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mercredi 8 avril 2015

Messe chrismale: La fatigue des prêtres comme l'encens qui monte vers le ciel


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). A 9 h 30' en la Basilique vaticane, le Pape a présidé la messe chrismale, liturgie célébrée le jeudi saint dans toutes les églises cathédrales. Les cardinaux, les évêques et les prêtres diocésains et religieux présents à Rome ont concélébré avec le Saint-Père. Au cours de la célébration eucharistique, les prêtres ont renouvelé les promesses faites lors de leur ordination puis l'huile pour les malades, les catéchumènes et le saint chrême ont été béni. Voici l'homélie prononcée par le Saint-Père: "Ma main sera pour toujours avec lui, mon bras fortifiera son courage. C’est ainsi que pense le Seigneur quand il dit en lui-même: J’ai trouvé David mon serviteur, je l’ai sacré avec mon huile sainte. C’est ainsi que pense notre Père chaque fois qu’il trouve un prêtre. Et il ajoute encore: Mon amour et ma fidélité sont avec lui, il me dira: Tu es mon Père mon Dieu, mon roc et mon salut. Il est très beau d’entrer, avec le psalmiste, dans ce monologue de notre Dieu. Il parle de nous, ses prêtres, ses curés, mais en réalité ce n’est pas un monologue, il ne parle pas seul. C’est le Père qui dit à Jésus: Tes amis, ceux qui t’aiment, pourront me dire de manière spéciale: tu es mon Père. Et si le Seigneur pense et se préoccupe tant de la manière dont il pourra nous aider, c’est parce qu’il sait que la charge d’oindre le peuple fidèle n’est pas facile, elle est dure. Elle nous conduit à la fatigue et à la lassitude. Nous en faisons l’expérience de multiples manières, de la fatigue habituelle du travail apostolique quotidien, à celle de la maladie et de la mort, y compris dans le fait de se consumer dans le martyre. La fatigue des prêtres! Savez-vous combien de fois je pense à cela, à la fatigue de vous tous? J’y pense beaucoup et je prie souvent, surtout quand moi aussi je suis fatigué. Je prie pour vous qui travaillez au milieu du peuple fidèle de Dieu qui vous a été confié, et, pour beaucoup, en des lieux très abandonnés et dangereux. Notre fatigue, chers prêtres, est comme l’encens qui monte silencieusement vers le ciel. Notre fatigue va droit au cœur du Père. Soyez sûrs que la Vierge Marie se rend compte de cette fatigue, et la fait remarquer tout de suite au Seigneur. Comme Mère, elle sait comprendre quand ses fils sont fatigués et elle ne pense à rien d’autre. Elle nous dira toujours, lorsque nous venons à elle: Bienvenue! repose-toi, fils. Après nous parlerons… Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère? Et elle dira à son Fils, comme à Cana: Ils n’ont plus de vin".

Il arrive aussi, a poursuivi le Pape, "que lorsque nous ressentons le poids du travail pastoral, nous ayons la tentation de nous reposer de n’importe quelle manière, comme si le repos n’était pas une chose de Dieu. Ne tombons pas dans cette tentation. Notre fatigue est précieuse aux yeux de Jésus, qui nous accueille et nous fait relever: Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, moi je vous procurerai le repos. Quand quelqu’un sait que, mort de fatigue, il peut se prosterner en adoration et dire: Ça suffit pour aujourd’hui, Seigneur, et se rendre devant le Père, il sait aussi qu’il ne s’effondre pas, mais qu’il se renouvelle, parce que celui qui a oint le peuple fidèle de Dieu de l’huile d’allégresse, le Seigneur l’oint également: Il met le diadème sur sa tête au lieu de la cendre, l’huile d’allégresse au lieu des larmes, le chant au lieu d’un esprit abattu. Ayons bien présent à l’esprit qu’une clé de la fécondité sacerdotale se trouve dans la manière dont nous nous reposons, dont nous sentons que le Seigneur s’occupe de notre fatigue. Comme il est difficile d’apprendre à se reposer! Là se joue notre confiance, et aussi le souvenir que nous aussi nous sommes des brebis et nous avons besoin du pasteur, qui nous aide. Quelques questions à ce sujet peuvent nous aider. Est-ce que je sais me reposer en recevant l’amour, la gratuité et toute l’affection que me donne le peuple fidèle de Dieu? Ou bien, après le travail pastoral est-ce que je cherche des repos plus raffinés, non pas ceux des pauvres, mais ceux qu’offrent la société de consommation? L’Esprit Saint est-il vraiment pour moi repos dans la fatigue, ou seulement celui qui me fait travailler? Est-ce que je sais demander l’aide de quelque prêtre sage? Est-ce que je sais me reposer de moi-même, de mon auto-exigence, de mon autosatisfaction, de mon autoréférence? Est-ce que je sais converser avec Jésus, avec le Père, avec la Vierge et Saint Joseph, avec mes saints amis protecteurs pour me reposer dans leurs exigences qui sont douces et légères, dans la satisfaction d’être avec eux, eux, ils aiment rester en ma compagnie, et dans leurs intérêts et leurs références, seule les intéresse la plus grande gloire de Dieu? Est-ce que je sais me reposer de mes ennemis sous la protection du Seigneur? Est-ce que j’argumente et conspire en moi-même, ressassant plusieurs fois ma défense, ou est-ce que je me confie à l’Esprit Saint qui m’enseigne ce que je dois dire en toute occasion? Est-ce que je me préoccupe et me tourmente excessivement ou, comme Paul, est-ce que je trouve le repos en disant: Je sais en qui j’ai mis ma foi?".

"Revoyons un moment, brièvement, les engagements des prêtres, qu’aujourd’hui la liturgie nous proclame: porter aux pauvres la Bonne Nouvelle, annoncer la libération aux prisonniers et la guérison aux aveugles, donner la liberté aux opprimés et proclamer l’année de grâce du Seigneur. Isaïe dit aussi soigner ceux qui ont le cœur brisé et consoler les affligés. Ce ne sont pas des tâches faciles, ce ne sont pas des tâches extérieures, comme le sont par exemple les activités manuelles, construire une nouvelle salle paroissiale, ou tracer les lignes d’un terrain de football pour les jeunes du patronage… Les tâches mentionnées par Jésus engagent notre capacité de compassion, ce sont des tâches dans lesquelles le cœur est mû et ému. Nous nous réjouissons avec les fiancés qui se marient, nous rions avec l’enfant qu’ils font baptiser, nous accompagnons les jeunes qui se préparent au mariage et à la famille, nous nous affligeons avec celui qui reçoit l’onction sur un lit d’hôpital, nous pleurons avec ceux qui enterrent une personne chère… Tant d’émotions… Si nous avons le cœur ouvert, cette émotion et tant d’affection fatiguent le cœur du pasteur. Pour nous, prêtres, les histoires de nos gens ne sont pas un bulletin d’information: nous connaissons nos gens, nous pouvons deviner ce qui se passe dans leur cœur, et le nôtre, en souffrant avec eux, s’effiloche, se défait en mille morceaux, il est bouleversé et semble même mangé par les gens: prenez et mangez. C’est la parole que le prêtre de Jésus chuchote constamment quand il prend soin de son peuple fidèle: prenez et mangez, prenez et buvez… Et ainsi notre vie sacerdotale se donne dans le service, dans la proximité du peuple de Dieu… qui toujours, toujours fatigue".

"Je voudrais maintenant partager avec vous quelques autres fatigues sur lesquelles j’ai médité. Il y a celle que nous pouvons appeler la fatigue des gens, la fatigue des foules: pour le Seigneur, comme pour nous, elle était épuisante, l’Évangile le dit, mais c’est une bonne fatigue, une fatigue pleine de fruits et de joie. Les gens qui le suivaient, les familles qui lui portaient leurs enfants pour qu’il les bénisse, ceux qui avaient été guéris, qui venaient avec leurs amis, les jeunes qui s’enthousiasmaient pour le Rabbi…, ne lui laissaient même pas le temps de manger. Mais le Seigneur ne se fatiguait pas de rester avec les gens. Au contraire, il semble que cela le remontait. Cette fatigue au milieu de notre activité est, en général, une grâce qui est à portée de main de nous tous, prêtres. C’est vraiment une belle chose, les gens aiment, désirent et ont besoin de leurs pasteurs! Le peuple fidèle ne nous laisse pas sans occupation directe, sauf si on se cache dans un bureau ou si on part en ville avec des verres teintés. Et cette fatigue est bonne, c’est une fatigue saine. C’est la fatigue du prêtre avec l’odeur de ses brebis…, mais avec le sourire de papa qui contemple ses enfants et ses petits enfants. Rien à voir avec ceux qui sentent des parfums chers et qui te regardent de loin et de haut. Nous sommes les amis de l’Epoux, c’est là notre joie. Si Jésus fait paître le troupeau au milieu de nous, nous ne pouvons pas être des pasteurs au visage acide, qui se lamentent, ni, ce qui est pire, des pasteurs qui s’ennuient. Odeur des brebis et sourire de pères… Oui, très fatigués, mais avec la joie de celui qui écoute son Seigneur qui dit: Venez les bénis de mon Père".

"Il y a aussi la fatigue que nous pouvons appeler la fatigue des ennemis. Le démon et ses adeptes ne dorment pas, et comme leurs oreilles ne supportent pas la Parole de Dieu, ils travaillent inlassablement pour la faire taire ou la troubler. Ici la fatigue de les affronter est plus dure. Non seulement il s’agit de faire le bien, avec toute la peine que cela comporte, mais il faut aussi défendre le troupeau et se défendre soi-même du mal. Le malin est plus astucieux que nous, et il est capable de démolir en un moment ce que nous avons construit avec patience durant beaucoup de temps. Il est nécessaire ici de demander la grâce d’apprendre à neutraliser, c’est une habitude importante, apprendre à neutraliser: neutraliser le mal, ne pas arracher l’ivraie, ne pas prétendre défendre comme des surhommes ce que seul le Seigneur doit défendre. Tout cela aide à ne pas baisser les bras devant l’épaisseur de l’iniquité, devant la dérision des méchants. La parole du Seigneur pour ces situations de fatigue est: Ayez courage, j’ai vaincu le monde! Et cette parole nous donnera de la force".

"Et en dernier lieu...il y a la fatigue de soi-même. C’est peut-être la plus dangereuse. Parce que les deux autres proviennent du fait d’être exposé, de sortir de nous même pour oindre et nous donner quelque chose à faire (nous sommes ceux qui prenons soin). En revanche, cette fatigue est plus autoréférentielle, c’est la déception de soi-même, mais pas regardée en face, avec la sérénité joyeuse de celui qui se découvre pécheur et qui a besoin de pardon, d’aide; celui-là demande de l’aide et va de l’avant. Il s’agit de la fatigue qui porte à vouloir et ne pas vouloir, le fait de tout risquer et ensuite de regretter l’ail et les oignons d’Egypte, de jouer avec l’illusion d’être autre chose. J’aime appeler cette fatigue minauder avec la mondanité spirituelle. Et quand on reste seul, on s’aperçoit que beaucoup de secteurs de la vie ont été imprégnés de cette mondanité, et on a même l’impression qu’aucun bain ne peut la nettoyer. Il peut y avoir là pour nous une mauvaise fatigue. La parole de l’Apocalypse nous indique la cause de cette fatigue: Tu ne manques pas de persévérance, et tu as tant supporté pour mon nom, sans ménager ta peine. Mais j’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné. Seul l’amour donne du repos. Celui qui ne s’aime pas se fatigue mal, et à la longue, se fatigue plus mal".


"L’image la plus profonde et mystérieuse de la manière dont le Seigneur s’occupe de notre fatigue pastorale est celle de celui qui ayant aimé les siens…, les aima jusqu’à la fin: La scène du lavement des pieds. J’aime la contempler comme lavement de la mission, que le Seigneur purifie aussi: Il s’implique avec nous, il se charge le premier de nettoyer toute tache, ce smog mondain et onctueux qui s’est collé durant le chemin que nous avons fait en son Nom. Nous savons que l’on peut voir dans les pieds comment va tout notre corps. Dans la manière de suivre le Seigneur se manifeste comment va notre cœur. Les plaies des pieds, les déboitements et la fatigue sont des signes de la manière dont nous l’avons suivi, de ces routes que nous avons faites pour chercher ses brebis perdues, en essayant de conduire le troupeau vers les verts pâturages et les eaux tranquilles. Le Seigneur nous lave et nous purifie de tout ce qui s’est accumulé sous nos pieds pour le suivre. Et c’est sacré. Il ne permet pas qu’ils restent sales. Il les embrasse comme des blessures de guerre, de sorte que la saleté du travail, c’est lui qui la nettoie. La sequela de Jésus est lavée par le Seigneur lui-même pour que nous nous sentions en droit d’être joyeux, remplis, sans peur ni faute et pour que nous ayons ainsi le courage de sortir et d’aller jusqu’aux extrémités du monde, vers toutes les périphéries, porter cette bonne nouvelle aux plus abandonnés, sachant qu’il est avec nous, tous les jours jusqu’à la fin du monde. Et s’il vous plaît, demandons la grâce d’apprendre à être fatigués, mais bien fatigués!".

Le Pape lave les pieds de douze détenus de la prison romaine de Rebibbia


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Jeudi après-midi, le Pape François a célébré la messe in Coena Domini à la prison romaine de Rebibbia où il est arrivé. Dans la cour intérieure de la prison, il a salué les autorités, le personnel et un groupe de détenus. Peu avant 18 h, il a présidé la messe dans l'église Notre-Père du nouveau complexe de Rebibbia, marquant ainsi le début du Triduum pascal. Au cours de la cérémonie, il a lavé les pieds de douze détenus, six hommes et six femmes du centre de détention féminin. Dans son homélie improvisée, le Pape a rappelé que c'est un jeudi comme celui-ci que Jésus était à table avec ses disciples pour célébrer la fête de la Pâque: "Le passage de l'Evangile que nous avons entendu, contient une phrase qui est vraiment le centre de ce que Jésus a fait pour nous tous: Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout. Jésus nous a aimé. Jésus nous aime. Sans limite, toujours, jusqu'à la fin...Chacun de nous peut dire: Il a donné sa vie pour moi...pour chacun, avec son nom et son prénom. Son amour est ainsi, personnel. L'amour de Jésus ne déçoit jamais, parce qu'il ne se lasse jamais de nous aimer, comme de nous pardonner ou de nous embrasser. Voilà la première chose que je voulais vous dire: Jésus nous a aimé, chacun de nous, jusqu'à la fin. Puis, il fait quelque chose que les disciples ne comprennent pas: laver les pieds. A l'époque, c'était d'usage, c'était une habitude, parce que les gens qui arrivaient dans une maison avaient les pieds sales de la poussière de la route... Mais ce n'est pas le maître de maison qui le faisait...c’était un travail d'esclaves. Et Jésus lave comme un esclave nos pieds, les pieds des disciples, et c'est pourquoi il dit à Pierre: ce que je fais, tu ne peux le comprendre maintenant, tu le comprendras plus tard. L'amour de Jésus est tellement grand, qu'il s'est fait esclave pour nous servir, nous guérir, nous laver". A son imitation,"l'Eglise veut que le prêtre lave les pieds de douze personnes, en mémoire des apôtres. Mais dans notre cœur, nous devons avoir la certitude, nous devons être sûrs que le Seigneur, quand il nous lave les pieds, nous lave tout entier, nous purifie, nous fait ressentir une fois encore son amour. Dans la Bible, il y a une phrase très belle du prophète Isaïe qui dit: Une mère peut-elle oublier son nourrisson? Même si elle l'oubliait, moi je ne t'oublierai jamais. Voici comment est l'amour de Dieu pour nous. Et je laverai aujourd'hui les pieds à douze d'entre vous, mais à travers ces frères et sœurs, vous êtes tous présents. Tous ceux qui habitent ici. Vous les représentez. Mais moi aussi j'ai besoin d'être lavé par le seigneur et c'est pourquoi je vous demande de prier pour cela au cours de cette messe, afin que le Seigneur lave aussi mes péchés, pour que je devienne plus esclave que vous, plus esclave au service des gens, comme l'a été Jésus".

Le Christ abandonné, icône des laissés pour compte


Cité du Vatican, 8 avril 215 (VIS). Vendredi Saint (3 avril), à 21 h 15', le Pape François a présidé le chemin de croix au Colisée. La croix, portée par le Cardinal Agostino Vallini, Vicaire pour le diocèse de Rome, puis par une famille nombreuse, une famille avec enfants adoptés, deux malades, des fidèles venus d'Irak, Syrie, Egypte, Nigeria et Chine, des religieuses, des consacrées et deux franciscains de la Custodie de Terre Sainte. A la conclusion de la Via Crucis, dont les méditations étaient consacrées à l'amour et à l'attention qu'il faut porter à la vie, aux faibles et à l'environnement, le Pape a ajouté quelques mots: "O toi crucifié et victorieux, ton chemin de croix constitue la synthèse de ta vie et de ton obédience au Père, la réalisation de ton amour infini pour les pécheurs, la preuve de l'accomplissement de la Révélation et de l'histoire du salut. Face à tout cela nous prenons conscience de notre rébellion et de notre désobéissance. En toi, trahi par les tiens, nous voyons nos trahisons quotidiennes et nos infidélités constantes. Agneau immaculé, en ton innocence nous voyons nos fautes. Dans la cruauté de la Passion on reconnaît la cruauté de nos sentiments et de nos actes, dans ton abandon celui de tous les rejetés de la société, dans ton corps torturé nos frères abandonnés, oubliés et défigurés par notre négligence et notre indifférence... En toi, amour divin, nous reconnaissons aussi nos frères persécutés, torturés, décapités ou crucifiés à cause de leur foi, sous nos yeux et souvent dans un silence complice".

"Seigneur, imprime en nous la foi, l'espérance et la charité, mais aussi le repentir des péchés qui te crucifient. Transforme en faits notre conversion verbale, afin que nous puissions face au souvenir vivant de ton visage défiguré prendre conscience du prix immense à payer pour notre libération. O toi le Crucifié, renforce notre foi et empêche nous de céder aux tentations. Ravive en nous l'espérance et éloigne les séductions de ce monde. Fais que nous ne soyons pas trompés par la corruption et la mondanité. Enseigne nous que ta Croix est le chemin vers la Résurrection. Enseigne nous que le Vendredi Saint est le passage vers Pâque et sa lumière, et que Dieu n'oublie aucun de ses enfants, qu'il ne cesse de pardonner, de nous accueillir dans son infinie miséricorde. Enseigne nous aussi à ne cesser de demander pardon et à croire dans la miséricorde sans limite du Père".




Apprendre des disciples de Jésus à entrer dans le Mystère


Cité du Vatican, 8 avril 2015(VIS). Le 4 avril, la Vigile pascale a commencé à 20 h 30' en la Basilique vaticane. Le Pape a présidé les rites initiaux avec la bénédiction du feu, l'entrée dans la basilique et la préparation du cierge pascal, suivis de la procession jusqu'à l'autel majeur, avec le cierge allumé, le chant de l'Exultet et la liturgie de la Parole. Au cours de la cérémonie, le Saint-Père a administré les sacrements de l'initiation chrétienne (baptême, confirmation et première communion) à dix fidèles provenant d'Italie, du Portugal, d'Albanie, du Kenya et du Cambodge. Après la proclamation de l'Evangile, le Pape a prononcé une homélie dans laquelle il a rappelé que les femmes, les premières, sont entrées dans le tombeau vide, et a invité tous à apprendre de ces disciples de Jésus à ne perdre ni la foi, ni l'espérance. "Cette nuit est une nuit de veille -a-t-il dit-. Le Seigneur ne dort pas, il veille le gardien de son peuple, pour le faire sortir de l’esclavage et lui ouvrir le chemin de la liberté. Le Seigneur veille et avec la puissance de son amour il fait passer le peuple à travers la Mer Rouge, et il fait passer Jésus à travers l’abîme de la mort et des enfers.


Nuit de veille que fut cette nuit pour les disciples de Jésus. Nuit de douleur et de peur. Les hommes sont restés enfermés dans le Cénacle. Les femmes, au contraire, à l’aube du jour qui suit le sabbat, sont allées au tombeau pour oindre le corps de Jésus. Leur cœur était rempli d’émotion et elles se demandaient: Comment ferons-nous pour entrer? Qui nous roulera la pierre du tombeau? Mais voici le premier signe de l’événement: La grosse pierre avait déjà été roulée et la tombe était ouverte! En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc… Les femmes furent les premières à voir ce grand signe: le tombeau vide, et elles furent les premières à y entrer… Elles entrèrent dans le tombeau. Cela nous fait du bien, en cette nuit de veille, de nous arrêter à réfléchir sur l’expérience des disciples de Jésus, qui nous interpelle nous aussi. C’est pour cela en effet, que nous sommes ici, pour entrer, entrer dans le Mystère que Dieu a accompli avec sa veille d’amour. On ne peut vivre la Pâque sans entrer dans le mystère. Ce n’est pas un fait intellectuel, ce n’est pas seulement connaître, lire… C’est plus, c’est beaucoup plus! Entrer dans le mystère, signifie capacité d’étonnement, de contemplation, capacité d’écouter le silence et d’entendre le murmure d’un fin silence sonore dans lequel Dieu nous parle. Entrer dans le mystère nous demande de ne pas avoir peur de la réalité, de ne pas se fermer sur soi-même, de ne pas fuir devant ce que nous ne comprenons pas, de ne pas fermer les yeux devant les problèmes, de ne pas les nier, de ne pas éliminer les points d’interrogation… Entrer dans le mystère signifie aller au-delà de ses propres sécurités confortables, au-delà de la paresse et de l’indifférence qui nous freinent, et se mettre à la recherche de la vérité, de la beauté et de l’amour, chercher un sens imprévisible, une réponse pas banale aux questions qui mettent en crise notre foi, notre fidélité et notre raison. Pour entrer dans le mystère, il faut de l’humilité, l’humilité de s’abaisser, de descendre du piédestal de notre moi si orgueilleux, de notre présomption; l’humilité de se redimensionner, en reconnaissant ce que nous sommes effectivement, c'est à dire des créatures, avec des qualités et des défauts, des pécheurs qui ont besoin de pardon. Pour entrer dans le mystère, il faut cet abaissement qui est impuissance, dépossession de ses propres idolâtries… adoration. Sans adorer, on ne peut entrer dans le mystère. Les femmes disciples de Jésus nous enseignent tout cela. Elles ont veillé, cette nuit, avec la Mère. Et elle, la Vierge Mère, les a aidés à ne pas perdre la foi et l’espérance. Ainsi elles ne sont pas restées prisonnières de la peur et de la douleur, mais aux premières lueurs de l’aube, elles sont sorties, portant dans les mains leurs parfums et avec le cœur oint d’amour. Elles sont sorties et elles ont trouvé le tombeau ouvert. Et elles sont entrées. Elles ont veillé, elles sont sorties et elles sont entrées dans le Mystère. Apprenons d’elles à veiller avec Dieu et avec Marie, notre Mère, pour entrer dans le Mystère qui nous fait passer de la mort à la vie". 

Pâques: Qu'arrive à tous la voix du Seigneur qui console et guérit


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Dimanche de Pâques 5 avril, à 10 h15' place St.Pierre, le Saint-Père a célébré la messe de la Résurrection, Le parvis était décorée de 40.000 plantes et fleurs, essentiellement aux couleurs du Vatican, jaune et blanc, offertes par les fleuristes hollandais. A la messe de Pâques, ouverte par le traditionnel Resurrexit et le dévoilement de l'icône du Ressuscité, ont participé malgré la pluie et le froid quelque 50.000 fidèles que le Pape a remercié de leur présence. Le Pape n'a pas prononcé d'homélie puisque, après la messe, à midi, il a lu son message pascal et imparti la bénédiction Urbi et Orbi, depuis la loggia centrale de la Basilique vaticane. Le Saint-Père s'est adressé aux fidèles réunis sur la place et à tous ceux qui le suivaient grâce aux media, et a prononcé son message demandant que le monde ne se soumette pas aux trafiquants d'armes et a rappelé les tragédies au Yémen, en Libye, en Syrie et en Irak, la persécution des chrétiens dans ces pays et d'autres, les conflits en Terre Sainte et la guerre en Ukraine. Il a aussi imploré la paix au Nigeria, au Sud-Soudan et en République du Congo, sans oublier les pauvres, les prisonniers et les émigrants, souvent méprisés et rejetés. Le Pape a ensuite donné la bénédiction solennelle Urbi et Orbi:

"Chers frères et sœurs, Joyeuses Pâques! Jésus Christ est ressuscité! L’amour a vaincu la haine, la vie a vaincu la mort, la lumière a chassé les ténèbres! Jésus Christ, par amour pour nous, s’est dépouillé de sa gloire divine; il s’est vidé de lui-même, il a assumé la forme de serviteur et s’est humilié jusqu’à la mort, et la mort de la croix. Pour cela Dieu l’a exalté et l’a fait Seigneur de l’univers. Jésus est Seigneur! Par sa mort et sa résurrection Jésus, indique à tous le chemin de la vie et du bonheur: ce chemin est l’humilité, qui comporte l’humiliation. C’est la route qui conduit à la gloire. Seul celui qui s’humilie peut aller vers les choses d’en-haut, vers Dieu. L’orgueilleux regarde de haut en bas, l’humble regarde de bas en haut. Au matin de Pâques, avertis par les femmes, Pierre et Jean coururent au tombeau et le trouvèrent ouvert et vide. Alors, ils s’approchèrent et s’inclinèrent pour entrer dans le tombeau. Pour entrer dans le mystère, il faut s’incliner, s’abaisser. Seul celui qui s’abaisse comprend la glorification de Jésus et peut le suivre sur sa route. Le monde propose de s’imposer à n’importe quel coût, d’entrer en compétition, de se faire valoir… Mais les chrétiens, par la grâce du Christ mort et ressuscité, sont les germes d’une autre humanité, dans laquelle nous cherchons à vivre au service les uns des autres, à ne pas être arrogants mais disponibles et respectueux. Cela n’est pas faiblesse, mais force véritable! Celui qui porte en soi la force de Dieu, son amour et sa justice, n’a pas besoin d’user de violence, mais il parle et agit avec la force de la vérité, de la beauté et de l’amour. Implorons aujourd’hui du Seigneur ressuscité, la grâce de ne pas céder à l’orgueil qui alimente la violence et les guerres, mais d’avoir l’humble courage du pardon et de la paix. A Jésus victorieux demandons d’alléger les souffrances de tant de nos frères persécutés à cause de son nom, comme aussi de tous ceux qui pâtissent injustement des conséquences des conflits et des violences actuelles. Il y en a tant".


"Demandons la paix, surtout pour la Syrie et l’Irak, pour que cesse le fracas des armes et que se rétablisse la bonne cohabitation entre les différents groupes qui composent ces pays bien-aimés. Que la communauté internationale ne reste pas inerte face à l’immense tragédie humanitaire dans ces pays, et au drame des nombreux réfugiés. Implorons la paix pour tous les habitants de la Terre Sainte. Que puisse croître entre Israéliens et Palestiniens la culture de la rencontre, et reprendre le processus de paix pour mettre ainsi fin à des années de souffrances et de divisions. Demandons la paix pour la Libye, afin que s’arrête l’absurde effusion de sang en cours, et toute violence barbare, et que tous ceux qui ont à cœur le destin du pays, mettent tout en œuvre pour favoriser la réconciliation et pour édifier une société fraternelle qui respecte la dignité de la personne. Au Yemen également, nous espérons que prévale une volonté commune de pacification, pour le bien de toute la population. En même temps, avec espérance, confions au Seigneur qui est si miséricordieux l’entente obtenue à Lausanne ces jours derniers, afin qu’elle soit un pas définitif vers un monde plus sûr et fraternel. Implorons du Seigneur ressuscité le don de la paix pour le Nigeria, pour le Sud-Soudan et pour différentes régions du Soudan et de la République démocratique du Congo. Qu’une prière incessante monte de tous les hommes de bonne volonté pour ceux qui ont perdu la vie -je pense en particulier aux jeunes qui ont été tués jeudi dernier à l’université de Garissa, au Kenya- pour tous ceux qui ont été enlevés, pour qui a dû abandonner sa maison et ses affections proches. Que la Résurrection du Seigneur apporte aussi de la lumière à l’Ukraine, surtout à tous ceux qui ont subi les violences du conflit des derniers mois. Que le pays puisse retrouver paix et espérance grâce à l’engagement de toutes les parties intéressées. Demandons la paix pour tant d’hommes et de femmes qui sont soumis à de nouvelles et anciennes formes d’esclavage de la part de personnes et d’organisations criminelles. Paix et liberté pour les victimes des trafiquants de drogue, souvent liés aux pouvoirs qui devraient défendre la paix et l’harmonie dans la famille humaine. Et demandons la paix pour ce monde soumis aux trafiquants d’armes, qui gagnent avec le sang des hommes et des femmes. Aux personnes marginalisées, aux prisonniers, aux pauvres et aux migrants qui sont si souvent rejetés, maltraités et mis au rebut; aux malade et aux personnes qui souffrent; aux enfants, spécialement à ceux qui subissent violence; à tous ceux qui aujourd’hui sont dans le deuil; qu’arrive à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté la voix du Seigneur Jésus qui console et qui guérit: Paix à vous! Ne craignez pas, je suis ressuscité et je serai toujours avec vous!".

Le Christ est ressuscité! Répétons-le par le témoignage de notre vie.


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Lundi 6 avril à midi, le Saint-Père a récité le Regina Coeli, qui remplace l'angélus pendant le temps pascal, avec les milliers de fidèles réunis Place St.Pierre. Avant la prière mariale, il a évoqué l'évangile du jour et comment l'ange annonce aux femmes du sépulcre que Jésus est ressuscité est leur demande d'annoncer la nouvelle aux disciples pour qu'ils se rendent en Galilée où ils rencontreront le Messie: "Lui aussi est avec nous ici sur la place". Le Pape a aussi rappelé que c'est l'annonce que l'Eglise répète depuis ses premiers jours: Le Christ est ressuscité... Voici la bonne nouvelle que nous sommes appelés à apporter aux autres et dans tout milieu, animés par l'Esprit Saint. La foi en la résurrection de Jésus et l'espérance qu'il nous a apportée est le don le plus beau que le chrétien peut et doit offrir à ses frères...Le Christ est ressuscité! Répétons-le par nos paroles, mais surtout avec le témoignage de notre vie. Nous annonçons la résurrection du Christ quand sa lumière éclaire les moments sombres de notre existence et que nous pouvons la partager avec les autres, quand nous savons sourire avec qui sourit et pleurer avec qui pleure, quand nous marchons au côté de qui est triste et risque de perdre l'espérance, quand nous racontons notre expérience de foi à qui est à la recherche de sens et de bonheur. Par notre comportement, notre témoignage, notre vie, nous disons: Jésus est ressuscité! Nous le disons avec toute notre âme... La Pâque est l'événement qui a porté la nouveauté radicale pour tout être humain, pour l'histoire et pour le monde. C'est le triomphe de la vie sur la mort, c'est la fête du réveil et de la régénération. Laissons notre existence être conquise et transformée par la Résurrection!", a conclu le Pape qui a demandé aux fidèles présents de demander à la Vierge Marie de faire grandir en nous la joie pascale.


Après le Regina Coeli, le Saint-Père a salué les fidèles en leur souhaitant de bonnes Pâques et en les encourageant à lire tous les jours un passage d'évangile. Il a consacré quelques mots à la délégation du Mouvement Shalom qui arrivait à la dernière étape de son relais de solidarité pour sensibiliser l'opinion publique sur les persécutions des chrétiens dans le monde: "Votre itinéraire sur les routes est terminé, mais tous doivent continuer le chemin spirituel d'intense prière, de participation concrète et d'aide tangible en défense et protection de nos frères et sœurs persécutés, exilés, tués, décapités, pour le seul fait d'être chrétiens. Ils sont nos martyrs d'aujourd'hui, et il y en a beaucoup, nous pouvons dire qu'ils sont plus nombreux qu'aux premiers siècles". Enfin, le Pape a lancé un appel à la communauté internationale pour qu'elle ne "reste pas muette et inerte face à un tel crime inacceptable qui constitue une dérive préoccupante des droits de l'homme les plus élémentaires. Je souhaite vraiment que la communauté internationale ne détourne pas son regard". 

Télégramme à la suite du massacre de Garissa


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir un télégramme de condoléances un Président de la Conférence épiscopale du Kenya, à la suite du massacre d'étudiants survenu sur le campus de Garissa. Condamnant fermement cet acte de brutalité insensée, il prie pour le repos des 147 victimes et la guérison des nombreux blessés. Assurant le peuple kényan tout entier de sa solidarité, il encourage les pouvoirs publics à redoubler d'efforts pour mettre fin à la violence et entamer une nouvelle ère de fraternité, de justice et de paix.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 8 avril 2015 (VIS). Le Saint-Père a accepté pour limite d'âge la renonciation de Mgr.Octavio Villegas Aguilar à l'office d'Auxiliaire de l'Archevêque de Morelia (Mexique).

Hier, mardi 7 avril, il avait nommé:

L'Abbé Vincent Aind, Evêque de Bagdogra (superficie 1.200, population 1.015.000, catholiques 54.301, prêtres 58, religieux 185), en Inde. L'Evêque élu, né en 1955 à Kalchini (Inde) et ordonné prêtre en 1984, était jusqu'ici Doyen de la faculté de philosophie du séminaire régional, où il a été enseignant et directeur spirituel. Consulteur diocésain et membre de plusieurs institutions du diocèse de Jalpaiguri (Inde), Secrétaire régional pour le clergé, les religieux et les séminaires de la Conférence épiscopale régionale du West Bengale (Inde), il est Docteur en philosophie.

Le P.Ernesto José Romero Rivas, OFM.Cap, Vicaire apostolique de Tucupita (superficie 40.200, population 167.676, catholiques 120.000, prêtres 8, religieux 20), au Venezuela. L'Evêque élu, né en 1960 à Machiques (Venezuela), a prononcé ses voeux religieux et a été ordonné prêtre en 1990. Jusqu'ici Pro Vicaire de cette même circonscription ecclésiastique, il a occupé diverses fonctions au sein de son ordre et a été curé de paroisse.


mercredi 1 avril 2015

Le Triduum pascal, point culminant de l'année liturgique et de la vie chrétienne

Cité du Vatican, 1 avril 2015 (VIS). Lors de sa catéchèse de l'audience générale du mercredi, le Pape François a évoqué le Triduum pascal, point culminant de toute l'année liturgique, "et de notre vie de chrétien", qui commence demain, Jeudi saint, par la célébration de la dernière Cène où Jésus a offert le pain et le vin, son Corps et son Sang au Père, et nous a demandé de perpétuer ce geste en mémoire de lui. "L'Evangile de cette célébration, rappelant le lavement des pieds, a la même signification que l'eucharistie sous une autre perspective. Jésus, comme un serviteur, lave les pieds de Simon Pierre et des onze autres disciples. Par ce geste prophétique, il exprime le sens de sa vie et de sa passion, ce service à Dieu et aux frères... Cela s'est aussi passé lors de notre baptême, quand la grâce de Dieu nous a lavé du péché et que nous nous sommes revêtus du Christ. Cela se passe chaque fois que nous répétons le mémorial du Seigneur dans l'eucharistie. Nous sommes en communion avec le Christ serviteur pour obéir à son commandement, celui de nous aimer comme lui nous a aimé. Si nous nous approchons de la communion sans être sincèrement disposés à nous laver les pieds les uns des autres, nous ne reconnaissons pas le corps du Seigneur".

Dans la liturgie de Vendredi saint, nous méditons le mystère de la mort du Christ et rappelons ses paroles sur la croix: Tout est accompli, ce qui signifie que "l'œuvre du salut est accomplie, que toute l'Ecriture trouve son plein accomplissement dans l'amour du Christ, Agneau immolé. Jésus, par son sacrifice, a transformé la plus grande iniquité en plus grand amour". Le Pape a évoqué tous ces hommes et femmes qui, au fil des siècles, par leur existence ont témoigné un peu "de cet amour parfait, plein, incontaminé", et a cité un témoin héroïque de notre époque, le prêtre italien Andrea Santoro, missionnaire en Turquie, qui, peu avant d'être assassiné en l'église de Trebisonda, le 5 février 2006, écrivait: Je suis ici pour habiter au milieu de ces gens et permettre à Jésus de le faire en lui prêtant ma chair...C'est seulement en offrant sa chair que l'on devient capables de salut. Le mal du monde est porté et la douleur partagée, en l'absorbant dans sa propre chair jusqu'au bout, comme l'a fait Jésus. "Que cet exemple et tant d'autres -s'est exclamé le Pape- nous soutiennent pour offrir notre vie comme don d'amour à nos frères, à l'imitation de Jésus!".


Le Samedi saint, "l'Eglise contemple le repos du Christ dans son tombeau après son combat victorieux de la croix. Ce jour-là, l'Eglise s'identifie à Marie encore une fois. Toute sa foi est rassemblée en elle, la première et parfaite disciple, la première et parfaite croyante. Dans l'obscurité qui recouvre la création, elle reste seule à garder allumée la flamme de la foi, espérant contre toute espérance en la résurrection de Jésus". Lors de la grande Vigile pascale, "nous célébrons le Christ ressuscité centre et fin du cosmos et de l'histoire. Nous veillons plein d'espérance en attente de son retour, quand la Pâque se manifestera pleinement. Parfois l'obscurité de la nuit semble pénétrer dans l'âme. Parfois nous pensons: désormais, il n'y a plus rien à faire, et le cœur ne trouve plus la force d'aimer... Mais c'est dans cette obscurité que le Christ allume le feu de l'amour de Dieu. Une lueur brise l'obscurité et annonce un début. La pierre de la douleur est renversée laissant la place à l'espérance. Voilà le grand mystère de la Pâque! En cette sainte nuit l'Eglise nous remet la lumière du Ressuscité, pour que nous n'ayons plus le regret de dire: Désormais..., mais l'espérance de qui s'ouvre à un présent plein d'avenir. Le Christ a vaincu la mort, et nous avec lui. Notre vie ne s'arrête pas à la pierre d'un tombeau!... En ces jours de Triduum pascal, ne nous limitons pas à commémorer la passion du Seigneur, mais entrons dans le mystère, faisons nôtres ses sentiments, ses attitudes, comme l'apôtre Paul nous invite à le faire: Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus. Alors nous fêterons une bonne Pâque".

Le Pape évoque le 10 anniversaire de la mort de saint Jean-Paul II

Cité du Vatican, 1 avril 2015 (VIS). Au terme de sa catéchèse, le Pape a rappelé que demain on commémorera le 10 anniversaire de la mort de saint Jean-Paul II. "Nous nous en souvenons comme d'un grand témoin du Christ souffrant, mort et ressuscité, et lui demandons d'intercéder pour nous, pour les familles, pour l'Eglise, afin que la lumière de la résurrection resplendisse sur toutes les ombres de notre vie et nous remplisse de joie et de paix".

Signature d'une convention en matière fiscale entre le Saint-Siège et la République italienne

Cité du Vatican, 1 avril 2015 (VIS). Ce matin, à la Secrétairerie d'Etat, une convention a été signée entre le Saint-Siège et la République italienne en matière fiscale. Ont signé, pour le Saint-Siège, Mgr.Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les relations avec les états, et pour la République italienne, M.Pier Carlo Padoan, Ministre de l'économie et des finances, muni des pleins pouvoirs.


Les réformes introduites à partir de 2010 et la création près le Saint-Siège d'institutions à compétences spécifiques en matière économique et financière, permettent aujourd'hui une pleine coopération administrative à des fins fiscales. Dans le cadre des rapports bilatéraux, l'Italie est le premier pays avec lequel le Saint-Siège souscrit un accord qui réglemente l'échange d'informations. Dans la droite ligne de la transparence en matière financière, la convention intègre les normes internationales les plus récentes en matière d'échange d'informations pour organiser la coopération entre les autorités compétentes des deux parties. L'échange d'informations concernera les périodes fiscales à compter du 1 janvier 2009. La convention, à partir de la date d'entrée en vigueur, permettra le plein accomplissement, avec des modalités simplifiées, des obligations fiscales de quelques personnes physiques et juridiques résidentes fiscalement en Italie, relatives aux activités financières effectuées auprès d'organismes qui exercent une activité financière au Saint-Siège. Ceux-ci pourront procéder à une régularisation des activités avec les mêmes effets établis par la loi n. 186/2014. La convention inclut, en outre, ce qui est prévu dans les Accords du Latran quant à l'exemption d'imposition pour les immeubles du Saint-Siège indiqués par les Accords. Enfin, l'échange de notes de juillet 2007 entre le Ministère des Affaires étrangères et la Secrétairerie d'Etat, qui prévoit la notification par voie diplomatique des actes fiscaux aux organismes du Saint-Siège, est intégré à la convention .

Avis

Cité du Vatican, 1 avril 2015 (VIS). En raison des festivités de la Semaine sainte, du jeudi 2 au mardi 7 avril, la publication du bulletin du VIS sera suspendue. Les lecteurs pourront trouver les textes du Triduum pascal et du Dimanche de Pâques dans le Bulletin de la Salle de Presse du Saint-Siège. La publication reprendra mercredi 8 avril.

mardi 31 mars 2015

Publication de la Bulle d'indiction du Jubilé de la Miséricorde, samedi 11 avril 2015

Cité du Vatican, 31 mars 2015 (VIS). Suite à l'annonce faite par le Pape François, le 13 mars dernier, de la prochaine Année sainte extraordinaire, le Saint-Père procédera à l'indiction officielle du Jubilé de la Miséricorde avec la publication de la Bulle d'Indiction samedi 11 avril à 17h30 en la Basilique Saint-Pierre. Le rite de la publication prévoit la lecture de quelques extraits de la Bulle devant la Porte Sainte de la Basilique vaticane. Le Pape François présidera ensuite la célébration des Premières Vêpres du Dimanche de la Divine Miséricorde, soulignant ainsi de façon particulière ce que sera le thème fondamental de l'Année sainte extraordinaire: la Miséricorde de Dieu.

Le terme bulle (du latin bulla ou, plus communément, objet rond) indiquait à l'origine la capsule métallique utilisée pour protéger le sceau de cire lié par une cordelette à un document d'importance particulière, pour en attester l'authenticité et donc l'autorité. Avec le temps, le terme a servi pour indiquer d'abord le sceau, donc le document lui-même, et celui-ci est aujourd'hui utilisé pour tous les documents pontificaux d'importance particulière qui portent, ou au moins par tradition devraient porter, le sceau du Pontife.

La Bulle d’indiction d'un jubilé, spécialement dans le cas d'une Année sainte extraordinaire, en plus d'en indiquer l'époque, avec les dates d'ouverture et de fermeture, et les modalités principales de déroulement, constitue le document fondamental pour reconnaître l'esprit avec lequel elle est induite, les intentions et les fruits espérés par le Pontife pour l'Eglise. Pour les deux dernières Années saintes extraordinaires de 1933 et 1983, la Bulle d'indiction fut publiée à l'occasion de la solennité de l'Epiphanie du Seigneur. Pour l'Année sainte extraordinaire à venir, le choix du moment où aura lieu la publication de la Bulle manifeste aussi clairement l'attention particulière du Saint-Père au thème de la Miséricorde.


Intentions de prière pour avril

Cité du Vatican, 31 mars 2015 (VIS). L'intention de prière générale du Saint-Père pour avril est: "Pour que les êtres humains apprennent à respecter la création et à en prendre soin comme don de Dieu".
Son intention missionnaire est: "Pour que les chrétiens persécutés sentent la présence réconfortante du Seigneur ressuscité et la solidarité de toute l'Eglise".


Déclaration du Vice-directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège

Cité du Vatican, 31 mars 2015 (VIS). Le Vice-directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège a fait, ce matin, la déclaration suivante:


"Avant la récente nomination de Mgr.Juan de la Cruz Barros Madrid comme Evêque de Osorno (Chili), la Congrégation pour les évêques a soigneusement étudié la candidature du prélat et n'a pas trouvé de raisons objectives susceptibles d'empêcher sa nomination".

Intervention du Saint-Siège sur les objectifs de développement durable

Cité du Vatican, 31 mars 2015 (VIS). Mgr.Bernardito Auza, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies à New York, est intervenu le 24 mars à la session consacrée aux négociations intergouvernementales sur le programme de développement post-2015. Le prélat a remercié avec sa délégation la Commission pour le caractère ambitieux et convaincant des objectifs de développement durable et pour sa conviction de l'importance d'un programme de transformation orienté vers l'action. "Toutefois -a-t-il affirmé- les objectifs de développement durable doivent intégrer de façon équilibrée les trois piliers du développement durable, développement économique, social et environnemental, avec une attention globale sur l'éradication de la pauvreté et l'accomplissement d'une vie digne pour tous. Il est impératif que ces objectifs soient davantage centrés sur les besoins des pays plus vulnérables, en particulier les pays moins développés, ceux qui sont en développement sans littoral et les petits états insulaires, avec une attention particulière aux secteurs de la population où la pauvreté est plus généralisée, à ces régions où les conflits armés se poursuivent bloquant aussi la réalisation des objectifs de développement et de fait causant un recul dans le développement, et aux zones les plus affectées par les catastrophes naturelles".

La délégation du Saint-Siège est pleinement consciente que les objectifs de développement durable doivent être soigneusement élaborés pour répondre aux souhaits des parties intéressées. C'est pourquoi, a ajouté le prélat, elle ne soutient pas "le cloisonnement technique des buts et des objectifs qui peuvent conduire à la réouverture et renégociation de ce qui constitue déjà un accord politiquement équilibré et acceptable pour la grande majorité des intéressés". De plus, les résultats et avancées significatives dus à la mise en œuvre des objectifs de développement durable "devraient être évalués et vérifiés par rapport aux indicateurs approuvés par les intéressés eux-mêmes. C'est pourquoi, ma délégation prend note du travail de la Commission des statistiques des Nations Unies qui a présenté une liste préliminaire d'indicateurs et objectifs pour les objectifs de développement durable. Nous voulons également souligner que les indicateurs basés sur la preuve doivent être présentés de façon ouverte et transparente par les états membres. Ces indicateurs ne devraient pas altérer l'équilibre politique des objectifs, ni être utilisés pour imposer des idées ou idéologies qui ne font pas consensus en vertu du résultat des groupes de travail".


Mgr.Auza a conclu en ajoutant que certains buts et objectifs "se comprennent de façon différente en fonction des contextes culturels et religieux et se traduiront différemment dans les politiques et législations nationales. C'est pourquoi, les indicateurs doivent tenir compte de ces différences et être rédigés sous une forme qui permette aux pays d'évaluer leurs résultats, qui reflète et respecte leurs valeurs nationales, et qui soit cohérente avec leur politique et législation nationale... Ma délégation est fermement convaincue que les indicateurs doivent être généraux, et prendre en compte les particularités nationales et régionales, notamment les différentes aptitudes. Les indicateurs ne doivent pas être seulement des chiffres peu réalistes qui ne peuvent être acceptés, ou non, que par les pays développés".

Autres actes pontificaux

Cité du Vatican, 31 mars 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

-le P.Christophe Amade, M.Afr., Evêque du diocèse de Kalemie-Kirungu (superficie 71.577, population 5.950.013, catholiques 3.663.230, prêtres 100, religieux 125), en République démocratique du Congo. L'Evêque élu, né en 1961 à Mune (RDC), a été ordonné prêtre en 1990. Docteur en philosophie, il était jusqu'ici Supérieur provincial des Pères Blancs pour l'Afrique centrale. Depuis 2010, le diocèse de Kalemie-Kirungu était vacant suite à la renonciation à la charge pastorale de Mgr.Dominique Kimpinde pour limite d'âge. Il était gouverné par l'Evêque de Kongolo, Mgr.Oscar Ngoy, Administrateur apostolique.

-deux Evêques auxiliaires pour l'archidiocèse de Kinshasa (République démocratique du Congo): le P.Donatien Bafuidinsoni, SJ, jusqu'ici Vicaire judiciaire du même diocèse, à qui a été assigné le siège titulaire de Gemelle di Bizacena; et Mgr.Jean-Pierre Kwambamba Masi, du clergé de Kenge, Officiel de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, à qui a été assigné le siège titulaire de Naratcata.

-le P.Giorgio Demetrio Gallaro, Evêque de l'Eparchie de Piana degli Albanesi de Sicile. L'Evêque élu, né en 1948 à Pozzallo en Sicile, a été ordonné prêtre en 1972. Docteur en droit canonique oriental et licencié en théologie œcuménique, il a exercé son ministère pastoral dans différentes éparchies. Depuis 2001, il était Vice-président de la Société de droit oriental et, depuis 2013, Consultant de la Congrégation pour les Eglises orientales. Appartenant au clergé de l'éparchie de Newton des Grecs-Melkites (USA), il était jusqu'ici Secrétaire pour les affaires canoniques et Vicaire judiciaire dans l'archiéparchie de Pittsburgh, professeur de droit canonique et de théologie œcuménique au Séminaire byzantin catholique des Sts.Cyrille et Méthode de Pittsburgh et Juge d'appel pour l'archiéparchie de Philadelphie des Ukrainiens.

-le Cardinal Giuseppe Versaldi, Préfet de la Congrégation pour l'Education catholique. Il était jusqu'ici Président de la Préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège.


-le Cardinal Rainer Maria Woelki, membre de l'Administration du Patrimoine du Siège apostolique.

lundi 30 mars 2015

Dimanche des Rameaux: Dieu s'abaisse pour marcher avec son peuple

Cité du Vatican, 30 mars 2015 (VIS). Aujourd'hui, dimanche des Rameaux, fête d'ouverture de la Semaine sainte, le Pape a présidé la messe Place St.Pierre, où en présence de milliers de personnes, il a béni les palmes et rameaux d'olivier avant de célébrer la Passion du Seigneur dans l'atrium de la basilique. De nombreux jeunes du diocèse de Rome et d'autres diocèses ont participé à la célébration, ce dimanche étant aussi la XXX Journée mondiale de la jeunesse dont le thème est: Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu. Après la lecture de l'Evangile, le Saint-Père a prononcé une homélie dans laquelle il a souligné la vertu de l'humilité et le dépouillement de Jésus qui assume la condition de serviteur en s'abaissant. Ajoutant que le chemin contraire à l'humiliation est la mondanité qui conduit à l'orgueil, il n'a pas manqué d'évoquer les nombreux chrétiens humiliés aujourd'hui à cause de leur foi, les définissant "martyrs de la foi". Voici le texte intégral de l'homélie.

"Au centre de cette célébration, qui apparaît si festive, il y a la parole que nous avons entendue dans l’hymne de la Lettre aux Philippiens: Il s’est abaissé. L’abaissement de Jésus. Cette parole nous révèle le style de Dieu et, en conséquence, ce que doit être celui du chrétien: l’humilité. Un style qui ne finira jamais de nous surprendre et de nous déranger: on ne s’habitue jamais à un Dieu humble! S’abaisser est avant tout le style de Dieu: Dieu s’abaisse pour marcher avec son peuple, pour supporter ses infidélités. On le voit bien en lisant l’histoire de l’Exode: quel abaissement pour le Seigneur que d’écouter tous ces murmures, ces lamentations! Ils étaient dirigés contre Moïse, mais au fond, ils allaient contre Lui, leur Père, qui les avait fait sortir de la condition d’esclavage et les guidait sur le chemin à travers le désert jusqu’à la terre de la liberté".

"En cette Semaine, la Semaine Sainte, qui nous conduit à Pâques, nous irons sur ce chemin de l’abaissement de Jésus. Et seulement ainsi, elle sera “sainte” aussi pour nous! Nous entendrons le mépris des chefs de son peuple et leurs tromperies pour le faire tomber. Nous assisterons à la trahison de Judas, un des Douze, qui le vendra pour trente deniers. Nous verrons le Seigneur arrêté et emmené comme un malfaiteur, abandonné des disciples, traîné devant le sanhédrin, condamné à mort, battu et outragé. Nous entendrons que Pierre, le “roc” des disciples, le reniera par trois fois. Nous entendrons les cris de la foule, incitée par les chefs, qui demande que Barabbas soit libre, et que lui soit crucifié. Nous le verrons raillé par les soldats, couvert d’un manteau de pourpre, couronné d’épines. Et puis, le long de la Via dolorosa et sous la croix, nous entendrons les insultes des gens et des chefs, qui se moquent de son être de Roi et de Fils de Dieu. C’est le chemin de Dieu, le chemin de l’humilité. C’est la route de Jésus, il n’y en a pas d’autre. Et il n’existe pas d’humilité sans humiliation. En parcourant jusqu’au bout cette route, le Fils de Dieu a assumé la condition de serviteur. En effet, humilité veut dire aussi service, veut dire laisser de la place à Dieu se dépouillant de soi-même, se vidant, comme dit l’Ecriture. Cela, se vider, est l’humiliation la plus grande".
"Il y a un autre chemin, contraire au chemin du Christ: la mondanité. La mondanité nous offre le chemin de la vanité, de l’orgueil, du succès… C’est l’autre chemin. Le malin l’a proposé aussi à Jésus, durant les quarante jours dans le désert. Mais Jésus l’a repoussé sans hésitations. Et avec lui, seulement avec sa grâce, avec son aide, nous aussi nous pouvons vaincre cette tentation de la vanité, de la mondanité, non seulement dans les grandes occasions, mais dans les circonstances ordinaires de la vie. Ce qui nous aide et nous réconforte en cela, c’est l’exemple de beaucoup d’hommes et de femmes qui, dans le silence et de façon cachée, chaque jour renoncent à eux-mêmes pour servir les autres, un parent malade, une personne âgée seule, une personne avec un handicap, un sans-abri… Pensons aussi à l’abaissement de tous ceux qui, en raison de leur comportement fidèle à l’Evangile, sont discriminés et paient de leur personne. Et pensons à nos frères et sœurs persécutés parce que chrétiens, les martyrs d’aujourd’hui, il y en a beaucoup. Ils ne renient pas Jésus et supportent avec dignité des insultes et des outrages. Ils le suivent sur son chemin. Nous pouvons parler en vérité d’une nuée de témoins: les martyrs d’aujourd’hui. Durant cette Semaine, nous aussi, mettons-nous résolument avec eux sur cette route de l’humilité, avec beaucoup d’amour pour Lui, notre Seigneur et Sauveur. Ce sera l’amour qui nous guidera et nous donnera la force. Et là où il est, Lui, nous serons nous aussi". 

A l'angélus, le Pape confie à la Vierge les victimes de l'accident d'avion en France

Cité du Vatican, 30 mars 2015 (VIS). Au terme de la messe, le Saint-Père a récité l'angélus et salué les personnes présentes, en particulier les jeunes qu'il a encouragé à poursuivre leur chemin dans leurs diocèses, comme dans leur pèlerinage à travers les continents, qui les conduira l'année prochaine à Cracovie (Pologne), patrie de saint Jean-Paul II, l'initiateur des Journées mondiales de la jeunesse. "Le thème de cette rencontre: Bienheureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde, est en accord avec l'Année sainte de la miséricorde. Laissez-vous remplir de la tendresse du Père pour la diffuser autour de vous! -leur a-t-il dit-. Tournons maintenant notre prière vers Marie notre Mère, pour qu'elle nous aide à vivre avec foi la Semaine sainte. Elle aussi était présente quand Jésus est entré à Jérusalem acclamé par la foule. Mais son cœur, comme celui de son fils, était prêt au sacrifice. Apprenons d'elle, Vierge fidèle, à suivre le Seigneur même quand son chemin conduit à la croix. Confions à son intercession les victimes de l'accident d'avion de mardi dernier parmi lesquelles se trouvait un groupe d'élèves allemands".

Lettre du Pape à l'occasion des 500 ans de la naissance de sainte Thérèse d'Avila

Cité du Vatican, 28 mars 2015 (VIS). Le Pape François a écrit une lettre au Père Saverio Cannistrá, Préposé général de l'Ordre des Frères déchaux de la bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, à l'occasion des 500 ans de la naissance de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, dans laquelle il s'unit à eux pour rendre grâce du charisme de cette "femme exceptionnelle". "Je considère comme une grâce providentielle -dit le texte- que cet anniversaire coïncide avec l'année dédiée à la vie consacrée dans laquelle sainte Thérèse resplendit comme un guide sûr et un modèle attirant de consécration totale à Dieu... Combien continue-t-elle de nous rendre à tous le témoignage de sa consécration, né directement de sa rencontre avec le Christ, de son expérience de prière, ainsi que de son dialogue continu avec Dieu, et son expérience communautaire enracinée dans la maternité de l'Eglise!".

"Sainte Thérèse est surtout une maîtresse de la prière. Dans sa vie, la découverte de l'humanité du Christ fut centrale. Mue par le désir de partager son expérience personnelle avec les autres, elle écrit sur elle de façon vivante et simple, à la portée de tous, qu'il s'agit simplement "d'amitié avec celui dont nous savons qu'il nous aime". La prière de Thérèse n'était pas simplement une prière réservée à un endroit ou un moment de la journée, mais surgissait spontanément dans les occasions les plus variées...Elle était convaincue de la valeur de la prière continue même imparfaite... Pour renouveler aujourd'hui la vie consacrée, Thérèse nous a laissé un grand trésor, plein de propositions concrètes, de chemins et de méthodes pour prier qui, loin de nous enfermer sur nous-mêmes ou de chercher un simple équilibre intérieur, nous fait revenir toujours à Jésus et constituent une authentique école de croissance dans l'amour de Dieu et du prochain. Depuis sa rencontre avec le Christ, sainte Thérèse vivait une "autre vie". Elle s'est convertie en communicatrice infatigable de l'Evangile. Désireuse de servir l'Eglise, et vu les graves problèmes de son époque, elle ne se limita pas à être une spectatrice de la réalité qui l'entourait... C'est pourquoi a eu lieu la réforme thérésienne dans laquelle elle demandait à ses sœurs de ne pas perdre leur temps à traiter "avec Dieu d'affaires de peu d'importance" quand le "monde était brûlant". C'est cette dimension missionnaire et ecclésiale qui distingue encore le Carmel déchaussé. Comme à l'époque, aujourd'hui encore la sainte nous ouvre de nouveaux horizons, nous convoque à une grande entreprise, à voir le monde avec les yeux du Christ, pour chercher ce qu'il cherche et aimer ce qu'il aime".


"Sainte Thérèse savait que ni la prière ni la mission ne pouvaient avoir lieu sans une authentique vie communautaire. C'est pourquoi, ce qui cimenta ses monastères fut la fraternité... Elle ne manquait pas d'informer ses religieuses sur le danger de l'auto-référence dans la vie fraternelle...et de leur rappeler qu'elles étaient au service des autres. Pour éviter cet écueil, la sainte d'Avila insistait auprès de ses sœurs surtout sur la vertu de l'humilité qui n'est pas de la pusillanimité extérieure ni un étouffement intérieur de l'âme, sachant ce dont on est capable et ce que Dieu peut en nous. Le contraire est ce qu'elle appelle la "negra honra" (l'excès d'amour propre), source de schismes, de jalousies et de critiques qui endommagent sérieusement la relation avec les autres... Avec ces nobles racines, les communautés thérésiennes sont appelées à devenir des maisons de communion qui témoignent de l'amour fraternel et de la maternité de l'Eglise, présentant au Seigneur les besoins de notre monde déchiré par les divisions et les guerres".

Télégramme du Pape à l'occasion du décès du Catholicos Patriarche de l'Eglise assyrienne d'Orient

Cité du Vatican, 28 mars 2015 (VIS). Le Saint-Père a envoyé un télégramme de condoléances à S.B. Mar Aprem Locum Tenens de l'Eglise assyrienne d'Orient à l'occasion du décès de S.S. Mar Dinkha IV, Catholicos Patriarche de l'Eglise assyrienne d'Orient. Il l'a assuré de sa proximité ainsi que tous les catholiques et fidèles assyriens et leur a dit que le monde chrétien avait perdu "un important leader spirituel, un pasteur courageux et sage, qui a servi fidèlement sa communauté à une époque chargée de défis".


"Sa Sainteté Mar Dinkha -a-t-il poursuivi- souffrait beaucoup de la tragique situation au Moyen Orient, en particulier en Irak et en Syrie, et appelait à prêter attention à la situation désespérée de nos frères et sœurs chrétiens et des autres minorités religieuses souffrant quotidiennement de persécutions. Je me souviens que nous en avions parlé en détail au cours de la récente visite de Sa Sainteté à Rome. Je rends grâce à Dieu Tout-Puissant pour son engagement permanent en vue d'améliorer les relations entre les chrétiens et, en particulier, entre l'Eglise catholique et l'Eglise assyrienne d'Orient. Que le Seigneur le reçoive dans son Royaume et lui accorde le repos éternel, et que le souvenir de son long et dévoué service à la vie de l'Eglise soit un défi et une inspiration pour nous tous".

Proximité du Pape aux victimes des inondations au Chili et au Pérou

Cité du Vatican, 30 mars 2015 (VIS). Le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, a envoyé un télégramme au nom du Saint-Père, à Mgr.Ivo Scapolo, Nonce apostolique au Chili, à l'occasion des inondations et glissements de terrains causés par d'intenses précipitations, et qui ont fait six morts, six disparus et des milliers de sinistrés au nord du Chili, et qui, au sud du Pérou, ont provoqué la mort de six autres personnes. Au moins quatre mille personnes ont été atteintes par ces intempéries. "Face aux graves inondations qui ont eu lieu au Chili et au Pérou, provoquant des victimes et d'importants dégâts matériels -dit le télégramme- le Saint-Père offre ses prières pour le repos éternel des personnes décédées et demande au Seigneur d'apporter son réconfort et sa force aux personnes touchées. Le Pape exhorte aussi les institutions et tous les hommes de bonne volonté, mus par un sentiment de solidarité fraternelle et de charité chrétienne, à apporter leur aide pour surmonter ces moments difficiles, et les bénit de tout cœur".

Audiences

Cité du Vatican, 30 mars 2015 (VIS). Ce matin, le Saint-Père a reçu en audience séparée:

-Mgr. José Rodríguez Carballo, Secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique,

-Le Cardinal Stanisław Ryłko, Président du Conseil pontifical pour les laïcs,

-Le Cardinal Angelo Bagnasco, Président de la Conférence épiscopale italienne,

-Mgr.Jean-Louis Bruguès, archiviste et bibliothécaire de la Sainte Eglise romaine,

-Le Cardinal Angelo Comastri, Vicaire général de Sa Sainteté pour la Cité du Vatican, Président de la Fabrique de Saint-Pierre,


- Mgr.Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical pour la famille.

Autres actes pontificaux

Cité du Vatican, 30 mars 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé le P.Alberto Vera Aréjula, O.de M. Evêque auxiliaire de Xai-Xai (superficie 75.709, population 1.664.000, catholiques 298.000, prêtres 27, religieux 81) au Mozambique. L'Evêque élu, né en 1957 à Aguilar del Río Alhama (Espagne), a prononcé ses vœux solennels et a été ordonné prêtre en 1981. Il a étudié la théologie et la psychologie et dans son ministère pastoral a été, entre autres, vicaire paroissial, conseiller provincial et responsable de la pastorale des jeunes et des vocations, formateur de communauté, supérieur de la communauté de Matola-Mozambique, recteur de séminaire, curé, directeur d'école, conseiller diocésain. Il était jusqu'ici Délégué provincial des Pères mercédaires au Mozambique et curé de Xai-Xai.

Dimanche 29 mars, il a nommé Mgr.Michael Gorō Matsuura, Evêque de Nagota (superficie 25.306, population 12.379.569, catholiques 26.666, prêtres 115, religieux 268, diacres permanents 3), au Japon. Il était jusqu'ici Evêque auxiliaire de Osaka (Japon). Il succède à Mgr.Augustinus Jun-ichi Nomura, dont la renonciation à la charge pastorale a été acceptée pour limite d'âge.


Samedi 28 mars, il a accepté la renonciation à la charge pastorale de Mgr.Athanasius Atule Usuh au gouvernement pastoral du diocèse de Makurdi au Nigeria, conformément au canon 401 § 2 CDC. Lui succède Mgr.Wilfred Chikpa Anagbe, CMF, jusqu'ici Evêque coadjuteur du même diocèse.

vendredi 27 mars 2015

Solidarité du pape avec les familles d'Irak et du Nigeria

Cité du Vatican, 27 mars 2015 (VIS). La sollicitude du Pape est constante pour la situation des familles chrétiennes et des autres groupes victimes de l'expulsion de leurs maisons et de leurs villages, en particulier dans la ville de Mossoul et la plaine de Ninive, dont nombre desquels s'étaient réfugiés dans la région autonome du Kurdistan irakien. Le Pape prie pour eux et souhaite qu'ils puissent revenir et reprendre leur vie sur les terres et dans les lieux où, pendant des centaines d'années, ils ont vécu et tissé des relations de bonne coexistence avec tous. Au cours de la Semaine sainte désormais proche, ces familles partageront avec le Christ la violence injuste dont elles sont victimes, et participeront à la douleur du Christ lui-même. Souhaitant être proche de ces familles, le Cardinal Fernando Filoni retourne en Irak en signe de proximité, d'affection, et d'union de prière avec eux. Les familles du diocèse de Rome, unies à leur évêque par les sentiments de proximité et de solidarité avec ces familles, grâce à une collecte spéciale dans les paroisses, leur envoient un dessert italien pascal (la colombe) pour partager la joie de Pâques et leurs vœux sur la foi en la Résurrection du Christ. Le Saint-Père participe aussi concrètement avec un signe tangible de solidarité. Pour ne pas oublier la souffrance des familles du nord du Nigeria, le Souverain Pontife leur a aussi envoyé, via la Conférence épiscopale, un signe de solidarité.  

Le Pape recevra le Président de la République italienne et se rendra à Prato et Florence

Cité du Vatican, 27 mars 2015 (VIS). Le 18 avril, le Pape recevra, pour la première fois, le Président de la République italienne, M.Sergio Mattarella, élu le 3 février dernier. C'est ce que confirme la Salle de Presse du Saint-Siège, de même que la visite pastorale que le Pape effectuera dans les villes italiennes de Prato et Florence, le 10 novembre, à l'occasion du V congrès ecclésial de la Conférence épiscopale italienne qui aura lieu à Florence du 9 au 13 novembre sur le thème: En Jésus Christ le nouvel humanisme.

Le Pape à la rencontre des sans-abri en visite à la Chapelle Sixtine

Cité du Vatican, 27 mars 2015 (VIS). Hier, peu après 17h, le Pape François s'est rendu à la Chapelle Sixtine pour saluer les 150 sans-abri qui la visitait, à l'initiative de l'Aumônerie apostolique du Vatican. Après avoir serré quelques mains, il s'est adressé à tous leur disant: "Bienvenus. Cette maison est celle de tous, c'est votre maison. Ses portes sont toujours ouvertes pour tous". Il a ensuite remercié Mgr.Konrad Krajewski, Aumônier apostolique, d'avoir organisé cette visite qu'il a définie comme une "petite œuvre de charité" pour les sans-abri. Il a ajouté: "Priez pour moi. J'ai besoin de la prière de personnes comme vous. Que le Seigneur vous protège, vous accompagne sur le chemin de la vie et vous fasse sentir son tendre amour de Père". Il a ensuite salué une à une les personnes présentes et a discuté avec elles une vingtaine de minutes. Comme il a déjà été communiqué hier, après leur visite aux Musées du Vatican et à la Chapelle Sixtine, les sans-abri ont déjeuné au restaurant des Musées du Vatican et ont quitté le Vatican par la Porte du Petriano. Selon le souhait du Pape, aucune photo ou vidéo de cette rencontre n'a été faite. 

Pour le respect des enfants réfugiés souvent apatrides

Cité du Vatican, 27 mars 2015 (VIS). Le respect des enfants, victimes de la guerre, était au cœur de l'intervention de Mgr.Silvano Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève, au cours de la 28 session du Conseil des droits de l'homme qui s'est tenue le 17 mars. "La Commission internationale indépendante d'enquête sur la République arabe de Syrie -a dit le prélat- a fait savoir que, depuis la crise, plus de 10 millions de Syriens ont fui leurs maisons. Cela représente presque la moitié de la population du pays, désormais privée de ses droits élémentaires... Différentes sources ont mis en évidence combien les enfants souffrent des conséquences brutales d'un état de guerre persistant dans leur pays. Les enfants sont recrutés pour combattre, parfois même utilisés comme bouclier humain dans des attaques militaires. Le groupe dénommé Etat islamique (Isis) a aggravé la situation en se servant d'enfants pour des attaques suicides à la bombe, en tuant ce qui appartiennent à des communautés religieuses ou ethniques différentes, en vendant les enfants comme des esclaves sur les marchés, en les exécutant en masse, et en commettant sur eux d'autres atrocités... Les enfants représentent environ la moitié de la population de réfugiés dans les camps au Moyen Orient et sont le groupe démographique le plus vulnérable en temps de conflits et de migration. Au-delà des situations spécifiques que doivent affronter les enfants déplacés à l'intérieur du pays et ceux qui vivent dans des camps de réfugiés de la région, il est important de penser à leur avenir, en portant notre attention sur trois questions".

En premier lieu -a-t-il affirmé- le monde doit affronter la situation des enfants apatrides qui, comme tels, selon la loi, ne sont jamais nés. Les Nations Unies estiment qu'au seul Liban il y aurait environ 30.000 enfants dans cette situation. En outre, à cause des conflits au Moyen Orient et du déracinement en masse des familles, plusieurs milliers d'enfants non enregistrés sont dispersés dans les camps de réfugiés et dans les pays d'asile... Les enfants apatrides passent les frontières internationales seuls et se retrouvent totalement abandonnés... Pendant que tous doivent affronter de grandes difficultés, ceux qui fuient la Syrie doivent affronter des défis encore plus dramatiques: un enfant de moins de onze ans et dépourvu de papiers n'a pas accès aux services les plus élémentaires. Évidemment ces enfants ne peuvent pas aller à l'école et risquent d'être adoptés illégalement, recrutés dans un groupe armé, abusés, exploités ou contraints à la prostitution. Chaque enfant a le droit d'être enregistré à la naissance et, ainsi, d'être reconnu comme personne devant la loi. L'application de ce droit ouvre le chemin qui permet d'accéder à la jouissance d'autres droits et bénéfices qui concernent l'avenir de ces enfants. Simplifier les mécanismes et les conditions d'enregistrement, renoncer aux taxes, s'engager pour une législation sur l'enregistrement qui inclut les réfugiés constituent quelques pas pour résoudre le fléau des enfants apatrides".

En deuxième lieu, "un autre élément important qui affecte l'avenir de ces enfants déracinés est l'éducation. Tant en Syrie que dans les campements de réfugiés dans la région, donner une éducation est devenu extrêmement problématique. Quelque 5.000 écoles ont été détruites en Syrie où plus d'un million et demi d'élèves ne reçoit plus d'enseignement et où les attaques contre les bâtiments scolaires se poursuivent... La communauté internationale paraît avoir mal évalué la durée de la crise syrienne. Beaucoup croyaient que le flux de réfugiés syriens ne serait que temporaire et que ces réfugiés quitteraient leur pays d'asile au bout de quelques mois. Désormais, après plus de quatre années de conflit, il semble que ces réfugiés s'installeront et que la population locale devra apprendre à vivre avec eux à leurs côtés... Dans les camps, il y a seulement 40 professeurs pour plus de mille élèves, d'âge compris entre 6 et 17 ans. Pour différentes raisons, que ce soit dans leur pays d'origine ou dans les camps de réfugiés, les enfants se retrouvent face à un système éducatif inadéquat qui met en jeu leur avenir. Il est urgent d'avoir un système éducatif pour s'occuper de ces enfants et remettre un peu de normalité dans leur vie".


La troisième grave conséquence de la violence persistante qui mine le Moyen Orient est la "séparation des membres de la famille, qui oblige de nombreux enfants à se débrouiller par eux-mêmes... Afin d'éviter une plus grande exploitation des enfants et pour les protéger correctement, il faut faire un effort supplémentaire pour faciliter la réunification des enfants avec leurs familles. Le droit à une identité légale, à une éducation adéquate et à la famille -a conclu Mgr.Tomasi- sont les éléments clefs et les exigences particulières d'un système intégral de protection pour les enfants. Ces moyens exigent une étroite coopération entre toutes les parties intéressées. L'accès à une bonne éducation et une attention psycho-sociale, ainsi que d'autres services de base, est extrêmement important. Cependant les enfants ne peuvent bénéficier de ces services s'ils ne sont pas enregistrés à leur naissance et si l'on n'aide pas leurs familles et communautés à mieux les protéger. Si la violence ne cesse pas et que l'on ne revient pas à une situation normale d'éducation et de développement, ces enfants courent le risque de devenir une génération perdue".

Liberté religieuse et liberté d'expression : vers une éthique de la responsabilité

Cité du Vatican, 27 mars 2015 (VIS). Mgr.SilvanoTomasi, Observateur permanent du Saint-Siège près les Nations Unies et les autres organisations internationales à Genève, est intervenu le 10 mars à la 28 session du Conseil pour les droits de l'homme avec un discours consacré à la liberté religieuse et à la liberté d'expression dont suivent de larges extraits.

"La communauté internationale doit désormais faire face au problème délicat, complexe et urgent du respect des sensibilités religieuses et au besoin de coexistence pacifique dans un monde pluriel, et plus particulièrement à l'établissement d'une relation adéquate entre la liberté d'expression et la liberté religieuse. Le rapport entre ces droits de l'homme fondamentaux a montré ses limites dans les domaines normatif et institutionnel... L'échec de ces efforts est évident quand l'utilisation excessive et irresponsable de la liberté d'expression se transforme en intimidation, menaces ou agressions verbales, empiétant ainsi sur la liberté religieuse, et peut tristement conduire à l'intolérance et à la violence. De même, le Rapporteur spécial sur la liberté religieuse a mis l'accent sur les violences commises au nom de la religion et sur leurs causes profondes".

"Malheureusement, la violence abonde aujourd'hui. Si par génocide, on entend tout acte commis avec l'intention de détruire, totalement ou partiellement, un groupe national, ethnique, racial ou religieux en tant que tel, la communauté internationale assiste indubitablement à une sorte de génocide dans certaines régions du monde où l'on réduit à l'esclavage et vend des femmes et des enfants, tuant les hommes jeunes, incendiant, décapitant et forçant les personnes à l'exil. Dans ce contexte, la délégation du Saint-Siège souhaite soumettre à une réflexion commune du Conseil des droits de l'homme le fait que ces crimes abominables sont commis contre des personnes appartenant à d'anciennes communautés, pour la simple raison que leurs croyances, leur système social et leur culture sont différents de ceux des combattants fondamentalistes du groupe appelé Etat islamique. La référence à la religion afin d'assassiner des personnes et de détruire la preuve de la créativité humaine au cours de l'histoire rend les atrocités commises aujourd'hui encore plus répugnantes et condamnables. Une réponse adéquate de la communauté internationale qui laisse de côté les intérêts partisans pour sauver les vies est un impératif moral".

"La violence toutefois ne vient pas de la religion, mais d'une fausse interprétation que l'on en fait ou de sa transformation en idéologie... Tous ces phénomènes tendent à éliminer la liberté individuelle et notre responsabilité envers les autres. Mais la violence est toujours l'acte d'une personne et une décision qui implique la responsabilité personnelle. De fait, l'adoption d'une éthique de responsabilité, permettra de se tourner vers un avenir fécond, en prévenant la violence et en détruisant l'impasse des positions extrêmes dont l'une desquelles soutient toute forme de liberté d'expression et une autre rejette toute critique de la religion".

"La liberté d'expression que l'on utilise pour atteindre la dignité des personnes et offenser leurs convictions les plus profondes, semble semence de violence. Naturellement, la liberté d'expression est un droit de l'homme fondamental qui doit toujours être soutenu et protégé. De fait, il implique aussi l'obligation de mettre en face de ses responsabilités ce que pense une personne, en vue du bien commun... Cela ne justifie pas cependant de reléguer la religion à une sous-culture au poids insignifiant ou à une cible facile de moquerie et discrimination. Certes, les arguments anti-religieux, même sous une forme ironique peuvent être acceptés, tout comme il est acceptable d'utiliser l'ironie contre la laïcité ou l'athéisme. La critique de la pensée religieuse peut aider à démanteler les différents extrémismes. Mais qu'est-ce qui peut justifier les insultes gratuites et la dérision malveillante des sentiments religieux et des croyances des autres personnes qui, après tout, sont égales en dignité?... Le droit d'offenser n'existe pas".


"Diverses questions liées comme la liberté religieuse, la liberté d'expression, l'intolérance religieuse, la violence au nom de la religion, convergent dans les situations concrètes auxquelles le monde fait face aujourd'hui. Nous devons adopter une approche compréhensive qui prenne en compte ces questions ensemble dans la législation interne et qui les aborde en vue de faciliter une coexistence pacifique, basée sur le respect de la dignité humaine et des droits inhérents à chaque personne. Quand on choisit d'être du côté de la liberté, on ne peut ignorer les conséquences de son exercice qui devrait respecter cette dignité, pour construire ainsi une société globale plus humaine et plus fraternelle".

jeudi 26 mars 2015

Présentation du thème et du logo du voyage du Pape à Sarajevo

Cité du Vatican, 26 mars 2015 (VIS). Le 6 juin, le Pape François se rendra à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine. Le thème choisi pour ce voyage, La paix soit avec vous, a été présenté ainsi que le logo qui représente une colombe avec un rameau d'olivier, symbole de la paix, et la croix, dont une partie est un triangle stylisé qui symbolise les frontières de la Bosnie avec les couleurs blanc, bleu, jaune et rouge qui sont celles du drapeau bosniaque et de celui des Croates présents en Bosnie. Il s'agit de l'œuvre des artistes Miroslav Setka et Dragan Ivankovic.


Au cours de la présentation, le Cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, a expliqué que thème et logo avaient été inspirés par les paroles du Pape quand il a annoncé que l'objectif de sa visite était d'encourager le processus de paix en Bosnie. D'autre part, La paix soit avec vous, est l'expression par laquelle Jésus salue ses disciples lorsqu'il leur apparaît après sa Résurrection. "L'époque que nous vivons -a dit le Cardinal- est pleine d'incertitude sur l'avenir, c'est pourquoi tous les habitants de ce pays, en particulier les catholiques, ont besoin d'un tel encouragement".  

150 sans abri visitent les Musées du Vatican et la Chapelle Sixtine

Cité du Vatican, 26 mars 2015 (VIS). Cent cinquante sans abri qui se trouvent habituellement aux abords de la Place St.Pierre et des colonnades du Bernin ont visité aujourd'hui les Musées du Vatican et la Chapelle Sixtine à l'initiative de l'Aumônerie apostolique vaticane dirigée par Mgr.Konrad Krajewski. Ces personnes, divisées en trois groupes, à la tête de chacun desquels se trouvait un guide, ont parcouru une partie de l'Etat de la Cité du Vatican, passant devant la Maison Ste.Marthe, l'abside de la basilique St.Pierre, l'esplanade de l’hôtel de la monnaie, le long des Jardins jusqu'à la Porte Grégoire XVI. Une fois aux Musées, ils ont visité le pavillon des carrosses, les galeries des candélabres et des cartes et sont entrés dans la Chapelle Sixtine. A l'issue de la visite, le groupe a déjeuné au restaurant des Musées du Vatican.

Les carmélites du monde entier prient pour la paix

Cité du Vatican, 26 mars 2015 (VIS). Les communautés carmélites du monde entier vivent aujourd'hui une Journée de prière pour la paix, à l'occasion du cinquième centenaire de la naissance de sainte Thérèse d'Avila, fondatrice du Carmel, selon les modalités qu'elles considèrent les plus opportunes et adéquates à leur situation. "La prière pour la paix -a expliqué le P.Emilio Martinez, Vicaire général de l'Ordre des Carmélites- est un cadeau que nous souhaitons faire au Saint-Siège, et le mieux que nous puissions faire c'est d'avoir dans nos cœurs les préoccupations du monde". Au cours de cette prière, les communautés prieront particulièrement pour les chrétiens persécutés et les pays en guerre, mais également pour que cesse toute sorte de violence publique et domestique. Les organisateurs de la Journée demandent que dans chaque maison et chaque couvent qui s'unit à l'initiative, une bougie soit allumée et que sur les réseaux sociaux on participe avec le hashtag #Prayday.

Autres actes pontificaux

Cité du Vatican, 26 mars 2015 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé Mgr.Jacob Mar Barnabas Aerath, OIC, premier Evêque de la nouvelle éparchie de St John Chrysostom of Gurgaon des Siro-malankars (Inde). L'éparchie s'étend sur toute la partie septentrionale de l'Inde et couvre 22 des 29 états du pays. La limite méridionale de la circonscription est formée des quatre états centraux de Gujarat, Madhya Pradesh, Chhattisgarh et Orissa. Le reste des fidèles est réparti sur les états du Punjab, Haryana, Delhi, Uttar Pradesh, Rajasthan et West Bengal. Le siège de l'éparchie est Gurgaon où se trouve la plus grande concentration de fidèles répartie sur neuf paroisses. Dix écoles et deux collèges sont gérés par l'Eglise siro-malankaise. Celle-ci compte pour ses œuvres pastorales, éducatives et caritatives 15 prêtres et quelque 30 religieuses. L'Evêque élu, né en 1960 à Karikulam (Inde) et ordonné prêtre en 1986, était jusqu'ici Evêque titulaire de Bapara et visiteur apostolique pour les Siro-Malankars de l'Inde hors territoire. Il possède un doctorat en théologie morale.

Nommé Mgr.Thomas Mar Anthonios Valiyavilayil, OIC, exarque du nouvel exarchat apostolique de St Ephrem of Khaadki des Siro-malankars (Inde). L’exarchat s'étend sur toute la partie méridionale de l'Inde jusqu'ici privée de circonscriptions ecclésiastiques de l'Eglise siro-malankare, c'est-à-dire les états de Maharashtra, Goa, Andhra Pradesh et Telangana, ainsi que la partie des états de Karnataka et Tamil Nadu. La mission de l'Eglise siro-malankare en dehors du territoire a commencé en 1955 avec la fondation à Poona de la Bethany Ashram pour le suivi pastoral des émigrés. Aujourd'hui, la présence siro-malankare dans la région de l’exarchat s'articule sur 27 paroisses ou missions. Elle comprend 21 prêtres, 13 couvents de religieuses et une dizaine d'écoles y compris un collège d'études supérieures. La majorité des fidèles se trouve aux alentours de Mumbai et Poona, dans la partie occidentale de l'état de Maharashtra. L'évêque élu, né en 1955 et ordonné prêtre en 1980 était jusqu'ici Evêque de curie de l'Eglise siro-malankare, titulaire de Igilgili (Inde). Il possède un doctorat en droit canonique.


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