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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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lundi 26 octobre 2015

La présence réconfortante et fraternelle des aumôniers militaires



Cité du Vatican, 26 octobre 2015 (VIS). "Vous êtes venus de différents pays pour réfléchir ensemble sur quelques défis actuels du droit international humanitaire, relatifs à la protection de la dignité humaine au cours des conflits armés non internationaux et de ce que l'on appelle les nouveaux conflits armés. Il s'agit, malheureusement, d'un sujet de grande actualité, notamment si nous pensons à l'intensification de la violence et à la multiplication des foyers de guerre dans diverses parties du monde, comme l'Afrique, l'Europe et le Moyen Orient". C'est avec ces mots que le Saint-Père a reçu aujourd'hui en audience les participants au IV cours de formation des aumôniers militaires, de droit international, organisé par la Congrégation pour les évêques, par le Conseil pontifical Iustitia et Pax et par le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux. Le Pape a souligné combien la guerre coupe les relations entre frères et entre nations: "Elle défigure aussi ceux qui sont les témoins de telles atrocités. De nombreux militaires rentrent, après des opérations de guerre ou de mission pour le rétablissement de la paix, avec de véritables blessures intérieures. La guerre peut laisser en eux une marque indélébile. La guerre, en fait, laisse toujours une marque indélébile. C'est pourquoi, il est nécessaire de s'interroger sur les modalités adéquates pour soigner les blessures spirituelles des militaires qui, ayant fait l'expérience de la guerre, ont assisté à des crimes atroces. Ces personnes et leurs familles exigent une attention pastorale spécifique, une sollicitude qui leur fasse sentir la proximité maternelle de l'Eglise. Le rôle de l'aumônier militaire est de les accompagner et les soutenir dans leur chemin, en étant pour tous une présence réconfortante et fraternelle".


"Le droit humanitaire se propose de sauvegarder les principes essentiels d'humanité dans un contexte, celui de la guerre, qui est en soi déshumanisant. Celui-ci est destiné à protéger ceux qui ne participent pas au conflit, comme la population civile ou le personnel médical et religieux, et ceux qui n'y participent plus activement comme les blessés et les prisonniers... Pour pouvoir atteindre ces deux finalités d'humanisation des effets des conflits armés, le droit humanitaire mérite d'être diffusé et encouragé parmi tous les militaires et les forces armées même non étatiques, ainsi que parmi le personnel de sécurité et de police. En outre, cela implique qu'il soit ultérieurement développé, pour faire front à la nouvelle réalité de la guerre, qui aujourd'hui, malheureusement, dispose d'instruments toujours plus meurtriers... Cependant, comme chrétiens, nous sommes profondément convaincu que le but ultime, le plus digne de la personne et de la communauté humaine, est l'abolition de la guerre. C'est pourquoi nous devons toujours nous engager à construire des ponts qui unissent et non des murs qui séparent. Nous devons toujours aider à chercher une sortie pour la médiation et la réconciliation... En cette période où nous vivons une troisième guerre mondiale en morceaux, vous êtes appelés à nourrir chez les militaires et leurs familles la dimension spirituelle et éthique, qui les aide à affronter les difficultés et les questions souvent déchirantes inhérentes à ce service particulier de la patrie et de l'humanité".

Audience au peuple gitan


Cité du Vatican, 26 octobre 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin Salle Paul VI le pèlerinage mondial du peuple gitan, organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants, en collaboration avec les services compétents de la Conférence épiscopale italienne et du diocèse de Rome, et la Communauté de Sant'Egidio, pour commémorer le cinquantenaire de la visite de Paul VI au campement nomade de Pomezia. Evoquant les grands changements survenus depuis dans la communauté gitane, tant au niveau de l'évangélisation que du progrès soci-culturel. Il s'est félicité de l'accroissement du nombre des vocations sacerdotales, diaconales et religieuses qui consolident le lien deux traditions. A ces consacrés, il a demandé de "rester des témoins de la transparence évangélique en mesure de favoriser la naissance, la croissance et l'accomplissement de nouvelles vocations. Sachez accompagner vos gens", leur a-t-il dit, "spirituellement mais aussi dans leur quotidien de vie, au plus près de leurs joies, de leurs difficultés et préoccupations". Dénonçant ensuite des conditions précaires dans lesquelles se trouvent souvent les gitans, le Pape a affirmé qu'elles sont en contradiction avec le droit de chacun à une vie digne, à un travail digne, à l'éducation et à la santé. "Je voudrais que le peuple gitan entame une nouvelle phase de son histoire, car il est grand temps d'éliminer des préjugés séculaires comme la méfiance réciproque qui sont à la base de la discrimination, du racisme et de la xénophobie. Rien ne saurait justifier l'offense faite à la dignité comme aux droits d'autrui... Faisons en sorte que l'Evangile de la miséricorde éclaire les consciences, qu'il ouvre les coeurs et les mains à qui est dans le besoin, aux personnes marginalisées qui nous sont proches".

Puis le Saint-Père a encouragé ses hôtes à être les premiers à s'engager à construire des périphéries plus humaines et des liens de fraternité et de partage: "Vous pourrez le faire si vous êtes avant tout de bons chrétiens, évitant tout ce qui n'est pas digne de ce nom: mensonges, escroqueries, arnaques, bagarres", et il les a encouragé à suivre l'exemple du bienheureux Zéphyrin Giménez Malla. Il leur a demandé de ne pas donner aux médias et à l'opinion publique d'occasions de parler mal d'eux. "Vous êtes les protagonistes de votre présent et de votre avenir. Comme tous les citoyens, vous pouvez contribuer au bien-être et au progrès de la société en respectant les lois, en accomplissant vos devoirs et en vous intégrant par l'émancipation des nouvelles générations". Concernant les enfants, "votre trésor le plus précieux", il a mentionné que "l'instruction est sans aucun doute la base pour un sain développement de la personne. On sait qu'un mauvais niveau de scolarisation de beaucoup de vos jeunes représente aujourd'hui le principal obstacle pour l'accès au monde du travail. Vos enfants ont le droit d'aller à l'école, ne les y empêchez pas!". Il a souligné combien était nécessaire l'engagement des institutions civiles pour "garantir une formation adéquate pour les jeunes gitans, en offrant aussi la possibilité aux familles qui vivent dans des conditions plus défavorables de bénéficier d'un bon accès à l'école et au travail". Avant de conclure, le Pape a rappelé les paroles du bienheureux Paul VI, qui leur disait il y a cinquante ans, que dans l'Eglise, "vous n'êtes pas en marge mais, en quelque sorte, vous êtes au centre, vous vous trouvez au cœur".


Décès du Cardinal Korec


Cité du Vatican, 26 octobre 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir à l'Archevêque de Bratislava et Président de la Conférence épiscopale slovaque, un télégramme de condoléances à la suite du décès, avant-hier à 91 ans du Cardinal Jan Chryzostom Korec, Evêque émérite de Nitra (Slovaquie). Il y évoque avec gratitude son long et exemplaire service de l'Eglise, sa défense de la foi chrétienne et ses années de prison. Evêque emprisonné, il ne se laissa jamais intimider et resta fidèle au siège de Pierre. Dieu accueille dans la béatitude éternelle ce serviteur qui a tant souffert! Le Pape exprime sa solidarité dans la prière à l'épiscopat slovaque, à tous les catholiques et en particulier à la communauté de Nitra, que le défunt a aimée et servie.


Appel aux négociateurs de la Conférence de Paris


Cité du Vatican, 26 octobre (VIS). Ce matin près la Salle de Presse a eu lieu la présentation de l'Appel des cardinaux, patriarches, évêques et représentants des Conférences épiscopales des diverses régions du monde, lancé aux négociateurs de la Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques, qui se tiendra à Paris (France), du 30 novembre au 11 décembre. Cette initiative du Conseil pontifical Iustitia et Pax est inspiré par l'encyclique Laudato Si'. Ont pris part à la présentation: Le Cardinal Oswald Gracias, Archevêque de Bombay (Inde) et Président de la FABC (Asie), le Cardinal Ruben Salazar Gomez, Archevêque de Bogota (Colombie) et Président du CELAM (Amérique latine), Mgr.John Ribat, Archevêque Port Moresby (Papouasie - Nouvelle Guinée) et Président de la FCBCO, et Mgr.Jean Kockerols, Auxiliaire de Malines - Bruxelles (Belgique) et premier Vice-président de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE), plus comme invité spécial M.Jean-Pascal van Ypersele de Strihou (Belgique), ancien vice-président du Groupe d'experts inter-gouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Avant le début de la conférence, l'appel a été signé par plusieurs représentants de l'épiscopat mondial, en présence du Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical, et de SB Bechara Boutros Raï, le Patriarche maronite, président de CPCO, mais aussi de Mgr.Gabriel Mbilingi, Président du SECAM, et de Mgr.Richard William Smith, ancien président de la Conférence épiscopale canadienne, de Mgr.Duarte de Barros Queiroz Nuno da Cunha, Secrétaire général du Conseil des Conférences épiscopales d'Europe, de Mgr. Ronny E.Jenkins, Secrétaire Générale de la Conférence épiscopale des Etats-Unis, et de M.Bernd Nilles, Secrétaire général de la CIDSE (Alliance internationale d'agences de développement catholiques). L’appel demande aux négociateurs de la COP21 d’oeuvrer à l’adoption d’un accord sur le climat équitable, juridiquement contraignant et synonyme de véritable transformation:
"Comme représentants de l’Eglise catholique des cinq continents, nous, Cardinaux, Patriarches et Évêques, réunis à l’invitation de la Secrétairerie d’État et nous exprimant en notre nom et en celui des populations dont nous avons la charge, formons le voeu que les négociations de la COP21 à Paris déboucheront sur un accord équitable et juridiquement contraignant sur le climat. Nous formulons une proposition politique en dix points, fondée sur l’expérience des populations des cinq continents et faisant le lien entre le changement climatique et l’injustice sociale et l’exclusion sociale dont sont victimes nos concitoyens les plus pauvres et les plus vulnérables... Dans l'encyclique, Laudato Si’...le Pape François souligne que le changement climatique constitue l’un des principaux défis pour l’humanité. Le climat est un bien commun, partagé, de tous et pour tous. L’environnement est un bien collectif, patrimoine de toute l’humanité, sous la responsabilité de tous. Aujourd’hui croyants et non croyants, nous sommes d’accord sur le fait que la terre est essentiellement un héritage commun, dont les fruits doivent bénéficier à tous. Pour les croyants cela devient une question de fidélité au Créateur, puisque Dieu a créé le monde pour tous. Par conséquent, toute approche écologique doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés. La dramatique accélération du changement climatique constitue une problématique aux incidences mondiales, qui nous oblige à redéfinir le sens que nous accordons aux mots croissance et progrès. Cette problématique interpelle notre mode de vie, nous enjoint à trouver une solution consensuelle, compte tenu de son ampleur et de sa nature planétaire ; elle nous invite à tisser les liens d’une solidarité universelle, d’une solidarité à la fois inter-générationnelle et intra-générationnelle. Le Pape décrit notre planète comme une maison commune dont nous sommes les intendants. Dans l’exercice de nos responsabilités, nous devons sans cesse garder à l’esprit la dégradation humaine et sociale qui découle de la dégradation de l’environnement. Nous préconisons une approche écologique intégrale, nous voulons que la justice sociale soit au centre de l’attention pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. Les pauvres doivent être associés au développement durable".

"Tout en déplorant les effets dramatiques de l’évolution rapide du climat sur le niveau des mers, les phénomènes météorologiques extrêmes, la dégradation des écosystèmes et la perte de biodiversité, l’Eglise est aussi témoin des répercussions, généralement désastreuses, du changement climatique sur les communautés et les populations vulnérables. Le Pape François attire notre attention sur les conséquences irréparables d’un changement climatique sans frein pour de nombreux pays en développement de par le monde. Par ailleurs, dans son discours adressé à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies, le Pape a déclaré que l’abus et la destruction de l’environnement sont aussi accompagnés d’un processus d’exclusion constant. La construction et l’entretien d’une maison commune durable impliquent un leadership politique courageux et imaginatif. Il devient indispensable de créer un système normatif qui implique des limites infranchissables et assure la protection des écosystèmes. Il ressort de données scientifiques fiables que l’accélération du changement climatique serait la conséquence d’une activité humaine sans retenue, s’inscrivant dans une certaine vision du progrès et du développement et reposant exagérément sur l’usage des combustibles fossiles. Sensibles aux dégâts qu’elles provoquent, le Pape et les Evêques catholiques des cinq continents appellent à une réduction draconienne des émissions de dioxyde de carbone et d’autres gaz toxiques. Nous nous joignons au Saint-Père en plaidant pour une percée majeure lors de la Conférence de Paris, pour atteindre un accord fédérateur, global et transformationnel, et basé sur les principes de solidarité, justice et participation. Un accord qui fera passer le bien commun avant les intérêts nationaux. Un accord qui sera également exécutoire pour protéger notre maison commune et tous ses habitants".

Nous formulons donc "dix propositions politiques précises. Nous appelons la COP21 à trouver un accord international qui limite l’augmentation de la température planétaire aux paramètres suggérés actuellement par la communauté scientifique mondiale pour éviter des conséquences climatiques désastreuses, surtout pour les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables. Nous reconnaissons que la responsabilité des nations est certes commune, mais aussi différenciée. Tous les pays ne sont pas au même stade de développement. Mais ils doivent impérativement agir ensemble, dans le cadre d’une entreprise commune:
1. Garder à l’esprit non seulement les dimensions technique mais aussi et surtout éthique et morale du changement climatique comme stipulé à l’article 3 de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques.
2. Reconnaître que le climat et l’atmosphère sont des biens communs mondiaux qui appartiennent à tout le monde et sont destinés à tout le monde.
3. Adopter un accord mondial transformationnel et juridiquement contraignant qui s’appuie sur notre vision du monde, laquelle reconnaît la nécessité de vivre en harmonie avec la nature et de garantir la jouissance des droits humains pour tous, y compris ceux des populations autochtones, des femmes, des jeunes et des travailleurs.
4. Limiter fortement la hausse de la température planétaire et fixer un objectif pour la décarbonisation complète d’ici 2050, de manière à protéger des effets du changement climatique les familles qui sont en première ligne, notamment celles qui vivent dans les îles du Pacifique et sur les régions côtières: Veiller à ce que le seuil de température soit inscrit dans un accord mondial juridiquement contraignant, assorti d’engagements et de mesures d’atténuation par tous les pays, lesquels reconnaissent leur responsabilité commune mais différenciée et leurs capacités respectives sur la base de l’équité, de leurs responsabilités historiques et du droit à un développement durable. Veiller également à ce que les trajectoires d’émissions des gouvernements soient conformes à l’objectif de décarbonisation et imposer des revues périodiques des engagements et des ambitions, sur la base de l’équité et de données scientifiques. Pour être fructueuses, ces revues périodiques doivent être obligatoires.
5. Elaborer de nouveaux modèles de développement et de nouveaux modes de vie compatibles avec le climat, en s’attelant notamment aux inégalités et aux moyens de sortir les gens de la pauvreté. L’idée centrale est de mettre un terme à l’ère des combustibles fossiles, de faire progressivement disparaître les émissions produites par les combustibles fossiles et d’offrir à tout un chacun l’accès à une énergie renouvelable, saine, fiable et à un prix abordable.
6. Assurer l’accès des populations à l’eau et à la terre pour avoir des systèmes alimentaires résilients et durables, qui donnent la priorité aux solutions trouvées par les personnes plutôt qu’au profit.
7. Garantir la participation et l’implication des populations les plus pauvres, les plus vulnérables et les plus touchées, à tous les niveaux du processus décisionnel.
8. Veiller à ce que l’accord de 2015 enclenche une démarche d’adaptation qui réponde de manière adéquate aux besoins immédiats des communautés les plus vulnérables et qui consolide les alternatives locales.
9. Reconnaître que les besoins d’adaptation dépendent de la réussite des mesures d’atténuation qui sont prises. Il incombe aux responsables du changement climatique d’aider les plus vulnérables à s’adapter et à gérer les pertes et les préjudices et de partager la technologie et le savoir-faire nécessaires.
10. Établir des feuilles de routes précises indiquant comment les pays vont pouvoir tenir leurs engagements financiers additionnels, prévisibles et consistants, en trouvant un financement équilibré entre les mesures d’atténuation et les besoins d’adaptation".


Suit une prière pour la terre: "Dieu d’amour, enseigne-nous à prendre soin de notre maison commune. Inspire nos dirigeants de gouvernement au moment où ils vont se réunir à Paris pour qu’ils entendent le cri de la terre et le cri des pauvres ; qu’ils soient unis de coeur et d’esprit en répondant de façon courageuse, en cherchant le bien commun et la protection de ce jardin magnifique que tu as créé pour nous, pour nos frères et soeurs, et pour les générations à venir. Amen ".

samedi 24 octobre 2015

Condoléances à la suite d'un accident survenu en France


Cité du Vatican, 24 octobre (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir le télégramme de condoléances suivant au Cardinal Archevêque de Bordeaux (France): "Apprenant le tragique accident survenu à Puisseguin (Gironde), entre un autobus transportant des personnes du troisième âge et un camion TIR, qui a fait de très nombreuses victimes (43 morts), le Pape François s’associe par la prière à la peine des familles endeuillées, et confie les victimes à la miséricorde de Dieu afin qu’il les accueille dans sa lumière. Il exprime sa proximité spirituelle aux personnes blessées et à leurs proches, ainsi qu’aux secouristes. En gage de réconfort, le Saint-Père adresse une particulière bénédiction apostolique à toutes les personnes touchées par ce drame".


Dernière méditation proposée aux pères synodaux


Cité du Vatican, 24 octobre 2015 (VIS). Ce matin, en ouverture de la dernière congrégation générale du Synode, Mgr.Mario Iceta Gavicagogeascoa, Evêque de Bilbao (Espagne) a proposé une brève méditation sur l'expérience synodale: "Les travaux du Synode se sont révélés une expérience de grâce, de communion et de collégialité... Nous avons demandé le don de l'Esprit Saint et voulu qu'il guide notre travail. D'entrée le Saint-Père avait affirmé que le Synode serait un terrain d'action pour l'Esprit si nous nous y engagions avec courage apostolique, humilité évangélique et prière confiante. C'est pourquoi, avant de prendre des décisions dans l'exercice de notre ministère épiscopal, souvenons nous du choix de Matthieu pour intégrer le collège apostolique. Les apôtres ont prié le Seigneur, qui connaît le cœur de chacun, de leur montrer celui qui a été choisi. C'est notre mode de faire... Dans la prière nous demandons à Dieu de nous montrer le chemin qu'il veut, non celui que nous voudrions prendre. Nous devons accompagner les familles dans la fidélité à la vocation à laquelle elles ont été appelés... Par la prière le Seigneur nous rappelle la nécessité de l'humilité évangélique pou connaître la volonté de Dieu. Remercions le Père d'avoir caché ces choses aux sages et aux savants pour les révéler aux gens simples... Comme le dit le livre des Proverbes, l'arrogance conduit à la disgrâce, tandis que l'humilité conduit à la sagesse". Sainte Thérèse d'Avila disait que "marcher dans l'humilité signifie marcher dans la vérité. La vie de prière, l'humilité évangélique, le courage apostolique, cette Parresia dont parle saint Paul, nous font...servir les familles. Nous éclairons leur marche avec le Parole de Dieu et la Tradition vivante de l'Eglise, en soutenant et accompagnant leurs joies et leurs peines, en les aidant à vivre en plénitude l'alliance d'amour qui dissipe les ténèbres, mais aussi à surmonter la solitude et l'individualisme... Nous les aidons engendrer la vie et de l'espoir de l'humanité, à régénérer la vie et à retrouver l'espérance perdue, à construire l'Eglise et le monde... Invoquons l'intercession maternelle de Marie. Les mères sont celles qui transforment une maison en un foyer... En elle, nous apprenons à accueillir le don de Dieu, l'Esprit Saint, la personne Amour, venu nous éclairer et nous aider dans la tâche qui nous est confiée aujourd'hui.''

Déclaration des pères synodaux sur le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Ukraine


Cité du Vatican, 24 octobre (VIS). Ce midi a été publiée une Déclaration des pères synodaux sur le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Ukraine:

"Réunis autour du Saint-Père, le Successeur de Pierre, nous pères synodaux, avec les délégués fraternels et les auditeurs participant à la XIV Assemblée générale ordinaire du Synode, nous pensons à toutes les familles du Moyen-Orient. Depuis des années, en raison de conflits sanglants, elles sont victimes d'atrocités innommables, et leurs conditions de vie se sont encore aggravées ces derniers temps. L'utilisation d'armes de destruction massive, des massacres, des décapitations, des enlèvements, la traite des femmes, les enfants soldats, la persécution fondée sur l'appartenance religieuse et l'origine ethnique, la dévastation des lieux de culte, la destruction du patrimoine culturel et d'innombrables autres atrocités, ont contraint des milliers de familles à fuir leurs maisons et de chercher refuge ailleurs, souvent dans des conditions extrêmement précaires. Actuellement, toutes ces personnes sont empêchées de rentrer dans leurs foyers et d'exercer leur droit de vivre dans la dignité et la sécurité. Elles ne peuvent donc pas contribuer à la reconstruction ni au bien matériel et spirituel de leurs pays respectifs. Dans ce contexte dramatique, on assiste au viol constant des principes de base de la dignité humaine et de la coexistence pacifique entre les peuples, des droits les plus fondamentaux comme le droit à la vie, le droit à la liberté religieuse ou le droit international humanitaire. C'est pourquoi nous voulons exprimer notre solidarité aux patriarches, évêques, prêtres, religieux et fidèles, ainsi quà tous les habitants du Moyen-Orient". Il faut prier et n'oublier personne, "penser à tous les otages et exiger leur libération. Nos voix se joignent à celles de tant d'innocents: Plus jamais de violence, de terrorisme, de destruction, de persécution! Que cessent immédiatement les hostilités et le trafic d'armes! La paix au Moyen-Orient doit être recherchée non dans les choix imposés par la force, mais dans des décisions politiques qui respectent les intérêts particuliers, y compris culturels et religieux, des différents peuples et des diverses réalités".


"Tout particulièrement reconnaissants à la Jordanie, au Liban, à la Turquie et à plusieurs pays européens pour leur accueil des réfugiés, nous lançons un nouvel appel à la communauté internationale à mettre de côté les intérêts particuliers et à rechercher des solutions par la diplomatie, le dialogue et le droit international. Nous rappelons l'appel du Pape François à toutes les personnes et les communautés qui se reconnaissent en Abraham: Respectons nous les uns les autres et aimons-nous comme des frères et des sœurs! Apprenons à comprendre la souffrance de l'autre! Personne ne peut justifier la violence au nom de Dieu. Travaillons ensemble pour la justice et la paix! Nous croyons que la paix est possible, qu'il est possible d'arrêter la violence en Syrie, en Irak, à Jérusalem et dans toute la Terre Sainte, une violence frappant de plus en plus de familles et de personnes innocentes, et exacerbant la crise humanitaire. La réconciliation est le fruit de la fraternité, de la justice, du respect et du pardon. Notre seul désir, qui est celui des personnes de bonne volonté membres de la grande famille humaine, est de pouvoir tous vivre en paix. Juifs, chrétiens et musulmans doivent voir dans l'autre croyant un frère à respecter et à aimer. Ce serait donner sur ces terres un beau témoignage de sérénité et de convivialité entre les fils d'Abraham. Nos pensées et nos prières s'étendent, sans distinctions, à toutes les familles plongées dans des situations similaires de par le monde, notamment en Afrique et en Ukraine". Puissent toutes ces familles, qui ont été dans nos coeurs durant les travaux de cette assemblée synodale, "retourner enfin à une vie digne et tranquille. Nous les confions à la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, qui a connu ces souffrances. Prions afin que le monde devienne au plus tôt une famille de frères et de sœurs!".

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 24 octobre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

L'Abbé Aristide Gonsallo, Evêque de Porto Novo (superficie 4.545, population 1.720.996, catholiques 650.000, prêtres 227, religieuses 124), au Bénin. L'Evêque élu, né en 1966 à Cotonou (Bénin) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Curé de la paroisse St.Martin de Panapé. Docteur en théologie et en lettres, il a été professeur de séminaire, aumônier d'hôpital et curé de paroisse.

Mgr.Paolo Rocco Gualtieri, Nonce apostolique à Maurice, déjà Nonce à Madagascar et aux Seychelles.

Le Cardinal Charles Maung Bo, SDB, Archevêque de Yangon (Myanmar), Légat pontifical au 51 Congrès eucharistique international de Cebu (Philippines, 24 - 31 janvier 2016).


vendredi 23 octobre 2015

Institution d'un nouveau dicastère


Cité du Vatican, 23 octobre 2015 (VIS). Hier après-midi, à l'ouverture de congrégation générale du Synode, le Saint-Père a annoncé sa décision d'instituer un dicastère regroupant les compétences sur les laïcs, la famille et la vie et substituant donc le Conseil pontifical pour les laïcs, le Conseil pontifical pour la famille et l'Académie pontificale pour la vie. A cette fin, il a constitué une commission chargée de rédiger un document définissant canoniquement les compétences du nouveau dicastère, qui sera soumis en décembre au Conseil des Cardinaux en charge de réfléchir à la réforme de la Curie Romaine.    

Méditation sur la miséricorde proposée par Mgr.Vokal


Cité du Vatican, 23 octobre 2015 (VIS). Ce matin, en ouverture de la congrégation générale du Synode, Mgr.Jan Vokal (République tchèque) a proposé une brève méditation sur la miséricorde. Reprenant une citation du prophète Amos, il a souligné la nécessité de nous arrêter de temps en temps, de lever les yeux au ciel, de nous rappeler que nous ne sommes les maîtres ni du monde ni de la vie. Il faut admirer le ciel, les montagnes, la mer, sentir le vent, le ruissellement de l'eau...comme aimait le faire Jean-Paul II... Nous devons nous sentir petits, ce que nous sommes, dans le grand univers que Dieu a créé et continue de créer et de raviver à chaque instant... Vivre au milieu de choses, que nous créons, de plus en plus artificielles, modifie lentement notre perception de la réalité et de notre propre nature. Sans nous en rendre compte, nous oublions où nous sommes et qui nous sommes, nous perdons le sens de notre vraie dimension. Parfois nous nous sentons omnipotents, alors que nous ne sommes pas. Parfois nous nous sentons impuissants, alors que nous ne sommes pas. Comme le prophète Amos nous le rappelle, si nous ne sommes que des brins d'herbe, notre cœur est capable d'infini. Si nous sommes presque rien, demandons nous pourquoi? Et sentons en nous le lien mystérieux, parfois douloureux, avec qui a créé ce monde, le soleil, la lune, les étoiles... De toutes les créatures qui, à leur manière, sont plus humbles et obéissantes au Créateur que nous, les êtres humains sont les seuls capables...de percevoir la toute-puissance de Dieu, son incompréhensible grandeur. Lui qui est amour, l'amour miséricordieux, qui est compatissant comme une mère envers ses enfants... Nous sommes bien les seuls à nous rendre compte que toute la création gémit et souffre les douleurs de l'enfantement... Jean-Paul II nous laissé la prophétie. Nous sommes parvenus au temps de la miséricorde. Il a consacré à la Miséricorde Divine le deuxième dimanche de Pâques, et il est mort à la veille de cette fête. Puisse-t-il continuer à intercéder pour nous afin que nous ayons tous toujours plus de compassion, à l'image du Père céleste, le miséricordieux".

jeudi 22 octobre 2015

Message au congrès consacré à Matteo Ricci


Cité du Vatican, 22 octobre 2015 (VIS). Le Saint-Père a fait parvenir un message aux participants au congrès sur le jésuite Matteo Ricci (1552 - 1610), en cours à Macerata (Italie). L'événement a été organisé par l'Université locale et l'Institut Confucius, organe pour la diffusion de la langue et de la culture chinoises. L'idée en était venue en 2013 au Vice Ministre chinois de l'éducation lors de sa visite de l'institut de Macerata. Le Pape François s'y félicite du nouvel intérêt porté sur la vie et l'oeuvre du célèbre jésuite italien, ami de la Chine, né dans cette ville des Marches. "Puisse l'évocation de cet homme d'Eglise plein de zèle missionnaire, attentif aux changements de la société, promoteur des relations entre l'Europe et l'Asie, renforcer le dialogue fructueux et respectueux tant culturel que religieux". Ce congrès survient cinq ans après la célébration du quatrième centenaire de la mort du P.Ricci. La recherche à son sujet a progressé grâce à l'exploitation de nouveaux fonds d'archives chinois. Le congrès de Macerata entend également renouveler l'approche de ses travaux, notamment les plus difficiles à interpréter. Ainsi ont été présentées des études sur le dictionnaire sino-portugais de Matteo Ricci et Michele Ruggieri, sur la linguistique, la sémiologie et la rhétorique employées. Sans oublier l'approche cartographique regardant l'aventure des jésuites en Chine, en Corée et au Japon. Quelle influence eut sur l'Europe la culture et la philosophie chinoises apportées par Matteo Ricci, sur l'illuminisme et la pensée occidentale. Et enfin les rapports entre les citations et traduction des Dialogues de Confucius par Matteo Ricci, à la lumière des trois premières éditions traduites par les jésuites.

mercredi 21 octobre 2015

La fidélité aux promesses est un vrai chef-d'œuvre d'humanité


Cité du Vatican, 21 octobre 2015 (VIS). Ce matin, au cours de l'audience générale Place St.Pierre, le Saint-Père est revenu sur la famille, centrant sa réflexion sur la fidélité à la promesse d'amour entre l'homme et la femme, sur laquelle est fondée la famille, et qui porte en elle l'engagement d'accueillir et d'éduquer les enfants, de prendre soin des parents âgés et des membres les plus faibles de la famille, s'aidant mutuellement à développer ses qualités et accepter ses limites: ''Une famille qui se ferme sur elle-même est comme une contradiction, une mortification de la promesse qui l'a faite naître et la fait vivre. N'oubliez jamais que l'identité de la famille est toujours une promesse qui s'élargit...à toute la famille et aussi à toute l'humanité... L'amour comme l'amitié tirent justement leur force et leur beauté du fait qu'ils créent un lien sans enlever la liberté. Sans liberté il n'y a pas d'amitié, sans liberté il n'y a pas d'amour, sans liberté il n'y a pas de mariage. Donc, liberté et fidélité ne s'opposent pas l'une à l'autre, au contraire, elles se soutiennent l'une l'autre, tant dans les rapports interpersonnels que dans les relations sociales. En effet, pensons aux dommages causés, dans la civilisation de la communication globale, l'inflation de promesses non tenues, dans différents domaines, et l'indulgence pour l'infidélité à la parole donnée et aux engagements pris!... La fidélité aux promesses matrimoniales est un vrai chef-d'œuvre d'humanité!.. Aucune relation d'amour, aucune amitié, aucune forme de bonté, aucun bonheur pour le bien commun, n'atteint la hauteur de notre désir et de notre espérance, s'il n'arrive à habiter ce miracle de l'âme...qu'est la force et la persuasion de la fidélité...qui ne finissent pas de nous enchanter et de nous étonner... Aucune autre école ne peut enseigner la vérité de l'amour, si la famille ne le fait pas. Aucune loi ne peut imposer la beauté et l'héritage de ce trésor de la dignité humaine, si le lien personnel entre amour et génération ne l'inscrit pas dans notre chair... Notre fidélité à la promesse est aussi toujours confiée à la grâce et à la miséricorde de Dieu. L'amour pour la famille humaine, dans le bonheur et le malheur, est un point d'honneur pour l'Eglise! Que Dieu nous accorde d'être à la hauteur de nos promesses".

Fin de l'examen de l'Instrumentum Laboris par les groupes de travail


Cité du Vatican, 21 octobre (VIS). Hier et lundi, les pères synodaux ont discutés au sein des groupes de travail linguistiques la partie de l'Instrumentum Laboris traitant notamment de la situation des familles en situation irrégulière, de l'admission à la communion des divorcés remariés, l'accompagnement des homosexuels et la paternité responsable.

Les Circuli Minores ont analysé les besoins particuliers des familles en situation irrégulière ou délicate, reconnaissant selon le groupe anglophone présidé par Mgr.Mark Benedict Coleridge (Australie) que les personnes qui cohabitent sont dans une situation différente des divorcés remariés civilement. Tout en affirmant que la pratique du vivre ensemble, si répandue dans de nombreuses cultures contemporaines ne peut être considérée comme un bien en soi, on doit reconnaître qu'il peut y avoir le bien parmi ceux qui vivent en couple hors mariage.

Nous savons, a établi le groupe francophone présidé par Mgr.Laurent Ulrich (France), "qu'il existe tant d'autres familles qui s'estiment souvent elles-mêmes éloignées de cet idéal, et d'autres qui ne pensent même pas qu'il soit peu ou prou fait pour elles. Familles divisées, familles recomposées, familles monoparentales, familles sans mariage même civil. Ces familles réelles nous ne pouvons pas les tenir à l'écart, nous ne voulons pas penser que leur chemin ne les rapproche pas du Dieu, qui aime et attire à lui tous les hommes. Nous croyons qu'en elles vit l'Esprit du Seigneur qui inspire bien des comportements de leur vie. Cela ne retire rien aux familles chrétiennes que nous soutenons et encourageons".

"En ce qui concerne les divorcés remariés civilement, il est généralement convenu que nous devons fournir pastorale plus efficace à ces couples. Avec leurs enfants, il ont des droits". Les groupes anglophone et italianophone sont par contre perplexes sur ce que l'Instrumentum Laboris appelle "chemin pénitentiel" pour les divorcés remariés. ''Sur la question de l'accompagnement, nous sommes tous d'accord, mais que faire lorsqu'il s'agit de l'accès aux sacrements?". Le groupe hispanophone B présidé par Mgr.Balthazar Enrique Porras Cardozo (Venezuela) se dit certain de la nécessité d'éliminer de nombreux obstacles opposés aux divorcés remariés, afin qu'ils puissent participer plus largement à la vie de l'Eglise. Actuellement ils ne peut pas être parrains ou catéchistes... Nous devons montrer que nous avons entendu l'appel de tant de personnes qui souffrent d'être exclus de la vie de l'Eglise''.

''Quant à la discipline relative aux divorcés remariés, il est encore impossible d'établir des critères valables pour tous les cas, parfois très différents les uns des autres". Le groupe italianophone présidé par le Cardinal Mauro Piacenza (Saint-Siège) estime aussi qu'il existe "des divorcés remariés s'appliquant à vivre selon l'Evangile. Ils offrent des exemples de la charité... Certes on ne peut nier que, dans certaines circonstances, les facteurs limitant la capacité d'agir sont envisagés de différentes manières. En conséquence, le jugement d'une situation objective ne saurait devenir un jugement subjectif sur la responsabilité. Les limites et les contraintes sont alors un appel au discernement, respectueux de la complexité de ces situations, tout particulièrement pour l'évêque''.

Mais le groupe anglophone A (Mgr.Kurtz) estime que la pratique pastorale relative à la réception du sacrement de l'Eucharistie par les divorcés remariés ne devrait pas être laissée aux conférences épiscopales. Cela nuirait à l'unité de l'Eglise catholique, à la compréhension du sacrement et au témoignage de la vie des fidèles''.

En attendant, le groupe anglophone B dont le Rapporteur est Mgr Diarmuid Martin (Irlande), "compte tenu de la richesse du matériel produit au cours des travaux synodaux", demande au Pape d'envisager ''la mise en place au cours de l'Année jubilaire de la Miséricorde d'une commission spéciale chargé d'étudier à fond les mesures disciplinaires de l'Eglise en matière d'indissolubilité du mariage, afin de les rendre applicables à la situation des personnes en unions irrégulières, y compris aux situations résultant de la pratique de la polygamie.'' Sur la problématique, de nombreuses références ont été faites à l'encyclique de Jean-Paul II Familiaris Consortio.

La condition des homosexuels du point de vue familial a été abordée par le groupe anglais C (Mgr.Coleridge), qui a insisté pour que les pasteurs cherchent à comprendre la réalité de la vie des personnes, sans traiter de questions abstraites. Ses membres ont également demandé que le document final du Synode puisse inclure une déclaration nette quant à l'enseignement de l'Eglise sur le fait que les unions homosexuelles ne sont nullement équivalentes au mariage. Sur le même sujet le groupe A a rappelé que, ''comme épouse du Christ, l'Eglise suit les traces de son Seigneur, dont l'amour universel est offert à tous sans exception. Les parents et les frères et sœurs des membres de la famille ayant des tendances homosexuelles sont appelés à être compris, aimés et acceptés. Certains pères synodaux ont toutefois suggéré que l'argument soit éliminé de la discussion du Synode sur la famille, car son importance mériterait un synode spécifique.

La question de la paternité responsable et la responsabilité générative a fait l'objet d'échanges fructueux. Elle est considéré à l'heure actuelle d'une grande importance pour le respect de la dignité humaine et de la vie. Les groupes ont également abordé les mariages mixtes et la disparité de culte dans le couple, estimant qu'il faudrait rechercher des approches pastorales défendant les femmes et les enfants dans des conditions de fragilité.

Sur la méthodologie du Synode, le groupe de langue française dont le rapporteur est Mgr.Paul-André Durocher (Canada) a déclaré: ''Comme des agronomes qui discutent de diverses méthodes d’approvisionnement en eau, nous avons discuté de la méthode de ce synode. Est-elle bien ajustée à sa finalité? Nous déployons une somme énorme d’énergie, à tous les points de vue. Des gens sont épuisés à force de travailler. Le résultat en vaudra-t-il la chandelle? Peut-être aurions-nous pu identifier quelques questions spécifiques à étudier entre les deux synodes, et nous donner plus de temps pour les étudier? Faudra-t-il confier à des commissions pontificales le travail que nous espérions faire?.... Il n’en reste pas moins que nous avons beaucoup apprécié le temps accru qui nous a été accordé en petits groupes. De nos échanges se dégage très fortement le ministère de communion qui est le nôtre à titre d’évêques".


Le groupe italianophone B a pour sa part conclu que la miséricorde s'est manifesté durant le Synode, en interpellant le ministère pastoral des pères, conscients de ce que le mystère de l'Incarnation exprime pleinement la volonté salvifique de Dieu. "Cette détermination divine a également été confiée à notre mission et à l'administration des sacrements, lesquelles trouvent leur juste herméneutique dans un appel à la conversion, aiguillon pour notre salut''.

Déclaration du Directeur de la Salle de Presse


Cité du Vatican, 21 octobre (VIS). En écho à un article de la presse italienne, le P.Lombardi a déclaré la nuit dernière: "Il s'agit d'une information relative à la santé du Saint-Père, totalement infondée, irresponsable, qui ne mérite aucune attention. Il est facile de constater combien le Pape poursuit, normalement et sans interruption, ses intenses activités".


Ce midi, ouvrant le briefing quotidien sur les travaux synodaux, le Directeur de la Salle de Presse est revenu sur son démenti nocturne. Le P.Lombardi a confirmé que l'article traitant de la santé du Saint-Père était sans fondement: "Je le fais après m'être informé auprès des autorités compétentes, le Saint-Père compris. Aucun médecin japonais n'est venu au Vatican pour l'examiner, et aucun des examens indiqués dans l'article n'a été effectué. On m'a également assuré qu'aucun appareil extérieur n'a utilisé l'héliport vatican, pas même en janvier. Ceci dit, je confirme que le Saint-Père est en bonne santé. De même, je dois répéter que l'article en question constitue un acte grave et inqualifiable. Tout comme est irresponsable et injustifiable la diffusion continuelle de fausses nouvelles. Puisse cette histoire cesser sur le champ".

Audiences


Cité du Vatican, 21 octobre 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Métropolite Hilarion, Président du Département pour les relations extérieures du Patriarcat de Moscou.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 21 octobre (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Le P.Henrique Aparecido de Lima, CSSR, Evêque de Dourados (superficie 38.125, population 535.000, catholiques 375.000, prêtres 59, diacres 11, religieux 154), au Brésil. L'Evêque élu, né en 1964 à Toledo (Brésil), a prononcé ses voeux religieux en 1995 et a été ordonné prêtre en 1999. Jusqu'ici Supérieur de la provincial rédemptoriste de Campo Grande, il succède à Mgr.Redovino Rizzardo, CS, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Il a occupé diverses fonctions au sein de son ordre et a été curé de paroisse.

L'Abbé José Reginaldo Andrietta, Evêque de Jales (superficie 12.788, population 400.000, catholiques 323.000, prêtres 36, religieux 15), au Brésil. L'Evêque élu, né en 1957 à Pirassununga (Brésil) et ordonné prêtre en 1983, il était jusqu'ici Curé de la paroisse Sts.Jude et Thaddée d'America. Licencié en théologie et catéchèse, il a occupé diverses fonctions au sein de la Jeunesse ouvrière chrétienne (nationale et internationale) et a été curé de paroisses, professeur et membre du Presbyterium. Il succède à Mgr.Luiz Demétrio Valentini, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

L'Abbé Paulo Bosi Dal'Bó, Evêque de Sao Mateus (superficie 15.496, population 469.000, catholiques 335.000, prêtres 46, religieux 49), au Brésil. L'Evêque élu, né en 1962 à Colatina (Brésil) et ordonné prêtre en 2000, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse de Colatina (Brésil). Diplômé en comptabilité, communication et éducation, il a été curé de paroisse, recteur de séminaire et Président du réseau brésilien de l'enseignement catholique.


mardi 20 octobre 2015

Témoignages au Synode sur le rôle des femmes


Cité du Vatican, 20 octobre (VIS). Au cours de la seizième congrégation les pères synodaux ont entendu le témoignage de plusieurs Auditeurs femmes. Le rôle des femmes dans la famille, la société et l'Eglise, les différences culturelles, les préoccupations en matière d'éthique et médecine, la situation des familles chrétiennes, ainsi que la catéchèse familiale ont été abordés dans ces interventions:

Mme.Agnes Offiong Eroguyane, responsable de l'Organisation des femmes catholiques au Nigeria a rappelé que les femmes africaines sont connues pour leur soin des familles, avec ou sans la contribution de leurs conjoints. Un rôle qui est encore plus fort depuis la menace du groupe terroriste Boko Haram. "Les femmes redoublent leurs efforts pour la survie de leurs familles... Sur la base de mon expérience avec les femmes, en cette période difficile, je peux dire avec fierté que si l'homme est le soutien de famille, la femme en est le cœur. Quand le cœur cesse de battre la famille meurt, parce que la fondation est ébranlée et la stabilité détruite. Au Nigeria, les femmes catholiques ne sont pas seulement des constructeurs de foyers, mais une force avec laquelle il faut compter quand il s'agit de spiritualité, d'économie et de progrès de l'Eglise."

Citant l'Instrumentum Laboris où il est écrit que l'Eglise doit inculquer aux familles un sentiment d'appartenance ecclésiale, qui n'exclue aucun membre, Soeur Maureen Kelleher (USA) estime nécessaire d'encourager toutes les capacités à réaliser un projet de vie au service du Royaume de Dieu. Un appel est lancé à l'Eglise, ''relever le défi de diffuser dans la famille de l'Eglise un sentiment du nous... Il faut encourager chaque personne, homme ou femme, à développer ses compétences au service du Royaume. Je demande aux dirigeants de l'Eglise de reconnaître que les femmes qui se sentent appelés au service du Royaume ne trouvent pas leur place dans notre Eglise. Malgré leurs grandes capacités elles ne peuvent pas les mettre au service des décision et de la planification pastorale... En 1974, lors du Synode sur l'évangélisation, une de nos sœurs, Sœur Marguerite-Marie, était l'une des deux religieuses désignés par l'Union des Supérieurs généraux. Aujourd'hui, quartante ans plus tard, nous ne sommes que trois.''

L'Eglise a grand besoin d'écouter les femmes, a déclaré Mme.Lucia Scaraffia, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Rome. "C'est dans l'écoute mutuelle que réside le véritable discernement... Les femmes sont de grandes expertes des relations familiales. Si nous quittons les théories abstraites, nous devons apprendre d'elles comment jeter les bases d'une nouvelle famille, qui soit ouverte au niveau des relations entre tous ses membres. Et non plus sur la base de la disponibilité des femmes au sacrifice ou de de leur capacité à assurer l'affection ou alimentation du foyer. Comme si les mères, filles, grand-mères, épouses, qui sont au cœur de la famille, ne faisaient pas partie de l'Eglise, de l'Eglise qui embrasse le monde, pense et décide. Comme si il pouvait continuer, même à l'égard de la famille prétendre qu'il n'y ait pas de femmes. Comme si l'on pouvait continuer à ignorer leur existence malgré la place révolutionnaire que Jésus a accordé aux femmes... Si les familles sont très variées de par le monde, dans toutes les femmes jouent le rôle plus important et le plus décisif pour assurer la solidité et la durée de la famille. Quand nous parlons de famille il ne faudrait pas uniquement prendre en compte le mariage. Il y a un nombre croissant de familles avec une mère célibataire et ses enfants. Ces femmes sont parfois malades ou handicapés, ou ont subi une violence. Ces femmes, ces mères ont rarement suivi des cours de théologie. Souvent elles ne sont même pas mariés, mais donnent un merveilleux exemple de comportement chrétien. Si vous, pères synodaux, ne leur prêtez pas attention vous courrez le risque de les faire se sentir encore plus misérables, parce que leur famille est très différente du modèle dont vous débattez. Vous parlez peut-être trop d'une famille abstraite, d'une famille parfaite qui n'existe pas, d'une famille qui n'a rien à voir avec les familles réelles, celles que Jésus rencontrez. Si parfaite cette famille semble ne pas avoir besoin de miséricorde, ni même d'être soumise à examen."

La question des mariages mixtes a été évoquée par le P.Garas Boulos Garay Bishay, Curé de Notre Dame de la Paix à Sharm El Sheikh (Egypte), qui a exprimé la préoccupation posée par un phénomène socio-culturel répandu dans les zones touristiques. Ces mariages mixtes se font entre femmes chrétiennes d'Europe ou de Russie avec des hommes musulmans. Or la Sharia n'autorise que les hommes à épouser des non musulmanes. "Ce phénomène, avec des mouvements de population de masse et le nombre croissant de réfugiés et les migrants a tendance à s'installer en Europe... Il aura inévitablement une incidence sur l'Occident et mérite donc d'être sérieusement considéré et traité. Ce sont des familles de double appartenance culturelle et religieuse... Il ne faut pas oublier que la loi islamique autorise la polygamie et le Coran oblige les parents à l'éducation islamique des enfants... Il s'agit d'une anthropologie culturelle et religieuse profondément différente qui peut créer de graves crises au sein du couple, et rendre les fractures irréparables notamment au dam des enfants.''

Mme.Maria Harries, qui a oeuvré pendant quarante ans dans les services sociaux catholiques australiens, a évoqué la condition des aborigènes, souvent victimes d'abus sexuels de la part du clergé. Ils sont largement marginalisés et divisés en de nombreux groupes linguistiques et de traditions familiales diverses. "La plupart d'entre eux est étrangère à l'idée de la famille, selon l'enseignement de l'Eglise. Pour certains, le système matrilinéaire signifie qu'ils ont beaucoup de mères. L'enfant grandit dans un groupe de parenté, et non pas avec une mère et un père. Les femmes jouent un rôle dynamique dans le monde des parents et attendent qu'ils soient visibles... Tous les abus sexuels sont liés à l'abus de pouvoir... La maltraitance des enfants dans les familles et les institutions prouvent notre incapacité à répondre de manière adéquate. L'attitude de l'Eglise en Australie et ailleurs a causé une douleur très profonde... Avec le Pape François nous prions de recevoir la grâce de la honte, afin de trouver des solutions locales et des formules collectives pour répondre aux victimes et à leurs familles. Nous devons écouter l'autre avec grande attention profondément. Sur la base de nos échecs et de la souffrance qui les accompagne il y a possibilité d'apprendre collectivement et peut-être même doctrinalement, de se reconnecter et d'accompagner des milliers de familles qui ont perdu confiance.''

Mme.Brenda Kim Nayoug a parlé de ce que la Corée a appelé Génération Sampo, les jeunes qui ignorent les fiançailles et le mariage et ne veulent pas procréer. ''Beaucoup de jeunes ont abandonné ces trois choses à cause des pressions sociales et des problèmes économiques. En raison du chômage beaucoup renvoient leur mariage, oubliant que le mariage est un appel de Dieu'' La vie est un long chemin au long duquel peuvent surgir bien des obstacles... L'Eglise devrait s'ouvrir et accompagner véritablement ces jeunes aux différents stades de leur vie conjugale...en leur montrant la beauté de la famille chrétienne".

Un autre thème récurrent dans les interventions a été celui de la sexualité et de l'éthique conjugale et médicale. Le pédiatre péruvien Edgar Humberto Tejada Zeballos a dit: "Il y a des couples qui croient qu'avoir un enfant est un droit, sans considérer que les enfants sont un don de Dieu... Ainsi leurs choix, plus que d'être une violation de la morale, risquent de coûter des vies innocentes. Pensons à la fécondation in vitro, dont le processus tue, détruit, congèle ou vend de nombreux embryons... On assiste également à la maternité de substitution... Cette absence de morale a pour conséquence qu'un grand nombre d'embryons est sacrifié ou utilisé en laboratoire... Dans l'Instrumentum Laboris il faudrait mentionner clairement ces menaces à la vie et la famille... Mais aussi porter ces connaissances à de nombreux chrétiens qui peut-être par ignorance commettent ces actes immoraux".

Patrizia et Massimo Pasloni, un couple romain du Chemin néocatéchuménal, avec douze enfants, actuellement en mission aux Pays-Bas, ont défini ce pays une périphérie existentielle de l'Europe. Ayant exprimé leur gratitude à l'encyclique de Paul VI Humanae Vitae, qui leur a fait comprendre que ''la paternité responsable n'est pas de décider du nombre d'enfants mais plutôt de prendre conscience de la grandeur qu'il y a à collaborer avec Dieu dans la création... Tous les jours nous voyons de grandes souffrances, des séparations, des avortements, des personnes isolées et désespérées. Le monde attend le témoignage de la famille chrétienne et nous sommes convaincus que le salut de l'humanité passe par la famille chrétienne... Nous faisons l'expérience de la communauté chrétienne qui sauve la famille et de la famille qui sauve l'Eglise.''

Soeur Berta Maria Porras Fallas (Costa Rica) a insisté sur la nécessité d'une formation comme réalisation de la vocation. Elle a proposé trois priorités dans la pastorale des jeunes: D'abord, aimer avec discernement, envisager la formation avec discernement et discerner la mission, ensuite aborder l'amour du couple, homme et femme... Troisièmement l'amour comme offrande sexuelle.''

Enfin, le couple Marqus Odeesho, au nom des familles chrétiennes d'Irak, a raconté comment les chrétiens de Ninive ont été contraints de nuit à quitter leurs foyers, leurs emplois, leurs biens et leurs écoles. ''Ce fut une expérience difficile, et seules nous ont consolé les paroles de Jésus, Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, pour le leur est le royaume des Cieux. Puis nous avons commencé à entendre le témoignage d'autres familles déplacées... Malgré leurs souffrances et la dureté de leur sort, la proximité de l'Eglise les a aidés à éprouver leur foi... Aujourd'hui des défis restent à relever face aux enlèvements et aux attentats, aux pillages et à la terreur. Malgré ce il y a encore de nombreuses familles engagées dans le pays et dans l'Eglise, qui offrent un témoignage de foi et estiment que cette persécution portera des fruits pour l'Eglise du Christ, comme ce fut la cas dans l'Eglise primitive.''



Audiences


Cité du Vatican, 20 octobre 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

SB le Cardinal Baselios Cleemis Thottunkal, Archevêque Majeur des Syro-malankars.

SB Ibrahim Isaac Sedra, Patriarche copte d'Alexandrie d'Egypte.


lundi 19 octobre 2015

Messe de canonisations


Cité du Vatican, 18 octobre 2015 (VIS). Place St.Pierre ce matin, le Pape a présidé la messe solennelle au cours de laquelle il a procédé à la canonisation du bienheureux Vincenzo Grossi, prêtre diocésain italien fondateur des Filles de l'Oratoire, de la bienheureuse Marie de l'Immaculée (María Isabel Salvat Romer), religieuse espagnole supérieure des Soeurs de la Croix, et des époux Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. En voici l'homélie:"

Les lectures bibliques nous présentent aujourd’hui le thème du service et nous appellent à suivre Jésus sur le chemin de l’humilité et de la Croix. Le prophète Isaïe décrit la figure du Serviteur du Seigneur et sa mission de salut. Il s’agit d’un personnage qui ne se vante pas de généalogies illustres, il est méprisé, évité par tous, expert en souffrance. Quelqu’un à qui on n’attribue pas d’entreprises grandioses, ni de discours célèbres, mais qui mène à son accomplissement le plan de Dieu à travers une présence humble et silencieuse et à travers sa propre souffrance. Sa mission, en effet, se réalise au moyen de la souffrance, qui lui permet de comprendre ceux qui souffrent, de porter le fardeau des fautes d’autrui et de les expier. L’exclusion et la souffrance du Serviteur du Seigneur, prolongées jusqu’à la mort, se révèlent féconde au point de racheter et de sauver les multitudes. Jésus est le Serviteur du Seigneur. Sa vie et sa mort, entièrement dans la forme du service, ont été cause de notre salut et de la réconciliation de l’humanité avec Dieu. Le Kérygme, cœur de l’Evangile, atteste que dans sa mort et sa résurrection se sont accomplies les prophéties du Serviteur du Seigneur. Le récit de Marc décrit la scène de Jésus aux prises avec les disciples Jacques et Jean, qui, soutenus par leur mère, voulaient s’asseoir à sa droite et à sa gauche dans le Royaume, revendiquant des places d’honneur, selon leur vision hiérarchique du royaume même. La perspective dans laquelle ils se placent se révèle encore polluée par des rêves de réalisation terrestre. Jésus alors donne une première secousse à ces convictions des disciples rappelant son chemin sur cette terre: La coupe que je vais boire, vous la boire. Quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder. Il y a ceux pour qui cela a été préparé. Avec l’image de la coupe, il assure aux deux la possibilité d’être associés jusqu’au bout à son destin de souffrance, sans toutefois garantir les places d’honneur ambitionnées. Sa réponse est une invitation à le suivre sur le chemin de l’amour et du service, repoussant la tentation mondaine de vouloir exceller et commander aux autres".

"Devant des gens qui intriguent pour obtenir le pouvoir et le succès, pour se faire voir, devant des gens qui veulent que leurs mérites personnels, leurs œuvres personnelles soient reconnus, les disciples sont appelés à faire le contraire. Il les avertit donc: Vous le savez, ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres, les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Avec ces paroles, il indique le service comme style de l’autorité dans la communauté chrétienne. Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Eglise. Jésus nous invite à changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir, à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité. Et après avoir présenté un modèle à ne pas imiter, il s’offre lui-même comme idéal auquel se référer. Dans l’attitude du Maître, la communauté trouvera la motivation de la nouvelle perspective de vie: Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. Dans la tradition biblique, le Fils de l’Homme est celui qui reçoit de Dieu domination, gloire et royauté. Jésus remplit d’un nouveau sens cette image et précise qu’il a le pouvoir en tant que serviteur, la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale en tant que disponibilité au don total de sa vie. C’est en effet, par sa passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place, atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son Eglise".

"Il y a incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ, incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus expert en souffrance et notre souffrance. La Lettre aux Hébreux, qui présente le Christ comme le souverain prêtre qui partage en tout notre condition humaine, excepté le péché, nous le rappelle: Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Jésus exerce essentiellement un sacerdoce de miséricorde et de compassion. Il a fait l’expérience directe de nos difficultés, il connaît de l’intérieur notre condition humaine. Ne pas avoir fait l’expérience du péché ne l’empêche pas de comprendre les pécheurs. Sa gloire n’est pas celle de l’ambition ou de la soif du pouvoir, mais c’est la gloire d’aimer les hommes, d’assumer et de partager leur faiblesse et de leur offrir la grâce qui guérit, de les accompagner avec une infinie tendresse, de les accompagner sur leur chemin de souffrance. Chacun de nous, en tant que baptisé, participe pour la part qui lui est propre au sacerdoce du Christ, les fidèles laïcs au sacerdoce commun, les prêtres au sacerdoce ministériel. Tous nous pouvons donc recevoir la charité qui émane de son Cœur ouvert aussi bien pour nous-mêmes que pour les autres. En devenant des canaux de son amour, de sa compassion, spécialement envers tous ceux qui sont dans la douleur, dans l’angoisse, dans le découragement et dans la solitude".

"Ceux qui aujourd’hui ont été proclamés saints ont constamment servi leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires, imitant ainsi le divin Maître. Saint Vincenzo Grossi a été un curé plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens, spécialement aux fragilités des jeunes. Pour tous, il rompait avec ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour les plus nécessiteux. Sainte Marie de l’Immaculée, en puisant aux sources de la prière et de la contemplation, a vécu en personne dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention particulière aux enfants des pauvres et aux malades. Les saints époux Louis et Zélie Martin ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour, et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Puisse le témoignage lumineux de ces nouveaux saints nous pousser à persévérer sur la route du service joyeux des frères, confiant dans l’aide de Dieu et dans la protection maternelle de Marie. Du ciel qu’ils veillent maintenant sur nous et nous soutiennent de leur puissante intercession!".


Appel à une décentralisation de l'Eglise et à une conversion de la papauté


Cité du Vatican, 17 octobre 2015 (VIS). A l'occasion du 50 anniversaire de l'institution du Synode des évêques, le Saint-Père a prononcé un discours Salle Paul VI -à qui l'on doit cette initiative- devant les pères synodaux. L'introduction a été faite par le Cardinal Lorenzo Baldisseri, Secrétaire général du Synode, tandis que le rapport commémoratif a été présenté par le Cardinal Schönborn, Archevêque de Vienne et président de la Conférence épiscopale d'Autriche. Voici de larges extraits du discours du Saint-Père qui a rappelé que ce que le Seigneur nous demande se trouve déjà dans le mot synode, marcher ensemble:

"Depuis le Concile Vatican II à l'actuelle assemblée synodale sur la famille, nous avons expérimenté toujours plus intensément la nécessité et la beauté de marcher ensemble... Nous devons poursuivre sur cette route. Le monde dans lequel nous vivons et que nous sommes appelés à aimer et servir même dans ses contradictions, exige de l'Eglise le développement de ses synergies dans tous les milieux de sa mission... Dans l'exhortation apostolique Evangelii Gaudium, j'ai souligné...que chaque baptisé, quels que soient sa fonction dans l'Eglise et le degré d'instruction de sa foi, est un sujet actif d'évangélisation, et il serait inadéquat de penser à un schéma d'évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions... Cette conviction m'a déjà guidé quand j'ai souhaité que le Peuple de Dieu soit consulté dans la préparation du double rendez-vous synodal sur la famille... Comment serait-il possible de parler de la famille sans interpeller les familles, sans écouter leurs joies et leurs espérances, leurs douleurs et leurs angoisses? Une Eglise synodale est une Eglise de l'écoute, bien conscients qu'écouter est plus qu'entendre. C'est une écoute réciproque où chacun a quelque chose à apprendre. Peuple fidèle, collège épiscopal, Evêque de Rome: l'un à l'écoute des autres, et tous à l'écoute de l'Esprit Saint, l'Esprit de la vérité... La synodalité, comme dimension constitutive de l'Eglise, nous offre le cadre interprétatif le plus adéquat pour comprendre le ministère hiérarchique...en soi, personne ne peut être élevé au-dessus des autres. Au contraire, dans l'Eglise, il faut que chacun s'abaisse pour se mettre au service des frères sur le chemin. Jésus a constitué l'Eglise en mettant à son sommet le Collège apostolique, dans lequel l'apôtre Pierre est la roche, celui qui doit confirmer ses frères dans la foi. Mais, dans cette Eglise, comme dans une pyramide retournée, le sommet se trouve être la base. C'est pourquoi ceux qui exercent l'autorité s'appellent ministres, parce que selon la signification originaire du mot, ce sont les plus petits entre tous. Dans une Eglise synodale, le Synode des évêques est seulement la manifestation la plus évidente d'un dynamisme de communion qui inspire toutes les décisions ecclésiales. Le premier niveau d'exercice de la synodalité se réalise dans les Eglises particulières... Le Code de droit canonique consacre une grande place à ceux que l'on a coutume d'appeler les organismes de communion de l'Eglise particulière... Ces instruments, qui avancent parfois avec difficulté, doivent être valorisés comme occasion d'écoute et de partage. Le deuxième niveau est celui des provinces et des régions ecclésiastiques, des conciles particuliers et de façon spéciale des Conférences épiscopales... Dans une Eglise synodale, comme je l'ai déjà dit, il n'est pas opportun que le Pape remplace les épiscopats locaux dans le discernement de toutes les problématiques qui se posent sur leurs territoires. En ce sens, je pense qu'il devient nécessaire de procéder à une salutaire décentralisation. Le dernier niveau est celui de l'Eglise universelle. Ici, le Synode des évêques, représentant l'épiscopat catholique, devient l'expression de la collégialité épiscopale à l'intérieur d'une Eglise toute synodale".


"Je suis convaincu que dans une Eglise synodale, l'exercice du primat pétrinien recevra aussi un meilleur éclairage. Le Pape n'est pas seul, au-dessus de l'Eglise, mais au-dedans d'elle comme baptisé entre les baptisés et dans le Collège épiscopal comme évêque parmi les évêques, appelé en même temps, comme Successeur de l'apostolat de Pierre, à guider l'Eglise de Rome qui préside dans l'amour toutes les Eglises. Alors que je rappelle la nécessité et l'urgence de penser à une conversion de la papauté...je suis convaincu à ce sujet d'avoir une responsabilité particulière, constatant l'aspiration œcuménique de la majeure partie des communautés chrétiennes et écoutant la question qui m'est posée de trouver une forme d'exercice de la primauté qui, bien que ne renonçant en aucune façon à l'essentiel de sa mission, s'ouvre à une situation nouvelle... Notre regard doit s'élargir à l'humanité. Une Eglise synodale est comme un étendard levé pour les nations, dans un monde qui, bien qu'invoquant la participation, la solidarité et la transparence dans l'administration de la chose publique, remet souvent le destin de populations entières dans les mains avides de quelques groupes de pouvoir. Comme Eglise qui marche ensemble avec les hommes et participe aux tourments de l'histoire, nous cultivons le rêve que la redécouverte de la dignité inviolable des peuples et de la fonction de service de l'autorité pourront aussi aider la société civile à se construire dans la justice et la fraternité, générant un monde plus beau et plus digne de l'homme pour les générations qui viendront après nous".
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