Cité
du Vatican, 15 décembre 2014 (VIS). En la fête de sainte Lucie, le
Pape François a reçu le Conseil de l'Union italienne des aveugles
et malvoyants, en rappelant que cette sainte a vécu de manière
exemplaire sa foi dans le Christ, avec avant tout courage. Et "nous
avons tous besoin de courage pour faire face aux épreuves de la vie,
et vous tout particulièrement pour ne pas adopter une attitude
victimiste et vous ouvrir aux réalités de la société, apprendre
et valoriser les capacités que le Seigneur a placé en chacun de
vous sans exclusion... Lucie n'était pas seule, elle appartenait à
une communauté, membre d'une communauté dont le Christ est la
base... Etre membre d'un groupe solidaire, faire des rencontres,
partager des expériences, mettre les ressources en commun sont un
patrimoine civil... Personne n'est fait pour vivre isolé mais pour
entretenir des relations, se compléter et s'entre-aider, se soutenir
les uns les autres... Lucie nous dit aussi que la vie est faite pour
être donnée... C'est le secret du bonheur véritable. L'homme ne se
réalise pas pleinement dans le posséder ni dans le faire, mais dans
l'aimer, qui est se donner". C'est le destin de quiconque est
lumineux (Lucie), c'est à dire don pour l'autre. Chacun est
précieux... Vivez donc ces valeurs qui peuvent être aujourd'hui mal
comprises. Il est parfois dur l'aller à contre-courant... Le
témoignage implique de payer de sa personne".
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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
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dernières 5 nouvelles
lundi 15 décembre 2014
Le Pape reçoit la Fondation Notre-Dame des Sans-Abri
Cité
du Vatican 13 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin
les responsables du Foyer Notre-Dame des Sans-Abri et de
l’association des Amis de Gabriel Rosset, qu'il a vivement remercié
de leur engagement auprès des plus pauvres, de ceux que la société
rejette, qui n’ont plus de toit, plus de quoi manger à leur faim,
plus de travail, et donc plus de dignité... Ayant entendu le cri des
pauvres, ayant été bouleversé par la souffrance des autres",
votre fondateur "a généreusement répondu à ce qui "n’est
que l’appel du Christ souffrant dans les personnes que vous servez,
vous touchez ses blessures et vous les soignez. En même temps, elles
vous délivrent un enseignement très profond, car c’est à travers
elles que vous rencontrez Jésus. Les pauvres nous évangélisent.
Ils nous évangélisent toujours car, mystérieusement, ils nous
communiquent la sagesse de Dieu. Le monde présent a, de manière
urgente, besoin de ce témoignage de miséricorde divine. Alors
qu’aujourd’hui la personne humaine est souvent rejetée comme
inutile lorsqu’elle n’est plus rentable, Dieu, au contraire,
reconnaît toujours en elle la dignité et la noblesse d’un enfant
bien-aimé. Toute personne a une place de choix dans son cœur. Le
pauvre est le préféré du Seigneur, il est au centre de
l’Evangile". Le témoignage de miséricorde que vous donnez
par tant d’actions concrètes et gestes simples soulagent ces
"personnes de leurs misères, leur donnant aussi une espérance
nouvelle, et leur rendant leur dignité. Il n’y a pas de plus beau
moyen d’annoncer au monde la joie de l’Evangile. L’option pour
les derniers, pour ceux que la société rejette et met de côté,
est un signe...qui rend efficacement témoignage au Christ mort et
ressuscité. Un signe sacramental!... Notre Dame des Sans Abri. Quel
beau nom. C'est a Mère de Jésus qui donne un toit à ses enfants!
La dimension mariale de votre dévouement aux autres me paraît
essentielle". Marie est remplie de compassion pour tous les plus
pauvres. C'est sa tendresse maternelle, et celle de l’Eglise, qui
se manifeste à travers vous". Puisse Notre-Dame des Sans-Abri
"rendre fécond votre dévouement et de donner foi et espérance
à tous ceux que vous rencontrez".
Placer l'avenir de l'Amérique latine sous la protection de la Guadalupe
Cité
du Vatican, 13 décembre 2014
(VIS). Hier après-midi, à l'occasion de la solennité de la Vierge
de Guadalupe, patronne de l'Amérique latine, le Saint-Père a
célébré la messe en la basilique vaticane, accompagnée des chants
de la Misa Criolla du compositeur argentin Ariel Ramírez. Voici de
larges extraits de l'homélie prononcée par le Pape:
"Ce
sont les peuple et les nations de notre grande patrie
latino-américaine qui commémorent aujourd'hui avec gratitude et
joie la festivité de leur sainte patronne, Notre-Dame de Guadalupe,
dont la dévotion s'étend de l'Alaska à la Patagonie... En cette
festivité...chantons avec elle son Magnificat et confions lui la vie
de nos peuples et la mission continentale de l'Eglise. Quand elle est
apparu à S.Juan Diego dans le Tepeyac...ce fut une nouvelle
visitation. Elle courut avec empressement embrasser aussi ces
nouveaux peuples américains dans une dramatique gestation. Ce fut
comme un grand signe apparu dans le ciel...prenant sur lui la
symbologie culturelle et religieuse des peuples originaires et
annonçant et donnant son Fils à tous ces autres nouveaux peuples au
métissage déguenillé... La parfaite disciple du Seigneur est
devenue la grande missionnaire qui apporte l'Evangile à notre
Amérique. Le Fils de Marie, Immaculée enceinte, se révèle ainsi
depuis les origines de l'histoire des nouveaux peuples comme le Dieu
très vrai grâce auquel nous vivons... La sainte Mère de Dieu a
visité ces peuples et a voulu rester avec eux... Par son
intercession, la foi chrétienne a commencé à devenir le plus riche
trésor de l'âme des peuples américains, dont la perle précieuse
est Jésus-Christ, un patrimoine qui se transmet et manifeste jusqu'à
aujourd'hui dans le baptême de nombreuses personnes, dans la foi,
dans l'espérance et dans la charité de beaucoup, dans une piété
populaire précieuse et dans cet ethos américain qui se trouve dans
la conscience de la dignité de la personne humaine, dans la passion
pour la justice, dans la solidarité avec les plus pauvres et les
malades, dans l'espérance parfois contre toute attente".
"C'est
de là qu'aujourd'hui nous pouvons continuer de louer Dieu pour les
merveilles qu'il a faites dans la vie des peuples
latino-américains... Dans les merveilles que le Seigneur a réalisé
en Marie, celle-ci reconnaît le style et le mode d'action de son
Fils dans l'histoire du salut. Renversant les jugements mondains,
détruisant les idoles du pouvoir, de la richesse, du succès à tout
prix, dénonçant l'autosuffisance, l'orgueil et les messianismes
sécularisés qui éloignent de Dieu, le cantique marial confesse que
Dieu veut renverser les idéologies et les hiérarchies mondaines. Il
relève les humbles, vient en aide aux pauvres et aux petits, comble
de biens, de bénédictions et d'espérance ceux qui ont confiance en
sa miséricorde de génération en génération, alors qu'il renverse
les riches, les puissants et les dominateurs de leur trône. Le
Magnificat nous introduit ainsi dans les Béatitudes, synthèse et
loi primordiale du message évangélique. Sous sa lumière,
aujourd'hui, nous nous sentons poussés à demander une grâce, la
grâce si chrétienne que l'avenir de l'Amérique latine soit forgé
par les pauvres et par ceux qui souffrent, par les humbles, par ceux
qui œuvrent pour la paix, par les persécutés à cause du nom du
Christ, parce que le Royaume des cieux est à eux. Que vienne la
grâce d'être forgés par ceux qu'aujourd'hui le système
idolâtrique de la culture du rejet relègue dans la catégorie
d'esclaves, d'objets dont il faut se servir ou simplement jeter.
Faisons cette demande pour que l'Amérique latine soit le continent
de l'espérance! Pour que d'elle, naissent de nouveaux modèles de
développement qui mêlent tradition chrétienne et progrès civil,
justice et équité avec réconciliation, développement scientifique
et technologique avec sagesse humaine, souffrance féconde avec joie
de l'espérance. Il est possible de garder cette espérance seulement
avec de grandes mesures de vérité et d'amour, fondements de toute
la réalité, moteurs révolutionnaires d'une authentique vie
nouvelle... Mettons cette réalité et ces vœux sur l'autel comme
don à Dieu... Il est l'unique Seigneur, le libérateur de tous nos
esclavages et misères venant du péché. Il est la pierre angulaire
de l'histoire et a été le grand rejeté... Implorons la Vierge
Marie dans sa vocation de Guadalupe, la mère de Dieu, la Reine et ma
Mère, ma toute jeune, ma petite comme l'appelait saint Juan Diego,
et avec les surnoms affectueux avec lesquels il s'adressait à elle
dans la piété populaire, nous la supplions pour qu'elle continue de
nous accompagner, de nous aider et de protéger nos peuples, et pour
qu'elle prenne par la main tous les enfants qui cheminent sur cette
terre à la rencontre de son Fils, Jésus-Christ, Notre Seigneur,
présente dans l'Eglise, dans sa sacramentalité et spécialement
dans l'eucharistie, présente dans le trésor de sa Parole et de ses
enseignements, présente dans le saint peuple fidèle de Dieu,
présente chez ceux qui souffrent et chez les humbles de cœur. Et si
ce programme si audacieux nous fait peur ou la pusillanimité
mondaine nous menace, qu'elle vienne parler à notre cœur et nous
fasse entendre sa voix de Mère, de bonne Mère, de grande Mère:
Pourquoi as-tu peur? Ne suis-je pas ici moi, qui suis ta Mère?".
Catholiques et salutistes, un témoignage commun du Christ et de l'Evangile
Cité
du Vatican, 13 décembre 2014
(VIS). Hier après-midi le Pape François a reçu un groupe de
dirigeants de l'Armée du Salut, qu'il connaît bien "pour sa
mission d'évangélisation et de volontariat. Votre visite, leur
a-t-il dit, "est un des bons fruits des contacts fréquents et
profitables qui se sont développés ces dernières années entre
l'Armée du Salut et le Conseil pontifical pour l'unité des
chrétiens, dont est issue une série de conversations théologiques
en vue d'une meilleure connaissance réciproque, un respect mutuel et
une collaboration régulière... J'espère de tout cœur que les
catholiques et les salutistes continueront de rendre un témoignage
commun du Christ et de l'Evangile dans un monde qui a tant besoin
d'expérimenter la miséricorde de Dieu... Unis à d'autres
chrétiens, ils reconnaissent que les nécessiteux ont une place
particulière dans le cœur de Dieu, au point que le Seigneur Jésus
s'est fait pauvre pour nous. En conséquence, ceux-ci se rencontrent
fréquemment dans les périphéries humaines et mon espérance est
que la foi commune en notre Sauveur Jésus Christ, l'unique médiateur
entre Dieu et l'homme, devienne toujours plus un fondement solide
d'amitié et de collaboration entre nous. Je prie pour que dans le
monde d'aujourd'hui tous les disciples du Christ offrent leur
contribution avec la même conviction et le même dynamisme dont
l'Armée du Salut fait preuve dans son service fidèle et apprécié.
Les différences entre catholiques et salutistes sur des questions
théologiques et ecclésiologiques ne doivent pas entraver le
témoignage de notre amour partagé pour Dieu et pour le prochain, un
amour capable d'inspirer de grands efforts dans l'engagement de
rendre leur dignité à ceux qui vivent en marge de la société".
Le Pape a conclu en racontant une anecdote. Lorsqu'il avait 4 ans, en
1940, il se promenait dans la rue avec sa grand-mère, à Buenos
Aires. "A cette époque l'idée était que tous les protestants
allaient en enfer. Deux femmes de l'Armée du Salut sont arrivées du
trottoir d'en face avec la coiffe que vous portez... Je m'en souviens
comme si c'était hier, j'ai dit à ma grand-mère: "Qui
sont-elles? Des moniales, des sœurs? Et ma grand-mère m'a répondu:
"Non. Elles sont protestantes, mais elles sont bonnes".
C'est ainsi que ma grand-mère par votre bon témoignage m'a ouvert
la porte à l'œcuménisme. La première leçon œcuménique que j'ai
reçue s'est passé devant vous. Merci".
En signe de solidarité envers les victimes d'Ebola
Cité
du Vatican, 15 décembre 2014 (VIS). Le Cardinal Peter Turkson,
Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax, se rend demain en
Sierra Leone et au Liberia, deux des trois pays africains les plus
frappés par le virus Ebola. Il y a actuellement 18.000 cas suspects
et déjà près de 7.000 décès. Accompagné de Mgr.Robert
J.Vitillo, expert médical de Caritas Internationalis, il est chargé
de manifester la solidarité papale aux malades et au personnel
sanitaire, d'apporter un message d'espérance à l'Eglise locale et
aux populations. Avec ses organisations, l'Eglise est en première
ligne dans la bataille contre cette épidémie. Fournissant une
assistance pour d'autres maladies, elles aident à la prévention et
à l'intéressement du clergé et des groupes paroissiaux.
Audiences
Cité
du Vatican, 15 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Mgr.Aldo
Cavalli, Nonce apostolique à Malte et en Libye.
Mgr.Edgard
Peña Parra, Nonce apostolique au Pakistan.
M.Dennis
Anthony Savoie, Ambassadeur du Canada, pour la présentation de ses
lettres de créance.
Le
Cardinal Leonardo Sandri, Préfet de la Congrégation pour les
Eglises orientales.
L'Abbé
Pier Giorgio Perini, Fondateur des cellules paroissiales
d'évangélisations.
Samedi
dernier, 13 décembre, il avait reçu:
Le
Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les
évêques.
Mgr.George
Kocherry, Nonce apostolique au Bangladesh.
Le
Cardinal Sean Patrick O' Malley, Archevêque de Boston (USA).
M.George
Weigel.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican 13 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Mgr.Marek
Szkudlo, Auxiliaire de l'Archevêque de Katowice (Pologne). L'Evêque
élu, né en 1952 à Tychy (Pologne) et ordonné prêtre en 1978,
était jusqu'ici Vicaire épiscopal de ce même diocèse. Il a été
curé de paroisse, aumônier de scouts et de mineurs, responsable
diocésain des jeunes prêtres.
L'Abbé
Adam Wodarczyk, Auxiliaire de l'Archevêque de Katowice (Pologne).
L'Evêque élu, né en 1968 à Tarnowskie Góry (Pologne) et ordonné
prêtre en 1994, était jusqu'ici Vicaire épiscopal de ce même
diocèse et Président de la Commission pour le clergé. Docteur en
théologie, il a été curé de paroisse, Modérateur général du
mouvement Lumière et Vie et Consulteur du Conseil pour la pastorale
des jeunes.
vendredi 12 décembre 2014
Audience au Patriarche syro-catholique d'Antioche
Cité
du Vatican, 12 décembre 2014 (VIS). Ce matin, le Pape François a
reçu SB Ignace Youssif III Youna, Patriarche syro-catholique
d'Antioche, venu à la tête d'un délégation d'évêques et de
fidèles, auxquels il a demandé de saluer pour lui les communautés
éparpillées de par le monde, et d'encourager celles de l'Irak et de
Syrie qui vivent un moment de grande éprouve". Rappelant que
les crises régionales provoquent des exils de fidèles vers la
Diaspora. "Cela constitue un défi: rester fidèles aux
origines, et puis s'insérer dans des contextes culturels différents
où oeuvrer au bien commun. Cet exil vers des pays plus sûrs
appauvrit la présence chrétienne au proche et moyen Orient, le pays
des prophètes et des premiers prédicateurs de l'Evangile, de tant
de martyrs et de saints, foyer de l'érémitisme et du monachisme.
Tout ceci fait réfléchir...et montre le besoin de trouver des
pasteurs zélés et des fidèles courageux, capables de témoigner de
l'Evangile vis à vis de personnes d'origine et de religion
différente. Nombreux sont ceux qui ont fui pour échapper à
l'inhumain, laissant d'entières populations sans secours... La
liturgie est au service de la Parole...qui devrait relancer la
dévotion. Cela réclame un grand approfondissement de la tradition
et beaucoup de discernement, d'autant que l'assemblée des fidèles
est sensible au don de la Parole et de l'Eucharistie... En rentrant
chez vous, soyez revigorés par la communion vécue sur les tombeaux
de apôtres Pierre et Paul... Je vous encourage a poursuivre votre
engagement pastoral...au service de votre vénérable Eglise. Je
salue affectueusement tous ceux qui vous accompagnent...et vous
recommande d'apporter à vos frères l'expression de ma solidarité
et de ma priére".
Message au Sommet des Nobel de la paix
Cité
du Vatican, 12 décembre 2014 (VIS). Le Pape François a fait
parvenir un message aux participants au XIV Sommet des Nobel de la
paix (Rome 12 - 14 décembre), lu par le Cardinal Peter Turkson,
Président du Conseil pontifical Iustitita et Pax: "Heureux
d'avoir appris que ce sommet se tiendrait à Rome, le Saint-Père en
salue les participants: "Chacun de nous désire une vie pleine
et pleinement insérée dans un élan de fraternité et de communion
avec les autres. Il les félicite de promouvoir la paix et la
fraternité entre les peuples, et de rechercher des solutions aux
conflits en cours. Ce sommet honorera la mémoire du Président
Mandela, à laquelle est liée la lutte non violente et un travail de
réconciliation qui continuent d'inspirer le monde. Le Pape prie afin
que tous les participants soient encouragés à redoubler d'efforts".
Réunion du Conseil cardinalice
Cité
du Vatican, 12 décembre 2014 (VIS). La septième réunion du Conseil
des neuf Cardinaux s'est achevée hier soir (9 - 11 décembre). Ses
membres ont fait le point sur l'avancement du projet de réforme de
la Curie Romaine, la réorganisation en cours des organes économiques
du Saint-Siège et la composition de la Commission pour la protection
de l'enfance. A part mercredi matin, le Pape a pris part à toutes
les séances. Il a été question de la réorganisation des Conseils
pontificaux pour les laïcs, la famille, Iustitia et Pax et Cor Unum.
Mais aucune décision n'a cependant été prise. Le Directeur de la
Salle de Presse a confirmé que, de toute façon, la réforme prendra
du temps. La Commission pour la protection de l'enfance, qui dispose
de huit membres et d'un secrétaire, sera numériquement renforcé
jusqu'à dix-huit composants. Les candidatures sont ne cours d'examen
et la prochaine réunion de l'organisme est fixée aux 6, 7 et 8
février prochain, ce qui permet de penser qu'il sera au complet et
opérationnel. Par ailleurs, le Vice Coordinateur du Conseil pour
l'économie, M.Joseph Zahra, s'est félicité de la méthode de
travail et de collaboration avec le Conseil cardinalice pour la
réforme de la Curie Romaine. Ce dernier se réunira à nouveau les
9, 10 et 11 février 2015, juste avant une Réunion plénière du
Collège cardinalice et le Consistoire pour la création de nouveaux
Cardinaux.
Audiences
Cité
du Vatican, 12 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Le
Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la
doctrine de la foi.
Mgr.José
Rodríguez Carballo, Secrétaire de la Congrégation pour les
instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.
Mgr.André
Dupuy, Nonce apostolique aux Pays-Bas, Représentant permanent près
l'OIAC.
Une
Délégation de l'Armée du salut.
M.Carl
A.Anderson, Chevalier Suprême des Chevaliers de Colomb.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican 12 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Mgr.Vicente
Jiménez Zamora, Archevêque métropolitain de Saragosse (superficie
13.308, population 931.734, catholiques 887.734, prêtres 601,
religieux 1.837), en Espagne. Il était jusqu'ici Evêque de
Santander (Espagne).
Le
P.Adelio Pasqualotto, CSI, Vicaire apostolique de Napo (superficie
24.600, population 102.760, catholiques 85.226, prêtres 26,
religieux 65), en Equateur. L'Evêque élu, né en 1950 à Novoledo
di Villaverla (Italie), a prononcé ses voeux religieux en 1973 et a
été ordonné prêtre en 1978. Il était jusqu'ici Pro Vicaire
apostolique de San Miguel de Sucumbios (Equateur). Missionnaire, il a
été curé de paroisses, Vicaire provincial de son ordre pour le
Mexique.
Le
P.Pietro Bovati, SJ (Italie), Secrétaire de Commission biblique
pontificale.
jeudi 11 décembre 2014
Un consistoire cardinalice en février
Cité
du Vatican, 11 décembre 2014 (VIS). En début d'après-midi, à
l'occasion d'un point de presse consacré aux travaux du Conseil des
neuf Cardinaux (10 et 11 décembre), le Directeur de la Salle de
Presse a annoncé qu'un consistoire pour la création de cardinaux a
été fixé aux 14 et 15 février prochain. Il fera suite à deux
autres importants rendez-vous: Une réunion du Conseil cardinalice
pour la réforme de la Curie Romaine (9 - 11 février 2015) et une
Réunion plénière du Collège cardinalice (12 - 13 février), au
cours de laquelle seront abordés les grandes questions de
réorganisation du Saint-Siège.
Changements climatiques et solidarité
Cité
du Vatican, 11 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a adressé un
message au Ministre péruvien de l'environnement, qui préside à
Lima la XX Conférence des Nations-Unies sur le climat (1 - 12
décembre), dans lequel il encourage les participants dans leurs
débats sur un sujet "qui a une incidence sur l'humanité
entière, et tout particulièrement sur les pauvres et les jeunes. Il
s'agit d'une grande responsabilité, également morale... Les
changements climatiques font sentir leurs effets dans de nombreux
pays, surtout côtiers et insulaires du Pacifique. Ceux-ci soulignent
l'incurie et l'inaction alors que les délais se réduisent pour
trouver des solutions. Or ces solutions ne peuvent se trouver
qu'ensemble et dans la concorde... Une lutte efficace contre le
réchauffement ne peut être conduite que collectivement, après
avoir surmonté les intérêts particuliers et écarté le poids des
pressions politiques et économiques... Il faut donc en passer par
une culture de la solidarité et du dialogue, qui soit en mesure de
prouver l'absolue nécessité de protéger la planète et
l'humanité". Les travaux de cette conférence doivent "se
fonder sur la justice, l'équité et le respect".
Congrès européen de pastorale des jeunes
Cité
du Vatican, 11 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a écrit au
Cardinal Rylko, Président du Conseil pontifical pour les laïcs, à
l'occasion du IV Congrès européen de pastorale des jeunes, organisé
en collaboration avec les Conseil des Conférences épiscopales
d'Europe. Le thème, Une Eglise jeune et témoin de la joie de
l'Evangile, s'inscrit dans le sillage des précédents depuis les
années 1990: Je vous invite d'abord, écrit-il, "à prendre
conscience en avançant et en débattant de ce que Jésus marche à
vos côtés... La pastorale de la jeunesse est une action précieuse
pour l'Eglise, et les jeunes en ont besoin. Ils ont besoin de l'appui
d'adultes et de compagnons mûrs dans la foi...qui les aide à
trouver la voie du Christ... C'est une pastorale du cheminement, de
l'accompagnement personnel dans un contexte complexe et parfois
délicat" car il faut savoir "comprendre les interrogations
des jeunes et, à partir d'eux, engager un dialogue sérieux afin de
faire entrer le Christ dans leur vie, établir un rapport personnel
avec lui et avec leurs semblables... C'est pourquoi je vous demande
de ne pas cesser d'annoncer l'Evangile, par la parole et l'exemple de
vie. L'Europe a besoin de le redécouvrir! Voyez les jeunes
européens avec les yeux du Christ, qui permet de reconnaître les
problèmes comme les ferments d'amour et d'espérance dans un
continent qui a donné tant de saints et de saintes à l'Eglise... Si
nous semons, c'est Dieu qui fait germer... Semez donc la Parole dans
le vaste champ de la jeunesse européenne, témoignez des raisons de
l'espérance que vous portez. Vous aiderez les jeunes à comprendre
que la foi ne s'oppose pas à la raison, et ainsi en ferez-vous des
agent d'évangélisation parmi les leurs... La pastorale des jeunes
doit leur proposer aussi un discernement vocationnel, de manière à
les préparer sur la voie conjugale et familiale, sacerdotale,
religieuse ou consacrée, au service du Royaume".
Audiences
Cité
du Vatican,11 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin
Mme.Alicía Castro, Ambassadeur d'Argentine en Grande-Bretagne.
Hier,
mercredi 10 décembre, il avait reçu Mme.Christine Lagarde,
Directeur Général du Fonds monétaire international.
mercredi 10 décembre 2014
Le Pape entame un nouveau cycle consacré à la famille
Cité
du Vatican, 10 décembre 2014 (VIS). Durant l'audience générale
tenue place St.Pierre, le Pape a entamé un nouveau cycle
catéchistique sur la famille, qui prend place entre les deux
assemblées synodales consacrées à cette question si importante.
Durant le dernier synode, a-t-il précisé, la presse a pu travailler
grâce à la Salle de Presse, même si elle a rapporté les faits
comme une chronique sportive ou politique, parlant d'équipes
opposées, de conservateurs et de progressistes, de pour et de
contre. Je voudrais donc vous raconter cette assemblée. J'avais
demandé aux pères synodaux de parler sans crainte et d'écouter
avec humilité, de dire ce qu'ils estimaient nécessaire au débat
sans censure... Les travaux se fondaient sur un document fruit de
consultations effectuées dans toute l'Eglise... Aucune des
interventions n'a mis en discussion les vérités fondamentales du
sacrement, comme l'indissolubilité, l'unité, la fidélité et
l'ouverture à la vie". Expliquant ensuite la procédure entre
congrégations générales et groupes linguistiques de travail, le
Saint-Père a rappelé que le résultat de tous les échanges a été
immédiatement publié à la conclusion du synode. Il a servi à
rédiger les message que les pères ont adressé aux fidèles. Tout
s'est déroulé en présence du Pape, garantie de liberté, de
confiance et d'orthodoxie, qui a fournit une lecture synthétique de
l'expérience synodale. Maintenant, le rapport final passe aux
conférences épiscopales qui le discuteront en vue de l'assemblée
ordinaire d'octobre 2015. Mais en conclusion, le Pape a précisé que
le Synode des évêques n'est pas un parlement mais "un espace
protégé permettant à l'Esprit d'opérer. Il n'y a pas eu de combat
entre factions, mais un lieu de travail où des évêques"
oeuvrent pour le bien à venir de la famille, de l'Eglise et de la
société. "Il faut que le travail se poursuive avec la prière,
la réflexion et la discussion fraternelle afin de préparer la
prochaine assemblée. Confions le Synode à la protection de Marie.
Qu'elle nous aide à suivre la volonté de Dieu et à prendre des
décisions pastorales utiles aux familles".
Présentation du Message pour la XLVIII Journée mondiale de la paix
Cité
du Vatican, 10 décembre 2014 (VIS). Ce matin près la Salle de
Presse, le Cardinal Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil
pontifical Iustitia et Pax, Mgr.Mario Toso, SDB, Secrétaire,
M.Vittorio V.Alberti, Official du dicastère, et Soeur Gabriella
Bottani, missionnaire engagée dans la lutte contre la traite des
êtres humains, ont présenté le message du Pape François pour la
prochaine Journée mondiale de la paix (1 janvier 2015). Le thème, a
expliqué le Cardinal, ne se limite pas aux sources de la paix mais
touche aux moyens inter-personnels de la réaliser. C'est donc un
encouragement à transformer en relations sociales la dépendance et
l'esclavage, le déni d'humanité envers autrui ou de fraternité
entre tous les humains. "Pour les chrétiens, il s'agit d'un
parcours de conversion portant à voir en l'autre non un ennemi à
combattre ni un être inférieur à exploiter mais un frère à aimer
et à libérer de ses chaînes. Rappelant l'épître de Paul à
Philémon, le Pape montre que dans le projet de Dieu pour l'humanité
il n'y a pas de place à l'esclavage des l'autre. Car Dieu appelle
tous ses fils à rénover leurs rapports dans le respect, étant tous
à son image et jouissant de la dignité due à toute personne,
certaine que la Bonne Nouvelle est en mesure de rénover l'homme là
où le péché abonde.... Malgré tant d'efforts déployés,
l'esclavage moderne est un fléau partout présent, y compris dans le
tourisme. Ce crime le lèse humanité se cache derrière de solides
habitudes... Il sa cache derrière des portes closes ou en pleine
rue, dans les usines et les bureaux, en ville et dans les
campagnes...et il ne cesse de s'aggraver... L'exploitation et
l'esclavage sont des signes de rupture de la fraternité et de rejet
de la communion... En cette année consacrée à la famille...on ne
doit pas accepter qu'elle devienne un lieu de trahison de la vie et
de manipulation... Il faut une mobilisation mondiale...au niveau des
familles, des écoles et des paroisses, de toutes les institutions
publiques et privées...de manière à éliminer cette plaie.
Annonçant pour sa part la Bonne Nouvelle de la libération du péché,
l'Eglise" propose de lutter y compris par le biais de gestes
simples et quotidiens, qui manifestent l'attention et le respect de
l'autre. C'est aussi témoigner de la transcendance, comme le fit
sainte Josephine Bakhita, l'esclave soudanaise icône de la
libération des fils de Dieu. "Il nous faut oeuvrer ensemble et
lutter jusqu'à ce que la dernière victime de l'esclavage soit
libérée. Personne ne se sauve sans les autres, sans l'humanité et
sans la création. Comme le dit Paul, il faut attendre avec
impatience la révélation du Fils de Dieu et espérer en celui qui
libère de l'esclavage de la corruption, afin d'entrer libres dans la
gloire" du Père.
Message pour la Journée mondiale de la paix 2015
Cité
du Vatican, 10 décembre 2014 (VIS). "Non
plus esclaves, mais frères", tel est le titre choisi par
le Pape François pour le message pour la Journée mondiale de la
paix 2015 (qui sera célébrée le 1 janvier prochain). En voici la
version française intégrale:
"Au
début d’une nouvelle année, que nous accueillons comme une grâce
et un don de Dieu à l’humanité, je désire adresser à chaque
homme et femme, ainsi qu’à chaque peuple et à chaque nation du
monde, aux chefs d’état et de gouvernement ainsi qu’aux
responsables des diverses religions, mes vœux fervents de paix, que
j’accompagne de ma prière afin que cessent les guerres, les
conflits et les nombreuses souffrances provoqués soit par la main de
l’homme soit par de vieilles et nouvelles épidémies comme par les
effets dévastateurs des calamités naturelles. Je prie de manière
particulière pour que, répondant à notre vocation commune de
collaborer avec Dieu et avec tous les hommes de bonne volonté pour
la promotion de la concorde et de la paix dans le monde, nous
sachions résister à la tentation de nous comporter de manière
indigne de notre humanité. Dans le message pour
le 1 janvier dernier, j’avais observé qu’au désir d’une vie
pleine appartient une soif irrépressible de fraternité, qui pousse
vers la communion avec les autres, en qui nous ne trouvons pas des
ennemis ou des concurrents, mais des frères à accueillir et à
embrasser. L’homme étant un être relationnel, destiné à se
réaliser dans le contexte de rapports interpersonnels inspirés par
la justice et la charité, il est fondamental pour son développement
que soient reconnues et respectées sa dignité, sa liberté et son
autonomie. Malheureusement, le fléau toujours plus répandu de
l’exploitation de l’homme par l’homme blesse gravement la vie
de communion et la vocation à tisser des relations interpersonnelles
empreintes de respect, de justice et de charité. Cet abominable
phénomène, qui conduit à piétiner la dignité et les droits
fondamentaux de l’autre et à en anéantir la liberté et la
dignité, prend de multiples formes sur lesquelles je désire
réfléchir brièvement, afin que, à la lumière de la Parole de
Dieu, nous puissions considérer tous les hommes non plus esclaves,
mais frères.
A
l’écoute du projet de Dieu sur l’humanité: Le thème que j’ai
choisi pour le présent message rappelle l'épître de Paul à
Philémon, dans laquelle l’apôtre demande à son collaborateur
d’accueillir Onésime, autrefois esclave de Philémon et
maintenant devenu chrétien, et donc, selon Paul, digne d’être
considéré comme un frère. Ainsi, l’apôtre des gentils écrit:
Il t’a été retiré pour un temps qu’afin de t’être rendu
pour l’éternité, non plus comme un esclave, mais bien mieux
qu’un esclave, comme un frère très cher. Onésime est devenu
frère de Philémon en devenant chrétien. Ainsi la conversion au
Christ, le début d’une vie de disciple dans le Christ, constitue
une nouvelle naissance qui régénère la fraternité comme lien
fondateur de la vie familiale et fondement de la vie sociale. Quand,
dans le Livre de la Genèse, nous lisons que Dieu créa l’homme
homme et femme et les bénit, afin qu’ils grandissent et se
multiplient, il fit d’Adam et d’Eve des parents qui, en
accomplissant la bénédiction de Dieu d’être féconds et de se
multiplier, ont généré la première fraternité, celle de Caïn
et Abel. Caïn et Abel sont frères, parce qu’ils viennent du même
sein, et donc ils ont la même origine, la même nature et la même
dignité que leurs parents, créés à l’image et à la
ressemblance de Dieu. Mais la fraternité exprime aussi la
multiplicité et la différence qui existent entre les frères, bien
que liés par la naissance et ayant la même nature et la même
dignité. En tant que frères et sœurs, toutes les personnes sont
donc par nature en relation avec les autres, dont elles se
différencient mais avec lesquelles elles partagent la même
origine, la même nature et la même dignité. C’est en raison de
cela que la fraternité constitue le réseau de relations
fondamentales pour la construction de la famille humaine créée par
Dieu. Malheureusement, entre la première création racontée dans
le livre de la Genèse et la nouvelle naissance dans le Christ, qui
rend les croyants frères et sœurs du premier né d’une multitude
de frères, il y a la réalité négative du péché qui, à
plusieurs reprises, rompt la fraternité issue de la création et
déforme continuellement la beauté et la noblesse du fait d’être
frères et sœurs de la même famille humaine. Non seulement Caïn
ne supporte pas son frère Abel, mais il le tue par envie en
commettant le premier fratricide. Le meurtre d’Abel par Caïn
atteste tragiquement le rejet radical de la vocation à être
frères. Leur histoire met en évidence la tâche difficile à
laquelle tous les hommes sont appelés, de vivre unis, en prenant
soin l’un de l’autre. Pareillement, dans l’histoire de la
famille de Noé et de ses fils, c’est l’impiété de Cham à
l’égard de son père Noé qui pousse celui-ci à maudire le fils
irrévérencieux et à bénir les autres, ceux qui l’avaient
honoré, en créant ainsi une inégalité entre frères nés du même
sein. Dans le récit des origines de la famille humaine, le péché
d’éloignement de Dieu, de la figure du père et du frère devient
une expression du refus de la communion et se traduit par la culture
de l’asservissement, avec les conséquences que cela implique et
qui se prolongent de génération en génération: refus de l’autre,
maltraitance des personnes, violation de la dignité et des droits
fondamentaux, institutionnalisation d’inégalités. D’où la
nécessité d’une continuelle conversion à l’Alliance,
accomplie par l’oblation du Christ sur la croix, confiants que là
où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé par Jésus
Christ Notre Seigneur. Lui, le Fils aimé, est venu révéler
l’amour du Père pour l’humanité. Quiconque écoute l’Evangile
et répond à l’appel à la conversion devient pour Jésus frère,
sœur et mère, et par conséquent fils adoptif de son Père.
On
ne devient cependant pas chrétien, fils du Père et frères dans le
Christ, par une disposition divine autoritaire, sans l’exercice de
la liberté personnelle, c’est à dire sans se convertir librement
au Christ. Le fait d’être fils de Dieu suit l’impératif de la
conversion: Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé
au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés, et vous
recevrez alors le don du Saint Esprit. Tous ceux qui ont répondu,
par la foi et dans la vie, à cette prédication de Pierre sont
entrés dans la fraternité de la première communauté chrétienne:
Juifs et grecs, esclaves et hommes libres, dont la diversité
d’origine et de condition sociale ne diminue pas la dignité
propre à chacun ni n’exclut personne de l’appartenance au
peuple de Dieu. La communauté chrétienne est donc le lieu de la
communion vécue dans l’amour entre les frères. Tout cela
démontre que la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, par qui Dieu fait
toutes choses nouvelles, est aussi capable de racheter les relations
entre les hommes, y compris celle entre un esclave et son maître,
en mettant en lumière ce que tous deux ont en commun la filiation
adoptive et le lien de fraternité dans le Christ. Jésus lui-même
a dit à ses disciples: Je ne vous appelle plus serviteurs, car le
serviteur ne sait pas ce que fait son maître, mais je vous appelle
mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai
fait connaître.
Les
multiples visages de l’esclavage hier et aujourd’hui: Depuis les
temps immémoriaux, les diverses sociétés humaines connaissent le
phénomène de l’asservissement de l’homme par l’homme. Il y a
eu des époques dans l’histoire de l’humanité où l’institution
de l’esclavage était généralement acceptée et régulée par le
droit. Ce dernier établissait qui naissait libre et qui, au
contraire, naissait esclave, et également dans quelles conditions
la personne, née libre, pouvait perdre sa liberté ou la
reconquérir. En d’autre termes, le droit lui-même admettait que
certaines personnes pouvaient ou devaient être considérées comme
la propriété d’une autre personne, laquelle pouvait en disposer
librement. L’esclave pouvait être vendu et acheté, cédé et
acquis comme s’il était une marchandise. Aujourd’hui,
suite à une évolution positive de la conscience de l’humanité,
l’esclavage, crime de lèse humanité, a été formellement aboli
dans le monde. Le droit de chaque personne à ne pas être tenue en
état d’esclavage ou de servitude a été reconnu dans le droit
international comme norme contraignante. Et pourtant, bien
que la communauté internationale ait adopté de nombreux accords en
vue de mettre un terme à l’esclavage sous toutes ses formes, et
mis en marche diverses stratégies pour combattre ce phénomène,
aujourd’hui encore des millions de personnes, enfants, hommes et
femmes de tout âge, sont privées de liberté et contraintes à
vivre dans des conditions assimilables à celles de l’esclavage.
Je pense aux nombreux travailleurs et
travailleuses, même mineurs, asservis dans les divers secteurs, au
niveau formel et informel, du travail domestique au travail
agricole, de l’industrie manufacturière au secteur minier, tant
dans les pays où la législation du travail n’est pas conforme
aux normes et aux standards minimaux internationaux que, même
illégalement, dans les pays où la législation protège le
travailleur. Je pense aussi aux conditions de vie de nombreux
migrants qui, dans leur dramatique parcours, souffrent de la faim,
sont privés de liberté, dépouillés de leurs biens ou abusés
physiquement et sexuellement. Je pense à ceux d’entre eux qui,
arrivés à destination après un voyage dans des conditions
physiques très dures et dominé par la peur et l’insécurité,
sont détenus dans des conditions souvent inhumaines. Je pense à
ceux d’entre eux que les diverses circonstances sociales,
politiques et économiques poussent à vivre dans la clandestinité,
et à ceux qui, pour rester dans la légalité, acceptent de vivre
et de travailler dans des conditions indignes, spécialement quand
les législations nationales créent ou permettent une dépendance
structurelle du travailleur migrant par rapport à l’employeur, en
conditionnant, par exemple, la légalité du séjour au contrat de
travail Oui, je pense au travail esclave. Je pense aux personnes
contraintes de se prostituer, parmi lesquelles beaucoup sont
mineures, et aux esclaves sexuels, aux femmes forcées de se marier,
à celles vendues en vue du mariage ou à celles transmises par
succession à un membre de la famille à la mort du mari sans
qu’elles aient le droit de donner ou de ne pas donner leur propre
consentement. Je ne peux pas ne pas penser à tous ceux qui, mineurs
ou adultes, font l’objet de trafic et de commerce pour le
prélèvement d’organes, pour être enrôlés comme soldats, pour
faire la mendicité, pour des activités illégales comme la
production ou la vente de stupéfiants, ou pour des formes masquées
d’adoption internationale. Je pense enfin à tous ceux qui sont
enlevés et tenus en captivité par des groupes terroristes,
asservis à leurs fins comme combattants ou, surtout en ce qui
concerne les jeunes filles et les femmes, comme esclaves sexuelles.
Beaucoup d’entre eux disparaissent, certains sont vendus plusieurs
fois, torturés, mutilés, ou tués.
Quelques
causes profondes de l’esclavage: Aujourd’hui comme hier, à la
racine de l’esclavage, il y a une conception de la personne
humaine qui admet la possibilité de la traiter comme un objet.
Quand le péché corrompt le cœur de l’homme, et l’éloigne de
son Créateur et de ses semblables, ces derniers ne sont plus perçus
comme des êtres d’égale dignité, comme frères et sœurs en
humanité, mais sont vus comme des objets. La personne humaine,
créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, par la force,
par la tromperie ou encore par la contrainte physique ou
psychologique, est privée de sa liberté, commercialisée, réduite
à être la propriété de quelqu’un, elle est traitée comme un
moyen et non comme une fin. A côté de cette
cause ontologique, refus de l’humanité dans l’autre, d’autres
causes concourent à expliquer les formes contemporaines
d’esclavage. Parmi elles, je pense surtout à la pauvreté, au
sous-développement et à l’exclusion, spécialement quand ils se
combinent avec le manque d’accès à l’éducation ou avec une
réalité caractérisée par de faibles, sinon inexistantes,
opportunités de travail. Fréquemment, les victimes de trafic et de
d’asservissement sont des personnes qui ont cherché une manière
de sortir d’une condition de pauvreté extrême, en croyant
souvent à de fausses promesses de travail, et qui au contraire sont
tombées entre les mains de réseaux criminels qui gèrent le trafic
d’êtres humains. Ces réseaux utilisent habilement les
technologies informatiques modernes pour appâter des jeunes, et des
très jeunes, partout dans le monde. De même, la corruption de ceux
qui sont prêts à tout pour s’enrichir doit être comptée parmi
les causes de l’esclavage. En effet, l’asservissement et le
trafic des personnes humaines requièrent une complicité qui
souvent passe par la corruption des intermédiaires, de certains
membres des forces de l’ordre ou d’autres acteurs de l’Etat ou
de diverses institutions, civiles et militaires. Cela arrive quand
au centre d’un système économique se trouve le dieu argent et
non l’homme, la personne humaine. Oui, au centre de tout système
social ou économique doit se trouver la personne, image de Dieu,
créée pour être le dominateur de l’univers. Quand la personne
est déplacée et qu’arrive le dieu argent se produit ce
renversement des valeurs. D’autres causes de l’esclavage sont
les conflits armés, les violences, la criminalité et le
terrorisme. De nombreuses personnes sont enlevées pour être
vendues, ou enrôlées comme combattantes, ou bien exploitées
sexuellement, tandis que d’autres sont contraintes à émigrer,
laissant tout ce qu’elles possèdent, terre, maison, propriétés,
ainsi que les membres de la famille. Ces dernières sont poussées à
chercher une alternative à ces conditions terribles, même au
risque de leur dignité et de leur survie, en risquant d’entrer
ainsi dans ce cercle vicieux qui en fait une proie de la misère, de
la corruption et de leurs pernicieuses conséquences.
Un
engagement commun pour vaincre l’esclavage: Souvent, en
observant le phénomène de la traite des personnes, du trafic
illégal des migrants et d’autres visages connus et inconnus de
l’esclavage, on a l’impression qu’il a lieu dans
l’indifférence générale. Si,
malheureusement, cela est vrai en grande partie, je voudrais
cependant rappeler l’immense travail silencieux que de nombreuses
congrégations religieuses, surtout féminines, réalisent depuis de
nombreuses années en faveur des victimes. Ces instituts œuvrent
dans des contextes difficiles, dominés parfois par la violence, en
cherchant à briser les chaînes invisibles qui lient les victimes à
leurs trafiquants et exploiteurs, des chaînes dont les mailles sont
faites de mécanismes psychologiques subtils qui rendent les
victimes dépendantes de leurs bourreaux par le chantage et la
menace, pour eux et leurs proches, mais aussi par des moyens
matériels, comme la confiscation des documents d’identité et la
violence physique. L’action des congrégations religieuses
s’articule principalement autour de trois actions: Le secours aux
victimes, leur réhabilitation du point de vue psychologique et de
la formation, et leur réintégration dans la société de
destination ou d’origine. Cet immense travail, qui demande
courage, patience et persévérance, mérite l’estime de toute
l’Église et de la société. Mais à lui seul, il ne peut
naturellement pas suffire pour mettre un terme au fléau de
l’exploitation de la personne humaine. Il faut aussi un triple
engagement, au niveau institutionnel, de la prévention, de la
protection des victimes et de l’action judiciaire à l’égard
des responsables. De plus, comme les organisations criminelles
utilisent des réseaux globaux pour atteindre leurs objectifs, de
même l’engagement pour vaincre ce phénomène requiert un effort
commun et tout autant global de la part des divers acteurs qui
composent la société.
Les
états devraient veiller à ce que leurs propres législations
nationales sur les migrations, sur le travail, sur les adoptions,
sur la délocalisation des entreprises et sur la commercialisation
des produits fabriqués grâce à l’exploitation du travail soient
réellement respectueuses de la dignité de la personne. Des lois
justes sont nécessaires, centrées sur la personne humaine, qui
défendent ses droits fondamentaux et les rétablissent s’ils sont
violés, en réhabilitant la victime et en assurant sa sécurité,
ainsi que des mécanismes efficaces de contrôle de l’application
correcte de ces normes, qui ne laissent pas de place à la
corruption et à l’impunité. Il est aussi nécessaire que soit
reconnu le rôle de la femme dans la société, en œuvrant
également sur le plan culturel et de la communication pour obtenir
les résultats espérés. Les organisations intergouvernementales,
conformément au principe de subsidiarité, sont appelées à
prendre des initiatives coordonnées pour combattre les réseaux
transnationaux du crime organisé qui gèrent la traite des
personnes humaines et le trafic illégal des migrants. Une
coopération à divers niveaux devient nécessaire, qui inclue les
institutions nationales et internationales, ainsi que les
organisations de la société civile et le monde de l’entreprise.
Les entreprises, en effet, ont le devoir de garantir à leurs
employés des conditions de travail dignes et des salaires
convenables, mais aussi de veiller à ce que des formes
d’asservissement ou de trafic de personnes humaines n’aient pas
lieu dans les chaînes de distribution. La responsabilité sociale
de l’entreprise est accompagnée par la responsabilité sociale du
consommateur. En effet, chaque personne devrait avoir conscience
qu’acheter est non seulement un acte économique mais toujours
aussi un acte moral. Les organisations de la société civile, de
leur côté, ont le devoir de sensibiliser et de stimuler les
consciences sur les pas nécessaires pour contrecarrer et éliminer
la culture de l’asservissement.
Ces
dernières années, le Saint-Siège, en entendant le cri des
victimes du trafic et la voix des congrégations religieuses qui les
accompagnent vers la libération, a multiplié les appels à la
communauté internationale afin que les différents acteurs unissent
leurs efforts et coopèrent pour mettre un terme à ce fléau. De
plus, certaines rencontres ont été organisées dans le but de
donner une visibilité au phénomène de la traite des personnes et
de faciliter la collaboration entre divers acteurs, dont des experts
du monde académique et des organisations internationales, des
forces de l’ordre de différents pays de provenance, de transit et
de destination des migrants, et des représentants des groupes
ecclésiaux engagés en faveur des victimes. Je souhaite que cet
engagement continue et se renforce dans les prochaines années.
Globaliser
la fraternité, non l’esclavage ni l’indifférence:
Dans son œuvre d’annonce de la vérité de l’amour du Christ
dans la société, l’Eglise s’engage constamment dans les
actions de caractère caritatif à partir de la vérité sur
l’homme. Elle a la tâche de montrer à tous le chemin vers la
conversion, qui amène à changer le regard sur le prochain, à
reconnaître dans l’autre, quel qu’il soit, un frère et une
sœur en humanité, à en reconnaître la dignité intrinsèque dans
la vérité et dans la liberté, comme nous l’illustre l’histoire
de Joséphine Bakhita, la sainte originaire du Darfour (Soudan),
enlevée par des trafiquants d’esclaves et vendue à des maîtres
terribles dès l’âge de neuf ans, et devenue ensuite, à travers
de douloureux événements, libre fille de Dieu par la foi vécue
dans la consécration religieuse et dans le service des autres,
spécialement des petits et des faibles. Cette sainte, qui a vécu
entre le XIX et le XX siècle, est aujourd’hui un témoin et un
modèle d’espérance pour les nombreuses victimes de l’esclavage,
et elle peut soutenir les efforts de tous ceux qui se consacrent à
la lutte contre cette plaie dans le corps de l’humanité
contemporaine, une plaie dans la chair du Christ. Dans cette
perspective, je désire inviter chacun, dans son rôle et dans ses
responsabilités particulières, à faire des gestes de fraternité
à l’égard de ceux qui sont tenus en état d’asservissement.
Demandons-nous comment, en tant que communauté ou comme individus,
nous nous sentons interpelés quand, dans le quotidien, nous
rencontrons ou avons affaire à des personnes qui pourraient être
victimes du trafic d’êtres humains, ou quand nous devons choisir
d’acheter des produits qui peuvent, en toute vraisemblance, avoir
été fabriqués par l’exploitation d’autres personnes. Certains
d’entre nous, par indifférence ou parce qu’assaillis par les
préoccupations quotidiennes, ou pour des raisons économiques,
ferment les yeux. D’autres, au contraire, choisissent de faire
quelque chose de positif, de s’engager dans les associations de la
société civile ou d’effectuer de petits gestes quotidiens comme
un bonjour ou un sourire, qui ne nous coûtent rien mais qui peuvent
donner l’espérance, ouvrir des voies, changer la vie d’une
personne qui vit dans l’invisibilité, et aussi changer notre vie
par la confrontation à cette réalité.
Nous
devons reconnaître que nous sommes en face d’un phénomène
mondial qui dépasse les compétences d’une seule communauté ou
nation. Pour le combattre, il faut une mobilisation de dimensions
comparables à celles du phénomène lui-même. Pour cette raison, je
lance un appel pressant à tous les hommes et à toutes les femmes de
bonne volonté, et à tous ceux qui, de près ou de loin, y compris
aux plus hauts niveaux des institutions, sont témoins du fléau de
l’esclavage contemporain, à ne pas se rendre complices de ce mal,
à ne pas détourner le regard face aux souffrances de leurs frères
et sœurs en humanité, privés de la liberté et de la dignité,
mais à avoir le courage de toucher la chair souffrante du Christ,
qui se rend visible à travers les innombrables visages de ceux que
lui-même appelle ces plus petits de mes frères. Nous savons que
Dieu demandera à chacun de nous: Qu’as-tu fait de ton frère? La
mondialisation de l’indifférence, qui aujourd’hui pèse sur les
vies de beaucoup de sœurs et de frères, requiert que nous nous
fassions tous les artisans d’une mondialisation de la solidarité
et de la fraternité, qui puisse leur redonner l’espérance et leur
faire reprendre avec courage le chemin à travers les problèmes de
notre temps et les perspectives nouvelles qu’il apporte et que Dieu
met entre nos mains.
Thème de la VII Rencontre mondiale des familles
Cité
du Vatican, 10 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a écrit à
Mgr.Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical pour la
famille, lui communiquant le thème choisi pour la prochaine
Rencontre mondiale des familles (Philadelphia, USA, 22 - 27 septembre
2015): "L'amour est notre mission, une famille pleinement
vivante": "Aujourd'hui comme hier, la mission de la famille
chrétienne est d'annoncer au monde l'amour de Dieu contenu dans le
sacrement du mariage. C'est sur cela que naît et grandit tout
famille mettant l'amour au coeur l'amour, qu'elle alimente son
dynamisme et sa spiritualité. Comme le disait déjà saint Irénée,
une famille qui vit sa vocation et sa mission rend gloire à Dieu...
On ne peut qualifier de conservatrice ou de progressiste une famille,
avec des critères idéologiques car la famille est famille un point
c'est tout. Ses valeurs et ses vertus sont la force d'un noyau
familial qui ne peut être mis en discussion... En revoyant son style
de vie, il faut éviter de la soumettre aux mentalités mondaines que
sont l'individualisme, le consumérisme et l'hédonisme. Elle doit
suivre la voie traditionnelle afin de vivre et de proposer la
grandeur mais aussi la beauté du mariage et la joie d'être
famille". En vue du Synode des évêques d'octobre 2015,
"j'invite à aller de l'avant dans l'annonce de l'Evangile du
mariage et de la famille et la recherche de propositions pastorales
adaptées au contexte social. Ces enjeux nous encouragent à diffuser
l'amour fidèle et ouvert à la vie, à la communion et à la
miséricorde, au partage et à la solidarité... Laissons nous guider
par la Parole sur laquelle est fondée l'édifice sacré de la
famille, Eglise domestique et famille de Dieu".
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