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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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lundi 15 décembre 2014

Encouragement aux aveugles et malvoyants


Cité du Vatican, 15 décembre 2014 (VIS). En la fête de sainte Lucie, le Pape François a reçu le Conseil de l'Union italienne des aveugles et malvoyants, en rappelant que cette sainte a vécu de manière exemplaire sa foi dans le Christ, avec avant tout courage. Et "nous avons tous besoin de courage pour faire face aux épreuves de la vie, et vous tout particulièrement pour ne pas adopter une attitude victimiste et vous ouvrir aux réalités de la société, apprendre et valoriser les capacités que le Seigneur a placé en chacun de vous sans exclusion... Lucie n'était pas seule, elle appartenait à une communauté, membre d'une communauté dont le Christ est la base... Etre membre d'un groupe solidaire, faire des rencontres, partager des expériences, mettre les ressources en commun sont un patrimoine civil... Personne n'est fait pour vivre isolé mais pour entretenir des relations, se compléter et s'entre-aider, se soutenir les uns les autres... Lucie nous dit aussi que la vie est faite pour être donnée... C'est le secret du bonheur véritable. L'homme ne se réalise pas pleinement dans le posséder ni dans le faire, mais dans l'aimer, qui est se donner". C'est le destin de quiconque est lumineux (Lucie), c'est à dire don pour l'autre. Chacun est précieux... Vivez donc ces valeurs qui peuvent être aujourd'hui mal comprises. Il est parfois dur l'aller à contre-courant... Le témoignage implique de payer de sa personne". 

Le Pape reçoit la Fondation Notre-Dame des Sans-Abri


Cité du Vatican 13 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin les responsables du Foyer Notre-Dame des Sans-Abri et de l’association des Amis de Gabriel Rosset, qu'il a vivement remercié de leur engagement auprès des plus pauvres, de ceux que la société rejette, qui n’ont plus de toit, plus de quoi manger à leur faim, plus de travail, et donc plus de dignité... Ayant entendu le cri des pauvres, ayant été bouleversé par la souffrance des autres", votre fondateur "a généreusement répondu à ce qui "n’est que l’appel du Christ souffrant dans les personnes que vous servez, vous touchez ses blessures et vous les soignez. En même temps, elles vous délivrent un enseignement très profond, car c’est à travers elles que vous rencontrez Jésus. Les pauvres nous évangélisent. Ils nous évangélisent toujours car, mystérieusement, ils nous communiquent la sagesse de Dieu. Le monde présent a, de manière urgente, besoin de ce témoignage de miséricorde divine. Alors qu’aujourd’hui la personne humaine est souvent rejetée comme inutile lorsqu’elle n’est plus rentable, Dieu, au contraire, reconnaît toujours en elle la dignité et la noblesse d’un enfant bien-aimé. Toute personne a une place de choix dans son cœur. Le pauvre est le préféré du Seigneur, il est au centre de l’Evangile". Le témoignage de miséricorde que vous donnez par tant d’actions concrètes et gestes simples soulagent ces "personnes de leurs misères, leur donnant aussi une espérance nouvelle, et leur rendant leur dignité. Il n’y a pas de plus beau moyen d’annoncer au monde la joie de l’Evangile. L’option pour les derniers, pour ceux que la société rejette et met de côté, est un signe...qui rend efficacement témoignage au Christ mort et ressuscité. Un signe sacramental!... Notre Dame des Sans Abri. Quel beau nom. C'est a Mère de Jésus qui donne un toit à ses enfants! La dimension mariale de votre dévouement aux autres me paraît essentielle". Marie est remplie de compassion pour tous les plus pauvres. C'est sa tendresse maternelle, et celle de l’Eglise, qui se manifeste à travers vous". Puisse Notre-Dame des Sans-Abri "rendre fécond votre dévouement et de donner foi et espérance à tous ceux que vous rencontrez". 

Placer l'avenir de l'Amérique latine sous la protection de la Guadalupe


Cité du Vatican, 13 décembre 2014 (VIS). Hier après-midi, à l'occasion de la solennité de la Vierge de Guadalupe, patronne de l'Amérique latine, le Saint-Père a célébré la messe en la basilique vaticane, accompagnée des chants de la Misa Criolla du compositeur argentin Ariel Ramírez. Voici de larges extraits de l'homélie prononcée par le Pape:

"Ce sont les peuple et les nations de notre grande patrie latino-américaine qui commémorent aujourd'hui avec gratitude et joie la festivité de leur sainte patronne, Notre-Dame de Guadalupe, dont la dévotion s'étend de l'Alaska à la Patagonie... En cette festivité...chantons avec elle son Magnificat et confions lui la vie de nos peuples et la mission continentale de l'Eglise. Quand elle est apparu à S.Juan Diego dans le Tepeyac...ce fut une nouvelle visitation. Elle courut avec empressement embrasser aussi ces nouveaux peuples américains dans une dramatique gestation. Ce fut comme un grand signe apparu dans le ciel...prenant sur lui la symbologie culturelle et religieuse des peuples originaires et annonçant et donnant son Fils à tous ces autres nouveaux peuples au métissage déguenillé... La parfaite disciple du Seigneur est devenue la grande missionnaire qui apporte l'Evangile à notre Amérique. Le Fils de Marie, Immaculée enceinte, se révèle ainsi depuis les origines de l'histoire des nouveaux peuples comme le Dieu très vrai grâce auquel nous vivons... La sainte Mère de Dieu a visité ces peuples et a voulu rester avec eux... Par son intercession, la foi chrétienne a commencé à devenir le plus riche trésor de l'âme des peuples américains, dont la perle précieuse est Jésus-Christ, un patrimoine qui se transmet et manifeste jusqu'à aujourd'hui dans le baptême de nombreuses personnes, dans la foi, dans l'espérance et dans la charité de beaucoup, dans une piété populaire précieuse et dans cet ethos américain qui se trouve dans la conscience de la dignité de la personne humaine, dans la passion pour la justice, dans la solidarité avec les plus pauvres et les malades, dans l'espérance parfois contre toute attente".


"C'est de là qu'aujourd'hui nous pouvons continuer de louer Dieu pour les merveilles qu'il a faites dans la vie des peuples latino-américains... Dans les merveilles que le Seigneur a réalisé en Marie, celle-ci reconnaît le style et le mode d'action de son Fils dans l'histoire du salut. Renversant les jugements mondains, détruisant les idoles du pouvoir, de la richesse, du succès à tout prix, dénonçant l'autosuffisance, l'orgueil et les messianismes sécularisés qui éloignent de Dieu, le cantique marial confesse que Dieu veut renverser les idéologies et les hiérarchies mondaines. Il relève les humbles, vient en aide aux pauvres et aux petits, comble de biens, de bénédictions et d'espérance ceux qui ont confiance en sa miséricorde de génération en génération, alors qu'il renverse les riches, les puissants et les dominateurs de leur trône. Le Magnificat nous introduit ainsi dans les Béatitudes, synthèse et loi primordiale du message évangélique. Sous sa lumière, aujourd'hui, nous nous sentons poussés à demander une grâce, la grâce si chrétienne que l'avenir de l'Amérique latine soit forgé par les pauvres et par ceux qui souffrent, par les humbles, par ceux qui œuvrent pour la paix, par les persécutés à cause du nom du Christ, parce que le Royaume des cieux est à eux. Que vienne la grâce d'être forgés par ceux qu'aujourd'hui le système idolâtrique de la culture du rejet relègue dans la catégorie d'esclaves, d'objets dont il faut se servir ou simplement jeter. Faisons cette demande pour que l'Amérique latine soit le continent de l'espérance! Pour que d'elle, naissent de nouveaux modèles de développement qui mêlent tradition chrétienne et progrès civil, justice et équité avec réconciliation, développement scientifique et technologique avec sagesse humaine, souffrance féconde avec joie de l'espérance. Il est possible de garder cette espérance seulement avec de grandes mesures de vérité et d'amour, fondements de toute la réalité, moteurs révolutionnaires d'une authentique vie nouvelle... Mettons cette réalité et ces vœux sur l'autel comme don à Dieu... Il est l'unique Seigneur, le libérateur de tous nos esclavages et misères venant du péché. Il est la pierre angulaire de l'histoire et a été le grand rejeté... Implorons la Vierge Marie dans sa vocation de Guadalupe, la mère de Dieu, la Reine et ma Mère, ma toute jeune, ma petite comme l'appelait saint Juan Diego, et avec les surnoms affectueux avec lesquels il s'adressait à elle dans la piété populaire, nous la supplions pour qu'elle continue de nous accompagner, de nous aider et de protéger nos peuples, et pour qu'elle prenne par la main tous les enfants qui cheminent sur cette terre à la rencontre de son Fils, Jésus-Christ, Notre Seigneur, présente dans l'Eglise, dans sa sacramentalité et spécialement dans l'eucharistie, présente dans le trésor de sa Parole et de ses enseignements, présente dans le saint peuple fidèle de Dieu, présente chez ceux qui souffrent et chez les humbles de cœur. Et si ce programme si audacieux nous fait peur ou la pusillanimité mondaine nous menace, qu'elle vienne parler à notre cœur et nous fasse entendre sa voix de Mère, de bonne Mère, de grande Mère: Pourquoi as-tu peur? Ne suis-je pas ici moi, qui suis ta Mère?". 

Catholiques et salutistes, un témoignage commun du Christ et de l'Evangile


Cité du Vatican, 13 décembre 2014 (VIS). Hier après-midi le Pape François a reçu un groupe de dirigeants de l'Armée du Salut, qu'il connaît bien "pour sa mission d'évangélisation et de volontariat. Votre visite, leur a-t-il dit, "est un des bons fruits des contacts fréquents et profitables qui se sont développés ces dernières années entre l'Armée du Salut et le Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, dont est issue une série de conversations théologiques en vue d'une meilleure connaissance réciproque, un respect mutuel et une collaboration régulière... J'espère de tout cœur que les catholiques et les salutistes continueront de rendre un témoignage commun du Christ et de l'Evangile dans un monde qui a tant besoin d'expérimenter la miséricorde de Dieu... Unis à d'autres chrétiens, ils reconnaissent que les nécessiteux ont une place particulière dans le cœur de Dieu, au point que le Seigneur Jésus s'est fait pauvre pour nous. En conséquence, ceux-ci se rencontrent fréquemment dans les périphéries humaines et mon espérance est que la foi commune en notre Sauveur Jésus Christ, l'unique médiateur entre Dieu et l'homme, devienne toujours plus un fondement solide d'amitié et de collaboration entre nous. Je prie pour que dans le monde d'aujourd'hui tous les disciples du Christ offrent leur contribution avec la même conviction et le même dynamisme dont l'Armée du Salut fait preuve dans son service fidèle et apprécié. Les différences entre catholiques et salutistes sur des questions théologiques et ecclésiologiques ne doivent pas entraver le témoignage de notre amour partagé pour Dieu et pour le prochain, un amour capable d'inspirer de grands efforts dans l'engagement de rendre leur dignité à ceux qui vivent en marge de la société". Le Pape a conclu en racontant une anecdote. Lorsqu'il avait 4 ans, en 1940, il se promenait dans la rue avec sa grand-mère, à Buenos Aires. "A cette époque l'idée était que tous les protestants allaient en enfer. Deux femmes de l'Armée du Salut sont arrivées du trottoir d'en face avec la coiffe que vous portez... Je m'en souviens comme si c'était hier, j'ai dit à ma grand-mère: "Qui sont-elles? Des moniales, des sœurs? Et ma grand-mère m'a répondu: "Non. Elles sont protestantes, mais elles sont bonnes". C'est ainsi que ma grand-mère par votre bon témoignage m'a ouvert la porte à l'œcuménisme. La première leçon œcuménique que j'ai reçue s'est passé devant vous. Merci".

En signe de solidarité envers les victimes d'Ebola


Cité du Vatican, 15 décembre 2014 (VIS). Le Cardinal Peter Turkson, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax, se rend demain en Sierra Leone et au Liberia, deux des trois pays africains les plus frappés par le virus Ebola. Il y a actuellement 18.000 cas suspects et déjà près de 7.000 décès. Accompagné de Mgr.Robert J.Vitillo, expert médical de Caritas Internationalis, il est chargé de manifester la solidarité papale aux malades et au personnel sanitaire, d'apporter un message d'espérance à l'Eglise locale et aux populations. Avec ses organisations, l'Eglise est en première ligne dans la bataille contre cette épidémie. Fournissant une assistance pour d'autres maladies, elles aident à la prévention et à l'intéressement du clergé et des groupes paroissiaux.  

Audiences


Cité du Vatican, 15 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Mgr.Aldo Cavalli, Nonce apostolique à Malte et en Libye.
Mgr.Edgard Peña Parra, Nonce apostolique au Pakistan.

M.Dennis Anthony Savoie, Ambassadeur du Canada, pour la présentation de ses lettres de créance.

Le Cardinal Leonardo Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales.

L'Abbé Pier Giorgio Perini, Fondateur des cellules paroissiales d'évangélisations.

Samedi dernier, 13 décembre, il avait reçu:

Le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Préfet de la Congrégation pour les évêques.

Mgr.George Kocherry, Nonce apostolique au Bangladesh.

Le Cardinal Sean Patrick O' Malley, Archevêque de Boston (USA).


M.George Weigel.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 13 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Marek Szkudlo, Auxiliaire de l'Archevêque de Katowice (Pologne). L'Evêque élu, né en 1952 à Tychy (Pologne) et ordonné prêtre en 1978, était jusqu'ici Vicaire épiscopal de ce même diocèse. Il a été curé de paroisse, aumônier de scouts et de mineurs, responsable diocésain des jeunes prêtres.

L'Abbé Adam Wodarczyk, Auxiliaire de l'Archevêque de Katowice (Pologne). L'Evêque élu, né en 1968 à Tarnowskie Góry (Pologne) et ordonné prêtre en 1994, était jusqu'ici Vicaire épiscopal de ce même diocèse et Président de la Commission pour le clergé. Docteur en théologie, il a été curé de paroisse, Modérateur général du mouvement Lumière et Vie et Consulteur du Conseil pour la pastorale des jeunes.


vendredi 12 décembre 2014

Audience au Patriarche syro-catholique d'Antioche


Cité du Vatican, 12 décembre 2014 (VIS). Ce matin, le Pape François a reçu SB Ignace Youssif III Youna, Patriarche syro-catholique d'Antioche, venu à la tête d'un délégation d'évêques et de fidèles, auxquels il a demandé de saluer pour lui les communautés éparpillées de par le monde, et d'encourager celles de l'Irak et de Syrie qui vivent un moment de grande éprouve". Rappelant que les crises régionales provoquent des exils de fidèles vers la Diaspora. "Cela constitue un défi: rester fidèles aux origines, et puis s'insérer dans des contextes culturels différents où oeuvrer au bien commun. Cet exil vers des pays plus sûrs appauvrit la présence chrétienne au proche et moyen Orient, le pays des prophètes et des premiers prédicateurs de l'Evangile, de tant de martyrs et de saints, foyer de l'érémitisme et du monachisme. Tout ceci fait réfléchir...et montre le besoin de trouver des pasteurs zélés et des fidèles courageux, capables de témoigner de l'Evangile vis à vis de personnes d'origine et de religion différente. Nombreux sont ceux qui ont fui pour échapper à l'inhumain, laissant d'entières populations sans secours... La liturgie est au service de la Parole...qui devrait relancer la dévotion. Cela réclame un grand approfondissement de la tradition et beaucoup de discernement, d'autant que l'assemblée des fidèles est sensible au don de la Parole et de l'Eucharistie... En rentrant chez vous, soyez revigorés par la communion vécue sur les tombeaux de apôtres Pierre et Paul... Je vous encourage a poursuivre votre engagement pastoral...au service de votre vénérable Eglise. Je salue affectueusement tous ceux qui vous accompagnent...et vous recommande d'apporter à vos frères l'expression de ma solidarité et de ma priére". 

Message au Sommet des Nobel de la paix


Cité du Vatican, 12 décembre 2014 (VIS). Le Pape François a fait parvenir un message aux participants au XIV Sommet des Nobel de la paix (Rome 12 - 14 décembre), lu par le Cardinal Peter Turkson, Président du Conseil pontifical Iustitita et Pax: "Heureux d'avoir appris que ce sommet se tiendrait à Rome, le Saint-Père en salue les participants: "Chacun de nous désire une vie pleine et pleinement insérée dans un élan de fraternité et de communion avec les autres. Il les félicite de promouvoir la paix et la fraternité entre les peuples, et de rechercher des solutions aux conflits en cours. Ce sommet honorera la mémoire du Président Mandela, à laquelle est liée la lutte non violente et un travail de réconciliation qui continuent d'inspirer le monde. Le Pape prie afin que tous les participants soient encouragés à redoubler d'efforts". 

Réunion du Conseil cardinalice


Cité du Vatican, 12 décembre 2014 (VIS). La septième réunion du Conseil des neuf Cardinaux s'est achevée hier soir (9 - 11 décembre). Ses membres ont fait le point sur l'avancement du projet de réforme de la Curie Romaine, la réorganisation en cours des organes économiques du Saint-Siège et la composition de la Commission pour la protection de l'enfance. A part mercredi matin, le Pape a pris part à toutes les séances. Il a été question de la réorganisation des Conseils pontificaux pour les laïcs, la famille, Iustitia et Pax et Cor Unum. Mais aucune décision n'a cependant été prise. Le Directeur de la Salle de Presse a confirmé que, de toute façon, la réforme prendra du temps. La Commission pour la protection de l'enfance, qui dispose de huit membres et d'un secrétaire, sera numériquement renforcé jusqu'à dix-huit composants. Les candidatures sont ne cours d'examen et la prochaine réunion de l'organisme est fixée aux 6, 7 et 8 février prochain, ce qui permet de penser qu'il sera au complet et opérationnel. Par ailleurs, le Vice Coordinateur du Conseil pour l'économie, M.Joseph Zahra, s'est félicité de la méthode de travail et de collaboration avec le Conseil cardinalice pour la réforme de la Curie Romaine. Ce dernier se réunira à nouveau les 9, 10 et 11 février 2015, juste avant une Réunion plénière du Collège cardinalice et le Consistoire pour la création de nouveaux Cardinaux.

Audiences


Cité du Vatican, 12 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Mgr.José Rodríguez Carballo, Secrétaire de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.

Mgr.André Dupuy, Nonce apostolique aux Pays-Bas, Représentant permanent près l'OIAC.

Une Délégation de l'Armée du salut.


M.Carl A.Anderson, Chevalier Suprême des Chevaliers de Colomb.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican 12 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Vicente Jiménez Zamora, Archevêque métropolitain de Saragosse (superficie 13.308, population 931.734, catholiques 887.734, prêtres 601, religieux 1.837), en Espagne. Il était jusqu'ici Evêque de Santander (Espagne).

Le P.Adelio Pasqualotto, CSI, Vicaire apostolique de Napo (superficie 24.600, population 102.760, catholiques 85.226, prêtres 26, religieux 65), en Equateur. L'Evêque élu, né en 1950 à Novoledo di Villaverla (Italie), a prononcé ses voeux religieux en 1973 et a été ordonné prêtre en 1978. Il était jusqu'ici Pro Vicaire apostolique de San Miguel de Sucumbios (Equateur). Missionnaire, il a été curé de paroisses, Vicaire provincial de son ordre pour le Mexique.


Le P.Pietro Bovati, SJ (Italie), Secrétaire de Commission biblique pontificale.  

jeudi 11 décembre 2014

Un consistoire cardinalice en février


Cité du Vatican, 11 décembre 2014 (VIS). En début d'après-midi, à l'occasion d'un point de presse consacré aux travaux du Conseil des neuf Cardinaux (10 et 11 décembre), le Directeur de la Salle de Presse a annoncé qu'un consistoire pour la création de cardinaux a été fixé aux 14 et 15 février prochain. Il fera suite à deux autres importants rendez-vous: Une réunion du Conseil cardinalice pour la réforme de la Curie Romaine (9 - 11 février 2015) et une Réunion plénière du Collège cardinalice (12 - 13 février), au cours de laquelle seront abordés les grandes questions de réorganisation du Saint-Siège.  

Changements climatiques et solidarité


Cité du Vatican, 11 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a adressé un message au Ministre péruvien de l'environnement, qui préside à Lima la XX Conférence des Nations-Unies sur le climat (1 - 12 décembre), dans lequel il encourage les participants dans leurs débats sur un sujet "qui a une incidence sur l'humanité entière, et tout particulièrement sur les pauvres et les jeunes. Il s'agit d'une grande responsabilité, également morale... Les changements climatiques font sentir leurs effets dans de nombreux pays, surtout côtiers et insulaires du Pacifique. Ceux-ci soulignent l'incurie et l'inaction alors que les délais se réduisent pour trouver des solutions. Or ces solutions ne peuvent se trouver qu'ensemble et dans la concorde... Une lutte efficace contre le réchauffement ne peut être conduite que collectivement, après avoir surmonté les intérêts particuliers et écarté le poids des pressions politiques et économiques... Il faut donc en passer par une culture de la solidarité et du dialogue, qui soit en mesure de prouver l'absolue nécessité de protéger la planète et l'humanité". Les travaux de cette conférence doivent "se fonder sur la justice, l'équité et le respect".

Congrès européen de pastorale des jeunes


Cité du Vatican, 11 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a écrit au Cardinal Rylko, Président du Conseil pontifical pour les laïcs, à l'occasion du IV Congrès européen de pastorale des jeunes, organisé en collaboration avec les Conseil des Conférences épiscopales d'Europe. Le thème, Une Eglise jeune et témoin de la joie de l'Evangile, s'inscrit dans le sillage des précédents depuis les années 1990: Je vous invite d'abord, écrit-il, "à prendre conscience en avançant et en débattant de ce que Jésus marche à vos côtés... La pastorale de la jeunesse est une action précieuse pour l'Eglise, et les jeunes en ont besoin. Ils ont besoin de l'appui d'adultes et de compagnons mûrs dans la foi...qui les aide à trouver la voie du Christ... C'est une pastorale du cheminement, de l'accompagnement personnel dans un contexte complexe et parfois délicat" car il faut savoir "comprendre les interrogations des jeunes et, à partir d'eux, engager un dialogue sérieux afin de faire entrer le Christ dans leur vie, établir un rapport personnel avec lui et avec leurs semblables... C'est pourquoi je vous demande de ne pas cesser d'annoncer l'Evangile, par la parole et l'exemple de vie. L'Europe a besoin de le redécouvrir! Voyez les jeunes européens avec les yeux du Christ, qui permet de reconnaître les problèmes comme les ferments d'amour et d'espérance dans un continent qui a donné tant de saints et de saintes à l'Eglise... Si nous semons, c'est Dieu qui fait germer... Semez donc la Parole dans le vaste champ de la jeunesse européenne, témoignez des raisons de l'espérance que vous portez. Vous aiderez les jeunes à comprendre que la foi ne s'oppose pas à la raison, et ainsi en ferez-vous des agent d'évangélisation parmi les leurs... La pastorale des jeunes doit leur proposer aussi un discernement vocationnel, de manière à les préparer sur la voie conjugale et familiale, sacerdotale, religieuse ou consacrée, au service du Royaume".

Audiences


Cité du Vatican,11 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin Mme.Alicía Castro, Ambassadeur d'Argentine en Grande-Bretagne.

Hier, mercredi 10 décembre, il avait reçu Mme.Christine Lagarde, Directeur Général du Fonds monétaire international.


mercredi 10 décembre 2014

Le Pape entame un nouveau cycle consacré à la famille


Cité du Vatican, 10 décembre 2014 (VIS). Durant l'audience générale tenue place St.Pierre, le Pape a entamé un nouveau cycle catéchistique sur la famille, qui prend place entre les deux assemblées synodales consacrées à cette question si importante. Durant le dernier synode, a-t-il précisé, la presse a pu travailler grâce à la Salle de Presse, même si elle a rapporté les faits comme une chronique sportive ou politique, parlant d'équipes opposées, de conservateurs et de progressistes, de pour et de contre. Je voudrais donc vous raconter cette assemblée. J'avais demandé aux pères synodaux de parler sans crainte et d'écouter avec humilité, de dire ce qu'ils estimaient nécessaire au débat sans censure... Les travaux se fondaient sur un document fruit de consultations effectuées dans toute l'Eglise... Aucune des interventions n'a mis en discussion les vérités fondamentales du sacrement, comme l'indissolubilité, l'unité, la fidélité et l'ouverture à la vie". Expliquant ensuite la procédure entre congrégations générales et groupes linguistiques de travail, le Saint-Père a rappelé que le résultat de tous les échanges a été immédiatement publié à la conclusion du synode. Il a servi à rédiger les message que les pères ont adressé aux fidèles. Tout s'est déroulé en présence du Pape, garantie de liberté, de confiance et d'orthodoxie, qui a fournit une lecture synthétique de l'expérience synodale. Maintenant, le rapport final passe aux conférences épiscopales qui le discuteront en vue de l'assemblée ordinaire d'octobre 2015. Mais en conclusion, le Pape a précisé que le Synode des évêques n'est pas un parlement mais "un espace protégé permettant à l'Esprit d'opérer. Il n'y a pas eu de combat entre factions, mais un lieu de travail où des évêques" oeuvrent pour le bien à venir de la famille, de l'Eglise et de la société. "Il faut que le travail se poursuive avec la prière, la réflexion et la discussion fraternelle afin de préparer la prochaine assemblée. Confions le Synode à la protection de Marie. Qu'elle nous aide à suivre la volonté de Dieu et à prendre des décisions pastorales utiles aux familles".  

Présentation du Message pour la XLVIII Journée mondiale de la paix


Cité du Vatican, 10 décembre 2014 (VIS). Ce matin près la Salle de Presse, le Cardinal Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax, Mgr.Mario Toso, SDB, Secrétaire, M.Vittorio V.Alberti, Official du dicastère, et Soeur Gabriella Bottani, missionnaire engagée dans la lutte contre la traite des êtres humains, ont présenté le message du Pape François pour la prochaine Journée mondiale de la paix (1 janvier 2015). Le thème, a expliqué le Cardinal, ne se limite pas aux sources de la paix mais touche aux moyens inter-personnels de la réaliser. C'est donc un encouragement à transformer en relations sociales la dépendance et l'esclavage, le déni d'humanité envers autrui ou de fraternité entre tous les humains. "Pour les chrétiens, il s'agit d'un parcours de conversion portant à voir en l'autre non un ennemi à combattre ni un être inférieur à exploiter mais un frère à aimer et à libérer de ses chaînes. Rappelant l'épître de Paul à Philémon, le Pape montre que dans le projet de Dieu pour l'humanité il n'y a pas de place à l'esclavage des l'autre. Car Dieu appelle tous ses fils à rénover leurs rapports dans le respect, étant tous à son image et jouissant de la dignité due à toute personne, certaine que la Bonne Nouvelle est en mesure de rénover l'homme là où le péché abonde.... Malgré tant d'efforts déployés, l'esclavage moderne est un fléau partout présent, y compris dans le tourisme. Ce crime le lèse humanité se cache derrière de solides habitudes... Il sa cache derrière des portes closes ou en pleine rue, dans les usines et les bureaux, en ville et dans les campagnes...et il ne cesse de s'aggraver... L'exploitation et l'esclavage sont des signes de rupture de la fraternité et de rejet de la communion... En cette année consacrée à la famille...on ne doit pas accepter qu'elle devienne un lieu de trahison de la vie et de manipulation... Il faut une mobilisation mondiale...au niveau des familles, des écoles et des paroisses, de toutes les institutions publiques et privées...de manière à éliminer cette plaie. Annonçant pour sa part la Bonne Nouvelle de la libération du péché, l'Eglise" propose de lutter y compris par le biais de gestes simples et quotidiens, qui manifestent l'attention et le respect de l'autre. C'est aussi témoigner de la transcendance, comme le fit sainte Josephine Bakhita, l'esclave soudanaise icône de la libération des fils de Dieu. "Il nous faut oeuvrer ensemble et lutter jusqu'à ce que la dernière victime de l'esclavage soit libérée. Personne ne se sauve sans les autres, sans l'humanité et sans la création. Comme le dit Paul, il faut attendre avec impatience la révélation du Fils de Dieu et espérer en celui qui libère de l'esclavage de la corruption, afin d'entrer libres dans la gloire" du Père.  

Message pour la Journée mondiale de la paix 2015


Ci du Vatican, 10 décembre 2014 (VIS). "Non plus esclaves, mais frères", tel est le titre choisi par le Pape François pour le message pour la Journée mondiale de la paix 2015 (qui sera célébrée le 1 janvier prochain). En voici la version française intégrale:

"Au début d’une nouvelle année, que nous accueillons comme une grâce et un don de Dieu à l’humanité, je désire adresser à chaque homme et femme, ainsi qu’à chaque peuple et à chaque nation du monde, aux chefs d’état et de gouvernement ainsi qu’aux responsables des diverses religions, mes vœux fervents de paix, que j’accompagne de ma prière afin que cessent les guerres, les conflits et les nombreuses souffrances provoqués soit par la main de l’homme soit par de vieilles et nouvelles épidémies comme par les effets dévastateurs des calamités naturelles. Je prie de manière particulière pour que, répondant à notre vocation commune de collaborer avec Dieu et avec tous les hommes de bonne volonté pour la promotion de la concorde et de la paix dans le monde, nous sachions résister à la tentation de nous comporter de manière indigne de notre humanité. Dans le message pour le 1 janvier dernier, j’avais observé qu’au désir d’une vie pleine appartient une soif irrépressible de fraternité, qui pousse vers la communion avec les autres, en qui nous ne trouvons pas des ennemis ou des concurrents, mais des frères à accueillir et à embrasser. L’homme étant un être relationnel, destiné à se réaliser dans le contexte de rapports interpersonnels inspirés par la justice et la charité, il est fondamental pour son développement que soient reconnues et respectées sa dignité, sa liberté et son autonomie. Malheureusement, le fléau toujours plus répandu de l’exploitation de l’homme par l’homme blesse gravement la vie de communion et la vocation à tisser des relations interpersonnelles empreintes de respect, de justice et de charité. Cet abominable phénomène, qui conduit à piétiner la dignité et les droits fondamentaux de l’autre et à en anéantir la liberté et la dignité, prend de multiples formes sur lesquelles je désire réfléchir brièvement, afin que, à la lumière de la Parole de Dieu, nous puissions considérer tous les hommes non plus esclaves, mais frères.

A l’écoute du projet de Dieu sur l’humanité: Le thème que j’ai choisi pour le présent message rappelle l'épître de Paul à Philémon, dans laquelle l’apôtre demande à son collaborateur d’accueillir Onésime, autrefois esclave de Philémon et maintenant devenu chrétien, et donc, selon Paul, digne d’être considéré comme un frère. Ainsi, l’apôtre des gentils écrit: Il t’a été retiré pour un temps qu’afin de t’être rendu pour l’éternité, non plus comme un esclave, mais bien mieux qu’un esclave, comme un frère très cher. Onésime est devenu frère de Philémon en devenant chrétien. Ainsi la conversion au Christ, le début d’une vie de disciple dans le Christ, constitue une nouvelle naissance qui régénère la fraternité comme lien fondateur de la vie familiale et fondement de la vie sociale. Quand, dans le Livre de la Genèse, nous lisons que Dieu créa l’homme homme et femme et les bénit, afin qu’ils grandissent et se multiplient, il fit d’Adam et d’Eve des parents qui, en accomplissant la bénédiction de Dieu d’être féconds et de se multiplier, ont généré la première fraternité, celle de Caïn et Abel. Caïn et Abel sont frères, parce qu’ils viennent du même sein, et donc ils ont la même origine, la même nature et la même dignité que leurs parents, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Mais la fraternité exprime aussi la multiplicité et la différence qui existent entre les frères, bien que liés par la naissance et ayant la même nature et la même dignité. En tant que frères et sœurs, toutes les personnes sont donc par nature en relation avec les autres, dont elles se différencient mais avec lesquelles elles partagent la même origine, la même nature et la même dignité. C’est en raison de cela que la fraternité constitue le réseau de relations fondamentales pour la construction de la famille humaine créée par Dieu. Malheureusement, entre la première création racontée dans le livre de la Genèse et la nouvelle naissance dans le Christ, qui rend les croyants frères et sœurs du premier né d’une multitude de frères, il y a la réalité négative du péché qui, à plusieurs reprises, rompt la fraternité issue de la création et déforme continuellement la beauté et la noblesse du fait d’être frères et sœurs de la même famille humaine. Non seulement Caïn ne supporte pas son frère Abel, mais il le tue par envie en commettant le premier fratricide. Le meurtre d’Abel par Caïn atteste tragiquement le rejet radical de la vocation à être frères. Leur histoire met en évidence la tâche difficile à laquelle tous les hommes sont appelés, de vivre unis, en prenant soin l’un de l’autre. Pareillement, dans l’histoire de la famille de Noé et de ses fils, c’est l’impiété de Cham à l’égard de son père Noé qui pousse celui-ci à maudire le fils irrévérencieux et à bénir les autres, ceux qui l’avaient honoré, en créant ainsi une inégalité entre frères nés du même sein. Dans le récit des origines de la famille humaine, le péché d’éloignement de Dieu, de la figure du père et du frère devient une expression du refus de la communion et se traduit par la culture de l’asservissement, avec les conséquences que cela implique et qui se prolongent de génération en génération: refus de l’autre, maltraitance des personnes, violation de la dignité et des droits fondamentaux, institutionnalisation d’inégalités. D’où la nécessité d’une continuelle conversion à l’Alliance, accomplie par l’oblation du Christ sur la croix, confiants que là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé par Jésus Christ Notre Seigneur. Lui, le Fils aimé, est venu révéler l’amour du Père pour l’humanité. Quiconque écoute l’Evangile et répond à l’appel à la conversion devient pour Jésus frère, sœur et mère, et par conséquent fils adoptif de son Père.

On ne devient cependant pas chrétien, fils du Père et frères dans le Christ, par une disposition divine autoritaire, sans l’exercice de la liberté personnelle, c’est à dire sans se convertir librement au Christ. Le fait d’être fils de Dieu suit l’impératif de la conversion: Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. Tous ceux qui ont répondu, par la foi et dans la vie, à cette prédication de Pierre sont entrés dans la fraternité de la première communauté chrétienne: Juifs et grecs, esclaves et hommes libres, dont la diversité d’origine et de condition sociale ne diminue pas la dignité propre à chacun ni n’exclut personne de l’appartenance au peuple de Dieu. La communauté chrétienne est donc le lieu de la communion vécue dans l’amour entre les frères. Tout cela démontre que la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, par qui Dieu fait toutes choses nouvelles, est aussi capable de racheter les relations entre les hommes, y compris celle entre un esclave et son maître, en mettant en lumière ce que tous deux ont en commun la filiation adoptive et le lien de fraternité dans le Christ. Jésus lui-même a dit à ses disciples: Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, mais je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

Les multiples visages de l’esclavage hier et aujourd’hui: Depuis les temps immémoriaux, les diverses sociétés humaines connaissent le phénomène de l’asservissement de l’homme par l’homme. Il y a eu des époques dans l’histoire de l’humanité où l’institution de l’esclavage était généralement acceptée et régulée par le droit. Ce dernier établissait qui naissait libre et qui, au contraire, naissait esclave, et également dans quelles conditions la personne, née libre, pouvait perdre sa liberté ou la reconquérir. En d’autre termes, le droit lui-même admettait que certaines personnes pouvaient ou devaient être considérées comme la propriété d’une autre personne, laquelle pouvait en disposer librement. L’esclave pouvait être vendu et acheté, cédé et acquis comme s’il était une marchandise. Aujourd’hui, suite à une évolution positive de la conscience de l’humanité, l’esclavage, crime de lèse humanité, a été formellement aboli dans le monde. Le droit de chaque personne à ne pas être tenue en état d’esclavage ou de servitude a été reconnu dans le droit international comme norme contraignante. Et pourtant, bien que la communauté internationale ait adopté de nombreux accords en vue de mettre un terme à l’esclavage sous toutes ses formes, et mis en marche diverses stratégies pour combattre ce phénomène, aujourd’hui encore des millions de personnes, enfants, hommes et femmes de tout âge, sont privées de liberté et contraintes à vivre dans des conditions assimilables à celles de l’esclavage. Je pense aux nombreux travailleurs et travailleuses, même mineurs, asservis dans les divers secteurs, au niveau formel et informel, du travail domestique au travail agricole, de l’industrie manufacturière au secteur minier, tant dans les pays où la législation du travail n’est pas conforme aux normes et aux standards minimaux internationaux que, même illégalement, dans les pays où la législation protège le travailleur. Je pense aussi aux conditions de vie de nombreux migrants qui, dans leur dramatique parcours, souffrent de la faim, sont privés de liberté, dépouillés de leurs biens ou abusés physiquement et sexuellement. Je pense à ceux d’entre eux qui, arrivés à destination après un voyage dans des conditions physiques très dures et dominé par la peur et l’insécurité, sont détenus dans des conditions souvent inhumaines. Je pense à ceux d’entre eux que les diverses circonstances sociales, politiques et économiques poussent à vivre dans la clandestinité, et à ceux qui, pour rester dans la légalité, acceptent de vivre et de travailler dans des conditions indignes, spécialement quand les législations nationales créent ou permettent une dépendance structurelle du travailleur migrant par rapport à l’employeur, en conditionnant, par exemple, la légalité du séjour au contrat de travail Oui, je pense au travail esclave. Je pense aux personnes contraintes de se prostituer, parmi lesquelles beaucoup sont mineures, et aux esclaves sexuels, aux femmes forcées de se marier, à celles vendues en vue du mariage ou à celles transmises par succession à un membre de la famille à la mort du mari sans qu’elles aient le droit de donner ou de ne pas donner leur propre consentement. Je ne peux pas ne pas penser à tous ceux qui, mineurs ou adultes, font l’objet de trafic et de commerce pour le prélèvement d’organes, pour être enrôlés comme soldats, pour faire la mendicité, pour des activités illégales comme la production ou la vente de stupéfiants, ou pour des formes masquées d’adoption internationale. Je pense enfin à tous ceux qui sont enlevés et tenus en captivité par des groupes terroristes, asservis à leurs fins comme combattants ou, surtout en ce qui concerne les jeunes filles et les femmes, comme esclaves sexuelles. Beaucoup d’entre eux disparaissent, certains sont vendus plusieurs fois, torturés, mutilés, ou tués.

Quelques causes profondes de l’esclavage: Aujourd’hui comme hier, à la racine de l’esclavage, il y a une conception de la personne humaine qui admet la possibilité de la traiter comme un objet. Quand le péché corrompt le cœur de l’homme, et l’éloigne de son Créateur et de ses semblables, ces derniers ne sont plus perçus comme des êtres d’égale dignité, comme frères et sœurs en humanité, mais sont vus comme des objets. La personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, par la force, par la tromperie ou encore par la contrainte physique ou psychologique, est privée de sa liberté, commercialisée, réduite à être la propriété de quelqu’un, elle est traitée comme un moyen et non comme une fin. A côté de cette cause ontologique, refus de l’humanité dans l’autre, d’autres causes concourent à expliquer les formes contemporaines d’esclavage. Parmi elles, je pense surtout à la pauvreté, au sous-développement et à l’exclusion, spécialement quand ils se combinent avec le manque d’accès à l’éducation ou avec une réalité caractérisée par de faibles, sinon inexistantes, opportunités de travail. Fréquemment, les victimes de trafic et de d’asservissement sont des personnes qui ont cherché une manière de sortir d’une condition de pauvreté extrême, en croyant souvent à de fausses promesses de travail, et qui au contraire sont tombées entre les mains de réseaux criminels qui gèrent le trafic d’êtres humains. Ces réseaux utilisent habilement les technologies informatiques modernes pour appâter des jeunes, et des très jeunes, partout dans le monde. De même, la corruption de ceux qui sont prêts à tout pour s’enrichir doit être comptée parmi les causes de l’esclavage. En effet, l’asservissement et le trafic des personnes humaines requièrent une complicité qui souvent passe par la corruption des intermédiaires, de certains membres des forces de l’ordre ou d’autres acteurs de l’Etat ou de diverses institutions, civiles et militaires. Cela arrive quand au centre d’un système économique se trouve le dieu argent et non l’homme, la personne humaine. Oui, au centre de tout système social ou économique doit se trouver la personne, image de Dieu, créée pour être le dominateur de l’univers. Quand la personne est déplacée et qu’arrive le dieu argent se produit ce renversement des valeurs. D’autres causes de l’esclavage sont les conflits armés, les violences, la criminalité et le terrorisme. De nombreuses personnes sont enlevées pour être vendues, ou enrôlées comme combattantes, ou bien exploitées sexuellement, tandis que d’autres sont contraintes à émigrer, laissant tout ce qu’elles possèdent, terre, maison, propriétés, ainsi que les membres de la famille. Ces dernières sont poussées à chercher une alternative à ces conditions terribles, même au risque de leur dignité et de leur survie, en risquant d’entrer ainsi dans ce cercle vicieux qui en fait une proie de la misère, de la corruption et de leurs pernicieuses conséquences.

Un engagement commun pour vaincre l’esclavage: Souvent, en observant le phénomène de la traite des personnes, du trafic illégal des migrants et d’autres visages connus et inconnus de l’esclavage, on a l’impression qu’il a lieu dans l’indifférence générale. Si, malheureusement, cela est vrai en grande partie, je voudrais cependant rappeler l’immense travail silencieux que de nombreuses congrégations religieuses, surtout féminines, réalisent depuis de nombreuses années en faveur des victimes. Ces instituts œuvrent dans des contextes difficiles, dominés parfois par la violence, en cherchant à briser les chaînes invisibles qui lient les victimes à leurs trafiquants et exploiteurs, des chaînes dont les mailles sont faites de mécanismes psychologiques subtils qui rendent les victimes dépendantes de leurs bourreaux par le chantage et la menace, pour eux et leurs proches, mais aussi par des moyens matériels, comme la confiscation des documents d’identité et la violence physique. L’action des congrégations religieuses s’articule principalement autour de trois actions: Le secours aux victimes, leur réhabilitation du point de vue psychologique et de la formation, et leur réintégration dans la société de destination ou d’origine. Cet immense travail, qui demande courage, patience et persévérance, mérite l’estime de toute l’Église et de la société. Mais à lui seul, il ne peut naturellement pas suffire pour mettre un terme au fléau de l’exploitation de la personne humaine. Il faut aussi un triple engagement, au niveau institutionnel, de la prévention, de la protection des victimes et de l’action judiciaire à l’égard des responsables. De plus, comme les organisations criminelles utilisent des réseaux globaux pour atteindre leurs objectifs, de même l’engagement pour vaincre ce phénomène requiert un effort commun et tout autant global de la part des divers acteurs qui composent la société.

Les états devraient veiller à ce que leurs propres législations nationales sur les migrations, sur le travail, sur les adoptions, sur la délocalisation des entreprises et sur la commercialisation des produits fabriqués grâce à l’exploitation du travail soient réellement respectueuses de la dignité de la personne. Des lois justes sont nécessaires, centrées sur la personne humaine, qui défendent ses droits fondamentaux et les rétablissent s’ils sont violés, en réhabilitant la victime et en assurant sa sécurité, ainsi que des mécanismes efficaces de contrôle de l’application correcte de ces normes, qui ne laissent pas de place à la corruption et à l’impunité. Il est aussi nécessaire que soit reconnu le rôle de la femme dans la société, en œuvrant également sur le plan culturel et de la communication pour obtenir les résultats espérés. Les organisations intergouvernementales, conformément au principe de subsidiarité, sont appelées à prendre des initiatives coordonnées pour combattre les réseaux transnationaux du crime organisé qui gèrent la traite des personnes humaines et le trafic illégal des migrants. Une coopération à divers niveaux devient nécessaire, qui inclue les institutions nationales et internationales, ainsi que les organisations de la société civile et le monde de l’entreprise. Les entreprises, en effet, ont le devoir de garantir à leurs employés des conditions de travail dignes et des salaires convenables, mais aussi de veiller à ce que des formes d’asservissement ou de trafic de personnes humaines n’aient pas lieu dans les chaînes de distribution. La responsabilité sociale de l’entreprise est accompagnée par la responsabilité sociale du consommateur. En effet, chaque personne devrait avoir conscience qu’acheter est non seulement un acte économique mais toujours aussi un acte moral. Les organisations de la société civile, de leur côté, ont le devoir de sensibiliser et de stimuler les consciences sur les pas nécessaires pour contrecarrer et éliminer la culture de l’asservissement.

Ces dernières années, le Saint-Siège, en entendant le cri des victimes du trafic et la voix des congrégations religieuses qui les accompagnent vers la libération, a multiplié les appels à la communauté internationale afin que les différents acteurs unissent leurs efforts et coopèrent pour mettre un terme à ce fléau. De plus, certaines rencontres ont été organisées dans le but de donner une visibilité au phénomène de la traite des personnes et de faciliter la collaboration entre divers acteurs, dont des experts du monde académique et des organisations internationales, des forces de l’ordre de différents pays de provenance, de transit et de destination des migrants, et des représentants des groupes ecclésiaux engagés en faveur des victimes. Je souhaite que cet engagement continue et se renforce dans les prochaines années.

Globaliser la fraternité, non l’esclavage ni l’indifférence: Dans son œuvre d’annonce de la vérité de l’amour du Christ dans la société, l’Eglise s’engage constamment dans les actions de caractère caritatif à partir de la vérité sur l’homme. Elle a la tâche de montrer à tous le chemin vers la conversion, qui amène à changer le regard sur le prochain, à reconnaître dans l’autre, quel qu’il soit, un frère et une sœur en humanité, à en reconnaître la dignité intrinsèque dans la vérité et dans la liberté, comme nous l’illustre l’histoire de Joséphine Bakhita, la sainte originaire du Darfour (Soudan), enlevée par des trafiquants d’esclaves et vendue à des maîtres terribles dès l’âge de neuf ans, et devenue ensuite, à travers de douloureux événements, libre fille de Dieu par la foi vécue dans la consécration religieuse et dans le service des autres, spécialement des petits et des faibles. Cette sainte, qui a vécu entre le XIX et le XX siècle, est aujourd’hui un témoin et un modèle d’espérance pour les nombreuses victimes de l’esclavage, et elle peut soutenir les efforts de tous ceux qui se consacrent à la lutte contre cette plaie dans le corps de l’humanité contemporaine, une plaie dans la chair du Christ. Dans cette perspective, je désire inviter chacun, dans son rôle et dans ses responsabilités particulières, à faire des gestes de fraternité à l’égard de ceux qui sont tenus en état d’asservissement. Demandons-nous comment, en tant que communauté ou comme individus, nous nous sentons interpelés quand, dans le quotidien, nous rencontrons ou avons affaire à des personnes qui pourraient être victimes du trafic d’êtres humains, ou quand nous devons choisir d’acheter des produits qui peuvent, en toute vraisemblance, avoir été fabriqués par l’exploitation d’autres personnes. Certains d’entre nous, par indifférence ou parce qu’assaillis par les préoccupations quotidiennes, ou pour des raisons économiques, ferment les yeux. D’autres, au contraire, choisissent de faire quelque chose de positif, de s’engager dans les associations de la société civile ou d’effectuer de petits gestes quotidiens comme un bonjour ou un sourire, qui ne nous coûtent rien mais qui peuvent donner l’espérance, ouvrir des voies, changer la vie d’une personne qui vit dans l’invisibilité, et aussi changer notre vie par la confrontation à cette réalité.


Nous devons reconnaître que nous sommes en face d’un phénomène mondial qui dépasse les compétences d’une seule communauté ou nation. Pour le combattre, il faut une mobilisation de dimensions comparables à celles du phénomène lui-même. Pour cette raison, je lance un appel pressant à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, et à tous ceux qui, de près ou de loin, y compris aux plus hauts niveaux des institutions, sont témoins du fléau de l’esclavage contemporain, à ne pas se rendre complices de ce mal, à ne pas détourner le regard face aux souffrances de leurs frères et sœurs en humanité, privés de la liberté et de la dignité, mais à avoir le courage de toucher la chair souffrante du Christ, qui se rend visible à travers les innombrables visages de ceux que lui-même appelle ces plus petits de mes frères. Nous savons que Dieu demandera à chacun de nous: Qu’as-tu fait de ton frère? La mondialisation de l’indifférence, qui aujourd’hui pèse sur les vies de beaucoup de sœurs et de frères, requiert que nous nous fassions tous les artisans d’une mondialisation de la solidarité et de la fraternité, qui puisse leur redonner l’espérance et leur faire reprendre avec courage le chemin à travers les problèmes de notre temps et les perspectives nouvelles qu’il apporte et que Dieu met entre nos mains.

Thème de la VII Rencontre mondiale des familles


Cité du Vatican, 10 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a écrit à Mgr.Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical pour la famille, lui communiquant le thème choisi pour la prochaine Rencontre mondiale des familles (Philadelphia, USA, 22 - 27 septembre 2015): "L'amour est notre mission, une famille pleinement vivante": "Aujourd'hui comme hier, la mission de la famille chrétienne est d'annoncer au monde l'amour de Dieu contenu dans le sacrement du mariage. C'est sur cela que naît et grandit tout famille mettant l'amour au coeur l'amour, qu'elle alimente son dynamisme et sa spiritualité. Comme le disait déjà saint Irénée, une famille qui vit sa vocation et sa mission rend gloire à Dieu... On ne peut qualifier de conservatrice ou de progressiste une famille, avec des critères idéologiques car la famille est famille un point c'est tout. Ses valeurs et ses vertus sont la force d'un noyau familial qui ne peut être mis en discussion... En revoyant son style de vie, il faut éviter de la soumettre aux mentalités mondaines que sont l'individualisme, le consumérisme et l'hédonisme. Elle doit suivre la voie traditionnelle afin de vivre et de proposer la grandeur mais aussi la beauté du mariage et la joie d'être famille". En vue du Synode des évêques d'octobre 2015, "j'invite à aller de l'avant dans l'annonce de l'Evangile du mariage et de la famille et la recherche de propositions pastorales adaptées au contexte social. Ces enjeux nous encouragent à diffuser l'amour fidèle et ouvert à la vie, à la communion et à la miséricorde, au partage et à la solidarité... Laissons nous guider par la Parole sur laquelle est fondée l'édifice sacré de la famille, Eglise domestique et famille de Dieu". 
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