Cité
du Vatican, 5 février 2016 (VIS). Le Patriarcat de Moscou et le
Saint-Siège annoncent conjointement la rencontre entre le Patriarche
Cyrille et le Pape François, qui aura lieu le 12 février à
l'aéroport de La Havane. Cette première rencontre des chefs des
deux Eglises résulte de la visite officielle du Patriarche orthodoxe
russe à Cuba et l'escale de l'avion conduisant le Saint-Père au
Mexique. Dans le cadre de leur entretien, le Patriarche Cyrille et le
Pape François signeront une déclaration commune, qui marquera une
importante étape dans les relations entre l'Eglise orthodoxe russe
et l'Eglise catholique, ainsi qu'un signal d'espérance pour toutes
les personnes de bonne volonté. Les chrétiens de toute confession
sont invités à prier pour que cette première rencontre porte ses
fruits.
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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
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dernières 5 nouvelles
vendredi 5 février 2016
Visite du Président zambien
Cité
du Vatican, 5 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin le
Président zambien M.Edgar Chagwa Lungu, qui s'est ensuite
entretenu avec le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'Etat,
accompagné par Mgr.Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les
rapports avec les états: Ont été évoquées les bonnes relations
qu'entretiennent la Zambie et le Saint-Siège. Il a ensuite été
question de la contribution que, par le biais de ses institutions
sociales, éducatives et sanitaires, l'Eglise catholique apporte à
la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales, mais aussi
au développement d'une coexistence religieuse basée sur le dialogue
et l'échange. Les parties ont également abordé des questions
d'intérêt commun, telles la migration, le changement climatique et
la protection de l'environnement. Pour ce qui est de la situation
internationale, elles se sont tout particulièrement penchées sur
les conflits touchant certaines régions de l'Afrique, et sur
l'engagement de la Zambie dans les processus de paix continentaux.
Dialogue inter-religieux
Cité
du Vatican, 5 février 2016 (VIS). La réunion annuelle entre le
Bureau pour le dialogue et la coopération inter-religieuse du
Conseil mondial des Eglises et le Conseil pontifical pour le dialogue
inter-religieux s'est conclue hier à Genève. Elle a fait le point
sur les projets en cours et le travail accomplis en 2015, et souligné
l'importance la publication du Document de 2011 sur les orientations
du témoignage chrétien dans un monde pluri-religieux. La réunion a
en outre permis une réflexion sur le développement des relations,
toujours sous le signe de Nostra Aetate dont on a fêté l'an dernier
le cinquantenaire.
Audiences
Cité
du Vatican, 5 février 2016 (VIS). Le Saint-Père
a reçu ce matin:
Le
Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la
doctrine de la foi.
Mgr.Baldomero
Carlos Martini, Evêque émérite de San Justo (Argentine).
Mgr.Han
Lim Moon, Auxiliaire de San Martín (Argentine).
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 5 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a nommé
Mgr.Giuseppe Favale, Evêque de Conversano - Monopoli (superficie
1.099, population 252.786, catholiques 250.000, prêtres 142, diacres
16, religieux 176), en Italie. L'Evêque élu, né en 1960 à
Palagiano (Italie) et ordonné prêtre in 1985, était jusqu'ici
Directeur spirituel au séminaire pontifical régional des Pouilles
(Italie). Il succède à Mgr.Domenico Padovano, dont la renonciation
a été acceptée pour limite d'âge. Docteur en droit canon, il a
été curé de paroisse, juge ecclésiastique, chargé des jeunes
prêtres, successivement Chancelier, Vicaire général et
Administrateur diocésain.
jeudi 4 février 2016
Nouvelle visite du Pape aux dicastères
Cité
du Vatican, 4 février 2016 (VIS). Ce matin à partir de 9 h, le
Saint-Père a effectué une visite au Conseil pontifical pour la
nouvelle évangélisation, puis au Conseil pontifical Cor Unum, et
enfin à la Congrégation pour les Eglises orientales.
Intervention de Mgr.Gallagher à Londres
Cité
du Vatican, 4 février 2016 (VIS). Aujourd'hui à Londres (GB) se
tient la Conférence des pays donateurs en faveur des populations
syriennes et voisines de la Syrie. Le Secrétaire pour les relations
avec les états a pris la parole au nom du Saint-Siège pour saluer
les efforts tendant à répondre à la crise humanitaire causée par
la guerre qui ensanglante ce pays du proche Orient depuis près de
six ans. Rappelant l'accroissement des souffrances humaines, en
particulier de la malnutrition qui frappe les enfants, Mgr.Paul
Richard Gallagher a repris le récent discours du Pape au corps
diplomatique. Il a salué l'accent mis sur l'aide aux pays qui
accueillent des réfugiés et la nécessité de doubler les
fournitures humanitaires par une assistance éducative, des emplois
et des moyens de développement social. Mais au-delà, le coût réel
de cette crise humanitaire se mesure par la mort et la souffrance de
millions de personnes sans défense, forcées à fuir bombardements,
persécutions et violations des droits de l'homme. En effet, la vie
sociale et économique est rendue impossible, sans compter le
développement de la barbarie et le martyre subi à cause de telle ou
telle appartenance religieuse. Il faut, ici aussi, réaffirmer le
caractère central de la personne et de sa dignité, qui doit être
au coeur de la riposte humanitaire. Au moyen de Cor Unum et de ses
organisations caritatives, déjà intégrés dans le plan régional
2016 - 2017, l'Eglise catholique agit depuis le début de la guerre
syrienne. Ses efforts se sont considérablement accrus l'an dernier
en faveur des réfugiés en Jordanie, Liban, Irak, Turquie et Egypte.
Elles ont également répondu aux appels à l'aide des Conférences
épiscopales et des Eglises locales. Les collectes et donations ont
atteint 150 millions d'US$ qui ont servi aux secours de plus de
quatre millions de personnes en 2015 (éducation et formation 37,
fourniture alimentaire 30, services 30 millions, assistance sanitaire
16, logement 10, eau, hygiène et assistance sociale 12...). L'Eglise
catholique, a confirmé Mgr.Gallagher, entend poursuivre ses efforts,
insistant sur le fait que son aide ne fait aucun cas des
appartenances ethniques ou religieuses. Certes, il convient de donner
priorité aux plus vulnérables et aux plus démunis: "Les
minorités religieuses sont tout particulièrement vulnérable,
notamment les chrétiens qui souffrent énormément des effets du
conflit et du bouleversement de la société dans toute la région.
C'est pourquoi le Saint-Père a plusieurs fois attiré l'attention
sur le sort des chrétiens et des minorités du proche et moyen
Orient".
mercredi 3 février 2016
Dieu rend justice en miséricorde
Cité
du Vatican, 3 février 2016 (VIS). Le
rapport entre la miséricorde et la justice à la lumière de
l'Ecriture, tel a été le thème abordé par le Pape durant
l'audience générale tenue Place St.Pierre: L'Ecriture, a-t-il dit,
"présente Dieu rempli d'une miséricorde infinie, mais aussi
comme la justice parfaite... Ces deux réalités semblent opposés,
alors qu'en fait c'est la miséricorde de Dieu qui porte à
l'accomplissement de la vraie justice. L'administration humaine de la
justice prévoit que la personne se considérant victime s'adresse
aux juges pour obtenir justice. Le coupable se voit infliger une
peine selon le principe que chacun doit recevoir son du... Mais cette
voie ne mène pas à la vraie justice, car le mal n'a pas vraiment
été surmonté, seulement limité. Or, ce n'est qu'en y répondant
par le bien que le mal est complètement défait". La Bible nous
présente une autre façon de rendre justice: La victime s'adresser
au coupable pour l'inviter à la conversion, "en l'aidant à
comprendre ce qui a fait de mal, en l'invitant à la conversion, en
faisant appel à sa conscience''. De cette façon, a expliqué le
Pape, le coupable "qui reconnaît sa culpabilité peut s'ouvrir
au pardon que la victime lui offre... Voilà la façon de résoudre
les différents en familles, dans les relations entre conjoints ou
entre parents et enfants. La victime aimant le coupable, elle ne
veut pas perdre leur relation. Certes, c'est un chemin difficile, qui
exige que celui qui obtient gain de cause soit prêt à pardonner. Et
qu'il veuille le salut et le bien de qui lui a fait du tort... C'est
ainsi que Dieu agit envers nous, pauvres pécheurs. Il nous offre
toujours son pardon. Il nous aide à l'accepter et à prendre
conscience de notre mal afin de nous en libérer. Dieu ne veut la
condamnation de personne mais le salut de tous... Lui, le Seigneur de
la Miséricorde veut sauver tout le monde... Le problème est donc de
le laisser entrer dans nos coeurs. Les paroles des prophètes sont
toutes un appel passionné et plein amour qui tend à notre
conversion''. Le cœur de Dieu est ''un cœur d'un père qui aime et
veut que tous ses enfants vivent dans la bonté et dans la justice,
qu'ils soient pleinement heureux. Il a un cœur de père qui va bien
au-delà de notre vision étroite de la justice pour nous ouvrir aux
vastes horizons de sa miséricorde... C'est ce cœur d'un père que
l'on trouve dans le confessionnal... C'est ce coeur que nous allons y
chercher...en nous adressant au père pour mieux comprendre le mal,
pour qu'il nous aide à changer et nous oblige à réussir... C'est
pourquoi être confesseur implique une grande responsabilité, car
l'enfant qui vient à vous, attend de trouver un père. Et vous,
prêtre...vous êtes à la place du Père qui rend justice avec
miséricorde".
Dans la perspective du voyage apostolique au Mexique
Cité
du Vatican, 3 février 2016 (VIS). Le Saint-Père s'apprête à
fouler le sol du Mexique, où il est attendu le 12 février. Voici un
résumé de ses réponses vidéo aux questions proposées par
l'agence Notimex. L'enregistrement est disponible près le CTV:
Q.
Vous venez à Mexico? Ce qui vient à nous amener au Mexique?
Pape
François. ''Je vais pas au Mexique comme un roi mage chargé de
choses à accomplir, de messages, d'idées, de solutions à des
problèmes... Je viens en pèlerin, à la rencontre du peuple
mexicain, pour en recevoir quelque chose...la richesse de sa
foi...son mode de penser, sa manière d'être qui est le résultat
d'une très longue histoire, forgé lentement entre échecs et
succès...et surtout la richesse de son cœur... Le peuple mexicain
n'est pas orphelin parce qu'il est fier d'avoir Mère... C'est un
peuple qui n'oublie pas sa mère, une mère métisse qui le forge
dans l'espérance''.
Q.
Que représente pour vous la Vierge de Guadalupe?
Pape
François. "La sécurité et la tendresse. Combien de fois...,
ne sachant pas comment réagir à une épreuve, je la prie et elle
répond m'aimer, de ne pas avoir peur... Ce sont ses mots de mère:
Ne pas avoir peur... Elle est la Mère, pleine de compassion, qui
protège un village ou une famille, qui donne chaleur de la maison,
qui caressant tendrement les siens". La Guadalupe est une image
maternelle qui parle, qui enveloppe, qui se soucie de son peuple".
Voilà ce que je ressens face à elle... Pour mon troisième séjour
sur le sol mexicain, je demande la grâce de pouvoir m'attarder
devant cette image''.
Q.
Comment nous aider à affronter la violence?
Pape
François. "La violence, la corruption, la guerre, des enfants
qui ne peuvent pas aller à l'école à cause de la guerre, le trafic
d'armes...c'est plus ou moins le climat général du monde
aujourd'hui. Vous vivez au Mexique un morceau de cette nouvelle
guerre... Je viens prier avec vous, afin de vous aider à trouver
solution aux problèmes...qui affligent le Mexique: La violence, la
corruption, le trafic de drogue et les cartels... Tout cela n'est pas
le Mexique que veut notre Mère... On doit rejeter tout ceci...et
encourager les mexicains à se battre chaque jour contre la
corruption, contre les trafics, contre la guerre, contre la désunion,
contre la criminalité organisée... Nous devons nous battre chaque
jour pour la paix, pour faire reculer la guerre, en semant la
douceur, la compréhension et la paix. Sait François a prié le
Seigneur de faire de lui un instrument de sa paix. Le Mexique doit
être un instrument de paix... La paix naît de la tendresse, la paix
est compréhension. Elle passe par dans le dialogue et non par la
rupture. Le mot clef est dialogue, dialogue entre les dirigeants,
avec le peuple, entre toutes les personnes... On ne doit pas avoir
peur d'écouter les autres, pour voir quelles raisons ils ont. Et,
s'il vous plaît, ne tombez pas dans le piège de l'argent, qui
asservit toute vie au moyen d'une guerre intérieure où l'on perd
toute liberté... Je viens demander à la Vierge de Guadalupe de
donner la paix du cœur au Mexique, aux familles, aux villes et au
pays tout entier''.
Q.
Qu'attendez-vous des mexicains?
Pape
François. ''Je vais au Mexique pour servir, en serviteur de la
foi... Notre foi , la foi de l'Eglise n'est pas chose de musée.
Notre foi est une foi née dans le dialogue avec Jésus-Christ, notre
Sauveur, le Seigneur... Si elle reste confinée dans le privé, ce
n'est pas bon. Certes l'expression publique de la foi ne se résume
pas à une procession de rues. Cette foi doit s'exprimer dans mon
travail, dans ma famille, dans les choses que je fais à l'école ou
à l'université...dans le fait de vivre en chrétien". Mais
combien de temps passons-nous vraiment avec Jésus dans notre vie? La
prédication de l'Evangile, le témoignage de notre foi...nous devons
sortit les exprimer...sans avoir peur des épreuves... Nous devons
agir partout pour résoudre les conflits, en famille, à l'école,
dans les rapports socio-économiques". En cela notre mère nous
dit de "ne pas avoir peur de sortir, de ne rien craindre car je
suis à tes côtés, ta Mère".
Voeux du Pape François à la Chine
Cité
du Vatican, 3 février 2016 (VIS). A
l'occasion du Nouvel An chinois, le Saint-Père a accordé une longue
interview au journal en ligne Asia Times (Hong Kong). En voici un
résumé. Saisissant d'abord l'occasion, il souhaite une bonne et
heureuse année au Président Xi Jinping et au peuple chinois tout
entier, pour lequel il manifeste sa haute estime, louant la culture
chinoise et exprimant l'espoir que ce grand pays contribue au
dialogue entre les peuples, à la la paix et au développement de la
famille humaine.
Asia
Times: Que représente la Chine pour vous? Et quelle place occupe
Matteo Ricci dans votre vie?
Pape
François: ''Pour moi, la Chine a toujours été un point de
référence de la grandeur. Un grand pays, mais plus encore une
grande culture, avec une sagesse inépuisable... Je l'admire depuis
toujours... Apprenant la vie de Matteo Ricci, j'ai vu cet homme était
exactement ce que je ressentais, une personne en mesure de dialoguer
avec cette grande culture, avec cette sagesse ancienne...
L'expérience du P.Ricci enseigne qu'il est nécessaire d'établir un
dialogue avec la Chine..., une terre bénie à beaucoup d'égards. Et
l'Eglise catholique, dont une des fonctions est le respect de toutes
les civilisations, a le devoir de respecter celle-ci avec un R
majuscule".
Asia
Times: La Chine s'ouvre désormais au monde, face à des défis sans
précédent pour elle-même comme pour le monde. Vous avez parlé
d'une troisième guerre mondiale furtive: Que représente la
recherche de la paix?
Pape
François: ''La peur n'est jamais bonne conseillère... Il est
évident que, comme la culture et la sagesse, les connaissances
technologiques ne peuvent rester enfermées dans un pays: Elles
doivent se développer, être diffusées et communiquées. L'homme
communique, une civilisation communique. Certes, quand la
communication se produit se manifeste de manière agressive, il peut
en découler des conflits. Mais en l'occurrence il n'est pas utile
d'avoir peur. Le grand défi est de trouver un équilibre mondial
dans la paix... Le monde occidental, le monde oriental et la Chine
ont la capacité de maintenir cet équilibre et de la force de
construire la paix. Nous devons trouver le moyen, toujours par le
dialogue. Il n'y a pas d'autre moyen. Mais le dialogue ne signifie
pas que nous devrions accepter un compromis du genre la moitié du
gâteau pour moi, l'autre pour vous, comme cela s'est produit à
Yalta. Et nous en avons vu les résultats! Non, le véritable
dialogue signifie: Nous sommes arrivés à ce point, nous pouvons
être d'accord ou non, mais avançons ensemble. C'est nécessaire
pour construire... Aujourd'hui le gâteau est un tout, il est
l'humanité, la culture. Partager le gâteau, comme à Yalta,
signifierait diviser l'humanité et la culture en petits morceaux",
ce qui est impossible.
Asia
Times: La Chine a connu ces dernières décennies de grandes
tragédies. Depuis 1980, les chinois ont sacrifié ce qui a toujours
été de plus cher, leurs enfants. Pour les Chinois sont de très
graves blessures. Cela a laissé un grand vide dans leur conscience
et en quelque sorte un besoin très profond de se réconcilier avec
eux-mêmes et se pardonner. En cette Année de la Miséricorde, quel
message peut-on offrir au peuple chinois?
Pape
François: ''Le vieillissement de la population...se produit dans de
nombreuses régions du monde... Cela peut faire peur ou fournir une
perception erronée du phénomène. Alors si nous tombons dans la
pauvreté, à quoi bon avoir des enfants... Certains pays ont opté
pour le contraire. Par exemple, lors de mon voyage en Albanie, j'ai
été étonné de constater que l'âge moyen de la population était
de quarante ans... Les pays qui ont souffert choisissent la jeunesse.
Ensuite, il y a le problème du travail... Il est vrai que le
problème d'une Chine privée d'enfants doit être très douloureux.
La pyramide est inversée car l'enfant devra porter le fardeau de ses
parents et grand-parents. Et cela est épuisant, exigeante,
désorientant... Je comprends que la Chine ait rouvert des
possibilités sur ce front".
Asia
Times: Comment doit-on répondre aux défis auxquels font face les
familles en Chine, dans un processus de changement profond qui ne
correspond plus au modèle traditionnel chinois de la famille?
Pape
François: ''L'histoire d'un peuple est toujours en chemin. Elle
marche parfois plus rapidement, parfois plus lentement, parfois doit
faire une pause...revenir sur ses pas pour retrouver le droit chemin.
Mais quand un peuple va de l'avant, cela ne m'inquiète pas parce que
cela signifie que l'histoire est en marche. Je pense que le peuple
chinois va de l'avant, et cela est sa grandeur... Aucun peuple doit
regretter son passé. La Chine doit être en paix avec son passé,
même si elle a fait des erreurs... Les peuples doivent se
réconcilier avec leur histoire et chacun selon sa propre manière,
en tenant compte des réussites et des erreurs. Et cette
réconciliation avec l'histoire elle-même apporte beaucoup de
maturité, beaucoup de croissance... C'est là que le patrimoine
historique et culturel apparaît dans toute son importance... Et nous
revenons à la question du dialogue avec le monde d'aujourd'hui.
Dialogue ne signifie pas abandon de sa culture à cause de quelque
danger... Il faut reconnaître la grandeur du peuple chinois, qui a
su toujours maintenir sa culture. Et par culture, je n'entend pas les
idéologies du passé et leur culture imposée''.
Asia
Times: La croissance économique du pays est forte, ce qui a aussi
conduit à des désastres humains et environnementaux. La recherche
de l'efficacité du travail a des effets néfastes sur les familles.
Souvent enfants et parents sont séparés en raison des exigences du
travail. Quel message peut-on leur donner?
Pape
François: ''Je voudrais suggérer un sain réalisme. La réalité,
qui doit être acceptée d'où qu'elle vienne doit être conciliée
avec la réalité... La deuxième étape consiste à travailler pour
améliorer la réalité et l'orienter... Comme pour une crise
d'entreprise, il faut tenir compte des échecs et lancer de nouvelles
possibilités de créativité et d'amélioration. Lorsque cela arrive
dans un pays ancien, son ancienne sagesse...lui permet de surmonter
la difficulté du présent. La confrontation entre le passé et le
présent finit par apporter la solution, et permet de regarder vers
l'avenir. Je pense que la richesse de la Chine est une recherche
d'avenir basée sur la mémoire d'un riche passé culturel''.
Asia
Times: A l'occasion du Nouvel An chinois, que souhaiteriez-vous dire
au peuple chinois, aux autorités et au président?
Pape
François: ''A la veille du Nouvel An, je tiens à transmettre mes
meilleurs vœux et salutations au président Xi Jinping et au peuple
chinois tout entier. Et je tiens à exprimer mon espoir qu'ils ne
perdent jamais la conscience historique d'être une grande
réalité...qui a beaucoup à offrir au monde contemporain... En
cette nouvelle année, avec cette conscience, qu'ils aillent l'avant
pour le progrès du pays et de la coopération internationale".
Clôture de l'Année de la vie consacrée
Cité
du Vatican, 3 février 2016 (VIS). Hier, à 17 h 30', en la fête de
la Présentation de Jésus au Temple et pour la Journée de la vie
consacrée, le Saint-Père a présidé la messe, en la Basilique
vaticane, à l'occasion du Jubilé de la vie consacrée et de l'Année
qui lui a été dédiée. Les membres des Instituts de vie consacrée
et des Sociétés de vie apostolique ont concélébré avec le Pape.
Au cours du rite qui s'est ouvert par la bénédiction des cierges et
la procession, le Saint-Père a prononcé une homélie, dont suivent
de larges extraits, dans laquelle il a souligné que la gratitude,
par le don de l'Esprit Saint qui anime toujours l'Eglise à travers
ses différents charismes, était le mot qui résumait cette année:
''Un fait simple, humble et grand s'offre à notre regard: Jésus est
amené par Marie et Joseph au Temple de Jérusalem. C'est un
enfant...comme les autres, mais il est unique: il est le Fils unique
venu pour tous.Cet enfant nous a apporté la miséricorde et la
tendresse de Dieu: Jésus est le visage de la miséricorde du Père.
Voici l'icône que nous offre l'Evangile au terme de l'Année de la
vie consacrée... qui telle un fleuve se jette désormais dans la mer
de la miséricorde, dans cet immense mystère d'amour dont nous
faisons l'expérience avec le Jubilé extraordinaire. La fête
d'aujourd'hui, surtout en Orient, s'appelle fête de la rencontre. En
effet, dans l'Evangile...nous assistons à différentes rencontres.
Dans le temple, Jésus vient à notre rencontre et nous allons à sa
rencontre. Nous contemplons la rencontre avec le vieux Syméon qui
représente l'attente fidèle d'Israël et l'exaltation du cœur pour
l'accomplissement des anciennes promesses. Nous admirons aussi la
rencontre avec la prophétesse âgée Anne qui, lorsqu'elle voit
l'enfant, exulte de joie et loue Dieu. Syméon et Anne sont l'attente
et la prophétie, Jésus est la nouveauté et l'accomplissement. Il
se présente à nous comme l'éternelle surprise de Dieu; chez cet
enfant né pour tous, se rencontrent le passé, fait de mémoire et
de promesse, et le futur, plein d'espérance''.
''Nous
pouvons voir ici le début de la vie consacrée. Les consacrés et
consacrées sont appelés avant tout à être des hommes et des
femmes de la rencontre. En effet, la vocation, ne vient pas d'un
projet personnel...mais d'une grâce du Seigneur qui nous rejoint, à
travers une rencontre qui change la vie. Celui qui rencontre vraiment
Jésus ne peut demeurer comme avant... Qui vit cette rencontre
devient témoin et rend possible la rencontre pour les autres. Il se
fait aussi promoteur de la culture de la rencontre, en évitant
l'autoréférentialité qui nous enferme en nous-mêmes... Jésus,
pour venir à notre rencontre, n'a pas hésité à partager notre
condition humaine:...il ne nous a pas sauvé de l'extérieur, il
n'est pas resté hors de notre drame, mais a voulu partager notre
vie. Les consacrés et consacrées sont appelés à être un signe
concret et prophétique de cette proximité de Dieu, de ce partage de
la condition de fragilité, de péché et de blessure de l'homme
d'aujourd'hui''.
''L'Evangile
nous dit aussi que le père et la mère de Jésus s'étonnaient des
choses qui se disaient de lui. Joseph et Marie gardent cet étonnement
pour cette rencontre pleine de lumière et d'espérance pour tous les
peuples. Nous aussi, comme chrétiens et comme personnes consacrées,
nous sommes les gardiens de l'étonnement. Un étonnement qui demande
à toujours être renouvelé. Gare à l'habitude dans la vie
spirituelle! Gare à ne pas cristalliser nos charismes dans une
doctrine abstraite: les charismes des fondateurs ne sont pas faits
pour être mis en bouteille, ils ne sont pas des pièces de musée.
Nos fondateurs ont été mus par l'Esprit, et n'ont pas eu peur de se
salir les mains avec la vie quotidienne, avec les problèmes des
gens, parcourant avec courage les périphéries géographiques et
existentielles. Enfin, apprenons de la fête d'aujourd'hui à
vivre la gratitude de la rencontre avec Jésus et du don de la
vocation à la vie consacrée. Remerciement, action de grâces:
eucharistie. Comme c'est beau de voir le visage heureux d'une
personne consacrée, même bien avancée dans l'âge comme Siméon et
Anne, contents et remplis de gratitude pour leur vocation. Ce mot
peut résumer tout ce que nous avons vécu en cette Année de la vie
consacrée: de la gratitude pour le don de l'Esprit Saint, qui anime
toujours l'Eglise dans ses différents charismes''.
Au
terme de la messe, le Pape a rejoint la Place St.Pierre pour saluer
les nombreux consacrés qui n'avaient pu entrer dans la basilique:
''Merci -leur a-t-il dit- de terminer ainsi, tous ensemble, cette
Année de la vie consacrée. Continuez! Chacun de nous a une place,
un travail dans l'Eglise. S'il vous plaît, n'oubliez pas votre
première vocation, votre premier appel. Souvenez-vous en! Et avec
cet amour avec lequel vous avez été appelés, aujourd'hui le
Seigneur continue de vous appeler. Que ne diminue pas la beauté et
l'étonnement du premier appel! Continuez de travailler...Il y a
toujours quelque chose à faire. Le principal est de prier, le centre
de la vie consacrée est la prière: prier. Vieillir ainsi, mais
vieillir comme le bon vin. Je dois aussi vous dire qu'il me plaît
beaucoup de voir des religieuses ou des religieux âgés qui ont les
yeux brillants, parce qu'ils ont le feu de la vie spirituelle allumé.
Ce feu ne s'est pas éteint... Allez de l'avant et continuez de
travailler en regardant l'avenir avec espérance, demandant toujours
au Seigneur de nous envoyer de nouvelles vocations; ainsi notre œuvre
de consécration pourra se poursuivre. La mémoire: n'oubliez pas le
premier appel; le travail de tous les jours. Ensuite, l'espérance de
continuer et de bien semer pour que ceux qui viennent derrière nous
puissent recevoir l'héritage que nous leur laisserons''.
Présentation au Pape d'un livre sur l'ancienne flotte pontificale
Cité
du Vatican, 3 février 2016 (VIS). Ce matin, au terme de l'audience
générale, l'historien italien Rinaldo Marmara a présenté au Pape
son livre: La squadra Pontificia ai Dardanelli 1657, qui est une
transcription des manuscrits italiens et turcs (Fonds Chigi de la
Bibliothèque Vaticane), rapportant la participation de la flotte
pontificale à la seconde bataille des Dardanelles. Ce livre illustre
l'importance de la recherche et de l'ouverture des archives, comme
démarche au service de la vérité et de la construction de ponts.
Un communiqué publié par la Salle de Presse précise que l'appui de
la Turquie a été particulièrement apprécié puisque la mise à
disposition de ses archives a permis une meilleure compréhension de
faits historiques, en particulier des souffrances subies par les
protagonistes indépendamment de leur identité religieuse ou
ethnique. En 1657 ou en 1915, les évènements douloureux de
l'histoire ne devraient pas être oubliés. Ils exigent au contraire
un examen attentif et une réflexion, de façon à pouvoir conduire à
la guérison et à la purification de la mémoire, si nécessaire à
la réconciliation et au pardon pour les individus et les peuples,
comme l'affirmait Jean-Paul II. La mémoire d'un lointain passé
comme d'un passé plus récent doit être entretenue. On ne doit pas
oublier, comme dans le cas de l'assassinat en 1977 de M.Taha Carim,
Ambassadeur de Turquie près le Saint-Siège. On doit donc condamner
tout acte de violence et le terrorisme qui continue de causer des
victimes. La violence et le terrorisme commis au nom de Dieu et de la
religion sont particulièrement odieux et offensants. Comme le Pape
François l'a déclaré au cours de sa visite en Centrafrique, les
chrétiens et les musulmans sont frères. Ensemble disons non à la
haine, non à la vengeance, non à la violence, en particulier à
celle qui est perpétrée au nom d'une religion ou de Dieu. Puissent
toutes les personnes de bonne volonté affirmer leur fraternité,
leur solidarité et la compassion partagées. Puissent-elle
réaffirmer leur engagement commun contre toute violence.
mardi 2 février 2016
La vie consacrée doit rechercher le contact avec les gens
Cité
du Vatican, 2 février 2016 (VIS). Voici de larges extraits du
discours improvisé hier par le Pape devant les participants à la
clôture du Jubilé de la vie consacrée:
''Les
religieux, femmes et hommes consacrés au service du Seigneur...dans
l'Eglise, vivent en pauvreté et avec un amour chaste qui les conduit
à une paternité et une maternité spirituelle universelle. Ils
vivent dans l'obéissance...qui n'a rien de militaire, car la
discipline est une autre chose car il s'agit d'une soumission du
coeur à l'obéissance". Avez vous l'envie de faire cela? Et si
la chose n'est pas claire, parlez avec supérieure, avec le
supérieur. Mais après le dialogue il faut obéir... Le chemin vers
le bonheur et la grandeur vous remplit de joie car c'est celle de
Jésus... La prophétie est un don, un charisme qu'il faut demander à
l'Esprit Saint... Faisons en sorte de l'exercer toujours au bon
moment, pour faire de toutes nos vies une prophétie... Après la
prophétie, il est besoin de la proximité. Les hommes et femmes
consacrées ne doivent pas vivre loin des gens en toute commodité,
mais s'en approcher pour comprendre la vie des chrétiens comme des
non-chrétiens, leurs souffrances et leurs problèmes... La vie
consacrée, qui ne signifie pas se contenter de regarder les autres
avec détachement, doit conduire les consacrés à la proximité avec
les gens, qu'elle soit spirituelle ou physique... Donc à les
comprendre. Il faut aussi pour cela sortir de la rumeur...du
terrorisme des ragots...qui fait comme jeter une bombe''.
Quel
espoir ? Je vous avouerais que j'ai du mal à voir le déclin des
vocations. Quand je reçois les évêques et leur demande: Combien
avez-vous de séminaristes? Souvent la réponse est, quatre ou cinq!
Et lorsque, dans vos communautés religieuses, vous avez un ou deux
novices, il est clair qu'on ne fait pas front au vieillissement
communautaire... Lorsque on voit les monastères, et de grands
monastères ...où il n'y a plus que quatre ou cinq nonnes âgées...on
est tenté de perdre espoir: Seigneur, que se passe-t-il? Pourquoi
le ventre de la vie consacrée est-il devenu tellement stérile?
Certaines congrégations font l'expérience d'une sorte
d'insémination artificielle en accueillant un peu n'importe qui:
Bienvenue, venez, venez...mais ce n'est pas un recrutement sérieux.
Il faut pouvoir discerner si on se trouve devant une véritable
vocation qu'il faudra aider à grandir... Le Seigneur qui est si
généreux ne saurait briser sa promesse. Alors nous devons aller
frapper à la porte de son cœur, car il y a danger... Lorsqu'une
congrégation religieuse voit fondre ses effectifs et diminuer ses
candidats, elle est souvent tentée de se cramponner à l'argent, à
l'argent qui est la fiente du Diable. Quand manque la grâce d'avoir
des vocations, n'allons pas penser que l'argent va sauver la
situation".
''Je
vous remercie beaucoup pour ce que vous faites tous, personnes
consacrées chacune avec son propre charisme... Comment ferait
l'Eglise si il n'y avait pas de religieuses? Quand on va à
l'hôpital, dans les écoles, les paroisses, les quartiers, les
missions, on rencontre encore tant d'hommes et de femmes qui ont
donné leur vie au service d'autrui... Et lorsqu'on visite des
cimetières on remarque qu'il y a beaucoup de missionnaires religieux
morts à quarante ans des maladies contractées dans ces pays où ils
ont brûlé leur vie... Ce sont des saints, ce sont des graines
jetées en terre! Nous devrions donc demander au Seigneur de se
pencher un peu sur ces cimetières, voir ce qu'ont accompli nos
prédécesseurs et nous donner plus de vocations. Car nous en avons
grand besoin''.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 2 février 2016 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Mgr.Robert
Bourgon, Evêque de Hearst (superficie 799, population 139.977,
catholiques 138.000, prêtres 89, diacres 7, religieux 104), au
Canada. L'Evêque élu, né en 1956 à Sudbury (Canada) et ordonné
prêtre in 1981, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse de
Sault Sainte Marie (Canada). Il succède à Mgr.Vincent Cadieux, OMI,
dont la renonciation a été acceptée pour limite d'âge. Docteur en
droit canon, il a été curé de paroisses, juge ecclésiastique et
chancelier diocésain.
Mgr.Robert
Bourgon, Evêque de Hearst (Canada), Administrateur apostolique du
diocèse de Moosonee (Canada), qui avait été uni in persona
episcopi à celui de Hearst sous l'épiscopat de Mgr.Cadieux.
L'Archimandrite
Manuel Nin Guell, OSB, Exarque apostolique pour les fidèles de rite
byzantin en Grèce (catholiques 6.000, prêtres 60, religieuses 11).
L'Evêque élu, né en 1956 à El Vendrell (Espagne), a prononcé ses
voeux religieux en 1980 et a été ordonné prêtre in 1998.
Jusqu'ici Recteur du Collège pontifical grec de Rome, il succède à
Mgr.Dimitrios Salachas, dont la renonciation a été acceptée pour
limite d'âge. Docteur en théologie, il a été enseignant, Premier
Assistant de l'Abbé Président de sa congrégation, Consulteur des
Cérémonies pontificales et Membre de la Commission liturgique de la
Congrégation pour les Eglises orientales.
L'Abbé
Christudas Rayappan, Auxiliaire de l'Archevêque de Trivandrum
(Inde). L'Evêque élu, né en 1971 à Adimalathura (Inde) et ordonné
prêtre in 1988, était jusqu'ici Recteur du séminaire diocésain.
Docteur en missionologie, il a été secrétaire épiscopal, aumônier
d'hôpital, curé de paroisse et Directeur de l'association des
prêtres et religieux du diocèse.
Avis
Cité
du Vatican, 2 février 2016 (VIS). Nous publierons demain une longue
interview consacrée à la Chine, accordée par le Saint-Père à un
quotidien de Hong Kong publié en anglais.
lundi 1 février 2016
Conclusion du Jubilé de la vie consacrée
Cité
du Vatican, 1 février 2016 (VIS). L'Année de la vie consacrée,
convoquée par le Pape François fin 2014 se terminera demain par une
messe solennelle célébrée en la Basilique vaticane. Au fil de
cette année jubilaire se sont déroulés des événements,
séminaires, chaînes de prière dans les monastères du monde, ainsi
qu'une rencontre entre consacrés de différentes confessions
chrétiennes, une initiative qui mérite d'être poursuivie selon le
Saint-Père. Ce matin, celui-ci a reçu, Salle Paul VI, les
participants au Jubilé. Saluant les consacrés et consacrées, le
Saint-Père a improvisé. Voici toutefois un résumé du discours
préparé pour l'occasion. Rappelant que chaque fidèle consacré a
répondu un jour à l'appel de Jésus, il reconnaît que ce fut
souvent "une adhésion pleine d'enthousiasme et de joie, ce fut
parfois plus difficile, voire incertain. Nous l'avons quand même
tous suivi, avec générosité, nous laissant guider sur des voies
que nous n'aurions même pas imaginées", apprenant du Christ
"la relation avec le Père, recevant son Esprit, apprenant à
aimer les pauvres et les pécheurs, de même que le service,
l'accueil, le pardon et la charité fraternelle. Notre vie consacrée
a du sens parce que rester avec lui et aller sur les routes du monde
en l'apportant, en nous conformant à lui, nous fait être Eglise,
don pour l'humanité... L'Année se conclut, mais votre engagement à
rester fidèles à l'appel reçu et à croître dans l'amour, dans le
don, dans la créativité, demeure. C'est pourquoi, je voudrais vous
laisser trois mots. Le premier est prophétie. C'est votre
spécificité". Le monde et l'Eglise attendent de vous que vous
"proclamiez, par votre vie, avant même les paroles, la réalité
de Dieu: dire Dieu. Si parfois, il est rejeté ou mis à l'écart et
ignoré, nous devons nous demander si nous avons été assez
transparents à son visage, et si nous n'avons pas plutôt montré le
nôtre. Le visage de Dieu est celui d'un Père de tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour".
Le
deuxième mot mis en avant par le Pape est proximité. "Dieu, en
Jésus, s'est fait proche de chaque homme et femme: Il a partagé la
joie des époux à Cana de Galilée et l'angoisse de la veuve de
Nain. Il est entré dans la maison de Jaïre touchée par la mort et
dans la maison de Béthanie parfumé de nard. Il s'est chargé des
maladies et des souffrances, jusqu'à donner sa vie en rachat de
tous. Suivre le Christ signifie aller là où il est allé, prendre
sur soi, comme le bon Samaritain, le blessé que nous trouvons le
long de la route, aller à la recherche de la brebis perdue. Etre,
comme Jésus, proche des gens, partager leurs joies et leurs
douleurs, montrer par notre amour, le visage paternel de Dieu et la
caresse maternelle de l'Eglise. Que jamais personne ne vous sente
éloignés, détachés, fermés et donc stériles. Chacun de vous est
appelé à servir ses frères, suivant son charisme propre: qui par
la prière, qui par la catéchèse, qui par l'enseignement, qui en
prenant soin des malades ou des pauvres, qui en annonçant
l'Evangile, qui en accomplissant les différentes œuvres de
miséricorde. L'important est de ne pas vivre pour soi-même, comme
Jésus n'a pas vécu pour lui-même, mais pour le Père et pour
nous".
Enfin,
il y a l'espérance. "En témoignant de Dieu et de son amour
miséricordieux, les consacrés et consacrées peuvent fonder leur
espérance en notre humanité "marquée par différents motifs
d'anxiété et de peur et tentée parfois par le découragement. Vous
pouvez faire sentir la force rénovatrice des béatitudes, de
l'honnêteté, de la compassion, la valeur de la bonté, de la vie
simple, essentielle, pleine de sens. Et vous pouvez aussi nourrir
votre espérance dans l'Eglise", a ajouté le Saint-Père qui a
ensuite évoqué la rencontre œcuménique entre consacrés de
différentes confessions chrétiennes pour que "le témoignage
charismatique et prophétique de la vie des consacrés, dans la
variété de ses formes, puisse aider à se reconnaître tous plus
unis et favoriser la pleine communion... ne vous laissez pas
conditionner, dans votre apostolat quotidien, par l'âge ou le
nombre. Ce qui compte le plus est la capacité de répéter le oui
initial à l'appel de Jésus qui continue de se faire entendre, de
façon toujours nouvelle, à chaque saison de la vie. Son appel et
notre réponse maintiennent vivante notre espérance. Prophétie,
proximité, espérance. En vivant ainsi, vous aurez la joie dans le
cœur, signe distinctif de ceux qui se mettent à la suite de Jésus
et, à plus forte raison, des consacrés".
Intentions de prière pour février
Cité
du Vatican, 1 février 2016 (VIS). L'intention de prière générale
du Saint-Père pour février est: "Pour que nous prenions soin
de la création, reçue en don gratuit, en la protégeant pour les
générations à venir".
Son
intention missionnaire est: "Pour qu'augmentent les possibilités
de rencontre et de dialogue entre la foi chrétienne et les peuples
d'Asie".
Ne jouir d'aucun privilège est un privilège
Cité
du Vatican, 31 janvier 2016 (VIS). Ce midi à l'angélus le
Saint-Père a commenté l'Evangile du jour, qui nous ramène à
Nazareth, village de Galilée où Jésus a grandi en famille et où
il est connu de tous. Ayant à peine entamé sa vie publique il y
revient pour la première fois. A la synagogue, devant la communauté,
il lit le passage d'Isaïe évoquant la venue du Messie. A la fin, il
déclare que la prophétie à peine entendue vient de s'accomplir.
"D'abord stupéfaits, ses concitoyens se fâchent et murmurent:
Mais pourquoi celui-là qui se prétend le Consacré du Seigneur, ne
répète-t-il pas ici parmi nous les prodiges que, dit-on, il a
accomplis à Capharnaüm et dans ses environs? C'est alors que Jésus
leur réplique que personne n'est prophète en son pays, ni bien
accueilli. Et de citer les cas de grands prophètes comme Elie ou
Elisée... Se sentant offensés, les gens de Nazareth se lèvent,
chassent Jésus de la synagogue avec l'intention de le jeter dans un
précipice. Avec la force de sa paix, il traversa la foule et se mit
en route. Son heure n'était pas arrivée... Il ne s'est pas agi
d'une simple dispute de village...née de quelque jalousie, mais d'un
incident illustrant la tentation à laquelle toute personne
religieuse est exposée et dont il faut absolument s'écarter. C'est
la tentation de considérer la religion comme un investissement et
d'en arriver à composer avec Dieu notre propre intérêt. Dans la
véritable religion, il s'agit d'accueillir la volonté paternelle de
Dieu, qui prend soin de toute créature, de la plus insignifiante aux
yeux humains. Tel est le ministère prophétique de Jésus, annoncer
que nulle condition humaine ne peut être objet d'exclusion... Aux
yeux de Dieu, le seul privilège est de ne jouir d'aucun privilège,
de n'avoir aucun maître et de s'en remettre totalement à lui".
Et lorsque Jésus dit qu'aujourd'hui s'est accomplie l'Ecriture, cet
aujourd'hui veut dire toujours. Cela vaut à cet instant parmi nous
sur cette place, en rappelant l'actualité nécessaire du salut
apporté à l'humanité par Jésus. C'est toujours Dieu qui fait le
premier pas, qui vient à notre rencontre avec miséricorde pour nous
relever de la poussière de nos péchés et nous aider à reprendre
le bon chemin. "Dans la synagogue de Nazareth, il y avait
probablement Marie. Et on peut imaginer qu'elle connut là une
anticipation de sa souffrance à venir au pied de la croix.
Puisse-t-elle nous aider à nous convertir d'un dieu des miracles au
miracle de Dieu qu'est Jésus-Christ.
Message-vidéo pour la clôture du Congrès eucharistique international de Cebu
Cité
du Vatican, 1 février 2016 (VIS). Hier, 31 janvier, la messe
présidée par le Cardinal Charles Maung Bo, SDB, archevêque de
Yangon (Birmanie) et Légat pontifical, a clôturé le 51 Congrès
eucharistique international de Cebu (Philippines). Inauguré le 24
janvier, il avait pour thème: Le Christ en vous, espérance de la
gloire. L'Eucharistie, source et sommet de la mission de l'Eglise.
Au
terme de la messe, un message-vidéo du Pape a été diffusé, dans
lequel il souligne que le thème du congrès "nous rappelle que
Jésus ressuscité est toujours vivant et présent dans son Eglise,
surtout dans l'eucharistie, le sacrement de son corps et de son sang.
La présence du Christ au milieu de nous -poursuit-il- n'est pas
seulement une consolation, mais aussi une promesse et une invitation.
C'est une promesse qu'un jour, la joie et la paix éternelle nous
appartiendront dans la plénitude de son Règne. Mais c'est aussi une
invitation à sortir, comme missionnaires, pour porter le message de
la tendresse du Père, de son pardon et de sa miséricorde à tout
homme, femme et enfant". Puis le Saint-Père a invité à
réfléchir sur les deux gestes de Jésus dans la dernière Cène,
qui ont un rapport avec la dimension missionnaire de l'eucharistie,
la convivialité et le lavement des pieds. Soulignant combien il
était important pour le Christ de partager ses repas avec ses
disciples mais aussi et spécialement avec les pécheurs et les
marginaux, il ajoute que "s'asseyant à table, Jésus pouvait
écouter les autres, leurs histoires, entendre leurs espérances et
leurs aspirations et leur parler de l'amour du Père. A chaque
eucharistie, la table de la cène du Seigneur, nous devons être
inspirés et suivre son exemple, en allant à la rencontre des
autres, dans un esprit de respect et d'ouverture, pour partager avec
eux le don que nous-mêmes avons reçus". Cela revêt une
importance particulière en Asie où l'Eglise est engagée "dans
un dialogue respectueux avec les membres des autres religions. Ce
témoignage prophétique a très souvent lieu, comme nous le savons,
par un dialogue de vie. Le témoignage des vies transformées par
l'amour de Dieu est pour nous la meilleure façon de proclamer la
promesse du règne de réconciliation, de justice et d'unité pour la
famille humaine. Notre exemple peut ouvrir les cœurs à la grâce de
l'Esprit Saint qui les conduit au Christ Sauveur".
Le
second geste, le lavement des pieds, est le signe du "service
humble de Jésus, de l'amour inconditionnel avec lequel il a donné
sa vie sur la croix pour le salut du monde. L'eucharistie est une
école de service humble. Elle nous enseigne à être prêts à
l'être pour les autres. Cela aussi est au centre du devoir du
disciple missionnaire". Le Pape a pris l'exemple du typhon
meurtrier qui a dévasté les Philippines mais qui a suscité un
immense élan de solidarité, de générosité et de bonté. "Les
personnes se sont mises à reconstruire non seulement les maisons,
mais aussi les vies. L'eucharistie nous parle de cette force qui
jaillit de la croix et qui apporte continuellement une nouvelle vie.
Elle change les cœurs. Elle nous permet d'être attentionnés, de
protéger qui est pauvre et vulnérable et d'être sensibles au cri
de nos frères et sœurs dans le besoin. Elle nous enseigne à agir
avec intégrité et à refuser l'injustice et la corruption qui
empoisonnent les racines de la société". Le Pape a conclu en
annonçant que le prochain Congrès eucharistique international
aurait lieu en 2020 à Budapest (Hongrie).
Première audience jubilaire
Cité
du Vatican, 30 janvier 2016 (VIS). Le Pape François a consacré la
première des audiences jubilaires à la miséricorde et à la
mission. Cette initiative du Saint-Père pendant l'Année sainte
permet de venir aux personnes qui ne peuvent pas se rendre aux
audiences générales du mercredi. A cette occasion plus de 22.000
personnes étaient présentes Place St.Pierre. "Nous entrons
jour après jour au cœur de l'Année sainte de la Miséricorde. Par
sa grâce, le Seigneur guide nos pas, tandis que nous passons la
Porte Sainte, et vient à notre rencontre pour rester toujours avec
nous, malgré nos faiblesses et nos contradictions. Ne nous fatiguons
jamais de sentir le besoin de son pardon, parce que quand nous sommes
faibles sa proximité nous rend forts et nous permet de vivre notre
foi avec une plus grande joie. Evoquant ensuite l'étroite relation
entre miséricorde et mission, le Pape a souligné qu'en tant que
chrétiens, nous avons la responsabilité d'être missionnaires de
l'Evangile. "Quand nous recevons une bonne nouvelle ou quand
nous vivons une belle expérience, il est naturel que nous sentions
l'exigence de la partager aussi avec les autres... La joie ressentie
est telle qu'elle nous pousse à la communiquer. Ce devrait être la
même chose quand nous rencontrons le Seigneur. Le signe concret que
nous avons vraiment rencontré Jésus est même cette joie que nous
éprouvons en le faisant connaître aussi aux autres. A la lecture de
l'Evangile, nous voyons que cette expérience est celle des premiers
disciples... Rencontrer Jésus c'est rencontrer son amour. Cet amour
nous transforme et nous rend capables de transmettre aux autres la
force qu'il nous donne. Nous pourrions dire en quelque sorte que
depuis le jour du baptême, un nouveau nom est donné à chacun de
nous en plus de celui que nous ont déjà donné maman et papa, c'est
le nom Christophore qui signifie porteur du Christ. Chaque chrétien
est porteur du Christ!... La miséricorde que nous recevons du Père
ne nous est pas donnée comme une consolation privée, mais nous fait
devenir des instruments afin que les autres aussi puissent recevoir
le même don. Il y a une étonnante circularité entre la miséricorde
et la mission. Vivre de miséricorde nous rend missionnaires de la
miséricorde, et être missionnaires nous permet de grandir davantage
dans la miséricorde de Dieu. Prenons donc au sérieux le fait d'être
chrétiens, et engageons-nous à vivre comme des croyants, parce que
c'est seulement ainsi que l'Evangile peut toucher le cœur des
personnes et l'ouvrir à la grâce de l'amour".
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