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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

dernières 5 nouvelles

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vendredi 5 février 2016

Rencontre du Pape et du Patriarche Cyrille


Cité du Vatican, 5 février 2016 (VIS). Le Patriarcat de Moscou et le Saint-Siège annoncent conjointement la rencontre entre le Patriarche Cyrille et le Pape François, qui aura lieu le 12 février à l'aéroport de La Havane. Cette première rencontre des chefs des deux Eglises résulte de la visite officielle du Patriarche orthodoxe russe à Cuba et l'escale de l'avion conduisant le Saint-Père au Mexique. Dans le cadre de leur entretien, le Patriarche Cyrille et le Pape François signeront une déclaration commune, qui marquera une importante étape dans les relations entre l'Eglise orthodoxe russe et l'Eglise catholique, ainsi qu'un signal d'espérance pour toutes les personnes de bonne volonté. Les chrétiens de toute confession sont invités à prier pour que cette première rencontre porte ses fruits.    

Visite du Président zambien


Cité du Vatican, 5 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le Président zambien M.Edgar Chagwa Lungu, qui s'est ensuite entretenu avec le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat, accompagné par Mgr.Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les rapports avec les états: Ont été évoquées les bonnes relations qu'entretiennent la Zambie et le Saint-Siège. Il a ensuite été question de la contribution que, par le biais de ses institutions sociales, éducatives et sanitaires, l'Eglise catholique apporte à la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales, mais aussi au développement d'une coexistence religieuse basée sur le dialogue et l'échange. Les parties ont également abordé des questions d'intérêt commun, telles la migration, le changement climatique et la protection de l'environnement. Pour ce qui est de la situation internationale, elles se sont tout particulièrement penchées sur les conflits touchant certaines régions de l'Afrique, et sur l'engagement de la Zambie dans les processus de paix continentaux.


Dialogue inter-religieux


Cité du Vatican, 5 février 2016 (VIS). La réunion annuelle entre le Bureau pour le dialogue et la coopération inter-religieuse du Conseil mondial des Eglises et le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux s'est conclue hier à Genève. Elle a fait le point sur les projets en cours et le travail accomplis en 2015, et souligné l'importance la publication du Document de 2011 sur les orientations du témoignage chrétien dans un monde pluri-religieux. La réunion a en outre permis une réflexion sur le développement des relations, toujours sous le signe de Nostra Aetate dont on a fêté l'an dernier le cinquantenaire.  

Audiences


Cité du Vatican, 5 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:

Le Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Mgr.Baldomero Carlos Martini, Evêque émérite de San Justo (Argentine).

Mgr.Han Lim Moon, Auxiliaire de San Martín (Argentine).


Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 5 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a nommé Mgr.Giuseppe Favale, Evêque de Conversano - Monopoli (superficie 1.099, population 252.786, catholiques 250.000, prêtres 142, diacres 16, religieux 176), en Italie. L'Evêque élu, né en 1960 à Palagiano (Italie) et ordonné prêtre in 1985, était jusqu'ici Directeur spirituel au séminaire pontifical régional des Pouilles (Italie). Il succède à Mgr.Domenico Padovano, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Docteur en droit canon, il a été curé de paroisse, juge ecclésiastique, chargé des jeunes prêtres, successivement Chancelier, Vicaire général et Administrateur diocésain.


jeudi 4 février 2016

Nouvelle visite du Pape aux dicastères


Cité du Vatican, 4 février 2016 (VIS). Ce matin à partir de 9 h, le Saint-Père a effectué une visite au Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, puis au Conseil pontifical Cor Unum, et enfin à la Congrégation pour les Eglises orientales.

Intervention de Mgr.Gallagher à Londres


Cité du Vatican, 4 février 2016 (VIS). Aujourd'hui à Londres (GB) se tient la Conférence des pays donateurs en faveur des populations syriennes et voisines de la Syrie. Le Secrétaire pour les relations avec les états a pris la parole au nom du Saint-Siège pour saluer les efforts tendant à répondre à la crise humanitaire causée par la guerre qui ensanglante ce pays du proche Orient depuis près de six ans. Rappelant l'accroissement des souffrances humaines, en particulier de la malnutrition qui frappe les enfants, Mgr.Paul Richard Gallagher a repris le récent discours du Pape au corps diplomatique. Il a salué l'accent mis sur l'aide aux pays qui accueillent des réfugiés et la nécessité de doubler les fournitures humanitaires par une assistance éducative, des emplois et des moyens de développement social. Mais au-delà, le coût réel de cette crise humanitaire se mesure par la mort et la souffrance de millions de personnes sans défense, forcées à fuir bombardements, persécutions et violations des droits de l'homme. En effet, la vie sociale et économique est rendue impossible, sans compter le développement de la barbarie et le martyre subi à cause de telle ou telle appartenance religieuse. Il faut, ici aussi, réaffirmer le caractère central de la personne et de sa dignité, qui doit être au coeur de la riposte humanitaire. Au moyen de Cor Unum et de ses organisations caritatives, déjà intégrés dans le plan régional 2016 - 2017, l'Eglise catholique agit depuis le début de la guerre syrienne. Ses efforts se sont considérablement accrus l'an dernier en faveur des réfugiés en Jordanie, Liban, Irak, Turquie et Egypte. Elles ont également répondu aux appels à l'aide des Conférences épiscopales et des Eglises locales. Les collectes et donations ont atteint 150 millions d'US$ qui ont servi aux secours de plus de quatre millions de personnes en 2015 (éducation et formation 37, fourniture alimentaire 30, services 30 millions, assistance sanitaire 16, logement 10, eau, hygiène et assistance sociale 12...). L'Eglise catholique, a confirmé Mgr.Gallagher, entend poursuivre ses efforts, insistant sur le fait que son aide ne fait aucun cas des appartenances ethniques ou religieuses. Certes, il convient de donner priorité aux plus vulnérables et aux plus démunis: "Les minorités religieuses sont tout particulièrement vulnérable, notamment les chrétiens qui souffrent énormément des effets du conflit et du bouleversement de la société dans toute la région. C'est pourquoi le Saint-Père a plusieurs fois attiré l'attention sur le sort des chrétiens et des minorités du proche et moyen Orient".  

mercredi 3 février 2016

Dieu rend justice en miséricorde


Cité du Vatican, 3 février 2016 (VIS). Le rapport entre la miséricorde et la justice à la lumière de l'Ecriture, tel a été le thème abordé par le Pape durant l'audience générale tenue Place St.Pierre: L'Ecriture, a-t-il dit, "présente Dieu rempli d'une miséricorde infinie, mais aussi comme la justice parfaite... Ces deux réalités semblent opposés, alors qu'en fait c'est la miséricorde de Dieu qui porte à l'accomplissement de la vraie justice. L'administration humaine de la justice prévoit que la personne se considérant victime s'adresse aux juges pour obtenir justice. Le coupable se voit infliger une peine selon le principe que chacun doit recevoir son du... Mais cette voie ne mène pas à la vraie justice, car le mal n'a pas vraiment été surmonté, seulement limité. Or, ce n'est qu'en y répondant par le bien que le mal est complètement défait". La Bible nous présente une autre façon de rendre justice: La victime s'adresser au coupable pour l'inviter à la conversion, "en l'aidant à comprendre ce qui a fait de mal, en l'invitant à la conversion, en faisant appel à sa conscience''. De cette façon, a expliqué le Pape, le coupable "qui reconnaît sa culpabilité peut s'ouvrir au pardon que la victime lui offre... Voilà la façon de résoudre les différents en familles, dans les relations entre conjoints ou entre parents et enfants. La victime aimant le coupable, elle ne veut pas perdre leur relation. Certes, c'est un chemin difficile, qui exige que celui qui obtient gain de cause soit prêt à pardonner. Et qu'il veuille le salut et le bien de qui lui a fait du tort... C'est ainsi que Dieu agit envers nous, pauvres pécheurs. Il nous offre toujours son pardon. Il nous aide à l'accepter et à prendre conscience de notre mal afin de nous en libérer. Dieu ne veut la condamnation de personne mais le salut de tous... Lui, le Seigneur de la Miséricorde veut sauver tout le monde... Le problème est donc de le laisser entrer dans nos coeurs. Les paroles des prophètes sont toutes un appel passionné et plein amour qui tend à notre conversion''. Le cœur de Dieu est ''un cœur d'un père qui aime et veut que tous ses enfants vivent dans la bonté et dans la justice, qu'ils soient pleinement heureux. Il a un cœur de père qui va bien au-delà de notre vision étroite de la justice pour nous ouvrir aux vastes horizons de sa miséricorde... C'est ce cœur d'un père que l'on trouve dans le confessionnal... C'est ce coeur que nous allons y chercher...en nous adressant au père pour mieux comprendre le mal, pour qu'il nous aide à changer et nous oblige à réussir... C'est pourquoi être confesseur implique une grande responsabilité, car l'enfant qui vient à vous, attend de trouver un père. Et vous, prêtre...vous êtes à la place du Père qui rend justice avec miséricorde".

Dans la perspective du voyage apostolique au Mexique


Cité du Vatican, 3 février 2016 (VIS). Le Saint-Père s'apprête à fouler le sol du Mexique, où il est attendu le 12 février. Voici un résumé de ses réponses vidéo aux questions proposées par l'agence Notimex. L'enregistrement est disponible près le CTV:

Q. Vous venez à Mexico? Ce qui vient à nous amener au Mexique?

Pape François. ''Je vais pas au Mexique comme un roi mage chargé de choses à accomplir, de messages, d'idées, de solutions à des problèmes... Je viens en pèlerin, à la rencontre du peuple mexicain, pour en recevoir quelque chose...la richesse de sa foi...son mode de penser, sa manière d'être qui est le résultat d'une très longue histoire, forgé lentement entre échecs et succès...et surtout la richesse de son cœur... Le peuple mexicain n'est pas orphelin parce qu'il est fier d'avoir Mère... C'est un peuple qui n'oublie pas sa mère, une mère métisse qui le forge dans l'espérance''.

Q. Que représente pour vous la Vierge de Guadalupe?

Pape François. "La sécurité et la tendresse. Combien de fois..., ne sachant pas comment réagir à une épreuve, je la prie et elle répond m'aimer, de ne pas avoir peur... Ce sont ses mots de mère: Ne pas avoir peur... Elle est la Mère, pleine de compassion, qui protège un village ou une famille, qui donne chaleur de la maison, qui caressant tendrement les siens". La Guadalupe est une image maternelle qui parle, qui enveloppe, qui se soucie de son peuple". Voilà ce que je ressens face à elle... Pour mon troisième séjour sur le sol mexicain, je demande la grâce de pouvoir m'attarder devant cette image''.

Q. Comment nous aider à affronter la violence?

Pape François. "La violence, la corruption, la guerre, des enfants qui ne peuvent pas aller à l'école à cause de la guerre, le trafic d'armes...c'est plus ou moins le climat général du monde aujourd'hui. Vous vivez au Mexique un morceau de cette nouvelle guerre... Je viens prier avec vous, afin de vous aider à trouver solution aux problèmes...qui affligent le Mexique: La violence, la corruption, le trafic de drogue et les cartels... Tout cela n'est pas le Mexique que veut notre Mère... On doit rejeter tout ceci...et encourager les mexicains à se battre chaque jour contre la corruption, contre les trafics, contre la guerre, contre la désunion, contre la criminalité organisée... Nous devons nous battre chaque jour pour la paix, pour faire reculer la guerre, en semant la douceur, la compréhension et la paix. Sait François a prié le Seigneur de faire de lui un instrument de sa paix. Le Mexique doit être un instrument de paix... La paix naît de la tendresse, la paix est compréhension. Elle passe par dans le dialogue et non par la rupture. Le mot clef est dialogue, dialogue entre les dirigeants, avec le peuple, entre toutes les personnes... On ne doit pas avoir peur d'écouter les autres, pour voir quelles raisons ils ont. Et, s'il vous plaît, ne tombez pas dans le piège de l'argent, qui asservit toute vie au moyen d'une guerre intérieure où l'on perd toute liberté... Je viens demander à la Vierge de Guadalupe de donner la paix du cœur au Mexique, aux familles, aux villes et au pays tout entier''.

Q. Qu'attendez-vous des mexicains?

Pape François. ''Je vais au Mexique pour servir, en serviteur de la foi... Notre foi , la foi de l'Eglise n'est pas chose de musée. Notre foi est une foi née dans le dialogue avec Jésus-Christ, notre Sauveur, le Seigneur... Si elle reste confinée dans le privé, ce n'est pas bon. Certes l'expression publique de la foi ne se résume pas à une procession de rues. Cette foi doit s'exprimer dans mon travail, dans ma famille, dans les choses que je fais à l'école ou à l'université...dans le fait de vivre en chrétien". Mais combien de temps passons-nous vraiment avec Jésus dans notre vie? La prédication de l'Evangile, le témoignage de notre foi...nous devons sortit les exprimer...sans avoir peur des épreuves... Nous devons agir partout pour résoudre les conflits, en famille, à l'école, dans les rapports socio-économiques". En cela notre mère nous dit de "ne pas avoir peur de sortir, de ne rien craindre car je suis à tes côtés, ta Mère".


Voeux du Pape François à la Chine


Cité du Vatican, 3 février 2016 (VIS). A l'occasion du Nouvel An chinois, le Saint-Père a accordé une longue interview au journal en ligne Asia Times (Hong Kong). En voici un résumé. Saisissant d'abord l'occasion, il souhaite une bonne et heureuse année au Président Xi Jinping et au peuple chinois tout entier, pour lequel il manifeste sa haute estime, louant la culture chinoise et exprimant l'espoir que ce grand pays contribue au dialogue entre les peuples, à la la paix et au développement de la famille humaine.

Asia Times: Que représente la Chine pour vous? Et quelle place occupe Matteo Ricci dans votre vie?

Pape François: ''Pour moi, la Chine a toujours été un point de référence de la grandeur. Un grand pays, mais plus encore une grande culture, avec une sagesse inépuisable... Je l'admire depuis toujours... Apprenant la vie de Matteo Ricci, j'ai vu cet homme était exactement ce que je ressentais, une personne en mesure de dialoguer avec cette grande culture, avec cette sagesse ancienne... L'expérience du P.Ricci enseigne qu'il est nécessaire d'établir un dialogue avec la Chine..., une terre bénie à beaucoup d'égards. Et l'Eglise catholique, dont une des fonctions est le respect de toutes les civilisations, a le devoir de respecter celle-ci avec un R majuscule".

Asia Times: La Chine s'ouvre désormais au monde, face à des défis sans précédent pour elle-même comme pour le monde. Vous avez parlé d'une troisième guerre mondiale furtive: Que représente la recherche de la paix?

Pape François: ''La peur n'est jamais bonne conseillère... Il est évident que, comme la culture et la sagesse, les connaissances technologiques ne peuvent rester enfermées dans un pays: Elles doivent se développer, être diffusées et communiquées. L'homme communique, une civilisation communique. Certes, quand la communication se produit se manifeste de manière agressive, il peut en découler des conflits. Mais en l'occurrence il n'est pas utile d'avoir peur. Le grand défi est de trouver un équilibre mondial dans la paix... Le monde occidental, le monde oriental et la Chine ont la capacité de maintenir cet équilibre et de la force de construire la paix. Nous devons trouver le moyen, toujours par le dialogue. Il n'y a pas d'autre moyen. Mais le dialogue ne signifie pas que nous devrions accepter un compromis du genre la moitié du gâteau pour moi, l'autre pour vous, comme cela s'est produit à Yalta. Et nous en avons vu les résultats! Non, le véritable dialogue signifie: Nous sommes arrivés à ce point, nous pouvons être d'accord ou non, mais avançons ensemble. C'est nécessaire pour construire... Aujourd'hui le gâteau est un tout, il est l'humanité, la culture. Partager le gâteau, comme à Yalta, signifierait diviser l'humanité et la culture en petits morceaux", ce qui est impossible.

Asia Times: La Chine a connu ces dernières décennies de grandes tragédies. Depuis 1980, les chinois ont sacrifié ce qui a toujours été de plus cher, leurs enfants. Pour les Chinois sont de très graves blessures. Cela a laissé un grand vide dans leur conscience et en quelque sorte un besoin très profond de se réconcilier avec eux-mêmes et se pardonner. En cette Année de la Miséricorde, quel message peut-on offrir au peuple chinois?

Pape François: ''Le vieillissement de la population...se produit dans de nombreuses régions du monde... Cela peut faire peur ou fournir une perception erronée du phénomène. Alors si nous tombons dans la pauvreté, à quoi bon avoir des enfants... Certains pays ont opté pour le contraire. Par exemple, lors de mon voyage en Albanie, j'ai été étonné de constater que l'âge moyen de la population était de quarante ans... Les pays qui ont souffert choisissent la jeunesse. Ensuite, il y a le problème du travail... Il est vrai que le problème d'une Chine privée d'enfants doit être très douloureux. La pyramide est inversée car l'enfant devra porter le fardeau de ses parents et grand-parents. Et cela est épuisant, exigeante, désorientant... Je comprends que la Chine ait rouvert des possibilités sur ce front".

Asia Times: Comment doit-on répondre aux défis auxquels font face les familles en Chine, dans un processus de changement profond qui ne correspond plus au modèle traditionnel chinois de la famille?

Pape François: ''L'histoire d'un peuple est toujours en chemin. Elle marche parfois plus rapidement, parfois plus lentement, parfois doit faire une pause...revenir sur ses pas pour retrouver le droit chemin. Mais quand un peuple va de l'avant, cela ne m'inquiète pas parce que cela signifie que l'histoire est en marche. Je pense que le peuple chinois va de l'avant, et cela est sa grandeur... Aucun peuple doit regretter son passé. La Chine doit être en paix avec son passé, même si elle a fait des erreurs... Les peuples doivent se réconcilier avec leur histoire et chacun selon sa propre manière, en tenant compte des réussites et des erreurs. Et cette réconciliation avec l'histoire elle-même apporte beaucoup de maturité, beaucoup de croissance... C'est là que le patrimoine historique et culturel apparaît dans toute son importance... Et nous revenons à la question du dialogue avec le monde d'aujourd'hui. Dialogue ne signifie pas abandon de sa culture à cause de quelque danger... Il faut reconnaître la grandeur du peuple chinois, qui a su toujours maintenir sa culture. Et par culture, je n'entend pas les idéologies du passé et leur culture imposée''.

Asia Times: La croissance économique du pays est forte, ce qui a aussi conduit à des désastres humains et environnementaux. La recherche de l'efficacité du travail a des effets néfastes sur les familles. Souvent enfants et parents sont séparés en raison des exigences du travail. Quel message peut-on leur donner?

Pape François: ''Je voudrais suggérer un sain réalisme. La réalité, qui doit être acceptée d'où qu'elle vienne doit être conciliée avec la réalité... La deuxième étape consiste à travailler pour améliorer la réalité et l'orienter... Comme pour une crise d'entreprise, il faut tenir compte des échecs et lancer de nouvelles possibilités de créativité et d'amélioration. Lorsque cela arrive dans un pays ancien, son ancienne sagesse...lui permet de surmonter la difficulté du présent. La confrontation entre le passé et le présent finit par apporter la solution, et permet de regarder vers l'avenir. Je pense que la richesse de la Chine est une recherche d'avenir basée sur la mémoire d'un riche passé culturel''.

Asia Times: A l'occasion du Nouvel An chinois, que souhaiteriez-vous dire au peuple chinois, aux autorités et au président?


Pape François: ''A la veille du Nouvel An, je tiens à transmettre mes meilleurs vœux et salutations au président Xi Jinping et au peuple chinois tout entier. Et je tiens à exprimer mon espoir qu'ils ne perdent jamais la conscience historique d'être une grande réalité...qui a beaucoup à offrir au monde contemporain... En cette nouvelle année, avec cette conscience, qu'ils aillent l'avant pour le progrès du pays et de la coopération internationale".

Clôture de l'Année de la vie consacrée


Cité du Vatican, 3 février 2016 (VIS). Hier, à 17 h 30', en la fête de la Présentation de Jésus au Temple et pour la Journée de la vie consacrée, le Saint-Père a présidé la messe, en la Basilique vaticane, à l'occasion du Jubilé de la vie consacrée et de l'Année qui lui a été dédiée. Les membres des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique ont concélébré avec le Pape. Au cours du rite qui s'est ouvert par la bénédiction des cierges et la procession, le Saint-Père a prononcé une homélie, dont suivent de larges extraits, dans laquelle il a souligné que la gratitude, par le don de l'Esprit Saint qui anime toujours l'Eglise à travers ses différents charismes, était le mot qui résumait cette année: ''Un fait simple, humble et grand s'offre à notre regard: Jésus est amené par Marie et Joseph au Temple de Jérusalem. C'est un enfant...comme les autres, mais il est unique: il est le Fils unique venu pour tous.Cet enfant nous a apporté la miséricorde et la tendresse de Dieu: Jésus est le visage de la miséricorde du Père. Voici l'icône que nous offre l'Evangile au terme de l'Année de la vie consacrée... qui telle un fleuve se jette désormais dans la mer de la miséricorde, dans cet immense mystère d'amour dont nous faisons l'expérience avec le Jubilé extraordinaire. La fête d'aujourd'hui, surtout en Orient, s'appelle fête de la rencontre. En effet, dans l'Evangile...nous assistons à différentes rencontres. Dans le temple, Jésus vient à notre rencontre et nous allons à sa rencontre. Nous contemplons la rencontre avec le vieux Syméon qui représente l'attente fidèle d'Israël et l'exaltation du cœur pour l'accomplissement des anciennes promesses. Nous admirons aussi la rencontre avec la prophétesse âgée Anne qui, lorsqu'elle voit l'enfant, exulte de joie et loue Dieu. Syméon et Anne sont l'attente et la prophétie, Jésus est la nouveauté et l'accomplissement. Il se présente à nous comme l'éternelle surprise de Dieu; chez cet enfant né pour tous, se rencontrent le passé, fait de mémoire et de promesse, et le futur, plein d'espérance''.

''Nous pouvons voir ici le début de la vie consacrée. Les consacrés et consacrées sont appelés avant tout à être des hommes et des femmes de la rencontre. En effet, la vocation, ne vient pas d'un projet personnel...mais d'une grâce du Seigneur qui nous rejoint, à travers une rencontre qui change la vie. Celui qui rencontre vraiment Jésus ne peut demeurer comme avant... Qui vit cette rencontre devient témoin et rend possible la rencontre pour les autres. Il se fait aussi promoteur de la culture de la rencontre, en évitant l'autoréférentialité qui nous enferme en nous-mêmes... Jésus, pour venir à notre rencontre, n'a pas hésité à partager notre condition humaine:...il ne nous a pas sauvé de l'extérieur, il n'est pas resté hors de notre drame, mais a voulu partager notre vie. Les consacrés et consacrées sont appelés à être un signe concret et prophétique de cette proximité de Dieu, de ce partage de la condition de fragilité, de péché et de blessure de l'homme d'aujourd'hui''.

''L'Evangile nous dit aussi que le père et la mère de Jésus s'étonnaient des choses qui se disaient de lui. Joseph et Marie gardent cet étonnement pour cette rencontre pleine de lumière et d'espérance pour tous les peuples. Nous aussi, comme chrétiens et comme personnes consacrées, nous sommes les gardiens de l'étonnement. Un étonnement qui demande à toujours être renouvelé. Gare à l'habitude dans la vie spirituelle! Gare à ne pas cristalliser nos charismes dans une doctrine abstraite: les charismes des fondateurs ne sont pas faits pour être mis en bouteille, ils ne sont pas des pièces de musée. Nos fondateurs ont été mus par l'Esprit, et n'ont pas eu peur de se salir les mains avec la vie quotidienne, avec les problèmes des gens, parcourant avec courage les périphéries géographiques et existentielles. Enfin, apprenons de la fête d'aujourd'hui à vivre la gratitude de la rencontre avec Jésus et du don de la vocation à la vie consacrée. Remerciement, action de grâces: eucharistie. Comme c'est beau de voir le visage heureux d'une personne consacrée, même bien avancée dans l'âge comme Siméon et Anne, contents et remplis de gratitude pour leur vocation. Ce mot peut résumer tout ce que nous avons vécu en cette Année de la vie consacrée: de la gratitude pour le don de l'Esprit Saint, qui anime toujours l'Eglise dans ses différents charismes''.


Au terme de la messe, le Pape a rejoint la Place St.Pierre pour saluer les nombreux consacrés qui n'avaient pu entrer dans la basilique: ''Merci -leur a-t-il dit- de terminer ainsi, tous ensemble, cette Année de la vie consacrée. Continuez! Chacun de nous a une place, un travail dans l'Eglise. S'il vous plaît, n'oubliez pas votre première vocation, votre premier appel. Souvenez-vous en! Et avec cet amour avec lequel vous avez été appelés, aujourd'hui le Seigneur continue de vous appeler. Que ne diminue pas la beauté et l'étonnement du premier appel! Continuez de travailler...Il y a toujours quelque chose à faire. Le principal est de prier, le centre de la vie consacrée est la prière: prier. Vieillir ainsi, mais vieillir comme le bon vin. Je dois aussi vous dire qu'il me plaît beaucoup de voir des religieuses ou des religieux âgés qui ont les yeux brillants, parce qu'ils ont le feu de la vie spirituelle allumé. Ce feu ne s'est pas éteint... Allez de l'avant et continuez de travailler en regardant l'avenir avec espérance, demandant toujours au Seigneur de nous envoyer de nouvelles vocations; ainsi notre œuvre de consécration pourra se poursuivre. La mémoire: n'oubliez pas le premier appel; le travail de tous les jours. Ensuite, l'espérance de continuer et de bien semer pour que ceux qui viennent derrière nous puissent recevoir l'héritage que nous leur laisserons''.

Présentation au Pape d'un livre sur l'ancienne flotte pontificale


Cité du Vatican, 3 février 2016 (VIS). Ce matin, au terme de l'audience générale, l'historien italien Rinaldo Marmara a présenté au Pape son livre: La squadra Pontificia ai Dardanelli 1657, qui est une transcription des manuscrits italiens et turcs (Fonds Chigi de la Bibliothèque Vaticane), rapportant la participation de la flotte pontificale à la seconde bataille des Dardanelles. Ce livre illustre l'importance de la recherche et de l'ouverture des archives, comme démarche au service de la vérité et de la construction de ponts. Un communiqué publié par la Salle de Presse précise que l'appui de la Turquie a été particulièrement apprécié puisque la mise à disposition de ses archives a permis une meilleure compréhension de faits historiques, en particulier des souffrances subies par les protagonistes indépendamment de leur identité religieuse ou ethnique. En 1657 ou en 1915, les évènements douloureux de l'histoire ne devraient pas être oubliés. Ils exigent au contraire un examen attentif et une réflexion, de façon à pouvoir conduire à la guérison et à la purification de la mémoire, si nécessaire à la réconciliation et au pardon pour les individus et les peuples, comme l'affirmait Jean-Paul II. La mémoire d'un lointain passé comme d'un passé plus récent doit être entretenue. On ne doit pas oublier, comme dans le cas de l'assassinat en 1977 de M.Taha Carim, Ambassadeur de Turquie près le Saint-Siège. On doit donc condamner tout acte de violence et le terrorisme qui continue de causer des victimes. La violence et le terrorisme commis au nom de Dieu et de la religion sont particulièrement odieux et offensants. Comme le Pape François l'a déclaré au cours de sa visite en Centrafrique, les chrétiens et les musulmans sont frères. Ensemble disons non à la haine, non à la vengeance, non à la violence, en particulier à celle qui est perpétrée au nom d'une religion ou de Dieu. Puissent toutes les personnes de bonne volonté affirmer leur fraternité, leur solidarité et la compassion partagées. Puissent-elle réaffirmer leur engagement commun contre toute violence.

mardi 2 février 2016

La vie consacrée doit rechercher le contact avec les gens


Cité du Vatican, 2 février 2016 (VIS). Voici de larges extraits du discours improvisé hier par le Pape devant les participants à la clôture du Jubilé de la vie consacrée:

''Les religieux, femmes et hommes consacrés au service du Seigneur...dans l'Eglise, vivent en pauvreté et avec un amour chaste qui les conduit à une paternité et une maternité spirituelle universelle. Ils vivent dans l'obéissance...qui n'a rien de militaire, car la discipline est une autre chose car il s'agit d'une soumission du coeur à l'obéissance". Avez vous l'envie de faire cela? Et si la chose n'est pas claire, parlez avec supérieure, avec le supérieur. Mais après le dialogue il faut obéir... Le chemin vers le bonheur et la grandeur vous remplit de joie car c'est celle de Jésus... La prophétie est un don, un charisme qu'il faut demander à l'Esprit Saint... Faisons en sorte de l'exercer toujours au bon moment, pour faire de toutes nos vies une prophétie... Après la prophétie, il est besoin de la proximité. Les hommes et femmes consacrées ne doivent pas vivre loin des gens en toute commodité, mais s'en approcher pour comprendre la vie des chrétiens comme des non-chrétiens, leurs souffrances et leurs problèmes... La vie consacrée, qui ne signifie pas se contenter de regarder les autres avec détachement, doit conduire les consacrés à la proximité avec les gens, qu'elle soit spirituelle ou physique... Donc à les comprendre. Il faut aussi pour cela sortir de la rumeur...du terrorisme des ragots...qui fait comme jeter une bombe''.

Quel espoir ? Je vous avouerais que j'ai du mal à voir le déclin des vocations. Quand je reçois les évêques et leur demande: Combien avez-vous de séminaristes? Souvent la réponse est, quatre ou cinq! Et lorsque, dans vos communautés religieuses, vous avez un ou deux novices, il est clair qu'on ne fait pas front au vieillissement communautaire... Lorsque on voit les monastères, et de grands monastères ...où il n'y a plus que quatre ou cinq nonnes âgées...on est tenté de perdre espoir: Seigneur, que se passe-t-il? Pourquoi le ventre de la vie consacrée est-il devenu tellement stérile? Certaines congrégations font l'expérience d'une sorte d'insémination artificielle en accueillant un peu n'importe qui: Bienvenue, venez, venez...mais ce n'est pas un recrutement sérieux. Il faut pouvoir discerner si on se trouve devant une véritable vocation qu'il faudra aider à grandir... Le Seigneur qui est si généreux ne saurait briser sa promesse. Alors nous devons aller frapper à la porte de son cœur, car il y a danger... Lorsqu'une congrégation religieuse voit fondre ses effectifs et diminuer ses candidats, elle est souvent tentée de se cramponner à l'argent, à l'argent qui est la fiente du Diable. Quand manque la grâce d'avoir des vocations, n'allons pas penser que l'argent va sauver la situation".


''Je vous remercie beaucoup pour ce que vous faites tous, personnes consacrées chacune avec son propre charisme... Comment ferait l'Eglise si il n'y avait pas de religieuses? Quand on va à l'hôpital, dans les écoles, les paroisses, les quartiers, les missions, on rencontre encore tant d'hommes et de femmes qui ont donné leur vie au service d'autrui... Et lorsqu'on visite des cimetières on remarque qu'il y a beaucoup de missionnaires religieux morts à quarante ans des maladies contractées dans ces pays où ils ont brûlé leur vie... Ce sont des saints, ce sont des graines jetées en terre! Nous devrions donc demander au Seigneur de se pencher un peu sur ces cimetières, voir ce qu'ont accompli nos prédécesseurs et nous donner plus de vocations. Car nous en avons grand besoin''.

Autres actes pontificaux


Cité du Vatican, 2 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

Mgr.Robert Bourgon, Evêque de Hearst (superficie 799, population 139.977, catholiques 138.000, prêtres 89, diacres 7, religieux 104), au Canada. L'Evêque élu, né en 1956 à Sudbury (Canada) et ordonné prêtre in 1981, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse de Sault Sainte Marie (Canada). Il succède à Mgr.Vincent Cadieux, OMI, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Docteur en droit canon, il a été curé de paroisses, juge ecclésiastique et chancelier diocésain.

Mgr.Robert Bourgon, Evêque de Hearst (Canada), Administrateur apostolique du diocèse de Moosonee (Canada), qui avait été uni in persona episcopi à celui de Hearst sous l'épiscopat de Mgr.Cadieux.

L'Archimandrite Manuel Nin Guell, OSB, Exarque apostolique pour les fidèles de rite byzantin en Grèce (catholiques 6.000, prêtres 60, religieuses 11). L'Evêque élu, né en 1956 à El Vendrell (Espagne), a prononcé ses voeux religieux en 1980 et a été ordonné prêtre in 1998. Jusqu'ici Recteur du Collège pontifical grec de Rome, il succède à Mgr.Dimitrios Salachas, dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Docteur en théologie, il a été enseignant, Premier Assistant de l'Abbé Président de sa congrégation, Consulteur des Cérémonies pontificales et Membre de la Commission liturgique de la Congrégation pour les Eglises orientales.


L'Abbé Christudas Rayappan, Auxiliaire de l'Archevêque de Trivandrum (Inde). L'Evêque élu, né en 1971 à Adimalathura (Inde) et ordonné prêtre in 1988, était jusqu'ici Recteur du séminaire diocésain. Docteur en missionologie, il a été secrétaire épiscopal, aumônier d'hôpital, curé de paroisse et Directeur de l'association des prêtres et religieux du diocèse.

Avis


Cité du Vatican, 2 février 2016 (VIS). Nous publierons demain une longue interview consacrée à la Chine, accordée par le Saint-Père à un quotidien de Hong Kong publié en anglais.

lundi 1 février 2016

Conclusion du Jubilé de la vie consacrée


Cité du Vatican, 1 février 2016 (VIS). L'Année de la vie consacrée, convoquée par le Pape François fin 2014 se terminera demain par une messe solennelle célébrée en la Basilique vaticane. Au fil de cette année jubilaire se sont déroulés des événements, séminaires, chaînes de prière dans les monastères du monde, ainsi qu'une rencontre entre consacrés de différentes confessions chrétiennes, une initiative qui mérite d'être poursuivie selon le Saint-Père. Ce matin, celui-ci a reçu, Salle Paul VI, les participants au Jubilé. Saluant les consacrés et consacrées, le Saint-Père a improvisé. Voici toutefois un résumé du discours préparé pour l'occasion. Rappelant que chaque fidèle consacré a répondu un jour à l'appel de Jésus, il reconnaît que ce fut souvent "une adhésion pleine d'enthousiasme et de joie, ce fut parfois plus difficile, voire incertain. Nous l'avons quand même tous suivi, avec générosité, nous laissant guider sur des voies que nous n'aurions même pas imaginées", apprenant du Christ "la relation avec le Père, recevant son Esprit, apprenant à aimer les pauvres et les pécheurs, de même que le service, l'accueil, le pardon et la charité fraternelle. Notre vie consacrée a du sens parce que rester avec lui et aller sur les routes du monde en l'apportant, en nous conformant à lui, nous fait être Eglise, don pour l'humanité... L'Année se conclut, mais votre engagement à rester fidèles à l'appel reçu et à croître dans l'amour, dans le don, dans la créativité, demeure. C'est pourquoi, je voudrais vous laisser trois mots. Le premier est prophétie. C'est votre spécificité". Le monde et l'Eglise attendent de vous que vous "proclamiez, par votre vie, avant même les paroles, la réalité de Dieu: dire Dieu. Si parfois, il est rejeté ou mis à l'écart et ignoré, nous devons nous demander si nous avons été assez transparents à son visage, et si nous n'avons pas plutôt montré le nôtre. Le visage de Dieu est celui d'un Père de tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour".

Le deuxième mot mis en avant par le Pape est proximité. "Dieu, en Jésus, s'est fait proche de chaque homme et femme: Il a partagé la joie des époux à Cana de Galilée et l'angoisse de la veuve de Nain. Il est entré dans la maison de Jaïre touchée par la mort et dans la maison de Béthanie parfumé de nard. Il s'est chargé des maladies et des souffrances, jusqu'à donner sa vie en rachat de tous. Suivre le Christ signifie aller là où il est allé, prendre sur soi, comme le bon Samaritain, le blessé que nous trouvons le long de la route, aller à la recherche de la brebis perdue. Etre, comme Jésus, proche des gens, partager leurs joies et leurs douleurs, montrer par notre amour, le visage paternel de Dieu et la caresse maternelle de l'Eglise. Que jamais personne ne vous sente éloignés, détachés, fermés et donc stériles. Chacun de vous est appelé à servir ses frères, suivant son charisme propre: qui par la prière, qui par la catéchèse, qui par l'enseignement, qui en prenant soin des malades ou des pauvres, qui en annonçant l'Evangile, qui en accomplissant les différentes œuvres de miséricorde. L'important est de ne pas vivre pour soi-même, comme Jésus n'a pas vécu pour lui-même, mais pour le Père et pour nous".


Enfin, il y a l'espérance. "En témoignant de Dieu et de son amour miséricordieux, les consacrés et consacrées peuvent fonder leur espérance en notre humanité "marquée par différents motifs d'anxiété et de peur et tentée parfois par le découragement. Vous pouvez faire sentir la force rénovatrice des béatitudes, de l'honnêteté, de la compassion, la valeur de la bonté, de la vie simple, essentielle, pleine de sens. Et vous pouvez aussi nourrir votre espérance dans l'Eglise", a ajouté le Saint-Père qui a ensuite évoqué la rencontre œcuménique entre consacrés de différentes confessions chrétiennes pour que "le témoignage charismatique et prophétique de la vie des consacrés, dans la variété de ses formes, puisse aider à se reconnaître tous plus unis et favoriser la pleine communion... ne vous laissez pas conditionner, dans votre apostolat quotidien, par l'âge ou le nombre. Ce qui compte le plus est la capacité de répéter le oui initial à l'appel de Jésus qui continue de se faire entendre, de façon toujours nouvelle, à chaque saison de la vie. Son appel et notre réponse maintiennent vivante notre espérance. Prophétie, proximité, espérance. En vivant ainsi, vous aurez la joie dans le cœur, signe distinctif de ceux qui se mettent à la suite de Jésus et, à plus forte raison, des consacrés".

Intentions de prière pour février


Cité du Vatican, 1 février 2016 (VIS). L'intention de prière générale du Saint-Père pour février est: "Pour que nous prenions soin de la création, reçue en don gratuit, en la protégeant pour les générations à venir".

Son intention missionnaire est: "Pour qu'augmentent les possibilités de rencontre et de dialogue entre la foi chrétienne et les peuples d'Asie".


Ne jouir d'aucun privilège est un privilège


Cité du Vatican, 31 janvier 2016 (VIS). Ce midi à l'angélus le Saint-Père a commenté l'Evangile du jour, qui nous ramène à Nazareth, village de Galilée où Jésus a grandi en famille et où il est connu de tous. Ayant à peine entamé sa vie publique il y revient pour la première fois. A la synagogue, devant la communauté, il lit le passage d'Isaïe évoquant la venue du Messie. A la fin, il déclare que la prophétie à peine entendue vient de s'accomplir. "D'abord stupéfaits, ses concitoyens se fâchent et murmurent: Mais pourquoi celui-là qui se prétend le Consacré du Seigneur, ne répète-t-il pas ici parmi nous les prodiges que, dit-on, il a accomplis à Capharnaüm et dans ses environs? C'est alors que Jésus leur réplique que personne n'est prophète en son pays, ni bien accueilli. Et de citer les cas de grands prophètes comme Elie ou Elisée... Se sentant offensés, les gens de Nazareth se lèvent, chassent Jésus de la synagogue avec l'intention de le jeter dans un précipice. Avec la force de sa paix, il traversa la foule et se mit en route. Son heure n'était pas arrivée... Il ne s'est pas agi d'une simple dispute de village...née de quelque jalousie, mais d'un incident illustrant la tentation à laquelle toute personne religieuse est exposée et dont il faut absolument s'écarter. C'est la tentation de considérer la religion comme un investissement et d'en arriver à composer avec Dieu notre propre intérêt. Dans la véritable religion, il s'agit d'accueillir la volonté paternelle de Dieu, qui prend soin de toute créature, de la plus insignifiante aux yeux humains. Tel est le ministère prophétique de Jésus, annoncer que nulle condition humaine ne peut être objet d'exclusion... Aux yeux de Dieu, le seul privilège est de ne jouir d'aucun privilège, de n'avoir aucun maître et de s'en remettre totalement à lui". Et lorsque Jésus dit qu'aujourd'hui s'est accomplie l'Ecriture, cet aujourd'hui veut dire toujours. Cela vaut à cet instant parmi nous sur cette place, en rappelant l'actualité nécessaire du salut apporté à l'humanité par Jésus. C'est toujours Dieu qui fait le premier pas, qui vient à notre rencontre avec miséricorde pour nous relever de la poussière de nos péchés et nous aider à reprendre le bon chemin. "Dans la synagogue de Nazareth, il y avait probablement Marie. Et on peut imaginer qu'elle connut là une anticipation de sa souffrance à venir au pied de la croix. Puisse-t-elle nous aider à nous convertir d'un dieu des miracles au miracle de Dieu qu'est Jésus-Christ.

Message-vidéo pour la clôture du Congrès eucharistique international de Cebu


Cité du Vatican, 1 février 2016 (VIS). Hier, 31 janvier, la messe présidée par le Cardinal Charles Maung Bo, SDB, archevêque de Yangon (Birmanie) et Légat pontifical, a clôturé le 51 Congrès eucharistique international de Cebu (Philippines). Inauguré le 24 janvier, il avait pour thème: Le Christ en vous, espérance de la gloire. L'Eucharistie, source et sommet de la mission de l'Eglise.

Au terme de la messe, un message-vidéo du Pape a été diffusé, dans lequel il souligne que le thème du congrès "nous rappelle que Jésus ressuscité est toujours vivant et présent dans son Eglise, surtout dans l'eucharistie, le sacrement de son corps et de son sang. La présence du Christ au milieu de nous -poursuit-il- n'est pas seulement une consolation, mais aussi une promesse et une invitation. C'est une promesse qu'un jour, la joie et la paix éternelle nous appartiendront dans la plénitude de son Règne. Mais c'est aussi une invitation à sortir, comme missionnaires, pour porter le message de la tendresse du Père, de son pardon et de sa miséricorde à tout homme, femme et enfant". Puis le Saint-Père a invité à réfléchir sur les deux gestes de Jésus dans la dernière Cène, qui ont un rapport avec la dimension missionnaire de l'eucharistie, la convivialité et le lavement des pieds. Soulignant combien il était important pour le Christ de partager ses repas avec ses disciples mais aussi et spécialement avec les pécheurs et les marginaux, il ajoute que "s'asseyant à table, Jésus pouvait écouter les autres, leurs histoires, entendre leurs espérances et leurs aspirations et leur parler de l'amour du Père. A chaque eucharistie, la table de la cène du Seigneur, nous devons être inspirés et suivre son exemple, en allant à la rencontre des autres, dans un esprit de respect et d'ouverture, pour partager avec eux le don que nous-mêmes avons reçus". Cela revêt une importance particulière en Asie où l'Eglise est engagée "dans un dialogue respectueux avec les membres des autres religions. Ce témoignage prophétique a très souvent lieu, comme nous le savons, par un dialogue de vie. Le témoignage des vies transformées par l'amour de Dieu est pour nous la meilleure façon de proclamer la promesse du règne de réconciliation, de justice et d'unité pour la famille humaine. Notre exemple peut ouvrir les cœurs à la grâce de l'Esprit Saint qui les conduit au Christ Sauveur".


Le second geste, le lavement des pieds, est le signe du "service humble de Jésus, de l'amour inconditionnel avec lequel il a donné sa vie sur la croix pour le salut du monde. L'eucharistie est une école de service humble. Elle nous enseigne à être prêts à l'être pour les autres. Cela aussi est au centre du devoir du disciple missionnaire". Le Pape a pris l'exemple du typhon meurtrier qui a dévasté les Philippines mais qui a suscité un immense élan de solidarité, de générosité et de bonté. "Les personnes se sont mises à reconstruire non seulement les maisons, mais aussi les vies. L'eucharistie nous parle de cette force qui jaillit de la croix et qui apporte continuellement une nouvelle vie. Elle change les cœurs. Elle nous permet d'être attentionnés, de protéger qui est pauvre et vulnérable et d'être sensibles au cri de nos frères et sœurs dans le besoin. Elle nous enseigne à agir avec intégrité et à refuser l'injustice et la corruption qui empoisonnent les racines de la société". Le Pape a conclu en annonçant que le prochain Congrès eucharistique international aurait lieu en 2020 à Budapest (Hongrie).

Première audience jubilaire


Cité du Vatican, 30 janvier 2016 (VIS). Le Pape François a consacré la première des audiences jubilaires à la miséricorde et à la mission. Cette initiative du Saint-Père pendant l'Année sainte permet de venir aux personnes qui ne peuvent pas se rendre aux audiences générales du mercredi. A cette occasion plus de 22.000 personnes étaient présentes Place St.Pierre. "Nous entrons jour après jour au cœur de l'Année sainte de la Miséricorde. Par sa grâce, le Seigneur guide nos pas, tandis que nous passons la Porte Sainte, et vient à notre rencontre pour rester toujours avec nous, malgré nos faiblesses et nos contradictions. Ne nous fatiguons jamais de sentir le besoin de son pardon, parce que quand nous sommes faibles sa proximité nous rend forts et nous permet de vivre notre foi avec une plus grande joie. Evoquant ensuite l'étroite relation entre miséricorde et mission, le Pape a souligné qu'en tant que chrétiens, nous avons la responsabilité d'être missionnaires de l'Evangile. "Quand nous recevons une bonne nouvelle ou quand nous vivons une belle expérience, il est naturel que nous sentions l'exigence de la partager aussi avec les autres... La joie ressentie est telle qu'elle nous pousse à la communiquer. Ce devrait être la même chose quand nous rencontrons le Seigneur. Le signe concret que nous avons vraiment rencontré Jésus est même cette joie que nous éprouvons en le faisant connaître aussi aux autres. A la lecture de l'Evangile, nous voyons que cette expérience est celle des premiers disciples... Rencontrer Jésus c'est rencontrer son amour. Cet amour nous transforme et nous rend capables de transmettre aux autres la force qu'il nous donne. Nous pourrions dire en quelque sorte que depuis le jour du baptême, un nouveau nom est donné à chacun de nous en plus de celui que nous ont déjà donné maman et papa, c'est le nom Christophore qui signifie porteur du Christ. Chaque chrétien est porteur du Christ!... La miséricorde que nous recevons du Père ne nous est pas donnée comme une consolation privée, mais nous fait devenir des instruments afin que les autres aussi puissent recevoir le même don. Il y a une étonnante circularité entre la miséricorde et la mission. Vivre de miséricorde nous rend missionnaires de la miséricorde, et être missionnaires nous permet de grandir davantage dans la miséricorde de Dieu. Prenons donc au sérieux le fait d'être chrétiens, et engageons-nous à vivre comme des croyants, parce que c'est seulement ainsi que l'Evangile peut toucher le cœur des personnes et l'ouvrir à la grâce de l'amour".
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