Cité
du Vatican, 17 juillet 2015 (VIS). Ce matin près la Salle de Presse,
le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil
pontifical Iustitia et Pax, a présenté la Rencontre avec une
trentaine de représentants des communautés victimes de l'activité
minière (Rome 17 - 19 juillet). Rappelant d'emblée la journée
précédente de septembre 2013 (Mines pour le bien commun), organisée
à la demande de vingt-quatre dirigeants de compagnies minières, le
Cardinal a précisé qu'il s'agit maintenant d'approfondir la
réflexion sur les implications socio-économiques et
environnementales de cette activité industrielle. Un rapport sur le
sujet a été adressé aux conférences épiscopales des pays
intéressés et une nouvelle journée de sensibilisation sera
organisée en septembre prochain (Un nouvel avenir, une nouvelle
vision de l'activité minière). Il convient avant tout d'écouter
les griefs des communautés qui en sont victimes. L'encyclique
Laudato Si' est une excellente occasion d'écouter ce "cri des
pauvres" auquel on ne saurait manquer de répondre. Il est
effectivement nécessaire d'y répondre au nom de ladu libération
à laquelle chaque être humain a droit. C'est un devoir de chacun de
nous, qui n'est donc pas réservé à quelques uns. "Guidée par
l'Evangile de la miséricorde et par l'amour de l'humanité, l'Eglise
entend cet appel à la justice et veut y répondre de toutes ses
forces. Nombreux sont les personnes conscientes des graves problèmes
que causent l'activité extractive de certaines régions du monde"
et le rapport rédigé par l'ex Secrétaire général de l'ONU M.Kofi
Annan fournit des éléments approfondis sur la problématique. Il
faut citer aussi le projet de loi européen sur l'activité
extractive mais aussi des manifestes grand public comme les films
Blood diamonds et Avatar. "Pour sa part l'Eglise suit de près
depuis longtemps la question, localement mais aussi au niveau des
conférences épiscopales", du réseau ecclésial pan-amazonien,
du réseau des franciscains ou des Caritas. "Tous oeuvrent de
concert afin que ces situations ne restent pas ignorées ou couvertes
par l'indifférence, voire le cynisme et l'impunité. En effet, c'est
d'un changement radical dont on a besoin pour établir le bien
commun, la justice, la durabilité et la dignité des personnes".
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Le Vatican Information Service (VIS) est un service d'information de la Salle-de-Presse du Saint-Siège. Il propose des informations sur le Magistère et l'activité pastorale du Saint-Père et de la Curie Romaine... [+]
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dernières 5 nouvelles
vendredi 17 juillet 2015
Lettre à la Rencontre sur la question minière
Cité
du Vatican, 17 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père a confié au
Cardinal Turkson une lettre adressée aux représentants des
communautés victimes de l'activité minière, dans laquelle il
rappelle qu'ils témoignent des répercussions de l'extraction des
grandes compagnies sur les ouvriers, leurs familles et les
communautés, et qu'ils entendent y réfléchir en partant de la
dernière encyclique. Leur cri, écrit le Pape François, s'élève
"à cause des terres perdues, à cause d'une extraction de
richesse qui laisse dans la pauvreté des populations locales, à
cause de la corruption, des violences et des menaces, des violations
des droits, des conditions de travail qui touchent parfois à
l'esclavage, au trafic d'êtres humains et à la prostitution
induite. J'entends inviter vos communautés à inter-agir de manière
constructive avec tous les agents du secteur... Puisse cette occasion
contribuer à une meilleure perception des responsabilités, à
commencer par la dignité des personnes qui nécessite d'une culture
morale capable de réagir à la crise. Je prie le Seigneur de
favoriser vos travaux afin qu'ils soient fructueux pour tous ceux qui
sont victimes de ce phénomène".
Promulgation de décrets
Cité
du Vatican, 17 juillet 2015 (VIS). A la suite de l'audience accordée
hier après-midi au Cardinal Angelo Amato, SDB, Préfet de la
Congrégation pour les causes des saints, le Pape a ordonné la
promulgation des décrets relatifs aux vertus héroïques:
du
Serviteur de Dieu Andreij Szeptyckyj,
religieux et évêque ukrainien (1865 - 1944).
du
Serviteur de Dieu Giuseppe Carraro, évêque
italien (1899
- 1980).
du
Serviteur de Dieu Agostino Ramírez Barba,
prêtre séculier mexicain et fondateur des Soeurs du Seigneur de la
Miséricorde (1881 - 1967).
du
Serviteur de Dieu Simpliciano de la Nativité (Aniello Francesco
Saverio Maresca), prêtre et religieux italien, fondateur des
Franciscaines des Sacrés Coeurs (1827 -
1898).
de
la Servante de Dieu María del Refugio Aguilar y Torres, laïque
mexicaine, fondatrice des Mercédaires du Saint Sacrement (1866
- 1937).
de
la Servante de Dieu Marie-Thérèse Dupouy Bordes, religieuse
française fondatrice des Missionarie des Sacrés Coeurs de Jésus et
Marie (1873 - 1953).
de
la Servante de Dieu Elisa Miceli, laïque italienne fondatrice des
Soeurs cathéchistes rurales du Sacré Coeur (1904 -
1976).
de
la Servante de Dieu Isabella Méndez Herrero, religieuse espagnole
(congrégation des Servantes de St.Joseph) (1924 -1953).
Audiences
Cité
du Vatican, 17 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père
a reçu ce matin Mgr.Salvatore Fisichella,
Président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.
jeudi 16 juillet 2015
Bilans du Saint-Siège et de l'Etat du Vatican
Cité
du Vatican, 16 juillet 2015 (VIS). Avant-hier, lors d'une réunion
du Conseil pour l'économie, ont été présentés les bilans du
Saint-Siège et de l'Etat du Vatican, préparés par la Préfecture
pour les affaires économiques et visés par le Secrétariat pour
l'économie, le Comité d'audit et le Réviseur externe (qui a
délivré un avis positif pour chacun des rapports). L'exercice 2014
constitue une transition vers la nouvelle politique financière
fondée sur les principes comptables internationaux. Ces deux bilans
ont été rédigés selon les principes anciens, ce qui rend
difficile une comparaison point par point avec ceux de 2013. Ceci dit
les procédures transitoires qui conduiront au nouveau système
fonctionnent bien et tous les secteurs ont fourni un travail
excellent et une collaboration efficace.
Si
le bilan 2014 du Saint-Siège présente un déficit de 25,621
millions d'euro, sensiblement identique au précédent (24,471
millions), ce dernier se serait monté à 37,209 millions. Les
rentrées sont constituées par les investissements, les
contributions diocésaines (21 millions) et celle du IOR (50
millions). Le patrimoine du Saint-Siège s'est accru de 939 millions
en 2014 du fait de l'insertion dans l'exercice actif comme passif de
structures précédemment gérées hors bilan (pour 1,114 millions
pour un passif de 222 millions). Le fonds de pension, qui ne figure
pas au bilan, devra préparer un rapport sur sa situation actuelle.
Comme précédemment, la dépense principale relève du personnel
(2.880 personnes réparties dans les 64 structures du Saint-Siège).
Le
bilan de l'Etat du Vatican présente une avance de 63.519 millions
(33.042 en 2013), principalement due aux bénéfices des Musées et à
de bons investissements. Le personnel se compose de 1.930 unités.
Le
Conseil a en outre reçu une mise à jour relative au budget 2015,
calculé selon les nouveaux critères, qui avait été soumis en mai
dernier par le Secrétariat. Les projections indiquent que l'on
enregistrera probablement un déficit pour le prochain exercice.
mercredi 15 juillet 2015
Lutter contre l'esclavage moderne et le changement climatique
Cité
du Vatican, 15 juillet 2015 (VIS). Ce matin près la Salle de Presse,
le Chancelier de l'Académie pontificale des sciences, a présenté
la Rencontre intitulée "Esclavage moderne et changement
climatique, l'engagement des villes", et le Symposium
"Prospérité, humanité et planète, pour un développement
durable des villes", en programme au Vatican les 21 et 22
juillet et auxquels ont été invités des maires de métropoles et
des représentants des Nations-Unies. A la suite du Pape, a déclaré
Mgr.Marcelo Sánchez Sorondo, "l'Académie établit un lien
entre les deux graves problèmes que sont l'esclavage moderne et le
changement climatique, une crise sociale et une crise climatique
d'origine anthropique. Dans le sillage de l'encyclique Laudato Si',
nous devons faire prendre conscience de la gravité de ces
phénomènes, de la responsabilité humaine et de la nécessité de
réagir vigoureusement pour le bien général. Dans cet effort moral,
les villes et leurs administrateurs ont un rôle clef à jouer car
désormais la majorité de la population mondiale est urbanisée. Et
les zones urbaines organisées ou informelles sont destinées à
grandir encore. Selon notre culture" il faut impliquer la
responsabilité morale et sociale de chaque individu, d'où
"l'importance de respecter la vie de la Polis pour une pleine
réalisation sociale, culturelle et religieuse des personnes. Chacun
doit avoir conscience...du don du monde qui est confié à nos soins,
Il ne s'agit pas de le conserver comme un musée mais d'en développer
toutes les possibilités en accord avec les lois de la nature. Le
respect et le développement de notre maison est un impératif
moral".
Par
ailleurs, "bien qu'ayant une incidence minime sur les
altérations climatiques, les pauvres et les exclus vivent souvent
dans les périphéries où ils sont les plus exposés aux
conséquences du dérèglement climatique causé par l'homme... Nous
disposons des connaissances et des technologies, mais aussi des
moyens pour inverser la tendance...et lutter contre la pauvreté
extrême par l'emploi d'énergies renouvelables à basse émission de
gaz serre... Le financement de cette écologie intégrale, nature et
hommes...renforcerait la recherche de la paix et l'inclusion sociale
dans les zones urbaines principalement... Les administrateurs doivent
donc oeuvrer dans ce sens afin d'émanciper les pauvres et autres
personnes vulnérables, tout en les protégeant des catastrophes
naturelles dues à l'altération de l'environnement, mais aussi du
cadre socio-économique... Il faudrait aussi qu'ils agissent pour
mettre un terme aux abus en tout genre et à l'exploitation des
personnes selon de nouvelles formes d'esclavage. Ce que le Pape
François et Benoît XVI ont défini comme crimes contre
l'humanité...favorisent en outre le phénomène migratoire et
l'esclavagisme des personnes en déplacement...le travail forcé, la
prostitution, le trafic d'organes et la traite des êtres humains...
Il faut en somme que les grandes agglomérations soient de plus en
plus socialement inclusives, sûres et écologiques".
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 15 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père a:
Accepté
la renonciation à la charge pastorale du diocèse (archevêché) de
Passo Fundo (Brésil), présentée par Mgr.Antônio Carlos Altieri,
SDB, en conformité au canon 401,2 du CIC.
Nommé
l'Abbé Laurent Camiade, Evêque de Cahors (superficie 5.216,
population 182.100, catholiques 170.700, prêtres 66, diacres 31,
religieux 96), en France. L'Evêque élu, né en 1966 à Agen
(France) et ordonné prêtre en 1992, était jusqu'ici Vicaire
Général du diocèse d'Agen (France). Docteur en théologie, il a
été responsable diocésain de la pastorale, curé de paroisse et
professeur à l'Institut Catholique de Toulouse.
L'Abbé
Udo Benz, Auxiliaire de l'Evêque de Mayence (Allemagne). L'Evêque
élu, né en 1967 à Rülzheim (Allemagne) et ordonné prêtre en
1995, était jusqu'ici Recteur du grand séminaire de Mayence.
Docteur en théologie, il a été secrétaire du Cardinal Lehmann,
professeur de séminaire, vicaire paroissial et Président de la
Conférence allemande des recteurs de grands séminaires.
mardi 14 juillet 2015
Entretien avec les journalistes durant le vol de retour
Cité
du Vatican, 14 juillet 2015 (VIS). Comme d'habitude, entre Asunción
et Rome, le Saint-Père a répondu à plusieurs questions des
journalistes qui l'accompagnaient. Voici un résumé de ses propos:
Question:
Pourquoi le Paraguay n'a pas de cardinal? Quel est le péché du
Paraguay?
Réponse:
Eh bien, ne pas avoir de cardinal n'est pas un péché. La plupart
des pays dans le monde n'en ont pas. Les nationalités des cardinaux
sont une minorité... Parfois, le choix des cardinaux se fait en
étudiant des dossier, en remarquant une personnalité, un
charisme...utile pour être conseiller du Pape, pour l'aider dans le
gouvernement universel de l'Eglise. Tout en appartenant à une Eglise
particulière, le Cardinal est comme l'indique son nom incardiné
dans l'Eglise de Rome. Cela lui donne une vision universelle. Cela ne
veut pas dire qu'il n'y a pas évêques qui l'ont, au Paraguay par
exemple. Mais le nombre des Cardinaux ne peut pas dépasser 120
électeurs... Si on regarde l'Eglise du Paraguay, elle mériterait
d'avoir deux Cardinaux! C'est une Eglise vivante, active et à
l'histoire glorieuse".
Question:
Que pensez-vous du désir des boliviens d'avoir un accès souverain
au Pacifique. Si le Chili et la Bolivie le demandaient,
accepteriez-vous cette médiation?
Réponse:
La médiation est une chose très délicate, et c'est comme une
dernière étape. J'ai connu cela en Argentine avec le Chili, et cela
a empêché une guerre. La situation était limite et le Saint-Siège
l'a très bien gérée car Jean-Paul II s'y était impliqué... En ce
moment, il faut être très prudent parce que la Bolivie en a appelé
à un tribunal international. Si je fais un commentaire, comme chef
d'Etat, il pourrait être interprété et jugé une interférence ou
une pression. Je dois être très respectueux de la décision prise
par le peuple bolivien qui ont fait cet appel... Comme je l'ai
dit...les frères doivent se parler, les peuples latino-américains
doivent dialoguer pour créer une grande patrie... Je veux être
clair: Mon discours était un rappel de ce problème, mais dans le
respectant de la situation telle qu'elle est aujourd'hui. La question
étant devant un tribunal international, ne parlons pas de médiation,
attendons". Certes le désir des boliviens de modifier la
frontière a une base de justice, surtout après une guerre... Je me
souviens qu'en 1961, en première année de philosophie, j'ai vu un
documentaire sur la Bolivie. On y parlait des 10 étoiles du pays.
Après avoir présenté chacun des 9 départements, ce fut le silence
sur le dixième. Sur la mer, pas de mot".
Question:
Avant votre visite l'Equateur a été agité par des manifestations.
Des opposants revenus au pays ont défié le gouvernement dans la
rue. Il semble que votre présence en Equateur ait été utilisée
politiquement, en particulier votre phrase sur les gens qui, en
Equateur ont résisté avec dignité. Qu'en pensez-vous?
Réponse:
''Bien sûr, je savais qu'il y avait des problèmes politiques et des
grèves... Je ne connais pas les détails de la politique de
l'Equateur et il serait stupide de ma part de donner un avis. On m'a
dit qu'il y a eu une trève lors de ma visite... C'est le geste d'un
peuple debout, respectueux de la visite du Pape... En ce qui concerne
la phrase en question, j'ai voulu évoquer la prise de conscience du
peuple équatorien, notamment face au récent conflit frontalier avec
le Pérou. Il existe une plus grande prise de conscience de la
diversité des richesses ethniques de l'Equateur, ce qui accroît la
dignité des gens. L'Equateur n'est pas un pays de rebut... Après la
guerre de frontière, les équatoriens sont devenus plus conscients
de leur dignité et de la richesse de l'unité dans la variété. Je
veux dire que ma phrase ne peut être attribuée à une situation
particulière. Une phrase peut être instrumentalisée, c'est
pourquoi il fait être très prudent".
Question:
Dans votre discours en Bolivie aux Mouvements populaires, vous avez
parlé de l'idolâtrie de l'argent qui domine l'économie et impose
des politiques d'austérité qui pénalisent les plus pauvres.
Aujourd'hui la Grèce risque de perdre l'Euro. Que pensez-vous de la
Grèce et de l'Europe plus généralement?
Réponse:
Je suis proche de cette réalité, car il s'agit d'un phénomène qui
existe dans le monde entier. Même dans l'Est européen, aux
Philippines, en Inde, en Thaïlande. Ce sont des mouvements qui sont
liés...et qui protestent pour aller de l'avant et être en mesure de
mieux vivre. Ces mouvements intéressent beaucoup de gens qui ne se
sentent pas représentés par les syndicats, parce qu'ils disent que
les syndicats ne se battent plus pour les droits des plus pauvres. A
cela l'Eglise ne peut être indifférent. La doctrine sociale de
l'Eglise implique un dialogue avec ce mouvement, et le dialogue
fonctionne bien. Vous avez vu l'enthousiasme de sentir la présence
de l'Eglise, qui dispose d'une doctrine capable d'aider à lutter et
dialoguer. L'Eglise ne doit faire le choix de l'anarchiste et de la
rue. Non, ces mouvements populaires ne sont pas anarchistes. Ils
travaillent, ils essaient de transformer ces déchets sociaux en
véritables travailleurs... Quant à la Grèce et au système
international, je n'y comprends pas grand chose...mais certainement
il serait trop facile de dire que la faute est seulement de cette
partie... J'espère qu'on trouvera un moyen de résoudre le problème
grec mais aussi d'aider d'autres pays à ne pas tomber dans le même
problème... On m'a dit qu'il y avait un projet des Nations-Unies...
pour éviter à un pays de se déclarer en faillite... Mais je ne
peux rien dire de plus. Ensuite, en ce qui concerne les nouvelles
formes de colonisation, évidemment tous aller sur des valeurs. La
colonisation se fait déjà par la consommation. L'habitude de
consommer a été un processus de colonisation car elle amène à une
attitude qui ne nous appartient et finit par déséquilibrer la vie.
Le consumérisme déséquilibre également l'économie nationale et
la justice sociale, et aussi la santé physique et mentale, juste
pour donner un exemple".
Question:
Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez vu le marteau et la faucille
avec le Christ, offert par le Président Morales?
Réponse:
Je ne savais même pas que le Père Espinal était aussi un sculpteur
et poète...Pour moi ce fut une surprise". Ce crucifix "peut
être décrit comme un genre d'art de protestation. Par exemple, à
Buenos Aires il ya quelques années a été faite d'une exposition
d'un sculpteur...qui avait l'art de la protestation... Il avait
réalisé un crucifié dans un bombardier en train de tomber. C'était
un critique du christianisme, allié de l'impérialisme symbolisé
par le bombardier... Dans certains cas, cet art peut être offensant
pour certains. Dans ce cas, le Père Espinal a été tué en 1980, à
l'époque où théologie de la libération" envisageait
l'analyse marxiste de la réalité... La même année, le Général
de la Compagnie de Jésus, le Père Arrupe, avait publié une lettre
sur l'analyse marxiste de la réalité société selon la théologie.
Et quatre ans plus tard, la Congrégation pour la doctrine de la foi
a publié sa première déclaration critique sur la théologie de la
libération... Le Père Espinal était un passionné de cette analyse
marxiste mais aussi de théologie confrontée au marxisme. De cela
est venu son travail artistique. Ses poèmes aussi sont une sorte de
protestation. C'était sa vie, sa pensée. Il était un homme
spécial, avec un grand génie, qui s'est battu en toute bonne foi...
Cet objet, je l'ai pris avec moi...tandis que j'ai laissé les deux
décorations que le président Morales a voulu me décerner, l'un est
le plus important de la Bolivie, l'autre est su nom du Père
Espinal... J'ai pensé que si je les ramenais au Vatican...personne
ne les verraient. J'ai donc pensé qu'il était juste de les laisser
à la Vierge de Copacabana, la Mère de la Bolivie."
Question:
Au cours de la messe à Guayaquil vous avez dit que le Synode doit
mûrir un véritable discernement pour trouver des solutions
concrètes aux difficultés des familles. Et puis vous avez demandé
aux gens de prier pour que Dieu transforme même ce qui nous semble
impur, nous scandalise ou nous effraye... Quelles sont les situations
impures, épouvantables ou choquantes auxquelles vous avez fait
allusion?
Réponse:
Encore une fois, je vais à l'herméneutique du texte. Je parlais ldu
miracle du vin aux noces de Cana, en disant que les amphores étaient
pleines d'eau, mais pour la purification. Cela signifie que chaque
personne qui achève sa vie fait sa purification et laissé sa crasse
spirituelle. Il existe un rite de purification avant d'entrer dans
une maison, ou même dans le temple. Un rituel que nous avons
maintenant dans l'eau bénite. Jésus fait le meilleur vin avec de
l'eau ou de la saleté... En l'occurrence, la famille est en crise,
nous le savons tous... Pour tout cela, j'ai parle en général. Le
Seigneur nous purifier de ces crises, de tant de choses qui sont
décrites dans l'Instrumentum Laboris... Je n'y ai pensé à rien de
particulier".
Question:
Nous avons vu comment s'est bien passée la médiation entre Cuba et
les Etats-Unis. Pensez que vous pourriez faire quelque chose de
similaire dans d'autres situations difficiles du continent
latino-américain, au Venezuela ou en Colombie?
Réponse:
Le processus de rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis n'a pas
été une médiation. Cela n'a pas eu le caractère d'une médiation.
Il y avait un désir et les parties y sont parvenues... Et puis, en
vérité, j'ai seulement prié trois mois...alors que cela dure
depuis cinquante ans. Le Seigneur m'a fait penser au Cardinal qui
était allé parler de cela avec mon Secrétaire d'Etat...qui n'est
pas allé aux discussions... Il n'y a pas eu de médiation, mais la
bonne volonté des deux pays. Le mérite est le leur... et nous avons
presque rien fait. Seulement à la mi-décembre...je me suis inquiété
du risque d'échec du processus de paix en Colombie... Je souhaite
que ce processus aille de l'avant et, dans ce sens, nous sommes
toujours prêts à aider de quelque manière. Ce serait une mauvaise
chose que ne plus aller de l'avant. Au Venezuela, les évêques
travaillent à favoriser la paix interne, mais il n'y a pas non plus
de médiation".
Maintenant
que Cuba aura un plus grand rôle dans la communauté internationale,
les droits humains seront-ils respectés comme dans tout pays: "Je
dirai que dans de nombreux pays du monde on ne respecte pas les
droits humains... Les Etats-Unis et Cuba ont tous deux à gagner
quelque chose et à perdre quelque chose à négocier... Mais ce
qu'ils vont gagner ensemble c'est la paix, la réunion, l'amitié, la
coopération... Revenant sur les droits humains et la liberté
religieuse, pensez-vous que partout dans le monde, y compris dans
certains pays d'Europe, cette liberté est respectée? Il y a tant de
pays où on ne vous permet pas de porter un signe religieux".
Question:
Vos propos ne semblaient pas être de messages pour la classe
moyenne, pour les gens qui travaillent, qui paient des impôts, les
gens normaux. Alors pourquoi, dans l'enseignement du Saint-Père, il
y a si peu de plae pour cette classe moyenne?
Réponse:
Vous avez raison, il y a eu erreur de ma part. Le monde est polarisé
et la classe moyenne devenue plus petite. La polarisation entre
riches et pauvres est grande, cela est vrai, et c'est peut-être ce
qui me conduit à négliger certains. Je parle pour le monde en
général et non pour les pays qui vont très bien... De par le le
monde, le nombre de pauvres est grand. Quant à la classe moyenne..
elle revêt une grande valeur. Certes, je dois approfondir dans le
magistère dans ce domaine".
Question:
Quel est le message que vous avez voulu donner à l'Eglise en
Amérique latine? Quel rôle l'Eglise peut elle jouer pour être un
signe dans le monde?
Réponse:
L'Eglise latino-américaine a une grande richesse. C'est une Eglise
jeune...avec une certaine fraîcheur, et même avec un certain non
conformisme. Elle dispose également d'une théologie riche, une
théologie en recherche. Je voulais donner du courage à cette jeune
Eglise, et je crois que l'Eglise peut donner beaucoup. Je dis une
chose qui m'a tellement impressionné: Dans les trois pays...j'ai vu
beaucoup d'enfants, de familles... Un peuple qui est Eglise, c'est
une leçon pour nous tous, pour l'Europe, où la natalité décline
et où il y a peu de politiques pour aider les familles nombreuses.
Je pense que la France a une bonne politique pour aider les
familles...tandis que d'autres sont proches de zéro, mais pas
tous... La richesse de cette Eglise est qu'elle est vivace. Je crois
que nous devons apprendre de cela... Je dois tant d'enfants déchets,
mis au rebut, et tant de personnes âgées, avec un manque d'emplois
qui rejette la jeunesse. Pour cela, les peuples jeunes nous donnent
plus de force. Pour l'Eglise, je dirais qu'une jeune Eglise, qui a de
nombreux problèmes, porte un message. Je ne crains pas pour cette
jeunesse ni pour la fraîcheur de cette Eglise...même si elle est
quelque peu indisciplinée. Avec le temps, elle nous donnera beaucoup
de bien".
Accord sur le nucléaire iranien
Cité
du Vatican, 14 juillet 2015 (VIS). En écho à l'accord sur le
nucléaire iranien, le Directeur de la Salle de Presse a déclaré ce
matin que le Saint-Siège s'en félicite. "Ceci dit, sur la base
de cet important résultat, les efforts doivent se poursuivre pour en
tirer profit. Les résultats ne sauraient se limiter au programme
nucléaire, et il convient maintenant d'élargir le champ" des
négociations.
Autres actes pontificaux
Cité
du Vatican, 14 juillet 2015 (VIS). Le Saint-Père a nommé:
Le
P.Emmanuel Fianu, SVD, Evêque de Ho (superficie 5.893, population
658.845, catholiques 200.670, prêtres 82, religieux 92), au Ghana.
L'Evêque élu, né en 1957 à Tegbi (Ghana), a émis ses voeux
religieux en 1984 et a été ordonné prêtre en 1985. Il a occupé
de multiples fonctions pastorales ou enseignantes au sein de sa
congrégation. Et succède à Mgr.Anani Kofi Lodonu, dont la
renonciation a été acceptée pour limite d'âge.
Le
P.Jorge Enrique Concha Cayuqueo, OFM, Auxiliaire de l'Archevêque de
Santiago de Chile (Chili). L'Evêque élu, né en 1958 à Temuco
(Chili), a émis ses voeux religieux en 1983 et a été ordonné
prêtre en 1986. Docteur en sciences sociales, il a été enseignant
et a occupé diverses fonctions au sein de son ordre. Il a été
Président de la Conférence des Ministres provinciaux du Cono Sud,
et Premier Vice Président de la Conférence des religieux du Chili.
L'Abbé
Benedictus Son Hee-Song, Auxiliaire de l'Archevêque de Séoul
(Corée). L'Evêque élu, né en 1957 à Kyeniki Yeonchenun Chadari
(Corée) et ordonné prêtre en 1986. Docteur en théologie, il a été
professeur de séminaire, curé de paroisse, Directeur de la
pastorale diocésaine et Membre du Presbyterium, Membre puis
Secrétaire de la Commission épiscopale pour la doctrine de la foi.
lundi 13 juillet 2015
Visite à un hôpital pédiatrique
Cité
du Vatican, 12 juillet 2015 (VIS). Le premier rendez-vous du Pape
François au Paraguay après son entretien avec le chef de l'Etat a
été une visite à l’hôpital général pédiatrique Niños
de Acosta Nú de Asunción. Arrivé à 8 h 30' locale, il a
passé une heure de section à section pour saluer les petits
patients, préférant dialoguer que de lire le discours préparé que
voici: "Chers enfants, on m’a dit que vous
êtes très intelligents, c’est pourquoi je me suis décidé à
vous poser une question: Jésus s’est-il jamais mis en colère?
Vous vous rappelez quand? Je sais que c’est une question difficile,
donc je vous aiderai. Ce fut quand on empêcha les enfants de
s’approcher de lui. C’est l’unique fois où Marc emploie cette
expression. Quelque chose de semblable à notre expression: Il s’est
fâché. Et vous, est-ce que vous vous êtes jamais mis en colère?
Bien, Jésus a ressenti la même chose, quand on ne lui a pas permis
d’être proche des enfants, proche de vous. Il eut une grande
colère. Les enfants sont parmi les privilégiés de Jésus. Ce n’est
pas qu’il n’aime pas les grands, mais il se sentait heureux quand
il pouvait être avec eux. Il appréciait beaucoup leur amitié et
leur compagnie. Mais non seulement il aimait les avoir auprès de
lui, mais plus encore. Il les donnait comme exemple. Il dit aux
disciples: Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants,
vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. Les enfants étaient
tenus à l’écart, les grands ne les laissaient pas s’approcher,
mais Jésus les appela, les embrassa et les mit au milieu pour que
tous nous apprenions à être comme eux. Aujourd’hui il nous dirait
la même chose. Il nous regarde et dit d'apprendre d’eux".
Effectivement
"nous devons apprendre de vous, de votre confiance, de votre
joie, de votre tendresse. De votre capacité de lutte, de votre
courage. De votre incomparable capacité de résistance. Vous êtes
de vrais lutteurs! Et quand on a de pareils guerriers devant soi, on
se sent orgueilleux. N’est-ce pas, mamans? N’est-ce pas, papas et
grands-parents? Vous voir, nous donne de la force, cela nous donne du
courage pour avoir confiance, pour avancer. Mamans, papas,
grands-parents, je sais qu’il n’est pas du tout facile d’être
ici. Il y a des moments de grande douleur, d’incertitude. Il y a
des moments de forte angoisse qui accablent le cœur et il y a des
moments de grande joie. Les deux sentiments cohabitent, ils sont en
nous. Mais il n’y a pas de meilleur remède que votre tendresse,
votre proximité. Et cela me réjouit de savoir que comme familles
vous vous entraidez, vous vous stimulez, vous vous soutenez
mutuellement pour avancer et traverser ce moment. Vous pouvez compter
sur l’appui des médecins, des infirmiers et de tout le personnel
de cette maison. Merci pour cette vocation de service, merci d’aider
non seulement à guérir mais aussi à accompagner la douleur de vos
frères. Ne l’oublions pas: Jésus est
proche de vos enfants. Il est tout proche, dans le cœur. N’hésitez
pas à le prier, n’hésitez pas à parler avec lui, à lui faire
part de vos questions, de vos douleurs. Il est toujours là, mais
toujours, et il ne vous laissera pas tomber. Et
nous sommes sûrs d’une chose et encore une fois je le confirme. Là
où il y a un enfant, il y a la mère. Là où il y a Jésus, il y a
Marie, la Vierge de Caacupé. Demandons lui de vous protéger avec
son manteau, d’intercéder pour vous et vos familles. Et
n’oubliez pas de prier pour moi. Je suis sûr que vos prières
arrivent au ciel".
Visite au sanctuaire paraguayen de Caacupé
Cité
du Vatican, 12 juillet 2015
(VIS). Après avoir salué les patients de l'hôpital pédiatrique
Niños de Acosat Nu, le Pape s'est rendu en voiture au sanctuaire de
Caacupé qui signifie en guarani 'derrière la montagne. Voisin du
lac Ypacaray, Caacupé est considéré comme la capitale spirituelle
du Paraguay. Le sanctuaire est célèbre pour la fête qui s'y
déroule le 8 décembre en l'honneur de l'Immaculée Conception des
Miracles. La légende raconte qu'une statue a été sculptée au XVI
siècle par un indien atyrá converti qui, fuyant d'autres indigènes
mbayaes non chrétiens demanda à la Vierge de le sauver. Ayant eu la
vie sauve, il sculpta, comme ex voto,une Vierge dans le bois du tronc
dans lequel il s'était caché. L'indien qui s'appelait Joseph,
construisit à cet endroit une petite chapelle qui fut le noyau du
futur sanctuaire qui sera achevé en 1770, date de la fondation
officielle de Caacupé.
Le
Pape a parcouru les derniers kilomètres qui l'amenaient au
sanctuaire en voiture panoramique, salué par des dizaines de
milliers de fidèles qui l'attendaient pour participer à la messe,
au cours de laquelle les intentions de prières ont été lues en
espagnol et en guarani. Dans son homélie, le Pape a souligné que le
Sanctuaire de Caacupé attestait de la mémoire d'un peuple qui sait
que Marie est mère et se trouve au côté de ses enfants, et a redit
son admiration pour les femmes et les mères paraguayennes qui "avec
courage et abnégation ont su relever un pays défait et abattu par
une guerre inique". "Etre ici avec vous me donne
l'impression d'être chez moi, aux pieds de notre Mère, la Vierge
des Miracles de Caacupé -a dit le Pape-. Dans un sanctuaire, nous,
les enfants nous retrouvons avec notre Mère et nous rappelons que
nous sommes frères. C'est un lieu de fête, de rencontre, de
famille. Nous venons présenter nos besoins, nous venons remercier,
demander pardon et repartir. Combien de baptêmes, de vocations
sacerdotales et religieuses, combien de fiançailles et de mariages
sont nés au pied de notre Mère. Combien de larmes et d'adieux. Nous
venons toujours avec notre vie, parce qu'ici on est à la maison et
il est bon de savoir que quelqu'un nous attend".
"Comme
tant d'autres fois, nous sommes venus parce que nous souhaitons
renouveler notre envie de vivre la joie de l'Evangile. Comment ne pas
reconnaître que ce sanctuaire est la partie vitale du peuple
paraguayen, de vous. C'est ainsi qu'ils l'entendent, ainsi qu'ils le
prient, ainsi qu'ils le chantent: Dans ton Eden de Caacupé, c'est
ton peuple Vierge pure qui te donne son amour et sa foi. Et nous
sommes aujourd'hui comme le peuple de Dieu aux pieds de notre Mère
pour lui donner notre amour et notre foi". Le Pape François a
cité l'annonce de l'Ange à Marie qui lui dit: Réjouis-toi, pleine
de grâce. Le Seigneur est avec toi. "Face à ce salut, elle
était déconcertée et se demandait ce que cela signifiait. Elle ne
comprenait pas bien ce qu'il lui arrivait. Mais elle sut que cela
venait de Dieu et dit oui. Marie est la Mère du oui. Oui au songe de
Dieu, oui au projet de Dieu, oui à la volonté de Dieu. Un oui qui,
comme nous le savons, ne fut pas facile à vivre. Un oui qui ne la
remplit pas de privilèges ou de différences mais à qui, comme le
dira Siméon dans sa prophétie, une épée transpercera le cœur. Et
elle lui a bien transpercé le cœur! C'est pourquoi nous l'aimons
tant et trouvons en elle une vraie Mère qui nous aide à maintenir
la foi vivante et l'espérance au milieu de situations compliquées".
Ensuite,
le Pape suivant la prophétie de Siméon revint sur trois moments
difficiles dans la vie de marie, la naissance de Jésus, la fuite en
Egypte et la mort sur la croix. Evoquant le premier moment, il
rappela qu'il n'y avait pas de place pour eux. Ils n'avaient pas de
maison, d'habitation pour recevoir son enfant. Il n'y avait pas
d'endroit où lui donner le jour, ni de famille à proximité, ils
étaient seuls. Le seul endroit possible était une mangeoire
d'animaux. Dans sa mémoire résonnaient sûrement les paroles de
l'Ange: Réjouis-toi Marie, le Seigneur est avec toi. Elle pouvait
s'être demandé: Où est-il maintenant? Pendant la fuite en Egypte,
Marie, Joseph et Jésus, "n'avaient qu'à partir, s'exiler. Là,
non seulement ils n'avaient pas d'endroit, ni de famille, mais leurs
vies étaient aussi en danger. Ils n'avaient qu'à marcher en terre
étrangère. Ils furent des migrants persécutés par la convoitise
et l'avarice de l'empereur. Là aussi elle aurait pu se demander: Et
où est ce que m'a dit l'Ange? Le troisième moment est la mort de
Jésus sur la croix. Il n'existe pas de situation plus difficile pour
une mère que d'accompagner la mort de son enfant. Ce sont des
moments déchirants. Ici, nous voyons Marie, au pied de la croix,
comme toute mère, ferme, qui n'abandonne pas, accompagnant son Fils
jusqu'à la mort et la mort sur une croix. Là aussi elle aurait pu
se dire: Où est ce que m'a dit l'Ange? Et nous la voyons aussitôt
retenant et soutenant les disciples. Nous contemplons sa vie, et nous
nous sentons compris, écoutés. Nous pouvons nous arrêter pour
prier et utiliser un langage commun face à une infinité de
situation que nous vivons au quotidien. Nous pouvons nous identifier
dans beaucoup de situations de sa vie, lui raconter ce que nous
vivons parce qu'elle le comprend. C'est une femme de foi, c'est la
Mère de l'Eglise, elle a cru. Sa vie est le témoignage de ce que
Dieu ne déçoit pas, n'abandonne pas son peuple, même s'il y a des
moments ou des situations où il semble qu'il ne soit pas là. Elle
fut la première disciple qui accompagna son fils et soutint
l'espérance des apôtres dans les moments difficiles. Ils étaient
enfermés à je ne sais combien de tours de clefs, effrayés, dans le
Cénacle. C'est cette femme qui resta attentive et sut dire, quand il
a semblé que la fête et la joie allaient se terminer: Vois, ils
n'ont plus de vin. C'est la femme qui sut se rendre chez sa cousine
pendant trois mois pour qu'elle ne soit pas seule pour accoucher.
Elle est notre mère, si bonne, si généreuse, si accompagnatrice
dans notre vie".
"Tout
cela nous le savons par l'Evangile, mais nous savons aussi que, sur
cette terre, c'est la Mère qui a été à notre côté dans de
nombreuses situations difficiles. Ce Sanctuaire garde, conserve la
mémoire d'un peuple qui sait que Marie est Mère et qu'elle a été
et est au côté de ses enfants. Elle a été et elle est dans nos
hôpitaux, dans nos écoles, dans nos maisons. Elle a été et elle
est sur nos lieux de travail, sur nos chemins. Elle a été et elle
est sur les tables de chaque foyer. Elle a été et elle est dans la
formation de la patrie, nous rendant nation. Toujours avec une
présence discrète et silencieuse. Dans le regard d'une icône,
d'une estampe ou d'une médaille. Sous l'apparence d'un chapelet,
nous savons que nous ne sommes pas seuls, qu'elle nous accompagne".
"Et pourquoi? Parce que Marie veut simplement être au milieu de
son peuple, avec ses enfants, avec sa famille. Toujours avec Jésus,
au milieu de la foule. Comme une bonne mère, elle n'abandonne pas
les siens, au contraire, elle va là où un enfant pourrait avoir
besoin d'elle. Simplement parce qu'elle est Mère. Une mère qui
apprend à écouter et à vivre au milieu des nombreuses difficultés:
Ne crains pas, le Seigneur est avec toi. Une mère qui continue en
nous disant: Faites ce qu'il vous dira. C'est son invitation
constante et continue: Faites ce qu'il vous dira. Elle n'a pas de
programme précis, elle ne vient pas nous dire rien de nouveau, mais
plus, elle aime être appelée, simplement sa foi accompagne notre
foi. Et vous le savez, ils ont vécu l'expérience de ce que nous
partageons. Vous tous, tous les paraguayens, ont une mémoire
vivante, celle d'un peuple qui a incarné ces paroles de l'Evangile.
Je souhaiterais rendre hommage de façon particulière aux femmes et
aux mères paraguayennes qui avec courage et abnégation, ont su
relever un pays défait, abattu, submergé par une guerre inique.
Vous avez la mémoire, vous avez les gènes de celles qui ont
reconstruit la vie, la foi, la dignité de leur peuple, avec Marie.
Elles ont vécu des situations pourtant très difficiles qui selon
une logique commune serait contraire à toute foi. Elles, au
contraire, poussées et soutenues par la Vierge, sont restées
croyantes, espérant contre toute espérance. Quand tout paraissait
s'écrouler, avec Marie elles ont dit: Nous ne craignons rien, le
Seigneur est avec nous, il est avec notre peuple, avec nos familles,
faisons ce qu'il nous dit. Elles ont alors trouvé et trouvent encore
aujourd'hui la force de ne pas laisser cette terre s'écrouler. Que
Dieu bénisse cette persévérance et nourrisse leur foi, que Dieu
bénisse la femme paraguayenne, la plus glorieuse d'Amérique".
"Comme
peuple, nous sommes venus chez nous, dans la maison de la patrie
paraguayenne, écouter une fois encore ces paroles qui nous font tant
de bien: Réjouis-toi, le Seigneur est avec toi. C'est un appel à ne
pas perdre la mémoire, à ne pas perdre les racines, les nombreux
témoins qu'a reçu le peuple croyant et marqué par ses combats. Une
foi qui s'est fait vie, une vie qui s'est fait espérance et une
espérance qui les porte à faire primer la charité. Oui, à l'égal
de Jésus, ils continuent de donner la première place à l'amour.
Soyez les porteurs de cette foi, de cette vie, de cette espérance.
Vous paraguayens, soyez les artisans d'aujourd'hui et de demain".
Le Saint-Père a ensuite invité l'assemblée à prier: Dans ton Eden
de Caacupé, voici ton peuple Vierge pure qui te donne son amour et
sa foi. "Tous ensemble!" -s'est-il exclamé:Dans ton Eden
de Caacupé, voici ton peuple Vierge pure qui te donne son amour et
sa foi. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu, pour que nous soyons
dignes d'obtenir les promesses et les grâces de notre Seigneur Jésus
Christ. Amen". Après la messe, le Pape a renouvelé l'acte de
consécration du Paraguay à l'Immaculée Conception miraculeuse de
Caacupé, qu'avait prononcé Jean-Paul II, le 18 mai 1988, dans ce
sanctuaire, au cours de son voyage apostolique au Paraguay.
Le Pape interpelle les ''constructeurs de la société'' du Paraguay
Cité
du Vatican, 12 juillet 2015 (VIS). Samedi après-midi, au palais des
sports León Condou d'Asunción, le Pape a rencontré les
"constructeurs de la société" du Paraguay, c'est-à-dire
les professeurs d'écoles et d'universités, les artistes et
entrepreneurs, les journalistes, les associations de femmes, les
agriculteurs et les indigènes. Le Saint-Père a articulé son
discours en répondant à différentes questions, après avoir salué
en ces termes:
''Vous
voir tous, chacun provenant d'un secteur, d'une organisation, de
cette bien aimée société paraguayenne, avec ses joies, ses
préoccupations, ses luttes et ses recherches, cela m'amène à faire
une action de grâce à Dieu. Il semble bien que le Paraguay n'est
pas mort, grâce à Dieu. Parce qu'un peuple qui vit, un peuple qui
ne maintient pas ses préoccupations vivantes, un peuple qui vit dans
l'inertie de l'acceptation passive, est un peuple mort. Au contraire,
je vois en vous la sève d'une vie qui court et qui veut germer. Et
cela Dieu le bénit toujours. Dieu est toujours favorable à tout ce
qui aide à élever, à améliorer, la vie de ses enfants. Il y a des
choses qui sont mauvaises, oui. Il y a des situations injustes, oui.
Mais vous voir et vous entendre, m'aide à renouveler l'espérance
dans le Seigneur qui agit toujours au milieu de son peuple. Vous
venez d'horizons différents, de situations et de recherches
différentes, et formez tous ensemble la culture paraguayenne. Tous
sont nécessaires dans la recherche du bien commun. Dans les
conditions actuelles de la société mondiale, où il y a tant
d'iniquités et toujours plus de personnes mises au rebut, vous voir
ici est un cadeau".
La
première question a été posée par un jeune préoccupé de faire
en sorte que la société soit un environnement de fraternité, de
justice, de paix et de dignité pour tous.
''La
jeunesse est le temps de grands idéaux -a dit le Pape-. Je dis
souvent que voir un jeune retraité me rend triste. Ce qui important
est que vous les jeunes... deviniez que le vrai bonheur passe par la
lutte d'un pays plus fraternel. Et il est bon que vous les jeunes,
compreniez que bonheur et plaisir ne sont pas synonymes. Une chose
est le bonheur et la joie... et une autre chose est un plaisir
passager. Le bonheur se construit, est solide, édifie... il exige de
s'engager et de se donner. C'est très précieux de s'engager, se
donner... Le Paraguay a une population très jeune et c'est une
grande richesse. C'est pourquoi, je pense que la première chose à
faire est d'éviter que cette force s'éteigne, que cette lumière
qui existe dans vos coeurs disparaisse, et contrecarre la mentalité
croissante qui considère comme inutile et absurde d'aspirer à des
choses qui en valent la peine...
Jouer
pour quelque chose, jouer pour quelqu'un. C'est la vocation de la
jeunesse et n'ayez pas de peur de tout laisser sur le terrain. Jouez
propre, jouez avec tout. N'ayez pas de peur de donner le meilleur de
vous. Ne cherchez pas d'accord préalable pour éviter la fatigue, la
lutte. Ne subornez pas l'arbitre. Oui, ne faites pas cette lutte
seuls. Cherchez à bavarder, sachez écouter la vie, les histoires,
les contes des plus grands, et de vos grands-pères qui ont de la
sagesse. Perdez beaucoup de temps à écouter tout le bon qu'ils ont
à vous enseigner. Ils sont les gardiens de ce patrimoine spirituel
de foi et de valeurs qui définissent un peuple et éclairent le
chemin... Jésus invite à travers de la mémoire de son peuple... La
fraternité, la justice, la paix et la dignité sont concrètes,
sinon, elles en servent à rien. Cela se fait tous les jours!
Maintenant, je vous demande à vous les jeunes: Comment vis-tu cet
idéal, au jour le jour, concrètement? Même si tu te trompes, te
corriges-tu et te relèves-tu? Concrètement. Moi je reconnais que
parfois cela me donne un peu d'allergie... écouter des discours
grandiloquents avec tous ces mots et, quand on connaît la personne
qui parle, on dit: Quel menteur es-tu. C'est pourquoi, les mots seuls
mots ne servent à rien. Si vous dites un mot engagez-vous avec ce
mot, chaque jour, sacrifiez-vous pour cela! Engagez-vous!".
La
deuxième question était consacrée au dialogue comme moyen pour
forger un projet de nation qui inclut tout le monde.
''Le
dialogue n'est pas facile -a répondu le Pape-. Il y aussi le
“dialogue-théâtre”, c'est-à-dire que nous représentons le
dialogue, nous jouons le dialogue et après nous parlons entre nous
deux, entre nous deux et l'autre est éliminé... Certes, par
exemple, je pense à notre dialogue, le dialogue inter-religieux, où
représentants des différentes religions, nous parlons. Nous nous
réunissons, parfois, pour parler... mais chacun parle à partir de
son identité: Je suis bouddhiste, je suis évangélique, je suis
orthodoxe, je suis catholique. Chacun parle, mais avec son identité.
Il ne négocie pas son identité. Et même, pour qu'un dialogue
existe, cette base fondamentale est nécessaire. Et quelle est
l'identité dans un pays?, nous parlons du dialogue social ici.
L'amour de la patrie? La patrie d'abord, après mes affaires... C'est
ça l'identité. Alors, à partir de cette identité, je vais
dialoguer. Si je vais dialoguer sans cette identité, le dialogue ne
sert à rien. De plus, le dialogue suppose, et la culture de la
rencontre nous exige à chercher cela. C'est-à-dire une rencontre
qui sache reconnaître que la diversité n'est pas seulement bonne,
elle est nécessaire. L'uniformité nous annihile, nous rend comme
des automates. La richesse de la vie est dans la diversité. Le point
de départ ne peut pas être: Je vais dialoguer mais il s'est trompé.
Non, non, nous ne pouvons présumer que l'autre se trompe. Je vais
avec mon bagage et je vais écouter ce que dit l'autre, en quoi il
m'enrichit, en quoi l'autre me permet de me rendre compte que je me
trompe, et quelles choses je peux apporter à l'autre. C'est un
aller-retour, mais avec le cœur ouvert... C'est cela la culture de
la rencontre. Dialoguer ce n'est pas négocier. Négocier c'est
essayer de tirer sa carte du jeu.... Si tu vas avec cette intention,
tu ne perds pas de temps. C'est rechercher le bien commun pour tous.
Souvent cette culture de la rencontre se trouve prise dans le
conflit... Nous n'avons pas à le craindre! Nous n'avons pas à
ignorer le conflit... Le conflit existe, il faut l'assumer, il faut
essayer de le résoudre où l'on peut, mais en vue d'obtenir une
unité qui en soit pas uniformité, mais une unité dans la
diversité... Les vraies cultures ne sont jamais refermées sur
elles-mêmes. Si elles se ferment sur elles-mêmes , elles meurent.
Mais elles sont appelées à se rencontrer avec d'autres cultures et
à créer de nouvelles réalités... Sans ce présupposé essentiel,
sans cette base de fraternité, il sera très difficile d'arriver au
dialogue. Si quelqu'un considère qu'il y a des personnes, des
cultures, des situations de deuxième, troisième ou quatrième
catégorie... cela, c'est sûr, se terminera mal, parce qu'il aura
simplement manqué du minimum, qui est la reconnaissance de la
dignité de l'autre. Que n'existe jamais de personne de première,
deuxième, troisième, ou quatrième catégorie, tous sont du même
rang''.
La
troisième question a concerné l'accueil du cri des pauvres pour
construire une société plus inclusive.
''C'est
curieux, l'égoïste s'exclut. Nous voulons inclure -a observé le
Pape-, n'exclure personne, mais en pas nous auto-exclure, parce que
avons besoin tous de tous. Un autre aspect fondamental pour aider les
pauvres est la manière dont nous les voyons. Un regard idéologique
ne sert à rien, qui finit par les utiliser au service d'autres
intérêts politiques ou et personnels. Les idéologies finissent
mal, elles ne servent à rien. Les idéologies ont une relation ou
incomplète ou malade ou mauvaise avec le peuple. Les idéologies
n'assument pas le peuple. C'est pourquoi, regardez le siècle passé.
Comment ont terminé les idéologies? En dictatures, toujours,
toujours. Elles pensent pour le peuple, elles ne permettent pas
penser le peuple. Pour chercher effectivement son bien, il faut
d'abord avoir une vraie préoccupation pour la personne -je parle des
pauvres-, les évaluer à leur bonté. Mais, une évaluation réelle
exige d'être disposés à apprendre des pauvres... Les pauvres ont
beaucoup à nous apprendre en humanité, en bonté, en sacrifice, en
solidarité. Nous, les chrétiens, avons de plus un plus grand motif
d'aimer et de servir aux pauvres, parce que nous avons en eux le
visage, nous voyons le visage et la chair du Christ, qui s'est fait
pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté... Réfléchissons bien.
C'est un homme comme moi, qui passe un mauvais moment pour mille
raisons, économiques, politiques, sociales ou personnelles, je
pourrais être à sa place et pourrais désirer que quelqu'un m'aide.
Et en plus de désirer que quelqu'un m'aide, si je suis à cette
place, j'ai le droit d'être respecté".
Un
autre sujet a porté sur la croissance économique et la création de
richesse.
''Certes,
pour un pays, la croissance économique et la création de richesse,
sont nécessaires et doivent profiter à tous les citoyens sans que
personne ne reste exclu. Et cela est nécessaire - a assuré le
Saint-Père.- La création de cette richesse doit toujours être en
fonction du bien commun, de tous, et non de quelques-uns. En cela il
faut être très clairs. L'adoration de l'ancien veau d'or a trouvé
une version nouvelle et impitoyable dans le fétichisme de l'argent
et dans la dictature de l'économie sans visage. Les personnes dont
la vocation est d'aider au développement économique ont la tâche
de veiller à ce que celui-ci ait toujours un visage humain... Et
dans leurs mains se trouve la possibilité d'offrir un travail à
beaucoup de personnes et donner ainsi une espérance à de nombreuses
familles... Je leur demande de ne pas céder au modèle économique
idolâtre qui a besoin de sacrifier des vies humaines sur l'autel de
l'argent et de la rentabilité. Dans l'économie, dans l'entreprise,
dans la politique, la personne vient toujours en premier et l'habitat
où elle vit".
''A
juste titre, le Paraguay est connu dans le monde pour avoir été la
terre où ont commencé les Réductions, une des expériences
d'évangélisation et d'organisation sociale les plus intéressantes
de l'histoire. Dans celles-ci, l'Evangile a été l'âme et la vie de
communautés qui en connaissaient pas la faim, le désoeuvrement,
l'analphabétisme, ni l'oppression. Cette expérience historique nous
enseigne qu'une société plus humaine aujourd'hui est encore
possible. Vous l'avez vécu dans vos racines ici. C'est possible!
Quand il y a l'amour de l'homme, et la volonté de le servir, il est
possible de créer les conditions pour que tous aient l'accès aux
biens nécessaires, sans que personne ne soit écarté. Chercher dans
chaque cas les solutions par le dialogue''.
La
cinquième question a porté sur la définition et l'importance de la
culture pour un pays.
''Il
y a une culture cultivée, qui est culture et qui est bonne et il
faut la respecter -a répondu le Pape-. Mais il y a une autre
culture, qui a la même valeur, qui est la culture des peuples, des
peuples originaires, des diverses ethnies. Une culture que j'oserais
appeler, mais dans le bon sens, une culture populaire. Les peuples
ont leur culture et font leur culture... Voilà, avant de conclure,
je voudrais évoquer deux choses''.
''Alors,
comme il y a des hommes politiques ici présents -a-t-il ajouté- je
le dis fraternellement. Quelqu'un m'a dit: "Regardez, Untel est
séquestré par l'armée: faites quelque chose! non ?". Je ne
dis pas que c'est vrai, ou pas vrai, que c'est juste, ou pas juste,
mais l'une des méthodes qu'avaient les idéologies dictatoriales du
siècle passé, consistait à écarter les gens, par l'exil ou la
prison ou, dans le cas des camps d'extermination des nazis ou des
staliniens, par la mort. Pour qu'il y ait une vraie culture dans un
peuple, une culture politique et du bien commun, il faut des
jugements rapides et clairs et nets. Il n'y a pas besoin de recourir
à un autre type de stratagème. La justice nette, claire. Cela
aidera tout le monde.... Et après cela...une autre chose que je veux
dire aussi par honnêteté: une méthode qui ne donne pas de liberté
aux personnes pour assumer de façon responsable sa tâche de
construction de la société est du chantage. Le chantage est
toujours corruption : "Si tu fais cela, nous allons te faire
cela, avec lequel nous te détruisons". La corruption est la
mite, c'est la gangrène d'un peuple. Par exemple, aucun homme
politique ne peut accomplir son rôle, son travail, s'il fait du
chantage par des attitudes de corruption... Cela se retrouve dans
tous les peuples du monde parce que si un peuple veut maintenir sa
dignité, il n'y a qu'à l'éliminer. Je parle de quelque chose
d'universel".
"Et
je finis –a conclu le Saint-Père-. Pour moi, c'est une grande joie
de voir la quantité et la variété d'associations qui sont engagées
dans la construction d'un Paraguay chaque fois meilleur et plus
prospère, mais, qui si elles ne dialoguent pas, ne servent à rien.
Si elles font chanter, cela ne sert à rien. Cette multitude de
groupes et de personnes sont une grande symphonie, chacun avec sa
particularité et sa propre richesse, mais en cherchant l'harmonie
finale, l'harmonie, et c'est cela qui compte. Et n'ayez pas de peur
du conflit, mais parlez et cherchez des chemins de solution. Aimez
votre patrie, vos concitoyens et, surtout, les plus pauvres. Ainsi
ils seront devant le monde un témoignage de ce qu'un autre modèle
de développement est possible. Je suis convaincu, par votre
histoire, que vous aurez la force la plus grande qui existe : votre
humanité, votre foi, votre amour. C'est l'être du peuple paraguayen
qui le distingue si fortement des autres nations du monde. Et je
demande à la Vierge de Caacupé, notre Mère, qu'elles vous grade,
vous protège et vous encourage dans vos efforts. Que Dieu vous
bénisse et priez pour moi. Merci".
Vêpres en la cathédrale d'Asunción
Cité
du Vatican, 12 juillet 2015 (VIS). Après sa rencontre avec les
forces vives du pays, le Saint-Père s'est rendu hier en la
cathédrale d’Asunción, qui conserve la seule des vingt-neuf croix
plantées par Christophe Colomb au cours de ses quatre voyages.
Accueilli par la foule, il a reçu des mains du Maire les clefs de la
ville et assisté à un bref spectacle traditionnel, avant d'entrer
pour célébrer les vêpres avec les prêtres, séminaristes,
religieux et membres des mouvements catholiques du Paraguay. Puis il
a prononcé le discours suivant: "Qu’il est beau de prier tous
ensemble. Comment ne pas rêver d'une Eglise qui reflète et répète
l’harmonie des voix et du chant dans la vie quotidienne? Nous le
faisons en cette cathédrale tant de fois reconstruite, qui est le
signe de l’Eglise et de chacun de nous. Parfois, les tempêtes du
dehors et du dedans nous obligent à abattre ce qui a été construit
et à recommencer, mais toujours avec l’espérance placée en
Dieu... La prière liturgique, avec sa structure et sa forme rythmée,
veut exprimer toute l’Eglise, épouse du Christ, qui essaie de se
conformer à son Seigneur. Chacun de nous dans notre prière, nous
voulons progressivement ressembler à Jésus. La prière fait émerger
ce que nous vivons ou que nous devrions vivre dans la vie
quotidienne, au moins la prière qui ne veut pas être aliénante ou
seulement décorative. La prière nous donne impulsion pour agir ou
nous examiner dans ce que nous récitions dans les psaumes: Nous
sommes les mains de Dieu qui, du fumier retire le pauvre".
"C’est
à nous de travailler afin que la tristesse de la stérilité se
transforme en un champ fertile. Nous qui chantons qu’il en coûte
au Seigneur de voir mourir les siens, nous sommes ceux qui luttons,
qui nous donnons du mal, nous défendons toute vie humaine, de la
naissance jusqu’à ce que le nombre des années s’accroisse et
que la force se réduise. La prière est reflet de l’amour que nous
ressentons pour Dieu, pour les autres, pour le monde créé. Le
commandement de l’amour est la meilleure configuration à Jésus du
disciple missionnaire. Etre attachés à Jésus donne profondeur à
la vocation chrétienne, liée au faire de Jésus cherche à nous
faire ressembler à lui en tout ce qu’il accomplit. La beauté de
la communauté ecclésiale naît de l’adhésion de chacun de ses
membres à la personne de Jésus, formant un ensemble vocationnel
dans la richesse de la variété harmonique. Les antiennes des
cantiques de cette fin de semaine nous rappellent l’envoi des Douze
par Jésus. Il est toujours bien de grandir dans cette conscience du
travail apostolique en communion. Il est beau de vous voir collaborer
pastoralement, toujours à partir de la nature et de la fonction
ecclésiale de chaque vocation et de chaque charisme. Je désire vous
exhorter tous, prêtres, religieux et religieuses, laïcs et
séminaristes à vous engager dans cette collaboration ecclésiale,
spécialement autour des plans pastoraux des diocèses et de la
mission continentale, en coopérant avec toute votre disponibilité
au bien commun. Si la division entre nous provoque la stérilité, il
n’y a pas de doute que de la communion et de l’harmonie naît la
fécondité, parce qu’elles sont profondément consonantes avec
l’Esprit".
"Nous
avons tous des limites, et personne ne peut reproduire Jésus-Christ
dans sa totalité, et bien que chaque vocation se configure
principalement avec certains traits de la vie et de l’œuvre de
Jésus, il y en a quelques-uns qui sont communs et inaliénables.
Nous venons de louer le Seigneur parce qu’il ne retint pas
jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, et cela est une
caractéristique de toute vocation chrétienne: Celui qui est appelé
par Dieu ne se vante pas, ne va pas à la recherche de
reconnaissances ni d’applaudissements éphémères, ne croit pas
avoir monté en grade et ne traite pas les autres comme s’il était
sur un piédestal. Le primat du Christ est décrit clairement dans la
liturgie de l'épître aux hébreux: Qu’il vous forme en tout ce
qui est bon comme le berger des brebis, le Pasteur par excellence.
Cela suppose de reconnaître que chaque consacré se configure à
Celui qui dans sa vie terrestre, avec un grand cri et dans les
larmes, des prières et des supplications, a atteint la perfection
quand il a appris, en souffrant, ce que signifiait obéir. Cela fait
aussi partie de notre appel... Le clocher de cette cathédrale a été
refait plusieurs fois. Le son des cloches précède et accompagne en
de nombreuses occasions notre prière liturgique... Solides comme un
clocher, nous sommes joyeux d’annoncer les merveilles de Dieu, de
partager le Magnificat en laissant le Seigneur accomplir, à travers
notre vie consacrée, de grandes choses au Paraguay".
Visite d'un bidonville à Asunción
Cité
du Vatican, 13 juillet 2015 (VIS). La dernière journée du
Saint-Père au Paraguay a commencé par une visite à la population
du Bañado Norte, un bidonville de la capitale, dans lequel l'Eglise
collabore avec les pouvoirs publics. Plusieurs milliers d'habitants
s'étaient rassemblés pour le saluer et l'écouter: Je ne pouvais me
trouver au Paraguay, leur a-t-il dit, "sans vous rencontrer,
sans fouler votre terre. Nous nous rencontrons dans cette paroisse
consacrée à la Sainte Famille... En venant ici, tout me rappelait
la Sainte Famille. Voir vos visages, vos enfants, vos parents âgés.
Écouter vos histoires et tout ce que vous avez réalisé pour être
ici, toutes les luttes que vous avez menées pour avoir une vie
digne, un toit. Tout ce que vous faites pour vaincre les intempéries,
les inondations de ces dernières semaines, tout évoque la petite
famille de Bethléem. Une lutte qui ne vous a pas ôté le sourire,
la joie, l’espérance. Un combat qui n’a pas enrayé chez vous la
solidarité, au contraire il l’a stimulée, l’a fait grandir".
"Je
veux m’arrêter sur Joseph et Marie à Bethléem. Ils avaient dû
quitter leur terre, leurs proches, leurs amis. Ils avaient dû
laisser leurs affaires et aller dans une autre terre. Une terre où
ils ne connaissaient personne, où ils n’avaient ni maison ni
famille. A ce moment, ce jeune couple eut Jésus. Dans ce contexte,
ce jeune couple nous a offert Jésus. Ils étaient seuls, dans une
terre étrangère, eux trois. A l’improviste, commencèrent à
apparaître des bergers. Des personnes comme eux qui avaient dû
abandonner leur propre réalité pour trouver de meilleures
opportunités familiales. Leur vie était liée aux intempéries et à
des inclémences d’autre genre. Quand ils se rendirent compte de la
naissance de Jésus, ils s’approchèrent, ils se firent proches,
voisins. Ils devinrent aussitôt la famille de Marie et de Joseph. La
famille de Jésus. C’est ce qui arrive quand
Jésus apparaît dans notre vie. C’est ce que la foi suscite. La
foi nous rend proches, nous fait proches de la vie des autres. La foi
suscite notre engagement, notre solidarité. La naissance de Jésus
réveille notre vie. Une foi qui ne se fait pas solidarité est une
foi morte. C’est une foi sans le Christ, une foi sans Dieu, une foi
sans frères. Le premier à être solidaire a été le Seigneur, qui
a choisi de vivre parmi nous. Moi, je viens comme ces bergers. Je
veux me faire proche. Je veux bénir votre foi, bénir vos mains,
bénir votre communauté. Je suis venu pour rendre grâce avec vous,
parce que la foi s’est faite espérance et elle est une espérance
qui stimule l’amour. La foi que Jésus suscite est une foi qui a la
capacité de rêver l’avenir, de lutter pour lui dans le présent.
C’est précisément pour cela que je veux vous encourager à
continuer à être missionnaires, à continuer à transmettre cette
foi..en vous faisant proches spécialement des plus jeunes et des
personnes âgées. Je veux recommander vos
familles à la Sainte Famille, pour que son modèle, son témoignage
continuent à être lumière sur le chemin, encouragement dans les
moments difficiles et nous offrent toujours ces bergers capables
d’accompagner, de soutenir et de stimuler la vie de vos familles.
Je vous invite à prier ensemble et je vous demande de ne pas oublier
de prier pour moi".
Apprendre à être accueillant
Cité
du Vatican, 13 juillet 2015 (VIS). La seconde étape de la journée
papale d'hier fut la messe célébrée par le Saint-Père sur le
Campo grande de Nu Guazú, sanctuaire où Jean-Paul II canonisa en
1988 saint Roque González de Santa Cruz et ses compagnons. Un
million et demi de fidèles y ont assisté. Voici l'homélie
prononcée par le Pape François: "Le Seigneur donnera ses
bienfaits, et notre terre donnera son fruit. Nous sommes invités à
célébrer cette mystérieuse communion entre Dieu et son peuple,
entre Dieu et nous. La pluie est le signe de sa présence dans la
terre travaillée de nos mains. Une communion qui donne toujours du
fruit, qui donne toujours la vie. Cette confiance jaillit de la foi,
savoir que nous pouvons compter sur sa grâce, qui toujours
transformera et irriguera notre terre. Une confiance qui s’apprend,
qui s’éduque. Une confiance qui se forme progressivement au sein
d’une communauté, dans la vie d’une famille. Une confiance qui
devient témoignage sur les visages de tous ceux qui nous stimulent à
suivre Jésus, à être disciples de celui qui ne déçoit jamais. Le
disciple se sent invité à faire confiance, se sent invité par
Jésus à être son ami, à partager son destin, à partager sa vie.
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce
que fait son maître. Je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai
appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Les disciples
sont ceux qui apprennent à vivre dans la confiance de l’amitié.
L’Evangile nous parle de ce que signifie être disciple. Il nous
présente la carte d’identité du chrétien. Sa lettre de
présentation, ses lettres de créances".
"Jésus
appelle ses disciples et il les envoie en leur donnant des règles
claires et précises. Il les place face à des défis avec une série
d’attitudes, de comportements qu’ils doivent avoir. Souvent elles
peuvent nous paraître exagérées ou absurdes, plus facile à lire
symboliquement ou spirituellement. Mais Jésus est très précis, il
est très clair. Il ne leur dit pas Faites en sorte que ou Faites ce
que vous pouvez... Ne prenez rien pour la route, mais seulement un
bâton. Pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie. Quand
vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y. Cela
semblerait quelque chose d’impossible. Nous pourrions nous
concentrer sur les paroles comme pain, argent ou sac... Mais il y a
une parole-clef, qui risque de passer inaperçue, une parole centrale
dans la spiritualité chrétienne, dans l’expérience du fait
d’être disciple: l’hospitalité. Jésus, en bon maître,
pédagogue, les envoie pour vivre l’hospitalité. Il leur dit:
Restez là où l’on vous accueillera. Il les envoie pour apprendre
une des caractéristiques fondamentales de la communauté croyante.
Nous pourrions dire que le chrétien est celui qui a appris à
recevoir, à accueillir. Jésus ne les envoie pas comme des
puissants, comme des propriétaires, des chefs, chargés de lois, de
règles. Au contraire, il leur indique que le chemin du chrétien est
de transformer le cœur. Apprendre à vivre d’une autre manière,
avec une autre loi, sous une autre norme. C’est passer de la
logique de l’égoïsme, de la fermeture, de l’affrontement, de la
division, de la supériorité, à la logique de la vie, de la
gratuité, de l’amour. De la logique de la domination, de
l’oppression, de la manipulation, à la logique de l’accueil, du
recevoir, de la sollicitude. Ce sont deux logiques qui sont en jeu,
deux manières d’affronter la vie, la mission. Que de fois
pensons-nous la mission sur la base de projets ou de programmes. Que
de fois n’imaginons-nous pas l’évangélisation grâce à des
milliers de stratégies, de tactiques, de manœuvres, de stratagèmes,
cherchant à convertir les personnes avec nos argumentations.
Aujourd’hui, le Seigneur nous le dit très clairement. Dans la
logique de l’Evangile, on ne convainc pas avec les argumentations,
les stratégies, les tactiques, mais en apprenant à accueillir.
L’Eglise est la mère au cœur ouvert qui sait accueillir,
recevoir, spécialement celui qui a besoin de plus de soin, celui qui
est le plus en grande difficulté. L’Eglise est la maison de
l’hospitalité. Que de bien pouvons-nous faire si nous acceptons
d’apprendre le langage de l’hospitalité, de l’accueil! Que de
blessures, que de désespoirs peuvent se soigner dans une maison où
l’on peut se sentir accueilli. Hospitalité envers l’affamé,
envers l’assoiffé, envers l’étranger, envers celui qui est nu,
envers le malade, envers le prisonnier, envers le lépreux, envers le
paralytique. Hospitalité envers celui qui ne pense pas comme nous,
envers celui qui n’a pas la foi ou l’a perdue. Hospitalité
envers le persécuté, envers le chômeur. Hospitalité envers les
cultures différentes, dont cette terre est si riche. Hospitalité
envers le pécheur. Bien souvent nous oublions qu’il y a un mal qui
précède nos péchés. Il y a une racine qui cause beaucoup mais
beaucoup de dommages, qui détruit silencieusement de nombreuses
vies. Il y a un mal qui, peu à peu, se fait un nid dans notre cœur
et consume notre vitalité. C'est la solitude. Solitude qui peut
avoir beaucoup de causes, beaucoup de motifs. Combien cela détruit
la vie et combien cela nous fait du mal. Elle nous sépare
progressivement des autres, de Dieu, de la communauté. Elle nous
renferme peu à peu sur nous-mêmes. Et donc, la caractéristique de
l’Eglise, de cette mère, ce n’est pas principalement de gérer
des choses, des projets, mais c’est d’apprendre à vivre la
fraternité avec les autres. Le meilleur témoignage que Dieu est
Père est la fraternité accueillante, parce que à ceci tous
reconnaîtront que vous êtes mes disciples. Si vous avez de l’amour
les uns pour les autres. De cette façon, Jésus nous ouvre à une
logique nouvelle. Un horizon plein de vie, de beauté, de vérité,
de plénitude".
"Dieu
ne ferme jamais les horizons, Dieu n’est jamais passif devant la
vie et la souffrance de ses enfants. Dieu ne se laisse jamais vaincre
en générosité. A cause de cela, il nous envoie son fils, il le
donne, il le livre et le partage afin que nous apprenions le chemin
de la fraternité, du don. C’est définitivement un horizon
nouveau, c’est définitivement une Parole nouvelle pour tant de
situations d’exclusion, de désagrégation, de fermeture,
d’isolement. C’est une Parole qui rompt le silence de la
solitude. Et quand nous seront fatigués ou que l’évangélisation
deviendra difficile, il est bien de rappeler que la vie que Jésus
nous offre répond aux nécessités les plus profondes des personnes,
parce que nous avons tous été créés pour l’amitié avec Jésus
et l’amour fraternel. Une chose est certaine, nous ne pouvons
obliger personne à nous recevoir, à nous héberger, c’est certain
et cela fait partie de notre pauvreté et de notre liberté. Mais il
est aussi certain que personne ne peut nous obliger à ne pas être
accueillants, hospitaliers envers la vie de notre peuple. Personne ne
peut nous demander de ne pas accueillir et embrasser la vie de nos
frères, surtout de ceux qui ont perdu l’espérance et le goût de
vivre. Comme il est beau d’imaginer nos paroisses, nos communautés,
nos chapelles, les lieux où se trouvent les chrétiens, comme de
vrais centres de rencontre entre nous et Dieu. L’Eglise est mère,
comme Marie. En elle nous avons un modèle. Accueillir, comme Marie
qui n’a pas dominé ni ne s’est appropriée la Parole de Dieu,
mais, au contraire, l’a accueillie, l’a portée dans son sein et
l’a donnée. Accueillir comme la terre qui ne domine pas la
semence, mais la reçoit, la nourrit et la fait germer. C’est ainsi
que nous voulons être nous chrétiens, c’est ainsi que nous
voulons vivre la foi sur ce sol paraguayen, comme Marie, en
accueillant la vie de Dieu dans nos frères avec confiance, avec la
certitude que le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre
donnera son fruit".
Puisse l'Eglise être accueillante à l'image de Marie
Cité
du Vatican, 13 juillet 2015 (VIS). A la fin de la messe, l'Archevêque
d'Asunción et l'Archevêque pour les orthodoxe de l'Amérique latine
ont remercié le Pape, qui s'est adressé à l'assemblée avant de
réciter l'angélus: Maintenant "nous tournons notre regard
confiant vers la Vierge Marie, Mère de Dieu et notre mère. Elle est
le don de Jésus à son peuple. Il nous l’a donnée comme mère à
l’heure de la croix et de la souffrance. Elle est fruit de
l’oblation du Christ pour nous. Et depuis lors, elle a toujours été
et elle sera toujours avec ses enfants, spécialement les plus petits
et ceux qui sont le plus dans le besoin. Elle est entrée dans la
trame de l’histoire de nos peuples et de leurs gens. Comme en
beaucoup d’autres pays de l’Amérique Latine, la foi des
paraguayens est imprégnée d’amour pour la Vierge Marie. Vous
allez avec confiance chez votre mère, vous lui ouvrez votre cœur,
et vous lui confiez vos joies et vos peines, vos espoirs et vos
souffrances. La Vierge vous console et, avec la tendresse de son
amour, elle allume en vous l’espérance. Ne cessez pas d’invoquer
Marie et de lui faire confiance car elle est mère de miséricorde
pour tous ses enfants sans distinction. A la Vierge, qui persévéra
avec les apôtres dans l’attente de l’Esprit Saint, je demande
aussi de veiller sur l’Eglise et de fortifier les liens fraternels
entre tous ses membres. Avec l’aide de Marie, que l’Eglise soit
la maison de tous, une maison qui sache accueillir, une mère pour
tous les peuples... S’il vous plaît, priez aussi pour moi. Je sais
bien combien on aime le Pape au Paraguay. Moi aussi je vous porte
dans mon cœur et je prie pour vous ainsi que pour votre pays".
Le Pape s'adresse à la jeunesse avant de quitter le Paraguay
Cité
du Vatican, 13 juillet 2015 (VIS). Avant de dire au revoir au
Paraguay, le Saint-Père a rencontré deux cent mille jeunes sur la
promenade du front de mer. Et plutôt que de lire le discours
préparé, il préféré répondre aux témoignages qu'avaient
présenté trois jeunes. Voici une large synthèse de ses propos:
''Après la lecture de l'Evangile, Orlando est venu me demander de
prier pour la liberté de chacun de nous. Cette liberté nous la
demandons maintenant tous ensemble parce qu'elle est un don de Dieu.
Mais nous devons la recevoir...avec un cœur libre... Gardez votre
cœur libre. L'exploitation, le manque de moyens, la toxicomanie, la
tristesse, toutes ces choses peuvent emporter notre liberté.
Alors...ayons tous le cœur libre, un cœur qui peut parler de
l'esprit, qui peut dire ce que vous ressentez, qui vous permet faire
ce que vous pensez et ce que vous ressentez... Nous avons entendu
deux témoignages: celui de Liz et celui de Manuel. Elle aurait pu
facilement mettre sa mère dans une maison de soins, sa grand-mère
dans un autre asile, et vivre sa vie de jeune, étudier et se
divertir. Non, elle a décidé de consacrer sa vie au service de sa
mère et grand-mère qui ont besoin d'aide. Est-elle seule? Non. Elle
a parlé d'une tante qui était comme un ange, elle a parlé de ses
amis du week-end, de sa communauté d'évangélisation avec le groupe
de jeunes qui a nourri sa foi. Et ces deux anges lui ont donné plus
de force pour continuer. C'est ce qu'on appelle la solidarité".
"La
solidarité. Voilà ce que nous apprend ce témoignage. Manuel n'a
pas été favorisé par la vie... Il a dit avoir été exploité et
abusé, avoir risqué de tomber dans la dépendance, d'être isolé.
Mais au lieu d'aller faire de mauvaises choses, au lieu de sortir
voler, il est allé travailler. Au lieu de sortir pour se venger de
la vie, il travaille et lutte pour réussir sa vie... Il nous a dit
que la vie n'est pas facile pour de nombreux jeunes... Si ma vie est
relativement facile pour certains, d'autres garçons et filles n'ont
pas sa chance et sa force de caractère. Et ce désespoir les pousse
à la criminalité, à la corruption. Ceci dit, nous leur sommes
proches, prêts à leur donner un coup de main. Nous devons les
aider, avec solidarité, amour et espérance... Il y avait deux
phrases belles de Liz et de Manuel.... Liz a dit qu'elle a commencé
à connaître Jésus, ce qui lui a ouvert la porte de l'espérance.
Et Manuel a affirmé que sa rencontre avec Dieu est devenue sa
force... C'est de connaître Dieu, à travers de Jésus, qui donne
l'espoir et la force dont nous avons besoin aujourd'hui. Les jeunes
jeunes...qui savent qui est Jésus connaissent Dieu... Connaître
Jésus. Connaître Dieu, là est notre force. Voilà notre chemin!
Mais pour cela, il faut des sacrifices, nous devons marcher à
contre-courant. Dans les Béatitudes nous lisons...le plan de Jésus
pour nous... Il dit Heureux les pauvres en esprit, et non Bienheureux
sont les riches, qui accumulent de l'argent. Heureux ceux qui ont
l'âme des pauvres, ceux qui sont capables d'approcher et de
comprendre ce qu'est un pauvre. Jésus ne dit pas Heureux ceux qui
vont bien, mais ceux qui sont en mesure de partager la souffrance des
autres. L'autre jour, un prêtre m'a dit en plaisantant: Vous
continuez à conseiller aux jeunes de faire du bruit... Mais ne
serait-ce pas mieux de les aider à organiser le désordre et
s'organiser!... Si nous ne nous donnons pas un cœur libre, ce sera
gâchis. Seule la solidarité nous donnera l'espérance, mais pour
cela il faut avoir rencontré Jésus et en lui Dieu, qui est notre
force".
Après
quoi le Pape François a gagné l'aéroport de Asunción, faisant
halte devant le Ycuá Bolanos, pour bénir ce centre commercial
reconstruit après le pire accident civil de l'histoire du pays, un
incendie qui a provoqué la mort de 400 personnes et fait 500
blessés. L'avion papal a quitté le sol du Paraguay à 19 h locale,
pour atterrir à Rome peu avant 14 h (heure de Rome).
Décès du Cardinal Biffi
Cité
du Vatican, 11 juillet 2015
(VIS). Le Saint-Père a fait parvenir à l'Archevêque de Bologne
(Italie) un télégramme de condoléances à la suite du décès, ce
matin à 87 ans, de son prédécesseur le Cardinal Giacomo Biffi. Il
y retrace la carrière pastorale du défunt, d'abord curé puis
Auxiliaire du diocèse de Milan, avant d'être nommé Archevêque de
Bologne. Il a participé à la formation humaine et chrétienne de
générations entières par son enseignement et la publication de
plusieurs ouvrages. Le Pape évoque aussi l'efficacité de son
langage direct et actuel au service de la Parole de Dieu, ainsi que
ses prédications des exercices spirituels tenus, en particulier, à
la Curie Romaine.
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