Cité
du Vatican, 1 décembre 2014
(VIS). Ce matin, le Pape François a reçu les membres de la
Conférence épiscopale suisse au terme de leur visite Ad Limina et
leur a remis son discours. Il y évoque la longue tradition
chrétienne de la Suisse et leur responsabilité de maintenir la foi
vive. "Sans une foi vivante au Christ ressuscité, les belles
églises et les monastères y deviendraient peu à peu des musées,
toutes les œuvres louables et les institutions perdraient leur âme
en laissant seulement des environnements vides et des gens abandonnés
a écrit le Pape. La mission qui vous est confiée est de paître le
troupeau, en marchant selon les circonstances devant, au milieu et
derrière -a écrit le Pape. Le peuple de Dieu ne peut subsister sans
ses pasteurs, évêques et prêtres. Le Seigneur a fait à l'Eglise
le don de la succession apostolique, au service de l'unité de la foi
et de sa transmission complète". Le Pape encourage ensuite ses
hôtes à poursuivre leurs efforts pour la formation des
séminaristes, qui est "un enjeu pour l'avenir de l'Eglise. Je
vous invite aussi à veiller sur vos prêtres et à leur consacrer du
temps, surtout s'ils se sont éloignés et ont oublié le sens de la
paternité épiscopale ou pensent ne pas en avoir besoin. Un dialogue
humble, vrai et fraternel permet souvent un nouveau départ". Il
leur demande ensuite de soutenir l'engagement des laïcs en
distinguant bien le travail de sacerdoce commun des fidèles et le
sacerdoce de service, et les a encouragés à poursuivre la formation
de foi, baptême, liturgie, paroisse, famille et vie et à choisir
avec soin les personnes pour permettre aux laïcs une réelle
intégration dans l'Eglise. "L'Eglise provient de la Pentecôte.
A la Pentecôte, les apôtres sortirent du Cénacle et se mirent à
parler dans toutes les langues pouvant ainsi manifester à tous les
hommes par la force de l'Esprit Saint leur foi vivante au Christ
ressuscité. Le Rédempteur nous invite toujours de nouveau à
prêcher l'Evangile à tous. Il faut annoncer la bonne Nouvelle, non
se plier aux fantaisies des hommes". Accordant sa bénédiction
apostolique, le Saint-Père leur a souhaité "de cultiver avec
zèle et patience le champ de Dieu, en gardant la passion de la
vérité", et les a encouragés à "aller de l'avant tous
ensemble, confiant l'avenir de l'évangélisation du pays à la
Vierge Marie et à l'intercession de saint Nicolas de Flüe, de saint
Maurice et de ses compagnons".
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dernières 5 nouvelles
lundi 1 décembre 2014
Entretien avec les journalistes sur le vol du retour
Cité
du Vatican, 1 décembre 2014
(VIS). Comme de coutume, au cours du vol de retour de son voyage en
Turquie, le Pape François a répondu aux questions des journalistes
qui l'accompagnaient. Celles-ci ont essentiellement concerné les
relations entre islam et christianisme et l'œcuménisme. Le
Saint-Père a dit que le Coran est un livre de paix et que l'on ne
peut assimiler l'islam au terrorisme mais que les leaders musulmans
politiques, religieux ou académiques devaient condamner ensemble les
attentats terroristes pour que le peuple l'entende de leur bouche. Il
a aussi révélé que dans la mosquée bleue il avait surtout prié
pour la paix. Evoquant également la christianophobie, en comparaison
à l'islamophobie, il a évoqué les nombreux martyrs chrétiens
d'aujourd'hui au Moyen Orient et les populations contraintes
d'abandonner leur maison. C'est de ce martyre qui touche les
différentes confessions chrétiennes que naît l'œcuménisme du
sang.
Evoquant
le proche et moyen Orient et la situation en Syrie, il a condamné le
trafic et la vente d'armes, rappelant que derrière les guerres se
cachent toujours des problèmes politiques, économiques et des
intérêts commerciaux qui mettent au centre le dieu argent et non la
personne humaine. Il a ajouté qu'il lui semblait vivre une troisième
guerre mondiale par fragments disséminés en divers endroits et a
rappelé son souhait d'aller en Irak même si ce n'était pas
possible actuellement parce que cela constituait un problème pour
les autorités au niveau de la sécurité. Il a souligné que
l'ouverture de la frontière turco-arménienne était une question
très importante, mais qu'il était conscient des problèmes
géopolitiques que cela impliquait, et a invité à prier et
contribuer pour que cette ouverture devienne réalité.
Puis
le Saint-Père a abordé en profondeur la question de l'œcuménisme
soulignant qu'il s'agissait d'un chemin qu'il fallait poursuivre
ensemble, en favorisant l'œcuménisme spirituel c'est à dire prier,
travailler et faire des œuvres de charité ensemble. Il a ajouté
que le chemin se poursuivait bien avec l'orthodoxie grâce aux
sacrements et à la succession apostolique et qu'il était
fondamental de répondre à la question posée par Jean-Paul II
demandant aux orthodoxes de les aider à trouver un point d'accord
sur la primauté acceptable aussi pour ces Eglises. Il a formulé le
souhait de se rendre à Moscou pour rencontrer le patriarche Cyrille
mais pas dans l'immédiat à cause des difficultés en Ukraine. Il a
encore rappelé que lorsque l'Eglise se regarde au lieu de regarder
le Christ, lorsqu'elle croit être la lumière et non celle qui porte
la lumière, cela crée des divisions. Enfin, il a souhaité que les
chrétiens puissent célébrer Pâques à la même date.
Une
des dernières questions a évoqué le récent Synode sur la famille
et le Pape a souhaité rappeler que le Synode est un parcours, un
chemin et que l'on ne peut considérer de façon isolée l'opinion
d'une personne ou le brouillon d'un document. Le Synode n'est pas un
parlement mais un espace protégé pour que l'Esprit puisse parler.
Le Pape dénonce les conditions de vie des réfugiés
Cité
du Vatican, 30 novembre 2014 (VIS). Hier, dans la cathédrale
catholique d'Istanbul, le Pape François a rencontré
une centaine de jeunes, réfugiés chrétiens et musulmans,
provenant principalement de Turquie, de Syrie et
d’Irak, actuellement hôtes de l’oratoire salésien local: J'ai
voulu, leur a-t-il dit, "vous manifester ma participation à
votre souffrance. Et j’espère que ma visite, avec la grâce du
Seigneur, pourra vous donner un peu de consolation dans une
situation...qui est la triste conséquence de conflits exacerbés. La
guerre, qui est toujours un mal et jamais la solution des problèmes,
en crée d’autres. Les réfugiés, comme vous, se trouvent souvent
privés, parfois pour longtemps, des biens fondamentaux : une
habitation digne, l’assistance sanitaire, l’éducation, le
travail. Ils ont dû abandonner non seulement des réalités
matérielles, mais surtout la liberté, la proximité des membres de
la famille, leur milieu vital et les traditions culturelles. Les
conditions dégradantes dans lesquelles de nombreux réfugiés
doivent vivre sont intolérables! Pour cela, il faut tout mettre en
œuvre pour éliminer les causes de cette réalité. Je lance un
appel à une plus grande convergence internationale destinée à
résoudre les conflits qui ensanglantent vos terres d’origine, à
contrecarrer les autres causes qui poussent les personnes à laisser
leur patrie et à promouvoir les conditions pour qu’elles puissent
y rester ou y retourner. J’encourage tous ceux qui œuvrent
généreusement et honnêtement pour la justice et la paix à ne pas
perdre courage. Je m’adresse aux dirigeants politiques, afin qu’ils
tiennent compte du fait que la grande majorité de leurs populations
aspire à la paix, même si parfois elle n’a plus la force ni la
voix pour la demander.
De
nombreuses organisations font beaucoup pour les réfugiés, et je
suis heureux en particulier de l'action de beaucoup d’institutions
catholiques... Aux Autorités turques, je désire exprimer une vive
reconnaissance pour le grand effort accompli dans l’assistance aux
réfugiés, spécialement aux réfugiés syriens et irakiens, et pour
l’engagement concret en vue de chercher à satisfaire leurs
exigences. Je souhaite que le soutien nécessaire de la communauté
internationale ne fasse pas non plus défaut. Chers jeunes, ne vous
découragez pas. Avec l’aide de Dieu, continuez à espérer dans un
avenir meilleur, malgré les difficultés et les obstacles que vous
affrontez maintenant. L’Eglise catholique, à travers le travail
des Salésiens aussi, vous est proche, et en plus d’autres aides,
elle vous offre la possibilité de prendre soin de votre instruction
et de votre formation... Dieu n’oublie jamais aucun de ses enfants.
Les plus petits et les plus souffrants sont plus proches de son cœur
de père. Pour ma part, avec toute l’Eglise, je continuerai à
m’adresser avec confiance au Seigneur, en lui demandant d’inspirer
ceux qui occupent des postes de responsabilité, afin qu’ils
promeuvent la justice, la sécurité et la paix sans hésitation et
de manière vraiment concrète. À travers ses organisations sociales
et caritatives, l’Eglise restera à vos côtés et continuera à
soutenir votre cause à la face du monde".
Avant
de gagner l'aéroport d'Istanbul, le Saint-Père a fait halte à
l'hôpital où le Patriarche arménien apostolique Mesrob II se
trouve dans le coma. L'avion papal est arrivé à Rome à 18 h 40'
heure locale, et avant de rentrer au Vatican, le Pape s'est arrêté
quelques instants pour prier à Ste.Marie Majeure.
Intentions de prière pour décembre
Cité
du Vatican, 1 décembre 2014 (VIS). L'intention de prière générale
du Saint-Père pour décembre est: "Pour que la naissance du
Rédempteur apporte paix et espérance à tous les hommes de bonne
volonté".
Son
intention missionnaire est: "Pour que les parents soient de
véritables évangélisateurs qui transmettent à leurs enfants le
don précieux de la foi".
Audiences
Cité
du Vatican, 1 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Mgr.Jude
Thaddeus Okolo, Nonce apostolique en République Dominicaine et
Délégué apostolique à Porto Rico.
Mgr.Jean-Marie
Speich, Nonce apostolique au Ghana.
M.Marco
Vinicio Vargas Pereira, Ambassadeur du Costa Rica, pour la
présentation de ses lettres de créance.
Le
Cardinal Tarcisio Bertone, SDB, Camerlingue.
Mgr.Stephan
Burger, Archevêque de Freiburg im Breisgau (Allemagne).
Les
prélats de la Conférence épiscopale suisse en visite Ad Limina:
Mgr.Felix
Gmür, Archevêque de Bâle, accompagné de ses Auxiliaires,
Mgr.Martin Gächter et Mgr.Denis Theurillat.
Mgr.Vitus
Huonder, Evêque de Coire, accompagné de son Auxiliaire, Mgr.Marian
Eleganti.
Mgr.Charles
Morerod, OP, Evêque de Lausanne, Genève et Fribourg, accompagné de
ses Auxiliaires, Mgr.Pierre Farine et Mgr.Alain de Raemy.
Mgr.Valerio
Lazzeri, Evêque de Lugano.
Mgr.Markus
Büchel, Evêque de St.Gall.
Mgr.Jean-Marie
Lovey, CRB, Evêque de Sion.
Dom
Urban Federer, OSB, Abbé territorial de Einsiedeln.
Mgr.Joseph
Roduit, Abbé territorial de St.Maurice.
Cité
du Vatican, 1 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu ce matin:
Mgr.Jude
Thaddeus Okolo, Nonce apostolique en République Dominicaine et
Délégué apostolique à Porto Rico.
Mgr.Jean-Marie
Speich, Nonce apostolique au Ghana.
M.Marco
Vinicio Vargas Pereira, Ambassadeur du Costa Rica, pour la
présentation de ses lettres de créance.
Le
Cardinal Tarcisio Bertone, SDB, Camerlingue.
Mgr.Stephan
Burger, Archevêque de Freiburg im Breisgau (Allemagne).
Les
prélats de la Conférence épiscopale suisse en visite Ad Limina:
Mgr.Felix
Gmür, Archevêque de Bâle, accompagné de ses Auxiliaires,
Mgr.Martin Gächter et Mgr.Denis Theurillat.
Mgr.Vitus
Huonder, Evêque de Coire, accompagné de son Auxiliaire, Mgr.Marian
Eleganti.
Mgr.Charles
Morerod, OP, Evêque de Lausanne, Genève et Fribourg, accompagné de
ses Auxiliaires, Mgr.Pierre Farine et Mgr.Alain de Raemy.
Mgr.Valerio
Lazzeri, Evêque de Lugano.
Mgr.Markus
Büchel, Evêque de St.Gall.
Mgr.Jean-Marie
Lovey, CRB, Evêque de Sion.
Dom
Urban Federer, OSB, Abbé territorial de Einsiedeln.
Mgr.Joseph
Roduit, Abbé territorial de St.Maurice.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican 1 décembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a accepté la
renonciation de Mgr.Luis Alberto Parra Mora à la charge pastorale du
diocèse de Sibundoy (Colombie), en conformité au canon 401,2 du
CIC.
dimanche 30 novembre 2014
Messe à Istanbul pour les communautés catholiques
Cité
du Vatican, 30 novembre 2014 (VIS). En début d'après-midi hier, le
Saint-Père s'est rendu en la cathédrale catholique d'Istanbul
(depuis 1846), qui conserve dans l'atrium une statue de Benoît XV
offerte en 1919 par les turcs pour remercier le Pape d'avoir tenté
de bloquer la première guerre mondiale: "Au bienfaiteur des
peuple sans distinction de nationalité ou de religion, l'Orient
reconnaissant". L'intervention papale n'empêcha malheureusement
les "jeunes turc" de perpétrer des massacres de minorités
ethniques et religieuses, au premier plan desquelles la population
arménienne de Turquie. Le Pape François a présidé une messe
catholique inter-rites, au cours de laquelle ont également été
utilisées plusieurs langues. Outre les dignitaires des Eglises
orientales catholiques présentes en Turquie, y ont assisté avec le
Patriarche oecuménique de Constantinople les prélats des autres
Eglises orthodoxes d'Orient, et les représentants des autres
communautés chrétiennes d'Istanbul. Voici l'homélie du Saint-Père:
"A
l'homme assoiffé de salut, Jésus se présente comme la source où
puiser, le rocher d’où le Père fait jaillir des fleuves d’eau
vive pour tous ceux qui croient en lui. Avec cette prophétie,
proclamée publiquement à Jérusalem, Jésus annonce à l’avance
le don de l’Esprit que recevront ses disciples après sa
glorification, après sa mort et sa résurrection. Ame de l’Eglise,
l'Esprit donne la vie, suscite les différents charismes qui
enrichissent le peuple de Dieu et surtout, crée l’unité entre les
croyants. D'une multitude il fait un seul corps, le corps du Christ.
Toute la vie et la mission de l’Eglise dépendent de l’Esprit qui
réalise toute chose. La profession de foi...n'est possible que parce
qu’elle est suggérée par l’Esprit: Personne n’est capable de
dire que Jésus est Seigneur sinon dans l’Esprit Saint. Quand nous
prions, c’est parce que l’Esprit suscite en nous la prière, dans
notre cœur. Quand nous brisons le cercle de notre égoïsme, que
nous sortons de nous-mêmes et nous approchons des autres pour les
rencontrer, les écouter, les aider, c’est l’Esprit de Dieu qui
nous a poussés. Quand nous découvrons en nous une capacité
inconnue de pardonner, d’aimer celui qui ne nous aime pas, c’est
l’Esprit qui nous a saisis. Quand nous passons outre les paroles de
convenance et que nous nous adressons aux frères avec cette
tendresse qui réchauffe le cœur, nous avons été certainement
touchés par l’Esprit qui suscite les différents charismes dans
l’Eglise... Cela constitue une immense richesse parce qu'il est
l’Esprit d’une unité qui ne signifie pas uniformité. Seul
l’Esprit peut susciter la diversité, la multiplicité et, en même
temps, opérer l’unité. Quand nous voulons faire la diversité, et
que nous nous arrêtons sur nos particularismes et sur nos
exclusivismes, nous apportons la division. Lorsque nous voulons faire
l’unité selon nos desseins humains, nous finissons par apporter
l’uniformité et l’homologation. Si au contraire, nous nous
laissons guider par l’Esprit, la richesse, la variété, la
diversité ne deviennent jamais conflit, parce que Lui nous pousse à
vivre la variété dans la communion de l’Eglise.
La
multitude des membres et des charismes trouve son principe
harmonisant dans l’Esprit du Christ, que le Père a envoyé et
qu’il continue d’envoyer, pour accomplir l’unité entre les
croyants. L’Esprit fait l’unité de l’Eglise, son unité dans
la foi, son unité dans la charité, son unité dans la cohésion
intérieure. L’Eglise et les Eglises sont appelées à se laisser
guider par l’Esprit, en se plaçant dans une attitude d’ouverture,
de docilité et d’obéissance... C'est là une perspective
d’espérance, mais en même temps laborieuse, puisqu’il y a
toujours en nous la tentation de résister à l’Esprit Saint, parce
qu’il bouleverse, parce qu’il secoue, il fait marcher, il pousse
l’Eglise à avancer. Et il est toujours plus facile et plus commode
de se caler dans ses propres positions statiques et inchangées. En
réalité, l’Eglise se montre fidèle à l’Esprit dans la mesure
où elle n’a pas la prétention de le régler ni de le domestiquer.
Et l’Eglise se montre aussi fidèle à l’Esprit quand elle laisse
de côté la tentation de se regarder elle-même. Et nous, chrétiens,
nous devenons d’authentiques disciples-missionnaires, capables
d’interpeller les consciences, si nous abandonnons un style
défensif pour nous laisser conduire par l’Esprit. Il est
fraîcheur, imagination, nouveauté.
Nos
défenses peuvent se manifester par le retranchement excessif sur nos
idées, sur nos forces, mais au risque de glisser vers le
pélagianisme, dans une attitude d’ambition et de vanité. Ces
mécanismes défensifs nous empêchent de comprendre vraiment les
autres et de nous ouvrir à un dialogue sincère avec eux. Mais
l’Eglise, née de la Pentecôte, reçoit le feu de l’Esprit, qui
ne remplit pas tant la tête d’idées mais incendie le cœur. Elle
est alors investie du vent de l’Esprit qui ne transmet pas un
pouvoir, mais habilite à un service d’amour, à un langage que
chacun est en mesure de comprendre. Sur notre chemin de foi et de vie
fraternelle, plus nous nous laisserons guider avec humilité par
l’Esprit du Seigneur, plus nous dépasserons les incompréhensions,
les divisions et les controverses et plus nous serons signes
crédibles d’unité et de paix. Signes crédibles que Notre
Seigneur est ressuscité, est vivant. C'est avec cette joyeuse
certitude que je vous salue tous avec affection, chers frères et
sœurs, ainsi que le Patriarche syro-catholique, le Président de la
Conférences épiscopale de Turquie, le Vicaire apostolique
Mgr.Pelâtre, les autres évêques et exarques, les prêtres et les
diacres, les personnes consacrées et les fidèles laïcs,
appartenant aux différentes communautés et aux différents rites de
l’Église catholique. Je désire saluer avec une fraternelle
affection le Patriarche de Constantinople, SS Barthélémy I, le
Métropolite syro-orthodoxe, le Vicaire Patriarcal arménien
apostolique et les représentants des Communautés protestantes, qui
ont voulu prier avec nous durant cette célébration. Je leur exprime
ma reconnaissance pour ce geste fraternel. J’envoie une pensée
affectueuse au Patriarche arménien apostolique Mesrob II, en
l’assurant de ma prière. Frères et sœurs, tournons notre pensée
vers la Vierge Marie, la Sainte Mère de Dieu. Avec elle qui a prié
dans le cénacle avec les Apôtres dans l’attente de la Pentecôte,
prions le Seigneur pour qu’il envoie l'Esprit dans nos cœurs et
nous rende témoins de son Evangile dans le monde entier".
Priere en commun au Phanar
Cité
du Vatican, 30 novembre 2014 (VIS). Hier, après la messe en la
cathédrale catholique d'Istanbul, le Saint-Père a gagné le Phanar,
le siège du Patriarcat oecuménique de Constantinople, point de
convergence de 300 millions d'orthodoxes regroupés en diverses
Eglises orthodoxes autonomes. Incarnant l'unité et le primat de
l'orthodoxie, le Patriarche oecuménique est le premier inter pares.
Il a directe juridiction sur Istanbul et quatre autres diocèses de
Turquie, le Mont Athos, la Crète, Patmos et le Dodécanèse. Depuis
le milieu du XV siècle, le patriarcat n'est plus contigu à la
basilique Ste.Sophie. En 1601, il a été autorité par le Sultan à
s'installer au quartier du Phanar. Le Pape François y a été
accueilli par SS Barthélémy I en l'église St.Georges, où ils ont
prié pour l'unité. Après l'allocution du Patriarche oecuménique,
le Pape a prononcé le discours suivant:
"La
tombée du soir porte toujours avec lui un sentiment mêlé de
gratitude pour la journée vécue, et d’anxieuse confiance devant
la nuit qui arrive. Ce soir mon âme est remplie de gratitude envers
Dieu qui m’accorde de me trouver ici pour prier avec votre Sainteté
et avec cette Eglise sœur, au terme d’une intense journée de
visite apostolique. Et en même temps, mon âme est en attente du
jour que nous avons liturgiquement commencé, la fête de l'Apôtre
André, le fondateur et le patron de cette Eglise. A travers les
paroles du prophète Zacharie, le Seigneur nous offre une fois encore
le fondement de notre tension entre un aujourd’hui et un demain, le
rocher solide sur lequel nous pouvons ensemble porter nos pas avec
joie et avec espérance, Ce fondement sur le roc est la promesse du
Seigneur: Voici que je sauve mon peuple, de l’Orient et de
l’Occident dans la loyauté et la justice.
Oui,
cher Frère vénéré Barthélémy, alors que je vous exprime un
merci sincère pour votre accueil fraternel, je sens que notre joie
est plus grande parce que la source est au-delà. Elle n’est pas en
nous, elle n’est pas dans notre engagement ni dans nos efforts,
même s’il y en a, comme il se doit, mais elle est dans la
confiance commune en la fidélité de Dieu, qui pose le fondement de
la reconstruction de son temple qu'est l’église. Voilà une
semence de paix, voilà une semence de joie. Cette paix et cette joie
que le monde ne peut donner, mais que le Seigneur Jésus a promises à
ses disciples, et qu’il leur a données, une fois ressuscité, dans
la puissance de l'Esprit.
André
et Pierre ont écouté cette promesse et reçu ce don. Ils étaient
frères de sang, mais la rencontre avec le Christ les a transformés
en frères dans la foi et dans la charité. Et en cette joyeuse
soirée, en cette prière des vigiles, je voudrais dire surtout: Nous
sommes frères dans l’espérance, et l’espérance ne déçoit
pas! Quelle grâce, Sainteté, de pouvoir être frères dans
l’espérance du Seigneur ressuscité! Quelle grâce et quelle
responsabilité de pouvoir marcher ensemble dans cette espérance,
avec le soutien des saints frères André et Pierre! Quelle grâce de
savoir que cette commune espérance ne déçoit pas, parce qu’elle
est fondée, non pas sur nous ni sur nos pauvres forces, mais sur la
fidélité de Dieu. C'est dans cette joyeuse espérance, remplie de
gratitude et d’attente impatiente, que j’adresse à Votre
Sainteté, à toutes les personnes présentes, et à l’Eglise de
Constantinople, mes vœux cordiaux et fraternels pour la fête du
Saint Patron. Et je vous demande une faveur, celle de me bénir ainsi
que l’Eglise de Rome". Après cette allocution, le Pape
François et son hôte le Patriarche Barthélémy ont récité le
Pater ensemble, en grec et en latin. S'étant retirés au second
étage du Phanar, il ont eu un nouvel entretien.
Divine liturgie de la solennité de St.André en présence du Pape François
Cité
du Vatican, 30 novembre 2014 (VIS). La dernière journée du voyage
du Saint-Père en Turquie a débuté tôt par sa rencontre près la
représentation pontificale d'Istanbul avec le Grand Rabbin de
Turquie Isaak Halerva, à la tête d'une communauté de 25.000
fidèles. Lors de l'Inquisition espagnole de la fin du XV siècle et
jusqu'au début du XIX un très grand nombre de juifs trouvèrent
refuge dans l'empire ottoman. Mais cette communauté s'est
drastiquement réduite au profit de l'émigration vers les Amériques
et vers Israël au XIX et XX siècle. Benoît XVI avait rencontré le
Grand Rabbin en 2006.
Après
quoi, le Pape est retourné au Phanar pour participer à la divine
liturgie célébrée par le Patriarche en la solennité de saint
André apôtre. A l'issue de la cérémonie, il a prononcé le
discours suivant: "Souvent, comme Archevêque de Buenos Aires,
j’ai participé à la divine liturgie des communautés orthodoxes
locales. Mais, me trouver aujourd’hui en cette église patriarcale
St.Georges...est vraiment une grâce particulière que le Seigneur me
donne. Nous rencontrer, échanger l’accolade de paix, prier l’un
pour l’autre sont des dimensions essentielles de ce chemin vers le
rétablissement de la pleine communion à laquelle nous tendons. Tout
ceci précède et accompagne constamment cette autre dimension
essentielle de ce chemin qu’est le dialogue théologique. Un
authentique dialogue est toujours une rencontre entre des personnes
avec un nom, un visage, une histoire, et pas seulement une
confrontation d’idées. Cela vaut surtout pour nous chrétiens,
parce que, pour nous, la vérité est la personne de Jésus-Christ.
L’exemple de saint André, qui a accueilli l’invitation du Maître
à venir et voir, nous montre avec clarté que la vie chrétienne est
une expérience personnelle, une rencontre transformante avec celui
qui nous aime et veut nous sauver. De même, l’annonce chrétienne
se répand grâce à des personnes qui, amoureuses du Christ, ne
peuvent pas ne pas transmettre la joie d’être aimées et sauvées.
Encore une fois, l’exemple de l’apôtre André est éclairant.
Après avoir suivi Jésus là où il habitait et s’être entretenu
avec lui, il trouva d’abord Simon son frère et lui dit: Nous avons
trouvé le Messie! Et il l’amena à Jésus. Il est clair, par
conséquent, que même le dialogue entre chrétiens ne peut se
soustraire à cette logique de la rencontre personnelle.
Ce
n’est donc pas un hasard si le chemin de réconciliation et de paix
entre catholiques et orthodoxes a été, en quelque sorte, inauguré
par une rencontre, par une accolade entre nos vénérés
prédécesseurs, le Patriarche Athénagoras et le Pape Paul VI, il y
a cinquante ans, à Jérusalem, événement que votre Sainteté et
moi-même avons voulu récemment commémorer en nous rencontrant dans
la ville où le Seigneur est mort et ressuscité. Par une heureuse
coïncidence, ma visite a lieu quelques jours après la célébration
du cinquantième anniversaire de la promulgation du décret du
Concile Vatican II sur la recherche de l’unité entre tous les
chrétiens, Unitatis Redintegratio. Il s’agit d’un document
fondamental par lequel a été ouverte une voie nouvelle pour la
rencontre entre les catholiques et les frères d’autres Eglises et
Communautés ecclésiales. Par ce décret, l’Eglise catholique
reconnaît que les Eglises orthodoxes ont de vrais sacrements,
principalement, en vertu de la succession apostolique: Ce sont le
Sacerdoce et l’Eucharistie... En conséquence, on affirme que, pour
garder fidèlement la plénitude de la tradition chrétienne et pour
conduire à terme la réconciliation des chrétiens d’Orient et
d’Occident, il est de la plus grande importance de conserver et de
soutenir le très riche patrimoine des Eglises d’Orient, non
seulement en ce qui concerne les traditions liturgiques et
spirituelles, mais aussi les disciplines canoniques, entérinées par
les saints pères et par les conciles, qui règlent la vie de ces
Eglises. J’estime important de rappeler le respect de ce principe
comme condition essentielle et réciproque au rétablissement de la
pleine communion, qui ne signifie ni soumission l’un à l’autre,
ni absorption, mais plutôt accueil de tous les dons que Dieu a
donnés à chacun pour manifester au monde entier le grand mystère
du salut réalisé par le Christ, par l’Esprit. Je veux assurer à
chacun de vous que, pour arriver au but désiré de la pleine unité,
l’Eglise catholique n’entend pas imposer une quelconque exigence,
sinon celle de la profession de foi commune, et que nous sommes prêts
à chercher ensemble, à la lumière de l’enseignement de
l’Ecriture et de l’expérience du premier millénaire, les
modalités par lesquelles garantir la nécessaire unité de l’Eglise
dans les circonstances actuelles. L’unique chose que désire
l’église catholique, et que je recherche comme Evêque de Rome, de
l’Eglise qui préside dans la charité, c’est la communion avec
les Eglises orthodoxes. Cette communion sera toujours le fruit de
l’amour qui a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit qui
nous a été donné, amour fraternel qui donne expression au lien
spirituel et transcendant qui nous unit comme disciples du Seigneur.
Dans
le monde d’aujourd’hui se lèvent avec force des voix que nous ne
pouvons pas ne pas entendre, et qui demandent à nos Eglises de vivre
jusqu’au bout le fait d’être disciples du Seigneur Jésus-Christ.
La première de ces voix est celle des pauvres. Dans le monde, il y a
trop de femmes et trop d’hommes qui souffrent de grave
malnutrition, du chômage croissant, du fort pourcentage de jeunes
sans travail et de l’augmentation de l’exclusion sociale, qui
peut conduire à des activités criminelles et même au recrutement
des terroristes. Nous ne pouvons pas rester indifférents devant les
voix de ces frères et sœurs. Ils nous demandent, non seulement de
leur donner une aide matérielle, nécessaire en de nombreuses
circonstances, mais surtout que nous les aidions à défendre leur
dignité de personne humaine, de sorte qu’ils puissent retrouver
les énergies spirituelles pour se relever et être de nouveau
protagonistes de leur histoire. Il nous demandent aussi de lutter, à
la lumière de l’Evangile, contre les causes structurelles de la
pauvreté, l’inégalité, le manque d’un travail digne, d’une
terre et d’une maison, la négation des droits sociaux et des
droits du travail. Comme chrétiens nous sommes appelés à vaincre
ensemble cette mondialisation de l’indifférence qui aujourd’hui
semble avoir la suprématie, et à construire une nouvelle
civilisation de l’amour et de la solidarité.
Une
seconde voix qui crie fort est celle des victimes des conflits en
tant de parties du monde. Cette voix nous l’entendons très bien
résonner d’ici, parce que des nations voisines sont marquées par
une guerre atroce et inhumaine. Je pense avec une grande douleur à
toutes les victimes de l'attentat insensé qui vient de frapper à
mort des musulmans nigérians priant en la mosquée de Kano. Troubler
la paix d’un peuple, commettre ou consentir toute espèce de
violence, spécialement sur les personnes faibles et sans défense,
est un péché très grave contre Dieu, parce que c’est ne pas
respecter l’image de Dieu qui est dans l’homme. La voix des
victimes des conflits nous pousse à avancer rapidement sur le chemin
de la réconciliation et de la communion entre catholiques et
orthodoxes. D’ailleurs, comment pouvons-nous annoncer de manière
crédible le message de paix qui vient du Christ, si, entre nous,
continuent d’exister des rivalités et des querelles?
Une
troisième voix qui nous interpelle est celle des jeunes.
Aujourd’hui, malheureusement, beaucoup de jeunes vivent sans
espérance, vaincus par le découragement et la résignation.
Beaucoup de jeunes, de plus, influencés par la culture dominante,
cherchent la joie uniquement dans la possession de biens matériels
et dans la satisfaction des émotions du moment. Les nouvelles
générations ne pourront jamais acquérir la vraie sagesse ni
maintenir vivante leur espérance si nous ne sommes pas capables de
valoriser et de transmettre l’authentique humanisme, qui surgit de
l’Evangile et de l’expérience millénaire de l’Eglise. Ce sont
justement les jeunes orthodoxes, catholiques et protestants qui se
rencontrent dans les rassemblements internationaux organisés par la
communauté de Taizé, qui aujourd’hui nous demandent de faire des
pas en avant vers la pleine communion. Et cela non parce qu’ils
ignorent la signification des différences qui nous séparent encore,
mais parce qu’ils savent voir au-delà, ils sont capables de
recueillir l’essentiel qui déjà nous unit en vue de la sainteté.
Cher frère Barthélémy, nous sommes en chemin vers la pleine
communion et déjà nous pouvons vivre des signes éloquents d’une
unité réelle, bien qu’encore partielle. Cela nous conforte et
nous soutient dans la poursuite de ce chemin. Nous sommes sûrs que
le long de cette route nous sommes soutenus par l’intercession
d’André et de son frère Pierre, considérés par la tradition
comme les fondateurs des Eglises de Constantinople et de Rome.
Invoquons de Dieu le grand don de la pleine unité et la capacité de
l’accueillir dans nos vies. Et n’oublions jamais de prier les uns
pour les autres".
Déclaration commune du Patriarche oecuménique et du Pape
Cité
du Vatican, 30 novembre 2014 (VIS). Après avoir salué et béni
l'assistance depuis le balcon du Phanar, Barthélémy I et le Pape
François ont lu puis signé une importante Déclaration commune,
dont voici le texte:
"Nous,
le Pape François et le Patriarche œcuménique Barthélémy I,
exprimons notre profonde gratitude à Dieu pour le don de cette
nouvelle rencontre qu’il nous accorde, en présence des membres du
Saint Synode, du clergé et des fidèles du Patriarcat œcuménique,
de célébrer ensemble la fête de saint André, le premier appelé
et le frère de l’Apôtre Pierre. Faire mémoire des apôtres, qui
proclamèrent la bonne nouvelle de l’Evangile au monde, renforce
en nous le désir de continuer à cheminer ensemble dans le but de
dépasser, avec amour et confiance, les obstacles qui nous divisent.
Lors de notre rencontre à Jérusalem de mai dernier, au cours de
laquelle nous avons rappelé l’accolade historique entre nos
vénérables prédécesseurs Paul VI et Athenagoras, nous avons signé
une déclaration conjointe. Aujourd’hui, en l’heureuse occasion
d’une nouvelle rencontre fraternelle, nous voulons réaffirmer
ensemble nos intentions et nos préoccupations communes:
Nous
exprimons notre sincère et ferme intention, dans l’obéissance à
la volonté de Notre Seigneur Jésus-Christ, d’intensifier nos
efforts pour la promotion de la pleine unité entre tous les
chrétiens et surtout entre catholiques et orthodoxes. Nous voulons
de plus, soutenir le dialogue théologique promu par la Commission
mixte internationale, qui, instituée il y a exactement 35 ans par le
Patriarche œcuménique Dimitrios et par le Pape Jean-Paul II, ici,
au Phanar, traite actuellement les questions plus difficiles qui ont
marqué l’histoire de nos divisions et qui demandent une étude
attentive et approfondie. Dans ce but, nous assurons de notre prière
fervente comme Pasteurs de l’Eglise, demandant aux fidèles de
s’unir à nous dans l’invocation commune que tous soient un afin
que le monde croie.
Nous
exprimons notre préoccupation commune pour la situation en Irak, en
Syrie et dans tout le proche et moyen Orient. Nous sommes unis dans
le désir de paix et de stabilité et dans la volonté de promouvoir
la résolution des conflits par le dialogue et la réconciliation.
Reconnaissant les efforts déjà faits pour offrir une assistance à
la région, nous en appelons en même temps à tous ceux qui ont la
responsabilité du destin des peuples afin qu’ils intensifient leur
engagement pour les communautés qui souffrent et leur permettent, y
compris aux communautés chrétiennes, de rester sur leur terre
natale. Nous ne pouvons pas nous résigner à Orient sans les
chrétiens qui y ont professé le nom de Jésus pendant deux mille
ans. Beaucoup de nos frères et de nos sœurs sont persécutés et
ont été contraints par la violence à laisser leur maisons. Il
semble vraiment que la valeur de la vie humaine se soit perdue et que
la personne humaine n’aie plus d’importance et puisse être
sacrifiée à d’autres intérêts. Et tout cela, tragiquement,
rencontre l’indifférence de beaucoup. Comme nous le rappelle Paul:
Un membre souffre-t-il que tous les membres souffrent avec lui. Un
membre est-il à l’honneur que tous les membre se réjouissent avec
lui. C’est la loi de la vie chrétienne et en ce sens nous pouvons
dire qu’il y a aussi un œcuménisme de la souffrance. Comme le
sang des martyrs a été semence de force et de fécondité pour
l’Eglise, ainsi le partage des souffrances quotidiennes peut être
aussi un instrument efficace d’unité. La terrible situation des
chrétiens et de tous ceux qui souffrent au proche et moyen Orient
demande non seulement une prière constante, mais aussi une réponse
appropriée de la part de la communauté internationale.
Les
grands défis que le monde a devant lui dans la situation actuelle
demandent la solidarité de toutes les personnes de bonne volonté.
Nous reconnaissons donc aussi l’importance de la promotion d’un
dialogue constructif avec l’Islam, basé sur le respect mutuel et
sur l’amitié. Inspirés par des valeurs communes et affermis par
un authentique sentiment fraternel, musulmans et chrétiens sont
appelés à travailler ensemble par amour de la justice, de la paix
et du respect de la dignité et des droits de chaque personne,
spécialement dans les régions où eux-mêmes, un temps, vécurent
pendant des siècles dans une coexistence pacifique et maintenant
souffrent ensemble tragiquement des horreurs de la guerre. De plus,
comme leaders chrétiens, nous exhortons tous les leaders religieux à
poursuivre et à renforcer le dialogue inter-religieux et à
accomplir tout effort pour construire une culture de paix et de
solidarité entre les personnes et entre les peuples. Nous
nous souvenons aussi de tous les peuples qui
souffrent à cause de la guerre. En particulier, nous prions pour la
paix en Ukraine, un pays d’antique tradition chrétienne, et nous
lançons un appel aux parties engagées dans le conflit à rechercher
le chemin du dialogue et du respect du droit international pour
mettre fin au conflit et permettre à tous les Ukrainiens de vivre en
harmonie. Nos pensées sont également tournées vers tous les
fidèles de nos Eglises de par le monde, que nous saluons, les
confiant au Christ notre Sauveur, afin qu’ils puissent être des
témoins infatigables de l’amour de Dieu. Nous faisons monter notre
prière fervente vers Dieu pour qu’il accorde le don de la paix,
dans l’amour et dans l’unité, à toute la famille humaine. Que
le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix en tout temps et
de toute manière. Que le Seigneur soit avec vous tous". Après
cet acte solennel ils ont rejoint leurs suites pour le déjeuner.
samedi 29 novembre 2014
Condamnation de la violence et de sa justification religieuse
Cité
du Vatican, 29 novembre 2014 (VIS). Hier après-midi, après un
entretien avec le Premier Ministre turc M.Shmet Davutoglu, le Pape
François a quitté le palais présidentiel pour le siège du Bureau
des affaires religieuses, la plus haute instance sunnite en Turquie.
Bien que l'état soit laïc, 98% des citoyens sont musulmans (68%
sunnites et 30% chiites). Après l'entretien avec le Président du
Diyanet M.Mehmet Gormez, il a prononcé un discours devant les
Autorités religieuses et civiles du pays:
"Lorsqu'ils
voyagent pour accomplir une part de leur mission, les Papes
rencontrent aussi les autorités et les communautés des autres
religions. Sans cette ouverture à la rencontre et au dialogue, une
visite papale ne répondrait pas pleinement à ses finalités... Je
suis heureux de rappeler de façon spéciale la rencontre que Benoît
XVI a eue, en ce même lieu, en novembre 2006. Les bonnes relations
et le dialogue entre leaders religieux revêtent en effet une grande
importance. Ils représentent un message clair adressé aux
communautés respectives, pour exprimer que le respect mutuel et
l’amitié sont possibles, malgré les différences. Cette amitié,
en plus d’être une valeur en soi, acquiert une signification
spéciale et une importance supplémentaire en un temps de crises
comme le nôtre, crises qui deviennent dans certaines régions du
monde de véritables drames pour des populations entières. Il y a en
effet des guerres qui sèment mort et destructions, tensions et
confits inter-ethniques et inter-religieux, faim et pauvreté. Ceci
afflige des centaines de millions de personnes, provoque des dégâts
dans l’environnement naturel, l’air, l’eau, la terre. La
situation au proche et moyen Orient est vraiment tragique,
spécialement en Irak et en Syrie. Tous souffrent des conséquences
des conflits, et la situation humanitaire est angoissante. Je pense à
tant d’enfants, à tant de mamans, aux personnes âgées, aux
personnes déplacées et aux réfugiés, victimes de violences de
toutes sortes. A cause surtout d’un groupe extrémiste et
fondamentaliste, des communautés entières, spécialement mais pas
seulement, les chrétiens et les yézidis, ont subi et souffrent
encore des violences inhumaines à cause de leur identité ethnique
et religieuse. Ils ont été chassés de leurs maisons, ils ont dû
tout abandonner pour sauver leur vie et ne pas renier leur foi. La
violence a frappé aussi des édifices sacrés, des monuments, des
symboles religieux et le patrimoine culturel, comme si on voulait
effacer toute trace, toute mémoire de l’autre.
En
qualité de chefs religieux, nous avons l’obligation de dénoncer
toutes les violations de la dignité et des droits humains. La vie
humaine, don de Dieu Créateur, possède un caractère sacré. Par
conséquent, la violence qui cherche une justification religieuse
mérite la plus forte condamnation, parce que le Tout Puissant est
le Dieu de la vie et de la paix. Le monde attend, de la part de tous
ceux qui prétendent l’adorer, qu’ils soient des hommes et des
femmes de paix, capables de vivre comme des frères et des sœurs,
malgré les différences ethniques, religieuses, culturelles ou
idéologiques. A la dénonciation, il faut faire suivre le travail
commun pour trouver des solutions adéquates. Cela demande la
collaboration de toutes les parties : gouvernants, leaders
politiques et religieux, représentants de la société civile, et
tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté. En
particulier, les responsables des communautés religieuses peuvent
offrir la précieuse contribution des valeurs présentes dans leurs
traditions respectives. Nous, musulmans et chrétiens, nous sommes
dépositaires d’inestimables trésors spirituels, parmi lesquels
nous reconnaissons des éléments qui nous sont communs...,
l’adoration du Dieu miséricordieux, la référence au patriarche
Abraham, la prière, l’aumône, le jeûne, tous éléments qui,
vécus d’une manière sincère, peuvent transformer la vie et
donner une base sûre à la dignité et à la fraternité des hommes.
Reconnaître et développer cette communauté spirituelle dans le
dialogue inter-religieux nous aide aussi à promouvoir et à défendre
dans la société les valeurs morales, la paix et la liberté. La
reconnaissance commune de la sacralité de la personne humaine
soutient la compassion commune, la solidarité et l’aide active
envers ceux qui souffrent le plus. A ce sujet, je voudrais exprimer
mon appréciation pour tout ce que le peuple turc, les musulmans et
les chrétiens, font envers les deux millions de personnes qui fuient
leur pays à cause des conflits. C’est un exemple concret de la
manière de travailler ensemble pour servir les autres, un exemple à
encourager et à soutenir.
J’ai
appris avec satisfaction les bonnes relations et la collaboration
entre le Diyanet et le Conseil pontifical pour le dialogue
inter-religieux. Je souhaite qu’elles se poursuivent et qu’elles
se consolident, pour le bien de tous, parce que chaque initiative de
dialogue authentique est signe d’espérance pour un monde qui a
tant besoin de paix, de sécurité et de prospérité. Monsieur le
Président, j’exprime de nouveau, à vous-même et à vos
collaborateurs, ma reconnaissance pour cette rencontre, qui remplit
mon cœur de joie. Je vous suis tous reconnaissant aussi de votre
présence et de vos prières que vous aurez la bonté d’offrir pour
mon service. Pour ma part, je vous assure que je prierai aussi pour
vous. Que le Seigneur nous bénisse tous".
Visite de la Mosquée bleue et de Ste.Sophie
Cité
du Vatican, 29 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a quitté Ankara
pour Istanbul, la seule ville bâtie sur deux continents, sur les
rives du Bosphore qui relie la Mer noire à la Méditerranée.
Accueilli par le Gouverneur et par le Patriarche oeuménique, il a
gagné en voiture la Mosquée bleue, bâtie du XVII siècle par le
Sultan Ahmed I en s'inspirant de Ste.Sophie. Cet édifice grandiose
devint le plus vaste lieu de culte du monde musulman. Son surnom
vient de son parement intérieur recouvert de 21.000 carreaux de
faïence. Accueilli par le Grand Mufti, comme Benoît XVI en 2006, il
a été invité à prier à l'issue de la visite. Après s'être
recueilli en silence, il s'est déplacé de quelques centaines de
mètres pour se rendre à Ste.Sophie, aujourd'hui musée. La
structure actuelle de l'ancienne basilique impériale byzantine
remonte au VI siècle. Lors de son inauguration en 537 l'empereur
Justinien déclara que l'oeuvre d'art la plus somptueuse depuis la
Création, s'exclamant avoir dépassé Salomon et son Temple de
Jérusalem. Après la conquête turque de 1453 elle devint mosquée,
et en 1935 un musée par volonté de Atatürk. Le monument, qui a été
sauvé de l'effondrement au milieu du XIX siècle par les architectes
suisses Gaspare et Giuseppe Fossati, a reçu la visite de Paul VI,
Jean-Paul II et Benoît XVI. Le Pape a été guidé par le directeur
du Musée Ste.Sophie et, après une visite d'une quarantaine de
minutes, a signé le livre d'or: "Sainte sagesse de Dieu (en
grec), combien est belle ta demeure" (en latin). Après cette
seconde visite, le Pape s'est rendu au siège de la représentation
apostolique où, après le salut du Président de la Conférence
épiscopale turque, il s'est entretenu avec les délégations des
communautés catholiques d'Istanbul (rites latin, arménien, syrien
et chaldéen).
Envoyé spécial en Ukraine
Cité
du Vatican, 29 novembre 2014 (VIS). Aujourd'hui a été publiée la
lettre latine du 18 novembre par laquelle le Saint-Père a nommé le
Cardinal Christoph Schönborn, Archevêque de Vienne (Autriche), son
Envoyé spécial au 25 anniversaire de la liberté retrouvée de
l'Eglise gréco-catholique d'Ukraine (Kiev, 10 décembre). Il sera
accompagné par l'abbé Yurij Kolasa, Vicaire pour les ukrainiens
d'Autriche, et par l'Abbé Ihor Sfibian, Chef de la Commission
oécuménique de l'Archevêché de Kiev.
vendredi 28 novembre 2014
Le Pape en Turquie pour favoriser le dialogue et la paix
Cité
du Vatican, 28 novembre 2014 (VIS). Pour son sixième voyage
apostolique, le Saint-Père a quitté ce matin Rome à destination
d'Ankara. A l'instar de ses prédécesseurs, il entend lui imprimer
un caractère principalement oecuménique car la Turquie a une place
à part au plan géographique, mais aussi pour les Papes. A l'annonce
de son élection, les autorités turques définirent Jean XXIII "le
premier Pape turc de l'histoire". Il est vrai que Angelo
Roncalli avait laissé un souvenir très positif de son séjour de
1935 à 1944 comme Délégué apostolique. En 1967 ensuite, Paul VI
fut le premier à y effectuer un voyage officiel, en corollaire à sa
visite historique en Terre Sainte. Ce fut le tour de Jean-Paul II en
1979 puis de Benoît XVI en 2006.
Après
trois heures de vol, l'avion papal a atterri dans la capitale turque
à 13 h locales (midi heure de Rome). Après la brève cérémonie
d'accueil, il s'est rendu au centre d'Ankara pour s'incliner devant
le tombeau de Mustafa Kemal, dit Atatürk, le Père des Turcs (2881 -
1936), premier Président de la République et créateur de l'état
moderne. Après avoir déposé une couronne de fleur et signé le
livre d'or du mausolée, le Pape a gagné le nouveau palais
présidentiel, où il s'est entretenu en privé avec le chef de
l'Etat M.Recep Tayyip Erdogan. Au livre d'or du mausolée, le Pape
François a écrit: "Mes voeux les plus sincères afin que la
Turquie, pont entre deux continents, ne soit pas qu'un carrefour mais
aussi un espace de rencontre, de dialogue et de paix entre hommes et
femmes de toute ethnie, culture et religion". Dans celui de la
présidence: "Puisse le Tout Puissant concéder paix et
prospérité au peuple turc. Puisse ce pays être tout entier une
aire de coexistence pacifique entre cultures et populations, dans
laquelle chacun se sente protégé dans sa dignité et soit libre de
professer sa foi librement". Avant de s'entretenir avec le
nouveau Premier Ministre, il s'est adressé aux corps constitués:
Saluant
dans la Turquie un creuset de civilisations "et
un pont naturel entre deux continents et entre différentes
expressions culturelles, le Pape a dit que cette terre est
particulièrement chère aux chrétiens pour avoir donné le jour à
saint Paul, qui y a fondé diverses communautés, pour avoir hébergé
les sept premiers conciles de l’Église, et pour la présence, près
d’Ephèse, de ce qu’une vénérable tradition considère comme la
maison où la mère de Jésus aurait vécu. Mais les raisons de la
considération et de l’estime que je porte à la Turquie sont aussi
à chercher "dans la vitalité de son présent, dans l’ardeur
au travail et la générosité de son peuple, dans son rôle dans le
concert des nations. C’est pour moi un motif de joie d’avoir
l’opportunité de poursuivre avec vous un dialogue d’amitié,
d’estime et de respect, dans le sillage de celui entrepris par mes
prédécesseurs... Nous avons besoin d’un dialogue qui
approfondisse la connaissance et valorise avec discernement les
nombreuses choses qui nous unissent, et en même temps nous permette
de considérer les différences avec un esprit sage et serein, pour
pouvoir aussi en tirer un enseignement. Il faut poursuivre avec
patience l’engagement à construire une paix solide, fondée sur le
respect des droits fondamentaux et des devoirs liés à la dignité
de l’homme. De cette manière, les préjugés et les fausses
craintes peuvent se dépasser et s’ouvre au contraire un espace à
l’estime, à la rencontre, au développement des énergies les
meilleures au bénéfice de tous.
A
cette fin, il est fondamental que les citoyens musulmans, juifs et
chrétiens, tant dans les dispositions des lois que dans leur
application concrète, jouissent des mêmes droits et respectent les
mêmes devoirs. De cette manière, ils se reconnaîtront plus
facilement comme frères et compagnons de route, en éloignant
toujours davantage les incompréhensions et en favorisant la
collaboration et l’entente. La liberté religieuse et la liberté
d’expression, efficacement garanties à tous, stimuleront la
floraison de l’amitié, en devenant un éloquent signe de paix. Le
proche et le moyen Orient, l’Europe et le monde attendent cette
floraison. Le Moyen-Orient, en particulier, est depuis trop longtemps
le théâtre de guerres fratricides, qui semblent naître l’une de
l’autre, comme si l’unique réponse possible à la guerre et à
la violence devait toujours être une nouvelle guerre et une autre
violence. Pendant combien de temps encore cette région devra-t-elle
souffrir du manque de paix? Nous ne pouvons pas nous résigner à la
continuation des conflits comme si une amélioration de la situation
n’était pas possible. Avec l’aide de Dieu, nous pouvons et nous
devons toujours renouveler le courage de la paix. Cette attitude
conduit à utiliser avec loyauté, patience et détermination tous
les moyens de négociation, et à atteindre ainsi des objectifs
concrets de paix et de développement durable. Pour atteindre
un tel objectif, une contribution importante peut venir du dialogue
inter-religieux et interculturel, de manière à bannir toute forme
de fondamentalisme et de terrorisme, qui humilie gravement la dignité
de tous les hommes et instrumentalise la religion.
Pour
cela il faut opposer au fanatisme et au fondamentalisme, aux phobies
irrationnelles qui encouragent incompréhensions et discriminations,
la solidarité de tous les croyants, ayant pour piliers le respect de
la vie humaine, de la liberté religieuse qui est liberté de culte
et liberté de vivre selon l’éthique religieuse, l’effort de
garantir à tous le nécessaire pour une vie digne, et la protection
de l’environnement naturel. C’est de cela qu’ont besoin, avec
une urgence particulière, les peuples et les états du proche et
moyen Orient, pour pouvoir finalement inverser la tendance et
poursuivre avec succès un processus de pacification par le rejet de
la guerre et de la violence, ainsi que par la recherche du dialogue,
du droit et de la justice. Malheureusement nous sommes encore témoins
de graves conflits. En Syrie et en Irak, en particulier, la violence
terroriste ne semble pas s’apaiser. On enregistre la violation des
lois humanitaires les plus élémentaires à l’encontre des
prisonniers et de groupes ethniques entiers. Il y a eu, et ont lieu
encore, de graves persécutions aux dépens de groupes minoritaires,
notamment chrétiens et les Yézidis. Des centaines de milliers de
personnes ont été contraintes à abandonner leurs maisons et leur
patrie pour pouvoir sauver leur vie et rester fidèles à leur credo.
La Turquie, en accueillant généreusement un grand nombre de
réfugiés, est directement impliquée à ses frontières par les
effets de cette dramatique situation, et la communauté
internationale a l’obligation morale de l’aider à prendre soin
des réfugiés. Avec la nécessaire assistance humanitaire, on ne
peut pas rester indifférent face à ce qui a provoqué ces
tragédies. En répétant qu’il est licite d’arrêter l’injuste
agresseur, cependant toujours dans le respect du droit international,
je veux aussi rappeler qu’on ne peut confier la résolution du
problème à la seule réponse militaire. Un engagement commun fort,
fondé sur la confiance réciproque, est nécessaire, qui rende
possible une paix durable et permette de destiner finalement les
ressources, non aux armements, mais aux vraies luttes dignes de
l’homme, celle contre la faim et les maladies, celle pour le
développement durable et la sauvegarde de la création, contre de
nombreuses formes de pauvreté et de marginalité qui ne manquent pas
dans le monde moderne.
La
Turquie, par son histoire, en raison de sa position géographique et
à cause de l’importance qu’elle revêt dans la région, a une
grande responsabilité. Ses choix et son exemple possèdent une
portée spéciale et peuvent être d’une aide importante en
favorisant une rencontre de civilisations et en indiquant des voies
praticables de paix et d’authentique progrès. Que le Très Haut
bénisse et protège la Turquie et l’aide à être un artisan de
paix efficace et convaincu!".
Indulgences pour l'Année de la vie consacrée
Cité
du Vatican, 28 novembre 2014 (VIS).A l'occasion de l'Année de la vie
consacrée, qui débute dimanche (jusqu'au 2 février 2016), la
Pénitencerie apostolique publie un décret dictant les conditions de
réception d'indulgences plénières. Pouvant servir en suffrage des
âmes du purgatoire, elles s'obtiendront à Rome par la participation
aux cérémonies fixées par la Congrégation pour les instituts de
vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, après un moment
de recueillement conclu par la récitation du Pater, du Credo ou de
toute forme d'invocation légitime à la Vierge Marie. Et dans les
diocèses, au cours des cérémonies locales ad hoc, en visitant la
cathédrale, toute église ou lieu désigné par l'évêque, récitant
la liturgie des heures ou selon la procédure décrite pour Rome. Les
religieux malades ou empêchés pour des raisons légitimes seront
dispensés de ces conditions s'ils confient leur maladie ou leurs
souffrances à l'intercession de Marie et prient comme convenu. Afin
de faciliter la réception de la grâce divine par le biais de
l'Eglise, on recommande aux prêtres pénitenciers et à tous ceux
qui en ont reçu faculté d'être généreusement disponibles pour
les confessions et l'administration de la communion aux malades.
Avis
Cité
du Vatican, 28 novembre 2014 (VIS). En raison du voyage du Saint-Père
en Turquie, le VIS diffusera exceptionnellement son bulletin demain
samedi et dimanche 30 novembre.
jeudi 27 novembre 2014
Pour un renouveau de la vie consacrée
Cité
du Vatican, 27 novembre 2014 (VIS). La Congrégation pour les
instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique
vient de se réunir pour réfléchir à l'état de la vie religieuse
cinquante ans après les documents conciliaires Lumen Gentium et
Perfectae Caritatis. Recevant les 80 participants, le Pape a repris
le thème des assises, Du vin nouveau dans des outres neuves: "Vous
vous êtes proposés de tester la qualité et le degré de maturation
du vin produit par la longue saison du renouveau" de la vie
religieuse, mais aussi de vérifier si les contenants institutionnels
sont ou non "adaptés pour recevoir votre vin nouveau et pour sa
maturation. N'ayons pas peur d'abandonner nos vieilles outres, c'est
à dire de changer nos habitudes et les structures qui ne sont plus
adaptées à l'avancement du Royaume, qui offrent une fausse
sécurité, qui éloigne le peuple des fidèles et nous empêchent
souvent d'entendre l'appel de qui attend la Bonne Nouvelle. Ne vous
cachez pas les faiblesses de la vie religieuse, la résistance de
certains secteurs au changement, une force d'attraction réduite et
le nombre des abandons, la fragilité de certaines formations, un
poids de la gestion au dam de la vie spirituelle, une faible capacité
à accéder aux diversités culturelles et générationnelles, un
déséquilibre dans l'exercice de l'autorité et la gestion des
biens. La pauvreté doit être notre préoccupation car, comme le
disait saint Ignace, elle est la mère et de mur de la vie consacrée.
Elle donne la vie mais sépare de la mondanité. Soyez plutôt
attentifs aux signes de l'Esprit qui propose de nouveaux horizons et
ouvre de nouveaux sentiers, toujours selon la règle évangélique et
les charismes de vos fondateurs". Puis il a énuméré plusieurs
critères comme le caractère évangélique des choix, la fidélité
charismatique et le primat du service, l'attention aux plus faibles
et le respect de la dignité de la personne. Le Pape a enfin
encouragé ses hôtes à continuer de favoriser le progrès, afin de
"le vin nouveau puisse rajeunir l'Eglise et réjouir le coeurs
de qui a besoin de votre aide. "Certes, la substitution des
vieilles outres ne saurait être automatique car il faut maintenir ce
qui continue de donner des fruits. "Poursuivez donc dans la voie
du renouveau engagé il y a cinquante ans en évaluant à la lumière
de la Parole toute nouveauté, toujours à l'écoute des besoins de
l'Eglise et du monde contemporain".
Les enjeux de la pastorale urbaine
Cité
du Vatican, 27 novembre 2014 (VIS). Le Saint-Père a reçu les
participants à la seconde phase du Congrès international de
pastorale des métropoles qui s'est ouvert à Barcelone (Espagne) le
24 novembre, devant qui il a tenu à citer quatre enjeux: On a besoin
dans ces nouveaux espaces urbains de nouveaux axes d'action. "On
ne peut rester désorientés et risquer de se tromper de route ou de
porte, de nous perdre nous mêmes sans répondre aux attentes des
fidèles et de tous ceux qui cherchent un sens à la vie... L'Eglise
n'est plus la seule référence de la culture...capable de définir
la forme culturelle comme les valeurs... Nous ne sommes plus les
seuls à faire la culture, et pas même les plus écoutés! Il faut
donc changer de mentalité pastorale, non pas pour une pastorale
relativiste qui, pour survivre dans le contexte culturel, perdrait
son horizon évangélique... Ce ne serait plus de la pastorale, car
il ne s'agirait plus de l'intérêt de l'homme...auquel on cacherait
Jésus et la vérité sur lui même. Cette voie porterait l'homme à
la solitude et à la mort. Il faut rejeter la voie commode du
relativisme pastoral! Pour constituer une pastorale évangélisatrice,
il faut du courage et de l'audace... Les hommes d'aujourd'hui et la
société ont besoin d'une Bonne Nouvelle que nous ne devons pas
avoir honte d'exposer... Mais le dialogue pastoral doit être exempt
des relativismes qui affadissent l'identité chrétienne. Il doit
tendre à attendrir le coeur de l'autre... Nous avons pour cela
besoin d'être contemplatifs mais sans rejeter l'apport des sciences
sociales permettant de percevoir le phénomène urbain", besoin
de découvrir les "cités invisibles" que sont les groupes
et les territoires humains, leurs symboles et langages, leurs rites
et leur conception de la vie. Si la situation change selon les
continents, on ne doit pas méconnaître ou mépriser d'autres
expériences, chrétiennes ou non. L'Esprit sème partout. Mais il
faut partout être particulièrement attentifs aux pauvres et au
émigrés. "L'Eglise ne saurait ignorer leur appel ou entrer
dans le jeu de systèmes injustes, mesquins et intéressés qui
tenteraient de les rendre invisibles".
Audience aux Pauliniens
Cité
du Vatican, 27 novembre 2014 (VIS). Le Pape a reçu ce matin les
diverses réalités regroupées dans la Société de St.Paul et dans
les Filles de St.Paul, qui oeuvrent dans le domaine de la
communication. Fondée par le bienheureux Giacomo Alberione, la
famille paulinienne comprend cinq congrégations religieuses, quatre
instituts séculiers et une association de coopérants. Rappelant
leur centenaire, le Saint-Père a encouragé ses hôtes à rénover
leur engagement à vivre la foi et à la communiquer. Il les a
encouragé à poursuivre l'oeuvre de leur fondateur "en ayant de
larges horizons. N'oublions pas que l'évangélisation est
fondamentalement liée à l'annonce de l'Evangile à qui ne connaît
pas Jésus ou l'a jusqu'ici repoussé.... Chacun à le droit de
recevoir l'Evangile, tandis que les chrétiens ont le devoir de
l'annoncer à tous sans exception. Cet élan catholique doit porter
jusqu'au périphéries existentielles. Tel est votre ADN du fait que
"votre fondateur s'est inspiré à saint Paul et à sa mission.
Le Concile Vatican II nous présenté l'Eglise comme un peuple en
marche... Or la marche symbolise l'espérance. La finalité des
actions de tout chrétien ici bas est de gagner la vie éternelle.
Enracinée dans l'annonce de son amour, cette mission nous empêche
de rester prisonniers des structures de ce monde. Elle tient éveillé
notre esprit, capables que nous sommes de projets qui s'accompliront
dans la béatitude du Seigneur".
Activité du Pape en décembre 2014 et en janvier 2015
Cité
du Vatican, 27 novembre 2014 (VIS). Voici la liste des cérémonies
présidées par le Saint-Père en décembre 2014 et janvier 2015:
DECEMBRE
Lundi
8: Solennité de l'Immaculée Conception, à 16 h prière Place
d'Espagne.
Vendredi
12: Basilique vaticane, à 18 h messe pour l'Amérique latine.
Dimanche
14: Visite de la paroisse St.Joseph all'Aurelio, à 16 h.
Mercredi
24: Messe de minuit, à 2 h 30' en la Basilique vaticane.
Jeudi
25: Solennité de Noël, à midi bénédiction Urbi et Orbi depuis la
loge centrale de la Basilique vaticane.
Mercredi
31: Premières vêpres et Te Deum de fin d’année, à 17 h en la
Basilique vaticane.
JANVIER
Jeudi
1: Solennité de la Mère de Dieu et XLVIII Journée mondiale de la
paix, à 10 h messe en la Basilique vaticane.
Mardi
6: Solennité de l'Epiphanie, à 30 h messe en la Basilique vaticane.
Dimanche
11: Fête du baptême du Seigneur, à 9 h 30' en la Chapelle Sixtine,
messe et baptêmes d'enfants.
Lundi
12 au lundi 19: Voyage apostolique au Sri Lanka et aux Philippines.
Dimanche
25: Solennité de la conversion de saint Paul, vêpres à 17 h 30' en
la Basilique St.Paul Hors les murs.
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