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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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mercredi 21 janvier 2015

Evocation du voyage pastoral en Asie


Cité du Vatican, 21 janvier 2015 (VIS). La deuxième audience générale de l'année s'est tenue Salle Paul VI. le Pape est revenu sur la visite qu'il vient de faire au Sri Lanka puis aux Philippines, où l'ont fortement impressionné l'enthousiasme des foules. Dans le premier de ces pays, le point culminant fut la canonisation de Joseph Vaz, "dont l'exemple de sainteté continue d'inspirer l'Eglise locale dans son apostolat caritatif et éducatif". Il l'a d'ailleurs présenté comme modèle pour tous les fidèles, appelés à proposer la vérité salvifique de l'Evangile dans des contextes multi-religieux. Puis il a expliqué avoir encouragé les autorités politiques au dialogue, au respect de la dignité de la personne, et à tout faire pour la concorde et le bien commun. Ses rencontres avec des responsables locaux lui a également permis de vérifier la qualité des relations entre les différentes communautés religieuses. Leur collaboration "aidera à guérir dans le pardon les blessures restées ouvertes chez beaucoup de gens à la suite" de la guerre civile.

Au Philippines, le Pape a pu constater et souligner la fécondité constante de l'Evangile, "et sa capacité à inspirer une société digne de l'homme, où la dignité de chacun a sa place avec toutes les aspirations du peuple philippin". Rappelant que le but de son déplacement sur l'île de Leyte, largement écourté à cause du mauvais temps, avait pour but d'exprimer sa solidarité aux survivants du typhon Yolanda. Le Saint-Père a de nouveau parlé de la jeune volontaire morte à la fin de la messe à Tacloban. Kristel, a-t-il dit, demeure un exemple de générosité: "La puissance de l'amour de Dieu révélé dans le mystère de la Croix, s'est largement manifesté dans la multiplicité des gestes de solidarité de ces journées attristées" par ce décès. Lors de la rencontre avec les familles à Manille, "j'ai entendu dire que les familles nombreuses sont une des causes de la pauvreté. C'est simpliste, car la première cause de la pauvreté est un système économique qui remplacé en son coeur la personne par l'argent, un système qui exclut et créé l'actuelle culture du rebut... Il faut donc protéger les familles qui sont menacées, afin qu'elles puissent témoigner de la beauté de la famille dans le dessein de Dieu". Pour conclure son tour d'horizon, il a rappelé avoir voulu encourager la jeunesse à renouveler la société en s'engageant tout particulièrement dans la protection de l'environnement et dans le service des pauvres, qui est essentiel dans notre témoignage chrétien, mais aussi dans le rejet de toutes les formes de corruption. Il faut substituer à la corruption, qui vole les pauvres, le soin des pauvres. Avoir soin des pauvres doit être un élément essentiel de notre vie et de notre témoignage de chrétien. Nous avons besoin d'une culture de l'honnêteté".


Avant de gagner la Salle Paul VI, le Pape François avait béni dans le hall de Ste.Marthe les agneaux dont la laine servira à tisser les nouveaux pallium.

Appel à la paix au Niger


Cité du Vatican, 21 janvier 2015 (VIS). Après la catéchèse, le Pape a lancé un appel à prier pour les victimes des graves troubles qui se sont produit au Niger: "Demandons au Seigneur le don de la paix et de la réconciliation. Que les sensibilités religieuses ne soient pas causes de violence, d'abus et de destruction. Puise au plus tôt se rétablir dans ce pays un climat de respect mutuel et de coexistence pacifique".

Collaboration inter-chrétienne en vue du dialogue inter-religieux


Cité du Vatican, 21 janvier 2015 (VIS). Dans le but d'échanger des informations, d'approfondir certaines questions d'intérêt commun, le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux et l'Office for interreligious Dialogue and Cooperation du Conseil mondial des Eglises collaborent depuis plusieurs années. C'est dans le cadre de ce nécessaire dialogue entre chrétiens, indispensable pour dialoguer avec les autres religions, qu'en 2011 le Conseil pontifical, le Conseil mondial et l'Alliance évangélique mondiale ont diffusé le document intitulé Christian Witness in a Multi-Religious World. Recommendations for Conduct. Hier s'est tenue la réunion annuelle des deux institutions pour faire le point sur l'activité 2014 et les perspectives communes.   

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 21 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Les Membres du Collège pour les recours à la session ordinaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont son Président, Mgr.Charles J.Scicluna (Auxiliaire de Malte):

Les Cardinaux de Curie Zenon Grocholewski, Attilio Nicora, Francesco Coccopalmeiro et Giuseppe Versaldi.

Mgr.José Luis Mollaghan (Argentine).

Mgr.Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru (Curie Romaine).

Et Membres suppléants:

Le Cardinal Julián Herranz (Espagne).

Mgr.Giorgio Corbellini (Curie Romaine).

Nommé l'Abbé Daniel E.Garcia, Auxiliaire de l'Evêque d'Austin (USA). L'Evêque élu, né en 1960 à Cameron (USA) et ordonné prêtre en 1988, était jusqu'ici Vicaire Général de ce même diocèse. Licencié en liturgie, il a été curé de paroisses et Membre du Presbyterium.


Confirmé la nomination par le Secrétaire d'Etat de M.Tommaso Di Ruzza (Italie), Directeur de l'Autorité de contrôle financier (AIF).

mardi 20 janvier 2015

Entretien avec les journalistes du vol papal


Cité du Vatican, 20 janvier 2015 (VIS). Comme à l'accoutumé, dans l'avions le ramenant des Philippines à Rome, le Pape a rencontré hier les journalistes l'accompagnant durant le voyage apostolique. A une première question, il a répondu avoir été ému par tant de "gestes venus du coeur", des manifestations de foi, d'enthousiasme et de confiance dans l'avenir, des sourires sincères malgré les grandes difficultés dans lesquelles se trouve le peuple philippin. Emu aussi d'avoir vu tant d'enfants handicapés et de petits enfants qu'on lui tendait, le Saint-Père a dit admirer l'amour des parents pour leur progéniture, un peuple qui sait souffrir et se résigner au malheur sans perde ni la joie ni l'espérance. A qui l'a ensuite interrogé sur ses prochains voyages, il a signalé qu'il espérait de se rendre en Centre-Afrique et en Ouganda, même si le projet avait été retardé par l'épidémie Ebola. Par ailleurs, il a confirmé sa venue à Philadelphie pour la Rencontre mondiale des familles, suivie d'une visite à Washington et à New York où il prendra la parole au siège des Nations-Unies. Le déplacement en Californie, désiré en vue de la canonisation de Junipero Serra, est trop compliqué. En 2016, il espère se rendre en Equateur, en Bolivie et au Paraguay.

Revenant sur ce qu'il avait dit le 15 janvier à propos de la liberté religieuse et de la liberté d'expression, et la polémique qui en a découlé, il a déclaré: "En théorie on ne devrait pas faire ce qui n'est pas bon. Nous disons en théorie ce que dit l'Evangile", en l'occurrence répondre à l'insulte "en tendant l'autre joue. Nous sommes en théorie tous d'accord. Mais nous sommes humains... Je ne peux insulter et provoquer sans cesse l'autre, au risque qu'elle enrage et réponde de manière incorrecte. C'est humain et c'est pour cela que la liberté d'expression doit tenir compte de la nature humaine. Il faut donc être prudent... La prudence est une vertu qui règle les rapports humains".

Pour ce qui est du fléau de la corruption, qui est une plaie favorisée par la multiplication des chefs et sous chefs en tout genre, le Pape a insisté sur le fait qu'elle vole les gens: "Les personnes corrompues qui font des affaires avec des responsables corrompus volent le peuple", la société. Elle existe aussi au sein de l'Eglise, où elle est le fait de pécheurs. Il y a des cas de personnes ou de services corrompus dans l'Eglise... Il faut demander pardon pour ces catholiques qui scandalisent tout le monde. La corruption est aussi une plaie pour l'Eglise, à côté de tant de personnes saines, de pécheurs non corrompus".


Puis on l'a interrogé sur le problème auquel sont affrontées les Philippines, une croissance démographique énorme qui engendre une plus grande pauvreté. Quelle est aujourd'hui la position de l'Eglise sur la procréation et la contraception: Les démographes estiment qu'il "est important de maintenir le taux de trois enfants par famille. Sous ce taux, en Italie par exemple, il ne devrait plus y avoir en 2024 assez de renouvellement pour garantir les retraites. Pour maintenir la population et éviter l'effondrement démographique, l'Eglise continue de prôner une paternité responsable... Non, pour être de bons catholiques, il ne suffit pas de faire comme les lapins... Il existe de multiples moyens licites pour éviter cela... Pour les plus pauvres, l'enfant constitue une richesse...et beaucoup d'entre eux manquent en cela de prudence. La paternité responsable et nécessaire même si on doit saluer la générosité de parents qui voient en tout fils un trésor". A propos enfin de ce qu'il a dit de la nécessité d'apprendre à pleurer, le Saint-Père a dit que "le trop bien être et une mauvaise compréhension des valeurs, l'endurcissement face à l'injustice et la culture du rebut font perdre aux gens cette capacité de pleurer. Or c'est une grâce qu'il faut demander... Nous tous mais surtout les chrétiens installés dans le confort devons demander cette grâce: Il faut pleurer sur les injustices comme sur les péchés. Il faut apprendre à pleurer. Pleurer permet d'appréhender de nouvelles réalités ou de nouvelles dimensions de la réalité". 

Prière du Pape à Ste.Marie Majeure


Cité du Vatican, 20 janvier 2015 (VIS). Hier après-midi, avant d'arriver au Vatican en provenance de l'aéroport de Rome, le Pape François s'est arrêté à Ste.Marie Majeure pour prier devant l'icône Salus Populi Romani, remerciant la Vierge de la bonne conclusion de son voyage en Asie. 

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 20 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé l'Abbé Jorge Giovanny Pazmiño Abril, OP, Evêque d'Ambato (superficie 3.844, population 538.800, catholiques 499.000, prêtres 98, diacres 3, religieux 217), en Equateur. L'Evêque élu, né en 1965 à Baños (Equateur), a prononcé ses voeux religieux en 1986 et a été ordonné prêtre en 1995. Jusqu'ici Vicaire Général de son ordre en Equateur, il succède à Mgr.Germán Trajano Pavón Puente, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Licencié en théologie, il a été professeur et a occupé diverses fonctions au sein de son ordre.

Accepté la renonciation présentée pour limite d'âge par Mgr.Ignazio Bedini, SDB (Italie), à la charge pastorale du diocèse d'Ispahan (Iran).


Nommé le P.Jack Youssef, CM (Iran), Administrateur apostolique du diocèse d'Ispahan (Iran).

lundi 19 janvier 2015

Retour du Pape à Rome


Cité du Vatican, 19 janvier 2015 (VIS). Ce matin, le Pape a célébré une messe en privé à la nonciature apostolique de Manille. Il s'est ensuite rendu en papamobile jusqu'à la Villamor Air Base, saluant les fidèles sortis dans les rues pour son départ. A son arrivée à l'aéroport, il a été reçu au pavillon présidentiel par M.Benigno Aquino III, président des Philippines. Ils se sont dirigés ensemble au pied de l'avion où s'est déroulée la cérémonie de congé en présence des autorités civiles et quelques milliers de fidèles. L'avion papal a décollé à 10 h, heure locale, pour l'Italie. L'atterrissage est prévu à l'aéroport Ciampino de Rome pour 17 h 40'. Le Pape rentrera directement au Vatican, mettant fin à son septième voyage apostolique international.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 19 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a:

Nommé Mgr.Mario Toso, SDB, Evêque de Faenza - Modigliano (superficie 108.800, population 316.000, catholiques 55.800, prêtres 61, diacres 7, religieux 56), en Italie. Jusqu'ici Secrétaire du Conseil pontifical Iustitia et Pax, il succède à Mgr.Claudio Stagni, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge.

Erigé l'Eglise métropolitaine d'Erythrée, détachée de l'Archi-éparchie métropolitaine d'Addis Abeba (Ethiopie). Elle a pour siège Asmara, circonscription élevée au rang d'Archi-éparchie métropolitaine. Correspondant au territoire de l'Erythrée, elle regroupe, outre celle d'Asmara, les éparchies de Barentu, de Keren et de Seghenity.

Nommé Mgr.Menghesteab Tesfamariam, MCCJ, premier Métropolitain d'Erythrée. Il était jusqu'ici Evêque de l'Eparchie d'Asmara.

Erigé l'Eparchie de Bahir Dar - Dessie (Ethiopie), avec territoire démembré de celui de l'Archi-éparchie métropolitaine d'Addis Abeba, la rendant suffragante de cette Eglise.


Nommé Mgr.Lisane-Christos Matheos Sernahun, premier Evêque de l'Eparchie de Bahir Dar - Dessie (Ethiopie). Il était jusqu'ici Auxiliaire d'Addis Abeba.

dimanche 18 janvier 2015

Le Pape encourage la jeunesse à être exemplaires


Cité du Vatican, 18 janvier 2015 (VIS). Ce matin, le Saint-Père s'est rendu à l'Université pontificale St.Thomas de Manille, la plus ancienne institution d'enseignement catholique du pays, fondée par les Dominicains. Il y a d'abord rencontré les représentants des diverses confessions chrétiennes et religions des Philippines puis, après une rapide visite du campus a rencontré le monde universitaire. Au cours d'une liturgie de la Parole au centre sportif, il s'est adressé à au moins 30.000 étudiants, improvisant en espagnol à partir du texte préparé en anglais. Avant d'intervenir, à peine averti de la triste nouvelle, il a demandé de prier pour une volontaire de 27 ans, morte lors de la messe à Teoclan, et pour sa famille. Voici le discours du Pape François, composé pour répondre aux questions qui lui avaient été fournies:
"Chers jeunes amis, c’est une joie pour moi d’être aujourd’hui avec vous. Je salue cordialement chacun de vous et je remercie tous ceux qui ont rendu possible cette rencontre. Au cours de ma visite aux Philippines, j’ai particulièrement voulu rencontrer les jeunes, pouvoir les écouter, parler avec eux. Je désire exprimer l’amour et l’espérance que l’Eglise place dans la jeunesse. Et je veux vous encourager, comme citoyens chrétiens de ce pays, à vous offrir avec enthousiasme et avec honnêteté au grand travail de renouvellement de votre société et de contribution à construire un monde meilleur. Je remercie les jeunes qui m’ont adressé...en votre nom vos préoccupations et vos inquiétudes, votre foi et vos espérances. Ils ont parlé des difficultés et des attentes des jeunes. Bien que je ne puisse pas répondre à chacun de ces questionnements de façon exhaustive, je sais que, avec vos pasteurs et entre vous, vous les considérerez attentivement à l’aide de la prière et que vous ferez des propositions concrètes d’action".

"Je voudrais suggérer trois domaines importants où vous avez une contribution significative à offrir à la vie de votre pays. Le premier est le défi de l’intégrité. Le terme défi peut être entendu de deux manières. D’abord, il peut être compris de façon négative, comme une tentative d’agir contre vos convictions morales, contre tout ce que vous savez être vrai, bon et juste. Notre intégrité peut être défiée par des intérêts égoïstes, par l’avidité, par la malhonnêteté, ou par l’intention d’instrumentaliser les autres. Mais le terme défi (enjeu) peut aussi être compris dans un sens positif. Elle peut être vue comme une invitation à être courageux, à donner un témoignage prophétique de sa foi et de tout ce qui est tenu pour sacré. En ce sens, le défi de l’intégrité est quelque chose à quoi, en ce moment et dans vos vies, il est nécessaire de se confronter. Il ne s’agit pas de quelque chose que vous pouvez renvoyer au temps où vous serez plus âgés, où vous aurez des responsabilités. Dès maintenant aussi, vous avez à relever le défi d’agir avec honnêteté et correction dans vos relations avec les autres, qu’ils soient jeunes ou âgés. Ne fuyez pas ce défi. Un des plus grands défis que les jeunes ont devant eux est celui d’apprendre à aimer. Aimer signifie prendre un risque, le risque du refus, le risque d’être utilisé, ou pire d’utiliser l’autre. N’ayez pas peur d’aimer. Mais, aussi en aimant, préservez votre intégrité! En cela aussi, soyez honnêtes et loyaux".

Puis, citant la lecture du jour, il a dit aux jeunes qu'ils sont "appelés à donner un bon exemple, un exemple d’intégrité. Naturellement, en le faisant, vous devrez affronter des oppositions et des critiques, le découragement et même le ridicule. Mais vous avez reçu un don qui vous permet de dépasser ces difficultés. C’est le don de l’Esprit. Si vous nourrissez ce don par la prière quotidienne et puisez la force dans la participation à l’Eucharistie, vous serez en mesure d’atteindre cette grandeur morale à laquelle Jésus vous appelle. Vous deviendrez aussi une boussole pour vos amis qui sont en recherche. Je pense spécialement à ces jeunes qui ont la tentation de perdre l’espérance, d’abandonner leur idéaux élevés, de quitter l’école ou de vivre au jour le jour dans les rues. Il est donc essentiel de ne pas perdre votre intégrité et de ne pas compromettre vos idéaux. Ne cédez pas aux tentations contre la bonté, la sainteté, le courage et la pureté. Relevez donc ce défi! Avec le Christ, vous serez encore plus des artisans d’une culture philippine renouvelée et plus juste".

"Un autre domaine où vous êtes appelés à contribuer est l’environnement et sa protection. Ce n’est pas seulement parce que votre pays, plus que d’autres, risque d’être sérieusement touché par le changement climatique. Vous êtes appelés à prendre soin de la création, non seulement comme des citoyens responsables, mais aussi comme disciples du Christ. Le respect de l’environnement signifie davantage que de simplement utiliser des produits propres ou de recycler ce que nous utilisons. Ce sont des aspects importants, mais non suffisants. Nous avons besoin de voir, avec les yeux de la foi, la beauté du plan de salut de Dieu, le lien entre l’environnement naturel et la dignité de la personne humaine. L’homme et la femme sont créés à l’image et à la ressemblance de Dieu et la maîtrise de la création leur a été confiée. Comme administrateurs de la création de Dieu, nous sommes appelés à faire de la terre un beau jardin pour la famille humaine. Lorsque nous détruisons nos forêts, lorsque nous dévastons le sol et polluons les mers, nous trahissons ce noble appel. Il y a trois mois, vos évêques ont affronté ces thèmes dans une lettre pastorale. Ils ont demandé à chacun de réfléchir sur la dimension morale de nos activités et de nos styles de vie, de notre consommation et de l’usage que nous faisons des ressources naturelles. Aujourd’hui, je vous demande de le faire, dans le contexte de vos vies et de votre engagement pour la construction du Royaume. Chers jeunes, l’usage juste et la gestion correcte des ressources naturelles est une tâche urgente et vous avez une contribution importante à offrir. Vous êtes l’avenir des Philippines. Soyez vivement intéressés à tout ce qui arrive à votre si belle terre".

Un dernier domaine dans lequel vous pouvez offrir une contribution utile est le soin des pauvres. Nous sommes chrétiens, membres de la famille de Dieu. Chacun de nous, et peu importe si individuellement nous avons beaucoup ou peu, est appelé à tendre la main personnellement et à servir nos frères et nos sœurs dans le besoin. Il y a toujours quelqu’un proche de nous qui a des besoins matériels, psychologiques, spirituels. Le plus grand don que nous puissions leur faire est notre amitié, notre préoccupation, notre tendresse, notre amour pour Jésus. Le recevoir signifie tout avoir. Le donner signifie offrir le don le plus grand de tous. Beaucoup d’entre vous savent ce que signifie être pauvres. Mais beaucoup d’entre vous ont aussi fait l’expérience de quelque chose du bonheur que Jésus à promis aux pauvres en esprit. Je voudrais encourager et remercier ceux d’entre vous qui ont choisi de suivre notre Seigneur dans sa pauvreté, par la vocation au sacerdoce et à la vie religieuse; en puisant à cette pauvreté, vous vous enrichirez beaucoup. Mais à vous tous, spécialement à ceux qui peuvent faire et donner davantage, je demande instamment de faire davantage. S’il vous plaît, donnez plus! Lorsque vous donnez de votre temps, de vos talents et de vos ressources à beaucoup de personnes nécessiteuses qui vivent aux marges, vous faites une différence. C’est une différence qui est si désespérément nécessaire, et pour laquelle vous serez largement récompensés par le Seigneur. Parce que, comme il a dit: Tu auras un trésor au ciel. Ici même il y a vingt ans, Jean-Paul II a affirmé que le monde a besoin d’un nouveau type de jeunes engagés dans les plus hauts idéaux, et désireux de bâtir la civilisation de l’amour. Soyez ces jeunes! Ne perdez pas vos idéaux et soyez des témoins joyeux de l’amour de Dieu et du magnifique dessein qu’il a pour nous, pour ce pays et pour le monde dans lequel nous vivons".


Précisions du P.Lombardi


Cité du Vatican, 18 janvier 2015 (VIS). Le Directeur de la Salle de Presse a précisé hier soir qu'avant de regagner la nonciature, le Pape s'était entretenu avec le père de Cristal, la jeune volontaire décédée durant la messe à Tacloban à cause de l'effondrement d'une structure métallique. N'ayant pu parler à sa mère actuellement à Hong Kong, il est resté une vingtaine de minutes avec le père, le Cardinal Tagle servant d'interprète.  

Grand messe à Manille


Cité du Vatican, 18 janvier 2015 (VIS). Terminée sa rencontre avec le monde étudiant, le Saint-Père a regagné la nonciature pour déjeuner. Après quoi, vers 14 h 30' locales, il s'est rendu en voiture découverte au Quirino Grandstand Rizal Park, un stade construit en 1946 à l'occasion de l'indépendance des Philippines. Il y a célébré une grand messe dominicale en présence d'une foule immense, de un a trois millions de personnes selon les estimations. En 1995, Jean-Paul II y avait célébré la messe conclusive de la X Journée mondiale de la jeunesse. Voici le texte de l'homélie préparée, que le Pape a préféré résumer ici encore en espagnol:

"C’est une grande joie pour moi de célébrer le dimanche du Santo Niño avec vous. L’image de l'Enfant Jésus a accompagné la diffusion de l’Evangile dans ce pays depuis l’origine. Vêtu comme un roi, couronné, et tenant en main le sceptre, le globe et la croix, il continue à nous rappeler le lien entre le Royaume de Dieu et le mystère de l’enfance spirituelle. Il nous le dit dans l’Evangile de ce jour: Quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n’y entrera pas. Le Santo Niño continue à nous proclamer que la lumière de la grâce de Dieu a brillé sur un monde de ténèbres, apportant la Bonne Nouvelle de notre libération de l’esclavage, et en nous guidant sur les sentiers de la paix, du droit et de la justice. Il nous rappelle aussi que nous avons été appelés à répandre le Royaume partout dans le monde. Tout au long de ma visite, j'ai entendu chanter: Nous sommes tous enfants de Dieu. C’est justement ce que le Santo Niño nous dit. Il nous rappelle notre identité la plus profonde. Nous sommes tous enfants de Dieu, membres de la famille de Dieu. Aujourd’hui saint Paul nous a dit que, dans le Christ, nous sommes devenus enfants adoptifs de Dieu, frères et sœurs dans le Christ. Voilà qui nous sommes. C’est notre identité. Nous en avons vu une belle expression quand les Philippins se sont mobilisés autour de nos frères et sœurs touchés par le typhon.

L’Apôtre nous dit que, parce que Dieu nous a choisis, nous avons été abondamment bénis, par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. Ces paroles ont un écho particulier aux Philippines, parce que c’est le principal pays catholique de l'Asie. Ce don de Dieu particulier, cette bénédiction, est aussi une vocation. Les Philippins sont appelés à être de vaillants missionnaires de la foi en Asie. Dieu nous a choisis et bénis dans le but d'être saints et irréprochables à ses yeux. Il nous a choisis, chacun de nous, pour être témoins de sa vérité et de sa justice dans ce monde. Il a créé le monde comme un beau jardin et nous a demandé d’en prendre soin. Mais, par le péché, l’homme a défiguré la beauté de la nature. Par le péché, l’homme a aussi détruit l’unité et la beauté de notre famille humaine, en créant des structures sociales qui entretiennent la pauvreté, l’ignorance, et la corruption. Parfois, quand nous voyons les troubles, les difficultés, et les injustices tout autour de nous, nous sommes tentés d’abandonner. Il semble que les promesses de l’Evangile ne s’appliquent pas, qu'elles sont irréelles. Mais la Bible nous dit que la grande menace...a toujours été, le mensonge. Le Démon est le père du mensonge. Il cache souvent ses pièges derrière les apparences de la sophistication, l’attrait d’être moderne ou comme tout le monde. Il nous distrait par l’illusion des plaisirs éphémères, des passe-temps superficiels. Et alors nous gaspillons les dons de Dieu en employant des gadgets. Nous gaspillons notre argent dans le jeu et la boisson auxquels nous nous abandons. Nous oublions de rester fixés sur les choses qui comptent vraiment. Nous oublions de rester, intérieurement, enfants de Dieu. Comme le Seigneur nous le dit, pour ces enfants la sagesse n’est pas la sagesse du monde. Voilà pourquoi le message du Santo Niño est si important. Il parle profondément à chacun d’entre nous. Il nous rappelle notre identité la plus profonde, ce à quoi nous sommes appelés à être, en tant que la famille de Dieu. Le Santo Niño nous rappelle aussi que cette identité doit être protégée. Le Christ Enfant est le protecteur de ce grand pays. Quand il est venu dans le monde, sa vie a été menacée par un roi corrompu. Jésus lui-même a eu besoin d’être protégé. Il a eu un protecteur terrestre, saint Joseph. Il a eu une famille terrestre, la Sainte Famille de Nazareth. Alors il nous rappelle l’importance de protéger nos familles, et ces plus grandes familles que sont l’Eglise, la famille de Dieu, et le monde, notre famille humaine. Malheureusement, de nos jours, la famille a grand besoin d’être protégée contre les attaques insidieuses et les programmes contraires à tout ce que nous tenons pour vrai et sacré, tout ce qu’il y a de plus beau et de plus noble dans notre culture".

"Dans l’Evangile, Jésus accueille les enfants, il les embrasse et les bénis. Nous devons, nous aussi, protéger, guider et encourager notre jeunesse, en l’aidant à construire une société digne de son grand héritage spirituel et culturel. En particulier, nous devons regarder chaque enfant comme un don devant être accueilli, chéri et protégé. Et nous devons prendre soin de notre jeunesse, en ne permettant pas que lui soit volée l’espérance, et qu’elle soit condamnée à vivre dans la rue. Celui qui a apporté la bonté de Dieu, la miséricorde et la justice dans le monde, était un enfant fragile, qui avait besoin de protection. Il a affronté la malhonnêteté et la corruption qui sont l’héritage du péché, et il en a triomphé par la puissance de sa croix. Maintenant, à la fin de ma visite aux Philippines, je vous recommande à lui, à Jésus qui est venu parmi nous comme un enfant. Puisse-t-il permettre à tous les philippins de travailler ensemble, en se protégeant les uns les autres, en commençant par les familles et les communautés, en construisant un monde de justice, d’intégrité et de paix. Puisse le Santo Niño continuer à bénir les Philippines et à soutenir les chrétiens de ce grand pays dans leur vocation à être témoins et missionnaires de la joie de l’Evangile, en Asie et partout dans le monde".


Conclue la cérémonie, le dernier rendez-vous public aux Philippines, le Cardinal Archevêque de Manille a remercié le Pape François de sa visite. Après avoir salué la foule en voiture panoramique, ce dernier est retourné à la nonciature. 

samedi 17 janvier 2015

Malgré le mauvais temps, le Pape se rend sur l'île de Leyte


Cité du Vatican, 17 janvier 2015 (VIS). Pour son second jour aux Philippines le Pape François s'est rendu par avion sur l'île de Leyte, à Tacloban, où l'avion papal a atterri avec trois quart d'heure d'avance sur le programme, en raison de l'arrivée d'une tempête tropicale. Il s'agit de la région côtière durement frappée il y a quatorze mois par le typhon Yolanda, qui a causé la mort de 10.000 personnes et causés de très graves destructions. Ecourtant la cérémonie d'accueil, il s'est immédiatement rendu sur l'esplanade préparée pour la messe avec la population survivante. A cause de la pluie battante, il a improvisé en espagnol en proposant un résumé de l'homélie préparée, dont voici le texte:

"Quelles paroles de consolation nous venons d’entendre! Encore une fois, il nous a été dit que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, notre Sauveur, notre grand prêtre qui nous offre miséricorde, grâce et soutien en tout ce dont nous avons besoin. Il guérit nos blessures, pardonne nos péchés et nous appelle à être ses disciples, comme il l’a fait avec Matthieu. Louons-le pour son amour, sa miséricorde et sa compassion. Je rends grâce au Seigneur Jésus parce que ce matin, nous pouvons être ensemble. Je suis venu pour être avec vous, en cette ville qui a été dévastée par le typhon Yolanda il y a quatorze mois. Je vous apporte l’amour d’un père, les prières de toute l’Eglise, la promesse que vous n’êtes pas oubliés tandis que vous continuez la reconstruction. Ici, la tempête la plus forte jamais enregistrée sur la planète a été vaincue par la force la plus puissante de l’univers, l’amour de Dieu. Nous sommes ici ce matin pour témoigner de cet amour, de sa capacité à transformer mort et destruction en vie et communauté. La résurrection du Christ, que nous célébrons en cette messe, est notre espérance et une réalité dont nous faisons l’expérience, même présentement. Et nous savons que la résurrection survient seulement après la croix, cette croix que vous avez portée avec foi, dignité et la force donnée par Dieu. Nous sommes réunis avant tout afin de prier pour les personnes qui sont mortes, pour toutes celles qui sont encore dispersées et pour celles qui ont été blessées. Nous recommandons à Dieu les âmes des défunts, nos mères, nos pères, nos fils et nos filles, notre famille, nos amis et voisins. Nous avons confiance qu’en arrivant en la présence de Dieu, ils ont trouvé miséricorde et paix. Toutefois, beaucoup de tristesse persiste ici à cause de leur absence. Pour vous qui les avez connus et aimés, qui les aimez encore, la douleur de les avoir perdus est réelle. Mais nous regardons vers l’avenir avec les yeux de la foi. Notre douleur est une semence qui un jour débouchera sur la joie que le Seigneur a promise à ceux qui ont cru en ses paroles: ‘Heureux vous qui pleurez, parce que vous serez consolés’.
Nous sommes rassemblés ici, en outre, afin de rendre grâce à Dieu pour son aide au temps du besoin. Il a été votre force en ces mois vraiment difficiles. Tant de vies ont été perdues, il y a eu tant de souffrance et de destruction. Cependant, nous sommes encore en mesure de nous réunir et de le remercier. Nous savons qu’il prend soin de nous. Nous savons qu’en Jésus son Fils, nous avons un grand prêtre capable de compatir et de souffrir avec nous. La compassion de Dieu, sa souffrance avec nous, donne une signification et une valeur éternelles à nos efforts. Votre désir de le remercier pour toute grâce et bénédiction, même quand vous avez tant perdu, n’est pas seulement un triomphe de la capacité de résilience et de la force du peuple philippin. C’est aussi un signe de la bonté de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse, de son pouvoir salvifique. Nous rendons grâce...également pour tout ce qui a été fait pour aider, reconstruire, assister en ces mois de besoin sans précédents. Je pense en premier lieu à ceux qui ont accueilli et donné refuge au grand nombre de familles déplacées, aux personnes âgées, à la jeunesse. Comme il est dur d’abandonner sa propre maison et ses propres moyens de subsistance. Nous remercions ceux qui ont pris soin des sans-logis, des orphelins et des personnes abandonnées. Prêtres, religieux et religieuses qui ont donné tout ce qu’ils pouvaient. Je remercie tous ceux d’entre vous qui ont logé et nourri les personnes à la recherche de sécurité dans les églises, les couvents, les bureaux et qui continuent d’assister ceux qui sont encore en difficulté. Vous êtes un honneur pour l’Eglise, vous êtes l’orgueil de votre nation. Je remercie personnellement chacun de vous, puisque tout ce que vous avez fait au plus petit des frères et sœurs du Christ, c’est à lui que vous l’avez fait. Au cours de cette messe, nous voulons aussi remercier Dieu pour les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont rendu service comme agents de sauvetage et de secours. Nous le remercions pour toutes les personnes qui, dans le monde entier, ont offert généreusement leur propre temps, argent et biens. Les états, les organisations et les personnes individuelles partout dans le monde ont mis en première ligne ceux qui sont dans le besoin. Il s’agit d’un exemple qui devrait être suivi. Je demande aux gouvernants, aux agences internationales, aux bienfaiteurs et aux personnes de bonne volonté de ne pas se lasser. Il y a encore beaucoup à faire. Même si les gros titres des journaux ont changé, les besoins subsistent.
La première lecture du jour, nous incite à rester fermes dans notre confession, à persévérer dans la foi, à nous approcher avec confiance du trône de la grâce de Dieu. Ces paroles ont une résonance spéciale en ce lieu, au milieu de grandes souffrances, vous n’avez jamais cessé de confesser la victoire de la Croix, le triomphe de l’amour de Dieu. Vous avez vu la puissance de cet amour révélée dans la générosité de très nombreuses personnes à travers les nombreux petits miracles de la bonté. Mais vous avez constaté aussi, même dans le pillage, dans les déprédations et dans le manque de réponse à ce grand drame humain, bien des signes tragiques du mal dont le Christ est venu nous sauver. Prions afin que cela nous conduise à une confiance plus grande dans la puissance de la grâce de Dieu pour vaincre le péché et l’égoïsme. Prions particulièrement afin qu’il rende chacun toujours plus sensible au cri de nos frères et de nos sœurs dans le besoin. Prions afin qu’il nous aide à repousser toute forme d’injustice et de corruption, qui, en volant les pauvres, empoisonne les racines mêmes de la société. Chers frères et sœurs, en cette grande épreuve, vous avez senti de manière spéciale la grâce de Dieu à travers la présence et l’attention affectueuse de la Vierge Marie, Notre Dame du Perpétuel Secours. Elle est notre mère. Qu’elle vous aide à persévérer dans la foi et dans l’espérance et à rejoindre tous ceux qui sont dans le besoin. Avec les saints Laurent Ruiz et Pierre Calungsod et avec tous les saints, qu’elle continue à implorer la miséricorde de Dieu et sa compassion bienveillante pour ce pays et pour tous les bien-aimés Philippins".

Après la messe, l'avion papal a du rapidement regagner Manille, où il est parvenu à 15 h locale, avec plus de trois heure sur le programme établi. Le Pape a cependant pu visiter une maison de pêcheurs dévastée en 2013, bénir une maison de retraite et un asile pour enfants reconstruits grâce à Cor Unum, puis se rendre à l'archevêché. Après avoir déjeuné sur le pouce, il a salué brièvement une trentaine de familles rescapées de Yolanda, rencontré quelques séminaristes, et visiter au pas de course le Centre Pape François pour les pauvres. Dernière étape avant de s'envoler pour la capitale, la cathédrale de Palo où était prévue une rencontre avec les évêques, les prêtres, séminaristes et religieux. Il s'est excusé de ne pouvoir tenir ses engagements et à remis à ses hôtes le texte qu'il comptait lire. A Manille, de l'aéroport au centre ville, il a salué les fidèles restés pour attendre son retour.


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 17 janvier 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Le Cardinal Orlando B.Quevedo, OMI, Archevêque de Cotabato (Philippines), son Envoyé spe´cial au 150 anniversaire de la découverte des "chrétiens cachés du Japon" (Nagasaki, Japon, 14 - 17 mars).

Mgr.Piotr Turzynski, Auxiliaire de l'Evêque de Radom (Pologne). L'Evêque élu, né en 1964 à Radom (Pologne) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Vice Recteur du grand séminaire de Sandomierz (Pologne). Docteur en théologie et licencié en sciences patristiques, il a été directeur spirituel de séminaire, professeur à l'Université catholique de Lublín, conseiller diocésain pour le clergé puis pour la vie consacrée.


Avis


Cité du Vatican, 17 janvier 2015 (VIS). En raison du voyage apostolique, non seulement le VIS diffuse un bulletin ce samedi, mais aussi demain dimanche 18 janvier.

vendredi 16 janvier 2015

Entretien avec les journalistes dans le vol pour Manille


Cité du Vatican, 15 janvier (VIS). Au terme de la première partie du voyage apostolique, au cours du vol le conduisant de Colombo à Manille, le Pape François s’est entretenu une quarantaine de minutes avec les journalistes qui l’accompagnent. Il a répondu à quelques questions relatives à son voyage au Sri Lanka et aux Philippines, mais aussi sur les attentats commis à Paris, sur la liberté religieuse et la liberté d’expression, sur la sécurité dans ses déplacements et sur sa prochaine encyclique. Il a dit de cette dernière qu’elle serait probablement terminée fin mars et vraisemblablement publiée en juin ou juillet.

Voici une synthèse de quelques unes des réponses faites par le Pape.

Sur les attentats suicides qui ponctuent l’actualité: ''Derrière chaque attentat suicide, il y a un déséquilibre humain, mental peut-être, mais humain. Quelque chose ne fonctionne pas chez cette personne. Elle n’a pas cet équilibre sur le sens de sa vie et celle des autres. Ces personnes offrent leur vie mais ne l’offrent pas bien. Beaucoup de gens travaillent, comme par exemple les missionnaires qui donnent la vie, mais pour construire. Là on donne la vie en s’autodétruisant, pour détruire".

Sur la sécurité dans les voyages pontificaux et les menaces terroristes: ''La meilleure manière de répondre est d’être aimable. Etre aimable et humble... Ce sont les fidèles qui me préoccupent et j’ai parlé de cela avec les services de sécurité au Vatican. Si j’ai peur? J’ai un défaut, une grande dose d’inconscience... mais je sais que des mesures de sécurité sont prises, prudentes et sûres''.


Sur la liberté religieuse et la liberté d’expression: ''Il s’agit de deux droits fondamentaux... Allons à Paris, parlons clairement. Chacun a le droit de pratiquer sa religion, sans offenser, librement... on ne peut offenser, faire une guerre, tuer au nom de sa religion, au nom de Dieu. Ce qui se passe actuellement nous touche. Mais nous pensons toujours à notre histoire, combien de guerres de religion nous avons fait... nous aussi nous sommes pécheurs pour cela. Mais on ne peut pas tuer au nom de Dieu, c’est une aberration... Chacun a non seulement la liberté, le droit mais aussi l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider le bien commun... mais sans offenser. Il est vrai que l’on ne peut réagir violemment, mais si un de mes amis insulte ma mère, je lui mets un coup de poing! C’est normal, on ne peut pas provoquer, on ne peut insulter la foi des autres... Il y a une limite, et dans la liberté d’expression il y a aussi des limites".

Le Pape salue le courage des philippins face aux calamités naturelles


Cité du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). Ce matin à Manille (heure locale), le Pape s'est rendu au palais présidentiel où, après une brève cérémonie protocolaire, il s'est entretenu quarante cinq minutes en privé avec le chef de l'Etat et sa famille. Après quoi, il a gagné le salon d'honneur pour s'adresser aux corps constitués réunis. Voici le discours du Saint-Père:

"Ma visite est avant tout pastorale. Elle a lieu alors que l’Eglise de ce pays se prépare à célébrer le cinquième centenaire de la première proclamation de l’Evangile... Le message chrétien a eu une immense influence sur la culture philippine. Mon espérance est que cet important anniversaire mette en relief sa fécondité constante et sa capacité à inspirer une société digne de la bonté, de la dignité et des aspirations du peuple philippin. Cette visite veut, en particulier, exprimer ma proximité à nos frères et sœurs qui ont connu la souffrance, la perte et la dévastation causées par le typhon Yolanda". Nous avons tous "admiré la force héroïque, la foi et la résistance dont ont fait preuve beaucoup de Philippins face à ce désastre. Ces vertus, enracinées principalement dans l’espérance et la solidarité inculquées par la foi chrétienne, ont été à l’origine d’une profusion de bonté et de générosité, surtout de la part de beaucoup de jeunes. En ce moment de crise nationale, d’innombrables personnes sont venues en aide à leurs voisins dans le besoin. Avec grand sacrifice, ils ont offert leur temps et leurs ressources, en créant un réseau de secours mutuels et d’engagements pour le bien commun. Cet exemple de solidarité dans le travail de reconstruction nous enseigne une leçon importante. Toute société, telle une famille, puise dans ses ressources les plus profondes pour affronter de nouveaux défis.

Comme beaucoup d’autres pays d’Asie, les Philippines se trouvent devant la nécessité de construire une société moderne solidement fondée, une société respectueuse des valeurs humaines, qui garde notre dignité ainsi que les droits humains, fondés sur Dieu, et qui soit prête à affronter de nouvelles et complexes questions éthiques et politiques. Comme l’ont signalé de nombreuses voix, il est maintenant plus que jamais nécessaire que les dirigeant politiques se distinguent par leur honnêteté, leur intégrité et leur responsabilité envers le bien commun. Ils pourront ainsi préserver les riches ressources humaines et naturelles avec lesquelles Dieu a béni ce pays. Ils seront ainsi capables de gérer les ressources morales nécessaires pour affronter les requêtes du présent, et transmettre aux générations futures une société vraiment juste, solidaire et pacifique. L’exigence morale d’assurer la justice sociale et le respect de la dignité humaine est essentielle à la réalisation de ces objectifs nationaux. La grande tradition biblique prescrit à tous les peuples le devoir d’entendre la voix des pauvres et de briser les chaînes de l’injustice et de l’oppression qui donnent lieu à de...scandaleuses inégalités sociales. La réforme des structures sociales qui entretiennent la pauvreté et l’exclusion des pauvres, requiert avant tout une conversion de l’esprit et du cœur. Les évêques des Philippines ont demandé que cette année soit proclamée Année des pauvres. J’espère que cette requête prophétique provoquera en chacun, à tous les niveaux de la société, le refus ferme de toute forme de corruption qui détourne les ressources destinées aux pauvres. Puisse-t-elle inspirer des efforts concertés pour inclure tout homme, toute femme et tout enfant dans la vie de la communauté.

Un rôle fondamental pour le renouvellement de la société est joué, naturellement, par la famille et spécialement par les jeunes. Un aspect particulier de ma visite sera ma rencontre avec les familles et avec les jeunes ici à Manille. Les familles ont une mission indispensable dans la société. C’est dans la famille que les enfants grandissent dans des valeurs saines, des idéaux élevés, et dans une authentique préoccupation pour les autres. Mais, comme tous les dons de Dieu, la famille peut aussi être défigurée et détruite. Elle a besoin de notre appui. Nous savons combien il est difficile aujourd’hui pour nos démocraties de préserver et de défendre ces valeurs humaines de base, comme le respect de l’inviolable dignité de toute personne humaine, le respect des droits à la liberté de conscience et de religion, le respect de l’inaliénable droit à la vie, depuis celle des enfants qui ne sont pas encore nés, jusqu’à celle des personnes âgées et des malades. Pour cette raison, les familles et les communautés doivent être encouragées et assistées dans leurs efforts pour transmettre aux jeunes les valeurs et la vision qui peut aider à créer une culture de l’intégrité... Il faut faire honneur à la bonté, à la sincérité, à la fidélité et à la solidarité qui sont les fondements solides et le ciment moral qui maintiennent unie la société". Par ailleurs, "je ne peux pas manquer de mentionner le rôle important des Philippines dans la promotion de la compréhension et de la coopération entre les pays d’Asie, ainsi que la contribution, souvent négligée mais non moins réelle, des philippins de la diaspora à la vie et au bien être des sociétés dans lesquelles ils vivent. C’est précisément à la lumière du riche héritage culturel et religieux dont votre nation est fière, que je vous lance un défi et un encouragement. Puissent les plus profondes valeurs spirituelles du peuple philippin continuer à trouver leur expression dans l’effort pour procurer à vos concitoyens un développement humain intégral. De cette manière, toute personne sera capable de réaliser ses propres potentialités et ainsi contribuer sagement et bien à l’avenir du pays. J’ai confiance que les efforts..de promotion du dialogue et de la coopération entre les différentes religions porteront du fruit dans la poursuite de ce noble objectif. De façon particulière, j’exprime ma confiance que les progrès accomplis pour apporter la paix dans le sud du pays produiront des solutions justes en accord avec les principes fondateurs de la nation et dans le respect des droits inaliénables de tous, y compris ceux des populations indigènes et des minorités religieuses". 

Messe dans la cathédrale de Manille


Cité du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). Après sa visite au palais présidentiel, le Saint-Père s'est rendu en voiture à la cathédrale de Manille, la mère de toutes les églises du pays, érigée en basilique mineure par Jean-Paul II. L'édifice actuel, qui remonte aux années 1950, occupe l'emplacement de la première église de 1581, détruite par un typhon et plusieurs fois reconstruite après incendies, séismes et bombardements de la seconde guerre mondiale. Elle vient de connaître une ultime restauration et n'a été réouverte au culte qu'en avril 2014. Le Saint-Père a concélébré la messe avec les évêques philippins, en présence du clergé, de séminaristes et religieux. Voici son homélie:

Le Seigneur a demandé à Pierre: M’aimes-tu? Puis lui a dit: Pais mes agneaux. "Ces paroles de l’Evangile du jour sont les premières paroles que je vous adresse... Elles nous rappellent quelque chose d’essentiel, que tout ministère pastoral est né de l’amour. Tout ministère pastoral est né de l’amour. Toute vie consacrée est un signe de l’amour réconciliateur du Christ. Comme sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, dans la variété de nos vocations, chacun de nous est appelé, en quelque sorte, à être l’amour dans le cœur de l’Eglise. Je vous salue avec affection, et vous demande de la porter à vos frères et sœurs âgés et malades et à tous ceux qui nous pas pu s’unir à nous. Alors que l’Eglise aux Philippines se prépare au cinquième centenaire de son évangélisation, nous éprouvons de la gratitude pour l’héritage laissé par tant d’évêques, de prêtres et de religieux du passé. Ils se sont efforcés, non seulement de prêcher l’Evangile et de construire l’Eglise dans ce pays, mais aussi de forger une société inspirée du message évangélique de la charité, du pardon et de la solidarité au service du bien commun. Aujourd’hui vous continuez ce travail d’amour. Comme eux, vous êtes appelés à construire des ponts, à paître le troupeau du Christ, et à préparer de nouvelles voies à l’Evangile en Asie à l’aube d’une ère nouvelle. L’amour du Christ nous saisit: Dans la première lecture, Paul nous dit que l’amour que nous sommes appelés à proclamer est un amour réconciliateur, qui coule du cœur du Sauveur crucifié. Nous sommes appelés à être ambassadeurs au nom du Christ. Notre ministère est un ministère de réconciliation. Nous proclamons la Bonne Nouvelle de l’amour, de la miséricorde et de la compassion infinis de Dieu. Nous proclamons la joie de l’Evangile, qui est la promesse de la grâce de Dieu, qui seule peut apporter plénitude et guérison à notre monde abimé. L’Evangile peut inspirer la construction d’un ordre social vraiment juste et racheté. Etre ambassadeur du Christ signifie avant tout inviter chacun à une rencontre personnelle renouvelée avec le Seigneur. Notre rencontre personnelle avec lui. Cette invitation doit être au centre de votre commémoration de l’évangélisation des Philippines. Mais l’Évangile est aussi une exhortation à la conversion, à un examen de conscience, comme individu et comme peuple.

Comme l’ont justement enseigné les évêques des Philippines, votre Eglise est appelée à reconnaître et combattre les causes de l’inégalité et de l’injustice, profondément enracinées, qui salissent le visage de la société, en s’opposant clairement aux enseignements du Christ. L’Evangile appelle les chrétiens à avoir des vies honnêtes, intègres, et soucieuses du bien commun. Mais il appelle aussi les communautés chrétiennes à créer des cercles d’intégrité, des réseaux de solidarité qui peuvent pousser à embrasser et à transformer la société par leur témoignage prophétique. Les pauvres...sont au cœur de l’Evangile. Si nous les enlevons de l’Evangile, nous ne pouvons pas comprendre la totalité du message de Jésus-Christ. Comme ambassadeurs du Christ, nous, évêques, prêtres et religieux, devrions être les premiers à accueillir sa grâce réconciliatrice dans nos cœurs. Saint Paul explique ce que cela signifie. Cela signifie rejeter les perspectives mondaines, en regardant de nouveau toute chose à la lumière du Christ. Cela implique que nous soyons les premiers à examiner notre conscience, à reconnaître nos échecs et nos chutes, et à emprunter la voie de la conversion continuelle, chaque jour la conversion. Comment pouvons-nous proclamer aux autres la nouveauté et le pouvoir libérateur de la Croix, si nous-mêmes ne permettons pas à la parole de Dieu de secouer notre complaisance, notre peur de changer, nos compromissions mesquines avec les manières de ce monde, notre mondanité spirituelle. Pour nous, prêtres et personnes consacrées, la conversion à la nouveauté de l’Evangile implique une rencontre quotidienne avec le Seigneur dans la prière. Les saints nous enseignent que c’est la source de tout zèle apostolique. Pour nous vivre la nouveauté de l’Evangile signifie aussi retrouver toujours, dans la vie de la communauté et les apostolats de la communauté, l’incitation à une union toujours plus étroite avec le Seigneur dans la charité parfaite. Pour nous tous, cela signifie vivre de manière à refléter la pauvreté du Christ, dont la vie entière était centrée sur l’accomplissement de la volonté du Père et le service les autres. La grande menace à cela, naturellement, est de tomber dans un certain matérialisme qui peut s’insinuer dans nos vies et compromettre le témoignage que nous donnons. C’est seulement en devenant nous-mêmes pauvres, en devenant nous-mêmes pauvres, en renonçant à notre auto-accomplissement, que nous pourrons nous identifier aux derniers de nos frères et sœurs. Nous verrons les choses sous une lumière nouvelle et nous pourrons ainsi répondre avec honnêteté et avec intégrité au défi d’annoncer la radicalité de l’Evangile dans une société habituée à l’exclusion, à la polarisation et à la scandaleuse inégalité.
Je voudrais maintenant m'adresser aux jeunes prêtres, religieux et séminaristes présents. Je vous demande de partager la joie et l’enthousiasme de votre amour pour le Christ et pour l’Eglise avec tous, mais surtout avec ceux de votre âge. Soyez présents au milieu des jeunes qui peuvent être désorientés et découragés, et qui cependant continuent de voir l’Eglise comme leur amie sur le chemin et une source d’espérance. Soyez proches de ceux qui, en vivant au milieu d’une société alourdie par la pauvreté et par la corruption, sont découragés en esprit, tentés de tout laisser tomber, d’arrêter l’école et de vivre dans les rues. Proclamez la beauté et la vérité du message chrétien à une société qui est tentée par des présentations confuses de la sexualité, du mariage et de la famille", réalités de plus en plus attaquées par des forces puissantes qui menacent de défigurer le plan de Dieu sur la création et de trahir les vraies valeurs qui ont inspiré et donné forme à tout ce qu’il y a de beau dans votre culture. La culture philippine, en effet, a été pétrie par la créativité de la foi. Les Philippins sont connus pour leur amour de Dieu, pour leur piété fervente et pour leur chaleureuse dévotion à Notre Dame et au Rosaire leur amour de Dieu... Ce grand héritage contient un fort potentiel missionnaire. C’est la manière dont votre peuple a inculturé l’Evangile et continue à accueillir son message. Dans votre effort de préparation au cinquième centenaire, construisez sur ces bases solides. Le Christ est mort pour tous de sorte que, en étant morts en lui, nous puissions vivre non plus pour nous-mêmes mais pour lui... J’implore de Marie, Mère de l’Eglise, de faire surgir pour vous tous une telle abondance de zèle, que vous puissiez vous dépenser avec abnégation au service de nos frères et sœurs. De cette manière, puisse l’amour réconciliateur du Christ pénétrer encore plus pleinement dans le tissu de la société philippine et, à travers vous, jusqu’aux recoins les plus lointains du monde".


Après la messe, le Pape François s'est rendu dans un foyer proche, appartenant à la fondation Tulay ng Kabataan, abritant des enfants des rues, avec trois cent desquels il a conversé pendant une vingtaine de minutes, entouré de leurs manifestations d'affection. Puis il a regagné la nonciature pour dîner et passer sa seconde nuit aux Philippines.

Les familles, disciples et missionnaires


Cité du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). A 17 h (heure locale) le Pape s'est rendu en voiture découverte au palais des sports Mall of Asia Arena pour la dernière phase de son séjour à Manille, pour y rencontrer 20.000 fidèles représentants les familles catholiques des Philippines. Après chants et danses, il s'est adressé à l'assemblée

"Chères familles, chers amis dans le Christ, merci de votre présence...et pour votre témoignage d'amour envers Jésus et son Eglise... Je remercie tout particulièrement ceux qui ont présenté leurs témoignages et ont partagé leur vie de foi avec nous. L'Ecriture parle rarement de saint Joseph, mais quand elle le fait, nous le trouvons souvent en train de se reposer, en présence d'un ange qui lui révèle la volonté de Dieu... Ce soir, je voudrais me reposer dans le Seigneur avec vous tous, et réfléchir avec vous sur le don de la famille. Le sommeil de Joseph lui a révélé la volonté de Dieu. En ce moment de repos dans le Seigneur, en faisant une pause dans nos nombreux devoirs et activités, Dieu nous parle, à nous aussi. Il nous parle dans la lecture que nous avons écoutée, dans nos prières et dans les témoignages, ainsi que dans le silence de notre cœur. Réfléchissons sur ce que le Seigneur nous dit, spécialement dans l’Evangile à peine lu. Il y a trois aspects de ce passage que je vous demande de prendre en considération: Se reposer dans le Seigneur, se lever avec Jésus et Marie, et être une voix prophétique.
Se reposer dans le Seigneur: Le repos est bien nécessaire à la santé de nos esprits et de nos corps, et pourtant souvent il est difficile d’y parvenir, à cause des nombreuses exigences qui pèsent sur nous. Le repos est aussi essentiel pour notre santé spirituelle. Ainsi nous pouvons écouter la voix de Dieu et comprendre ce qu’il nous demande. Joseph a été choisi par Dieu pour être le père adoptif de Jésus et l’époux de Marie. En tant que chrétiens, nous sommes nous aussi appelés, comme Joseph, à offrir une maison à Jésus. Vous préparez une maison pour lui dans vos cœurs, dans vos familles, dans vos paroisses et dans vos communautés. Pour écouter et accepter l’appel de Dieu, pour construire une maison à Jésus, vous devez être en mesure de vous reposer dans le Seigneur. Vous devez trouver le temps, chaque jour, pour prier. Mais vous pourriez me dire vouloir prier mais avoir top de travail à accomplir. Je dois prendre soin de mes enfants, j’ai les travaux domestiques, je suis trop fatigué même pour dormir. Cela pourrait être vrai, mais si nous ne prions pas, nous ne connaîtrons jamais la chose la plus importante de toutes, le dessein de Dieu pour nous. En outre, dans toute notre activité, dans la multiplicité de nos occupations, sans la prière, nous obtiendrons vraiment peu. Se reposer dans la prière est particulièrement important pour les familles. Avant tout, c’est en famille que nous apprenons à prier. Là, nous arrivons à connaître Dieu, à grandir comme hommes et femmes de foi, à nous voir comme membres de la plus grande famille de Dieu, l’Eglise. En famille, nous apprenons à aimer, à pardonner, à être généreux et ouverts et non fermés et égoïstes. Nous apprenons à aller au-delà de nos besoins, à rencontrer les autres et à partager nos vies avec eux. Voilà pourquoi il est si important de prier en tant que famille. Voilà pourquoi les familles sont si importantes dans le plan de Dieu pour l’Eglise... Ces précieux moments de repos, de pause de prière avec le Seigneur, sont des moments que nous voudrions peut-être pouvoir prolonger. Mais comme Joseph, une fois écoutée la voix de Dieu, nous devons nous réveiller de notre sommeil. Nous devons nous lever et agir. La foi ne nous retire pas du monde, mais elle nous y insère davantage. Chacun de nous, en effet, joue un rôle spécial dans la préparation de la venue du Royaume dans notre monde. Tout comme le don de la Sainte Famille a été confié à saint Joseph, ainsi le don de la famille et sa place dans le plan de Dieu nous sont confiés. L’Ange du Seigneur a révélé à Joseph les dangers qui menaçaient Jésus et Marie, les obligeant à fuir en Egypte et puis à s’établir à Nazareth. De la même manière, en notre temps, Dieu nous appelle à reconnaître les dangers qui menacent nos propres familles et à les protéger du mal.
Les pressions sur la vie de la famille sont aujourd’hui nombreuses. Aux Philippines, d’innombrables familles souffrent encore des conséquences des catastrophes naturelles. La situation économique a provoqué la désintégration des familles avec l’émigration et la recherche d’un emploi. En outre, des problèmes financiers étreignent beaucoup de foyers. Tandis que trop de personnes vivent dans la pauvreté extrême, d’autres sont saisies par le matérialisme et par des styles de vie qui détruisent la vie familiale et les exigences les plus fondamentales de la morale chrétienne. La famille est aussi menacée par les efforts croissants de certains pour redéfinir l’institution même du mariage à travers le relativisme, la culture de l’éphémère et un manque d’ouverture à la vie. Notre monde a besoin de bonnes et fortes familles pour vaincre ces menaces. Votre pays a besoin de familles saintes et pleines d’amour pour protéger la beauté et la vérité de la famille dans le plan de Dieu, et constituer un soutien ainsi qu’un exemple pour les autres familles. Chaque menace à la famille est une menace à la société elle-même. Comme Jean-Paul II l’a souvent dit, l’avenir de l’humanité,passe par la famille. Protégez donc vos familles! Voyez en elles le plus grand trésor de votre nation et nourrissez-les toujours de la prière et de la grâce des sacrements. Les familles auront toujours leurs épreuves, elles n’ont pas besoin qu’on leur en rajoute d’autres. Au contraire, soyez des exemples d’amour, de pardon et d’attention. Soyez des sanctuaires de respect pour la vie, en proclamant la sacralité de chaque vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. Quel grand don ce serait pour la société, si chaque famille chrétienne vivait pleinement sa noble vocation. Alors, levez-vous avec Jésus et Marie, et préparez-vous à parcourir la route que le Seigneur trace pour chacun de vous.


Enfin, l’Evangile que nous avons écouté nous rappelle que notre devoir de chrétiens est d’être des voix prophétiques au sein de nos communautés. Joseph a écouté la voix de l’Ange du Seigneur et a répondu à l’appel de Dieu de prendre soin de Jésus et de Marie. Ainsi, il a joué son rôle dans le plan de Dieu et il est devenu une bénédiction non seulement pour la Sainte Famille, mais une bénédiction pour toute l’humanité. Avec Marie, Joseph a servi de modèle pour l’Enfant Jésus pendant qu’il grandissait en sagesse, en âge et en grâce. Quand les familles donnent naissance aux enfants dans notre monde, les éduquent à la foi ainsi qu’aux valeurs saines, et leur enseignent à offrir leur contribution à la société, elles deviennent une bénédiction pour notre monde. L’amour de Dieu devient présent et actif à la manière dont nous nous aimons et par les bonnes œuvres que nous réalisions. Nous faisons croître le royaume du Christ en ce monde. En faisant cela, nous nous montrons fidèles à la mission prophétique que nous avons reçue dans le baptême. Durant cette année, que vos évêques ont choisie comme Année des pauvres, je recommande aux familles d’être particulièrement attentives à notre appel à être disciples missionnaires de Jésus. Cela signifie être prêt à aller au-delà des limites de vos maisons et prendre soin des frères et sœurs plus nécessiteux. Je vous demande de vous intéresser spécialement à ceux qui n’ont pas leur propre famille, en particulier à ceux qui sont âgés et aux enfants privées de leurs parents. Ne les laissez jamais se sentir isolés, seuls et abandonnés, mais aidez-les à se rendre compte que Dieu ne les a pas oubliés. Vous pourriez être vous aussi pauvres dans le sens matériel, mais vous avez une abondance de dons à offrir quand vous offrez le Christ et la communauté de son Eglise. Ne cachez pas votre foi, ne cachez pas Jésus, mais portez-le au monde et offrez le témoignage de votre vie de famille... Je prie pour que le Seigneur continue d’approfondir votre amour pour lui et que cet amour puisse se manifester à travers votre amour réciproque et votre amour pour l’Eglise. Priez souvent et portez les fruits de votre prière dans le monde, que tous puissent connaître Jésus-Christ et son amour miséricordieux. S’il vous plaît, priez aussi pour moi, j’ai vraiment besoin de vos prières et je compte toujours sur elles".

Fin de la réunion des Commissions doctrinales européennes


Cité du Vatican, 16 janvier 2015 (VIS). A Esztergom (Hongrie) s'est conclue hier la réunion des Présidents des Commissions doctrinales des Conférences épiscopales européennes, à laquelle ont également pris part le Cardinal Préfet et le Secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi. En ouverture des travaux le 13 janvier, le Cardinal Gerhard Ludwig Müller a lu une lettre du Pape soulignant l'importance d'encourager les divers épiscopats et leurs commissions doctrinales dans leur responsabilité en matière d'unité et d'intégrité de la foi, mais aussi de sa transmission aux jeunes générations. Faisant ensuite référence à l'exhortation Evangelii Gaudium, il a dit espérer que la réunion pourrait contribuer à envisager collégialement certaines questions doctrinales et pastorales délicates, de manière à susciter chez les fidèles un sursaut missionnaire, une plus grande ouverture au caractère transcendant de la vie sans laquelle l'Europe risque de perdre l'humanisme qu'elle se plaît à défendre. Le rapport présenté par le Cardinal Müller a abordé la nature théologique des commissions doctrinale et le rôle des évêques comme maîtres de foi. Ensuite, les débats ont porté sur l'unicité et l'universalité salvifique du Christ et sur l'annonce évangélique comme première mission de l'Eglise. Le second jour, il a été question de la théorie du genre, de l'anthropologie chrétienne et de la liberté religieuse. Le lendemain, de la nouvelle évangélisation, du sacrement de la pénitence et du fonctionnement de la commission doctrinale épiscopale. Cette réunion a permis de renforcer la collaboration entre ces organes des épiscopats européens et la Congrégation pour la doctrine de la foi, en vue de mieux envisager les enjeux doctrinaux qui se posent à l'Europe.
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