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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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jeudi 3 décembre 2015

Présentation de l'évangéliaire de la Miséricorde


Cité du Vatican, 3 décembre 2015 (VIS). Ce matin a été présenté au Pape l'évangéliaire de la Miséricorde, commandé par la Conférence épiscopale italienne dans son édition typique italienne et les illustrations du mosaïste slovène Marko Ivan Rupnik, qui est l'auteur du décor de la chapelle Redemptoris Mater du Vatican. Conçu pour le Jubilé extraordinaire, l'ouvrage liturgique est préfacé par Mgr.Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.

Audiences


Cité du Vatican, 3 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Mgr.David Douglas Crosby, OMI, Evêque de Hamilton et Président de la Conférence épiscopale canadienne, accompagné de Mgr.Lionel Gendron, PSS, Evêque de Saint-Jean-Longueuil, Vice Président, et de Mgr.Frank Leo, CSS, Secrétaire Général.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 3 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a:

Erigé le diocèse de Guasdualito (Venezuela), par démembrement de celui de San Fernando de Apure e Batinas, le rendant suffragant de l'Eglise métropolitaine de Mérida.

Nommé le P.Pablo Modesto González Pérez, SDB, premier Evêque de Guasdualito (superficie 35.184, population 200.000, catholiques .000, prêtres 13, religieuses 5), au Venezuela. L'Evêque élu, né en 1959 à San Antonio de los Altos (Venezuela), a prononcé ses voeux religieux en 1983 et a été ordonné prêtre en 1986. Il était jusqu'ici directeur d'une école agricole salésienne. Licencié en théologie, il a occupé diverses fonctions au sein de son ordre et a été curé de paroisse.

Accepté, pour limite d'âge, la renonciation de Mgr.Anthony J.Farquhar, à l'office d'Auxiliaire de l'Evêque de Down and Connor (Irlande).


mercredi 2 décembre 2015

Le Pape revient sur son voyage africain


Cité du Vatican, 2 décembre 2015 (VIS). Ce matin, au cours de l'audience générale Place St.Pierre, le Pape a évoqué son tout récent voyage africain: Le Kenya tout d'abord, qui ''est un pays représentant bien le défi mondial de notre temps, la protection de la création par la réforme du modèle de développement. Pour être équitable, il doit être inclusif et durable... Tout cela se reflète dans Nairobi, la plus grande ville d'Afrique orientale, où richesse et pauvreté coexistent. Mais ce scandale n'est malheureusement pas limité à l'Afrique. Il est partout. La coexistence de la richesse et de la pauvreté est un scandale, une honte pour l'humanité". Rappelant qu'il a tenu à encourager les kenyans à avoir soin des richesses de leur pays, de la richesse naturelle comme spirituelle, composée des ressources de la terre comme des nouvelles générations, mais aussi des valeurs qui constituent la sagesse du peuple. Dans un contexte aussi dramatique, j'ai eu la joie d'apporter les mots d'espérance de Jésus. Soyez forts dans la foi et n'ayez pas pas peur, tel était le thème de la visite. Une expérience de tous les jours, si simple et si humble, si noble et si digne..., si tragiquement et héroïquement témoignée par les jeunes tués à l'Université de Garissa le 2 avril, parce qu'ils étaient chrétiens. Que leur sang soit semence de paix et de fraternité au Kenya, pour l'Afrique et pour le monde". En Ouganda, la visite du Pape était placée sous le signe des Martyrs à cinquante ans de leur canonisation par Paul VI. Pour cette raison, le thème choisi était Vous serez mes témoins. ''Toute la visite en Ouganda s'est déroulée dans la ferveur d'un témoignage animée par l'Esprit. Témoignage explicite des catéchistes,...témoignage des familles et de leur charité...qui luttent pour...servir les pauvres, les handicapés, les malades. Témoignage des jeunes qui, malgré les difficultés, conservent l'espérance et essayent de vivre l'Evangile en allant vers les autres. Autres témoins rencontrés, les prêtres, les religieux, les hommes et femmes consacrés courageux qui renouvellent quotidiennement leur oui au Christ et se consacrent avec joie au service du peuple de Dieu... Un témoignage multiforme, animé par l'Esprit, qui est le levain de la société toute entière, comme en témoigne le travail efficace accompli contre le Sida et dans l'accueil des réfugiés''. La troisième étape du voyage était la République Centrafricaine, le cœur géographique et spirituel du continent. Ma visite, a expliqué, le Pape, "était en fait mon premier objectif, parce que ce pays tente de sortir d'une période très difficile faite de conflits violents et de beaucoup de souffrances parmi la population. Donc, je voulais y ouvrir à Bangui, avec une semaine d'avance, la première Porte Sainte du Jubilé de la miséricorde, comme signe de la foi et de l'espoir des centrafricains et au-delà pour toutes les populations africaines qui ont le plus besoin de secours et de réconfort... L'invitation de Jésus à ses disciples, Passons de l'autre côté, en était le thème.... Cet Allez de l'autre côté signifie tourner le dos à la guerre, à la division, à la pauvreté, et choisir la paix, la réconciliation et le développement. Mais cela suppose un passage qui doit prendre forme dans les esprits, les attitudes et les intentions des personnes". C'est pourquoi, a précisé le Saint-Père, est cruciale la contribution de toutes les communautés religieuses, l'alliance entre chrétiens de toutes les confessions. Ce partage de la prière et de l'engagement pour la paix implique aussi la communauté musulmane. "Lors de la dernière messe, au stade de Bangui, j'ai voulu...renouveler notre engagement à suivre Jésus, notre espérance, notre paix...qui a le visage de la miséricorde. Ce dernière messe fut merveilleuse, pleine de jeunes! Plus de la moitié de la population de la République Centrafricaine a moins de dix-huit ans. C'est une promesse pour que le pays aille de l'avant!". Le Pape est ensuite revenu sur les missionnaires qui ont quitté leurs pays quand ils étaient jeunes. Il a raconté avoir rencontré à Bangui une religieuse italienne de 81 ans, ici depuis ses 24 ans". Les enfants l'appellent grand-mère! Une autre, qui était sage-femme a fait naître 3.280 enfants. ''Une vie entière pour la vie, pour la vie des autres... Et cette religieuse n'est pas seule, il y en a beaucoup. Beaucoup de sœurs, tant de prêtres, tant de moines qui ont offert leur vie pour annoncer Jésus-Christ''.


''Je voudrais dire un mot aux jeunes: Pensez à ce que vous faites de votre vie. Pensez à cette religieuse et beaucoup comme elle qui ont donné leur vie et à ces milliers qui ont trouvé la mort. Le missionnaire ne fait pas du prosélytisme: La religieuse m'a dit que les femmes musulmanes s'adressaient à elle parce qu'elles savaient que, bonnes infirmières, elles les traitaient bien" sans prétendre les convertir. "Le témoignage missionnaire est la grande valeur héroïque de l'Eglise. Proclamer Jésus-Christ dans et par nos vies! Je lance cet appel aux jeunes: Pensez à ce que vous voulez faire dans votre vie... Demandez au Seigneur de vous faire sentir sa volonté. Mais s'il vous plaît, n'excluez pas la possibilité d'être des missionnaires, pour apporter l'amour, l'humanité, la foi dans d'autres pays. Pas de prosélytisme, jamais!... La foi est prêchée avant tout par l'exemple, ensuite en paroles".

Motivations et attentes du Jubilé de la miséricorde


Cité du Vatican, 2 décembre 2015 (VIS). La revue catholique italienne Credere publie ce jour une interview du Saint-Père, dans laquelle il explique les motivations et les attentes du Jubilé de la miséricorde, ainsi que son expérience personnelle de la miséricorde divine. En voici de larges extraits:

''Le thème de la miséricorde a fortement été accentué dans l'Eglise à partir de Paul VI. Jean-Paul II y est revenu dans l'encyclique Dives in Misericordia, instituant avec la canonisation de sainte Faustine Kowalska la fête de la Divine Miséricorde, fixée à l'octave de Pâques. Dans ce sillage, j'ai ressenti comme un désir du Seigneur de montrer sa miséricorde hommes. Il s'est donc agi pour moi de suivre une tradition relativement récente pour une attention qui a toujours existé... Il est évident que le monde a besoin de la miséricorde, besoin de compassion, c'est à dire souffrir avec avec. Nous sommes habitués aux mauvaises nouvelles, à la cruauté et aux pires atrocités qui offensent le nom et la vie de Dieu. Le monde a besoin de découvrir que Dieu est Père, qu'il y a la miséricorde, que la cruauté n'est pas plus une solution que la condamnation. Si l'Eglise suit parfois une ligne dure ou tenté de la suivre en soulignant les normes morales, beaucoup de gens sont laissés de côté. ... Je vois l'Eglise comme un hôpital de campagne après la bataille: Combien de personnes souffrent, sont blessées ou tuées!... Nous devons soigner, guérir, soutenir... Nous sommes tous pécheurs, et tous portons nos croix. J'ai senti que Jésus veut ouvrir la porte de son cœur, que le Père veut montrer sa tendre miséricorde, nous envoyant l'Esprit... C'est l'année du pardon, de la réconciliation. D'un côté, nous voyons la production et le commerce des armes qui tuent les personnes innocentes d'une manière la plus cruelle possible, de l'autre l'exploitation des personnes, des enfants. Un sacrilège est en cours contre l'humanité. L'homme est sacré, car image du Dieu vivant. Et le Père dit de nous arrêter pour aller vers lui".

Plusieurs fois le Pape François a dit se sentir pécheur. Comment vit-il la miséricorde de Dieu? : ''Je suis un pécheur, j'en suis sûr, un pécheur que le Seigneur a regardé avec pitié. Comme je l'ai dit aux prisonniers en Bolivie, je suis un homme pardonné. Dieu me regarda avec compassion et m'a pardonné. Même maintenant, je fais des erreurs et commets des péchés. Je me confesse tous les quinze ou vingt jours, parce que je ressens toujours le besoin de la miséricorde de Dieu... J'ai eu ce sentiment à dix-sept ans, d'une manière spéciale le 21 septembre 1953, quand j'ai ressenti le besoin d'entrer dans une église me confesser... C'est devenu évident. J'ai décidé de devenir prêtre...et c'est un prêtre malade leucémie qui m'a accompagné pendant un an. Il est mort l'année suivante. Après l'enterrement, je pleurais à chaudes larmes, je me sentais complètement perdu, comme si Dieu m'avait abandonnée. C'est là que j'ai suis rencontré la miséricorde de Dieu, qui est désormais étroitement liée à ma devise épiscopale... La traduction littérale serait en étant miséricordieux et en choisissant".

Le Jubilé de la miséricorde peut-il être l'occasion de redécouvrir la maternité de Dieu? Y a-t-il un aspect féminin de l'Eglise qui doive être reévalué?

''Oui, dans le livre d'Isaïe, Dieu affirme que si une mère en arrivait à oublier son enfant, lui ne nous oubliera pas. Voici la dimension maternelle de Dieu. Tout le monde ne comprend pas l'expression Maternité de Dieu, qui n'appartient pas au langue populaire... C'est pourquoi je préfère utiliser le mot tendresse, typique d'une mère, la tendresse de Dieu. Dieu est père et mère.''

La miséricorde dans la Bible nous fait découvrir un Dieu plus miséricordieux qu'on ne pourrait le croire. Cette tendresse envers l'homme peut-elle favoriser un changement d'attitude envers l'autre?

"Certes, cela conduira à être un plus tolérant, plus patient, plus attentif... Durant le Synode de 1994, j'avais dit qu'il fallait mettre en route une révolution de tendresse... Aujourd'hui cette tendresse nous devons la faire grandir comme résultante de l'Année de miséricorde: La tendresse de Dieu est pour chacun de nous. Chacun de nous a le droit de dire: Je suis malheureux, mais Dieu m'a aime, alors je dois aussi aimer les autres de la même manière."


Evoquant le célèbre Discours de la lune, lorsque Jean XXIII recommanda aux fidèles de rentrer chez eux avec une caresse aux enfants. C'est devenu une icône de l'Eglise de la tendresse, qui aide les communautés chrétiennes à se développer et à se renouveler: "Quand je vois les malades, les personnes âgées, je reçois une caresse spontanée, car c'est le premier geste que font les parents sur leur nouveau-né. C'est un Je t'aime, je veux tu ailles bien."

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 2 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé Mgr.Rodolfo Luís Weber, Archevêque métropolitain de Passo Fundo (superficie 12.000, population 550.000, catholiques 436.000, prêtres 142, religieux 543), au Brésil. Il était jusqu'ici Prélat de Cristalândia (Brésil).

Accepté, pour limite d'âge, la renonciation de Mgr.Fernando Antônio Figueiredo, OFM, à la charge pastorale du diocèse de Santo Amaro (Brésil), auquel succède son Coadjuteur, Mgr.Giuseppe Negri, PIME.



mardi 1 décembre 2015

Congrès historique sur Vatican II


Cité du Vatican, 1 décembre 2015 (VIS). Ce matin en Salle de Presse du Saint a eu lieu la présentation du Congrès international d'études intitulé Vatican II et ses protagonistes à la lumière des archives "(9 - 11 décembre), organisée par le Comité pontifical des sciences historiques.Ont pris la parole le P.Bernard Ardura, O.Praem, Président de ce dicastère, et M.Philippe Chenaux, Membre. Le P.Ardura a d'abord expliqué que le congrès, qui fait suite à celui de 2012, a été préparé en collaboration avec le Centre de recherche et d'études sur le Concile. Il s'était alors agi de rassembler archivistes et universitaires pour faire le point de la situation sur l'état de conservation, le catalogage et la disponibilité des témoignages de pères conciliaires. Cette fois, l'événement s'intéresse aux protagonistes du Concile "en évoquant également les différents réseaux d'opinion ont joué un rôle dans la formation des convictions de nombreux pères conciliaires, tant au niveau des conférences épiscopales que de la pensée plus générale. Par exemple, des notes personnelles des pères peuvent-ils permettre de suivre l'évolution de leur opinion face aux lignes directrices mises en œuvre dans les seize documents élaborés par le Concile. Le congrès entend tenir compte non seulement de la diversité mais aussi des divergences exprimées lors du Concile. L'unanimité fortement souhaitée par Paul VI pour l'approbation des documents conciliaires a largement laissé dans l'ombre les positions exprimées par une minorité bien organisé. C'est pourquoi certains des ses acteurs seront présentés lors de ces journées.


Puis M.Cheneaux a souligné que la difficulté pour l'historien consiste dans l'interprétation de l'évolution de la majorité entre le début et la fin du Concile. Pour l'expliquer sans tomber dans l'hypothèse du complot, il est essentiel de recourir à la catégorie de l'expérience conciliaire. Comme l'a dit à plusieurs reprises Jean-Paul II, Vatican II revêtait une signification unique et irremplaçable pour tous les participants. Pour beaucoup d'évêques, il était non seulement une expérience extraordinaire de la communion sous la guide du Saint Esprit, mais aussi une école de mise à jour théologique. Comment les pères conciliaires ont vécu ces assises? Quelle a été leur expérience personnelle de l'événement? Dans quelle mesure cette expérience a-t-elle conditionnée leur compréhension de l'Eglise, et leur façon d'être évêque? Devrait-on parler d'une simple évolution ou bien d'une véritable conversion? Ce sont là quelques-unes des questions que ce second congrès tentera d'éclairer. La résolution de la grande ''énigme interprétative'' de Vatican II passe par une reconstruction précise et méticuleuse du travail de ses acteurs. La première session sera consacrée le 10 décembre aux protagonistes révélés par les archives. La deuxième session sera consacrée aux réseaux de contacts et d'opinions. Le 11, la troisième session, qui traitera de l'évolution au cours du Concile, approfondira la pensée des participants. Lors de la séance d'ouverture, le 9 décembre, après l'introduction du P.Ardura, interviendront le Cardinal Laurent Monsegwo Pasinya, Archevêque de Kinshasa, qui évoquera le Cardinal Malula et sa vision africaine du Concile, l'Evêque orthodoxe Filaret de Lviv et Galice, qui parlera de Vatican II et l'Eglise orthodoxe russe. Suivront les interventions des professeurs John O'Malley (USA), Michael Quisinsky (Université de Fribourg) et celle de M.Cheneaux. La séance conclusive du 11 décembre commémorera le cinquantième anniversaire de la conclusion du Concile. La table ronde présidée par le P.Ardura rassemblera le Cardinal Georges Cottier, OP, Théologien émérite de la Maison pontificale, et les représentants d'autres Eglises: L'Evêque Filaret, Alexeï Dikarev, Directeur adjoint du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, SG l'Archevêque David Moxon, Représentant de l'Archevêque de Canterbury près du Saint-Siège, et le Professeur Philippe Cheneaux. Sera lu un message du Grand Rabbin de Rome, M.Riccardo Di Segni.

Le Cardinal Parolin à la Conférence de Paris


Cité du Vatican, 1 décembre 2015 (VIS). Le Secrétaire d’Etat, représente le Saint-Siège à la XXI Conférence des Etats parties à la Convention des Nations-Unies sur le climat, qui se déroule à Paris du 30 novembre au 11 décembre. Le Cardinal Pietro Parolin a pris la parole hier, transmettant tout d'abord aux participants le salut et les encouragements du Saint-Père: Jeudi dernier à Nairobi, dans son discours au Centre de l’ONU pour l'Afrique, "le Pape François s’est abondamment référé à la COP-21, en souhaitant qu’elle conduise à l’adoption d’un accord global et décisif, fondé sur les principes de solidarité, de justice, d’équité et de participation, avec les trois objectifs complexes et interdépendants de réduire les impacts du changement climatique, combattre la pauvreté et promouvoir la dignité de la personne humaine. Il serait tragique, a-t-il ajouté, que les intérêts particuliers l’emportent sur le bien commun et conduisent notamment à manipuler l’information. Un tel accord devrait s'appuyer sur trois piliers. Le premier consiste en l’adoption d’une orientation éthique claire qui inspire les motivations et finalités de l’Accord à mettre en œuvre. Nous le savons bien, les personnes les plus vulnérables aux impacts du changement climatique sont les plus pauvres, mais aussi les générations futures qui en subiront les conséquences les plus graves, souvent sans en être responsables. De plus, ce phénomène ne connaît ni frontières, ni barrières politiques ou sociales qui permettraient de s’en isoler. Cela doit renforcer la conscience que nous avons d’être une seule famille humaine et la certitude qu’il n’y a pas d’espace pour ce qu’on a appelé la globalisation de l’indifférence. Face à l’urgence d’une situation qui exige la plus large collaboration possible pour l’établissement d’un plan commun, il est important que cet Accord soit axé sur la reconnaissance, autant de l’impératif éthique d’agir dans le cadre d’une solidarité globale que de la responsabilité, commune mais différenciée, de chacun selon ses capacités et sa condition".

"Le second pilier concerne le fait que l’Accord devrait non seulement spécifier les modalités de sa mise en œuvre, mais aussi et surtout transmettre des signaux clairs pour orienter les comportements de tous les acteurs concernés, à commencer par les gouvernements, mais aussi les autorités locales, le monde des entrepreneurs, la communauté scientifique et la société civile, et ce, afin d’atteindre les trois objectifs indiqués par le Saint-Père. Cela requiert de s’engager avec conviction dans la voie d’une économie à basse émission de carbone et dans celle d’un développement humain intégral. La dynamique de ce parcours dépendra de la façon dont tous les acteurs s’engageront et collaboreront dans ce domaine qui offre lui-même de nombreuses possibilités de déployer le génie humain capable de promouvoir la dignité humaine. En ce sens, les pays mieux dotés de ressources et capacités devraient donner le bon exemple en apportant des ressources aux pays ayant plus de besoins, afin de promouvoir des politiques et des programmes de développement durable. Je pense, par exemple, à la promotion des énergies renouvelables et de la dématérialisation, ainsi qu’au développement de l’efficacité énergétique; ou bien à une gestion adéquate des forêts, du transport et des déchets; au développement d’un modèle circulaire de l’économie; à la mise en œuvre de programmes appropriés, durables et diversifiés de sécurité alimentaire et de lutte contre le gaspillage de nourriture; à des stratégies de lutte contre les spéculations et contre les subsides inefficaces et parfois injustes; au développement et au transfert de technologies appropriées. Il s’agit là de différents aspects dont la mise en œuvre efficace devrait être inspirée par le nouvel Accord".


"Le troisième pilier concerne la vision de l’avenir. La COP-21 ne représente ni un aboutissement, ni un point de départ, mais une étape cruciale d’un parcours qui ne se termine certainement pas en 2015. Un Accord d’une ample perspective temporelle comme celle que nous évoquons devrait prévoir des processus de révision des engagements et de suivi transparents, efficaces et dynamiques, en mesure de rehausser progressivement le niveau d’ambition et de garantir un contrôle adéquat. En outre, il est nécessaire de prendre sérieusement en considération la mise en œuvre de modèles de production et de consommation durables, et l’adoption de comportements et styles de vie nouveaux. On touche ici aux domaines fondamentaux de l’éducation et de la formation, qui malheureusement sont parfois relégués à la marge des négociations relatives aux accords internationaux. Les solutions techniques sont nécessaires mais resteront insuffisantes si nous n’abordons pas au fond l’éducation aux styles de vie durables et à une conscience responsable. Le style de vie actuel, avec sa culture de marginalisation, est insoutenable et ne doit pas avoir droit de cité dans nos modèles d’éducation et de développement. Il s’agit d’un grand défi culturel, spirituel et éducatif, qui supposera de longs processus de régénération. Le Saint-Père nous encourage tous afin que la COP-21 puisse se conclure par l’adoption d’un Accord global et transformateur qui ait une orientation éthique claire, qui transmette des signaux forts à tous les acteurs impliqués et qui adopte une vision à long terme intégrant les trois objectifs que nous avons évoqués: Alléger les impacts du changement climatique, combattre la pauvreté, promouvoir la dignité de l’être humain".

Le fondamentalisme est commun à toutes les religions


Cité du Vatican, 1 décembre 2015 (VIS). Comme à son habitude, durant le vol de retour vers Rome hier, le pape a parlé avec les journalistes dans l'avion. Suit une sélection de questions et réponses:

Qu'avez-vous éprouvé face à tant de témoignages d'exclusion et de corruption racontés par les familles pauvres du bidonville de Kangemi et les jeunes au Kenya?

''Les 80% de la richesse du monde seraient entre les mains de 17% de la population. Je ne sais pas si c'est vrai, mais...il est certain que le coeur du système économique mondial est le dieu argent. si les choses continuent comme ça, le monde n'avancera pas... J'ai ressenti de grandes souffrances, par exemple à l'hôpital pédiatrique de Bangui... Et soins intensifs ils n'ont même pas le matériel pour l'oxygène. Le médecin m'a dit que la plupart de ces enfants allaient mourir parce qu'ils sont mal nourris et souffrent du paludisme... Qu'en pensent ceux qui détiennent 80% de la richesse du monde?''.

Quel fut le moment le plus fort de cette visite en Afrique?

''J'ai été surpris par l'Afrique. Dieu nous surprend, mais l'Afrique aussi m'a plusieurs fois surpris... Les africains ont un grand sens de l'hospitalité...même si chaque pays a sa propre identité. Le Kenya est plus moderne, plus développé. L'Ouganda a l'identité des martyrs...qui ont le courage de donner leur vie pour un idéal. Et la Centrafricaine démontre un grand désir de paix, de réconciliation et de pardon''.

A propos de Vatileaks, le Saint-Père a dit que "la presse professionnelle, laïque ou religieuse, doit avant tout être professionnelle. Pour moi il est important qu'il s'agisse de vrais professionnels, parce que la dénonciation des injustices et de la corruption est un travail utile... Ils disent là il y a de la corruption, les responsables doivent faire quelque chose, juger, constituer un tribunal. Mais la presse spécialisée doit éviter les trois péchés les plus communs que sont la désinformation ou ne dire les choses qu'à moitié, la calomnie et...la diffamation, qui nuit à la réputation d'une personne...qui a éventuellement mal fait dans le passé... Voici les trois défauts qui compromettent le professionnalisme de la presse. Or, nous avons besoin de professionnalisme''.

Et à propos de la plate-forme constituée par l'Archevêque de Bangui et d'autres dignitaires religieux, ne pensez-vous pas que c'est un risque d'intervenir en politique?: ''Cela ne signifie pas faire de la politique. Agir pour un prêtre, un pasteur, un imam, un rabbin, fait partie de sa vocation. C'est faire de la politique que de prêcher les valeurs réelles? L'une des plus grandes valeurs est la fraternité entre nous... Le fondamentalisme est une maladie que l'on trouve dans toutes les religions. Nous, catholiques, avons nos fondamentalistes. Ils sont nombreux et croient qu'ils ont la vérité absolue, salissant les autres au moyen de la diffamation et de la calomnie, faisant ainsi beaucoup de mal... Le fondamentalisme religieux est pas religieux. Pourquoi? Parce que Dieu y est absent. Le fondamentalisme est idolâtrie comme l'argent. Alors agir comme ces dignitaires religieux en Centrafirque c'est faire de la politique dans le sens de convaincre les fondamentalistes religieux''.

Un journaliste italien a demandé pourquoi avaient été nommés deux des accusés de Vatileaks, Mgr.Vallejo Balda et Mme.Francesca Inmacolata Chaouqui: ''Je pense quune erreur a été commise. Mgr Vallejo Balda était déjà le Secrétaire de la Préfecture pour les affaires économiques. Je ne suis pas sûr de savoir comment il est arrivé à ce poste, mais je ne crois pas me tromper si je dis - mais je ne suis pas sûr- qui a présenté Mme.Chaouqui comme une personne qui connaissait le monde des relations commerciales... ils ont travaillé ensemble dans la COSEA. Après la fin des travaux de la commission il resté en poste au Vatican tandis que Mme.Chaouqui s'est retirée... On dit qu'elle était en colère parce qu'elle n'était pas resté... Le tribunal nous dira la vérité sur leurs intentions. Pour moi ce qui a été publié n'a pas été une surprise. Ça ne m'a pas empêché de dormir, parce qu'on savait le travail entrepris par la Commission des Cardinaux pour identifier la corruption et tout ce qui ne fonctionne pas. Et là, je veux dire quelque chose à propos de la corruption. Treize jours avant la mort de Jean-Paul II, le Cardinal Ratzinger avait parlé de la saleté dans l'Eglise... Il fut le premier à la dénoncer...et lors de la messe Pro Eligendo Pontife, en tant que Doyen, a repris cette question. Nous l'avons choisi pour sa liberté de dire ces choses. Dès lors on savait que la corruption était dans l'air.... En ce qui concerne la corruption au Vatican, j'ai fourni aux juges des accusations concrètes, car ce qui importe pour la défense c'est la formulation des chefs d'inculpation. Je n'ai pas lu les charges techniques, et j'aurais aimé que tout soit réglé avant le 8 décembre... Mais je crois que cela ne sera pas possible...parce que les avocats de la défense doivent avoir le temps de se préparer".

Le Sida continue de ravager l'Afrique. La prévention étant la clef, il a été demandé au Pape s'il n'était pas temps de changer la position de l'Eglise sur l'utilisation des préservatifs.

"La question semble trop limitée et même partielle. Oui, c'est une des méthodes. Mais je crois qu'au plan moral l'Eglise se trouve devant une perplexité: Le le cinquième ou le sixième commandement? Défendre la vie ou que le rapport sexuel soit ouvert à la vie? Mais ce n'est pas la question. Le problème est plus grande. Cette question me fait penser à celle faite à Jésus Dis-moi, Maître, est-il permis de guérir le jour du Sabbat?... Mais sont obligatoires la malnutrition, l'exploitation des personnes, le travail forcé, le manque d'eau potable? Ce sont les vrais problèmes. Nous ne demandons pas si vous pouvez utiliser un bandage ou un autre pour une petite blessure. La grande plaie est l'injustice sociale, l'injustice environnementale, l'injustice, l'exploitation et la malnutrition... Quand donc tout le monde sera guéri, quand aucune de ces maladies tragiques causées par l'homme, par l'injustice sociale ou l'avidité de l'argent? Voila la question qui m'intéresse devant tous ces gens qui meurent de faim, de manque d'eau, d'un toit... Est-il permis de guérir le jour du Sabbat? Pourquoi continuer à fabriquer des armes et en faire commerce?... Je ne veux pas réfléchir s'il est bon ou non de guérir le jour du sabbat. Je dis à l'humanité de faire justice, et quand tout le monde sera guéri, quand il y aura pas d'injustice dans ce monde, nous pouvons parler du Sabbat.

Le Pape a-t-il prévu d'aller en avril prochain en Arménie?: "L'an dernier, j'ai promis aux trois patriarches arméniens...mais je ne sais si ce sera possible le faire...à cause de conflits.... Les guerres en cours sont des guerres d'ambition, je parle des guerres qui ne sont pas celles faites pour se défendre d'un agresseur. Je parle des guerres qui sont une industrie... La guerre est une affaire pour les ventes d'armes. Les terroristes ont leurs armes... Qui les leur fournit pour faire la guerre? Il y a tout un réseau d'intérêts derrière, fait d'argent ou de pouvoir. Le pouvoir impérialiste ou le pouvoir économique... Les guerres ne sont pas le fait de Dieu, qui est le Dieu de la paix''.

La Conférence de Paris sur les changements climatiques sera-t-elle le début d'une solution au problème de l'environnement: ''Je ne suis pas sûr, mais je peux vous dire c'est maintenant ou jamais. Chaque année, les problèmes sont plus sérieux... Nous sommes suicidaires, et ce n'est pas un mot trop fort. Et je suis sûr que presque tout les participants à la Cop21 ont cette conscience et veulent faire quelque chose. Je fais confiance à ces gens vont faire quelque chose... Ils ont cette volonté et je prie pour cette conférence".

Un journaliste américain a demandé ce qu'avaient à dire au monde l'islam et les enseignements de Mahomet?: "On peut parler avec eux car ils ont des valeurs. Beaucoup de valeurs constructives. La prière et le jeûne, par exemple... Vous ne pouvez pas supprimer une religion, car certains groupes...sont fondamentalistes. Il est vrai que dans l'histoire il y a toujours eu des guerres de religion... Nous aussi devons présenter des excuses...pour la guerre de Trente Ans, la St.Barthélemy... Il faudrait présenter des excuses pour l'extrémisme fondamentaliste de nos Guerres de religion''.

La visite au Mexique et à d'autres pays d'Amérique latine a alors été évoquée: ''Je vais aller au Mexique. Visiter d'abord la Vierge, Mère de l'Amérique... Si il n'y avait pas la Vierge de Guadalupe, je ne serais pas allé à Mexico...mais visiter trois ou quatre villes qui ont jamais été visitées par mes prédécesseurs. Mais je vais au Mexique, pour la Vierge. Ensuite, je vais aller au Chiapas, dans le sud, à la frontière avec le Guatemala...puis à Morella; et presque certainement à Ciudad Juarez. On m'a invité à aller en 2017 à Aparecida, patronne de l'Amérique lusophone et à partir de là dans un autre pays voisin du Brésil... Mais je ne sais pas, il n'y pas encore de plans''.

Que diriez-vous à ceux qui pensent que l'Afrique est seulement déchirée par les guerres et en pleine de destruction?


''L'Afrique est une victime. L'Afrique a toujours été exploitée par d'autres puissances. Des africains ont été amenés en Amérique et vendus comme esclaves. Il y a des puissances qui veulent seulement s'emparer des grandes richesses de l'Afrique... Peut-être est-elle le continent le plus riche... Mais ils ne pensent pas contribuer à sa croissance. Plutôt que de donner à tout le monde a un emploi , ils poursuivent son exploitation! L'Afrique est un martyr, martyr de l'exploitation de l'histoire. Ceux qui disent que de l'Afrique viennent toutes les catastrophes et toutes les guerres ne peuvent pas comprendre les dégâts que causent à l'humanité certaines formes de développement. Par conséquent, j'aime l'Afrique parce qu'elle est et a été la victime de certaines puissances".

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 1 décembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a:

Accepté, pour limite d'âge, la renonciation de Mgr.Martín de Elizalde, OSB, à la charge pastorale du diocèse de Nueve de Julio (Argentine), auquel succède son Coadjuteur, Mgr.Ariel Edgardo Torrado Mosconi.

Nommé l'Abbé Víctor Alejandro Aguilar Ledesma, Auxiliaire de l'Archevêque de Morelia (Mexique). L'Evêque élu, né en 1965 à San Guillermo (Mexique) et ordonné prêtre en 1989, était jusqu'ici Curé de la paroisse de Curumbatío. Licencié en pastorale familiale, il a été aumônier de communauté, responsable diocésain de l'évangélisation et de la catéchèse, coordinateur diocésain de la pastorale familiale.

Nommé l'Abbé Herculano Medina Garfias, Auxiliaire de l'Archevêque de Morelia (Mexique). L'Evêque élu, né en 1967 à Rincón de Cedeños (Mexique) et ordonné prêtre en 1996, était jusqu'ici Econome du séminaire diocésain. Licencié en doctrine sociale, il a été professeur, aumônier de communautés et responsable de la Caritas diocésaine.


lundi 30 novembre 2015

Le chemin de la résistance passe par le pardon


Cité du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Après avoir célébré la messe, le Pape a quitté la cathédrale de Bangui pour saluer les jeunes qui l'attendaient dehors et participer à veillée de prière. Il a improvisé quelques mots en italien, laissant de côté le discours qu'il avait préparé pour cette occasion et que nous reproduisons en deuxième partie. Devant un des jeunes, il a rappelé que leur symbole était la banane, parce qu'elle était résistante et qu'il avait évoqué aussi les nombreuses difficultés qu'ils rencontraient en cette période de guerre et de divisions.

La banane, a dit le Pape "est un symbole de vie car elle grandit toujours, se reproduit toujours, donne toujours des fruits très énergétiques. La banane est aussi résistante. Je crois que tout cela exprime clairement le chemin qui se présente à vous en cette période difficile de guerre, de haine, de division: le chemin de la résistance. Votre ami disait que certains d'entre vous veulent s'en aller. Fuir les défis de la vie n'est jamais une solution! Il faut résister, garder la valeur de la résistance, de la lutte pour le bien! Ceux qui fuient n'ont pas le courage de donner leur vie. La banane donne la vie et se reproduit, et donne plus de vie parce qu'elle résiste, parce qu'elle reste, parce qu'elle est là. Certains me demanderont: Mais Père, que pouvons-nous faire? Comment résister? Je vous dirai deux ou trois choses qui pourront vous être utiles pour que vous puissiez résister. D'abord, la prière. La prière est puissante! La prière vainc le mal! La prière nous rapproche de Dieu qui est Tout-Puissant. En deuxième lieu, œuvrer pour la paix. La paix n'est pas un document qui se signe et reste là. La paix se fait tous les jours. La paix est un travail artisanal, qui se fait avec les mains, qui se fait avec sa vie. On me dira: Père, comment peut-on être un artisan de paix? Avant tout, en ne détestant personne. Et si quelqu'un vous fait du mal, essayer de lui pardonner. Pas de haine! Beaucoup de pardon! Disons-le ensemble: Pas de haine, beaucoup de pardon. Si vous n'avez pas de haine dans vos cœurs, si vous pardonnez, vous serez vainqueurs. Parce que vous vaincrez la bataille la plus difficile de la vie, vainqueurs dans l'amour. Et par l'amour vient la paix".

Voulez-vous être des perdants ou des gagnants dans la vie? leur a demandé le Pape. "On ne gagne qu'en suivant le chemin de l'amour. Peut-on aimer son ennemi? Oui. Peut-on pardonner à qui nous fait du mal? Oui. Par l'amour et le pardon tu vaincras. Avec l'amour vous serez des gagnants de la vie et vous donnerez toujours la vie. L'amour ne nous rend jamais perdants. Chers jeunes centrafricains, je suis très heureux de vous connaître. Aujourd'hui, nous avons ouvert cette porte. Cela signifie la Porte de la miséricorde de Dieu. Ayez confiance en Dieu! Parce qu'il est miséricordieux, il est amour, il est capable de nous donner la paix. C'est pourquoi je vous ai dit, au début, de prier; il faut prier pour résister, pour aimer, pour ne pas détester, pour être des artisans de la paix". Après sa brève allocution, le Pape a donné le sacrement de la réconciliation à plusieurs jeunes dans l'atrium de la cathédrale et a ensuite béni les personnes présentes.

Voici le discours préparé par le Pape: "Chers jeunes, chers amis, bonsoir! J’ai la grande joie de vous retrouver ce soir, alors que nous commençons une nouvelle année liturgique avec le temps de l’Avent. N’est-ce pas pour chacun de nous l’occasion d’un nouveau départ, l’occasion de passer sur l’autre rive... Au cours de notre rencontre, je pourrai donner le sacrement de la réconciliation à quelques-uns d’entre vous. Aussi, je voudrais vous inviter à réfléchir sur la grandeur de ce sacrement dans lequel Dieu vient à notre rencontre d’une façon personnelle. Chaque fois que nous le lui demandons, il vient avec nous pour nous faire passer sur l’autre rive, sur cette rive de notre vie où Dieu nous pardonne, déverse en nous son amour qui guérit, apaise et relève! Le Jubilé de la Miséricorde, que je viens d’avoir la joie d’ouvrir particulièrement pour vous, chers amis Centrafricains et Africains, nous rappelle justement que Dieu nous attend, les bras ouverts, comme nous le rappelle la belle image du Père accueillant le fils prodigue. En effet, le pardon reçu nous console et il nous permet de repartir le cœur confiant et en paix, capables de vivre davantage en harmonie avec nous-mêmes, avec Dieu et avec les autres. Ce pardon reçu nous permet aussi de pardonner à notre tour. Nous en avons toujours besoin, et particulièrement dans des situations de conflits, de violences comme celles que vous connaissez encore trop souvent. Je redis ma proximité à tous ceux parmi vous qui sont touchés par le deuil, la séparation, les blessures infligées par la haine et la guerre. Dans ce contexte, pardonner à celui qui nous a fait du mal est humainement bien difficile. Mais Dieu nous offre force et courage pour devenir ces artisans de réconciliation et de paix, dont votre pays a tant besoin. Le chrétien, disciple du Christ, marche sur les pas de son maître, qui sur la croix a demandé à son Père de pardonner à ceux qui le crucifiaient. Comme cette attitude est éloignée des sentiments qui habitent trop souvent notre cœur… Méditer cette attitude et cette parole de Jésus: Père, pardonne-leur, peut nous aider à convertir notre regard et notre cœur. Pour beaucoup, c’est un scandale que Dieu soit venu se faire l’un de nous. C’est un scandale qu’il soit mort sur une croix. Oui, c’est un scandale: le scandale de la croix. La croix continue à faire scandale. Mais c’est l’unique chemin sûr: celui de la Croix, celui de Jésus venu partager notre vie pour nous sauver du péché. Chers amis, cette croix nous parle de la proximité de Dieu: il est avec nous, il est avec chacun de vous dans vos joies comme dans vos épreuves".


"Chers jeunes, le bien le plus précieux que nous pouvons avoir dans la vie est notre relation avec Dieu. En êtes-vous convaincus? Etes-vous conscients de la valeur inestimable que vous avez aux yeux de Dieu? Savez-vous que vous êtes aimés et accueillis par lui, inconditionnellement, comme vous êtes? En consacrant du temps à la prière, à la lecture de l’Ecriture, particulièrement de l’Evangile, vous le connaîtrez mieux et vous vous connaîtrez aussi vous-mêmes. En effet, les conseils de Jésus peuvent éclairer aussi aujourd’hui vos sentiments et vos choix. Vous êtes enthousiastes et généreux, en quête d’un grand idéal, chercheurs de vérité et de beauté. Je vous encourage à garder l’esprit vigilant et critique face à toute compromission contraire au message de l’Evangile. Merci pour votre dynamisme créatif dont l’Eglise a besoin ! Cultivez-le! Soyez des témoins de la joie que donne la rencontre avec Jésus. Qu’elle vous transforme, qu’elle rende votre foi plus forte, plus solide pour surmonter les peurs, afin d’entrer toujours plus dans le projet d’amour de Dieu sur vous. Dieu veut le bonheur de tous ses enfants. Ceux qui se laissent regarder par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Et, en retour, regarder l’autre comme un frère, accepter qu’il soit différent et découvrir qu’il est un don pour moi. C’est ainsi que la paix se construit chaque jour. Cela demande de prendre le chemin du service et de l’humilité, d’être attentif aux besoins de l’autre. Pour entrer dans cette logique, il faut avoir un cœur qui sait s’abaisser et partager sa vie avec ceux qui sont le plus dans le besoin. Là est la vraie charité. Et ainsi grandit la solidarité en commençant par de petites choses, et les germes de division disparaissent. Ainsi le dialogue entre les croyants porte du fruit, la fraternité se vit jour après jour, et elle élargit le cœur en ouvrant un avenir. De cette manière, vous pouvez faire beaucoup de bien pour votre pays et je vous y encourage.... Le Seigneur est vivant, et il marche à vos côtés. Quand les difficultés semblent s’accumuler, quand la douleur, la tristesse dominent autour de vous, il ne vous abandonne pas. Il nous a laissé le mémorial de son amour, l’Eucharistie et les sacrements pour avancer sur le chemin en y trouvant la force d’aller de l’avant chaque jour. Et cela doit être la source de votre espérance et de votre courage pour passer sur l’autre rive, avec Jésus, en ouvrant des chemins nouveaux pour vous et votre génération, pour vos familles, pour votre pays. Je prie pour que vous ayez cette espérance. Soyez ancrés en elle et vous la donnerez aux autres, à notre monde abîmé par les guerres, les conflits, le mal, le péché. N’oubliez pas, le Seigneur est avec vous. Il a confiance en vous. Il souhaite que vous soyez ses disciples-missionnaires, soutenus par la prière de la Vierge Marie et par celle de toute l’Eglise dans les moments difficiles et les épreuves. Chers jeunes de Centrafrique, allez, je vous envoie!".

Rencontre avec les communautés évangéliques


Cité du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Hier après-midi, le Pape a rencontré les communautés évangéliques centrafricaines à la Faculté de théologie évangélique de Bangui, fondée en 1974 par l'Association des évangéliques en Afrique, pour répondre aux exigences des Eglises évangéliques du continent, et par laquelle sont passés quelque 650 leaders, accomplissant leur service dans les églises et institutions évangéliques de 21 pays africains. Le Pape a été reçu par le Doyen de la Faculté et trois membres de la Plate-forme inter-religieuse qui a soutenu le processus de pacification nationale, par l'Archevêque de Bangui, le Président de l'Alliance des Eglises évangéliques centrafricaines et l'Imam de Bangui:

"Nous sommes tous ici pour servir le même Seigneur ressuscité qui nous rassemble aujourd'hui. Et grâce au même baptême reçu, nous sommes invités à annoncer la joie de l'Evangile aux hommes et femmes de ce cher pays de Centrafrique", a dit le Saint-Père au début de son discours, après avoir reçu les salutations du doyen de la FATEB et du président de l'AEC. "Depuis trop longtemps -a-t-il ajouté- votre peuple est marqué par les épreuves et la violence qui causent beaucoup de souffrance. L'annonce de l'Evangile n'en est donc que plus nécessaire et urgente, parce que c'est le Christ dans sa chair qui souffre dans ses membres bien-aimés: les pauvres de son peuple, les malades, les personnes âgées, et les laissés-pour-compte, les enfants orphelins ou abandonnés à leur sort, sans guide ni éducation. C'est aussi tous ceux dont l'âme et le corps ont été meurtris par la violence et la haine, ceux à qui la guerre a tout pris, le travail, la maison, les êtres chers... Dieu ne fait pas de distinction parmi ceux qui souffrent. J'ai souvent appelé cela l'œcuménisme du sang. Toutes nos communautés sans distinction souffrent d'injustice et de haine aveugle que le démon déchaîne. Dans ces circonstances, je voudrais vous faire part de ma proximité et de ma sollicitude pour le Pasteur Nicolas, dont la maison a récemment été pillée et incendiée, tout comme le siège de sa communauté. Dans ce contexte difficile, le Seigneur ne cesse de nous manifester sa tendresse, sa compassion et sa miséricorde. Cette souffrance commune et cette mission commune sont une occasion providentielle de progresser ensemble sur le chemin de l'unité, et sont aussi un moyen spirituel indispensable. Comment le Père pourrait-il repousser la grâce de l'unité, bien qu'imparfaite, de ses enfants qui souffrent ensemble et qui, en diverses occasions, s'unissent pour servir leurs frères?".


Le Pape a ensuite rappelé que la division des chrétiens est un scandale, parce qu'elle est avant tout "contraire à la volonté du Seigneur. C'est aussi un scandale face à la haine et à la violence qui déchirent l'humanité, face aux nombreuses oppositions qui s'élèvent contre l'Evangile du Christ. C'est pourquoi, tout en appréciant l'esprit de respect mutuel et de collaboration qui existe entre les chrétiens dans votre pays, je vous encourage à poursuivre sur ce chemin, en servant ensemble dans la charité. C'est un témoignage du Christ, qui construit l'unité". Enfin, il a souhaité que dans la perspective d'une pleine communion que nous désirons, il faudra ajouter à la persévérance et la charité, "le service de la prière et de la réflexion en commun, en vue d'une meilleure connaissance réciproque, d'une plus grande confiance et amitié. Je vous assure que je vous accompagnerai de mes prières sur ce chemin fraternel de service, de réconciliation et de miséricorde, un long chemin mais rempli de joie et d'espérance. Je demande au Seigneur Jésus -a-t-il conclu- de vous bénir tous, vos communautés et aussi notre Eglise. Et je vous demande tous de prier pour moi. Merci".

Ouverture de la Porte Sainte à Bangui, capitale spirituelle du monde


Cité du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). "Aujourd'hui, Bangui devient la capitale spirituelle du monde. L'Année sainte de la Miséricorde commence en avance sur cette terre. Une terre qui souffre depuis plusieurs années de la guerre et de la haine, de l'incompréhension, du manque de paix. Mais sur cette terre de souffrance se trouvent aussi tous les pays qui portent en ce moment la croix de la guerre". Ce sont les paroles que le Pape François a prononcées hier après-midi à la cathédrale Notre-Dame de l'Immaculée Conception de Bangui, avant d'ouvrir la Porte Sainte et le Jubilé de la Miséricorde. Bangui devient ainsi, a ajouté le Pape, la capitale spirituelle de la prière pour la miséricorde du Père. "Nous voulons tous la paix, la miséricorde, la réconciliation, le pardon, l'amour. Pour Bangui, pour toute la République centrafricaine, pour le monde entier, pour les pays qui souffrent de la guerre, demandons la paix!", s'est exclamé le Saint-Père, invitant à répéter à voix haute: "Tous ensemble demandons l'amour et la paix". Le Pape a aussi élevé la voix en langue sango de la République centrafricaine, pour demander "Doyé Siriri" (amour et paix). C'est par cette prière qu'a commencé l'Année sainte, après le rite d'ouverture de la Porte de la Miséricorde. "Ouvrez les portes de justice; c'est la porte du Seigneur; je rentre dans ta maison Seigneur", a dit le Pape, avant d'entrer seul et en premier dans la cathédrale où l'attendaient les prêtres, les religieux, les religieuses et les séminaristes du pays pour participer à la messe et entendre son homélie dans laquelle il a rappelé que tous, sans exception, attendaient "la grâce, la charité de la paix" et a lancé un nouvel appel à ceux qui prennent injustement les armes de ce monde: "Déposez ces instruments de mort; armez-vous plutôt de justice, d'amour et de miséricorde, garanties d'une paix authentique".

Voici le texte intégral de l'homélie prononcée par le Saint-Père:

"En ce premier dimanche de l’Avent, temps liturgique de l’attente du Sauveur et symbole de l’espérance chrétienne, Dieu a conduit mes pas, jusqu’à vous, sur cette terre, alors que l’Eglise universelle s’apprête à inaugurer l’Année jubilaire de la Miséricorde. Et je suis particulièrement heureux que ma visite pastorale coïncide avec l’ouverture dans votre pays de cette Année jubilaire. Depuis cette cathédrale, par le cœur et la pensée, je voudrais rejoindre avec affection tous les prêtres, les personnes consacrées, les agents pastoraux de ce pays, spirituellement unis à nous en ce moment. A travers vous, j’aimerais saluer aussi tous les Centrafricains, les malades, les personnes âgées, les blessés de la vie. Certains d’entre eux sont peut-être désespérés et n’ont même plus la force d’agir, attendant simplement une aumône, l’aumône du pain, l’aumône de la justice, l’aumône d’un geste d’attention et de bonté. Mais comme les apôtres Pierre et Jean montant au Temple, qui n’avaient ni or ni argent à donner au paralytique dans le besoin, je viens leur offrir la force et la puissance de Dieu qui guérissent l’homme, le remettent debout et le rendent capable de commencer une nouvelle vie, en passant sur l’autre rive. Jésus ne nous envoie pas tout seuls sur l’autre rive, mais il nous invite plutôt à effectuer la traversée avec lui, en répondant, chacun, à une vocation spécifique. Il nous faut donc être conscients que ce passage sur l’autre rive ne peut se faire qu’avec lui, en nous libérant des conceptions de la famille et du sang qui divisent, pour construire une Eglise-Famille de Dieu, ouverte à tous, soucieuse de ceux qui sont le plus dans le besoin. Cela suppose la proximité avec nos frères et sœurs, cela implique un esprit de communion. Ce n’est pas d’abord une question de moyens financiers; il suffit juste de partager la vie du peuple de Dieu, en rendant compte de l’espérance qui est en nous, en étant témoins de l’infinie miséricorde de Dieu qui, comme le souligne le psaume responsorial de ce dimanche, est bon et montre aux pécheurs le chemin. Jésus nous enseigne que le Père céleste fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons. Après avoir fait nous-mêmes l’expérience du pardon, nous devons pardonner. Voici notre vocation fondamentale: Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait! L’une des exigences fondamentales de cette vocation à la perfection, c’est l’amour des ennemis, qui prémunit contre la tentation de la vengeance et contre la spirale des représailles sans fin. Jésus a tenu à insister sur cet aspect particulier du témoignage chrétien. Les agents d’évangélisation doivent donc être d’abord et avant tout des artisans du pardon, des spécialistes de la réconciliation, des experts de la miséricorde. C’est ainsi que nous pouvons aider nos frères et sœurs à passer sur l’autre rive, en leur révélant le secret de notre force, de notre espérance, de notre joie, qui ont leur source en Dieu, parce qu’elles sont fondées sur la certitude qu’il est dans la barque avec nous. Comme il l’a fait avec les apôtres lors de la multiplication des pains, c’est donc à nous que le Seigneur confie ses dons afin que nous allions les distribuer partout, en proclamant sa parole qui rassure: Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda".
"Dans les textes liturgiques de ce dimanche, nous pouvons découvrir certaines caractéristiques de ce salut de Dieu annoncé, qui se présentent comme autant de points de repères pour nous guider dans notre mission. D’abord, le bonheur promis par Dieu est annoncé en terme de justice. L’Avent, c’est le temps pour préparer nos cœurs afin de pouvoir accueillir le Sauveur, c’est-à-dire le seul Juste et le seul Juge capable de réserver à chacun le sort qu’il mérite. Ici comme ailleurs, tant d’hommes et de femmes ont soif de respect, de justice, d’équité, sans trouver à l’horizon des signes positifs. A ceux-là, il vient faire don de sa justice. Il vient féconder nos histoires personnelles et collectives, nos espoirs déçus et nos souhaits stériles. Et il nous envoie annoncer surtout à ceux qui sont opprimés par les forts de ce monde comme à ceux qui ploient sous le poids de leurs propres péchés : Juda sera délivré, Jérusalem habitera en sécurité, et voici le nom qu’on lui donnera: Le Seigneur-est-notre-Justice. Oui, Dieu est Justice! Voilà pourquoi, nous, chrétiens, nous sommes appelés à être dans le monde les artisans d’une paix fondée sur la justice. Le salut de Dieu attendu a également le goût de l’amour. En effet, en nous préparant pour célébrer le mystère de Noël, nous nous réapproprions le cheminement du peuple de Dieu pour accueillir le Fils venu nous révéler que Dieu n’est pas seulement justice mais qu’il est aussi et par-dessus tout Amour. Partout, même et surtout là où règnent la violence, la haine, l’injustice et la persécution, les chrétiens sont appelés à témoigner de ce Dieu qui est Amour. En encourageant les prêtres, les personnes consacrées et les laïcs qui, dans ce pays, vivent parfois jusqu’à l’héroïsme les vertus chrétiennes, je reconnais que la distance qui nous sépare de l’idéal si exigeant du témoignage chrétien, est parfois grande. Voilà pourquoi je fais miennes sous forme de prière ces paroles de saint Paul: Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous, et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant. A cet égard, le témoignage des païens sur les chrétiens de l’Eglise primitive doit rester présent à notre horizon comme un phare: Voyez comme ils s’aiment, ils s’aiment vraiment".


"Enfin, le salut de Dieu annoncé revêt le caractère d’une puissance invincible qui l’emportera sur tout. En effet, après avoir annoncé à ses disciples les signes terribles qui précéderont sa venue, Jésus conclut: Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Et si Paul parle d’un amour de plus en plus intense et débordant, c’est que le témoignage chrétien doit refléter cette force irrésistible dont il est question dans l’Evangile. C’est donc aussi au sein de bouleversements inouïs que Jésus veut montrer sa grande puissance, son inégalable gloire et la puissance de l’amour qui ne recule devant rien, ni devant les cieux ébranlés, ni devant la terre en feu, ni devant la mer en furie. Dieu est plus fort que tout. Cette conviction donne au croyant sérénité, courage et la force de persévérer dans le bien face aux pires adversités. Même lorsque les forces du mal se déchaînent, les chrétiens doivent répondre présents, la tête relevée, prêts à recevoir des coups dans cette bataille où Dieu aura le dernier mot. Et ce mot sera d’amour! A tous ceux qui utilisent injustement les armes de ce monde, je lance un appel: déposez ces instruments de mort; armez-vous plutôt de la justice, de l’amour et de la miséricorde, vrais gages de paix. Disciples du Christ, prêtres, religieux, religieuses ou laïcs engagés en ce pays au nom si suggestif, situé au cœur de l’Afrique et qui est appelé à découvrir le Seigneur comme le véritable centre de tout ce qui est bon, votre vocation est d’incarner le cœur de Dieu parmi vos concitoyens. Daigne le Seigneur nous établir tous fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où notre Seigneur viendra avec tous les saints. Ainsi soit-il!".

Convergence avec la communauté musulmane


Cité du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Ce matin à Bangui, le Saint-Père s'est rendu à la mosquée centrale de Koudoukou par rencontrer les autorités et la communauté musulmane de la Centrafrique: Chrétiens et musulmans, nous sommes frères, a-t-il affirmé d'emblée. "Nous devons donc nous considérer comme tels, nous comporter comme tels. Nous savons bien que les derniers événements et les violences qui ont secoué votre pays n’étaient pas fondés sur des motifs proprement religieux. Celui qui dit croire en Dieu doit être aussi un homme, une femme, de paix. Chrétiens, musulmans et membres des religions traditionnelles ont vécu pacifiquement ensemble pendant de nombreuses années. Nous devons donc demeurer unis pour que cesse toute action qui, de part et d’autre, défigure le Visage de Dieu et a finalement pour but de défendre par tous les moyens des intérêts particuliers, au détriment du bien commun. Ensemble, disons non à la haine, à la vengeance, à la violence, en particulier à celle qui est perpétrée au nom d’une religion ou de Dieu. Dieu est paix, Salam. En ces temps dramatiques, les responsables religieux chrétiens et musulmans ont voulu se hisser à la hauteur des défis du moment. Ils ont joué un rôle important pour rétablir l’harmonie et la fraternité entre tous. Je voudrais les assurer de ma gratitude et de mon estime. Et nous pouvons aussi nous rappeler les nombreux gestes de solidarité que chrétiens et musulmans ont eu à l’égard de leurs compatriotes d’une autre confession religieuse, en les accueillant et en les défendant au cours de cette dernière crise, dans votre pays, mais aussi en d’autres parties du monde".
En Centrafrique, "on ne peut que souhaiter que les prochaines consultations donnent au pays des responsables nationaux qui sachent unir les citoyens, se comportant en symboles de l’unité de la nation plutôt qu'en représentants d’une faction. Je vous encourage vivement à faire de votre pays une maison accueillante pour tous ses enfants, sans distinction d’ethnie, d’appartenance politique ou de confession religieuse. La République Centrafricaine, située au cœur de l’Afrique, grâce au concours de tous ses enfants, pourra alors donner une impulsion en ce sens à tout le continent. Elle pourra l’influencer positivement et aider à éteindre les foyers de tension qui y sont présents et qui empêchent les Africains de bénéficier de ce développement qu’ils méritent et auquel ils ont droit. Je vous invite à prier et à travailler pour la réconciliation, la fraternité et la solidarité, sans oublier les personnes qui ont le plus souffert de ces événements. Que Dieu vous bénisse et vous protège tous!".


Les chrétiens doivent oeuvrer Centrafrique


Cité du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Ce matin à Bangui, le Pape a célébré une grand messe au stade Barthélémy Boganda, des écrans géants ayant été installés à l'extérieur pour la foule qui n'avait pu entrer. Il a engagé son homélie en reprenant la phrase de Paul, Comme il est beau de voir courir les messagers de la Bonne Nouvelle: "C’est pour nous un appel à rendre grâce pour le don de la foi que nous avons reçu de ces messagers qui nous l’ont transmis. C’est aussi un appel à nous émerveiller devant l’œuvre missionnaire qui a porté...la joie de l’Evangile sur cette terre bien aimée. Il est bon, surtout lorsque les temps sont difficiles, lorsque les épreuves et les souffrances ne manquent pas, lorsque l’avenir est incertain et que l’on se sent fatigué, craignant de ne plus y arriver, il est bon de se réunir autour du Seigneur, ainsi que nous le faisons aujourd’hui, pour se réjouir de sa présence, de la vie nouvelle et du salut qu’il nous propose, comme une autre rive vers laquelle nous devons tendre. Cette autre rive c’est, bien sûr, la vie éternelle, le ciel où nous sommes attendus. Ce regard porté vers le monde à venir a toujours soutenu le courage des chrétiens, des plus pauvres, des plus petits, dans leur pèlerinage terrestre. Cette vie éternelle n’est pas une illusion, elle n’est pas une fuite du monde. Elle est une puissante réalité qui nous appelle et qui nous engage à la persévérance dans la foi et dans l’amour. Mais l’autre rive, plus immédiate, que nous cherchons à rejoindre, c'est le salut que procure la foi... Rendons grâce au Seigneur pour sa présence et pour la force qu’il nous donne dans le quotidien de nos vies lorsque nous sommes confrontés à la souffrance physique ou morale...ou pour les actes de solidarité et de générosité dont il nous rend capables, pour la joie et l’amour qu’il fait briller dans nos familles, dans nos communautés, malgré, parfois, le dénuement, la violence qui nous entoure ou la crainte du lendemain, pour l’audace de créer des liens d’amitié, de dialoguer avec celui qui ne nous ressemble pas, de pardonner à celui qui nous a fait du mal, de nous engager dans la construction d’une société plus juste et plus fraternelle où personne n’est abandonné. En tout cela, le Christ ressuscité nous prend par la main, et nous entraîne à sa suite. Et je veux rendre grâce avec vous au Seigneur de miséricorde pour tout ce qu’il vous a donné d’accomplir de beau, de généreux, de courageux, dans vos familles et dans vos communautés, lors des événements que connaît votre pays depuis plusieurs années".

Mais "nous sommes comme au milieu du fleuve, et il nous faut décider courageusement, dans un engagement missionnaire renouvelé, de passer sur l’autre rive. Tout baptisé doit sans cesse rompre avec ce qu’il y a encore en lui de l’homme ancien, de l’homme pécheur, toujours prêt à se réveiller à la suggestion du démon et combien il est agissant en notre monde et en ces temps de conflits, de haine et de guerre, pour l’entraîner à l’égoïsme, au repli sur soi et à la méfiance, à la violence et à l’instinct de destruction, à la vengeance, à l’abandon et à l’exploitation des plus faibles… Nous savons aussi combien nos communautés, appelées à la sainteté, ont encore de chemin à parcourir. Certainement nous avons tous à demander pardon au Seigneur pour trop de résistances et de lenteur à rendre témoignage de l’Evangile. Puisse l’Année jubilaire qui vient de commencer dans votre pays, en soit l’occasion. Quant à vous, vous devez surtout regarder vers l’avenir, et, forts du chemin déjà parcouru, décider résolument de franchir une nouvelle étape dans l’histoire chrétienne de votre pays, vous élancer vers de nouveaux horizons, avancer plus au large, en eau profonde... Alors, chacun dans son cœur peut se poser la question si importante de son lien personnel avec Jésus, examiner ce qu’il a déjà accepté, ou encore refusé, pour répondre à son appel afin de le suivre de plus près. Le cri des messagers retentit plus que jamais à nos oreilles, alors même que les temps sont difficiles. Il retentit par toute la terre, et jusqu’au bout du monde...et ici, aujourd’hui, en cette terre de Centrafrique. Il retentit dans nos cœurs, dans nos familles, dans nos paroisses, partout où nous vivons, et il nous invite à la persévérance dans l’enthousiasme de la mission, une mission qui a besoin de nouveaux messagers, encore plus nombreux, encore plus donnés, encore plus joyeux, encore plus saints. Et nous sommes tous appelés à être, chacun, ce messager que notre frère, quelle que soit son ethnie, sa religion, sa culture, attend, souvent sans le savoir. Comment, en effet, ce frère croira-t-il au Christ, se demande Paul, si la Parole n’est ni entendue ni proclamée? Nous aussi, à l’exemple de l’Apôtre, nous devons être remplis d’espérance et d’enthousiasme pour l’avenir. L’autre rive est à portée de main, et Jésus traverse le fleuve avec nous. Il est ressuscité des morts. Dès lors les épreuves et les souffrances que nous vivons sont toujours des occasions qui ouvrent à un avenir nouveau si nous acceptons de nous attacher à sa personne. Chrétiens de Centrafrique, chacun de vous est appelé à être, par la persévérance de sa foi et par son engagement missionnaire, artisan du renouveau humain et spirituel de votre pays. Que la Vierge Marie, qui après avoir partagé les souffrances de la passion partage maintenant la joie parfaite avec son Fils, vous protège et vous encourage sur ce chemin".

Message du Pape au Patriarche œcuménique Barthélémy I


Cité du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Comme de coutume, à l'occasion de la fête de saint André, patron du Patriarcat œcuménique de Constantinople, une délégation du Saint-Siège, présidée par le Cardinal Kurt Koch, Président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, s'est rendue à Istanbul pour se joindre aujourd'hui à la commémoration liturgique en la cathédrale patriarcale du Phanar. Le Patriarcat envoie de même chaque année une délégation à Rome, le 29 juin, en la fête des Apôtres Pierre et Paul. La délégation du Saint-Siège s'est entretenue avec SS Barthélémy I et la commission synodale chargée des relations avec l'Eglise catholique. Elle a aussi remis au Patriarche un message du Saint-Père qui a été lu à la fin de la divine liturgie.

Dans ce texte, le Pape François évoque notamment le cinquantième anniversaire de la Déclaration commune catholique-orthodoxe (7 décembre 1965) décidant d'éliminer les excommunications réciproques de 1054. "La mémoire des phrases réciproques d'excommunication, jointe aux paroles offensives, à des reproches infondés et des gestes condamnables des deux parties, qui accompagnèrent les tristes événements de cette période, furent, pendant de nombreux siècles, un obstacle au rapprochement dans la charité des catholiques et des orthodoxes -écrit le Pape-. Soucieux de la volonté de Notre Seigneur Jésus-Christ qui pria le Père, la veille de sa Passion, pour que les disciples soient un, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras I, jetèrent ces souvenirs douloureux dans l'oubli. Dès lors, la logique de l'antagonisme, de la méfiance et de l'hostilité, symbolisée par les excommunications réciproques, fut remplacée par la logique de l'amour et de la fraternité, représentée par notre étreinte fraternelle. En vue d'avancer sur le chemin vers la pleine communion que nous désirons, nous avons besoin de nous inspirer continuellement de ce geste de réconciliation et de paix de nos vénérés prédécesseurs Paul VI et Athénagoras I. A tous les niveaux et dans tous les contextes de la vie de l'Eglise, les relations entre catholiques et orthodoxes doivent refléter davantage la logique de l'amour qui ne laisse pas de place à l'esprit de rivalité".


"L'humanité doit redécouvrir le mystère de la miséricorde, le pont qui relie Dieu et les hommes, en ouvrant nos cœurs à l'espérance d'être aimés pour toujours malgré nos péchés", poursuit le Pape. "C'est pourquoi, j'ai convoqué un Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, un temps propice pour contempler la miséricorde du Père révélé pleinement par son Fils, Jésus Christ, et à être nous-mêmes un signe efficace de l'amour de Dieu à travers le pardon réciproque et les œuvres de miséricorde. Il est providentiel que l'anniversaire de cette Déclaration conjointe historique entre catholiques et orthodoxes, relative à la suppression des excommunications de 1054, soit commémoré à la veille de l'Année de la Miséricorde. Après le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras I, aujourd'hui les catholiques et les orthodoxes doivent demander pardon à Dieu et entre eux pour les divisions que les chrétiens ont provoquées dans le Corps du Christ. Je vous demande, de même qu'à tous les fidèles du Patriarcat œcuménique, de prier pour que ce Jubilé extraordinaire porte les fruits spirituels que nous souhaitons. Je vous assure de mes prières pour les événements qui auront lieu dans votre Eglise l’année prochaine, surtout pour le Grand Synode pan-orthodoxe. Que cette occasion importante pour toutes les Eglises orthodoxes soit source d'abondantes bénédictions pour la vie de l'Eglise!", conclut le Saint-Père.

Intentions de prière pour décembre


Cité du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). L'intention de prière générale du Saint-Père pour décembre est: "Pour que nous puissions tous faire l'expérience de la miséricorde de Dieu, qui ne se lasse jamais de pardonner".

Son intention missionnaire est: "Pour que les familles, en particulier celles qui souffrent, trouvent dans la naissance de Jésus un signe de profonde espérance".


Possessions cardinalices


Cité du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Samedi 5 décembre à 18 h 30', le Cardinal Soane Patita Paini Mafi, Evêque de Tonga, prendra possession du titre de Ste.Paule Romaine. Et dimanche 6, à 11 h, le Cardinal Pierre Nguyên Van Nhon, Archevêque de Hanoï, prendra possession du titre de St.Thomas Apôtre. 

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 30 novembre 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Jure Bogadan, Ordinaire militaire pour la Croatie, succédant à Mgr.Juraj Jezerinac, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. L'Evêque élu, né en 1955 à Donji Dolac (Croatie) et ordonné prêtre en 1980, était jusqu'ici Recteur du Collège pontifical croate de Rome. Il est docteur en théologie.

L'Abbé Vincent Kirabo, Evêque de Hoima (superficie 17.200, population 2.084.214, catholiques 1.075.812, prêtres 131, diacres 1, religieux 130), en Ouganda. L'Evêque élu, né en 1955 à Kyanaisoke (Ouganda) et ordonné prêtre en 1979, était jusqu'ici professeur au grand séminaire de Kampala. Licencié en théologie, il a été recteur de petit séminaire, curé de paroisses, professeur et responsable diocésain des vocations.


Mgr.Luis Albeiro Cortés Rendón, Auxiliaire de l'Evêque de Pereira (Colombie). Il était jusqu'ici Evêque de Vélez (Colombie).

dimanche 29 novembre 2015

A la jeunesse ougandaise


Cité du Vatican, 29 novembre 2015 (VIS). Hier après-midi à Kampala, le Saint-Père s'est adressé à des délégations diocésaines de la jeunesse ougandaise rassemblée sur l'ancien aérodrome de Kololo, reliées par écran aux jeunes ayant pris part à la messe célébrée au sanctuaire de Namugongo. Déclarant le discours préparé comme lu, il a improvisé en espagnol:

"En écoutant le témoignage de Winnie et Emmanuel, je me suis demandé si une expérience négative pouvait servir à quelque chose? Tous deux ont souffert d'expériences négatives. Winnie pensait qu’il n’y avait pas d’avenir pour elle, et qu'il est toujours possible d’ouvrir un horizon, de l’ouvrir avec la force de Jésus. Et tous ensemble nous pouvons imaginer la souffrance d’Emmanuel, quand il voyait que ses compagnons étaient torturés et assassinés. Il a été courageux et s’est confié à Jésus. Et il s’est échappé... Alors vous tous, êtes-vous prêts à transformer toutes les choses négatives en choses positives? Etes-vous prêts à transformer la haine en amour..., la guerre en paix?.. Ayez conscience que vous êtes un peuple de martyrs. Dans vos veines coule le sang des martyrs!.. L’un de vous pourrait me demander s'il y a une baguette magique? Si tu veux que Jésus change ta vie, demande lui de l’aide. Cela s’appelle prier... Est-ce que vous priez?... La prière est l’arme la plus forte que possède un jeune. Jésus nous aime... Il aime tout le monde et il veut tous nous aider... Alors laissez entrer Jésus dans vos vies. Quand Jésus entre dans nos vies, il nous aide à lutter, à lutter contre tous les problèmes...à lutter avec la prière... Nous sommes tous dans l’Eglise, nous lui appartenons. Elle est une mère qui a pour mère Marie... Je vous remercie de vous engager à changer le négatif en positif, à vouloir combattre le mal, avec Jésus à vos côtés. Et surtout, je vous remercie de vouloir ne jamais cesser de prier".


Voici maintenant le texte préparé pour l'occasion: "L’espérance chrétienne n’est pas simplement de l’optimisme. C’est beaucoup plus car elle enfonce ses racines dans la vie nouvelle que nous avons reçue en Jésus-Christ. Paul dit que l’espérance ne nous déçoit pas, parce que dans le baptême l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit. L’espérance nous rend capables de compter sur les promesses du Christ, sur la force de son pardon, de son amitié, de son amour, qui ouvre les portes à une vie nouvelle. Vraiment quand vous vous heurtez à un problème, à un échec, quand vous avez un temps d’arrêt, ancrez votre cœur dans cet amour parce qu’il a le pouvoir de changer la mort en vie et de repousser tout mal... Je voudrais vous inviter, avant tout, à prier pour que ce don grandisse en vous et que vous puissiez recevoir la grâce de devenir des messagers d’espérance. Il y a beaucoup de personnes autour de nous qui éprouvent une profonde inquiétude et même du désespoir. Jésus dissipe ces nuages, si nous le lui permettons. J’aimerais aussi partager avec vous quelques pensées au sujet de certains obstacles que vous pourriez rencontrer sur la route de l’espérance. Vous tous, vous désirez un avenir meilleur, un travail, la santé et le bien-être, et c’est une bonne chose. Pour le bien du peuple et de l’Eglise, vous désirez partager avec les autres vos dons, les aspirations et l’enthousiasme, et c’est une chose très bonne. Mais parfois, quand vous voyez la pauvreté, quand vous rencontrez l’absence d’opportunité, quand vous faites l’expérience des échecs de la vie, un sentiment de désespoir peut surgir et grandir. Vous pouvez être tentés de perdre l’espérance... Nous tous, Pape compris, devrions ressembler à "l'enfant qui tend la main pour qu'on l'aide, C’est en effet "seulement lorsque nous sommes petits et humbles que nous n’avons pas peur d’appeler à l’aide le Père... Nous avons besoin d’apprendre à replacer notre espérance en Dieu, conscients qu’il est toujours là présent, pour nous. Il nous infuse confiance et courage. Mais ce serait une erreur de ne pas partager cette belle expérience avec les autres. Nous nous tromperions si nous ne devenions pas des messagers d’espérance pour les autres". Les jeunes souhaitent grandir dans l’amitié du Christ, et "c’est la peur d’échouer dans l’engagement pris à aimer, surtout dans ce grand et sublime idéal qu’est le mariage chrétien. On peut avoir peur de ne pas réussir à être une bonne épouse et une bonne mère, un bon époux et un bon père". Si on continue à reculer devant le premier obstacle, on ne fait que refléter nos propres faiblesses et nos peurs. Alors, ne cédez pas face à elles! "Parfois ces peurs proviennent du Diable, qui ne veut pas que vous soyez heureux... Appelez Dieu à l’aide, ouvrez-lui votre cœur et il vous soulèvera, il vous prendra entre ses bras, et il vous montrera comment aimer. Je demande en particulier aux jeunes couples de cultiver la confiance que Dieu veut bénir votre amour et vos vies par sa grâce, dans le sacrement du Mariage. Au cœur du mariage chrétien, il y a le don de l’amour de Dieu, non l’organisation de fêtes somptueuses qui obscurcissent souvent la profonde signification spirituelle d’une joyeuse célébration avec les proches et les amis". Enfin, nous ne devons pas craindre d’être différents, "d’aller à contre-courant dans une société qui nous pousse constamment à embrasser des modèles de satisfaction et de consommation étrangers aux valeurs profondes de la culture africaine. Que diraient les Martyrs de l’Ouganda au sujet de la mauvaise utilisation des moyens modernes de communication, où les jeunes sont exposés à des images et à des visions déformées de la sexualité, qui dégradent la dignité humaine, conduisant à la tristesse et au vide intérieur? Quelles seraient les réactions des Martyrs ougandais devant la croissance de l’avidité et de la corruption dans la société? Certainement, ils vous demanderaient d’être des modèles de vie chrétienne, confiants que l’amour du Christ, la fidélité à l’Evangile et la sage utilisation des dons que Dieu vous a donnés ne puissent qu’enrichir, purifier et élever la vie de ce pays. Ils continuent à vous montrer la route. N’ayez pas peur de faire en sorte que la lumière de la foi resplendisse dans vos familles, dans les écoles et dans les lieux de travail. N’ayez pas peur d’entrer humblement en dialogue avec les autres, qui peuvent voir les choses de façons différentes". A vous voir je suis rempli d’espérance, pour vous, pour votre pays et pour l’Eglise. "Je vous demande de prier pour que l’espérance que vous avez reçue de l’Esprit Saint continue d’inspirer vos efforts pour grandir en sagesse, en générosité et en bonté. N’oubliez pas d’être des messagers de cette espérance! Et n’oubliez pas que Dieu vous aidera à surmonter chaque obstacle...que vous rencontrerez au long de la vie. Mettez votre espérance dans le Christ qui vous rendra capables de trouver le véritable bonheur. Et s’il vous est difficile de prier et d’espérer, n’ayez pas peur de vous tourner vers Marie, parce qu’elle est notre Mère, la Mère de l’espérance. Enfin, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Que Dieu vous bénisse!".
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