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mercredi 8 juillet 2015

Messe au Parc du Bicentenaire de Quito


Cité du Vatican, 8 juillet 2015 (VIS). Après avoir rencontré hier matin (à 9 h locales) l'épiscopat équatorien. à portes closes au Parc du Bicentenaire de Quito, le Saint-Père a circulé en voiture panoramique parmi la foule des fidèles (estimée à un million et demi de personnes) rassemblés sur la grande esplanade du site. Ayant revêtu les ornements liturgiques, confectionnés par des artisans et des carmélites et marqués du lys symbolisant la première sainte du pays (Mariana de Jesús) et du Sacré Coeur (auquel est consacré l'Equateur), le Pape a concélébré une grand messe pour l'évangélisation avec l'épiscopat national et 1.200 prêtres. A l'homélie, il a développé le double thème de la libération de l'inégalité et du péché, de la nécessité de la solidarité et de l'évangélisation comme véhicule d'unité:

"La parole de Dieu nous invite à vivre l’unité pour que le monde croie. J’imagine ce susurrement de Jésus lors de la dernière Cène comme un cri en cette messe... Le bicentenaire de ce cri de l’indépendance de l’Amérique hispanique. C’était un cri, né de la conscience de manque de libertés, la conscience d’être objet d’oppression et de pillages, sujets aux convenances contingentes des puissants du moment. Je voudrais qu’aujourd’hui les deux cris coïncident sous le beau défi de l’évangélisation. Non pas par des paroles pompeuses, ni par des termes compliqués, mais qu’il jaillisse, ce cri, de la joie de l’Evangile qui remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Nous autres, ici réunis, tous ensemble autour de la table avec Jésus, nous sommes un cri, une clameur née de la conviction que sa présence nous incite à l’unité, indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. Père, qu’ils soient un pour que le monde croie, c’est ainsi qu’il l’a souhaité en regardant le ciel. Cette demande jaillit chez Jésus dans un contexte d’envoi: Comme tu m’as envoyé dans monde, moi aussi, je les envoie dans le monde. En ce moment, le Seigneur expérimente dans sa propre chair le pire de ce monde qu’il aime à la folie, tel qu'il est, fait d'intrigues, de méfiances, de trahisons. Mais il ne cache pas la tête, il ne se lamente pas. Nous aussi nous constatons chaque jour que nous vivons dans un monde lacéré par les guerres et la violence. Ce serait superficiel de penser que la division et la haine affectent seulement les tensions entre les pays ou les groupes sociaux. En réalité, elles sont la manifestation de cet individualisme diffus qui nous sépare et nous oppose, de la blessure du péché dans le cœur des personnes, dont la société et la création entière souffrent les conséquences. Précisément, à ce monde rebelle, Jésus nous envoie, et notre réponse n’est pas de faire les distraits, d’arguer que nous n’avons pas les moyens ou que la réalité nous dépasse. Notre réponse répète le cri de Jésus et accepte la grâce ainsi que la tâche de l’unité. A ce cri de liberté lancé il y a plus de 2.000 ans, il n’a manqué ni conviction ni force, mais l’histoire nous relate qu’il a été indiscutable seulement quand il a laissé de côté les individualismes, la volonté de leadership uniques, le manque de compréhension d’autres processus de libération ayant des caractéristiques différentes mais pas pour autant antagoniques".

"L’évangélisation peut être le véhicule d’unité des aspirations, des sensibilités, des espoirs et même de certaines utopies. Bien sûr que oui, nous le croyons et le crions. Je l’ai déjà dit: Tandis que dans le monde, spécialement dans certains pays, réapparaissent diverses formes de guerre et de conflits, nous, les chrétiens, nous insistons sur la proposition de reconnaître l’autre, de soigner les blessures, de construire des ponts, de resserrer les relations et de nous aider à porter les fardeaux les uns des autres. Le désir d’unité suppose la douce et réconfortante joie d’évangéliser, la conviction d’avoir un bien immense à communiquer et qu’en le communiquant, il s’enracine, et quiconque a vécu cette expérience acquiert plus de sensibilité pour les besoins des autres. D’où la nécessité de lutter pour l’inclusion à tous les niveaux, en évitant des égoïsmes, en promouvant la communication et le dialogue, en encourageant la collaboration. Il faut ouvrir le cœur au compagnon de route sans craintes, sans méfiances. Se confier à l’autre est quelque chose d’artisanal. La paix est artisanale et il est impensable que brille l’unité si la mondanité spirituelle fait que nous sommes en guerre entre nous, dans une recherche stérile de pouvoir, de prestige, de plaisir ou de sécurité économique. Cette unité est déjà une action missionnaire pour que le monde croie. L’évangélisation ne consiste pas à se livrer au prosélytisme, mais à attirer à travers notre témoignage ceux qui sont éloignés, à s’approcher humblement de ceux qui se sentent loin de Dieu et de l’Eglise, de ceux qui sont craintifs ou de ceux qui sont indifférents pour leur dire: Le Seigneur t’appelle toi aussi à faire partie de son peuple et il le fait avec grand respect et amour".

"La mission de l’Eglise, comme sacrement de salut, correspond à son identité comme peuple en chemin, ayant pour vocation d’incorporer dans sa marche toutes les nations de la terre. Plus intense est la communion entre nous, plus s’en trouve favorisée la mission. Mettre l’Eglise en état de mission nous demande de recréer la communion, car il ne s’agit pas d’une action uniquement vers l’extérieur. Nous réalisions la mission à l’intérieur et nous sommes en mission vers l’extérieur comme une mère qui va à la rencontre, une maison accueillante, une école permanente de communion missionnaire. Ce rêve de Jésus est possible parce qu’il nous a consacrés, pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. La vie spirituelle de l’évangélisateur naît de cette vérité si profonde, qui ne se confond pas avec quelques moments religieux qui apportent un certain soulagement. Jésus nous consacre pour susciter une rencontre personnelle avec lui, qui alimente la rencontre avec les autres, l’engagement dans le monde, la passion évangélisatrice. L’intimité de Dieu, incompréhensible pour nous, se révèle à nous à travers des images qui nous parlent de communion, de communication, de don, d’amour. Voilà pourquoi l’union que Jésus demande n’est pas une uniformité mais l’harmonie multiforme qui attire. L’immense richesse de ce qui est varié, de ce qui est multiple, atteignant l’unité chaque fois que nous faisons mémoire de ce Jeudi Saint, nous éloigne de la tentation de propositions plus proches des dictatures, des idéologies ou des sectarismes. Ce n’est pas non plus un arrangement fait à notre mesure, dans lequel nous posons les conditions, choisissons les composantes et excluons les autres. Jésus prie pour que nous fassions partie d’une grande famille, dans laquelle Dieu est notre Père et tous nous sommes frères. Cela ne se fonde pas sur le fait d’avoir les mêmes goûts, les mêmes inquiétudes, les mêmes talents. Nous sommes frères parce que, par amour, Dieu nous a créés et nous a destinés, de sa propre initiative, à être ses enfants. Nous sommes frères parce que Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie Abba, Père! Nous sommes frères parce que, justifiés par le sang de Christ Jésus, nous sommes passés de la mort à la vie, devenus cohéritiers de la promesse. C’est le salut que Dieu réalise et que l’Eglise annonce avec joie, le faire partie du nous divin. Notre cri, en ce lieu qui rappelle ce premier cri de la liberté, actualise celui de saint Paul: Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile! Ce cri est si urgent et pressant comme celui de ceux qui désirent l’indépendance. Il a une fascination semblable, le même feu qui attire. Soyez des témoins d’une communion fraternelle qui devient resplendissante".


"Qu’il serait beau que tous puissent admirer comment nous prenons soin les uns des autres. Comment mutuellement nous nous encourageons et comment nous nous accompagnons. Le don de soi est celui qui établit la relation interpersonnelle qui ne se génère pas en donnant des choses, mais en se donnant soi-même. Dans tout don, s’offre la personne même. Se donner signifie laisser agir en soi-même toute la puissance de l’amour qui est l’Esprit de Dieu et ainsi faire place à sa force créatrice. En se donnant, l’homme se retrouve lui-même avec sa véritable identité de fils de Dieu, semblable au Père et, comme lui, donneur de vie, frère de Jésus, auquel il rend témoignage. C’est cela évangéliser, c’est cela notre révolution parce que notre foi est toujours révolutionnaire. C’est cela notre cri le plus profond et le plus constant". 

Rencontre avec le monde universitaire


Cité du Vatican, 8 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père s'est rendu hier après-midi (vers 17 h locales) à l'Université catholique de l'Equateur, fondée en 1946 par les Jésuites et comptant 30.000 inscrits. Après l'introduction du Recteur, les saluts du Président de la Commission épiscopale pour l'éducation et la culture, la récitation commune d'une prière composée par saint Miguel Febres Cordero et la lecture de l'Evangile de Luc, le Pape François a prononcé le discours suivant:

"Dans l'Evangile, nous venons d’entendre comment Jésus, le Maître, enseignait à la foule et au petit groupe des disciples, en s’adaptant à leur capacité de compréhension. Il le faisait par des paraboles, comme celle du Semeur, de telle manière que tous pouvaient comprendre. Jésus ne cherchait pas à faire le docteur. Au contraire, il veut atteindre le cœur de l'homme, son intelligence, sa vie, pour que celle-ci porte du fruit. La parabole du Semeur nous parle de cultiver. Elle nous montre les espèces de terre, les espèces de semence, les espèces de fruit et la relation qui est générée entre elles. Déjà depuis la Genèse, Dieu murmure à l'homme cette invitation à cultiver et prendre soin de la création. Non seulement Dieu lui donne la vie, la terre, la création, non seulement il lui donne un partenaire et une infinité de possibilités, il lui adresse aussi une invitation, il lui donne une mission. Il l'invite à prendre part à son œuvre créatrice et il lui dit de cultiver. Je te donne la semence, la terre, l'eau, le soleil, je te donne tes mains et celle de tes frères. Tu les as, là, ils sont aussi tiens. C'est un cadeau, un don, une offre. Ce n'est pas quelque chose d'acquis, d’acheté. Il nous précède et subsistera après nous. C'est un don fait par Dieu pour qu'avec lui nous puissions le faire nôtre. Dieu ne veut pas une création pour lui-même, pour se regarder lui-même. C’est tout le contraire. La création, c'est un don destiné à être partagé. C'est l'espace que Dieu nous donne, pour construire avec nous, pour construire un nous. Le monde, l'histoire, le temps sont le lieu où nous construisons le nous avec Dieu, le nous avec les autres, le nous avec la terre. Notre vie cache toujours cette invitation, une invitation plus ou moins consciente, qui subsiste toujours".

Mais, "avec la parole cultiver, Dieu dit immédiatement de protéger la création. L’une explique l’autre. L’une va de pair avec l’autre. Ne cultive pas qui ne protège pas et ne protège pas qui ne cultive pas. Non seulement nous sommes invités à prendre part à l'œuvre créatrice en la cultivant, en la faisant croître, en la développant, mais aussi nous sommes invités à en prendre soin, à la protéger, à la garder. Aujourd'hui cette invitation s'impose à nous de force. Non plus comme une simple recommandation, mais comme une exigence qui naît en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter. C’est pourquoi, parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée. Il existe un lien entre notre vie et celle de notre mère la terre, entre notre existence et le don que Dieu nous a fait. L’environnement social et l’environnement naturel se dégradent ensemble, et nous ne pourrons pas affronter adéquatement la dégradation de l’environnement si nous ne prêtons pas attention aux causes qui sont en rapport avec la dégradation humaine et sociale. Mais de même que nous disons ils se dégradent, de la même manière nous pouvons dire ils se soutiennent et peuvent se transfigurer. C'est une relation qui maintient une possibilité, tant d’ouverture, de transformation, de vie que de destruction et de mort. Il est évident que nous ne pouvons pas continuer à tourner le dos à la réalité, à nos frères, à notre mère la terre. Il n’est pas permis d’ignorer ce qui se passe autour de nous, comme si certaines situations n’existaient pas ou n’avaient rien à voir avec notre réalité, Il n'est ni juste ni digne de faire le jeu de la culture du rebut". Face à la question posée par Dieu à Caïn, Où est ton frère?, "je me demande si notre réponse continuera d'être Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère? Je vis à Rome et l'hiver il fait froid. Il arrive qu'on trouve le matin près du Vatican un mort de froid. Personne n'en parle, pas un mot dans la presse. Un pauvre qui meurt de froid n'est pas intéressant, comme les moindres fluctuations des bourses. Où est notre frère? Je vous les demande à vous, universitaires catholiques".

"Il serait bon de nous interroger sur notre éducation face à cette terre qui crie vers le ciel. Nos institutions éducatives et universitaires sont une pépinière, une possibilité, une terre fertile que nous devons soigner, stimuler et protéger. Une terre fertile assoiffée de vie... Vous, les éducateurs, veillez-vous sur vos étudiants, en les aidant à développer un esprit critique, un esprit libre, capable de protéger le monde d'aujourd'hui? Un esprit capable de chercher de nouvelles réponses aux défis multiples que la société nous pose? Etes-vous capables de les encourager à ne pas se désintéresser de la réalité qui les entoure? Comment, dans le programme universitaire ou dans les divers domaines du travail éducatif, entre la vie qui nous entoure, avec ses questions, ses interrogations, ses questionnements? Comment générons-nous et accompagnons-nous le débat constructeur, qui naît du dialogue en vue d'un monde plus humain? Il y a une réflexion qui nous concerne tous, les familles, les enseignants: Comment aidons-nous nos jeunes à ne pas considérer un diplôme universitaire comme synonyme d’un statut supérieur, comme synonyme de plus d'argent, de prestige social? Comment aidons-nous à considérer cette préparation comme signe de plus grande responsabilité face aux problèmes de nos jours, face à la protection du plus pauvre, face à la sauvegarde de l’environnement? Et vous, chers jeunes, présent et avenir de l'Equateur, semence de transformation de cette société, savez-vous que ce temps d'étude, n'est pas seulement un droit mais un privilège? Combien d'amis, de personnes connues ou inconnues voudraient avoir un espace en ce lieu et qui pour diverses circonstances ne l'ont pas eu? Dans quelle mesure nos études nous aident-elles à nous solidariser avec eux? Les structures éducatives et universitaires ont une tâche fondamentale, essentielle, dans la construction de la citoyenneté et de la culture. Il ne suffit pas de réaliser des analyses, des descriptions de la réalité, il est nécessaire de créer les domaines, les espaces de vraie recherche, de débats qui offrent des alternatives aux problématiques existantes, surtout aujourd'hui".


"Face à la globalisation du paradigme technocratique qui tend à croire que tout accroissement de puissance est en soi progrès, un degré plus haut de sécurité, d’utilité, de bien-être, de force vitale, de plénitude des valeurs, comme si la réalité, le bien et la vérité surgissaient spontanément du pouvoir technologique et économique, il nous est demandé d'urgence de nous résoudre à penser, à chercher à débattre sur notre situation actuelle, sur quel genre de culture nous désirons ou voulons non seulement pour nous, mais aussi pour nos enfants, pour nos petits-enfants. Cette terre, nous l'avons reçue comme un héritage, comme un don, comme un cadeau. Il serait bon de nous demander comment nous voulons la laisser? Quelle orientation, quel sens voulons-nous imprimer à l'existence? Pour quoi passons-nous par ce monde ? Pour quoi luttons-nous et travaillons-nous? Les initiatives individuelles sont toujours bonnes et fondamentales, mais il nous est demandé de faire un pas de plus, celui de nous résoudre à voir la réalité de façon organique et non fragmentaire, de nous résoudre à nous poser des questions qui nous incluent tous, puisque tout est lié... Que l’Esprit Saint nous inspire et nous accompagne, puisqu'il nous a convoqués, nous a invités, nous a offert l'opportunité et, à son tour, la responsabilité de donner le meilleur de nous-mêmes. Il nous offre la force et la lumière dont nous avons besoin. C'est le même Esprit qui, le premier jour de la création, planait sur les eaux, voulant transformer, voulant donner vie. C'est le même Esprit qui a donné aux disciples la force de Pentecôte. C'est le même Esprit qui ne nous abandonne pas et se fait un avec nous pour que nous trouvions des chemins d’une nouvelle vie. Que ce soit lui, notre maître et compagnon de route!".

Pratiquer la gratitude, la solidarité et la subsidiarité


Cité du Vatican, 8 juillet 2015 (VIS). A Quito hier vers 18 h locales, le Pape s'est rendu en l'église St.François qui, avec le couvent adjacent, constitue l'édifice catholique le plus ancien de l'Amérique latine, construit par les franciscains trois ans seulement après la fondation de la ville en 1533. L'ensemble, achevé en 1680, est surnommé l'Escorial du Nouveau Monde. Là il s'est adressé aux représentants de la culture, de l'économie, de l'entreprise, du volontariat et du sport. Avant d'entrer dans l’église, a-t-il dit, "le maire m'a remis les clefs de la ville. Ainsi je peux dire qu'ici, à St.François de Quito, je suis à la maison. La marque de confiance et d'affection dont vous faites preuve, en m’ouvrant les portes, me permet de vous présenter quelques clés de la cohabitation citoyenne à partir de la vie familiale". Après l'introduction du Président de la Commission épiscopale pour les laïcs, et les témoignages de trois d'entre eux, le Saint-Père a prononcé le discours suivant:

"Notre société est gagnante quand chaque personne, chaque groupe social, se sent vraiment à la maison. Dans une famille, les parents, les grands-parents, les enfants sont de la maison. Personne n'est exclu. Si l'un d’eux a une difficulté, même grave, bien qu'il l'ait cherchée, les autres vont à son secours, le soutiennent partagent l'épreuve. Ne devrait-il pas en être de même dans la société? Et, cependant, nos relations sociales ou bien le jeu politique, souvent se fondent sur la confrontation, sur le rejet. Ma position, mon idée, mon projet se consolident si je suis capable de vaincre l'autre, de m'imposer. Est-ce être famille cela? Dans les familles, tous contribuent au projet commun, tous travaillent pour le bien commun, mais sans annihiler chaque membre. Au contraire, ils le soutiennent et s'entraident. Les joies et les peines de chacun sont assumées par tous. C’est cela être famille. Si nous pouvions voir l'adversaire politique, le voisin de maison du même œil que nos enfants, nos épouses ou époux, nos pères ou nos mères. Aimons-nous notre société? Aimons-nous notre pays, la communauté que nous essayons de construire? L'aimons-nous seulement par les concepts spéculatifs, en théorie? Aimons-la à travers les œuvres plus que par les paroles! En chaque personne, dans le concret, dans la vie que nous partageons. L'amour tend toujours à la communication, jamais à l'isolement. C'est à partir de cet attachement que surgiront des gestes simples qui renforcent les liens personnels. En diverses occasions, je me suis référé à l'importance de la famille comme cellule de la société. Dans le cercle familial, les personnes reçoivent les valeurs fondamentales d'amour, de fraternité et de respect mutuel qui se traduisent dans des valeurs sociales essentielles : la gratuité, la solidarité et la subsidiarité. Pour les parents, tous leurs enfants, bien que chacun ait son propre caractère, sont objet d’amour sans distinction. En revanche, l'enfant, quand il se refuse à partager ce qu'il reçoit gratuitement d’eux, rompt cette relation. L'amour des parents l’aide à sortir de son égoïsme pour apprendre à vivre ensemble avec les autres, à céder, pour s’ouvrir à l'autre. Au niveau social, cela suppose d’assumer que la gratuité n'est pas un complément mais une condition requise de la justice. Ce que nous sommes et ce que nous avons nous a été confié pour que nous le mettions au service des autres. Notre tâche consiste à le faire fructifier dans des œuvres de bien. Les biens sont destinés à tous, et même si quelqu’un fait étalage de sa propriété, une hypothèque sociale pèse toujours sur celle-ci. On dépasse ainsi le concept économique de justice, fondé sur le principe d’un contrat d’achat et de vente, avec le concept de justice sociale qui défend le droit fondamental de la personne à une vie digne. L'exploitation des ressources naturelles, si abondantes en Equateur, ne doit pas viser le bénéfice immédiat. Etre administrateurs de cette richesse que nous avons reçue nous engage envers la société dans son ensemble et envers les générations futures, à qui nous ne pourrons pas léguer ce patrimoine sans une adéquate sauvegarde de l'environnement, sans une conscience de gratuité qui germe de la contemplation du monde créé".

Sont ici présents des frères appartenant aux peuples autochtones, "provenant de l’Amazonie équatorienne, une des zones les plus riches en biodiversité, en espèces endémiques rares ou ayant un faible degré de protection effective. Ces zones requièrent une protection particulière à cause de leur énorme importance pour l’écosystème mondial car elles présentent une biodiversité d’une énorme complexité, presqu’impossible à répertorier intégralement, mais quand ces forêts sont brûlées ou rasées pour développer des cultures, d’innombrables espèces disparaissent en peu d’années, quand elles ne se transforment pas en déserts arides. Là, avec d’autres pays disposant de régions amazoniennes, l'Equateur a une opportunité pour exercer la pédagogie d'une écologie intégrale. Nous avons reçu le monde comme héritage de nos parents, mais aussi comme prêt auprès des générations futures à qui nous devons le rendre. De la fraternité vécue en famille, naît la solidarité dans la société, qui ne consiste pas uniquement à donner à qui est dans le besoin, mais à être responsable les uns des autres. Si nous voyons dans l'autre un frère, personne ne peut demeurer exclu, écarté. Comme beaucoup de peuples latino-américains, l'Equateur expérimente aujourd'hui de profonds changements sociaux et culturels, de nouveaux défis qui requièrent la participation de tous les acteurs sociaux. La migration, la concentration urbaine, le consumérisme, la crise de la famille, le manque de travail, les poches de pauvreté produisent une incertitude et des tensions qui constituent une menace à la cohabitation sociale. Les normes et les lois, ainsi que les projets de la communauté civile, doivent rechercher l'inclusion, ouvrir des espaces de dialogue, de rencontre et ainsi abandonner comme un douloureux souvenir toute forme de répression, le contrôle démesuré et la restriction des libertés. L'espérance d’un meilleur avenir passe par l’offre d’opportunités réelles aux citoyens, spécialement aux jeunes, à travers la création d’emploi, avec une croissance économique qui arrive à tous, et ne reste pas dans les statistiques macroéconomiques, avec un développement durable qui génère un tissu social ferme et un bien de cohésion".

"Enfin, le respect de l'autre qui s’apprend en famille se traduit dans le domaine social par la subsidiarité. Présumer que notre option n'est pas nécessairement l’unique légitime est un exercice sain d'humilité. En reconnaissant ce qui est bon dans les autres, y compris avec leurs limitations, nous voyons la richesse que renferme la diversité et la valeur de la complémentarité. Les hommes, les groupes ont le droit de parcourir leur chemin, bien que parfois cela suppose de commettre des erreurs. Dans le respect de la liberté, la société civile est appelée à promouvoir chaque personne et chaque agent social pour qu'ils puissent assumer leur propre rôle et contribuer avec leur spécificité au bien commun. Le dialogue est nécessaire, fondamental, pour arriver à la vérité, qui ne peut pas être imposée, mais doit être recherchée avec sincérité et avec un esprit critique. Dans une démocratie participative, chacune des forces sociales, les groupes indigènes, les afro-équatoriens, les femmes, les regroupements de citoyens et tous ceux qui travaillent pour la communauté dans les services publics sont des protagonistes indispensables dans ce dialogue. Les murs, les cours intérieures et les cloîtres de ce lieu le disent avec une plus grande éloquence. Reposant sur des éléments de la culture inca et caranqui, la beauté de leurs proportions et de leurs formes, la hardiesse de leurs différents styles combinés de manière remarquable, les œuvres d'art qui reçoivent le nom d'école de Quito, condensent un dialogue étendu, avec des réussites et des erreurs, de l'histoire équatorienne. L'aujourd'hui est plein de beauté, et même s’il est certain que par le passé il y a eu des maladresses et des violations. Comment le nier! Nous pouvons affirmer que l'ensemble irradie tant d'exubérance qui nous permet de regarder l'avenir avec beaucoup d'espérance. L'Eglise aussi veut collaborer dans la recherche du bien commun, à travers ses activités sociales, éducatives, en promouvant les valeurs éthiques et spirituelles, en étant un signe prophétique qui apporte un rayon de lumière et d’espérance à tous, spécialement à ceux qui sont le plus dans le besoin. Merci...de porter mes paroles d’encouragement aux groupes que vous représentez dans les divers secteurs sociaux. Que le Seigneur accorde à la société civile que vous représentez d’être toujours ce lieu adéquat où ces valeurs sont vécues".


Après cette rencontre, le Pape François a conclu la journée par une visite privée à l'église de la Compagnie de Jésus, construite entre 1605 et 1765, un des édifices majeurs de l'architecture du Nouveau Monde. Après s'être entretenu avec les religieux et prié devant un tableau représentant la Vierge des Douleurs, il est rentré à la nonciature. Ce 8 juillet, il doit tout d'abord rencontrer des personnes âgées à une vingtaine de kilomètres de Quito, puis le clergé équatorien au sanctuaire marial de El Quinche. Après qui, il quittera l'Equateur à destination de la Bolivie. 

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 8 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.José Luiz Gomes de Vasconcelos, Evêque de Sobral (superficie 17.634, population 962.000, catholiques 815.000, prêtres 71, religieux 114), au Brésil. Il était jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de Fortaleza (Brésil) et Administrateur apostolique du diocèse de Sobral depuis février dernier.


mardi 7 juillet 2015

Messe pour les familles à Guayaquil


Cité du Vatican, 7 juillet 2015 (VIS). Plus d'un million de fidèles a assisté à la messe pour les familles que le Pape a célébré à Guayaquil, la seconde ville d'Equateur. Mais avant de gagner le site, il s'est rendu au sanctuaire de la divine Miséricorde, construit de 2009 à 2013 par l'Archevêque Mgr.Arregui Yarza. Avant de partir il a récité un Ave Maria avec la foule, puis s'est entretenu de manière familière avec les fidèles, les assurant de sa prière pour chacun d'eux et bénissant en plaisantant sur la gratuité d'une bénédiction rapide à cause du programme. De fait pour tenir l'horaire, le Saint-Père a rapidement quitté le sanctuaire en voiture pour se rendre au parc de Los Samanes, distant de 25 km. La famille a été le thème de cette grand messe, développé par le Pape à l'homélie:

Le récit des noces de Cana, a-t-il dit, "est le premier signe prodigieux qui se réalise dans le récit de Jean. La préoccupation de Marie, devenue requête à Jésus: Ils n’ont pas de vin fait référence à l’heure" de la Passion. "Ainsi constate-on la détermination de Jésus à enseigner, à accompagner, à guérir et à donner la joie à partir de cet appel au secours de sa mère... Les noces de Cana se répètent avec chaque génération, avec chaque famille, avec chacun de nous et nos tentatives pour faire en sorte que notre cœur arrive à se fixer sur des amours durables, fécondes et joyeuses. Donnons à Marie une place, celle de la mère citée par l’évangéliste. Faisons avec elle l’itinéraire de Cana. Marie est attentive à ces noces déjà commencées, elle est sensible aux besoins des époux. Elle ne se replie pas sur elle-même, elle ne s’enferme pas, son amour fait d’elle un être tendu vers les autres. Et pour cela, elle se rend compte du manque de vin. Le vin est signe de joie, d’amour, d’abondance. Combien de jeunes perçoivent que dans leurs maisons depuis un moment il n’y en a plus! Combien de femmes seules et attristées se demandent quand l’amour s’en est allé, quand la vie s’est obscurcie! Combien de personnes âgées se sentent exclues de la fête de leurs familles, marginalisées et ne s’abreuvant pas de l’amour quotidien. Le manque de vin peut aussi être l’effet du manque de travail, l’effet de maladies, de situations problématiques que nos familles traversent. Marie n’est pas une mère qui réclame, elle n’est pas une belle-mère qui surveille pour s’amuser de nos incapacités, de nos erreurs ou manques d’attention. Marie est mère et elle est là, pleine d’attention et de sollicitude.
Mais Marie recourt à Jésus avec confiance, Marie prie. Elle ne s’adresse pas au majordome mais directement, elle présente la difficulté des mariés à son Fils. La réponse qu’elle reçoit semble décourageante: Que me veux-tu? Mon heure n’est pas encore venue. Cependant, entre temps, elle a déjà remis le problème entre les mains de Dieu. Son empressement pour les besoins des autres accélère l'heure de Jésus. Marie fait partie de cette heure, depuis la crèche jusqu’à la croix. Elle qui a su transformer une grotte pour des animaux en maison de Jésus, avec de pauvres langes et une montagne de tendresse et qui nous a reçus comme fils quand une épée lui a traversé le cœur, nous enseigne à remettre nos familles entre les mains de Dieu. Elle enseigne à prier, en allumant l’espérance qui nous indique que nos préoccupations sont aussi celles de Dieu".

"Prier nous fait toujours sortir du périmètre de nos soucis, nous fait transcender ce qui nous fait mal, ce qui nous secoue ou nous manque à nous-mêmes et nous conduit à nous mettre dans la peau des autres, dans leurs souliers. La famille est une école où la prière nous rappelle aussi qu’il y a un nous, qu’il y a un prochain proche, sous les yeux: Il vit sous le même toit, partage la vie et se trouve dans le besoin. Marie, enfin, agit. Les paroles Tout ce qu’il vous dira, faites-le, adressées à ceux qui servaient, sont une invitation à nous aussi, invitation à nous mettre à la disposition de Jésus, qui est venu servir et non pour être servi. Le service est le critère du vrai amour. Et cela s’apprend spécialement en famille, où nous nous faisons serviteurs les uns des autres par amour. Au sein de la famille, personne n’est marginalisé puisqu'on y apprend à demander une permission avec respect, à dire merci comme expression d’une juste évaluation des choses qu’on reçoit, à dominer l’agressivité ou la voracité, et à demander pardon quand on cause un dommage. Ces petits gestes de sincère courtoisie aident à construire une culture de la vie partagée et du respect pour ce qui nous entoure. La famille est l’hôpital le plus proche, la première école des enfants, le groupe de référence indispensable des jeunes, la meilleure maison de retraite pour les personnes âgées. La famille constitue la grande richesse sociale que d’autres institutions ne peuvent pas remplacer, qui doit être aidée et renforcée, pour ne jamais perdre le sens juste des services que la société prête aux citoyens. En effet, ces services ne sont pas une aumône, mais une vraie dette sociale à l’endroit de l’institution familiale, qui apporte tant au bien commun de tous".

"La famille forme aussi une petite Eglise, une Eglise domestique qui, avec la vie, achemine la tendresse et la miséricorde divine. Dans la famille, la foi se mélange au lait maternel. En expérimentant l’amour des parents, on sent proche l’amour de Dieu. Et dans la famille, les miracles se réalisent avec ce qu’il y a, avec ce que nous sommes, avec ce que l’on a à portée de main. Bien souvent ce n’est pas l’idéal, ce n’est pas ce dont nous rêvons, ni ce qui devrait être. Le vin nouveau des noces de Cana provient des jarres de purification, c’est-à-dire de l’endroit où tous avaient laissé leurs péchés là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. Dans la famille de chacun d’entre nous et dans la famille commune que nous formons tous, rien n’est écarté, rien n’est inutile. Peu avant le début de l’Année jubilaire de la Miséricorde, l’Eglise célébrera le Synode ordinaire consacré aux familles, pour faire mûrir un vrai discernement spirituel et trouver des solutions concrètes aux nombreuses difficultés et aux importants défis que la famille doit affronter de nos jours. Je vous invite à intensifier votre prière à cette intention, pour que même ce qui nous semble encore impur, nous scandalise ou nous effraie, Dieu, en le faisant passer par son heure, puisse le transformer en miracle".


"Tout a commencé parce qu'il n’avait pas de vin, et tout a pu se réaliser parce qu’une femme était attentive, a su remettre dans les mains de Dieu ses préoccupations, et a agi avec bon sens et courage. Mais le résultat final n’est pas moindre puisqu'ils ont goûté le meilleur des vins. Et voici la bonne nouvelle: Le meilleur des vins est sur le point d’être savouré, le plus admirable, le plus profond et le plus beau pour la famille reste à venir. Le temps reste à venir, où nous savourerons l’amour quotidien, où nos enfants redécouvriront l’espace que nous partageons, et les personnes âgées seront présentes dans la joie de chaque jour. Le meilleur des vins reste à venir. Le meilleur des vins reste à venir pour chaque personne qui se risque à l’amour. Et il reste à venir même si tous les paramètres et les statistiques disent le contraire. Le meilleur vin reste à venir en ceux qui aujourd’hui voient tout s’effondrer. Murmurez-le jusqu’à le croire, le meilleur vin reste à venir et susurrez-le aux désespérés ou aux mal-aimés. Dieu s’approche toujours des périphéries de ceux qui sont restés sans vin, de ceux à qui il ne reste à boire que le découragement, Jésus a un faible pour offrir en abondance le meilleur des vins à ceux qui pour une raison ou une autre, sentent déjà que toutes leurs jarres se sont cassées. Comme Marie nous y invite, faisons tout ce qu’il dira et soyons reconnaissants que, à notre temps et à notre heure, le vin nouveau, le meilleur, nous fasse récupérer la joie d’être une famille". 

Le Pape de nouveau à Quito


Cité du Vatican, 7 juillet 2015 (VIS). Le Pape a passé l'après-midi de son second jour en Equateur à Quito, où il s'est rendu à 19 h locales au palais présidentiel pour s'entretenir avec le Président Rafael Correa. Après l'entretien privé, la présentation au Saint-Père de sa famille et l'échange des cadeaux, le chef de l'Etat et son hôte ont salué la foule amassée sur la place de l'Indépendance. Puis le Pape François a gagné à pied la cathédrale, dans laquelle repose un des principaux héros de l'indépendance sud-américaine, Antonio José Francisco Sucre y Alcala (1795-1830). A l'intérieur, il a salué des malades et des handicapés avant de se recueillir devant le Saint Sacrement. Ressortant, comme il faisait presque nuit il a préféré échanger quelques phrases avec les fidèles plutôt que de lire le discours préparé, que nous reproduisons ci-dessous. Le Pape François a béni la foule et évoqué le grand et noble peuple équatorien, constitué de frères qui n'excluent personne et sont sans préjugés.

Voici le bref discours que le Pape devait prononcer devant la cathédrale: "Chers frères, je suis venu à Quito comme pèlerin, pour partager avec vous la joie d'évangéliser. Je suis parti du Vatican en saluant la statue de sainte Marie-Anne de Jésus, qui depuis l'abside de la Basilique Saint-Pierre veille sur le chemin que le Pape parcourt tant de fois. A elle, j'ai recommandé aussi le fruit de ce voyage, en lui demandant que tous nous puissions suivre son exemple. Son sacrifice et son héroïque vertu sont représentés par un lys. Cependant, selon la statue à Saint-Pierre, elle porte tout un bouquet de fleurs, parce qu’avec la sienne elle présente au Seigneur, dans le cœur de l'Eglise, les fleurs de vous tous, celles de tout l’Equateur. Les saints nous appellent à les imiter, à nous mettre à leur école, comme l’ont fait sainte Narcisse de Jésus et la bienheureuse Mercedes de Jésus Molina, interpellées par l'exemple de sainte Marie-Anne. Combien de ceux qui sont ici aujourd'hui souffrent ou ont souffert du fait d’être orphelin, combien ont dû, bien qu’étant jeunes, prendre en charge des frères, combien s'efforcent chaque jour de prendre soin de malades ou de personnes âgées, ainsi l’a fait Marie-Anne, ainsi l'ont imitée Narcisse et Mercedes. Ce n'est pas difficile si Dieu est avec nous. Elles n'ont pas réalisé de grandes prouesses aux yeux du monde. Elles ont beaucoup aimé seulement, et elles l'ont démontré dans le quotidien jusqu'à arriver à toucher la chair souffrante du Christ dans le peuple. Elles ne l'ont pas fait seules, elles l'ont fait avec d’autres. Le transport des matériaux, les travaux et la maçonnerie de cette cathédrale ont été réalisés à notre manière, à la manière des peuples autochtones. La Minga est ce travail de tous en faveur de la communauté, anonyme, sans publicité et ni applaudissements. Plaise à Dieu que comme les pierres de cette cathédrale nous chargions sur nos épaules les besoins des autres, et qu’ainsi nous aidions à édifier ou à réparer la vie de tant de frères qui n'ont pas de forces pour la construire ou chez lesquels elle s’est écroulée. Aujourd'hui je suis ici avec vous, qui m'offrez la joie de vos cœurs: Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle. C'est la beauté que nous sommes appelés à répandre, comme le bon parfum du Christ, notre prière, nos bonnes œuvres, notre sacrifice en faveur de ceux qui sont le plus dans le besoin. C'est la joie d'évangéliser et sachant cela, heureux êtes-vous si vous le faites".

Aujourd'hui, 7 juillet, après s'être entretenu avec les évêques d'Equateur, le Saint-Père célébrera une grand messe au parc du Bicentenaire. Ensuite il se rendra à l'Université catholique nationale, recevra les clés de la capitale en l'église St.François où il prononcera un discours. En fin de journée il effectuera une visite privée à l'église de la Compagnie de Jésus.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 7 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Santiago Silva Retamales, Ordinaire militaire pour le Chili. Il était jusqu'ici Auxiliaire de l'Evêque de Valparaíso (Chili).


lundi 6 juillet 2015

Le Pape François arrive en Equateur


Cité du Vatican, 6 juillet 2015 (VIS). Parti de Rome hier à 9 h locales, l'avion papal a atterri à Quito (Equateur) à 15 h locales (22 h de Rome). Ainsi a débuté le neuvième voyage apostolique du Saint-Père. Dans les messages adressés aux chefs d'Etat des pays survolés, en dernier lieu sur le continent sud-américain le Venezuela et la Colombie, le Pape a tenu à faire ajouter ses voeux de réconciliation. Lors de la cérémonie d'accueil, le Président équatorien M.Rafael Correa, évoquant l'encyclique Laudato Si', a notamment rappelé que 20% du son pays est constitué de réserves et parcs naturels, mais aussi que sa population est composée de quatorze identités indigènes. Citant également la Doctrine sociale de l'Eglise il a conclu en disant que si les argentins sont fiers d'avoir un Pape argentin, et Dieu probablement brésilien, le paradis est sans nul doute équatorien!


Voici le discours du Pape François: "J'ai visité l'Equateur à diverses occasions pour des raisons pastorales. De même aujourd'hui, je viens comme témoin de la miséricorde de Dieu et de la foi en Jésus-Christ. La même foi qui durant des siècles a modelé l'identité de ce peuple et donné tant de bons fruits, parmi lesquels se démarquent des figures illustres comme sainte Marie-Anne de Jésus, le frère saint Miguel Febres, sainte Narcisse de Jésus ou la bienheureuse Mercedes de Jésus Molina, béatifiée à Guayaquil il y a trente ans par Jean-Paul II. Ils ont vécu la foi avec intensité et enthousiasme, et en pratiquant la miséricorde, ils ont contribué, dans divers domaines, à améliorer la société équatorienne de leur temps. Aujourd’hui, nous aussi nous pouvons trouver dans l'Evangile les clés qui nous permettent d'affronter les défis actuels, en mettant en valeur les différences, en promouvant le dialogue et la participation sans exclusions, pour que les réussites dans le progrès et dans le développement qu’on est en train d’obtenir se consolident et garantissent un meilleur avenir pour tous, en accordant une attention spéciale à nos frères les plus fragiles et aux minorités les plus vulnérables, qui sont la dette que toute l’Amérique latine a encore". Pour cela le peuple équatorien, qui s’est mis debout avec dignité, pourra toujours compter sur l'engagement et la collaboration de l'Eglise... En Equateur se trouve le point le plus haut "du continent, le Chimborazo, appelé l’endroit le plus proche du soleil, de la lune et des étoiles. Nous, les chrétiens, nous identifions Jésus-Christ au soleil, et la lune à l'Eglise, et la lune n’a pas sa propre lumière, et si la lune se cache du soleil, elle s’obscurcit. Le soleil, c’est Jésus-Christ et si l’Eglise s’en éloigne ou se cache de Jésus-Christ, elle s’obscurcit et ne rend pas témoignage. Que tous les jours nous devienne plus évidente à tous la proximité du soleil qui vient d’en haut, et que nous soyons le reflet de sa lumière, de son amour. D’ici je veux embrasser l'Equateur tout entier. Que du sommet du Chimborazo aux côtes du Pacifique, de la forêt amazonienne aux Galápagos, vous ne perdiez jamais la capacité de rendre grâce à Dieu pour ce qu'il a fait et fait pour vous, la capacité de protéger ce qui est petit et ce qui est simple, de prendre soin de vos enfants et de vos personnes âgées, qui constituent la mémoire de votre peuple, de faire confiance à la jeunesse, et de vous émerveiller de la noblesse de votre peuple et de la beauté singulière de votre pays... Que le Sacré Cœur de Jésus et le Cœur Immaculé de Marie, à qui l’Equateur a été consacré, répandent sur vous leur grâce et bénédiction!".

Le Pape s'adresse a u Renouveau dans l'Esprit


Cité du Vatican, 4 juillet 2015 (VIS). L'unité dans la diversité et l'œcuménisme de la prière, de la parole et du sang, étaient au cœur du discours improvisé du Pape François, hier après-midi, aux dizaines de milliers de membres du Renouveau dans l'Esprit venus à Rome à l'occasion de leur 38 rassemblement national (3 - 4 juillet: Chemins d'unité et de paix, voix en prière pour les martyrs d'aujourd'hui et pour un œcuménisme spirituel). La rencontre a commencé à 16 h Place St.Pierre en présence des Cardinaux Leonardo Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, Kurt Koch, Président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens et Angelo Bagnasco, Président de la Conférence épiscopale italienne, ainsi que des patriarches orientaux orthodoxes et catholiques, des évêques anglicans et luthériens et des pasteurs pentecôtistes.

Dans son discours, le Pape a souligné qu'unité ne signifie pas uniformité. Il ne s'agit pas d'une unité sphérique où chaque point est “équidistant du centre et où il n'y a pas de différence entre un point et un autre. Le modèle est le polyèdre qui reflète la confluence de toutes les parties qui en lui gardent leur originalité et qui sont les charismes dans l'unité comme dans la diversité... La distinction est importante parce que nous parlons de l'œuvre de l'Esprit Saint, non de la nôtre. Unité dans la diversité d'expressions de la réalité, autant que l'Esprit Saint veut en susciter''. Le Saint-Père a souhaité évoquer un autre point important: ''ceux qui guident''. ''Il existe une grande tentation pour les leaders... -a-t-il souligné- qui est de se croire indispensables... qui glissent dans l'autoritarisme, le personnalisme et ne laissent pas vivre les communautés renouvelées dans l'Esprit. Cette tentation fait que la position de ceux qui se croient indispensables devient éternelle... Nous devons bien comprendre que le seul qui est irremplaçable dans l'Eglise c'est l'Esprit Saint, et que Jésus est le seul Seigneur. Il n'y en a pas d'autres... On doit déterminer un temps limité aux charges qui sont, en réalité, des services. Un service important des leaders laïques...est de faire grandir et mûrir spirituellement et pastoralement ceux qui prendront leur place à la fin de leur service. Il conviendrait que tous les services dans l'Eglise aient une échéance, il n'y a pas de leaders à vie dans l'Eglise''. Le Saint-Père leur a également demandé de s'engager à partager avec tous dans l'Eglise le baptême reçu. ''C'est le service le plus important que nous puissions rendre à chacun dans l'Eglise. Aider le peuple de Dieu dans sa rencontre personnelle avec Jésus-Christ, qui nous transforme en hommes et femmes nouveaux, en petits groupes, humbles mais efficaces, parce que c'est l'Esprit qui travaille. Ne cherchez pas tant à faire de grands rassemblements qui souvent s'arrêtent là, qu'à créer des relations artisanales résultant du témoignage, en famille, au travail, dans la vie sociale, dans les paroisses, les groupes de prière, avec tout le monde!''.


Un autre signal fort de l'Esprit dans le Renouveau charismatique est la recherche de l'unité du Corps du Christ: Vous, les charismatiques, a affirmé le Saint-Père. "vous avez une grâce spéciale pour prier et travailler pour l'unité des chrétiens, pour que le courant de la grâce traverse toutes les Eglises chrétiennes. L'unité des chrétiens est l'œuvre de l'Esprit Saint et nous devons prier ensemble... Nous avons tous reçu le même baptême, nous suivons tous le chemin de Jésus... nous avons tous fait ces divisions dans l'histoire, pour beaucoup de raisons, mais ce n'est pas bon. Maintenant, il est temps que l'Esprit nous fasse prendre conscience que ces divisions...sont un contre-témoignage, et nous devons faire tout notre possible pour marcher ensemble, l'œcuménisme spirituel, l'œcuménisme de la prière, l'œcuménisme du travail, mais avec la charité, l'œcuménisme de la lecture de la Bible ensemble. Aller ensemble vers l'unité''. Il y a aussi une autre unité, l'unité du sang des martyrs qui aujourd'hui nous unissent, l'œcuménisme du sang. ''Nous savons que lorsque ceux qui haïssent Jésus Christ avant de tuer un chrétien ne lui demandent pas s'il est luthérien, orthodoxe, évangélique, baptiste ou méthodiste. Tu es chrétien! Et ils le décapitent... Il y a cinquante ans, le bienheureux Paul VI, lors de la canonisation des jeunes martyrs d'Ouganda, rappelait que ses compagnons catéchistes anglicans avaient versé leur sang pour la même raison. Ils étaient chrétiens, ils ont été martyrs. Excusez-moi et ne vous scandalisez pas, ce sont nos martyrs, parce qu'ils ont donné leur vie pour le Christ, et cela est l'œcuménisme du sang. Il faut prier en nous souvenant de nos martyrs communs''. Enfin, ''l'unité dans le travail pour les pauvres et les nécessiteux qui ont aussi besoin du baptême dans l'Esprit. Il serait beau d'organiser des séminaires de vie dans l'Esprit, avec d'autres réalités charismatiques chrétiennes, pour nos frères et sœurs qui vivent dans la rue. Eux aussi ont l'Esprit qui pousse au dedans d'eux, pour que quelqu'un leur ouvre grand la porte de l'extérieur''. Avant la bénédiction finale, le Pape a invité les personnes présentes à aller prêcher la bonne nouvelle de Jésus ''aux pauvres, aux marginaux, aux aveugles, aux malades, aux prisonniers, à tous les hommes et femmes. En chacun se trouve l'Esprit qui demande à être aidé pour ouvrir grand la porte pour le faire revivre. Que le Seigneur vous accompagne dans cette mission, toujours avec la Bible à la main, toujours avec l'Evangile dans la poche, avec la Parole du Christ''.

Doctorat honoris causa décerné à Benoît XVI


Cité du Vatican, 4 juillet 2015 (VIS). Ce matin à Castelgandolfo, Benoît XVI a reçu des mains du Cardinal Dziwisz un doctorat honoris causa décerné par l'Université pontificale Jean-Paul II de Cracovie et l'Académie musicale de la même ville. Répondant à l'Archevêque de Cracovie, qui est le Chancelier de cette université qu'il a créée en 2009, le Pape émérite s'est adressé à ses hôtes pour évoquer Jean-Paul II, "sans qui mon parcours spirituel et théologique ne serait même pas imaginable". Il nous a aussi montré "comment peuvent aller de concert la grande musique sacrée et la participation à la liturgie avec la joie solennelle et la simplicité d'une célébration de la foi qui soit humble... Dans la constitution conciliaire dur la liturgie il est clairement indiqué qu'il faut conserver et accroître avec grand soin le patrimoine que représente la musique sacrée. Et le texte de préciser le caractère fondamental de la participation active des fidèles à l'action liturgique. Malheureusement ce qui est clairement uni dans la constitution sur la liturgie s'est souvent traduit en tensions dramatiques. Certains secteurs influents du mouvement liturgique estimaient qu'à l'avenir les messes pour choeur et orchestre ne seraient plus exécutées qu'en concert, et non plus au sein de la liturgie où n'aurait pris place que le chant et la prière commune des fidèles. D'autre part, on enregistre un effarement devant l'appauvrissement culturel de l'Eglise que cela a naturellement entraîné. Alors, comment concilier les deux nécessités, comment mettre en application le Concile dans son intégralité?". Nombreux sont les simples fidèles à se poser la question, partagée par ceux qui disposent d'une formation théologique.


Et puis, s'est demandé Benoît XVI, qu'est donc la musique? D'où vient-elle, à quoi sert-elle? La première source de la musique est l'amour. "Lorsque les hommes furent touchés par l'amour s'ouvrit une nouvelle dimension de leur être, une nouvelle largeur de leur réalité de vie qui leur permit les nouvelles expressions que sont la poésie, le chant et le monde de la musique... La seconde origine de l'expression musicale est née de la tristesse, lorsque l'être est touché par la mort, la souffrance ou les angoisses de l'existence, ouvrant de nouvelles dimensions à une réalité qui ne peut plus trouver de réponse dans la seule parole. Enfin, il y a la rencontre avec le divin qui, dès le début, fait partie de ce qui définit l'humain... Ainsi prend place le totalement autre, d’absolument grand, qui suscitent en l'homme de nouveaux modes de s'exprimer... Comme pour l'amour et la mort, le mystère divin nous touche, et c'est cela, être touchés par Dieu, qui constitue globalement l'origine de la musique. Je trouve émouvant, dans les psaumes par exemple, que le chant ne suffit plus aux hommes, qui font appel à des instruments pour réveiller la musique cachée dans la création, pour libérer son mystérieux langage... Par ailleurs, on peut dire que la qualité de la musique dépend de la pureté et de la dimension de la rencontre avec le divin dans l'amour ou la peine. Plus pure et authentique est l'expérience, plus le sera aussi la musique qui en naîtra... Certes la musique occidentale dépasse de beaucoup le cadre religieux et ecclésial, même si sa source première réside dans la liturgie, dans la rencontre avec Dieu. Dans Bach , pour qui la gloire de Dieu représente la finalité de son art, ceci est l'évidence. Le message de la musique occidentale s'est développé dans cette rencontre avec Dieu, qui dans la liturgie se rend présent à nous en Jésus-Christ. Pour moi, cette musique est une démonstration de la vérité du christianisme. Là où se développe une telle réponse, la rencontre avec la vérité, avec le créateur du monde est advenue. La grande musique sacrée est pour cela une réalité de dimension théologique et de sens pour la foi chrétienne toute entière, même s¡il n'est pas nécessaire qu'elle soit partout et toujours exécutée. Ceci dit, elle ne saurait disparaître de la liturgie" où elle assure de manière très particulière "la participation à la célébration sacrée, au mystère de la foi. Si on pense aux liturgies célébrées par Jean-Paul II de par le monde, on constate combien il est possible d'exprimer la foi...et combien la grande tradition musicale de l'Occident n'est pas étrangère à la liturgie, mais qu'elle est née et a grandi en elle afin de l'exprimer" toujours mieux. "Si nous ignorons l'avenir de notre culture et de la musique sacrée, il est clair que là où se produit la rencontre réelle avec le Dieu vivant dans le Christ, là naît et grandit à nouveau cette réponse, une beauté qui vient de la vérité même".

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 4 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Joaquín Hermes Robledo Romero, Evêque de San Lorenzo (superficie 1.944, population 823.239, catholiques 813.000, prêtres 41, diacres 29, religieux 106), au Paraguay. Il était jusqu'ici Evêque de Carapeguá (Paraguay).


Mgr.Jean Laffitte, Prélat de l'Ordre souverain et militaire de Malte. Il demeure Secrétaire du Conseil pontifical pour la famille.

vendredi 3 juillet 2015

Le Cardinal Parolin parle des grands rendez-vous 2015


Cité du Vatican, 3 juillet 2015 (VIS). Hier après-midi à Rome, le Cardinal Secrétaire d'Etat est intervenu dans le cadre de la conférence organisée par le Conseil pontifical Iustitia et Pax et le réseau international d'ONG catholique pour le développement CIDSE. Le Cardinal Pietro Parolin a exposé l'importance de l'encyclique Laudato Si' pour l'Eglise et le monde, dans la perspective des grands rendez-vous internationaux de 2015: Comme on le sait, a-t-il dit, "la seconde moitié de l'année sera marquée par trois grandes conférences des Nations-Unies, la troisième Conférence internationale sur le financement du développement (Addis-Abeba, Ethiopie, du 13 au 16 juillet), le Sommet ONU pour l'adoption de l'Agenda Développement (New York, du 25 au 27 septembre) et de la vingt-et-unième session de la Conférence des participants à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (Paris, France, du 30 novembre au 11 décembre)... C'est pourquoi l'encyclique aura un certain impact sur ces événements, même si son contenu va bien au-delà de ces échéances immédiates.'' Puis le Secrétaire d'Etat a axé son intervention sur trois points pouvant aider à comprendre la Laudatio Si' au plan international, national et local, en rapport avec l'Eglise catholique, comme un appel à réorienter notre démarche et à promouvoir une culture de l'attention.

''Au niveau international on est de plus en plus conscients du fait que tout est intimement lié, et que l'environnement, le sol et le climat sont un patrimoine commun, dont les fruits devraient profiter à tous. Ils constituent une richesse commune et collective, au service du bien de tous et pour tous, un patrimoine de toute l'humanité dont chacun de nous a la responsabilité. Reconnaître cela conduit à conclure que nous avons besoin de développer une véritable éthique des relations internationales, capable de répondre aux diverses questions, y compris aux déséquilibres commerciaux comme à la dette extérieure ou écologique, dénoncées dans l'encyclique... Malheureusement, ce qui a empêché la communauté internationale d'assumer cette perspective peut être résumée dans les observations suivantes du Pape: Le manque d'honnêteté et de responsabilité, la faible conscience des propres limites. Nous vivons dans un contexte qui permet de renoncer au mythe d'un progrès matériel illimité et de trouver des formules pour guider et mesurer notre pouvoir sur l'environnement... Plus d'une fois le Saint-Père a souligné à quel point la base technologique et opérationnelle pour la promotion de progrès sont déjà disponibles ou à portée de main. Nous devons saisir cette grande opportunité, compte tenu de la capacité humaine de se corriger par l'innovation économique et technologique. L'humanité doit cultiver trois objectifs interdépendants: Contribuer à l'épanouissement de la dignité humaine, oeuvrer à éradiquer la pauvreté et contrer la dégradation de l'environnement''.


''Cependant, les forces agissant au niveau international ne suffisent pas. Elles ont besoin d'une approche nationale claire en conformité avec le principe de subsidiarité... Laudato Si' montre que nous pouvons faire beaucoup à cet égard". Le Cardinal a fourni quelques exemples, tels que les changements dans la consommation, le développement d'une économie des déchets et le recyclage, l'amélioration agricole des régions les plus pauvres par l'investissant dans les infrastructures rurales, une meilleure organisation du marché local ou national, les systèmes d'irrigation, le développement de techniques agricoles durables, la promotion d'une production en circuit court, le recyclage des déchets alimentaires et l'accélération de la transition énergétique. Malheureusement, a-t-il dit, "il y a trop d'intérêts, et trop facilement l'intérêt économique peut l'emporter sur le bien commun...y compris en manipulant l'information.'' Le dernier domaine abordé par le Secrétaire d'Etat concerne l'Eglise catholique qui entend suivre l'exemple de saint François. On lit dans les premières pages de l'encyclique, qu'il vivait avec simplicité en merveilleuse harmonie avec Dieu, les autres, la nature et lui-même. La préoccupation pour la nature va de pair avec le soucis de la justice envers les pauvres, l'engagement en faveur de la société et de la paix intérieure... Le Pape François a redit que l'Eglise n'a pas l'intention de définir le scientifique ou de remplacer les responsables politiques, même si elle soutient la nécessité de remettre en question le sens et le but de toute l'activité humaine. Nous savons maintenant très bien, et c'est l'appel lancé par l'encyclique, que nous devons réfléchir à quel monde laisser à qui viendra après nous... La réponse que le Pape donne à cette question est révélatrice: Lorsque nous nous interrogeons sur le monde que nous voulons, il s'agit de son avenir, de son sens et de ses valeurs... C'est pourquoi il ne suffit de dire s'inquiéter pour l'avenir des nouvelles générations. Il faut absolument prévenir car est en jeu notre propre dignité''.

Audiences


Cité du Vatican, 3 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu hier après-midi le Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 3 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Dennis C.Villarojo, Auxiliaire de l'Archevêque de Cebu (Philippines). L'Evêque élu, né en 1967 à Cebu City (Philippines) et ordonné prêtre en 1994, était jusqu'ici Directeur du personnel pastoral de la paroisse du Sacré Coeur de Cebu City et Secrétaire général du prochain Congrès eucharistique international. Docteur en philosophie, il a été secrétaire particulier du Cardinal Archevêque et Coordinateur diocésain de la pastorale.

L'Abbé Oscar L.Florencio, Auxiliaire de l'Archevêque de Cebu (Philippines). L'Evêque élu, né en 1966 à Capoocan (Philippines) et ordonné prêtre en 1990, était jusqu'ici Recteur de l'école de théologie de Palau. Docteur en théologie, il a été directeur spirituel, enseignant puis recteur de séminaire, curé de paroisses et Vice Chancelier du diocèse de Palau.

M.Philippe Morard, Vice Commandant de la Garde Suisse Pontificale, avec le grade de lieutenant-colonel.


jeudi 2 juillet 2015

Un milliard de touristes, un milliard d'opportunités


Cité du Vatican, 2 juillet 2015 (VIS). Le Conseil pontifical pour la pastorale des migrations publie le Message pour la Journée mondiale du Tourisme (27 septembre), intitulé Un milliard de touristes, un milliard d’opportunités. Le seuil symbolique d’un milliard de touristiques ayant été atteint en 2012, la Journée mondiale du tourisme 2015 permet de "se pencher sur les opportunités et sur les défis soulevés par ces statistiques. C’est pourquoi nous faisons nôtre le thème proposé par l’Organisation mondiale du tourisme... Cette croissance lance un défi à tous les secteurs concernés par ce phénomène global, touristes, entreprises, gouvernements et communautés locales. Et, bien sûr, à l’Eglise aussi. Le milliard de touristes doit nécessairement être considéré surtout dans son milliard d’opportunités. Ce message est rendu public quelques jours après la présentation de l’encyclique Laudato Si’ du Pape François, consacrée à la sauvegarde de la maison commune. C’est un texte que nous devons tenir en forte considération car elle offre d’importantes lignes directrices à suivre quant à l’attention accordée au monde du tourisme. Nous vivons une phase de mutation, où la façon de se déplacer change et, en conséquence, l’expérience du voyage aussi. Ceux qui partent vers des pays différents du leur le font avec le désir, plus ou moins conscient, de réveiller la partie plus intime d’eux-mêmes à travers la rencontre, le partage et la comparaison. Le touriste est toujours davantage à la recherche d’un contact direct avec ce qui est différent sous son aspect extraordinaire. Le concept classique de touriste s’est désormais affaibli au profit de celui de voyageur qui s’est renforcé, c’est à dire celui qui ne se limite pas à visiter un lieu mais qui, en quelque sorte, en devient partie intégrante. Le citoyen du monde est né. Non plus voir mais appartenir, non plus jouer aux curieux mais vivre, non plus analyser mais adhérer. Non sans le respect de tout cela et de ceux que l’on rencontre".

"Dans sa dernière encyclique, le Pape François nous invite à nous approcher de la nature avec le sens de l’ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement, en parlant le langage de la fraternité et de la beauté de notre relation avec le monde. Telle est la juste approche à adopter à l’égard des lieux et des pays visités. Telle est la voie à suivre pour saisir un milliard d’opportunités et de les faire fructifier davantage encore. Les entreprises du secteur sont les premières à devoir s’engager dans la réalisation du bien commun. La responsabilité des entreprises est grande, dans le domaine touristique aussi, et, pour réussir à exploiter le milliard d’opportunités il est nécessaire qu’elles en soient conscientes. L’objectif final ne doit pas être tant le gain que l’offre proposée aux voyageurs de voies à parcourir pour atteindre le vécu dont il est en quête. Ceci, les entreprises doivent le faire dans le respect des personnes et de l’environnement. Il est important de ne pas perdre la conscience des visages. On ne peut pas réduire les touristes à une statistique ou à une source de revenus. Il faut mettre en œuvre des formes de business touristique étudiées avec et pour les individus, en investissant sur les personnes et sur la durabilité, afin d’obtenir aussi des opportunités d’emploi dans le respect de la maison commune. En même temps, les gouvernants doivent garantir le respect des lois et en créer de nouvelles capables de protéger la dignité des individus, des communautés et du territoire. Une attitude résolue est indispensable. Dans le domaine touristique aussi, les autorités civiles des différents pays doivent penser à des stratégies communes pour créer des réseaux socio-économiques globalisés en faveur des communautés locales et des voyageurs, afin d’exploiter positivement le milliard d’opportunités offertes par l’interaction. Dans cette optique, les communautés locales sont, elles aussi, appelées à ouvrir leurs frontières à l’accueil de ceux qui arrivent d’autres pays, poussés par la soif de connaissance. Une occasion unique pour l’enrichissement réciproque et la croissance commune. Accorder l’hospitalité permet de faire exploiter les potentialités environnementales, sociales et culturelles, de créer de nouveaux emplois, de développer son identité et de mettre en valeur le territoire. Un milliard d’opportunités pour le progrès, surtout pour les pays encore en voie de développement. Développer le tourisme, en particulier, sous ses formes les plus responsables, permet de s’orienter vers l’avenir en étant fort de sa propre spécificité, de son histoire et de sa culture. Engendrer des revenus et promouvoir son patrimoine spécifique permet de réveiller ce sens de la fierté et de l’estime de soi utile pour renforcer la dignité des communautés d’accueil, tout en demeurant attentif à ne pas trahir le territoire, les traditions et l’identité en faveur des touristes. C’est dans les communautés locales que l’on peut susciter une plus grande responsabilité, un fort sentiment communautaire, une capacité spéciale de protection et une créativité plus généreuse, un amour profond pour sa terre. Là aussi, on pense à ce qu’on laisse aux enfants et aux petits-enfants. Un milliard de touristes, s’il est bien accueilli, peut se transformer en une importante source de bien-être et de développement durable pour la planète tout entière. La mondialisation du tourisme conduit, en outre, à la naissance d’un sens civique individuel et collectif. Chaque voyageur, en adoptant un critère plus correct pour visiter le monde, devient partie active dans la protection de la Terre. L’effort de l’individu multiplié par un milliard devient une grande révolution".

"Le voyage renferme également un désir qui se concrétise dans l’immédiateté des rapports, dans le fait de s’ouvrir et de participer à la vie des communautés visitées. Il naît un besoin de s’éloigner du monde virtuel, tellement capable de créer des distances et des connaissances impersonnelles et de redécouvrir l’authenticité de la rencontre avec l’autre. Et l’économie du partage est en mesure de tisser un réseau à travers lequel se développent l’humanité et la fraternité, capables d’engendrer un échange équitable de biens et de services. Le tourisme représente aussi un milliard d’opportunités pour la mission évangélisatrice de l’Eglise. Il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur, déclarait le concile Vatican II. En premier lieu, il est important qu’elle accompagne les catholiques par des propositions de liturgie et de formation. Elle doit également éclairer ceux qui, dans l’expérience du voyage, ouvrent leur cœur et s’interrogent, en réalisant ainsi une véritable première annonce de l’Evangile. Il est indispensable que l’Eglise sorte et se fasse proche des voyageurs pour offrir une réponse adéquate et individuelle à leur recherche intérieure ; en ouvrant son cœur à l’autre, l’Eglise rend possible une rencontre plus authentique avec Dieu. A cette fin, il faudrait approfondir l’accueil de la part des communautés paroissiales et la formation religieuse du personnel touristique. La tâche de l’Eglise est également d’éduquer à vivre le temps libre. Le Saint-Père nous rappelle que la spiritualité chrétienne intègre la valeur du loisir et de la fête. L’être humain tend à réduire le repos contemplatif au domaine de l’improductif ou de l’inutile, en oubliant qu’ainsi il retire à l’œuvre qu’il réalise le plus important, c'est à dire son sens. Nous sommes appelés à inclure dans notre agir une dimension réceptive et gratuite, qui est différente d’une simple inactivité. En outre, nous ne devons pas oublier l'invitation du Pape à célébrer l’Année Sainte de la miséricorde. Nous devons nous interroger sur la façon dont la pastorale du tourisme et des pèlerinages peut être un milieu pour faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance. Le pèlerinage sera sans aucun doute le signe particulier de ce temps jubilaire".

"Fidèle à sa mission et partant de la conviction que nous évangélisons aussi quand nous cherchons à affronter les différents défis qui se présentent, l’Eglise collabore à faire du tourisme un moyen pour le développement des peuples, particulièrement de ceux qui sont les plus défavorisés, en mettant en œuvre des projets simples mais efficaces. L’Eglise et les institutions doivent cependant être toujours vigilants afin d’éviter qu’un milliard d’opportunité ne devienne un milliard de risques, en collaborant à la sauvegarde de la dignité personnelle, des droits des travailleurs, de l’identité culturelle, du respect de l’environnement, etc. Un milliard d’opportunités aussi pour l’environnement. Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu. Il existe entre le tourisme et l’environnement une étroite interdépendance. Le secteur touristique, profitant des richesses naturelles et culturelles, peut promouvoir leur conservation ou, paradoxalement, leur destruction. Dans ce rapport, l’encyclique Laudato Si’ se présente comme une bonne compagne de voyage. Tant de fois, nous faisons semblant de ne pas voir le problème. Ce comportement évasif nous permet de continuer à maintenir nos styles de vie, de production et de consommation. En agissant non pas en maître mais en administrateur responsable, chacun a ses propres obligations qui doivent se concrétiser en actions précises, qui vont d’une législation spécifique et coordonnée à de simples gestes quotidiens, en passant par des programmes éducatifs appropriés et par des projets touristiques durables et respectueux. Tout a son importance. Mais un changement au niveau des styles de vie et des comportements est nécessaire et, même certainement plus important. La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité de jouir avec peu. Le secteur touristique peut être une opportunité, et même constituer aussi un milliard d’opportunités pour construire des routes de paix. La rencontre, l’échange et le partage favorisent l’harmonie et la concorde. Un milliard d’occasions pour transformer le voyage en expérience existentielle. Un milliard de possibilités pour devenir les artisans d’un monde meilleur, conscients de la richesse que renferme la valise de chaque voyageur. Un milliard de touristes, un milliard d’opportunités pour devenir les instruments de Dieu le Père pour que notre planète soit ce qu’il a rêvé en la créant, et pour qu’elle réponde à son projet de paix, de beauté et de plénitude".


Prier pour le peuple grec


Cité du Vatican, 2 juillet 2015 (VIS). Hier après-midi, le Directeur de la Salle de Presse a déclaré que face à la préoccupante situation socio-économique de la Grèce, le Saint-Père entend exprimer sa solidarité envers le peuple grec. Il pense tout particulièrement aux si nombreuses familles éprouvées par les effets d'une crise lourde et complexe. La dignité de la personne doit rester au coeur de tout débat politique et technique, au premier plan de décisions responsables. Le Pape François, a conclu le P.Lombardi, invite donc tous les catholique prier pour le peuple grec. 

mercredi 1 juillet 2015

Pour les funérailles du Patriarche arménien de Cilicie


Cité du Vatican, 1 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir à l'Administrateur de l’Eglise patriarcale de Cilicie des Arméniens: "C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris la nouvelle du retour dans la maison du Père de notre bien-aimé frère dans le Christ, SB Nersès Bédros XIX Tarmouni. Je garde le souvenir de ma rencontre avec lui, accompagné des évêques du Synode et des fidèles de votre Eglise, à l’occasion de la commémoration des victimes du Metz Yegern et de la proclamation de saint Grégoire de Narek, Docteur de l’Eglise Universelle. Ces événements vécus près de la tombe de l’Apôtre Pierre ont comme accompli le long et fidèle parcours de votre chef et père qui permet de relever quelques aspects caractéristiques de sa personne. Le défunt était, avant tout, profondément enraciné sur le roc qu’est le Christ. Il retenait que le trésor le plus précieux que l’évêque est appelé à administrer est la foi provenant de la prédication apostolique. Votre Patriarche s’est dépensée sans compter pour sa diffusion, en particulier en favorisant la formation permanente du clergé pour que, même dans des contextes difficiles, les ministres de Dieu renouvellent leur adhésion au Christ, unique espérance et consolation de l’humanité. Il s’est également employé à ce que la juste commémoration des souffrances subies par le peuple arménien au cours de son histoire devienne une action de grâce à Dieu en considérant l’exemple des martyrs et des témoins et obtienne, en même temps de lui, le baume de la consolation et de la réconciliation, qui seul peut guérir les blessures les plus profondes des âmes et des peuples. Le Patriarche Nersès a pu se réjouir enfin, avec tout le peuple arménien, de l’élévation de saint Grégoire de Narek au titre lumineux de Docteur de l’Eglise, lui qui a souvent souhaité que le rayonnement spirituel de ce grand saint devienne un exemple pour les pasteurs et les fidèles, certain qu’en saint Grégoire de Narek chacun puisse connaître les merveilles que le Seigneur est capable d’accomplir dans le cœur qui s’ouvre à lui, dans la simplicité et l’abaissement du quotidien, devenant ainsi solidaire du drame de l’humanité par une intercession sans trêve. Invités à recueillir ce triple héritage que nous a laissé le Patriarche Nersès, nous implorons l’Esprit Saint de continuer à rénover le visage de l’Église Arménienne Catholique, grâce à l’engagement des pasteurs et des fidèles, et nous confions aussi au Père de toute miséricorde les fatigues liées aux limites et aux fragilités de la condition de pèlerin en chemin vers l’éternelle patrie".

Priorité aux personnes et à la planète


Cité du Vatican, 1 juillet 2015 (VIS). Ce matin près la Salle de Presse du Saint-Siège a eu lieu la présentation de la Conférence de haut niveau intitulée Priorité aux personnes et à la planète. Changer de route est impératif (Rome, 2 - 3 juillet), organisée par le Conseil pontifical Iustitia et Pax et le CIDSE (réseau international catholiques d'ONG pour le développement). Avec le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil, sont intervenus l'écrivain Naomi Klein, M.Ottmar Edenhofer, co-Président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), et M.Bernd Nilles, Secrétaire Général de l'Alliance internationale des agences de développement catholiques (CIDSE).

Le Cardinal Turkson a d'abord souligné que le titre de la conférence met l'accent sur le changement climatique, ce qui indique clairement l'objectif poursuivi par la conférence: Les personnes et la planète, pas l'une au détriment des autres ou le contraire. "Dans l'encyclique Laudato Si' le Pape propose une écologie globale qui respecte la dimension humaine et sociale et la preuve que le changement climatique est l'un des principaux défis de l'humanité, notant en outre que le climat est un bien commun qui appartient à tous et est capital pour le monde entier. Mais les effets négatifs de l'impact du changement climatique frappe surtout les pauvres, ceux qui sont moins responsables et moins capables de s'y adapter. En général, le changement climatique est un problème mondial aux conséquences graves environnementales, sociales, économiques et politiques. Dans Laudato Si' , le Saint-Père regrette l'échec de la dernière sommets mondiaux sur l'environnement et lance un appel pour un accord international contraignant, c'est à dire n mesure d'arrêter le changement climatique. A cet égard, a noté le Cardinal, la Conférence de Paris en novembre et décembre sera cruciale pour l'identification de solutions fortes au problème du changement climatique. Les objectifs du développement durable (2015 - 2030) sont également pertinents dans ce contexte d'accord sur divers aspects de l'encyclique. Par exemple, a souligné le Cardinal Turkson, le point 13 est consacré à l'impératif d'une action urgente afin de lutter contre le changement climatique. Les propositions comprennent la construction de villes et d'établissements humains sûrs et durables, la mise en place de modes durables de consommation et de production, la défense de la mer et l'utilisation durable des ressources marines..., la protection, la restauration et la promotion d'une utilisation durable des écosystèmes terrestres, la gestion durable des forêts, la lutte contre la désertification, la prévention de la dégradation des sols et de la perte de la biodiversité.''

''Ces objectifs coïncideront aux points importants de Laudato Si' à condition d'un engagement et d'une volonté de la communauté internationale tout entière lors de la 70 Assemblée générale de l'ONU de la mi septembre. Cependant le plus grand obstacle à l'impératif de changer de cap n'est pas économique, scientifique ou technologique. Il réside dans nos esprits et dans nos cœurs. Dans la même logique, il est difficile de prendre des décisions fortes pour renverser la tendance au réchauffement de la planète et...atteindre l'objectif d'éradication de la pauvreté... La dimension politique doit reprendre le contrôle de l'économie et de la finance. Il s'agit de décisions fondamentales pour les sociétés humaines. Tel est le chemin à suivre pour toute la famille humaine, de New York à Paris et au-delà.''

Puis Mme.Klein a dit que Laudato Si' n'est pas seulement un enseignement pour le monde catholique, mais que le texte s'adresse à toute personne vivant sur cette planète. Et je peux dire qu'en tant que féministe juive non pratiquante je suis surprise d'avoir été invité au Vatican... Dans un monde où le profit est constamment mis devant les gens et contre la planète, l'économie du climat a beaucoup à voir avec l'éthique et de la morale... Si nous sommes d'accord que la vie est mise en danger sur terre, nous avons à faire avec une crise morale, fac à laquelle il nous incombe d'agir moralement. Cela ne signifie pas mettre en jeu l'avenir grâce aux cycles expansion et de ralentissement du marché. Cela signifie que les politiques doivent réguler directement la quantité de charbon qui peut être extraite. Cela signifie des politiques qui nous conduisent à réaliser des énergies renouvelables à cent pour cent dans les deux ou trois décennies, et non la fin du siècle. Et cela signifie que l'allocation des ressources communes et partagées telles que l'atmosphère, sur la base de la justice et de l'équité". Donc, "un nouveau type de mouvement climatique doit émerger rapidement, fondé sur les vérités exprimées dans l'encyclique. Notre système économique actuel tout en alimentant la crise climatique nous empêche de prendre les actions nécessaires pour éviter. Est nécessaire un processus basé sur la connaissance si nous voulons éviter que le changement climatique échappe à notre contrôle. Il est besoin d'un changement de système. Et parce que notre système actuel est aussi le moteur de l'accroissement des inégalités, nous avons l'occasion en relevant le défi climatique de résoudre les multiples effets négatifs de la crise. En bref, nous pouvons inverser la route pour parvenir à un climat plus stable et en même temps à une économie plus juste... Cette perception croissante conduit à des alliances surprenantes et même improbables...Les peuples autochtones, les fidèles de divers confessions et les écologistes sont amenés à travailler ensemble plus que jamais. Certes, nous ne sommes pas d'accord sur tout....mais nous savons que les enjeux sont si élevés, le temps si court et si grande la tâche que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser ces différences nous diviser. Lorsque quatre cent mille personnes ont défilé pour la justice climatique à New York, le mot d'ordre était Pour tout changer, nous avons besoin de tout le monde... A la Conférence de Paris, ce sera tolérance zéro à l'échec des travaux, surtout si les responsables le transformaient en succès médiatique. Si l'accord sur des réductions immédiates d'émissions de gaz n'allait pas de pair avec un soutien réel et substantiel aux pays pauvres, ce serait un échec cuisant.''


''Ce que nous devons toujours nous rappeler, a conclu Mme.Naomi Klein, c'est qu'il n'est pas trop tard pour inverser le processus dangereux qui nous porterait à un réchauffement de quatre degrès. En fait, nous pourrions encore maintenir le réchauffement en dessous de 1,5 degrés si nous considérons la priorité collective. Ce sera sans aucun doute aussi difficile que les rationnements...en temps de guerre. Il faut relancer des programmes ambitieux de réduction de la pauvreté et des infrastructures comme à la suite de la grande dépression... Cest difficile mais pas impossible. Pas question donc de renoncer à une tâche qui pourrait sauver d'innombrables vies et prévenir beaucoup de souffrances, simplement parce que c'est difficile et trop coûteux.''

Message pour le Dimanche de la mer


Cité du Vatican, 1 juillet 2015 (VIS). Le Conseil pontifical pour la pastorale des migrations publie ce jour le Message pour le Dimanche de la mer (12 juillet). En voici le texte: "Pour transporter les marchandises et les produits dans le monde entier, l'économie mondiale s'appuie en large mesure sur l'industrie maritime, soutenue par une force de travail de 1,2 millions de marins environ qui, sur les mers et les océans, pilotent des bateaux de tous genres et toutes dimensions et, souvent, affrontent les forces puissantes de la nature. Du fait que les ports sont construits loin des villes, et en raison de la rapidité du chargement et déchargement des marchandises, les équipages de ces bateaux sont souvent des personnes "invisibles". En tant qu'individus, et bien que ne reconnaissant pas l'importance et les avantages que la profession de marin apporte à notre vie, nous avons conscience de leur travail et de leurs sacrifices uniquement lorsque se produit quelque tragédie. Malgré le développement technologique qui rend la vie à bord plus confortable et facilite la communication avec les personnes qu'ils aiment, les marins sont contraints à passer de longs mois dans un espace restreint, loin de leurs familles. Des normes restrictives et injustes les empêchent souvent de descendre à terre lorsque le bateau est au port, et la menace permanente de la piraterie sur de nombreuses routes maritimes ajoute encore du stress pendant la navigation. Nous sommes toujours convaincus que la ratification et l'entrée en vigueur de la Convention du travail maritime (2006) dans un nombre croissant de pays, accompagnées de contrôles efficaces de la part des gouvernements individuellement, se traduiront par une amélioration concrète des conditions de travail à bord de tous les bateaux".

"La situation actuelle de guerre, violence et instabilité politique dans différents pays, a créé un phénomène nouveau qui conditionne le secteur des transports maritimes. Depuis l'année dernière, avec la Garde-côte et les forces navales d'Italie, de Malte et de l'Union européenne, les navires marchands qui transitent en Méditerranée sont activement engagés dans ce qui est devenu le sauvetage quotidien de milliers et milliers de migrants qui tentent d'atteindre les côtes italiennes principalement sur tous les types possibles d'embarcations surchargées et inappropriées à la navigation. Depuis des temps immémoriaux, les marins honorent le devoir de prêter assistance aux personnes se trouvant en difficulté en mer, dans m'importe quelles conditions. Cependant, comme d'autres organisations maritimes l'ont souligné, pour les navires marchands sauver les migrants en mer demeure un risque pour la santé, le bien-être et la sécurité des équipages eux-mêmes. Les bateaux de commerce sont projetés pour transporter des marchandises (containers, pétrole, gaz, etc...), tandis que les services de bord (logement, cuisine, toilettes, etc...) sont construits en fonction du nombre limité des membres de l'équipage. Aussi, ces navires ne sont pas équipés pour fournir une assistance à un nombre important de migrants. Les marins sont professionnellement qualifiés dans leur travail et formés pour gérer certaines situations d'urgence, mais le sauvetage de centaines d'hommes, femmes et enfants qui cherchent frénétiquement à monter à bord pour se mettre en sécurité est quelque chose pour laquelle aucun cours de formation dispensé dans les écoles maritimes les a préparés. De plus, l'effort mis en acte pour sauver le plus grand nombre possible de personnes, et parfois la vision de corps sans vie flottant dans la mer, représentent une expérience traumatisante qui laisse les membres des équipages épuisés et stressés au plan psychologique, au point d'avoir besoin d'un soutien psychologique et spirituel spécifique".


"En ce Dimanche de la mer, en tant qu'Eglise catholique nous voulons exprimer toute notre gratitude aux marins en général, pour leur contribution fondamentale au commerce international. Cette année plus particulièrement, nous avons à cœur de reconnaître l'immense effort humanitaire accompli par les équipages des navires marchands qui, sans aucune hésitation et parfois au risque de leur propre vie, ont fait tout ce qu'ils ont pu dans de nombreuses opérations de sauvetage, en sauvant la vie de milliers de migrants. Notre reconnaissance va aussi à tous les aumôniers et aux volontaires de l'apostolat de la mer, pour leur engagement au service des gens de la mer, pour une présence dans les ports qui est le signe de l'Eglise parmi eux...du visage compatissant et miséricordieux du Christ. Pour conclure, en appelant aux gouvernants européens et des pays d’origine des flux migratoires, ainsi qu’aux organisations internationales pour qu'ils collaborent dans la recherche d'une solution politique durable et définitive, qui mette fin à l'instabilité que connaissent ces pays, nous demandons aussi que davantage de ressources puissent être employées non seulement pour des missions de recherche et de secours, mais aussi pour prévenir la traite et l'exploitation de personnes fuyant des conditions de conflit et de pauvreté". 

Le terrorisme est l'antithèse des valeurs et de la paix


Cité du Vatican, 1 juillet 2015 (VIS). Hier à Genève l'Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-Unies est intervenu devant la XXIX session des Droits de l'Homme, dans le cadre d'une table ronde sur les effets du terrorisme et le droit des gens au respect des libertés fondamentales: 'La délégation du Saint-Siège, a déclaré Mgr.Silvano M.Tomasi, "tient surtout dénoncer les actes terroristes commis au nom de la religion... Le terrorisme est un moyen politique pour influencer le comportement des pays et des sociétés, et atteindre des objectifs par la peur. Les actes de terrorisme entraînant la destruction des droits de l'homme, des libertés politiques et de la primauté du droit. Le terrorisme est l'antithèse des valeurs et des engagements communs qui sont la base de la coexistence pacifique nationale comme internationale. En fait, avec la prolifération du terrorisme et de l'impunité dont jouissent ses responsables...on assiste à une mondialisation de la terreur... Cette situation nécessite une volonté cohérente des principaux acteurs politiques pour traiter et résoudre le problème du terrorisme mondial et éliminer ses effets désastreux... Le Saint-Siège est profondément convaincu de ce que le terrorisme, en particulier les formes qui sont dérivés de l'extrémisme religieux, doivent être abordé de manière concertée entre toutes les parties intéressées, locales et régionales, ainsi qu'avec les grands acteurs internationaux, dont le rôle est essentiel dans la négociation et la recherche des solutions diplomatiques destinées à protéger les vies humaines et la stabilité des régions touchées. La réponse au terrorisme ne peut être seulement militaire. La participation politique de tous, des systèmes juridiques équitables et l'élimination de toutes les formes de soutien public et privé aux organisations terroristes sont les réponses mais aussi la prévention du terrorisme. Il est également important de se rappeler l'obligation que les états doivent adopter afin de protéger leurs ressortissants. Et, lorsque c'est impossible, leur devoir de collaborer avec d'autres autorités régionales afin de lutter contre les menaces posées par les groupes terroristes."
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