Cité
du Vatican, 30 novembre 2013 (VIS). Le Conseil de surintendance de
l'Institut pour les oeuvres de religion (IOR) a nommé (effet
immédiat) avec l'approbation de la Commission cardinalice M.Rolando
Marracini, Vice Directeur depuis le 1 juillet dernier.
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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
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lundi 2 décembre 2013
ENVOYE SPECIAL AU NICARAGUA
Cité
du Vatican, 30 novembre 2013 (VIS). Aujourd'hui a été rendue
publique la lettre latine (29 novembre) par laquelle le Saint-Père a
nommé le Cardinal Nicolás de Jesús López Rodríguez, Archevêque
de Santo Domingo (République Dominicaine) son Envoyé spécial à la
clôture de la célébration du premier centenaire de la province
ecclésiastique de Managua (Nicaragua, 2 décembre). Il sera
accompagné de l'Abbé Julio César Arana González, Curé de la
paroisse St.Jude et Thaddée de Managua, et de l'Abbé Alfonso
Alavarado Lugo, Recteur du sanctuaire national de Rivas. Il substitue
le Cardinal Jorge Liberato Urosa Savino, Archevêque de Caracas
(Venezuela), nommé le 23 novembre, empêché pour raison de santé.
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 30 novembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a:
Confirmé
le Cardinal Zenon Grocholewski dans sa charge de Préfet de la
Congrégation pour l'éducation catholique.
Confirmé
Mgr.Angelo Vincenzo Zani dans sa charge de Secrétaire de la
Congrégation pour l'éducation catholique.
Nommé
Membres de la Congrégation pour l'éducation catholique: Le Cardinal
Béchara Boutros Raï, OMM, Patriarche maronite, le Cardinal Odilo
Pedro Scherer, Archevêque de São Paulo, le Cardinal John Njue,
Archevêque de Nairobi, le Cardinal Timothy Michael Dolan, Archevêque
de New York, le Cardinal John Tong Hon, Evêque de Hong Kong, le
Cardinal Luis Antonio G.Tagle, Archevêque de Manille, le Cardinal
Kurt Koch, Président du Conseil pontifical pour l'unité des
chrétiens, Mgr.Beniamino Stella, Préfet de la Congrégation pour le
clergé, Mgr.Ricardo Ezzati Andrello, SDB, Archevêque de Santiago de
Chile, Mgr.Marek Jędraszewski, Archevêque de Łódź, Mgr.Jorge
Carlos Patrón Wong, Secrétaire pour les séminaires de la
Congrégation pour le clergé.
Confirmé
dans leur charge de Membre de la Congrégation pour l'éducation
catholique: Les Cardinaux Antonio María Rouco Varela, Christoph
Schönborn, OP, Audrys Juozas Bačkis, Oscar Andrés Rodríguez
Maradiaga, SDB, José da Cruz Policarpo, Peter Kodwo Appiah Turkson,
Josip Bozanić, Péter Erdö, Marc Ouellet, PSS, Jean-Pierre Ricard,
Oswald Gracias, Laurent Monsengwo Pasinya, Reinhard Marx, Thomas
Christopher Collins, Willem Jacobus Eijk, Leonardo Sandri, Gianfranco
Ravasi, Fernando Filoni, João Braz de Aviz, Edwin Frederick O'Brien,
Mgr.Alfredo Horacio Zecca, Mgr.Gerhard Ludwig Müller et Mgr.Charles
Morerod, OP.
Nommé
le P.Raúl Biord Castillo, SDB, Evêque de La Guaira (superficie
1.497, population 388.000, catholiques 352.000, prêtres 50, diacres
2, religieux 55), au Venezuela. L'Evêque élu, né en 1962 à
Caracas (Venezuela), a émis ses voeux religieux en 1987 et a été
ordonné prêtre en 1989. Jusqu'ici Vicaire de la Province de son
ordre pour le Venezuela, Docteur en théologie, il a été professeur
et Recteur de l’Institut universitaire salésien de Los Teques.
Nommé
le P.Patrick Chisanga, OFM.Conv, Evêque de Mansa (superficie
51.000, population 1.162.000, catholiques 434.000; prêtres 55,
diacres 2, religieux 89), en Zambie. L'Evêque élu, né en 1971 à
Kamuchanga (Zambie), a émis ses voeux religieux en 1998 et a été
ordonné prêtre en 1999. Il était jusqu'ici professeur près le
St.Bonaventure College de Lusaka. Diplômé en théologie et
philosophie, il a été professeur, curé de paroisse et Ministre
provincial de son ordre pour la Zambie.
Nommé
Mgr.Andrea Turazzi, Evêque de San Marino - Montefeltro (superficie
800, population 68.341, catholiques 61.696, prêtre 71, diacres 8,
religieux 77), en Italie et Saint-Marin. L'Evêque élu, né en 1948
à Stellata di Bondeno (Italie) et ordonné prêtre en 1972, était
jusqu'ici Curé de la paroisse de la Ste.Famille à Ferrara (Italie).
Licencié en théologie, il a été directeur spirituel au séminaire
diocésain de Ferrare, coordinateur des offices pastoraux du diocèse,
délégué au diaconat permanent et membre du Presbyterium.
Nommé
Mgr.Alain de Raemy, Auxiliaire de l'Evêque de Lausanne - Genève -
Fribourg (superficie 5.557, population 1.619.000, catholiques
703.000, prêtres 508, diacres 25, religieux 1.185), en Suisse.
L'Evêque élu, né en 1959 à Barcelone (Espagne) et ordonné prêtre
en 1986, était jusqu'ici Aumônier de la Garde Suisse Pontificale.
Licencié en théologie, il a été Curé de la paroisse du Christ
Roi à Fribourg puis Chanoine de la cathédrale.
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 2 décembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Le
Cardinal Julio Terrazas Sandoval.
Le
Cardinal Willem Jacobus Eijk, Archevêque d'Utrecht, accompagné de
ses Auxiliaires, Mgr.Theodorus Cornelius Maria Hoogenboom et
Mgr.Herman Willebrodus Woorts, en visite Ad Limina.
Mgr.Johannes
Wilhelmus Maria Liesen, Evêque de Breda, en visite Ad Limina.
Mgr.Gerard
Johannes Nicolaas de Korte, Evêque de Groningen - Leeuwarden, en
visite Ad Limina.
Mgr.Joseph
Maria Punt, Evêque de Haarlem - Amsterdam et Administrateur
apostolique de l'Ordinariat militaire, accompagné de son Auxiliaire
Mgr.Johannes Willibrodus Maria Hendriks et de l'ancien Auxiliaire
Mgr.Johannes Gerardus Maria Van Burgsteden, en visite Ad Limina.
Mgr.Franciscus
Jozef Maria Wiertz, Evêque de Roermond, accompagné de son
Auxiliaire Mgr.Everardus Johannes de Jong, en visite Ad Limina.
Mgr.Johannes
Harmannes Jozefus Van den Hende, Evêque de Rotterdam, en visite Ad
Limina.
Mgr.Antonius
Lambertus Maria Hurkmans, Evêque de 's-Hertogenbosch, accompagné de
son Auxiliaire Mgr.Robertus Gerardus Leonia Maria Mutsaerts, en
visite Ad Limina.
Samedi
dernier, 30 novembre, il avait reçu le Cardinal Marc Ouellet, PSS,
Préfet de la Congrégation pour les évêques.
vendredi 29 novembre 2013
RENCONTRE INFORMELLE AVEC LES SUPERIEURS GENERAUX
Cité
du Vatican, 29 novembre 2013 (VIS). Le
Saint-Père s'est longuement entretenu ce matin
avec les participants à la 82 assemblée générale de l'Union des
supérieurs généraux (27 - 28 novembre). Les débats ont porté sur
la manière de faire face aux défis du monde religieux en
s'inspirant du magistère, de l'exemple et des recommandations du
Pape François, qui a décidé de discuter librement pendant trois
heures avec ses hôtes et de ne pas leur tenir le traditionnel
discours. Le premier groupe de questions, a précisé le P.Federico
Lombardi, a porté sur l'identité et la mission de la vie consacrée.
Le Pape a affirmé que si la radicalité est demandée à chaque
chrétien, les religieux sont appelés à suivre le Seigneur d'une
manière particulière. La vie religieuse étant prophétie il
convient d'aller au loin comme l'a fait le Seigneur. Interrogé
ensuite sur les vocations, il a indiqué que des Eglises jeunes
apportent de nouvelles vocations, un phénomène qui oblige à
repenser l'inculturation des charismes. L'Eglise doit demander pardon
et avoir honte de ses échecs apostoliques dus à des
incompréhensions comme dans le cas de Matteo Ricci. Puis il a
insisté sur l'importance d'une formation fondée sur le spirituel,
l'intellectuel, la communauté et l'élan apostolique. Il faut
absolument éviter toutes les formes d'hypocrisie de cléricalisme au
profit d'un dialogue ouvert et franc sur tous les aspects de la vie,
agir en artisans non en policiers. Interrogé sur l'aspect fraternel,
il en a souligné la grande force à condition d'éviter tout
conflit. Quant aux rapports entre les diocèses et les ordres
religieux, le Pape a fait part de son expérience et dit que les
évêques doivent comprendre que les religieux ne sont pas de simples
renforts, mais qu'ils apportent des charismes particuliers aux
diocèses. Enfin à propos de la frontière de la mission religieuse,
il a rappelé que tout repose sur l'usage des charismes. Et que les
contextes marginalisés demeurent des priorités d'action, avec toute
l'importance de l'assistance culturelle, scolaire et universitaire.
Les axes de l'éducation restent la transmission du savoir, des
savoirs faire et des valeurs, car ainsi c'est la foi qui est
transmise. L'éducateur doit toujours être à la hauteur de ses
élèves en s'interrogeant sur la manière de leur annoncer le Christ
dans une société en mutation. Avant de saluer les 120 supérieurs
d'ordres religieux, qu'il a chaleureusement remercié pour ce dont
ils témoignent, succès et difficultés, le Pape François a annoncé
que 2015 serait réservé à la vie consacré.
INTENTIONS DE PRIERE POUR DECEMBRE
Cité
du Vatican, 29 novembre 2013 (VIS). L'intention de prière générale
du Saint-Père pour décembre est: "Pour que les enfants
abandonnés ou victimes de violences puissent trouver l'amour et la
protection dont ils ont besoin".
Son
intention missionnaire est: "Pour que, éclairés par la lumière
du Verbe Incarné, les chrétiens préparent l'humanité à l'Avent
du Sauveur".
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 29 novembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Mgr.José
Luis Gerardo Ponce de León, IMC, Evêque de Manzini (superficie
17.364, population 1.118.000, catholiques 58.000, prêtres 30,
religieux 76), au Swaziland. Il était jusqu'ici Vicaire apostolique
d'Ingvavuma (Swaziland).
L'Abbé
Aleh Butkevich, Evêque Vitebsk (superficie 40.100, population
1.446.000, catholiques 170.000, prêtres 103, religieux 114), en
Biélorussie. L'Evêque élu, né en 1972 à Braslau (Biélorussie)
et ordonné prêtre en 2000, était jusqu'ici Curé de la paroisse
St.Antoine de Padoue à Vitebsk.
L'Abbé
Yury Kasabutski, Auxiliaire de l'Archevêque de Minsk - Mohilev
(Biélorussie). L'Evêque élu, né en 1970 à Maladechna
(Biélorussie) et ordonné prêtre en 1996, était jusqu'ici
Chancelier de ce même diocèse. Il a enseigné, a administré une
paroisse et a été à la tête du secrétariat de la Conférence
épiscopale biélorusse.
Mgr.Iosif
Staneuski, Auxiliaire de l'Evêque de Grodno (Biélorussie). L'Evêque
élu, né en 1969 à Zanievichy (Biélorussie) et ordonné prêtre en
1995, était jusqu'ici Recteur du grand séminaire de ce même
diocèse. Licencié en droit canonique, il a été enseignant, membre
du conseil épiscopal, responsable de la formation des jeunes prêtres
et coordinateur de la pastorale des vocations.
jeudi 28 novembre 2013
DIALOGUE INTER-RELIGIEUX ET RESPECT DE LA DIVERSITE
Cité
du Vatican, 28 novembre 2013 (VIS). Ce
matin le Saint-Père a reçu l'assemblée plénière du Conseil
pontifical pour le dialogue inter-religieux, qui venait de traiter de
la présence des diverses traditions religieuses dans la société:
L'Eglise catholique, a dit le Pape François à ses hôtes, "est
consciente de l'importance de l'amitié et du respect entre les
personnes de religions différentes, d'autant que le monde s'est en
quelque sorte rapetissé. L'accroissement du phénomène migratoire
multiplie les contacts inter-personnels et inter-communautaires, au
plan culturel et religieux également. Cela interpelle la conscience
chrétienne et constitue un défi à notre perception de la foi dans
la vie concrète de...très nombreux fidèles". Citant son
exhortation Evangelii Gaudium, il a réaffirmé que "l'ouverture
d'esprit dans la vérité et l'amour doit caractériser le dialogue
avec les fidèles des religions non chrétiennes, quelques soient les
obstacles et les difficultés, et mêmes les fondamentalismes de tout
bord. Les situations délicates ne manquent pas, surtout lorsque des
aspects politiques ou économiques se superposent aux différences
culturelles et religieuses, et attisent les incompréhensions et les
erreurs du passé... Il n'y a qu'une voie pour dépasser la peur et
le préjugé, le dialogue et la rencontre dans le respect et
l'amitié. Dialoguer ne veut pas dire renoncer à son identité, ni
céder au compromis en matière de foi et de morale chrétienne face
à l'autre. L'ouverture d'esprit authentique implique de maintenir
fermement nos convictions profondes, de manière claire et joyeuse,
afin de mieux comprendre les raisons de l'autre... La rencontre avec
qui est différent doit être une occasion de grandir en fraternité,
mais aussi d'enrichir le témoignage. C'est pour cela que dialogue
inter-religieux et évangélisation ne s'excluent pas mais
s'alimentent l'un l'autre. Sans rien imposer, sans calculer comment
attirer des fidèles, nous devons au contraire témoigner simplement
de ce que nous croyons et de ce que nous sommes. Un dialogue dans
lequel chacun ferait l'impasse sur son credo, faisant semblant de
renoncer à ce qu'il a de plus cher, serait faux. On serait en
présence d'une fausse amitié". Le dialogue inter-religieux
"sert à surmonter une autre peur, courante et croissante dans
les sociétés les plus sécularisées, la défiance envers toute
dimension religieuse... Pour cette pensée, l'appartenance religieuse
devrait être strictement privée, reléguée dans sorte d'espace
neutre, sans référence à la transcendance... Comment serait-il
alors possible de bâtir une société qui soit une vraie maison
commune, en marginalisant tout ce que chacun retient comme
essentiel?... Certes tout doit advenir dans le respect des
convictions de chacun, y compris de qui ne croit pas, mais on doit
avoir le courage et la patience de nous rencontrer les uns les autres
pour ce que nous sommes. L'avenir de la concorde sociale réside dans
le respect de la diversité et non dans un domination de la pensée
unique faussement neutre. Il est donc indispensable de reconnaître
le droit fondamental à la liberté religieuse sous ses diverses
formes. Le magistère de l'Eglise s'est exprimé avec insistance sur
cela ces dernières décennies. C'est par là que passe la
pacification du monde".
NOMINATION D'UN DELEGUE PAPAL
Cité
du Vatican, 28 novembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé
Mgr.Alfred Xuereb, son Délégué près la Commission pontificale de
contrôle de l'Institut pour les Oeuvres de Religion et près la
Commission pontificale d'études sur l'organisation économique et
administrative du Saint-Siège. Commentant cette nomination, le
P.Federico Lombardi, Directeur de la Salle de Presse, a dit aux
journalistes que le Pape François n'avait fait qu'officialiser le
rôle que son secrétaire particulier jouait depuis un certain temps.
AUDIENCES
Cité
du Vatican, 28 novembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Mgr.Gerhard
Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la
foi.
Mgr.Diego
Causero, Nonce apostolique en Suisse et au Liechtenstein.
Mgr.Luigi
Pezzuto, Nonce apostolique en Bosnie - Herzégovine et au Montenegro.
Frère
Alois, Prieur de Taizé.
mercredi 27 novembre 2013
LE CHRETIEN NE CRAINT PAS LA MORT
Cité
du Vatican, 27 novembre 2013 (VIS). Durant l'audience générale
tenue ce matin Place St.Pierre en présence de 50.000 fidèles, le
Pape François a annoncé conclure le cycle des catéchèses sur le
Credo pour l'Année de la foi en évoquant aujourd'hui le mourir
chrétien et mercredi prochain la résurrection de la chair. Après
avoir félicité l'assemblée pour être venue malgré le froid, il
affirmé qu'il existe une manière erronée d'envisager la mort, qui
tous frappe tous: "Nous nous interrogeant fortement surtout
lorsque la mort nous touche de près. Lorsque meurent des enfants,
des êtres sans défense, cela nous scandalise. Pourquoi les enfants
meurent? Je l'ai souvent entendu dire. Envisagée comme la fin de
tout, la mort fait peur et devient une menace...qui interrompt tout.
Cette vision s'impose lorsqu'on conçoit la vie strictement limitée
entre la naissance et la mort, sans croire dans un horizon qui
dépasse le présent, comme si l'on vivait sans que Dieu exista.
C'est la pensée athée qui voit dans la vie le résultat du hasard
et un cheminement vers le néant. Pris par cette vision fausse de la
mort, on en vient à occulter la mort, à la nier et à la banaliser.
Elle fait peur. Heureusement le coeur humain se révolte face à
cette interprétation car elle nie son attente de l'infini et de
l'éternel. Quel est donc la signification chrétienne de la mort?".
Lorsqu'on perd un être cher, au-delà du chagrin, "l'instinct
puissant que nous possédons nous dit que la vie ne finit pas avec la
mort... Notre coeur nous dit avec certitude que ce n'est pas la fin
de tout... Dans cette perspective on comprend l'invitation de Jésus
à être prêts et vigilants, sachant que la vie terrestre prépare
la vie céleste. Se bien préparer à la mort est une sécurité, en
restant au contact de Jésus dans la prière, les sacrements, la
pratique de la charité. N'oublions jamais qu'il est présent dans
les plus faibles et dans les plus besogneux, qu'il s'est identifié à
eux dans la célèbre parabole du jugement dernier". Tout ce que
vous avez fait au plus petit, a dit le Seigneur, "c'est à moi
que vous l'avez fait. Il est donc extrêmement utile de retrouver le
sens profond de la charité chrétienne et du partage fraternel, du
soin à donner aux blessures du prochain, physiques comme
spirituelles... Qui pratique la miséricorde ne peut craindre la mort
parce qu'il la voit dans son frère blessé et la surmonte au moyen
de l'amour du Christ".
SALUT AUX GRECO-CATHOLIQUES
Cité
du Vatican, 27 novembre 2013 (VIS). Parmi
les saluts particuliers ayant suivi la catéchèse, le Saint-Père
s'est adressé aux nombreux pèlerins
greco-catholiques d'Ukraine (et de Biélorussie), conduits par leur
Archevêque Majeur SB Sviatoslav Shevchuk.
Venus à Rome dans le cadre de l'Année de la foi, il ont prié
sur les tombes des apôtres Pierre et Paul et ont célébré le 50
anniversaire du dépôt des reliques de saint Josaphat en la
Basilique vaticane: "Que l'exemple de saint
Josaphat, qui offrit sa vie pour le Seigneur et pour l'unité de
l'Eglise, vous encourage à améliorer votre communion avec vos
frères" chrétiens. Puis il les a confiés à la protection de
la Vierge et de saint Josaphat. Elle l'honneur de ce pèlerinage, la
lecture évangélique précédent la catéchèse papale a été
proposée également en ukrainien.
LE PAPE REÇOIT DES ENFANTS MALADES
Cité
du Vatican, 27 novembre 2013 (VIS). Avant l'audience générale, le
Pape a rencontré Salle Paul VI, une groupe de fillettes atteintes
par la maladie de Rett, une pathologie neurologique congénitale rare
qui affecte en particulier le langage et la coordination motrice.
Bénissant et embrassant une à une les petites malades, il a demandé
à la Vierge de les protéger, ainsi que leurs familles.
INITIATIVE DE "COR UNUM" EN FAVEUR D'ENFANTS SYRIENS
Cité
du Vatican, 27 novembre 2013 (VIS). Ce
matin près la Salle de Presse, le Cardinal Robert Sarah, Président
du Conseil pontifical Cor Unum, a présenté la Mission sanitaire
pour les enfants syriens réfugiés au Liban. Il était assisté du
Président de la Caritas libanaise, du Président et de la
Responsable du département dermatologique de l'hôpital Bambino
Gesù: Reprenant ce qu'avait déclaré le Pape, le Cardinal a dit
qu'aider les syriens, quelque soit leur appartenance ethnique ou
religieuse, est le moyen le plus direct d'aider à la pacification et
à la construction d'une société libre et pluraliste. C'est de là
qu'est né ce projet particulier: "Nous avons pensé que le plus
beau cadeau que l'on pouvait faire aux enfants souffrant des
conséquences du conflit syrien était de leur rendre le sourire...de
les aider dans leur croissance matérielle et spirituelle".
Selon l'agence des Nations-Unies pour les réfugiés il y a
aujourd'hui plus de deux millions de syriens réfugiés dans les pays
environnant, plus de 700.000 au Liban, 515.000 en Jordanie et 480.000
en Turquie, à 52 % des mineurs. Pour coordonner la distribution de
l'aide des différents organismes caritatifs catholiques, un bureau
régional a été ouvert à Beyrouth en juin dernier. Fruit de leur
collaboration, et agissant dans "une région de grande valeur
historique et spirituelle pour le christianisme", il témoigne
de la mission universelle de l'Eglise et montre ses capacités
d'action. "Tel est le langage que toute l'Eglise entend
utiliser...envers tous ceux qui sont dans le besoin et en situation
de pauvreté, qu'elle soit matérielle ou spirituelle". Cette
mission, qui sera opérationnelle début décembre pour une durée
initiale de trois mois, devrait atteindre de 3 à 4.000 enfants ayant
besoin de soins médicaux. L'Eglise catholique a débloqué 78
millions de US$ pour faire face à tous les volets de l'aide aux
réfugiés.
PROGRAMME DU PAPE EN NOVEMBRE, DECEMBRE ET JANVIER
Cité
du Vatican, 27 novembre 2013 (VIS). Voici les cérémonies que
présidera le Pape François en novembre, décembre et janvier
prochains:
NOVEMBRE
Samedi
30: En la Basilique vaticane à 17 h 30', premières vêpres d'Avent
avec les étudiants de Rome.
DECEMBRE
Dimanche
1: Visite à la paroisse St.Cyrille d'Alexandrie, messe à 18 h.
Dimanche
8: Place d'Espagne à 16 h, vénération mariale au pied de la
Colonne de l'Immaculée.
Mardi
24: Basilique vaticane à 21 h 30', messe de Minuit.
Mercredi
25: Place St.Pierre à midi, bénédiction Urbi et Orbi.
Mardi
31: Basilique vaticane à 17 h, premières vêpres de la Mère de
Dieu et Te Deum de fin d'année.
JANVIER
Mercredi
1: Basilique vaticane à 10 h, messe de la Solennité de Marie, Mère
de Dieu, et XLVII Journée mondiale de la paix.
Lundi
6: Basilique vaticane à 10 h, messe de l'Epiphanie.
Dimanche
12: Chapelle Sixtine à 9 h 45', messe de baptême de nouveaux nés.
AUTRES ACTES PONTIFICAUX
Cité
du Vatican, 27 novembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a nommé
Mgr.Benjamin-Marc Balthason Ramaroson, CM, Archevêque d'Antsiranana
(superficie 37.924, population 1.431.000, catholiques 590.796,
prêtres 65, religieux 181), à Madagascar. Jusqu'ici Evêque de
Farafangana (Madagascar), il succède à Mgr.Michel Melo, dont la
renonciation a été accepté pour limite d'âge.
mardi 26 novembre 2013
RESUME DE L'EXHORTATION "EVANGELII GAUDIUM"
Cité
du Vatican, 26 novembre 2013 (VIS). "La
joie de l’Evangile
remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus":
c’est par ces mots que s’ouvre l’exhortation apostolique
Evangelii Gaudium dans laquelle le Pape François développe le thème
de l’annonce de l’Evangile dans le monde actuel, en se basant,
entre autres, sur la contribution offerte par les travaux du Synode
qui s’est déroulé au Vatican du 7 au 28 octobre 2012 ("La
nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi
chrétienne"). Après l'encyclique Lumen Fidei, rédigée en
collaboration avec Benoît XVI, Evangelii Gaudium est le premier
texte entièrement de la main du Pape François. Je désire,
écrit-il, "m’adresser aux fidèles chrétiens, pour les
inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette
joie et indiquer des voies pour la marche de l’Eglise dans les
prochaines années ". Il s’agit d’un appel vibrant à tous
les baptisés afin que, avec une ferveur et un dynamisme nouveaux,
ils portent à leurs prochains l’amour de Jésus dans un "état
permanent de mission", en évitant "le grand risque du
monde d’aujourd’hui, celui de tomber dans "une tristesse
individualiste".
Le
Pape invite à "retrouver la fraîcheur originale de
l’Evangile", en cherchant "de nouvelles voies" et
"des méthodes créatives", et à ne pas enfermer Jésus
dans nos "schémas ennuyeux". Il faut une "conversion
pastorale et missionnaire, qui ne peut laisser les choses comme elles
sont" et une "réforme des structures" ecclésiales
pour les rendre plus missionnaires. Le Souverain Pontife pense aussi
à une "conversion de la papauté" pour qu’elle soit
"plus fidèle à la signification que Jésus Christ entend lui
donner et aux besoins actuels de l’évangélisation". Le
souhait que les Conférences épiscopales puissent offrir leur
contribution afin que "le sentiment collégial se réalise
concrètement ne s’est pas pleinement réalisé". Il est
nécessaire de procéder à une "décentralisation salutaire".
Dans ce processus de renouveau, il ne faut pas avoir peur de réviser
certaines coutumes de l’Eglise qui ne sont pas "directement
liées au cœur de l’Evangile…certains usages s’étant très
enracinés dans le cours de l’histoire".
Pour
témoigner de l’accueil de Dieu, il faut "avoir partout des
Eglises avec les portes ouvertes" afin que ceux qui cherchent ne
rencontrent pas "la froideur d’une porte close". "Même
les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n’importe
quelle raison". Ainsi, l’Eucharistie "n’est pas un prix
destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour
les faibles. Ces convictions ont aussi des conséquences pastorales
que nous sommes appelés à considérer avec prudence et audace".
Le Pape réaffirme qu’il préfère une Eglise "accidentée,
blessée et sale pour être sortie dans la rue, plutôt qu’une
Eglise malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses
propres sécurités. Je ne veux pas une Eglise préoccupée d’être
le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de
fixations et de procédures. Si quelque chose doit saintement nous
préoccuper…c’est que tant de nos frères vivent" sans
l’amitié de Jésus-Christ.
Le
Pape énonce ensuite les tentations auxquelles sont exposés les
agents pastoraux, de l'individualisme à la crise d’identité et au
déficit de ferveur. "La plus grande menace" c’est "le
triste pragmatisme de la vie quotidienne de l’Eglise, dans lequel
apparemment tout arrive normalement, alors qu’en réalité, la foi
s’affaiblit". Le Pape exhorte à ne
pas se laisser saisir par un "pessimisme stérile" à être
des signes d’espérance en réalisant la "révolution de la
tendresse". Il faut repousser la "spiritualité du
bien-être" qui refuse "les engagements fraternels" et
vaincre "la mondanité spirituelle" qui "consiste à
rechercher, au lieu de la gloire du
Seigneur, la gloire humaine". Le Pape
parle de ceux qui "se sentent supérieurs aux autres" parce
qu’ils sont "inébranlablement
fidèles à un certain style catholique propre au passé"
et qui "au lieu d’évangéliser,
analysent et classifient les autres"
et de ceux qui manifestent "un soin
ostentatoire de la liturgie, de la doctrine ou du prestige de
l’Eglise, mais sans que la réelle insertion de l’Evangile
dans le Peuple de Dieu les préoccupe".
Il s’agit là "d’une terrible
corruption sous l’apparence du bien…
Que Dieu nous libère d’une Eglise
mondaine sous des drapés spirituels et pastoraux!".
Le
Pape demande aux communautés ecclésiales de ne pas se laisser aller
à l’envie et à la jalousie: "A
l’intérieur du Peuple de Dieu et dans les diverses communautés,
que de guerres!". "Qui
voulons-nous évangéliser avec de tels comportements?". Il
souligne la nécessité d’accroître la responsabilité des laïcs,
qui sont maintenus "en marge des décisions" par "un
cléricalisme excessif". Il affirme "qu’il faut encore
élargir les espaces pour une présence
féminine plus incisive dans l’Eglise",
en particulier "dans les divers lieux
où sont prises des décisions importantes".
"Les revendications des droits légitimes des femmes…ne
peuvent être éludées superficiellement". Les jeunes doivent
avoir un rôle plus important. Face à la pénurie des vocations dans
certaines régions, il affirme qu’on ne peut pas "remplir
les séminaires sur la base de n’importe quelles motivations".
Abordant
le thème de l’inculturation, le Pape rappelle que "le
christianisme n’a pas un seul modèle culturel" et que le
visage de l’Eglise est "multiforme". "Nous ne
pouvons pas prétendre que tous les peuples
de tous les continents, en exprimant la foi chrétienne, imitent les
modalités adoptées par les peuples européens à un moment précis
de leur histoire". Le Pape réaffirme
"la force évangélisatrice de la piété populaire" et
encourage la recherche des théologiens en les invitant à viser la
finalité évangélisatrice de l’Eglise et à ne pas se contenter
"d’une théologie de bureau".
Le
Pape s’attarde "avec soin sur les homélies" parce que
"nous ne pouvons pas rester sourds aux nombreuses réclamations
concernant cet important ministère". Les homélies "doivent
être brèves et éviter de ressembler à une conférence ou à un
cours", elles doivent savoir dire "des paroles qui font
brûler les cœurs", et surtout ne pas se limiter à faire la
morale et à vouloir endoctriner. Les homélies, il faut les
préparer: "Un prédicateur qui ne se prépare pas n’est pas
“spirituel”, il est malhonnête et irresponsable envers les dons
qu’il a reçus". "Une bonne homélie…doit contenir une
idée, un sentiment, une image". La prédication doit être
positive, offrir toujours l’espérance et ne pas laisser les
fidèles "prisonniers de la négativité". L’annonce de
l’Evangile elle-même doit avoir des connotations positives, la
"proximité, l'ouverture au dialogue, la patience, l'accueil
cordial qui ne condamne pas".
Evoquant
les défis du monde contemporain, il dénonce le système économique
actuel: "il est injuste à sa racine". "C’est une
économie qui tue" parce que c’est la "loi du plus fort"
qui prévaut. La culture actuelle du déchet a engendré "quelque
chose de nouveau": "Les exclus ne sont pas des exploités,
mais des déchets, des restes". Nous vivons "une tyrannie
invisible, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de
façon unilatérale et implacable", un "marché divinisé"
où règnent "la spéculation financière", "une
corruption ramifiée", "une évasion fiscale égoïste".
Le Pape dénonce les "atteintes à la liberté religieuse"
et les "nouvelles situations de persécution des chrétiens…
Dans de nombreux endroits, il s’agit plutôt d’une indifférence
relativiste diffuse". La famille traverse une crise culturelle
profonde". Réaffirmant "la contribution indispensable du
mariage à la société" il souligne que "l’individualisme
postmoderne et mondialisé favorise un style de vie qui affaiblit le
développement et la stabilité des liens entre les personnes, et qui
dénature les liens familiaux".
Le
Pape réaffirme par ailleurs "la connexion intime entre
évangélisation et promotion humaine" et le droit des Pasteurs
"d’émettre des opinions sur tout ce qui concerne la vie des
personnes". "Personne ne peut exiger de nous que nous
reléguions la religion dans la secrète intimité des personnes,
sans aucune influence sur la vie sociale et nationale". Il cite
Benoît XVI lorsqu’il affirme que l’Eglise "ne peut ni ne
doit rester à l’écart dans la lutte pour la justice". Pour
l’Eglise, l’option pour les pauvres est une catégorie
"théologique" avant d’être sociologique. "Pour
cette raison, je désire une Eglise pauvre pour les pauvres. Ils ont
beaucoup à nous enseigner". "Tant que ne seront pas
résolus radicalement les problèmes des pauvres…les problèmes du
monde ne seront pas résolus". "La politique tant dénigrée
-affirme-t-il encore- est…une des formes les plus précieuses de la
charité". "Je prie le Seigneur qu’il nous offre
davantage d’hommes politiques qui aient vraiment à cœur la vie
des pauvres!". Puis cet avertissement: Toute communauté de
l’Eglise qui oublie les pauvres "court aussi le risque de la
dissolution".
Le
Pape exhorte à prendre soin des plus faibles, "les sans-abris,
les toxicomanes, les réfugiés, les populations indigènes, les
personnes âgées toujours plus seules et abandonnées" et les
migrants et il encourage les nations "à une généreuse
ouverture". Il évoque les victimes de la traite et des
nouvelles formes d’esclavage: "Ce crime mafieux et aberrant
est implanté dans nos villes, et beaucoup ont les mains qui
ruissellent de sang à cause d’une complicité confortable et
muette". "Doublement pauvres sont les femmes qui souffrent
des situations d’exclusion, de maltraitance et de violence".
"Parmi les faibles dont l’Eglise veut prendre soin avec
prédilection" il y a "aussi les enfants à naître, qui
sont les plus sans défense et innocents de tous, auxquels on veut
nier aujourd’hui la dignité humaine". "On ne doit pas
s’attendre à ce que l’Eglise change de position sur cette
question… Ce n’est pas un progrès de prétendre résoudre les
problèmes en éliminant une vie humaine". Suit un appel au
respect de toute la création: "Nous sommes appelés à prendre
soin de la fragilité du peuple et du monde dans lequel nous vivons".
En
ce qui concerne le thème de la paix, le Pape affirme qu’il faut
des voix prophétiques car certains veulent instaurer une fausse paix
"qui servirait d’excuse pour justifier une organisation
sociale qui réduit au silence ou tranquillise les plus pauvres, de
manière à ce que ceux qui jouissent des plus grands bénéfices
puissent conserver leur style de vie". Pour la construction
d’une société bénéficiant de la paix, de la justice et de la
fraternité, le Pape indique quatre principes: "le temps est
supérieur à l’espace" cela veut dire "travailler à
long terme, sans être obsédé par les résultats immédiats".
"L’unité prévaut sur le conflit" cela veut dire œuvrer
afin que les oppositions parviennent à une "unité multiforme
qui puisse engendrer une nouvelle vie". "La réalité est
plus importante que l’idée" cela veut dire éviter que la
politique et la foi se réduisent à la rhétorique. "Le tout
est supérieur à la partie" cela veut dire mettre ensemble
globalisation et localisation.
L’évangélisation,
poursuit le Saint-Père, "implique aussi un chemin de dialogue"
qui permette à l’Eglise de collaborer avec toutes les réalités
politiques, sociales, religieuses et culturelles. L’œcuménisme
est "un chemin incontournable de l’évangélisation".
L’enrichissement réciproque est important: "Nous pouvons
apprendre tant de choses les uns des autres!", par exemple "dans
le dialogue avec les frères orthodoxes, nous les catholiques, nous
avons la possibilité d’apprendre quelque chose de plus sur le sens
de la collégialité épiscopale et sur l’expérience de la
synodalité"; "le dialogue et l’amitié avec les fils
d’Israël font partie de la vie des disciples de Jésus"; "le
dialogue inter-religieux", qui doit être mené "avec une
identité claire et joyeuse", est "une condition nécessaire
pour la paix dans le monde" et il n’éclipse pas
l’évangélisation; "La relation avec les croyants de l’Islam
acquiert à notre époque une grande importance": le Pape
implore "humblement" les pays de tradition musulmane
d’assurer la liberté religieuse aux chrétiens, "prenant en
compte la liberté dont les croyants de l’Islam jouissent dans les
pays occidentaux! Face au fondamentalisme violent qui nous inquiète,
l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter
à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable
Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute
violence". Et contre la tentative de privatiser les religions
dans certains contextes, il affirme que "le respect dû aux
minorités agnostiques et non croyantes ne doit pas s’imposer de
manière arbitraire qui fasse taire les convictions des majorités
croyantes ni ignorer la richesse des traditions religieuses". Le
Pape réaffirme l’importance du dialogue et de l’alliance entre
croyants et non-croyants.
Le
dernier chapitre est consacré aux évangélisateurs avec esprit,
"ceux qui s’ouvrent sans crainte à l’action de l’Esprit
Saint" qui "infuse la force pour annoncer la nouveauté de
l’Evangile avec
audace, (Parresia), à voix haute, en tout temps et en tout lieu,
même à contre-courant". Ces "évangélisateurs prient et
travaillent", en sachant que "la
mission est une passion pour Jésus mais, en même temps, une passion
pour son peuple": "Jésus veut que nous touchions la misère
humaine, la chair souffrante des autres". "Dans notre
rapport avec le monde nous sommes invités à rendre compte de notre
espérance, mais non pas comme des ennemis qui montrent du doigt et
condamnent". Pour être missionnaires, il faut chercher le bien
du prochain et désirer le bonheur des autres: "si je réussis à
aider une seule personne à vivre mieux, cela justifie déjà le don
de ma vie". Il invite à ne pas se décourager face aux échecs
ou aux faibles résultats parce que la "fécondité est souvent
invisible, insaisissable, elle ne peut pas être comptée";
"nous savons
seulement que notre don de soi est nécessaire". L’exhortation
s’achève par une prière à Marie "Mère de
l’évangélisation".
"Il y a un style marial dans l’activité évangélisatrice de
l’Eglise. Car, chaque fois que nous regardons Marie nous voulons
croire en la force révolutionnaire de la tendresse et de
l’affection".
Pour
lire ou décharger le document pontifical:
htpp://www.vatican.va/phome_fr.htm
PRESENTATION DE L'EXHORTATION APOSTOLIQUE
Cité
du Vatican, 26 novembre 2013 (VIS). Ce
matin, près la Salle de Presse, Mgr.Rino Fisichella, Président du
Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, Mgr.Lorenzo
Baldisseri, Secrétaire général du Synodes des évêques, et
Mgr.Claudio Celli, Président du Conseil pontifical pour les
communications sociales, ont présenté l'exhortation apostolique
Evangelii Gaudium (La joie de l'Evangile), écrite par le Saint-Père
dans le sillage du synode d'octobre 2012. Le document se compose de
222 pages divisées en une présentation et cinq chapitres (La
transformation missionnaire de l'Eglise, Dans la crise de
l'engagement communautaire, L'annonce de l'Evangile, Tout le peuple
de Dieu annonce l'Evangile, La dimension sociale de l'évangélisation,
Evangélisateurs avec l'Esprit). Voici le texte prononcé par
Mgr.Fisichella, avec les renvois de paragraphe des citations:
"L’Exhortation
apostolique du Pape François écrite à la lumière de la joie, pour
redécouvrir la source de l’évangélisation dans le monde
contemporain. C’est ainsi que l’on pourrait résumer le contenu
de ce nouveau document que le Pape François donne à l’Eglise pour
préciser les chemins que la pastorale doit emprunter dans un avenir
immédiat. C’est une invitation à retrouver une vision prophétique
et positive de la réalité, sans pour autant se cacher les
difficultés. Le Saint-Père nous encourage et nous engage à
regarder devant nous, au-delà de ce temps de crise, faisant une
nouvelle fois de la croix et de la résurrection du Christ l’étendard
de la victoire (85). A plusieurs reprises, le Pape fait référence
aux Propositiones du synode de 2012, montrant ainsi combien la
contribution du synode fut importante dans la rédaction de cette
exhortation. Le document va cependant plus loin que l’expérience
synodale. Le Pape y imprime non seulement sa propre expérience
pastorale, mais aussi l’invitation à accueillir le moment de grâce
que vit l’Eglise, afin d’avancer avec foi, conviction et
enthousiasme la nouvelle étape de l’évangélisation. Reprenant
l’enseignement de Evangelii nuntiandi de Paul VI, il place de
nouveau au centre la personne de Jésus-Christ, premier
évangélisateur qui appelle chacun de nous à prendre part avec lui
à l’œuvre du salut (12). L’action missionnaire est le paradigme
de toute œuvre de l’Eglise (15) affirme le Saint Père. C’est
pourquoi il nous faut accueillir ce temps favorable pour discerner et
vivre la nouvelle étape de l’évangélisation (17) qui s’articule
autour de deux thèmes qui forment la trame de l’exhortation. D’une
part, le Pape François s’adresse aux Eglises particulières,
confrontées aux défis et aux opportunités propres aux différents
contextes culturels, pour qu’elles soient en mesure de spécifier
le travail de nouvelle évangélisation dans leurs pays. D’autre
part, le Pape indique un dénominateur commun, pour que toute
l’Eglise, et chaque évangélisateur, puisse adopter une méthode
commune, signe que l’évangélisation est un chemin où l’on
marche à plusieurs, jamais de façon isolée. Les sept points,
regroupés dans les cinq chapitres de l’exhortation, constituent la
vision du Pape à propos de la nouvelle évangélisation: La réforme
de l’Eglise sur la voie de la mission, les tentations des agents
pastoraux, l’Eglise comprise comme la totalité du peuple de Dieu
qui évangélise, l’homélie et sa préparation, l’intégration
sociale des pauvres, la paix et le dialogue social, les motivations
spirituelles de l’engagement missionnaire. Le lien entre tous ces
thèmes est l’amour miséricordieux de Dieu qui va à la rencontre
de chacun pour manifester le cœur de la révélation, la vie de
chacun trouve son sens dans la rencontre de Jésus-Christ et dans la
joie de partager cette expérience d’amour avec les autres (8).
Le
premier chapitre développe la réforme de l’Eglise sur la voie de
la mission, appelée à sortir d’elle-même pour aller à la
rencontre des autres. Le Pape y exprime la dynamique de l’exode et
du don que représente le fait de sortir de soi, de cheminer et de
semer toujours, et toujours plus loin (21). L’Eglise doit faire
sienne l’intimité de Jésus qui est une intimité itinérante
(23). Comme nous y sommes désormais habitués, le Pape s’attarde
en des expressions qui font leur effet et crée des néologismes pour
faire comprendre la nature de l’évangélisation. Parmi eux, le
Primerear, c’est-à-dire Dieu qui nous précède dans l’amour,
montrant à l’Eglise le chemin à parcourir. L’Eglise n’est pas
dans une obscure impasse, mais avance sur les pas du Christ (Cf 1 P
2, 21), pour cela sûre du chemin qu’elle parcourt. C’est
pourquoi elle avance sans peur. Elle sait qu’elle doit aller à la
rencontre, chercher ceux qui sont loin, parvenir jusqu’aux
croisements des routes pour inviter les exclus. Son désir de
proposer la miséricorde est inépuisable (24). Pour aller dans cette
voie, le Pape François insiste sur la « conversion pastorale, qui
veut dire passer d’une vision bureaucratique, statique et
administrative de la pastorale à une perspective missionnaire, où
la pastorale est en état permanent d’évangélisation (25). De
même qu’il y a des structures qui facilitent et soutiennent la
pastorale missionnaire, il y a malheureusement « des structures
ecclésiales qui peuvent conditionner le dynamisme évangélisateur »
(26). L’existence de pratiques pastorales dépassées et fanées
oblige à la créativité pour repenser l’évangélisation. En ce
sens, le Pape affirme qu'une détermination des objectifs sans un
travail de recherche communautaire des moyens à prendre pour les
atteindre est vouée à demeurer une pure fantaisie (33). Il faut
donc se concentrer sur l’essentiel (35) et savoir que seule une
dimension systématique, c’est à dire unifiée, progressive et
proportionnée de la foi, peut nous venir en aide. L’Eglise doit
pouvoir établir une hiérarchie des vérités et sa relation avec le
cœur de l’Evangile (37 - 39). Il nous faudra éviter de tomber
dans le piège d’une présentation de la foi seulement sous son
aspect moral, en d’éloignant du caractère central de l’amour.
Dans le cas contraire, l’édifice moral de l’Eglise risque de
s’effondrer comme un château de carte, et ceci est le plus grand
danger (39). Le Pape insiste fortement pour que l’on trouve
l’équilibre entre le contenu de la foi et le langage pour
l’exprimer. La rigidité avec laquelle on tient à la précision du
langage peut parfois en ruiner le contenu en se détournant d’une
authentique vision de la foi (41). Le passage important de ce
chapitre est le n° 32 où le Pape montre l’urgence qu’il y a à
avancer dans certaines perspectives de Vatican II. Il s’agit en
particulier du primat du Successeur de Pierre et des Conférences
épiscopales. Déjà, dans Ut unum sint, Jean-Paul II avait demandé
qu’on l’aide à mieux comprendre les objectifs du Pape dans le
dialogue œcuménique. Le Pape François va dans le même sens et se
demande si une telle aide ne pourrait pas parvenir d’une évolution
du statut des Conférences épiscopales. Un autre passage (n° 38 -
45) est particulièrement important quant aux conséquences qu’il
implique dans la pastorale: Le cœur de l’Evangile s’incarne dans
les limites du langage humain. La doctrine s’insère dans la cage
du langage, pour employer une expression chère à Wittgenstein, ce
qui implique un vrai discernement entre la pauvreté et les limites
du langage, et la richesse -souvent encore inconnue- du contenu de la
foi. Le danger est réel que l’Église ne prenne pas en compte
cette dynamique. Il peut ainsi arriver que sur certaines positions,
il y ait comme un enfermement et une sclérose du message
évangélique, en n’en percevant plus le développement propre.
Le
deuxième chapitre est consacré aux défis du monde contemporain et
aux tentations qui amoindrissent la nouvelle évangélisation. Tout
d’abord, le pape affirme qu’il est nécessaire de retrouver son
identité sans complexe d’infériorité qui amènerait à cacher
son identité et ses convictions… parvenant ainsi à étouffer la
joie de la mission en une sorte d’obsession d’être comme tout le
monde et d’avoir ce que les autres possèdent (79). Les chrétiens
tombent alors dans un relativisme encore plus dangereux que le
relativisme doctrinal (80), parce qu’il touche directement la façon
de vivre des chrétiens. Il arrive ainsi que dans de nombreuses
manifestations de la pastorale, les initiatives sont plombées par la
mise en avant de l’initiative et non des personnes. Le pape affirmé
que la tentation est réelle et commune d’une dépersonnalisation
de la personne. De la même façon, le défi de l’évangélisation
devrait être abordé comme une chance pour croître, plutôt que
comme une raison de tomber en dépression. Mort à l’esprit
défaitiste (88). Il nous faut retrouver le primat de la relation
personnelle sur la technique de la rencontre qui déciderait comment,
où et pour combien de temps il faudrait rencontrer les autres en
partant de ses préférences (88). Parmi ces défis, il nous faut
relever ceux qui ont un rapport direct avec la vie. La précarité
quotidienne avec ses funestes conséquences, les différentes formes
de disparité sociale, le fétichisme de l’argent et la dictature
d’une économie sans visage, l’exaspération de la consommation
et le consumérisme effréné… nous place face à une globalisation
de l’indifférence et une dépréciation moqueuse de la morale, qui
exclut toute critique de la domination du marché, qui, à travers la
théorie de la rechute favorable illusionne sur les réelles
possibilités d’agir en faveur des pauvres (n° 52 - 64). Si
l’Eglise demeure crédible en beaucoup de pays du monde, y compris
là où elle est minoritaire, c’est en raison de ses œuvres de
charité et de solidarité (65). Pour l’évangélisation de notre
temps, face au défi des grandes cultures urbaines, les chrétiens
sont invités à fuir deux expressions qui en détruisent la nature
et que le Pape François appelle mondanité (93). Il s’agit en
premier lieu de la fascination du gnosticisme, une foi repliée sur
elle-même, sur ses certitudes doctrinales, et qui transforme
l’expérience qu’on en fait en critères de vérité pour juger
les autres. Le néo pélagianisme autoréférentiel et prométhéen
de ceux pour qui la grâce n’est qu’un accessoire tandis que leur
engagement et leurs forces sont seuls responsables du progrès. Tout
ceci contredit l’évangélisation et crée une sorte d’élitisme
narcissique qui doit être repoussé (94). Qui voulons-nous être, se
demande le Pape? Généraux d’armées vaincues ou bien simples
soldats d’un bataillon qui continue à combattre » ? Le risque
d’une « Eglise mondaine drapée dans le spirituel et le pastoral »
(96) est bien réel. Il nous faut donc résister à ces tentations et
offrir le témoignage de la communion (99) qui s’appuie sur la
complémentarité. A partir de là, le Pape François milite pour la
promotion des laïcs et des femmes, de l’engagement pour les
vocations et les prêtres. Regarder ce que l’Eglise a accompli
comme progrès ces dernières années nous éloigne d’une mentalité
de pouvoir, au profit du service pour une construction unifiée de
l’Eglise (102 - 108).
L’évangélisation
est la mission de tout le peuple de Dieu, sans exclusive. Elle ne
peut être réservée ou déléguée à un groupe particulier. Tous
les baptisés sont directement concernés. Dans le troisième
chapitre de l’exhortation, le Pape en explique le développement et
ses étapes. On met en évidence en premier lieu le primat de la
grâce qui agit inlassablement dans la vie de tout évangélisateur
(112). Puis est développé le rôle des différentes cultures dans
le processus d’inculturation de l’Evangile, et le danger de
tomber dans l’orgueilleuse sacralisation de sa propre culture
(117). Enfin, on parle du rôle fondamental de la rencontre
personnelle (127-129) et du témoignage de vie (121). On insiste
enfin sur la valeur de la piété populaire, où s’exprime la foi
authentique de tant de personnes qui donnent ainsi le témoignage de
la simplicité de la rencontre de l’amour de Dieu (122 - 126). Pour
terminer, le Pape invite les théologiens à valoriser les diverses
formes d’évangélisation (133), et s’arrête assez longuement
sur l’homélie comme forme privilégiée d’évangélisation, et
qui demande une vraie passion et un vrai amour de la Parole de Dieu
et du peuple qui nous est confié (135 - 158).
Le
quatrième chapitre est consacré à la dimension sociale de
l’évangélisation. C’est un thème cher au Pape François parce
que si cette dimension n’est pas clairement prise en compte, on
court le risque de défigurer le sens authentique et intégral de la
mission d’évangélisation (176). C’est le thème majeur du lien
entre l’annonce de l’Evangile et la promotion de la vie humaine
en toutes ses expressions. La promotion intégrale de toute personne
nous empêche d’enfermer la religion en un fait privé, dépourvu
de conséquences sur la vie sociale et publique. Une « foi
authentique implique toujours un désir profond de changer le monde
(183). Deux grands thèmes font partie de ce passage de
l’exhortation. Le Pape en parle avec une grande passion
évangélique, conscient que l’avenir de l’humanité est en jeu:
L’intégration sociale des pauvres et la paix et le dialogue
social. S’agissant du premier point, l’église, à travers la
nouvelle évangélisation ressent comme sienne la mission de
collaborer pour résoudre les causes instrumentales de la pauvreté
et pour promouvoir le développement intégral des pauvres, comme
d’accomplir des gestes simples et quotidiens de solidarité face à
la misère concrète « qui est chaque jour devant nos yeux »(188).
Ce qui ressort de ces pages denses, c’est l’appel à reconnaitre
la « force salvifique » des pauvres, et qui doit être au centre de
la vie de l’Eglise avec la nouvelle évangélisation (198). Il nous
faut donc redécouvrir d’abord l’attention, l’urgence, la
conscience de ce thème, avant toute expérience concrète. Pour le
Pape François, non seulement l’option fondamentale pour les
pauvres doit être réalisée, mais elle est d’abord une attention
spirituelle et religieuse et est pour cela prioritaire (200). Sur ces
thèmes, la parole du Pape est franche et sans détour. Le pasteur
d’une Eglise sans frontière (210), ne peut se permettre de
regarder ailleurs. C’est pourquoi il demande avec force de
considérer la question des migrants et énonce clairement les
nouvelles formes d’esclavage. Où est celui qui tue chaque jour
dans la petite fabrique clandestine, dans le système de
prostitution, les enfants utilisés pour mendier, en celui qui doit
travailler caché parce qu’il n’est pas régularisé? Ne nous
leurrons pas. Il y a de nombreuses complicités (211). De mille
manières, le Pape défend la vie humaine depuis son commencement et
la dignité de tout être vivant (213). Sur le second aspect, Il
énonce quatre principes qui sont le dénominateur commun pour
l’avancée de la paix et sa traduction sociale. Peut-être en
mémoire de ses études sur R.Guardini, le Pape François semble
créer une nouvelle opposition polaire. Il rappelle en effet que le
temps est supérieur à l’espace, l’unité a le dessus sur le
conflit, la réalité est plus importante que les idées, et le tout
est supérieur aux parties. Ceci nous amène au dialogue comme
première contribution à la paix, et qui concerne, dans
l’exhortation, la science, l’œcuménisme et le rapport avec les
religions non chrétiennes.
Le
dernier chapitre traite de l’esprit de la nouvelle évangélisation
(260). Elle se développe sous l’action de l’Esprit qui anime de
façon toujours nouvelle l’élan missionnaire à partir de la vie
de prière où la contemplation tient la place centrale (264). La
Vierge Marie, étoile de la nouvelle évangélisation, est présentée
en conclusion comme l’icône de l’annonce et la transmission de
l’Evangile que l’Eglise est appelée à vivre avec enthousiasme
et dans l’amour du Seigneur Jésus. Ne nous laissons pas voler la
joie de l’évangélisation! (83). Le langage de cette exhortation
apostolique est clair et immédiat, sans rhétorique ni sous-entendu.
Le Pape François va au cœur des problèmes de l’homme
d’aujourd’hui, qui demandent à l’Eglise plus qu’une simple
présence. Il lui est demandé de renouveler ses programmes et sa
pratique pastorale dans le sens de la nouvelle évangélisation.
L’Evangile doit être adressé à tous, sans exclusive. Certains,
cependant, sont privilégiés. Sans équivoque, le Saint-Père
précise son orientation: Ce ne sont pas tant les amis et les riches
voisins, mais plutôt les pauvres, les infirmes, ceux qui sont
souvent dévalorisés et oubliés…aucun doute ou explication ne
doivent affaiblir ce message si clair (48). Comme en d’autres
moments importants de son histoire, l’Eglise d’aujourd’hui
ressent le besoin d’un regard attentif pour évangéliser à la
lumière de l’adoration, avec ce regard contemplatif pour voir les
signes de la présence de Dieu. Les signes des temps ne sont pas
seulement encouragés, mais ils deviennent critères d’un
témoignage efficace (71). Premier d’entre nous, le Pape François
nous rappelle le mystère central de notre foi: Ne nous éloignons
pas de la résurrection de Jésus, ne nous donnons jamais pour
vaincus, arrivera ce qui arrivera (3). L’Eglise du Pape François
se fait compagnon de route de nos contemporains en recherche de Dieu
et désireux de le voir".
AUTRES ASPECTS DE "EVANGELII GAUDIUM"
Cité
du Vatican, 26 novembre 2013 (VIS). Au
cours de la conférence de presse, le nouveau
Secrétaire général du Synodes des évêques, a approfondi certains
aspects de l'exhortation apostolique Evangelii Gaudium, notamment la
synodalité. Puis le Président du Conseil pontifical pour les
communications sociales a abordé les aspects relevant de la
communication.
D'abord
Mgr.Lorenzo Baldisseri a expliqué que le document part du dernier
synode, consacré à la nouvelle évangélisation et à la
transmission de la foi, et insiste sur le caractère joyeux qui
doivent les accompagner chez tous les chrétiens. Il a re-élaboré
les propositions faites par les pères synodaux et composé un
programme qui est placé sous les auspices d'un esprit missionnaire à
360 degrés: "On est d'emblée frappé par le mot joie qui
ponctue le texte de la présentation à la fin", utilisé 95
fois pour souligner le caractère joyeux de l'Evangile... Les
Propositiones synodales sont citées 27 fois" et le Pape
développe son texte "selon un solide cadre doctrinal, biblique
et magistériel, qui présente les divers aspects de la foi affirmant
les principes appliqués à la vie. Il enrichit son exposé de
citations des Pères comme Irénée, Ambroise ou Augustin, de
citations des maîtres médiévaux comme Isaac de l'Etoile, Thomas
d'Aquin ou Thomas de Kempis, de théologiens contemporains comme John
Henry Newman, Henri de Lubac ou Romano Guardini, et d'écrivains
comme Bernanos. Il faut ensuite noter les nombreuses références à
l'exhortation Evangeli Nuntiandi de Paul VI à celles,
post-synodales, de Jean-Paul II, mais aussi à des déclarations de
l'Episcopat latino-américain (Puebla et Aparecida), à celle des
Patriarches orientaux lors du récent synode, à plusieurs autres de
Conférences épiscopales (Inde, USA, France, Brésil, Philippines,
Congo)... Par synodalité le Pape François entend la transformation
missionnaire de l'Eglise, dans le sens d'une Eglise qui sort d'elle
même pour aller. Il propose ainsi une pastorale à 360 degrés"
qui envisage une conversion allant jusqu'à "l'expression
collégiale de l'exercice du primat... Faisant référence à Vatican
II et aux anciennes Eglises patriarcales, il souhaite que les
conférences épiscopales puissent contribuer de manière féconde"
au primat papal "et que la collégialité trouve des
applications concrètes...en matière de doctrine comme de
gouvernement. Sous l'aspect oecuménique, grâce également à
l'expérience de la présence du Patirarche de Constantinople et de
l'archevêque de Canterbury, la synodalité trouverait une expression
particulière. Dans le dialogue avec les orthodoxes, les catholiques
ont la possibilité d'apprendre quelque chose sur la collégialité
épiscopale et l'usage de la synodalité".
Ensuite
Mgr.Claudio Celli a traité de la dimension communicative de la
nouvelle évangélisation vue par l'exhortation Evangelii Gaudium,
qui montre l'attention du Saint-Père au monde contemporain, dans le
domaine de la santé, de l'éducation, des media et à tout ce
qu'entraînent les nouvelles technologies: "S'il s'agit de
progrès et de succès, le Pape est conscient de ce que notre société
de l'information est à tous les niveaux saturée par les
informations, ce qui la conduit à une terrible superficialité. Il
est temps de reposer la question morale, et c'est pour cela qu'il
affirme l'importance d'une éducation qui prépare à la pensée
critique tout en offrant une méthode d'appréciation des valeurs. Le
document reconnaît que le progrès des techniques permet d'accroître
les possibilités de rencontre, d'où l'exigence de diffuser une
mystique de la vie communautaire, de la rencontre et de l'échange...
Une large partie de l'exhortation est naturellement consacrée à la
manière de communiquer le message. Le Pape est conscient de la
rapidité de la communication et du fait que les media opèrent
souvent une sélection des contenus, ce qui risque de faire passer un
message mutilé ou réduit à des points secondaires... Face à ces
risques, il prône le réalisme et recommande de ne pas tenir pour
acquis que l'interlocuteur soit au parfaitement fait de ce que nous
lui adressons. Il faut qu'il puisse relier notre discours à
l'essence de l'Evangile... D'où la nécessité de nous concentrer
sur l'essentiel dans la communication, sur ce qu'il y a de plus beau,
de plus grand, et de plus nécessaire. Il nous faut donc simplifier
sans perdre la valeur du contenu, la vérité devant être proposée
de façon plus convaincante et radieuse".
VISITE DU PRESIDENT RUSSE
Cité
du Vatican, 26 novembre 2013 (VIS). Le Saint-Père a reçu hier
après-midi le Président russe M.Vladimir V.Putin, qui s'est ensuite
entretenu avec le Secrétaire d'Etat, accompagné du Secrétaire pour
les relations avec les états. Ces entretiens cordiaux ont été
l'occasion de souligner la qualité des relations bilatérales, et
d'aborder plusieurs sujets d'intérêt commun, notamment la situation
des catholiques en Russie et l'importance du christianisme dans la
société. Il a également été question de la situation critique
dans laquelle se trouvent certaines communautés chrétiennes de par
le monde, et aussi de la défense de la dignité de la personne, de
la vie et de la famille. La recherche de la paix au proche Orient et
la crise syrienne ont été évoquées et le Président a remercié
le Pape de la lettre qu'il lui avait adressé à l'occasion du G20 de
St.Pétersbourg. Les parties ont convenu de l'urgence de faire cesser
les violences et de porter secours aux populations syriennes, de
favoriser les initiatives utiles à une solution pacifique du conflit
par la voie d'une négociation impliquant toutes les composantes du
pays, ethniques comme religieuses, vu le rôle incontournable
qu'elles jouent dans la société.
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