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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... []

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vendredi 10 octobre 2008

SEPTIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 9 OCT 2008 (VIS). A 16 h 30', en présence du Saint-Père, a débuté la septième Congrégation générale pour la poursuite des interventions des Pères synodaux. Le Président de séance était le Cardinal William Joseph Levada, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Voici quelques extraits des interventions:

Le Cardinal Ennio ANTONELLI. "Recommander et promouvoir, avec les aides appropriées, l'écoute communautaire de la Parole de Dieu au sein des familles et le partage des expériences vécues. Pour pouvoir relier plus facilement les écrits avec Jésus-Christ, la Parole vivante, il faut suivre l'année liturgique à travers l'Evangile du jour, ou du moins celui du dimanche, en en soulignant une phrase à se rappeler et à vivre durant la journée ou durant la semaine. Cela ne demande pas beaucoup de temps; quelques minutes suffisent pour prier et écouter ensemble, pour prendre un engagement commun à réaliser dans les activités quotidiennes, et à se rappeler au moment opportun dans le dialogue familial. Si, au contraire, l'on ne fait qu'une seule rencontre hebdomadaire d'écoute de la Parole, elle peut se prolonger et constituer une préparation, ou une continuation, et une application de la messe dominicale".

Mgr.Louis PELATRE, AA, Vicaire apostolique d'Istanbul (Turquie). "Il existe à travers le monde d'excellentes commissions pour les traductions de la Bible dans les différentes langues internationales, mais qu'en est il des traductions dans les langues locales qui ne sont parlées que par un petit nombre? C'est un vrai problème pour la Turquie... C'est pourquoi je fais appel à toutes les sociétés missionnaires de mettre dans leurs priorités le choix de personnes compétentes à la fois dans les langues bibliques et les langues locales pour établir des textes de qualité dignes de la Parole de Dieu que nous voulons annoncer. Ma1heureusement on trouve relativement facilement de l'argent pour imprimer de beaux livres, mais peu pour assurer la qualité du contenu, ce qui suppose de trouver des personnes volontaires pour ce travail obscur et de longue haleine qui constitue le premier pas de l'action évangélisatrice de l'Eglise".

Le Cardinal Paul Josef CORDES. "Dans le monde civilisé, la sollicitude envers notre prochain dans le besoin est aussi une instance culturelle. La plupart des religions du monde - telles que l'Islam, l'Hindouisme ou le Bouddhisme - ont appris du christianisme et fait propre la promotion de l'amour du prochain. Cependant, au numéro 39 de l'Instrumentum Laboris, qui réclame l'amour du prochain des membres de l'Eglise, cette nécessité ne semble pas représenter aujourd'hui la tâche la plus urgente... Les Pasteurs de l'Eglise ne seront donc pas simplement attentifs à ne pas abandonner les institutions caritatives ecclésiales au climat général de philanthropie... Lorsque le service des organisations caritatives appartenant à l'Eglise et des chrétiens pris individuellement ne manifestent pas clairement Dieu à ceux qui demandent et qui cherchent, nous renonçons à une fonction de l'Eglise qui est cruciale pour les temps que nous vivons actuellement. Parce que l'homme d'aujourd'hui a plus que jamais besoin de cette union avec Dieu".

Mgr.Héctor Miguel CABREJOS VIDARTE, OFM, Archevêque de Trujillo (Pérou). "Nous parlons souvent, et à juste titre, de l'importance des moyens de communication pour porter la Parole de Dieu à nos contemporains. Nous avons, cependant, toutes les semaines, la possibilité d'annoncer l'Evangile au moment privilégié de la célébration eucharistique, proclamation bien souvent insuffisante... Peut-être l'origine de cette situation réside-t-elle dans le manque d'une formation biblique sérieuse et systématique. Une bonne connaissance de l'Ecriture garantit une bonne prédication... Une connaissance du contexte rend plus efficace la présentation de l'Evangile. Nous devons encourager les ministres de la Parole à élaborer attentivement leurs homélies, en prenant bien en considération les destinataires de la prédication... Il ne faut pas oublier que l'homélie est la communication de la Parole vivante de Dieu, une communication qui, comme l'indique le terme lui-même, est orientée afin de produire communion avec le Dieu de notre foi, fondement de la communion des croyants. Communication, communion et communauté forment un tout unique. Et bien que l'homélie doive répondre à une formation biblique solide et être attentive à la réalité et aux changements du monde dans lequel vivent ses destinataires, le témoignage personnel du prédicateur, la cohérence de sa vie avec l'Evangile, doit confirmer ce qu'il y proclame".

Mgr.Francesco COCCOPALMEIRO. "En tant que Président du Conseil pour l'interprétation des textes législatifs, responsable de la mise à jour de la législation de l'Eglise, je me demande si une assise aussi importante, sur un thème aussi déterminant pour la vie de la Sainte Eglise, ne pourrait et ne devrait pas donner  un apport significatif à la loi même de l'Eglise, et en particulier au Code de droit canonique. Pour préciser ma pensée, je présenterai un exemple tout à fait élémentaire. Le canon 276 sur la vie spirituelle des clercs s'exprime ainsi: 'les clercs nourriront leur vie spirituelle à la double table de la Sainte Ecriture et de l'Eucharistie'. Le texte est appréciable mais il se réfère seulement à la célébration de l'Eucharistie et lorsqu'il évoque, par la suite, la prière personnelle, il affirme seulement: 'ils sont exhortés à pratiquer régulièrement l'oraison mentale'. L'expression oraison mentale est absolument claire mais elle est désuète. Alors que l'on pourrait ici  exhorter les clercs à pratiquer quotidiennement la Lectio Divina. En définitive, ma proposition est que les conclusions du Synode, avec l'accord du Saint-Père, deviennent aussi un objet de réflexion que l'on confierait aux dicastères de la Curie, avec l'aide spéciale, l'encouragement et la coordination du Conseil pontifical pour l'interprétation des textes législatifs, afin qu'ils proposent au législateur suprême les adaptations nécessaires aux normes de l'Eglise en ce qui concerne le domaine particulier de la Parole de Dieu".

Le Révérend Gunnar STALSETT, ancien Evêque luthérien d'Oslo (Norvège). "Les trois religions du Livre, judaïsme, christianisme et islam, sont tiraillées entre laïcisme et fondamentalisme. La liberté de religion et la liberté d'expression sont des droits fondamentaux. Cela implique que des expressions fondamentalistes de la foi aient aussi leur place dans la société, même si elles conduisent au sectarisme et à des divisions. Le terrorisme au nom de Dieu est un affront à toutes les confessions ainsi qu'une violence envers Dieu. Seule une interprétation plus authentique des Saintes Ecritures peut être l'antidote au fondamentalisme... La mondialisation de l'angoisse et du désespoir appelle à une mondialisation du salut et de l'espérance. Les responsables religieux sont appelés à un ministère de paix et de réconciliation".
SE/SEPTIEME CONGREGATION/...                               VIS 20081010 (1070)


jeudi 9 octobre 2008

PIE XII IN MEMORIAM


CITE DU VATICAN, 9 OCT 2008 (VIS). Ce matin, en la Basilique vaticane, le Pape a présidé une messe concélébrée avec les Cardinaux à l'occasion du 50 anniversaire de la mort de Pie XII. Le Saint-Père a évoqué les lectures du jour et observé que le Siracide "rappelle à ceux qui veulent suivre le Seigneur qu'ils doivent se préparer à affronter des épreuves, des difficultés et des souffrances" et qu'à la lumière de ces textes bibliques "nous pouvons comprendre l'existence terrestre" de Pie XII et son ministère pontifical exercé au cours de la Seconde guerre mondiale, de l'après-guerre et de la guerre froide. Il a ensuite évoqué le long service d'Eglise de Pie XII, initié en 1901 sous Léon XIII, puis sous saint Pie X, Benoît XV puis Pie XI.

  "En Allemagne où il fut Nonce apostolique...jusqu'en 1929 -a dit le Pape- il a laissé derrière lui un grand souvenir, surtout pour avoir collaboré avec Benoît XV dans l'intention d'arrêter 'le massacre inutile' de la Première Guerre mondiale et pour s'être rendu compte depuis ses origines du danger constitué par la monstrueuse idéologie nationale-socialiste aux racines antisémites et anticatholiques pernicieuses. Créé cardinal en décembre 1929, et devenu peu après Secrétaire d'Etat, il fut le fidèle collaborateur de Pie XI pendant neuf ans à une époque marquée par les totalitarismes: le fascisme, le nazisme, le communisme soviétique condamnés respectivement par les Encycliques Non abbiamo bisogno, Mit Brenender Sorge et Divini Redemptoris".

  Benoît XVI a rappelé ensuite les "moments les plus difficiles du pontificat de Pie XII quand, s'apercevant de l'affaiblissement de la sécurité humaine, il ressentit une forte nécessité... d'adhérer au Christ, seule certitude qui ne trahit pas. La Parole de Dieu devenait ainsi lumière sur son chemin...sur lequel...il dut consoler les réfugiés et persécutés...et pleurer les innombrables victimes de la guerre... Cette certitude -a poursuivi le Pape- a accompagné Pie XII dans son ministère de successeur de Pierre, commencé alors que s'amoncelaient sur l'Europe et sur le reste du monde les nuages menaçants d'un nouveau conflit mondial qu'il a cherché à éviter à tout prix: 'Le danger est imminent, mais il est encore temps. La paix n'est pas encore perdue. Tout peut l'être par la guerre', avait-il crié dans son message-radio du 24 août 1939. La guerre met en évidence l'amour qu'il nourrissait pour sa chère Rome, amour témoigné par l'immense œuvre de charité qu'il développa pour la défense des persécutés sans aucune distinction de religion, d'ethnie, de nationalité, d'appartenance politique".

  "Comment oublier ce message-radio de Noël 1942? Avec une voix brisée par l'émotion, il a déploré la situation de centaines de milliers de personnes, lesquelles sans même avoir commis de faute, mais seulement pour des raisons de nationalité ou d'origine, sont envoyées à la mort ou à un dépérissement progressif, avait-il dit, avec une allusion claire à la déportation et à l'extermination perpétrée contre les juifs".

  Pie XII "a agit souvent de façon secrète et silencieuse, justement parce qu'à la lumière des situations de ce moment historique complexe, il pensait que c'était la seule façon d'éviter le pire et de sauver le plus grand nombre possible de juifs".

  Puis le Pape a dit que le débat des historiens autour de Pie XII "ne prenait pas en compte tous les aspects d'un pontificat très riche", rappelant alors les nombreux messages et discours, "dont certains sont d'une extrême actualité et constitue des références solides". Et puis, a-t-il souligné, Paul VI considérait son prédécesseur "un précurseur du Concile Vatican II". Revenant sur certains documents du pontificat de Pie XII, le Saint-Père a cité les Encycliques de 1943, Mystici Corporis et Divino Afflante Spiritu, qui fixèrent les normes doctrinales pour l'étude de l'Ecriture et soulignèrent leur place dans la vie chrétienne. Il s'agit de textes prouvant la grande ouverture à la recherche biblique". Benoît XVI a également cité l'Encyclique Mediator Dei sur la liturgie (1947), "par laquelle le Serviteur de Dieu soutint le mouvement liturgique en insistant sur l'élément essentiel du culte, qui doit être complet. Il faut en effet -écrivait Pie XII- toujours vivre dans le Christ et se consacrer à lui entièrement afin qu'en lui, avec lui et pour lui gloire soit rendue au Père".

  Après avoir souligné "la remarquable impulsion que ce Pape a donné à l'activité missionnaire de l'Eglise avec les encycliques Evangelii Praecones (1951) et Fidei Donum (1957)", le Saint-Père a relevé qu'une "de ses constantes préoccupations pastorales fut la promotion du rôle des laïcs pour que la communauté ecclésiale puisse compter sur toutes les énergies et les ressources disponibles. Pour cela aussi, l'Eglise et le monde se souviennent de lui".

  "Alors que nous prions pour l'heureux aboutissement de la cause de béatification du Serviteur de Dieu Pie XII, il est important de rappeler que la sainteté fut son idéal, un idéal qu'il n'a pas manqué de proposer à tous". Le Pape a conclu en rappelant qu'au cours de l'année 1950, Pie XII proclama le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie. "Dans ce monde qui comme à cette époque est assailli de préoccupations et d'angoisses pour son avenir, dans ce monde où, peut-être plus qu'alors, l'éloignement pour beaucoup de la vérité et de la vertu laisse entrevoir des scénarios privés d'espérance, Pie XII nous invite à tourner notre regard vers Marie élevée dans la gloire céleste".

  Après la messe, le Saint-Père est descendu dans les Cryptes vaticanes pour se recueillir sur la tombe de Pie XII.
HML/PIE XII/...                                     VIS 20081009 (920)


SIXIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 9 OCT 2008 (VIS). Voici un choix d'interventions parmi celles faites au cours de la cinquième Congrégation générale du Synode des évêques, qui s'est déroulée ce matin à partir de 9 h sous la présidence du Cardinal Williqm Joseph Levada. La session, à laquelle ont pris part 242 Pères, s'est interrompue vers 10 h 30' pour permettre aux prélats de participer à la messe commémorative de Pie XII:

Mgr.Vincent RI PYUNG-HO, Evêque de Jeonju (Corée). "Je voudrais partager mon expérience personnelle: depuis le début de mon épiscopat, en 1990, j'ai cherché à mémoriser tous les passages bibliques de la Messe quotidienne. Ainsi, dans une grande partie de ma prédication, je n'ai qu'à laisser que les paroles de Dieu parlent d'elles-mêmes. Alors les personnes me comprennent bien et sont contentes d'entendre directement la Parole de Dieu; et la Parole de Dieu sauve elle-même les personnes... Dès lors, ne serait-il pas important d'inclure au programme de formation des prêtres, futurs et présents, une certaine dose de mémorisation de la Bible? Et, dans un second temps, d'établir pour eux un directoire concret en vue d'une bonne prédication biblique?".

Le Cardinal Stanislaw DZIWISZ, Archevêque de Cracovie (Pologne). "Il semble souvent que les candidats au sacerdoce traitent le texte des Ecritures comme un objet d'étude, sans tenir compte de sa dimension spirituelle. La Sainte Ecriture ne semble pas être pour eux la parole de leur vie. Elle ne laisse pas émaner de l'Ecriture la force de la Parole, capable de changer l'homme et de le convertir. Nous devrions repenser le rôle de la Parole de Dieu dans la formation au séminaire et, par conséquent, dans la formation des prêtres... Le Peuple de Dieu a besoin de prêtres passionnés de la Parole et du service. C'est l'une des conditions indispensables de la nouvelle évangélisation que le Serviteur de Dieu, Jean-Paul II, avait tant à coeur".

Mgr.Emmanuel LAFONT, Evêque de Cayenne (France-Guyane). "La Fédération biblique catholique est un instrument privilégié des évêques pour que Parole soit la source et l'inspiration de toute prière, de toute évangélisation, de toute homélie, de toute catéchèse, de tout document épiscopal, de toute oeuvre de charité. Je témoigne de la fécondité de la Parole parmi les petits et les humbles. J'ai une licence d'Ecriture Sainte à l'Institut biblique de Rome, mais les pauvres m'ont ouvert davantage encore à la force de la Parole... Les pauvres ont une ouverture profonde à la Parole de Dieu, et l'Eglise se doit de toujours la lire en proximité avec eux. Je plaide pour que ce synode manifeste une grande confiance envers la manière dont les petits et les laïcs en général accueillent la Parole. Ma crainte la plus profonde n'est pas qu'ils se trompent en lisant la Bible, mais qu' ils ne la lisent pas, et que nous les empêchions, par trop de précautions, de devenir des amoureux de la Parole".

Le Cardinal Polycarp PENGO, Archevêque de Dar-es-Salaam (Tanzanie). "Une bonne partie du Continent africain vit un phénomène scandaleux, l'exil des fidèles catholiques qui abandonnent l'Église pour rejoindre des sectes pentecôtistes. Une des raisons de ce phénomène en la réalité d'une distance entre la recherche exégétique et l'élaboration théologique, autrement dit le manque de collaboration réciproque entre ces deux sciences. Le résultat de cette situation est la violation de la vérité du texte sacré ainsi qu'une confusion spirituelle. Cette situation doit inviter les chercheurs bibliques et théologiques à travailler en plus étroite collaboration".
SE/SIXIEME CONGREGATION/...                                        VIS 20081009 (580)


CINQUIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 8 OCT 2008 (VIS). Voici un choix d'interventions parmi celles faites au cours de la cinquième Congrégation générale du Synode des évêques, qui s'est déroulée cet après-midi sous la présidence du Cardinal Odilo Pedro Scherer:

Mgr.Donald William WUERL, Archevêque de Washington (USA). "La liturgie est en même temps un acte de culte et un moment de pédagogie. Le cycle triennal du lectionnaire dans sa présentation des Ecritures nous offre une opportunité extraordinaire de le relier au catéchisme de l'Eglise catholique, riche d'un bagage de méditation biblique de deux mille ans. Le lectionnaire et le Catéchisme de l'Eglise catholique devraient être mis en corrélation... Notre devoir est d'aider nos fidèles à comprendre qu'ils font partie de l'Eglise, une communauté visible qui est aussi une communion spirituelle. L'homélie liturgique représente la meilleure opportunité pour nos fidèles de rencontrer la personne vivante du Christ dans un environnement ecclésial et communautaire authentique...La compréhension du contexte ecclésial de la révélation de Dieu aide ceux qui écoutent la Parole de Dieu à renforcer non seulement la signification de la Parole, mais aussi la fidélité et l'adhésion au Corps du Christ, l'Eglise".

Mgr.Tomash PETA, Evêque de Sainte-Marie à Astana (Kazakhstan). "Dans le chapitre III de la première partie de l'Instrumentum Laboris, on trouve un très beau texte dédié à la Sainte Vierge intitulé: Marie, modèle de réception de la Parole pour le croyant... Le document de travail souligne que le chapelet est une forme simple et universelle d'écoute et de prière de la Parole. Je suis convaincu qu'à notre époque, il est important de rappeler et de promouvoir cette forme de prière parce qu'elle est le chemin vers Marie, elle qui a compris et s'est unie à la Parole de Dieu mieux que quiconque. Dans notre pays le Kazakhstan et en Asie centrale, une quantité innombrable de catholiques déportés dans cette région n'ont pas eu, durant des décennies, la possibilité d'accéder aux prêtres, aux églises, aux bibles ou aux sacrements (à l'exception du baptême des enfants qu'ils administraient eux-même), mais ils avaient le chapelet. Grâce à la prière du chapelet, ils ont réussi à conserver la foi, la compréhension des vérités fondamentales de la religion catholique, la dignité et l'espérance en des jours meilleurs".

Mgr.Eduardo Porfirio PATINO LEAL, Evêque de Cordoba (Mexique). "Aujourd'hui, il est important d'aider à comprendre la juste relation entre la Révélation publique et constitutive du credo chrétien, et les révélations privées, et discerner la pertinence de ces dernières à la vrai foi... Le numéro 7 de l'Instrumentum Laboris constate que, fréquemment, l'expérience religieuse est plus émotive que convaincue à cause d'une mauvaise connaissance de la doctrine: on a plus tendance à aller vers du subjectif et ce qui plait pour se faire une religion adaptée à chacun. Des personnes naïves et de bonne volonté sont attirées par des prétendues manifestations, et parfois se tournent vers des groupes religieux isolés à l'intérieur de l'Eglise catholique qui propagent des dévotions et des lignes de spiritualité issues de messages et révélations privées, qu'ils doivent considérer avec précaution et qui doivent dans tous les cas inciter à la Révélation publique intégrale dans la tradition vivante de l'Eglise. Il serait souhaitable de rappeler la doctrine de Dei Verbum et du Catéchisme de l'Eglise catholique, et de recommander aux pasteurs de diriger de façon opportune ces expériences religieuses, avec les critères actuels de mobilité et de globalisation".

Le Cardinal Zenon GROCHOLEWSKI. "Aujourd'hui, les instituts d'études se multiplient, en particulier ceux pour les laïcs et les personnes consacrées, mais en même temps, l'ignorance religieuse semble augmenter. Une recherche que la Fédération biblique catholique a commanditée récemment dans dix pays d'Europe a montré l'existence d'une ignorance incroyable parmi les fidèles, même sur des notions bibliques élémentaires. Comme exemple, on peut citer ces questions: Les Evangiles font-ils partie de la Bible?, Jésus a-t-il écrit des livres de la Bible?, qui de Moïse et  Paul est un personnage de l'Ancien Testament?. Une telle ignorance offre un terrain fertile aux sectes... Nous nous dépensons beaucoup, mais peut-être ne distribuons-nous pas raisonnablement nos forces dans les différentes formes et degrés de l'enseignement... Il faudrait favoriser et diffuser des cours de sciences religieuses appropriés, sans titres académiques, pour qu'ils soient plus accessibles à un public plus vaste... Il faudrait y souligner l'importance aux vérités fondamentales de la foi,  liées à la Parole de Dieu, parce qu'elles déterminent notre vie chrétienne, notre rapport avec le Seigneur, notre joie chrétienne".

Mgr.Oscar Mario BROWN JIMENEZ, Evêque de Santiago de Veraguas (Panama). "Au numéro 35 de l'Instrumentum Laboris, il est rappelé que ce synode sur La Parole de Dieu dans la vie et  la mission de l'Eglise, s'inscrit dans la ligne du précédent sur l'Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l'Eglise". L'Exhortation apostolique Sacramentum Caritatis précise "que les deux parties du rite, la liturgie de la parole et la liturgie de l'Eucharistie, ne doivent pas simplement se juxtaposer mais être unies car elles forment un acte de culte unique... Dans la liturgie de la Parole, comme dans la liturgie eucharistique, au cours de la messe, le Seigneur de la Pâques est réellement présent. Via le dialogue Dieu choisit de s'adresser à l'homme par sa Parole, et ce dernier lui répond avec foi, obéissance et conversion. Cette présence est latente dans l'Ancien Testament et manifeste dans le Nouveau".

Mgr.Peter LIU CHENG-CHUNG, Evêque de Kaohsiung (Chine-Taïwan). "La question est la suivante: comment rendre le kérygme et la proclamation de la parole vivante de Dieu plus accessibles aux fidèles? Comment ce kérygme, cette rencontre avec la parole de Dieu, peut-il devenir un vrai dialogue entre le Christ même et les fidèles? La réponse est la reconnaissance de la présence de l'Esprit Saint dans cette proclamation de la Parole vivante de Dieu. C'est l'Esprit Saint qui comble chaque baptisé de dons et de charismes qui, à leur tour, deviennent des contributions pour l'Eglise locale. Un appel est lancé pour que les évêques et les curés s'ouvrent à ces réalités au sein des communautés locales. Et c'est au sein de ces petits groupes, au niveau paroissial, que la Parole proclamée peut devenir une entité vivante. Petit à petit, les fidèles peuvent célébrer ensemble la liturgie des heures et les offices communautaires  de la Pénitence (avec les confessions individuelles). Dans ce contexte, les Ecritures sont intimement liées à la liturgie en tant que signe de Dieu dialoguant avec son Peuple, spécialement dans l'Eucharistie. Mais pour que tout ceci qui puisse se réaliser, il faut offrir une catéchèse spécifique, pratique et concrète, sous la directive du diocèse local et avec la coopération des curés, de manière à ce que l'esprit des Ecritures puisse s'intérioriser, être expérimenté et préservé dans les épreuves, et être également renforcé entre les fidèles et ceux qui se préparent à l'initiation dans l'Eglise".
SE/CINQUIEME CONGREGATION/...                                       VIS 20081009 (1140)


mercredi 8 octobre 2008

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

CITE DU VATICAN, 8 OCT 2008 (VIS). Le Saint-Père a nommé:

-L'Abbé Carlos Cabrero Romero, Evêque de Zacatecas (superficie: 59.000, population: 1.364.000, catholiques: 1.314.000, prêtres: 195, religieux: 372), au Mexique. L'Evêque élu, né en 1946 à San Luis Potosí (Mexique) et ordonné prêtre en 1972, était jusqu'ici Curé de la paroisse Notre-Dame de Guadalupe du diocèse de San Luis Potosí.

-Mgr.Gustavo Rodríguez Vega, Evêque de Nuevo Laredo (superficie: 19.378, population: 1.000.000, catholiques: 805.000, prêtres: 67, religieux: 135), au Mexique. Il était jusqu'ici Auxiliaire de l'Archevêque de Monterrey (Mexique).

-Le P.Cláudio Nori Sturm, OFM.Cap., Evêque de Patos de Minas (superficie: 35.072, population: 550.000, catholiques: 409.000, prêtres: 68, religieux: 86), au Brésil. L'Evêque élu, né en 1953 à Ubiretama (Brésil), a prononcé ses voeux religieux en 1978 et a été ordonné prêtre en 1980. Il était jusqu'ici Ministre provincial de son ordre.
NER/.../CABRERA:RODRIGUEZ:NORI                                       VIS 20081008 (150)

SAINT PAUL LE MIGRANT


CITE DU VATICAN, 8 OCT 2008 (VIS). Le message papal pour la 95 Journée mondiale du migrant et du réfugié (18 janvier 2009) a pour thème: "Saint Paul migrant et apôtre des peuples". Voici quelques extraits de ce texte publié en allemand, anglais, espagnol, français et italien:

  "Guidé par l'Esprit Saint, il se prodigua sans réserve, afin que l'Evangile, qui est une force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit, fût annoncé à tous, sans distinctions de nationalité et de culture... Sa vie et sa prédication furent totalement dédiées à faire connaître et aimer Jésus de tous, parce qu'en lui tous les peuples sont appelés à devenir un seul peuple. A l'heure de la mondialisation, la mission de l'Eglise et de tous les baptisés est la même mission qui, par un soin pastoral attentif, se tourne aussi vers l'univers bigarré des migrants, des étudiants étrangers, des immigrés et réfugiés, des personnes déplacées ou victimes d'esclavages modernes, tel le trafic des êtres humains. Aujourd'hui aussi le message du salut doit être proposé avec la même attitude que l'Apôtre des nations, en tenant compte des différentes situations sociales et culturelles, et des difficultés particulières de chacun qui découlent de la condition de migrant et d'itinérant".

  Puis le Pape forme le vœu que "toutes les communautés chrétiennes puissent nourrir la même ferveur apostolique que saint Paul... Que son exemple soit pour nous aussi un encouragement à nous faire solidaires de ces frères et sœurs et à promouvoir, partout dans le monde et par tous les moyens, la coexistence pacifique entre les ethnies, les cultures et les religions différentes... En lisant les Actes des Apôtres et les Epîtres que Paul adresse à différents destinataires, on saisit un modèle d'Eglise non exclusive, et même ouverte à tous, formée par des croyants sans distinction de culture et de race. Chaque baptisé est, en effet, membre vivant de l'unique Corps du Christ. Dans cette optique, la solidarité fraternelle, qui se traduit en gestes quotidiens de partage, de coparticipation et d'attention joyeuse aux autres, acquiert un profil singulier... Comment ne pas prendre en charge ceux qui, en particulier parmi les réfugiés et les personnes déplacées, se trouvent dans des conditions difficiles et malaisées? Comment ne pas remédier aux besoins de celui qui est, de fait, plus faible et sans défense, marqué par la précarité et l'insécurité, marginalisé, et souvent exclu de la société? On leur doit la plus grande des attentions".

   La Journée mondiale du migrant et du réfugié 2009 doit être "pour tous un encouragement à vivre pleinement l'amour fraternel sans distinction de genre et sans discriminations, dans la conviction que quiconque a besoin de nous et que nous pouvons aider est notre prochain. Que l'enseignement et l'exemple de saint Paul, humble grand Apôtre et migrant, évangélisateur des peuples et des cultures, nous encouragent à comprendre que la pratique de la charité constitue le sommet et la synthèse de toute la vie chrétienne". Chers frères et sœurs, conclut Benoît XVI, "ne nous lassons pas de proclamer et de témoigner cette Bonne Nouvelle avec enthousiasme, sans peur et sans économiser notre énergie! Tout le message évangélique est contenu dans l'amour et les disciples authentiques du Christ se reconnaissent par leur amour mutuel et par leur accueil à l'égard de tous. Que l'Apôtre Paul nous obtienne ce don, mais surtout Marie, Mère de l'accueil et de l'amour".
MESS/PAUL MIGRANT/...                                     VIS 20081008 (570)


JUSTICE POUR LES FLUX MIGRATOIRES


CITE DU VATICAN, 8 OCT 2008 (VIS). Près la Salle-de-Presse du Saint-siège, le Cardinal Renato Martino, Président du Conseil pontifical pour la pastorale des réfugiés, assisté du Secrétaire Mgr.Agostino Marchetto, a présenté le Message papal pour la 95 journée mondiale du migrant et du réfugié ("Paul le migrant, apôtre des peuples"): "Dans un monde globalisé -a dit le Cardinal- il serait vain de résoudre le problème par la fermeture des frontières. Les flux migratoires doivent être traités par les états au moyens de mesures justes et solidaires".

  Puis Mgr.Marchetto a rappelé que l'hospitalité, qui est à la base de la pastorale des réfugiés et des demandeurs d'asile, est plus un mode de vivre à partager qu'un devoir. Sa mise en application est souvent en opposition avec les idées et la mentalité de la société. On a l'impression, a-t-il ajouté, que "ces derniers temps les réfugiés sont traités sans prendre en considération les raisons de leur fuite forcée. Cela se traduit par la tentative de leur interdire l'entrée dans les pays qu'ils rejoignent, et l'application de mesures rendant plus difficile leur migration...comme des visas... Puisse le courage et l'enthousiasme avec lesquels le migrant Paul a accompli sa mission, pousser l'Eglise et la société à répondre par la solidarité aux enjeux de ce monde, dans la perspective de développer la coexistence pacifique entre populations, cultures et religions".
OP/MESSAGE MIGRANT:REFUGIE/...                             VIS 20081008 (240)


VISITE DU PREMIER MINISTRE DE PAPOUASIE NOUVELLE-GUINEE


CITE DU VATICAN, 8 OCT 2008 (VIS). Après l'audience générale, le Saint-Père a reçu le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle Guinée, M.Michael Somare. Selon le communiqué de la Salle-de-Presse du Saint-Siège, "au cours de la rencontre cordiale d'aujourd'hui, l'actuelle situation politique et sociale du pays a été évoquée ainsi que l'importante contribution de l'Eglise catholique, surtout dans les domaines de l'éducation, de la promotion humaine et de la santé. Des opinions ont ensuite été échangées sur quelques thèmes d'intérêt régional parmi lesquels les rapports avec les pays voisins et les effets du changement climatique".
OP/AUDIENCE/PREMIER MINISTRE PAPOUASIE                VIS 20081008 (100)


PAUL ET LE CHRIST TERRESTRE


CITE DU VATICAN, 8 OCT 2008 (VIS). A l'occasion de l'audience générale Place St.Pierre, Benoît XVI a poursuivi sa catéchèse sur saint Paul et a abordé aujourd'hui la relation de l'Apôtre des Gentils avec la figure historique de Jésus. Benoît XVI a d'emblée précisé que Paul n'avait probablement pas rencontré Jésus au cours de sa vie terrestre. "A travers les apôtres et l'Eglise naissante, il nous donne des détails sur la vie de Jésus et dans ses lettres, nous trouvons des références à la figure de Jésus avant Pâques". Par exemple, "de façon explicite et directe", l'apôtre parle de l'"ascendance davidique" du Christ, de "l'existence de ses frères de sang" et sait comment s'est déroulée la dernière Cène". De même, on trouve, dans les épîtres de saint Paul, des références à la tradition racontée dans les Evangiles synoptiques comme "l'enseignement de Jésus sur les simples et les pauvres". "Quand Paul parle de l'obéissance de Jésus jusqu'à la mort...il connaît sa Passion...sur la Croix et sait de quelle façon, il a vécu ces derniers moments de sa vie. La Croix de Jésus et la tradition sur cette Croix étaient déjà au centre du kérygme paulinien. Paul connaît aussi un autre pilier de l'enseignement de Jésus, le Sermon sur la montagne", comme il le raconte dans sa lettre aux Romains".

  On trouve aussi l'empreinte des paroles de Jésus dans la forme par laquelle Paul transpose "la tradition pre-pascale à la situation de l'après Pâques", ainsi que dans le "thème du Royaume de Dieu...qui annonçait le ministère de Jésus et qui est devenu la christologie. Pour Paul, les mêmes dispositions que Jésus sont valables pour entrer dans le Royaume de Dieu, lorsqu'il évoque la justification par la foi. Il faut à la fois une attitude d'humilité et de disponibilité...pour accueillir la grâce de Dieu... On retrouve dans les titres donnés à Jésus une autre forme de transformation fidèle au noyau voulu par Jésus. Avant Pâques, Jésus s'appelle lui-même Fils de l'Homme...après Pâques, il est... le Fils de Dieu... C'est pour cela que le titre préféré de Paul pour Jésus est Seigneur qui indique sa divinité". Paul touche aussi la "dimension salvifique" du Christ quand il parle de la "mort de Jésus comme rachat, rédemption, libération et réconciliation".

  "En conclusion, saint Paul ne pense pas à Jésus en historien, il ne le voit pas comme un personnage du passé. Il connaît certainement la tradition...sur sa vie mais il n'en parle pas comme une chose appartenant au passé mais comme la réalité de Jésus vivant... Jésus vit aujourd'hui et parle aujourd'hui avec nous. Voilà la vraie façon de connaître Jésus et la tradition sur Jésus".
AG/SAINT PAUL/...                                    VIS 20081008 (450)


CIRCULI MINORES

CITE DU VATICAN, 8 OCT 2008 (VIS). Tandis que le Pape tenait l'audience générale, les Pères synodaux se sont réunis en Circuli Minores, groupes de travail linguistiques, de manière à choisir les Rapporteurs et à entamer l'examen du Rapport préliminaire. La cinquième Congrégation générale aura lieu cet après-midi.
SE/CIRCULI MINORES/...                                       VIS 20081008 (60)

QUATRIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 7 OCT 2008 (VIS). Voici un choix d'interventions parmi celles faites au cours de la quatrième Congrégation générale du Synode des évêques, à laquelle ont pris part 240 Pères sous la présidence du Cardinal George Pell:

Mgr.MAURICE PIAT, CSSP, Evêque de Port-Louis (Maurice). "La crise de la transmission de la foi dans les sociétés de Chrétienté s'explique en grande partie par le fait que, dans ces sociétés, l'Église jouissant d'une certaine sécurité, a eu tendance à prendre la foi pour acquise, à privilégier l'enseignement de la doctrine et à négliger la Parole de Dieu dans le processus de transmission.
Faute de prendre appui sur le Roc de la Parole, l'édifice doctrinal et moral devient comme une maison construite sur le sable et résiste mal aux tsunamis de la culture numérique moderne. D'où l'urgence de retrouver la place de la Parole de Dieu comme fondement de la vie et de la mission de l'Eglise. La Parole est fondement quand elle est accueillie comme l'événement de Dieu qui nous parle de lui même et s'adresse à nous comme à des amis pour nous inviter à partager sa vie. Cette parole ne cherche pas à convaincre des esprits curieux, mais à susciter la foi dans le coeur des humbles. Ainsi proposer la foi ce n'est pas d'abord transmettre un contenu impressionnant mais une invitation laquelle est toujours associée à une promesse; Venez et vous verrez".

Mgr.GEORGE PUNNAKOTTIL, Evêque syro-malabar de Kothamangalam (Inde). "Dans la tradition patristique, l'Eglise insiste sur l'aspect ecclésial et sur l'aspect spirituel. La Bible est la Parole de Dieu dans l'Eglise. Les personnes de leur propre chef ne peuvent pas découvrir l'inspiration ou décider du canon. Ceux-ci sont garantis par l'Église. La Parole de Dieu est enchâssée dans la tradition. Actuellement la Bible ne requiert plus le soutien de la tradition pour attester de son autorité et de sa vérité. La Tradition est enracinée dans les Saintes Ecritures et soutenue par l'Ecriture. La tradition contraire à la Bible ne résistera pas. La Bible est la source primaire de la doctrine et de la foi. En second lieu, la Bible a une signification historique et spirituelle. Le sens spirituel n'est pas contraire au sens littéraire. Il est basé sur lui. Le sens spirituel est connu par l'intelligence spirituelle. Elle est considérée comme l'oeil intérieur de la foi. Raisonner n'est pas suffisant. La contemplation spirituelle de la Parole est requise. Les vrais théologiens sont de vrais saints. Lire présuppose un état de prière. La prière illumine l'esprit afin qu'il saisisse ce qu'il lit. Lire la Parole doit conduire à la Parole substantielle qui est Jésus".

Mgr.Orlando B.QUEVEDO, OMI, Archevêque de Cotabato (Philippines). "Dieu a prononcé sa Parole spécialement pour le bien des pauvres. Il a été leur refuge et leur libérateur... Incroyablement riche d'une splendide mosaïque de cultures et de religions antiques, l'Asie est cependant un continent de pauvres, de déséquilibres économiques et politiques, de divisions et de conflits ethniques. Notre sens profond de la transcendance et de l'harmonie est érodé par une culture séculaire et matérialiste mondialisante. Toutefois, la Parole de Dieu en Asie appelle des milliers de petites communautés de pauvres vers le Père, dans l'Esprit Saint. Et les pauvres, à leur tour, écoutent la Parole de Dieu. Ce faisant, il construisent un nouveau mode d'être Eglise, en réalité très ancien, c'est-à-dire le mode de la première communauté de Jérusalem. Sous la conduite de leurs pasteurs ordinaires, de guides laïcs et de collaborateurs formés, les personnes locales se réunissent chaque semaine dans les chapelles et dans les maisons pour célébrer la liturgie de la Parole. Ils écoutent la Parole de Dieu, réfléchissent sur la Parole, prient sur la Parole et discernent ensemble sur la manière d'appliquer la Parole au quotidien. Ils reçoivent Jésus dans l'Eucharistie par le biais de ministres extraordinaires laïcs de la communion qui ont reçu une formation. Pour eux, la Parole de Dieu renforce la foi en les exhortant à participer activement dans l'Eglise et aux changements sociaux. Ils constituent des communautés ecclésiales de base, qui transforment les familles, les paroisses et les diocèses en communautés vivantes et qui témoignent la Parole de Dieu dans un environnement multireligieux très souvent hostile. Ce sont des communautés de solidarité et d'amitié qui, à leur niveau et par  leur façon d'être, mettent fortement en question la culture moderne du sécularisme et du matérialisme".

Mgr.Desiderius RWOMA, Evêque de Singida (Tanzanie). "L'attitude des Pères de l'Eglise envers la Parole et la prédication est pour nous un défi. Quand nous parlons de personnes tièdes sur les questions liées à notre foi et du phénomène des sectes religieuses qui se développent à une vitesse préoccupante dans de nombreux endroits du monde, peut-être faut-il en chercher les causes dans le défaut d'une prédication bonne et adéquate de la part des ministres... Nous devons revenir aux prédications mistagogiques des Pères de l'Eglise, qui aident l'Eglise à générer des fils et des filles et à les nourrir en les guidant dans les mystères de notre foi".

Mgr.Anicetus Bongsu Antonius SINAGA, OFM.Cap., Coadjuteur de Medan (Indonésie). "Alors que nous voulons que tous gardent un contact continu avec les Ecritures par une lecture spirituelle assidue et une étude soigneuse, il est aussi vrai que, bien que nous appartenons à une époque privilégiée d'avoir la Bible disponible en cinq langues nationales et vernaculaires, les gens d'aujourd'hui ne prennent pas l'habitude de lire et de prendre connaissance des questions concernant les Saintes Ecritures. Il est ainsi souhaitable que le Synode des évêques s'engage sérieusement dans la recherche de voies et méthodes pour dépasser cette incapacité et cette préoccupation du croyant".

Mgr.Salvatore FISICHELLA, Président de l'Académie pontificale pour la vie. "Le christianisme est la religion de la Parole. Il est important de s'engager pour l'édification d'une culture qui voit les saintes Ecritures comme une parole vivante, dynamiquement ouverte à la vérité de la relation contenue en elle. Si nous ne présentons pas cet enseignement dans sa globalité au moyen des divers instruments que nous possédons pour la formation de notre peuple, nous risquons d'humilier la Parole de Dieu en la réduisant exclusivement à un texte écrit en lui enlevant sa force provocatrice qui donne son sens à la vie. Comme le rappelle l'apôtre, la Parole de Dieu est libre... Dans une période comme la nôtre dans laquelle subsistent de nombreuses tentatives de mettre les textes sacrés à l'écart en tant que porteurs de sens parce qu'identifiés comme des mythes, privés de caractère historique et destinés seulement aux intellectuels, il est important que l'on retrouve les formes nécessaires pour redonner une valeur historique et provocatrice au sens de l'existence. Nous nous trouvons devant l'urgence éducative de ramener au centre de notre vie de foi le thème du salut".
SE/QUATRIEME CONGREGATION/...                                                      VIS 20081008 (1130)


mardi 7 octobre 2008

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

CITE DU VATICAN, 7 OCT 2008 (VIS). Le Saint-Père a nommé Président de la Commission pour les avocats, Mgr.Raymond Leo Burke, Préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique.
NA/.../BURKE                                               VIS 20081007 (30)

TROISIEME CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 7 OCT 2008 (VIS). Ce matin, en présence du Saint-Père, s'est tenue la troisième Congrégation générale du Synode des évêques (2   Pères synodaux présents). Le Cardinal George Pell, Président de séance, a conduit le début de la discussion générale. Voici des extraits de quelques interventions:

LE CARDINAL FRANC RODE, CM. "La vie consacrée est profondément enracinée dans l'exemple et dans l'enseignement du Christ Seigneur", comme l'a récemment rappelé Benoît XVI. "Elle n'a cessé de s'inspirer de l'Evangile tout au long des siècles, et c'est à lui qu'elle est appelée à revenir constamment pour se maintenir vivante et féconde en portant du fruit pour le salut des âmes. Par sa présence même, une famille religieuse devient exégèse vivante de la Parole de Dieu. Le renouveau auquel sont constamment invitées les personnes consacrées trouve sa modalité la plus adaptée dans le retour aux racines évangéliques des charismes de manière à y trouver des inspirations toujours nouvelles. Si chaque charisme constitue une parole évangélique de l'unique Parole, donc des aspects particuliers de la totalité de l'Evangile, en vivant pleinement l'Evangile, les personnes consacrées trouveront la lumière pour cueillir la dimension évangélique particulière sur laquelle s'est greffé leur institut. Tel est le chemin que les personnes consacrées devront parcourir en communion avec toutes les autres vocations dans l'Eglise".

Mgr.MARK BENEDICT COLERIDGE, Archevêque de Camberra-Goulburn (Australie). "Parler de la Parole de Dieu dans l'Eglise, c'est parler de la Parole de Dieu dans les vies des croyants. Les Pasteurs devraient prêter attention à la conversion des imaginations, des esprits et des volontés de ceux auxquels ils proclament la Parole de Dieu et pour lesquels ils interprètent l'Ecriture. Trop souvent, l'imagination contemporaine a perdu l'image de Dieu en tant qu'acteur de l'histoire. L'esprit contemporain trouve peut de cohérence dans les livres de la Bible et n'est pas informé par la Regula Fidei. Le coeur contemporain n'a pas été modelé par le culte et par la soumission à la Parole de Dieu au long de l'année liturgique. Si la puissance de la Parole de Dieu dans l'Ecriture doit être ressentie dans la vie et dans la mission de l'Eglise, les pasteurs devraient prêter attention au contexte personnel tout autant qu'au texte inspiré".

LE CARDINAL FRANCIS EUGENE GEORGE, OMI. "Le Concile Vatican II a appelé à un renouveau de la prédication qui implique la transformation du sermon, compris essentiellement comme une exposition de la doctrine catholique, de la dévotion et de la discipline, en une homélie comprise essentiellement comme une exposition et une application de l'Écriture. Une telle modification n'a été accomplie qu'en partie. L'une des raisons de cette modification partielle est que la prédication a souvent tendance à considérer le kerygme comme acquis, et cela à un moment où le kerygme ne peut pas l'être au sein des cultures occidentales. Dans ce cas, le risque est de voir la prédication subir une réduction moraliste qui peut provoquer l'intérêt ou l'admiration, mais non la foi qui sauve... Une nouvelle évangélisation requiert une formulation et une proclamation nouvelles du kerygme en vue d'une prédication missionnaire plus puissante. Afin de promouvoir ce type de prédication, il faudrait préparer un Directoire général pour les homélies sur le modèle du Directoire général pour la catéchèse et de l'Instruction générale du Missel Romain. Ce directoire devrait se dessiner sur l'expérience de l'Eglise universelle afin de fournir une structure sans que soit suffoqué le génie des Eglises particulières ou des prédicateurs individuels".

LE CARDINAL ANDRE VINGT-TROIS. "Dans la recherche du sens du texte biblique, l'interprète sera attentif, demande le Concile, à son genre littéraire et aux circonstances historiques de son écriture. Autrement dit, la Bible est une littérature humaine. Le Concile ajoute que le fidèle interprète ne sera pas moins attentif à l'harmonie des Ecritures de l'ancienne et de la nouvelle Alliance, à l'unité de l'Ecriture et de la Tradition et à l'analogie de la foi... L'exégète et le théologien, s'ils ne sont pas la même personne, sont appelés à scruter la lettre ensemble, en disciples du seul Docteur. Le sens des Ecritures est théologique; la théologie est la recherche du sens des Ecritures. C'est en raison d'une lacune philosophique qu'on limite l'exégèse à la détermination de la dimension historique et littéraire de la lettre ou qu'on expose la théologie hors d'un contact vivant aux Ecritures".

LE CARDINAL PETER ERDO. "Il est absolument nécessaire qu'une juste interprétation soit faite par l'Eglise au moment même de la première rencontre avec la Parole de Dieu. Les risques d'une interprétation arbitraire sont particulièrement élevés dans un environnement culturel comme le nôtre où les catégories élémentaires de la recherche de la vérité historique semblent avoir moins d'importance. Les publications plus sensationnelles que scientifiques peuvent générer une grande confusion dans l'esprit des fidèles et parfois aussi des prêtres. Le risque le plus grand ne réside pas dans le fait que certains ne sachent pas quel crédit accorder à un texte apocryphe comme par exemple l'évangile de Judas, mais plutôt dans ce que beaucoup n'ont aucune idée sur la façon de distinguer les sources crédibles de celles qui ne le sont pas dans l'histoire de Jésus-Christ. De plus, il semble que, pour beaucoup, il n'est pas important de rechercher quelle a été la véritable histoire parce qu'ils raisonnent de façon subjective et donc subjectiviste sur l'histoire".
SE/TROISIEME CONGREGATION/...                            VIS 20081007 (890)


SECONDE CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 6 OCT 2008 (VIS). A 16 h 30' s'est ouverte la seconde Congrégation générale de la XII Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques présidée par le Pape, en présence de 254 Pères synodaux. Des rapports sur la perception du thème synodal en Afrique, en Asie, en Europe et en Océanie ont été présentés, dont voici des extraits:

AFRIQUE. Mgr.John Olorunfemi Onaiyekan, Archevêque d'Abuja (Nigéria). "Certains des premiers centres de christianisme, aussi bien en termes de théologie et de théologiens que de martyrs et de confesseurs, se trouvent en Afrique du Nord, Alexandrie, Carthage et Hippone pour n'en mentionner que quelques uns". L'Afrique "peut se vanter d'être une terre biblique davantage que beaucoup de grandes nations chrétiennes d'aujourd'hui... Le texte de l'Ecriture lui même peut représenter un véritable problème dans certains lieux. Dans de nombreux pays du monde, le coût d'une Bible peut être tout à fait minime, alors que dans certaines régions d'Afrique, il représente parfois un salaire mensuel. Il en résulte que beaucoup n'ont pas assez d'argent pour posséder une Bible". Au-delà  du texte, il y a une question de langue. "Beaucoup de langues ne possèdent toujours pas de traduction adéquate du texte biblique". Même "après avoir entendu la Parole de Dieu lue dans notre propre langue, il reste à interpréter cette parole afin d'assimiler le sens véritable du message que l'Esprit Saint destine à ceux à qui la parole est adressée. On touche ici à la tâche de l'interprétation, de l'exégèse, aussi bien au niveau scientifique que populaire".

  "Les missionnaires qui ont apporté la foi catholique en Afrique à la fin du XIX siècle et pendant la majeure partie du XX siècle, étaient des hommes et des femmes représentant bien leur époque et leurs pays d'origine. Il est évident que la Bible comme texte scripturaire n'était pas vraiment une priorité dans la vie de l'Eglise de cette époque... Mais cela ne signifie pas qu'ils ignoraient les Saintes Ecritures. Le catéchisme était lui même basé, d'une manière indirecte, sur les Ecritures. La liturgie était encore plus importante. Pendant la messe, des passages étaient lus et des homélies étaient prononcées pour eux".

  "L'Afrique est encore un continent de première évangélisation", ce qui réclame "que les Ecritures soient correctement présentées à ceux qui sont invités à accepter le message chrétien". Avec les autres chrétiens qui n'appartiennent pas à notre Eglise...il y a bien sûr des difficultés, en particulier avec des groupes qui ne sont pas seulement de type fondamentaliste mais qui sont clairement anti-catholiques... Un grand nombre de nos fidèles est souvent l'objet des attaques et du harcèlement de tels groupes, en particulier lorsqu'ils ne sont pas eux mêmes bien préparés à défendre leur position de catholique. Beaucoup d'entre eux ont toutefois saisi l'occasion de prendre les Ecritures plus au sérieux pour pouvoir justement défendre leur origine quand d'autres attaquent leurs personnes et leur Eglise".

  "Nous souhaitons que l'enthousiasme pour la Parole de Dieu dont nous faisons à présent l'expérience sur notre continent, soit renforcé et nourri par ce synode. Nous espérons aussi que, après avoir parlé des défis que nous affrontons et des limites de nos ressources, nous pourrons nous attendre à davantage de soutien de la part de ceux qui nous viennent en aide pour les besoins que nous avons mentionnés".

OCEANIE. Mgr.Michael Ernest Puntney, Evêque de Townsville (Australie). "Le travail de dévouement incroyable et souvent héroïque des missionnaires qui ont partagé la Parole de Dieu par la prédication des Evangiles, par les sacrements, et par l'enseignement de la Tradition de l'Eglise à un si grand nombre de personnes dans tout le Pacifique, a donné d'énormes fruits. Ces fruits comportaient aussi leurs ambiguïtés car, comme Ecclesia in Oceania l'avait souligné, parfois les missionnaires introduisaient souvent des éléments qui étaient culturellement étrangers à ces populations. Il est aussi vrai que, quelquefois, les éléments de la culture d'accueil incompatibles avec la Parole de Dieu continuent d'influencer la vie de ces populations. Face à ces défis, il y a toujours un besoin de personnel compétent pour enseigner dans les séminaires et les instituts d'enseignement supérieur dans les nombreux pays d'Océanie".

  "Les nouvelles églises du Pacifique affrontent maintenant les défis liés à la transition culturelle du fait qu'elles se déplacent en différents lieux, de communautés de villages à la vie urbaine, et qu'elles participent à l'économie mondiale. En raison de cette transition, il arrive que la vie de famille soit tendue et que le tissu social se détériore. De même, elles peuvent parfois difficilement supporter les processus politiques de l'Occident que la plupart ont hérité de leurs colonisateurs européens, et les menaces environnementales grandissantes à cause des changements climatiques. De plus, il y a dans de nombreux pays d'Océanie un nombre incroyable de langues dans lesquelles la Parole de Dieu serait parfaitement communicable... En tout, on y trouve à peu près mille deux cents langues différentes".

  "L'Australie est l'un des pays les plus sécularisés au monde. La Nouvelle-Zélande abrite de nombreux peuples insulaires du Pacifique qui ont un fort appétit religieux, mais la culture européenne prédominante est aussi séculaire qu'elle l'est en Australie... Après la Journée mondiale de la jeunesse, certains Australiens et Néo-Zélandais ont le sentiment que la promesse d'une nouvelle évangélisation pourrait finalement être lancée malgré l'apparente imperméabilité de la culture séculière".

  "Le défi regardant l'Australie et une grande partie de l'Océanie est de trouver de nouvelles voies pour permettre à ce don de l'Evangile d'être entendu... Ecclesia in Oceania, prévoit aussi que les Ecritures soient traduites dans le plus grand nombre possible de langues vernaculaires. En ce sens, le nombre de langues existantes dans les nombreuses îles d'Océanie représente un défi unique pour l'Eglise. Avec une intensité sans cesse croissante, les Eglises qui sont en Australie et en Nouvelle-Zélande et dans les autres pays de l'Océanie concentrent leur attention vers le besoin de s'engager dans une nouvelle évangélisation dans cette partie du monde, notamment dans les cultures séculières d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Cependant, aucune méthode n'a émergé pour le moment, pas même de compréhension partagée sur ce qu'il faut faire pratiquement".

"En même temps, les relations oecuméniques avec les principales Eglises catholiques, et les relations avec la communauté juive, la communauté islamique et les autres religions du monde sont une expérience positive pour l'Eglise dans la majeure partie de l'Océanie. Nous cherchons à nous maintenir dans notre culture séculière afin d'affirmer la valeur fondamentale de la croyance en Dieu et le droit des croyants à apporter leur contribution à notre culture séculière"

EUROPE. Le Cardinal Josip Bozanic, Archevêque de Zagreb (Croatie). "Il existe un lien indissoluble entre la Bible et l'Europe. Tout ce qui a rendu grande la culture européenne et sa civilisation...trouve son point de départ dans la Bible. Par exemple, des thèmes tels que la dignité de la personne, la reconnaissance des droits de l'homme, la séparation entre l'Eglise et l'Etat trouvent leur source dans la Bible. La justice sociale, le droit, la critique de tout type d'idolâtrie, le rejet des fausses images de Dieu, ont leur fondement dans la Bible". Mais "aujourd'hui en Europe, on perçoit les signes d'un intérêt renouvelé pour la Bible. Il est donc nécessaire de repartir de Dieu et de l'événement de sa Révélation et, en même temps, avoir le courage de proposer une Lectio Divina nouvelle et plus mûre".

  "L'Europe sans Dieu risque de devenir un nid de préoccupations et de construire une civilisation de la peur. La Parole de Dieu rend l'espérance et la joie. L'Europe, en outre, entre en crise quand elle n'accepte pas la force interprétante de la Parole de Dieu qui trouve dans la foi et dans l'inspiration son fondement ultime. C'est une mission ardue pour toutes les disciplines scientifiques et spécialement pour la théologie. L'Europe se vante, avec juste raison, du développement de sa propre pensée théologique, mais il faut un effort supplémentaire pour une confrontation plus profitable avec les nouvelles interprétations et les nouvelles recherches scientifiques qui sont souvent volontairement séparées des paradigmes herméneutiques de la vérité chrétienne. Le refus de la Parole de Dieu comme instance interprétative conduit l'Europe vers la culture du découragement et de l'insécurité. En effet, une culture qui rompt avec la célébration chrétienne, c'est-à-dire avec la célébration du Mystère de la bonté de Dieu et du salut réalisé dans le Christ, risque sa propre joie et pousse l'Europe dans la civilisation de l'affliction et de la tristesse, qui sent le poids de la vieillesse et de la mort. La Parole de Dieu rend à l'homme européen la capacité de célébrer la vie. Là où on célèbre les mystères chrétiens, l'Eglise est jeune, et ceci garantit également la jeunesse de l'Europe".

  "Remplis de l'Esprit Saint puisé dans les Ecritures, de nombreux catholiques et chrétiens européens du XX siècle ont pu discerner entre le bien et le mal, ont pu résister au défi des totalitarismes, en révélant la perfidie et la déviation satanique de ces derniers. L'Ecriture Sainte leur a permis de découvrir non seulement les faiblesses des autres et les leurs propres, mais d'abord et avant tout l'espérance qui jaillit de cette même Parole de Dieu".

ASIE.Mgr.Thomas Menamparampil Deahati (Inde). "Depuis les débuts du christianisme, les évangélisateurs chrétiens avaient un pouvoir de persuasion car leur Parole se traduisait en action. Mère Teresa en est un exemple récent. Les missionnaires sont restés créatifs et ont continué à pénétrer dans de nouveaux secteurs. Leurs services dans les domaines de l'éducation et de la santé sont énormément appréciés... Ils sont actifs dans la lutte en faveur de la justice pour les groupes opprimés, dans le travail pour le changement social, la promotion culturelle, la protection de l'environnement, la défense de la vie et de la famille, mais aussi dans la défense des faibles, des opprimés et des marginalisés, et en donnant la voix aux sans voix... Même là où l'Evangile trouve plus de résistance, le témoignage évangélique d'œuvres  socialement importantes est le bienvenu".

  "On enregistre une croissance importante de l'Eglise là où notre personnel apostolique (prêtres, religieux et catéchistes) est activement engagé dans le travail missionnaire auprès de  communautés réceptives... Parmi de tels groupes, nous pouvons mentionner beaucoup de minorités ethniques (tribus) de différentes régions de Chine, des îles indonésiennes, du Myanmar du nord, de la Thaïlande, du nord-est de l'Inde".

  "En Asie, on comprend la vie religieuse, on reconnaît son importance, on apprécie sa contribution, et on respecte ses représentants. En effet, il existe des modèles indigènes de vie religieuse appartenant à d'autres religions asiatiques. Les valeurs religieuses comme la renonciation, l'austérité, le silence, la prière, la contemplation et le célibat jouissent d'une grande considération... En Asie, les religieux sont considérés comme les gardiens de la sagesse religieuse et humaine. Avec une formation adéquate, les jeunes religieux peuvent grandir et devenir des communicateurs efficaces du message chrétien".
 
  "Le renforcement de la formation théologique implique aussi l'approfondissement d'une réflexion sur la Parole de Dieu dans le contexte asiatique marqué par la pauvreté et l'injustice, ainsi que par une pluralité de religions, de civilisations et de cultures. Il implique le recours à des catégories de pensée, des symbolismes, des traditions spirituelles qui ont un sens pour les Asiatiques. Il s'agit là d'un vrai défi pour celui qui enseigne la Parole".

  "Quand une civilisation est étroitement liée à une religion majeure (par exemple, celle islamique, hindoue, confucéenne, shintoïste), il faudra être prudent dans l'emprunt à ces religions d'éléments convenus pour la foi et l'adoration. Si celui qui enseigne la Parole commence à utiliser des expressions que les adeptes de ces grandes religions considèrent comme les leurs, ces derniers pourraient interpréter  une telle attitude comme une violation de ce qui est sacré à leurs yeux, et la communauté chrétienne pourrait être perçue comme une imposition étrangère... Au contraire, les expressions chrétiennes traditionnelles pourraient n'avoir aucun attrait pour  la psyché collective de la société à laquelle le message est adressé".

  "Une bonne partie de l'enseignement de Jésus qui est arrivé jusqu'à nous, nous a été donné  à l'occasion de rencontres humaines ordinaires... C'est ce qui se passe en Asie, d'une façon discrète mais efficace, grâce à l'effort de croyants chrétiens: un message de paix est apporté dans les situations de conflit, un message de justice aux communautés opprimées, de probité aux sociétés corrompues, d'égalité aux situations injustes (liées aux castes, aux classes, aux sexes, aux races ou à l'appartenance ethnique), un message d'aide aux affamés et aux pauvres. Ces efforts diffèrent d'une présentation littéraire du Christ fondée sur des revendications de vérité, des débats et des arguments, mais ils expliquent les enseignements de l'Evangile avec plus d'éloquence. Ils traduisent le message chrétien dans la vie".

  "Dans de nombreux pays d'Asie, les chrétiens subissent une forte pression. La liberté est restreinte, les nouveaux convertis sont persécutés et la communauté de croyants l'est également, comme cela est arrivé dernièrement dans l'Etat indien de l'Orissa. Or, la patience manifestée par la communauté, la maîtrise dont elle a fait preuve, la modération de sa  réaction, l'esprit de pardon manifestés par la communauté ont un pouvoir évangélisateur".

  Voici maintenant les interventions du Rabbin Shear Yashuv Cohen et du Cardinal Albert Vanhoye, SJ:

LE GRAND RABBIN DE HAÏFA (Israël). "Conscient de la grande importance de ma présence parmi vous, j'y vois un signe d'espoir, un message d'affection et de paix pour notre génération et pour les suivantes. Nous prions Dieu au moyen de ses propres paroles, telles que nous les rapportent l'Ecriture. Nous le louons avec des phrases tirées de la Bible. Nous implorons sa miséricorde en rappelant ce qu'il nous a promis, à nous et à nos pères. Tout ce que nous faisons est basé sur la règle consignée par nos rabbins et maîtres: Donnez-lui ce qui lui appartient car vous et ce que vous possédez est sien. Nous croyons que la prière est le langage de l'âme qui communie avec Dieu, et que notre âme est sienne puisqu'il nous l'a donnée".

  "Lorsque les rabbins parlent de la sainteté de la vie, de la lutte contre le sécularisme, de la promotion des valeurs que sont la fraternité, l'amour, la paix, l'égalité et le respect d'autrui et de ce qui est différent, ils se basent toujours sur des citations bibliques, telles que nos sages les ont interprétées de siècle en siècle... La base de notre enseignement réside dans les trésors de la tradition religieuse juive, même lorsqu'il utilise les mots d'aujourd'hui et traite des problèmes contemporains. Il est surprenant de constater combien l'Ecriture n'a rien perdu de sa vitalité et de son importance face aux problèmes de notre temps. C'est là le miracle de la Parole éternelle de Dieu".

LE CARDINAL VANOYE. "Le document se compose de trois grands chapitres. Le premier s'intitule: Les Saintes Ecritures du peuple juif, partie fondamentale de la Bible chrétienne... L'Ancien Testament n'est pas simplement un morceau entre autres de la Bible chrétienne. Il en est la base, la partie fondamentale. Si le Nouveau Testament s'était établi sur une autre base, il serait sans vraie valeur. Sans sa conformité aux Saintes Ecritures du peuple juif, il n'aurait pas pu se présenter comme l'accomplissement du dessein de Dieu".

  "Le premier chapitre présente une longue démonstration de l'affirmation contenue dans son titre. Il montre d'abord que le Nouveau Testament reconnaît l'autorité des Saintes Ecritures du peuple juif... Le document montre ensuite que le Nouveau Testament s'affirme conforme aux Ecritures du peuple juif... Le document approfondit beaucoup le thème de l'accomplissement des Ecritures, car c'est un thème très important pour les rapports entre les chrétiens et les Juifs et il est très complexe... L'accomplissement des Ecritures comprend nécessairement trois aspects: un aspect fondamental de continuité avec la révélation de l'Ancien Testament, mais en même temps un aspect de différence sur certains points et un aspect de dépassement. Une simple répétition de ce qui existait dans l'Ancien Testament ne suffit pas pour qu'on puisse parler d'accomplissement. Un progrès décisif est indispensable".

"Dans le paragraphe 21, le document revient sur la notion d'accomplissement et déclare que c'est une notion extrêmement complexe, qui peut facilement être faussée, si on insiste unilatéralement soit sur la continuité, soit sur la discontinuité. La pastorale doit donc être attentive à ne pas fausser la notion d'accomplissement des Ecritures. Le document continue en disant que la foi chrétienne reconnaît l'accomplissement, dans le Christ, des Ecritures et des attentes d'Israël, mais elle ne comprend pas cet accomplissement comme la simple réalisation de ce qui était écrit. Une telle conception serait réductrice. En réalité, dans le mystère du Christ crucifié et ressuscité, l'accomplissement s'effectue d'une manière imprévisible. Il comporte un dépassement... Le messianisme de Jésus a un sens nouveau et inédit... Il y a donc lieu de renoncer à l'insistance excessive, caractéristique d'une certaine apologétique, sur la valeur de preuve attribuée à l'accomplissement des prophéties. Cette insistance a contribué à rendre plus sévère le jugement des chrétiens sur les Juifs et sur leur lecture de l'Ancien Testament".

  "Le document tire alors une conclusion qui concernent les Juifs qui ne croient pas dans le Christ: On ne doit donc pas dire que le Juif ne voit pas ce qui était annoncé dans les textes, mais que le chrétien, à la lumière du Christ et dans l'Esprit, découvre dans les textes un surplus de sens qui y était caché. Il s'ensuit, selon le document, que les chrétiens peuvent et doivent admettre que la lecture juive de la Bible, est une lecture possible... Mais le document fait nettement comprendre que, possible pour les Juifs qui ne croient pas au Christ, cette lecture n'est pas possible pour les chrétiens, car elle implique l'acceptation de tous les présupposés du judaïsme, en particulier ceux qui excluent la foi en Jésus comme Messie et Fils de Dieu. Chacune des deux lectures est solidaire de la vision de foi respective dont elle est un produit et une expression. Elles sont, par conséquent, irréductibles l'une à l'autre".

"Le Document peut donc déclarer que sur le plan concret de l'exégèse, les chrétiens peuvent, néanmoins, apprendre beaucoup de l'exégèse juive pratiquée depuis plus de deux mille ans et, de fait, ils ont appris beaucoup au cours de l'histoire".

"Les Ecritures du peuple juif sont reçues dans la Bible chrétienne sous le nom d'Ancien Testament. Le document fait aussitôt remarquer à ce sujet qu'en les nommant Ancien Testament, l'Eglise chrétienne n'a aucunement voulu suggérer que les Ecritures du peuple juif étaient périmées et qu'on pouvait désormais s'en passer. Elle a toujours affirmé, au contraire, qu'Ancien Testament et Nouveau Testament sont inséparables".

"Le document constate que le Nouveau Testament assume pleinement tous les grands thèmes de la théologie d'Israël, mais il ne se contente pas de répéter à leur sujet ce qui était déjà écrit; il les approfondit, ce qui exige un dépassement en vue d'une progression. La personne et l'œuvre du Christ ainsi que l'existence de l'Eglise se situent nettement dans le prolongement de l'histoire d'Israël".

"Ainsi donc, le Nouveau Testament se situe par rapport aux saintes Ecritures du peuple juif dans une ligne de profonde fidélité, mais de fidélité qui est en même temps créatrice, conformément aux oracles prophétiques qui annonçaient une nouvelle alliance et le don d'un cœur nouveau et d'un esprit nouveau".

"Le troisième chapitre du document s'intitule: Les Juifs dans le Nouveau Testament... Ce serait, en effet, une erreur de concevoir le judaïsme de  cette époque comme une réalité monolithique. On doit, au contraire, constater l'existence de différents courants de pensée et de comportement, qui souvent s'opposaient entre eux".

"Le document estime probable que Jésus n'a appartenu à aucun des partis qui existaient alors au sein du judaïsme. Il était simplement solidaire du commun du peuple... Quant au groupe de ses disciples, il pouvait refléter le pluralisme qui existait alors en Palestine".

"Après cet exposé préalable, le document examine la façon dont les Juifs sont présentés dans les Evangiles et les Actes des apôtres... Elle déclare que sur les Juifs, les Evangiles et les Actes ont une perspective fondamentale très positive, car ils reconnaissent le peuple juif comme le peuple choisi par Dieu pour réaliser son dessein de salut".

"Un autre aspect de la situation est ensuite exprimé dans les termes suivants : Accueillie positivement au début par beaucoup de Juifs, la Bonne Nouvelle s'est heurtée à l'opposition des dirigeants, qui ont été suivis, en fin de compte, par la plus grande partie du peuple. Il en est résulté, entre les communautés juives et les communautés chrétiennes, une situation conflictuelle, qui a évidemment laissée sa marque sur la rédaction des Evangiles et des Actes".

"Mais le document fait remarquer que dans le Nouveau Testament, les reproches adressés aux Juifs ne sont ni plus fréquents, ni plus virulents que les accusations exprimées contre les Israélites dans la Loi et les prophètes. Ils ne doivent donc pas davantage servir de base à de l'antijudaïsme. Les utiliser à cet effet va contre l'orientation d'ensemble du Nouveau Testament. Un antijudaïsme véritable, c'est à dire une attitude de mépris, d'hostilité et de persécution contre les Juifs en tant que Juifs, n'existe en aucun texte du Nouveau Testament et est incompatible avec l'enseignement du Nouveau Testament...Les reproches ne correspondent jamais à une attitude de haine".

"A la fin, le document constate que le Nouveau Testament se trouve en grave désaccord avec la grande majorité du peuple juif, parce qu'il est essentiellement une proclamation de l'accomplissement, en Jésus-Christ, du dessein de Dieu (annoncé dans l'Ancien Testament) et la grande majorité du peuple juif ne croit pas à cet accomplissement... Si profond qu'il soit, un tel dissentiment n'implique nullement une hostilité réciproque".

"Le dialogue reste possible, puisque Juifs et chrétiens possèdent un riche patrimoine commun qui les unit, et il est grandement souhaitable, pour éliminer progressivement, d'un côté comme de l'autre, préjugés et incompréhensions, pour favoriser une meilleure connaissance du patrimoine commun et pour renforcer les liens mutuels. C'est dans cette direction qu'une entière docilité à la Parole de Dieu pousse l'Eglise à progresser".
SE/SECONDE CONGREGATION/...                                       VIS 20081007 (3630)


lundi 6 octobre 2008

AUTRES ACTES PONTIFICAUX

CITE DU VATICAN, 6 OCT 2008 (VIS). Le Saint-Père a nommé l'Abbé José Manuel Imbamba, Evêque de Dundo (superficie: 106.000, population: 1.000.000, catholiques: 40.000, prêtres: 6, religieuses: 16), en Angola. L'Evêque élu, né en 1965 à Boma (Angola) et ordonné prêtre en 1991, était jusqu'ici Secrétaire général de l'Université catholique de Luanda (Angola).

  Samedi dernier, 4 octobre, il avait nommé:

-Mgr.Jan Baxant, Evêque de Litomerice (superficie: 9.380, population: 1.335.154, catholiques: 159.986, prêtres: 116, diacres: 14, religieux: 72), en République tchèque. L'Evêque élu, né en 1948 à Karlovy Vary (République tchèque) et ordonné prêtre en 1973, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse de Ceské Budejovice (République tchèque).

-Mgr.Damián Santiago Bitar, Auxiliaire de l'Evêque de San Justo (Argentine). L'Evêque élu, né en 1963 à Arroyo Cabral (Argentine) et ordonné prêtre en 1987, était jusqu'ici Vicaire général du diocèse de Villa Maria (Argentine).
NER:NEA/.../IMBAMBA:BAXANT:BITAR                              VIS 20081006 (150)

VISITE OFFICIELLE AU PRESIDENT ITALIEN


CITE DU VATICAN, 4 OCT 2008 (VIS). Ce matin, Benoît XVI s'est rendu au Quirinal, siège de la présidence de la République italienne, où il a été accueilli par M.Giorgio Napolitano, qui avait été reçu au Vatican le 20 novembre 2006. Au cours de cette visite, le Pape s'est entretenu avec le Président avant leur échange de discours dans la Salle des Fêtes.

  Le Saint-Père a quitté le Vatican à 10 h 30' en voiture et a été salué Place-Pie XII par une délégation du gouvernement italien conduite par M.Franco Frattini, Ministre des Affaires étrangères. Le cortège papal s'est ensuite arrêté brièvement Place-de-Venise où le Saint-Père a été salué par la Municipalité de Rome, conduite par son premier magistrat, M.Gianni Alemanno, avant d'arriver au Palais du Quirinal. Après un entretien privé avec le chef de l'Etat, Benoît XVI a salué les anciens Présidents italiens puis s'est rendu dans la chapelle du palais.

  Ensuite le Saint-Père a répondu aux propos du Président Napolitano en rappelant qu'il fut un temps où cet édifice était un symbole de division, "lorsque l'Italie devenait un état unitaire tandis que le Saint-Siège cherchait à garantir son indépendance et la liberté dans l'accomplissement de sa mission universelle". Faisant référence à la Question Romaine, le Pape a rappelé sa résolution lors de la signature des Accords du Latran, le 11 février 1929. Puis il a dit que sa venue entendait montrer que Quirinal et Vatican ne sont "pas des collines s'ignorant et se faisant face avec rancune, mais le symbole d'un respect partagé de deux souverainetés, l'Etat et l'Eglise, coopérant au service de la société toute entière. J'ai plaisir à dire qu'il s'agit d'une réalité qu'on peut vérifier à tout niveau jour après jour, d'une réalité dont d'autres pays pourraient utilement s'inspirer".

  Rappelant que c'est aujourd'hui la fête du patron de l'Italie, Benoît XVI a dit que la figure de saint François attire les incroyants comme les croyants, qui voient en lui la mission pérenne de l'Eglise en matière sociale. En ces temps de changements profonds et parfois délicat, l'Eglise porte à tous le message salvifique de l'Evangile, participant ainsi à la construction d'une société fondée sur la vérité et la liberté, le respect de la vie et de la dignité humaine, sur la justice et la solidarité".

  Ceci dit, "l'Eglise ne recherche ni pouvoir ni privilèges,ni avantages économiques ou sociaux. Son unique objectif est de servir l'homme en s'inspirant avant tout des paroles et de l'exemple de Jésus-Christ qui, partout où il passait faisait le bien... Dans l'accomplissement de sa mission, toujours et en tout lieu, l'Eglise doit pouvoir jouir dans son intégralité de la liberté". Citant son discours du 18 avril dernier aux Nations-Unies, le Pape a redit qu'on ne saurait "limiter la liberté religieuse et le libre exercice du culte. Il faut tenir compte de la dimension publique de la religion, et par conséquent du droit pour tout croyant de prendre part à la vie de la société". Cette participation revêt de multiples aspects car l'Eglise est une "réalité spirituelle et visible à la fois, dont les membres disposent de vocations, de fonctions et de missions multiples".

  Les communautés chrétiennes d'Italie, a poursuivi le Saint-Père, "forment les jeunes en particulier à être des citoyens responsables, impliqués dans la vie de la sociale... Pasteurs et fidèles collaborent activement au bien du pays, notamment en cette période d'incertitude", et ils sont "attentifs aux pauvres et marginaux, aux jeunes chômeurs, aux familles et aux personnes âgées... En retour, je souhaite que la contribution des catholiques soit reconnue avec la même générosité qu'ils manifestent dans leur engagement. Il n'y a pas à craindre de prévarication de l'Eglise et de ses membres en matière de libertés, même si il faut reconnaître à ces derniers le droit à ne pas trahir leur conscience et l'Evangile qui l'éclaire. Tout ceci -a conclu Benoît XVI- sera d'autant plus aisé qu'on n'oubliera pas le devoir de toutes les composantes de la société au respect d'autrui, l'obligation faite à chacune de collaborer au bien des Italiens, nourris depuis vingt siècles par une culture imprégnée de christianisme".
BXV-VISITE QUIRINAL/.../NAPOLITANO                               VIS 20081006 (690)


PREMIERE CONGREGATION GENERALE


CITE DU VATICAN, 6 OCT 2008 (VIS). Ce matin, dans la Salle synodale, s'est ouverte la première Congrégation générale de la XII Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques présidée par le Pape, en présence de 244 Pères synodaux. Benoît XVI a proposé une réflexion introductive, dans laquelle il a rappelé qu'à "la fin du Sermon sur la montagne, le Seigneur parle des deux modes de bâtir sa maison et sa vie, sur le sable ou sur le rocher. Qui bâtit sur les choses matérielles, le succès, la carrière, l'argent, bâtit sur le sable... Alors que tout ce qui semble être réel, des choses sur lesquelles compter, n'est que secondaire. Seule la Parole de Dieu fonde la réalité profonde, car elle est stable comme le ciel et, plus que lui elle est réalité. Nous devons donc changer notre perception du réel. Qui reconnaît la réalité dans l'apparente faiblesse de la Parole est réaliste, car elle est le fondement de tout". 

  Ensuite, le Président délégué de séance, le Cardinal William Joseph Levada, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a prononcé quelques mots au début de cette session. Puis, le Secrétaire général du Synode des évêques, Mgr.Nikola Eterovic, a donné des informations sur les activités du conseil du Secrétariat général depuis la dernière assemblée, et sur la préparation de la présente assemblée.

  Le Cardinal Marc Ouellet, PSS, Archevêque de Québec (Canada), Rapporteur général, a lu la Relatio ante disceptationem (informations qui précèdent le débat). Voici un résumé de son intervention: Nous sommes réunis pour cette assemblée générale, a dit le Cardinal, "pour écouter ce que l'Esprit dit aux Eglises aujourd'hui à propos de la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Eglise... Le but du Synode est éminemment pastoral et missionnaire. Il consiste à écouter ensemble la Parole de Dieu afin de discerner comment l'Esprit et l'Eglise aspirent à répondre au don du Verbe incarné par l'amour des Saintes Ecritures et l'annonce du Règne de Dieu à toute l'humanité".

  "Le Synode proposera des orientations pastorales pour renforcer la pratique de la rencontre avec la Parole de Dieu comme source de vie, en faisant le point sur la réception du Concile Vatican II concernant la Parole de Dieu dans son rapport au renouveau ecclésiologique, à l'œcuménisme et au dialogue avec les nations et les religions".
 
  "Grâce à la vision trinitaire et christocentrique du Concile Vatican II, l'Eglise a renouvelé la conscience de son propre mystère et de sa mission... En effet, la Constitution dogmatique Dei Verbum a marqué un véritable tournant dans la manière de traiter de la Révélation divine. Au lieu de privilégier comme auparavant la dimension noétique des vérités à croire, les Pères conciliaires ont mis l'accent sur la dimension dynamique et de dialogue de la Révélation comme communication personnelle avec Dieu. Ils ont ainsi posé les bases pour une rencontre et un dialogue plus vivant entre Dieu qui appelle et son peuple qui répond".

 
  "Ce tournant a été largement salué comme un fait décisif par les théologiens, les exégètes et les pasteurs. Cependant, on reconnaît assez généralement que la Constitution Dei Verbum a été insuffisamment reçue et que le tournant qu'elle a inauguré n'a pas encore donné tous les fruits désirés et attendus dans la vie et la mission de l'Eglise. Compte tenu des progrès accomplis, il faut se demander pourquoi le modèle de la communication personnelle n'a pas pénétré davantage la conscience de l'Eglise, sa prière, ses pratiques pastorales de même que les méthodes théologiques et exégétiques. Le Synode doit proposer des solutions concrètes pour combler les lacunes et remédier à l'ignorance des Ecritures qui ajoute aux difficultés actuelles de l'évangélisation".
 
  "Reconnaissons en effet que la vie de foi et l'élan missionnaire des chrétiens sont profondément affectés par divers phénomènes socioculturels tels que la sécularisation, le pluralisme religieux, la mondialisation et l'explosion des moyens de communication, avec les conséquences multiples de ces phénomènes, notamment l'écart grandissant entre riches et pauvres, le foisonnement des sectes ésotériques, les menaces à la paix, sans oublier les assauts actuels contre la vie humaine et la famille".

  "A ces phénomènes socioculturels, ajoutons les difficultés internes de l'Eglise touchant la transmission de la foi dans la famille, les déficiences de la formation catéchistique, les tensions entre le Magistère ecclésial et la théologie universitaire, la crise interne de l'exégèse et son rapport à la théologie, et d'une façon plus générale un certain fossé entre les experts et les pasteurs et entre les experts et les gens simples des communautés chrétiennes".

  "Le Synode doit faire face au grand défi de la transmission de la foi en la Parole de Dieu aujourd'hui. Dans un monde pluraliste, marqué par le relativisme et l'ésotérisme, la notion même de Révélation pose question et appelle des clarifications".
 
  "Convocatio, Communio, Missio. Autour de ces trois mots clés qui traduisent la triple dimension, dynamique, personnelle et de dialogue, de la Révélation chrétienne, nous exposerons la structure thématique de l'Instrumentum Laboris. La Parole de Dieu convoque, elle fait communier au dessein de Dieu par l'obéissance de la foi et elle envoie le peuple élu vers les nations. Cette Parole d'Alliance culmine en Marie qui accueille dans la foi le Verbe incarné, le Désiré des nations. Nous reprendrons les trois dimensions de la Parole d'Alliance telles que l'Esprit Saint les a incarnées dans l'histoire du salut, les Saintes Ecritures et la Tradition ecclésiale".

  Dans le premier paragraphe, le Cardinal a fait référence à l'identité de la parole de Dieu et a dit que "le Dieu de la Révélation est un Dieu qui parle, un Dieu qui est en lui-même Parole et qui se donne à connaître à l'humanité de multiples manières. Grâce à la Bible, l'humanité se sait interpellée par Dieu, l'Esprit lui donne d'écouter et d'accueillir la Parole de Dieu, devenant ainsi l'Ecclesia, la communauté rassemblée par la Parole. Cette communauté croyante reçoit son identité et sa mission de la Parole de Dieu qui la fonde, la nourrit et l'engage au service du Règne de Dieu".

  "La Parole de Dieu dont témoigne l'Ecriture revêt par conséquent différentes formes et recèle différents niveaux de signification. Elle désigne Dieu lui-même qui parle, son Verbe divin, son Verbe créateur et sauveur, et finalement son Verbe incarné en Jésus Christ, médiateur et plénitude de la Révélation".

 "Bref, la Parole de Dieu écrite ou transmise est une parole de dialogue et même trinitaire. Elle s'offre à l'homme en Jésus Christ pour l'introduire dans la communion trinitaire et y trouver sa pleine identité... Dieu parle et, de ce fait, l'homme est constitué comme un être interpellé... Il importe d'avoir à l'esprit cette dimension anthropologique de la Révélation, car elle joue un rôle très important aujourd'hui dans l'herméneutique des textes bibliques. Le Concile Vatican II a redéfini l'identité du dialogue de l'homme à partir de la Parole de Dieu dans le Christ".

 "Sur le plan pastoral, ne devrait-on pas vérifier si cette théo-anthropologie du dialogue et filiale fondée sur le Christ occupe la place qui lui revient dans la liturgie, la catéchèse et l'enseignement théologique?".

 
  Faisant ensuite référence à l'image de la Vierge Marie, il a dit: "Une femme, Marie, accomplit parfaitement la vocation divine de l'humanité par son oui à la Parole d'Alliance et à sa mission. Par sa maternité divine et sa maternité spirituelle, Marie apparaît comme le modèle et la forme permanente de l'Eglise, comme la première Eglise. Arrêtons-nous à la figure charnière de Marie entre l'ancienne et le nouvelle Alliance qui accomplit le passage de la foi d'Israël à la foi de l'Eglise. Contemplons le récit de l'Annonciation qui est l'origine et le modèle insurpassable de l'auto-communication de Dieu et de l'expérience de foi de l'Eglise. Il nous servira de paradigme pour comprendre l'identité du dialogue de la Parole de Dieu dans l'Eglise".

  Dans le paragraphe intitulé Tradition, Ecriture et Magistère, le Cardinal dit que "dans la tradition vivante de l'Eglise, la Parole de Dieu occupe la première place. C'est le Christ vivant. La Parole écrite en porte témoignage. L'Ecriture, en effet, est une attestation historique et une référence canonique indispensable pour la prière, la vie et la doctrine de l'Eglise. Cependant, l'Ecriture n'est pas toute la Parole, elle ne s'identifie pas totalement avec elle, d'où l'importance de la distinction entre la Parole et le Livre, tout comme entre la lettre et l'Esprit".

  "Malgré la complexité des rapports entre Ecriture, Tradition et Magistère, l'Esprit Saint assure néanmoins l'unité de l'ensemble, surtout si l'on garde bien présente la dynamique...presque nuptiale du rapport d'Alliance. En situant les fonctions ecclésiales de l'Ecriture, de la Tradition et du Magistère à l'intérieur d'une ecclésiologie mariale, nous invitons à un changement de paradigme où l'accent passe de la dimension noétique à la dimension personnelle de la Révélation. La figure archétypique de Marie permet de faire ressortir la dimension dynamique de la Parole et la nature personnelle de la foi comme don de soi, tout en invitant l'Eglise à demeurer sous la Parole et disponible à toute action de l'Esprit Saint".

  La deuxième section Communio s'ouvre avec la parole de Dieu dans la vie de l'Eglise, et dans le chapitre consacré à la liturgie, le Cardinal observe que "la liturgie est considérée comme l'exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ, exercice dans lequel le culte public intégral est exercé par le Corps mystique de Jésus-Christ, c'est-à-dire par le Chef et par ses membres... Le sujet premier de la liturgie est le Christ lui-même s'adressant à son Peuple et s'offrant à son Père en sacrifice d'amour pour le salut du monde. Même si dans l'accomplissement des rites liturgiques, l'Eglise semble avoir le premier rôle, en fait elle joue toujours un rôle subordonné, au service de la Parole et de celui qui parle. L'ecclésiocentrisme est étranger à la réforme du Concile".

  "Comment cultiver chez les fidèles la conscience que la liturgie est l'exercice de la fonction sacerdotale de Jésus-Christ à laquelle l'Eglise est associée comme Epouse bien-aimée? Quelles conséquences devrait avoir la redécouverte de ce lieu originel de la Parole sur l'herméneutique biblique, sur la célébration eucharistique et tout particulièrement sur la place et la fonction de la liturgie de la Parole, incluant l'homélie?".

  Abordant ensuite la question de l'interprétation ecclésiale de la Parole de Dieu, le Cardinal dit:
"D'une façon générale, après plusieurs décennies de concentration sur les médiations humaines de l'Ecriture, ne faut-il pas retrouver la profondeur divine du texte inspiré sans perdre les acquis précieux des nouvelles méthodologies ?".

 "On ne saurait trop insister sur ce point car la crise de l'exégèse et de l'herméneutique théologique affecte profondément la vie spirituelle du Peuple de Dieu et sa confiance dans les Ecritures. Elle affecte aussi la communion ecclésiale, à cause du climat de tension souvent malsain entre la théologie universitaire et le magistère ecclésial. Face à cette situation délicate, et sans entrer dans les débats d'écoles, le Synode doit donner une orientation pour assainir les rapports et favoriser l'intégration des acquis des sciences bibliques et herméneutiques dans l'interprétation ecclésiale des Saintes Ecritures". 

  La Parole de Dieu dans la mission de l'Eglise est le titre du troisième paragraphe dans lequel le Cardinal affirme que "le cœur de la mission de l'Eglise est d'évangéliser... Evangéliser, pour l'Eglise, c'est porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux de l'humanité et, par son impact, transformer du dedans, rendre neuve l'humanité elle-même..
Quand l'Esprit parle à l'Eglise aujourd'hui en lui remémorant les Ecritures, il la convoque à un nouveau témoignage d'amour et d'unité afin de rehausser la crédibilité de l'Evangile face à un monde qui est plus sensible aux témoins qu'aux docteurs... Le témoignage de la Parole de Dieu exige par conséquent des disciples missionnaires qui soient d'authentiques témoins de la primauté de l'amour sur la science".

  Abordant ensuite le thème de l'œcuménisme, il ajoute: "Depuis l'entrée officielle de l'Eglise catholique dans le mouvement œcuménique, les papes ont fait de la cause de l'unité chrétienne une priorité... Bien que les rencontres et dialogues œcuméniques aient produit des fruits de fraternité, de réconciliation et d'entraide, la situation présente est caractérisée par un certain malaise qui appelle une conversion plus profonde à l'œcuménisme spirituel".

  En ce qui concerne le dialogue avec les nations et les religions, le Cardinal a ensuite dit que "l'activité missionnaire de l'Eglise s'enracine, nous l'avons dit, dans la mission du Christ et de l'Esprit qui révèle et répand la communion trinitaire dans toutes les cultures du monde... L'activité missionnaire de l'Eglise témoigne de son amour pour le Christ total qui inclut toute culture. Dans ses efforts d'évangélisation des cultures, cette activité vise l'unité de l'humanité en Jésus-Christ, mais dans le respect et l'intégration de toutes les valeurs humaines".

  "Parmi les partenaires des différents dialogues de l'Eglise avec les nations, le peuple juif occupe une place singulière comme héritier de la première Alliance, dont nous partageons les Saintes Ecritures. Cet héritage commun nous invite à l'espérance".

   "Viennent ensuite les fidèles de foi musulmane, enracinés eux aussi dans la tradition biblique, confesseurs du Dieu unique. Face à la sécularisation et au libéralisme, ils sont des alliés dans la défense de la vie humaine et dans l'affirmation de l'importance sociale de la religion... Viennent enfin les humains de toute tribu, langue, peuple et nation, qui sont sous les cieux, car l'Agneau immolé a versé son sang pour tous. La Parole de Dieu est spécialement destinée à ceux qui ne l'ont jamais entendue car, dans le cœur de Dieu et la conscience missionnaire de l'Eglise, les derniers ont la grâce d'être les premiers".

 En conclusion, le Cardinal a fait l'observation suivante: "Jésus vient toujours, dans l'Eglise, rendre témoignage à la Vérité et communiquer à ceux qui croient en son nom la connaissance du Père qu'il possède en plénitude... Conscient du renouveau ecclésiologique lié à la conception dynamique et du dialogue de la Révélation, nous avons suggéré des pistes d'approfondissement de la Parole de Dieu à partir de la foi de Marie telle qu'elle se prolonge dans la vie de l'Eglise, la liturgie, la prédication, la Lectio Divina, l'exégèse et la théologie".

  "L'application de ce paradigme marial suppose un approfondissement pneumatologique de la tradition ecclésiale et de l'exégèse scripturaire qui rendent compte de la vertu performative de la Parole de Dieu tout en la distinguant soigneusement de la présence eucharistique. Plus qu'une bibliothèque pour érudits, la Bible est un temple où l'Epouse du Cantique écoute les aveux du Bien-aimé et célèbre ses baisers... Cette perspective plus dynamique que noétique appelle une théologie plus contemplative, enracinée dans la Liturgie, les Pères et la vie des saints, une exégèse pratiquée dans la foi conformément à son objet, et aussi une philosophie de l'être et de l'amour".
 
  "Elle ouvre à une lecture spirituelle plus fructueuse de la Bible, à une interprétation ecclésiale de l'Écriture et à une revitalisation du dialogue missionnaire de l'Église sous toutes ses formes. La fréquentation plus assidue des Ecritures ravivera la conscience missionnaire de l'Eglise et son amour de l'homme, image de Dieu en mal de ressemblance divine".
SE/PREMIERE CONGREGATION/...                             VIS 20081006 (2390)


DIMENSION SYNODALE DE L'EGLISE


CITE DU VATICAN, 5 OCT 2008 (VIS). Après la messe concélébrée en la basilique St-Paul-Hors-les-Murs pour l'inauguration du Synode des évêques, le Saint-Père a récité l'angélus avec les fidèles réunis place St-Pierre. Evoquant alors ces assises, il a expliqué "la valeur et la fonction de cette assemblée particulière des évêques choisis pour représenter tout l'épiscopat et convoqués pour apporter au successeur de Pierre une aide plus efficace, tout en manifestant et consolidant la communion ecclésiale". Le Synode des évêques, a-t-il dit, est "un organisme important institué en septembre 1965 par Paul VI",dont la "finalité est de favoriser une union et une collaboration étroite entre le Pape et les évêques du monde entier, de donner des informations directes et exactes sur la situation et les problèmes de l'Eglise, de favoriser un accord sur la doctrine et sur l'action pastorale, et d'aborder des thèmes de grande importance et d'actualité".

  "La dimension synodale fait partie de l'Eglise et consiste pour tous les peuples et cultures à se mettre d'accord pour devenir un en Christ et cheminer ensemble derrière lui... En fait, le mot grec Synodos...suggère l'idée de faire route ensemble et l'expérience du peuple de Dieu dans l'histoire du salut, c'est vraiment cela... Il vous invite tous à soutenir les travaux du Synode par la prière, en invoquant spécialement l'intercession maternelle de la Vierge Marie, disciple parfaite de la parole divine".

  Après l'angélus, il a rappelé qu'à partir de ce soir, la télévision italienne diffusera "Bible jour et nuit", un programme consistant dans la lecture continue et intégrale de la Bible pendant sept jours et six nuits depuis la basilique romaine Ste-Croix de Jérusalem. Quelque 1200 lecteurs provenant de 50 pays différents se succèderont pour ce marathon biblique. A 19 h, Benoît XVI inaugurera la manifestation en lisant le premier chapitre de la Genèse. "La parole de Dieu -a conclu le Pape- entrera ainsi dans toutes les maisons pour accompagner la vie des familles et des personnes: une semence qui, bien écoutée, ne manquera pas de porter des fruits en abondance".
ANG/SYNODE:BIBLE/...                                  VIS 20081006 (350)


MESSE D'OUVERTURE

CITE DU VATICAN, 5 OCT 2008 (VIS). A 9 h 30' en la Basilique St-Paul-hors-les-murs, le Pape a présidé la messe concélébrée avec les Pères synodaux pour l'ouverture de la XII Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, consacrée à la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Eglise. Benoît XVI a ouvert son homélie par l'Evangile du jour et le symbole de la vigne. Il a expliqué que "ce que dénonce la page évangélique interpelle, d'une manière particulière, les peuples qui ont reçu l'Evangile. Si nous regardons l'histoire, nous sommes obligés de noter assez fréquemment la froideur et la rébellion de chrétiens incohérents".

  "Des pays un temps riches de foi et de vocations perdent désormais leur identité propre, sous l'influence délétère et destructive d'une certaine culture moderne. On y voit celui qui, ayant décidé que Dieu est mort, se déclare dieu lui-même, et se considère le seul artisan de son propre destin, le propriétaire absolu du monde... Mais quand l'homme élimine Dieu de son propre horizon, est-il vraiment plus heureux? Devient-il vraiment plus libre?.. N'arrive-t-il pas plutôt - comme nous le démontre amplement la chronique quotidienne - que s'étendent l'arbitrage du pouvoir, les intérêts égoïstes, l'injustice et l'exploitation, la violence dans chacune de ses expressions? En fin de compte, l'homme se retrouve plus seul et la société plus divisée et confuse".

  Après avoir relevé que "les paroles de Jésus contiennent une promesse: la vigne ne sera pas détruite", Benoît XVI a ajouté que "le message consolant que nous recueillons de ces textes bibliques est la certitude que le mal et la mort n'ont pas le dernier mot, mais que c'est le Christ qui gagne à la fin. Toujours! L'Eglise ne se lasse pas de proclamer cette Bonne Nouvelle, comme cela arrive aujourd'hui aussi, dans cette basilique dédiée à l'apôtre des nations qui, le premier, diffusa l'Evangile dans de vastes régions de l'Asie mineure et de l'Europe... Seule la Parole de Dieu peut changer profondément le cœur de l'homme, et il est alors important que chaque croyant et chaque communauté entrent dans une intimité toujours plus grande avec elle. L'assemblée synodale concentrera son attention sur cette vérité fondamentale pour la vie et la mission de l'Eglise. Se nourrir de la Parole de Dieu est pour elle le devoir premier et fondamental".

  "En cette Année paulinienne -a-t-il ensuite dit-, nous entendrons résonner avec une urgence particulière le cri de l'Apôtre des Nations: Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile, un cri qui pour chaque chrétien devient une invitation insistante à se mettre au service du Christ. La moisson est abondante, répète également aujourd'hui le Maître divin: nombreux sont ceux qui ne l'ont pas encore rencontré et qui sont dans l'attente de la première annonce de son Evangile. D'autres, tout en ayant reçu une formation chrétienne, se sont affaiblis dans l'enthousiasme et gardent un contact superficiel avec la Parole de Dieu. D'autres encore se sont éloignés de la pratique de la foi et ont besoin d'une nouvelle évangélisation. Enfin, elles ne manquent pas les personnes aux sentiments droits qui se posent des questions essentielles sur le sens de la vie et de la mort, questions auxquelles seul le Christ peut donner des réponses satisfaisantes. Il devient alors indispensable pour les chrétiens de tous les continents d'être prêts à répondre à quiconque demande raison de l'espérance qui est en eux, annonçant avec joie la Parole de Dieu et vivant sans aucun compromis l'Evangile".

  Le Saint-Père a conclu en demandant à Dieu son aide pour qu'au cours de ces sessions synodales, "il nous aide à nous interroger ensemble sur la manière de rendre toujours plus efficace l'annonce de l'Evangile à notre époque. Nous percevons tous combien il est nécessaire de mettre au centre de notre vie la parole de Dieu, d'accueillir le Christ comme notre unique Rédempteur, afin que sa lumière éclaire tous les domaines de l'humanité: de la famille à l'école, à la culture, au travail, aux loisirs et aux autres secteurs de la société".
HML/PAROLE DIEU/SAINT PAUL HORS LES MURS                  VIS 20081006 (680)


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