis sûr, ceux qui
sont réconfortés ne se vantent pas de ce qu’ils ont vécu... Ils
nous disent que pour nous, qui avons été appelés par le Seigneur
pour le suivre de près, l’unique consolation vient du Christ.
Malheur à nous si nous cherchons une autre consolation! Malheur aux
prêtres, aux religieux, aux sœurs, aux novices, aux personnes
consacrées quand ils cherchent des consolations loin du Seigneur. Je
ne veux pas vous bastonner”, ni devenir votre bourreau. Mais sachez
bien que si vous cherchez de la consolation ailleurs, vous ne serez
pas heureux: Tu ne pourras consoler personne, parce que ton cœur n’a
pas été ouvert à la consolation du Seigneur. Et tu finiras, comme
dit Elie au peuple d’Israël, en clochant des deux jambes. Soit
donc béni le Père de notre Seigneur, le Père plein de tendresse,
le Dieu de qui vient tout réconfort". C’est ce qu’ont fait
les deux témoins que nous venons d'entendre: "Humblement, sans
prétention, sans se vanter, ils nous ont rendu un service, celui de
nous consoler: Ils nous ont dit que, pécheurs, le Seigneur a été
avec eux. Voilà le chemin. Ne vous découragez donc pas. Et
excusez-moi je me sers de vous comme exemple, mais nous devons tous
être des exemples les uns pour les autres. Rentrons chez nous en
pensant que nous avons touché des martyrs".
Voici
maintenant le texte que le Saint-Père avait préparé, et qu'il a
remis à l'Archevêque de Tirana: "C’est pour moi une grande
joie de vous rencontrer et je vous remercie pour votre accueil. Parmi
vous, je puis mieux exprimer ma proximité à votre engagement
d’évangélisation. Depuis que votre pays est sorti de la
dictature, les communautés ecclésiales ont recommencé à cheminer
et à s’organiser pour l’action pastorale, et elles regardent
avec espérance vers l’avenir. Ma pensée reconnaissante va en
particulier à ces pasteurs qui ont payé d’un prix élevé leur
fidélité au Christ et leur décision de rester unis au Successeur
de Pierre. Ils ont été courageux dans la difficulté et dans
l’épreuve. Il y a encore parmi nous des prêtres et des religieux
qui ont fait l’expérience de la prison et de la persécution,
comme la sœur et le frère qui nous ont raconté leur histoire. Je
vous embrasse avec émotion et je rends grâce à Dieu pour votre
témoignage fidèle, qui stimule toute l’Eglise à poursuivre avec
joie l’annonce de l’Evangile".
"Mettant
à profit cette expérience, l’Eglise en Albanie peut grandir dans
le zèle missionnaire et dans le courage apostolique. Je connais et
j’apprécie l’engagement avec lequel vous vous opposez à de
nouvelles formes de dictature qui risquent de rendre esclaves les
personnes et les communautés. Si le régime athée cherchait à
étouffer la foi, ces dictatures, plus sournoises, peuvent étouffer
la charité. Je pense à l’individualisme, aux rivalités et aux
confrontations exaspérées: C’est une mentalité mondaine qui peut
contaminer aussi la communauté chrétienne. Il ne sert à rien de se
décourager devant ces difficultés, n’ayez pas peur d’avancer
sur la route du Seigneur. Il est toujours à vos côtés, il vous
donne sa grâce et vous aide à vous soutenir les uns les autres, à
vous accepter comme vous êtes, avec compréhension et miséricorde,
à cultiver la communion fraternelle. L’évangélisation
est plus efficace quand elle est mise en œuvre avec unité
d’intention et avec une collaboration sincère entre les
différentes réalités ecclésiales et entre les
missionnaires et le clergé local. Cela comporte le courage de
poursuivre dans la recherche des formes de travail commun et d’aide
réciproque dans les domaines de la catéchèse, de l’éducation
catholique, comme aussi de la promotion humaine et de la charité.
Dans ces domaines aussi, l’apport des mouvements ecclésiaux, qui
savent faire des projets et agir en communion avec les Pasteurs et
entre eux est précieux. C’est ce que je vois ici: Des évêques,
des prêtres, des religieux et des laïcs, toute une Eglise qui veut
cheminer dans la fraternité et dans l’unité. Quand l’amour
du Christ est placé au-dessus de tout, même
d’exigences particulières légitimes, on devient alors capable de
sortir de nous-mêmes, de nos petitesses personnelles ou de groupe,
et d’aller vers Jésus qui s’approche de nous dans les frères.
Ses plaies sont encore visibles aujourd’hui sur le corps de
beaucoup d’hommes et de femmes qui ont faim et soif, qui sont
humiliés, qui se trouvent en prison ou à l’hôpital. Et vraiment
en touchant et en soignant avec tendresse ces plaies, il est possible
de vivre l’Evangile jusqu’au bout et d’adorer Dieu vivant au
milieu de nous".
"Nombreux
sont les problèmes que vous affrontez chaque jour. Ils vous poussent
à vous immerger avec passion dans une activité apostolique
généreuse. Toutefois, nous savons que seuls nous ne pouvons rien
faire. Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs
travaillent en vain. Cette conscience nous appelle à donner chaque
jour la juste place au Seigneur, à lui consacrer du temps, à lui
ouvrir notre cœur, afin qu’il agisse dans notre vie et dans notre
mission. Ce que le Seigneur promet à la prière confiante et
persévérante dépasse ce que nous imaginons: Au-delà de ce que
nous demandons, il nous donne aussi l’Esprit. La dimension
contemplative devient indispensable, au milieu des engagements les
plus urgents et les plus pesants. Et plus la mission nous appelle à
aller vers les périphéries existentielles, plus notre cœur sent le
besoin intime d’être uni à celui du Christ, plein de miséricorde
et d’amour. Sachant que les prêtres et les personnes consacrées
ne sont pas encore en nombre suffisant, le Seigneur vous répète: La
moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux! Priez
donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa
moisson. Il ne faut pas oublier que cette prière part d’un regard,
celui de Jésus, qui voit l’abondance de la moisson. Avons-nous,
nous aussi ce regard? Savons-nous reconnaître l’abondance des
fruits que la grâce de Dieu a fait croître, et du travail qu’il y
a à faire dans le champ du Seigneur? C’est de ce regard de foi sur
le champ de Dieu que naît la prière, l’invocation quotidienne et
pressante au Seigneur pour les vocations sacerdotales et religieuses.
Vous, chers séminaristes, et vous, chers postulants et novices, vous
êtes le fruit de cette prière du peuple de Dieu, qui précède et
accompagne toujours votre réponse personnelle. L’Eglise en Albanie
a besoin de votre enthousiasme et de votre générosité. Le temps
que vous consacrez à une solide formation spirituelle, théologique,
communautaire et pastorale, est fécond en vue de servir de façon
adéquate, demain, le peuple de Dieu. Les gens, plus que des maîtres,
cherchent des témoins, des témoins humbles de la miséricorde et de
la tendresse de Dieu, des prêtres et des religieux conformés au Bon
Pasteur, capables de communiquer à tous la charité du Christ".
"Je
rends grâce à Dieu, avec vous comme avec le peuple albanais tout
entier, pour les nombreux missionnaires, hommes et femmes, dont
l’action a été déterminante pour la renaissance de l’Eglise et
reste encore aujourd’hui d’une grande importance. Ils ont
contribué notablement à consolider le patrimoine spirituel
qu’évêques, prêtres, personnes consacrées et laïcs albanais
ont conservé, au milieu d’épreuves et de tribulations très
dures. Pensons au grand travail accompli par les instituts religieux
pour relancer l’éducation catholique, un travail qui mérite
d’être reconnu et soutenu. Et puis, ne vous découragez pas devant
les difficultés. Dans le sillage de vos pères, soyez tenaces dans
le témoignage rendu au Christ, et marchez ensemble avec Dieu, vers
l’espérance qui ne déçoit jamais. Que sur votre chemin, vous
vous sentiez toujours accompagnés et soutenus par l’affection de
l’Eglise toute entière".
Visite au Centre Béthanie: Ici la foi se fait charité concrète
Cité
du Vatican, 22 septembre 2014
(VIS). La visite au Centre Béthanie, à une trentaine de km de
Tirana, a constitué la dernière étape du voyage apostolique en
Albanie. Fondée par l'italienne Antonietta Vitale en 1999, cette
institution accueille de nombreux handicapés et enfants marginalisés
ou pauvres qui sont pris en charge par un groupe de volontaires
laïcs: Dans des lieux comme celui-ci, a dit le Pape François "nous
sommes tous confirmés dans la foi, tous aidés à croire, parce que
nous voyons la foi se faire charité concrète. Nous la voyons porter
lumière et espérance dans des situations de grande détresse...
Cette foi qui opère dans la charité déplace les montagnes de
l’indifférence, de l’incrédulité et de l’apathie... A
travers des gestes humbles et simples du service aux petits passe la
Bonne Nouvelle que Jésus est ressuscité et vit au milieu de nous...
Ce centre, en outre, témoigne qu’une cohabitation pacifique et
fraternelle entre des personnes appartenant à différentes ethnies
et à des confessions religieuses différentes est possible. Ici, les
différences n’empêchent pas l’harmonie, la joie et la paix,
elles deviennent même l’occasion d’une connaissance plus
profonde et d’une compréhension réciproque... Chaque communauté
religieuse s’exprime par l’amour et non par la violence, elle n’a
pas honte de la bonté! A celui qui la fait grandir en lui, la bonté
donne une conscience tranquille, une joie profonde même au milieu
des difficultés et des incompréhensions. Jusque dans les offenses
subies, la bonté n’est pas faiblesse, mais vraie force capable de
renoncer à la vengeance. Le bien a du prix en lui-même et nous
rapproche de Dieu, Souverain Bien... Le bien paie infiniment plus que
l’argent, qui au contraire déçoit, parce que nous avons été
créés pour accueillir l’amour de Dieu et le donner à notre tour,
et non pour mesurer chaque chose sur la base de l’argent ou du
pouvoir". Le Pape a alors cité une phrase d'un des enfants de
Béthanie à propos des volontaires qui y œuvrent: "Depuis
quinze ans, ils se sacrifient avec joie par amour de Jésus et par
amour de nous". C’est une phrase, a dit le Saint-Père, "qui
révèle combien le don de soi par amour de Jésus suscite joie et
espérance, et combien le service des frères se transforme dans le
fait de régner ensemble en Dieu. Ces paroles...peuvent sembler
paradoxales à une grande partie de notre monde qui a de la
difficulté à les comprendre et cherche fébrilement dans les
richesses terrestres, dans la possession et dans le divertissement
pris comme fin en soi, la clé de sa propre existence, trouvant au
contraire aliénation et étourdissement. Le secret d’une existence
réussie est au contraire d’aimer et de se donner par amour. Alors,
on trouve la force de se sacrifier avec joie et l’engagement le
plus prenant devient source d’une joie plus grande. Alors, les
choix définitifs de vie ne font plus peur, mais ils apparaissent
dans leur vraie lumière, comme une manière de réaliser pleinement
sa liberté". Enfin, le Saint-Père a prié saint Antoine de
Padoue, patron du centre, de les accompagner dans leur chemin.
"Continuez avec confiance à servir dans les pauvres et dans les
abandonnés le Seigneur Jésus et à le prier pour que les cœurs et
les esprits de tous s’ouvrent au bien, à la charité agissante,
source de joie vraie et authentique". A la sortie de la chapelle
où s'était déroulé l'entretien, le Pape a dialogué avec les
enfants du centre. Après les avoir salués, il a rejoint l'aéroport
de la capitale albanaise pour regagner Rome, où son avion a atterri
peu après 21 h 30'.
Le Pape s'adresse aux journaliste dans l'avion du retour
Cité
du Vatican, 22 septembre 2014
(VIS). Dans le vol de retour sur Rome, le
Saint-Père a répondu aux questions de trois journalistes albanais
ayant couvert le voyage apostolique dans leur pays:
Etes-vous
parti avec une idée en tête à propos des albanais, de l'Albanie.
L'albanais a souffert, mais est aussi tolérant. Avez-vous trouvé
quelque autre qualité...juste pour faire revenir l'aigle à son
nid?: "L'albanais n'est pas seulement tolérant, c'est un frère.
Il est capable de fraternité et plus encore. Cela se voit dans sa
façon de vivre avec les autres, de collaborer entre musulmans,
orthodoxes et catholiques. Ils collaborent, mais comme des frères.
Une autre chose encore qui m'a touchée dès le début, c'est la
jeunesse de ce pays...le plus jeune d'Europe. Mais on voit que
l'Albanie a un développement supérieur dans la culture et aussi le
gouvernement, grâce à cette fraternité".
Quelle
émotion avez-vous ressentie en circulant sur le boulevard central de
Tirana, sous les portraits des clercs martyrisés sous le régime
communiste, dans un pays où l'athéisme d'état a été imposé
jusqu'il y a 25 ans?: "Cela fait deux
mois que j'étudie un peu cette période difficile de l'Albanie, pour
la comprendre. J'ai étudié aussi ses origines. Vos racines
culturelles sont très belles et fortes. Cette période de votre
histoire a été cruelle. Son niveau de cruauté terrible. Quand j'ai
vu ces photos, et pas seulement de catholiques ou d'orthodoxes aussi,
de musulmans, et quand j'ai pensé à ce qu'on leur avait dit: Mais
tu ne dois pas croire en Dieu. Mais moi je n'y crois! Et boum, ils
l'éliminaient. C'est pourquoi je dis que les trois composantes
religieuses ont donné un témoignage de
Dieu et maintenant elles donnent un témoignage de fraternité".
Vous
venez de visiter l'Albanie qui est à majorité musulmane. Cette
visite a eu lieu à un moment délicat pour le
monde, Vous avez vous-même déclaré que la troisième guerre
mondiale avait commencé. Le message de votre visite s'adressait-il
seulement aux albanais ou va-t-il au-delà?: "Non, il va
au-delà. L'Albanie a tracé une route de paix, de coexistence et de
collaboration qui va vers d'autres pays ayant des racines ethniques
différentes... C'est un pays musulman dans sa majorité. Oui, mais
ce n'est pas un pays musulman. C'est un pays européen... l'Albanie
est un pays européen justement par sa culture, cette culture de
coexistence, pour la culture historique qu'il a eu aussi".
Après
l'Albanie, quels sont les prochains voyages?: "Le 25 novembre à
Strasbourg, pour parler devant le Conseil de l'Europe et le Parlement
européen. Ensuite, le 28, peut-être, la Turquie pour être là pour
la fête du 30, la saint André, avec le Patriarche oecuménique
Barthélémy.
Nous
avons compris que vous avez une vision de l'Albanie un peu différente
de celle des européens, qui voient pratiquement l'Europe comme
l'Union européenne. Vous avez choisi pour première visite dans un
pays d'Europe, un pays de la périphérie qui ne fait pas partie de
l'Union européenne. Que pouvez-vous dire à ceux qui regardent
seulement l'Europe des puissants?: "Mon voyage a été un
message. Il se veut un signal".
Nous
vous avons tous vu pleurer, je crois, pour la première fois. Cette
rencontre avec le clergé a-t-elle été le moment le plus émouvant
de votre voyage?: "Entendre parler un martyr de son propre
martyre c'est fort! Je crois que tous ceux qui étaient là étaient
émus, tous. Et ces témoins parlaient comme s'il s'agissait d'un
autre, avec un naturel, une humilité. Cela m'a fait un grand bien".
Visite du Président letton
Cité
du Vatican, 20 septembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin
le Président letton M.Andris Berzins, qui s'est
ensuite entretenu avec le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire
d’Etat, accompagné de Mgr.Dominique Mamberti, Secrétaire pour les
relations avec les états: Se félicitant de la qualité de leurs
relations, saluant aussi la notable contribution que l'Eglise
catholique offre à la communauté nationale en matière éducative
et sociale, les parties ont abordé certains aspects de la vie du
pays comme du contexte international, notamment en prévision du
semestre de présidence de Conseil de l'Union Européenne que la
Lettonie assumera à compter de janvier prochain. Un attention
particulière a été portée à l'Ukraine, dans l'espoir d'une
solution politique de la crise, fondée sur le dialogue et sur le
droit.
Des pasteurs proches des fidèles
Cité
du Vatican, 20 septembre 2014 (VIS). Le Pape François a reçu les
évêques participant au séminaire de la Congrégation pour
l'évangélisation des peuples. Saluant des hôtes qui "ne se
sont pas laissés décourager par les difficultés et les défis du
monde qui accentuent la difficulté d'être évêque", il les a
félicités d'avoir placé leur confiance dans le Seigneur, à la
suite des premiers disciples. Puis il leur a rappelé "l'impérieuse
nécessité d'une conversion missionnaire", une mission qui, si
elle "touche tout baptisé et chaque communauté, regarde les
pasteurs appelés à la vivre et à en témoigner au premier chef
comme guides des Eglises particulières: Je vous recommande donc
d'orienter votre vie et votre ministère en fonction de la mission
qui interpelle le peuple de Dieu. Au coeur de la conversion
missionnaire de l'Eglise se place le service à l'humanité... Un bel
exemple de ce service pastoral est offert par les martyrs coréens...
Solidement attachés au Bon Pasteur, ils n'ont pas hésité à verser
leur sang pour l'Evangile, dont ils étaient les fidèles diffuseurs
et les témoins héroïques. L'Eglise a besoin de tels pasteurs
serviteurs, qui sachent s'incliner pour laver les pieds des gens,
proches des fidèles, pères et frères à la fois, remplis de
miséricorde et aimant la pauvreté, qui est liberté vis à vis du
Seigneur et simplicité de vie... Efforcez vous donc d'imprimer une
vraie dimension missionnaire à vos existences comme à celles de vos
diocèses, afin que ces communautés s'accroissent de nouveaux
membres. D'où l'importance de votre mode de vie, du témoignage de
votre ministère épiscopal au service du peuple de Dieu. Soyez tout
particulièrement proches de vos prêtres. Ayez soin de la vie
religieuse et aimez les pauvres". Evoquant enfin l'imminent
Synode sur la famille, le Pape a rappelé que "les familles sont
à la base de l'action évangélisatrice, tant par leur mission
éducatrice propre que par leur part à la vie des paroisses.
Développez par conséquent la pastorale familiale afin que,
accompagnées et bien formées, les familles puissent donner le
meilleur d'elles à la vie de l'Eglise et de la société".
L'Eglise doit être un signe de la miséricorde du Seigneur
Cité
du Vatican, 20 septembre 2014
(VIS). Hier soir, le Pape a reçu les participants
à la rencontre internationale, intitulée Le projet pastoral
d'Evangelii Gaudium, organisée par le Conseil pontifical pour la
nouvelle évangélisation. Dans son discours, il a évoqué l'urgence
de la mission évangélisatrice, prenant d'abord pour exemple le
récit de Matthieu dans lequel Jésus a pitié de la multitude le
suivant, voyant des gens las et prostrés comme des brebis sans
berger: "Combien de personnes, dans les nombreuses périphéries
existentielles sont aujourd'hui lasses et prostrées et attendent
l'Eglise, nous attendent! "Comment les atteindre?... Si le Pape
n'a pas pour rôle d'offrir une analyse détaillée et complète de
la réalité, il doit inviter toute l'Eglise à cueillir les signes
des temps que le Seigneur nous offre sans cesse... Ces
signes...doivent être relus à la
lumière de l'Evangile... c'est le moment de l'engagement concret,
c'est le contexte dans lequel nous sommes appelés à travailler pour
faire grandir le Royaume. Combien de pauvreté et de solitude
voyons-nous malheureusement aujourd'hui dans le monde? Combien de
personnes vivent en grande souffrance et demandent à l'Eglise d'être
un signe de la proximité, de la bonté, de la solidarité et de la
miséricorde du Seigneur. Voilà une tache qui revient tout
particulièrement à ceux qui ont la responsabilité de la
pastorale... Ils sont appelés à reconnaître et lire ces signes des
temps pour donner une réponse sage et généreuse".
"Face
à toutes ces exigences pastorales, face à toutes ces demandes
d'hommes et de femmes, nous courons le risque de nous effrayer et de
nous replier sur nous-mêmes dans une attitude de peur et de défense.
De là, naît la tentation de la suffisance et du cléricalisme, de
codifier la foi en règles et instructions, comme faisaient les
scribes, les pharisiens et les docteurs de la loi au temps de Jésus.
Tout sera clair, bien ordonné, mais le peuple croyant et en
recherche continuera d'avoir faim et soif de Dieu. J'ai parfois dit
aussi que l'Eglise me semblait un hôpital de campagne: tant de
personnes blessées qui nous demande d'être proches, qui nous
demandent ce que l'on demandait à Jésus, de la proximité. Avec
cette attitude de scribes, de docteurs de la loi et de pharisiens,
nous ne donnerons jamais de témoignage de proximité". Puis le
Pape a cité la parabole dans laquelle Jésus
parle du propriétaire d'une vigne qui, ayant besoin d'ouvriers, sort
de chez lui à différentes heures de la journée pour les chercher:
"Il n'est pas sorti qu'une seule fois... Tous ceux qui sont
responsables de la pastorale peuvent trouver un bel exemple dans
cette parabole. Sortir à différents moments de la journée pour
aller à la rencontre de ceux qui sont à la recherche du Seigneur.
Rejoindre les plus faibles et les plus nécessiteux pour leur
apporter le soutien de se sentir utiles dans la vigne du Seigneur, ne
serait-ce que pour une heure seulement... Ne suivons pas, s'il vous
plaît, la voix des sirènes qui appellent à faire de la pastorale
une série convulsive d'initiatives, sans réussir à trouver
l'essentiel de l'engagement d'évangélisation. Il semble parfois que
nous soyons plus préoccupés de multiplier les activités plutôt
que d'être attentifs aux personnes et à leur rencontre avec Dieu.
Une pastorale qui n'a pas cette attention devient peu à peu
stérile". Le Pape François a alors conseillé aux participants
patience et persévérance: "Le Verbe de Dieu est entré en
patience au moment de l'Incarnation, et ainsi jusqu'à la mort sur la
Croix. Patience et persévérance. Nous n'avons pas de baguette
magique pour tout, mais nous avons la confiance du Seigneur qui nous
accompagne et ne nous abandonne jamais...Faisons le bien, mais sans
attendre de récompense. Semons et rendons témoignage. Le témoignage
est le début d'une évangélisation qui touche le cœur et le
transforme. Les mots sans le témoignage ne servent à rien! Le
témoignage c'est ce qui porte et rend valide la parole. Merci de
votre engagement! Je vous bénis et s'il
vous plaît, n'oubliez pas de prier pour moi, parce que je dois
beaucoup parler et donner moi aussi un peu de témoignage chrétien",
a conclu le Saint-Père.
Réforme du procès matrimonial canonique
Cité
du Vatican, 20 septembre 2014 (VIS). Le
Saint-Père a décidé le 27 août dernier l'institution d'une
Commission spéciale d'étude pour la réforme du procès matrimonial
canonique, qui entrera en fonction au plus tôt. Son but est de
préparer une proposition de réforme du procès en la matière,
destinée à simplifier la procédure tout en sauvegardant le
principe d'indissolubilité.
Présidée
par Mgr.Pio Vito Pinto, Doyen du Tribunal de la Rote Romaine, les
Membres de cette commission sont le Cardinal Francesco Coccopalmerio,
Président du Conseil pontifical pour les textes législatifs,
Mgr.Luis Francisco Ladaria Ferrer, SJ, Secrétaire de la Congrégation
pour la doctrine de la foi, Mgr.Dimitrios Salachas, Exarque
apostolique pour les catholiques de rite byzantin, Mgr.Maurice
Monier, Mgr.Leo Xavier Michael Arokiaraj et Mgr.Alejandro W.Bunge,
Prélats auditeurs de la Rote, le P.Konstanc Miroslav Adam, OP,
Recteur de l'Angelicum, le P.Jorge Horta Espinoza, OFM, Doyen de la
Faculté de droit canonique de l'Antonianum, et M.Paolo Moneta,
canoniste.
Envoyé spécial à Cologne
Cité
du Vatican, 20 septembre 2014 (VIS). Aujourd'hui a été publiée la
lettre latine du 6 août par laquelle le Saint-Père a nommé le
Cardinal Angelo Scola, Archevêque de Milan (Italie), son Envoyé
spécial au 850 anniversaire de la translation de Milan à Cologne
des reliques des Rois Mages (Cologne, Allemagne, 28 septembre). Il
sera accompagné par Mgr.Klaus Krämer, Président de Missio-Aachen
et de l'Oeuvre missionnaire de la Ste.Enfance, et par l'Abbé
Hubertus Bötticher, Doyen d'Arnsberg.
Audiences
Cité
du Vatican, 20 septembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu
aujourd'hui:
Le
Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les
évêques.
M.Thorbjorn
Jagland, Secrétaire général du Conseil de l'Europe.
La
Présidente argentine, Mme.Cristina Fernández de Kirchner.
Le
Cardinal Angelo Bagnasco, Archevêque de Gênes et Président de la
Conférence épiscopale italienne.
Le
Cardinal Lluís Martínez Sistach, Archevêque de Barcelone
(Espagne).
Mgr.Alcides
Jorge Pedro Casaretto, Evêque émérite de San Isidro (Argentine).
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican 20 septembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Mgr.Blase
J.Cupich, Archevêque métropolitain de Chicago (superficie 3.654,
population 6.251.000, catholiques 2.438.000, prêtres 1.559, diacres
660, religieux 2.787), aux Etats-Unis d'Amérique. Jusqu'ici Evêque
de Spokane (USA), il succède au Cardinal Francis E.George, OMI, dont
la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
Dom
Riccardo Luca Guariglia, OSB, Abbé ordinaire de l'abbaye
territoriale de Montevergine (superficie 3, population 232,
catholiques 232, prêtres 12, religieux 27), en Italie. Il était
jusqu'ici Prieur et Maître des novices de ce même monastère.
Le
Cardinal Oswald Gracias, Archevêque de Bombay (Inde), son Envoyé
spécial au 500 anniversaire de l'évangélisation du Myanmar
(Yangoun 21 - 23 novembre).
Mgr.Paolo
Rudelli (Italie), Envoyé spécial et Observateur permanent près le
Conseil de l'Europe.
dimanche 21 septembre 2014
L'Albanie est un exemple de convivialité inter-religieuse fructueuse
Cité
du Vatican, 21 septembre 2014 (VIS). Le
Saint-Père est arrivé à 9 h en Albanie, pour effectuer son
quatrième voyage pastoral hors d'Italie. C'est la seconde fois qu'un
Pape se rend au Pays des Aigles. En 1993, deux ans après la fin de
la dictature et les relations diplomatiques ayant été rétablies,
Jean-Paul II y avait fait une visite pastorale. Il avait célébré
la messe en la cathédrale de Scutari, qui avait été transformée
en palais des sports, et béni la première pierre du nouveau
sanctuaire de Notre Dame du Bon Conseil rasé en 1967. Ces dernières
années ont également été reconstruits à Tirana l'église du
Sacré Coeur des Jésuites et la cathédrale orthodoxe de la
Résurrection. Accueilli à l'aéroport de Tirana par le Nonce
apostolique Mgr.Ramiro Moliner Inglès et le Premier Ministre M.Edi
Rama, le Pape François a gagné par la route le palais présidentiel
où l'attendait le chef de l'état le Président Bujar Nishani. Après
un entretien privé, il s'est exprimé devant les corps constitués,
le corps diplomatique et les autorités religieuses du pays,
parcourant le cheminement suivi par l'Albanie pour retrouver la
liberté. Voici son discours:
"Je
suis très heureux d’être avec vous, sur la noble terre d’Albanie,
terre des héros qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance du
pays, et terre des martyrs qui ont témoigné de leur foi aux temps
difficiles de la persécution. Merci de votre invitation à visiter
le Pays des Aigles et de votre accueil festif. Près d’un quart de
siècle s’est écoulé depuis que l’Albanie a retrouvé le
chemin, rude mais passionnant, de la liberté. Celle-ci a permis à
la société albanaise d’entreprendre un parcours de reconstruction
matérielle et spirituelle, de susciter beaucoup d’énergies et
d’initiatives, de s’ouvrir à la collaboration et aux échanges
avec les pays voisins des Balkans et de la Méditerranée, de
l’Europe et du monde entier. La liberté retrouvée vous a permis
de regarder vers l’avenir avec confiance et espérance, de lancer
des projets et de tisser à nouveau des relations d’amitié avec
les nations voisines et lointaines. Le respect des droits humains,
parmi lesquels se distingue la liberté religieuse et d’expression
de la pensée, est, en effet, une condition préalable au
développement même du pays qu’il soit social ou économique.
Quand la dignité de l’homme est respectée et que ses droits sont
reconnus et garantis, fleurissent aussi la créativité et l’esprit
d’initiative, et la personnalité humaine peut déployer ses
multiples initiatives en faveur du bien commun. Je me réjouis
particulièrement d’une heureuse caractéristique de l’Albanie,
qui est préservée avec beaucoup de soin et d’attention. Je fais
référence à la cohabitation pacifique et à la collaboration entre
ceux qui appartiennent à différentes religions. Le climat de
respect et de confiance réciproque entre catholiques, orthodoxes et
musulmans est un bien précieux pour le pays, et acquiert une
importance spéciale à notre époque où le sens religieux
authentique est travesti par des groupes extrémistes, et où les
différences entre les diverses confessions sont déformées et
manipulées au point d'en faire un dangereux facteur d’affrontement
et de violence. Au contraire, il faut en faire un instrument de
dialogue ouvert et respectueux, et de réflexion commune sur ce que
signifie croire en Dieu et suivre sa loi. Que personne ne pense
pouvoir se faire de Dieu un bouclier lorsqu’il projette et
accomplit des actes de violence et de mépris! Que personne ne prenne
prétexte de la religion pour accomplir ses propres actions
contraires à la dignité de l’homme et à ses droits fondamentaux,
en premier lieu celui à la vie et à la liberté religieuse de
tous".
"Ce
qui se passe en Albanie démontre, au contraire, que la cohabitation
pacifique et fructueuse entre personnes et communautés appartenant à
des religions différentes est, non seulement souhaitable, mais
concrètement possible et réalisable. En effet, la cohabitation
pacifique entre les différentes communautés religieuses est un bien
inestimable pour la paix et pour le développement harmonieux d’un
peuple. C’est une valeur qui est gardée et qui s’accroît chaque
jour par l’éducation au respect des différences et des identités
spécifiques, ouvertes au dialogue et à la collaboration pour le
bien de tous, et par l’exercice de la connaissance et de l’estime
les uns des autres. C’est un don qui est toujours demandé au
Seigneur dans la prière. Puisse l’Albanie continuer toujours sur
cette route, devenant pour beaucoup de pays un exemple dont on
s’inspire. Après l’hiver de l’isolement et des persécutions,
est venu enfin le printemps de la liberté. Au moyen d'élections
libres et de nouvelles formes institutionnelles. Le pluralisme
démocratique s’est consolidé, favorisant la reprise des activités
économiques. Beaucoup de personnes, surtout au début, poussées par
la recherche d’un travail et de meilleures conditions de vie, ont
pris le chemin de l’émigration et participent à leur manière au
progrès de la société albanaise. Beaucoup d’autres ont
redécouvert les raisons de rester dans le pays et de le construire
de l’intérieur. Les peines et les sacrifices de tous ont contribué
à l’amélioration des conditions générales. Pour sa part,
l’Eglise catholique a pu reprendre une existence normale,
reconstituant sa hiérarchie et renouant le fil d’une longue
tradition. Des lieux de culte ont été construits ou reconstruits,
parmi lesquels se distingue le sanctuaire de Notre Dame du Bon
Conseil. Des écoles ont été fondées ainsi que d’importants
centres éducatifs et d’assistance, à la disposition de tous les
citoyens. La présence de l’Eglise et son action sont dès lors
perçues à juste titre non seulement comme un service à la
communauté catholique, mais aussi à la nation tout entière. La
bienheureuse Mère Teresa, avec les martyrs qui ont héroïquement
témoigné de leur foi, auxquels va toute notre reconnaissance et
notre prière, se réjouissent certainement au ciel de l’engagement
des hommes et des femmes de bonne volonté pour faire refleurir la
société et l’Église en Albanie.
Mais
maintenant de nouveaux défis se présentent auxquels il faut
répondre. Dans un monde qui tend à la mondialisation économique et
culturelle, il convient de faire tous les efforts pour que la
croissance et le développement soient mis à la disposition de tous,
et pas seulement d’une partie de la population. De plus, un tel
développement ne sera pas authentique s’il n’est aussi durable
et équitable, c’est à dire s’il ne se souvient pas des droits
des pauvres et ne respecte pas l’environnement. A la mondialisation
des marchés, il est nécessaire que corresponde une mondialisation
de la solidarité. La croissance économique doit s’accompagner
d’un plus grand respect de l'environnement, mais aussi des droits
individuels, ceux des réalités intermédiaires entre l’individu
et l’Etat doivent être protégés, et la première de toutes ces
réalités c’est la famille. L’Albanie aujourd’hui peut
affronter ces défis dans un cadre de liberté et de stabilité, qui
sont consolidées et qui font bien espérer pour l’avenir. Je
remercie cordialement chacun de vous pour l’accueil délicat qui
m'est fait et, comme le fit saint Jean-Paul II en avril 1993,
j’invoque sur l’Albanie la protection de Marie, Mère du Bon
Conseil, lui confiant les espérances de tout le peuple albanais. Que
Dieu répande sur l’Albanie sa grâce et sa bénédiction".
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